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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Entre chien et loup [TERMINE]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Entre chien et loup [TERMINE]   Sam 02 Avr 2011, 15:56

…Elle a dissimulé sa nature… toutes ces années. A tout le monde. Même à nous. A moi. Jusqu’à ce soir…
- Non ! Non, papa, non !
- Je n’ai pas… pas voulu ça, Manaël. Je te le jure. Mais il faut que… tu me promettes de gagner le lac Chen. L’Académie…

Manaël se tint la tête entre les mains et se redressa en chancelant.

- Maman !
- Les marchombres, Manaël ! Retrouve… les marchombres…
- Non !!!


Gil se redressa d’un bond sur sa couche, le souffle saccadé, la respiration sifflante, complètement en nage. La tête entre les mains, il laissa filer une poignée de secondes, s’accordant le temps de récupérer.

" Les marchombres, Manaël ! "

- Ta gueule…

Il avait murmuré un cri du cœur, mais son simple sursaut avait déjà dû réveiller à moitié la silhouette allongée près de lui. Sous le léger mouvement de cette dernière, le drap glissa, dévoilant un corps aux courbes savoureuses sur lequel les ombres dessinaient des arabesques presque maléfiques. Cette dernière pensée fit sourire à demi Gil, qui secoua la tête. Les bribes de son cauchemar s’accrochaient encore à lui, voilà pourquoi même les ombres, ses plus chères amies, devenaient maléfiques…

Quittant la chaleur du lit, il se dirigea vers la bassine en fonte posée sur l’étagère, seul autre meuble de la pièce, pour s’asperger d’eau le visage. Il grimaça lorsque ses doigts rencontrèrent une sensation drue et leva les yeux pour croiser le regard de son reflet. Depuis quand ne s’était-il pas rasé ? Et depuis quand n’avait-il pas terminé de nuit sur un rêve agréable ?

Dans un soupir qui traduisait sa profonde lassitude, il s’empara du coutelas posé sur ses vêtements soigneusement pliés sur le rebord de la fenêtre et entreprit de se rendre plus présentable. Le but n’était pas de plaire, seulement de paraître plus soigné – parce que soigné, il l’était. Pas comme cette fille, qui avait jeté leurs vêtements un peu partout dans la pièce. Il avait dû se relever pour ranger les siens.

- Marchombres, hein… Tsss !

Une fille, un jour, lui avait demandé pourquoi il parlait seul. Il avait rétorqué que son reflet avait autant de répartie qu’elle, et elle était partie en lui claquant la porte au nez. Un souvenir qui lui tira un petit rire tandis qu’il passait la main sur la peau désormais immaculée de ses joues et de son menton. Parfait…

Il s’habilla en silence, depuis les bottes jusqu’au tabard, en passant par les bas et la ceinture. Pas de chemise ; il faisait bien trop chaud pour en mettre une. C’est donc les bras nus que Gil quitta la chambre, sans un regard pour la silhouette allongée en travers du lit. A la réception de l’auberge, il paya la nuitée et celle de… Giselia ? Luanis ? Ellie ? La fille. Sa nuitée, et celle de la fille. Puis il lança un pourboire à la tenancière, attrapa au passage un pain chaud, tout juste sorti du four, et sortit de l’auberge. L’air frais de l’aube lui piqua la peau, achevant de l’éveiller tout à fait ; mordant à pleines dents dans son pain rond, il réajusta son carquois sur son épaule et se mit en route.


- Où est-ce que tu vas ?

- Si on te le demande…

- Ne viens-tu pas d’être nommé Envoleur, Gil ?

- Justement, je m’envole.

- Toujours dans la contradiction, n’est-ce pas ? Bon vent, alors. N’oublie pas ton premier cours.

- Je serais rentré à temps.


Le ciel se parait de nuances roses et violettes à l’ouest, tandis qu’à l’opposé la nuit faisait front, toutes étoiles allumées, mais lune pâlissant déjà. Gil aimait l’aube. C’était, de tous les instants de la journée, celui qu’il préférait ; ce moment incertain, entre chien et loup, alors que la nuit combat le jour et que nul ne saurait dire, alors, quel pourrait être le vainqueur… Pas même lui, qui ignorait jusqu’à la direction qu’il suivait. Sans doute rentrait-il au bercail pour y retrouver ses premiers apprentis…

Il quitta la petite bourgade qui lui avait servi de relais et s’immergea dans l’immensité verdoyante des collines. Les collines de Taj… Une étape essentielle, peu intéressante mais propice à tous les possibles : ogres, pillards, traquenards, tigres… Il faudrait qu’il y emmène ses apprentis, cela pourrait valoir son pesant d’or.

Il voyageait à pied. Sitôt nommé par la tête du Domaine, il avait été pris d’un impérieux besoin, celui de mettre le plus de distance entre l’école et lui – comme pour tester ce lien de résistance qui s’était établi sans son accord. Forêt de Baraïl, plateaux d’Astariul… Il était remonté vers le nord, sans autre affaire que son carquois, son arc, ses flèches et sa flûte. Toujours dans la contradiction.

Et aujourd’hui, il redescendait. Après un mois d’exil, de voyage jusqu’aux frontières de l’Empire, il revenait finalement à son point de départ. Ou comment boucler une boucle à jamais imparfaite… Un voyage en solitaire. La compagnie qu’il avait cherché la nuit n’avait pas suffi à mettre un terme à ses cauchemars ; de ce point de vu là, il revenait bredouille.


- Tu ne pourras jamais tirer un trait définitif sur ton passé.

- Quel passé ?

- T’as la tête dure, jeune apprenti. Très, très dure…


Cabochard. Voilà comment les autres mercenaires avaient coutume de l’appeler. Un mélange de « caboche » et de « bâtard ». Un beau mélange. Oui, Gil était un cabochard, et pas des moindres. Oui, Gil fuyait les hommes, et pas les moindres. Mais il s’était déjà réinventé une vie. Pouvait-il se réinventer lui-même ?

Le jeune homme marchait d’un pas tranquille, au beau milieu des collines, seul avec ses pensées.

Seul ?

Peut-être pas tant que ça. Déjà, Gil écartait les doigts, prêt à se servir de ses flèches pour avertir, puis ensuite menacer celui qui le suivait à quelques pas de distance. Il n’avait pas besoin de se retourner pour savoir qu’il s’agissait d’une ombre, vive et folle, légère et dangereuse. Comme toute ombre, d’ailleurs.



__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Sam 02 Avr 2011, 17:29

    Yllena gazouillait. Pour une fois, elle n'était ni en train de dormir, ni en train de manger, et elle babillait gaiement sur la poitrine de Miss, bien calée dans un harnais fait pour elle. Miss n'était pas partie depuis longtemps de l'Académie. Après la naissance de sa fille, elle était même restée plusieurs semaines près de la bâtisse des Marchombres. Elle avait fait cours à Ellenya et Phy au Lac, finalement, alors qu'à la base, elle avait prévu de les emmener aux Archipels Alines. Erwan avait fait passer leur examen à ses deux apprenties. Deux Oulan-Kil. Deux Ahn-Ju. Et elle était restée plusieurs semaines avec Phy et Ellenya aussi. Cela avait été compliqué, Erwan la rejoignait presque tous les soirs, une fois que les apprentis étaient endormis. Compliqué... Mais peu importait. Elle était profondément heureuse. Flattant l'encolure de Nyu, qui s'ébroua un instant, elle appliqua sa main derrière la tête de sa fille. Son regard se porta sur l'horizon, qui était en train de se teinter de couleurs orangées, alors que le soleil se couchait derrière les Dentelles Vives. Miss ferma les yeux, pour profiter de cet instant. Inspira longuement. L'odeur sucrée de sa fille monta jusqu'à ses narines, et un sourire fendit ses lèvres. Elle devait s'arrêter pour la nuit, et espéra que les contreforts d'un village allait bientôt pointer le bout de son nez. Comme si son souhait avait été entendu, quelques minutes plus tard apparut la silhouette d'une maison, puis de plusieurs. Il n'était pas question qu'elle dormît à la belle étoile. Certes, le printemps était bien installé, mais elle ne voulait pas exposer sa fille à la fraîcheur d'une nuit sous la voûte céleste. Elle aurait pu prendre froid, et cela pouvait très vite devenir très grave pour les bébés. Laissant les commandes à Nyu, qui bifurqua pour prendre directement la direction du village, Miss berça doucement sa fille, et l'enveloppa dans ses bras pour lui tenir chaud. Elles arrivèrent bientôt devant une auberge, et la Marchombre se laissa glisser doucement du dos de sa jument, qui la suivit sans rechigner, alors qu'elle ne touchait même pas aux rênes, ses deux bras s'enroulant autour du petit corps du nourrisson. Elle laissa sa monture aux écuries de l'auberge, et entra dans cette dernière.

    La chaleur humaine qui émanait de l'auberge l'enveloppa d'un coup, et le bruit des conversations emplit ses oreilles. Yllena s'était déjà tue, et ses grands yeux qui oscillaient entre le bleu clair et le violet profond détaillaient tout ce qui était à sa portée. Miss déposa un baiser sur le haut de son crâne, avant de s'avancer entre les tables pour atteindre le comptoir. Elle demanda une chambre, et à se faire monter le repas dans cette dernière. Suivant la tenancière, elle s'installa donc dans une petite pièce chichement meublée. Un sourire se dessina sur ses lèvres, alors qu'elle entendait un bruit régulier contre le mur, sur le côté de la chambre. Il y en avait qui s'amusaient... S'installant sur le lit, elle dégrafa son haut et blottit sa fille contre sa poitrine. Cette dernière saisit son sein goulument, pour téter pendant une dizaine de minutes. Elle finit par s'endormir contre son sein, et Miss s'en détacha pour la poser sur un coussin, et la border de la couverture en laine qu'elle portait avec elle. Frémissant en déposant un baiser sur le haut de son crâne, elle sourit béatement. Oui, elle était formidablement heureuse. Puis, elle s'éloigna du lit, et s'immergea dans une série d'étirements. Cela faisait un mois qu'elle avait accouché, un mois que son ventre ne portait plus Yllena en lui, et pourtant, elle n'avait pas repris toutes ses capacités physique. Encore légèrement rond, même si ce n'était que peu important sous l'aspect, il manquait cruellement d'abdominaux, et elle s'astreignait, tous les matins et tous les soirs, à faire des exercices pour recouvrer l'ensemble de ses capacités. S'enveloppant ensuite dans la Gestuelle Marchombre, elle en ressortit parfaitement sereine et calme, bien qu'épuisée. Elle se glissa dans le lit, et s'endormit immédiatement.

    Le lendemain, elle se leva aux aurores, alors que Yllena faisait ce petit bruit contrarié d'un bébé qui se réveillait et qui avait faim. Miss l'amena contre elle et la fit manger, avant de la laver avec l'eau tiède d'une bassine, et de se laver elle-même. Puis, elle la fixa encore devant elle grâce à son harnais, et elle descendit dans la pièce principale de l'auberge. Prenant une pâtisserie tiède, elle la mangea sous les yeux ébahis de sa fille, sur le chemin des écuries de l'auberge. Récupérant une Nyu énergique, elle se hissa dessus. La jument ne broncha pas. Elle semblait aussi à l'écoute que Miss d'Yllena, et sans doute avait-elle déjà eu un poulain avant que Miss ne l'achetât, plus d'un an plus tôt. Mettant sa monture au pas, la Marchombre vit une silhouette qui sortait du village vers le Nord, et elle décida de la suivre. Elle avançait bien, et Nyu se fit distancer, car elle marchait lentement pour ménager Miss et Yllena. Après une semaine de voyage, elle avait compris que lorsqu'elle marchait plus vite, elle les ballotait, et la petite n'appréciait pas particulièrement cela. Miss fit prendre un embranchement à Nyu, qui s'y engagea sans hésitation. La balade était tranquille, au milieu des collines. Les grands prédateurs semblaient s'être donné le mot pour ne pas intervenir et la matinée se passa sans encombre. Jusqu'à ce qu'une silhouette se détachât devant elles. La même qui était sortie du village avant elles aussi. Un sourire sur le visage, Miss donna un léger coup de bassin à l'adresse de Nyu, qui accéléra légèrement. Yllena s'était réveillée, et elle commençait à gémir parce qu'elle avait faim. Lui caressant une joue, Miss reprit sa jument pour qu'elle ralentît, lâcha complètement ses rênes, et dégrippa son haut pour donner le sein à Yllena, qui téta avec entrain. Nyu renâcla lorsqu'ils furent plus près de la silhouette masculine, et Yllena se détacha du sein de la jeune femme pour fixer son regard étonnant sur la silhouette, à son tour. Elle babilla un instant, avant que Miss ne l'enveloppât d'un bras, détaillant l'inconnu. Elle était devenue nettement plus méfiante depuis qu'elle avait sa fille, et c'était normal...
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Dim 03 Avr 2011, 13:36

Jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, Gil repéra immédiatement la cavalière qui approchait. Elle l’avait suivi de loin jusqu’ici, et il semblait bien que la curiosité soit la plus forte, car elle venait de modifier son allure pour briser la distance les séparant encore. Il décida de l’attendre, mais lui n’était pas animé de curiosité, non. C’était plutôt de la frustration. Quoi, encore ? Il était seul, n’avait rien demandé à personne, et dans un endroit comme celui-ci il fallait que quelqu’un vienne troubler la paix dont il s’était entouré… Il voulait en finir, vite. Lui indiquer une direction, lui offrir un peu d’eau qu’elle aurait tout aussi bien pu prendre dans le bourg, mais bon…Il n’était pas à deux minutes près non plus. Seren allait faire remarquer son insouciance, son groupe lui serait peut-être retiré avant même qu’il n’ait eu le temps de commencer son premier cours, mais après tout, qu’importe ; l’esprit de contradiction était là, toujours intact…

S’arrêtant à flanc de colline, il se retourna entièrement et pencha légèrement la tête de côté pour détailler l’inconnue approchant. C’était une amazone, ou il ne s’appelait pas Gil… Grande et belle, farouche et sauvage, dressée sur cet animal aussi digne et puissant, elle était aussi guerrière qu’il était homme, aussi femme qu’il était mercenaire. Une amazone, ni plus ni moins. Enfin, ni moins, c’était certain, mais la présence d’une telle perle rare dans un lieu comme celui-là n’était pas anodine. Elle pouvait être bien plus qu’une amazone, en réalité. Chevauchant gracieusement sur un fond de rose et d’ocre, elle était presque irréelle, et il aurait pu croire à une illusion s’il n’avait été aussi pragmatique. Aussi ne fut-il pas surpris de sentir le souffle du cheval sur sa peau lorsque ce dernier s’arrêta à quelques pas de lui, les naseaux dilatés et le flanc frémissant. Une bête impulsive, devina-t-il en tendant un poing fermé pour effleurer sa bouche. Il pariait qu’il en était de même pour la cavalière.

La cavalière.
L’amazone.
Quand Gil leva les yeux vers elle, ce fut pour se noyer dans un océan aussi violet que le ciel à l’horizon. Stupéfiant. De fait, il n’avait encore jamais croisé pareil regard, et il était charmé. Charmé par l’étincelle vive qui illuminait les prunelles foncées, par la malice doublée de méfiance qui s’y mêlait sous les grands cils ourlés. Il émanait de cette petite personne une forme de puissance indicible, telle qu’il n’en avait encore jamais vue, à la fois sourde et éclatante, mystique et réelle… Une immense interrogation, un élan de curiosité et de vie qui formaient un être tout entier, avec des longs cheveux éparpillés au gré du vent, sans attache, avec un rêve peint sur le visage et le bonheur dessiné sur les lèvres dans une imperceptible esquisse de sourire. Femmes heureuses font bons villages, songea Gil en reportant son attention sur le cheval qui soufflait bruyamment devant lui, oreilles pointées en avant. Méfiant.

- Belle bête…

Il avait tout de suite remarqué les yeux vairons de la jument. Ce genre de détail, si rare chez les hommes, un peu plus répandu chez les animaux, ne lui échappait jamais. Ouvrant le poing, il attendit que le lien se fasse – un soupçon de crédulité, un brin de curiosité, un souffle de sérénité, et la confiance pouvait s’installer. Gil ne possédait aucun animal, contrairement à nombre de ses pairs, et ne souhaitait pas y remédier. Mais il n’ignorait rien du respect qui lie chaque être vivant sur terre, qui leur permet de se côtoyer si harmonieusement dans l’univers ; cette jument avait toutes les raisons du monde de se méfier, parce qu’il était un inconnu, parce qu’il était seul et parce qu’il était le danger. Du dos de cette main que reniflait doucement la jument pouvait jaillir le mal, e temps d’un simple battement de cils.

L’animal effleura du bout des lèvres la peau tannée du jeune homme, acceptant l’élan de confiance plutôt que celui de la peur. Alors, Gil laissa glisser sa main sur le chanfrein, puis sur l’encolure, devinant sous ses doigts la puissance de la jument qui baissa doucement la tête, vaincue par ses caresses. Gil n’avait pas oublié l’amazone, il la sentait tendue, incertaine – elle aussi oscillait entre méfiance et confiance, il retrouvait chez elle cette même sagesse qui brillait dans l’œil de sa jument, et pour autant qu’il sache, lui tendre la main ne suffirait pas à l’amadouer de la même façon qu’avec sa monture. Il leva à nouveau la tête, échappa cette fois-ci au regard violet pour se concentrer davantage sur le reste de sa personne, admirant le port de tête, le maintien juste et droit, les courbes parfaites… Un mouvement, contre sa poitrine, attira son attention. Le petit paquet qu’elle tenait bien serré contre son cœur frémissait légèrement. Il tendit l’oreille, devint perception pleine et entière… Un deuxième souffle ? Plus rapide, plus fragile aussi, plus neuf. Un bébé.

L’amazone était mère.
Voilà pourquoi elle paraissait aussi grande et belle. Voilà pourquoi elle avait des allures de reine. Elle régnait déjà sur le cœur d’un homme et protégeait son enfant. Malheur à celui qui oserait s’en approcher sans son accord. Mercenaire, mais pas idiot, Gil savait que ce simple petit détail de quatre ou cinq kilos donnait l’avantage à l’amazone. Tout Envoleur qu’il était, il ne pourrait jamais l’emporter contre une mère protégeant sa progéniture. Si les chefs d’armées avaient un jour l’excellente idée de former leurs troupes à partir de mères effarouchées, il n’y aurait pas trente-six batailles, ni trente-six ennemis…

Par prudence plus que par respect, Gil recula d’un pas, sans rompre le contact avec la jument. Il était toujours ennuyé d’avoir été interrompu dans son cheminement solitaire, mais alors que le ciel se parait de mille feux chatoyants, il se sentait attiré par cette jeune femme, cette amazone au regard sauvage. Pas comme un homme est attiré par une femme, quoi que la femme en question soit suffisamment attrayante pour attirer l’attention de quiconque en ce monde qui soit normalement constitué. Non, il y avait autre chose, comme si leur présence, à tous les deux – à tous les trois, puisque la petite chose, bien qu’encore à l’aube de sa vie, pouvait transformer la victoire d’un Envoleur expérimenté en défaite assurée – n’était pas due au hasard. Rien, dans sa vie, n’était dû au hasard.

- Bonjour, marchombre.

Son attention presque toute tournée vers la jument, il guetta la réaction de l’amazone. Oui, il avait deviné, bien sûr. Dès l’instant ou leurs regards s’étaient croisés, il avait compris. Ce n’était que le troisième marchombre qu’il croisait de toute sa vie et pourtant, il l’avait reconnu au premier coup d’œil. Ressenti était plus exact. Il y a des choses que l’on ne peut que ressentir, l’amazone en était la preuve. Amazone, mère, marchombre et femme. Dans cet ordre ou dans un autre, cela revenait au même ; il y n’y avait pas trente-six possibles conséquents à cette rencontre dans les collines.
Gil cligna doucement des yeux.
Attente…


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Mer 06 Avr 2011, 11:05

[Syndrell ! XD Les yeux vairons, chez un cheval, ça veut juste dire qu'ils sont dépigmentés, et donc qu'ils sont bleus. Un cheval peut avoir un seul oeil, ou bien les deux, vairons, mais le vairon du cheval n'est pas le même que pour les humains ! =P ]


    Nyu tendit doucement l'encolure pour capter l'odeur de cet homme étrange. Elle sentait sur son dos Miss tendue, et elle l'était aussi : elle se sentait aussi concernée que la Marchombre quand à la sécurité du petit être qu'elle avait mis au monde. Mais voilà, la curiosité mangeait Nyu, et cette dernière ne résista pas à l'attrait de ce poing fermé. Il y avait peut-être à manger, qui sait ? Elle frémit un instant lorsqu'il posa sa main sur son chanfrein : les contact aussi francs ne plaisaient pas à la jument, et encore plus quand c'était un inconnu qui le provoquait. Mais il passa bien vite sur son encolure, et la petite jument se détendit doucement, avec cette main chaude et douce sur sa peau, qui la caressait doucement. Baissant un peu l'encolure pour montrer sa confiance, elle souffla doucement, avant de chercher quelques brins d'herbe à sa portée. Miss continuait d'observer cet homme, mais ne tint pas rigueur à sa jument de la confiance qu'elle venait de lui accorder. Elle savait qu'elle pouvait devenir vraiment paranoïaque parfois, avec sa fille entre les bras. Cela ne lui était jamais arrivé auparavant, et cela ne lui était pas encore tombé dessus, mais vu la méfiance qu'abritait son cerveau, cela ne l'aurait pas étonnée pour le moins du monde de croire des sornettes mises en place par son esprit et son imagination. Voilà aussi pourquoi elle venait de repousser l'hypothèse évidente que cela était un Mercenaire du Chaos. Elle l'avait déjà croisé, cet homme, mais où ? Son cerveau ne voulait pas se rappeler, ou plutôt elle venait de mettre de côté le souvenir en question en écartant l'hypothèse que c'était bien un Envoleur.

    Lorsqu'il remarqua sa fille, Miss vit que ses pupilles se dilataient légèrement, et ce détail la rassura : apparemment, il ne lui voulait pas de mal. Il était tentant de parler, mais elle n'osa pas. Elle avait marmoné un «  oui oui » lorsqu'il avait dit que Nyu était belle, mais n'avait pas apprécié non plus le mot «  bête ». Elle fronça les sourcils légèrement, alors qu'Yllena poussait un soupir contrarié. Soupirant doucement, elle détacha son regard de l'inconnu un instant pour défaire légèrement les couvertures qui entouraient sa fille, et qu'elle pût ainsi mieux respirer, et la berça d'un bras. Son attention était fixée sur l'homme qui se tenait au niveau de l'épaule de Nyu, et elle était prête à n'importe quelle action à libérer son aura et demander à Nyu de s'enfuir. Même si ce n'était pas recommandé du tout pour Yllena. Ne pensant déjà plus à cette possibilité, elle se redressa lentement lorsqu'il la salua soudain, n'hésitant pas à rajouter ce qu'elle était plus que tout dans cette salutation. Alors, Miss plongea son regard dans celui de l'homme, un instant. Comme une éternité. L'évidence explosa dans son esprit : Mercenaire du Chaos ! Non, pire : Envoleur ! Un léger frisson la parcourut, et elle se tendit distinctement sur Nyu, qui renâcla, comprenant parfaitement le message de sa cavalière. Nyu, qui fit un écart pour se placer hors de portée de la main de l'homme. Miss prit alors une décision. Refermant d'un geste maintenant habitué le harnais où était portée sa fille, elle posa sa main sur le garrot de sa jument, et l'autre sur sa cuisse.


    - Tiens donc, un Envoleur. Tu remontes donc vers Ombreuse?

    Miss était de retour. Impertinente. Après tout, ils étaient dans les collines de Taj, pas si loin que cela d'Ombreuse, où se trouvait le Domaine. Elle avait sans doute fait une énorme erreur en disant cette destination, montrant par là qu'elle savait où se trouvait leur repère, et qu'elle était largement capable de le retrouver. Entre sa propre formation d'Envoleur, qu'elle avait abandonné au milieu, et le jour où elle avait retrouvé Syndrell pour la sortir de là-bas dedans, elle ne risquait pas d'oublier où il se trouvait, ce fichu Domaine. Un sourire impertinent sur le visage, Miss plongea son regard dans celui de l'homme, qui était bicolore. Elle apprécia cette différence d'iris, et berça doucement sa fille de sa main posée auparavant sur le garrot de Nyu. Yllena gazouilla un instant, avant d'essayer de tourner la tête pour voir quelque chose qu'elle ne verrait pas vraiment. Miss soupira doucement, posant sa main sur l'arrière de la tête de sa fille, la tenir contre elle. Elle savait qu'elle n'aurait aucune chance si elle devait affronter cet Envoleur. Mais elle était sur Nyu, et elle avait son aura, deux raisons qui lui permettraient d'éviter cette confrontation dans le cas où elle éclaterait...
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Jeu 07 Avr 2011, 19:48

[Héhé. Je le savais, en plus, mais je ne suis vraiment pas une spécialiste des chevaux alors ça ne m'a pas marqué... Maintenant, si. Je vais modifier ça, mirki Miss !! ]

Gil sourit.
Il avait sentit la marchombre se tendre, imperceptiblement – elle savait cacher ses émotions au moins aussi bien que lui, et le recul de sa monture passait pour inaperçue dans ce qui était tant un geste de l’animal que d’elle. Il en conclut qu’elle n’était pas débutante, même si avec un enfant aussi jeune, il doutait que cela eut pu être le cas. Mais la froide détermination qui émanait de la jeune femme était formelle, elle était douée. Très douée.
Et mère – était-il besoin de le rappeler ?

L’amazone le fixait sans en silence, attendant une réponse qu’il ne lui fournit pas immédiatement. Il n’était pas pressé – en fait, il ne l’était jamais. Et la présence de cette femme, surtout accompagnée d’un nourrisson, l’intriguait. Ignorait-elle les dangers fourmillant dans ce coin de l’Empire, où bien était-elle tout simplement inconsciente ? L’observant pensivement de là où il se trouvait, c'est-à-dire en contre bas puisqu’elle était en haut, juchée sur sa jument, Gil penchait plutôt pour la seconde option. Inconsciente. Ce qui allait en totale contradiction avec le terme de « mère »…mais pas avec celui de marchombre.

Un maître. L’hypothèse l’effleura alors qu’il laisser glisser son regard sur les mains de la marchombre, mâtinées par l’usage des armes et d’une foule d’autres choses encore – la terre, la roche, le sable, l’eau… Des mains fines et blanches, agile et souples, mais assurément ce n’étaient pas là des mains de princesse. Il y avait son attitude, aussi. S’il isolait celle de la mère protégeant son enfant en se dressant de profil, de manière à épargner un coup au bébé en le recevant pour lui, il devinait celle du mentor : à l’écoute, l’air de rien mais réfléchissant silencieusement à toutes les options possibles et imaginables. Le lieu, le temps, le moyen… Elle envisageait sa fuite, il le lisait dans ses yeux. Mais c’était les seuls indices dont il disposait, et de plus, s’il avait raison, alors il avait un autre problème.
La greffe.

Si l’amazone était maître, il était possible qu’elle en possède une. Non pas qu’il envisage sérieusement de l’attaquer, puisqu’elle tenait serré contre son sein un atout de taille, malgré les apparences ; mais dans le cas où elle s’enfuirait, il pouvait être sûr qu’elle protégerait sa fuite. Il fallait donc qu’elle utilise son second atout. En outre, elle pourrait difficilement diriger sa monture et tenir son enfant tout en dégainant une lame secrète, dont il devinait le manche par un renflement dans sa tunique. Elle en avait d’autre, il n’en doutait pas. Mais Gil supposait que sa greffe – si tant est qu’elle en avait une – n’incombait pas nécessairement le contact.

Comme la sienne.
Ils se retrouvaient donc presque à égalité, finalement. Le seul barrage véritable était cet enfant. Sans lui, un combat aurait été possible et alors, Gil se demandait bien qu’elle en aurait pu être l’issue… Il sourit à nouveau. Pas besoin de flèches ni de lames pour porter des coups. Seren lui avait enseigné cette leçon au moyen de remarques acerbes, la plupart concernant le passé d’un certain Manaël et alors, ses mots devenaient plus tranchants que des lames, plus perçants que des pointes. Plus dangereux que des armes.

- Peut-être bien. Ombreuse n’est cependant pas la seule destination qu’offre le nord, n’est-ce pas ?

De nouveau, il pencha la tête sur le côté, plongeant dans ses pensées.
Elle avait deviné son rang avant lui, preuve d’une acuité particulièrement fine. Pourtant, elle se méfiait plus que lui ne se méfiait. Sans doute parce qu’il n’avait jamais peur des femmes… Gil n’était pas idiot. Fou, à la rigueur – Seren acquiescerait certainement à cette affirmation – mais pas idiot : il savait les femmes bien plus malignes que la plupart de tous ces rustres d’hommes, marchombre ou mercenaires ; mais, quoi qu’en disent les siens, il vouait une certaine confiance en le sexe opposé, parfois inconsciente, souvent volontaire. Un cadeau de sa mère, sans doute…

- Tu peux te détendre. Je ne vais pas vous manger…

Il avait ponctué sa phrase d’un léger rictus qui semblait néanmoins affirmer le contraire, mais lui était parfaitement détendu, et elle devait l’avoir remarqué. Détendu, même pas en garde, même pas prêt à décamper de quelque manière que ce soit, ou de dégainer quelque lame que ce soit… Des lames, de toute façon, il n’en avait pas des masses. Un coutelas glissé à la ceinture, à l’opposé de sa flûte, et une dague, glissée secrètement dans sa botte gauche. A ses yeux, les diverses étoiles de jet piquées dans le revers de son tabard ne comptaient pas, puisqu’il comptait avant tout sur ses poignets. Mais pour l’heure, il avait les mains grandes ouvertes en signe de paix, et les bras ballants de chaque côté de son corps, dans une posture des plus simples et des plus masculines qui soit.

La marchombre restait tendue. Normal, son attitude de mère gardait le dessus. Mais il songea, en plongeant à nouveau dans le violet si pur de ses iris, qu’il ne se défendrait pas si elle passait à l’attaque.
Presque pas.


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Sam 16 Avr 2011, 12:21

    Ombreuse n'est pas la seule destination du Nord... En effet. Mais, est-ce que par cette phrase, il ne lui dévoilait pas qu'il n'avait pas compris le sous-entendu de sa question ? Miss sourit intérieurement. Il semblait un brin naïf, bien que particulièrement intelligent, ce bonhomme. Déjà, parce qu'à chaque fois qu'il allait parler, il restait silencieux plusieurs secondes, comme pour parvenir à exprimer clairement sa pensée avec des mots, comme pour tourner sa phrase dans le but qu'elle ne dévoilât pas tout au premier venu, mais seulement à celui qui faisait attention. Miss soupira doucement, sa main toujours contre l'arrière de la tête d'Yllena. Oui, elle se méfiait. Mais elle décida cependant de se détendre doucement : en effet, cet homme n'avait rien d'agressif dans son attitude, et lui aussi était parfaitement détendu. Redressant un peu la tête, Miss finit par hausser un peu les épaules. Et lorsque l'Envoleur en question lança qu'elle pouvait se détendre et qu'il n'irait pas les manger, Miss éclata de rire, tout simplement, tirant un hoquet de surprise à sa fille lovée tout contre elle. Plantant son regard flamboyant dans celui de l'homme, avec cette étincelle de moquerie dans le fond de sa pupille, elle lui adressa une moue adorable, avant de lui lancer, redressant le menton encore un peu :

    - Ca, j'en suis certaine. On n'est pas du genre comestibles, dans la famille !

    Lui adressant un regard en coin, elle se demanda ce qu'elle faisait, maintenant. Pouvait-elle descendre de cheval ? Cela aurait été plus poli, mais Miss se fichait comme d'une guigne de la politesse. Elle misait sur sa sécurité. Et si elle descendait et que l'Envoleur changeait d'avis, cela pourrait lui être fatal. Quoique, il ne semblait pas animé d'intentions belliqueuses. Soudain, Miss fronça les sourcils. Elle... Un long frisson la parcourut. Non, ce n'était pas possible. Et puis, c'était ' fils ' non ? Pourtant, la Prophétie, celle qu'elle avait apprise durant sa formation d'Envoleur, lui remonta dans la mémoire... Lorsque les douze disparaîtront et que l'élève dépassera le Maître, le chevaucheur de brume le libérera de ses chaînes. Six passeront et le collier du un sera brisé. Les douze reviendront alors, d'abord dix puis deux qui ouvriront le passage vers la Grande Devoreuse. L'élève s'y risquera et son enfant tiendra dans ses main le sort des fils du Chaos, et l'avenir des hommes. Miss frissonna violemment. Non, cela ne pouvait pas être possible. D'une, parce qu'elle n'avait jamais été entravée par des chaînes. De deux, parce que tout le toutim d'avant, personne ne savait ce que cela pouvait être vraiment. Prenant une inspiration, Miss ferma les paupières un instant, avant de les replanter dans celui de l'homme.

    - Certes, il n'y a pas qu'Ombreuse dans le Nord... Pourtant, je sais que c'est là-bas que tu vas.

    Lui jetant un regard en coin, Miss inspira.

    – Cette maudite prophétie...

    Un murmure. Mais quand même, à cause de cette prophétie, Miss avait le coeur qui battait à cent à l'heure, et une envie de serrer bien plus fort Yllena dans ses bras. Erwan... Elle devait retrouver Erwan. Le rejoindre. Il était parti, lui aussi. Il avait eu besoin de retrouver le jaguar, et elle avait eu besoin d'un peu de voyage. Ils devaient bientôt se retrouver à l'Académie. La Marchombre serra les mâchoires. Elle était vraiment inconsciente, au fond, de voyager comme ça, avec Yllena... Non. Ce n'était pas de l'inconscience, c'était une nécessité, pour elle. Et Yllena ne s'en portait pas mal, alors pourquoi aurait-elle dû y renoncer ? Sa fille découvrirait ainsi Gwendalavir dès son plus jeune âge, et elle était certaine que c'était une bonne chose pour elle. Soupirant doucement, Miss porta son regard sur l'horizon. Vers le Nord. Ils étaient arrêtés, l'homme comme Nyu, sur laquelle elle était. Elle fronça les sourcils.

    - On avance un peu ? C'est pas que je suis pressée, mais presque !

    Un regard en coin encore à l'homme, et d'un léger mouvement de bassin Miss mit Nyu au pas. La petite jument n'hésita pas à reprendre sa marche, heureuse de bouger. Elle non plus, ne tenait pas en place...
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Lun 18 Avr 2011, 00:12

Gil laissa la jument faire quelques pas avant de prendre sa décision. Il n’hésita qu’une fraction de seconde avant d’emboîter le pas à la marchombre, se plaçant d’emblée près de sa jambe droite, avec cependant suffisamment de distance pour qu’elle ne se sente pas menacée.

- C’est dommage, d’être pressé. Les gens qui le sont ne prennent pas le temps de vivre.

Voilà pourquoi il vivait selon son propre temps. Pas de limite, ni d’obligation, pas de destination ou d’impératif. Juste un homme qui avance, quoi qu’il arrive, qui va où ses pas le conduisent. Et qui, tant qu’à faire, profite du voyage… Mais c’était sa vie, et il respectait que chacun ait la sienne propre. Cette femme semblait tenir la barre de son vaisseau au gré de ses propres flots, il était facile de lire dans son regard qu’elle n’était pas de celle à qui l’on ordonne de prendre une direction particulière. Elle traçait sa voie comme il traçait la sienne.

Glissant les mains dans les poches de son pantalon, Gil suivit des yeux la ligne d’horizon qui commençait tout juste à s’embraser. Gigantesque trait de feu, ultime limite séparant encore le jour de la nuit qui, chaque fois, faisait bondir son cœur de manière insoupçonnée. Qu’il s’agisse d’un horizon siliceux ou d’un horizon enflammé, il ne pouvait jamais en détacher le regard, et seulement à cet instant précis, alors que la nuit dispute encore sa place au jour. Jamais l’inverse. Beaucoup de gens pensent, à tort, que le soleil se lève et se couche de la même façon. C’est que la différence est infime, perceptible seulement de ceux qui savent voir avec l’âme plutôt qu’avec les yeux. Gil plissa les yeux, ralentit sensiblement l’allure. Jamais levant n’avait été aussi beau.

C’est ce qu’il se disait chaque matin.
Et puis, le jour suivant, un nouveau levant faisait danser son cœur et venait allumer une étincelle dans son regard bicolore, l’espace d’une poignée de secondes seulement, avant que son visage ne recouvre une expression parfaitement neutre. Cette fois-là ne fut pas différente des autres. Mais il était rare que Gil assiste à ce prodigieux spectacle de la nature en compagnie de quelqu’un. Les femmes qui partageaient sa couche avaient toutes tendance à dormir jusqu’à midi, raison pour laquelle il battait en retraite le plus rapidement possible.

- Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt…

Un murmure offert au flamboiement du ciel, incendié par l’astre qui s’élevait lentement au-dessus de la ligne d’horizon. Les minces filets de nuages qui s’enroulaient gracieusement sur la voute éthérée s’étaient tous parés d’un rose vif, tandis que le ciel hésitait entre bleu nuit et violet tendre. Une palette de couleurs éblouissantes contre laquelle le scintillement des étoiles ne rivalisait jamais longtemps ; elles s’éteignirent petit à petit, dans un dernier clin d’œil, promesse de leur prompt retour. Le sourire de la lune, quant à lui, pâlit jusqu’à se fondre presque totalement dans les teintes pastels du ciel, sans pour autant disparaître complètement, comme pour toujours garder un œil sur le soleil qui poursuivait sa formidable ascension.

Nez en l’air, Gil ferma un instant les paupières et inspira à fond une bonne goulée d’air frais et matinal. Il allait faire beau, et très chaud. A peine installé, le printemps prenait déjà des allures d’été. Il n’avait rien contre ; la chaleur ne le gênait pas, le froid encore moins. Gil était de ceux qui savent s’adapter de tout et tout le temps, parce qu’ils sont partout chez eux, et en même temps, ne sont chez eux nulle part. Il dormait aussi bien sur un lit de feuilles à la belle étoile que sous un édredon de plume dans une auberge. Il avait grand appétit mais pouvait se nourrir d’un rien s’il le fallait. Pas besoin de trouver un emploi pour vivre : louer son arc et ses services lui assurait une bourse pleine et la garantie de n’être jamais dans le besoin, lui qui se passait volontiers des avantages du Domaine et de son nouveau rang au sein de l’école.

Rouvrant les yeux, Gil jeta un coup d’œil à l’amazone, s’arrêtant une demi-seconde sur le galbe de sa cuisse avant de remonter sur le petit paquet qu’elle tenait fermement serré contre elle. L’enfant était assuré par un harnais qui l’empêchait de glisser et semblait somnoler ; du moins, c’est ce qu’il s’imaginait, car il ne distinguait rien d’autre qu’une petite protubérance devant la poitrine de la jeune femme. Il ne s’y connaissait absolument pas en progéniture, mais son silence devait signifier que le sommeil n’était pas loin. Une bonne chose, car il n’y a rien de pire qu’un gamin qui passe son temps à brailler.

Une petite étoile traversa l’œil bleu et l’œil marron. Mais elle s’appelait Malice, et non Convoitise. Les mots de la marchombre ne lui avaient évidemment pas échappé, pas plus que l’allusion à la prophétie. Gil haussa un sourcil. L’amazone croyait-elle son enfant être l’élu de ce prêchi-prêcha ? Pour sûr, c’était plausible. Fruit d’un marchombre qui avait forcément suivi l’enseignement d’un maître avant de le devenir à son tour, ce petit machin avait sa chance d’être celui qui, selon la prophétie, était conçu pour choisir entre Chaos et Harmonie….

Pathétique. Comme si un gosse pouvait réaliser cet exploit. Il faudrait d’abord que d’équilibre, il soit vraiment question entre ces deux mondes opposés. Mais voilà, ce n’étaient ni plus ni moins que deux mondes, impossibles à rapprocher, encore moins à équilibrer. Qui parlait d’équilibre ? Sûrement pas sa mère, qui avait passé sa vie à effacer toute trace de Chaos en elle. Sûrement pas son père, qui avait tué sa mère au nom de l’Harmonie. Pathétique de tragédie, ridicule de bêtise…

Gil soupira. Il avait toutes les raisons du monde d’attaquer cette femme, de la tuer et de rapporter son enfant au Domaine, même s’il ne croyait pas en cette prophétie. Parce que c’était son travail, en tant que chasseur de marchombre, et parce qu’il portait en lui cette blessure béante du passé, qui continuait de saigner même alors qu’il avait changé d’identité, de voie, de vie. Mais il se contenterait de marcher aux côtés de l’amazone, peu importe jusqu’où, peu importe comment. La raison se trouvait dans le fondement de la question « pourquoi ? ». Pourquoi cette impression saisissante de familiarité, de déjà-vu ? Pourquoi cet affront aux codes de son monde, à ses principes ? Pourquoi ce demi-sourire sur ses lèvres, plus amusé qu’ennuyé ?

- Fille ou garçon ?

Il avait posé la question d’un ton léger, se doutant qu’elle risquait de mal l’interpréter. Il aurait voulu lui expliquer qu’il n’avait que faire d’une prophétie plus énigmatique que les jérémiades d’un vieillard sénile. Mais, comme d’habitude, il se taisait. N’aimait pas parler, pas expliquer, pas justifier. Une perte de temps. Il n’était pas pressé, il avait tout le temps devant lui. Pas besoin de se précipiter sur les mots, de clarifier immédiatement les choses. Il n’avait pas envie de discuter, encore moins de se confier. Pourtant, il y avait quelque chose chez cette femme, comme une lumière invisible, éblouissante de vérité, qui le laissait songeur. Et intrigué.

Les mains enfoncées dans les poches, la démarche nonchalante et la tête légèrement penché vers elle, Gil attendait qu’elle réponde. Devant eux, le soleil se détachait tout juste de la terre pour s’envoler enfin dans le ciel.
Le jour avait gagné.

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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Lun 18 Avr 2011, 21:39

    - Fille...
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Lun 18 Avr 2011, 22:45

- ... Fille de marchombre. M'étonnerait qu'elle soit la seule dans ce cas. Oublie la prophétie. De simples paroles ne sauraient tracer le destin d'un être, quel qu'il soit.

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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Mar 19 Avr 2011, 13:18

    - Je sais parfaitement cela...

    Et d'ailleurs, les Marchombres ne connaissent pas la Prophétie. Pas encore...



[Un léger sourire sur les lèvres ]
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Ven 22 Avr 2011, 09:17

- Il y a des marchombres plus renseignés que d'autres.

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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Lun 16 Mai 2011, 18:59

    - On peut dire ça comme ça...







[KYaaaaaaaa désolééééééééééééée, j'avais oublié ce rp ! u_UUU ]
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Mer 25 Mai 2011, 23:41

- Et ça ne m'étonne pas, au fond. Un secret n'est bien gardé que lorsqu'il n'est en possession de l'esprit d'un seul homme ; dès que d'autres s'en mêlent alors, ç'en est fini du silence. Au revoir secret, bonjour fuites !

C'est bien connu : les femmes apprennent ce qu'elles veulent sur l'oreiller...


[Moi aussiiiiiiiiii... On est quittes, alors xDDD)]

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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Jeu 26 Mai 2011, 10:17

    - C'est bien connu, les hommes perdent tout sens de la rationalité et de la méfiance dans les draps d'une femme !
    Il suffit de leur faire un peu tourner la tête, et hop, ils sont incapables de résister à la moindre demande, prennent tout comme un défi de séduction et ne perde pas une occasion de montrer leur puissance...

    Il serait bête de ne pas en profiter...
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Sam 28 Mai 2011, 19:43

- Je suis l'exception qui confirme la règle. C'est moi qui apprend beaucoup d'une nuit en bonne compagnie. Pourquoi ai-je l'impression que vous avez l'habitude ce ce genre de... méthode ?

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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Sam 28 Mai 2011, 19:48

    - Oui oui, bien sûr, c'est toujours ce qu'ils disent, les hommes...

    Je n'ai pas l'habitude. J'avais.
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Dim 29 Mai 2011, 00:16

- Oh ! Bien sûr. Il y a eu quelques... changements... dans votre vie.

Et ça aussi, beaucoup de femmes le disent. Et puis on les retrouve dans le lit d'un autre, quelques temps plus tard. J'ai connu des mères qui n'avaient rien de responsable, comme si leur enfant n'était qu'un passage dans leur parcours.


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Dim 29 Mai 2011, 00:44

    - Evidemment. Fais attention, je pourrais sans doute me retrouver dans le tiens !





[ Battements de paupières et mordillement de lannngue XDDD ]
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Dim 29 Mai 2011, 12:05

Sans laisser paraître la moindre impression, Gil lui jeta un bref coup d’œil en coin, captant l’éclat soudain de son regard et sa langue moqueuse. Tout autre que lui, avec sûrement des intentions bien moindres, l’aurait prise au mot. Pas Gil. Il avait bien pris note de son inflexion, renforcée par l’enfant qu’elle tenait serré contre son cœur. Ces femmes dont il lui avait parlé n’emmenaient jamais leur progéniture avec elles ; elles se débrouillaient toujours pour trouver un mari, une nourrice, une sœur, une tante qui garde leur fils ou leur fille pendant qu’elles couraient par monts et par vaux, d’un amant à l’autre. L’amazone avait choisi de s’encombrer d’un bébé récemment né et semblait suivre une direction déterminée. Il n’y avait qu’un seul port pour elle et sa fille, et il ne saurait sans doute constituer meilleur ancrage que ce dernier. Dommage.

- Impossible : je t’ai rencontrée trop tard.

Il l’observa à nouveau et plus franchement, cette fois. Dans les lueurs flamboyantes du matin, l’amazone resplendissait comme un petit joyau que la nature aurait poli au fil du temps. Jeune et belle, farouche et sauvage, femme et mère… Marchombre. Depuis le frémissement de ses lèvres jusqu’à la danse de ses cheveux dans son dos. Marchombre. En son for intérieur, Gil songea que la force du marchombre éclatait de mille feux, au contraire de celle du mercenaire qui étouffait cette dernière. L’Harmonie était-elle plus franche que le Chaos ? Sans doute. Mais le Chaos, lui, était plus séduisant. Et cent fois plus dangereux. Alors qu’il marchait près d’elle, il comprit que la pair qu’ils formaient était un curieux défi, comme un pied de nez à la raison : tout les opposaient, depuis leur nature jusqu’à leurs opinions, pourtant leur discussion semblait choisir des tournants communs et leur direction, au beau milieu de cette plaine ensoleillée, était la même. Différents, ils avaient trouvé le moyen de s’accorder selon une gamme indéfinie, inventée spécialement par eux et pour eux dans cette grande partition qu’était le monde.

Harmonie.
Force tranquille qui émanait d’elle à chaque souffle, chaque battement de cil. Chaque battement de cœur. Gil sentait le sien cogner dur contre sa poitrine. Voilà bien longtemps qu’il n’avait pas croisé de marchombre, mais sa réaction restait identique à celle qu’il avait déjà connue par le passé : un léger tremblement, le cœur qui s’emballe, la respiration qui se modifie… L’amazone aurait eu beau faire, jamais elle n’aurait su lui dissimuler ce qu’elle était. Fils de marchombre, il reconnaîtrait ces derniers sans jamais se tromper. Tout comme cet enfant. Aucune hérédité dans les gènes du marchombre et du mercenaire, il le savait. Il ne s’agissait pas d’une passation de pouvoirs, encore moins de l’héritage d’un lignage, mais quelque part, Gil en doutait. N’était-il pas devenu Envoleur, comme sa mère avant lui ? Ne ressentait-il pas cette étrange fièvre, chaque fois qu’il se trouvait en présence d’un marchombre ? Il ferma les yeux. Les rouvrit. Et fit disparaître toute forme de souvenir qui commençait à envahir sa mémoire blessée.

Dans le silence qui s’était installé entre l’amazone et lui, Gil se rendit soudain compte que l’enfant ne faisait aucun bruit. Incapable de résister, il lui jeta un coup d’œil, surpris de constater que pourtant, elle ne dormait pas. Etonnant. Et en même temps, qu’y connaissait-il ? Que savait-il des bébés ? Seulement une théorie, étayée par les propos des nombreuses femmes qui avaient traversé sa vie. Rien de plus. Sans doute avait-il des enfants, quelque part dans ce monde ; il laissait toujours le soin à ses compagnes de nuitée de se protéger et rejetait toute erreur de calcul. Il n’avait pas la fibre paternelle, ne l’aurait probablement jamais et cela lui convenait très bien. Il ne savait pas quoi faire avec ces enfants. Depuis qu’il avait été nommé maître, il entretenait l’espoir que ses apprentis ne seraient pas trop jeunes, car il n’avait pas l’intention de les couver. Alors, forcément, il ne pouvait qu’admirer cette femme, juchée sur son cheval, sa petite dans les bras, partie pour un voyage long et périlleux. Et il reconnaissait admirer cet enfant qui se contentait de regarder le ciel, puis sa mère, puis encore le ciel, parfaitement calme et sereine.

Ils avancèrent ainsi quelques temps encore, laissant le soleil courir dans le ciel bleu, au-dessus de leur tête. Avisant un bosquet, ils s’y arrêtèrent pour une halte à l’ombre, bienfait rare dans ces collines rases. Seul, Gil aurait probablement conservé une allure soutenue et atteint une bourgade, ou une auberge relais où il aurait pu boire un coup et manger quelque chose. L’amazone et son cheval auraient pu parcourir deux fois plus de distance. Mais c’est d’un commun accord muet qu’ils s’arrêtèrent dans la fraîcheur du bosquet, comprenant sans l’exprimer à haute voix qu’il n’était pas encore temps de se séparer. Laissant l’amazone descendre de cheval et s’occuper de sa fille, Gil fit un rapide tour des lieux, rôdé par des habitudes qu’il avait prise des années plus tôt. Il n’y avait pas âme qui vive à des lieues à la ronde, pourtant il guettait, observait, redoutait. La méfiance allait de concert avec la prudence, chez lui. Lorsqu’il revint auprès de la marchombre, il défit les lanières de son carquois et le laissa tomber à terre, puis il plongea la main à l’intérieur de son tabard entrouvert et en sortit un pain blanc, dérobé le matin dans les cuisines de l’auberge. D’un geste, il le rompit en deux et tendit la moitié à la jeune femme, mordant déjà dans l’autre avec entrain.

S’asseyant dans l’herbe, il se laissa aller en arrière et, dressé sur un coude, mordit à nouveau dans son pain sans quitter des yeux l’amazone. Ni l’un ni l’autre ne semblait gêné qu’elle donne le sein à sa fille, et dans le silence teinté de respect qui s’allongeait entre eux, Gil songea qu’il regrettait sincèrement de ne pas l’avoir connue plus tôt. Et en d’autres circonstances. Dans un monde ou ni marchombres, ni mercenaires ne s’affrontaient. Dans ce monde-là, il ne serait pas Gil mais Manaël Sil’Sierra. Et il ne serait pas en route pour former des apprentis assassins mais en train de perfectionner son art. Il ne serait pas Envoleur, il serait flûtiste. Est-ce que cela changerait quelque chose à cette curieuse journée ? S’ils s’étaient rencontrés au détour d’une ruelle d’Al-Jeit ou d’Al-Chen, se seraient-ils arrêtés pour discuter ? Trop de questions pour trop peu de réponses, et fond, peu lui importait de savoir si oui ou non, dans une autre vie, ils auraient pu s’entendre différemment. Avoir eu cette fille ensemble, par exemple. Non, il ne pouvait regretter quelque chose qui ne s’était pas produit. Au lieu d’imaginer ce qui aurait pu être, il préférait profiter de ce qui était, tout simplement.

- Gil SangreLune. Maître Envoleur, flûtiste solitaire et âme damnée à ses heures perdues.

Présentation originale, il fallait le reconnaître. Dans un de ces demi-sourires dont il avait seul le secret, Gil porta lentement le pain à ses lèvres, une lueur étrange au fond de ses yeux bicolores. Profiter du présent, jusqu’à présent, il ne connaissait pas mieux !

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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Mar 31 Mai 2011, 20:20

    Le ton de leur conversation, à la fois badin et sérieux, le son de leurs voix, avaient calmé Ylléna, qui se reposait tranquillement contre la poitrine de Miss, la tête bien calée contre son sternum, entre ses seins, et elle ne bougeait pas. Elle ne dormait pas pourtant, et la jeune Marchombre, lui caressa doucement la joue, déposant un baiser papillon sur le sommet de son crâne. Elle était sage, cette petite, Miss en avait conscience : bien des bébés avaient trop tendance à pleurer ou à chougner, à gigoter, mais sa fille, en tout cas pour l’instant, n’était pas comme ça. Parce que finalement, elle espérait, qu’elle serait un peu hyperactive ! Pas trop, certes. Mais qu’elle poserait des tas de questions, qu’elle lancerait des piques improbables que seuls les enfants peuvent trouver… Tout cela était pour dans longtemps. Pour l’instant, Ylléna avait même pas un mois, babillait de temps en temps et dormait la plupart du temps restant. Miss sentit son coeur accélérer dans sa poitrine, alors qu’elle réalisait à quel point elle était tout simplement heureuse. Avec Ylléna, avec Erwan, qu’elles rejoignaient toutes les deux. Elle voulait rentrer pour retrouver son compagnon. Juste se serer fort contre lui, sentir son odeur... Elle soupira légèrement.

    Un bosquet se présenta à eux, sur la route, et ils s’y arrêtèrent. Pourquoi restait-elle avec cet homme ? Elle était bien en peine de le dire, mais ne se sentait pas menacée. Ne se sentait plus menacée, dans tous les cas. S’il avait voulu l’attaquer, il l’aurait fait depuis un moment déjà. Et puis, il y avait quelque chose de naturel à le côtoyer, pour la jeune Marchombre. Un elle ne savait quoi qui faisait la différence. Quelques secondes, elle fut projetée dans le passé, un an plus tôt, quand Syndrell s’était enfoncé dans Ombreuse pour retrouver le Domaine des Mercenaires du Chaos, et était tombé en plein milieu de deux Maîtres et un apprenti complètement bizarre... Apprenti qui, Miss en était certaine, avait été plus qu’une connaissance pour la jeune femme. Elle haussa les épaules, avant de descendre prudemment de Nyu en tenant Ylléna tout contre elle. Une fois à terre, elle fit glisser sa fille dans son dos pour s’occuper de sa jument, déserrant les sangles et lui ôtant sa bride pour plus de confort. Puis, elle refit basculer sa fille devant elle pour découvrir l’un de ses seins et le donner à sa fille.

    Ylléna papillonna quelques secondes, avant de trouver le mamelon et le lait qu’il délivrait, tirant un léger rire à Miss. Une fois sa fille bien installée pour manger, cette dernière releva les yeux vers le jeune homme qu’elle avait rencontré. Elle se souvenait de ses paroles, après qu’elle l’eût provoqué : trop tard. Ce qui n’était pas faux, et même complètement vrai. Maintenant qu’elle avait retrouvé Erwan, elle n’était plus la même. Ou plutôt, elle s’était découvert une autre facette de sa propre personnalité, elle s’était encore plus épanouie qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Mais elle était rompue à la lecture des corps et des regards, et voyait dans celui du Mercenaire, très clairement même, qu’elle l’attirait particulièrement, et qu’il rejetait cette idée... Ce qui l’arrangeait. Elle n’avait pas envie de perdre son temps à repousser un énième prétendant. Il finit par se présenter... ce qui fit tendrement sourire Miss. Elle aimait bien cette manière de voir les choses !


    - Moi c’est Miss, ancienne croqueuse d’hommes !

    Elle fit une petite grimace en lui tirant la langue, avant de continuer.

    - Bon, je ferai pas aussi bien que toi... Donc moi c’est Miss et voici ma fille, Ylléna.

    Elle secoua légèrement la tête, avant de voir que la petite s’était endormie sur son sein. L’en ôtant doucement, elle déplia son paquetage-harnais pour la transporter et la déposa sur ce dernier, confortablement installée entre plusieurs couvertures. Déposant un baiser sur son front chaud, à l’odeur de miel, elle inspira profondément, avant de se redresser, et de fixer quelques secondes l’Envoleur. Se rendant compte qu’elle n’avait pas remis son haut, elle rabattit son sein dans ses vêtements, avant de soupirer doucement.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Mer 01 Juin 2011, 14:03

Gil se redressa légèrement. Pas mieux ? Il ne partageait pas cet avis. Non seulement la « croqueuse d’hommes » en question lui offrait sans détour son identité, mais elle se permettait de reprendre sa formule en grimant audacieusement sa propre image, et en insistant à nouveau sur le changement qui s’était opéré en elle. Joli coup. Alors qu’il s’efforçait de brider son désir, elle affirmait qu’il était en effet trop tard, que ce qu’elle avait été n’était plus. Tout ça en une seule phrase. Elle aurait très bien pu lui envoyer son poing dans le ventre, le résultat aurait été le même. Mais au lieu de se battre, ils s’étaient lancés dans une joute verbale, et c’est ainsi que l’ama…que Miss semblait vouloir continuer. Il hocha la tête d’un air pensif et termina son pain en silence, la regardant nourrir Yllena puis la décrocher endormie de son sein et déployer son étonnant paquetage en une couche originale, mais incroyablement bien conçue à l’intention de l’enfant.

Il n’avait pas esquissé le geste de venir l’aider, pour la simple et bonne raison que la marchombre n’avait pas besoin d’un coup de main, et il fut presque fasciné de la voir se dépatouiller avec ses affaires tout en gardant sa petite serrée contre elle, et miracle des miracles, sans jamais l’éveiller. Mais il y avait quelque chose, dans ses gestes et dans sa douceur, qui prouvait sa jeune expérience en la matière ; c’était son premier enfant. Croqueuse d’homme, mais pas délurée. Il la croyait volontiers lorsqu’elle évoquait à demi-mot et par un regard amusé son ancienne vie active au lit, et il ne croyait pas à la femme offerte et soumise, qui se jette dans les bras du premier venu sans songer aux conséquences. Pourtant, tout se jouait de contrastes en elle : enjouée mais méfiante, belle mais déjà prise, douce mais explosive, fragile mais marchombre. Et sûrement pas soumise.

Lorsque Miss se redressa, ils échangèrent un long regard, et Gil resta digne : ses yeux ne descendirent pas vers la gorge nue et gonflée de la jeune femme. Elle finit toutefois par se rendre compte de ce détail et s’empressa de s’habiller, tirant un sourire amusé à l’Envoleur. En même temps, il se demanda de quoi était fait l’homme qui avait réussi l’exploit de s’approprier une fidélité aussi pure. Il se savait aussi séduisant qu’elle, et au moins aussi joueur ; s’il n’y avait eu l’enfant et si elle n’avait pas qualifié la « croqueuse d’hommes » comme appartenant au passé, il l’aurait prise dans ce bosquet même. Marchombre ou pas marchombre. Et l’étoile qu’il voyait briller dans les grands yeux violets était un vif reflet de cette vie « d’avant » qui ne lui laissait aucun doute quant à a réciprocité de cette pensée. Mais en face de lui, il ne voyait plus que le souvenir de la femme fatale, et la réalité d’un engagement. Celui qui avait su conquérir son cœur avait beaucoup de chance.

- Miss et Yllena. Dis-moi, un marchombre qui a un enfant, ça se perçoit comment à l’Académie ?

Il ne faisait pas allusion à la prophétie et il espérait que Miss saurait voir où il voulait en venir. Mais, dans un étrange élan, il se crut obligé d’étoffer sa question :

- Je sais que chez vous, on ne jure que par la liberté. Tomber amoureux constitue déjà une entrave certaine, une limite non négligeable, mais un bébé ? Tu ne redoutes pas que son existence te détourne de ton but ? Que ta condition ne suffise pas à lui assurer amour et protection ?


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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Mer 01 Juin 2011, 16:19

    - Comment ça se perçoit ? A dire vrai, je me fiche bien de ce que pensent les autres.

    J'étais de cet avis, avant de rencontrer le père d'Ylléna : Être amoureuse, pour moi, cela revenait à s'enfermer dans ses propres chaînes, et alors... avoir un enfant c'était encore pire !

    Mais la liberté, après tout, ce n'est pas avoir le choix et faire des choix qui soient justes pour nous-mêmes, sans jamais se trahir soit-même ?

    Je n'ai pas d'autre but que de sans cesse m'améliorer, et être heureuse dans la vie que le monde m'offre. Il n'y a pas d'entrave à cela avec un enfant... Et je pense que ce dont a besoin d'un enfant, c'est avant tout l'amour. Amour de ses parents, ou des autres, en tout cas la certitude que ceux qui l'aiment veulent lui offrir l'opportunité de faire ses propres choix pour avoir la vie qui lui correspond en profondeur...
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Sam 04 Juin 2011, 12:47

- Plus il y a de choix, moins il y a de liberté. Les choix conditionnent la personne. C'est une obligation de passage, on va à droite, ou bien à gauche, mais jamais au milieu. Au milieu, c'est impossible.

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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Sam 04 Juin 2011, 13:19

    - Je ne suis pas d'accord. Le milieu, ça me connaît.
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup [TERMINE]   Sam 04 Juin 2011, 14:40

- Tu crois que c'est le milieu... tu te trompes. Si l'on pouvait vraiment couper par lui, alors il n'y aurait pas de choix du tout. Pas de prise de tête. Pas d'erreur possible.

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