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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Quino - Cours n°1

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MessageSujet: Groupe Quino - Cours n°1   Jeu 20 Mai 2010, 17:05

    Les feuilles, les bourgeons, les branches, l'herbe, la terre, l'écorce. Tout était secoué, secoué par le vent qui s'engouffrait partout, qui se jouait de tout, qui pouvait passer où il le souhaitait sans avoir à forcer, simplement parce qu'il était libre, simplement parce qu'il pouvait se glisser partout, simplement parce que rien ne pouvait l'arrêter. Le vent soufflait sur la plaine, glissant dans les herbes, créant des vagues vertes, presque dignes de l'Océan. Le vent glissait, il jouait, et son souffle s'enroulait çà et là, aguicheur. En haut d'un arbre, confondue avec le tronc, quelques feuilles accrochées dans ses cheveux, quelques branches piquées dans sa tresse, Miss se délectait du vent. Elle avait toujours aimé le vent, il était comme un amant mystérieux, sans doute aurait-elle pu dire qu'elle en était amoureuse, cela n'aurait pas été faux, mais plutôt l'unique vérité. Soupirant, les yeux vers, un sourire accroché aux lèvres, la jeune femme attendait, ressentait. Elle avait bientôt cours avec le deuxième groupe d'apprentis qu'elle se voyait attribuer, et elle s'en réjouissait. Elle avait tout à fait conscience que tous les apprentis étaient différents, que les relations qu'elle pouvait tisser entre elle et eux étaient bien étranges et divergeantes, mais elle s'en contrefichait, l'important était de les accompagner sur la Voie qu'ils avaient choisie, et de continuer elle-même sur sa propre Voie, qui était pour l'instant celle des Marchombres. Souriante à cette pensée, elle se demanda comment auraient réagi d'autres Marchombres, s'ils l'avaient entendue penser cela. Mais c'était ainsi qu'elle le ressentait : peut-être qu'un jour elle quitterait le chemin Marchombre pour s'enfoncer sur une autre, peut-être que les deux chemins pourraient être foulés en même temps, peut-être s'éloignerait-elle irrémédiablement de ce qu'elle suivait.

    Lâchant un léger soupir, la Marchombre ouvrit lentement les yeux et posa son regard sur l'horizon. Ce dernier se teintait de couleurs rosetées, annonçant l'aurore, et ainsi cela serait bientôt l'heure du rendez-vous qu'elle avait pu fixer. Elle avait noté sur le panneau d'affichage qu'elle les attendrait lorsque le soleil serait levé depuis deux heures dans la plaine, mais elle leur avait aussi fait parvenir un mot, à chaque fois où ils dormaient, car elle savait pertinemment qu'ils ne dormaient pas tous dans les chambres de l'Académie, ou plutôt les dortoirs. Inspirant une grande bouffée d'air, elle se redressa sur sa branche, pour entamer la Gestuelle Marchombre. Laissant l'Harmonie de la forêt, la Force du vent et la Sérénité du monde venir se déposer en elle, elle ne savait combien de temps elle continuait de faire ces gestes, ces gestes si apaisants. Dès qu'elle s'immergeait dedans, elle ne savait pas pour combien de temps cela était, comme si le temps s'arrêtait, comme si la Gestuelle avait son propre temps, décalé. C'était une pensée bien étrange, et lorsqu'elle s'arrêta d'elle-même, Miss en sourit. Elle avait décidé de faire un long voyage dès le premier cours, avec ce groupe, parce que les voyages resserraient les liens et permettaient de bien s'améliorer, en étant elle-même toujours derrière les apprentis pour les pousser à faire toujours mieux, et toujours plus, elle l'avait constaté lors de sa dernière excursion avec ses apprenties, Lyan, Tara et Syndrell. Soupirant légèrement, Miss se laissa glisser jusqu'au sol, et courut jusqu'à l'Académie, parce que simplement elle aimait courir.

    Montant au premier étage, elle alla récupérer des poignards, des arcs, avec d'autres armes, un peu de nourriture, une corde, mit tout dans un sac et repartit vers le lieu de rendez-vous. Il restait une bonne heure, mais elle préférait y être en avance, évidemment. C'était toujours comme cela avec elle, la ponctualité était essentielle, même si cela faisait vieux jeu. Un apprenti n'avait pas à se faire désirer, simplement parce que c'était une façon d'attirer l'attention sur lui. C'était sans doute exagéré, mais Miss voyait les choses comme cela. Elle courut encore, donc, avec ce sac sur son dos, mais comme s'il n'avait rien pesé. Elle fit le tour du petit lac à côté du Lac Chen, et rejoignit le rocher, le long du chemin forestier principal des bois alentours, auquel elle devait trouver ses apprentis. Attendant tranquillement, elle entendit bientôt des bruits de pas arriver, des bruits de feuilles, de respiration, et sut alors que les élèves arrivaient bel et bien. Lorsqu'il furent tous là, elle les détailla rapidement, notant que le garçon devait donc être Phy, la fille aux cheveux rouges Say'n, celle aux cheveux clairs Namira et la dernière Ellenya. Se faisant invisible, imperceptible, la jeune femme se glissa rapidement dans un arbre, un peu au dessus d'elle, pour observer les réactions des apprentis, voire s'ils étaient motivés par ce qu'ils venaient faire ici, ou s'ils n'en avaient pas idée, pour jauger rapidement de leur caractère et savoir ainsi à quoi s'attendre. Elle se hissa encore un peu plus haut, détaillant les apprentis, patiente, ne bougeant pas, hors de leur portée... Comme elle l'avait fait avec Tara, Syndrell et Nénuphar, même si cette dernière n'était plus avec elles...
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Ven 21 Mai 2010, 19:21

Elle rêvait.
Elle rêvait de son enfance, de tous ces moments passées. Mais pour elle, c'était plus que des souvenirs.
C'était une vague.
Une vague de son passé, qui défilait comme le vent. Ses souvenirs ne semblait ne plus pouvoir s'effacer. Elle s'en réjouissait. Submergé de son passé, elle restait immobile.
Elle rêvait.

Elle s'était rêveillée en sursaut, l'éclat de la lumière transperçant ses paupières.
Elle s'était affolé, croyant avoir rater son premier cours avec son professeur.
Mais elle s'était calmé, ayant examiner la pendule placé sur le murs du dortoir.
Elle avait baillé, elle s'était étiré, puis avait souffler pour se décontracter, d'autant que pour apaiser son corps. Elle avait ensuite préparé ses affaires, s'était habillé et avait pris son poignard, restant pour elle une arme tueuse. L'idée qu'une créature ou qu'un assassin veuille la tuer, lui avait fait douté. Elle avait songé à emmener son arme, étant plutôt crédule, puis l'avait glissé dans son fourreau, parfaitement ajusté à sa taille.Elle avait revêtu un équipement de combats.Pantalon moulant mais souple, haut de mailles, bottes et mitennes noires.
Elle était là, maintenant, descendant les marches de son destin, pas à pas.
Elle savait qu'elle apprécirait le professeur.Elle ne savait pas pourquoi, mais elle le savait.L'absurdité de cette phrase lui format un léger sourire ironique.

Elle se tira de sa réverie quand elle atterit en bas de l'escalier.Elle lança un regard souple vers l'entrée, puis courut vers elle avec l'agilité d'un chat.
Elle ouvrit la porte d'entrée, et ferma les yeux.La douceur de la poignée l'attirait toujours. L'or.Elle l'avait reconnu à plusieurs reprises, mais n'avait jamais pu désceller le mystère qui se cachait derrière elle .Elle ne le savait pas, mais elle s'en moquait, seul était le fait de s'envoler dans un autre monde.
Puis, une pensée lui traversat l'esprit.Celle qu'elle avait un cours.Un cours très important pour elle.Elle aurait voulu continuer de rêver, mais elle ne voulait en aucun cas désobéir à son maître, ni, d'ailleurs, à elle même.
Après avoir ouvert la porte avec un vague soupson de méfiance, elle continua son chemin vers le lieux de rendez-vous.
Elle courait, toujours avec une agilité peu commune.Elle reconaissait que ses talents était surprenant pour son age, mais elle savait aussi qu'un marchombre était beaucoup plus que cela.
Avec un passé pareil, elle se demandait si elle allait un jour trouver l'harmonie et la liberté.

Elle arriva enfin au lieu de rendez-vous, s'étant mise à marcher pour arriver.
Elle resta bouche-bée. Devant elle, seul l'herbe s'étandait.Personne.Elle gémit:

-Je suis en retard! Ils ont terminée le cours!Oh non!Je...
Elle se calma, puis réprimandat une tirade pour s'insulter, tellement elle n'était pas contente d'elle. Puis, comme le vent submergeant les nuages, elle se fit à l'idée qu'elle n'était pas en retard.
Elle allait attendre.
Oui, elle était sur:elle allait attendre.
Attendre.


Dernière édition par Ellenya Caléum le Lun 24 Mai 2010, 19:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Sam 22 Mai 2010, 09:55

Silence.


Namira se leva en poussant le loup qui s'était établit à ses pieds. Zoran leva la tête et la regarda s'habiller sans broncher. La jeune femme posa un doux baiser sur son museau, aujourd'hui c'était le jour. Zoran la regarda passer la porte, ses yeux jaunes examinèrent la pièce dans un bref regard, il posa sa tête à la fois patient et impatient, sa maîtresse reviendrait ce soir. Namira ferma la porte derrière elle, un dernier bâillement s'échappa de ses lèvres, la nuit avait encore était trop courte et le soleil n'était même pas encore levé. Le cour d'aujourd'hui se déroulait près de l'Oeil d'Otolep. Cet immense lac qui rappelait la mer des brumes tant il était grand. Namira avait beaucoup voyagé, elle avait quand même prit une boussole ayant un sens de l'orientation très faible.

Aujourd'hui, elle portait son habituel vêtement de soie bleu, et avait prit le soin de mettre une écharpe fuchsia pour la protéger du vent. Ce maudit vent qui lui emmêlait sans cesse sa longue chevelure blanche, ce maudit vent qu'elle avait apprit à connaître mais aussi à détester. Namira avança dans la cour et passa la portail. Le désert s'offrit à elle. La route allait être longue, elle fouilla dans sa sacoche couleur chair et en sortit la belle boussole en or que lui avait offert le peuple du vent. Direction le Nord. Une fois de plus la jeune apprentis avait emporté tout ses bibelots, des bracelets qui chantaient à chacun de ses mouvements, des rastas, des perles, une coiffure en décalage, mais en harmonie avec la pagaille, et autour de son cou des dents de loup, celles de Zoran. Ce style qui lui était propre, qui lui donnait une certaine allure, qui la rendait différente. Nous sommes tous uniques certes, mais Namira passait souvent comme une marginale, ce qu'elle était peut-être.

Elle rangea la boussole et s'éclipsa. La route sans Zoran était triste, elle aimait cet animal plus que sa chair. Il faisait parti de sa vie, il faisait parti d'elle. Un lien plus fort que ceux du sang les tenait main dans la main. Namira oublia de penser à lui, elle aurait tout le temps de profiter de lui quand elle rentrerait. Mais il était vrai que depuis qu'elle l'avait près d'elle, elle était devenue animale. La démarche nonchalante de la novice voulait tout dire, elle était elle. Le vent continua de la bercer durant tout son voyage, elle arrivait de temps à autre à comprendre ce qu'il voulait lui dire, mais le doux murmure finissait dans une tempête de froid. Elle avait tout apprendre, elle espérait, ou plutôt Athalée, rêvait d'ouvrir les yeux à des Hommes, qu'ils soient Marchombres ou Mercenaires. La donne était la même, chacun méritait de savoir ce qu'était le pouvoir de la pensée en d'autres thermes ce qu'elle avait appelé l'Art Céleste.

Au cour de ses longs voyages Namira avait réussit à s'affirmer comme l'une des grande tête pensante de l'époque. Elle, Athalée était sa façade personne ne savait qui se cachait derrière ce masque de démon aux airs narquois. Le secret était le plus total, une tranquillité assurée. Si elle avait un jour choisit de rentrer dans cette école. C'était pour grandir, pour trouver une voie qu'elle ne connaît pas, une voie qui serra la sienne et qu'elle pourra assumer entièrement. Le regard des autres, c'était ce qui la laissé la plus indifférente. Namira avait toujours eut horreur des préjugés. De cette tonnes de médire dont se nourrissent les mauvais gens. Combien de fois l'avait-on hué dans une rue en l'insultant de créature? Et combien de fois elle s'était simplement retournée en leur répondant simplement: « Je suis ce que tu refuses de voir. » Les mots pour seuls armes, voilà sa vraie philosophe. Mais le vent devait tourner, elle devait ouvrir son esprit au monde, et écouter les autres. Un marchombre, respecte les siens. Un marchombre, écoute les élément. Un marchombre, est harmonie. Un marchombre est l'ouverture. Namira, elle n'était rien de tout ça. Elle le serait, peut-être un jour.

Elle se demanda si son esprit n'était pas au final trop en guerre contre les personnes qui l'entouraient. Retissante et méfiante, malgré son grand cœur Namira voulait toujours être seule. Mais la solitude n'engendre que le malheur c'est bien connu. Dans un soupir de douleur, elle c'était vite rendu compte qu'elle avait peur. Une peur qui lui faisait fuir la société et tout ce qui s'y rapportait. La solitude est tel un poison. C'est pourquoi Namira avait besoin d'aide, sa décision avait été dure, son choix lui avait été sur. Elle voulait rencontrer, comprendre des gens qui servaient la liberté comme elle. Namira ne savait pas vraiment qui était ces marchombres qui faisait tant rêver le continent. A une seule réponse elle avait répondu, en une seule seconde elle se trouva propulser dans la machine. Elle se demandait, si elle n'avait pas sauté une étape. Pour seule réponse elle eut droit à un: « Non, c'est bien ici. » Alors elle avança, le destin la guida jusqu'à ces portes. Sa vie allait changer du tout au tout. Une page allait définitivement se tourner.

Adieu tendre souvenir, adieu voyage sans visage. Les mots pour seuls armes. Namira continuait de marcher sans se retourner, le lac n'était plus très loin. Les fins rayons du soleil vinrent éclairer le sol sec, la belle se sentit rassurée. La nuit ravivait en elle un moment sombre de sa vie. Mais elle tournait cette page, elle devait avancer sans regarder en arrière. Namira arriva. Elle sentait que c'était ici. Les arbres continuèrent de danser sur la musique du vent. Elle regarda autour d'elle l'endroit vide. Son maître avait visiblement envi de jouer aujourd'hui. L'aura de son maître et Namira leva furtivement les yeux, mais rien ne s'offrait à elle. Toujours plus. La jeune apprentis posa ses affaires sur le sol, puis écouta le silence qui s'installa. Le choix de la voie marchombre avait été difficile. Un parallèle entre son Art et l'Art. Elle regarda une dernière fois derrière elle, en se demandant si elle avait bien fait de choisir cette voie. Le doute la paralysa. Pour se calmer elle s'allongea sur l'herbe avec une délicatesse peu commune, elle se posa sur la terre dans un silence assourdissant.

Ses longs cheveux blancs s'éparpillèrent autour de son visage, elle avait besoin de faire le point avant que le cour commence. Ses yeux turquoises se perdirent dans les hauts feuillages des géants. Elle était absente, sa vie passa dans sa tête à une vitesse accélérée. Namira enfonça ses mains dans la terre sèche. Elle cherchait ses racines. L'énergie de la terre ne pu rentrer en elle, elle ne comprenait pas les éléments qui l'entouraient. Le contact de la terre la fit frémir, si seulement elle pouvait réussir à parler avec le monde entier; autrement que par la parole ou l'écriture. Elle se souvenait très bien de sa rencontre avec Lidia, cette femme qui lui avait fait voir que rien n'arrive si on ne bouge pas. Namira se lança alors à la recherche des marchombres, elle voulait apprendre. Le vent la ramena à la réalité. Elle ne c'était pas trompée. La belle se releva et se positionna en tailleur, pour attendre que son maître se manifeste. Même si elle avait une vague idée d'où se trouvait la marchombre, sur un arbre en train de l'observer minutieusement. Namira n'avait jamais escaladé de sa vie et de s'aventurer relevé de la folie. Elle leva juste les yeux patiente, sa respiration se calma. Le voyage n'avait pas été très long, mais la philosophe n'avait pas pour habitude de faire des randonnées ou autres activités physique. Elle était là pour ça.

« L'Homme dans toute sa splendeur, ne croit pas que la pensée puisse être une force. Pour lui tout ce qui ne s'exprime pas physiquement n'existe pas. J'ai longtemps étudié le comportement de plusieurs tributs sur le continent. Mes études montrent que quand un peuple se lie pour créer du bonheur la flore autour de leur village. Simple coïncidence? Je ne parlerai pas d'étude si cela relevé juste de chance ou de hasard. Si on pense que la lune exerce une force sur les océans, en attirant vers elle des vagues chargeaient d'énergie. Puisque tout n'est qu'énergie. L'énergie peut alors être considérait comme une force. Un mouvement qui se dégage de corps prêts à offrir un changement perpétuel et régulier. Alors, si on considère que la pensée est une force, donc une forme d'énergie puisqu'elle est sans cesse en mouvement. On peut affirmer que si tout les êtres pensifs du continent se mettaient à penser à la même chose, les forces cumulées feraient que cette même pensée finirait par se réaliser. Une pensée, est infime. Elle peut se comparer à un millième de grain de sable, mais à la fin si on assemble chacune des pensées entre elles, alors une immense étendue de sable se formerait, une plage prête à accueillir de la vie, un souhait, une intention. Dans ma courte vie j'ai fait des expériences qui ne cessent de prouver le pouvoir de la pensée sur son environnement. Ce sont des ondes. Un jour j'ai planté de arbres, même ensoleillement, même race, même nourriture. Chaque matin j'allais les arroser. Quand je m'occupais du premier arbre je ne pensais qu'à des choses qui me rendaient excessivement heureuse, ensuite j'allais sur le second arbre et la je me mettais à penser de malheur et de drame. Au bout d'un mois, le premier arbre était resplendissant, et le deuxième ternes et faible. Je prouve à travers ça que tout est possible grâce à la pensée. »

Athalée-L'Art Celeste, Chapitre 5: L'existence de l'ignorance.

Namira avait sortit son livre avait lu en vitesse le début du cinquième chapitre, elle laissa le bouquin sur ses genoux. Toujours aussi patiente. Puis elle se leva, elle s'était trompée. Une voix s'éleva un peu plus loin. Elle se leva et s'approcha de la fille qui cherchait leur maître. Elle était jeune, Namira la regarda sans dire un mot, les deux novices attendaient leur maître.
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Sam 22 Mai 2010, 12:01

Phy s'agita, souffla et, avec peine, ouvrit une de ses paupières. Le peu de lumière qui pénétrait par la fenêtre, pourtant masquée d'un rideau de toile grossière, suffit à l'éblouir. Gardant les yeux ouverts, il cligna difficilement des yeux jusqu'à ce la vision floue qu'il avait eut du dortoir gagne en netteté. Il bailla longuement puis massa vigoureusement ses joues, tétanisées par l'immobilité du sommeil. Son ventre gargouilla, et il soupira, tentant de comprendre pourquoi lui, dormeur professionnel, s'était réveillé aussi tôt.

Quelque chose n'allait forcément pas.

L'oreiller était moelleux, la couette chaude, les draps doux. Le lit simple, de bois clair, était pourvut d'un matelas étonnement moelleux –et qui, pour quelqu'un qui avait passé les deux derniers mois à dormir dans de l'herbe humide ou rappeuse, était le comble du bonheur. Le dortoir, grand, baignait dans un lumière qui hésitait encore entre la pâleur d'un soleil matinal et l'ombre d'une nuit sans lune, et les quelques respirations des élèves qui n'étaient pas encore levés le berçait dans sa demi somnolence. De temps à autre, il percevait le bruit d'un drap qui se froissait sous les aléas du rêve, ou encore le mouvement décidé d'un corps qui se lève pour quitter silencieusement la pièce.

Phy se retourna, et enfonça son nez dans son oreiller.
Il remonta sa couverture jusqu'à recouvrir sa tête et tenta de replonger dans l'hymne de son rêve à peine terminé.
L'atmosphère était parfaitement destinée au sommeil.
Mais le sommeil ne venait pas.
Pire encore; il le fuyait!

Donc, quelque chose n'allait pas.

Le garçon se redressa et s'assit en tailleur, repoussant son doux duvet. Il s'étira nonchalamment, bailla encore, puis poussa le soupir consterné de celui qui aurait bien continué sa grasse matinée avant que il-ne-savait-qui-ou-quoi ne l'arrache de sa tranquille farniente.

Déboussolé, il se levait alors, et sentit quelque chose tomber dans son dos. Il se retourna vivement et, plutôt étonné, ramassa le bout de papier qui venait de quitter le col de sa tunique de nuit. Toute grasse matinée oubliée, il l'ouvrit avec énergie, tant et si bien qu'il le déchira presque.
Le message était. Clair. Précis.
Efficace.

Cour marchombre.
Rendez-vous Rocher, chemin forestier principal vers lac.
2 heures après lever du soleil.

Et voilà.

C'était ça, la chose qui l'avait réveillé. Avoir un morceau de papier dans le cou n'était pas la meilleure des techniques pour passer une bonne nuit. Il fronça les sourcils. Comment avait-on pu venir déposer ce message sans le réveiller ? C'était tout bonnement impossible. Impossible. Son sommeil était si léger qu'un frisson suffisait à lui faire ouvrir les yeux ! Et pourtant...
Il se tapota le nez.
Si il n'avait pas su lire, s'il ne s'était pas réveillé et s'il n'avait pas fait attention au morceau de parchemin, il aurait eut l'air malin.
Il sourit.

Il était frai et dynamisé par une bonne nuit de sommeil.
Il avait le bout de papier.
Il connaissait les mystères des liens qui se tissent entre les lettres pour former des mots, et les secrets des mots qui se marient pour former des phrases. x)
Il était temps !

Phy bondit sur ses pieds.
-D'accord, il était déjà debout, mais attribuons cette action à une sorte de métaphore de la décharge d'énergie qui déferla en lui.-
Phy bondit sur ses pieds.

Enfilant sans la boutonner sa grande -et habituelle –mais propre chemise de marin, il se précipita vers la fenêtre. Il glissa la tête derrière le rideau et estima que le soleil ne s'était levé que depuis une heure, et fut soulagé d'avoir un peu de temps. Revenant vers son lit, il buta dans celui d'un dormeur qui grogna. Phy grommela une excuse, puis plongea sous son lit pour y dénicher son grand –et habituel –mais propre pantalon. Il sauta dans ses bottes de cuir souple aux semelles fines, passa sans hésiter son poignard ouvragé à sa ceinture, puis glissa sa carte pliée et son passe partout rouillé dans la poche de poitrine.

Il jeta un regard interrogateur à son lit, se demandant si il n'avait rien oublié, puis sortit en faisant claquer la porte. Il ne prit pas garde au concert de protestation qui suivit sa sortie. Et s'élança, sur de lui, dans le long couloir froid. Il effectua un détour par la salle des eaux où il se passa de l'eau sur le visage et dans les cheveux. Il ignora son reflet et repartit, aussi vif qu'il était arrivé.

Aidé par ses repérages précédents dans le bâtiment, il trouva la sortie sans trop de peine, et se mit à courir dès qu'il eut franchit la porte de bois. Ses pieds, légers, foulaient le sol en dégageant un mince nuage de poussière à chaque pas. Le soleil, qui ne dépassait presque pas de la cime des arbres qui entouraient le lac, chauffait déjà l'air. Phy trouvait cela parfait. Ses cheveux humides, fin et légers, s'ébouriffant au rythme de sa course. Le vent, qui rafraîchissait néanmoins l'atmosphère, soulevait les pans de sa chemise tandis qu'il tentait avec difficulté de la reboutonner sans cesser de courir. Enfin, il aperçut le rocher.

_Un bon plongeoir_

Il accéléra l'allure, à peine essoufflé.
Passant près du lac, Phy ne résista pas à la tentation de s'arrêter pour y plonger sa main. L'eau était fraîche, et d'une couleur cristalline.

_Parfaite_

Phy en projeta sur son visage qui afficha un air épanouit. Il longea une plage de sable grossier parsemé de galets d'un beige avenant, puis, enfin, arriva au gros caillou.

Il n'était pas en retard –mais pas en avance non plus- et deux apprenties attendaient déjà leur maître _"Jamais !"_ Leur... Guide. Phy s'approcha d'elles, accrochant les derniers boutons de sa chemise.

Il les détailla.

Deux filles. L'information reçue par son cortex préfrontal ne lui inspira aucune véritable réaction. Etait-il le seul garçon du cour ? Peu importait.
Une avait les cheveux blancs et les yeux très clairs, plus vielle que lui, et tenait un bouquin à la main. Elle était habillée de bleu et de fuchsia, -ce que le jeune homme considérait comme une horripilante faute de goût, et n'affichait aucune véritable expression. Il sourit. Une indéchiffrable.
L'autre, aux cheveux châtains et aux yeux bleus, avait l'air un peu perdue –pourquoi fixait-elle cet arbre de cette façon ? -Une hésitante ?
Phy s'avança vers elles.

-B'jour tout le monde, dit-il d'une voix enjouée, leur adressant un sourire lumineux.

Puis il se détourna et s'approcha de l'arbre.
Il posa une main sur son écorce et regarda autour de lui. Il était étonnant de constater que leur maître _"Jamais !"_ Leur... Professeur ne soit pas encore là. Si Phy avait été prof', il n'aurait pas trouvé acceptable que ses élèves ne se présentent pas à l'heure en cour; et comme dit le proverbe "Fait toi-même si tu veux que l'on fasse ce que tu veux", il n'aurait pas eu d'autre alternative que d'arriver à l'heure. Et puis, être présent pour accueillir les futurs apprentis et leur montrer, comme le fait le dompteur dans la cage des tigres, qui était le maître –Le chef, le super alpha, celui à qui il fallait obéir. Et puis, pour pouvoir les juger, les détailler, leur poser une ou deux question avant que commence le cour, pour savoir à quoi s'attendre...
Phy plissa les yeux.
Peut-être qu'il était déjà là, caché derrière le rocher, à les percer à jour.
Là, bien planqué, il se faisait attendre pour observer leur réaction.
Peut-être que le cour avait déjà commencé, peut-être que le but était de le trouver !

Incapable de rester en place, Phy s'élança vers le rocher qu'il grimpa en s'aidant d'une accumulation de terre qui lui permit de ne pas utiliser ses mains. Arrivé au sommet, Phy plaça sa main en visière et observa les alentours.

Rien.

Alors, il sauta d'un endroit pas trop haut pour descendre, se réceptionna avec souplesse puis revint vers l'arbre. Ignorant le regard des deux filles, il s'agrippa à la première branche, et y grimpa en s'aidant de la force des bras. Il s'y jucha d'un mouvement énergique.
Mais. Mais. Mais. Son regard s'alluma. L'arbre n'était-il pas une parfaite cachette ?
Il regarda vers les branches, au dessu de sa tête, et sourit en apercevant un morceau de pied, loin, dans les hauteurs de l'ancêtre feuillu. Elève ou ...? Il ne voyait pas son visage.

-Bonjour, dit-il avec un sourire.

Mais il ne grimpa pas plus haut. Il n'y connaissait rien à l'escalade, et n'allait pas risquer de tomber dès son premier cour.
Ainsi, patientant tranquillement, son esprit tendu pour essayer de percevoir qui se cachait la haut, Phy s'assit sur sa branche et attendit, frissonnant.
Il avait froid.
Il aurait du emmener son écharpe.
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Lun 24 Mai 2010, 14:47

La jeune fille était arrivée. Depuis peu, peut-être une semaine, peut-être un peu plus ou un peu moins. Elle s'en fichait, elle était arrivée finalement. Mais pourquoi, fichtre, avait-elle finalement écouté ce qu'on avait pu lui dire ? Elle qui avait toujours eu l'orgueil de penser qu'elle et elle seule dirigeait sa vie, que les autres étaient inutiles dans cette dernière, dans sa vie à elle, et qu'ils se complaisaient à penser qu'ils lui étaient utiles, qu'ils lui étaient indispensables, les égoïstes, les orgueilleux. Oui, mais voilà, à dire vrai elle n'avait perçu réellement aucun de ces deux sentiments. Sans doute savaient-il bien mentir, n'est-ce pas ? Elle ne voyait pas d'autre explication. Que son orgueil se fût assagi pendant quelques minutes ne lui venait même pas à l'esprit, et qu'elle eût choisi d'elle-même de prendre la voie qui pouvait s'offrir à elle lui paraissait invraisemblable, sachant qu'elle ne l'avait pas découverte toute seule, mais que deux personnes lui avaient montré le chemin.


♪♫ « Mais qu'est ce qui toujours nous pousse
A dresser tant de barrières
La peur, l'honneur ou l'orgueil
» ♪♫
Kyo


Elle marchait, simplement. Ses pieds nus glissaient dans la poussière, se recouvraient de terre, de saletés, s'écorchaient, çà et là, sur le côté, le long de la cheville, dans les ronces, par dessus les épines des pins. Elle s'en fichait. Elle n'avait pas vécu dans la campagne, et elle n'y avait aucun réflexe. Elle faisait sans doute un bruit monstre, et c'était sans doute pour cela qu'elle ne voyait aucun animal. Peu importait. Tapant violemment dans un morceau de bois, elle sentit une pointe entrer dans son gros orteils, tandis que la brindille valdinguait à plusieurs mètres de là. Ne s'arrêtant même pas pour regarder si oui ou non elle s'était entaillé, Say'n continua à marcher. Tout était si étrange...

Elle revoyait sa rencontre avec cette fille rousse, sur les trois d'Al-Chen. Elle se disait que de toute manière, personne ne serait comme elle. Que les autres se laisseraient peut-être persécuter, quelques minutes, sans doute, au moins... non ? Sauf qu'elle était venue pour... Apprendre. Ouais, on peut dire ça comme ça. Elle ne comprenait vraiment pas pourquoi elle avait accepté, et pourquoi elle continuait à se diriger vers le lieu où elle commencerait cela. L'espoir d'une nouvelle vie ? Non pas qu'elle voulait oublier ce qu'il avait pu se passer jusque là, dans sa vie, mais qu'elle sût, en quelques sortes, pouvoir en faire abstraction.

Des, tu seras toujours là, dans mon coeur,
Je suis ta mère, tu as été tout pour moi,
Et même si aujourd'hui tu n'es plus là,
Tu vivras toujours, mon chéri, en moi...




ø ø « Le souvenir du bonheur n'est plus du bonheur ; le souvenir de la douleur est de la douleur encore. » ø ø
George Gordon, Lord Byron



Soupirant, la jeune fille se glisse le long d'un arbre, le caresse de ses longs doigts, juste à son contact. Elle était allée, dans ce bâtiment. Il était grand, très grand. Elle avait osé s'y aventurer, même si elle devait bien avouer... qu'elle était intimidée, à l'idée d'y entrer. Intimidée, oui, comme si son orgueil voulait enfin lui faire comprendre quels sentiments elle pouvait ressentir. Elle soupira, suivit le chemin des yeux, avant de s'y engager. Elle se demandait comment cela pouvait se passer. Elle avait finalement su qu'elle devait se rendre près d'un rocher, sur la route qui traversait les bois.

Elle avance. Voit trois autres personnes, hausse un sourcil. Pff, en plus, ils seraient plusieurs ! Se mordant la lèvre inférieure, elle lança des éclairs noirs, de ses pupilles, puis avança, la tête haute, le menton tendu, provocante. Elle sauta dans un arbre, grimpa facilement jusqu'à une branche. De son regard d'ombre, elle détailla rapidement ceux qui étaient là. La première n'avait rien de remarquable, et Say'n ne releva pas les quelques mots qu'elle l'avait entendue prononcés. Elle était dans la moyenne des tailles, sans doute, les cheveux longs et châtains, banaux, la silhouette gracile. La seconde, une autre fille, avait de longs cheveux d'un blanc immaculé, ses yeux clairs étaient étranges et son accoutrement carrément horripilant. Elle avait un livre dans les mains, ce qui fit secouer la tête dédaigneusement à la jeune fille aux cheveux rouges. Et puis, il y avait un garçon. Assez sec, pas spécialement grand, les cheveux noirs en bataille, elle se sentait comme... aimantée. Il avait l'air d'être totalement son opposition, cela l'intriguait, mais pour rien au monde elle ne l'aurait avoué ni montré. Il était monté dans l'arbre, et l'avait vue, car il venait de dire bonjour.

Hum ?

Ne disant rien, la jeune fille se redressa sur sa branche, ne comprenant pas. Fronça les sourcils. Oubliait, déjà, ce qu'il venait de se passer.


♪♫ « Ce n'est plus l'espoir
C'est l'ennui qui fait vivre
Combien de temps avant qu'on nous délivre
» ♪♫
Kyo


Et en plus, celle qu'ils étaient venue rejoindre, car Say'n avait cru comprendre que c'était une fille, ou plutôt une femme, n'était pas là. C'était le comble ! Un éclat de colère passa dans le regard de la jeune fille, tandis que les muscles de ses épaules se contractaient. La cherchant du regard, elle leva les yeux vers les feuillages, ne vit rien, plissa les paupières pour distinguer quelque chose dans la forêt environnante, sans rien voir. Soupirant, elle articula avec hargne...

- Pu***, mais quel intérêt de nous faire poireauter, non d'un Raï ?
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Lun 24 Mai 2010, 17:10

    Le vent soufflait, toujours, dans les feuillages, et Miss se cachait dans ces derniers, observant ses apprentis qui arrivaient. Elle savait qu'il y avait une mixité - toute relative, certes - dans le groupe, mais cela ne la dérangeait pas le moins du monde. Au contraire, ayant déjà un groupe composé uniquement de filles, cela changeait un peu, et ce n'était pas plus mal, car c'était une expérience de plus, et Miss ne souhaitait que cela. Elle aimait trop avancer sur la Voie pour regretter. Et puis, avoir quelqu'un de sexe masculin changeait aussi la donne, car ils ne fonctionnaient pas de la même manière, même si tout le monde était différent. La Marchombre eut une pensée pour son propre Maître, qui lui aussi parlait de son Maître, parfois, une femme. Comme s'il était presque une évidence que l'équilibre était là, entre les deux sexes. Mais Miss avait du mal à croire à une telle théorie, simplement parce qu'elle avait déjà rencontré des personnes ayant été formées, en tant que Marchombre, par un Maître du même genre qu'eux, et qui étaient de très bons Marchombres, aussi. Soupirant légèrement, la jeune femme reporta son attention sur ses apprentis, en dessous d'elle. Souriant seule, elle nota qu'ils attendaient tous, plus ou moins patients ou impatients. Ce qu'elle-même avait pu être impatiente, en tant qu'apprentie ! Elle avait toujours tout voulu le plus rapidement possible, parce que depuis sa plus tendre enfance, elle était toujours très rapide dans ses actions, elle voulait apprendre vite, se surpasser, toujours, dans les arbres, dans le combat, à la Citadelle, aller plus vite, être vite plus forte, et sa formation d'Envoleuse, avant d'être Marchombre, l'avait confortée dans sa pensée qu'elle pouvait toujours aller plus vite. Elle avait pourtant par la suite appris que certaines choses ne s'acquiéraient qu'avec le temps.

    Soupirant encore une fois, Miss monta un peu plus dans son arbre, pour être totalement imperceptible, encore plus qu'elle ne l'était déjà, mais surtout pour que ses apprenties n'eussent pas l'idée de venir la chercher dans les arbres, et ne tombent pas sur elle, même si c'était très peu probable, après tout ! Souriant à cette idée, la jeune femme détailla donc chacun de ses apprentis, et commença déjà à étudier leurs manières de faire et d'être, dans cette action si spécifique d'attendre. La première, Ellenya, s'était tout d'abord faite peur, elle l'avait vu. Sans doute avait-elle cru qu'elle n'était pas à l'heure, alors qu'elle était la première à arriver, du côté des élèves en tout cas. Puis, elle attendit, assez patiente. Son attitude montrait pourtant une pointe d'impatience, et Miss nota la manière de se tenir de la jeune fille. Elle se tenait plus sur une jambe que l'autre, décalant sa colonne vertébrale à droite. Souriant face à cette manie, Miss passa à la seconde arrivée. C'était sans doute donc Namira. Elle s'était un peu renseignée sur cette jeune fille si particulière. Elle était apparemment une sorte de philosophe connue dans tout le pays, sous un autre nom, évidemment. Elle portait d'ailleurs un livre dans ses mains. Miss n'en savait pas plus, et si elle s'intéressait à son apprentie, avait que faire de ce qu'elle avait écrit : seuls les actes, ou presque, comptaient, pour l'instant. Puis, le jeune homme arriva à son tour, tout à fait impatient. Il semblait nonchalant, ce qui tira un sourire, encore, à Miss. Il était par contre, tout à fait impatient, et tenta de monter dans l'arbre. Alors, arriva la dernière, avec ses cheveux d'un rouge étrange, elle se hissa dans l'arbre, mais se fit prendre de cours par le garçon, avant de lancer, hargneuse, que cela commençait bien...

    Le rire thrille de Miss retentit dans la forêt, et en écho à ce dernier, quelques oiseaux sifflèrent une petite mélodie. La jeune femme sourit, et descendit lestement de sa branche d'arbre, souple et gracieuse, et invita les deux apprentis dans l'arbre à la rejoindre sur le sol. Leur adressant un sourire, la jeune femme les détailla encore rapidement, posant ses yeux dans ceux de ses apprenties. Bleus, ceux d'Ellenya, ceux de Namira, ceux de Phy. Noirs, comme aspirant toute la lumière, comme réfutant le droit à la clarté d'exister, ceux de Say'n. Des yeux qui reflétaient des sentiments, des émotions, toutes différentes. De l'impatience, des doutes, une certaine naïveté, de la rage, de la colère. Miss se dit qu'elle avait une sacrée brochette, avec ce groupe. D'après ce qu'elle pouvait en voir, tous les élèves étaient très différents, et cela s'avèrerait très intéressant de les mener tous ensemble sur la Voie des Marchombres. Elle soupira, avant de s'avancer vers eux tous, et leur dit finalement :


    - Bonjour à toutes et à tous, Ellenya, Namira, Phy et Say'n. Je suis Miss Nyya. J'espère vous guider longtemps sur la Voie que vous avez choisie, en toute conscience. Nous allons commencer par quelques étirements, car je suppose qu'aucun d'entre vous ne s'est échauffé avant de venir. Comme nous marcherons beaucoup, nous pouvons nous échauffer en avançant vers notre destination finale. Dans tous les cas, sachez que nous partons pour plusieurs semaines, pour ce premier cours. C'est pour vous immerger dans votre futur quotidien, et savoir si tout cela vous conviendrait, évidemment...

    Leur adressant un sourire lumineux, la jeune femme commença donc à avancer, suivant dans un premier temps le chemin. Elle les fit un peu courir, une vingtaine de minutes à un bon rythme, avant de leur montrer les mouvements à effectuer pour s'échauffer convenablement, mais s'étirer aussi. Pour l'instant, ils suivaient le chemin qui sillonnait dans la forêt, au pas de course. Autour d'eux, la forêt s'éveillait lentement alors que le soleil grimpait dans le ciel. Les oiseaux gazouillaient, les renards rentraient dans leur tanières, tandis que les lapins sortaient pour attraper la rosée qui se déposait sur les herbes et les plantes. Le petit déjeuner était servi. Miss espéra alors que chacun de ses apprentis avait pris un bon petit-déjeuner, car ils ne mangeraient pas jusqu'à midi, et ils allaient beaucoup se dépenser d'ici-là. S'arrêtant de faire les "talons-fesses" comme elle leur avait demandé, elle marcha simplement, mais fit quelques mouvements avec ses bras, puis avec son cou. Et enfin, elle prévint derrière elle, avant de recommencer à courir, mais d'un rythme un peu plus soutenu que lors de l'échauffement. Ils allaient courir toute la matinée, de toute manière, car ils devaient être les plus endurants possible. Cependant, Miss avait conscience qu'ils n'en avaient pas tous les moyens physiques, alors elle ralentissait lorsqu'elle sentait que l'un ou l'autre commençait à faiblir, les obligeait néanmoins à courir, même très doucement, même si c'était plus lent que de marcher, mais pas à marcher, car c'était ainsi que l'on donnait le mieux le rythme de la course à son corps. Souriante, Miss se glissait entre ses apprentis pour les encourager. Lorsque le soleil fut à l'apogée de sa course, la jeune femme autorisa enfin ses apprentis à marcher, et à souffler. Lorsqu'ils eurent tous repris leur souffle, la jeune femme les invita à manger, leur distribuant un morceau de viande séchée, mais très vitaminée et nourrissante.

    - Cette après-midi, nous allons marcher, cela sera l'occasion de parler un peu ! Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me les poser, je ferais de mon mieux pour vous répondre, si je connais la réponse en tout cas !

    Alors, ils repartirent à pieds. Miss savait que le voyage durerait longtemps, ainsi. Mais c'était essentiel pour elle, car les apprentis devaient acquérir une certaine résistance, et rien n'était mieux qu'une longue balade, jusqu'au Nord de l'empire. Souriant à cette pensée, elle se souvint des dernières semaines qu'elle avait passées avec son Maître, qui l'avait conduite jusqu'au Septentrion des Géants, tout au nord du continent de Gwendalavir, par delà le royaume Raï. Cela avait été des moments uniques, magiques, sur cette terre jamais foulée par les hommes, juste par les Marchombres, les Maîtres Marchombres et leurs apprentis, au fil des siècles. Leur âme les avaient suivis, et elle s'en était repaîtrée longuement. Un voyage ne pouvait après tout qu'être initiatique, n'est-ce pas ? Evidemment... Soupirant, Miss se tourna vers ses apprenties, un sourire tendre accroché à ses lèvres. Evidemment qu'elle avait envie de les connaître, de savoir ce qu'ils pensaient, de rassasier leur curiosité, qu'importait la profondeur de cette dernière. Elle voulait continuer d'apprendre, elle aussi, et elle n'en revenait pas de voir à quel point enseigner lui apportait. Déjà, avec Tara, Syndrell et Lyan, elle s'en était aperçue, prenant un réel plaisir à les faire avancer sur la Voie, à partager ses connaissances, à apprendre à apprendre. Souriant au ciel, elle se demandait bien ce que penseraient ses apprenties, ce qu'ils pourraient lui demander, ouverte à tout ce qu'ils pouvaient demander, évidemment...
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Mar 25 Mai 2010, 21:37

Ellenya courait.
Le maître leur avait faire des échauffements, puis courir, et leur avait proposé de faire une pause.
Ellenya avait couru sans se plaindre, obéissant à son maître du début jusqu'à la fin.Elle avait toujours aimée courir, et d'ailleurs l'essoufflement ne la parcourut à aucun des exercices que le maître leur faisait faire.
Namira et Phy lui paraissaient plutôt sympathiques.
Elle broncha en pensant à Say'n. Cette fille rousse à bouclette, qui lui faisaient penser à une gamine. Ellenya se disait qu'elle était d'une de ces personnes qui font des remarques et insultes même les autres en pensant que leur petite personne est parfaite.Elle avait l'air excentrique, presque...arrogante aux yeux d'Ellenya. Say'n n'était pas...extraordinaire. D'ailleurs Say'n la fixait avec un regard noir. Elle ne savait pas pourquoi.

Ellenya n'éprouvait aucun regret à avoir voulu parcourir la Voie des marchombres.Elle savait que cela la conduirait loin. Très loin.
Elle avait apprécié les exercices de souplesse, mais avait moins aimée les talons-fesses, ou les montés de genoux. Elle aimait bien, certes, mais elle aurait préféré un exercice moins...Banal. Mais cela n'avait aucune importance.De toutes façon, il fallait bien s'échauffer.Elle savait que ce serait cela tout les matins. Tout les matins pendant une semaine. Cela ne lui déplaisait pas. Elle adorait la nature. La beauté de ce lieux magnifique était incroyable. Même magique. La verdure remplissait presque tout le paysage. Une seule anomalie fit hésiter Ellenya. Mais pourquoi?Pourquoi Say'n leur jetait un regard tant de haine, de colère? Ellenya fouilla ses pensées, mais ne trouva rien.Aucun souvenir d'une haine avec cette fille. Alors...Pourquoi lui semblait-il que Say'n ne l'aimait pas? Deux réponses traversa son esprit: Peut-être qu'elle était furieuse qu'Ellenya prenne cour avec elle, qu'elle fasse maintenant partit de celle qui la vouerait à l'échec? Peut-être car elle était jalouse? Ellenya haussa les épaules.Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle ne laisserait personne lui marcher sur les pieds, pas même Say'n qui semblait la trouver nul. Personne ne pourrait l'empêcher de suivre sa voie.

Un petit instant de marche ne fit pas de mal à Ellenya. Même n'étant pas du tout épuisée, elle appréciait de regarder et de découvrir la nature, de déjouer ses moindres secret. Puis le maître leur proposa de manger, leur donnant un morceau de viande séché, qui convint parfaitement à Ellenya, n'étant pas très exigeante. Ellenya avait tellement de questions, qu'elle n'arrivait même pas à faire le tri. Elle fini par rester silencieuse, ne voulant pas déranger le maître avec sa curiosité. Elle manga avec faim, en dégustant chaque bout pour ne pas réclamer, deux secondes plus tard, encore à manger, n'ayant pas manger son bout de viande avec modération.
Une semaine. Une semaine dans le nord de Gwendalavir la mettait en joie. Désormais, elle savait quelle cadeau recevait le marchombre.
La liberté.

Elle aurait imaginé une académie avec des règles tellement stricte que sortir dans le jardin serait interdit, qu'il fallait se coucher à une heure bien précise_peut-être juste après le dîner_ ou les salles de cours était des pièces closes, renfermées, et que pour prendre la parole il serait obligé de lever la main, ou les exercices ne seront que orale ou écrit, et non physique, ou les sorties en dehors de l'académie se feraient une fois par an. Cette académie était tout le contraire. Déjà, elle était luxueuse et décoré, ce que les autres académie n'avait pas comme atouts. De plus, le calme y régnait, comparé à d'autre ou les couloirs étaient remplis d'enfants chahutant, et que, dans les salles de cours, des avions en papier sont envoyés tout le long de la salle.
Non.
C'était tout le contraire. Un contraire qui, qu'en on y pensait tellement, ne devenait plus logique, presque irréelle.
Ellenya soupira. Elle était tellement contente de ne pas avoir eu à faire à ce genre d'académie la, qu'elle ne pouvait retenir sa joie.Mais elle se contenta de baisser la tête, pour qu'on ne la suspecte pas.

Suspecter de quoi? Elle ne le savait pas. Peut-être pour pas qu'ils ne la trouve folle. Des fois les pensées d'Ellenya ne voulait rien dire. D'ailleurs elle se demandait pourquoi, la plupart du temps, ses phrases n'avaient pas de sens.Mais elle adorait penser. Car cela était sa personnalité, et, qu'en rêvant, elle s'apercevait de certaine choses dont elle était inconsciente.
Nombreuses était les passions d'Ellenya. Très nombreuse. Elle se demandait d'ailleurs si ses passions ne mettraient pas en péril sa formation de marchombres. Mais elle chassa vite cette idée de ses pensées. Chaque marchombre à ses passion, et sa personnalité.Même si, peut-être, elle n'arriverait pas à être marchombre, elle gardera son instinct, et son principale atout:La Liberté.
Pour elle, c'était plus qu'un mot. C'était une pensée, un élément, une force. Une force incroyable, que tout le monde n'a pas la chance de découvrir.Elle soupira intérieurement. Encore une pensée absurde. Absurde? La liberté, absurde?
_Jamais_
Elle s'embrouillait dans le faite que ce phrase n'était pas logique car elle contredisait la première phrase qui était, elle logique.
Décidément, Ellenya était très complexe. Une personnalité, plutôt, qui la rendait complexe. Ellenya mettait en jeu sa personnalité en souriant à cette éventualité. Un conflit entre sa personnalité et son instinct. Mais sa devise était bien clair: Vis ton rêve et rêve ta vie. Elle se souciait souvent de son caractère et de sa personnalité. Elle doutait des fois que les gens ne l'apprécie pas. Elle ressentait d'ailleurs la même chose avec certaines personnes.
Mais sa devise vivait toujours:Vis ton rêve et rêve ta vie. Une phrase qui parcourait toute son âme. Une phrase qui reflétait sa personnalité. Qui retentissait dans son esprit à chaque fois qu'elle désespérait, et en la prononçait dans ses pensées, elle reprenait confiance en elle. Évidemment,ça ne se déroulait pas comme cela à chaque fois. Des fois, elle sombrait dans la tristesse_ou dans la colère, qui arrivait moins souvent.

Mais, pour l'instant, elle ne pouvait se soucier de quelque chose.
Elle était heureuse.
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Mer 26 Mai 2010, 16:26

Lorsque le rire retentit dans les arbres, Say'n sentit ses mâchoires se contracter. Non. Elle contracta ses mâchoires, laissant ses dents grincer, les unes contre les autres. Elle riait ? C'était qui, au juste, qui riait, en plus ? Non, mais qui se prenait pour quoi, au juste ? Se retenant de ne pas sauter sur le premier venu - pauvre garçon, en plus il n'avait rien fait, en réalité, et c'était lui le plus proche de Say'n - la jeune fille prit une inspiration, levant les yeux... La forme était déjà en bas. C'était une humaine, en plus. C'était certainement elle qui avait ri. Que ce rire fût thrille, doux, mélodieux, elle s'en fichait : on s'était sans doute moqué d'elle,et de sa manière de dire les choses, de sa manière d'être. Non ?

Hum...

Peut-être pas. Elle l'avait juste détaillée, comme les autres. Et c'était à Say'n de détailler cette inconnue. Gracile, pas très grande sans être trop petite, elle semblait faite de vent, c'était étrange. Elle portait une jupe pas longue du tout, à peine un débardeur en haut, mais cela ne faisait pas vulgaire, contrairement à toutes les personnes sur lesquelles Say'n avait pu voir de tels accoutrements. Soupirant, la jeune fille aux cheveux rouges nota aussi la longue tresse dans le dos de la jeune femme qui était là. C'était donc elle... Ouais. Elle venait de le dire. Elle se prénommait donc... Miss Nyya. Drôle de nom. Peu importait. Elle était néanmoins concise dans ses paroles, et elle expliqua rapidement que ce les apprentis allaient faire. S'étirer et s'échauffer d'abord. Voilà bien longtemps que Say'n ne s'était pas étirée, ni échauffée. Gamine, dans les rues, elle n'avait pas la chance de pouvoir le faire.


ø ø « Il ne faut jamais capituler, jamais abandonner parce que c'est une forme d'impuissance,
la pire des calamités du monde.
» ø ø
Alice Parizeau

Pas très original, tout cela, mais au moins, cela avait le mérite d'être efficace. Say'n se demandait tout de même ce qu'elle faisait là. Cela avait été à cause de ce mot, prononcé par la fille rousse, dans la ville. A Al-Chen. Marchombre. C'était ça, Marchombre, faire des galipettes pour s'échauffer ? Cela en valait-il la peine ? Et voilà, elle avait encore perdu son armure de dédain, de colère, de hargne. Les questions, presque naïves, les interrogations, enfantines, prenaient le dessus. Comme si elle ne s'était jamais méfiée de rien. Elle était complètement incohérente. Mais alors, elle attrapa le regard peu éloquant de la fille la plus banale du groupe et observa dans ses yeux que cette dernière pensait qu'elle lui en voulait. Pathétique. Parce que les gens n'ont pas la même attitude que soi, on se permet de dire qu'ils nous en veulent. La réaction de l'incompréhension. Mais Say'n la connaissait, cette réaction.

Puis, la... Hum, Guide... Dit qu'ils allaient courir, pendant longtemps. Ils coururent, toute la matinée, s'arrêtèrent pour manger. Say'n ne gaspillait pas sa salive. Elle n'était pas très endurante, elle savait bondir, sprinter, semer, sauter, mais courir sur de longues distances, ce n'était pas cela, et elle n'avait aucune envie de perdre ne serait-ce qu'une infime partie de son souffle et de sa salive. Lors de la halte, elle but de tout son soûl, étrangement, car elle ne s'y attendait pas. Ruisselante, elle transpirait à grosses gouttes et l'humidité de sa peau faisait coller ses habits à cette dernière, ces vieux habits tous déchirés, ces haillons, qui avaient anciennement la forme d'une robe un peu échancrée. Elle s'en fichait, mais ça lui collait à la peau. Elle ne regardait pas les autres, les autres, elle s'en fichait. Pourquoi était-elle là ?

J'ai beau être à bout de souffle,
J'ai beau être trempée de sueur,
J'ai beau avoir la gorge en feu et les jambes tremblantes,
J'ai l'impression d'avoir accompli quelque chose.
Quelque chose... pour moi.
Quelque chose... pour toi aussi, Des.
Pour nous.


ø ø « Le seul charme du passé, c'est qu'il est le passé. » ø ø
Oscar Wilde

Pour l'après-midi, Miss leur dit qu'ils allaient marcher, pour les laisser reprendre leur respiration, mais aussi pour parler, s'ils avaient des questions. Justement, Say'n en avait, et elle ne s'interdirait pas de les poser. Même si elles pouvaient être abruptes, pas polies, voire carrément déplacées. Elle ne voulait pas s'engager dans quelque chose, à la base. Alors encore moins s'il s'agissait d'un truc qui ne trouverait aucun écho en elle. Et puis quoi encore ? Grinçant des dents, la jeune fille tourna la tête à droite, puis à gauche, y trouvant ses... "camarades". Pouvait-elle réellement les nommer ainsi ?

Hum...

- Pourquoi t'es Maître ?

Le tutoiement, impoli ? Ha, mais vous ne vous adressez pas à la bonne personne. Le vouvoiement n'était pas poli, cela faisait... comme si l'autre était au dessus de vous. Le respect n'était pas nécessairement supplanté d'un "vous" disgracieux, c'était évident pour Say'n. Et jamais elle ne se serait amusée à vouvoyer qui que ce fût. Et puis quoi encore ? Elle ne voulait dépendre de personne, et elle s'était toujours débrouillée seule, lorsqu'elle était seule, ou lorsque son fils était encore en vie. Comme si l'écho d'un passé pouvait s'effacer aussi vite... Foutaises.
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Jeu 27 Mai 2010, 17:25

Far Away


Namira ne répondit rien quand son maître se présenta devant eux, remarquant avec facilité le regard que lui portait les élèves, elle rangea agilement le livre qu'elle tenait dans la main. « Drôle de créature n'est-ce pas? » Ne trouvant pas étrange le fait que son maître soit une femme, elle posa des yeux respectueux sur son mentor. Elle avait un aura plus puissant, plus fort. Un sourire se dessina sur le visage de l'apprentie, non elle ne c'était pas trompé. Ils étaient trois, trois élèves prêts à apprendre l'harmonie et le silence. Namira sentait qu'elle n'était pas bien vue par les autres élève, mais après tout, elle n'était pas ici pour se faire des amis. La solitude, elle la connaissait bien. Ou simple pressentiment. Ils commencèrent tous à s'entraîner, Namira se força de respecter le protocole. Le sport et elle étaient presque en guerre, une rapide analyse des autres confirma ses doutes: elle avait mal choisit sa tenue. Sans plus attendre, après avoir subit la longue torture des étirements, la belle se releva et enleva sa tunique bleue pour la ranger dans son sac. Elle offrait à présent une tenue noire qui lui collait le corps. Un dernier geste, elle retira ses chaussures. Elle mit le sac à son dos et s'en alla vers son destin.

Le respiration, quelque chose de primordial, Namira savait très bien qu'elle ralentissait considérablement la troupe. Elle avait une folle envie de s'arrêter sous un arbre et de les laisser partir. Hors de question, elle devait se surpasser. Le soleil commençait légèrement à monter. La course n'était pas très rapide, mais assez pour que Namira souffle. Les autres élèves eux semblaient avoir une facilité habituelle à enchaîner les mouvements. Le garçon était étrange, la philosophe sentait quelque chose de troublant en lui et les deux filles semblaient... Trop sûres d'elles. Namira pouvait être jalouse de ces deux jeunes femmes. La voie marchombre qu'on lui avait promis allé être dure et parsemée d'embûches. Rien n'est simple, sinon sa se saurait. Les secondes paraissaient des heures interminables au cour desquelles Namira luttait contre son handicap, son physique ne lui permettait pas de subir autant d'effort. Mais elle courait, sans vraiment faire attention à ce qu'elle faisait. La terre vue sous cet angle avait des airs de girouette, les herbes et les cailloux qui défilaient dessous ses pieds ne fit qu'accentuer ses doutes. « Mais qu'est-ce que je fais là? » Elle voulait le monde, et pas devenir je ne sais quel bétail puant. Elle souffla encore une fois. La voie ne s'offrirait pas dessuite à elle, c'était une fille de la rue mais qui ne se paye pas de la même façon.

La voie. Namira entendait sans cesse ce mot, cette même passion qui animait tout les maîtres marchombres et même certains apprentis en phase de poser un pied de plus sur ce chemin. Mais, au fond qu'est-ce que la voie? Une simple route que tout les êtres de la liberté empruntent? Une ouverture au monde extérieur? Une dictature des lubies de certaines personnes? La voie se n'était rien, et pourtant s'était tout. Son maître se souciait vite de la condition de Namira obligeant la troupe à ralentir de temps à autres pour ne pas retrouver son élève en pleine crise cardiaque au bord du fossé. Elle avait l'air si douce, la voix d'un maître est toujours apaisante. Namira c'était bercé dans l'essence même son mentor, proche d'elle, seules et complices. D'un amour platonique. Se surpasser voilà ce qu'elle allait faire. Toujours avec la même difficulté Namira sa lança un peu plus vite, ses long cheveux blancs fouettaient rapidement son dos. Le tissus de son vêtement lui brûlait un peu les cuisses. « Excusez-moi pourrait-on, s'il vous plaît, passer à l'académie pour que je puisse me changer? » Ce désir princier fit sourire Namira, le plaisir de rire seul, c'est tellement rassurant. Ses jambes criaient leur douleur, la créature força sur ses mollets. Plus qu'un petit effort, elle poussa encore. Une fois que leur maître annonça le dîner, elle s'effondra à terre. Une profonde fatigue s'aplatit sur tout ses membres, il faudrait qu'ils s'y mettent tous pour la relever.

Son coeur cessa de battre la chamade, Namira reprit lentement sa respiration et croqua dans sa barre énergétique. Maigre repas, mais bon, n'étant pas de nature à beaucoup manger elle s'en contenterait. Son regard s'attarda un peu sur chaque élève. Qui était Ellenya? Une petite curieuse que la vie a prit sous son aile, une enfant qui n'a pas encore grandit mais qui finira par le faire un jour. Une femme qui fera tourner la tête des hommes. Au fond Namira la trouvait assez sympathique, si elle restait silencieuse sa lui convenait. Say'n, elle était une rousse bouclée avec des airs pire qu'hautains. Des manières de fille gâtée qui venait ternir la vraie couleur de son coeur. Une femme qui se cache derrière une apparence détestable et c'était bien dommage, elle était la pour être la meilleure en écrasant toutes les personnes qui seraient susceptibles de nuire à sa réussite, Namira avait une folle envie de faire parti de celles-ci. Le garçon lui, avait l'air plus sage. Malgré qu'un aura de battant se dégageait de lui, il donnait l'impression de se connaître déjà par coeur. Alors pourquoi était-il là? Pas désagréable à regarder, à la limite du diplomate. Enfin une tête pensante! Mais se n'était que des impressions, et Namira n'avait pas vraiment envie d'apprendre à connaître ses camarades, elle était la pour apprendre et non pour jouer à copains-copines. Elle attrapa sa longue crinière blanche et la noua difficilement derrière sa nuque. Après avoir bien mangé elle s'allongea sur l'herbe, une petite pause s'impose. Elle ferma les yeux en savourant l'air frais, ils allaient donc vers le nord. La ville natale de Namira se trouvait près de là-bas. Avec une voix douce et calme elle annonça, pour détendre un peu l'atmosphère pesante qui volait entre les quatre élèves:

-Si un jour on m'avait dit que j'allais courir comme ça, je pense que j'aurai bien ri. On m'attribue souvent le titre de flémarde, alors sa change.

La remarque avait été presque décalée, hors contexte. Namira s'en fichait, elle aimait vivre. Être seule lui faisait du bien. Qu'importe ce que pouvait bien penser les autres, elle était simplement elle.
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Ven 28 Mai 2010, 22:01

Phy, avec une grimace, déglutit. Le morceau de viande, dont l'âpre amertume suffisait à l'écoeurer, se coinça en travers de sa gorge. Il se mit à tousser, et sa langue entama une danse frénétique le long de ses joues, afin de produire la quantité nécessaire de salive pour faire glisser la chair rebelle et sèche le long de son gosier. Enfin, avec une profonde inspiration, il parvint à avaler. La viande, c'était dégueulasse. Il n'avait jamais aimé ça; mais, après avoir passé plus d'un an à ingurgiter 7 kilos de poissons par jour, sa langue avait complètement oublié le goût faisandé d'une bonne tranche de siffleur. Et ce n'était pas pour l'attrister.

Incapable de finir sa ration, la viande séchée rejoint Carte et Passe-partout dans sa poche de poitrine. Phy arracha une poignée d'herbe et, pensif, son regard se perdit dans le vague.

La fille Rouge venait d'arriver. L'air grognon, dirons nous avec un certain sens de l'euphémisme. Elle venait d'ailleurs de prononcer un juron que le garçon affectionnait tout particulièrement. Phy, immobile comme le corbeau de la potence, l'observa. Des grands yeux sombres, dans touts les sens du terme, encadrés par une cascade vermeille. Un mouvement souple, et un torrent de sang semblaient se déverser le long de son dos. Phy, admiratif et légèrement effrayé, sursauta quand un rire résonna dans la forêt. Gracile, il coula le long le l'arbre et s'éparpilla lorsqu'un souffle de vent vint mêler sa musique à ses arpèges délicat. Une silhouette, aussi gracieuse que le rire, glissa de branches en branches jusqu'à se déposer au sol. Phy surprit son regard joueur. Sur son geste, il sauta avec souplesse de sa branche, et s'avança. Comme envahit et attiré par l'aura profonde et fraîche, par le sourire et l'attitude joyeuse de la jeune femme.

Il se retrouvait donc avec trois filles, non, quarte sur le dos aurait-il dit si il était macho. Cela ne le dérangeait pas. Du moment que cela ne recommençait pas comme au village avec leurs yeux-à-cils-immenses-et-voraces et leurs-poses-genre-tu-m'as-vu ? Mais, positif, il espérait autre chose d'apprenties marchombres. Pas de papillonnages, pas de murmures enjoliveurs. Un peu d'originalité dans un monde plat. Un peu de tranquillité, aussi.

Il reporta son attention sur la guide. Miss Nyya ? Un nom étrange. Phy sourit. Ils avaient tous été nommés par des fous, ici. Phy suivit le regard de la guide lorsqu'elle s'adressa à eux. Ainsi...
Say'n, ce devait être la Rouge. Ce nom collait à l'idée qu'il avait d'elle. Quelque chose de profond, et de complexe, de caché et de hargneux. Curieux. Pour Namira -qu'il appellerait Nam', car il appelait rarement les gens par leur véritable nom- il aurait penché pour la Blanche, qui était elle aussi plutôt originale. Et la blonde, Ellenya, gagnerais le surnom Ell'. Say'n resterait Say'n. C'était très bien comme ça.

Madame la Prof' leur parla brièvement de Voie –Phy haussa un sourcil- de Choix –qui redescendit-. Il frissonna quand elle évoqua un échauffement –Haaa, ce besoin constant de mouvement- et se sentit fébrile lorsqu'elle évoqua une longue marche et une Destination Finale. Il sourit. Il adorait voyager. Bien que l'idée qu'une destination pouvait être "Finale" lui déplaise un tantinet –Une destination était certes un but, mais qu'était-ce qu'un but sinon un nouveau départ ? Bon joueur, et peut-être un peu intimidé; il ne releva pas.

Alors, dans le silence et l'étrange malaise qui régnait entre les élèves –Que Phy ignorait sans mal-, ils se mirent à courir. Puis à talonfesser. Ensuite, ils genouxpoirtinèrent. Et finirent par effectuer divers assouplissements, avant de reprendre un rythme de course plus élevé. Phy, plongé dans ses pensées, snobait tant bien que mal la fatigue qui le menaçait, la douleur qui grimpait dans ses mollets et la brûlure qui naissait dans son souffle. Il ne dit pas un mot.. Il courait parce qu'il devait courir. Et parce qu'il le voulait. Se contentant de faire ce qu'on lui demandait sans poser de question, jetant uniquement un regard entre curiosité et ironie sur ses camarades. Nam', surtout, avait un peu de mal à suivre, parfois. Mais la Guide, comme à l'écoute des pensées de ses élèves, ralentissait et accélérait pour lui permettre de toujours rester à la limite du trottinement. Un soupir collectif avait secoué leurs poitrines quand elle leur avait annoncé la pause. Puis, il s'était étouffé avec son bout de viande. Et maintenant...

Un mouvement le tira de sa rêverie. Phy n'avait pas écouté –pas entendu –pas prit garde aux mot prononcés par le professeur mais, puisque tous se levaient, il fit de même. Il s'attendait à reprendre la course mais, surprit, ils se contentèrent de marcher.

Une première question vola.

- Pourquoi t'es Maître ?

Phy se tourna vers Say'n. S'aperçut qu'elle le regardait. Tranquillement, il planta son regard océan dans son regard hautain. La regardant tout simplement. Comme le Dauphin regarde le Requin en sachant qu'il ne s'attaquera pas à lui, car il n'y trouvera aucun intérêt et parce qu'il ne l'atteindra pas. Dauphin trop rapide, trop instinctif. Requin trop féroce, presque prévisible dans sa férocité. Phy esquissa un sourire sans la lâcher des yeux. C'était comme si il affirmait son territoire. Comme pour lui dire –N'essaye pas, et en même temps –Ne me craint pas. Je ne suis pas un monstre, je n'ai pas peur de toi et épargne moi cette haine qui t'habite.

Il détourna les yeux, et s'intéressa brusquement au petit ruisseau qu'ils longeaient. Car elle était hargneuse, l'enfant, comme l'animal qui mord et s'agrippe à sa proie. La hargne. Le dédain, la rage. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Toutes ces émotions n'étaient-elle pas que de triste barrières grâces auxquelles ont cherchait à se protéger mais qui rapidement devenaient des chaînes ? Lui, il avait l'indifférence et le rire. La nonchalance et la rêverie. N'était-ce pas un moyen comme un autre de se confectionner une bulle contre les assauts de la vie et de tout les tracas qui l'accompagnait ?

Il haussa les épaules. Il ne savait pas. Lentement, il resserra son écharpe. Tous étaient en sueur mais lui, il trouvait l'air presque frai. Il aurait bien aimé mettre els pieds dans l'eau et.

-Crevette. Crevettes. Crevettes.

Oh, non, oh non, oh, non. Il sera une main sur son cœur. Un battement de cœur de travers. Ne met pas les pieds dans l'eau, Phy ne t'approche pas, n'y plonge même pas une pointe d'orteil... Oh, l'envie est forte mais -même pas assez d'eau -juste un pied -marche, le prof s'éloigne –il ne faut pas que l'on s'aperçoive de quoi que ce soit, crétin...

-[...] m'avait dit que j'allais courir comme ça, je pense que j'aurai bien ri. On m'attribue souvent le titre de flémarde, alors sa change.

Phy tourna la tête vers Nam', qui venait de parler. Il poussa un soupir, et se composa un visage amusé. Dans l'eau de ses yeux, un Dauphin bondit. Il soupira. L'Autre-lui était repartit.
Il en profita pour enchaîner, répondant à Nam' avec un sourire.

-Bwa, je crois qu'il va falloir que tu t'y habitues, Nam' ! A mon avis, on ne fait que commencer... Il éclata d'un rire frai. Je ne me plains pas, je vous assure !

Puis, soudainement curieux, il se tourna vers Mme Laprof.

-Où est-ce qu'on va d'ailleurs ? Faire quoi ? Le voyage va durer longtemps ? On dormira à la belle étoile ? Est-ce qu'on va voir la mer ? La montagne ? L... La neige ?

Phy fit une pause, conscient de monopoliser la parole, puis reprit, incapable de contenir son irrépressible curiosité.

-Et, est-ce qu'on gardera toujours ce même groupe ? Tu seras toujours notre guide ? Combien de temps dure l'apprentissage marchombre ? Tu connais d'autres m... Guides ? On verra d'autres marchombres ? Et...

Il se tu, soudainement déconcentré par un mouvement sur sa droite. Des questions encore plein la bouche.

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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Lun 31 Mai 2010, 20:23

    Miss observait ses apprentis, tranquille. Ils avaient couru donc toute la matinée, et elle avait ainsi pu voir qui était les plus endurants, ceux qui avaient de la volonté, ceux qui semblaient faire le plus de sport. D'après ce qu'elle pu en juger, donc, Namira n'était pas très sportive, et n'avait pas trop compris au début pourquoi ils courraient tous, car elle n'avait pas enlevé son habit qui devait d'ailleurs lui tenir bien chaud. Les autres n'avaient pas protesté, d'ailleurs elle non plus n'avait pas protesté, mais cela se sentait qu'elle avait été prête à abandonner, sans le faire pourtant. Au moins, elle avait de la volonté, et Miss comptait bien mettre cela à contribution. Namira avait donc ralenti le petit groupe, mais la Marchombre s'en fichait : le temps qu'il y mettraient comptait peu, c'était le chemin qui comptait. Et elle en l'occurence ne pouvait que s'améliorer dans ses capacités ! Miss remarqua aussi que Say'n avait du mal, bien que moins que la jeune femme aux cheveux blancs. Elle soupira, mais s'en délecta : ce groupe-là avait l'air vraiment hétérogène, et cela impliquait qu'elle se mît réellement en quatre pour que tous avançassent à leur vitesse. Soupirant légèrement, elle commença donc à marcher, pour écouter les questions et paroles de ses apprentis. Elle nota qu'Ellenya semblait bouillir de question, de curiosité, mais qu'elle ne dit rien, et fronça légèrement les sourcils. Si elle partait sans essayer de faire confiance aux autres, elle ne pourrait pas se développer elle-même, car la sociabilité était une chose prépondérante au développement de soi. Puis, Say'n. Son ton abrupt fit doucement sourire Miss, tandis que la jeune fille lui demandait pourquoi elle était Maître. Une bonne question. A dire vrai, Miss n'avait même pas remarqué qu'elle l'avait tutoyé, tellement elle se fichait de ce genre de détails... Namira se contenta d'un petite remarque, qui fit sourire Miss, tandis que Phy renchérissait et posa à son tour... beaucoup de questions, à la fois futiles et complètement normales. La Marchombre soupira légèrement, prenant sa respiration.

    - Il est certain, Namira, qu'il va falloir t'habituer. Nous allons courir tous les jours au moins une demie-journée, pendant notre voyage ! Mais ainsi, vos capacités s'amélioreront très vite. Phy... Beaucoup de tes questions auront une réponse en temps voulu. Nous allons jusqu'à l'Oeil d'Otolep, c'est certain. Pour le reste, cela dépendra surtout de vous. Sinon, ce groupe n'est pas censé changer, sauf si l'un de vous déserte, évidemment. Soit, nous pouvons avoir une autre personne qui nous rejoind, soit nous continuons avec une personne en moins. Si tout se passe bien, je resterai votre guide jusqu'à la fin de votre apprentissage, en effet. Et tu connais les réponses à tes autres questions !

    Lui adressant un sourire, la Marchombre osa même lui faire un clin d'oeil, avant de se tourner vers Sa'yn.

    - Say'n... Pourquoi je suis Maître ? Et bien... Sans doute parce que je veux donner sa chance à tout un chacun qui veut arpenter la Voie. J'ai été Marchombre durant quelques années, mais pour moi-même arpenter la Voie plus loin, j'ai senti la nécessité d'apprendre à apprendre, aussi. Je suis là moi aussi pour moi, et pas seulement pour vous. Parce que cet enseignement m'apporte quelque chose, autant qu'à vous... Mais être Maître revient tout autant à tout donner à ses apprentis, et c'est ce que je veux faire, pour qu'à votre tour vous puissiez comprendre le monde qui vous entoure, et vous envoler, comme je me suis envolée. Parce que je veux un monde heureux, même si cela peut paraître naïf...

    Souriant toujours, Miss invita alors ses apprentis à commencer à marcher. En effet, ne sachant pas si ces derniers savaient monter à cheval, et surtout parce que c'était le premier cours qu'elle avait avec eux, elle n'avait pas voulu déjà les mettre sur une selle. S'il y en avait un qui avait peur, elle ne pourrait pas le mettre en confiance, parce que justement elle n'aurait acquis aucune confiance d'aucun de ses apprentis, et qu'ainsi elle ne pouvait pas réellement les aider. Oui, Miss pensait que c'était la confiance qui faisait avancer Maître et apprentis, simplement parce que sans cette dernière, aucun apprenti ne monterait sur une tour à la demande saugrenue de quelqu'un d'autre. Et même si ce dernier pouvait susciter de l'admiration. Elle soupira, légèrement. Elle souriait, pourtant, contente. Contente d'avoir un groupe si disparate, persuadée qu'elle ne pourrait en tirer que du bon, et que cela les aiderait eux à mieux se connaître, et elle à avancer, continuellement. Elle n'avait pas caché à ses apprentis qu'enseigner était quelque chose d'important pour elle, pour son développement personnel. Pourquoi cacher de telles choses ? Il n'y avait pas lieu d'être. Il n'y avait que les hypocrites qui disent faire les choses uniquement pour les autres. Non, on fait les choses pour soi, et cela passe par l'aide aux autres. Mais c'est avant tout gratifiant personnellement, parce que justement cela donne l'impression d'exister. C'était dans tous les cas ce que pensait la Marchombre, qui pourtant n'avait pas réfléchi longuement à tout cela... Souriante, elle marchait, d'un pas dynamique, mais pas non plus en courant.

    Le paysage était sauvage, évidemment. Ils venaient de quitter la rive de Chen pour monter vers le Nord-Est, pour aller jusqu'à Otolep. Ils allaient évidemment passer par les collines et les montagnes de l'Est, ce qui n'était pas l'itinéraire le plus facile, et c'était évidemment le but de la manoeuvre. Miss avait prévu de ne pas trop s'approcher de la Citadelle des Frontaliers. Elle n'avait aucune envie d'y aller, même si elle savait pertinemment qu'il faudrait qu'elle y retournât un jour, rien que pour montrer ce qu'elle était réellement devenue à ses anciens compagnons. Elle se demandait d'ailleurs comment ils réagiraient... Ils avaient été brutaux, au début, lorsqu'elle était partie, et dans les rangs des Frontaliers qui vaquaient dans les régions de Gwendalavir, elle avait été connue. Oh, pas bien longtemps, après la rumeur avait fini par s'étouffer, au bout d'un petit mois, mais tout de même... Evidemment, fuir la Citadelle n'était pas de bonne augure. Mais au moins, elle était restée elle-même, et elle n'avait pas failli à ce qu'elle était au fond de son âme. C'était comme cela qu'elle était, et c'était ainsi qu'on l'aimerait, si un jour on l'aimait réellement. Peut-être n'arriverait-ce jamais, mais elle s'en fichait. Miss était elle-même, et c'était tout. Elle n'avait que faire du jugement des autres, elle était parfaitement heureuse comme cela. Le soleil descendait doucement dans le ciel, traçant sa route de son zénith jusqu'à sa couche, derrière les montagnes. Lorsque ses derniers rayons se furent cachés derrière les pics de ces dernières, Miss arrêta finalement ses apprentis pour monter un camp, tranquillement. A son habitude, elle expliqua comment faire un feu, trouver l'endroit idéal, et tout le toutim.

    Cependant, elle n'en avait pas fini, évidemment. Après avoir distribué de la nourriture à tout le monde, elle se leva souplement et sortit quatre poignards de ses bottes : deux à gauche et deux à droite. Les tendant à ses apprentis, elle leur adressa un grand sourire. Ils devinaient sans doute sans peine ce qui allait suivre, mais elle savait qu'il lui faudrait de toute manière expliquer les choses. Mais elle avait un petit quelque chose, dans sa tête, qui disait que malgré tout, elle pouvait les surprendre. Elle voulait réellement qu'ils établissassent un lien avec le poignard, qu'ils sentissent l'arme comme leur propre corps, qu'ils fussent submergés par cela. Pour Miss, c'était la base du maniement de toute arme. La jeune fille qu'elle avait été avait toujours détesté utiliser des armes, parce qu'elle trouvait que c'était quelque chose de "rajouté" à la constitution humaine, que cela n'était pas naturelle, et elle était persuadée que le corps était une arme avant l'arme elle-même. Elle n'avait pas complètement faux, mais c'était son Maître Marchombre qui lui avait ouvert les yeux, en parlant de ce lien profond, justement. Sortant un dernier poignard de sa botte droite, la jeune femme s'avança vers une souche, se plaça à une distance d'un peu plus d'une demie-douzaine de mètres de cette dernière, et leva son poignard, lentement. Elle allait doucement pour que les apprentis pussent détailler tous ses mouvements et la position successive de ses membres et de ses muscles. Tout le monde avait une manière de lancer propre, mais quelques principes fondamentaux s'appliquaient à tout le monde. La lame fusa, et l'impact de cette dernière avec la souche laissa un bruit sourd s'échapper. Souriante, elle se tourna vers ses apprentis, et dit :


    - Avant de lancer votre poignard, je veux que vous le sentiez. Que vous jouiez avec lui, que vous le viviez. Un lien doit se créer entre vous et lui, il doit devenir une extension de votre corps, une extension de votre volonté. Et à ce moment-là seulement vous pourrez lancer...

    Leur adressant un sourire, elle s'éloigna légèrement, ses yeux violets passant sur tous ses apprentis...
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Ven 04 Juin 2010, 16:28

La réponse, indubitablement, fit sourire Say'n. Qui lança alors un regard effaré autour d'elle, et le reprit aussitôt qu'il eût franchi ses lèvres, à peine eut-il passé ses lèvres. Elle ne se permettrait pas de sourire. Cela ne servait à rien, strictement à rien, à par à être déçue par la suite. En effet, la Maître avait parlé d'envie, et d'égoïsme. Cela convenait à la jeune fille. Parce que si elle était là, c'était aussi par pur égoïsme, en tout cas au niveau social humain. Elle aimait tout le reste, la nature et tout cela, parce que c'était la seule chose qui ne pourrait jamais lui faire du mal. En tout cas consciemment. Tout le reste, les hommes, les femmes, les humains en généraux, étaient tous instables. Elle l'était aussi, évidemment. Mais elle s'en fichait, elle voyait cela, et elle ne se remettait pas en question. A quoi cela lui aurait servi, à part à s'affaiblir ? Lorsqu'elle était encore avec Des, elle n'aurait voulu le perdre pour rien au monde. Elle avait toujours fait attention. Elle avait fui sa vraie nature, ou alors l'avait trouvée.

Oui, elle l'avait trouvée. Mais elle ne s'en rendait pas compte. Pour elle, sa vraie nature était méfiante, et surtout complètement égoïste et égocentrique. Elle n'était là que pour elle. Elle avait aimé son fils, plus que tout au monde, elle aurait tout donné pour qu'il fût à nouveau avec elle. Mais elle ne pensait pas que c'était normal, pour elle. Elle se cachait derrière son masque de dédain, de moquerie, d'orgueil. Elle ne voulait pas admettre que sa vraie nature avait fait surface lorsqu'elle avait dû réellement s'engager, et prendre des responsabilités. Elle ne voulait pas admettre que sa vraie nature avait fait surface lorsqu'elle avait aimé, simplement, lorsqu'elle appréciait sa vie, même si elle volait, parce qu'elle avait un but, un but réel et palpable. Le bonheur de son fils. Tout cela, tout cela s'était envolé à sa mort.

Le plaisir qu'elle avait pris à voir son père s'uriner dessus de peur. L'enterrement, si difficile, de son fils. La vie, dans les rues d'Al-Far, en tant qu'enfant des rues, et pourtant déjà mère déchue. Le temps avait fait son oeuvre : il avait collé quelques morceaux d'elle entre eux, pour qu'elle pût tenir debout, pour qu'elle pût continuer à vivre. Mais il n'avait rien réparé. La douleur était trop intense, trop vive, même après ces deux années. La douleur, Say'n la refusait, parce que pour elle, c'était être faible. Elle avait été faible d'aimer son fils. Elle avait été faible de lui accorder plus d'importance qu'à elle-même...

Non Say'n, tu avais juste aimé...

♪♫ « Tout est chaos
A côté
Tous mes idéaux des mots
Abîmés...
Je cherche une âme, qui
Pourra m'aider
Je suis
D'une génération désenchantée.
Désenchantée
» ♪♫
Mylène Farmer

Say'n, par contre, ne croyait pas que tout le monde pouvait être heureux. Il fallait un équilibre. Il y avait les gens très heureux, et les gens très malheureux. Il y avait les gens bien, et les gens pas bien, dans leur vie. Il y avait les éternels célibataires et les "casés depuis l'enfance". Il fallait de tout pour faire un monde. Un équilibre. Il fallait des Marchombres pour faire des Mercenaires, il fallait de l'Harmonie pour faire du Chaos. Un équilibre.

Ils marchèrent toute l'après-midi, à une bonne allure. Pas trop rapide, mais dynamique. Par contre, marcher, cela, Say'n n'en avait cure. Elle aimait marcher, cela permettait d'observer et de dynamiser le corps. Alors, elle observa. La végétation changeait, laissant les mangroves et les étans proches de Chen se transformer en collines à peine ondulantes sous les rayons du soleil. Les végétaux spongieux et verts évoluaient doucement en végétaux plus secs et plus jaunes. Comme le monde, peut-être qu'au début tout n'avait été que beau. Avant que l'équilibre ne se crée. Que les hommes fussent devenus méchants, et acerbes. Comme elle. Elle soupira, souriant intérieurement. Laissa son regard glisser vers ses camarades. Si on pouvait appeler cela des camarades...

La première, Ellyena. Celle que Say'n trouvait banale. Banale, parce qu'elle n'avait rien d'extraordinaire, dans son physique, évidement. Comment une âme corrompue comme celle de la jeune fille aurait pu aller plus loin ? Comment ses yeux aveuglés par son orgueil et son dédain auraient-ils pu voir au delà d'un visage, au delà d'une enveloppe charnelle ? Il ne pouvait, simplement. Cette dernière ne semblait en tout cas pas souffrir de manque de souffle, c'était certain. Say'n fronça le nez, cracha par terre. Comme elle l'avait fait devant Inwëlle. Souffla, juste par les narines, comme un cheval en colère, dérangé. Son regard passa sur l'autre fille. Namira, donc. Elle ne put s'empêcher de rire sardoniquement devant sa tenue noire et moulante. Elle avait enlevé ses écharpes et tout le reste, ces trucs complètement inutiles et frivoles, pour les mettre dans son sac. Comme si elle pouvait en voir besoin, pendant un tel voyage. Les gens étaient vraiment stupides. Evidemment, la jeune fille n'était pas non plus allée plus loin que cela. Elle avait aussi vu que cette dernière avait eu plus de difficultés qu'elle à courir. Oh, elle ne se comparait pas. Elle n'en avait aucune utilité. Comme pour Ellenya, qui était plus développée physiquement. Mais elle n'en avait absolument rien à faire. Elle était juste comme elle était. Et puis, son regard se tourna vers le garçon. Tout à l'heure, il avait défié son regard, et elle ne l'avait pas lâché. Cela n'allait pas être elle qui allait se soumettre, jamais, à personne ! Mais il lui avait montré par là qu'il avait une tranquille assurance. Comme la fille rousse. Elle s'en fichait. Ou presque. C'était la fille rousse qui faisait qu'elle était ici. Sinon, elle ne serait jamais venue...

♪♫ « Ogni notte ed ogni giorno
Ogni estate ed ogni inverno
Fermo in questa dimensione
Invisibile
» ♪♫
Umberto Tozzi

Quand le soir s'installa, ils s'arrêtèrent enfin, tirant un soupir de satisfaction à Say'n. Lorsqu'ils montèrent le camp, elle tenta d'écouter, même distraitement, ce que disais Miss, même si elle savait faire tout cela : elle l'avait maintes et maintes fois fait, pour Des. Elle mangea rapidement le morceau de viande, pour ne pas sentir son goût acariatre dans la bouche, avant de voir que Miss se levait, et elle se demanda alors quel truc saugrenu cette dernière leur avait réservé. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque la femme lui tendit un poignard...

Elle, tenir une arme ? Elle ne pouvait pas. Son père avait tué Des avec une telle arme. Elle ne voulait pas tenir une arme, une arme faisait couleur le sang beaucoup trop facilement. Oh, elle n'avait pas peur du sang, mais à chaque fois, elle revoyait la flaque de sang de son fils, avec son petit corps en son centre, et à chaque fois ce souvenir crispait son estomac, et elle avait des envies de vomir horribles. Ses doigts se tendirent, trop fière pour refuser cela, mais à peine eurent-ils touché le bout du poignard, à peine ses ongles furent-ils rentrés en contact avec le métal que son bras se mit à trembler, que le paysage commença à touner. Ses jambes se dérobèrent sur elle, tandis que le poignard tournait lentement dans les airs, pour que sa lame vînt se planter dans la terre meuble à quelques centimètres de ses pieds.

Tombant sur les fesses, incapable de se retenir, elle lança un regard assassin à son Maître.
C'était à cause d'elle.
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Mar 08 Juin 2010, 21:43

[Désolé, c'est pas génial =/]

Il marchait. Peu discret, il prenait pourtant garde de ne fouler que les fines bandes d'herbes qui étouffaient le bruit de ses pas. Fidèle à lui-même; et donc incapable de se contenter uniquement d'aligner un pied devant l'autre, il soulevait de petits nuages de poussières, tapait de temps à autres dans une pierre, jetait un regard curieux sur les alentours, observait els infimes transformations du paysage, cueillait une fleur puis une feuille, s'amusait à synchroniser le mouvement de son corps sur la marche souple et glissante de Miss Nyya, une dizaine de mètres en avant.

Il sourit en observant le groupe. Devant, Mme Laprof. Juste derrière, marchant d'un pas attentif, Ell', qui n'avait toujours rien dit. Peut-être était-elle intimidée. Il fallait dire qu'elle semblait posséder la personnalité la moins "forte" du groupe. Say'n, l'air bougon, semblait décidée à mettre le plus grande distance entre elle et eux. Et puis, Nam', perdue dans ses pensées, marchait tranquillement, non loin de lui. Il était confiant.

Même si il percevait quelques tensions –qui, il s'en doutait, finiraient par disparaître avec le temps, il s'y sentait bien, et avait hâte de connaître un peu mieux ses différents... Camardes ? Peut-être. Il fallait dire que Ell', pour ce qu'il en avait aperçut, paraissait plutôt tendue niveau relations amicales –et qu'il n'avait pas envie de se prendre la tête- ; et que, si Nam' avait l'air la plus joviale, ni elle ni Say'n ne semblaient être venues ici dans l'intention de se faire des amis.
A vrai dire, lui non plus. Mais il était persuadé qu'une bonne ambiance était certainement plus apte à l'apprentissage. Comment apprécier le savoir quand on est mal à l'aise ?

Désormais, Miss lui avait apporté les réponses à ses questions. Pas toutes les réponses, à pas toutes les questions, mais aux nécessaires et précises. Et puis, comme elle l'avait si justement dit, le reste viendrait après.

Il s'étira. Au fur et à mesure de leur progression, il appréciait l'échauffement confiant de ses muscles et la régularité de son souffle. Ils marchaient à vive allure, mais il se demandait combien de temps ils mettraient à arriver jusqu'à leur destination.
L'œil d'Otolep.
Il frisonna.
L'œil d'Otolep, ce lac mystique, cette entité mystérieuse et incompréhensible, ce lieu magnifique baignant de magie et d'étranges légendes... Et d'eau.
Beaucoup d'eau. Pourvu qu'il puisse.... Qu'il ait le droit de... Un orteil ou plus pour...

Et eau -eau magique –eau vérité -eau folle –eau baignade –eau transform...

Non. Pas question. Personne ne devait savoir, personne. Il ne pouvait pas prendre ce risque. Il soupira, trébuchant sur une racine. Le Dauphin était agité, il s'en était rendu compte au long de leur voyage. Cela faisait plusieurs mois qu'il ne l'avait pas laissé... S'épanouir... Vivre. Phy ne parvenait presque plus à le contenir au fond de sa poitrine. Si il s'approchait du rivage; ne serait-ce que frôler la surface, il se transformerait. Aussi sec. A moins qu'il ne trouve le moyen de laisser sortir le Dauphin quelques minutes, sans que personne ne le voie... Ainsi, l'animal aurait son du, et il pourrait aller librement. Il allait devoir faire attention.

Une attention vitale.

Il buta sur Ell', qui n'avançait plus. "Tu fais quoi ?", faillit-il demander, avant de remarquer que tout les élèves s'étaient arrêtés. Il lui adressa un sourire d'excuses, puis s'approcha de la guide. Ils s'arrêtaient là. Il poussa un petit soupir de soulagement, puis tendit l'oreille. Il s'abreuva de toutes les explications que la prof pouvait donner sur le montage d'un campement, emplacement, feu & Cie, car il n'y connaissait rien. Et car cela lui semblait essentiel pour développer l'indépendance qu'il recherchait. Dont il avait cruellement besoin.

Il mâchonnait avec dégoût sa viande quand un tintement métallique lui fit se tourner vers Miss. Un mouvement, bref, et une lame qui scintille. Tournoie, petit faisceau de lumière. Impact aux sonorités mates. Un sourire, éclatant. Phy était subjugué. Lui qui ne s'était jamais servit d'un couteau pour autre chose que de la cuisine était tout à fait impressionné par la prestation de la marchombre. Il se ressaisit, et cligna des yeux, reprenant son sourire amusé. Il saisit le poignard qu'elle lui tendait avec un air convaincu.

Oui, il allait jouer avec ce bout de métal.
Oui, il allait créer un lien entre cette arme et lui.
Oui, cet outil allait devenir plus qu'un épluche-papates.
Oui, il allait devenir une extension de sa volonté.

Car il le voulait; et car il y croyait, dur comme fer, c'est le cas de le dire.

Il commençait à observer la brillance de la lame quand un bruit de chute l'alerta. D'un mouvement vif, il se tourna vers Say'n, qui, à terre, observait avec une sorte de dégoût le poignard qui était planté dans le sol à quelques centimètres d'elle. Son visage, extrêmement pâle, faisait ressortir l'ovale sombre de ses iris. Pas besoin d'être un génie pour comprendre qu'elle n'allait pas bien.

Tranquillement, en masquant sa légère inquiétude, il s'approcha d'elle. Il s'agenouilla à ses côtés et saisit la lame qui vint se nicher avec son poignard dans sa main gauche. Toujours silencieux, souriant avec douceur, il se releva et lui tendit une main. Pour l'aider à se relever.

Elle pouvait la prendre et elle pouvait l'ignorer.

Pour lui, le plus important était qu'elle se relève.
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Ven 11 Juin 2010, 09:58

Je crois que j'ai rêvé.


La réponse du maître à son égard avait le mérite d'être claire. Ils courraient au moins une demi journée par jour. Namira essaya le mieux possible de cacher un signe de faiblesse ou de déception, le temps n'était pas favorable pour qu'elle expose ses idées en plein jour. Courir, s'il n'y avait que ça elle le ferait sans problème. Elle le ferait même si sa devait lui arracher les tripes. Passant fébrilement une main sur son corps, elle se demanda, non pas pour la première fois, si elle allait pouvoir réussir à suivre ses cours. Allait-elle être la personne qui déserterai à grande enjambées? Aucun doute, aucune peur, la voie était en elle. Et la fuir ne ferait que retarder l'inévitable. Un goût plein de solitude emplit sa bouche, de la solitude étrangement mêlée à de l'excitation. La source, la vie, L'Oeil d'Otolep. Combien de fois la philosophe avait pu voir et sentir la force de cet étant? Revoir de ses yeux aiguisaient la surface limpide du faux lac endormit. Proposer à ses risques et perils de sauter dans l'eau trouble et perdue. Le ciel, avait rejeté cette partie de la terre en lui offrant comme compensation un don, ce mirage de tentation qui tenterait tout aventuriers qui se respecte. La première fois que Namira se retrouva en face de cet Oeil elle sentit une énergie étrange, une énergie qu'elle ne contrôlait pas. C'est cette énergie qui la rendait mal, elle avait frôlé l'agonie au bord de l'eau en volant purifier son corps. Mais la décision était prise, son destin était tracé. Elle accepta de revivre cette aventure traumatisante, sans laissait paraître aucun sentiment. Son coeur pourtant lui réclamait de faire marche arrière, en suppliant l'intellect de ne plus lui faire subir pareille douleur, mais le coeur à ses raisons. Mais, la raison n'a pas de coeur, la raison est juste et doite.

Un monde en paix? Quand la remarque fusa dans l'air comme un vol de perdrix à la recherche d'un abri, Namira releva la tête et planta ses grand yeux turquoises dans ceux de son maître. Mais qu'est-ce que le monde? Un regroupement de vie plaçait au hasard sur une carte tel des pions sur un damier. Le monde et la paix ne pouvait coexister. C'était comme vouloir assembler un bord de puzzle avec une pièce du centre. Heureusement il y avait de tout dans ce qu'on appelait le monde, des gentils qui rêvent d'utopie en sachant pertinemment qu'elle n'existe même pas dans leur rêve, puisque chacun possède sa propre utopie. Dans ce cas la tout le monde devrait créer son propre monde. En suite viennent les méchants, je dirai plutôt les sceptiques, les réalistes, ceux qui ont comprit depuis toujours que la paix dans le monde ne pourrait jamais être. Mais au fond, si tout le monde pensait à la paix. Alors le monde serait fait de paix? Si seulement cela pouvait être aussi simple, sa se saurait depuis la nuit des temps et alors les races vivraient l'idylle des Dieux du ciel, un monde chargeait de respect et d'écoute. Namira admira son maître, c'était l'une des dernières personne sur cette terre à croire encore au bonheur ancestral, et cette analyse combla de joie la jeune philosophe. « Enfin quelqu'un qui pense vraiment. » Un sourire nagea sur les lèvres de l'appentis, le monde était trop défiguré par des Hommes qui ne pèsent que trop leur mots. Entre la justice et l'honnêteté le coeur balance, la vraie raison est que personne ne sait vraiment pourquoi et comment on en est arrivé la. Le savoir des anciens c'est perdu, alors pourquoi pas perdre la raison. Le monde est avare. Pourquoi penser encore à la paix? Des fous, juste des fous, ou simplement des sages.

Namira se rappela du liens qui c'était créé entre Zoran et elle. Un force plus grande que toutes les prières du monde réunis était apparu dans son corps. Quand les yeux de Miss transpercèrent son âme elle comprit, que c'était son maître. Et qu'elle serait liée à elle, pour demain et pour l'éternité. Sans prononçait de mots, les mots parfois blésaient les actes. Le silence lui savait poser des attentes à l'endroit même. C'était un archer qui visait une cible avec une précision intense et une fois la cible verrouillée, venait taper dans le centre, la justesse. Un apprentis, c'était le fils du vent même, le début d'une longue harmonie. Un maître était le vent, il connaissait par coeur le sens de l'harmonie et pour lui apprendre était un don inné. Un don que Namira pourrait certainement un jour perpétuer. Quand Miss leur annonça qu'ils allaient encore devoir marcher pour trouver un camp pour pouvoir dormir, la jeune philosophe ne pu retenir une grimace de douleur. Mais elle se fit violence et accepta encore une fois qu'on lui impose une douleur supplémentaire. Sa carrure chétive lui causait quelque soucis, sa force mentale dépassa alors son physique et avança. Ses jambes cuisaient de douleurs, allait-elle pouvoir suivre encore une fois la petite troupe. Le paysage autour d'eux défila comme sur la toile d'une peinture morte, l'esprit de Namira se concentra uniquement à ne pas trébucher sur les cailloux qui se mettaient sans cessent sur sa route. La verdure les encercla, pour faire d'eux des captifs. La diversité des arbres et autres conifères donnait à la scène une touche de romantisme. Le romantisme de la nature était sans doute le plus sensuel. Mais l'heure n'était pas aux rêveries, tout les apprentis marchaient dans un silence religieux. Namira se demanda, encore une fois, si elle devait faire le premier pas envers chacun de ses compagnons. Pour Phy c'était chose impossible elle ne savait pas parler aux hommes, alors elle se tairait jusqu'à ce qu'on vienne la déterrer. Les deux filles non plus ne semblaient pas commodes, une plus timide que jamais et l'autre d'un arrogant à faire pâlir les plus sages. Tutoyer un maître, Namira avait cru pendant un instant s'étouffer avec sa propre salive. Le sens du mot respect lui était donc inconnu?

Les yeux violets de son maître se posèrent enfin sur une grande pleine, gorgée d'histoire. Namira l'admirait plus que n'importe qui. L'harmonie, qu'est-ce que l'harmonie? Une simple égalité entre le bien et le mal, la balance des deux mondes, ou juste l'accord parfait des éléments. L'harmonie, Namira ne la connaissait qu'à peine, elle considérait la liberté comme le maître mot de sa vie, mais aujourd'hui elle comprit que l'harmonie devait être en elle, puisqu'elle ne ressentait déjà les coups dans son ventre. Elle demanderait à Miss pourquoi l'harmonie était si étrange, elle lui demanderait plus tard... Un endroit idéal pour pouvoir poser bagages, la journée avait été longue et Namira souffla un grand coup quand elle comprit qu'ils allaient enfin pouvoir dormir. Même si depuis qu'elle était avec Zoran elle ne dormait presque plus, ce soir elle était vraiment fatiguée. Le soleil se cacha derrière les arbres en créant une atmosphère douce et légère. L'odeur de la nature monta à la tête de Namire, sa propre voie allait tout droit. Ne me laisse pas tomber. Le dîner était servit depuis un petit moment, la tranche de pain qu'elle porta à sa bouche procura un grand plaisir à ses pauvres muscles. Elle profita de cette sensation en admira le feu qui déjà crépité au milieu du cercle. Namira était absente, elle pensait à Zoran, il lui manquait déjà terriblement. Jamais ils n'avaient passé plus de deux jours loin de l'autre. Un frisson passa dans le cou de la belle philosophe, et s'il lui en voulait de ne pas être rentré avant? Les yeux des deux compagnons se complétaient, deux turquoises pour l'harmonie. De amours pour l'infinie. Deux anges pour veiller sur la terre. Et le temps cessa de vouloir couler dans les veines de Namira, elle avait trahit son coeur en refusant de l'emmener, elle s'en voudrait encore et pour l'éternité. La brise du soir caressa la joue pâle de la jeune humaine, à partir d'aujourd'hui elle ne savait plus qui elle était. Elle était elle, mais elle était si vaste, que même elle ne pouvait la qualifier. Alors qui d'autre qu'elle pourrait comprendre ce qu'elle cache en elle? La phrase résonna dans un puissant échos avant que l'herbe se froisse sous les chaussures d'une ombre. Je l'appellerai lumière. Namira leva les yeux avec un air paisible.

Le maître se leva, toujours avec la même grâce. Un silence dérisoire s'installa dans la petite assemblée. S'il fallait mourir ce soir, la lune est parfois plus cruelle que tous les barbares de la terre. C'est étrange, cette façon de voir le monde, de voir ce qui nous entoure, mais la vie est bien trop compliquée pour qu'on la comprenne tous de la même façon. Namira repoussa une mèche derrière son oreille, la lionne écouta sans broncher ce que leur enseigna leur maître. Quand les armes sortirent des mains de son mentor, elle secoua la tête. Des poignards, c'était comme offrir de la mort. La pureté d'un geste qui ne signifie au fond qu'un souvenir étrangement flou et lointain. Les armes des fous, les armes des hommes, les erreurs. Les Zoran. Pourquoi pas, survivre sans respirer sa existe. Namira passa son regard bleuté sur le visage calme de son maître, elle avait aveuglément confiance en elle. Avec une négligence coutumière elle se leva, et s'approcha de son maître. « Pourquoi les hommes cherchent la mort? » La dague se logea dans le creux de la main de Namira, pointue et vide. Oui, la jeune femme trouvait la dague vide et sans chaleur. Puis elle se retourna et alla chercher un bout de tissus dans son sac. Un morceau de soie blanc, elle noua la bande pure au manche de l'arme. Namira la regarda sans dire un mot, comme si elle était envoûtée par l'arme. La purification aurait pu durer des heures, les heures seraient partit sans que les mots se fassent. Une lueur d'incompréhension passa dans son regard. « Je vis pour douter. » Son regard se plongea encore dans ceux de son maître, qui, déjà s'avançait pour aller montrer l'exemple à suivre. Elle avait promit de ne jamais trahir ces principes. Mais ce soir tout changea elle devait obéir quoi que cela lui fasse du mal, et même si cela lui faisait du mal. La démarche de Miss attrapa l'attention de la jeune philosophe. Danger, ou simple impression. Un dernière vol de perdrix enchanta leur ciel, puis plus rien. Juste l'énergie de la concentration, le désir certain et simple.

Namira regarda tout les gestes de son maître, un profond respect perça son âme. Même quand l'arme frappa d'un son sec la cible, même quand la jeune femme se retourna et les invita à faire pareille chose. Namira ne savait pas préparer un maudit repas, alors comment imaginer qu'elle puisse réussir à tirer droit sur l'arbre. Namira voulait bien croire en des rêves, mais ce soir, une fois encore, elle se rendait à la réalité. Elle n'y arriverait pas. Le résultat, un tir raté. Son esprit ne pouvait se concentrer ce soir. Elle baissa son arme et souria en regardant la jeune fille rousse se jeter à terre. « Si tu es faible alors ne restes pas ici. » Aucun geste à son égard. Juste un mouvement de recul pour la laisser respirer un peu, Namira ne montrait pas ses sentiments, elle était marginale et solitaire. Aucun liens ne fusa entre les deux corps. Une pointe de déception transperça le coeur de la belle, sa crinière fouetta une fois de plus son dos, si fragile. Elle s'inclina devant son maître, toujours humble et polit. Puis sans dire un mot elle lança un dernier regard à ses camarades. Ses yeux turquoises balayèrent sobrement la plaine, un endroit plus calme que rassurant. Si elle devait être un animal, elle serait un loup ou simplement un aigle blésé par l'orgueil des hommes et leur envies puissantes. Namira se recula l'arme toujours dans sa main. Elle était encore une fois obligée de se faire remarquer. C'était plus fort que tout.

-Mon âme ne peut pas créer de liens avec ce qu'il ne comprend pas. C'est trop tôt, je me suis plongée dans les mots en oubliant souvent de regarder autour. Je reconnais mon erreur.

Le regard violet de son mentor la tirailla. Namira tourna enfin le dos à ses compagnons. C'était un cour. Et alors? Elle se retira quelque mètre plus loin, envie d'être seule. C'était peut-être osé, mais le coeur à ses raisons que la raison ignore. Comprendre ce qui ne doit pas être comprit n'a aucun sens, alors vivons. La solitude est tellement belle. Le vent souffla, obligeant Namira à se rappeler de ses propres racines. De sa terre, de là ou elle venait. La nostalgie ne s'attend pas, elle se surprend. La poésie entra en elle sans faire de bruit. Elle faisait partie de son être. Elle était encore une fois absente.

La route s'arrête
Devant l'océan
Dans l'aube tiède du levant

C'est l'ultime escale
La fin de l'errance
Avant que j'ose le silence

Ici, la vie est comme toutes les autres vies
Même valeurs, couleurs
Le ciel se mêle à la poussière
Je commence à comprendre...

Je connais ces terres
J'ai foulé ces pierres
J'y suis déjà venu
Et j'y ai vécu
Une sensation franche
J'ai enfin trouvé
La paix que je cherchais

La journée s'achève
C'est l'heure où je veille
La mer va coucher le soleil
Ici, la nuit me ramène à qui je suis
Cette douceur, chaleur
Me renvoient dans une autre vie
Je commence à comprendre...

Je connais ces terres
J'ai foulé ces pierres
J'y suis déjà venu
Et j'y ai vécu
Une sensation franche
J'ai enfin trouvé
La paix que je cherchais


Florent Pagny



*Désolé du retard*
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Sam 12 Juin 2010, 15:12

Les réponses du maître avaient satisfaite Ellenya. Elle ne les avait pas posées, certes, mais elle y avait pensé vaguement. Elle commença d'abord à se concentrer sur la question de Say'n. Elle avait tutoyé son maître. Mais cela n'avait pas intrigué Ellenya. Du peu de ce qu'elle avait observé de chez Say'n, elle avait remarqué que celle-ci se moquait des réactions des autres. Elle ne pensait pas que c'était de l'irrespect, au contraire, c'était sa personnalité. Say'n avait l'air de dire toujours ce qu'elle pensait, de ne pas se soucier de ce que les autres pensaient d'elle. C'était un peu...De l'amour caché. Pas très philosophique, mais pourtant Ellenya se moquait de ce détail. Qui a dit que nous n'avions pas le droit de penser? Les gens se permettent de juger, comme ça, sans se soucier de la pensée des autres. Mais est-ce qu’ils savent vraiment ce qu'il se trouve à l'intérieur? A l'intérieur du cœur des autres, de leur pensée? Mais certains, très sage, peut-être même philosophique, se concentre vraiment sur ce détail. Ils examinent. Quelqu'un comme le maître marchombre d' Ellenya, faisait partie de ces personnes. Même la connaissant vaguement, Ellenya avait déniché une philosophie incroyable au cœur de la marchombre. Ce n’était pas extraordinaire. C’était une des qualités du marchombre, du peu qu’elle savait d’eux. Peut-être allait-elle l’acquérir, au fil du temps, comme un bourgeon s’ouvrant à sa vraie nature…Comme une feuille d’érable…Dans le vent…Une douceur infinie…Comme les vagues d’un ruisseau…Au fil du temps…


Elle se pencha ensuite vers Phy. Ce garçon qui avait l’air plutôt serviable, gentil, prenant la vie à bon cœur. Toute sa débranlade de questions avait suffis à Ellenya pour lui montrer un peu de sa personnalité. Le ton plutôt joueur, l’esprit sain, le regard affectueux. Un regard qui partait loin du sadique. Quelqu’un qui n’en veut pas aux autres pour un rien. La curiosité semblait se mêlé à ses mots, tel une feuille nageant dans le vent. Et puis cette feuille s’envole, pour être libre. Namira. Elle avait l’air de ne pas vouloir se montrer. Ni aucun de ses atouts. Quand Ellenya l’avait vu courir, elle avait remarqué que celle-ci avait du mal. Mais elle ne disait rien. Sûrement par respect par son maître. Evidemment. Ellenya parût hésiter un instant, puis se rendit compte que Say’n et Namira était très différente. Namira, elle, semblait se concentrer plus sur le respect et la concentration. Alors que Say’n, déjà, avait un langage un peu plus familier, et elle disait sûrement toujours ce qu’elle pensait.


Après sa concentration sur ses camarades _camarades ? _, elle n’écouta que les explications du maître. Ils allaient camper. Camper ? Avec ces bestioles ? Qui rodent sans qu’on les voie ? Mais Ellenya retirât très vite cette pensée de son esprit. S’il fallait camper tous les soirs pendant plusieurs semaines, alors elle le ferait. La nature est un atout, à ce qu’on dit. Ellenya n’était pas contre cette idée, après tout. Celui qui n’essaie pas ne sait pas. Elle se dit que cela serait une belle expérience, puis écouta vaguement le maître. Vaguement. Elle savait déjà monter une tante, et elle ne se doutait pas que ses camarades _camarades ?!_ le savait aussi. Sans doute eux aussi était habitués à camper. Namira avait l’air, Phy aussi. Say’n, un peu moins, peut-être. Mais se concentrer sur les autres alors qu’on avait un travail à faire était une perte de temps. Ellenya avait remarqué dans le regard du maître, qu’elle préparait quelque chose. Elle ne savait pas quoi, mais elle savait que le maître allait les confronter à un nouvel exercice, ou un truc comme ça. Pour l’instant les exercices n’avaient pas grande influence sur elle. Elle n’avait pas du mal à les exercer. Mais ça ne durerait pas. Elle le savait. De plus que c’était évident, sinon elle ne serait pas ici à cet instant. Sinon, à quoi cela lui servirait-il d’apprendre, sans vraiment apprendre ? Elle ne savait pas tout, loin de ça, et elle était certaine qu’elle avait encore maintes choses à apprendre. Malgré son caractère légèrement vanteur, elle savait qu’il y avait des limites. Le mensonge peut servir à des choses, certes, mais pas à sa personnalité. Elle était ce qu’elle était. Une fille qui repousse toujours les objectifs, qui essaie de les surpasser. Une fille qui a de l’humour, et qui s’en sert d’ailleurs dans ses combats, dans des moments plutôt perspicaces. Une fille qui a été confronté au maniement des armes depuis son plus jeune age. Une fille qui ne se laisse pas abattre. Une fille qui a une âme de fer et un vrai caractère de combattante .Une fille qui s’emporte des fois, plutôt lunatique, et qui adore le combat. Voila ce qu’elle était. Elle.


Le maître, avec un regard joueur, leur tendit un couteau. Une lame affûtée faites d’acier, pour tout combattant qui se respecte. Un acier résistant, efficace, encore brûlant du martèlement des outils qui l’avait assister. Un manche facile, dotée, sûrement, d’une grande précision. Ce couteau dont l’acier avait été maintes fois repasser, pour qu’il ne laisse aucune trace de sa forge, dont la lame était fine, pointue, aiguisés comme de solides griffes, et surtout qui ne laissait aucune trace du moment ou le feu avait pénétré l’arme. Un couteau de débutant. La consigne du maître parût étonné Ellenya. Crée un lien avec une arme. Elle n’avait jamais été confrontée à ça. Jamais, personne, même ses maîtres, n’avait dit qu’il fallait crée un lien avec un…Couteau. Avec une simple arme. Et puis, une arme est un objet. On les change souvent. Ellenya hésita, puis, elle se dit que jusqu'à la, elle n’avait posé aucune questions, et qu’elle paraissait timide. Pourtant ce n’était pas du tout le cas, elle avait toujours aimé dévoiler sa personnalité et ses atouts au grand jour.


Elle se résigna à souffler, d’abord pour se détendre, car elle se demandait si elle n’allait pas être irrespectueuse envers son maître, qui considérait sûrement qu’une consigne était une consigne, et qu’aucun élève ne devait se permettre d’influencer les règles de son maître. Puis elle se dit que si ceci était la définition de liberté, il y avait un problème. Elle se mit à respirer calmement et normalement.
-Sans contredire votre consigne, maître, je trouve cela un peu absurde. Déjà, j’ai eu beaucoup de maîtres avant vous. Des maîtres combattants principalement. Je n’ai jamais entendu, je vous assure, que créer un lien entre une arme et une personne était possible. Jamais je n’ai appris cela. De plus, nous changeons souvent d’arme, donc cela me paraît un peu…

Ellenya coupa ses mots quand elle vit un ombre sur l’herbe fertile, qui lui suffit à deviner qui c’était. Phy. Mais pourquoi se déplaçait-il ? Ellenya se retourna, d’un visage interrogateur, puis regarda Phy qui se dirigeait à pas ferme vers Say’n. Celle-ci était allongée et son visage était tout pâle. Ellenya ne doutât pas une seconde qu’elle se reposait, et se mit dans la tête que son « lien » avait mal marché. Phy lui tendait la main, serviable. Ellenya regarda autour d’elle un instant, une simple habitude quand elle ne savait pas quoi faire. Puis elle se dirigea vers Say’n s’accroupit, et sans réfléchir, demanda :
-Sa va ?


Dernière édition par Ellenya Caléum le Mar 15 Juin 2010, 21:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Dim 13 Juin 2010, 14:56

    - Chers apprentis, sachez que tout s'acquiert à force de temps et de volonté. Je ne vous ai jamais demandé de tuer qui que ce soit, je ne vous ai jamais dit que vous serez un jour obligés de tuer. Il faut que vous sachiez vous défendre, c'est tout. C'est ce qui vous donnera votre salu.

    Say'n, Namira, une arme peut faire mal, certes. Je ne vous demande pas de faire le mal, bien au contraire. C'est pour vous, pour votre bien-être. Pour vous, avant tout. Pour vous défendre. Parce que vous avez le droit de vivre, tout comme tous les autres êtres dans le monde. Il faut pouvoir revendiquer ce droit !

    Ellenya, ne pense pas à tout ce que tu as appris. Tu recommences de zéro. Tu peux te servir de ce que tu as appris, mais tu dois pouvoir te remettre en question, pour avancer. Ne pas rester buttée sur des choses qui te semblent incroyable, impossible. Impossible n'existe pas. Tout est possible...

    Comme je regarde le ciel, ton poignard pourra se lier à toi. Irrémédiablement. Toutes les armes ont une âme, qui ne demande qu'à être découverte, et qui se sent maltraitée quand on ne fait pas attention à elle. Pourquoi les objets n'auraient-ils pas une âme ? Est-ce qu'un jour quelqu'un est devenu objet pour pouvoir nous le dire ? Tout est possible, il suffit d'y croire !
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Lun 28 Juin 2010, 22:04


Puisque rien n'est impossible.
Et puisqu'il suffit d'y croire...

Phy fait tourner le poignard dans sa main, contemplatif. Obnubilé.

Le contact, incroyablement nouveau, l'accapare tellement qu'il en oublie ce qui se trouve autour de lui. Son esprit vif, confronté à la surprenante expérience, coupe Phy du reste du monde. Une bulle, de cristal; un espace, de silence; un univers passionnel créé entre lui et le monde par un simple bout de métal. Il soupire. Décalé. Fermé à la réalité.
Et ouvert, sur autre chose.

Une âme, dans ce truc ?
Il doute, et cette impression de n'être pas capable –de ne pas avoir envie ? de remettre les pieds sur terre l'envahit. Il se perd dans ses pensées, ces dernières consacrées uniquement à la chose de métal. A l'outil. A l'arme.
Mais, sans aucune trace de lien.

Il ne voit pas Namira s'enfuir, n'osant pas affronter les certitudes que son intelligence lui dicte. Il ne voit pas la surprise, ni même l'incompréhension d'Ell', devant l'originalité de l'exercice imposé par le professeur. Il n'entend pas la réplique de Miss Nyya aux réactions de ses deux camarades de cours. Il ne les écoute pas. Il est captivé, tout simplement hypnotisé par les reflets argentés du poignard.

Un simple bout de métal ?

L'éclat des derniers rayons du soleil se reflétant sur le tranchant du poignard vient cisailler sa bulle. Une myriade d'étincelles dansent dans ses yeux de turquoise, et, surprit, il s'ébroue. Le goût de la nouveauté, l'éclat de la renaissance s'enfuit déjà loin. Il oublie, et sourit à la Guide, un peu perdu. Il retourne l'objet dans sa main, et frissonne, car il est froid.

Aucune trace de lien.
Alors, il observe.
Scientifiquement.

Poignard.
Lame, longue, fine, tranchante.
Manche léger, épuré, simple.
Poignard.
Taillé pour la précision, pas pour la puissance.
Efficace.
Fait pour se glisser, invisible, dans l'unique faille d'une armure, entre les deux maillons d'une côte de maille.
Poignard, oui, on l'a comprit.

Il l'étudie, ce bout de métal, sous tous les angles, le soupèse, estime sa taille, sa portance, sa dureté. Il trace une fine estafilade dans l'écorce d'un arbre pour voir, il frappe la lame contre un rocher pour écouter le tintement du choc. Il se coupe le bout du doigt en voulant en tester le tranchant, et, suçant son sang qui s'écoule, il pose le poignard au sol, l'observe, l'étudie, tente de le comprendre, de créer ce lien. Mais il ne voit rien. Ne trouve rien, ne sent rien, ne comprend pas.

Qu'est-ce qui ne marche pas ? Où est-ce qu'il se trompe ? Si Miss dit que ce n'est pas impossible, alors ce ne l'est pas. Pourquoi il n'y arrive pas, alors ?

____________________________________

Lucien.
C'était un grand cuisinier à la peau noire et au sourire étincelant que ses parents employaient à l'Auberge. Il prétendait souvent qu'il avait du sang Faël, mais Phy pensait qu'il n'avait pas les oreilles assez pointues. Lucien répliquait que, ce qui comptait, c'était d'y croire, et que lui, il y croyait. Alors Phy y croyait aussi.
Il l'aimait bien, lui et ses anecdotes incroyables, lui qui faisait de l'ennui une passionnante aventure. Il admirait son esprit ouvert, comme celui d'un grand frère, pour combler le vide étriqué de l'intelligence de ses parents; il adorait ses blagues, ses farces, et l'attention qu'il avait pour lui. Il appréciait le temps qu'il passait avec lui, les découvertes quotidiennes qu'il faisait à ses côtés, sa bonne humeur constante et son don pour les plats épicés.
Et ce jour là, Lucien, tu tentas en vain de lui apprendre à cuisinier, mais...
Qui sait si ta leçon ne fut pas bien plus essentielle que ce que tu aurais pu penser.

-On peut savoir ce que tu es en train de faire, gamin ?

-J'apprends à cuisiner, Lucien.

-Ha Ha Ha Ha ! En contemplant la casserole ? Tu crois peut-être qu'elle va se remplir de Niam, qui se s'ront épluchés tout seuls, en plus ?

-Euh... Je te regardais cuisiner, et puis je pensais que comme ça...

-Il est là, le problème, fiston. Tu perds ton temps, c'tout ! Mon Grand'pa me répétait souvent que celui qui saisit la casserole 5 minutes saura mieux s'en servir que celui qui l'observe durant 4 heures.

-La casserole, elle est trop lourde pour moi.

-T'as qu'a en prendre une plus petite.

-Je sais pas si c'est une bonne idée. Et puis, je risque de me brûler.

-La brûlure restera une semaine et ton incapacité à cuisiner te suivra toute ta vie. Faut pas craindre ce qui risque d'arriver, et puis profiter de la vie avant l'orage. Se réchauffer au soleil et puis se laver sous la pluie.

-Mais...

-Y'a pas d'mais, tu m'attrapes cette casserole, et tu te mets au boulot.

-....

-Hop, hop, hop.

-On prépare quoi ?

-On va commencer par l'comencement, gamin.

-Phy.

-T'es quand même qu'un gamin. Bref, repose cette casserole et puis épluche moi ces pommes.

-Faudrait savoir, Lucien.

-On ne sait jamais rien, gamin. Je crois savoir cuisiner de galettes de Niam, mais, vois-tu...

____________________________________

Lucien ?
Où es-tu, Lucien ? Toujours à l'auberge ? Es-tu partit ? Est-ce que je te manque ? Es-ce que tu me crois mort ? Moi, je t'aime toujours, mon grand frère. Tu me manques, et le visage que je vois avant de m'endormir,c'est le tien. Je reviendrai, quand je serai plus grand, quand je serai enfin libre, enfin... marchombre. J'espère que tu seras fier de moi et de ce que je serai devenu, grand frère.
Et pourtant. Je suis fier, et indépendant. Je te l'ai toujours dis : "J'ai besoin de personne."
Je me trompais. J'ai besoin de toi, grand frère, mais je vais faire avec ton absence.
Tiens, regarde. Je mets en application tes conseils. Tu es sûrement la seule personne dont j'ai jamais écouté les conseils, tu sais ?
Hop, hop, hop; je l'attrape, ce poignard. Je le serre dans mon poing, comme je tiendrais une casserole trop lourde.

J'ai p'têtre pas le droit de tirer. Faut créer un lien, d'abord. Un lien, Grand frère ? Si un poignard est capable de me faire penser à toi, est-ce que, ça y est, il y a un lien ? De toute façon, je n'y arrive pas. C'est comme ton plat fétiche, le Féféché au bodouguts, j'ai jamais réussit à ne pas le faire brûler. Peut-être que ça ne passera jamais, entre cet épluche pommes et moi. Après tout, j'ai fait tout ce que je pouvais, non ? J'ai tenté de percevoir son âme, à ce poignard, et au lieu de la sienne, c'est la tienne que je sens à mes côtés.

T'es pas un poignard, dis-moi ?

Hop, hop, hop; je tente maladroitement d'imiter la position de Miss Nyya. Les deux filles, je ne les regarde pas. Je me fiche de ce qu'elles pensent. Je croise le regard de la prof. C'est quoi, ça ? De l'approbation ? De l'analyse ? De l'amusement ? De la persuasion ? Peu importe.
Hop, hop; je donne de la vitesse à mon bras, je confère de la puissance à ce couteau, de la violence, presque.

J'le fais pour toi.

Hop, pour toi, tu es avec moi quand j'arme mon bras, et tu es avec moi quand je le lance. Loin. Mais nulle part. Est-ce que tu me quittes, quand tu te rends compte qu'il atterrit n'importe où : simplement dans la poussière; parce que je n'avais rien visé? Nan, toi, tu restes.

Hop. J'avance silencieusement entre les buissons. D'habitude, je rigole tout le temps. Là, j'ai même plus envie de sourire. Je vais le chercher, le poignard, et je le serre fort dans ma main.

Hop. Je leur tourne le dos, le temps d'essuyer cette minuscule larme –pour toi- qui roule le long de ma joue. Et puis je reviens.
Tu es là, partout, dans mon cœur, je sens ta main sur mon épaule, grand frère.

Hop.
Je me replace, et relance, comme un désespéré. La lame se perd dans les feuillages. Je retourne la chercher. Une ronce griffe ma joue, et de la blessure s'écoule une fine perle de sang. Le poignard froid brûle ma paume. Etrange.

Et hop.
Je me replace, et relance. Comme si la rage pouvait suivre la courbure argentée qui se trace entre les feuilles vertes, comme si la tristesse pouvait s'évanouir avec elle dans ce nulle part, sombre et lumineux. –L'avenir ?

Je me perds dans les circonvolutions des oiseaux noirs du chagrin.
Un dernier voyage, pour récupérer une dernière fois la lame.
Et puis pour m'asseoir, la tête entre les mains, sur une souche. Assez loin pour qu'on me laisse tranquille. Le poignard tombe à mes côtés. Je retiens mes larmes. Qui aurait crut que tu me manquerais à ce point ?

Je perçois le murmure des mouvements de mes compagnonnes de voyage autour du camp. Ne rêve. J'abandonne jamais, tu sais.
Encore quelques minutes, et je me relèverais.

Pour saisir ce poignard et pour le lancer.
Pour toi, et puis, pour moi.


[euh... J'ai écrit sans vraiment me relire, c'est peut-être un peu brouilon, mais la je fatiiiigue, alors > dodo =p et puis, je verrai demain si j'édite ou pas, si ça vaut le coup, si j'ai le courage. Parce qu'en plus c'est un peu long, désolé Uu']
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Mer 14 Juil 2010, 21:22

    Miss observait ses deux apprenties, qui semblaient se complaire dans leur vision tellement réductrice de tout. De l'exercice. Entre Namira, qui ne voulait pas toucher ce poignard, alors qu'une multitude de manières de l'utiliser existaient, alors que tuer n'était pas sa fonction première ; et entre Ellenya qui ne comprenait pas que l'on pouvait créer un lien avec son arme, elle se dit qu'elle avait du travail, et sourit à cette pensée. Elle aimait cela, savoir que tout ne serait pas toujours facile. C'était le but de l'enseignement : continuer à apprendre, toujours. Continuer à avancer, pour se connaître soi-même, pour comprendre le monde. Un sourire, immense, passa sur le visage de Miss, avant qu'elle ne constatât que l'une et l'autres, les deux filles, s'étaient défilées, s'étaient en allées de cet endroit, du cours qu'elle leur dispensait. Un énorme soupir franchit ses lèvres, mais en aucun cas elle n'allait leur courir après. Finalement, c'était leur choix. Peut-être se trompaient-elles, peut-être que non. C'était à elles d'en juger, pas à Miss. Elle s'était mise à leur disposition pour les aider à avancer, pour les pousser en avant, pour les aider. Elles refusaient son aide. C'était leur problème, et Miss n'avait rien à se reprocher.

    Se tournant vers celui qui était désormais son dernier apprenti, Miss le regarda lancer son poignard. Mais avant de le lancer, il le faisait jouer dans ses doigts, sans tenter d'aller plus loin. Certes, il était dans sa main, ce poignard, ce pommeau, mais il n'était pas là pour rien. Pourtant, Phy le lança, tirant un légèr froncement de sourcils à Miss, qui le reprit immédiatement. Il ne pouvait pas y arriver du premier coup après tout, surtout si jamais il n'avait tenu d'armes entre ses mains avant. Elle sourit, et le regarda encore faire. Il lançait, mais sans prendre son temps, sans vouloir faire plus que le lancer. Il le lançait pour lui, certes, sans doute pour quelqu'un d'autre aussi, vu la ferveur de chacun de ses gestes, mais ne touchait pas encore du doigt ce qu'il fallait acquérir. Compréhensive, Miss le laissa continuer ses lancers, espérant qu'il comprît seul, qu'il sentît seul ses erreurs. Mais le garçon mettait encore plus de rage, encore plus de tout de lui dans le poignard, le saturant d'émotions diverses, qu'il ne pouvait évacuer, pourtant.

    Soupirant, la jeune Marchombre sentit cette envie de s'égarer, du jeune homme. Non. Son égarement. Il ne voulait plus lancer, envahi par les émotions. Elle le laissa, un instant. Alors qu'il partait, un peu plus loin. Le laissa seul. Combien de fois avait-elle ressenti la même chose ? Même si elle n'était pas du tout du genre à s'appitoyer sur son sort, et plutôt à penser à l'avenir, à aller de l'avant, sans jamais regretter ce qu'elle faisait, elle comprenait l'apprenti, et son envie de solitude, le temps d'un instant. En aucun cas elle le pressa. Ils n'étaient plus que tous les deux, maintenant. Elle le guiderait loin sur la Voie, elle serait à ses côtés, s'il voulait d'elle. Elle ne pouvait pas tout faire non plus, et c'était sa volonté à lui qui le poussait en avant, qui le poussait à l'écouter et à la suivre. Parce qu'elle allait le mener haut, dans les difficultés sans doute les plus insurmontables, physiquement et mentalement. Mais elle ne pourrait pas toujours être son échelle de secours, et elle ne voulait jamais l'être. Elle était là pour l'aider, pour le soutenir, mais pas pour faire les choses à sa place...

    Et lorsqu'enfin il revint, elle lui adressa un sourire tranquille. Nulle trace de compassion dans son regard, ni d'encouragement. Un regard simplement en attente de quelque chose. Peut-être même un peu fier, de ce qu'il était et de ce qu'il faisait. Elle ne lui ramènerait rien du tout... Elle ne pourrait pas calmer ses peines ni arrêter ses pleurs, elle n'était pas là pour cela. Elle était là pour lui apprendre à vivre avec son passé, ses erreurs, ses choix, ses envies, ses rêves, à vivre avec ses émotions, aussi, ses sensations et ses instincts, à les comprendre pour les utiliser à bon escient, ou plutôt au juste escient pour lui. Soupirant, elle l'invita à avancer vers elle d'un signe de main, et lui rendit le poignard qu'il avait laissé choir sur le sol, puis passa comme un souffle dans son dos. Saisissant le poignet du jeune homme, elle le monta jusqu'au niveau de son visage, plaça correctement ses doigts sur le poignard, fit légèrement jouer son coude pour qu'il restât souple, fit doucement pivoter ses épaules pour vérifier leur mobilité, et recula, pour passer devant lui cette fois-ci. Saisit à son tour le poignard, mais par la lame, traçant un trait de sang sur sa paume.


    - Les sentiments que tu mets dans ton poignard, tu dois les offrir, comme à un ami. Comme à un ami, lui offrir tristesse et rage ne lui fera pas du bien, et il ne voudra rien te rendre. Mets de la passion, de l'envie, de toi, simplement, mets tes certitudes en lui, et alors il t'acceptera... Sens-tu le sang couler sur ma main, comme le poignard pourrait le ressentir ?

    Phy, pense Ouverture...


    Lui adressant un sourire, la Marchombre serra un peu plus fort la lame du poignard, se l'enfonçant alors franchement dans la chair de sa paume de main. Oh, ce n'était de toute manière pas grand chose, et puis Miss avait l'habitude de ce genre de blessures, et avait tout le nécessaire pour les panser rapidement. Alors, elle attendait, son regard violet, scintillant d'un éclat de persuasion, planté dans celui de son apprenti, et elle attendait. Elle sentait quelque chose monter dans son apprenti, sans pouvoir définir quoi que ce fût, une particularité qu'elle n'avait jamais connue, et elle n'arrivait rien à en faire, elle était juste là, à l'écoute, finalement, sans vouloir aller plus loin. Juste là. Encourageante. Patiente...



[Bon, et bien on continue tous les deux apparement ! =D ]
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Mar 10 Aoû 2010, 20:23

«Entre en harmonie avec ton arme. Reçois-la dans tes pensées. Laisses-la fouiller jusqu'au fond de ton esprit»
Ellenya faisait tournoyer le couteau entre ses doigts. Par cette séquence on aurait pu croire qu'elle n'écoutait pas, mais pourtant elle était très attentive à ce que disais le maître. Elle fixait le sol avec un regard neutre.
«Ellenya...»
Elle détournait la tête en direction de l'homme qui la regardait d'un œil attentif.
«...Tu ne dois jamais oublier ce que je viens de t'apprendre»


Et pourtant, elle avait oublié.
«Pénètres-le»
Elle avait oublié.
«Comprends-le»
Elle avait oublié.
«Le lien, Ellenya, le lien»
Elle avait tout oublié. Presque tout.


Elle n'y avait jamais pensé, mais... Elle avait déjà créer un lien avec une arme. Avec son arme. Son arme fétiche. Son arme qu'elle avait du laisser entre de bonne mains pour pouvoir suivre la voie des marchombres. Elle l'avait déjà fait. Elle pouvait le refaire. En fait, elle se souvenait toujours de ce qu'elle ne voulait pas se rappeler, et le reste, elle l'oubliait. Son choix serait difficile à passer, mais elle l'approuverait jusqu'à la fin.
«Être indifférente aux souvenirs qui font mal, ne se soucier que de ceux dont tu as besoin»
Ainsi était les paroles de son ancien maître. Si sage Si érudit. Il aurait peut-être même pu devenir marchombre. Mais il avait décidé de prendre un autre chemin. Une autre voie.


Tout en pensant à cette homme, son ancien maître, Ellenya faisait tournoyer le couteau entre ses mains, comme dans ses souvenirs. Elle ne savait plus comment il s'appelait. D'ailleurs, peut-être qu'il ne lui avait jamais dévoilé son prénom. Peut-être même qu'il lui avait dit de ne jamais l'appeler «maître». Mais tout ça, c'était loin. C'était du passée et elle devait maintenant ne porter son attention que sur ce qu'il lui avait appris. Afin de ne pas poser des questions bêtes au maître, ne se souvenant plus qu'elle l'avait déjà fait. Elle avait honte. Un peu honte de ne pas avoir pris leur maître au sérieux, et lui dit qu'aucun de ses ancien mentor ne lui avait appris qu'on pouvait créer un lien avec son arme. Car elle l'avait déjà fait. Avec sa gunblade. Ellenya secoua la tête nerveusement. Elle ne devait plus penser à cela, maintenant. Elle ne devait plus penser à rien. Vider son esprit. Et ne penser qu'au couteau. Elle s'adressa à son maître:


-Je suis désolé...Un de mes souvenirs s'était envolé, et... Je ne me souvenais plus. Je vais m'y remettre.



Sur ces mots, elle hocha la tête en direction du maître et détourna le regard pour le fixer sur son couteau. Elle le défia du regard, même si ce n'était qu'une arme, après tout. Elle leva la main, la paume tourné, comme pour exiger le silence. Un simple réflexe. Elle plissa les yeux et se concentra du plus qu'elle pouvait.
«Pénètres-le»
Ellenya vida son esprit, et ne pensa plus qu'à son objectif. Le couteau. L'âme. Le lien. Son esprit s'empourpra dans le solide métal de l'arme, et bientôt, elle ne trouva plus qu'une âme. Une âme cachée dans des milliers de particules.
«Comprends-le»
S'efforçant de ne plus penser à rien, Ellenya semblait être immobilisé. Son regard se perchait sur chaque recoin de l'arme qu'elle explorait des yeux d'un regard neutre. Comme absorbée par un simple couteau.
«Le lien»
Le lien. La dernière étape. L'ultime. L'ultime étape. Ellenya entoura d'une main ferme le manche du couteau, leva son bras, fut prête à tirer, mais...Sa main se figea.
«Toujours resté concentré, quoi que tu fasses»
Ellenya hocha la tête, comme s'Il était là. Elle répéta une fois le mouvement qu'elle avait commencé, et, d'un coup sec, jeta le couteau qui fendit l'air, droit comme un bâton. Il vint se planter dans l'écorce d'un arbre. Ellenya souffla un grand coup. De soulagement ou de mécontentement ?
Elle regarda d'un regard neutre le maître qui souriait à Phy. Elle ne semblait regarder que lui. Ellenya haussa les épaules. Peut-être elle ne voulait plus d'elle comme élève. Pour l'instant, elle s'en moquait, c'était Lui son maître. Ou plutôt le maître de ses souvenirs. Elle verrait plus tard ce que le maître dirait. Elle lui dirait peut-être qu'elle n'est pas digne de parcourir la voix. Elle secoua la tête négativement. Pourrait-elle être aussi dure ? Ellenya s'efforçait de ne pas y penser, mais une partie de son esprit était occupé par cette question. Elle secoua la tête une seconde fois, comme pour balayer les idées noires. Elle alla chercher avec endurance l'arme et la tira avec un assez gros effort.
Elle retourna à son point de tir, et jeta un coup d’œil au maître... Qui se coupait volontairement apparemment. Ellenya ouvrit de grands yeux. Elle n'avait pas mal ? Mais, involontairement, elle se plongea dans se souvenirs.

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-Mets-toi en place, Ellenya.


La nommée fit la moue, puis se leva du siège où elle était assise pour se mettre en face du maître. Il la regarda d'un air avertisseur, puis tira le poignard du fourreau ajusté à sa ceinture. Il fixa enfin l'arme d'un regard approbateur, puis appuya le poignard contre sa paume. Du sang coula, mais il ne dit rien, il fixait toujours l'arme. Ellenya ouvrit de grand yeux, regarda le poignard, puis le maître, puis le poignard, et répéta cette séquence jusqu'à ce que le maître la regarde enfin. Un fin et petit sourire se forma au coin de sa bouche.


-Si tu l'a comprend, elle ne fait pas mal. Tiens, essaye.


Sur ces mots, le mentor tendit l'arme à Ellenya, qui le regarda d'un air désapprobateur. Non. Elle ne pouvait pas faire ça. En tout cas pas sans se blesser. Il insista, tant et si bien qu'Ellenya finit par prendre l'arme. Elle l'explora du regard, se concentra, afin de réunir le lien qu'elle avait déjà créer à l'attention de son maître. Elle prit un grand souffle ferma les yeux, et dirigea le poignard vers sa paume, et... Incroyable. La blessure ne lui faisait pas mal. Ce n'était pas possible. Presque impossible. Presque. Elle sentit le sang couler sur sa main. Du sang froid. Presque glacé. Elle rouvrit les yeux doucement. Très doucement. Son mentor la regardait, un sourire au bout des lèvres. D'abord, Ellenya regarda étrangement le sang qui coulait de sa main, puis l'essuya avec la serviette mouillé que son maître lui tendait. Un soupir de soulagement se lut dans ses yeux quand elle alla poser la serviette et revenir devant le maître.


-Tu vois, Ellenya, l'arme ne te fait pas mal. Elle a confiance en toi.



Quelle sensation étrange d'être pénétrer par une arme... Et de pénétrer une arme. L'arme avait... Confiance en elle. Ellenya avait du mal à le penser, mais les mots du mentor étaient probablement vrai. Même sûrement. Qu'un poignard, un simple poignard, ai une âme, ça c'était une révélation. Le maître avait le visage neutre et semblait ne pas parler, mais son regard disait tout. Maintenant, elle en était sur, ce maître n'était pas comme les autres.
___________________________________________________


«L'arme a confiance en toi»
Elle s'en souvenait, maintenant. Et elle en était fier. Peut-être pas jusqu'au point de se sentir meilleure que les autres, mais, pour une fois, elle était contente d'elle. Elle se souvenait de l'avis de son ancien mentor sur ce sujet, et, pour la première fois depuis qu'elle avait quitté son village natal, elle rit.
«Ton optimisme laisse à désirer, Ellenya»
Mais en disant cela, son ancien mentor souriait. Elle savait que c'était par ironie et par taquinerie, mais elle riait quand même. Elle n'avait jamais été optimiste envers sa propre personne, ça elle le savait, et c'était sûrement quand elle réussissait un exercice et elle n'était pas si joyeuse que d'autres, que son maître lui disait ceci. Ce qu'elle savait, dans tout les cas, c'est que ce n'était pas en but de la vexer, mais plutôt d'ironiser sur son caractère, et cela, maintenant, ça avait l'air de l'amuser. Elle pouvait en être fier. Elle se souvenait.


Tout en repensant au diverses réactions qu'avait pu émaner de son ancien maître, Ellenya faisait virevolter son couteau en l'air, et le rattrapait d'un geste instinctif, d'une main ferme comme si quelqu'un allait le prendre à sa place. Mais c'était faux. Elle se tenait à l'écart de Phy, qui semblait attirer un œil très attentionnée du maître, pour ne pas le déranger, et surtout le mentor dans ses observations. Elle se moquait que le maître ne la regarde pas, c'était son droit et elle le respectait. En revanche, Say'n était partit. Elle avait sans doute voulu quitter la voix. Pourquoi ? Peut-être parce que ses souvenirs lui hantait l'esprit au point de ne plus vouloir toucher à une arme. Car elle avait vu sa réaction quand elle avait essayer de créer ce fameux lien, et, du plus loin qu'elle se souvienne, la fille n'avait pas l'air très contente de cette première expérience. Elle était en rage, peut-être, contre le maître qui voulait qu'elle créer un lien avec une arme qui servait à... Tuer. Ses yeux pendant l'exercice disait tout. Presque tout. Car ils ne disaient pas ce qu'elle avait contre une arme qui peut être utiliser pour se battre. Ellenya aimait se battre, mais pas tuer. Ce n'était pas la même chose, là était la différence. On n'apprend pas forcément à combattre pour faire de sa vie celle d'un assassin. Say'n ne comprenait peut-être pas que le maître leur apprenait à créer un lien avec une arme, pour qu'à l'avenir, ils puissent se défendre contre ces fameux mercenaires. Ellenya ne voulait pas quitter le chemin des marchombres. Et encore moins qu'on l'a rejette de la voix.


Mais en y repensant, elle pouvait s'y attendre. Il pourrait très bien y avoir des examens, et qu'Ellenya ne les réussisses pas. Après, peut-être avait-ils une deuxième chance, mais ce n'était pas la question. La question était de savoir si elle était digne ou pas de parcourir la voix. Si elle n'était pas digne, alors elle ferait tout pour ne pas sombrer, et continuer sa vie normalement. Peut-être elle serait combattante. Mais c'était trop tôt pour y penser. Beaucoup trop tôt. Le destin déciderait, et dans tout les cas elle ferait tout pour ne pas devenir un... Mercenaire. Du moins du Chaos. Ellenya soupira, ne sachant même pas pourquoi, car elle n'avait pas le temps, ou plutôt la flemmardise d'y penser. Elle rattrapa une dernière fois son couteau d'une main ferme, puis leva son autre bras droit devant elle. Elle posa son couteau sur sa main et volontairement bien sur, se coupa. Elle savait pourquoi ça ne lui faisait pas mal. La confiance. Un détail l'intrigua. Dans ses souvenirs. Et ce n'était pas une expression. Elle avait... Le sang froid ?
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Lun 30 Aoû 2010, 16:31

    Evidemment que Miss avait vu Ellenya revenir, et une onde de pur bonheur avait traversé son corps et son coeur quand elle l'avait vue revenir de là où elle était partie. Pourquoi ? Simplement parce que c'était son apprentie, et même si pour l'instant, elle ne la connaissait pas, il suffisait de quelques petites choses pour s'attacher. Miss n'était pas du genre à suivre le dicton « ne dépendre de personne ». Parce qu'elle comprenait par là ce que les autres voyaient là-dedans. Pour nombre de gens, cela signifiait ne pas s'attacher, ne pas créer de lien, et ne plus laisser ses sentiments s'exprimer. On dépend des autres, simplement déjà dans la réflexion de soi. Les autres ne sont pas forcément des hommes ou des femmes, cela peut être des animaux, ou des entités. On dépend de l'herbe, de l'air, de l'oxygène, de l'eau, du vent. On peut dépendre de tout cela. Il faut juste savoir doser ce que l'on accepte de soi, et comprendre. Comprendre l'équilibre. La dépendance n'est pas qu'une question de besoin. C'est aussi une question d'émotion. Et se séparer de ses émotions ne faisait pas d'une personne un Marchombre. Non, parce qu'un Marchombre acceptait ses émotions pour en faire d'immenses forces de vie, et de développement. De vitalité. Celui qui s'immunisait de ses sentiments devenait aigri, et versait irrémédiablement du côté du Chaos, sur le long terme. Et Miss était très bien placée pour le savoir, ayant suivi une formation de presque deux ans chez les Mercenaires du Chaos. Elle savait ce qu'elle y avait appris, et si cela pouvait se révéler utile, cela n'avait rien de bon. Même si elle ne réfutait pas son passé. Elle avait été apprentie Envoleuse, une potentielle chasseuse de Marchombres. Pourtant, son Maître l'avait accueillie, et elle l'avait suivi. Sans aucune crainte, alors qu'il avait tué simplement son Maître Envoleur, devant ses yeux, à une vitesse ahurissante et d'une nonchalance non feinte. Elle ne s'était pourtant jamais sentie menacée, non, plutôt admirative devant lui. Elle sourit à cette pensée, leva le regard vers le ciel pour chercher le firmament de ses yeux violets, et envoya un message muet à son Maître. Il la guidait. Toujours.

    Se tournant vers son apprentie, Ellenya, la jeune femme l'observa du coin de l'oeil. Elle voyait en elle. Pourquoi à ce moment-là ? Pourquoi ainsi ? Etait-ce cette question muette, envoyée au ciel, pour son Maître, qui était venue lui ouvrir le coeur et les yeux ? Elle soupira, un sourire sur son visage. Elle voyait la démarche de la jeune fille, au travers de son corps. Etait-ce le vent qui lui murmurait les sentiments de son apprentie ? Doute, mais détermination. Elle semblait croire que Miss ne lui faisait pas confiance. Elle semblait croire que Miss n'était pas son vrai Maître. Elle cherchait des souvenirs, des souvenirs lointains, et les trouvait, pour avancer. C'était une bonne démarche, elle devait bien l'avouer. Et Miss savait pertinemment qu'elle devait trouver la confiance de ses apprentis pour les faire avancer. Qu'ils lui fissent confiance. Parce qu'elle avait elle-même confiance en eux, même si elle ne les connaissait pas. Sinon, jamais elle n'aurait pu avancer avec eux, et vouloir les faire avancer sur la Voie. Les étincelles qui vivaient en eux tentaient parfois de s'échapper, parfois de s'embraser, c'était le début, les premiers pas, elle était là pour les aider avant tout. Et lorsque Ellenya passa son poignard sur la paume de sa main, comme l'avait fait Miss quelques instants plus tôt, cette dernière ne sut pas trop que penser de tout cela. Elle avait l'impression étrange que la jeune fille n'avait pas fait cela pour comprendre son poignard, mais plutôt comme pour s'immuniser, de manière indéfectible, d'une menace qu'elle sentait peser sur elle. Un long frisson parcourut la colonne vertébrale de Nyya, qui ferma les yeux un instant, avant de déglutir doucement et de s'avancer vers son apprentie d'un pas ferme et décidé. Lui prenant la main, elle passa ses doigts sur le sang qui coulait de cette dernière, sentit cette fraicheur dans son liquide vital, mais ne se posa pas de question. Adressant un sourire à son apprentie, elle lui dit alors, murmurant, rassurante, lui montrant à quel point elle était là pour elle. Pour elle.


    - Ellenya, tu sais, ce n'est pas contre toi. Tu dois apprendre à te faire confiance. Je ne serai pas toujours là. Et dans ces moments-là, tu devras te remettre de toi-même sur la Voie des Marchombres. Tu n'en es qu'à tes premiers pas, et tu as prouvé que tu voulais la suivre. Maintenant, il faut tenir cette promesse, dans ton coeur. Ne souffre pas de tes décisions, elles seules comptent et tracent la Voie qui est en toi, qu'importe ce qu'elle est. C'est ton chemin. C'est ta vie. Je ne suis là que pour te guider, et tu dois vouloir de ton propre grès me suivre...

    Lui adressant un sourire, elle passa sa main dans les cheveux de son apprentie, se redressant, et se tournant alors vers Phy, adressant un sourire à ses deux apprentis. Les tirs n'étaient pas terminés, selon elle. Si Ellenya avait tiré plusieurs fois, elle n'avait pas trouvé. Enfin, elle avait commencé à trouver, elle avait entraperçu la porte béante, mais n'était pas parvenue à s'y engouffrer. Quand à Phy, il n'avait pas refait d'essais depuis qu'elle lui avait parlé. Soupirant, elle s'éloigna de ses deux apprentis discrètement. D'un bond, elle attrapa une branche d'arbre, se faufila dans les feuillages et s'arrêta sur une branche pour observer les autres tirs de ses apprentis. Sortant un poignard de sa botte, elle s'amusa avec, le faisant tourner dans sa main, le lançant et le rattrapant aisément, sans même y penser. Ses jambes se mirent à battre l'air, toujours sans bruit, pourtant, et elle s'appuya nonchalamment sur le tronc de l'arbre, la tête posée sur son écorce, un sourire aux lèvres, attentive...
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Mar 31 Aoû 2010, 21:11

Ouverture, Phy.
Pense ouverture.
Ce n'est pourtant pas si difficile. Pourquoi alors sembles-tu opposer à cet exercice un visage aussi fermé ? Tes poings sont serrés de rage, ton cœur est serré de douleur, tes yeux serrés de honte. Ton corps est crispé d'incompréhension.
Le poignard ne veut pas de ces tensions. Que ferait-il de ces pleurs ? Toucherait-il sa cible à coups de colère ? Non. C'est la liberté, l'envol, la force et la puissance; la précision et le courage qui mènent sa lame au centre. L'assurance, voilà ce qu'il veut, le poignard.
La certitude de toucher sa cible.
Tu l'étouffes, avec ce doute qui cavale au creux de ta main.
Un poignard ne se lance pas avec crainte, mais avec conviction.
Ouverture, Phy.
Commence par détendre tes jambes. Relève toi. Rejette les épaules en arrière, inspire, puis expire profondément. Assouplis le haut de ton corps, cligne des yeux pour en chasser l'humidité. N'ait pas honte de les refouler, ces perles tristes qui cherchent à rouler le long de tes joues. Tu les laisseras vivre quand tu les assumeras. Et pour cela, il faudra que tu en sois fier. Il est encore trop tôt.
Plus tard, quand tu auras compris qu'elles ne sont pas une faiblesse mais une force, tu les accepteras et elles t'apaiseront.
Mais chaque chose en son temps.
Redresse ton sourire, sur tes lèvres et dans tes yeux. Faire semblant d'être heureux, se forcer à la joie adoucis l'âme de ses tracas, tu ne crois pas ? C'est mieux, n'est-ce pas ?
Ouverture, jeune Phy.
Je suis avec toi. Pour te porter vers la surface, comme je l'ai fait à ta renaissance. Je ne te laisserai pas tomber. Vois comme je guide ton maintient. Ce n'est pas une preuve de mon amour pour toi, jeune moi ? Car tu es moi. Je suis toi.
Je vais t'aider.
___________________________________________

-Je suis toi. Tu es moi.

Les épaules de Phy furent parcourues d'un irrépressible frisson. Pas que le sous-bois ne soit baigné dans une atmosphère froide ou propice aux courants d'airs; mais parce que le lien qui l'unissait au Dauphin, une fraction de seconde, s'était ouvert. Un courant de sensations puissantes et fugaces, accompagné d'un étrange message imagé, avait circulé de l'animal à l'humain, au centre du cœur de Phy. Le garçon, sur le moment, ne parvint à saisir ce que l'animal voulais signifier en ces termes, puis, alors qu'il tournait vers Miss un visage remplit d'un détermination sans failles; alors qu'il croisait son regard d'un violet translucide, alors que, au creux de son ventre, le Dauphin replongeait, lumière se fit.

Il saisit le poignard.

Il avait gravé dans sa mémoire les mouvements détaillés de la marchombre, sentait ses mains tièdes repositioner ses doigts, parfaire sa position, le préparer au lancer...

Il caressa la lame du poignard, puis se plaça à une dizaine de mètres d'un vieux chêne dont le tronc, large, lui semblait une cible assez simple pour débuter.

-Je suis toi. Tu es moi.

La phrase résonna une dernière fois à ses oreilles alors qu'il prenait une grande inspiration. Son sourire revint, apaisé et naturel. Il avait crut devoir apprendre le concept d'ouverture que la marchombre lui demandait de comprendre. Les mots de la guide s'étaient brouillés, puis dissouts, comme un reflet qu'on aurait brisé dans une flaque. Il n'y avait rien vu. Une bouffé d'angoisse était montée en lui, car il avait crut sur le moment en être incapable. Il avait crut devoir partir de rien pour tout construire, et il avait pensé ne pas y arriver.

Et il avait comprit, grâce au Dauphin, qu'il s'était déjà ouvert de la manière dont la marchombre le lui demandais. Pour lui. Pour l'animal, il ouvrait son cœur et abaissait, néanmoins pas toujours sans crainte, les barrières qu'il avait dressées entre ses deux âmes.

Il ouvrait la porte.
De la cage.

Le manche du couteau sembla se réchauffer entre ses mains. Phy ferma les yeux, et laissa monter en lui cette vague incompréhensible. Lorsqu'il perçut que le moment était arrivé, il ouvrit les yeux. Son bras effectua un mouvement fluide et le poignard vola, droit.
A la dernière minute, il se mit à tournoyer, et le manche de l'arme rebondit contre l'écorce dure du vieil arbre.
Le visage de Phy ne trahit aucune émotion, et il s'élança à la suite de son couteau. Quand il l'eut calé au creux de sa main, et qu'il revint vers Miss, il souriait. Sa main se posa sur son cœur, remerciant guide et Dauphin.

Dans son regard, aucune trace de déceptions. Il lui semblait avoir accomplit ce qu'elle leur avait demandé.
Le reste n'était que technique et perfectionnement, et, en trois ans, il en aurait le temps.

[pas génial, désolé]
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Mer 01 Sep 2010, 18:59

Penser ouverture. Toujours penser ouverture. Tel était les mots prononcés par la guide adressés à Phy. Ceci dit, peut-être n’avait-ils, lui et Ellenya, lles même…Problèmes. Peut-être qu’il fallait penser un mot différent pour chaque personne. Non. Chacun créaient la porte qu’il voulait, avec une signification particulière. La porte. L’ouverture ou la porte, c’était pareil. Si elle se souvenait bien, le maître avait parlé de percevoir l’arme comme un ami. Un ami auquel on offre des sentiments. Si ce n’était pas cela, alors elle devait chercher ailleurs. Explorer une direction, puis une autre. Ce ne devait pas être si dur de trouver le bon chemin. Et si accéder à la porte était un peu plus compliqué, l’ouvrir demanderait encore plus d’effort. Question de temps. D’habitude. Et de confiance.

Un doux vent susurra des paroles irréelles aux oreilles d’Ellenya. L’herbe fertile et agréable gigotait à ses pieds, comme un ami auquel on aurait raconté une blague. L’herbe riait sous ses pieds. Et elle aussi, elle avait envie de rire, de faire de la vie un monde dont-elle avait envie de se faire une place, de ressentir le bonheur même si elle était triste. Elle aussi, elle avait besoin de se frotter à quelqu’un. Juste un instant. Pour apprendre. Pour savoir qu’est-ce qu’elle devait faire. Elle se sentait flotter dans l’oubli, et s’il y avait eu quelqu’un pour la retenir, c’était dans des souvenirs. Mais seulement, elle n’y arrivait pas. Elle n’en avait pas envie tout simplement, ou juste pour se réconforter. Elle ne pouvait pas.

Après les paroles du maître, elle avait enfin comprit. Apprendre à se faire confiance, se remettre de soi même sur la Voie des Marchombres, ne pas souffrir de ces décisions. Maintenant, une grosse boule remontait à la gorge d’Ellenya. Les yeux embués de déception par rapport à sa façon de procéder, elle la ravala, puis souffla un grand coup, histoire de renvoyer la nervosité qui se lisait sur ses lèvres. Puis, passant une main dans ses cheveux, elle ressortit son couteau. Observation. Longtemps, puis coup d’œil vers les côtés. Surprise. Non.Appréhension. Ellenya se sentit défaillir. Elle porta la main à son front, puisse se laissa tomber assise sur l’herbe.

Phy avait réussi. Un trou s’ouvrit dans son esprit. Elle n’était pas jalouse. Non. Elle n’était pas du genre à ne pas supporter que quelqu’un réussisse avant elle. Bien au contraire. Elle éprouvait une certaine joie pour Phy, mais en même temps, elle se disait qu’elle n’y arriverait pas. Pourquoi ? Elle n’en avait aucune idée, pourtant ce sentiment s’agrandissait de plus en plus. Elle se pinça. Très fort. Pourquoi ne pouvait-elle pas, à un petit instant, avoir confiance en elle ? Pourquoi ne croyait-elle jamais en ce que son esprit pouvait faire ? Pourquoi se désespérait-elle toujours ? Pourquoi c’était aussi dur, pour elle, de ne plus douter de ces décisions ? Des questions. Toujours des questions. Sans aucune réponse, évidemment. Evidemment. Si. La réponse était la même à toutes les questions. Elle était elle.

-Quel argument convainquant…

Elle avait parlé sans se préoccuper du maître qui l’avait sûrement entendue, et si elle l’avait dit pour ironiser, ou pour une façon de soupirer, elle se moquait totalement de ce que les autres pouvait penser de ces paroles. C’est vrai que la réponse à toutes ses questions ne lui donnait pas plus amples informations ou solutions. Elle était elle. C’était déjà ça. Elle essuya sa tenue plus ou moins décorée d’herbes, puis ressortit le couteau qu’elle avait rangé en s’asseyant. Puis renferma ses émotions pour tout mettre dans l’arme. Elle ferma les yeux, respira une dernière fois l’odeur apaisante du vent, puis filtra uniquement ses dernières pensées sur son objectif. Concentration.

Elle entendit d’abord son sang couler le long de ses propres veines, puis perçut le mouvement du poignard dans sa main. Fluide et pourtant si étrange. Si étrange qu’elle décida d’aller encore plus loin. De lui accorder sa confiance.
Elle essaya ensuite de déceler ses émotions, et de les lui transmettre comme à un ami. Si il était un ami, maintenant, alors il n’opposerait aucune résistance. S’il lui faisait confiance.

Quand Ellenya rouvrit les yeux, l’arme était déjà lancée en un mouvement prolongé. Fusant l’air à une vitesse assez rapide, le poignard vint se planter contre l’écorce de l’arbre, se balançant de haut en bas.

Ellenya s’avança avec un entrain un peu dur à percevoir.
Elle ne savait pas si elle avait réussit.
Mais le plus important était qu’elle avait essayé.
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Ven 03 Sep 2010, 13:34

    Miss laissait ses apprentis comprendre le sens de ses paroles. Phy comme Ellenya avaient besoin de temps. Ellenya comme Phy. Il était vrai que comprendre ce concept d'ouverture, ouverture de l'esprit, ouverture de soi, était difficile. Ouverture au monde, aux autres, aussi. Bien souvent, elle le savait, inconsciemment, les apprentis avaient du mal à vouloir s'ouvrir. Ils avaient peur de ce qu'ils pouvaient trouver au delà des limites, des barrières, de l'esprit. Pourtant, ce qu'ils pouvaient y dénicher était la plus belle de toutes les choses : la compréhension. Et encore, elle n'était pas totale, car rien n'était total, en terme de connaissance des autres, connaissance de l'extérieur. Le seul lieu qui méritait d'être conquis était le corps, tout le reste n'était qu'à découvrir, et jamais toute la beauté des autres lieux ne pourrait être totalement mise à nue, jamais on ne pourrait comprendre réellement tout l'extérieur. On essayait, sans cesse, d'apprendre, d'approfondir nos connaissances, mais jamais on ne pouvait arriver à la fin. C'était cela, qui était magnifique. Complètement. Souriant, Miss reporta son attention sur ses apprentis. Phy était en train d'avoir une révélation, elle le voyait dans son attitude. L'aura de la Marchombre sentit une sorte de brouillon, autour du jeune homme, et cela fit froncer les sourcils à Miss. Encore, cette sensation. Que Phy, quelque part, n'était pas seul. Mais pourquoi ? Comment ? Elle ne comprenait pas où cela pouvait mener, ce qu'il se passait réellement. Il était par contre évident que le jeune homme réussissait à comprendre, même inconsciemment, une partie de ce qu'elle tentait de leur offrir, et lorsqu'il leva le poignard, lorsque le doux murmure sortit de sa bouche, tirant un sourire satisfait à la Marchombre, cette dernière sut qu'il allait y parvenir. Ce fut comme si un morceau de l'âme, de l'esprit, de Phy s'était envolé. Juste une infime partie, mais c'était un début, un très bon début, même...

    Se tournant vers Ellenya, Miss l'observa un instant. Elle voyait le doute, en elle, s'insinuer. Le doute... Comme elle l'avait connu, elle-même ! Durant son apprentissage en tant que Mercenaire, certes, mais aussi durant son apprentissage Marchombre. Même si la certitude inébranlable en elle lui disait qu'elle vivait pour la Voie, elle ne pouvait s'empêcher de croire qu'elle la quittait à chaque fois qu'elle faisait une erreur. Elle se rendait compte maintenant à quel point sa vision des choses avait été gâchée. C'étaient les erreurs qui traçaient la Voie, et plus on en faisait, et on se remettait sur le droit chemin, plus la Voie était large et forte, sous nos pas, derrière nous, et les perspectives de l'avant étaient belles. Soupirant légèrement, la Marchombre laissa son regard d'un violet profond se poser sur son apprentie, attendrie. Elle avait l'impression de se revoir apprentie, à dire vrai. Une boule d'émotions – qu'elle était toujours, en fait – avec un instinct qui la poussait en avant sans qu'elle ne sût comment ni pourquoi. Un esprit qui réfléchissait sans forcément comprendre ce que son inconscient avait déjà saisi... Miss sourit. La phrase de son apprentie remonta jusqu'à elle, et elle eut l'impression que le vent cherchait à la faire revenir dans ses souvenirs, remonter le fleuve du temps pour trouver cet instant-là, où elle était passée elle aussi par un puissant doute. Et alors que la jeune fille levait son poignard, Miss se glissa derrière elle pour lui montrer la bonne orientation, aussi légère qu'un rêve, à peine perceptible, se glissant dans l'Harmonie de la Terre qui pulsait sous ses pieds. L'énergie de l'apprentie se calqua dans sa main, lentement, et Miss avait l'impression de le percevoir. Elle vit les effluves d'énergie d'Ellenya se déplacer, chercher sa paume, chercher le poignard. Et lorsque la jeune fille lâcha le poignard pour qu'il s'envolât dans les airs, Miss s'était déjà retirée de quelques pas, lui laissant libre cours, les yeux pétillants. Ses apprentis étaient sur la bonne voie !


    - Et bien, apparemment vous avez compris ce que je vous demandais de faire ! C'est très bien, autant pour l'un que pour l'autre. Chacun appréhende les choses différemment, et si les mots vous guident, ils ne doivent pas vous enfermer. Vous avez tous les deux donné un peu de vous au poignard, ce soir, et je pense que c'est assez d'émotions pour aujourd'hui. Demain nous continuerons la route, alors... dormez bien !

    Leur adressant un clin d'oeil espiègle, la Marchombre se déplaça rapidement vers le feu de camp. Tranquillement, elle sortit des sacs de couchage d'un grand sac qu'elle avait dans son dos, et les tendit à ses apprentis pour qu'ils les utilisassent. En effet, la nuit était plutôt fraîche, et il aurait été dommage de tomber malade pour cela. Attentive, elle se plaça elle aussi dans sa couche avant de fermer les yeux. Evidemment, elle ne dormait que d'un oeil, mais cela n'était pas nouveau, depuis des années elle dormait comme cela. Ne se fier à personne, elle le savait. Ainsi, au moindre bruit suspect, au moins mouvement proche, elle se réveillait, et elle en avait conscience. Laissant donc ses apprentis dans les bras de Morphée, elle sombra elle aussi doucement dans le royaume des rêves. Le lendemain matin, elle les réveilla doucement et leur donna un peu de fruits qu'elle avait cueillis dès son propre réveil. La chair des fruits était fraîche et tendre, ce qui donnait une certaine vigueur aux trois compagnons qui avaient dormi là. A peine une demie-heure après, Miss se releva et dit à ses apprentis qu'ils allaient reprendre la route. Elle ne les fit pas courir tout de suite, laissant leur corps se réveiller doucement par une marche plutôt rythmée. Ils atteignaient les plaines et suivaient la longue courbe que traçait le Pollimage à l'Est de leur position. On ne le voyait pas, mais Miss savait pertinemment qu'il était là. Ils s'arrêtèrent quelques minutes pour manger, avant de repartir en courant cette fois-ci. Le but de la Marchombre était de les rendre le plus rapidement possible un minimum endurants, et ils coururent ainsi toute l'après-midi. Une fois que le soleil se fut couché à l'horizon, elle laissa ses apprentis monter le camp, les conseillant lorsqu'ils hésitaient à faire quelque chose, et ils mangèrent tranquillement un lapin que Miss avait visé durant la journée. Leur adressant un sourire, elle se releva et alla chercher son sac à dos, duquel elle tira deux arcs fins et nerveux.

    - Hier soir, vous avez lancé un poignard. Ce soir, je vous demande de faire la même chose, mais avec un arc. Vous devez savoir vous servir de toutes les armes, car en connaissant les armes, vous connaissez les avantages que peut avoir un adversaire qui les a. Ne vous inquiétez pas, vous avez autant d'essais que vous le souhaitez. Je ne vous impose rien pour ce soir, mis à part de travailler comme vous l'entendez...

    Par là, Miss espérait comprendre aussi un peu le fonctionnement de ses apprentis. Etaient-ils prêts à toujours donner le meilleur d'eux-mêmes ? Avaient-ils de bons réflexes pour travailler plus en profondeur ? S'ajoutaient-ils graduellement de la difficulté. Les observant, Miss put se faire une petite idée de ce qu'ils étaient, de ce qu'ils faisaient, et était agréablement surprise de ce qu'elle découvrait. Tout restait à parcourir...
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Jeu 09 Sep 2010, 16:46

Je ne suis plus.



Chacun à son histoire, ses blessures plus ou moins profondes. Le ciel a pour certain des couleurs différentes, des enfers rouges et apaisants. L’Homme, avec sa race, avance en mettant les poings. C’est beaucoup mieux quand on fait mal en premier, même si l’intention était bonne, on se dit qu’il vaut mieux être prudent. Et on frappe. La meilleure défense reste l’attaque. Qu’est-ce qu’on peut penser à la fin ? Que plus personne n’a de conscience, que l’âme même de l’Homme n’a jamais existé ? C’est la, que s’effondre des milliers de théories qui rassuraient l’Homme dans son image. Je ne me suis fondu que dans les remous de la société, c’est elle la fautive ! Parce que l’Homme, dans toute sa splendeur, n’est jamais coupable. Le coupable est toujours l’Homme d’à coté qui rejettera la faute sur un autre, puis sur un autre, puis sur un autre Homme, et quand le monde sera fautif on répondra simplement : L’erreur est humaine. On touche le ciel du bout des doigts sans jamais décrocher une seule étoile. L’existence de l’Homme. Reste à savoir pourquoi nous sommes ici. Demander de l’aide, regardez-moi. Des promesses qui ne font que détruire les promesses qui vivaient avant elles. L’Homme est devenu son plus laid reflet, il a changé son égo pour faire de lui un riche. La vraie richesse vient du cœur, la vraie valeur est celle que l’on attribut par son cœur. Alors l’Homme le plus riche est en fait un imposteur qui meurt jour après jour un peu plus dans ses douleurs, car rien n’est plus proche de la solitude que le sentiment de se sentir coupable.

La culpabilité ne vient jamais seule, elle est engendrait par plusieurs facteurs. La culpabilité de ne pas avoir écouté la faute qui semblait pourtant évidente, et au final se rendre compte trop tard que tout est bien finit, que l'être aimé est bel et bien partit. En suite il y a cette lumière qui s'éteint en même temps qu'on prononce le dernier mot. Cette prison qui se créait quand toutes les issus son fermées. Enfermé entre la haine et la mort. Et ensuite survient le connaissance. Ne pas voir c'est être aveugle, c'est ne pas connaître. Connaitre, c’est un verbe que personne ne sait vraiment utiliser. C’est un mot qu’on ne peut emprisonner juste derrière quelques questions, connaitre c’est d’abord attendre. Connaitre c’est apprendre à pleurer, à rire, c’est accepter. Connaitre, ne connait pas de définition. Parce que si tout avait un sens, alors la vie serrait simple et on s’y ennuierait. Juste, j’avais vu juste, quand je disais que le bonheur n'existait pas, quand je disais que comme les fleurs, tout à la fin périra. Alors pourquoi être faux ? Pourquoi vouloir tendre la main pour mieux être poussé dans le vide ? Je ne suis qu’une marionnette dans les fils de la vie, et qu’on m’empêche chaque jour d’en finir ici. Mais, que mes mots sont durs. Etre, seulement être ce qu’on veut de vous. Parce que l’image d’un Homme se reflète toujours dans le regard d’un inconnu. Et c’est là, où l’on revient au commencement, il faut connaitre, juste apprendre à se connaitre soit même.

Mais apprendre à se connaître prends du temps. Tout n’était qu’une question de temps. Le temps, combien de temps pour oublier. Le temps d’une vie, le temps qui ne signifie plus rien pour personne. Il était écrit en lettre d’or sur le temple d’un Dieu céleste que seul le temps pouvait guérir les mots, mais les grands philosophes n’étaient pas du même avis. Les plus grands marchombres avaient défié ce proverbe pour à la fin mourir avec le temps. Sous son plus beau jour l’Homme se dévoilait encore une fois. Je dis Homme, comme je pourrais dire animal, mais animal ne prend pas de majuscule, animal est moins important. « Un animal, une bête, une erreur » La vie est un tourbillon de mots, des mots qui peuvent être pervertis par des gestes, des pensées ou encore des influences. Parce qu’on sait que l’Homme ne vit jamais seul, l’Homme a besoin de ses semblables, il veut qu’on le rassure. Mais l’Homme vit en meute comme un animal. Et pourtant animal ne prend pas de majuscule, l’animal reste un animal. Je voudrais comprendre la nature de l’évolution, l’Homme évolue toujours mais dans quel sens. Quel est l’idiot qui a dit que l’évolution allait dans le sens positif ? Et celui qui à affirmer que les êtres pensif ne pourraient jamais revenir à leur état initial ? A l’état d’animal ? Un philosophe mathématicien ou bien simplement un grand diplomate aux allures de gentilhomme qui en secret rêve de violer une femme sauvagement, comme une bête, comme un animal. L’animal est l’Homme, l’Homme est l’animal.

Toutes ses pensées tournèrent dans son esprit. Namira c'était refermée sur elle, elle c'était éloignée oubliant le reste du groupe se centrant sur elle même. Elle était devenue l'animal. Comme pour gommer le monde. Plus de douleur artificielle, plus de critiques sans fondements. Elle se baissa pour caresser l'herbe. Les autres élèves avaient l'air de s'agiter. Mais elle ne réagissait pas, elle était dans un autre monde. Elle voyageait en elle. Plus rien n'avait d'importance, elle voulait juste comprendre. Ses yeux se fermèrent. Certain appelait ça le néant. « Partout ou il n'y a rien lisez que je vous aime. » Parfois, même souvent les Hommes sont trop différents, Namira aurait aimé naître animal. Elle s'allongea en soufflant, réfléchir aujourd'hui lui demandait un grand effort. Alors elle se laissa bercer jusqu'à ce que le sommeil l'emporte. C'est une nuit sans rêve qui s'infiltra sous ses paupières au réveil elle n'eut pas le temps de souffler. Elle n'avait pas mangé et préféré ne pas parler. La journée passa. Sans que rien ne vaille la peine d'être retenu. Namira observa les groupe d'un œil distrait et quand leur maitre leur apporta un lapin elle prit une part avec beaucoup de plaisir. Mais le repos d'aujourd'hui allait vite être effacé.

-Hier soir, vous avez lancé un poignard. Ce soir, je vous demande de faire la même chose, mais avec un arc. Vous devez savoir vous servir de toutes les armes, car en connaissant les armes, vous connaissez les avantages que peut avoir un adversaire qui les a. Ne vous inquiétez pas, vous avez autant d'essais que vous le souhaitez. Je ne vous impose rien pour ce soir, mis à part de travailler comme vous l'entendez...

Namira se releva et attrapa un des deux arcs. « Pourquoi deux arcs? » Elle s'étira un long moment et mit l'arme en place. Une philosophe qui tape avec une arme c'était vraiment très rare. Elle monta l'arc et visa. Juste un tronc d'arbre à quelque mètres d'eux. Sans réfléchir elle encocha la flèche. Du mieux qu'elle le pouvait et tira. La flèche se planta droit dans le chêne avec un son étouffé. Namira se retournant en haussant les épaules. Elle adressa un sourire à son maitre, en allant s'assoir près de Phy:

-Simple coup de chance.


*Pardon pardon pour la longue absence Crying or Very sad *
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Jeu 09 Sep 2010, 17:13

Le sommeil fut long à trouver. Le sol était dur, certes; la nuit était lumineuse, soit; l'endroit était bruyant, bien évidement; il faisait frai, presque froid; d'accord. Mais là n'était pas le problème. Pas plus que la solution. Phy se tournait, se retournait, maudissant à chaque mouvement cette somnolence imprécise qui le fuyait. Et il avait beau bâiller, il avait beau cligner des yeux, il avait beau sentir ses muscles s'apaiser lentement, il ne parvenait pas à fermer les yeux pour s'abandonner au rêve.

Trop d'excitation. Trop de sensations nouvelles, trop de portes ouvertes, trop de découvertes. L'envie d'en faire encore, la peur de perdre le temps dont il profitait tant durant un somme trop prolongé. L'envie de se lever, de s'enfoncer lentement dans la nuit, de courir, jusqu'à l'océan, pour y admirer un soleil couchant. Ouvrir les bras, et inspirer. L'odeur douce et suave de l'écume. Ressentir. Le désir invaincu de saisir au creux de ses mains un peu de l'eau tiède de la mer. Le besoin de fouler le sable de ses pieds nus, et de fendre l'eau de son corps transformé.

Le Dauphin.
Tout revenait toujours à lui.
Il était là, partout, dans son cœur et dans ses gestes.
Guettant le moindre mouvement, la moindre erreur, le moindre relâchement qui le libérerait.
Phy voulait être libre, le Dauphin aussi.
Comment accorder leurs élans de vie ?
Comment s'unir au-delà de leurs différences et de leurs besoins respectifs ?
Comment atteindre cette harmonie, cette osmose qu'ils n'avaient partagé que lors de leur redécouverte mutuelle ?

La voie des Marchombre était peut-être la solution.
Non.
Il en était certain : c'était la solution.

Un jour, il faudra qu'il en parle à sa guide.
Un jour.

Phy s'endormit sur cette dernière pensée. Mais la nuit fut courte, car le soleil renaissant brisa rapidement l'étau de ses paupières. Et la journée, prometteuse comme le ciel bleu, s'ouvrit aux trois compagnons. Le temps reprit la vitesse déroutante qu'il abandonnait la nuit durant. Lorsque la lune se levait; pensa Phy, le temps n'avait plus d'heures. Tout devenait différent et incroyablement plus lent. Ou plus rapide. Ou constant.
La nuit, le monde basculait dans un autre univers. Et avec le matin, avec une accélération, la vie reprenait ses droits.

Phy, de bonne humeur, envisagea sa journée comme un grand éclat de rire.
Et il sourit. Quand ils mangèrent de drôles de fruits qu'il se surprit à apprécier. Quand ils se mirent à marcher d'un pas vif, de minuscules nuages de buées ponctuant leur avancée.
Il sourit. Aimant le silence doux qui les entourait, le mélange de leurs regardes et de leurs gestes vers le paysage.
Il sourit, sentant le repas du midi venant obstruer le néant grondant de son estomac.
Ils se mirent à courir. Il abandonna son sourire pour ajuster son souffle au rythme de ses jambes. Et ses dents blanches se dévoilèrent à nouveau jusqu'à ce qu'ils montent le camp.
Et l'épuisement se manifesta.

Lors du repas, lui d'ordinaire si bavard ne murmura pas un mot. Il bâillait même régulièrement, peinant à garder les yeux ouverts. Ajoutée à celle de ses insomnies de la nuit précédente, il ressentait une fatigue croissante dans les muscles de ses jambes, plus sollicités qu'à l'ordinaire; son dos et ses abdominaux participaient eux aussi au concert de plaintes qui s'échappait de lui dès qu'il faisait l'erreur de bouger brusquement. Il attendait avec impatience le moment du coucher, car il savait qu'une bonne nuit de sommeil aurait eut raison de sa fatigue et des tensions qu'il sentait dans son corps. Mais ses espoirs prirent fin lorsque Miss leur annonça un nouvel exercice.

Avec un léger soupir de lassitude, il saisit l'arc et les flèches que lui tendait sa guide, et ferma les yeux.

Il est épuisé !

Mais il doit faire ce que Miss lui demande.

Depuis quand exécute-il les ordres qu'on lui donne ?

Quand les ordres n'en sont pas.

Que sont-ils, alors ?

Une Voie.

Phy rouvrit les yeux, déterminé, à nouveau. Obstiné à ne jamais lâcher le morceau; car c'était son avenir qui se jouait là. C'était son futur, son existence qui approchait à grands pas, qui était remise en cause tous les jours. Et il relevait le défi. Non pour prouver quoi que se soit à qui que se soit, mais pour lui. Pour lui et pour l'Autre-lui qui dormait comme la mer dans son sang.

Une Voie.

Nam' s'assit brusquement à ses côtés. Il lui sourit, mais regardait à travers elle. Il ne saisit pas ce qu'elle lui dit et ne répondit pas. L'arc l'obnubilation. Le reste n'existait plus.

Il serra l'arme, puis l'observa sous tous les angles. Fin et prêt à réagir à la moindre sollicitation. Ni trop souple, ni trop dur. Presque parfait. Efficacement délicat et délicatement équilibré.
Tellement différent du poignard froid et réaliste qu'il avait tenu hier soir entre ses mains. Le poignard volait lourdement, ancré dans le réel; tandis que la flèche fine glissait fluidement entre les réalités.
Phy tomba littéralement amoureux de l'arme dont le bois chauffait entre ses mains.

L'exercice lui parut plus simple que le jour précédent. Peut-être était-ce parce qu'il avait déjà ressentit l'étrange sensation de chaleur dissoute qui liait son bras à l'arme. Ou peut-être était-ce facilité par l'admiration passionnée, l'affection que Phy offrait à l'arc.

Les bons sentiments.

Brusquement, ses doigts lâchèrent la flèche qui vola pour aller se planter dans le sol, à une dizaine de mètres de lui. Il parut surprit, et ne comprit pas pourquoi il avait tiré. Il n'en avait aucunement eut l'intention. Alors... Pourquoi .... ?

S'avançant entre les arbres pour récupérer la flèche, Phy trouva la réponse. S'il avait comprit l'arc, il en avait oublié la flèche. Pire, il l'avait ignorée. Mais la flèche était l'arc. L'arc était la flèche. L'un et l'autre se complétaient et l'autre sans l'un n'aurait pas été envisageable. Phy eut un sourire. La phrase lui fit penser au Dauphin, qui n'avait rien dit depuis ce matin.

Il se saisit de la flèche puis rejoignit Miss. L'exercice, qui gagnait en difficulté, lui fit oublier toute fatigue. Mais une inquiétude le dérangeait, et il s'autorisa une pause pour questionner la marchombre.

-Miss... Est-ce que... Dans toute cette ouverture, on ne risque pas d'abandonner une partie de soi...? Je veux dire, lorsqu'on s'ouvre au poignard, ou encore à l'arc, ne risque t-on pas d'y laisser une partie de nous ? Est-ce que l'arc garde en lui une partie de moi lorsque je coupe le lien ? Est-ce que je ne risque pas d'y... Perde mon âme ? De me vider petit à petit ?
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