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Le Pacte VS L'Ordre
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 Réflection et réflexions... [ TERMINE ]

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MessageSujet: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Mar 24 Mai 2011, 19:24

Miroir dansant,
Ode au vent,
Glacé

Quelques mots, lentement effacés par les vagues indolentes du Lac Chen, tracés dans le sable. Une écriture arrondie, appliquée, qui a repoussé les grains de quartz pour se graver dans le sable. Ephémère. Le vent, aux contours incertains, au souffle doux et apaisant, vient à son tour effacer ces quelques traits, s’amusant à faire tourbillonner le sable dans son sillage.

Il ne fait pas spécialement chaud, après l’orage qui a traversé tout Gwendalavir, quelques jours plus tôt. Pourtant, le ciel est limpide, aussi clair et bleu qu’il peut l’être. Le vent souffle doucement, tantôt froid, tantôt tiède, ramenant parfois quelques embruns de l’océan.

Quelques traces de pas, à peine visibles, s’éloignent des courbes dans le sable, mènent directement à cette silhouette fine, face à l’horizon, face à la surface miroitante de l’immense Lac Chen. Swif laisse son regard errer sur la ligne du couchant. Le soleil est encore haut, il en faudra de quelques heures avant qu’il ne touche la surface dans un éclat de lumière chaude. Le visage tendu vers le ciel, elle inspire profondément. Ses cheveux, entre les petites boucles et les ondulations triangulaires, volent légèrement dans la masse d’air, tandis que son long manteau noir claque dans les tourbillons du vent.

Ses lèvres s’écartent doucement, laissant passer un léger soupir. Soupir, demande au vent, réponse immédiate. La jeune femme sourit, bascule ses épaules en arrière pour faire glisser le manteau sur sa peau, dévoile son corps sans pudeur. Elle s’est trop souvent retrouvée nue face au vent et au froid. Les frissons glacés qui parcourent sa peau sont tellement agréables… Un sourire étire ses lèvres.

Un pas en avant.
Un pied dans une vague.
Une requête entendue et acceptée.

L’eau, onde paisible, qui remonte lentement le long de ses chevilles, grimpe sur ses mollets, franchit ses genoux pour se glisser entre ses cuisses et caresser son ventre. Elle ferme les paupières, apprécie les mains de l’eau sur son corps, avant de s’imerger totalement dans l’onde calme et paisible. Le monde aquatique était tellement silencieux et doux, tellement serein... Un vrai bonheur de partager son corps avec lui.

Un sourire sur les lèvres, Swif se laisse lentement remonter vers la surface par l’air dans ses poumons. Elle se sent bien. Juste calme et posée. Rejetant la tête en arrière pour dégager son front et ses yeux, elle inspire cet air qui est si précieux à la vie, et sourit.
Promesse de demain.

~ * ~


Etendue sur le sable, allongée sur son long manteau, ses yeux vairons sont plantés dans le ciel étoilé. La voûte céleste recèle de tant de secrets, si bien gardés ! Aurait-elle la chance, un jour peut-être, de se voir confier l’une de ces reliques de l’univers ?

Elle espère.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Sam 28 Mai 2011, 17:37

Il avait trop bu.
Et parce qu’il avait trop bu, il ne fut tout simplement pas capable de faire la différence entre moquerie d’homme enviné et insulte. Son poing partit et envoya son voisin de gauche à terre, déclenchant une pagaille monstre dans la taverne bondée de monde. Bondée d’hommes prêts à en découdre – et ils n’avaient pas besoin de raison : un poing balancé avait suffi pour qu’ils se jettent à leur tour dans la mêlée.

Plus tard, Gil songerait avec amertume à cette bagarre d’ivrognes démarrée par son seul fait. Il se verrait ridicule d’avoir pris la mouche à l’évocation de ses yeux, bien que d’ordinaire il ne soit pas sensible sur le sujet. Un œil marron, un œil bleu… Le témoin physique de sa vie « d’entre-deux », en somme. Rien qui ne l’empêche de vivre au quotidien ; il arrivait même que cette particularité de ses yeux déstabilise son adversaire lors d’un combat, lui offrant une précieuse seconde pour prendre les devants et, bien souvent, pour tuer. Les femmes ne le fuyaient pas, au contraire, elles semblaient apprécier cet étrangeté – et puis au lit la nuit, il y a des activités qui n’impliquent pas de se regarder dans les yeux… La plupart du temps, ses interlocuteurs étaient un peu gênés en lui parlant, ne sachant pas vraiment quel œil regarder. Gil participant rarement aux conversations, le problème était réglé. Pas une tare, donc, plutôt un atout – mais rien qui ne suscite ni la colère ni le mépris.

Ce poing n’était pourtant pas parti tout seul.
Ce n’était pas la première fois qu’il laissait l’alcool le rendre à l’état de loque. Avant le Domaine, sa vie se passait dans les tavernes, affalé au comptoir devant une énième bouteille vide, ou bien allongé dans le bourbier froid et humide d’un fossé en train de décuver. Devenu mercenaire, il n’avait pas cessé de boire, mais l’apprentissage de Seren lui avait redonné une ligne de conduite à suivre. Plus d’une fois, son mentor l’avait réveillé au beau milieu de la nuit, sans se soucier de la gueule de bois de son apprenti, pour lui faire escalader une tour ou courir sur des kilomètres. Petit à petit, Gil avait senti le manque s’effilocher tandis que sa soif de la boisson se tarissait, faut de mieux. Mais, s’il lui arrivait de traverser une grande ville, comme tel était le cas, ses pas le conduisaient instinctivement vers la taverne la plus proche et alors, tout dépendait de son état d’esprit. S’il était de bonne humeur, un bon repas et une bonne nuit de sommeil lui suffisait. S’il était morose…

Gil rampa sur les débris de verre qui jonchaient le sol et tenta de se redresser lorsqu’on lui abattit violemment une chaise sur le dos. Il s’écroula, sonné. Un coup avait fait éclater sa pommette gauche et il sentait sa joue gonfler ; le sang se mêlait au vin sur sa chemise et lui collait à la peau tandis qu’il se traînait lamentablement vers les escaliers. Fort heureusement, personne ne fit plus attention à lui tandis qu’il grimpait lentement à l’étage, s’appuyant parfois contre le mur pour garder l’équilibre. Passant dans la chambre qu’il avait louée pour la nuit, il récupéra son tabard, qu’il revêtit par-dessus sa chemise afin d’en cacher la misère, ainsi que son arc, son carquois et sa flûte. Puis il quitta l’établissement par sa propre fenêtre, comme un voleur, préférant se recevoir durement sur ses jambes et en ressentir la douleur jusque dans ses os plutôt que de traverser la salle. Des gardes le croisèrent à toute vitesse dans la ruelle, probablement alertés par le tenancier, et Gil s’efforça de marcher à peu près droit pour ne pas attirer l’attention sur lui. Saoul, certes, mais Envoleur avant tout, il se fondit dans les ténèbres sans le moindre mal et, ombre parmi les ombres, s’éloigna du bruit et des lumières d’Al-Chen…

Il vola un cheval en bordure de la ville, une monture déjà sellée et harnachée, prête à partir. Gil ne reconnut sur ses sangles l’emblème de la garde montée qu’au moment où le propriétaire, un jeune soldat, sortait de la maison ; ses réflexes parasités par la dose d’alcool contenue dans son sang, l’Envoleur perdit quelques précieuses secondes à enfourcher le cheval. Il le lança au galop tandis que le garde se précipitait vers lui, arme au clair, et sa lame frôla son bras au passage, mais en vain. Gil disparut dans la nuit sans lune, au son d’un galop qui devint murmure, puis souvenir. Chevaucher lorsqu’on a trop bu est désagréable ; il supporta le voyage sans se plaindre, conscient qu’il ne devait son état et sa situation qu’à lui-même. Belle prestation pour un maître. Avec amertume, il songea qu’il n’avait pas l’intention de changer ses travers parce que tel était désormais son rang ; rien ni personne ne pouvait quoi que ce soit à ce qu’il était, pas même Seren. Le cheval avait pris sa propre direction, puisqu’il ne tenait pas fermement les guides. Il n’avait aucune idée de l’endroit où aller, mais à voir l’allure de l’animal, ce dernier semblait avoir une idée en tête.

Ce fut un lac.
Hochant la tête, Gil approuva ce point de chute ; l’un comme l’autre allaient pouvoir se désaltérer et, dans le cas de Gil, se baigner. Il sentait sa chemise lui coller à la peau et il avait horreur de ça, sans parler de l’odeur du vin qui lui tournait la tête et lui donnait la nausée. Il devait empester à des mètres à la ronde. Les sabots du cheval crissèrent sur la grève, troublant un silence presque parfait ; aucune lune ne venait se refléter dans les eaux calmes du lac, pourtant il le distinguait parfaitement dans le noir, comme si sa lumière venait de l’intérieur. Levant les yeux vers le ciel piqueté d’étoiles, Gil se demanda un instant s’il était vraiment le seul maître Envoleur qui ait à la fois autant de chance et de malchance. Malgré la migraine qui menaçait de lui faire éclater le crâne, sans parler de la douleur cuisante de son visage, il s’estimait heureux d’être en vie et de passer la nuit dans un cadre aussi calme et pur, seulement accompagné d’un cheval paisible et d’une brise un peu fraîche. Voilà pour la part de chance. Et pour la malchance…

Le jeune homme haussa les épaules et mit pied à terre en grimaçant. Mieux valait rester sur une pensée positive, sans quoi il allait passer le reste de la nuit à broyer du noir, or il avait besoin de sommeil. Il se devinait au bord du Lac Chen, et en cela, il n’était pas loin du Domaine. Encore quelques lieues, et il serait de retour au bercail… Il était temps, en un sens. On devait déjà l’attendre depuis un moment. Peut-être s’était-on d’ailleurs lassé ; peut-être qu’à son arrivée il constaterait que ses élèves, par manque de professeur, avaient été placés dans un autre groupe, sous la responsabilité d’un maître plus… responsable. Mais il ne parvenait pas à s’en émouvoir, encore moins à s’en vouloir. Le seul fait regrettable de cette soirée, finalement, était qu’il se soit emporté comme un apprenti mal dégrossi. Qu’il ait cédé à une impulsion rageuse, qu’il ait perdu sa lucidité. Gil était peut-être une loque et un fou, il n’en restait pas moins pacifiste. Tuer pour vivre, ou pour survivre, telle était sa voie. L’homme qu’il avait frappé avait énormément de chance de s’en tirer vivant. Si Gil n’avait pas fuit la taverne, qui sait quels dommages il aurait pu causer ?

- Reste dans le coin.

Un murmure ; le cheval agita une oreille et s’éloigna de quelques pas. Sans plus s’occuper de lui, Gil se tourna vers l’eau qui frémissait doucement sous la brise nocturne. Il avait l’estomac retourné et la tête sur le point de se déchirer. C’est donc en titubant plus qu’en marchant qu’il se dirigea vers le lac, jusqu’à se laisser tomber près de l’eau pour en puiser dans ses mains en coupe et boire de longues gorgées. Otant le plus rapidement possible son tabard, puis sa chemise poissée de sang et de vin, ses bas et ses bottes, il entra dans l’eau et s’immergea brusquement, laissant le froid saisissant l’envelopper tout entier et le revigorer. Quelques minutes suffirent à lui dégager l’esprit. Il revint doucement sur la terre ferme, insensible aux assauts du vent sur sa peau mouillée. Il comprit, en n’apercevant pas le cheval, qu’il n’était pas sur la bonne rive, mais il n’en avait cure. Tout ce qu’il lui fallait, c’était un bon feu, et une bonne nuit de sommeil, à défaut de nourriture. Non pas qu’il ait faim, car la seule pensée de manger lui tordait les boyaux, mais l’habitude lui avait laissé pour leçon que le ventre vide d’un ivrogne se remet moins facilement et plus douloureusement qu’un ventre plein.

Un léger frémissement, devant lui. S’immobilisant brusquement, Gil plissa les yeux, cherchant à distinguer quelque chose. Mais il ne voyait absolument rien et il commençait à frissonner de froid ; mieux valait qu’il se dépêche d’allumer un feu, ou de retourner à l’eau pour regagner la rive sur laquelle il avait laissé ses vêtements. Un choix, encore… toujours. Chienne de vie ! Gil grogna de dépit et se remit en marche, pour s’arrêter trois pas plus loin. Le même bruit, encore. Celui d’une respiration. Cette fois, l’Envoleur se tendit et serra les poings, prêt à se battre.
Encore.

- J’ai froid, et je suis fatigué. Tirez-vous sans faire d’histoire où je me charge de vous montrer le chemin.

Sa voix était rauque mais il avait chargé son ton d’une inflexion menaçante. Cela devrait suffire à faire déguerpir l’intrus. Sinon, et bien… il avait ses poings.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Dim 29 Mai 2011, 22:12

Un bruit de sabots, étouffé, attire l’attention de la jeune femme, qui soupire doucement. La nuit est belle, mais elle n’est jamais seule. Comme pour lui confirmer cette pensée, une légère brise vient caresser son visage, et elle se redresse doucement, pour ne pas effrayer l’animal. Des froissements de tissus lui indiquent aussi que le cheval n’est pas seul, ce qui semble en réalité évident. Elle sourit. Qui pouvait bien venir jusqu’au Lac Chen en une nuit étoilée ? Beaucoup de monde, quand elle y réfléchissait. Des personnes ennivrées de liberté et de rêves lointains, qu’ils croyaient pour la plupart irréalisables.

Se redressant plus franchement, elle s’accroupit dans le sable pour enfiler sa longue veste noire directement sur sa peau. Elle ne portait jamais rien dessous, quel intérêt ? Il la cachait assez comme cela, n’entravait pas ses mouvements, elle n’avait besoin de rien de plus. Elle se leva complètement pour se diriger directement vers l’endroit d’où provenaient les bruits étouffés, curieuse de voir à qui elle aurait affaire. Pourrait-elle discuter quelques minutes, ou quelques heures, avec cet inconnu ? Parler des étoiles et de la lune, parler des rêves et de la vie ?

Se glissant sans un bruit entre deux buissons, Swif repéra l’animal, qui brouttait tranquillement l’herbe grasse sur le sol. Un sourire étira ses lèvres, avant qu’elle reconnût l’emblème des gardes d’Al-Chen. Fronçant imperceptiblement les sourcils, la jeune marchombre se demanda ce qu’un garde pouvait bien faire ici. Il devait avoir d’autres choses à faire.... A moins qu’on n’eût réussi à voler ce cheval juste sous le nez de son cavalier habituel, ce qui était en réalité très probable. Elle soupira. Un voleur pouvait-il aimer la nuit ? Non, la question n’était pas de pouvoir aimer la nuit, tout le monde pouvait aimer la nuit. Un voleur encore plus, car elle cachait ses malfrats. La question était comment il l’aimait.

Le voleur en question était en train de s’ébrouer dans le Lac Chen. Sans doute avait-il besoin d’un peu de réconfort, et le trouvait-il dans le ventre de cet immense et magnifique lac. Lorsqu’il revint, Swif se mit en évidence à côté de sa monture volée, qui chercha dans ses mains une friandise sans la trouver, avant de continuer à brouter avidement l’herbe verte et nourrissante des abords de l’eau. Elle fixa l’homme qui sortait de l’eau sans ciller. Il était plutôt musclé, mais avait la tête de celui qui avait trop bu et qui arrivait à retrouver un peu de lucidité. Ha, un ivrogne... C’était dommage. Elle soupira quelques secondes, avant de se retourner. Elle s’arrêta quand la voix de l’homme retentit.

S’il l’avait entendue, il n’était peut-être pas si ivre que ça... Ou bien particulièrement redoutable.
Un sourire se dessina sur les lèvres de Swif, qui secoua la tête, et finit par faire un pas en avant dans la direction de l’inconnu.

- Je n’ai pas envie de partir, la nuit est très belle ici. Mais je ne vous embêterai pas, promis.

Enfin, peut-être que si, mais elle n’avait absolument aucune envie de se battre. A quoi cela aurait-il mené ? S’il voulait frapper quelque chose, qu’il allât se chercher un tronc d’arbre, cela calmerait ses pulsions viriles plus rapidement que de frapper sur une femme. La marchombre détailla l’homme avec plus d’assiduité. Ses mouvements étaient précis et calculés au millimètre, même si le gramme d’alcool – au moins – qu’il avait dans le sang rendait son visage peu amène. Il devait sans doute attirer bien des jeunes femmes dans son lit, celui-là...

Swif se figea soudain.
Elle venait de croiser son regard.
Un oeil bleu, un oeil marron.
Vairon.






[Désolée, c'est un peu court à mon goût... ]
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Lun 30 Mai 2011, 22:15

[Pas si court, non, et surtout très beau. J'aime =D]

Il s’attendait à ce que la présence tourne rapidement les talons, percevant la colère pleine d’alcool qui sourdait en lui, ou bien qu’elle cherche un compromis, espérant peut-être obtenir gain de cause à force de parole… En fait, il s’attendait à tout, sauf à ça. Reconnaissant une intonation féminine, il s’immobilisa, dégouttant lentement de l’eau fraîche du lac, seulement vêtu de la nuit et du vent. Mais le plus étonnant tenait dans ses propos. Et sa manière de les prononcer. Calmement, avec une assurance non feinte, comme si sa menace avait volé en éclat. C’était peut-être le cas. Fronçant les sourcils, Gil sentit plus qu’il ne vit la femme s’approcher de lui. Il faillit la mettre en garde contre sa nudité, se ravisa ; ses vêtements étaient sur l’autre rive, or il n’avait pas l’intention de tourner le dos à une personne qui ne le craignait pas.

Elle s’avança encore. Gil se rendit soudain compte qu’il vacillait légèrement et fit un effort pour rester stable ; il n’était certes pas présentables, même si les ombres moqueuses de la nuit s’employaient à dissimuler son corps, mais il n’avait pas envie qu’elle découvre un ivrogne de la pire espèce. Ce qu’il était pourtant. Et tandis qu’elle le dévisageait en silence – du moins, c’est ce qu’il imagina puisqu’il ne distinguait que très vaguement ses traits – il maudit en son for intérieur cette barbe de trois jours qui lui mangeait le visage, barbe qu’il n’avait eu le courage de raser la veille, par manque de motivation. Et, au beau milieu des ténèbres, le jeune homme comprit que plus il se rapprochait du Domaine, et donc de son premier cours, moins il prenait soin de lui. Un peu comme un enfant gâté qui boude et s’empêche de vivre pour prouver sa colère. Mais n’avait-il pas choisi d’être maître ? Ne l’avait-il pas désiré, ce cours ?

Presque immobile, enveloppé dans le souffle froid du vent, Gil se demandait, une fois de plus, à quoi rimait cette vie. Une vie de plaisirs simples mais douloureux, de pics vertigineux, de pentes fatales et de gouffres béants ; une vie d’homme libre mais malheureux comme les pierres. Une vie, enfin, à la fois belle et dangereuse, qui s’écourtait à chaque choix qu’il faisait, comme si le destin voulait qu’il fasse toujours le mauvais. Une vie gâchée. Une vie de damné. C’était cela, être un SangreLune – un sang mêlé… Un soupir lui échappa avant qu’il n’ait pu le retenir et il se demanda si Présence avait perçu les relents d’alcool que devait dégager son haleine. Machinalement, il baissa les yeux – elle était vraiment très petite, à côté de lui – et les écarquilla pour tenter de l’apercevoir. En vain. Tout ce qu’il voyait se résumait à une silhouette à peine esquissée dans les ombres de la nuit. Quelques mèches folles agitées par une brise joueuse ; un maintien haut et droit, une présence impérieuse.
Présence.

Elle ne bougeait pas non plus. Légèrement agacé, Gil se demanda si elle le distinguait plus clairement qu’il ne la devinait, avant de hausser les épaules. Bah ! Il n’avait rien à cacher, et sûrement pas ce qu’il avait entre les jambes. Il ne s’en vantait pas non plus, mais avait toujours remarqué le sourire appréciateur des femmes sur son passage, et senti leur regard brûlant sur sa carrure haute et mince. Excellent grimpeur, il avait développé des épaules solides et des bras musclés, mais pas à l’extrême ; son vente plat et dur comme du bois n’avait rien à envier mais il regrettait sa peau trop pâle, presque lunaire, alors qu’il passait pourtant le plus clair de son temps torse nu. Un héritage de sa mère, la belle Sinéad à la peau laiteuse et aux cheveux d’encre…

Le murmure du vent se fit plus insistant à son oreille, mais aussi plus mordant. A nouveau pris dans les filets d’une forte migraine qui, l’espace d’un instant, peut-être sous le coup de la surprise, l’avait abandonné, il se détourna et se mit en quête de bois sec pour faire un feu. Ignorant superbement Présence, il longea lentement les herbes hautes, se baissant de temps à autre pour ramasser quelques branchages. Après tout, elle l’avait affirmé elle-même : elle ne l’embêterait pas. Et puisqu’il s’agissait d’une promesse…


- Où est-ce que tu t’en vas ?
- Dans les montagnes…
- Là où la neige ne fond jamais ?
- Exactement.
- T’as de la chance…
- Un jour, je t’emmènerai avec moi.
- Promis, juré ?
- Juré promis !

Accroupi devant la flambée qui prenait tranquillement vie, Gil frissonna, mais moins de dégoût que de froid. Il avait horreur de ça, quand le passé faisait brusquement surface devant ses yeux ouverts. La nuit, passe encore ; il avait pris l’habitude de ces incessants cauchemars, et se réveiller en sursaut, trempé de sueur et le souffle court, faisait désormais partie intégrante de son quotidien. Mais ça… Des réminiscences qu’il n’était même pas sûr d’avoir réellement vécues. Des échos fantômes, vestiges d’une vie si ancienne qu’il doutait de plus en plus souvent de leur véracité. Et pourtant, tout au fond de son cœur, il y avait cette voix… La mâchoire crispée, Gil jeta un morceau de bois dans le feu pour l’alimenter. Les hautes flammes éclairaient son visage d’une curieuse façon, les ombres dansantes accentuant ses traits sans les enlaidir, mais sans rien dissimuler de l’aura de mystère qui en émanait constamment. Il ne tourna pas la tête vers Présence, pas plus qu’il ne l’invita à venir se réchauffer ; chez lui, le silence valait plus qu’une seule parole et en l’occurrence, il ne s’opposait pas à ce qu’elle s’approche des flammes si elle le voulait.

Pourtant, lorsqu’il la sentit faire un mouvement, il ne pu s’empêcher de jeter un coup d’œil – pour voir, puisque désormais il le pouvait. Son regard glissa furtivement sur la courbe d’une joue et le rose des lèvres pour s’attarder, une poignée de secondes, sur ses yeux.
Bleu et vert.
Vairons.


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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Sam 04 Juin 2011, 10:59

Le regard de Swif suivait l’homme dans ses moindres mouvements, dans ses moindres pensées. Qu’allait-il faire, après qu’elle lui eût répondu ainsi ? Arriver en courant pour l’attaquer ? L’ignorer complètement ? Elle soupira doucement lorsqu’il ne bougea pas, ou à peine. Il semblait surpris de sa répartie, et la jeune femme sourit pour elle-même. Rien de tel qu’un peu de confiance tranquille pour désarçonner un ivrogne agacé.

Il l’ignora finalement pour ramasser quelques branchages et constituer un feu qui le réchaufferait probablement mieux que ses vêtements pouilleux, ou presque, qui flottaient sur la plage plus loin. La jeune marchombre ne bougea pas, se contentant de flatter doucement l’encolure du cheval qui dévorait littéralement la petite herbe de printemps qui sortait de la terre doucement. Ce n’était pas très bon pour lui qu’il en mangeât beaucoup, mais cela ne faisait pas longtemps qu’il était arrivé, et Swif décida de le laisser encore brouter quelques minutes.

Son regard glissa sur les ombres de son visage, lorsqu’il s’installa devant les flammes qui dansaient allègrement dans la nuit. Il avait des traits fins mais plutôt durs, même s’ils laissaient deviner une certaine harmonie globale, malgré les reflets sombres sur sa peau claire. Soupirant légèrement, Swif décida de s’avancer près des flammes. Soulevant les bords de sa longue veste noire, elle s’installa à quelques centimètres des flammes, opposée à l’homme.

Un léger sourire sur les lèvres, elle leva les yeux vers le ciel. Ferma les paupières quelques secondes. Une légère brise venait jouer avec ses cheveux, courir sur ses joues, s’engouffrer dans son vêtement... Elle aimait tellement le vent. N’aurait-il pas fait un amant exceptionnel ? Elle était certaine que si. Pourtant, jamais il ne venait faire plus que la caresser allègrement. Mais elle ne le regrettait pas. Ce qui était éphémère était si puissant, finalement !

Fyliah réfléchissait en se réchauffant lentement. Elle n’avait pas spécialement froid, et elle adorait le froid, mais elle savait que son corps avait besoin de chaleur pour ne pas tomber en non production. Elle avait tendance à libérer la puissance du Rentaï trop automatiquement quand elle avait froid, juste pour profiter encore plus longtemps de cette sensation sur sa peau et jusqu’au plus profond d’elle.

Un sourire, aux étoiles.
Elle se sentait bien. Formidablement heureuse.

Certes, il y avait l’ivrogne en face d’elle. Mais d’une part il n’était pas désagréable à regarder, et d’autre part, il ne parlait pas. Cela lui convenait. S’il ne l’embêtait pas plus, cela lui allait, il n’y avait pas de doute. Swif avait toujours cette capacité de profiter de ce qui lui était offert à l’instant présent. C’était tellement plus sain que de toujours spéculer sur ce qu’il pourrait se passer et à quelles conditions, ou sur ce qu’il s’était passé. Non pas qu’elle réfutait son passé, loin de là...

Elle lève le regard vers la lune claire.
Un léger soupir glisse de ses lèvres, alors que ses pensées voguent vers Lui.
Que fait-il désormais ? Où vit-il ? A-t-il repris des apprenties ? A-t-il réussi à tourner la page ? Est-il dans les bras d’une femme ? Est-il retombé amoureux ?
Cela faisait maintenant sept ans qu’ils ne s’étaient plus revus. Depuis qu’Il l’avait libérée de ses chaînes, depuis qu’elle s’était envolée, en haut de cette montagne. Les souvenirs s’étiolèrent doucement, et elle revint à l’instant présent, au coin de ce feu.

Un léger sourire étira ses lèvres fines. Elle ne commencerait pas à l’embêter, à lui parler, mais elle ne doutait pas qu’il le ferait de lui-même. Et dans le pire des cas, elle pourrait juste repartir lorsque le soleil se lèverait, aussi immatérielle que la goutte de rosée d’un matin d’été. S’étirant lentement le cou, elle soupira quelques secondes, et ferma les yeux.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Sam 04 Juin 2011, 14:36

La différence de couleur des yeux de Présence était bien plus subtile que celle qui marquait son propre regard. A la lueur du feu, ils brillaient étrangement, et l’un semblait simplement plus foncé que l’autre, mais cette combinaison allait bien à cette femme. Une touche d’originalité quand elle-même n’était pas ordinaire. Pas ordinaire. Il en était certain. D’abord parce qu’elle ne gâchait pas le silence à force de questions inutiles ; elle se contentait d’attendre, et moins encore, elle se contentait de vivre. D’être. D’exister, dans son monde à lui, dans sa nuit à lui, près de son feu à lui – et sans se préoccuper de lui. Paradoxe très important, information cruciale qu’il plia et replia pour la ranger dans un coin de sa mémoire. Ensuite, elle portait un long manteau mais c’était là son unique vêtement. Lorsqu’elle s’était assise avec la souplesse d’un chat en face de lui, il avait aperçu son ventre nu. Elle avait de longues jambes, minces et galbées, et une façon de se tenir qui imposait le respect et suscitait l’intérêt. Gil cligna des yeux. Pas n’importe quel intérêt.
Le sien.

Comme elle ne disait rien, il se dit qu’il pouvait l’observer à loisir. Et c’est ce qu’il fit. A travers le rideau de flammes, il la regarda fermer les yeux, rejeter la tête en arrière, dévoilant une gorge fine et blanche. Mesurait-elle les risques de ce seul geste ? Chez certains animaux, les loups par exemple, il s’agit d’un signe de soumission. Une offre, au pardon ou à l’exécution. Il lui suffisait de lever la main pour qu’une aiguille de métal ne vienne se planter dans cette gorge offerte, traversant la carotide pour jaillir de la nuque en ôtant la vie. Pas un tressaillement n’agita la main de l’Envoleur. Il avait des principes, malgré une apparence et un mode de vie qui attestaient le contraire ; jamais il n’avait tué par plaisir. Pour de l’argent, oui. Par colère, oui. Pour survivre, aussi. Sauver sa peau. Mais jamais de sang-froid, jamais sans raison valable. Certes, Présence venait troubler sa solitude, et il avait tendance à être irascible lorsqu’il décuvait, mais curieusement elle ne le gênait pas.

Penchant légèrement la tête sur le côté, il plissa les yeux et se remémora l’Amazone. Plus petite que Présence. Plus jeune. Des yeux violets, des cheveux aux reflets cendrés, des lèvres à couper le souffle et un tempérament de feu. Fougueuse et marchombre, mère et compagne fidèle. Plus jolie ? Oui et non. Différente. Présence avait quelque chose de plus diffus en elle, de moins évident que Miss, un mystère tout juste murmuré qui attirait son attention. Il ne se rendit pas compte qu’il la dévisageait sans détour. Nu comme un vers, accroupi devant un feu qu’il ne voyait plus, il était l’insecte qui s’approche de la lumière, hypnotisé sans savoir pourquoi par son éclat, et qui finit par se brûler.
Gil se brûla.

Ou plutôt, c’est une braise qui effleura sa main, trop près du feu ; dans un cri, il la retira vivement et bascula en arrière, sans aucune délicatesse. Il se leva aussitôt, avec cette expression d’homme vexé qui cherche à n’en rien laisser paraître, et se détourna du feu. Il songea à ses vêtements, restés sur l’autre rive. Aller les chercher ? Inutile. Sa chemise était autant imbibée de vin que de sang et il n’avait pas le courage de la laver maintenant. Remettre son pantalon ? Il n’était pas certain d’y arriver du premier coup et n’avait aucune envie de se ridiculiser davantage… Jetant un rapide coup d’œil à Présence, il devina un éclat moqueur dans son regard et fronça les sourcils. Quoi ? Il avait si peu fière allure que ça ? Les regards en coin qu’elle lui lançait témoignaient du contraire, mais il se sentait à la fois agacé et gêné. Et ça, c’était nouveau. Peut-être que l’alcool modifiait sa perception au point de l’empêcher de réagir raisonnablement ?

Parce que, le plus raisonnable serait de regagner l’autre plage, de passer ses vêtements et de rentrer au Domaine. S’il restait ici, il allait commettre une erreur, et pas seulement parce qu’il avait trop bu. Mais… Le jeune homme se passa une main sur le visage, grimaçant lorsque sa chair tuméfiée se rappela douloureusement à lui. Enfer ! Un choix, encore. De ceux dont il avait parlé si longuement avec l’Amazone, ceux qui lui pourrissaient la vie depuis toujours, et qui ne s’imposaient jamais à lui lorsqu’il avait les idées claires. En l’occurrence, il se sentait tout juste capable de s’enrouler dans son tabard et de se rouler en boule pour dormir. Sauf que Présence était là, et qu’elle l’intriguait. Sauf que le Domaine l’attendait, probablement moins pour lui assigner des élèves et un cours que pour le sermonner, mais il y avait déjà trois mois qu’il avait été nommé maître. Une nuit de plus hors des murs de l’école, c’était un argument supplémentaire dans la bouche de Seren et des autres face à sa conduite peu responsable. Et, pour lui, une chance de moins de se défendre. Encore un choix. Droite ou gauche, impossible de passer au milieu. Que pouvait-il bien choisir, cette fois ?

Une brise légère l’enveloppa soudain, soulevant ses cheveux pour déposer un frais baiser sur sa nuque. Il frissonna, puis retourna près du feu pour se réchauffer. Présence n’avait pas bougé. Le vent jouait dans ses cheveux et dans les pans de son manteau, les gonflant juste assez pour dévoiler ce qui ne rendait pas un homme insensible. Gil s’assit lentement. Son bras le piquait, là où la lame audacieuse du garde avait tracé une fine estafilade. La migraine lui martelait toujours autant le crâne et il avait l’impression que son visage n’en finissait pas de gonfler. Mais son attention était ailleurs, la douleur au second plan ; Gil avait posé ses yeux étranges dans ceux, tout aussi étranges, de Présence. Elle attendait qu’il parle, elle le savait. Sa réplique l’avait laissé sans voix, mais c’était à son tour de répondre. Et il était très possible que de ses mots dépende le sort de cette nuit. Un million de possibilité, un choix, deux chemins.

- Très belle nuit, en effet. Quoi qu’un peu fraîche, peut-être…

Encore une fois, sa voix lui sembla affreusement rauque. Mais, dans le silence qui accueillit ses paroles, il poursuivit néanmoins :

- J’espérais te faire peur, tout à l’heure, mais ça n’a pas marché. Tu as gagné le droit de partager ce feu – et peut-être aussi un repas – avec moi, je crois.

Les vivres que le soldat avait accroché à la selle de sa monture, en prévision du voyage qu’il allait faire, devraient suffire à leur remplir l’estomac. C’était même nécessaire, concernant celui de Gil, mais rien qu’à la pensée de manger, il se sentit à nouveau nauséeux. Un fait qu’il se garda bien d’énoncer. Haussant un sourcil, il attendit une réaction de la part de Présence ; un oui pour cette proposition un peu étonnante, mais sincère, ou bien un non qui l’empêcherait de commettre une bévue. Si jamais elle déclinait son offre, il rentrerait tout droit au Domaine. Juré promis.

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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Lun 13 Juin 2011, 10:55

Un léger sourire étira les lèvres de Swif lorsque l’homme se décida enfin à parler. Elle avait presque éclaté de rire quand il s’était brûlé tout seul, à trop la regarder et à ne pas faire assez attention à ce qu’il faisait. Mais déjà, l’émotion du rire avait disparu dans son ventre, laissant juste la place à une sérénité étincelante. Elle la sentait briller en elle, et était heureuse de constater que l’homme n’était pas aussi bourru qu’il semblait l’être.

Une belle nuit.
C’était certain. Les yeux plantés dans les étoiles, Filyah soupira légèrement. La voûte céleste était tellement magnifique. Un univers entier de magie et de beauté. Elle avait envie d’un collier d’étoile, de ces astres lointains qui inondaient les nuits claires de leur douce lueur. Un collier d’étoiles, pour pouvoir aller danser au milieu d’elles et ressentir cette force astrale qui émanait du ciel de nuit…

La voix de l’homme était basse, rauque de celui qui avait assez bu pour ne pas avoir les idées claires. Pourtant, elle voyait clairement dans ses yeux l’éclat de ses pensées et de ses réflexions. Peut-être tenait-il mieux l’alcool à force d’une pratique bien plus fréquente que de raison ? C’était une solution envisageable. Pourtant, elle savait qu’un homme en était d’autant plus redoutable. Il fallait cependant noter que si l’éclat brillant dans son regard lorsqu’il la regardait était visible comme le nez au milieu de la figure, il n’aborda pas le sujet immédiatement.

Un sourire tranquille passa sur les lèvres de la jeune marchombre.
Elle avait gagné un droit ? Secouant légèrement ses cheveux courts, Swif sourit de plus belle. Des fois, les hommes en devenaient étranges. Mais ils n’avaient aussi pas la même notion du monde qu’elle-même. La terre et le monde, l’air et le vent, c’était à tout le monde, et à personne à la fois. Tout le monde appartenait à la terre et aux éléments. Elle ne partageait pas de feu, le feu n’était à personne. Elle était en revanche plus d’accord quant au repas, et elle n’allait pas refuser cette proposition - très subtile, certes, mais proposition quand même – de se joindre à lui pour manger un morceau.

- Belle nuit. Et j’aime la fraicheur. Les frissons qu’elle tire sont délicieux…

Un sourire malicieux passa sur les lèvres de la jeune femme. L’homme devait avoir environs son âge, et vraiment, elle adorait son regard bicolore. Il était assez rare de rencontrer des personnes ayant cette particularité, et la plupart du temps, quand ses interlocuteurs se rendaient compte qu’elle-même avait des iris de deux couleurs différentes, ils se repliaient légèrement sur eux-mêmes. Cela pouvait faire peur, elle en avait conscience. La différence marquée des yeux de son interlocuteur avait tout pour passer pour une abomination.
Elle n’était pas de cet avis.

- J’aime beaucoup tes yeux.

Détournant son propre regard vers les étoiles, Swif soupira légèrement, les mains en arrière de son corps. Le vent délicieux venait caresser ses joues, soulever ses mèches courtes, faire glisser des frissons sur sa peau… Son manteau se gonflait légèrement, et elle s’en fichait. Après tout, n’était-il pas nu, lui aussi ? Et cela ne la gênait pas. Tout le monde était fait de la même manière ! C’était sans doute un peu simplet de penser ainsi, mais peu importait, car elle était en paix avec cette vision-là.

- Et dans ce cas… Qu’as-tu à proposer ?

Elle parlait de la nourriture. Oui, elle avait faim, elle venait de s’en rendre compte rien qu’en pensant pouvoir manger, juste parce qu’il le lui avait proposé. Un sourire étira ses lèvres, alors qu’elle déposait délicatement sa main sur son ventre qui commençait à gronder. Fermant les yeux un instant, elle soupira.

La nuit chantait.







[Désolée pour le temps de réponse ! J'ai eu quelques soucis d'ordre familial ces derniers jours... =) ]
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Jeu 23 Juin 2011, 10:18

[Pas de souci, j'ai été ravie de lire ta réponse, comme d'habitude, et puis moi aussi je traîne, alors on est quittes ! ]

Elle aimait ses yeux.
Gil se figea un instant, la main au fond du sac de toile, et regarda la jeune femme à travers le rideau de flammes. Ça, c’était inédit. Il avait rencontré pas mal de femmes, la plupart uniquement dans les ombres de la nuit et les plis d’un drap, et alors elles étaient bien trop concentrés sur une autre partie de son anatomie pour pouvoir remarquer la particularité de ses yeux. Pour les autres, celles qu’il avait croisé au détour de la rue d’un quartier mal famé d’Al-Jeit ou d’Al-Chen, c’était la même chose. Liselle était finalement la seule qui ait jamais mis sur le tapis une discussion à propos de ses yeux. Ils sont comme toi, avait-elle dit. Tu es soit noir, soit blanc et jamais les deux en même temps. Chien un jour, loup le lendemain, et les deux ne se rencontrent pas.

De fait, cette jeune femme qui lui parlait sans détour de ses yeux avait elle aussi un regard peu commun. Des yeux vairons, quoi que différents des siens, et Gil haussa les épaules. Comme toute personne portant une caractéristique particulière en ce monde, il avait connu le mépris de ceux pour qui la différence est une tare. Mais rien à ce sujet ne l’avait vraiment atteint ; il s’en moquait. Il y avait eu bien pire, dans sa vie, pour qu’il n’ait pas à s’en faire pour un œil foncé et un œil clair… En revanche, il avait du mal à cerner son interlocutrice. La sincérité de ses paroles tranchait avec son regard bicolore. Elle disait peut-être ça parce qu’elle aussi avait deux yeux différents, et alors sa sincérité touchante devenait une sincérité facile.

Il ne savait pas quoi penser d’elle tout court. Le comble, lui qui savait si bien lire une femme ! Celle-ci était un mystère entier, une ombre joueuse, matoise, un chat langoureux qui aimait se promener dans son plus simple appareil et qui appréciait les frissons de la nuit. En outre, elle n’était ni effrayée, ni dégoûtée de tomber sur un homme nu et soûl, couvert d’hématomes et plutôt irascible, au bord d’un lac et à plusieurs lieues de la première habitation. Il n’avait pas réussi à lui faire peur et à présent, elle acceptait de partager son repas avec lui.

- Qui es-tu ?

La question lui avait échappé de peu avant que son cerveau embrumé ne la retienne, et il l’avait posé en sortant la viande séchée du sac. Il avait connu mieux de sa part, en matière de présentations. Tant pis. Il semblait que cette nuit, rien ne se passe selon ses projets, alors un écart de plus ou de moins… Un creux de sourire dans la joue, Gil songea à Seren. Son ancien mentor lui avait appris à toujours rester maître de la situation, quelles que soient les circonstances ; celle qui lui avait servi d’exemple pour renforcer cette affirmation n’était d’ailleurs pas très différente. Il se souvenait d’un feu et d’une femme – mais une femme plus âgée d’au moins dix ou quinze ans et qui s’était montrée moins hardie. Seren l’avait tuée à la fin du repas. Il n’avait suffi que d’un seul geste pour que sa lame trace un sourire sanglant sur sa gorge blanche.

Tu l’aurais tuée, n’est-ce pas, vieux fou ? songea Gil en repensant à l’instant où son étonnante compagne avait rejeté la tête en arrière. Tu l’aurais égorgée sans raison ni remords, simplement pour asseoir ta supériorité, uniquement pour prouver ta maîtrise de la situation… Il n’était pas Seren. Voilà pourquoi il tardait tant à se présenter à son premier cours en tant que maître, pourquoi il avait tiré la femme au masque d’un bien mauvais pas sur une pente des Dentelles, et pourquoi il ne tuerait pas cette femme ce soir. Parce qu’il était maître de lui-même, et que seule cette réalité comptait.

Il lui tendit un morceau de viande, puis il se servit de ses dents pour dévisser le bouchon de l’outre d’eau et but quelques rasades qui lui tordirent joliment l’estomac. Enfer, il allait se répandre d’ici peu… S’il voulait voir cette femme s’en aller, c’était peut-être sa dernière solution. Vomir copieusement devant elle et anéantir les miettes de dignité qui lui restaient. Mais après un haut-le-cœur, il se retint et lui tendit l’outre au-dessus du feu, son regard planté dans le sien.

Ça allait être compliqué, mais il ne vomirait pas.
Pas tant qu’il voulait qu’elle reste.

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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Dim 07 Aoû 2011, 11:14

Pas de réponse à sa question. Ou plutôt, une autre question. Un sourire étira les lèvres de Swif, qui ferma les yeux un instant. Pour rouvrir les paupières. S’avançant près du feu, elle prit l’outre d’eau que l’homme lui proposait en lui tendant, et y but quelques gorgées à son tour. Le goulot avait le goût de l’alcool que son interlocuteur avait ingurgité, mais elle ne fit pas de commentaire et laissa l’onde tiède parcourir son estomac.

Un sourire sur les lèvres, elle saisit par la même occasion la nourriture qu’il semblait vouloir partager, et commença à mâchouiller le bord du morceau de viande séchée. Le goût, irascible, ne lui avait jamais plus, mais ce n’était pas pour autant qu’elle s’en était déjà plainte. Elle mangea donc tranquillement son morceau de viande, sans répondre encore à la question de cet homme étrange.

Et quand elle levait les yeux vers lui, elle ne pouvait s’empêcher d’admirer son regard. Oui, elle aimait ses yeux. Etranges, ils semblaient faits de tous les opposés du monde. Le sourire sur ses lèvres n’avait pas disparu, et lorsqu’elle termina sa viande, elle reprit quelques gorgées d’eau, luttant pour ne pas grimacer à l’acidité du goulot. Puis, la posant à côté de l’homme, au travers du feu, elle fixa cette onde chaleureuse qui perçait la nuit. Elle se sentait bien, vraiment.

Tellement sereine.

Alors, portant toute son attention vers ce drôle d’interlocuteur, elle lui sourit.

- On m’appelle Swif.

Un autre sourire, un sourire avec les yeux et jusque dans le fond de ses prunelles, prit place sur son visage, et elle soupira doucement. Inspirant profondément, elle se redressa un peu, avant de s’éloigner de quelques centimètres du feu. Pour s’allonger complètement à côté de ce dernier, le corps réchauffé par sa chaleur bienfaisante.

Recroquevillée en position fœtale, orientée vers la source de chaleur, elle tourna le regard vers l’homme, plantant ses yeux dans les siens, toujours aussi tranquille. Peut-être avec un fol espoir dans le ventre. Elle secoua la tête pour elle-même : depuis quand se sentait-elle attirée par des ivrognes acerbes ? Un léger soupir-rire passa ses lèvres, et elle lui demanda à son tour :

- Voudrais-tu m’offrir ton prénom, toi aussi ?

Elle avait soigneusement choisi ses mots. Vouloir, et non pas pouvoir. Oui, on pouvait offrir n’importe quoi, mais en avait-on nécessairement envie ? Elle ne lui avait pas demandé qui il était non plus, de crainte qu’une question si compliquée n’eût pas de réponse dans l’immédiat pour cet homme encore à moitié soûl. Même s’il semblait, au fond, garder une bonne partie de son intellect.

Lui souriant, Swif se déplaça légèrement pour ne pas avoir à tourner la tête pour lui parler. Toujours allongée à côté du feu.







[ Désolée, un peu court ! Smile ]
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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Sam 13 Aoû 2011, 14:20

- Giliwyn SangreLune. Mais tu peux m'appeler Gil...

... tu n'as pas froid ?


[Je n'avais pas remarqué ta réponse, sinon j'aurai donné la mienne plus tôt que ça ! C'est court et laconique, mais c'est Gil, donc normal Wink ]

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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Dim 14 Aoû 2011, 10:07

- Non. Je n'ai jamais froid.
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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Mer 17 Aoû 2011, 11:10

- Voilà qui est bien pratique. Donc, tu te balades toujours en manteau, et rien qu'en manteau. Pratique et original.

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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Mer 17 Aoû 2011, 12:18

- Oui, c'est ça.



[Un petit sourire ^^ ]
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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Lun 22 Aoû 2011, 12:11

- Est-ce par défi ? Par inconscience ? Par envie ?

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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Lun 22 Aoû 2011, 15:53

- Non, rien de tout cela.

Plutôt un besoin, je dirais. De savoir que j'ai quelque chose sur moi, par respect pour les autres, mais qu'en un geste je peux me retrouver nue, offerte au vent et au froid... D'être libre, d'une certaine façon...
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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Sam 27 Aoû 2011, 17:31

- La liberté, hein... Regarde, je suis plus nu que toi et je ne suis pas libre pour autant. C'est même tout le contraire. Mais ce petit vent est bien agréable, je te l'accorde.

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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Lun 19 Sep 2011, 16:01

- La brise est agréable, en effet... Le vent, qu'il soit caresse ou poing, est toujours agréable. Qu'il soit douceur ou morsure...




[ A soigneusement évité la question implicite Rolling Eyes

Désolée pour l'attente, avec la rentrée, j'ai eu quelques soucis d'internet ! Wink ]
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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Mer 21 Sep 2011, 23:00

[T'inquiète, j'ai eu pas mal de choses à faire, de mon côté. J'ai eu un petit sursaut d'inspiration ce soir ; si jamais ça ne va pas, tu me fais signe...]

Gil baissa la tête et se pinça l’arête du nez. Enfer ! Il était tombé sur une poète. Ou une romantique. Une poète romantique et cinglée, pour se balader nue sans la moindre gêne et oser aborder un homme – également nu, mais avec des excuses amplement valables – dans cet état. En fait, c’est son état à lui dont elle devrait plutôt s’inquiéter. L’envoleur avait une migraine à s’en cogner le crâne par terre et plus les minutes s’égrainaient, moins il appréciait la compagnie de cette femme. Elle était étrange. Un peu trop pour qu’il se sente la patience de l’écouter ou même, de la supporter.

- Tant qu’il ne m’empêche pas de vivre… marmonna-t-il, le regard perdu dans les flammes.

Un jour, une tempête des plus redoutables avait traversé Astariul. Seren et lui avaient établi un campement de fortune à la limite des premiers arbres de l’immense forêt de Baraïl et n’avaient dû leur survie qu’à cet emplacement précis : en sous-bois, ils seraient probablement morts écrasés par l’un des nombreux arbres qui s’étaient déracinés et plus loin dans la plaine, ils auraient été la cible des innombrables débris que le vent avait baladé sans effort. Gil ne craignait pas particulièrement le vent et pourtant, ce jour-là, il avait eu peur. Quant à aimer ou non un élément de la nature aussi incontrôlable que le vent, le feu, l’eau… il n’y voyait aucun intérêt. C’étaient des outils – certes dangereux hors de tout contrôle, mais néanmoins des outils qui lui permettaient de vivre. Tout simplement.

Sa joue le faisait souffrir. Il voulut tâter délicatement la plaie, découvrit ses doigts plein de sang et lâcha une bordée de jurons colorés. Sa baignade avait estompé l’hémorragie temporairement seulement et il n’avait rien sous la main qui permette de colmater la blessure. A défaut d’autre chose, il se leva et fit quelques pas en direction du lac.

- Je dois aller chercher mes vêtements. Mange, je reviens.

Je reviens ? Tout en s’enfonçant dans l’eau, Gil maudit le ton presque mièvre que lui avait fait prendre l’alcool encore largement dilué dans son sang. Oui, il allait revenir ; le feu était de ce côté-là de la rive, et après cette nouvelle baignade forcée, il doutait d’avoir la force de reprendre la route. Alors que la fraîcheur de l’eau l’avait agréablement détendu, un peu plus tôt, il avait cette fois-ci l’impression que des milliers de lames s’enfonçaient dans sa chair. Ses gestes étaient raides, son souffle saccadé ; il tremblait lorsqu’il se hissa sur l’autre rive. S’approchant du tas de vêtements sales et tâchés de sang, Gil se laissa tomber sur le sol.

- D’accord. T’es de l’autre côté, Gil. Et maintenant ?

Foutue soirée ! Il n’avait pas pensé qu’une fois ses vêtements retrouvés, il lui faudrait faire le tour du lac pour regagner la rive opposée. A moins de les laisser là, et de retraverser à la nage. Gil soupira et jeta la chemise déchirée au loin. A quoi bon ? L’eau froide calmait la douleur de sa joue et en dernier recours, il lui restait encore un peu d’eau-de-vie. Une méthode radicale, mais dont il connaissait déjà la redoutable efficacité. L’envoleur s’immergea donc à nouveau, retrouvant une eau toujours aussi sombre et froide. Au loin, la lueur du feu était comme un phare dont il ne devait pas perdre la lumière. Gil éclata de rire et but la tasse. Il se sentit couler, tout doucement, alors que ses membres déjà ralentis par l’alcool et la fatigue s’engourdissaient à cause du froid.

C’était presque agréable, en fait. Au fond de l’eau, il n’entendait ni ne voyait rien mais il était bien. C’est un réflexe purement humain qui le tordit brusquement et le poussa à remonter vers la surface. Il l’avait presque atteinte lorsque quelqu’une main se referma soudain sur sa chemise. Gil laissa échapper une exclamation de surprise qui, sous l’eau, prit la forme de bulles s’échappant de son nez et de sa bouche. Non, pas une main ! Des algues ! Filaments visqueux, liens insaisissables et sans cesse en mouvement, ils le retenaient prisonniers au fond du lac et le pire, dans tout ça, c’était qu’il s’emmêlait davantage chaque fois qu’il tentait de se libérer.

Ses aiguilles s’avérèrent parfaitement inutiles. Redoutables dans un duel, elles étaient ralenties par l’eau et transperçaient plus qu’elles ne tranchaient les algues. Trop nombreuses, celles-ci s’enroulaient à présent autour du torse du jeune homme, comme mues par une volonté propre. Gil ferma les yeux, parfaitement calme alors qu’une sourde colère lui brûlait le ventre. Quelle ironie ! Discuter de la force du vent avec une inconnue alors que l’élément qui allait mettre un terme à sa misérable vie était finalement l’eau…

Et merde…

Seren allait adorer ça. Il avait toujours parié que son apprenti trouverait la mort avant lui et Gil était extrêmement déçu de lui accorder raison par une bêtise de sa part. Noyé, le maître envoleur. Noyé, le sang mêlé.
Noyés, les vilains soucis…


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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Mar 27 Sep 2011, 09:41

Cet homme était bien étrange. Mais elle ne pouvait pas lui en vouloir, après tout. Elle-même était bien plus étrange, quand on y songeait. Elle ne fit donc que lui adresser un sourire, quand il lui répondit d’un ton abrupt que tant que ce fichu vent ne l’empêchait pas de faire son chemin, il s’en fichait quelque peu. Ce n’était pas l’avis de Swif. Après tout, le vent la poussait, et était sa vie. C’était lui qui l’aidait à prendre des décisions lorsqu’elle pouvait hésiter. Il l’avait accompagnée depuis sa plus tendre enfance, et le Rentaï lui avait permis de profiter de son compagnon sans en souffrir. De profiter du vent et du reste sans en souffrir.

Croquant dans la nourriture que Giliwyn lui avait offerte, elle s’autorisa à lâcher un petit soupir quand il lui dit qu’il allait retrouver ses vêtements. Un haussement de sourcil, aussi. Il comptait y aller à la nage, enfiler ses vêtements trempés et revenir en faisant le tour ? Etonnant. Swif ne fit cependant aucun commentaire : il semblait en proie à un sacré mal de tête, sans doute l’alcool aidant, et elle n’avait de toute façon plus envie de parler. Changeante, étonnante, effrontée, mais c’était Swif tout craché. Un léger sourire sur les lèvres, elle regarda donc cet homme se diriger vers le lac et s’y immerger pour avancer droit vers la rive opposée. Heureusement, le lac n’était pas grand, et elle pouvait suivre sa progression sous la lueur diffuse des étoiles. Elle voyait sa tête s’immerger et remonter quelques mètres plus loin, dans une sorte de brasse régulière. Il arriva sur l’autre rive. En plissant les yeux, elle pouvait deviner sa silhouette, mais ne sut pas ce qu’il fit. Dans tous les cas, il revint vers le lac et le traversa à nouveau.

Ou plutôt, commença à le traverser.

Il nageait normalement, régulièrement, lorsqu’elle ne le vit soudain plus avancer, quelques mètres plus loin. Il ne remontait plus. Elle fronça les sourcils, se redressa pour observer la surface létale du lac. Il y avait de l’agitation à l’endroit où elle l’avait vu entrer pour la dernière fois, et Swif attendit encore dix secondes.

Avant de comprendre. Puis de s’élancer.
L’eau était froide. Glaciale. Encore plus qu’en début de soirée, lorsqu’elle s’y était baignée. Une eau à cette température engourdit les nerfs, la peau, et les liaisons nerveuses. Un aller, en bougeant sans cesse, c’était envisageable. Un aller-retour, c’était plus compliqué, et moins raisonnable, déjà. Elle soupira. S’engagea sous la surface de l’eau, telle une sirène, ondulant et avançant en même temps, pour rejoindre l’endroit qu’elle avait repéré.

Elle put y être rapidement, et s’arrêta alors, cherchant un indice. Elle ne vit rien, et fronça les sourcils, décidant de s’immerger plus profondément pour trouver le jeune homme, qui était décidément bien en train de se noyer. Sauf que si elle descendait, elle allait aussi s’engourdir. Elle sentait déjà ses membres qui devenaient moins réactifs, alors qu’elle réfléchissait une poignée de secondes.

Elle n’hésita pas.
Activant sa greffe pour la première fois depuis un très long moment, elle sentit toutes ses liaisons nerveuses se rétablir, devenir crépitantes d’attente d’instructions, tandis que ses sensations physiques s’estompaient, pour ne plus devenir perceptibles du tout. Elle plongea. Il y avait bien là une masse informe qui ne tentait même pas de s’en extirper. Après tout, les algues s’étant enroulées un peu partout autour de son corps, cela pouvait se comprendre : lutter ne servait à rien. Mais un ivrogne n’était pas raisonnable, habituellement. N’y pensant plus, Swif le rejoignit de quelques brasses, et sortit le poignard accroché à sa cuissarde, elle-même fixée à sa cuisse nue. De quelques coups précis – l’eau ne la dérangeait pas quand sa greffe était enclenchée – elle libéra l’homme et tenta de le remonter. Il était lourd, et elle dût utiliser toutes ses ressources pour y parvenir. Appeler l’eau à la rescousse. Désactiver sa greffe pour la sentir autour d’elle, contre sa peau et sous elle, dans ses courants.

Quand les sensations se rétablirent, elle se sentit perdue une fraction de seconde, mais réussit à reprendre contenance plus rapidement qu’habituellement, et même si ses membres étaient redevenus endoloris, l’eau était là, pressante, aidante, et elle réussit à tirer la tête de l’homme hors de l’eau. Il fallait qu’elle parvînt à le tirer jusqu’à ce qu’elle eût pieds… Ce n’était pas très long, parce que le lac n’était pas spécialement profond, mais cela promettait d’être compliqué…

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Mar 27 Sep 2011, 17:25

Enfer, Gil ! Crever au fond d’un lac, tout seul, c’est vraiment…

Son esprit dérivait. Il avait commencé à dériver après trois ou quatre verres d’alcool pur mais la sensation était alors autrement plus agréable : une vague de chaleur, de bien-être illusoire mais fondamental pour un organisme en manque de douceur et de confort. Voilà pourquoi Gil s’autorisait ce genre de débauche de temps à autres. Voilà pourquoi il ne sombrait pas définitivement dans cette spirale trompeuse. Mais cette fois-ci, c’était différent. Le froid, pour commencer, tétanisait ses muscles, comprimait sa cage thoracique et au lieu de gorgées d’alcool, c’était un lac tout entier qu’il s’apprêtait à ingurgiter. Il allait mourir les poumons remplis de flotte et d’un fond d’alcool. Wahou…

Il s’en moquait. Evidemment, puisque son esprit dérivait ! Il ne s’agissait plus de mort mais d’une sorte d’échappatoire à cet enfer aquatique ; il s’en allait. Salut, la compagnie. Une fin méritée pour un homme tel que lui… ? Il n’en était pas sûr. Condamnables ou non, ses actions étaient le fruit d’un odieux mélange entre sa personne et le hasard. La mort s’était invitée dans la vie de Manaël et Gil représentait tout ce qui avait éclos de cette sinistre rencontre. Il fallait croire qu’elle avait fini par refermer ses griffes sur lui. Tant pis…

Et puis non.
Non, il n’allait pas mourir – du moins, pas cette fois. Pourquoi ? Parce qu’une main venait de se refermer sur son poignet. Parce qu’elle le tenait fermement et surtout, parce qu’elle symbolisait l’espoir. Gil s’agita. Presque aussitôt, les algues se resserrèrent sur son corps, pressentant probablement qu’il restait une poussière de chance qu’il leur échappe. Mais c’était sans compter la lame qui s’occupa de les trancher une à une, jusqu’à ce qu’enfin il se sente à nouveau libre de ses mouvements. Les eaux glaciales faisaient toujours pression. Et cette main qui ne le lâchait pas…

Agacé, Gil remonta d’une brusque poussée et sa tête creva la surface de l’eau. L’air s’engouffra dans ses poumons, il but la tasse, s’étrangla, coula. Entraînant la main – et le corps qui y était attaché – avec lui. Qu’elle le lâche, bon sang ! Ils ne pouvaient pas être deux à se noyer, c’était trop bête ! Alors Gil se mit à nager. Difficile quand on a les membres raidis par le froid et le souffle rompu. Mais possible avec une bonne dose de colère et une once de volonté. Entre deux brasses, l’envoleur jeta un coup d’œil au propriétaire de la main secourable. Si l’eau froide n’avait pas chassé de son esprit les dernières brumes d’alcool, il aurait cru voir une sirène.

Ce n’était que Swif. La fille au manteau, l’amie du vent. Elle avait du cran, il fallait le reconnaître, mais dans cette lutte contre l’eau ils étaient bel et bien deux ; Gil la soutenait autant qu’elle le soutenaient et c’est ensemble qu’ils s’échouèrent sur le rivage. Allongé sur le sable, Gil savoura quelques secondes de cette vie qu’il avait manqué de perdre bêtement. Puis il se mit à genoux et se rapprocha de la jeune femme.

- Bouge ! grogna-t-il. Bouge où tu vas crever de froid.

Il la saisit par les épaules et la força à se relever. Mécaniquement, il l’attira contre lui et se mit à la frictionner ; c’était très étrange dans leur état et plus tard, Gil se dirait que jamais encore il ne s’était trouvé nu en présence d’une femme dans ces conditions. Mais sur l’heure, il était profondément frustré. Vexé de s’être pratiquement noyé, agacé de devoir sa vie à une inconnue, énervé qu’elle ait pris tant de risques pour lui. Le ciel soit loué, elle avait laissé son manteau avant de plonger à son secours ; Gil s’empara du vêtement et en drapa la jeune femme.

Ils s’assirent près du feu, Gil ne cessant pas de frictionner Swif ; il cessa seulement lorsqu’il la sentit moins trembler sous son manteau et tendit les bras vers les flammes. Il était épuisé. Et toujours autant énervé.

- Tu n’étais pas obligée de…

La ferme, Gil ! Ne sois pas hypocrite, sans elle tu serais toujours au fin fond de ce lac.

- … mais merci.

On n’a beau dire, c’est quand même très simple de remercier quelqu’un. Dès que la sincérité entre en jeu, l’affaire se corse, c’est vrai, mais Gil se sentait bel et bien mieux après ça. Un mot, et voilà qu’il desserrait les dents. Il ne rageait plus. S’il tremblait encore, c’était davantage à cause du choc – Oh mon dieu, j'ai failli mourir ! - que sous le coup du froid et de la fatigue. Jetant un bref coup d’œil à sa compagne, Gil soupira.
Drôle de fille.

Il lui devait la vie.

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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Mer 12 Oct 2011, 13:43

Swif sentait son corps engourdi, qui ne voulait plus que répondre approximativement à ses demandes, à ses sollicitations. Comment en était-elle arrivée là ? Pourquoi s’était-elle lancée dans ce secours qui n’avait pas bonne augure ? … Simplement parce qu’elle était incapable de rester indifférente à la vie, évidemment. La vie, celle qui crépitait autant dans le regard torve d’un ivrogne, celle qui se lisait si facilement sur les traits d’un enfant… La vie, tellement précieuse et unique. Alors, la jeune femme avait beaucoup de mal à sortir cet homme de l’eau, en tout cas à le remonter assez pour qu’il pût respirer. Heureusement, il semblait venir de retrouver toute sa vigueur, et tira même sur son bras pour immerger lui-même hors de l’eau.

Fyliah sentait qu’elle n’en pouvait plus. Elle avait l’habitude du froid, de la glaciosité, elle adorait cela. Ce n’était pas tant la température de l’eau qui faisait que son énergie était partie tellement vite, mais sans aucun doute son utilisation étrange de sa greffe, qu’elle n’avait pas enclenchée depuis des années – depuis la fin de son apprentissage. Son corps n’avait pas tellement apprécié ce changement brusque, sans aucun doute, et elle n’arrivait qu’à peine à nager. Elle ne voulait qu’une seule chose : trouver pied, pour pouvoir avancer presque normalement. Et Gil, à côté d’elle, qui la relevait autant qu’elle le relevait, et qui avançait au même rythme, avait tendance à l’agacer avec ses râles étranges. Ne pas penser à cela. Avancer. Non, elle ne l’entend pas. Se persuade qu’elle n’entend rien pour l’instant…

Terre. Terre, sable, et herbe même. Swif en aurait presque lâché une larme de soulagement. Elle tremblait de tous ses membres, mais pas de froid, non. Son corps s’était déjà remis de cette fraicheur caractéristique de l’eau, et puis elle aimait tellement cela… Non, elle tremblait d’épuisement plutôt. Ses nerfs protestaient en lançant des appels dans chacun de ses muscles, tantôt en les tétanisant et tantôt en les agitant de soubresauts incontrôlables… Simplement assise sur le sable, elle frissonnait violemment, les yeux dans le vague, tentant de se contrôler sans y parvenir.

Quand Gil s’approcha d’elle pour la secouer, lui dire qu’elle allait crever de froid, elle tenta de répondre mais en fut incapable. Incapable de dire qu’elle n’avait pas froid, mais simplement que son corps avait eu saturation d’informations puis trop peu, puis encore trop. Les nerfs n’étaient pas faits pour résister à cela. Alors, elle se contenta de se relever quand il la souleva pour la frictionner. Avoir une sensation à laquelle se raccrocher fit un bien fou à la marchombre, qui se laissa faire sans un mot. Doucement, elle se remettait de ce traumatisme corporel, et elle se sentait bien mieux quand il la laissa avec son manteau pour s’asseoir près du feu. Lui lançant un regard, Swif s’assit à son tour, à côté de lui, profitant de sa chaleur et de celle du feu.

Swif sourit. Elle fut touchée par la sincérité de l’homme, qui était agacé encore quelques secondes plus tôt. Mais que répondre ? Pas grand-chose à dire, en réalité.

Elle soupira doucement, posant sa tête contre l’épaule de Gil doucement. Ses cheveux courts se collèrent à sa nuque et sur sa joue, et elle ferma les yeux pour profiter de cet instant.

Aucune envie de parler.
Aucune envie de bouger…

Pourtant, du bout du doigt, elle ne put s’empêcher de tracer quelques arabesques sur le sol.

Nuit éclaboussée
Comme un chant
Glacé

Sans aucun doute ne comprendrait-il pas la signification de ces quelques mots. Cela n’avait pas d’importance. Peut-être comprendrait-il, ou cela aurait une incidence sur son humeur – encore – ou bien comprendrait-il alors ce qu’elle était : une marchombre, évidemment. Mais elle restait elle-même. Marchombre ou pas, elle serait allée le chercher au fond du Lac, sans mesurer les risques d’une telle intervention. Elle était juste ainsi…





[ Un brin court, désolée Wink ]
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Dim 13 Nov 2011, 16:35

[Ohlala, un mois de retard ! Je suis désolée, c'est inexcusable alors je n'invoque aucune excuse, j'espère que tu es toujours partante pour continuer ce Rp, au moins pour le terminer... !]



- Fais attention, Manaël.

Le garçon s’arrêta à quelques pas du piège sans le voir, puis ouvrit de grands yeux lorsqu’il comprit à quel point il était passé près de se faire broyer la jambe. Gil s’arrêta près de lui et dû ressentir son trouble car il ébouriffa la tignasse d’encre de son fils. Un peu durement, à la manière d’un père qui se laisse rarement aller à ce genre d’intimité, mais son geste porta ses fruits ; Manaël retrouva le sourire.

- Comment t’as fait pour le voir ?
- Je ne l’ai pas vu.
- Mais…
- Ne confond pas voir et regarder, Manaël. Ce n’est pas la même chose.


Les yeux vairons se voilèrent. Doute, incompréhension. Pas la même chose ? Ah bon ? Et la question muette tira un sourire à Gil. Puis cette mine mystérieuse, ce regard impénétrable qui signifiait qu’une nouvelle leçon de choses était sur le point d’éclore.

- Je ne te regarde pas de la même façon que je te vois. Quand je pose les yeux sur toi, je te vois tel que tu apparais à ce monde : un petit garçon aux cheveux noirs et aux prunelles différentes. Quand je te regarde, je te vois tel que tu es.
- Comment ?
- Comme un petit garçon plein de vie et d’assurance, aussi têtu et borné que sa mère, aussi grand que son père.
- Tu dis ça parce que tu me connais…
- Je connais aussi cet endroit. Et je connais les braconniers. La piste est truffée de pièges.


Imperceptible changement dans le regard de l’enfant. Après le doute, la fascination. Oui, il était fasciné par cet homme – son père ! – si fort et si sage… Et il ne rêvait que d’une chose, lui ressembler un jour. Le plus vite possible. Comme lui, faire la différence entre deux choses qui se ressemblent pourtant.

- Et comment tu fais ?
- Comment je fais quoi ?
- La différence entre voir et regarder ?


Silence.
Un pli soucieux se dessina dans la joue de Gil. Parfois, de plus en plus souvent même, il ne savait pas comment répondre à son fils, sans doute parce que chacune de ses questions était plus précise, plus fine, plus précieuse ; il lui fallait une réponse, pourtant, et c’était un devoir que son rôle de père lui imposait. Une réponse pour nourrir une autre question.

Le marchombre s’accroupit alors. Du plat de la main, il balaya les feuilles et la poussière. Du bout de ses doigts, il forma des lettres, des syllabes, des mots. Des mots qui ne se prononcent pas, sinon ils perdent toute leur intensité, tout leur sens. Des mots qui se lisent, uniquement, et qui se gravent dans l’esprit pour ne jamais disparaître, mais sous les affres du temps.


Sens aiguisés
Fenêtre de l’âme
Secret

Manaël plissa les yeux pour déchiffrer les trois lignes de poussière et ouvrit la bouche pour les énoncer à voix haute, comme il apprenait à le faire à l’école, mais Gil posa les doigts sur ses lèvres.


- Il y a aussi une différence entre dire et écrire. Parfois, se taire est la meilleure façon de le comprendre.
- C’est quoi la différence ?
- Ce sera la prochaine leçon. On a un bouquet à ramener à ta mère, tu te souviens ?




*



Oui, il se souvenait.
Bleuets, violettes, fleurs des champs, épis de blé mûr. Il s’en rappelait même l’odeur, parce que cette balade lui avait ouvert les yeux sur un autre mode de communication : les mots-silence. Ceux que l’on trace dans la poussière, ou que l’on grave dans le bois d’une table, ou que l’on dessine dans le sable ; ces mots qui ne se prononcent pas mais qui s’enfoncent dans la mémoire pour ne plus jamais en sortir, comme une poésie jamais oubliée… Gil n’aurait jamais pu l’oublier. Ironie du sort, il ne comprenait toujours pas quelle différence on pouvait faire entre voir et regarder, dire et parler, écouter et entendre. Pour lui, ce n’étaient que des verbes qui signifiaient la même chose, mais avec des lettres différentes et des sons différents. Point à la ligne. Lignes esquissées pour lui…

Elles étaient là, juste sous ses yeux. Il n’avait pas conscience qu’il les regardait comme son père l’avait regardé ce jour-là. Et il ne pouvait pas s’empêcher de les fixer comme si elles allaient lui révéler autre chose. Pourtant, c’était clair comme de l’eau de roche : marchombre. Le Giliwyn a qui il avait arraché la vie et le nom en était un ; nul autre ne l’avait surpris en lui parlant ainsi, en écrivant sur le sol des mots que n’importe qui aurait simplement prononcé. Il avait dit merci, lui. A sa manière, et sûrement pas de la meilleure, mais il l’avait dit. Merci. Ça résumait tout ce qu’il n’avait pas envie de dire – tu n’étais pas obligée de venir me chercher, moi, au fond de ce lac gelé, parce que maintenant on est comme deux crétins trempés et parce que c’était vraiment idiot de ma part, comme plan, comme soirée, mais merci d’être venue quand même parce que mourir noyé, c’est bête…

Oui mais ce n’était qu’un mot, et un mot commun en plus. Tout le monde disait merci. Tant et si bien que finalement, on oubliait ce que ça voulait dire. Merci beaucoup ? Merci infiniment ? Grand merci ? Voilà, on se sentait obligé de rajouter un mot pour signifier sa pensée. Dire juste merci, c’était misérable. Il était misérable. Elle était incroyable. Elle en avait utilisé six, de mots, mais dans le sable, ils existaient vraiment. Ephémères, il suffisait d’un simple geste pour les effacer, d’un coup de vent, mais définitivement ancrés dans sa mémoire. Elle allait oublier son merci. Il se souviendrait du sien.

Marchombre, hein… Gil sourit dans l’ombre. Une fois qu’on l’apprenait, c’était une évidence : cet amour du vent, cette façon de s’habiller – de se déshabiller –, ce contact, à la fois léger et puissant, murmure et hurlement, tout ça réuni en un petit bout de femme encore plus mystérieuse que lui. Marchombre, enfin ! Il l’aurait compris plus tôt, si seulement il l’avait regardée. Vraiment regardée. Il n’avait vu que ses yeux vairons, ses cheveux agités par la brise, sa peau nue. Swif était bien plus… Et lui, bien moins. A présent que l’alcool retombait, douchée par cette baignade forcée, il sentait la vague de déprime le menacer. Il était temps d’y couper court, même s’il s’était suffisamment ridiculisé pour ne plus pouvoir la choquer.

- Allez, la poète, extinction des feux ; la nuit éclaircit les idées, j’ai besoin de sommeil pour y voir plus net et me faire pardonner ma conduite…

Joignant le geste à la parole, il s’allongea près du feu. Le sable allait coller à sa peau mais c’était un matelas plutôt confortable. Dans son état, il s’en accommoderait. Et la marchombre ? Lui jetant un coup d’œil, il ouvrit les bras, l’invitant à venir se blottir contre lui. Vêtus, ou plutôt non-vêtus comme ils l’étaient, cette proximité appelaient à la faute. Mais il n’y avait rien de mal attentionné dans le regard de Gil. Simplement une proposition, un accord tacite, un échange d’une nuit ; elle lui avait sauvé la vie, il lui devait bien un peu de chaleur pour passer une bonne nuit.

- C’est la nuit la plus étrange de toute ma vie, murmura-t-il contre son oreille. J’ai pris une cuite, volé le cheval d’un garde, rencontré une fille qui ne porte pas de vêtements, manqué de me noyer, tout ça en l’espace de quelques heures…

Silence. Un silence de la nature, fait du léger bruissement du vent dans les arbres et du murmure de l’eau près d’eux, du chant des grillons et du cri lointain d’un loup…

- … une belle nuit, conclut Gil.

Et il s’endormit.


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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Mer 16 Nov 2011, 17:11

Le souffle de l’homme lui chatouillait l’oreille. Elle soupira pour elle-même, alors qu’il s’était déjà endormi, dans son dos. Contre son corps. Elle sentait sa peau, nue, chaude, et baignait dans une douce chaleur. C’était même plutôt agréable, elle devait bien l’avouer. Très agréable, bien que frustrant. Attrapant son manteau du bout des doigts, elle le passa par-dessus leurs corps blottis l’un contre l’autre pour garder la chaleur qu’ils dégageaient, à deux. Fermant les paupières, elle songea que la soirée avait été mémorable pour elle aussi. Profiteuse de chaque instant, elle avait aimé cette rencontre étrange. Un léger sourire étira ses lèvres fines et nacrées, et elle s’endormit à son tour.


~*~



La jeune femme ouvrit les yeux alors que le soleil était à plusieurs minutes de son réveil. Un petit sourire étira ses lèvres, et elle bougea doucement, pour ne pas réveiller l’homme qui dormait toujours derrière elle. Réussissant à s’extirper de ses bras en se contorsionnant comme elle le pouvait, elle tenta de ne pas l’éveiller. Elle remit du bois dans le feu qu’ils avaient fait la veille, et y fit cuire quelques morceaux de viande, qu’elle mangea rapidement.

Reprenant son manteau, elle caressa la silhouette de l’homme encore un instant.
Une dernière fois.

Ses pieds nus frôlèrent la terre et l’herbe, et elle s’éclipsa, aussi silencieuse que le vent. Aussi invisible. Ses orteils s’étiraient sur le sol doux et caressant, et elle se sentait elle-même. Entière. Le vent vint effleurer son visage, comme pour l’encourager.

Un éclat de rire, cristallin, s’éleva.
Réveilla sans doute l’homme qui avait trop bu la veille.
Avait déjà disparu, dans la forêt, dans la nature alentours.


~*~



Swif prit de l’eau entre ses paumes. Une eau glaciale, qui coula entre ses mains, le long de ses poignets, glissa entre ses doigts. Elle la but à petites gorgées avant de se redresser, pour se remettre à courir. Entre les feuilles, entre les arbres, entre les buissons et sur les chemins. Près des animaux.

Elle retournait vers l’Académie.
Après tout, Léna et Xenoza l’attendaient depuis quelques jours. Il était temps de voir ce dont elles étaient capables d’elles-mêmes, sans son aide constante. Pourraient-elles se débrouiller par leurs propres moyens ? Auraient-elles compris la teneur du premier cours qu’elle leur avait dispensé ? Les leçons et conseils avaient-ils été profondément assimilés ?

Un soupir passa ses lèvres.
Elle verrait.









[ Ouch, désolée, c'est vraiment pas terrible comme fermeture...
En tout cas, ce fut un plaisir de RP avec toi, et j'espère qu'on remettra ça ! Smile ]
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MessageSujet: Re: Réflection et réflexions... [ TERMINE ]   Lun 21 Nov 2011, 19:23

…Elle a dissimulé sa nature… toutes ces années. A tout le monde. Même à nous. A moi. Jusqu’à ce soir…
- Non ! Non, papa, non !
- Je n’ai pas… pas voulu ça, Manaël. Je te le jure. Mais il faut que… tu me promettes de gagner le lac Chen. L’Académie…


Manaël se tint la tête entre les mains et se redressa en chancelant.

- Maman !
- Les marchombres, Manaël ! Retrouve… les marchombres…
- Non !!!



*


Comme chaque matin, Gil émergea du sommeil avec ce goût amer de son passé tragique sur les lèvres. Les yeux toujours clos, il grogna et se retourna ; un léger rire, cascade chantante au milieu de la tourmente de son esprit torturé, s’insinua dans les méandres de son cauchemar. Un souffle de vent, fugace, et le souvenir d’un regard vert et bleu…Il ouvrit les yeux. A travers les flammes dansantes de la petite flambée, il vit disparaître sa rencontre d’un soir alors que sa chaleur s’attardait encore sur sa peau. Puis un creux de sourire naquit au coin de ses lèvres.

Un coup de vent.
Il avait rencontré un coup de vent. Une brise calme et rêveuse, un soupçon de douceur au cours d’une soirée qui aurait dû très mal se terminer…Son rire résonnait encore dans sa tête. C’était sa manière de dire au revoir, il le savait. Dans ce sens, le sien laissait clairement à désirer. Gil se contenta de savourer ce rire si particulier jusqu’à ce que la soif le tenaille. Alors, il s’assit prudemment, avec des gestes emprunts de délicatesses et se prit la tête entre les mains. L’alcool avait ses bons et ses mauvais côtés. Le réveil entrait dans cette seconde catégorie.

Enfer…


*


Ses vêtements étaient tâchés de sang séchés et ils empestaient l’alcool, mais au moins étaient-ils secs. Sans se formaliser, Gil récupéra le cheval du soldat, qui ne s’était pas tant éloigné que cela, et fixa son paquetage à la selle de l’animal sans cesser de songer à cet étonnant épisode.

S’il n’avait vu Swif s’en aller, il aurait cru à un rêve. Rien de tout ceci ne lui paraissait réel : cette rencontre, cette fille seulement vêtue d’un manteau et qui l’avait repêché au fond de ce lac… Lui aurait-on dit qu’il avait passé la nuit avec une fille et ce nu comme un vers, mais sans la toucher, il aurait éclaté de rire. Pourtant, c’était bien ainsi que les choses s’étaient passées. Et aussi curieux que cela puisse paraître, Gil en était heureux. Parce que cela rendait cette rencontre fabuleuse et parce qu’elle resterait dans sa mémoire pour toujours. Parce qu’il y avait bien longtemps que Gil n’avait pas aussi bien dormi.

Il se hissa en selle, une migraine collée au crâne avec la ferme intention de ne pas le lâcher de la journée, et reprit sa route. Il avait des élèves à rencontrer. Et un cours à donner. Rien de très engageant dans son état mais après une nuit pareille, il n’hésitait plus à se dire que tout était possible – absolument tout. Et alors qu’il s’éloignait au pas, laissant derrière lui et pour seul vestige de cette étrange soirée les cendres encore fumantes de leur feu de camp, Gil se retourna sur sa selle, une toute dernière fois. Swif n’était plus là, bien sûr. Mais lorsqu’un audacieux souffle de vent vint ébouriffer ses cheveux qui n’avaient pourtant nullement besoin de l’être davantage, l’Envoleur hocha la tête.

Une sorte de salut de sa part adressé au vent.
Ce vent dont il n’avait jamais pris conscience.

Puis il lança sa monture au galop et disparut à son tour dans les brumes du levant…



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