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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Jeu 27 Aoû 2009, 18:55

La nuit commençait vraiment à tomber sur Gwendalavir lorsque les deux jeunes filles eurent terminé de déverrouiller les serrures. Cela avait mis moins de temps de ce que pensais Erwan, et il était fier de ses apprenties.

Aelys savait monter, comme il le savait, même si les explications qu'il avait pu donner ne pouvaient pas lui faire de mal. Inwëlle n'était pas bien et était allée plus loin pour vomir, tirant un sourire peu compatissant du jeune Marchombre. Il fallait passer par là de toute manière, et le retour n'en serait que plus facile. Lorsqu'il avait désigné la porte et les serrures à déverrouiller, autant Aelys avait un peu appréhendé la chose, autant Inwëlle avait vécu cela comme une libération, il l'avait bien vu.

Les deux jeunes filles s'en étaient sorties au bout d'une trentaine de minutes chacune, sans avoir eu vraiment besoin de s'acharner dessus. Ce qui était un bon point : elles ne seraient pas dégoûtées pour les prochaines serrures. Un léger sourire passa sur le visage d'Erwan, tandis qu'il s'avançait vers la porte et la poussa sans aucun bruit. C'était une vieille porte de chêne, dont les soutiens étaient vieux et rouillés, et pourtant elle s'ouvrit sans aucun bruit. Dans un souffle, Erwan passa dans l'entrebâillement de la porte, invitant ses deux élèves à le suivre d'un petit signe de tête.

Au dessus de leur crâne, les étoiles brillaient maintenant de mille feux dans le ciel nocturne, et la lune baignait la ville dans une atmosphère presque féérique, si le Marchombre n'avait pas su à quel point la nuit tout était permis, et dans toutes les villes de l'Empire. Rapts, meurtres, agressions, viols, règlements de compte, ce n'étaient que des choses complètement normales pour les plus jeunes et les plus vieux, qui étaient urbains. Et c'était vraiment dommage. Parce qu'avec cela, ils ne pouvaient pas profiter des instants qui se présentaient à eux. Non, ce n'était pas vraiment cela, mais tout de même, cela y ressemblait, pour le Maître Marchombre. Vivre sans cesse dans la peur de se faire attraper, il savait que cela pouvait briser plusieurs caractères. Cela l'indisposait énormément, mais il ne pouvait malheureusement pas aider tout le monde, pourtant il aurait voulu. Se glissant dans une autre ruelle, il fit un nouveau signe aux jeunes filles de le suivre.

Par la suite, ce ne fut qu'enchevêtrement de ruelles, de cours, de cul-de-sac. Au début, Erwan marchait d'un bon pas, et finalement il s'était mis à courir dans les rues. Puis, il avait sauté, bondit, escaladé des petits murets, pour corser cette petite course surprise destinée à ses apprenties. Il ne s'était arrêté que lorsqu'il avait entendu le souffle de ses apprenties devenir plus irrégulier et plus fort, pour ne pas qu'elles se fatiguassent trop. De là, il avait grimpé sur une balustrade, s'était laissé tombé sur un toit et avait glissé sur les tuiles pour arriver dans une petite ruelle fermée dans leur dos.

S'il ne s'était pas trompé, ils arriveraient bientôt.

Il avait repéré quelques minutes plus tôt un groupe d'ivrognes qui marchait dans les rues, dans cette rue précisément. Se glissant près de ses apprenties, il leur glissa :


- Voici de quoi égayer votre soirée...

Leur tendant deux bâtons sortis de nulle part, il leur sourit et désigna le duo d'ivrognes qui arrivait vers eux. Très calme, il leur expliqua :

- Le Marchombre fait ce qu'il préfère : combattre ou fuir.
Ce soir vous n'aurez pas le choix.
Vous allez combattre.


Se retirant dans l'ombre, immatériel, impalpable et invisible, il observa la suite des évènements. Les deux ivrognes avançaient, et semblaient avoir repéré les deux jeunes filles. Erwan laissa son regard aiguisé détailler les deux hommes, et vit qu'ils n'avaient pas d'arme. Tant mieux. Les filles avaient leur bâton, et elles devraient s'en servir.

Comme une voix, qui s'élève, comme la mort qui vous parle, comme une fée qui virevolte, les quelques mots d'Erwan allèrent toucher ses apprenties. Et elles seules...


Un Marchombre se rit du guerrier, de son ennemi. Il joue avec lui, pénètre son centre, lui vole sa force et si besoin est, prend sa vie. Comprenez la force, jouez avec vos ennemis...

N'oubliez pas que vos gestes doivent être mesurés. La mort n'est pas au rendez-vous ce soir. Le hors combat suffira amplement... Pour eux.

Sachez qu'un combat n'est qu'un seul geste. Qu'il dure une seconde ou une heure, qu'il vous oppose à un ennemi ou à dix. Un seul geste, un seul souffle.

Soufflez !


Une voix, qui s'élève, qui s'éteint.
Introuvable...



[Chacune peut faire bouger son pnj comme elle l'entend ^^]

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Ven 28 Aoû 2009, 23:15

    Inwëlle courrait, pieds-nus pour ne pas changer, éprouvant un bonheur incroyable. Elle courrait, ses pieds frappant à rythme rapide et régulier le sol pavé d'Al-Chen. Certes, les édifices n'égalaient en rien la beauté de ceux de la capitale; certes, Al-Chen n'était pas Al-Jeit, mais Al-Chen restait une ville importante. Une des ville phare de l'empire, et cela faisait des mois que Wëlle n'avait plus retrouvé son habitat, n'avait plus foulé les rues, silloné les marchés ou escaladé les tours. Et c'était seulement maintenant, maintenant que son pied habitué retrouvait le sol dur et ferme, maintenant qu'elle était à nouveau cernée par les habitations, c'était seulement maintenant qu'elle se rendait compte à quel point ce milieu lui avait manqué.
    Mais pourquoi, au juste, n'avait-elle jamais eu l'envie de retourner dans une ville? Pour une fois, elle pouvait apporter une réponse à ses interrogations. Elle avait eut peur, peur de ses souvenirs... Après tout, sa vie, Lui, eux, tout ceci était intimement lié à l'univers urbain. Et elle savait que, jusqu'à récemment, repenser à cela lui déchirait le coeur. Alors se rendre sur le terrain de jeux de son enfance... Impensable. Elle avait l'impression qu'elle aurait tout bonnement sombré dans la folie, succombant à ses démons intérieurs face à tous ces paysages familiers. Mais désormais, elle avait évolué. Et peut-être aussi que, après dix-sept années passées à errer dans Al-Jeit, elle avait apprécié la liberté qui s'était offerte à elle. Oui, elle avait aimé cette proximité avec la nature, et la ville ne lui avait donc pas manqué -où du moins, elle ne s'en était pas rendu compte. Et puis surtout, il y avait eut Chen. Le lac et ses eaux salvatrices auxquelles pour rien au monde elle ne renoncerait. A part peut-être pour Helyn... Helyn et Erwan avaient été aussi deux raisons qui lui avaient permises de s'attacher à ce nouvel envirronement.

    Mais maintenant, elle était contente d'être ici. Cette ville, ce n'était pas Al-Jeit, mais ça restait une ville. D'un bon adroit, elle sauta sur une caisse, puis enchaîna en attrapant le bord d'un toit sur lequel elle se tracta à la force des bras. La course des toits... Hélas, son bonheur fut de courte durée car Erwan descendit de ce petit appenti pour reprendre dans les rues. Elle courrait juste derrière lui, très vite, mais savait qu'en cas de besoin, elle pourrait accélérer encore pour un petit temps. Cependant, il fallait qu'elle reste derrière son Maître qui avait une facheuse tendance à emprunter des itinéraires tortueux. Malgré tout, elle était heureuse; elle savait qu'une course simple aurait été inutile, et ces petits imprévus rajoutaient du piment au parcours. Elle s'amusait bien.
    Hélas, elle dut admettre, au bout d'un certain, qu'elle faiblissait. Ce qui l'alarma fut le fait qu'elle trébuche légèrement dans un pavé délogé -bien qu'elle reprit son équilibre sans difficulté. Puis elle s'étonna d'en vouloir au Maître de leur faire escalader ce mur, qui, fort heureusement, offrait des prises simples. Enfin, elle se surpris vraiment lorsqu'elle se demanda quand-est-ce que cette course si rapide finirait, ou du moins, quand Erwan se déciderait à rallentir l'allure.
    Enfin, elle se retrouva sur un toit, et la perspective d'une course aérienne la revigora; mais ce fut avec un mélange de déception et de soulagement qu'elle observa le Maître descendre... Et stopper.

    Lorsqu'elle toucha le sol, elle comprit son erreur; comprit qu'elle aurait dut réfléchir, observer. Bloquée. Elle était bloquée. Derrière elle, le toit, qu'elle pouvait atteindre mais elle doutait arriver à monter dessus, étant donné la pente abrupte de ses tuiles. Devant elle... Ils étaient deux. Saoûls, à n'en pas douter, et donc ils ne devaient pas avoir de très bonnes intentions en tête. Et elle ne savait pas se battre, même si ces deux-là ne devaient pas êtres de très bon combattants. Elle aurait préféré rester en haut, sur le toit, et partir ailleurs. Oui mais voilà, elle était apprentie, et ces situations faisaient partie de son apprentissage. D'ailleurs, elle était prête à parier qu'Erwan avait prévu cela.
    Alors oui, d'une manière ou d'une autre, elle aurait quand même combattu. Mais elle aurait dut regarder où elle allait. Leçon à retenir.

    Leçons.

    Elle fusèrent vers Wëlle, touchèrent ses oreilles, s'engouffrèrent en elle, éternelles mais trop fugaces pour qu'elle parvienne à les saisir. Il y en avait plein, il y en avait trop, elle ne savait plus ou donner de la tête. Elles s'échappaient, glissaient entre ses doigts, insaisissables... Et pourtant en elle. Ancrées.
    Combattre, force, pénètrer son centre, jouer, pas de mort, un seul geste, un seul souffle.
    Quelques idées, quelques notions saisies inconsciemment qui lui permettaient d'assimiler le plus important. D'avancer...

    Avancer d'un pas sur, muscles prêts à réagir. Elle était essouflée, sentait une douleur dûe à un début de point sur le côté, et pour clôturer le tout, e bâton l'encombrait plus qu'autre chose car elle n'avait jamais tenu un tel truc dans les mains. Deux adversaires... Un pour chacune. Elle centra son regard sur le plus grand, le plus maigre, avec sa barbe naissante, son oeil torve et son sourire carnassier. Il titubait. Un adversaire simple, qui, visiblement, ne portait pas d'armes. S'il était complètement enivré, il n'en perdait toutefois pas sa force, elle le savait pour avoir déjà eu affaire à ce genre de gars. Elle devrait donc se montrer prudente, parce que s'il arrivait à s'emparer d'elle, s'en était fini. Elle savait qu'Erwan était là, prêt à réagir -et s'étonnait que les deux hommes ne marquent pas d'hésitation face à cet homme à l'aspect si particulier et puissant- mais c'était une question d'honneur, une question de fierté. Elle ne pouvait se permettre de perdre. Ils ne seraient pas fiers d'elle, Il ne serait pas fier d'elle. Et Erwan non plus.

    Elle tenta d'abattre ce baton d'un geste maladroit, et l'ivrogne bloqua avec son avant-bras, riant grassement à cette piètre tentative offensive... Ce qui ne fit que déclencher la rage d'Inwëlle.

    "Qu'est-ce qui te prend ma minette? Je veux juste que tu..."

    Tentant de placer un coup en revers, elle frappa le plus fort possible dans les genous de l'ivrogne, ignorant ses paroles, sachant d'avance ce qu'il désirait. Il poussa un grommellement de douleur, reculant d'un pas. Cependant, Wëlle n'avait pas put placer trop de violence dans ce coup, ne sachant comment s'y prendre avec ce baton. Elle voulut profiter de son avantage pour passer tout de suite à l'attaque, mais, en s'élançant en avant, elle sentit le baton pencher, lui tordant le poignet gauche. Si elle avait ce bâton, c'est qu'Erwan avait voulu qu'elle s'en serve. Et bien, il pouvait être content, elle s'en était servie. Enervée, elle balança alors l'arme derrière elle, décidant de s'en remettre à son corps sans cette stupide arme pour la gêner. Seulement, elle dut bondir en arrière car son adversaire s'était reprit et chancelait à présent, bras ouvert, dans sa direction. Il n'était pas vivace et pas très en équilibre, aussi choisit-elle de s'accroupir pour tenter de faucher ses chevilles. Hélas, elle ne s'était pas attendue à temps de résistance et l'homme ne chancela pas, contrairement à elle qui, en plus d'une douleur à la cheville, se retrouva assise sur le sol. Avant de n'avoir put se relever, elle se retrouva entre ses bras puants et collants, pressée contre son torse, trop fort pour qu'elle puisse respirer convenablement. Elle sentait une main calleuse et sale s'aventurer sous sa tunique, elle sentait le souffle putride de l'homme dans son cou. L'angoisse et le dégoût lui insufflèrent une hargne sauvage, et elle remonta avec toute la puissance dont elle était capable son genou afin qu'il vienne s'écraser entre les des cuisses de son agresseur.
    Il poussa un grand cri de douleur, comme elle l'avait prévu, et la lâcha afin de porter dans un réflexe typiquement humain ses mains à son entre-jambe. Inwëlle chancela, se rattrapa, inhala une bouffée d'air pur puis emboutit le visage de l'homme à genou avec son coude. Une action qu'elle n'aurait jamais réussi à accomplir s'il n'était pas en train d'agoniser, totalement incapable de se défendre.


***
"On viole pas Wëlle! On la touche pas! Tu vas payer!"

Et trois garçons, un grand blond en tête, s'élançèrent sur l'infortuné qui avait essayé de déshabiller cette jeune fille rousse, recroquevillée dans son coin. Elle observait ses camarades frapper, frapper et encore frapper cet homme. Ce n'était pas la première fois, ce n'était pas la dernière. Elle ne comprenait juste pas pourquoi tous étaient-ils si enragés dès qu'un homme se montrait trop entreprennant avec elle.
***

    En colère par l'idée de ce qu'il avait voulu faire d'elle, elle percuta sa mâchoire de son poing, puis profitant de ce qu'il gémissait prostré par terre, elle recula sans le perdre des yeux, à moitié accroupie, jusqu'à enfin sentir sous ses doigts le bâton qu'elle avait jeté auparavant; l'homme toujours dans le même état, elle s'avança vers lui et frappa encore une fois son visage grace à son arme, cette fois. Il ne mourrait pas; elle le savait, elle ne voulait pas tuer, ses coups n'étaient pas assez nombreux et pas assez puissants pour le tuer, il ne mourrait pas mais payerait. Il payerait de l'avoir eue aussi facilement, il payerait pour ce qu'il avait voulu lui faire! Donnant libre court à sa rage, elle frappa le corps décharné, frappa les épaules, frappa la poitrine, frappa les côtes, frappa les genoux le plus fort possible, ne cherchant qu'à lui faire mal, le plus de mal possible.
    Les garçons agissaient toujours comme ça. Ils n'étaient plus là. Elle était seule. A elle de se défendre comme ils le lui avaient appris.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Lun 31 Aoû 2009, 11:39

Aelys passa la porte la dernière et promena son regard sur la ville qu'elle découvrait pour la première foi. Pas très différentes des autres qu'elle avait pût visiter, à part le fait qu'elle soit vraiment très grande et que la population soit importante ,d'après le nombre d'habitations qu'elle rencontrait au moindre coup d'oeil. Mais c'était quand même la ville, et ça faisait longtemps qu'elle l'avait délaissée pour des endroits beaucoup plus reculés. Elle s'aperçut qu'elle était restée plantée sur place au moment où elle vit Inwëlle tourner dans une ruelle, et elle s'empressa de les rejoindre.La course qui suivit fût plutôt agréable car la nuit qui était tombée offrait une température fraiche idéale pendant un exercice physique.
La jeune fille se hissa sur un toit et glissa souplement jusqu'en bas avant d'atterrir dans une petite ruelle étroite fermée dans leur dos par un mur.Deux hommes à la mine pas très engageante devant eux, et pas de possibilités de s'enfuir.Un exercice hein? Aelys haussa un sourcil en attrapant le bâton que lui tendait Erwan. Elle ne comprenait pas, pourquoi ne pas utiliser un poignard ou une arme plus radicale? Ah, il ne fallait pas les tuer, c'était donc ça... D'un coup d'oeil circonspect , elle jaugea un des deux types. Un peu plus grand qu'elle, il avait tout l'air d'une brute qui frappe tout ce qui bouge sans réfléchir. Son regard embrumé par la boisson dériva vers elle et un grand sourire dévoila ses dents gâtées. Il avait bien compris que c'était une belle proie en perspective, une jolie jeune fille à l'air réservé traînant dans une rue sombre au beau milieu de la nuit, ça ne se trouve pas tout les quatre chemins.L'apprentie le regarda s'avancer vers elle, indécise. Déja si elle ne faisait rien, elle ne pourrait pas l'éviter. Il n'aurait aucun mal à la pousser contre mur et alors...
D'abord, essayer de se trouver en situation de supériorité sans attaquer, et après elle aviserait. Aelys fit un écart à sa gauche au moment même où il allait se saisir de ses poignets et le contourna rapidement pour se trouver derrière lui.C'est à ce moment là qu'elle prit conscience de la présence de sa pseudo-arme dans ses mains et essaya de l'abattre sur la nuque de l'ivrogne qui ne s'était pas encore retourné.Mais c'était visiblement essayer de découper un tronc avec un couteau et l'homme ne fit que grogner en comprenant qu'elle essayait de lui échapper. Lui échapper, à lui? Ah,elle ferait moins la maligne quand il l'aurait attrapée.
"Bah alors, je te veux pas de mal, pourquoi est ce que tu....?"
Ca ne marcherai jamais si elle se servait de ce machin! En même temps si elle en avait besoin par la suite...Ah, et ce type qui se rapprochait dangereusement...Son pied fusa et balaya les chevilles de son adversaire qui trébucha, mais se rattrapa en lui empoignant le bras.
"Tu croyais pouvoir t'en tirer comme ça? Tu va voire ce que je fais aux petites imbéciles qui me..."
Aelys lui envoya son poing en pleine figure et le repoussa d'un coup de pied dans l'estomac. Elle jeta un rapide coup d'oeil à son bras pour évaluer les dégâts. Sa peau avait beau la brûler ça n'avait pas l'air bien méchant. Mais bon, pas le temps de s'attarder, son adversaire était au sol, s'était le moment ou jamais.
L'ivrogne était tombé à plat ventre mais essayait déja de se relever. L'apprentie lui abattit son bâton en plein crâne et il ne broncha plus, visiblement inconscient. Aelys jeta son bâton derrière elle et vérifia qu'il ne bougeait plus et soulevant sa tête du bout du pied. Elle grimaça en découvrant le résultat. Il avait beau être encore vivant, se prendre deux fois de suite les dalles de pierre en pleine face n'avait pas dût lui faire du bien. La jeune fille recula lentement et soupira de soulagement. C'était finis, celui là ne viendrait plus embêter personne, au moins ce soir.
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Lun 31 Aoû 2009, 14:00

Erwan regardait avec intérêt ses deux élèves se battre contre ces ivrognes de la pire espèce. Des soulards qui se prenaient pour des tombeurs et qui violaient les jeunes filles qu'ils rencontraient dans les rues en rentrant chez eux le soir. Retenant une grimace de dégoût, même si on ne pouvait pas le voir, le jeune Marchombre laissa ses yeux dériver sur les quatre corps en mouvement, devant lui. Un sourire passa sur son visage lorsqu'il vit que les deux jeunes filles n'arrivaient pas à s'en sortir avec leurs bâtons, et que l'une et l'autre avaient tenté de s'en débarrasser pour être moins gauches. Lorsque Aelys frappa dans le cou de l'homme, il ne put retenir un petit hochement de tête d'approbation. Par contre, la suite le gêna un petit peu : Aelys, bien qu'elle ne voulût pas sciemment tuer ton adversaire, avait bien insisté et la tête de l'homme avait cogné deux fois assez fort contre le sol, avant qu'il ne s'immobilisât tout à fait. Et Inwëlle... Inwëlle s'acharnait sur le corps de celui qui s'en était pris à elle, tandis que celui-ci était totalement inconscient et incapable de se relever...

Alors, comme une ombre, Erwan sortit de son invisibilité pour poser calmement une main sur son épaule. Avec un calme et une tendresse immenses. Pour calmer la jeune fille à son tour. Lorsqu'elle eut arrêté de rouer de coups le corps inconscient à ses pieds, il se pencha vers elle, et exposa assez fort pour qu'Aelys l'entendît elle aussi :


- Pourquoi continuer à le rouer de coups alors qu'il est inconscient ? Cet homme, ivrogne, ou combattant chevronné, mérite-t-il à ce point les coups d'une Marchombre ? Une Marchombre ne garde-t-il pas son énergie pour continuer à avancer sur la Voie plutôt que pour frapper de sa vengeance ?

Laissant une petite pause, Erwan se redressa, et glissa sur les corps. Il posa ses doigts sur le cou de celui qu'Inwëlle avait tabassé pour vérifier son pouls. Il battait doucement et difficilement, mais il était toujours en vie. Le jeune homme glissa un soupir de soulagement, avant de faire de même pour celui qu'Aelys avait combattu. Son pouls battait très faiblement, mais il battait. Il fallait dire qu'entre deux énormes coups sur la tête et des coups, même par centaines, dans le ventre, les coups sur la tête avaient plus d'impact sur l'intégrité des personnes. Alors, rassuré, Erwan continua :

- Vous devez oublier les mots comme vengeance ou rancune. Cela ne mène à rien et ne fait que vous éloigner de la Voie des Marchombres, cela vous fait glisser du côté du Chaos de l'esprit, vous pouvez vous en rendre compte vous-même.

Un Marchombre prend en compte toutes les possibilités, et le fait qu'un autre ennemi puissent arriver après. Il canalise son énergie pour avancer et continuer d'être celui qu'il est vraiment, et non pas pour se perdre lui-même...


Laissant encore une fois un petit silence pour que les filles ingurgitent ses paroles, il dit doucement :

- Dans cet exercice, j'attendais de vous que vous mettiez en pratique les leçons que j'ai pu vous donner avant. Pas seulement celles que j'aurais pu énoncé aujourd'hui, mais celles que j'ai pu vous offrir à longueur de temps. Un Marchombre glisse avec le temps et joue avec les forces. Un Marchombre ne se focalise pas sur un détail mais sur un tout, pour en discerner les détails.

Nous avons même vu, il y a un petit moment, les parties sensibles du corps, les points névralgiques. Il vous faut vous souvenir et vous en servir, dans toutes les situations.


Sur ce, Erwan leur fit un signe de tête et se glissa furtivement dans la ruelle pour grimper par la suite sur un petit muret et rejoindre les toits de la ville les plus bas. De là, il invita ses élèves à le suivre et lorsqu'elles furent près, il s'élança à nouveau dans une autre course à travers la ville.

Les toits n'étaient pas glissants car il n'avait pas plu depuis un petit moment sur Al-Chen, et Erwan voulait mettre un peu ses élèves dans la difficulté. C'est pourquoi il se dirigea, depuis les toits, vers une rue plutôt imposante de plus de trois mètres cinquante de large. S'arrêtant un instant le temps qu'Aelys et Inwëlle le rattrapassent, il leur adressa un sourire. Il était à deux mètres du bord du toit, et ne prit pas d'élan avant de s'élancer par dessus la rue. Se rattrapant souplement d'une roulade de l'autre côté, sur les toits d'en face, il leur annonça :


- De l'immobilité totale, le Marchombre sait devenir mouvement confondant de rapidité. Il passe de jaillissement à immobilité, d'immobilité à jaillissement. Il est ces deux états.

A votre tour, sachez jaillir !


Il savait qu'il prenait quelques risques en faisant cela. Mais il ne doutait pas de pouvoir les rattraper. Sa vision de félin lui avait révélé qu'un peu plus bas, une barre de fer sortait d'une corniche de maison, et si l'une des filles n'arrivait pas à atteindre les toits normalement, il pourrait aisément la rattraper et la faire remonter pour qu'elle recommençât. De vision humaine, surtout de la vision de ses apprenties, cette barre était totalement invisible, ce qui corsait énormément les choses pour elles... Leur adressant un sourire, le Maître Marchombre se décala légèrement pour leur laisser la place de bondir.

De jaillir.
Comme des étincelles.
Comme le feu de la Voie qui vibrait en elles.

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Mar 01 Sep 2009, 22:41

    Inwëlle avait compris. C'était moins compliqué que les leçons précédentes, c'était plus accessible. Elle avait compris que ce qu'elle avait fait été mal. Elle avait compris qu'elle devait s'attendre à tout. Elle avait compris qu'elle avait fait une erreur. Elle avait compris que cet homme ne méritait pas ses coups. Elle avait compris que, ces mots, "rancune et vangeance", étaient mauvais. Enfin, pas vraiment les mots, mais ce qu'ils signifiaient. Mauvais, et ils l'entraînerait sur la Voie du Chaos. Elle avait compris tout ça, et même... Elle le savait, au fond d'elle-même. Elle savait, avant de frapper cet homme, que ce ne serait pas appréciable. Elle le savait, mais elle l'avait tout de même fait. Son caractère la conduirait à faire bien des erreurs, et ce n'était pas là ni sa première ni sa dernière. Trop fière pour pouvoir parce qu'on le lui demander oublier un concept, trop fière pour renier ce caractère.
    Mais elle y arrivait, petit-à-petit. Plusieurs mois plus tôt, par exemple, elle aurait été très frustrée de se voir adresser ses remontrances. Quelques mois plus tôt, la main d'Erwan dans son dos l'aurait plus agacée qu'apaisée. Elle aurait sursauté, elle n'aurait pas apprécié qu'il intervienne... Et là pourtant, elle n'avait pas été dérangée. Elle aimait ce contact, et le cherchait même. Elle avait tellement changé...

    Non, pas changé. Evolué.

    Elle se leva d'un mouvement souple, malgré son essouflement. Elle se força à respirer calmement, pour évacuer la colère et récupérer de ces derniers efforts. Elle détendit ses muscles pour faire disparaître le point de côté, et à nouveau, écouta les mots d'Erwan qui glissaient dans son oreille. Les points névralgiques... Elle ne s'en était pas souvenue du tout! L'impulsion du moment... Il faudrait, dorénavant, qu'elle garde ceci à l'esprit, car, elle le savait, ils lui seraient utiles. Sinon, Erwan n'aurait pas perdu de temps à les leur enseigner. Elle devrait se souvenir, donc.
    Se souvenir, frapper, prendre l'avantage, et prévoir.
    Voilà des verbes et des notions qu'elle pensait avoir comprises. Restait à les appliquer...

    Erwan se détourna, et, dans un dernier élan de dégoût, cracha le plus silencieusement possible à la figure de son adversaire prostré à terre. Ce n'était pas bien, mais c'était plus fort qu'elle. Elle se demandait un jour si elle se dominerait entièrement, si elle deviendrait maîtresse d'elle-même... Un jour, peut-être. Au pris de rudes efforts, surement...

    Les toits! Enfin, il se décidait à courir sur les toits! Bondissant au dessus de ruelles sombres, prenant garde à ne pas glisser, se rattrapant aux gouttières fragiles, Wëlle se sentait vraiment dans son élément. Les courses des toits, dangereuses et palpitantes... Cet univers souvent méconnu des citadins, ces possibilités de chemins infinies... C'était le double de la ville, c'était comme le négatif de la ville: les rues au sol n'étaient pas praticables là-haut, et l'étendue de terrain offerte par le sommet des bâtiments était inexistante en bas. Elle adorait ça, elle adorait contourner les cheminées, elle adorait contempler le vide offert un bref instant à sa vue sous ses pieds, elle adorait cette liberté, tout cet espace... Heureuse, pleinement heureuse, elle...

    Stop!

    Elle stoppa brutalement, faillit percuter Erwan, mais se rattrapa à temps pour ne pas tomber dans le vide qui s'ouvrait sous ses pieds. Ils ne se situaient pas bien hauts, et, depuis le début, l'altitude était restée basse -mais c'était tout de même une course des toits. La rue était large, très large, ce devait être l'artère principale. Elle avait la désagréable impression que si Erwan s'arrêtait ici, ce n'était pas pour rien. Elle espérait juste qu'il ne leur demanderait pas de...
    Espoir vain, elle le savait depuis le début. Il bondit. Un saut impressionant, sans élan qui plus était. Grandiose. Ensuite, il parla, illustrant son action par des propos. Elle savait ce que cela signifiait, elle l'avait déjà fait. D'immobilité à mouvement, elle connaissait. Mais pas comme ça... C'étaient des sauts bien moins importants, ou alors des prises de vitesse très soudaines. Pas ça.
    Seulement voilà, elle allait devoir le faire. Elle devait le faire. Elle n'y arriverait jamais, c'était trop loin, beaucoup trop loin, et elle était essoufflée, beaucoup trop essoufflée. Et pourtant, elle devait le faire... Elle aurait bien pris de l'élan, mais alors l'exercice aurait été vain. Avec de l'élan, oui. Lancée à pleine vitesse, préparée au saut, les muscles prêts à réagir... Elle avait déjà sauté pareille distance, mais pas dans ces conditions. Et pourtant...

    Concentration.

    Bondir, elle devait bondir. Utiliser la moindre parcelle musculaire de ses jambes pour la propulser loin, très loin. Se tendre, elle devait tendre son corps, bras vers l'avant, pour avoir une meilleur chance d'attraper le rebord. Et enfin... Avoir confiance. Confiance en elle. Le bond, elle devait sauter, bondir. Elle devait... S'envoler.

    Elle s'envola.

    Bras tendus en avant, jambes vers l'arrière, elle planait au dessus de la rue au fond de laquelle s'agitait les badaus. Elle volait, du moins en avait-elle l'impression. Elle attendrait le bord, il se rapprochait. Vite, très vite... Tout comme elle sentait la pesanteur la rattraper. Quelques dizaines de centimètres! Elle...

    Elle tombait.

    Il manquait peu, mais c'était déjà trop. Elle tombait, elle le sentait, aspirée par le vide, aspirée par... La mort? Peut-être. Peut-être pas...

    Elle tombait.
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Lun 07 Sep 2009, 21:01

Erwan sentait derrière lui une présence s'effacer, alors qu'il courrait. Ne sachant à quoi s'en tenir, il n'avait pas regardé en arrière durant sa course, et avait continué sur sa lancée. Mais maintenant qu'il s'était arrêté et avait sauté, il se rendait bien compte de cette présence, disparue dans son dos. Une absence, plutôt, en fait. Lâchant un soupir, il regarda en direction de ses deux apprenties et vit qu'il manquait bien l'une d'elle. Aelys n'était plus là. Ne sachant que penser, même si quelque part c'était un passage irrémédiable pour le jeune Marchombre, il se concentra à ce moment-là sur Inwëlle.

Il faillit ne pas réagir.
Faillit.

Il était parti peut-être une demie-seconde avant qu'il ne fût trop tard.

La jeune fille avait sauté, mais ses doigts n'avaient pas atteint la corniche du bâtiment sur lequel il était. Tout à sa réflexion et à sa recherche du regard, il ne l'avait pas vue décrire un arc de cercle légèrement plus court qu'il ne le fallait. Il avait failli. Il avait failli laisser tomber son apprentie.

Finalement, il avait bondi. Bondi pour attraper la barre en fer, saisit Inwëlle par la taille pour ne pas lui faire trop mal, et sauter sur le toit où elle était quelques secondes auparavant. Il l'y déposa doucement, tandis qu'encore, il regardait en arrière, cherchant Aelys du regard. Il ne pouvait pas s'en empêcher, même s'il savait que si elle était partie, elle ne reviendrait pas. Il trouvait cela dommage. Mais après tout, il ne pouvait rien y faire. Il avait tout donné, à chacune de ses apprenties, si elles n'avaient pas sû saisir les opportunités qui s'offraient à elle, elles ne pouvaient en vouloir qu'à elles-mêmes.

Mais tout de même, cela lui faisait bizarre. Etait-il un Maître pas assez convaincant ? Ne donnait-il pas envie de continuer sur la Voie ? Son regard se posa sur Inwëlle, et il sut répondre à ses propres questions : non, bien sûr que non. En donnant tout ce qu'il avait, il ne pouvait rien faire de plus. Il avait toujours été à l'écoute, et si parfois il se faisait distant ou lointain, c'était pour que ses apprenties apprissent par elles-mêmes. La Voie des Marchombres n'était pas celle de la facilité, et il ne pouvait pas leur mâcher tout le travail non plus, c'était intolérable et cela ne ferait pas d'elles des Marchombres. Peut-être qu'en suivant la Voie, elles avaient senti, après tout c'était aussi possible, qu'elles n'étaient pas faites pour et que la Voie ne s'accordait pas à elles. Après tout, il n'était pas dans leur esprit pour en juger à leur place...

Se tournant vers Inwëlle, il s'accorda à lui dire :


- Et bien, il semble que nous ne soyons plus que toi et moi...

S'accordant une légère pose, il reprit néanmoins avant qu'elle n'ait eu le temps de répondre :

- Ne crois pas que cela sera plus facile. Au contraire, tu vas bien plus travailler et souffrir que jusque là.

Un sourire étira ses lèvres, comme une promesse. Non, c'était une promesse. Elle allait bien galérer, dorénavant, et il s'accorderait à ce qu'elle dépassât toutes ses limites. Absolument toutes. Alors, il ajouta :

- Et cela va commencer tout de suite. Tu vas sauter, encore une fois.

Erwan ne doutait pas de ce qu'il disait. Il continua, pour expliquer :

- Pour mieux y arriver, ne fixe pas le toit en face de toi. Regarde haut, comme si tu voulais t'envoler, comme si tu voulais caresser les étoiles de tes doigts. Elance-toi, aies confiance en toi, crois en toi. Et tu seras capable de tout.

Lui désignant l'espace vide entre les deux rues, il sauta. Comme il l'avait décrit, en exagérant même un peu. Il atterrit plus loin qu'il ne l'avait prévu, et se retourna instantannément pour suivre son apprentie du regard... Et recommencer, s'il le fallait.

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Lun 07 Sep 2009, 21:50

    Inwëlle se sentit attraper et en eut le souffle coupé. Attrapée par la taille, balottée, propulsée en même temps qu'Erwan, serrée contre lui, maintenue par son bras puissante et plein de chaleur humaine. Ou animale. Et animale... Mais elle n'aimait pas ça. Elle n'était qu'une poupée de chiffon manipulable et transportable, lorsqu'il la transportait ainsi. Il pouvait faire ce qu'il désirait de son corps, elle le savait. Elle était mal à l'aise lorsqu'il la reposa au sol, et, s'approchant du bord, elle se rendit compte qu'il lui avait sauvé sans doute la vie. Comment? Comment avait-il put agir si rapidemment? Erwan était un surhomme, voilà tout. Elle détourna son regard du vide qui s'offrait sous ses pieds, sachant qu'elle n'en tirerait rien de bon. Et alors il se mit à parler. A la mettre en garde. Mais ça lui était égal. Elle s'en fichait de travailler plus, de souffrir. Elle retenait une chose. Une phrase qui résonnait dans sa tête, qui martelait ses tempes et écrasait son esprit, qui compressait son cerveau et prenait toute la place, bourdonnant, hurlant les même mots à ses oreilles en boucle.

    "Et bien, il semble que nous ne soyons plus que toi et moi..."

    Elle et lui. Erwan et Inwëlle. Le Maître et l'élève. Elle et son Maître adoré. Elle et sa bestiole préférée. Lui et elle. Juste eux deux. Juste eux... Plus d'autre apprenties, plus de ces filles qu'elle n'avait pas désirées. Plus de ces filles à qui elle n'avait jamais adressé la parole, plus de ces filles qui partageaient son Maître. Son Erwan. Juste pour elle. Fini, cette jalousie qui l'étreignait dès qu'elle voyait une des filles qui partageait son cours. Bien entendu, Erwan avait d'autres élèves en parallèle. Bien entendu, Erwan aurait d'autres élèves plus tard. Forcément. Oui mais elle ne les connaissaient pas. Et eux ne l'avaient pas pour eux tout seul. Eux n'étaient pas seul à seul avec Erwan.
    Enfin... Enfin, elle avait son Maître à elle...

    Son Maître qui lui donnait des conseils, qu'elle accueillit avec joie, entrain et détermination. Elle donnerait le meilleur d'elle-même afin qu'Erwan ne regrette pas les autres, afin qu'il soit fier d'elle. Elle donnerait le meilleur d'elle-même afin de franchir les limites. De progresser, encore et toujours.

    Alors, elle se lança, tout de suite. La tête levée vers les étoiles parsemant le ciel clair, elle cherchait à les effleurer du bout des lèvres, à les attraper du bout de ses doigts tendus devant elle, elle cherchait à s'envoler pour les rejoindre et, au moins quelques secondes, planer en leur compagnie. Elle voulait briller du même éclat, elle voulait se fondre parmis elles. Et pour cela, elle devait voler... Mais elle pouvait y arriver. Elle ne était capable, oui, elle en était capable...
    Les étoiles s'éloignaient. Les étoiles s'éloignaient et le toit se rapprochait, elle le voyait. Non, pas le toit... Le bord du toit. Le bord du toit qu'elle pouvait atteindre. Oui... Du bout des doigts...

    Ses mains s'abattirent brusquement sur les tuiles, à plat, et elle glissa en arrière. Elle s'aggripa fermement à la gouttière, menquant de se démettre les épaules, et se retrouva là, suspendue dans le vide. Un craquement sinistre lui indiqua que cette humble gouttière n'était pas prévue pour résister à tout son poids augmenté par la puissance de la chute, aussi se hissa-t-elle avec précaution à la force des bras. Elle se relevait... Doucement... Douce...
    Crac.
    Encore quelques centimètres de moins. Le gouttière tanguait. D'un mouvement souple, elle posa le pied droit dessus et se propulsa en avant, sur le toit. A plat ventre, elle écouta en silence le déchirement de l'installation arrachée, écouta le choc qu'elle fit en tombant au sol, quelques mètres plus bas, entendu quelques cris de surprise.

    Et enfin, là, à plat ventre, les mains et les épaules douloureuses, elle réalisa. Elle réalisa qu'elle avait réussi. Elle avait fait ce bond, ce bond incroyable qu lui avait parut tout bonnement irréalisable. Elle avait réussi. Elle avait réussi parce qu'elle avait tenté de voler, elle avait réussi parce qu'elle savait qu'elle en était capable.
    Avec précaution, elle se mit en position assise, face à la rue de vide qui s'étendait devant elle, et se frictionna les mains, respirant profondément pour reposer son corps déjà bien sollicité.

    Elle avait réussit...
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Mer 09 Sep 2009, 09:13

La seconde tentative est souvent plus fructueuse que la première. Erwan avait appris cela par expérience, mais aussi dans son enseignement Marchombre, lorsque lui-même avait enseigné la Voie pour la première fois à Alaya. Et cette leçon se révéla encore vraie, encore une fois, et il en fut heureux, il devait bien l'avouer...

Lorsqu'il avait sauté pour attraper Wëlle avant qu'elle ne s'écrasât contre le sol, il avait bien senti la gêne chez elle. Elle n'aimait pas cela, c'était un fait, mais il vaut mieux être rattrapé pour mieux s'envoler par la suite plutôt que de s'écraser et de ne plus avoir d'occasion de voler, non ? C'était ce que pensait le Maître Marchombre. Combien de fois s'était-il fait rattraper, physiquement, avant de savoir totalement - et encore - maîtriser son corps ? Trop pour qu'il eût pu les compter. Des centaines, peut-être plus, même. Alors, son regard se posant sur Inwëlle, il attendit qu'elle eût fait son saut pour en dire plus.

La jeune fille sauta, soudain. D'immobilité à jaillissement. C'était cela. Mais cela suffirait-il pour atteindre les toits opposés ? Erwan se tenait toujours prêt, et bien plus que la première fois, même, pour la rattraper encore une fois si cela était nécessaire. Mais cela ne le fut pas. Inwëlle c'était tendue vers le ciel, comme il lui avait dit, et il vit dans ses yeux le bonheur de côtoyer les étoiles. Souriant, le Maître Marchombre la vit attraper la gouttière, qui ne supporterait pas son poids très longtemps. Mais elle y arriverait, et Erwan avait repris un calme serein. Même si elle eut du mal à monter sur les toits, la gouttière craquant sous elle pour finir par s'effondrer, il ne bougea pas, sachant pertinemment qu'elle en était capable. Elle resta un petit moment, immobile, sur le ventre, sur les toits. Finalement, Erwan lui dit :


- En refusant mon aide, tu refuses de continuer sur la Voie. Lorsque j'ai voulu te mettre en sécurité, tu t'es braquée, alors qu'au contraire, il aurait fallu l'accepter pour réussir à comprendre l'histoire des forces dont je viens de te parler. Je les ai aussi utilisées là, pour nous propulser tous les deux. Sans cela, ce n'était pas possible...

Toujours, il y a les forces, et le Marchombre les perçoit pour les renverser et atteindre ses buts. Il faut toujours en tenir compte.


Sur ce, Erwan se leva, car il s'était accroupi à côté d'Inwëlle et lui demanda de le suivre d'un mouvement de tête. Il courut encore un moment, dans la ville, sur les toits, faisant passer des ruelles de plus en plus larges à Inwëlle, de plus en plus difficile pour qu'elle se rendit compte. Lorsqu'enfin, ils arrivèrent sur la muraille, il l'escalada rapidement, et attendit Inwëlle en haut de cette dernière.

Lorsqu'elle leût rejoint, il lui lança vivement un bâton, pour tester ses réflexes après cette petite escalade de cinq mètres. Puis, il leva légèrement ses avant-bras, lui faisant face dans une demie-attitude de combat. Là, il lui annonça la suite :


- Bien. Maintenant, tu dois te douter de la suite...

Lançant un regard appuyé sur le bâton, le jeune homme continua :

- Tu vas essayer de me toucher avec le bâton. Tu as droit à tous les coups, du moment que c'est avec le bâton que tu me touches.

Même si quelque part il se doutait que la jeune fille ne tenterait pas de le toucher autrement, il avait donné cette dernière précision pour ne pas qu'elle se débarrassât du bâton comme elle l'avait fait dans la ruelle. Alors, il attendit les mouvements de la jeune fille, attentif, prêt à toute éventualité...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Mer 09 Sep 2009, 21:43

    Elle courrait encore, et, devait l'avouer, commencer à peiner. Ca devenait difficile... Les vides qu'elle devait franchir étaient de plus en plus importants, et elle y parvenait avec de plus en plus de justesse; Toutefois, avec de l'élan et avec les conseils prodigués par Erwan, c'était surmontable. Elle devait juste faire fi de sa fatigue, de son essouflement. Continuer à courrir en prenant garde à ne pas déraper sur les toits pentus, continuer de courir tout simplement tout en se tenant prête à toute éventualité... Comme là, par exemple, cette ruelle était restée invisible jusqu'au tout dernier moment.
    Elle la bondit, effleura une étoile du bout des doigts, atterri tout au bord d'un toit plutôt plat et se lança vers l'avant lorsque son pied glissa dans le vide. Elle se releva, sa course cassée par cette incident, soufflant comme un boeuf. Mais lorsqu'elle leva les yeux, elle ne vit pas Erwan courir et bondir comme un coureur, elle le vit... Escalader. Escalader cette muraille de quelques mètres qui s'élevait au dessus de sa tête, et, elle le savait, elle allait devoir le suivre.

    Ah, Erwan... Il ne se privait pas de la réprimander, et c'était ce pourquoi il était ici, à vrai dire. Mais, même si elle n'aimait pas trop que l'on remette son attitude ou quoique ce soit en question, elle arrivait à accepter les critiques qu'il lui adressait, tout comme elle avait accueilli d'un simple hochement de tête celle qu'il lui avait adressée juste avant de se remettre en marche.
    Mais il y avait une chose qui la travaillait. Une chose à laquelle pour le moment elle réfléchissait encore... Une chose pour laquelle elle en était toujours à chercher ses mots. Elle se préparait.

    Les prises étaient régulières, assez abordables. C'était encore là de la pierre travaillée par l'être humain, arrachée à son milieu naturel, un peu comme les murs qui façonnaient l'Académie. Il ne serait pas trop difficile de se fondre en elle et de transformer le moindre de ses gestes en caresse. Ce n'était pas difficile. Malgré son essouflement, elle parvint sans difficulté en haut du rempart, là où se trouvait déjà Erwan, qui l'attendait.
    Du bout des doigts, elle rattrapa le bâton qui avait fusé dans sa direction, bénissant tous ces jeux d'adresse et de réflexes effectués avec les garçons durant sa vie à Al-Jeit.
    Et oui, elle savait ce qui allait se passer, ne pouvant s'empêcher de noter qu'Erwan c'était déjà mis en garde, ne pouvant négliger qu'il avait bien insisté sur le fait qu'elle devait utiliser ce bâton. Cette fois, elle n'aurait pas le choix. Cette fois, elle n'y échapperait pas. Mais auparavant...


    "T'as dis "renverser" les forces. Ca... Ca m'gène. J'veux pas les renverser. J'veux faire comme t'as dit, j'veux me... Les comprendre et... Me... Me... Me fondre dans les forces pour atteindre mon but. Pas les renverser, juste m'en faire des... Alliées, c'est ça? C'est comme ça qu'on dit? Des alliées pour aller avec elles, plus loin encore, et pour dépasser mes limites. Mais pas m'en servir, pas les renverser, juste faire... Faire en sortes que les forces elles m'apportent leur aide. J'pense qu'tu comprend."

    Oui, elle pensait qu'il comprenait bien ce qu'elle voulait dire, ce qu'elle avait exprimé avec hésitation. Mais toutefois, elle était fière d'elle. Elle n'avait buté que trois fois, si elle se souvenait bien, et sur des mots, sur des expressions compliqués, des choses qu'elle n'avait peut-être bien jamais utilisés de sa vie. Elle les avaient entendus, cependant, sans doute de la bouche d'Erwan, et les avaient réutilisés. Mais elle avait quand même travaillait dans son esprit pour formuler cette idée si complexe, cette opposition qu'elle avait face à l'avis d'Erwan... Le terme l'avait choquée, vraiment. Elle ne voulait en rien renverser les forces, car ces forces étaient tellement plus utiles lorsque l'on savait s'y mêler, elle en était sure et certaine...
    Alors, cela la tracassait. Ca la tarabistrouillait d'avoir entendue cette idée de la bouche de son Maître. Oui, elle pouvait se l'avouer maintenant, ça la rendait mal-à-l'aise. Elle voulait une explication, elle voulait qu'il se justifie... Peut-être y avait-il un autre sens au mot "renverser"? Peut-être avait-il voulu dire autre chose? Elle ne savait pas. Elle espérait juste que oui...

    Le bâton pendant dans sa main, elle était debout, immobile, et ne comptait pas tenter un assaut avant d'avoir obtenu une réponse à sa question.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Mer 09 Sep 2009, 22:29

- Chaque mot, s'il a un sens bien précis, possède des nuances, Inwëlle.

Ici, renverser voulait dire les empêcher de faire ce qu'elles voulaient de toi.

Lorsque tu te mêleras à de l'eau en colère, il ne va pas falloir te fondre en elle, car tu vas capter sa colère et le devenir à ton tour, énervée, et dans ce cas tu vas la rejeter car tu ne pourras plus t'y fondre dans un tel état d'esprit... Non, tu devras renverser cette colère, renverser l'envie de l'eau pour lui montrer le bon chemin, le chemin du calme, qui sera en toi.

Tu ne connais peut-être pas la colère de l'eau, mais tu as ressenti un peu la même chose, il me semble, par le passé...

Tu as bien assimilé la notion d'alliée et d'unicité entre toi et les éléments. Mais il faut aussi que tu comprennes que si tu peux influer sur elles, il ne faut pas te laisser trop influencée par elles, sinon tu iras à ta propre perte...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Ven 11 Sep 2009, 23:13

    Inwëlle avait hoché la tête, encore une fois. Ainsi donc elle avait raison, c'était bien son incompétence à comprendre le mot qui lui avait empêcher de saisir le sens de l'expression. Une inquiétude légère était venue virevolter devant ses yeux... Cette ignorance serait-elle très handicapante? Mais, bien vite, cette interrogation teintée d'angoisse s'effaça pour laisser place aux souvenirs. Il avait dit qu'elle avait déjà été confronté à un truc comme ça... Quand donc? Où? Avec qui? Elle ne voyait pas, elle ne s'en souvenait pas. En tout cas, elle voyait très bien ce qu'il voulait dire par les derniers mots prononcés. Elle savait très, très bien qu'il ne fallait pas se laisser dominer... Parce que l'Eau prenait, l'Eau emportait, l'Eau voulait, et sans doute les autres forces aussi. Elle savait que si elle se laissait trop aller, elle se ferait avoir, mais si, d'une légère caresse elle rappelait sa présence, si elle parvenait à vraiment se faire accepter de l'Eau tout en prouvant qu'elle était forte et capable de s'en sortir, alors elle était tranquille, elle était en sureté. Et ça, ça faisait bien longtemps qu'elle l'avait assimilé.

    Bien, désormais, il fallait combattre. Et en combat, il était important de ne laisser aucun avantage à l'adversaire... Ne pas lui laisser la possibilité d'agir en fonction de votre état d'esprit. Et donc, de ne pas laisser voir son état d'esprit. Et ainsi, il lui fallait remettre son masque. Elle aurait put aussi donner de fausses impressions, pour engendrer des réactions prévues à l'avance... Mais elle ne pensait pas être convaincante, elle ne pensait pas pouvoir envisager aussi dangereusement une situation. Elle ne croyait pas pouvoir faire passer sur son visage de manière à tromper quelqu'un comme Erwan une chose qu'elle ne ressentait pas.
    Alors, elle replaça le masque, accrocha les ficelles bien serrées, et se tint prête. C'était à elle d'attaquer, et la plus élémentaire des choses était de feinter.
    Donc elle ne feinterait pas.
    Erwan s'y attendrait, il s'attendrait à ce qu'elle se jette sur lui puis dévie de sa trajectoire pour frapper autre part... Alors il vallait mieux ne pas feinter du tout. Evidemment, elle n'arriverait pas à le toucher. Pas aujourd'hui, pas demain, elle le savait; bâton ou pas. Elle ne s'y connaissait pas en combat, le bâton l'engourdissait et Erwan était bien trop doué. Mais elle devait quand même essayer, pour s'entraîner... Pour progresser.

    Elle s'élança, tentant d'appliquer ce jaillissement Marchombre, ce changement d'état si brusque. Le bâton en avant, par défaut, dans la continuité de son bras tendu. Comment le tenir, comment s'en servir? Elle sentait son bon déséquilibré vers l'avant, àa cause de ce fichu bâton. Elle savait qu'elle devait faire corps avec ce bâton, qu'il devait faire partie intégrante de son âme et d'elle même pour que cela marche, ça fonctionnait comme ça, toujours. Elle devait accompagner le bâton, mais elle n'y parvenait pas. C'était sans doute parce qu'elle n'en avait pas voulu, parce qu'elle ne voulait pas recevoir cette arme, parce qu'on la lui avait remise contre sa volonté... Comment accepter de suite une chose indésirable? Elle ne pouvait pas...
    Elle ne feinta pas, garda sa trajectoire, légèrement vers la droite d'Erwan dans le but de toucher son épaule. Mais elle savait qu'elle n'y arriverait pas, et elle se rendait compte qu'elle ne devait pas penser comme ça. Ca n'allait pas aller.

    "Aies confiance en toi"...

    Combien de fois lui avait-il répété? Combien de fois, bordel, lui avait-il dit d'avoir confiance? Il venait encore une fois de le lui rapeler, de lui souffler que l'essentiel était d'éprouver pour soi-même une confiance véritable, de se dire que oui, on pouvait y arriver... Et que faisait-elle? Elle n'appliquait pas, elle se répétait inlassablement qu'elle n'y parviendrait pas! Comment espérait-elle avancer ainsi? Comment voulait-elle...

    Rage.

    La rage qui, souvent la prend d'un coup et qui refait surface, encore...

    Stop! Elle planta ses talons dans le sol, baissa ce fichu bâton, arrêtée à un mètre à peine d'Erwan, brusquement. Elle recula, un pas, deux pas, trois pas. Elle recula, ferma les yeux, se concentra... Imagina. Imagina qu'Erwan rate, s'imagina le touchant in-extremis du bout de son bâton. Extase et enchantement... Il suffirait d'être rapide, agile et maligne. Il suffirait d'un bon coup de chance, d'un coup de pouce de la providence... Mais c'était faisable. Elle pouvait y arriver. Et c'était en s'exerçant que ses chances d'y parvenir augmenteraient...

    Alors, pleine d'une force nouvelle, elle s'élança à nouveau, du même côté, le bâton devant elle. Elle devait faire avec, elle devrait faire avec, et ce ne serait pas l'unique chose imposée qu'elle ne désirerait pas. Elle devait s'y accomoder, elle devait s'y accoutumer. Il fallait qu'elle frappe avec ce bâton, ce bâton allait devoir l'aider...
    Elle était en l'air durant l'espace d'un temps qui serait très court, muscles tendus, le bâton tendu, cherchant à toucher. Juste à toucher...
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Sam 12 Sep 2009, 19:35

Erwan observait les réactions de la jeune fille en face de lui. Elle semblait s'invectiver intérieurement après sa réponse à sa question muette, ce qui le fit légèrement sourire. Mais il reprit son sourire lorsqu'elle commença à se mettre en garde. Il avait bien remarqué, dans ses yeux, sur son visage surtout, qu'elle s'était refermée, qu'elle avait remis sa carapace, celle qu'elle mettait pour se protéger. Il ne put s'empêcher de secouer infimement la tête. Après tout on ne se débarrasse pas de mauvaises habitudes si vite, même si elle le faisait très bien. Et c'était aussi une manière de montrer qu'elle ne savait pas cacher autrement ses émotions et ses pensées.

Il était vrai que pour le Marchombre, se cacher ne servait à rien, jamais. Il y avait toujours des gens qui pouvaient nous déchiffrer malgré nous, et même si ce n'était pas tout le monde, penser que l'autre ne pouvait pas le voir revenait à le sous-estimer et il savait qu'il ne fallait jamais sous-estimer les autres. Donc mieux vallait prendre en compte que les autres pouvaient lire en nous et réussir à détourner cela d'une manière autre que celle de cacher ce que l'on est réellement. Plutôt, déformer la réalité était bien plus aisé, et bien plus sage. Mais après tout, chacun avait aussi sa propre expérience de la vie, et Erwan ne voulait pas imposer la sienne. Il fallait juste trouver ce qui nous avantageait le mieux, toujours, ce qui nous permettait de nous surpasser, tout le temps. Levant ses yeux bleu cobalt vers la jeune fille, il se redressa légèrement.

Elle voulut le frapper une fois. Son geste avait été vif et rapide, mais sans envie, sans but réel, et Erwan n'eut aucun mal à l'éviter. C'était comme ces coups de poing, des bébés, lorsqu'ils n'étaient pas contents. Se serait-il fait touché qu'il n'aurait rien senti. Fixant son apprentie, il la vit s'arrêter brusquement, et sentit en elle une rage, cette rage qu'il avait pu percevoir un peu plus tôt, contre cet homme, dans la ruelle. Cependant, à son étonnement et sa fierté, elle réussit à contenir cette émotion et à en faire ressortir quelque chose de bon. Un immense sourire était passé sur le visage du Maître Marchombre, fier que son élève eût acquis rapidement cette leçon fondamentale pour parcourir la Voie des Marchombres.

Lorsqu'elle revint à la charge, il sentit en elle la détermination qu'il voulait qu'elle eût. Alors, pivotant seulement son buste pour éviter le bâton qui se dirigeait rapidement et vivement vers son épaule, il ne bougea pas ses pieds et attendit qu'Inwëlle retombât sur le sol pour voir la suite. Lui souriant, le Maître Marchombre recula d'un pas et saisit un autre bâton, qui était juste là.

Rapidement, de quelques pas, il se positionna à côté d'Inwëlle et d'un signe de tête, expliqua :


- C'est bien. Ta deuxième attaque était bien mieux que la première, continues comme ça. Tu es sur la bonne voie !

Maintenant, regarde moi, et essaye d'assimiler les quelques gestes que je vais te montrer. Ce sont les gestes élémentaires du combat au bâton. Le bâton est l'arme la plus basique qui soit, c'est pour cela que je veux que tu apprennes à t'en servir avant de le faire avec des armes avec lesquelles tu pourrais te blesser toi-même.


Sur ce, il plia légèrement les genoux, les gardant souples pourtant, mais fermes. Dans cette position, il brandit son bâton vers l'avant une fois, très vite, jaillissant de tout son corps vers l'avant. Cette action avait été très rapide, et il se remit en place de départ. Là, il recommença, très lentement. Le bâton était vertical, à son côté, et il se mit lentement en mouvement. Levant légèrement le bâton de sa première main, il plaça son autre main juste en dessous, puis déplaça sa première main en dessous de la seconde et poussa sur le bâton, le décalant en position horizontale.

Et il recommença.
De plus en plus vite, pour montrer la fluidité qu'elle devait acquérir.

Ensuite, il se stoppa pour montrer un autre mouvement. Le bout du bâton vers l'avant, il fit d'abord le mouvement avec rapidité, comme il avait commencé pour l'autre. Ensuite, il recommença, confondant de lenteur. Il amena le bâton frapper contre un corps invisible, lentement, dans une courbe toute étudiée, avant de le ramener vers lui en tirant avec la main qui était la plus proche du bout du bâton, passant l'autre devant, et faisant tourner le bâton entre ses doigts, avant de frapper de l'autre côté. Il recommença, encore une fois d'abord lentement pour aller de plus en plus vite, toujours ce même mouvement.

Finalement, après avoir répété une dizaine de fois chacun des deux mouvements, il s'arrêta et expliqua à Inwëlle :


- Il faut que tu sentes le bâton comme une extension de ta volonté et de ta chair, mais tu l'as senti, je l'ai bien vu. Il faut que tu te dises que cela n'est que toi, en réalité.

Par contre, ton cerveau doit assimiler les mouvements de poignet que tu vas devoir faire, c'est pour cela que d'abord, les mouvements lents intègrent les mouvements, et qu'ensuite la fluidité et la précision arriveront.

Tu vas refaire les mouvements que je viens de te montrer jusqu'à les faire parfaitement. A ce moment-là seulement nous recommenceront.


S'effaçant de quelques pas, Erwan observa son apprentie.
Si elle doutait encore et que son caractère ne l'aidait pas, il était fier d'elle. Elle avait fait un énorme chemin depuis la première fois qu'il l'avait rencontrée, au Lac Chen...

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Dim 13 Sep 2009, 11:50

    Inwëlle ne fut guère surprise lorsqu'il esquiva. Elle avait encore beaucoup à apprendre... Comme ces mouvements, par exemple. Ce mouvement, si vif, si fluide qu'elle avait l'impression que le bâton était directement passé d'une position à une autre... Elle devait le regarder, alors elle regarda, elle observa, sa position, ses genoux fléchis, ses mains. Elle espérait juste qu'il allait remontrer le geste parce qu'elle n'avait rien vu du tout... Et il remontra. Lentement, étape par étape.
    Et alors, intérieurement, elle parti d'un grand éclat de rire tandis que, le masque à nouveau poussé de côté, son visage se fendait d'un immense sourire hilare. Elle n'aurait sans doute pas réagit comme ça si les compliments d'Erwan ne l'avaient pas mise d'aussi bonne humeur, ni si elle n'avait toujours pas su à quoi servait, bon sang, ce maudit bâton. Mais elle avait tout ça, et elle était joyeuse, si joyeuse qu'elle s'autorisait une réaction comme celle-ci.
    Cette procédure, un mouvement très rapide, fluide qui montrait ce qu'il pouvait en être, suivie d'une explication lente, douce... Puis une accélération des choses afin d'en arriver à nouveau au point qu'elle aussi pourrait atteindre, à force de travail et de persévérance. N'était-ce pas la méthode qu'elle avait employée avec Helyn? N'était-elle pas descendue, doucement, lentement de l'arbre où elles étaient juchées pour lui montrer comment s'y prendre? N'était-elle pas, par la suite, remontée puis redescendue à sa manière à elle, souple, rapide, efficace?
    Si, ç'avait été la même chose, et cette coïncidence heureuse et ce rappel doux d'un moment si agréable ne pouvaient que faire bondir son coeur dans sa poitrine.

    Erwan avait maintenant fini le premier mouvement, et elle pensait avoir bien imprimé chacun des gestes dans sa tête, d'être capable de reconstituer le puzzle avec fidélité, même si cette idée ne lui plaisait guère.
    Elle observa ensuite attentivement le deuxième mouvement, pour lequel son Maître adopta la même démarche. Elle observa à en avoir mal aux yeux, puis lorsqu'il eut aussi terminé, reconstitua dans sa tête chacune des deux attaques enseignées.

    C'était à son tour, maintenant, de le faire avec le bâton qu'elle tenait dans sa main. Elle n'aimait pas du tout imiter quelqu'un, mais elle savait depuis un bon bout de temps désormais quelle était la différence entre copier inutillement un geste, et s'inspirer d'un autre, le reproduire pour apprendre.
    Elle allait le faire, elle allait faire ce qu'il lui avait montré, comme il le lui avait demandé. Mais d'abord...

    Elle regarda son bâton, qu'elle tenait fermement de sa main droite. Une partie de son corps, une partie de son être, une extention, un bout d'elle-même... C'était difficile mais... Mais plus simple qu'avant. Réalisable, maintenant... Maintenant qu'elle savait pourquoi elle devait apprendre à se battre avec ce truc. Maintenant qu'elle acceptait de devoir le faire. Maintenant qu'elle acceptait de bout de bois façonné par l'être humain. Maintenant qu'elle l'acceptait comme une partie de son corps.

    Elle laissa alors un sourire satisfait sur son visage, et commença. Doucement... Une main, une autre main. Le bâton vers le devant... Et qui revient. Une main, une autre main, et encore, encore et encore... Doucement, tranquillement. Elle connaissait bien la différence entre la théorie et la pratique. Elle savait bien que savoir comment faire quelque chose ne signifiait pas que l'on parviendrait à l'exécuter; et le laner de poignard, quelques heures auparavant, en était la preuve. Alors, lentement, elle faisait. Une main, une autre main, inversion, le bâton vers l'avant... Et qui revient. Mains, le bâton, et qui revient. Le bâton, qui revient.
    Plus vite, un peu. Plus fluide, toujours. Moins maladroit, plus souple. Plus convaincant, aussi...
    Elle arrêta, au bout d'un moment. Elle estimait se débrouiller assez bien, elle estimait avoir acquis le plus gros.

    Alors, elle commença l'autre mouvement, le deuxième. Frappe, tourne, frappe. Frappe, tourne, frappe. Encore et encore, doucement, elle faisait le geste, déséquilibré de temps à autre par cette nouvelle partie du corps pas symétrique par rapport au reste. Elle frappait dans le vide, encore, encore. Elle accélérait le mouvement, à force de l'exécuter, il devenait, comme le précédent, plus souple et fluide au fil des essais. Jusqu'au moment où elle décida qu'elle le maîtrisait assez. Elle arrêta, et, trois fois, exécuta à nouveau la toute première action montrée; puis la seconde, trois fois aussi.

    Elle avait mal aux bras, mal aux poignets, un peu, elle était fatiguée par toutes ces courses, mais elle s'en moquait.
    Elle était heureuse.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Lun 14 Sep 2009, 15:11

Lorsqu'il eut fini, Erwan se tourna donc vers Inwëlle pour la regarder faire. Elle répéta incessamment le premier geste, jusqu'à réussir à faire ce mouvement avec une rapidité et une précision suffisantes, selon elle sans doute. Erwan sourit et l'observa encore. C'est alors qu'elle se mit en garde et fit le second geste, de la même manière que le premier. Il avait bien vu cet immense sourire sur son visage, comme si rien de mieux ne pouvait lui arriver ce jour-là, et cela avait été contagieux chez le Marchombre, qui arborait un léger sourire plus mystérieux par contre. Si la jeune fille progressait énormément, elle n'avait pas encore fini avec son apprentissage, loin de là. Elle avait encore énormément de choses à apprendre avec lui, et encore plus après, sans lui. Mais pourrait-elle s'envoler sans s'écraser, à ce moment-là ? Il fallait qu'il en fût vraiment sûr. Même si ce n'était pas tout de suite. Mais l'heure n'était pas encore à cela, bien au contraire. Pour l'instant, elle devait s'appuyer sur ses démonstrations pour faire les mouvements qui lui permettraient de se battre plus efficacement par la suite.

Une fois qu'elle eut enchaîné les deux mouvements, elle les refit tous les deux trois fois.
Trois, c'était le bon chiffre.

Une fois pour le Monde ;
Une fois pour le Ciel ;
Une fois pour soi.

Erwan souriait toujours lorsque la jeune fille se tourna vers lui, en vue d'un affrontement. Elle semblait bien plus déterminée que la première fois à l'avoir, et c'était ce que recherchait Erwan. Elle allait vraiment donner ce qu'elle avait dans le fond de ses entrailles. Il voyait bien la fatigue tirer légèrement ses traits, les muscles de ses jambes et de ses bras qui tressaillaient au moindre souffle de vent, comme s'ils avaient été faits de plumes. Oui, elle était presque à la limite de son corps, de l'énergie qu'elle avait pu emmagasiner dans son corps pour le retransmettre. Mais ce cours n'était largement pas fini. Et elle éprouverait encore quelques difficultés, et même plus que quelques, jusqu'à la fin de tout cela. Surtout si elle ne dormait pas.

Relevant légèrement la tête, Erwan se mit en garde devant Inwëlle qui avait pris position en vue de cet affrontement. Affrontement qui n'en était pas vraiment un, puisque le Marchombre n'allait pas attaquer son apprentie. Mais tout de même, tous ses adversaires n'attendraient pas que les coups pleuvent pour attaquer. Alors il fallait qu'elle se décidât.

Le Marchombre se souvint de la première fois que sa mère lui avait demandé de l'attaquer. Il avait déjà environs quinze ans, et avec les initiations des frontaliers il savait qu'il n'était pas trop mauvais. Et il avait eu peur de lui faire mal. Elle lui avait fait comprendre, en le surprenant et en le mettant hors combat qu'il ne fallait jamais sous-estimer son adversaire, et encore plus lorsqu'il était Maître en arme, ou encore Maître Marchombre. Et cette leçon-là, comme la plupart des autres, était restée gravée en lettres de feu dans sa mémoire.

Soupirant légèrement, Erwan assouplit ses genoux et ramena un peu ses coudes vers lui. Ses yeux cobalt se fichèrent sur la silhouette de son apprentie, le rendant prêt à réagir à la moindre éventualité...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Mar 15 Sep 2009, 21:27

    Inwëlle le vit se mettre en position de garde et sut alors qu'elle avait assez bien réussi les mouvements pour passer à la suite. Le sourire ne la quittait pas, et son visage tiré resplendissait malgré tout. Elle allait pousser son corps jusqu'au bout; et le bout était encore loin.
    Elle flèchi aussi les genoux, remit le masque encore une fois, et tint le bâton sur le côté, prête à s'en servir. Elle avait un peu son plan en tête, elle savait comment s'y prendre... Erwan s'attendait, et voulait qu'elle utilisât les deux actions apprises à l'instant. D'ailleurs, elle ne s'était pas fatiguée les bras à répéter inlassablement ces mouvements pour le simple fait de les apprendre et de ne pas s'en servir après... Il fallait qu'elle en profite, et donc, elle allait feinter. Elle utiliserai le premier mouvement, d'abord, et ensuite... Ensuite, il s'attendrait à ce qu'elle utilise le second appris, non? Il voudrait qu'elle en fasse le plus possible et donc qu'elle exploiterait tout ce qui était exploitable... Alors, il ne faudrait pas qu'elle fasse ce qu'il attendait d'elle.

    Elle craignait un peu la prise d'élan avec ce bâton à la main... Elle connaissait le geste, mais immobile, et là, il lui faudrait combiner action et rapidité. sans plus réfléchir, elle s'élança, jailli comme le lui avait enseigné Erwan, reproduisant du même coup les mouvements avec ses mains, jouant des poignets, retomba au sol, poussa... Mais avant que le bâton ait put atteindre sa cible, elle le retira violemment vers elle, le passa de côté, posa un pied en arrière, se penchant légèrement... Effectua le même mouvement et, en frappant, ravança à nouveau son pied en retrait pour bénéficier de quelques centimètres de plus. Allait-elle parvenir à frapper sa cible? Ce bâton qui désormais faisait partie de son corps toucherait-il Erwan?

    Avec un peu -beaucoup- de chance... Même si elle en doutait, mais l'important n'était pas de le toucher. L'important était de réussir ces mouvements et d'acquérir suffisament de technique pour toucher un adversaire moins aisé, pour frapper, pour mettre hors de combat. Et un jour peut-être, d'adversaires en adversaires, elle parviendrait à effleurer un Marchombre... Et peut-être même, qui sait, à effleurer Erwan. A toucher Erwan? Oui peut-être, peut-être qu'un jour elle serait en mesure de le faire...

    Mais sans doute pas encore aujourd'hui, sans doute pas demain... Un jour peut-être, et jusqu'au jour où elle en serait capable, elle allait devoir travailler, guidée par Erwan. Mais pour le moment... Elle était incapable de lui nuire, elle le savait, et elle avait donc frappé avec une force convaincante pour que son bâton ne soit pas tout mou et déséquilibré. Assez de force pour montrer qu'elle n'était pas faible, assez de force pour rendre son attaque réelle, pour ne pas qu'il pense qu'elle avait peur de lui faire mal.
    Avoir peur de le blesser équivalait, dans son esprit, à ignorer bêtement les compétences d'Erwan, et, du même coup, à le sous-estimer, et pire encore que cette dangereuse erreur, à l'insulter en le croyant incapable d'esquiver les coups.

    Et ça, c'était vraiment la pire des choses à ses yeux, que de ne pas reconnaître la valeur d'une personne... Enfin quoique, c'était surtout d'avoir le culot d'insulter Erwan qui avait tendance à la mettre hors d'elle... Avait tendance. Pas maintenant, elle ne se mettrait pas en colère. Elle était bien trop équilibrée pour ça, elle était bien trop heureuse, bien trop... En harmonie pour s'énerver maintenant. Plus tard, ça attendrait plus tard.

    Après avoir tenté sa première frappe, elle recula d'une pirouette habile rodée par des années de pratique, prenant garde à tenir le bâton en dehors de sorte à ne pas se blesser; puis bondit, encore, esquissa le second mouvement appris, mais le stoppa à nouveau avant qu'il ne fusse parvenu à sa fin, passa le bâton de l'autre côté et le recommença, mais de l'autre main pour tenter de surprendre son adversaire... Seulement le mouvement n'était pas travaillé et nous sommes tous, en général, plus habile d'une main que de l'autre; et le mouvement fut donc plus lent, moins fluide, moins habile; et elle frappa avec moins de force, sachant que cela ne donnerait rien de fameux.

    Et sachant qu'il lui faudrait apprendre à se battre des deux mains.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Sam 19 Sep 2009, 16:32

Erwan laissait ses yeux glisser sur la silhouette de son apprentie. Elle semblait bien plus déterminée à le frapper que quelques minutes auparavant, et c'était très bien. Levant légèrement le menton, toujours en garde, il vit dans ses yeux qu'elle ne souhaitait pas lui faire mal. Un sourire passa sur son visage, en constatant tout de même qu'elle tentait de cacher cela en donnant de la force à ses coups...

Coups qui ne tardèrent pas à arriver.

Les premiers mouvements furent esquissés de manière assez transparente pour que le jeune homme réussît sans difficulté aucune à les esquiver. Puis, la jeune fille prit de la vitesse et commença à vraiment tenter de l'attaquer. Erwan sourit, esquivant tranquillement les habiles attaques d'Inwëlle, qui tentait de le toucher, obstinément. C'était tout à fait ce qu'il demandait, et le jeune homme ne s'en plaignit pas. Elle tentait de feinter pour mieux réussir à le toucher par la suite, et son raisonnement était le bon. Un immense sourire se dessina lentement sur les lèvres du Maître Marchombre, qui vit à cet instant-là Inwëlle passer le bâton dans son autre main pour tenter de le toucher.

Malheureusement, Inwëlle n'était pas ambidextre. Et donc, en acquérant une technique d'une main, son autre main ne pouvait pas la reproduire aussi parfaitement. Ce fut ce qu'il se passa, et la force qu'elle avait transmise au bâton n'était pas aussi puissante qu'elle l'aurait voulu, cela se voyait dans le fond de ses yeux, même si elle avait à nouveau mit son masque. Erwan commençait réellement à très bien la connaître, et malgré ce masque qu'elle avait sur le visage, il réussissait à prévoir ses attaques et un peu ses pensées. Lorsqu'elle recula pour s'éloigner de lui, le Maître Marchombre se redressa et lui adressa un sourire. Puis, il s'avança vers elle et dit :


- Ne sous-estime jamais un adversaire Inwëlle. Peut-être que tu n'as pas envie de me blesser, mais sache que si cela était indispensable, j'en serais moi-même capable, de te blesser. Je comprends ce que tu ressens, mais ceci dit, les autres n'auront aucune pitié envers toi, lorsque tu les combattras. Tu passes d'un extrême à l'autre, entre l'homme que tu as frappé tout à l'heure et moi.

Il faut que tu t'équilibres, encore plus que ce que tu ne l'es déjà.


Laissant une légère pause, le Maître Marchombre s'avança vers le rebord de la muraille et regarda le vide un instant. Puis, il continua :

- De plus, ne prévois pas le combat. Tu as cru, je l'ai vu dans tes gestes, que je m'attendais à quelque chose sans étudier ma position, et mon attitude. Se baser sur des pensées personnelles n'est pas la bonne solution, si tu veux surprendre l'adversaire, c'est lui qu'il faut étudier. L'autre t'en apprend toujours plus sur toi-même.

Et lorsque tu réfléchis à ton attaque, on peut lire dans ton attitude ce que tu vas faire. C'est pourquoi il faut que tu le vives, le combat, que tu laisses ton instinct te porter pour gagner le combat.


Adressant un léger sourire à Inwëlle, il lui fit un signe de tête pour qu'elle le suivît. Puis, il sauta de la muraille et descendit les quelques mètres qui le séparaient du sol en moins de temps qu'il n'en faut pour dire 'ouf'. Une fois en bas du rempart, il vérifia la position de la jeune fille et dès qu'elle eût rejoint la terre ferme, il courut d'un bon rythme vers l'Est, pendant une dizaine de minutes.

La lune éclairait nonchalament les prairies environnantes et la surface létale du Lac Chen. Le paysage de nuit était magnifique, l'air frai mais pas trop, c'était un vrai régal que de courir dans ces conditions. Puis, le jeune Maître Marchombre arriva à la hauteur de l'endroit où ils avaient laissé les chevaux et s'arrêta de courir pour les approcher. Lorsqu'il fut à quelques mètres d'eux, il s'avança vers la jument d'Aelys et constata qu'elle n'était même plus là. Un sourire passa rapidement sur ses lèvres, tandis qu'il se tournait pour vérifier la présence de sa dernière apprentie.

Sur ce, il détacha la jument d'Inwëlle et s'avança vers elle en lui tendant les rênes. Il monta lui-même sur sa monture et attendit que la jeune fille fît de même... Une fois que ce fut fait, il fit avancer sa monture au pas, reprenant la route de l'Académie tranquillement. Il laissa un temps de repos à Inwëlle, qu'elle reprît son souffle après toutes ces courses et qu'elle réussît à se détendre un minimum sur son cheval. Il était au pas, tranquillement, et marchait juste devant la jument de la jeune fille.


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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Mar 22 Sep 2009, 21:55

    Il l'esquiva en douceur, en toute simplicité, come si c'était là pour lui un geste naturel et habituel. C'était un geste naturel, en fait. C'était fou ce qu'elle se sentait pataude et maladroite lorsqu'il se mouvait comme cela... Est-ce qu'un jour elle aussi donnerait aux Gwendalaviriens communs l'impression d'être si gauches lorsqu'elle se mettait à bouger avec souplesse et agilité? Elle l'espérait... Enfin, ce n'était pas le fait de donner cette impression à ses congénères qui l'attirait, mais plutôt l'idée de savoir se mouver de la sorte. C'était une perspective attirante.
    Lorsqu'Erwan lui sourit, Inwëlle laissa tomber de côté son masque et lui répondit brièvement, puis tendit l'oreille et l'esprit pour tenter d'assimiler ce qu'il allait lui dire -il allait parler, elle en était certaine. Elle l'écouta, buvant ses paroles, l'ombre d'un sourire accrochée à ses lèvres. Elle voulut protester, elle ouvrit la bouche et son visage se teinta d'une expression outrée: elle ne sous-estimait pas Erwan! Mais avant qu'elle n'ait prononcé le moindre mot, elle se rendit compte qu'effectivement, elle ne désirait pas faire de mal à Erwan, et que si elle essayait de placer de la force dans ses coups, c'était parce qu'elle le savait totalement capable de les parer. Oui mais, était-ce un crime que de ne pas vouloir blesser quelqu'un que l'on aime? Non. Elle maintenait son idée: elle n'arriverait jamais à vouloir faire du mal à Erwan, à moins qu'il ne l'aie bien énervée au préalable. Mais elle n'avait pas de pitié pour d'autres types... N'avait-elle pas tabassé violemment un soudard qui avait voulu abuser d'elle, un peu auparavant?

    Et puis ensuite vint la satisfaction, celle qui l'étreignait toujours lorsque, sans connaître la signification des mots, elle comprenait la phrase. Lorsque son sens coulait de source et qu'elle s'inscrivait en elle à l'encre indélébile, lorsque la leçon était comprise au plus profond des choses. Elle savait ce qu'il faudrait faire en combat, désormais. Elle connaissait l'erreur à ne plus commettre.
    En réalité, il suffisait d'être... Marchombre. Tout simplement... D'être le combat, d'être les coups, d'être soi-même. Le Maître l'avait si bien exprimé... Vivre son combat.
    Elle avait saisi. Au plus profond d'elle-même...

    Déjà, il avait disparu. Elle se précipita vers le bord, se pencha au dessus du vide et n'eut que le temps de le voir poser pied à terre. Toujours aussi impressionant, comme mec...

    Elle enjamba le rebord, trouva deux prises stables pour ses pieds, appréciant le fait que la muraille ne soit pas toute lisse et bien travaillée. Alors elle ferma les yeux, les mains pressées contre la pierre. C'était simple... Cette pierre était façonnée par les humains, cette pierre avait été amenée ici par les hommes. Ce n'était pas un édifice naturel, il était pareil à l'Académie.
    Elle le comprit, fit corps avec lui, et tendrement, entama sa descente caressante, sentant que la paroi lui rendait ses caresses, sentant qu'elle n'avait pas de craintes à avoir. Elle se laissa glisser, de plus en plus rapidemment, toucha les prises de moins en moins longtemps, jusqu'à ce que son pied droit atteigne le sol. La pierre soupira, elle lui adressa un bref sourire en guise de remerciement et d'adieu, puis se détourna pour suivre Erwan.

    Elle courrait. Elle courrait sous la fraîche clarté de la lune, aux côtés du lac miroitant, elle courrait. Elle courrait bien que la fatigue soit au rendez-vous, bien que ses muscles crient grâce, bien qu'un nouveau point de côté ne s'éveille dans son flanc. Mais elle savait que ces douleurs étaient normales, elle savait qu'elle avaient lieu d'être présentes. Elle les acceptait; alors son corps aussi les acceptait, et elles ne l'handicapaient plus.
    Elle courrait, heureuse à en mourir, elle courrait, sentait l'herbe tendre sous ses pieds, sentait l'air frais fouetter son visage, ses cheveux voler derrière elle. Elle courrait sans soucis, avec pour seule pensée celle de poser ses pieds l'un devant l'autre... Elle courrait, la tête reposée, purifiée.

    Elle courrait, et s'arrêta.

    Là, la chaleur la pris, la douleur s'accentua, et surtout, la peur. L'horrible angoisse qui lui tordait l'estomac. Le cheval, elle allait devoir remonter dessus... Maintenant.
    Comme un automate, elle glissa un pied dans l'étrier et se hissa, toute raide et crispée, sur la selle. C'était pire qu'avant... Ou peut-être pas. Elle savait à quoi s'attendre, désormais. Elle essaya vainement de se détendre pendant que Pitbuis se mettait au pas, les mains en contact avec la crinière du cheval, tentant de le comprendre, mais elle n'y parvenait pas, elle n'arrivait pas plus loin que de se dire que c'était un être vivant, un animal débordant de vitalité, de gentillesse, et qui ne demandait qu'à l'aider. Mais tout ça, c'était la théorie, et la pratique n'y était pas.

    Elle essaya de s'adapter au doux mouvement du cheval, prenant bien garde à regarder droit devant elle, à se fixer sur l'horizon. Elle approfondit sa respiration du mieux qu'elle put, sachant que cela détendrait au moins un minimum ses muscles, que cela serait aussi meilleur pour sa monture. Elle voulut fermer les yeux, mais ne le fit pas. Il fallait accepter cette situation, ce n'était pas en la cachant à sa vue que cela changerait. Elle ne devait pas faiblir. Elle ne devait pas s'opposer à la douleur... Juste l'accepter. C'était normal que ses muscles soient douloureux.
    Mais elle savait au fond d'elle qu'une partie de la douleur était liée à cet inconfort sur le cheval. Or, ça, elle ne l'acceptait pas. Elle ne voulait pas être si faible, pas face à une chose si enfantine...
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Mer 23 Sep 2009, 19:01

Erwan avait déjà oublié Inwëlle, derrière lui. Oh, juste un instant, une seconde, qui aurait tout aussi bien pu être une éternité. Il se sentait bien, là, entier, car enfin il pouvait approcher les chevaux sans que ces derniers ne voulussent seulement qu'il s'en allât, ou qu'eux fuissent. Il se sentait bien, réellement bien, heureux et serein. Fermant les yeux, il apprécia les rayons de la lune sur sa peau, tandis que Brume avançait tranquillement au pas. Et puis, une dissonance dans les environs le rappela à la réalité. Ouvrant les yeux promptement, il se tourna sur sa selle et vit Inwëlle, plus loin, sur le dos de Ptibuis - au moins elle était montée - raide et effrayée. Poussant un léger soupir, Erwan ne put retenir un léger sourire. Descendant de son cheval en marche, ce dernier s'arrêta et le regarda un instant, avant de baisser la tête pour brouter. Et le Maître n'était déjà plus là, mais contre le flanc de la monture de son apprentie.

Sur le dos du cheval, Inwëlle était raide, crispée. Sa respiration, déjà sifflante après tous les efforts qu'elle avait dû fournir pendant cette nuit, devenait lourde et bruyante, saccadée encore plus qu'elle n'aurait dû l'être. A nouveau, Erwan lâcha un soupir, avant d'attraper les rênes du cheval pour l'arrêter. Du pas, la jument ne demanda pas plus son reste et s'arrêta tranquillement, avec lenteur et parcimonie. C'est alors qu'Erwan prit une grande inspiration, espérant que la suite fonctionnerait et que la jument ne dirait rien.

Il ferma les yeux, chercha dans ses entrailles.
Toutes ses pulsions, toutes ses envies, il les synthétisa en une seule, y mettant toute sa force, sa joie de vivre, sa joie d'enseigner et tout ce qu'il possédait, son amour de la vie et de l'Amour, de tout cela, de l'Harmonie aussi. De tout cela, il fit un condensé, y mettant toute sa force, toute sa volonté, et un premier son sortit de sa bouche, suivit par d'autres, bas, lents, graves et encore plus que sa voix habituelle.

Le Chant des Marchombres.

La jument, à côté de lui, se connecta immédiatement au chant, il la sentait presque en lui tant cela était intense. Modulant les sons, qui ne voulaient rien dire et qui pourtant signifiaient des milliers de choses, Erwan glissa sa main sur le poitrail de la jument, qui commença, lentement, à piaffer, ramenant ses membres sous elle, montant ses genoux et ses jarrets sans bouger de sa position pourtant, trottant relevé sur place. D'une autre modulation, d'une autre caresse, il guida la jument, qui commença à faire un spin. Bloquant ses postérieurs, elle tournait autour de plus en plus rapidement, Erwan l'ayant lâchée et pourtant formulant toujours le chant Marchombre.

Inwëlle ne pouvait pas tomber, elle ne pouvait qu'avoir plus peur.
C'était exactement ce que recherchait Erwan.
Il voulait la pousser à bout.
Lui montrer que si elle se sous-estimait, ce n'était pas bien, mais se surestimer non plus.
Et en refusant de s'accorder aux cheval, elle cachait cela derrière une peur ambigüe.
C'était ainsi qu'il le ressentait.

Alors, après avoir tourné dans un sens, la jument tourna dans l'autre. Toujours sans à-coups, Inwëlle ne pouvait pas tomber. Et à la vitesse où elle allait, elle ne pouvait pas sauter non plus. Erwan sourit, arrêtant de moduler les sons du chant Marchombre. Lorsque la jument, qui n'était plus sous l'emprise du chant, s'arrêta, il se pencha au dessus du genoux d'Inwëlle et dit :


- Alors ?

Oh, il pouvait bien s'en prendre plein la tête, il s'en fichait royalement. L'expérience ne pourrait qu'aider Inwëlle, il en était certain.

Alors il souriait.
Presque moqueur, contrairement à ses habitudes.

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Jeu 24 Sep 2009, 21:43

    Ca tournait, ça tournait, ça tournait... Cette fois, elle avait fermé les yeux, véritablement. C'avait été là un dilemne lorsqu'elle avait compris ce qu'il se passait: ou bien elle gardait les yeux ouverts et vomissait encore une fois imanquablement sur le dos du cheval, ou bien elle les fermait, renonçant à sa fierté mais elle pensait être capable de se contenir. Et la perspective d'éviter à cette pauvre bête une inondation nauséabonde, de s'éviter le goût acide sur ses lèvres et tout simplement de ne pas montrer cette marque de faiblesse, ça compensait largement. Alors elle avait les yeux fermés pour ne pas voir le paysage flou autour d'elle, les dents serrées pour garder la nourriture restante bien au chaud dans son estomac... Et ça tournait, ça tournait, elle était désormais plaquée sur le dos de son cheval, le visage enfoui dans sa crinière, les mains aggrippées à ses crins, tentant de ne pas tirer pour ne pas le blesser... Et il tournait, tournait, tournait!

    Ah ce Erwan... Au départ, elle avait été totalement séduite par la douce et superbe mélopée qu'il avait produite, ne sachant trop d'où elle venait. Totalement sous le charme jusqu'à ce que Pitbuis commence à se comporter étrangement... Et à tourner.

    Elle était tétanisée. De quoi? Pourquoi s'aggriper de la sorte? Que craignait-elle, au final? Elle avait peur... Peur de chuter. C'était pour ça que le vide la touchait tant, non? C'était juste parce qu'elle avait une peur bleue de tomber de cette créature. Elle ne la connaissait pas, ne savait pas faire corps avec elle, alors elle risquait de tomber. Et cette peur lui donnait le vertige, et le vertige ne faisait qu'augmenter la peur; et c'était au final un cercle vicieux infini. Un cercle dont elle devrait se battre pour sortir. Un cercle handicapant, très handicapant, et elle se battrait avec acharnement pour le vaincre.
    Elle se rendit alors compte qu'il n'y avait pas de secousses, que son corps ne glissait pas, qu'elle ne pouvait pas... Ne pouvait pas tomber? Elle se redressa un peu, un tout petit peu, gardant les yeux fermés. Elle ne glissait pas, elle restait bien en selle. Ok... Encore un peu... Là, voilà... Assise... Les rênes, où étaient-ils... Bien droite... Respirer calmement... Aucun problème.
    Elle avait mal à la tête et commençait à se sentir mal ("commençait"...) lorsque le cheval stoppa. Soulagement infini, qui se traduit par un léger soupir. Elle n'ouvrit pas les yeux, se contenta d'écouter Erwan. Ce cher Erwan... Si elle n'avait pas été aussi disposée à l'apprentissage, renforcée par sa position de résistante, de dernière combattante au battaillon, elle lui aurait sans doute sauté à la gorge, du moins aurait tenté de le faire. Mais là... Elle se contenta d'évaluer sa position. Il la regardait, il l'observait, elle en était presque sure. Il suffisait de...

    Elle plante son regard dans le sien. Volontairement. Mission réussie: elle n'avait pas vu le vide sous elle. Juste le bleu prenant de ces yeux face au siens... Face à ses yeux ouverts, grands ouverts sur son âme. Elle ne savait pas trop ce qu'il y verrait, mais savait qu'il comprendrait. Pas besoin de mots. Il comprendrait... Elle resta ainsi, de son propre-chef, une dizaine de secondes environ. C'était largement suffisant.
    Elle se rendit alors compte que, du moment où elle avait décidé de s'ouvrir à l'autre, ce n'était pas dérangeant qu'il lise en elle. Logique, après tout...

    Elle referma les yeux, décidée à ne pas les rouvrir avant de se sentir plus assurée. Elle laissa juste un sourire venir flotter sur ses lèvres, et posa la question qui la démangeait tant.


    "C'tait quoi c'que t'as fait?... C'était chouette."
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Sam 26 Sep 2009, 19:49

Lorsque le regard de l'apprentie vint se camper dans le sien, Erwan comprit qu'il avait réussi à faire une partie de ce qu'il avait voulu faire. Il lui répondit d'un grand sourire chaleureux, tandis que la novice ne répondait pas directement à sa question, en tout cas avec les mots qu'elle avait prononcés. Souriant de plus belle, Erwan faillit éclater de rire lorsqu'elle avait dit le mot 'chouette'. Un brin déplacé, lui semblait-il, mais il savait que la jeune fille parlait ainsi car elle n'avait pas d'autre mot en tête à lui dire, ou que les autres mots n'exprimaient pas les choses correctement. Elle aurait sans doute pu trouver mieux, tout de même, mais peu importait, après tout. Erwan passa sa main sur le flanc de Ptibuis, avant de répondre à son apprentie :

- Ce que j'ai fait... Chanter ? Faire tourner le cheval ?

Un regard légèrement provoquant passa sur le visage d'Erwan tandis qu'il répondait lui-même à ses deux questions :

- Pour ce qui est de la mélodie - ici d'ailleurs le terme mélopée est plus approprié - est le Chant des Marchombres. Grâce à ce chant, un Marchombre expérimenté peut se connecter à tes tas d'êtres vivants, qu'ils soient hommes, animaux ou végétaux. C'est ce que j'ai fait avec la jument. Par contre, le chant est une capacité autodidacte du Marchombre, si tu souhaites l'apprendre tu devras le faire seule... Et pas avant d'avoir avancé plus que tu ne l'es déjà sur la Voie.

Laissant une légère pause, Erwan se détourna d'Inwëlle et de sa jument pour se diriger vers Brume, sur lequel il monta avec fluidité et grâce. Flattant l'encolure de son cheval, le jeune homme pressa le flanc gauche de ce dernier pour qu'il s'approchât de Ptibuis et qu'il finît de répondre à Inwëlle. Plantant ses yeux bleu cobalt dans ceux de la jeune fille, le Marchombre lui sourit avant d'ajouter :

- Tous les êtres peuvent tout comprendre, quand on sait comment s'adresser à eux. Et ils peuvent tout faire aussi...

Sur ce, le Maître Marchombre pressa ses mollets contre les flancs de Brume et ce dernier partit au pas. D'un signe de tête, Erwan demanda à Inwëlle de le suivre à cheval. C'était assez explicite comme cela. Alors, l marchèrent durant un bon moment. Le paysage ne changeait pas, et cette fois-ci ils longèrent tout le long le Lac Chen et ses eaux immuables. Avisant un nouvel exercice, Erwan tourna la tête en direction de son apprentie pour voir où elle en était. Elle était sans doute encore tendue, et Ptibuis le sentant, elle ne voulait pas balloter sa cavalière, et donc avançait plus lentement. D'un signe de main, le jeune homme montra à Inwëlle qu'ils s'arrêtaient là.

L'endroit en lui-même n'avait rien de très spécial. Rien que le Lac Chen et son immensité lui donnait de la prestance et de la beauté. La rive du lac était en pente douce, permettant aux chevaux de s'aventurer dans l'eau sans risque. Le sable était assez compact pour permettre cela aussi. Tout concordait parfaitement. Alors, Erwan arrêta sa monture et demanda à Inwëlle de faire de même. Lorsque ce fut fait, il descendit, montrant l'exemple à sa novice. Puis, lentement pour que cette dernière enregistrât les informations, il dessella et débrida son cheval, et l'amena avec le licol qu'il portait sous le filet dans l'eau. Brume le fit avec plaisir et aspergea même son cavalier d'eau.

D'ailleurs, Erwan s'était dévêtu avant d'entrer dans l'eau fraiche. En effet, même si la nuit était bien avancée, il n'avait aucune envie de revenir trempé, et surtout de monter sur la selle trempé : c'était le meilleur moyen de se faire mal avec le frottement entre les vêtements et la peau. Il avait suivi avec entrain le cheval dans l'eau, heureux que ce dernier ne tentât pas de le fuir et consentait même à jouer avec lui.

Un immense sourire illuminait son visage.

Se retournant, de l'eau jusqu'à la taille, Brume qui n'arrêtait pas de lancer de l'eau par des coups de tête dans la surface du lac, Erwan annonça à Inwëlle :


- Et l'eau, Inwëlle ? N'as-tu jamais fait qu'une avec elle ? Ne l'apprécies-tu pas, n'aimes-tu pas ses caresses ? Regarde, suis l'eau, suis ton cheval. Avoir peur du vide revient à se bander les yeux dès qu'une difficulté surgit, car chaque difficulté tend soit à te faire monter en réussissant, soit à te faire plonger si tu échoues. N'aies pas peur d'échouer, accepte l'erreur, fais de ta chute un envol.

Sur ce, Erwan passa sa main sur le dos de Brume, et le cheval fit un écart joueur sur le côté. Le jeune homme lança des gerbes d'eau sur le dos de sa monture, qui sembla apprécier l'attention et commença à piaffer dans l'eau, la secouant de puissants remous, démontrant de la force de l'animal et de l'eau. Et lorsqu'Erwan s'avança vers la tête de l'animal, ce dernier ferma les yeux lorsqu'il posa sa main sur son chanfrein.

Calme et serein.
Ce qui fit exploser le coeur d'Erwan de bonheur.
Il avait réussi...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Lun 28 Sep 2009, 21:00

    Elle apprendrait le Chant du Marchombre. Elle saurait l'apprendre, un jour. "Autodidacte", elle ne connaissait pas ce mot, mais elle en avait deviné le sens -tout comme "mélopée". C'était un peu évident, d'ailleurs, que c'était une capacité à acquérir seul... C'était si beau... Une sorte de... D'elle-ne-savait-quoi si harmonieux, si Marchombre...
    Ce Chant qui lui permettrait alors, comme Erwan, de tout maîtriser... Mais cette pensée la fit frissoner. Si cela permettait de vraiment tout diriger comme il l'avait subgéré, n'y avait-il pas de gens qui risquaient d'en abuser? Non. Non, cela coulait de source: il avait dit qu'il fallait être très avancé sur la Voie pour avoir une chance d'apprendre et de maîtriser cette mélopée si particulière. Or, l'idée de s'en servir pour asservir le monde la répugnait, elle, apprentie en cours de formation. Et puis si l'on nourissait ces pensées malsaines, on ne pouvait apprendre le Chant, on ne pouvait le produire, elle en était certaine. Et de toute façon, ceux qui savaient murmurer ce Chant étaient sans doute aussi capable d'y résister, cela paraissait logique. Pas d'inquiétude, donc...

    Inwëlle avait refermé les yeux. Elle sentit Erwan près d'elle lui adresser la parole, puis partir. Elle pressa également légèrement ses genoux sur les flancs de sa monture, surprise de voir que de comprendre et d'accepter l'origine de sa peur, mêlé au fait qu'elle ait entendu pour la première fois cette superbe mélodie, tout cela l'avait détendue, elle avait oublié la douleur de ses muscles fatigués et se sentait mieux. Le cheval avançait tranquillement, de son pas doux et agréable. Ses muscles se raidirent légèrement -on ne perdait pas une appréhension d'une telle ampleur aussi facilement que cela. Mais elle avait confiance, cette fois: elle savait qu'elle ne tomberait pas à cette allure, et elle savait que la jument était adaptée à elle, en un certain sens... C'était désormais à elle de s'adapter. L'ouïe exacerbée par ses yeux clos, elle entendait la jument respirer calmement, et ce souffle serein l'aida à laisser le sien garder un rythme lent et mesuré. Presque sans s'en rendre compte, elle s'arrangea pour que son corps épouse les légers mouvements produits par le cheval, afin qu'elle même et Pitbuis soient plus à l'aise.
    Ses muscles étaient encore crispés, mais elle ne paniquait plus et avait réussi à peu près à s'accorder à sa monture. Elle posa doucement ses paumes sur l'encolure du cheval, ressentant la vie et la chaleur irradiant de ce corps si puissant et beau. Ca allait bien mieux. Elle était sur la bonne voie, elle le sentait.

    Alors, elle entrouvrit les yeux, laissant juste la lumière pénétrer jusqu'à ses iris, puis progressivement souleva les paupière jusqu'à avoir une vue parfaite sur le crâne de Pitbuis, Erwan devant elle, et...
    A côté d'elle. Chen. Immense et scintillant sous la lune, ses eaux sombres piquetées de reflets d'étoiles léchant la berge. Elle laissa un sourire s'épanouir sur ses lèvres. Ce n'était pas la première fois qu'elle voyait un tel spectacle: elle aimait les bains de minuit.
    Cependant... Cependant, qu'une beauté pareille s'offre à ses yeux alors qu'elle tentait doucement d'apprivoiser ses sentiments liés à l'équitation lui paraissait comme un bon présage. Un signe encourageant...

    Elle aurait voulu se baigner, et, sur le coup, avait tiré légèrement la bride de Pitbuis afin que la jument ne s'arrête. Quelques secondes, elle fixa l'eau si belle, regrettant de ne pouvoir si tremper, puis fit reprendre le pas à sa jument.
    Ce fut à ce moment que son regard rencontra le sol, et qu'elle se raidit à nouveau, alors que cet paysage si sensationnel était parvenu à la mettre à nouveau à l'aise. Elle se raidit, mais plus par automatisme qu'autre chose; bien sur, un reste de tension subsistait, mais elle n'avait plus vraiment peur de ce vide. Erwan avait réussi à l'amener à réfléchir suffisament pour dompter ses émotions. Désormais, elle pourrait chevaucher sans trop de problèmes, même si la technique n'y était pas encore. Mais elle apprendrait... Elle apprendrait la nature profonde des chevaux, elle acquèrerait les réflexes et saurait s'y prendre avec une monture.
    Pour le moment, elle ne désirait pas un cheval pour elle seule. De toute manière, elle n'en avait pas les moyens... Et puis elle préférait malgré tout se déplacer à pied, si ce n'était pas nécessaire d'emprunter un cheval. Sentir ses muscles hurler sous l'effort et ses pieds fouler la terre, l'herbe et la roche était bien plus plaisant à ses yeux que d'entretenir une relation avec un être vivant, si gentil, doux et puissant soit-il.

    A sa grande surprise, Erwan stoppa.

    *

    Elle sentait le Lac lui mordre les cuisses, puis la reconnaître et la laisser en paix. Elle tenait Pitbuis, qui la suivait, tranquillement mais sans opposer de résistance. La jument semblait apprécier la fraîcheur et le contac de l'Eau. Wëlle l'éclaboussa un peu, et l'animal poussa un henissement qu'elle interpréta comme joyeux. Elle-même s'autorisa un bref éclat de rire, puis se laissa tomber en arrière, sentant ses cheveux flotter puis la suivre sous la surface du Lac. Un bref instant, l'Eau la glaça, mais sitôt après, elle se sentit bien, si bien... Elle sentit alors une perturbation dans l'Eau et, relevant la tête, se retrouva nez-à-nez avec Pitbuis. Surprise, elle retomba en arrière, battant des bras pour se rétablir, et lorsqu'enfin elle émergea, ce fut pour entendre Erwan parler.

    Parler de l'Eau, et du reste. Poser des mots sur des idées informulées qu'elle avait dans son esprit. Pareil que pour les doutes... Elle sourit. Non, elle n'avait jamais fait qu'une avec elle. Mais elle jouait avec, elle la maîtrisait et parvenait à la comprendre suffisament pour se fondre dans ses Eaux... Mais pas au point de ne faire qu'une. Pas encore, l'Eau était un élément complexe et changeant, l'Eau n'était pas, comme la pierre des murailles, façonnée par l'homme.
    Mais elle était désormais très proche d'elle, et elle ne doutait pas d'un jour parvenir elle aussi à nager sans remous et à se moquer des courants perfides et des pièges du Lac.

    Sentant un souffle chaud sur son épaule, elle se retourna vivement, et caressa avec sa main humide la tête de Pitbuis. La jument Palomino lui donna un coup de nez joueur sur l'épaule, et Inwëlle l'accepta, tombant en arrière dans une chute maîtrisée. Là, elle s'éloigna, cherchant à éviter le contact avec la terre. Sa jument la suivait, jusqu'au moment où Wëlle fut certaine de ne plus avoir pied; cependant, Pitbuis touchait apparement encore le sol. Une idée naquit dans son esprit. Une idée un peu folle, une idée qui, quelques heures plus tôt, l'aurait révulsée. Elle se colla au flanc de la jument, passa un bras par dessus son dos, puis une jambe, se glissant à plat ventre, trempée, sur la jument. Là, elle s'assit, tentant de trouver une position assez confortable, sans selle et sans aucun vêtement. Lorsqu'elle fut bien installée, elle pressa de ses genoux les flancs de Pitbuis, qui avança, puis, Wëlle le sentit, perdit pied. Instinctivement, elle battit des jambes pour soulager son poids. Elle constata que sa monture arrivait à la suporter en nageant... Et cela la combla de joie.

    Elle ferma les yeux, inspira un grand coup, en communion avec l'Eau, en communion avec Pitbuis, en communion avec le Monde.
    Heureuse.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Mer 30 Sep 2009, 15:14

Erwan était heureux : Brume ne le fuyait pas, et voulait même jouer avec lui.
C'était vraiment la fin de son appréhension vis-à-vis des animaux, désormais.

Tant de fois, il avait douté, quand au fait qu'il ne parviendrait jamais à contenir toute la sauvagerie et toute l'aura prédatrice qui s'échappait de lui incessamment. Il avait si souvent cru que cela ne serait pas possible, qu'il 'était ainsi et qu'il devait s'accepter, et accepter que les animaux le fuient malgré le fait qu'il ne voulût pas de mal, et même strictement aucun mal. Oh, bien sûr, il les comprenait, et sans doute bien plus que n'importe quel humain, mais cela ne l'empêchait pas de se sentir frustré parfois, lorsqu'il constatait qu'il ne pouvait pas faire sciemment ce qu'il souhaitait avec les animaux.

Il était vrai que cela faisait plusieurs fois qu'il réussissait à tenir les chevaux près de lui, mais il prenait plutôt cela comme un instinct un peu enfoncé chez certains, qui les empêchait de voir clairement qu'il était un prédateur. Après tout, il avait choisi les chevaux de l'Académie pour cela : ils étaient bien plus tolérants quand à la nature de leurs potentiels cavaliers. Mais les gestes que venait d'avoir Brume démontrait bien que cela n'était pas que ça, et que réellement il le prenait pour un ami car il avait totalement réussi à contenir son homologue félin, même dans l'aura qu'il pouvait dégager. Bien que ce ne fût pas une habitude à prendre, il était content de constater qu'il y parvenait enfin. Chaque jour, il contrôlait et comprenait un peu plus le fauve, et ce encore plus depuis qu'il avait rencontré Rilend, à son retour de la Citadelle.

Se tournant vers Inwëlle, il l'observa un moment, tenter de comprendre sa jument. Et puis, il avait vu son envie, dans ses gestes et la position de son corps. Elle aussi avait réussi, et sa jument nageait un peu plus loin dans le lac. Erwan sentit un immense sourire s'emparer de son visage et se tendre vers le ciel. Lançant une injection en direction de la jeune fille et de sa jument, le Marchombre lui fit un signe comme quoi ils partaient. Toujours aussi souriant. Lorsqu'Inwëlle fut plus près, il lui murmura :


- Nous rentrons maintenant à l'Académie. Continues comme ça, sur la terre ferme...

Puis, le Maître Marchombre sortit du Lac Chen, s'ébroua un instant pour tenter de chasser le plus d'eau possible de son corps. Les gouttelettes tentaient désespérément de s'accrocher à son corps, à sa peau frissonnante, comme si un passion pour la peau du Marchombre les avait dévorées. C'était peut-être le cas, après tout. Mais Erwan était sans vergogne, il était comme l'eau : c'était lorsque l'on tentait de l'enfermer qu'il pouvait se glisser n'importe où, n'importe comment, il s'échappait toujours. Et même de l'emprise de cette dernière. Lorsqu'il fut sec, il enfila rapidement son pantalon et sécha avec une poignée d'herbe sèche et pailleuse le dos de sa monture. L'effet fut immédiat : l'herbe absorba l'eau qu'il restait sur le poil et Brume fut vite sec, pour qu'il pût y déposer sa selle dessus.

Puis, le Marchombre se remit en selle et demanda d'un signe de tête à Inwëlle de le suivre. Il faisait nuit noire, mis à part la lueur des étoiles et celle de la lune, comme un soleil nuptial. Le paysage était paré d'argent et d'or blanc, comme de neige parfois même, et c'était beau à en couper le souffle. Au début, Erwan garda le pas pendant une bonne demie-heure. Puis, presque sans vergogne, il passa au trot en prévenant Inwëlle une seconde en avance. Il ne voulait pas qu'elle anticipât trop, car sinon elle se crisperait et c'était le meilleur moyen de tomber. Puis, lorsqu'il sentit qu'elle était bien au trot, qui était pourtant l'allure la plus difficile à adopter pour l'humain car la plus tape-cul, il fit passer Brume au galop en prévenant encore une fois Inwëlle à la dernière seconde.

Il galopa dix bonnes minutes. Il se retournait régulièrement pour vérifier que tout allait bien, mais après ce qu'elle venait de faire, il ne se faisait pas de soucis pour Inwëlle. Elle saurait dorénavant se débrouiller. Souriant, il fit légèrement tourner Brume pour qu'il passât dans la forêt, sur un petit sentier. Ils étaient tout près de l'Académie, Erwan le savait grâce à ses sens félins, mais il ne savait pas si Inwëlle le verrait, dans la nuit. Peut-être que oui, peut-être que non. Mais peu importait. Suivant le sentier, il n'y avait pas d'autre chemin pour les chevaux au petit galop, pas d'échappatoire. Un léger sourire fendant son visage, Erwan laissa Brume allonger un peu son galop pour sauter par dessus un tronc qui n'était pas très haut, de quatre-vingt centimètres. Facile à franchir pour les chevaux lancés au galop.

Lorsque l'obstacle fut passé, Erwan ralentit progressivement son cheval et ils finirent par arriver tout près des écuries. Arrêtant Brume, il descendit et dit à Inwëlle :


- Tu devrais être contente, l'équitation, c'est fini pour aujourd'hui...

Lui adressant un sourire dans la nuit, il ôta la selle de Brume, puis son filet et le lâcha dans le paddock prévu à cet effet. Le cheval s'avança tranquillement et brouta pas très loin de l'entrée. Puis, le Maître Marchombre se tourna vers son apprentie, avant de l'emmener un peu plus loin. Là, il sortit deux arcs d'un coin sombre et en tendit un à Inwëlle... Donnant le ton du prochain exercice.

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Ven 02 Oct 2009, 22:22

    Wëlle était penchée sur son cheval, lancé dans un galop confortable, l'air lui fouettant le visage, les cheveux au vent et des larmes dûes à la vitesse perlant aux coins de ses yeux. Elle se sentait assez bien, malgré quelques crispations qu'elle espérait pouvoir anéantir un jour ou l'autre. Pitbuis la transportait, et Wëlle lui en était reconnaissante. Cela n'avait pas dû être facile pour la jument de s'adapter à toute cette tension qui avait habité le corps de la jeune fille rousse... Mais désormais, c'est elle qui devrait s'adapter aux besoins de sa monture, et elle le ferait avec respect, bonne humeur et reconnaissance.
    Pour le moment, elle galopait, en accord avec Pitbuis: que toutes les deux n'éprouvent aucune réticance à le faire était déjà d'une grande aide et elle était consciente que rien ne pouvait marcher si une décision n'était acceptée que par un seul des individus du couple formé par le cavalier et sa monture.

    Elle ferma les yeux un instant, savourant la fraîcheur de l'air, reposant ses yeux meutris par le vent, avant de les rouvrir... De les rouvrir afin que l'argenté explose à sa vue, afin qu'elle put discerner les délicates nuances, de ce gris très sombre à très clair, de ce paysage en noir et blanc, si étincelant... Si beau! Aussi beau qu'un paysage diurne éclatant de couleurs et de clarté... Ces nuances n'étaient-elles pas plus élégantes qu'un simple changement de couleur? Cette lueur douce n'était-elle pas plus agréable que l'écrasant et imposant soleil?
    En ce moment, si. Mais alors lorsque le jour reprendrait ses droits, elle apprécierait la vivacité des couleurs du paysage, cette variation et ce changement qu'elle affectionnaient, et ce soleil qui la réchaufferait et la réconforterait. Tout dépendait de son point de vue, tout dépendait de son état d'esprit... Tout était subjectif; mais en ce moment, c'était indéniable, elle préférait la nuit.

    Tout-à-coup, le noir l'envahi, et elle mis quelques secondes à se rendre comptes qu'ils avaient pénétré au coeur d'un chemin forestier. Elle s'écrasa encore un peu plus sur la jument palomino, de peur de se cogner bêtement à une branche, réveillant son attention. Lo'bscurité et la vitesse mêlées l'empêchait d'y voir clair, aussi avait-elle un peu d'appréhension quand à ce qui l'attendait... Il allait y avoir un truc, elle en était certaine, c'était tout-à-fait du style de son Maître. Aussi se raidit-elle, angoissée par l'ignorance et l'attente de l'inconnu. La secousse qui suivit failli la désarçonner; elle eut l'impression de s'envoler, avant de comprendre que Pitbuis avait dû sauter un obstacle. Erwan était trop avancé devant elle et elle ne lui prêtait pas assez d'attention pour avoir remarqué le mouvement qu'avait immanquablement eut sa monture. Sitôt réaterrie, elle se força à se détendre, sachant pertinemment que c'était son corps crispé qui avait faillit causer sa chute. Elle se calma, donc, constant qu'elle était désormais juste derrière Erwan et que celui ralentissait; le coeur encore battant, elle tira doucement sur les rênes pour que Pitbuis ralentisse elle aussi l'allure.

    Elle put alors détailler avec plus d'efficacité les lieux: c'était un bois, elle en était certaine, mais ce bois lui semblait familier. C'était idiot, après tout, car toutes les forêts étaient à peu près identiques. Mais elle ne pouvait s'empêcher d'avoir l'impression de connaître ces lieux, de connaîtres ces arbres... Ils passèrent devant un gros chêne à moitié mort, une branche cassée dont l'extrémité pendouillait, encore rattachée par quelques fibres végétales, et l'évidence s'installa dans son esprit: c'était là la forêt qui environnait l'Académie.
    Inwëlle reconnu finalement les écuries.
    Erwan s'adressa alors à elle et, bien qu'elle ne le distingua pas, elle devinait qu'il souriait. Descendant de sa monture, elle choisit de répondre, ayant un peu préparé ses mots au préalable.


    "Pas contente, pas mécontente. Oh, si, contente de commencer un nouveau truc."

    Car elle n'était pas duppe; elle avait bien compris que la phrase d'Erwan signifiait que la leçon continuait. Par quoi? Serait-ce quelque chose de physique? Elle craignait de ne pas être à la hauteur... Elle devrait puiser dans ses ressources profondes, qu'elle avait appris à connaître dans la rue. Elle ne doutait pas qu'elle ignorait encore la présence d'énergie enfouie au fin fond d'elle-même, mais elle ne doutait pas non plus de sa capacité à apprendre à les trouver.
    Mais seulement, cela l'arrangerait de ne pas avoir un trop grand effort physique à fournir...

    Après avoir laissé Pitbuis rejoindre Brume, elle suivit Erwan plus loin. Elle se retrouva alors avec, dans les mains... Un arc. Jamais elle n'avait utilisé une telle arme. Elle avait déjà vu des soldats à l'entraînement, mais elle ne s'était jamais imaginée utiliser cette arme de combat. Elle put toutefois constater que cet arc était bien plus petit, fin et léger que ceux utilisés par les tas de muscles Al-Jeitiens. Ainsi ils en revenaient à des exercices de précision...
    Elle le tourna, le retourna, caressa son bois poli, tritura la corde tendue. Elle voyait comment s'en servir, en gros, mais ignorait les gestes plus précis, ceux qui détermineraient le trajet de la flèches, qui influenceraient sa trajectoire ou sa puissance. Elle préférait donc attendre qu'Erwan ne lui donne un exemple -et une flèche.
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Sam 03 Oct 2009, 13:43

La réponse d'Inwëlle fit sourire le Maître Marchombre. Il aurait dû s'y attendre. Elle arrivait toujours à se sortir de ces situations, même si elle ne maniait pas très bien la langue. Lâchant un léger soupir, il vit son apprentie tester l'arc qu'il lui avait tendu et décela chez elle une certaine appréhension, et pourtant à la fois une excitation perceptible. Contente de faire de nouvelles choses. Tant mieux, elle allait être servie, car apparemment elle n'avait jamais fait de tir à l'arc. Erwan lui adressa un nouveau sourire, avant de lui indiquer de le suivre d'un mouvement de tête. Il marcha un certain moment, avant d'arriver devant l'abri à foin et à paille destinés à l'alimentation des chevaux dans les écuries. Là, il se tourna vers Inwëlle et lui dit :

- Tu as dû le deviner, le prochain exercice sera le tir à l'arc. Nous pratiquons cet exercice car il te permettra d'apprécier de plus en plus les distances qui peuvent être déterminantes par la suite, mais aussi car cela te permettra d'apprendre à bien mieux calculer la précision que tu peux avoir, et la trajectoire par la suite de tout projectile, qu'il soit poignard, flèche, cailloux ou bâton.

Sur ce, il se détourna de la jeune fille et avança encore un peu. Il faisait toujours nuit, et il devait avoisiner dorénavant les trois heures du matin. Erwan savait que sans doute Inwëlle était fatiguée, de sommeil, mais aussi de la sollicitation de ses muscles depuis que ce cours avait commencé, qui n'avait pas été de tout repos, c'était le cas de le dire. Il s'avança dans la nuit, longeant les immenses ballots de paille qui jonchaient le sol de l'abri. Lorsqu'il fut arrivé à l'angle, il continua de les longer encore sur une vingtaine de mètres et s'arrêta.

Se tournant vers Inwëlle, il demanda :


- Tu vois les cibles, sur les ballots ?

Il les désigna de sa main libre. Les cibles en question devaient faire un mètre de diamètre, mais étaient implantées à plusieurs mètres du sol, entre deux et quatre mètres de hauteur environs. S'éloignant des ballots, le jeune homme se plaça de telle sorte à être en face du mur et brandit son arc. Puis, il se tourna vers Inwëlle et d'un signe de tête lui indiqua de le regarder.

S'éloignant encore d'un pas pour que l'angle ne soit pas trop difficile à tenir pour l'apprentie, par la suite, il tendit la corde de son arc jusqu'à sa joue, mimant le geste même s'il n'avait pas de flèche. Expirant, il lâcha la corde qui vibra dans l'air un instant, et recommença. Plusieurs fois. Pour qu'Inwëlle pût voir ses mouvements, ses placements. Dans la nuit, c'était plus difficile, et viser aussi car la distance n'était pas aussi bien appréciée qu'en plein jour pour ce qui était de la précision.

Lorsqu'il jugea que la jeune apprentie avait assez assimilé ses gestes, il alla chercher cinq flèches un peu plus loin et revint se placer là où il avait tiré sans flèche quelques secondes plus tôt. Il encocha une flèche, insistant sur la position de la flèche, le fait qu'elle devait reposer sur l'index qui tenait la partie en bois de l'arc, et du même mouvement qu'il avait montré quelques minutes auparavant, tira pour de vrai. La flèche alla se ficher avec un bruit mat dans les ballots de foin.

Se tournant vers son apprentie, il lui expliqua :


- Lorsque tu vises, ne retiens pas ton souffle, car cela te fera perdre de la précision. Lorsque tu ouvres les doigts sur la corde, expire, comme si tu voulais que ton souffle accompagne la flèche jusqu'à la fin de sa trajectoire.

N'oublie pas que tu accompagnes ton arme, tu es l'air qui guide ta flèche....


Sur ce, il tendit les quatre flèches qui restaient à son apprentie et lui laissa la place.

Il l'observa.

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°4 - Partie 2   Dim 04 Oct 2009, 21:58

    "Accompagner son arme..."

    Elle avait murmuré ces mots en parallèles à ceux d'Erwan, la leçon lui étant revenue en tête bien plus tôt et s'étant imposée à son esprit. Elle avait regardé attentivement le placement des doigts d'Erwan, des épaules, des pieds, la torsion du buste. Il tira; elle leva son arc, bras tendu. Elle se stabilisa d'abord sur ses jambes, cherchant des bons appuis qui reprenaient les grandes lignes de ceux de son Maître. Elle rejeta son épaule droite vers l'arrière, plaça sa main sur le bois léger là où il l'avait posée auparavant, et tira sur la corde comme lui. Elle la relâcha, la tira encore une fois. Elle pensait avoir assimilé le gros du mouvement.
    Elle s'autorisa à placer une flèche fine et droite entre ses doigts, à amener l'hampe jusqu'à sa joue. Elle amena son esprit vers le bout de ses doigts pour sentir toutes les zones de contact, puis fit appel à sa mémoire pour voir si celle-ci correspondaient à ce qu'elle avait vu du travail d'Erwan. Lorsqu'elle fut à peu près certaine d'être bien positionnée, elle leva les yeux vers la cible là-bas au bout, qu'elle arrivait à distinguer malgré l'obscurité nocturne. Elle n'était pas trop haute, deux mètres, peut-être trois, assez large... Assez large d'un point de vue objectif, certes, mais pour une tireuse débutante, cela suffirait-il? Un seul moyen de le savoir.

    Elle relacha la corde et la flèche fusa, tandis qu'elle-même était toute entière concentrée sur son trajet, sur son aboutissement, sur sa puissance... La flèche retomba au sol devant la cible. Presque. Au moins, elle était allée dans la direction voulue. Restait à y mettre de la force, et cela irait certainement. Elle saisit une seconde flèche, la replaça entre ses doigts, la corde et le corps de l'arc. Elle tira, plus qu'avant, et ressenti une douleur dans son bras. Elle était fatiguée, elle aspirait au repos... Mais elle aspirait aussi à la connaissance. Or, l'occasion se présentait à elle d'apprendre le tir-à-l'arc... Dormir, elle pourrait le faire plus tard. Pas apprendre.
    Elle lâcha la corde. La flèche fusa plus vite et avec plus de détermination qu'avant, mais elle se planta juste à côté de la cible. Ce fut alors que Wëlle se rendit compte qu'automatiquement, poussée par l'effort qu'elle avait produit, elle avait bloqué sa respiration et en avait été déséquilibrée.

    Elle ramassa une troisième flèches. Respirant calmement, elle se replaça encore une fois, tira sur la corde, veillant à garder sa respiration aussi profonde et régulière. Elle tira fort, bien fort, les yeux rivés sur la cible. Elle sentait la flèche sur ses doigts avec une acuité plus forte qu'à l'ordinaire, et, à vrai dire, ne sentait que cela. Le reste de son corps lui était étranger.
    Elle ouvrit ses doigts; la flèche fusa, se cloua comme son esprit dans la cible. Pas tout-à-fait au milieu, mais bien enfoncée. Elle était contente d'elle.

    Motivée par la réussit, elle saisit entre ses doigts la dernière des flèches, l'empenna avec soin, la respiration calme et mesurée. Elle choisit cette fois de viser une autre cible: une des plus hautes, donc peut-être plus complexe à atteindre. Elle se pencha légèrement en arrière, tira à nouveau de toutes ses forces, et lâcha. La flèche s'envola, haute et rapide, mais alla buter à côté de la cible, puis retomber à terre. Pas assez de puissance, pas assez de précision. Elle avait mal évalué la distance, cette fois-ci, et avait pensé que le bord était plus loin. Elle prit alors conscience de l'inconvénient que présentait l'obscurité: les limites de la cible étaient un peu floues, et elle ne pouvait évaluer la distance avec autant de précision qu'en plein jour.
    C'était bien: commencer l'exercice par une situation plus ardue ne ferait que l'aider à progresser plus rapidemment.

    Elle laissa retomber son bras, la main toujours aggripée au bois, et se tourna vers Erwan, en attente d'avis, de conseils et d'instructions.
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