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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]

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MessageSujet: Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]   Dim 15 Mai 2011, 21:36

Azrune s'étendit avec plaisir sur la pierre chauffée par le soleil. L'air marin lui faisait du bien, même si elle y était peu habituée, et la vision de l'étendue d'eau infinie lui plaisait toujours autant, tout comme elle l'intimidant en lui rappelant le statut d'insecte des hommes. Elle n'avait pas grandit près de la mer, mais son amour de la nature et de ses panoramas fantastiques la rendait à l'aise dans nombre de milieux, même inconnu. Enfin, à l'aise dans un certain sens seulement., ça ne l'aidait pas à savoir comment s'y débrouiller.

La pierre sur laquelle elle se tenait dominait les environs, à savoir une plage, une forêt, la mer et le reste de Gwendalavir derrière elle. Azrune arca son dos, épousant ainsi la surface de la pierre et en profitant pour s'étirer royalement. Après tout, elle était loin de la civilisation et elle avait pas mal marché pour arriver ici. Elle y était d'ailleurs arrivé par pur hasard, sans connaître l'endroit, simplement en allant au hasard, comme elle faisait depuis toujours ou presque depuis qu'elle avait quitté la ferme de ses parents adoptifs. Elle trouvait ça tellement mieux que de se fixer pour les mille prochaines années un plan de visites à faire qu'elle ne suivrait pas et qui la lasserait très vite. Elle préférait en effet, et de très loin, l'inconnu.

Elle se sentait bien ici, sereine. Ou du moins, c'était l'impression qu'elle donnait, mais que ce fut au milieu du bien être et du plaisir d'étirer ses membres fourbu dissimulé sous son émerveillement de la mer, le sentiment était toujours là, ou plutôt les. Un mélange de regrets, de honte d'elle-même, d'hésitation.

Regrets d'être partie alors que l'Académie marchombre l'avait acceptée, qu'elle avait été intégrée à un groupe et avait suivi son premier cours. Honteuse parce qu'elle ne comprenait pas pourquoi elle était partie, elle se sentait lâche, et pour finir hésitation parce qu'elle se demandait si elle pouvait y retourner ou non.

Elle était pourtant sûre et certaine que la voie du marchombre était sa voie, c'était une certitude, non, plus qu'une certitude, même si elle en savait tout de même peu de ce qui l'attendait chez les marchombres, et surtout qui ils étaient exactement. Et si c'était cela le problème? C'était trop soudain. Elle était pourtant habituée à prendre des décisions dans l'urgence, même si ce n'était pas tout à fait urgent au moment où elle avait découvert l'Académie. Disons plutôt qu'elle l'avait trouvée et qu'elle avait imédiatemment voulu l'intégrer. D'accord, elle avait agit sans réfléchir, mais d'habitude, elle assumait mieux ses choix, et puisqu'elle sentait que c'était le bon, pourquoi était-elle partie? Va savoir, encore une action sans réfléchir...

Azrune se redressa, songeuse. Elle avait besoin d'y réfléchir, d'accord. Sauf qu'elle ne faisait qu'y penser et que ça la hantait toujours. Elle fixa la mer, sourit un instant devant sa majesté, et reparti dans ses pensées, insensible à ce qui l'entourait, si bien qu'une personne aurait tout aussi bien pu s'approcher qu'elle ne l'aurait absolument pas remarquée, et d'ailleurs, c'est ce qui se passa.

Elle n'était plus seule.
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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]   Mar 17 Mai 2011, 20:47

    Inwëlle courait dans ce petit bois à la végétation en partie inconnue. Il faisait chaud. C'était l'extrème sud, ici. Pas très loin d'Al-Jeit, le Pollimage à traverser... Un bout de terre qui s'élancer à l'assaut des Grands Océans. Elle était déjà venue dans le sud. Elle se rappelait bien d'y avoir, un jour, fait une rencontre fugace avec un Marchombre... Elle ne l'avait jamais revu. C'était juste après qu'elle ait découvert qu'Il avait laissé un fils derrière lui. Juste après qu'elle se soit replongée dans ses origines. Elle était alors chamboulée. Tout comme maintenant.
    Si elle était redescendue dans le sud, sur ces terres chaudes, ce n'était pas pour goûter encore à l'eau salée de l'Océan, ni pour profiter du climat plus doux qu'à Al-Chen. C'était... C'était pour revenir aux origines. Ironie du sort?
    Elle venait revoir ses parents. Papa, maman. petite fille effrontée, qui ne comprend rien à l'amour et préfère le fuir, pour s'intégrer à une bande de durs tous plus âgés qu'elle. Petite fille qui trouve que ses parents sont une entrave à sa liberté. Petite idiote qui part sans un mot. Qui oublie que les autres aussi, ont des sentiments.
    Papa et maman... Ils étaient partis. Dans le sud. Des voisins lui avaient indiqué où précisémment. Facile à localiser: ils habitaient une maison modeste, isolée dans la nature, non loin d'une petite confrérie de Rêveurs. A dix minutes de la mer.

    Inwëlle tourna brusquement, manquant de perdre l'équilibre. Il fallait qu'elle se défoule. Non elle n'était pas encore allée les voir. Oui, ça faisait trois jours qu'elle était dans le coin. Non, ce n'était pas qu'elle n'avait pas trouvé la maison: elle l'avait vue de loin. Grâce à sa greffe. Du plus loin possible. Elle avait même aperçu du mouvement derrière une vitre. Ses parents vivaient ici avec Juirël. Elle n'y était toujous pas allée...

    Elle bondit, attrappa une branche, et se tracta dans un arbre noueux. Elle se hissa en déroulant le fil de ses pensées. Non, elle ne se cherchait pas d'excuses. Elle ne savait pas très bien pourquoi elle avait tant de mal à aller se présenter à la porte de cette petite masure tranquille... Craignait-elle de revoir ses parents? Juirël, qu'elle avait en quelques sortes abandonné aussi lorsqu'elle avait quitté Al-Jeit en coup de vent? Etait-ce sa fierté qui la bloquait, la perspective d'excuses qui la répugnait? Avait-elle peur d'être jalouse de Juirël, de se sentir... Remplacée? Et s'ils la rejettaient? Mais elle était quand même leur fille... Leur fille qui les avait reniés.
    Elle profita de sa solitude pour soupirer bruyamment, et contempla les environs du haut de son arbre. Elle n'avait pas choisi le plus haut, et ne voyait donc pas très loin. La plage, là en bas... Oh, il y avait quelqu'un. Son regard amplifié bondit sur la silouette féminine qui se prélassait au soleil.

    Beurk. Des cheveux violets, une peau bronzée à outrance... Pas de chance, ce n'était pas vraiment harmonieux, ni discret. En tout cas, un tel physique ne s'oubliait pas, et elle reconnut rapidemment une fille qu'elle avait déjà aperçue à l'Académie. Une ou deux fois, récemment... Ces caractéristiques l'avaient déjà frappée. Elle se disait des fois que, finalement, avec sa crinière rousse, elle n'avait pas trop à se plaindre. Elle jeta un coup d'oeil dans les environs. La fille était seule. Du moins pour le moment.
    Imaginer maintenant une petite bavarde excitée et persuadée qu'elle était la plus forte du monde parce qu'elle avait appris à faire des pirouettes fantastiques, savait terrasser un ivrogne, lancer à peu près correctement un couteau, pourvu qu'il soit équilibré et que la cible ne soit pas trop éloignée lui faisait horreur. Elle n'appréciait pas vraiment la compagnie des gens, leur sale manie à chercher son regard, à vouloir la toucher, à lui poser un tas de questions indiscrètes. Oh, il y avait des exceptions. Les Marchombres se révélaient souvent plutôt intéressants, et elle en appréciait même certains. Ils se comptaient sur le bout des doigts. Cette novice, comment était-elle?

    Inwëlle hésita un instant, avant de se laisser tomber, crochetant une branche par-ci, une branche par-là, jusqu'au sol sec du petit bois. Elle reccommença à trottiner, en direction de la plage. Sa solitude lui faisait se poser tout un tas de questions, ces jours-ci, et ces questions l'irritaient. Sa solitude lui hurlait vas-y, mais vas-y donc voir tes parents, arrête de tourner autour, tu es pitoyable! et ça l'irritait aussi. Au moins, si elle allait voir une autre personne, ça lui donnerait l'occasion de penser à autre chose, de se divertir le cerveau, de sortir de sa morosité et de son énervement. Même si cette fille l'énervait encore plus... Ca lui changerait quand même les idées, et puis si elle ne lui plaisait pas, elle partirait, voilà tout.
    Elle avait pensé à aller rencontrer les Rêveurs -elle avait déjà pénétré au sein d'une confrérie avec Erwan, et avait apprécié la discrétion, la tranquillité, l'hospitalité et la sagesse dont faisaient preuve ces hommes reclus. Seulement, elle savait que Juirël suivait un enseignement là-bas. Elle n'y était donc pas allée.

    Elle s'approchait sans bruit du rocher. Par derrière. C'était vraiment simple de se déplacer en silence sur une plage de sable, ça ne demandait presqu'aucun effort. Elle avait passé quelques nuits dans des auberges, profitant du confort de la litterie et de la cuisine. C'était un plaisir qu'elle avait toujours négligé, et qu'elle avait redécouvert en compagnie de Miss. Une Maître Marchombre bavarde, avenante, entreprenante, mais qui l'avait immédiatement séduite. Ah ça, c'était le mot qui convenait... Depuis qu'elle était arrivée ici, elle dormait dans une vieille cabane abandonnée... Parce qu'elle n'avait prévu de n'y rester qu'une nuit. Refusant de se laisser submerger par la colère, elle escalada le rocher, rapidemment et sans bruit. Poli par les vents, salé par les embruns, fouetté par les tempêtes.
    Elle se laissa souplement glisser aux côtés de la jeune fille. En prenant soin de ne pas la toucher, de ne laisser transparaître aucune émotion sur son visage, aucun sourire, d'éviter son regard. Sans aucun bruit. Ainsi sans doute s'indentifiait-elle. L'autre l'avait peut-être déjà vue... Mais elle n'était pas la seule rousse de l'Académie. Alors qu'une fille aux cheveux violets et à la peau si burinée...


    "T'es venue avec ton Maître?

    C'était ce ton froid, un peu rauque, ces mots brefs qu'elle avait l'habitude d'employer. Elle engageait rarement le dialogue. Elle n'aimait pas parler. Mais elle voulait que la fille sache qui il était, et qu'elle savait d'où elle venait. Elle voulait se changer les idées au plus vite, surtout...
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MessageSujet: Re: Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]   Mar 17 Mai 2011, 23:25

Le bruit de la mer était comme une baume apaisante. L'adolescente se détendit, essaya d'oublier. Y parvient. Finalement, tout est une question de concentration. Azrune ferma les yeux, savourant la familière et agréable sensation du soleil sur sa peau. Petite, il lui était difficile de ne penser à rien, mais maintenant, du moment qu'elle avait un bon paysage sympa sous les yeux, ou plutôt autour d'elle, derrière des paupières. Elle se sentit s'apaiser. Au diable les pensées parasites, pourquoi ne pas plutôt profiter du panorama qui s'offrait à elle?

Prise par ses pensées et ses remords, Azrune n'en était pas pour autant coupée du monde extérieur. Elle se rouvrit petit à petit à ce qui l'entourait, le vent, son bruit, son souffle, son odeur...

"T'es venue avec ton Maître?"

Azrune sursauta et ne put que se féliciter d'avoir choisi un rocher avec de la mousse, sinon elle serait probablement aller s'écraser en bas. Bon sang, quelle frousse! La jeune fille se redressa brusquement pour fixer la personne apparue à ses côtés. Pas vraiment apparue, elle ne l'avait pas guettée et elle avait parfaitement pu se glisser à ses côtés sans qu'elle la voit, mais Azrune était surprise de ne pas l'avoir entendue, elle avait pourtant une bonne ouïe!

Ensuite, elle s'attarda sur le sens des paroles de l'inconnue, et elle s'intéressa à ses mouvements. La conclusion s'imposa à elle, évidente : marchombre.

Qui était-elle? Etait-elle venue lui reprocher son départ? En était-elle seulement au courant ou était-ce un hasard? Mais alors, comment pouvait-elle savoir qu'elle était marchombre vu le peu de temps qu'elle avait passé à l'Académie - quelques jours tout au plus?

Oui, Azrune ne c'était toujours pas rendue compte que son physique la rendait assez reconnaissable.

- Non.

Elle était plus bavarde d'habitude, mais l'attitude de l'inconnue n'incitait pas franchement à la discussion. Et puis qu'elle ai été prise par surprise n'aidait pas non plus. Oh, Azrune n'était pas vexée, loin de là, elle était certes plutôt mauvaise perdante, mais là, elle n'avait pas fait de pari et elle savait que bien des gens la surpassaient dans bien des domaines! Mais tout de même, se croire seule à beaucoup à la ronde sous prétexte que le coin est sauvage et découvrir qu'on se plante... Ce n'était pas si commun que ça pour elle.

- Comment sais-tu que je m prétend apprentie marchombre?

Azrune n'avait pas trouvé d'autre formulation lui permettant de poser la question qui la taraudait sans raconter sa vie, chose dont elle n'avait pas franchement envie pour le moment. Heureusement, sa personnalité naturelle repris vite le dessus et elle retrouva un sourire sincère et curieux. Elle avait déjà hâte de connaître cette nouvelle rencontre! Et au moins, cette inconnue avait le mérite de la distraire de ses problèmes...
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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]   Mer 18 Mai 2011, 23:00

    La fille devait être perdue dans ses pensées. Les yeux fermés, le menton légèrement relevé... Elle ne devait pas être encore très avancée sur la Voie, sinon, elle aurait été plus sur ses gardes. Inwëlle se rembrunit aussitôt à cette pensée. N'était-elle pas l'exemple parfait de l'abandon mortellement dangereux? Il y avait quelque jours encore, sur cette arche, elle s'était abandonnée à ses pensées, au risque de ne pas pouvoir se défendre en cas d'attaque... Elle faisait attention, elle y travaillait, mais cela lui arrivait bien trop souvent. Se couper du monde, et s'offrir, vulnérable, à tous les agresseurs... Des ivrognes obsédés aux Mentaïs aguerris, en passant par l'étrange Dessinateur acharné dont Miss l'avait débarassée. Alors de ce côté, elle n'avait rien à redire.
    Elle comprenait, de plus, l'abandon de la jeune fille face à la mer. Les contrées étaient plutôt sauvages, c'était vrai: quelques maisons par-ci par-là -ne pas y penser...- une confrérie de Rêveurs, la bourgade la plus proche à deux ou trois kilomètres. Il n'y avait que le bruit du va-et-vient incessant des vagues, le doux murmure de l'écume qui se retire, et cette immensité sombre, étincelante sous ce soleil estival. La mer, immense, lui faisait penser aux montagnes. Monument de la nature, inébranlable, inchangeable, aux yeux duquel les humains étaient minuscules. C'était ainsi qu'elle se sentait, lorsqu'elle avait l'occasion de voir un Océan, de contempler l'immensité du Lac Chen, l'imposant Pollimage, la tumultueuse Voleuse, les majestueuses Dentelles Vives ou les placides plaine: minuscule, réduite à rien du tout, embryon du monde bientôt réduit à néant, simple petite chose qui chatouillait les grandes, qui se chargeaient de la remettre à sa place. Humble chose qui connaissait sa condition d'humaine. Mais aussi celle de Marchombre. Elle dialoguait avec la Pierre, elle chantait avec l'Eau, elle jouait avec le Vent. Elle leva un doigt, pour laisser un léger souffle venu de la mer s'enrouler autour.
    Elle était de plus en plus familière avec cette élément.

    Mais toujours moins qu'avec la roche ou l'eau. Elle recroquevilla ses orteils, cherchant à enfoncer ses pieds nus et la paume de ses mains dans la pierre humide et salée. Un peu mousseuse par endroits. Elle se concentra une seconde, et, rodée par l'habitude, compris un peu de ce rocher. Elle avait déjà partagé la solitude de ces rochers de bord de plage, connaissait leur sentiment de tranquillité, leur proximité avec l'Eau qui, souvent, leur rendait visite. Elle se fondait dans cette roche marine d'autant plus facilement qu'elle s'était dès son arrivée à l'Académie découvert une affinité avec l'Eau. Elle choisit de laisser une partie d'elle-même en compagnie du rocher, et une autre en compagnie de la fille. Elle avait maintenant assez d'expérience pour se permettre d'être à la fois roche, et à la fois concentrée sur le monde extérieur. C'était une sensation un peu étrange; comme si elle était divisée en deux parties. Etrange certes, mais pas dérangeante; agréable même. Comprendre un élément pour se fondre en lui était toujours agréable. Du moins n'en avait-elle jamais fait de mauvaise expérience. Les bois polis et façonnés par l'homme, les pierres des maisons, et surtout, les choses Dessinées l'avaient rebutée, au début. Mais elle avait vite découvert que l'empreinte de l'homme ne les rendait pas plus durs à comprendre, et si, en s'accordant à eux, elle ressentait la domination de l'Homme qui ne lui plaisait guère, elle n'en était pas moins étroitement reliée à un élément, un bout de nature, elle jouait avec et partageait une complicité unique. Et cela, c'était en soit une chose fantastique.

    Erwan lui avait appris qu'il fallait comprendre les éléments avant même leur tout premier cours. Cette fille en avait-elle déjà entendu parler? L'avait-elle déjà assimilé? Elle n'était, en tout cas, pas en accord avec la roche. Pas en conflit non plus, heureusement. Même si elle avait déjà assimilé cette notion -fondamentale- il semblait normal qu'elle ne s'accorde pas avec n'importe quel rocher. Inwëlle se rappelait qu'à ses débuts, cela lui demandait beaucoup de concentration et qu'elle n'y parvenait pas toujours. Elle ne le faisait pas encore automatiquement, et bien souvent, que lorsqu'il lui fallait escalader des parois délicates... Mais elle avait vite découvert les charmes de ce jeu avec la Nature et s'y était rapidemment accoutumée.

    La fille parlait bien. Très bien. Beau vocabulaire, rythme posé, polie, rien à redire. Et très vite... Grand sourire, mine avenante, engageante. Ca sentait le débit de paroles et la tentative de faire copines-copines, et ça ne plaisait pas trop à Inwëlle. Elle décida d'attendre de voir ce que cette rencontre deviendrait.


    "J't'ai vue à l'Académie."

    Inwëlle serait bien passée directement à la suite en zappant la question de la jeune fille, mais sa propre expérience l'en empêchait. Elle qui pestait constamment contre les réponses évasives d'Erwan, voire carrément inexistantes, elle qui soupirait quand il répondait à une question par une autre, qui se tuait la cervelle à trouver le moyen de lui arracher un bout de réponse qu'elle serait en mesure de comprendre, elle n'allait pas commencer maintenant à faire endurer le même calvaire à de pauvres apprentis.
    Enfin, elle râlait, mais elle savait très bien que ce n'était que façade. Ces demi-réponses, ces questions-questions faisaient partie de l'apprentissage que lui avait dispensé Erwan. Il ne fermait pas son horizon par des réponses toutes faites; il lui permettait de s'ouvrir, de méditer, de penser, de comprendre, d'apprendre. Sauf qu'elle n'était pas certaine qu'ignorer complètement la réponse de cette jeune fille lui permettrait d'apprendre grand chose...


    "C'est qui ton Maître? On t'as déjà parlé de... Comprendre la Roche, l'Eau, le Vent? La Nature?"
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MessageSujet: Re: Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]   Mer 18 Mai 2011, 23:37

La femme lui rappelait quelqu'un. Un nom s'imposa à elle, celui de la maître marchombre qui l'avait accueillit à l'Académie, qui lui avait donné son premier cours, et son seul jusqu'à maintenant.

Sulla.

Quelque chose dans cette marchombre lui rappelait Sulla. Etait-elle aussi une "maître"? Ou plutôt, est-ce que ça importait vraiment? Que signifiait être "maître" pour les marchombres? Les marchombres sont humains, mais ils sont différents. Chacun est différent, d'ailleurs, mais justement, cela implique des différences, notamment dans la compréhension de même mots. Azrune était assez bien placée pour le savoir d'après diverses expériences.

"J't'ai vue à l'Académie."

Houla, pas bavarde la femme. Bon, d'accord, Azrune l'avait déjà deviné, mais l'impression se précisa, et elle jugea plus prudent, même si l'inconnue n'était pas agressive, de la mettre en veilleuse. De toute façon, depuis sa rencontre avec Syndrell, elle était devenue moins ouverte, va savoir pourquoi. Syndrell était pourtant sympa et plus ouverte que nombre d'Alaviriens... Va savoir, la découverte de la voie marchombre avait sans doute participé aussi à ce changement, ou c'était simplement à cause de son départ de l'Académie, va savoir!

"C'est qui ton Maître? On t'as déjà parlé de... Comprendre la Roche, l'Eau, le Vent? La Nature?"

Elle n'était pas bavarde, elle, ni très polie d'ailleurs maintenant qu'Azrune y pensait - avouez qu'arriver sans signaler sa présence quand on baisse sa garde et sans dire bonjour ou un truc dans le style est pas ce qu'on fait de mieux en la matière - mais heureusement, l'adolescente n'y accordait pas d'attention excessive, ce qui ne l'empêchait pas de ne pas trouver la femme hyper sympathique... Mais comme elle n'avait pas de raison de ne pas répondre... Quoique, pour être honnête, elle n'en avait pas très envie.

C'est connu, quand on a un problème, on a pour réflexe de le cacher, mais aussi d'en parler. En tout cas, Azrune fonctionnait ainsi. Finalement, après de longue secondes de silences passées à observer la mer et, inconsciemment, à ressentir le rocher sur lequel elle était, elle répondit :

- Sulla. C'est elle qui m'a parlé de comprendre la roche, mais elle ne m'a pas parlé du reste, et c'était avant que je n'entre à l'Académie.

Azrune vrilla son regard curieux mais malgré tout amical dans les yeux de l'inconnue.

- Pourquoi?
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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]   Dim 22 Mai 2011, 00:33

    "Parce que t'étais pas ouverte au Rocher. Ouverture et harmonie sont... Importantes."

    Elle n'aimait pas tellement qualifier ces notions exceptionnelles, majestueuses, aussi simplement qu'elle venait de le faire; mais elle ne tenait pas à chercher du vocabulaire pendant de longues secondes face à une inconnue. Elle comprendrait peut-être au son de sa voix que c'était bien plus fort que "important"... Pour elle, cette compréhension et cette ouverture qui conduisaient à l'harmonie du corps, de l'âme, de la matière, de l'énergie étaient la base du Marchombre. N'était-ce pas les premières choses qu'elle avait apprises? S'ouvrir, réceptionner le monde, apprendre à l'accueillir en son sein. Erwan avait un jour fait la métaphore des fenêtres: ses cinq sens, comme autant de fenêtres qui s'agrandissaient, jusqu'à prendre toute la place et faire disparaître tous les murs... S'ouvrir, accueillir, et s'entraîner à comprendre. Comprendre la source, la nature de l'énergie, de l'autour. La comprendre pour mieux s'y fondre, se camoufler, ou s'en nourrir, ne faire plus qu'un pour qu'elle ne soit plus un obstacle, mais un allié de taille.

    Toutefois, si pour elle ils étaient si importants, elle savait que chaque Marchombre était différent. Peut-être qu'elle se fourvoyait, peut-être qu'il y avait des notions qui auraient mérité plus d'attention. Mais pour le moment, ne voguait-elle pas sur les flots de la Voie avec aisance? Ne cessait-elle pas d'avancer? La lueur dans les yeux d'Erwan lors de leur dernière rencontre, elle ne l'avait pas inventée.
    Elle préférait toutefois ne pas s'aventurer à affirmer à une apprentie qu'ouverture et harmonie étaient la base. Dire qu'elles étaient importantes était suffisant. Peut-être que son Maître lui avait appris autrement, en plus. Elle n'était pas Maître. Elle n'était pas prête.

    La jeune fille en tout cas, semblait s'être un peu ouverte au rocher moussu. Inwëlle, immergée dans celui-ci, le sentait confusément. Ainsi, elle n'aurait sans doute pas trop de mal à assimiler ce principe...

    Et elle n'avait visiblement pas eu de mal non plus à cerner le caractère de Wëlle. Elle ne se lança pas dans d'incessants babillages, ne l'assaillit pas de questions, n'afficha pas tout un tas d'immenses sourires mignons, gentils, avenants, sympathiques, mielleux. Tant mieux pour elle. En revanche, elle avait tenté -et c'était prévisible- d'attrapper son regard. Inwëlle l'avait détourné avant qu'il ne soit trop tard, fixant les vagues qui déferlaient sur la plage. C'était pratique d'avoir quelque chose à regarder, dans ce genre de situations.
    Elle prit même le temps de répondre, ce qui agaça un peu la jeune Marchombre. Elle hésitait. Cette jeune fille avait-elle fait ce silence naturellement, s'était-elle réellement évadée un instant, sans doute calmée par le peu de sympathie de son interlocutrice? Ou était-ce une manoeuvre calculée pour sembler plus mystérieuse, plus profonde, pour faire son intéressante et charmer la rouquine? Elle préféra ne pas relever. Autre chose la chiffonnait plus que ça.

    Avait-elle une aura? Elle s'était déjà beaucoup interrogée à cette question. Elle en avait déduit que oui, d'après le regard des hommes, des femmes aussi, de certains novices à l'Académie, quand elle oubliait de se fondre dans le décors et de se faire discrète. Mais pas aussi puissante que les grands Maîtres, c'était indéniable. Elle doutait pouvoir rayonner de loin et attirer aussi bien qu'eux. Cela devait faire deux ans à peine qu'elle avait terminé son apprentissage, et elle avait encore beaucoup de chemin à parcourir. Elle était d'avis qu'elle brillerait encore un peu plus. D'un côté, elle se sentait flattée à la perspective de diffuser ce magnétisme, qui, novice, l'avait fascinée chez les Maîtres, et la fascinait encore. Ce serait... Ce serait vraiment incroyable de se dire qu'elle avait avancé sur la Voie à ce point. D'un autre côté... Elle craignait de se faire encore plus remarquer, et ça ne lui plaisait pas du tout.
    Donc: elle était à peu près certaine de diffuser au moins un petit quelque chose, une impression floue qui attire l'attention.

    Cette fille l'avait-elle sentie? Avait-elle deviné qu'elle était Marchombre? Ou simplement, habituée à en cotoyer, faisait-elle l'erreur de penser que toute personne souple et discrète était Marchombre? S'était-elle laissée convaincre par les paroles d'Inwëlle? Cette dernière perspective ne lui plaisait guère.
    D'immobilité à jaillissement, elle se retrouva à genoux au dessus de la fille, bloquant ses jambes avec ses pieds, tenant fermement ses deux mains de la main droite, et, le poignard dans sa main gauche, pressé sur sa gorge.


    "Les Mercenaires aussi sont habiles."

    Toujours une expression neutre. Dès son arrivée à l'Académie, deux Mercenaires avaient tenté de la recruter. Erwan s'était occupé d'eux. D'une nature méfiante, Inwëlle n'avait jamais exclu la possibilité d'être face à l'un des serviteurs du Chaos. Elle ne se rappelait que trop bien la distance dont elle avait fait preuve avec Wanya, comment elle l'avait surveillée, tant elle craignait de se faire attaquer par derrière par une potentielle ennemie. Mais surtout, elle savait que les Mercenaires aussi se déplaçaient tout en souplesse et silencieusement, et à quel point ils étaient redoutables. Les Envoleurs étaient des tueurs de Marchombres. Sans doute recourraient-ils à des ruses de ce genre pour obtenir de précieux renseignements...
    Inwëlle continua de lui parler à l'oreille.


    "Tu viens de donner le nom de ton Maître et de révéler ton identité."

    Elle retira brusquement le poignard, relâcha ses poignets, enleva ses jambes et se rassit en une seconde à la place qu'elle venait de quitter. Elle fixa à nouveau la mer.

    "Fais plus gaffe."
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MessageSujet: Re: Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]   Dim 22 Mai 2011, 13:21

Pourquoi donc Azrune sentait comme une importance particulière autour du mot "importantes"? D'après le peu qu'elle avait appris au contact de Sulla à ce sujet, le domaine tenait en effet une place de choix dans l'apprentissage marchombre, mais qu'est-ce qu'elle en savait? Elle avait à peine avancé chez les marchombres, et si sa rencontre avec Syndrell lui avait donné envie d'y entrer, la jeune femme lui donnait un autre aspect des marchombres. Sans trop savoir pourquoi, elle était certaine que celle qui lui faisait face était bel et bien marchombre, mais elle venait de découvrir que tous les marchombres ne ressemblaient pas en caractère à Syndrell et Sulla. Dommage, même si elle aurait du s'en douter, elle c'était connue moins naïve. Et plus, aussi...

- Je suppose que c'est parce que je débute.

S'ouvrire au rocher... Azrune baissa les yeux sur son promontoire, étala sa main dessus et tenta de se rappeler de ce que Sulla lui avait dit à ce sujet. S'ouvrir, le ressentir, s'en imprégner... Elle ne se souvenait de ses conseils qu'à grande peine. Allons bon, cela faisait pourtant à peine quelques jours qu'elle l'avait entendue. L'adolescente fronça les sourcils, le regard dans le vide. Comment on fait pour s'ouvrir? Elle avait eu l'impression d'y arriver la première fois. N'était-ce donc qu'une chimère, une impression due à son ignorance des marchombres? Sans doute. Elle avait cru y croire, en fait, elle était simplement à l'aise lorsqu'elle faisait grimpette. Rien à voir avec l'ouverture, alors. Bon, mais comment...

Au moment où elle sentait peut-être qu'elle faisait un pas dans son ouverture au rocher, l'inconnue agit. Alors qu'elle imaginait que, malgré son caractère pas terrible, la jeune femme n'était pas une menace, elle se retrouva immobilisée, une lame contre la gorge. Azrune se raidit et fixa son agresseuse, qui présentait toujours une expression neutre. Son esprit tournait à vive allure, tentant d'analyser ce qui lui arrivait. La marchombre était-elle une ennemie? Mais pourquoi lui en voudrait-elle? Etait-ce à cause de sa fuite de l'Académie? Quand même pas? Avait-elle fait exprès de lui parler de l'ouverture au rocher pour qu'elle focalise son attention ailleurs? Si Azrune n'avait pas été accaparée par le rocher, elle aurait sans doute pu réagir, elle avait d'excellents réflexes grâce à son vécu et au sang Faël qui coulait dans ses veines.

"Les Mercenaires aussi sont habiles."

Azrune fronça les sourcils sans comprendre. Les Mercenaires? Quels rapports ces êtres avaient-ils avec les marchombres?

"Tu viens de donner le nom de ton Maître et de révéler ton identité."

Sulla n'était plus son maître puisqu'elle était parti et, pour toute identité, elle avait révélé être intéréssée par les marchombres. L'inconnue n'en faisait-elle pas un peu trop?

Et puis l'inconnue la lâcha. Azrune ne chercha pas à masquer sa surprise. Mais qu'est-ce qu'elle cherchait à faire, bon sang? L'égorger ou pas? Et quelles étaient ses motivations? Etait-elle là par hasard?

"Fais plus gaffe."

Tout ça pour une leçon? L'adolescente serra et désserra les points, prise d'une soudaine envie non pas d'en coller une à la jeune femme - cette tentative était, hélas, assez risquée - mais de fiche le camp, ou de répondre mais dans ce cas, comme elle n'avait pas l'habitude de mâcher ses mots, sa prise de parole pourrait être mal interprétée. Non mais pour qui elle se prenait celle-là?

- De une, pourquoi t'a fais ça, de deux, je vois mal le rapport entre les mercenaires et les marchombres.

Hourra, elle avait parlé avec un semblait de calme sans totalement réussir à masquer son état farouche que la jeune femme avait réveillé avec sa presque tentative de meurtre. Azrune avait bel et bien un côté naïf, mais une fois qu'on avait éveillé sa méfiance, c'était dur de l'éteindre. Elle ne pourrait probablement plus se détendre en présence de cette marchombre là. Et surtout, elle voulait la comprendre un peu mieux, ou alors il serait trop risqué de rester sur ce rocher avec elle!
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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]   Lun 23 Mai 2011, 22:19

    Inwëlle considéra attentivement la jeune fille à ses côtés, en se focalisant surtout sur ses mains. Les mains étaient généralement très révélatrices de l'humeur de leur propriétaire. Ce que Wëlle put conclure de ces mains crispées et un tantinet agité ne l'étonna guère. Bien sur qu'elle était énervée.
    Elle ne put s'empêcher de se mettre à sa place. Elle, quelques années plus tôt, si farouche, si fière, aurait très certainement pété un cable. Elle aurait invectivé celui ou celle qui aurait osé lui faire une telle chose, elle se serait probablement levée, serait peut-être partie. Elle n'aurait pas attaqué en représaille d'individu; depuis toujours, elle était lucide sur ses chances de remporter un combat. Et puis, si l'autre en face avait une aura, cela l'aurait tenue à distance, certainement. Mais elle ne se serait pas laissé faire, ça c'était certain... Intérieurement, elle soupira en pensant à son caractère qui, tout de même, s'était assagi au fil des années... Et de son avancée sur la Voie. Elle n'aimait pas obéir à Erwan, lors des premiers cours. Elle refusait parfois de faire les exercices. Elle se butait, ne parlait à personne. Une vraie petite sauvage. Elle avait appris, par la suite, ce que ces exercices pouvaient lui apporter. Cette fille était débutante... Et si elle aussi avait un caractère assez farouche, peut-être n'avait-elle pas encore compris tout-à-fait que certaines choses, si déplaisantes soient-elles, se révélaient au final extrèmement enrichissantes.

    Inwëlle avait voulu la mettre en garde. Combien d'apprentis imprudents s'étaient déjà fait tués par des Mercenaires, ou enrôlés? Ils savaient se faire discrets, séduisants, ils étaient mortellement dangereux. Inwëlle entendit la voix de la fille aux cheveux si laids, vibrante, tendue de colère. Cependant, sa tentative de rester calme n'était pas si mal réussie que ça. Mais au delà du ton, elle comprit que cette jeune novice ignorait ce qu'étaient les Mercenaires du Chaos.
    Pas très étonnant... Si certaines rumeurs courraient dans les villes, nombre d'Alaviriens n'en avait pour autant jamais entendu parler, ou du moins ne s'en souvenaient pas. Si elle venait effectivement d'arriver à l'Académie, il était très probable qu'elle n'ait jamais rien entendu sur eux, ni de la part de ses camarades, ni de la part de son Maître. Dans ce cas, il était aussi plus normal qu'elle n'ait pas compris le but de sa démarche, et pas non plus compris grand-chose à ce qu'elle avait raconté.

    Mais enfin, d'après Wëlle, ce n'était quand même pas sorcier de deviner qu'il s'agissait là d'une mise en garde. Bon d'accord, un peu spéciale... Et encore, elle avait pris soin de formuler un avertissement avec des vrais mots. Bien, elle allait donc lui expliquer. La jeune fille s'était faite surprendre en plein intimité -Inwëlle n'aurait carrément pas aimé ça du tout pour sa part- et en plus, elle s'était faite agresser sans aucun préambule pour une raison qu'elle semblait totalement ignorer.

    Wëlle bondit du rocher, et, les orteils enfoncés dans le sable, alla jusqu'à l'eau, quelques mètres plus loin, pour que celle-ci lui lèche les chevilles. Elle frissonna de délice, le coeur aussitôt en accord avec les vagues. Elle aimait l'Eau. C'était son amante, sa partenaire de caresses et de rire, qui la réconfortait quand il fallait, qui jouait comme la berçait. L'Eau et elle, c'était une grande histoire d'amour, inattendue, fusionnelle. Fusionnelle, c'était le cas de le dire... Elle avait très envie de se glisser dans l'Eau salée et d'aller jouer avec elle. Elle la connaissait moins bien que l'Eau douce, mais les aimait autant l'une que l'autre.
    Elle resta sur la rive, cependant. Elle allait tenter quelque chose... Une chose à laquelle elle s'entraînait depuis deux ans, peut-être plus, mais sa nature de solitaire l'empêchait de s'adonner trop souvent à cet exercice. Elle détestait parler seule.

    Elle garda sa vision braquée sur l'arrière, au cas où la fille sur son rocher déciderait de l'attaquer par derrière. De toute façon, elle était prête à parier que même sans sa vue un peu extraordinaire, elle la sentirait arriver; mais vallait mieux deux précautions plutôt qu'une, surtout qu'elle allait avoir besoin de concentration. Au risque de délaisser l'eau, elle se focalisa sur le vent qui venait du large. Un vent tiède, lourd d'embruns et de relens salé, un vent de l'Océan, qui rendait poisseux les cheveux et qui piquait les yeux. Elle n'avait pas l'habitude de ce vent. Mais elle avait l'impression qu'il ne serait pas trop compliqué de s'accorder avec lui. Une minute, deux minutes... Elle était parfaitement immobile. Non: elle ondulait un peu. Sur le rythme du vent marin.
    Puis, elle commença à parler.


    "Les Mercenaires du Chaos cherchent... Le Chaos."

    Haha, sans blague. N'empêche que ça marchait pas mal, son truc de la voix. Bon d'accord, sa voix n'était pas totalement mêlée au Vent, légère et magique, comme Erwan et d'autres Marchombres parvenaient à le faire. Mais elle sentait que ça fonctionnait un peu. Que ses paroles étaient portées dans un souffle jusqu'à Azrune, qui, malgré le chuchotement permanent des vagues, pouvait entendre ce qu'elle disait sans qu'elle n'ait à hausser le ton. Sans relâcher son effort - il s'agissait tout de même là de parler et de s'accorder avec le Vent, deux choses qui n'étaient pas d'une grande facilité d'accès pour elle -, elle continua d'expliquer.

    "J'voulais te montrer que les Mercenaires ont les même capacités que les Marchombres. Y en a qui s'appellent les Envoleurs. Chasseurs de Marchombres. Ils peuvent se faire passer pour un Marchombre pour te tuer, t'arracher des informations... Te faire changer de camp."

    Ca devait être amplement suffisant pour qu'elle ait compris, maintenant. Elle s'extirpa doucement de la concentration dans laquelle elle s'était placée, se sépara tendrement du Vent par la même occasion, arrêtant d'onduler des doigts, des bras, d'onduler du dos, pour se glisser à nouveau toute entière dans l'Eau, qui lui léchouillait les pieds, et l'invitait à venir se délasser un peu de tous ses soucis. Tiens, elle n'y avait presque pas pensé, à ceux-là.
    Inwëlle dénoua sa ceinture de tissu, et lança son pantalon, déjà trempé au bas, sur la plage. Elle fit de même avec sa chemise trop grande.

    Nue face à la mer, elle leva les mains et les joignit au dessus de sa tête. Les abaissa. Entamma la gestuelle.
    Marchombre...
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MessageSujet: Re: Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]   Mar 24 Mai 2011, 19:10

    Cette personne était vraiment bizarre. Et stressante, aussi. Ses paroles étaient hachées, elle n'était même pas capable de parler correctement, avec des phrases longues - sans doute qu'elle n'aimait pas ça - et pour finir, dans son ton comme son visage, on ne lisait aucune émotion. Azrune, qui était d'un naturel plutôt émotif et ne cherchait pas à le cacher, trouvait cela extrêmement stressant. Elle avait l'habitude de lire entre les lignes des gens qu'elle rencontrait, et elle était plutôt douée pour ça, sauf qu'avec cette personne... Rien. Elle était calme, mais elle était dans le même état avant de lui sauter dessus pour lui plaquer un couteau sous la gorge. Et d'ailleurs, si elle y réfléchissait bien, Azrune devrait trouver des raisons à ce geste.

    Elle devrait, sauf qu'elle n'osait plus se plonger dans ses pensées en présence de cette jeune femme. Impossible d'oublier qu'elle l'avait menacée quelques minutes plus tôt. Alors d'accord, peut-être qu'il y avait une raison à ça, ça ressemblait même à un avertissement, mais avouez quand même que cette marchombre avait une façon de faire très étrange. A coup sûr, Sulla ou Syndrell n'auraient pas agit ainsi. Azrune fit la grimace. Il fallait qu'elle arrête de croire que tous les marchombres étaient comme ces deux femmes! D'abord, il y avait des hommes aussi, même si elle en avait rencontré moins, et puis, même si elle avait déjà pu constater que les apprentis marchombres rencontrés possédaient de nombreux points communs, puisqu'elle c'était toujours entendue avec eux, ce n'était pas forcemment le cas de tous le monde, mais... Cette pensée amena la jeune fille à se demander comment la jeune femme qui lui faisait face était arrivée à ce caractère. Comment était-elle avant? Pire ou mieux? Vu qu'elle avait du avoir l'entraînement marchombre, alors elle devait s'être améliorée, mais elle avait des progrès à faire toute seule dis-donc!

    Soudain, sans prévenir, la jeune femme lui tourna le dos pour quitter le rocher, laissant Azrune plantée toute seule dessus, sans trop comprendre ce qui se passait, ses interrogations se résumant en : qu'est-ce que l'autre pouvait bien fiche? Elle n'était quand même pas en train de partir, comme ça, sans se justifier? Comme si elle ne venait pas de lui plaquer une lame contre la gorge! En plus, elle lui avait posé une question, elle pouvait quand même répondre, c'était le minimum! Qu'elle ne dise pas bonjour ou ne signale pas sa présence, déjà, c'était plutôt limite - surtout pour lui signaler sa présence, le bonjour, elle s'en fichait en comparaison - mais ne pas s'expliquer quand on faisait un coup pareil...

    Azrune hésita. De là où elle était, elle doutait que la marchombre puisse lui expliquer quoi que se soit, hors, elle n'avait absolument aucune envie de la suivre pour plusieurs raisons. Elle avait bien envie de reprendre cet exercice d'ouverture au rocher, et pourquoi ne pas essayer de s'ouvrir au vent, mais elle était toujours méfiante. D'accord, à cette distance et vu que la jeune femme était désormais en position basse, même si l'idée lui venait de lui envoyer son poignard, l'adolescente pourrait l'éviter même concentrée, mais comme elle avait profité de la dernière fois qu'elle avait essayé...

    La jeune fille se mit dans une position plus confortable que celle dans laquelle sa colère l'avait laissée. Elle était calmée maintenant, elle avait une suffisante maîtrise de ses émotions pour ne pas rester énervée trop longtemps, et elle avait un naturel trop joyeux pour ça aussi, mais elle n'était pas prête de l'oublier, cette marchombre. En plus, elle ne connaissait toujours pas son nom. Enfin, tant pis, Azrune changea de place pour pouvoir à la fois poser ses mains sur le rocher et aussi pouvoir réagir vite, des fois que la marchombre soit à nouveau agressive, et elle savait très bien que la distance qui les séparait n'était pas suffisante pour qu'elle soit à l'abri. Elle allait répété l'exercice, lorsqu'elle entendit la voix de la jeune femme. Heureusement qu'elle n'avait pas crié, sinon elle était bonne pour glisser et s'étaler en bas de mon promontoire. Bon sang, elle ne s'y attendait vraiment pas! Elle n'avait pas vraiment eu peur, mais elle avait vraiment été surprise. Azrune se redressa en fronçant les sourcils. La jeune femme ne faisait pas d'effort particulier sur sa voix, elle en était sûr, elle l'entendait, mais alors comment pouvait-elle lui parler d'aussi loin? Parce que c'était bien à elle qu'elle s'adressait, elle en était pratiquement sûre.

    Elle repris ses explications, toujours avec sa façon de parler si particulière, et lorsqu'elle eu fini, elle était plus détendue, tandis qu'un je-ne-sais-quoi disparaissait, comme grâce à l'explication du geste de la marchombre. Ainsi, c'était pour ça qu'elle l'avait mise en garde contre les mercenaires... Elle ignorait cette facette d'eux, et elle continuait à penser que la jeune femme aurait pu agir autrement. Elle sourit également en se rappelant sa première phrase, que même elle aurait pu sortir si on lui avait posé la question ce savoir ce qu'étaient les mercenaires.

    Azrune se leva, s'étira, debout et les yeux ouvert cette fois, sur le rocher, regardant l'immensité bleue, puis elle se rassit pour tenter de s'ouvrir à ce qui l'entourait, d'abord le rocher parce que c'était avec lui qu'elle avait commencer, puis elle essayerait avec le vent, et tant pis si elle n'y parvenait avec aucun de ces deux éléments, ça allait venir. Comme la précision lorsqu'elle lançait son poignard.

    La jeune fille y passa plusieurs minutes à tenter de s'ouvrir, et si elle cru avoir un peu plus compris comment s'ouvrir, il lui sembla malgré tout qu'elle n'y parvenait pas. Elle essaya ensuite avec le vent sans plus de succès, voir moins, lorsqu'elle remarqua la marchombre devant la mer, nue, en train de faire des gestes qui lui disaient quelque chose... Comme, contrairement à la dite marchombre, Azrune respectait les autres et donc ne venait pas les gêner lorsqu'ils étaient occupés, elle s'abstint d'aller la voir pour la questionner, en revanche, dès qu'elle la vit cesser sa gestuelle, elle descendit de son perchoir pour avancer vers elle, sans se presser.

    Azrune, prudente, resta à bonne distance de la marchombre, bien qu'elle arriva à son niveau, donc les pieds dans l'eau, ce qui ne la gênait pas, elle trouvait même ça agréable. Elle aimait bien l'eau, même si elle était peu habituée à l'idée qu'il existait de telles masses d'eau. Normal, vu qu'elle avait grandit entre des plateaux et une chaîne de montagne...

      - Dis-moi, ce que tu viens de faire, ça me dit quelque chose, ça porte un nom?


    Elle en était sûr, cette gestuelle n'était pas anodine, et elle était sûre de la connaître, de l'avoir déjà vue quelque part, même si elle ne saisissait pas où.
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MessageSujet: Re: Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]   Mer 25 Mai 2011, 19:53

    "Gestuelle Marchombre."





[Oui je sais c'est très très court, mais je crois bien que ma Wëlle n'a rien de plus à dire...]
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MessageSujet: Re: Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]   Mer 25 Mai 2011, 20:07

      [Ouah, c'est court, en effet, sauf que pour répondre à ça, je te raconte pas la galère... xD Nan, j''exagère]



    Gestuelle Marchombre...

    Si la dite marchombre avait eu une nature plus sympathique et qu'elle n'avait pas manqué de l'égorger, Azrune se serait sans doute montrée plus curieuse, mais là, elle n'en avait aucune envie, elle pourrait toujours en savoir plus plus tard... Sauf si elle ne revenait pas à l'Académie. Pourquoi donc prenait-elle ce retour comme une évidence? Tout simplement parce que c'était sa Voie, elle en était sûre, mais elle n'avait toujours pas compris pourquoi elle en était partie, et tant qu'elle n'aurait pas compris ça... Elle n'était quand même pas peureuse, surtout pas avec l'enfance qu'elle avait eu! Non, mais c'était quoi alors? Pas un simple désir de voyage tout de même!

    L'adolescente s'éloigna et, comme elle avait besoin de se calmer, elle répéta sans réfléchir les gestes de la jeune femme qui se tenait à quelques mètres d'elle. C'était la première chose qui lui était venue à l'esprit, elle avait besoin de faire le vide, et les mouvements qu'elle avait vu lui paraissaient correspondre parfaitement, elle les trouvait quasiment naturels, comme si elle avait attendu de connaître leur nom pour les faire. Gestuelle marchombre. Elle doutait de s'y prendre aussi bien que la marchombre à ses côtés, même si elle avait un certain don de mimétisme quand même, mais au bout d'un moment, cela fit quand même effet. Elle ne cessa pas pour autant d'être attentive, même si elle avait instinctivement fermé les yeux. D'accord, l'inconnue était arrivée près d'elle sans qu'elle l'ai entendue, mais... Oh et puis zut, elle aurait pu l'égorger tout à l'heure, elle ne l'avait pas fait, elle était donc digne de confiance, mais quand même, Azrune n'avait pas envie de tenter à nouveau l'expérience. De toute façon, la gestuelle, bien qu'elle soit concentrée à en effectuer les mouvements, ne la coupait pas du monde, il lui semblait même que c'était le contraire.

    Elle se sentit alors acceptablement bien, un bien être assez rare, et elle souriait. Pas son sourire un peu gamine qu'elle avait souvent, un sourire moins lumineux, plus profond. Serein. Elle lança en parlant doucement quelques mots au vent.

      - J'aimerais savoir une dernière chose avant de partir, si tu acceptes de me le dire évidemment.


    Elle n'avait pas l'habitude de faire d'aussi longs discours pour une chose si simple, mais la marchombre à qui elle avait affaire était si singulière qu'elle préférait être plutôt prudente. Et puis la partie apaisée d'elle-même lui dictait ses mots.

      - Comment t'appelles-tu?


    Azrune n'aurait pas forcemment aimé qu'on lui pose la question ainsi, même si savoir que son interlocuteur était marchombre avait tendance à calmer un peu cette récitence qu'elle avait souvent quand on lui demandait son nom. de toute façon, elle ne risquait rien à le demander à la jeune femme. Elle trouvait cela important d'avoir un nom pour nommer les choses, surtout que dans sa mémoire, cette marchombre là ne risquait pas d'être n'importe qui, tout comme Syndrell.
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MessageSujet: Re: Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]   Sam 28 Mai 2011, 14:00

    Inwëlle observa sereinement la jeune fille se plonger dans la gestuelle, un peu maladroitement. Elle reconnaissait l'hésitation des débuts. Etait-ce sa première fois? Peut-être avait-elle demandé le nom de ce que faisait Inwëlle simplement parce que son Maître ne l'avait pas précisé. Ou alors, la jeune femme avait vu un autre Marchombre, ou même apprenti Marchombre le faire, et elle avait essayé, comme elle le faisait en cet instant.
    Inwëlle lui était reconaissante d'avoir attendu qu'elle ait émergé de sa gestuelle pour lui poser la question... Sans quoi, à vrai dire, elle serait sans doute partie sans un mot. Cette jeune fille avait compris l'importance, sacrée en quelques sortes, de ces ondulations du corps... Peut-être avait-elle même ressenti l'Harmonie, ou la plénitude qui envahissait la jeune Marchombre rousse.

    Comme à chaque fois qu'elle pratiquait cela, Wëlle en était ressortie apaisée, calmée de tous les tourments qui bouillonaient en elle, de la colère qui la faisait frémir. Cela n'augmentait pas la sympathie qu'elle avait à l'égar de l'autre fille pour autant... Elle avait juste plus de recul, moins d'emportement pour pouvoir observer, analyser, agir en conséquent. Ou plutôt non: elle était plus proche d'elle-même, plus ouverte à son coeur pour agir sans calcul et sans réflexion. Elle secoua légèrement la tête pour chasser ces pensées. L'état dans lequel elle se trouvait après la gestuelle était indescriptible, pas la peine de s'échiner à y poser des mots, trop généraux, trop peu précis, pas la peine de simplifier cet état qui n'avait pas à l'être.

    Elle avança de quelques pas vers la jeune fille, puis s'arrêta, hésitante. Elle sentait quelques petits défauts, dans le placement du dos, l'avancement d'une épaule... Lors de sa toute première gestuelle, Erwan l'avait corrigée. D'une main légère, si légère que ça ne l'avait pas perturbée. Elle s'apprêtait à faire de même avec cette jeune fille, pour l'aider à approcher l'Harmonie d'un peu plus près, à mieux comprendre ce qu'était la gestuelle, dans quoi elle plongeait; mais elle hésitait.
    Elle doutait, à vrai dire, de pouvoir toucher la fille aux cheveux violets sans la déranger. Oh, elle savait être légère, elle avait appris à effleurer un point névralgique, à glisser ses doigts dans une poche. Ce qu'elle ne savait pas vraiment, c'était toucher concrètement. Ca lui faisait toujours quelque chose, une petite décharge, de la vie, l'énergie de l'autre qui la perturbait... Lorsqu'elle se battait, ça allait. Elle captait le centre du combat, elle était vibrante de toutes les forces environnantes, elle frappait brièvement l'adversaire, et si elle devait toucher sa peau de l'intérieur de la main (le bout des doigts, la paume, le pouces étaient les endroits les plus sensibles au toucher, ceux qui réceptionnaient le mieux cette force palpitante qu'était la vie d'un autre être humain), c'était pour agresser, pour appuyer sur un point, c'était assez bref, c'était dans une optique offensive. Là... Elle craignait de ressentir le frisson, amplifié par l'état second dans lequel devait déjà être l'apprentie, et craignait donc de la déranger.

    Elle préféra ne rien faire. Si c'était sa première gestuelle... Un frisson lui parcourut le dos. Elle ne voulait pas prendre le risque d'interrompre une toute première gestuelle. Elle ne lui dirait pas non plus comment s'améliorer à l'oral. Ce serait déplacé, elle le sentait. Et puis, elle en serait bien incapable... Si elle percevait diffusément là où se trouvaient les erreurs, si elle saurait au fond d'elle comment les corriger, elle ne pourrait pas dire tout ça de manière aussi concrète. C'était du ressenti, c'était de l'instinct. La gestuelle était, pour elle, du mouvement. Pas des paroles.
    La jeune fille apprendrait peut-être seule à corriger ses erreurs -ses mouvements étaient déjà moins maladroits-, son corps la guiderait sans doute à force de pratique, et son Maître pourrait s'occuper de modifier sa posture le moment venu, aussi.

    Elle observa la jeune fille émerger. La demoiselle aux cheveux violets avait été touchée par cette gestuelle, cela se sentait. Cette jeune fille pourrait sans doute s'avancer loin sur la Voie. Le ferait-elle? Surmonterait-elle les difficultés qui, peut-être, lui avaient déjà donné un avant-goût de ce qui l'attendait? Saurait-elle trouver la force de ses erreurs et de ses doutes? Saurait-elle... Survivre? Comprendre? Apprendre?

    La jeune Marchombre rousse ne pouvait le dire. Tout était possible. Elle aimait bien cette idée... Tout était possible. Elle alla en silence ramasser ses vêtements, s'habilla rapidemment, écoutant ce que la jeune fille disait. Une dernière chose... Que voulait-elle savoir? Qui elle était? Depuis combien de temps elle arpentait la Voie? D'où elle venait? Si elle était Maître? Si elle était... Non, cette fille ne devait pas encore connaître l'existence des greffes. Ou alors, une question plus pertinente, plus intattendue, une question-rebond, une question de vie?

    Son nom. Une formulation banale.

    Inwëlle marcha vers la jeune fille, prenant soin d'éviter son regard. Elle s'arrêta à un mètre ou deux d'elle, tourna la tête vers l'horizon, où les nuages et l'Océan se mêlaient. Son nom... Celui qu'elle n'aimait pas donner, qu'elle offrait. Inwëlle, Wëlle. Comment s'appelait-elle?


    "C'est les autres qui m'appellent. J'm'appelle pas moi-même."

    Et sans attendre la suite, sans attendre une autre question, elle s'élança, rapidemment, le long de la plage... Descendit un peu, sentit ses pieds s'enfoncer dans l'eau, les goutellettes gicler derrière elle et mouiller sa tunique, mouillait sa tignasse rousse. Elle courait le long de la plage, vite, très vite, profitant qu'il n'y ait aucun obstacle, aucun danger de chute mortelle pour accélérer, accélérer encore. Grâce à sa greffe, elle constata que la fille n'était plus qu'un point derrière elle. Elle allait dit qu'elle allait s'en aller; où donc? Manger, se laver, chercher un peu de solitude, retourner à l'Académie, retrouver... Un parent?

    Inwëlle en tout cas, savait vers où elle courait.


[Ma Wëlle est partie, ce RP est donc terminé pour moi! Je crois qu'elle n'a pas trop apprécié Azrune...]
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MessageSujet: Re: Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]   Dim 29 Mai 2011, 15:56

      [M'en serais doutée mais "rassure-toi", je crois que c'est réciproque! Razz ]



    C'était étrange pour elle de rencontrer une autre marchombre. Lorsqu'elle avait rencontré Syndrell, elle connaissait les marchombres, comme tous le monde, mais sans plus. Azrune avait gardé pour la jeune femme une place particulière, parce que c'était elle qui, la première, avait fait découvrir à Azrune la voie des marchombres, avant même Sulla, celle qui il y a quelques jours encore était son Maître. L'était-elle encore? L'accepterait-on si elle revenait? Pas sûr. C'était toujours la même question qu'elle se posait.

    Elle, la marchombre qu'elle avait sous les yeux, elle était différente. C'était une évidence, naturellement, tous le monde est différent, marchombre ou pas, et elle c'était déjà fait cette réflexion, mais Azrune ne pouvait s'empêcher d'y repenser pour plonger plus loin la réflexion. Elle était différente, parce qu'elle avait réussit l'exploit, tout de même assez rare, de faire taire le côté joyeux et bavard d'Azrune pour un côté réservé qu'elle ne se connaissait pas elle-même. Ensuite, elle avait réussit à éveillé la méfiance chez elle, une méfiance tenace malgré la serenité apportée par la gestuelle marchombre, et c'était la première fois qu'elle rencontrait ça avec une marchombre. Ceux qui avaient éveillé sa méfiance au lieu d'une simple prudence passagèrent étaient extrêmement rares, elle était peut-être même la première. Pourtant, comme Syndrell, elle était marchombre, cela, elle le sentait confusémment, mais elle ne comprenait toujours pas ce que cela impliquait. "Être marchombres". Elle aurait adoré posé des questions à la jeune femme, depuis quand elle était marchombre, qui l'avait guidée... Elle se contenta d'une incroyable banalité mais importante à ses yeux : son nom.

    Soit elle le prit mal, soit elle n'avait pas l'habitude de le dire, et comme Azrune n'avait pas donné le sien, elle comprenait sa réaction. Mais encore une fois, elle fut surprise par la façon qu'eu la jeune femme de lui répondre.

      "C'est les autres qui m'appellent. J'm'appelle pas moi-même."


    Azrune sourit devant la remarque. Elle comprenait cette réponse, et ce sans doute mieux que nombre d'autres personnes. Son nom à elle ne venait pas de parents qu'elle ne connaissait même pas, il venait de ceux qu'on lui avait donné lors de son existance. Oui, elle ne c'était pas nommée, jamais. Lorsqu'on ne la nommait pas encore, elle répondait tout simplement qu'elle ne savait pas. Pas besoin de dire les surnoms qu'on lui avait donné. Et puis elle était restée plus longtemps à un endroit plutôt qu'un autre, et de surnoms, les appelations la concernant étaient devenues un nom et un prénom au fil de son vécu, selon ce qui faisait d'elle ce qu'elle était. Et voilà une Nazumi Azrune. Il lui avait suffit de décidé ce qui était le nom et le prénom, ou plutôt de laisser décider à ceux qui la connaissaient le mieux, et voilà. Elle avait ainsi particulièrement conscience de la façon dont on prenait son nom, plus encore que ceux qui connaissaient le même depuis leur enfance.

    La question n'avait peut-être pas plus à la jeune femme. Cela n'étonna pas Azrune, si quelqu'un avait fait de même avec elle, elle n'aurait pas forcemment apprécié. La marchombre s'élança à petites foulées et devint rapidement un point pour Azrune, qui resta plantée là où elle était. Oui, c'était sans doute idiot d'avoir posé cette question, mais maintenant qu'elle y pensait, ça pouvait être sa façon de se venger. Une vengeance complètement bizarre, incomplète, mais une petite vengeance quand même pour elle.

    A son tour, Azrune quitta la plage, retourna vers le rocher où elle avait rencontré la jeune femme, le dépassa, continua sa route.

    Suivi sa voie.

    Même, et surtout si cette dernière la reconduisait chez les marchombres. Elle verrait bien.


      [Ayé, je peux déclaré le RP officiellement terminé!]
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Flots guérisseurs [Inwëlle Aïras]
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