AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  RèglementRèglement  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Le Pacte VS L'Ordre
Bienvenue sur Chaos VS Harmonie !

Tu pourras ici incarner un personnage de ton choix, Marchombre ou Mercenaire, et le faire évoluer dans l'univers du forum.
Cours pour améliorer les capacités de ton personnage, aide en RPG, Hors RPG et jeux, tu ne peux que t'amuser avec nous !

Si tu ne connais rien à Gwendalavir, cela ne t'empêchera pas de te joindre à nous, car un récapitulatif de tout ce qu'il y a à savoir est disponible dans le contexte

En espérant te compter très bientôt dans nos rangs,
L'équipe
Cours Envoleurs
Cours Marchombres
Panneaux
Votez (1)
Votez (2)
Votez (3)
Votez (4)
Tops Sites


Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

Partagez | 
 

 Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Inwëlle Aïras
Membre V.I.P.


Nombre de messages : 1121
Date d'inscription : 19/10/2008

Feuille de personnage
Age: 26
Greffe: Vision à 360° et téléscopique 500%
Signe particulier: Cicatrices visibles sur le pied droit, évite de croiser les regards

MessageSujet: Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]   Jeu 09 Juin 2011, 22:56

    Sa main crochette un dernier accroc dans la roche, et elle se hisse sur le replat. Se lève. Doucement, imprégnée par le calme imposant de la roche montagneuse. Automatiquement, elle active sa greffe, et sans autres mouvements que ceux de sa poitrine qui se soulève au rythme de sa respiration, elle fait un tour d'horizon. Merveilleux horizon. Devant elle, des piques, des arrêtes, des plats, des creux, des bosses, des sommets au loin, des plus hauts, des plus petits, le plateaux rocheux pas très étendu qui s'ouvre devant elle et qui domine les environs... Et derrière... Derrière, l'herbe qui ondule, la plaine mille mètres sous ses pieds, le Gour à gauche qui serpente dans l'immensité verte qu'elle vient de traverser au pas de course. Son regard bondit. Même au maximum, elle ne distingue pas grand chose; des mouvements parfois, animaux ou humains, elle ne saurait le dire; trop loin... Elle retrace sa route, le chemin qu'elle a parcouru dans cette immensité herbeuse en courant à toute allure. Elle repasse sur la frontière, frontière floue entre l'Herbe et la Roche, quand les cailloux commencent à rouler sous ses pieds, jusqu'à ce qu'elle doive s'aider de ses mains pour grimper... Pente douce, simples rochers à gravir, sentiers plus pentus, et puis... L'escalade.

    Une portion facile. Des éboulis de gros rochers, une roche abrupte, bourrue, pleine d'accrocs et de prises, de grands trous où poser ses pieds, d'endroits où se reposer. Elle ne s'était quasiment pas arrêtée, hormis la pause qu'elle s'était accordée au tout début de l'escalade pour se reposer de sa course à travers la plaine et se restaurer un minimum. L'escalade était facile, facile... Mais longue. Six cent, sept cent mètres. Elle se massa les bras, les épaules, songea qu'il lui faudrait faire des étirements. Durant cette longue ascension, et cette course effrénée, elle avait beaucoup eu le temps de penser. De se souvenir.
    De ce jour-là, pas si lointain, un ou deux mois peut-être... De ce jour où elle avait osé, enfin, aller toquer à cette porte de bois, perdue au milieux des littoraux du Sud...

    Elle se rappelle son coeur qui bat la chamade, lorsqu'elle ramène sa main le long de son corps. Ils sont à l'intérieur, elle le sait. Elle les observe depuis plusieurs jours. Papa et maman. Vont-ils être heureux? Lui en veulent-ils encore? Vont-ils la rejeter? Inwëlle a peur.
    Elle se rappelle la porte qui s'ouvre. L'angoisse encore plus grande.
    Elle se rappelle le visage de sa mère. Elle a vieilli, mais elle la reconnaît très bien. Elle n'aurait jamais cru qu'elle se souvenait si bien de visage de cette femme. Visage qui s'éclaire.
    Elle se rappelle le cri de sa mère. Sa mère qui crie son prénom, et aussitôt, enlace sa fille. Elles ont la même taille. Inwëlle hésite un instant, et referme maladroitement ses bras autour de sa petite maman.
    Elle se rappelle les sanglots de sa mère, son corps faible qui s'abandonne contre le sien, son propre abandon, les larmes qui menacent de couler, le visage qu'elle enfoui dans le cou de cette femme, cette femme qui tente de parler, d'exprimer, ma chérie, mon enfant, enfin, enfin, nous avons tant attendu, espéré, ma petite chérie, plus jamais, pourquoi, tu es là, un rêve, je, non...
    Elle se rappelle les pas qui se sont approchés, son père qui est apparu dans l'embrasure de la porte. Toujours aussi grand, ses cheveux bruns grisonnants sur les temps, sa surprise, son incrédulité, et elle... Inwëlle qui sourit, qui oublie le masque, qui sourit juste, un sourire lumineux qui bientôt se brouille de larmes.
    Elle se rappelle l'étreinte puissante de papa qui serre les deux femmes et laisse échapper un sanglot rauque. Elle n'a jamais vu son père pleurer. Son père, taciturne, peu bavard, qui lui, les serre en silence.
    Elle se rappelle son abandon, elle se rappelle des bouffées d'enfance, elle se rappelle sa mère qui prend son visage entre ses mains et ne lui dit ma chérie, ma toute-belle, comme tu as grandi! Pleure ma jolie, pleure... Elle fourre son nez dans le torse de son père, et ses parents l'enveloppent de toutes part et la font rentrer.
    Elle se rappelle la douche chaleur de leur petite maison, le bois, les couverture, l'intérieur moelleux, le feu le soir, la cuisine de sa mère, la gratitude qu'elle a éprouvée pour ses parents qui ne l'ont pas assaillie de question, qui l'ont laissée se remettre, tranquillement, prendre un bain, manger, lui ont prêté des vêtements le temps de laver les siens...
    Elle se rappelle la semaine passée avec eux, à les redécouvrir, à les retrouver, son papa, sa maman, une semaine sans le masque, les premières questions, ses explications un peu brèves.

    Elle soupire en étirant les muscles de ses bras. Au final, elle leur a tout dit. Enfin, presque... Petit bout par petit bout, ils ont su racoller les morceaux. Elle leur a expliqué l'accident, le terrible accident, à demi-mots. Sa fuite. Elle s'est excusée de ne pas les avoir considérés comme des être humains à part entière. Oui, elle s'est excusée. Avec des mots et des larmes. Elle leur a dit sa route vers le lac Chen, et cet homme, Erwan, qui l'a sauvée. Elle leur a dit qu'il l'a guidée sur une Voie. Elle leur a dit: papa, maman, je suis Marchombre. Ils sont ses parents, elle venaient de les retrouver... Cela lui semblait si naturel. Elle n'a pas dit la greffe, pas dit les talents acquérits, pas dit les examens. Si elle pouvait révéler sa nature, elle ne pouvait en faire de même avec les secrets Marchombres. Ses parents savaient combien ce mot était secret. Ils le devinaient sur le visage de leur fille, aussi. Elle leur a dit, quand même, qu'elle voyageait beaucoup, qu'elle se battait, qu'elle prenait des risques, mais qu'elle vivait des choses absolument formidables, et qu'elle était heureuse. Profondément heureuse.

    Et puis... Elle leur a dit ses pensées qui revenaient de plus en plus souvent à eux, et l'accouchement de Miss, la compagne d'Erwan. Elle leur a dit, ce jour-là, la prise de conscience ultime. Et puis son départ. Elle leur a raconté aussi que cela faisait plusieurs jours qu'elle était dans le coin, et qu'elle n'osait pas venir, par crainte de leur réaction. Elle avait même avoué qu'elle avait eu peur que Juirël ne l'ai remplacée dans leurs coeurs... Ils l'avaient rassurée, lui avaient dit qu'ils avaient recueilli Juirël pour le soigner, lui offrir un foyer, pas pour la remplacer elle.

    Inwëlle passa aux étirements des jambes. Elle grimaça lorsqu'elle passa ses doigts égratignés sur ses genoux tout griffés.

    A la fin de la première semaine, Juirël était venu leur rendre une visite. Il avait été vraiment surpris de la voir. Il avait d'abord gardé ses distances, ne lui avait pas adressé la parole. Il était retourné à la Confrérie, sans doute pour demander la permission de s'absenter quelques jours. Ces jours-là, ils les avaient passés ensemble. à se promener au bord de la plage, dans les bois, où blottis sur le canapé. Il lui avait demandé ce qu'elle devenait, ce qu'elle avait fait, ils avaient reparlé de l'accident, elle lui avait demandé quel était son parcours à lui, s'il avait trouvé sa Voie... Juirël était guéri de son traumatisme. Ils s'étaient rappelé les bons souvenirs, de vieilles connaissances. Elle lui avait proposé de retourner à Al-Jeit, mais il avait décliné son offre. Il était trop tôt, il n'était pas prêt, et surtout, il n'avait pas le droit de s'absenter. Le maître de la confrérie l'appréciait beaucoup, et c'était pour cela qu'il avait accepté que Juirël s'absente quelques jours; mais il ne pouvait abuser de sa sympathie. Un jour, avait-il dit, un jour je te le promet, on ira ensemble à Al-Jeit.

    Si Juirël était avec elle, songea-t-elle, il aurait rafistolé ses genoux et ses mains écorchées en moins de deux.
    Elle poussa un léger soupir. Comme ces semaines avaient été douces... Un cocon douillet et rassurant.

    Après le départ de Juirël, elle était encore restée. Deux semaines, trois semaines... Jusqu'à ce que ses doigts de pied la démangent, jusqu'à ce qu'elle sente l'envie d'aller nager dans des eaux nouvelles. Le frisson de l'aventure la rappelait... Elle avait alors dit au revoir. Ils savaient bien qu'elle ne passerait pas très souvent. Ils s'étaient préparés à ce départ: ils avaient repéré son regard songeur, ses escapades de plus en plus fréquentes. Elle leur avait promis qu'elle reviendrait, promis qu'elle prendrait soin d'elle, qu'elle ferait attention, qu'elle ne les oublierait pas, qu'un jour elle leur présenterait le fameux Erwan.
    Elle était partie en courant, et à l'instant où elle s'était détournée de la charmante masure, elle avait remis son masque.

    Masque qui avait un peu glissé lors de sa course folle et de l'ascension qui avait suivi. Elle était seule; quelques rapaces planaient dans les airs, des rongeurs se faufilaient ici et là, mais il n'y avait pas de trace humaine à l'horizon. Cette pensée l'alerta. Son horizon n'était pas plane. Son horizon était parsemé d'aspérités en tout genre qui cachaient une sacrée partie du paysage. Notamment le versant qu'elle venait de gravir.
    Elle entendit un bruit, et remit son masque bien en place, prête à agir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Papillon Til'Maavon
Groupe Heyz
avatar

Nombre de messages : 863
Citation : La véritable Liberté ne peut être offerte que par le Chaos.
Date d'inscription : 06/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Peut transformer ses poils en écailles
Signe particulier: est accompagnée d'un écureuil roux, Fileaps

MessageSujet: Re: Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]   Mer 22 Juin 2011, 20:06

[Ouf, brevet fini d'être révisé Very Happy je m'accorde enfin un moment à moi Wink]



Ma fine silhouette couchée sur un fin destrier noir aux attaches puissantes, un long bâton dépassant de ses omoplates et un éclat métallique illuminant par moments le bout de la tresse rousse, j'étais dans un état d'euphorie à faire trembler les montagnes. Je sentais l'énergie du vent dans mes cheveux, la stabilité du sol sous les lourds sabots de mon cheval, la puissance de mes muscles nouveaux et la saveur cuivrée sur mes lèvres rosées.

Une goulée d'air frais, mes vêtements et ma natte qui claquent dans le vent, un esquisse de sourire sur mes lèvres.
Je me relevai mais mon cheval n'avais pas encore envie de ralentir et je ne lui en tins pas rigueur, pour une fois, écartant les bras pour capturer le ciel, tandis qu'un cri sauvage jaillissait de ma poitrine comme pour ébranler les montagnes aux neiges éternelles qui se dressaient... pas si loin que ça.

Je rouvris les yeux et aperçu la falaise qui, dans quelques centaines de mètres, allait me barrer le chemin. Je m'en trouvai contrariée, je n'aimais pas qu'on me barre le passage. Évidemment, là, je ne pouvais pas faire grand chose à part contourner la falaise ou...
… ou alors je pouvais bien m'autoriser une petite escalade, cela ne me ralentirais pas tant que ça – bien qu'il me faille tout de même passer reprendre mon cheval par la suite – et en plus de cela, personne ne m'attendais.
J'attachai l'étalon près d'une cuvette naturelle où il aurait de l'eau et de l'herbe pour attendre mon retour et avançai vers la muraille rocheuse.

J'avais depuis quelques mois embrassé la voie du Chaos, laissant derrière moi la partie de mon être qui avait été marchombre, laissant derrière moi l'océan et ses bonheurs pour rejoindre l'intérieur des terres et ses mystères.
Il y a peu, j'avais même appris l'escalade et m'étais pris au jeu – avec certes un peu moins d'exubérance que si ça avait été de la voile – avant de comprendre que même si ça nous permet d'aller haut et vite, ça fais un peu peur et qu'il ne fallait pas regarder en bas.



Je levai la tête pour observer la falaise – elle devait bien faire six cent mètres ! – en essayant de choisir le meilleur itinéraire pour ne pas me retrouver bloquée à mi-parcourt et d'imaginer la vue qu'on devait avoir de la-haut... "Bof me dis-je, la vue doit être pareil qu'ici mais un peu plus grande..."

Ayant choisit des yeux un trajet convenable sur la falaise verticale, j'entrepris mon ascension. Les premiers mètres furent faciles mais arrivée à trois cent, j'étais complètement essoufflée, des entailles faisaient saigner mes doigts et mes orteils et je faisais mon possible pour ne pas regarder en bas.
Soudain, je posai mon pied sur une... chose en train de dorer au soleil et ma concentration vola en éclat quand les crocs du reptile traversèrent le cuir de ma botte puis la chair tendre de mon mollet.

J'aperçus sous le voile qui troublait ma vue une cavité à quelques prises de là, et me hissa douloureusement jusqu'à elle, essayant de ne pas trop me reposer sur mon pied qui commençai à se paralyser...
J'atteignis la cavité au moment où le ciel se teintai de rouge et j'eus une pensée pour mon destrier, car s'il se faisait attraper par une meute de loups ou par un ours, s'en serait fini de lui... et je devrais finir mon voyage à pied.

Je haussai les épaules, cela m'importai autant que le panorama finalement, et je retirai ma botte avec le mince espoir que le serpent ne fut pas venimeux – évidemment j'en doutai au vu de la douleur sourde qui s’étendait dans ma jambe.
Je retins un hurlement de douleur quand le cuir entama la morsure en la dévoilant mais serrai les dents et approchai mon visage de la blessure pour en retirer le venin. Ma tâche terminée, je m'endormis à même le sol, assommée.

Plusieurs heures plus tard, je me réveillai en sursaut : j'avais déliré dans mes cauchemars toute la nuit... et même tout le jour puisqu’apparemment le soleil allait bientôt disparaître à l'horizon. Je choisis de rester encore quelques heures et de passer une autre nuit ici si cela pouvait me permettre de me remettre sur pied. Je mâchai deux ou trois bâtonnets de viande au goût exécrable mais que je savais très nourrissants avant de m'adosser à la paroi.

C'est le bruit du frottement de bottes contre la pierre chauffée par le soleil qui me sortit de mes pensées. Au moment où je me disais que je devais sortir de l'abri pour retrouver mon cheval... si il était encore en vie.

Il y avait quelqu'un.
Quelqu'un qui passa près de la cavité où je m'étais réfugiée.
Quelqu'un qui montai la falaise.
Quelqu'un qui venait d'éveiller ma curiosité.

Je sortis en hâte sur le surplombs mais déjà la présence n'était plus qu'une silhouette indistincte qui dansait sur la falaise rocheuse, plusieurs dizaines de mètres plus haut. Sans plus réfléchir, je repris mon ascension, plus déterminée encore que quelques minutes auparavant.

Atteindre les hauteurs ne me pris gère que quelques minutes puisque ma jambe ne me faisait plus souffrir – encore heureux que j'ai pu aspirer tout le venin – et c'est somme toute droite dans mes bottes que je me perchai pour admirer la vue que l'on avait d'ici.

C'était à couper le souffle.
Le panorama était un enchevêtrement de collines herbeuses, de plaines infinies, de hautes montagnes et de denses forêts. J'aurais pu l'admirer pendant des lustres si ma curiosité n'avait été piqué au vif par l'apparition de la jeune femme la-bas.

Je m'approchai, gênée de ne pas avoir le contrôle de la situation, et surpris une magnifique jeune femme alors qu'elle admirait la vue que je venais de quitter. Mes lèvres se tordirent en un rictus embarrassé et je me laissai dire que c'était à cause de ma blessure, bien que je sache que c'était faux.

La jeune femme m'intimidait, c'était tout et bien trop en même temps.
J'avançai d'un pas, faisant rouler une pierre par inadvertance et ravalant un juron avant de faire face à la jeune femme.

– heu... Bonjour.

__________________________________________

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Inwëlle Aïras
Membre V.I.P.


Nombre de messages : 1121
Date d'inscription : 19/10/2008

Feuille de personnage
Age: 26
Greffe: Vision à 360° et téléscopique 500%
Signe particulier: Cicatrices visibles sur le pied droit, évite de croiser les regards

MessageSujet: Re: Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]   Dim 26 Juin 2011, 12:45

    Elle activa, sitôt qu'elle perçu l'agitation, sa greffe, pour pouvoir prendre l'ennemi par surprise si cela s'avérait nécessaire. Ce ne le serait pas: la jeune fille qui s'avançait ne faisait pas d'efforts particuliers pour être discrète, elle n'adoptait pas de posture offensive, la seule arme visible était ce bâton dans son dos, et surtout, elle lui dit bonjour. Inwëlle se rassénéra. Elle tourna la tête, passant encore une fois la fille en revue, rapidemment, s'arrangeant pour que son regard ne soit pas trop insistant, et surtout, pour ne pas croiser celui de l'autre... L'autre rousse. De longs cheveux roux natés. Elle ne savait pas trop pourquoi, ça l'agaçait toujours un peu de voir d'autres filles arborer cette couleur capilaire flamboyante; et elle les plaignait, comme elle plaignait tous ceux qui avaient une couleur de cheveux hors du commun. Violets, comme la jeune apprentie rencontrée récemment et Kaelya, bleu comme Syndrell, roux comme Wanya... Toute une panoplie de chevelures Alaviriennes plus exubérantes les unes que les autres, et, Wëlle n'en démordrait pas, affreusement dérangeantes.

    Elle nota encore une fois les muscles détendus, l'air un peu gêné de la jeune fille. Si elle feignait tout cela, elle était rudement douée. Elle s'attarda un instant sur les bouts des doigts rougis, les égratignures, le bâton dans le dos, la natte et... Le lieu. Cette fille n'était pas purement innoffensive, puisqu'elle était arrivée là-haut visiblement au moyen d'une escalade, qu'elle était dotée d'un certain sens pratique, et qu'elle savait sans doute se servir d'un bâton, placé de manière à pouvoir être dégainé très rapidemment. Inwëlle se raidit imperceptiblement.

    Marchombre, Mercenaire? Elle se concentra un peu, et ne perçu aucune de ces auras particulières qui accompagnent les plus talentueux, et même déjà certaines apprentis avancés sur leurs voies propres. Mais à vrai dire, elle ne connaissait pas les Mercenaires du Chaos, et si la femme contre laquelle elle s'était battue disposée d'une aura, elle ne pouvait se fier à un cas unique.
    Là, elle se rendit compte de l'erreur qu'elle commettait. Penser que les gens doués étaient soient Mercenaires, soit Marchombres. Elle se reprit bien vite: elle oubliait les Frontaliers, les guerriers, les brigands, les mercenaires, tous ces gens impérieux et décorés de l'empereur, ou ces castes sombres qu'elle avait eu l'occasion de connaître à Al-Jeit. Quelle idiote.

    Les fluctuations de ses pensées, en tout cas, ne la parasiteraient pas pour autant, et elle ne perdrait pas la face. Elle garda son masque bien accroché, adopta une position détendue tout en se préparant à agir si besoin il y avait, activant une nouvelle fois sa greffe, brièvement, pour repérer les environs: rochers, crevasses, limites de la falaise, endroits qui risquaient de s'effriter; elle ne se risqua pas à un examen plus poussé; elle aurait couru le risque d'être démasquée par l'autre, et ça, elle ne le voulait pas.

    Elle ne répondit pas à sa salutation. Jamais. Inwëlle n'aimait pas la politesse. Elle trouvait que ce n'était pas vraiment les vrais pensées. On nous apprenait à dire "bonjour" et on répétait cette idiotie mécaniquement tous les jours envers tous les inconnus, mais au fond, qu'est-ce que ça signifiait? Qu'on souhaitait à une personne que parfois, on appréciait même pas, de passer une bonne journée? Non vraiment, elle estimait que l'on pouvait s'en passer. Et d'entrée, les gens qui l'accostaient avec un "bonjour" l'agaçaient. Seulement, cette fille était gênée. Alors peut-être ne savait-elle pas quoi dire d'autre. On dit parfois des idioties quand on ne réfléchit pas où qu'on est pris de court; même s'il était vrai que cela lui arrivait rarement, elle qui ne parlait quasiment jamais spontannément. Sauf exception, ne put-elle s'empêcher de penser en se remémorant les conversations avec Erwan.

    Elle ne répondit donc pas. Ne sourcilla pas. Ne la fixa pas dans les yeux. Se contenta de rester attentive pour agir vite en cas de danger. Peut-être que la jeune fille avait quelque chose à lui demander, après tout. Sa destination, par exemple.
    Inwëlle fut tentée de ne rien dire, mais revint sur sa décision. Si elle ne disait rien, l'autre serait encore plus gênée; et si elle n'en avait rien à faire des sentiments de cette fille, ce n'était pas pour cela qu'elle se plairait à la mettre dans l'embarras. Surtout qu'elle pensait qu'elle pourrait se révéler intéressante, cette grimpeuse affublée d'un bâton, et pourtant gênée dans cette situation. Si elle ne disait rien en plus, la rouquine risquerait de penser qu'elle était sourde. Donc, Inwëlle allait parler. Oh, pas de long blabla, pas de voix douce, de sourire encourageant. Juste de quoi en savoir un peu plus.


    "Quoi?"

    Une voix rauque, un ton ni cassant ni sec, juste affreusement neutre, comme son visage. Elle ne voulait pas que la fille, trop gênée, se détourne et s'en aille. Etait-ce les retrouvailles avec ses parents et Juirël qui l'avaient adoucie vis-à-vis des Alaviriens? Etait-ce les doux souvenirs dans lesquels elle étaient constamment plongée? Les longues journées de solitude? Le paysage qui s'ouvrait à elle et qui l'ouvrait aux autres? Elle ne savait pas, mais cette fille l'intéressait.
    Et si elle était agaçante comme l'autre aux cheveux violets de la mer du Sud, alors elle partirait, ce ne serait pas plus compliqué que cela.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Papillon Til'Maavon
Groupe Heyz
avatar

Nombre de messages : 863
Citation : La véritable Liberté ne peut être offerte que par le Chaos.
Date d'inscription : 06/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Peut transformer ses poils en écailles
Signe particulier: est accompagnée d'un écureuil roux, Fileaps

MessageSujet: Re: Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]   Sam 13 Aoû 2011, 22:47

"Quoi?"

J'eus un sourire, j'aimais bien le ton de cette femme, j'aimais bien que les gens me répondent vertement. Bien sûr si je me sentais insulté c'était autre chose, mais ce genre d'esprit me plaisait.
Mercenaire ? Marchombre ? Peut être, peut être pas.

Quoi qu'il en soit c'était une guerrière.
Tulle ? Aucunes chances, seuls les guerriers sortaient des villages.
Légionnaire ? Elle ne portait pas l'armure, même si cela ne voulait pas dire grand chose ?
Frontalière ? Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais ça m'aurait étonnée, peut être ce n'étais pas le genre des guerriers des marches du nord de porter un tel masque ?
Maraudeuse, solitaire ? Ce serait plus probable, quoique pas forcément vrai.

Bon, il fallait quand même que je lui réponde, qu'elle ne soit pas « trop » gênée, et puis... j'aurais bien aimé savoir si elle était marchombre ou mercenaire (ou ni l'un ni l'autre).
Je plissai les yeux.
Comme si c'était aussi facile ! Mon maître se serait esclaffé.
Je penche légèrement la tête sur le côté, laisse parler mes sens.

Quand elle marche on dirait qu'elle danse, exactement comme la démarche de mon maître.
Elle a escaladé la montagne à la vitesse d'un voilier au près un jour de grand vent.
Elle a un masque étrange, neutre à en vomir.
Et... elle impose le respect.

"Quoi?"
« Rien.
T'as l'air de savoir escalader, dis-moi.
Pourquoi portes-tu ce masque ? »

[désolé pour le temps que j'ai mis à répondre, j'ai eu des problèmes techniques ]

__________________________________________

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Inwëlle Aïras
Membre V.I.P.


Nombre de messages : 1121
Date d'inscription : 19/10/2008

Feuille de personnage
Age: 26
Greffe: Vision à 360° et téléscopique 500%
Signe particulier: Cicatrices visibles sur le pied droit, évite de croiser les regards

MessageSujet: Re: Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]   Jeu 18 Aoû 2011, 19:42

    Ca avait le mérite d'être direct. Si le semi-compliment était une manière de poser la question sans froisser la jeune femme, Wëlle se dit que cette précaution n'était pas nécessaire. L'autre rouquine en face d'elle n'avait pas dit bonjour ni ne s'était présentée; autant qu'elle la pose tout de suite, sa question à la noix.
    Mais Inwëlle n'était pas en colère, juste un peu surprise de l'audace de la jeune femme en face d'elle. Avait-elle lu sur son corps qu'Inwëlle savait se battre? Si c'était le cas, elle jouait avec le feu; à moins qu'elle ne soit sur de ses chances. Et ce n'était pas bon pour la jeune Marchombre. Elle jeta encore un oeil rapide sur le corps de la jeune femme et ne put déceler plus que ce qu'elle avait déjà vu. Imperceptiblement, Wëlle changea ses appuis.

    Elle serait prête à dégainer son poignard si nécessaire, ou à esquiver. Mais hormis la question un peu aggressive -et pourtant posée sur un ton tout-à-fait dénué de mauvaises intentions, la fille n'était pas en garde, ses muscles n'étaient pas tendus, ses yeux n'étaient pas occupés à parcourir rapidemment le terrain pour l'évaluer en vue d'un affrontement. Elle était face à elle, les bras ouverts le long du corps, et ses yeux, s'ils regardaient quelque chose, c'était Inwëlle -cette dernière pris soin d'échapper à son regard- ou le paysage qui s'offraient à elle.
    Wëlle se dit qu'elle se méfiait peut-être trop, mais se reprit aussitôt.

    Ce n'était pas parce que cette fille paraissait inoffensive qu'elle l'était pour autant. S'il s'agissait d'une combattante confirmée, elle pourrait passer à l'attaque sans qu'Inwëlle ne voit rien venir -ou presque. Et elle n'oubliait pas les mains et articulations abîmées, la tresse pratique et le bâton, l'absence d'entre en matière polie; cette fille ne faisait pas partie du commun de la population Alavirienne et elle avait des capacités certaines -il se pouvait même qu'elle sache mieux manier le bâton qu'Inwëlle, qui n'avait jamais été une professionnelle en la matière.

    Par où avait-elle put venir? Le versant quavait escaladé Wëlle était assez étendu, il y avait des passages moins raides, d'autre plus à quelques centaines de mètres de là. Elles avaient très bien put escalader en même temps sans que la Marchombre ne s'en aperçoive, même si Wëlle avait fréquemment surveillé les parois. Elles étaient très irrégulières, et au delà de quelques dizaine de mètres, elle savait qu'elle ne pouvait plus forcément voir quelqu'un. Mais la sorte de plateau rocheux et tourmentée sur laquelle elles se tenaient toutes deux face à face avait d'autres voies d'accès -elle s'y était déjà rendue et savait comment étaient agencées les montagnes. On pouvait même y grimper par un sentier -certes escarpé, mais un sentier tout de même- ou par des surplombs vertigineux, de l'autre côté. Il devait y avoir, au vu du terrain, des éboulis rocheux: la fille aurait très bien put s'y écorcher les doigts en aggrippant les pierrailles sans pour autant être réellement une pro de l'escalade.
    Mais le doute subsistait, et Inwëlle préférait se méfier; elle avait appris -à ses dépens, comme dirait Bella- qu'il vallait mieux être sur ses gardes.

    Il n'empêche qu'elle allait quand même répondre à la petite rouquine.


    "T'es montée par où?"

    Puisqu'elle parlait escalade, autant jouer la curieuse pour en apprendre un peu plus sur les capacités de la fille. C'était tout ce qui l'intéressait: ce n'était pas par sympathie ou pour lancer une conversation que Wëlle demandait ça.

    Elle choisit de ne pas répondre à la seconde phrase de la fille au bâton. Elle ne voulait pas en parler, et l'autre le comprendrait peut-être. Si elle était teigneuse, elle ferait une remarque acerbe à Inwëlle au sujet de sa non-réponse; ou même, au vu de ses paroles, elle lui demanderait simplement et sans une once d'aggressivité pourquoi elle n'avait pas répondu, ou quelque chose du genre. Cela ne surprendrait pas la Marchombre, elle s'y attendait. En revanche, elle ne saurait pas trop quoi y répondre...

    Mais peu importait; l'important, en l'instant présent, était de voir si la jeune femme en face d'elle lui répondrait et d'en tirer le plus possible.
    Si elle répondait...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Papillon Til'Maavon
Groupe Heyz
avatar

Nombre de messages : 863
Citation : La véritable Liberté ne peut être offerte que par le Chaos.
Date d'inscription : 06/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Peut transformer ses poils en écailles
Signe particulier: est accompagnée d'un écureuil roux, Fileaps

MessageSujet: Re: Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]   Ven 02 Sep 2011, 18:20

J'eus un autre de mes demi-sourires. La rouquine en face de moi se préparait au combat. Je savais évaluer mes chances. Je savais que je n'en avais aucune, pas face à cette jeune femme. Mais ça m'amusait ! Oh ça oui ! Ce que j'aime sentir mon cœur battre plus fort grâce à cette merveilleuse émotion qu'on appelle frayeur !
Jouer avec le feu ? Un délice !

Elle déplace ses appuis. Elle est discrète, mais je sais lire sur les corps, oh oui. Je ne sais peut être pas me battre mieux qu'elle, mais j'arrive à voir ce qu'elle fait au moins.
Toujours voir le côté qui t'avantage.

En tous les cas, la rouquine avait l'air bien stressée, et je me demande pourquoi. Avant de me rendre compte que je fais peut être peur ? J'en aurait été très heureuse, sauf que... c'était pas possible.

« Ah oui ? Et pourquoi madame j'enlève-le-bonheur-des-autres ?
-Parce que tu me vois faire peur à une combattante comme ça peut être ? Je ne la toucherais pas même si elle était désarmée !
-Ben... ton air nonchalant porte à réflexion je crois.
-Tu pense ?
-Oui, j'en suis sûre même ! Regarde comme elle doute de ce qu'elle voit ! Elle a fait trois fois le tour de ton équipement en trente secondes ! Je suis sûre qu'elle se demande comment ça se fait que tu ais tant d'assurance !
-Alors je lui fais peur ? Super ! »


Cette fois je fais un grand sourire, un peu malsain sur les bords, mais un grand sourire tout de même ! Je pense même qu'on aurait pu le qualifier de chaleureux si il n'y avait pas eut cette touche de déréglage dedans, apportée par un certain papillon bien sûr.

Son attitude reflète tant de doute qu'elle fini par prendre la parole :
« T'es montée par où?"
J'eus un grand sourire. C'est officiel, je fais peur ! Je lui répond tout de même :
"Pareil que toi !"

Ah ce ton que j'ai pris, un mélange de névrose et d'aberration … il aurait fait frémir une pierre ! Satisfaite de moi, je prend mes aises...
Quoi ? Ce que je lui répond ? J'en sais rien, moi, j'ai répondu à sa question alors elle se débrouille pour la suite non mais ! Hein ? La politesse ? Tu as vu marqué sur mon front que j'étais censé être polie ? Nulle part ? Bon début.
Quoi ? Hmm... Bon je fais ça mais c'est parce que c'est toi.

-Je me présente : Papillon, pas la peine de m'appeler papi.
Et toi t'as un nom à défaut d'avoir un visage ?

Grand sourire. Toujours aussi déréglé.

__________________________________________

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Inwëlle Aïras
Membre V.I.P.


Nombre de messages : 1121
Date d'inscription : 19/10/2008

Feuille de personnage
Age: 26
Greffe: Vision à 360° et téléscopique 500%
Signe particulier: Cicatrices visibles sur le pied droit, évite de croiser les regards

MessageSujet: Re: Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]   Ven 09 Sep 2011, 23:57

    Elle avait un sourire vraiment étrange. Inwëlle se sentait encore plus mal-à-l'aise, et ne parvenait pas à la cerner. D'autant plus qu'elle avait emprunté, pour monter, un chemin long et nécessitant de l'endurance -ainsi qu'un minimum d'aptitudes à l'escalade. Cette fille n'était donc pas une anodine voyageuse, et peut-être cachait-elle bien son jeu derrière des appuis apparemment anodins. Et ce sourire... Il tira un frisson à Inwëlle. De même que la voix.
    "Pareil que toi!"
    Comme si elle connaissait les intentions de l'autre rousse. Comme si elle lui disait, de toute ses dents "Oui! Je suis douée. Tu as peur?"

    Il ne fallait pas se le cacher, Inwëlle était inquiète. Elle passa son corps et revue pour se rassurer: l'escalade avait été longue, mais elle n'était pas abîmée, si spécialement épuisée. Ses muscles n'étaient certes pas au top de leur puissance, mais au moins, ils étaient déjà chauds. Ceux de l'autre aussi devaient l'être...
    Avec son sourire, elle semblait s'amuser de la situation.

    Et elle se présenta. D'une voix amusée, de nouveau, tout en légèreté. Non seulement elle croyait bien de donner son nom, en plus son nom était particulièrement naze, et pour terminer, elle lui demandait le sien. Inwëlle trouvait ça inutile. Cette fille était actuellement située comme une adversaire, pour elle... Et elle jugeait bon d'entammer un échange de banalités, alors qu'elles ne se connaissaient même pas.
    Oh certes, c'était ce que faisait la majorité des Alaviriens polis et civilisés; mais Wëlle n'en faisait pas partie, et elle détestait donner son prénom, surtout lorsqu'il était demandé comme cela. La fille revenait habilement sur son visage... Elle choisit de ne pas relever.


    "Je m'en fous. Et j'ai un nom."

    C'était vrai: Inwëlle n'en avait rien à faire de comment s'appelaient les autres. A la limite, cela pouvait être pratique pour les retrouver; mais il y avait d'autres moyens, et de toute façon elle avait rarement envie de retrouver quelqu'un. Et cette fille n'en faisait pour le moment pas partie. Mais si elle semblait s'amuser de la situation, ça ne lui plaisait pas du tout. C'est pourquoi elle tourna le dos et s'éloigna de quelques pas, de nouveau face à la plaine en contrebas de l'amas rocheux.

    Ainsi, elle n'était plus en garde.
    Ainsi, elle ne semblait plus avoir peur.
    Ainsi, elle s'offrait dans une position tout-à-fait vulnérable.

    Elle activa sa greffe et se concentra sur l'autre rousse dans son dos. Si elle amorçait le moindre mouvement, dégaînait le moindre poignard, Inwëlle la verrait et pourrait réagir. Elle prendrait cette prénommée Papillon (c'était au moins aussi moche qu'"Inwëlle") par surprise en réagissant aussi vite; et l'autre, si elle voulait l'attaquer, ne se douterait absolument pas qu'elle était vue.
    Wëlle se sentait plus à l'aise, comme ça. Elle en venait presque à espérer que l'autre ne passe à l'action...

    Elle se reprit aussitôt; si elle était réellement dangereuse, Inwëlle ne donnait pas cher de sa peau, même si elle avait une chance raisonnable de s'en tirer... Tant que l'autre n'était pas excessivement douée. Ce n'était en tout cas pas une Marchombre, ni une Mercenaire -elle aurait senti l'aura-, ou alors une apprentie. Sauf que s'il s'agissait bien d'une novice, celle-ci n'était sans doute pas une as du combat, et Inwëlle aurait de sérieuses chances de la maîtriser; bâton ou pas.
    Elle avait deux poignards sous sa tunique, elle avait sa vision -elle avait déjà expérimenté, avec Erwan notamment, les atouts que celle-ci pouvait lui proférer lors d'un combat; ces millièmes de secondes d'anticipation qui pouvaient tout faire basculer- et tout de même un peu d'expérience. Elle n'était plus une apprentie.

    Du moins, elle n'avait plus le titre d'apprentie.

    Mais il n'était pas l'heure de réfléchir à ce genre de questions. Il était l'heure de faire attention. Parce qu'à son avis, cette rousse n'était pas apprentie, mais une mercenaire confirmée. Frontalière, peut-être; quoiqu'elle n'ai pas l'air d'être encore trop musclée. Et Inwëlle pensait que les Frontaliers avaient l'habitude des sabres, mais peut-être se trompait-elle.
    Elle ne savait pas, mais elle gardait l'oeil ouvert. Dans son dos.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Papillon Til'Maavon
Groupe Heyz
avatar

Nombre de messages : 863
Citation : La véritable Liberté ne peut être offerte que par le Chaos.
Date d'inscription : 06/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Peut transformer ses poils en écailles
Signe particulier: est accompagnée d'un écureuil roux, Fileaps

MessageSujet: Re: Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]   Sam 22 Oct 2011, 21:37

Je penche la tête sur le côté.
Elle est à une vingtaine de mètres de moi. Je la regarde, essayant de percer la distance et de déchiffrer ce masque blanc de plus en plus mystérieux.
En vain.

Un sourire cisaille mon visage parsemé de tâches de rousseurs.
Je suis presque sûre qu'elle en a aussi sous son masque.
Il n'y a qu'un seul moyen d'aller vérifier n'est-ce pas ?

Je m'apprête à lui envoyer une pique quand soudain, elle me tourne le dos et va à l'autre bout de la corniche, bras croisés. Inexpressive.

Mais qu'est ce qu'elle peut bien faire ? ...elle boude ?
J'essaye de me retenir d'éclater de rire tant la scène me parait loufoque. En vain. Un gloussement incontrôlable viens troubler le silence de la scène, puis se transforme en éclats de rire ! Un rire charmant, raffiné et délicat... qui prend aussi un aspect déréglé, malsain et dérangeant en passant la barrière de mes lèvres.

Je ne peux m'en empêcher, et je n'essaye d'ailleurs plus. Je rie, et tant que je pourrais rire, je rirais. Qu'elle m'attaque, ça m'amusera ! Je continuerai de rire tant qu'elle ne m'aura pas tranché la gorge ou prouvé que je n'ai aucune raison de rire.

Peu m'importe qu'elle ai
toutes les chances d'y arriver, je ne suis pas qu'une simple apprentie mercenaire. Et je sais ce qu'elle est. C'est évident. Je la regarde mieux : même avec ce pantalon de toile et cette longue chemise sale et abîmée, elle a tout de même ce masque qui ressemble à un cadeau de leur montagne, cette façon de marcher, cette fluidité.

-hey ! criai-je pour me faire entendre malgré la distance.
Tu n'es pas sans savoir qu'en Gwendalavir, toutes les guildes ont leurs particularités et surtout leur utilité. Il n'y en a qu'une qui n'en a pas. Sais-tu laquelle ? Je suis certaine que oui. Tu sais quoi ? J'appartiens à cette guilde, la plus puissante, celle qui est faite pour dominer toutes les autres. Qu'est ce que t'en dis ma vieille ?

Le qualificatif était certes un peu incongru, mais n'est-ce pas ce que je faisais tout le temps, énerver les gens en étant à cette mesure étrange, incongrue ...différente ? Et inconsciente, car je savais que je ne pourrais jamais battre cette combattante autre part que dans mes rêves.

N'empêche... j'avais envie d'essayer.
D'autant qu'elle me tournais le dos.

En trois enjambées aussi souples que silencieuses je fus sur elle, levai mon bâton, et l'abaissai sur elle en un arc de cercle dangereux.

__________________________________________

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Inwëlle Aïras
Membre V.I.P.


Nombre de messages : 1121
Date d'inscription : 19/10/2008

Feuille de personnage
Age: 26
Greffe: Vision à 360° et téléscopique 500%
Signe particulier: Cicatrices visibles sur le pied droit, évite de croiser les regards

MessageSujet: Re: Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]   Sam 05 Nov 2011, 19:04

    Cette fille avait l'air un peu dérangée. Voire complètement. Inwëlle était en train de se dire qu'elle allait partir lorsqu'elle prit la parole. Etait-elle une Mercenaire du Chaos, ou parlait-elle d'une autre guilde encore? Cette jeune femme n'était, en tout cas, pas une apprentie Marchombre; ou alors elle n'avait rien compris du tout au début de son enseignement. La rouquine, sans tourner la tête, jeta un coup d'oeil circulaire afin de chercher un chemin pour continuer son voyage; mais son regard resta accroché par l'autre rouquine qui s'avançait derrière elle.

    Les muscles des bras tendus, le pas souple et efficace, elle saisit son baton et le leva au dessus de sa tête, presque tranquillement, tant elle était sur et certaine de surprendre la Marchombre en l'attaquant dans son dos. A la manière dont elle le tenait, Inwëlle vit qu'elle savait l'utiliser un minimum.
    Cette jeune femme était décidemment bien arrogante...
    Agacée par ce visage junévile tordu par l'amusement et le plaisir de frapper, Wëlle se retourna à l'instant où le baton entamma sa descente calculée, et d'une poigne préparée, l'intercepta en amortissant le choc dans tout son bras. Le baton avait beau être encore en l'air, la fille qui le manipulait y avait déjà mis de la force. Wëlle serra les dents, le dévia rapidemment, profitant de son petit effet de surprise -elle ne s'attendait certainement pas à être coupée aussi tôt dans son élan- et faucha les chevilles de son adversaire du même coup.
    Elle lâcha le bâton dès que l'autre eut perdu l'équilibre, l'envoyant plus loin pour être sur qu'il soit hors de portée de sa propriétaire, et plaqua celle-ci au sol, mobilisant toutes ses forces pour être certaine d'y parvenir.
    Se remémorant ses trois années d'enseignement avec son Maître et certaines des altercations qui avaient fait sa maigre expérience en la matière, Inwëlle bloqua de ses tibias les jambes de son adversaire, ainsi que ses deux poignets d'une main, et dans le même temps appliqua sa main libre sur son cou.

    Point névralgique effleuré juste assez pour que l'autre sente qu'au moindre faux mouvement, tout son corps lâcherait. En toute logique, la tête lui tournait juste, et si elle avait une petite expérience du combat, elle devait être tout-à-fait consicente des attentions de la Marchombre. Seulement, pour la maîtriser, celle-ci devait bander tous ses muscles et elle doutait parvenir à tenir longtemps dans cette position la petite teigneuse qui l'avait agressée.
    Cette gamine était mauvaise, et elle devait se méfier.


    "J'en dit que tu représentes visiblement mal ta guilde."

    Wëlle appuya légèrement sur le point névralgique qu'elle touchait; juste assez pour étourdir la jeune femme, et qu'elle puisse se relever d'un bond sans risquer de réceptionner un coup de pied violent. Elle recula de deux pas pour parer à toute nouvelle agression, et jeta un coup d'oeil au bâton, dangereusement près du bord de la falaise.
    Inwëlle n'avait plus peur. Même si elle ne faisait pas partie des membres de sa guilde les plus doués au combat, elle restait largement capable de maîtriser -et vaincre- une apprentie, si fougueuse soit-elle. La jeune femme était forte, souple et silencieuse, mais pas encore au point de pouvoir se targuer d'avoir le niveau des Marchombres et Mercenaires accomplis. En revanche, Inwëlle ne doutait pas que si elle parvenait au bout de sa formation, quelle qu'elle fût, elle serait une combattante bien meilleure qu'elle.
    Elle se demandait aussi si l'autre, privée de son arme, oserait l'attaquer. Si c'était le cas, elle devrait prendre en compte qu'elle même n'était pas au meilleur de sa forme physique, que son adversaire était vigoureuse et pouvait opposer une résistance considérable, surtout pour Wëlle, et que l'autre rouquine pourrait bien être transportée par la rage ou autre quelconque émotion qui pourrait décupler sa hargne au combat.

    Elle l'imaginait bien aussi dégainer un poignard pour lui lancer dessus.

    Elle recula elle aussi au bord de la falaise -mais sans lui tourner le dos cette fois-ci, afin de mettre une distance qui lui permettrait d'esquiver un éventuel jet de lames, car la jeune fille, si elle n'était pas d'un niveau exceptionnel au corps à corps, pouvait tout-à-fait être une habituée des armes, comme elle l'avait démontré avec son bâton.
    Ce qu'elle fit, en revanche, fut de jeter un coup d'oeil derrière elle pour mieux appréhender quel terrain s'ouvrait dans son dos; ce n'était pas très escarpé, et visiblement plein de prises. Même si le bâton tombait, il y avait une assez forte probabilité que l'on put le récupérer.

    Wëlle ne se mit pas en garde. Elle aurait bien le temps de le faire si l'autre décider d'avancer, ou même de lui bondir dessus, et ses muscles étaient encore chauds. Esquiver serait aussi un jeu d'enfant, et si elle y arrivait largement, frapper et maîtriser encore s'avèreraient tout-à-fait à sa portée.
    Elle n'attaquerait pas la première; elle n'avait aucune raison de le faire, et si l'autre retentait une offensive, elle ne frapperait que pour se défendre. Si elle s'avérait trop dangereuse, alors elle la mettrait hors de combat; il était inutile de jouer avec le feu et elle n'avait pas envie du tout de se battre pour sa vie maintenant.
    Cette altercation se réduirait pour elle au strict minimum.

    L'idée qu'elle aurait déjà dû y mettre fin au lieu d'attendre gentiment de voir si cette fille se calmait effleura Inwëlle, et elle se demanda si elle n'avait pas commis une erreur en se montrant si clémente...
    Elle se demandait si elle ne ferait pas mieux de tout de suite lui sauter dessus, reprendre le contrôle de ce point névralgique, lui faire perdre connaissance et continuer sa route avant que tout ceci ne dégénère.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Papillon Til'Maavon
Groupe Heyz
avatar

Nombre de messages : 863
Citation : La véritable Liberté ne peut être offerte que par le Chaos.
Date d'inscription : 06/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Peut transformer ses poils en écailles
Signe particulier: est accompagnée d'un écureuil roux, Fileaps

MessageSujet: Re: Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]   Dim 06 Nov 2011, 12:02

Je ne vis rien venir.
La jeune femme se retourna au moment où mon bâton s'abattait sur elle. Sans doutes parce qu'elle avait entendu le sifflement d'air, mais en tous les cas elle aurait du mal à analyser et contrer la situation alors que j'étais déjà à la fin de mon propre mouvement... Une fraction de seconde. Il lui fallu une fraction de seconde pour se retourner et, d'une poigne préparée –comment avait-elle fait ?– elle dévia le mouvement dangereux d'un simple geste.

Qu'est ce que...

Je tombai lorsqu'une des jambes de mon adversaire faucha mes chevilles.
Aussitôt, la marchombre pris mon bâton et l'envoya valser à l'autre bout du surplomb.
J'ouvris des yeux rond, ressentant l'injonction d'aller le récupérer avant qu'il ne tombe dans le ravin... mais le corps de la jeune femme plaqua le mien au sol, bloquant mes tibias et mes poignets.

En trois mouvements, la jeune femme masquée avait dévié mon attaque et m'avait mis hors de combat, dans une position des plus rabaissante, et, qui plus est, ma tête commençait à tourner alors que sa main appuyait sur ma gorge. Mes cheveux roux répartis en désordre sur mon visage, j'étais on ne peut plus humiliée. J'ouvris la bouche pour un juron, et rien ne sortit – cette jeune femme au visage de marbre appuyant de plus en plus fort sur ma trachée.

Puis, soudainement, le poids qui m'étouffait à moitié disparu.
Je roulai sur le côté, frappai le sol et ouvris la bouche, prise d'une quinte de toux. À la fin de celle-ci, je m'essuyai la bouche d'un revers de manche et me mis debout avec une lenteur calculée. Cette femme allait me le payer. Cher. Peu m'importait qu'elle soit une marchombre, peu m'importai qu'elle soit plus forte que moi, peu m'importai qu'elle vienne de m'écraser en trois mouvements.

Ou plutôt si : seul ce dernier point comptait.

Le regard brûlant d'une rage sourde, je me tournai lentement vers ma cible, dégainai les deux longs poignard accrochés à mes côtés, décolla mes bras du long de mon corps. La source de mon courroux, au bord de la falaise, ne faisait pas mine de bouger –mis à part cette garde sans doutes typiquement marchombre qu'elle tenait.

Est-ce donc à cela que j'aurai ressemblé si j'avais pu continuer et terminer l'apprentissage marchombre ? Sans que je le veuille ni arrive à l'estomper, une pointe de jalousie larda ma poitrine, nettement plus douloureuse que ce que la marchombre m'avais déjà infligé. C'est ainsi que je me rendis compte à quel point je la haïssais.

C'est ainsi que je me rendis compte que je haïssais beaucoup de monde.
Je n'avais jamais fait le compte, mais la liste s'imposa d'elle-même :
Onde, ma chère camarade de classe
Aaron, mon frère qui, après m'avoir tant cherché, me rejetait
Dëwen, fille-oiseau qui avait pris ma place dans le cœur de mon frère
Et puis cette femme, cette inconnue masquée dont je ne connaissais rien mais qui venait de m'humilier. Et cela je ne le supportait pas.

Une rage sourde et meurtrière pulsait en moi tandis que mes yeux étaient plantés dans ceux qui, cachés derrière un masque, ne reflétaient rien d'autre qu'une tranquille assurance.

[pas génial, pour changer...]

__________________________________________

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Inwëlle Aïras
Membre V.I.P.


Nombre de messages : 1121
Date d'inscription : 19/10/2008

Feuille de personnage
Age: 26
Greffe: Vision à 360° et téléscopique 500%
Signe particulier: Cicatrices visibles sur le pied droit, évite de croiser les regards

MessageSujet: Re: Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]   Dim 13 Nov 2011, 14:35

    L'heure n'était plus aux stratégies réfléchies pour surprendre l'adversaire et renverser le courant d'un combat.
    La fille en face d'elle avait capturé son regard, et avait déversé toute sa haine sur elle. Un frisson avait parcouru l'échine de Wëlle. Elle pourrait être, mue par la rage, plus dangereuse que prévu. Elle pourrait perdre la maîtrise de ses coups. Peut-être qu'avant, elle n'avait pas eu l'intention de tuer. Peut-être qu'avant, elle aurait porté des coups violents et dangereux, mais calculés, et peut-être qu'elle ne serait pas aller jusqu'à donner la mort.
    Maintenant, la colère risquait d'inhiber tous ces principes. Cette fille risquait de chercher à la tuer. Cette fille n'avait plus envie de frapper "pour voir". C'était une enragée. C'était un danger.

    Il n'était plus question de jouer l'indifférente pour monter une garde au dernier moment et surprendre l'autre qui aurait cru qu'elle allait réussir à placer un coup.
    Il n'était plus question non plus de garder son poignard cacher pour le dégainer in extremis afin de déjouer un coup et de compter sur l'effet de la surprise pour prendre le dessus sur son adversaire.
    Il n'était plus question de se dire qu'il suffirait d'une ou deux secondes pour la mettre hors jeu et s'en aller.

    Si la fille passait à l'attaque... Inwëlle n'avait pas envie d'y penser. Il fallait qu'elle se concentre sur le présent. La tension était palpable; tension de l'air, tension des muscles de la fille, de ses dents serrés, de son visage crispé.

    Lentement, Inwëlle se mis en garde et saisi son poignard dans la main droite. C'était le seul qu'elle avait; le second, elle l'avait laissé à sa famille. A ses parents et à son... A son frère adoptif. C'était la première fois qu'elle pensait à lui en ses termes et cela l'ébranla un peu. Elle se reprit bien vite, chargée d'une assurance nouvelle.
    Elle devait agir correctement. Si la fille passait à l'attaque, elle devait gagner. Pour eux. Pour lui. Pour ces trois personnes, dans le Sud, qui l'attendaient.

    Elle prit une inspiration profonde, modifia un appui très légèrement, bougea un coude d'un ou deux millimètres. Erwan aurait été fier d'elle. Sa garde était parfaite. Son poignard incliné juste comme il fallait. Elle voulait être dissuasive, elle appelait à elle les dernières facultés de raisonnement de la fille. Regarde, tentait-elle de lui dire par le corps, regarde ma garde. Regarde mon corps. Souviens-toi il y a dix secondes. regarde mon poignard. Je suis armée aussi, je sais me battre. Ne fais pas ça.
    Cette fille avait, Inwëlle en était certaine maintenant, de l'expérience dans le domaine. Elle pourrait jauger son adversaire. Elle pourrait jauger ses chances d'emporter le combat.

    Mais la Marchombre n'était pas sure qu'elle renoncerait pour autant. La rage dans ses yeux était si... Puissante. Elle détourna le regard. Elle ne supportait pas qu'on l'aggrippe de la sorte. Quitte à paraître lâche, en l'instant présent, elle s'en moquait.
    Elle était incroyablement concentrée sur la fille pour détecter le moindre frémissement de muscle, de paupière, de coin de bouche, pour esquiver le coup qui serait sans aucun doute meurtrier, et pour frapper. Frapper sans tuer. Juste la mettre hors de combat... Elle devrait garder une maîtrise totale de ses gestes face à une furie enragée, une machine de guerre entraînée à ne pas faire de quartier.
    C'était bien la première fois qu'elle se trouvait dans une situation de ce genre-là.

    Dans les bagarres des rues, les ivrognes ou brigands n'avaient pas la volonté ferme de donner la mort; et si c'était le cas, ils n'avaient pas la rage. S'ils attaquaient, c'était qu'ils voulaient piller, ou violer; tuer n'était pour eux qu'une formalité. Se venger? Mais de quoi? Ces agresseurs n'avaient aucun grief contre elle, contrairement à l'apprentie Mercenaire qui lui faisait face. Ces agresseurs n'étaient pas blessés, ces agresseurs n'avaient pas été atteints dans leur orgueil, ces agresseurs n'agissaient pas par fierté. Inwëlle avait été de toute façon rarement confrontée à eux.
    A Ombreuse, lorsqu'elle avait suivi ce jeune apprenti-loup, ç'avait été différent. Son adversaire avait voulu la tuer, mais Inwëlle n'était pas obsédée par le but de la laisser en vie. Tout ce qui comptait dans ce bois, pour la rouquine, ç'avait été de vivre, quitte à ce que l'autre meurt. Elle n'avait pas eu le temps de réfléchir, de voir son adversaire, le combat avait commencé tout de suite, entraînant, mortel, véhiculant la certitude qu'elles ne pourraient survivre toutes les deux. C'avait été un combat à mort pour les deux parties, ç'avait aussi été une revanche pour les deux femmes qui, touchées l'une par l'autre, n'avaient pas voulu s'écraser, n'avaient pu laisser de côté leur fierté féminine. Le combat avait été violent, ce combat avait été une unité parfaite, ressenti de la même manière par ses deux actrices.

    Ce ne serait pas le cas ici, puisque leurs motivations respectives étaient bien différentes. Elle ne put, en outre, s'empêcher de penser qu'aujourd'hui, il n'y aurait ni brûleur, ni femme dragon pour changer la donne.

    Cette situation était nouvelle, pour elle.
    Elle ne l'aimait pas du tout.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Papillon Til'Maavon
Groupe Heyz
avatar

Nombre de messages : 863
Citation : La véritable Liberté ne peut être offerte que par le Chaos.
Date d'inscription : 06/03/2011

Feuille de personnage
Age: 28 ans
Greffe: Peut transformer ses poils en écailles
Signe particulier: est accompagnée d'un écureuil roux, Fileaps

MessageSujet: Re: Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]   Lun 12 Déc 2011, 10:49

La rage brûle en moi, féroce, implacable.
L'envie de tuer est là, mais... mais les leçons aussi sont là. Les leçons de Dolce. Les leçons de mon maître. Ouverture, équilibre, coordination... tuer, mais de manière réfléchie. Ne pas céder à la rage.
...des leçons que je décidai de ne pas prendre en compte.

La garde de la jeune femme était parfaite.
Si à ce moment-là j'avais encore été apprentie marchombre, je l'aurais admirée, cette femme masquée. Mais là, mercenaire comme jamais, je la haïssais. Intensément. Elle était prête. Elle était puissante. Mon bras se baissa et le bâton de bambou se planta dans le sol. Le haut de mon visage caché par de lourds cheveux roux en batailles, elle ne pouvait pas voir s'ils étaient ouverts ou fermés... Mais quelle importance ?

Je ne suis pas sûre de lui faire peur.
Et je suis sûre de vouloir la tuer.

Aucun sourire n'étire mes lèvres, et pourtant ce n'est pas la joie qui me manque.
Imaginez ! Je vais taquiner la mort, jouer avec le feu, avec cette marchombre. Ces marchombres que les envoleurs chassent et qui tuent tellement des nôtres en se défendant. Sans états d'âmes. Aucun sourire n'arrive à trancher mon visage alors que je relève et libère mon visage de sa prison rousse. Le vert de mes prunelles se plante dans les yeux de la marchombre.

Un seul mot peut qualifier l'émotion claire comme de l'eau de roche qui s'y lit. Alerte.
Et dans le mien ? Haine. Une émotion simple, dévorante, délicieuse. Il est si facile de s'y abandonner !

Justement, je m'y abandonne avec satisfaction.
« Ne cède pas à la rage » chuchote une petite voix dans ma tête, mais je ne l'entend pas, enivrée de la colère qui pulse en moi. Lorsqu'elle atteint –enfin !– son paroxysme, je soulève mon bâton. Je ne cache aucun de mes mouvements, et pourtant ce n'est pas l'envie qui me manque de lui balancer un couteau en pleine tête ! Mais je sais qu'elle le verrait, je sais que je n'avais pas la moindre chance de la vaincre ainsi.

Ma cage thoracique se gonfle et mes poings se serrent autour du bambou.

Après une fraction de seconde où chaque muscle de mon corps se tendent au point de me faire mal, je me propulsai en avant d'une détente formidable. Sentir mes muscles rouler parfaitement sous ma peau tandis que je fonçai sur la marchombre, un air à la fois grave et venimeux peint sur mes traits, me remplissait de satisfaction. Mon bâton se leva... et, à trois mètres de ma cible, s'enfonça dans le sol pour me servir de perche.

Mon élan me propulsa à deux mètres du sol face à la jeune femme, devant laquelle je fis un saut périlleux, le terminant en me roulant en boule. Ma tresse fendit l'air. Je savais qu'au bout de celle-ci se trouvait une lame d'une dizaine de centimètres ; pas ma meilleure arme mais celle qui avait le plus de chance de surprendre la marchombre puisqu'elle était invisible.

Ma tresse fendait l'air.
J'ignorai si elle toucherait sa cible, mais il était presque impossible qu'elle la rate entièrement.

__________________________________________

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Là-haut sur la montagne, les papillons du Chaos et les souvenirs de l'Harmonie... [Papillon]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Haut les Nains ! [Messagers du Rêve - MJC Savouret, Epinal]
» L'habitat au haut Moyen-Age
» Foire de la montagne : mettre en valeur les potentialités
» Art et Tradition-découpages du Pays-d\'En-Haut...
» La douleur de la montagne.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Pacte VS L'Ordre :: A l'extérieur :: Le Sud :: Plateaux et montagnes de l'est-
Sauter vers: