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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Jeu 14 Avr 2011, 23:26

Finalement, il avait décidé de modifier encore son trajet.
Pas de beaucoup ; il le rallongeait simplement de quelques kilomètres, une journée tout au plus, afin de rejoindre Ombreuse par les Dentelles. S’il tardait trop à rentrer au Domaine, on lui retirerait ses apprentis avant même qu’ils ne les ait rencontrés. C’était étrange, d’ailleurs, cette soudaine envie de rentrer pour assurer ses premiers cours ; lorsqu’il avait été nommé maître, Gil avait eu l’irrépressible envie de s’éloigner de l’école, de mettre le plus de distance possible entre elle et lui, conscient des risques qu’il prenait – et totalement indifférent aux conséquences d’un tel exil. Et il semblait bien qu’à présent, une étrange force le pousse en avant, vers le Domaine justement. Il était curieux de se voir endosser le rôle de Seren.


- Tu ne seras jamais comme moi.
- Non.
- Quel modèle suivras-tu, alors ?
- Le mien.
- Pauvres novices.
- J’imagine que tu parles de moi…
- Tais-toi et recommence cet exercice. Sans faute, cette fois.


Tout en suivant un layon entre les larges buissons qui couvraient le relief escarpé, Gil sourit à l’évocation de ce souvenir. Ce jour-là, Seren lui avait fait exécuter sept-cent pompes ; les bougies audacieusement placées sous son ventre lui avaient causé suffisamment de brûlures pour marquer sa peau à vie. Etrangement, ce souvenir-là s’accrochait à sa mémoire avec une force insoupçonnée. Seren Til’Silveryn… Il aurait dû détester cet homme. Le haïr, parce qu’il faisait partie de ceux qui avaient brisé son passé. Parce qu’il représentait un monde qui ne lui était accessible qu’à moitié… Pourtant, après un intense apprentissage qui avait laissé son empreinte au fer rouge sur son corps et dans son âme, Gil retrouvait souvent son ancien maître. Lui qui ne s’était jamais lié avec aucun mercenaire, il retrouvait l’Envoleur et se confiait à lui entre deux pintes dans une taverne bondée et enfumée.

C’était, à ce jour, le seul lien véritable qu’il entretenait avec un être humain. Et ce lien n’était pas ordinaire. L’on ne pouvait pas parler d’amitié, encore moins d’amour, entre Seren et Gil. Mais après tant de mois, de jours, de secondes passées à suer sang et eau avec pour seule compagnie cet homme acerbe et pétri d’ironie, Gil en était venu à le respecter. A le comprendre, jusqu’à ce qu’ils se passent de mots pour communiquer, se basant sur un regard prononcé ou un léger signe de tête. A le côtoyer non pas comme un quelconque être vivant, comme il y en avait des millions sur cette terre, mais comme un individu unique. Ils ne se retrouvaient pas parce qu’ils le voulaient, mais parce qu’il en était ainsi depuis si longtemps que l’habitude était devenue invisible dans leur quotidien – et immanquable. Un train de vie comme un autre, au fond. Mais celui-là avait sa part de valeur. La preuve : chaque discussion qui les avait rapprochés ou opposés était gravée dans sa mémoire. Il ne les oubliait pas.


- C’était comment ?
- Quoi ?
- Ta première leçon en tant que maître. C’était comment ?
- Je ne m’en souviens pas.
- Menteur…
- D’accord. C’était un apprenti, un jeune homme totalement hors du temps et impossible à maîtriser. J’ai réussi à lui apprendre tout ce que je pouvais, excepté une chose : la soumission.
- Je suis ton premier élève ?
- Déçu ?
- Surpris.
- Ne leur montre pas que tu en es à ta première fois. Laisse-les s'imaginer ce qu'ils veulent, contente-toi d'être une légende. Eux, ils seront peut-être moins cabochards que toi…


C’était pratiquement sûr. Aucun autre Envoleur n’aurait pu dispenser l’enseignement de la voie du Chaos à Gil, à la place de Seren ; il l’aurait conduit à l’échec et se serait sans doute fait tuer. Logique, dans un duel maître/apprenti… Seren n’avait pas échoué. N’avait pas fléchi – jamais. Il s’était borné à se dresser contre la fureur vengeresse de son élève, avait pris son temps pour endiguer le flot des injures, des menaces, des colères. Puis l’élève avait démontré sa valeur. Seren avait continué de le traiter avec cette fermeté presque sadique, sinon décalée. Et Gil avait terminé sa formation avec succès, approuvé par les hauts-lieux du Domaine. De quoi repenser à la question du modèle…

Gil s’arrêta enfin de marcher, après des jours et des jours de voyage à pied. Laissant glisser le sac négligemment jeté sur son épaule à terre, il leva les yeux sur l’imposante muraille de pierre, formidable paroi infranchissable, œuvre titanesque de la nature qui accrochait le regard et coupait le souffle, laissant une impression saisissante de puissance incommensurable. Les Dentelles Vives. Tête penchée sur le côté, mains sur les hanches, Gil observa les courbes vertigineuses des pics, suivant du regard les défilés qui louvoyaient entre deux immenses cols enneigés, revint aux basses roches qui le défiaient de leur hauteur. Il ne releva pas. Ce n’était pas le moment de se lancer dans une folie de ce genre. Escalader les Dentelles ? Déjà fait – pas complètement, soit, et en tant qu’élève en fin d’apprentissage, mais déjà fait quand même. On lui avait dit que chaque escalade est unique. Qu’il faut les vivre pour voir la différence.
Il ne demandait que cela.

Longeant la paroi vertigineuse, Gil fit rouler quelques cailloux sous ses bottes. Il réfléchissait. Un mois qu’il avait quitté le Domaine. Seren avait dû prévenir et expliquer son absence, mais le temps filait comme un courant d’air entre ses mains. Il devait rentrer. Il avait déjà perdu assez de temps comme cela avec l’amazone et son petit qui avaient croisé sa route, au cœur des collines. Une étonnante rencontre qu’il ne regrettait pas. Le tueur de marchombre avait prouvé le soupçon d’innocence sommeillant toujours en lui, enfoui quelque part dans les tréfonds de son âme torturée. Il n’avouerait jamais que les grands yeux violets avaient su l’attendrir. Mais, dans la force et l’impérialité de la marchombre, il avait reconnu son père, et ça l’avait marqué – bien plus qu’il n’aurait su l’imaginer.

Alors, Gil se contenta de suivre la ligne montagneuse, comme l’aveugle suit le mur de sa main posée dessus ; les doigts soudés à la pierre, il suivit la piste tortueuse et rocailleuse qui jouxtait les monts vertigineux. Ses pensées volaient déjà vers le Domaine.

Pauvres apprentis.
S’ils savaient…




__________________________________________

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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Dim 17 Avr 2011, 11:06

Le soleil perça enfin la cîme des arbres d'Ombreuse. Ce n'était pas trop tôt. Non pas que la jeune femme avait peur des ombres, ou du noir, mais qu'elle avait décidément plus qu'assez de ne pas voir la couleur du ciel et les rayons chauds du soleil. Certes, on n'était qu'au printemps, mais déjà l'astre semblait décidé à leur faire subir un long été accablant de chaleur... Ce qui ravissait tout simplement Kaünis. Elle aimait le chaud, le brûlant, et le supportait bien plus que le froid et la glace. Même à quarante degrés, elle pouvait courir, sauter, elle avait encore de l'énergie à revendre, alors qu'avec une température avoisinant les zéros, elle se sentait tout simplement gelée, comme si la glace avait solidifié son sang dans ses veines. Elle avait les doigts qui gonflaient, les membres qui s'engourdissaient, et elle détestait cela...

Levant le visage vers un rayon de soleil qui venait s'aventurer près de la lisière de la forêt d'Ombreuse, elle soupira doucement. Où pouvait-elle aller ? Elle s'était rendue jusqu'au panneau d'affichage, une fois arrivée, et avait découvert le nom de son Maître. Un certain Giliwyn Sangrelune... Un nom qui ne lui disait absolument rien. Sa mère ne lui en avait donc pas parlé, lui semblait-il. Elle ferma les paupières pour profiter du soleil, avant de les rouvrir et de porter son regard vers l'horizon. Il n'y avait que des collines, de ce côté-là, les collines de Taj, avec plus au sud Al-Vor, au delà d'un petit fleuve qui menait jusqu'à une tripotée de lacs. Rien de bien intéressant, ou alors trop loin. Elle ne devait pas trop s'éloigner, pour pouvoir être au Domaine le plus vite possible, si jamais...

Elle ne pourrait pas le savoir par le saint esprit, si son Maître décidait de revenir le lendemain. Mais elle savait que son père attendait aussi impatiemment qu'elle le début de son apprentissage, et il serait au courant lui aussi, ne manquant pas de la prévenir. Un léger sourire se traça sur les lèvres de Kaünis.

* *

- Kaünis...  Tu es donc venue jusqu'ici, finalement.

La jeune fille se retourna vivement. Elle n'avait pas senti, ni entendu, son père arriver dans son dos, alors qu'elle fixait le panneau d'affichage à la recherche de son nom. Elle avait encore beaucoup à apprendre... Se tournant lentement vers son paternel, elle lui adressa un large sourire.

- Qu'est-ce que tu fais ici, Papa ?

- Je suis venu te voir. Je savais que ça te ferait plaisir.

- Oui...

- Alors, ce cours ? Et ce Maître ?

- Pas programmé pour l'instant. Un certain Giliwyn.

- Ha... celui-là...

- Qu'est-ce qu'il a ?

- Tu le découvriras par toi-même. Bon, j'ai du travail, on se reverra bientôt.

- Fais un bisous à Maman, et dis-lui que je pense à elle.


Voimakas hocha doucement la tête, un sourire tendre sur les lèvres. Il s'avança d'un pas vers sa fille, la prit dans ses bras un instant, déposant un baiser sur sa joue. Puis, se reculant en la tenant par les épaules, il glissa une de ses mèches noires dans son dos, derrière son oreille.

La lâcha.
Pour disparaître.

* *

Oui, elle ne doutait pas que son père saurait lorsque son Maître serait revenu, et ne manquerait pas de la prévenir. Après tout, n'avait-il pas été au courant de sa présence, alors qu'elle n'était arrivée que depuis quelques heures ? Il était vraiment bien placé, Kaünis en avait la certitude... Et voulait faire la même chose. Pas dans le même but, non, elle c'était pour dominer.

Et elle avait encore bien des choses à apprendre.

Son regard se posa sur l'immense chaîne de montagnes, à sa gauche. Les Dentelles Vives... Oui, pourquoi pas ? Elle pourrait ainsi l'entraîner à l'escalade, un peu, avant le cours. Et pas que. Prenant une grande inspiration, elle souffla, avant de partir dans un petit trot rythmé. Il fallait qu'elle courût. Parce que lorsqu'elle était arrivée au Domaine, épuisée, essoufflée comme un boeuf, sans énergie, elle aurait tout aussi bien pu se faire attaquer par les bestioles qui grouillaient dans Ombreuse. Elle avait eu de la chance, elle n'était tombée que sur une apprentie, Elya, à ce moment-là. Mais elle n'aurait pas toujours de la chance, elle le savait.

Alors, elle courait.
Les premières vingt minutes furent faciles. Le sol était régulier, plutôt plat, il n'y avait pas de difficultés majeures. Mais après ces vingt premières minutes, son souffle se mit à devenir plus irrégulier, son coeur à battre trop fort et trop vite, ses muscles à se tendre et se tétaniser sans raison, et surtout un point de côté détruisait son ventre. Mais il fallait qu'elle tînt ! Ralentissant toutefois, elle essaya de respirer plus profondément, plus régulièrement.

Un, un.
Deux.

Un, un.
Deux.

Inspiration, inspiration.
Expiration.

Au rythme de ses foulées.
Mais voilà, au bout d'une heure, à peine, elle n'en pouvait plus, et un terrible mal de tête l'assaillait. Décidant qu'il ne servait à rien de s'amuser à s'approcher de l'inconscience, Kaünis se mit à marcher, plutôt lentement, mais ne s'arrêta pas.

Les Dentelles Vives.
Effrayantes de verticalités, confondantes de hauteur, immenses blocs de roches disposés tout en longueur, partant du Lac Chen pour descendre presque jusqu'à l'Océan. Pourquoi ici ? Il y avait trop peu de passages au niveau des Dentelles Vives pour voyager tranquillement dans cette région, et entre la passe de la Goule et les Collines de Taj avec ses ogres, c'était un endroit qui n'inspirait pas forcément confiance.

S'arrêtant au pied des montagnes, Kaünis soupira doucement.
Son coeur commençait à reprendre un rythme normal, mais ce n'était pas encore tout à fait cela, et elle restait un brin essoufflée, sa respiration était encore un peu forte. S'avançant vers la roche, elle posa sa main sur cette dernière, fermant les yeux. Là où elle se trouvait, elle était dans l'ombre du bloc montagneux, et il ne faisait pas très chaud, un léger frisson parcourut sa peau.

Elle devait ne plus être du tout essoufflée avant de tenter d'escalader un peu ce piton rocheux. Oh, elle n'irait pas très haut, jusqu'à cette plateforme, là-bas, qui s'élevait à une dizaine de mètres du sol. Elle s'y reposerait, pour redescendre, cela serait déjà pas mal.

S'asseyant dos à la roche, elle ramenant ses genoux contre son torse, ferma les yeux un instant.

__________________________________________



"She is delightfully chaotic ; a beautiful mess.
Loving her is a splendid adventure
"

Steve Maraboli (alias Syles Rolling Eyes )
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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Lun 18 Avr 2011, 23:54

Elya avait finalement continué sa route vers le Sud, jugeant que de toute façon Dolce était un être humain et que lui aussi, comme les autres, aurait sans doute besoin de profiter du printemps. Alors il n'y avait pas de raison que elle ne puisse pas non plus sentir les rayons du soleil pénétrer les moindres de ses pores. Car c'est depuis qu'elle s'était rendue compte de ce qu'elle avait perdue en arrivant au Domaine, endroit sombre, lugubre et déprimant, qu'Elya appréciait d'autant plus les journées ensoleillées – comme celle-ci.

Aussitôt après avoir quitté cette fille ralliant le Domaine, Kaunis, Elya s'était remise en selle et avait filé, laissant Feu galoper joyeusement et librement. Il avait fallu une nuit pour traverser l'immense forêt de l'Ombreuse et au petit matin la jeune femme retrouvait avec grand plaisir la lumière du soleil. N'ayant pas dormi de la nuit, Elya fit ralentir Feu avant de trouver un petit bosquet. Elle se laissa donc glisser du dos de sa monture et l'attacha à arbre tout proche de peur de ne pas le retrouver à son réveil. Confortablement installée dans une herbe encore humide par la rosée matinale, le sommeil la happa. Un sommeil sans rêve. Un sommeil réparateur.

ΨΨΨ

Elya... tu n'as pas de réflexes.

Sans rire? Vous croyez? Vous aussi?


Ton corps te dit qu'il a été touché, d'une manière ou d'une autre.

Ah bon? Et comment?


ΨΨΨ


Un sommeil presque sans rêves. Car toujours une question la taraudait, résonnant dans sa tête. Comment? Mais Dolce avait fait naître une petite lueur d'espoir en elle. Certes elle ne ressentirait jamais la douleur, mais il existait toujours une possibilité d'anticiper. Oui mais comment? Voilà bien une énigme pour elle et sur laquelle elle allait devoir réfléchir pour le prochain cours.

Combien de temps avait-elle dormi? Elle ne le savait pas. En tout cas, le soleil était déjà bien haut dans le ciel. S'étirant souplement, tel un chat, il ne lui fallut pas deux secondes pour bondir sur ses pieds et remonter sur sa selle. Elya longea longtemps les rives du lac Chen qui était – il fallait le dire comme c'était – vraiment majestueux et imposant, incroyable, immense. Et tous les mots du monde ne serviraient sans doute pas à transmettre l'entière magnificence du lieu. Une véritable mer disait-on à travers l'Empire. A la fin de la journée, tranquillement mais sûrement, Al-Chen se dressait à l'horizon. Et cette nuit-là, Elya s'endormit dans un lit confortable. Qui pouvait savoir où elle serait le lendemain?

La jeune femme se leva avec l'aurore. Et après avoir exécuté quelques étirements pour éveiller ses muscles, elle se remis en route tranquillement. Elle ne tenait pas tellement à se presser pour rentrer au Domaine. Au contraire, plus elle s'en éloignait, mieux elle se portait. Comme si l'ambiance sombre et froid qui y régnait agissait sur son moral.

Le soleil était presque à son zénith lorsque Elya aperçu les Dentelles Vives se découper au loin dans le paysage. Son regard les caressa pensivement l'espace de quelques secondes. Et si…? La chaîne de montagne se dressait carrément sur sa route, alors pourquoi ne pas en profiter. Quoi de mieux qu'une petite ascension pour commencer la journée.

Imposantes, majestueuses, il n'existait sans doute aucun mot approprié – tout comme le lac Chen – pour décrire cette œuvre de la nature. Les Dentelles Vives dans toute leur splendeur s'étendaient devant Elya. C'est quand même fou qu'en vingt-cinq ans je n'ai jamais eu une occasion de profiter d'un tel spectacle. Et c'était pourtant vrai. Il avait fallu attendre qu'elle décide de devenir Envoleuse pour que Elya prenne enfin l'initiative de voyager et découvrir l'Empire. Descendant de sa selle, elle marcha pensivement le long de l'immense paroi, laissant sa main s'y balader librement. C'est alors que au loin, elle aperçut une silhouette. Non moins par inconscience que par curiosité Elya s'approcha de quelques mètres et à mesure que la distance se réduisait, plus cette silhouette lui était familière. Ces cheveux noirs, cette posture… qui cela pouvait bien être?

Kaunis!

Un éclair de lucidité lui traversa l'esprit. Mais oui bien sûr, voilà pourquoi la silhouette lui était tellement familière puisqu'elle n'était autre que Kaunis, cette fille qu'elle avait croisé quelques jours plus tôt dans la forêt de l'Ombreuse. Mais que faisait-elle dans le coin? Jugeant que elle l'avait sûrement déjà entendu car la discrétion n'était franchement pas son fort, elle s'approcha donc.

« Alors finalement tu es repartie?! »

Plus une affirmation qu'une question. Elya afficha un petit sourire malicieux avant de continuer.

« Déprimant l'endroit hein? »
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Ven 22 Avr 2011, 10:17

Il avançait, sa main contre la roche, le pas tranquille et léger. Une esquisse de sourire au coin des lèvres, une lueur d’amusement au fond des yeux, il laissait courir sa peau sur les aspérités rocailleuses, appréciant leur fraîcheur acérée, savourant la caresse d’une légère brise sur la peau nue de ses bras, se remplissant de silence et de plénitude la plus totale. Il louvoyait entre d’énormes blocs de roche, qui paraissaient n’être que des cailloux à côté de l’immensité vertigineuse des montagnes, comme s’ils s’en étaient détachés sous les assauts du vent ou bien de l’usure du temps. Les plus petits le surplombaient d’au moins trois mètres de haut et chacun, à la manière des nuages qui s’entortillaient dans le ciel, avait sa propre forme : tantôt pic élancé vers le soleil, tantôt masse arrondie et allongée comme un lit de pierre. Ces derniers invitaient tant à l’escalade qu’il se rapprocha d’eux. C’était un jeu. Les Dentelles contre sa volonté. La tentation contre la raison. Il était si proche de céder que la pression de sa main s’accentuait sur la roche couverte de mousse. Encore quelques pas et…

… il s’arrêta.
Tendit l’oreille.
Il lui semblait avoir entendu…

Gil haussa les épaules et reprit sa route. Quoi qu’il ait pu percevoir, cela n’avait rien à faire dans l’instant présent. Dans son instant présent. Dans son défi contre une famille de montagnes. Celle-ci l’avait emporté dès le moment où il avait décidé de s’en approcher ; d’ailleurs, le chemin qu’il empruntait était de plus en plus escarpé, au fur et à mesure qu’il s’engageait contre le flanc montagneux. L’on ne pouvait pas encore parler d’escalade, les premiers hauts murs ne s’élevant que plusieurs centaines de mètres plus loin. Mais une aussi belle aventure que l’ascension des Dentelles prenait naissance dès la première pointe d’envie de s’y lancer.
Seren allait criser.

Sans se départir de son léger sourire, Gil s’arrêta pour enfiler ses gants d’archer. En les tirant de la large ceinture, ses doigts frôlèrent la flûte qui y était glissée. Presque aussitôt, l’envie de jouer quelques notes se joignit à celle de danser sur les parois rocheuses qui lui faisaient face, envie qu’il réprima en se remettant en route. Ce n’était ni le lieu, ni le moment pour s’imprégner de musique. L’appel des montagnes brisaient le silence de son cœur, l’empêchant de percevoir ce chant intérieur qui lui venait de la berceuse d’une femme. S’il ne l’entendait pas, il lui était impossible de jouer, qu’il en ait envie ou non. Pour l’heure, c’était le monde qui chantait, sous ses pieds, dans l’air, autour de lui. Il en devinait l’écho vibrant, que l’on appelle aussi vent.


- Qu’est-ce que tu fais ?
- J’écoute.
- D’accord, mais tu écoutes quoi ?
- Tu le saurais si seulement tu parlais moins, jeune homme.
- Tu écoutes quoi ?
- Le murmure des anges.
- … je n’entends que le vent.
- C’est le murmure des anges.
- J’ignorais que les envoleurs y soient sensibles…
- Tu ignores beaucoup de choses.


Il y avait, dans ce qu’était devenu Gil, un peu de Seren. Quoi qu’il s’échine à le nier, l’envoleur n’était pas comme les autres membres du Domaine. C’était le seul qui ait accepté de le former, en dépit de son mépris prononcé pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à de l’autorité. Il n’avait jamais parlé à Seren du drame de sa vie, mais il l’avait souvent soupçonné d’en savoir plus son passé qu’il ne le laissait à penser. Comme il le soupçonnait, aujourd’hui, de feindre l’étonnement quant à sa nomination au rang de maître. Gil réajusta son carquois sur son épaule. Il ne s’approchait pas vraiment des hauts murs pour l’instant, mais le simple fait d’avoir passé ses gants scellait l’escalade qui n’allait pas manquer de suivre, prolongeant d’une ou deux journées de plus son absence au Domaine. Et tandis qu’il prenait un peu de hauteur, louvoyant entre les rochers et les buissons épineux qui poussaient à leur pied, les traits de l’amazone lui revinrent en mémoire. Yeux violets, belles formes, belle âme. Il l’imaginait sans peine ondoyant sur les pentes vertigineuses des Dentelles, défiant le vide autant que l’effort. Marchombre et libre, elle n’aurait pas hésité une seule seconde.

Il n’était pas marchombre.
Il n’était pas mercenaire.
Mais il était libre.

Gil s’arrêta et s’accroupit, lentement.
Ferma les yeux.
Une présence. Deux. Féminines. Proches. Derrière ce pan de roche qu’il s’apprêtait à dépasser.
Rouvrant les paupières, le jeune homme fit rouler les muscles de son cou en tournant la tête à droite, puis à gauche. Il n’avait pas du tout envie d’aller les voir, encore moins de les contourner, qui que cela puisse être. Mais voilà, elles étaient sur son chemin. Il était d’accord pour laisser une montagne le détourner de sa destination, mais pas une femme. Ni même deux. Levant les yeux, il observa un instant les lourds nuages qui s’amoncelaient, voilant le soleil pour ne laisser filtrer que quelques uns de ses rayons. D’ici peu il allait pleuvoir, pas vraiment le temps idéal pour la grimpette.

Envoyant valser d’une pichenette l’insecte venu se poser sur son bras, Gil se redressa et se remit en mouvement. Il était désormais silencieux, plus silencieux que le plus silencieux des chats et, lorsqu’il se coula contre le battant de roche qui formait comme un gigantesque rideau de pierre, rien n’aurait pu trahir sa présence. Un coup d’œil, un soupir. Deux gamines en train de discuter. Il ne se demanda même pas ce qu’elles pouvaient faire dans un tel endroit, éloigné de plusieurs lieues de la bourgade la plus proche. Tout ce qui importait, c’était qu’elles étaient sur son chemin. Nouveau soupir. Il allait se lancer dans l’escalade plus vite que prévu, alors. Les morceaux détachés de roche étaient bien moins espacés car plus proches du versant accidenté. S’il se hissait sur celui-ci, il n’aurait qu’à sauter deux ou trois fois avant d’atteindre un premier mur. Gil inspira profondément. L’air sentait la pluie. S’il voulait atteindre une première cavité avant de se faire tremper par la saucée promise par le ciel, il avait plutôt intérêt à ne pas tergiverser davantage. Ouvrant les mains, il étira ses doigts, une fois, deux fois, puis les posa sur la roche. Commença à grimper. Sans aucun bruit.

Parvenu au sommet du bloc, qui devait faire à peu près quatre ou cinq mètres de haut, il s’accroupit, moins pour dissimuler sa présence que pour observer les deux filles en train de bavasser. L’une avait une crinière de feu, l’autre des cheveux d’un noir d’encre. Gil plissa les yeux. Il avait dit gamine ? Vue d’ici, la rouquine dégageait quelque chose de plus mûr. D’adulte. Elle portait un masque sur lequel venaient se refléter les derniers rayons du soleil. Etonnant. L’envoleur haussa les épaules, se retourna et reprit son escalade. Qu’elles l’aient repéré ou non, cela n’avait plus d’importance. Rien n’avait plus d’importance.
Il grimpait.


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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Lun 09 Mai 2011, 00:07

Silence...

Apparemment, Kaunis n'était pas d'humeur bavarde, pas du tout même. Tant pis alors! Elya n'attendit pas plus longtemps après une réponse qui ne viendrait pas. Si la jeune femme était de nature plutôt amicale, et de surcroît une emmerdeuse née, elle n'aimait cependant pas tellement jouer les « pots de colle ». De toute façon, si finalement Kaunis voulait un peu de compagnie, elle la rattraperait bien assez rapidement. Non pas qu'elle ait tout son temps, mais Elya ne tenait pas vraiment à se dépêcher pour rentrer au Domaine où aurait lieu son prochain cours. L'endroit lui fichait la chair de poule. Pourtant elle avait eu le temps de s'y habituer quelque peu avant de commencer sa formation. En tout cas, une chose était sûre, une fois Envoleuse, Elya s'appliquerait sûrement à mettre le plus de distance possible en ce lieu sinistre et elle-même. Paradoxal pour quelqu'un qui n'avait jamais apprécié plus que cela la douce lumière du soleil!

Elya leva la tête, son regard attiré par un mouvement. Cependant, elle n'aperçut que le gris sombre et menaçant des nuages flottant dans le ciel. Un premier grondement sourd retentit alors qu'un éclair fendait l'horizon au loin. La jeune femme grimaça à l'idée de la saucée qu'elle allait prendre. Au moins je ne serais pas toute seule! Elya avait perçu un autre mouvement, au-dessus d'elle. Elle en était certaine à présent, elle était suivie. Par quoi? Elle l'ignorait, mais quoi que ce fut, ça ne faisait pas grand chose pour cacher sa présence.

Jugeant qu'il était beaucoup trop tard pour redescendre, Elya continua à longer l'étroit passage à flanc de montagne. Le tonnerre grondait méchamment et bientôt la pluie tomberait averse. Un léger crachin perlait déjà sur sa peau. Ce n'était pas très recommandé d'entamer l'ascension des Dentelles Vives en plein orage, mais Elya ne s'était pas douté au réveil que le temps se dégraderait à ce point. Tant pis, la prochaine fois elle serait plus prévoyante! De tout façon il était trop tard pour reculer. Au fur et à mesure qu'elle avançait, le chemin se rétrécissait considérablement. La jeune femme chercha la meilleure prise pour commencer l'ascension.

Elle la trouva rapidement. Pas trop glissante, pas trop grande. Une prise parfaite. Ses doigts crochetèrent donc l'interstice qu'offrait la paroi particulièrement abrupte. Et comme un réflexe, le reste de son corps suivit le mouvement ascendant. La présence était toute proche et Elya avait plus que jamais l'impression de se sentir observée. Dès qu'elle aurait pris un peu de hauteur, elle en saurait certainement plus sur « l'autre ».

La pluie tombait averse à présent. Le tonnerre alliait son grondement tonitruant à la lumière presque aveuglante des éclairs qui zébrait le ciel. Elya se concentra au maximum. Voilà qui était une situation réellement périlleuse. Les prises étaient de plus en plus glissantes, tandis que la pierre s'effritait considérablement. Cependant, la jeune femme sourit malgré elle, comme un nouveau défi à la mort. Voyons si tu oseras venir me chercher jusque-là! Évidemment, à son grand désespoir, ce pas non plus aujourd'hui qu'elle réussirait à connaître la douleur. A vrai dire, elle ne la connaîtrait jamais. Cette fichue maladie avait ses bons côtés comme ses mauvais!!

En levant la tête, Elya perçut une sorte de petite cavité située à une vingtaine de mètres au dessus de d'elle. Avec un peu de chance, elle serait assez grande pour qu'elle puisse s'y glisser et attendre la fin de l'orage avant de reprendre l'ascension des Dentelles. Sa main vint agripper une étroite faille verticale et ce qui devait arriver arriva. Elle dérapa et ne chuta que de quelques mètres sa main se coinçant au niveau du poignet dans une interstice étonnamment étroite de l'immense faille verticale qu'elle avait abordée quelques minutes plus tôt. Dans un réflexe, elle ferma les yeux. Mais elle ne hurla pas. Sous l'effet de la frayeur, aucun son n'avait pu sortir de sa bouche. Elle attendit tout contre la paroi que les battements effrénés de son cœur ralentissent avant de recommencer à grimper. Enfin, d'essayer de recommencer à grimper… Car elle remarqua, dépitée, que sa main était fichtrement bien coincée. Elle lutta avec toute l'énergie du désespoir pour essayer de se dégager, sans y parvenir. Alors elle replia les jambes. Et ne bougea plus.

Les cheveux dégoulinant dans son dos, grelotant presque de froid, Elya éclata de rire. Elle rit nerveusement. Voilà qui tombait à merveille!!
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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Lun 16 Mai 2011, 20:43

Peut-être s'était-elle endormie...
Non, pas peut-être. Elle s'était endormie. Ce fut la voix d'une jeune femme qui la sortit de son rêve, rêve où couleurs et sons, sensations grisantes, se mêlaient et s'entremêlaient, sans queue ni tête, sans réel sens, mais tellement joyeusement... Ce fut une voix qu'elle connaissait, qui lui était presque familière, qui la tira de cet endroit si doux et confortable. Une voix... Elya !

Ouvrant une paupière, puis l'autre, Kaünis se maudit intérieurement. Quelle idée de s'endormir dans un endroit pareil ! Elle devait être suicidaire inconsciemment, ce n'était pas possible autrement. Et encore, elle avait de la chance, c'était quelqu'un qu'elle connaissait qui était passée près d'elle, et qui s'était adressée à elle, la réveillant du même coup. Si cela avait été un homme mal intentionné, elle ne s'en serait pas aussi bien sortie... Et encore. Mettant un peu trop de temps à répondre à Elya, encore toute endormie, à moitié dans le coaltar, elle vit la jeune femme commencer à escalader la roche...

Hé ! Mais c'était son idée ça !

Secouant vivement la tête, Kaünis releva les yeux vers la silhouette de la jeune apprentie Envoleuse, qui s'élevait avec quelques hésitations, mais quand même bien à l'aise. Elle voulut lui parler, mais le moment était peu adéquat : si elle la déconcentrait et qu'elle tombait, cela sera sa faute, et elle n'était pas prête à prendre la responsabilité de cela. Préférant ainsi se taire, Kaünis prit une grande inspiration, avant de poser ses propres paumes de main sur la roche verticale. Se relevant lentement, elle inspira profondément, avant de sourire seule.

Elle commença à monter.
Ne comptait que sa propre progression. Un pied, une main, une main, un pied. Encore et encore. Elle y arrivait, lentement, mais sûrement. Levant parfois les yeux pour pouvoir appréhender la suite des évènements, elle voyait la silhouette d'Elya qui s'élevait elle aussi, parfois plus vite qu'elle, parfois plus lentement. Mais globalement, elles avaient le même rythme, toutes les deux. Kaünis avait appris à escalader dès son plus jeune âge : elle s'amusait même à grimper sur le toit de leur maison, quand elle se disputait avec ses parents, pour leur plus grande exaspération !
Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la jeune fille.

L'orage grondait au dessus d'elle, elle le sentait arriver, avec ses gros sabots. L'humidité dans l'air était de plus en plus forte et lourde, et bientôt un léger crachin vint se déposer sur sa peau crasseuse de la sueur de sa course précédente, humidifiant ses vêtements. Sa chemise en lin blanc devint plus lourde, se colla à sa peau, à sa poitrine menue, sur sa taille, alors que ses cheveux venaient se glisser au dessus de ses paupières, humides aussi, s'immiscer contre sa nuque... Un frisson désagréable la traversa de part en part, alors qu'un caillou venait heurter son avant-bras violemment, faisant fuser un pic de douleur qui remonta le long de son bras jusqu'à son épaule... elle en aurait presque lâché sa prise !

Fronçant les sourcils, la jeune femme releva la tête vers le sommet du pic. La combe qu'elle avait repérée du bas n'était plus très loin, à peine dix mètres, mais ce n'était pas de là qu'arrivait ce petit rocher qui l'avait percutée : en effet, Elya semblait être en très mauvaise posture. Prenant une grande inspiration, Kaünis essaya de détendre les muscles de ses bras et de ses jambes, avant de continuer à monter, pour arriver à la hauteur de la jeune femme.

- Elya...?

Montant un peu plus, elle vit alors que sa camarade avait un poignet coincé entre deux pics saillants de la montage. Une grimace de douleur passa sur le visage de Kaünis en voyant cela. Frémissant toute seule, les cheveux plaqués contre son front, les doigts trempés et glissant sur la roche, elle essaya de se décaler pour tendre sa main vers Elya, qu'elle pût la saisir pour réussir à se remonter et se dégager d'elle-même.

Un frissons parcourut le dos de Kaünis quand elle sentit un regard dans son dos, mais elle ne lâcha pas prise. Ses doigts, crispés sur les anfractuosité, les épaules tendues à craquer, les orteils agrippés à de petits rochers.
Elle ne tiendrait pas longtemps...

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Mar 17 Mai 2011, 19:25

Gil grimpait toujours.
Au-dessus de lui, le ciel s’assombrissait à tel point que la pierre, sous ses doigts gantés, changeait de teinte au gré de la luminosité déclinante ; de vert-de-gris, elle devint presque aussi sombre que les nuages gonflés d’eau. L’air était chargé d’électricité et au loin, le roulement sourd du tonnerre trouvait déjà un curieux écho dans les hautes montagnes. L’orage arrivait. Passé la chaleur écrasante qui avait accueilli le début de la journée, le vent qui se leva soudain était le bienvenu, tout comme l’odeur de pluie qui annonçait cette dernière comme une promesse. Elle aussi serait la bienvenue. Lorsque Gil se retourna pour balayer la plaine du regard, un bras tendu pou assurer sa prise et l’autre posé nonchalamment sur sa cuisse, il constata à quel point la nature avait besoin d’eau. Le printemps n’était pas installé depuis une lune que déjà, l’herbe jaunissait, asséchée par un soleil et une chaleur trop intenses. Cet orage était donc attendu, mais s’il était trop bref, si l’averse qui allait s’abattre d’un instant à l’autre sur la terre assoiffée, alors il faudrait attendre un nouvel orage, une nouvelle pluie pour que la plaine retrouve sa couleur d’il y a quelques semaines…

L’envoleur fronça les sourcils. De la plaine jaunie, son regard avait glissé jusqu’à la roche sombre, sous ses pieds, pour s’arrêter sur les deux silhouettes accrochées à la paroi telles deux sangsues malvenues. Cette grimpe était la sienne, il n’avait aucune envie de la partager avec quiconque, même s’il avait conscience que les Dentelles n’appartenaient à personne. Mais c’était son versant, et il gronda tout bas en songeant qu’elles auraient tout de même pu en trouver un autre. Détournant le regard, il reprit son ascension, persuadé qu’en poussant un peu son allure, il pouvait aisément les distancer. La bruine qui l’enveloppait s’infiltrait par son col et rendait la roche glissante ; pas une seule fois il ne dérapa ni ne ralentit. Il y avait bien longtemps qu’il était rompu à ce genre d’exercice, bien longtemps que les dangers de l’escalade ne l’impressionnaient plus guère. Une fois, alors qu’il n’était l’élève de Seren que depuis trois mois, il avait raté une prise alors qu’il suivait son maître sur les pentes verticales d’une falaise abrupte de l’est. Il s’était écrasé quelques mètres plus bas et en avait été quitte pour une entorse des cervicales, mais ce qui l’avait le plus étonné, c’était la réaction de Seren ; le temps de sa chute, qui lui avait semblé terriblement longue, son maître n’avait pas bougé. Gil lui en avait voulu.

C’est peut-être pour cette seule raison qu’il se figea soudain contre la paroi. Un brouillard de mauvaise augure était tombé depuis le sommet des Dentelles et rendait invisible le ciel qui se déchira enfin au-dessus de lui. Le tonnerre se mit à rugir tel un lion affamé, se répercutant dans les montagnes pour laisser croire qu’il était partout à la fois. Sous ses doigts, Gil pouvait sentir la pierre vibrer doucement, ronronnement tant improbable qu’électrisant. Ce n’était pourtant pas cela qui l’avait interrompu. Tournant la tête, il sonda du regard l’épais manteau gris qui descendait toujours plus bas. Il ne voyait rien mais quelque chose n’allait pas, il le sentait. Les filles avaient un problème.

Il aurait voulu simplement hausser les épaules et reprendre son ascension. Défier les éléments jusqu’à trouver une cavité dans la roche, une enclave capable de l’abriter en attendant une accalmie. Mais voilà, accroché à la roche humide, suspendu au-dessus du vide, Gil était incapable d’esquisser le moindre mouvement. Elles avaient besoin d’aide, il en était certain à présent que l’écho d’une sourde angoisse lui parvenait selon le sens du vent. Et il y avait trop longtemps que Gil avait oublié comment tendre une main secourable. Levant les yeux, il devina l’ombre d’une crevasse entre deux filets de brume. Il pouvait l’atteindre en moins d’une demi-heure et s’y tenir le temps que l’orage passe. Ensuite, il n’aurait qu’à poursuivre son escalade, jusqu’à ce qu’il en ait son compte – jusqu’à ce qu’il se souvienne qu’il était attendu au Domaine.
Ou il pouvait redescendre.

Gil frissonna soudain, mais moins de froid que d’amertume, et un pâle sourire creusa un pli dans sa joue. Le choix qui se posait à lui était à la fois très simple et incroyablement complexe. Simple, parce qu’il n’y avait qu’à s’imaginer l’une des filles – voire les deux – en bas des roches, le corps disloqué sur les arêtes coupantes ; et complexe, parce que prendre un tel choix que celui d’abandonner son escalade donnait lieu à mille autre possibilités. Il pouvait glisser pendant la descente. Déjà, il pouvait entendre la pluie qui battait le flanc des Dentelles, à seulement quelques mètres de lui. Et en imaginant qu’il les ramène entières sur la terre ferme, que se passerait-il, ensuite ? Le laisseraient-elles en paix ou bien, comme il le craignait, ne le lâcheraient-elles plus d’une semelle ? Voilà, le choix était là. Descendre et prendre le risque de multiplier les possibles de son avenir, ou continuer à monter et rendre possible, du moins probable, un accident fatal.

- Et merde.

Prudemment, il commença sa désescalade. Gil n’aimait pas les choix, en particulier ceux qui sacrifiaient obligatoirement quelque chose – ou quelqu’un – d’important à ses yeux, et bien souvent, il cherchait l’issue de secours. Tous les choix n’en comportaient pas, comme celui-ci ; sans demi-mesure, il était bien obligé de trancher. Alors il faisait cela comme un joueur de dés qui s’en remet à la chance : sans réfléchir, les yeux fermés, il avait laissé une autre force que la sienne, l’instinct peut-être, choisir à sa place. Ses bras s’étaient tendus, il avait baissé sa jambe gauche, rouvert les yeux, observé rapidement les prises qui s’offraient à lui… il avait fait son choix. A contre cœur, aussi espérait-il sincèrement qu’il s’agissait du bon. Une galère n’allant jamais seule, la pluie choisit cet instant précis pour tomber, alors qu’il entamait une descente pour le moins périlleuse avec ce brouillard qui réduisait considérablement la visibilité. Ce n’était pas une petite bruine, mais une averse brutale de gouttes grosses et froides. La roche n’en fut que plus glissante, l’obligeant à redoubler de concentration pour ne pas déraper. Il ne voyait toujours pas les filles et le vacarme de la pluie, doublé de celui du tonnerre, l’empêchait de se fier à son ouïe. Il n’avait plus qu’à se souvenir du dernier endroit où il les avait aperçues, et espérer qu’elles y étaient encore, pour les rejoindre rapidement.

La pluie martelait son crâne et son dos, trempaient son tabard et gelait ses bras nus. Les mèches rebelles qui retombaient devant son visage dégouttaient dans ses yeux. Il ne prit pas la peine de les rabattre en arrière, préférant garder ses deux mains sur la roche plutôt que de se tuer aussi bêtement. Et puis soudain, il les vit. Ou plutôt, il devina une forme sombre à travers la brume épaisse et froide, et il se demanda s’il avait été si rapide que cela, en dépit des conditions peu amènes, ou si les deux filles avaient finalement réussi à prendre pas mal de hauteur ; il était surpris de les avoir rejoint si vite. Mais au-dessus de lui, le tonnerre gronda et un morceau de roche dégringola, accompagné d’une multitude de cailloux plus ou moins gros, l’obligeant à se plaquer contre la paroi et à rentrer la tête dans les épaules. Passée cette petite avalanche rocheuse, il se décala sur la gauche. Les ombres se dessinaient de plus en plus nettement dans cet univers de gris qui, toutes les dix secondes environ, s’éclairait vivement de blanc sous l’effet des éclairs qui traversaient le ciel. On aurait presque dit que les deux silhouettes – car il en distinguait désormais bien deux – clignotaient avec intermittence dans le brouillard.

La pluie battante l’empêchait toujours de les voir avec précision lorsqu’il les atteignit enfin, mais il reconnut la rouquine à son masque et, entre cette dernière et lui, la gamine aux cheveux noirs. Ni l’une ni l’autre ne bougeait ; aplaties contre la roche, trempée et visiblement transies, elles ne s’étaient pas encore aperçues de sa présence. Et pour cause de ce manque d’attention, le bras de la rouquine, apparemment coincé au niveau du poignet. Gil ne perdit pas de temps à crier pour capter leur écoute – un seul mot de sa part, et elles risquaient de tomber sous le coup de la surprise. Mais la fille aux cheveux noirs le gênaient, et puisqu’il ne pouvait pas la déloger autrement qu’en la faisant basculer dans le vide – une idée qui traversa son esprit à la vitesse d’un éclair, comme ceux qui illuminaient la brume, mais qu’il rejeta aussitôt – l’envoleur choisit une autre option. Sans prendre le temps de vérifier avec certitude qu’il ne risquait pas de déraper, il porta la main gauche à ses lèvres et se servit de ses dents pour ôter le gant, qu’il coinça dans sa ceinture. Sa main droite subit le même sort. A la merci de la roche coupante, ses doigts crochetaient toutefois mieux les anfractuosités et les aspérités, et surtout, elles lui assuraient une meilleure prise sous la pluie. Ceci fait, il contourna les deux filles, passant sous elles pour remonter à la gauche de la rouquine. Et malgré l’urgence de la situation, il ne put s’empêcher de noter que son masque étincelait curieusement dans la grisaille étouffante de la brume.

Sans un mot, il passa un bras autour de ses épaules afin de resserrer les doigts sur la manche de son bras et tirer. Raclant la pierre jusqu’à en saigner, la peau de sa main finit par glisser sous la pression. A point nommé, car l’autre fille, la plus jeune, peinait visiblement pour rester immobile. Sans lâcher la fille au masque, Gil jeta un coup d’œil en contrebas et jura intérieurement en constatant que le brouillard était toujours là. Il ignorait donc à quelle hauteur ils se trouvaient, et descendre avec deux novices en la matière tenait trop de la folie pour qu’il ne soit tenté d’essayer. Mais sur la gauche, il lui sembla deviner un renfoncement dans la paroi. Possible qu’il ne s’agisse que d’une ombre dans la brume, dont le teintes grises variaient beaucoup, mais il préférait encore cette option.

- A gauche, en haut. Suivez-moi.

Gil avait jeté l’ordre en élevant la voix pour se faire entendre et, sans s’assurer qu’elles le suivaient bien, il commença à grimper. Il n’en avait pas besoin. Si elles voulaient avoir une chance de se tirer du mauvais pas dans lequel elles venaient de se fourrer, elles n’avaient pas d’autre choix que de serrer les dents et grimper. Après tout, c’est bien pour grimper qu’elles avaient fait tout ce chemin, non ?a

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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Ven 20 Mai 2011, 12:18

Flic, floc
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La pluie tombait toujours averse, battant inlassablement les flancs des Dentelles Vives sous un ciel sombre et brumeux, seulement éclairé par les éclairs zébrant le paysage à intervalles régulières. Et elle, Elya, était toujours là, prisonnière d’une montagne capricieuse. Aplatie contre la paroi, les cheveux gouttant dans son dos et grelottant presque de froid, la jeune femme avait cessé de se battre inutilement, ou du moins de manière inefficace. Car ce n’était pas en tirant sur son bras coincé dans la roche, opposant une force trop inégale à la montagne – géant de pierre qu’il ne fallait pas espérer vaincre de cette façon – se déboîtant l’épaule au passage, qu’elle parviendrait à se dégager de ce piège. Oui, elle s’était déboîté le bras en se débattant comme une folle. Elle le sentait, à l’intérieur d’elle. Non pas qu’elle ait mal, elle n’en connaîtrait même jamais la définition de ce terme, mais plutôt elle le sentait. Le moindre mouvement qu’elle esquissait lui donnait l’impression de remettre en route un vieil engrenage rouillé. Alors Elya pensa, en un éclair de lucidité, aux paroles de Dolce. Il voulait donc parler de ce genre de sensations. Finalement, il n’avait peut-être pas tort. Peut-être bien qu’elle pouvait être capable de percevoir ses limites, choses qu’elle n’avait jamais su faire auparavant. Cette sensation était vraiment nouvelle pour la jeune femme et elle remercia intérieurement l’Envoleur, son maître.

Mais pour l’heure, il y avait réellement plus important que de se poser des questions, ou plutôt les mauvaises questions. Il fallait qu’elle se libère par n’importe quel moyen. Alors qu’elle réfléchissait à toute vitesse, Elya se rappela du poignard qu’elle portait à sa ceinture. Poignard que Dolce avait donné à chacune de ses apprenties lors du premier cours, d’une manufacture absolument magnifique, et qui allait certainement s’avérer très utile dans les prochains instants. La jeune femme porta la main à son côté, sortant la lame de son fourreau d’un geste souple. Elle n’était plus agrippée à la paroi. De toute façon, tant qu’elle était prisonnière de la roche, elle ne risquait pas vraiment de s’écraser, là, en bas, sur les arêtes coupantes. Alors autant essayer de faire ce qu’elle pouvait avec l’arme providentielle. Concentrée à l’extrême, cherchant comment elle pouvait bien utiliser le poignard, Elya n’avait ni vu, ni entendu la silhouette familière de Kaünis se hisser à son côté. Et c’est dans un sursaut, qu’elle remarqua la main tendue de la jeune fille lui proposant son aide. Elle croisa son regard, tâchant de calmer les battements de son cœur, et s’essaya à un peu d’humour, pourtant peu propice à ce genre de situation.

- « Préviens, la prochaine fois que tu débarques… »

Mais Elya reprit immédiatement son sérieux, fixant incrédule la main toujours tendue de son amie. Or, Kaünis, tendue à l’extrême, peinait à rester immobile sur la paroi abrupte et Elya avait parfaitement conscience qu’il faudrait une force plus important que celle de deux jeunes, femmes à moitié épuisées, pour la libérer de la montagne. Alors Elya n’hésita pas longtemps avant de refuser l’offre, lâchant un « Montes ! Je me débrouillerais ! », et d’un signe de tête indiqua à la jeune fille la cavité qu’elle avait repéré quelques minutes plus tôt. Et elle lui adressa un sourire, comme une promesse faites autant à Kaünis qu’à elle-même. Elle se dégagerait coûte que coûte par n’importe quel moyen. Même s’il fallait qu’elle creuse la roche pendant des heures. Même s’il fallait qu’elle… S’arrache la main, idée qui la traversa l’espace d’un instant mais qu’elle réfuta aussitôt. A quoi ça lui servirait de toute façon ? Encore une expérience ? Sauf que, dans cette situation, l’ascension des Dentelles Vives sous la pluie était plutôt peu conseillée, alors avec une main en moins, ça relevait carrément du suicide. Mais si elle énumérait les solutions qui s’ouvraient à elle avec ce poignard, c’était finalement l’option qu’elle pouvait choisir en cas d’ultime nécessité. Mais avant de même songer à le faire vraiment, Elya glissa la lame, juste assez solide pour supporter un poids de plusieurs centaines de kilos, et s’en servit, prudemment, comme levier. Cependant, le poignard ne faisait que glisser sur sa peau, la blessant encore plus. Et c’est non sans une certaine boule d’angoisse, qu’elle remarqua que Kaünis était toujours là, à côté d’elle, comme tétanisée sur la paroi. Elya ne savait pas trop ce qu’elle attendait, mais elle ne pourrait pas tenir éternellement. Et la jeune femme n’était pas sûre, ni de pouvoir la rattraper, ni d’en avoir la force. Elle réessaya, encore une fois, de se servir de l’arme comme levier avant d’abandonner bien vite et changea de méthode, commençant à creuser la roche par des petits coups réguliers. Et la roche restait inchangée au fur et à mesure qu’elle tentait tant bien que mal de se libérer. Retenant un hurlement de rage qui pourrait surprendre Kaünis et la faire tomber dans le vide, la jeune femme lui jeta un regard un biais. Elle était toujours là, immobile. Pestant intérieurement, Elya empoigna fermement le manche du poignard et focalisa toute son attention sur le tranchant de la lame. Une lueur folle brillait dans ses yeux.

Un mouvement sur sa gauche la fit sursauter pour la deuxième fois de la journée. Décidément, ce versant des Dentelles Vives semblait sacrément fréquenté. Qui pouvait bien venir en aide, cette fois, à la demoiselle en détresse qu’elle était ? Rangeant l’arme dans son fourreau et croisa le regard du nouveau venu. Des yeux vairons, c’est tout ce qu’elle remarqua avant qu’il n’agrippe sa manche, passant un bras autour de ses épaules, et commence à tirer pour essayer de la dégager de ce piège. Et elle, elle se figea, de peur de le déconcentrer, ou pire encore, de le faire basculer dans le vide, idée qui lui glaça le sang. De fait, elle chercha seulement à s’assurer une meilleure prise, se préparant à reprendre l’ascension. Du moins, jusqu’à la combe qu’elle avait aperçue avant de se retrouver coincée. Il ne fallut pas longtemps pour que l’homme parvienne à la dégager de ce piège. Elya attendit que l’homme, qui venait généreusement de la sortir d’un sacré pétrin, voire de la sauver, se soit un peu éloigné avant d’esquisser de nouveau le moindre mouvement. Et avant même de recommencer à grimper, s’assurant une prise stable et peu glissante, elle agita sa main libérée tâchant tant bien que mal de relancer la circulation qui avait été coupée depuis un bon bout de temps. Elle ne tarda cependant pas de prendre la suite de l’homme qui avait lui aussi repéré la cavité un peu plus haut sur la gauche. Il ne fallut pas longtemps, malgré une main tailladée, un poignet en charpie et une épaule déboîtée pour parvenir à se hisser là-haut. Elya fut soulagée de constater que le renfoncement était assez important pour tous les accueillir jusqu’à la fin de l’orage. Assise, les jambes dans le vide, elle attendit Kaünis et l’aida à se hisser à son tour dans cette combe avant de se tourner vers l’homme au regard vairon – qu’elle trouvait d’ailleurs particulièrement captivant.

- « Merci »

Et après ? Il venait certes de la sauver, mais une fois l’orage terminé, ils reprendraient, les uns comme les autres, leur route, chacun de leur côté. Alors à quoi bon lui déballer un discours grandiloquent et inutile. Elle voulait juste lui signifier sa reconnaissance, et elle venait de le faire.
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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Ven 20 Mai 2011, 20:06

Kaünis eut un sourire d’excuse à l’intention d’Elya, qui venait de sursauter lorsqu’elle l’avait enfin vue. Mais même en sursautant, elle n’avait pas décroché son poignet de l’entrave de la roche, ce qui montrait qu’elle était vraiment bien coincée… A nouveau, une grimace passa sur le visage de la jeune femme, qui avait mal pour sa compagne. Mais à part cette main tendue, elle ne pouvait rien faire, et à dire vrai, elle n’allait pas tenir longtemps. Ce n’était pourtant pas pour autant qu’elle abandonnerait son amie sur ce versant des Dentelles Vives ! Et puis quoi encore ? Elle n’était pas comme ça, loin de là. Et même si Elya la suppliait, elle ne la laisserait pas…

Pourtant, ses avant-bras étaient trop tendus, à craquer, et presque tétanisés par l’effort, ses genoux jouaient des castagnettes entre eux et contre la paroi. Voulant inspirer pour se détendre un peu, en tout cas amener l’oxygène nécessaire à ses muscles, la jeune femme sentit un point de côté la prendre, et en gémit presque. Non, cela n’allait pas ! Mais comment allaient-elles s’en sortir ? Y avait-elle une seule chance qu’elles pussent continuer, ou monter, ou descendre ? A dire vrai, la descente semblait plus que compromise : elles étaient plus proche de la combe dans la paroi...

Une silhouette, toute floue, à peine visible, passa sous les pieds de la jeune femme, qui fronça les sourcils. Déjà, la silhouette était aux côtés d’Elya, et lorsque Kaünis vit l’homme, parce que c’était bien un homme, saisir l’apprentie sous les aiselles pour la dégager, un soupir de soulagement franchit ses lèvres. Ne se faisant dorénavant pas prier, parce qu’Elya s’était aussi déjà élancée, et parce que son corps était en train de lâcher prise, elle ne fit pas attention à l’ordre donné par cet inconnu et grimpa.

Il ne leur fallut pas beaucoup de temps pour être enfin à l’abri, et le dernier effort de Kaünis fut soutenu par la main amicale d’Elya. Un éclair zébra le ciel, suivit presque immédiatement par un coup puissant de tonnerre, qui fit rentrer la tête dans les épaules à la jeune femme. Son regard passa sur Elya, et elle lui adressa un léger sourire.

- Comment tu te sens ?

Question stupide, certes. Si cela avait été Elya qui la lui avait posée, elle aurait répondu « humide ». En effet, complètement détrempée plutôt, d’ailleurs, ses longs cheveux noirs dégoulinaient dans son dos, et sa chemise... elle n’aurait pas été là, cela aurait été la même chose. Ses vêtements étaient pourtant bien plus lourds qu’à l’accoutumée, l’eau coulait sur son visage. Pourtant...

Pourtant, elle se sentait tellement vivante !

Oui, elle grelottait de froid, de longs frissons venaient parcourir sa peau humide, ses cheveux gouttaient sur ses pieds.
Oui, elle avait mal aux avant-bras, aux bras, aux épaules et aux pieds, aux orteils surtout et aussi aux mollets.
Oui, elle avait failli se tuer, mourir peut-être.
Elle avait commencé à escalader alors qu’elle avait vu l’orage arriver. Elle n’avait pas réalisé le risque qu’elle prenait. Peut importait.

Elle était vivante et libre !

Un éclat de rire fendit le ciel en même temps qu’un coup de tonnerre, avant que Kaünis ne reporta son attention sur l’homme qui leur avait sauvé la vie, à Elya et elle. Il était tout de fluidité et de souplesse, de force aussi. Mais il semblait plus qu’agacé...

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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Sam 21 Mai 2011, 02:23

Les doigts gelés de Gil crochetèrent enfin leur dernière prise et il se hissa souplement sur le palier rocheux. Il resta à genoux, puisqu’il ne pouvait se redresser de toute sa hauteur, et se déplaça pour laisser les filles se hisser à leur tour. Il n’eut pas besoin de leur offrir son aide ; à peine parvenue en sécurité, la fille au masque se retourna pour accompagner les derniers efforts de son amie. Tant mieux. Il estimait avoir déjà rempli sa part du marché, en leur sauvant la mise un peu plus bas sur le versant. Et tandis qu’elles s’installaient au bord du vide pour reprendre leur souffle, le jeune homme plissa les yeux et sonda les ombres autour de lui. Le renfoncement qui dans lequel ils avaient trouvé refuge était longue d’environ deux mètres et moitié moins haute. Quant à sa profondeur… Gil tendit les mains devant lui mais il ne sentit aucune résistance solide, seulement une franche obscurité que la lueur intermittente des éclairs ne parvenait pas à percer.

Un éclat de rire lui fit tourner la tête ; c’était la fille aux cheveux noirs, la plus jeune des deux. Elle avait dans le regard cette étincelle un peu folle des gens qui viennent d’échapper à quelque chose de terrible. Gil se demanda combien de temps elle aurait encore tenu s’il n’était lui-même revenu en arrière pour les aider. Ils étaient à présent sains et sauf – transis et coincés ensemble pendant un petit moment – mais vivants. Pour elles, c’étaient un exploit. Pour lui… la routine, rien de plus et rien de moins. Giliwyn SangreLune ne vivait pas.
Il survivait.

Quelque chose n’allait pas chez la fille au masque. Fronçant les sourcils, Gil la détailla un bref instant, cherchant l’erreur, avant qu’elle ne lui apparaisse comme évidente : son épaule droite était surélevée – probablement luxée. Etait-il à l’origine de cette blessure ? Il n’avait ressenti aucun choc profond au niveau de l’os en dégageant son bras et pensait ne lui avoir causé qu’une série de longue éraflures sur la main, mais visiblement, il n’avait pas maîtrisé sa force. Bah ! Une épaule abîmée pour une vie sauvée, le jeu en valait la chandelle. En revanche, il était étonné qu’elle ne laisse pas voir sa douleur, mais sans doute son masque dissimulait-il à leur regard une grimace de souffrance. Elle n’avait pas fini d’avoir mal. Se rapprochant d’elle, Gil frotta ses mains l’une contre l’autre pour les réchauffer. La fille aux cheveux noirs semblait avoir repris contact avec la réalité et l’observait avec curiosité. Essayant de ne pas penser à la patience qu’il allait devoir employer pour attendre avec elles un temps plus clément, il reporta son attention sur l’épaule de la blessée.

Son murmure ne l’arrêta pas mais il l’atteignit, à l’intérieur, tout au fond. Merci. Merci pour quoi ? Pour ça ? Une vie rallongée de combien de temps, finalement ? Sauvée, vraiment ? Gil n’avait pas la prétention de se croire l’âme noble. Cet homme-là, celui qui croyait pouvoir faire le bien partout où ses pas le conduirait, était mort en même temps qu’une mercenaire et un marchombre. Cette fille gâchait sa salive pour rien. Pourtant… Pourtant, ce simple « merci » avait un quelque de naturel, de sincère qu’il ne saurait nier. Et lorsque Gil parvint enfin à s’installer près d’elle et à immobiliser au mieux son bras entre ses genoux repliés, il se demanda pour la première fois ce qu’il y avait vraiment sous ce masque étrangement étincelant. Mais il ne répondit pas, laissant simplement filer quelques secondes pour lui laisser le temps d’admettre la douleur qui n’allait pas manquer de la secouer…

… elle ne frémit même pas. Le roulement du tonnerre n’avait pas étouffé dans sa colère le bruit sinistre du craquement de l’os, mais rien, dans l’attitude de la fille, ne laissait penser qu’elle souffrait le martyr. Cinq fois. Seren avait remis l’épaule gauche de Gil cinq fois en un an. Et la cinquième fois avait été aussi rude que la première. Intrigué, l’envoleur ne laissait toutefois pas paraître sa surprise ; son masque à lui était loin d’être aussi fin que celui de la fille mais son efficacité n’était plus à prouver. La fille… Tout en déroulant la mince bande de tissu qu’il prenait toujours soin d’avoir en réserve sur lui, il songea que la désignation ne convenait pas à la personne qui se tenait devant lui. Qu’il ne puisse pas lire son visage ne l’empêchait pas de deviner, aux formes pleines et aux courbes gracieuses de son corps, que « femme » convenait nettement mieux. Plusieurs années la séparaient de la fille aux cheveux noirs, qui semblait encore hésiter entre les traits naïfs de l’enfance et les formes affirmées de la maturité. Mais la fougue qui illuminait ses grands yeux sombres et qui influençait le moindre de ses gestes lui conférait une beauté étonnante; trempée, les cheveux plaquées sur le front et les joues, le vêtement Sali et déchiré par endroits, elle en aurait rendu fou plus d’un à la place de Gil.

Baissant les yeux sur la main blessée, il se contenta de la bander étroitement, avec des gestes vifs mais doux qui démontraient une grande habitude en la matière. Puis il bascula sur les talons, luttant contre l’envie de se redresser alors que ses muscles, raidis pas l’effort, criaient à l’injustice, et passa les doigts dans ses cheveux mouillés. Il se savait au centre de l’attention et pour cette seule raison, il aurait accepté d’échanger sa place avec le premier venu. Mais confiné dans une entaille qui marquait l’un des flancs des Dentelles, il ne nourrissait pas l’espoir d’une visite. C’était déjà plutôt hasardeux qu’ils se retrouvent à trois dans la même galère ; les Dentelles Vives impressionnaient bien trop pour que les passants se fassent nombreux, et il fallait sans doute être fou pour oser se lancer dans l’escalade d’une telle force de la nature. En ce qui le concernait, la folie était un fait avéré, mais qu’en était-il d’elles ?

Tirant sa paire de gants de sa ceinture, Gil les leva à hauteur de son visage et consentit enfin à lâcher quelques mots.

- Ça, ça s’appelle des gants, et ça évite au grimpeur ce genre d’accident.

Il n’y avait aucune émotion particulière dans ses paroles – ni douceur, ni reproche, ni colère. Peut-être les premières vagues d’un guide, ou plus simplement, le conseil d’un homme désintéressé. Grimper sans gants est tout à fait possible. Parfois même, la situation l’exige, comme il venait de le prouver ; pour qui est féru d’escalade, se munir de gants peut donner l’impression de s’entraver, de se gêner. Mais si d’aventure la main doit rester accrochée, mieux vaut abandonner un gant plutôt que sa propre peau à la roche capricieuse, évitant du même coup de rester bloqué entre ciel et terre et d’entraîner d’autres personnes dans son erreur. La femme au masque avait fait une erreur. La fille aux cheveux noirs aussi, en croyant pouvoir se rendre utile. Si Gil avait pensé la chose impossible, il ne serait pas redescendu.
Sa seule faute, à lui, était d’avoir cru pouvoir terminer ce voyage seul…


Reportant son poids sur les genoux, il recula doucement dans les ombres de l’entaille, cherchant un fond qui ne s’y trouvait pas. Il y avait donc un passage, qui conduisait peut-être vers une impasse, mais qui valait peut-être mieux qu’une longue attente en compagnie de deux demoiselles à qui il devait de ne pas pouvoir se redresser de toute da hauteur. Il faisait noir comme dans un four, mais Gil pouvait s’enfoncer sans risque de se perdre dans les ténèbres, guidé par le vacarme de l’orage qui n’en finissait pas. Incapable de tenir en place, le jeune homme se mit à avancer silencieusement dans le boyau, se fondant dans l’ombre avec l’aisance d’un animal nocturne ; il avait peut-être une chance de visiter les Dentelles de l’intérieur, pourquoi manquer une telle occasion ? Il s’arrêta néanmoins, devinant les questions avant qu’elles ne jaillissent dans son dos. Il n’avait pas envi d’être suivi mais il savait pertinemment qu’il n’avait aucun droit sur ces filles/femmes.

- Je reviens.

Etait-ce vrai ? Dans un haussement d’épaules, Gil reprit sa lente exploration. Oui, sans doute ; maintenant qu’il avait « sauvé » ces deux inconnues, autant aller jusqu’au bout et leur permettre de quitter leur perchoir de fortune en un seul morceau. Mais il pleuvait toujours et Gil n’avait pas envie de parler couture, alors il regagnait sa solitude, chère et vieille amie. Quelques pas plus loin, il se sentit suivi et soupira.
Au revoir, solitude.
Bonjour couture….


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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Mar 24 Mai 2011, 23:16

Une fois Kaünis hissée en sécurité, Elya fit face à son amie, laissant distraitement sa jambe se balancer dans le vide tandis qu’elle ramenait à elle son autre jambe comme pour se mettre en tailleur. Ils étaient tous sains et saufs et c’était le principal selon la jeune femme, mais un autre problème se profilait à l’horizon. Combien de temps allaient-ils devoir rester ici, tous ensemble ? Car, en effet, une désescalade semblait plutôt compromise, et ce pour plusieurs jours. Une paroi de pierre humidifiée par la pluie était un danger à ne pas prendre à la légère. Surtout que si la jeune femme avait déjà réussi à atteindre un plutôt bon niveau en escalade, il lui faudrait cependant beaucoup plus de temps pour ne serait-ce songer de tenter une désescalade.

La voix de Kaünis qui tira Elya de ses réflexions et elle mis un certain temps avant de comprendre que la question lui était adressé. Comment tu te sens ? Question un peu stupide. Bien aurait-elle simplement voulu répondre. Mais ce n’était pas vraiment ce qu’elle ressentait en cet instant. Mieux ? Non plus. La jeune femme avait une envie folle de lui retourner la question, histoire de savoir que répondre à une telle question après survécut à une situation qui aurait pu lui coûter la vie, mais aussi celle de Kaünis et de l’homme… Il aurait pu continuer, sans même daigner se retourner, mais il avait décidé de stopper sa propre ascension pour la libérer. Des milliers d’interrogations se bousculaient dans la tête de la jeune femme qui se remémorait le moment de sa chute. Tout avait été si vite. Croisant le regard de Kaünis, Elya revint à la réalité, se souvenant brusquement que son amie attendait une réponse. La jeune femme lui adressa un sourire rayonnant.

- « Trempée jusqu’aux os… Mais vivante. Et pour l’instant, c’est l’essentiel ! Et toi ? »

Détachant ses cheveux d’un roux éclatant – et ce malgré une lumière ternie par les nuances de gris sombre des épais cumulonimbus orageux – elle les essora du mieux qu’elle pu d’un geste sec. Alors qu’un éclat de rire lui fit relever la tête, Elya s’esclaffa à son tour, gagnée par l’hilarité de Kaünis. Elle riait jusqu’à en avoir les larmes aux yeux. Elle tâcha en vain de se calmer. C’était plus fort qu’elle. C’était tout simplement nerveux. Quoiqu’il en soit, cela faisait une éternité qu’elle n’avait pas eu pareil fou rire. Et elle n’avait pas senti l’homme s’approcher d’elle. Ce ne fut que lorsqu’il immobilisa au mieux son bras qu’elle remarqua sa présence, posant son regard émeraude sur lui. Elle ne broncha pas lorsqu’il lui remit l’épaule en place, laquelle craqua d’ailleurs sinistrement dans un bruit que le tonnerre ne parvint pas à étouffer. S’il ne laissait absolument rien paraître, la jeune femme se doutait toutefois du trouble qu’il pouvait ressentir à cet instant. Personne, jusqu’à maintenant, n’était resté de marbre face à son insensibilité à la douleur. Il venait de lui remettre l’épaule en place et elle, elle n’avait même pas cillé alors que la douleur en aurait terrassé plus d’un. Pour les uns, c’était un don du ciel, pour d’autres, elle était simplement une sorcière ou bien un rejeton des Ts’Liches. Ne le lâchant pas du regard, Elya se laissa faire également lorsque l’homme lui banda la main d’un geste vif mais doux qui démontrait une certaine habitude en la matière. S’il respirait force et sérénité, il avait toutefois les traits de quelqu’un qui avait vieilli trop vite. Qu’elle qu’en pouvait être la cause, il ne s’en remettrait jamais. Elle non plus ne s’était jamais remise et la mort de sa sœur – qui pourtant était survenue dix ans auparavant – lui faisait toujours aussi mal, là, tout au fond d’elle.

L’homme sortit ses gants de sa ceinture et, les désignant, il parla. Enfin. Perplexe, Elya resta silencieuse. Croisant le regard vairon de celui qui lui faisait face, son regard allait et venait du visage aux gants. Des gants au visage. Elle ne savait pas trop comment elle devait le prendre. Peut-être était-ce un conseil ? Ou peut-être était-ce autre chose… Il était quand même un peu bizarre finalement. Haussant un sourcil Elya tenta une note d’humour, ne serait-ce que pour détendre un peu l’atmosphère. Elle hocha donc la tête, un sourire espiègle aux lèvres, montrant toutefois que le message était passé.

- « D’accord Chef ! J’y songerai la prochaine fois ! »

Sans transition, l’homme se retourna, s’enfonçant dans les profondeurs de la roche. Qu’avait-il en tête cette fois ? Sortir d’ici par les entrailles de la montagne ? Quelle idée saugrenue !! Mais intéressante toutefois. Après tout, autant profiter de pouvoir visiter les Dentelles Vives de l’intérieur. L’occasion ne se reproduirait pas deux fois. La jeune femme jeta un regard en biais à Kaünis avant de s’engager derrière l’homme, lequel n’avait sans doute pas très envie d’être suivit, mais devrait s’y résigner. Il avait peut-être l’âme d’un solitaire endurcie, mais elle, elle était une tête de mule. Alors elle le suivait, consciente de perturber sa solitude.

- « Tu t’ennuierais bien trop sans nous ! »

Elle n’avait pas pu s’empêcher, cette fois-ci, de lâcher une vanne. Ca avait été plus fort qu’elle…
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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Ven 27 Mai 2011, 22:22

Des gants… Mais quelle pitrerie ! Ce fut ce qu’eut envie de dire Kaünis. Pourquoi mettre des gants ? Elle n’était pas d’accord. Se faire mal, enfin, quand on sentait la douleur, permettait de mieux prendre conscience de ce que l’on pouvait ou ne pas faire. Une égratignure, on se rendait compte qu’il y avait quelque chose à changer. Ce n’était pas la faute du rocher pointu si on se coupait, mais de notre faute. Enfin, c’était ce que la jeune fille pensait, et ce que sa mère lui avait appris et montré. Il fallait respecter la nature et les forces qui en émanaient, pour pouvoir les utiliser au mieux et de la manière la plus juste possible.

Haussant les épaules en direction de l’homme qui cherchait à rentrer dans la roche, Kaünis soupira doucement. Elle n’avait pas vraiment envie d’y aller. Juste rester là, assise, et contempler l’orage qui grondait, plus fort que n’importe quel être vivant, que n’importe quel homme. Voir les nuages se disputer, la pluie s’envoler en tourbillon, s’émerveiller devant les éclairs et l’énergie qu’ils dégageaient… Elle aimait bien la pluie, en fait. Se tournant vers Elya, elle lui adressa un sourire, signe qu’elle allait bien, pour répondre à sa question. Un léger soupir franchit ses lèvres, alors qu’un nouvel éclair venait zébrer le ciel noir de nuages.

Cependant, voyant qu’Elya s’enfonçait à la suite de l’homme, Kaünis décida de les suivre à son tour. Elle n’avait pas forcément envie d’être seule longtemps, et s’ils ne revenaient pas, elle n’aurait pas l’air bête ! Enfin, elle serait la seule à le savoir, mais quand même… Se redressant autant que la roche le permettait, la jeune fille suivit directement Elya dans la roche qui s’ouvrait devant eux. Il y avait l’air d’y avoir un sacré réseau de cavernes et de couloirs, dans les Dentelles Vives ! Et surtout… on n’y voyait très vite plus rien. Entre la luminosité basse de l’extérieur et le noir total des galeries souterraines, se fier à sa vue était loin d’être une bonne idée.

Un léger soupir passa ses lèvres, tandis qu’elle s’avançait, se guidant grâce au bruit des pas de son amie devant elle. Y voyait-elle mieux qu’elle dans le noir ? Cela ne l’aurait pas étonnée, parce que Kaünis était loin d’être nyctalope. Au contraire, dès que la luminosité commençait à baisser un peu trop, elle devait énormément se concentrer pour réussir à distinguer quelque chose...

Alors, elle avançait.






[Vraiment trop court et inutile, j'avais pas d'inspiration, désolé ^^' ]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Sam 28 Mai 2011, 19:29

Gil failli s’arrêter à la remarque de la fille au masque. S’ennuyer ? Sans elles ? Il se retint de lui avouer qu’il s’en était fallu de peu pour qu’il les abandonne à leur sort. C’était à cause d’elles qu’il se trouvait coincé ici, à ramper à quatre pattes dans le noir, piégé par une tempête dans le ventre d’une montagne. Et elle parlait de s’ennuyer ! Poursuivant sa lente progression, Gil fronça les sourcils en entendant l’autre fille se lancer à leur suite. De toute évidence, elles n’avaient pas l’intention de le lâcher d’une semelle. O joie… Il fut tenté d’accélérer l’allure. Ou bien de faire demi-tour et de se lancer dans la désescalade de la pente rocheuse, en dépit de l’orage qui battait le flanc des Dentelles. Tout, plutôt que de rester avec ces deux filles...femmes… emmerdeuses. Et puis, non. Ce n’était pas à lui de partir, mais à elles. Autant que son changement de projet en vaille la peine ; il n’avait encore jamais exploré les profondeurs des Dentelles. Qui sait s’il n’y avait pas quelque chose de plus intéressant que leurs sommets ?

- Attention.

Le sommet de son crâne venait de heurter une saillie dans la roche, et il avait laissé échapper son avertissement sans réfléchir. Il en serait quitte pour une belle bosse ; la fille au masque n’avait pas besoin d’une nouvelle écorchure et la gamine…

… Gil se figea soudain et sa suivante lui rentra dedans, mais il n’en avait cure. Il ne voyait presque rien, devinant simplement leurs ombres dans la faible lueur qui provenait de l’entrée de la grotte. Opérer un demi-tour dans un boyau de cette taille ne fut pas une mince affaire, mais Gil était plus souple que sa carrure semblait attester et moins de cinq secondes plus tard, il faisait face à la fille au masque. Femme au masque. Déjà, sa main courait sur l’épaule blessée, tout juste remise en place. Une épaule reliée à un bras fragilisé, tant par le choc subit par l’articulation que par l’égratignure profonde qu’il avait pansé, des doigts jusqu’au poignet. Un bras qui servait d’appui. Exactement comme l’autre. Gil écarquilla les yeux. Ne ressentait-elle pas la douleur ? Comment pouvait-elle seulement forcer sur son bras alors qu’il n’état techniquement pas supposé supporter son poids ?

- Tu n’as pas mal ?

La question lui avait échappé, exactement comme l’avertissement, deux minutes auparavant. Comprenant qu’il s’éloignait de son but initial, Gil se détourna vivement, sans attendre la réponse à l’interrogation qui tourmentait toujours son esprit. Mal, pas mal… quelle importance, au fond ? Il ne s’en souciait guère, alors pourquoi faire feindre de s’inquiéter ? Feignait-il seulement cette inquiétude ? Il grogna sourdement, préférant couper court à ses réflexions avant qu’elles n’entament une pente dangereuse. Il n’avait que faire de ces filles – femme – et s’il s’était engagé dans ce boyau tortueux, c’était pour les fuir, non pour se lancer dans une discussion animée. Il ne voulait pas savoir pourquoi elle portait un masque. Il ne voulait pas savoir leurs noms. Il se fichait de savoir ce qu’elles faisaient-là et pourquoi elles s’étaient lancées dans une ascension aussi périlleuse que celle des Dentelles Vives. Alors il s’enfonçait plus loin, toujours plus loin dans le noir et l’inconnu, tournant une fois de plus le dos à son propre monde, perdant un peu plus son humanité pour redevenir l’ours associable qu’il était depuis si longtemps.

Un ours mal léché, il s’accordait à le dire. Avec un peu de chance, ses « compagnes » finiraient par se lasser de sa personne peu amène, et peut-être retourneraient-elles vers l’entrée de la grotte. C’est ce qu’il ferait, s’il était à leur place. Mais, une fois encore, il coupa court à ses pensées, constatant simplement que le conduit s’élargissait de plus en plus. Ils pouvaient se tenir côte à côte désormais, s’ils le voulaient. Gil ne voulait pas. Alors il avançait rapidement, au mépris de la purée de pois qui l’empêchait de voir nettement ce qu’il y avait devant lui ; un trou, une crevasse, et ç’en était fini de Giliwyn SangreLune. Bah ! Au fond, c’était peut-être l’incertitude du danger qui lui plaisait. Raison de plus pour rester devant les filles. Mais au bout d’un moment, il se rendit compte qu’il voyait mieux. Etait-ce possible qu’il y ait de la lumière, au bout de ce tunnel ? Réfléchissant à toute vitesse, il en conclut que la chose était possible. si un autre conduit, plus direct, moins long, reliait le leur au dehors, alors la lumière du jour, quoi qu’assombrie par le temps, pouvait très bien pénétrer aussi profondément.

Pourtant, au fur et à mesure de sa progression, Gil commença à en douter. Il s’agissait d’une lueur plus diffuse, plus vacillante ; l’on aurait dit d’étranges reflets qui se portaient sur la roche. Un frémissement, sorte de murmure continu, le fit soudain s’arrêter. Ayant terminé de se morfondre sur son sort, Gil était passé en mode Envoleur : prudent, alerte, prêt à réagir au moindre problème. La tête légèrement penchée sur le côté, il écouta un instant le murmure qui troublait le lourd silence nocturne, puis il sourit.

- Des chauves-souris.

Cette fois, il ne regrettait pas ses paroles. Il avait senti les filles se tendre derrière lui, et s’il se fichait pas mal qu’elles aillent bien ou non, il n’avait pas envie qu’elles paniquent pour rien. Petit à petit, il commençait à apprécier cette exploration insensée. Il se remit en route, persuadé qu’ils ne tomberaient pas sur un cul-de-sac, et déboucha sur… le vide. Il n’y avait plus de boyau. Celui-ci donnait sur une sorte de salle, cavité arrondie et sombre, traversée par un court d’eau qui serpentait paresseusement entre la roche, en contrebas. La chiche lumière qui se reflétait dans ses ondes provenait de champignons, sur les parois et sur le sol ; ils brillaient dans la pénombre d’une lueur bleutée et donnaient au lieu une atmosphère presque irréelle.

L’eau allait forcément quelque part. Jaugeant la hauteur qu’il fallait descendre, Gil balança ses jambes dans le vide et sauta les trois mètres qui le séparaient du sol, amortissant sa chute d’une roulade. Il avait déjà oublié qu’il n’était pas seul et, dans son excitation d’avoir découvert un lieu peu ordinaire, il s’approcha du court d’eau, mince filet ondoyant entre les rochers qui filait dans un autre conduit, tout éclairé lui aussi par les champignons de lumière. Il avait envie de le suivre. Sans un regard en arrière, il se mit en route.

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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Sam 04 Juin 2011, 11:12

Vraiment, il n’était pas très agréable ce type. Soit, la jeune femme était peut-être un peu lourde avec ses vannes ridicules. Mais elle, au moins, elle s’efforçait, comme elle le pouvait, de détendre l’atmosphère. Et visiblement l’autre s’en fichait comme de sa première panade. Elya grimaça. S’ils devaient rester coincés dans les entrailles de la montagne encore longtemps, ça promettait. Et elle n’allait pas le supporter indéfiniment. Elle finirait forcément par s’énerver. Heureusement tout de même que Kaünis était là, elle aussi, même si elle n’avait pipé mot. La présence de son amie était providentielle : elle était sa compagne de malheur.

Elya s’enfonçait de plus en plus dans la gueule de pierre, grande ouverte et peu accueillante, des Dentelles Vives. Le boyau se rétrécissait de plus en plus mais la jeune femme continuait d’avancer, suivant « Grincheux » s’éraflant les genoux au passage. Elle songea un instant à faire demi-tour, mais elle repoussa l’idée aussitôt. Il n’attendait que ça. Et de toute façon, il n’y avait pas assez de place pour qu’elle puisse rebrousser chemin. À la limite, Kaünis aurait peut-être pu y arriver, elle. Reprenant sa lente progression dans l’étroit boyau, la jeune femme heurta soudain « Grincheux ».

- « Hé pourquoi tu t’arrêtes ? »

Elya n’avait pas cherché à retenir ces mots, non moins par surprise que pour faire comprendre à son amie qui la suivait, de s’arrêter également, si elle voulait éviter une autre collision. Pourquoi s’était-il donc arrêté comme ça ? Au lieu de la réponse qu’elle attendait, elle sentit « Grincheux » tenter un demi-tour et se rapprocher d’elle. Elle pouvait lire les traits de son visage, éclairés par la faible lumière du jour. Elle distingua également dans cette presque obscurité les yeux vairons de l’homme. Un regard étonnant dont l’attention s’était de nouveau focalisée sur son épaule. Et elle, elle s’amusait de voir à quel point ça intriguait l’homme. Soit il devait se douter de quelque chose, soit il se disait probablement que son masque cachait une grimace de douleur. Elle chassa le souvenir de son visage brûlé, défiguré qui s’imposait à elle. Et puis, de toute façon, n’y avait-il pas plus important à ce moment que son épaule ? Il fallait avancer, un point c’est tout.

- « Tu ne crois pas qu’il y a plus urgent que mon épaule, là, tout de suite ? »

Il n’y avait aucune trace d’agressivité dans sa voix. Juste, l’envie de continuer. De toute façon, il le saurait bien assez tôt. Car, il était vrai que techniquement, une personne normale souffrirait le martyre avec une épaule à ce point fragilisée. Mais la jeune femme n’avait jamais été normale. Ce mot ne faisait pas vraiment partie de son vocabulaire, c’était sûr. « Grincheux » se détourna subitement et repartit en avant. Décidément, lui aussi était carrément bizarre. Elya ne savait pas pourquoi elle le suivait, là, comme ça, aveuglément, dans le néant des Dentelles. Peut-être bien parce qu’il dégageait ce même petit quelque chose que Dolce : une force tranquille, sérénité, méfiance. Et dans le noir presque total des entrailles de la montagne, elle se laissait guider par les rares indices qu’il semblait semer volontairement, comme un guide. Drôle de bonhomme ce « Grincheux ».

Alors qu’ils progressaient tous les trois d’un rythme lent mais soutenu, Elya perçut au loin une lueur bleutée. La lumière des éclairs pouvait-elle à ce point pénétrer à l’intérieur de la montagne ? Non, elle en doutait sérieusement. « Grincheux » sembla soudain se figer devant elle, et elle manqua encore une fois de lui rentrer dedans. Retenant un juron, elle écouta, elle aussi, les bruits de la caverne. Il lui fallut quelques secondes pour percevoir les frémissements. Kaünis aussi les avait-elle entendu ? N’était-elle pas folle ? N’était-ce pas un tour de son imagination ? Elle se doutait bien que non, puisque « Grincheux » s’était arrêté. Elya se laissa envahir par la méfiance. Si ces bruits devaient bien venir de quelque part, elle doutait de leur dangerosité réelle. À moins qu’elle vieil ermite ait décidé de s’exiler en ce lieu, ou bien qu’un ours mal luné habite ces cavernes depuis des siècles, il était peu probable que les Dentelles abritent toute forme de vie. Ou si, des chauves-souris, comme le fit remarquer « Grincheux ».

Peu à peu, le boyau s’élargissait et bientôt ils pouvaient tous se tenir à trois côte à côte. Erreur… Ils auraient pu. Car « Grincheux » s’appliquait visiblement à mettre le plus de distance possible entre lui et les deux jeunes femmes. Elya en vint à se demander, s’il voulait être peinard, pourquoi l’avait-il sauvé, là, plus bas sur la paroi ? Il aurait pu en décider autrement mais il avait choisi de perturber sa solitude, visiblement tant chérie, pour la libérer. Pourquoi l’avait-il fait s’il était aussi associable qu’il voulait bien le laisser croire ? Mais, ce qui était encore plus étrange, sous ses airs d’ours mal léché, « Grincheux » semblait s’inquiéter pour son épaule. C’était sûrement moins par gentillesse que par curiosité, elle s’en rendait compte. Il aurait également pu les semer, elle et Kaünis et les abandonner dans les entrailles de la montagne. Quoique, ça n’aurait pas été logique après l’avoir sauvé. Alors, au final c’était toujours la même question qui revenait. Pourquoi l’avait-il libéré de la paroi ?

Le boyau déboucha enfin sur une grande salle, à l’intérieur de laquelle courait un mince filet d’eau. Elya balança ses pieds dans le vide, et commença elle aussi à descendre. L’eau ? Elle devait bien mener quelque part. Voilà peut-être leur billet de sortie. Elya attendit que Kaünis descendît à son tour alors que « Grincheux », sans un regard en arrière, continuait. Il était peut-être associable et elle ne doutait pas non plus de sa capacité à tuer. Mais, elle, elle était têtue, butée et elle savait être carrément insupportable quand elle le voulait bien. Alors elle l’invectiva, espérant qu’il se retourne, ou, au moins, qu’il s’arrête.

- « Ho ! »

Elle inspira avant de reprendre.

- « Je te rappelle, juste au cas où, qu’on est tous dans la même galère ici !! Alors tu peux pester tant que tu veux, mais c’est toi qui a choisi de me libérer de la paroi plus bas.»

Sans baisser les yeux, elle continua.

- « Et si tu voulais être peinard, fallait pas voler au secours de la demoiselle en détresse »

La jeune femme était consciente qu’il suffisait que « Grincheux » prenne mal ses paroles pour que la situation finisse dans un bain de sang. Mais elle ne cilla pas, ne prêtant même pas attention à la réaction de Kaünis derrière elle. Au moins c’était dit.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Sam 09 Juil 2011, 18:39

Suivre l’eau dans les galeries illuminées des Dentelles.
Découvrir sa source, et peut-être plus encore.
Laisser son cours choisir une direction dans ce labyrinthe.
Gil s’élança.
Se figea.

La voix de la fille au masque avait retentit dans son dos, à peine plus forte qu’un murmure, mais incroyablement amplifiée par son écho qui résonna longtemps dans la salle aux reflets bleus. Enfer ! N’allaient-elles donc jamais le lâcher ? Il y avait assez de boyaux pour qu’ils n’empruntent pas tous le même ! Furieux, Gil serra les poings. Il avait dit adieu à ses projets d’escalade, il ne comptait pas abandonner sa toute nouvelle quête dans les entrailles de ces monts de légende. Pas pour deux gamines incapables de se déplacer sans nourrice ! Il n’était pas fait pour ce rôle, et ça valait mieux pour elle.

Il se retourna d’un bloc, prêt à asséner sans prendre de précautions à cette jeune péronnelle ses quatre vérités. Oui, il voulait être « peinard », oui, il regrettait amèrement d’avoir pris la peine de risquer sa vie pour la sienne, et non, il ne comptait pas partager cette « galère » avec elles plus longtemps. Au Domaine, l’on savait qu’il faut être fou pour oser chercher noise au rustre Cabochard. Rares sont ceux qui ont eu l’occasion de lui tenir tête et de garder la leur sur leur épaules. Seren lui-même se contentait bien souvent d’un simple regard pour exprimer une quelconque pensée à son ancien apprenti ; les mots avaient l’inconvénient de heurter Gil aussi durement qu’une pierre. Et Gil blessé, la vie pouvait rapidement devenir un enfer pour son entourage. Cette femme était totalement inconsciente. Elle allait s’en mordre les doigts.

Droite et fière, elle le fusillait du regard derrière son masque, aussi étincelant que sa fureur. Les paroles de Gil moururent avant de naître. Haussant les sourcils, il se contenta de regarder cette étonnante petite personne qui se permettait, elle, de le prendre à rebrousse-poil, lui, en dépit de tous les risques qu’une telle folie incombait. Ce n’était pas la première fois qu’une femme le réduisait ainsi au silence ; celle-ci, pourtant, ne le surprenait pas par sa beauté mais par son autorité, éclat d’acier émanant de sa personne toute entière. Il comprit qu’elle était loin d’être une demoiselle en détresse ordinaire, et aussi qu’elle était en colère. Vraiment en colère. De mieux en mieux…

- C’est vrai, admit-il, je n’aurais jamais dû vous détacher de cette paroi. Si j’avais su que vous aviez à ce point besoin d’être assistées…

Riposte piquante, mais qui manquait de conviction. D’abord désintéressé, Gil s’avouait désormais intrigué par ces deux femmes. Celle qui portait un masque ne manquait pas d’audace ; plus discrète, l’autre ne perdait cependant pas une miette de la scène et à voir son expression, Gil devinait qu’elle mémorisait tout. Prudence, prudence ; ni l’une ni l’autre ne lui inspirait confiance.

- Et en même temps, je crois que cette galère en valait la chandelle. J’ignorais que les Dentelles avaient un cœur, et j’ai désormais l’intention de le trouver. Accompagnez-moi si vous y tenez, mais si c’est le cas, cessez d’imaginer que j’ai envie de lier connaissance avec vous. D’accord ?

Espèce d’ours mal-léché, aurait dit Iselle. Son amante avait un don pour le cerner mieux que quiconque et elle ne le cachait pas. Mais Gil n’avait aucun scrupule à se montrer désagréable envers deux inconnues qui s’étaient permis de freiner ses plans et sa progression vers le Domaine. Sans doute était-ce là une excellente excuse pour retarder son retour à Ombreuse, Gil ne le savait que trop. Pour l’instant, il n’avait pas envie de rentrer, et puis il y avait ces grottes, cette lumière, ce cours d’eau, improbable filet de vie dans un univers de pierre, de champignons et de chauve-souris ; que représentaient de pipelettes dans cette aventure ? Une épine, un caillou dans la chaussure ? Et pourquoi pas… lier connaissance ?

Gil se détourna, comme pour effacer cette option qui n’avait rien de stupide, mais il ne se remit pas en route. Il les attendait. Encore. C’était évident, la femme au masque ne comptait pas le lâcher et l’autre, la plus jeune, suivait la première comme son ombre ; inutile d’espérer terminer cette visite des galeries seul. Il savait aussi que la femme au masque n’allait pas s’arrêter là. Il venait de lui refuser le droit de faire connaissance, conscient qu’elle allait précisément faire le contraire. Il n’en était pas sûr, mais il avait peut-être décelé chez elle un puissant esprit de contradiction – celui-là même qui l’avait poussée à se lancer dans une escalade rendue dangereuse par son inexpérience et par un orage. Piquée au vif par sa réponse, elle allait lui renvoyer la balle à coup sûr. Restait à savoir s’il allait apprécier ou non.

Il ne demandait qu’à voir.

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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Lun 22 Aoû 2011, 10:37

L’exploration du cœur même des Dentelles Vives – géant que la jeune femme avait toujours cru impénétrable – s’était interrompue brusquement. Ses paroles semblaient avoir provoqué l’effet souhaité sur Grincheux. Il s’était enfin arrêté. Loin d’avoir envie de faire connaissance avec un homme encore plus associable qu’un ours mal léché, non, ce qu’elle voulait c’était plutôt qu’il cesse de les ignorer, elle et Kaünis – qui n’avait d’ailleurs pas prononcé un seul mot depuis un moment. S’il voulait jouer les solitaires endurcis, il en aurait tout le loisir une fois qu’ils seraient sortis des entrailles de la montagne. En attendant, il devrait assumer les conséquences de ses actes. Il l’avait tiré d’un sacré pétrin. Cependant, la jeune femme avait suivi Grincheux exactement pour la même raison qu’il s’était lancé dans l’exploration des Dentelles : la curiosité de savoir ce que cachait ce géant de pierre.

Grincheux lui faisait face à présent et Elya planta son regard dans le sien, attendant une réplique qui n’allait pas manquer de tomber. À l’évidence, elle avait touché un point sensible. La réponse l’irrita au plus haut point, mais la jeune femme se contenta de le fusiller du regard, laissant Grincheux vider son sac. Moi ? Besoin d’être assistée ? C’est la meilleure celle-là !! Le fou venait de lui déclarer la guerre et elle comptait bien lui mener la vie infernale.

Alors que Grincheux s’apprêtait à se remettre en route, la jeune femme se rapprocha dangereusement de l’intéressé et riposta à son tour sur un ton aussi froid que la glace.

- « Primo : si tu crois que j’ai besoin d’être assisté, tu délire ! Je n’ai jamais eu besoin de nounou ! »

Il n’y avait plus que lui et elle. Elya ne prêtait plus du tout attention au monde qui l’entourait. Elle ne cilla pas une seconde, le regard toujours accroché à celui – vairon – de Grincheux.

- « Secundo : cesse de te prendre pour le nombril du monde ! Je ne t’accompagne pas, j’explore »

Et finalement, la jeune femme commençait à se demander si elle avait bien fait de se lancer, elle aussi, dans l’exploration des entrailles de pierre. La compagnie de Grincheux pouvait réellement être qualifié d’insupportable. Et en plus, il s’imaginait qu’elle voulait lier connaissance avec lui, le personnage le plus antipathique qui ait jamais croisé sa route ! Cette idée saugrenue relevait vraiment du délire !! Quoique… peut-être pas tant que cela, surtout si c’était la seule façon de lui mener une vie d’enfer. Alors que Grincheux leur tournait de nouveau le dos, un sourire se dessina sur les lèvres d’Elya. Ce bougre était peut-être un tueur hors pair ou même un Envoleur accompli, mais elle avait de quoi se défendre.

La jeune femme ne tarda pas plus et emboîta le pas de Grincheux qui pour une fois semblait les attendre, elle et Kaünis. Finalement, il n’était peut-être pas aussi associable qu’il ne le laissait paraître et que quelque part au fond de lui se cachait autre chose que l’ours mal léché qu’il avait semblé être jusqu’ici. Étrange personnage, vraiment !

Quelques minutes s’écoulèrent alors qu’ils longeaient le mince filet d’eau qui serpentait entre les rochers aiguisés. Grincheux semblait avoir changé de comportement, ce qui surprenait la jeune femme. Elle hésitait à se présenter. Mais en même temps, il devait s’attendre à ce qu’elle le fasse étant donné qu’il avait affirmé qu’il ne souhaitait en aucun cas faire connaissance. Certes, faire tout le contraire de ce qu’il voulait lui aurait permis de jouer les emmerdeuses, cependant, il faudrait qu’elle se montre maligne. Qu’elle le surprenne.

- « Au fait, moi c’est Elya »

Finalement, elle s’était décidée. Sans doute l’aurait-il oubliée dans quelques minutes. C’était certain, elle ne le reverrait jamais dès lors qu’ils se seront séparés. C’était juste une manière de lui montrer qu’elle ne lui ficherait pas la paix. Pour elle, c’était devenu un jeu…
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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Mar 23 Aoû 2011, 10:30

Kaünis avançait à la suite d’Elya et de l’homme qui leur était venu en aide. Elle n’avait aucune envie de dire quoi que ce soit, surtout devant ce gars-là. Il y avait quelque chose dans son attitude qui l’incitait à la méfiance, et elle ne lui faisait pas confiance ; après tout, il les avait aidées, certes, mais il se comportait comme un rustre, et cela avait le don de l’horripiler terriblement. Et il faut bien avouer que Kaünis, même si elle était fière et assurée, n’était pas encore insolente et bavarde. Alors, elle se taisait. Cependant, elle ne perdait rien de la scène qui se passait non loin d’elle : après tout, cela pouvait devenir intéressant, et elle connaîtrait mieux Elya tout comme l’homme à les regarder s’affronter du regard et à coups de répliques.

La grotte s’enfonçait loin dans les Dentelles Vives. La jeune femme n’avait jamais eu vent d’entrailles, ainsi, dans cette montagne immense, ou plutôt cette chaîne de montagnes splendide. Les boyaux avaient les parois lisses, humides, et de l’eau en ruisselait régulièrement en petites gouttes, mélodie cristalline qui était pourtant trop facilement couverte par le bruit de leurs pas dans le conduit. Cela aurait pu être beau, magnifique, même, sans la présence des trois humains – dont elle – qui les parcourait. Etait-il possible d’explorer des lieux sans s’y rendre, pour qu’ils ne perdissent en rien de leur pureté ? Difficile, à première vue. Mais c’était oublié qu’en Gwendalavir, rien n’était impossible…

Ils débouchèrent sur une sorte de trou, en tout cas une grande marche vers le bas. Il devait y avoir au moins deux mètres cinquante, peut-être trois, entre eux et le sol à un pas devant. Kaünis prit une inspiration. Il allait donc falloir descendre. Mais sans attendre leur avis, et sans un regard en arrière, l’homme s’était élancé vers le bas, se rattrapant dans une roulade contrôlée – parfaitement – pour partir d’un pas assuré et rapide le long de quelque chose – elle ne voyait plus rien, Elya était bien plus grande qu’elle et devant. Mais l’assurance de l’homme sembla ne pas plaire à la jeune femme rousse, qui le héla et lui envoya quelques paroles bien salées.

L’échange qui suivit tira un sourire à Kaünis, mais elle se garda bien de s’y insérer : aucun intérêt, pour elle, à part se prendre une remarque bien sentie. Et elle n’en avait pas envie. A la base, elle était venue pour escalader, pas pour explorer. Et à dire vrai, explorer un truc avec ces deux-là, cela l’exaspérait plus qu’autre chose. Si elle avait été seule, encore, elle aurait pu être curieuse. Mais à cet instant précis, elle n’avait qu’une envie : sortir de là et se retrouver de nouveau seule. Non pas qu’elle n’aimait pas la compagnie, loin de là. Mais une compagnie qui n’arrête pas de se chercher, ça allait bien cinq minutes !

Un soupir fendit les lèvres de la jeune femme, alors qu’Elya se présentait à l’homme. Mais elle, elle n’avait aucune envie de le faire. Gardant les lèvres scellées, elle se contenta de lui envoyer un long regard presque provocateur, mais digne. La tête haute, la nuque dressée, elle ne s’aplatirait pas devant lui, même si elle n’avait aucune intention de se battre ; et puis quoi encore ?! Haussant toute seule les épaules, elle descendit la paroi en question avec prudence, faisant attention où elle posait ses mains et ses pieds. C’était glissant, et elle n’aimait pas cela du tout.

Un mince filet d’eau parcourait le sol, en longues ondulations, doucereuse, telle un serpent infini et scintillant. Sur le sol de la grotte, en terre et en roche, poussaient quelques champignons luminescents, vraiment étranges mais d’une beauté à couper le souffle. La vision de cet endroit avait tout du féérique, et Kaünis se demanda si d’autres avant eux avaient foulé cette terre, cette roche, et avaient vu ces merveilles…

Mais elle restait silencieuse.
Elle n’avait pas envie de parler, et rien à dire.







[ Temps de réponse inacceptable, RP minable... je ne suis pas inspiré, je m'excuse... ]

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Loving her is a splendid adventure
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Mar 13 Sep 2011, 09:07

Gil contourna une stalactite qui touchait pratiquement le sol tandis que sur le plafond, quelques chauves-souris enfin rassurées sur l’origine de l’intrusion sur leur territoire revenaient se suspendre aux aspérités de la roche. A dix pas derrière lui, la fille au masque – non, Anya – et son amie qui ne s’était toujours pas présentée louvoyaient également entre les fantaisies d’un monde aussi caverneux qu’étrange. La lueur dispensée par les champignons qui poussaient sur les parois procurait à ces lieux une curieuse atmosphère, à la fois douce et inquiétante.

Les deux jeunes filles qui le suivaient ne montraient pourtant aucun signe d’inquiétude ; c’était même tout le contraire. Alors qu’il se donnait du mal pour se comporter de manière aussi odieuse – se forçait-il seulement, d’ailleurs ? Non, il était comme ça, un point c’est tout ! – ni l’une ni l’autre n’avait rebroussé chemin. Anya avait clairement défini ses propres règles et elle suivait son propre chemin entre les stalactites et les stalagmites, même s’il sentait son regard posé sur lui.

En fait, l’envoleur était prêt à parier que s’il disparaissait soudainement de leur vue, Anya et son amie ne seraient plus aussi sereines. Et il avait bien envie de tenter l’expérience, surtout depuis que la fille au masque lui avait tenu tête – chose à laquelle il était assez peu habitué. Et puisque disparaître était sa spécialité… Gil se coula dans l’ombre et s’engouffra dans une ouverture tout juste assez large pour le laisser passer. Voilà, il avait réussi ! Il n’avait plus qu’à poursuivre son exploration inopinée, seul. Parfaitement seul.
Tranquille.

Il n’avait aucun scrupule à abandonner les deux filles. Que risquaient-elles au cœur des Dentelles ? Pour peu qu’elles trouvent une sortie, elles n’auraient qu’à profiter d’une éclaircie probablement déjà là pour redescendre. C’est exactement ce qu’il comptait faire et il était ravi de pouvoir le faire sans supporter les ronchonnements de l’une et l’étrange silence de l’autre. Gil cligna des yeux. Là où il se trouvait, aucun champignon ne poussait ; il fallait qu’il longe la paroi rocheuse pour suivre la piste. Une paroi étonnamment… spongieuse. Intrigué, Gil s’arrêta et posa les mains sur la roche suintante. Portant deux doigts à son nez, il étouffa un juron et recula lentement.
Du sang !

Et ce fut lui qui rebroussa chemin, finalement. Quelle ironie… Revenant à la lumière des champignons, il essuya rapidement ses mains sur son tabard, inspira un grand coup et réapparut dans la « salle aux stalactites ». Anya et l’autre fille étaient toujours là. Bonne nouvelle ! Elles ne s’étaient donc pas fait dévorer par la créature qui tapissait son intérieur de sang. Ah, voilà. Il y avait donc bel et bien un fond de gentillesse en Gil. Quoi, il ne les avait tout de même pas sauvées pour qu’elles se jettent dans la gueule du premier venu…

- Nouveau jeu : on reste ensemble et on suit les champignons.

Sa voix résonna dans la « pièce » et quelques chauve-souris s’envolèrent. Gil haussa les épaules en réponse au regard inquisiteur de ses compagnes et l’exploration reprit. Il n’avait absolument aucune idée de ce qui régnait sur ces lieux et s’il avait été seul, il n’aurait pas hésité à percer un tel mystère, mais même le plus parfait des rustres avait une conscience et sa conscience, en cet instant précis, lui soufflait de sortir de là au plus vite.
Avec les filles.

- Au fait…

Il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule pour s’assurer qu’elles le suivaient bien et un fantôme de sourire se dessina sur ses lèvres. Enfer…

- … moi c’est Gil.

Présentations faites. Ou presque.
Qui était l’autre fille ? Et pourquoi un tel mutisme ? Ce pouvait-il qu’il l’impressionne à ce point ? Ne croyant pas un seul instant à cette hypothèse, l’envoleur haussa une nouvelle fois les épaules et la marche reprit.

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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Ven 04 Nov 2011, 19:30

L’endroit était vraiment surréaliste et le temps semblait s’être arrêté. De nombreuses stalactites s’étaient formées au plafond de l’immense salle caverneuse. Elles témoignaient d’une certaine érosion ainsi que de la présence de l’eau – la même qui coulait en un mince filet sous leurs pieds. La même qui ne manquerait pas de leur indiquer la sortie de leur étrange prison. Enfin, pouvait-on vraiment parler de prison ? Gil, comme il s’était dénommé cinq minutes plus tôt, s’était lancé le premier à la découverte de leur abri et avait découvert ce boyau étroit qu’ils avaient dû traverser pour accéder à la caverne. Elya l’avait suivi de son propre chef, avide de savoir, elle aussi, ce que cachait ce passage. Quant à Kaünis, qui avait conservé un parfait silence depuis qu’elle avaient toutes les deux été hissées hors de danger, il était difficile de savoir ce qu’elle pensait. Que leur compagnon de galère se soit présenté lui déliera peut-être la langue, mais rien n’était moins sûr. La jeune fille était vraiment très mystérieuse – et sans aucun doute, bien plus prudente qu’elle.

Alors que Grincheux disparaissait derrière une stalactite, une forme singulière attira le regard d’Elya. Elle jeta un bref regard au loin, devant elle, cherchant Grincheux des yeux… Mais elle ne le vit pas. Après une courte réflexion, elle haussa les épaules avant de jeter un regard en arrière pour apercevoir, cette fois-ci, Kaünis. En principe, personne ne peut disparaître d’un seul coup dans un endroit aussi fermé qu’une caverne. Donc soit il devait avoir trouvé quelque chose d’intéressant, lui aussi, et était partie voir d’un peu plus près sa trouvaille. Soit il se cachait dans un coin sombre savourant cinq minutes de solitude. Jugeant qu’elle pouvait se le permettre, la jeune femme se détourna alors du cours d’eau. Se glissant le long d’une paroi roche d’un petit mètre de haut, elle serpenta entre les rochers. Ils étaient tous plus énormes les uns que les autres et devaient peser indubitablement plusieurs tonnes. Certains semblaient briller d’une lueur étrange tandis que d’autres s’effritaient un peu plus sous sa main ou encore commençaient à se fissurer.

À mesure qu’elle approchait, Elya priait pour que l’objet de sa curiosité ne soit pas ce qu’elle pensait être. Sinon, cela promettait de gros ennuis si le petit groupe ne sortait pas de cet endroit au plus vite. Hélas, son hypothèse se révéla vraie. La jeune femme faisait face à un petit amas de crânes plus ou moins bien conservés. A vue d’œil, ils étaient à peu près tous assez gros pour tenir dans sa main – sans doute différentes espèces de rongeurs. Elle en ramassa un au hasard et l’inspecta longuement – « cogito ergo sum ». Et alors qu’elle réfléchissait à toute vitesse, elle en vint à la conclusion que, aussi étrange soit-elle, une bestiole évidemment plus grosse que des rongeurs squattait l’intérieur des Dentelles Vives. En plus, elle semblait carnivore. Cela ne présageait rien de bon d’autant plus qu’ils ne l’avaient pas encore croisé. La jeune femme doutait fort que la bête emprunte le passage par lequel ils étaient passés pour arriver ici. La bonne nouvelle, c’était que l’existence d’une autre sortie se confirmait. La mauvaise, c’était que s’ils n’avaient pas encore croisé la bestiole qui vivait ici, ils avaient plutôt intérêt de ne pas la croiser en sortant. Deux les deux cas, il ne valait mieux pas traîner pour sortir de la caverne.

Choisissant d’emmener le crâne – après tout, un de plus ou un de moins le prédateur n’y verrait que du feu – Elya continua d’avancer. Elle ne tarda pas à rattraper Kaünis et Grincheux. Tiens, il était réapparu celui-là ?! Et sa remarque ne manqua pas d’étonner la jeune femme. Quelle mouche l’avait donc piqué ? À moins qu’il ne soit tombé sur un os, lui aussi. Sortir d’ici serait donc la décision la plus sage qu’ils prendraient tous les trois. Mais avant de continuer plus avant, la jeune femme invectiva de nouveau Grincheux.

- « Gil »

Joignant le geste à la parole, elle lui envoya sa petite – un crâne parmi tant d’autres. Elle n’avait pas besoin d’en rajouter. Il ne tarderait pas à en venir à la même conclusion qu’elle.




[Pour le coup, c'est moi qui suis impardonnable!! Je suis vraiment, vraiment désolée pour ce gros retard]
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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Mar 06 Déc 2011, 19:00

Il se retourna, surpris d’entendre prononcer le nom qu’il venait de leur céder, et attrapa au vol l’objet que la fille au masque – non, Elya – lui balança à la figure. Elle semblait légèrement contrariée, à en juger par les éclairs que jetait son regard derrière le masque, et une fois de plus Gil se sentit piqué de curiosité. Pourquoi diable ne montrait-elle pas son visage ? Il était convaincu qu’il ne s’agissait pas de coquetterie. Pas possible d’être coquette et aventurière. Une coquette ne se lance pas en pleine ascension des Dentelles sans prendre la précaution de mettre des gants : elle ne voudrait surtout pas abîmer ses belles mains blanches… Non. Il avait manipulé sa main – son épaule, surtout – et remarqué les cals sur ses paumes. Elya n’avait rien d’une coquette. Alors pourquoi ce masque ?

- Hem…

Un rapide coup d’œil vers l’amie d’Elya lui confirma qu’elle n’ouvrirait pas la bouche du tout. Cette gamine était encore plus étonnante que sa copine. Et si elle avait le physique type de la coquette, il était pourtant clair qu’elle non plus n’en était pas une. Oh, et puis de quoi je me mêle ? Le crâne. Depuis un petit moment, il le faisait tourner entre ses mains sans penser que son geste avait quelque chose de terrifiant. Mais ce n’était que le crâne d’un rongeur et s’il y devait y avoir quelque chose de plus terrifiant, c’était plutôt la bestiole qui avait été capable de le récurer puis de l’entreposer de la sorte.

- Oui, il y a… il y a un truc bizarre dans cette grotte.

Le manque de précision était volontaire : mieux valait ne pas savoir ce qu’était le truc bizarre. Pas ici, en tout cas. Trop de chemins dans lesquels se perdre, trop peu de lumière pour affronter une créature sanguinaire… et puis les deux gamines n’avaient pas besoin de s’y retrouver confrontées. Seul il aurait probablement défié toute raison pour aller s’amuser avec la vilaine bestiole, n’en déplaise aux Grands Patrons Du Domaine qui n’auraient sans doute pas apprécié que leur nouveau maître ait été tué de cette façon – avant même d’avoir dispensé sa première leçon. Et Gil regretta presque que cette ingénieuse plaisanterie lui passe ainsi sous le nez… Dépité, il jeta le crâne et s’approcha des deux filles.

- Demi-tour.

Il les fit pivoter d’une pression de la main et prit à nouveau la tête du groupe, se hissant en deux temps, trois mouvements en haut du petit promontoire qu’il avait sauté avec la même facilité. Il disparaissait déjà dans l’ombre du boyau qu’ils avaient emprunté à l’aller lorsqu’il s’arrêta soudain, puis soupira. Les filles. S’il ne les attendait pas, elles avaient toutes les chances du monde de se tromper de chemin et de tomber nez à nez avec… le truc bizarre. Il ne les avait quand même pas sauvées d’une chute mortelle pour rien ! Grinçant des dents, l’Envoleur revint sur ses pas ; il se pencha au-dessus du vide et observa un instant Elya et son amie évoluer contre la paroi bleutée. Elles ne se débrouillaient pas si mal, en vérité…

- Vous savez grimper, d’accord. Mais il va falloir descendre, et là, vous allez comprendre l’intérêt de porter des gants…

Il pleuvait toujours sur les flancs des Dentelles, mais l’orage s’était éloigné et il faisait plus clair lorsqu’ils se retrouvèrent à nouveau dans la crevasse rocheuse. Tirant ses gants de sa ceinture, Gil les enfila tout en jaugeant le chemin qu’ils avaient à faire pour atteindre le plancher des vaches. Pas de quoi s’encorder : il y avait quelques dénivelés plutôt raides mais s’il restait près d’elles, tout devrait bien se passer. Gil fit jouer les muscles de ses épaules et de son cou. Il ne s’en rendait pas compte, mais il était en train de réaliser sa toute première leçon…

- Bon. Je passe le premier, vous me suivez. Regardez où vous mettez les pieds, les mains, et dans moins d’une demie heure on sera en bas. Elya, si ton épaule te fait mal, dis-le.

Et sans plus attendre, Gil se jeta dans le vide. Sa main gauche freina sa descente, la gauche crocheta une prise et il s’immobilisa quelques mètres plus bas, déjà trempé jusqu’aux os.

- Suivante !


[Kaünis, j'ai continué pour relancer la machine ; tu peux prendre le train en route ou nous laisser terminer, comme tu veux ! Elya, mon retard à moi fait sauter le tien, c'est à mon tour de m'excuser pour l'attente u_u" ]

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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Jeu 12 Jan 2012, 17:39

À peine la jeune femme avait-elle lancé le crâne de rongeur, que Gil, vif comme l’éclair, se retourna pour l’attraper dans un réflexe surprenant qui n’était pas sans lui rappeler Dolce. Il ne tarderait sûrement pas à tirer les mêmes conclusions qu’elle-même : il valait mieux filer de cet endroit au plus vite, avant que la bestiole qui hantait ces grottes ne rapplique brusquement, et de préférence, par un chemin différent du sien. Surtout que ce n’était vraiment pas un lieu propice pour affronter un bête sanguinaire : terrain inconnu et manque de lumière jouerait certainement en sa faveur. Et puis, elle devait bien l’avouer, elle ne tenait pas tellement à trépasser dans les heures prochaines. La seule solution était donc de faire demi-tour.

L’homme resta un long moment ainsi : il paraissait tellement perdu dans ses pensées, loin, vraiment loin, le regard rivé sur le crâne minuscule dans sa main de géant. Il sembla soudainement reprendre conscience du monde qui l’entourait et tandis qu’il joignait le geste à la parole, il pivota sur lui-même, les invitant elle et Kaünis à reprendre le chemin qu’ils avaient tous trois effectué quelques minutes plus tôt, en sens inverse. D’ailleurs, cette dernière n’était toujours pas sortie de son mutisme, et mieux valait ne pas la forcer, surtout dans une pareille situation. Elya ne pu s’empêcher de sourire. Elle appréciait réellement toute la détermination qui animait Gil dans chacun de ses gestes, et même chacune de ses paroles – celle-là même qu’il mettait à paraître plus désagréable qu’il ne l’était en vérité. C’était amusant de voir comme, finalement, ils se ressemblaient quelques peu. Après tout, n’étaient-ils pas tous les deux d’horribles têtes de mules ?! Cependant, elle dû bien constater que la carapace de Gil commençait à se fendiller sérieusement par endroits. La preuve étant : il venait de se retourner pour les attendre, elle et Kaünis. Les attendre ? C’était une première. Depuis qu’ils s’étaient tous trois engouffrés dans ce boyau étroit, jamais il ne s’était retourné de la sorte pour les attendre.

Le fameux boyau ne tarda d’ailleurs pas à apparaître de nouveau dans son champ de vision. La jeune femme grimaça à l’idée qu’il fallait à nouveau s’y enfoncer. De ramper ainsi, à la suite de Gil, ravivait en elle quelques souvenirs de son premier cours quand Dolce les avait invité à passer à travers un passage encore plus minuscule que celui. Dans son esprit, il était tellement étroit que c’en était dérisoire. Et aujourd’hui encore, elle se demandait comment elle avait bien pu faire pour s’y glisser sans encombres.

Le trajet lui parut toutefois moins long qu’auparavant – à vrai dire, à son premier passage, le boyau lui avait paru interminable. Enfin, ils retrouvaient la lumière. Même si les flancs des Dentelles Vives étaient encore battus par un léger crachin, l’orage était loin à présent. Plus au nord, les habitants d’Al-Chen, où le plafond était carrément noir, semblait s’être littéralement attiré les foudres du ciel. La voix de Gil brisa le silence. Décidément, elle s’en souviendrait : la prochaine fois, elle porterait des gants…

Et de nouveau, qu’il s’engage dans le vide le premier, tel un guide, lui rappela son propre maître. Elle songea que, avec les capacités qu’il avait montré jusqu’à présent, il était tout à fait susceptible d’être un Envoleur, ce qui aurait été une heureuse coïncidence. Hochant la tête, la jeune femme lança un rapide « Aucuns soucis » pour rassurer Gil quant à son épaule. Ou plutôt, s’il y en avait un, elle ne risquait pas de le sentir – ce qui revenait au même en fait. Attachant négligemment son épaisse crinière en un chignon désordonné, elle jaugea à son tour la paroi rocheuse. Elle avait déjà eu l’occasion d’expérimenter les désescalades, et, en vérité, elle s’était très bien débrouillée. Seulement celle-ci était infiniment plus longue que la paroi qu’elle avait pu descendre presque deux semaines auparavant. La jeune femme inspira un grand coup. Jusqu’ici, tout va bien…

Elle se glissa à son tour sur le flanc des Dentelles sur le signal de Gil, tâchant tant bien que mal de se souvenir des conseils de Dolce. Il allait falloir que cette fois-ci, elle force moins sur ses bras. Ne cherchant pas à résister à la gravité, elle attrapa la première prise. La descente était amorcée…

… Fallait-il encore qu’elle arrive sans plus de casse en bas.


[Un peu court, et plutôt moyen... Désolée]
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Ven 20 Jan 2012, 15:17

Un souffle de vent mêlé de pluie fourragea dans les cheveux de Gil, et se dernier tourna la tête vers la plaine. Prisonnière d’un épais manteau de brouillard, celle-ci donnait l’impression de ne plus exister, d’avoir disparu dans les brumes du néant ; et lorsque l’Envoleur leva les yeux vers, il pu enfin distinguer les hauts sommets enneigés des Dentelles, auréolés de ciel bleu. En vérité, le beau temps cachait bien son jeu… Gil détourna le regard avant d’être tenté de prendre de la hauteur. Il avait à faire.

- Bon alors, vous descendez ou vous attendez le prochain orage ? Comptez-pas sur moi pour venir vous chercher !

Elya fut la première à se lancer. Elle progressait avec prudence mais ne manquait pas d’assurance ; pas mal, pour une fille qui manquait d’entraînement. Et qui s’était luxé l’épaule moins d’une heure avant. Gil ne la quittait pas du regard tandis qu’elle le rejoignait petit à petit. Comment fait-elle pour… ? Ah, ça, c’était un vrai mystère – qui valait la peine d’être creusé. Il avait senti son articulation se démettre, il l’avait lui-même remise en place ; il ne pouvait y avoir de doutes quant à la douleur qu’elle devait ressentir, même si elle était moindre qu’au moment de la luxation ! La fille au masque parvint finalement à sa hauteur. Sans prendre la peine de commenter son effort, Gil leva à nouveau les yeux.

- Suivante !

L’autre fille lui jeta un regard frondeur et se lança dans le vide. Bien plus vite, bien plus inconsidérément qu’Elya, mais avec une grâce qui s’opposait à son mutisme et révélait un talent encore fragile ; sa désescalade tenait pourtant du défi et les conditions ne se prêtaient pas à une démonstration de force. Alors que la gamine avait parcouru la moitié de la distance qui les séparait, son pied droit dérapa sur la paroi détrempée et elle rata le prochain appui. Elle tomba. Le temps d’une fraction de seconde seulement, car aussitôt sa main trouva une aspérité providentielle et elle put verrouiller sa position.

Un peu plus bas, Gil avait réagi au moment-même où il avait vu la botte glisser contre la roche. Toute sa fine musculature s’était tendue, prête à se détendre comme un ressort pour rattraper au vol une jeune fille en pleine chute. Tel n’avait finalement pas été le cas mais lorsque Gil se rendit compte qu’il avait cessé de respirer, il comprit qu’il s’en était fallu de peu. Et qu’il avait eu peur. Grognant de dépit, il se laissa à nouveau envahir par sa mauvaise humeur – seul témoin de son soulagement véritable.

- Qu’est-ce que tu fabriques, bon sang ? Je ne vais pas passer mon temps à vous sauver la peau, j’ai autre chose à faire, moi ! Descend de là, qu’on en finisse !

Si les rôles avaient été inversés – si Elya s’était retrouvée à la place de la fille boudeuse – il aurait aussitôt été assommé par une pluie de répliques, ennuyeuses mais mordantes ; la gamine aux cheveux de jais les rejoignit dans un silence de mort, gardant les lèvres scellées au point qu’on aurait pu la croire muette. Haussant les épaules, Gil s’élança à nouveau. Il ne lui fallut guère de temps pour atteindre le plancher des vaches, et alors il fut tenté de reprendre sa route, mais un mince, très mince soupçon de reste de bonnes manières lui intima d’attendre que les filles soient définitivement hors de danger. Ah ! Comme si on pouvait l’être vraiment…

Sifflotant un air qui lui trottait dans la tête depuis un petit moment, Gil défit ses gants et les glissa à nouveau dans sa ceinture puis s’appuya contre la roche humide et croisa les bras sur la poitrine. Quelques longues minutes plus tard, Elya et la fille sans nom touchèrent enfin terre. Il pouvait s’en aller.

- Salut.

Voilà, tout était dit. Que pouvait-il ajouter de plus ? Elles avaient compris la leçon, cela ne faisait aucun doute. Sinon, la prochaine erreur se solderait par une chute mortelle et point barre. Un ange-gardien, moi ? La belle affaire… C’est donc sans plus de cérémonie que Gil planta là les deux amies. Il était temps qu’il se confronte enfin à son nouvel engagement.

Maître SangreLune.

Enfer…


[Un peu court aussi, mais il fallait bien finir, pas vrai ? Elya, tu peux poster une dernière fois pour mettre un point final à ce Rp. Merci à vous deux, même si Kaünis a été moins inspirée sur la fin - en ce qui me concerne, je me suis bien amusée ^^]

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MessageSujet: Re: Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas...[PV Elya, Kaünis]   Ven 27 Jan 2012, 10:24

Lorsque Gil brisa à nouveau le silence, au moment même où elle s’élançait sur la paroi, Elya ne pu s’empêcher de soupirer. Elle n’avait plus aucun doute, dans le genre râleur, il était largement le champion. Pourtant, elle le savait, elle-même était d’un caractère plutôt gratiné – et ce n’était rien de le dire ! Mais là, la jeune femme avait comme une légère impression qu’il venait d’exploser tous les records. Et elle avait même fini par penser dur comme fer qu’il devait le faire exprès, pour se montrer autant… Associable ? Non, le mot ne convenait pas vraiment. Désagréable ? Pas complètement non plus. Bref, ce n’était pas possible de ne pas le faire exprès ! Si ? En fait, à ses yeux il agissait de manière incroyablement contradictoire. Ne l’avait-il pas sauvé pour ensuite se complaire dans une attitude qui avait tout de celle d’un ours mal léché ? Finalement la rouquine hocha la tête : elle avait autre chose à penser pour le moment !

Effectivement, dans l’immédiat, c’était sa descente qui l’intéressait. La paroi des Dentelles était encore sacrément humide et glissante. Le rideau de bruine, fraîche et ininterrompue, laissait toutefois apparaître quelques éclaircies sur la cime de la chaîne des Dentelles. Un éclat rêveur dans les yeux, elle se jura qu’elle l’atteindrait un jour, juste pour pouvoir mieux admirer le monde d’en haut. Et peut-être bien aussi toucher du doigt l’azur du ciel. Se reprenant aussitôt, la jeune femme ne tarda pas à rejoindre Gil, qui commençait sérieusement à s’impatienter. S’assurant une position stable, elle leva les yeux au ciel – pour la énième fois de la journée. Elle était descendue, maintenant il fallait attendre Kaünis.

Elya leva la tête pour voir son amie se jeter dans le vide sans plus se poser de questions. Songeant à Papillon, puis à Onde, elle se souvint qu’ayant commencé leur désescalade exactement de la même façon, les deux filles avaient tout simplement failli s’écraser dix mètres plus bas. Sauf que cette fois-là, la paroi n’avait pas été aussi humide, et encore moins aussi raide. C’est en retenant son souffle que la rouquine suivit donc la progression de Kaünis. Et ce fut sans grand étonnement qu’elle vit, comme au ralenti, son pied glisser contre la paroi glissante et abrupte. Elle chuta, quelques secondes, avant de se rattraper in extremis. D’un simple coup d’œil, elle remarqua que Gil s’était tendu comme un ressort, prêt à rattraper la jeune fille au vol. Et elle, elle avait arrêté de respirer durant tout ce temps. Au bout de plusieurs secondes encore, elle repris sa respiration par un soupir de soulagement. Il s’en était fallu d’un demi poil de mollet de fourmi !

Elle s’en doutait fort, Gil ne reprit sa progression qu’après avoir royalement enguirlandé Kaünis. Elya ne releva pas, mais du toutefois faire un gros effort pour se contenir. Elle se demandait bien comment son amie pouvait garder un calme aussi olympien. Toujours prudente, la jeune femme repris sa descente à la suite de Gil, mais en se laissant guider un peu plus par quelques réflexes récemment acquis. Elle sourit légèrement en se disant que si Dolce décidait de leur donner un exercice de désescalade pour l’examen, elle ne pourrait pas être mieux préparée.

Malgré quelques passages délicats, la rouquine ne tarda pas à se retrouver à nouveau les deux pieds sur terre, Kaünis à sa suite. Un rapide salut lui parvint, que déjà la silhouette de Gil s’éloignait à grands pas. Quel drôle de phénomène !

Au plaisir…

Ironique ?
Non à peine !

La prochaine fois, je porterai des gants…


[Bon, voilà, plutôt court aussi mais ce rp est officiellement terminé. Entre deux étincelles, je me suis bien amusée également =)]
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