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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Mer 16 Mar - 0:12

Syndrell avait mal aux jambes.
Lâchant un profond soupir, elle renonça à faire la course contre la nuit qui allumait déjà dans le ciel de petits flocons étoilés ; au mieux de sa forme, elle aurait pu parcourir encore quelques kilomètres, mais poursuivre dans un tel état de fatigue ne pouvait lui apporter que des ennuis. Laissant glisser son sac sur le sol, elle étendit les bras loin au-dessus de sa tête et s’étira longuement, grimaçant lorsque ses muscles raides protestèrent avec vigueur.

Mais pour elle, la journée n’était pas encore terminée.
Elle s’était arrêtée à flanc de coteau, profitant du relief inégalement accidenté pour s’abriter du vent glacial qui balayait la plaine avec force, à proximité de l’Ombre qui serpentait paresseusement entre les hautes herbes. Le fleuve était bordé d’arbres qui lui fournirent assez de bois pour se constituer une petite flambée, mais allumer le feu lui prit plus de temps que d’ordinaire. Ce vent, qui n’avait pas cessé de souffler tout au long de la journée, était à présent malin et joueur ; il fallut à la jeune femme plus de patience que nécessaire pour obtenir une première étincelle…

Elle n’avait rien à faire cuire. Sans Nuance pour porter outres d’eaux et sacs de vivres, il fallait qu’elle voyage léger ; comprenant qu’elle n’emporterait pas de viande siffleur avec elle, malgré son insistance, Tanank avait fini par emplir son sac de miches moelleuses, de fromage et de galettes de miel. Il y avait là de quoi la faire tenir jusqu’à Al-Far, peut-être même au-delà ! Un sourire naquit sur les lèvres de Syndrell lorsqu’elle se rappela la mine navrée du jeune homme, alors qu’elle balançait son sac sur son épaule, prête à partir.


- Quel appétit d’oiseau, vraiment ! Tu sais, quand on a la chance de côtoyer aussi… intimement… un éleveur de siffleurs, on oublie l’idée de régime sans hésitation !

- Et toi, tu as une cervelle d’oiseau ; tu oublies que sans cheval, je ne risque pas d’aller bien loin si je suis chargée comme un baudet…


- Je peux seller Salamandre…

- Non ! Je te remercie, mais j’ai commencé ce voyage à pied ; c’est donc de cette manière que je compte le finir.


Il avait secoué la tête, amusé – c’était cela, le charme de Tanank : cette capacité à s’offusquer de rien, même du plus invraisemblable. Elle ne lui avait pas précisé qu’elle était une marchombre, mais pour une fois le mensonge, même par omission, n’entrait pas en ligne de compte : s’il lui avait demandé, elle lui aurait répondu sans hésiter.

Une chape de brume voila soudain le regard de la jeune femme. Aussi fou que cela puisse paraître, Tanank lui manquait. Il s’agissait d’une histoire sans lendemain – ils l’avaient su l’un comme l’autre dès le premier soir, mais cette petite semaine passée au pied des montagnes, de ses montagnes, avait largement remonté son moral. C’était un homme fabuleux, mais Syndrell savait que s’il lui manquait, c’était avant tout parce qu’Owen lui manquait. Parce que Tanank avait su, pendant six jours, combler ce vide créé par le mercenaire, alors qu’elle avait besoin de lui. A présent que Miss avait quitté son cercle, il ne lui restait plus que lui…


- Tu es triste ?

- Oui, Lipilip, je suis triste. C’est dur de dire au revoir à quelqu’un qu’on aime…


- Miss n’est pas partie loin ! Je suis sûr que tu vas la retrouver.

- J’en suis convaincue. Mais je songeais à une autre personne, vois-tu…


- Non, je ne vois rien. A part ces framboises. Tu en veux une ?


Nouveau sourire.
Le visage éclairé par la lueur des flammes, Syndrell croqua dans une galette. Pour revenir jusqu’à la Chaîne du Poll, elle n’avait pas emprunté le même chemin qu’avec Miss, mais elle n’avait pu résister à l’envie de faire un crochet par la Forêt Maison. Elle avait hésité, pourtant, se demandant si revenir sur ses pas n’allait pas faire remonter à la surface la douleur de la séparation avec son maître…. Les Petits avaient tôt fait de chasser cette inquiétude.

Ils l’avaient accueillie de la même façon que Miss, c’est-à-dire en se jetant sur elle, et pendant les trois jours qu’elle avait passés avec eux, Lipilip ne l’avait pas quittée d’une semelle. Il faut dire que le dialogue était désormais plus facile entre eux, maintenant qu’elle parvenait à se débrouiller dans leur langue ; prenant sans le savoir le relais de Miss, Lipilip avait corrigé ses fautes et nourri son vocabulaire, profitant au passage pour lui faire découvrir plus amplement sa forêt. Il avait appris à Syndrell que Miss était passée les voir seulement quelques jours plus tôt ; ils allaient bien, son bébé et elle, d’ailleurs elle avait encore grossi et, comble du comble, ne supportait toujours pas les framboises…

Miss enceinte.
Puis cette séparation, entre ciel et terre…
Frissonnant moins sous les assauts du vent que par cette prise de conscience, Syndrell resserra les pans de sa cape autour de sa gorge. Nom d’un Raïs puant, il s’en était passé des choses, depuis son retour du Rentaï ! Et tout s’était enchaîné si vite… Un véritable tourbillon, celui d’une vie mouvementée, une vie trépidante mais qu’elle s’était choisie. C’était étrange ; abandonnée toute sa vie, elle, la petite orpheline jugée trop différente aux yeux des autres, elle concevait désormais – depuis sa brève mais fabuleuse halte chez Tanank, pour être exact – le départ de Miss comme quelque chose de positif. C’était devenu un bon souvenir, de ceux qui prennent à la gorge d’émotion mais qui ne s’oublient jamais ; le souvenir d’un envol, d’un nouvel horizon qui s’ouvre, chargé de possibles et de rêves à accomplir…


* Du calme, ma vieille. Tu penses trop, à ce train c’est carrément le cerveau qui va lâcher !*

[i]Coupant court à sa réflexion avant qu’elle ne l’entraîne vers une pente plus nostalgique, Syndrell ôta sa cape, puis se redressa et contourna le feu. Il ne faisait vraiment pas chaud ; si les journées ensoleillées annonçaient le retour attendu du printemps, les nuits semblaient encore retenir l’hiver, proposant bourrasques et petites pluies froides au programme. Heureusement, il ne pleuvait pas ce soir-là ; la lune elle-même daigna jeter un coup d’œil entre deux nuages, comme intéressée par la gestuelle marchombre dans laquelle se plongea avec une aisance folle la jeune femme. Elle s’endormit le cœur léger et l’esprit apaisé. Mais son sommeil fut néanmoins agrémenté de rêves sans queue ni tête.

L’aube la trouva tout de même reposée. Quelques exercices d’assouplissements alliés à sa gestuelle nocturne lui avait dégourdi les bras et les jambes, et lorsqu’elle reprit la route, ses articulations semblaient moins rouillées. Ses paumes conservaient encore les traces d’écorchures causées par le passage de la Chaîne du Poll. Elle avait profité de son séjour chez Tanank pour laver ses vêtements et réparer les accrocs, mais sa cape commençait à fatiguer, de même que ses bottes. Tout en trottinant plutôt allègrement vers le sud, toujours en longeant l’Ombre, elle fit mentalement un rapport de son état. En soi, elle n’allait pas trop mal ; l’on pouvait même dire qu’elle allait bien, tant physiquement que mentalement. Ses blessures à la pommette et au genou droit cicatrisaient, les raideurs de son bras gauche diminuaient jour après jour. Tanank lui avait prêté main forte pour couper ses cheveux, devenus trop longs à son goût ; ils poussaient sans vergogne depuis le début de son apprentissage avec Miss, il était normal que parvenue à la fin de celui-ci, elle prenne un nouveau départ, et sa coiffure aussi…

Elle s’était également un brin remplumée. Tanank avait raison, elle avait un appétit d’oiseau mais il avait trouvé le moyen de lui faire manger du siffleur à toutes les sauces, usant de ses talents de cuisinier pour la faire succomber à la tentation. Elle avait succombé. Pour sa défense, elle expliquerait plus tard que le jeune homme n’avait pas seulement mis son don culinaire dans la balance…

Le jour filait, et Syndrell filait plus vite encore.
Elle devait être parvenue à la limite entre la plaine de Shaal et les plateaux ; Astariul n’était pas un endroit qu’elle connaissait bien, aussi réduisit-elle sensiblement son allure, de manière à renforcer sa concentration sur tout ce qui l’entourait, depuis les rapaces tournoyant lentement dans le ciel aux pourpriers occupés à bronzer sur des rochers plats. Ces derniers étaient difficilement repérables parmi les hautes herbes qui tapissaient le sol jusqu’à l’horizon, contraignant la jeune marchombre à élargir sa foulée pour ne pas se faire surprendre.

Elle courait, au cœur d’une mer verte et calme en apparence.
Elle courait vers le sud, vers le printemps, vers l’Académie ; et pour une fois, ce n’était pas dans les traces de Miss, mais dans celles de son instinct.
L’instinct d’une marchombre prête à s’envoler.
Non. Qui volait déjà. [/i
]

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Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 20/10 au 03/11]
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(Wëlle, merci... tout simplement)


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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Mer 16 Mar - 13:10

S’arrêter sous un soleil brut et froid, pour partager un peu de sa puissance, à son apogée. Avancer, pourtant, l’échine presque courbée sous les assauts du vent. Comment peut-on en arriver là ? Trouver la puissance-même, devenir cette puissance, et courber le dos, voûter les épaules, pour subir inlassablement les forces de la Nature… Oh, évidemment. Les forces de la nature, du monde, régissent le cœur des hommes. Elles leur imposent des limites, des appréhensions, des obstacles à franchir. Mais lorsque cela fait tellement longtemps que l’on s’approprie ces forces, ne peut-on en tirer un petit plus ?

Sans doute serait-ce trop demander. Dolce, après tout, était une force de la nature. Il lui avait fallu les trois ans de son apprentissage pour gagner patience et puissance, et désormais il alliait subtilement ces deux concepts pour continuer à avancer, sans trêve, acquérir sans cesse de nouveaux savoirs, glisser dans le temps et entrevoir le futur. Il avait décidé, quelques jours plus tôt, au détour d’un feu entre quelques pierre, qui s’élevait sous les ramures épaisses des arbres d’Hulm, qu’il voulait tenter une nouvelle expérience, inédite. Après tout, il avait, lui semblait-il, acquis assez d’expérience et de sagesse pour commencer à réellement transmettre son savoir sans s’exposer à des erreurs d’immaturité.

Six ans, qu’il avait terminé son propre apprentissage. Trois ans qu’il avait sa greffe. Un passage obligatoire pour lui, qui avait réussi le dernier examen du Domaine, et qui avait toujours aspiré, même sans son expérience, à enseigner, et par conséquence à devenir Maître Envoleur. Cela faisait trois ans qu’il n’était pas retourné au Domaine, mais déjà lorsqu’il en était parti, il avait fait la connaissance d’un Maître tout fraichement arrivé, et sans réelle formation. Une créature étrange, au corps nu et pourtant recouvert d’écailles brûlantes, dénommée Rubis. Cette découverte avait fait glisser de longs frissons dans son corps : tout restait à apprendre, toujours. Il y a sans cesse, quelque part, quelque chose à découvrir, à comprendre, à apprendre. Tout ce qui pouvait sembler impossible devenait possible, s’étirait dans l’univers de Gwendalavir.

Comme lui-même, en un sens. Certes, dans sa famille, plusieurs personnes avaient les cheveux d’un vert foncé, tirant sur le brun ou le noir pur, mais en Gwendalavir, les alaviriens prenaient bien souvent peur, lorsqu’ils se rendaient compte que ses courts cheveux étaient plus verts que noirs, justement. Et encore, cela ne se voyait pas tant que cela, chez lui. Une question revenait, parfois inlassablement : pourquoi, sur l’Île des Femmes, y avait-il une nuance de plus dans la couleur des cheveux des humains ? Il n’avait pas de réponse à cela. Peut-être l’iode puissant de la mer était une réponse, mais il en doutait. Après tout, de tous les pirates qu’il avait rencontrés, aucun n’avait cette nuance.

Mais en quittant la jungle d’Hulm, dans la nécessité de rallier le Domaine, il avait vu aussi l’opportunité de retrouver Gazia quelques jours. Ils correspondaient encore régulièrement, et Dolce appréciait grandement cela. Il respectait l’Envoleuse peut-être plus qu’il se respectait lui-même, et elle avait gagné une place unique dans son cœur. Une place où seule l’amitié était envisageable. Elle était sa confidence, et cela était réciproque. Pourtant, ils gardaient une certaine distance entre eux, pour ne pas entraver la liberté de l’autre, pour ne pas s’entraver eux-mêmes. Leur Maître aurait sans doute été surprise de les voir en si bon terme, parce que l’apprentissage n’avait pas été facile, à cause de leurs points de vue complètement divergents. Un léger soupir passa ses lèvres, alors qu’il portait son regard sur l’horizon. Il redescendait d’Al-Poll, puisque c’était là-bas qu’agissait Gazia, et tombait directement sur Ombreuse pour rallier le Domaine.

Cela faisait plusieurs jours qu’il marchait, sur le terrain accidenté des Plaines de Shaal, et venait de passer la frontière floue qui les séparait des Plateaux d’Astariul. La nuit tombait, lentement, et sa marche ne décéléra pourtant pas une seconde, alors que l’ombre du sommeil du soleil venait agiter les animaux nocturnes. Une légère lumière entre les fourrés, et les arbres, attira son attention, et alors le jeune homme s’avança, aussi silencieux que l’ombre elle-même. Il y avait une personne qui faisait un feu non loin, et il n’y prêta qu’une attention minime, avant de décider de ne pas s’en tenir trop loin pour prévenir de quelques risques. Ne s’en occupant plus, il mangea une barrette de viande séchée dans son sac, avant de s’endormir.

Ce fut le bruit de la course de l’humaine qui réveilla Dolce, au petit matin. Se redressant, il fronça les sourcils, songeant soudain qu’il était étonnant de voir une personne voyager en courant. Il savait que certaines personnes étaient pressées, mais dans ce cas-là, elles prenaient un cheval… Intrigué par la tournure que prenaient les choses, il se leva à son tour, s’habilla rapidement et suivit les traces de la jeune femme. Elles étaient légères et espacées, montrant par là qu’elle devait avoir l’habitude de courir ainsi, et donc une bonne condition physique. Un léger sourire se glissa sur les lèvres du jeune homme, qui prit sa suite, aussi léger qu’elle, mais à une vitesse plus élevée dans le but de la rattraper.

Sa silhouette se découpa devant lui, alors qu’elle ralentissait, comme pour vérifier le paysage autour d’elle, comme si elle se méfiait de quelque chose… Et alors que le regard vert clair du jeune homme passait sur l’image de la jeune femme, il identifia immédiatement ce qu’il émanait d’elle : Harmonie et Sérénité. C’était une Marchombre. Et c’était très intéressant. Voulant éviter de l’offenser, Dolce accéléra une dernière fois pour se mettre à la hauteur de la jeune femme, et lui adressa un sourire.

- Excusez-moi, mademoiselle, j’ai suivi vos traces depuis ce matin, alors que vous m’avez réveillé en passant devant ma couchette. Envisagez-vous de continuer seule ? Ces plateaux sont rudement dangereux…

Sa voix douce et tranquille contrastait avec le fait qu’il courait, même si ce n’était pas vite. Son regard, brillant d’intérêt pour la Marchombre, était posé dans celui… doré, de cette dernière. Il cilla un instant sur la couleur de ses cheveux : d’un bleu vif étonnant, et magnifique ! Un sourire étira ses lèvres, alors qu’il faisait une petite révérence du menton.

- On m’appelle Dolce, demoiselle.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Mer 16 Mar - 16:21

Elle perçut son souffle et sa foulée une poussière de seconde avant qu’il ne s’arrête à sa hauteur. Un temps très court, à peine un battement de cils, qui lui permit largement de se tendre, tous ses sens en alerte. Elle modifia sa foulée, adoptant un rythme plus lent, plus court, écarte légèrement les bras et garda la tête droite, le regard porté sur l’horizon.

Mais même sans le regarder, elle savait que c’était il.
Il, parce que l’ombre portée sur elle appartenait à un individu bien plus grand et cachait presque entièrement le soleil. Il, parce que son souffle, quoi qu’à peine distinct, était grave et puissant. Il enfin, parce qu’il lui adressa la parole presque immédiatement. Il est rare qu’un homme puisse réaliser une action, en l’occurrence courir, sans apostropher la personne, homme ou femme, qui se tient près de lui.


- Excusez-moi, mademoiselle, j’ai suivi vos traces depuis ce matin, alors que vous m’avez réveillé en passant devant ma couchette. Envisagez-vous de continuer seule ? Ces plateaux sont rudement dangereux…


Il n’avait d’ordinaire que l’apparence. Le ton de sa voix, grave et chaud, donnait bonne contenance et inspirait la confiance. Mais il y avait quantité de petits détails qui venaient contredire cette nonchalance naturelle, autant d’aspérités qui retinrent l’attention de Syndrell.

Pour commencer, elle pouvait affirmer que peu de gens osaient s’aventurer seul dans les dangereux plateaux d’Astariul, pour la simple et bonne raison qu’il s’agissait ni plus ni moins qu’une mer d’herbe, un océan de menaces, depuis les invisibles rayures des tigres jusqu’aux dents acérées des Bruleurs, en passant par les vieilles ruses des Goules. Elle-même était en ce moment l’exception qui confirme la règle – un défi porté à ces dangers. Que pouvait bien être cet homme, s’il n’était pas un défi ?

Il y avait ensuite ses paroles. Apparemment, elle l’avait réveillé en passant non loin de son campement. Or elle n’avait aperçu aucun feu, aucune « couchette » depuis le départ de son propre campement nocturne, et pourtant elle avait l’œil partout : être une exception n’excluait pas le risque important de mort, dans ces lieux hostiles. Ce qui signifiait que cet homme l’avait entendue de loin – ou bien aperçue, mais si elle acceptait de croire qu’il était bel et bien en train de finir sa nuit, il ne dormait alors que d’un œil et il avait une ouïe très, très fine.

De simples suppositions.
Mais Syndrell accordait énormément d’importance à la dernière : il l’avait rattrapée sans qu’elle ne le sente ni ne l’entende. Ce n’était pas un mince exploit ; sans aucune volonté de se vanter d’une quelconque façon, Syndrell savait que peu de gens étaient capables de la surprendre, désormais. Parce qu’elle avait été formée à percevoir l’imperceptible, parce qu’elle était douée aussi. Mais avant tout parce qu’elle était marchombre.

Autrement dit, et si elle résumait cette réflexion qui ne dura guère plus de trente secondes, cet homme était assez fou pour voyager seul dans une région particulièrement hostile, doué de sens plus développés que de nature et capable de se faire plus silencieux qu’elle ne saurait l’être. Marchombre ou mercenaire, il s’agissait d’un homme d’arme, probablement extrêmement puissant.

Six mois plus tôt, elle aurait probablement bondi pour se placer hors d’atteinte de toute attaque éventuelle, trahissant par ce geste son rang et ses émotions. Mais sur un terrain comme celui-ci – méconnu, incroyablement plat, manquant désespérément d’arbres, de roches ou de pentes – il était difficile de songer à se battre sans envisager endurance, rapidité, efficacité, expérience. Elle possédait les trois premiers points mais le dernier ne demandait qu’à être nourri ; pour éviter de se placer d’emblée dans la difficulté, mieux valait mettre toutes les chances de son côté.

Elle ne bougea donc pas tandis qu’un signal d’alarme retentissait dans son esprit. Elle se contenta juste de tourner les yeux pour rencontrer le regard, pâle et saisissant, de l’homme qui évoluait à ses côtés. L’étincelle de malice qui y brillait trahissait l’amusement de son compagnon surprise et confirma son avis à son égard. De toute évidence, il avait deviné ce qu’elle était. Pourtant, elle se surprit à lui trouver un air sympathique, et l’écho de ses paroles, qui résonnait encore dans sa tête, n’avait strictement rien de menaçant. C’était simplement un homme qui engageait la conversation – une situation pour le moins incongrue mais qui avait, en dépit de tout ces petits détails dangereux, un fond intriguant. Syndrell s’aperçut qu’elle partageait cet amusement, quel que soit son origine, et la même étincelle naquit dans l’or en fusion de ses yeux.


- On m’appelle Dolce, demoiselle.

Elle lui retourna un regard flamboyant. Deux fois qu’il l’avait appelé « demoiselle ». Deux fois qu’il utilisait ce ton légèrement chantant, un brin charmeur et extrêmement confident. Il courait toujours, son allure désormais calquée sur la sienne, et ne semblait pas attendre de réponse particulière de sa part, comme profitant simplement du fait de partager avec elle quelques instants de cette journée.
C’est ce dernier point qui décida la jeune femme.


- Je ne vois rien, alentour, qui puisse me faire peur… Mais l’offre est tentante.

Elle avait adopté le même ton conciliant d’où pointait l’amusement, mais le message de ses paroles était clair. Elle ne craignait pas cet homme, quelles que soient ses intentions. Et elle n’acceptait pas ouvertement qu’il l’accompagne, le mettant au contraire au défi d’essayer. Quant à son identité…

- Tu peux m’appeler Louve. Enchantée, Dolce.

Méfiance, méfiance.
Elle s’était présentée de la sorte à Faldor, lors de leur première rencontre, reprenant par habitude son nom de couverture d’espionne. Pour elle, la confiance était synonyme d’intimité ; elle n’offrait son nom qu’aux personnes qui parvenaient à nouer ce lien si important à ses yeux. Etrange obsession d’une orpheline qui avait grandi en s’agrippant à la seule richesse qu’elle possédait…


- Alors comme ça, tu descends vers le sud ?



[J'ai continué, Ombe,mais tu nous rejoins quand tu veux Very Happy ]

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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Mer 16 Mar - 22:48

Ce matin-là, le soleil brillait, encore bas dans le ciel. Un rayon de soleil traversa la fenêtre de la chambre d'Ombe. Cela faisait à peine une journée qu'elle était à l'Académie, mais elle s'y sentait déjà comme chez elle, dans son élément. La veille, elle avait décidé de continuer son voyage. Mais cette fois-ci, elle voulait juste découvrir Gwendalavir. Elle a toujours rêvé de voir Al-Poll... pourquoi ? elle ne le savait pas, quelque chose l'attirait...
C'est pourquoi, ce matin-là, elle se leva tôt et se dirigea vers l'écurie.


-Coucou mon beau, salua-t-elle son ami en lui caressant la tête, ça te dis un voyage jusqu'à Al-Poll ?

Le cheval noir appuya sa tête contre l'épaule de sa maitresse. Ombe y déposa un léger baiser puis elle alla chercher son tapis de randonnée, sa selle et son filet et l'harnacha. Elle pris quelques vivres qu'elle déposa dans les sacoches du tapis.

Le soleil était arrivé haut dans le ciel quand elle monta sur le dos de sa monture. Elle ferma les yeux pour savourer quelques instants la douceur des caresses des rayons du soleil et se mit en route.
Elle traversa la Gour et arriva sur la rive du Pollimage. Elle s'arrêta et descendit de cheval. Elle pris le temps d'observer ce fleuve magnifique. La jeune fille ferma les yeux et écouta le bruit de l'eau, en harmonie avec le chant du vent. Cette douce mélodie s'accentua, et Ombe se laissa porter. Elle se sentait libre, suivant les mouvements infinis de l'air avec grâce. Elle se laissa aller, sous le soleil qui posait sur elle un regard chaleureux, bienfaiteur. Elle s'envola, dans son monde. Le sourire au lèvres. Magique.
Elle retrouva la réalité, sourit au soleil, sourit au Pollimage, sourit au monde. Elle était heureuse.
Elle trouva un endroit où le courant n'était pas trop fort et traversa aux côté de son destrier. Elle remonta en selle et continua sa route... vers la Liberté.

Au bout de quelques jours, Ombe se retrouva entourée d'herbe. Un souffle chaud l'entourait. Le souffle du vent, qui lui murmurait de faire demi-tour, de ne pas s'aventurer plus loin. Elle ne savait pas où elle était arrivée mais elle continua, déterminée. Mais, plus elle avançait, plus elle sentait le danger autour d'elle. Tout se faisait menaçant. Même le vent commençait à lui faire peur. Cela lui rappela soudainement un ses cours de géographie. Il existait une région où vivait les pires des créatures. Une région désertique, mortelle. Rares sont les voyageurs qui s'y aventure. Les plateaux d'Astariul. Un frisson lui parcouru le dos. Elle était donc arrivée dans les fameux plateaux...
"J'ai eu de la chance de n'avoir encore rencontré aucun de ces animaux terrifiants qui parcours ces terres..." pensa-t-elle. Mais à ce moment là, elle entendit un léger bruit... Elle arrêta son cheval et tendit l'oreille. On aurait dit des voix... Cela se rapprochait. Elle mena sa monture derrière les arbres et tomba au sol. Elle s'accroupit et attendit, en se disant qu'avec un cheval, elle n'était peut-être pas très discrète...
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Jeu 17 Mar - 9:53

Dolce savait à quoi s'attendre en abordant ainsi la jeune femme. Marchombre. Cela émanait par tous les pores de sa peau, cela fondait de ses yeux et de son attitude, et pourtant, il ne craignait rien. Il ne l'avait en aucun cas agressée de quelque manière que ce soit, en tout cas le pensait-il, et n'avait pas envie de le faire. Surtout que, par dessus tout, c'était une jeune femme qui était devant lui, et cela appuyait encore plus sa démarche de cette rencontre pacifiste. Il remarqua tout de même la méfiance s'emparer du corps de l'inconnue et la faire se tendre, prête à réagir à la moindre faute de sa part, et en sourit largement. Et tandis qu'elle se décidait à répondre – il n'avait pas affaire à un cas social, c'était certain ; non pas qu'il pensait que les Marchombres étaient des cas sociaux, cela aurait été faire une généralité bancale, mais parce que certains d'entre eux qu'il avait déjà rencontré l'étaient – un mouvement à l'orée de son champ de vision attira son attention, tandis que des pas étouffés de sabots contre le sol parvenait à ses oreilles en même temps que les paroles de la Marchombre. Avait-elle entendu, elle aussi ?

Il n'avait remarqué personne aux côtés de la demoiselle, la veille au soir, lorsqu'il avait croisé sa silhouette au détour d'un feu. Il ne pensait pas que cette dernière fût accompagnée, et encore moins d'un cheval, sinon elle n'aurait pas couru. Ainsi, cette troisième personne – il voyait mal un cheval sans cavalier foncer tête baissée dans les Plateaux d'Astariul, alors qu'un tas d'instincts lui criaient de s'en aller pour réchapper aux prédateurs ultimes qui s'y cachaient – n'était ni la connaissance de la jeune femme, ni la sienne. Une nouvelle rencontre, mais qui se cachait... Même si c'était peu efficacement. Un léger sourire sur les lèvres, Dolce tourna un instant la tête pour tenter de repérer d'où venait ce souffle en trop, sans que son regard ne parvint à trouver une couleur non naturelle dans le dédale des buissons alentours, et des rochers aussi.

Malgré son attention qui se portait en partie sur autre chose, Dolce avait capté le ton de la voix de la Marchombre, et hoché la tête pour marquer la compréhension qui en résultait. Elle n'avait pas peur de lui, et c'était tant mieux. Il ne voulait pas lui faire peur, il voulait juste partager sa compagnie : c'était tellement plus simple ainsi. Pourquoi toujours tomber dans la violence et les sous-entendus ? Dolce, s'il avait été comme cela des années, prêt à s'élancer dans n'importe quelle bataille corps et coeur perdus, avait en lui une douceur insoupçonnée, inculquée par sa mère et ses soeurs, et son apprentissage l'avait faite remonter à la surface pour qu'elle domine la violence et le sang qui menaçait souvent de prendre le relais, à l'époque. Cela faisait six ans qu'il avait terminé cet apprentissage, et il sentait que ces pulsions violentes et sanguinaires s'étaient longuement étiolées jusqu'à n'être plus que des ombres, dans son coeur, des ombres qui n'avaient plus aucun pouvoir réellement physique. N'étaient plus que des évaporations indistinctes.

La jeune femme lui offrit un pseudo auquel se raccrocher pour la désigner, et il sourit lorsqu'elle l'évoqua. Louve. Prédatrice, gracieuse, volontaire, forte, puissante, intelligente et réfléchie ? Peut-être était-elle tout cela, et pas une seconde Dolce ne remit cette hypothèse en question. Une femme savait bien souvent bien plus facilement et plus jeune ce qu'elle était vraiment, dans le fond d'elle-même, et il ne remettait pas sa parole en doute. Ainsi, cela serait Louve, jeune animal pleine d'entrain mais sans fourberie, enthousiaste de la vie. Un sourire plus large traversa le visage du jeune homme alors qu'elle demandait s'il descendait vers le Sud, et il hocha doucement la tête, avant de planter son regard dans celui de Louve.

- Je descends vers le Sud, en effet.

Un léger sourire, quand il se rendit compte, en réalité, qu'elle l'avait directement tutoyé. Puis, sans plus d'ambages, il demanda doucement, de sa voix grave.

- Louve... Prédatrice, fidèle, gracieuse, volontaire, puissante, intelligente...

Il sourit, se grattant le haut de l'épaule, portant son regard vers l'horizon, avant de jeter un coup d'oeil sur le côté de la piste qu'ils suivaient.

- Demoiselle, si vous avez toutes ces qualités, ne penseriez-vous pas qu'il serai judicieux d'inviter la personne qui nous observe depuis quelques minutes ?

Un léger soupir se glissa hors de ses lèvres, alors qu'il s'arrêtait pour planter son regard près du seul arbre alentour qui, même si son pied étaient parsemé de buissons et broussailles, abritait la personne en question, dont il avait entendu le souffle et les pas de son cheval. Une nouvelle question se fit un chemin dans son cerveau, et il sourit, avant de poser son regard sur la silhouette de la jeune femme.

- Jeune Louve, ou bien vieille Louve ? Impulsive et croquant la vie, ou sage et réfléchie ?

Il essayait évidemment d'en apprendre plus sur la jeune femme, et cette stratégie était la première à lui être entrée en tête, et il s'en contenterait pour l'instant. Un léger sourire sur les lèvres, il rajusta son paquetage sur ses épaules, avant de tourner la tête vers la source du bruit, et de hocher la tête seul. Cela pouvait s'avérer intéressant, après tout....

A cet instant, Fu sortit sa tête du paquetage, qu'il déséquilibrait, tirant un léger soupir à Dolce. Il porta son attention sur la jeune femme aux cheveux bleus, à côté de Dolce, et éternua vivement, avant d'essayer de sortir. Faisant glisser le paquetage sur son torse, le jeune homme ouvrit le haut de ce dernier et Fu s'étira un instant, avant de grimper sur son épaule et de s'enrouler autour de sa nuque, légèrement méfiant vis-à-vis de la Marchombre. Dolce secoua doucement la tête, et remit son sac correctement dans son dos, attendant une réponse de la part de la jeune femme.
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Jeu 17 Mar - 11:43

- Je descends vers le sud, en effet.

Syndrell hocha la tête. Cet homme – Dolce – avait compris le message, et puisqu’il poursuivait cet échange sur le ton de la conversation de routine, la situation lui convenait. La dernière fois qu’elle avait dû se battre, s’était pour affronter une petite division de cinq ou six Raïs en patrouille, de l’autre côté des hauts monts du Poll. Elle était tout à fait capable de défendre sa vie, mais quitte à choisir, elle préférait manier le tranchant des mots plutôt que celui de ses lames…

Un bruit l’interrompit dans ses pensées.
Le renâclement d’un cheval, pas très loin mais pas si près non plus, qui lui fit tourner la tête – en même temps que Dolce. Tous ses sens en alerte, elle établit rapidement le lien entre une monture apparemment seule et la région dans laquelle elle se trouvait. Ce lien ne pouvait être qu’un cavalier, bien sûr – un cavalier qui n’apparaissait pas dans son champ de vision mais qui n’était pas loin, elle le sentait. Il se cachait, mais sa discrétion n’avait rien à voir avec celle de Dolce. Se pouvait-il qu’ils se connaissent ?

Curieuse, Syndrell détailla son compagnon de route de coin de l’œil. Elle s’attendait à tout de sa part, mais pas à un piège qu’il aurait pu avoir le mauvais goût de lui tendre avec un quelconque comparse. Il n’avait pas interrompu sa course mais gardait son attention tendue vers l’origine du bruit, près des arbres du minuscule bosquet qui s’élevait parmi les hautes herbes. Prêt à réagir, tout comme elle. Un pli de sourire dans le creux de la joue, Syndrell songea qu’ils avaient au moins cette méfiance en commun.

Sans ralentir non plus son allure, elle détailla le jeune homme. Jeune, car endurant et en bonne forme, tandis qu’il évoluait à ses côtés avec une aisance parfaite. Elle nota la courbe ciselée de son profil et celle, musclée mais gracieuse, de son torse taillé par des années d’entraînement. Malgré elle, son regard glissa sur la puissante carrure de ses épaules pour remonter le long de son cou et revenir à son visage, son menton volontaire, ses pommettes saillantes, ses lèvres ourlées dans un sourire…

Il tourna la tête à ce moment-là, la laissant plonger sans prévenir dans le vert nuancé de ses yeux, avant qu’elle ne détourne précipitamment le regard en le reportant droit devant elle. Pourquoi le mot « séduisant » dansait-il dans son esprit ?

Secouant la tête pour éclaircir ses pensées – qui avaient fichtrement besoin d’être éclaircies – la jeune marchombre jeta un nouveau coup d’œil dans la direction du cheval. C’était un bel animal, aussi foncé que les cheveux de Dolce (elle s’asséna une claque mentale pour avoir osé employer cette comparaison) et qui ne semblait pas vouloir bouger bien qu’il ne soit apparemment pas attaché. Sans doute était-il très lié à son cavalier…


- Louve... Prédatrice, fidèle, gracieuse, volontaire, puissante, intelligente...

Haussant un sourcil, Syndrell laissa les paroles du jeune homme s’envoler au gré du vent. Ne parvenant pas à déterminer s’il parlait d’elle ou de l’animal évoqué, elle décida de le laisser poursuivre. Toujours sur ce ton amusé qui, il fallait l’avouer, se prêtait bien à l’ironie de la situation…

- Demoiselle, si vous avez toutes ces qualités, ne penseriez-vous pas qu'il serai judicieux d'inviter la personne qui nous observe depuis quelques minutes ?

La question, anodine, n’était pas dépourvue de sens. Une goutte de sueur perlait à la tempe de Syndrell, comme en opposition à son souffle calme et régulier. Formée par une adepte de la course, elle avait gagné en endurance et aurait pu courir une paire d’heures encore, mais le soleil semblait nourrir le désir de la rôtir et dans cet immense océan d’herbe, il n’y avait pas d’arbre, ou si peu, qui pourraient lui accorder de l’ombre… Les plus proches étaient gardés par le cheval, et Dolce semblait le penser aussi, par une tierce personne. Deux raisons recevables pour qu’elle se permette une halte, aussi ralentit-elle l’allure, direction le petit bosquet.

- Tu oublies « courtoise »… Et curieuse.

Elle avait remarqué qu’il l’avait vouvoyée, mais n’en fit aucun cas. Il persistait à la nommer « demoiselle », preuve que ce « vous » n’était peut-être rien d’autre qu’une tournure poétique, son moyen à lui de se montrer courtois, justement…

- Jeune Louve, ou bien vieille Louve ? Impulsive et croquant la vie, ou sage et réfléchie ?

Syndrell sourit ; il n’ignorait pas qu’elle lui dissimulait son identité, du moins pour le moment, et qu’il préfère s’en jouer plutôt que de s’en offusquer était un détail qui lui plaisait.

- Jeune… Je n’ai pas le temps d’être sage, pour l’instant. Je mords la vie à grands coups de crocs et je laisse ce qui reste de sagesse à mes prédécesseurs.

Elle lui jeta un rapide coup d’œil ; Dolce avait certainement quelques années de plus qu’elle, mais elle ne le pensait pas si réfléchi qu’il en avait l’air. Sa moue mutine aurait plutôt tendance à clamer le contraire…

- Peut-on savoir ce qui te conduit dans le sud ?

Elle aussi avait envie d’en savoir plus. Sans en avoir l’air, cette conversation prenait les traits d’un jeu, le jeu du chat et de la souris. Restait à définir les rôles…
Le bosquet n’était plus très loin lorsque le sac de Dolce se mit à bouger. Syndrell n’eut que le temps de froncer les sourcils ; déjà une petite tête hirsute émergeait du paquetage et laissait échapper un bruyant éternuement. Son compagnon de route soupira de lassitude, mais lorsqu’il libéra le furet du sac, un éclat presque tendre traversa son regard clair. Amusée, Syndrell regarda le petit animal trouver immédiatement sa place sur l’épaule de Dolce et soutint un instant son regard étonné.


- Un cheval n’aurait-il pas été plus utile à ce voyage que cette adorable petite frimousse ?

Tout en posant sa question, la jeune marchombre avait posé le regard sur le cheval, qui renâcla à leur approche et piétina de ses sabots l’herbe grasse. Près de lui, une silhouette se tenait recroquevillée sur le sol. Amie ou ennemie ? Syndrell ralentir l’allure, puis s’arrêta carrément de courir. Détendue, mais néanmoins sur ses gardes, elle échangea un regard avec Dolce. Allait-il prendre l’initiative d’interpeler le cavalier qui devait certainement les avoir vu arriver, ou bien attendait-il qu’elle ne s’en charge ?

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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Lun 21 Mar - 18:25

Il était à convenir qu'en effet, que Loyale aurait été plus à même de supporter le voyage, et surtout de le faire voyager, que Fu, et Dolce sourit à la remarque pertinente de la jeune femme. Mais la jument était restée dans la ville d'Al-Chen le temps qu'il remonte jusqu'à Al-Poll pour une bonne raison, c'était qu'il avait besoin de faire ce voyage à pieds. Pourquoi ? Peut-être simplement qu'il avait besoin de sentir son corps qui fonctionnait, ses muscles qui roulaient sous sa peau et qui réagissaient à la moindre de ses sollicitations. Mais c'était aussi en partie parce qu'il ne voulait pas faire prendre de risque à sa jument : la dernière fois qu'il l'avait emmenée dans les Plateaux d'Astariul, ils y avaient rencontré un Brûleur, et elle avait paniqué et s'était fait une tendinite à l'antérieur droit, et il n'avait pas encore de retenter l'expérience. Tout un tas de raisons, à dire vrai, mais pas réellement bonnes, comme pas réellement mauvaises. Le léger sourire sur ses lèvres s'élargit une seconde avant qu'il ne répondît à la jeune femme.

- Oh, si, évidemment. Mais si on compte sur le calme naturel d'un cheval nerveux et sur l'oeil, on peut aussi atterrir n'importe où sauf là où on le souhaite, surtout dans des Plateaux aussi mal fréquentés que ceux-ci...

Le sourire sur son visage s'était élargi, et il soupira doucement, alors que les griffes de Fu s'enfonçaient légèrement dans son habit, mais sans lui faire mal, alors que le furet se déplaçait pour regarder Louve et avoir le visage de Dolce dans le même axe, la queue tournée vers la jeune femme.

Attrapant le furet doucement sous le ventre, Dolce le mit complètement sur son épaule droite, lui faisant comprendre par là qu'il le gênait en étant autour de son cou, et le petit animal s'agrippa au tissus de son vêtement tout en continuant de détailler la Marchombre.

- Il faut l'excuser, il n'est pas très poli, ce jeune homme.

Donnant un petit coup de nez dans l'épaule du furet, Dolce sourit tendrement, avant de reporter son attention sur l'arbre et le cheval, puis sur la jeune femme qu'il accompagnait depuis peu.

- Je descends dans le Sud pour retrouver ce que j'y ai laissé... A savoir mon cheval, en priorité.

Il aimait ce jeu. Parce que c'était devenu un jeu, il le voyait aussi dans le regard doré hypnotisant de Louve. Il sourit lorsqu'il repensa à sa réponse, comme quoi elle croquait la vie à pleine dent et laissait la sagesse aux plus vieux qu'elle, et se demanda un instant quel âge elle pouvait bien avoir. A la regarder, fine et musclée, le visage aux pommettes hautes et bien dessinées, au regard enivrant, il lui donnait une vingtaine d'années. En avait-elle plus ou moins ?

Il fallut quelques secondes à Dolce avant d'arracher son regard à la silhouette de la jeune femme. Parce qu'il fallait dire ce qui était : elle était très belle, et même magnifique. La voix de sa mère retentit dans son esprit, lui tirant un nouveau sourire, alors qu'il se rapprochait de la jeune femme, qui s'était arrêtée, et souffla doucement à son oreille, d'une voix chaude et tranquille, apaisante.

- Vous êtes très belle.

Puis, comme si de rien n'était, il se plaça à côté d'elle, son regard fixé sur la silhouette recroquevillée d'une personne, un peu plus loin. Son souffle était un peu court, sifflant à cause de sa position, et un léger embrun lui indiqua qu'il s'agissait d'une jeune femme. Encore. Un léger sourire étira ses lèvres, tandis qu'il avançait d'un pas vers le bosquet et tendait une main vers la silhouette en question.

- Excusez-moi ? Vous allez bien ? Vous avez besoin d'aide ?

Rien de mieux que la gentillesse pour désarçonner un ennemi, ou une personne sur le point de vous agresser, Dolce le savait, et il mettait cette théorie en pratique, comme autant de fois qu'il l'avait utilisée avec succès. Avançant encore d'un pas, ne faisant pas craquer une seule brindille sous son pied, il inspira doucement et détendit complètement ses épaules pour montrer qu'il n'était pas agressif, une main toujours tendue vers l'avant, paume ouverte vers le ciel.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Lun 28 Mar - 16:55

Amusée, Syndrell soutint le regard de la petite boule de poils accrochée à son maître comme à une bouée. Le « jeune homme » en question n’avaient peut-être pas de manières, elle souriait devant sa curiosité sans bornes et son petit air méfiant, qui devait signifier à peu près « Si jamais tu t’approches trop de mon compagnon, tu vas voir c’que tu vas voir… ».

Elle ne l’approcha pas.
Non pas parce qu’il était visiblement protégé par un mini furet de garde, mais parce que le jeu se bornait à délimiter une certaine distance – c’était à qui la violerait le premier. En attendant, ils se tournaient autour, s’observant, se jaugeant comme deux loups qui hésitent encore entre sortir les crocs ou faire patte de velours…

Elle ne l’approcha pas, mais elle ne se priva pas de l’observer, lui aussi. Grand, altier, confiant… L’aisance même, alors qu’il se trouvait peut-être en compagnie dangereuse, et qui plus est en territoire hostile – lui-même le reconnaissait. Mais Syndrell ne voyait pas en cette confiance trace de suffisance ; il était peut-être fou, mais pas totalement inconscient. D’ailleurs, elle remarqua que son attention restait fixée sur celui – ou celle ? – qui les observait sans se montrer. Ce dernier se savait-il repéré ? Et si d’aventure il lui venait l’idée de les attaquer, comment réagirait Dolce ? Chacun pour soi ?

Syndrell n’avait pas peur de se battre, et encore moins de se battre seule. Mais si jamais elle devait faire front contre deux personnes, autant avoir en main quelques outils qui pourraient faire pencher la balance en sa faveur… Elle savait, par exemple, que Dolce aimait les bêtes. Celle qu’il trimballait sur son épaule le témoignait largement, sans compter que le jeune homme s’en allait trouver son cheval. Il était donc capable de sentiments, d’affection, ce qui le démarquait du barbare sanguinaire incapable d’aimer, d’éprouver quelque chose. Un détail qui pouvait valoir son pesant d’or.

Ils avançaient plus lentement, à présent, alors qu’ils se rapprochaient du cheval. L’animal semblait nerveux et pointait les oreilles dans leur direction. Si son cavalier ne le retenait pas, il risquait de prendre la fuite… Syndrell ouvrait déjà la bouche pour héler ledit cavalier, histoire de le rassurer sur leurs intentions – du moins, sur ses intentions à elle – lorsque Dolce se pencha soudain vers elle, la coupant dans son élan :


- Vous êtes très belle.

Quatre mots.
Rien que quatre mots – ils eurent l’effet d’une petite bombe, au point que Syndrell se figea sur place. Pas longtemps – l’espace d’une seconde, peut-être deux – mais ce fut suffisant pour laisser un vif éclat de surprise traverser l’or de ses yeux. Elle se reprit instantanément mais la surprise demeurait totale : c’était la première fois qu’un inconnu la trouvait belle, en dépit de sa particularité physique qui en avait fait fuir plus d’un. Elle était bien moins habituée aux flatteries de ce genre qu’aux menaces et au rejet de gens dégoûtés par son apparence, voire effrayés. On l’avait traité de maudite, il lui disait être belle…

Dolce s’était déjà éloigné, changeant de sujet comme on tourne la page d’un livre, pour se concentrer sur le cheval et la silhouette que l’on devinait juste derrière. Ce qui la conforta dans l’idée qu’il était peut-être sincère, malgré l’ambigüité du jeu. Et Syndrell se remit en marche tout en se félicitant intérieurement d’avoir couru – ses joues ne pouvaient pas être plus rouges qu’elles ne l’étaient déjà, elle était donc pratiquement sûre que Dolce n’avait rien perçu de son trouble. Car s’il s’agissait d’une manière de la désarçonner, il était hors de question de lui montrer que cette façon-là avait ses chances de réussir !

Désabusée, elle le regarda s’avancer tout droit vers le bosquet – non, vers la jeune femme qui se tenait juste derrière ledit bosquet. Elle n’avait pas l’air d’être si apeurée que cela et Syndrell décida de rester sur ses gardes, au contraire de Dolce qui tendit une main nonchalante tout en s’inquiétant de la situation de l’inconnue. Il avait aux lèvres ce sourire amusé qui lui donnait tant de charge… et nourrissait la méfiance de Syndrell à son égard. Joli minois, flatteur et beau parleur… La liste s’allongeait de seconde en seconde, de la même manière que le petit furet qui se grandissait sur l’épaule de son maître pour mieux toiser la nouvelle.

S’arrêtant à quelques pas d’eux, Syndrell posa les mains sur les hanches et se contenta d’attendre la suite. Elle était prête à bondir pour se mettre hors de portée.
Juste au cas où…


[ Ombe, c'est à toi de jouer! N'aie pas peur, on va pas te manger (enfin, concernant Dolce, je n'en suis pas si sûre... ^^) ]

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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Ven 1 Avr - 18:08

Les bruits se rapprochèrent. Ombe reconnu la voix d'un homme et d'une femme, mais elle n'arrivait pas encore à entendre ce qu'ils se disaient. Ils étaient encore trop loin. Ombe réfléchit. Qui étaient-ils ? Devait-elle se montrer ? Se sauver ? Les voix se rapprochaient. La jeune fille commençait à percevoir quelques mots… dits sur un ton plutôt calme. Les deux inconnus n'étaient pas en train de se disputer. Elle regarda Bolshoï. Il restait calme. Pour le moment. Les voix devenaient de plus en plus fortes. De plus en plus audibles. Ombe n'entendait que quelques bribes de la conversation. Puis elle pu enfin apercevoir ceux qui en étaient à l'origine.

- Vous êtes très belle.

C'est la première phrase entière qu'elle put saisir. Prononcée par l'homme. Ombe prit le temps de l'observer. Plutôt grand, il avait une carrure de guerrier, imposante, large. Tout en muscles sous sa peau cuivrée, on lisait sur lui des années d'entrainements, des années de travail pour obtenir un tel corps, que ses vêtements en cuir moulants faisait si bien ressortir. Un adorable furet était juché sur son épaule. Il avançait silencieusement, avec souplesse, en harmonie avec son corps taillé en V. Son visage triangulaire était garni de yeux verts, assez clairs, perçants. De la où elle était, Ombe ne pouvait voir ses cheveux, elle était trop basse. Mais ceux-ci lui semblaient assez courts, noirs sans doute. Un calme plat émanait de cet homme. On voyait dans ses yeux la méfiance, mais pas la peur, ni la panique. Il savait ce qu'il faisait. Ombe était impressionnée par cet homme, en harmonie avec son corps et avec l'espace qui l'entourait.

Son regard se posa sur la femme qui l'accompagnait. Ce qui frappa la jeune fille fut sa chevelure. D'un bleu vif éclatant, elle en fut presque éblouie. Elle n'avait jamais vu une telle couleur de cheveux. Mais au-delà de cet étrangeté, cette chevelure était sublime. Elle encadrait un visage aux pommettes hautes, soulignant deux yeux qui lui semblèrent en or, que de longs cils noirs faisait ressortir à merveille. Ombe remarqua une fine cicatrice le long de sa gorge qui suivait la carotide. Cette jeune femme n'était pas très grande, mince. Elle portait des habits moulants, qui découpaient ses formes féminines bien dessinées, sur un corps musclé et élancé. Comme chez l'homme, elle faisait preuve de souplesse et de silence lorsqu'elle marchait. Chez elle aussi, tout était en harmonie. Ombe était émerveillée.

Ils ne paressaient pas se connaitre. Ils mettaient une certaine distance "de sécurité" entre eux. De la méfiance dans le regard, mais aussi un certain amusement, comme si ils se livraient à un jeu.

Bolshoï souffla. Ombe mis une main sur ses rênes. Au cas où. Elle avait remarqué, aux regards dirigés vers le buisson derrière lequel elle était cachée que lançaient de temps à autre les deux inconnus, qu'ils l'avaient vue (ou entendue ?). Quand, l'homme s'avança vers elle. Un léger sourire sur les lèvres. Ombe ne bougea pas. Prudente. Toujours une main sur les rênes de son cheval. L'homme tendit la sienne vers elle. La femme quand à elle, s'était juste retournée et attendait debout, les mains sur les hanches.


- Excusez-moi ? Vous allez bien ? Vous avez besoin d'aide ?

La question, sans méchanceté, presque trop gentille, de l'homme la déstabilisa légèrement, mais elle se ressaisit rapidement. Elle le regarda. Le furet la dévisageait. Curieux de voir pour qui son maitre tendait la main.
Ombe se leva doucement. Regarda son cheval, qui n'avait pas l'air effrayé. Cet homme devait avoir une relation assez particulière avec les animaux. Méfiante, elle choisit tout de même de répondre.


- Je vais bien merci.

Elle hésita à répondre à la deuxième partie de la question. Pouvait-elle leur faire confiance ? Certainement qu'ils connaissait la région mieux qu'elle, mais le sourire de cet homme ne cachait-il pas un piège ? Elle choisit de ne pas en dire plus. Pour le moment. Elle se tenait prête à dégainer son sabre au besoin. Elle tourna la tête vers la femme, puis on regard revint vers l'homme qui se tenait devant elle… Elle attendit. Méfiante.
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Sam 2 Avr - 21:25

Dolce avait vu que la jeune femme aux cheveux bleus s'était arrêtée un instant, après sa déclaration, mais n'y prêta aucune attention apparente. Il nota simplement dans un coin de son esprit qu'il semblait qu'il avait touché un point sensible, avant de se concentrer totalement sur l'inconnue qui était toujours accroupie derrière son buisson.

Cette dernière se redressa légèrement, pour attraper une rêne de son cheval, qui renâcla doucement. Il n'avait pas l'air enchanté de se trouver là, cet animal, et Dolce leva un sourcil, sans faire pourtant aucun commentaire. La jeune femme qui se trouvait devant lui, redressée, justement, avait de longs cheveux noirs et un visage ovale adorable. Il lui adressa un sourire tranquille. Elle n'avait pas l'air bien méchante, et surtout pas agressive. Plutôt méfiante, même.

Et surtout, elle ne représentait au final absolument aucun danger.
Dolce en était certain. Sa position montrait qu'elle était méfiante, mais était loin d'une garde de combat, elle était complètement désaxée. Son regard tentait de voir tout ce qu'il se passait, mais elle ne l'interprétait pas. En tout cas, c'était ce que lui-même voyait. Mais il n'avait que peu de chances de se tromper.

D'ailleurs, l'attitude de Fu en attesta. Le furet, curieux, s'agrippa à son vêtement, descendant le long de son torse, pour sauter à terre et s'approcher de la jeune femme, lui agrippant le pantalon. Soupirant, secouant doucement la tête, l'Envoleur fit un pas fluide en avant, se glissant entre les buissons, pour attraper le furet sous le ventre et le reposer sur son épaule. La jeune femme avait signifié qu'elle allait bien, mais n'avait pas répondu à la seconde question.

    «  Ce qu'une femme ne dit pas, Dolce, c'est ce qui pourrait lui faire honte. Il faut deviner cela, pour pouvoir l'aider, et ainsi mériter son respect. »


Un sourire tranquille vint se glisser sur les lèvres du jeune homme, tandis qu'il ne s'offusquait pas de voir qu'elle ne lui prenait pas la main. Elle était méfiante, et elle avait toutes les raisons de l'être. Lui adressant un clin d'oeil tranquillisant, Dolce se redressa, posant une main sur Fu, qui se tortilla pour lui échapper.

- Vous êtes perdue ? Peut-être n'osiez-vous pas écouter les signes de votre monture, et vous avez peur ?

Se tournant vers Louve, il lui lança un clin d'oeil, l'invitant à le rejoindre. Il avait étrangement envie d'être proche d'elle. Elle dégageait quelque chose qui l'intriguait et l'attirait à la fois. Une Marchombre.. Ce n'était pas que cela. Le mystère qui se dégageait d'elle n'avait rien à voir avec le mysticisme des Marchombres qu'il avait pu rencontrer dans sa vie, et qu'il avait dû éliminer. C'était peut-être cela, ou autre chose. Un léger sourire aguicheur sur le visage, il se retourna vers la jeune inconnue et son cheval.

- Puis-je vous aider ?

La question, ainsi tournée, était peut-être plus à même de recevoir une réponse. Toujours détendu et calme, Dolce cligna des paupières, et recula d'un pas, pour se mettre à côté de Louve, lui effleurant le bras au passage. Un frisson le parcourut, lui tirant une chair de poule délicieuse, mais il n'en montra rien. Pourtant, il garda un oeil sur la réaction de Louve. Juste pour voir.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Sam 2 Avr - 22:29

Si l’attitude de Dolce avait intrigué Syndrell, celle de son furet l’amusa carrément. L’un enjôleur, l’autre joueur, tous deux partageant la même curiosité… Ces deux là faisaient bien la paire, c’était indéniable ! Et c’était presque invraisemblable, d’ailleurs, cette complicité silencieuse qui unissait la bête et l’homme. Mais Syndrell croyait en ce genre de lien si spécial, que seuls peu de gens savent comprendre et respecter. Ne passait-elle pas son temps à parler de tout et de rien à Nuance ? Pour certain, ce n’était pas plus intelligent que de parler seul, mais aux yeux de la jeune femme, cela avait du sens. La façon dont Dolce saisit le petit animal dans sa large main prouvait qu’elle n’était pas la seule à trouver ce lien censé…

Un court instant, Syndrell suivit des yeux la courbe des épaules de l’homme qui se tenait dos à elle, depuis la fine musculature de ses bras jusqu’à la nuque puissante. Puis son regard glissa vers la petite personne qui venait de se redresser lentement. C’était une jeune fille aux cheveux noirs et aux yeux tout aussi foncés, animés d’une lueur farouche qui lui plut instantanément. De toute évidence, elle n’était pas belliqueuse, et encore moins en bonne condition pour se battre ; son menton presque relevé avec défi devant Dolce attestait d’un certain cran mais il n’y avait aucune cohérence dans sa position. Aucune garde, où alors trop subtile pour être perçue… Un détail à ne pas balayer de la main simplement parce qu’il parait futile ; Syndrell savait, d’expérience, qu’il était dangereux de se fier aux apparences. Mieux valait rester sur ses gardes et surveiller cette jeune personne qui s’était peut-être perdue, mais qui était terriblement méfiante et donc, peu tranquille.

Elle remarqua dans un sourire que la jeune inconnue avait ignoré la proposition sous-jacente de Dolce et hocha la tête. Inexpérimentée ou non, cette fille savait reconnaître les grands charmeurs… Ce dernier tourna un instant la tête vers elle pour lui décocher un clin d’œil à la fois complice et moqueur, qui lui tira un nouveau sourire. La jeune fille devait imaginer qu’ils se connaissaient bien, tous les deux, et c’est alors qu’une idée germa dans l’esprit de la marchombre. Audacieuse. Risquée, même. Mais diablement tentante et surtout, parfaitement dans l’optique du jeu du chat et de la souris. Jusque-là, ils s’étaient plutôt contentés de tâter le terrain, d’évaluer les chances et de jauger l’autre ; puis Dolce avait prononcé quatre petits mots déclencheurs, qu’elle allait pouvoir mélanger à sa sauce.

Lorsque le jeune homme recula, la frôlant au passage dans la plus parfaite et la plus fausse des innocences, Syndrell ne se décala pas, bien que cela eut été sa réaction première. La distance qu’ils avaient placé entre eux était soudain brisée, violée même, mais si Dolce avait aussi forcé les règles du jeu il n’aurait eu qu’à agir, vite et bien… Le jeu était toujours en place. Et c’était à son tour de lancer les dés.

Adressant un sourire amical à la jeune fille, elle prit à son tour la parole, devinant qu’instinctivement l’inconnue allait se sentir plus à l’aise avec elle qu’avec Dolce.


- Salut ! Alors c’est vrai, tu es perdue ? Dans ce cas, nous sommes trois !

Et, sans prévenir, Syndrell agrippa le bras de Dolce, se collant à lui dans une attitude purement efféminée et espiègle, nichant sa tête contre son torse.

- Dolce et moi avons quitté la piste ce matin. Mais je crois qu’elle n’est pas très loin, n’est-ce pas, mon beau ?

C’était tout à fait dangereux – et ce n’était pas la première fois que Syndrell franchissait une ligne de prudence à ce point. Mais, si elle se laissait emporter par l’amusement, elle gardait la tête froide ; la distance était rompue, elle était désormais collée à Dolce au moins autant qu’une huître à son rocher mais son bras droit était posée contre le ventre du jeune homme. Au moindre trouble, elle l’éventrerait sans crier gare. Et la légère pression qu’elle appliquait avec son bras, justement, était clairement porteuse de ce message à son intention.

* Un partout, égalité ; voyons ce que tu dis de ça…*

Tout sourire, Syndrell observa la jeune fille toujours en retrait derrière sa monture. Si elle comprenait qu’il ne s’agissait qu’un rôle, elle était plus futée qu’elle n’en avait l’air. Sinon, et bien, Syndrell attendait sa réaction. Et celle de Dolce, par la même occasion.




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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Ven 8 Avr - 22:07

Ombe se tenait debout, face à l'homme. Il souriait. Il souriait tout le temps. Ombe n'avait pas confiance en ce sourire. Trop amical à son goût. Le furet vint la voir de plus près, lui agrippa son pantalon. Cette attitude arracha un demi sourire à la jeune fille, mais il disparu aussitôt. L'homme repris son animal et lui adressa un clin d'œil. Encore un élan de gentillesse qui eu l'effet de la refroidir.

- Vous êtes perdue ? Peut-être n'osiez-vous pas écouter les signes de votre monture, et vous avez peur ?

Une question, posée en toute sympathie. Trop sympathiquement, encore une fois. Elle s'était perdue. C'est endroit était inquiétant. Elle était méfiante. Mais elle n'avait pas peur, enfin... presque pas...

- Puis-je vous aider ?

Aucune méchanceté dans la voix. Juste de la générosité. Il lui propose son aide. Cet homme était vraiment trop gentil, pour un inconnu. Sa mère lui avait toujours dit, surtout depuis l'assassinat de son père, qu'il ne fallait jamais faire confiance aux inconnus, même si ils paressaient gentils. Mais elle en avait besoin, de son aide. Il avait l'air de connaitre la région, il aurait facilement pu lui indiquer comment rejoindre Al-Poll, ou comment sortir de cet endroit. Ombe laissa la première question de côté, elle n'avait pas envie d'y répondre. Pas maintenant. Elle ne savait pas encore si elle pouvait lui faire confiance.

L'homme se tourna, lança un clin d'œil vers la jeune femme et lui sourit, comme à son habitude. Il se recula, l'effleura au passage. Ombe regarda la femme. sa réaction fut tout à fait inattendue.


- Salut ! Alors c’est vrai, tu es perdue ? Dans ce cas, nous sommes trois !

Elle prononça ces mots encore plus amicalement que l'homme. Premièrement, elle l'avait simplement tutoyée là où l'homme l'avait vouvoyée. Deuxièmement, elle l'avait saluée, d'une manière plutôt courante. De plus, l'homme avait proposé son aide, signe qu'il devait connaître les plateaux. Mais elle, elle affirmait qu'ils s'étaient perdus… Ombe ne bougea pas. N'affichant aucune expression sur son visage. Mais, soudain, la femme s'agrippa au bras de l'homme, se collant contre lui comme si ils se connaissaient depuis toujours, comme si ils étaient ensembles. Ce geste fut souligné d'une phrase, prononcée simplement, dans un langage des plus courants qui soient.

- Dolce et moi avons quitté la piste ce matin. Mais je crois qu’elle n’est pas très loin, n’est-ce pas, mon beau ?

Dolce. L'homme se nommait donc Dolce. Un nom qui dégageait encore une fois, trop de gentillesse. Mais peut-être signifiait-il que l'homme qui le portait était vraiment quelqu'un de doux ? Un petit espoir se plaça dans l'esprit de la jeune fille. Peut-être que ces gens allaient pouvoir l'aider... Peut-être qu'ils n'étaient pas des ennemis finalement... Mais la femme avait affirmé qu'ils s'étaient eux-même perdus... Si c'était le cas, ils ne pourraient pas l'aider...
La seconde partie de la phrase retint l'attention d'Ombe. Ou plutôt, les deux derniers mots. "Mon beau". Un doute s'installa dans l'esprit de la jeune fille. Elle avait toujours pensé que les deux ne se connaissaient pas… Mais elle avait là, la preuve du contraire. Ombe ne comprenait pas... Que faisaient-ils ? Si ils se connaissaient, et qu'ils s'étaient perdus, pourquoi l'homme lui avait-il proposé son aide ? Si ils ne se connaissaient pas, pourquoi la femme agissait-elle ainsi ?


-Si vous vous êtes perdus... alors vous ne pourrez rien faire pour moi.

Sans en dire trop, elle leur répondit le plus sincèrement possible. Elle devait rester méfiante. Vu leur physique, ils étaient probablement plus entrainés qu'elle. Ombe se doutait que, si ils l'attaquaient, elle serait réduite en boullie en moins de deux minutes. Elle avait intérêt à rester attentive au moindre de leur geste.
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Lun 11 Avr - 9:24

La distance était rompue. Et c'était lui qui l'avait rompue, par cet effleurement. La jeune inconnue était méfiante, et elle avait de quoi. Il voyait la méfiance suer par tous les pores de sa peau. Un léger sourire sur les lèvres, Fu qui se balançait sur son épaule, Dolce tourna la tête vers Louve lorsque cette dernière prit la parole. Il fronça les sourcils. Mais pourquoi disait-elle qu'ils étaient perdus ? C'était faux ! En tout cas, lui savait parfaitement où il allait, peut-être pas elle... Un sourire étira légèrement ses lèvres, mais l'Envoleur ne réagit pas. Il attendait la suite, évidemment. Parce que cette Louve n'était pas bête, et qu'elle avait certainement une idée dans la tête...

Lorsqu'elle s'agrippa à son bras, et se blottit tout contre son torse, Dolce sentit ses sens vaciller, mais n'en montra rien, ne faisant qu'afficher un large sourire tendre, posant son regard sur la chevelure bleue de la jeune femme. Il éclata de rire, avant de poser sa main sur sa taille.

Oui.
Il avait parfaitement conscience de la menace de son bras sur son ventre. Un bras qui n'était pas armé, et des armes qui étaient soit dans ses bottes, soit dans sa tunique. Pourtant, il y avait trop de fermeté dans ce geste pour qu'il ne le prît pas au sérieux. Sans doute que la jeune femme comptait sur quelque chose... quelque chose qu'elle pouvait contrôler. Gardant un visage avenant, Dolce réfléchissait. Pouvait-elle avoir la greffe ? Elle était jeune, certes, mais cela ne l'aurait pas étonné du tout : elle dégageait une telle aura... Il décida qu'elle avait la greffe. Dans ses bras. Donc... il fallait qu'il se méfiât. Mais au niveau où elle avait posé son bras, il savait qu'il pouvait la contrer, avec sa propre greffe. Une greffe de Mercenaire, mais qu'il n'avait pas choisie, puisqu'il s'en était remis à l'Imagination.

Il posa sa main sur sa taille, la serrant un peu plus contre lui. Geste affectueux de l'extérieur, montrant qu'il ne craignait pas l'arme invisible qu'elle lui tendait. Un sourire éclatant sur le visage, il lui répondit d'une voix grave et sourde.

- Ma chérie ! Mais ton sens de l'orientation frise vraiment le zéro!

Adressant un clin d'oeil discret à Louve, il tourna le visage vers la jeune inconnue, et continua d'un ton moins grave, plus adressé à « tout le monde ».

- On a quitté la piste depuis une dizaine de minutes, mais je sais parfaitement où nous sommes.

Tentant de jouer le gros lot, Dolce ébouriffa les cheveux de Louve, tendrement.

- Je te l'ai dit en plus ! Tu ne me fais donc pas confiance ?

Secouant la tête de droite à gauche en signe de petite exaspération affectueuse, il prit une grande inspiration, avant de se focaliser sur la jeune femme en face d'eux, et sur son cheval qu'elle tenait pas la bride.

Un petit éternuement sur son épaule indiqua à Dolce que Fu allait sauter désormais sur l'épaule de Louve. Il faillit pousser un petit soupir, mais se retint de justesse : cela ajouterait encore à leur crédibilité ainsi ! Le furet se glissa donc de sa large épaule jusqu'à celle de la jeune femme aux cheveux bleus, et se frotta contre cette chevelure justement.

- Où voulez-vous aller ? Al-Poll est dans cette direction, à quatre jours de marche, donc à deux jours de cheval.

Désignant la direction appropriée d'un large geste de la main, il reporta son regard sur le visage de la jeune femme, pour sourire. Il souriait toujours. Il adorait sourire. Cela apportait un rayon de soleil dans la vie des autres, un sourire. C'était si facile à donner, et cela ne coûtait rien. Mais offrait beaucoup de choses aux autres, surtout à ceux qui n'arrivaient pas à sourire, parce qu'ils n'avaient plus rien à donner d'eux, ou en tout cas en étaient convaincus.

- Mais si vous voulez rentrer dans des terres moins hostiles, comme nous sommes à la limite des plateaux d'Astariul, je vous conseillerais plutôt de repartir dans cette direction.

Il désigna l'est de la main.

- Vous rejoindrez le rivage du Pollimage, qui est plus habité, et donc où vous risquerez moins de vous faire attaquer par des créatures sauvages.

Il sourit, en se grattant l'arrière de la tête, serrant encore un instant Louve contre lui.

- Après, il peut y avoir d'autres sortes de... créatures, dans les villes...

Une moue désapprobatrice passa sur son visage, et son regard rencontra celui de l'animal saboté dans le dos de l'inconnue.

- Mais après tout, à cheval, vous pourrez facilement fuir les ennuis.

Lui adressant un sourire, il relâcha Louve, faisant glisser ses doigts sur son bras, un regard scintillant vers le sien, or en fusion.

- Comme ça t'es déjà arrivé, ma chérie !

Oui, il misait gros. Très gros même. Le jeu continuait, et c'était elle qui lui avait fait prendre de telles dimensions. Et il adorait cela !
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Lun 11 Avr - 13:56

Syndrell fronça les sourcils devant l’attitude de la jeune femme qui s’était relevée près de son cheval. Elle était méfiante, et ce n’était pas bon. D’abord parce qu’elle ne cachait pas cette méfiance à leur égard, et dans le langage guerrier, il s’agissait clairement d’une invitation à l’affrontement, or elle ne semblait pas avoir conscience de cette réalité. Ensuite, parce qu’elle était marchombre. Pire.
Apprentie.

Syndrell avait toutes les raisons du monde de se méfier de Dolce, cet homme ténébreux et séduisant qui portait peut-être un furet sur son épaule, mais qui se complaisait très bien dans le rôle du chat… Sauf que la menace la plus proche provenait de l’inconnue. Même si elles appartenaient toutes deux au même camp. Un guerrier accompli est dangereux, mais moins qu’un novice qui ne connaît pas encore les limites du combat, ni mêmes celles qui lui sont propres. Si d’un seule coup, cette fille leur sautait dessus, elle pouvait faire de sérieux dégâts avant qu’ils ne la maîtrisent…

Ils.
Dolce et elle. Unis par un jeu dangereux auquel il était facile de se prendre – et de se perdre, mais aussi par un bras que le jeune homme avait innocemment glissé autour de sa taille. Syndrell frémit malgré elle. L’excitation du jeu, l’exaltation du risque brûlaient dans son regard de feu mais dans sa tête, une petite voix ne cessait pas de la mettre en garde. Qu’était-elle en train de faire, là ? Elle qui, de personne excepté de Miss, n’acceptait de contact familier, voilà qu’elle se retrouvée collée à un homme qui respirait le danger et inspirait la méfiance comme une huître se colle à son rocher. D’ailleurs, en quelques phrases, il venait de renvoyer son intelligence de femme et de marchombre à celle d’une huître.

Elle vit bien, dans le regard de la jeune novice, quel trouble ils avaient semé. Elle ne savait pas à qui se fier, et Syndrell s’en mordit l’intérieur de la joue sans parvenir à être vraiment désolée. D’ordinaire, elle se montrait toujours confiante, voire rassurante avec les siens, qu’ils soient ou moins expérimentés qu’elle. Mais elle avait le goût du risque – l’avait toujours eu – et voulait savoir si cette fille aussi le possédait. Si elle était aussi curieuse et joueuse qu’elle l’était, si elle allait se laisser emporter par un jeu à double tranchant ou non.

Syndrell, en tout cas, ne pouvait désormais plus reculer. Prisonnière de la douce étreinte de fer de Dolce, elle ne pouvait plus qu’avancer dans la direction qu’elle avait prise, en toute conscience, et dont elle assumait parfaitement le choix. Elle avait sentit le guerrier se tendre légèrement à la pression équivoque de son bras. Ses abdominaux s’étaient contractés mais sa voix restait assurée ; il avait compris le message et il avait suivi sa direction. C’était elle, la meneuse, il se pliait volontiers à sa proposition muette, mais lui aussi, à la manière dont il la tenait, lui faisait bien comprendre qu’il était prêt.

Ils étaient prêts.
Ensemble, dans le jeu et hors du jeu.
Et elle ? Qu’en était-il d’elle ?


- Je plaisantais, ne t’en fais pas. Je plaisante toujours, surtout avec lui. Et, même si c’était vraiment le cas, Dolce lui sait parfaitement où nous sommes… tu n’es donc pas perdue.

Elle marqua une pause, le temps de songer au clin d’œil de Dolce, puis à la façon dont il avait ébouriffé ses cheveux, sans la moindre gêne. Un geste à la fois tendre et impérieux, comme s’il fallait qu’il prouve quelque chose, comme si elle lui appartenait alors que tel n’était pas le cas, malgré les apparences. Mais dire qu’elle n’avait pas apprécié aurait été mentir.
Et Syndrell n’était pas une menteuse.


- Quel est ton nom ? Tu connais déjà Dolce, voici « Boule de poil », ainsi que j’aime la nommer, et moi c’est Louve.

Décliner son identité, se présenter… Une conversation incroyablement banale, qui soulignait pourtant tous les côtés incongrus de cette rencontre. Ce faisant, Syndrell espérait détendre la jeune fille, la mettre plus à l’aise, mais aussi l’inciter à comprendre son jeu. A rester sur ses gardes. Paradoxal, comme démarche, et dangereuse, surtout pour une débutante, mais elle était marchombre, avec on sans grande expérience. Elle était déjà exceptionnelle et, selon toute logique, apte à voir ce qui ne peut être vu. A déceler ce qui ne peut être perçu. A comprendre ce qui paraît impossible…

Lorsque Dolce la relâcha, elle prit soin de ne pas trop s’éloigner de lui. Curieusement, son contact lui manqua un instant – un très court instant – et elle sursauta. Puis leva les yeux pour croiser son regard, haussant un sourcil en captant un reflet plus clair dans ses courts cheveux sombres. Un reflet presque aussi beau que ses yeux.
Un reflet vert.


- Les ennuis me collent à la peau, mais j’ai toujours su leur échapper, amour…

La métaphore était très belle, il ne pouvait pas la louper. Mais elle n’hésita pas à lui retourner son sourire, constatant tout le plaisir qu’il prenait à la pousser dans ses retranchements. Il cherchait toujours à en savoir plus sur elle, prenant des chemins détournés pour inclure l’inconnue dans la conversation et pour camoufler ses investigations. Mais il cherchait toujours.

- Et puis, je te rappelle que si nous sommes ici, c’est à cause de toi. Tu voulais absolument descendre dans le sud.

Le sud. Il y avait Ombreuse, par exemple. Le Domaine. S’il était bien celui qu’elle pensait, il ne nierait pas sa remarque, ou l’accompagnerait d’un indice qu’il lui faudrait attraper à la volée entre deux termes charmeurs et enjoués. Tournant la tête vers l’inconnue, elle ajouta, levant les yeux au ciel d’un air entendu :

- Les hommes…

Elle rit.
Provocante.
Décidément, le jeu prenait une bien drôle de tournure…


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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Ven 15 Avr - 15:13

Dolce pris la femme par la taille, la resserrant un peu plus contre lui. Affichant toujours son éternelle sourire. Ils n'étaient pas perdus. C'est ce qu'il expliqua, se moquant presque de "sa compagne", si tel était le cas… D'ailleurs, il lui ébouriffa affectueusement sa magnifique chevelure bleue, ce qui confirma le fait qu'ils se connaissaient. Mais Ombe sentait une fausse note là dessous… Mais où ? Ils avaient l'air d'un couple épanoui qui voyageait tranquillement. Même si le lieu n'était pas très… romantique pour un voyage en amoureux. La fausse note n'était pas là. Même le furet se baladait d'une épaule à l'autre, tranquillement. Tout semblait normal. "Semblait". Ombe essayait de déceler l'origine de cette fausse note. Mais elle ne voyait rien. Rien qui puisse contredire ses pensées. Peut-être était-ce le "vous" qu'elle avait entendu de la bouche de Dolce. Qu'elle croyait avoir entendu. Avait-elle seulement bien compris ?
Si d'un côté tout lui prouvait qu'il n'y avait aucune ambiguité, de l'autre, tout lui inspirait la méfiance. Mais pourquoi ? Mise à part le fait qu'elle se trouvait dans les plateaux les plus dangereux de Gwendalavir. Les deux personnes qui se trouvaient devant elle, souriantes, inspirait la gentillesse, la confiance. L'homme tentait de savoir ce qu'elle lui avait caché, lui désignant les différentes directions qu'elle pouvait suivre. La jeune femme plaisantait, tentait de la rassurée. Mais Ombe n'arrivait pas à lâcher sa méfiance. Aussi fut-elle embarrassée lorsque la femme fit une brève présentation.


- Quel est ton nom ? Tu connais déjà Dolce, voici « Boule de poil », ainsi que j’aime la nommer, et moi c’est Louve.

Dolce. Louve. Deux noms emplis de poésie. L'un est doux, l'autre sauvage. Au nom de "boule de poil", la jeune fille sourie, regardant ce furet, qu'elle trouvait très attachant.
Mais cette Louve lui avait demandé son nom à elle. Normal. Ils s'étaient présentés, c'était à elle à présent. Mais Ombe ne savait toujours pas si elle pouvait leur faire confiance. Elle était seule. Ils étaient deux. Elle était jeune, sans plus d'expérience que cela. Ils avaient l'air bien entrainés, plus vieux qu'elle. Ils n'avaient pas vraiment de raison de se méfier d'elle. Elle en avait dix mille. Devait-elle dévoiler son identité ? Pouvait-elle le faire ? Pouvait-elle offrir son nom à ces deux inconnus ? Ombe pensa à donner un faux nom. Mais elle ne savait pas mentir. Ils devineraient qu'elle n'a pas dit la vérité. Elle n'arrivait pas à mentir. Cela ne faisait pas parti d'elle. Mentir la révulsait, et, donc, si elle le faisait, cela se voyait. Elle ne pouvait prendre ce risque.
Le nom est un cadeau, que nos parents nous donnent à la naissance. Le seul cadeau que l'on garde toute sa vie, qui ne peut être ni perdu ni volé. C'est aussi un cadeau précieux, un lien avec la vie, ce qui fait qu'on est quelqu'un. C'est le premier contact avec notre existence. Mais aussi le dernier. C'est ce qui nous fait une place dans le monde. On peut choisir de l'offrir, ou plutôt de le prêter, aux personnes en qui on a confiance.
"En qui on a confiance". Ombe n'avait pas confiance en ces deux personnes. Leur donner son nom, c'était leur accorder sa confiance. Ombe inspira profondément. Ses pensées allèrent à cent à l'heure. Elle allait s'ouvrir à eux, leur accorder sa confiance, baisser sa méfiance. Il n'y avait que comme cela qu'elle irait quelque part. Mais elle ne ferait que baisser sa méfiance. Elle garderait une certaine vigilance. Elle se concentra, pour être un maximum crédible dans cette tâche, qui allait contre sa nature. Ce n'était pas vraiment mentir, c'était jouer un rôle. Comme lorsqu'elle interprétait un personnage quand elle dansait. Elle allait faire la même chose, interpréter un personnage, qui n'avait pas peur. Un sourire confiant se dessina sur ses lèvres, illuminant ses yeux noirs et son visage clair. D'une voix douce et calme, elle se présenta.


-Je suis Ombe. Et mon cheval c'est Bolshoï. J'allais vers Al-Poll, mais j'ai dû tourner trop tôt. Je suis arrivé sur ces plateaux pas très hospitaliers… Je comptais faire demi-tour. Mais, puisque vous avez l'air de connaitre la région, un peu d'aide ne me serait pas inutile.

Elle caressa Bolshoï, souriant aux inconnus.
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Sam 16 Avr - 18:05

Boule de poils...

Dolce éclata de rire lorsque Louve présenta Fu sous ce pseudo à l'inconnue. Secouant doucement la tête de gauche à droite, il lança une pique à son furet, qui tourna la tête vers lui, intéressé, un instant, par sa voix.

- Fu, mon ami, je crois que les femmes ne nous comprendront jamais !

Le furet éternua un instant, avant de revenir sur son épaule pour s'y percher, sur les pattes arrières, tirant un nouveau sourire à Dolce, qui lui caressa l'arrière de la tête. Le petit rongeur adorait cela, et il ferma même les yeux un instant, sous la douceur des doigts de son maître.

Un sourire en coin passa sur les lèvres de Dolce, lorsque Louve lui répondit d'un ton presque badin, mais joliment tourné pour que l'inconnue ne pût pas comprendre, et que lui saisît parfaitement le message. Vraiment, cette fille était étonnante, et le fascinait. Il avait envie réellement de faire plus connaissance avec elle, et c'était aussi pour cela qu'il cherchait à glaner des informations de quelque manière que ce fût. C'était tellement plaisant !

La pique suivante tira un franc sourire au Mercenaire, qui lança un regard étincelant à la soit-disant dénommée Louve. Vraiment... elle était étonnante. Et... il devait bien avouer qu'il se sentait attiré autant par l'intelligence et la subtilité dont elle faisait preuve que par son corps de rêve... Se secouant intérieurement, il agita la tête de gauche à droite pour montrer du peu de réflexion qu'il faisait de sa dernière remarque.

– Mais évidemment ! C'est tellement beau, le Sud... Avec l'océan aux teintes de tes cheveux...

Lui adressant un clin d'oeil aguicheur, Dolce reporta son attention sur l'inconnue, qui était en train de se présenter. Ombe, donc. Un joli prénom, pour une jolie jeune fille, ne put s'empêcher de penser Dolce. Et son cheval avait une dénomination plus... chantante et sifflante à la fois. Bolshoï.

Ainsi, elle allait vers Al-Poll. Ce qui était, soit-dit en passant, l'opposé de la direction que prenaient Dolce et Louve, puisqu'ils allaient tous les deux vers le sud, comme la jeune femme venait de le dire. Un sourire tranquille sur le visage, Dolce en fit la remarque.

- Et bien, comme je vous ai dit, Al-Poll est dans cette direction, à deux jours de cheval. Mais si vous ne voulez pas passer par là, il suffit de suivre cette piste jusqu'à la rive du Pollimage, et de remonter vers le Nord, puis de bifurquer lorsque vous arriverez au pont large, qui fait le ralliement entre la Citadelle et Al-Poll. La route est fréquentée, et les animaux s'en approchent bien moins.

Un nouveau sourire, et Dolce posa son regard sur la chevelure bleue de la jeune Louve. Venait-elle elle aussi des Archipels Alines ? D'où tenait-elle cette couleur ? Il était certain qu'en Gwendalavir, les couleurs des cheveux étaient généralement bien plus classiques, allant du blond au noir profond en passant par le roux, mais rien qui ne se teintait de bleu ou de vert... Gardant ses réflexions pour lui, dans le but de poser la question plus tard à la Marchombre, son regard se para des rayons de soleil en se baladant sur l'horizon de l'Est, le long de la piste qui n'était vraiment pas loin.

Reportant son attention sur la dénommée Ombe, il lui adressa un petit sourire. Elle avait une belle monture, c'était peu de le dire. Dolce se demanda un instant si sa jument n'aurait pas fait n'importe quoi durant son absence du Domaine. Il l'espérait, en tout cas. Cela aurait été la meilleure... Et si elle avait encore fracassé la porte de son boxe, il serait de corvée pour en refaire une en entier, évidemment.

Un léger soupir passa ses lèves, alors qu'il se tournait vers Louve, le regard interrogatif.
Que voulait-elle faire, maintenant ?

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Dim 17 Avr - 14:29

Syndrell ne put s’empêcher de sourire aux paroles des Dolce. Des cheveux couleur océan…La comparaison était belle, vraiment. Mais depuis que le jeune homme l’avait surprise en saluant sa beauté, elle s’était composé une expression impassible. Son sourire s’adressa donc à la jeune fille, Ombe. Un joli nom, qui se fondait étonnement dans le mot marchombre. Son vrai nom.

Tandis que Dolce indiquait joyeusement une nouvelle direction, prouvant au passage qu’il connaissait la région sous toutes ses coutures, Syndrell observa davantage la jeune marchombre. Jeune, mais pas inconsciente ; une lueur d’hésitation avait traversé l’encre de ses yeux lorsqu’on lui avait demandé son nom. Comme Syndrell, elle avait été tentée de se méfier. Préférant leur offrir sa véritable identité, elle venait d’entrer à son tour dans le jeu. La donne avait changé. Deux marchombre, et…

Et ?
Les yeux d’or de Syndrell quittèrent la jolie Ombe pour revenir sur se poser sur Dolce, comme attirés par un aimant. Mais il y avait bien quelque chose de magnétique chez cet homme, une certaine force, pure et sauvage, qui émanait de lui à tel point qu’elle sentait les poils de ses bras se hérisser sur sa peau lorsqu’il bougeait près d’elle. C’était… surprenant.

Il plongea son regard dans le sien, et à nouveau l’éclat du soleil capta dans ses courts cheveux un étonnant reflet vert, qui ne lui échappa pas plus que le premier. Des cheveux verts. Des cheveux bleus. Pouvait-il seulement s’agir d’une coïncidence ? Le cœur de Syndrell s’emballa, elle expira lentement pour l’apaiser. S’il était possible qu’elle se trouve en présence d’une piste quant au mystère de ses cheveux, elle devait absolument saisir cette chance. Et ne pas la lâcher.

Pensive, elle laissa un instant son regard vaguer alentour. Ecrasant de chaleur, le soleil baignait l’océan d’herbes hautes de lumière. Dolce avait raison, en atteignant le Pollimage, il était possible de rallier Al-Poll en courant un minimum de risques. Syndrell n’était pas tellement étonnée qu’une si jeune apprentie se soit lancée dans un tel voyage ; elle-même se souvenait qu’entre les leçons de Miss, elle aimait parcourir l’Empire en long, en large et en travers. De cette manière, elle s’était fourrée dans d’inextricables pétrins mais il n’existait probablement pas meilleure formation pour le marchombre. L’individualité de ce dernier prenait toujours le pas sur tout le reste, elle le savait mieux que quiconque. Ombe saurait parvenir à destination, cela ne faisait aucun doute.


- Si tu es d’accord, Ombe, Dolce et moi allons accompagner tes pas jusqu’à la rive du Pollimage. Un petit détour sans grande importance dans mon… dans notre trajet, et puis ensemble, il sera plus motivant de voyager en dépit des mille dangers que recèle la région !

Syndrell ponctua ses paroles d’un clin d’œil complice et tendit la main vers le cheval dont le regard brillait d’intelligence et de curiosité. Pointant les oreilles vers elle, il renifla sa paume ouverte avant d’y glisser ses naseaux, lui tirant un rire joyeux. Surprit, Bolshoï redressa la tête et s’ébroua vigoureusement ; la marchombre laissa glisser sa main le long de son doux chanfrein puis sur sa belle encolure, entremêlant ses doigts à la folle crinière.

- Il est magnifique.

Bolshoï agita fièrement la tête, et Syndrell songea immédiatement à Nuance. Sa petite jument aussi savait très bien ce que voulait dire les flatteries. Saisissant ses rênes, elle l’attira vers elle, invitant Ombe et Dolce à se mettre en route. Dans un sourire, elle rendit les rênes à la jeune marchombre et se glissa à sa gauche, laissant Dolce se placer à sa droite. Ils l’encadraient par la seule volonté de l’accompagner – et de la rassurer, mais Syndrell désirait également instaurer une nouvelle distance entre le guerrier et elle. de là où elle se trouvait, elle pouvait ainsi le surveiller du coin de l’œil…

- Joli sabre...

Son regard venait de tomber sur le fourreau accroché dans le dos de la jeune fille. De bonne manufacture, le cuir de ce dernier se fondait presque dans son vêtement et pouvait aisément passer inaperçu – mais par pour une marchombre. Syndrell fronça légèrement les sourcils. Sans voir la lame, elle pouvait affirmer qu’il s’agissait d’une belle arme, toutefois elle s’imaginait mal en tenir une de la sorte entre ses mains. Miss l’avait rompue à l’escrime, lui enseignant tout ce qu’elle avait besoin de savoir sur le combat à l’épée, au sabre, à la lance ou encore au bâton. Mais hormis ses poignards, Syndrell n’était pas pour les armes, quelles qu’elles soient. Tout simplement parce qu’elle n’en avait aucune réelle utilité.
Elle était une arme.

Presque instinctivement, son regard retourna à Dolce, qui progressait près d’Ombe. Lui aussi était une arme, elle le devinait. Et plus le jeu se poursuivait, plus le mystère qui entourait le jeune homme l’intriguait. Le vert qu’elle captait dans ses cheveux attisait sa curiosité et faisait battre son cœur d’un fol espoir. Elle ouvrit la bouche pour laisser filer une question, la referma avant que celle-ci ne franchisse la barrière de ses lèvres.

Ce n’était pas encore le bon moment…


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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Mer 20 Avr - 15:22

Lorsque Louve présenta le furet, Dolce éclata de rire. Fu. Le vrai nom de son compagnon était Fu, et il avait ri du surnom "Boule de poil". Ombe regarda un instant le petit animal se déplacer sur les épaules de son maître, qui le caressait doucement. Une adorable petite bête qui lui arracha, de nouveau, un sourire.

Ils allaient vers le sud. Et elle vers le nord. Deux directions totalement opposées. Un jour, elle retournerait au sud. Vers Al-Jeit, cette ville magnifique où elle avait grandit, où elle avait vécue toute son enfance. Elle s'approcherait de l’Arche. Elle ne l’avait qu'entrevue quand elle était petite. Elle irait voir le Grand Océan du Sud, aussi. Elle n’avait jamais vu la mer. En fait, elle n’avait jamais quitté Al-Jeit avant sa fugue. Elle ne connaissait rien de Gwendalavir, se rendit-elle compte.
*Je ferai le tour de ce pays, et, un jour, j’en connaîtrais chaque parcelle*.

- Et bien, comme je vous ai dit, Al-Poll est dans cette direction, à deux jours de cheval. Mais si vous ne voulez pas passer par là, il suffit de suivre cette piste jusqu'à la rive du Pollimage, et de remonter vers le Nord, puis de bifurquer lorsque vous arriverez au pont large, qui fait le ralliement entre la Citadelle et Al-Poll. La route est fréquentée, et les animaux s'en approchent bien moins.

Une indication qui méritait d’être claire. Et que la jeune fille suivrait à la lettre. Ombe était heureuse de pouvoir quitter ces dangereux plateaux. Elle ne voulait pas prendre de risques inutiles. Elle avait eu raison de croire que l'homme connaissait la région. Mais, un doute traversa furtivement son esprit et elle espéra qu’il ne lui ait pas donné une fausse piste… pour la piéger. Une nouvelle fois, Ombe lui donna sa confiance, il le fallait si elle voulait sortir de cet endroit et pouvoir rejoindre Al-Poll. De plus, le chemin que l’homme avait indiqué semblait logique. Elle n’avait donc aucune raison de se méfier.
Louve proposa de l’accompagner jusqu’aux rives du grand fleuve. Comme elle le disait, à plusieurs, le voyage sera plus rassurant.


-Je suis d’accord pour faire un petit bout de chemin en votre compagnie. En tout cas, je vous remercie de l’aide que vous m’apportez.

Elle sourit au couple.
La jeune femme caressa Bolshoï, qui fut surpris, mais pas inquiet. Ombe sourit à sa remarque. Il était vrai qu’elle avait un beau destrier. Et elle y était très attachée. Ses pensées s’envolèrent quelques années auparavant, quand un jeune hongre de quatre ans était arrivé dans son ranch. Ombe se souvint quand il était descendu du camion, ce magnifique cheval noir comme la nuit. Il avait tourné la tête vers elle, leurs regards s’étaient croisés. Elle avait plongé ses yeux dans les siens, aussi brillants que des étoiles. Un courant était passé entre eux à cet instant, créant un lien que personne ne pourrait briser. Son moniteur l’avait vue s'émerveiller devant ce cheval.


-Il est beau cet andalou n’est-ce pas ?
-Oui… comment s’appelle-t-il ?
-Bolshoï.


Bolshoï. Un nom magnifique, qui lui allait à merveille. Ce nom lui donnait envie de danser. Elle avait réussit à convaincre son moniteur de la laisser le monter. Elle était aux anges. Le jour de ses quatorze ans, le cheval était à elle. Cadeau de sa mère.
Ombe le regarda, ils étaient inséparables maintenant. Elle grimpa sur son dos. De là, elle pourrait plus facilement s’enfuir, au cas où… Louve se plaça à sa gauche, Dolce à sa droite. Ils se mirent en route. Ombe fit avancer sa monture d’un pas lent, adapté à l’allure des deux personnes à pied.
L’attention de la femme se porta sur le sabre dans le dos d’Ombe, qu’elle qualifia de « joli ». Encore un cadeau de sa mère, mais celui-là était plus ancien. En effet, sa mère le lui avait offert quand elle avait inscrit sa fille aux sports de combats. A cette époque, Ombe n’avait que 5 ans. Un peu jeune pour avoir un sabre, aussi resta-t-il des années à prendre la poussière contre le mur de sa chambre. Il n’avait encore jamais vraiment servit, mis à part lors de compétitions ou démonstrations.
Ombe se demanda quelles étaient les armes des deux personnes progressant à ses côtés, si ils en avaient. Mais, vu l'endroit où ils étaient, Ombe se dit qu'ils devaient être armés. Même si elle ne vit aucune arme. Ils devaient les avoir cachées. Ombe se dit aussi que, de toute façon, ces deux personnes devaient être redoutables, même à mains nues.

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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Mer 20 Avr - 20:36

Dolce nota que si Louve ne releva pas son compliment, elle l'avait bien reçu : son visage ne parlait peut-être pas, mais ses yeux encore un peu, et surtout ses épaules qui s'étaient légèrement relâchées et mises en arrière en attestaient. Un sourire serein sur les lèvres, il observa donc la jeune femme qui était à ses côtés, la détaillant sans plus aucune crainte. Après tout, ils jouaient un jeu, non ? Enfin, en partie...

Car au vu de ce qu'il se passait déjà, Dolce avait bien peur de perdre bien vite pied.

Louve proposa d'ailleurs à Ombe qu'ils l'accompagnassent jusqu'au Pollimage... Un détour sans importance. Certes. Atteindre l'immense fleuve, de là où ils étaient, demanderait tout au plus une journée et demie de marche... A peine une journée de course, en somme. Sauf qu'ils n'allaient pas courir.

Contrôlant chaque muscle de son corps, Dolce lança un regard en biais, amusé et teinté de défi, à la jeune femme aux cheveux bleus, sans laisser transparaître un instant qu'il était un peu déçu... Avant de se raviser. Se retenant de sourire, il porta alors un regard presque implorant à la jeune louve, s'assurant qu'Ombe le voyait, ou en tout cas capterait quelque chose, avant de cligner des yeux pour reprendre ce regard.

Et il était en train de perdre pied.

Un léger soupir s'échappa de ses lèvres, alors que la jeune fille montait sur son cheval pour le trajet. Dolce sourit intérieurement : elle leur faisait... à moitié confiance. Elle devait bien se douter qu'il disait la vérité, il n'aurait de toute manière eu aucune raison de lui mentir... A quoi servait d'envoyer des gens droit dans une gueule de loups ? Sauf il on était le chef de la meute, ou alors qu'on avait pour intention de filer sa proie, cela n'avait strictement aucun intérêt. Et Dolce, de toutes manières, n'était pas ce genre de personnes...

Lorsque Louve fit remarquer à Ombe qu'elle avait un « joli » sabre, Dolce fronça les sourcils. On ne pouvait pas dire d'un sabre ou d'une arme qu'il était « joli ». Il était de très bonne manufacture, semblait redoutable, aux ornements voluptueux, ou autres qualificatif, mais on ne pouvait pas parler de beauté, pour une arme. Une arme était faite pour être efficace, pas pour être belle. En tout cas, c'était la conviction profonde de l'homme.

A dire vrai, il n'avait en réalité sur lui qu'un poignard très léger et petit, qui aurait pu être qualifié de couteau cure-dent, mais redoutablement efficace : invisible sous n'importe quelle tunique, Dolce pouvait pourtant le dégainer en moins d'une seconde et ainsi prendre un avantage certain. Pourtant, il ne le faisait que très rarement : tant qu'il pouvait éviter les affrontements, il le faisait. Et si ces derniers semblaient inévitables, il en revenait toujours à ses poings et ses pieds plutôt qu'à des lames, aussi aiguisées fussent-elles.

- D'après ce que j'en sais, il faut entre une journée et une journée et demie de marche, avant d'arriver sur la berge du Pollimage. Peut-être moins, suivant l'allure que l'on adopte.

Adressant un sourire à Ombe, fièrement dressée sur son étalon, il inspira l'air de l'herbe qui s'était empaillée durant l'hiver, et qui tentait de renaître sous les assauts du soleil de ce début de printemps.

- Au fait, puisque nous allons voyager un temps ensemble, et si ce n'est pas trop indiscret... qu'allez-vous faire à Al-Poll ?

Non pas que Dolce n'aimait pas le silence, mais il aimait faire de nouvelles connaissances. Parler avec les gens de tout et de rien, en apprendre plus sur eux, toujours en apprendre aussi plus sur le monde, car chaque personne savait forcément quelque chose que les autres ne connaissaient pas, chacun avait ses secrets, son expérience... Chaque rencontre était unique, et Dolce appréciait cet immense cadeau que faisait la vie. A quoi cela servait-il de vivre si ce n'était pas pour apprendre ? Pour faire des connaissances ? Pour s'épanouir ? Tout cela pouvait se faire sous diverses formes, c'était tout à fait vrai.

Mais l'humanité était tellement fascinante...
Et les femmes... encore plus !

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Jeu 12 Mai - 17:40

[Toutes mes excuses pour cet loooong temps de réponse ; je n'avais pas vu que c'était à mon tour de poster, et sans Dolce, je n'aurai probablement toujours rien remarqué >.<" Dolce, je me suis permis de faire bouger Fu, si quelque chose t'ennuie à ce sujet, tu me le dis, 'kay ?]

Ombe n’était décidément pas bavarde. Sans un mot, elle menait Bolshoï au pas, la main ferme et le maintien impeccable. Elle avait bien plus fière allure qu’elle-même lorsqu’elle avait fait ses débuts à l’Académie et Syndrell se demanda depuis combien de temps la jeune marchombre était rompue à la monte. Silencieuse, elle cherchait moins à prouver son aisance qu’à la dissimuler et semblait attendre la suite des événements pour déterminer quelle attitude adopter. Elle paraissait soulagée d’avoir de la compagnie, mais la méfiance brillait toujours dans l’encre de ses prunelles.

Dolce, en revanche, semblait incapable de garder sa langue dans sa poche. Il repartait déjà à la charge, arrachant une grimace amusée à Syndrell ; Ombe ne rendait pas les choses faciles en gardant les lèvres scellées, mais elle avait pitié d’elle, aux prises avec un véritable moulin à parole qui n’était pas pressé de lâcher l’affaire. Il n’était pas spécialement indiscret – connaître le pourquoi de la destination, c’était une information banale. Elle-même était restée vague lorsqu’il lui avait posé la question, mais pas par volonté de lui dissimuler quelque chose : elle ne savait tout simplement pas ce qu’elle allait faire, ni où elle comptait se rendre.

Tout était différent, à présent qu’elle était affranchie de son enseignement. Elle n’était pas tenue de rentrer à l’Académie, puisqu’aucun rendez-vous de cours ne l’attendait sur le panneau d’affichage. Avec une soudaine angoisse, elle se rendit compte à quel point sa vie s’était accrochée à celle de Miss ; tout son apprentissage avait été rythmé par les leçons de son maître. Entre les cours, elle n’avait pu s’empêcher de voyager, mais toujours avec l’idée d’une limite, d’un retour imposé par la promesse de fidélité faite à son mentor. Miss avait été un point d’ancrage, un repère dont l’importance lui apparaissait seulement maintenant avec évidence. Sans lui, Syndrell était déboussolée.

Peut-être était-ce pour cette raison qu’elle suivait Ombe et Dolce, malgré que la première ne soit pas particulièrement loquace et que le second soit un loup déguisé en chein. Il était plus dans son habitude d’éviter la compagnie, et voilà qu’elle partait pour le Pollimage avec eux, sans les connaître depuis plus d’une heure. Il y avait bien quelque chose de grisant dans cette part d’inconnu, de la même manière que le danger du jeu était exaltant. Se mettre en péril consciemment avait tout de la folie pure, mais alors qu’elle avançait tranquillement au flanc de Bolshoï, Syndrell se savait parfaitement incapable de s’arrêter.

Plus difficile encore, ne pas tourner la tête vers la droite. Son regard avait la fâcheuse manie de se poser machinalement sur Dolce et elle ne voulait surtout pas qu’il en vienne à remarquer son intérêt soudain pour sa personne. Avec grand peine, elle réfrénait les questions qui lui brûlaient les lèvres à son sujet, décidant que le moment n’était pas propice à ce genre de discussion. Elle s’autorisa néanmoins un rapide coup d’œil, profitant que Dolce soit en train de cuisiner Ombe, et nota avec un immense soulagement qu’il ne la dévisageait plus avec autant d’intensité. Elle avait bien fait de laisser Ombe les séparer.

Cela signifiait-il la fin du jeu ? Syndrell réfléchit à la question un petit moment avant de secouer la tête. Ils étaient partis pour une petite trotte, et elle avait dans l’idée qu’ils n’atteindraient pas le fleuve avant la tombée de la nuit. Il ne s’agissait donc que d’une pause, un temps mort permettant aux concurrents de reprendre leurs moyens. Pas d’une trêve.

Le furet de Dolce jaillit soudain et atterrit sur son épaule ; surprise, Syndrell réprima un sursaut et grimaça lorsque les petites pattes griffues mordirent dans la chair de son épaule pour se stabiliser.


- Salut, boule de poil.

Fu agita comiquement les moustaches, intrigué par le surnom qu’elle s’entêtait à lui donner. Syndrell sourit et leva la main pour le caresser, mais il s’aplatit sur son épaule et elle abandonna, comprenant que s’il appréciait l’affection de son maître, il n’était pas prêt à recevoir la sienne.

- D’accord, je me contente d’être ton nouveau perchoir alors.

Ça lui convenait. Du moins, c’est que Syndrell imaginait, car elle était n’était pas familière de genre de petite bête ; Nuance était le seul animal avec lequel elle ait autant de liens. Mais curieusement, Fu lui faisait penser à Dolce. Constamment en éveil, vif et observateur, curieux voire agaçant, mais étonnamment attendrissant.

* Là, tu t’égares loin, ma fille, si tu te mets à comparer cet homme à un furet…*

La marchombre posa le regard sur l’horizon. Le Pollimage. Elle savait, à présent, pourquoi elle n’avait pu refuser un tel détour : elle ne connaissait pas le Pollimage. Pas encore. Lorsqu’elle était revenue du Rentaï, elle avait été tentée de s’en approcher, mais une rencontre inoubliable avait bouleversé ses plans et elle avait filé tout droit jusqu’à l’Académie. Du fleuve, elle ne connaissait que les récits du vieux souffleur de verre et les souvenirs de Miss. Et la curiosité fit soudain flamboyer l’or pur de ses yeux. Son visage se fendit d’un radieux sourire et elle poursuivit sa marche d’un pas plus léger, Fu ballottant allègrement sur son épaule et chatouillant parfois sa joue du bout de son museau.

Elle avait de nouveau une destination.


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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Lun 30 Mai - 17:26

La petite troupe avançait doucement. Ombe remarqua le regard implorant que Dolce lança à Louve. Que voulait dire ce regard ? L’homme ne devait peut-être pas être d’accord avec la proposition de la jeune femme… Il aurait certainement voulu voyager seul avec elle… Trop tard. Et puis, de toute façon, il se retrouverait bien vite seul avec sa chère Louve. Dans moins de deux jours, Ombe les quitterait pour monter vers le Nord. Vers Al-Poll. Tandis que eux, prendront la direction opposée.
La jeune fille leva la tête, humant l’air printanier. Elle n’avait pas spécialement envie de parler. Le silence ne l’a dérangeait pas, elle appréciait le bruit des sabots de son cheval, ou même celui des pas des deux personnes qui l’accompagnaient. Elle aimait sentir l’air, écouter le murmure du vent. Pourquoi gâcher ce son magnifique en inutiles discussions ? Et puis, elle n’était pas le genre de fille qui raconte sa vie n’importe quand à n’importe qui. Dolce n’avait pas l’air du même avis puisque, après lui avoir adressé un sourire,
*comme toujours* pensa Ombe, il lui demanda :

- Au fait, puisque nous allons voyager un temps ensemble, et si ce n'est pas trop indiscret... qu'allez-vous faire à Al-Poll ?

Cette question déstabilisa la jeune fille. Qu’allait-elle faire à Al-Poll ? Elle se le demandait elle-même ! Quelque chose en cette ville l’attirait, mais elle ne savait pas quoi. Tout ce qu’elle savait de cette ville c’était que c’était là-bas que sa mère était née. Mais elle ne lui en avait jamais dit plus… Ombe était certainement poussée par ce désir de savoir ce qu’il s’y cachait. Où peut-être espérait-elle intérieurement retrouver la trace de sa mère. Devenue folle. Disparue. Était-elle seulement encore en vie ?
Ombe réfléchit. Non. Ce n’était pas pour cela qu’Al-Poll l’attirait. Cela pouvait être la curiosité de voir l’endroit où sa mère était née, mais ce n’était pas pour la retrouver. Elle l’avait abandonné. Et maintenant, Ombe ne faisait plus partie de cette vie là. Maintenant, elle était apprentie marchombre, et elle allait vers Al-Poll, tout simplement pour découvrir le monde, guidée par la curiosité. C’est ce qu’elle répondit à Dolce, en toute franchise.


-Qu’est-ce que je vais faire à Al-Poll ? Je ne sais pas. Je rêve de cette ville depuis que je suis toute petite, je veux la voir, par simple curiosité, par simple envie de découvrir chaque coin du monde.

Elle marqua une pause en voyant le furet de l’homme sauter sur l’épaule de la femme. Louve l’accueillit essayant de le caresser. Ce petit animal était vraiment attachant avec sa petite frimousse moustachue. Ombe ne pu retenir un sourire d’attendrissement devant la scène.
Elle tourna de nouveau la tête vers Dolce, souriante.


-Et vous, j’ai cru comprendre que vous descendiez vers le sud… si ce n’est pas indiscret également, qu’allez-vous y faire ?

Pourquoi se contenterait-elle de répondre aux questions ? Cet homme n’a pas cessé de lui en poser depuis qu’ils se sont rencontrés, à son tour maintenant de poser quelques questions !

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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Jeu 2 Juin - 12:27

Dolce sourit lorsque Fu glissa de son épaule pour sauter sur celle de Louve. Il aimait bien la jeune femme, même s’il n’acceptait pas ses caresses : sinon, il ne s’en serait pas approché plusieurs fois de suite. Il était comme ça, ce jeune furet, attachant et attaché, mais qui restait méfiant quand il n’aimait pas une personne en particulier. Il ne s’était d’ailleurs pas approché de la cavalière, sauf la première fois pour savoir ce que c’était.

Un sourire continuait d’étirer les lèvres de l’homme.
Ecoutant avec attention la réponse de la jeune cavalière à sa question, Dolce hocha légèrement la tête. Elle voyageait juste, avait besoin d’aventure, une jeune fille qui explorait le monde... Il n’y en avait pas tant, mais ce n’était pas non plus spécialement rare. Il espérait pour elle qu’elle ne rencontrerait personne qui en voudrait à sa vie, ou à son statut, cela aurait été vraiment dommage. Poursuivre ses rêves et les réaliser, n’était-ce pas la seule aspiration digne de ce nom ? Car quand on réalisait ses rêves, on en tirait un plaisir non négligeable, et c’était par petits bouts de plaisir que l’on construisait son bonheur.

Dans tous les cas, c’était ainsi que Dolce raisonnait.

Lui adressant un large sourire lorsqu’elle lui retourna la question – enfin, leur retourna la question, mais Dolce avait remarqué qu’elle le fixait particulièrement lui pour avoir une réponse – il se râcla la gorge un instant avant de répondre, d’une voix claire et grave.

- Je descends pour récupérer ma jument. J’ai rendu visite à une amie à Al-Poll, et ma jument a peur de passer par les Plateaux d’Astariul : la dernière fois, elle s’est fait une tendinite en s’emballant quand un Brûleur est passé un peu trop près de nous...

Souriant toujours, il observa à nouveau la monture de la cavalière. Grande, large, en tout cas au dos portant et court, et aux membres larges et sûrs, il ne devait pas souvent se faire mal, même quand il ne regardait pas où il mettait les pieds. Peut-être était-il plus calme aussi que Loyale ? Elle n’était pas nécessairement très réactive par rapport à l’environnement extérieur, mais se méfiait un peu de tout, et notamment des humains en général. Sauf de Dolce. Après quatorze ans de voyages ensemble, c’était aussi normal...

Laissant le silence s’installer, parce qu’il avait bien remarqué que les deux jeunes femmes n’avaient pas forcément envie de parler, soit qu’elles n’étaient pas bavardes, soit qu’elles préféraient écouter les bruits de la nature. Alors, il en profita lui aussi. Son regard balaya l’horizon. Il y avait de l’herbe à perte de vue, plus ou moins haute, qui ondulait avec les caprices du vent. Par ci et par là, des buissons ou des bosquets faisaient leur apparition, mais jamais jusqu’à devenir des forêts, caprices des Plateaux. Se laissant aller lentement dans une douce quiétude, Dolce ferma même les yeux, suivant juste à l’oreille les pas du cheval d’Ombe.

Et le soleil s’élevait dans le ciel, passait son apogée.
A environs midi, Dolce sortit de son sac de la viande séchée, qu’il partagea avec Fu. Le petit furet avait immédiatement senti les intentions de l’homme, et était revenu illico sur son épaule pour quémander un peu de nourriture. Secouant légèrement la tête, le jeune homme sourit et taquina son compagnon à quatre pattes.

- Tu peux aussi chasser, feignant !


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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Jeu 2 Juin - 17:00

La réponse d’Ombe, autant que sa question à l’intention de Dolce, tira un sourire entendu à Syndrell. Elle connaissait bien ce vent joueur et hasardeux qui lui soufflait d’aller vers l’inconnu, sans raison particulière, hormis peut-être celle de la curiosité ; un marchombre ne tient jamais en place, quelque soit son niveau. La jeune fille devait profiter d’une pause entre deux cours pour découvrir le monde, guidée seulement par ce vent, que l’on appelle aussi instinct, et par cette soif d’aventures jamais étanchée.

Al-Poll… voilà bien longtemps qu’elle n’y avait pas remis les pieds. La dernière fois qu’elle avait traversé la cité, c’était pour fuir les montagnes où elle avait grandi, brisée par la mort d’un vieil ami. Et une pensée en entraînant une autre, elle se demanda subitement si l’orphelinat dans lequel elle avait passé les premières années de sa vie existait toujours. Déjà, à l’époque, il était dans un sale état, tenu par le seul courage et l’incroyable volonté de fer d’une vieille femme au cœur immense ; mais, à la mort de Ceridwen, personne n’avait eu la force de poursuivre son œuvre, et « la tour » était restée à l’abandon.

Fu la sortit de ses pensées en lui chatouillant l’oreille. Le trio progressait tranquillement sous un soleil de plomb à travers les immenses plateaux, défiant par leur seule présence l’hostilité qui se dégageait de leur nom. Astariul. Elle était passée par-là avec Miss, alors qu’elles remontaient vers le nord pour… pour achever l’apprentissage d’une vie. Aucun incident ne marquait les souvenirs de Syndrell, pas même la rencontre avec un Brûleur, et elle se demanda si la réputation que l’on prêtait à l’endroit n’était pas ce qui effrayait le plus tous ceux qui n’osaient pas s’aventurer dans les hautes herbes jaunies et sèches. Selon elle, les plateaux n’étaient pas plus dangereux que la plaine qui lui faisait face, à l’est, or celle-ci était habitée. Peut-être que si les hommes s’étaient également établis dans cette partie de l’Empire, ils n’auraient pas la même opinion à propos des plateaux d’Astariul ?

Elle méditait encore sur la question lorsque, d’un commun accord et sans se concerter, ils s’arrêtèrent à l’ombre futile d’un bosquet. Une halte qui n’était pas nécessaire à trois guerriers de leur trempe, dont une juchée sur un cheval, mais l’animal en question avait besoin de se désaltérer et de récupérer un peu. Pour sa part, Syndrell jugeait cet arrêt opportun ; c’était l’occasion de relancer les dés. Le jeu continuait, Ombe s’y était intégrée sans difficulté et ils étaient partis pour passer quelques heures ensemble : l’occasion de faire davantage connaissance…


- Tu as déjà rencontré un Brûleur, alors. Comment est-ce ?

Elle s’était adressée à Dolce alors que ce dernier gourmandait gentiment son furet. Installés dans les ombres mouchetées des buissons, ils partageaient leurs vivres avec l’aisance de ceux qui ont l’habitude de voyager. C’était la première fois que Syndrell faisait un bout de chemin avec des inconnus. Jusque-là, ses explorations de l’Empire s’étaient réalisées en solitaire, avec Nuance pour seule compagnie, ou bien avec Miss et d’autres apprenties. Encore une fois, la réalité de sa soudaine liberté lui sauta aux yeux et lui coupa le souffle. Quand serait-elle enfin habituée à cette nouvelle vie ?

Dans un haussement d’épaules, la jeune femme avait reporté son attention sur Dolce tandis qu’il se disputait un morceau de viande avec Fu. Elle avait accueillie la réponse qu’il avait donné à Eole en silence, méditant sur la façon dont il avait évoqué sa jument ; elle en avait conclu qu’il devait beaucoup tenir à elle. Peu de cavaliers sont prêts à laisser leur monture pour s’aventurer dans des territoires réputés hostiles, dans le seul but de tenir cette dernière à l’abri de tout danger. Elle aussi avait laissé Nuance derrière elle ; Miss avait insisté sur ce point, expliquant à son élève que là où elles se rendaient, il leur faudrait se passer de chevaux. Nuance et Nyyu étaient donc restées à l’Académie, profitant de vacances amplement méritées.

Mais ce qu’elle avait soigneusement rangé dans sa mémoire, c’était l’évocation du Brûleur. Vraisemblablement, Dolce en avait croisé un et puisqu’il était toujours en vie, cela signifiait qu’il avait remporté un tour de force des plus impressionnants. Une idée qui fit flamboyer ses yeux d’or, alors qu’elle se posait à nouveau la question, comme un refrain qui revient toujours : qui était-il donc ?


- Tout ce que je connais de cette créature, c’est son hurlement à glacer les sangs. Allez, amour, raconte-nous !

Amour. Un sourire flotta sur ses lèvres alors qu’elle tendait sa gourde à Ombe.
Les dés étaient à nouveau lancés.



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Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 20/10 au 03/11]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)


Dernière édition par Syndrell Ellasian le Jeu 2 Juin - 23:24, édité 1 fois
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Jeu 2 Juin - 22:08

[Syndrell, à ce moment-là de son histoire, mon perso ne s'appelle pas encore Éole, elle change de nom lorsqu'elle arrive à Al-Poll Wink je suis désolée si ce n'est pas très clair... ]

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Un sourire naquit sur les lèvres de l’homme à qui Ombe avait répondu, puis il se racla la gorge avant de lui répondre à son tour.

- Je descends pour récupérer ma jument. J’ai rendu visite à une amie à Al-Poll, et ma jument a peur de passer par les Plateaux d’Astariul : la dernière fois, elle s’est fait une tendinite en s’emballant quand un Brûleur est passé un peu trop près de nous...

Ainsi donc, il rejoignait sa jument. Une jument plus peureuse que Bolshoï d’ailleurs. Il était vrai que le cheval noir n’était pas spécialement craintif, ce qui ne l’empêchait pas d’être méfiant, comme sa jeune maitresse. Ses oreilles bougeaient sans arrêt, guettant le moindre bruit qui paressait suspect. Il savait garder son calme, ce n’était pas un cheval qui paniquait facilement. Mais, en même temps, il n’avait jamais vraiment été en contact d’un danger réel, aussi grand que celui que pouvait représenter un brûleur. Peut-être réagirait-il comme la jument de Dolce.

Le voyage continua dans le silence. Certainement que Dolce avait compris que le silence n’était pas un poids et que l’on pouvait l’apprécier. Ombe ne pensait pas que l’homme n’appréciait pas le silence, mais vu comme il était bavard, le silence devait peut-être le gêner… Enfin, c’était ce que la jeune fille pensait, rien ne lui prouvait que c’était la vérité.
Dans ce silence, Ombe écoutait le bruit des pas des deux personnes à ses côté, ainsi que celui des sabots de son cheval sur le sol aride. Elle entendait aussi le faible murmure du vent, qui soufflait à peine sous ce soleil écrasant.
Ombe pensa aux brûleurs qui parcouraient cette région. Elle ne savait pas grand chose d’eux, si ce n’est que c’étaient les créatures les plus dangereuses de Gwendalavir et qu’elles poussaient un cri strident à vous glacer le sang. A quoi ressemblait-elles ? Que fallait-il faire si on se retrouvait face à l’une d’elles ? Ça, Ombe n’en n’avait aucune idée. Elle espéra intérieurement ne pas croiser leur route.

Quelques temps après, la petite troupe s’arrêta pour manger un morceau et laisser Bolshoï reprendre des forces. Louve en profita pour relancer la conversation en demandant des indications sur les brûleurs à son compagnon, tandis que celui-ci partageait sa viande avec son fidèle furet. Ombe se tourna donc vers l’homme, attendant elle aussi les informations qu’il pouvait donner sur ces dangereuses créatures. La jeune fille aimait apprendre, et, à ce moment, elle avait l’occasion de savoir quelque chose de nouveau, et d’utile qui plus est, alors elle porta son attention sur l’homme, qui se ferait certainement une joie de leur narrer l’aventure, aussi grand parleur qu’il était.

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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: La fille qui descendait vers le sud [PV Dolce et Ombe] [TERMINE]   Dim 5 Juin - 21:33

Un léger sourire étira les lèvres de Dolce alors que Louve lui lançait une nouvelle question à débat. Et surtout, quand il vit dans ses yeux que le jeu n’était pas encore fini : pour lui, c’était une évidence, mais peut-être pas pour elle... quoique. Le petit surnom qu’elle avait employé était adorable et l’avait presque fait frissonner de surprise.

Décidément, les femmes étaient pleines de mystère et de surprises !

Le souvenir de ses soeurs flotta un instant dans son esprit, alors qu’il finissait de partager son propre repas avec le petit furet malin. Ce dernier se léchait les moustaches lorsque Dolce se redressa enfin, finissant de mâcher sa propre viande séchée, plantant son regard dans celui de Louve quelques secondes, taquin lui aussi.

- Et bien... Comment c’est ? Plutôt effrayant, à dire vrai !

Lui adressant un clin d’oeil complice, il reprit, toujours un sourire aux lèvres mais le ton bien plus sérieux.

- En réalité, je ne l’ai pas vu de très près, il était à une trentaine de mètres de nous. Mais en sachant à quelle vitesse se déplace des créatures, c’était déjà bien trop près !

Ménageant son effet, il fit une petite pause pour ranger un morceau de viande dans son sac, alors que Fu tentait de lui en attraper un morceau.

- Il était immense, au moins quatre mètres de haut et deux de long, rouge. Sur son... poitrail, si on peut appeler ça comme ça, ils possèdent une sorte de carapace très dure, impossible à couper. Ils sont recouverts d’une fourrure mi-longue généralement plutôt carmin. Des pattes griffues, une bouche encadrée de deux rangées de dents... vraiment pas beau à voir.

Il soupira, fermant les yeux. Il se souvenait parfaitement de cette hiddeuse créature. Et surtout... de son cri, qui avait mis Loyale dans tous ses états.

- Il n’en avait pas après nous, heureusement, un tigre un peu plus loin était bien plus appétissant – un tigre que je n’avais pas remarqué et qui avait apparement pour but de faire de nous son déjeuner. La chaîne alimentaire... Mais c’est justement son cri strident qui a fait si peur à ma jument, elle a paniqué immédiatement et est partie à toute vitesse dans l’autre sens, ne regardait même pas où elle mettait les pieds. C’est pour ça qu’elle s’est fait mal !

Oui, il parlait il parlait, et il aimait être le centre de l’attention. Surtout lorsque le regard d’or liquide de Louve se posait sur lui ainsi... Il leur adressa un large sourire.

- C’est vrai que je ne te l’avais pas raconté, ça, ma chérie. Mais autant que tu ne te fasses pas trop de soucis à mon sujet, n’est-ce pas ?

Un clin d’oeil à l’adresse de Louve, et il se redressa pour marquer la fin de la pause, et repartir. Non pas qu’il avait une terrible envie de se retrouver seul avec la jeune femme aux cheveux bleus mais... presque.

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