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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 In Extremis [PV Erwan]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: In Extremis [PV Erwan]   Ven 08 Avr 2011, 22:39

Mal.
Elle avait mal. Tellement mal que des larmes silencieuses roulaient sur ses joues, traçant un sillon brillant à travers le sang et la poussière qui maculaient son visage. Repliant une jambe, elle roula sur le côté pour tenter de se redresser mais une douleur fulgurante vrilla son dos et elle s’immobilisa sur son bras et sa hanche gauche, le souffle coupé.

Il fallait pourtant qu’elle bouge.
Il le fallait.
Pour Nuance…
Allongée à quelques pas d’elle, seulement, la jument ne bougeait presque plus. Seul son flanc se soulevait faiblement, preuve qu’elle tenait encore bon, qu’elle s’accrochait à ce petit souffle de vie…
Syndrell aussi devait tenir.

Bandant ses muscles, elle serra les dents et bascula sur le ventre.
Puis elle commença à ramper vers sa jument.
Laissant une traînée de sang sur l’herbe verte.




* * * * * * *



Vingt-quatre heures plus tôt

Il faisait nuit noir lorsque Syndrell se jucha sur Nuance. Les sabots de cette dernière résonnèrent dans la ruelle tandis qu’elles remontaient vers la porte ouest d’Al-Chen. Bruit feutré qui ne réveilla pas la cité endormie ni ne troubla vraiment le silence de la nuit. Alors qu’elles franchissaient la porte, Syndrell souffla doucement et remonta la fermeture éclair de sa combinaison jusqu’à son menton. Il avait fait très chaud dans l’après-midi, la température s’étant davantage rapprochée de celle d’une journée d’été mais depuis le coucher du soleil, elle avait considérablement baissé, comme pour rappeler que le printemps venait tout juste de s’installer…

La nuit les enveloppa dans sa brume ténébreuse, mais Syndrell n’était pas gênée. Elle avait eut son lot de sommeil, n’était pas fatiguée et de plus, elle aimait la nuit plus que le jour. Comme la visibilité était réduite, elle ouvrait largement ses sens et il lui semblait alors que les fragrances piquantes des arbres étaient plus fortes, celles des fleurs plus odorantes ; chaque son lui parvenait avec précision et parfois, elle avait même la fugace sensation que l’encre de la nuit était palpable.

Elle chevaucha jusqu’à l’aube, ne s’accordant une halte que lorsque les premiers rayons du soleil caressèrent l’horizon. Tout en mordant dans une pomme – que Nuance ne quittait pas des yeux ; si un cheval pouvait se lécher les babines, elle le ferait certainement – Syndrell repensa à ces quelques jours passés avec Ciel. Un sourire se dessina sur ses lèvres au souvenir du fou rire qui l’avait secouée lorsqu’il lui avait demandé si elle n’était pas enceinte.


* Sacré Prof… tu n’en rates décidément pas une !*

Heureusement non. Consciemment ou inconsciemment, le Dessinateur avait toujours cet étonnant pouvoir de la faire rire, quelle que soit son humeur. Elle ne regrettait pas d’avoir fait un crochet par Al-Chen. Mais, une heure après le coucher du soleil, elle l’avait quitté pour reprendre sa route vers le sud-ouest de l’Empire. Vers le Désert des Murmures. Vers Owen ?

Sentant le trouble revenir à la charge en elle, brume épaisse et froide, Syndrell frissonna, puis se secoua et se remit en selle, non sans avoir cédé la moitié de sa pomme à Nuance. Un peu avant midi, elle croisa n peu avant midi, elle croisa un vieux paysan sur son âne, qui revenait des champs. Elle échangea quelques paroles avec lui, câlina sa monture dont la bouille était tellement craquante qu’elle l’aurait volontiers gardée avec elle, au grand damne de Nuance qui, un brin jalouse, n’arrêtait pas d’avancer d’un pas pour faire comprendre à sa cavalière qu’il était temps d’y aller.

Syndrell fit une nouvelle halte, près d’un petit ruisseau cette fois, déjeuna et s’accorda une heure de repos, laissant Nuance brouter tout son content près d’elle. A son réveil, elle décida de poursuivre son périple à pied ; tenant Nuance par les rênes, elle marchait devant la petite jument et chantonnait doucement un air qu’elle avait appris de Lipilip, son ami Petit. Un doute sur un couplet lui creusa la tête presque toute l’après-midi, jusqu’à ce qu’agacée, elle décide de ne plus y penser. Soit les paroles lui reviendraient, soit il lui faudrait demander de l’aide à Miss ; son ancien maître devait bien connaître cette chanson, elle qui avait vécu si longtemps dans la Forêt Maison…

Encore une halte, à l’orée d’un bois, lui permit de dormir à nouveau. Cette nuit encore, elle voyagerait ; il faisait bon, et puis elle avait encore sur elle de quoi manger sans avoir à allumer de feu. Trop heureuse de repartir à l’aventure, Nuance ne rechigna pas et la nuit les avala de nouveau tandis qu’elles pénétraient dans le bois pour le traverser. Syndrell marchait encore. Besoin de se dégourdir les jambes, et puis elle aimait entre la forêt craquer sous ses pas de loup. Comme d’habitude, elle faisait la conversation à Nuance lorsqu’un infime bruissement, souffle léger rapporté par le vent, la fit s’arrêter net sur le sentier tortueux qu’elles avaient emprunté.

L’instant d’après, Nuance faisait un brusque écart en hennissant bruyamment, l’arrière-train percé d’une flèche. Lâchant ses rênes, Syndrell roula au sol, évitant un autre trait qui frôla le sommet de son crâne, et se releva vivement, bras tendus de chaque côté d’elle. Deux, puis quatre poignards lancés à pleine vitesse frappèrent leur cible à l’endroit choisi – la gorge des silhouettes qui se détachaient dans les ombres de la nuit. Plongeant à nouveau à terre pour esquiver une nouvelle salve de flèches, la marchombre repéra les deux archers qui décochaient leurs traits à une vitesse folle. Une seconde pour viser, moins encore pour tirer.
Ils s’effacèrent, évitant les lames avec aisance, puis se replacèrent, arcs bandés.

Syndrell lâcha un grognement de dépit et s’accroupit, adoptant une garde de combat soignée et efficace, tandis que les silhouettes se rapprochaient d’elle jusqu’à l’encercler. Leurs visage étaient dissimulés par un tissus noué sur le crâne, aussi noir que ne l’étaient leurs vêtement, et cette fois la jeune femme jura. Des espions. Comment avaient-ils…


- Bonsoir, petite garce.

A ces mots, elle se raidit. Cette voix… Non, c’était impossible. Une silhouette se détacha, avançant doucement vers Syndrell, qui se sentit pâlir lorsqu’à la faveur de la lune les traits de la femme lui apparurent plus nets.

- Toi…

- Je savais que tu ne m’avais pas oubliée. Dis-moi, comment va ce cher Dessinateur ?

Syndrell ferma les paupières, dans un dernier espoir de faire disparaître l’évidence, mais même ainsi elle savait qu’il n’y avait aucune illusion. Des images dansaient dans son esprit, en désordre, montrant une femme au regard fou perché sur un toit et visant Ciel de son poignard… La famille de son ami, menacée par l’ancienne espionne qui n’en voulait pas à eux mais à elle, Syndrell Ellasian, la « petite chienne de Leif ». Celle qui avait eu le culot de la doubler puis d’éliminer l’amant. Œil pour œil, dent pour dent : l’espionne avait eu sa vengeance en tuant Leif sous ses yeux, puis en s’en prenant à Ciel et à la famille de ce dernier. Mais il fallait croire que cela n’était pas suffisant…

- Il espère encore que tu vas essayer de t’en prendre aux siens. Pour pouvoir te planter une lame dans le cœur.

- Ah ! Ne me fais pas rire, ce poltron ne vaut pas un sou. Toi par contre, tu es devenue plus forte, Syndrell. La gamine maigre comme un clou, le toutou au service de Leif a bien changé…

- Je fais de mon mieux.

- …sauf que tu vois, je ne suis pas seule.


Elle avait écarté les bras pour désigner la vingtaine d’hommes qui l’encerclaient. Syndrell plissa les yeux. Trois d’entre eux étaient des mercenaires du Chaos, elle le devinait à leur posture, singulièrement différente de celle des autres espions qui n’avaient pas reçu un enseignement aussi complet. Il fallait commencer par ces trois-là, donc. Les prendre de vitesse. Les surprendre pour s’octroyer quelques précieuses secondes.
Puis fuir.

C’était sa seule chance.


- Non, évidemment. Lâche que tu es, tu as besoin de plus de vingt hommes pour m’assassiner. Bel exploit.

- Tu as peur…

- Pas autant que toi.

- Je le sens dans ta voix. Tu es seule, Syndrell. Comme ton Leif, cette nuit-là.

- Quel est ton nom ?


Surprise. L’espionne se figea un instant, avant de se façonner à la vitesse de l’éclair une expression parfaitement neutre.

- Pourquoi te l’offrirai-je ?

- Je veux savoir qui je vais tuer ce soir.

- Oh ! Dans ce cas, je te le cède volontiers. Ce sera l’unique chose que tu emporteras de moi dans la mort. Je m’appelle Vanora.

- Enchantée !


La troisième syllabe du mot n’avait pas franchit les lèvres de Syndrell que déjà, un mercenaire s’effondrait. Un poignard planté au milieu du front.
Trois secondes de surprise, trois secondes volées au temps.
La marchombre aux cheveux bleus bondit.
Non.
S’envola.




* * * * * * *



- Nuance…

Le bout de ses doigts parvenait tout juste à frôler la crinière rouge de sang de la jument. Encore un petit effort… un dernier… Grondant sous la douleur, Syndrell parvint à se glisser près du flanc charcuté de sa compagne. Celle-ci dû la sentir approcher, car elle remua faiblement avant de s’immobiliser à nouveau.

- Arrête… de bouger.

Un ordre murmuré, une prière suffocante…
Syndrell caressa la belle encolure, toute poisseuse de la vie qui s’échappait d’elle par les trop nombreuses blessures qu’elle avait reçue. Déjà l’œil de Nuance se voilait, comme si elle était triste, comme si elle pleurait. Mais les larmes ne coulaient que des yeux de Syndrell, qui embrassa sa jument, ignorant le sang.
Tellement de sang.


- Oh, Nuance… Je suis désolée…

L’animal bougea encore, comme pour la contredire, et un filet sombre coula de ses naseaux dilatés. Nuance s’étouffait. Nuance souffrait. Nuance mourrait…

- Ne me laisse pas… Je t’en prie, ma belle, ne m’abandonne pas. J’ai… j’ai besoin de toi.

Souffle ténu qui devient cri.

- J’ai besoin de toi !

Mais Nuance s’en allait…Et elle avait besoin de son aide.
Une dernière fois.

Syndrell gémit pour se déplacer encore, de façon à pouvoir enlacer l’encolure de sa jument. Sa bouche tout contre son oreille, murmura pour elle trois petits mots qui se nichèrent dans le cœur de Nuance, là où personne ne pourrait venir les prendre.
Et les lames jaillirent de ses bras.
Et les larmes jaillirent de ses yeux.
Et Nuance ne bougea plus du tout.

Lorsque Syndrell reprit plus ou moins conscience, elle était toujours à moitié couchée sur le corps sans vie de Nuance. Il lui semblait qu’il faisait toujours nuit, mais elle n’en était pas sûre parce qu’un voile troublait sa vision. Elle avait la tête vide et tellement lourde… Sans réfléchir, elle remua, se dégagea de la chair dévastée de la jument, glissa à nouveau sur l’herbe souillée, rampa au milieu des corps éparpillés. Son dos la lançait. Blessé. Sa jambe droite ne répondait presque plus à ses sollicitations. Blessée. Son épaule du même côté lui tirait un gémissement à chaque mouvement. Déboitée. Une flèche s’était logée juste en-dessous du coude ; elle n’avait pas réussi à l’ôter. Trop mal.
Trop mal.

Elle s’écroula au milieu de la petite clairière, replongeant dans le dangereux confort du sommeil, alors que ses toutes dernières forces menaçaient de l’abandonner.
Pour de bon, cette fois.


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Sam 09 Avr 2011, 16:30

Un bond. Les griffes se plantèrent dans l'écorce d'une large branche, dérapèrent un instant, avant de s'y ficher plus profondément. L'animal se hissa sur la branche, s'équilibrant de son corps souple et de sa queue tendue vers le bas, dans un joli arc de cercle. Un ronronnement s'éleva du félin, qui se lécha les babines un instant, avant de se plaquer tout contre la branche en question, se rendant parfaitement invisible dans les trous de lumière de la forêt. Bientôt, son ronronnement se tut lui aussi. Les fentes de ses pupilles étaient fixées sur un arbre, à quelques mètres de là. Le pied d'un arbre, plus précisément. Il y avait là quelque chose qui l'intéressait particulièrement : il avait faim.

Se ramassant doucement, rétractant et ouvrant ses griffes plusieurs fois sur l'écorce, il avait toute son attention braquée sur la vie qui bougeait, en bas.

Siffleur.

Un léger ronronnement sortit encore une fois de sa gorge, il ramena sa puissante arrière-main sous lui, continuait à le fixer sans ciller un instant. Il tendit lentement chacun de ses muscles, prêt à bondir sur sa proie dès qu'elle serait à portée de crocs et de griffes. Immobile, patient, l'animal attendait.

Un bruit attira l'attention du siffleur, et le jaguar, son attention braquée sur l'animal, n'y prêta pas attention. Des buissons crissèrent, bougèrent, et l'ongulé poussa un petit cri avant de repartir dans l'autre sens, à toutes jambes. Un grognement chargé de menaces monta de la gorge du jaguar, qui voulut bondir. Ne le fit pas.

C'était des hommes, qui passaient.
Des Humains. Hommes et femmes.

Le grognement jaillit de sa gueule, un feulement agressif le suivant directement. Une tête se releva, inquiète, mais ne parvint pas à distinguer d'où était provenu cette menace animale, et elle accéléra son pas pour rejoindre les autres. Oreilles plaquées contre le crâne en signe d'agacement, le jaguar se redressa doucement, avant de se laisser glisser en bas de l'arbre, rayant l'écorce de ses griffes.

Ces Humains avaient une attitude typiquement agressive. Une attitude de chasse en groupe. Comme les loups. A cette pensée, le félin feula un instant, avant de décider de suivre la piste. Peut-être qu'ils trouveraient de quoi manger, et quelque chose de bon, et de gros ! Sans un bruit, partie intégrante de la forêt, aussi furtif qu'une ombre, il s'élança donc sur la piste de ces bonshommes étranges.

Trois se mouvaient avec souplesse et efficacité, ne faisant presque pas de bruit dans la jungle. Les autres étaient bien plus malhabiles, mais tous dégageaient une confiance en eux vraiment surprenante pour l'animal. Il éternua un instant, avant que ses larges pattes ne se reposassent l'une devant l'autre et le fissent avancer à une bonne vitesse, tant un petit trot qu'il était capable de tenir de longues heures.

Il ne se pressait pas, sachant qu'il pouvait les rattraper rapidement.
Soudain, un cri, plus loin, attira son attention, et le jaguar s'immobilisa immédiatement, l'attention braquée droit devant lui. Immobile, une patte en l'air, il hésita un instant. Jaugea les risques qu'il prenait. Détermina qu'il pourrait tout à fait rester invisible, et donc intouchable. Il reprit son trot, bien plus rapidement.

Passant sous un ultime buisson, l'odeur forte du sang se fit d'une puissance étourdissante. Il y avait donc bien à manger. Le regard de l'animal se posa sur les dizaines de cadavres qui gisaient sur le sol, et il s'ébroua. Tous morts. Même le cheval. Et le cheval en question avait l'air très appétissant.

Le jaguar ronronna durement, et s'avança d'un petit trot tranquille.
S'immobilisa à nouveau.
Les oreilles tendues vers cette silhouette. Les pupilles braquées sur le mouvement qu'elles avaient détecté.
Il y avait une survivante. Il éternua, grogna sourdement.

C'était son repas !

Se rendant cependant bien vite compte que la présence ne recelait absolument aucune menace, il s'avança encore un peu. Sa mémoire olfactive fit le reste. Il connaissait cette odeur. L'odeur de la fille qui était encore vivante. Changeant immédiatement de cible, il s'approcha d'elle. Il la connaissait. Elle avait été là à un moment très important.

Quel moment ?
La naissance de son petit.
C'était important.

Posant son nez froid et humide contre la joue, il posa son énorme patte sur une taille tournée sur le côté.
Donnant un petit coup de museau, il gémit doucement. Ronronna d'angoisse.

Son dos était maculé de sang, et l'animal ne put s'empêcher cependant de lécher ce sang qui l'appelait. Le sang de la fille. La fille, blessée. Sans plus tenter de raisonner, il lécha la plaie, de sa langue râpeuse. Comme il l'aurait fait sur ses propres blessures.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Sam 09 Avr 2011, 23:08

Il y a de la lumière, une lumière vive, même à travers les paupières. Celles-ci frémissent, papillonnent, puis s’ouvrent doucement. Se referment aussitôt.

- Non, c’est pas vrai…

- Oooh si. Si, si si. Tu t’es encore fait salement amochée, et comme d’habitude, tu as fait ça bien.


- Est-ce que je suis… ?

- Non. Tu es en pièces détachées, mais tu es en vie. Pour l’instant.


Un soupir.
Syndrell se résigne à rouvrir les yeux. Elle est allongée sur l’herbe, comme la dernière fois. Et comme la dernière fois, il est près d’elle, assis en tailleur et adossé un à énorme chêne. Croisant son regard, le vieux souffleur de verre hoche doucement la tête. A travers les volutes de fumée qui s’entortillent du bout de sa pipe dont il tire quelques bouffées rapides, elle voit ses yeux de cristal se plisser légèrement, traversés par une étincelle amusée.


- Je ne trouve vraiment pas ça drôle.

- Oh ! Moins non plus. Ce qui t’arrive est plutôt dramatique. Mais j’aime les expressions qui se dessinent sur ton visage lorsque tu te réveilles ici.


- Dramatique ? Catastrophique, oui…


Sur ces mots, Syndrell se redresse et se fige de surprise. Aucune douleur dans son dos. Elle fait rouler son épaule, tourne son bras droit dans tous les sens, inspecte sa peau sous toutes les coutures et tous les angles… Aucun bobo. Rien, pas une égratignure, ni même une cicatrice ancienne, comme celle qui court sur son coude gauche, vestige d’un exercice de lutte avec Miss.

- Tu oublies toujours qu’ici, le sang ne peut pas couler.

- Je ne m’y habituerais jamais… D’ailleurs, c’est où « ici » ?


- Alors ça, gamine, c’est une bonne question.

- Tu n’en sais rien ?!


- Comment veux-tu que je le sache ?


Syndrell se contente de fixer le vieil homme avec des yeux ronds. Puis elle hausse les épaules. Après tout, peu lui importe de savoir où elle se trouve, puisqu’en réalité, est en train de se vider de son sang dans un bois, à l’est d’Al-Chen. Ce qui est autrement plus préoccupant…

Du sang.
La jeune femme fronce les sourcils, tentant de rassembler les morceaux. Non pas de son corps, mais de ses souvenirs, dont les éclats gisent un peu partout dans sa mémoire. Un vrai bazar, qu’il est difficile de ranger lorsque l’on ignore par où commencer. C’était comme un puzzle dont il fallait réunir les pièces pour former une image.


- Essaie de te souvenir. Que vois-tu ?

- Il y a… Il y a beaucoup de sang. Le mien. Ceux des gens qui m’ont attaquée.


- Ah, ça, on ne peut pas dire que tu as fait dans la délicatesse.

- Ils sont morts ?


- Pas tous.


Syndrell frémit. Il y a autre chose, mais c’est plus diffus ; il ne s’agit non pas d’une image. C’est une sensation. Un sentiment profond. Puissant.

- Il y a de la tristesse. Je crois que je suis triste…

Contre son arbre, le vieux montagnard cligne doucement des yeux, et sa voix s’emplit d’une rare tendresse.

- Oui, gamine. Tu es triste.

- J’ai été obligée de faire quelque chose d’horrible, et puis…


- Et puis ?


Elle lève son regard d’or sur lui.

- Et puis rien. Du noir. Juste du noir. Et puis du blanc. Et puis je me suis retrouvée ici.

- Mmh.


- Quoi, mmh ?

- C’est étrange… J’entends quelque chose, moi. Tu n’entends rien ?


- Je…

- Ecoute. Non, bougre d’âne, pas avec tes oreilles ! Ce bruit-là, c’est avec ton cœur que tu l’entendras.


Entendre avec son cœur. Ben voyons ! Dans un soupir las, Syndrell ferme néanmoins les yeux, persuadée que malgré un sérieux petit grain de folie, son vieil ami a quand même toujours toute tête. Alors elle écoute. D’abord avec ses oreilles, puisqu’elle ignore comment faire autrement, mais tout ce qu’elle perçoit, c’est le son que produit la pipe du souffleur de verre lorsqu’il la fume.

- Le cœur, gamine, le cœur…

Oui, oui, le cœur.
Mais comment fait-on pour écouter avec le cœur ? Syndrell retient sa respiration. Immobile, elle se focalise sur les battement de son palpitant.


Bou-boum.
Bou-boum.
Bou-boum.

RrrrRrrrrRrrrrrr…


Ça ronronne, un cœur ?
Syndrell ouvre les yeux.
Et hoquette de douleur.






* * * * * * *






Syndrell ouvrit les yeux.
Et hoqueta de douleur.
La souffrance venait d’affluer en masse, impressionnante vague qui irradia son corps depuis la racine des cheveux jusqu’à la point des orteils. Un feu atroce, qui se répandait en elle comme un odieux poison, fulgurant de justesse et de précision. Le simple fait d’ouvrir les paupières lui déchirait le crâne.

Elle ne voyait rien.
Elle ne voyait rien, parce que du sang avait coulé dans ses yeux. Mais une odeur lui parvint, à peine plus forte que celle du sang – plus douce, plus proche. Boisée, sucrée, féminine.


- Miss ?

Un gémissement à peine articulé, devenu murmure poignant en franchissant ses lèvres desséchées. Mais au lieu de la voix de Miss, ce fut un ronronnement qui lui répondit. Sourd et grave, juste à côté de son oreille gauche. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle n’avait jamais entendu Miss ronronner. Ni même Nuance, qui pourtant si elle le pouvait, ronronnerait certai…

Nuance.
Nuance.
Nuance.


- Nu…

La douleur l’empêcha de prononcer en entier le nom de sa jument. Sa jument, sa Nuance, blessée à mort par les espions qu’avait payés Vanora pour la tuer. Sa Nuance, qu’elle avait dû achever avec les lames de son propres corps…

Chagrin.
Nouvelle vague, plus douloureuse encore, car celle-ci engloutit son âme, froide et tranchante comme si elle n’était composée que de mille lames aiguisées. Bouleversée, elle tenta de remuer sa main droite, abandonna lorsque la douleur menaça de la faire tourner de l’œil. Elle avait envie de vomir. Le feu insidieux parcourait toujours son corps. Sauf…

…sauf sur son ventre. Non, sur sa hanche. Il y avait quelque chose de frais. Ça la touchait par à-coups et étrangement, ça l’apaisait. Puis le frais bougea, remontant sur ses côtes et passant sur son bras. Heurta la flèche toujours fichée dans sa chair, lui arrachant un faible cri.
Syndrell s’évanouit
.





* * * * * * *




- Encore ? Je commence à en avoir assez, moi, de ces va-et-vient incessants !

- Nuance est morte.


- Je sais. Je sais…

- Et moi ?


- Quoi, toi ?

- Je suis en train de mourir, n’est-ce pas ?


- Tu n’es pas au meilleur de ta forme. Mais tu peux encore t’en tirer.

- Comment ?


- En t’accrochant. Accroche-toi, gamine. Tu m’entends ? accroche-toi !





* * * * * * *






Elle sortit de son sommeil-coma en un petit sursaut qui menaça de briser tout son squelette douloureux. S’accrocher. A qui ? A quoi ? Désespérée, elle souleva son bras gauche, celui qui n’était pas trop salement touché. Parvint à le lever. Ses doigts rencontrèrent une fourrure douce et chaude ; elle s’y accrocha. De toutes ses forces.
Comme si s’il s’agissait de sa vie.

Ses paupières papillonnèrent à nouveau. Elle lutta pour garder les yeux ouverts. Pour tenir bon. Le ronronnement se fit plus fort, le frais plus insistant.


Accroche-toi, gamine…


Un filet de sang s'échappa de la commissure de ses lèvres.
Les côtes. D'ici peu, elles allaient percer son poumon droit. D'ici peu, elle allait mourir.
Syndrell resserra les doigts sur la fourrure qui lui caressait doucement le visage.


- Erwan...

Un murmure. Elle ne comprit même pas qu'il s'agissait du sien.
Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle n'allait pas tenir longtemps. Mais qu'elle s'accrocherait, quoi qu'il advienne. Elle s'accrochait. Le vieux souffleur de verre y tenait...
Et elle lui devait bien ça.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Dim 10 Avr 2011, 21:15

Le jaguar grogna sourdement lorsque la fille leva une main et agrippa sa fourrure. Elle n'était pas bien puissance, cette poigne, mais assez pour le déranger. Et puis d'abord, elle faisait quoi ? Bougeant l'épaule pour que ça le lâchât, il feula doucement, sentant que pourtant il n'avait pas à le faire. Il n'avait pas besoin d'agressivité. Cette fille n'était pas une ennemie.

Un petit mouvement du museau, de la tête, pour relever la tête de la fille, qui venait de retomber sur le côté, comme complètement dénuée de force. Le jaguar ronronna plus puissamment, l'angoisse prenant désormais le dessus sur toute autre chose.

Il avait envie de partir.
Il n'avait rien à faire ici.
Il ne savait pas à quoi cela servait.
Et il avait faim.

Reculant de deux petits pas pour se dégager du poing refermé sur sa fourrure, il grogna lorsqu'il ne le relâcha pas alors qu'il tirait dessus.

Il feula, méchamment, cette fois-ci, repoussa la tête de la fille de la sienne. Grogna, faisant vibrer sa propre peau devant la profondeur de ce grognement venu de ses entrailles. Il voulait partir. Ne pas rester ici. Il ne servait à rien. N'avait pas envie d'être utile. Juste repartir, pour chasser, et manger.

Ça parla.
Ça gémit, plutôt.
Ça prononça deux syllabes.

Deux syllabes.

Les oreilles de l'animal se dressèrent pour se tendre vers la source de ce son. Quelque chose raisonna en lui, et il feula doucement. Gémit faiblement.

Une slave d'émotions le submergea un instant, et il ne le comprit pas. Des sentiments. C'était quoi ça ? Il trembla quelques secondes, avant de se fixer dans le sol, enfonçant profondément ses larges pattes dans l'herbe. Quelque chose...

Quelque chose...
Quelqu'un...

Il frémit. Plus fort. Frissonna. Puissamment.

Se dégageant d'un bond en arrière, il fixa la silhouette allongée un instant. Son regard passa sur la scène entière. La jument, allongée sur le flan, morte. Les mercenaires, espions, étendus sur le sol, morts.

Elle a besoin de nous.

Le jaguar frissonne. Quelque chose de tout nouveau vient de se produire. Il n'est pas sûr de comprendre. Il n'est pas sûr de vouloir comprendre.

Aidons-là.

Il éternue, s'assoit tranquillement. N'est plus angoissé. Juste curieux. L'Homme ne s'impose pas. L'Homme propose quelque chose. Quelque chose qui l'arrange.

Maintenant !

Se jaguar se relève, s'ébroue un instant, avant de respirer doucement.
Soudain, sa silhouette se brouille, et celle d'un homme prend sa place.

Erwan fronce les sourcils, soupire doucement.
Quelle expérience étonnante ! Il était là, avec le jaguar, voyait tout d'une manière tellement détachée, tellement éloignée, qu'il n'avait pas réussi à comprendre l'enjeu direct lorsqu'il avait compris qu'il s'agissait de Syndrell. Et grâce à Miss, il avait trouvé une nouvelle manière de s'adresser au jaguar. Ce n'était pas le langage humain, ce n'était pas non plus le langage animal. Un langage unique, d'émotions et de sentiments, que le jaguar comprenait facilement, même si ce n'était pas naturel pour lui. Ce n'était pas naturel pour Erwan non plus..

Le Marchombre se précipite en avant, tâte les plaies de la jeune femme. Une sale blessure à l'épaule, la flèche est restée plantée dans son coude, et une hémorragie et est train de la vider de son sang. Les blessures dans son dos et sur sa jambe étaient profondes, mais pouvaient être facilement pansées.

Sauf qu'il n'avait absolument rien sur lui.
Il poussa un soupir de contrariété. Décida de commencer par la flèche : elle pouvait entraîner tout à fait une infection qu'il serait encore plus compliqué de soigner qu'un simple trou dans la chair. Venant s'asseoir à côté de la jeune femme, le Marchombre, posa sa main, fraiche, sur son visage.


- Accroche-toi.

Il serra les dents, prêt à encaisser un cri immense au milieu de cette petite forêt. Cela allait lui faire très mal, sans doute reperdrait-elle connaissance. Mais avant cela, Erwan tenta de se remémorer le trajet qu'il avait fait dans la peau du jaguar. Les souvenirs restaient flous, mais il se souvint d'avoir croisé une essence qui pouvait anesthésier localement la peau.

Un murmure.


- J'arrive.

Se redressant vivement, il revint sur ses pas, évitant sciemment de poser son regard sur le carnage qu'avait fait la jeune femme. Elle avait réussi à se débrouiller contre autant de personnes, c'était vraiment impressionnant, et ce n'était pas l'état dans lequel elle était qui diminuait l'estime qu'Erwan avait pour cet exploit.

Trouvant rapidement ce qu'il cherchait, il poussa un petit soupir, avant de revenir au pas de course vers la jeune femme toujours étendue. Elle ne pouvait pas bouger, c'était évident. Au passage, il attrapa la tunique d'un homme étendu, ainsi que sa ceinture. S'asseyant sur ses talons à côté de Syndrell, il posa sa main doucement sur son bras, et sa seconde plus fermement sur son épaule.

Inspira.
L'articulation craqua entre ses doigts, revenant à sa position naturelle.
Expira.

Il frémit au cri que Syndrell venait de pousser. Il ne voulait pas faire durer ces instants de souffrance. Il devait agir maintenant. Saisissant la plante précautionneusement par la tige, il frotta ses feuilles contre le coude de Syndrell, faisant le tour de ce dernier pour anesthésier le plus de volume possible. Il attendit qu'elle ne bougeât plus du tout, ferma lentement ses doigts autour de la flèche. La pointe d'acier était simple, et les derniers scrupules du Marchombres s'envolèrent : si la pointe avait été recourbée, il aurait fallu qu'il ouvrît, pour ne pas déchiqueter les chairs. Ce n'était pas le cas.

Prenant la ceinture qu'il avait récupérée, il la serra autant qu'il le put sur le haut du bras de la Marchombre, passa un bout de tunique à peu près propre sous son coude.

Il serra les dents.
D'un coup sec, tira sur l'empennage. Une gerbe de sang vint tâcher son torse, mais il n'y prêta pas attention, portant immédiatement la tunique sur la blessure, serrant fort ce bandage improvisé.

Se redressant, il porta son regard autour de lui.
Ferma les yeux. Étendit ses sens.

Une rivière.
Se baissant, il attrapa Syndrell comme il le pouvait pour ne pas appuyer sur son épaule précédemment déboitée et sur son bras, la portant au dessus de sa blessure dans le dos et au niveau des genoux.

Avança.
Il fallait qu'il arrivât à l'eau.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Dim 10 Avr 2011, 22:34

Syndrell avait l’impression de clignoter.
Oui, elle clignotait. Conscience, inconscience. Conscience, inconscience. Du coup, elle mit un certain temps à comprendre que la langue râpeuse de celui qui ronronnait à son oreille avait été remplacée par une main fraîche, caresse infiniment délicate sur son front et ses joues maculés de sueur et de sang. Elle n’aurait su dire si elle appréciait, puisque même la douleur s’éloignait. Elle clignotait, elle allait bientôt s’éteindre.
Définitivement.


...Accroche-toi...

Mentalement, la jeune femme fronça les sourcils. Ce n’était pas son vieil ami qui avait prononcé ses paroles, lesquelles lui arrivaient de très, très loin, comme si la personne – une personne bien plus jeune que le souffleur de verre – les avait prononcées depuis l’autre extrémité d’un immense tunnel. C’était un son vague, étouffé, mais qui lui donna la force de rester éveillée plus longtemps qu’auparavant. Elle cherchait à reconnaître cette personne, qui tournait autour d’elle comme un félin, qui ne ronronnait pourtant plus mais dont l’odeur, la présence et la voix lui étaient familières…

Des images tourbillonnaient dans sa tête, comme si tous les tiroirs de ses souvenirs s’étaient ouverts pour laisser s’envoler ses pensées dans une tornade folle. Parfois, elle en saisissait une au vol, la regardait comme on regard une photo, la jetait. En prenait une autre.

Il y avait un arbre. Une silhouette, celle d’une femme aux yeux violets. Et près d’elle, un chat. Un très, très gros chat. La photo s’envola… Photo suivante. Cette fois c’était un homme, il faisait face à un cheval, une jument qui semblait rétive, méfiante. Elle avait peur. De lui ? Pourtant, sur cette image, Syndrell n’a pas peur, au contraire elle sourit et discute comme s’ils étaient tous deux de vieux amis. De vieux amis ? Hop. Photo suivante. Syndrell bondit vers Miss – c’est elle, allongée contre le tronc de l’arbre – et les lames jaillissent de ses bras, mais soudain…

La douleur fusa, tellement vive, tellement puissante que le cri de Syndrell resta muet, incapable de franchir ses lèvres. Aussitôt les mains quittèrent son épaule pour descendre vers son bras. Non… non, pas le bras. Il ne fallait pas toucher au bras. Pas toucher au… A quoi pensait-elle, avant l’horrible craquement de son épaule ? Inconscience. Conscience. Inconscience. Conscience. On retrouve la photo, on la regarde avec plus d’attention…

Miss.
Le jaguar près de Miss.
Erwan près de Miss.
Le jaguar et Erwan.
Non.

Le jaguar est Erwan.

La flèche s’échappa de son bras à l’instant même où cette pensée traversait l’esprit de Syndrell pour devenir certitude profonde, compréhension d’un absurde, d’un impossible qui ne laissait pourtant aucun doute. Sous la douleur, son corps s’arqua brutalement et retomba sur l’herbe humide de sang. Quelque chose de brisa en elle, lui coupant le souffle et lui broyant la gorge. Son hurlement s’étrangla, elle toussa, s’étouffa, cracha du sang. Aussitôt une main glissa dans son dos, évitant la blessure pour la redresser et libérer ses poumons, lui permettant de respirer.

Puis elle eut l’impression de flotter.
C’était… étrange. Pas douloureux – la douleur avait tellement creusé son trou qu’elle y était désormais insensible – mais pas agréable non plus. Ses tripes s’amusaient à faire des nœuds dans son ventre, et d’ailleurs, si elle avait pu respirer normalement, elle aurait éclaté de rires. Des tripes qui font des nœuds. Hilarant ! Et puis, dans un instant de lucidité, elle se demanda pourquoi elle pensait à ça. C’était idiot, comme réflexion. Les tripes ne font pas de nœuds. Elle délirait. Et bien, en plus.

Mais sous ses doigts, elle reconnaissait le tissu d’un vêtement, la chaleur d’une peau. Elle n’était vraiment pas seule, alors… Elle délirait peut-être, mais cette présence la rassurait. Elle était là pour elle. Agrippant cette tunique déjà toute poisseuse de sang, elle s’y accrocha désespérément. Comme elle s’était accrochée à la fourrure du jaguar.
Comme elle s’accrochait à la vie.

Ça tournait. Dans sa tête, dehors aussi. Elle continuait de flotter, percevait des bruits confus, continuait de penser à des choses inconcevables. Et à travers son délire, elle entrevit deux yeux bleu cobalt. Mais déjà les méandres brumeux de son esprit enfiévré emportaient sa raison. Conscience…


…Inconscience.


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Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Lun 11 Avr 2011, 14:06

Syndrell ne bougeait qu'à peine dans ses bras.
Non. Elle ne faisait que respirer.

Il avait aperçu son regard d'un or flamboyant, mais vide pourtant, un instant, lorsqu'elle avait ouvert les yeux. Pour retomber dans l'inconscience. La jeune femme n'était pas du tout lourde pour lui, et ses larges bras. Elle ne pesait pas grand chose, même si elle était totalement inerte contre sa poitrine.

Il avançait à pas lent et souples, pour secouer le moins possible la jeune femme dans ses bras. L'observant un instant, il poussa un petit soupir de frustration. Pourrait-il encore faire quelque chose ? Elle respirait. Difficilement, mais elle respirait. Elle reprenait conscience quelques secondes, parfois, et elle pouvait réussir.

Elle pouvait survivre.
Elle devait vivre.

C'est avec cette détermination qu'il poussa une branche de l'épaule, une estafilade se traçant sur sa peau. Il inspira profondément : la rivière était là, enfin. Combien de temps avait-il marché ? Dix minutes ? Vingt minutes ? Erwan soupira de soulagement en arrivant sur la rive douce du cours d'eau.

S'accroupissant avec précaution, il déposa Syndrell sur le côté, pour qu'aucune de ses blessures les plus graves fût compressée. L'observant un instant, il hésita. Balaya ses doutes. Il était là pour l'aider, pour la sauver, et s'il n'intervenait pas, elle risquait de mourir. Prenant une inspiration, il posa ses larges mains sur la tunique de la jeune femme.

Faisant lentement glisser ses lames sous sa paume, il la déchira stratégiquement le tissus pour l'enlever complètement. Il était devenu cartonné par le sang séché, et complètement rougi également. Erwan ôta le tissus poisseux de la peau de Syndrell, tirant un peu plus fort parfois pour l'enlever complètement. Il découpa de la même manière le tissus de sa jambe blessée jusqu'en haut de la cuisse pour pouvoir accéder à la blessure.

Une grimace passa sur son visage.
Elle était vraiment en mauvais état...

Toujours avec calme, son coeur battant à grands coups réguliers dans sa poitrine, il alla chercher des larges feuilles pour les disposer tout au bord de la rivière, et d'y déposer Syndrell. Puis, lentement, il récolta de l'eau dans ses mains, pour la faire glisser sur la peau de Syndrell. D'abord sur la blessure de son dos, lentement. L'eau était très froide, cela nettoierait très bien la plaie. Il frotta légèrement avec une fleur qu'il avait trouvée le long de la berge, et l'eau moussa doucement. Passant une nouvelle coupe entre ses mains d'eau sur la plaie. Elle était propre, et le jeune homme la laissa sécher.

Il s'y prit avec autant de délicatesse pour sa jambe, puis insista un peu plus sur la blessure de son coude. Il rinça aussi le visage de la jeune femme, humidifia ses cheveux pour les rabattre en arrière et les ramener au dessus de sa nuque dans un chignon pour ne pas qu'ils viennent se coller à la plaie de son dos.

Lorsque Syndrell fut propre, il retourna sur le champ de bataille et fouilla plusieurs hommes et femmes, réussissant à trouver des aiguilles et du fil dans leurs tuniques, et même un petit sac de pansage derrière un arbre, sur le bord de la clairière. Revenant vers la Marchombre, il posa ce qu'il avait trouvé à côté d'elle, et se pencha sur cette dernière.

Avec application, il recousit la plaie dans son dos et celle sur sa cuisse, et observa avec attention la blessure de son coude. Il ne pouvait pas la recoudre, un morceau de chair avait été complètement arraché, mais s'était arrêté de saigner. Prenant le nécessaire, il fit une compresse propre et serra fermement le bandage autour du coude.

Une fois qu'il eut terminé, il humidifia encore une fois le visage de la Marchombre.
Puis, se redressant, il se déshabilla pour entrer dans la rivière et se nettoyer lui-même. Se glissant dans le courant de l'eau, il soupira doucement, d'aise, avant de s'immerger dans l'onde claire et fraiche. Des frissons passèrent sur sa peau, et il sortit de l'eau après quelques minutes en son sein.

Se séchant avec le morceau de sa tunique non imbibé de sang, il enfila son pantalon rapidement, et resta torse nu. Posant son regard sur Syndrell, il sourit. Sa respiration était plus lente, mais plus profonde, et si elle n'avait pas encore tout à fait repris conscience, elle semblait aller un peu mieux.

Allant chercher des branches d'arbres et sèches, il fit un feu à côté de la jeune femme pour la réchauffer.
Les flammes étaient hautes lorsqu'il s'assit enfin.

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Lun 11 Avr 2011, 17:27

- Dis-donc, il est incroyable.

- Qui est incroyable ?


- Cet homme. Il est en train de te sauver la vie, je te signale.

- Est-il vraiment un homme ?


- Pourquoi cette question, gamine ?

- Des fois, c’est un jaguar. Des fois c’est un humain.


- Mmh.

- Tu m’agaces, avec tes mmh…


- Et toi, tu m’agaces tout court. Réfléchis un peu. Qu’est-il ?

- Je…


- Qu’est-il ?

- Marchombre.


- Tu vois, quand tu veux…




* * * * * * *




Syndrell ouvrit les yeux, réveillée par un bruit léger et cristallin. Il y avait de l’eau, pas loin. Et, plus près, un feu. L’odeur boisée de la flambée lui parvenait – ce n’était pas désagréable mais ça lui piquait la gorge. Elle déglutit et ferma aussitôt les paupières, s’attendant à une réplique cinglante de la part de son corps douloureux…

… les rouvrit, surprise.
Elle n’avait pas mal. Elle était allongée sur un lit de feuilles, il y avait de l’eau et au-dessus de son visage, le ciel. Orangé, marqué par un astre de feu qui se lève – ou bien qui se couche. Lumineux et traversé par quelques nuées d’oiseaux sauvages. Elle parvint à froncer les sourcils. Et lorsqu’elle tourna la tête sur le côté, s’étonnant encore de ne ressentir aucune douleur, elle ne s’attendait pas à voir un homme jeune et vigoureux à la place du vieux souffleur de verre.
Erwan.

Elle le reconnut à ses longs cheveux blancs qui retombaient dans son dos. Il était là, le marchombre incroyable dont son vieil ami avait salué la grandeur, assis de l’autre côté d’une belle flambée qui craquait joyeusement et projetait une étrange lumière dans ses yeux bleus, opérant un jeu d’ombres mystérieux sur les muscles bien dessinés de son torse nu. Il souriait.

Syndrell baissa les yeux sur son bras, soigneusement bandé. Il avait lavé et pansé ses blessures… Elle essaya de bouger sa main, parvint à replier les doigts avant qu’une pointe de douleur, partie de son coude, ne l’arrête dans son élan. Elle frémit. Tourna la tête de l’autre côté, cherchant son bras gauche… Il était là, lui aussi, toujours accroché à son corps, en meilleure forme que son frère. Mais elle ne parvint pas à le lever. Trop lourd. Et elle, trop faible. Elle avait perdu tant de sang…

La nuit tomba d’un seul coup.
En réalité, elle s’était endormie sans s’en rendre compte – c’est la conclusion qu’elle tira, puisque si elle s’était seulement évanouie, elle aurait retrouvé le vieux montagnard. A moins qu’il ne boude, ce qui était tout à fait plausible, mais elle avait l’impression de s’éveiller un drôle de rêve. Elle était toujours aussi épuisée, complètement vidée, même, et balayée par une vague d’émotion : tristesse, reconnaissance, colère.

La tristesse, c’était pour Nuance.
Tristesse frustrée. La petite jument, qui l’écoutait toujours, lui obéissant presque au doigt et à l’œil depuis plus d’un an, n’avait pas tenu compte de ses cris de détresse à son égard. Elle était restée, attendant que sa cavalière saute sur son dos, pour l’emporter loin de tout ce chaos…

La colère, c’était envers elle.
Parce qu’elle n’avait pas su voir le coup venir – celui de Vanora, perfide bonne femme qui, en dépit des blessures qu’elle lui avait infligée, s’était enfuie, aidée par le seul mercenaire encore en vie. Elle avait eu l’autre, ainsi qu’une dizaine des sous-fifres de l’espionne, avant de tomber.

Et la reconnaissance…
Son regard glissa vers Erwan. Présence incroyablement réconfortante, il était désormais son ancre, formidable de solidité, qui l’empêchait de sombrer. Il l’avait tirée des griffes de la mort, pour commencer, alors qu’il n’était qu’un jaguar – elle croyait s’en souvenir, si elle ne l’avait pas rêvé. Mais il ne s’était pas arrêté là. Ses blessures étaient lavées et pansées, le campement pour la nuit monté, le feu allumé. Réchauffée par les flammes, la jeune marchombre ne put cependant s’empêcher de frissonner.

Elle était passée si près, cette fois…
Il s’en était fallu d’un cheveu pour que de Syndrell Ellasian, il ne reste qu’un corps sans vie au milieu d’un bois isolé. Alors, la colère revint. Si seulement elle en avait terminé avec Vanora, cette nuit-là, sur un toit d’Al-Chen… Si seulement elle avait été plus attentive, mieux préparée… Une perle de larme roula sur sa joue, silencieuse et fraîche sur son visage brûlant.

Bientôt, la fièvre fut la plus forte, et elle se remit à délirer. Elle comprit, dans un moment de lucidité éclair, qu’elle n’était toujours pas tirée d’affaire. Non. Son corps était devenu un véritable brasier mais à l’intérieur, tout était froid comme la glace et elle grelottait, ses dents s’entrechoquant tandis qu’elle gardait le regard rivé sur les flammes dans l’espoir qu’elles allaient finir par la réchauffer. La douleur revenait à chaque quinte de toux qui la secouait. Elle avait au moins une côte cassée, peut-être deux de fêlées. Seul point positif : elle ne crachait plus de sang.

Et Erwan était toujours là.
C’est pour lui qu’elle s’accrochait, désormais. Pour ce marchombre formidable, comme disait le vieux souffleur de verre. Pour cet homme qui devait s’arracher les cheveux à essayer de la maintenir en vie. Il fallait qu’elle réussisse pour lui. Et pas seulement. Il y avait Miss. Il y avait Yllena. Il y avait Ciel. Ils l’attendaient. Ils l’aimaient. Si elle mourrait, ils ne lui pardonneraient jamais.
Surtout Miss.

Et puis, mourir après s’être aussi bien battue, ce serait bien dommage, n’est-ce pas ?


__________________________________________

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Lun 11 Avr 2011, 21:29

Un corps.
Juste là.

Ses cheveux formaient une auréole au dessus de sa tête, allongée sur le sol, elle semblait dormir paisiblement. Sauf qu'elle ne respirait plus. Sauf que ce corps était vide. Vide de son âme, qui n'était pas vraiment partie, qui n'était pourtant pas vraiment présente non plus.

Un corps.
Tiède.
D'une tiédeur langoureuse.
Celle d'un corps qui ne peut refroidir, et pourtant mort.

Erwan tomba à genoux.

Cria.
De toutes ses forces.
Ne fit plus aucun son.
De toutes ses forces.


**

- Maman, pourquoi tu fais toujours ce qu'il ne faut pas faire ?

Le petit garçon qui se tenait devant sa mère et qui lui avait posé la question avait les yeux posés sur le mur de la Citadelle, que sa mère venait de désescalader, justement.


- Pourquoi ce qu'il ne faut pas faire ?

- Bah parce que personne ne le fait !

- Ce n'est pas parce que quelqu'un décide de ne pas faire quelque chose parce qu'il trouve ça trop dangereux que tout le monde doit faire la même chose... Même si c'est souvent ce qui arrive.


Le petit hoche la tête. Du haut de ses sept ans, il lève le menton pour observer la parois que sa mère vient de monter, puis de redescendre. Il sourit

**

- Pourquoi tu as fait ça ? Tu sais bien que c'est très dangereux !

- Oui, je sais.

- Alors pourquoi l'as-tu fait, dis-moi ?!

- Bah, parce que j'en avais envie, et puis parce que je voulais savoir.

- Savoir quoi ?

- Si ce que disait maman était vrai.


**

- Dis Papa, c'est quoi l'Amour ?

- L'Amour est un sentiment que tu ne ressentiras qu'une fois dans ta vie, Erwan. Une seule fois. Veille à ne pas le perdre...

Et puis, il y a l'amour aussi. Celui que tu donnes au monde entier. Qui est tout aussi précieux. Mais beaucoup moins intense...


**

Erwan soupira doucement. Syndrell s'était mise à trembler plus fort à côté de lui, et il déposa une couverture qu'il était allé récupérer encore sur le champ de bataille. Cette fois-là, il avait même fouillé tous les corps pour trouver tout ce dont il aurait pu avoir besoin. Il avait même trouvé un peu de nourriture. Il avait aussi essayé de faire boire Syndrell, mais cette dernière avait remué faiblement pour résister.

Elle n'était pas inconsciente.
Juste endormie.
Et elle allait déjà mieux.

S'asseyant près du feu, le Marchombre le fixa un instant. Il ne savait pas trop quoi faire d'autre, pour la jeune femme, qui avait tantôt chaud, tantôt froid. Il fallait surtout la préserver du froid, même si la nuit n'était pas si fraîche que cela. Et elle continuait à frisonner...

Le jaguar frémit.


Moi ?

Erwan sursauta. Cligna des paupières.
Un grand sourire passa sur son visage.


D'accord.

C'était si facile, ainsi. Un jeu d'enfant. En un soupir, il était déjà félin, félin qui tourna un instant sur lui-même, avant de s'approcher de la silhouette de la jeune femme allongée et endormie. Qui tremblait. Un ronronnement sourd sortit de ses entrailles, et il souleva un pan de couverture du bout du nez, pour se faufiler sous cette dernière, et se coller contre le corps de la Marchombre.

Il n'avait plus faim.
Et Erwan était là.

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Mar 12 Avr 2011, 15:17

- Bonsoir, petite garce.

- Toi…

- Je savais que tu ne m’avais pas oubliée.

- Quel est ton nom ? Je veux savoir qui je vais tuer ce soir.

- Ce sera l’unique chose de moi que tu emporteras dans la mort. Je m’appelle Vanora.

- Enchantée !


Un premier mercenaire est à terre, deux espions le rejoignent sans avoir eu le temps de comprendre – d’intégrer, même, ce qui est en train de se passer. La fille aux cheveux bleus a bougé, bien trop vite pour qu’elle soit vraiment réelle. Un des assassins jura à voix basse en sortant une étoile de lancer de sa tunique. On ne les a pas prévenus que la cible était pareil à un souffle de vent…

Il lance l’étoile. C’est un lancer franc, aussi puissant que précis, mais qui aboutit seulement dans l’écorce d’un arbre, arrachant au passage quelques cheveux bleus de la tête de la fille. Elle s’est effacée de la trajectoire d’un seul coup pour réapparaître aussitôt. Avec, dans la main, l’étoile qu’elle vient de libérer du tronc. L’assassin ouvre la bouche, mais n’a pas le temps de lâcher une seconde grossièreté ; elle lui reste en travers de la gorge.
Bloquée par le métal de l’arme qui s’est enfoncée dans la chair, sectionnant net la carotide.

Syndrell bondit déjà par-dessus son corps pour atteindre Vanora, mais deux hommes lui bloquent le passage. Mercenaires. Elle danse pour échapper à leurs lames, plus rapide qu’un feu follet. Mais un feu follet pris au piège. Un coup de poing ganté de fer lui arrache lui ouvre la lèvre avec assez de violence pour la projeter à terre. Elle en profite pour balancer ses jambes dans le ventre de son adversaire, fauchant dans l’élan celles de l’homme qui tente de l’achever. Une roulade, elle leur échappe et devient vent à nouveau. Souffle qui se glisse insidieusement derrière les silhouettes sombres ; bourrasque qui laisse une blessure, toujours grave, souvent fatale, avant de disparaître dans les ombres de la nuit.

Les estafilades se succèdent sur son corps de chat. Ils sont trop nombreux, si elle ne leur échappe pas très vite, le piège va se refermer définitivement sur elle, et alors…
Un hennissement.
Une jument alezane bouscule les combattants pour venir à sa rencontre. Elle lève un bras, lui ordonne de tourner les sabots pour fuir le bois…Mais Nuance est têtue. Se cambrant et ruant comme un beau diable, elle se fraye un chemin jusqu’à sa cavalière, qui saute sur son dos et la talonne vivement. Elle tient dans ses mains deux épées courtes récupérées à la hâte de la poigne encore solide de ses adversaires tombés au combat et fauche les corps qui se précipitent sur elles, tentant de les arrêter. Nuance est brave. Blessée, elle parvient à gagner une petite clairière, éclairée chichement par un mince rayon de lune, avant qu’une flèche ne se fiche dans le bras droit de Syndrell. La suivante est pour le flanc de la petite jument. Elle trébuche, emportée par son élan, ne laissant pas le temps à sa cavalière de vider les étriers, écrasant cette dernière sous son poids en lui passant dessus.

La marchombre peine à se dégager de la masse de l’animal, qui s’agite sous le coup de la douleur. Dans un cri de louve enragée, Syndrell finit toutefois par se redresser. Son corps devient l’ultime rempart protégeant Nuance. Dès qu’un homme tente de s’approcher, il est tué. Sans aucune hésitation. L’archer qui l’a touchée au bras s’écroule, la poitrine transpercée par une épée courte lancée avec autant de force que de précision. Panthère sournoise, Vanora tourne lentement autour de la clairière, observant le massacre sans piper mot.

Un mercenaire du Chaos profite de la confusion pour se jeter sur Syndrell. Sa lame vient lécher le dos de la jeune femme, redescend sur sa cuisse, remonte vers son visage. Celles de Syndrell jaillissent de ses bras, traversent le corps de l’homme et ressortent dans son dos. Il meurt avant de toucher terre. Sans un regard pour lui, elle se précipite vers Vanora, gênée par sa blessure à la jambe, handicapée d’un bras, affaiblie par le combat ; mais le regard d’or en fusion qu’elle pose sur l’espionne est vif et éclatant de détermination.
Elle va la tuer.

Elle n’est d’ailleurs plus qu’à quelques pas d’elle lorsqu’une ombre se dresse soudain devant elle. C’est un colosse, une masse énorme de muscles et d’entraînement. Une véritable machine à tuer. Un serviteur du Chaos au service de la panthère, qui sourit lorsque Syndrell est projetée comme un fétu de paille à travers la clairière. Une panthère qui éclate de rire lorsque le sang de la marchombre gicle sur l’herbe humide. Une panthère qui irradie de joie lorsque sa main arrête celle de son tueur, prêt-à-porter le dernier coup.


- Laisse. Si elle survit, elle ne sera déjà plus qu’une ombre boitillante, une infirme…

Elle se penche, saisit Syndrell en col, attirant son visage près du sien.

- Essaie de vivre, petite vermine. Et reviens me voir, avec toute la rage, toute la haine qui peut habiter en toi. Je t’ai vue à l’œuvre, tu étincelles plutôt pas mal. Retrouve-moi, et je te montrerais comment je brille…

Vanora lui crache à la figure, puis la laisse retomber durement sur le sol avant de s’en aller. Le mercenaire porte un dernier coup à la pauvre jument avant de se détourner à son tour. Il se baisse, soulève à un homme sur son épaule et repart.

Syndrell s’accroche à l’herbe pour ramper dans leur direction. Elle les voit disparaître dans la brume ténébreuse, incapable de les rattraper, d’en finir avec eux, avec elle… Rejetant la tête en arrière, elle pousse un hurlement terrible et rauque, brisé par la douleur et le manque de souffle.


- Nuance…

Elle ne rampe plus dans la même direction.
Elle rampe vers son amie, séparée d’elle par quelques corps inertes.
Elle rampe pour échapper à la mort…





* * * * * * *


Le cauchemar la réveilla en sursaut.
Le souffle court, pétrifiée par la peur, Syndrell laissa s’échapper les dernières images du rêve atroce qui venait de la tirer du sommeil. Son regard se troubla. Un rêve ? Si seulement elle avait rêvé ce drame… Mais il était en fait bien réel. Elle n’avait pas rêvé, elle s’était souvenue.

Un frisson glacé la secoua, mais avant même que le mot « froid » ne s’impose à son esprit, quelque chose bougea contre elle. Quelque chose de chaud, de doux, de vivant. Syndrell remua légèrement, et la chose remua avec elle. Se mit à ronronner.

Le jaguar !
Erwan.

Rassurée, réchauffée par cette seule prise de conscience, Syndrell se blottit contre l’animal. Non. Contre le marchombre, qui ronronna plus fort encore, et dont le souffle régulier la plongea dans un sommeil sans rêve.





* * * * * * *





Pour la première fois depuis longtemps, Syndrell s’éveilla en douceur. C’est un audacieux rayon de soleil qui, filtrant à travers le toit de feuilles qu’une légère brise rendait frémissant, la tira du sommeil en chatouillant sa joue. Elle battit des paupières, ouvrit les yeux, posant le regard sur l’homme qui s’affairait en silence. Fronça les sourcils. Sous la couverture qui la recouvrait jusqu’aux épaules, elle tendit sa main gauche, cherchant le jaguar. Il n’était plus là.
Evidemment.

Evidemment, puisqu’il était debout, à quelques pas d’elle, occupé à faire cuire trois poissons piqués sur une branche. Sous ses doigts, elle sentit quelques poils qui étaient restés accrochés à la laine de la couverture. Elle bougea son bras gauche, prudemment. Puis son bras droit, grimaçant de le sentir affreusement raide et gourd. Elle remua les jambes, soulagée qu’elles répondent à ses sollicitations. Comme elle était allongée sur le côté, elle tenta de rouler pour ensuite se redresser, mais cette fois la douleur la frappa avec force, et elle se mordit la joue pour ne pas crier. Son dos… Son dos lui faisait mal. Elle prit la sage décision de rester allongée sur le côté pour le moment, préférant éviter de penser aux conséquences d’une telle blessure.

Sentant un regard sur elle, la marchombre leva les yeux vers Erwan. Sans doute l’avait-il entendue se réveiller… Elle fut frappée par son sourire. Un sourire franc et léger, simple et sincère. C’était surprenant. Alors que dans son esprit dansaient les fantômes de son combat dans un univers de sang et de larmes, qu’elle-même n’était plus qu’un corps brisée et gisant, faible, sur une couverture, Erwan souriait. Il souriait toujours. Peut-être que la réponse à toute question se trouvait là, dans ce sourire qui défiait toute forme de noirceur et de mal. Peut-être qu’il trouvait amusant de la voir dans un tel état. Peut-être qu’il était simplement heureux de la voir enfin ouvrir des yeux qui n’étaient plus brillants de fièvre. Il souriait peut-être juste parce qu’elle était vivante…

Vivante.
Elle était vivante. La jeune femme lâcha un long soupir, presque soulagé. Elle avait réussi.


* J’ai gagné, vieil homme. Je m’en suis tirée. Encore…*

Elle ne quittait pas Erwan des yeux, prisonnière de son regard de cristal, touchée par son sourire. Doucement, la commissure de ses lèvres frémit, s’étira faiblement, laissant un sourire se dessiner sur les lèvres sèches et craquelées de Syndrell. Le premier, depuis son réveil. Il était pour Erwan. Deux mots en profitèrent pour s’échapper, aussi bas qu’un murmure, rauque comme si elle avait passé sa nuit à crier, mais entiers. Vivants. Terriblement vivants.

- J’ai faim...

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Mar 12 Avr 2011, 22:59

Le jaguar ronronne, doucement.
Il est bien, sous cette couverture. Il fait chaud, et en plus l'odeur sucrée de la fille est plutôt agréable, et l'enveloppe tendrement. Il sent qu'elle frissonne un peu, puis se calme tout à fait, réchauffée par sa présence et par sa chaleur corporelle. Son souffle devient plus régulier, plus profond.
Elle dort.

Le félin pose sa tête sur ses pattes avant.
S'endort aussi.

Il se réveilla avec le soleil, le lendemain matin. Bien avant la jeune femme. Soupirant doucement, il éternua avant de se glisser hors de la couverture et de s'enfoncer dans la forêt.
Il avait faim.

Se mettant en quête d'un repas, il trouva rapidement un gros lièvre, qu'il tua vite, pour le ramener près du camp. Le déchiquetant avec application, il avala le meilleur de ses organes : le foie, le coeur et toute la chair entourant les côtes... Le sang tâchait tout son nez, commençait à sécher sur son poil, mais que c'était bon !

Mm ?

L'animal grogna un instant.
Erwan était là.
Complètement ébahi.

C'était vraiment très surprenant, toute cette histoire. Il n'en revenait pas lui-même. Il avait compris comment communiquer avec l'animal, comment se faire comprendre de son homologue jaguar, comment échanger avec lui... C'était tout simplement merveilleux. Si seulement il avait compris cela des années plus tôt... Un soupir de bonheur franchit ses lèvres. Sans doute que l'expérience lui avait apporté cela, ce n'était pas pour rien. Il avait fallu qu'il acquît certaines choses pour en arriver là.

Grâce à Miss...
Miss, qui avait tant apporté à sa vie.

L'Amour.
Parce qu'il l'aimait. De tout son coeur, de tout son corps.
Miss était son rayon de soleil, le cristal de sa vie, la prunelle de ses yeux. Elle avait apporté une nouvelle vision du monde avec elle, s'était attachée à lui comme il s'était attaché à elle, et ils partageaient un amour aux couleurs enivrantes et chatoyantes.

L'Harmonie. Intérieure.
Le jaguar l'aimait, et c'était comme cela qu'il avait réussi à créer une entente avec lui. A comprendre que le rapport de force n'était pas obligatoire, qu'il n'était pas nécessaire de 'forcer' le passage pour pouvoir reprendre sa place. Que le jaguar était vraiment une partie de son esprit, de son âme. Ils étaient uns.

L'espoir et le futur.
Avec la naissance d'Yllena, cela s'était encore plus précisé que cela, dans son esprit. Son futur, ses aspirations les plus profondément ancrées, les jalons qu'il voulait franchir et qui parsemaient la Voie. Yllena, leur fille, qui était la promesse de demain, qui dessinait pour eux un destin magnifique et ensoleillé, scintillant de splendeur.

L'Amitié aussi. Profonde.
Parce que c'était ainsi qu'il considérait Syndrell désormais. Comme une amie.
Syndrell, qui était en piteux état, à côté de lui. Mais quand même bien mieux que la veille.

Un sourire attendrit passa sur le visage d'Erwan, alors que la jeune femme se réveillait.
Elle était vivante. Et ses yeux n'étaient plus humides de fièvre...


- J'ai faim...

Erwan éclata de rire.

- Bonjour, demoiselle en détresse !

Lui adressant un clin d'oeil, le jeune homme sortit la fin du lièvre de la broche au dessus du feu pour tendre une cuisse à la jeune femme. Il ne savait pas trop si elle arriverait à arracher la chair de l'os, mais elle semblait avoir repris un minimum de forces, sans doute n'aurait-elle pas trop de problèmes...

Il voulut poser des questions.
Se tut.

Si Syndrell voulait en parler, elle le ferait. Mais il ne lui imposerait rien.

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Mer 13 Avr 2011, 05:21

Le rire d’Erwan résonna longtemps dans sa tête.
Après quelques terribles heures d’hésitation, son corps et son âme avaient décidé de tenir bon, finalement. Mais depuis son réveil, les couleurs, les bruits, les odeurs lui parvenaient avec une telle précision que s’en était presque effrayant. Etait-ce cela, se sentir vivant ? Etre vivant ?


- Bonjour, demoiselle en détresse !

Elle pouvait percevoir l’intense soulagement dans sa voix et soudain, il lui apparut que son rire avait eu quelque chose de… différent. Elle l’avait déjà entendu rire, une fois, alors qu’ils chevauchaient tous deux tranquillement vers l’Académie. Elle comprit qu’il avait eu peur, réellement – peur pour elle… Comme il avait eu peur pour Miss, alors qu’elle était en train de donner la vie à Yllena. Et quand il la redressa délicatement pour la soutenir le temps qu’elle mange, il était presque aussi gauche que lorsqu’il avait pris sa fille pour la première fois dans ses larges bras.

Manger.
Elle n’était pas vraiment certaine d’avoir faim, mais il lui semblait qu’elle n’était plus qu’une enveloppe vide, un poids mort, et que si d’aventure un coup de vent plus puissant que les autres venait à souffler sur le campement, elle s’envolerait sans rien pouvoir y faire. Il fallait qu’elle reprenne des forces, absolument. Parce qu’elle était vivante.

Manger.
Un besoin naturel de l’homme, depuis qu’il se forme au cœur de l’être de sa mère jusqu’à sa mort. Une habitude qui s’apprend tout petit et qui ne se pense plus, après – comme respirer. Non, il est plus facile encore de respirer. Pourtant… Pourtant Syndrell devait réfléchir pour respirer. Il fallait qu’elle fournisse un certain effort, même infime, pour que son souffle traverse les voies respiratoires et emplisse ses poumons, s’entrechoquant dans ses côtes douloureuses. Et plus encore, il fallait qu’elle pense chacun de ses mouvements. Comme si elle venait juste de les apprendre.

Ouvrit la main. Tendre les doigts. Saisir la viande. Serrer les doigts. Ramener la viande. Jusqu’à ses lèvres. Si lourde... Ouvrir la bouche. Placer le morceau sur sa langue. Fermer la bouche. Mâcher. Mâcher. Mâcher. Déglutir. Recommencer.
Sans s’évanouir.

Elle décuplait tant de force et de volonté dans le seul fait de manger qu’elle avait l’impression d’accomplir un exploit aussi fabuleux que l’escalade d’une montagne vertigineuse, ou l’entreprise d’une course durant trois, quatre, cinq jours. Invraisemblable de simplicité, et pourtant, c’était bel et bien un exploit. Syndrell ne se rendait pas compte que le seul fait de vivre était un exploit. Pour l’heure, elle se concentrait entièrement et autant que possible sur l’action de respirer, de rester consciente pour manger. Le goût de la viande ? Délicieux. Enfin, elle le supposait. Parce que les petites bouchées que lui avait découpées Erwan avaient un arrière-goût de fer, témoin de tout le sang qui était passé par sa bouche au cours des dernières heures, mais rien de plus. Des sons, des couleurs, des odeurs, pas de goût. Fronçant les sourcils, elle se demanda si tout cela était bien normal, et sa concentration faiblissant sous le coup de cette simple petite pensée, elle cessa de mâcher. De manger.
Elle n’y arrivait plus.

Plus de forces.
Trop sommeil. Terriblement sommeil. Il lui sembla que des mains venaient se substituer aux siennes pour l’aider à ingérer encore quelques morceaux de viande – toujours sans aucun goût – avant que la fatigue ne l’emporte sur toute forme de volonté.

Il faisait encore jour lorsqu’elle émergea, mais elle n’aurait su dire combien de temps s’était écoulé depuis son dernier réveil. Son dos n’était plus en feu ; cette fois, la douleur venait de son coude. Diffuse, sourde, mais suffisamment coriace pour lui tirer une grimace. Elle avait l’impression d’avoir dormi des jours entiers, pourtant elle se sentait toujours aussi fatiguée, prête à se rendormir dès que sa concentration faillirait à nouveau.

Syndrell grimaça à nouveau, de frustration cette fois.
Que pouvait-i y avoir de pire qu’une telle impuissance ? Parce qu’impuissante, elle l’était complètement. Faible, inutile. Tout juste si elle pouvait bouger un peu sur son lit improvisé. Mais toujours pas se lever. Elle en avait envie, pourtant. Il fallait qu’elle se lève ! Qu’elle aille voir Nuance, qu’elle retourne sur les lieux de la bataille, qu’elle retrouve ses lames – le poignard de Miss, qu’elle prélève des indices, qu’elle trouve une piste, qu’elle traque cette femme, qu’elle…

…dodo.

Semi-réveil, le temps de comprendre qu’il fait nuit noire, qu’un feu brûle doucement à côté d’elle, qu’une énorme peluche vivante dort paisiblement, lové contre son corps raide et fourbu, une large patte posée sur sa hanche…

…dodo.

Réveil, alors qu’il fait de nouveau jour, et le soleil est haut dans le ciel. Une demie journée s’est donc déjà écoulée, mais sans elle. Depuis sa couche improvisée, Syndrell soupira doucement. Voilà longtemps qu’elle n’avait pas passé autant de temps immobile. Miss elle-même s’accordait à le dire : elle était mouvement perpétuel, mouvement solitaire, mouvement courbe et fluide, mouvement simple et souple, mais mouvement. Toujours mouvement. Mouvement toujours. En temps normal, elle n’avait besoin que de cinq ou six heures de sommeil pour récupérer. En temps normal, elle partait chasser un peu avant l’aube, profitant d’une petite course matinale pour se dégourdir les jambes et monter mille projets que le hasard et le goût de l’aventure se plaisaient à modifier. En temps normal, elle s’occupait de Nuance tout en devisant gaiement avec elle. En temps normal…

Syndrell sursauta comme sous le coup d’une petite claque imaginaire de Miss portée sur le crâne. Elle pouvait même la voir lui tirer la langue et l’entendre la sermonner joyeusement :

Alors, jeune apprentie, on se légume ? Tu voudrais pouvoir bouger, pas vrai ? Ça se comprend. Mais sache que l’immobilité, ça s’apprend aussi. Immobile, on fixe ses pensées, on réfléchit plus doucement – normal, on a tout le temps pour… On prend le temps. On se l’approprie. Il est utile. Bon, quand tu auras terminé de te morfondre et de roupiller, mange un morceau, reprend des forces et lève-toi. On a du pain sur la planche…

La jeune femme sourit. Miss lui manquait. Son maître lui manquait. Plus qu’imaginer ces paroles, elle aurait voulu les entendre… C’était tellement stupide, cette histoire ! Miss et Yllena devait s’impatienter, attendre le retour d’Erwan. Un Erwan accaparé par une marchombre incapable de se sortir elle-même de ses ennuis. Un Erwan tellement prévenant, dont elle ne doutait pas un seul instant qu’il ferait un père formidable. Syndrell sourit à nouveau tout en cherchant le marchombre des yeux… s’affola en ne le trouvant pas.

Erwan n’était pas là. Erwan était parti !
Une fine fumée s’échappait des cendres encore chaudes du feu de camp, il n’y avait pas trace de ses affaires et il n’était nulle part en vue. Un soupçon d’angoisse pinça le cœur de la jeune femme. Avait-il fini par se lasser d’elle ?


- Erwan ?

Pas de réponse. Sa voix était toujours rauque, écaillée, à peine plus forte qu’un puissant murmure ; elle inspira, puisant dans sa volonté pour hausser le volume.

- Erwan !

Toujours pas de réponse.

…Bon, quand tu auras terminé de te morfondre et de roupiller, mange un morceau, reprend des forces et lève-toi…

Se lever. D’accord.
Syndrell remua délicatement bras et jambes. Le côté droit ne répondait pas bien mais il faudrait s’y faire. Tout doucement, prenant bien soin de respirer convenablement, elle prit appui sur son coude gauche et banda ses muscles abdominaux pour tenter de s’asseoir. Ses muscles avaient fondus. Miss avait raison, il y avait du pain sur la planche…

Elle était assise. Elle était assise !
Déboussolée, mais forte d’un exploit de taille. Balayant les alentours du regard, Syndrell chercha Erwan, sans succès. Son ange-gardien avait disparu. Et s’il avait eu des ennuis ? Un souffle de panique, froid et insidieux, s’insinua en elle lorsqu’elle repensa à Vanora et à son titan de garde-du-corps. S’ils étaient revenus pour s’assurer de sa mort ? S’ils étaient tombés sur Erwan, au lieu d’elle ?


- Allez, ma vieille, un peu de courage… Tu peux le faire.

Bien sûr qu’elle pouvait se lever. Trop facile.
Repliant les jambes – la droite s’y opposa douloureusement mais elle ignora ses avertissements – et pivotant sur le côté, Syndrell prit appui sur ses genoux. Les dents serrées, elle tint la position quelques secondes, le temps de s’encourager mentalement à accomplir la suite : basculer son poids sur ses jambes, contracter les muscles, trouver son équilibre, se redresser. Jusque-là, tout fonctionna. A peu près.

Mais le premier pas fut terrible.
La douleur fusa de partout et simultanément, lui coupant le souffle. Elle vacilla, se reprit sur l’autre jambe, celle qui refusait de porter son poids, boitilla lamentablement vers la rivière, dépassant les restes du feu, dérapa sur un galet glissant, s’effondra.


* Bravo, Syndrell, bien joué…*

… eût-elle le temps de penser avant de s’évanouir.
Encore.


Plus tard, bien plus tard, ses yeux s'ouvrirent sur un regard bleu cobalt...


[ J'imagine que le jaguar est parti chasser/se dégourdir les pattes/manger un morceau/jouer comme un petit fou/suivre la piste d'odeurs particulièrement savoureuses/re-manger un morceau ! Oui, ça marche aussi avec l'humain, mais c'est moins... hum, bref, à toi de jouer ! ]




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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Mer 13 Avr 2011, 14:03

Erwan regardait Syndrell mangeait, l'aidait parfois lorsque ses muscles ne répondaient plus ou devenaient trop épuisés pour continuer à répondre à ses demandes. Elle était vraiment amochée, cette jeune femme... Un frisson parcourut le Marchombre quand il se demanda dans quel état elle serait s'il n'avait pas été là.
Si le jaguar n'avait pas été trop curieux.

Il balaya cette pensée d'un revers de la main.
Une pensée trop noire. Trop tranchante.

Syndrell était vivante. Dans un sale état, certes, mais vivante.
Erwan avait cependant bon espoir qu'elle se rétablît complètement, après plusieurs mois de convalescence et de repos complet... Il ne se faisait cependant aucune illusion : cette jeune femme ne tiendrait sans doute pas en place, et voudrait bouger dès que possible. Ce qui n'était pas forcément mauvais, si elle était prudente.

Un léger soupir passa les lèvres d'Erwan.
Syndrell avait l'air d'avoir récupérer pas mal des mauvaises manies de son Maître... Et Miss avait un peu de mal avec la prudence. Preuve en était qu'elle était partie en étant enceinte... Peut-être ne le savait-elle pas à ce moment-là, certes, mais quand même... Il verrait.

Lorsqu'elle reprendrait conscience.

Recouvrant la jeune femme de la couverture chaude, il la laissa bien dormir. Elle en avait besoin. Et si son corps demandait ce repos, c'était qu'il était nécessaire. Gardant toujours un oeil sur la jeune femme, Erwan ne resta pourtant pas sans rien faire. La nuit s'installa doucement, alors qu'il chassait un siffleur entre les ramures des arbres. Ramenant le petit ongulé près du feu, il le dépeça avec application, pour le faire cuire lentement, et ainsi faire légèrement dorer la peau la plus superficielle.

Syndrell ne perdait plus connaissance, mais ne se réveilla pas. Peut-être une fois dans la nuit.

Dès le matin, le Marchombre s'activa.
Ayant décidé d'aller faire un tour plus détaillé de la clairière où il avait retrouvé Syndrell, il éteignit le feu et éparpilla les cendres jusqu'à ce que le feu fût totalement invisible. Puis, il réussit à tirer plusieurs branches pour que son amie endormie fût invisible, et alors seulement il se mit en marche.

Faisant particulièrement attention au bruit qu'il créait en passant sur le sol et dans les fourrés, il se glissa dans la jungle silencieux comme une ombre, se hissant sur une branche pour suivre le chemin dans les ramures des arbres et ne pas se faire repérer par d'éventuels hommes. Cela faisait deux jours que l'attaque s'était produite, d'après ce qu'il avait pu en déduire, et il ne doutait pas que les agresseurs de Syndrell fussent revenus pour chercher les corps...

Il se figea.
Il avait vu juste.

Une demie-douzaine de personnes s'activaient dans la clairière, tirant les corps pour les mettre sur le dos de chevaux à la croupe large et au dos court, contournant à chaque fois le cadavre de Nuance.
Erwan inspira longuement.

Il chercha du regard qui semblait diriger cette opération.


- Vous vous dépêchez ouais ? Y'a pas que ça à faire !

C'était une femme qui avait parlé, et l'attention du Marchombre se braqua immédiatement sur cette dernière. Il ne douta pas un instant que c'était la même qui avait mené l'attaque contre Syndrell, surtout vu la manière dont elle fixait le regard sur la jument éteinte à jamais.

- Elle doit pas être bien loin.. Si elle a pas déjà été bouffée. Sa jument a eu plus de chances qu'elle, aucun animal ne s'en est encore pris à elle...

Erwan serra les dents, parfaitement immobile.
L'un des chevaux hennit de peur, soudain, se cabrant brusquement, entraînant un vent de panique, qui enfla auprès des autres animaux. Le jaguar grognait, dans son ventre, mais Erwan le retenait fermement, bien qu'avec douceur. Non, il ne fallait pas bouger. Les laisser filer. Les suivre, aussi, pour savoir où ils allaient.
Il fallut presque un quart d'heure pour calmer le grand cheval, mais finalement ils partirent entre les ramures des arbres, dans un bruit monstre. Le jeune homme les suivit. Le soleil filait dans le ciel, il était presque à son apogée, mais comme ces hommes étaient là, il avait la certitude que Syndrell ne courrait pas de danger. Même de la part des animaux de la forêt.


- Enterrez-là. Et rejoignez-nous à Al-Jeit.

Al-Jeit.
Erwan plissa les yeux, les laissa filer. Pour revenir en arrière, et retrouver le chemin de l'endroit où il avait laissé Syndrell. Ses gestes fluides ne faisaient presque pas de bruit dans les ramures des arbres, même s'il savait être loin du naturel de Miss dans ces derniers. C'était comme si elle était née dans la cîme d'un arbre !

Le manque le transperça soudain.

Miss.
Yllena.

Il voulait rentrer, les revoir. A la base, il n'était parti que quelques jours pour laisser le jaguar reprendre ses habitudes dans la jungle ou la forêt. Cela allait faire une semaine qu'il les avait quittées, et il se sentait vide.
Vide.

Soudain, ces pensées s'écartèrent, alors qu'il voyait que Syndrell avait bougée.
S'était écroulée à même pas un pas de son lit improvisé. Vivement, il avança pour la reprendre délicatement et la remettre sur le matelas de feuilles.

Décidément...

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Mer 13 Avr 2011, 17:42

…Décidément, il était vraiment formidable, ce marchombre. Le souffleur de verre ne s’était pas trompé à ce sujet – s’était-il déjà trompé, d’ailleurs ? D’aussi loin qu’elle se souvienne, Syndrell avait toujours pu vérifier les dires du vieil homme. Tout ce qu’il lui avait raconté de l’Empire, depuis la splendeur des Dentelles Vives à l’incroyable prestance du Rentaï, tout était vrai. Qu’il lui avoue franchement être un marchombre ne l’aurait pas étonnée. Jeune, elle l’imaginait sous les traits d’Erwan – Erwan qui l’observait avec une expression d’amusement et de désapprobation partagés.

Mais il était là.


- Je te croyais parti…

Une excuse presque pitoyable, à cause de sa voix éraillée, mais sincère. Il la comprendrait. Ne l’approuverait peut-être pas, mais la comprendrait. N’était-il pas marchombre, lui aussi ? Elle l’imaginait mal blessé et allongé, contraint à l’immobilité la plus totale. Pas plus qu’elle n’imaginait Miss dans cette situation. Et pourtant, celle-ci avait mis au monde un enfant – il avait bien fallu qu’elle s’arrête, au moins le temps d’un battement de cœur. Bien que terriblement frustrée, Syndrell savait que son rétablissement serait prompt dans la mesure où elle respecterait scrupuleusement ses propres limites.

Elle était de retour sur sa couche de feuilles, et à voir l’expression d’Erwan, elle avait plutôt intérêt à ne pas en bouger. Syndrell sourit mentalement. Elle allait laisser passer un jour, voire deux, avant d’essayer à nouveau de se lever. Dans son esprit, il ne s’agissait non pas d’inconscience mais de besoin, un besoin vital – celui de se savoir libre de ses mouvements, libre de partir si elle le voulait. Or pour l’instant, il semblait que son unique moyen de transport, bien qu’extrêmement honorable, soit Erwan…

Fermant les yeux un instant, la jeune femme écouta le doux chant de l’eau qui l’avait bercée ces dernières heures, apaisant son sommeil et son mal. Lorsqu’elle les rouvrit, elle eut la sensation d’avoir tourné une page importante du livre de sa vie. La mort était derrière elle, puisque n’ayant pas su l’emporter – ce n’était que partie remise, mais ce sort était réservé à tous, alors pourquoi l’ignorer ? A bien y réfléchir, Syndrell n’avait pas peur de la mort. Peut-être facile à dire, mais ne venait-elle pas d’échapper de justesse à ses griffes acérées ? Elle l’avait senti plus que jamais, ce souffle glacial sur sa peau, et pourtant non, elle n’avait pas eu peur de mourir. Elle avait eu peur de terminer sa vie avant d’en avoir fait le tour, voilà tout.

Trop de choses, trop de gens, trop d’aventures. En un an et des poussières de temps, elle avait vécu plus d’événements qu’en dix-sept ans de vie sur cette terre. La Voie qu’elle avait choisi d’emprunter, à la suite de Miss et devenant ainsi maillon d’une formidable chaîne, était chargée de promesses. Promesse de vie, promesse de lumière, promesse de rires et promesse de chant. Mais aussi promesse de danger, promesse de mort. l’Harmonie n’allait pas sans le Chaos ; alors qu’elle s’était toujours opposée à cette idée de rivalité entre deux chemins qu’elle ne croyait pas tellement différents, elle comprenait à quel point le Chaos était dangereux – et partout.

C’était la principale leçon qu’elle retenait de son combat : la prudence ne devait jamais, jamais s’effacer derrière l’insouciance. Elle était jeune, elle avait encore toute une vie, peut-être même plusieurs devant elle. Il serait dommage de gâcher pareil chance en se bornant à l’illusion première d’un monde sans défaut…


- Erwan ?

Un appel. Il ne s’agissait plus d’un cri de détresse ; le marchombre l’avait sauvée. Il l’avait entendue l’appeler, sous sa forme de jaguar. Elle ignorait tout de cette fabuleuse métamorphose, mais avait bien compris que l’animal n’était pas dissociable de l’homme – il était l’homme, autant que l’homme était jaguar, autant que les deux étaient marchombres. Elle le savait, parce qu’il l’avait entendue, et parce qu’il avait répondu à son appel, de la plus belle façon qui soit.

Un appel, simple mais pas ordinaire.
Un appel pour dire merci. Merci était tellement pâle, tellement fade comparé à la grandeur de cet homme… Mais parfois, la simplicité faisait preuve de sincérité – de secret du cœur, de douceur de l’âme. De respect. Alors…


- …merci. Pour tout ça, et plus encore.

Il y avait tellement plus à dire ; elle préféra laisser son regard porter toute sa reconnaissance. Le geste d’Erwan devait rester à jamais gravé dans sa mémoire, il lui avait offert une seconde chance, une seconde vie. A elle de se débrouiller pour ne plus la mettre à ce point en danger.

Perplexe, Syndrell baissa les yeux sur son bras bandé. Si elle avait retenu la leçon, elle doutait de réussir à vivre sans se jeter à nouveau dans les ennuis. D’abord parce que de toute évidence, elle était un véritable aimant à catastrophes. Ensuite parce qu’elle s’était fait une promesse : retrouver Vanora. Et la tuer. Un vœu bête de simplicité, mais dont la réalisation promettait son lot de risques ; elle allait probablement emprunter un virage dangereux, en traquant l’espionne. Mais cette fois, elle était prête. Prudente. Ne lui restait plus qu’à guérir, guérir vite.

Et pour guérir vite, il n’y avait pas trente-six solutions.


- J’ai faim… Vraiment très faim !

Un sourire. C’était difficile, encore, parce que même les muscles de sa mâchoire lui semblaient raides, et sans doute ce sourire-là ressemblait-il plus à une grimace, mais elle se sentait la force de manger seule. Sauf qu’elle ignorait l’heure qu’il était, et qu’il n’y avait plus de feu.

- Mais je peux attendre le moment idéal… enfin, je crois. Je te laisse faire à ta manière, je… tu fais ça très bien, alors…

Elle ne bafouillait pas soudainement parce que s’adresser à lui l’intimidait, bien au contraire. Elle bafouillait parce qu’elle venait de se rendre compte d’une chose importante. Elle l’avait tutoyé. Lui, un maître marchombre. Mais il ne s’agissait pas d’irrespect, pas plus que de défiance ; en réalité, il semblait découvrir cet homme sous un autre jour, un jour qui ne permettait pas le vouvoiement – lequel aurait, pour le coup, été une volonté de placer de la distance entre eux. Elle lui devait la vie.
Comment seulement penser à la vouvoyer, sachant cela ?


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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Jeu 14 Avr 2011, 14:35

Erwan tendit immédiatement un morceau de siffleur cuit à Syndrell, lorsque cette dernière exprima sa faim. Que ce soit l'heure ou non, ils auraient tout aussi bien pu être en pleine nuit, si la jeune femme avait faim, il fallait qu'elle mangeât, parce que son corps en avait besoin, pour se remettre de toutes ces émotions, et de toutes ces blessures...

Il ne nota même pas qu'elle l'avait tutoyé.
Parce que cela n'avait aucune importance.
Strictement aucune.

Toutes les personnes auxquelles il tenait le tutoyaient, ou presque. Alaya, Inwëlle, ses deux premières apprenties. Lasmïn aussi, ainsi que Rilend. Et puis Miss.

Un sourire éclaira son visage, tandis qu'il prenait une inspiration, et que la jeune femme mangeait à son rythme. Il sentait dans le regard qu'elle posait souvent sur lui qu'elle allait avoir beaucoup de choses à lui dire. A lui demander.

A dire vrai, jamais Erwan n'avait passé autant de temps auprès d'une personne en tant que jaguar. Sans doute parce qu'il redoutait les réactions de l'animal, parce qu'il ne le comprenait pas, parce qu'il le retenait et qu'il ne voulait pas lui accorder sa confiance. Il avait dû passé quelques heures en jaguar avec Inwëlle, mais ce n'étaient que quelques heures éparses, des allers-retours parce que la jeune femme ne savait pas ce qu'elle voulait, et le jaguar non plus. C'était plus quelque chose de subi par Erwan qu'un véritable consentement, et cela faisait maintenant quelques années, déjà, que cela s'était passé.

Non.
Cela n'avait absolument rien à voir.

Avec Miss, il s'était transformé tellement naturellement. Peut-être même plus qu'avec Syndrell, car il n'avait pas eu à tenter de communiquer avec le jaguar : ce dernier avait suivi, compris, avait voulu aussi se montrer. La Marchombre faisait un effet vraiment étonnant mais très puissant au jaguar...
Et à Erwan aussi. Même si on ne pouvait pas tout à fait parler du même effet.

Encore, le manque lui piqua le ventre.
Il se courba légèrement, par réflexe.
Dans son cerveau, il avait l'impression que l'image de sa compagne et de leur fille brûlait. Il avait une envie folle de faire demi-tour, de courir des jours et des jours pour les retrouver et les serrer dans ses bras. Il frémit à cette pensée. Il devait encore finir l'enseignement de Lasmïn. Il faudrait qu'il partît encore au moins un petit mois avec son apprentie...
Cela allait être dur.
Très difficile.

Prenant une inspiration, il ferma les yeux, et se leva vivement pour refaire un feu, maintenant qu'il était certain que les hommes étaient partis de la jungle, sur leurs larges montures. Il se souvint d'ailleurs de ce qu'ils avaient dit : Nuance était encore intacte... Plus pour longtemps, il en avait la certitude.

Erwan inspira doucement.
Planta son regard dans celui de Syndrell.


- Que veux-tu que je fasse du corps de ta jument ?

Faisant une petite pause pour laisser comprendre à Syndrell tout ce que cela impliquait – la douleur, mais aussi une décision difficile – il continua au bout de plusieurs secondes :

- Les animaux sauvages la trouveront bientôt...

Il frissonna un instant en se remémorant la voix de cette femme, qui croyait que Syndrell ne s'en était pas sortie. Elle allait avoir une surprise, lorsque cette dernière la retrouverait. Parce qu'il n'avait aucun doute. Elle la retrouverait...

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Jeu 14 Avr 2011, 22:19

Syndrell s’assit précautionneusement pour s’emparer du morceau de viande que par miracle, Erwan venait de sortir pour elle. Agréablement surprise, elle mordit sans hésitation dans son repas, déchiquetant de toutes petites bouchées qu’elle mâchait ensuite avec une lenteur presque frustrante. Puis elle eut un sourire. Non, elle n’était pas surprise ; elle s’en voulait même d’avoir pensé qu’Erwan eût pu se lasser de son rôle d’ange-gardien auprès d’elle. A force de se morfondre sur son infirmité imprévue et passagère, elle en avait oublié que le marchombre était aussi prisonnier qu’elle, dans ce bois des plaines…

Elle ne le remercierait jamais assez d’être resté pour elle. De s’être battu contre la mort avec elle, sans jamais lâcher prise – c’était une certitude, désormais : sans Erwan, elle serait morte dans cette clairière, terrassée par ses blessures, et la froide solitude d’une lente et douloureuse agonie. Sans lui, jamais elle n’aurait eu la force de se battre, malgré les remontrances ou les encouragements de son vieil ami, qu’elle aurait fini par rejoindre véritablement. Et Syndrell, sentant la fatigue peser sur ses épaules comme un poids mort, attaqua de plus belle son quartier de viande, fermement déterminée à poursuivre cette lutte acharnée – non plus contre la mort, cette fois, mais pour guérir. Recouvrir le plus rapidement possible un maximum de ses capacités, afin de ne plus être une gêne pour Erwan, et pour se mettre enfin en chasse.

Elle ne réussit pas à avaler plus de la moitié du morceau de siffleur, mais c’était déjà plus que ce qu’elle avait ingéré au cours des deux derniers jours. Aussi rassasiée qu’elle pouvait l’être, Syndrell bu quelques gorgées de l’eau fraîche du courant sauvage qu’Erwan avait puisée pour elle dans un petit bol de métal. Puis elle se recoucha, tout doucement, épargnant à ses muscles douloureux et à ses blessures de forcer trop longuement. D’un point de vu global, il y avait un léger mieux : elle pouvait fléchir la jambe droite à moitié sans que son genou ne proteste trop vivement, n’avait plus autant mal au dos et les courbatures se faisaient moins présentes. Mais son bras blessé avait tendance à la rappeler à l’ordre fréquemment, la douleur s’assourdissant sans jamais vraiment disparaître, et un peu partout sur son corps, des hématomes avaient pris une teinte qui oscillait entre le bleu et le violet. Sans parler de ses côtes, qui l’empêchait de bouger trop brutalement, de respirer trop fort ou de rire aux éclats.

Elle n’avait aucun moyen de voir son propre visage, mais elle l’imaginait très peu engageant ; son œil gauche semblait avoir désenflé, ainsi que sa lèvre, mais à voir la couleur des marques de son corps, elle se doutait qu’il en était de même pour sa figure. Syndrell s’en moquait. Elle n’avait jamais été très coquette – quand on grandit avec la certitude d’être repoussant, l’apparence n’est plus qu’un détail que l’on cherche désespérément à oublier. Mais alors qu’elle remontait la couverture sur ses épaules, la jeune femme soupira. Elle avait envie de prendre un bain. La fièvre, le sang, la sueur avaient laissé sur elle leur empreinte, sans parler de l’odeur sauvage que le jaguar avait laissée sur sa peau en dormant près d’elle.

Erwan s’agita près d’elle et elle braqua toute son attention sur lui tandis qu’il rallumait un feu. Ses gestes étaient fluides, ses déplacements légers ; un marchombre à l’état pur, mais à travers l’attitude du maître, Syndrell cherchait à déceler celle du jaguar. A bien y réfléchir, elle avait toujours trouvé une part de félinité en lui, mais il s’agissait plus d’une comparaison, d’un sentiment , même – celui de se trouver en présence d’un être exceptionnel, qui ne marchait pas mais dansait, qui ne courait pas mais s’envolait. Comment imaginer qu’il puisse être aussi proche de l’animal auquel le concept marchombre faisait tant penser ?

Joya.
Le nom de la jolie jument s’imposa à son esprit alors que Syndrell se laissait prendre dans l’ondoiement d’un souvenir – celui de leur première rencontre, alors qu’elle revenait du Désert des Murmures. Il lui était tout de suite apparu qu’Erwan aimait les animaux, à sa façon de murmurer à l’oreille de sa jument pour l’apaiser. Mais Joya avait été effrayée par quelque chose, ce jour-là ; Syndrell se souvenait avoir cherché l’origine de cette peur, qui avait également gagné Nuance, mais en vain. Erwan n’avait pas semblé inquiet, donnant plutôt l’impression d’être habitué à ce genre de réaction de sa monture. Peut-être n’avait-il suffit que du chant du vent de l’hiver pour alerter les deux juments, et c’est la conclusion qu’avait tiré Syndrell à l’époque. A moins que…

A moins que Joya et Nuance n’aient senti la présence du jaguar.
Plissant ses yeux doré, Syndrell s’efforça de détailler Erwan sans toutefois le fixer ouvertement pour ne pas le gêner ni l’alerter. Si les animaux pouvaient sentir l’animal en lui, pourquoi pas elle ? Car même en sachant que l’homme et le jaguar ne faisaient qu’un, il lui était impossible de déterminer la place du félin chez Erwan, rien qu’en le regardant évoluer. Ce qui ne l’empêchait pas d’être fascinée par cette idée. D’où tenait-il pareille faculté ? La transformation était-elle douloureuse ? Limitée ? Les questions se bousculaient sous son crâne, éveillant une migraine qui ne l’avait pas quittée depuis très longtemps, mais dont elle se moquait éperdument. Tôt où tard, elle devrait savoir…

Erwan l’interrompit dans ses pensées, l’obligeant à se concentrer sur le présent. Il lui fallait encore fournir un certain effort pour se fixer sur une idée, plus encore pour parler. Et les mots lui donnaient l’impression d’écorcher sa gorge lorsqu’ils s’échappaient d’elle, toujours aussi rauques, mais parler lui avait tant manqué…

Il lui posa une seule question.
Celle qui avait dansé dans son esprit tourmenté alors que son corps était encore en train de lutter pour ne pas cesser de fonctionner. Plus exactement, il s’agissait de la deuxième question, la première concernant directement la jument : qu’était-elle devenue ? La réponse était contenue dans l’interrogation d’Erwan ; le corps de Nuance ne devait pas avoir subi de dommages. Elle était toujours dans la clairière.

Une chape de chagrin, intense et glacial, enveloppa Syndrell comme d’un voile léger mais presque tranchant. Son cœur se serra. Nuance lui manquait tellement… Fermant les yeux, elle sentit sur son front le souffle taquin de la petite jument. Comment se dire que désormais, elles ne voyageraient plus ensembles ? Comment remettre les pieds dans une écurie, si ce n’est pas pour être accueillie par le joyeux hennissement ? Comment imaginer la vie sans Nuance, qui avait accompagné ses pas depuis le début, mêlant son chemin au sien pour n’en former plus qu’un conduisant tout droit à l’Académie ?

Elle rouvrit les yeux et serra les poings, de toutes ses forces, jusqu’à ce que sa main droite ne se mette à trembler sous le coup de la trop forte pression. C’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour empêcher ses larmes de couler. Syndrell n’avait pas encore compris qu’elle avait le droit de pleurer, même devant Erwan – surtout devant Erwan… Désespérément, elle empêchait son cœur de saigner, mais la mort de la petite jument la frappait de plein fouet, comme si elle n’en avait pas encore pris réellement conscience. Une triste réalité, tant brutale que douloureuse, était en train de se frayer un chemin dans son esprit.

Elle ne reverrait plus jamais Nuance.

Syndrell leva les yeux vers Erwan et accrocha son regard – elle ne pleurait pas, mais dans l’océan doré de ses iris brillait une détermination sans faille.


- Je veux l’enterrer.

Impossible : elle n’en avait pas la force.
Tant pis.


- C’est le moins que je puisse faire pour elle. M’aideras-tu ?

Il y avait deux réponses possibles à cette question. Si c’était oui, alors elle pourrait mener à bien sa décision, encouragée par la seule présence du marchombre. Si c’était non, elle enterrait quand même Nuance, dût-elle lui creuser une tombe avec ses ongles. Elle se fichait complètement de savoir si ça se faisait ou non, d’offrir une sépulture à un cheval ; Nuance était tombée au combat, elle avait mérité ce geste de la part de sa cavalière qui n’avait pas su la suivre dans cette aventure-là.

Le souffle court, toujours aussi douloureux lorsqu’il franchissait sa cage thoracique, Syndrell gardait son regard rivé sur Erwan. Elle savait qu’il pouvait comprendre sa décision. Qu’il la respecterait. Tout comme elle savait qu’il attendait sa première question. Le scintillement qui illuminait le bleu de ses yeux était comme une invitation muette – un défi, même. Oserait-elle aborder le sujet « ronron » ?

Et bien, oui.


- Il n’a pas eu trop de mal à résister à la tentation ? Tout ce sang, tout ce carnage… Le jaguar, il les a perçus comment ?

« A-t-il songé à me manger » était la question fantôme, posée en filigrane dans celle qui venait de franchir la barrière de ses lèvres. Elle se souvenait avoir touché une fourrure chaude lorsqu’elle se trouvait encore là-bas, dans la clairière. C’est le jaguar qui l’avait trouvée. Pourquoi ne l’avait-il pas mangée ?

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Ven 15 Avr 2011, 11:00

Elle voulait donc enterrer sa jument.
Erwan hocha doucement la tête. Cela prendrait un certain temps, de creuser une sépulture pour l'équidé, mais il respectait la décision de Syndrell, et s'attendait, à dire vrai, à ce qu'elle demandât une telle chose. Par contre, il ne la voyait pas s'en occuper, et devrait le faire pour elle.
Voulait le faire pour elle.

Cela n'aurait servi à rien de lui faire perdre toutes les forces qu'elle avait réussi à reprendre durant ces quelques jours de convalescence, et elle devait encore se reposer. Oh, Erwan ne se faisait pas d'illusion, il savait qu'elle tenterait de venir l'aider, mais son énergie était trop amenuisée pour qu'elle pût réellement faire quelque chose de conséquent. Le Marchombre s'en doutais, et surtout il ne pouvait pas lui en vouloir.
Quand il lui avait posé la question, il avait parfaitement conscience que si c'était le choix de Syndrell, cela serait à lui de le faire, pour respecter sa volonté.

Hochant la tête à la question de la jeune femme, il lui sourit.


- Je ne suis pas sûr que ' aider ' soit le mot approprié, mais je ferais tout pour respecter ta décision.

Le silence qui suivit cette déclaration avait une teneur qu'Erwan avait déjà senti... Lors de sa première vraie rencontre avec Miss, en tête à tête dans cette auberge. Dans le regard de la jeune Marchombre, il sentait la curiosité et devina ce qui allait suivre.

Le jaguar.

Il n'était même pas tendu, à dire vrai, que Syndrell pût lui poser des questions. C'était difficile de pouvoir répondre clairement à des questions sur l'animal en lui, voilà tout. Et il ne s'ouvrait surtout pas à n'importe qui.

Il finit par sourire, aux deux questions qu'elle posa.
Portant son regard dans celui de la jeune femme, il la fixa plusieurs secondes, avant de soupirer doucement.


- Il avait faim.

Lui adressant un petit sourire, prenant une inspiration, il continua :

- Ils étaient tous morts, c'était le festin idéal. Sauf toi. Il a été surpris, et s'est souvenu... qu'il t'avait déjà rencontrée. Il connaissait ton odeur.

Le regard du jeune homme était lointain.
Il cherchait les souvenirs dans l'esprit de l'animal, mais ce dernier ne vivant que pour le présent, avait du mal à revenir aussi loin en arrière.


- C'est grâce à toi que j'ai pu deviner. Parce que tu as parlé...

Lui adressant un léger sourire, le jeune homme ferma les yeux un instant, pour venir s'asseoir à côté de la Marchombre. Passant ses bras autour de ses genoux, il soupira doucement, les yeux levés vers le ciel. Les ramures des arbres le cachaient en grande partie, mais un léger vent venait caresser son visage et sa peau, pour s'engouffrer dans ses rastas.

Erwan sourit.
Soupira.




[Un peu court, désolé ^^' ]

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Ven 15 Avr 2011, 19:02

- C'est étrange... je n'ai pas tant de mal que ça à me faire à l'idée que l'homme assis à côté de moi est aussi un jaguar. C'est un peu comme si je l'avais toujours su, au fond. Et en même temps, c'est un petit mystère qui est soulevé ; je me souviens de la peur de Joya et de Nuance. Elles avaient senti l'animal en toi, n'est-ce pas ? Elles savaient...

...il peut m'entendre, là ?

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Ven 15 Avr 2011, 19:07

- Les chevaux ont toujours été sensibles au Jaguar, avant même que je sache qu'il existait...

Je ne sais pas trop. J'ai conscience de lui, il a conscience de moi, mais depuis quelques temps, c'est comme si un mur s'était abattu, il y a quelque chose qui a changé, une sorte de... je ne suis pas sûr qu'il soit possible de le décrire. Et même dans le cas où il t'entend, il ne comprend pas directement ce que tu dis, mais l'interprétation émotionnelle et sensorielle que j'en fait.

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Ven 15 Avr 2011, 19:31

- Et il y a longtemps que cette fabuleuse boule de poil existe en toi ?

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Ven 15 Avr 2011, 20:49

- Il s'est imposé à moi alors que j'avais... douze ans. Ca va donc faire treize ans...

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Ven 15 Avr 2011, 21:37

- Tu as eu peur ? Tu as regretté ? Je ne connais pas beaucoup de gens capables d'une telle chose... tu es le seul. Mais je crois ne pas me tromper en affirmant que rares sont ceux qui détiennent une telle faculté. Comment un petit garçon de douze ans peut-il faire face à ça ?

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Ven 15 Avr 2011, 21:42

- Non. Je n'ai pas eu peur... j'étais terrifié. Je n'ai pas regretté, je le haïssais, je me haïssais, je le rejetais...

Un garçon, de douze ans, ou même de plus, ne fait pas face. Il fuit. Il subit. Il lutte...

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Ven 15 Avr 2011, 22:13

- Pourtant, tu as fait face. Ce n'est pas seulement l'homme qui m'a sauvé la vie, le jaguar aussi était là. Plus différents qu'on ne saurait l'imaginer, mais indissociable dans l'air du temps.

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Sam 16 Avr 2011, 11:27

- Aujourd'hui c'est différent. Mais c'est faux, je n'ai pas vraiment fait face. Je me suis toujours caché derrière ce que je ne contrôlais pas...

Et tu sais... c'est grâce à Miss...

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MessageSujet: Re: In Extremis [PV Erwan]   Dim 17 Avr 2011, 00:07

Allongée sur son lit de feuilles, Syndrell écoute Erwan lui raconter le jaguar. Non, elle est écoute. Comme lorsque Miss lui accordait plus que quelques mots sibyllins pour lui ouvrir son cœur et éveiller son attention ; comme lorsque le vieux souffleur de verre s’asseyait au coin du feu pour lui narrer mille aventures vécues ou juste imaginées. Immobile, elle laissait la parole douce et chaude du marchombre glisser en elle, à la fois aveu troublant et formidable leçon de courage. Il en fallait forcément, du courage, pour vivre avec un animal aussi fabuleux et fabuleusement complexe dans son propre soi.
Erwan était un homme courageux.

Parce que toutes ses pensées, ou presque, étaient actuellement tournées vers Miss. Parce que même loin de celle qui séduit l’homme et dompté l’animal, il avait été capable de composer avec le jaguar pour la sauver, elle. Parce qu’il ne cachait pas qu’il devait cela à Miss. Et cette humilité l’honorait, bien plus qu’il ne devait l’imaginer. Syndrell ne pouvait pas se mettre à sa place, elle qui n’avait encore jamais véritablement aimé – elle ne savait même pas ce que cela voulait réellement dire – mais dans le regard de cristal du marchombre elle voyait bien les millions d’étoiles silencieuses, ces petites étoiles qui ne s’allumeraient qu’à la vue de sa compagne et de sa fille.

Réchauffée par le soleil, Syndrell s’imprégnait de l’histoire d’un homme et d’un jaguar jusqu’à oublier la douleur de son corps. Il n’y avait plus de blessure, plus de rivière, plus de forêt – seulement deux marchombres qui se laissaient porter par le courant de leur discussion ; un sujet grave, celui d’une osmose sidérante, mais qui valait la peine d’être abordé. Après ce qu’elle venait de vivre, Syndrell avait besoin de savoir. De comprendre. Après ce qu’il venait de faire, Erwan devait raconter. Partager.

Elle tourna néanmoins la tête vers lui, alors que de ces dernières paroles naissait un silence que seul venait troubler le doux chant de l’eau et le léger gazouillement des oiseaux. Il n’avait pas terminé sa phrases, laissant en suspend ce qui ne pouvait être exprimé à voix haute ; elle préserva ce silence, respectant bien trop le marchombre pour oser l’interrompre. Il avait évoqué Miss, elle savait qu’il pensait à elle. Alors, Syndrell banda ses muscles raides et leva sa main gauche – une main décidemment bien lourde – pour venir la poser sur celle, immense en comparaison de la sienne, d’Erwan.


- Moi aussi, je lui dois beaucoup. Et pas seulement parce qu’elle ma ouvert un chemin de lumière. Miss fait partie de ces rares personnes qui savent lire les âmes. Elle a su lire la mienne avec une facilité déconcertante. J’imagine qu’elle a dû, peut-être malgré elle, lire celle du jaguar… qui est aussi la tienne, si incroyable que soit cette réalité ?

Elle se tut un instant, s’accordant le temps de reprendre son souffle. Parler la laissait plus épuisée que si elle venait de mener un combat, mais pour rien au monde elle n’aurait échangé sa place, même si celle-ci n’avait rien de fabuleuse. En dépit de son état pour le moins navrant, Syndrell avait conscience de ce que la vie lui avait réservé : une chance unique, celle de faire une rencontre formidable – un jaguar ! Un jaguar dans un homme. Ou bien un homme dans un jaguar. Ou bien… un marchombre, tout simplement. Un marchombre avec qui la moindre discussion était une véritable mine d’or, un enseignement à lui tout seul. Une formidable leçon de vie.

Puis Syndrell s’aida de sa main posée sur celle d’Erwan pour s’asseoir à son tour. Ce fut pénible et douloureux, mais lorsqu’elle fut assise, une franc sourire de fierté ourlait ses lèvres encore tuméfiées. Un exploit, même mince, restait un exploit. C’était à cette idée qu’il lui fallait s’accrocher si elle voulait récupérer rapidement. Elle leva ses yeux d’or vers Erwan. Qu’il était grand ! Assise, elle ne lui arrivait pas à l’épaule. Il était jaguar. Elle était petit chaton…


- Erwan, si j’ai demandé ton aide, ce n’est pas pour enterrer Nuance. Je sais que je n’en ai pas la force physique, et je ne le regrette pas puisque toi, tu es prêt à le faire pour moi. Mais j’ai besoin que tu m’aides à retourner là-bas. Dans la clairière. Auprès d’elle. C’est important…

Important. Nécessaire, même. Cette étape, elle devait la franchir impérativement – cela faisait partie de sa reconstruction. Physique et mentale. Physique, parce que se déplacer allait lui coûter une sympathique dose de douleur, mais décisive pour le premier pas de sa guérison. Mentale, parce qu’elle avait besoin de se confronter aux lieux qui depuis deux jours hantaient ses rêves et ses cauchemars. Parce qu’elle avait bien failli y perdre la vie.

Sa main toujours posée sur celle d’Erwan, elle chercha son regard, le trouva.
L’accrocha.




__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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