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Le Pacte VS L'Ordre
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Si tu ne connais rien à Gwendalavir, cela ne t'empêchera pas de te joindre à nous, car un récapitulatif de tout ce qu'il y a à savoir est disponible dans le contexte

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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Quino - Cours n°1

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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Lun 04 Avr 2011, 18:58

Le temps avançait. Les secondes, les minutes, les heures, les jours. Les journées paraissaient plus ou moins longues, selon ce qu'ils faisaient, et Ellenya savourait ces instants comme des purs moments de liberté. Ils n'étaient pas tout à fait libre quand même, parfois ils auraient préférés rester un peu plus longtemps dans un lac, mais le temps passait vite et Ellenya respectait les décisions de son maître. Et ils repartaient, toujours avec la même assurance dans le cœur d'Ellenya. Une motivation qui paraissait sans fin. Il y avait des hauts et des bas, bien sur, des moments ou Ellenya aurait voulu se confier mais qu'elle ne le pouvait pas, ou des instants ou elles voulaient tout abandonner, pour de diverses raisons. Mais elle finissait toujours par se remotiver. Qu'est-ce qui la motivait autant ? Ellenya n'en avait aucune idée, quoique, mais ce qui était sur, c'est qu'elle continuerait quoi qu'il arrive. Mais pouvait-elle en être vraiment sure ? N'importe quoi pourrait arriver qui fasse tout basculer, tout chavirer. Elle pouvait se rassurer. Elle n'en était pas là pour l'instant.

Chaque jour Ellenya gagnait un peu en assurance. Et plus les jours défilaient, plus le groupe apprenait à se connaître. Ellenya admirait les capacités de Miss. Traverser un lac dont le courant était très fort, se glisser imperceptiblement dans le dos de quelqu'un sans qu'il le sache, grimper à une vitesse fulgurante... La jeune apprentie essayait de se surpasser. Son but n'était en aucun cas d'égaliser son maître, mais progressait pour se dépasser elle-même. Elle cherchait ses limites pour les dépasser. Ce n'était pas une tache facile, mais le seul fait d'essayer la faisait progresser. C'était comme une montagne qu'elle devait escalader. Parfois elle lâchait prise, puis reprenait son équilibre pour continuer son ascension. Et parfois il n'y avait pas de prises. Rien pour avancer. Mais si on cherchait bien, la prise se trouvait là, juste devant nous, sans qu'on l'ai remarqué. Il fallait chercher. Et même si cela n'était pas une tâche facile, en aucun cas il ne fallait abandonner. Il fallait continuer, lâcher prise pour mieux recommencer à grimper, continuer, continuer, continuer... Et si l'on tombait ? Si l'on tombait... Pour de bon ? Qu'est-ce qu'il arriverait ? Ellenya n'avait pas de réponse à cette question. Et après un haussement d'épaule, elle reprenait l'ascension de la falaise. Toujours avec cette même pensée dans son esprit. Cette pensée qui l'accompagnerait quoi qu'il arrive. Ne jamais abandonner.

Le dixième jour, une gigantesque tour se dressa à l'horizon. La guide leur révéla qu'ils allaient faire un tour à la Citadelle des Frontaliers. Ellenya haussa un sourcil, mouvement qui la caractérisait plus ou moins. Quand ils parvinrent au village installé au pied de la citadelle, Miss se tourna vers eux avec un regard mystérieux qu'Ellenya ne parvint pas à déchiffrer.

-Cela risque d’être... étonnant. Ne vous en formalisez pas !


Étonnant ? Ellenya réfléchit un instant, et après maintes hésitations, abandonna. Elle ne voyait pas très bien ce que la marchombre voulait dire. Mais après tout, ils allaient le découvrir après. Ce qui était sur, c'était qu'Ellenya était impatiente.

- "Cela" ?
Demanda Phy avec un regard empli de curiosité.

Ellenya haussa encore un sourcil, regarda Phy puis posa son attention sur la marchombre. Pour le coup, elle ne savait pas du tout à quoi s'attendre...

[C'est court, désolé. Et du coup pitoyable pour compenser les lignes --"]
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Lun 04 Avr 2011, 20:53

    Lançant un regard entendu à Phy, Miss se passa la langue sur les lèvres. Oui, cela allait être étonnant... Etonnant, parce que cela faisait de longues années qu'elle n'était pas revenue à la Citadelle. Parce que la dernière fois qu'elle l'avait vue, c'était lorsqu'elle s'était retournée une dernière fois, quand elle avait lui l'implication d'un défi. Un sourire étira ses lèvres, alors qu'elle ne répondait pas à Phy. Cela ne servait à rien, ils verraient bien. Parce qu'Ellenya avait aussi levé un sourcil, sa manière à elle de manifester une curiosité qu'elle pouvait savoir déplacer. A cette pensée, la Marchombre sourit intérieurement. Le petit groupe qu'ils formaient, tous les trois, s'était considérablement soudé durant ces dix jours d'exercices divers. A chaque défi, elle était derrière l'un et l'autre, les aidait de manière différente, parce qu'ils voyaient et faisaient les choses différemment. Miss prenait le temps de tourner chaque chose de divers points de vue, de leur montrer à tous les deux que le monde n'avait pas une seule facette, mais bien des centaines, et sans doute des milliers. Reportant son attention sur le présent, et sur l'immense Citadelle devant leurs yeux, elle fit signe à ses apprentis de la suivre, et s'avança jusque devant la porte, où deux Frontaliers attendaient. Ils l'observèrent un instant, avant d'écarquiller les yeux, leur visage exprimant une surprise totale.

    - M... Miss?

    - Elle-même, Saphiros.

    - Mais... tu...

    - Sunoy va te tomber dessus.

    - Je sais...

    - Tu comptes quand même rentrer?

    - Oui.

    - Et eux, ce sont...?

    - Mes apprentis.

    - Tes...

    - … apprentis?


    Les deux hommes se concertèrent du regard.

    - C'est jouable.

    - A ce point?

    - Oui.


    Un sourire étira les lèvres de Miss, en même temps que celles des deux Frontaliers. C'était jouable. Ainsi, Sunoy avait aussi un ou deux apprentis. Mais la Marchombre ne se faisait aucune illusion : elle devrait se mesurer au Frontalier. Elle hésita néanmoins un instant, posant son regard sur ses deux apprentis.

    - Combien de temps ?

    - Deux mois.


    Miss grimaça.

    - Ca le fera pas.

    Saphiros leva son regard vers les deux apprentis. Pourtant, ils avaient l'air en bon état physique, bien entraînés, et pas fatigués. Pourquoi Miss ne voulait-elle pas... ?

    - Une semaine.

    Il hocha la tête. Dans ces conditions... Soupirant, il se gratta la barbe naissante de son menton, avant d'inspirer. Pourquoi était-elle venue, si ce n'était pas pour cela ?

    - Je veux qu'ils voient.

    Saphiros cligna des paupières. Elle avait deviné chacune de ses questions intérieures, répondu correctement à chaque fois. Il prit le temps de l'observer. La dernière fois qu'il l'avait vue, elle avait dix-sept ans. Dix-sept ans, et elle avait perdu un duel, qui l'obligeait à épouser le Sunoy en question. Et elle s'était enfuie, brisant à jamais ce duel et donc sa parole et son honneur de potentielle Frontalière. Certes, elle n'avait pas réellement grandi parmi eux, elle était arrivée alors qu'elle avait entre dix et onze ans, et était repartie à l'âge de dix-sept ans. Toute l'éducation primaire des Frontaliers, elle ne l'avait pas connue, et c'était d'ailleurs pour cela que l'on avait renoncé à la poursuivre pour la tuer, ou l'obliger à suivre son contrat. Maintenant, elle revenait... Elle était Marchombre. Si parfaitement qu'il n'en revenait pas lui-même. Il se souvenait de la même aura puissante et pure qui émanait d'Ysidrah lorsqu'elle était encore en vie, et de ce qui émanait toujours du bloc de glace dans lequel elle reposait désormais. Il soupira doucement, échangea un regard avec son compagnon, avant de hocher la tête.

    - Dans l'arène principale.

    - D'accord. Saphiros?

    - Mm?

    - Merci.


    Déjà Miss se détournait, devant un homme surpris, un sourire aux lèvres. D'un signe de la tête, elle invita ses deux apprentis à la suivre, et se dirigea donc vers l'arène principale, celle la plus au Nord, la plus grande de toutes. Il devait y avoir un entraînement, ou alors des duels, et cela serait l'occasion de montrer à Ellenya et Phy que s'ils avaient choisi la Voie des Marchombres, elle ne ferait pas d'eux des personnes invincibles, ou toutes puissantes. Même si elle avait bien l'impression qu'ils le savaient déjà. C'était aussi pour leur montrer d'autres manières de s'entraîner, d'apprendre. Elle ne comptait pas rester longtemps, une journée peut-être, et une nuit, avant de repartir. Ils n'avaient pas besoin de s'attarder. Mais elle savait qu'elle croiserait Sunoy. Et elle savait que l'affrontement serait inévitable... Haussant les épaules seule, ils arrivèrent bientôt le long de l'arène, et Miss grimpa dans les gradins pour se placer le plus proche possible de la piste de sable. En effet, des Frontaliers s'entraînaient, de tous niveaux. Il y avait des jeunes, des enfants, même, dans ce coin, là-bas, des moins jeunes, des grands et des forts, qui tiraient à l'arc, qui lançaient des poignards, qui se défiaient à mains nues, qui fendaient l'air à toute allure avec leurs sabres, qui apprenaient à les dégainer en moins d'une seconde. Un exercice en particulier attira l'attention de la Marchombre : un Frontalier lançait un foulard en hauteur, et son apprentie devait réussir à le fendre en au moins quatre avant qu'il touchât le sol. Au centre de l'arène, un Frontalier s'arrêta soudain de fendre l'air et se tourna. Planta directement ses yeux dans ceux de Miss. Elle avait failli ne pas le reconnaître. Grand, une musculature large et pourtant bien dessinée et souple, des yeux d'un vert un peu marron, les cheveux d'un blond doré, il avait bien changé depuis toutes ces années, contrairement à elle. Seule la rage flamboyait dans son regard, lorsque lui la reconnut. Lui adressant un sourire flamboyant, la Marchombre eut même l'audace de lui faire un signe de la main. Déjà, il arrivait à grands pas vers le bord de l'arène, sauta par dessus le parapet et se planta devant elle, jambes légèrement écartées, mains sur les hanches. Miss ne s'y trompa pas, sa garde était parfaite, mais elle ne se départit pas de son sourire.

    - Tiens, salut toi!

    Sunoy serra violemment les mâchoire. Il dégageait tellement d'énergie et de puissance, de rage, contenue qu'il aurait pu en être effrayant... A quelle vitesse va une pensée ?

    - Tu es donc revenue...

    - En chair et en os!

    - Tu sais ce que ça veut dire...

    - Oui.


    Miss planta son regard violet pétillant dans celui de son interlocuteur, avant de se tourner un instant vers ses apprentis.

    - Je vais vous laisser profiter du spectacle. Apprenez bien.

    Inspirant profondément, elle hocha la tête, et descendit derrière Sunoy. Dans l'arène, elle se mit en garde, bras légèrement redressés, à peine. Buste droit, pieds écartés et légèrement désaxés. Un genou désaxé aussi, un piège. Sunoy ne s'y laisserait sans doute pas prendre. Peu importait. Elle était là pour recouvrir son honneur.





[Me suis un peu emballée... Mais bon XD ]
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Mar 19 Avr 2011, 20:24

[Moi en tout cas j'adore :DD]


- M... Miss?

Euh, oui, Miss, tu nous expliques ? Parce que... Bon, ce n'est absolument pas contre toi, je te le jure, le mystère, les sous-entendus et le truc du clin d'œil, moi ça me plaît; cette histoire éveille ma curiosité, c'est sûr et certain. Mon cœur tambourine dans ma poitrine, mes doigts son parcourus de frissons, et puis mes sens s'aiguisent pour tenter de percevoir ce qui est en train de passer. J'ai envie de savoir, j'ai hâte, je suis impatient, mais...

- Elle-même, Saphiros.


C'est le cas de le dire, ça : "Elle-même". Elle rayonne, notre Miss, tranquille, vive, équilibrée, un brin de folie qui scintille dans l'iris. Resplendissante de vie. Dans le regard de l'autre type, c'est différent : hébétude et stupeur. Ils se connaissent, et ne se sont pas vu depuis longtemps : elle maîtrise la situation et lui, il ne pige absolument pas ce qui est en train de se passer. Un peu comme moi. En pire.

- Mais... tu...

Je reporte mon regard sur le garde. Lui, c'est un frontalier, pas de doute, même si le respect et la crainte qu'il doit inspirer en temps normal sont rudement diminués par l'air d'idiot peinant à se remettre de sa surprise qu'il arbore actuellement. S'il n'était pas aussi grand, baraqué, et si le manche de son sabre n'était pas aussi élimé, j'aurais presque envie de rire. Je me retiens. Pas envie de me faire taper dessus, alors que ce qui suit promet d'être très intéressant.

- Sunoy va te tomber dessus.


L'autre garde a prit la parole. Celui là, c'est le portrait craché de l'autre : les mêmes cheveux blonds, les yeux gris, la carrure du type musclé. Les frontaliers sont-ils tous ainsi ? Je n'en avais encore jamais rencontré. J'imagine l'intérieur de la forteresse, grouillant de blonds... Et de blondes. Sont-elles, elles aussi, des amatrice de la muscu ? Sont-ils tous de la même famille ? Dans ce cas, nous ferions tous les trois figures d'étrangers. Enfin, surtout Ell' et moi, puisque Miss semble être une habituée du lieu.

- Je sais...


Moi, en tout cas, je ne savais pas que les marchombres côtoyaient des frontaliers. Bien sur, ils peuvent avoir les amis qu'ils veulent, ils vont où ils veulent; mais au point d'être connue par les gardes, qui sont quand même les deux premières personnes que nous rencontrons... Quelque chose me dit que Miss possède d'autres liens que ceux de l'amitié avec eux... Mais lesquels ? En tout cas, elle a ici au moins un grand copain : ce Monsieur Sunoy, qui d'après les dires du garde, doit avoir de sérieuses raisons de lui en vouloir. Oui, mais lesquelles ? Je soupire, et lève les yeux au ciel. Ça fait beaucoup de questions, et pas la peine de demander à Miss de nous expliquer la situation. Elle s'amuse certainement beaucoup en contemplant de nos bouilles ébahies.

- Tu comptes quand même rentrer?


Mes lèvres s'étirent dans un demi sourire. N'est pas né celui qui empêchera Miss d'aller où elle veut, quel qu'en soit le moyen. Quand a celui qu'elle écoutera assez pour qu'il puisse la faire changer d'avis... Peut-être existe-t-il, mais alors, il n'est pas qu'humain.

- Oui.


Hé, qu'est-ce que je disais ? Tu as bien raison, Miss, on veut rentrer. Même si je ne comprend toujours pas ce que nous fichons ici –parce que pour l'Oeil d'Otolep, hm, c'est pas tout à fait la route le plus courte, ni la plus simple; on ne me la fait pas à moi, celle là, j'ai une carte, et je sais où je suis. C'est bien beau de nous mettre l'eau à la bouche, mais si c'est ensuite pour repartir en arrière, non, non, non, quelle déception. ! On veut de la découverte, on veut de l'inconnu ! Derrière ces portes fermées...

- Et eux, ce sont...?


Nous, nous sommes... Ses apprentis.

- Mes apprentis.


Mon cœur se met à battre, et je ne peux m'empêcher de sourire. Comme si, prononcée à haute voix, et par tes mots à toi, la réalité avait plus de poids. Comme si la vérité avait ton accord. Tu nous considères comme tes apprentis, alors... Nous sommes tes apprentis. Tu nous guides sur la Voie des marchombres, sur notre Voie. Notre Voie.

- Tes...


Ses apprentis. Elle nous torture, Monsieur, elle nous réveille à peine endormis, pour nous faire courir, sauter, grimper, nager.... Elle nous fait gravir des falaises pas possibles, lancer des poignards et tirer à l'arc jusqu'à ce que nos doigts ne répondent plus. Après, on se tape de longues séries d'abdominaux, d'étirements, des exercices de respiration interminables. Parfois elle nous pose des questions incompréhensibles, et souvent, elle ne répond aux notre que par d'autres questions. Régulièrement, elle ne répond pas. Elle nous entraîne à droite à gauche, suivant ses envies, et puis de temps à autre nous balance des phrases aussi incompréhensibles que les questions de tout à l'heure.

- … apprentis?


Ses apprentis.Alors, c'est grâce à elle qu'on se rend compte combien la nuit est belle et combien les étoiles brillent, même lorsqu'on a pas bien dormit. Peu à peu, on prend plaisir à ces courses, ces escalades, ces nages, on commence à sentir nos muscles qui s'éveillent, notre souffle qui s'équilibre, nos sens qui s'aiguisent, nos gestes qui se font plus sûrs. Pendant nos escalades, on la sent à nos côtés, au pire de l'ascension, et on sait qu'elle est là pour nous aider. Pour nous permettre de grandir, nous montrer le bon chemin. Alors, on est heureux quand on sent qu'on dépasse la barre des cents abdos, quand on découvre que pour la première fois, on touche la cible avec notre flèche, et quand on découvre qu'on peut comprendre notre poignard, même si cela demande de l'entraînement. On n'est pas lâches, on n'est pas invincibles, mais on est déterminés. On est là pour apprendre, et puis pour vivre. On bosse dur pour y arriver, même s'il nous arrive de fatiguer, de ne pas y croire... On se ressaisit. Et on apprend à réfléchir par nous même, et on découvre qu'elle répond toujours à nos interrogations, mêmes les plus inexprimables, mais qu'il faut savoir attendre et se tenir prêt à apprendre. De temps en temps, on se rappelle une des phrases qu'elle nous avait balancé au milieu du silence, qu'on n'avait pas comprise, et qu'on n'aurait jamais crut retenir, et alors on se rend compte combien ce qu'elle nous avait dit est vrai. Ses mots touchent toujours juste. Je crois qu'on peut être fiers de nous. Et heureux de l'avoir pour guide.

- C'est jouable.


Hein ? Qu'est-ce qui est jouable ? Qu'est-ce que c'est que ce plan foireux ?

- A ce point?


Pardon, pardon ? Aurait-on le droit à des explications ?Miss, je me rappelle de la dernière fois où tu nous as laissé seuls, comme ça; et pour c'était pour la baston. C'est pas que je n'aime pas me faire taper dessus, non, j'adore ça; mais je ne me sens pas de taille à affronter un frontalier, même le plus petits de tous. Un vaurien, un voleur de rue est déjà bien assez coriace pour moi, alors il faut savoir doser le plaisir. J'ai pas besoin de me faire tabasser pour apprendre que je ne suis pas Dieu, et puis de toute façon, je ne veux pas devenir Dieu. Je suis Phy. C'est tout.

- Oui.


Oui, oui, oui, mais quoi, oui ?

- Combien de temps ?


Pas longtemps. Juste ce qu'il faut pour goûter à la Voie du marchombre, la frôler des doigts, et choisir de tout faire pour y rester. Pour vivre, avec elle, en soi.

- Deux mois.


Quoi, deux mois ? Deux mois qu'on découvre la Voie aux côtés de Miss ? Ah, non, pas deux mois. Moins ! Beaucoup moins ! On est encore des ignorants. Je ne sais pas ce que vous avez en tête, tout les deux, mais alors...

- Ca le fera pas.

Je commence à m'agiter, et la Dauphine remue imperceptiblement, réceptive à la moindre de mes émotions. Je ne suis pas très patient. Je veux savoir, je veux comprendre, je veux renter dans ce château, nom de nom !

- Une semaine.


Une semaine, ça parait plus réaliste. C'est Miss qui parle, alors tout de suite, c'est forcément plus réaliste. Uh, mais au fait, une semaine pour quoi ?

- Je veux qu'ils voient.

Qu'on voit ? Si on regarde, on ne va pas agir. Donc on ne va pas se battre. Petit soupir de soulagement. Grande inspiration, et fourmillement d'impatience. Mais qu'on voit quoi ?


- Dans l'arène principale.


L'arène ? Finalement, on se bat ? Ou alors, on va voir des gens se battre ? Oh, ça, je veux bien, surtout si les frontaliers sont vraiment ceux que les légendes prétendent. On apprendrait sûrement beaucoup. Plus qu'en se faisant bastonner par un d'eux. Aujourd'hui, je suis pour l'apprentissage par procuration. Alors, on y va ?

- D'accord. Saphiros?
- Mm?
- Merci.


Enfin, la porte s'ouvre. Nous pénétrons dans l'enceinte de la forteresse, direction l'arène. Plutôt impassible, un peu bondissant, retenant mon envie de courir partout, je m'abreuve de tout ce qu'il y a à voir, à entendre, à sentir et à comprendre. L'endroit est intarissable. Nous gravissons tranquillement les gradins, et, d'ici, observons l'intérieur de l'arène. Le spectacle est impressionnant : ils sont là, blonds et blondes, nombreux, s'entraînant sans relâche à des exercices aussi diverses que variés. Je constate que des vieux sont bien plus rapides et agiles que moi, et que nombre d'enfants maîtrisent mieux le combat sous toutes ses formes que moi. Je souris. Ma route est encore longue. C'est alors que je perçois quelques regards qui se tournent vers nous. Enfin, plutôt vers Miss. Ils la connaissent. Je n'ai toujours pas comprit pourquoi, ni comment, mais ils la connaissent. Une montagne de muscle s'approche de nous en fulminant. Imperceptiblement, je me tasse sur la marche où je m'étais assit. Il est impressionnant. Et pas content.

- Tiens, salut toi!

Sunoy. Pas de doute possible : c'est lui. Sunoy, c'est un nom de dragon, ça. A bien y regarder, le frontalier tient tout entier du Dragon : souple et fluide, violent et contrôlé, puissant et précis, sauvage, fort et plein de rage. Son visage est pas mal rouge, aussi.

- Tu es donc revenue...
- En chair et en os!

- Tu sais ce que ça veut dire...
- Oui.

Miss... Qu'est ce que ça veut dire ? Tu vas quand même pas...

- Je vais vous laisser profiter du spectacle. Apprenez bien.

Je me lève. Miss nous plante là, et se tourne vers l'autre. Garde parfaite, d'un coté comme de l'autre ? Je ne sais pas. Ce que je sais en revanche, c'est que le combat va être... Un combat de titans.

Le Dragon contre la marchombre.

-Qui gagne, tu crois ? Je demande à Ellenya.
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Jeu 21 Avr 2011, 15:33

[Wink On aime quand tu t'emballe, Miss XD]

Un sourire étira les lèvres de Miss, mais Ellenya ne comprit toujours pas. Soit elle était idiote, soit il y avait vraiment quelque chose. Mais quoi ? Elle haussa les épaules. De toute façon, elle verrait bien. Chaque choses en son temps. Elle jaugea l'immense Citadelle qui se dressait devant elle un instant, puis posa son regard sur Miss. Celle-ci fit signe à ses apprentis de la suivre, et Ellenya se mit en marche, presque impatiente, mais gardant sa nature réservée. Ils arrivèrent à une porte, ou deux hommes montant la garde attendaient. Étrangement, ils furent tellement surpris de voir Miss qu'ils écarquillèrent les yeux.

-M... Miss?


Ça, c'était sur. Miss, en chair et en os. Pas de doute. Ellenya passa un regard sur la concernée, puis sur les deux gardes, avant de revenir vers son maitre. Il y avait quelque chose. C'était évident. Qu'on lui mette sa tête à couper si elle n'avait pas raison. Sauf que ce truc, ce qu'il se passait entre Miss et le garde, c'était quoi ? Ellenya soupira légèrement, assez bas pour qu'on ne l'entende pas. Inutile de lui poser la question, elle savait très bien que Miss ne répondrait pas. En fait, il n'y avait aucune raison pour qu'elle réponde. Et, dans l'histoire, qu'est-ce que sont Ellenya et Phy ? Parce que là, on avait tout les pretexes pour se le demander. Miss avait l'air de bien s'amuser, constatant les regards ébahis et incompréhensifs de ses apprentis.

- Elle-même, Saphiros.

D'accord. Ils se connaissaient. Mais comment ? Ellenya haussa vaguement un sourcil, passa un coup d'œil sur Phy. Il était aussi perdu qu'elle, ce qui eu pour effet de la rassurer, étant donné qu'elle se demandait bien si elle n'avait pas raté un épisode. Non, apparemment, c'est juste qu'ils n'étaient pas encore là à un certain épisode.

- Mais... tu...

- Sunoy va te tomber dessus.


Ainsi, l'autre garde la connaissait. Logique. Ou pas. Sunoy ? Ellenya posa un regard interrogateur sur les trois personnes concernées, même si elle savait qu'il ne la regardait pas. Elle commençait vraiment à se demander si Miss ne les trainait pas un peu. Oui. C'était ça. Parce qu'elle n'avait pas l'intention de leur expliquer, ça non, c'était sur. Et elle avait l'air de s'amuser, devant leur différents regards, incompréhensifs ou étonné. Elle n'allait en aucun cas leur dire quelque chose, ni leur donner une piste. C'était Miss. Mystérieuse, mais attachante. Ellenya en était fière. Elle était fière de tout. Et en aucun cas elle aurait changé de chemin

- Je sais...

- Tu comptes quand même rentrer?


Rentrer ? Pourquoi pas. Ca fait déjà quelque temps qu'Ellenya attendait ça. Elle était presque impatiente, mais gardant sa nature réservée, elle se contentait de jeter des regards ou de hausser les sourcils.

- Oui.

Ils allaient rentrer. Enfin. Ce n'était pas qu'Ellenya s'impatientait, mais... Si, en fait, c'était ça.

- Et eux, ce sont...?


Ils sont des apprentis. Ses apprentis. C'était une évidence maintenant.

- Mes apprentis.

Ce mot, sorti de la bouche de la marchombre, sonnait tellement bien que c'était sûr. Ils étaient ses élèves. Elle était leur maître. Une cohérence parfaite.

- C'est jouable.


Jouable ? Qu'est-ce qui était jouable ? Comme le cela d'un peu plus tôt, il y avait quelque chose derrière, c'était sûr. Ellenya était de plus en plus embrouillé, et jetait des coups d'œil, par ci par là.

- A ce point?


- Oui.


Encore un mystère. Ellenya soupira intérieurement. Quand est-ce qu'elle allait enfin leur expliquer. Il faudrait bien un jour. En attendant, il fallait écoutez. Regarder. Mais encore ? Ellenya farfouillait dans sa tête, tandis qu'un sourire éclairait les lèvres de Miss. Quand allait-elle finir de les torturer ainsi ?

-Combien de temps ?


Combien de temps quoi ? Pendant combien de temps ils marcheraient ? Le temps qu'ils mettraient pour aller à l'Oeil d'Otolep ?

- Deux mois.

- Ca le fera pas.
- Une semaine.


Voilà qu'ils marchandaient sur du temps. Décidément, Ellenya ne comprenait rien. Quoi que ? Est-ce que ça aurait pu être sur le temps qu'ils allaient passer à la Citadelle ?

- Je veux qu'ils voient.


Alors ils allaient voir, hein ? Voir quoi ? Apparemment ils allaient voir le « cela ». Et Cela risquait d'être surprenant et étonnant, à ce qu'avait dit la marchombre. Donc eux, ils n'auraient rien à faire. Heureusement. Parce que, à l'avis d'Ellenya, ce Srnoy n'avait pas l'air très sympathique, en constatant son prénom. De plus, c'était un Frontalier, alors il y avait des craintes. Ils n'allaient que voir. Alors que le garde clignait des yeux avec, presque, incompréhension, Miss se délectait d'un sourire qui cachait quelque chose. Mais quoi ?

- Dans l'arène principale.

Donc, il y avait une arène dans l'histoire. Au final, ils allaient combattre ? Ou voir des gens qui se battent ? Ce certain Sunoy, peut-être. Ou Miss, qui sait. Si c'était le cas, alors ils allaient avoir un spectacle instructif, intéressant et fascinant.

- D'accord. Saphiros?


- Mm?

- Merci.


Miss se détourna, un sourire passant sur ses lèvres, tandis qu'elle faisait signe à ses apprentis de la suivre. Ils pénétrèrent dans l'arène et alors Ellenya découvrit pour la première fois les Frontaliers. Elle n'avait jamais beaucoup voyagé, ce qui faisait de son passé une existence banale. Et depuis qu'elle avait trouvé l'Académie... Surtout depuis que son apprentissage avait commencé, en fait. Avec Miss, cette véritable marchombre qui la guidait, pas à pas, sur la Voie. Qui la remettait bien sur le chemin, qui la refaisait tenir en équilibre. Mais il n'y avait pas qu'elle. Il y avait un peu Ellenya aussi, parce que sa Voie lui appartenait et que par la simple volonté de l'arpenter, elle se remettait aussi elle-même en équilibre. La Volonté. Parce qu'elle garderait toujours la phrase de Miss graver dans son esprit. Tout s'acquiert à force de temps et de volonté.

Tandis qu'ils avançaient, Ellenya regardait, constatait, et apprenait un peu, même. Des Frontaliers, et même des Frontalières, s'entrainant sans relâche, ou d'autre profitant du spectacle pour s'instruire ou simplement admirer. Des perles de sueurs coulant sur leur front, passant des serviettes pour les essuyer, ou combattant, une épée ou autre armes diverses à pleines mains. Il y avait même des enfants, ou tout juste adolescent. Ellenya ne pouvait s'empêcher d'être ébahis devant la volonté qu'ils mettaient au combat, et c'était là qu'on se rendait compte qu'il y avait encore maintes choses à apprendre. Et l'apprenti s'en réjouissait. C'est alors qu'un regard se tournait vers Miss. Étrange. Non. Logique. Donc elle connaissait les Frontaliers... Elle avait déjà un certain lien avec ces deux gardes, puis avec Sunoy. Et justement, Ellenya aurait mis sa main à couper que c'était lui. Impressionnant par sa carrure, bien bâti, l'air pas très sympathique. D'ailleurs il serra les mâchoires avec force quand Miss l'interpella.

- Tiens, salut toi!


De la puissance, de l'énergie, de la force, tout ça dans son regard, dans sa silhouette, dans sa façon de se déplacer, aussi. De la haine, de la rage et de la violence comprimée. Du moins dans le regard qu'il tirait à Miss...

- Tu es donc revenue...


- En chair et en os!


- Tu sais ce que ça veut dire...


Ah, parce que ça voulait dire quelque chose, maintenant ? Évidemment. Et ça voulait dire quoi, en fait ? Parce qu'Ellenya commençait à avoir un grain d'idée dans la tête. Une arène signifie un combat. Qu'ils regardent signifiaient qu'ils n'allaient pas se battre. Cet affrontement entre Miss et Sunoy signifiait quelque chose. Quelque chose qu'Ellenya n'était pas loin de découvrir. Et elle avait d'ailleurs une petite idée de ce que signifiaient ce quelque chose.

-Oui.


Elle adressa un regard à ses apprentis avant d'ajouter :

- Je vais vous laisser profiter du spectacle. Apprenez bien.


C'est alors qu'elle descendit, suivant son adversaire dans l'arène. Elle se mit en garde, prête à attaquer. Ellenya regarderait attentivement, car comme l'avait dit Miss, cela risquait d'être étonnant. Un Frontalier contre une marchombre.

-Qui gagne, tu crois ?


Ellenya se retourna vers Phy en lui adressant un petit sourire et réfléchit un instant avant de reposer ses yeux sur son maître, déjà en garde.

- Miss a l'air sûre d'elle...


C'était une réponse brève, et qui ne répondait pas franchement à la question de Phy. Mais Ellenya se contenterait de regarder, de se délecter du spectacle. Elle apprendrait beaucoup de choses. Sûrement.

[Je passe d'un sujet à un autre, je m'emporte beaucoup, moi. >.< Encore désolé.]
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Dim 08 Mai 2011, 11:59

    Miss se doutait bien que ses apprentis étaient perdus... Mais elle ne pouvait pas trop leur expliquer. Il y avait des choses qui ne pouvaient être expliquées, elles devaient être vécues, et même si cette expérience, elle l'avait longtemps ruminée, elle n'avait pas envie de dire des choses qui pourraient être mal interprétées par ses deux apprentis. Ce qui était certain, en revanche, c'était que Sunoy était bien décidé à mener ce combat jusqu'à un vrai dénouement... Tant mieux, comme ça elle n'aurait pas à le pousser à bout. Quand elle était arrivée devant la silhouette immense de la Citadelle, elle s'était un instant demandé s'il n'avait pas retrouvé une autre femme à aimer, et si il avait oublié ce qu'elle lui avait fait vivre. Apparemment, non. Ou peut-être que si pour la femme, mais il tenait toujours autant à son honneur, et elle l'avait bafoué en reprenant sa parole, et il ne pouvait pas l'accepter, même le temps aidant. Un léger sourire passa sur les lèvres de Miss, alors que l'homme blond s'avançait,, menaçant, et qu'elle voyait ses deux apprentis curieux. Il était donc temps de s'amuser... Descendant dans l'arène d'un pas dansant, la Marchombre lança un petit signe de la main à Phy et Ellenya, avant de se concentrer sur celui qui était désormais son adversaire. Sunoy... Elle se remémora le dernier combat qu'elle avait mené contre lui, celui où justement elle s'était faite avoir lamentablement, où elle n'avait pas compris qu'il était à des lunes d'elle dans sa manière de gérer le combat, et de combattre. Mais maintenant, elle savait. Elle savait que cela ne serait pas un combat facile, elle savait que tout se jouerait sur la vitesse... Que tout allait être vite réglé, parce qu'ils étaient tous les deux des combattants aguerris, et que Sunoy comme elle avaient énormément progressé depuis leur dernière rencontre.

    Quelques pas sur le sable, légers comme l'air, une petite pirouette et Miss était face à son adversaire. Souple, légère, aérienne, elle attendait, les appuis étudiés, ce genoux désaxé pour prendre Sunoy au piège, même si cela ne marcherait pas forcément – il n'était pas bête – alors que ce dernier était campé sur ses pieds, ancré dans le sol, sans doute prenait-il sa puissance dans ce dernier... Un bon indice pour la Marchombre. Il faudrait réussir à le désaxer de la terre. Son élément, à elle, c'était tantôt le vent, tantôt la terre. Elle comprenait ce qu'il ressentait lorsqu'il s'accrochait à la terre, au monde : c'était une puissance inégalée, une stabilité et un réconfort tellement vrais... Elle soupira. Ferma les yeux. Ce n'était sans doute pas la meilleure chose à faire, mais elle ferma les yeux... Entendit Sunoy qui attaquait, profitait de cette opportunité, levait son sabre pour fendre l'air verticalement, pile à l'endroit où se trouvait Miss. Où elle s'était trouvée. Laissant son ouïe devenir le centre de son être, la jeune femme s'était décalée à l'ultime seconde, glissant sous le bras de l'homme, qui ramena immédiatement son coude pour la bloquer contre lui. Miss se laissa entraîner par ce coude : elle n'avait pas pensé à cette éventualité, certes, mais résister n'aurait servi à rien, il était bien trop fort comparé à elle. Se laissant écraser contre les côtes de l'homme, elle lâcha un peu d'air, avant de sourire. Oui, elle avait mal, peut-être avait-elle même une côte de fêlée... Mais... Une pensé... Sunoy relâcha sa vigilance une demie-seconde, permettant à Miss d'en profiter pour se glisser hors de son étreinte. Pirouettant dans son dos, elle tendit les doigts pour toucher un point névralgique en haut de sa colonne vertébrale. Déjà retourné, il projeta son poing gauche vers sa pommette, et elle dut rompre d'un pas pour éviter l'atémis sauvage, qui frôla son nez. Profitant de son propre déséquilibre vers l'arrière, elle se réceptionna sur les paumes de main et lança vivement ses pieds en direction du visage de Sunoy, qui parut surpris par cette technique, mais tenta d'attraper les chevilles à sa portée. Plus vive que lui, Miss s'était déjà remise sur ses pieds et se glissait dans son dos, effleurant son bras du bout des doigts, un sourire éclatant sur le visage.

    Sa deuxième main passa dans le dos du jeune homme, glissa le long de sa colonne vertébrale. Elle se redressa sur son pied droit, laissa la main passer à quelques millimètres de sa taille – à des milliers de kilomètres – et frappa à la base du cou de son adversaire, qui permit immédiatement sa respiration. Suffoquant, il tomba à genoux, et Miss fit gambader ses doigts sur son épaule, comme les pattes d'un petit animal qui monterait... S'arrêtant, elle passa devant lui, et posa ses poings sur ses hanches, attendant qu'il reprît son souffle : elle n'avait pas frappé très fort, en tout cas pas assez pour qu'il mourût asphyxié, mais suffisamment pour qu'il ne pût plus se battre rationnellement. Après une quinte de toux plutôt impressionnante, le jeune homme releva les yeux vers la Marchombre, qui lui adressa un sourire flamboyant.

    Cette femme était tout bonnement hallucinante. Dès qu'il avait vu sa garde, il avait compris que le combat serait très serré. Qu'il pouvait perdre. Contre une femme plus jeune que lui, contre une femme qui lui avait volé son honneur ! Une jeune femme qui prenait du plaisir dans son combat, tout en étant parfaitement concentrée. Une femme qui était une vraie arme... qui était devenue une Marchombre. Se redressant difficilement, toujours toussant, il essaya d'inspirer à fond, sa respiration se bloquant à un certain point. Fronçant les sourcils, il posa son propre regard dans celui de Miss. Son sourire flamboyant, son regard pétillant... elle n'était pourtant pas heureuse de l'issue de ce combat. En tout cas, ce n'était pas cela qui la mettait dans cet état. Non. C'était qu'elle était ainsi, parfaitement sereine et toujours joyeuse. Il sourit. Toute trace de haine envolée de son regard.


    - Et bien... Je crois que tu as tout lavé en revenant.

    Miss lui sourit d'autant plus, posant sa main sur celle du Frontalier.

    - C'était en partie mon intention, tu sais.

    - Tu es encore plus belle que dans mes souvenirs...


    Miss sourit, lançant un regard coquin au jeune homme, balançant sa tresse dans son dos en signe de coquetterie. Reprenant son sérieux immédiatement, elle continua.

    - Si tu le dis !

    - Va rejoindre tes apprentis. Les miens m'attendent aussi. Finalement, ce combat leur aura aussi appris une nouvelle leçon...


    Miss hocha la tête, tranquille. Déposant un léger baiser sur la joue de Sunoy, qui rougit, elle revint en sautillant vers les gradins et plus précisément vers ses deux apprentis, qui attendaient là. Le combat n'avait pas duré longtemps, à peine quelques minutes, pourtant la Marchombre savait que l'on pouvait en tirer bien des choses.

    - Allez, on y va !

    Leur adressant un clin d'oeil, Miss sortit de l'arène, puis de la Citadelle, repassant devant les deux Frontaliers qui étaient chargés de filtrer les personnes qui entraient dans le bâtiment. Laissant le silence s'installer alors qu'elle marchait d'un bon pas, se tâtant les côtes, elle se dit qu'elle devait sans doute en avoir une de légèrement fêlée, mais qu'elle aurait surtout un joli hématome durant les jours à venir... Alors que le soleil se couchait paresseusement à l'horizon, en face d'eux, Miss commença à faire le camp pour la nuit. Une fois rassasiée, les exercices de lancer de poignard et de mouvements de bâton faits par Ellenya et Phy, elle s'assit devant le feu et les regarda un à un.

    - Alors ce combat, vous en pensez quoi ? Qu'avez-vous vu, retenu, compris ?
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Dim 08 Mai 2011, 20:52

[Je répond en dialogue, ça ne vous dérange pas ?]

-Ce qui était impressionant, c'est que tu semblais prévoir tout ses mouvements... Alors que pour moi, il étaiet tellement rapide que je ne m'en rendait compte qu'une fois l'attaque passée ! J'arrivais à peine à suivre ! Tu... Il était beaucoup plus puissant et plus fort que toi, mais grâce à ta souplesse.... Et puis autre chose, je ne sais pas trop quoi... Comme si tu lui volais sa force, que tu détournais ses gestes.... Tu te jouais vraiment de lui. Il n'avait aucune chance, je crois. Je pense aussi... Que je n'ai pas finis d'apprendre à tes côtés !

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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Lun 16 Mai 2011, 19:16

[Je suis Phy alors =P]

- C'était vraiment étonnant. Un coup tu te glissais derrière lui, l'autre devant, et pourtant il n'arrivait pas à te suivre et réagir assez rapidement. Tu sais quoi ? Pour moi, tu dansais. Peut-être que j'exagère, c'est vrai que j'ai des idées un peu... bizarre, mais pour moi, c'était ça. Tu étais imperceptible, comme si tu lui avais pris son oxygène... Il était pris dans son propre piège... Bon, je m'arrête, sinon je vais passer pour une folle. En tout cas, c'était vraiment... impressionnant !
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Lun 16 Mai 2011, 19:57

    - Détrompez-vous, je ne l'ai pas battu si facilement que ça !

    La plupart des gens combattent pour se défendre, ou pour obtenir quelque chose de spécial. Personnellement, je ne prends jamais un combat de cette manière. Pour moi, un combat, c'est un moyen de voir à quel point on a progressé. Un combat, c'est un jeu, c'est une danse, c'est quelque chose de positif, car que l'on soit victorieux ou vaincu, on apprend toujours quelque chose...
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Lun 16 Mai 2011, 20:48

- Oui, mais lorsque l'on combat pour se défendre, ce n'est pas un choix, c'est une obligation, et alors là ce qui compte c'est de s'en sortir vivant, pas de savoir si l'on progressé, tu ne crois pas ? Ce n'est plus un jeu, ou alors c'est la vie qui se gagne avec la victoire. Et la mort dans la défaite... Moi je n'aime pas trop ça, la violence... Parfois, on ne peut pas s'en sortir autrement, mais... Je n'aime pas ça.
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Sam 21 Mai 2011, 16:28

-...


Dernière édition par Ellenya Caléum le Jeu 26 Mai 2011, 19:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Mar 24 Mai 2011, 21:02

    Miss secoua doucement la tête. Ils ne pouvaient pas comprendre. Non pas parce qu’ils n’étaient pas encore assez imprégnés de la Voie, bien que cela devait jouer en partie, mais simplement parce que c’était son point de vue à elle, tellement personnel. Un combat restait un amusement. Quand elle combattait, elle s’amusait. Elle virevoltait, elle dansait. Elle n’avait pas peur de se blesser, parce qu’elle savait aussi que c’était cette peur qui tétanisait généralement et qui empêchait de donner le meilleur de soi-même. Et au pire, si elle devait mourir, soit ! Elle n’avait rien à perdre, de toute manière. Si elle ne continuait pas à s’améliorer, quel était l’intérêt de vivre ? Il fallait s’améliorer, être toujours audacieux. Et même si plusieurs années plus tôt, elle s’était frottée à bien plus fort qu’elle, et qu’elle avait perdu, qu’elle aurait pu se faire tuer, elle avait ignoré cette potentialité : c’était à elle de faire les choix, et elle pouvait même en inventer en plus de ceux qui se présentaient spontannément à elle. En tout cas, c’était ce qui était ressorti de ses apprentissage divers et variés, qu’elle avait suivis tout au long de sa vie. Frontalier, Envoleur ou Marchombre. Un sourire sur les lèvres, elle secoua doucement la tête, avant d’expliquer à ses deux apprentis :

    - Non. Ce n’est qu’un avis personnel, mais je pense vraiment que chaque combat permet de comprendre ce qu’il nous reste encore à améliorer, et ce qui a été amélioré. Non pas nécessairement pendant le combat, quoique, mais après, comme tu dis Ellenya.

    Et puis, de toute façon, il n’est pas question de mort. Bien souvent, on ne voit que les choix qui s’offrent à nous. Ils peuvent nous suffirent, ou alors on n’y trouve pas notre compte. On crée notre propre choix. Même si on combat pour notre vie, peut importe l’issue du combat : la fin n’excuse pas les moyens. Il n’y a que le chemin qui compte...


    Sachant qu’elle avait dû être tout sauf claire, Miss grimaça un instant, avant de reprendre la parole.

    - Il ne faut pas avoir peur de mourir. Oui, je sais, c’est facile à dire. Mais la plus grande Marchombre jamais connue, une légende parmi nous, Ellundrill Chariakin, nous a laissé une citation qui illustre tout à fait cela.... Lorsqu’elle est morte, la dernière phrase qu’elle a prononcée a été « Je vais enfin commencer à apprendre ».

    Parce que l’apprentissage n’a pas de fin, et que la mort n’est qu’un nouveau jalon sur la Voie...


    Oui, c’était facile à dire, elle le savait. Elle n’avait pas eu à expliquer cela à Syndrell, parce que la jeune femme n’avait pas du tout la même personnalité que les deux jeunes gens devant elle, et qu’elle avait compris cela. Peut-être grâce à son passé aussi, et au fait qu’elle n’avait rien à perdre. Peu importait. Un sourire sur les lèvres, Miss soupira légèrement, l’attention braquée sur ses deux apprentis. Haussant finalement les épaules pour marquer le fait qu’elle voyait les choses ainsi, et qu’après c’était à eux de se faire leur propre avis, elle s’étira longuement, baillant, et leur proposa de dormir. Le lendemain, elle les réveilla tôt pour quelques exercices, avant de repartir en courant, direction plein Est. Les jours se succédaient, la Marchombre continuait de varier les épreuves, les obstacles, les faisait courir, sprinter, courir, escalader, courir, sauter, courir, encore et encore courir. Ils furent rapidement capables de tenir plusieurs heures sans trop se fatiguer et avoir les poumons en feu. Ils progressaient constamment, à vue d’oeil, et la jeune femme était fière d’eux.

    Il leur fallut encore une dizaine de jours pour passer les montagnes qui séparaient les plaines du Nord de l’Oeil d’Otolep, des jours froids, sous la voûte étoilée qui brillait de mille feus durant la nuit. Elle leur appris à chasser plus efficacement, leur fit faire des exercices d’adresse en leur lançant des cailloux qu’ils devaient éviter, leur fit travailler leur rapidité et leur souplesse chaque jour. Tout était toujours sujet à un exercice, et n’importe quelle conversation badine prenait des tours de questions sur la Voie et sur la manière de voir le monde. Miss tenait à leur ouvrir les yeux, à leur montrer qu’ils devaient avoir leur propre opinion mais ne pas négliger celle des autres. Ce fut à la mi-journée du onzième jour que les rochers effleurant les plages autour de l’Oeil, et sa surface miroitante sans une seule vague, se dévoilèrent à leurs yeux. Miss n’avait pas dans l’idée de faire approcher de trop près l’immense Lac lié à l’Imagination à ses apprentis : cet endroit avait trop de particularités étranges pour qu’elle pût en faire quelque chose dont elle aurait été sûre. Par contre, les contours de la caravane qu’elle cherchait était bien visibles, au Nord de l’Oeil. D’un petit signe de main, elle la désigna à ses apprentis et les invita à la suivre alors qu’elle s’en approchait. Arrivée à la hauteur du convoi de tête, elle porta ses doigts à ses lèvres pour siffler. Quelques animaux relevèrent la tête pour pointer les oreilles dans sa direction, et elle sourit en voyant enfin la silhouette de son ami sortir du convoi.


    - Miss... j’aurais dû me douter que c’était toi… Qui d’autre peu siffler ainsi sans avoir peur de faire paniquer les bêtes ?

    - Tes animaux me connaissent, Girwan !

    - C’est vrai... Alors, voilà les deux p’tiots ?

    - Oui, voici donc Ellenya et Phy, mes deux apprentis.

    - S’lut les jeunes ! Et bah, je vois que ça traîne de moins en moins, ces histoires de formation !

    - J’ai pensé que cela serait une très bonne initiation. Syndrell l’a fait bien plus tard dans sa formation, mais je crois que le faire au début peu être une expérience marquante aussi !


    Une jeune femme sortit de la caravane pour venir se planter à la droite de Girwan, un sourire sur les lèvres, saluant Phy et Ellenya d’un petit signe de la tête.

    - Salut Miss.

    - Hey, Nissan ! Tu te sens prête ?

    - Ils ont l’air vraiment terrifiant !


    Eclatant de rire, Nissan s’approcha de Phy et Ellenya les paumes dirigées vers le haut.

    - Salut tous les deux, enchantée de vous rencontrer. Comme Miss ne daigne pas vous expliquer, parce que vu votre tête vous n’y comprenez rien, vous allez venir avec nous dans la caravane pour deux mois de voyage. Comme vous êtes tout juste apprentis, on va juste vous donner pleins de tâches à faire, qui mettra toutes vos capacités à rude épreuve, et aussi des responsabilités... Bref, on va vous faire grandir.

    Donc moi c’est Nissan, je suis général de la garde impériale de Sil’Afian, et une vieille amie de votre Maître.
    Vous êtes prêts ?

    Allez, Miss, dis au revoir, on est déjà en retard, à t’attendre !


    Miss secoua la tête de gauche à droite, avant d’emmener ses deux apprentis un peu en retrait.

    - Comme Nissan vous l’a expliqué, je leur ai demandé de vous prendre sous leur aile durant leur prochain voyage. Ils vont passer dans une multitudes de fermes fortifiées pour redescendre directement à Al-Chen. Généralement, le voyage dure entre deux et trois mois. Je vous laisse donc entre leurs mains !

    Leur souriant, elle les serra contre elle dans un élan de tendresse.

    - Vous allez me manquer, tous les deux ! Bonne chance. Gardez les poignards et les arcs, cadeaux !

    Un sourire, un petit signe de la main à Nissan et Girwan, et ces derniers hochèrent la tête, pressant les deux apprentis d’embarquer dans le convoi de tête. Les regardant partir, Miss soupira longuement.
    Une nouvelle histoire commençait.













[ Voilààà, je finis là ce premier cours ! Vous répondez encore une fois, au minimum, et après c'est à votre convenance : vous n'êtes pas obligés de faire le rp de retour de la caravane, mais ça doit être un minimum clair dans vos esprits, et pensez à développer un peu le lien entre Ellenya et Phy, parce que ce genre de voyage développe les affinités ! =D ]
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Dim 29 Mai 2011, 19:42

[Bon, c'est un peu long, mais ce n'est pas facile de résumer tout un voyage en caravane en un seul post. Du coup, j'ai fait au plus simple. x) Ellenya, parfois j'ai fait intervenir ton personnage, tu me dis si cela te dérange, alors j'éditerais ! =D ]

Une patate.
Deux patates.
Trois patates.
_______________

Miss poursuivait leur apprentissage. Et ils apprenaient beaucoup. Le temps passait, et, bientôt, ils atteignirent leur destination, mais ne s'y arrêtèrent pas. Phy aurait pourtant aimé qu'ils s'approchent plus de l'oeil d'Otolep. Il en avait tant entendu parler, et la chose suintait d'un tel mystère qu'il aurait voulut en savoir plus. Mais, au loin, le lac ne leur offrit que le reflet de ses eaux glacées, la lointaine pâleur des roches qui bordaient ses berges et l'ombre diffuse des branchages qui frôlaient négligemment sa surface. Si l'endroit était d'une beauté à couper le souffle, Phy supposait qu'autre chose conférait au lac son immense notoriété.
Légendes et mystères; il se promit, silencieusement, de revenir un jour vagabonder dans les parages.
_______________

Trente trois patates.
Trente quatre patates.
Trente cinqs patates.
_______________

Sa déception n'avait pas été de longue durée. Comme à son habitude, Miss leur avait concocté un surprenant programme dont elle ne leur avait rien dit. Elle répondait rarement à leurs question et bien souvent s'échappait malicieusement dans un clin d'œil. Ainsi, alors qu'ils s'avançaient à grands pas vers une caravane qui s'étendait au loin, Phy s'était surprit à penser qu'il était heureux. Heureux d'être là, de découvrir chaque jour la Voie et la vie, heureux de l'enseignement que Miss leur conférait. Heureux de cette nouvelle épreuve qui se profilait au loin.
_______________

Cinquante neuf patates.
Soixante patates.
Soixante et unes patates.
_______________

Phy et Ellenya s'étaient laissés entraîner par Miss le long du convoi, sans comprendre ce qui leur arrivait. Le jeune homme, curieux, regardait avec intérêt la file de caravanes qui s'étirait sur une centaine de mètres. Composée d'une majorité d'hommes, la procession comprenait toutefois quelques femmes, mais tous et toutes étaient armés. Des gardes, engloutis dans leurs armures, veillaient, à l'affût d'une menace. La contrée devait être dangereuse : des bêtes sauvages en quête de proies aux brigands avides d'or, les risques ne devaient pas manquer et les altercations faisaient certainement partie de leur quotidien. Phy avait entendu parler ce des itinérant qui voyageaient dans l'empire pour faire du commerce, mais ne saisissait toujours pas ce qu'il venait faire ici. Miss ne voulait quand même pas leur enseigner l'art du marchandage ?
_______________

Cent patates.
Cent unes.
Cent deux.
_______________

Lorsque Phy comprit par la bouche de Nissan ce qui les attendaient, il fut prit d'un vertige. Il eut presque envie de crier. Aux côtés de Miss, il avait apprit à ne s'attendre à rien, mais pas à s'attendre à tout : la chose dépassait tout ce qu'il avait pu imaginer. Deux mois ! Sans Miss ! Dans une caravane ! Pleins de tâches à faire ! Rudes épreuves ! Responsabilités !
Un sourire ravi avait dévoilé les dents blanches du jeune apprenti, qui avaient sentit son cœur battre plus fort. Heureux. Miss leur offrait la possibilité de vivre une expérience nouvelle, de se développer, et de grandir. De devenir eux. Lorsqu'elle s'en alla, vive et discrète, Phy agita la main avec joie et émotion. Puis, elle disparut. Un arc et un poignard dans les mains, Phy se pressa à la suite de Nissan qui les entraînait déjà au cœur de la caravane. Quelque chose de neuf et de prometteur s'annonçait. Il se sentait prêt.
_______________

- Votre première épreuve !

Zenna, à la manière d'une artiste, souleva d'un mouvement fluide l'épais tissu qui leur barrait l'entrée. Phy, qui découvrait ce qui les attendait, lança un regard dérouté à Ell'. Elle n'avait pas l'air plus enchantée que lui. Une épreuve, ça ? Il regarda autour de lui, comme à la recherche de quelque chose. Mais Nissan n'était plus là. Après leur avoir montré la roulotte qui leur serait désorienté attitrée, elle leur avait laissé quelques minutes pour qu'ils y déposent leurs affaires, puis les avait guidés jusqu'au centre du convoi, jusqu'à une charrette deux fois plus grosse que toutes les autres; puis les avait abandonnés entre les mains de Zenna.

- Cela vous sied t-il, mes seigneurs ?

Zenna était la cuisinière. Une armoire à glace féminine qui riait en permanence. Elle les avait accueillit en riant, s'était présentée en riant, et leur avait asséné une tape amicale dans le dos qui avait manqué de les mettre à terre. Ce qui l'avait fait beaucoup rire. Puis, elle leur avait expliqué que, pour leurs débuts, ils se contenteraient de travaux de commis. Ensuite, elle avait ouvert le gros rideau pour leur dévoiler ce qui les attendaient.

- J'espère que vous parviendrez à vaincre cette dangereuse armée !

Et elle les avait laissés là, stupéfaits devant la montagne de patates à éplucher qui croulait, à même le plancher de la roulotte. Qui aurait crut qu'on pouvait manger autant ? Phy, qui avait pourtant longtemps travaillé dans l'auberge de ses parents, n'en avait jamais vu autant. Sur un soupir, Ell' et lui se mirent rapidement au travail, espérant en finir au plus vite.
_______________

Les deux premières semaines s'étaient ainsi déroulées lentement, au rythme des épluchures qui tombaient à leurs pieds et des autres petits travaux qui venaient ponctuer leur tranquille routine. Phy avait rapidement comprit la hiérarchie de la troupe, les rôles de chacun et ce que l'on attendait de lui. Bientôt, il connut plus ou moins les prénoms de la plupart des itinérants, et était capable de citer au moins une de leurs particularité. Il nouait des affinités de ci de là, discutait avec l'un et riait avec l'autre, et il se débrouillait pour ne pas trop croiser ceux qu'il appréciait moins. Lorsqu'ils atteignaient une de ces fermes dont Miss leur avait parlé, lui et Ell' se trouvaient libérés de leur obligation, car s'en suivait souvent une longue fête : les habitant de ces endroits reclus étaient heureux de trouver âme qui vive à qui parler. Dans ces moments là, Phy partait se promener, profitant un peu de la solitude et du silence avant de retrouver, le lendemain, la cacophonie joyeuse du convoi.

Le soir, quand Zenna leur ordonnait d'aller se coucher, Phy et Ell' déambulaient un peu entre les charrettes, discutant de tout et de rien. Puis, épuisés, ils retrouvaient rapidement leur roulotte, où, avant de s'endormir, ils parlaient parfois longtemps; et parfois ils se taisaient. Ainsi, l'amitié qui les unissait grandissait petit à petit; Phy et Ell' apprenaient à se connaître au gré de confidences et de rires partagés.
Tout allait bien.
_______________

Et puis, un soir, un hurlement retentit à l'arrière de la caravane. Phy et Ellenya, armés, surgirent brusquement hors de leur roulotte pour s'élancer jusqu'à l'origine de cet appel. Eberlués, dans la confusion qui régnait, ils découvrirent que la caravane était attaquée. Une vague de brigands déferlait sur les gardes qui ripostaient vaillamment. Sur un regard, ils se séparèrent. Phy, plutôt que se lancer dans la bataille où il savait ses adversaires plus expérimentés, escalada fluidement un chariot arrêté et s'y jucha. Il arma son arc. Visa. C'est alors qu'il remarqua combien l'enseignement de Miss portait ses fruits. Il choisissait un brigand peu mobile, pas trop entouré, et tirait. Et il ne manquait que peu de cibles.
Malgré la violence de l'affrontement et la virulence des itinérant, la bataille continuait à faire rage quand Phy eut épuisé toutes ses flèches. Serrant les dents, il bondit avec souplesse de son poste et se lança dans la bataille. Il effectua une roulade sur le côté pour éviter un brigand qui tranchait l'air à l'aide d'une épée rouillée. Une fois sur ses pieds, Phy arma son bras et lança son poignard, qui atteint l'homme à la nuque. Alors qu'il s'effondrait, la vue de Phy fut submergée par le sang qui s'écoulait de par et d'autre de la gorge du mourrant. Le monde se teinta de rouge. Prit d'un vertige, il recula, tremblant, jusqu'à s'adosser à la toile tendue d'un chariot. Alors, un hoquet secoua sa poitrine, et il vomit tout ce qu'il pouvait vomir. Et, quand il lui sembla qu'il ne pouvait plus rien cracher, il recommença. Finalement, inconscient, il s'effondra.
_______________

Lorsqu'il se réveilla, le camp était devenu étrangement silencieux. Inquiet, il se releva brusquement, et buta dans quelque chose de rond. Il hurla. La tête tranchée d'un homme, dont la bouche étirée dans un rictus de surprise, semblait lui sourire amèrement. Terrifié, Phy s'élança à la recherche d'Ellenya.
_______________

Il la retrouva. Elle était là, immobile entre les itinérants qui déambulaient lentement, à la recherche d'un homme à achever, d'une flèche, d'un ami. Il était tellement soulagé qu'il la prit dans ses bras, et la serra longuement. Il bégayait à son oreille, racontant n'importe quoi, sa peur, son inquiétude, son premier mort. Puis, quand il fut calmé, il la relâcha. Alors, abandonnant les pommes de terre, ils se mirent à compter les morts.
_______________

47.
17 morts pour la caravane. Le reste était en vie, mais certains blessés ne payaient pas de mine. Phy ne les connaissait pas personnellement, mais la douleur était là. Forte.
30 morts pour les brigands. Le reste s'était enfuit, blessé, sentant la défaite approcher. Phy ne pouvait s'empêcher de ressentir de la colère et de la haine à leur encontre. Tout ces morts pour de l'argent. Pour rien.
Si la caravane enterra ses morts, ils brûlèrent les autres sans un regard de compassion. Le lendemain, doucement, le convoi se remit en marche; et la fumée noire qui s'élevait dans leur dos était comme la raison du silence qui accompagnait les itinérants.
_______________

A compter de ce moment là, Phy et Ell' se virent confier d'autres tâches. Il épluchaient moins de patates, mais se voyaient dotés de messages à transmettre d'un bout à l'autre de la caravane. Parfois, on leur confiait une charrette qu'ils devaient veiller à conduire lentement; et, lorsqu'on apercevait une ferme au loin, on les envoyait prévenir les fermiers de leur arrivée. Puis, ils furent employés comme éclaireurs. Dissimulés ça et là, avançant devant la caravane, étudiant les traces et les signes, leur rôle était de prévenir les gardes de danger probables et d'informer le maître caravanier d'obstacles pouvant entraver la progression du convoi. Ils se voyaient en permanence obligés de donner leur maximum, puisque, derrière eux, le bon fonctionnement du convoi dépendait de leur capacité à prévoir l'imprévisible, et de leur aptitude à le faire bien. Phy acquérait des automatismes, prenait ses marques. Il aimait ce qu'il faisait, comment il le faisait, avec qui et pourquoi. Il se sentait bien
_______________

Et, un beau jour, alors que le voyage semblait ne jamais prendre fin, ils aperçurent une ville. Sa silhouette, dressée au loin, sonnait comme la fin de leur longue route commune. Phy, dressé sur un rocher à une centaine de mètres de la caravane, sentit son cœur se serrer. Il inspira profondément. Une nouvelle page se tournait.

A lui d'écrire les suivantes.
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MessageSujet: Re: Groupe Quino - Cours n°1   Lun 13 Juin 2011, 19:14

Le groupe était reparti, en quête de l'Oeil d'Otolep. Toujours la succession d'exercices, mais ils progressaient quand même peu à peu. Après environ une dizaine de jours, ils arrivèrent enfin à l'œil d'Otolep. Ellenya se réjouissait de la découverte de ce lieu, elle avait toujours entendu dire que c'était magnifique. Elle fut légèrement déçu en voyant qu'ils ne s'y arrêtaient pas, mais elle put quand même le voir de loin, les reflets du soleil se diffusant sur sa surface brillante et lisse. Et comme souvent, Miss leur réservait quelque chose. Et la, une évidence : elle ne les avait pas renseignés. Remarque, cela ne déplaisait pas beaucoup Ellenya, elle n'était pas si impatiente que ça, et puis, après tout, c'était son maître. Son maître. Pour 3 ans.

Une caravane. Une caravane ? Ellenya et Phy suivait Miss, sans rien demander à celle-ci, mais sans comprendre non plus. Des hommes et des femmes se tenaient le long du convoi, quelque garde surveillaient, prêts à réagir au moindre danger. Ellenya se demandait toujours ce que Miss leur avait concocté. Le programme semblait être assez... surprenant, comme celle-ci qualifiait leurs escales à la Citadelle des Frontaliers, par exemple. Mais Miss avait toujours l'air amusé quand elle voyait leurs mines dépités ou encore noyés d'incompréhensibilité. Et puis, la surprise n'était pas toujours une mauvaise chose, il fallait voir les événements quand ils se passaient, non pas avant ni après, mais vivre l'instant présent. Avancer de l'avant. Regarder plus loin, toujours plus loin. Dépasser ses limites. Au fond, c'était ça, l'apprentissage, et même quand celui serait fini, on ne cesserait d'apprendre. Toujours, et encore plus.

-Vous allez venir avec nous dans la caravane pour deux mois de voyage.


Hein ? Ellenya crut un instant qu'elle avait rêvé. Deux mois ? Sans Miss ? Pourquoi ? Au fond, ce n'était pas si terrible que ça, mais... Elle était leur maître, eux ses élèves, et elle se demandait bien si c'était vrai. Évidemment, que c'était vrai.

-Bref, on va vous faire grandir.


Grandir. Grandir... Au fond, Ellenya se réjouissait. Une nouvelle expérience. Et une bonne expérience, sûrement. L'occasion de découvrir quelque chose de nouveau la rendait heureuse. Parce qu'elle savait qu'elle apprendrait des choses. Même sans Miss. Bien sur, son maître était la pour la guider, mais c'était dans ces moments la qu'on s'apercevait qu'on progresse toujours. Même sans guide. Ça serait sûrement pareil quand elle aurait fini son apprentissage. La fin de son apprentissage. Si loin. Mais elle s'en moquait, pour l'instant elle profitait, et c'était bien assez. Elle leur donna un arc et un poignard, et quand elle partit, légère comme le vent, Ellenya sourit. De bonheur. Ils prenaient un nouveau virage. Qui les ferait grandir.


Ellenya et Phy se virent donner des taches à faire pendant le trajet. La première, qui les laissa bouche-bée de stupeur, à laquelle ils ne se seraient pas du tout attendu, cette tache que Miss ne leur avait jamais confiée : l'épluchage de pomme de terre ! Les deux élèves discutaient tout en remplissant les devoirs que Nissan, Zenna, ou les autres membres du convoi leur donnait à faire.Ellenya et Phy commençaient à mieux se connaître, ils parlaient le soir, ou il se taisait, mais leur amitié se développait au fur et à mesure que les jours passaient. Ellenya s'habituait à ces travaux, elle s'habituait à l'ambiance de la troupe, elle s'habituait aux personnes qui s'y trouvait. Deux semaines se déroulèrent tranquillement. Au rythme de ces divers travaux.

Et puis un soir, ils débarquèrent. Une foule de brigands. Ellenya et Phy se précipitèrent, armés, à l'arrière du convoi, découvrant le ravage en train de se produire. Ils s'élancèrent, se perdirent de vue, chacun occupés à jouer son rôle dans la bataille. Ellenya recula, brandit son arc et le banda, visa. Elle toucha un homme au crâne. Un autre au cœur. Un autre... Mais bientôt, les flèches manquèrent. Alors Ellenya se lança dans la bataille. Elle mit toute son énergie, consciente que sa vie, que la vie de toute la troupe était en jeu. Ils avaient progressé. Bien progressé. Miss avait raison. Ellenya s'en apercevait la, maintenant. Au fond, comment Miss aurait pu se tromper ? Le ravage continuait, les morts se faisant de plus en plus nombreux. Un homme se jeta sur elle, Ellenya feinta sur le côté, essaya d'atteindre la jambe de son adversaire avec son poignard, sans résultat. Elle se redressa, se rebaissa pour éviter un coup, mais elle ne put éviter le second. La lame de l'homme traça une entaille dans son bras, puis sur sa cuisse. Elle roula sur le côté au dernier moment, se redressa, et frappa. Sa lame atteint l'homme au torse. Il tituba quelques instants, puis s'effondra. Ellenya hoqueta, et appuya une main sur sa blessure au bras. Le sang coulait. Beaucoup trop. Vidée de ses forces, elle essaya de marcher, mais sa vue se brouilla, ses jambes, flanchèrent. Elle tomba lourdement sur le sol.

Quand elle se réveilla, Ellenya fut prise d'un vertige. Tout ses corps, étalés sur le sol, imbibés de sang, le regard inerte. Elle se releva difficilement, peinant à marcher. Elle fit quelques pas entre les corps pour retrouver la maitrise de ses jambes et ferma les yeux. Tous ces cadavres. Tous ces morts. Pourquoi ? Pour de l'argent. Pour rien. C'était affreux. Elle s'arrêta et ouvrit les yeux. Une silhouette au loin. Un brigand ? Elle recula. Elle fut soulager en constatant que Phy se dirigeait vers elle, et le fut encore plus quand il la prit dans ses bras. Elle tenta de l'apaiser, ce qui fut difficile, mais il arriva à se calmer.

Après, on leur donna d'autres travaux, parfois ils devaient transmettre des messages, et d'autre moments ils se voyaient confier le rôle d'éclaireur. Marchant d'un bout à l'autre du convoi, s'arrêtant pour guetter les dangers. Plus de responsabilités. Les morts avaient été nombreux, l'ambiance de la troupe s'était rabaissées. Et puis un jour, le paysage laissa la place à une ville. Un sourire naquit sur les lèvres d'Ellenya. Le voyage avait été une étape. Celle-ci en serait une autre.

[Désolé du retard, de la qualité et de la longueur de mon texte. U.U" Et désolé à Phy... =/ Vraiment désolé...]
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