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Le Pacte VS L'Ordre
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 Groupe Hezlam - Cours n°3

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Hezlam - Cours n°3   Mar 02 Fév 2010, 12:37

- Et bien... Je vais vous demander de me dire plusieurs choses sur ce combat que vous venez de mener :

Déjà, j'aimerais savoir ce que vous en pensez, simplement. Ensuite, j'aimerais que vous trouviez vos forces et vos faiblesses. Et pour terminer, que vous me disiez les erreurs que vous avez pu faire, ainsi que votre adversaire... pour conclure sur ce que vous aurez retenu de cet affrontement.







[Vous pouvez répondre par dialogue prompt, comme je viens de le faire - et c'est même fortement conseillé]
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Groupe Hezlam - Cours n°3   Jeu 04 Fév 2010, 19:03

"Eh bien...ce combat n'était pas vraiment évident. Les gardes n'étaient ni bêtes ni mauvais, mais trop sûrs d'eux, je crois. Et, euh...je ne vois pas ce que je peux dire d'autre.

Mes faiblesses...je crois que je n'anticipe pas assez. Que je me base trop sur des réflexes.
Mes forces...je repère les ouvertures et je réagis vite, trop peut-être, ça fait de moi une proie facile pour un leurre...non?

Mes erreurs, eh bien, j'ai commencé par parer tranchant contre bois, et si le bâton n'est pas assez dur, ça peut être assez risqué. Enfin c'est ce que me disait mon...père.
Et les siennes...vers la fin, quand j'ai dû éviter un coup en sautant sur le côté il s'est vu gagnant et il est venu sur moi trop vite, l'épée trop haute, et m'a laissé la place dont j'avais besoin pour frapper.

Je crois que c'est tout."

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MessageSujet: Re: Groupe Hezlam - Cours n°3   Mer 10 Fév 2010, 12:26

- J'ai trouvé que ce combat était pas mal pour un premier combat... Ils étaient forts, nous étions agiles... Les forces étaient à peu près équivalentes.

Je pense que mes faiblesses sont que j'esquive trop et tente ensuite de "fuir" tout comme un animal apeuré... Je n'arriverait jamais à rien en fesant ceci.
Ma force est que j'arrive assez bien à utiliser la vitesse de mon adversaire pour la retourner contre lui.

Ensuite par rapport à mes erreurs, j'ai refais plusieurs fois la même esquive à droite ou à gauche et il aurait pu m'avoir en allant vers l'avant puis en feintant et en me donnant un coup sur le côté... Mais je pense qu'il ne la pas fait parce qu'il était trop sur de lui, et donc il se disait que je pouvait esquiver, cela ne lui ferait rien. Alors que je me suis poussée sur le côté et ensuite j'ai utilisé sa force pour le faire tomber à terre. J'ai du mal à expliquer tout ça !

Mais voila je pense que c'est tout !
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MessageSujet: Re: Groupe Hezlam - Cours n°3   Ven 12 Fév 2010, 19:18

- J'ai trouvé ce combat très intéressant car combattre un vrai adversaire , qu'il soit de force équivalente ou non à la notre, permet de bien cerner de quoi on est capable dans un situation où on ne connaît ni la force de l'adversaire ni rien d'autre et à chaque fin de combat on gagne de l'expérience, ça nous fait avancer. Je ne sais pas trop comment l'exprimer exactement mais c'est ce que je ressens.

Mes défauts sont surement que je mise trop sur ce que mon adversaire va faire, après tout on ne peut pas savoir exactement ce que son adversaire compte faire face à une attaque ou autres. Je réfléchis surement trop.
Ma forces est que j'ai une assez bonne vitesse et que je sais bien esquiver et parfois ça peut surprendre l'adversaire. Mais une force peux vite devenir une faiblesse si on mise trop dessus ...

Ma principal erreur c'est de n'avoir rien prévu si jamais mon piège n'avait pas fonctionné. Si mon adversaire avait fait semblant de tomber dans le piège et au final m'avait contré je n'aurais pas forcement su comment réagir. Il faut aussi prévoir le fait que des choses imprévu peuvent survenir quand on combat, il faut toujours être à l'affut, Moi je ne l'étais pas assez.

Voilà je pense que c'est tout.
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Hezlam - Cours n°3   Lun 22 Fév 2010, 13:12

Erwan hocha calmement la tête aux paroles de ses apprenties.

Se remémorant rapidement comment elles étaient allées chercher quelque chose à manger sur le marché, il fit une sorte de synthèse dans son esprit pour donner avec précision les conseils qu'il s'apprêtait à délivrer. Rilend et Miya avaient de l'expérience en ville, c'était un fait, elles y étaient à l'aise, largement. Elles avaient volé la nourriture sans grande difficulté, comprenant sans mal comment se glisser dans une foule et y devenir invisible. Certes, un combattant aguéri, ou alors simplement un marchant plus assidu auraient pu les repérer aussi, mais c'étiat quelque chose de presque acquis, en tout cas dans la foule, lorsque le bruit et le mouvement les entouraient. Pour Mirage, cela avait été plus laborieux. On voyait sur son visage qu'elle n'était pas vraiment à l'aise. Mais alors qu'elle allait attraper le morceau de cibe, elle avait réussi à ne pas continuer à avoir un visage crispé, ce qui était à l'origine du fait que personne ne l'eût remarquée prendre son larcin.

Puis, il y avait donc eu le combat. Les trois jeunes filles s'étaient très bien débrouillées, et Erwan constata avec plaisir qu'elles avaient compris les leçons du cours précédent, ce qui n'était pas rien en soi. Il fallait non pas seulement entendre et comprendre les leçons, il était primordial de les appliquer, c'était la base de tout, et surtout de l'amélioration continue, que ce soit psychologique ou mental. Parce que la compréhension, c'est bien, mais on ne sait jamais si l'on a vraiment compris avant d'appliquer en situation réelle. Et c'était l'essentiel. Lorsque l'on appliquait correctement, c'était que l'on avait compris. Et après, on ne pouvait que s'améliorer, comme pour la serrure, comme pour l'esquive ou tout un tas d'autres choses. C'était normal.

Rilend était descendue la première, et en quelques coups avait réussi à mettre son adversaire hors de combat. De là où il était, le Marchombre avait pu observer qu'elle avait réfléchi, certes, mais pas au point de donner trop d'informations à un combattant comme ce garde. Ses mouvements ne s'étaient pas arrêtés, et elle était parvenue à n'en faire qu'un seul sur ses deux derniers coups portés. Elle avait suivi, compris et appliqué ce qu'il avait pu dire, et même s'il fallait le faire sur un combat entier, et non pas sur une portion, puisque les combats des apprenties étaient fractionnés malgré tout.

Mirage avait d'abord réagi comme elle le faisait habituellement, et surement par un réflexe naturel et conservateur : esquiver, et surtout ne pas trop s'approcher. Mais son attitude changea, ce qui tira un sourire au jeune homme, qui continua de l'observer. Elle réussit à mettre hors de combat son adversaire aussi, en prenant de la vitesse et en retournant celle de son adversaire, ainsi que la force de ec dernier, contre lui. Ses gestes étaient saccadés, on voyait dans ses yeux qu'elle réfléchissait, et surtout sa respiration n'était pas régulière...

Miya s'était aussi élancée, avec le bâton. Le garde l'avait attaqué, et elle avait esquivé, sans doute une seconde trop tôt. Il voyait dans son attitude qu'elle réfléchissait aussi un peu trop, et qu'elle n'était pas dans le combat, mais dans l'environnement hors du combat... Ce qui pouvait tout autant causer sa perte que la sauver. Sa feinte, si elle était réussie là, n'aurait pas fonctionné, et elle se serait sans doute retrouvée tranchée en deux face à un combattant plus aguéri.

Leur adressant un sourire, Erwan hocha à nouveau la tête. Il s'approcha de ses apprenties et ouvrit légèrement les bras, paumes vers le haut. Puis, posant son regard sur les trois jeunes filles, il les détailla. Elles avaient toutes pris de la force, et leurs muscles commençaient un peu plus à se dessiner sous leur peau. Elles semblaient toutes en bonne santé, et dans leurs yeux il pouvait voir la flamme qu'il cherchait tant... Soupirant, et souriant, le jeune homme s'adressa donc à elle d'un ton tranquille et doux :


- Vous avez toutes cerné plus ou moins votre combat, votre adversaire et vos capacités, c'est très bien. Néanmoins, j'ai quelques petites choses à rajouter :

Rilend, tu as dit que tu réagissais trop vite peut-être... Réagir trop vite revient à ne pas réagir assez vite. Esquiver une attaque préparée revient à se mettre l'épée dans le corps, car l'adversaire voit et agit ensuite en fonction. Là, en l'occurrence, je n'ai pas vu cette erreur, mais c'est bien de le préciser.

Mirage, ce n'est pas une histoire qu'il aurait pu t'avoir en faisant tel ou tel mouvement. C'est qu'en esquivant toujours de la même manière, tu en deviens prévisible, et cela peut aussi conduire à un combat gagné... pour ton adversaire. Il faut toujours changer de tactique, y aller à l'instinct, pour mieux comprendre l'autre et agir avant qu'il ne réagisse, justement.

Miya, c'est bien de vouloir prévoir. Mais on ne peut pas prévoir. La seule chose que l'on puisse faire, en plein combat, c'est observer, agir et réagir. On ne prévoit pas les mouvements de l'adversaire, on les lit dans son attitude, ou dans ses yeux, dans ce qu'il dégage. Il a des intentions, et son corps les montre, c'est cela qui nous permet d'anticiper. Rien d'autre. Il ne faut donc pas réfléchir, mais bien vivre le combat, toujours !

Pour toutes les trois, j'ai remarqué une chose en particulier : vous tentez trop de réfléchir. En réfléchissant, vous donnez de précieux indices à votre adversaire, sur vos intentions et sur vos pensées. Il faut juste sentir et ressentir les choses. Et pour cela, il vous faut vous entraînez, mais pas forcément en combat. Être toujours ouvertes totalement sur le monde et sur les autres...


Leur adressant un léger sourire, il s'avança dans la rue et commença à courir à un rythme lent et mesuré. Il ne voulait pas les épuiser tout de suite. Néanmoins, après dix bonnes minutes de course dans les petites ruelles désertes, il accéléra le rythme pour qu'il soit vraiment soutenu. Dix minutes plus tard, encore une fois, il s'arrêta dans un cul de sac, qu'il connaissait bien, après tout, car c'était là qu'il avait sauvé Alaya, sa première apprentie.

Les murs étaient noirs d'huile ou de graisse, car cet endroit était insalubre, et l'odeur était particulièrement ragoutante. Désignant les murs du menton, il adressa un sourire à ses apprenties et prit une première prise avec sa main droite, les invitant à le suivre. Ce n'était pas tellement haut, les toits étaient à huit mètres de hauteur environs, mais jusqu'alors, il ne les avait pas fait escalader autant. Il se doutait que Rilend et Miya auraient un peu plus de facilités, donc il leur désigna le pan de mur qui scuintait à certains endroits de graisse, tandis qu'il laissait le loisir à Mirage de choisir le mur qu'elle souhaitait escalader. Mis à part l'huile d'un côté, l'escalade était de même niveau sur tous les autres murs.

Arrivé en haut, à nouveau Erwan partit dans une course sur les toits, jusqu'à atteindre les murailles qui limitaient la ville. En haut d'une muraille, il continua à courir sur cette dernière, jusqu'à arriver près d'un grand arbre, dans lequel il sauta avec grace. Puis, descendant rapidement de l'arbre, il arriva sur le sol d'herbe foncée. Le soleil s'était caché derrière l'horizon, alors qu'ils couraient dans la ville, et il faisait déjà presque totalement nuit alors qu'ils sortaient d'Al-Chen...

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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Groupe Hezlam - Cours n°3   Mar 09 Mar 2010, 17:22

Le hochement de tête du maître n'apprit pas grand-chose à Rilend sur ce qu'il pensait de leurs prestations et leurs commentaire,s aussi l'apprentie se résolut-elle à attendre qu'il s'adresse à elles trois. Lorsqu'Erwan prit la parole, Rilend écouta non seulement les conseils qui s'appliquaient à elle-même, mais aussi ceux qu'il avait délivré à Miya et Mirage, et qui lui seraient peut-être utiles un jour. Après tout, on n'a jamais fini d'apprendre, pas vrai?

- Vous avez toutes cerné plus ou moins votre combat, votre adversaire et vos capacités, c'est très bien. Néanmoins, j'ai quelques petites choses à rajouter :

Rilend, tu as dit que tu réagissais trop vite peut-être... Réagir trop vite revient à ne pas réagir assez vite. Esquiver une attaque préparée revient à se mettre l'épée dans le corps, car l'adversaire voit et agit ensuite en fonction. Là, en l'occurrence, je n'ai pas vu cette erreur, mais c'est bien de le préciser.

Mirage, ce n'est pas une histoire qu'il aurait pu t'avoir en faisant tel ou tel mouvement. C'est qu'en esquivant toujours de la même manière, tu en deviens prévisible, et cela peut aussi conduire à un combat gagné... pour ton adversaire. Il faut toujours changer de tactique, y aller à l'instinct, pour mieux comprendre l'autre et agir avant qu'il ne réagisse, justement.

Miya, c'est bien de vouloir prévoir. Mais on ne peut pas prévoir. La seule chose que l'on puisse faire, en plein combat, c'est observer, agir et réagir. On ne prévoit pas les mouvements de l'adversaire, on les lit dans son attitude, ou dans ses yeux, dans ce qu'il dégage. Il a des intentions, et son corps les montre, c'est cela qui nous permet d'anticiper. Rien d'autre. Il ne faut donc pas réfléchir, mais bien vivre le combat, toujours !

Pour toutes les trois, j'ai remarqué une chose en particulier : vous tentez trop de réfléchir. En réfléchissant, vous donnez de précieux indices à votre adversaire, sur vos intentions et sur vos pensées. Il faut juste sentir et ressentir les choses. Et pour cela, il vous faut vous entraînez, mais pas forcément en combat. Être toujours ouvertes totalement sur le monde et sur les autres...


Dans le silence et l'instant de pause qui s'ensuivit, Rilend réfléchit aux paroles du maître. Elle comprenait ce qu'il lui avait dit sur les réactions trop rapides. Un mouvement anticipé est aussi nocif, inutile, qu'un mouvement trop lent ou non effectué. Il y avait un temps pour tout, et si on n'était pas dedans, rien ne pouvait fonctionner.

Elle connaissait bien, en revanche, même si elle n'aurait pas pu le formuler aussi clairement, ce que le maître avait expliqué à Mirage, au sujet des stratégies trop répétitives. Elle-même, avec son expérience, certes faible mais bien existante, des combats de rue, avait vite compris que, lorsque par hasard on apprend de ses erreurs, lorsqu'on gagne, on est condamné à la défaite si jamais l'on se repose sur ses lauriers. L'apprentissage rapide, la capacité d'adaptation étant une composante essentielle de la survie des enfants sans famille, ses adversaires décortiquaient, comprenaient et intégraient sa stratégie à la fin de chaque combat. Et pour avoir tenté certaines fois de se battre deux fois de la même manière, elle s'était aperçue que les diables avaient bonne mémoire et, en plus, partageaient leurs renseignements. Ou bien, simplement utilisaient-ils la méthode de combat qui lui avait valu la victoire dans d'autres affrontements, et les vaincus suivants faisant de même, la tactique se répandait comme une traînée de poudre...quelles qu'en soient les raisons, toujours était-il que lorsqu'elle s'était servie deux fois de la même stratégie, elle avait perdu. Et haut la main. Quelques raclées mémorables lui avaient suffi pour intégrer ce principe de base, qu'elle appliquait à beaucoup de domaines désormais: jamais pareil. Ne jamais agir deux de la même manière, à moins de souhaiter offrir la victoire sur un plateau, ce qui n'était guère conseillé.

Le conseil donné à Miya lui parlait moins, ce qui, dans l'absolu, était normal puisque le maître s'adressait à Miya, et non à elle. Cependant Rilend le rangea dans un coin de sa mémoire, pressentant qu'un jour, peut-être, ces mots lui serviraient.
Les derniers mots d'Erwan, en revanche, elle es remâcha, les décortiqua, les analysa, jusqu'à saisir une partie de leur sens, le reste glissant entre ses doigts comme un bout de savon, avant de les mémoriser, se promettant d'y réfléchir à nouveau, à tête reposée, peut-être seule, ou après une transformation. En effet, la façon de voir les choses du fauve, dont elle se souvenait parfois, lorsque leurs deux esprits cohabitaient, était si différent de celle des humains qu'elle lui ouvrait, fatalement, de nouveaux horizons et d'autres angles de vue, intéressants, probablement, pour peu qu'on prenne la peine de s'y attacher.

Erwan reprit sa course, et Rilend, laissant là ses réflexions, suivit le marchombre dans les ruelles. Le rythme, tout d'abord aisé à suivre, se fit peu à peu plus soutenu, jusqu'à ce que le coeur de l'apprentie batte plus vite, et que sa respiration se fasse plus courte, mais toujours régulière. Elle suivit, sans avoir à serrer les dents outre mesure, d'autant plus que la durée de leur course fut brève, mais il aurait été mensonger de prétendre qu'à leur arrêt, elle mit quelques secondes à ramener sa respiration à un rythme de repos.
Le maître s'était arrêté dans un cul-de-sac, de hauts murs dressant leur ombre menaçante et insalubre, malodorante, sur le quatuor. Erwan leur désigna les murs d'un geste, indiquant à Miya et elle-même de prendre le mur le plus suintant de graisse, avant de s'élever avec une facilité déconcertante et admirable le long de l'ouvrage de maçonnerie.
Saisissant une prise de sa main gauche -elle était ambidextre- Rilend le suivit. Le mur se révéla glissant, réellement glissant, ce qui rendait les prises relativement difficiles à tenir. L'apprentie attrapa un renfoncement du bout de ses doigts droits, cala un pied dans une jointure, et observa le mur au-dessus d'elle.
Elle avait parfois escaladé, dans les ruelles insalubre d'Al-Far, des murs semblables, et, au fil de douloureuses ou humiliantes chutes, avait fini par comprendre plus ou moins comment faire. Il importait, surtout, de ne pas trop s'accrocher aux prises, qui ne devaient être que des supports, et de ne pas y rester trop longtemps, de façon à limiter les glissements. Plus facile à dire qu'à faire, certes, mais Rilend se lança néanmoins, confiante en ses souvenirs. Elle grimpa sans vitesse excessive, mais bien plus habilement que lorsqu'elle avait escaladé ce rocher, sur la plaine venteuse, le mur, tentant d'être rapide et légère, sans pour autant faire preuve de précipitation et d'imprécision. Il serait faux de dire qu'elle y parvint sans peine, son pied glissa une fois et le bout de ses doigts, parfois, peinait à demeurer sur leur appui, mais elle se sortit de l'exercice sans gros ratés. La mélodie n'était pas parfaite, mais aucune fausse note ne s'était fait entendre. Lorsqu'elle était adolescente, parvenir à escalader ce genre de maçonnerie se révélait souvent une question de survie, ou, du moins, de liberté, puisque les gardes, poursuivants zélés mais lassés, ne la coursaient jamais au-delà d'un mur.

En haut du mur, attentive aux endroits où elle posait ses pieds car tout ceci glissait, l'apprentie attendit les autres puis courut avec elles, derrière Erwan. Le maître les mena à travers les toits, course presque familière pour Rilend, jusqu'aux murailles d'Al-Chen, qu'il gravit avant de poursuivre à leur sommet. Rilend respirait fort mais parvenait à conserver un rythme qui, quoique rapide, demeurait régulier. Lorsqu'il bondit de la muraille dans l'arbre, avec une grâce incroyable pour l'apprentie, elle le suivit et se réceptionna un peu plus maladroitement, mais assez efficace. Il faisait nuit, mais l'arbre possédait une écorce bien texturée, et les doigts de Rilend trouvaient des prises sans trop de peine, aussi put-elle descendre. A un mètre cinquante du sol, elle ouvrit les doigts et bondit pour atterrir sur le sol verdoyant.

La panthère s'éveillait en elle tandis qu'Erwan continuait à courir, l'énergie du fauve se mêlait à la sienne, mais Rilend fit attention à conserver le contrôle, apaiser l'animal. Il ne fallait pas qu'elle se transforme! Elle laissa cependant le fauve profiter du vent de la nuit, et l'exaltation de la course qui s'éleva en elle n'était pas sienne, mais celle de la panthère.

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MessageSujet: Re: Groupe Hezlam - Cours n°3   Mer 17 Mar 2010, 17:21

Mirage écouta attentivement les commentaires du maître - ils allaient sûrement être utiles aux prochains combats :

- Vous avez toutes cerné plus ou moins votre combat, votre adversaire et vos capacités, c'est très bien. Néanmoins, j'ai quelques petites choses à rajouter :

Rilend, tu as dit que tu réagissais trop vite peut-être... Réagir trop vite revient à ne pas réagir assez vite. Esquiver une attaque préparée revient à se mettre l'épée dans le corps, car l'adversaire voit et agit ensuite en fonction. Là, en l'occurrence, je n'ai pas vu cette erreur, mais c'est bien de le préciser.

Mirage, ce n'est pas une histoire qu'il aurait pu t'avoir en faisant tel ou tel mouvement. C'est qu'en esquivant toujours de la même manière, tu en deviens prévisible, et cela peut aussi conduire à un combat gagné... pour ton adversaire. Il faut toujours changer de tactique, y aller à l'instinct, pour mieux comprendre l'autre et agir avant qu'il ne réagisse, justement.

Miya, c'est bien de vouloir prévoir. Mais on ne peut pas prévoir. La seule chose que l'on puisse faire, en plein combat, c'est observer, agir et réagir. On ne prévoit pas les mouvements de l'adversaire, on les lit dans son attitude, ou dans ses yeux, dans ce qu'il dégage. Il a des intentions, et son corps les montre, c'est cela qui nous permet d'anticiper. Rien d'autre. Il ne faut donc pas réfléchir, mais bien vivre le combat, toujours !

Pour toutes les trois, j'ai remarqué une chose en particulier : vous tentez trop de réfléchir. En réfléchissant, vous donnez de précieux indices à votre adversaire, sur vos intentions et sur vos pensées. Il faut juste sentir et ressentir les choses. Et pour cela, il vous faut vous entraînez, mais pas forcément en combat. Être toujours ouvertes totalement sur le monde et sur les autres...


Donc, elles avaient trop réfléchi… Ne pas réfléchir était assez compliqué, surtout dans une situation de combat… Et maintenant, elle réfléchissait encore ! Décidément, réfléchir était un besoin ! Erwan commençant à trottiner, la jeune fille dût sortir de ses pensées pour pouvoir courir sans trébucher au moindre caillou.

Suivit de ses élèves, le maître partit donc en courant à un rythme facile. Au bout d'une dizaine de minutes, il accéléra l'allure. Mirage suivait facilement, habituée à ces courses grâce à sa vie en forêt. Elle devait souvent courir pour ne pas se laisser distancer par les animaux. Maintenant, elle était assez endurante. Dix minutes plus tard, Erwan s'arrêta devant un mur couvert d'huile et de graisse. La jeune fille eut un mouvement de recul devant cette masse insalubre et fronça le nez en sentant l'odeur qui en émanait. Erwan se retourna et désigna un pan de mur pour Rilend et Miya, mais laissa le loisir à la jeune fille-renarde de choisir à son gré. Rilend s'élança la première et arriva en haut sans aucun problème.

Mirage escalada alors à son tour le mur, un peu plus à gauche que là où avait escaladé Rilend. Au début, le mur n'était pas couvert de saletés mais au fur et à mesure qu'elle montait, elles se rajoutait jusqu'à ce qu'elle ai le même niveau de difficulté que les deux autres jeunes filles. En montant, elle se tordit un doigt et des larmes lui vint mais la douleur passa rapidement. Elle parvint ensuite en haut et s'assit deux secondes par terre, le temps de secouer son doigt meurtris. Elle dut repartir rapidement pour suivre le maître qui se dirigeait à travers les toits jusqu'à la muraille.

Arrivée dessus, il continua à courir près d'un arbre la touchant presque, dans lequel Erwan sauta gracieusement, suivit de Rilend. Mirage s'approcha puis sauta. En l'air, elle fit un salto pour pouvoir s'accrocher à une branche assez grosse, autour de laquelle elle tourna puis s'y accroupit. La jeune fille était emplie d'une énergie nouvelle, l'énergie de la Nature. Dans les arbres, elle se sentait à l'aise et totalement libre. Elle descendit de branches en branches puis sauta au sol. Se remettant à courir pour suivre le maître, Mirage toucha son doigt par inadvertance. Elle retint un gémissement de douleur. En fait, il n'allait peut-être pas si bien !

La jeune fille se força à penser à autre chose. Où allaient-ils maintenant ? Allaient-ils retrouver les chevaux et rentrer à l'Académie ? Elle avait hâte de revoir Brume et de rentrer voir Najti… Elle avait tant de choses à lui raconter !
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Hezlam - Cours n°3   Dim 21 Mar 2010, 21:32

Observant ses apprenties en passant derrière elles, Erwan nota avec satisfaction qu'elles étaient assez à l'aise malgré tout. Rilend essayait de faire aussi rapidement que possible, mais avec application, alors que Mirage tentait de s'accorder à la pierre tout en s'en éloignant sans le comprendre, parce qu'elle le trouvait dégoûtant, ce qui faisait sourire le jeune homme. Lorsqu'elles furent en haut de la muraille, le Marchombre se glissa donc de l'autre côté, et dans sa course jusqu'à la lisière de la forêt où ils avaient laissé les chevaux, sentit dans son ventre le jaguar se réveiller sans réelle raison. Ouvrant un peu ses sens, et les informations qu'il lui faisait parvenir, il comprit seulement que derrière lui, Rilend avait aussi son fauve à fleur de peau, et c'était pour cela qu'il s'était éveillé dans son ventre.

Erwan sourit. C'était enrichissant pour lui, d'avoir une apprentie comme Rilend. Enrichissant, car il comprenait désormais bien mieux le jaguar dans son ventre, mais aussi parce qu'il apprenait à comprendre ses réactions, et à les interpréter. Soupirant, il continua sa course entre les arbres et dans les arbres encore une dizaines de minutes, avant de s'arrêter car ils étaient proches des chevaux. Lançant un regard appuyé à Rilend pour lui faire comprendre qu'ils les approchaient, il s'avança donc entre les feuilles, et claqua de la langue pour ne pas leurs faire peur. Les quatre montures tournèrent la tête, et Erwan s'engagea alors entre eux, sans plus en demander. Passant près de chacun d'entre eux, il leur prodigua une caresse chacun sur le flanc, avant de prendre sa propre monture et d'inviter les filles à prendre les leurs.

Une fois monté dessus, il l'orienta pour rentrer à l'Académie, tranquillement. En effet, il commença simplement au pas, et ils sortirent ainsi à découvert dans la plaine près d'Al-Chen. Longeant la rive, Erwan fit avancer sa propre monture dans l'eau, avec le courant montant jusqu'aux genoux de sa monture, et continua ainsi durant une bonne demie-heure. Puis, repartant sur la terre ferme, il se tourna sur sa selle pour annoncer qu'ils allaient trotter. Une fois que cela fut fait, il pressa les flancs de sa monture et cette dernière se mit immédiatement au trot, dynamique. Il avait envie de courir, ce petit cheval ! Souriant, Erwan se tourna alors vers ses apprenties, et lança d'un ton joyeux, se confondant avec les trilles insensées du vent :


- Attention, ça va décoiffer !

Alors, se penchant en avant, pressant ses mollets, il sentit sa monture bondir... Bondir, et partir dans un galop effréné, complètement fou, juste dans son envie de galoper, galoper ventre à terre, toujours plus vite... Cela dura une bonne dizaine de minutes avant que, ahanant, le petit cheval commençât à ralentir. Alors, reprenant un peu des rênes, Erwan se tourna vers ses apprenties pour vérifier que tout le monde était encore à cheval. Souriant, il le ralentit doucement, jusqu'à reprendre le pas, pour le laisser reprendre sa respiration. Alors, ils marchèrent encore un moment, mais se rapprochaient rapidement de l'Académie, vu l'allure qu'avait tenu le petit cheval de tête. Lui flattant l'encolure, sentait qu'il n'était plus essoufflé, Erwan se tourna vers ses apprenties alors qu'ils entraient dans le bois proche de l'Académie.

Il mena les chevaux vers les écuries, et demanda simplement à ses apprenties de faire comme au début de la séance, mais après le travail. Ainsi, il commença à désharnacher sa propre monture, puis la brossa énergiquement avec son étrille, surtout sur le dos, pour rétablir la circulation efficacement. Puis, il passa donc le bouchon sur tout le corps, énergiquement encore pour effacer les derniers poils collés par la sueur de la course folle. Lorsque tout le monde eut terminé, Erwan amena son propre cheval dans un paddock, et intima de faire la même chose pour les autres. Puis, amenant les apprenties plus loin, il s'arrêta près d'un arbre mort, mais qui tenait encore debout. Se tournant, il expliqua le dernier exercice :


- Vous allez maintenant faire un peu de lancer de poignard. Encore, comme toujours trois essais chacune. Par contre, vous allez prendre... Ces poignards !

Il sortit deux poignards de son pantalon, et les tendit à ses deux apprenties. Il avait évidemment remarqué le poignard qui ceignait à la taille de Rilend, tout comme ceux, plus discrets de Mirage. Mais il ne voulait pas les voir avec leur arme. Il fallait s'adapter, toujours. Suivre son arme, comme il l'avait dit pour le tir à l'arc. Leur adressant un sourire, il attendit donc, observant leurs faits et gestes... Serein.

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MessageSujet: Re: Groupe Hezlam - Cours n°3   Lun 29 Mar 2010, 21:16

Tout en courant en direction de la forêt - et donc des chevaux, Mirage regardait Erwan et Rilend courir à ces côtés. Cette dernière semblait animée d'une énergie étrange, animale… Elle semblait lutter contre elle-même, lutter contre une forme à l'intérieure de son corps.

Ils entrèrent dans la forêt puis, après une dizaine de minutes de course aperçurent les chevaux. Erwan claqua de la langue pour les prévenir de leur arrivée. Mirage se dépêcha d'aller voir Brume, sans oublier de donner une petite caresse sur le chanfrein des deux autres chevaux. Arrivée devant la belle jument, Mirage lui enserra l'encolure de ses bras.


*Coucou !!*

*Coucou Mirage ! Tu as visité la ville ?*demanda Brume.

*Entre autre oui !*répondit Mirage en riant.

Voyant Erwan se mettre à cheval, Mirage fit de même. Elle prit son élan et, se rappelant la façon dont elle était montée le matin, elle s'appuya sur ses bras, passa une jambe par dessus la croupe et s'assit. Elle mit ensuite sa jument au pas derrière Erwan.

Ils sortirent rapidement de la forêt pour arriver dans la plaine. Longeant la rive, Mirage voyait son reflet dans l'eau claire, ondulant au gré du vent. La jeunes fille avait l'air fière ainsi, sur sa jument grise et musclée. Le maître tourna soudain vers la berge et son cheval s'enfonça dans l'eau. Le suivant, Mirage vit les sabots, les canons puis les genoux de sa monture disparaître dans l'eau devenue trouble à cause des remouds. La jument renâcla au début, ne voulant aller plus loin, mais avec persévérance et gentillesse, Mirage la convainquit d'avancer. Ils marchèrent dans l'eau pendant trente bonnes minutes puis remontèrent sur la terre ferme.

Se tournant, Erwan prévint ses deux élèves qu'ils allaient partir au trot, ce qu'ils firent quelques secondes plus tard. Voyant que les chevaux avançaient bien, il se pencha en avant et lança d'un ton joyeux :


- Attention, ça va décoiffer !

Sa monture bondit dans un galop effréné, semblant ne jamais vouloir s'arrêter, entraînant Brume à sa suite. Mirage eut un hochet de surprise devant la vitesse accrût de sa jument. Sa première réaction fut de se cramponner aux rênes mais Brume secoua la tête en lui disant de se tenir plutôt à sa crinière. La jeune fille obtempéra sur le champ et fondit ses doigts dans la crinière virevoltante. Elle se laissa ensuite guider, les cheveux dans le vent et les yeux larmoyants. Etant taillée pour la vitesse, Brume rattrapa rapidement le petit cheval alezan monté par Erwan. Mais lorsque ce dernier se mit à ralentir, la jument grise fit de même. Ils ralentirent jusqu'à passer au pas, pour laisser les chevaux reprendre leur souffle. Mirage releva la tête et vit devant elle la silhouette de l'Académie. Déjà !

Erwan dirigea les chevaux vers le bois, puis vers les écuries. Il demanda à ses apprenties de faire comme lui, c'est à dire de déharnacher les chevaux, de les brosser puis de les rentrer. Mirage accrocha Brume avec la longe, lui enleva la selle et le filet puis alla les ranger. En revenant, elle embrassa Brume entre les naseaux tout en disant :


- Merci ma belle ! C'était super !

Ensuite, elle lui passa un peu de foin sur le dos pour enlever la sueur puis la brossa avec l'étrille, le bouchon et la brosse douce et fini en lui curant les pieds. Tout ça sans avoir arrêté de lui parler pour lui dire tout ce qu'elle avait ressentit dans cette course de galop. Elle l'emmena ensuite au paddock et la regarda s'ébattre librement avec ses deux amis.

Se tournant en les intimant de le suivre, Erwan se dirigea plus loin, près d'un arbre mort mais mystérieusement toujours debout. Il leur expliqua ensuite le dernier exercice :


- Vous allez maintenant faire un peu de lancé de poignard. Encore, comme toujours trois essais chacune. Par contre, vous allez prendre… ses poignards.

Tout en disant cela, il sortit deux poignards de son pantalon qu'il tendit à ses deux élèves. Mirage s'approcha et prit l'un des deux. Elle ne c'était jamais bien entraînée au lancé de poignard… Elle décida donc de faire comme avec son poignard quand elle l'avait choisit. Le tester… Elle le posa sur son doigt en cherchant le point de gravité. Elle le trouva, au croisement de la lame et de la poignée. En plein centre.

*C'est déjà ça de fait…* pensa la jeune fille.

Ensuite elle s'approcha du tronc. La partie la plus proche n'était déjà pas si près de la où elle était. Mirage décida de commencer un gros nœud, très visible, en tant qu'échauffement. Elle pointa le poignard, inspira, visa, expira et lança. Elle atterrit dans le nœud, à quelques centimètres du centre.


*Et de une !* se dit la jeune fille en hochant de la tête.

Elle regarda que Rilend ai bien envoyé son poignard puis alla chercher le sien. Mirage retourna à sa place et choisit cette fois-ci un nœud plus petit. Elle se concentra sur ce point… Respira profondément… Visa… Tira ! Le poignard passa à quelques centimètre de la cible et atterrit dans le tronc. Elle regarda encore une fois d'être en sécurité puis alla chercher son poignard. Encore un essai… Le jeune fille ferma les yeux en visualisant le nœud… Elle ne voyait que ça… Elle rouvrit les yeux, toujours aussi concentrée… Prépara son poignard… Le lança. Il atterrit en plein milieux du nœud.


*Youpiiii !* se dit-elle tout en souriant jusqu'aux oreilles.

Mirage récupéra le poignard et s'approcha d'Erwan. Elle avait ressentie une sensation bizarre quand elle l'avait envoyé la troisième fois… Comme si elle volait puis s'enfonçait dans le bois… Comme si elle était le poignard !
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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Groupe Hezlam - Cours n°3   Mar 30 Mar 2010, 21:31

Ils coururent quelques minutes, leur petit groupe traversant la forêt. Sous les frondaisons déjà endormies, exemptes de chants d'oiseaux, paisibles, Rilend se sentait comme portée par le vent nocturne et, malgré son souffle un peu court, elle prenait réellement plaisir à cette course sauvage. Elle se prit, tandis que ses pieds la portaient avec vigueur, entraînée qu'elle était par des années de fuites dans les ruelles d'Al-Far, à observer les alentours, le ciel qui déjà virait, du rouge du crépuscule, au bleu sombre de la nuit, qui se répandait entre les nuages flamboyants comme une goutte d'encre dans un verre d'eau; en longues volutes, changeantes et insaisissables.

Devant Rilend, Erwan ralentit et lui jeta un regard appuyé. L'apprentie, presque par réflexe, cligna des yeux et eut aussitôt un sourire discret, pour elle-même, chargé d'autodérision, puis elle regarda devant elle. Les arbres se clairsemaient quelque peu, ils ne devaient pas être loin d'une clairière et donc, des chevaux. La jeune femme se concentra et s'adressa, d'une certaine façon, au fauve, comme elle avait découvert qu'elle pouvait le faire, en essayant de parler en images, ou d'apaiser la panthère. Lorsqu'elle parvenait à rester calme, elle s'était aperçue que la panthère se faisait moins présente. Et cette fois-ci était visiblement censée confirmer la règle, puisque le fauve, au fond d'elle, s'apaisa et que cette curieuse sensation qui lui saisissait le ventre à chaque fois que s'éveillait la panthère disparut elle aussi.

Roméo se trouvait complètement à l'opposé du point où se tenait Rilend, aussi l'apprentie suivit-elle son maître, qui saluait chaque cheval d'une caresse, jusqu'à l'endroit où l'attendait son cheval. Le hongre leva la tête en la voyant arriver, ses yeux bruns se firent attentifs, mais il la laissa s'approcher, un peu maladroite toujours car elle n'avait guère fréquenté les chevaux jusqu'ici, et alla jusqu'à incliner la tête pour l'inviter à effleurer de ses doigts, timide toucher, son chanfrein soyeux. Le hongre ferma un instant les yeux, tandis que l'apprentie souriait. Elle contourna alors le mâle, jusqu'à son flanc -étais-ce le gauche ou le droit déjà? Ah, oui! Le gauche- son flanc gauche, donc, et se hissa tant bien que mal en selle, tentant de faire vite pour ne pas tordre le dos du cheval. Elle finit par se retrouver à califourchon, flatta Roméo qui s'ébroua sans marquer trop de nervosité, moins qu'à leur premier contact en tous cas, et saisit gentiment les rênes, attentive à ne pas tirer sur la bouche du brave petit mâle.

Erwan les mena tout d'abord dans l'eau. Roméo hésita à y entrer, mais de voir l'étalon, son supérieur hiérarchique par définition, y entrer, suivi des autres, lui fit constater qu'il était désormais seul sur la berge, et par conséquent lui donna l'envie de rejoindre ses congénères. Au moment de poser le pied sur le fond humide, il fit cependant, plutôt qu'un pas, un grand bond. Lui se réceptionna bien, mais Rilend se retrouva à moitié affalée sur l'encolure de l'équidé, et pesta rapidement en se remettant en selle tant bien que mal. Roméo frappa de l'antérieur gauche dans l'eau, jouant à s'éclabousser, et Rilend ne le réprima pas. Le jeu du petit hongre la fit sourire. Elle n'aurait jamais cru que les chevaux puissent jouer à taper dans l'eau comme des bébés.
Elle se souvenait...Astyr faisait toujours de même lorsqu'elle lui donnait son bain...
Les brumes de tristesse dont les volutes avaient envahi les yeux de Rilend se dissipèrent lorsque Roméo avança. Les cavaliers avancèrent un certain temps dans l'eau, dans le bruit fort et étrangement plaisant des flots remués par les puissantes jambes.
La lune était déjà levée, frémissante gardienne d'argent, veillant sur les étoiles scintillantes, lorsqu'Erwan les mena sur la terre ferme. Là, il prit le trot et Roméo l'imita sans même que Rilend ait à presser les jambes. L'apprentie sourit en flattant le cheval. Il était bien brave, cet animal! Elle tenta d'amortir les secousses du trot avec son bassin, comme le leur avait expliqué Erwan, mais l'honnêteté oblige à dire qu'elle manquait encore d'expérience, cette souplesse, ce liant qui fait voir immédiatement le cavalier et ne s'acquiert que par les années.

Soudain, le marchombre se retourna vers eux et Rilend, entendant son ton joyeux, sentit le dynamisme l'envahir. Le maître leur lança:

- Attention, ça va décoiffer!


Puis il lança son étalon dans un vrai galop. Roméo, qui n'attendait visiblement que cette occasion, bondit en avant dans le sillage du cheval tandis que la jument grise, à la droite de Rilend, faisait de même. C'était bien différent du galop calme auquel ils avaient eu droit au début. Roméo semblait ne jamais vouloir s'arrêter, ses jambes frappant le sol avec force.
Sidérée par la vitesse et l'accélération du cheval, sentant bien la puissance de cette bête et comprenant qu'elle n'avait aucun pouvoir sur lui, Rilend sentit une vague de peur l'envahir. Cependant, elle imita Mirage, s'agrippant à la crinière de l'alezan, et aussitôt l'anxiété reflua pour laisser la place à une étrange jubilation.
En elle, la panthère s'éveilla. Roméo bascula une oreille en arrière mais ne broncha pas et continua à galoper. Son oreille revint vers l'avant, et il accéléra encore. Le balancier du galop semblait une série de bonds successifs, propulsant cavalière et monture toujours plus loin. Plus haut.
Course folle, à travers la nuit pâle, course folle sur la plate plaine blafarde! Les sabots de Roméo frappaient le sol et le propulsaient comme s'il rebondissait sur l'herbe fraîche, et Rilend sur la selle, accoutumée, osait lâcher une main et regarder vers l'avant. Le vent de la course fouettait son visage et elle laissa un sourire étirer ses lèvres, yeux embués par le souffle de l'air. Elle avait envie de rire. Crier. Bondir. Exaltation partagée entre l'humain et l'animal. Ivresse de la vitesse et de la puissance. Grisées par cette galopade onirique, Rilend affichait un grand sourire.

Aussi, pour remercier Roméo, prit-elle grand soin de lui lorsqu'ils furent de retour aux écuries, le nettoyant et séchant en lui adressant des paroles affectueuses. Elle parlait, parlait au cheval comme jamais elle n'avait parlé à un humain. Jamais elle n'avait aligné tant de mots, surtout si décousus!
Elle acheva les soins par une douce caresse, et puis, Roméo bien installé, rejoignit les autres. Erwan se tenait près d'un arbre mort, une bonne cible dans laquelle les armes se plantaient bien. Le maître leur annonça dans un sourire:

- Vous allez maintenant faire un peu de lancer de poignard. Encore, comme toujours trois essais chacune. Par contre, vous allez prendre... Ces poignards !


Rilend, qui tendait déjà la main vers Talisman, sa dague, parfaite quoiqu'un peu grande pour cet usage, stoppa son geste et saisit une des lames que leur tendait le maître. Rilend observa le poignard un moment, puis Mirage passa la première et l'apprentie observa son homologue lancer trois fois de suite l'objet, puis s'avança à son tour.
Elle avait peu lancé de poignard et sa science en ce domaine s'arrêtait à l'art de viser à trois mètres. Cependant, elle finit par trouver la bonne place pour ses doigts sur la lame. Sentant le contact froid et doux du lisse objet, elle inspira, puis expira en regardant les reflets jouer sur le métal. Elle reporta ensuite son attention sur la cible et tenta de se souvenir de la façon dont elle avait pratiqué le tir à l'arc. La cible.
Rilend réduisit son champ de vision jusqu'à ne voir qu'elle, ne percevoir qu'elle. La cible.
Le premier lancer partit, et la lame se planta à une dizaine de centimètres à droite du nœud visé. L'apprentie s'avança, récupéra son arme, et se replaça.
Inspirer. Expirer. La cible, l'arme. Inspirer. Lancer!
Le poignard frappa presque le cœur du nœud, mais pas encore tout à fait. Cependant, Rilend s'ébroua. Un étrange fourmillement avait parcouru, non ses membres, mais son esprit tandis que le poignard volait. L'apprentie récupéra l'arme et revint face à la cible.
Inspiration. Expiration. Contact du poignard dans sa main. Reflets sur la lame. Cible douce et rugueuse. Écorce craquante. Inspiration. Lancer.
Elle se sentit étrange, comme si le poignard, en s'envolant, emportait une partie d'elle-même. Rilend resta figée, puis se souvint d'expirer. Bien après que le poignard ait touché la cible. Elle frémit, elle avait senti l'arme se planter dans le tronc. Presque physiquement. Étrange sensation...qui lui rappelait la brève communion du galop avec Roméo, ou le partage avec la panthère.
Elle reprit le poignard.
Au centre du noeud.

Puis l'apprentie revint vers Erwan, un sourire discret sur les lèvres. Un léger sourire, comme si elle n'osait encore y croire, avoir le droit de sourire. Elle était contente. Heureuse, même.

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*Parce que la panthère en toi peut être apprivoisée
Parce que le plus grand des trésors est la liberté.*

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MessageSujet: Re: Groupe Hezlam - Cours n°3   Mar 30 Mar 2010, 23:36

Après les combats de Rilend, Mirage et Miya le maître Marchombre c’était approché d’elles et leur avait expliqué leurs différentes erreurs :

- Vous avez toutes cerné plus ou moins votre combat, votre adversaire et vos capacités, c'est très bien. Néanmoins, j'ai quelques petites choses à rajouter :

Rilend, tu as dit que tu réagissais trop vite peut-être... Réagir trop vite revient à ne pas réagir assez vite. Esquiver une attaque préparée revient à se mettre l'épée dans le corps, car l'adversaire voit et agit ensuite en fonction. Là, en l'occurrence, je n'ai pas vu cette erreur, mais c'est bien de le préciser.

Mirage, ce n'est pas une histoire qu'il aurait pu t'avoir en faisant tel ou tel mouvement. C'est qu'en esquivant toujours de la même manière, tu en deviens prévisible, et cela peut aussi conduire à un combat gagné... pour ton adversaire. Il faut toujours changer de tactique, y aller à l'instinct, pour mieux comprendre l'autre et agir avant qu'il ne réagisse, justement.

Miya, c'est bien de vouloir prévoir. Mais on ne peut pas prévoir. La seule chose que l'on puisse faire, en plein combat, c'est observer, agir et réagir. On ne prévoit pas les mouvements de l'adversaire, on les lit dans son attitude, ou dans ses yeux, dans ce qu'il dégage. Il a des intentions, et son corps les montre, c'est cela qui nous permet d'anticiper. Rien d'autre. Il ne faut donc pas réfléchir, mais bien vivre le combat, toujours !

Pour toutes les trois, j'ai remarqué une chose en particulier : vous tentez trop de réfléchir. En réfléchissant, vous donnez de précieux indices à votre adversaire, sur vos intentions et sur vos pensées. Il faut juste sentir et ressentir les choses. Et pour cela, il vous faut vous entraînez, mais pas forcément en combat. Être toujours ouvertes totalement sur le monde et sur les autres...


Miya l’avait écouté très attentivement. D’après Erwan les trois filles réfléchissait trop. Il est vrai que dans un combat on veut toujours tout planifier à l’avance pour être sure que tout se passera bien, mais au final ce n’est pas toujours une bonne idée … Il y a trop de défaut dans ce procédé. Miya calla cette information dans un coin de sa tête pour ses futurs combats.

Voyant Erwan se mettre à courir, suivit par les filles, Miya suivit le rythme et au bout d’une vingtaine de minutes ils débouchèrent sur un cul de sac.
Devant eux, un mur. Mais un mur plein d’huile et de graisse, le tout absolument nauséabond.
L’ascension se fit non sans quelques glissements rattrapés mais au final les trois filles arrivèrent en haut sans trop trop de difficulté. Puis la course reprit sur les toits jusqu'à la muraille qu’ils gravirent avant de continuer à son sommet pour au final atteindre un arbre que Miya descendit sans trop de difficultés.
Puis s’ensuivit une course dans la forêt, vers l’endroit où ils avaient laissé les chevaux.

Une fois arrivé près de sa monture Miya lui caressa l’encolure et, imitant Erwan, monta sur la jument. Ils partirent au pas vers la sortit de la forêt, en direction de l’académie. Sortit de la forêt, ils longèrent la rive avant de continuer leur route dans l’eau. La jument de Miya, comme les autres, avait de l’eau jusqu’au genou. Au début elle ne voulu pas entrer dans l’eau mais finit par se décider après quelques caresses et encouragements.
Après une demi heure ils retournèrent sur la terre ferme et Erwan partit au trot, suivit par les filles. Puis leur adressant un sourire il leur dit


- Attention, ça va décoiffer !

S’ensuivit alors une course effréné. Ptibuis, Suivant les autres chevaux devant elle, partit au galop. L’augmentation de vitesse fit perdre quelque peu l’équilibre à Miya, qui se reprit tant bien que mal, ne sachant pas trop où placer ses mains pour réussir à tenir sans tomber. Regardant devant elle, elle vit Rilend et Mirage s’agripper à la crinière de leur monture respective et décida de faire de même. Tout de suite cela l’aida à retrouver un équilibre stable et elle put apprécier cette chevauchée grandiose.
Après dix bonne minutes le maître marchombre fit ralentir les montures jusqu’à les mettre au pas et déjà, après quelques instants, ils arrivaient à l’académie.
Menant les montures vers l’écurie, ils les déharnachèrent, les brossèrent puis les menèrent vers au paddock où ils les laissèrent.
Se dirigeant vers un arbre mort Erwan leur énonça leur prochain exercice :


- Vous allez maintenant faire un peu de lancer de poignard. Encore, comme toujours trois essais chacune. Par contre, vous allez prendre... Ces poignards !

Tendant la main Miya saisit un des poignards que leur tendait Erwan puis se tourna vers l’arbre. Cet exercice ressemblait à celui du tire à l’arc en quelque sorte. Mais pas avec la même arme.
Miya soupesa l’arme, la fit tourner entre ses doigt puis, une qu’elle eu trouvé un bon endroit où placer ses doigt sur la lame elle tira cette dernier vers la cible … qu’elle rata. Elle avait été trop rapide. Elle alla chercher son poignard et se remit en place.
Se concentrant d’avantage et visualisa le nœud de l’arbre et ne pensa qu’à lui, puis tira. Encore raté. Mais de quelques millimètre seulement cette fois ci.
Son dernier lancé fut plus encourageant. Elle concentra toute son attention sur le nœud qu’elle visait en essayant de ne penser à rien d’autre, à vider son esprit, puis elle visa, tira et ressentit alors une sensation bizarre, comme ci elle n’était plus elle, mais le poignard lui-même. Elle volait contre le vent à la recherche de la cible, à une vitesse folle. Elle sentit la lame s’enfoncer dans l’arbre, heureusement déjà mort. Puis cette sensation s’estompa.

Allant chercher son poignard Miya revint vers Erwan et les autres, assez contente d’elle. Mais quand même un peu troublé.
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Hezlam - Cours n°3   Mer 31 Mar 2010, 21:51

Les remous bruyants que créaient les jambes du cheval dans l'eau hypnotisaient presque le Marchombre, juché sur ce dernier, le suivant dans ses mouvements. Pourtant, le bruit n'était pas tant parasite que cela, n'était pas tant déplacé que cela. Il aimait juste entendre l'eau éclabousser, et rire dans les mouvements que le cheval lui donnait. Il s'amusait, à le contourner, à venir le ralentir, à glisser le long de ses membres et faire travailler ses tendons et lui masser les canons. L'eau, qui pénétrait sa corne pour la nourrir, n'était que bienfaisante à cette heure-ci de la journée, alors que la marée, même s'ils étaient soi-disant dans un lac, n'avait pas ramolli le sable, et les équidés pouvaient avancer sans crainte de se faire mal. D'ailleurs, la monture d'Erwan marchait avec entrain, suivie bientôt par les trois autres animaux, qui eux par contre avaient hésité. Mais le jeune homme savait pourquoi les chevaux avaient été douteux : c'était simplement que leur cavalière n'était pas très à l'aise non plus, et donc qu'ils se fiaient à ce qu'elles pouvaient ressentir et montrer dans leur corps sans s'en rendre compte. Ainsi, ils avancèrent encore une bonne dizaine de minutes, avant de prendre le galop.

Derrière lui, Erwan sentit tout d'abord le déséquilibre de chacune des apprenties, qui tentèrent toutes de trouver quelque chose à quoi s'accrocher. Elles se rabattirent toutes sur la crinière de leurs chevaux, un bon réflexe, même si le jeune homme avait senti l'observation dans son dos, ce qui démontrait que les filles s'étaient inspirées les unes des autres, mais il semblait que c'était Mirage qui avait eu le bon réflexe. Erwan sentait quelque chose d'assez étrange, par rapport à cette jeune fille : en effet, il semblait qu'elle communiquait avec facilité avec les animaux en tout genre. Souriant, Erwan s'occupa longuement de sa propre monture une fois dans les écuries de l'Académie et attendit que ses apprentis eussent fait de même pour leur tendre les poignards.

Alors, il écouta, il entendit, il sentit et observa.

Mirage tentait de se glisser dans la peau de l'arbre, lorsqu'elle lançait. C'était une manière comme une autre de procéder, devenir la cible pour appeler la flèche, tout autant qu'être la flèche pour aller jusqu'à la cible. Mais il semblait, dans son attitude, qu'il y avait un peu des deux, ce qui fit simplement hocher la tête au jeune homme. A sa suite, ce fut donc Rilend qui commença à faire ses propres tirs. Elle réussit immédiatement à saisir ce qu'il fallait, sans doute s'était-elle entraînée depuis la dernière fois, à se lancer avec son arme. Et ce fut la même chose pour Miya, qui finit elle aussi par partir, comme pour envoyer une partie d'elle-même dans le tronc, en même temps que le poignard.

Soupirant, Erwan hocha la tête. Puis, il prit à son tour un poignard, et fit appuyer son regard sur ses trois apprenties. Il recula de plusieurs pas, jusqu'à être à une trentaine de mètres de la cible, à savoir toujours cette souche d'arbre. Prenant une longue inspiration, il fit entrer en lui le vent, laissa le temps s'emparer de ses muscles, laissa glisser l'Harmonie dans ses poumons. Les appuis légers, les articulations souples, il leva lentement le poignard jusqu'à sa joue, au dessus de son épaule, et expira. Puis, inspirant encore une fois, il ouvrit alors les yeux et chercha le vent. Le trouva. Chercha le monde. Le trouva. Mais il ne leur demanda rien. Il voulait juste qu'ils sussent qu'il était là. Et alors, dans une expiration, il lança. Son jet fut si rapide que l'on n'entendit que la lame couper l'air, comme s'il avait été du tissus. Il s'enfonça avec un bruit mat dans le tronc d'arbre, entre deux stries de l'écorce rugueuse. Le jeune homme, pendant la seconde et demi où son poignard avait volé, s'était tendu, ses yeux étaient devenus immobiles, fixant son but, fixant son arme. Il s'était confondu avec elle, lui avait instillé l'Harmonie qui l'habitait, et lui avait transmis les amitiés du vent.

Se redressant lentement, allant chercher son poignard, le jeune homme revint pourtant bien vite vers ses trois apprenties pour leur en expliquer un peu plus sur ce qu'il venait de faire, et leur dire ce qu'il avait remarqué durant leurs tirs.


- Vous avez toutes très bien tiré. Chacune d'entre vous a réussi instinctivement à suivre sa lame, et c'était le but de cet exercice. Cependant, suivre sa lame n'est que la première chose à acquérir. Maintenant, vous savez tirer dans les conditions idéales, vraiment idéales : vous ne bougez pas, et votre cible non plus. Et vous n'en êtes pas vraiment éloignées. Il serait donc vraiment judicieux de travailler cela jusqu'à notre prochaine rencontre.

De plus, je vous ai fait une démonstration, et ce n'est pas pour rien. Je ne veux pas que vous vous retrouvez influencées par mes prestations, et c'est d'ailleurs pour cela que je vous ai fait tirer avant de la faire. Vous devez sentir la chose, la vivre totalement. Ce n'était donc finalement qu'une illustration de cette leçons si particulière, qui vous suivra désormais toute votre vie...


Faisant une petite pause, le Maître Marchombre adressa un sourire à ses apprenties, avant de les inviter à le suivre. Alors, il se jugea sur un petit muret, attrapa la corniche du toit des écuries et s'y hissa à la force des poignets. Une fois en haut, il se tourna vers le soleil, au loin, qui se couchait doucement derrière l'horizon de Gwendalavir. L'air était saturé de bonnes ondes, et assez tiède. Le Marchombre sourit, attendit que ses trois apprenties fussent sur le toit à ses côtés, et alors il entama tout naturellement la Gestuelle Marchombre, s'imprégnant de cet instant, et de l'aura de chacune de ses trois apprenties. Elles étaient toutes là, et il espérait qu'elles le resteraient. Jusqu'à la fin de la formation qu'il leur prodiguerait, jusqu'à la fin de leur formation, et jusqu'à leur envol. On ne pouvait s'envoler seul, il fallait quelqu'un qui poussât dans le vide, sinon on n'osait pas faire le grand saut. Il était simplement cette personne-là, semblait-il. Et il en était heureux.

Mais toutes ces réflexions se disséminèrent dans le vent, et dans le ventre de la Terre et du Ciel, emporté par la sérénité joyeuse de la Gestuelle. Le soleil se couchait, et lorsqu'enfin Erwan sentit la Gestuelle s'arrêter d'elle-même, il était déjà caché derrière l'horizon depuis bien longtemps. Soupirant, le Marchombre se tourna alors vers les trois jeunes filles, à ses côtés. Leur adressant un sourire calme et serein, empli de l'horizon, du monde, de Sérénité et de joie, il soupira légèrement avant de prendre la parole. Ses mots se glissèrent dans la légère brise qui s'était levée, et dansèrent sur le même rythme jusqu'aux oreilles des apprenties...


- Ce cours s'achève sur ces quelques notes. Nous nous reverrons prochainement pour le dernier examen que je vous ferai passer seul. N'oubliez pas : Ouverture et Respect.

Leur adressant un dernier sourire, il posa son regard dans chacun de ceux des trois jeunes filles, avant de sauter du toit pour se réceptionner sans encombre en bas, et de filer en courant dans la forêt proche. Il courait, ses muscles saillaient sous sa peau, et le vent venait fouetter son visage et son torse... Un immense sourire s'était hissé sur ses lèvres, et il était juste heureux. Irrémédiablement heureux.





[Vous pouvez répondre une dernière fois. J'essayerai de poster votre prochain examen d'ici ce week-end.]

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Rilend Ansakh
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MessageSujet: Re: Groupe Hezlam - Cours n°3   Sam 03 Avr 2010, 21:18

Lorsqu'elles eurent toutes lancé le poignard, Erwan fit de même. Rilend le regarda, attentive, reculer légèrement et fermer les yeux, respirer profondément, amener le poignard à sa joue en rouvrant les yeux, et...lancer. Pour un peu et si la discrétion n'avait pas été si naturelle chez elle, le Chat de Maraude aurait poussé un cri, de stupeur et d'admiration. Elle se contenta d'avoir le souffle coupé en voyant le poignard voler, rapide frelon d'acier, et Erwan se figer, yeux fixes, si concentré sur le vol de l'objet que plus rien ne semblait exister. Comme s'il était l'arme.

Rilend réalisa qu'elle avait oublié de respirer et prit une grande inspiration au moment où le jeune homme allait chercher le poignard, et lorsqu'il revint vers elles et s'adressa à ses apprenties, elle avait recouvré une contenance bien que ses yeux anthracite, rivés sur le maître, soient éclaircis jusqu'à un gris horizon, bleuté, par l'admiration qui y flamboyait. Nulle envie dans son regard, nulle jalousie devant la performance d'Erwan, juste une admiration renforçant encore le respect qu'elle éprouvait déjà pour le maître marchombre, son maître.

- Vous avez toutes très bien tiré. Chacune d'entre vous a réussi instinctivement à suivre sa lame, et c'était le but de cet exercice. Cependant, suivre sa lame n'est que la première chose à acquérir. Maintenant, vous savez tirer dans les conditions idéales, vraiment idéales : vous ne bougez pas, et votre cible non plus. Et vous n'en êtes pas vraiment éloignées. Il serait donc vraiment judicieux de travailler cela jusqu'à notre prochaine rencontre.

De plus, je vous ai fait une démonstration, et ce n'est pas pour rien. Je ne veux pas que vous vous retrouvez influencées par mes prestations, et c'est d'ailleurs pour cela que je vous ai fait tirer avant de la faire. Vous devez sentir la chose, la vivre totalement. Ce n'était donc finalement qu'une illustration de cette leçons si particulière, qui vous suivra désormais toute votre vie...


Celle qui se faisait nommer Astyr par les inconnus réfléchit, comme elle avait pris l'habitude de le faire, aux paroles d'Erwan. Il avait bien raison: les conditions étaient réellement idéales, et la distance bien faible. Pas vraiment de raisons d'être fière de son tir, avec le recul! Rilend regarda cette lame, encore si étrangère dans sa main, et se promit de continuer à s'entraîner au lancer avec...mais aussi avec Talisman, sa lame, cette arme merveilleusement équilibrée créée par son père, Luthiak, armurier de génie, et dernier souvenir lui restant de cet homme incroyable.

Elle suivit Erwan jusqu'à se hisser sur le toit des écuries. Les bêtes devaient être habituées, car lorsque Rilend, pas aussi souple ni silencieuse que le maître, sentit le bruit lourd de ses pas se répercuter sur les tuiles, les bêtes ne s'agitèrent pas. Elle sourit en imaginant les quatre chevaux occupés à savourer un foin et du grain bien mérités, las, mais goûtant le repos, si délicieux lorsque les muscles sont fatigués.

Lorsque, à côté d'elles trois, le marchombre entama une Gestuelle marchombre, Rilend l'imita sans même y penser, et ses gestes d'abord un peu raides se calquèrent sur le rythme d'Erwan. Elle avait beaucoup pratiqué cette Gestuelle ces derniers temps, seule, avec l'apprenti de Bella dont elle avait fait la connaissance, le dénommé Eindel, ou même en "compagnie" de la panthère. Même le fauve semblait apaisé par ces gestes contrôlés, doux, calmes, mais fluides et libres. A ses débuts, Rilend s'astreignait à effectuer une Gestuelle au réveil et une autre au coucher, sans compter de temps ni de nombre de mouvements, et bien que ceci ne soit pas une corvée, elle s'y prêtait quelque peu à reculons. Mais, au fil du temps et de ses essais, elle s'était prise à apprécier la Gestuelle marchombre et ce qui l'accompagnait, et peu à peu, l'apprentie avait pris plaisir à effectuer ces mouvements, jusqu'à les faire non plus seulement chaque matin et chaque soir, mais lorsqu'elle en avait envie, au cours de la journée, ou lorsqu'elle voulait réfléchir à tête reposée à quelque chose, souvent les paroles de son maître ou de quelqu'un d'autre, bien qu'elle ne fréquentât que peu de personnes. Cependant, elle avait conservé, par plaisir désormais, ses deux Gestuelles, matinale et crépusculaire, ayant remarqué qu'elles lui permettaient de commencer et de finir la journée à tête reposée, paisible, et ouverte.

Sous l'impulsion de ses mouvements lents, elle ferma les yeux, et inspira plus profondément, moins vite. Son rythme cardiaque aussi ralentit, et ses pensées s'espacèrent, non pas qu'elle ne pensât à rien, ce qui était réellement difficile, voire impossible, mais les idées fugaces qui traversaient son esprit se contentaient de filer, sans qu'elle s'y accrochât ou y prêtât attention. Sa concentration était maximale, pourtant l'apprentie ne ressentait nul effort, comme si tout ceci était naturel. Et cela l'était, plus ou moins, devenu. Elle aimait ces gestes lents, doux, calmes, ces gestes qui l'apaisaient tout en chassant ses soucis et lui permettant ensuite de voir le monde avec un cerveau comme neuf, rénové, ces gestes qu'elle effectuait à la fois sans y penser, et en même temps en se concentrant insensiblement dessus.
Paradoxales émotions qui l'envahissaient.

Elle s'éveilla de cette transe dans laquelle la plongeait la Gestuelle,où pourtant, jamais elle n'était plus sensible au monde que durant celle-ci, dans une nuit encore jeune. Erwan leur adressa un sourire rayonnant, non pas un sourire amical ou aimable ou tranquille, mais un sourire qui semblait comme le sourire d'un monde entier. Puis le maître s'adressa à elles une fois de plus:

- Ce cours s'achève sur ces quelques notes. Nous nous reverrons prochainement pour le dernier examen que je vous ferai passer seul. N'oubliez pas : Ouverture et Respect.


Il s'enfuit littéralement, bondissant par-dessus le rebord du toit pour filer se perdre dans la forêt.
Rilend tourna ses yeux noirs vers les deux autres, et, un brin maladroite, lâcha:

"Euh...bonne nuit."


Et, imitant le maître mais en un autre point du toit, elle bondit et se laissa tomber. Sa réception ne fut pas douloureuse, elle avait assez d'expérience des chutes, volontaires ou non, pour atterrir avec la douceur nécessaire, mais un bruit sourd courut sur la terre humide et riche. Le Chat de Maraude se mit en marche d'un pas souple, vers la forêt. Pas vers l'Académie.
A mesure qu'elle approchait des arbres, sa démarche se faisait plus élastique, et même plus sauvage, comme si un obscur instinct de bête sauvage se réveillait en elle et la faisait paraître aussi féline qu'un de ces prédateurs à l'ondoyante fourrure couchée en ondes sur une échine mouvante. Fugitivement, elle songea que les deux apprenties devaient se poser des questions en la voyant ainsi filer, puis sa marche se fit course et Rilend, encore humaine mais la panthère bien éveillée, s'éloigna entre les arbres jusqu'à devenir invisible de la lisière.
Elle s'enfonça dans l'univers sylvestre, goûtant avec une acuité sans cesse renouvelée l'odeur de l'humus, des végétaux, le bruissement des feuilles et le chant des oiseaux nocturnes, les jeux de lumière sur le sol argenté, la fraîcheur de l'air sur sa peau pâle et l'élasticité du sol sous ses pieds.
Les premières étoiles s'allumaient au firmament lorsque le Chat de Mauraude se hissa sur un rocher, masse grise et froide, dure, pour dominer le sol de trois mètres, puis se tendit, droite, bras écartés, vers le ciel, yeux clos, un sourire illuminant un visage trop souvent soucieux, et tendit son esprit vers sa part animale.
Viens. Tu peux venir, courir, filer dans la forêt. Chassons ensembles!
En elle le fauve s'éveilla. Rilend sourit et lui adressa une pensée puissante. Exaltation, exubérance, ivresse étrange que la nuit instillait en elle, impatience de se dépenser, encore et encore. Envie de sauvagerie.
L'humaine lâcha prise; bras écartés, un sourire rayonnant sur un visage apaisé.
Et Rilend devint la Panthère Noire.

Dans la nuit bleutée, sous la clarté féérique de la lune, un fauve, à l'ondoyante fourrure noire couchée sur ses muscles puissants, ouvrit ses yeux gris, goûta avec plaisir l'acuité de ses sens et la puissance de ses muscles, poussa un feulement rauque de sa gueule armée de poignards d'ivoire et, bondissant au bas du rocher, s'enfonça dans la forêt pour une soirée de course et de chasse.

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*Parce que la panthère en toi peut être apprivoisée
Parce que le plus grand des trésors est la liberté.*

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