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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 "Viens ma belle, on a une étoile à trouver..." [Sollicitation greffe]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: "Viens ma belle, on a une étoile à trouver..." [Sollicitation greffe]   Jeu 09 Déc 2010, 23:19

Du sable.
Partout, à perte de vue, il y avait du sable, et rien que du sable.
Immensité d’ocre et d’orange qui tranchait avec le bleu vif du ciel.
Eblouissante de beauté.

Un foulard noué sur la tête pour se protéger de la chaleur et du soleil, Syndrell avançait entre les dunes du Désert des Murmures. Des gouttes de sueurs perlaient à son front et à ses tempes, petites perles scintillantes qui pâlissaient devant l’éclat de ses yeux. Elle avait chaud, oui, et cette marche dans le sable qui se plaisait à se dérober sous ses pas n’était pas des plus agréables. Pourtant elle continuait, vaille que vaille, petite silhouette vacillante et perdue au beau milieu d’un océan de feu.
Non, pas perdue.
Le chemin qu’elle suivait ne portait pas d’indication, pourtant elle savait très bien où elle allait.

Un marchombre sait toujours où il va.

*
* *

- Hmmm… Miss ? Quand dois-je partir ?
- Oh, on n’est pas pressées… ce soir ira, je pense !
- Ce soir…


Ombre parmi les ombres, Syndrell se fondait dans la nuit. Les dernières paroles échangées avec son maître lui revenaient en mémoire sans qu’elle ne les ait sollicitées, mais elle avait pris l’habitude, avec le temps, de ressentir la présence de Miss où qu’elle aille et quoi qu’elle fasse. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et elle s’exhorta au calme avant de se glisser dans l’écurie, filant tout droit jusqu’à Nuance. La petite jument l’accueillit de son souffle puissant dans ses cheveux ; elle aimait que sa jeune cavalière vienne la chercher au beau milieu de la nuit. En général, cela signifiait « voyage », « ennuis » et « carottes ».

- Viens ma belle, on a une étoile à trouver…

Cette étoile, Syndrell l’avait remarquée depuis la Voleuse. Lumineux clin d’œil du ciel, elle avait aimé cette étoile en aimant Owen et était persuadée que son objectif et la direction sud-est de l’astre conjoignaient.
Son objectif.
Le Rentaï.


- Tu vas bientôt te rendre au Rentaï, Syndrell, tu le sais…
- Oui. Est-ce que je dois avoir peur, Miss ? Comment avez-vous réagi lorsque votre maître vous a annoncé ce jalon comme étant le prochain à atteindre ?
- Pourquoi aurais-tu peur, Syndrell ? Dis-moi… Penses-tu avoir plus à perdre qu’à gagner ?
- J’ai peur de ne plus avoir peur…

Syndrell scella Nuance et toutes deux s’évanouirent dans la nuit, laissant derrière elle l’Académie endormie. La lune était pleine et sa lumière donnait parfois l’illusion qu’il faisait encore jour. Sereine, la jeune fille ne prit pas la peine de rabattre sa mante sur sa tête alors que quelques flocons voletaient autours d’elle. Elle allait bientôt traverser un désert, elle voulait profiter de la neige encore un petit peu avant d’affronter le sable et la chaleur. Levant les yeux, elle aperçut l’étoile entre deux nuages.
Son étoile.
Un grand sourire fendit son visage et elle se pencha sur l’encolure de Nuance.

- Je t’ai dis que j’ai rencontré un cheval pendant mon Oulan-Kil, belle ? C’était un magnifique étalon, il avait une de ces classes… J’ai appris qu’il s’appelait Cheyenne mais moi, je trouve que Feu de Joie lui va mieux. Je suis sûre que tu aurais succombé à son charme fou...

*
* *

Blottie en boule au pied d’une dune, enveloppée de la tête aux pieds dans son épaisse cape de voyage, Syndrell pensait à Nuance. La petite jument lui manquait. Elle l’avait laissée un peu avant d’atteindre la Grande Faille, jugeant le reste du voyage trop éreintant même si elle l’avait pourtant déjà fait. Avant de la quitter, Miss avait laissé entendre qu’elle pouvait se rendre au Rentaï accompagnée, avant de comprendre quelle partie de cette formidable aventure n’appartenait qu’à elle-même, et la jeune fille avait hésité. Miss exceptée, une seule personne aurait pu faire ce bout de chemin avec elle, surtout dans ce désert.

Syndrell frissonna. Si le jour était écrasant de chaleur dans cette partie de l’Empire, la nuit était son contraire plus que n’importe où ailleurs et, glaciale, semblait vouloir la décourager de poursuivre sa route pour retourner là où même l’hiver était plus clément.

Peine perdue.
Son regard d’or rivé sur l’étoile, une jeune marchombre rayonne.
Et chaque seconde qui passe égraine une miette de bonheur unique en elle.


*
* *



Retrouver la Voleuse, seule, la troubla bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé. A chaque pas qu’elle faisait, un pan de souvenir prenait d’assaut son esprit et elle eut toutes les peines du monde à ne plus se concentrer que sur un objectif. Elle ne cherchait pas à rebuter ses sentiments, ils étaient son essence, lui permettaient d’avancer, de vivre, mais elle savait que si elle s’attardait plus que nécessaire dans le passé, elle n’en tirerait rien de bon.
Syndrell ne voulait tirer que du bon de ce voyage, pour important qu’il soit.

Elle avait failli faire un détour par le Domaine – ou plutôt, ses alentours, car elle aurait été bien en peine de retrouver le cœur du Chaos, même avec une bonne dose de volonté. D’abord parce que la dernière fois, la chance et le hasard avaient été de mise et ensuite, parce qu’elle était marchombre.
Un marchombre n’a que faire du Chaos.

Décidant qu’Owen pouvait attendre son retour, elle avait donc passé son chemin, suivant son étoile à travers les hauts plateaux de l’Est et franchissant les cols enneigés qui la séparaient de la Grande Faille. Nuance était restée dans l’étable d’un vieux couple de bergers qui avaient accepté, moyennant un petit coup de main pour réparer leur toiture en mauvais état, de prendre soin de la petite jument à l’œil et, en prime, de lui fournir les vivres nécessaires au reste de son voyage. Après leur avoir laissé une quantité suffisante de carottes pour que Nuance fasse bonne grâce de son séjour auprès d’eux, Syndrell avait quitté les montagnes pour traverser la Grande Faille. Escalader les falaises rocheuses avait été un régal, se baigner dans la Voleuse un délice. Elle échoua cependant à toutes ses tentatives de pêche et se rabattit sur la viande séchée offerte par les vieux montagnards, dépitée. Son prochain objectif, après le Rentaï : apprendre à pêcher avec un minimum de dignité !
Encore heureux que personne, au cours de son Oulan-Kil, n’ait décidé de tester ses aptitudes de pêcheuse…



- Si tu devais me résumer ton Oulan-Kil en un mot, ce serait lequel ?
- Envol.


*
* *

Syndrell volait.
C’était du moins la sensation la plus approchante du vol, selon elle, et elle le pensait vraiment.
Bras ouverts en grand, menton relevé, debout au sommet d’une arrête de sable, elle faisait face au vent qui s’était soudain levé et se contentait de se laisser flotter, de jouer avec lui, de se fondre en lui, de…
…voler.

Le vent ne s’arrêtait-il donc jamais de jouer ?
Sans lui, aurait-on appris à voler ?
A rêver ?

Elle tourna la tête, ses questions au bord des lèvres, ne trouva pas le regard violet qui lui aurait fourni des éléments de réponse.


- Miss ? J’ai une dernière question à vous poser. Pour l’instant. Dites…qui répondra à mes questions quand vous ne serez plus là ?
- Ca, c’est quelque chose que tu comprendras et apprendra en temps voulu, Syndrell !


Apprendre et comprendre.
Des réponses pour des questions.
Le Rentaï était une réponse.
Alors que la jeune fille baissant lentement les bras, le souffle court, cette certitude se ficha en elle comme une flèche lancée avec précision. Laissant le vent jouer seul dans le bleu de ses cheveux, elle se laissa glisser dans le sable, lui aussi devenu son ami, et contourna la dune qui lui faisait face.
Derrière se dressait le Rentaï.

Les yeux rivé sur ses traits accidentés, Syndrell se remit en marche.

Petit à petit, le relief se modifia. Sous ses pas, le sable devint rocaille, des touffes épineuses jaillirent du sol, de plus en plus nombreuses alors qu’elle s’approchait d’une véritable barrière de roche. Syndrell leva les yeux.
Ouvrit la bouche sans que le moindre son ne puisse franchir ses lèvres.
Formidable massif de pierre et de pics, le Rentaï la dominait de toute sa hauteur, imposant de force, écrasant de puissance. Une source d’eau naturelle scintillait doucement dans l’ombre de sa masse abrupte. Pourtant la soif de Syndrell avait disparu.
Tout comme sa faim.
Et sa fatigue.
Ignorant l’eau, le sable, son sac jeté à ses pieds, elle s’avança et posa la main sur la pierre, chaude et vibrante, de la falaise qui s’élevait devant elle et un éclat naquit dans son regard.
Nouveau.
Lumineux.

Elle commença à s’élever vers le ciel.
Elle ne s’aperçut pas que la nuit étendait déjà son voile.
Au-dessus d’elle, une étoile veillait sur elle.


*
* *

Guidée par un souffle étrange, Syndrell se glissa sous une voûte caveuse. Une douce fraîcheur l’enveloppa soudain, agréable au point de lui tirer un sourire. A présent qu’elle se trouvait à l’intérieur de Rentaï, il lui semblait que le chant prenait un écho différent. Devenait murmure.
Murmure.
Celui qu’elle avait perçu dès la première fois qu’elle avait foulé le sable du Désert.
Celui qui lui enjoignait de le suivre, toujours plus loin.
Au cœur de la roche.
Syndrell continua son ascension.
Sans l’ombre d’une hésitation.

La roche était étonnamment douce à l’intérieur, escalader les parois du Rentaï était un réel plaisir qu’accompagnait le Murmure, calme et feutré, au moindre de ses gestes. Syndrell comprenait soudain pourquoi Miss s’était contentée de vagues réponses chaque fois qu’elle l’avait questionnée sur le Rentaï. Comment expliquer ce qui se ressent ? Décrire ce qui ce vit ? Alors même qu’elle s’enfonçait plus au cœur de la montagne de roche, Syndrell était incapable de mettre un seul mot sur l’incroyable moment qu’elle raccordait à tous les autres de sa vie. Comment, dans ce cas, parvenir à rendre un instant aussi saisissant avec de simples paroles ? Ici, parler était inutile. Elle le savait. Elle le savait alors que c’était la première fois qu’elle venait.
Elle savait.

Le Murmure se fit guide jusqu’à une salle improbable de beauté et de grandeur sous la montagne. Il ne se contentait pas seulement de l’entraîner vers le bassin d’eau qui semblait l’attendre, creusé dans la roche lisse ; il devenait réponse, réponse pour chacune de ses interrogations, réponse à la moindre hésitation. Syndrell se délesta lentement de toutes ses armes, puis de sa combinaison. Il se mua en chape de douceur, l’enveloppa d’un souffle léger qui devint flamboiement dans ses yeux dorés.
Syndrell suivit le Murmure.

Pour la première fois, il lui sembla qu’une question naissait dans son esprit. Une question qui lui était posé, à elle, elle qui attendait toujours des réponses, elle qui demandait toujours, voulait toujours savoir…
Une question.
Limpide de sens.

Pour une réponse.
Source vive et pure.


- Je suis Syndrell. Je suis marchombre.

Elle ne se sentit pas tomber dans l’eau.
Mais jamais elle ne s’était sentie plus entière qu’en cet instant.


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 20/10 au 03/11]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Le Rentaï
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MessageSujet: Re: "Viens ma belle, on a une étoile à trouver..." [Sollicitation greffe]   Ven 10 Déc 2010, 10:59

Coule sur la pierre. Joue dans le vent.
Le Murmure comprend une vie. Entoure un nid. Lâche un doute.

Le Murmure laisse aller. Glisse, pour mieux abandonner.
Laisser le doute s’insinuer.
Revient.
Plus fort encore.

Chante avec moi…

Il guide, comprend, défait, refait.
Il joue, il chante, il danse.

L’eau vient envelopper un corps offert.
Offert, comme le Murmure.
Ouvert, comme la Nature.
Puissant, comme le Désert.

Il chante. Il clame.
Il murmure. Il susurre.
Il sourit. Il pleure.
Il rit.

Douce mélodie.

Lames de corps, âmes d’acier…
Désir guerrier, désir liberté…
Lames de corps, âmes d’acier…
Sommeil veillé, arme envolée…

La douleur qui, comme une presse, enserre ses bras.
Avant-bras qui hurlent, brûlent, s’enflamment…

Lames de corps, âmes d’acier…
Désir guerrier, désir liberté…
Lames de corps, âmes d’acier…
Sommeil veillé, arme envolée…











La greffe qui t’a été attribuée est la suivante :

Citation :
Syndrell peut à volonté faire sortir des lames de ses avant-bras. La lame prend racine en dessous du coude et sa pointe ressort au niveau de son poignet, incurvée vers l’extérieur et longeant l’avant-bras.

Merci de ta compréhension et félicitations !
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: "Viens ma belle, on a une étoile à trouver..." [Sollicitation greffe]   Ven 10 Déc 2010, 23:34

Elle est bien.
Allongée sur l’herbe, laissant les brins épars chatouiller ses bras nus, elle a les yeux clos et sent la caresse du soleil sur son visage.
Elle est bien.


- Il faudra bien que tu finisses par te réveiller, gamine.
- Oui. Tout à l’heure.

Grognement désabusé.

- Tu es si épuisée que cela ? Une petite montagne de rien du tout et te voilà aussi pantelante que si tu avais atteint le sommet des Dentelles !
- Je ne suis pas fatiguée, je suis bien. C’est tout. Et le Rentaï n’est pas une petite montagne, c’est…
- Un gros caillou.
- …un merveilleux Impossible. Je suis allée plus haut que le sommet des Dentelles ; j’ai touché le ciel.
- Rien que ça ! Et comment peux-tu seulement en être sûre ? Tu n’as même pas les yeux ouverts !

Elle sourit.
Pas besoin de voir pour sentir les choses.
Et elle est bien.


- Je le sais.
- Tu ne sais pas tout…
- Non. Mais ça, je le sais.
- Bon, bon, d’accord, tu sais… Heu, et que sais-tu, exactement ?
- Hmmm… Je suis vivante. Sinon, tu ne serais pas en train de t’échiner à m’extorquer des réponses. Je suis heureuse, aussi. Parce que j’ai réalisé un voyage extraordinaire : j’ai rencontré un dessinateur, puis un couple de gens vraiment adorables, et enfin le Rentaï… Et je sais aussi que je suis bien.
- J’avais cru comprendre, oui… Et la greffe ?
- Quoi, la greffe ?
- Ne te moque pas d’un vieil homme comme moi ; tu l’as gagné, cet incroyable don ?

Eclat de rire.
Cascade vive qui trouve sa place dans un vieux cœur silencieux.


- Je n’en sais rien, mais tu sais quoi ?
- Non cependant j’imagine que tu vas me le dire…
- Que j’ai échoué ou non n’a pas d’importance. Ce qui compte c’est que…
- Tu es bien, oui, j’ai saisi ! Il n’empêche que tu vas me faire le plaisir d’ouvrir les yeux, Syndrell Ellasian, et vite, avant que je ne me fâche !
- Chiche ?

Une gerbe d’eau lui éclabousse soudain le visage, elle se redresse en sursaut, ouvre les yeux et…


*
* *

Syndrell ouvrit brusquement les yeux. Déboussolée, elle battit des paupières plusieurs fois pour effacer l’image du vieux souffleur de verre de sa mémoire et mettre un nom sur celle de l’amas de roches effilées qui la surplombait de toute sa hauteur.
Rentaï.

Petit à petit, le brouillard se dissipa dans son esprit, les choses se remirent progressivement à leur place, les souvenirs réintégrèrent sa mémoire, mais lorsqu’elle essaya de se rappeler quand et comment elle était redescendue de la montagne, rien ne lui revint. Il y avait eu la grotte, le Murmure, le bassin et puis… Et puis de l’herbe et un vieil homme qui, pour bon nombre de personnes, pourrait très bien s’appeler Délire.

Troublée, la jeune fille se prit la tête entre les mains. Elle était assise au bord de la petite étendue d’eau qu’elle avait repérée juste avant de se lancer dans son escalade et elle était trempée. Se pouvait-il qu’elle soit tombée ? Incertaine, elle fit jouer ses membres avec délicatesse, ne relevant pas la moindre contusion. Juste une légère douleur, presque irréelle, dans les bras, si vague qu’elle ne s’en formalisa pas. Son regard se posa alors sur le Rentaï.

Tu l’as gagné, cet incroyable don ?

Syndrell fronça les sourcils. Elle n’avait pas le moindre souvenir de ce qu’il s’était passé là-haut et elle eût beau ausculter la moindre parcelle de son corps avec précision, elle ne vit rien qui ne soit anormal, ou tout simplement… nouveau.

« Bon, on se calme. Après tout, la greffe de Miss est invisible… »

Nouveau froncement de sourcils. Comment son mentor avait-il fait pour découvrir son étonnante faculté ? La sienne était-elle du même style, invisible, intrigante, mais néanmoins incroyable ?
Etait-elle toujours la même ?

Eclatant de rire, Syndrell se redressa et haussa les épaules. Bien sûr qu’elle était toujours la même ! Jusqu’aux cheveux, qui étaient toujours bleus. Elle ignorait si une imperceptible modification lui avait été apportée mais, dans tous les cas, elle devait s’en aller. Le jour pointait à l’horizon ; elle avait l’impression d’avoir dormi des jours entiers alors que seulement quelques heures s’étaient écoulées. Si le Murmure chantait toujours à ses oreilles, souffle encore plus léger et mélodieux que le vent lui-même, elle ne pouvait pas s’attarder ici alors qu’elle avait tout juste assez de vivres pour regagner les montagnes. Balançant son sac sur l’épaule, elle fit quelques pas, leva la tête, s’arrêta.
Se retourna.

Sommeil veillé, arme envolée…

Il n’y avait personne.
Haussant un sourcil, Syndrell reprit sa route, songeant qu’elle était peut-être bel et bien tombée, finalement.
Seul un coup sur la tête pouvait lui donner l’illusion d’entendre des voix…


*
* *

Nuance souffla doucement dans son cou et Syndrell ouvrit les yeux.
La petite jument agita les oreilles, sa façon à elle de lui faire comprendre qu’elle avait besoin de se dégourdir les jambes. Comprenant le message, la jeune marchombre se leva sans bruit et fit sortir son amie de la petite étable. La fraîcheur de la nuit les enveloppa soudain, sans espoir de faire vaciller leur détermination. Sous un ciel piqueté d’étoiles, elles se dirigèrent en silence sous a frondaison des arbres, à la limite de la bergerie.

L’adorable couple de personnes âgées qui avait pris soin de Nuance ces quatre derniers jours lui avait proposé de dormir dans leur salle à manger, mais Syndrell avait gentiment décliné leur offre. La traversée du Désert des Murmures, puis l’épreuve du Rentaï était un voyage qu’elle n’aurait pu accomplir autrement que seule, mais Nuance lui avait manqué. Dormir avec elle avait été, en quelque sorte, une façon de s’assurer qu’elle était bel et bien toujours elle-même…

Et pourtant, quelque chose l’avait éveillée, un demi-seconde environ avant que sa canaille de jument ne s’en charge. Quelque chose qu’elle avait été sur le point de comprendre, qu’elle aurait peut-être compris si seulement elle avait pu en saisir les bribes…
Syndrell secoua la tête. Juchée sur Nuance, qu’elle montait à cru, la jeune fille sourit à la lune ; comment espérer saisir de la fumée entre ses doigts ?

Libres, et heureuses d’être libres, toutes d’eux s’enfoncèrent dans le bois et dans la nuit.
Les pins sentaient bon, et l’herbe couverte de givre craquait sous les pas de la jument qui avançait tranquillement entre les arbres. Tout allait bien quand soudain, Nuance frémit. Nerveuse, elle s’arrêta et se mit à encenser lorsque Syndrell mit pied à terre, tous ses sens en alerte. Dos plaqué contre sa compagne, elle lui souffla quelques mots, parvint à l’apaiser.
Un peu.
Syndrell ne l’était pas.

Il y avait quelque chose, une présence dans les arbres. Glissant la main à sa ceinture, elle lâcha un juron coloré en prenant conscience qu’elle n’était pas armée. Une belle erreur ! La vieille bergère ayant décidé de laver sa combinaison, elle n’était vêtue que d’une tunique légère et n’avait pas pris la peine de se munir ne serait-ce que d’un de ses poignards, au cas où…

Une brindille craqua.
Vive comme l’éclair, Syndrell se retourna, un bras replié devant son visage en position de défense et l’acier chuinta.
Une lame jaillit.
De son poignet.

De son poignet ?!

- Yaaah !

Son cri de peur alerta Nuance, qui avança au moment où sa cavalière, sursautant de stupéfaction, se rejetait en arrière. Marchombre jusqu’au bout des ongles, Syndrell perdit l’équilibre et sans délicatesse aucune sur les fesses. Il y eut un mouvement dans les environs, un bruit de course, puis le chant d’un loup. Toujours assise dans la neige, Syndrell secoua la tête. Un loup ! Qu’elle avait effrayé, apparemment.
Pas autant qu’elle.

Incrédule, elle baissa les yeux sur sa main. Effleura son poignet.
Intact.
Elle ferma le poing, tout doucement.
L’acier coulissa dans un bruit feutré, surgissant de la peau de son bras sans la blesser. Elle n’avait même pas mal.
Elle avait compris.

La seconde lame jaillit de son autre bras sans qu’elle ne sache très bien par quel volonté la chose était possible.
Le savoir lui suffisait amplement.
Levant la tête, Syndrell contempla un instant le ciel, cherchant parmi les millions de petites lumières celle qui avait été son guide.
Son étoile.

Elle était là, au nord-ouest, scintillant aussi fort qu’elle semblait se moquer de la tournure de sa découverte. Sans la quitter des yeux, Syndrell sourit.
Le Rentaï lui avait accordé la greffe.
Elle était toujours Syndrell Ellasian.
Elle était toujours marchombre.
Avec un bonus de deux lames en plus.

- Merci…




__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 20/10 au 03/11]
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