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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Ven 09 Oct 2009, 12:35

Calme.
Sérénité.
Harmonie.

Erwan se trouvait sur les toits des écuries, face au monde. Sous ses yeux, le Lac Chen se pavanait sous le soleil levant, étendant ses merveilleuses couleurs jusqu'à l'infini des cieux et de la Terre. Ocre, rouge, rose, orange, bleu et toute une autre palette de couleurs pastelles. C'était vraiment magnifique. Le jeune homme avait les yeux posés sur cet horizon dont la magnificience coupait le souflle, seul et ouvert.

Ouvert sur ce monde qu'il parcourait en tant qu'humain et en tant que Jaguar. Parce que c'était beau, et surtout parce que les deux facettes de son esprit ne voyaient pas du tout la même chose. Quelques gouttes de rosées se déposaient lentement sur les toits, sur les feuilles, sur les herbes, et sur les cheveux du Marchombre, totalement immobile. On aurait pu le prendre pour une statue sur son regard n'avait pas été aussi profond et imprégné du monde qui l'entourait.

Et lentement, il se mit à se mouver.
Mains qui montent, qui s'ouvrent sur le monde.
Ramènent le monde vers soi, reviennent sur un corps.
Se joignent.
Et recommencent.

Inspiration. Profonde.
Expiration. Longue.

Erwan s'ouvrait, et la Gestuelle Marchombre lui faisait encore parvenir des univers inconnus.
Il y avait Gwendalavir, et des centaines d'autres.
Les univers de chaque couple, parce qu'il savait qu'il pouvait y avoir d'autres dimensions, où le temps n'était plus le même, où il n'y avait que la personne aimée.

Oh, il n'y était pas entré souvent. Juste lorsqu'il était avec Nérylis. Parce que seule sa présence à elle l'ennivrait à un tel point. Parce seul son parfum, agrume entrelacés de jungle, pouvait être si plaisant. Parce que c'était elle, simplement, et qu'il ne l'avait non pas trouvée mais retrouvée. Parce que le monde les séparait, et qu'à la fois ils étaient le monde. A deux.

Mains qui montent, qui s'ouvrent sur le monde.
Ramènent le monde vers soi, reviennent sur un corps.
Se joignent.
Et recommencent.

Inspiration. Profonde.
Expiration. Longue.

Erwan arrêta doucement ses mouvements, pour ouvrir les yeux. Un coup d'oeil vers le bas lui fit apprécier la distance et la présence de son apprentie plus bas. Souriant, le jeune homme descendit avec souplesse et rapidité du toit des écuries et se retrouva non loin d'Inwëlle.

Ses yeux étaient remplis de ce qu'il venait de penser.
De l'ivresse de l'Amour.

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Sam 10 Oct 2009, 22:49

    Inwëlle voltigeait d'abre en arbre, sereine. Elle effleurait et rebondissait, avec aisance, se rappelant du temps où elle escaladait maladroitement les arbres en dérapant si souvent... Ah, qu'il était loin ce temps-là, celui où elle craignait encore d'être emportée par les courants du lac et où elle ignorait tout de Dame Nature... Et le temps où elle ne connaissait qu'Al-Jeit, que l'escalade des façades et les courses poursuites dans les rues bondées ou sur les toits glissant? Le temps de l'enfance où elle s'amusait perpétuellement et où sa vie n'était que faite de jeux et de défis? Loin, bien plus loin...
    Elle se réceptionna souplement à terre. Il avait dit les écuries... Elle risquait donc de devoir monter. De toute façon, elle le soupçonnait de vouloir l'emmener autre part qu'à l'Académie. Ils en avaient fait à peu près le tour, non? Ca paraissait logique de bouger, d'aller voir ailleurs, de diversifier les lieux d'entraînement... Enfin bon, elle verrait. Déjà, Erwan était face à elle.

    Ah, Erwan... Celui qui l'avait guidée, tirée des abîmes, qui avait éclairé son chemin et prise par la main... Erwan qui lui avait appris l'art du combat armé ou à mains nues, de l'escalade, du plongeon, appris à voir le Monde et à écouter son coeur, appris la gestuelle Marchombre... Sans lui, elle ne se plongerait pas chaque jour dans cet état de bien être. Sans lui, elle n'irait pas presque tous les jours rendre visites aux chevaux dans les écuries. Sans lui, elle ne dormirait pas aussi souvent sur le toit, avec pour unique couverture le firmament. Sans lui, elle ne s'entraînerait pas avec acharnement au tir à l'arc, au lancer de poignard et aux frappes armée d'un bâton. Sans lui, que serait-elle?
    La même qu'aujourd'hui, vouant une admiration et une reconnaissance sans bornes à un autre que lui? Une fille errant à la dérive de ses pensées, solitaire et perdue? Un cadavre gisant au fond des eaux du lac Chen? Une mercenaire du Chaos, recrutée par ces hommes qui s'étaient intéressés à sa personne? Une Marchombre renégate s'étant trop éloignée de sa voie?
    Tant de possibilités...

    Elle remarqua alors l'étrange lueur qui émanait d'Erwan. L'expression de son visage, et de ses yeux. Quelque chose qu'elle semblait avoir déjà aperçue en lui mais qui était en ce début de journée beaucoup plus fort, beaucoup plus présent... Immanquable. Certes mais que signifiait cela? Elle n'était pas douée dans la matière, mais cette chose lui semblait familière, elle la connaissait, l'avait déjà vue... Il ne parlait pas. Elle fronça les sourcils, fit travailler ses méninges. Où donc, mais où...
    Un visage se forma à son esprit, un visage doux encadré de cheveux blonds. Un visage masculin irradiant de cette même chose, les yeux brillants de la même manière... Ces yeux qui la dévoraient du regard, qui faisait transparaître tant de désirs auquels Wëlle n'avait jamais put apporter satisfaction... Elle croyait commencer à comprendre. Alors, pour apporter une preuve supplémentaire, elle se remémora le visage d'Helyn, tout aussi doux, souriant, souligné par ces boucles blondes qui tombaient sur ses épaules... Et ces yeux si magnifiques illuminés eux aussi, éclairés par ce sentiment, par cette chose...

    L'Amour.

    Elle reçu comme un coup dans l'estomac. Erwan, amoureux... D'elle? Irréel et impensable. Ca ne collait pas du tout. Elle trouva la différence très rapidemment: Helyn et Lui l'avait couvée de ce regard étincelant, tandis qu'Erwan, si la même flamme brillait dans ses yeux, ne s'adressait pas à elle. Oh, bien sur, il la regardait, mais juste parce qu'elle était là. Il ne dirigeait pas vers elle sa passion. Il ne la dirigeait vers personne ici présent, juste vers l'intérieur de lui-même. Donc vers une pensée. Vers un souvenir. Vers un visage présent à son esprit.

    Deuxième choc.

    Erwan était amoureux. Erwan était amoureux. Erwan était amoureux. Erwan était amoureux. Erwan était amoureux. Erwan était amoureux. Erwan était amoureux. Erwan était amoureux.

    Mais c'était génial! Il devait avoir une compagne, un compagnon peut-être, son amour devait être partagé, il devait être au comble du bonheur, en osmose avec une autre personne, vivre ce que beaucoup de monde rêvait de vivre... Elle ne pouvait que s'en réjouir.
    Alors, pourquoi sentait-elle la colère bouilloner en elle? Pourquoi une envie de meurtre démangeait-elle ces mains? Pourquoi désirait-elle plus que tout se retrouver en face du ou de la concerné pour le mettre en charpie? Pourquoi voulait-elle à tout prix qu'Erwan cache cette stupide lueur? Pourquoi voulait-elle le retenir ici pour qu'il reste avec elle à tout jamais? Pourquoi voulait-elle qu'il ne rencontrasse aucune autre personne?

    Jalousie.

    Ce mot retentit dans son esprit comme un gong, sonna longuement encore, comme si son écho se répercutait partout dans son corps.

    Jalousie...


    "C'est qui?"

    Un ton détaché. Trop détaché pour l'être vraiment, trop détaché pour être naturel... Un ton qui jurait nettement avec ses poings crispés.
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Dim 11 Oct 2009, 15:44

Le jeune homme était ailleurs, encore. Oh, bien sûr, il avait vu son apprentie et s'était approché d'elle. Mais ses pensées s'envolaient vers son aimée. Un léger sourire heureux était déposé sur ses lèvres, tandis que son regard était posé sur Inwëlle. Alors il remarqua. Il remarqua que son apprentie avait vu à quoi il pensait, avait saisi. Un deuxième sourire prit la place du premier : elle observait de plus en plus, et elle comprenait. Elle commençait à lire dans l'attitude des gens, c'était excellent. Il n'avait pas voulu le cacher, certes, mais quelques mois plus tôt la jeune fille aurait été incapable d'en deviner le sens. Or, la question qu'elle posa illustra bien la compréhension qu'il voyait dans ses yeux. Et tout le corps de l'apprentie était crispé, se retenant sans doute des violences qu'elle souhaitait faire subir soit à lui, soit à Nérylis, même si elle ne savait pas qui c'était.

Un ton plutôt calme et posé, lorsque l'on n'y faisait pas attention. Mais le Maître Marchombre y faisait attention. Tant de violence contenue... Secouant la tête de gauche à droite, Erwan ne répondit pas à Inwëlle. Il n'avait pas à lui répondre. Lui avait-il, lui, demandé une seule fois qui la rendait heureuse, lorsqu'elle arrivait pétillante de vitalité en cours ? Non. Sa mère lui avait dit, au début de sa formation, que la relation Maître-élève ne souffrait pas de curiosité mal placée, de la part de l'élève. Lui-même n'en avait jamais ressenti, car après tout c'était sa mère. Mais voilà qu'Inwëlle le faisait. Il n'appréciait pas du tout cela.

Fronçant les sourcils, ses yeux lançant des éclairs, Erwan s'avança d'un pas et désigna les écuries. Puis, alors qu'il se dirigeait vers ces dernières, il se dit qu'il devait tout de même apaiser la colère d'Inwëlle pour qu'elle profitât pleinement de sa surprise. Alors, lâchant un soupir, il se tourna brusquement vers son apprentie, cette fois-ci explicitant sa propre violence à lui pour lui faire comprendre qu'elle n'avait pas à poser ce genre de question. Approchant son visage tout près de celui de son apprentie, il lui murmura, en plantant ses yeux vibrants dans ceux d'Inwëlle :


- Je n'ai pas à répondre à une telle question. Que me dirais-tu si je te la renvoyais ?

Plissant légèrement les paupières pour donner un peu plus de force à son regard, Erwan s'éloigna avec grâce de la jeune fille rousse. Tournant légèrement la tête, de manière qu'elle ne vît son visage que d'un quart, il ajouta :

- Grandis un peu Inwëlle. Je ne suis pas ton père, mais ton Maître, celui qui te guide. Tu ne me possèdes pas.

Sur ce, il s'avança d'un pas vif dans les écuries. Mais toute la colère qu'il avait pu ressentir s'était volatilisée. Il venait de découvrir quelque chose, en prononçant ces quelques mots. S'identifiait-il à un père, en substitution du sien, qui était mort bien trop tôt et dont il avait tant manqué ? Non, pourtant, il en était certain. Mais c'était vraiment étrange, ces quelques mots. Fronçant les sourcils seul, le Marchombre se tourna légèrement pour voir la réaction de son apprentie. Lâchant un léger soupir, il s'avança vers le box qui se trouvait tout au fond de l'écurie.

Ce box était plus grand que les autres, car il était à la base destiné aux poulinières. D'une quinzaine de mètres carrés, la paille abondait sur le sol, tandis qu'il était très propre. Au centre du box, une jument attendait, plutôt tranquille. Elle était plutôt grande, sans l'être excessivement. Sa tête était racée et concave, tandis que ses naseaux frémissaient. Complètement à l'écoute de son environnement, elle était légèrement sur l'oeil et très sensible aux émotions qui se dégageaient à ses environs.

De là où se tenait Erwan, la jument avait l'air d'être baie foncée, presque noire. Pourtant, il savait que lorsqu'elle sortirait au soleil, sa robe étincellerait comme un feu de camp, d'une magnifique couleur qui tirait entre le roux soutenu et le doré. Ses membres fins n'avaient aucune trace blanche, tandis que son chanfrein laissait deviner une pelote en tête assez petite. Le Marchombre sourit à la jument, qui sembla se détendre. Il se demandait si Inwëlle viendrait le rejoindre... Après tout, avec son caractère bien trempé, la rage pouvait la prendre et l'empêcher de suivre ce cours.

Mais il était plutôt confiant.
Elle était Marchombre au plus profond d'elle-même, elle comprendrait, même s'il lui fallait du temps...

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Lun 12 Oct 2009, 21:35

    Wëlle avait tremblé. Intérieurement. Extérieurement, elle était toujours aussi tendue, énervée... Elle était trop entraînée à se cacher pour qu'une peur qu'elle attendait ne se manifeste aussi facilement que cela. Mais elle avait tremblé, en voyant d'expression passionée d'Erwan se muter en colère après sa question. Elle ne se souvenait pas l'avoir déjà vu comme ça, et savait de quoi il était capable. Mais elle savait aussi qu'il pouvait se contrôler... Il contrôlait la bête qui était en lui, non? Et elle était son élève. Elle ne pensait pas qu'il veuille la blesser gravement ou la tuer. Mais elle tremblait quand même.

    "J'te répondrais "Helyn"! Je n..."

    Elle quoi? Elle ne continua pas, car à ce moment, il l'acheva comme il l'avait si souvent déjà fait. Avec une phrase, avec quelques mots... Des mots qui la blessaient. Etait-il conscient de l'intensité de ses coups? De ces phrases qu'un ton si calme ne rendait que plus terribles, de ces phrases qui remuaient des blessures à vif...
    Ses muscles se décrispèrent. Elle ne pensait plus à ses envies de violence. Elle tomba juste à genou, doucement, puis se laissa choir de côté, et se retrouva assise au sol. Elle baissa la tête, baissa les yeux, le regard vide, exprimant un désarois profond.
    Elle ne l'entendit pas s'éloigner, toute entière consacrée à ses paroles.
    "Tu ne me possèdes pas."
    Non. Et elle le savait, depuis bien longtemps, mais elle avait aussi pleinement conscience de sa jalousie à son égard. Une jalousie maladive, un barrage à sa progression... Mais elle savait combien il était ardu de combattre l'un de ses traits de caractère... Elle était jalouse, trop jalouse. Elle aurait put renier cette jalousie, mais ça ne servait à rien. L'ignorer et la garder au fond d'elle-même était mauvais. Elle aurait rempli tut son être sans pouvoir s'en évacuer, et elle se serait pourrie de l'intérieur. Elle préférait l'exprimer, et ainsi ne pas la garder pour elle seule. Erwan était son Maître, oui: et il était capable de l'aider. Même si cela devait passer par des paroles blessantes, même si cela devait passer par une rivalité passagère entre l'Apprentie et son guide. Cela ne ferait que la soutenir, elle en était certaine.
    Identifiait-elle Erwan à un père? Elle ne le pensait pas... Il était pour elle plus qu'un père. Il était un protecteur infaillible, un confident de confiance, quelqu'un qui pourrait lui faire passer tous les moments difficiles, un héros immortel, un nounours chéri, un lieu de consolation et de réconfort... Il était à elle, et à personne d'autre. C'était SON Erwan, il n'y avait qu'elle qui avait le droit de lui faire des calins! Il ne pouvait aimer qu'elle, et il n'irait adorer personne d'autre! Il n'avait pas le droit d'aller discuter avec ses amis si elle réclamait son attention, et il se devait d'être toujours là quand elle avait besoin de lui.
    Cette prise de conscience l'effraya un peu, même si elle s'en était déjà rendue compte.
    Mais tous ces sentiments, au final... N'étaient-ils pas ceux qu'un petit enfant éprouvait pour son papa?

    Son coeur rata un battement. Il devinait tout trop vite, trop loin. C'était vraiment effrayant. Un jour, en serait-elle plus sur quelqu'un que cette personne n'en savait sur elle-même? Ce serait si... Si dément, mais aussi... Elle s'en sentirait gêné... Ce serait comme voler à cette personne son âme, lui voler sa personnalité... Ca lui faisait peur, vraiment. Elle préférait laisser cette question de côté...

    "Grandis un peu Inwëlle."

    C'est à dire, de considérer papa comme un être humain. De considérer Erwan comme quelqu'un qui avait eu une vie, avait été jeune, avait eu des amours, avait eu des déceptions. Considérer Erwan comme un mortel qui avait une vie de mortel, et non comme un Dieu parfait et sans reproches. Considérer le fait qu'il éprouve lui aussi des sentiments. Des sentiments amoureux. Considérer qu'il ait de la pudeur, qu'il ait envie de garder certaines choses pour lui.
    Accepter tout cela.
    Accepter, aussi, que personne ne remplacerai jamais le père qu'elle n'avait jamais eu. Le père auquel elle n'avait jamais prêté attention... Le père que, pour une enfance équilibrée, elle aurait du avoir. Le père qui, sans doute en réponse à sa propre distance, s'était montré si lointain...
    Ce papa qui, en fin de compte, lui manquait. Comme maman.

    Oui, elle en prenait enfin conscience: ses parents lui manquaient. Malgré le fait qu'elle n'ai jamais rien partagé d'autre avec eux que leur toit, malgré le fait qu'elle n'ait jamais développé de relation affective avec ses géniteurs... Ils restaient ceux qui l'avaient conçu, nourrie, abritée, protégée; ceux qui lui avait appris à marcher, à parler, et à découvrir le monde. Oui, oui... Ils lui manquaient.

    Une larme roula sur sa joue, puis une deuxième. Pourquoi pleurait-elle en silence? Elle pleurait pour sa jalousie maladive, elle pleurait pour ses parents qui lui manquaient, elle pleurait pour son enfance qu'elle s'était volée à elle-même. Elle pleurait pour ces constatations, elle pleurait pour son caractère... Pour tant de choses!
    Mais elle souriait, aussi. Elle souriait pour sa compréhension, elle souriait de savoir que ses parents comptaient, elle souriait de sa bêtise, elle souriait d'elle-même.

    Une phrase alors lui revint en tête. Immobile, elle prit la parole, d'une voix très tranquille.


    "C'est ça, "apprendre à ses dépends"?"

    Elle n'avait pas haussé le ton. Erwan n'était pas loin, un certain silence rêgnait, il était Marchombre et ses sens étaient donc développés, mais en plus de cela, il devait disposer d'une ouïe plus fine qu'il tenait du félin. Cette transformation était bien trop intimement liée à lui pour qu'il n'y ait pas de répercusions sur son corps...
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Mar 13 Oct 2009, 12:44

Le jeune homme observait la jument dans le box. C'était une magnifique bête, et il était heureux de constater que même si elle restait un peu craintive, ce n'était pas de lui personnellement qu'elle le tenait. Parce que sinon, elle aurait réellement paniqué. Il se contrôlait donc bien mieux, et un sourire serein étira ses lèvres fines. Ses yeux bleu cobalt glissèrent dans le box, détaillant les mouvements de la jument avant qu'il n'arrivât devant son box. Elle tournait en rond, sans doute impatiente de sortir de son box. Après tout, les chevaux étaient faits pour être libres, pour courir et sauter. Un autre sourire passa sur son visage, tandis qu'il tendait la main vers les naseaux de l'équidé angoissé.

Se tournant rapidement, il entendit un peu plus loin Inwëlle lui poser une question. Il ne jugea pas urgent d'y répondre, donc il se dirigea vers la petite salle dans laquelle était entreposé le harnachement et prit un licol violet clair, qui avait l'air neuf. Soupirant seul, il sortit de la pièce et se rendit jusque devant le box de la jument en question. La flâtant un instant, il entra dans le box et lui passa le licol qui sentait le neuf et non pas le cheval. Puis, d'une invitation, il emmena l'animal dans le couloir large des écuries. Les sabots de la jument claquaient sur le sol violemment, ses fers neuf allant jusqu'à faire vibrer la dalle tant elle se contenait de ne pas partir à fond vers la sortie. Au moins, elle était respectueuse, c'était déjà cela. Passant sa paume sur la joue de la jument, Erwan fit le premier pas dehors.

Inwëlle était juste là, assise sur le sol, complètement désabusée et presque fragile. Les larmes avaient creusé quelques sillons sur ses joues, lui donnait réellement l'air d'une petite fille perdue. Erwan ne put s'empêcher de sourire tendrement à son apprentie et de s'approcher d'elle avec la jument. Lui tendant la longe, il passa ses doigts sur le visage d'Inwëlle, essuyant les larmes qui coulaient encore un peu, et nettoyant les sillons qu'elles avaient tracés. Puis, il lui murmura :


- Cela en fait partie oui. Lorsque l'on n'ose pas regarder la vérité en face et que l'on s'enferme soi-même dans un tissu de mensonges ou de non dits. Il faut toujours voir toute la vérité Inwëlle, et ne pas se cantonner à celle qui te plaît. La vérité peut aussi être très moche.

Se redressant, il lui adressa un autre sourire tendre, avant de lui donner explicitement la long de la jument. Puis il continua :

- Allez, sèche tes larmes, ce n'est pas parce que quelque chose te bouscule, te fait mal, que la vie s'arrête. La vie continue même avec les erreurs que l'on fait, parce que le temps ne s'arrête pas. Si tu ne continues pas sur ta lancée, tu risques de le regretter... Et toute ta vie.

Les remords ne font rien, Inwëlle, sauf te pourrir l'existence. Accepte tout cela pour le renverser. Pas besoin d'utiliser la force, pas besoin de vouloir changer. A partir du moment où tu réalises vraiment les choses et où tu les acceptes dans leur ensemble, tu évolues dans la bonne direction. Vers l'avant. Comme une Marchombre...


Secouant légèrement la longe sous le nez de la jeune fille pour qu'elle la prit, il se tourna ensuite vers la jument et lui flâta l'encolure quelques secondes. Se retournant vers son apprentie, il annonça :

- Voici un cadeau, Inwëlle. Cette jument est à toi. Elle n'a pas de dénomination pour le moment. Et tu voyageras avec elle désormais.

Tu vas voir, vous allez très bien vous entendre.


Lui adressant un clin d'oeil, le jeune homme se détourna un instant, avant de s'ouvrir pour sentir la réaction de la jument et celle de la jeune fille...

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Mer 14 Oct 2009, 21:57

    Inwëlle saisit négligeamment la longe, préférant prêter oreille aux paroles de son Maître. Elle le sentait bien partit pour en dire beaucoup, et elle devrait donc être attentive. Au fur et à mesure qu'il parlait, son sourire s'élargissait. Oui elle savait, que la réalité était "moche", comme il l'avait dit, même si, oui, parfois, cela lui faisait mal de voir ses idées se briser face à celles réelles. Oui, la vie continuait, elle le savait, elle en avait djà fait l'expérience... Et si elle n'avait pas assimilé cette leçon-là, elle n'en serait pas là aujourd'hui. Elle le regretterait... Comme souvent, ses paroles lui paraissaient évidentes et pas surprenantes, mais toutefois, elles éclairaient un peu plus son esprit. Les remords ne faisaient rien, ça faisait longtemps qu'elle l'avait compris, qu'elle avait saisi que regretter ne ferait que la retenir en arrière. La suite, en revanche, se révéla plus instructive. Accepter les choses, c'était la clef de tout. Y compris la clef des Marchombres...

    Elle se leva souplement, un grand sourire fendant son visage encore humide, puis pris juste conscience de la bête qu'elle tenait pas la longe. Ses yeux s'agrandir de stupeur lorsqu'elle eut le temps d'assimiler les paroles d'Erwan, et restèrent ainsi, fixés sur la jument. Elle était grande; plus que Pitbuis, peut-être. Elle était plus sombre, aussi... D'un couleur baie, tirant sur le roux, avec quelques reflet dorés... Inwëlle, ébahie, lui caressa le chanfrein. La jument bougea alors légèrement; sortant de l'ombre fraîche du grand arbre qui gardait encore vaillament quelquesunes de ces fleurs. Et alors, sous le soleil levant, elle se mit à resplendir de mille feux, les simples nuances claires s'étendant sur toute sa robe, se mélangeant harmonieusement à une couleur plus doré, un mélange duquel résultait une agréable et superbe couleur chaude et sauvage.
    La bouche était désormais aussi entrouverte, et Inwëlle passa sur le côté de sa jument, lui caressant le flanc et l'encolure, apréciant le contact de ses poils soyeux sous ses doigts. Sa jument...

    Elle n'avait pas désiré posséder un cheval, elle n'en avait pas vraiment eu l'idée ni le désir... Monter n'était pas vraiment pour elle un plaisir, et elle le faisait pour s'améliorer et parce que cela était utile. Pourquoi Erwan lui faisait-il cadeau de cette bête splendide? Avait-il deviné? Pensait-il qu'il serait mieux pour elle d'avoir sa propre monture et de pouvoir apprécier cette activité? Quoiqu'il en était, elle savait qu'en possédant sa propre monture, elle développerait avec celle-ci inévitablement des liens affectifs, et donc qu'elle apprécierait de voyager en sa compagnie. Et puis elle ne pouvait nier que, une fois Marchombre, elle ne pourrait pas se permettre d'emprunter un cheval à l'Académie pour des durées qu'elle devinait déjà imprécises.
    Cette jument était donc bienvenue.

    Elle n'avait pas de nom. Ce qui devait signifier qu'elle n'avait appartenu à personne, auparavant... C'était donc encore plus sa monture à elle, puisqu'il lui incombait la tâche de lui choisir un nom. N'ayant pas d'idée subite, elle songeait à attendre l'inspiration et à ne pas s'occuper de cette question tout de suite, mais lorsque ses yeux croisèrent le soleil encore pâle, cependant, son esprit parcouru un chemin très rapide qui l'amena à un seul et unique mot.
    Eclipse.
    Sombre à l'abris des rayons du soleil, étincelante lorsqu'elle sortait de l'ombre... Ce nom lui plaisait, il semblait convenir à la jument. Elle tenta de la pousser avec la tête, et Inwëlle lui rendit la pareille gentillement. Ne pas se laisser marcher sur les pieds.

    Il avait dit que, dorénavant, elles devraient voyager ensemble. Et s'il la lui offrait précisément à ce moment-là, c'n'était sans doute pas pour rien. Mais avant tout...

    Elle planta une fois encore son regard dans celui de son Maître. Et elle lui dit merci. Un merci du fond du coeur, un merci sincère. Il était simple de mentir et de tromper avec des mots... Beaucoup moins avec les yeux.

    Lorsque ce fut fait, elle guida sa jument, l'invitant à la suivre. Elle ne voulait pas la lâcher, mais serait-ce une bonne idée de la ramener près des box? En même temps, elle craignait qu'elle ne tente de s'échapper... Alors, arrivée à l'entrée, elle l'attacha solidement, utilisant le noeud dont Erwan lui avait fait la démonstration, puis alla chercher rapidement tout ce qu'il lui fallait. Elle la brossa, tout d'abord, puis démêla ses crins; ensuite, elle la sella, l'harnacha, l'équipa au complet. La longe détachée, elle se jucha sur son dos, appréciant la hauteur grisante et la vie qui émanait de la jument. Elle la mis au pas, gardant son calme au mieux, sans prendre la peine de fermer les yeux. Cette étape ne lui semblait plus obligatoire, désormais.
    Elle rejoignit Erwan, stoppa sa monture, et, avec un regard pétillant, lui adressa enfin la parole.


    "On va où? Eclipse... Brûle? Oui, brûle d'envie de se... Dégourdir les pattes!"

    Sur ce, elle promena sa main sur son encolure, une immense sourire fendant toujours son visage encadré de cette crinière rousse, finalement assez en accord avec la robe d'Eclipse.
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Jeu 15 Oct 2009, 21:17

La surprise d'Inwëlle n'était pas une surprise pour Erwan, c'était le cas de le dire. Il savait pertinemment qu'elle ne s'attendrait jamais à un tel cadeau, à quelque chose comme cela. Il l'avait bien vu, dans son attitude, qu'elle ne souhaitait pas plus que cela posséder un cheval. Peut-être même ne lui avait-ce jamais traversé l'esprit. Mais le Maître Marchombre, dans une pulsion, avait senti qu'il devait faire cela. Pourquoi ? Sur l'instant, il ne savait pas. Maintenant, il commençait petit à petit à comprendre. Son instinct lui avait toujours dit de faire certaines choses sans qu'il ne sût pourquoi à la base, pour ensuite réaliser la portée de ses actions. C'était le cas à cet instant-là. Souriant seul, il se dit que quelque chose lui avait sans doute fait anticiper ce conflit qu'il venait d'avoir avec son apprentie. Ou pas, d'ailleurs, et dans ce cas là, ce cadeau n'avait plus la même cause. Mais après tout, qu'importait ? Elle était heureuse de cette jument, cela se voyait, et cela suffisait au Marchombre.

Il la regarda détailler plus amplement l'équidé, lui passant autour et la caressant avec entrain. Puis, il vit son apprentie prendre la jument pour aller la panser et la seller, et le jeune homme se dirigea à son tour vers un cheval. Il prit le même que la fois précédente, Brume, car il sentait une connivence particulière s'installer entre eux. Ce n'était pas son cheval, à vrai dire il ne voulait pas en posséder, et c'était pour lui contre-nature. Ou en tout cas, le mot 'posséder' ne lui convenait pas. Lui-même en partie animal sauvage, il savait se définir comme totalement libre dans ses moments-là, de toute contrainte. Sauf celle de ses émotions, mais cela, c'était autre chose, et cela n'avait pas du tout le même sens.

Erwan alla chercher Brume dans son paddock, puis le pansa et le sella, appréciant les gestes dynamiques et convaincus d'Inwëlle qui brossait sa propre jument. Il se demandait si elle avait déjà trouvé un nom à cette jument, tandis qu'il passait la selle et les étriers par dessus le dos de son équidé. Souriant seul, il fit avancer Brume en dehors du lieu de pansage pour qu'il fût plus à l'aise. Alors, Inwëlle vint le rejoindre, avec sa jument. Elle lui demanda où ils allaient, ce qui fit sourire mystérieusement le Marchombre. La suite l'intéressa au plus haut point : d'une part, Inwëlle avait trouvé un nom à la jument, et d'autre part, elle avait senti ce qu'il se dégageait de la jument, et l'avait très bien interprété. Encore des pas qui glissaient derrière elle et qui la propulsaient sur la Voie, toujours plus loin...

Erwan lui adressa un sourire et répondit d'une voix douce :


- Nous allons balader durant plusieurs jours. Je suis sûr qu'Eclipse appréciera le voyage, elle aura de quoi se dégourdir les jambes.

Sur ce, le Maître Marchombre enfourcha sa monture et la mit au trot, en direction de la forêt et surtout du Sud. Il trotta ainsi jusqu'à sortir du bois, lançant des regards appuyés en arrière pour vérifier la présence d'Inwëlle et voir comment elle se débrouillait avec sa nouvelle monture. Puis, lorsque la plaine s'offrit à eux, il lança Brume dans un grand galop qu'il apprécia grandement. Le petit cheval filait à vive allure dans la plaine, longeant le lac Chen pour un temps. Puis, Erwan le fit prendre direction plein Sud et galopa encore un peu.

Lorsqu'il sentit sous lui Brume qui avait du mal à garder le rythme, il lui demanda le trot, puis le pas. Marchant doucement, il se retourna pour apprécier la progression d'Inwëlle à cheval. Il marcha encore une dizaine de minutes, avant d'arriver devant un petit bosquet d'arbres. Souriant, il se tourna vers son apprentie et lui annonça :


- Bon, savoir monter, c'est bien, savoir faire des choses en même temps, c'est mieux. Le prochain exercice est simple : tu vas mettre d'abord ta jument au pas, passer à côté de ces arbres. Tu lanceras ton poignard pour atteindre le centre de l'un d'eux. J'irai te le récupérer.

Dès que tu parviendras à mettre trois fois le poignard de suite dans un arbre, tu passeras à l'allure supérieure, c'est-à-dire au trot. Tu feras la même chose, et ainsi de suite pour le galop.


Lui adressant un clin d'oeil en signe d'encouragement, Erwan descendit de Brume et monta dans un arbre, attentif.

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Dim 18 Oct 2009, 00:03

    Inwëlle n'avait jamais fait du grand galop. Du galop, ok, sur Pitbuis plusieurs fois, mais elle n'était jamais allée aussi vite. C'était grisant, épanouissant, excitant. Elle avait l'impression qu'elle allait éclater de rire et qu'elle allait fondre en larme. Elle ne pouvait se retenir de sourire largement et sentait les larmes dûes à la vitesse glissaient presque à l'horizontale derrière ses yeux plissés. C'était vraiment impressionant, d'autant plus qu'Eclipse s'en donnait à coeur joie.
    Wëlle avait eu un peu de mal à tenir la jument au trot, elle la sentait tirer, taraudée par l'envie d'aller plus vite, de se défouler. Cette allure était pour elle déjà assez complexe, mais lorsqu'il fallait retenir encore le cheval... C'était donc à coeur joie qu'elle avait lâché la bride, et à coeur joie qu'Eclipse était partie au grand galop. Elle veillait toutefois à ne pas doubler son Maître, comme elle ignorait leur direction première.

    Plusieurs jours... Ce serait très intéressant. Elle avait juste un peu mal au coeur pour Helyn qui n'était pas prévenue, mais elle tâchait de ne pas y penser. La jeune fille arriverait bien à s'informer de cette absence. Plusieurs jours... Plusieurs jours en compagnie d'Eclipse, plusieurs jours durant lesquels elle pourrait apprendre à la connaître plus amplement. Plusieurs jours en compagnie d'Erwan, à moins qu'il ne la lâche seule en pleine nature, ce dont elle dutait fortement était donné qu'il s'agissait là d'une leçon de Maître à élève. Mais ce qui était sur, c'est qu'elle allait découvrir du pays, des choses nouvelles, et elle avait hâte. Tout ne pouvait qu'être nouveau, hormis Al-Jeit, Al-Chen et les alentours de l'Académie... Oh bien entendu, elle avait parcouru à pied le trajet entre la capitale et l'Académie, mais ces souvenirs étaient floues... Elle n'avait alors en tête qu'une seule motivation, celle d'avancer, qu'une seule pensée, celle de la mort de l'être aimé, qu'un seul souvenir, celui de l'Accident. Elle n'avait pas prêté attention aux alentours, n'avait pas remédié à sa douleur, juste suivi un chemin au hasard...

    Inwëlle revint à un galop moins rapide avant qu'Erwan ne diminue la cadence. Il s'éloigna d'elle, mais, rapidemment, se mis au trot et elle put le rattraper. Lorsque ce fut fait, elle passa elle aussi au trot, puis au pas juste après lui. Elle était contente de sa monture. La jument ne tirait plus; elle devait aspirer à un peu de repos, elle aussi, mais elle avait été endurante, autant que Brume, et plutôt rapide. Au bout d'une dizaine de minute, la couleur d'un des premiers exercices s'annonça.

    Inwëlle sortit le poignard qu'elle avait utilisé pour l'examen et qu'elle avait gardé sur elle pour s'entraîner encore par la suite. Immobile, c'était un exercice qui s'avérait désormais plutôt simple pour elle, du moment qu'elle arrivait à se concentrer. A cheval, ce serait autre chose... Déjà, elle devrait garder une partie de son esprit sur Eclipse, sans quoi elle n'aurait plus idée de la présence du cheval et risquerait de tomber et d'être reprise par cette peur panique de ses débuts en équitation.
    Au pas, ça pourrait être gérable. Au trot, cela se compliquerait du fait de l'allure, et au galop, elle devrait gérer la vitesse.

    Elle avança, donc, les yeux fixé sur un arbre duquel elle n'avait pas encore atteind le niveau. Elle fixa son regard sur son centre, imagina le poignard planté jusqu'à la garde dans l'écorce, mais veilla à ne pas "zoomer", veilla à rester dans son corps, en quelques sortes. Elle lança le poignard, d'un mouvement souple du poignet désormais imprimé; et le vit avec satisfaction se planter dans l'arbre visait devant lequel elle passait. Erwan le lui rendit; elle recommença, visant un autre arbre cette fois-ci. Elle procéda de la même manière, et cela lui réussit puisqu'il se planta à nouveau au centre du tronc, un peu plus enfoncé même que la fois précédente. Elle savait qu'elle pouvait le faire, maintenant: et ce fut sans trop d'inquiétudes qu'elle effectua le dernier jet, tout aussi victorieux que les précédents. Ainsi, elle parvenait à gérer l'animal et l'objet.
    Se débrouillerait-elle aussi bien avec un mouvement amplifié?
    Elle laissa Eclipse faire un tour au trot, sentant que la jument était à nouveau démangée par l'idée de se défouler. Moins peut-être qu'auparavant, mais cela ne ferait que rendre la tâche plus complexe. Une fois que Wëlle fut bien accoutumée au trot , elle saisit son poignard et répéta la même manoeuvre qu'au pas. Elle lança, mais le poignard ne se planta pas du tout au centre le l'arbre. Manque de précision. Déterminée, elle récupéra l'arme et refit une fois encore le même manège. Toutefois, elle prit plus de soin à viser, et eut la satisfaction de voir son poignard planté un peu mollement, mais planté quand même dans l'écorce de l'arbre qu'elle avait visé, à peu près au centre. La fois suivante, elle ne plaça pas assez de force dans son arme pour qu'elle puisse se planter dans l'arbre visé. Elle réussit ensuite deux fois de suite, et à sa grande joie, vit le poignard planté assez profondément dans l'écorce une troisième fois.
    Il était temps de passer au galop.
    Cette fois-ci, en plus de viser, elle devrait anticiper la vitesse. Elle avait remarqué que le galop d'Eclipse était moins confortable que celui de Pitbuis, mais n'était pas pour autant désagréable; de plus, le trot était bien plus mouvementé, et elle l'avait plus ou moins dompté.
    Elle lança donc sa jument, et dû presque aussitôt lancer le poignard qui, bien évidemment, passa à côté de l'arbre visé. Le temps de réflexion et de concentration faiblissait aussi. Ca promettait d'être assez compliqué... Elle se relança, ayant cette fois un arbre en tête. Elle s'autorisa cinq secondes pour viser, tira au tout dernier moment, mais elle s'était faite tromper par la vitesse et le poignard se perdit encore une fois dans la végétation, plus loin. La fois suivante, elle réussit à tirer au bon moment et vit la lame disparaître en partie dans la vieille écorce de l'arbre qu'elle avait auparavant déjà troué. Elle avait compris comment cela marchait, mais en pratique, n'était pas encore au point. Elle se relança, et loupa une fois encore son jet. La fois d'après ne fut guère plus fructueuse, et elle aurait juré avoir vu son poignard effleurer le tronc le coup encore suivant. En revanche, il s'y planta bel et bien en son centre pour l'essai qui suivit. Revigorée par cette petite réussite, elle plaça assez de confiance en elle pour voir ses efforts récompensés encore une fois. Par la suite, elle enchaîna une série de coups loupés et fructueux, mais n'arrivait jamais à planter trois fois son poignard à la suite dans un des troncs qui s'offrait à elle. Mais, il se trouva que, au bout d'un moment cependant, trois bruits mats se firent entendre l'un à la suite de l'autre, et trois arbres furent percés en leurs centres. Satisfaite, elle fit ralentir Eclipse. La jument avait bien galopé, et Inwëlle comptait lui donnait un petit temps de repos.
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Dim 18 Oct 2009, 22:25

La jeune fille se débrouillait vraiment de mieux en mieux sur un cheval. En l'occurrence, elle semblait déjà être à l'aise sur la jument qu'elle avait dénommée Eclipse. Il la voyait galoper à fond derrière lui, un immense sourire scotché sur ses lèvres. Et lui aussi souriait. Puis, lorsqu'il s'était arrêté pour qu'elle fît le premier exercice. Elle s'était très bien débrouillée au pas, puis au trot de la même manière, bien qu'un peu plus saccadée. Bien entendu, elle avait eu beaucoup plus de mal au galop, mais elle y était parvenu, ce qui avait étiré grandement le sourire sur les lèvres du Maître Marchombre.

Lui rendant son poignard après son dernier tir, réussi, il la gratifia d'un sourire et remonta souplement sur Brume. Puis, il le mit au pas, tranquillement, se plaçant à côté de son apprentie pour que si elle avait des questions à poser, elle pût le faire. Mais il savait qu'elle pouvait aussi avoir du mal à vouloir lui poser des questions, préférant sans doute découvrir certaines choses par elle-même. Et il la comprenait tout à fait. Néanmoins, il lui dit simplement :


- N'hésite pas à poser des questions. La moindre question fait toujours avancer. Et l'Univers des Marchombres n'est qu'un univers de réponses à toutes les questions que l'on peut se poser.

Lui adressant un sourire, il pressa ses mollets contre les flancs de sa monture, qui partit au trot. Il resta un moment à cette allure, pour que la jeune fille s'y habituât plus amplement. Elle était désormais tout de même bien à l'aise sur un cheval, et ne semblait plus avoir peur, donc il fallait bien approfondir les notions qu'elle pouvait avoir. Il trotta, ainsi, durant plusieurs heures. Les chevaux étant assez endurants, ils ne soufflaient pas trop, et puis le rythme n'était pas soutenu du tout, juste tranquille, ce qui leur permettait de ne pas transpirer et donc de ne pas forcer. Expliquant sa démarche à son apprentie, il détailla :

- Si tu veux couvrir le plus de distance possible à cheval, le meilleur moyen d'y arriver en le moins de temps possible est d'alterner des longs moments de petit trop avec des galops d'une quinzaine de minutes. Ainsi, le cheval va forcer pour le galop, mais au petit trot il ne refroidira pas ses muscles et donc il pourra plus facilement repartir au galop.

Le trot est une allure qui permet au cheval d'améliorer son endurance et sa cardio, tandis que le galop lui donne du souffle et donc une constitution faite pour aller plus vite facilement à toutes les allures. Pour entraîner un cheval, il vaut mieux lui faire faire beaucoup de trot et du galop en montée, pas plus de dix minutes. C'est ce qui lui permettra de couvrir plus rapidement des distances plus longues par la suite.

Ta jument étant toute jeune, elle a de l'endurance et de la vitesse que lui procurent son jeune âge et sa vitalité. Cependant, il lui faudra s'améliorer, car sa constitution de pouliche doit se faire correctement pour qu'elle puisse parcourir par la suite les distances que tu voudras, courtes ou longues.


Il était toujours au trot, et regardait presque distraitement son apprentie à ses côtés. Puis, il fit partir Brume au galop et le dirigea vers un petit bois un peu plus loin. Réduisant son galop pour pouvoir parler à Inwëlle, il lui expliqua :

- Lorsque tu es en montée ou en descente, il te faut garder le haut de ton corps parallèle au sol. C'est-à-dire te pencher en avant dans les montées et en arrière pour les descentes. Lorsque tu sautes, il te faut juste t'élever au dessus de tes étriers pour ne pas toucher la selle, au risque de faire mal au dos de ta monture.

Illustrant ses propos, il fit tourner Brume à droite et s'engagea dans un petit sentier. Sur ce sentier, il savait que plusieurs obstacles les attendaient. Le premier était un petit tronc pas haut, que les chevaux enjambaient très facilement. Erwan ne sentit même pas Brume le sauter. Puis, un peu plus loin, le tronc qui barrait le chemin était plus haut, dépassant les genoux des chevaux. Brume leva bien les antérieurs et passa avec facilité ce nouvel obstacle. Puis, ce fut un immense trou qui se dressa sur le petit chemin. Le cheval d'Erwan passa facilement par dessus, et le Marchombre le fit retrouver la plaine et le remit au trot, puis au pas. Retournant la tête, il attendit qu'Inwëlle arrivât à sa hauteur et descendit de son cheval. Lui adressant un sourire, il lui dit :

- Maintenant, on descend et on court.

Sur ce, il commença à courir, n'attendant pas son apprentie. Il tenait les rênes de sa monture dans la main droite, courant à une allure plutôt soutenue. Il courait. Encore et encore, sentant le vent sur son visage et sur son torse nu. Il pensa à l'hiver, qui ne tarderait sans doute pas à tomber sur Gwendalavir. Il aimait la morsure du froid, puisqu'il avait grandi dans le Nord, mais était toujours peu enclin à se recouvrir le torse à cette période de l'année. La liberté de mouvement qu'offrait la nudité lui seyait à merveille...

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Mar 20 Oct 2009, 20:00

    Inwëlle écoutait d'une oreille attentive tout en chevauchant; Erwan parlait énormément, mais n'utilisait pas d'idées absraites ni de vocabulaire trop compliqué. Elle déduisit le sens de quelques mots inconnus, força un peu sur son esprit pour assimiler toutes ces paroles qui pour elles, parlaient de choses nouvelles. Petit trot, galop, montées, descentes... D'accord, d'accord. Elle pensait avoir tout bien retenu, et assimilé. De toute manière, en cas de doute, elle pourrait toujours redemander à son Maître de l'aide et des conseils.
    Elle n'avait pas de question, pour le moment. Mais lorsqu'elle en aurait, elle n'hésiterai pas à les lui poser, car, comme il l'avait dit, la moindre question ne faisait que lui permettre d'avancer un peu plus encore sur la Voie. Mais pour l'instant, elle était sereine, habitée par la satisfaction de ses toutes récentes réussites. Elle s'habituait au petit trot, tout de même moins chaotique que celui auquel elle était habituée, et s'efforçait de se faire liante. Elle y arrivait de mieux en mieux, habituée au rythme de sa jument. Une jeune jument, avait-il dit... Elle aurait donc encore beaucoup à vivre en sa compagnie, et c'était là une démarche bien logique de la part du Maître. Wëlle savait qu'elle s'y attacherait et parcourerait beaucoup de chemin en sa compagnie, mais elle savait aussi que la vie n'était pas éternelle, et que peut-être la jument mourrait avant elle. Elle devrait alors continuer sans Eclipse, peut-être se trouver une autre monture... A moins qu'elle ne meure avant? C'était possible, après tout, la vie humaine ne tenait qu'à un fil. Peut-être serait-elle épargnée d'un des coups durs qu'était la perte d'un proche... Oh, elle en connaîtrait d'autres, des pertes de ce genre, mais l'idée d'en avoir une de moins la rassurait en quelque sortes. Malgré cela, elle ne désirait pas mourir. Elle voulait vivre, découvrir, avancer et voler: elle voulait Lui montrer de quoi elle était capable, Lui montrer qu'elle arrivait à se débrouiller malgré les obstacles plus ou moins complexes à franchir imposés par la vie.

    Rien que là... N'était-Il pas fière de la voir chevaucher ainsi, en compagnie de son Maître? De la voir lancer les poignards de la sorte? De voir son esprit tel qu'il était maintenant? Ne serait-Il pas fier de ce qu'elle était devenue? Oh si, Wëlle Le connaissait assez bien pour se permettre de le dire; mais elle craignait qu'un autre sentiment de s'infiltre en Lui. De la voir si heureuse... Penserait-Il qu'elle s'en moquait, de sa mort? En viendrait-Il à imaginer que cela n'avait rien changé en elle? Qu'elle ne L'avait pas aimé? Le doute avait été permis, du temps d'Al-Jeit, par sa faute à elle. Mais, Il devait avoir vu combien elle avait souffert, combien l'Accident l'avait détruite... Elle le savait cependant prompt et ouvert au doute; surtout en ce qui la concernait. Alors, pour le rassurer, elle leva son visage vers le ciel qu'elle apercevait dans la trouée des arbres. Et Lui adressa un sourire.

    Elle faillit ne pas voir l'obstacle. Elle sentit une légère irrégularité dans le pas: et constata qu'il s'agissait d'un tout petit tronc qu'Eclipse avait passé sans aucune difficulté. Comme elle connaissait Erwan, elle allait... Elle eut à peine le temps de voir le nouvel obstacle, de se redresser sur ses étriers que déjà, Eclipse bondissait, lui procurant une fois encore un drôle d'impression, comme si son coeur avait eu un raté, comme s'il était remonté dans sa gorge, comme si, aussi, elle avait été prête à s'envoler mais était retombée au sol. Le coeur battant un peu plus vite que d'ordinaire, elle se rassit sur sa selle, tentant de s'accorder à nouveau au mouvement de sa jument, se demandant qu'elle serait la prochaine difficulté; et ne la vit que lorsque les antérieurs de la jument se décollèrent du sol et qu'elle passa au dessus du trou. Pas de hauteur, cette fois-ci; levée sur ses étriers, elle ferma les yeux, inspirant à fond, expirant seulement lorsqu'elle sentit que sa monture foulait à nouveau le sol.

    Le rythme ralentit, et ce fut le coeur encore plapitant qu'elle descendit de sa monture, un peu soulagée. La vue du vide, de sa jument sans appuis, ni rien... Elle craignait raviver la peur qui sommeillait en elle si elle restait sur le dos d'Eclipse. De plus, elle avait les jambes un peu engourdies et était ravie par la perspective de se défouler et de sentir le sol bien consistant sous ses pieds. Ravie de courir, tout simplement.

    Elle n'avait pas non plus eu l'intention d'attendre Erwan, et, saisissant les rênes de sa jument, avait fait un pas, deux pas, s'était échauffée les muscles quelques secondes durant puis avait accéléré, accéléré, sentant juste la présence de son Maître à ses côtés avant de s'évader totalement, comme lors de chaque course. Elle sentait ses pieds nus à la peau désormais bien dure fouler le sol terreux, elle sentait ses cheveux voler dans son sillage, elle sentait l'air partout sur son corps, elle sentait ses muscles travailler... Elle ne voyait qu'une vaste étendue herbeuse, sans obstacle discernable. Elle n'entendait que le souffle du vent, que le galop d'Eclipse à ses côtés, et celui de Brume; elle n'entendait, en revanche, pas Erwan: elle le sentait.
    Elle courrait, pour son plus grand bonheur. Elle s'en donnait à coeur joie, et elle Lui souriait toujours.
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Sam 24 Oct 2009, 12:03

Comme lorsque Erwan descendit de cheval et dit à Inwëlle qu'ils allaient courir cette dernière était encore sur sa jument, il ne put qu'en sourire en pensant que finalement, elle avait bien tenu. Il voyait de toute manière, dans sa manière d'arrêter sa jument, qu'elle était désormais vraiment plus à l'aise à cheval, et donc qu'elle s'accordait à l'équidé comme il avait pu lui conseiller de faire, quelques semaines plus tôt, alors qu'elle montait pour la première fois, et sur Ptibuis. Elle s'était énormément améliorée, c'était le cas de le dire. Et elle avait voulu s'améliorer et vaincre sa peur. C'était surtout cela, le principal. Souriant seul tandis qu'il se mettait à courir, en voyant Inwëlle qui allait à son propre rythme, il prit le sien. Il allongea sa foulée, augmenta la fréquence de ses pas.

Il était Jaguar. Jaguar dans un corps d'humain, endurant et à l'énergie débordante. C'était seulement dans ce genre de moment où il sentait réellement qu'il était les deux à la fois, félin et humain. Comme un commun accord en ce qui concernait l'adrénaline, la vitesse, la course. La dépense d'énergie. Un sourire aux lèvres, immense, comme toujours lorsqu'il courrait vraiment, il défiait presque le vent, y mettant toute son énergie... Toute son Harmonie. Il courrait avec le vent, et non pas contre le vent. Ce dernier le poussait, comme pour attraper des ailes impalpables et le faire voler. Le vent voulait qu'il s'envolât... Sans plus penser à son apprentie derrière lui, ni au cheval qui le suivait au grand trot pour l'instant, il accéléra sa course. Encore. Derrière lui, le tambourinement des sabots de son cheval au galop lui procurait encore plus une sensation de vitesse. Et le vent venait souffler à son oreille des défis... Qu'il prit plaisir à relever.

Erwan lâcha la bride de Brume. Le petit hongre suivrait Inwëlle et Eclipse lorsqu'elles passeraient, puisqu'un cheval aime la compagnie d'un autre cheval, et encore plus un cheval domestique. C'était instinctif. Le Marchombre allongea encore plus sa foulée, prenant désormais réellement un rythme respiratoire de course.

Le vent chantait à ses oreilles, comme le Murmure l'avait fait quelques années plus tôt.
Promesses d'Harmonie et de Plénitude.
Il courrait.
Aussi vite que le vent.
Il jouait.

Et lorsque les barrières naturelles des Dentelles Vives s'imposèrent devant lui, il ralentit à contre coeur. Se retournant, il vit son apprentie et les chevaux arriver derrière lui. Le souffle profond, à peine haletant, il souriait aux étoiles en attendant patiemment Inwëlle. Sous sa peau, ses muscles chauds lui criaient de continuer à courir, le Jaguar dans son ventre le pressait de continuer... Mais le Maître Marchombre balaya tout cela d'un revers de pensées. Il avait cours, désormais, et s'il l'avait oublié durant quelques minutes, ce n'était plus le cas.

Adressant un sourire à Inwëlle lorsqu'elle ne fut plus très loin, il attrapa la bride de Brume et l'emmena jusqu'à la paroi des Dentelles Vives. Faisant un signe à son apprentie pour qu'elle le suivît, il avança durant quelques minutes avant de trouver la faille qu'il cherchait. Passant à travers, il dût se baisser pour ne pas se cogner la tête contre la paroi basse. Les chevaux passaient tout juste, avec leur équipement, mais ils passaient. Ils marchèrent trente secondes, retrouvant le ciel bleu au dessus de leur tête. Ils étaient arrivés.

C'était comme un havre de paix au milieu du plus puissant des Chaos. Les Dentelles Vives, immenses pics, se dressaient de part en part d'une petite vallée, grande d'environs soixante mètres de diamètre. Les parois étaient verticales et peu enclines à être escaladées, avec peu de prises confortables. La vallée avait un trou vert, avec une herbe bien grasse et d'un vert émeraude. Lâchant un soupir, Erwan laissa Brume brouter et s'approcha de l'entrée par laquelle ils étaient arrivés. Poussant sur un rocher à la gauche de cette dernière, il réussit à caler le rocher rond contre l'entrée de la faille, de telle manière que personne ne pouvait accéder à cet endroit de l'extérieur. Et ils ne pouvaient ainsi par ressortir de là sans les chevaux. Souriant, Erwan se tourna enfin vers son apprentie et lui dit :


- Bon, et bien un peu d'escalade ne nous fera pas de mal. On va prendre ce pic-là.

Il désigna d'un signe de main le pic en question. Le plus lisse de ceux qui les entourait. La roche naturelle serait sans doute différente pour Inwëlle, mais Erwan savait qu'elle était très bonne escaladeuse. Il lui donnait des défis difficiles, mais pas insurmontables. Son but n'était pas de la briser mais de la pousser toujours vers l'avant. D'un signe de menton, il invita Inwëlle à monter. Il passerait derrière.

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Dim 25 Oct 2009, 12:40

    Inwëlle voyait Erwan accélérer l'allure, la dépasser, filer tel une flèche, tandis qu'elle gardait son rythme habituel. Elle espérait un jour pouvoir parvenir à courir à cette vitesse comme lui, avec autant d'aisance, sans rien craindre du tout. Il était assez loin devant, désormais, et il avait lâché Brume qui les rejoignies, elle et Eclipse. Elle ne préférait pas lâcher elle aussi les rênes, de peur qu'Eclipse ne se disperse et ne la suive plus, ou alors qu'elle prenne ses aises et ne parte au grand galop.
    Mais elle s'en moquait, elle... Elle courrait comme elle l'aimait, se lâchant totalement, sans trop forcer, sans se retenir, le souffle régulier, le vent dans ses cheveux. Elle courrait, et même si devant elle se dressait une barrière rocheuse, elle avait encore de la marge avant de freiner, puisque son maître devant n'avait pas rallenti l'allure.
    Un jour, elle serait capable de courir comme lui. Depuis qu'elle était ici, n'avait-elle pas énormément progressé dans ce domaine-là? A Al-Jeit déjà, elle était une courreuse exeptionnelle, capable d'aller très vite, de prendre des obstacle, de courir longtemps. Mais elle n'aurait jamais put tenir cette allure aussi longtemps qu'elle en était capable maintenant, et ne pouvait atteindre une vitesse de pointe aussi élevée que celle qu'elle était aujourd'hui capable de maîtriser.
    Elle croyait voir qu'Erwan s'était arrêté, bien plus loin. Le moment était venu de s'offrir un petit plaisir, et de permettre à Eclipse elle aussi de partir comme elle le voulait. Elle accéléra, donc, allongeant son pas et l'accélérant du même coup, poussant sa vitesse au maximum. Avait-elle déjà courru comme cela? Les yeux plissés, elle ne distinguait plus grand chose, sentant juste les deux chevaux près d'elle et le martellement de leurs sabots. L'horizon était barré par une masse sombre qu'elle interpétait comme les roches vues précédemment. La silouette d'Erwan grandissait, aussi, il était donc temps pour elle de mettre fin à ce petit moment d'adrénaline qu'elle avait beaucoup apprécié. Elle commença donc à ralentir son pas progressivement, repassant à la vitesse qu'elle avait eu avant, puis à une vitesse plus modérée, jusqu'à réussir à passer à dee la marche, tout simplement, et à s'arrêter aux côtés de son Maître... Pour reprendre aussi tôt la marche, puisqu'il était déjà en route vers une autre destination. Elle était assez essoufflée, son coeur battait rapidemment, mais elle n'avait pas de difficultés à respirer. Elle était contente d'elle: elle aurait put tenir sa vitesse de pointe un peu plus longtemps encore, et courir à l'allure soutenue qu'elle avait adoptée longtemps encore. Elle nota cependant qu'Erwan n'était pas du tout fatigué.

    L'endroit où elle aboutit lui coupa le souffle. Elle avait cru juste avant reconnaître les roches sur lesquelles ils s'étaient aventurés, mais désormais, le doute n'était plus permis. Ces parois vertigineuse, lisses, agressives et quelque peu décourageantes, c'étaient les Dentelles Vives.
    Elle les avaient déjà vues, s'y était déjà rendue, de son propre gré. Pas à cet endroit-là, quelque part moins loin de l'Académie. Elle y était venue pour les observer, dans un premier lieu, s'imprégner de leur présence écrasante, s'y habituer. Elle les avait touchées, effleurées, pas vraiment surprise de voir que ce n'était pas du tout la même roche que clele qui formait les murs de l'Académie. Que cette roche était plus complexe, qu'ell était sauvage, qu'elle n'avait pas été façonnée par l'être humain. Et comme l'homme ni avait pas posé son empreinte, elle lui semblait moins familière.
    Quelques fois, elle avait tenté de l'escalader, mais n'était pas montée trop loin, consciente de la difficulté que représentait cette escalade et du danger qu'elle courrait. Ce n'était pas qu'elle craignait l'inconnu, mais plutôt qu'elle avait peur de ne pouvoir s'y confronter encore plus. Alors, elle y avait été doucement, tentant de comprendre la roche. Elle y était plus ou moins parvenue, était allée plus ou moins haut, sur ses paroies plus ou moins lisses.

    Ici, elle notait qu'il n'y avait pas d'endroit facile à grimper. Que des parois qui offraient des difficultés nouvelles. Elle avait elle aussi lâché Eclipse, sans s'en rendre compte.
    Elle posa sa paume à plat sur la roche qu'elle allait devoir fouler de tout son être. Evidemment, c'était celle qui paraissait la moins abordable, mais l'inverse l'aurait alarmée. Elle sentit avec satisfaction que la roche était la même que celle qu'elle avait déjà cotoyée, et, fermant les yeux, s'imprégna d'elle, acceptant sa liberté, son état, acceptant qu'elle était unie, qu'elle était naturelle et ancrée ici depuis la nuit des temps. Elle posa alors son autre main, rassurée, et rouvrit les yeux. Elle gravit les premiers mètres sans difficultés, aidée par la pente encore assez douce.
    Puis, les choses commencèrent à se corser. L'absence de prises se faisaient ressentir, et l'attraction du sol aussi. Elle transforma ses gestes en caresses le plus douce possible, se colla à la paroi pour se mêler encore plus avec elle, et continua de progresser, lentement mais surement. Elle avait encore gravit plusieurs mètres lorsqu'une difficulté majeure s'imposa à elle. L'absence de prises...

    Au dessus de ses mains, rien qu'elle ne puisse atteindre en tendant simplement le bras. Sur sa droites, un endroit très lisse; Sur sa gauche, une seule petite irrégularité isolée qu'elle ne voyait pas vraiment comment mettre à profit. Au moins, elle était bien callée, en accord avec la roche, et ne risquait pas de tomber. Donc... le seul moyen d'atteindre les prochaines prises au dessus de sa tête serait de se propulser pour ensuite s'y accrocher.
    ...
    C'était trop évident, bien trop évident...

    Elle avait développé une bonne souplesse, elle pourrait donc mettre son pied gauche sur la petite prise de ce côté. Ce qu'elle fit. Ensuite... Si elle tirait fort sur ses bras, elle pourrait se hisser assez haut, et continuer en prennant appui sur sa jambe gauche pour monter et ateindre les prises qu'elle souhaitait atteindre. Le problème serait que sa jambe était trop décallée, et qu'elle risquait non pas de monter tout droit vers le haut, mais plutôt d'être envoyée sur le côté droit, là où il n'y avait plus de prise, et où la chute serait assurée. Il lui faudrait donc d'abord pousser bien fort sur sa jambe droite pour placer son bassin plus proche de l'alignement de la gauche...
    Elle poussa, donc, et tira du même coup, décalant avec détermination son bassin, puis se propulsa avec l'aide de sa jambe gauche. Un très court moment, elle crut être partie pour grimper tout le pic comme cela, juste en glissant contre la paroi; puis se vit rattrapée par la gravité et forcée de s'aggripper à deux petites aspérités. Elle monta aussitôt les mains comme sur une échelle, jusqu'à pouvoir caller ses pieds nus sur la paroi, accomplissant cette action très vite pour ne pas laisser à son corps le temps de l'attirer vers le bas.

    Accroupie contre la roche, elle inspira et expira un coup, pour calmer les palpitations de son coeur, puis se hissa afin de plaquer tout son corps dans une position plus certaine. Elle continua l'ascension, douce avec la roche et avec assez de confiance en elle pour ne pas se laisser submerger par la panique. Jusqu'au surplomb...
    Un surplomb ne lui faisait pas peur. Un surlomb aussi lisse que celui-là, elle le craignait un peu plus. Il y avait quelques prises, tout de même, en dessous, et au bout, mais des prises façonnées sur le même modèle que toutes les précédentes: petites, voir minuscules, et glissantes. Mais il allait falloir se lancer.

    ***

    Elle était pendue, les pieds dans le vide, à deux doigts de franchir ce maudit surplomb. Seulement voilà, seuls les bouts douloureux de ses doigts la retenaient à la roche, et si elle lâchait une seule main, elle savait que ce serait la chute assurée. En plus, ses doigts commençaient à la faire souffrir. Elle était un peu coincée.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Mar 27 Oct 2009, 15:13

Erwan avait hoché tranquillement la tête lorsqu'il avait vu Inwëlle poser ses mains sur la roche, sur la paroi qu'elle allait monter. Elle était de plus en plus à l'écoute de son environnement et filait désormais comme une flèche sur la Voie des Marchombres. Il était fier d'elle. Plus elle continuerait ainsi, mieux elle serait par la suite, et plus elle comprendrait justement qu'il fallait qu'ils se séparassent à la fin de la formation. Ce n'était jamais un moment très facile, en tout cas pour Erwan. Que ce fût avec sa mère, lorsqu'elle l'avait libéré des années de formation, ou avec Alaya, lorsque lui l'avait libérée à son tour, cela avait toujours été très difficile, et pour le Maître, et pour l'élève. Fermant les yeux, il se remémora quelques instants ces moments-là, et ne put s'empêcher de lever la tête vers le ciel pour voir s'il pouvait avoir des nouvelles de son ancienne apprentie par la voix du vent. Mais le vent n'arrivait pas jusque dans la petite vallée, et Erwan soupira seul, avant qu'un immense sourire ne s'étalât sur son visage : il devait avancer avec Inwëlle pour l'instant, c'était tout.

La jeune fille avait déjà d'ailleurs bien avancé sur la paroi, ayant gravi une vingtaine de mètres. Elle arrivait à un endroit délicat de l'escalade, un endroit où seule la prise du mur était vraiment une prise, et pourtant la roche était lisse. Grimpant aussi rapidement qu'il le pouvait jusqu'à sa hauteur, il mit tout de même trois bonnes minutes à la rejoindre : si la jeune fille avait mis un peu plus d'une demie-douzaine de minutes, ce n'était pas pour autant qu'il pouvait diviser son temps en trois sur une parois comme celle-ci. Mais cependant, lui ne trouva aucune difficulté majeure, car après tout sa mère lui avait fait monter bien plus ardu que cette parois, et quelques semaines plus tôt, il avait à nouveau escaladé le mur de la Citadelle, alors que ce dernier était presque lisse comme du verre. Mais à ce moment-là, il était guidé par la colère et l'âme de sa mère, c'était sans doute pour cela qu'il y était parvenu si facilement.

Voyant Inwëlle avoir un peu de mal, tentant de se propulser plus haut avec une action de bassin bien placée, le jeune homme sourit seul, la fixant. Elle s'éleva encore, et il voyait les muscles de ses avant-bras commencer à devenir durs, mais elle continua. Jusqu'au surplomb, qui se trouvait à une trentaine de mètres du sol. Souriant, Erwan le passa avec fluidité, et se cala juste au dessus. La jeune fille était pendue par les poignets, à trente mètres du sol. La moindre chute lui coûterait la vie, et pourtant Erwan ne s'en faisait pas : elle pouvait le faire. Se penchant vers elle, il lui murmura :


- Un Marchombre a conscience des forces qui l'entourent, et qui agissent sur son environnement... Il les sent, sait s'immerger en elles pour les renverser...

Le détail est le raccourci du Marchombre, c'est ce qui lui sauve la vie et lui donne un temps d'avance... Sur tout. Même son environnement et les forces qui le régissent...


Alors, le jeune homme sourit, se décala sur le côté. Il se laissa glisser le long de la roche pour arriver jusqu'à côté d'Inwëlle et lui donner un indice... Un indice révélateur, un indice ultime :

- Tu ne peux plus tomber Inwëlle. Tu t'es déjà relevée.

Alors, lui adressant un dernier sourire, il força.

Sur ses bras, ses poignets, ses doigts.
Il s'envola.
Atterrit cinquante centimètres au dessus du surplomb.

Souriant, il expira lentement, se tourna sur la roche, les doigts à peine accrochés aux anfractuosités qui pouvaient être plus ou moins présentes sur la roche. Et même moins. Il fixait Inwëlle, l'attendant. Prêt à agir, et à la fois certain qu'il n'aurait pas à le faire.

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Mer 28 Oct 2009, 22:20

    La roche était son amie, la roche ne lui faisait plsu obstacle. La roche ne lui bloquait pas le chemin; elle ouvrait un nombre infini de voies, elle lui offrait des avantages, des possibilités, des opportunités... La roche était une force, une vraie force qui ne se dressait plus contre elle mais avec elle. La roche était une de ces forces qui la poussait en avant, l'épaulait, la soutenait, l'aidait. La roche était son alliée, une alliée qui ne la trahirait pas tant qu'Inwëlle ne le ferait pas elle-même. Une alliée de poids, une alliée à ne pas négliger. Inwëlle en avait conscience, Inwëlle le ressentait, et, par la suite, elle pensa que ces pensées étaient ce pourquoi elle s'était retrouvée à côté d'Erwan, au dessus du surplomb, sans vraiment savoir comment elle y était parvenue.
    Elle avait réussi, c'était tout, réussi à vraiment s'immerger dans la roche, la comprendre, et se fondre en elle. Mais ç'avait été un effort spirituel important, et c'était une réalité difficile à se représenter. Or, cette connexion magique en quelques sortes avait été rompue dès qu'elle s'était sentie plus en sécurité, même si elle n'avait pas cessé de faire corps avec la roche, d'une manière moins intense.

    Après un regard pétillant offert à Erwan, elle avait repris son escalade, plus assurée qu'avant. Elle ne tomberai pas... C'étaient de jolies paroles -elle commençait désormais à savoir distinguer les phrases bannales de celles mieux tournées- qui l'avaient touchée.
    Alors, le sourire aux lèvres, elle grimpait, saisissait les détails, comme il le lui avait dit: les erraflures dans le mur qui s'avéraient plus utiles que les prises plus grosses, parfois; une aspérité effritée qui pouvait se révéler dangereuse, un bout de pierre moins glissant, un autre plus coupant... Ces petits détails auquels elle avait moins prêté attention au début de son escalade, et qui, dorénavant, lui facilitaient la tâche.

    Bien évidemment, elle ne cherchait pas la voie de la facilité: avant tout, elle voulait économiser son corps, parce qu'elle savait qu'elle devrait garder de l'énergie en réserve pour le reste de la journée, à commencer par la désescalade qui semblait inévitable et s'annonçait ardue.

    Inwëlle voyait la roche se terminer, une dizaine de mètres au dessus d'elle. Elle voyait aussi que la matière devenait entièrement lisse, qu'elle s'affinait, et que chaque saillie semblait coupante. Elle stoppa son ascension, ferma les yeux. La roche était son alliée, son alliée, son alliée, son alliée, son alliée. Elle la propulsait vers l'avant, était comme une rampe, l'aidait à atteindre ses buts. Elle glissa, fluidement, en montant, d'un rythme rapide et régulier. Son alliée, son alliée, son alliée. Sa main aggripa fermement la première véritable prise depuis le début de l'ascension. Qu'est-ce ça faisait du bien... Les deux mains sur l'arrête extrèmement fine, elle s'y hissa, et s'y tint accroupie. Elle faillit être désarçonnée par les vents violents, et ne se rattrapa que de justesse, ou plutôt, la pierre l'empêcha de chuter juste à temps.

    Ah, le vent... Une force puissante et impalpable, très complexe à sentir, à comprendre, à toucher. Une force qu'elle avait déjà tenté d'apprivoiser, sur les toits de l'académie, à la cime des arbres. Une force avec laquelle elle n'avait pas encore réussi à sympatiser, une force qu'elle avait du mal à aborder. Cependant, les heures passées en sa compagnie avait commencé à donner des résultats, et Wëlle se sentait plus proche du souffle, puissant ou non, plus disposée à réussir à ne faire plus qu'un avec lui. Elle arrivait mieux à le sentir, savait comment se positionner pour y être moins vulnérable, et commençait à sentir les courants d'air avec plus de précision. Mais elle savait que, pour abotenir le même résultat qu'avec l'Eau ou la Roche, de longues heures de travail et de patience l'attendaient encore...

    Pour le moment, elle était occupée à sonder le vent présent en cet instant. Dur, continuel, il se trouvait partout et soufflait avec violence. Un vrai vent d'altitude et de temps pas très calme, un vent dans lequel il était difficile de se loger une place, un vent qui était complexe à laisser glisser le long de ses membres. Elle se leva, rassurée par la roche encore présente en elle, et, écartant ses bras pour trouver l'équilibre, se campa de manière à ne pas tomber, légèrement inclinée pour que la poussée se fit moins brusque. Elle essaya, durant quelques minutes, de capter ce vent, de l'accepter en elle, de faire comme elle venait de le faire sur la paroi gravie, de le sentir au plus profond d'elle-même, de se sentir souffle, légère et prête à l'envol, mais elle n'y parvenait pas. Elle abandonna la partie, sachant qu'il y en aurait d'autres, et persuadée qu'au bout du compte, elle sortirait vaincqueuse de l'épreuve.
    Précautionneusement, elle s'avança, un pied après l'autre, sur la fine arrête, pour atteindre le pic, trois mètres plus haut environ que l'endroit où elle se trouvait. Elle posa ses paumes sur la roche, laissa glisser le vent, et se lança. Pas de prises, des rafales violentes, une paroi glissante... Elle ne tomba pas. Elle ne tomba pas, parce que son coeur était de pierre, parce que la pierre était son coeur. Elle s'éleva, jusqu'à se retrouver debout, chancelante, les pieds joints sur ce pic si instable, se demandant elle-même comment elle faisait pour tenir debout. Du regard, elle embrassa tous les autres monts, cols et arrêtes proches qu'elle dominait, les plaines en contrebas, le lac étincelant à ses pieds. Puis, elle ferma les yeux, un immense sourire sur le visage, et ouvrit les bras, ouvrit son corps.

    Exposée au vent, elle ne tombait pas. Ses bras montant de plus en plus haut, elle ne tombait pas. Ses paumes jointes au dessus de sa tête, elle ne tombait pas. Ses bras descendant le long de son corps, elle ne tombait pas. Ses talons nus reposant même pas à demi sur une minuscule aspérité chacun, elle ne tombait pas. Les bras en mouvements incessants, lents et amples, elle ne tombait pas.
    Bien trop Marchombre pour ça en cet instant.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Lun 02 Nov 2009, 21:57

Elle glissa. Elle glissa, s'accordant à la roche bien plus que son Maître n'aurait pu le croire. Non pas qu'il doutait en ses capacités, loin de là, puisqu'il savait pertinemment qu'elle deviendrait une grande Marchombre, et ce depuis le début, mais parce qu'il ne s'y attendait pas à cet instant là. Pourtant, c'était vraiment tout ce qu'elle avait à faire, c'était vrai, mais Erwan ne l'avait sans doute pas imaginé comme ça. C'est ainsi qu'il se rendit compte qu'il avait tout de même des attentes vis-à-vis de son élève, et que par cela, il pouvait la ralentir sur son bond sur la Voie. Il devait faire attention, elle était surprenante, même si avec la connaissance de la jeune fille, il pouvait plus ou moins prévoir certaines choses. Mais cela, il ne s'y était pas attendu. Et cela le gênait, en quelque sorte. Car il aurait pu, plutôt que de lui demander un tel exercice, qui lui permettait de se surpasser, lui demander quelque chose de moins difficile et donc l'empêcher de progresser toujours à ce même rythme sur la Voie. Et encore, pour cette fois-ci, ce n'était pas grave, puisque cela s'était passé dans le bon sens. Mais peut-être avait-il déjà fait cette erreur, sans s'en rendre compte, et cela c'était déjà plus grave.

Clignant des yeux pour revenir à la réalité, il se promit de toujours pousser Inwëlle au delà des capacités qu'il pouvait deviner qu'elle avait en certains instants, l'inciter à aller plus loin qu'il pensait qu'elle pouvait aller. Toujours plus loin, toujours plus haut. C'était l'infini de la Voie. Soupirant, s'invectivant lui-même dans son esprit, il reprit son ascension, et la roche le calma bien vite. Il n'éprouvait pas de difficulté, plus aucune même. Et Inwëlle était portée par la pierre, bien que l'instant de totale communion qu'elle avait pu avoir avec cette dernière lors du passage du surplomb avait été allé glissé sur le temps, pour s'affirmer dans son passé, la pousser toujours plus en avant.

Plus ils montaient, et plus le vent se faisait fort. Erwan s'en délectait, ainsi le prochain exercice n'en serait que plus intéressant. Soupirant légèrement, il s'arrêta un instant pour se gratter le haut du torse, geste dérisoire mais impensable à plus de trente mètres de haut, sur une paroi presque aussi lisse que du verre. Le Marchombre reprit son ascension, se délectant du paysage.

Le soleil frappait haut et fort sur les vallées et sur les Dentelles Vives, faisant ressortir la couleur si particulière, entre l'ocre et le bordeaux, de la roche qui les composait. Le ciel, d'un bleu limpide, aux nuages cotonneux, semblait irréel, tandis que le vent secouait les herbes, plus bas, donnant l'impression d'une marrée de verdure qui venait s'échouer contre les à-pics vertigineux des parois faites comme de verre. Et puis, les arbres, un peu plus loin, qui secouaient leurs branchages doucement, au grès des caprices du vent, bien plus faible et doux vers le sol. De là où il se tenait, le jeune homme voyait toutes ces choses, mais sans les détails. Souriant, il sentit le vent le remplir de bien-être et de sérénité. Soupirant, il leva à nouveau les yeux vers la parois qu'il escaladait. Passant sa langue sur sa lèvre inférieure, il partit dans le sillage de son apprentie, qui avait continué son ascension, elle.

Et lorsqu'elle arriva en haut du pic, Erwan la vit y monter sans difficulté, malgré le vent violent. Prenant son temps pour détailler sa position, et tout ce qui pouvait émaner d'elle, il l'observa en contrebas. L'apprentie se débrouillait bien mieux que plusieurs semaines auparavant, il n'y avait pas de doute, et même aucun doute. Elle était en accord avec elle-même, avec le monde, et c'était tout ce qu'il pouvait espérer d'elle et pour elle. Souriant, seul, il se hissa jusqu'à elle à son tour et se mit à l'accompagner dans sa gestuelle.

Sérénité.
Calme.
Lenteur.
Plénitude.
Harmonie.

Erwan souriait, il se glissa à la droite d'Inwëlle et lui adressa ce sourire. Avec les yeux, avec le coeur, avec l'âme. Il lui souriait, heureux pour elle. Alors, il se pencha en avant et joua avec le vent. Seul. Espérant qu'elle le rejoindrait. Il jouait avec le vent, exposant ses doigts d'abord, puis ses mains entières, puis ses bras, ses épaules, son visage, son torse. Jusqu'à ce qu'il fût presque suspendu dans le vide, seulement la pointe des pieds touchant le sol du pic.

Les yeux clos, le Marchombre souriait. Seul, ou au vent. Ou au temps, aussi, à la Vie, à l'Harmonie, à son Monde, au Monde en général. Il n'avait plus joué ainsi avec le vent depuis bien longtemps, à ce moment-là, et retrouvait toute la plénitude que cela pouvait procurer. Soupirant, il se glissa entre deux bourrasque et se hissa sur un appui que lui offrait l'être impalpable qui lui caressait la peau, pour revenir sur ses jambes, heureux.

Trouvant le regard son apprentie, il lui sourit et murmura, accordant parfaitement sa voix à celle du vent :


- L'univers est un entrelac de forces. La Voie du Marchombre sinue entre ces forces, et le Marchombre se rit d'elles. Invisibles, il les voit ; impalpables, il les sent ; immatérielles, il les touche... Le vent est une de ces forces. Jouer et parler avec lui revient à le comprendre. A ne faire qu'un. Comme avec toutes les autres forces...

Tendant son bras au dessus du gouffre, il invita par l'intermédiaire du vent Inwëlle à faire de même. A approfondir cette notion qu'elle venait elle-même de découvrir...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Jeu 05 Nov 2009, 21:45

    Depuis qu'Erwan l'avait rejointe, depuis qu'elle avait sentit sa présence à ses côtés, Wëlle tentait de jouer avec le vent. Un doigt, deux doigts, la paume parfois; rien de très audacieux, mais une approche douce sur ce sujet si délicat. Sans s'en rendre vraiment compte, elle quittait petit-à-petit la gestuelle Marchombre pour tendre ses bras de plus en plus vers l'avant. Elle était en équilibre totale; sur la pierre, avec elle-même, avec le monde. Elle avait toujours les yeux fermés, appréciant les coups du vent sur son visage, résolue à les transformer en caresses à rendre. Mais déjà, elle arrivait à saisir quelques remous du bout des doigts; elle commençait à sentir l'impalpable, comme l'avait formulé Erwan. Puis, elle repéra le mouvement, la masse d'air en perpétuelle agitation, aussi violente qu'un torrent déchaîné, et tenta d'y insinuer ses bras. Une fois, deux fois, trois fois... Le courant la rejetait, la repoussait. Quatre fois, cinq fois... Tiens? Son bras flottait en l'air, elle sentait le vent glisser sur sa peau nue, elle sentait son bras onduler avec la Force si puissante. Son bras, juste son bras... Et c'était si agréable! Si elle arrivait à le faire avec l'autre bras... Oui, cela ne posait pas trop de problèmes... Elle arrivait même à le placer plus vers l'arrière, ou sur le côté... Cependant, elle ne parvenait pas à éviter quelques ratures, et la pression s'exerçait encore de temps à autre, mais les bras jouaient.

    Elle sentait la similitude de toutes ces puissances, maintenant que le vent s'infiltrait en elle, maintenant qu'à force de le cotoyer, elle commençait à le comprendre, à le toucher, à l'aimer. Comme l'Eau, elle était hostile à quiconque ne cherchait pas plus loin que le bout de son nez, comme l'Eau, le Vent ne cherchait que sa perte. Mais comme l'Eau, si elle faisait un effort pour le comprendre, pour l'aimer, pour le caresser, le câliner et passer du temps avec lui, alors il sera aimable, et, aussi comme la Roche, ces trois éléments feraient tout pour l'aider, pour la pousser de l'avant, la soutenir et l'épauler. Elle ne doutait pas qu'il en fut de même pour toutes les autres forces existantes, et qu'elle se fondait en certaines, minuscules, sans s'en rendre compte...

    Pour le moment, elle tentait de se fondre dans le vent. Si elle comprenait ses courants, ils étaient très très puissants, et des bras fins, souples et maniables étaient bien plus facile à maîtriser face à cette force impétueuse que tout un corps, bien plus épais et encombrant. Depuis combien de temps tentait-elle de jouer avec le vent, de le laisser filer sans opposer de résistance, de se fondre en lui et de se laisser porter par sa majesté? Elle ne savait pas, mais elle avait l'impression d'être ancrée dans la roche pour toujours, comme si jamais elle ne pourrait tomber, comme si elle même était devenue pierre.

    Mais, au bout d'un moment, elle se rendit compte qu'elle n'arriverait à rien de plus, que pour atteindre la communion à laquelle elle parvenait avec l'Eau, il lui faudrait, comme avec les deux éléments déjà connus, de nombreuses heures de travail. Cependant, cette séance improvisée -ou pas- au sommet de ce pic vertigineux l'avait fait énormément progresser, c'était indéniable. Mais il y avait une fin à tout, et même si elle aurait encore pu tenter d'apprivoiser -non, elle n'aimait pas ce terme- le Vent avec plaisir, elle ne regrettait pas de s'adonner à une nouvelle activité, parce que son âme était purifiée, qu'elle se sentait bien, à son aise, pleine de confiance en elle et contente d'avoir découvert des choses nouvelles.
    Avec précaution, mais gardant une aisance peut en rapport avec le contexte, elle redescendit un peu, et s'assit, adossée au pic qu'elle venait de gravir. Les cheveux au vent, elle l'entendait hurler à ses oreilles et laissa le bout de ses doigts voguer en harmonie avec lui. Juste les doigts, comme ceci... C'était si facile, du moment que l'on ait pris connaissance des courants de l'air qui s'agitait autour de vous! Bien évidemment, elle devait fournir plus d'effort pour accorder ses bras, et ne retenta donc pas l'expérience, se contentant de laisser flotter les extrémintés de ses mains, et de laisser un sourire heureux rester à sa guise sur son visage épanoui.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Dim 08 Nov 2009, 19:23

Erwan observait son apprentie faire. Elle était tranquille, à l'écoute de son environnement, du vent. Elle commençait tout juste à percevoir sa force, son impétuosité, toute l'âme de ce vent. Il était libre, bien plus libre que personne ne pouvait l'être. Même si Erwan pensait réellement que les sentiments n'étaient pas quelque chose qui aliénaient, mais qui au contraire permettait d'être réellement libre. D'une part parce que lorsque l'on n'a pas de sentiments, on ne suis que son instinct, on en oublie que l'on vit, et que cette vie elle-même est un choix. Et la liberté recèle dans le choix, dans tous les choix que l'on pouvait faire au cours d'une vie.

Les cheveux au vent, ce dernier prenait plaisir à soulever ses rastas dans son dos. Il avait l'impression, parfois, que le vent se défiait lui-même de réussir à les soulever, près du sol. A une telle altitude, ce n'était pas difficile, il était beaucoup plus fort et tumultueux, il avait moins de difficulté à le faire. Et même presque aucune. Le regard bleu cobalt du jeune homme se dirigea alors vers le paysage, magnifique, qui s'étendait sous leurs yeux. Les Dentelles Vives sillonnaient, comme un serpent, sortant presque ostentatoirement de la terre à leur droite et leur gauche. Et puis, les plaines, lisses et vertes, sur lesquelles ondulaient les herbes chantantes, sous le souffle du vent qui les guidait et qui leur donnait le ton de la mélodie. Le ciel, d'un bleu limpide, avec quelques cumulus épars, donnait une ambiance presque féérique à tout cela.

Le souffle presque coupé, Erwan reprit une inspiration. Se tournant vers Inwëlle, il la vit assise, calée contre la paroi, jouant encore du bout des doigts avec le vent. Souriant à son apprentie, Erwan l'invita à le suivre d'un signe de la main, tranquillement. Il se déplaça sur la roche, sur le côté, vers le sud. Il agrippa une corniche, se laissa glisser plus vers le sol et rejoignit une sorte de plate-forme. Comme un chemin courait le long des parois lisses et verticales de la chaîne de montagnes, et il le prit au petit trot, invitant son apprentie à faire de même. Le sol n'était pas sûr, le pseudo-sentier pas large, les cailloux roulant sous leurs pas, les déséquilibrant lorsqu'ils ne faisaient pas attention. Et Erwan trottinait.

Il arriva finalement le long d'un grand pic, encore plus haut que celui qu'ils avaient grimpé plusieurs dizaines de minutes auparavant avec Inwëlle. S'arrêtant, il désigna le sol d'un signe du menton, et annonça, rompant le silence harmonieux qui les entourait, avec la voix du vent :

- Lorsque le détail est devant nos yeux, et qu'on l'a bien repéré, il faut savoir s'en servir. S'en servir pour faire un choix/ Si la réfléxion s'appuie sur le doute, le choix en est exempt. Tout ce à quoi il faut penser, c'est pertinence et efficacité, dans les contextes les plus cocasses, et tous les autres.

Sur ce, il se glissa presque avec tendresse le long de la paroi, l'effleurant tout juste de ses doigts, pour descendre de plusieurs mètres avant d'attendre son apprentie qui allait le rejoindre. Profitant de la vue, il ferma les yeux et écouta le vent qui venait murmurer à ses oreilles des choses plaisantes. Sa mère venait lui parler, comme le soleil frappait de ses doux rayons contre les parois à la roche foncée des Dentelles Vives.


Je suis là, toujours avec toi. Dans ton coeur.
Trace ta vie, vis tes sentiments, sois heureux.
Et n'oublie pas.
Harmonie.

Souriant au ciel qui s'adressait à lui, il releva la tête pour voir où Inwëlle en était, et reprendre lui aussi la descente vertigineuse qu'il avait imposée à son élève. Elle en était capable, mais il s'était juré, quelques heures plus tôt, qu'il lui ferait toujours faire des choses qu'il pensait qu'elle n'y parviendrait pas, ou alors avec beaucoup de difficultés. Là, c'était plutôt le second choix. Mais c'était déjà ça. Et elle allait réussir.

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Ven 13 Nov 2009, 22:49

    Inwëlle sentit la pente s'adoucir sous son corps. A sa grande surprise, elle était descendue sans embûches jusque là, sereine, paisible, tranquille. A qui était-ce dû? A sa communion récente avec la roche, qui avait abattu une des barrières en elle? A son escalade encore fraîche, qui l'aidait à reprendre le rythme? Au jeu qu'elle avait partagé avec le vent, qui l'avait purifiée? A la gestuelle effectuée, qui lui avait donné confiance en elle-même? A l'influence de son Maître, absolument bénéfique? A la petite course risquée mais si exceptionnelle, qui lui avait tant plu? Sans doute un peu de tout ceci, mais, dans un cas comme dans un autre, elle avait retrouvé la roche sans difficultés, sans se fondre une seule fois complètement en elle au point de pouvoir s'envoler -s'envoler comme l'Oiseau Blanc...'-, mais en s'y confondant assez pour être assurée de ne pas chuter. Doucement, évidemment; elle n'avait pas glissé sur la roche comme l'avait fait Erwan.
    Elle avait désescaladé à son rythme, prenant le temps d'écouter, de sentir, de percevoir et d'apprendre; attentive au moindre détail, ça allait tout seul, très tranquillement, mais avec beaucoup d'assurance. Peut-être aurait-elle put aller plus vite, peut-être aurait-elle put dévaler le pic en se faisant moins distance de son Maître, mais ce n'était pas son but.
    Ce qu'elle voulait, c'était découvrir et s'amuser, caresser et partager. Elle était depuis qu'elle avait gravit le surplomb comme plongée dans une sorte d'état second, de sereinité absolue. Rien ne la troublait, pas même cette prise infime qui s'effrita sous sa main, puisqu'elle en repéra assez rapidement une autre, plus solide.

    Et elle continuait de descendre, chatouillée par le vent, enlacée avec la paroi.

    Bientôt, elle n'eut plus besoin de ses mains, et, lorsque du bout des doigts elle chercha le vent violent avec lequel elle s'était familiarisée, elle ne le trouva pas. Elle ne chercha pas à masquer son étonnement, et ce fut avec les yeux ronds qu'elle se rendit compte qu'elle s'était habituée à sa présence... Habituée à lui au point de le ressentir comme une chose tout-à-fait naturelle, si habituée qu'elle n'avait pas remarqué son absence. Elle le regrettait un peu; elle était humaine, après tout, et les choses comme les gens lui manquaient. Humaine, mais Marchombre... Assez pour savoir que chaque chose avait une place en ce monde, et que si tout était partout, alors ce serait le Chaos complet. Etait-ce ce que désiraient les Mercenaires? Plus que le Chaos humain, le Chaos naturel? Et s'ils essayaient de se confondre en les forces... Non, non, elle doutait qu'un être voulant le Chaos puisse parvenir aux mêmes résultat qu'un Marchombre quand à ces puissances extraordinaires. Donc, s'ils essayaient de dominer les forces? De les assouvir pour les mener partout, pour leur ouvrir le monde, pour les étendre de partout? Cette idée la fit frissoner. Cela paraissait impossible qu'un seul humain puisse parvenir à dominer le Vent, les Vagues ou les Montagnes; mais cela faisait longtemps qu'elle avait appris à bannir le mot impossible de son vocabulaire...

    Elle se promit de faire la lumière, un jour. Et surtout, de contrer leurs projets, de préserver l'Harmonie et l'équilibre.

    Cela changeait. Elle était de nouveau entourée de tous ces pics abrupts. Elle distinguait le chemin accomplit, impressionée par ce que cela représentée. Encaissée au milieu des Dentelles, fini le panorama exeptionnel, les étendues herbeuses, le fleuve au loin... Elle était revenue à une position humaine. L'herbe lui chatouillait les chevilles, mais soulageait aussi ses talons mis à dure épreuve. Elle continuait d'avancer, vers sa monture qui broutait plus loin, à l'ombre.
    Elle accepta son coup de museau sur l'épaule, résistant -elle ne voulait pas se laisser dominer par la jument dès le premier jour- puis, la main glissant sur l'encolure, se tourna vers Erwan, et l'interrogea du regard.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Mar 17 Nov 2009, 13:14

Erwan glissait le long de la paroi, découvrant, comme toujours, de nouvelles sensations envahir son être, jusqu'au plus profond de lui-même. Cette sensation, en particulier, avec laquelle ils sentait sa mère à ses côtés, le guidant encore sur la Voie qui était leur, sur la Voie du Marchombre, sillonnant dans le monde sans rien détruire, mais plutôt en reconstruisant, en épanouissant d'autres choses, d'autres émotions, en créant de nouvelles pensées, de nouvelles manières de faire, s'inspirant du monde, du monde entier, du monde humain, du monde animal, du monde végétal, minéral, aqueux, de tous les mondes, de l'union de tous ces mondes pour n'en faire qu'un, un immense, un majestueux, un seul, le Monde.

Lorsque ses pieds vinrent toucher enfin le sol, l'herbe qui l'attendait, qui les attendait, un immense sourire fendit le visage du jeune homme. Oui, c'était cela le plus beau sur cette Voie, c'était que rien n'était jamais réellement acquis, que l'on pouvait toujours faire mieux, que l'on apprenait toujours plus de choses, que l'on ressentait toujours plus profondément tout ce qui pouvait nous entourer. C'était l'ouverture, cette ouverture qui pouvait toujours être plus grande et n'apporter donc que plus aux Marchombres. Un univers d'infinis, magnifiques, incommensurables, qui relevait de la magnificence pure.

Le jeune homme leva les yeux vers la paroi sur laquelle Inwëlle était toujours, descendant presque avec sérénité. Accordée au monde qui l'entourait. Elle avait fait du chemin, c'était indéniable. Un immense chemin depuis cette fois-là, où il l'avait rencontrée pour la première fois près du Lac Chen. Cette fois-là, où elle était complètement anéantie, où ce Mercenaire était aussi venu la chercher mais qu'il n'y était pas parvenu. Où elle était complètement fermée sur elle-même, et que pourtant elle ne s'écoutait pas. Oui, tout cela avait bien changé. Et elle filait sur la Voie des Marchombres, de plus en plus vite, de plus en plus haut. Peut-être même le dépasserait-elle avant la fin de son apprentissage, qui sait ? Il l'espérait en tout cas. C'était la meilleure chose que pouvait vouloir un Maître pour son élève. L'envol total et informel.

Lorsque la jeune fille arriva vers lui, et posa ses pieds sur la terre ferme, il la vit se déconnecter un peu de tout ce qui l'entourait, pour se retrouver elle-même. Un sourire satisfait passa sur son visage, tandis qu'Inwëlle s'avançait vers sa jument et lui jetait un coup d'oeil interrogatif. D'un signe de tête il approuva et se dirigea vers le rocher qu'il avait fait rouler avant qu'ils ne montassent pour le faire rouler dans l'autre sens. Puis, il se hissa avec douceur et légèreté sur le dos de sa monture, et passa sous les rochers pour ressortir des Dentelles Vives. Se tournant sur sa selle, il fit un clin d'oeil à Inwëlle et mit Brume au trot. Il resta à cette allure pendant deux longues heures, en particulier pour donner du souffle et de la cardio à la jument de son apprentie, qui était toute jeune et donc qui en avait besoin.

Au bout de ces deux heures, Erwan se dit que sans doute Inwëlle allait commencer à avoir des courbatures. Alors, il remit son cheval au pas pendant une bonne heure. Ils se dirigeaient vers le sud, et les Dentelles Vives de dressaient à leur gauche, donc ils étaient à l'Ouest de ces dernières. Au bout d'une heure de pas, il arrêta Brume sous un arbre et descendit de son cheval. Prenant une sacoche qu'il avait attachée à la selle de sa monture, il fit signe à Inwëlle de descendre de sa monture et lui offrit de la viande de siffleur séchée, en bâtonnet au goût acariâtre mais à la teneur en fibres et en vitamines immense. Leur pause durant une petite demi-heure, tandis que le soleil glissait dans la seconde moitié du ciel. Puis, le Marchombre se releva, donnant la fin de la pause. Il prit le filet de Brume, et passa les rênes par dessus son encolure. Puis, il dit simplement qu'ils allaient courir.

Alors il coururent. Longtemps.

Erwan fit courir Inwëlle à un rythme assez soutenu, car il savait qu'elle était bonne dans ce domaine, et longtemps. Environs une heure et demi, plutôt vite, à travers la plaine. Les Dentelles Vives devenaient de plus en plus impressionnantes, tandis qu'ils progressaient vers le Sud. Souriant, Erwan sentait son coeur s'échauffer et aimait cela, tout comme sentir ses muscles commencer légèrement à chauffer et à tirer en même temps. Oui, lui aussi avait des limites physiques, même si pour l'instant il en était encore loin. Il continua encore, mais à un rythme moindre, pour arriver, lorsque le soleil commençait à disparaître à l'horizon, devant une immense brèche dans les Dentelles.

La Passe de la Goule.

Souriant, il s'arrêta et marcha, tandis que Brume baissant son encolure pour souffler et s'étirer le dos. Il entra dans cet endroit, tranquillement, sans appréhension, et se tourna vers son apprentie. Lui adressant un nouveau sourire, il l'invita à faire de même. Ils marchèrent une bonne heure entre les deux parois des Dentelles, mais le noir s'installait progressivement. Puis, Erwan décida de s'arrêter et de rester là pour la nuit. Il désharnacha sa jument, l'apportant vers une petite source d'eau fraîche qu'il avait repérée et la laissa boire à satiété. Puis, il la mena à un endroit où elle pourrait brouter et l'y attacha, avec une longe longue. Enfin, il se tourna vers Inwëlle et lui adressa un sourire.

S'avançant vers elle, il annonça l'exercice de ce soir-là. Il avait fait un feu, plus loin, et l'amena non loin de ce dernier. Puis, il annonça :


- Tu vois ce tronc d'arbre mort, là ? Tu vas t'entraîner au tir à l'arc dessus. Dans le noir, les tirs sont plus difficiles, et avec la flamme dansante du feu, tu auras plus de mal à concentrer ton esprit dessus. Je veux que tu puisses l'atteindre quinze fois de suite. Alors, tu pourras aller dormir, car la journée a été éprouvante.

Sur ce, le Marchombre alla s'asseoir au coin du feu, sortant deux couvertures d'une sacoche de la selle de son cheval, une pour lui et une pour Inwëlle. Il s'enroula dans la sienne et regarda son apprentie se débrouiller avec son arc...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Jeu 19 Nov 2009, 21:49

    Inwëlle avait mal aux muscles, au fessier et au dos à force de trotter. Elle trouvait cette allure assez inconfortable, même si elle savait que c'était la meilleure pour sa jeune jument. Cependant, elle fut ravie de constater qu'Erwan repassait au pas, après un long, très long moment de chevauchée. Mais là encore, son corps fut mis à rude épreuve, et même le pas tranquille d'Eclipse la faisait souffrir. Cependant, elle savait que cette douleur était normale: cela faisait peu de temps qu'elle montait, elle n'était pas encore familiarisée ni avec cette discipline, ni avec sa monture, et elle venait de pratiquer l'allure la plus inconfortable pendant... Une heure? Deux heures? Trois...? Et le pas, ça faisait... Un quart d'heure, une demi-heure ou une heure? Elle perdait la notion du temps, absorbée dans ses efforts, tentant d'accepter la douleur et de rester aussi liante que possible sur sa monture, pour apaiser ses souffrances et pour ménager sa jument.

    A sa grande joie, il lui indiqua de descendre. Ils mangèrent, puis coururent. Ses muscles criaient, mais bientôt, ses jambes retrouvèrent leurs automatismes. Elle pris son rythme, soutenu, rapide, efficace. Un rythme comme elle les aimait, un rythme qui, désormais, ne la fatiguait plus vraiment. Elle oublia vite ses douleurs, plongée dans l'euphorie de la course. Erwan, les chevaux, tout se mêlait avec l'herbe, avec le sol et le ciel, avec les arbres, avec les Dentelles Vives pour ne faire plus qu'un dans son esprit. Une boule d'énergie et d'harmonie capable de venir à bout de tout, capable de réaliser de grands exploits, capable tout simplement. Les Dentelles Vives...

    Elle se rendit compte qu'une barrière rocheuse se dressait devant eux, qu'ils s'en rapprochaient de plus en plus. Elle leva un peu les yeux, et observa, le souffle coupé, combien des Dentelles Vives étaient impressionantes, ici. Gigantesques, escarpés, lisses et coupantes... La puissance dix de ce qu'elle avait gravi quelques heures auparavant. Elle allait expérimenter ça, elle le savait. Elle aurait aimé le faire tout de suite, mais la raison la retenait. Elle s'était levée aux aurores, elle avait mal partout, elle était fatiguée et avait déjà fourni beaucoup d'efforts. L'ascension risquait d'être rude, et elle craignait de ne pas y parvenir, de ne pas savoir chercher ses toutes dernières ressources. Elle craignait aussi d'être heureuse d'arriver en haut, heureuse de voir l'ascension terminée, et ça, elle ne le désirait pas. Elle était heureuse lorsqu'elle terminait une escalade, certes, mais heureuse de l'effort fourni, heureuse de la vue, heureuse d'être là, face au monde, face à elle-même... Et pas heureuse de terminer une ascension qu'elle prendrait surement pour un calvaire. Alors, résignée, elle abandonna l'idée de se lancer tout de suite à l'assaut de la paroi.
    Et si Erwan lui imposait l'escalade? Elle n'en avait pas tellement envie, elle ne voulait pas que cela tourne au vinaigre. Peut-être dormiraient-ils au pied des roches pour se reposer avant de grimper?

    Non. Il y avait un trou. Un grand trou, d'ailleurs... Une sorte de brèche dans laquelle ils s'engagèrent. Elle pensait que cela faisait longtemps qu'elle courait, en compagnie de son Maître, mais avait encore moins les notions du temps qu'auparavant. Cependant, elle sentit ses douleurs se réveiller, elle en avait à nouveau conscience, et elles étaient vives. Son souffle aussi était un peu court, elle le sentait, et elle avait la gorge irritée. Mais elle pouvait continuer... Aurait put. Elle s'arrêta, en même temps que son Maître, sans plaisir particulier, sans déception spéciale. Elle s'arrêta juste; mais pas complètement, car elle enchaîna de suite sur la marche. C'était là le meilleur moyen de récupérer et de détendre les muscles.

    Il marchèrent, longtemps -elle s'en rendait plus facilement compte- et dans une obscurité grandissante. La nuit tombait. La ferait-il grimper à la lueur des étoiles? L'exercice n'en serait que plus ardu et dangereux.

    Cependant, il s'avéra que l'exercice ne serait pas de mise ce soir-là. Elle se contenta de saisir son arc, de se placer à une distance respectable de la cible, et de bander son arc, sans trop de soucis car la chevauchée avait bien moins fatigué ses membres supérieurs que ceux inférieurs. Elle savait que le noir déroutait beaucoup l'archer, et se rendit compte que la faible lueur du feu n'améliorait pas les choses. On ne pouvait guère plus estimer la distance, mais elle rendait la cible et peu mouvante de par sa lumière inégale, et surtout, le feu en lui-même, cette source de lumière, attirait irrésistiblement l'oeil et l'esprit. Elle se concentra donc sur sa cible, imaginant et envoyant son esprit vers le devant. Elle tira, mais le tir manqua de précision et la flèche alla se perdre plus loin. Le deuxième essai ne fut guère plus fructueux. Au troisième, elle réussit à planter la flèche là où il le fallait, mais elle jugea que ceci était dû à un coup de chance plutôt qu'à autre chose. Alors, elle inspira, expira, se concentra vraiment, visualisa la cible, là, près d'elle, tout près d'elle, se persuadant que la flèche était plantée profondément dans l'écorce, inspirant, expirant toujours... Et, avec satisfaction, elle entendit le "tchac" familier et sut qu'elle avait réussie. Encore dans cette esprit, elle en planta une, deux, trois, quatre autres; tandis qu'à l'essai d'après son regard et son esprit ne purent résister à l'attraction de la flamme, se détournèrent de leur objectif, et la flèche se détourna de son but. Les deux tentatives suivantes se soldèrent pas un échec, puis elle vit à nouveau sa concentration reconquérie récoompensée par une série de réussites. Tchac. Tchac. Tchac. Tchac. Tchac... Encore et encore, jusqu'à ce que son bras faiblisse et que l'une des flèches se plante mollement dans le sol, un peu avant la cible visée. Combien de tirs avait-elle réussi? Elle ne les avaient pas comptés, mais pensait qu'elle avait atteint le nombre requis. Elle sentait ses muscles tirer, mais elle ne voulait pas terminer sur un échec.
    Après que la flèche eu frôlé l'arbre, les quatre suivantes parvinrent à leur but, rejoignant leurs soeurs, dont l'arbre mort était désormais criblé. Le carquois était vide, et, plutôt satisfaite de sa prestation, elle alla récupérer toutes ses flèches, les yeux fatigués. Cette tâche lui demanda un certain temps, et elle ne les retrouva pas toutes. Le feu lui donnait mal à la tête, elle avait l'impression que la terre ondulait, et avançait un peu à l'aveuglette. Ce fut la chaleur qui l'averti qu'elle approchait du foyer. A quatre pattes, elle saisit sa couverture, et s'y enveloppa chaudement, le corp raide, se rendant seulement compte qu'elle avait eu froid. Sans rien attendre, elle s'étendit, en position foetale, et elle ferma les yeux... Sans s'endormir. Elle voulait écouter Erwan, au cas où ce dernier aurait eu quelque chose à lui dire.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Sam 21 Nov 2009, 12:33

Quinze. Ce n'était qu'un chiffre, bien entendu. Un chiffre, insignifiant, même. Un chiffre qui n'attestait pas d'une personne qu'elle savait tirer ou non. Il avait dit cela pour que son apprentie ne se contentât pas de les compter, et elle ne l'avait pas fait, à sa grande fierté. Elle avait tiré, toujours, ne s'arrêtant pas sur ses échecs, tentant toujours de faire mieux. Elle avait un petit défaut d'aplomb, mais sinon tout allait pour le mieux. Il fallait juste qu'elle parvînt à dompter les habitudes de son cerveau, à savoir les illusions d'optique que pouvait prodiguer le feu, de même que l'attirance indéniable des yeux vers la lumière. Mais elle ne se débrouillait pas mal. Le Marchombre sentait la force physique de son élève s'amoindrir, mais il ne l'arrêta pas, sachant pertinemment que cela ne servirait à rien. Il fallait qu'elle finît ce qu'elle avait commencé, et qu'elle atteignît le ou les buts qu'elle avait pu se fixer.

Ce ne fut qu'au bout d'un bon moment qu'enfin elle s'arrêta, titubante, et vint s'enrouler dans sa couverture. Sa respiration n'était pas celle de quelqu'un qui dormait, comme si elle attendait quelque chose. Erwan sourit, à demi-allongé, et regarda le ciel un instant. On ne le distinguait presque pas, tant les Dentelles Vives étaient hautes et imposantes. Juste quelques points de lumière, çà et là, dénotant les étoiles dans le ciel. Cependant, le Maître Marchombre sentait que le lendemain, ils auraient droit à de la pluie. Mais peu importait, il ne faisait pas toujours beau, et toutes les conditions n'étaient pas idéales. Sinon, cela n'aurait pas été intéressant... Du tout. Prenant la parole, il donna d'abord un conseil à la jeune fille épuisée :


- C'est bien, ce que tu fais. Continues à persévérer. Un jour, tu ne rateras plus ta cible. Et ce jour va bientôt arriver, je peux te le jurer. En attendant, sans élan, il faut bien que toute la plante de tes pieds touche le sol, même le talon. Tu as tendance à basculer vers l'avant, infimement, lorsque tu relâches la corde. A une distance amoindrie, cela ne se ressent pas dans ton tir, mais lorsqu'il te faudra tirer plus loin, tu verras que son trajet en sera affecté.

Prenant une légère inspiration, le Maître Marchombre s'approcha doucement du feu, toujours emmitouflé dans sa couverture. Il n'avait pas froid, mais c'était plus agréable d'être recouvert de quelque chose lorsque l'on dormait. Passant ses mains au dessus de la flamme pour évaluer le temps qu'elle durerait encore, il leva à nouveau ses yeux vers la jeune fille et continua :

- Avec moi, tu ne risques rien, ou presque la nuit. Simplement parce que lorsque je dors, toute l'aura du Jaguar prend le dessus sur ma condition humaine, et que les animaux le sentent et en ont peur. Bien entendu, cela ne repoussera pas une goule, mais cela peut la faire un peu réfléchir. Le temps que je la sente et que je me réveille.

Lorsque tu seras seule, la nuit, il te faudra être toujours sur tes gardes. Trouver des endroits moins à découvert pour être sûre de ne pas être vulnérable. Ne surtout pas t'empêcher de dormir, car c'est là que tu n'en seras que plus faible. Mais maintenant, tu peux dormir...


Sur ce, il lui adressa un sourire et détourna la tête pour se poser contre le sol, tranquille. Et il s'endormit.

**

Le lendemain matin, le Marchombre se réveilla tôt. Il ne réveilla pas son apprentie, qui dormait encore, et alla chercher un peu d'eau et dégourdir ses pattes de Jaguar. De sa chasse, il ramena un lapin qu'il avait réussi à ne pas trop déchiqueter et commença à le faire cuire sur le feu qu'il avait ravivé en se levant. Il avait encore quelques galettes de niam dans sa sacoche, et il les proposa à Inwëlle lorsqu'elle se réveilla. La laissant faire un minimum de toilette dans le petit ruisseau qui courait près de l'attache des chevaux - pour que ces derniers pussent s'y désaltérer - il rassembla quelques affaires et réharnacha Brume, prêt à partir. Et c'est ce qu'ils firent.

Ils marchaient au pas, tranquillement, entre les deux immenses parois de la brèche des Dentelles Vives. Le sol était assez inégal, donc il fallait laisser tout le balancier de l'encolure aux chevaux pour ne pas qu'ils se blessassent. Ainsi, la traversée des Dentelles Vives dans le sens de la largeur leur prit toute la matinée, en sachant qu'ils n'étaient pas partis tard. Lorsqu'ils en ressortirent, ils pouvaient deviner le soleil haut dans le ciel, derrière les nuages gris, tournant au noir, qui
s'agglutinaient dans le ciel. Erwan soupira, tandis qu'il lançait un regard à Inwëlle. Avait-elle compris qu'il allait pleuvoir ? Haussant les épaules tout seul, il se demanda si un jour elle lui poserait des questions d'elle-même. Certes, elle l'avait déjà fait, mais tout de même. Ils étaient partis pour rester un peu plus d'une semaine ensemble, et il espérait qu'elle allait briser la glace. Car c'était à elle de le faire, c'était elle qui avait une sorte de blocage avec les mots, pas lui. C'était elle qui n'osait pas se dévoiler, au risque de mettre en péril certaines choses de son apprentissage, et si la démarche ne venait pas d'elle, cela ne fonctionnerait pas, de toutes manières.

Bien vite, le ciel se fonça encore plus, et les nuages n'en devinrent que plus noir. Ce fut lorsque les premières gouttes de l'orage commencèrent à tomber qu'Erwan fit signe à son apprentie de descendre de cheval pour courir. Et ils coururent. Sous la pluie, et un petit moment. Une heure, environs, d'après ce qu'avait pu calculer le jeune homme. La pluie était forte, presque diluvienne, on ne voyait pas à plus de deux mètres devant soi. Après une heure, Erwan fit faire une pause à son apprentie, sous un arbre. Ils étaient un peu protégés de la pluie, même si ce n'était pas encore cela. Les chevaux avaient la croupe trempée, et c'était pour cela qu'Erwan ne leur faisait faire plus que du pas, pour ne pas qu'ils prissent froid.

Se tournant vers son apprentie, il lui demanda de s'exercer au lancer de poignard, sous la pluie. Exercer, cela voulait bien dire ce que cela laissait sous-entendre, c'est-à-dire qu'elle faisait autant de lancers qu'elle le voulait, et donc autant de réussite. Il verrait ainsi de quelle manière elle s'entraînait, lorsqu'elle était seule. Soupirant, il se glissa dans les branchages de l'arbre sous lequel ils s'étaient abrités et l'observa faire un long moment. Jusqu'à ce qu'elle eût terminé. Alors, il hocha la tête, et repartit à pieds, en courant encore une fois. Au bout d'encore une heure, il monta sur sa jument et repartit au petit trot pendant un certain temps.

Il pleuvait toujours autant.

Et lorsque le jour déclina, déjà qu'il n'était pas très lumineux, Erwan put voir à l'horizon se découper la silhouette d'un petit village de pêcheurs. Il savait de la même manière que sans doute l'Arche croulait sous les nuages, et d'ailleurs on ne voyait pas du tout sa magnificence à cause de l'orage. Un premier éclair zébra le ciel, immédiatement suivi du coup de tonnerre caractéristique. Soupirant, le Maître Marchombre fit passer sa monture au galop pour rejoindre le village. Les lumières commençaient à percer dans le brouillard et la pluie, se distinguant maintenant à la vision humaine...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Lun 23 Nov 2009, 21:59

    Inwëlle s'était endormie, les paroles de son Maître résonnant dans son crâne, comme un rêve très réel ou une réalité un peu floue... Il avait parlé, elle en était pourtant sure, et elle savait aussi que c'était dans son sommeil qu'elle avait assimilié ces paroles. Ca n'était pas plus mal, elles n'en seraient que plus présentes et ancrées dans son esprit.
    Elle s'était réveillée, les narines titillées par l'odeur de la viande grillée et avait mangé tout ce qu'elle pouvait manger pour contenter son estomac gargouillant, et surtout, en prévision d'une autre journée bien remplie. Journée sur laquelle elle s'était interrogée, juchée sur Eclipse, se demandant si les gros nuages noirs là-bas au fond donneraient quelque chose ou pas. Ce fut lorsqu'ils descendirent de cheval qu'elle eut sa réponse; oui, ça donnerait, et elle doutait, vu l'état du ciel, que cela ne se résume qu'à une petite averse passagère.

    D'ailleurs, il pleuvait très fort, maintenant. Occupée à courir et à laisser divaguer ses pensées, à se purifier l'âme et à se vider l'esprit de tout souçis, elle n'y avait pas tellement fait attention, mais se rendait compte que, désormais, si un obstacle important survenait, elle devrait placer toutes les ressources de son corps pour le surmonter tant la visibilité était réduite. C'était dangereux, car elle pouvait tomber sur nimporte quoi; aussi rallentit-elle légèrement la cadence.
    Et puis Erwan stoppa sous un arbre. Elle le suivit, par réflexe.

    Cinq secondes.
    Cinq secondes durant lesquelles elle sentit ses vêtements trempés collant désagréablement à sa peau, la gênant. Elle sentit le froid lié à l'humidité s'emparer de son corps et la faire frissonner violemment. Elle sentit les grosses gouttes tombant du feuillage s'écraser sur sa tête, sur ses bras, sur ses épaules, toujours aussi désagréablement. Elle ressentait la pluie, l'eau, la gêne, le malaise. C'était vraiment nul.
    Cinq secondes.
    Cinq secondes au bout desquelles elle sortit à découvert, sous la pluie, sous le déluge, inondée, écrasée par la masse d'eau... Dans un premier temps. Maintenant que c'était son envirronnement, elle ne se sentait plus à part, elle ne sentait plus ses habits. Elle sentait la pluie, qui tombait, tombait... La pluie, cycle éternelle, cette Eau peut-être issue de son lac chéri, qui tombait sans discontinuer, infiltrait la terre et nourissait la nature... Cette Eau, elle ne voulait rien de mal aux humains. C'étaient les hommes qui y voyaient des inconvénients, voilà tout. Elle, elle n'y trouvait rien de dérangeant. Ca lavait, et, comme c'était une sorte de spirale infernale, si on n'y voyait rien de méchant, alors elle ne nous embêtait pas, alors on ne pouvait rien y voir de dérangeant... Etc.
    Elle écarta les bras, joignit ses mains au dessus de la tête, accompagnée par le doux martèlement de la pluie, par les caresses des gouttes tombaient du ciel sur les pans nus de sa peau. Gestuelle, encore et encore, jusqu'à l'apaisement total. Combien de temps? Comme d'habitude, elle ne savait pas du tout.

    ***

    Combien de temps? Elle l'ignorait encore une fois. Ce qu'elle savait, c'était que la pluie n'avait pas cessée, et qu'elle avait lancé son poignard beaucoup de fois. Plusieurs fois soldées par des échecs, parce que son attention était attirée par la pluie, parce qu'elle n'arrivait pas à viser -jamais par manque de puissance, parce qu'elle avait fait attention à respecter le conseil du tir-à-l'arc de son Maître-... Et puis beaucoup de réussites aussi, parce que la pluie ne la gênait pas hormis la visibilité, mais parce qu'elle arrivait justement la plupart du temps à se contenter d'une forme floue, parce qu'elle avait la technique, et parce qu'elle arrivait aussi à se concentrer suffisament de fois pour que cela fut, à ses yeux, satisfaisants. En tout cas, elle avait appris, appris une chose essentielle... La condition climatique n'était pas un barrage, c'était comme avec les puissances naturelles. La pluie, le vent, le brouillard, la neige... Tout pouvait être pris du bon côté, tout représentait un atout pour qui savait le trouver. La pluie, par exemple, la masquait aux adversaire, bien qu'elle arrive toujours à distinguer l'arbre. En développant ses sens, elle ne doutait pas de pouvoir même se le visualiser mieux qu'aujourd'hui, et plus fidèlement. Erwan lui avait dit qu'un jour, elle ne louperait plus sa cible. Elle le croyait.

    Mais en attendant, elle était contente de sa prestation, et songeait que cela faisait un moment qu'ils étaient ici. Elle ne pensait pas que le soleil se soit déjà couché, et, à son avis, Erwan voulait avancer encore un peu avant de dormir. Ce serait sans aucun doute bien moins confortable que la veille, puisqu'il ne serait pas question de feu, et qu'ils dormiraient trempés dans des couvertures qui seraient vite rincées elles aussi. Mais après tout, cela ne faisait-il pas partie de la vie? De son apprentissage? Si, et ça lui plaisait. La pluie, elle s'en était rendue compte, ne la dérangeait pas, et ce fut avec entrain qu'elle repartit à toute allure sous la pluie battante, sentant ses pieds s'enfoncer dans le sol gadoueux, manquant de glisser à chaque pas, mais ayant assez d'équilibre pour ne pas tomber si bêtement. Elle sentait avec délice la boue s'infiltrer entre ses doigts de pieds et gicler sur ses chevilles, sur ses mollets, sur son pantalon, dans son dos. Elle en avait sur les mains, aussi, mais tout ceci ne la rendait que plus proche de la terre. D'ordinaire, elle n'aimait pas mêler trois éléments, mais déluge et boue semblaient complémentaires, tant et si bien que cela ne la dérangeait pas. L'expérience, le goût de la nouveauté et de la découverte, la course faisaient battre son coeur et apparaître un sourire sur son visage luisant.

    Erwan grimpa sur Brume; elle choisit de courir encore à ses côtés un peu de temps. Au bout d'un moment cependant, elle stoppa, se hissa sur la selle d'Eclipse, le coeur serré à l'idée du contact désaréable entre la selle et tout cet harnachement sur la robe trempée de la jument. Elle aurait voulu monter à cru, mais elle n'en avait pas la dextérité nécessaire, tout comme elle n'avait pas put se permettre de monter en marche. Elle se promit alors de progresser en équitation pour pouvoir rapidemment se passer de selle, de rênes et compagnie. Un cheval était tellement plus beau à l'état sauvage...
    Elle lança Eclipse au galop, pour rattraper Brume, puis se mis au trot, laborieusement. La selle glissaient, ses vêtements glissaient, et elle dut faire de gros efforts pour rester à cheval. Toutefois, sentant les muscles de ses cuisses et ses fessiers se crisper méchamment, elle fit une nouvelle pause, descendit et reprit sa course, rapidemment pour rejoindre Erwan, puis doucement pour ne pas le dépasser. Le tonerre gronda alors, et l'obscurité s'installa petit-à-petit, réduisant encore la vision de la jeune fille. Une nouvelle fois, elle stoppa sa jument et remonta dessus, se remettant au niveau d'Erwan, s'accrochant à ce trot avec lequel elle avait tant de difficultés, tentant de pomper du courage dans la vitalité de sa jument.

    Un éclair approta un bref instant de luminosité à la scène, et elle crut distinguer parmis les nuages une immense forme sombre; cependant, elle attribua cette vision à une défaillance de son esprit, et se concentra plutôt sur la masse sombre qu'elle devinait être un petit village, là-bas au loin.

    Inconsciemment, la vision avait fait faire à ses pensées un chemin sinueux.


    "On va aller à Al-Jeit?"

    Désir, espoir et crainte.
    Désir de retrouver la ville de son enfance, espoir de retrouver des lieux, et peut-être, des personnes familières, crainte de ces même choses, parce que peur des souvenirs violents qui pourraient refaire surface. Angoisse d'affronter son passé...
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Mar 24 Nov 2009, 19:42

Ils se rapprochaient toujours inexorablement de la silhouette floue et à moitié illuminée et à moitié sombre du village qu'Erwan avait repéré. Le jeune homme avait son attention fixée dessus, même s'il restait prudent vis-à-vis de son environnement. La pluie battait leurs tempes, les avait détrempés, de la tête aux pieds, et les chevaux fumaient doucement sous l'assaut incessant des gouttelettes envoyées du ciel. La jeune fille ne restait jamais en selle très longtemps, préférant sans doute sentir ses pieds dans la boue plutôt que le frottement désagréable de ses vêtements trempés contre le cuir inondé. Il ne pouvait lui en tenir rigueur, et après tout c'était elle qui voyait, et qui s'épuisait plus vite qu'elle n'aurait dû le faire. Elle verrait par la suite, donc, ce qui pouvait l'attendre. Et alors qu'il ne restait d'un ou deux kilomètres à avancer avant d'arriver dans le village, la question fusa, tirant un sourire à Erwan.

Il s'en doutait, et sentait tout ce qui pouvait passer dans l'esprit de la jeune fille, simplement parce que son corps en dénotait énormément. A la fois envieuse d'y aller, pour des raisons quelconques, et pourtant réticente. Il souriait. Al-Jeit, c'était bien leur destination. Lui répondait-il maintenant ? Les yeux toujours fixés sur l'horizon, il ne dit mot. Il se contenta d'avancer, toujours à la même allure, pour réussir à entrer dans le village. C'était l'heure où le soleil se couchait habituellement à l'horizon, mais avec cette pluie torrentielle on ne le distinguait même plus. La nuit était déjà presque totale. Arrivant devant une écurie, Erwan descendit de cheval et présenta sa bride au palefrenier, qui semblait être un garçon adorant les chevaux plus que toute autre chose. Lui adressant un sourire, le Maître Marchombre désigna dans son dos Eclipse, la jument de son apprentie, et lui lança :


- Merci de vous occuper d'eux convenablement.

- Ne vous inquiétez pas monsieur, j'en prendrai aussi soin que la prunelle de mes yeux.


Erwan adressa un sourire à l'homme, avant de se tourner vers Inwëlle et de lui désigner la sortie pour qu'elle le suivît. Elle attendait sans doute impatiemment sa réponse, mais il n'était pas encore temps de la donner. Ils marchèrent dans les rues sous la pluie, jusqu'à ce que le jeune homme s'arrêtât devant la porte d'une auberge. Adressant un sourire à son apprentie, il poussa cette porte-même et se glissa à l'intérieur, aussi furtif et silencieux qu'une ombre. Quelques tables étaient libres, mais la grande majorité était tout de même prises, ce qui montrait bien que la nourriture n'était pas mauvaise du tout, et même plutôt bonne. Il y avait bien entendu quelques ivrognes qui beuglaient çà et là, mais rien de bien dérangeant. Plutôt même intéressants, ces hommes-là.

S'asseyant à une table, Erwan croisa ses mains sur cette dernière, tandis qu'une serveuse passait pour nettoyer la surface plane. Plantant ses yeux bleu cobalt dans ceux de son apprentie, le Marchombre soupira longuement, avant de
répondre :

- Oui, nous allons à Al-Jeit.

Réponse franche, ce qui n'était pas toujours dans ses habitudes dans ce genre de contexte. Ses yeux toujours posés dans ceux de son apprentie, il attendit une réaction. La serveuse était venue prendre leur commande, et il avait demandé un ragoût de siffleur, laissant le loisir à Inwëlle de choisir ce qu'elle souhaitait. Puis, il s'était à nouveau concentré sur elle, en posant son dos contre le dossier de sa chaise, et avait continué :

- Nous passerons la nuit ici, et demain à nouveau nous repartirons pour suivre le chemin d'Al-Jeit.

Un léger silence s'ensuivit, posé par le jeune homme, laissant la jeune fille à ses réflexions. Et pourtant, une nouvelle observation lui creva les yeux, passant la barrière de ses lèvres.

Une ombre s'est abattue sur ton visage, chère apprentie...



[RP plutôt court, mais Erwan a une idée derrière la tête ^^' ]

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Ven 27 Nov 2009, 21:51

    Inwëlle pensait qu'il estimait la réponse trop évidente pour la lui donner. Inwëlle pensait qu'elle devrait deviner par elle-même, et elle y avait réléchit, sans vrai succès. L'arrivée à l'auberge l'avait détournée de ses pensées, même si elle n'avait rien montré de son irritation. Malgré le fait que ses cheveux détrempés soient ternis par la pluie, les regards des gens se posaient quand même sur sa chevelure flamboyante, même s'ils n'y s'accrochaient que le temps d'une seconde. Dès l'entrée dans le village, elle avait bien évidemment remis son masque, fermant son visage à toute trace d'émotion. Cela l'énervait déjà, ainsi que ces soudards dont elle ne voulait pas observer les débordements. Elle était certes dans une auberge bien remplie et en compagnie de son Maître, apte à se défendre contre ces gaillards-là, mais elle savait que la moindre avance l'énerverait, et qu'une demande trop insistante la ferait sans doute enrager, or, ce n'était pas du tout le lieu idéal.
    Ce fut pendant qu'elle dégustait une viande de siffleur fondante accompagnée de légumes délicats qu'Erwan répondit à sa question, sans prévenir. Elle déglutit difficilement, puis reposa sa fourchette, ne sachant que penser. Joie? Joie de retourner aux origines, joie d'aller arpenter les rues somptueuses et les ruelles tortueuses de la capitale, joie de l'explorer en compagnie d'Erwan et d'en découvrir d'autres aspects. Désir? Désir d s'y rendre, et désir de revoir des personnes chères à son coeur. Désir de revoir ses parents, qui lui manquaient, désir de revoir les garçons de sa petite bande, les garçon de l'époque de l'inscouciance -quoi que. Crainte de se retrouver ace à son père, face à sa mère, de se voir rejeter, de ne pas pouvoir s'expliquer. Crainte de revoir ses amis qu'elle avait abandonnés, crainte d'être submergée par de violents souvenirs. Crainte d'être emportée par une vague dont Erwan ne pourrait la sauver.

    Elle avait un peu peur de ne pas parvenir à se comporter normalement, peur d'être tendue et donc moins efficace, peur d'avoir la tête ailleurs. Elle voulait retourner dans les quartiers qu'elle avait le plus fréquentés, mais était aussi réticente à cette idée. Toutes ses pensées contradictoires s'agitaient sans lui laisser aucun répit sous son crâne encore trempé.
    Pourquoi Erwan avait-il choisit cette destination-là particulièrement? Il y avait deux raisons. D'une part, parce que la capitale offrait un riche terrain d'entraînement -elle était bien placée pour le savoir. D'autre part, parce qu'elle y avait laissé des traces et qu'elle y avait souffert. C'était les deux raisons, elle en était sure et certaine. Soit Erwan voulait l'amener à affronter ses démons, et profiter de la ville, ou bien l'inverse.
    En serait-elle capable? Elle craignait bien plus une rencontre avec un de ses amis qu'une mission d'infiltration du palais royal. Le cerveau agité, ce fût à nouveau Erwan qui brisa le silence, avec une observation qui lui coupa le souffle. Ainsi, elle n'avait pas été capable de garder son masque en parfait état. Pourtant, elle ne sentait aucune ride sur son visage, elle ne sentait aucun muscle contracté. Peut-être son Maître la connaissait-il suffisament pour percer son masque à jour, maintenant? Si c'était ça, ça la rassurait.

    Elle ouvrit la bouche, tentée de s'inventer une escuse, mais se ravisa. Ce serait totalement idiot, et puis, il devait déjà connaître l'origine de cette ombre. Mais, au cas où... Avant tout, elle mangea deux bouchées, lentement, le regard songeur. Et puis...


    "Envie d'y aller, envie d'les revoir. Peur d'les revoir, peur des souvenirs."

    Elle avait parlé à voix très basse, voulant que leur conversation reste intime. Elle choisit de laisser ses yeux à la disposition de ceux d'Erwan, quelques secondes, puis regarda à nouveau son assiette, continua de manger son plat, le savourant un peu moins qu'auparavant, désormais. Entre deux bouchées, elle reprit la parole.

    "J'ai pas d'quoi payer."

    D'après la qualité de la viande, de la cuisson, cela ne devait pas être donné, et elle qui n'avait jamais eu de sous à sa disposition, elle en avait encore moins depuis qu'elle avait quitté le foyer familial. De plus, l'Académie offrant le gîte et le couvert -bien qu'elle n'en profitât pas pleinement-, elle n'avait jamais eu besoin d'acheter quoique ce soit, pas même une arme. Pour les expéditions qu'elle entreprenait seule autour du lac, elle emportait un peu de nourriture de l'Académie, et, si besoin était, complétait ses repas avec des baies et des racines commestibles. Erwan accepterait-il de payer son repas? Elle ne voulait pas voler comme elle le faisait en temps que vagabonde. Les gens avaient peut-être besoin de leurs sous, et agir juste à son profit de manière sournoise et immorale lui répugnait.
    Elle réfléchissait déjà à un moyen de collecter de quoi se payer repas et chambre.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 1   Dim 29 Nov 2009, 00:30

Erwan ne fit que hocher la tête à la réponse de la jeune fille, qui tarda à venir elle aussi. C'était normal, après tout, et en plus Inwëlle semblait surprise. Un léger sourire étira tout juste ses lèvres, tandis qu'à son tour on lui amenait la nourriture qu'il avait commandée. Remerciant la serveuse d'un léger hochement du menton, le jeune homme porta son regard sur son apprentie, qui avait gardé les yeux levés un instant, comme si ainsi elle offrait de précieux indices à son Maître pour interpréter ses propos. Le Marchombre ne put retenir un autre sourire, tandis que sa fourchette s'enfonçait doucement dans un morceau de viande moelleuse. Coupant avec distraction un morceau du met qui était dans son assiette, il leva les yeux vers la masse de personne qui était attablée dans l'auberge. Finalement, en y regardant bien, il n'y avait pas tant d'ivrognes que cela. Erwan secoua légèrement la tête, faisant voler une rasta devant son visage. L'écartant d'un geste fluide de la main, il releva légèrement le menton pour avoir Inwëlle, et surtout le visage de son apprentie, dans son champ de vision.

- Cette nourriture est vraiment délicieuse.

Bien sûr, cela n'avait rien avoir avec Al-Jeit, avec les soucis d'Inwëlle ou toute autre chose qui avait pu se passer dans les cinq dernière minutes. C'était entièrement fait exprès. Cela signifiait énormément de choses, pour Erwan. Sa mère - et Maître - faisait la même chose pour le rassurer lui, lorsqu'il était apprenti et qu'il paniquait. Paniquait pas pour les mêmes raisons que sa propre apprentie, certes, mais qu'il paniquait, qu'il ne savait pas ce qu'il devait faire ou ressentir. A cause, la plupart du temps, du Jaguar qui sommeillait en lui et qui faisait toujours peur, à cette époque. Il ne le contrôlait pas du tout, ou alors trop peu pour en tirer partie, et ce à l'orée de la Voie des Marchombres, pensait-il. Il avait peur de la foule, peur des espaces, il avait peur des gens et des animaux. Peur de tout cela, parce qu'il redoutait que le Jaguar ne prît le dessus sur son esprit humain, tant son instinct à lui lui ordonnait soit d'attaquer, soit de fuir. Cela n'était cependant jamais arrivé. Mais la crainte engendre la crainte, comme un cercle vicieux...

*- La peur n'est rien, Erwan. Mais elle est aussi tout. Humaine ou animale, c'est un instinct de conservation qui nous pousse à avoir peur. Accepte ta peur, pour aller de l'avant. La peur et le doute sont similaires, ce sont des facteurs qui te poussent à te retourner. Ne te retourne pas, vas de l'avant. Toujours. Tu ne peux que t'améliorer...*

Posant ses yeux sur son apprentie, le jeune homme finit tranquillement son assiette et demanda à la serveuse d'emmener le dessert. Sa réflexion l'avait fait sourire en coin, presque de manière ironique, lui qui ne l'était pas habituellement. Se penchant au dessus de la table, il saisi d'un geste fluide un morceau des restes qu'Inwëlle était en train de manger pour le porter à sa bouche et l'avaler tranquillement. Le regard pétillant, il se redressa sur sa chaise, les mains sur la table, parfaitement droit et la nuque bien tendue. Secouant ses épaules, il reprit une pause naturelle avant de s'adresser à son apprentie.

- Tu es apprentie, voyons. Ne sois pas encore trop gourmande.

Tournant la tête alors que la serveuse arrivait déjà avec la suite de son repas, Erwan laissa encore son regard dériver vers les hommes qui étaient rassemblés en tablées un peu plus loin. Des cris de joie et de soûlerie montaient des tables, lui glissant un léger sourire sur ses lèvres fines. Se penchant vers son apprentie, il lui adressa un clin d'oeil et lança :

- La bourse en cuir, de l'homme roux avec le tee-shirt noir. Dans une minute, ici, sur la table.

Lui adressant un sourire, il se redressa, désinvolte, tapotant avec ses doigts sur le bois du plateau qui faisait office de table. Se balançant légèrement sur sa chaise, il glissa à nouveau un regard vers le groupe d'hommes qui étaient là. Puis, son attention se reporta sur son apprentie, à laquelle il sourit, l'invitant à commencer d'un léger mouvement du menton. Discrétion et efficacité.


[Encore un brin court... désolé]

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