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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2

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MessageSujet: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Ven 11 Mar 2011, 09:59

Allongée sur le dos, Swif était contente de sa journée. Certes, le début avait été difficile, mais cela s'était plutôt bien enchaîné. Elle avait eu un peu d'appréhension avant de rencontrer ses deux apprenties – enfin, même si à la base, elles étaient quatre – et même si deux n'avaient pas voulu poursuivre l'aventure et s'engager sur la Voie, Xenoza comme Léna avaient une étincelle en elles, que la marchombre se devait d'attiser pour en faire une grande flamme dansante dans le fond de leurs yeux. C'était le but qu'elle s'était donné, les aider, les faire avancer, leur faire comprendre que c'étaient elles qui pouvaient s'en sortir seules, mais qu'elles devaient s'ouvrir et saisir l'importance de tout l'environnement qui pouvait les entourer. Développer une vision marchombre de la chose. Un léger soupir franchit les lèvres de la jeune femme, avant qu'elle ne fermât les yeux, attendant que le sommeil vînt la chercher, avenant, sous la voûte étoilée.

Déjà, les exercices qu'elle avait soumis à ses deux apprenties dans la journée avaient été vraiment bien exécutés, pour une première fois, elle trouvait. Elle avait pu voir que ses apprenties avaient déjà un bon souffle et une bonne endurance à la course, et qu'il faudrait l'améliorer encore et encore. Elle avait pu deviner que Xenoza n'avait presque jamais utilisé un poignard pour le lancer, que Léna en avait un mais n'en voyait pas le réel intérêt. Et à partir de là, elle avait réussi à leur faire prendre conscience de ce qu'il n'allait pas vraiment dans leurs mouvements avec ce dernier. Un bon exercice ainsi réalisé avant de dormir donnait bien souvent sommeil et épuisait, et elle ne doutait pas que les deux jeunes filles allaient bien dormir. Ce fut à ce moment-là, dans ces pensées, que le sommeil fit son apparition, l'emportant dans le royaume des rêves.

Le lendemain, Swif s'éveilla quelques minutes avant le soleil, et se redressa, étirant chacun de ses muscles dans un silence total. Observant ses deux apprenties qui dormaient encore, elle vit que Xenoza avait écrit quelque chose, mais n'y prêta pas attention : chacun avait sa manière d'évacuer les choses, de les accepter, de les assimiler. Un sourire sur les lèvres, la jeune femme s'éloigna du camp quelques instants pour prendre quelque branches mortes et sèches pour attiser légèrement le feu de camp, avant de faire réchauffer la viande ainsi que quelques racines dans de l'eau. Lorsque les deux jeunes femmes se réveillèrent, elle leur proposa ainsi un petit déjeuner, leur demanda de s'échauffer comme elles l'avaient fait la veille, avant de les inviter à la suivre, partant en courant vers l'Est, continuant ainsi dans la même direction que la veille.

Comme la veille, les deux jeunes filles avaient réussi à courir presque deux heures, Swif décida de courir une heure et demie ce jour-là : il ne servait à rien de retomber continuellement dans les mêmes limites, il fallait se contenter de moins durant un certain moment, avant, pour gagner en plusieurs domaines, comme la respiration, les foulées, la régularité, pour tenter encore une fois de voir si l'on avait permis à nos limites d'être repoussées. Ainsi, les deux jeunes filles travailleraient mieux, donneraient plus et comprendraient mieux. Dès les premières foulées, Swif s'approcha de Xenoza pour lui indiquer qu'elle devait essayer d'agrandir ses foulées encore, de calquer sa respiration sur la régularité de ses foulées, puis de Léna pour lui expliquer qu'elle devait se concentrer sur sa respiration et la modeler suivant ses propres foulées pour qu'elle pût être plus efficace.

Un sourire aux lèvres, Swif garda cette fois-ci le même rythme durant toute la durée de l'exercice, se plaçant à côté de ses deux apprenties pour les observer et continuer de les conseiller lorsqu'elles commettaient des erreurs à cause de l'épuisement physique.

La marchombre avait toujours pensé que commencer la journée par de la course réveillait bien mieux que n'importe quel autre exercice. Il appelait cela le « décrassage matinal » et à aucun moment elle n'avait été dispensée de cette tâche au réveil, durant ses trois années de formation. Au début, elle ne tenait pas très longtemps à la course, à peine une heure, c'était dire si elle trouvait que ses deux apprenties étaient dans de bonnes conditions physique ! Mais au bout de trois ans, elle n'était plus obligée de tenir un rythme régulier, même si elle pouvait ainsi tenir plus longtemps. Un léger soupir passa ses lèvres, alors qu'elle secouait la tête pour chasser Son souvenir de ses pensées. Elle n'avait pas le droit de le torturer ainsi. Elle l'avait assez fait souffrir comme cela, pensait-elle.

Lorsque le temps que Swif avait décidé de tenir se fut écoulé, elle s'arrêta donc, continuant pourtant à marcher à une allure dynamique, et expliqua donc à ses apprenties :

- La course est pour moi un décrassage matinal. C'est pour ça que chaque matin, avant de faire quoi que ce soit d'autre, nous courrons. Pour l'instant, une heure et demie comme ce matin me convient, en tout cas pour la semaine à suivre. J'augmenterai petit à petit le temps de course, évidemment, car le but est de se surpasser, n'est-ce pas ?

Adressant un sourire, ainsi qu'un clin d'oeil à ses deux apprenties, Swif les invita encore une fois à la suivre. Le paysage autour d'elles avait légèrement changé, même si ce n'était pas encore cela : la jeune marchombre voulait aller jusque dans les montagnes de l'Est pour passer par un petit village, dans lequel elle allait montrer de nouvelles choses à ses apprenties. Mais pour l'instant, elles étaient seulement à deux jours du Lac Chen, et donc à l'orée seulement des plateaux de l'Est. Répondant aux questions de ses apprenties, même si elles étaient encore peu bavardes, Swif garda un bon rythme de marche jusqu'à l'apogée du soleil, où elle accorda une pause à Xenoza et Léna pour manger. Elles mâchèrent encore une fois de la viande séchée, âcre mais nourrissante, et Swif sourit devant les mines déconfites de ses apprenties.

- Allez, ce soir on chasse, pour avoir de la viande fraiche, promis.

Un sourire adressé à ses apprenties, et déjà Swif était debout pour continuer leur avancée dans les plateaux. Les arbres étaient plus rares, mais plus hauts, et les plaines s'étendaient à perte de vue. La piste qu'elles suivaient se perdait parfois dans les tiges longues des herbes hautes des prés aux plantes multiples, mais la marchombre savait quelle direction prendre. Un léger sourire flottait constamment sur ses lèvres fines, avant qu'elle ne s'arrêtât, une heure plus tard, sur le sommet d'une petite colline.

Se tournant vers ses apprenties, elle leur sourit, avant de sortir son bâton de son sac, et de faire signe aux jeunes filles de faire de même. Hochant doucement la tête, elle leur dit alors :

- On va commencer par voir ce que vous pouvez faire avec ce bâton. Pour cela, vous allez... essayer de me toucher, d'accord ? N'hésitez pas, tous les coups sont permis !

Riant légèrement, Swif ferma un instant les yeux, avant de planter son regard bicolore dans celui, tour à tour, de chacune de ses apprenties. Les genoux légèrement fléchis, ainsi que les coudes, elle gardait les hanches souples et son corps était déjà prêt à réagir à n'importe quelle éventualité...


Dernière édition par Swif F. Nas Gil'Loliam le Mer 12 Oct 2011, 12:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Mar 22 Mar 2011, 17:58

Léna marchait d'un pas vif sur la route sinueuse qui filait droit devant elle, qui allait vers l'inconnu, qui franchissait tous les possibles. Elle ne savait pas pourquoi elle arpentait ce chemin, ses jambes ne lui obéissaient pas, elles fonçaient droit devant sans jamais s'arrêter. La Novice finit par renoncer de les combattre, elle se laissa ainsi emmené. Les kilomètres s'enchainaient ainsi sans que rien ne change, la route ne s'arrêtaient jamais elle était juste de plus en plus méandrique (à tel point même que Léna en vient un instant à penser qu'elle allait sur un immense serpent) seuls les obstacles devenaient de plus en plus nombreux; la Novice s'entait une perpétuelle résistance lorsqu'elle avançait et ses forces commencer à s'amenuiser. Pourtant elle ne s'arrêta pas.
Le temps passa sans qu'elle ne puisse dire si c'était des heures, des minutes ou juste quelques poignais de secondes à moins que ce ne soit des jours entiers. Soudain sous ses yeux un autre chemin commença à surgir alors qu'à peine quelles secondes auparavant il n'y avait que Néant. Elle regarda avec curiosité cette voie sortit de nulle part mais elle resta sur celle qu'elle suivait, d'une part parce qu'elle ne commandait pas ses jambes et de l'autre parce qu'elle n'en avait pas envie. Mais alors qu'elle l'avait précédé de quelques mètres quelqu'un apparut sur ce sentier, s'éloignant de celui sur lequel elle était. Aussitôt elle le reconnu et ne put en croire ses yeux, sous ses yeux venait de surgir Lanza. Mais il disparaissait sur l'autre voie et elle ne commençait à ne plus le voir, elle voulut s'élancer sur la voie qu'il suivit mais elle ne le put, poussée vers l'avant. Elle l'observa impuissante disparaitre les larmes aux yeux, sans avoir pu lui parler ni même de le rejoindre.
Ses pas continuèrent à la mener de plus en plus loin. Lorsqu'un nouveau chemin surgit du néant elle cacha ses yeux avec ses mains mais elle ne put s'empêcher de voir s'éloigner Jennyssie. Une nouvelle fois ses jambes l'empêchèrent d'atteindre la jeune fille. En dernier recours elle cria: "Reste, tu es partie trop vite la dernière fois. Je ne t'ai pas assez remercier! Reste! Reste... "
Mais cela n'y changea rien et la mercenaire disparut. Léna pleurait bel et bien à présent. Finalement un troisième chemin surgit, et la pauvre vit Adwyn s'éloigner. De toutes ses forces elle tenta de la rattraper, chacune des forces qu'elle possédait elle les utilisa pour y aller mais rien n'y fit. Pourtant à un moment Adwyn s'arrêta et Léna crut à un miracle. L'ancienne novice se retourna doucement. Léna resta ébahie quelques secondes et dans sa tête des paroles venues de nulle part résonnèrent " La voie des marchombres t'offriras peut-être la liberté, tu te dépasseras certes mais tu perdras tous ceux qui te sont certes. Tu resteras à jamais seule..."
Devant Léna Adwyn disparut à son tour ainsi que le chemin sur lequel Léna avançait. Seul le Néant l'entourait à présent...

***


Léna ouvrit péniblement les yeux, le cœur battant à toutes rompes. Tous de suite elle comprit que c'était un cauchemar mais elle ne put arrêtait les battements fous de son cœur. La terreur l'envahissait. Elle entendit Swif aller chercher du bois mais elle ne put esquisser un mouvement, comme si Méduse avait posé son regard sur elle . De longues minutes s'écoulèrent avant qu'elle ne parvienne à sa calmer, à être maître d'elle même. Rien à l'extérieur ne laissa voir l'horrible cauchemar qu'elle avait fait, mais son estomac était noué et elle avait envie de vomir. Pourtant elle n'en montra rien. Ou plutôt, elle essaya...

Elle était tellement habituée des voyages qu'après avoir salué de la tête Swif, elle agit sans hésiter, preuve qu'elle voyageait depuis des années. Elle s'éloigna pour changer de vêtements et revêtit un survêtement de coton confortable, large et chaud de couleur grise. Comme haut elle enfila un T-shirt à manche, léger, lui même très pratique pour bouger. Comme toute la maigre garde-robe de Léna il était de couleur sombre, un gris sombre comme celui que l'on peut observer dans le ciel lorsqu'il pleut. Par dessus elle ajouta sa chaude veste en cuir. Au pied elle mit ses bottes de cuir et pour finir elle noua avec dextérité ses cheveux derrière la tête grâce à un lien de cuir et elle passa son épée derrière son dos, attacha sa ceinture supportant tous ses poignards, glissa un couteau dans sa botte et quelques poisons dans ses larges poches. Finalement elle se considéra comme prête et revient près du feu.
Lorsque Swif leur proposa de manger, elle ne put cacher une légère grimace, la peur ne l'avait pas totalement quitté, ni son envie de vomir, pourtant le plus courageusement possible elle se força à avaler la nourriture qui lui semblait aussi digeste que des pierres.

Lorsqu'elles se furent restauré, Swif leur demanda de s'échauffer et Léna le fit avec application puis lorsqu'elles eurent finit Swif leur demanda de courir et c'est ce que fit Léna après avoir bouclé son sac et l'avoir mit sur le dos. Peu de temps après avoir commencé Swif vient lui dire de ce concentrer sur sa respiration et la Novice décida de suivre le plus fidèlement possible ce conseil. Pourquoi une telle assiduité? Déjà parce qu'elle ne voulait aucunement s'effondrer comme la veille mais aussi et surtout parce qu'elle voulait à tous prit ne pas laisser vagabonder ses pensées. Elle avait peur de le faire, elle ne voulait aucunement songer au rêve de la nuit. Elle se sentait déjà mal là, elle ne voulait pas de plus se torturer au sujet des paroles de si mauvaises augures qu'elle avait entendue. Alors elle se concentra sur sa respiration, la rendant la plus régulière possible. Deux inspirations, deux expirations, deux inspirations...
Pendant deux heures elle courut sans penser à rien d'autre et malgré le léger épuisement, elle fut presque déçu lorsque Swif commença à marcher, rares était les fois où elle avait si peu réfléchie.

- La course est pour moi un décrassage matinal. C'est pour ça que chaque matin, avant de faire quoi que ce soit d'autre, nous courrons. Pour l'instant, une heure et demie comme ce matin me convient, en tout cas pour la semaine à suivre. J'augmenterai petit à petit le temps de course, évidemment, car le but est de se surpasser, n'est-ce pas ?


Léna hocha la tête, un léger sourire aux lèvres. Swif continua de marcher jusqu'au midi où elle s'arrêtèrent pour se restaurer. La Novice ne se sentait malheureusement pas bien de nouveau et elle mangea la viande séchée en grimaçant, pire que le gout (affreux au passage), elle avait l'impression de mâcher du plomb.

- Allez, ce soir on chasse, pour avoir de la viande fraiche, promis.


Léna accueillie cette annonce en souriant, plus par politesse d'ailleurs que par réel envie. Elle n'avait vraiment pas envie de manger et doutait sérieusement que le repas du soir serait mieux que les précédant. Mais chasser ne la dérangé pas,elle n'était certes pas une chasseuse confirmée mais elle avait suffisamment voyagé pour avoir appris à ne pas mourir de faim, ce qui aurait souvent put se produire en voyant dans quels recoins de Gwendalavir elle avait visité.
Swif repartit alors à travers les plaines sur un mince sentier qui disparaissait parfois. Pourtant son maître devait le connaître car jamais elle ne se perdit. Lorsqu'une heure se fut écouler, elle s'arrêta. Prenant un bâton et leur indiquant de faire de même, elle dit:

- On va commencer par voir ce que vous pouvez faire avec ce bâton. Pour cela, vous allez... essayer de me toucher, d'accord ? N'hésitez pas, tous les coups sont permis !


La jeune Novice soupesa le bâton. Une légère grimace apparut sur son visage jusqu'à la impassible, ce n'était pas vraiment léger même si un Thül ne devait pas trouver cela plus lourd qu'une plume. Mais justement Léna n'était pas un Thül et même si parfois elle avait du mal à le reconnaître, elle n'était pas aussi musclée et n'avait pas autant de force qu'un homme ( si celui ci est sportif bien-sûr). Bref, il était clair que même si Léna préférait ce bout de bois aux poignards, il n'allait pas naître entre eux la même histoire d'amour que Léna entretenait avec son épée.

Néanmoins, La novice esquissa dans l'air quelques mouvements, essayant de savoir si oui ou non elle pouvait faire les même attaques qu'elle utilisait lorsqu'elle tenait entre ses mains son épée. Elle en arriva à la conclusion que non, que l'arme était trop lourde pour cela. Après avoir adressé un léger regard à Xenoza elle commença.

La Novice étudia d'abord la position de son maître, il était évident que Swif pouvait prétendre à être maître sans problème: sa position était parfaite. Un léger sourire se glissa sur les lèvres de la jeune fille, laissant clairement comprendre qu'elle ne croyait pas en ses chances. Mais fidèle à elle même elle ne renonça pas, un combat n'est jamais gagné et Swif pourrait peut-être faire une infime erreur dont la Novice se servirait. Si elle le pouvait, cela aller de soi.

Positionnant son arme devant soi, l'apprentie marchombre adopta une position presque similaire à celle de son maître. Léna avait suffisamment d'intelligence pour savoir que lever son bâton pour essayer de l'abattre sur la tête de son maître était pire qu'une mauvaise idée. C'était une hérésie. De un parce qu'elle n'avait aucune chance, de deux parce qu'ainsi elle était vulnérable et de trois parce qu'elle avait plus de chance de tomber en avant avec l'arme que de la retenir.

Léna apprêt un dernier instant de réflexion passa à l'attaque. L'arme était d'un poids et d'une longueur inhabituelle tant et si bien qu'elle se doutait qu'elle n'arriverait pas à bouger aussi souplement et rapidement qu'à son habitude. Deux de ses principaux atouts lui était déjà enlevé. Elle décida donc de faucher les jambes de Swif. Sans succès malheureusement sauf peut-être celui de lui faire réaliser une nouvelle qu'elle avait beaucoup à apprendre car en effet bien qu'elle s'y été préparé le poids de l'arme la déséquilibre et elle eut du mal à ne pas chuter.
De nouveau elle attaqua mais cette fois en essayant de toucher les riens de son maitre. Faut-il que je vous parle du résultat où vous aviez déjà deviné? Effectivement une nouvelle fois le bout de bois n'atteignis pas Swif, bien que Léna était impassible elle ne put s'empêcher de se demander si la marchombre ne savait pas à l'avance ce qu'elle allait faire.
Une troisième fois elle assailli la maître marchombre qui ne semblait pas en difficulté, cette fois pourtant elle feinta en remontant subitement son arme alors que tout laisser penser qu'elle souhaitait toucher les jambes. Mais une nouvelle fois cela ne servait à rien. Léna était déçue, elle devait le reconnaitre, une fois encore elle avait espérer.
Lors de sa quatrième attaque, elle changea rapidement la bâton de main pour tenter de désorienter Swif mais e fut sans succès et l'attaque qu'elle porta failli une nouvelle fois.
Désappointée elle fit de moulinet rapide avec le bout de bois et attaqua mais ce n'eut aucun effet.
Elle fit encore quelques passes qui n'aboutirent malheureusement pas. Le souffle court après un léger sourire de dépit, la demoiselle laissa la place à Xenoza.
Léna s'installa au sol, elle n'était vraiment pas fière d'elle.

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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Jeu 24 Mar 2011, 22:18

Dans le ciel, haut, bien haut, le soleil brille. Juste un peu plus bas, toujours dans le ciel, il y a quelques nuages ainsi de nombreux oiseaux. Encore un peu plus bas, il y a un terrain plat, d'une verdure épatante. Ce terrain s'étend sur des kilomètres, et des kilomètres, et il entouré d'arbres aux feuilles de couleurs vives. Non très loin, à quelques pas de là, on voit une jeune femme qui se déplace tant bien que de mal, dans les dédales des arbres. On entend le froissement des feuilles et le craquement des brindilles sur lesquels elle marche, sans vraiment faire attention. La jeune femme tend l'oreille et soupire tout doucement. Il était tout près d'elle, enfin. Sa quête était terminée, elle ne l'avait pas effectuée pour rien, et ... elle s'arrêtait subitement. Cela faisait un an - ou deux ? - qu'elle le cherchait, et, maintenant qu'elle sait qu'il est tout près, elle hésitait. Pourquoi donc ?

Le ciel se recouvre lentement de nuages, et la jeune femme repense à tous ces jours à arpenter les villages, les citées, les plaines, les forêts, les grottes, sans rien trouver. Elle n'avait plus d'endroit ou chercher. S'il n'était pas là, c'est qu'elle ne le retrouverait pas. Qu'il était mort, ou qu'il était parti, qu'il s'était enfui, tout simplement. Pourtant, elle sûre et certaine qu'il était de l'autre côté. Il allait être là, elle allait finalement pouvoir de nouveau sentir sa présence près d'elle, entendre le doux son de sa voix, plonger dans ses yeux si éclatants ... Allez, elle devait foncer. D'un ample geste de bras, la jeune femme ouvrait les buissons qui la séparait de cet être cher ...

*

J'ouvre subitement les yeux. Un regard autour de moi ; Léna est près de moi, encore endormie. Quant à Swif, elle n'est plus là. Déjà réveillée, sûrement. Je tends les mains vers mon visage, il est humide. Chaleur ou peine ? Bonne question. Tout ce que je savais, c'est que je me sentais en forme. J'étais bien, aujourd'hui, en me réveillant, même si ma nuit avait troublée d'un drôle de cauchemar. Je me levais doucement, allant voir si le sommeil avait fait effet. Je cherchais dans mon sac le miroir que Sokea m'avait confié, et je finis par le trouver. Je me souvenais, la dernière fois ou je m'étais vraiment observée. C'était juste quelque temps auparavant mon premier cours. Je me rappelle encore de la vision que j'avais eue. Les traits du visage tirés par le manque de sommeil, les cheveux dépeignés et sales, le vert de mes yeux était sombre, si sombre ... C'est en me regardant ainsi que j'avais compris que la personne que je regardais, ce n'était plus Xenoza. Je n'étais plus cette fille. J'avais fait une erreur de parcours, et, durant ce court laps de temps, j'avais totalement tout perdu d'elle. Son sourire, ses yeux pétillants de plaisir, son rire joyeux, son visage presque jamais cerné, sa personnalité enflammée ... tout. J'avais tout perdu. J'ai cru, pendant pas très longtemps, que j'aurais pu me reconstruire, dans cette académie. Que j'aurais pu oublier ce passé qui me brulait telle une flamme dévorant une feuille, mais non. Je n'ai réussi qu'à faire empirer ma situation. C'est sûrement pour cette raison que j'ai tenté tant de fois de fuir l'académie, d'oublier le cauchemar et toute cette vie, d'en finir avec ma vie. Sans jamais réussir. Mes pas finissaient toujours par me ramener à l'académie, mon esprit finissait toujours par faire une pensée à Sokea, à Lui, à Sharine, à Soraya. Il m'était impossible d'oublier, et j'aurais bien dû le savoir.

Je me secouais vivement la tête. Je ne devais plus penser à ça. C'est sûr que ce serait difficile, mais je devais essayer. Léna commençait à s'éveiller et Swif venait de revenir avec des branches sèches, qui serviront à faire un feu. C'est l'odeur de la nourriture que la Maitre faisait cuire qui me réveilla complètement. Je me mis donc debout, m'essuyais le visage, puis je rangeais le miroir ainsi que les choses que j'avais écrites la veille, et, par la suite, je pris de quoi m'habiller confortablement ; un simple chandail gris avec par dessus une chaude veste qui, quant à elle, était noire. Des pantalons plus au moins amples, car j'avais toujours détesté les pantalons moulants qui, je trouvais, bloquaient mes mouvements. Pour finir, des bottes en tissu avec un solide semelle, qui ne gênaient en rien les mouvements de mes pieds, tout en les gardant bien au chaud.

En finissant cela, je me dirigeais ensuite vers Swif, qui me proposa un petit déjeuner, que j'acceptais avec un faible sourire. Après avoir terminer de reprendre des forces, elle nous demandait de nous étirer comme hier, ce que je commençais. Encore une fois, elle commenta un peu nos exercices, mais moins que la veille ; nous avions compris le principe. Ensuite, elle nous invitait à la suivre au pas de course, ce que nous avons fait. Quelle direction ? Encore l'Est.

À l'instant même ou nous avons commencé à courir, Swif s'approchait de moi et me conseilla d'agrandir encore mes foulées, conseil que j'exécutais. De plus, elle me conseilla de calquer ma respiration sur la régularité de mes foulées. J'essayais aussi de mettre en pratique ce conseil. Grandes foulées, et claquer ma respiration sur ces foulées en question. Ça devrait pas trop être difficile, non ?

Swif finit par s'arrêter de courir, mais elle gardait une allure de marche dynamique. On allait donc passer à autre chose, et je me demandais bien quoi.

- La course est pour moi un décrassage matinal. C'est pour ça que chaque matin, avant de faire quoi que ce soit d'autre, nous courrons. Pour l'instant, une heure et demie comme ce matin me convient, en tout cas pour la semaine à suivre. J'augmenterai petit à petit le temps de course, évidemment, car le but est de se surpasser, n'est-ce pas ?


Nous continuons de marcher, je posais quelques questions au sujet de l'endroit ou nous y étions, et, en y repensant, je ne devrais pas avoir de difficulté à m'orienter ; on était seulement à deux jours du Lac Chen, ce qui n'était pas beaucoup. Par la suite, nous nous arrêtons complètement afin de manger un peu, et, encore une fois, c'était de la viande séchée qui allait nous remplir l'estomac ... Décidément, il allait falloir que je m'y fasse. Swif devait avoir vu notre mine pas très enthousiasmée car elle nous sourit et nous proposa une autre solution, celle de chasser ce soir. J'acceptais la proposition avec le seul sourire que j'étais capable de faire, c'est-à-dire pas très gros. Mais j'imagine que ça aussi, il allait falloir que je m'y habitue ...

Puis, nous nous remettions en route. J'observais un peu les alentours. Les arbres se faisaient un peu plus rares, mais ils étaient plus hauts et plus imposants. À part ça, il y avait des plaines et ... des plaines. Des plaines à perte de vue. Je soupirai un peu, puis je laissais mon esprit vagabonder.

*

- On m'appelle Yndrel.


Un sourire éclaire son visage, encadrant parfaitement ses magnifiques yeux, qui, au centre, étaient d'un violet pur, comme ceux de Lahïs, mais, autour, une couleur rose claire s'étale autour de ce délicieux violet, ce qui crée un mélange rare étonnant, mais il le porte à merveille avec ses cheveux de couleur aussi dorée que la paille sur laquelle il est appuyé.

Et puis, son regard devient vague. Il n'est plus ici, au du moins, plus complètement, c'est évident. Plonger dans ses pensées ? Sûrement. Ou, peut-être pas ...

- Hisbdgg Iidbda dkiicn.

Je ferme les yeux, juste quelques instants. Et le silence s'empare de moi ...

Un silence infernal.

Il n'y a plus un bruit, plus aucun. Pas même le bruit régulier d'une respiration, pas même le froissement de la paille. Il n'y a plus d'odeur, ni sa délicieuse arôme, ni l'odeur de la paille. Il n'est plus là ...

Il n'y a plus rien, sauf peut-être les larmes amères qui s'échappent de mes yeux, qui glissent lentement le long de mes joues et qui s'éteignent sur le sol, à l'endroit même ou il était, quelques minutes auparavant.

Je n'y crois pas ...

*

Le doux son du vent résonnait dans mes oreilles, et venait caresser mes cheveux, les faisant voler. Nous étions sur un petite colline, et Swif venait de s'arrêter complètement, suivie de Léna et moi. Elle tirait ensuite un bâton de son sac, imitée encore une fois de Léna et moi. Quel serait l'exercice, cette fois ? J'avais hâte de le savoir. Même si je doutais de pouvoir réellement me concentrer. Sa voix s'élevait encore dans ma tête, et je ne savais pas comment la faire s'éteindre.

- On va commencer par voir ce que vous pouvez faire avec ce bâton. Pour cela, vous allez... essayer de me toucher, d'accord ? N'hésitez pas, tous les coups sont permis !

Un rire s'élevait de la gorge de Swif, puis le silence revenait. Je testai un peu le bâton, tout comme Léna. C'était, pour moi, plus simple à utiliser qu'un poignard. Environ de la même grandeur que le sabre dont je m'étais servie depuis ma plus tendre enfance, mais, qui, bien entendu, n'était pas terminé par un bout d'acier résistant. Je ne devais tout de même pas oublier que ce que j'avais entre les mains, malgré leurs nombreuses ressembles, était un bâton, pas un sabre.

Léna me jetait un faible regard, puis s'approcha de Swif. Elle observait un peu le Maître, avant de commencer à attaquer. La première attaque était ratée, mais, après tout, qui aurait crû qu'elle réussirait la toucher ? On ne devait pas oublier, c'était contre Swif qu'on se battait, pas contre un crétin doublé d'un prétentieux. Une nouvelle attaque, encore une fois ratée. Une seconde, puis une troisième. La quatrième, elle était sympathique. Changer l'arme de main était utile, surtout si on savait frapper des deux côtés, ainsi, on pouvait avoir une opportunité de plus afin de frapper la Maître. Malgré cela, l'attaque échoua et Léna se retira. Je lui adressais un petit sourire que je voulais encourageant, puis je m'avançais à mon tour.

J
e m'arrêtais, je me mis dans une position similaire à Swif. C'est en jetant le bâton dans ma main gauche que je commençais à attaquer. J'allais commencer moi aussi ; un coup placé au niveau des jambes. Sans succès, Swif n'avait pas grand chose à faire pour l'éviter. D'accord ...

Je reculais, de nouveau prête à l'attaque. Cette fois-ci, je croyais avoir une bonne idée. Je me jetais tout près Swif, tirant mon arme tout près de ses jambes. Sauf que je n'allais pas recommencer cette attaque, encore ... je lançais mon arme dans ma main droite, puis je frappais au niveau des genoux. Sans succès, ce n'était pas assez rapide. Tant pis ... je passais en arrière d'elle, tentant un nouveau coup mais cette fois au niveau des reins, toujours sans réussir. Je repaissais donc en avant, tentant un dernier coup aux genoux ... Tout aussi raté.

Mais bon. Je crois qu'il était évident qu'on ne réussirait pas à toucher Swif du premier coup ... pas vrai ?

Je reculais d'un bond, pour aller rejoindre Léna.








Dernière édition par Xenoza Anarkanès le Lun 23 Mai 2011, 04:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Dim 27 Mar 2011, 12:05

Les deux apprenties avaient bien mieux couru que la veille, déjà. Certes, elles étaient essoufflées et sans doute fatiguées de la course, mais non pas éreintées et hors de souffle. Ainsi, il fallait sans doute que le lendemain, la marchombre les fît courir le même temps, jusqu'à ce qu'elles n'éprouvassent plus aucune fatigue à courir ainsi, et augmenterait alors le temps.

Un léger sourire sur les lèvres lorsqu'elle proposa l'exercice suivant à ses apprenties, elle observa avec attention l'attitude de ces dernières. D'abord, ce fut Léna qui s'avança pour s'essayer à la toucher, et cette dernière fit attention à sa position, lui tirant un sourire encourageant. La manière de tenir le bâton montrait à la marchombre que son apprentie avait plus l'habitude de tenir des armes longues et tranchantes, comme une épée ou un katana. Non, plutôt une épée, car elle le tenait à deux mains.

Alors, l'apprentie passa à l'attaque. Swif, parée à toute éventualité, évita chacune de ses attaques avec souplesse, se servant à chaque fois des points de rétractation que Léna créait sans le vouloir, à chacun de ses assauts. Elle avait vu dans le regard de l'apprentie que cette dernière ne croyait pas vraiment qu'elle pourrait la toucher, mais elle était déterminée à faire ce qu'elle pourrait pour que cela fût possible. Une très bonne attitude, que Swif encouragea en passant plus près des assauts à chaque fois que Léna en portait un. Passant à quelques millimètres à peine à chaque fois du bâton, Swif comptait encourager justement l'apprentie à continuer et à améliorer sa vitesse et sa force, mais c'était pourtant pour elle comme si à chaque fois le bâton s'abattait à plus de deux mètres qu'elle : il était aussi inoffensif.

L'apprentie battit en retraite alors que son souffle commençait à se tarir, laissant la place à Xenoza qui souriait légèrement comme pour l'encourager.

Le sourire sur les lèvres de Swif s'étira légèrement. Ses deux apprenties étaient assez proches, au final, et les épreuves qui les avaient liées l'avaient fait dans la profondeur, elle en avait bien l'impression. Elles s'encourageaient mutuellement, mais l'une comme l'autre semblait avoir perdu la fougue naturelle qu'elles avaient pu avoir avant ces épreuves, justement. Le doute les assaillait sans cesse, éprouvant, et elles ne parvenaient pas à voir comment s'en servir pour s'élancer plus loin, et avancer toujours. Certes, elles le faisaient, mais à petits pas, comme pour tâter le terrain avant d'avancer, méfiantes l'une comme l'autre, parce qu'elles avaient peur et qu'elles étaient sans doute traumatisées par quelque chose de très spécial, que Swif ne pouvait pas deviner...

Xenoza attaqua rapidement, prenant la dernière technique de Léna, changeant régulièrement le bâton de main pour tenter de la surprendre. Ce qui était vraiment un bon parti, évidemment. Il fallait juste faire preuve de plus de vitesse, de réactivité, et de puissance, pour pouvoir alors toucher un combattant aguerri. Pourtant, l'apprentie ne fit que quelques passes, avant de bondir en arrière pour rejoindre sa camarade, et Swif se redressa doucement, pour planter son regard dans celui de ses apprenties. Leur adressant un léger sourire, elle prit à son tour un bâton et s'avança d'un pas.

- Chaque leçon vaut pour tout. Je crois que vous l'avez compris, mais n'avez pas essayé de l'appliquer. Vous devez aussi vous accorder au bâton, comme hier vous avez essayer de vous accorder à votre poignard.

On va faire quelques mouvements pour vous aider à assimiler son poids, son centre de gravité et sa longueur.


Hochant seule la tête, Swif adressa un léger sourire aux apprenties. Puis, prenant son propre bâton à deux mains, elle commença à faire plusieurs grands gestes. Tendre le bâton devant soi, faire de larges mouvements circulaires, remonter le bout du bâton vers le ciel... Des gestes amples, larges, qui n'avaient d'égal à leur harmonie que leur lenteur. Toujours lentement, doucement, avec délicatesse, elle maniait son bâton contre les ennemis invisibles mais comme ralentis par le temps, invisibles. Invitant ses apprenties à faire de même, elle ne fit jamais deux fois les mêmes mouvements, exactement. Cette première approche du bâton dura bien deux heures entières, avant que Swif ne posât le bâton au sol, le tenant par son centre, et portant son regard tranquille sur les deux jeunes femmes.

- Bien. Je vais vous faire travailler l'esquive, maintenant. Toutes les deux. Et en même temps, vous allez tenter de venir me toucher. Allez-y, posez vos bâton.

Attendant que Xenoza et Léna posassent leur bâton, Swif se redressa avec le sien, comme nonchalante. Elle ne se mit pas en garde, pourtant c'était comme si : sa position la protégeait de toute attaque. Un léger sourire sur les lèvres, la jeune femme tournoya un instant, avant de faire un mouvement de bâton pour toucher Xenoza. Dans le même temps, elle releva son bâton, et de son autre extrémité le fit tourner pour atteindre Léna.

Elle enchaînait les attaques portées contre les deux apprenties, parfois simultanément, parfois l'une puis l'autre. Elle avait commencé avec des gestes pas très rapides, et même plutôt lents, de son point de vue. Mais petit à petit, elle avait pris de la vitesse et de la précision, sans aller au bout de ses capacités : ce n'était pas le but. Un léger sourire sur les lèvres, en réalité elle ne laissait même plus l'occasion à ses apprenties de pouvoir l'approcher : ses gestes étaient rapides, extrêmement rapides, entre deux attaques, et même si ses attaques n'étaient pas confondantes, ses apprenties devaient tout entreprendre pour les esquiver.

La jeune marchombre ne s'arrêta et s'estima satisfaite que lorsque le soleil se coucha tout à fait à l'horizon, retrouvant des apprenties essoufflées, courbatues aussi sans doute, mais qui avaient compris déjà beaucoup plus de choses...
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Mar 05 Avr 2011, 17:28

Léna regarda avec attention Xenoza s'avançait pour affronter à son tour son maître. La novice lui adressa un faible sourire auquel Léna répondit puis concentra son attention sur son adversaire. Le bâton dans la main gauche, Xenoza tenta de toucher Swif au niveau des jambes comme l'avait fait Léna auparavant. Le résultat fut le même, leur maitre l'évita sans grand mal.

Léna observa avec attention les mouvements de Swif, chose qu'elle n'avait pas pu faire véritablement lors de son propre combat puisqu'elle avait du se concentrer sur l'arbre inhabituel qu'elle tenait entre ses mains. Elle put constater à quel point Swif maitriser parfaitement les moindres passerelles de son corps. Ainsi alors que certains (ainsi que Léna) aurait sauté en arrière pour être sûr d'éviter le coup, Swif se décala à peine. Pourtant le bâton ne la toucha même pas.

Xenoza porta une seconde attaque. Léna crut quelques instants qu'elle était semblable à la précédente. Pourtant la novice fit passé subitement son bâton dans son autre main, la gauche et envoya son arme au niveau des genoux de Swif. Léna était presque sûr que sa camarade allait réussir car certes même cette attaque manquait peut-être légèrement de rapidité elle était si imprévue qu'il fallait être véritablement un guerrier émérite pour l'éviter. Ce que Swif était bien-sûr. L'arme ne la toucha pas une nouvelle fois.

La novice frappa une nouvelle fois avant de revenir vers Léna. Celle-ci ne put s'empêcher de lui adresser un compliment sincère. Chose rare chez elle qui savait mentir aussi bien que se battre.

-Ta deuxième attaque était particulièrement surprenante! Tu aurais pu battre bien des combattants!


Après un dernier sourire Léna regarda Swif qui se saisissant d'un bâton déclara:

- Chaque leçon vaut pour tout. Je crois que vous l'avez compris, mais n'avez pas essayé de l'appliquer. Vous devez aussi vous accorder au bâton, comme hier vous avez essayer de vous accorder à votre poignard.

On va faire quelques mouvements pour vous aider à assimiler son poids, son centre de gravité et sa longueur.


Quelle idiote! Léna comme souvent lorsqu'elle était plus ou moins en faute s'auto-injuria avant de se promettre silencieusement de ne pas oublier la prochaine fois. Certes elle ne savait pas véritablement comment s'accorder avec une arme autre qu'avec son épée avec laquelle elle était liée depuis des dizaines d'années. Mais si elle y avait pensé, elle aurait pu demander à Swif qui lui aurait surement répondu. Il ne restait plus qu'à changer cette erreur.

Ainsi Léna suivi avec ferveur l'entrainement de Swif.
La novice suivi le mieux qu'elle put les mouvements harmonieux de Swif. Elle tendit premièrement son arme devant elle en essayant de ne pas chanceler sous le poids certes attendus mais tout de même déstabilisant du bout de bois. Puis elle commença, tout en lenteur, à faire des mouvements circulaires. L'exercice n'était pas spécialement compliqué...si elle avait pu aller vite! Elle aurait alors réussi sans grand problème. Mais ce n'était justement pas ce qu'il fallait faire. Il fallait effectuer les mouvements sans se presser, sans jamais allait plus vite. Chose que Léna n'arrivait pas à faire. Lorsque le bois se faisait trop lourd, la novice ne pouvait s'empêcher d'aller plus vite pour ne pas le faire chuter. Ses bras la lançait déjà, pourtant elle ne s'arrêtait pas. La volonté de fer qui l'habitait l'empêchant de rendre les armes, où plutôt le bâton! Deux heures s'écoulèrent environ lorsque Swif s'arrêta pour reprendre la parole:

- Bien. Je vais vous faire travailler l'esquive, maintenant. Toutes les deux. Et en même temps, vous allez tenter de venir me toucher. Allez-y, posez vos bâton.


Les deux novices suivirent ses ordres et posèrent leurs armes, Léna assez soulagée il fut le dire. Pourtant elle s'avança, prête à faire face à Swif véritablement heureuse. Elle s'éloigna de quelques pas de Xenoza pour ne pas la gêner lorsque celle-ci essayerait d'éviter l'arme et inversement.

Léna adressa un regard à la position de Swif pour voir ou elle pourrait essayer de la toucher. Ce qu'elle vit la consterna légèrement, cela promettait de ne pas être simple: Swif semblait être parfaitement bien protégée. Mais déjà son maître était passé à l'attaque. Le bâton se dirigea vers Xenoza puis soudainement l'autre coté arriva vers Léna. Celle-ci s'était attendue à une telle attaque et elle ne l'a prit pas au dépourvu, de plus Swif avait commencé à doucement. Elle se décala donc puis elle tenta de toucher son maître. En effet, comme les attaques de Swif était lente pour l'instant elle avait plus de chance d'y parvenir que plus tard. Elle s'élança donc alors que l'arme se dirigea vers Xenoza mais elle n'eut pas le temps de frôler Swif car déjà l'arme revenait. Cette fois, elle se jeta au sol pour l'éviter et se releva le plus vite qu'elle le put pour éviter une nouvelle attaque.

Les coups finirent par redoubler d'ardeur; Léna avait l'habitude d'éviter les attaques lors des nombreux combats qu'elle avait fait. Effectivement, souvent moins forte que ses adversaires elle avait plus de mal à retenir le coup en le bloquant fermement avec son épée. Pourtant cette habitude ne lui était pas d'une énorme utilité ici car même si elle se débrouillait bien, l'arme venait vers elle trop vite pour qu'elle puisse toucher Swif. La fatigue commençait d'ailleurs à reprendre le dessus. Fatalement le bâton finit par la toucher, le coup ne l'envoya pas directement au sol mais la fit sérieusement chancelé. Elle aurait pu s'en tirer ainsi mais l'arme revient avant qu'elle ne se soit stabilisé et l'envoya rouler dans la poussière.

Léna resta prostré ainsi le dos contre la terre sèche pendant quelques temps. Elle observa avec attention Xenoza éviter l'arme. Qu'avez dit Swif déjà? Chaque leçon vaut pour tout. Je crois que vous l'avez compris, mais n'avez pas essayé de l'appliquer. Ce pouvait-il que la aussi il fallait l'appliquer? Bien-sûr, d'une façon ou d'une autre elle devait l'appliquer. Comment avait-elle pu oublier?

Vous devez aussi vous accorder au bâton, comme hier vous avez essayer de vous accorder à votre poignard. Comment fallait-il s'accorder à présent? A quoi? Au bâton, aux mouvements de Swif? A tout? Mais qu'étais-ce s'accorder déjà? Créer un lien? Comprendre? Comprendre quoi? Comprendre le combat. Comprendre son adversaire?

De questions en questions, des questions rhétoriques parfois, Léna regarda la scène d'un œil nouveau. Elle n'y participait plus, elle pouvait tout voir. Comprendre. Il y avait une certaine logique dans ce combat. La Novice se releva, s'approcha. La bâton salua son retour en venant vers elle...

Comprendre...
Il fallait juste comprendre...
Tout n'était que logique...

Impact imminent...Il allait la toucher. La scène sembla se ralentir dans les yeux de Léna. Comprendre, juste comprendre, tout n'était que logique. Un mouvement, minime, le bâton l'évita.

La Novice resta ébahie. L'arme vient la frappé alors qu'elle savourait sa victoire. Pourtant Léna ne grimaça pas, elle souriait au contraire. Elle avait compris. Elle s'était en partie accordée, elle avait évité l'arme. Les coups continuèrent à pleuvoir, Léna comprenait à présent, certes parfois elle tombait encore mais c'était toujours le sourire aux lèvres. Comprendre. S'accorder.

S'accorder, peut-être était-ce différent pour tout le monde. Peut-être qu'elle était la seule à voir la scène ainsi, peut-être Swif voyait-elle cela autrement, mais cela n'avait plus d'importance: elle s'était accordée.

Quand l'entrainement prit fin, Léna avait mal partout mais cela n'avait plus vraiment d'importance. Elle avait remporté peut-être sa plus grande victoire lors de ce combat amical.



(Désolé pour ce retard et bon anniversaire à Swif et à Voelia)

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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Lun 23 Mai 2011, 04:53

-Ta deuxième attaque était particulièrement surprenante ! Tu aurais pu battre bien des combattants !

Un maigre sourire se dessinait sur mon visage en même tant que je la remerciais du compliment. Léna me retournait mon sourire, et Swif recommençait à parler.

- Chaque leçon vaut pour tout. Je crois que vous l'avez compris, mais n'avez pas essayé de l'appliquer. Vous devez aussi vous accorder au bâton, comme hier vous avez essayer de vous accorder à votre poignard.

On va faire quelques mouvements pour vous aider à assimiler son poids, son centre de gravité et sa longueur.


Oups ... ça, ça m'était carrément sorti de la tête. J'avais attaqué sans vraiment faire attention, mon seul but avait été de toucher Swif, n'importe comment. Simplement la toucher, ce qui, franchement, me décevais. Je me décevais. On avait bien beau être en apprentissage, mais en réel combat, ça aurait été fatal.

Je me jurais qu'à partir de cet instant, peu importe l'exercice que nous devrions faire, je tenterais de m'accorder. M'accorder aux mouvements, à l'arme, à l'ennemi, au temps, m'accorder à tout. Je ne risquais sûrement pas de réussir, mais au moins, j'aurais essayé. Ce sera toujours mieux que rien ...

Je finissais par me concentrer sur l'exercice que nous venions de débuter. Nous devions exécuter des mouvements lents avec le bâton. Je suivais donc ce que Swif faisait : tendre le bâton devant nous, le remonter vers le ciel, effectuer des mouvements circulaires avec lui, tout ça avec une lenteur totale, ce qui ajoutait la petite difficulté à l'exercice. Pourquoi ? Sûrement parce que le bâton était plus lourd que les autres armes que je savais manier, et qu'il était difficile de ne pas aller vite pour l'empêcher de tomber de nos mains. Pourtant, ni Léna ni moi ne lâchions le bâton. Il y avait quelque chose qui faisait en sorte qu'on le tenait, encore et encore. Notre volonté emportait tout, dépassait tout. Il ne fallait juste pas que cette volonté nous fasse oublié un point important : il fallait nous accorder. Dans chaque exercice, peut importe ce qu'il était même. On devait pouvoir s'accorder à n'importe quoi, au poids autant qu'à la longueur ou qu'à la force et la précision. Et on pourrait chercher le centre de gravité de l'objet. Ainsi, on pourrait le manier correctement. Décidément, ça s'annonçait ardu, mais je ne dirais rien. Plus il y en aura, plus je serais capable de l'oublier.

Cet exercice dura au moins deux bonnes heures. Deux heures dans lesquelles nous n'avons fait que nous accorder au bâton. Deux heures dans lesquelles seule notre volonté nous a permise de tenir, de ne pas abandonner.

- Bien. Je vais vous faire travailler l'esquive, maintenant. Toutes les deux. Et en même temps, vous allez tenter de venir me toucher. Allez-y, posez vos bâton.


Je déposais mon bâton sur le sol en même temps que Léna, puis je me préparais. L'exercice allait commencer bientôt. Cette fois, je ne ferais pas prendre. Je n'avais pas passé tant de temps la veille à me tirer et à me faire pousser pour oublier que mon point de gravité m'aiderait dans cet exercice. J'en aurais besoin pour ne pas tomber en essayant d'esquiver le bâton. Je devais aussi veiller à ce que je tente de m'accorder au combat amical. Au bâton. À Swif. Aux coups. À tout. Je n'oublierais pas cette fois. Il n'était pas sûr que je réussirais, mais je devais au moins essayer.

Les premiers coups n'étaient pas très difficiles à éviter. Ils étaient plutôt lents, et n'étaient pas d'une extrême précision, mais, peu à peu, ils devenaient plus rapides, ils gagnaient en précision et en efficacité. La preuve : je n'étais pas tombée depuis le début et, maintenant, j'avais mordu la poussière trois ou quatre fois. Les coups pleuvaient, il était maintenant impossible d'essayer de toucher Swif. Et quand je dis impossible, j'exagère même pas, elle n'était pas vraiment en position de protection et pourtant, il n'y avait aucune faille, on ne pouvait décidément pas la toucher.

Léna reçut à l'instant un coup qui la faisait bouger, puis un deuxième, qui l'achevait ; elle était projetée au sol. Je n'avais pas vraiment le temps de la regarder, ou même de l'aider ; les coups continuaient de pleuvoir et je devais encore tenter de m'accorder au foutu bâton, à Swif, à ces mouvements et tout le reste, ce qui n'était pas une tâche facile.

Bon, je devais le faire. Le bâton de Swif fusait vers moi. Je devais suivre le bâton. M'accorder au bâton. Je dois accorder mes mouvements à ceux du bâton, et je dois accorder mon centre à mes mouvements. L'arme arrivait finalement dangereusement sur moi, j'allais mordre la poussière. Encore. Mais pourtant ... j'étais encore debout. Un coup était maintenant porté vers Léna. J'avais esquivé le bâton. Mon corps s'était déplacé, un infime déplacement ... et le bâton m'avait frôlée, sans par contre me toucher. Étais-ce cela, s'accorder ? Conformer nous mouvements à ceux de notre adversaire, de son arme ? Peut-être ... mais peu importait. J'avais réussi. Un deuxième coup arrivait, qui me jetait au sol.

Je me relevais rapidement. Le bâton revenait vers moi et, encore une fois, il était bien placé. Pourtant ... il passait à nouveau tout près de moi. Je le sentais. Je le suivais. Sans me faire toucher ...

Je continuais ainsi, encore et encore, parfois en chutant parce que je n'avais pas bien placé un mouvement, parce que je m'accordais mal, mais je me relevais toujours, tout comme Léna. Nous avions compris. Peut-être différemment, mais nous avions compris. Nous nous étions accordée. Nous avions réussi à nous accorder. Peu importait maintenant si nous n'avions pas réussi à toucher Swif. Nous avions fait quelque chose d'autre, qui pourrait nous aider dans les autres exercices que nous allons faire dans les mois qui suivent.

Le soleil venait de se coucher lorsque je me déplaçais près de Swif, tentant de la toucher, mais elle m'avait vu venir. Elle dirigeait son arme vers moi, et je tombais violemment sur le sol. J'étais fatiguée, et je commençais à avoir mal un peu partout. Je recevais des coups depuis tout à l'heure, tout comme Léna. Nous avions perdu de l'insistance, nous mouvements étaient moins vifs.

Finalement, Swif arrêtait l'exercice. Nous n'avions toujours pas réussi à la toucher, mais, heureusement, nous avions réussi à nous accorder. Pour moi, c'est ce qui était le plus important.


[ Pardon, pardon, encore. Je peux juste demander pardon, pour la millième fois. J'étais en panne d'inspiration, je crois. En tout cas. Mon RP est, je trouve, horriblement nul. Mais bon ... Je vous remercie grandement de m'avoir attendue tout ce temps. C'est vraiment gentil de votre part ^^ ]
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Lun 23 Mai 2011, 18:49

L’exercice dura longtemps.
Longtemps, longtemps, alors que Xenoza comme Léna continuaient d’insister, de vouloir la toucher, sans jamais y parvenir. Elles esquivaient, elles se confondaient, elles s’accordaient, mais finissaient toujours par se relâcher. Ce n’était pas contre elles : il était normal de se faire, au début. Ce n’était que le début. Les premières fois. Et c’était réellement très bien pour une première fois, ou presque. Swif ne doutait pas une seule seconde que l’une comme l’autre ferait de grandes marchombres !

Les laissant donc souffler plusieurs minutes, les encourageant à bouger encore un peu pour ne pas faire de choc thermique à leur corps, elle leur sourit tranquillement. Concentrées, les deux jeunes filles étaient très attentives, et elle se rendait compte qu’elle aimait vraiment cela. Devenir maître avait été une réelle évidence pour elle, et elle voyait à présent qu’elle ne s’était pas trompée.

- C’est vraiment bien, pour une première fois. Vous avez toutes les deux compris comment vous accorder, chacun à votre manière mais c’est normal, et évité un maximum de coups. Maintenant, il va falloir qu’on travaille rapidité, souplesse et réflexes !

Un sourire, et elle leur désigna un emplacement un peu en retrait, entre trois arbres et leurs feuillages. Montrant le sol, qui était légèrement herbeux mais plutôt de l’herbe en paille – avec la saison, elle n’allait pas encore être verte – elle leur expliqua qu’elles allaient faire un feu, et leur montra les gestes habituels dans ce genre de situations, cherchant le bois propice aux flammes, et leur faisant une démonstration de prise du feu sur les petites branches sèches.

Leur souriant, Swif leur dit qu’il était donc temps de manger, et elle mâcha elle-même goulument sa propre viande, car elle était affamée, à dire vrai. Une journée, encore, d’apprentissage pour ses apprenties, mais ce voyage était loin d’être fini. Elle voulait les emmener dans tout Gwendalavir, en espérant que tout fonctionnerait pour le mieux. Oh, évidemment elle savait qu’elle devrait rentrer à l’Académie avec Xenoza et Léna, mais elle voulait leur faire voir et explorer un maximum de lieux en Gwendalavir, pour qu’elles pussent s’entraîner dans un maximum de potentialités possibles.

Lorsqu’elles eurent terminé de manger, Swif se leva et fit signe à ses apprenties de faire de même. Leur adressant un sourire, elle leur demanda si elles étaient prêtes pour un nouvel exercice, avant de leur expliquer ce qu’il allait se passer.

- On va travailler votre souplesse. Tous les soirs avant de dormir, je vous ai demandé de faire des étirements. Pour qu’ils soient efficaces, il faut bien tirer sur chaque muscle, n’oubliez pas ! Mais avant de faire ces étirements, on va se pencher sur quelques figures assez faciles qui amélioreront votre équilibre en général, et votre contrôle corporel.

Ainsi, la marchombre commença par demander à ses apprenties de faire des roulages, puis des roues. Encore une fois, elle ne s’estima satisfaite que lorsque ses deux apprenties pussent faire des roues avec les jambes tendues directement. Elle leur apprit aussi à bien tomber lorsqu’on les frappait ou qu’on les envoyait valser grâce à des prises spéciales, à rouler en rentrant la tête, à se lancer dans une roulade de la position debout... Encore une heure complète, peut-être un peu plus, d’exercices de ce genre, avant qu’elle ne les autorisât à faire leurs étirements et à aller se coucher.

Au petit matin, Swif se réveilla avec le soleil, et éveilla ses deux apprenties d’une caresse sur l’épaule à chacune. Un sourire étirant ses fines lèvres, elle porta son regard dans ceux, encore endormis, des jeunes femmes, et leur lança :

- Ce matin, on va chasser !

Leur désignant les arcs qu’elles avaient rangés dans leur sac respectif, ainsi que les carquois qui les accompagnaient, elle fit un petit mouvement du poignet vers l’extérieur, montrant les alentours. Quelques cailloux un peu plus gros, quelques petits rochers, des bosquets çà et là, des arbres de temps en temps, et surtout une plaine d’herbe rase et jaunie par les conditions extrêmes de la fin de l’hiver. Le vent frai qui venait lécher leurs joues et caresser leur visage apportait un réconfort non négligeable, en tout cas pour Swif.

Elle était amoureuse du vent.

Un sourire sur les lèvres, elle se tourna vers Xenoza et Léna, les yeux pétillants de la caresse sincère de son amant d’air en mouvement. Prenant une profonde inspiration, elle ferma les yeux un instant, avant de se reprendre et de se consacrer aux deux jeunes femmes qui l’accompagnaient.

- Je ne sais pas trop si vous avez déjà chassé, mais encore une fois, tout est une question d’accord. Avec le monde, et avec votre arc.

Un léger sourire, avant de continuer.

- Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas parce que l’on chasse que l’on détruit l’harmonie du monde, et son propre accord avec ce dernier. Chasser, c’est un comportement naturel, qui autorégule la nature. C’est ainsi, cela fait partie du cycle de la vie.

Swif prit une légère inspiration.

- Pour pouvoir chasser efficacement, on va commencer par « camper », c’est-à-dire se fixer à un endroit, près d’un terrier généralement, et attendre que le lapin ou le lièvre veuille rentrer ou sortir du terrier, pour lui tirer dessus avec les flèches.

Allons-y.


Se mettant en marche, Swif n’avait pas d’arc à la main.
Elle avait spécialement choisi justement l’arc parce que les jeunes femmes devaient continuer à appliquer le principe de l’accord avec l’arme. Elles pouvaient l’essayer, tenter de comprendre son fonctionnement, mais elles devraient s’en servir, ne faire qu’un avec la flèche et l’arc en même temps, pour pouvoir toucher le petit rongeur qui serait leur cible.

Trouvant un terrier, ou plutôt une multitude de terriers dans le sol, Swif plaça un doigt devant ses lèvres et laissa ses deux apprenties se positionner comme elles le souhaitaient, les laissant désormais faire ce qui leur semblait le plus juste...








[ En fait, tu nous as entendues ! On voulait continuer, mais je n'ai pas pu poster ce week-end, tu arrives à pic ! Very Happy ]
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Ven 27 Mai 2011, 18:18

Des gouttes de transpirations perlaient sur le visage de la novice marchombre qu'elle s'empressa de chasser du revers de la main. Le souffle court elle adressa un léger sourire à Swif lorsque celle-ci les laissa se reposer. Même si elle aurait commencer sans se plaindre un nouvel exercice, elle devait reconnaitre qu'une petite pose était la bienvenue. Que voulez-vous? On ne possède pas une énergie infinie.

La Novice finit par porter de nouveau son attention sur son maître. Curieuse de nature, elle voulait savoir ce que penser Swif de ce dernier exercice. Elle n'avait observer Xenoza, toute concentrée qu'elle était à éviter le bâton, mais elle ne doutait aucunement que la jeune fille avait réussie.

- C’est vraiment bien, pour une première fois. Vous avez toutes les deux compris comment vous accorder, chacun à votre manière mais c’est normal, et évité un maximum de coups. Maintenant, il va falloir qu’on travaille rapidité, souplesse et réflexes !


Un petite grimace comique apparut sur le visage de Léna en entendant la dernière phrase de Swif.L'idée de travailler sa rapidité et ses réflexes ne la dérangeait pas, elle se débrouiller correctement même si elle n'était surement pas à la cheville de Swif! Non, c'était plus la question de la souplesse qui l'ennuyait un peu. Bizarrement, au cas ou vous ne l'avez pas remarqué, ce qui fait le plus mal c'est la souplesse qu'en on en manque. Et Léna reconnaissont le, même si elle n'était pas aussi rigide qu'un pilier de marbre n'était en rien souple!

Swif les amena un peu plus loin ou elles se restaurèrent et Léna ne put qu'être intérieurement satisfaite de ne pas bosser la souplesse tout de suite. Il faut dire que toute courbatue comme elle l'était, elle doutait de faire des merveilles! Précisons tout de même que même si elle n'avait pas ankylosée, elle n'en aurait pas fait.

Après leur repas, Swif leur demanda si elles étaient prête pour un nouvel exercice et Léna hocha la tête à l'affirmative de nouveau très concentrée pour ne pas perdre une miette de l'explication.

- On va travailler votre souplesse. Tous les soirs avant de dormir, je vous ai demandé de faire des étirements. Pour qu’ils soient efficaces, il faut bien tirer sur chaque muscle, n’oubliez pas ! Mais avant de faire ces étirements, on va se pencher sur quelques figures assez faciles qui amélioreront votre équilibre en général, et votre contrôle corporel.


Aïe! Fallait que ça arrive. Le pose avait été de courte durée. Léna avait beau se dire qu'elle en avait besoin et tout la baratin que l'on se disait qu'en on voulait se rassurer, elle ne parvenait pas à chasser la pointe d'inquiétude dans son ventre. Mais de quoi avait-elle peur? De décevoir? Non, même si elle respectez son maître, elle avait appris à faire fis des paroles des autres. De ce décevoir? Oui. La faiblesse lui faisait peur. L'échec aussi. Véritablement.

Swif leur demanda exécuter des roulades puis des roues et Léna se mit à la tache sans rechigner, se lançant dans des cabrioles plus ou moins maitrisé selon qu'elle se concentrée ou non. Les premières furent simples et la novice les enchaina soigneusement les réussissant sans trop de problème. Pourtant, au fur et à mesure l'exercice se corsa. Swif exigea ensuite des détails qui semblaient anodins à Léna jusqu'à ce son maître leur explique qu'au cas ou elle valser ans la poussière au cours d'un combat il fallait savoir rouler correctement. A un moment, Swif leur demanda de faire une roulade alors qu'elle était debout. Léna crut qu'elle allait se fracasser la tête et même si cela n'arriva pas, elle dut s'y reprendre bien des fois pour y arriver rapidement et correctement!

Vient enfin le moment ou elles purent aller se coucher et Léna fatiguée comme elle l'était dormis presque au moment ou elle s'allongea d'un sommeil serein, sans rêve ni cauchemars.
Le lendemain, Swif vient la réveiller et comme la veille, elle se prépara en vitesse pour pouvoir reprendre vite le cours.

- Ce matin, on va chasser !


Génial! C'est pas qu'elle en avait mare de ses précédents repas mais...elle en avait mare! Elle devait le reconnaitre, manger ferait ça ne lui ferait pas de mal. Elle attrapa l'arc et le carquois que lui montrait Swif puis, comme son maître, observa les alentours...Décevants...Il existait surement meilleur terrain de chasse que celui-là, en tout cas, il ne faisait presque aucun doute qu'elle n'allait pas chasser le gros gibier. Parce qu'elle n'en avait pas vu depuis qu'elle était là!

- Je ne sais pas trop si vous avez déjà chassé, mais encore une fois, tout est une question d’accord. Avec le monde, et avec votre arc.

Léna hocha la tête. Être marchombre, après tout, n'était-ce pas cela? S'accorder?

- Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas parce que l’on chasse que l’on détruit l’harmonie du monde, et son propre accord avec ce dernier. Chasser, c’est un comportement naturel, qui auto-régule la nature. C’est ainsi, cela fait partie du cycle de la vie.

La Novice sourit, si chasser détruisait l'harmonie du monde et bien on aurait plongé dans le Chaos depuis longtemps.

- Pour pouvoir chasser efficacement, on va commencer par « camper », c’est-à-dire se fixer à un endroit, près d’un terrier généralement, et attendre que le lapin ou le lièvre veuille rentrer ou sortir du terrier, pour lui tirer dessus avec les flèches.

Allons-y.


Un lièvre, ce serait donc ( avec un peu de chance) leur futur repas. Léna en avait déjà mangeait assez souvent quand elle voyageait mais en avait rarement chassé, et surtout rarement tué! Elle avait toujours préféré les "grosses bêtes", pour une raison toute simple: elle était "grosse " justement! Plus facile de réussir. Le lapin, c'est tout petit et il y avait des chances pour qu'elle demande à manger à Swif ou à Xenoza. Enfin, il ne fallait pas être pessimiste!

Elles arrivèrent à un endroit ou se trouvaient un multitude de terrier. Léna adressa un regard interrogateur à son maître pour savoir ou il fallait se positionner mais le geste de Swif lui fit comprendre que c'était à elle de décider. Léna se mordilla quelque secondes les lèvres, cherchant du regard un endroit ou s'installer. Pas trop près ni trop loin. Bref, Léna n'avait aucune idée du lieu ou se poster.

La jeune femme finit par reculer de trois mètres pour être à cinq mètres environ Les herbes ne lui bouchaient pas la vue et elle distinguait parfaitement les terriers. Elle se posta, un genoux à terre au ca ou elle devrait attendre longtemps. L'arc dans la main, une main encochait elle se mit à patienter .

En attendant que le lapin vienne se faire tuer, le novice se remit à penser à ce qu'elle devait faire. Il fallait en fait qu'elle s'accorde avec l'arc tout d'abord. Et surtout qu'elle aille vite. Connaissant son propre talent pour l'arc, il allait lui falloir au moins pour venir à bout de ce petit lapin!

Alors qu'elle commençait à somnoler légèrement, un léger bruit attira son attention. Dans un terrier, un lièvre leva son nez dehors. Léna banda son arc..et se ravisa. Si elle ratait, le lièvre allait retourner dans son abris et elle devrait encore patienter.Mieux valait attendre qu'il s'éloigne...un peu. Léna observa chacun de ses mouvements fugaces, le front plissé par la concentration.

La tension durant ses secondes qui semblaient duraient des heures ne fit qu'augmenter. A un moment fatidique-ment le lièvre sortit entièrement de sa cachette et Léna suivant son instinct banda de nouveau son arc... Elle avait arrêter de respirer, arrêter de bouger, ses muscles tendus, elle était parfaitement figée telle une statue de pierre.

Puis elle libéra la flèche.
Et elle inspira une grande bouffée d'air au moment ou sa flèche s'envola...
L'arme poussée par une puissance sans fin vola en ligne droite, elle n'était pas gracieuse, seulement puissante.
L'esprit de Léna l'accompagna, fouetta l'air avec elle, transperça le calme avec elle et...
...Perça le cœur du lièvre.

Un mince sourire apparut sur le visage de Léna ou moment ou la flèche tua le lièvre et, continuant sa route sur plusieurs mètres finit par se planter dans le sol.

Elle avait réussi et une imense satisfaction l'envahit.
Elle savait que son tir n'était pas parfait, qu'elle avait tiré trop fort.
Mais elle s'était accordée.


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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Jeu 23 Juin 2011, 20:37

Se déplaçant sans aucun bruit, volant presque au-dessus des herbes et des terriers, Swif s’éloigna rapidement de ses deux apprenties. En tout cas, elle devait être assez loin pour ne pas les influencer, et assez près pour pouvoir les observer correctement.

Elle savait qu’elle avait cette habitude, ou plutôt l’attitude qu’elle pensait que les autres devaient avoir lorsqu’ils agissaient, tout particulièrement quand elle était concentrée sur eux comme elle allait l’être avec ses deux apprenties. Un léger soupir passa ses lèvres, et elle se fondit derrière un buisson pour pouvoir détailler les deux jeunes filles.

Léna faisait attention à ce qui l’entourait, globalement. Elle avait lancé un regard interrogatif à Swif, mais cette dernière lui avait bien signifié qu’elle devait se débrouiller seule. Dans son attitude, Fyliah devinait une intense réflexion quant à la position qu’elle devait adopter, et finalement elle se posta à une demi-dizaine de mètres d’un terrier, parfaitement immobile, attendant l’instant fatidique qui amènerait le rongeur à sortir de sa cachette.

Lorsque ce fut le cas, elle s’arrêta tout simplement de respirer. Aussi immobile qu’une statue de marbre, elle était aussi visible que cette dernière en plein désert. Mais la flèche encochée, ainsi que la puissance du tir, ne laissèrent pas une seule chance au petit animal de s’en tirer. Plaqué contre le sol, ce dernier était tout simplement mort sur le coup – ce qui valait bien mieux pour lui.

Un léger soupir, comme un souffle de vent, et Swif fut à côté de Léna, un sourire sur les lèvres. La laissant ramasser sa proie, elle lui fit signe de venir avec elle, tout comme à Xenoza. Lorsqu’elles furent éloignées des terriers, Swif reprit un pas plus allongé. Lorsqu’elles arrivèrent jusqu’au camp qu’elles avaient utilisé durant la nuit, la marchombre les laissa s’asseoir et expliqua comment dépecer leurs gibier et conserver la viande. En même temps, elle leur donna encore quelques conseils sur la manière qu’elles avaient eu de chasser.

- Léna, tu t’es complètement arrêtée de respirer, de bouger, d’être quelque chose, lorsque tu t’es concentrée sur ton lièvre. Quand on chasse, il ne faut pas arrêter d’être vivant. Il faut être vivant d’une autre manière. Se fondre dans le décors, et non pas y devenir un pilier. On remarque toujours un pilier…

Un léger sourire passa sur ses lèvres, et elles mangèrent le reste du gibier qu’elles n’avaient pas fait sécher en le faisant chauffer au-dessus des flammes de leur feu de camp. Une heure plus tard, Swif donnait le départ, et elles se déplacèrent en courant durant toute la matinée. Plus d’accélérations et décélérations inopinée, mais Swif tint réellement à ce qu’aucune des deux apprenties ne s’arrêtât durant cette matinée. Quand il fallait ralentir, elles ralentissaient, et sinon, elles prenaient leur rythme normal, en tout cas un rythme que pour l’instant Swif définissait comme normal.

Les jours passèrent. Elles continuaient à apprendre à survivre dans les Montagnes de L’Est, même si Swif se rendait compte que Léna comme Xenoza avaient déjà beaucoup voyagé, et donc connaissaient les gestes les plus indispensables. Chaque jour voyait naître un nouvel exercice, ou bien des exercices connus mais avec une difficulté accrue. Lancers de poignards, tir à l’arc, maniement de bâton… Mais aussi ouverture au monde, équilibre et souplesse, silence… Tout était une source de savoir phénoménale, et la marchombre aimait prendre chaque indice de la vie à partie pour son enseignement. C’était comme cela qu’Il avait procédé, et elle trouvait cela tout simplement magique.

Le marchombre vivait avec les éléments, se fondait dans la terre et dans le monde, apprenait sans cesse. Ne s’arrêtait jamais d’apprendre. D’apprendre de son environnement, d’apprendre des autres, d’apprendre de soi et de ses erreurs. Swif avait pu remarquer évidemment les faiblesses de ses apprenties. Léna qui était tout sauf souple à la base, qui avait terriblement peur de l’échec car elle ne savait pas comment l’utiliser. Xenoza qui avait perdu toute confiance en elle et en la vie, qui trouvait chaque jour un brin de raison qui la poussait à aller de l’avant… Mais rien n’était facile, et tout allait se jouer. Tout pouvait toujours se jouer.

Depuis combien de temps étaient-elles parties ? Un mois ? Un mois et demi ? Léna comme Xenoza ne cessaient de progresser, de s’ouvrir au monde, de comprendre ce qu’était la voie et à quel point elle faisait partie de tout. Swif prenait un plaisir à leur enseigner les choses, et à apprendre elle-même des erreurs qu’elle pouvait faire, des choses peu claires qu’elle pouvait leur demander, pour pouvoir ensuite réussir à mieux se faire comprendre. Ce qui pouvait lui sembler évident ne l’était pas pour les filles, ou l’était pour l’une et pas pour l’autre. Inversement, ce qu’elle se souvenait avoir eu du mal à exécuté était tout simplement aisé pour les filles, parfois. Les gens étaient tellement différents… Et c’était tellement enrichissant !

Et alors qu’elles étaient sur le chemin du retour, un jour elles passèrent tout près d’une rivière. Une rivière tumultueuse, bien que pas très large, à peine trois mètres de large. En tout cas, assez profonde pour générer un courant remarquable, aux remous mousseux à souhait. Et dans le paysage qui s’assombrissait, parce que le soleil passait derrière l’horizon, elle avait un air de défi dans sa cavalcade gracieuse, cette onde excitée. Se tournant vers les filles, elle leur désigna leurs sacs, avant d’ôter le sien de ses épaules et de se déshabiller complètement. Fourrant ses habits dans son sac, elle lança ce dernier par-dessus la rivière, et il alla s’écraser dans la poussière quelques mètres plus loin. D’un signe du menton, elle invita les filles à faire de même. Puis, elle s’avança dans la rivière, un pied après l’autre, petit à petit.

L’eau était délicieusement froide. Froide, glaciale, même ! Swif avait toujours aimé le froid. Vent et neige associés avaient toujours été son péché mignon, son plus grand bonheur. Sa greffe s’était accordée sur ce bonheur enfantin, lui permettant de faire taire les signaux de détresse de son corps pour pouvoir en profiter. Cela n’avait pas que cet avantage, certes, mais c’était délicieusement agréable.

Une fois arrivée au milieu de la rivière, l’eau lui arrivait environs en bas des fesses. Le courant, puissant, tentait de l’emporter, mais elle se faisait plus liquide que lui. Elle l’enveloppait comme il l’enveloppait, et c’était une étreinte réciproque que leur conversation des corps. Levant la tête vers ses apprenties, elle leur expliqua :

- Je vous ai déjà dit que l’univers n’était fait que de forces. Des forces qu’il faut sentir et comprendre. Auxquelles il faut s’ouvrir. Vous avez appris à vous ouvrir à la nature, et à tout ce qui était calme. Maintenant, tentez de venir comprendre l’eau, l’eau qui coule et s’écoule, qui vient vous défier.

Mais cela n’est pas un défi… C’est une danse.

Léna, n’ait pas peur d’échouer. Cela te fera mieux comprendre encore ce que tu pourras améliorer. On s’améliore, toujours, et c’est en faisant des erreurs que l’on voit à quel point on a pu avancer. Viens, avance dans l’eau, et à chaque fois tu iras un peu plus loin…








[Je continue, Xenoza tu nous rejoins dès que tu peux ! ]
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Dim 03 Juil 2011, 18:07

Léna sentit dans son dos le souffle léger de Swif, preuve que la Marchombre venait de la rejoindre alors qu'à peine quelques secondes avant, Léna aurait été incapable ne serait-ce que de deviner ou elle se trouvait. La Novice sourit en pensant à tout ce qui lui restait à découvrir, à comprendre et à apprendre. Comme par exemple à se déplacer sans faire le moindre bruit à l’instar de Swif. Suivant son maître, la jeune femme s'éloigna de leur terrain de chasse et rejoignait leur campement. Là, Swif leur expliqua comment dépecer le lièvre et le conserver. Léna écouta distraitement savant déjà le faire. Son attention redevient maximale quand Swif évoqua leur chasse.

- Léna, tu t’es complètement arrêtée de respirer, de bouger, d’être quelque chose, lorsque tu t’es concentrée sur ton lièvre. Quand on chasse, il ne faut pas arrêter d’être vivant. Il faut être vivant d’une autre manière. Se fondre dans le décors, et non pas y devenir un pilier. On remarque toujours un pilier…

La Novice hocha la tête, sur l'instant elle n'y avait pas pensé. A présent cela lui paressait essentiel. Après que Swif eut fait ses observations, elles mangèrent la viande avec délice puis repartir, sac sur le dos, et, pour ne pas changer, en courant. Malgré le peu de plaisir qu’elle prenait à courir, Léna ne pouvait que remarquer que, déjà, elle était plus endurante. Certes, nombreux étaient les moments ou elle rêvait de s'écrouler pour pouvoir enfin laisser ses jambes se reposer mais elle contrôlait de mieux en mieux sa respiration, elle arrivait de plus à suivre le rythme imposé par Swif sans faire de pose. C'était un signe d’amélioration qui ne trompait pas.

Les jours se succédèrent sans que Léna voie le temps passer. Chaque minutes avec Swif lui permettait d'apprendre. De découvrir. D'ouvrir les yeux sur un monde qui lui semblait nouveau, mystérieux et formidablement attirant. Elle continuait aussi de perfectionner son maniement des armes et même si aucunes, à ses yeux, n'étaient comparables à son épée, elle prenait un plaisir tout particulier à les tenir en main. C'était un lien singulier qui la lier aux armes, elles avaient toujours été ses plus grands protecteurs devant la barbarie du monde.

Il y avait les exercices de souplesse éreintant ou Léna devait serrer les dents pour ne pas crier. Mais la plus part du temps, après de nombreuses tentatives douloureuses, elle parvenait à réussir, en partie du moins. Ces victoires, qui à plus d'un peuvent sembler anodines, lui tirait de larges sourire plein d'une joie in contenue. Cela confortait de plus sa certitude que l'on ne cessait jamais de progresser. Qu'on pouvait toujours se dépasser. Et aussi que c'était possible d'avoir mal partout à la fois.

Et avec cela, il y avait les conseils et les explications de Swif. Et ses paroles n'étaient jamais sans intérêt. C'étaient des fenêtres sur le monde. Swif la guidait et Léna avançait. Si on lui avait dit dans quel état elle se trouverait à peine quelques semaines plus tard, la Novice n'y aurait pas cru. Comme quoi, le moindre aléa peut changer une existence entière. C'était à la fois le coté sombre et la beauté de la vie. L'imprévu.

Mais pour l'heure, Léna voyageait en compagnie de Swif et de Xenoza à travers les montagnes de l'Est, plus heureuse que jamais. Ce soir là, elle arrivèrent prés d'une rivière houleuse au débit vif qui pouvait emporter sans effort une personne dans son sillage. Elle n'en était pas large pour autant, trois mètres à peine. Mais son courant excluait que l'on puisse la traverser en nageant.

Léna en jetant un regard à la faible distance qui séparait les deux rives en arriva à la conclusion qu'elles allaient sauter au dessus. C'était possible. Avec de l'élan, ce n'était pas sorcier. Mais lorsque la Novice regarda son maître, elle comprit que le projet de Swif était tout autre. En effet, celle-ci venait de se dévêtir et d’envoyer son sa valser de l'autre coté. D'un geste, elle invita les filles à faire de même mais Léna resta immobile, incapable de bouger. Car Swif venait d’entrer dans l'au qui devait être gelée sans hésiter mais frissonner. Mais plus que cela, Swif défiant toute logique avançait dans l'eau tumultueuse sans ce faire emporter par le flot sauvage. Pire, elle semblait se jouer de lui, le provoquer. Et ce combat ne semblait pas en être un, c'était une danse. Une danse envoutante, une danse dont les deux protagonistes semblaient s'affronter pour mieux se fusionner.

- Je vous ai déjà dit que l’univers n’était fait que de forces. Des forces qu’il faut sentir et comprendre. Auxquelles il faut s’ouvrir. Vous avez appris à vous ouvrir à la nature, et à tout ce qui était calme. Maintenant, tentez de venir comprendre l’eau, l’eau qui coule et s’écoule, qui vient vous défier.

Mais cela n’est pas un défi… C’est une danse.

Léna, n’ait pas peur d’échouer. Cela te fera mieux comprendre encore ce que tu pourras améliorer. On s’améliore, toujours, et c’est en faisant des erreurs que l’on voit à quel point on a pu avancer. Viens, avance dans l’eau, et à chaque fois tu iras un peu plus loin…


L'échec. Léna se connaissait suffisamment pour savoir qu'elle en avait une peur bleue. Une peur qui souvent l’empêchait d'avancer, qui la faisait même reculer. L'échec entrainait le doute et la Novice avait toujours doutait d'elle, doutait de ses capacités. Dans sa recherche d'une perfection inexistante, elle ne supportait pas ses défauts, ses échecs. Elle voulait toujours faire mieux. C'était à la fois sa force et sa faiblesse.

Léna se dévêtit et envoya valser son sac sur l'autre rive comme Swif l'avait fait peu auparavant. Puis, imitant toujours son maître, elle entra dans l'eau. Elle s'arrêta, frissonnante, l’eau était véritablement gelée. Elle avait envie de ressortir alors qu'elle n'avait trempé que ses pieds! Pourtant elle continua à avancer. Quand l'eau lui arriva aux genoux, elle sentit un courant la pousser et elle ne réussit à ne pas être emporté qu'en reculant précipitamment. Évidemment, cela la fit chanceler et elle tomba en arrière. Elle était à présent toute mouillée! Elle persista plusieurs fois à essayer mais le résultat fut similaire. Et devant elle, Swif, telle une danseuse, parfaitement à l'aise aux milieu de ce flot tourmenté. En la regardant, cela semblait si simple mais des qu'elle essayait Léna ne sentait que la force de l’eau qui la balayait comme une fétu de paille. Comment essayer de s'accorder alors que l’eau ne cessait d'essayer de la combattre et de la faire trébucher. Face à un Frontalier, face à un bruleur, sans armes, Léna aurait eut plus de chance que face à cette rivière. Ici, c'était un combat perdu d’avance.

Mais ce n'était pas un combat ni un défit...c'était une danse. Pourquoi ce qui était vrai pour Swif serrait différent pour elle. Son maître ne combattait pas l'eau, elle s'y accordait. Léna ne devait pas s’obstiner à résister au courant, elle devait simplement se laisser emporter pour ne plus former qu'un avec la rivière. Pourtant, Léna par expérience savait que ce qui était simple à dire ne l'était pas forcément à faire. Sa nouvelle tentative lui prouva qu'elle avait raison, ce n'était pas mieux que les fois précédentes, sauf qu'elle ne s’étala pas dans l'eau en reculant. Alors qu'elle n'avait de l'eau que jusqu'aux genoux!

Léna après un instant d'hésitation décida que ça ne servait à rien d’avancer prudemment si c'était pour toujours reculer. En agissant ainsi, elle ne progressait pas. Alors tant pis pour le risque, elle fit un immense pas pour se retrouver au milieu de la rivière...

...Aussitôt, elle se sentit emporter, chuter, elle coula et eut bien du mal à remonter sa tête à la surface pour respirer, ses poumons étaient en feu. Elle se croyait perdue, emporté sur des dizaines de kilomètres quand son dos frappa brutalement un rocher au milieu de l'eau. Elle eut le souffle de nouveau coupé et elle se sentait encore une fois poussée par l'eau qui la forcé à contourner la roche. Par réflexe, elle attrapa le rocher, l'enlaçant de ses bras. Elle sentit que ses jambes continuaient à dériver et dans un dernier effort, elle se ramassa sur elle même pour ne plus former qu'un bloc, moins de surface à offrir à l'eau. Léna savait qu’elle ne tiendrait pas longtemps ainsi, ses bras commençant déjà à la faire souffrir. Résister à l'eau ainsi était de toute façon vain, dire que la rive était à peine à plus d'un mètre mais qu'elle ne pouvait pas l'atteindre sans se faire emporter. Des larmes de rage coulèrent de ses yeux quand elle se souvient que si Swif ne l'aidait pas c'était pour une bonne raison: elle pouvait y arriver toute seule.

Elle ne devait pas craindre l'échec, ne pas avoir peur de ce qui arriverait si elle ratait. Il fallait qu'elle donne toute son âme pour y arriver, chaque parcelle d’elle même. Tout ce qui faisait d'elle une Novice Marchombre. Tout ce pour quoi elle était là. N'y avait-il as meilleur moment pour comprendre? Elle contourna tant bien que mal le rocher pour qu'il soit dans son dos, la retenant si elle ne parvient pas à danser avec l'eau.

Léna ferma les yeux. Une danse. Une ouverture. Ses pieds s’ancrèrent fermement dans le sol comme pour puiser une nouvelle force dans la Terre mère. Puis doucement, hésitante, elle lâcha un bras, un autre. Alors, elle avança d'un pas à travers la masse d'eau turbulente. Un autre pas encore. Ouverture. Harmonie. Léna ouvrit les yeux, l'eau bouillonne et rage autour d'elle sans parvenir à la faire bouger. Ainsi, cerné par l'eau, Léna comprend enfin ce que veut dire être Marchombre, ce qu'est véritablement la Voie. Découverte et Vérité. Des larmes coulent de ses yeux. Incrédulité. Bonheur. Devant elle, s'étendait la voie des Marchombres et chaque pas qu'elle faisait la faisait progresser.

Combien de fois l'eau reprit ses droits sur se corps minuscule qui la bravait? Combien de fois Léna se retrouva projetée, le souffle coupé contre la roche? Combien de fois, sourire aux lèvres, elle repartait? Des milliers de fois. Mais jamais elle n'arrêtait. Là, au milieu de la rivière elle se sentait enfin elle même. Marchombre. Enfin, après une infinité de temps passé dans l'eau, elle parvient près de Swif. Dix mètres. Des heures pour faire dix mètres. Des heures de pur bonheur.

-C'est...Je...

Incapable de parler, ses larmes qui ne cessaient de couler suffisait largement. Soudain, déséquilibrée, Léna s'accrocha aux bras de Swif...


(J'ai décidé de lui faire réussir quelque chose à ma petite Lén' pour me faire pardonner des mauvais traitements qui vont l'attendre^^. Sinon, si vous voulez que j'édite quelque chose notamment au niveau de la durée ou du rocher, envoyez moi un MP, j'éditerai. Ah oui, dernière chose, je pars cinq semaine [cf: Absences] donc je ne pense pas pouvoir répondre souvent, désolé! )




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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Dim 07 Aoû 2011, 10:53

- C'est super ça, Léna !
Tu vas voir, tu ne peux que t'améliorer. Et même si tu avais échoué, même si tu n'y étais pas parvenue... Cela t'ouvre seulement une marge de progression immense. Il faut cesse de croire que l'échec entraîne vers le bas. Le voir d'une manière positive. Si tu n'arrives pas à faire quelque chose, c'est que tu ne peux que t'améliorer !
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Dim 14 Aoû 2011, 18:07

L'échec permet de progresser...
Cela semble si simple...pour vous! Moi, il me fait juste douter encore plus de moi!
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Mar 16 Aoû 2011, 15:11

Je cesserai de hurler ton nom lorsque ma voix s'éteindra dans les ténèbres infinis de la nuit,
Je cesserai de te chercher lorsque ton ombre disparaîtra à jamais dans l'obscurité,
Je cesserai de t'aimer lorsque ce cœur se tannera de la douleur insurmontable,
Je cesserai de te voir lorsque ces maux me submergeront et emporteront avec eux ces souvenirs gravés en moi,
Et je cesserai de me battre seulement lorsque j'aurai repousser les limites qui nous séparent, ce qui signifie :
Jamais.

*

Parce qu'il m'est impossible de repousser les limites qui séparent la vie de la mort ...

Là, j'ai chaud. Là, je suis essoufflée. Là, j'ai travaillé intensément. J'aurai voulu continuer plus longtemps. Même si après, j'aurais sûrement été crevée. Mais ça en aurait valu la peine. Parce que quand je me concentre, cette partie de moi arrête de vivre, de se manifester. Quand je me concentre, je ne pense plus à lui. Parce que quand je me concentre, mon esprit est ailleurs. Parce que quand je me concentre, son souvenir cesse de me faire mal ...

Sauf que la pause est inévitablement arrivée. C'était quand même une bonne chose : mon esprit réclamait plus, mais mon corps, lui, voulait s'arrêter, il voulait se reposer un peu. Si j'aurais été seule, c'est mon esprit qui aurait gagné. J'avais une mauvaise tendance à vouloir aller au-delà de mes limites, et je savais qu'un jour mon corps en subirait les conséquences. Le pire dans tout ça ? C'est que je m'en foutais. Tant que mon esprit pouvait enfin vivre en paix, tant que mon cœur pouvait enfin battre sans être étouffé par la peine, j'étais prête à prendre tous les risques possibles. Ça allait me coûter cher, un jour ... Mais bon. Je n'étais pas seule, j'étais avec Léna et c'était Swif qui décidait de ce qu'on faisait, alors je me devais de l'écouter.

- C’est vraiment bien, pour une première fois. Vous avez toutes les deux compris comment vous accorder, chacun à votre manière mais c’est normal, et évité un maximum de coups. Maintenant, il va falloir qu’on travaille rapidité, souplesse et réflexes !

Une petite grimace apparaissait sur le visage de Léna, ce qui fit naître un maigre sourire sur mon visage. Dans la rapidité, dans la souplesse et dans les réflexes, il avait quelque chose qui n'avait guère l'air de plaire à Léna ! Je me demandais bien ce que c'était, mais, heureusement, je ne tarderais pas à le savoir ! Swif nous adressait un nouveau sourire puis nous désignait un endroit un peu plus loin, caché le feuillage abondant de trois arbres. Finalement, elle nous indiquait le sol légèrement herbeux, qui était de la même couleur que la paille. De la même couleur que ses cheveux à lui ... Je me forçais à garder le cap. À laisser mon attention rivée sur Swif. Mais, très rapidement, je ne réussissais plus à continuer. Mon esprit filait ...

*

Il faut compenser l'absence par le souvenir.
La mémoire est le miroir où nous regardons les absents ...


J'ai eu tout dans ma vie, puis ce tout m'a violemment lâchée. J'ai vu mes certitudes tomber en miettes, puis j'ai démoli mes incertitudes et mes doutes d'un simple coup. Mon corps a fui, puis mon esprit est retourné là-bas. Finalement, je t'ai rencontré. Et tu m'as laissée sans rien ...

Maintenant, mon corps est ici avec elles, mais mon esprit, lui, est mort avec toi ...

C'est sûrement pourquoi je souffre à ce point, tu ne crois pas ?

*


Les souvenirs sont façonnés par l'oubli comme les bords du rivage par la mer.

Je sortais de ma rêverie. Avais-je manqué quelque chose ? Si je comprenais bien, non, pas grand chose. Swif commençait tout juste à faire le feu et à nous montrer comme faire, malgré qu'elle nous l'ait montré hier aussi. C'était peut-être mieux ainsi parce que, me connaissant, je savais que je n'avais pas complètement compris la façon dont elle procédait.

Cette fois-ci, heureusement, je comprenais pas mal. Deux fois mieux qu'une ! Avec un sourire, Swif nous annonçait qu'il était l'heure de manger. La pause se prolongeait, et j'avais envie de recommencer avant que ces souvenirs ne reviennent tourmenter mon esprit ... Je commençais à manger, sans grand appétit. Il était rare que j’aie réellement faim, ces temps-ci. Ces temps-ci ? Cette année, plutôt. Depuis qu'il était parti, en fait ... Ça y est, mon esprit recommençait à vagabonder vers lui. J'avais beau tout faire, mais ça recommençait, inlassablement ... Cette fois-ci, je choisissais de ne pas retenir mon esprit. De toute façon, je savais que j'aurais fini par lâcher.

*

Ne mets pas ta vie entre les mains de quelqu'un,
Il n'arrivera qu'à la détruire.


C'était depuis qu'il était parti que tout avait commencé. Quand j'avais ré-ouvert les yeux et que j'avais constaté qu'il n'était pas à mes côtés, tout a basculé. J'avais pleuré, tellement longtemps. Le soleil avait eu le temps de s'éteindre derrière les montagnes, puis de revenir. Je n'avais pas quitté les écuries. Je n'avais pas bougé. J'avais cessé d'être. Finalement, je m'étais levée, en arrivant à la conclusion je l'avais rêvé. Qu'il n'existait pas vraiment. Je ne pouvais pas avoir tord. Sinon, j'aurais encore plus mal. Il me fallait inévitablement cacher la vérité derrière le mensonge parce que sans ça, je n'arriverai pas à avancer ...

En quittant les écuries, je me laissais derrière. Je n'existais que parce que mon corps vivait encore. Mon esprit, lui, s'était envolé ...

Je souffrais déjà horriblement. Et pourtant, le calvaire ne faisait que commencer ... Je suis restée enfermée jour et nuit dans l'académie, errante. J'ai fui le peu de personne qui venaient me voir, le sommeil ne venait jamais, tout comme l'appétit. Beaucoup de temps après, voyant que, de toute façon, mes cours ne recommençaient pas, j'ai fui l'académie. Je l'ai fui, lui, je les ai fui, eux. Je ne voulais que mettre fin à ce cauchemar sans échappatoire. Et comme ces maux ne voulaient pas finir, j'ai décidé que je les ferai disparaître moi-même. De façon lâche, peut-être, mais au moins, il n'y aura plus rien. J'avais décidé que j'allais mourir. Peu importe la manière. J'ai essayé de me caler dans le lac, là ou j'avais emmené Sokea peu de temps après mon arrivée, mais je n'arrêtais pas de remonter à la surface. J'ai fini par abandonner. J'ai ensuite voulu me faire tuer par cette Goule, mais je suis grimpée dans l'arbre et Wanya m'a sauvée. Je n'étais sûrement pas prête à mourir. Finalement, mes pas m'avaient menée au volcan. C'est là encore que tout a chaviré, à cause d'elle. Adrian ...

Mercenaire.
Sans que rien en elle ne le soit.
Harmonie.
Alors que le Chaos ravage son âme.
Courage.
Parce qu'elle a affronté la mort avec un sourire.
Marchombre.

C'était elle, maintenant, qui me gardait en vie alors que toutes mes certitudes se sont effondrées. C'était elle qui me raccrochait à la vie et qui me permettait de combattre ces envies de mourir. Parce qu'elle m'a confié quelque chose. Une paire de boucles d'oreilles tout simplement magnifique. Sauf que je n'en voulais pas. Elles étaient à elle. Il fallait au moins qu'elle parte avec une. Je l'ai rattrapée. Je lui ai mis la boucle. Et je l'ai lâchée. La chute a été fatale. Sans douleur ? Sûrement pas. Mais elle, elle était courageuse. Elle a dû affronter tout ça la tête haute. Je n'arrive pas à imaginer le contraire. Si vous l'auriez vue ... Mais maintenant, il est trop tard. Elle est morte ...

Sauf qu'elle vit encore en moi. J'ai un engagement avec elle, tout comme elle en un envers moi. Lorsque je n'attendrai plus rien de la vie, lorsqu'il n'existera plus aucun chemin que j'aimerai et que je puisse arpenter, lorsque tous les espoirs auront disparus et lorsque plus personne ne m'attendra, j'irai la rejoindre. Je l'ai promis. Même si cela me prend des années et des années. Ce sera sans importance, puisque j'aurai l'éternité devant moi. L'éternité devant moi pour que je sache enfin pourquoi elle s'est jetée, alors qu'il lui restait des espoirs ... Espoirs qu'elle n'a sûrement pas vus.

Mais il était trop tard pour le regretter.
Je devais vivre.
Parce qu'eux, ils n'avaient pas pu vivre.
Je vivrai des jours heureux.
Parce qu'eux n'ont vécu que du malheur.
Je ne mourrai pas avant mon heure.
Parce que c'est lâche de se tuer alors que la vie est à portée de main.

*

Je me demande
Comment suis-je supposée me sentir quand tu n'es pas là ?
Parce ce que j'ai brûlé chaque pont que j'avais construis
Quand tu étais ici ...


Je recommençais un peu à manger, encore sans grande faim. Voyant que l'appétit ne venait toujours pas, je décidais d'arrêter de manger. À quoi bon me forcer à manger ? Mon estomac ne réclamait plus rien. En fait, il ne réclamait jamais rien ... mais bon. C'était autre chose. Finalement, Swif se levait et nous faisions de même. Elle nous demandait si nous étions prêtes pour un nouvel exercice. Je hochais la tête, et Léna faisait de même.

- On va travailler votre souplesse. Tous les soirs avant de dormir, je vous ai demandé de faire des étirements. Pour qu’ils soient efficaces, il faut bien tirer sur chaque muscle, n’oubliez pas ! Mais avant de faire ces étirements, on va se pencher sur quelques figures assez faciles qui amélioreront votre équilibre en général, et votre contrôle corporel.

Et l'entraînement recommençait. J'en étais heureuse, ainsi je pourrais être concentrée sur autre chose que lui, ce qui, chaque jour, devenait de plus en plus difficile. On dit que le temps soigne les blessures, mais pourtant j'avais toujours aussi mal. Cette souffrance ne c'était point apaisée et je la ressentais avec autant d'intensité à chaque jour. Même qu'elle s'accroissait au lieu de se réduire ... Était-ce normal ? Je me le demandais bien. Sauf qu'après tout, je ne voulais pas l'oublier. Je voulais restée accrochée à cette douleur, parce que j'en étais sûre, c'était elle qui me gardait en vie. La douleur de les avoir tous perdus. Un à la suite de l'autre. Papa, Soraya, Maman, Érènes, Sokea, Lahis, lui ... Toutes des personnes à qui je m'étais horriblement attachée et qui maintenant, étaient loin. Loin ... tout en étant si près. Parce que Swif me l'avait dit, ils restaient dans mon cœur. Sauf que cela ne me suffisait pas. Je voulais les sentir vivants, près de moi, je voulais entendre le son de leur voix qui résonne dans mes oreilles, je voulais savoir qu'ils allaient bien, je voulais sentir leur présence réconfortante ... mais je savais que c'était impossible. Parce qu'ils étaient partis, parce qu'ils étaient morts.

Bon, ça suffisait ! Je devais me concentrer sur les exercices que Swif allait nous faire exécuter, sinon j'allais perdre la tête !

Il nous fallait d'abord faire des roulades, puis de roues. Rien de très difficile et pourtant, j'étais complètement concentrée. Nous faisions pas mal de roues, puisque Swif ne s'avéra satisfaite que quand nous avions réussi à effectuer nos roues les jambes directement tendues. Venaient ensuite les moyens de tomber correctement quand quelqu'un nous envoyait valser sur le sol, que j'effectuais avec un peu de mal, mais avec beaucoup d'attention. Ces techniques étaient intéressantes et pouvaient s'avérer pas mal utiles. Notre Maître nous montrait aussi comment rouler en rentrant le tête, à être capable de se lancer dans une roulade depuis la position debout, ce qui était tout aussi intéressant et utile.

Nous continuions ainsi durant une heure, peut-être même plus avant que Swif ne nous libère afin que nous puissions faire nos étirements et après aller dormir. Je faisais donc mes étirements, comme notre Maitre nous l'avait montré la veille, puis je me préparais à aller dormir. Je doutais que mon esprit ne trouve le repos dans le sommeil, mais ce n'était pas le cas de mon corps. Lui, il allait être content d'une bonne nuit de sommeil !

Avant de me laisser glisser dans un sommeil bien mérité, je saisissais mon carnet ainsi que ma plume.

Deuxième journée
Destinataire : Soraya et Lui

Sœurette ...
Je pense fort à toi. Et je t'aime gros comme le ciel, ne l'oublies pas, hein ? Je te promets sur la lame de mon sabre que tu auras toujours ta place près de moi, même si tu es morte. J'espère que tu ne m'en veux pas trop, hein ... J'ai fait ça pour ton bien. Parce que je t'aime. Je t'aime, Soraya, autant que Papa et Maman t'aimaient. Autant qu'ils t'aimaient encore ...

Et toi.
J'ai besoin de toi ici. Parce que je n'arrive plus à supporter la vie, toujours aussi triste et terne sans toi. Ton regard teinté de magnifiques couleurs me manque, tout comme ton sourire charmeur. Tu me manques. Vraiment.
Reviens, je t'en supplie ...

*


C'est de la confiance que naît la trahison ...

*

J'ai tant rêvé, j'ai tant rêvé que je ne suis plus d'ici

Les jours passaient sans que je m'en rende vraiment compte. Le temps s'écoulait si vite ... Nous avancions de plus en plus loin, autant dans le monde autour de nous que dans la Voie. Chaque jour était bien rempli par divers exercices proposés par Swif : tir à l'arc, lancer du poignard, travail de la souplesse et de l'équilibre, chasse... Chaque jour, nous nous accordions un peu plus au monde qui entourait, nous comprenions un peu la Voie, nous l'arpentions un peu plus, même si nous n'étions pas encore loin.

Maintes fois, avant de m'endormir, je me demandais si j'étais vraiment faite pour cette Harmonie. Si j'étais vraiment faite pour la Voie. Si j'étais faite pour devenir Marchombre. Si c'était vraiment ce que j'étais. Et à chaque fois, je doutais un peu plus.

Swif nous proposait sa vision du monde : elle était magnifique. S'accorder avec le monde, jouer avec les éléments, trouver l'équilibre dans tout ce Chaos. J'aimais cette vision du monde, mais je ne la partageais pas avec elle. Ce n'est pas que je ne voulais pas, c'est que je ne pouvais pas. Je n'arrivais qu'à voir la douleur dans ce triste monde, je n'arrivais qu'à entendre dans le murmure du vent le dernier souffle des morts. Ma vision du monde n'était qu'horreur, tristesse et douleur. Et je ne pouvais rien y faire. Cette vision sera sûrement un handicap à mon parcours sur la Voie. Si c'est bien cette Voie que je parcoure ...

Je ne faisais que douter, à chaque nuit. Et à chaque nuit, je me disais que je ne tarderai pas à savoir si j'étais faite pour cette Voie.

*

Peu importe combien quelque chose nous fait mal, parfois l'abandonner nous blesse encore plus

Je n'avais pas tord en disant que je ne tarderai pas à savoir si j'étais faite pour cette Voie.

C'était sur le chemin, alors que les derniers rayons de soleil s’étendaient sur la terre, faisant l'effet d'un majestueux bal de lumière, comme dirait Sokea. Nous passions d’une rivière qui devait mesurer, en largeur, environ trois mètres. Nous allions sûrement la passer en sautant, après tout, avec un bon élan, c'était possible. Swif s'arrêta, puis se tournait vers Léna et moi. Elle nous désignait nos sacs, puis elle enlevait le sien. Finalement, elle ôtait ses vêtements, les mit dans son sac qu'elle envoya au-delà de la rivière. D'un simple geste du menton, elle nous faisait comprendre que nous devrions faire de même. Puis, elle entra dans la rivière. Elle aurait sûrement dût perdre pied à cause du courant,mais pourtant, rien n'arriva. Elle se glissa jusqu'au milieu de la rivière sans que rien n'arrive. Elle ne bravait pas l'eau, elle jouait avec.

- Je vous ai déjà dit que l’univers n’était fait que de forces. Des forces qu’il faut sentir et comprendre. Auxquelles il faut s’ouvrir. Vous avez appris à vous ouvrir à la nature, et à tout ce qui était calme. Maintenant, tentez de venir comprendre l’eau, l’eau qui coule et s’écoule, qui vient vous défier.

Mais cela n’est pas un défi… C’est une danse.

Léna, n’ait pas peur d’échouer. Cela te fera mieux comprendre encore ce que tu pourras améliorer. On s’améliore, toujours, et c’est en faisant des erreurs que l’on voit à quel point on a pu avancer. Viens, avance dans l’eau, et à chaque fois tu iras un peu plus loin…


Je regardais Léna hésiter un court instant, puis se diriger vers l'eau. Elle s'avançait, un peu puis beaucoup, jusqu'à ce que l'eau atteigne ses genoux et qu'elle recule violemment afin de ne pas se faire emporter, mais, à la place, elle tombait par en arrière. Léna recommençait plusieurs fois, et toutes ces fois, le résultat était le même. Finalement, elle faisait un grand pas pour arriver au milieu de la rivière ...

Et elle se fit emporter. Je faillis crier. Faillis. Elle était tombée, elle avait couler, elle était retournée à la surface mais peinait à reprendre son souffle, puis ... elle heurtait un rocher. Elle s'y accrochait, mais elle ne tiendrait pas longtemps. Et Swif qui ne l'avait pas aidée ... C'est là que je comprenais. Si Swif n'était pas intervenue, c'est que Léna pas vraiment de danger. Qu'elle pourrait y arriver d'elle-même.

À partir de cet instant, je m'assis près du bord de la rive et je regardais les tentatives de Léna avec attention. Elle lâcha lentement un bras, puis l'autre. Le courant ne l'emportait pas encore. Elle s'y glissait, commençait sa danse, puis l'eau la repoussait violemment, mais elle ne se décourageait pas. Je n'aurais pas sût dire si c'était l'eau de la rivière ou de ses yeux qui coulaient sur ses joues, mais peu importait. Je crois qu'elle était enfin heureuse, avec ce sourire profondément ancré sur ses lèvres. Elle recommençait à chaque fois que l'eau la repoussait. Jamais elle ne se décourageait. Finalement, elle arriva près de Swif. Et Léna s'accrocha à ses bras. Elles se parlèrent quelques instants, puis vint mon tour. Inévitable.

*

Je reste dans ton coeur, ma chérie, c'est ça le plus important. Tu ne seras jamais seule, Xenoza. Ne l'oublie jamais. Tu n'es pas seule pour gravir les pentes de la vie ...

J'observais attentivement l'eau. Cette eau, qui menaçait de m'emporter si j'y pénétrais. C'était la première fois depuis deux ans, je crois, que je n'essayais pas de me tuer en entrant dans l'eau. Car la dernière fois que j'avais lié mon corps à l'eau, je tentais d'achever mes jours. Sauf que cette fois-ci, je ne le voulais. Je voulais continuer. Je voulais mes réponses. Et je savais que mes réponses se trouvaient au bout de la rivière. Je me dirigeais donc vers elle, même si j'avais peur d'elle. Je ne la craignais pas de la même façon que Sokea la craignait, mais j'en avais tout de même peur. Parce ce si je me trouverais au fond, je savais que je ne pourrais pas en sortir seule. Trop de souvenir me garderaient au fond. Je ne devais pas couler. Absolument pas. Du moins, pas tant que je n'avais pas mes réponses.

J
e m'approchais donc de l'eau, y mettant mes pieds. Elle était glacée, mais peu m'importait. La rivière. Je devais m'y accorder, comme je m'accordais au reste monde. Je m'avançais un peu plus, l'eau glaçant maintenant mes genoux. Mais peu m'importait. Je ne devais pas couler. Sauf que le courant était trop fort et me poussait là-bas. Je ne pourrais pas y résister bien longtemps.

Mais ... je ne devais pas résister. Je devais m'accorder. Je devais danser, je devais mêler mon corps à l'eau, pour ne faire plus qu'un avec elle, et ça promettait de ne pas être facile. Le courant me tirait, me poussait. Je suis tombée. L'eau m'emportait, j'avais peur. Peur de ne pas remonter à la surface. Je m'efforçais d'être calme. Puis tout devint clair.

L'eau glacée m'empêchait de respirer, pourtant je n'avais plus peur. Je ne voyais plus grand chose, pourtant je n'avais plus pleur. L'eau tourbillonnait autour de moi, il me suffisait d'entrer dans sa danse, de me glisser en son sein et de m'accorder à ses mouvements. Je n'avais plus peur. J'avais compris.

- Hisbdgg Iidbda dkiicn

Comment n'avais-je pas pu deviner ? C'était lui qui était destiné à être Marchombre, pas moi. C'est lui qui est parti, c'est moi qui suis restée, mais, malgré tout, c'était lui aurait dû être à ma place aujourd'hui. Il percevait les choses comme personne, sauf qu'il ne s'accordait pas. Du moins, pas de la même façon que les Marchombres.

C'est lui qui aurait dû être Marchombre aujourd'hui, à essayer d'entrer dans la danse du courant, pas moi. Mais comme il n'est plus là, je le ferai à sa place. Je serai lui. Je serai Marchombre. Et je serai Xenoza. Je serai moi.

Je n'étais plus seule. Il était de retour de son si long voyage. Il ne m'avait jamais réellement quitté, mais maintenant il était là. Pas juste dans mon coeur, mais pas à mes côtés non plus. Il était gravé dans mon âme, il était en moi.

Je remontais lentement à la surface. Combien de temps était restée ainsi, sous l'eau, sans réellement m'en rendre compte ? Je ne savais pas. Peu m'importait. Je me détachais du rocher contre lequel l'eau m'avait emportée, puis je retournais vers le bord de l'eau. Et je recommençais tout.

J'avançais lentement, d'un pas léger. Entrer dans la danse du courant, s'y mêler, puis n'être plus qu'un avec elle. Il suffisait juste de trouver le bon moment, la bonne façon. J'essayais maintes fois, sans jamais réussir. À chaque fois, l'eau me repoussait. Et à chaque fois, je recommençais.

J'ignore combien de temps je suis restée ainsi, entrant dans l'eau et ressortant, sans réussir. Mon corps commençait à être complètement glacé et je ne pourrai plus longtemps le froid qui se rependait en moi. Était un désavantage, ou bien un avantage ? S j'étais aussi froide que l'eau, aussi rapide que l'eau, aussi fluide que l'eau, je réussirai sûrement à danser avec cette rivière.

J'entrais à nouveau dans l'eau. Je devais être aussi froide que l'eau. Aussi fluide que l'eau. Aussi rapide que l'eau. Je devais me mêler à la rivière, la laisser me submerger, la laisser bercer mes pas. Lentement, je me mis à avancer. Le courant tentait de me pousser, sans réussir. J'étais l'eau. Alors le courant ne pouvait pas m'emporter. Je m'avançais vers Swif et Léna, un sourire aux lèvres. Je les avais oubliées pendant quelques instants. J'avais oublié simplement ce que je faisais ici, quelques instants. J'essayais juste de me mêler à l'eau. Et j'avais réussi. Je perdis un peu de concentration, une vague faillit de me faire tomber, mais je tenais. J'étais finalement aux côtés de Swif et de Léna, le corps gelé, mais l'esprit bouillant. L'âme libérée. Le cœur heureux.

J
'avais enfin trouvé ma voie.


[ Pardon pour le temps que je vous ai fait attende ... Vraiment, désolée ! Je sais que j'ai sauter quelques bouts dans mon RP, mais je n'avais pas le choix, sinon il aurait été horriblement long et je n'aurai jamais eu le temps de le poster ^^' Et pardon si l'affaire avec la rivière est un peu bizarre, mais il fallait que je trouve un moyen de changer la vision des choses de Xenoza et c'est la seule manière que j'ai trouvée ^^. ]
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Mar 16 Aoû 2011, 15:37

- Léna, le doute est une force. Une vraie et puissante force. Une force qui te pousse en avant. Ne laisse jamais rien te faire reculer d'un pas. Le doute te fait avancer. Parce qu'en doutant, tu t'ouvres à de nouvelles perspectives. Cela peut sembler simple, dit comme cela, mais c'est complexe. A entendre. A comprendre. Ne regarde pas en arrière...

Le passé est le passé. On ne peut pas le changer. On ne peut pas revenir en arrière, même de quelques secondes. Il faut accepter, et avancer. Si les choix du marchombre découlent du passé et s'ouvrent sur l'avenir, ils sont d'abord ancrés dans l'instant présent.
On connait notre passé, on cherche notre avenir... Mais il faut vivre chaque instant.







[Elle jette un coup d'oeil à Xenoza et hoche la tête entre ses deux tirades.

Contente de te revoir, Xenoza ! Smile
Ton RP est génial, j'adore, en tout cas ! Et le passage de la rivière me va aussi ! Wink ]
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Sam 27 Aoû 2011, 19:47

-Lanza, tu étais ou ce matin?

-J'ai été nagé...

-Dans le Pollimage?

-Oui.

-Je ne te crois pas. Impossible.

Sourire

______________________


Impossible? Vraiment? Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Léna. Lanza été un maître Marchombre et il devait être capable de se baigner sans grand problème dans le Pollimage. Swif aussi surement. Et elle? Déjà Léna se mettait au défi d'y arriver. Elle était ainsi, elle avait toujours envie d'aller plus loin, plus vite. Le Pollimage...Pourquoi pas après tout. N'était-elle pas Novice.

Marchombre...L'eau bouillonnait autour d'elle, tentant en vain de l'emporter. Mais Léna jouait avec elle, elle lui parlait et puiser en elle sa force. Marchombre...Combien de nouvelles possibilités lui offrait la voie. Qui sait jusqu’où étaient allé les vétérans en repoussant sans cesse les limites du possible? C'était vraiment une voie magnifique, sans fin, sans autre but que de ne cesser de progresser. Elle était heureuse d'y avancer. Heureuse de suivre des cours avec un maître tel que Swif. Heureuse d'être là au milieu de la rivière. Heureuse enfin de voir Xenoza venir vers elles.

Léna regarda la Novice pensivement. Elle avait beau vivre avec elle depuis un mois, elle ne savait que peu de chose d'elle. Souvent, en voyant la tristesse dans les yeux de sa camarade, Léna se doutait qu'elle ne devait pas avoir eut une vie totalement heureuse. Peut-être que de terribles souvenirs la hantait même, comme ceux de Lé,a qui sait. Morts, disparitions...Qui sait ce qui hantait son esprit. Léna eut envie de mieux connaitre cette femme qui, Léna en était sur, promettait de devenir une excellente Marchombre. Oui, Léna lui parlerait. Mais pour l'instant, elle se contenta de lui offrir un sourire lumineux.

- Léna, le doute est une force. Une vraie et puissante force. Une force qui te pousse en avant. Ne laisse jamais rien te faire reculer d'un pas. Le doute te fait avancer. Parce qu'en doutant, tu t'ouvres à de nouvelles perspectives. Cela peut sembler simple, dit comme cela, mais c'est complexe. A entendre. A comprendre. Ne regarde pas en arrière...

Le passé est le passé. On ne peut pas le changer. On ne peut pas revenir en arrière, même de quelques secondes. Il faut accepter, et avancer. Si les choix du marchombre découlent du passé et s'ouvrent sur l'avenir, ils sont d'abord ancrés dans l'instant présent.
On connait notre passé, on cherche notre avenir... Mais il faut vivre chaque instant.


Encore une leçon.
Le passé ne pouvait être changé: Lanza, Aaron resterait mort et elle ne reverrait plus Adwyn. Elle avait beau le savoir, elle ne parvenait pas à vivre sans penser à eux tout le temps. Elle e parvenait pas à les oublier. Et ce serait à cause de cella qu'elle allait se retrouver très bientôt à errer dans la Forêt de Barail.

Mais cela, elle ne le savait pas et sur l'heure elle était juste un peu triste de ne pouvoir partager ce merveilleux moments avec celui qu’elle considérait comme son père adoptif et avec son seul amour.


(Pouah! Ce que j'ai fait est nul, j'ai honte, mais aucune imagination. Sorry.
Xen', très contente de te voir de retour et moi aussi je trouve ton Rp généralissime.)
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Mer 12 Oct 2011, 13:13

Swif sourit doucement, et fit passer une des mèches de cheveux de la jeune femme derrière son oreille, les yeux emplis d’étoiles. Cela pouvait sembler simple, dit ainsi, c’était certain : mais pour la marchombre, cela l’était réellement ! Comment faire comprendre quelque chose qui est naturel pour soi ? Comment apprendre à quelqu’un quelque chose d’aussi évident que de respirer ? C’était en réalité sans aucun doute ce qui était le plus intéressant dans l’enseignement, après tout.

Laissant Léna se remettre de ses émotions, Fyliah se redressa elle-même, et se sécha rapidement en passant ses mains sur son corps, invitant ses deux apprenties à faire de même. Elle cherchait quelque chose à dire, mais décida finalement de se taire : elles avaient besoin de réfléchir, l’une et l’autre, et tout ne résidait plus que dans les réflexions personnelles ; elle ne pouvait pas se permettre de leur mâcher le travail, cela aurait fait tout sauf les rendre indépendantes. Or, être marchombre, c’était être indépendant et contribuer soi-même à son propre équilibre. Ce n’était pas être asocial ou même solitaire, ce sont des traits de caractère… Mais bien trouver son propre équilibre en comprenant sur quoi il s’appuie, et donc prendre du recul pour devenir plus stable soi-même…

Il était vrai que c’était un concept compliqué à appréhender. Et qu’elle-même avait eu du mal à le comprendre : après tout, elle n’avait jamais cherché à être plus indépendante que cela. Pour elle, l’indépendance avait toujours été une manière de s’éloigner de la société, lorsqu’elle était petite : c’était ce que sa mère lui répétait toujours, et c’était pour cela qu’elle s’était exilée ainsi dans les montagnes. Mais Swif avait eu la curiosité et l’envie de voir ce qu’étaient les villes, et grâce à cela cette « indépendance » forcée s’en était retrouvée enrichie.

Laissant ses pensées filer loin dans le passé, Swif revint à l’instant présent dans un sourire pour ses deux apprenties. Les félicitant encore une fois, elle leur dit qu’elles allaient continuer à courir jusqu’à la tombée du jour. Ainsi, elles coururent encore. Après plusieurs semaines à courir ainsi chaque jour, les deux jeunes femmes s’étaient grandement améliorées, c’était un fait. Ainsi, malgré leur épuisement, elles réussirent à tenir sans trop de difficultés l’heure de course que la marchombre leur imposa.

Lorsque le soleil franchit la ligne de l’horizon, Swif s’arrêta donc mais continua à suivre le sentier qui s’enfonçait toujours plus dans les montagnes de l’Est. A leur gauche, s’élevait doucement une falaise escarpée, sans doute dûe à un glissement de terrain, et Fyliah bifurqua pour s’en rapprocher lentement mais sûrement. Elles furent le long de la paroi avant que le soleil ne fût couché, et la marchombre se fit aider de ses apprenties pour monter un camp dans un enfoncement dans la montagne. Ne leur demandant pas de nouvel exercice pour la soirée, elle les invita cependant à faire quelques étirements : après la rivière, cela ne pourrait que leur faire du bien avant de dormir, et pour le lendemain. Ainsi, elles s’enfoncèrent dans les bras de Morphée directement après manger, sans plus de cérémonie que cela…

Le soleil était levé depuis peu de temps quand Swif réveilla Léna et Xenoza. Leur adressant un sourire, elle annonça d’un ton tranquille :

- Aujourd’hui, vous allez chasser votre déjeuner. N’oubliez aucune des leçons que nous voyons. Ouverture, attention et discrétion. Je vous attends ici…

Les laissant donc filer dans la brousse environnante pour trouver une proie, la jeune marchombre se dirigea plutôt vers le fond de la grotte en question. La veille au soir, elle n’avait pas pu être certaine qu’elles s’étaient mises à camper près du bon renfoncement de la paroi, mais quand la pierre disparut sous ses doigts, elle fut heureuse de constater qu’elle ne s’était pas trompée. Revenant d’un pas léger vers le camp, elle fila alors entre les brindilles et buissons pour rejoindre ses apprenties et les regarder chasser, pour noter leurs améliorations, et ce qu’elles pouvaient toujours améliorer encore. Quand Léna et Xenoza revinrent avec leur butin, ce dernier fut cuit et mangé, puis conservé dans des larges bandes de tissus.

S’approchant de la grotte un sourire aux lèvres, Swif donna la suite des évènements :

- Maintenant, on va rentrer dans le cœur de la terre… Je veux dire par là qu’il y a un passage dans le fond de cette caverne qui file sous la roche, et c’est de ce côté-ci que l’on va.

Faisant une petite pause, elle finit de ranger le camp, et s’avança donc vers le trou en question. Cela partait horizontalement, et le sol ne s’effaçait pas sous les pieds, heureusement. Ce qui ne voulait pas dire que cela serait ainsi jusqu’à la fin de leur excursion… Mais Swif avait bien préparé cette occasion : elle connaissait la grotte et savait qu’il faudrait plusieurs heures de marche avant d’atterrir sur un toboggan de roche humide.

- Être privé de ses yeux peut devenir très handicapant. Il faut savoir utiliser tous vos sens au même titre que la vue, c’est pourquoi dans cette grotte vous en serez privées : il n’y aura que vos autres sens pour vous guider, pour vous informer. Soyez attentives…

Un dernier sourire et Swif s’enfonça dans les entrailles de la terre à la tête de la petite colonne qu’elles formaient à trois. S’avancer dans le noir entre deux parois pouvait être oppressant, et pouvait générer des réactions violentes de défense de la part de certaines personnes ; cela dépendait du caractère de ces derniers. Surtout que parfois, les deux parois se rapprochaient tellement qu’elles devaient avancer de profil…. Swif lâcha un léger soupir, écoutant parfaitement la respiration de ses deux apprenties, qui en disait long sur leur état mental comme physique…

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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Sam 12 Nov 2011, 19:51

Léna restait ébahie. Tiraillée entre le rire ou les larmes elle arrivait à peine à penser clairement. Qu'est-ce qui l'étonnait le plus? Qu'il était possible de se baigner dans une eau aussi tourmentée? Ou qu'elle en était capable? Plutôt cette dernière option. Léna pouvait être quelqu'un de très modeste, trop. Cette qualité( ou défaut) avait pris de plus en plus d'importance à mesure qu’elle croisait des gens d’exception. Qu'était-elle face à des marchombres charismatiques au possible? La Novice avait du mal à reconnaitre ses compétences, ou alors, elle les sous-estimée en les comparant à celles de quelqu'un d'autre.
Ce déni de ses facultés allait d'ailleurs devenir sous peu quelque chose de bien plus grave: un véritable déni de soi.

Pour l'heure, la jeune femme restait dans un état second ou elle ne cessait de voir des vagues danser avec elle. C'était une danse au rythme effréné ou corps et eau mélangeait pour battre à l'unisson. Qui entrainait l'autre? Impossible à le dire. Encore quand elle se sécha ou lorsqu'elle courut ses images défilèrent sans cesse dans son esprit, envoutantes. La petite heure de course, Léna ne la sentit pas passer, malgré la fatigue du temps passé dans l'eau, elle aurait pu sans s'effondrer en courir le double. Sa respiration avait pris un air régulier au fur et à mesure de mois, ses foulées s'étaient allongée et elle courait à un rythme plus soutenu. La méthode miracle de Swif qui consistait à courir tous les jours avait porté ses fruits.

Quand la nuit fut tombée, elle montèrent le camp en bas des montagnes de l'Est. Les gestes avaient téét maintes fois répétés et ce fut vite fait. A la demande de Swif, Léna étira tout ses muscles avec soin avant d'aller manger et de se coucher.

Elle passa une bonne nuit, sans rêves.

Chasser le déjeuner. Ce fut l'idée de Swif au réveil aussi après s'être rapidement lavé le visage et habillée, la jeune Novice, l'arc à la main, partit dans la brousse.

Léna se souvenait parfaitement d'un des conseils de Swif quand à la chasse,: ne pas passer pour un pilier. Aussi elle mit ce conseil à exécution, se fondant sans mal dans les hautes herbes d'une démarcha assurée et la plus silencieuse possible. Au bout d'une dizaine de minutes à sillonner la terre, elle repéra un renard qui filait dans les herbes. Cachée derrière un monticule rocheux depuis quelques minutes, il suffit à Léna de bander son arc et d'attendre que sons futur déjeuner se rapproche. Sa respiration était calme et régulière et elle tira avec un soin tout particulier. Malheureusement, la Novice n'avait pas pris en compte le vent et sa flèche vient se planter dans le sol à quelques mètres à peine de l'animal. Sa seconde flèche, bien qu'encocher rapidement, grâce à une bonne dose de chance, vient se ficher dans le cœur de l'animal et le tua sur le coup.

Elle retourna au campement ou elles mangèrent la fruit de leur chasse. Swif s’approcha alors d'une grotte et expliqua la suite du programme.

- Maintenant, on va rentrer dans le cœur de la terre… Je veux dire par là qu’il y a un passage dans le fond de cette caverne qui file sous la roche, et c’est de ce côté-ci que l’on va.


Elle rangèrent le camp puis Swif termina ses explications:

- Être privé de ses yeux peut devenir très handicapant. Il faut savoir utiliser tous vos sens au même titre que la vue, c’est pourquoi dans cette grotte vous en serez privées : il n’y aura que vos autres sens pour vous guider, pour vous informer. Soyez attentives…


Sur ce, le groupe s'enfonça dans les montagnes. Tout de suite, Léna ressentit la fraicheur de ce lieu souterrain et elle referma son blouson de cuir. Comme Swif les avait prévenue La Novice ne voyait absolument rien; qu'elle ferme ou non les yeux. Partout du noir. Etre ainsi privé du sens qu'elle utilisait le plus était dérangeant pour Léna. Elle avait bien conscience que si, quelque chose l’attaquait, aussi impossible que cela puisse l'être, elle ne pourrait pas se défendre sans lumière. Léna se sentait aussi faible que si elle n'avait pas eu son épée sur elle.

Peu à peu, la Novice se mit à écouter avec grande attention. Ses propres pas qui faisaient beaucoup de bruit, mais aussi ceux de Swif, presque inaudible. L temps aidant,, Léna en écoutant les pas de son maitre réussit à prévoir quand celle-ci tournait...
Elle avait beau ne pas se sentir à l'aide, elle était plus assurée qu'au début.

(désolé pour le retard, c'est impardonnable)
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Jeu 24 Nov 2011, 00:25

Ce n'est pas en te plaignant que tu avanceras, Xenoza. Pour avancer, il faut croire à la suite.

*

- Et toi, quelle est ta plus grande peur ?

- L’eau. Ou moi, cela se peut tout autant.

- Dit moi que ce n’est pas vrai, Xenoza…

- Crois ce que tu perçois comme bon.
Suis ton cœur à jamais. Il ne te laissera jamais tomber.
Personne ne doit influencer tes choix. Personne.


*

Peur.
Soufrrances.

C'est la fin. C'est sûr. Je vais mourir. Tuée par un ours élastique. Quel fin stupide ! Mais c'est pas le plus écouerant.
Le pire, c'est que notre Maître ne fait rien pour nous venir en aide.

*

Regards partagés,
Destinées liées,
Pour l'éternité.

Bonheur.

- Hisbdgg Iidbda dkiicn

Douleur.
Intense, si intense,
Qu'elle en est presque irréelle.
Presque.

*

Tempête.
C'est la tempête, là-dedans.
Dans mon corps,
Dans mon cœur,
Dans mon esprit,
De cette rencontre ne reste plus qu'un ravage.

Les gouttes de pluie qui encombrent le ciel en ce moment ne sont que si peu,
Comparées aux gouttes amères qui perlent, encore aujourd'hui, mon visage.
Et cette envie,
Cette jalousie envers cette pluie qui glisse contre l'air,
Qui n'a que pour but que de naître, vivre et mourir en quelques instants,
Sans connaître ni rage, ni douleur, ni impuissance,
Me rappellent qu'aujourd'hui encore cette douleur est toute aussi vive.

J'ai cru que j'allais pouvoir oublier, en terrant ces souvenirs en moi.
En fait, ils répandaient un poison incurable en moi,
Et je n'étais qu'impuissante face à ça.

Puis vint Lahïs.
Le même mauve que ces à yeux à Lui,
Sans pourtant posséder une seule similitude.
J'ai osé espérer qu'elle m'ouvrirait les yeux,
Mais elle ne fit que m'aveugler encore plus.
En l'instant d'un soupir, d'un regard détourné,
Elle n'était plus là, disparue.
La seule personne qui pouvait encore me rattacher à lui n'était plus là.
J'étais définitivement déconnectée de sa vie, de sa mort,
Tout en étant désormais déconnectée de la mienne.

Il ne me reste qu'une sensation comme souvenir,
La sensation d'une peau glacée qui enserre mon poignet.

*

Ça y est.
Je suis définitivement virée cinglée.
En plus de les avoir rêvés, eux, j'ai rêvé Soraya.
Ma petite sœur adorée ne pouvait plus être avec moi,
Et pourtant, elle était là, devant moi, toute souriante,
Prête à écouter ma peine et à me consoler.
Ce ne pouvait pas être elle, mais qui d'autre étais-ce, alors ?
Je suis vraiment tombée bas, là.

Il faut que je parte.
Il faut que je fuie ces souvenirs.
Il faut que je fuie cette vie.
Il faut que j'oublie tout.
Il n'y a qu'un seul moyen.

Il faut que je meure.

*

Voilà. J'ai finalement atteint mon objectif.
Je vais mourir, dans cette forêt qui m'est si chère,
Je vais mourir dans Ombreuse, sous les coups d'une Goule.
Ce n'est pas la fin que je souhaitais, mais c'est mieux que rien.
Finie, la souffrance.
Partie, la douleur.
Achevée, cette tristesse.

Je ferme les yeux et je prends une grande bouffée d'air frais.
Je suis consciente que c'est sûrement une des dernières que je prendrais.
J'attends la fin.

Rien.
Les coups ne viennent pas.
Ma mort n'arrive pas.

Wanya m'a sauvé la vie.
Pour cette raison, je l'ai détestée.
Pour cette raison, je l'adore.

Et parce que tous ces souvenirs me tuent encore, je pars.
Sans un regard en arrière.

*

Rage, larmes, tristesse.

J'ai trouvé ma solution.
Et cette fois, je ne pourrais pas me manquer.
Je vais sans l'ombre d'un doute souffrir, mais je vais mourir à coup sûr.
Je vais me jeter du haut d'un cratère de volcan.

Je monte, monte, de plus en plus haut.
Finalement, j'atteint le sommet.
Le vent caresse mon corps.

Je m'approche du bord.
Un pas de plus et je tombais.
Mais elle a changé mes plans.

Adrian.

Elle m'a fait comprendre qu'il faut que je reste vivante.
Puis elle a pris ma place.
Elle s'est jetée du haut de ce cratère.

Je l'aurais bien suivie.
Mais maintenant, je ne pouvais plus.
Parce qu'elle m'avait redonné espoir.
Elle m'a offert les plus belles paroles que j'ai jamais entendues.
Elle m'a donné le dernier souvenir qui la gardait en vie.

Je ne peux plus me tuer.
Pas tant que mon heure n'est pas venue.
Elle m'a donné pour mission de garder bien sûreté ses boucles.
Ou du moins sa boucle, puis que je lui en ai redonnée une.
Juste avant qu'elle tombe.
Juste avant que je respecte son choix et que je la lâche.

Sa chute fut longue.
Mais elle n'a pas hurlé.
Elle n'a rien dit, n'a rien fait.
Elle a affronté sa mort avec dignité.

Elle était forte, même si elle ne le croyait pas.
Parce que moi, j'aurai crié.
J'aurai pleuré, j'aurai tout fait pour arrêter l'infernale descente.
Parce que je l'ai vue, j'ai vu son corps se casser sous l'impact de la chute.
Mais elle est restée forte.

Et parce que je sais que je n'aurais jamais sa force, je vivrais.
Je vivrais, pour ceux qui sont partis.
Je vivrais les jours heureux en leur honneur,
Parce qu'eux n'ont connus que le malheur avant de mourir.

*

Le temps a passé.
Quelques rares fois, tout va bien.
D'autres fois, je tiens le coup de justesse.
Et souvent, beaucoup plus souvent d'ailleurs, tout va mal.
Récemment, j'ai encore fui de la compagnie.
Et pourtant, elle était agréable.
Aurais-je l'occasion de me rattraper ?

*

Je retombe.
Aujourd'hui encore, j'ai dis que j'aurais dû mourir.
Pourtant, je ne voulais pas ...

Pourquoi diable est-ce que je ne peux as guérir de ces maux ?

*


Finalement ...

- Hisbdgg Iidbda dkiicn

Ces mots prirent tout leur sens.
Enfin, je réussis à penser à Lui sans douleur.

J'avais trouvé ma voie.
Plus rien ne pourrais m'arrêter.

J'émergeais de l'eau avec un nouveau regard.
Un regard vivant.

J'étais vivante.
Et je le resterai.

*


- Léna, le doute est une force. Une vraie et puissante force. Une force qui te pousse en avant. Ne laisse jamais rien te faire reculer d'un pas. Le doute te fait avancer. Parce qu'en doutant, tu t'ouvres à de nouvelles perspectives. Cela peut sembler simple, dit comme cela, mais c'est complexe. A entendre. A comprendre. Ne regarde pas en arrière...

Le passé est le passé. On ne peut pas le changer. On ne peut pas revenir en arrière, même de quelques secondes. Il faut accepter, et avancer. Si les choix du marchombre découlent du passé et s'ouvrent sur l'avenir, ils sont d'abord ancrés dans l'instant présent.
On connait notre passé, on cherche notre avenir... Mais il faut vivre chaque instant.


Je fermais les yeux, afin de laisser s'ancrer en moi ces paroles riches de sens. Des paroles qui, sans que je le soupçonne, m'aideront à guérir et à avancer. Comme à peu près toutes les phrases que Swif prononçait. J'étais comme une enfant nouvellement née, qui avait tout à apprendre. Je voyais le monde avec des yeux nouveaux, et tout paraissait extraordinaire, alors que quelques temps plutôt, tout était terne et sombre. J'avais tout à découvrir, et la moindre chose qui passait sous mes yeux m'émerveillait. Swif jouait, sans le savoir, le genre de figure adulte qu'il faut pour montrer à un gamin le chemin à suivre. Quelqu'un qui te montre clairement la Voie à suivre, tout en conservant le mystère. Elle me proposait sa vison de la Voie, qu'elle me laissait interpréter à ma manière, ce qui, peu à peu, deviendra ma propre vision de la Voie.

Je rouvris les yeux, et un sourire resplendissant se dessina sur mon visage. J'étais heureuse de constater que Swif et Léna se tenaient toujours à mes côtés, j'étais heureuse de voir que le monde semblait toujours aussi éblouissant, j'étais heureuse de voir que j'étais encore vivante, que le courant ne m'avait pas emportée. J'avais réussi à me dresser devant un obstacle qui semblait vouloir m'empêcher d'avancer, je m'étais glissée en son sein sans qu'il ait le choix de me refuser ou de m'accepter, j'avais joué avec lui, je m'étais uni à lui. Je pouvais donc continuer à avancer. Dommage que je n'ai pas compris plus tôt qu'il fallait que je fasse de même avec mes souvenirs.

Lahis, Yndrel, Sokea, Papa, Soraya ... Ils avaient fait pas partis de ma vie, m'avaient donné du bonheur. Et maintenant qu'ils étaient partis, je devais continuer d'avancer. Ils étaient mon obstacle, ma force et ma faiblesse. Je devais les faire miens, les accepter et m'en servir pour continuer mon chemin. Je devais les traverser, et non pas les fuir, les contourner ou les laisser me tuer comme je l'avais fait auparavant. Heureusement, aujourd'hui, je savais. Et je pouvais avancer, chose que je n'avais pas faite depuis si longtemps.

Je respirais une grande bouffée d'air qui emplit mes poumons et qui revigora mon corps. Puis une brise fraîche vint caresser mon corps, et je frissonnais. Pas que le toucher du vent m'était désagréable, seulement que ... seulement que j'avais froid. J'avais réussi à oublier l'eau glacée quelques instants, mais mon corps me ramenait à la réalité. C'est encore en souriant que j'atteint l'autre côté de la rivière et que je commençais à sécher mon corps glacé, tout comme Swif et Léna.

Et fut fini le temps de réflexion. L'aventure continuait ! Swif nous imposait donc encore quelque temps de course, que nous effectuâmes malgré la fatigue que l'effort précédant nous avait apportée. Nous longèrent un chemin qui nous emmenait plus profondément dans les montagnes de l'Est. À notre gauche désormais se trouvait une falaise, falaise vers laquelle Swif décida de se diriger. Nous la suivîmes donc, et nous atteignîmes la paroi avant même que le soleil ait pu se coucher. Nous aidâmes Swif à monter un campement, puis nous mangeâmes un repas pour lequel, même si je me sentais mieux qu'avant, je ne touchais qu'à peine. Il faut croire que cela ferait parti des séquelles que ma mauvaise expérience de vie me laissait, avec la difficulté à repérer l'épuisement de mon corps, car mon esprit ne s'en souciait plus. Il faudrait que je sois plus vigilante parce qu'un jour, cela pourrait s'avérer dangereux.

C'est en continuant de penser à toute ma journée que je fis les étirements montrés par Swif auparavant et que je me préparais à me glisser dans un sommeil réparateur, mais, avant, je saisis mon cahier.

... journée.
Destinataire : Papa

Papa,

J'espère que, de ou tu es, tu peux me voir. Je souhaite que tu voies la fille que je suis aujourd'hui. J'espère que tu es fier de moi, j'espère que tu es fier que j'ai repris ma vie.

Et pendant que j'y pense, dis à Soraya qu'elle me manque terriblement. Et dis-lui que je l'aime. Dis-lui qu'elle me manque vraiment.

Parce que vous me manquez, tout les deux. La vie n'est plus pareille sans vous ...

Je t'aime,
Xenoza.

*

Je fus réveillée par la voix de Swif qui nous annonçait que nous allions chasser le déjeuner. Je me levais donc, m'habillais rapidement puis saisis mon arc, imitée de Léna. Nous partîmes donc dans la brousse ensemble, puis nos chemins se décroisèrent. Je me souvenais des conseils de Swif et j'essayais des les appliquer. Je me mis donc à la recherche d'une proie, le plus silencieusement possible et cachée derrière des herbes hautes. Je finis par repérer un petit animal. Je bandais mon arc, attendant que ma proie s'approche plus près. Lorsqu'elle fût assez proche, je lâchais ma flèche ... flèche qui passa tout près de ma cible, ce qui l'affola. Je n'eus pas le temps de lancer une autre flèche bien visée que mon déjeuner se cacha pour ne plus ressortir. Je soupirais, puis détournais le regard à la recherche d'un nouveau quelque chose à manger. Heureusement, je repérais un lapin tout près, plus maigre que la moyenne et pourtant qui serait déjà trop moi. Enfin bref, je ne prenais pas la peine d'observer un plus la grosseur de mon gibier sinon, lui aussi, il allait s'enfuir. Je bandais de nouveau mon arc, puis décocha une flèche dès que mon déjeuner fût près de moi. Enfin, je réussis à l'avoir. J'allais donc le chercher, puis je revenais au campement, un peu plus longtemps après Léna. Je fis donc cuire ma viande, que je mangeais à peine. Et dire qu'avant j'étais une goinfre ...

Je regardais finalement Swif s'approcher de la grotte et je l'écoutais expliquer la suite de la journée.

- Maintenant, on va rentrer dans le cœur de la terre… Je veux dire par là qu’il y a un passage dans le fond de cette caverne qui file sous la roche, et c’est de ce côté-ci que l’on va.

Nous rangeâmes donc le camp, puis Swif termina ses explications en s'approchant de l'entrée de notre futur chemin.

- Être privé de ses yeux peut devenir très handicapant. Il faut savoir utiliser tous vos sens au même titre que la vue, c’est pourquoi dans cette grotte vous en serez privées : il n’y aura que vos autres sens pour vous guider, pour vous informer. Soyez attentives…

Swif nous offrit un dernier sourire, puis elle commença à s'enfoncer dans le trou, suivie de Léna puis de moi. Nous nous enfonçâmes de plus en plus profondément dans la grotte. Ma respiration devint un peu plus saccadée. Non pas que j'avais peur du noir - noir que je ne voyais pas, d'ailleurs, puisque l'obscurité n'existait pas à mes yeux -, mais bien parce que l'endroit était très étroit. J'avais toujours détesté être enfermée dans une pièce, et là, c'était dans une grotte ... je me forçais à respirer calmement. Si je continuais à m'affoler ainsi, le noir prendrait le dessus à ma vision. Non, elle n'était pas parfaite, cette vision nocturne. Depuis que j'avais perdu le contrôle de ma vie, mes émotions affectaient beaucoup ma vue. Si j'avais peur, ou si j'étais stressée, mes yeux commençaient peu à peu à être affectés par le noir, puis de plus en plus. Pour l'instant, j'étais stressée à un haut point, donc ma vision tanguait beaucoup. Je pris donc une grande respiration, puis je commençais à me calmer. Des murs, ce n'étaient que des murs de pierre. Je ne devais pas avoir peur de tout cela, voyons.

Le temps filait, puis je me calmais. Je commençais à être habituée à me tenir dans un espace restreint, mais je devais tout de même me concentrer pour ne pas me laisser par la panique que j'avais enfouie en moi. Je pouvais donc avancer sans grande difficulté, n'étant plus désavantagée par les ombres qui régnaient partout dans la grotte.

Je continuais donc mon chemin avec Léna et Swif, en me questionnant sur ce que je ferais si, un jour, ma vision nocturne me lâchait. Je sais qu'elle avait failli le faire, récemment, et c'était la raison qui la rendait si instable, mais je me demandais ce qui arriverait si je ne pouvais vraiment plus rien voir dans le noir ... cela me serait sûrement très handicapant.

Je me promis donc à l'instant de faire plus attention à moi. Je ne pouvais pas me permettre de perdre ma vision un peu spéciale, parce que cela risquerait de m'affecter très profondément, et de chambouler toute ma vision au grand complet, nocturne autant que diurne ...

[ Désolée d'avoir tant tardé ... Promis, cette fois, je respecte des délais raisonnables ! Et puis, l'inspiration est vraiment revenue, et j'ai adapter mon personnage à la façon dont je me sentais capable d'écrire, alors tout devrait aller pour le mieux maintenant ^^ ! Enfin, merci, parce que vous me laissez toujours une chance de vous rattrapez à chaque fois que je tarde (: ! ]

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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Jeu 05 Jan 2012, 18:10

D’après les pas, et les respirations qu’elle entendait, Swif pouvait tout à fait avancer qu’aucune des deux apprenties n’était très à l’aise dans cette grotte sombre. Attachant plus d’importance aux bruits de leurs pas, à leur respirations et à la confiance avec laquelle elles avançaient, elle put rapidement faire des premières suppositions : Léna n’aimait pas spécialement le noir et n’aimait pas être dépourvue de son regard sur le monde ; quant à Xenoza, elle semblait tout simplement voir parfaitement où elle allait, mais était angoissée par la proximité de la roche.

Un léger sourire étira les lèvres de Swif, et elle lâcha un léger soupir.

Elles marchèrent ainsi dans le noir, entre les parois qui parfois se resserraient, parfois s’éloignaient, durant trois bonnes heures. Swif arrivait à parfois accentuer la difficulté de l’exercice en se faisant aussi légère que le vent, aussi silencieuse que l’air, puis donner un petit indice – infime même – pour que les apprenties se retrouvassent.

Elle sentait quelque chose de spécial, cependant. Une invitation, une particularité, comme attendant à l’orée de son esprit. Sourcils légèrement froncés, elle ferma les yeux et s’ouvrit à cette sensation, méfiante tout de même. Et puis, un léger poids s’abattit sur son épaule, et elle sursauta. Ses réflexes sauvèrent le pauvre petit animal qui s’accrochait à son manteau avec ses griffes : un Chuchoteur ! Un sourire sur les lèvres, Swif caressa la petite créature, qui soupira d’aise, avant de dérouler son message.

« Swif, j’ai besoin de toute urgence de toi à Al-Poll. J’ai prévenu un ami Marchombre, qui a fait remonter le message. Il m’a dit que quelqu’un te rejoindrai et que tes apprenti(e)s seraient rapidement pris en charge. Il m’a parlé d’un trou dans une grotte, je n’ai pas tout compris. Dans tous les cas, je t’attends.
Papa. »


Le cœur de Swif fit un bond dans sa poitrine. Pourquoi son père avait-il besoin d’elle ? S’il la contactait de cette manière, c’est qu’il y avait vraiment urgence, encore plus qu’il ne le mentionnait. Que se passait-il ? Sa respiration s’accéléra, mais elle s’efforça au calme. Elle devait dans tous les cas prévenir Xenoza et Léna. Laissant un instant passer, la petite créature toujours sur son épaule, la jeune femme et ses apprentis continuèrent de marcher.

Puis, Swif commença :

- Léna, Xenoza… J’ai quelque chose à vous dire…

Elle laissa passer une seconde, avant de continuer.

- Je viens de recevoir un message très urgent, grâce à un Chuchoteur. Je dois absolument m’absenter… Dans ce même message, on me dit que quelqu’un nous attend à la prochaine « salle » pour prendre le relais, et ne pas vous laisser ici seules, évidemment. Vous avez encore des choses à voir avant la fin de ce cours, je vais en parler avec lui.

Sachez que ce n’est pas quelque chose de voulu. Si je le pouvais, je resterai ici avec vous pour terminer cette ouverture à la Voie.
Sa voix se brisa légèrement sur la dernière phrase. - Mais être libre, c’est aussi respecter ses propres convictions et ne jamais s’éloigner de ce que l’on est au plus profond de soi. Je dois m’absenter, cela ne veut pas dire que je ne pourrais pas revenir.

Elle sourit, continuant de marcher doucement, à l’écoute de la réaction de ses apprenties. A son goût, la grande salle, dont elle avait compris qu’elle était le lieu de rendez-vous, était trop proche, et elles y furent rapidement.
En effet, il y avait bien quelqu’un qui attendait là, pour prendre le relais. Un sourire légèrement crispé franchit les lèvres de Swif quand elle entendit la respiration de cette personne. Demandant à ses apprenties de les attendre là, elle s’éloigna avec la personne et échangea plusieurs choses avec elle, notamment ce qu’elle avait appris de ses apprenties et la suite de son programme.

Et puis, elle revint vers ses deux apprenties, leur déposant un léger baiser sur les cheveux.
S’évanouissant dans un soupir.

- Je serais toujours avec vous.






[ Voilà, les filles, je m'en vais... Je suis vraiment désolée de vous laisser ainsi en suspension, je pensais en plus que ce premier cours durerait bien moins longtemps... Bonne continuation à toutes les deux ! Wink ]
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Eloïse Droque
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Dim 15 Jan 2012, 11:22

    Une goutte de sueur coula sur le front de la jeune femme, laissant derrière un fin sillon humide. Elle vint ensuite se perdre dans ses cils, obstruant momentanément sa vue. Eloïse la chasse délicatement du bout des doigts, continuant sa course à travers les arbres.

    Imperturbable.

    Une branche fouetta son visage, ouvrant un trait de feu sur sa joue. Elle n’y prêta pas attention. Son regard était rivé sur l’horizon, une flamme d’inquiétude brillant au creux de ses pupilles. Le temps jouait contre elle. Cela faisait deux jours entiers qu’elle courrait. Inlassablement. La Marchombre ne s’était arrêtée que quelques heures à la nuit mourante pour manger et dormir un minimum. Puis elle avait repris sa course.

    Vers l’Est.

    ~

    Eloïse déambulait dans un des couloirs de l’académie quand un de ses collègues vint à sa rencontre. La Marchombre se raidit malgré elle, un souvenir vieux de 11 années remontant en elle.

    Elle le chassa.


    - Eloïse, j’ai besoin de toi.

    La jeune femme inclina légèrement la tête sur le côté, une flamme de curiosité venait de s’allumer dans son regard. Elle le suivit sans un mot. Tous deux allèrent s’installer dans un coin tranquille, à l’abri de l’agitation de l’académie.

    - Connais-tu Swifaraen Fyliah Naseyran Gil’Loliam, plus connue sous le nom de Swif ?

    Eloïse pris quelques secondes pour réfléchir. Ce nom lui évoqué de vagues souvenirs mais pas assez précis pour qu’elle en soit sûre. Cela faisait onze ans qu’elle se trouvait à l’académie, peut-être l’avait-elle déjà croisé. Mais elle ne la connaissait pas personnellement. La seule chose dont elle était sûre, c’est que cette personne était maître avec elle.

    Ne voulant pas trop s’avancer, elle nia de la tête.


    - Elle est maître à l’académie et est en ce moment dans les plateaux de l’Est avec son groupe. Cependant elle doit s’absenter en urgence et ne peut donc plus assurer son cours. Il faudrait donc que tu aille t’en occuper. Ils se trouvent en ce moment dans une grotte qui a la particularité de s’étendre sur plusieurs kilomètres tout en étant pesée par de multiple trou qui la relit à la surface. C’est à encirons deux jours de course à l’Est. Tu devrais la trouver sans trop de problème. Swif et son groupe vont bientôt arriver à une grande salle ouverte à l’extérieure. C’est là que tu dois les rejoindre le plus vite possible.

    Eloïse resta un long moment sans bouger, le fixant. Plusieurs longues secondes s’écoulèrent avant qu’elle n’acquiesce. Plus, d’un mouvement souple, elle se leva, le salua et fila dans sa chambre se préparer au départ.

    ~

    Un lourd sac de toile frappait son dos au rythme régulier de sa course. Eloïse resserra les lanières pour qu’il épouse parfaitement la courbure de sa colonne et cesse de balloter ainsi.

    Et elle continua à courir.

    Son cœur était serré par l’angoisse qui faisait briller ses yeux. Sa première crainte était de ne pas arriver à temps. Si l’affaire de Swif était si urgente que cela, elle n’aurait sans doute pas le temps d’attendre avec ses deux apprenties son arrivé. Eloïse se devait donc d’arriver avant le groupe à la caverne.

    Sa seconde crainte était de ne pas se faire accepter par ce nouveau groupe. Rependre le cours d’un autre n’était pas chose facile et jamais la Marchombre ne s’était essayé à ce genre d’épreuve. Avancer vers l’inconnu n’avait jamais été un problème pour elle. Mais elle ne pouvait empêcher son cœur d’accélérer légèrement à cette idée.

    Chassant ses angoisses et ses pensés, la jeune femme se concentra sur sa course, se débarrassant d’une nouvelle goutte de sueur. Elle pouvait sentir avec plaisir ses muscles rouler sous sa peau. Répondre au moindre de ses sollicitations. Effectuer chaque mouvement avec grâce et souplesse.

    Liberté.

    C’est l’une des choses qu’elle apprécié le plus dans sa condition de Marchombre. Pouvoir conter sur son corps à tout moment. Sur ses réflexes. Tout lui semblait possible. Cette sensation de liberté l’enivrait plus qu’elle ne l’aurait voulu.

    En plus de l’Harmonie.

    Comprendre le vent. Dompter la brume. Chevaucher les courants. Danser sur les façades.

    Liberté.

    Ses yeux brillaient maintenant d’un éclat nouveau.

    Bonheur.

    Eloïse laissa l’air pénétrer dans ses poumons, savourant sa caresse. Et la grotte apparue devant elle.

    Sombre.
    Paisible.

    Elle la contourna, la suivant de l’extérieur. Une heure plus tard, elle arriva enfin à la salle qu’elle cherchait. Un trou béant déchirant la terre. Et au fond, une vaste salle éclairée par les rayons du soleil se déversant par la brèche. Le regard brillant, Eloïse se lança dans la désescalade d’une paroi simple et escarpée. Quand ses pieds touchèrent le fond, elle s’inquiéta de ne voir personne. Mais les bruits de pas se dirigeant vers elle firent naitre un grand soulagement chez elle.

    Elle était à l’heure.

    Debout au centre de la salle, Eloïse regarda trois jeunes femmes découcher d’un petit boyau. La Marchombre reconnue immédiatement Swif, menant le petit groupe. Elle se dirigea directement vers elle, l’amenant à l’écart. Eloïse sentait sa peine et sa réticence à lui céder son groupe mais elle ne dit rien, son visage toujours figé en ce masque de sérénité.

    Swif lui offrit rapidement ce qu’elle avait déjà abordé avec son groupe. Eloïse elle, ne dit pas un mot, écoutant attentivement. Puis, l’ancienne meneuse du groupe recula, se dirigeant une nouvelle fois vers ses deux apprentis. Eloïse se tint à l’écart, laissant au petit groupe la liberté de vivre seul leurs derniers instants.

    Puis il se brisa, Swif disparaissant dans les profondeurs de la grotte tandis que ses deux apprenties restaient là, seules.

    Eloïse s’avança, une flamme de compréhension brillant dans son regard. Elle se demanda si elle ne devait pas leur laisser plus de temps pour ce remettre de ce départ plus que soudain. Mais finalement, à quoi bon se morfondre dessus ? Elle finirait par l’accepter. Mais la Marchombre savait que cela ne se ferait que très lentement et que l’empreinte de Swif resterai à jamais gravé en elle.

    Sans doute plus présente que ne sera jamais la sienne.


    - Bonjour. Je suis Eloïse Droque et je me trouve en charge de votre groupe à partir de maintenant et jusqu’à ce que votre ancienne maître Swif, ne revienne.

    Elle plongea son regard dans celui de ses deux nouvelles apprenties. La première venait à peine de rentrer dans la vingtaine. Ses yeux était vert, moins brillant que ce d’Eloïse mais pas moins expressif. Son fin visage se trouvait encadré de long cheveux rouge-brun, se mariant à ravie avec sa peau foncé.

    Quand à la seconde, elle était plus vieille. 26 voir 27 années, Eloïse ne pouvait le dire avec certitude. Elle possédait également des yeux vers et des cheveux relativement foncé bien que clairsemé de quelques mèches blondes.


    - Votre maître m’a déjà mit au courant de ce que vous avez fait avant mon arrivée. Mais j’aimerai savoir ce que vous, vous avez apprit durant son enseignement. Et que vous présentiez également, on ne m’a malheureusement pas dit à qui j’allais avoir l’honneur.

    Sa voix était douce. Eloïse, qui d’habitude ne parlait guère, se laissait aller pendant ses cours, seul moment où l’on pouvait pleinement apprécier le timbre de sa voix.

    Le regard brillant de plaisir, Eloïse fixait ses deux nouvelles apprenties.


__________________________________________


Merci à Alexanor et à Papi.
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Ven 03 Fév 2012, 20:54

    Peu à peu, le temps file, et je m'habitue à la proximité troublante de la roche. Je dois même dire que je m'en tire pas mal, maintenant : je ne suis plus sur le bord de la panique. En fait, j'en viens presque à apprécier le silence qui règne dans la grotte et la fraîcheur qui s'installe dans les pores de ma peau. Certes, mais ce n'est pas du tout une activité que je recommencerai !

    « Léna, Xenoza ... J'ai quelque chose à vous dire ... »
    J'ai d'abord crû qu'elle voulait nous informer de quelque chose. D'une erreur que nous avions faite ... mais vu le ton qu'elle emploie, je doute que ce soit un truc d'aussi simple. Que se passe-t-il, bon sang ? La grotte va-t-elle s'effondrer, ou quoi ? À que Swif doit nous annoncer que nous ne sommes pas faites pour la Voie ?

    Des dizaines de scénarios de catastrophe sont nés dans mon esprit, mais j'étais complètement à côté de la plaque. Sauf qu'honnêtement, j'aurais préféré devoir renoncer à être Marchombre, j'aurais préféré que la grotte s'effondre sur nous. N'importe quoi d'autre que ça.


    « Je viens de recevoir un message très urgent, grâce à un Chuchoteur. Je dois absolument m’absenter… Dans ce même message, on me dit que quelqu’un nous attend à la prochaine « salle » pour prendre le relais, et ne pas vous laisser ici seules, évidemment. Vous avez encore des choses à voir avant la fin de ce cours, je vais en parler avec lui.

    Sachez que ce n’est pas quelque chose de voulu. Si je le pouvais, je resterai ici avec vous pour terminer cette ouverture à la Voie. »
    Le doux son de sa voix s'est brisé alors qu'elle nous annonçait la nouvelle. Sur le coup, je n'ai pas compris le sens de ses paroles. Ou, plutôt, je n'ai pas voulu. Tout, mais pas ça, par pitié ! Des trois maîtres que j'ai eus, Swif a été la seule à comprendre. Elle a été la seule à me prouver que je suis encore capable de m'en sortir, que les dés ne sont pas encore jetés, que la vie n'est pas encore terminée. Mais maintenant, maintenant que j'ai aperçu un peu de lumière grâce à elle, elle me quitte ? Je n'arrive pas à l'accepter. Je ne veux pas l'accepter, je refuse que quelqu'un prenne sa place. Mais tôt au tard, je devrai m'y faire.

    Accepter les choix des autres pour ne pas entraver leur Liberté ...


    « Mais être libre, c’est aussi respecter ses propres convictions et ne jamais s’éloigner de ce que l’on est au plus profond de soi. Je dois m’absenter, cela ne veut pas dire que je ne pourrais pas revenir. »
    Menteuse.

    Elle sait très bien qu'elle ne reviendra pas, et je le sais autant qu'elle. Pourtant, ces paroles me rassurent. Quelle idiote je fais ...

    Nous continuons tout de même à marcher, nous rapprochant dangereusement de la prochaine salle. Et finalement, nous y sommes arrivées. J'ai observé l'obscurité à la recherche de la personne qui prendra la relève. Après quelques secondes d'inspection, je l'ai finalement vue.

    C'est une femme, manifestement plus vielle que Swif d'environ dix années, et elle me paraît normale. Elle mesure autour d'un mètre soixante-quinze, son corps est maigre et bien taillé, son visage est une peinture de douceur colorée aux teintes crémeuses et décorée avec deux splendides joyaux vert étincelant comme des dizaines de petites émeraudes. Le tout s'harmonise parfaitement avec les cheveux d'ébène qui dansent contre ses joues. Elle est jolie.

    Mais je ne fierai pas à ça. Depuis le temps, j'ai appris à ne pas me fier aux apparences, à m'en méfier, voire. C'est sûrement une bonne chose. Ou pas, va savoir ...

    Bref, Swif est rapidement revenue de sa discussion avec notre prochain mentor, me coupant ainsi dans mon observation, mais elle ne dit rien. Elle s'approche simplement de moi, elle dépose un léger baiser dans mes cheveux, puis plus rien. Elle s'est évanouie dans l'obscurité ...


    « Je serais toujours avec vous. »
    C'est à cet instant-là, précisément, que j'ai compris qu'elle était partie. Pour de bon. Les larmes se sont donc mises à couler sur mes joues, lentement. Puis un sanglot désespéré brûla ma gorge, déchira mon coeur. Il a été le seul. Parce qu'après, l'obscurité m'a engloutie.


    *

    « Ne baisse pas les bras, Xenoza. Tu as encore la force. Nous y arriverons.

    Adwyn ne trouve pas son compte ici. Elle a décidé de nous laisser. C'est triste, mais on ne peut revenir sur sa décision à sa place. C'est injuste, mais personne n'avance forcé sur la voie des marchombres. C'est une démarche individuelle, que l'on sent au plus profond de soi ...

    Xenoza, si tu n'as jamais trouvé la force de faire ce que tu pensais vouloir, il y a une raison : tu te bas pour vivre. Pour toi, surtout. Cela va vous paraître étrange que je vous dise cela, mais si vous vous attachez aux personnes qui vous entourent, il faut faire la part des choses. Comprendre que leurs choix ne nous regardent pas, et faire nos choix en fonction de ce que l'on est, et non pas de ce que l'on veut être. C'est pour cela qu'il faut se découvrir soi-même ... Et c'est cela la Liberté. Accepter les choix des autres pour ne pas entraver la leur ... Se comprendre pour ne pas s'emprisonner soi-même ...

    Léna ... Je ne remplacerai jamais Lanza, et je ne le connais pas. Mais une chose est certaine, il ne t'a pas abandonné. Il reste là ... Dans ton coeur. Tous ceux qui ont eu de l'importance pour vous demeureront dans votre coeur, ne les oubliez pas ...

    Ce que vous faites aujourd'hui ne sera qu'un échauffement dans trois semaines. Vous n'allez jamais cesser de progresser. Et la seule personne à laquelle vous devez sans cesse vous mesurez, c'est vous-mêmes ... N'oubliez pas cela. Jamais.

    Je vous ai déjà dit que l’univers n’était fait que de forces. Des forces qu’il faut sentir et comprendre. Auxquelles il faut s’ouvrir. Vous avez appris à vous ouvrir à la nature, et à tout ce qui était calme. Maintenant, tentez de venir comprendre l’eau, l’eau qui coule et s’écoule, qui vient vous défier.

    Mais cela n’est pas un défi… C’est une danse. »



    *

    Les larmes ont rapidement cessé de couler, tandis que l'obscurité déposait un lourd voile sur mon regard. Mais malgré tout, je ne dois pas en vouloir à Swif. Ni à personne d'autre, d'ailleurs. Ses choix ne la concernent qu'elle, elle seule. Elle est libre de choisir ce qu'elle veut faire, de choisir quelles convictions comptent le plus pour elle. Et elle a fait son choix, et je dois l'accepter. Je dois admettre que quelqu'un, quelque part ailleurs, a plus d'elle que nous, et Swif ne peut pas le laisser tomber.

    Un sourire se dessine doucement sur mes lèvres. Elle ne m'a pas abadonnée. Elle était seulement partie pour mieux revenir ... mais d'ici là, j'ai une mission à remplir, un objectif à atteindre, une tâche à achever.

    Je dois devenir libre, que ce soit avec ou sans Swif l'aide de Swif.

    Je pose ma main sur mon coeur, puis je laisse s'envoler au vent un message destiné à accompagner Swif, peu importe sa destination. Puis j'ai relevé le regard. Prête à tenter d'accepter le quatrième maître qui va m'offrir la Voie. Il est certain qu'elle ne remplacera jamais Swif, qu'elle ne réussira sûrement jamais à faire ce que Swif a fait pour moi. Parce que cette dernière m'a redonné la vie.

    Mais qu'importe. Elle m'aidera à m'accorder un peu plus chaque jour à la Voie, à devenir un peu plus Marchombre à chaque seconde, à me rapprocher de Swif, encore et encore. Pour qu'on se retrouve, un jour ou l'autre. Pour qu'elle soit fière de ce que je suis devenue, pour qu'elle voit je suis restée forte même si je l'ai perdue dans quelques épisodes de ma vie.

    Finalement, les ombres ont cessé d'emprisonner ma vision. Tout est devenu clair : les douces teintes de la roche sont revenues. J'ai regardé autour de moi, pour voir si Léna s'en sort, pour voir si je peux lui offrir mon soutien, dans le cas où elle irait mal. J'ai l'ai vue à l'entrée de la salle, prête à partir. Mais j'ai été plus rapide qu'elle. Je me suis élancée, et je lui ai attrapé le bras.

    Je ne veux pas qu'elle parte, elle aussi.

    Mais quand j'ai vu le désespoir dans ses yeux verts habituellement si déterminés, j'ai compris que c'était plus que ce qu'elle ne pouvait supporter. Elle doit partir, elle n'a pas le choix. Et peut-être ... peut-être qu'un jour la Voie lui offrira enfin le chemin qu'elle veut. Mais pour l'instant, cette Voie ne fait que lui briser le coeur, morceau par morceau, miette par miette. Et elle n'arrivera pas à les recoller si elle reste avec nous.

    C'est pourquoi je dois la laisser partir, elle aussi.

    Je l'attire vers moi, la serra contre moi. Pour lui montrer que je suis encore là, que je tiens à elle. Pour ne pas qu'elle fasse de conneries en sortant d'ici.


    « Tu vas me manquer, Léna ... C'est dommage que l'on ait pas pu se connaître plus que ça. Mais ce n'est pas grave. Un jour, je te le jure, on se reprendra. On reprendra l'histoire depuis le début. Et on écrira des jours meilleurs. Gardes-toi en forme, pour le jour où tu pourras enfin renaître ... Et n'oublies pas. Je serais toujours avec toi. Comme tous ceux qui sont partis, comme Lanza, comme Adwyn, comme Swif. Nous serons toujours sur la même Voie, nous marcherons toujours ensemble vers une même direction ... »
    Elle m'offre un sourire à travers ses larmes. J'espère qu'elle sait que je ne mens pas, j'espère qu'elle comprend que ce ne sont pas des mots lancés comme ça. Je crois vraiment qu'un jour, elle renaîtra et que je la retrouverai. Pour que l'on puisse écrire des jours meilleurs ...

    Elle se retourne, puis part à la course, sans un regard en arrière. Sois forte, Léna ...

    Je retourne doucement vers mon nouveau maître, attendant la suite de l'histoire. Parce que rien n'est encore terminé ...


    « Bonjour. Je suis Eloïse Droque et je me trouve en charge du groupe à partir de maintenant et jusqu’à ce que ton ancienne maître Swif, ne revienne. Elle m’a déjà mit au courant de ce que tu as fait avant mon arrivée. Mais j’aimerai savoir ce que toi, tu as appris durant son enseignement. Et que tu présentes également, on ne m’a malheureusement pas dit à qui j’allais avoir l’honneur.»

    « Enchantée, Éloïse. Je me nomme Xenoza. »
    Je lui offre un sourire sans faille, sans peur. Je ne peux plus me permettre d'avoir peur, de trembler, d'être incertaine. Parce que si j'échoue, tous mes efforts et leurs efforts auront été vains. Je dois devenir Marchombre pour moi, avant tout, mais aussi pour Léna, pour Lahis, pour Yndrel, pour Sokea qui ont tous été stoppés dans leur ascension vers la Voie. C'est pour cette raison que je ne me permetterai pas d'erreurs.

    « L'enseignement de Swif m'a beaucou aidé à avancer. Elle m'a montré comment se préparer physiquement à faire un effort avec des étirements et des échauffements que je ne faisais point, avant. Elle m'a donné quelques bases de préparation pour un voyage, bases que je ne respectais jamais avant, partant sur un coup de tête sans nourriture, sans eau, sans vêtement de rechange, sans destination. Et après, elle m'a appris à m'accorder. À m'accorder aux armes, aux animaux, aux adversaires, à la roche.. Elle m'a fait comprendre mon centre d'équilibre, pour m'aider à ne pas m'effronder lorsque je reçois des coups. Et elle m'a fait jouer avec l'eau, elle m'a prouvé que celle-ci n'était pas aussi dangereuse que je le croyais. Je devais simplement m'accorder à la rivière, être aussi fluide qu'elle, être aussi glacée qu'elle, être aussi déchaînée qu'elle, et ainsi je pourrais danser avec elle sans que son courant ne m'emporte. En gros, c'est ce que j'ai appris avec Swif.

    Je souhaite que vous m'en montrerez autant, si ce n'est plus, pour je puisse continuer à avancer et que je cesse de répéter les erreurs que j'ai faites par le passé. »
    Je lui donne un autre sourire, tout aussi splendide que le premier. Un sourire franc, un sourire vrai.
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Dim 12 Fév 2012, 17:23

    Un nouveau départ. Peut-être plus déchirant que le premier.

    Eloïse s’écarta de nouveau, effaçant sa présence et laissant aux deux jeunes femmes une sphère d’intimité. La Marchombre ne les quitta cependant pas des yeux, les observant avec curiosité.

    Un nouveau départ. Celui d’une apprentie maintenant.

    Eloïse resta immobile pendant que les deux apprenties se faisaient leurs adieux. Une lueur de tristesse s’alluma dans son regard, une aiguille de regret se plantant dans son cœur. La Marchombre avait espéré pouvoir continuer à mener ces deux apprenties sur la Voie mais voila qu’une s’en écartait. Peut-être voulait-elle suivre son ancien maître, refusant l’idée qu’elle puisse la quitter. L’idée qu’elle la laisse entre les mains d’une autre.

    Celles d’Eloïse.

    Ou peut-être était-ce tout autre chose. Une prise de conscience. Celle de ne pas se trouver dans la bonne Voie. Ou de ne pas avoir le courage de continuer. Eloïse poussa un léger soupir, fermant les yeux. Il pouvait y avoir tant de raison à ce départ et elle n’en serait sans doute jamais la véritable.

    Plusieurs minutes s’écoulèrent. Eloïse capta dans le silence quelques paroles murmurées emportaient par le vent. Elles étaient empruntent d’amour, de sincérité. Un soupçon de tristesse faisait légèrement vibrer sa voix. La Marchombre aimait déjà ce timbre. Profond et plein d’émotions. La Marchombre rouvrit les yeux quand elle sentit le regard de sa nouvelle apprentie sur elle.

    Fixant son regard dans le sien, elle la détailla de nouveau. Ce qui la frappa le plus était sans doute la finesse de son corps. Eloïse se surprit à penser qu’il pouvait devenir, avec un peu s’entrainement, extrêmement souple ce qui serait sans nulle doute un atout pour la jeune femme. Elle se promit de lui faire travailler cela et de lui apprendre à en tirer le meilleur profit possible.


    « Enchantée, Éloïse. Je me nomme Xenoza. »

    Xenoza.

    Eloïse articula ce nom en silence, faisant rouler chaque syllabe sur sa langue. Il était magnifique. Fluide et pourtant emprunt d’un sublime relief.

    Harmonieux.

    Eloïse accepta ce nom d’un léger mouvement de tête, son regard brillant de plaisir. Elle décelait en cette jeune femme une lumière plus présente que chez ses anciennes apprenties. Comme si elle avait déjà commencé à grandir, à s’épanouir sans qu’un maître n’est commencé à la modeler. Cette sensation accentua davantage la lueur au creux de ses pupilles.


    L'enseignement de Swif m'a beaucoup aidé à avancer. Elle m'a montré comment se préparer physiquement à faire un effort avec des étirements et des échauffements que je ne faisais point, avant. Elle m'a donné quelques bases de préparation pour un voyage, bases que je ne respectais jamais avant, partant sur un coup de tête sans nourriture, sans eau, sans vêtement de rechange, sans destination. Et après, elle m'a appris à m'accorder. À m'accorder aux armes, aux animaux, aux adversaires, à la roche... Elle m'a fait comprendre mon centre d'équilibre, pour m'aider à ne pas m'effondrer lorsque je reçois des coups. Et elle m'a fait jouer avec l'eau, elle m'a prouvé que celle-ci n'était pas aussi dangereuse que je le croyais. Je devais simplement m'accorder à la rivière, être aussi fluide qu'elle, être aussi glacée qu'elle, être aussi déchaînée qu'elle, et ainsi je pourrais danser avec elle sans que son courant ne m'emporte. En gros, c'est ce que j'ai appris avec Swif.

    Centre d’équilibre.
    S’accorder.
    Jouer.

    Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la Marchombre. Presque imperceptible. Rien qu’un infime frémissement mais qui signifiait tellement de chose. L’admiration, la curiosité, l’étonnement. Xenoza avait employé trois expressions si parfaitement en harmonie avec leur sens qu’Eloïse ne pouvait qu’admirer le chemin qu’elle avait déjà parcourue dans la Voie. Ce n’était certes que son premier cours mais elle s’était déjà profondément avancée dans la Voie de l’Harmonie.


    Eloïse en tirait un profond plaisir et elle ne pouvait qu’admirer le travail prodigieux qu’avait commençait Swif. Etre à la hauteur allait être un véritable défi pour la jeune femme.

    Je souhaite que vous m'en montrerez autant, si ce n'est plus, pour je puisse continuer à avancer et que je cesse de répéter les erreurs que j'ai faites par le passé.

    Cette dernière phrase frappa Eloïse au cœur. Tout autant que le sourire qui l’accompagnait.

    Profond et sincère.

    Eloïse s’inclina légèrement devant elle, la main remontant au niveau de sa poitrine. Promesse muette et intense. De la guider jusqu’au bout. De lui transmettre la moindre partielle de son savoir. Pour qu’elle avance. Toujours plus loin.

    Jusqu’à la dépasser.

    La Marchombre se redressa finalement, les yeux brillant d’une telle intensité qu’ils auraient put à eux seuls percer les ténèbres du Néant.


    - Nous avons trois années devant nous Xenoza. Trois années où je t’offrirais la moindre partielles de mon savoir. Trois années où je te guiderais à travers la Voie jusqu’à ce que tu m’y dépasse.

    Sa voie était douce, profonde et sincère. Presque solennelle. Après avoir gratifié son apprentie d’un dernier regard, elle se tourna vers l’entrée de la grotte. S’y approchant, elle reprit la parole.

    - Swif t’a apprit à t’accorder Avec les armes, les animaux, tes adversaires, à la roche et à l’eau. Laisse-moi maintenant t’apprendre à t’accorder au silence et à l’obscurité. Chaque être possède cinq sens. L’ouïe, la vue, l’odorat, le gout et le touché. Chacun des cinq se travail, s’éduque. Si l’un d’eux est caché, les autres se développent pour essayer de compenser. Dans le noir, ta vue est inutile. Tu dois donc te fier à tes quatre autres sens pour espérer t’en sortir. L’ouïe est souvent la plus utile dans ce genre de cas. Mais l’odorat et le touché peuvent également te servir.

    Pour ce premier exercice, je te propose de te concentrer exclusivement sur ton ouïe. Un peu plus loin se trouve une petite caverne qui sera parfait pour cela. Large et relativement haute de plafond, elle t’offrira une assez grande liberté de déplacement. L’objectif est simple. J’ai sur moi de petits bouts de bois sur lequel est accrochée une clochette. Je te les lancerais et ton but est de les éviter. Pour cela, tu devras les percevoir arriver, deviner leur trajectoire et esquiver.


    Elle se retourna, posant son regard sur elle. Puis, d’un geste de tête, elle l’invita à la suivre, se glissant dans le petit boyau. Calquant son rythme sur celui de son élève, Eloïse se dirigea vers la petite caverne est question. Une fois arrivée, elle se plaça au centre et appela son apprentie.

    - Viens te placer à côté de moi. Tu te trouveras au centre. Tu as autour de toi un rayon de 10 mètres pour te déplacer. Tu es prête ?

    Eloïse se glissa silencieusement contre une paroi, retirant d’une petite sacoche six morceaux de bois à bout arrondie. Une clochette était suspendue au bout de chacun d’eux. Le silence qui régnait dans la caverne était total. Fermant les yeux, la Marchombre claqua sa respiration sur celle de la terre, la rendant presque inaudible à son apprentie puis porta son attention sur le souffle de Xenoza.

    Celui-ci était fort. Profond. Eloïse n’eut aucun mal à la repérer. Se concentrant, elle saisit délicatement un projectile entre ses doigts et le lança droit sur son apprentie. Chaque lancé était accompagné du doux tintement d’une clochette, annonçant son arrivé.

    Eloïse répéta six fois se mouvement, laissant s’écouler une poignée de secondes entres chacun d’eux, le temps de retrouver la position de son apprentie. Laissant également à Xenoza le temps de s’accorder avec son environnement.

    De s’accorder avec elle-même.


__________________________________________


Merci à Alexanor et à Papi.
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Dim 25 Mar 2012, 17:28

    Sourire.

    Éloïse accueille mes mots avec un sourire, ce qui me fait chaud au coeur. Je ne suis pas tombée sur quelqu'un comme Elunis ... heureusement. Je doute que j'aurais pu rester auprès d'elle, dans ce cas-là. Parce qu'Elunis ne partageait pas ma vision du monde qui m'entoure. Pas la moindre similitude. Ce qui, franchement, était insupportable. Un Maître aux convictions complètement différentes de ses élèves. La chimie ne pouvait pas fonctionner : le lien si puissant qui me connecte aujourd'hui à Swif et qui me connectera sûrement à Éloïse était impossible à créer. Mais bref, ce n'est pas le cas avec Éloïse, il faut donc que j'arrête d'ajouter des si et des mais partout. Le sourire d'Éloïse s'élargit.

    Étonnement, curiosité, admiration.

    Mon nouveau mentor recule de quelques pas et s'incline doucement, la main sur la poitrine. J'ai sû qu'elle serait la dernière à me guider dans mon ascension vers la Voie. Qu'elle voulait rester, qu'elle voulait m'offrir son savoir, pour que je continue d'avancer, encore et encore, et que je finisse par la dépasser. Mais qu'importe. Elle est déterminée à rester, c'est la seule chose qui compte à mes yeux. Je me fiche complètement qu'elle ne puisse pas m'offrir la Voie à la manière de Swif, que je mette des années à la dépasser, en autant qu'elle puisse m'offrir la certitude qu'elle serait là, avec moi. Ce qu'elle vient de faire.

    Promesse d'un lendemain.

    Je baisse légèrement la tête, et je plante mon sabre entre elle et moi. Pas pour créer une distance entre nous deux, bien au contraire. C'est un symbole, chez moi. Qui signifie que j'accorde toute ma confiance, tout mon respect à Éloïse. Le doute, la haine, le rejet n'ont pas leur place dans cette promesse. Si j'enfreins une de ces deux règles, je brûlerai en enfer. Mais ce n'est pas ce qui m'empêche de trahier cet engagement. Ce qui me l'interdit, c'est mon père. Parce qu'en brisant ce serment, je ferais honte à son nom. Et je n'oserais pas le décevoir, je n'oserais pas lui faire honte.

    Jamais.


    « Nous avons trois années devant nous Xenoza. Trois années où je t’offrirais la moindre partielles de mon savoir. Trois années où je te guiderais à travers la Voie jusqu’à ce que tu m’y dépasse. »

    Douceur contre rudesse.

    Elle prend une voix douce, sincère, profonde, à la limite du solonnel pour me dire ces mots, mais je ne peux empêcher mon sourire de s'effacer, mon corps de se crisper, mes muscles de se tendre. Trois années. Le même voeu de fidélité que j'avais fait à l'égard Elunis, qui a failli m'achever. Parce qu'elle n'est jamais revenue. Parce que, bien qu'elle m'ait abandonnée, elle a continué à avoir un contrôle total sur moi. Je ne pouvais pas partir. Parce que j'avais promis la mort en cas d'abandon. Mais si je restais à l'académie, mes fantômes allaient m'étouffer. C'était pourquoi j'étais partie à la rencontre de la Mort, pour qu'elle m'arrache à ce fardeau. Heureusemet, le Destin s'était mis dans mon chemin et avait retourné mes pas vers l'Académie. Raison pour laquelle je suis auprès d'Éloïse, aujourd'hui. S'il faut que je m'engage encore à donner trois ans de ma vie à un Maître, je ne pourrais pas y arriver.

    Inspiration.

    Il faut pourant que j'y arrive. Et je sais qu'elle ne veut pas de mal, en me disant cela, en m'imposant involontairement un face-à-face avec mes fantômes du passé. Je sais que ce n'est pas dans ses intentions. Et pourtant, je ne peux m'empêcher de la toiser quelques instants, de penser qu'il n'est pas encore trop tard pour tourner les talons et m'enfuir. Et que ce n'était pas la promesse faite quelques minutes qui m'en empêcherait. Parce que je savais que mon père comprendrait mes raisons.

    Expiration.

    Je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas partir encore une fois. Il faut que j'affronte mes peurs, pas que je les contourne. Ainsi, je serais libérée. Mais si je m'enfuis encore, je serais pourchassée par mes fantômes, éternellement. Si, à nouveau, je tourne les talons à cause de la peur, je serais emprisonnée dans mes doutes et dans mon passé à jamais.

    Refus.

    Je soupire, et je finis par me calmer. Éloïse met fin au moment de silence en se dirigeant d'un pas léger vers une ouverture de la grotte, sûrement dans l'idée de m'imposer un nouvel exercice. Lequel ?

    Interrogation.

    C'est avec le sourire aux lèvres que je m'approche finalement d'elle, calmée. Déterminée à faire ce qu'elle s'apprête à me demander. Déterminer à prouver à elle, à eux, mais surtout à moi, que j'en ai encore la force.


    « Swif t’a apprit à t’accorder avec les armes, les animaux, tes adversaires, à la roche et à l’eau. Laisse-moi maintenant t’apprendre à t’accorder au silence et à l’obscurité. Chaque être possède cinq sens. L’ouïe, la vue, l’odorat, le gout et le touché. Chacun des cinq se travail, s’éduque. Si l’un d’eux est caché, les autres se développent pour essayer de compenser. Dans le noir, ta vue est inutile. Tu dois donc te fier à tes quatre autres sens pour espérer t’en sortir. L’ouïe est souvent la plus utile dans ce genre de cas. Mais l’odorat et le touché peuvent également te servir.

    Pour ce premier exercice, je te propose de te concentrer exclusivement sur ton ouïe. Un peu plus loin se trouve une petite caverne qui sera parfait pour cela. Large et relativement haute de plafond, elle t’offrira une assez grande liberté de déplacement. L’objectif est simple. J’ai sur moi de petits bouts de bois sur lequel est accrochée une clochette. Je te les lancerais et ton but est de les éviter. Pour cela, tu devras les percevoir arriver, deviner leur trajectoire et esquiver. »

    Dilemme.

    Esquiver une cloche, dans le noir, alors qu'on ne voit rien, oui, ça doit être difficile. Esquiver une cloche, dans le noir, alors qu'on y voit tout, c'est terriblement facile. Et ça n'apporte pas les objectifs demandés, soit la concentration exclusive sur l'ouïe.

    Incertitude.

    Je ne peux pas faire ça. Je ne peux continuer de taire cette particularité. Éloïse doit bien l'apprendre, un jour ou l'autre ... non ? Ça peut être un avantage, dans ma formation. Elle pourra sûrement s'en servir. Je dois lui dire.

    Soupir.


    « Parfait. Par contre, aurais-tu un bandeau dans ton sac ? J'en aurais besoin. Sinon, ce serait de la triche, et je ne pourrais pas me concentrer sur mon ouïe. Parce que mes yeux, ils ... ils voient dans le noir. Et pas qu'un peu. Très bien ... »

    Elle me tend un bandeau, en m'expliquant tout de même ma position dans la salle. Le centre, avec un rayon de dix mètres pour bouger. Avec mes yeux à découvert, ça aurait été un jeu d'enfant. Mais avec ce bandeau qui les voilera, ce ne sera plus du tout la même chose. Non seulement je ne verrai plus la position d'Eloïse, mais en plus, je ne saurai que difficilement par où la clochette va arriver. Ça s'annonce difficile ... mais ça en vaut la peine. Je tend finalement mon bandeau et l'attache de façon à ce qu'il couvre entièrement mes yeux.

    Obscurité.

    Mon souffle s'accélère, à cause de la peur, sûrement. Je n'aime pas l'obscurité. Ça me fiche toujours la trouille, quand ma vision nocturne me lâche, parce que les ténèbres prennent le dessus et m'empêchent de voir quoi que ce soit. Et là, c'est la même chose, mais en plus pire. Parce que je me prive volontairement de ma vue.

    Peur.

    Je dois lutter contre l'envie de retirer mon bandeau et de retrouver mes repères visuels. Mais je ne dois pas. Je n'avouerais pas ma peur, je n'admettrais pas ma faiblesse. Je vais garder ce fichu bandeau, et je vais leur prouver, moi, à ces fantômes, que je suis forte !

    C'est parti.

    Je tente de me concentrer sur l'environnement autour, sans succès. Je n'entends pas Eloise bouger, je n'entends pas Eloise respirer, je n'entends pas Eloïse me lancer le morceau de bois. Au moins, j'ai entendu le léger tintement de la cloche. Cependant, je n'ai pas sû de quelle direction il venait. Le baton m'a donc heurtée doucement l'épaule droite.

    Raté.

    Je soupire. La deuxième fois sera la bonne. Du moins, je l'espère. J'essaie de me repérer. J'ai à peine bouger depuis le début de l'exercice, je dois donc être encore très près du centre. Eloïse peut donc m'attaquer de tous les côtés. Il faut que je me méfie. Et il faut que je me concentre. La cloche, je dois focuser sur le bruit de la fichue cloche ! Malheureusement, comprendre que je devais concentrer mes énergies à localiser la cloche ne m'a pas fait réussir. Le morceau de bois a fini sa course contre ma poitrine. Si ça avait été un poignard, je serais déjà gravement blessée.

    Raté, encore.

    Je serre les poings. Je suis totalement incapable de me répérer sans mes yeux. Et pourtant, je dois y parvenir. Je ne peux pas avouer ma défaite. Je continuer d'essayer. Je soupire, et je reprends mon calme, tout en essayant de comprendre ce qui ne fonctionne pas en moi.

    Réponses.

    Alors qu'Eloïse lançait son troisième morceau de bois et que j'entendais la clochette, j'ai compris. Encore une fois, le problème ne vient pas de mon incapacité à faire quelque chose. Non, ce n'est pas ça. Le problème, c'est ma rudesse, mon entêtement, ma façon de faire, en gros. Depuis le départ, je n'ai pas essayé une seule fois de m'accorder aux éléments qui m'entourent. Au lieu de me glisser dans l'harmonie du monde par le calme, j'essayais d'y pénétrer par la force. Mais ce n'est pas ainsi que je vais y parvenir.

    Compréhension.

    Le quatrième morceau de bois devrait arriver bientôt. Et cette fois, je vais réussir. Ce n'est pas bien compliqué. M'accorder au monde qui m'entoure. Être aussi silencieuse que la nuit, être aussi calme qu'elle. Lorsque le tintement de la clochette se fait entendre, j'essaie de me concentrer sur son bruit. Plus rien ne compte, mis-à-part cette infime mélodie. Mentalement, je dessine la salle. Je suis encore au centre. La première cloche venait de ma droite, la deuxième venait de l'avant, de même que la troisième. Le bruit de la clochette n'est pas aussi fort que les trois fois précédentes. Le baton arrive forcément par derrière ! Je me glisse doucement vers la gauche, dans l'espoir d'esquiver le morceau de bois.

    Presque.

    Le bâton caresse un instant mon bras droit. Je n'ai pas réussi à l'éviter complètement, mais il faut dire que je n'ai pas échouer non plus, ce qui est un bon début. Un sourire se glisse alors sur mon visage. Je suis près de la réussite ! Le cinquième bout de bois qui sifflera dans l'air n'arrivera pas à m'atteindre. Je suis totalement concentrée. Aussi calme et silencieuse que les ténèbres qui m'entourent, j'attends le bruit qui devrait me révéler la position du morceau de bois. Finalement, je l'ai entendu. Très clairement. Il ne peut donc pas venir de derrière. Le bruit se rapproche. Mon oreille gauche le perçoit mieux que mon oreille droite. Je me déplace rapidement vers la droite, et, quelques instants plus tard, j'entend la morceau de bois finir sa course contre le sol.

    Réussite.

    Un sourire illumine alors mon visage. J'ai finalement réussi ! Mais je ne dois pas baisser ma garde pour autant, je dois rester prête à toutes les éventualités. Puisqu'Eloïse ne s'est toujours pas manifestée, c'est que l'exercice n'est pas terminé. Je me concentre donc, retrouvant le calme des ténèbres, le silence de la nuit. Dans la salle retentit alors le bruit de la clochette, timide. Je l'entends faiblement de l'oreille droite, mais pourtant plus que de la gauche. Sauf que la clochette ne peut pas venir de la droite. Eloïse ne se déplace pas aussi rapidement ! Si le morceau de bois arrivait par l'arrière, je ne l'entendrais pas mieux qu'un côté, de même que pour l'avant ! Que faire, alors ? Je n'ai aucune idée d'où provient le tintement de la clochette et il ne me reste que quelques infimes secondes avant qu'elle ne m'atteigne.

    Incertitude.

    C'est alors qu'une solution surgit dans mon esprit. La clochette est au niveau de mes épaules, j'en suis persuadée. Alors, même si j'ignore la position exacte du bout de bois, je peux quand même l'esquiver ... en me penchant ! Cette solution vient raviver mon sourire. Quelques secondes plus tard, j'entends la clochette tomber sur le sol, à quelques mètres de moi.

    Réussite, encore.

    Cette fois-ci par contre, je ne me laisse pas déconcentrer. Je reste prête à toutes les éventualités, je me concentre pour entendre le bruit qui trahira le prochain lancer d'Eloïse. Rien. Pas de nouvelle attaque. L'exercice est terminé.

    Deux sur six.

    Pas mal, pour une première fois. Mais qu'importe le score, au final ? J'ai réussi à comprendre la nuit et à jouer avec elle, j'ai réussi à m'accorder à tous éléments pertubarteurs du calme des ténèbres, soit le morceau de bois avec sa clochette. C'est un bon début, non ?

    Sûrement.

    Finalement, je me retourne dans la direction vers laquelle Eloïse a lancé son dernier bâton. Et j'attends ses remarques qui, je n'en doute pas, me seront très utiles. Après ? Je verrai bien. J'ai tout simplement hâte de connaître le prochain exercice, de savoir mon prochain défi. En tout cas, celui-ci est une réussite. La preuve : j'ai encore le bandeau sur les yeux, mais je n'ai plus peur. N'empêche que je ne suis pas très à l'aise avec mes yeux voilés, mais je sais que ça viendra avec le temps. Je ne dois pas être pressée : de toute façon, j'ai trois ans devant moi ...

    Gagné.

    Vous avez perdu la partie, mes chers fantômes.
    Et c'est loin d'être la dernière fois.


[ Désolée, désolée, désolée ! J'ai pris tellement de temps, et en plus, je t'arrive avec une réponse vraiment nulle ... désolée, désolée, c'est tout ce que je peux dire =/ J'essaie de ne plus te faire ça, juré ! ]
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Eloïse Droque
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MessageSujet: Re: Groupe Kabay - Cours n°2 - Partie 2   Ven 06 Avr 2012, 19:56

    Six lancés.

    Chacun parfaitement ajustés. Rapides et puissantes. Le temps d‘attente entre chaque se raccourcissant toujours plus.

    Trois heurtent la chair de Xenoza.
    Un est légèrement dévié.
    Deux ne rencontre que le vide.
    Score final : deux et demi sur six.

    Les yeux d’Eloïse se mettent à nouveau à briller. Cette jeune fille est extraordinaire. Depuis le début, la Marchombre a coutume de faire subir cet exercice à ses élèves pendant leur premier cours. Pour jauger leur niveau de compréhension. Elle le tient elle-même de son ancienne maître.

    Où elle avait obtenu une note ovale – soit dit en passant-.

    Eloïse avait eut trois élèves. Deux n’avaient réussie à en esquiver qu’un. Le troisième avait vite comprit l’exercice et seuls trois bâtonnets l’avaient atteint. Ce jeune homme était une perle.

    Etait…

    Une douleur ancienne se rallume dans la poitrine d’Eloïse. Un long frisson parcourt son corps, le glaçant. Elle se bat un instant pour retrouver le fil de ses pensés.

    Xenoza.

    Cette jeune fille lui fait atrocement penser à lui. Sa façon de parler. De se tenir. Elle a en elle une flamme/ Vive et puissante. Un mini incendie qui ne cherche qu’à grandir.

    Et s’épanouir.

    Elle possède le même talent inné. Celui qu’Eloïse avait vu lentement croître chez Elryn.

    Avant qu’il ne s’éteigne.

    Xenoza…

    La puissance qu’elle voit en elle lui fait peur. Malgré elle, elle la redoute.

    Autant qu’elle l’admire.

    La Marchombre craint que cela ne se renouvelle. Une nouvelle souffrance. Elle ne sait si cette fois elle s’en relèverait. Sans doute pas…Eloïse tente de chasser ces pensées.

    Ré-enfouir ces souvenirs.
    Et profiter.

    Plusieurs minutes s’écoulent dans le silence le plus total. Seul la respiration de Xenoza déforme légèrement cette bulle presque parfaite. Son souffle est cependant moins présent qu’au début. Plus accordé avec l’obscurité. Se glissant dans les ténèbres avec encore un peu difficulté.

    Mais beaucoup d’Harmonie.

    Ce temps d’attente ç deux but. Jauger la patience de son élève et observer ses réactions face à cette inaction.

    Xenoza ne bouge pas. Toujours sur ses gardes. Sa respiration est calme et régulière. Pas de peur. Pas de précipitation.

    Juste de la sérénité.

    Eloïse fini par se décoller de la paroi où elle s’était adossée, bras croisés, et s’avance vers son élève, sans plus cacher sa position. Aux creux de ses pupilles brûle un véritable incendie de plaisir.

    Celui de guider.
    Intense.


    - Tu peux retirer ton bandeau.

    Nyctalopie.

    Comment est-elle entrée en possession d’un tel don ? Sans doute est-ce de naissance.

    Un mystère attisant encore plus la curiosité d’Eloïse.
    Un secret révélé à reculons.
    Combien d’autre me cache-t-elle ? Une multitude sans doute…

    Dont un lié à on passé. Celui d’élève.

    Le souvenir de la r »action de Xenoza face aux prétendantes paroles d’Eloïse remonte à son esprit. Déclanchée pas un deux mots.

    « Trois années. »

    Une promesse que chaque élève doit faire à son maître. Lui offrir trois ans de sa vie… Ou mourir. Un serment tissant le lien entre guide et apprenti.

    Puissant.

    Xenoza avait eut deux maîtres avant Eloïse. Deux fois elle avait donné une partie de son existence à un Marchombre. Et à chaque fois, tout s’était écroulé.

    Maintenant, elle semble avoir peur. Que tout recommence. D’être de nouveau abandonnée. Eloïse comprenait son sentiment. Sans rien connaître à son historie.

    Peut-être se trompait-elle. Fort probablement d’ailleurs. Mais elle apprendra.

    Le temps n’était pas un problème.

    Lâchant un soupir silencieux, Eloïse se tourne vers le souffle de son élève, le regard toujours brillant. De plaisir et de curiosité à l’égard de cette jeune femme. Presque maternel.

    Ce qui lui faisait peur.

    Le même attachement qu’elle avait éprouvait pour Elryn naît pour cette élève.

    Elle détourne le regard et se penche, ramassant l’un des petits bâtons. Glissant sur le côté, la jeune femme en récupère un second. Puis un troisième.

    Trois échecs.

    Eloïse se redresse finalement ; tentant de se repérer. La Marchombre avait toujours était à l’aise dans l’obscurité. Aucune peur. Aucune angoisse.

    Juste une sérénité à toute épreuve et un sens de l’orientation très développé.

    La jeune femme se rapproche tranquillement de la paroi et en fait le tour, ramassant à tâtons les trois bâtonnets manquants.


    Deux réussites et demie.

    Les rangeant dans une petite sacoche, elle fait signe à son élève de la suivre. Sans une parole.
    Nyctalopie.
    Inutile de parler même dans le noir.

    Eloïse apprécie.

    Quand la Marchombre débouche enfin à la lumière du jour, elle est obligée de plisser les paupières, les rayons du soleil meurtrissant ses yeux rendus fragiles par les ténèbres. Plusieurs secondes s’écoulent avant que sa vision ne redevienne claire. Préciser.

    Les deux jeunes femmes sont maintenant dans une nouvelle caverne à ciel ouvert. La fin d’une succession de grattes et de boyaux. Devant elles, s’érige une paroi rocheuse haute d’une trentaine de mètres.

    Pour rejoindre la surface.
    Le prochain exercice.

    Mais avant celui, il faut encore clarifier l’ancien. S’étirant sans retenue, Eloïse profite un moment de la caresse du soleil sur sa peau pâle et du chant tranquille des oiseaux qui vient nourrir ses oreilles. Puis elle se tourne vers son élève, lui offrant un regard sereine et comblé.

    - Qu’as-tu tiré de cet exercice ?

    Question directe. Et vaste.

    Eloïse souhaite tut savoir. Leçon, émotions, point forts, points faibles, attitudes. La Marchombre a vu ce qu’elle avait fait. Elle avait constaté. Mais elle ne savait pas ce que Xenoza avait ressentie.

    De plus, l’élève comprends toujours mieux par lui-même. Le faire analyser ses gestes est toujours très constructif. La Marchombre n’aimait pas donner ses reproches et ses conseils déjà pré mâchés à ses apprentis. Ces derniers peuvent toujours comprendre quand on leur explique.

    Mais jamais entièrement.

    Prendre conscience seul de certaines choses est plus instructif.

    Beaucoup plus.

    Penchant légèrement la tête sur le côté, Eloïse lance un regard d’encouragement à son élève, l’incitant à prendre la parole.

    Une flamme intense dans ses pupilles.


[ Si tu m'offre d'aussi magnifique Rp à chaque fois, je suis prête à attendre un mois de plus. C'est à moi de m'excuser pour la qualité de ce dernier... ]

__________________________________________


Merci à Alexanor et à Papi.
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