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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Kuyrhan - Cours n°6

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Sam 06 Mar 2010, 22:59

Clapotis de quelques vagues qui s'échouent sur une plage, tranquillement, dans la douceur d'un crépuscule nébuleux. Chant d'un oiseau de nuit, qui s'élève dans les airs clairs et légers, qui vacille jusqu'à s'éteindre gracieusement. Le feu du soleil venait embraser les berges calmes, à l'onde brillante sous quelques rayons brûlants, et la flamme d'un nouveau soir imprégnait les lieux d'une aura de sérénité et d'apaisement. Doux murmure de la brume, qui se dépose sur les âmes, les endormant, les éveillant, aussi léger que le vent, aussi lourd que les nuages, s'égraine lentement...

Une silhouette, assise dans le sable, le regard rivé sur l'horizon, là-bas, au loin, sur le miroir du lac, attend. Les yeux postés dans l'infini de la terre, elle semble être en pleine méditation. Non, ne semble pas. Elle l'est.

Erwan soupira légèrement. Inwëlle devait revenir du Rentaï, elle devait plutôt être revenue. Tant de choses devaient être mises à jour, explicités... Il avait bien senti, juste avant que la jeune fille ne passât son Oulan-Kil - il ne pouvait pas se résoudre, finalement, à appeler cet examen final Ahn-Ju, car ce n'était pas tout à fait le cas, même si tout avait été fait pour que cela se ressemblât le plus possible - qu'elle était contrariée, mais elle n'en avait plus laissé paraître durant son examen, apparemment. Elle l'avait d'ailleurs réussi, et cela l'emplissait d'une joie inégalable. Il était fier d'elle. Il l'avait entrevue, lui demandant alors de rejoindre le Rentaï, pour solliciter sa greffe. Il ne lui avait pas donné le temps de lui parler, cela n'avait pas été le moment. Mais cela serait bientôt le moment. Parce qu'il était temps.

Il y avait donc cette ombre, pesante, terrible, sur les épaules de son apprentie, qui devait s'être sans doute d'ailleurs un peu levée, puisqu'elle était parvenue à en faire abstraction. Il savait que lorsque Inwëlle avait une idée en tête, il était très difficile qu'elle la lâchât, et pourtant elle était passée outre. C'était que quelque part, quelque chose s'était arrangé, même si ce n'était vraiment pas grand chose. Puis, elle allait sans doute lui parler de cet examen, et il voulait aussi savoir ce que cela lui avait apporté. Et du Rentaï, pour finir. Aurait-il accepté de lui offrir la Greffe ? Il savait que cela n'aurait rien changé pour Inwëlle, ou plutôt, il le pensait. Sans doute n'aurait-ce pas été réellement cela. Quoi qu'il en fût, elle ne serait plus jamais pareille, car une telle expérience laisse des traces indélébiles. Dans le corps, et dans l'esprit.

Soupirant, le jeune homme se leva tranquillement, et se dirigea vers le petit hongre qui attendait dans le calme, en broutant, un peu plus loin. Lui caressant l'encolure puis le flanc, il se tourna vers la forêt, là où Eclipse était attachée. Il l'avait prise aussi, pour qu'Inwëlle ne perdît pas de temps à aller plus la chercher, si elle ne se doutait pas qu'ils allaient partir. Et Erwan savait aussi que cela serait la dernière fois qu'il serait avec elle de cette manière. La dernière fois qu'il lui donnerait cours, ces jours-là. Elle allait bientôt être libre. Et elle allait s'envoler...

Sérénité.
Calme.
Harmonie.

Souriant, Erwan se hissa sur la selle de Roméo. D'une légère pression des mollets, il le mit au pas, calmement, et se calla tout près de son apprentie, qui était près de sa jument. Lui souriant, il l'invita à le suivre, et attendit. Elle avait des choses à dire, il n'en doutait pas. Mais il ne lui tirerait pas les vers du nez. C'était encore et toujours à elle d'en parler...

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Dim 07 Mar 2010, 21:36

    Inwëlle était dans la forêt, et regardait Erwan de près, de très près, grace à sa nouvelle greffe. Elle n'était rentrée que deux ou trois jours auparavant, et sa greffe était toute récente, aussi en était-elle encore au stade expérimental, où elle zoomait sur beaucoup de chose et s'amusait pas mal à regarder les gens dans son dos, qui lui lançaient des fois des regards bizarres. Là, elle zoomait Erwan, appréciant les muscles fins de son dos, et le roulis qu'ils provoquèrent sous sa peau lorsqu'il se leva. Tiens donc... Ce cheval, elle ne l'vait jamais vu! Une nouvelle monture peut-être? Bah elle allait lui demander. Elle vérifia, regardant derrière sa tête et sur les côtés sans tourner le cou, puis, furtive, s'avança à découvert. Il n'y avait personne qui puisse la voir (à moins que quelqu'un soit doté d'une greffe qui le lui permette) alors elle s'autorisa se mettre son masque de côté, et adressa un grand sourire à Erwan. Il était déjà sur sa monture, et Eclipse était là. Elle avait voulu aller la voir, avant de venir, mais avait constaté son absence des écuries et déduit qu'il l'avait emmenée avec lui... Bingo.

    Elle alla lui dire bonjour, lui embrassa le chanfrein, puis placa bien la selle et compagnie et se hissa sur son dos. Elle se débrouillait correctement, maintenant, en tout cas assez bien pour pouvoir aller à toutes les allures presque sans tomber. Evidemment, elle n'était jamais à l'abris d'un écart ou d'une quelconque autre fantaisie de sa jument, mais elle ne lui en voulait pas, ça la faisait toujours rire, ça amusait Eclipse et ça lui permettait d'apprendre de nouvelles choses.
    Elle avança, se mit au niveau de son Maître.


    "J'ai plein d'choses à t'raconter!"

    Elle pétillait et était impatiente, ça faisait quelques jours déjà qu'elle attendait le moment où elle pourrait lui parler, lui raconter pour Helyn -son coeur se serra-, pour l'homme avec qui elle avait fait l'amour, lui donner ses impressions sur l'Ahn-Ju, sur le désert des Murmures, sur le Rentaï... Pas forcément sur sa greffe, elle ne savait pas encore.
    Et puis elle se demandait s'il allait la questionner à propos de ses nouveaux vêtements... Les anciens étant carrément irrécupérables, elle s'en était procurée de nouveau au sein de l'Académie, très banaux, du tissu assez épais étant donné l'époque fraîche, une chemise, un pantalon, assez pratiques pour lui permettre de bien se mouver... Heureusement d'ailleurs, parce qu'elle avait passé l'Ahn-Ju en les portant. Même si désormais elle les avait offerts au Rentaï, elle s'en moquait bien, elle n'y tenait pas, pas comme aux autres, et ils n'avaient aucune valeur à ses yeux. Elle était d'ailleurs toujours peinée de la perte de ses anciens vêtements... Enfin, semi-perte puisqu'elle les conservait à l'Académie. En souvenir de souvenirs...
    Cet homme, rencontré dans le désert, lui avait offert sa tunique, et, avant d'aller récupérer Eclipse, elle s'était achetée un pantalon de cuir moulant, très pratique, avec quasiment toutes ses économies. Le reste avait servi à la nourir jusqu'à l'Académie. Il faudrait qu'elle songe bientôt à gagner un peu d'argent supplémentaire...


    "On va où?"

    Elle fit un tour d'horizon des yeux pour guetter si personne n'arrivait, s'amusa à aller regarder de près un écureuil qui s'ébattait d'arbres en arbres, jusqu'à ce qu'Eclipse, d'un petit hénissement, lui rappelle où elle était. Elle était avec sa jument, Erwan et son petit hongre.

    "C'est l'tiens?"

    Elle était franchement frénétique. Jamais elle ne s'était si longtemps séparée de son Maître, et elle était ravie de le retrouver, si calme... Sa jument piaffait aussi. Wëlle lui avait transmis son impatience, elle le sentait... Mais encore un peu, encore un ptit peu et ils allaient commencer à parler des choses sérieuses. Après, elle laisserait Eclipse filer comme elle le désirait. Elle revérifia; un point bougeait, elle zooma; un élève arrivait. Vite, elle replaça son masque. Mais elle n'en était pas moins heureuse.
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Mar 09 Mar 2010, 13:18

Immédiatement, alors que l'apprentie s'avançait vers lui et les deux chevaux, il sentit en elle son excitation, sa frivolité, et sourit à son tour. Elle avait l'air très heureuse, et son corps était tout de mouvements, du plus imperceptible au plus évident, comme par exemple cet immense sourire qu'elle abordait. Un sourire qu'Erwan ne lui avait sans doute jamais vu ainsi, dans un tel contexte, où elle prenait toujours la peine, et la prudence, de cacher ses émotions derrière un masque. Lui rendant son sourire, le Maître l'observa rapidement. Elle n'avait pas changé, mais ses habits, eux, si. Elle était agitée, c'était certain, et tout son corps rayonnait de bonheur et d'énergie. Alors, il n'eut plus vraiment de doute, quand au désir du Rentaï. Oh, certes, si ce dernier n'avait pas accordé la greffe à la jeune fille, elle pouvait très bien être indifférente et continuer sur ses sentiments habituels, mais en voyant cette énergie, celle du Murmure, l'entourer encore, Erwan ne pouvait pas nier l'évidence : il l'avait acceptée. Une bouffée de joie l'envahit aussi, et il s'avança rapidement, sur le dos de Roméo, vers son apprentie qui harnachait sa jument.

Les premiers mots qu'elle lui lança, déjà, montraient un premier changement. Rien ne serait plus pareil, Erwan le savait bien, pour avoir déjà eu une apprentie revenant du Rentaï, mais aussi parce que son propre Maître le lui avait bien montré, lorsqu'il avait été lui aussi apprenti. Il se souviendrait toujours, de ce jour-là, des paroles prononcées par le Rentaï, en son honneur, pour lui, et sans doute aussi pour le monde. Il se souviendrait toujours de la voix du Murmure, douce et entraînante, comme une danse balettique, comme un chant celtique, magnifique de splendeur. Il se souviendrait toujours des caresses du vent, du désert et du Murmure sur sa peau nue, sur tout son torse, l'entourant, bienveillants. Tout cela, c'était une expérience unique, c'était quelque chose qui était simplement magique pour lui. Il ne savait pas ce qu'il se serait passé si le Rentaï ne l'avait pas voulu. Mais cela ne comptait plus, puisqu'il l'avait accepté entièrement. Et s'il ne comptait pas sur cette demande pour chasser les doutes sur son statut d'homme ou d'animal, il ne pouvait s'empêcher de constater que c'était dès son retour qu'il avait réellement compris, qu'il avait en fait en lui les réponses aux questions qu'il se posait. Il était Marchombre avant tout. Homme ou animal, peut importait, il était à la fois les deux, et à la fois aucun. Mais il était Marchombre...

Lames de roc, lames de choc
Animal humain, humain animal
Lames de roc, lames de choc
Griffes carbonées, carbone griffé


Erwan sourit, tandis que son apprentie lui posait déjà une autre question. Etait-ce parce qu'elle était surexcitée qu'elle parlait tant, ou bien qu'elle sentait les changements qui s'opéraient ? Soupirant légèrement, il regarda l'horizon un instant, avant de sourire encore une fois. Posant son regard sur la jeune fille, alors qu'elle lui demandait déjà si le cheval sur lequel il se trouvait était le sien. Lui adressant un regard de connivence, le jeune homme l'invita d'un signe de tête à se mettre au pas, et arrêta lui-même son cheval quelques mètres plus loin, près d'un rocher qui s'élevait à plus de deux mètres de haut, près de la berge du lac...

Souvenirs élagués
Au grès du Murmure
Pour avancer...


Adressant un regard appuyé à son apprentie, il ne put s'empêcher alors de reprendre les paroles exactes de sa mère, lorsqu'elle lui avait fait démonstration d'un poème Marchombre. Inwëlle les avait déjà entendues, ces paroles, alors qu'ils se voyaient pour le second cours, alors que les trois autres apprenties étaient encore là...


Celui qui comprend la poésie des Marchombre a accès à leur âme. Et peut à son tour arpenter la Voie.
La poésie Marchombre s'écrit, dans la pierre, dans le sable ou dans le vent. Énoncée, elle perd de sa pureté.
Les mots offerts par les Marchombres au Monde sont des flots spontanés de leurs pensées.


Faisant une légère pause, il tourna son regard cobalt vers son apprentie un instant, avant de continuer, en levant les yeux vers le ciel...

- La poésie Marchombre est un choix. Ecrire ou non ne veut rien dire. Sache-le, Inwëlle...

Lui adressant un sourire, il fit à nouveau avancer son petit hongre. Il savait qu'il n'avait pas encore répondu à son apprentie, et c'était totalement voulu. Souriant seul, il mit Roméo au petit trot, et rejoignit la rive, avant de le remettre au pas, le long de la baie de sable. Puis, se tournant vers son apprentie, il ralentit Roméo pour se mettre à sa hauteur et lui répondit, finalement :

- Nous allons devant. Toujours plus loin. Pour toi.

Laissant une légère pause, il caressa la base de l'encolure de sa monture, avant de continuer :

- Et non, ce n'est pas le mien. Je ne pense pas qu'acquérir un cheval pour moi soit une bonne idée. On ne sait jamais ce qu'il peut se passer. C'est un hongre de l'Académie, il s'appelle Roméo.

A l'annonce de son nom, le concerné bougea légèrement les oreilles, montrant par là qu'il était attentif à son cavalier. Souriant, Erwan tourna son regard vers son apprentie, le posant tranquillement dans ses yeux à elle, de ce marron pétillant. Si elle avait des choses à lui dire, il les écouterait. Il écoutait toujours ce que pouvait dire la jeune fille... Toujours. Même s'il ne répondait pas immédiatement. Elle devait pouvoir saisir les réponses à ses questions lorsqu'il était temps, et il n'avait pas à lui répondre dans l'immédiat, car elle n'apprendrait rien de bien fondamental ainsi. Il fonctionnait comme ça, et elle le savait certainement, dorénavant...

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Mar 09 Mar 2010, 21:36

    Elle posa sa main sur le rocher. Il lui avait déjà dit cette phrase. En tout cas, elle l'avait déjà entendue, et elle ne voyait pas par qui sinon par Erwan. Oui, il lui avait déjà dite... Comprenait-elle la poésie marchombre? En un certain sens, oui. Elle sentait l'émotion qui s'en dégageait, sentait l'Harmonie, sentait le sentiment, était transportée par ces mots, et ils touchaient son coeur, mais littéralement, elle avait du mal, parce que la plupart du temps, c'étaient des mots complexes voir inconnus qui étaient usités. Elle ne faisait pas de poèmes Marchombres, elle n'y arrivait pas, n'en ressentait pas le besoin, et... Et si... Ah, non, ouf, ce n'était pas grave. Elle comprenait... Elle sentait, c'était déjà pas mal, c'était peut-être même l'essentiel...
    Un choix. Pour elle, ce n'était pas un choix, c'était une question de personnalité. Enfin, disons qu'elle choisissait inconsciemment... Peut-être un jour ferait-elle le choix d'écrire, mais pas pour le moment. C'était spontanné, et sans doute qu'un poème calculé perdait toute sa beauté et sa légèreté. Et elle, spontannément, ça ne lui venait pas à l'esprit de coucher ses pensées par des mots... Un jour peut-être, mais pas maintenant, ni demain, ni après-demain.

    Elle remonta à cheval, refit un tour d'horizon. Personne en vue, elle se remit à sourire. Il n'avait toujours pas répondu à ses questions... Ca, c'était du Erwan tout craché, et qu'il y réponde dans trois ou quatre jours ne l'étonnerait même plus. Il passèrent sous le couvert des arbres, et Wëlle dû plisser les yeux. Au début, elle avait hésité, mais maintenant, elle le savait: elle arrivait moins rapidemment à s'adapter aux changements de lumière, depuis son passage au Rentaï... Sans doute une contre-partie de sa greffe. C'était un peu handicapant, mais elle avait une vision d'enfer qui faisait carrément pencher la balance du côté de l'atout, désormais.

    Eclipse piaffait. Non alors, c'en était un de l'Académie... Un qu'elle n'avait jamais remarqué, mais il était vrai qu'elle ne s'attardait pas beaucoup aux écuries. Elle laissait souvent Eclipse en dehors, plutôt, et ainsi ne la voyait pas trop quand elle était à l'intérieur. Pour la panser et l'harnacher aussi, elle le faisait en extérieur. Elle ne s'était jamais attardée plus que le temps d'une caresse sur les autres chevaux, ça ne l'intéressait pas tellement, à vrai dire... Elle aimait bien la jument baie parce qu'un lien affectif s'était formé, mais seule, elle n'aurait sans doute pas eu l'idée de s'en procurer une. Apprendre à monter, ok, mais sans plus...
    D'ailleurs, elle n'aimait pas plus que ça monter, mais c'était pratique, il fallait mieux savoir le faire, ça pouvait tirer de plus d'un mauvais pas, et elle s'en servirait surement pour voyager avec des exigences de rapidité... Mais elle préférait courir, seulement, en montant, elle avait des rapport plus privilgiés avec Eclipse. Alors tant qu'Eclipse serait là, elle monterait, et peut-être même après, elle n'en savait rien...

    Suivant le fil de ses pensées et des désirs d'Eclipse ainsi que des siens, elle lâcha la bride et la laissa partir au galop, pas trop vite, mais assez pour qu'elle se défoule un peu et qu'elle goûte la caresse du vent sur son visage, pour qu'elle sente le dynamique des muscles puissants sous elle, et la dynamique de la Vie autour d'elle. Pour qu'elles se défoulent un peu... Elle chevaucha ainsi quelques minutes, rajustant son masque au cas où -elle préférait ne pas aller regarder ailleurs en plein galop, c'était risqué- puis fit rallentir Eclipse, qui semblait n'en avoir pas tellement envie. Enfin, elle rejoignit son Maître et se replaça à côté de lui, au pas. Bon, maintenant, il était temps de se défouler d'une autre manière.


    "Helyn est partie..."

    Elle pensait bien qu'il n'allait pas répondre tout de suite. Elle allait continuer. Elle ne savait toujours pas précisément où ils se rendaient, d'ailleurs... C'était une belle réponse qu'il lui avait donnée, très belle, une réponse qui avait fait battre son coeur. Pour elle... Toujours plus loin, pour elle... Si joli. Elle était curieuse de savoir quand même, mais en cet instant présent, avide de continuer.

    "J'étais folle à en crever, et Bella est venue, avec un jeune homme. Ils s'connaissaient j'crois."

    Elle laissa encore un blanc.

    "On a fait l'amour, enfin j'sais pas si on peut dire comme ça, j'étais plus trop moi-même, j'me rappelle juste de..."

    Un frisson la parcouru de haut en bas. De la vague de plaisir qui avait déferlé en elle, de son désir insatiable, d'en vouloir plus, toujours plus, jusqu'à l'apotéose, jusqu'au Réveil.

    "Ca a détruit mes vêtements. J'me suis rendue compte de c'que j'avais fait... Mais j'ai callé qu'j'acceptais qu'Helyn soit partie. J'suis triste quand même, mais triste calme."

    Elle sourit doucement. Oui, elle était triste, Helyn lui manquait et elle voulait sa Helyn, elle voulait l'embrasser, la câliner... Elle avait un peu peur aussi, peur qu'il lui arrive quelque chose. Mais Helyn avait choisi, et Inwëlle respectait son choix. Elle ne continua pas directement. Elle voulait attendre un peu, laisser ces paroles s'éparpiller dans l'air, laisser un "silence" respectueux, pour Helyn. "Silence", parce que le silence parfait, ça n'existe pas, ou dans très peu d'endroits, à très très peu de moments... Le silence parfait, ça existait dans la tête, quand on n'écoutait rien. Silence, c'était Helyn. Pour elle, elle faisait le Silence.

    Parce que le Silence est d'or...
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Mer 10 Mar 2010, 14:38

La tension d'Inwëlle, son excitation, s'était transmise à la jument qui l'avait pourtant attendue calmement, faisant ainsi sourire Erwan. Le Marchombre les regarda faire, tandis qu'Inwëlle la laissait partir au galop pour se défouler. IL avait bien vu sa réaction, par rapport à la poésie Marchombre, mais aussi son soulagement lorsqu'il lui avait dit que cela ne voulait rien dire. Non, et vraiment, il le pensait. Ce n'était pas parce que l'on faisait de beaux poèmes que l'on était Marchombre. Ce n'était pas parce que l'on était Marchombre qu'on écrivait les poèmes. Non, cela n'avait rien à voir, cela venait réellement du coeur. Soupirant légèrement, le jeune homme se souvint aussi de la première fois que sa mère lui avait écrit un poème devant ses yeux, et avec quelle force les mots avaient transpercé son coeur. Il était alors assez jeune, tout juste treize ans, et venait tout juste de découvrir qu'il avait un Jaguar en lui. Il était perdu. Et ces quelques mots l'avaient décidé. A suivre sa mère. A trancher, entre les deux mondes entre lesquels il était tiraillé. Et puis, la Citadelle ne le voyait plus du même oeil, et si on le respectait, on se fichait de lui à ce moment-là en particulier. Il n'avait eu ensuite aucun remord de la Voie qu'il avait choisie. Non, c'était sa Voie. Et c'était tout.

Lorsque la jeune fille vint se remettre à côté de Roméo avec sa jument, Erwan tourna légèrement la tête vers elle pour écouter avec attention ce qu'elle avait à lui dire. Helyn. Elle lui en avait parlé, lors du début du cours précédent, alors qu'elle avait absolument voulu savoir, et pas de manière correcte en plus, qui lui-même aimait. Elle avait dit que c'était elle qu'elle aimait. Donc, Helyn était partie. Elle avait fui. Sans doute en plus avait-elle été dans l'Académie, sinon Inwëlle n'aurait pu réellement plus la connaître que cela... Non, il ne savait pas en fait. Mais cela lui disait quelque chose. Puis, elle enchaîna. Oh, évidemment, elle ne s'attarda pas sur ses sentiments, comme si passer vite dessus pouvait les faire refouler. Et elle parla de Bella, la Maître donc qui l'avait évaluée, et d'un garçon. Il fut surpris de la suite, notamment donc la jeune fille le dit, mais ne le montra pas, préférant garder cela à l'intérieur de lui. Et elle conclut sur le fait qu'elle était toujours triste, mais plus calme désormais. Non pas résignée, sans doute, mais qu'elle comprenait et qu'elle adhérait à la disparition de son amour. Souriant, Erwan laissa la jeune fille dans le silence, voyant en partie que c'était ce qu'elle cherchait. Puis, soupirant, il mit Roméo au galop. Il galopa ainsi une bonne demie-heure, avant de faire passer son petit hongre au trot, puis au pas, pour ne pas qu'il fût trop essoufflé. Se tournant vers Inwëlle, il sentit le jaguar dans son ventre rugir et à peine eut-il le temps de tourner le regard que déjà un immense rugissement surgissait des fourrés, indétectable.

Le petit hongre paniqua, tandis qu'Erwan sentait en lui l'animal qui voulait sortir pour se battre. Le retenant, il sauta de selle pour tenir sa monture par la bride et le rassurer, tentant de contenir le jaguar pour ne pas l'effrayer encore plus, et lança un regard vers Inwëlle... Alors, un immense sourire passa sur son visage, et il emmena Roméo plus loin, pour l'attacher à un arbre, pouvoir le retrouver par la suite. Adressant un signe de tête à son apprentie, il souriait toujours, se rapprochant de la bête. Il ne put s'empêcher de murmurer à l'adresse de la jeune fille :


- Ne le tue pas.

Souriant, il se posta un peu plus loin. Il voyait dans les yeux du tigre des prairies, immense à dire vrai, que ce dernier avait faim. Il savait aussi comment l'arrêter, évidemment, mais c'était une bonne leçon pour Inwëlle, que de tenter de maîtriser la bête. Soupirant, il lança à son apprentie, ses paroles se glissant jusqu'à son oreille, se confondant avec la légère brise :

L'esprit d'un Marchombre ne fait qu'un avec son corps. Il est dont faux d'affirmer que le Marchombre possède de bons réflexes, voire d'excellents réflexes. Le Marchombre est réflexe.

Le regard d'un adversaire est pareil à un piège. L'éviter est plus facile que s'en extirper quand il s'est refermé sur toi. Un Marchombre ne tombe pas dans un piège. Ni ne se laisser piéger par un regard...

Un Marchombre est une arme... la plus puissante de toutes !


Et, un léger sourire sur les lèvres, il regarda son apprentie s'élancer contre la bête, qui tentait déjà de la mettre hors de combat pour la manger rapidement. La rage possédait l'animal, et si Inwëlle s'en sortait pas trop mal, il ne fallait pas que cela durât. Lorsque Erwan vit que les deux combattants avaient plus de mal, et que leurs gestes se faisaient plus lents parce que la fatigue reprenait ses droits, il s'avança...

Un chant
Mélodieux et imparfait
Vibrant dans l'air...


Il y mettait ses entrailles, tout ce qu'il avait, toute sa volonté, et celle du fauve dans son ventre. Lorsque le son sortit de sa bouche, lorsqu'il s'éparpilla dans l'air, le tigre tourna son immense tête vers lui, presque tranquille. Un sourire passa sur le visage du Marchombre, alors que le chant s'arrêtait... S'ébrouant, l'immense félidé les regarda une dernière fois, avant de partir dans le sens opposé aux chevaux, dans un petit bosquet où il trouverait certainement quelques lapins. Soupirant, Erwan se tourna vers Inwëlle. Attendant une réaction de sa part... Mais cependant, il la prit de court, en expliqua :


- Le chant Marchombre. Qui sort des entrailles, lui...

Allant chercher Roméo, le jeune homme monta en selle et respira lentement pour faire refluer les envies du fauve dans son ventre... Puis, il remit tranquillement le cheval en marche, au pas, pour le laisser se calmer un peu. Se tournant vers Inwëlle, il attendit cette fois-ci la réaction de cette dernière. Elle avait encore des choses à lui dire, et certainement des questions sur ce qu'il venait de faire. Enfin, à voir, elle semblait si... hors de son état habituel, heureuse et à la fois réaliste, qu'il se demandait si elle réagirait comme à son habitude...

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Jeu 11 Mar 2010, 21:32

    Inwëlle évita un coup de crocs puissant, glissa contre le flan du félin, passa par dessus son dos... Très mauvais idée, elle se plaqua au sol au dernier moment pour éviter un coup de griffe meutrier. Elle ne se souvenait pas s'être jamais relevée si vite, mais ce propulsement en arrière lui évita certainement de se retrouver éventrée par le félin. Il rugissait; ils étaient partis à l'attaque en même temps, et il était vraiment très très puissant. Elle se jetait déjà sur lui, parce qu'elle savait que si elle ne bougeait pas, ne serait-ce qu'en même temps que le tigre, elle mourrait. Alors elle bondissait, comme ça, ça avait l'avantage de le surprendre un peu; sans doute une bête là n'avait-elle pas tellement l'habitude qu'une proie ne se retourne contre lui. Elle avait délibérément choisi de ne pas faire couler le sang, pour ne pas risquer de le tuer, et parce que son corps était une arme.
    Elle se mit de biais, le percuta à l'épaule et se laissa encore glisser contre lui pour éviter le tranchant des dents acérées, sauf que cette fois-ci, elle leva son genou bien fort dans les côtes du gros tigre. Il râla. Certes, ce coup ne devait pas lui faire bien mal, vu la graisse qui le portégeait, mais il devait être surpris. Oui, et en colère. Il se retourna très vite, et qu'un puissant coup d'épaule non voulu, envoya valdinguer Inwëlle plus loin. Etourdie, elle ne mesura pas immédiatement la chance qu'elle avait eue: si l'épaule ne l'avait pas heurtée en premier, ce serait un coup de patte qui l'aurait cueillie. Elle planta ses doigts dans le sol, tira de toutes ses forces sur ses avant-bras, replia ses jambes, et son agresseur atterrit là où elle était une seconde plus tôt. Le problème, c'est qu'elle était sous lui, maintenant, et qu'il allait s'en rendre compte super vite, alors autant lui balancer directement ses deux pieds joints dans le ventre, ça serait toujours un peu de temps gagné, même si elle estimait avoir peu de chances de s'en sortir maintenant. Ce qu'elle fit, le félin rugit eu le temps de frapper violemment le sol de sa patte arrière, lui griffant ainsi une épaule, et puis tout-à-coup, le son fut couvert par un truc dix mille fois plus puissant, et pourtant presque inaudible d'abord, une mélopée sourde, profonde, grave, ennivrante... Très belle... Elle était toute crispée, prète à recevoir un coup de patte mais savait qu'il ne viendrait pas. Elle se glissa de sous le ventre menaçant de son adversaire, immobile, et alla plus loin, s'assit, un peu tremblante encore de l'affrontement, ferma les yeux, et ne fit qu'écouter.

    C'était Erwan qui produisait ce son, elle le savait, et il vibrait d'Harmonie, il était purement Marchombre... C'était ce chant, ce si beau chant qu'elle avait déjà entendu, une fois. Le Chant Marchombre... Le Chant qui neutralisait nimporte quel adversaire, qui faisait de tout être vivant un allié... Sauf un Marchombre, sauf un Marchombre très expérimenté. Pas elle, elle, elle serait sensible à cette douce mélopée si elle s'adressait à elle, elle le savait, parce qu'elle ne la connaissait pas très bien, parce qu'elle ne la maîtrisait pas... Peut-être y serait-elle moins sensible que ce Tigre des Prairies, mais quand même. Et puis ce fut terminé, si tendrement qu'elle ne s'en rendit pas immédiatement compte. Elle ouvrit les yeux.

    Elle ne tremblait plus, elle était détendue, mais la tunique trop grande du Marchombre du désert était imbibée de sang. Elle grimaça, en arracha un bout par le bas, et se confectionna un bandage bien serré. Elle devrait laver ça, le soir, c''était assez profond quand même, et ça l'handicaperai. Tant mieux, ça ne ferait qu'ajouter de la difficulté à l'entraînement. Elle monta en selle, ménageant son bras blessé, rassurant sa pauvre Eclipse carrément afollée en lui parlant doucement et en la caressant posément. Puis, elle la mis en marche.

    Bon et bien, ça n'était pas ça qui allait lui retirer sa frénésie, et elle avait encore un tas de trucs à dire. A propos de l'Ahn-Ju, maintenant...


    "C'était pas un examen, c'était une expérience, et une super expérience très... Hm... Le mot... En... Enrichissante? Un truc comme ça. Mais pas une épreuve, non non non. Un cadeau, plutôt."

    Elle exhibait de nouveau un large sourire.

    "T'connaissais les autres Maîtres? Sympa, Kaelya, mais pas trop le genre à être ma copine, j'pense. Plutôt Lohan... Plus calme, j'trouvais, moins besoin d'parler... Et Bella... Sage... Âgée... Beaucoup d'expérience pour Bella. Elle... Dégage un d'ces trucs... Puissant."

    Elle se demandait s'il allait faire une remarque. Pas tout de suite, certainement... Elle continua.

    "Que des "épreuves" géniales. J'me suis bien amusée, j'ai découverts des choses... J't'ai senti dans la grotte, aussi."

    Elle leva les yeux vers lui. Maintenant, elle attendait une réponse, un commentaire... Elle n'avait rien à dire de plus, sauf peut-être s'il lui posait des questions, ce qu'elle imaginait mal. Mais comme ça, rien à dire. Après viendrait le tour du voyage, la chevauchée, la course dans le sable brûlant... L'ascension? Parlerait-elle de ce qu'il s'était passé? Vraiment, elle ne savait pas encore. C'était assez personnel, même carrément, et elle savait qu'elle ne voulait pas le raconter à nimporte qui. Sa greffe, aussi... Elle ne se sentait pas de dire comme ça à son Maître la nature de celle-ci, c'était assez étrange, comme un truc vraiment personnel...
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Ven 12 Mar 2010, 18:57

Il n'empêchait pas que Inwëlle se débrouillait vraiment très bien... Elle avait acquis et surtout mis en pratique toutes les leçons qu'il avait pu lui enseigner, et il sentit comme un baume réchauffant passer sur son coeur, alors même qu'une petite boule se formait dans sa gorge... Oui, parce que tout cela serait bientôt terminé, Inwëlle avait fini sa formation, et savait tout ce qu'il savait. Certaines choses avaient encore besoin de mûrir dans sa tête, et dans son corps, c'était un fait, et surtout totalement normal, mais il ne pouvait pas plus lui offrir que durant ces quelques jours où il serait pour la dernière fois en sa compagnie. Elle serait elle aussi une grande Marchombre, et il espérait qu'à son tour, elle enseignât la Voie à des apprentis, un jour. Sans doute pas pour tout de suite, il fallait qu'elle avançât encore un peu, sentir en elle-même qu'apprendre la Voie n'a de sens que si on la transmet après, sinon elle est à moitié effacée, quelque part. Mais elle aurait son rythme, c'était certain.

Soupirant légèrement, il tendit l'oreille lorsque son apprentie commença à parler, à nouveau. Cette fois-ci ce fut de l'Oulan-Kil, ou Ahn-Ju, qu'elle parla, lui tirant un sourire. Mais tous les examens n'étaient que des expériences, en réalité. Il ne dit cependant rien, la laissant terminer ce qu'elle avait à dire. Enrichissante, c'était sans doute le mot. Les épreuves des trois Maîtres lui avaient apparemment plues. Ce qu'il nota cependant, c'est qu'elle lui donna son avis sur ces trois personnages. Kaelya, Lohan et Bella. Il ne connaissait personnellement aucun des trois, en réalité. Il avait aperçu Bella plusieurs fois, notamment lors de son propre Ahn-Ju, mais ne la connaissait pas plus que cela. Kaelya semblait sympathique, en effet, même si ses cheveux violets étaient si étranges et intriguant. Lohan lui avait semblé nonchalant, mais s'il était arrivé jusque là, ce n'était pas pour rien, et il le savait bien. Il était autant Marchombre que les autres. Et donc, elle aimait bien Bella... Oui, il avait sentit cette chose, et c'était aussi sans doute dû à leur rencontre, avec ce garçon avec lequel elle avait eu une liaison si intime...

Son coeur se serra. Il chassa ses dernières pensées de son esprit. Non, il n'avait pas à être ainsi. Mais il était aussi humain, malgré tout. Il n'avait rien à regretter, il avait toujours été heureux ainsi. Mais, cela lui faisait quelque chose, cette histoire de coucherie... Il sourit en entendant Inwëlle dire qu'elle l'avait senti dans la grotte. Il y était allé une seule fois, parce qu'il voulait des défis, lorsqu'il était arrivé dans l'Académie. C'était encore une fois la preuve de l'avancement de son apprentie sur la Voie, et à quel point il n'avait presque plus rien à lui offrir. Prenant une grande inspiration, il commença simplement sur la première observation qu'il avait pu faire alors qu'elle lui parlait, au début, de l'expérience et des examens :


- Parce que les autres examens étaient juste des examens ?

Lui adressant un sourire énigmatique, le jeune homme soupira longuement, baissant les yeux vers le pommeau de sa selle. Il marcha encore un peu, avant de dire malgré tout, même s'il n'aurait pas eu envie de le dire... Parce qu'il sentait qu'il fallait le faire, parce qu'Inwëlle était son apprentie, et parce qu'elle était aussi Marchombre, sans doute pourrait-elle comprendre, il ne savait pas. C'était aussi sans doute un besoin, parce qu'il n'allait pas disparaître en Jaguar ainsi, pour que ce sentiment cesse dans son ventre...

- Il me semble que je suis contrarié par ce jeune homme. Non pas que j'aurais aimé être à sa place ou quoi que ce soit dans ce genre, loin de là. C'est juste que... C'est une expérience qu'il me manque, et que tu l'as découverte avant moi. Comme beaucoup d'autres, pourtant.

Voilà pourquoi ton apprentissage est sur le point de s'achever...


Fronçant les sourcils à ses propres paroles, le Marchombre soupira longuement, expirant complètement tout l'air qu'il avait dans les poumons. Il laissa les chevaux marcher encore un peu, avant de mettre Roméo au petit trot pour avancer plus vite sans pour autant les fatiguer de trop. Il le garda à cette allure pendant plusieurs heures, avant d'arriver devant un petit bois. Un joli chant d'oiseau en sortait, ce qui fit sourire le jeune homme. Un autre bon exercice pour son apprentie. Arrêtant son cheval, il descendit de selle avant de tendre un arc, accroché derrière la selle justement, à son apprentie. Lui adressant un sourire, il lui donna juste une consigne :

- Tu entends ce chant ? Ca serait bien d'avoir de la volaille à manger, ce soir...

C'était en réalité l'un des oiseaux les plus difficiles à avoir. Les crisardes dorées. Mais c'était aussi des volailles qui avaient un délicieux goût... Une manière de voir si la jeune fille avait aussi travaillé son tir à l'arc depuis la dernière fois...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Sam 13 Mar 2010, 21:30

    Inwëlle était très surprise, vraiment, par ce qu'il disait. Si surprise qu'elle n'y répondit rien. C'était rare, peut-être n'était-ce même jamais arrivé qu'Erwan s'exprime aussi clairement sur une contrariété... Une... Faiblesse? Enfin, peut-être pas mais tout de même... Erwan contrarié... Il l'avait déjà été, mais contrarié de colère, quand elle lui avait demandé, par exemple, qui il aimait... Mais là il lui disais, ce n'était pas de la colère, enfin, ça n'en avait pas l'air... Elle était surprise, vraiment. Et puis surprise qu'il n'ait jamais fait l'amour, aussi. Il avait un physique avenant, il avait une femme qu'il aimait et qui l'aimait, alors...
    Ah, oui, elle s'en rappelait, maintenant... Elle se rappelait le garçon, pris par un immense félin, qui s'était transofrmé avant, qui s'était transformé après... Pas pendant. Pourquoi, elle l'ignorait, mais... Mais si ç'avait été pendant, elle ne serait sans doute plus là. Ah, d'accord... Quelle barrière...

    Elle frissonna, mis son cheval à l'allure de celui de son Maître, et puis, quelques minutes après, retrouva le souvenir. Elle n'avait rien à dire, rien pour le moment. Elle laissa filer le temps en silence, en silence de paroles, et puis ils arrivèrent.
    Il lui tendit un arc, qu'elle saisit. Oui, elle s'était entraînée. Elle s'entraînait chaque jour, avec les armes. Tous les jours, au moins une arme, souvent deux, trois quand elle avait le temps, l'envie particulière... L'arc, le poignard, le bâton plus ou moins long... Jamais les Etoiles de la Mort. Ces Etoiles tranchantes qui avaient pris la vie d'un amie sous ses yeux... Elle n'aimait pas ces armes, elle les trouvait trop agressives, trop sournoises à son goût. Pourtant, le principe était le même que pour le lancer de poignard, mais ces disques tranchants tournoyants à une vitesse folle sans pour autant que l'on s'en rende compte, tout plats... Elle trouvait l'idée d'un poignard long, fin, droit, tournoyant nettement ou ne tournoyant pas beaucoup moins dérangeante. Mais peut-être le vécu jouait-il en quelque chose là-dedans, elle ne savait pas...
    Bref.

    Le chant était très beau, mélodieux, elle ne l'avait d'ailleurs jamais entendu. Une espèce rare? Elle se faufila entre les premiers troncs, légère et silencieuse, évitant de faire craquer la moindre branche. Elle scrutait tout le bois minutieusement pour voir l'oiseau. Elle le trouva alors qu'elle agrandissait un buisson. Entre les feuilles, un éclat doré retint son attention... Il était derrière le bosquet, il ou elle. Le chant venait de là, il ne l'avait pas entendue. Elle se déplaça un tout petit peu encore, elle était loin, bien loin de ce volatile au plumage d'or, et devait bien grossir la scène pour y voir quelque chose.
    Il était beau, somptueux même... Ce chant... Jamais elle n'avait vu pareil oiseau. Il était immobile. Il l'avait entendue, il allait partir... Mais elle n'avait plus envie de le tuer. Une si jolie bête ne méritait pas d'être dépouillée et vulgairement dévorée, quelque soit la finesse de son goût (d'après ce qu'elle en avait entendu dire). Un si joli chant devait retentir encore.

    Elle banda son arc, sortit une flèche du carquois, la plaça, et les infimes bruits provoqués par les frottements ne permirent plus à l'oiseau de douter. La crisarde doré s'envola, à une vitesse folle, qui surprit Inwëlle, mais son entrainement et son oeil acéré lui permirent de décocher la flèche et d'aller, comme elle le souhaitait, ceillir une des longues plumes de la queue de l'animal. La flèche se perdit dans la broussaille, et déjà Wëlle ne voyait plus l'éclair doré de l'oiseau envolé.
    Souriante, elle alla récupérer sa flèche et ramassa la longue et délicate plume d'or. Elle ramena le tout à Erwan.


    "J'l'ai loupée, mais j'ai réussi."

    Un sourire espiègle.

    "Y a des racines comestibles là-bas. Pas envie d'tuer ce soir, et surtout pas tuer un si joli oiseau. J'irai chercher à manger s'tu veux. Pas tout d'suite."

    Elle laissa un silence, alla flatter l'encolure de sa jument.

    "Les autres examens aussi c'était pareil, mais j'm'en rendait moins compte."

    Encore un silence... Son apprentissage sur le point de s'achever. Elle le savait. Mais... Mais quand, en fait? Pas pour tout de suite, ça, c'était certain. Elle savait que si elle lui demandait, il ne répondrait pas.

    "Toi aussi t'as des expériences que j'connais pas. Que j'connaîtrai jamais. J'aurais jamais d'jaguar dans l'ventre. J'saurais jamais c'que c'est de donner et d'recevoir l'amour d'une mère, d'un père, d'avoir une vraie complicité..."

    Elle n'avait pas dit ça sur un ton plaignant. Non, sur un ton neutre, comme d'habitude. Elle savait très bien que c'était sa faute à elle si elle avait délaissé ses parents au profit de la rue. Elle n'avait pas à s'en plaindre, c'était la vie, c'était comme ça. Elle se tourna vers Erwan, souriante.

    "Qu'est-ce que j'ai découvert d'autre avant toi?"
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Dim 14 Mar 2010, 12:32

Justement, cette indépendance, que tu as eu. Jeune, j'ai toujours été perdu dans le monde dans lequel je vivais. J'avais un père et une mère, et mon amour pour eux m'empêchait de faire les choix qu'il aurait fallu que je fasse. Tu as appris à te débrouiller sans eux, et tu l'as appris seule, ou du moins, ce ne sont pas eux qui te l'ont appris.

Chacun a des expériences différentes, et lorsque ces expériences sont similaires, ce ne sont pourtant pas les mêmes, car nous sommes tous différents. Mais peu importe. Chacun est comme il est, avec ses forces et ses faiblesses. Le tout est de reconnaître et ses propres forces, et ses propres faiblesses, pour savoir à quoi s'en tenir. Je me souviens, lorsque j'étais jeune, j'aurais tout donné pour être juste normal...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Dim 14 Mar 2010, 14:16

    "Une faiblesse ne va pas sans une force, une force a toujours une faiblesse... Une faiblesse et une force, et une force est une faiblesse. Un Marchombre se joue de tout cela... Il tourne tout le plus possible en force... Mais un Marchombre a toujours ses faiblesses. Un Marchombre qui croit ne pas avoir de faiblesses, c'comme un Marchombre qui croit savoir.
    Pour ça qu'c'est important...

    Mais bon, moi jtrouve que personne n'est normal. Chacun est différent, nan? Tu l'as dit... Si se transformer, ça veut dire pas être normal, alors personne est normal. Enfin, ça j'pense que tu l'sais..."
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Dim 14 Mar 2010, 14:55

- Je sais tout cela. Je ne le savais pas à ce moment-là, c'est tout... Mais mon Maître m'a aussi ouvert les yeux.

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Dim 14 Mar 2010, 20:07

    "Comme toi tu as ouvert les miens... Quand j'imagine une vie sans un guide, ça me paraît comme vide, j'ai l'impression qu'il manquerait un truc... Mais j'suppose que les gens font autrement... Dis, chez les frontaliers, c'est comment? C'est un Maître ou c'est des Maîtres? Parce qu'y en a j'imagine...
    On a tjours un Maître, un guide, en fait... Un vrai, un humain, animal, un truc moral, un truc de la Nature, mais tjours... Non?"
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Dim 14 Mar 2010, 20:12

- Chez les Frontaliers, ce sont des Maîtres suivant la discipline, mais à chaque fois un Maître pour une dizaine d'apprentis.

On a toujours un guide, lorsque l'on est pas perdu en soi et pour soi, c'est certain...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Dim 14 Mar 2010, 20:22

    "Y a beaucoup de monde de perdu, à ton avis?"
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Mar 16 Mar 2010, 11:46

Erwan sourit. S'il y avait du monde de perdu ? Sans doute ne s'en rendait-elle pas compte, à tel point que c'était en grande partie pour cela que les mercenaires étaient si présents : ils repéraient les personnes perdues, justement,à la recherche d'un idéal particulier, ou non, pour les rallier à leur cause et grossir leurs rangs. Ils voulaient prendre parti sur l'Empereur et assujettir Gwendalavir, donc peu importait qui était rallié à eux, car tant qu'il y avait du monde, ils gagnaient en force. Ou dumoins, c'était ce qu'Erwan pensait. Sans doute chacun, suivant ce qu'il était, avait des postes différents ajustés à leurs connaissances et capacités, et c'était pour cela qu'il n'y avait par exemple que très peu de Mentaï. C'était aussi des grades, des status qu'il était difficile d'avoir.

Soupirant, il ne répondit néanmoins pourtant pas à son apprentie. Il savait qu'elle avait posé cette question sans doute parce qu'elle voulait une réponse, non, c'était même évident. Mais elle connaissait la réponse, puisqu'elle était elle aussi passée par là, et qu'elle avait connu beaucoup de personnes dans ce cas-là. Elle n'avait pas réfléchi, et il ne la blâmait pas pour cela, car enfin elle parlait sans se retenir, en tout cas avec lui. Mais en l'occurrence, elle le savait, il le savait. Souriant seul à cette pensée, il passa sa main sur l'encolue de sa monture, avant de monter à nouveau dessus. Il le mit au pas, faisant glisser entre ses doigts la plume de crisarde dorée qu'Inwëlle lui avait ramenée de la chasse rapide qu'elle avait faite.

Lorsqu'elle lui avait dit qu'elle n'y était pas arrivée, il avait sourit. Non, ce n'était pas qu'elle l'avait ratée, cette crisarde, c'était qu'elle n'avait pas voulu l'avoir, et il le sentait bien. Le sourire espiègle qui avait suivi cette petite phrase avait fini de le convaincre. Haussant les épaules, il avait simplement pris la plume et avant fait avancer légèrement son cheval. Maintenant, à nouveau en selle, le jeune homme le mit au trot, d'un trot, s'il n'était pas rapide, n'était pas lent non plus. Assez rapide pour bien avancer, et assez lent pour ne pas essouffler les chevaux. Il trotta ainsi un bon moment, encore une fois. Un long moment, jusqu'à s'arrêter pour manger, parce que son ventre criait famine. Alors, toujours à cheval, sans les arrêter, il avait tendu un morceau de viande séchée, au goût amer mais très nourrissant, à son apprentie pour continuer à chevaucher, au pas le temps qu'ils finissent d'ingérer leur déjeuner. Puis, à nouveau, le trot avait repris, tandis que le soleil entamait son chemin décroissant dans le ciel.

Il ne s'était pas arrêté de l'après-midi. S'ils avaient beaucoup trotté, Erwan avait laissé des moments de répit au pas aux deux chevaux, et les avait aussi fait galoper, pour gagner du temps. Ainsi, lorsque le soleil se coucha à l'horizon, ils approchaient de très près la confrérie de rêveur de Fériane. Oh, évidemment, Erwan ne comptait pas s'y attarder de trop, mais avoir un bon lit pour la nuit ne ferait pas de mal, après une journée si difficile. Ainsi, lorsque le bâtiment se découpa à l'horizon, tandis que le soleil diffusait une lueur rouge-orange dans le ciel et sur le monde, le Marchombre fit tourner son cheval dans sa direction. Il fit simplement passer Roméo dans l'enceinte du bâtiment, tandis que déjà un homme venait à leur rencontre.


- Bonjour chers visiteurs, puis-je vous aider ?

Descendant de cheval, Erwan adressa un sourire en coin au Rêveur, qui comprit bien vite à qui il avait affaire.

- Nous voudrions passer la nuit ici, pour ne pas mourir de froid, est-ce possible ?

- Evidemment, laissez-vous vos chevaux, nous allons vous préparer une chambre et nous en occuper.


Hochant simplement la tête, Erwan déposa les rênes de sa monture dans la main du Rêveur, et invita d'un signe de tête Inwëlle à faire de même. Lorsque l'homme eut disparu dans un coin de la cours, pour amener les chevaux aux écuries du bâtiment, il se tourna vers son apprentie et d'un léger signe du menton, l'invita à le suivre. Sortant de l'enceinte de la confrérie, il se dirigea vers un grand arbre un peu plus loin, qui dénotait, d'ailleurs sur le terrain plat ou valloneux, mais sans arbre, des collines alentours. Soupirant, il s'ennivra du paysage féérique qui s'étendait sous ses yeux, alors que l'herbe en feu s'attisait, et que le ciel prenait ses ombres de la nuit. Mais le soleil n'était pas tout à fait couché, et il avait une certaine chose à faire faire à son apprentie.

Se tournant vers elle, il lui adressa un sourire avant de monter sur les branches de l'arbre doucement mais rapidement. En accord avec l'arbre, l'immense et lourde corde qu'il avait mit sur ses épaules ne le gênait en rien, et une fois qu'il fût en haut de l'arbre, il la noua efficacement sur une branche. Puis, il fit tomber le mou de la corde, qui arrivait à peu près jusqu'à la branhe la plus basse de l'arbre. Descendant, il expliqua à son apprentie :


- Bon. Alors, pour l'exercice, cette corde sera attachée à ta taille, et ainsi tu seras suspendue au dessus du sol. Je vais lancer des objets en l'air, et ton poignard les trouvera. Et surtout, je ne veux pas que tu sois immobile, tu vas donc faire bouger la corde et ton corps pour que tu sois en mouvement, et que les objets aussi le soient...

Lui adressant un nouveau sourire, il attendit qu'elle fût attachée et lancée pour commencer à envoyer des objets en l'air. Il envoyait de tout : les morceaux de tissus, qui tombaient plus ou moins rapidement suivant s'il les envoyait alors qu'ils étaient roulés en boule ou non, des feuilles d'arbres, dont la trajectoire était presque imprévisible, avec le léger vent changeant qui soufflait, des morceaux de bois, et d'autres choses encore. Et il n'arrêta que lorsqu'il fut satisfait de son apprentie, qui était arrivée à s'accorder à toutes les forces, toutes les énergies en présence...

L'exercice terminé, ils repartirent vers la confrérie pour aller manger un ragoût, et dormir dans un bon lit. A l'extérieur, le temps prévoyait sans aucun doute de la neige pour le lendemain... Les Rêveurs étaient acceuillants, et ils montrèrent même à la jeune apprentie leur art de guérir les gens. Ils lui porposèrent même de lui enlever certaines de ses cicatrices, si elle le souhaitait, lançant à ce moment-là un regard vers Erwan pour savoir s'ils faisaient bien. Ce dernier n'avait même pas répondu, par aucune mimique que ce fût. Les hommes qui étaient là était doux et avenants, et ne cherchaient en aucun cas à leur causer de tort. Erwan était même passé dans les écuries avant d'aller se coucher dans la chambre qu'ils lui avaient préparée pour vérifier l'état de ces dernières et celui des chevaux. Satisfait, il était allé dormir, même s'il restait toujours sur ses gardes... On ne sait jamais ce qu'il peut arriver, et la neige, le lendemain, réserverait sans doute des surprises...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Mar 16 Mar 2010, 21:37

    Elle grimpa derrière Erwan, se hissa à son niveau, emprunta une autre voie au sein de l'arbre, donnant tout ce qu'elle pouvait pour ne pas se laisser distancer. Elle prenait des risques, mais elle aimait ça, c'était grisant, son coeur battait un peu plus fort, les émotions étaient plus intenses... Et elle arriva au sommet, en même temps que son Maître, avec sa grosse corde. Elle le laissa trafiquer, tandis qu'elle grimpait le plus haut possible, en équilibre précaires sur des branches un peu trop fines, laissant le vent des hauteurs glisser etre ses doigts et contre ses joues. Elle sentait Erwan bidouiller pas loin, et elle ferma les yeux, un instant, respirant l'immensité de cette plaine vallonée douces collines. Elle rouvrit les yeux, s'amusant à grossir certains détails de l'architecture de la confrérie. Elle ne savait pas exactement où ils étaient, mais c'était dans l'est, et, comme aujourd'hui elle et Erwan avaient beaucoup voyagé, ils ne devaient pas se trouver très loin des Montagnes de l'Est. Elle ne les voyaient pas, car le ciel était, au loin, lourd de nuages gris menaçant en silence, qui dansaient avec la nuit tombante. Peut-être de la neige pour le lendemain... A cette pensée, elle frissonna et resserra autour d'elle le châle qu'elle avait emprunté à la confrérie. Il faisait froid, il avait fait froid lorsque le soleil avait commencé à baisser. Elle leur demanderait peut-être quelques vêtements chauds pour le voyage...

    Ce soir, ils dormiraient dans une chambre, mais ce ne serait peut-être pas toujours le cas.

    Elle redescendit un peu, au niveau d'Erwan, qui avait finit d'accrocher la corde. Elle pendait jusqu'en bas. Wëlle, intriguait, en était encore à se demandait ce qu'il comptait en faire que déjà, il descendait et commençait à expliquer.
    Ca allait être difficile, vraiment... Tirer en mouvement, c'était assez dur. Tirer sur des choses en mouvements, c'était dur aussi; alors combiner les deux... Elle avait l'avantage de la pratique. Elle tirait bien, maintenant, elle en avait pris l'habitude. Elle avait aussi la vue, la vue aiguisée qui lui permettait de mieux se visualiser la cible. Elle alla s'attacher, concentrée, veillant à ce que la corde ne la blesse pas, puis se laissa pendre dans le vide, une excuse muette pour la branche qui supportait son poids. Cette attache en elle-même lui permettait difficilement l'immobilité, car son corps balançait. Elle se tenait un peu à l'horizontale, et se sentait vraiment, vraiment idiote.

    Tant pis. C'était un défi auquel elle ne serait pas confrontée tous les jours... Elle dégaina.
    Le morceau de tissu virevoltait, prenait des courbes, se pliait, se tordait... Ah oui, d'accord. Les légers coups de vent n'amélioraient rien du tout. Ainsi, le trajet était franchement imprévisible, l'objet minuscule... Elle donna un coup de hanche pour balancer, fit un gros plan sur le bout de tissu, tira... Loupé.
    Loupé.
    Loupé.
    Ah. Enfin. C'était un bout de tissu, encore; elle s'était concentrée, s'était accoutumée aux balancements de son corps; elle avait tiré, elle avait gagné. La fois suivant, elle réussi encore, encore à transpercer un autre bout de tissu, roulé en boule celui-ci, qui était ainsi plus facilement atténiable mais qui tombait légèrement plus rapidement dans les airs. Une feuille, enfin; elle eu la feuille, la suivante aussi. La bout de bois mort qui vint tomba beaucoup plus rapidemment, mais elle ne se laissa pas prendre de court et son poignard le brisa, comme il brisa le suivant.

    Bon, ça suffisait. Elle donna deux autres coups de hanches, donna un coup de jambes dans le vide... Ce n'était plus le même balancement, il y avait des nuances. Cette fois, elle essayait de changer à chaque coup sa trajectoire, pour avoir affaire à une variation nouvelle en permanence. C'était plus compliqué, aussi loupa-t-elle les deux feuilles qui suivirent. La troisième était particulièrement grande, elle la toucha, de même que les deux bouts de bois suivants.
    Ainsi, de suite, elle continua, son regard particulier l'aidant, s'accomodant, pouvant anticiper un peu les mouvements de son corps, réagissant vite pour toucher les objets tombant dont elle comprenait peu à peu la chute. Au fur-et-à-mesure, elle pouvait se permettre de ne plus accorder toute son intention à l'arbre, et se rendit compte que le vent forcissait; elle l'acceuillit à ses côtés avec joie. Cela n'altérait en rien ses faits: en comprenant le vent, elle savait où il allait, et comment il risquait d'influencer la trajectoire de ses cibles. Elle s'ouvrit aussi un peu plus à l'arbre, percevant Erwan, entendant le Murmure des feuilles... Epanouie, elle tirait, tirait.

    ***

    Elle hocha la tête en signe de négation, sans pour autant afficher un air hostile. Elle restait fermée, elle gardait son masque. Ces gens savaient qui elle était, mais ce n'était pas une raison. Ils étaient doux, il étaient avenants, ils étaient accueillant, elle était contente. C'étaient des hommes comme eux qui avaient pris son camarade des rues en charge. Avec eux, il avait dû se remettre bien vite. Elle était rassurée... Un jour elle retournerait le voir, et elle irait retrouver ses parents. Elle irait leur dire bonjour, leur dire qu'elle allait bien... Un jour, un jour elle les retrouverait.
    Elle les avaient suivis après un bon repas. Elle avait encore les abdominaux endoloris par la pression de la corde et les contractions qu'elle leur avait imposé, mais elle les avait suivi avec joie -sans le montrer, évidemment- et empressement de découvrir une chose nouvelle. Ils lui faisaient démonstration de leur art sur des animaux, et elle devait avouer que c'était assez épatant. Toutefois, cette Voie ne la tentait aucunement, et ne la tenterait pas plus si elle avait été un homme. C'était bien joli tout cela, mais elle aimait l'action aussi.

    Ses cicatrices... Rien d'offensant, à première vue, dans cette question. Même flatteur de proposer d'effacer ces marques jugées disgracieuses... Mais non. Ses cicatrices, c'était sa vie, son passé, ses aventures, ses combats, ses joies et ses tristesses. Ses cicatrices, c'étaient ses Souvenirs. Et ses Souvenis étaient précieux, elle ne voulait pas qu'ils s'effacent... Ils étaient toujours dans sa mémoire, mais pas forcément si présents que cela, et la vue d'une cicatrice permettait de faire remonter à la surface plein de choses à demi-oubliées. Non, pas ses cicatrices, on ne touchait pas à ses cicatrices.

    Elle s'assura qu'ils l'avaient bien comprise. Elle en avait vu beaucoup, elle était fatiguée par cette journée, et sans doute le lendemain devrait-elle être tôt sur pieds.


    "Vais m'coucher."

    Rien de plus. Pas besoin de politesses, ça ne servait pas à grand-chose. Elle pensait merci, et les Rêveurs devaient être assez intelligents pour savoir qu'un Marchombre aimait découvrir. Ils devaient avoir assez d'expérience pour savoir que si un Marchombre regardait et écoutait attentivement quelque chose, c'était que cette chose l'intéressait. Pas besoin de dire merci, pas besoin de dire au revoir...
    Elle se retourna, sortit. Elle n'alla pas voir les chevaux; elle y était allée en rentrant de l'entraînement et avait souhaité par la même occasion la bonne nuit à sa jument. Elle monta directement faire un brin de toilette, se déshabilla, se glissa dans des couettes épaisses, ferma les yeux et assez rapidemment partit au pays des Songes.

    ***

    Elle se réveilla sans souvenirs de ses rêves. C'était son Maître qui la tirait du sommeil. Un coup d'oeil à la fenêtre lui confirma son pressentiment de la veille: le ciel était uniformément gris et les flocons tombaient doucement, commençant déjà à recouvrir le sol d'une fine pellicule immaculée. Elle se débarbouilla, passa ses vêtements chauds par dessus les siens, et descendit pour manger quelque chose avant de partir. Elle engloutit rapidemment de quoi se rassassier, puis sortit vite, sans avoir besoin de plisser les yeux puisqu'il n'y avait guère de lumière à l'extérieur, et se dirigea rapidemment vers l'arbre où ils s'étaient rendu la veille. Le froid était mordant, mais elle l'acceptait bien et était chaudement vêtue, aussi ne lui posa-t-il pas de problèmes. Un tour d'horizon visuel puis elle grimpa dans l'arbre, à son sommet.
    Là-haut, le vent était mordant, et, les flocons de neige s'accrochant dans sa chevelure rousse, elle ferma les yeux, les joues rougies par le froid. Elle choisit de garder son visage fermé, mais ouvrit grand, bien grand son coeur, le laissa battre au rythme de celui vieux, si vieux de l'arbre et se lança dans la gestuelle.

    Marchombre...
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Mer 17 Mar 2010, 12:29

En effet, dès le réveil du jeune homme, la lueur diffuse qui entrait dans la chambre qui lui avait été attribuée démontrait bien qu'à l'extérieur, le manteau blanc s'était répandu sur le paysage. Se levant souplement, déjà tous les sens en alerte, le Marchombre se glissa jusqu'à la fenêtre pour tirer le léger rideau et poser son regard sur les plaines recouverte de neige pure. Souriant, il pensa immédiatement que le voyage serait moins aisé ainsi, mais cela importait peu : le chemin était toujours prépondérant sur le but, et même si parfois le but était à louer, cela ne dispensait pas le chemin d'être dans les principes fondamentaux. Soupirant, le jeune homme sortit silencieusement de sa chambre et passa dans celle d'Inwëlle pour la réveiller, avant de sortir complètement du bâtiment. Il laissa sur sa droite les écuries et commença à courir dans la neige, pourtant sans bruit sur le manteau blanc délicat. Derrière lui, les traces étaient à peine visibles, tout juste à peine, comme les traces diffuses des oiseaux, mais étaient très vite recouvertes par les flocons qui tombaient encore délicatement.

Il courrait, d'abord, humain. Mais il devait faire sortir le félin, il le sentait, dans la neige, il devenait fou et souhaitait s'amuser, et il n'allait pas l'en empêcher. En même temps, cela lui permettrait de se rassasier correctement. Soupirant, il le laissa sortir, et d'un coup il se transforma, galopant sur ses quatre pattes aux coussinets. La neige lui gelait les coussinets, mais il continuait de courir. Il s'était roulé dans la neige, heureux de sentir l'humidité froide de la neige sur son pelage. Ce dernier, d'ailleurs, avec l'hiver, c'était légèrement éclairci... Il ne resta pas longtemps Jaguar, juste le temps de le sentir se calmer, à courir dans la neige. Puis, alors qu'il rentrait, il sentait une présence, un peu plus loin... Redevenant humain, il voyait en haut de l'arbre de la veille Inwëlle, dressée sur une branche. Souriant, il la laissa finir sa gestuelle. C'était certain, il n'avait presque plus rien à lui enseigner... Juste une dernière chose, et encore...

Souriant, il se hissa sans bruit sur l'arbre, rejoignant son apprentie. Elle était tout en haut de cet arbre, et le vent froid n'était pas qu'une brise, à une telle hauteur. Pourtant, elle s'y accordait. Mais elle était bien plus avec l'arbre, à cet instant. Elle avait choisi l'élément auquel se lier. Mais il voulait lui montrer une dernière chose. Une toute dernière... Se glissant jusqu'à ses côtés, inspirant profondément, le jeune homme s'assit sur une branche très fine, qui n'aurait asns doute pas dû porter son poids. Non. Qui n'aurait pas dû supporter son poids. Mais pourtant, il tenait. Il était accordé au vent, et le vent l'y aidait. Souriant, il murmura, doucement :


- Le forgeron utilise le vent pour attiser son feu, le marin pour gonfler ses voiles, le fermier pour ensemencer ses champs, mais seul le Marchombre l'écoute. Le Marchombre écoute le vent, et le vent parle au Marchombre. Ils ne font qu'un, et pourtant s'accordent parfaitement...

Restant encore là quelques minutes, Erwan ferma les yeux, souriant au ciel, alors que les flocons venaient se loger sur son torse encore et toujours nu. Ce n'était pas le froid qui allait l'empêcher d'être comme il le souhaitait, même s'il en souffrait parfois. Il n'était pas non plus inconscient, loin de là. Il voulait s'en affranchir juste au maximum. Ainsi, lorsque son apprentie fut prête, il descendit de l'arbre et alla directement aux écuries pour préparer son cheval. Le brossant énergiquement pour le réchauffer, il le selle et l'harnacha, avant de le faire sortir dans la cours du bâtiment de Tintiane. Cela fait, un Rêveur vint directement le voir pour leur souhaiter bon voyage, et Erwan le salua d'un sourire et d'un hochement du menton, avant de faire partir son cheval au pas dans les plaines.

Cette fois-ci, il partait plein nord, directement vers les Montagnes de l'Est. Ils étaient dans les collines, il y avait à peine une journée à cheval pour arriver jusqu'aux montagnes. Mais ils ne pouvaient pas se permettre de galoper... Ils marchèrent ainsi un bon moment, avant de trotter un peu sur les chemins plus dégagés. Erwan ne laissa pas de pause à midi, parce qu'il voulait arriver aux montagnes avant la nuit. Et bientôt, à l'horizon, la ligne discontinue des sommets des montagnes apparut. Ils marchèrent et trottèrent encore, un moment. Puis, ils arrivèrent près d'une auberge, dans laquelle le Marchombre laissa sa monture, et demanda à faire la même chose à son apprentie. Puis, à pieds cette fois-ci, ils coururent. Erwan avait gardé un sac à dos sur les épaules, et bientôt ils arrivèrent près d'un immense ravin. Souriant, Erwan observa la hauteur, et ferma les yeux. Sa mère était là. Il sourit encore plus.

S'approchant d'Inwëlle, il désigna la montagne.


- Nous allons grimper là...

L'escalade était assez difficile, sans être impossible. Mais Erwan n'allait pas se contenter de quelque chose de difficile. Comme sa mère avant lui, il se tourna vers son apprentie et sortit ce qu'il fallait du sac à dos qu'il avait gardé. Il s'approcha de son apprentie et désigna les boules de matière étrange qui étaient là, dans ses mains.

- Mais d'abord, tu vas enfiler cela. Aux genoux, et aux coudes. Ensuite, nous monterons.

Les artifices en questions étaient des sortes de ballons, d'environs quinze centimètres de diamètre. C'était une matière qui d'un côté adhérait à la peau, et de l'autre était extrêmement glissant. Ainsi, si Inwëlle touchait la pierre avec ces ballons placés sur les genoux, elle rebondirait ou glisserait. Cela rendait l'escalade bien plus difficile...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Jeu 18 Mar 2010, 21:38

    Lorsqu'il la rejoignit, elle s'assit elle aussi, mais sur une branche plus épaisse. Wëlle ne connaissait pas encore très bien le Vent, et il était, à son goût, l'élément le plus retors avec lequel s'accorder, peut-être pour la simple raison qu'il était impalpable. Elle essayait, quand même, et s'améliorait de jour en jour.
    Lorsqu'Erwan murmura doucement, elle ferma les yeux, laissant le souffle léger se lover au creux de ses oreilles. Encore des mots savants... Des mots qu'elle déduit, rapidemment, habituée désormais à ce genre d'exercices. Et elle ne rouvrit pas les yeux, non, mais les garda clos, pour mieux écouter, pour mieux écouter le Vent, comme il le lui avait dit... Elle avait d'abord pensé qu'"écouter" signifiait comprendre le Vent, mais il lui avait déjà dit cela. certes, il répétait plusieurs fois certaines leçons, mais là, le contexte, l'intonation lui laissaient croire qu'il s'agissait de quelque chose de nouveau. De quelque chose de singulier... Ecouter le Vent, le Vent parlait, donc. Le Vent chuchotait, le Vent hurlait... Quoi? Que pouvait bien raconter le Vent?
    Elle tendit l'oreille, ne restant attentive qu'au souffle de l'air qui faisait se frotter les feuilles. Elle écouta, écouta, durant de longues minutes, durant une heure, presque, oubliant le froid, écouta, ne fit rien qu'écouter, et respirer. Elle avait beau écouter, chercher, attendre, elle n'entendait rien de nouveau, n'ouïssait aucune parole, aucun chant... Ne comprenait aucune sensation qu'aurait put lui faire passer le Vent. Au bout d'un moment, elle rouvrit les paupières, et cela défit sa concentration. Elle ressentit une vague de froid, frissonna lorsqu'elle aperçu le torse nu d'Erwan, sentit que ses muscles étaient tout engourdis. Elle n'avait rien entendu, et s'en inquiéta un peu...

    Mais non, voyons. Elle n'avait pas maîtrisé l'Eau du premier coup, avait eu du mal à s'accorder à la pierre la première fois. Elle n'avait jamais essayé le Chant Marchombre et savait qu'elle était incapable de le reproduire, qu'elle n'était pas prête. Alors finalement, ça ne devait pas être si inquiétant que ça... Elle demanderait quand même à Erwan. Au cas où... Mais il était déjà descendu. Elle bougea un peu, s'étira sans perdre l'équilibre, puis descendit énergiquement et alla rejoindre l'établissement en courant, pour demander la permission d'emporter les vêtements et aller chercher sa jument.

    ***

    Qu'est-ce que c'était que ces choses? Ces boules l'entravaient déjà avant même qu'elle ne bouge. C'était lisse, ça n'était certainement pas là dans le but de l'aider, ça l'empêcher de se coller à la paroi qu'elle allait escalader. Très haute, cette paroi, haute et complètement verticale. Elle allait prendre longtemps à escalader, surtout avec ces stupidités accrochées aux coudes et aux genoux.
    Stupidités...
    Non, pas des stupidités. Des chances. Des chances de s'améliorer encore. Une faiblesse peut être muée en force. Elle évalua la chose. Il lui faudrait plus tirer sur les bras, et sur les pieds, parce que -elle testa- ces entraves pouvaient se révéler dangereuses si elle les mettait en contact avec la paroi. Plus physique, donc... Une bonne concentration, aussi, être le plus possible avec la roche. Mais ça, ça ne changerai pas beaucoup de d'habitude... Les boules ne la dérangeaient pas du tout sur le point de vue moral. Elle percevait vraiment ça comme un cadeau, et non pas comme une atteinte à sa liberté de mouvement. C'était lors d'une de ses toutes premières leçons qu'elle avait comprit que la liberté était dans la tête, et que l'état dans lequel était le corps n'y changeait rien.

    Souriante, elle commença à monter.

    Les dix premiers mètres furent laborieux: elle n'était pas habituée à grimper dans de telles conditions, les vêtements chauds, le froid qui, malgré tout, les transperçaient, ajoutant à la difficulté de l'exercice. Elle n'arrêtait pas de se cogner dans le mur et rippait, faisant marcher ses muscles pour se rattraper. Elle s'arrêta, un peu crispée pour ne pas se faire rattraper par la gravité, parce que ce n'était pas parce qu'elle arrivait au bout de sa formation qu'elle pouvait cependant se permettre de carrément ignorer les lois de la physique. Elle calma sa respiration, posa son front contre la roche. Elle la sentit l'encourager; Wëlle tirait un peu, mais elle tentait de faire passer ce sentiment d'excuse à la roche, et elle avait l'impression que la falaise la comprenait. La falaise l'acceptait. Elle continua son ascension, plus lentement, avec plus de précautions, et ne heurta, au cours de la demi-heure qui suivi, qu'un nombre très réduit de fois la paroi. De plus, son attitude posée lui permettait d'être mieux préparée à ses chocs, et elle se rattrapait sans trop de difficultés.

    Petit-à-petit, elle prenait de l'assurance, et presque inconsciemment, accélérait. Accélérait trop... Elle sentit un pressentiment, mauvais, comme une onde d'avertissement, et pris conscience de sa vitesse... Ralenti. Ralenti trop vite, en oublia ses coudes, qu'elle plaqua contre la roche. Ceux-ci rebondirent, ses mains se détachèrent, elle se sentit happée par le vide, mais, mue par les réflexes acquis depuis son enfance, elle se raccrocha à la roche, lui adressant par automatisme une excuse pour la brutalité, et une demande de l'aider... Ses doigts s'accrochèrent, un majeure dans une anfractuosité, elle faillit ramener tout son corps se coller contre la paroi, se raviva au dernier moment, les genoux, ne pas oublier les genoux!
    Là, en équilibre précaire, elle attendit quelques instants, calma les battements de son coeur... Les muscles de ses bras la tiraillait déjà, ses orteils crispés demandaient à être détendus.

    Cela ne la dérangeait pas, pas pour le moment, elle avait déjà poussé le travail de son corps bien plus loin que cela. Elle reprit l'ascension, méticuleuse, par forcément rapide. La rapidité, dans cette exercice, pourrait la perdre... A son niveau, en tout cas.

    Elle arriva, à mi-chemin, à un passage... Terreux. Elle soupçonnait une quelconque galerie souterraine de trouer la pierre, et voyait quelques pousses ça-et-là... Mais surtout, des trous de terre, comme elle en avait rencontrés lors de son Ahn-Ju. Des trous traîtres, qui s'effritaient sous ses doigts, une terre friable de la même couleur que la roche, qui pouvait cacher certaines prises ou donner l'illusion d'autres. Elle était attentive et tâtait le terrain avant de s'accrocher réellement, aussi ne se laissa-t-elle pas avoir. Cependant, ce ralentissement avait une contre-partie: il fatiguait encore plus son corps.

    Elle était éreintée, maintenant. Ca devait faire plus d'une heure qu'elle grimpait. La fatigue compliquait grandement les choses, puisqu'elle avait de plus en plus de mal à éviter les collisions entre ses entraves et la paroi. Mais elle les évitait, pour le moment, elle tenait bon... Le moment passa, son genou droit cogna, glissa, pour éviter la chute, elle plaqua son coude gauche, se rattrapa d'une main, replaça la gauche, serrant les dents... Elle continua, mais très vite, ses doigts glissant de transpiration loupèrent une minuscule aspérité; cette fois, elle évita de plaquer son corps, mais son unique main elle aussi glissante n'était pas encore callée; elle se sentit aspirée, se raccrocha mentalement à la pierre, laissa ses mains à plat, plia les doigts, et par une effort de volonté et de physique assez impressionant, elle se rattrapa, et choisit encore de rester immobile quelques instants pour se calmer.

    Se calmer... Elle ferma les yeux, respira à fond.

    Se calmer. Calmée.

    ***

    Elle était à bout, tout son corps la faisait souffrir, la neige tombait drûment, elle devait produire un éffort considérable pour s'efforcer de ne pas brutaliser la pierre. Elle cognait, parfois, mais s'y était habituée et savait quels gestes faire. Au dessus d'elle, elle le sentait sans le regarder, l'absence de roche. Elle arrivait au sommet, mais épuisée aussi bien mentalement que physiquement, elle ne s'en rendait pas vraiment compte, pas émotionellement, en tout cas. Sa main rencontra enfin une surface qui n'était pas verticale. Elle s'accrocha, elle retrouvait enfin une prise grosse, vraiment sure, très confortable, et se hissa, restant à plat ventre sur le plat, son coeur palpitant contre la roche. Elle ne ressentait plus le froid mais était, au contraire, en sueur, et resta plusieurs minutes couchée sur le ventre, face contre terre, face contre roche, une ébauche de sourire sur son visage, une ébauche qui s'affirmait peu à peu, remerçiant milles fois la roche, la falaise, de l'avoir protégée, aidée et secourue, de lui avoir permis de faire une nouvelle expérience, de pousse très loin les limites de son corps.
    Enfin, elle se redressa, s'assit, retira les boules, appliqua ses lèvres sur chacune d'entre elles, plusieurs secondes, reconnaissante, reconnaissante à Erwan.

    Puis elle s'assit après les avoir posées précautioneusement, et regarda autour d'elle, panorama maximum. Tout était brouillé par la neige qui tombait à gros flocons. Dommage, vraiment dommage. Par beau temps, la vue devait être splendide, de cette hauteur... Ce n'était pas grave, elle reviendrait une autre fois. En attendant, elle zoomait toujours, observait, un buisson rabougri là-bas, ce gros rocher, ces gros rochers... Elle se pencha, regarda dans le vide. Elle ne voyait pas le fond du ravin. De ce point de vue, ça l'était moins, mais la vision restait tout de même diminuée par les chutes de neige.

    Elle éclata alors d'un grand rire, un peu nerveux, surtout sincère, un rire clair, rayonnant, un rire de bonheur, un rire de réussite, un rire comme elle en faisait rarement. Elle rit, rit, rit durant quelques minutes, ignorant les souffrances de son corps, de son corps qui lui aussi riait d'en avoir terminé, d'être au repos. Elle rit, se calma, et quand elle fut plus calme, se leva tout-à-fait.
    Face aux montagnes, elle entamma la gestuelle.

    Marchombre.
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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Ven 19 Mar 2010, 13:14

Ascension.
Juste une ascension.
Pourtant l'ultime ascension.

La certitude, désormais que son apprentie ne tomberait plus. Plus jamais.
La certitude que tout était fini, et que pourtant tout commençait.
La certitude de voir enfin l'envol, ultime, de son apprentie.

La certitude d'être heureux.
Formidablement heureux.

La paroi était immense, immense de verticalité. Une escalade difficile, avec le froid environnant. Une escalade qui se méritait, aussi. Le vent venait jouer avec les rastas, dans le dos d'Erwan, glissant sur son torse.

Il la sentait, là. Tout près.
Son Maître. Sa mère.

Elle était partie désormais, mais elle vivait en lui.
Elle vivait dans le monde. Dans l'Imagination. Partout.

Il la sentait, juste à ses côté, montant en même temps qu'Inwëlle et lui.
Et à côté d'elle, se trouvait son Maître. Et encore à côté, le Maître de ce dernier..
Une chaîne infinie de Maîtres Marchombres, et d'apprentis.


Erwan s'arrêta, observa son apprentie. Comme sa mère l'avait déjà observé lui, montant sur cette paroi, dans la même situation qu'Inwëlle actuellement. Ces ballons si étranges autour des genoux et des coudes, qui empêchait tout mouvement trop proche de la paroi, et qui pourtant requiéraient un lien total avec elle. Il y avait la roche, la roche qui chantait, qui parlait, qui donnait tout ce qu'elle avait. Il y avait le vent, qui glissait, créant des arabesques sans signification et pourtant empruntes d'émotions intenses, de messages murmurés ou hurlé... Le vent.

Le vent, l'élément avec lequel Erwan s'était découvert le plus d'affinité, étant apprenti. Toujours à l'affu du vent, il s'écoutait sans cesse, et l'apprivoisait lentement. Il avait eu beaucoup de mal à saisir la force de l'eau, et toute son harmonie, toute son âme. Il songea à l'apprentissage d'Inwëlle, et vit ainsi à quel point ils étaient opposés.

Non.
Complémentaires.

Souriant au vent, ce dernier vint l'enlacer, le réconforter. Et Inwëlle montait. Toujours plus haut. Vers la plateforme de son envol, dans le lointain des cieux. Encore une cinquantaines de mètres, et ils seraient au sommet...


Erwan sourit. Inwëlle, ouverte au monde et fermée sur elle-même, était en pleine gestuelle. Il se souvint de sa propre réaction, lorsque sa mère, son Maître, l'avait libéré, en haut de cette montagne. Il se souvint de l'ahurrissement qu'il avait ressenti, de la détresse qui lui avait étreint le coeur... Et de sa disparition.

Lorsqu'elle avait éclaté de rire, la joie et la nervosité de l'apprentie avait envahi toute la montagne. Erwan se glissa à ses côtés, tranquille.

Inspiration. Mains qui montent, enlacent le monde.
Expiration. Mains qui descendent vers le centre, enlacent l'âme.
Encore. Et encore.


- Nos chemins se séparent ici, jeune apprentie. Mais nos âmes restent liées...

Lui adressant un sourire, il s'écarta d'un pas. Fit un bond... Déjà Jaguar. Panthère des neiges, qui s'efface dans la brume, qui se lève...

Animal.
Humain.
Marchombre...

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MessageSujet: Re: Groupe Kuyrhan - Cours n°6   Sam 20 Mar 2010, 22:00

    Ce furent les paroles de son Maître qui la tirèrent de la gestuelle. Elle ouvrit les yeux, laissa retomber les bras... Lentement, elle assimilait. Elle ne comprenait pas, elle ne... Elle... Non, non... Pas... Pas maintenant il... C'était clair pourtant... Trop clair, bien trop clair... Non... Ses genoux tremblaient, ses lèvres aussi, son être tout entier, elle était parcourue de frissons et... Un changement dans l'atmosphère la fit réaterrir. Erwan s'était transformé, il s'éclipsait déjà, elle grossit le jaguar au maximum, le suivit des yeux le plus loin possible, fit deux ou trois pas, puis il disparut entre les flocons, et elle tomba à genoux... Déboussolée, la bouche entrouverte, le regard dans le vague, lentement, elle se rendait compte de ses paroles, de leur sens... Elle avait terminé... Elle avait terminé son apprentissage... Elle était libre, désormais, elle n'avait plus de guide, enfin, plus de la même manière... Plus personne pour lui indiquer quoi faire, plus personne pour la sortir d'un mauvais pas. Un long frisson lui parcourut l'échine, et elle ferma les mains sur la neige légère qui se posait au sol.

    Erwan... Oh non, elle l'appréciait, elle aimait bien voyager avec lui, il lui apprenait tant, il l'aidait... Elle aimait beaucoup Erwan... Maintenant, elle le verrait moins souvent, ce serait... Ce serait différent, même si...

    Elle porta la main à son coeur.

    Elle était vraiment émue, et laissa une larme perler. Larme de quoi? Joie ou tristesse? Joie d'être libre, joie de se sentir forte, joie de pouvoir faire ce qu'elle désirait, joie d'être toujours liée à son Maître, joie de le quitter dans la perspective de le revoir... Tristesse de le quitter, tristesse immense de ne plus être son élève au même titre...
    Mais joie, oui, joie, joie parce qu'il fallait prendre tout cela du bon côté des choses! Elle était déstabilisée, surprise et émue, mais elle voyait bien, elle voyait bien qu'il y avait plein de choses si belles à sa portée, elle voyait bien que sa tristesse n'avait pas lieu d'être...
    Alors elle rit, doucement d'abord, à travers ses larmes puis plus franchement, se calma rapidemment... Souriante toujours, elle essuya les dernières traces d'humidité sur ses joues, et resta encore là, assise par terre, immobile quelques instants, tendrement heureuse. Puis elle se releva, frissonant, de froid cette fois-ci. Il fallait qu'elle songe à redescendre... Elle n'avait sur elle que de quoi faire un repas, et là-haut, il faisait très froid. Mais elle était à bout, elle risquait de chuter...

    Elle se décida à aller marcher, pour voir si elle pourrait descendre avec plus de facilité à un endroit, ou si, éventuellement, un abris s'offrait. Ce fut le cas. Elle guettait la paroi verticale qu'elle surplombait, et vit, quelques mètres plus bas, une béance dans la roche. Suffisament profonde pour l'acceuillir à l'abris de la neige le temps d'une nuit, le temps d'une pause, le temps qu'elle récupère. Elle descendit précautionneusement, mangea un bout, gardant un peu de réserves au cas où, et s'endormit, toujours un léger sourire aux lèvres, le coeur palpitant, la tête pleine de pensées... Encore un peu trouble, encore un peu sonnée. Pas encore très au courant.

    ***

    Mélancholie. Les yeux secs mais le coeur gros, elle était assise, face au vide, les genoux contre sa poitrine. En se réveillant, elle s'était d'abord demandé ou était Erwan, puis s'était vite rappelée... Ah, Erwan. L'évidence se frayait un passage. Plus jamais de consignes, plus jamais personne pour la rattraper, pour la corriger... Si, si, mais pas de la même manière, enfin, elle se comprenait...
    Elle soupira. Elle aurait aimé rester là mais ç'aurait été très déraisonnable. Elle n'avait plus grand chose à manger, et il faisait froid.
    Aussi, elle se retourna, et, lentement, entama la longue descente...


[Que d'émotion *-* Plus jamais yaura écris "Groupe Kuyrhan - Cours n°7" maintenant =( Mais merci pour tout, et à une prochaine en Rp ;p]
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