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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1

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MessageSujet: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Jeu 04 Mar 2010, 13:22

Le soleil se couchait. Le soleil se couhait, mais c'était l'heure. L'heure de la Nuit. L'heure de la Lune. L'heure de tout, et l'heure de rien. L'heure pour certains de se coucher, l'heure de se réveiller et de se lever pour d'autres. Notamment pour les apprentis qui étaient attendus. Attendus par une Marchombre, impatiente de continuer son cours, et surtout de les voir, toujours, avancer plus et plus loin sur la Voie, la Voie des Marchombres, présente en eux et pour eux, présente partout autour d'eux, et en elle aussi. La beauté d'un monde qui n'aurait été que plat sans toutes ces choses à faire, sans toutes ces lois à transgresser, sans toutes ses limites à franchir. Et la nuit prenait ses droits, et le noir glissait et possédait les arbres et les feuilles, possédait le monde entier, beau lui aussi par son mystère toujours aussi total.

La femme était allongée sur le sol herbeux, et regardait les étoiles qui apparaissaient parfois derrière la masse grise et foncée des nuages, qui glissaient dans le ciel, suivant leur cours. Les moutons étaient de mauvaise humeur, et leur course était rapide et pressée. Sans doute pleuvrait-il d'ici quelques heures. Mais le temps n'était rien, et ce n'était pas cela qui allait empêcher le cours de se dérouler. Il fallait avancer, quelque soit le temps, et s'il avait une influence sur plusieurs choses, il ne devait pas avoir d'influence sur le moral et la volonté des apprentis, et aussi du Maître. Souriante, Bella continuait inlassablement de regrarder le ciel, parce que simplement il était beau, et il lui plaisait. Elle pouvait ainsi rester des heures devant les choses qui lui plaisaient, elle avait tout son temps, et si son âge n'était plus très jeune, elle s'en fichait et continuait simplement de profiter de sa vie, simple et sans sentiment négatif aussi souvent que possible.

Pour ce second cours, elle était aussi allée chercher les chevaux dans les écuries. Mais la Marchombre n'avait pas pris que des chevaux de l'Académie, cette fois-ci. Non, si un peu plus loin il y avait le beau Roméo, les deux autres n'appartenaient pas à l'Académie. Il fallait dire aussi que c'étaient de très belles bêtes, qu'elle avait choisies pour des raisons précises et dont elle espérait voir les capacités se décupler. Elle était allée jusqu'à Al-Jeit, ou presque, pour les dénicher, et elle était plutôt fière de son choix. Elle aimait les animaux plus que tout, et elle aurait aimé aidé des chevaux qui étaient plus mal en point qu'eux, qu'elle avait pu croiser sur son chemin, mais cela aurait dépassé le seuil de sécurité qu'elle s'imposait dans ses cours, pour l'instant en tout cas, simplement parce que ses apprentis n'étaient pas de très bons cavaliers, mais aussi parce qu'Eindel avait fait réagir Roméo de manière négative la dernière fois qu'il l'avait vu en sa présence, et le petit hongre avait été littéralement terrorisé. Oh, bien entendu, Bella comprenait d'où cela venait, et elle n'avait à blamer ni le jeune homme, ni le cheval. Tout cela c'était naturel et instinctif, pour les deux personnages.

Le premier cheval, qui broutait tranquillement, avait une belle silhouette musclée. Ses membres étaient fins, mais robustes, et son poil, s'il était assez longs après les mois d'hiver, était brillant et soyeux. Sa robe avait une jolie couleur tirant entre le caramel et la canelle, alors que sa queue et sa crinière étaient noirs, ainsi que le bas de ses membres. On appelait cette robe isabelle, et Bella se demandait toujours pourquoi elle avait un tel nom. Lorsque l'équidé releva la tête pour écouter attentivement d'un côté, son profil fut plus détaillé, montrant une tête légèrement concave, et de petites oreilles rondes et fines, avec des yeux très expressifs et un bout du nez fin. Le cheval était très typé, c'était d'ailleurs un jeune hongre de quatre ans.

Le second, un peu plus loin, avait la même silhouette, cependant son avant-main était plus large que celle du premier. Et surtout, c'était une jument. Mais elle avait tout de même une croupe assez large, et des membres solides et épais, sans être typée à la manière des chevaux de trait. Non, c'était juste une grande ponette porteuse, et elle était belle, sans sa robe grise souris, d'un gris uniforme et métallique, avec l'impression qu'elle avait elle aussi marché dans une rivière de peinture noire, car ses membres étaient noirs jusqu'au trois quarts du haut des jambes et des jarrets. Sa tête était typée, mais plus droite, typée plutôt comme les chevaux de race espagnole, sans en avoir tout à fait le profil dans l'encolure, qui était plutôt fine, d'ailleurs. En la regardant ainsi, on lui donnait un âge adulte pour un cheval, quelque chose entre huit et dix ans.

Bella souriait. Oui, elle était contente. Ces deux animaux n'avaient pas encore de nom, et ce serait à leurs apprentis de leur en donner. D'ailleurs, elle entendit leurs pas dans la forêt, derrière elle. Les deux hongres sursautèrent et bougèrent, légèrement anxieux, alors que la jument ne broncha pas, se contentant de regarder les deux apprentis avancer, l'un après l'autre, laissant un sourire mystérieux sur le visage de Bella. Tout cela était parfait. La Maître se leva lentement, avec douceur, pour se tourner vers ses apprentis et les accueillir bras ouverts, à son habitude. Tous les deux avaient fait du chemin, et elle était fière d'eux, c'était certain. Soupirant, elle s'avança vers eux et commença :


- Bonsoir à tous les deux !

Comme vous avez pu le constater, nous allons commencer le cours de nuit, cette fois-ci, parce que la nuit a toujours beaucoup à nous apprendre. Nous allons simplement, pour l'instant, nous déplacer à cheval...


Faisant une légère pause, Bella planta ses yeux rassurants dans ceux d'Eindel, avant de lui sourire, toute gaie, et de continuer :

- Vous voyez les chevaux juste là ? Il y a donc Roméo, que vous devez reconnaître maintenant, et deux nouvelles recrues. Des recrues... Pour vous.

Pour appuyer son choix, Bella se dirigea vers le petit hongre isabelle et lui caressa tendrement l'encolure, alors que son autre main prenait la longe sous son filet. La Marchombre amena le hongre vers ses apprentis et donna la longe à Irya, lui adressa un sourire. Puis, elle alla chercher la jument et fit de même, avant de mettre les rênes dans les mains d'Eindel. Calme, la jument flaira les mains du garçon, avant de ne plus bouger. C'était parfait.

- Je vous présente celui et celle qui seront désormais vos compagnons. Ces chevaux sont vos chevaux. Vous pouvez leur trouver un nom ! Irya, ce jeune cheval est un hongre, donc son caractère sera plutôt posé, mais il faut apprendre à les connaître, comme pour les humains. Eindel, j'ai choisi cette jument pour toi car je pense qu'elle tolèrera énormément de choses de la part de ce qui se cache en toi, apparemment elle a déjà eu une expérience dans ce domaine...

Allons-y, dans ce cas !


Mais Bella ne monta pas sur Roméo, attendant que ses deux apprentis fussent en selle pour l'être elle aussi...
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Mer 10 Mar 2010, 18:05

[Désolée pour le retard, et merci pour l'explication !]

Un glapissement. Un bruit de fuite. Un silence à vous couper le souffle. Attentive aux moindres changements qui pouvaient se produire dans la forêt dans laquelle elle se trouvait, Irya ne put s'empêcher de tendre l'oreille dès qu'elle perçut les souffles de deux animaux mêlés. Cette dernière nuit et cette dernière journée, qu'elle avait passée au sommet d'un grand chêne, avait été mouvementée, mais cela ne la gênait pas en soit. La fatigue était loin de l'assaillir, sans doute parce qu'elle sommeillait à demi, ouvrant un oeil dès qu'un bruit trop important venait à se faire entendre. Cependant, c'était par choix et non par commodité qu'elle avait choisi de dormir à l'extérieur, et c'était avec une pleine connaissance des choses qu'elle pourrait subir qu'elle avait opté pour cette solution. Le fait qu'elle n'ai que très peu réellement dormi ne la surprenait donc pas autant qu'elle l'aurait pensé. De plus, les vivres qu'elle avait emporté lui avait suffi pour se nourrir.

Lorsque le lionceau qui se trouvait allongé sur son ventre produit un son qui ressemblait étrangement à un miaulement rauque, elle ne put s'empêcher de laisser échapper son rire qui se diffusa dans la forêt qui commençait à être nimbée d'or, avec l'arrivée du soleil. Se levant avec délicatesse, elle acheva de réveiller Shirza à coup de grandes caresses affectueuses, puis le plaça sur son épaule, le temps de se laisser glisser au bas du tronc. Là, elle posa à terre l'intéressé qui ne parut pas réellement heureux de devoir marcher ainsi à peine réveillé, mais elle fut intransigeante et se dirigea à pas rapides vers l'Académie. Une fois à l'intérieur, elle n'hésita que très peu, ayant une assez bonne connaissance des lieux à présent, puis fila pour rejoindre l'escalier qui menait aux dortoirs. Quand elle poussa le grande porte de bois, ce fut sans surprise qu'elle constata qu'aucune apprentie n'était encore présente. Mais ceci ne l'étonnait pas. Ou plutôt, ne l'étonnait plus.

Sans aucune hésitation, elle installa Shirza sur une chaise qu'elle utilisait régulièrement, bien que ce ne soit pas la sienne, puis le caressa de nouveau, avant de se détourner lentement. Face au miaulement plaintif que lâcha le lionceau en la voyant partir, sa détermination flancha, mais elle ne laissa rien paraître et continua son chemin vers la porte. La fermant après un dernier regard pour son compagnon, elle veilla néanmoins à la laisser entrouverte, de manière à ce que Shirza puisse sortir sans soucis. Il était loin d'ignorer qu'elle prenait toujours les meilleures décisions le concernant, et c'est après quelques bruits rauques qu'il la laissa enfin en paix, et se retrouva seul dans la dortoir. Malgré son mécontentement, ce n'était pas la première fois que la jeune fille faisait cela, et il n'en était finalement pas si chamboulé que cela. Bientôt, il trouverait la sortie, et avec elle, une occupation pour passer le temps.

Une fois dehors, Irya se rendit vers le lieu que leur avait auparavant indiqué Bella. Leur examen avait eu lieu quelques jours avant ceci, mais la jeune fille n'avait pas laissé son entrainement de côté, et s'était astreinte à toutes sortes d'exercices. Toutefois, elle savait que son troisième cours allait être beaucoup plus éreintant que ce qu'elle avait subi en étant seule. C'est donc sur cette pensée qu'elle déboucha sur le lieu convenu, ici, la forêt, et aperçu tout de suite la vieille marchombre. Attendant qu'Eindel soit arrivé à son tour, elle les accueillit ensuite avec chaleur.



- Bonsoir à tous les deux !

Comme vous avez pu le constater, nous allons commencer le cours de nuit, cette fois-ci, parce que la nuit a toujours beaucoup à nous apprendre. Nous allons simplement, pour l'instant, nous déplacer à cheval...

- Vous voyez les chevaux juste là ? Il y a donc Roméo, que vous devez reconnaître maintenant, et deux nouvelles recrues. Des recrues... Pour vous.


Souriant face au visage joyeux de son maître, Irya suivit avec attention ses mouvements, tendit qu'elle acceptait sans rechigner les rênes que lui tendait Bella. Le hongre qui était maintenant son cheval avait l'air d'être calme, mais son caractère inquiet ne laissait aucun doute. Elle caressa doucement son chanfrein, souhaitant vraiment que son niveau d'équitation fusse assez haut pour qu'elle espère un jour s'entendre à merveille avec cet animal. Lorsqu' Eindel eut lui aussi hérité de la jument grise, Bella reprit la parole.



- Je vous présente celui et celle qui seront désormais vos compagnons. Ces chevaux sont vos chevaux. Vous pouvez leur trouver un nom ! Irya, ce jeune cheval est un hongre, donc son caractère sera plutôt posé, mais il faut apprendre à les connaître, comme pour les humains. Eindel, j'ai choisi cette jument pour toi car je pense qu'elle tolèrera énormément de choses de la part de ce qui se cache en toi, apparemment elle a déjà eu une expérience dans ce domaine...

Allons-y, dans ce cas !

Irya vit que la marchombre ne montait pas sur Roméo, attendant sans aucun doute que ses apprentis soient déjà en selle, ce qui prendrait peut-être plus longtemps. Calme et posée, la jeune fille caressa à nouveau le hongre, pour le mettre dès le départ en confiance, tandis qu'elle réfléchissait au nom qu'elle pourrait lui donner. N'étant pas décidée, elle finit par interrompre ses questionnements mentaux pour se mettre en selle. Rentrant son pied droit dans l'étrier, comme le leur avait appris Bella, elle ne tarda pas à se retrouver sur le dos de sa monture. Là, elle prit avec lenteur les rênes, tentant de les séparer pour que cela cesse de ressembler à un enchevêtrement de cordes. Quand elle y fut parvenu, elle demanda le pas à son cheval, pour voir s'il réagissait instantanément. A sa grande surprise, le hongre partit aussitôt, d'un pas lent mais avec une impulsion que l'on sentait sans problème. Apparemment, il avait été très bien dressé ; mais cela ne l'étonnait qu'à moitié.

Bella ne leur aurait pas choisi des chevaux qui avaient très peu de fois porté des cavaliers, car elle se devait de ne pas leur faire courir des risques inconsidérés. Satisfaite et souriante, Irya fit s'arrêter sa monture, puis se tourna vers son maître et Eindel, qui n'allait pas tarder à la rejoindre, ne serait-ce que quelques mètres plus loin. Dans la nuit, sa perception lui semblait modifiée, changée, mais ceci ne la gênait en aucun point, au contraire. Elle avait hâte de chevaucher de nuit ; le cours allait être intéressant...
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Eindel Redohil
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Jeu 11 Mar 2010, 11:57

Eindel s'arracha à ses songes lorsqu'il aperçut une première partie du soleil bas se faire manger par la ligne d'horizon. Bella les attendait pour le coucher du soleil dans une prairie, il était donc temps de s'y rendre. D'un lent mouvement il quitta sa position couchée et balaya son derrière d'un revers de la main, puis il s'étira, longuement et profondément. Il venait de passer la journée allongé dans une clairière d'où il pouvait distinguer les pierres grises de l'académie, à somnoler et dormir de temps en temps. Ainsi il pensait ne pas être trop fatigué pendant le prochain cours qui serait nocturne. D'ailleurs, il se demanda en baillant ce que pouvait bien leur réserver la vielle maître cette fois-ci. Sûrement des exercices éreintant comme il les aimait. Il était pressé de commencer, aussi s'empressa-t-il de prendre la direction du lieu de rendez-vous d'un pas soutenu, quoique tout de même un peu endormi.

Au fur et à mesure qu'il s'éloignait de l'académie, la forêt se densifiait et le chemin encore bien visible plus tôt devenait quasiment inexistant. Connaissant la location approximative de sa destination, Eindel ne se tracassa pas de savoir s'il était dans la bonne direction ou non, il lui suffisait d'aller tout droit, ce qui lui permit de se laisser bercer pleinement et en paix par les bruissements de la faune et le fond sonore des feuilles portés par le vent. Il se sentait bien.

Le garçon interrompit sa marche lorsqu'il vit une magnifique biche devant lui, à une dizaine de mètres. Elle le regardait, immobile; déjà que ces animaux n'approchaient pas les humains, l'apprenti avait un prédateur à l'intérieur de lui, il comprenait donc bien que les animaux aient peur de lui. Il décida donc d'effectuer un large détour pour ne pas l'embêter plus encore, puis reprit le même cap, toujours aussi serein. Il était confiant pour le prochain cours, car le loup n'avait pas réagi à la présence d'une proie, ce qui le laissait croire qu'il ne l'importunerait pas cette nuit.

L'apprenti changeait. Oui, il le constatait de lui-même, il changeait en profondeur, et pas seulement physiquement. Son corps, il en était conscient, se transformait grâce à tous les exercices quotidiens qu'il effectuait. Peut-être même pouvait-on déjà remarquer de l'extérieur qu'il était plus vivace qu'on pouvait le penser au premier abord. Mais surtout, il changeait dans sa tête, dans sa façon de penser, dans son caractère. Depuis longtemps déjà il avait cessé de se préoccuper de son passé, complètement. Oh, bien sûr, il se posait de temps en temps des questions, mais rien de bien sérieux. De plus, il s'était ouvert au monde et à sa beauté, avait accepté la vie telle qu'elle était, s'était même peut-être épanoui à l'académie. Alors qu'il y a de cela maintenant une éternité, le jour où il avait poussée la grande porte de bois et avait pénétré dans le hall sombre de la battisse, il était tout le contraire. Réservé, taciturne, entièrement vidé de détermination et d'intérêt pour la vie. Tout ce qu'il gardait de cela aujourd'hui était sa forte tendance à s'échapper de la réalité pour se perdre dans les torrents fertiles de son esprit.

Soudain une idée toute bête lui vint à l'esprit. Ce Marchombre, qui l'avait suivi et qui lui avait indiqué la position approximative de l'académie, il ne l'avait certainement fait par hasard ! Il avait même certainement dû le connaître avant l'attaque des Raïs ! Mais... Non, il avait fait une croix sur ses origines. Et puis de toute façon, il ne l'avait jamais revu et n'avait aucun renseignement sur lui; il ne se souvenait même plus vraiment de son visage. Mais peu importait; pour l'instant il avait un cours à suivre, une Voie sur laquelle progresser. La Voie des Marchombres. La sienne, tant qu'il veillerait à ne pas s'en égarer.

Mais enfin l'astre diurne disparut complètement, laissant la place à un beau quart de lune à peine visible derrière la cime des arbres et à l'obscurité dans les sous-bois. Progressivement, à mesure que la nuit grandissait, la sérénité du garçon fut remplacée par une excitation grandissante, et bientôt il eut une envie folle de courir à pleine vitesse, un besoin irrésistible qu'il ne put contenir. Soudainement il prit appui sur le sol et bondit en avant, enchaîna avec l'autre jambe, et sprinta le plus vite qu'il le put. Il prenait ainsi du plaisir, en bondissant par-dessus les troncs couchés, les yeux rivés devant lui, scrutant l'obscurité pour anticiper le relief de du sol et les obstacles, adaptant alors sa trajectoire, encore et encore. Il prenait du plaisir rien qu'à se dépenser; et de plus il était maintenant complètement réveillé. Mais il s'arrêta et remarcha au moment où il aperçut la fin de la forêt et, à travers les rideaux feuillus, l'endroit où on devait l'attendre.

Eindel découvrit Bella et Irya près de trois magnifiques chevaux, au milieu de la petite clairière servant de lieu de rendez-vous. Ils allaient donc faire de l'équitation... La curiosité piqua l'apprenti a vif. Qu'avait donc bien pu prévoir la vieille maître pour lui ? Depuis la nuit après le cours d'Al-Chen, il ne pouvait plus approcher un de ces majestueux animaux sans l'affoler, et encore moins le monter. Certes, avec l'aide de Rilend il avait pu monter Brume; seulement dès qu'il en descendait c'était tout une bataille pour remonter en selle. Maintenant le garçon connaissait la raison de tout cela, et il espérait un jour pouvoir en parler avec sa maître pour solliciter de sa sagesse. Celle-ci les accueillit Irya et lui avec gentillesse comme à son habitude lorsqu'ils la rejoignirent.

«Bonsoir à tous les deux ! Comme vous avez pu le constater, nous allons commencer le cours de nuit, cette fois-ci, parce que la nuit a toujours beaucoup à nous apprendre. Nous allons simplement, pour l'instant, nous déplacer à cheval...»

Elle s'arrêta un instant et riva son regard dans celui d'Eindel, qui, instantanément et à sa grande surprise, perdit toute trace de doute.

«Vous voyez les chevaux juste là ? Il y a donc Roméo, que vous devez reconnaître maintenant, et deux nouvelles recrues. Des recrues... Pour vous.»

Le garçon ne comprit véritablement le sens de ces paroles que lorsque Bella lui tendit les rênes de la jument. Elle... pour nous ? Vraiment ? Soudain une sensation agréable vint effleurer le creux de sa main gauche. Le garçon frissonna de plaisir. L'animal venait d'y fourrer son museau et c'était sa respiration, douce, chatoyante et tiède qu'il sentait. Mais soudain il prit conscience d'une chose : le cheval n'avait pas le moins du monde peur de lui. Aucun mouvement de recul, aucun trace de crainte dans l'expression calme de ses grands yeux. Il prit un peu de distance et l'observa. C'était une belle jument. Il aimait sa robe grise, ses pattes noires et son allure puissante et élancée à la fois. Hésitant, Eindel leva sa main droite et vint, tout doucement, la placer sur la joue de la jument. Celle-ci vint s'y frotter, comme pour lui demander de... Il la caressa. Immédiatement, une immense joie s'empara de lui et il se mit à la frotter, la gratter sur son dos, son cou. Il revint devant elle et se laissa faire avec bonheur quand elle nicha sa tête dans son cou puis remonta et la frotta contre sa tempe.

«Je vous présente celui et celle qui seront désormais vos compagnons. Ces chevaux sont vos chevaux. Vous pouvez leur trouver un nom ! Irya, ce jeune cheval est un hongre, donc son caractère sera plutôt posé, mais il faut apprendre à les connaître, comme pour les humains. Eindel, j'ai choisi cette jument pour toi car je pense qu'elle tolèrera énormément de choses de la part de ce qui se cache en toi, apparemment elle a déjà eu une expérience dans ce domaine... Allons-y, dans ce cas !»

L'apprenti lui sourit, du mieux qu'il le put, pour lui montrer sa gratitude. C'était un cadeau inestimable. Pour lui qui avait cru ne plus jamais pouvoir approcher de chevaux, d'animaux, de sa vie, c'était même incommensurable. Tellement qu'il aurait pu rester encore des heures rien qu'à profiter du fait que cette jument l'acceptait, à la caresser sans jamais s'arrêter. Mais maintenant ils devaient monter en selle. Il plaça son pied droit dans l'étrier correspondant et d'un bond se jucha sur le dos de l'animal déjà sellé. Il requerra alors qu'elle se mette au pas; elle répondit instantanément. Il l'amena donc près du hongre monté par Irya. Il lui sourit pour partager son enthousiasme avec elle puis attendit que Bella arrivât à son tour, commençant à réfléchir. Puis, alors que tous trois s'apprêtaient à partir, il déclara dans l'oreille de sa monture :

«Je crois que je vais t'appeler... Taïga. Ça te va ?»

Bien sûr, Taïga ne réagit pas; ces borborygmes sonores n'avaient aucune signification pour elle. Néanmoins, maintenant qu'il lui avait donné un nom, Eindel pressentit que tous deux allaient beaucoup voyager ensemble.
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Jeu 11 Mar 2010, 14:48

Les réactions de ses apprentis embaumèrent le coeur de la Marchombre, qui ne put s'empêcher de soupirer allègrement. Irya, comme Enidel, avaient semblé énormément touchés par ce qu'elle venait de leur donner, à savoir une monture chacun. Mais Bella le faisait réellement parce que cela lui faisait plaisir, et qu'elle aimait voir l'amitié et la complicité se développer entre ses élèves et les chevaux, ou les animaux en général. Lorsqu'elle vit la petite jument destinée à Eindel chercher les caresses et l'aborder sans aucune crainte, son coeur se serra et elle en fut très heureuse. Irya aussi avait déjà semblé adopter le petite hongre, tout comme cela avait été réciproque. Ainsi, lorsque ses deux apprentis furent montés en selle, Bella caressa tendrement Roméo, et l'enfourcha à son tour. Se tournant légèrement vers ses apprentis, elle leur adressa un sourire avant de mettre son cheval au pas en serrant légèrement les mollets. Pour commencer, alors que la lune brillait légèrement derrière la masse volumineuse des nuages gris, elle le mit au pas et longea le chemin à travers la forêt. Accompagnant son cheval alors que légères montées et descentes arrivaient, la vieille femme sentait tout son corps suivre le mouvement de son hongre, enthousiaste à l'idée de faire une longue randonnée... dans la nuit.

Souriante, la Maître garda simplement le pas durant une bonne heure, se tournant régulièrement vers ses deux apprentis. Et alors que la lune en était à son plus haut point et que leur voyage avait commencé déjà depuis plusieurs heures, elle mit Roméo au trot, espérant que ses deux élèves la suivissent à la même allure. De la même manière que durant le cours précédent, elle laissa les chevaux au trot un bon moment, sans doute même plus longtemps que dans les cours prédécents. En effet, elle demandait à Roméo de maintenir un petit trot léger, qui n'essoufflait pas, et put ainsi les laisser à cette allure encore deux bonnes heures. Et alors qu'elle repassait au pas, non sans jeter de fréquents coups d'oeil derrière elle pour vérifier que les deux jeunes gens étaient toujours à cheval, elle se tourna justement vers ses deux apprentis pour leur dire simplement, parce qu'elle ne savait pas trop s'ils avaient de quelconques questions ou autres :


- N'oubliez pas de poser des questions, toutes les questions que vous pouvez avoir. Je suis là pour vous aider, pour vous pousser sur la Voie, je suis là pour vous. Si je suis capable de répondre à vos questions, je le ferai volontier, mais pour cela il faut que vous les posiez... N'hésitez pas, c'est ainsi que l'on apprend, aussi !

Puis, elle laissa encore une petite heure s'écouler, toujours au pas. Ils ne se déplaçaient pas spécialement vite, mais Bella ne voulait pas non plus aller trop vite : il fallait que les apprentis apprissent à connaître leur nouvelle monture, et cela n'allait pas se faire en quelques minutes, c'était certain. Et aussi, comme ils étaient en train de chevaucher de nuit, la fatigue risquait de prendre le dessus, et si à ce moment-là le cheval était à une allure soutenue, on risquait de se faire très mal... Soupirant légèrement, Bella resta donc encore un peu au pas. Mais ce n'était pas parce qu'il faisait nuit qu'ils n'auraient pas le droit à leurs leçons habituelles ! Comme les chevaux se dirigeaient plein nord, en longeant encore le Lac Chen. Ce dernier était si grand qu'ils mettraient toute la nuit à le longer avant de pouvoir le lâcher... Mais c'était parfait. Certains endroits marécageux conviendraient parfaitement à ce que voulait faire la Marchombre. Souriante, elle amena un peu plus Roméo sur le côté, vers la lisière d'une petite forêt, ou plutôt d'un grand bosquet, et se tourna vers ses apprentis, leur parlant pour les réveiller :

- Il n'est toujours pas temps de dormir, n'est-ce pas ?

Leur adressant un sourire malicieux, elle continua néanmoins :

- On va faire quelques petits exercices à cheval. En effet, si vous savez maintenant vous déplacer aux trois allures, prendre la direction en main est un peu moins aisé, et il faut y mettre tout son coeur, même si vos chevaux sont parfaitement dressés. Ainsi, on va passer dans ce bosquet, et je garderai ma propre monture au trot, j'aimerais que vous fassiez de même... Mais dans la sécurité. Si vous sentez que vous perdez le contrôler, repasser au pas, et ne vous approchez pas trop des arbres !

Riant toute seule, sur ce, Bella mit Roméo au trot et le dirigea vers le bosquet en question. Les arbres étaient assez rapprochés, et pas du tout alignés, ce qui donnait l'impression d'un joyeux chaos. De plus, avec les feuillages, tracer une route était difficile, et parfois les aléas du terrain pouvaient surprendre, car il pouvait ou y avoir des trous, ou des troncs allongés. Soupirant alors que l'odeur boisée lui montait au nez, la Marchombre lança dans la nuit, pour terminer :

- Faites confiance à votre cheval. S'il vous porte sur son dos, sans résistance, il ne peut pas vous vouloir du mal. S'il fait quelque chose de travers, c'est que vous le lui avez demandé, même sans vous en rendre compte. Comprenez-le. Mettez-vous à sa place. Comprendre ne veut pas dire retracer et analyser. Non, comprendre veut dire ressentir et être, ne faire plus qu'un et se mettre à la place des autres...

Souriante, la Marchombre laissa son petit hongre slalomer gaiement entre les arbres. Les troncs n'étaient pas gros, à peine cinquante centimètres de diamètre, et pas très espacés non plus, même si entre la plupart des trocs, un cheval et demi, en largeur, passait largement. Il y avait de petites montées, des descentes, et des trous et bosses. Rien de mieux pour se lier avec son cheval et devenir liant, justement. Souriante, Bella sortit de l'autre côté du bosquet, se retournant pour voir comment se débrouillaient ses deux apprentis...
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Dim 14 Mar 2010, 18:03

Tandis la maître marchombre grimpait à son tour sur le dos de sa monture après l'avoir caressée, Irya se contenta d'observer le ciel. Quand le petit groupe fut fin prêt, Bella adressa un sourire à ses apprentis, et mit son cheval au pas, pour commencer. La jeune fille s'étonna un instant qu'ils ne passent pas au trot après quelques minutes, maintenant qu'ils avaient les bases de l'équitation, mais ne fit aucun commentaire. Bien au contraire, elle en profita pour lever les yeux vers la voûte céleste parsemée d'étoiles, la rendant lumineuse et presque irréelle tant cette beauté semblait abstraite par rapport au monde. En apparence du moins. Quelques nuages gris semblaient jouer avec la lune, la cachant par moment, ce qui rendait parfois la progression plus difficile. Mais, la plupart du temps, montées et descentes restaient acceptables au niveau de la difficulté, et les chevaux étaient très bien dressés, ce qui était certain, car ils ne rechignaient jamais à faire ceci ou cela. La vieille marchombre devait avoir choisi avec précision les deux nouvelles montures.

Pendant une bonne heure, le rythme resta lent, ou du moins, aussi lent que peut-être le pas en général, et rien ni personne ne vint troubler le semi-silence de la nuit. Quelquefois, des piaillements d'oiseaux perçaient la couche qui enrobait le petit groupe, mais le calme revenait aussitôt, reprenant ses droits sur la seule partie de la nuit qu'il s'était appropriée... Irya apprécia avec joie l'allure lente de leur chevauchée, sachant parfaitement que son maître n'allait sans doute pas les laisser rêver pendant tout leur cours, et savoura également sa nouvelle manière de monter. Il y avait de cela quelques jours, elle avaient parcouru des dizaines de kilomètres à cheval avec une de ses amies, et si la trajet ne s'était déroulé qu'au pas, elle avait tout de même put améliorer sa façon de se tenir en selle, comme son contrôle sur la direction qu'elle prenait, qui était désormais plus fluide et moins saccadé.

Ainsi, elle aurait moins de mal que la dernière fois à mener son cheval, et la réalisation des exercices que leur imposerait la marchombre serait, sous toute vraisemblance, moins heurtée. Quand cela fit quelques heures qu'ils étaient à cheval, Bella décida de passer à l'allure supérieure, et pressa les flancs de son cheval pour lui demander le trot. Irya se contenta elle aussi de serrer ses mollets contre le petit hongre, qui mit quelques secondes à partir au trot, sans doute parce qu'elle n'avait pas assez été claires dans ses aides. Mais pour l'instant, il trottait, et la jeune fille était désormais plus préoccupée par son assiette que par son allure. Sa monture suivait docilement celle de la marchombre, et elle ne tint pas compte de l'allure à laquelle la chevauchée était menée. Assise confortablement dans la selle seulement quelques minutes auparavant, elle avait de plus en plus de mal à apprécier cette balade. Si son maintient était plus qu'acceptable au trot, il n'en était pas de même au pas, ce qu'elle regrettait fortement.

Cependant, Bella n'accéléra à aucun moment pendant les deux heures qu'ils passèrent au trot, et la jeune fille finit par relâcher ses muscles qu'elle avait contractés, pour se laisser porter par l'allure assez lente et non fatigante. Remerciant intérieurement la marchombre quand elle repassa au pas, elle se massa un instant ses jambes qui, bien qu'elles se soient ensuite décontractées, gardaient une certaine marque de ce trot nocturne. Alors qu'elle caressait le petit hongre qui n'avait aucunement bronché pendant tout ces heures, elle releva ensuite les yeux vers son maître qui prenait la parole, s'étant retournée sur sa selle pour vérifier, sans doute, qu'elle ne les avait pas perdu en route.


- N'oubliez pas de poser des questions, toutes les questions que vous pouvez avoir. Je suis là pour vous aider, pour vous pousser sur la Voie, je suis là pour vous. Si je suis capable de répondre à vos questions, je le ferai volontier, mais pour cela il faut que vous les posiez... N'hésitez pas, c'est ainsi que l'on apprend, aussi !


Irya ne fit que hocher la tête après que la maître marchombre eut finit sa phrase, mais ne prit aucunement la parole, car, pour l'instant, aucune question ne lui torturait à l'esprit. Mais cela viendrait bien assez tôt, elle en était presque certaine. Goûtant à l'allure lente qu'avait de nouveau emprunté la marchombre sur Roméo, la jeune fille s'obligea à dénouer ses muscles qui restaient raides par endroits. Son genou, bloqué, finit par se détendre, et elle laissa tomber ses jambes le long des flancs de sa monture, heureuse de chevaucher au pas, l'allure qu'elle préférait, autant parce qu'elle réussissait à contrôler son cheval à cette dernière, mais aussi parce qu'elle avait tout loisir d'observer les alentours sans prendre de risques importants. Avec un cheval imprévisible, elle ne se le serait pas permit, mais là, elle savait que son cheval sentait qu'elle était décontracté, et qu'il n'avait donc pas de raison de faire n'importe quoi. Quand le groupe longea un bosquet d'arbres à proximité du Lac Chen, la marchombre s'y engagea, menant sa monture avec dextérité. Puis, elle prit la parole :

- Il n'est toujours pas temps de dormir, n'est-ce pas ?

Avant qu'Irya n'ai pu protester, car elle n'avait aucunement l'intention de dormir pendant un cours, Bella s'adressa de nouveau à ses apprentis, un sourire malicieux flottant sur ses lèvres :

- On va faire quelques petits exercices à cheval. En effet, si vous savez maintenant vous déplacer aux trois allures, prendre la direction en main est un peu moins aisé, et il faut y mettre tout son coeur, même si vos chevaux sont parfaitement dressés. Ainsi, on va passer dans ce bosquet, et je garderai ma propre monture au trot, j'aimerais que vous fassiez de même... Mais dans la sécurité. Si vous sentez que vous perdez le contrôle, repassez au pas, et ne vous approchez pas trop des arbres !


Irya mena sa monture à la suite de celle qui menait la groupe, s'avançant encore plus dans la petit forêt qui s'étendait devant elle, étant à présent au trot. Les troncs semblait peu espacés, et quand elle se rapprocha, cette impression fut confirmée. Cette allure n'étant pas sa favorite, une petite appréhension s'était formée en elle, ayant quelques inquiétudes quand au fait qu'il ne fallait pas toucher les arbres. Pour se rassurer, elle se dit que son cheval devait être habitué à ce genre de situation, et qu'il n'opposerait pas de résistance à suivre docilement la monture de la vielle marchombre, aussi inattendues soient les conditions. Cependant, pour qu'il fusse en confiance, elle devait avant tout l'être elle aussi, et, malheureusement, cet objectif n'était pas exactement atteint pour l'instant. Avant qu'elle ne puisse seulement envisager de faire taire ses peurs, son maître s'adressa de nouveau à eux qui la suivait :

- Faites confiance à votre cheval. S'il vous porte sur son dos, sans résistance, il ne peut pas vous vouloir du mal. S'il fait quelque chose de travers, c'est que vous le lui avez demandé, même sans vous en rendre compte. Comprenez-le. Mettez-vous à sa place. Comprendre ne veut pas dire retracer et analyser. Non, comprendre veut dire ressentir et être, ne faire plus qu'un et se mettre à la place des autres...

Faisant donc avancer pour de bon sa monture, Bella distança peu à peu ses apprentis, sans pour autant qu'ils ne la perdent des yeux. Soupirant, Irya lança le hongre au trot, soufflant un instant, comme si son appréhension pouvait s'échapper d'elle dans un souffle. Ce qui ne fut pas le cas. Quand un trou qu'elle n'avait pas vu, ou plutôt pas voulu voir, fit trébucher sans gravité son cheval, elle s'obligea à mieux se concentrer. Se mettre à la place du cheval ne devait pas être le plus difficile à réaliser, si l'on devait comparer cet exercice à celui du bâton. N'ayant pas réussi à assimiler totalement cette pensée, elle n'était cependant pas prise par la crainte de rencontrer le même problème si elle ne devait faire plus qu'un avec le cheval. C'était un animal, vivant, qui possédait lui aussi des sensations, contrairement au bâton. Restait maintenant à vaincre la boule qui s'était nichée au creux de son ventre, tel un prédateur qui attend le meilleur moment pour vous dévorer.


Repassant un instant au pas, elle pressa ensuite les flancs du cheval qui repartit au trot. Quand les jambes de la jeune fille se détendirent et se coulèrent contre le cheval, se dernier sembla se détendre lui aussi, et rien ne le fit plus trébucher. Lorsque la cavalière et sa monture arrivèrent près de la maître marchombre, Irya eut de mal à appréhender les paroles qu'elle avait prononcé quelques instant plus tôt. Se mettre à la place de l'autre. L'avait-elle fait ? Une étrange sensation l'habitait ; elle ne savait pas si, en se détendant, sa monture s'était elle aussi automatiquement détendue, comme le feraient tous les chevaux, ou si elle avait réussi à comprendre l'être vivant qui l'acceptait sur son dos. Indécise, elle posa donc une question, comme leur avait proposé Bella auparavant :


- Est-il possible que nous réussissions à ne former qu'un avec l'autre sans réellement le savoir, tellement ceci est naturel ? Ou n'est-ce là qu'une fausse sensation ?
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Eindel Redohil
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Jeu 18 Mar 2010, 21:43

[ encore désolé pour le groos retard... Et la relativement mauvaise qualité de ce post]

Bella passa devant et le petit groupe partit au pas, calmement. Elle les guida vers un chemin qui traversait la forêt en son cœur puis Eindel se plaça derrière Irya, afin qu'ils fussent en file indienne, ce qui faciliterait le trajet. Le soleil avait finalement daigner céder sa place à la lune qui les baignait dans une douce lueur blanche, rendant les lieux à la fois sinistres et inquiétant, mais encore plus beaux qu'au jour pour le garçon qui s'amusait à scruter les alentours. La fraîcheur nocturne ne faisait qu'augmenter les frissons de plaisir qui le traversait au contact de la nuit. Il préférait pour une certaine raison la nuit au jour et le froid à la chaleur; et donc, en ce moment même, il exaltait de bonheur. L'apprenti passa ainsi plusieurs heures à regarder pensivement la lune, entière cette nuit là, puis à s'entraîner à voir le plus de détails possible à travers l'obscurité. Il commençait à en avoir mal aux yeux lorsque la vieille maître, devant, mit sa monture au trot, les invitant à faire de même. Il n'eut même pas besoin de solliciter quoi que ce soit de la part de Taïga, puisque celle-ci, compréhensive, se mit d'elle-même au trot, à la suite des ses deux congénères.

Le trot était toujours assez désagréable pour Eindel, mais il commençait à s'y faire à l'usage. Toutefois il avait l'impression que le temps ne passait pas, que la nuit durerait pour l'éternité, comme si tout s'était figé rien que pour eux. Et il aimait cette impression, cette idée d'aventure d'inconnu et d'infini qui émanait de cet instant. Mais bientôt il aperçut entre deux rangées de feuillages l'immensité noire du lac Chen, et toute son attention ne fut retenue plus que par lui, apparaissant de temps en temps et révélant les magnifiques reflets blancs de ses vagues aux yeux du garçon.

Souvent Bella se retournait, pour voir comment ses deux élèves se débrouillaient, sans doute, et Eindel lui rendait ses sourires chaleureusement. Mais cette fois-ci, elle prit la parole, tout en rabaissant l'allure générale à un pas lent :

«N'oubliez pas de poser des questions, toutes les questions que vous pouvez avoir. Je suis là pour vous aider, pour vous pousser sur la Voie, je suis là pour vous. Si je suis capable de répondre à vos questions, je le ferai volontiers, mais pour cela il faut que vous les posiez... N'hésitez pas, c'est ainsi que l'on apprend, aussi !»

En effet, il ne pouvait pas nier que durant les cours il n'avait jusque là pas été très bavard... Et effectivement, il avait tort. Comme elle l'avait si bien dit, elle était là pour eux, pour les aider et leur répondre. Alors pourquoi ne lui avait-il encore jamais posé une de toutes ces questions qu'il se posait souvent lorsqu'il était seul ? Peut-être... peut-être était-il encore réticent à communiquer et demander ouvertement une question. En tout cas, il se promit de lui demander un peu de son expérience et de sa sagesse s'il en avait besoin.

Profitant de la tranquillité du moment – qui ne durerait certainement pas -, l'apprenti focalisa ensuite son attention sur Taïga, la grande jument grise, puisque c'était ainsi qu'il l'avait nommée. Jusque là il n'avait eu aucun problème avec elle, tout allait parfaitement bien et voyager sur son dos était un vrai bonheur, particulièrement au pas, allure lente et posée qui le berçait doucement. Le trot était une autre histoire. Mais il se prenait de plus en plus d'affection pour sa monture, et réaliser concrètement que elle aussi, elle avait un cerveau et une intelligence ne faisait que renforcer cette affection. C'est donc avec joie qu'il entreprit de lui frotter les joues et de la remercier tout bas dans l'oreille. Taïga, si elle ne comprenait pas le sens de ces paroles ni même qu'elles en avaient un, saisit toutefois que l'homme qu'elle portait sur son dos avait une attitude très positive et donc, appréciant les caresses qu'il lui prodiguait, elle montra elle aussi ses bonnes impressions, à sa manière.

«Il n'est toujours pas temps de dormir, n'est-ce pas ?»

Eindel, qui commençait légèrement à somnoler en selle, comprit que Bella prévoyait de commencer un exercice. Elle confirma de suite cette pensée :

«On va faire quelques petits exercices à cheval. En effet, si vous savez maintenant vous déplacer aux trois allures, prendre la direction en main est un peu moins aisé, et il faut y mettre tout son coeur, même si vos chevaux sont parfaitement dressés. Ainsi, on va passer dans ce bosquet, et je garderai ma propre monture au trot, j'aimerais que vous fassiez de même... Mais dans la sécurité. Si vous sentez que vous perdez le contrôler, repasser au pas, et ne vous approchez pas trop des arbres !»


Il s'engagea donc à la suite d'Irya dans le sombre bosquet. Celui-ci était très chaotique et il pouvait paraître assez insensé de tenter d'y circuler à dos de cheval. Mais Eindel faisait entièrement confiance à sa monture et l'encouragea à slalomer entre les troncs, appréhendant avec elle les aspérités du terrain. Taïga se débrouillait très bien; à vrai dire, il n'avait pas grand besoin de la diriger puisqu'elle suivait presque à la trace le hongre de sa camarade d'apprentissage. Il ne faisait que repérer les pièges du sol et la guidait légèrement pour qu'elle les évitât. Les choses se gâtèrent quelque peu lorsque les troncs se rapprochèrent et que la végétation s'épaissit. Le trot commençait à faire un peu peur dans cet environnement mais, encore une fois, l'apprenti avait confiance en Taïga.

«Faites confiance à votre cheval. S'il vous porte sur son dos, sans résistance, il ne peut pas vous vouloir du mal. S'il fait quelque chose de travers, c'est que vous le lui avez demandé, même sans vous en rendre compte. Comprenez-le. Mettez-vous à sa place. Comprendre ne veut pas dire retracer et analyser. Non, comprendre veut dire ressentir et être, ne faire plus qu'un et se mettre à la place des autres...»


Eindel approuva. C'était ce qu'il essayait de faire depuis le début de l'exercice : ne faire qu'un avec sa monture. C'est pourquoi il tentait de relier leurs deux esprits d'êtres vivants si différent pour qu'ils se comprissent parfaitement, mais il ne savait pas du tout s'il y arrivait. Il ne pouvait que constater de la relative aisance qu'avait la jument à effectuer l'exercice, bien qu'elle dût parfois s'arrêter et bifurquer afin de contourner un mur de branche quasi infranchissable; il lui demandait aussi de ralentir lorsqu'il jugeait qu'elle entamait une descente pentue avec trop de vitesse. Mais globalement, tout se passait bien; Taïga répondait parfaitement aux légère sollicitations de son cavalier quand à la direction à prendre et celui-ci parvenait à rester concentré malgré les désagréables douleurs habituelles du trot.

C'est donc sans et confiant encombres qu'ils parvinrent à leur tour de l'autre côté du bosquet puis rejoignirent Bella. Assez enthousiaste à l'idée des prochains exercices, Eindel en resta du moins calme et posé lorsqu'il formula sa question, celle qui trottinait gaiement dans sa tête depuis qu'il se l'était remémorée.

«C'est qui, les Mercenaires du Chaos ? J'ai cru comprendre que les Marchombres étaient un peu... opposés à eux. Pourquoi ?»
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Sam 20 Mar 2010, 11:14

Sortie du bosquet, la Marchombre observait ses apprentis dans le sous-bois. Elle se demandait vraiment ce que cela faisait, d'avoir une réelle vision nocturne... En effet, elle savait cela possible, simplement parce que le Rentaï avait déjà accordé ce genre de greffe. Oh, elle n'était aucunement jalouse ni quoi que ce fût, c'était simplement qu'elle se posait la question. Ses sens aiguisés et sans cesse limés lui donnaient beaucoup d'informations, ce qui lui permettait d'interpréter les mouvements des apprentis et des chevaux dans l'obscurité de la forêt qu'ils étaient en train de traverser. Elle pouvait voir, et sentir, surtout, qu'Irya, après s'être contractée inutilement sur son cheval en passant au trot, durant les deux heures précédentes, s'était faite plus liante, ce qui était un bon point. Elle ne s'en rendait certainement pas compte, simplement. Souriante, Bella inspira l'air frai de la nuit, avant de porter son attention sur son second apprentis.

Eindel aussi tentait de se lier avec sa jument, et c'était une bonne chose, c'était ce qu'elle avait demandé. Cependant, si l'essentiel avait été compris,il manquait quelque chose. Un indice, une nouvelle pointe, qui faisait qu'ils parviendraient totalement à comprendre et à se fondre dans leur environnement, quel qu'il fût. Bella n'eut pas beaucoup à réfléchir, car Eindel en été le parfait exemple. Il voulait s'accorder à sa monture. Il voulait, et il l'imposait presque. C'était cela. Soupirant légèrement, Bella passa une mèche de ses cheveux blancs comme les rayons de lune dans son dos, et mit Roméo au pas pour continuer d'avancer dans la même direction, pour ne pas prendre de retard. Elle ne dit rien pendant un long moment, laissant les questions de ses apprentis en suspens, dans l'air, les laissant réfléchir l'un et l'autre à la question de leur camarade, les laissant chercher une réponse d'eux-mêmes avant de leur donner son propre point de vue.

Parce qu'elle n'avait pas toujours raison, comme elle n'avait pas toujours tort. Chacun a une vision des choses différentes, et chacun appréhende sa différence d'une manière particulière. Si Irya avait parlé de l'exercice, Eindel était parti sur un tout autre sujet. C'est pourquoi Bella comptait d'abord répondre à la jeune fille. Mais elle ne comprenait pas trop d'où venait la question de son apprenti, par contre. Mais le pourquoi de la question ne l'intéressait guère. Pourtant, ce sujet lui rappela les années de lutte de sa fille pour réussir à trouver l'emplacement de la cité du Chaos. Elle était morte pour cela, par son envie irrésistible d'en apprendre toujours plus sur les Mercenaires du Chaos et leurs desseins. Une histoire de prophétie, une histoire si compliquée... Mais Bella ne nourrissait cependant aucun ressentiment envers les Mercenaires. Si cela devait être ainsi, soit. Sa fille avait en tout cas répandu cette prophétie dans les rangs des Marchombres, et les desseins des Mercenaires étaient alors devenus plus claire pour la Guilde. Mais, malgré la clarté de tout cela, il y avait deux partis, et les Marchombres ne voulaient en aucun cas sombrer dans le communautarisme. Ceux qui pensaient que cette Prophétie était réelle, et avait un enjeu fort, et ceux qui pensaient que cela n'était que des sornettes...

    Lorsque les douze disparaîtront et que l'élève dépassera le maître, le chevaucheur de brume le libérera de ses chaînes. Six passeront et le collier du un sera brisé. Les douze reviendront alors, , d'abord dix puis deux qui ouvriront le passage vers la Grande Devoreuse. L'élève s'y risquera et son enfant tiendra dans ses mains le sort des fils du Chaos et l'avenir des hommes


C'était ce qu'avait rapporté Eterna, avant de se faire prendre en embuscade, quelques jours plus tard. Et de s'envoler une dernière fois... Bella ferma les yeux un instant, et finalement ralentit son cheval pour se placer entre les deux chevaux de ses apprentis, légèrement décalée vers la droite pour les avoir tous les deux dans son champ de vision et pas trop loin d'elle. Alors, elle commença par donner le conseil qui lui brûlait les lèvres depuis que les deux apprentis étaient sortis de la forêt, et qui en réalité était la réponse à la question d'Irya...


- Vouloir faire un n'est pas la bonne solution. Ou du moins, pas la plus efficace, et faillible sur le long terme. Vouloir les choses, c'est les prendre. Mais les énergies, comme la compréhension, comme tout, c'est quelque chose d'impalpable. On peut prendre l'exemple de l'amitié, ou de l'amour. On ne peut pas obliger quelqu'un à nous aimer, à nous apprécier. On ne fait que profiter de cet attachement, sans vouloir quelque chose en retour, juste en donnant de nous, et l'autre nous donnant de lui. Il n'y a aucune exigence à avoir, aucune volonté à imposer.

C'est la même chose, avec les forces, avec l'énergie. Tenter, essayer, d'être absolument en accord avec son cheval, par exemple, ou après même avec son arme, avec le vent, l'eau, ou les autres éléments, c'est leur imposer sa présence. C'est pour cela que l'accord est dissonnant, ou ne se fait pas. Parce que l'on veut forcer, sans s'en rendre réellement compte, l'autre à s'accorder à nous. Non. Il faut s'offrir... Et profiter. C'est lorsque l'on souhaite trop faire les choses que l'on n'y parvient pas, et c'est en ne cherchant pas que l'on trouve...


Adressant un sourire à ses apprentis, elle appuya son regard dans celui d'Irya, pour lui signifier que c'était sa réponse. Alors, soupirant, elle mit son cheval au trot, et ils trottèrent encore, sous les nuages et sous la lune, cachée. Une bonne demie-heure, ce fut le temps qui s'éccoula avant que Bella ne reprît le pas pour répondre enfin à Eindel. Le temps que ce qu'elle venait de dire les imprégnât, pour être sûre que ses mots ne glisseraient pas en saturation sur leurs esprits.

- Les Marchombres ne sont pas opposés aux Mercenaires du Chaos. Opposés, dans le sens de guerre froide, j'entends. Si les Marchombres mettent leurs capacités au service de l'Harmonie et de la clarté, les Mercenaires, aux capacités identiques en tout cas, luttent pour un Chaos régénérateur soi-disant de notre Empire.

Les Mercenaires cherchent les Marchombres, et veulent s'en débarasser, ou alors les faire prisonniers. Il y a une raison à cela : une prophétie. Peu de gens ont connaissance de cette dernière, et beaucoup pensent que ce n'est qu'un tissus de folies. Une Marchombre, précisément, a réussi à soutirer des informations des Mercenaires, car elle voulait comprendre la haine viscérale qu'ils ont contre nous... Il veulent simplement nous voler l'un de nos fils, parce que cela pour eux l'apogée de leur pouvoir, et qu'ils auront alors la chance d'avoir la réelle capacité à prendre l'Empire et à faire un coup d'Etat.

Outre, évidemment, les notions d'Harmonie et de Chaos, qui, de tout temps, ont toujours été opposées et pourtant complémentaires...


Un dernier sourire, et Bella mit cette fois-ci Roméo au galop, pour galoper ainsi pendant une bonne demie-heure, assez rapidement. Le soleil commençait à se lever, et la vieille Marchombre souriait aux étoiles, heureuse. Le vent, venant caresser sa joue, apporta la présence de sa fille à ses côtés... Eterna. Une larme glissa, s'accrochant à sa joue flétrie, avant de l'envoler dans les airs, cristalline... Et alors que le soleil venait de passer entièrement l'horizon, que la lumière était changeante et que les nuages cachaient l'astre de feu, Bella se tourna vers ses apprentis, ralentissant sa monture. Devant eux, s'étendait un champs avec des ballots de pailles dispercés, vieux et poussiéreux, comme si on les avait oubliés là tout l'hivers... Soupirant, Bella remit Roméo au pas, avant de tendre deux arcs à ses apprentis. Puis, elle expliqua :

- Vous avez chacun dix flèches. J'aimerais que vous arriviez à planter au moins une flèche à chaque allure de votre cheval. Au pas, puis au trot, puis au galop. Dans les ballots de foin, évidemment...

Leur adressant un sourire, elle mit pied à terre et regarda ainsi ses apprentis faire. C'était encore, et toujours, la même leçon. Ne faire qu'un. Avec la flèche, et avec le cheval...
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Jeu 25 Mar 2010, 18:45

Silencieuse, la jeune fille passait une main douce sur l'encolure de son cheval, appréciant à sa juste valeur ce contact privilégié qu'elle avait avec l'animal. Qui était maintenant le sien. Peut-être devrait-elle songer à lui trouver un nom avant toute chose, bien qu'elle soit certaine qu'elle n'avait pas besoin de cela pour se sentir proche de lui. Mais ce ne serait sans doute qu'une chose de plus, les liants plus définitivement, plus officiellement. Mais peu importait. Alors que la maître marchombre mettait son cheval au pas, ses apprentis la suivirent, sans qu'aucun des deux n'ait eu la réponse à sa question. Cependant, Irya ne douta pas un seul instant qu'ils auraient ce qu'il attendaient avant la fin de leur cours ; il fallait juste qu'ils attendent un moment plus approprié. Bella ne leur avait pas dit de poser pour des questions pour ne pas y répondre ensuite, non, elle devait sans doute être en train de les formuler le plus exactement possible, pour qu'ils comprissent bien chaque chose, et qu'ils aient également le temps de réfléchir de leur côté avant qu'elle ne leur réponde. Si la jeune fille pensait sincèrement qu'elle s'était accordée avec le hongre, sa question restait néanmoins sans réponse dans son esprit, car elle souhaitait avoir un avis extérieur, sûrement quelque peu différent du sien. Après un long moment passé au pas, la vieille marchombre ralentit, pour se placer à hauteur de ses apprentis, avant de leur parler, sans avoir fait allusion à une quelconque question.

- Vouloir faire un n'est pas la bonne solution. Ou du moins, pas la plus efficace, et faillible sur le long terme. Vouloir les choses, c'est les prendre. Mais les énergies, comme la compréhension, comme tout, c'est quelque chose d'impalpable. On peut prendre l'exemple de l'amitié, ou de l'amour. On ne peut pas obliger quelqu'un à nous aimer, à nous apprécier. On ne fait que profiter de cet attachement, sans vouloir quelque chose en retour, juste en donnant de nous, et l'autre nous donnant de lui. Il n'y a aucune exigence à avoir, aucune volonté à imposer.

C'est la même chose, avec les forces, avec l'énergie. Tenter, essayer, d'être absolument en accord avec son cheval, par exemple, ou après même avec son arme, avec le vent, l'eau, ou les autres éléments, c'est leur imposer sa présence. C'est pour cela que l'accord est dissonnant, ou ne se fait pas. Parce que l'on veut forcer, sans s'en rendre réellement compte, l'autre à s'accorder à nous. Non. Il faut s'offrir... Et profiter. C'est lorsque l'on souhaite trop faire les choses que l'on n'y parvient pas, et c'est en ne cherchant pas que l'on trouve...


Quand la marchombre appuya son regard dans celui de son apprentie, plongeant ses yeux dans les siens, Irya eut la confirmation que cette longue tirade lui était en quelque sorte destinée, ou du moins, qu'elle répondait à sa question. Hochant la tête alors que son maître avait déjà détourné la sienne, elle fit cela plus pour elle que pour une autre personne. Bella demanda le trot à Roméo, qui ne tarda pas à être suivit des deux autres chevaux, au trot également. Plusieurs dizaines de minutes s'écoulèrent, durant lesquelles Irya eut le temps de réfléchir sur le point de vue de son maître, et à quel point il différait du sien. Mais, derrière ceci, il n'était en fait pas différent, car la marchombre semblait ressentir beaucoup plus simplement les choses, ce qui l'éloignait de son apprentie quand on ne prenait pas le temps de bien regarder. La jeune fille n'avait pas assez confiance en elle, d'une part, et semblait vouloir se référer à quelqu'un de plus expérimenté, alors qu'elle aurait pu trouver les réponses à ses questions sans aucune aide. Cela viendrait avec le temps, sans doute. Après une bonne demie-heure de trot, la maître marchombre changea d'allure, et se remit au pas, dans le but de répondre à la question d'Eindel, qui n'était pas, en revanche, portée sur l'exercice précédent.


- Les Marchombres ne sont pas opposés aux Mercenaires du Chaos. Opposés, dans le sens de guerre froide, j'entends. Si les Marchombres mettent leurs capacités au service de l'Harmonie et de la clarté, les Mercenaires, aux capacités identiques en tout cas, luttent pour un Chaos régénérateur soi-disant de notre Empire.

Les Mercenaires cherchent les Marchombres, et veulent s'en débarasser, ou alors les faire prisonniers. Il y a une raison à cela : une prophétie. Peu de gens ont connaissance de cette dernière, et beaucoup pensent que ce n'est qu'un tissus de folies. Une Marchombre, précisément, a réussi à soutirer des informations des Mercenaires, car elle voulait comprendre la haine viscérale qu'ils ont contre nous... Il veulent simplement nous voler l'un de nos fils, parce que cela pour eux l'apogée de leur pouvoir, et qu'ils auront alors la chance d'avoir la réelle capacité à prendre l'Empire et à faire un coup d'Etat.

Outre, évidemment, les notions d'Harmonie et de Chaos, qui, de tout temps, ont toujours été opposées et pourtant complémentaires...


Bien que cela intéresse Irya, elle ne tenta pas de réfléchir plus que de raison sur ce sujet, préférant avoir fini son apprentissage avant de juger quelque parti que ce soit, même si elle avait déjà choisi le sien, en quelque sorte. Son attention se fit soudain plus présente quand Bella lança Roméo au galop, ses apprentis la suivant comme d'habitude. Irya essaya de placer correctement ses aides pour demander un départ au galop un peu précipité, respectant tout de même sa monture, qui ne se fit pas prier pour accélérer. Le hongre avait beau être calme et attentif, il savourait parfois un peu trop la liberté que lui offrait ce rythme rapide, et la jeune fille dut tirer sur les rênes par moment, car il menaçait d'augmenter encore l'allure. Cependant, après qu'il eut compris qu'il ne devait pas prendre de trop grandes décisions tout à coup, le temps qu'Irya passa au galop lui sembla interminable et très court. Interminable, parce qu'elle préférait ne pas relâcher son attention une minute, et qu'elle se crispait un peu trop par moment, et court car elle prenait plaisir à observer cette nature s'éveiller, le galop étant une allure bien plus confortable que le trot, où tout tanguait. Au bout d'une demie-heure, la marchombre ralentit de nouveau, et repassa au pas, tandis qu'elle tendait deux arcs à ses apprentis. Désignant les ballots de foin qui se trouvaient dans le champ qu'ils venaient d'atteindre, elle expliqua l'exercice suivant :


- Vous avez chacun dix flèches. J'aimerais que vous arriviez à planter au moins une flèche à chaque allure de votre cheval. Au pas, puis au trot, puis au galop. Dans les ballots de foin, évidemment...


Lorsqu'elle avisa du regard les ballots de foin, Irya se tendit sans raison apparente, ayant d'ores et déjà une vision négative de ce qu'elle allait faire quand elle serait au galop. Respirant un bon coup, elle tenta de dissiper le malaise qui la gagnait et accepta son arc avec un sourire quelque peu contraint, et pourtant franc. Elle prit son arc en se mettant en position, lâchant les rênes de sa monture qui ne sembla pas s'en rendre compte puis la mit au pas en serrant ses flancs. Quand elle arriva à hauteur des ballots de foin, elle tendit la corde de l'arc, et tira. Soufflant en même temps, elle évacua la gêne qui l'habitait, n'ayant pas de crainte en ce qui concernait le pas. Satisfaite, elle vit que la flèche s'était plantée au milieu d'un des ballots, ce qui la fit sourire intérieurement. Maintenant qu'elle avait appris à être en accord avec la flèche et le cheval, au trot pour ce dernier, l'exercice à la plus lente allure n'était pas une difficulté en elle-même. Revenant au point de départ, elle attrapa une seconde flèche, et lança sa monture au trot. Son équilibre fut mis à rude épreuve lors des dix premiers mètres, puis elle réussit enfin à se stabiliser, et s'approcha des ballots. La flèche qu'elle tira fut déviée par un mouvement de sa monture, qu'elle avait involontairement perturbée en se crispant dans sa jambe gauche au dernier moment.

Patiente, elle revint prendre une nouvelle flèche, et tâcha de se détendre, tandis qu'elle tendait à nouveau la corde de l'arc. Le trait qui fila à toute allure se planta cette fois-ci bien dans une des cibles improvisées. S'obligeant à ne penser qu'à la dernière chose qu'elle devait effectuer, Irya pressa ses jambes contre les flancs du hongre, qui partit au galop après quelques foulées de trot. Alors que quelques secondes auparavant, elle suivait le mouvement de balancement que faisait son cheval, quand elle lâcha ses rênes, elle faillit tomber à terre, et se rattrapa de justesse en se penchant sur l'encolure de son cheval. Fatiguée par cette nuit de chevauchée et par les efforts qu'elle venait de produire, son souffle se fit de plus en plus court, et, de ce fait, elle avait beaucoup plus de mal à se concentrer avec attention sur ce qu'on lui demandait. Quand elle arriva près des ballots de foin au galop, se jambes ne purent s'empêcher de se crisper, mais comme elles pressaient chacune de leur côté, la monture de la jeune fille ne dévia pas, se contentant d'accélérer. La flèche qui partit en direction des ballots fut tirée avec une précision satisfaisante, mais elle n'avait pas tenu compte de la vitesse du cheval, atterrissant à côté.

Avec entrain, car elle ne voulait en aucun cas abandonner, elle revint prendre une flèche, et relança sa monture qui jaillit, heureuse de galoper à sa guise. Bousculée malgré les efforts qu'elle faisait pour rester en selle, Irya ne réussit pas non plus à tirer la deuxième flèche qui se ficha près des ballots sans en toucher aucun. Elle ne s'accordait ni avec la flèche, ni avec le cheval. Une fois de plus, le stress qu'elle ressentait d'un côté envenimait les choses et brisait les autres tentatives qu'elle effectuait. Agacée, mais plus lasse et fatiguée qu'autre chose, aucune des flèches suivantes qu'elle ne tira ne se ficha dans les ballots de foin. A chaque fois, elle se braquait au dernier moment et perdait le seul contact qu'elle avait avec sa monture. Son niveau d'équitation ne lui permettait donc pas de réussir cet exercice. A moins qu'elle se referme sur elle-même en partant directement sur des pensées négatives. Quoi qu'il en soit, ses paupières se fermaient toutes seules par moment, et ce fut avec joie qu'elle arrêta sa monture près des autres, une lueur dure dans les yeux. Elle soupira.
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Eindel Redohil
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Ven 26 Mar 2010, 19:34

Le voyage était plus calme encore que précédemment. Les trois cavaliers sur leur monture au pas ne disaient mot et rien ne venait les perturber. Eindel lui, attendait avec une pointe d'impatience peut-être que Bella leur réponde, à sa question ainsi qu'à celle d'Irya, qui l'intéressait aussi. Mais le temps passait, et à force de trop réfléchir il finit par ne plus réfléchir, à s'évader encore. C'était un de ses passe-temps favori : laisser le flot de ses pensées déborder, et s'y immerger. C'était même parfois plus de la somnolence que de la méditation mentale tant il se laissait aller. Enfin cette fois-ci il ne s'évada pas loin car la vieille maître délivra un premier discours, qui traitait de la question d'Irya.

«Vouloir faire un n'est pas la bonne solution. Ou du moins, pas la plus efficace, et faillible sur le long terme. Vouloir les choses, c'est les prendre. Mais les énergies, comme la compréhension, comme tout, c'est quelque chose d'impalpable. On peut prendre l'exemple de l'amitié, ou de l'amour. On ne peut pas obliger quelqu'un à nous aimer, à nous apprécier. On ne fait que profiter de cet attachement, sans vouloir quelque chose en retour, juste en donnant de nous, et l'autre nous donnant de lui. Il n'y a aucune exigence à avoir, aucune volonté à imposer. C'est la même chose, avec les forces, avec l'énergie. Tenter, essayer, d'être absolument en accord avec son cheval, par exemple, ou après même avec son arme, avec le vent, l'eau, ou les autres éléments, c'est leur imposer sa présence. C'est pour cela que l'accord est dissonnant, ou ne se fait pas. Parce que l'on veut forcer, sans s'en rendre réellement compte, l'autre à s'accorder à nous. Non. Il faut s'offrir... Et profiter. C'est lorsque l'on souhaite trop faire les choses que l'on n'y parvient pas, et c'est en ne cherchant pas que l'on trouve...»

Le jeune apprenti écouta avec attention, car il se sentit immédiatement concerné. Puis, lorsqu'il comprit qu'elle en avait terminé sur ce point et qu'elle ne lui parlerait pas maintenant des Mercenaires, ces personnes qui l'intriguaient tant, il comprit. Une chose essentielle peut-être. Ou alors l'avait-il comprit avant mais l'avait-il oublié ces derniers temps. Avec Taïga, il avait voulu. Oui, voulu presque sans faire attention à ce que sa monture, elle, en pensait. Voulu irrémédiablement. Et si, plutôt, il s'ouvrait et laissait le libre arbitre à qui ou quoi le voulait de s'accorder à lui ? Mais oui, c'était absolument cela. Comment diable avait-il pu vouloir obliger la jument à s'accorder à lui ? C'était tout juste irrespectueux, insouciant, méchant même...

Profitant de la tranquillité dont il jouissait, Eindel s'y essaya. Seulement, il ne savait pas trop comment s'y prendre pour ouvrir son esprit... C'était une métaphore, après tout; on ne poussait pas une poignée pour s'ouvrir comme on le ferait avec une simple porte. Mais pour ceci, il le savait, rien ni personne n'avait le pouvoir de l'aider, il devait comprendre et réussir par lui-même. Après avoir tendu et détendu chaque muscle de son corps, lorsqu'il sut que le mouvement de Taïga ne le dérangeait plus, il rabattit ses paupières et se mit à vider sa tête de toute pensée; ce qui était déjà bien plus facile à dire qu'à faire.

Bons sang, il y avait beaucoup trop de distraction, impossible de vider son esprit... Tant pis, il réessaierais plus tard. Tiens, d'ailleurs, Bella s'était rapprochée, pour leur parler certainement. Allait-elle cette fois-ci répondre à sa question ? Apparemment oui.

«Les Marchombres ne sont pas opposés aux Mercenaires du Chaos. Opposés, dans le sens de guerre froide, j'entends. Si les Marchombres mettent leurs capacités au service de l'Harmonie et de la clarté, les Mercenaires, aux capacités identiques en tout cas, luttent pour un Chaos régénérateur soi-disant de notre Empire. Les Mercenaires cherchent les Marchombres, et veulent s'en débarrasser, ou alors les faire prisonniers. Il y a une raison à cela : une prophétie. Peu de gens ont connaissance de cette dernière, et beaucoup pensent que ce n'est qu'un tissus de folies. Une Marchombre, précisément, a réussi à soutirer des informations des Mercenaires, car elle voulait comprendre la haine viscérale qu'ils ont contre nous... Il veulent simplement nous voler l'un de nos fils, parce que cela pour eux l'apogée de leur pouvoir, et qu'ils auront alors la chance d'avoir la réelle capacité à prendre l'Empire et à faire un coup d'État. Outre, évidemment, les notions d'Harmonie et de Chaos, qui, de tout temps, ont toujours été opposées et pourtant complémentaires...»

Tous ces précieux renseignements assouvirent la curiosité d'Eindel. Mais il buta particulièrement sur la dernière phrase de la vieille maître. Le Chas et l'Harmonie, complémentaires ? Cela signifiait qu'il n'existait pas d'Harmonie sans Chaos, et vice-versa... Mais cela ressemblait trop pour lui aux notions de bien et de mal. Pourtant, c'était foncièrement différent... Ou peut-être pas tant que ça, finalement. Les Mercenaires pouvaient-ils être associés au mal ? Non, évidement puisqu'on ne pouvait pas associer les Marchombres au bien ! Un Marchombre, qu'il fasse le bien ou le mal, ou même qu'il fasse quoi que ce soit, vivait de liberté et d'harmonie, un point c'est tout. Rien à voir avec des anges divins qui était là pour le bien du monde. Mais les Mercenaires les chassaient, selon les dires de Bella... Donc s'il en croisait un, celui-ci essaierait de le tuer ? Mais pourquoi ? Les Machombres de leurs avaient rien demandé...

Il dût couper court à ses réflexions lorsque Bella et Roméo partirent dans un galop survolté. L'apprenti, excité et tenté, n'eut qu'à demander à Taïga de faire de même et déjà il dévalait la prairie à une allure folle et extrêmement jouissive. Tellement que ça en devenait dangereux, pour lui qui n'était pas spécialement expérimenté en équitation, mais il n'y fit pas attention et, juché sur sa selle, il incita sa monture à aller plus vite encore, plus vite que Roméo afin de rattraper l'écart que celui-ci avait creusé entre Bella et lui. Le vent ébouriffait ses cheveux mi-longs et passait durement sur son visage dans une caresse violente qui ne faisait qu'augmenter son plaisir. Sous le puissant vacarme régulier des violents coup de fer que la jument donnait au sol caillouteux du chemin, il exaltait d'adrénaline. Cette vitesse était si agréable, si survoltante ! Toutefois il dût bien ralentir pour se caler à la vitesse de la meneuse. La jument elle aussi s'emportait un peu et il fut contraint quelques fois de l'empêcher de repartir plus vite et de bifurquer. Mais elle se calma vite et ne broncha plus à suivre docilement le galop du hongre de Bella.

La course dura ainsi plusieurs dizaines de minutes, jusqu'à ce que Bella ralentisse progressivement pour s'arrêter dans un champ ou gisait des ballots de pailles miteux.

«Vous avez chacun dix flèches. J'aimerais que vous arriviez à planter au moins une flèche à chaque allure de votre cheval. Au pas, puis au trot, puis au galop. Dans les ballots de foin, évidemment...»

Du tir à l'arc, hein... A cheval, cette fois-ci ! Ça promettait d'être intéressant. Il s'était beaucoup entraîné durant des après-midi entières jusqu'à ne plus manquer sa cible à une distance respectable, mais jamais à cheval. En tout cas, dans un état pareil, il n'arriverait à rien; il devait déjà se calmer, dissiper l'adrénaline de la course et retrouver un sérieux ainsi qu'une concentration sans faille. Il dirigea donc sa monture vers Bella et se baissa pour attraper un arc et une flèche de ses mains. Il prit quelques secondes pour l'observer, le peser et apprécier la bonne prise en main qu'il offrait au tireur; puis il prit d'une main les rennes pour venir se placer non loin de là où Irya s'était elle-même positionnée, assez loin des cibles pour avoir le temps de viser. Cette dernière commença, au pas, mais Eindel prit plus le temps de réfléchir. Bella leur avait appris à ne faire qu'un avec une flèche, et cette nuit avec leur monture. Cet exercice requérait certainement ces deux compétences à la fois. Le visage du garçon prit soudain une expression plus que neutre, un masque sérieux; aucun de ces muscles faciaux n'était plus tendu, il était juste en train de se préparer à la concentration en calmant les courbatures naissantes de son corps et les battements de son coeur.

Il sollicita des pieds le pas de la part de la jument grise, directement vers les ballots puis la fit tourner pour suivre qui tournait dans un grand cercle autour de ceux-ci. Puis il tendit l'arc devant lui et encocha la flèche. Il prit ensuite la corde avec trois doigts pour l'amener près de son oeil. L'arc était plus puissant qu'il ne l'avait cru au premier abord, et s'il restait trop longtemps dans cette position, son bras se tétaniserait à coup sûr. Vitesse et concentration, donc. Le regard rivé sur son objectif, il procéda comme il y arrivait le mieux : se focaliser entièrement dessus, oublier tout le ce qui l'entourait, et laisser son corps faire le reste. Il ne savait pas pourquoi il tirait comme cela - au tir instinctif disait-on chez les chasseurs – mais c'était un réflexe lorsqu'il utilisait un arc; sûrement avait-il appris ceci dans sa... vie antérieure.

Le jeune apprenti, au summum de la concentration, ouvrit les doigts. Il sut avant même qu'elle n'y arrivât que la flèche toucherait sa cible grâce à sa trajectoire en parabole, tout à fait comme il l'avait souhaitée. Il repassa donc par Bella et lui emprunta un projectile avant de reprendre place. Le trot, ce serait certainement une autre histoire. Les mouvements du cheval y entraient réellement en compte, car le trot générait un déplacement du cavalier important dans l'espace, beaucoup plus qu'au pas. Sans plus attendre, il mit Taïga au trot et la fit prendre le même chemin que précédemment, appréhendant déjà les difficultés qu'il aurait à rester stable. Lorsque la jument commença à décrire le cercle autour du tas de foin, il lâcha les rennes, prit le temps de bien se caler sur la selle puis encocha la flèche. Immédiatement il comprit que les turbulences étaient encore plus gênantes qu'il l'avait cru. Impossible de garder l'arc stable et pointé dans la même direction. Ou alors... Il ferma les yeux et toute ses capacités furent centrées sur les pas du cheval gris. S'il pouvait sentir, comprendre et anticiper ces turbulences, il pouvait s'y adapter ! Un pas... L'épaule de cette patte là allait remonter et l'affecter. Lorsqu'elle le fit, tout son corps, dans un mouvement qu'il ne contrôlait pas réellement, bougea étrangement de manière à compenser le mouvement de l'épaule de l'animal. Il venait de canaliser une turbulence. Mais comment le faire pour tous les mouvements de Taïga ? Et comment se concentrer là-dessus en même temps que sur la cible ? Ouvrir son esprit. Ne faire qu'un, avec le cheval et la flèche. Quelque chose de totalement onirique à première vue.

A première vue. Soudain, son esprit s'ouvrit. Sur l'animal, déjà. Il sentit chaque infime mouvement, chaque flux d'énergie qui traversait le corps majestueux de la jument. Son corps entra dans une sorte d'étrange danse musculaire, presque imperceptible, qui compensait toutes les turbulences qu'il subissait. Eindel faillit perdre cet état de par sa stupeur mais il réussit à rester totalement ouvert. Ensuite, il ouvrit les yeux. La flèche dessinait un trait droit devant son oeil. Un trait immobile, ou presque. Un trait stable. La flèche partit et Eindel l'accompagna mentalement jusqu'au ballot de foin, ou elle se ficha.

Il avait réussi ! Et il ne se remettait toujours pas de ce qu'il avait fait. Mais il ne devait surtout pas s'enflammer. Le pire était encore à venir : le galop. Une nouvelle fois il alla récupérer une flèche des mains de Bella puis vint se mettre en position. Après une longue attente durant laquelle il appréhenda les difficultés pour mieux se préparer, il monta Taïga progressivement jusqu'à un galop intermédiaire. Enfin, lorsqu'elle entama une nouvelle fois un cercle autour de la cible, il lâcha les rennes, failli être désarçonné, récupéra un équilibre précaire; puis il tendit l'arc, encocha la flèche et le banda jusqu'à son oeil droit. Il referma les yeux et tenta de procéder comme plutôt; s'ouvrir aux mouvements du cheval, les comprendre et les compenser. Mais ceux-ci étaient tellement plus puissant qu'au trot qu'il ne parvint qu'à une très relative stabilité, qui ne pouvait être bien utile, mais le garçon décida de tenter le coup. Il rouvrit les yeux et fixa la cible, s'immergea en elle tout en restant dans sa danse musculaire éliminant tant bien que mal les mouvements que Taïga lui imposait par sa course. La fatigue se mêlant à la partie, sa vision se troublait un peu et il avait le plus grand mal à se concentrer pleinement, de plus l'effort crispait les muscles de tout son corps.

Soudain la jument dû trébucher dans son galop et Eindel fut complètement déstabilisé; son bras tira encore plus sur la corde et ramena le projectile vers lui. La pointe de la flèche, sans qu'il ne s'en aperçoive, se coinça dans la poignée de l'arc, l'empêchant d'être tirée. Taïga se reprit violemment juste avant de s'étaler au sol et la secousse causée fit que les doigts du garçon glissèrent involontairement de la corde. L'arc, tendue, fit alors ce pour quoi il était conçu : propulser la flèche par l'élasticité du bois. Celle-ci, bloquée, ne s'en alla pas le moins du monde; non, sous la pression, elle explosa au visage de l'apprenti. Il sauva certainement son oeil grâce à ses vieux réflexes instinctif qui lui firent abaisser ses paupières mais une lame de bois aussi tranchante qu'un rasoir lui traça une longue et droite estafilade sur sa joue droite. Taïga, elle, dût recevoir un violent coup puisqu'elle s'affola et patina dans la boue à toute allure, puis effectua des tourniquets et plusieurs sauts qui envoya valdinguer son cavalier au sol.

Bon sang.... Eindel se releva lourdement et tenta de comprendre un peu mieux ce qui s'était déroulé. Il ne mit pas trop de temps en voyant les morceaux de l'ancienne flèche gisant au sol devant lui et l'arc, juste à côté. La jument s'était calmée, apparemment, puisqu'elle revint au pas vers lui. Eindel la caressa en s'excusant de la surprise qu'il avait lui-même causée mais qui les avaient tout les deux frappés. Enfin, les accidents arrivaient... Il se remit en selle, et retourna vers Bella , lui montrant les restes de sa flèche en s'excusant :

«Hum... Pardon, je crois bien que vous pourrez plus vous servir de celle-ci, je l'ai complètement... détruite.»

Mais, pas résigné pour autant, il prit une autre flèche, et recommença.

Aucun nouvel accident n'arriva durant toutes ses tentatives, mais aucune des flèches n'atteignit le ballot de foin, même si la dernière n'en était pas loin. Les turbulences et la fatigue étaient décidément beaucoup trop importantes, impossible de viser juste; sans parler de la difficulté qu'il avait à garder sa monture dans le bon chemin sans tenir les rênes.

Légèrement déçu, il retourna près de Roméo, Bella, Irya et son hongre.
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Mar 30 Mar 2010, 12:53

L'observation était l'une des choses auxquelles Bella s'attachait le plus, l'une des choses qu'elle préférait faire. Observer, percer à jour, comprendre, et suivre. Lorsqu'elle avait donné les réponses à ses apprentis, elle avait senti chez eux une sorte d'intérêt, et pourtant ils ne semblaient pas totalement s'ouvrir à ses paroles. Elle se demanda alors si elle n'avait pas trop été large et floue sur la pensée Marchombre, et si elle n'avait pas trop appuyé l'apprentissage sur les capacités physiques mais jamais réellement offert le mode de vie dans lequel pourtant elle était immergée. Ils ne comprenaient pas le pouvoir des mots, pas encore, et surtout ils ne cherchaient pas les réponses par eux-mêmes, ils les attendaient, elle l'avait particulièrement senti pour ces deux questions en tout cas. Ils ne laissaient pas leur esprit vagabonder dans le bon sens, ils ne réfléchissaient pas aux questions qu'ils posaient. Pourtant, c'était à eux de faire leurs démarches personnelles pour avoir leur propre avis ! Ils ne comprenaient pas tout ce qui était légèreté et grâce, et ne voyaient pas le monde tel qu'il était vraiment, mais seulement en s'accordant à penser qu'il était tel qu'ils le voyaient; Soupirant, Bella commença donc à chercher quelque chose qui pourrait leur ouvrir les yeux. Cela ne se ferait pas en une fois, mais une révélation pouvait tout autant survenir dans leur esprit, étant donné qu'ils avaient tout de même compris une bonne partie des leçons qu'elle avait pu leur offrir. Soupirant, elle se tourna donc vers ses deux apprentis lorsqu'elle leur tendit les arcs qui leur permettraient de faire le prochain exercice correctement, tel qu'elle l'avait demandé.

Ainsi, elle descendit de sa propre monture, et laissa cette dernière brouter tranquillement, s'avançant un peu vers les ballots de paille. La première à s'élancer fut Irya, qui réussit sans difficulté son premier tir, au pas. Elle s'était accordée et à l'arme, et à sa monture, ce qui était tout à fait ce qu'avait cherché à leur faire faire Bella. Puis, lorsqu'elle prit le trot, la Marchombre sentit la tension dans le bas du corps de la jeune fille, principalement. Elle semblait légèrement anxieuse, sans doute parce qu'elle avait peur de ne pas y parvenir, ou alors simplement parce qu'elle ne souhaitait pas tomber... En tout cas, même si la première flèche ne trouva pas sa cible, la seconde fut tirée avec dextérité et précision, emportant son souffle avec elle. Souriant, Bella hocha tranquillement la tête, attendant l'exercice au galop. Mais la jeune fille n'en était que plus tendue, et cela se ressentait et dans sa monte, et dans son tir, et dans sa manière de gérer les choses. De même, Bella détecta de son oeil aguérri les signes de fatigue de la jeune fille, et en sourit presque... Ils ne dormiraient pas avant la prochaine nuit, et donc avaient encore une longue journée à chevaucher, puis à courir aussi, un peu. Heureusement, elle avait prévu cela, et avait pris dans son sac de gros morceaux de viande séchée et vitaminée, ainsi d'un pichet bien fermé de kla, qui ferait sans doute le bonheur de ses apprentis. Ainsi, la Marchombre ne se formalisa pas du fait que son apprentie arrêtât l'exercice avant d'avoir réussi à mettre une flèche dans le ballot de paille, au galop en tout cas. Elle percevait ses limites, sans doute, et n'avait pas non plus essayé de les surpasser. Elle était lasse. D'un léger mouvement de sourcil, Bella inclina rapidement la tête sur le côté, attendant Eindel... Mais elle venait d'avoir une idée.

Le jeune homme s'avança alors à son tour, sur son cheval, près du ballot de paille. Il était asez liant, le pas n'étant pas une allure qu'il était difficile de suivre. Sa flèche cueillit donc aisément le centre du premier ballot. Comme Irya, lier le cheval presque passif et la flèche n'avait pas été très difficile, mais le trot était autre chose... Pourtant, Il réussit son tir du premier coup, et Bella, dans son attitude, avait bien perçu que son apprenti s'était ouvert à sa jument. Hochant simplement la tête, elle attendit ce qu'il fallait pour que le garçon passât au galop. Tout de suite, elle sut que comme Irya, il n'y parviendrait pas. Il n'arrivait plus à se concentrer, il ne parvenait plus à s'ouvrir, et il n'était que le spectateur, presque passif, de l'arc et du cheval. Fronçant les sourcils, Bella sentit que quelque chose clochait, et ce fut très vite le cas, lorsque la flèche explosa au visage de l'apprenti. Cette action arracha un éclat de rire à Bella, qui trouvait cela très amusant : elle n'avait jamais vu cela, et il fallait bien avouer que c'était quelque chose d'intriguant. Se reprenant pourtant bien vite, elle observa les différents tirs de son apprenti, qui n'atteignirent pas le ballot de foin, ce dernier étant désormais plus fatigué que quelques minutes auparavant, comme si l'explosion de la flèche avait aspiré toute son énergie. Souriante, Bella s'approcha de ses deux apprentis lorsqu'ils furent tous les deux arrêtés, et les invita d'un signe de la main à descendre de cheval, avant de leur expliquer :


- Ce n'est pas mal pour une première fois, c'est même très bien. Irya, aies confiance en toi, ne te crispe pas. Au pire, tu n'y parviendras pas, mais cela ne fera que tracer le chemin qui te permettra de toujours avancer et te surpasser. Il ne faut pas avoir peur de l'échec, il permet d'avancer.

Eindel, laisse remonter en toi les réflexes de ton corps.Il sait le faire, mais tu en as peur, inconsciemment...


Ouvrant son sac sur le sol, elle les invita à s'asseoir à côté d'elle sur l'herbe, et sortit donc de la toile trois morceaux de viande, dont elle en distribua deux à ses apprentis. Puis, elle sortit le pichet de Kla et en servit une bonne dose à Eindel et Irya dans des verres individuels. Leur adressant un sourire, elle s'en servit un à elle aussi et leva son verre, avant de le boir d'un trait, et de manger son morceau de viande. Le liquide passait dans ses muscles vifs et y distillait force et vivacité, leur gommant tout signe de fatigue. Soupirant, elle leva les yeux vers ses apprentis qui se repaisaient et leur dit :

- Je ne sais pas si vous avez déjà bu de ce breuvage, mais c'est du Kla. C'est très bon pour le corps, et l'esprit...

Se redressant, elle adressa un sourire à ses deux apprentis, leur intimant d'un signe de main de rester assis. Puis, elle se dirigea vers Roméo et lui administra une caresse sur le chanfrein, en lui adressant quelques paroles douces dans l'oreille. Puis, se hissa sur son dos, Bella le fit se tourner vers quelques ballots de paille. Un arc pendait au pommeau de la selle, et elle mit son cheval au galop. Lançant un regard à ses apprentis, elle se redressa légèrement, accompagna son cheval du bassin, lâchant des pieds ses étriers. Puis, elle tira. Accompagnant la flèche vers le ballot de paille, elle sentait le vent qui glissait le long de sa courbe de bois... Accompagnant son cheval, elle ressentait ses pieds qui filaient à toute allure sur le sol. La flèche se ficha en plein dans le centre du ballot, mais Bella n'arrêta pas son cheval. Elle continua. Souriante, elle garda son cheval au galop, lui fit faire demi-tour un peu plus loin et alors qu'il se redirigeait vers ses apprentis, elle se hissa un peu plus sur son dos... Elle se mit debout, un pied devant, un pied dont le talon était légèrement enfoncé dans le troussequin de la selle. Se baissant pour prendre son arc, Bella se remit bien droite et sourit. Elle se sentait vivre, là-haut. Elle était heureuse, le vent gliflait ses cheveux, qui envahissaient son visage, ses longs cheveux blancs... Mais dans un souffle, elle prit une flèche, la lança. Une autre. Et une autre. En moins de trois secondes, trois flèches s'étaient fichées dans un même ballot de paille. Se remettant convenablement en selle, la Marchombre arrêta sa monture, et l'amena près de ses deux apprentis. Leur adressant un sourire, elle leur lança :

- Ne faire qu'un avec votre arme, vous savez totalement le faire, et je le sais. Ne faire qu'un avec votre cheval, ce n'est pas encore cela. C'est ce que nous allons donc travailler tout de suite.

Prenant les deux chevaux des apprentis, elle leur enleva leur selle et ôta les rênes de leur filet. Puis, elle se tourna vers ses apprentis, et leur annonça :

- Commencez par monter normalement sur votre cheval. Sans selle. Vous allez commencer par marcher, trotter et galoper, en ayant confiance en eux. Ils seront sous mon contrôle, dans un cercle autour de moi. Accordez-vous à eux, fermez les yeux et ouvrez votre coeur.

Et puis, lorsque vous serez à l'aise aux trois allures, ainsi, à cru, je vous demanderai de vous mettre debout sur le dos de votre monture... N'ayez pas peur de tomber, vous ne vous ferez pas mal. Il suffit d'écouter, et de s'accorder. De s'offrir.


Et sur ce, la Marchombre leur adressa un dernier sourire, avant d'attendre que les deux apprentis fussent montés sur leur cheval respectif. Alors, d'un mot, elle les fit tourner autour d'elle, usant des sons si graves que les apprentis n'entendaient pas, mais que les chevaux entendaient parfaitement. Enseigner, c'était vraiment tout son bonheur. Et l'exercice commença...
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Eindel Redohil
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Lun 05 Avr 2010, 13:31

[ trèèèès court, n'est-ce pas ? Désolé, mais avec la longue absence qui m'attend, je préfère me dépêcher ! ]

«Je ne sais pas si vous avez déjà bu de ce breuvage, mais c'est du Kla. C'est très bon pour le corps, et l'esprit...»

Eindel avala une petite gorgée du liquide pour découvrir cette boisson qu'elle leur servait. C'était plutôt bon, et cela revigorait... En à peine quelque secondes il se sentit vidé de toute fatigue. Pas d'hésitation donc; il but le reste d'un trait. Ce fut comme un vague d'énergie qui déferla avec force dans ses veines, jusqu'à lui faire oublier les douleurs grandissantes de ses muscles. Eh bien, ça s'était de la boisson ! Il se demandait bien de quoi cela pouvait être fait... L'apprenti mordit avec appétit le morceau de viande séchée. Ce n'était peut-être pas aussi délicieux, mais c'était consistant et après tout, c'était de la viande et l'homme est carnivore de nature. Son repas finit, le garçon eu l'agréable impression d'être en pleine forme même si son corps, il le savait, l'était moins. Il voulut remercier Bella, mais elle était partie vers sa monture après leur avoir indiqué de ne pas l'imiter. Elle allait certainement faire une démonstration...

De loin il la vit tirer avec une aisance et une précision remarquable une flèche dans le ballot de foin, sur le dos de Roméo au galop. Il n'eut même pas le temps d'apprécier la performance qu'elle s'était mise debout sur la selle du hongre toujours au galop, l'arc à la main, pour planter un autre projectile dans la cible. L'apprenti en était sidéré. Quoique, pas tellement finalement... N'importe quel citoyen ou paysan de base en serait tombé sur le postérieur, mais lui savait à quoi s'attendre de la part de la vieille maître Marchombre. Et il savait qu'elle allait leur demander un exercice du genre, il priait juste pour qu'elle n'espérât pas de lui une aussi remarquable performance...

Revenant vers Irya et Eindel, la maître déclara tout en enlevant selles et rênes de leur deux montures :

«Ne faire qu'un avec votre arme, vous savez totalement le faire, et je le sais. Ne faire qu'un avec votre cheval, ce n'est pas encore cela. C'est ce que nous allons donc travailler tout de suite. Commencez par monter normalement sur votre cheval. Sans selle. Vous allez commencer par marcher, trotter et galoper, en ayant confiance en eux. Ils seront sous mon contrôle, dans un cercle autour de moi. Accordez-vous à eux, fermez les yeux et ouvrez votre cœur. Et puis, lorsque vous serez à l'aise aux trois allures, ainsi, à cru, je vous demanderai de vous mettre debout sur le dos de votre monture... N'ayez pas peur de tomber, vous ne vous ferez pas mal. Il suffit d'écouter, et de s'accorder. De s'offrir.»

Le garçon ne se fit pas prier et monta de suite sur le dos de Taïga. Il s'y attendait mais fut tout de même un peu surpris lorsqu'elle se mit comme par magie à tourner autour de Bella. Les chevaux étaient donc bien sous son contrôle... Un avantage pour les deux apprentis.

Eindel commença l'exercice. Les yeux fermés, il se laissa porter par le pas de sa jument et entreprit d'ouvrir son esprit. Il avait maintenant compris et déjà réussi une fois, il n'y avait pas de raison pour qu'il n'y arrivât plus. C'était en fait simple en théorie, il fallait vider son esprit et inviter le cheval à s'y accorder. Assez dur à expliquer avec des mots, d'ailleurs. Il parvint à cet sorte d'état, où il ressentait les pieds de Taïga fouler le sol, les muscles de ses jambes; où il s'étonna de pouvoir sentir le sol comme si c'était lui qui le touchait. Oui, cette fois-ci, il était entièrement ouvert et s'était totalement accordé. Il en profita, car c'était si étrange et agréable à la fois...

La jument grise se mit sans son intervention au trot. Immédiatement Eindel sentit des turbulences et la connexion se tarir, mais quelques secondes lui suffirent à s'adapter au changement d'allure. Il était toujours ouvert et déterminé à le rester au galop. Toujours tant concentré sur l'ouverture de son esprit, lorsque la jument passa au galop, il faillit perdre l'équilibre. Mais il se reprit vite. Sans arc à la main et sans ballot de foin à viser, c'était beaucoup plus aisé... Son esprit eut du mal, mais finalement resta accroché à celui du cheval. C'était maintenant bien plus intense; l'allure était violente, puissante, et il pouvait ressentir le choc des sabots avec le sol, le vent qui glissait autour de l'ensemble cavalier-monture. Il avait même l'impression de partager les émotions de l'animal. C'était absolument unique et exaltant. La voie des Marchombres lui offrait bien plus qu'il ne l'avait espéré...

Eindel était prêt, il le sentait. Lentement, il posa ses deux mains à plat sur le dos du cheval et remonta avec précaution ses genoux pour se retrouver à quatre pattes. Les yeux toujours fermés, il se battait pour ne pas tomber, se basant seulement sur la connexion entre lui et Taïga. Puis il se hissa encore un peu plus... Maintenant accroupi, le garçon enleva avec énormément d'attention ses mains, faillit perdre le reste d'équilibre qu'il possédait, et plaça son pied gauche vers le cou de la jument et cala le droit dans son dos. Soudain, les turbulences, chocs et mouvements brusques lui parurent cent fois plus puissants. Mais il ressentait toujours, il ressentait chaque difficulté et chaque intention de l'équidé; c'était cela qui lui permettait de ne pas tomber.

Le garçon laissa ses réflexes s'emparer de son corps, comme Bella le lui avait conseillé... Il ne pensait plus à rien; il laissait faire son corps. C'est ainsi, naturellement, qu'il s'offrit entièrement. Il avait compris. Il sentait que celle-ci tentait de l'aider en évitant les irrégularités et en restant régulière dans sa course; il l'en remercia mentalement.

Doucement il tendit ses jambes et se souleva sus les assauts violents du galop de Taïga... L'acrobate impovisé se retrouva debout, les jambes fléchies pour absorber les mouvements et la poussée de l'air, les bras tendus latéralement, les paupières closes. Il tint cette position quelques secondes, jusqu'à ce que l'immense envie d'ouvrir les yeux l'envahit. Et, d'excitation, il ouvrit les yeux.

Quelle erreur ! Exalté du spectacle qui s'offrait à lui, perché sur le dos de Taïga, fit grimper le taux d'adrénaline en flèche dans son sang, et inévitablement il perdit toute concentration et connexion avec la jument; et en moins d'une fraction de seconde, par le vent et par le tambourinage de son galop, il fut éjecté derrière elle. Il chuta lourdement, mais se releva très rapidement, comprenant enfin. Chute ou pas... l'espace de quelques secondes, il avait réussi !
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Lun 05 Avr 2010, 15:52

[Je m'excuse aussi pour le retard et la qualité, mais je pars aujourd'hui, alors je devais me dépêcher...]

Se tournant vers Eindel qui entamait à son tour l'exercice demandé, elle laissa ses rênes se perdre dans les crins de son cheval, consciente qu'elle n'avait rien à craindre tant qu'elle serait détendue. Malgré la fatigue qui prenait peu à place à l'intérieur d'elle, ralentissant légèrement ses mouvements, engourdissant son cerveau, et la rendant ainsi moins attentive, elle ne put s'empêcher, autant par curiosité que par désir d'apprendre quelques chose, de regarder le deuxième apprenti passer. Apparemment, lui aussi ne semblait pas avoir de problèmes au pas, ce qui était compréhensible au vue de son l'allure très lente, et le trot ne le gêna pas autant qu'Irya. Cependant, le galop lui posa problème, et, malgré la fatigue, Irya ne put retenir une exclamation étonnée quand elle vit que la flèche qu'Eindel avait prise pour la tirer lui explosa au visage. Près d'elle, Bella fut prise d'un bref éclat de rire. Effectivement, ce ne devait pas être très fréquent de voir ça, surtout dans ces conditions précises. Lorsque que le jeune homme eut fini son exercice, la marchombre s'approcha de ses apprentis qui s'étaient arrêtés.

- Ce n'est pas mal pour une première fois, c'est même très bien. Irya, aies confiance en toi, ne te crispe pas. Au pire, tu n'y parviendras pas, mais cela ne fera que tracer le chemin qui te permettra de toujours avancer et te surpasser. Il ne faut pas avoir peur de l'échec, il permet d'avancer.

Eindel, laisse remonter en toi les réflexes de ton corps.Il sait le faire, mais tu en as peur, inconsciemment...


Après cette brève intervention, Bella invita ses apprentis à s'asseoir près d'elle, dans l'herbe, puis ouvrit son sac. Après avoir distribué un morceau de viande à chacun, elle remplit trois verres d'un liquide inconnu d'Irya avant de leur tendre leurs verres et d'expliquer ce qu'était ceci.

- Je ne sais pas si vous avez déjà bu de ce breuvage, mais c'est du Kla. C'est très bon pour le corps, et l'esprit...


Sans hésitation, Irya avala rapidement quelques gorgées de Kla, avant de réellement sentir l'effet que cela produisait à l'intérieur de son corps. Sa fatigue semblait se dissiper, bien qu'elle fut toujours présente, et ses muscles endoloris reprenait peu à peu de la vigueur, au fur et à mesure que la jeune fille vidait son verre. Lorsqu'elle eut fini, ce fut avec un sourire qu'elle mordit dans son morceau de viande, certes dur, mais très nourrissant. Alors que les apprentis arrivaient à la faim de leur repas improvisait, Bella se leva, puis, après leur avoir intimé de ne pas le suivre, s'approcha de son cheval. Elle lui prodigua quelques caresses, puis après lui avoir ôté la selle et le filet, grimpa agilement sur son dos. Douce et ferme à la fois, elle lança son cheval au pas, au trot et au galop. Bouche bée, Irya observait cette démonstration avec une attention découplée, émerveillée par ce que pouvait faire la marchombre quand elle était en harmonie avec son cheval. Bella tira ensuite un arc, qu'elle plaça à hauteur de sa joue, avant d'y encocher une flèche et de tendre la corde. Lorsque cette dernière se fut fichée dans le ballot de foin, elle se mit debout sur le dos de son cheval, et encocha une autre flèche. La jeune fille sursauta lorsqu'elle vit le hongres s'avancer sur un terrain qui montait quelque peu et descendait par moment, mais la vieille marchombre n'en fit rien et les secousses qu'elle aurait dû ressentir furent inexistantes. Enfin, elle arrêta sa monture et revint près de ses apprentis, enlevant à leur tour les rênes et selles de leurs chevaux.

- Ne faire qu'un avec votre arme, vous savez totalement le faire, et je le sais. Ne faire qu'un avec votre cheval, ce n'est pas encore cela. C'est ce que nous allons donc travailler tout de suite.
Prenant les deux chevaux des apprentis, elle leur enleva leur selle et ôta les rênes de leur filet. Puis, elle se tourna vers ses apprentis, et leur annonça :

Commencez par monter normalement sur votre cheval. Sans selle. Vous allez commencer par marcher, trotter et galoper, en ayant confiance en eux. Ils seront sous mon contrôle, dans un cercle autour de moi. Accordez-vous à eux, fermez les yeux et ouvrez votre coeur.
Et puis, lorsque vous serez à l'aise aux trois allures, ainsi, à cru, je vous demanderai de vous mettre debout sur le dos de votre monture... N'ayez pas peur de tomber, vous ne vous ferez pas mal. Il suffit d'écouter, et de s'accorder. De s'offrir.


Irya vit Eindel s'avancer, et le suivit des yeux tandis qu'elle finissait rapidement son morceau de viande. Le jeune apprenti se hissa sur le dos de sa monture qui commença à tourner autour de Bella, comme si un filin invisible la retenait près de la marchombre. C'était en tout cas assez impressionnant, et la jeune fille se concentra durant tout le temps que dura l'exercice, avant qu'il ne se close par une chute. Cependant, Eindel semblait assez heureux, et ce fut sans crainte qu'Irya s'avança à son tour, enfourchant le hongre qui lui appartenait désormais. Quand elle fut sur son dos, elle ne fit aucun geste pendant quelques secondes, préférant trouver, enfin, un nom à sa monture avant toute chose. Elle avait toujours apprécié les prénoms aux consonances africaines, et ce fut sans attendre qu'un mot lui à l'esprit. Rinjani. Se baissant pour flatter l'encolure du hongre, elle en profita pour s'avancer sur son garrot et lui murmurer son nouveau nom à l'oreille. Il fut attentif et releva les oreilles quand elle prononça ces syllabes, avant de renâcler. Satisfaite, Irya entreprit de le mettre au pas en serrant ses mollets contre ses flancs. Attentive à son environnement, elle tenta dès le début d'appréhender les mouvements du cheval. Antérieur, postérieur, encore et encore...

A aucun moment elle ne ferma les yeux, bien que cette technique lui soit parfois indispensable. A présent, et tant qu'elle resterait au pas, elle n'éprouverait pas de problème à se "lier" à sa monture, l'allure lente lui permettant de ne pas songer à une éventuelle chute. Ou très peu, du moins. Quand elle y fut parvenu, elle passa au trot, et, après avoir été secouée quelques foulées et avoir failli perdre l'équilibre, elle se rendit compte que la selle n'était en fait qu'un obstacle dans l'accord avec l'autre. Maintenant qu'elle était en contact avec le dos du hongre, elle ressentait mieux ses mouvements, et pouvait donc s'y accorder plus facilement. Les paupières toujours ouvertes, elle fixait un point précis droit devant elle, qui ne cessait de changer, mais cela ne la dérangeait pas. Concentrée sur son objectif premier, elle n'avait que fait de ce qui se déroulait sous ses yeux, préférant être en accord avec sa monture avant de tenter autre chose. Alors qu'elle réussissait enfin à faire abstraction des secousses et à se concentrer entièrement sur les mouvements et les sentiments de sa monture pour mieux se fondre en elle, elle lui demanda le galop. Instinctivement, ses jambes se bloquèrent, se crispèrent, devinrent dures. Ses paupières à moitié closes s'ouvrirent brusquement, et malgré les efforts qu'elle fit pour rester en selle, son corps bascula en avant.

Fort heureusement, elle se rattrapa sur l'encolure et se releva lentement, avant d'essayer de laisser tomber ses jambes le long des flancs de sa monture. L'exercice en lui-même fut long et difficile, mais au bout d'un moment, elle parvint à ce qu'elle désirait. Se levant progressivement sur le dos de sa monture, elle prit appuis sur son garrot et, enfin, réussit à se mettre debout. Si, auparavant, elle n'était pas totalement détendue, elle aurait sans doute terminé par terre en quelques secondes. Au lieu de cela, elle se força à ne pas penser aux points négatifs, de façon à ne pas se contracter immédiatement. Les mouvements de sa monture lui paraissait plus lointains qu'auparavant, mais, avec les minutes qui s'écoulaient, elle fut ensuite plus à même de les sentir. Les yeux maintenant fermés pour éviter de regarder au sol, ce qui serait sans doute inévitable une fois les paupières ouvertes, elle préféra rester dans le noir, ne se servant que des bruits et des mouvements pour exécuter l'exercice. Soudain, elle ne put s'empêcher de réfléchir à ce qui lui arriverait si elle tombait au sol à cette vitesse, et même si cette chute ne lui serait pas mortelle, elle risquerait d'être quelque peu amochée. Cette erreur ne resta pas sans suite, et, tout à coup, elle se sentit basculer sur le côté sans pouvoir y remédier. Inévitablement, elle s'entraîna toute seule à terre et s'écrasa au sol en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Le tête lui tourna quelques instants, puis elle se releva, heureuse de constater qu'elle n'avait pas de blessures graves. Même si la chute avait été brève, sa rencontre avec le sol avait été tout sauf amicale. Néanmoins, elle resta heureuse d'avoir réussi à emprisonner ses pensées pendant un moment, avant que tout ne dérape.

Il semblait impossible, qu'au début, personne ne tombe de cheval. Cette pensée la rassura.
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Mer 07 Avr 2010, 09:13

Hochant simplement la tête, Bella soupira légèrement, revoyant dans son esprit les prestations de ses apprentis, qui étaient tous les deux montés sur leur monture après qu'elle leur eût fait sa démonstration. Tous les deux s'étaient accordés facilement à leur monture, même si parfois quelques accrocs étaient notoires, bien que peut notables. Autant Irya qu'Eindel s'étaient liés profondément avec leur cheval, autant au pas, au trot qu'au galop. Et lorsque tous les deux avaient voulu se lever sur le dos de leur ami équidé, ils étaient parvenus à rester un instant en totale communion avec, avant, tous les deux de la même manière, de tomber, même si la chute en elle-même n'était pas la même, elle trouvait sa cause dans le même phénomène : l'adrénaline qui avait alors commencé à saturer les veines des apprentis. Leur souriant chaleureusement, la Marchombre laissa donc les chevaux retrouver leur cavalier, et s'approcha de ses apprentis pour leur faire part de ses observations :

- C'était très bien, encore une fois, pour une première fois. Mais n'oubliez pas que si l'on n'y arrive pas du premier coup, c'est l'expérience et l'entraînement qui font que l'on s'améliore... Et là en l'occurrence, c'est votre concentration et votre ouverture qui doivent être développées !

Leur adressant un sourire, elle leur fit un petit signe de la main pour qu'ils la suivissent, et elle leur demanda simplement de réharnacher leur cheval. Lorsque toutes les montures furent prêtes, les trois humains repartirent en montant, tranquillement, dans un trot dynamique mais pas fatiguant. Ils se déplacèrent ainsi pendant plusieurs jours, Bella s'arrêtant régulièrement pour recommencer le même exercice avec ses apprentis, qui s'amélioraient à vue d'oeil, s'ouvrant sur le monde, et sur leur monture. Et les chevaux y mettaient de plus en plus de coeur, ce long voyage créant des liens particulièrement forts entre cavaliers et montures. Ainsi, pendant trois jours, Bella s'arrêta midi et soir pour faire un petit exercice permettant aux deux apprentis d'apprendre à s'ouvrir, tantôt en jouant avec leurs chevaux et en évitant leurs mouvements brusques et gais, tantôt en montant à cru, tantôt en enlevant le filet et en laissant la selle... Le troisième jour, même, elle leur avait demandé d'enlever selle et filet, et de les diriger ainsi. Elle savait pertinemment que les deux apprentis en étaient désormais capables, car autant de journées passées à cheval développait des réflèxes naturels et instinctifs dont on ne se rendait pas forcément compte.

Le troisième jour, donc, lorsque le soleil commença à se coucher derrière les montagnes qui devenaient de plus en plus proches au fil des jours, elle les fit s'arrêter tout contre une paroi verticale pour y passer la nuit, et en profita pour mettre au point toutes les connaissances de ses apprentis, en leur redemandant de lancer et à l'arc, et au poignard, sur le cheval au trot et au galop, le pas étant depuis longtemps acquis. Au gré des flammes les cibles semblaient se mouver, ce qui donnait un aspect particulier à la scène, et faisait sourire Bella. Et lorsqu'enfin les deux jeunes personnes allèrent se coucher, ce fut avec un immense sourire aux lèvres que la Marchombre s'endormit.

Le lendemain, elle les fit courir. Courir toute la journée, vers le nord, avec les chevaux en mains. Elle ralentissait lorsqu'elle sentait dans son dos l'un ou l'autre qui avait des difficultés, mais jamais elle marcha : elle pouvait courir encore plus doucement que lorsqu'elle marchait, mais elle ne le faisait pas, et n'autorisa pas ses apprentis à le faire : c'était pour eux, pas pour elle, et ils avaient besoin de cette endurance. Alors elle courait, elle courait toujours, toute la journée, faisant tout de même une pause d'une bonne heure à midi et s'arrêtant le soir alors qu'une immense tour, plantée au milieu des plaines, s'éleva devant leurs yeux. La Citadelle des Frontaliers. C'était en milieu d'après-midi, et Bella insista donc pour continuer à courir pour y être avant le coucher du soleil.

Lorsqu'ils y furent, Bella autorisa enfin ses apprentis à reprendre leur souffle, avec les chevaux qui eux n'étaient pas essoufflés par le rythme tranquille des trois personnes. La Marchombre leur demanda de l'attendre et se glissa jusque devant la Citadelle pour trouver un Frontalier. Ce qui fut le cas, évidemment, puisqu'il y en avait toujours au moins un qui était là, présent, à s'entraîner. S'approchant de lui sans un bruit, elle devina à un mètre de distance qu'il l'avait vue, évidemment, et donc elle s'arrêta pour s'adresser à lui. Vérifiant du coin de l'oeil que ses apprentis ne la voyaient pas et ne pouvaient pas l'entendre, Bella se pencha sur l'homme qui était là et lui murmura à l'oreille :


- Tu aurais deux apprentis à me prêter ? C'est pour un enseignement...

Le Frontalier lui sourit chaleureusement, avant de répondre, gaiement :

- Justement, je cherchais quelqu'un comme toi ! J'ai deux apprentis en effet, et je te les amène tout de suite !

Bella sourit seule, regardant le Frontalier courir vers l'intérieur de la Citadelle. Elle voulait des apprentis Frontaliers pour que ses propres apprentis comprissent que les Marchombres n'étaient pas les meilleurs, et que beaucoup de guerriers pouvaient les surpasser. Qu'être Marchombre, c'était un état d'esprit. Mais elle ne voulait pas non plus briser la confiance fragile qui commençait à monter en eux, et c'était pour cela qu'elle avait demandé des apprentis Frontaliers, pour qu'il y eût des forces à peu près égales. Eindel, comme Irya, pouvaient gagner ou perdre, suivant ce qu'ils donnaient dans ce combat. L'homme revint bientôt, efflanqué de deux jeunes personnes : deux jeunes filles, d'ailleurs, ce qui fit sourire largement Bella. Les deux jeunes filles étaient complètement différentes, mais la même aura féline et dangereuse se dégageait de leurs mouvements. Hochant simplement la tête, Bella amena donc le petit groupe de personne à l'endroit où elle avait laissé ses deux apprentis. Lorsqu'ils y furent, elle s'approcha seule des deux jeunes Marchombres et leur murmura :

- A vous de jouer !

Les deux filles, à ces quelques mots, s'élancèrent immédiatement dans la bataille, même si on voyait dans leur attitude qu'elles ne sous-estimaient pas du tout leur adversaire. Les deux sabres, dans leur dos, pouvaient faire de réels ravages, et c'était d'ailleurs pour cela que Bella n'avait pas donné de spécifications à ses apprentis : ils se débrouilleraient comme ils le souhaiteraient...
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Eindel Redohil
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Ven 09 Avr 2010, 18:02

[ désolé de faire si court, mais fallait bien que je réponde avant de partir ^^ ]

Eindel était exténué. Ils venait de courir une journée entière, avec une seule pause seulement. Le garçon, assis contre le grand mur de la Citadelle des Frontaliers, avait beaucoup de mal à reprendre son souffle et se sentait mal. Tout son corps, ses jambes, ses bras criaient grâce et son cœur battaient à tout rompre comme si, fou de peur, il tentait de déchirer la peau de sa cage thoracique pour s'enfuir. Mais les minutes passèrent et progressivement il retrouva un état de conscience à peu prêt normal; il ne voyait plus flou, c'était déjà ça... Toutefois il le savait, son corps était hors service. Bella, qui les avait quittés Irya et lui pour pénétrer dans la majestueuse cité, revint, suivie de deux jeune femmes à l'allure féline, dont les sabres pendant entre leurs épaules prouvaient leur appartenance aux frontaliers. Qu'avait prévu Bella ? Celle-ci s'approcha d'eux et, tout simplement, leur murmura :

«A vous de jouer !»

Ne comprenant pas du tout ce qu'elle entendait par là, Eindel ne réalisa que lorsque les deux combattantes s'élancèrent vers eux, une flamme guerrière dans les yeux. En réponse, l'apprenti se releva d'un bond, oubliant subitement la fatigue et les courbatures, en position de combat. Une des deux frontalières dirigea alors sa course vers lui, avalant rapidement les mètres qui les séparaient. Le garçon évalua rapidement la situation : c'était lui, un poignard à la ceinture et épuisé, contre cette combattante apparemment en forme équipée d'un long sabre ravageur. Allait-il devoir se servir de son arme ? Non, c'était un exercice, ils n'allaient évidemment pas se découper en morceaux... Il espérait que la frontalière avait songé à la même chose, car lui comptait bien engager ce combat à mains nues. Mais quelle était son expérience ? Était-ce une combattante hors-pair ou une apprentie ? Il le saurait bien vite.

Au moment où elle arrivait sur lui, Eindel tenta de frapper son visage d'un coup de la paume de la main. Il n'en fit rien. La frontalière esquiva aisément puis le contourna; ainsi, dans son dos, elle frappa avec son talon l'arrière de son crâne. Il bondit vivement en avant et fit volte-face. La jeune femme blonde avait l'air sûre d'elle, et ce premier coup porté à sa tête l'avait très endolori. Pas de doute, il allait devoir donner tout ce qu'il avait dans ce combat. Profitant du cours instant de répit, il se concentra. Oublia Bella, Irya et sa propre opposante, oublia toute perturbations extérieures, tout douleur ou tracas, pour ne faire plus qu'un avec ses réflexes et l'instant présent. Le prochain assaut serait rapide, puissant et précis, voir décisif, il le savait. Ce serait certainement très court et technique. Mais maintenant il était fin prêt.

La fille s'élança à nouveau. Une fraction de seconde plus tard, elle frappait de nouveau avec son talon droit, vers le menton de l'apprenti Marchombre. L'esprit celui-ci analysa et réagit en conséquence, sans réfléchir. Il se mouva sur le côté, agrippa la cheville droite de son adversaire et du pied faucha son autre jambe, celle sur laquelle elle portait le poids de son corps. Elle tomba au sol. Eindel ne fit que reculer. Le coup avait été lent et facile à esquiver... Le testait-elle ?

Elle fut rapidement de nouveau sur pied, le visage arborant toujours l'expression neutre que lui-même affichait sur le sien. Elle ré-attaqua, beaucoup plus vite que précédemment. Vive comme l'éclair. Eindel évita de justesse le poing qui fusait vers son nez, pour mieux subir l'autre qui le cueillit au creux de l'estomac. Il se plia en deux sous la douleur. Grosse erreur : un impitoyable genou le frappa au front et finit de l'étaler par terre. Bon sang, elle était sérieuse... Mais il avait une idée.

La frontalière repartit à l'assaut alors qu'il se relevait à peine. Elle tenta de frapper son plexus solaire du coude avec une puissance nullement retenue. Le garçon glissa sur le côté au dernier moment, enroula son bras autour du sien toujours tendu et le tendit dans une clé de bras. Tirant encore plus sur son bras, il frappa son estomac deux fois de suite avec son tibia, arrachant une grimace à son adversaire, puis lâcha prise. Il se plaça entre elle et le mur de la Citadelle. La frontalière se reprit très rapidement et revint à la charge, enchaînant les attaques à une telle vitesse et une telle efficacité qu'Eindel ne put que parer et esquiver ses coups virevoltants. Il était sur la défensive et au lieu de riposter lorsque des ouvertures s'offraient à lui, il les utilisait pour reculer progressivement, gardant une position de garde et continuant à se défendre lorsqu'elle attaquait de nouveau. L'apprenti ne réfléchissait pas; il se laissait immerger par ses réflexes et se contentait de réagir, redoublant de vitesse et de concentration au fil des coups de la jeune frontalière. Et il reculait toujours, doucement...

Son dos toucha la pierre froide de la muraille. C'était le moment qu'il attendait. A bout de souffle, il abandonna immédiatement sa position défensive. Son adversaire n'hésita pas et envoya son poing vers son visage. Eindel décala sa tête sur le côté et attrapa la main de la fille. Puis il s' écarta du mur tout en tirant sur son bras dans la direction opposée, pour se retrouver sur son flanc gauche. Il attrapa l'arrière de sa tête de son autre main et vivement plaça son genou dans le creux de son dos. Il bascula ensuite tout son poids et plaqua violemment tout le corps de la frontalière contre le mur, y appuya sa tête, ramena son bras dont il tenait toujours la main dans son dos et finit par bloquer ses jambes avec les siennes.

Il n'aperçut que trop tard sa terrible erreur : il avait laissé son bras gauche libre. La suite se passa très rapidement. Un coup de coude dans les côtes le fit tituber, le corps de la frontalière lui échappa et il sentit le sien s'écraser douloureusement sur la pierre exactement à la place occupée par son adversaire une fraction de seconde plus tôt. C'état maintenant elle qui le maîtrisait... Eindel rassembla ses forces et tenta de se dégager, mais il comprit de suite qu'il avait perdu. La frontalière le tenait parfaitement, il ne pouvait plus rien faire.

«J'ai perdu...»

Ces paroles dites avec grincement étaient ce qu'elle devait attendre puisqu'immédiatement la pression fut relâchée et il put se retourner. Alors qu'il se massait en grimaçant le ventre et découvrait l'horrible douleur qui lui martyrisait tout un profil de son visage, il remarqua que son ancienne adversaire avait tout à fait changé d'attitude. Elle lui sourit même quand leur regard se croisèrent, bien que son expression était légèrement moqueuse. Les Frontaliers n'étaient peut-être finalement pas aussi inamicaux que certaines personnes le laissaient croire... Enfin, il ne fallait pas tirer de conclusion hâtive. Ces personnes étaient des combattants de légende, et il espérait bien ne pas avoir dans le futur à se frotter à l'un deux dans un affrontement sérieux. Ou alors, pas à son niveau actuel.

Mais il restait qu'un autre combat se déroulait... Eindel observa comment Irya se débrouillait avec son adversaire.
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Dim 11 Avr 2010, 14:26

Au terme de longues journées d'entrainements plus ou moins intensifs, parfois avec les chevaux, parfois avec les armes, Irya avait acquis des réflèxes qu'elle n'aurait peut-être pas tout de suite eut en temps normal, et cela lui permettait découvrir autre chose de ce à quoi elle était habituée. Sa formation n'en était qu'au début, mais elle pouvait déjà entrevoir une facette plus reculée et plus inaccessible de la voie de marchombres, que l'on ne pouvait espérer toucher, ou du moins frôler, qu'en s'immergeant totalement en elle. Désormais, elle tenait debout sur un cheval au galop, et bien que ses chutes ne se fussent envolées, elle s'accordait à tel point à sa monture qu'elle n'aurait sans doute pas osé, il y a quelques semaines, penser qu'elle pourrait un jour accéder à ce niveau-là. Pour rien au monde elle n'aurait souhaité abandonner cette voie-là pour une autre, aussi lumineuse et attirante puisse-t-elle être en apparence. Elle avait trouvé un équilibre naturel qui lui convenait à merveille, et même s'il lui arrivait de penser à Shirza qui était resté à l'Académie et qui devait sans doute l'attendre avec impatience, elle se rassurait aussitôt, cette situation étant assez commune.

Plusieurs jours après le début de leur "voyage", la marchombre avait décidé de mettre de nouveau les muscles de ses apprentis à l'épreuve en les faisant courir une journée entière à bon rythme. Brièvement, Irya songea que son maître en avait sans doute assez qu'ils soient portés par les chevaux et qu'elle avait décidé de les faire se dépenser par eux-même, bien que la monte soit fatiguante selon la manière de procéder. Ce fut donc avec un certain pessimisme que la jeune fille entama la journée, ce sentiment ayant cependant vite fait de disparaître, laissant place à un certain bonheur de se sentir enfin libre de ses mouvements, plus que sur sa monture, du moins. A ce niveau-là de sa formation, elle ne pouvait espérer être totalement libre qu'en étant à terre, car il semblait presque fou d'imaginer s'accorder à soi-même. Sans doute parce qu'il était naturel de le faire, et ce que la question ne se posait pas à ce moment-là.

Toutefois, ce sentiment d'ivresse avait rapidement laissé place à la douleur que procuraient la course aux muscles de la jeune fille. Ces derniers n'avait de cesse de crier grâce, et, fort heureusement, Bella leur avait accordé une pause au milieu de la journée, attendant également ses apprentis lorsque ces derniers ralentissaient sous le coup de l'effort. Bientôt, le petit groupe, les chevaux étant menés à la main pour leurs propriétaires, arriva en vue de la Citadelle des Frontaliers, qui devait intéresser Bella, car elle insista pour qu'ils y arrivent avant la nuit. En fin d'après-midi, ils attinrent enfin leur but, et tandis que la vieille marchombre entrait à l'intérieur, elle avait demander aux apprentis de rester à l'extérieur avec les chevaux. Ce fut une des rares fois où Irya ne se sentit pas curieuse, trop occupée à tenter de respirer correctement pour songer à autre chose. Lorsqu'elle cessa de souffler comme un boeuf et récupéra un sembla d'humanité, elle se tourna vers Eindel qui semblait lui aussi souffrir de leur longue course.

Cependant, elle n'eut pas le temps de se remettre d'avantage de ce qui l'avait tant fatiguée, car elle vit Bella arriver en compagnie de deux jeunes filles qui portaient chacune un long sabre dans le dos. Elles se mouvaient de manière féline, et il était certain qu'elle ne venaient pas de subir une longue et interminable journée de course, car elles semblaient se porter à merveille. Une lueur de détermination brillait dans leurs yeux ; mais qu'attendaient-elles, au juste ? Irya arqua un sourcil, mais ce fut le seul mouvement qu'elle put faire avant que la maître marchombre ne s'aprochasse de ses apprentis et leur dise :

- A vous de jouer !

Très vite, et malgré la fatigue qui engourdissait ses muscles, elle comprit. Si Bella était allée quérir deux jeunes filles, c'était sans doute pour qu'elles combattent contre Eindel et Irya. Toutefois, le combat semblait injuste, car les deux apprentis étaient vidés de leur énergie, alors que les frontalières étaient au mieux de leur forme, à peu de choses près. Irya ne se le fit pourtant pas dire deux fois, et lorsque que son maître eut finit sa phrase, les deux jeunes filles foncèrent en direction des apprentis. La jeune marchombre se mit en position de défense, préférant avant tout tester la valeur de l'autre en combat avant de pouvoir commettre une erreur qui pourrait lui fatale. Par fatale, elle entendait là la fin du combat, car Bella n'aurait pas laissé ses apprentis se faire découper en morceau à ce stade là. Irya n'arrivait tout simplement pas à comprendre pourquoi elle avait tenu à ce qu'ils soient contre ces frontalières. Apprenties ou pas, elles étaient en bien meilleure condition physique que les deux marchombres, et si ces derniers avaient eut une chance de les battre, cette dernière était maintenant envolée. Ou du moins, elle était lointaine.

Irya ne décida tout de même pas de partir vaincue et esquiva promptement la première attaque de son adversaire, oubliant pour un temps ses courbatures et ses douleurs. Concentrée, elle ne tenta pas d'attaquer et perçut le mouvement de l'autre jeune fille assez tôt pour esquiver son deuxième coup. Le problème était quand même que si elle reculait peu à peu, elle finirait par être acculée contre quelque chose qui la bloquerait, et ceci signerait la fin du combat ; il fallait donc qu'elle trouve une solution pour se mettre en position d'attaque et pour en porter une sans être blessée, car cela ne ferait qu'accentuer sa mauvaise condition physique. Soudain, la frontalière attrapa son sabre et le tourna en direction d'Irya. Etrangement, elle n'avait pas entendu ce chuintement de métal du côté où se déroulait l'autre combat.

Peut-être les combattants avaient-ils décidé de ne se combattre qu'à mains nues. Cependant, Bella ne leur avait en aucun cas interdit de se servir de leur arme, ou d'une quelconque autre chose, et l'apprentie marchombre n'hésita donc pas. Elle sortit vivement son poignard et le plaça devant elle, encore et toujours en position de défense. Quand la frontalière bondit pour se retrouver derrière elle, Irya stoppa la course du sabre qui se frayait un lent mais sûr chemin vers elle, parant de son poignard qui suffit à arrêter cette mince attaque, et en profita pour lancer sa jambe droite et faucher la gauche de son adversaire. Cette dernière trébucha mais se redressa bien vite, n'ayant pas besoin de se retrouver au sol pour comprendre qu'elle ne devait faire aucun cadeau à l'apprentie. Dès lors, les difficultés s'accentuèrent.

Alors qu'Irya pensait profiter de quelques instants de répit, elle dut bien vite se remettre en position de défense quand elle vit la frontalière qui arrivait sur elle. Sa réaction était trop empreinte d'étonnement, et ce fut sans pouvoir riposter qu'elle encaissa le coup que son adversaire lui porta aux côtes. Une simple attaque comme celle-ci avait suffit à lui couper pour un temps la respiration, et ses muscles endoloris protestaient de plus en plus contre ce combat inégal. Toutefois, elle se reprit vite et esquiva l'attaque qui la prit par surprise, la frontalière s'étant vite retrouvée derrière elle. Trop vite. Bien qu'elle ne fut pas projetée au sol, la talon qui appuya dans son dos la fit se courber une fois encore, cette fois-ci plus par douleur que par manque de souffle.

Ses forces s'épuisaient, et alors qu'elle se rabattait en position de défense, elle ne cessait d'esquiver des coups qui la fatiguaient peu à peu sans qu'elle ne puisse porter d'attaque. Un immense mur s'étendait derrière elle, et elle ne put s'empêcher de se décaler pour ne pas avoir à se dégager de cet endroit quand elle s'y retrouverait coincée. Quand la frontalière recula après que la jeune apprentie marchombre eut enfin réussi à lui porter un coup dans le dos, Irya saisi son poignard, animée par une idée qui pourrait sûrement lui faire gagner de précieuses secondes. Se fermant aux contacts environnants, elle projeta son arme devant elle, toute entière attentive aux mouvements de celle-ci, s'accordant à elle comme elle arrivait enfin à le faire. Elle n'avait pas visé la frontalière, mais le mur derrière elle, et quand le poignard siffla aux oreilles de son adversaire, Irya bondit.

Le très court temps d'arrêt de l'autre jeune fille quand elle avait vu l'arme arriver dans sa direction ne pourrait lui être bénéfique uniquement si elle se dépêchait ; elle parcourut donc rapidement l'espace que les séparait et glissa devant elle pour se retrouver dans son dos. Placée dans l'axe du corps de son adversaire, elle lui donna un fort coup de talon au milieu du dos avant de se baisser, parallèle au bras de son adversaire qui avait tenté de la frapper à la tête. Alors qu'à nouveau, elle pensait être relativement en sécurité pendant quelques instants, la frontalière ne prit pas le temps de bien se remettre et tenta de la plaquer au sol alors qu'Irya était baissée. Dans un ultime effort, elle se courba et recula en arrière d'une torsion du buste, mais fut arrêtée net par le mur qui, dans son dos, l'empêchait de se soustraire aux mains de son adversaire. Au lieu de cela, elle se sentit plaquée contre le mur, avant d'être relachée, halentante.

Le souffle court, elle s'approcha du petit groupe formé par les frontalières, Bella, et Eindel qui avait apparemment fini son combat avant elle, mais resta muette. Sa défaite n'avait rien de bien exceptionnel, et s'il était évident que tous avaient compris qu'elle avait été battue, elle ne souhaitait pas en rajouter. Elle n'avait jamais était une mauvaise perdante, et ce n'était pas le fait qu'elle ai perdu qui la gênait, mais les erreurs qu'elle avait commises et qui auraient pu être évitées. A présent, ses côtes la lançaient affreusement, et ses muscles déjà fatigués et douloureux semblaient vouloir plonger dans un repos qu'ils n'avaient malheureusement pas mérité, et qui ne viendrait qu'en temps voulu. Son coeur battait à tout rompre, et sa gorge émettait parfois des bruits rauques quand elle respirait, bruits qui s'estompèrent alors qu'Irya recouvrait peu à peu son souffle.

Lorsqu'elle fut enfin en mesure de respirer à peu près convenablement, elle leva la tête vers les frontalières qui avaient perdu leur masque de neutralité pour sourire, parfois d'un air moqueur. Cela ne fit ni chaud ni froid à la jeune fille, mais ce fut avec une certaine joie qu'elle vit qu'elles semblaient finalement ne pas leur en vouloir. Pendant le combat, ceci n'avait pas sonné comme évident, et, à présent que ce dernier était terminé, Irya retrouvait avec gaieté des visages plus humains. Souriant à son tour, elle se redressa entièrement. Sa défaite n'était en réalité qu'un pas de plus sur la Voie.
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MessageSujet: Re: Groupe Fubiz - Cours n°3 - Partie 1   Mer 14 Avr 2010, 10:49

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