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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Sam 09 Jan 2010, 19:08

Erwan ne put s'empêcher de sourire lorsqu'il vit la jeune fille mettre d'elle-même sa jument au galop. Au moins, une chose était sûre : elle n'avait plus peur des chevaux, ni de la vitesse qu'ils pouvaient prendre lorsque l'on était sur leur dos. Il avait vu, dans son attitude, et dans ses yeux, cette étincelle s'allumer lorsqu'elle avait apercu Al-Jeit. Et il avait immédiatement compris que ce n'était pas parce que la ville était belle, mais parce qu'elle possédait toute l'enfance de la jeune fille, qu'elle était si attirée par cette dernière. Soupirant, secouant légèrement la tête, le jeune homme lança sa monture au galop pour suivre Inwëlle, mais à distance raisonnable, pour voir ce qu'elle ferait sans la gêner toutefois. Mais l'état secondaire qu'elle avait acquis était tel qu'elle ne sembla même pas le voir la suivre, jusqu'à être dans Al-Jeit.

A l'entrée de la ville, le Marchombre avait laissé Brume à un palefrenier, car il ne tenait pas à se balader dans les rues de cette ville avec son cheval à la main. Mais Inwëlle ne semblait d'ailleurs pas y avoir réfléchi. Soupirant, il suivit l'apprentie un petit moment, alors qu'elle déambulait dans les rues de la ville, complètement déconnectée du monde extérieur. Fronçant les sourcils, Erwan décida d'agir. Se glissant dans la foule sans se faire remarquer, comme il aurait fendu une vague en la comprenant, il s'approcha de la jeune fille et passa à côté d'elle. D'un mouvement d'épaule, il tapa dans le dos de cette dernière, alors qu'elle venait de s'arrêter. Il voulait juste la ramener à la réalité, mais se tenait prêt si elle avait le réflexe de se défendre. Cependant, il en doutait. Il voyait l'effervescence qu'Al-Jeit avait éveillée en elle, et il en fut réellement surpris, sans le montrer pourtant.


- Inwëlle. Tu ne crois pas que Eclipse serait mieux dans une écurie qu'au milieu de toute cette foule ?

En effet, la jument piaffait, et la jeune fille ne s'en était pas rendue compte. Erwan fronça les sourcils. Elle allait les chercher. Les fantômes de son passé. Il aurait voulu l'y conduire, mais malheureusement, il ne savait pas où cela s'était passé. Il faudrait qu'il se fiât à ce qu'il voyait sur Inwëlle. Conduisant la jument dans une écurie proche, il s'approcha d'elle sur le côté, et d'un signe de tête lui demanda de la suivre. Soupirant, il escalada rapidement une façade et courut sur les toits, pour qu'elle se dépensât un peu. Il ne savait pas où il allait, mais il y allait. Et lorsqu'il repéra la rue du Marché, il s'arrêta et attendit de voir si l'apprentie était bien dans son dos...

Tout autour d'eux, les gens couraient, riaient, achetaient et vendaient avec entrain. C'était l'heure de pointe, juste avant midi, et même si le soleil n'était pas au rendez-vous, le marché était la pleine effervescence de la ville. Erwan savait que c'était sans doute là qu'elle avait le plus de chance de rencontrer les garçons avec lesquels elle avait passé son enfance, mais il savait aussi que c'était une étape incontournable : elle avait besoin de cela pour saisir toute l'ampleur de la Voie des Marchombre et de son choix. Cela serait sans doute difficile, mais après tout peut-être que non. Il ne savait pas trop comment interpréter tout cela : Parfois, il était facile de prévoir les réactions de son apprentie. Mais là, c'était différent. C'était différent car il ne l'avait jamais vue dans ces rues, avec ses amis. Il savait que souvent, pour les apprentis, la vie n'était pas facile avant de commencer la formation, et que parfois, lorsqu'ils la retrouvaient, ils avaient du mal à leur faire de réels adieux. Parce que c'est bien beau de le penser, tant que l'on n'est pas mis devant le fait, on ne sait pas comment tout peut se passer...


[Désolé, un peu court, mais comme je ne sais pas comment va réagir Inwëlle ! ^^' ]

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Jeu 14 Jan 2010, 21:27

    Eclipse! Elle esquissa un mouvement vers là où était parti Erwan pour aller rejoindre sa jument, la rassurer, mais Erwan revenait déjà, et partait. Elle devait le suivre. Se frayant un passage dans son esprit embrumé, elle accéléra, grimpa à sa suite, courut légèrement en retrait de lui. Elle avait déjà courut sur ses toits; elle avait courut sur beaucoup de toits, de toutes manières. La tour, là-haut, offrait un chouette point de vue, elle le savait. Celle-là était très facile d'accès, et d'ailleurs, des escaliers menaient à son sommet; mais celle-ci en revanche n'était qu'un pilier auquel on accédait par une passerelle protégée provenant d'une tour réservée à une élite de gens riches; celle-là n'était pas très haute et elle l'avait souvent escaladée, parce que son sommet était sympathique et agréable. Il y en avait tant! Et tant de maisons, aussi, plus ou moins somptueuses... Elles savaient qu'ils couraient actuellement sur les toits d'un quartier modeste, et elle savait aussi qu'ils venaient de s'engager en direction de quelques maisons moins jolies. Et puis, elle l'entendit bien vite, le marché. Elle savait qu'il allait s'arrêtait là, aussi avait-elle ralentit l'allure afin de ne pas se laisser surprendre.

    Son coeur battait à un rythme calme, elle n'était pas essoufflée. La course l'avait, comme d'habitude, apaisée. Elle contemplait avec tranquillité toute cette masse grouillante, là en-bas, qui ne savaient regarder qu'à leur niveau, sans lever les yeux... Quoiqu'à Al-Jeit, les merveilles se trouvaient à tous les étages, et bien souvent, on voyait des voyageurs le nez levé, trébucher et rentrer dans les badauds. Mais les plus hautes tours n'étaient pas situées derrière le Maître et son Apprentie, et ils ne se faisaient donc pas tellement remarquer. Il y avait du monde, beaucoup de monde. Pleins d'étals, aussi, très beaux, merveilleux; mais Wëlle les voyaient depuis son enfance, Wëlle ne s'en rendait plus tellement compte. Elle constata que le marchand à qui elle avait si souvent volé des pommes était toujours là, au bout de la rue, avec sa bedaine et sa figure joviale... Le pauvre! En revanche, celui qui l'avait un jour rattrapée n'était pas présent, du moins pas dans ce secteur. Elle aperçut aussi la Dame aux Oiseaux, et un bon nombre d'autres marchands qui lui étaient familiers. Elle s'autorisa un petit sourire, sachant qu'il n'y avait qu'Erwan qui pouvait la voir.
    Alors, qu'allait-il lui demander? Qu'elle aille voler un truc? Ok, mais elle irait le reposer. Qu'elle saute? L'artère était quand même très, très large... Qu'elle aille dépouiller un brave passant de sa bourse? Qu'elle aille énerver les quelques gardes qui flanaient ça et là? Elle pariait sur une action qui nécessitait une discrétion à toute épreuve.

    Oh, tiens, Olik! Sa bande devait être dans le coin... En cherchant, elle en retrouva quelques-uns dans la foule, qui observaient avec avidité l'étal d'un brave vendeur, ou tentaient de repérer une victime à dépouiller sans trop de difficulté. Elle savait qu'ils allaient l'apercevoir, elle se demandait juste s'ils étaient au courant de ce qu'il s'était passé. Mais, de toute façon, ils avaient remarqué son absence, c'était sur et certain... Et ils la reconnaîtraient à sa chevelure flamboyante. Ils ne tarderaient pas à l'accoster, si elle restait là...
    Et puis, il y avait des petits jeunes qu'elle croyait reconnaître. Etaient-ce eux, ces enfants du voisinnage qu'elle voyait tous les jours? Etaient-ce eux, ces adolescents qui se promenaient maintenant avec leurs amis sur le marché? Elle crut voir aussi quelques étudiants qu'elle avait déjà taquinés ou effrayés, et craignait aussi qu'ils ne la reconnaissent.
    Par contre, elle ne voyait aucun des garçons, mais ça ne la surprenait pas plus que ça la dérangeait. Elle voulait juste éviter les questions des éventuelles connaissances qui pourraient être intriguées par sa présence.


    "Bon, tu m'donnes des instructions? On va pas rester plantés là toute la journée, y en a que je sens qu'ils vont nous emmerder."


[Pas très long non plus Wink]
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Ven 15 Jan 2010, 15:35

Erwan observait son apprentie, ainsi que tout son environnement. A l'approche du Marché, il avait légèrement ralenti, pour voir ce qu'Inwëlle faisait, et pour tenter de deviner à quoi elle pouvait bien penser. Elle était à l'aise, et l'émotion qui l'avait prise avant de rentrer dans Al-Jeit ne semblait plus aussi forte, au point de la faire partir sans équivoque. Tant mieux, devait-il dire, car cela ne lui aurait pas facilité la tâche. Mais elle semblait reconnaître des gens, dans la rue du Marché, et ses yeux s'attardaient sur certaines personnes. D'abord, ce furent des commerçants, des vendeurs, puis des enfants, des adolescents mais plus jeunes qu'elle. Elle ne semblait pas tourneboulée, ce qui tira un léger sourire à son Maître, tandis qu'il soupirait légèrement. Puis, lorsqu'elle se tourna vers lui pour lui demander ce qu'il en était, il éclata de rire, spontanément. Adressant un regard rieur à son apprenti, il lui répondit :

- Joliment formulé, Inwëlle...

Lorsque le rire l'eût quitté, ou plutôt qu'il le stoppa, il se redressa et se glissa dans une rue annexe pour atteindre la grande rue du Marché. Il comptait bien y faire un tour, et en plus si Inwëlle ne voulait pas se faire voir, l'exercice n'en serait que plus intéressant. Désescaladant avec rapidité et fluidité le mur sur lequel ils étaient juchés, il attendit son apprentie dans la ruelle et ferma les yeux un instant, pour analyser tout ce qu'il se passait près d'eux. Il libéra ses sens de jaguar et écouta, sentit, jusqu'au plus profond de lui-même. Il ne semblait pas y avoir de problèmes du côté du Marché, pas de tension dans l'air qui aurait pu gâcher quoi que ce fût. Dans la ruelle, ce n'était que du vide et de l'air. Soupirant, il se tourna vers son apprentie, souriant, et lui expliqua :

- Bon, puisque tu tiens tant à commencer les exercices... Tu vas me suivre dans le marché. Sans te faire remarquer. Sans me perdre de vue.

Ne pas te faire remarquer implique de ne pas attirer l'attention ni de la foule, ni des marchands, ni de ces personnes qui, comme tu dis, viendraient d'embêter...

N'oublie pas que bien souvent, l'ombre ne suffit pas pour ne pas être vu. Lorsqu'elle t'es refusée, choisis la lumière puisque bien souvent être visible est le moyen de ne pas être vu...


Sur ce, il se glissa avec souplesse et innocence entre les personnes qui arpentaient le marché. Il jetait de fréquents coups d'oeil en arrière pour voir si son apprentie le suivait. Mais jamais il ne touchait personne, jamais il n'effleurait personne. On ne le voyait pas, on ne le sentait pas, on ne l'entendait pas, personne ne se doutait un instant de sa présence, et pourtant tout le monde en avait conscience. Il se fondait avec facilité dans la foule, se jouant des courants qui pouvaient l'agiter, comme avec de l'eau, comme avec le vent. Comprendre pour ne faire qu'un. Et il aimait cela.

Il navigua dans les remous de la foule du marché durant une bonne vingtaine de minutes, accélérant de plus en plus pour obliger Inwëlle à faire plusieurs choses en même temps, pour l'obliger à s'ouvrir au monde et à le comprendre pour mieux l'apprivoiser. Elle savait déjà faire cela, elle le faisait avec le vent, avec l'eau. Des éléments naturels. Mais comprendrait-elle que c'était la même chose avec la foule humaine ? Il pensait bien que oui, et sans doute le savait-elle déjà, ayant vécu dans ces foules bien longtemps. Cela n'en irait que plus vite. Mais bientôt, il arriva à la fin du marché et passa dans une ruelle perpendiculaire, vide elle aussi, pour attendre son apprentie.

C'est là que le jaguar dans son ventre le rappela à l'ordre. Non, la ruelle n'était pas vide ! Il y avait quelqu'un ! Mais ses sens d'humains n'étaient pas assez développés pour déceler cette présence, et le jaguar dans son ventre, malgré lui, lui envoya les signaux qu'il recevait. En effet, il y avait bien quelqu'un. Fronçant les sourcils, Erwan s'avança vers l'intérieur de la ruelle tranquillement, sûr de lui. Il connaissait cette présence, ou du moins le jaguar la connaissait. C'était lointain, certes, mais l'animal oubliait bien moins vite que l'humain, et il le savait. Soudain, une ombre bondit au dessus de lui, et Erwan se détendit tout à fait. C'était en effet quelqu'un qu'il connaissait. Pas énormément, certes, mais qu'il connaissait. Souriant, il tourna la tête vers la silhouette qui se profilait dans les ombres des murs.


- Erwan ? C'est toi ?

Il hocha tranquillement la tête, et le visage de la silhouette passa dans un rai de lumière. Des pommettes hautes, un visage fin et plutôt ovale, des lèvres charnues et foncées, de grands yeux d'un violet clair, il n'y avait pas de doutes, c'était bien elle. En plus mûre, certes, mais c'était elle. Lui adressant un sourire avenant, Erwan se retourna lorsqu'il entendit Inwëlle arriver dans la ruelle, même si elle était plutôt discrète. Souriant à son apprentie, il désigna la jeune femme en face de lui et lui présenta :

- Inwëlle, voici Néry. Néry, voici Inwëlle, mon apprentie.

La jeune femme s'avança doucement vers l'apprentie. Ses longs cheveux d'un roux-blond flamboyants accrochèrent la lumière un instant, tandis qu'elle se penchait respectueusement vers l'apprentie.

- Bonjour Inwëlle. Comme te l'a dit Erwan, je suis Inéryla, mais on m'appelle Néry.

Cela fait plaisir de rencontrer des apprentis si aptes à devenir de bons Marchombres. Mon dernier apprenti a versé du côté des Mercenaires, c'est terrible...


Erwan l'observa un instant. Elle n'avait pas l'air si affligé que cela, et il se tendit légèrement, mais ce n'était même pas perceptible par la Marchombre. Jusqu'à ce qu'elle lançât :

- Voici une demi-douzaine de mois qu'il a été tué. Je n'ai donc plus de regret...

La jeune femme s'avança vers le Marchombre et tendit les mains. Erwan les prit sans hésitation. La vague qui déferla sur lui le fit tituber intérieurement, et le félin dans son ventre hérissa le poil pour cracher son mécontentement. Un immense papillon aux mille couleurs s'imposa à son esprit, ce qui le surprit. Levant les yeux vers Inéryla, il comprit. Et lui adressa un sourire.

- Comme quoi, le Rentaï calcule toujours tout...

Soupirant, il détourna la tête et posa ses yeux sur Inwëlle, et d'un signe de la tête, l'invita à le suivre. Néry n'était pas bête, elle sourit et s'effaça tranquillement dans la ruelle pour les laisser seuls. Ce fut l'instant que choisit son esprit pour se demander, même si cela n'avait aucune utilité, à quoi pourrait ressembler la greffe d'Inwëlle. Il ne doutait pas qu'elle l'aurait, pour lui c'était évident. Sauf si elle n'en voulait pas. Mais cela le surprendrait. On ne refuse pas la greffe... Quoique. Il y avait Bella. Il savait que quelque chose de spécial s'était passé entre elle et le Rentaï, sans savoir pourtant ce que c'était exactement.

Prenant une inspiration, il avança dans la ruelle pour atterrir dans une autre rue, plus loin. Devant un magasin. Une bijouterie, pour être plus précis. La porte était fermée à clef, et la serrure était difficile. Personne ne passait pour l'instant dans la rue, et Erwan sourit. Se tournant vers son apprentie, il lui donna la suite des réjouissances :


- Ouvrir cette porte en faisant sauter la serrure peut prendre un certain temps. Le faire sans se faire voir devrait prendre moins de temps, normalement. Nous entrerons juste dans la boutique...

Lui tendant quatre épingles, le Marchombre attendit, tranquillement, en se glissant dans un coin d'ombre, indécelable. Observant son apprentie.

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Lun 18 Jan 2010, 22:09

    Quatre épingles. Ce qui signifiait qu'elle risquait d'en tordre ou d'en casser, donc que le travail serait assez difficile. Lui l'aurait fait en une poignée de secondes, et cette Marchombre, Néry, aussi. Elle avait été très surprise de la voir là, comme ça, et avant d'avoir put comprendre qui elle était, Erwan lui avait déjà parlé. Son apprentie à elle avait versé de l'autre côté, et si elle avait bien compris, ne s'était pas vu accorder la greffe. Elle songeait maintenant à sa fragilité, au début de son enseignement, lorsqu'elle se battait, qu'elle ne savait plus trop où elle était... Et elle l'avait emporté, elle avait vaincu, elle était restée sur la Voie. Mais elle savait désormais combien la tentation pouvait être forte, combien il était aisé de baculer d'un côté ou de l'autre... De si petites différences, et pourtant énormes à la fois... Oui, elle aussi aurait put faire comme cet apprenti infortuné -à ses yeux du moins- mais non, elle savait qu'elle en était capable, elle savait qu'Erwan avait confiance en elle. C'était ce qui l'avait sauvée, et ce qui la sauverait. Erwan...
    Elle était en colère. Il avait donné son nom, son nom complet, et il l'avait fait exprès, elle en était presque sure, parce qu'il savait très bien qu'elle n'aimait pas ça et qu'elle trouvait inutile de donner son nom, surtout à une parfaite inconnue. Elle avait su masquer sa colère, elle était restée impassible, son masque bien en place, et avait attendu; puis elle s'était eclypsée. Typiquement Marchombre... Tel un mirage, ou tel une nappe de brume légère, qui apparaît au détour d'un chemin et peut se dissiper d'un moment à l'autre comme elle peut pour entourer, vous voler vos sens, vous oppresser et vous emprisonner. Mais pas au hasard, évidemment.

    Elle ne savait pas trop si elle saurait reconnaître cette femme à l'avenir; la rencontre avait été si fugace... Elle n'avait pas une très bonne mémoire des visages, et elle n'avait pas cherché à détailler le visage; pas envie de croiser un regard. Elle avait remarqué des cheveux d'un blond-roux plus discrets que les siens, mais c'était à peu près tout.

    Plus discret que les siens...

    ***

    Inwëlle observa Erwan, comment il se comportait... En fait, il se comportait normalement. Il marchait juste, avec sa grace habituelle et sa souplesse naturelle, mais il marchait, et c'était tout. Non, ce n'était pas tout. Il ne touchait personne, n'effleurait aucun des badauds. Et elle avait du mal à le fixer, il semblait comme invisible... Comme si il était confondu dans la foule, dans la masse... Comme s'il n'était qu'un petit filet d'eau dans le fleuve. C'était ça, ça avait l'air d'être ça! Alors pouvait-on se mêler à la foule comme on se mêlait à l'Eau? Surement, parce que c'était ce qu'il faisait, et que ça semblait bigrement efficace. Une bouffée de bonheur lui prit au coeur. Serait-il entrain de lui apporter la clef, ce qu'elle cherchait depuis toujours, à savoir l'invisiblité quasi-totale dans une foule dense comme celle-ci?
    Il commençait à être loin, elle se lança.

    Elle percuta des gens, qui la virent, mais ne grommelèrent pas, parce que c'était habituel. Elle esquiva d'un mouvement d'épaules, puis de hanches. Elle rentrait dans des gens, des fois, mais esquivait aussi. Elle croyait commencer à comprendre. Tout n'était qu'une danse du corps, savoir se mouver, appréhender les gens, être prêt à esquiver un mouvement inattendu... Elle ne progressait pas très vite, cognait encore quelquefois les gens, mais était heureuse comme tout. C'était pas compliquer, c'était comme avec l'Eau et le Vent, c'était de la glisse et du jeu, c'était du bonheur pur. Des gens fixaient encore sa chevelure, mais elle osait espérer qu'un jour elle pourrait passer totalement inaperçue. Elle était très, très contente... Elle voyait Erwan maintenant, parce qu'elle était dans le même esprit que lui. Il était loin; aussi accéléra-t-elle et percuta un jeune garçon qui coupait son chemin. Un regard lui suffit pour comprendre que c'était un de ces visages qu'elle connaissait; et elle vit que lui aussi commençait à établir un rapport. Merde merde merde. Ne pas paniquer. Elle s'appliqua, se fondant dans la foule, prenant garde à ne toucher personne et à englober les courants pour se fondre en eux. Un coup d'oeil vers l'arrière suffit à la rassurer: l'adolescent la cherchait du regard. Il l'avait perdue, et peut-être croirait-il à une hallucination, peut-être penserait-il qu'il avait établi une ressemblance quelconque... Elle redoubla de vigilance, d'autant plus que pour ne pas perdre son maître, elle avait du accélérer l'allure. Elle n'était pas encore complètement dans le truc, quand elle arriva dans la ruelle, mais était rassurée de n'avoir pas éveillé d'attentions mauvaises pour elle, et ravie d'avoir appris cette chose, si magnifique, si importante pour elle.

    ***

    Bordel, c'était bien compliqué. Mais l'avantage, c'était qu'il faisait jour, et qu'elle y voyait donc mieux que lorsqu'elle avait déverouillé sa première serrure. Mais celle-ci était plus complexe, et elle se doutait bien que ce qui se trouvait derrière ces portes valait son pesant d'or. Elle commença le travail, tentant de se frayer un chemin doucement. Elle se rendit hélas vite compte que la rue, sans être un boulevard, était un peu fréquentée, et qu'elle devait faire vite; masquer son attitude n'était pas trop complexe, mais à la longue, ce ne serait pas si simple. Dès qu'il y avait une accalmie, elle en profitait pour y aller plus franchement sans se cacher, et tordit ainsi sa première épingle; mais elle se faufila sans peine jusqu'au point où elle s'était arrêtée, et continua son entreprise, jusqu'à sentir le point qui bloquait, celui qui était mobile. Elle attendit que la femme et son enfant soient passés, et tourna. Il était dur, la serrure devait être ancienne, ça bloquait... Elle poussa encore. Ses mains glissaient, l'épingle allait glisser de ses mains quand... Elle glissa. Wëlle saisit la troisième, sans se décourrager. Mais elle connaissait le fonctionnement de cette serrure, maintenant, et déjoua tous ces micro-embûches assez rapidemment. Elle força, s'y prenant autrement, d'une manière qu'elle savait plus efficace... Et le déclic se produisit.
    Elle retira l'aiguille qu'elle coinça dans un ourlet de sa chemise, s'empara de la dernière et fit de même. On ne savait jamais. Elle avait réussi, mais pas très rapidemment. Au moins ne s'était-elle pas faite remarquer, c'était déjà pas mal, à son échelle. Elle se promit de s'entraîner à forcer à l'avenir toutes les serrures de l'Académie.
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Mar 19 Jan 2010, 09:58

En jettant de fréquents coups d'oeil en arrière, Erwan avait bien vu qu'Inwëlle progressait aussi dans la foule. Moins facilement et spontannément qu'avec l'eau et le vent cependant, mais cela ne le surprit pas : en effet, il savait pertinemment que la jeune fille aurait tout donné pour ne pas se faire remarquer, et le fait que les gens regardassent toujours sa chevelure la perturbait un peu. Néanmoins, elle se débrouillait plutôt pas mal pour une première fois, et commençait à sentir l'énergie de la foule et à l'anticiper lorsqu'il se glissa jusque dans la ruelle où il avait rencontré brièvement Inéryla. Il avait aussi remarqué la tension dans ses muscles lorsqu'il avait prononcé son prénom en entier, mais ne s'en formalisa pas : d'une part, ce n'était pas calculé mais spontanné de sa part, et d'autre part, c'était surtout certainement inconscient, pour faire prendre conscience à la jeune fille qu'un nom n'était rien. Encore plus chez les Marchombres.

Soupirant légèrement, confondu dans une ombre calme et paisible, dans un coin de batisse, le jeune homme regarda son apprentie se débrouiller avec la serrure. Elle ne se faisait pas remarquer, ou en tout cas les passants ne faisaient pas attention à elle. Elle anticipait bien ces derniers, preuve qu'elle avait fait un bon chemin dans le marché quelques minutes auparavant. Elle mit aussi quelques temps à déverrouiller la serrure, mais c'était normal, car cette dernière était bien plus difficile que la précédente. Elle casse deux épingles, et réussit à faire cliqueter le verrou avec une troisième, qu'elle garda. Elle n'avait pas utilisé toutes les épingles, ce qui fit sourire tranquillement Erwan : elle continuait toujours de s'améliorer. Soupirant légèrement, il jeta un coup d'oeil dans la rue pour s'assurer que personne n'était là, et s'approcha de son apprentie pour passer à côté d'elle et franchir discrètement la porte de la bijouterie. Il savait que des gardes n'étaient pas loin, car bien souvent les bijoutiers étaient des personnes qui avaient peur d'un rien.

Souriant seul, il fit entrer Inwëlle après lui et sortit une dernière épingle de son habit pour verrouiller la serrure dans leur dos d'un mouvement du poignet. Se retournant vers l'intérieur du magasin, il le détailla. Quelques rais de lumière passaient sous les volets et à travers des planches, vers l'arrière de la boutique, donnant presque une ambiance sinistre à la pièce. Mais dans les étalages, de magnifiques colliers d'or, perlés d'émeraudes, de saphirs et autre pierres précieuses, trônaient sur de tout autant magnifiques piedestales. Les bijoux renvoyaient des nuances tamisées de couleur sur les murs, ajoutant un ton féérique à la pièce, alors que quelques instants auparavant elle semblait lugubre. D'un geste de la main, il invita Inwëlle à le suivre et se dirigea vers l'arrière-boutique.

Passant derrière le comptoir, il se glissa derrière le rideaux qui séparait la boutique de l'habitation du vendeur et de sa famille et se dirigea vers une fenêtre non loin de là. Ouvrant doucement la fenêtre, jetant un coup d'oeil dehors, il fit passer Inwëlle devant lui.

A peine l'apprentie fut-elle dehors que déjà des exclamations sortirent de la cours. C'était en effet une cours intérieure qu'il y avait là. Et les cris provenaient de deux gardes, tirant un sourire satisfait au Marchombre qui sortit à son tour de la boutique par la fenêtre et adressa un sourire à Inwëlle, l'encourageant par là à mettre ces deux personnes KO avant qu'ils n'appellassent des renforts. Soupirant légèrement, il se cala contre un mur pour observer la suite des évènements.

Les deux gardes étaient grands et baraqués, comme de vrais gardes, et non pas ceux qui rôdaient dans les rues d'Al-Far, Al-Vor et Al-Jeit. Ils portaient chacun une épée à la ceinture, ainsi que deux poignards. Erwan cligna des yeux, avant de s'adresser à son apprentie sur un ton de confidence, de telle sorte à ce que les deux hommes ne pussent l'entendre.


Lorsque vient le moment des décisions, ce qui compte n'est pas ce qui aurait pu être ni ce qui sera peut-être, mais ce qui est. Si les choix du Marchombre découlent du passé et s'ouvrent sur l'avenir, ils sont avant tout en accord avec l'instant présent.

Regarde-les bien, Inwëlle. Dans leur globalité, et pourtant dans les moindres détails. Apprends à voir. Le détail est le raccourci du Marchombre. Celui qui l'entraîne vers des lieux insoupçonnés, lui offre un temps d'avance sur ses adversaires, et, souvent, lui sauve la vie.

Et pas d'arme pour cette fois. Ton corps est avant tout la meilleure des armes.


Lui souriant, il attendit. Tranquille.

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Jeu 21 Jan 2010, 21:37

    Quelle transition... Passer de cet univers, oscillant entre le glauque et le merveilleux, plein d'éclats multicolores et de coins d'ombres impénétrable, avec toute cette poussière en suspension et cette couleur d'or diffuse, passer de cet univers féérique inqiuiétant à... Ca. De la lumière crue, vive, de l'herbe, et murs, des humains. Le monde était décidemment bien étrange. Trève de pensées, elle se mit automatiquement en garde, jetant à ses adversaires un regard rapide, tout en écoutant Erwan. Il étaient grands, musclés, forts, aguerris, rapides, agiles, connaissaient bien leurs armes et savaient se battre, ça crevait les yeux, si bien qu'elle ne s'y attardât pas. Ils avaient des armures épaisses, mais assez bien conçues pour qu'ils puissent se mouver sans trop de gène. Où étaient les failles? Le visage, des endroits du cou, des endroits du ventre protégés simplement de tissu et... Voilà. Elle était déjà entrain de dégager les aiguilles, mais abandonna son entreprise sous les indications de son Maître.

    Chaud.

    Et voilà que le premier avait déjà dégagé un poignard. Une jeune fille comme ça, pas la peine de dégager l'épée pour la mettre hors de combat. Elle eu presque envie de rire, mais préféra garder son masque froid et se mettre en mouvement. Elle glissa sur le côté, et lui frappa dans le creux du cou du tranchant de la main, se voyant obligée se sauter un petit peu pour l'atteindre correctement. Elle s'accroupit dans son élan, pour éviter l'attaque de l'autre, et s'éloigna sur le côté, dans l'herbe du centre, pour avoir le temps d'embrasser l'ensemble de la scène. Le premier avait été déstabilisé, même si elle ne lui avait pas fait de mal (son cou étant protégé) et le deuxième était un peu surprit. Mais ces hommes reprendraient vite leurs esprit.
    Elle balança son pied derrière le genou du deuxième, celui qui était plus jeune. Il fléchit, et elle relança son pied sur son crâne. L'homme fut envoyé en avant, mais ne tomba pas; du même coup, Wëlle constata que leurs casques étaient bien, très bien accrochés, et les protégeaient visiblement bien.

    Elle s'effaça pour esquiver le coup de plus vieux, et attrapa son poignet ganté fermement, tirant pour faire pivoter le gaillard vers elle; mais, bien que surprit, il ne se laissa pas faire et d'un joli revers, saisi son poignet à elle. Danger! Elle balança son poing dans la face de son adversaire qui la lâcha en grognant légèrement. Nouvel écart sur le côté; cette fois, elle ne put éviter une éraflure du poignard du jeune, qui était revenu à l'assaut. Bon. Comme ça, elle n'arriverait pas loin, parce qu'ils avaient de la condition. Alors, elle reparti à l'assaut du plus vieux, et profitant de son élan, elle lui tordit le poignet d'un geste bien net. Il retint un cri, et elle profita de ce qu'il était en position de faiblesse pour encore le frapper du tranchant de la main. En visant entre deux plaques d'acier. Une fois elle frappa, très vivement, et une deuxième fois, elle chercha de son doigt le point sensible, et appuya. L'homme s'écroula. Elle avait peur d'avoir appuyé trop fort mais n'eut pas le temps de s'en inquiéter d'avantage, parce que le plus jeune était sur elle.
    D'un mouvement d'épaule, elle évita la lame, et abatti encore le tranchant de sa main sur le poignet de son adversaire, celui qui tenait l'arme. Sans doute surprit que cette fille à sa merci se rebiffe ainsi, il la lâcha; elle réceptionna, plus par chance que par agilité, et se souvenant au dernier moment des instructions, elle le lança au loin dans la belle pelouse bien entretenue. Sauf qu'il avait déjà saisi l'autre couteau, et l'abattait... Dans le vide.

    Inwëlle avait suivi son bras et plongé en avant. Elle se releva promptement. Elle allait devoir agir très vite, maintenant, parce que le jeune homme en face d'elle savait, il avait vu qu'elle n'était pas qu'une petite voleuse anodine. Déjà, il s'élançait vers elle, avec son épée en plus; déjà, elle bondissait. D'immobilité à mouvement, Marchombre.
    Il ne pouvait pas le prévoir, et tenta bien de l'intercepter en l'empalant sur son épée, mais trop tard. Déjà, elle avait achevé son saut contre lui, lui coupant le souffle, le stoppant dans son élan, et avait écrasé son front contre son nez, qui éclata. Celui-ci ne put retenir un hurlement de douleur. Vite, vite! Elle fouilla dans son cou, et pressa. Pas trop fort; elle le vit perdre connaissance, mais savait qu'il vivait toujours. Pas le temps de le retourner pour éviter qu'il ne se noie dans son sang; le temps pressait. Elle cherchait son Maître du regard.

    Elle pouvait s'estimer heureuse, pensa-t-elle, que ces deux hommes-là soient fiers. Ils s'étaient estimés capables de la terrasser à eux deux, et c'était d'ailleurs tout-à-fait humain, elle ne pouvait les en blâmer; mais ils n'avaient pas voulu appeler du renfort lorsque la situation était devenue critique, tant pis pour eux. Ils auraient put crier de douleur sous ses coups, mais ils s'étaient retenues; il n'y avait pas eu beaucoup de bruit, sauf que le plus jeune avait quand même crié. Les autres allaient arriver, on le soignerait; il ne mourerait pas. Et Erwan pourrait toujours lui dire plus tard si elle avait appuyé trop fort sur le cou du plus vieux, ou pas.

    En attendant, il fallait partir.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Ven 22 Jan 2010, 12:16

Erwan sentait ce que pouvait penser son apprentie. En effet, son corps dégageait encore cela, sans qu'elle ne s'en rendît compte. Il l'avait vue dégainer les auguilles avant qu'il n'eût eu le temps de lui dire qu'il ne fallait pas d'armes. Mais elle les avait tout de suite reposées, remises à leur place, et s'était élancée alors que le premier garde dégainait son poignard.

Le combat ne dura pas vraiment longtemps. Quelques minutes. Mais ces quelques minutes furent bien remplies, de mouvements, de réflexions et pourtant d'instinct. Inwëlle se débrouillait encore mieux. Elle avait simplement paniqué, dans l'auberge, quelques jours plus tôt. Parce qu'il y avait beaucoup de choses qui étaient venues dans le contexte, et qui avait fait que cela s'était passé ainsi. Ils avaient parlé. Cela avait-il fait une différence pour ces combats ? Et si encore, une personne tentait de l'approcher de trop près, serait-elle capable de se battre comme elle était en train de le faire.

Erwan se rendit compte qu'elle était dans le temps. Elle avait compris le temps, elle l'utilisait, et elle percevait ce qu'il fallait percevoir. Elle se fit légèrement erraflée, sur le côté, mais esquiva tous les coups mis à par celui-là. Elle utilisa même les points névralgiques, tirant un sourire satisfait à son Maître. Oui, elle était dans le temps, elle se glissait le long des lames, et surtout elle savait ce qu'elle avait à faire. Le Maître Marchombre était fier, elle avait vraiment progressé. Maintenant, il fallait que cela fût similaire à cela la prochaine fois qu'elle se ferait agresser plus... intimement. Mais en faisant attention, on ne se faisait pas approcher si près, c'était qu'à ce moment-là, elle ne s'était pas ouverte sur le monde.

Les deux gardes étaient maintenant hors de combat. Le plus âgé avait été bien amoché, mais Erwan sentait encore l'étincelle de vie en lui. Le second était aussi inconscient, mais il respirait avec plus de facilité. Lançant un regard à son apprentie, il hocha la tête simplement et leva le menton pour désigner les murs de la cours dans laquelle ils se trouvaient. Ils étaient parfaitement lisses, ou presque, mais permettaient d'accéder aux toits les plus hauts d'Al-Jeit. Désignant donc les murs d'un mouvement de nuque et de regard, il s'élança et sauta.

Sa détente l'emmena à deux mètres cinquante du sol, et il saisit une gouttière, avant de passer sur le mur et de grimper rapidement, avec fluidité, sur le mur pour atteindre le toit, à six mètres du sol. Une fois sur les tuiles, sur lesquelles il se hissa à la force des poignets, il se tourna et attendit que son apprentie l'eût rejoint. Lorsque ce fut le cas, il s'élança sur les toits, à une vitesse vertigineuse, accélérant toujours et passant dans les endroits incongrus. Il savait bien entendu que cela était inutile, dans le sens où les gardes n'auraient jamais de quoi monter sur les toits de la cours, et qu'en plus il n'était même pas certain que les renforts fussent vraiment appelés, mais c'était pour éprouver un peu Inwëlle. Il se déplaça ainsi, le plus vite possible, pendant une bonne vingtaine de minutes, avant de se glisser sur un pont en ficelles et lattes de bois pour se rendre au milieu d'une tour qu'il escalada.

La plus haute tour d'Al-Jeit.

N'attendant plus Inwëlle, jugeant qu'elle devait pouvoir le suivre, il escalada aussi la tour, dont les pierres étaient glissantes, à cause de l'averse de la veille. Il passa par un endroit plus délicat, où la mousse se mettait aussi de la partie, et arriva néanmoins assez rapidement en haut des cent mètres de tour. Soupirant, une fois sur le toit, il attendit cette fois-ci son apprentie, jetant un coup d'oeil par dessus le garde-fou.


- Qu'as-tu à dire maintenant ? Une question quelconque, n'importe quoi, as-tu simplement quelque chose à me demander ?

Lui adressant un léger sourire, le jeune homme s'assit en tailleur sur le sol de pierre humide et froid.
Serein

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Sam 23 Jan 2010, 00:26

    Course folle, tout simplement, une course comme elle les adorait. Après une escalade rapide mais ardue, une course où elle devait donner son maximum. Le maximum de sa vitesse, surtout, pour ne pas se laisser distancer par Erwan; et le maximum de sa condition physique pour sauter, virevolter, esquiver, grimper... Des courses comme elle en menait dans la forêt aux allentours de l'Académie, et comme elle en avait menées dans cette ville même, moins vite évidemment, mais tout aussi dangereuses. Une course où elle pouvait se défouler, vraiment, où elle n'avait pas le temps de penser à autre chose qu'à l'instant présent. Mais une course éreintante, aussi, à force de franchir des ruelles, d'escalader les reliefs des toits et de fléchir ses jambes pour ne pas glisser. Aussi, lorsqu'elle avait gravi quelques mètres de cette tour sur laquelle Erwan l'emmenait, elle comprit que ce serait dur.
    C'était aussi lisse que le premier mur, mais beaucoup plus haut, à vue de nez. Tout ce jouait sur l'adérence du bout de ses doigts... Non, pas lisse, se rendit-elle vite compte: glissante. C'étaient des pierre, bien encastrées, certes, presque sans intersestices, mais quand même des rainures où elle pouvait glisser le bout de ses doigts. C'était physique, et dans les bras, et dans les jambes, puisqu'il n'y avait quasiment pas d'appui. Elle dut se fier entièrement à sa connaissance de l'escalade, pour tout grimper, comme pour passer les pans de mur recouverts de mousse. Elle n'aimait pas ça. Il n'y avait rien. Pas un palpitement, rien. Elle ne s'en était jamais rendu compte, durant tout ce temps qu'elle avait passé dans cette ville... Mais la roche était morte. Ce n'était pas naturel, il n'y avait pas d'histoire, c'était froid, et il n'y avait rien à comprendre du tout. Inwëlle était très déçue, parce que cette tour, immense, n'avait rien d'intéressant, juste sur le côté technique, et encore, c'était si répétitif... Lorsque l'on s'était habitué au rythme monocorde des blocs encastrés, lorsque l'on avait saisi quel était le meilleur appui pour les pieds, et lorsque l'on avait compris dans quelle position les doigts accrochaient-ils le mieux, c'était pareil, toujours pareil; seule la mousse variait un peu, et encore. Elle arriva en haut, pas franchement heureuse, carrément déçue, et ressenti le besoin pressant de s'étirer et de masser ses muscles tous crispés et endoloris.

    Et alors qu'elle embrassait l'horizon du regard, elle chercha les autres tours plus hautes. Et après vérification, constata qu'il n'y en avait pas. Ouah. Elle était montée sur la tour la plus haute sans le savoir. Cette tour que, gamine, elle convoitait mais qui paraissait innaccessible... Ce défi sur lequel les gamins se brisaient le cou, ou au contraire se faisaient une réputation en or... La Tour. Tout autour d'elle, sur la lueur un peu timide du soleil, ces constructions et ces toits luisants d'humidité, ces surfaces lisses comme du verre... Très joli, elle devait bien l'avouer. Très délicat, ces petites passerelles, ces coupoles et ces balcons, ces nuances de couleur à ravir... Certes, certes. Mais mort.

    Elle sut immédiatement quoi dire à Erwan.


    "C'était tout mort, sans v..."

    "Wëlle!"

    Elle se figea. Réagit lentement, se dirigea vcrs le bord, de là où elle était arrivée.

    "Wëlle! Wëlle, j'sais qu'c'est toi! Wëlle!"

    A mi-parcours, progressant lentement, un jeune homme grimpait. Il dérapait, et la tête levée vers elle, ne regardait pas ce qu'il faisait. Inwëlle le reconnut. Immédiatement, parce qu'il n'avait pas changé. Quelques années de plus qu'elle, toujours ces longs cheveux noirs, toujours la même voix...
    Elle recula, et attendit, immobile, debout. Tomberait-il? Parviendrait-il jusqu'en haut? Elle s'en foutait. C'était lui le responsable de tout ce qu'il s'était passé. Il avait joué le rôle d'élément perturbateur. S'en souvenait-il seulement?

    Le temps passait. Combien de temps? C'était pas important. Elle entendit sa respiration, et alors s'avança, se pencha, saisit son poignet robuste et tira d'un mouvement sec, pour l'aider à franchir le dernier mètre. Leste malgré la difficulté de l'ascension, il se redressa vite fait. Non, il n'avait pas changé... Toujours aussi maigre, toujours ces muscles secs, toujours ce visage de voyou, pas beau mais diffusant un charme certain. Toujours vêtu de guenilles.
    Elle ne réagit pas lorsqu'il la prit dans ses bras, réprimant un frisson. Elle était habituée à son contact; pas si violent, mais elle l'avait déjà touché à plusieurs reprises. Il remarqua sa froideur, remarqua qu'elle restait de marbre, remarqua qu'elle n'enlevait pas son masque, et choisit d'ignorer tout cela. Il l'écarta de lui, la tenant fermement par les épaules, ébahi, encore tout étonné, un sourire béat sur les lèvres.


    "Wëlle, Wëlle... Wëlle je... J't'ai vue courir, avant, j'étais sur que c'était toi, ça pouvait que être toi et je... Oh, Wëlle, tu étais passée où? On t'as cherchée... Tes parents étaient inquiets, tous on... Oh là là, Wëlle, c'était affreux... Wëlle, ma p'tite Wëlle t'es... Punaise, t'as changé! T'es... T'es belle, Wëlle, t'es impressionante... Y a un truc pas pareil chez toi je... Oh, Wëlle, Wëlle, Wëlle!"

    Et à nouveau, il la serra dans ses bras tandis qu'elle restait de marbre. Lorsqu'il rompit son étreinte, elle se mit à parler, d'une voix froide, monocorde, sans aucune intonation particulière, qui déstabilisa le jeune homme.

    "Mes parents?"

    "Ils sont partis... Un peu après... Accompagner Juirël... Je... Désolé Wëlle, désolé, ils ont dit qu'ils savaient pas trop, au Nord je crois, ils voulaient pas habiter en ville, je sais pas du tout où ils sont, je..."

    "Juirël?"

    "Oh, Jui'... Il... Ce qu'il s'est passé ça a réveillé le traumatisme, tu sais... Le choc, surement... Il supportait plus de voir un homme... Il paniquait et tout... C'était comme si il revenait dans la ruelle, tu sais... Et il y allait parfois, et... Enfin, il pouvait plus rester à Al-Jeit, tu vois? Et tes parents ils savaient que c'était un ami à toi, et qu'il était orphelin, alors ils ont choisi de l'emmener... Ils ont dit qu'ils allaient l'emmener chez des rêveurs, tu vois? Là-bas, les hommes ils ont rien du tout des ivrognes d'ici, il paraît, et ils pensaient qu'y avait une chance que ces mecs puissent l'aider à aller mieux et tout... Et puis quelques mois après, j'ai eu des échos, y a eu des messages, comme quoi que Jui' allait mieux, beaucoup mieux, et qu'il allait rester là-bas, chez les Rêveurs, qu'il y était bien, disaient les gens... Enfin voilà qu..."

    "Toi?"

    Il blêmit. Il se souvenait, en déduit-elle.

    "Je... Désolé, désolé, désolé! Je me rappelle plus bien les jours après... Je sais plus trop... J'crois que j'voulais mourir, j'crois que j'savais pourquoi... Comment... L'Accident je... Désolé Wëlle, désolé! J'voulais pas que..."

    "Pleure pas et raconte."

    "Je.. Je... La bande s'est séparée, tu t'en doutes non? Sans se parler, ni rien, séparés. J'ai été dans plusieurs groupes, un peu en solo, des fois... La vie des rues, Wëlle. Mes parents veulent plus d'moi, ça fait longtemps. La vie des rues pour toujours... Mais j'aime assez. J'suis libre au moins. En danger, mais libre, pas comme Lehui! Je..."

    "Lehui?"

    "Ah oui, Lehui... L'est rentré chez lui après... Après ça. Si je crois qu'il est un peu resté avec moi au début, j'm'en rappelle plus trop bien j'te dis. Mais après, il est rentré... Tu t'rappelles quand Lehui nous faisait des tour avec des flammes? Quand il Dessinait des trucs... Moi j'arrive aussi un peu, mais juste du feu, quand ça caille la nuit, c'est pra..."

    "Lehui."

    "Oui, désolé Wëlle, désolé je... Lehui. Ben chez lui, tout seul, triste, il a Dessiné, je l'sais, c'est lui qui me l'a dit. Et il Dessinait de mieux en mieux, tu vois? Et puis ses parents aussi ils savent un peu faire ça, alors ils lui ont appris des trucs, et après, ils ont engagé un étudiant pour qu'il vienne apprendre à Lehui... Et Lehui apprenait vachement vite et tout, alors il s'est fait accepter dans l'école là, tu sais, celle où y avait plein de gens bien, des jeunes toujours bien habillés et tout... Bah ouais, il est allé là-bas. Je le voyais plus, le soir il rentrait avec ses nouveaux amis, tous des plus jeunes, je voulais pas aller le voir quand eux ils étaient là... Alors un jour, j'ai été dans le parc là, de l'école, et j'ai été me planquer dans un arbre pour guetter Lehui. Et j'l'ai vu rentrer dans l'bâtiment, seul pour une fois, alors j'ai courru, je l'ai suivi et tout, mais j'ai pas put aller loin, j'me suis vite retrouvé dehors..."

    Il grimaça.

    "Et Lehui il avait l'air trop gêné que j'montre que j'le connaissais et tout... Ok Lehui, ok, que je me suis dit. On est plus dans le même monde maintenant. Et voilà, j'ai plus trop cherché à le revoir, et lui non plus. J'suis le survivant, Wëlle..."

    "Nan. T'es pas le survivant, t'es juste le seul qui ait pas changé."

    "Mais c'pas ma faute j'te dis! Y a que ça que j'aime, y a que..."

    "Je sais."

    "Je... Ok je... Et toi? T'as été où, Wëlle? Tu... Tu m'as trop manqué..."

    Et de nouveau, il la prit dans ses bras, l'enserrant de toutes ses forces. Sauf que cette fois, elle se détendit, et lui rendit son étreinte, son visage plaqué contre son épaule.

    "J'ai été dans un endroit... J'ai découvert quelqu'un qui m'a sauvée. J'ai trouvé mon chemin. Ma Voie."

    Elle resta blottie dans ces bras puissants quelques minutes, savourant le plaisir de le retrouver, de se sentir entre des bras protecteurs, des bras qu'elle connaissait, qui l'avaient déjà portée, et ses mains qui l'avaient déjà empoignée, tirée, rattrapée, sauvée, soignée... Oh, comme c'était agréable! Mais elle s'écarta quand même, contemplant ce visage encore un peu choqué, encore un peu sonné, tendre, avec toujours cette expression enfantine... Et, comme un cadeau, elle baissa le masque, et plongea ses yeux couleur terre dans ceux sombre de Willy.

    "Oh, Wëlle, Wëlle, Wëlle, je suis vraiment vraiment désolé pour... Pour la mort de..."

    Crac. Surprit, Willy se retrouva à genoux, les mains sur le visage. Inwëlle avait balancé son poing de toute sa force, d'une trajectoire bien droite, bien nette. Ecrasé sur la pomette, parce qu'elle ne voulait pas lui briser de dents, ni lui casser le nez. Il aurait juste un bon gros bleu. Et puis mal à la mâchoire, parce qu'elle frappa une deuxième fois, un crochet cette fois. Il n'y comprenait plus rien, ça se voyait à son air hagard. Et puis, elle avait replacé le masque.

    "J'en avais besoin."

    Elle se retourna vers son Maître.

    "Ca m'tente pas, les discussions intimes pas intimes. Ah et Willy, bravo pour l'escalade, hein. Bon alors, on y va nous?"

    "Mais tu peux pas..."

    Complètement déboussolé, il ne savait plus où donner de la tête. Il voulait retenir Wëlle, mais il voulait aussi la questionner, et surtout, cet homme-là, c'était qui? Il ne l'avait même pas tellement remarqué, concentré sur la rouquine... Il leva les yeux vers lui, le détailla rapidemment. Waw. Et il sentit, il sentit que ce qui se dégageait de Wëlle, c'était...

    "Si j'peux partir. Y a plein de possibilités de partout, j'ai plein de possibilités. Dont celle-là."
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Sam 23 Jan 2010, 12:43

Quelqu'un suivait Inwëlle. Une présence un peu bourrue, mais leste, quelque chose de souple et pourtant de si... rigide. Oui, Erwan l'avait sentie, cette présence, et l'envie qu'elle avait de vouloir rejoindre son apprentie. Pourtant, Inwëlle semblait ne pas l'avoir sentie, ce qui était étrange en soi. Fronçant légèrement les sourcils, le Marchombre écouta pourtant ce qu'elle avait à lui dire. C'était mort... Et là, la présence se fit plus forte, et s'imposa en parlant.

Wëlle. Déjà. Erwan comprit bien vite, lorsqu'il vit son apprentie s'appliquer à mettre et renforcer le masque sur son visage. Elle l'attendit, avant de l'aider à monter le dernier mètre en lui tendant un bras. Et là, à la plus grande surprise du Maître Marchombre, bien que cela aurait dû être prévisible, un flot de paroles sortit de l'être qui était là. Le contact qu'il avait établi avec la jeune fille tira presque un frisson au Maître Marchombre, qui s'effaça dans l'air, en haut de la tour, là où pourtant rien n'aurait dû le cacher. Il observa. Ce que faisait ce garçon, les réactions d'Inwëlle. D'après ce qu'il pu entendre, il en appris un peu plus sur le passé d'Inwëlle.

Elle avait fait partie d'une bande. Sans doute ces bandes de jeunes voyous que l'on pouvait trouver dans toutes les grandes villes. Il... Il repensa à Cette personne, à laquelle Inwëlle mettait toujours une majuscule quand elle en parlait, avec ses yeux, malgré elle sans doute, même. Il se souvint même de la première conversation qu'il avait eue avec la jeune fille, sur le bord du Lac, et lorsqu'elle avait demandé si c'était bien de tuer. Il haussa les sourcils, pourtant invisible. Mais la jeune apprentie restait en quelque sorte fidèle à elle-même... Mais plus avant. Ou alors, peut-être n'était-ce qu'avec lui qu'elle s'ouvrait plus. Mais non, il ne pensait pas. C'était surtout qu'Inwëlle choisissait les personnes auxquelles elle s'ouvrait, et qu'elle le faisait soigneusement. Soupirant légèrement, il remarqua l'embarras du garçon, en parlant de la bande qui s'était séparée, dissoute. Puis l'embarras qu'il avait à parler de lui, et des autres. Comme si, quelque part, il avait peur d'Inwëlle...


*
Offre ton identité.
Erwan Narcos

Ton âge.
17 ans

Offre le nom de ton Maître.
Ysidrah Loima

Qu' y a-t-il au sommet de la montage ?
La Lune

Pourquoi cours-tu ?
Pour avancer sur ma Voie

Es-tu étoile ou soleil ?
Aucun

Es-tu étoile ou soleil ?
Les deux

Où va la rivière ?
Dire bonjour au matin

A qui la nuit fait-elle peur ?
A ceux dont le doute ne pousse plus vers l'avant

Combien d'hommes as-tu déjà tué ?
Deux

Es-tu vent ou nuage ?
Je suis moi.

Méritaient-il la mort ?
La mort ne se mérite pas.

Es-tu ombre ou lumière ?
Je suis moi.

Où se trouve la voie du marchombre ?
Partout, et en nous.

Que devient une larme qui se brise ?
L'engrai de la joie de demain

Combien possèdes-tu de Maîtres-mots ?
Six, pour l'instant.

Offre-les-moi.
Harmonie, ouverture, plénitude, équilibre, respect et coeur.

Le tigre et l'homme se disputent un territoire qui a raison ?
Le tigre

Pourquoi le tigre ?
Parce qu'il connaît la terre et vit en elle.

Et toi ?
Homme et jaguar. Vent et terre. Eau et feu...

Six mots... Choisis-en un.
Marchombre


Le silence tombe dans la salle, la salle du Conseil. Silence approbation. Des sourires sur les visages. Un conseil en pleine santé, encore, à ce moment-là, vivait dans les entrailles d'Al-Jeit. Un conseil qui se consume pourtant avec le temps. Et dans l'ombre, sur l'esplanade, une femme d'une taille normale, dans une longue toge, avec des yeux pâles... Ancienne membre du conseil. Ce n'est pas elle qui a posé les questions, mais elle est venue. Un immense sourire dans le plus profond de ses yeux.

- Sois le bienvenue, Erwan. Puisse-tu longtemps arpenter la Voie des Marchombres.
*


Erwan revint à la réalité. Il était à Al-Jeit, après tout. Passer dans la salle du conseil pourrait être une bonne idée... Non ?

Non...

Le vent est venu le chercher. Lui parler. Non. Pas le conseil. C'était clair et net, bien étrange pour le vent, cet être fait de rêve et de poésie... Mais Erwan lui faisait confiance. Sans doute le conseil s'était-il délié, et n'avait plus cette prestance, présence et qualification d'autrefois...

Se tournant alors vers Inwëlle, parce qu'elle parla de lui, même implicitement, il se laissa redevenir visible par le garçon. Hochant simplement la tête, il eut un sourire énigmatique à l'adresse du jeune homme et lança un regard pénétrant à Inwëlle, dont le masque tombé s'était remis en place désormais. Soupirant légèrement, il s'avança vers le garçon, et s'adressa à lui, d'une voix douce et que le vent nicha jusqu'à ses oreilles :


- La liberté se mérite. Elle ne se fuit pas.

Se redressant légèrement, il fit un signe de tête à Inwëlle. Il se dirigea vers le bord de la tour et lui adressa un léger sourire, désignant la parois lisse et glissante. Puis, il s'y coula, descendant rapidement. La descente était plus difficile que la montée, bien souvent, car il fallait savoir équilibrer les choses. Ne pas aller trop vite, et ne pas lâcher prise. Mais Erwan avait envie de sentir l'adrénaline dans ses veines. Pourtant, il attendit qu'Inwëlle passât par dessus le garde-fou de la tour et commençât à redescendre pour continuer. Lorsqu'elle passa à côté de lui, il lui murmura :

- Mort... Es-tu sûre ? Ne sens-tu pas que c'est simplement un autre type d'énergie ? A toi de t'ouvrir entièrement. En plus, tu ne l'avais même pas entendu arriver, même pas senti arriver... Pourtant, il était repérable. Tu t'acharnes à vouloir ressentir une chose précise avec les pierres. Mais chaque mur est différent, chaque escalade apporte quelque chose de différent, une énergie qu'il faut savoir prendre comme elle est et non pas identifier par rapport à ce que l'on connaît...

Puis, il se glissa jusqu'au bas de la tour, agrippant à peine les prises, juste pour sentir l'ivresse de la vitesse et l'adrénaline grimper dans ses veines. A deux mètres du sol, il lâcha prise et se coula simplement sur le sol, sans choc, et attendit son apprentie.

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Mar 26 Jan 2010, 22:01

    Punaise. Un de ces mecs qu'il avait appris à ne pas chercher. Immense, fort, souple, un de ceux qui vous terrassait nimporte qui en moins de deux. Et il s'approchait... Merde alors. Qu'est-qu'il avait dit? Il avait parlé, au moins? Oui, c'était lui qui avait parlé, il avait vu ses lèvres s'agiter et... Il avait rien compris. C'était quoi cette histoire de liberté? Il se remémora les paroles, les sentait se frayer un chemin en lui et... Inwëlle s'approcha. La vue de son amie rousse lui rappela qu'il avait mal, et il se mit à frotter sa mâchoire mal rasée. Elle avait de nouveau cet air froid, insensible, complètement fermée, la Wëlle...

    "Je reviendrai."

    Il ouvrit la bouche. D'où elle sortait?! Il avait plein de questions à lui poser, déjà! Elle s'était imposée et il avait rien vu venir! Elle n'allait pas partir, non non non, pas avant de lui avoir tout expliqué, où elle était allée, où elle était restée, avec qui, qui était cet homme, et pourquoi ils étaient ici, et qui était son sauveur, c'était quoi cette "voie" et d'ailleurs, depuis quand elle arrivait à le frapper, et depuis quand elle escaladait si bien? Il allait se lever d'un bond, et d'ailleurs, il se leva d'un bond pour lui saisir le poignet, parce qu'il l'avait bien vue tourner le dos et... Et merde. Il se pencha par dessus le garde-fou et ne vit que sa crinière rousse qui descendait, vite. Il se trouvait bien mou et lourdeau, tout-à-coup... Il ne savait plus trop quoi faire, il était complètement sonné. Non mais d'où elle sortait? Il avait rêvé en fait, nan? Nan. Il la voyait, là, désescaladant sous ses yeux.
    Il soupira, et sourit. Il était content de l'avoir revu, et même content qu'elle l'ait frappé, parce que ça, c'était bien réel. Il était content aussi parce qu'il allait accrocher un bout de tissu là-haut, et que les autres verraient qu'il avait grimpé la Tour, et qu'il n'aurait pas trop de problème pour subvenir à ses besoins au cours des prochains temps. Il sourit jusqu'à ce qu'il se rappelat qu'une désescalade, c'était bougrement plus difficile qu'une escalade, tout en sachant qu'il avait eu du mal pour grimper jusque là... Et merde.

    *

    Oui, maintenant qu'elle s'y ouvrait un peu plus, c'était vrai qu'elle sentait bien quelque chose. Un truc palpitant, différent des autres roches... Comme un... Pouvoir, un truc qui semblait indestructible. Elle le sentit, ce qu'elle grimpait était indestructible. Eternel... Elle n'aimait pas l'éternité, elle trouvait que les choses avaient moins de valeur, que l'on savait bien mieux les apprécier si on savait qu'elles allaient mourir. Elle en tout cas. Mais qu'importe, ce n'était pas tant son avis qui comptait; juste qu'il y avait bien quelque chose, une chose à comprendre, à assimiler. Elle savait qu'Al-Jeit était en grande partie l'oeuvre de Dessinateurs, mais ne savait pas vraiment en quoi consistait ce pouvoir, profondément. Oh et puis, ce n'était pas nécessaire. Juste savoir que... Cette Tour n'était pas naturelle, mais qu'elle aidait humide de la vraie pluie, et que la vraie mousse s'accrochait à sa surface. Elle n'était pas naturelle, et était éternelle. Elle, Inwëlle, n'était rien sur cet édifice, et aucune prise ne se déroberait sous son poids, ses ongles n'érafleraient pas sa surface lisse. Mais ça lui suffisait pour la comprendre; sa formation Marchombre fit le reste, et, doucement, elle s'accomoda à ce contact qu'elle avait trouvé si détestable. Elle était plus assurée, se sentait moins en danger, et accéléra même un peu l'allure; de seconde en seconde, elle sentait plus ce qu'il y avait autour, les souffles légers de vent qui la caressaient, Erwan qui descendait... Oui, là, ouverte, elle l'aurait sans doute senti, son ancien ami, une présence si forte dans sa mémoire...

    Elle tomba au sol aussi, se laissant glisser contre le mur dès qu'elle put le faire sans craindre de se faire mal à l'arrivée.

    Alors, elle put se déconcentrer, ne plus prêter de l'attention qu'à sa désescalade, et put se laisser aller à réfléchir. Elle avait souhaité revoir ses parents; ce ne serait pas possible. Ils étaient partis, ils avaient été tristes de sa disparition... Elle ne l'avait pas imaginé. Elle ne les avait même pas imaginé comme des êtres humains capables d'éprouver des sentiments... C'était des parents, qui l'avaient choyée petite, et qui avaient ensuite servi à lui faire à manger, à lui procurer des vêtements, un lit, un bain, le nécessaire vital... Des gens pour qui elle n'était rien du tout, pensait-elle, qu'un truc sur lequel on pouvait crier dessus des fois, et qu'on essayait de façonner à sa guise... Mais elle s'était plantée. Sans doute ses parents avaient-ils été longtemps tristes de voir leur vagabonde de fille leur échapper, et ne plus leur témoigner la moindre tendresse... Elle s'en voulait. Elle avait la chance d'avoir des parents, et elle n'en avait pas joui.
    Que s'était-il passé? Ses parents avaient jeté leur dévolu sur son ami, Juïrel, ils avaient choisi de l'aider, parce qu'il était lié à leur fille, à leur fille qui était partie, comme ça... Et eux aussi étaient partis, pour être proches du jeune homme, ou pour fuir les souvenirs? Un peu des deux? Elle voyait les choses à peu près comme ça. Mais elle était assez contente, après tout, parce que le jeune Juïrel se remettait, elle en était certaine, et qu'il était sorti de la merde, qu'il ne connaîtrait plus la rue, d'après ce qu'elle avait entendu, et d'après ce qu'elle savait de lui. Un petit frippon qui aimait à se chamailler, mais qui appréciait moins l'action que d'autres, même si les courses sur les toits et les combats de rue ne le dérangeaient pas, et qu'il les appréciait, même. Mais doux, c'était clair, et elle n'avait aucun problème à se l'imaginer parmis d'autres hommes, à soigner, aussi parce que c'était lui, qui, le plus souvent, avait pansé les plaies de la bande. Elle pensait qu'il avait trouvé sa Voie, et l'espérait sincèrement. Elle était un peu jalouse, dans le fond, parce qu'elle craignait qu'il ne la remplace dans le coeur de ses parents, mais elle était avant tout heureuse pour lui, et se promit d'aller leur rendre visite, dès que possible. Dès qu'elle se sentirait prête.

    Un goût amer se logea dans sa bouche quand elle pensa à Lehui. Toujours gentil, il se servait de sa bouille d'ange comme d'une arme pour survivre dans la rue, pour aider la bande... Toujours avec eux, et maintenant... Maintenant, si elle en croyait les dires de Willy, maintenant il ne désirait plus assumer ses liens avec les gosses des rues. Il avait trouvé sa Voie, lui aussi, une Voie qu'elle n'appréciait guère, certes, mais il avait aussi échappé à la misère des ruelles d'Al-Jeit. Mais elle n'était pas heureuse pour lui, parce qu'elle croyait Willy, parce qu'elle savait qu'il n'avait pas menti, qu'il n'aurait pas pu mentir dans ces conditions. Elle était dégoûtée, parce que si elle pensait que Lehui aurait put abandonner sans regret la rue, elle ne pensait pas qu'il aurait put carrément tirer un trait sur ses amis... Et elle espérait qu'il se ramasserait, qu'il échouerait, pour qu'il se rende un peu compte que eux, les anciens, existaient toujours. Elle aimerait bien aller le voir, pour lui ouvrir un peu les yeux, mais ne pensait pas le faire aujourd'hui.

    Elle avait déjà vu Willy. Fidèle à lui-même... Un gars qui aimait la violence et qui aimait la vie des rues, le danger, qui aimait l'idée de ne reposer que sur lui-même pour subsister... Un gars gentil, dans le fond, pas bête, qui aurait put avoir un niveau honnête à l'école, mais qui n'aimait pas ça. Il se servait des femmes aussi, elle le savait, déjà avant l'Accident il recourrait à son charme naturel pour récolter un peu d'argent, de la nourriture, voir une nuit de plaisir dans un lit douillet. Il savait se débrouiller, mais restait cantonné à Al-Jeit, et c'était tout. Il ne voulait pas partir, et ne le pourrait pas, parce qu'il serait perdu, dans une autre ville, et que sans le sou, il ne survivrait pas bien longtemps. Il était là, à vie dans Al-Jeit, se sentant heureux, ignorant tout des multitudes d'existences possibles... Pour eux, pour tous ces gamins livraient à eux-même, il y avait les gens qu'ils voyaient, les modestes et les riches, qui passaient leur jeunesse à étudier assis coincés sur des bancs, et puis qui travaillaient, toujours la même chose de jour en jour, avec des rêgles imposées... Et puis il y avait eux, libres, et leur vie pleine d'action. C'était ce qu'ils imaginaient, et personne ne les contredisait, parce que personne ne les écoutait.

    Tous ces gens, tous ces visiteurs, ces touristes qui venaient admirer tours, coupoles et passerelles...


    "Les gens savent pas. Les gens voient que Al-Jeit, la magnifique Al-Jeit, la plus belle de toutes les villes... Rien que la... Beauté, et puis les beaux gardes tout brillants, et puis l'empereur, et tous les gens bien habillés dans les belles maisons... Et les gens, ils voient des fois des trucs, des... Insectes, qui les embêtent, et ils se disent que qu'est-ce qu'ils sont embêtant et que c'est embêtant... Mais après ils voient que Al-Jeit la belle, et ils oublient, et ils savent pas toute la... Toute la pauvreté, tous les gosses! Et puis si y a quelqu'un qui veut les approcher pour... Pour les aider, les gosses ils s'enfuient, parce que les gosses ils sont habitués à s'faire poursuivre et s'faire insulter, et qu'ils croient que tous les gens ils les regardent comme des tâches dégeulasses, alors les jeunes qui vivent dans la rue, ils restent entre eux, et eux, là, y a que le marché qui existent, et on leur dit pas, personne dit aux touristes qu'il y a autr' chose que c'qu'ils voient! Et puis t'façon les gens veulent pas voir."

    Elle fulminait. Les dents serrées, livide, elle vait les poings crispés. Elle en voulait à ces gosses de s'être enfermés sur leurs conviction, elle en voulait aux touristes d'ignorait ce qu'ils voyaient, quand ils le voyaient, elle leur en voulait à ces visiteurs de ne pas chercher plus loin que le bout de leur nez, et elle en voulait aux habitants d'Al-Jeit de cacher tout ça... Elle en voulait à la société entière.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Mer 27 Jan 2010, 12:04

Erwan se doutait que le garçon ne comprendrait pas ce qu'il dirait. Mais il avait espéré. Tout un chacun a sa Voie, et chaque Voie est différente de toutes les autres. C'était ainsi, c'était normal, car tout le monde est différent. Il aurait voulu l'aider, lui montrer les choses, mais ce n'était pas possible. Déjà, il y avait Inwëlle. Et ensuite, il le sentait trop rigide, trop cantonné à ses idées, trop bien dans un confort qui était pourtant moindre, de sa vie. Il ne pouvait pas prendre les courbes. Cela se sentait. Alors qu'Inwëlle, si elle était rigide, au début, elle avait eu assez de souplesse pour prendre la première courbe qu'il lui avait imposée, lors de leur première rencontre. C'était cela la différence. Il la sentait, en lui, et le vent la lui soufflait, tranquille. C'était bien étrange, mais c'était ainsi.

Puis, il entendit son apprentie dire qu'elle reviendrait, et il sourit, sur la paroi, en l'attendant. Et lorsqu'ils commencèrent tous les deux leur désescalade, il vit que la jeune fille s'était ouverte et sentait l'énergie différente de cette roche. Une roche façonnée par l'homme, et complètement immergée dans un autre pouvoir, mais de la roche quand même, avec une âme, même éternelle. Il la voyait, ouverte, et le sentait, sous ses doigts. Arrivé en bas, il ne put qu'attendre que la jeune fille tarît son flot de paroles, contre les gens, contre ses amis, contre elle-même, contre le monde, contre Al-Jeit. Beaucoup de rancoeur, c'était certain, et il ne pouvait en douter. Elle était juste dégoûtée. Erwan s'approcha d'elle et la prit par l'épaule, la serrant brièvement. Puis, il désigna les rues, et les potentielles personnes qui pouvaient s'y balader...


- Les gens ne voient que ce qu'ils veulent voir, Inwëlle. Chacun a sa Voie, et si cela ne plaît pas aux autres, ce n'est pas la faute de ces derniers, ni de sa propre faute. C'est ainsi, simplement. Nous sommes tous différents, nous assimilons le monde autour de nous différemment, suivant notre expérience, notre caractère.

Parfois nous sommes déçus par les autres. C'est juste que nous avons oublié quelque chose d'essentiel...

Chacun est comme il est, lutte comme il peut contre ses hantises. Tu as un masque. J'ai le jaguar. D'autres ont la haine, ou se voilent du passé. C'est ainsi, chacun sa défense. En vouloir aux autres, c'est simplement ne pas comprendre, c'est simplement ne pas accepter que nous sommes tous différents.


Soupirant légèrement, le Maître Marchombre invita son apprentie à le suivre, dans les ruelles. Il marchait simplement, cette fois-ci, pour lui laisser le loisir de réfléchir correctement et de l'interroger si elle le souhaitait, ou simplement donner son opinion, dire ce qu'elle pensait. Ils marchèrent ainsi un bon moment, et le soleil commença à se coucher lorsqu'ils sortirent de la ville. Ils étaient passés chercher Eclipse, la jument d'Inwëlle, et sortaient tranquillement d'Al-Jeit.

Erwan avait su qu'il fallait qu'il emmènât Inwëlle à Al-Jeit. Un instinct, sans doute. Il savait que c'était par là qu'elle avait grandi, et que son passé y était. Elle ne devait pas le regretter, si elle voulait avancer. Pourtant, il venait de le dire lui-même, chacun avait sa défense. Mais tout le monde devait passer outre sa défense pour réellement avancer. Et cela, peu de gens le comprenaient, malheureusement. Soupirant seul, Erwan prit la bride de Brume et s'installa sur son dos, le mettant au petit galop pour rejoindre le pied de l'Arche. Mais cette fois-ci, il ne passa pas par dessus, mais la longea, et longea le Pollimage.

Il remit les chevaux au petit trot, pour améliorer l'endurance de la jument de son apprentie, et ils continuèrent ainsi jusqu'à ce que le soleil disparût totalement à l'horizon. Lorsque ses derniers rayons se rétractèrent derrière les montages, Erwan s'arrêta plus loin de la rive du Pollimage et fit un campement rudimentaire pour la nuit. Il fit un peu de feu, et donna de la viande séchée, encore, à Inwëlle. Les chevaux furent désharnachés un peu plus loin.

Lorsqu'ils eurent terminé de manger, Erwan se leva et tendit un bâton de bois à Inwëlle. Puis, il sortit un ruban et l'attacha à sa propre taille. Lui adressant un sourire, il lui annonça la couleur de l'exercice :


- Avec le bâton, tu dois réussir à dénouer le ruban de ma taille. On ira se coucher que lorsque tu auras réussi.

Le ruban était noué de telle sorte que si elle passait le bâton dans la boucle, il se dénouerait facilement de la taille d'Erwan. Se dernier se mit en garde, attendant les mouvements de son apprentie.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Jeu 28 Jan 2010, 21:32

    Inwëlle s'était calmée, suite aux paroles d'Erwan, qui avaient un peu clarifié ses pensées. Elle savait qu'elle ne se débarasserait pas comme ça d'un claquement de doigt de sa haine et de sa rancoeur, mais elle se savait sur la bonne voie, et elle avait franchi un cap important. Dans la rue, même si Erwan marchait normalement, elle essaya de s'effacer, parce qu'elle avait peur de croiser des indésirables, parce qu'elle n'avait pas envie que l'on se retourne sur son passage, et parce que c'était une bonne occasion de s'entraîner. Elle pensait que quelques personnes l'avaient remarquées, mais ces gens sans doute s'étaient-ils cru sujets à une hallucination, et ne devaient pas trop croire au retour de cette fille qui s'était envolée il y avait de nombreux mois du jour au lendemain, sans laisser de traces.
    Aucun ne se lança à sa poursuite, aucun ne l'interpela, et c'était mieux ainsi. Durant cette promenade, elle réfléchit posémment à diverses choses, laissant les souvenirs envahir son esprit. A plusieurs reprises, elle ouvrit la bouche, pour dire quelque chose, puis se ravisa, jugeant que c'était inutile, ou bien que ce n'était pas assez clair et net dans son esprit; et, en l'élaborant, elle dérivait vers d'autres pensées et oubliait ses précédentes. Elle retrouva sa jument, à laquelle elle prodigua quelques caresses affectueuses, et la tira bien vite en dehors de la ville, parce qu'Eclipse était nerveuse et Wëlle avait peur qu'elle ne se mette à paniquer complètement et n'attire du coup l'attention sur la rouquine.

    Elle se jucha avec plaisir sur la jument, et se trouva aussitôt coupée d'Al-Jeit. La monture avait été un rêve lointain, inaccessible, et elle ne pouvait lier Eclipse à sa vie passée. Elle retrouva avec plaisir la sensation de puissance et de vie qui palpitait sous elle, sentit encore cette pulsion qui la poussait à désaranacher totalement sa jument pour la monter le plus naturellement possible, connu encore ce retour à la réalité qui lui dictait qu'elle n'était pas assez expérimentée pour se permettre cela, et puis la déception s'effaça très vite, cédant la place au bonheur qu'elle avait de sentir le vent lui fouetter le visage, rabattre ses cheveux vers l'arrière, ce frisson dans le ventre si particulier, cette envie de rire aux éclats... Mais le chemin était fréquenté, il était hors de question de se laisser aller de la sorte. Les yeux un peu plissés, elle vit l'Arche et commençait déjà à faire rallentir Eclipse pour la franchir au pas, et profiter cette fois pleinement de toute la traversée, d'observer le spectacle des flots s'agitant loin, si loin sous ses pieds... Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'Erwan bifurqua! Elle n'avait pas envie de tourner maintenant, et choisit de monter. Alors elle continua tout droit, descendant vite de sa monture pour profiter au maximum et découvrir l'Arche d'une autre manière que la précédente. Plus attentive, cette fois, elle remarqua qu'en cette après-midi, il y avait du monde, et que cela rendait la jument baie sombre aussi nerveuse que dans les rues de la capitale. Elle évita les bords, parce qu'une chute ne serait pas de bonne augure, et se pressa bien contre sa monture pour la rassurer de sa présence. Avec délice, elle appliqua ce qu'Erwan lui avait appris et observa que les gens fascinnés par l'Arche, par la vue, pressés par le vertige ou les obligations, ne la remarquaient pas plus qu'en ville.
    Arrivée au sommet, elle se permit de s'approcher du bord. Il y avait moins de monde, Eclipse s'était calmée, et à l'arrêt, ce serait moins dangereux.

    Elle put alors encore observer tous les remous là en bas, qui formaient une écume blanche qui léchait les berges, les routes larges où circulaient toute une foule de personne, l'horizon lointain toujours teinté du Pollimage, les villes, Al-Jeit -sur laquelle elle ne s'attarda pas plus que sur les villages de pêcheurs de l'autre côté, les petites bourgades, les minuscules forêts, quelques sommets... Elle resta là plusieurs minutes, très tentée de faire la gestuelle, mais se retint. Trop de monde, trop de risques. Simplement, elle regarda, et tout ceci l'emplissait de sérénité. Loin de la faire se sentir supérieure du fait de son point de vue tout en hauteur, c'était, comme d'habitude, l'inverse: la vue sur toutes ces choses immenses la rabaissait au rang de simple petite chose, donc ni la naissance ni la vie ni la mort ne changerait rien à la face du Monde, rien à la Nature. Rien à la Vie.

    Eclipse s'impatientait; Wëlle se remit en route, rebroussa chemin, et redescendit l'Arche. Une fois en bas, elle remonta sur sa jument, et se rappelant ce que lui avait dit Erwan, la mis au trot. Le soleil se coucha; et, bien que pas angoissée par l'idée d'avoir perdu son Maître, elle se décida à accélérer l'allure, parce qu'elle voulait dormir cette nuit et qu'elle se doutait bien qu'il gardait quelques exercices en réserve avant dodo. Petit galop, puis plus rapidemment encore, longeant le fleuve. Elle aperçut au loin la lueur d'un feu, et fit rallentir sa monture, qui hennit, et reçut un autre hennissement pour réponse. Wëlle se laissa aller à sourire et lui lâchant les rennes, la laissa courir vers Brume et Erwan.

    A peine arrivée, elle dut déjà s'activer pour désarnacher sa jument calmée par la course. Elle but un coup et mangea rapidemment de quoi calmer sa faim, puis alla se poser face à Erwan.

    Observation.

    Garde parfaite, et un ruban qui ne risquait pas de tomber tout seul... Attaché par un noeud, et il y avait une boucle. Un rapide coup d'oeil lui permit de déterminer en tirant sur cette boucle, l'étoffe se dénouerait facilement. Ok. Restait plus qu'à réussir à tirer, maintenant... Et ça n'allait pas être du gâteau. Elle s'accorda quelques petites secondes de concentration, se plaça de façon à être totalement mobile et à pouvoir réagir vite. Elle s'appropria le bâton, physiquement mais en esprit aussi; et s'en plus attendre, se lança à l'attaque. Elle poussa le bâton tout droit, le retira avant qu'il n'atteingne la taille de son Maître, et aussitôt glissa sur la droite pour pouvoir atteindre son objectif avec plus de facilité, et, mettant toute sa rapidité et sa fluidité en jeu, propulsa à nouveau le bâton pour cette fois essayer de la glisser dans la boucle, prête à esquiver un éventuel coup de son Maître.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Sam 30 Jan 2010, 18:19

Lorsqu'il était passé devant l'arche, il avait bien senti l'hésitation de son apprentie, derrière lui. Il restait ouvert en permanence à elle, c'était son apprentie, et il se devait d'y être attentif. Il ne fut donc pas surpris de la voir monter sur l'arche sans le suivre. Il ralentit cependant sa monture, pour ne pas prendre trop d'avance et qu'elle pût le retrouver facilement. Néanmoins, sur la fin, il n'hésita pas à se prendre un bon galop, avec le vent dans les cheveux. Ses dreads glissaient dans les vagues du souffle invisible, qui s'amusait avec. Le tapotement léger de ces derniers dans le dos du Marchombre le faisait sourire, tandis que ses yeux, à demi-clos, fixaient un point de l'horizon, quelques larmes de vitesses coulant parfois sur ses joues.

Le petit hongre avait pris plaisir à cette course folle, et Erwan en riait. Ses sabots allaient à une telle vitesse qu'il avait même, un instant, eut peur qu'il ne s'emmêlât en galopant. Ils avaient ainsi parcouru trois bonnes centaines de mètres en quelques minutes seulement, ce qui était tout de même assez rapide, si l'on peut dire cela ainsi. Le petit cheval, tout essoufflé, avait continué à marcher d'un pas vif et décidé, comme s'il avait voulu repartir à la même allure dans les cinq minutes qui suivaient. Mais ce ne fut pas le cas, et bientôt Erwan l'arrêta, lorsqu'il eût repris un souffle profond et régulier, pour mettre en place le camps.

La jeune fille n'arriva pas longtemps après, sans doute une grosse quinzaine de minutes, et Erwan lui sourit lorsqu'elle déharnacha sa jument pour la mettre aux côtés de Brume. Puis, elle s'avança et prit le bâton qu'il lui tendait pour se mettre face à lui, et commencer l'exercice.

Observation.
Concentration.
Action.

La jeune fille prenait de plus en plus les réflexes qu'il jugeait les meilleurs, en tout cas. Tout en elle clamait désormais sa Voie, la Voie des Marchombres, et elle s'y engageait toujours plus loin avec plus de facilité. C'était à la fois étonnant, et vraiment époustouflant pour Erwan, car il n'espérait que cela pour son apprentie : en effet, il se souvenait toujours de cette première fois durant laquelle il l'avait rencontrée, au bord du lac, et sa manière de faire les choses, de les dire - même si pour cela, son langage n'avait pas tant changé, c'était plus sa manière de s'exprimer qui avait changé - et d'interpréter le monde, de comprendre ce dernier pour mieux s'y confondre, pour être en harmonie avec ce dernier.

Vraiment, il voyait cela, et de plus en plus. Elle avançait, elle courait, de plus en plus vite, sur le chemin de la Voie et elle ne s'arrêterait plus, il en était certain. Il la voyait briller en elle, et grandir, mûrir, la prenant presque sous sa coupe. Erwan sourit. Il était dans le temps, à son tour, il était lui et attentif au monde, à son apprentie, mais il ne pouvait s'empêcher de voir toutes ces choses en elle, toujours au plus profond de son âme. Il restait une blessure, il en avait l'impression, qui n'était pas guérie, encore, pas tout à fait, mais qui le serait aussi bientôt, avec la Voie et le temps, et sans doute aussi un évènement. Soupirant légèrement, Erwan haussa les sourcils et maintint sa garde.

Elle venait de se mettre en mouvement.

Elle poussait le bâton. Non. Elle poussait sa main, qui était le bâton. Elle se l'était approprié, comme souvent il lui avait demandé de faire, et ce qu'elle comprenait sans pouvoir tout à fait le mettre en oeuvre réellement. Là, c'était tout à fait cela, et il le voyait dans ses yeux. Parfaite. En souriant, Erwan se décala légèrement sur la gauche, pour esquiver le coup latéral de la jeune fille et tourna sur ses hanches, alors qu'elle revenait déjà à la charge.

Il s'émerveillait.
Elle était prête.

Se décalant sur le côté, il vit arriver le bâton trop tard, du côté de la boucle, et lorsqu'il esquiva lui-même, la ductilité du ruban fit qu'il ne se mouva pas à la vitesse de l'humain qui le portait.

La boucle était débouclée.

Erwan se redressa immédiatement, plongeant ses yeux dans ceux de son apprentie. Il rayonnait de bonheur et d'émerveillement, de la voir ainsi. C'était prodigieux. Magique. Pourtant, il avait eu une apprentie, auparavant. Alaya. Il avait vécu la même chose, à la voir devenir aussi avancée que lui, pour qu'à son tour elle prît son envol, elle aussi. Mais c'était tellement époustouflant de voir une telle chose, qu'il sut immédiatement que jamais il ne s'y ferait. Et c'était tant mieux !

Laissant la jeune fille se coucher tranquillement, il sourit aux étoiles un long moment, avant de s'endormir à son tour, après avoir éteint le feu.

Le lendemain, il se leva assez tôt, tandis que le soleil dilatait à peine ses premiers rayons sur l'horizon, et après un petit déjeuner rapide, se remit en selle. Ils chevauchèrent à nouveau toute la journée, le long du Pollimage, et à la douceur de l'air s'ajoutait l'humidité de l'immense fleuve. Ils marchèrent, trottèrent et galopèrent régulièrement durant toute la matinée, faisant une courte pause au zénith du soleil pour manger, et repartant après. Le but de toutes ces manoeuvres était en l'occurrence de faire connaître à Inwëlle correctement le caractère de sa jument et aussi ses réactions naturelles et instinctives. Cependant, il n'y eut pas d'accident majeur, et ils purent continuer toute la journée.

Lorsque le soleil commença à disparaître à l'horizon, un nouveau bruit d'eau tourbillonnante se fit entendre, non plus seulement à leur côté, mais aussi devant eux. Souriant légèrement, Erwan laissa son cheval s'avancer et vit le petit pont en bois. Lorsqu'il fut à cinq mètres du pont, le jeune homme descendit de cheval et incita son apprentie à faire de même. Il prit les deux chevaux par la bride et les fit passer le pont, tandis qu'ensuite il les laissait de l'autre côté. Puis, il revint près d'Inwëlle et annonça, d'un geste de la main vers l'affluent aux tourbillons sauvages qui passait sous le pont :


- Aveugles ceux qui pensent que la vie n'est qu'un long fleuve tranquille. La rivière recèle des secrets, et a ses humeurs. Comprends la vie, découvre les secrets de la rivière...

Sur ce, lui-même fit ce qu'il avait dit. Retirant ses vêtements, il se glissa dans la rivière et tous ses remous, dans un affluent proche du Pollimage et joua avec le courant. Il connaissait l'eau, et la rivière. Pourtant, il en apprenait toujours autant à chaque rencontre avec ces dernières. Et il aimait cela. L'infinité de la Voie. Sans effort apparent, il resta un peu dans le lit de la rivière, puis sortit, du côté d'Inwëlle, car il y avait laissé ses affaires. Lorsqu'il se fut rhabillé, il encouragea son apprentie à faire de même, d'un signe de tête.

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Lun 01 Fév 2010, 20:50

    Inwëlle entrouvrit la bouche, très très surprise. Et puis très vite, sa mimique se transforma en sourire, immense sourire, puis en éclat de rire. Les yeux dans ceux de son Maître, il avait l'air tout aussi joyeux et comblé. Elle n'en revenait pas... Elle avait réussi, réussi, réussi. Réussi à enlever ce ruban de la taille de son Maître. De justesse, certes, et s'il s'était agi de le toucher, elle aurait échouer; mais là, ç'avait été un ruban, un simple ruban, et elle avait réussi, elle l'avait eu! Un fourmillement de joie parcouru ses membres, et elle se sépara du bâton, inconsciemment; ça ne changeait rien, elle ne constata d'ailleurs même pas l'absence de l'arme autrement que par le regard. Elle se calmait, mais la joie restait aussi intense. Elle alla baiser le chanfrein de sa jument, contente comme tout. Elle avait réussi... Réussi! Dans un nouveau débordement de joie, elle bondit au dessus du feu, se réceptionna par une pirouette et resta assise dans l'herbe, à contempler les étoiles. Un jour peut-être, elle arriverait à prendre le dessus dans un combat avec Erwan. Ce qu'elle venait de faire n'était-il pas une preuve incontestable de ses progrès? Elle continuerait ainsi, à s'améliorer, toujours plus rapide, toujours plus silencieuse, toujours plus souple...

    Elle alla se glisser sous ses couvertures, près du feu, renonçant à un petit bain -elle était trop fatiguée pour aller se tremper dans les eaux agitées du Pollimage- et, le sourire aux lèvres, s'endormit sereinement.

    Le lendemain matin, durant la longue chevauchée (elle n'avait pas eu le temps de goûter vraiment aux remous du grand fleuve) elle eut largement le temps de se remémorer posément les évènements de la veille. Ca avait été une journée riche en émotions et en découvertes. Riche en apprentissage, aussi. Une journée fantastique, dont elle repassa chaque instant avec délice, de la découverte de comment se déplacer dans la foule à sa victoire la veille au soir, en passant par Willy et les deux gardes de la bijouterie. Fantastique journée...

    Perdue dans ses rêveries, elle faillit tomber lorsqu'Eclipse fit un petit écart tandis qu'ils croisaient en sens inverse un voyageur solitaire lancé au grand galop. La jument, alors au trot, se retourna et voulut aller voir l'autre cheval, mais Inwëlle la rappela à l'ordre rapidemment. Elle fit alors plus attention à son environnement, et, en accord avec sa monture, écoutait les modulation du fleuve, tout en parvenant à saisir les chants aigus des oiseaux. Elle avait très envie de s'y baigner, mais savait qu'elle ne le ferait pas en dix minutes. Or, Erwan était parti au galop et n'avait pas l'air d'avoir tellement l'intention de s'arrêter; elle soupira. Mais ce soir peut-être dormiraient-ils au bord du fleuve, de nouveau; et puis même s'ils s'en éloignaient, elle irait se baigner. Il le fallait.

    Le soleil rougeoyait, et ils s'arrêtèrent. Ils n'étaient plus sur le bord du plus grand fleuve Gwendalavirien, mais au bord d'une plus petite rivière, qui restait tout de même agitée, même si elle n'était rien comparé au Pollimage.

    ***

    Wëlle se glissa dans l'eau gelée avec délice. Le froid ne la gênait plus; elle y était habituée, désormais. Elle s'immergea vite, laissant passer les flux sous ses bras, laissant les eaux d'enrouler autour de sa taille et de sa poitrine, laissant l'onde enlacer ses doigts. C'était pareil que les courants de Chen, sauf qu'on ne pouvait pas en sortir, de ceux-ci. Mais le principe était le même, peut-être que dans la pratique, les remous s'avéraient plus violents; ça ne changeait rien. Elle y prenait le même plaisir que d'habitude, elle jouait, s'amusait, plongeait, émergeait avec aisance. Elle se laissait porter plus loin en aval, puis revenait nager dans le sens inverse du courant, se mêlant à l'écume aux vagues et aux forces aquatiques. L'Eau... Son amie de toujours, celle qui la réconfortait, celle qui lui tenait compagnie, qui lui offrait disctraction et défis... L'Eau.

    Elle nageait presque sans créer de remous, maintenant, et rapidemment. Elle qui était partie de rien... Elle poussa un soupir sous la surface, s'émerveillant de voir ces petites bulles s'échapper le plus vite possible de ce milieu qui n'était pas le leur, qui leur était agressif et les emporta loin, perforées avant d'avoir atteind leur but. Elle ressorti de l'Eau, ruisselante, sa crinière rousse terni et applatie, la figure et tout le corps bien propre, lavée, l'esprit clair. Alors, elle barbota jusqu'à son Maître, et après lui avoir attrapé l'épaule pour se tenir près de lui, elle prononça la question qui lui brûlait les lèvres et à laquelle, durant la longue chevauchée de la journée sur sa Eclipse qu'elle apprenait à connaître un peu plus chaque jour, elle avait put longuement réfléchir.


    "C'qu'il s'est passé hier soir... Que j'ai réussi l'exercice... Ca veut dire que bientôt, j'devrais apprendre seule? Enfin, pas seule, mais j'veux dire... Sans toi? Enfin, que tu n'seras plus mon Maître? Non non... Tu l'seras toujours... Que... Que... Que tu n'me guideras plus d'la même façon?"

    Cette idée l'angoissait un peu. Erwan, plus aussi présent à ses côtés... Livrée à elle-même... Ca avait un certain attrait, parce qu'elle pourrait voyager à sa guiser et aller se baigner quand il lui plairait, mais la perspective de de se retrouvée livrée à elle-seule... Pour l'instant, elle n'y pensait pas trop, appaisée par l'Eau qui caressait ses hanches et chatouillait gentillement la plante de ses pieds.
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Mar 02 Fév 2010, 12:43

- Ce que tu as fait hier soir, c'est illustrer tes progrets sur la Voie. Ce n'est pas qu'un exercice, Inwëlle. C'est une manière de vivre, et de voir les choses.

Oui, bientôt, du devras apprendre seule. Comme tu le fais déjà. Tu apprends seule, chaque seconde. Je ne peux pas apprendre à ta place.

Je ne te guiderai plus de la même façon. Je ne pourrais plus te guider, car tu m'auras surpassé. Tout ce qui te guidera, ce sera toi-même, le vent, peut-être et le monde.

Il faut bien qu'un jour, le petit oiseau quitte son nid douillet. C'est l'envol.

Mais ne t'inquiète pas, si c'est pour bientôt, ce n'est tout de même pas pour tout de suite. On a le temps. Tu as le temps. Mais cela arrivera, nécessairement.

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Mer 03 Fév 2010, 20:34

    "Et toi, ça fait combien d'temps qu'ton Maître te guide plus de la même façon? T'es jeune quand même. Enfin... t'as l'air jeune!"
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Jeu 04 Fév 2010, 00:11

- Ca doit faire cinq ans maintenant. Et cela fait deux ans que je ne guide plus Alaya comme avant. Pour toi, cela sera pareil. Mais je resterai avec toi, comme tu resteras avec moi, dans nos coeurs. Liés pour l'éternité.

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Dernière édition par Erwan Narcos le Ven 05 Fév 2010, 09:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Jeu 04 Fév 2010, 21:39

    "J'aime pas ce mot, éternité. J'trouve qu'on savoure tellement plus les choses quand c'est... Attend... Ephémère. Et puis c'drôlement moins dur à imaginer. Mais éphémère, ça veut dire qu'après, ça disparaît pour l'éternité, donc ça r'joint... Mais j'aime pas, j'arrive pas bien à imaginer. Mais rester avec toi pour l'éternité, c'est sympa... Mais j'arrive pas à m'l'imaginer. Mais avec toi j'savoure quand même, parce que ça change. Là, bah ça va changer. Quand y a un de nous deux il va mourir, ça va changer encore. Et quand les deux on s'ra mort, ça va changer encore. Mais donc comme on meurt, ç'jamais pareil... Donc y a rien qui est éternel, ça change toujours. Mais les gens ils utilisent "toujours" et "toujours" c'est leur vie, ils s'arrêtent à leur vie, et même quand ils disent "toute la vie", ils devraient dire "toute ma vie"... Pff, donc en fait éphémère fait éternel, mais en fait y a rien d'éternel alors tout est éphémère mais si on dirait à première vue qu'c'est éternel... Trop compliqué. Moi j'dis, tout c'qu'on croit est faux. Et j'dis que si on cherche à tout comprendre, on devient fou, parce qu'en fait j'crois qu'on découvrirait que rien n'existe, que tout et Tout et Rien... Qu'est-ce t'en penses?"
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Ven 05 Fév 2010, 09:36

- Je n'ai pas dit que l'on serai ensemble pour l'éternité, j'ai dit que l'on serait liés. Ce n'est pas la même chose. Un lien est quelque chose d'intarissable, même après la mort, même dans toute une vie.

Pour ce qui est de ton dilemme intérieur, sache que les mots ont des significations différentes suivant la personne qui les emploie. Il faut simplement savoir saisir les nuances. Les mots sont des armes, mais les mots ne veulent rien dire. La vérité se trouve toujours dans le silence, tu le sais, je pense. Mais tu ne l'as pas encore réalisé.

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Mar 09 Fév 2010, 21:23

    Inwëlle hocha la tête, pensive. Pendant quelques minutes, elle médita des paroles d'Erwan, et savait aussi qu'elle savait. Les mots étaient très relatifs, il venait de le lui confirmer. Le silence, au moins, était universel, et elle ne voyait pas comment le contester. Elle barbota encore quelques instants, faisant des cercle dans le fleuve agité autour de son Maître. Et puis elle sentit qu'il était l'heure de sortir, et se dirigea vers le bord, filant à toute allure dans l'Eau, se délectant de toutes ces caresses sur son corps. Qu'est-ce que c'était agréable... Qu'est-ce qu'elle l'aimait, l'Eau! Elle aurait voulu que tout le monde la connaisse, même les salopards de première, parce qu'elle était sure que si on s'ouvrai à elle, l'Eau pouvait en faire changer plus d'un. Et puis aucun être humain ne pourrait jamais lui faire de mal, parce qu'elle était puissante, infiniment puissante. Ce n'était pas de malheureux êtres humains qui en frappant la surface de leurs misérables mains, allaient changer quelque chose au cours des fleuves. Peut-être que si des idiots se mettaient en tête de construire des immenses murs qui empêcheraient l'Eau de couler, ça l'embêterait un peu plus, mais elle imaginait très bien la situation... Cette puissance attendant, paisiblement, et puis lorsqu'elle jugerait le moment venu, elle surgirait, détruirait tous les liens qui l'entravait, et reprendrait son cours, inlassablement, pour des milliers et des milliers d'années, et elle punirait tous les hommes qui lui avaient fait ça.
    Elle sourit, toute dégoulinante d'eau glaciale. Le soleil n'était plus assez chaud pour la sécher, mais elle savait qu'elle avait froid, qu'il ne faisait pas chaud, que l'eau était gelée, et que, donc, ça allait dans la logique des choses qu'elle frissonne et grelotte. Alors, elle n'en souffrait pas, elle était même heureuse, là, nue, la terre sous ses pieds, l'air qui à son tour la couvrait de tendresses...

    Elle frissonna encore, mais de délectation cette fois-ci. Elle se servit de son châle pour s'essuyer, puis se rhabilla. Il était assez épais, et elle pouvait donc encore le porter sans trop ressentir son humidité. Elle sentait son corps se réchauffer de lui même, et marcha un peu pour que le processus continue. Une fois totalement à l'aise, elle ferma les yeux, face au Pollimage, leva les bras, doucement, et joignit ses mains au dessus de sa tête.
    Gestuelle Marchombre.
    Harmonie, sérénité et plénitude.
    Bonheur...

    Elle émergea, encore mieux qu'avant. On allait toujours mieux, après la gestuelle. Elle allait toujours mieux. Elle se tourna vers son Maître, rayonnante, attendant de nouvelles instructions. Elle était fraîche, reposée, dispo, motivée, elle voulait continuer, filer, s'envoler, décoller... Elle trépignait, entousiaste comme jamais. Et puis, sans prévenir, elle se jeta en avant, sur Erwan, courbée pour ne pas être à portée immédiate de ses bras, mais l'oeil attentif pour ne rien louper de ses mouvements à lui.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Mer 10 Fév 2010, 14:29

Erwan sourit en voyant son apprentie partir dans l'eau. Elle s'y confondait si bien, et on voyait tout le plaisir qu'elle prenait à être en son sein, et le plaisir de l'eau de l'avoir en elle. C'était beau à voir, pour le Marchombre. Une beauté que sans doute seuls les Marchombres pouvaient voir, tout comme la laideur des Envoleurs. Le jeune homme se redressa et la laissa sortir de la rivière, dans laquelle elle barbotait allègrement. Lorsqu'elle s'ouvrit à la Gestuelle, il l'imita un instant...

Sérénité.
Calme.
Harmonie.

Mais il était déjà tellement serein et en harmonie avec lui-même que la Gestuelle l'exclua de son effet bénéfique, le laissant tout sourire. Alors, il s'approcha des chevaux et commença à faire un feu de camp, pour faire réchauffer les morceaux de viande séchée qu'il avait dans son sac. Il attendit son apprentie, et lorsqu'elle s'approcha de lui, il vit dans son attitude son envie de se battre, ce qui le fit sourire. Il le voyait, elle n'était pas encore très discrète pour cela, même s'il savait à la fois qu'elle n'avait rien fait pour être invisible. Lorsqu'elle se jeta sur lui, il était prêt.

Se décalant à gauche pour esquiver son coup, il glissa sa main le long du bras de la jeune fille, espérant juste la toucher. Puis, se remettant en garde, il fit une roulage arrière et revint d'une autre roulade vers l'avant. Juste le temps de prendre le poignard qui était plus loin. Se redressant lentement, il offrit le poignard à son apprentie, poignée vers l'avant, pour lui montrer qu'il n'allait pas se battre, loin de là. C'était encore à elle de s'entraîner... Mais pas contre lui, cette fois-ci.

Lui adressant un sourire, il se tourna légèrement vers un buisson, devant lequel il y avait deux rochers. Les deux pierres étaient espacées de quelques centimètres à peine, environs trois peut-être, mais pas plus. Déisgnant cet intersice, il sourit à son apprentie et expliqua :


- Non, on ne se battra pas ce soir. Mais comme tu sembles en forme, tu n'as qu'à t'entraîner au lancer de poignard.

Tu vas courir parallèlement aux deux rochers que tu vois là. Et en courant, tu lanceras ton poignard pour qu'il puisse passer dans l'intersice entre les deux rochers.

Ha oui, il faut aussi courir le plus vite possible ! Et réussir dix fois de suite !


Lui adressant un clin d'oeil, le jeune homme s'éloigna un peu, allant jusqu'aux chevaux pour prendre des couvertures. Il en prit une et se la mit sur les jambes, tandis qu'il s'asseyait près du feu pour voir son apprentie procéder à l'exercice. Il ne doutait pas qu'elle y arriverait, en plein jour. Mais dans la nuit, avec la lueur du feu, c'était quand même plus délicat, il n'y avait pas à dire. Même si elle devait plus avoir l'habitude, maintenant, à force de le travailler les soirs du voyage. Soupirant, il attendit que son apprentie eût terminé ses lancers pour lui offrir de la nourriture et la laisser dormir. Enfin, si elle voulait dormir...

*

Le lendemain, il la réveilla encore de bonne heure. Il savait qu'elle ne s'était sans doute pas endormie très tôt, mais elle devait pouvoir se lever et faire sa journée avec peu de sommeil, et résister physiquement aux agressions du milieu. Il partirent donc après avoir pris un rapide petit-déjeuner, à cheval. Le ciel était recouvert de nuages gris et sombres, mais il ne pleuvait pas. Il faisait juste moche. Ils chevauchèrent toute la journée, et Erwan ne voulut pas qu'ils courrussent, pour faire un peu plus les muscles du dos et des cuisses de son apprentie, qu'elle pût chevaucher longtemps par la suite.

Ils s'arrêtèrent encore peu de temps au zénith du soleil pour manger, et repartirent. Ils firent beaucoup de trot, mais aussi du pas et du galop, pour ménager leurs montures. Erwan se sentait de plus en plus à l'aise sur le petit cheval, et cela le ravissait car sa monture n'avait plus du tout peur de lui, preuve qu'il contenait bien son homologue jaguar. Pourtant, il savait qu'il était à fleur de peau, car il n'était pas sorti de la carapace humaine depuis plusieurs jours. Il fallait qu'il se défoulât un minimum, et Erwan le savait. Cependant, le Marchombre savait aussi qu'ils atteindraient l'Académie avant la fin de la journée, et c'était aussi le but, et le pourquoi du fait qu'ils n'eussent pas couru.

Lorsqu'ils arrivèrent aux écuries, le ciel se parait de rouge et d'or, et la nuit commençait tout juste à tomber. Se tournant vers son apprentie, Erwan lui adressa un sourire, avant de panser en profondeur Brume et de bien s'en occuper. Lorsque ce fut fait, le jeune homme s'avança vers Inwëlle, un léger sourire sur les lèvres...


- Inwëlle... Je pense que tu es prête.

Attendant qu'elle eût fini de s'occuper elle aussi d'Eclipse, il sortit des écuries et s'assit au pied d'un arbre, les jambes en tailleur. Lorsqu'elle arriva, il la regarda de manière un peu mélancolique, avant d'annoncer :

- Dans le processus normal de la Voie des Marchombres, je pense que tu es totalement prête à passer l'Ahn-Ju. Tu vas me demander ce que c'est... L'Ahn-Ju est une sorte d'épreuve, plus difficile que tous les examens que tu as eu jusqu'à présent. Cela permet, si tu la réussi, de pouvoir devenir Maître Marchombre lorsque tu le sentiras.

L'Ahn-Ju ne peut se passer qu'une seule fois. Tu n'as qu'une seule chance. Si tu ne l'as pas, cela ne change rien au fait que tu sois tout de même une Marchombre, mais tu ne pourras pas devenir Maître.

Et c'est la que tu vas trouver la réponse à certaines de tes questions...

En réussissant l'Ahn-Ju, tu as le droit de prétendre à la greffe...


Erwan lui lança un regard appuyé, avant de continuer :

- Tu as le droit d'y prétendre ! Cela ne veut pas dire que tu l'auras !

En somme... Je vais t'emmener passer l'Ahn-Ju. D'ici trois jours.


Soupirant légèrement, il se releva lestement, lançant un regard profond, sage et fier à son apprentie. Glissant un doigt sous son menton, il lui murmura avec les yeux qu'il croyait en elle. Qu'elle allait réussir. Et alors, il s'élança dans la forêt. Elle ne pouvait émettre de protestation, il était déjà Jaguar...

Galopant dans son élément...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°5 - Partie 2   Ven 12 Fév 2010, 22:39

    Elle ne s'écarta pas à temps; et si il s'effaça sous ses doigts tendus, lui la toucha légèrement, très légèrement mais suffisament pour qu'elle le sente. Juste une caresse... Largement suffisant. Elle s'écarta.

    ***

    Elle courait, aussi vite qu'elle le pouvait. Elle savait qu'elle pouvait faire plus, mais que c'était dangereux, parce qu'elle ne voulait pas partir trop loin, parce que le terrain n'était pas forcément plat, et qu'une chute pourrait s'avérer très grave, et qu'elle ne pourrait pas s'arrêter d'un coup comme elle le souhaitait. Alors, elle ne poussa pas au maximum possible, mais au maximum que lui permettait la sécurité. Seulement, ce maximum représentait déjà une vitesse très élevée, et tout était flou. Elle lança le poignard; bien évidemment, il percuta les rochers, loin de la cible. Anticiper la vitesse, comme le tir à cheval... Mais sauf que là, elle devait gérer et ses bras, et ses jambes; plus complexe.
    Mais elle gérerait. Elle s'arrêta, en douceur, pour se ménager. Ferma les yeux un instant; imagina le poignard se coincer entre les deux rochers, comme elle en avait l'habitude.
    D'immobilité à mouvement, en l'espace d'une seconde, l'arme était lancée, et sa course presque stoppée. De nouveau, la lame glissa sur la roche, mais cette fois-ci, Inwëlle avait plus maîtrisé la chose. Elle réessaya. Six fois, elle réessaya; la septième, la huitième et la neuvième fois, le poignard s'était considérablement rapproché de l'intersestice. La dixième fois, elle reloupa carrément; et la onzième fois, elle réussit. Gonflée de détermination, elle ne s'autorisa pas pour autant une pause plus longue que les précédentes, et remarqua que son souffle commençait à se faire plus rapide, à cause du rythme beaucoup plus éreintant que celui d'une course longue et régulière. Mais elle avait de la ressource.
    Sur les douze fois qui suivirent, elle en mis huit; et, après trois essais infructueux, elle plaça le tout dernier coup. Elle pigeait le système; il ne lui manquait plus que l'entraînement. Alors, elle s'entraîna. Pendant deux heures encore, trop débordante d'énergie pour songer à s'endormir, elle lança encore et encore le poignard, jusqu'à ce qu'elle parvienne à l'envoyer là où elle voulait à quasiment tous les coups.
    Ensuite, elle alla prendre son arc, et se plaça bien loin des rochers pour tirer une flèche entre les deux. Au bout de dix tirs, elle stoppa; elle s'était bien concentrée, et n'avait pas brisé une seule flèche sur les rochers. Elle avait fait mouche à chaque fois, et était satisfaite. Elle rangea tout ça, puis retourna près du feu par un mini-sprint, et se glissa sous ses couvertures, satisfaite de son corps et de son esprit, elle s'endormit.

    ***

    Elle était contente d'arriver. Eclipse avait été nerveuse, elle avait faillit jeter Wëlle au sol avec des écarts plus ou moins violents à plusieurs reprises. Erwan avait refusé qu'elle courre, et, si elle oubliait qu'elle s'était améliorée en équitation, son derrière douloureux se chargeait de le lui rappeler. Grimaçante, elle alla panser sa jument, la débarassa de tous ces harnachements, la brossa vigoureusement.

    ***

    Ah ouais. Carrément. Un examen, avec plus d'enjeux quoi, et en plus compliqué. Bon bah, si il la présentait, si il avait confiance en elle... Pourquoi pas? Et puis si elle le loupait, ça n'y changeait rien, et comme pour le moment elle n'avait pas envie d'enseigner la Voie, cela lui importait peu après tout. C'était pas un p'tit examen qui allait la chambouler et lui faire perdre le fil des choses. Elle haussa les épaules, fit un petit sourire à Erwan, et se retourna, retrouvant avec joie la sensation de ses pieds en contact avec le sol terreux. En courrant, elle se dirigea vers l'Académie, elle se dirigea vers Helyn.
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