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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Découvrir, et apprendre. [Kae']

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Mer 12 Mai 2010, 22:00

    Inwëlle contemplait, immobile, ou presque, le trou noir aux contours flous. Elle s'en trouvait loin, à une dizaine de mètres, une douzaine peut-être, parce qu'elle n'était pas collée à la barrière de sécurité mise-en-place par les autorités. Et pourtant, même à cette distance, elle ressentait une angoisse, un mal-être affreux, elle avait l'impression que son estomac était noué. elle n'avait aucune envie de s'approcher de ce trou béant. Enfin, son corps n'en avait aucune envie. Son esprit, en revanche, bouillonnait. Elle avait enfin décidé de venir voir ce trou, depuis le temps qu'elle en entendait parler. Ce mystérieux Trou qui semblait tout aspirer, tout faire disparaîte, et autour duquel courraient de folles rumeurs...
    On disait qu'ils menaient au néant, où, au contraire, dans une sorte de lieu idyllique dans lequel tout n'était que Bonheur. Certains murmuraient qu'il conduisait dans un autre Monde, sur la planète Terre, où dans un univers inconnu.

    Tout ceci piquait la curiosité, d'autant plus que les barrières de sécurité ne faisaient qu'exciter les badeaux. En effet, chacun rêvait de s'approcher près du trou, d'y glisser sa main, peut-être de le traverser pour certains, d'essayer de voir quelque chose... Mais impossible. Les barrières solides étaient renforcées par la présence de gardes, armés et protégés, qui suffisaient à dissuader les gens de se glisser jusqu'au mystérieux phénomène. De jour comme de nuit, il n'était pas atteignable.
    Impossible n'était pas Marchombre. Elle savait qu'elle pouvait le faire, et elle était venue dans ce but: voir ça de plus près. Essayer d'y passer, pourquoi pas... Mais maintenant, elle n'en était plus si certaine, puisque l'appréhension la gagnait. L'avait gagnée. Et puis, elle n'était pas certaine de vouloir disparaître du monde tout de suite. Elle n'avait pas encore approché l'Oeil d'Otolep, ne s'était pas baignée des les mers du Nord, n'avait pas exploré tous les cours d'Eau, n'avait pas assez appris, pas assez découvert. Elle voulait juste l'approcher, l'observer. Si elle y arrivait. Si elle arrivait à prendre le pas sur l'angoisse, légère angoisse qui, elle le sentait, quand elle se rapprocherait, se muerait en peur irrépressible. Pourquoi? Ce n'était qu'un trou. Noir, un peu inquiétant, mystérieux mais rien de plus... Non, rien de plus, rien qui était sencé lui faire cet effet-là.
    Justement. C'était étrange, alors il fallait qu'elle étudie ça de plus près, de beaucoup plus près.

    Pas maintenant. Le jour, la foule était abondante, on allait, on venait, on se bousculer pour voir ça de plus près, les plus jeunes essayaient de se faufiler entre les grosses pattes des soldats, qui les repoussaient, un peu tendus par tout ce monde, toute cette agitation, tous ces risques. Beaucoup de monde. Trop pour elle, mais elle savait que ça n'avait rien à voir avec l'angoisse qui l'étreignait. Elle appliquait les conseils d'Erwan, respirait au rythme de la foule compacte, bougeait de temps à autres, et s'accordait avec tous ces gens. Pour être presque invisible à leurs yeux, elle prenait aussi soin de n'en gêner presque aucun. Mais c'était dur. Cependant, pour le moment, elle n'avait encore vu personne qu'elle connaissait. N'avait pas cherché à un rencontrer un.
    Peut-être verrait-elle son ancien camarade Dessinateur; après tout, elle était à proximité de l'Académie. Mais peu importait, ce n'était pas son but, aujourd'hui. Elle observait, juste. De temps à autres, elle activait sa vision large, celle qui lui permettait de voir tout ce qu'il se passait même à l'arrière de sa tête, l'aidant ainsi à mieux se fondre dans la foule. Cette greffe était absolument géniale, elle l'adorait, vraiment. Ce n'était pas anodin, ce n'était pas un hasard; le Rentaï l'avait cernée, comprise, scannée, il savait tout, et lui avait octroyé la greffe. Sa greffe.

    Intérieurement, elle sourit. Juste intérieurement, parce qu'évidemment, elle était entourée. Elle gardait son masque, en de telles conditions. Conditions qui devenaient bien écrasantes d'ailleurs. Surtout qu'elle sentait le regard d'un adolescent sur elle, un adolescent qui, vaguement, lui disait quelque chose. Elle focalisa sa vue sur lui, sans pour autant bouger la tête, le vit froncer les sourcils, entrouvrir la bouche... Elle s'avança, fluide, se glissa entre deux hommes sur la pointe des pieds, s'éloigna, se faisant toute petite, sortit de la foule, retrouvant un peu d'air. Un léger coup d'oeil, afin de s'assurer que le jeune homme avait perdu sa trace. Sans doute un de ces gamins croisé quelques années plus tôt... Maudite, maudite chevelure rousse.

    Elle soupira, intérieurement. Elle était bien mieux ici. Elle alla en face, contre la façade assez luxueuse du bâtiment le plus proche, s'y adossa, dans l'ombre. Elle était bien, là. Elle voyait encore un bout du trou, mais elle n'était plus inquiète, ni angoissée. Les gens passaient sans la voir, elle était seule, tranquille, libre de réfléchir, libre de s'adonner à ses pensées. Nombreux seraient les Marchombre à aller voir ça, pensait-elle. L'attirance pour ces choses curieuses... L'envie de découvrir... C'était une formidable aubaine, que ces trous, si dangereux puissent-ils être pour l'entièreté de Gwendalavir. Elle scruta la foule, les visages, les passants, cherchant le Marchombre, cherchant les Marchombres. Peut-être aussi les Mercenaires. Eux aussi seraient curieux. Elle chercha. Elle trouva.
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Lun 17 Mai 2010, 13:52

Les épaules voutées, le regard semblant raser le sol, ses cheveux violets ramenés en une discrète queue de cheval, Kaelya arpentait les rues d’Al-Jeit, passante parmi les autres, invisible aux yeux de ceux qui ne savaient pas regarder.
Tranquille, la démarche pataude et ordinaire, le pas plus lent qu’à l’accoutumée, elle suivait cette masse humaine, certaine que le flux la mènerait sans manquer vers ce qu’elle recherchait.
Et elle ne se trompait pas.
Quelques instants plus tard, la foule sembla se faire moins dense, et la jeune marchombre quitta la rue qu’elle empruntait jusqu’alors pour débarquer sur une place. Au centre de laquelle se dressait une chose qui la fit frémir d’horreur alors qu’elle était venue dans le but de la voir.


Le trou noir.

Pas une simple ouverture, non, plutôt une sphère de ténèbres qui se dressait sur les pavés alavariens, une sphère qui dénotait avec le reste, une sphère qui n’aurait jamais du être là.
Le noir qui la composait était si profond qu’il semblait aspirer en lui la réalité qui le frôlait. Il semblait dévorer doucement et sournoisement l’air et le sol autour de lui. Et selon ce que la jeune femme en savait, ce n’était pas une impression. Le trou se nourrissait bel et bien de son environnement, grandissant peu à peu, s’insinuant en Gwendalavir.
Sans lâcher sa couverture de simple alavarienne, Kaelya avança doucement vers le trou. Le frisson d’horreur qui s’était emparé d’elle lorsqu’elle l’avait vu pour la première fois revint, plus fort, plus assuré. Pour finalement laisser place à une angoisse indicible et insurmontable, douce d’abord, grandissante ensuite, au fur et à mesure que la jeune femme progressait vers l’aberration.
Une barrière avait été installée entre les passants et la nouvelle attraction touristique, obstacle qui aurait été futile s’il n’avait été renforcé par un véritable escadron de gardes. Mesure bien importante, qui s’expliquait sans doute par le danger que pouvait représenter cette faille dans le monde. Les on-dit n’étaient bien sur pas fiables, mais toute rumeur avait un fond de vérité, et les bruits qui courraient sur les trous étaient trop alarmants pour que l’on n’en tienne pas compte.
Kaelya avança encore de quelques mètres, maîtrisant l’angoisse qui montait en elle, repoussant ses craintes, plantant son regard vert décidé dans le trou, rejetant pour quelques instants son faux rôle afin de venir braver du regard ce qu’elle était venu chercher. Une fois arrivée aussi près que possible de la barrière, elle se figea, les yeux toujours tournés vers la sombre sphère.
Pensive.

Combien ici étaient venu poussés par leur curiosité, ou en quête d’aventure, ou encore de pouvoir ?
Combien de marchombres, combien de mercenaires ? Combien d’élèves dessinateurs assidus à la recherche de la vérité sur ce phénomène ?

Ses penséess'envolèrent un instant, rapides et fougueuses, vers l’Académie. Elle l’avait quittée depuis trois jours déjà, profitant d’une pause dans ses cours pour s’offrir une escapade sur le dos d’Ombre de Lune, vers la capitale et son trou déjà si célèbre. La maître marchombre avait laissé ses élèves avec quelques regrets. Elle aurait aimé prendre Lahïs avec elle, l’aventure valant le coup d’être vécue, mais avait finalement décidé de partir d’abord en éclaireur. Après tout, sa jeune élève commençait à peine son apprentissage, et le trou présentait peut-être des dangers jusque là inconnus, Kaelya ne voulait pas risquer d’y précipiter son apprentie.
Elle aurait tout le temps de retourner la chercher lorsqu’elle aurait découvert quel sombre secret se cachait derrière ces ténèbres si protégées.

Comme à regret, la jeune femme détourna son regard du gouffre. L’étau glacé d’angoisse se desserra sur son cœur, et elle s’éloigna alors, doucement, endossant de nouveau son rôle, regard baissé et humble. Fendant la foule prudemment, elle parvint à rejoindre la périphérie de la place, et se laissa alors aller à regarder la foule. Examinant tout, gravant dans sa mémoire chaque souvenir, la topographie du lieu, le nombre de gardes, les allées et venues des passants, tout ce qui pourrait lui servir lorsqu’elle se déciderait à approcher la faille.
Elle passa sur une femme avec deux enfants, resta un instant à observer un homme sombre caché dans une ruelle, yeux dirigés vers la faille, laissa rapidement de côté un jeune palefrenier ramenant un cheval à son maître, glissa son regard sur une jeune fille à l’imposante chevelure rousse, examina ensuite un homme…

Rapidement, Kaelya retourna vers la jeune fille. Aux aguets, de nouveau elle-même, de nouveau marchombre.

Jeune fille qui la regardait également.
Jeune fille qu’elle connaissait pour l’avoir jugée lors du passage de son Anh-Ju, ou du moins de l’équivalent de l’Anh-Ju.
Le nom s’imposa de lui-même, revenant à sa mémoire.

Inwelle, l’apprentie d’Erwan.
Non, Inwelle, la marchombre.

Un sourire se dessina lentement sur ses lèvres, illuminant son visage jeune et fier, et la jeune femme se glissa vers sa semblable, la démarche toujours voutée et lente, mais ses yeux verts plantés dans ceux d’Inwelle.
Elle se rangea à ses côtés, prenant à son tour appui sur la façade, glissant son regard vers la faille, bras croisés.


-Bonjour, Inwelle. Partante pour une petite expédition hors-la-loi ?

Son sourire mystérieux n’avait pas quitté son visage, et la jeune femme savait que son interlocutrice n’aurait pas besoin de plus d’informations. Elle savait pourquoi Kaelya était là, car elle était venue pour la même raison. Approcher le trou, peu importe les interdictions.
Le marchombre se joue des obstacles.
Libre.
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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Lun 17 Mai 2010, 22:02

    Elle reconnut immédiatement la jeune Marchombre qui se dirigeait vers elle. C'était une certaine Kaelya, celle qui, très sympathique, lui avait fait passer son Anh-Ju. Trop sympathique au goût de Wëlle. Sans doute bavarde. Elle ne pouvait pas le lui rendre, puisqu'elle n'aimait pas parler, ni sourire, et encore moins à quelqu'un qu'elle ne connaissait quasiment pas, Marchombre ou pas. Elle resta donc de marbre, immobile. Gênée, très gênée. Parce que cette femme, comme à peu près tous les Marchombres, avait la sale manie de planter ses yeux dans ceux des autres. Dans ceux d'Inwëlle, ici, et il se trouvait que l'intéressée n'aimait pas ça du tout. Elle avait toléré qu'Il la regarde dans les yeux -et encore- parce qu'elle l'aimait, et en compensation de ce qu'elle s'était vu Lui refuser. Elle avait laissé Erwan la regarder sans gène, et avait même cherché son regard, parce qu'il était son Maître, et que leur relation n'en était devenue que plus pure. Elle avait laissé Helyn, parce que c'était un de leurs moyens de communiquer, et qu'elle avait aussi été amoureuse. Mais pas Kaelya. Si Marchombre fut-elle.

    Elle ne se déroba pas, toutefois, par principe. Comme chaque fois, elle mourrait d'envie de se retirer, de ne pas la laisser fouiller en elle, de ne pas la laisser apercevoir une chose ou l'autre, mais elle était retenue par l'idée de lâcheté. Oui, il serait lâche de détourner les yeux. Alors comme d'habitude, elle ne faisait qu'attendre, que la Marchombre détourne le regard, qu'un truc intervienne, qu'elle puisse se détacher naturellement. Ce qui advint, puisque la jeune femme s'adossa au mur à ses côtés. Aussi discrète. Plus, malgré ses immondes cheveux violâtres un peu rosés.
    Elle se mis à parler. Ca ne plut pas à Inwëlle, tout ça. Déjà, parce qu'elle parlait. Avec des mots inutile, genre "bonjour". Politesse, ça s'appelait, mais bon, on pouvait s'en passer, non? Et puis, elle l'avait appelé par son prénom. Maudit maudit prénom, si féminin, mielleux... Elle était obligée de la nommer comme ça? Rien de mieux pour la monter contre elle, tient.

    Mais il se trouvait que Kae était Marchombre, qu'Inwëlle, sans même la connaître, la respectait un tant soit peu. Et puis que la suite de ce qu'elle dit était intéressant. Oui, Kae était, de toute évidence, là pour explorer, elle aussi, même si Inwëlle n'était pas si certaine d'avoir envie de tenter l'aventure. Mais qui lui disait que la Maître Marchombre voulait traverser le trou? Rien que de s'en approcher, ce serait déjà hors-la-loi. Et peut-être difficile pour Inwëlle. Elle se jouait moins bien de la foule et des hommes que sa compagne, et puis, elle se souvenait parfaitement de la peur dévorante. On était en plein jour. Elle doutait de parvenir à surmonter tous ces obstacles, et surtout, elle n'avait aucune envie de se retrouver au centre de l'attention. Bah oui, parce que deux femmes entourées d'une aura un peu particulières, aux chevelures rousses et violettes éclatantes, postée tout près de ce trou que plein de gens fixaient avec avidité, ça ne passerait forcément pas inaperçu. Si encore personne n'y prêtait la moindre attention... Non, pas possible.


    "J'préfèrerai ce soir. Moins de monde."

    Elle ne voulait pas que la Marchombre pense qu'elle recherchais la voix de la facilité. Ce n'était pas tout-à-fait ça.

    "Mieux pour observer. Et puis j'crois pas être capable de passer maintenant."

    Bon voilà, c'était dit, de toute façon la jeune femme n'était pas dupe, elle devait bien le savoir, devait l'avoir deviné, que cette toute jeune fille à peine sortie de son apprentissage aurait bien du mal à se jouer de tous ces obstacles. Elle espérait qu'elle comprendrait et qu'elle l'attendrait avant de se lancer dans l'aventure. Ce soir. Cette nuit, plutôt. Inwëlle attendit, immobile, une réponse de la part de son interlocutrice. Elle risquait peut-être de ne pas la trouver trsè agréable, comme compagnie. Peu bavarde, pas sympathique... Bah, elle verrait bien. Tant qu'elle ne se mettait pas à bavarder de trop en tout cas, ça irait bien à Inwëlle. Car avant tout, elle était Marchombre.
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Mar 06 Juil 2010, 10:49

[et voila miss, désolée pour le temps de réponse, j'étais en pleine période d'examens, enfin terminés !]

Adossée à son petit bout de mur, Kaelya laissait son regard planer sur la foule, vague, comme désintéressé, comme sans regarder. Regard qui pourtant enregistrait tout, inlassablement.
Pendant ce temps, ses pensées coulaient comme un flot inextingible, véritable souffle de vent, trop rapide même pour que la jeune marchombre puisse s'arrêter et réfléchir convenablement à une chose parmi toutes celles qui se présentaient.

Qui était cette jeune marchombre à ses côtés, qui était-elle vraiment ?
Où menait donc ce trou noir ?
Cet homme, à quelques mètres, il portait sans cesse sa main à sa ceinture. Ca cache quelque chose.
Où étaient donc tous les marchombres, tous les mercenaires, tous ceux que ce gouffre aurait du rassembler ?
L'expédition qu'elle proposait à Inwelle n'était elle pas trop dangereuse ?
Pourquoi la jeune femme rousse semblait toujours si distante ?
Avait elle vraiment le droit de risquer la vie d'une autre qu'elle dans ce projet incensé ?

Elle secoue la tête, discrétement, mais résolument, pour stopper ce questionnement sans fin. Trop curieuse, elle l'avait toujours été. Maintenant, il était temps de devenir impulsive, et de se laisser guider par son instinct et non par la raison.
Elle détacha enfin ses pupilles émeraude de la foule pour les déposer sur la jeune femme à ses côtés.
Une étrange façon de parler, que ce soit dans ses propos, ou dans le ton qu'elle y mettait. Comme si pour Inwelle, même le dialogue était un combat, un combat de chaque instant, pour en dévoiler le moins possible. Et Kaelya était devenue son adversaire.
Mais ce n'était pas tout à fait vrai. Car l'ancienne apprentie venait de se dévoiler, un peu, un tout petit peu.
Elle n'était pas capable de passer maintenant.
Un petit sourire se dessina sur les lèvres de la marchombre, pas moqueur, pas ironique, juste heureux. Implicitement, Inwelle venait d'accepter l'expédition aux côtés de Kaelya.

La jeune femme décolla son dos du mur et vint se poster sur ses pieds, croisant les bras, le dos droit. Toisant toute cette agitation devant elle du regard, paisible et sure d'elle.


-Ce soir. Tu as parfaitement raison, même pour nous passer maintenant ca relève de l'exploit.

Elle marqua une petite pause, puis décroisa les bras, et vint poser son regard espiègle sur son interlocutrice, un nouveau petit sourire amusé et un brin moqueur aux lèvres. Non par réelle moquerie, mais par taquinerie.
Lorsqu'elle prit la parole, sa voix était suffisament douce pour ne laisser aucun doute sur ses intentions.


-Mais penses tu vraiment qu'il y aura moins de monde ce soir ? Ne penses tu pas que tous ceux qui, comme nous, se cachent du regard de cette foule, tiendront le même raisonnement que toi, et se rassembleront lorsque les ombres envahiront le lieu ? Pour l'instant, notre seul obstacle, ce sont des curieux, des enfants, des familles venues ici en vacances pour observer le phénomène. Ce soir... Qui sait qui ce trou noir va attirer ?

Elle détourna son regard des yeux de la jeune femme, soucieuse de ne pas avoir l'air trop dure, et le posa de nouveau sur la foule, attendant une réaction.
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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Mer 07 Juil 2010, 12:02

    Elle tenta de se concentrer sur les propos de la Marchombre, et pas sur son regard rivé dans le sien. Ca avait l'air d'une habitude de cette jeune femme de regarder son interlocuteur dans les yeux, et Wëlle sentait que cette fois-ci ne serait pas la dernière. Elle devrait s'y faire.
    Ses paroles sonnaient juste. Ce soir, il y aurait peut-être d'autres Marchombres, mais aussi des Mercenaires, sans doute attirés par le Trou eux aussi. Ce soir, il y aurait peut-être les brigands et les vagabonds, qui préféraient ne pas se risquer en plein jours au milieu d'une foule. Ce soir, il y aurait des personnes plus dangereuses, plus habiles, peut-être moins enclines à les laisser passer. Kaelya devait dire juste; l'hypothèse semblait probable, et une Marchombre ne parlait pas en l'air, surtout lorsque l'enjeu était la réussite d'une expédition peu commune et au devenir inconnu. Oui, le soir, il devait certainement y avoir un changement de public. Donc, que les gardes changent ou non, ceux du soir devaient savoir qu'il fallait accroître la surveillance, qu'il y avait plus de risques que quelqu'un passe parce que tous tentaient leur chance une fois la nuit tombée. Il serait donc encore plus difficile de passer...

    Wëlle avait déjà tenté de capter les vibration du rassemblement, des gens excités, curieux ou apeurés, du mouvement, de ceux qui restaient ou qui ne faisaient que passer, des cous tendus, des conversation qui allaient bon train, des remarques criées ou chuchotaient, du bruit, de la cacophonie ambiante, du sérieux des gardes, de leur attention à toute épreuve, de leurs yeux mobiles et alertes qui cherchaient un mouvement, une chose suspecte, des enfants qui se faufilaient entre les jambes et de ceux qui s'imposaient à coups de coude, des cris de douleur et de protestation. C'était un ensemble complexe, mais elle commençait à le saisir et l'avait déjà fait quelques minutes auparavant pour être moins remarquable. Mais là elle devrait reccomencer, et devenir invisible à leurs yeux à tous, même aux yeux de ceux qui observaient et de ceux qui la connaissaient. Elle devrait s'imprégner de l'ambiance qui régnait autour des gardes, ne pas laisser l'angoisse la prendre, la dompter, l'utiliser comme une force et passer, invisible aux yeux de ces colosses en armure, puis se jeter dans le Trou et espérer qu'il se passe quelque chose...

    En guise de réponse, elle hocha la tête, puis se redressa, avança d'un pas ou deux, calquant le rythme de son coeur et de sa respiration sur celui des badeaux attroupés là. En quelque secondes, elle parvint à retrouver cet accord avec le monde extérieur, et s'autorisa à avancer encore un peu, d'une démarche souple, légère et fluide, en prenant bien garde à ne heurter personne. Personne ne se retourna sur son passage, elle continua donc d'avancer, saisissant les nuances, y adaptant ses gestes, comprenant. Toujours personne ne semblait l'avoir remarqué; elle fit donc une pause, petite pause, une minutes à peine pour se concentrer, saisir l'atmosphère, encore mieux se fondre dans la masse, encore mieux se positionner, se comporter, et reprit son chemin. Il devenait difficile de ne toucher personne, et pour le moment, elle devait utiliser toutes ses capacités Marchombres pour se permettre de rester inaperçue. Elle arrivait là où les gens n'étaient qu'une masse compacte et grouillante, changea un peu sa démarche, son attitude, et touchant légèrement les gens du bout des doigts de manière à ce que cette caresse soit naturelle, elle commença à avancer. Entièrement concentrée sur ce qu'elle faisait, elle se glissait entre eux tous, utilisant les seuls intersestices qu'elle trouvait, les élargissant, se contorsionnant. Elle toucha l'épaule de l'adolescent qui l'avait reconnue, qui s'écarta, comme les autres, sans trop en être conscient, le frôla, resta dans son champ de vision, avança encore... Il ne l'avait pas remarquée. Elle s'en tirait bien, très bien même. Enfin, elle arriva à la barrière, et se prostra un peu, toujours dans le rythme de la foule, assimilant la peur, la comprenant, l'empêchant de la déstabiliser. De par sa petite taille et de par son intégration, elle ne gênait personne, et personne ne la remarquait, pas même les soldats pour qui, même s'ils la regardait, elle n'était rien d'autre qu'une insignifiante passante.
    Elle n'était pas capable de devenir comme invisible comme l'avait déjà fait Erwan plusieurs fois durant des cours, mais avait tout de même réussi à traverser la foule sans éveiller l'attention de personne et s'en estimait satisfaite. Le plus dur restait à faire: elle allait devoir très vite s'adapter aux gardes, en prenant bien garde à rester invisible aux yeux des badauds. Elle allait aussi devoir continuer à dompter cette angoisse qui ne ferait que croître au fur et à mesure qu'elle s'approcherait du Trou Noir. Elle espérait réussir. De toute manière, elle n'envisageait pas d'autre hypothèse et ne voyait pas ce qu'il se passerait le cas échéant.

    Elle chercha Kaelya des yeux avant de continuer. Elle espérait au moins n'avoir pas mal interprêté les propos de la jeune Marchombre, mais ne pensait pas s'être trompée. Il fallait toutefois qu'elle s'assure qu'elle soit à ses côtés avant de continuer. Elle se disait même que ce Trou ne devait pas être mortel, finalement, sinon peut-être que les gardes seraient placés plus loin, et peut-être que Kaelya ne s'y rendrait pas comme ça en compagnie d'une autre personne. Peut-être que la jeune femme aux cheveux violets n'en savait pas plus qu'elle, mais il était probable qu'elle ait plus d'intuition que la rouquine. Wëlle lui faisait confiance, même si elle n'excluait pas que Kaelya puisse se tromper complètement.
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Dim 18 Juil 2010, 10:33

Inwelle sembla réflechir un moment, en silence. Pendant ce temps, le regard d'émeraude de Kaelya survolait la foule, presque amoureusement, longuement, s'arrêtait sur des détails, repartait, revenait, coulant comme une rivière tranquille. La foule était vraiment impressionnante, mais était négligeable. Une foule n'arrêtait pas le marchombre.
Les gardes qui faisaient leur ronde pesaient déja plus dans la balance. Calculatrice, elle suivit chacun d'eux de ses prunelles, tentant de se forger une image et un plan d'attaque malgré la distance. Mais en voulant passer de l'un à l'autre, son regard se posa sur le trou noir.
Le Trou.
Une vague d'angoisse la prit au coeur, inexplicable, qu'elle calma rapidement. A cette distance, le gouffre sombre n'avait aucun effet sur elle, mais le simple souvenir de s'en être approché plus tot avait reveillé sa peur et ses doutes.
La jeune marchombre reporta son regard sur Inwelle, soucieuse de ne plus regarder vers l'avant, juste à temps pour voir cette dernière hocher la tête puis se redresser et avancer, tout doucement. Kaelya ne la quittait pas des yeux et se glissa dans son ombre, légère et silencieuse, calquant ses mouvements sur les siens. De nouveau son dos s'arqua, sa démarche se fit plus pataude, elle baissa légèrement la tête, et, en quelques secondes, perdit toute prestance pour redevenir une humaine parmi tant d'autres, femme perdue dans la foule. Seul restait son regard vert ardent, posé sur le dos de sa compagne, légèrement admiratif.
Oui, Erwan avait fait un travail remarquable.
La jeune marchombre aux cheveux roux avait choisi une technique d'approche légèrement différente de celle de Kaelya. Elle évitait de se montrer, tentait de passer innapercue alors que Kaelya se laissait voir, mais les deux femmes avaient le même talent d'imitation, la même capacité de devenir la foule. Inwelle s'était parfaitement immergée dans l'air ambiant, dans l'esprit des autres gens, adaptant ses mouvements à ceux qu'elle voyait autour d'elle, effleurant les inconnus comme dans une caresse pour ne pas sembler trop distante. Et Kaelya suivait, admirative, suivant sa propre technique.
Puis Inwelle s'arrêta et observa la foule, à la recherche de quelque chose, jusqu'à ce que son regard passe sur Kaelya. Elle s'autorisa un petit sourire discret, comme pour faire signe à sa compagne, mais garda son camouflage, son rôle. D'un très léger signe de tête, elle lui montra le trou noir.
Elles s'en étaient pas mal rapprochées, et bientôt elles allaient commencer à ressentir l'angoisse, quelques pas encore, quelques mètres, et la tâche se compliquerait drastiquement. D'autant plus que les gardes n'étaient plus très loin non plus.

Se jetter dans le trou sans être repérées était impossible.
S'y jetter en n'étant repérées qu'à la toute dernière seconde, à l'exact moment ou plus rien ni personne ne pourrait les en empêcher, était marchombre.

La jeune femme prit une longue respiration puis se força à garder le regard rivé sur son objectif, concentrée. Pour avoir la moindre chance de réussir, il leur faudrait froler la perfection... Et quelle que soit l'issue de cette aventure, elle serait certainement lourde de conséquence.
Kaelya reprit sa lente avancée, passant à coté d'Inwelle, soucieuse de ne pas rester trop longtemps immobile dans cette masse en mouvement. Au bout de quelques pas, une légère crainte commença à la prendre alors que devant ses yeux était le vide, le noir absolu. Elle continua, la foule se faisait plus dense, la tâche plus ardue, et surtout la crainte de transformait en angoisse, insidieuse d'abord, puis de plus en plus omniprésente, totale, au fur et à mesure qu'elle avançait.
Elle s'arrêta de nouveau, à une dizaine de mètres de l'endroit qu'elle venait de quitter, incapable de continuer. Elle prit quelques instants pour reprendre son calme et détacha son regard de l'abîme pour le poser sur les gardes. Nombreux, ils se trouvaient désormais à quelques pas, elles pouvaient presque les entendres gueuler au travers des bruits de la foule. Véritables armoires à glace, comme tout garde de l'empire qui se respectent, ils avaient fort à faire pour empecher les curieux d'approcher trop près mais s'acquittaient de leur tache à merveille.

Kaelya laissa couler son regard vers Welle, la cherchant, ses yeux verts exprimant une certaine hésitation, une inquiètude, légère mais présente. Véhiculant une question, une incertitude : "On continue ?"
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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Dim 25 Juil 2010, 22:34

    Wëlle opina du chef. Discrètement, toujours concentrée, toujours dans la foule, toujours confondue avec elle. Toujours invisible aux yeux des gardes vigilants, pour combien de temps encore? Elle devrait au moins parcourir quelques mètres sans se faire remarquer. Ni des badauds qui ne manqueraient pas de la pointer du doigt, de hurler et de chuchoter, ni des gardes qui l'intercepterait en moins de deux. Elle ne pensait pas être capable de se faufiler entre deux de ces colosses souples et puissants, surentraînés et bien décidés à l'arrêter. En revanche, si elle parvenait à couvrir une partie de la distance, elle pourrait, grâce à ses capacités Marchombres, se jeter dans le Trou Noir avant de se faire prendre. Le mieux serait encore de ne pas se faire voir du tout, mais elle doutait être capable de cet exploit.
    De plus, l'angoisse qui lui serrait le ventre allait aller croissante. Elle allait occuper son esprit de plus en plus, et la priver de ses moyens par la même occasion. Wëlle savait qu'elle pouvait l'accepter et se jouer d'elle encore quelques instants, mais pas jusqu'au bout. Elle ne savait pas, après tout, ce qu'il y avait derrière ce Trou effrayant, et cela ne faisait qu'accroître son malaise. Ca ne sentait pas la mort, elle n'avait pas l'impression qu'elle allait disparaître à jamais mais... Elle ne savait pas. L'ignorance totale l'énervait, et c'était pire quand elle la concernait de si près.

    Elle observa encore un peu. Traça mentalement un itinéraire, et commença à s'immerger dans l'univers des gardes. Placides, sérieux, froids, rigides, chaque mouvement calculé à l'avance. Observateurs, tendus devant cette foule monstrueuse. Ils savaient qu'ils n'avait pas le droit à l'erreur. Vigilants, ils ne se laissaient pas distraire, et ils veillaient. Ils veillaient au grain, sauf qu'elle, elle se ferait encore plus discrète qu'un grain, discrète comme un souffle de vent. Au moins un moment.
    Elle inspira, et enjamba la barrière, sans marquer de temps d'arrêt, tendant l'oreille, un coup d'oeil dans son dos sans pour autant bouger la tête... Personne ne l'avait vue. Elle continua à avancer à l'aide de mouvements très fluides, comme si elle glissait sur le sol. Elle glissait dans l'air, dans l'air des gardes, strict et tendu, en gardant un brin de la foule frénétique, un brin qui, au fur et à mesure qu'elle s'avançait entre les Alaviriens armés, s'estompait. Remplacé, et même largement remplacé, par la peur. La peur, qui, elle le sentait, l'arrachait à sa concentration, l'arrachait à son univers, saccadait son souffle, et commençait à alerter les soldats alentours. La peur, ou plutôt la terreur, tandis qu'elle gardait les yeux fixés sur l'oiuverture sinistre et béante, faisait se retourner les soldats. Ils clignaient des yeux, commençaient à froncer les sourcils, s'agitaient... L'un d'eux grogna, et alors elle se jeta en avant, plaçant désormais toute sa concentration dans l'effort physique. Elle se baissa, se faufila entre deux soldats un peu moins grands que celui qui l'avait repérée, et bondit. Bondit comme elle n'avait jamais bondit, pour franchir les trois derniers mètres vite, très vite avant que le soldat n'ait eu le temps de l'aggriper par sa tunique ample, très vite pour que tous ne la voit pas, pour que, peut-être, les autres croient à une hallucination. Elle vit le gouffre se rapprocher à une vitesse sidérante, et ouvrit la bouche dans un hurlement muet.

    Déjà, elle ne voyait plus que du noir, mais à ses oreilles résonnaient des cris et des rires d'enfants. Elle vit une frimousse blonde, elle vit une bande courir, elle vit des enfants se battre, pour jouer, ou pas. Elle vit le vol, elle vit l'envol, elle vit l'Amour, elle Le vit. Elle vit Erwan, des visages, des murs de pierre. Elle vit le lac, l'Eau. Elle vit les Montagnes, les Arbres, vit le voyage. Puis, elle sentit son coeur se serrer, se compresser, ses poumons s'écrasait, elle cherchait l'air; il n'y en avait plus. Ouvrit grands les yeux, actionna la greffe, tourna la tête, se retourna, ballotée, le haut, le bas? L'arrière, la Vie? Du noir, du noir, que du Noir, les oreilles écrasaient, elle suffoquait, paniquait, jamais plus grande panique, plus grande peur, plus grande appréhension, jamais pire moment, jamais, jamais, elle voulait sortir, s'échapper, la Vie, ou mourir, non, et si c'était la Mort, si la Mort c'était ça, cauchemar absolu, enfer démentiel, non, non, la Vie! La Lumière, les choses, les sons! Sortir, sortir...


[C'était pas bien long, désolée =/ Mais voilà, ma Wëlle est dans le Trou *-* un PNJ interviendra après ta rep', Kae, et on verra si on est acceptées Very Happy Hahaa <3]
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Dim 22 Aoû 2010, 10:57

Inwelle lui avait répondu d'un signe de tête, et avait continué d'avancer, résolue, décidée.
Avec appréhension, Kaelya posa de nouveau son regard sur le trou. Elle n'avait plus à hésiter. Elle ne pouvait pas abandonner sa compagne marchombre.
Se désinteressant totalement d'Inwelle, la jeune femme accéléra le pas, se pressant pour contourner le Trou, tâche rendue ardue par la foule, et qui la forçait à mettre en péril son déguisement. Mais même si elle bousculait nombre personnes, même si son rythme rapide différait de celui des autres humains présents, elle était trop marchombre pour être repérée. Sa respiration n'était qu'un souffle, son passage ne laissait que du vent. Invisible aux yeux des autres, elle apparaissait et disparaisait, chacun pensant que c'était ce gros roux, son voisin, ou encore cette dame étrange avec un chapeau qui l'avait bousculé.
Kaelya maintenait résolument ses yeux loin du gouffre sombre, mais l'angoisse faisait pulser son coeur et hésiter ses mouvements. Pour se calmer, elle reposa ses pupilles émeraudes sur la marchombre, qui se trouvait bien loin d'elle, maintenant. Elle la chercha un moment du regard, tout en avançant, et la découvrit de l'autre milieu de la barrière, au sein des gardes, ayant adopté la même allure qu'eux.
Devenue garde, Inwelle progressait vers le trou, innaperçue. Mais l'inévitable arriva. Tout le talent et la finesse du monde ne pouvait pas faire passer une femme à la chevelure d'un roux flamboyant pour un garde de Gwendalavir éternellement. Elle était repérée. Elle se mit à courir.
Dans un sentiment d'urgence, Kaelya elle aussi accéléra encore le pas. Son stratagème lui permettrait une réussite presque certaine, mais encore fallait-il réussit à le mettre en place. Tandis que ses muscles se bandaient pour fendre la foule, des sentiments négatifs continuaient à agir comme un bélier sur sa résolution. Peur, crainte, angoisse.

Son regard se fixa sur l'étendue noire. Un regard brulant de volonté.

*Je te vraincrais. Je te vaincrais, et je me vaincrais ! *

Une barrière vint barrer sa progression. En face d'elle, juste en face d'elle, cachée par le trou noir, Inwelle se jettait entre deux gardes, et approchait de plus en plus de leur but. Cela, Kaelya ne le voyait pas, mais le devinait aux réactions des gardes. De son coté, ils accordaient de moins en moins d'attention à la foule, jettant de fréquents regards en arrière, pour mieux mesurer la situation.
Alors la marchombre bondit. D'un saut, elle se retrouva de l'autre côté de la barrière, et courut vers le trou. Courut, tout simplement, discrétion abandonnée. Car en agissant ainsi, non seulement elle profitait de la présence d'Inwelle qui obnibulait les gardes, mais en plus elle facilitait également la tâche de sa compagne.
En effet, les gardes, se retrouvant attaqués sur deux fronts, mirent un instant à réagir. Un instant à ramener le calme au sein de leur groupe, un instant à donner des ordres, un instant à se séparer en deux groupes pour arrêter les deux femmes.
Instant que la marchombre saisit pour progresser encore plus, le coeur battant à un rythme impressionant, vers le néant.
Instant que la foule derrière elle entraperçut, instant qui fit agir tous les alavariens. Conscients de la relache des gardes, ils se mettaient à crier, à houspiller les deux intruses, ou même à essayer d'entrer eux memes.
Et les pauvres gardes étaient impuissants.
Deux d'entre eux tentèrent de prendre Kaelya de revers, elle se jetta au sol et se releva quelques mètres plus loin, après une roulade.
Plus que trois mètres.
Un garde la suivait, de près. Elle fit un rapide écart sur le coté, et percuta le trou, le soldat semé.

Le noir total se fit, tandis qu'elle retenait un cri de peur sauvage. L'angoisse se tut un instant, puis revint à la charge, plus forte, plus puissante que jamais. Cette fois, il ne s'agissait pas d'un sentiment surnaturel émané par le Trou Noir, il s'agissait d'une angoisse réelle, venant du plus profond de Kaelya. Cette peur absurde et pourtant présente chez tous, cette peur qui pousse chaque enfant à pleurer lorsque vient la nuit et qu'il est tout seul dans sa chambre, si seul.
La peur du Noir.


[desolée du temps de réponse, miss. Advienne que pourra, maintenant, yaha !]
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Mar 05 Oct 2010, 20:00

    Un autre monde se dresse, ondule. Le Monde Réel. Dans un espace-temps trop éloigné, indéfiniment étrange. Un tour noir, oui, au milieu d'une cave, dans le fin-fond d'une ville. Une vieille ville. Les seuls qui connaissent son existences sont en réalité une seule personne. Celle qui habite dans cette cave. Une femme, d'une vingtaine d'année. Une jeune femme plutôt. Elle a peur de cette chose encore plus noire que les murs, ne s'aventure pas près d'elle. C'est dans un recoin de la cave. Un recoin, où son geôlier n'est jamais allé. Il ne sait pas. Dehors, cette femme sait ce qu'il y a. Cela fait cinq ans qu'elle est enfermée, mais elle sait. Des rues sales, des chauffards juchés sur des motos qui empestaient l'essence, des voitures qui klaxonnaient. Le vingt-et-unième siècle. Parfois, lorsque le vent était clément, elle entendait même la musique provenant d'un portable s'insinuer jusqu'à la fente qui tenait lieu de fenêtre. Dans les rues mal-famées de Hong-Kong, la violence était omniprésente, tout comme les dernières technologie. Mais la femme a oublié cela, alors qu'elle fixe la serrure à contre-poids qui la retient enfermée... Impossible de sortir de cette prison.

    - Aaaahh !

    Le trou noir, le trou, la chose, bouge ! Ca commence à onduler, comme à tourner sur soi-même. Plaquée dans l'angle opposé, la femme ne sait pas quoi faire. Que se passe-t-il ? Le trou n'est plus noir, mais blanc. Lumineux. Non... Orange ? Violet ? Elle hausse un sourcil, complètement pétrifiée de peur, de terreur. C'est quoi ce machin ?!






[A vous de jouer, damoiselles ! =P Je tiens à préciser que vous pouvez contrôler la jeune femme. Et que donc, vous êtes toutes les deux acceptées. Je n'interviendrai pas tout de suite, amusez-vous ! =D ]
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Sam 09 Oct 2010, 21:48

[Yeaah, tu gères, merci =D]

    Et tout-à-coup, elle reprit pied, c'était le cas de le dire. Elle se sentit projectée en avant, constata d'un seul coup que l'oscurité n'était plus la même, qu'il y avait... De nouveau de l'air, oui, c'était ça. Elle ne dut qu'à ses réflexes Marchombres de ne pas s'étaler de tout son long, tituba, se rattrapa sur le mur froid et humide, inspira un grand coup, ouvrit les yeux... La Vie. Ca pulsait, c'était une certitude: elle n'était pas morte. C'était la Vie, autour d'elle. Tremblante, elle se força à respirer calmement, se concentra pour calmer les battements de son coeur. Elle regarda fixement ses mains. Blanches, écorchées, usées. Elle sentait bien la pierre sous ses doigts. Elle se concentra dix secondes, sentit les pulsations de la roche... Une roche façonnée par l'être humain, qui semblait fatiguée, fatiguée... Une roche de ville, une de celles à qui on ne prête pas attention. Des bouts de roches différentes arrachés et placés là, emboîtés les uns aux autres. Elle lui communica un peu de sa tendresse, de son attention. Lui dit je suis là, moi je t'écoute, moi je te comprend. Je t'offre une caresse, je t'offre un baiser.
    Mais elle était secouée, trop secouée, il y avait une sorte d'urgence qui lui hurlait de se dépêcher, qui lui intimait de changer de préoccupation, de s'intéresser à autre chose... Elle activa sa greffe, jetant un regard périphérique sans bouger la tête. Elle ne voyait rien. L'obscurité était quasi complète, quelques tâches gris sombres dansaient... Elle n'était pas encore habituée. Il fallait dire qu'elle venait de passer du jour éclatant à une obscurité quasi complète, et comme sa greffe ralentissait son adaptation... Elle soupira. Se sentit rassurée en constatant que sa greffe fonctionnait toujours, qu'elle était toujours elle, maîtresse de son corps, Marchombre. Elle se sentit aussi rassurée lorsqu'elle prit conscience de la présence de Kaelya, la Maître Marchombre qui l'avait accompagnée. Et du même coup... Une présence plus ténue, moins forte. Une humaine. Une humaine à la respiration saccadée, qui transpirait de peur. Wëlle ne la voyait pas, mais cela lui importait peu.

    Elle ne savait pas où elle était. D'après la roche qui l'entourait, c'était sous terre. Ca avait l'air exigu. Il y avait quelqu'un. Il y avait aussi... Elle frissonna. Un Trou Noir. Qui devait apparemment relier celui dans lequel elle s'était jetée. Ou pas. Peut-être y en avait-il plein, des centaines de milliers, et peut-être qu'on atterissait dans un endroit aléatoire. Peut-être aussi qu'on ouvrait un nouveau Trou Noir lorsque l'on se jetait dans un déjà existant. Elle frissonna. Oh non... Non, parce que Kaelya était avec elle, cette hypothèse n'était donc pas valable. Où étaient-elles, maintenant? Toujours en Gwendalavir? Ou dans... Un autre monde? Il y avait quelqu'un. Ce quelqu'un -c'était une femme- allait pouvoir les renseigner. Mais elle n'était apparement pas en état de parler...

    Wëlle s'avança d'un pas léger, coulant, souple, silencieux, vers le jeune femme acculée dans un coin. Elle ne voyait toujours pas grand chose mais s'agenouilla quand même à ses côtés. Cette fille n'avait pas d'aura. Pas d'aura Marchombre, Mercenaire, d'aura guerrière, d'aura féline, d'aura dangereuse, d'aura de puissance, de charisme... Juste de la terreur. De la terreur moite qui se collait aux autres. Cette fille n'avait rien développé du tout. On aurait dit qu'elle n'avait pas progressé, pas avancé... Comme enfermée depuis longtemps déjà. C'était possible. Elle ne sentait pas le propre ni la fraîcheur, elle ne sentait pas le grand air. Enfermée, forcée à se replier sur elle-même... Seule avec sa terreur. Wëlle eut pitié. Elle avança la main.
    Elle n'aimait pas faire ça, toucher, sentir la vie de l'autre qui le submergeait... Là, elle sentirait la terreur. Comme si l'angoisse permanente qui lui serrait les entrailles en présence de ce foutu Trou Noir ne suffisait pas... Mais justement, il fallait qu'elles sachent, pour se sortir de là. Elles étaient où?
    Wëlle entendait un brouhaha étrange qui lui parvenait comme lointainement, le bruit d'une foule dense, compacte, en mouvement, agitée, mais ponctuée d'autres bruits, de bruits additionnels étranges, inconnus... Elle avait peur, peur de savoir, finalement. Alors elle fit ce qu'elle n'aurait pas dû faire, elle verrouilla son ouïe pourtant affutée par un entrainement Marchombre intensif. Elle la verrouilla, s'interdit d'entendre les bruits qui lui parvenaient d'en haut.
    Elle sentait aussi que ce n'était pas le même air. Pas le même air qu'à Al-jeit où qu'au bord du lac Chen. C'était plus... Plus dense peut-être... Plus difficilement respirable, il y avait des odeurs... Plein d'odeurs, dont celle de renfermée, celle de sueur humaine... Elle ne savait pas trop, mais c'était différent, une différence palpable et qui, elle aussi, l'inquiétait.
    Elle décida de se concentrer sur son geste, avança sa main, légère et douce, qui alla effleurer celle de l'inconnue. Légère comme un souffle de vent. Jamais elle n'avait tenté ça. C'était facile, pourtant: elle avait appris au fur et à mesure de sa formation à contrôler ses gestes, son corps, à le bloquer ou le mettre en mouvement d'un instant à l'autre, appris à connaître ses muscles, sa puissance, ses limites, celles qu'elle repoussait de jour en jour... Alors donner une caresse Marchombre, ce n'était pas bien difficile. C'était comme d'effleurer l'Eau ou la Roche.

    Elle appuya sa caresse, pour que le souffle de vent se transforme en présence humaine. En présence rassurante. Elle-même était assez calme et essayait de ne pas montrer son angoisse. La fille sembla s'appaiser un peu, et leva les yeux. Qu'est-ce que c'était que ça? Combien étaient-ils? Cette fille qui lui pressait la main... Elle ne semblait pas méchante, elle semblait avoir de bonnes dispositions à son égard. Y en avaient-ils beaucoup d'autres? Le Trou était redevenu noir... Alors, c'était de là qu'elle était sortie? Elle ne voyait que cette solution. Où d'autre, sinon? La porte n'avait pas bougée. C'était quoi ça, c'était quoi? C'était pas possible, c'était pas possible, elle rêvait, elle cauchemardait, elle allait se réveillait, et cette fille de serait plus là, ces gens seraient partis, elle serait seule, seule dans sa cave, à attendre, comme toujours...

    Wëlle l'entendit gémir, fermer les yeux. Elle voyait, maintenant, enfin, elle voyait dans la limite de la lumière qui parvenait là... La fille n'était pas jolie, elle avait de longs cheveux noirs, raides, emmêlés, crasseux, un nez applatit, des yeux bridés, tirés sur le côté. Certains Alaviriens ressemblaient à cela, mais elle n'en avait jamais vu aucun avec des caractéristiques physiques aussi prononcées. Cela l'inquiétait beaucoup, elle devait l'avouer, et la fille ne semblait pas vraiment se détendre... Sans se départir de son fidèle masque, elle tourna la tête, et quémanda d'un regard l'aide de sa compagne.
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Lun 11 Oct 2010, 11:20

La pression, qui s’était faite intense, diminua peu à peu pour retrouver un niveau acceptable, et le noir total qui entourait Kaelya disparu en un instant. Alors que ses sensations avaient totalement disparues durant la traversée, elles revinrent en trombe, plus fortes que jamais.
Une odeur rance s’imposa d’abord à ses narines habituées au grand air, une odeur de renfermé, très forte, mais également d’autre chose. Quelque chose de pas naturel, qui venait de dehors, et qui puait. L’essence, que la jeune femme ne connaissait pas, avait fait une première incursion dans sa vie.
Ensuite, se fut une lumière, ou plutôt une absence de lumière, qui s’imposa à elle. Alors qu’une seconde auparavent le noir regnait, toute une salle se dessinait peu à peu devant elle. Des murs sombres et sales, un sol pas terriblement mieux, mais pourtant tellement accueillant en comparaison du vide qu’elle quittait.
Expulsée hors du trou noir, Kaelya se laisse guider par ses instincts, bestiale. Son cerveau remarquait tout, enregistrait chaque détail, mais ses muscles agissaient en même temps, en mode automatique. Elle flêchit les genoux et se réceptionna avec grace et souplesse sur le sol, restant un moment à terre pendant qu’Inwelle arrivait de son côté. Agenouillée pour présenter le moins de surface possible à attaquer à une éventuelle présence hostile, mais les muscles tendus afin de pouvoir bondir au cas où, la marchombre observait et ressentait.
La pièce était petite, glauque. Kaelya repéra immédiatement la seule issue, une porte fermée par une grosse serrure, ridicule. Tout en apparence et rien en protection. Les gens pensaient toujours que le plus gros était le plus efficace, et c’était faux.
Son regard glissa jusqu’à une petite fente qui s’ouvrait sur l’extérieur, mais elle était tellement insignifiante, semblant seulement permettre à l’air d’entrer, qu’on ne pouvait rien voir.
On pouvait juste entendre.
Le corps de Kaelya se figea de terreur. Des bruits inconnus, incompréhensibles, qui ne ressemblait à rien d’existant se dressaient derrière cette pente. Une panique pure semblable à celle occasionnée par le Trou Noir s’empara d’elle et son cœur s’emballa.
Se forçant à adopter une respiration profonde pour se calmer, la jeune marchombre reprit peu à peu un minimum de contrôle sur elle-même et parvint à mettre ses bruits de côté pour percevoir ceux de la petite salle. Il y avait les bruits de pas d’Inwelle, mais également autre chose.
Une respiration.
Se concentrant sur ce bruit, Kaelya se redressa lentement, souplement, toujours prête à bondir en cas d’agression, et posa son regard sur l’apprentie d’Erwan. Elle avait également perçu la présence humaine et se dirigeait vers elle.
Fronçant les sourcils, la maître marchombre tentant de voir ce qui pouvait bien en être à l’origine, mais le manque de lumière l’en empêchait. Alors, dans un chuintement de métal aussi discret que possible mais qui résonna tout de même dans la pièce, elle dégaina sa dague et emboita les pas d’Inwelle.
Cette dernière se tourna vers elle, son masque toujours sur le nez, et lui envoya un appel à l’aide silencieux.
Voila qui était étonnant venant d’elle. Surprise, Kaelya se glissa jusqu’à la jeune fille et découvrit ce qui l’inquiétait.

Une femme, une femme étrange, une femme qui ne ressemblait pour ainsi dire à rien.
Une femme sale, aussi.

Prostrée sur le sol, elle avait des cheveux noirs qui semblaient ne pas avoir été lavés depuis longtemps, pas plus que son corps, si bizarre, avec des traits tirés et des yeux qui semblaient sourire malgré leur tristesse, de par leur physionomie.
Aucun danger n’émanait d’elle, aucune cruauté, aucune force, juste une terreur et une détresse indicibles.
Dans un geste lent, Kaelya remis sa dague au fourreau, et s’approcha de quelques pas, le visage empreint de douceur, le regard exprimant sa tristesse à découvrir une femme dans une telle position.

Rapidement, des conclusions se firent dans son esprit. Une petite pièce, sale, fermée par un gros cadenas, une seule petite ouverture, et cette femme, qui semblait ne pas avoir vu la lumière du jour depuis si longtemps.
Cette prisonnière.

Dans un murmure, Kaelya s’adressa à elle, modulant sa voix de façon à ce qu’elle soit rassurante, apaisante.


-Bonjour. Je m’appelle Kaelya, et voici Inwelle. Nous ne sommes pas hostiles. Est-ce que vous savez ou on est, exactement ? Si vous le savez, nous allons sans doute pouvoir vous aider à en sortir.

Elle jetta un rapide regard de côté vers sa compagne marchombre, comme pour chercher un appui. Elle se sentait totalement perdue, et un sentiment de panique inexplicable montait en elle.
Comme si elle n’était pas à sa place ici.
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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Mer 20 Oct 2010, 21:49

[Désolée, j'avais zappé ta réponse u_u']

    Wëlle se forçait toujours à verrouiller ses sens aux bruits extérieurs. Ce n'était pas bien, pas bien du tout de faire ça, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Ce qu'elle percevait l'emplissait de terreur, en plus de ce stupide Trou Noir qui distillait la peur en elle depuis toute-à-l'heure. Elle avait hâte de sortir de ce lieu clos qui sentait mauvais. Mais cette fille, vu son état, n'était sans doute pas là par choix. Y avait-il des gardiens, à l'extérieur? Quel genre de gardien? Kaelya devait être une combattante hors-pair, et elle-même savait se débrouiller, même si la lutte n'était pas son fort. Elle avait un poignard, à sa ceinture et caché par sa tunique, et une aiguille coincée dans l'ourlet de sa manche.

    Elle n'aimait pas montrer son arme, parce que les gens avaient tendance à plus la remarquer. Une jeune fille avec un long poignard aiguisé, c'était une vagabonde, ou une truande. Méfiez-vous, ne la quittez pas des yeux. Ca ne l'arrangeait pas, donc, dans sa quête d'anonymat. Et l'aiguille... Lors d'un passage rapide à Al-Jeit, au cours duquel elle avait revu brièvement Willy et avait entraperçu le petit garçon blond, Son fils à Lui, Natanaël. Elle avait eu très envie de le suivre, de le prendre dans ses bras, de le serrer contre son coeur, de l'emmener avec elle. Mais déjà, la foule l'avait englouti. Et puis il avait une maman, une maman qui se battait chaque jour et se vendait courageusement pour offrir une vie à son enfant... Wëlle avait secoué la tête, et était repartie courir les rues. Elle avait gagné son ancienne maison. Une maison modeste, aux fondations Dessinées mais en grande partie battie à la main. Wëlle l'avait caressé, effleurée, discrètement embrassée, prenant garde à rester dans le rythme de la rue, assez fréquentée. La maison avait l'air habitée. Evidemment, une maison vide dans la capitale trouvait vite acquéreur... Elle avait voulu y entrer, pour voir, pour se remémorer, pour tester sa mémoire, mais la porte était fermée. Et elle n'avait pas d'aiguille. Dépitée, elle s'était promis de revenir. Elle n'en avait pas encore eu l'occasion mais gardait, depuis ce voyage, une aiguille précieusement glissée dans l'ourlet de sa manche.

    A la question de Kae, le rythme de la respiration de la fille avachie changea légèrement; elle suspendit son souffle, avant de l'accélerer. Assez rapidement, elle répondit. Wëlle avait le coeur battant. La Maître Marchombre avait, évidemment, remarqué comme elle qu'il y avait quelque chose d'anormal, quelque chose qui différait de Gwendalavir. Que l'atmosphère était mauvaise, que les bruits n'étaient pas habituels. Elle se prit à espérer. La réponse de cette fille était leur dernier espoir. Leur dernière chance de se dire qu'elles n'étaient pas perdues. Pas seules livrées à un monde inconnu.
    La réponse tant attendue se résuma à un flot de paroles inintelligibles. Rien, pas un mot, pas un son ne revenait à Inwëlle. C'était coulant, comme langage. Coulant et acide. Des "l", des "i". Wëlle ne put retenir un frémissement d'horreur. Ainsi, la langue n'était plus la même.

    Elle ouvrit grand ses oreilles, grand ses narines. Une évidence cruelle s'imposa alors: elle ne connaissait pas. Elle ne connaissait pas ces vrombissements étrange, elle ne reconnaissait aucun des cris du brouhaha qui parvenait jusqu'à elle, elle ne connaissait pas les tintements et mélodies qui s'imposaient à ses oreilles. Elle ne connaissait pas cette odeur nouvelle et dérangeante qui lui prenait le nez. Sa respiration à elle s'accéléra aussi, et elle ne put réprimer un nouveau frisson d'horreur. Mais où étaient-elles?
    Pas de panique. Surement sur une île encore jamais découverte. Surement à des milliers de kilomètres de Gwendalavir. Mais peut-être qu'ici, on connaissait le nom de cette île? Peut-être qu'ici, on savait comment y aller?


    "... Gwendalavir?"

    La fille cria quelque chose dans sa langue, qu'elle répéta deux fois, en secouant la tête. Non. Elle ne connaissait pas. En même temps, elle était prisonnière, donc coupée du monde extérieur, c'était sans doute normal! Elles allaient sortir de ce vieux repaire moisi, elles allaient aller dire "Gwendalavir" aux gens là-dehors et on allait les reconduire chez elles.
    Elle se leva brusquement, un peu trop peut-être pour paraître naturel, et se dirigea vers la grosse serrure. Y glissa son aiguille, tâta le terrain, l'enfonça, zigzagua, retira, la remit, faisant crisser le métal dans le silence ponctué par les sanglots étouffés de la jeune femme. Elle n'alla pas bien loin.


    "Serrure à contre-poids."

    Les plus complexes, les plus ardues, Kaelya devait le savoir aussi bien qu'elle. Elle n'y avait pas beaucoup eu affaire, et s'estimait capable de la défaire en une demi-heure environ, dans cette obscurité. C'était trop, beaucoup trop. Elle avait l'impression que le temps était compté, que chaque minute s'égrennait fatalement, et qu'il fallait qu'elles se dépêchent. Kaelya était maître. Kaelya avait plus d'expérience et était plus douée. Elle lui tendit l'aiguille.

    "T'y arriveras plus vite que moi."

    La fille cria alors. Un cri perçant, long, puis redoubla de sanglots, tremblante, prostrée dans le coin, on avait l'impression qu'elle essayait de rentrer désespérément dans le mur, en pointant du doigt... La main de Kae. Le poignard, elle avait perçu l'éclat de l'acier tranchant. Inwëlle imagina que d'entendre parler cette langue étrangère ne devait pas non plus la calmer. Elles n'allaient plus pouvoir l'approcher, maintenant, la fille ne se laisserait pas faire. Elle était sans doute bien trop terrorisée pour comprendre que ces deux femmes ne lui voulaient aucun mal. Wëlle entendit des bruits, de l'autre côté.
    Des voix humaines, masculines, rudes, comme des aboiements. Oh non...

    Elle recula dans l'ombre, contre le mur. Calma sa respiration, les battements de son coeur. Se fondit dans la roche et dans l'ombre, dans l'atmosphère saturée de terreur -ce n'était pas bien difficile- et attendit, les yeux grands ouverts, espérant que Kaelya aurait le réflexe de faire de même. Elle avait l'intention d'attendre que la porte soit ouverte. Jauger l'adversaire, mais elle pensait qu'il leur serait assez aisé de se faufiler à l'extérieur. Essayer de récolter des informations, aussi... Et peut-être, tenter de sortir cette pauvre fille de là. Mais elle devait bien s'avouer que ce n'était pas là la première de ses préoccupations.
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Sam 30 Oct 2010, 18:26

La jeune femme, prostrée au sol, sembla réagir à la question de Kaelya. Leva son regard. Ouvrit la bouche pour répondre.
Un flot de soulagement s'empara de la marchombre. Sauvées, elles étaient sauvées, cette situation étrange allait bientôt prendre fin et les deux femmes allaient retrouver leur Gwendalavir.
Mais lorsque les paroles sortirent de la bouche de l'inconnue, ce ne fut que suite de mots incompréhensibles aux intonations étrangères. Non, plus que ça. Ces mots ne ressemblaient à rien de réel. Rien qui ne fasse partie du quotidien de Kaelya. Cela ne ressemblait pas au T'sliche, ni au rais, ni à l'ogre, ni à rien... C'était autre chose.
Le flot de terreur fut encore plus puissant que ne l'avait été celui de soulagement. Prise de panique, la jeune maître marchombre se coupa du monde un instant, reprenant son souffle, reprenant son calme. Elle était marchombre. Elle devait être forte.
Quand elle reprit pied, plus ou moins calmée, elle entendit Inwelle poser à son tour des questions à la prisonnière, mais la réponse fut la même. Toujours ces sons, tellements étranges qu'ils en devenaient dérangeants, insupportables, ils lui donnaient la nausée. La sensation d'être là où elle n'aurait jamais du être.
Inwelle se leva d'un bond, arrachant Kaelya à ses tristes pensées. La pédagogue posa son regard sur elle, attirée malgré elle par ces gestes, ces manières, se sentant presque obligée de tout juger. L'apprentie d'Erwan était douée, visiblement, très douée. Mais alors qu'elle glissait son aiguille dans la grosse serrure qui n'aurait du tenir que quelques secondes, elle sembla bloquée.
Avec un infime froncement de sourcils, Kaelya se sépara à son tour de la prisonnière et vint à côté d'Inwelle, tentant de comprendre pourquoi l'apprentie ne parvenait pas à crocheter cette serrure. Quelques mots de sa part suffirent à lui faire comprendre.
Serrure à contre-poids. Voila qui s'annonçait dangereux. Non pas à cause de la serrure en elle-même, les deux femmes étaient amplement capable de s'en débarasser pour peu qu'elles en prennent le temps. D'ailleurs, Kaelya avait déja saisit l'aiguille tendue par Inwelle et, dans des mouvements lestes mais mécaniques, guidée par son habitude, la jeune marchombre avait commencé à faire chanter les engrenages délicats du verrou, doucement mais surement.
Non, décidemment, ce n'était pas la serrure qui posait problème. C'était le fait qu'elle soit là. Parce qu'il avait bien fallu que quelqu'un l'y mette pour retenir prisonnière cette pauvre femme, et si cette personne avait les moyens de s'offrir une telle protection et la connaissance nécessaire pour savoir que c'était ce qui se faisait de mieux, alors elle risquait d'être très dangereuse.

Soudain, comme pour confirmer ce mauvais pressentiment, des voix se firent entendre de l'autre coté de la porte, non loin. Des voix d'hommes, qui s'exprimaient dans les mêmes sonorités que la pauvre femme derrière, mais avec beaucoup plus de dureté. A ses côtés, Kaelya sentit Inwelle reculer pour se glisser dans les ombres, se rendant imperceptible pour ceux qui ne savaient pas voir, pas écouter, pas ressentir. Dans un léger grondement, elle se mit à accélérer ses mouvements. Non pour crocheter la serrure, ç'aurait été mettre la prisonnière en danger, mais pour enlever toute trace de sa tentative incomplète de crochetage.
Ses mouvements étaient rapides, saccadés, pressés.
Plus que quelques secondes....
Les voix s'étaient tues, laissant place à des bruits de pas, de plus en plus proche. Pas qui s'arrêtèrent juste devant la porte. Un bruit de clé que l'on remuait se fit entendre.
Dans un dernier déclic silencieux, Kaelya acheva son travail, et se recula aux côtés d'Inwelle, aussi légère que la brûme. Alors que la clé tournait dans la serrure qu'elle venait de quitter, la jeune femme se laissait caresser par les ombres et adaptait son temps sur celui des murs, de la roche et de la cellule qui l'entourait.
Camouflée.
En espérant que les hommes ne seraient pas suffisament doués pour voir à travers leur ruse.
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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Sam 30 Oct 2010, 19:08

    Wëlle réfléchissait à toute allure. Que faire, que faire, que faire? Attaquer les hommes, les immobiliser, espérer qu'ils parlent l'Alavirien, s'arranger pour qu'ils leur fournisse des renseignements précieux? Kaelya maîtrisait peut-être le Chant Marchombre, elle arriverait à leur faire dire des choses utiles, ils pourraient les guider à travers cet univers hostile... Mais s'ils ne comprenaient pas, ils ne pourrait rien faire, n'est-ce pas? Mais le Chant... Le Chant se souciait-il des langues? Non, Inwëlle ne le pensait pas, Erwan l'avait utilisé sur un Tigre, un gros Tigre des Prairies, et sur Pitbuis aussi, la jument qu'elle avait montée et qui appartenait à l'Académie... Que faire, que faire? Kaelya était à ses côté, tout aussi invisible qu'elle. La lummière grise, froide, lugubre s'infiltra dans le cachot. Pas assez pour découvrir les deux Marchombres collées à cette paroie si glaciale.

    Ils étaient deux. L'un, petit, assez âgé, sec, semblait le chef. Il marchait devant, avec une expression assez sure de lui. Des tâches blanches dansèrent devant les yeux de Wëlle. Fichu lumière! Il allait lui falloir un nouveau temps d'accomodation avant de pouvoir reprendre son observation... Tant pis, ce ne serait pas du temps perdu. Elle baissa les paupières, tendit ses sens, au delà des bruits barbares du dessus, au delà des flagrances putrides qui envahissaient ses narines. Elle tendit son âme, à la recherche d'une autre, à la recherche d'intrus, d'imposteurs à la Pierre, d'imposteurs à la peur...
    Elle trouva. Plusieurs individus attendaient à la sortie du cachot. Trois ou quatre, estimait-elle. Des gardes, c'était sur, sinon, que faisaient-ils là? Elle espérait qu'ils ne soient pas trop bons combattants. Elle n'était pas encore assez douée pour arriver à se glisser dans un espace restreint au milieu de plusieurs hommes sans se faire remarquer.

    Des éclats de voix retentirent, l'arrachant à ses pensées. L'homme, le petit sec pensait-elle, s'était mis à invectiver la fille. A la frapper. Elle pleurait, hurlait... Doucement, Wëlle recommençait à distinguer ce qui l'entourait.
    Un doigt. Un bras tendu, des cris suppliants. Les deux hommes -le deuxième était plus jeune, plus costaud, et s'occupait de tenir fermemement la jeune femme- se turent et levèrent la tête.

    Oh non. Wëlle n'avait pas pensé à ça. La fille avait révélé leur présence. Avait-elle vu où elles s'étaient dissimulées? Apparement, non. Les hommes balayaient la cave du regard. Savaient-ils que dans un recoin, il y avait un Trou Noir? Savait-il qu'à deux mètres à peine, il y avait deux étrangères perdues qui assistaient à la scène?
    Encore une fois, ils élevèrent la voix sur la captive, qui leur répondit en criant à son tour. Un ton suppliant, toujours... Une dernière menace -ce devait en être une, d'après l'intonation- puis le plus costaud se leva, se dirigeant d'un pas énergique à l'opposé de la petite pièce, s'engouffrant dans un couloir étroit. Il revint quelques secondes plus tard, une parole brève, et le petit homme frappa sèchement la fille.

    Un éclat.
    Un éclat métallique.
    Le couteau mordit la chair sale, au dessus du sein; nouveau hurlement à glacer le sang. Nouveaux cris.
    Nouvelle morsure.

    Wëlle ne savait plus que faire. S'élancer, et sortir? Elle ne voulait pas rester là, mais ne voulait pas partir. Là-haut, elle l'entendait, le sentait, le savait, le monde grouillait. Le monde inconnu, fourmilière immense où elles s'étaient perdues. Elle allait s'élancer, mais son regard croisa celui, attentif, de l'autre homme qui, apparement, préférait surveiller les environs plutôt que de regarder son chef brutaliser la prisonnière. Il marqua un temps d'arrêt, plissa les yeux, fronça les sourcils...
    L'obscurité les masquait assez à sa vue pour qu'il ne les remarque pas. Il avait dû croire à un effet de son immagination, où à une araignée effrayée par le vacarme. Oui, sauf qu'il continuait à la guetter.

    Si Kaelya était sans doute capable de sortir sans attirer l'attention, ce n'était pas le cas d'Inwëlle. Neutraliser.

    Neutraliser en douceur, neutraliser en silence, et partir, comme si de rien n'était. Comme si elles n'étaient qu'un rêve...

    Son coeur battant toujours au rythme de la pierre, elle s'élança droit sur l'homme qui scrutait le cachot. Lui concentré, elle discrète au maximum, il ne la vit qu'au dernier moment, sentit à peine la pression du doigt sur son cou. Ses yeux se renversèrent, elle sentit son corps se dérober sous ses doigts, le rattrapa en serrant les dents de toutes ses forces pour qu'il retombe en faisant le moins de bruit possible.
    Le chef hurlait, la fille hurlait, tous les deux étaient concentrés l'un sur l'autre, sur cette lame, sur cette joie, sur cette terreur, aucun des deux n'entendit le doux chuitement, aucun des deux ne discerna le moindre mouvement.

    Wëlle prenait soin à toujours rester en accord avec les environs, le plus indécelable possible. L'homme à terre ne se réveillerait pas avant un certain temps; celui qui lui tournait le dos avait l'air très absorbé par sa tâche. Elle s'accroupit, palpa le corps -assez musclé- et perdit un instant sa concentration, perdit le Temps, avant de se reprendre. Ces vêtements... C'était une matière... Fluide et glissante, souple... Entre le cuir et le tissu, et il y avait une sorte d'attache au milieu, quelque chose qui reflétait la lumière, dur et froid, comme du métal, avec une sorte de petite languette qu'elle osa tirer... Qui glissait, comme par magie, séparant ou rassemblant les deux moitié de gilet sur la poitrine de l'homme avec un petit "zip" délicat.

    Vêtement inconnu, matière inconnu, fonctionnement inconnu. Elle toucha le pantalon -même matière que le gilet- et dégota une sorte de bourse. Enfin, un espèce de petit porte-document... Elle n'y voyait pas grand chose, mais en tâtant, discerna plein de petites cartes différentes, certaines avec un relief, lisses, plus ou moins rigides... Des bouts de papier, aussi -ça, elle connaissait- et des bouts de métal ronds, de plusieurs tailles, plusieurs épaisseurs. L'évidence s'imposa: des pièces. Pas des pièces Alaviriennes, pas de branches d'étoiles. Des pièces rondes. Elle glissa le tout dans une poche de sa tunique -cela pourrait être utile- et se redressa pour voir ce que faisait Kaelya.

    Silence absolu, puanteur exagérée, inconnu effrayant, et pourtant... Pourtant elle avait retrouvé son calme. Accordée à la pierre, Marchombre.
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Jeu 04 Nov 2010, 10:31

De son petit coin d’ombre, Kaelya observait d’un regard vigilant, ses prunelles vertes rivées sur la porte déjà en train de s’ouvrir, les battements de son cœur apaisée pour qu’elle ne produise aucun bruit, de même que sa respiration était calme et tranquille. La porte de la cellule s’ouvrit en grand, laissant passer un flot de lumière froide et dure, dans un grincement sonore et peu avenant. Visiblement, les hommes qui maintenaient cette pauvre femme prisonnière ne craignaient guère une évasion ou une révolte de sa part.
L’ouverture révéla deux êtres, l’un plutôt agé mais petit et visiblement tout en nerfs, dont le visage dur semblait le désigner comme chef. Kaelya plissa légèrement les yeux afin de pouvoir continuer son observation sans être genée par la soudaine apparition de lumière, et posa ses pupilles sur le deuxième homme. Plus jeune sans être pour autant à peine sorti de l’enfance, il était plus grand et bâti tout en muscles et en force brute. Très certainement l’homme de main du premier.
Comme pour appuyer cette pensée, l’homme se dirigea vers la prisonnière et la saisi durement et implacablement, tandis que le petit s’occupait de la frapper et de lui hurler quelques phrases dans cette langue que la jeune marchombre ne comprenait pas et qui l’inquiètait tellement. Premisces de tous leurs malheurs.
Dans un froncement de sourcils, Kaelya se fit plus attentive, chassant la haine qui montait en elle, froide et insidieuse, à la vue de cette pauvre victime incapable de se défendre si durement traitée. Passant outre le barrage des mots, elle se concentra sur les gestes et les tons, devinant rapidement qu’Inwelle et elle étaient le sujet de conversation actuel. Le pointement du doigt de la femme battue vint confirmer ces soupçons.
Ses yeux avaient eu le temps de s’habituer à la luminosité toute relative et elle les ouvrit de nouveau, quittant ce froncement désagréable et plus efficace. Sous son regard, les deux hommes se mirent à fouiller la pièce des yeux, puis revinrent sur la captive, recommençant à lui hurler dessus. Les deux marchombres étant indetectables, ils devaient penser qu’elle se jouait d’eux. Le deuxième homme s’absenta un court instant, puis revint, et le chef frappa une fois de plus la fille, dans un éclat de métal.

Une fois de trop.

A ses côtés, Kaelya sentit l’apprentie d’Erwan s’élancer, doucement, en osmose avec la pierre. Elle se glissa au côté de l’homme de main qui observait pourtant le cachot. Posa son doigt sur un point sensible de son cou au moment précis où il la repérait. Etouffa son cri en le laissant sombrer dans l’inconscience, puis accompagna le corps au sol, aussi discrète qu’un banc de brume. Erwan pouvait être fier d’elle.

Mais ses pensées furent vite chassées par une autre préoccupation, plus importante. Un autre homme était toujours présent et continuait de maltraiter sa prisonnière.

Se désinteressant totalement d’Inwelle, Kaelya se glissa dans les ombres, laissant sa haine la submerger tout en la controlant pour qu’elle la pousse en avant plutôt que l’envoyer dans la précipitation. Elle était au milieu de la petite geole désormais, mais elle flottait plus qu’elle ne marchait, silencieuse, leste. D’un mouvement ample, elle dégaina sa lame, posant sa main gauche contre elle tout le long de la manœuvre pour étouffer le chuintement naissant, dans un geste professionnel. Sa dague désormais au clair, elle se glissa dans le dos de l’homme, et la prisonnière releva le regard vers elle, alors que le couteau de son bourreau allait remonter une fois de plus. Celui-ci fronça les sourcils, voulu se retourner, appeler ses sbires peut-être, il n’en eu pas l’occasion. La lame de Kaelya se posa sur son cou, sa main gauche venant occulter sa bouche pour qu’il ne puisse crier, et, impitoyablement, elle trancha la jugulaire, laissant le flot de sang s’écouler sur le sol. Doucement, elle accompagna le corps comme l’avait fait Inwelle, à la différence près qu’elle n’avait jamais voulu épargner sa victime. Devant elle, la prisonnière continuait de hurler, totalement perdue, mais ses cris duraient depuis si longtemps que ceux là passèrent innaperçus.

Se calmant enfin, Kaelya laissa retomber sa lame le long de ses jambes, posant un rapide regard sur Inwelle qui semblait la fixer, étrangement apaisée, puis glissa sur la porte ouverte. La marchombre repoussa le flot de haine qui s’était emparée d’elle et retrouva son harmonie, laissant retomber l’adrénaline. Sens ouverts au monde, elle sonda le petit couloir qui s’élançait derrière cette porte.

Respirations, dialogues à voix basse. Le fait que le chef s’était arrêté de hurler passait pour l’instant encore innaperçu grace aux cris de la prisonnière, mais cela ne durerait pas.

Ils étaient au moins trois ou quatre la derrière. Dans un effort, Kaelya se concentra sur ce qu’elle entendait.
Précisemment trois respirations régulière, deux lourdes, une plus légère. Ce qui pouvait signifier que deux autres hommes de main tout en muscles se trouvaient la dehors, plus quelqu’un d’autre, peut-être une femme.

La jeune marchombre vint se ranger aux côtés d’Inwelle, lui glissant dans un murmure une rapide phrase :


-Quatre. Furtif ou attaque de front ?

Elles n’avaient pas le temps d’échanger plus. Il fallait choisir et agir, car bientôt ils viendraient voir d’eux-mêmes pourquoi leur chef avait cessé ses hurlements de jubilation.
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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Sam 06 Nov 2010, 23:50

    Inwëlle resta fixée deux ou trois secondes sur l'homme à la gorge béante. Elle n'avait pas tué. Elle ne tuait pas. Jamais volontairement, elle trouvait cela trop... Définitif, trop "gros". Enfin... C'était surtout qu'elle assimilait cet acte à un autre. Pousser quelqu'un dans le vide, l'envoyer à la Mort, chambouler sa vie, celle de plusieurs personnes... Une vie, qui avait éparpillé une bande solidaire, fait d'une fille des rues une Marchombre, d'un vagabond un élève doué de l'Académie de Dessin, d'un orphelin un Rêveur. Deux parents qui avaient perdu une fille et retrouvé un fils, des gens qui avaient quitté la capitale pour la campagne du Sud... Une vie envolée qui avait tout changé...
    Soupir intérieur.
    Oui, elle savait qu'une Vie en chamboulait bien d'autres. Positivement, négativement... Parfois, on ne pouvait pas le déterminer. Là par exemple, plusieurs jeunes qui avaient trouvé leur voie... Et perdu les amis en compagnie desquels ils s'étaient construit. Une grande par de positif, une grande part de négatif. Nouveau soupir intérieur. Inwëlle se reprit, notant au passage le pas souple, aérien, totalement silencieux, d'une légèreté absolue de Kaelya. Wëlle était vraiment admirative. Elle se sentait pataude, à côté de cela, même si elle savait qu'elle aussi était furtive et discrète. Elle observait, et apprenait. L'inclinaison du corps, l'angle des genoux, la surface de la plante du pied qui entrait en contact avec le sol, la rapidité... Elle observait, tenterait de reproduire, pour avancer elle aussi, toujours plus loin sur la Voie.

    Attaquer, ou passer discrètement?

    "Attaque, sinon j'passerai pas."

    Elle n'avait pas la même démarche, pas la même aisance que Kaelya, moins d'expérience aussi. Elle ne pourrait pas passer sans se faire remarquer par ces trois ou quatre gaillards armés et aux aguets. Alors qu'au combat... Elle pourrait tenter une approche discrète comme elle venait de faire et arriverait à en éliminer au moins un sans encombres. Elle se débrouillerait au corps à corps avec les autres; et puis elle avait un poignard, et Kaelya était certainement très douée et capable de les éliminer tous à elle seule.
    Inwëlle n'était plus si calme. Le problème, c'était qu'elle ne s'en rendait pas compte. Son corps et son enseignement avaient occulté sa panique, calmant sa respiration, son esprit, ses mouvements. Seulement, l'angoisse profonde se réaffirmait. Elle intima à Wëlle d'avancer de suite, et rapidement, sans prendre le temps d'analyser la situation et de découvrir le nombre de combattants. Aussi lorsqu'elle passa la porte, elle ne s'arrêta pas, s'ouvrant juste aux trois respirations -deux hommes, une femme- et à leur univers pour ne pas se faire remarquer. L'un d'eux était dos à elle, son gros crâne chauve et jaune luisant. A nouveau, la lumière -étrange lumière- emprisonna ses pupilles et elle ne vit plus rien, mais elle s'en moquait. Un bond, deux pouces bien ajustés, et l'homme s'écroulait sous les yeux effarés de ses compagnons.

    Ils clignèrent des yeux une ou deux secondes avant de déceler la silouette de cette femme petite et mince. Déjà, ses doigts fins mais experts étaient autour du cou de l'autre homme; mais avant qu'elle n'ait eu le temps d'effectuer une pression suffisante, il lui avait enfoncé son poing dans le ventre. La jeune Marchombre de plia en deux, sur le coup de la douleur, et roula en arrière pour esquiver une nouvelle frappe. Elle se redressa, vive, tirant le poignard de sous ses vêtements. Elle n'aimait pas l'utiliser. Elle préférait son corps, ses pieds, ses mains, à cette arme qui pouvait tuer si aisément. Seulement des fois, il n'y avait pas le choix, particulièrement lorsque l'autre se révélait être un adversaire entraîné. Un garde.
    Et surtout, elle avait peur.
    C'est cette peur qui la sauva, certainement. Cette peur qui, sans qu'elle s'en rende vraiment compte, lui intimma de se jeter arme brandie sur son adversaire, de lui perforer l'épaule droite avec ce prolongement de son bras. Il cria. Il cria et lâcha ce qu'il avait brandit et qui percuta le sol dans un tintement métallique étrange et nouveau. Un objet court, brillant, qu'il avait tenu à bout de bras, qui ne semblait pas tranchant du tout mais plutôt lourd, et constitué d'un mécanisme assez complexe.

    Plusieurs choses se passèrent alors à la fois. Elle se baissa pour ramasser l'objet intriguant, tout en activant sa greffe pour surveiller la femme et en tendant ses muscles pour se jeter sur elle. Elle sentit un mouvement brusque dans l'air, et enfin, un coup sec, très bruyant, un son qu'elle n'avait jamais entendu, claqua dans l'air, la déstabilisant momentanément. Elle se redressa brusquement, un millier de pensées et d'interrogations lui fendant le crâne.

    Il fallait qu'elles sortent de là...
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Dim 14 Nov 2010, 19:05

D’un hochement de tête, Kaelya marqua son approbation aux paroles d’Inwelle, et se glissa à sa suite dans le petit couleur, silencieuse, dague brandie. L’apprentie d’Erwan se coula silencieusement vers les ennemis, et, en quelques fractions de seconde, neutralisa le premier homme d’une simple pression de ses pouces.
Bondissant à sa suite, Kaelya jeta un rapide coup d’œil vers son alliée, qui s’était ruée vers l’autre homme. Apparemment, elle s’en sortait. La marchombre aux cheveux violets n’avait donc plus qu’à s’occuper de la femme.
Oui, mais cette femme, justement, venait de dégainer, tournée vers Inwelle, sans sembler remarquer la deuxième combattante. Grossière erreur… Kaelya s’approcha, prête à frapper, lorsqu’un détail la perturba.
C’était quoi, cette arme ? Un bout de métal avec une sorte de poignée, tendu vers la jeune marchombre rousse, dépourvu de toute sorte de lame ou de tranchant… Une arme de jet ? Très probable. D’un nouveau coup d’œil vers Inwelle, Kaelya réalisa qu’elle venait de prendre un coup, qu’elle était en déséquilibre. Si la femme lançait son arme, elle ne pourrait sans doute pas esquiver…
Kaelya se jeta en avant, pénétrant soudain le champ de vision de la femme qui sursauta, et, d’un coup brutal mais bien ajusté, vint frapper le poignet de son adversaire avec le tranchant de sa main.
Le cri qui sortit alors de la bouche de sa victime alors que le poignet encaissait le coup, elle s’y attendait.
Le flash de lumière et le choc bruyant qui se dégagea de l’arme bizarre, par contre, elle ne s’y attendait pas du tout.
Prise de court, Kaelya laissa échapper un cri de surprise, et retint à grand peine un sursaut, se contentant de bondir loin de la zone d’effet de cette arme si nouvelle.
Elle planta son regard sur l’endroit qui avait été frappé par le projectile. Sur le sol, une grosse marque noir, la marque d’un impact violent.
Mais quel était ce lieu, à la fin ? Qui étaient ces gens, et quelles étaient ces armes si étranges qui crachaient feu et tonnerre ?
Prise de frayeur, Kaelya ne dut sa survie qu’à ses reflexes. Dans le coin de ses yeux verts, elle aperçut la femme qu’elle venait de frapper, qui était déjà en train de relever son arme vers elle. Bandant ses muscles, elle se jeta au sol et se releva quelques mètres plus loin dans une pirouette circulaire, venant frapper la nuque de son adversaire légèrement de profil. Elle connaissait les points sensibles, et cette fois n’avait pas cherché à tuer. La femme s’effondra, évanouie, et la jeune marchombre reporta son regard sur sa compagne. Inwelle venait de ramasser une arme similaire à celle que Kaelya venait de voir, mais son adversaire, bien que blessé, n’était pas tout à fait neutralisé. A son tour, la jeune marchombre à la chevelure violette ramassa l’arme et la pointa sur l’homme restant, imitant les gestes des gardes. Elle sentit son doigt venir percuter une espèce de tige. La poignée de l’arme était étudiée de facon à ce qu’elle entre parfaitement dans la main. C’était vraiment une chose impressionante.
Mais la marchombre ne voulait pas s’en servir. Plantant ses yeux dans ceux de l’homme, elle l’invectiva d'une voix dure, priant pour que celui-ci comprenne sa langue.


-Je vais vous poser quelques questions. Votre survie dépendra des réponses que vous y apporterez. Qui êtes vous, et quel est cet endroit ? Sommes nous toujours en Gwendalavir ?

Un dernier regard à la dérobée se posa sur Inwelle, vérifiant qu’elle ne s’apprêtait pas à attaquer cet homme. Elles avaient grand besoin de réponses. Un bref instant, elle espéra que l'apprentie d'Erwan ne la jugerait pas sur ses actes apparement brutaux. Elle ne faisait que se mettre dans un registre que l'homme en face comprendrait : la violence.
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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Découvrir, et apprendre. [Kae']   Mar 16 Nov 2010, 21:05

    Il tenait pressée son épaule sanglante, encore abasourdi par la rapidité de l'attaque. Ils n'avaient rien vu arriver. Rien. Le chef allait les massacrer... D'où sortaient-elles? Qui étaient donc ces démones? Lui était un garde réputé, et pourtant, il n'avait pas eu le temps d'appuyer sur la gâchette que déjà cette furie rousse lui plantait son poignard dans l'épaule. Et maintenant... Maintenant l'autre, celle avec des cheveux violets -oui, violets- le visait. Soigneusement? Non. Il retint un sourire. Ces femmes étaient peut-être expertes dans le maniement des armes, le catimini et la lutte au corps à corps, mais elles n'y connaissaient rien aux armes à feu; la rouquine ne l'avait même pas brandie, et la violette la tenait assez maladroitement, les doigts positionnés un peu au feeling, apparement. Lui il s'y connaissait. Il s'y connaissait d'ailleurs assez bien pour savoir que l'arme était chargée, et que la violette pouvait tirer à n'importe quel moment. Même si elle ne savait pas viser, il était trop proche d'elle pour qu'elle le loupe.

    Il ne comprit pas grand chose à ce qu'elle raconta; elle ne parlait pas trop vite, mais dans une langue étrangère. La menace, en revanche, il l'avait bien assimilée, et un frisson lui parcourut l'échine. Ils étaient deux autres à l'entrée, dehors, qui surveillaient l'accès à l'escalier, et une poignée dans le bâtiment principal juste en face. La détonation ne serait pas passée inaperçu. Des renforts allaient arriver. Ces femmes ne pourraient rien faire face à plusieurs gaillards entraînés. Seulement... Seulement, sa vie était en suspens.
    Il avait appris le français, à l'école. Il en possédait encore quelques souvenirs, et reconnu des questions. "Qui êtes-vous"; facile. "Endroit", il connaissait. "Sommes-nous en", il s'en rappelait. "Gwendalavir" par contre... D'après la question, ce devait être un lieu. Alors, elles étaient perdues les deux filles -mignonnes, il fallait bien l'avouer? Oui, elles n'avaient effectivement pas l'air vraiment Asiatiques; alors Françaises? Mais comment se faisait-il que deux Françaises se retrouvent ici sans savoir? Oh, elles devaient demander ce qu'était cette cave. Intérieurement, il ricana. Qu'elles courrent toujours. Même sous la torture, il ne cèderait pas. Autre problème, pourquoi n'avaient-elle pas pris soin de parler anglais? Tout le monde en maîtrisait les bases, et tout le monde savait bien qu'on avait plus de chances de se faire comprendre en utilisant cette langue. Mais surtout... C'était quoi ces cheveux violets? Et ces vêtements de cuir? Cette ample tunique déchirée et sale, pour la rousse? Pieds nus? On aurait presque pu croire qu'elles sortaient d'un autre monde...


    "Je suis... Pour... Stop personnes... Je ne sais pas... Comment dire... Vous n'êtes pas en France, vous le savoir, non? Vous êtes à Hong-Kong, Chine. Je pas connaître "Gwendalavir". Qui êtes-vous?"

    Il était assez satisfait de ses restes de Français. C'était qu'il avait été un élève tout-à-fait respectable! Un homme bien, aussi. Certes il arrondissait ses fins de mois en gardant cette prisonnière sans savoir précisément pourquoi, mais ce n'était pas pour ça qu'il n'était qu'une brute épaisse. Il était près à aider les filles, d'ailleurs. Il allait les aider. Elles lui inspiraient de la sympathie. Et puis nom d'une pipe, des combattantes comme ça, c'était pas nimporte qui! Le seul problème, ce serait peut-être les représailles. S'il abandonnait son poste...Mais il n'y avait plus de cris. Il n'entendait plus le chef. Qu'avaient-elles donc fait?

    ***

    Wëlle fronça les sourcils. Le soulagement qu'elle avait éprouvé en constatant qu'il maîtrisait l'Alavirien, malgré son très fort accent, avait à nouveau laissé place au doute. Même plus du doute, une certitude. Elles étaient perdues dans une ville inconnue, dans un pays étranger dont elle n'avait même jamais entendu parler. Elle avait mal au ventre. Pour couronner le tout, des bruits de pas parvinrent à ses oreilles. Nombreux. Plusieurs hommes ou femmes au moins. Elle se mit en garde, prenant bien soin à nouveau de se fondre dans le décor. Chaque seconde serait précieuse. L'homme cligna des yeux, secoua la tête, puis la regarda en fronçant les sourcils. Ok, elle y était. Elle se calma, ralenti les battements de son coeur, approffondi sa respiration. Ne pas penser à ce qui l'entourait. Juste au combat. Devenir le centre de la bataille. Puiser l'énergie de ses adversaires.


    "Vous poser ça! Moi aider vous!"

    Sans tourner la tête, elle activa sa greffe et vit que l'homme s'était adressé à Kaelya, en parlant tout bas. Puis il haussa le ton, et se mit à parler très vite dans sa langue -la lague de Chine. Les pas s'étaient arrêtés. Les souffles étaient assez rapides, mais elle devinait qu'ils n'étaient pas fatigués. Deux hommes s'avancèrent, l'air méfiant. Avec celui assis, ils échangèrent encore quelques phrases. Les aidait-il vraiment? Pouvaient-elles lui faire confiance? Un détail appréciable retint l'attention de Wëlle. Les hommes avaient baissé leur garde, et ne semblaient pas vouloir les neutraliser.

    [Voilà, n'hésite pas à faire agir les PNJ hein, moi je me gêne pas trop... ><' Dis-moi si ça te dérange =)]
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Découvrir, et apprendre. [Kae']
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