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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 La flamme te noiera [PV Ombe Saël]

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MessageSujet: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Ven 08 Avr 2011, 21:20

Son bras monta doucement vers son oreille et tous ses muscles se tendirent pour ne former qu'un seul et même membre, qu'un seul et même muscle. Le coude bloqué, ses yeux ambrés légèrement plissés de manière à ce qu'elle puisse mieux voir le coeur du tronc d'arbre. Comment son regard pouvait-il être si brûlant et ne pas mettre le feu à l'arbre ? Jennyssie sentit sa paume chauffer et elle du fermer les yeux pour empêcher sa greffe de faire surface. C'était la première fois que cela lui arrivait. En réalité, elle n'avait fait usage de sa greffe qu'à une seule reprise. La fierté avait prit beaucoup de place dans son coeur, ce jour la. Puis, elle avait laisser le temps s'écouler pour noyer ce sentiment de supériorité qu'elle éprouvait envers tous, sauf envers Rubis. Elle laissa tomber son poignard qui alla s’enfoncer sur toute la longueur de la lame, dans le sol.

Elle ferma le poing. La chaleur envahi jusqu'à son bras, puis s'éteignit. Elle savait pourquoi sa greffe se manifestait à ce moment précis. Son être tout entier brûlait. Son âme prenait feu. Et alors qu'elle avait pour réputation d'être l'incarnation même du soleil, dans toute sa splendeur... Maintenant, elle était unique. Libre. On disait souvent des mercenaires et des marchombres ayant terminé leur apprentissage, qu'ils s'envolaient. Ce n'était pas le cas de Jennyssie. Elle se contentait de s'enflammer d'une manière que même le soleil ne pouvait pas imiter. Et elle était heureuse. Heureuse comme jamais. Heureuse parce qu'Oddy était la, quelque part, dans les arbres qui lui faisaient fasse. Heureuse parce qu'elle était unique, autant que Rubis l'était. Heureuse parce que plus personne ne pouvait, ou ne pourrait se mettre dans son chemin. Heureuse parce qu'elle était envoleuse mais qu'avant tout, elle était libre. Le fait est qu'elle n'avait même pas pour obligation de tuer les marchombres. Elle faisait ce qu'elle voulait. A la vie, à la mort, elle était libre...

Elle rouvrit les yeux. Ses cheveux dorés flottaient autour de son visage et formaient une épaisse crinière de lumière. Elle se trouvait dressé sur ses pieds telle une lionne. Sa robe blanche s'arrêtait au dessus de ses mollets. Elle avait fait exprès de la mettre, ce jour la. Parce que c'était dans cette tenue qu'elle avait parlé à Oddy pour la première fois. Qu'elle l'avait aimé pour la première fois. Elle leva les yeux et ne perçut aucun mouvements. Pourtant, il était la, parmi les feuilles, à l'observer avec cet air triste dans les yeux. Et il brûlait d'envie de se dresser sur ses deux pattes arrière et de redevenir l'humain qu'il était sensé être. Il s'en voulait. Il s'en voulait parce qu'il l'aimait. Mais elle l'attendrait. Quoi qu'il arrive, elle serait toujours la. La flamme qui s'éternisait dans son regard doré le criait haut et fort.

Jennyssie se détourna, fit glisser la bretelle de sa robe qui tomba dans les galets brûlants. Elle Croisa les bras sur ses seins et fit trois pas en trottinant vers le rivage avant d'élever les bras au dessus de sa tête, de joindre les mains à plat et de plonger dans un univers bleuté. L'immense étendue plane de l'eau ne fit presque aucun mouvement lorsqu'elle percuta la surface. Elle se referma sur elle et ce fut comme si elle avait toujours fait partie de l'eau douce et clair du Lac Chen. La fraîcheur atténua l'immense feu qui brûlait en elle, jusqu'à l'éteindre lorsqu'elle arriva au font. Elle plongea les doigts dans les algues et dans la boue. Puis, elle se recroquevilla en cocon et étira les jambes brutalement, frappant le sol et s'étirant de tout son long. Elle fendit la surface et inspira une grande goulée d'air. Le soleil disparaissait déjà au loin, teintant le ciel d'une couleur violette magnifique et transformant le lac en une immense pièce d'or.
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Sam 09 Avr 2011, 19:07


Le vent caressant ses bras dorés et soufflant dans ses cheveux, Ombe fit accélérer sa monture. Elle adorait cette sensation de liberté, filer à travers les prairies et les bois, ne plus penser à rien d'autre. Elle chevauchait Fëanor, l'élan rouge, à cru, se maintenant sur son dos en tenant une grosse touffe de poils roux de son encolure entre ses doigts. Elle fermait les yeux, goûtant le plaisir du contact de la brise sur sa peau et les senteurs des feuilles et des fleurs qui se répandaient autour d'elle. C'était le printemps. Frawël avait choisi le bon moment pour la rencontrer et la présenter à l"Académie. C'était une nouvelle année qui commençait, et en même temps, une nouvelle vie.

La jeune fille s'était présentée deux jours plus tôt à l'Académie des Marchombres, le lendemain de sa rencontre avec le jeune maître marchombre Frawël, au clair de lune. Cela avait été très vite. Il l'avait observé un instant s'en qu'elle ne s'en compte. Il lui avait parlé des marchombres et de l'Harmonie. Enfin, il lui avait fait part de l'existence de l'Académie et lui avait proposé de s'y présenter. Elle qui ne passait sa vie qu'à errer sur les routes et les chemins, elle avait tout de suite été conquise par ce nouveau monde qui s'offrait à elle. Frawël l'avait accompagnée jusqu'à la grande École. Ils s'était quittés devant les portes en se promettant de se revoir.

Ensuite, elle était entrée et avait fait la connaissance d'une jeune marchombre, accompagnée d'un enfant. Comme elle n'avait pu débuter immédiatement l'apprentissage sur la Voie, elle s'était donné quartier libre. Le premier jour, elle avait visité entièrement l'Académie, fait la connaissance de marchombres, découvert les écuries. Le second jour, elle s'était promenée aux environs de l’École, histoire de repérer les lieux. Et aujourd'hui, le troisième jour, elle avait décidé de s'éloigner, n'ayant rien d'autre à faire. Elle avait prit Fëanor avec elle, et s'était dirigée en direction du Lac Chen.

Le Lac Chen. Magnifique étendue d'eau bleutée, infinité de beauté aquatique. Lors de son vagabondage, elle s'y était souvent arrêtée pour admirer les vagues que le vent dessinait à la surface du Lac.
Elle aimait l'eau.
Pas autant que les arbres, mais elle aimait l'eau.

Ombe arrêta un instant l'élan rouge. Ils se trouvaient dans un petit bois, sur une rive du Lac. Elle sauta à terre, donnant une accolade sur l'encolure de sa monture rousse. Elle observa lentement les arbres. Il faisait assez chaud, malgré le vent qui coulait entre les feuilles. Celles-ci étaient bien vertes, et abritaient des habitants des bois : oiseaux, écureuils...
Ombe s'approcha d'un arbre au tronc épais et noueux et commença l'escalade. Elle portait une tunique verte à manches courtes et un short, et elle sentait l'écorce de l'arbre contre ses jambes et ses bras nus. Elle grimpait souplement et avec une célérité étonnante. Vitesse et agilité expliquées par son enfance passée à escalader les arbres et les falaises.
Surtout les arbres.

Elle s'élevait donc de plus en plus haut entre les branches, se confondant avec les feuilles .
Soudain, elle stoppa son ascension. Un bruit discret s'était fait entendre, parmi le chant des oiseaux, elle en était certaine. Elle détailla, du haut de son arbre, la forêt alentour, cherchant à savoir d'où provenait le bruit, qu'elle venait de reconnaître. Car ça aussi, elle avait passé son enfance à le faire. Écouter et observer tout ce qui se trouvait autour d'elle.
C’est alors qu'elle aperçut un écureuil. Le bruit, c'était lui, qui venait de filer entre les arbres jusque devant Ombe. Elle s'approcha lentement de l'animal. A sa grande surprise, il ne s'en allait pas. Elle le regarda attentivement. Le regard de l'animal semblait se diriger sur un point précis. Ombe suivit la même direction du regard et vit une jeune fille se baigner dans l'eau du Lac Chen. Elle se mouvait avec souplesse et puissance dans l'eau, nageant comme si elle marchait nonchalamment sur la terre ferme.
Comme Ombe lorsqu'elle escaladait un arbre.
"Marchombre ?..." pensa cette dernière. Mais elle n'en était pas sûre. Son regard retourna à l'écureuil. Il semblait avoir une lueur triste dans ses yeux noirs en amande. Il paraissait humain... Et pourquoi fixait-il ainsi la jeune fille à la peau sombre dans l'eau ?

Ombe, curieuse, décida d'en savoir plus. Elle descendit de l'arbre encore plus vite que lorsqu'elle était montée, se ramassa sur le sol de terre et posa une main sur le dos de Fëanor, l'entraînant avec elle sur le rivage de galets. Le soleil commençait à baisser dans le ciel, qui se teintait d'une belle palette de couleurs, allant du mauve à l'orangé, en passant par la lumière dorée de l'astre du jour.
Elle se demanda comment aborder la jeune fille sans avoir l'air d'une voyeuse, ce qu'elle n'était d'ailleurs pas. Le corps appartient seul à celui ou celle qui l'habite, et à personne d'autre, comme l'esprit. Ombe se fichait du corps des autres comme du sien - enfin, elle faisait quand même attention à paraître respectable, évidemment -.

Elle préféra tout de même que l'autre s'aperçoive de sa présence d'elle même.
En attendant, elle enleva ses mocassins de cuir et s'assit sur la rive, laissant ses pieds et ses jambes aller dans l'eau jusqu'aux genoux. Elle respira l'air frais du soir qui commençait à tomber.


[Ca ne te dérange pas que je mette en scène Oddy ? ^^
J'aime beaucoup ton style d'écriture =)]
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Sam 09 Avr 2011, 22:15

Elle avait l'habitude de sentir la présence de l'écureuil. Il était plus facile a percevoir que la plupart des humains. Il était pourtant tellement plus discret. C'était quelque chose de différent, tout simplement. Ils étaient liés par un lien trop fort pour qu'elle puisse ignorer l'effet que sa présence lui inspirait. Elle l'aimait. Elle l'aimait plus que son père, plus que son frère. Plus que tout et plus que tous. Et de façon différentes. Parce qu'il était différent. Seulement cette fois-ci, elle ne sentit rien. L'eau devait noyer tous soupons, parce que lorsqu'elle sortit la tête et qu'elle ouvrit les yeux, la fille était la. Assise, les genoux remontés contre sa poitrine, elle l'attendait. Elle était de taille normal, et devait avoir son age environ. Ses yeux verts brillants de curiosité, elle semblait attendre que Jennyssie s'explique. A propos de quoi ? Peu importait. La jeune mercenaire n'était pas venu ici pour discuter. Ou alors, pas avec elle.

Avec Oddy.

De toute façon, elle aurait tout fait pour faire quelque chose avec lui. Pour dire quelque chose ou pour simplement le voir. Mais il était caché et lorsque c'était le cas, mieux valait le laisser choir sur ses branches en attendant qu'il se décide à sortir. Et il ne le faisait jamais lorsqu'elle n'était pas seule. C'était pour cette raison, et cette raison seulement, que Jennyssie aurait tout fait pour faire déguerpir la fille. Elle sortie de l'eau et se planta devant elle... Toujours aussi nue, sans aucune gêne.

- Qu'est-ce que tu veux ? Savoir qui je suis ? Qu'est-ce que je fais ici, seule ? Tu veux me montrer que cet endroit est désert et dangereux et qu'il ne faut pas que je reste seule ? En te posant ce genre de question, c'est ta vie que tu met en jeu. Alors casse toi si c'est pour ça que t'es la !

Son agressivité était en particulier dû à sa mauvaise humeur. Elle jeta un coup d'oeil à son poignard qui gisait sur les galets, avec sa robe. Si elle l'avait tenu entre ses mains, elle n'aurait pas hésité une seconde. Elle aurait tué la fille avant même qu'elle ait pu dire un mot. Elle aurait pu le faire à main nu ou en utilisant sa greffe, puisque celle-ci ne lui avait pas beaucoup servit... Mais elle préférait le faire à sa manière et garder le reste pour une autre fois. Et puis peu importe. Mieux valait laisser la vie se dérouler comme elle devait se dérouler.

Elle jeta un coup d'oeil aux arbres, devant elle. Oddy n'avait pas bronché. Mais son inquiétude semblait palpable et en devenait presque agaçante. Parce qu'elle ne risquait rien, c'était logique ! Cette fille avait un regard transparent, des mouvements disgracieux comparés aux marchombres et qui n'avaient rien de précis !

Jennyssie revint poser son regard sur la fille qui n'avait pas broncher. Pour qui l'a prenait-elle ? Une attraction ? Elle voulu fermer les yeux une seconde mais s'en abstint. Elle se souvenait. Encore. Les souvenirs refaisaient souvent surface depuis quelques temps... Mais celui la était plus douloureux que d'autres. Plus dur à vaincre. Mais il fallait faire fasse.

* * *

Courir.
Son souffle irrégulier, saccagé par la peur.
Ses membres ankylosés par le vent qui venait en contre sens.
Courir le plus vite possible.
Pousser sur ses jambes.
Se projeter avec toujours plus de force,
pour aller toujours plus loin.
Et ne jamais s'arrêter.
Malgré la peur,
Le désespoir.
La haine surtout...

Ils étaient la. Partout.
Et son frère était encore hors de vue.
C'était lui qui était sensé la tirer d'affaire.
Même si c'était sa faute.
Parce qu'elle était une fille.
Parce qu'elle avait la peau chocolat.
Parce qu'elle avait des cheveux d'ors.
Parce qu'elle avait des yeux ambrés.
Parce qu'elle était tout simplement magnifique.
Et tellement différente.

L'auberge se dessina enfin devant elle...
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Dim 10 Avr 2011, 16:35

Elle comprit qui la jeune fille était lorsqu'elle se leva et s'avança vers elle.
Mouvements gracieux, démarche souple, force dans un regard d'ambre, elle n'était toutefois pas marchombre car quelque chose d'important manquait.
L'Harmonie.

La jeune fille qui venait de se planter en face d'Ombe avait la peau sombre, de longs cheveux dorés lui courant sur les épaules et des yeux de loup. Elle était belle. Physiquement. Elle était Feu. Intérieurement. Mais la flamme qu'elle abritait n'était pas bénéfique. Et le sentiment d'Ombe s'intensifia lorsqu'elle prit la parole.

- Qu'est-ce que tu veux ? Savoir qui je suis ? Qu'est-ce que je fais ici, seule ? Tu veux me montrer que cet endroit est désert et dangereux et qu'il ne faut pas que je reste seule ? En te posant ce genre de question, c'est ta vie que tu met en jeu. Alors casse toi si c'est pour ça que t'es la !

Net. Elle allait droit au but. Pas de bonjour, pas le moindre sourire. Elle savait ce qu'elle voulait. Cela pouvait être une qualité que si on l'employait bien. Ce n'était pas vraiment son cas.
En plus, Ombe se fichait éperdument de savoir ce qu'elle faisait là, toute seule, car elle aussi était dans le même cas. Elle n'avait rien à faire de l'autre fille. A chacune sa vie.
Si elle s'était approchée, c'était pour en savoir plus sur l'écureuil.
Et pour aller se rafraîchir dans l'eau bleue.
Rien d'autre.

Cependant, la lueur de mauvaise humeur et de haine qui s'était allumée dans son regard finit de transformer le sentiment d'Ombe en certitude.

Mercenaire du Chaos.

Ombe restait le plus calme possible. La vision de la jeune fille aux cheveux d'or lui remémora un souvenir dont elle se serait bien passée...

.§.


L'inconnu est impressionnant.
Grand, baraqué, cheveux longs et noirs, visage balafré, yeux cruels.
L'archétype de celui qui aime tuer et faire souffrir.

Il tend la main. Une flamme jaillit.
Elle embrase l'arbre qu'il avait visé, et aussitôt le feu se répand tout autour; dévorant le moindre bout d'herbe, le moindre morceau de souche, la moindre petite feuille verte.

A côté, mon père se traine par terre, en sang, et je crie.

.§.


Ombe retourna à la réalité. Une mercenaire du Chaos était debout, nue, en face d'elle et venait de lui parler. La jeune marchombre ne s'était toujours pas levée et n'avait pas encore répondu.

Elle leva la tête vers son interlocutrice.

- Salut à toi aussi. Je m'appelle Ombe Saël. Et toi ?

Elle savait qu'elle jouait un jeu dangereux, mais l'autre lui avait manqué de respect et elle ne comptait pas se laisser faire comme ça. Après tout, le Lac Chen appartenant à tout le monde - ou plutôt à personne -, celle qui se tenait en face d'elle n'avait aucun droit sur Ombe. Même si elle était Mercenaire. Et Ombe se tenait prête à saisir un de ses poignards dans la ceinture de son short, si jamais l'autre ferait mine de prendre le sien, posé entre deux galets.

.§.


Je regarde l'inconnu. Je regarde mon père, au sol.
Comment en est-on arrivés là ? Qui est-il ?

Il lève le bras, un poignard fin et aiguisé dans la main.
Mon père, Aldaron, s'approche, tente de se lever et de lui soutirer l'arme.
Il baisse le bras. Plante son poignard dans le torse d'Aldaron.

Je hurle.
Tout devient flou.

.§.


Mais pourquoi donc lui faisait-elle penser à cette scène ?
Elle n'avait pourtant rien à voir avec la mort d'Aldaron.

Ombe faisait tout son possible pour ne pas se jeter sur elle et l'assassiner. Mais pourquoi en ressentait-elle ainsi le besoin ?

Elle savait que si l'autre décidait de la tuer, elle n'avait que des chances infimes d'en réchapper.
Mais elle s'en fichait.

Elle pensa à Frawël. Qu'aurait-il fait, à sa place ?
Elle se dit que la question était stupide et décida d'attendre la réaction de la mercenaire.

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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Dim 10 Avr 2011, 21:34

Les yeux de la fille étaient le reflet même de la glace et de la froideur. Et ils ne criaient qu'une chose. Elle aurait tout fait, tout comme Jennyssie, pour lui sauter au cou et l'égorger. Elle savait qui elle était. Apprentie marchombre ? Surement. Une raison de plus pour l'assassiner sur le champ. Sauf qu'elle ne bougea pas. Elle attendait une raison de la tuer. Une raison de lui prendre la vie. Parce qu'à l'évidence, elle n'était pas encore marchombre. Sa démarche était encore trop molle. Trop indiscrète. Son regard était trop flou et pas assez perçant. Ses mouvements étaient presque dur. Ses muscles, à peine plus aiguisé que son ouïe.

La jeune femme faillit lui rire au nez. Elle faillit. Sauf qu'elle ne fit rien. Parce que sa moitié se trouvait la, planqué dans les arbres, et qu'il avait un mal fou à accepter qu'elle soit un être aussi sadique. Aussi méchant. Elle faisait de son mieux pour lui rendre la vie plus facile. Mais elle avait du mal, elle aussi, à comprendre pourquoi elle se laissait ainsi manipuler. C'était donc ça, l'amour. Aimer au point de renoncert, pour l'autre. Aimer au point de tout rendre, pour lui. Aimer au point de tout donner. Aimer comme on marche. Aimer comme on voit. Aimer comme on vie. C'était donc ça, l'amour. C'était une deuxième voie. Une voie qui pouvait cohabiter avec la première.

L'esquisse d'un sourire. Nostalgique. La jeune fille écouta à peine la phrase de la fille. Mais elle l'entendit. Parce qu'elle entendait tout. Elle était ouverte malgré elle, ouverte alors qu'elle aurait préférer se refermer sur elle même rien qu'une petite seconde. Elle leva ses yeux pétillants vers la fille et lui répondit, d'une voix qui trahissait mal son agacement. C'était donc une habitude, chez les marchombres, de répondre d'une voix neutre à des menaces ? Non, c'était surement un truc de novice. La jeune femme poussa un profond soupire, puis, la tête inclinée sur le côté, les sourcils relevés, elle répondit, d'un air horripilant.

- Je m'appelle Jennyssie Yerann, je ne t'ai jamais demandé ton nom et si tu as une question a posée, pourquoi tu te dépêcherais pas de la poser, pour que je puisse de manger, juste après ?

Elle leva les yeux au ciel avant de s’affaisser à côté de la novice. Nue, sur les galets chauds. Le visage tourné vers le soleil, elle écoutait le moindre mouvement qu'effectuait la fille afin de mieux pouvoir la tuer si elle tentait de s'en prendre à elle. Elle repensa à Liro. Qu'aurait-il fait à sa place ?

La jeune fille renonça à y réfléchir, sachant que tout était perdu d’avance : Son frère était différent. Il était mort. Il n'avait jamais connu l'amour qu'elle portait sur Oddy. En fait, il n'avait rien vécu, comparé à elle. Pourquoi penser à lui ? Il n'était plus de ce monde et ne vivait plus qu'à de rares endroit, en elle. Notamment dans son coeur. Loin, enfoui comme un douloureux souvenir. Mais il était la. Et il ne partirait pas. Jamais.

* * *

- Liro, tu crois que papa il nous aime ?

Le jeune homme sembla réfléchir un moment. Puis, il riva ses grands yeux dans ceux de sa petite soeur et lui sourit. Tristement.

- Je crois que tu ne devrais pas te poser tant de questions qui font mal. Papa nous aime. Mais il a jamais su s'y prendre avec les gamines comme toi. Désolé de te décevoir Ma Nyssie, mais au fond, j'en sais rien.

Elle fronça ses sourcils. Il savait toujours tout. Elle avait beau être têtue, elle avait une autre question à poser. Plus importante encore.

- Et toi, Liro, est-ce que tu m'aimes ?

Il la foudroya du regard avant de se lever et de venir la prendre dans ses bras. Il ne faisait jamais cela, habituellement.

- Peu importe qui tu es, qui tu seras, ce que tu fais ou ce que tu feras. T'es ma soeur. Je suis ton frère. Je t'aime et je ferais n'importe quoi pour toi. Maintenant, il vaut mieux qu'on se taise. Si papa arrive et qu'il entend de quoi on parle, il risque de nous réduire à l'état de poussière.

Il laissa échapper un petit rire.


* * *

Oui, il avait une place bien à lui. Plus réservé que pour tous les autres. Il était celui qui lui avait permit de survivre. Secrètement, Jennyssie pensait qu'il valait mieux que tous les hommes de la terre (Sauf Oddy.). Il était partit et elle était restée. Alors qu'elle aurait donné sa vie pour lui. Alors qu'elle aurait tout fait pour qu'il vive.

Ce maudit marchombre l'avait tué. Elle riva ses yeux ambrés dans ceux de la fille. Marchombre... Tuer, ou ne pas tuer ? Pour Liro, ou pour Oddy ? Choix infaisable. Elle ne bougea toujours pas.
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Mer 13 Avr 2011, 16:02

Lorsque j'ouvre les yeux, je vois l'homme enfourcher son cheval noir.
Il rit. Je ne l'entends pas, mais je vois très bien sa bouche former un rictus de sourire.
Je grimace. Qui est-il ? Cela fait dix fois que je me pose la question.
Pourquoi en voulait-il à mon père ? Aldaron n'est pas un criminel ! Il n'a rien fait de mal...
L'homme s'éloigne au pas.
Je ne me retiens pas. J'essaye de crier mais ce n'est qu'un filet de voix, une plainte qui sort d'entre mes lèvres.
Pourtant, il m'a entendu.

- Attends !
Il m'a entendu, et il a compris que malgré mon ton fragile, ce mot est un ordre.
Je l'ai tutoyé. C'est parce que j'ai parlé sans réfléchir. J'ai fait comme je le sentait.
Il se retourne. Je peux voir ses yeux, et là, je me dit que j'aurais du me taire.
Ses yeux... sont noirs. De vrais gouffres de haine et de narcissisme.
Il revient sur ses pas, s'approche de moi.

- Pour... quoi ?...
Il ricane. Me balance un coup de pied dans le front. Je ne crie même plus.
- Vengeance, dit-il.
Quelle vengeance ? Je crache à ses pieds.
Il s'accroupit. Me relève le menton en souriant.

- Tu ferais une bonne mercenaire...
.§.


"Tu ferais une bonne mercenaire..."
Voilà pourquoi cette fille faisait penser cette scène à Ombe !
L'homme qui a tué son père était un Mercenaire du Chaos.
A l'époque, elle ne connaissait pas leur existence et n'avait pas saisi ses paroles...

- Je m'appelle Jennyssie Yerann, je ne t'ai jamais demandé ton nom et si tu as une question a posée, pourquoi tu te dépêcherais pas de la poser, pour que je puisse de manger, juste après ?

Jennyssie, donc, s'assit aux côtés de la jeune fille.

Ombe était une apprentie marchombre, et une mercenaire du Chaos lui parlait, à côté d'elle, sans faire mine de la toucher ! "Qu'est-ce qui l'empêche ainsi de me tuer tout de suite ? Je sais que nos Voies respectives ne suffisent pas à s'assassiner, mais de là à entamer la causette... Bon Ok, elle n'est pas très amicale, mais ça n'empêche pas."

- Ce n'est parce que tu ne m'as pas demandé mon nom que je ne vais pas me présenter. C'est quand même l'usage, avant de commencer à papoter gentiment, non ?

Ouille. Ombe espéra sincèrement ne pas l'avoir trop énervée.
Elle était consciente du fait que si elle le décidait, la mercenaire pouvait immédiatement la tuer.
Elle ne résista pourtant pas à l'envie de continuer...

- Jennyssie - tu permet ? - j'ai en effet une question à poser. Ou plutôt plusieurs.
La première, je pense, ne va pas te plaire, car elle te concerne peut-être directement.
La seconde est : Pourquoi es tu agressive ? Le Lac Chen ne t’appartient pas et je vais où je veux.
La dernière, enfin : Si je t'énerve, pourquoi ne pas t'en aller toi-même ? Il n'est pas encore né celui qui m'obligeras à quitter un endroit si je n'en ai pas envie.


"Personne ne m'a encore obligé à quitter un endroit, mais une personne si... ce foutu mercenaire m'a enlevé mon père, et je jure de le venger. Mais pourquoi avait-il parlé de vengeance ?"

- Bon, moi après, ça ne me dérange pas de discuter si t'en as envie..., termina Ombe.

Elle observa la jeune fille. Ses cheveux d'or formait un contraste assez surprenant avec sa peau sombre.
La jeune apprentie sentait que Jennyssie épiait chacun de ses mouvements. Elle tendit ses muscles, prête à se battre si ses propos avaient mis en colère la mercenaire. Ce serait quand même idiot de se faire tuer avant de débuter à arpenter la Voie...
.§.


Comme il me regarde droit dans les yeux, je peux encore mieux voir les siens.
J'ai l'impression de distinguer, noyée dans la haine et la noirceur, une légère pointe de mélancolie.
Je ne sais pas pourquoi cet homme qui est grand et cruel ne me fait pas peur. J'aimerais plutôt pouvoir discuter avec lui... Je ne l'ai jamais vu et il me semble étrangement familier.
Mais le contact de ses doigts sur mon menton me révulse. J'arrive avec peine à bouger la main droite pour la tendre vers la sienne et tenter de l'enlever.
Il me voit faire et de son autre main, me tort le poignet. Je pousse un cri.

- On dirait que tu aimes me provoquer.
- On dirait que tu aimes faire souffrir.
Je riposte. J'en sourirais presque.

Presque.

Il saisit ma tête et la cogne contre le sol.


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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Mer 13 Avr 2011, 16:33

L'insolence de la fille était insupportable à la mercenaire. Une multitude de questions se bousculaient dans sa tête, la noyant dans l'incertitude. Elle sentait nettement ses muscles se tendre et entendait sans vraiment l'écouter, tout son être qui lui criait de la tuer. De la frapper, au moins. De lui faire mal. Physiquement. Parce que faire souffrir mentalement était vraiment un truc de marchombre. Alors "à chacun son truc". Elle leva les yeux vers les arbres dans lesquels se cachaient Oddy. Et dans son intention, elle dit tout simplement :

- Tu devrais t'éloigner...


Sa voix était douce, presque rassurante. Elle s'était forcé à ne pas tourner cette phrase en ordre, pour ne pas trop l’effrayer, mais au bruit qu'il fit en s'éloignant, elle comprit qu'il était trop tard. Est-ce que sa haine était si visible ? Est-ce que le chaos qui régnait en elle était si flagrant ? Elle lacha un léger rire. Au fond, elle s'en fichait ! La colère chassait avec une incroyable facilité l'amour et la pitié. Le regard tendre qu'elle avait adressé à Oddy se transforma en une flamme brûlante de haine. Un rictus déforma son visage et lorsqu'elle ouvrit la bouche, ce fut pour cracher :

- Tu as tout d'une marchombre. Tu me hais. Tu ferais une mercenaire pitoyable.

Ses yeux étaient devenus deux fentes brûlantes et elle sentait encore une fois ses paumes chauffer. Elle n'avait pas pour intention de révéler sa greffe à une marchombre, alors elle serra les poings et inspira profondément. La chaleur dans ses avant bras s'atténua, puis, s'éteignit complètement. Elle jeta un un regard a son poignard. Trop loin. Il était trop long à atteindre et son être entier menaçait d'exploser.

Elle frappa. Si rapide que son poing en devint presque flou. Si fort que le choc se répercuta jusque dans son épaule. De façon implacable. Elle n'eut pas entièrement conscience que le coup qu'elle venait de porter était une attaque typiquement mercenaire. Elle était plongée dans un état second et sa haine l'empêchait de se rendre tout a fait compte de ce qu'elle pensait et de ce qu'elle faisait.

En elle, les voix de son père et de son frère se bousculaient, se transformant en un brouhaha incessant. Il n'y avait aucune présence, cette fois ci. Tous ce qu'ils disaient étaient issus de ses souvenirs à elle.

"Frappe plus fort qu'un tigre, réagit plus vite que la lumière."

"Soit aussi agile qu'un loup".

"Et ping ! Dans le mille !"

"Ne sous estime pas tes adversaires, même quand ton attaque a porté ses fruits."

"Bingo, petite soeur ! Refer moi ça !"

"Le premier coup déstabilise autant l'agresseur que l'agressé. Alors soit rapide pour t'en remettre. Plus rapide que l'autre".

La dernière phrase lui fit l'effet d'un électro choc. Elle recula si vite qu'elle faillit s'étaler dans l'eau. C'était ridicule. Elle avait été confronté à plus sauvage, plus fort. Elle s'était battue avec une marchombre accompli. Elle n'en était pas morte. Mais la colère qu'elle éprouvait était bien plus forte. Son être tout entier brûlait de l’intérieur et de l'extérieur. Elle flambait, trépignant d'impatience, attendant le coup de la fille...

A cet instant, elle aurait pu renverser des montagnes entières. Même Oddy n'aurait pas pu l'empêcher de porter cette attaque. Même Liro n'aurait pas pu l'empêcher de se montrer plus sauvage encore que son père.

Elle poussa un grognement inhumain...
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Lun 09 Mai 2011, 20:21

Ombe sentit un changement dans l'attitude de la mercenaire. Alors qu'elle semblait en proie à une hésitation encombrante, son corps se tendit soudainement. Une nuance d’indécision avait l'air de persister encore en elle, car elle s'adressa à Ombe d'une voix qui serait presque rassurante si son visage ne démontrerait pas le contraire.
- Tu devrais t'éloigner...
Malgré son assurance, la marchombre tressaillit. Jennyssie n'allait pas hésiter longtemps, elle le sentait. Quelque chose la retenait encore, ou quelqu'un... Mais ce lien n’allait pas durer, Ombe en était certaine. Elle répondit d'un ton léger, sans toutefois dissimuler sa méfiance et la tension, qui, en elle aussi, commençait à monter sérieusement.
- Pourquoi donc ? Je n'avais aucunement l’intention de te déranger, mais encore moins celle de partir d'ici. J'ai décidé de nager un peu et je le ferais.

La mercenaire sembla ne pas l'entendre. Ses traits se durcir, un masque haineux déforma son beau visage alors qu'elle éclatait d'un doux rire. Ombe était toujours assise, mais s'était préparée au combat,en position défensive. La tension émanant des deux jeunes filles était presque palpable et très épuisante. Quand Jennyssie allait-elle se décider à envoyer son poing dans le ventre de la marchombre ?
- Tu as tout d'une marchombre. Tu me hais. Tu ferais une mercenaire pitoyable.
Elle avait craché ses mots. Ombe pensa fugitivement à répondre quelque chose comme :
"Une marchombre... Non, je n'ai pas tout d'une marchombre. La souplesse, la légèreté, la célérité, la sagesse, ma façon de me mouvoir, et par dessous tout l'Harmonie. En fait, tout me manque. je n'ai rien d'une marchombre. Pour l'instant. Je ne suis qu'une apprentie, tu es le deuxième Mercenaire du Chaos que je rencontre, je ne sais rien. Mais de mon point de vue, ta phrase serait plutôt un compliment..."
Mais elle ne dit rien et se leva, prête à esquiver, ou encaisser le coup.

.§.

- Tu as une grande gueule, pour une gamine. Tu me rappelles quelqu'un qui as beaucoup compté pour moi.
Je relève la tête avec peine. Je vois moins bien l'homme, car le sang coule dans mes yeux. Je sens son souffle sur mon front. Je trouve la force de murmurer.
- Et... où est-il passé, ce... quelqu'un...?
Il éclate d'un grand rire. Je n'avais pas prévu ça, plutôt une autre baffe... Il s'arrête soudain et sourit.
- Je l'ai tuée. Elle.
Un frisson me parcoure le dos. Ouf. C'est donc que je suis vivante.
Elle ? Je lui fait penser à une femme qu'il a aimé ?

Il se relève et marche vers mon père, étendu au sol. Il saisi son sabre.
Je veux me jeter sur lui.
Je ne parviens qu'à bouger un doigt.
Il abaisse l'arme. Rapide. Tranchante.
Je veux hurler.
Je n'arrive qu'à chuchoter.

- Non !
Seule une explosion de sang me répond.

.§.

Ombe avait fermé les yeux, complètement déstabilisée.
"Non !" Cet unique mot retentit comme si elle l'avait crié.
Elle rouvrit les yeux, et ce fut pour s'apercevoir de deux choses.
Un, elle a vraiment crié.
Deux, le poing de la mercenaire fusait vers elle à une telle vitesse qu'elle crut ne pas pouvoir l'éviter.
Elle déplaça la tête de deux centimètres sur la gauche. Le coup lui arriva sur la mâchoire. Brusque. Et très fort.
Si elle n'avait pas décalé la tête, elle se serait retrouvée avec le menton explosé. Là, un gros bleu ornera sûrement quelques temps sa mâchoire.

La mercenaire recula, titubant. Que lui arrivait-il ? Elle avait pourtant un avantage certain sur son adversaire. Serait-elle aussi en proie à des souvenirs... dérangeants ? Elle faillit déraper dans l'eau mais se retint de justesse. Ombe surprit son regard et eut le temps de l'analyser. Une seconde.
Haine pure. Mais aussi égarement.
L'apprentie marchombre ne s'attarda pas dessus. Elle bougea.

Tandis que Jennyssie poussa un hurlement sauvage, Ombe avait frappé. Du poing, au ventre. Elle n'attendit pas de savoir si le coup avait porté ses fruits et feinta au visage, pour en fait abattre le même poing au même endroit que la première fois. Elle se glissa derrière la mercenaire, abattit le tranchant de sa main dans sa nuque, une fois, deux fois, trois fois...

.§.

Je suis tellement horrifiée que mes larmes ne coulent pas.
Aldaron a hurlé. Si fort que son cri me vrille les tympans. Si perçant qu'il fait l'effet d'une grosse boule s'abattant sur mon ventre. Si désespéré qu'il me transperçe le cœur.
Je distingue deux jambes. Séparées de son buste. L'inconnu essuie son sabre sur la tunique de mon père et le range dans son fourreau.
Pourquoi ? Je comprends à peine ce qu'il se passe. Tout est flou. Mes cheveux emplis de sueur, de poussière et de sang mêlés me collent au visage.
J'ai juste le temps de m'entendre crier à l'homme :

- Pourquoi tu ne me tues pas !?
Il tourne la tête vers moi et souris.
- Plus tard. Quand tu seras assez forte pour en valoir le coup...
Puis je m'évanouis.

.§.

...Ombe envoya un dernier coup. Son genou percuta la colonne vertébrale de Jennyssie. Enfin, il lui sembla. Terrassée par son souvenir, elle s'écrasa sur les galets blancs.

Le soleil avait désormais disparu. Ne demeurait plus qu'une fine trainée mauve à l'horizon, les premières étoiles commençant à apparaître. La lune souriait.

La tête dans l'eau qui léchait sa peau, Ombe avait perdu connaissance.
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Mar 31 Mai 2011, 20:43

Les yeux plongés dans l'étendue bleutée du lac, elle encaissa tous les coups sans broncher. Elle aurait pu les éviter sans aucun problèmes. Mais un souvenir refluait en elle, avec des consonances de vérités et de doute à la fois. Un souvenir qui - pour la première fois de sa vie - faisait chanceler ses croyances concernant l'incapacité de son père à penser...


* * *


Le coup le prit au dépourvu. Il s'étala de tout son long sur le sol pavé de la ruelle. Il pleuvait des trombes d'eau et ce qui se passait était flou. Jennyssie avait fermé les yeux, préférant écouter les sons et imaginer plutôt que d'observer... Et de souffrir. C'était son frère qui était tombé, son frère qui ne se relèverait jamais. C'était son frère et elle ne bougeait pas d'un pouce, pétrifié de stupeur, d'incompréhension et d'angoisse. Elle n'avait que 10 ans. A cet age la, quel que soit l'enfant, il n'aurait pas bougé. A moins qu'il soit fou, et elle était loin de l'être. Ce type allait tuer son frère, elle n'y pouvait rien. Et si elle s'avançait, si elle tentait de l'aider, elle se condamnerait à mort aussi. Alors non, elle ne broncha pas lorsqu'une pluie de coup se déversa sur le visage magnifique de Liro. Elle ne bougea pas d'un millimètre, non, mais son cri, lui, fut bien réel...


- PAPAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!

L'homme aurait pu se retourner et l'abattre d'un seul coup de point. Mais Il était déjà la. Devant elle. Vif, rapide et agile. Et il avait frappé. Une seule fois, mais au bon endroit. L'homme s'écroula. Jennyssie se prit un instant à espérer qu'il était vivant. Autant espérer dans le vide...

- Prendre des coups, c'est apprendre plus que lorsque c'est nous qui les donnons.

L'homme se tourna vers sa fille et lui adressa un regard noir :

- La prochaine fois, ne reste pas planté la comme une débile, réagis !

Ce fut à cet instant précis qu'elle pensa pour la première fois de sa vie, qu'il suffit de croire en ce qui est impossible a faire pour faire ce qui est impossible à croire. Une phrase qui ne l'avait jamais quittée, depuis. En revanche, elle n'avait jamais fait attention à la phrase qu'il avait prononcé à l'attention de son frère...


* * *


"Prendre des coups, c'est apprendre plus que lorsque c'est nous qui les donnons."

Ce fut pour cette raison qu'elle ne bougea pas. En revanche, quand les coups cessèrent et que la fille s'écroula, la haine avait déjà obscurci son souvenir. Elle faillit se servir du corps de cette pauvre fille comme punching-ball alors qu'elle dormait sagement, mais se résigna... Elle se contenta de la ramasser et d'aller la faire asseoir contre un tronc. Puis, elle disparut dans la forêt, trouver de quoi la clouer sur place.

Une fois que la novice fut enroulé dans des branches, des herbes, des cailloux et des lianes et coincé contre le tronc, elle s'assit en fasse d'elle et observa son grand art. Elle n'avait pas vérifié si la fille avait des armes, et il fallait l'avouer, elle s'en fichait pas mal.

Elle voulait juste s'amuser...
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Jeu 09 Juin 2011, 18:07

[Désolée, je n'avais pas vu ton message ^^' La fin m'a fait rire =p]


Elle avait encaissé chacun de ses coups. N'avait pas fait mine de vouloir les éviter. Elle se fichait, en fait, de cette stupide novice marchombre...

Stupide, oui. Ombe avait continué a donner les coups. Mais son adversaire était une mercenaire accomplie. Elle était allée au bout de sa propre Voie, et même si ce n'était pas la bonne, Ombe aurait vraiment du se méfier... Surtout si ce n'était pas la bonne, en fait. La jeune fille l'avait provoquée, elle avait "cherché la petite bête". Et l'avait trouvée. La mercenaire s'était mise en colère, elle n'avait pas supporté l'insolence d'Ombe. A son tour, elle s'était moquée d'elle. Et Ombe l'avait bien cherché. Stupide, oui. Complètement stupide.

Novice, oui. Et non. D'accord, elle avait rencontré un Maître marchombre. D'accord, il l'avait conduit à l'Académie. D'accord, cela faisait plusieurs jours qu'elle y était. Mais son premier cours n'avait pas commencé, elle ne savait même pas quand il allait débuter. Pas plus qu'elle ne savait qui allait être son Maître, ni ses camarades, les autres apprenties.
Et puis, si Frawël l'avait emmenée à l'Académie, c'est qu'il avait confiance en elle. Il pensait qu'elle pouvait remonter le fil de la Voie jusqu'à l'Harmonie. Il pensait qu'elle deviendrait marchombre. La meilleure façon de lui montrer qu'il avait raison, ce n'était pas de faire l'idiote devant une mercenaire expérimentée qu'elle ne connaissait même pas, et qui lui avait fait immédiatement penser à une scène de son passé... qui aurait du la mettre en garde.
A peine arrivée, elle commettait une bourde. Et de taille.

Marchombre, non. Pas du tout. En tous cas, pas pour le moment. Et elle ne risquait pas de l'être en continuant ainsi ses conneries.

Qu'est-ce qui lui avait pris, d'un coup ? Elle ignorait tout de la Voie, des Marchombres, des Mercenaires du Chaos, tout. Elle ignorait tout ce qui était censé être sa nouvelle vie. Elle ignorait tout du monde. Malgré ses années d’errance et de voyage. Tout.

Humilité. Réserve. Ombe comprenait vraiment le sens de ces mots, maintenant.

Bon, c'était bien de reconnaître ses fautes, tout ça, mais le moment était plutôt à la réflexion de l'action. Maintenant qu'elle se trouvait en fâcheuse posture, devant la mercenaire affublée d'un regard mauvais et moqueur, le temps était venu de songer à se tirer de là...

.§.


Alors qu'Ombe s'était écroulée sur la plage de galets blancs, Jennyssie l'avait saisie tel un vieux sac poubelle et l'avait trainée jusqu'à un tronc d'arbre. Ombe, certes, s'était alors éveillée, mais elle était encore à demi sonnée et n'avait pas eu la force de résister à la mercenaire. De toutes façons, ça aurait été absolument vain.
Même lorsque l'autre la laissa contre un arbre, la marchombre n'avait pas bougé. N'avait pas ouvert les yeux. Comme soudainement lassée de lutter tout à la fois contre son ennemie et les fantômes de son passé. Elle avait attendue. Un sacré mal de tête l'avait empêchée de réfléchir.
Quand Jennyssie revint, l'entoura de lianes, l'emprisonna dans des branches et des feuilles, Ombe s'était laissée faire, tel un vulgaire pantin de bois.
Elle était seule. Seule avec la mercenaire.
Ou plutôt : seule contre la mercenaire.

.§.

Elle ouvrit les yeux. Rencontra le regard dur et amusé de la jeune femme. Elle se rendit compte que ses mains étaient libres et se massa le front. Foutu mal de tête... Bizarrement, le contact et l'odeur des feuilles et des branches l'apaisèrent. Remirent ses idées en place. Ses iris verts jusqu'alors fatigués se teintèrent d'une lueur nouvelle, traduisant sa décision de ne pas laisser tomber. Pour sa mère. Pour son père décédé aux mains d'un autre mercenaire. Pour sa famille. Pour Frawël. Pour elle. Elle, qui, deux ans plus tôt, s'était retrouvée dans la même posture. Sauf que la première fois, elle était blessée, pas attachée. Et l'homme était peut-être encore plus fort que la mercenaire aux cheveux d'or.

Comment s'enfuir ? La jeune femme à la peau sombre surveillait chacun de ses gestes. Ombe fit un rapide résumé de sa situation.
Elle avait encore son poignard. Pouvait-elle compter dessus ? Alors qu'elle l'avait toujours utilisé pour chasser, pour blesser des brigands, jamais pour tuer. Jamais contre une adversaire aussi forte.
Les arbres. Elle pouvait peut-être escalader celui auquel elle était attachée, filer par la voie des airs. Après tout, elle montait aux arbres aussi bien qu'elle marchait. Mais, justement, elle était attachée et ce serait trop long de chercher à fuir ainsi.
Fëanor. Où était-il passé ? Il ne pouvait pas s'être enfuit, il aimait trop Ombe pour ça. Mais il n'était pas là. Une lueur d'espoir brilla furtivement dans les yeux de la novice. Sentant que quelque chose n'allait pas, l'élan rouge était sûrement partit chercher du secours, quelque part... Oui, mais qui ? L'espoir abandonna, la lueur disparut.
Frawël. Que faisait-il en ce moment ? Inutile de compter sur lui, il était sans aucun doute loin, et il ne connaissait pas assez la jeune fille pour sentir qu'elle était en danger.
Ombe lista de multiples possibilités, imagina des plans, mais finit bien par admettre que ça ne servait à rien.

Elle attendit donc que la mercenaire parle.




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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Dim 19 Juin 2011, 16:55

Jennyssie souriait. Non pas par fierté, mais par pur bonheur. Pleurer sur ses erreurs et ses peines passées avait été une bêtise. Elle ne s'en voulait pas pour tous les morts qu'elle avait laissé derrière elle. Elle ne s'en voulait pas pour toutes les vies qu'elle avait gâchées, souillées. Sa voie se déployait face à elle, prometteuse. Personne ne pouvait se mettre en travers son chemin : elle était libre, puissante, imposante et magnifique. La flamme qui brillait dans son regard lorsqu'elle était enfant s'était transformé en brasier. Elle était sauvage, mais civilisé. Elle semblait passer au-delà des possibles, au-delà des embûches que formait le chemin qu'elle suivait.

Elle était à la fois oiseau, tigresse et louve. Elle était mercenaire, assassin. Ce qui faisait enrager certaine personne, c'était son sexe et sa couleur de peau. Et le fait qu'elle aie réussit, qu'ils ne lui arrivent pas à la cheville. Elle était la pour prouver que tous naissent égaux et que c'est la vie qui s'ensuit qui nous différencie. Ce fut sûrement pour tout cela qu'elle épargna la fille. Car elle n'avait pas encore déployé ses ailes, que ses choix étaient encore changeant et teinté d'arguments. Car, au fond, elle n'était encore qu'une petite fille qui agissait par vengeance et par haine plutôt que de suivre son âme, de suivre ce qu'elle était vraiment.

L'apprentie marchombre chercha vainement un moyen de se libérer. Il y avait milles façons de faire, mais elle était aveugle, comme coupé du monde qui l’entourait. Peut-être aussi avait-elle conscience de ne pas avoir une seule chance face à Jennyssie... Ce qui n'était pas une excuse pour ne pas se battre. Elle avait provoquée la mercenaire, l'avait attaquée de front, et elle abandonnait. C'était pitoyable et typiquement marchombre ! Jennyssie lui offrit un sourire goguenard. Elle attendit un bout de temps, se retournant parfois vers le soleil qui entamait déjà sa descente vers les montagnes, sans pour autant que la température ne diminue. Puis, agacée par cette attente qui n'avait eu pour seul but que de pousser l'apprentie à bout, elle se leva et vint s'accroupir devant la pauvre fille...


- Tu n'en vaux pas la peine. Le prochain mercenaire qui croisera ta route te tuera sans broncher. Tu as de la chance : je suis émotionnellement instable. Mais ne t'avise pas de recommencer, parce que je jure que je n'hésiterais pas à te faire souffrir avant de te tuer. Vous, les futurs marchombres, vous pensez tous être invincibles parce que vous côtoyez vos idoles. Nous, mercenaires, nous ne faisons qu’avancer sur la voie que nous seuls avons choisi.


Il y avait néanmoins une exception à son affirmation. Une exception qui avait un nom : Léna. Ô Léna ! Ou était-elle à cet instant précis ? Elle ne l'avait vu qu'une fois. Une seule fois qui avait été assez pour qu'un lien soit tissé entre elle. Un lien presque palpable tant il était fort. Incassable malgré leurs statuts si différent. Malgré leurs pensées, malgré leurs apparences. Elle étaient leur contraire, c'était peut-être ça justement, qui les avait rapprochées. Elle s'était battues, ensemble et contre un but commun : leurs ennemis. Elles étaient leurs opposées. Comme l'ange et le démon. Et elles s'étaient aimés. Elles étaient deux mêmes engrenages qui s'étaient trouvé, sans s'être toutefois reconnut directement. Elles luttaient toujours autant contre leurs ennemis. Mais bizarrement, elles s'étaient retrouvées dans le même camp : dans celui de ceux qui ne savent pas ou ils vont et pour quelle raison ils y vont. Dans le camp de ceux qui vivent dans le passé mais qu'ils se battent pour l'avenir.

Jennyssie ferma les yeux. L'apprentie n'avait rien à voir avec Léna. Elle les rouvrit et une flamme nouvelle perça le jour : pas de pitié.
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Mer 22 Juin 2011, 16:27

Alors que le soleil s'enfonçait de plus en plus dans l'horizon, Ombe attendait. La mercenaire ne lui adressait toujours pas la parole, elle ne faisait même pas mine de bouger. Elle la regardait, détournant parfois ses yeux dorés vers l'astre solaire. Elle voulait l'agacer, la pousser à bout, mais Ombe tenait parfaitement bon. C'était un peu à celle qui céderait la première, lui semblait-il. Mais l'apprentie, étrangement, ressentait un immense calme la remplir toute entière. La tête, le visage, tout le corps. A l'intérieur. Elle ne faisait pas mine de vouloir parler. Quelques fois, elle se mettait à bâiller d'un air las, ou se passait la main dans ses cheveux châtains. Elle attendait avec toute la patience qui l'emplissait.

Finalement, ce fut Jennyssie qui craqua la première, mais bon, cela n'arrangeait pas vraiment sa situation. Pourtant, elle était persuadée, elle ne savait pourquoi ni comment, qu'elle allait s'en sortir bien vivante. Elle sentait que sa voie ne s'arrêterait pas là, elle avait encore des choses à faire, d'autres à découvrir, des gens à revoir, à rencontrer. Elle ne mourrait pas car elle ne pouvait pas mourir. Pas maintenant.

- Tu n'en vaux pas la peine. Le prochain mercenaire qui croisera ta route te tuera sans broncher. Tu as de la chance : je suis émotionnellement instable. Mais ne t'avise pas de recommencer, parce que je jure que je n'hésiterais pas à te faire souffrir avant de te tuer.

Malgré elle, Ombe frissonna. "Tu n'en vaux pas la peine." Il lui avait dit la même chose, deux ans plus tôt. Sauf que lui, ce n'était pas du mépris, au contraire. C'était du pur intérêt. Il avait ajouté que plus tard, lorsque le moment serait venu, ils s'affronteraient à nouveau. Et vraiment, cette fois. Alors qu'elle, elle ne la considérait pas plus qu'une vulgaire chose sans intérêt, qui ne valait rien. Là, elle acceptait, juste une fois, que cette fille prétendue "apprentie marchombre" la provoque un peu, mais en cas de récidive... pas de pitié.

Un sourire dur apparut aux lèvres d'Ombe. Alors comme ça, l'envoleuse aux cheveux blonds était un être supérieur ? Alors comme ça, elle, l'apprentie marchombre, n'était presque rien ? Alors comme ça, l'autre se permettait de la gracier, et s'autoriserait à la faire souffrir avant de la tuer si elle recommençait ses petites remarques volontairement provocatrices, que quelqu'un digne de sagesse et d'esprit aurait parfaitement ignoré ?

OK, Ombe avait fait une grosse erreur, tel une gamine se chamaillant avec celle qui lui avait mal parlé. Mais c'était Jennyssie qui l'avait provoqué d'abord, et surtout, la mercenaire avait aussitôt réagit aux répliques d'Ombe par la susceptibilité et l'agacement, et lui avait répondu par la force. Même un mercenaire sain d'esprit aurait fait autrement, privilégiant l'ignorance aux coups. L’apprentie n'était pas la seule fautive dans l'histoire, elles étaient quittes.

- Vous, les futurs marchombres, vous pensez tous être invincibles parce que vous côtoyez vos idoles. Nous, mercenaires, nous ne faisons qu’avancer sur la voie que nous seuls avons choisi.

Alors que la jeune fille aux yeux verts s'était résignée à laisser croire à Jennyssie qu'elle acceptait la défaite, les dernières phrases de l'envoleuse la mirent aussitôt hors d'elle. Les futurs marchombres ? Elle se permettait de généraliser les novices, de les considérer comme des animaux qui auraient tous la même caractère ? Et puis, les maîtres marchombres n'étaient pas de simples idoles, mais des gens qui avaient des sentiments, des idées, des caractères, des goûts différents, des personnes remarquables que les novices ne cherchaient pourtant absolument pas à copier. Chaque marchombres est aussi différent que chaque être humain ! Elle ne l'avait pas choisi, sa voie, peut-être ? On l'y avait obligé alors ?! Jennyssie se foutait vraiment de sa gueule, mais le pire, c'est qu'elle paraissait croire dur comme fer à toutes ces sottises !

Comment en était-elle arrivée là ? On lui avait bourré le crâne, comme une poule que l'on gave pour la dévorer après ? Ou alors elle s'était elle même persuadée de ces idées... pour se rassurer ? Pour avoir quelque chose à haïr, pour ne pas avoir l'impression de n'être qu'une simple humaine parmi tant d'autres, pour se faire exister ? Ou encore quelque chose dans son passé s'était produit qui l'avait transformée : sa famille, des amis, une ou plusieurs morts brutales, des événements inattendus ? Quoi d'autre encore ?

Ombe était en colère. Véritablement. Mais elle ne savait pas si c'était contre l'envoleuse, contre elle-même, ou contre ce monde pourri qui en privilégiait certains et transformait les autres.

Elle s'empêcha de répliquer d'une vois sèche à la jeune femme. Si elle voulait s'en sortir, elle avait quand même intérêt à faire attention. elle tenta tant bien que mal de calmer la fureur qui l'emplissait, de faire revenir le calme si apaisant qu'elle avait ressenti au début. N'y parvint pas.




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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Sam 25 Juin 2011, 21:59

La colère n'est pas très grave quand on sait la contenir. Elle nous étouffe, parfois nous rend malheureux. Elle ne reste jamais très longtemps. Il faut juste savoir lever la tête et sourire malgré tout... Et tout finit par rentrer dans l'ordre, par s'arranger, d'une manière ou d'une autre. Mais lorsqu'elle semble exploser hors de nous, quand on croit qu'on s'en sort et qu'on finit par hurler à tous et à toute que le monde et la vie n'en valent pas la peine, c'est que la colère n'en est pas une. C''est la Haine qui occupe notre esprit, qui obscurci nos journées et nous rend incontrôlable. C'est exactement ce sentiment qui s'échappait des yeux de l'apprentie et la ramenait à l'état sauvage. Ses sourcils froncés, sa mâchoire légèrement plus serré, ses yeux lançant des éclairs... Tant de petits indices qu'elle croyait cacher, sans savoir qu'ils étaient tout à fait visible. Ou peut-être le savait-elle...

Jennyssie pencha la tête sur le côté à la manière d'un félin qui - finalement - s’intéresse à une proie. Par gourmandise, sûrement. Son sourire en disait long sur l'amusement qu'avait provoqué la Haine de la jeune fille, sur l'envoleuse. Elle se retenait difficilement de rire. Par respect pour quelqu'un qui arrivait à gérer tant de haine, à la contenir tant bien que mal et à se taire malgré tout. Elle restait la, sans bouger, les lèvres serrés. Elle semblait avoir bien des choses à dire, mais elle ne parlait pas. Ses yeux fixés sur la silhouette de Jennyssie, elle paraissait la transpercer du regard tant elle était insistante. Et...

... Pour la première fois, la jeune femme hésita. Comme si ce regard la gênait, comme si elle laissait gagner une fille minable à un jeu dont elle connaissait les règles par coeur. Pour autant, elle ne se sentait pas mal du tout, elle se sentait juste différente. Ça en devenait presque inquiétant, tant ce n'était pas elle, tant ça ne lui ressemblait pas. Elle se leva, s'approcha de la jeune fille et elle lui laissa une chance de se défaire de sa colère :


- Prouve moi que tu vaux mieux que les autres apprenti(e)s. Libères toi de la ou je t'ai fourré. Et une fois que tu l'auras fait, raconte moi ta version des faits. Au pire, si elle me plaît pas, je me contenterais de te tuer pour de bon !

Elle lui adressa un clin d'oeil et se tourna pour aller patauger au bord de l'eau. Ça sentait la mer, le sel et les algues. L'odeur était si forte, qu'elle piquait le nez. Elle se souvenait nettement de L'odeur de l'Oeil d'Otolep et elle était prête à affirmer qu'elle était bien moins forte qu'ici. Ce n'était pas pour autant désagréable de sentir quelque chose de nouveau, de différent de l'humidité des murs du domaine ou de la sève de pin des petits et grands bois. Elle aimait voyager, trouver de nouveaux endroits. Elle n'était jamais venu de ce côté du lac, et elle n'avait pas eu le temps d'apprécier la vue, le couché du soleil et l'air frais qui se levait enfin. La température de l'eau était assez basse, mais rien qui pouvait empêcher une mercenaire de se jeter à l'eau. Pourtant, elle ne le fit pas tout de suite. Elle ne le fit pas du tout. Elle resta planter la, jetant de fréquent coup d'oeil en arrière pour voir comment s'en sortait l'apprentie. Elle devait bien l'avouer : elle avait hâte d'avoir une autre occasion de se moquer d'elle, de la ridiculiser, de l'humilier... Dommage qu'ils n'avaient aucuns spectateur !
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Jeu 30 Juin 2011, 12:01

Une flamme. C'était une flamme dans le regard moqueur de l'Envoleuse. Grande, immense même, et chaude, brûlante, rouge tranchant dans le doré de ses yeux. Et cette flamme remarquable, dont Ombe n'en avait peut-être jamais vu de semblable, en disait long sur les pensées de Jennyssie. Ce feu dévorant incendiait son visage à la peau foncée, découvrant de sa lumière la Voie qu'elle avait choisie. Une Voie... trompeuse ?

En tous cas, le sourire bien moqueur de la mercenaire mettait Ombe en rogne. Mais ce n'était pas ça qui la dérangeait... Qu'est-ce qu'elle allait faire d'elle, maintenant ? L'apprentie le savait, le sentait, son ennemie riait de la voir si désemparée, face à une femme trop forte pour elle, sans véritable solution pour s'en sortir... et en colère. Oui, c'était de ça que se moquait Jennyssie, de la colère qu'Ombe ressentait et qu'elle retenait avec peine. Alors, qu'allait-elle décider ? La laisser là, se rire d'elle et l'humilier jusqu'à ce qu'elle en ait marre, ou la tuer ?

Mais la jeune marchombre ne flanchait pas, continuant d'observer cette flamme brûlante de haine. Regard vert, insistant, transperçant. Et yeux de feu, rieurs, haineux. Le combat mental que se lançaient les deux jeunes femmes était égal. Mais, physiquement... non.

.§.

- Et depuis quand es-tu Maître ?

- Pas très longtemps. Tu sais, je suis encore assez jeune. Je n'en ai pas l'air ?


Il sourit et elle se sent un brin idiote. Était-elle à ce point étonnée d'être à l'aise, et perturbée face à lui, cet inconnu avec qui elle ne discutait que depuis quelques heures, pour ne dire que des paroles inutiles ? Et comment pouvait-on se sentir à l'aise tout en étant perturbée ? Elle s'était toujours posée des questions, mais si profondes, si étranges... jamais. Et elle s'avoua qu'elle aimait bien.


- Je... désolée. Y'a que toi qui dis des choses intéressantes, là, moi je ne pose pas les bonnes questions... Je ne sais pas ce qu'il me prends.

Elle le regarda et comprit. Comprit pourquoi elle ne savait pas quoi dire, comprit pourquoi il l'impressionnait alors qu'elle se sentait bien à ses côtés.

- Bah vas-y alors. pose-les, les bonnes questions. On a tout le temps devant nous.

Une flamme. Dans ses yeux noisettes, il n'y avait pas seulement un regard pétillant de malice, une sagesse étonnante pour son âge, ou encore une profonde lueur de bonheur et d’intérêt, mais aussi une flamme. Immense, chaude, douce, vivante, belle, humaine, harmonieuse... marchombre. C'était le seul adjectif capable de la décrire. Marchombre. Elle comprit non seulement pourquoi son bien-être et sa timidité était mêlés, mais aussi ce qu'il était. Ce qu'ils étaient. Ce qu'elle allait devenir. Marchombre. Elle comprit pourquoi ce mot ne s'expliquait pas... avec des mots. Et une grande vague de calme suivit d'une bonne dose de joie et de bonheur s'abattit sur elle, détruisant l’anxiété et la timidité, enveloppant de son eau pure l'appréhension et le malaise, lui procurant un délicieux frisson dans le dos.

Maître et élève.

Maintenant, elle était prête à parler des heures et des heures avec lui.


.§.

C'était un feu bien différent qui brûlait dans les yeux de la mercenaire. De nouveau, Ombe se calma et entendit aussitôt les paroles de Jennyssie :

- Prouve moi que tu vaux mieux que les autres apprenti(e)s. Libères toi de la ou je t'ai fourré. Et une fois que tu l'auras fait, raconte moi ta version des faits. Au pire, si elle me plaît pas, je me contenterais de te tuer pour de bon !

Elle lui laissait une chance ! L’apprentie marchombre répondit effrontément au clin d’œil de l'envoleuse, et tandis que cette dernière s'éloignait au bord du Lac Chen, Ombe tâta son poignard de la main. Elle ne le lui avait pas enlevé. Mais Ombe se mit au défi de se dépêtrer des lianes, des branches et des feuilles qui la maintenaient attachée sans son arme. Le corps est une arme, lui avait confié Frawël. Et elle l'avait toujours su.

Elle ferma les yeux, respirant l'odeur des feuilles devant elle, appréciant le contact de l'écorce dans son dos. Elle s'était toujours bien entendue avec les arbres. Les avaient compris. Écoutant la nature autour d'elle, elle respira doucement. Inspiration. Expiration. La gestuelle marchombre fonctionnait moins bien sans les gestes. Mais il fallait se convaincre, bien respirer, avoir confiance, et ça allait fonctionner.

Elle tendit une main, saisit un nœud, démêla deux lianes entrelacées. Arracha quelques feuilles pour mieux distinguer l’entrelacs de branches, les prit, les démêla, passa ses bras et ses jambes entre plusieurs morceaux d'écorces, glissa son corps sous les lianes, brisa deux ou trois branches, ploya le dos pour se dégager, toujours respirant calmement...

Après une minute ou deux, elle s'était détachée. Certes, ça avait pris longtemps, mais le principal était qu'elle y soit parvenue. Elle se leva, s'étira vigoureusement les muscles, puis s'approcha lentement de la mercenaire, se tenant immobile, droite devant elle, les bras croisés sur sa poitrine, toute trace de colère disparue. Envolée.

- Voilà.

Ce simple mot n'était qu'une façon de se dire que c'était bon, elle allait commencer à parler comme Jennyssie le lui avait demandé, tout lui expliquer, sa colère, ce qu'elle pensait d'elle. Et elle allait aussi lui poser des questions. Si l'envoleuse ne voulait pas lui répondre, alors elle s'en irait (pourvu que !) et la retrouverait une autre fois pour lui demander. Plus tard, lorsqu’elle saurait se défendre. Combattre.
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Lun 04 Juil 2011, 15:58

La jeune fille s'approcha de son frère. Ses yeux écarquillés de stupeur allaient et venaient entre le corps vidé de son sang – sur la dalle, au milieu de la rue – et le visage impassible du garçon. Il la regardait d'une façon bien trop insistante à son goût. Pour la première fois de sa vie, Liro lui faisait peur.

- Jenny !

Comme cri de désespoir. Un cri plein de pitié. Un cri qui demandait pardon. La jeune fille se rendit compte qu'elle tremblait lorsque ses dents lui coupèrent légèrement la langue, en s'entrechoquant.

- Jenny, je suis désolé ! Qu'est-ce que... Tu fais la ?

Sa voix était imprégnée de pitié. Il s'en voulait, c'était évident. Jennyssie se rendit compte avec stupéfaction qu'elle ne se souvenait plus de comment elle était arrivée la. Elle secoua nerveusement la tête et alors qu'elle aurait voulu se tourner et s'enfuir, elle restait clouée sur place. Incapable du moindre mouvement pour s'éloigner de Liro.

Il s'approcha jusqu'à ce que ses mains rencontre les épaules de sa soeur et que leur front se touche. Et lorsqu'il parla, ce fut avec une extrême douceur, aussi lentement que s'il avait voulu captiver son attention et lui faire oublier le corps inerte, derrière lui.


- Ca va aller, d'accord ? Ce n'est rien, Jennyssie. Tu comprend ? C'est juste un peu de sang. Je l'ai tué et je peux répondre à n'importe quelles questions que tu voudras bien me poser. Tu veux qu'on aille s'assoir ? Tu peux marcher ?

Elle secoua la tête. Ses tremblements devinrent des secousses et il ressera son étreinte autour de ses épaules pour l'empêcher de s'écrouler.

- Tu... Tu l'as tué ?

Il acquiesça.

- Pourquoi ?

- Parce qu'il n'a pas prouvé qu'il méritait de vivre.

- Il... Est mort ?

- Oui.

- Mais... Comment on fait... Pour te le prouver ?

Les yeux de Liro cherchèrent vainement l'étincelle qui faisait vivre ceux de Jenny. Il trouva autre chose. Une flamme brulante d'intérêt, malgré sa peur. Alors il répondit :

- Il faut se contenter d'être sois même, et de ne pas trop avoir peur. De réagir autrement qu'en fuyant... Mais je ne vais pas te tuer Jenny, tu m'entends ? Je t'aime. D'accord ? Je suis la, avec toi et je vais te protéger.

Elle fut presque déçu. Ses pupilles partirent vers le haut et disparurent sous ses paupières. Ses forces la quittèrent et son frère l'attira contre lui pour éviter qu'elle ne tombe.


¤ ¤ ¤


Ce souvenir avait fait l'effet d'une claque dans l'esprit de Jennyssie? Elle se demanda, durant une demi seconde, si elle n'avait pas rêvé. Mais elle avait ressenti trop de choses en se souvenant et l'effet de déjà vu était bien trop prégnant, bien trop réel. Elle hoqueta de stupeur. Son subconscient tentait de lui faire comprendre que l'apprentie marchombre méritait peut-être de vivre, en lui renvoyant un souvenir qu'elle avait oublié et terrée le plus profondément en elle, tant ça l'avait traumatisé. Et maintenant qu'il était la, à sa portée, elle était émerveillé par l'attrait qu'elle avait ressentie pour le sang et la mort, alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. Malgré sa peur, malgré l'angoisse et le choc, la vue du sang l'avait forcée à se lier d'amitié avec la mort elle même. Alors voilà pourquoi elle avait eu tant de mal à arrêter de tuer. Non pas parce que son père le lui avait demandé, mais car elle aimait vraiment cela ! Elle était ainsi ! Contrairement à son père, elle ne tuait pas par devoir. Ni par obligation comme l'avait fait son frère. Elle le faisait par passion. Par fascination. Elle le faisait car elle aimait sentir le sang, le souffle et la vie s'échapper du corps de sa victime. Elle n'avait jamais rien fait contrainte et forcée. Elle avait juste prit les décisions que son père avait voulue qu'elle prenne. Il l'avait forcée sans jamais penser une seule seconde qu'elle aurait prit ces décisions avec ou sans lui. Et soudain, elle le trouvait pitoyable. Et elle se sentait puissante.

- Voilà.

La voix de la fille était calme, sereine et presque apaisante. Jennyssie se tourna et l'observa longuement, un sourire satisfait sur les lèvres. Le poignard qu'elle lui avait laissé n'avait pas bougé de son emplacement habituel. Elle se trouvait debout, devant le tas de liane qui n'avait pas une seule trace laissant penser que le passage avait été forcé. Tout s'était déroulé... En harmonie. Et même si Jennyssie n'avait jamais été attiré par ces tactiques de marchombres, elle était impressionnée qu'une apprentie aussi inexpérimentée s'en soit sortie ainsi, si rapidement.
Elle lui accorda un signe de tête en signe d'approuvement. Elle plongea dans une analyse complète des choix qu'elle s'imposait : tuer la fille sans scrupules comme l'aurait fait son père, la laisser partir sans défendre la cause des marchombres comme l'aurait fait son frère, ou...

...Ou suivre sa propre voie. Laisser la fille exposer son avis sur la question des choix de future vie marchombres et la laisser partir en se promettant qu'elles se retrouveraient dès que l'apprentie et elle possèderaient environ le même niveau de compétences. Pour un combat à mort, ou non. Peu importait. La seule chose qui avait une réelle importance était le fait de gagner de l'expérience en combats dont l'issue n'était connue d'aucuns des adversaires. Elle aimait les défis, mais plus que tout, elle ne voulait pas cesser d'avançer sur la voie des mercenaires. Elle voulait trouver la limite que personne n'avait jamais franchi, et elle voulait la franchir. Elle s'approcha de la jeune fille et lorsqu'elle se trouva à moins d'un mètre d'elle, elle parla plus sérieusement du monde.


- Je t'écoute. Mais avant, je voudrais avoir l'honneur de connaître le nom de la future marchombre que j'affronterais, un jour...

Sourire...
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Lun 04 Juil 2011, 22:10

De dos, la mercenaire semblait moins puissante. Ses cheveux dorés tombaient en cascade le long de ses épaules, et c'était tout. L'apprentie décida de l'observer plus attentivement. Non, ce n'était pas tout. Même retournée, Jennyssie concentrait une aura assez impressionnante... Alors c'était ça, une envoleuse accomplie ? Une femme faite de feu, puissance, de beauté, et de... haine ? Ombe ravala sa salive. Non, ce n'était sûrement pas le propre de tous les envoleurs. Celle-ci avait l'air... différente. Et tout d'un coup, cette différence fit paraître la jeune femme sympathique à Ombe. Cette dernière se donna une petite claque mentale. Qu'est-ce qu'elle avait, à trouver tous les gens qu'elle croisait "sympathiques" ? D'abord, cet inconnu, sans doute mercenaire du Chaos, qui avait tué son père. Une seconde, elle lui avait semblé déjà le connaître. Et lors de cette seconde, sa peur et sa colère, toute sa rage s'était muée en une sorte d'affection. C'était vraiment étrange, cette impression. Vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui vous ont fait du mal et que vous aimez bien, même pendant un très court instant ? Et maintenant, cette envoleuse. Tueuse de marchombre. Elle l'avait menacée, l'avait attaché, avait hésité à la tuer... elle aurait du la tuer ! Une apprentie marchombre ! Et allait peut-être bientôt le faire, d'ailleurs. Mais Ombe la trouvait "sympathique" !

Elle ne se retourna pas tout de suite, alors l'apprentie devina qu'elle pensait. Certainement des souvenirs... Eh bien ! Cette journée aurait été riche en émotions... et pour tout le monde... Ombe attendit quelques instant, debout derrière la mercenaire. Cette fois, la nuit commençait vraiment à tomber, il ne restait plus qu'une mince trainée rosâtre loin... loin dans le ciel, sur la ligne d'horizon. Et le soleil avait complètement disparu ; les étoiles scintillaient au dessus des deux jeunes femmes ; la lune, un croissant épais, apparaissait dans l'endroit le plus sombre du ciel, d'une blancheur de lait. Souvenirs, encore...

.§.

- En fait, comment t'as pu tombé sur moi, comme ça, par hasard ?

Il était assis à côté de moi, contre le tronc d'arbre, assez épais et large pour nous accueillir tous les deux. Suite à ma question, il se redresse soudain et se déplace pour se mettre en face de moi, afin de me regarder droit dans les yeux. Je commence plutôt à m'habituer à cette manie de regarder les gens dans les yeux, les défier du regard sans faire exprès... C'est assez agréable, en fait. Bon, faut que j'arrête, là.

- C'est peut-être le destin ?!

Il essaye de garder un air sérieux, mais je vois ses yeux rire et son ton est trop exagéré.

- Apparemment, tu n'y crois pas, au destin...

Cette fois, il est vraiment sérieux. Ca me surprend vachement, ses changements soudains d'expression... Comment il peut faire ça ?

- Je ne sais pas. Tu vois, un Maître Marchombre peut encore se poser des questions... Pour toi, c'est très possible que ça soit lui. Le destin. Sinon, comment ? Je ne suis ni devin, ni espion te suivant depuis ta plus tendre enfance... Alors, je ne vois pas vraiment d'autre possibilité...

Lorsqu'il évoque "ma plus tendre enfance", mon visage se ferme, malgré moi. Reverrais-je un jour cette époque ? Non, sans aucun doute. Trop de choses me séparent de ces temps bénis. La rencontre avec Frawël en est une de plus.

- Je suis Maître, je suis Marchombre. Mais je suis encore jeune et je n'ai pas tout appris. Comme l'a dit si bien une certaine personne : "Je sais que je ne sais rien."(*) Même arrivé au bout de son existence, nous ne savons pas tout. Loin de là... Très, très loin.

.§.

Oui, très, très loin de tout savoir. Même Marchombre. Mais tant qu'on accepte d'apprendre, encore plus, toujours plus, on est intelligent, on peut encore vivre, on a de l'espoir. C'est pourquoi Ombe aimait bien l'envoleuse, en cet instant. Parce qu'elle acceptait de l'écouter, d'en apprendre plus sur ses pensées. C'était donc une preuve d'intelligence... et l'apprentie pensa que Jennyssie pouvait encore s'en sortir. Changer de Voie. Choisir vraiment la sienne... Décider de son chemin. Être libre. C'est d'ailleurs une partie de la définition du mot "liberté" qu'elle avait donné à Miss et Azrune, lors de son premier cours.

La jeune femme approuva ce mot "Voilà", qu'Ombe avait prononcé un peu plus tôt, ou peut-être le fait qu'elle se soit libérée seule. Elle sembla hésiter sur la décision à apprendre, mais quelque chose dans son regard, sa façon d'être, avait légèrement changé. Presque imperceptiblement. Ombe sut le discerner car elle en avait passé, du temps, à observer les gens. C'était très instructif, et ça s'apprenait.

Enfin, l'envoleuse s'approcha de l'apprentie marchombre. Elles étaient très près, séparées par un petit mètre seulement. Elle parla, et ce qu'elle dit surprit Ombe.

- Je t'écoute. Mais avant, je voudrais avoir l'honneur de connaître le nom de la future marchombre que j'affronterais, un jour...

Presque abasourdie, Ombe regarda la jeune femme avec des yeux ronds, un peu stupidement lui sembla-t-il, en plus son interlocutrice lui avait parlé très sérieusement ; puis elle vit le sourire de la mercenaire, et son visage s'illumina. Elle eut un pincement au cœur quand elle repensa au fait que cette femme était une envoleuse. "Les marchombres et les mercenaires sont censés ne pas bien s'entendre..." Enfin, elles n'en étaient pas encore, du tout, aux amitiés, mais quand même. Le sourire avait été sincère, pas moqueur. C'était le premier véritable sourire qu'Ombe reçu de la part de Jennyssie.

.§.

- Je suis Ombe. Je ne te l'ai pas déjà dit ?

Elle ne se moquait pas, son ton n'était pas ironique, elle souriait juste. Ses yeux pétillaient. Alors comme ça, Jennyssie aussi voulait la revoir, plus tard, quand elle serait plus forte ? C'était d'accord...

- Quant à se revoir... c'est avec joie. Un autre combat, véritable, celui-là - elle eut un pauvre sourire - serait le bien venu. Bon, et tu veux que je te dises quoi, exactement ? Nan, parce que sinon, ça risque de durer des heures...

Elle s'apprêtait à se confier à une envoleuse ! Et à l'écouter à son tour... Elle attendit que Jennyssie lui réponde pour continuer.




(*) De Socrate ! =)
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Jeu 28 Juil 2011, 13:53

Le ciel, au dessus de Jennyssie, se déployait sur des milliers de kilomètres. Il avait l'air bien plus profond, bien plus immense que la veille. Comme si le bleu du vide était devenu noir. Comme si la lune, elle même, avait reculé. L'envoleuse était l'étincelle, dans l'ombre. Elle était la haine dans l'harmonnie. Le feu de bois, qui consume une forêt entière. Elle était puissante, différente mais parmi tous ses défauts et toutes ses qualités, elle était sauvage. Elle était animale, dressé au sommet d'un monde qui ne lui appartenait pas, mais auquel elle appartenait. Un monde dont elle se jouait pour déjouer les plans du destin. Elle vivait pour tuer et mourrait pour revivre. Elle ne croyait qu'en ce qu'elle avait inventé et repoussait les limites, les barrières que tout le monde pensait infranchissables. Elle était une personne à part parmi tant d'autre, mais elle l'était plus encore que n'importe qui. Elle rendait le possible, impossible... Et l'impossible, possible. D'apparence, elle avait l'air humaine. Elle avait des jambes, des bras, un visage. Mais sa beauté était un piège. Et même si elle avait de nombreux bons côtés et qu'elle était sociable, malgré tout... Ses yeux était ceux d'un félin à l’affût d'une proie. Et cette proie, elle se dressait devant elle, fière d'aligner ses quelques phrases. Alors que Jennyssie appréciait tout juste le silence de la nuit et la solitude de l'endroit. Elle prenait un risque, et un gros... C'était ça qui avait intrigué la mercenaire et l'avait poussé à sourire. Parce que la fille était comme un gâteau au chocolat. D'apparence, il est le même que bien d'autre. De goût, il ne semble pas magique. D'odeur, rien de spéciale. Pourtant, il à un petit truc, tout petit. Quelque chose qui nous pousse à le regarder avec émerveillement ou avec curiosité. Et à le goûter, pour mieux le comprendre.

Ombe - puisque tel était son nom - provoquait ouvertement la jeune femme. Sans témoigner d'une angoisse, même infime. Elle ne devait pas connaître le risque qu'elle encourrait. Ou alors, au contraire, elle savait qu'elle était une proie différente et que Jennyssie ne ferait que jouer avec elle, ce soir... Ombe, bien sur. Jennyssie avait entendu son nom, l'avait enregistré, mais ne l'avait pas écouté, puisqu'au départ, elle n'avait eu, pour la jeune fille, aucune estime. Elle était ainsi, à ne prêter attention qu'à ce qui l’intéressait vraiment, elle s'était faite avoir à son propre jeu. Et à présent, elle souriait, se retenant presque de rire de sa propre stupidité. Après tout, pourquoi en pleurer ?

- C'est à toi de voir si tu veux défendre ton avis, ou me laisser le dernier mot... T'es bouché, hein ? Ça doit être un truc de marchombre de poser des questions inutiles !


La jeune femme laissa échapper un petit rire provocateur.

[ Désolé, ce n'est pas long, mais l'ordinateur sur lequel je suis est ultra lent et il faut que je poste avant qu'internet me fasse faux bond x)]
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Dim 21 Aoû 2011, 14:25

La réponse de la mercenaire ne se fit pas attendre. Rapide. Moqueuse. Provocante. Ombe n'en attendait pas moins de sa part. La phrase lui vit se dessiner un sourire tranquille aux lèvres. Sourire qui s'effaça aussitôt. Non pas parce que la dernière partie de la réponse ne plaisait pas à Ombe, cette manie de critiquer les marchombres à tous bout de champs l'horripilant, mais parce qu'elle avait besoin de réfléchir. Comment expliquer ses pensées à la jeune femme ? Et surtout, comment se tirer du pétrin dans lequel elle s'était fourré ? Car elle savait que la mercenaire ne la laisserait pas forcément partir de sitôt. Elle savait qu'elle se jouait d'elle depuis le début. Et la dernière phrase de son ennemie - car Jennyssie était bel et bien une ennemie - lui fit comprendre que le sourire sincère qu'elle lui avait accordé il y avait à peine cinq minutes s'était définitivement effacé, avait disparu pour de bon, ne laissant place qu'à un pur amusement teinté de sadisme.

L'apprentie marchombre avait légèrement baissé la tête, et ses cheveux châtains dissimulant ses yeux émeraude, elle sourit. Une deuxième fois. Mais cette fois-là, ce fut un sourire presque carnassier. En réponse au rire provoquant de la mercenaire, celle-ci, toujours de dos, ne pouvant pas deviner la joie d'Ombe. Elle avait trouvé. Une idée. Comment, du même coup, s'expliquer à Jennyssie et s'enfuir. Elle n'était pas certaine que ça allait fonctionner. Mais ça avait des chances. Il fallait qu'elle soit discrète. Elle ne prenait pas son ennemie pour une idiote, loin de là, et encore moins pour un légume incapable d'action. La mercenaire aurait le temps de la rattraper. Mais la surprise la retiendrait dix fois mieux que la lame de l'apprentie.

Ce qui était sûr, c'est que ça n'allait pas lui plaire. Mais alors, pas du tout. Et Ombe, après ça - si du moins elle réussissait - n'aurait pas intérêt à croiser la jeune femme pendant un bout de temps... Ombe releva la tête. Malgré elle, elle sentait son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine ; néanmoins elle réussit à contrôler sa respiration, dans un effort suprême. Et elle commença à parler. Elle ne connaissait pas la poésie marchombre. Mais, poète dans l'âme, elle aimait composer. Et elle ne se serait jamais douté que ça aurait pu la tirer un jour d'affaire.

.§.

Je suis assise sur les genoux de mon père, tandis qu'Elenna, ma mère nous observe tout les deux, près de nous, assise elle aussi. Aldaron prend un air grave, en même temps que ses yeux pétillant se teintent dune joie profonde. Je sais ce que ça veut dire. Quand il a cette tête-là, c'est qu'il va nous confier quelque chose, à ma mère et moi. Quelque chose d’important, et de très secret. Quelque chose que pas beaucoup de gens ne savent, et qu'il aime nous apprendre. Quelque chose qui parle sûrement d'arbres.

- Ombe, Elenna, écoutez-moi bien. Je vais vous parler d'arbres très étranges, et souvent très pratiques. En apparence, pourtant, ils semblent tout à fait anodins, ordinaires. Mais il cachent un secret impressionnant...

Qu'est-ce que j'avais dit ? Je m'installe confortablement et l'écoute avec attention.

Je n'en reviens pas. Des arbres, capables de... ? Mais je ne peux que croire mon père. Il ne nous a jamais menti. Et pour nous montrer qu'il a raison, il nous emmène tout de suite à l'un de ces arbres, pour qu'on essaye... Impossible. Et pourtant... Si.

.§.

Ombe ne répondit pas aux provocations de la mercenaire et décida d'entamer tout de suite le poème. Elle parla d'une voix douce et appuyée, sûre d'elle... Elle parla de la Voie des Marchombres. Voie qu'elle n'avait encore qu'effleurée. Elle parla des Mercenaires. De son avis sur eux, par rapport à ce que lui avait dit Frawël. Elle parla de la pluie, de la lune et du soleil. Elle parla de la caresse du vent, du chant des cascades, de la conversation des feuilles. Elle rapporta ses pensées qu'elle avait eues lorsque Jennyssie l'avait attachée à l'arbre, et lorsqu'elles s'étaient longuement observées et défiées du regard. Elle parlait... tout en poésie. Pas forcément avec des rimes. Mais avec l'intonation qu'elle y avait toujours mis, avec la flamme légère qui s'était allumée dans ses yeux verts, avec cette voix qui avait souvent porté les gens lorsqu'elle racontait, cette voix qui les enveloppait tout entier et parfois les emmenait dans un autres monde.

Elle jeta un rapide coup d’œil à la mercenaire, mais au fond d'elle-même elle était tellement angoissée que son "plan" ne réussisse pas qu'elle ne put constater qu'une chose : Jennyssie était toujours de dos. Et cela la rassura un peu. Tout en parlant, elle reculait en direction de l'arbre auquel elle avait était liée, très lentement, le plus discrètement possible. Heureusement pour elle, il ne se trouvait qu'à trois ou quatre mètres de sa position initiale. Enfin arrivé contre le tronc, elle termina son poème.

Elle aurait vraiment voulu connaître la réaction de son ennemie. Mais elle n'en prit pas le risque. Peut-être qu'elle était idiote et lâche de s'enfuir ainsi. Peut-être que finalement, la mercenaire ne lui aurait pas fait de mal. Peut-être que maintenant, à l'instant, elle allait la rattraper pour la découper en morceau et la faire souffrir pour s'être ainsi jouée d'elle. Peut-être. Mais Ombe ne flancha pas. Elle savait qu'une once d'hésitation suffirait à la retarder et à foutre en l'air son plan. Elle s'appuya dos contre l'arbre. Cela faisait une seconde qu'elle avait arrêté de parler. C'était maintenant que Jennyssie allait réagir. Elle ferma les yeux.

Je suis attachée contre un arbre. J'observe celle qui m'a liée à lui, celle qui pourrait me tuer à tout moment. Je sens mon cœur battre dans ma poitrine. Et soudain... mes pensées se figent. J'écoute l'arbre. Sa respiration. Je l'écoute, et je l'entends. Je la comprends. Un arbre passeur.

.§.

Et voilà, mon père m'a montré l'arbre. Il faut d'abord poser sa main contre le tronc, puis fermer les yeux, et calquer sa respiration sur la sienne. Enfin, on fait un pas en avant. C'est super !

.§.

Un arbre passeur. Voilà comment je peux m'enfuir ! Finalement, j'ai de la chance. La jeune femme aux cheveux blonds et à la peau sombre m'a attachée, par pur hasard, à un arbre passeur ! Mais voilà que la mercenaire me parle enfin. Je préfère alors lui prouver que je peux me dépêtrer seule de cet amoncellement de branches et de lianes, et ensuite je partirais.


Ombe ferma les yeux. Calqua sa respiration contre celle de l'arbre. "Pourvu que ça marche, pourvu que ça marche..." Elle disparut.

Elle était à l'intérieur de l'arbre. Des millions de chemins s'offraient à elle, comme autant de possibilités de fuite. Par chance, elle en trouva rapidement un près de l'Académie, dans les bois voisins de celle-ci. Elle avança encore d'un pas, et le temps de penser qu’elle devrait retrouver Fëanor s'il n'était pas retourné seul à l’École des Marchombres, elle sortit de l'arbre. Ou plutôt d'un autre arbre. Il ne lui restait plus qu'à se repérer grâce aux étoiles, à la lune et à la mousse sur les arbres pour rejoindre l'Académie, puis son dortoir... Elle savait que son élan rouge ne risquait rien, il pouvait se défendre ou fuir auprès des bêtes sauvages. Elle le retrouverait donc le lendemain... Elle eut une dernière pensée pour Jennyssie, puis se mit en marche.



[Je te laisse boucler le rp, si tu es d'accord ^^ Désolée, ma fuite était peut-être un peu trop facile... Mais ça fait longtemps que j'ai l'idée de l'arbre passeur, et je n'en ai pas vraiment d'autres ^^']

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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Ven 26 Aoû 2011, 23:26

Surprise.
Incompréhension.

Comment avait-elle pu fuir si rapidement ? Comment avait-elle pu l'abandonner à son triste sort, la laisser seule, devant ce foutu lac ? Jennyssie couru vers l'arbre et le frappa de son poing, de toutes ses forces. Elle voulu hurler qu'elle était lache, mais c'est alors qu'elle capta les pulsions de l'arbres. Un coeur battait, quelque part, à l'intérieur. Une vieille légende lui revint en mémoire et elle hoqueta de stupeur.

"Une légende marchombre raconte que certains arbres permettent de se déplaçer d'un endroit à un autre".

Des mots prononçés par son père, mais pas pour elle, pour Liro. Avait-il découvert cette réalité, ou n'en avait-il jamais eu l'occasion ?

Stupeur.
Joie.

La joie d'apprendre que quelque chose de merveilleux et de magique s'est imposé à nous avant que l'on meurt. Car cela veut bien dire qu'il y a encore tant de choses à apprendre ici bas. Non ?

Tentation.

Par réflexe, elle calqua sa respiration sur les pulsations folles de l'arbre. Elle ne fit jamais ce pas en avant. Elle n'en eu jamais l'intention. Elle respecta la lacheté de l'apprentie et se détourna de la forêt.

Elle fit quelques pas en avant, observa l'eau, un sourire sur les lèvres. Plongea. Elle apprécia la douceur et la fraicheur de l'endroit. Même la clarté de l'eau l'enchantait. Elle oublia jusqu'à ce qu'il venait de se passer, profitant juste de l'instant présent et de la chance qu'elle avait de vivre et d'être heureuse, malgré tous les faux bon que lui faisait la vie...

Bonheur.


[Voilà, cour, mais j'avais pas envie de faire trop long et trop compliqué Smile Merci d'avoir rp avec moi Very Happy]
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MessageSujet: Re: La flamme te noiera [PV Ombe Saël]   Sam 27 Aoû 2011, 19:32

[Merci beaucoup aussi !! =D C'est le premier rp que je termine vraiment ! ^^ Juste une petite chose, les arbres passeurs, ce n'est pas un truc de marchombre, mais de Petit... Wink ]
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La flamme te noiera [PV Ombe Saël]
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