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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]

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MessageSujet: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Sam 11 Juin 2011, 16:19

Il faisait frais, et il était tôt aussi lorsqu'Azrune se mit en route. Seule.

Une fois n'est pas coutume, la jeune fille, sociable ou pas, n'avait pas l'habitude de voyager en compagnie d'autres personnes, et si elle appréciait les filles avec qui elle progressait sur la voie sous la houlette de Miss, il ne lui était pas venu à l'idée de leur proposer de l'accompagner. D'abord, pourquoi auraient-elles accepté, ensuite, il aurait fallut les attendre, et pour finir, peut-être qu'elles voyageaient à cheval. Hors, Azrune était à pieds, depuis toujours, et elle n'avait pas encore l'intention de changer. Pas vraiment les moyens non plus d'ailleurs. Oh, elle pouvait toujours voler, sauf que ce n'était pas vraiment une idée qu'elle appréciait, et puis Miss avait commencé à développer leur endurance à la course durant leur première leçon, c'était le moment idéal pour continuer ce travail.

L'apprentie marchombre c'était donc équipée et avait commencé son voyage. A pieds, et en courant. Privilégiant l'endurance à la vitesse, elle prit soin d'y aller à une allure moyenne et fut heureuse de voir qu'elle avait progressé en la matière. Elle finit cependant par s'arrêter, épuisée. S'écrouler serait plus juste. Dans une clairière tapissée d'herbe. Azrune resta plusieurs minutes allongées, haletante, et lorsqu'elle se fut un peu remise, elle se redressa et leva la tête.

Il n'était même pas midi.

La jeune fille eu un sourire. Tout de même, elle avait bien courut! Malgré l'heure, elle décida de s'arrêter maintenant. Elle se rafraîchie avec l'eau qui coulait dans une source proche, mangea un morceau et, après encore plusieurs minutes de repos, elle reprit la route. En marchant cette fois, elle n'avait pas envie de s'épuiser à nouveau. Surtout qu'elle s'éloignait des grandes villes et s'approchait des collines de Taj, sa destination. Autant dire que son voyage devenait plus dangereux et qu'il était plus prudent qu'elle avance à pieds. Ainsi, elle serait dans de meilleures conditions pour remarquer l'arrivée d'y danger et l'affronter. Enfin, l'affronter... Disons plutôt réagir en conséquence. Pendant sa marche, elle tenta de s'ouvrir à ce qui l'entourait, au vent, à la végétation autour d'elle, même si elle ne la touchait pas.

Elle n'y arriva pas.

Ce n'était guère étonnant. Elle avait certes fait quelques pas sur le chemin de l'ouverture aux objets comme aux éléments, mais c'était encore loin d'être aisé pour elle, et elle se doutait que ce domaine là lui réservait encore des surprises. De plus, s'ouvrir alors qu'elle passait rapidement près des végétaux était quasi impossible pour elle, qui peinait déjà à s'ouvrir à un poignard ou à un rocher en de longues minutes de concentration silencieuse et immobile. Alors en marchant et en faisant attention à ne pas se casser la figure... A son niveau, ça relevait bel et bien de l'impossible. Peut-être que Miss, elle, y arriverait, qui sait.

Les heures passèrent, puis les cycles solaires, et Azrune arriva à destination. Le relief s'accentua de façon nettement perçeptible jusqu'à former des collines à l'aspect pas forcemment très accueillant : les collines de Taj. Un lieu à la réputation presque aussi sinistre qu'Ombreuse ou Astariul. En fait, à entendre les Alaviriens raconter la géographie de l'Empire, Azrune avait parfois l'impression qu'il n'y avait que des lieux dangereux ici. Bon, d'accord, à partu deux trois endroits comme le Pollimage et le Lac Chen, ou les Dentelles Vives. Finalement, il y avait plein d'endroits sympas. Bon, d'accord, c'était une petite erreur de la part d'Azrune. Ce n'était pas les lieux inhospitaliers qui étaient trop nombreux en Gwendalavir, c'était les gens qui ne parlaient que d'eux.

Le jour était jeune lorsqu'Azrune y entra. Elle sourit en observant ce qui l'entourait. Elle avait toujours bien aimé les lieux dits dangereux. Il faut dire qu'elle avait grandit sur les plateaux d'Astariul, particulièrement craints, savoir que nombre d'Alaviriens l'évitaient lui avait donné envie de voir à quoi ressemblait les autres lieux à la réputation aussi sombre.

Pour l'instant, le paysage n'avait rien de particulièrement intimidant, tout comme les plateaux. Ces deux lieux, en eux mêmes, n'auraient pas eu grand chose de particulier si de tels prédateurs ne les avaient pas habités. Les goules et les brûleurs pour Astariul, les ogres pour ici. Quant à la forêt d'Ombreuses... Chaque chose en son temps.

Comme elle était contente d'être enfin arrivée, Azrune se décida à faire une pause. Elle se mit aussitôt à la recherche d'un endroit éventuellement dégagé - des fois que des ogres se cacheraient dans le coin - et surtout, en hauteur pour pouvoir voir venir le danger. De toute façon, l'apprentie marchombre doutait d'être prise pour cible. Outre qu'elle savait se faire discrète quand elle le voulait, elle pensait surtout qu'elle ne représenterait pas un grand intérêt. Les ogres étaient, paraît-il, des êtres qui ne s'occupaient que de leur estomac. Hors, les convoits qui passaient parfois par ici étaient tout de même bien plus appétissants qu'elle, non? Mieux armés aussi, sans doute, mais ça, les ogres n'étaient peut-être pas en mesure de le comprendre, qui sait.

Un endroit attira soudain son attention. Un pic dégagé, en hauteur, accessible du moment que celui qui le convoitait savait escalader. Le lieu parfait. Azrune sourit et se dirigea aussitôt vers l'endroit, surprise de trouver un tel mont qui paraissait déplacé au millieu de collines. En s'approchant, elle remarqua qu'il était finalement bien large pour un pic, et surtout, il était principalement fait de rocher. L'adolescente hocha les épaules, se disant que finalement, ça n'avait pas d'importance, du moment que ce n'était pas un dessin qui pouvait disparaître d'un moment à l'autre. Car elle savait que des gens étaient capables de rendre réel ce qu'ils imaginaient, et que ces objets étaient éphémères. Elle même possédait l'Art du Dessin, même si elle était loin de savoir le maîtriser, et donc qu'elle l'utilisait rarement.

L'escalade ne présenta pas de difficulté particulière, quoique certaines prises se détachaient parfois quand on mettait trop de poids dessus, ce qui obligea Azrune à faire preuve de prudence. Elle songea aussi que si des ogres passaient dans le coin, ils avaient du l'entendre vu le nombre de cailloux qu'elle fit tomber, accompagnés parfois de jurons. Elle finit cependant par arriver sur une zone plane de dimensions très confortables. En plus, le mauvais temps qui c'était levé à son départ c'était dissipé récemment, et le rocher était tout chaud des rayons du soleil. Le sourire revint sur le visage de la jeune fille, qui posa les mains à plat sur la surface et tenta à nouveau de s'ouvrir. Comme elle n'y arrivait pas, elle préféra s'allonger et récupérer. Elle observa ensuite les alentours tout son saoûl, mangea un morceau et s'offrit le luxe d'une petite sieste avant de redescendre.

Elle avait à peine fait quelques pas pour s'éloigner du pic qu'un bruit attira son attention, en même temps qu'un mouvement. Aussitôt, un poignard apparut dans la main d'Azrune qui se tourna vers son origine, prête à se battre où à prendre la fuite, à voir selon ce qui allait se présenter devant elle.
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Dim 12 Juin 2011, 20:13

[ Tu vois que c'est très bien ! Désolée, je n'ai pas pu répondre tout de suite, j'étais chez mon père]


Inspiration. Expiration.
Elle tendit les bras devant elle.. Paumes tournées vers le haut.
Inspiration. Expiration.
Elle retourna ses mains. Paumes tournées vers le bas.
Inspiration. Expiration.
Elle ramena les mains en arrière. Respira une dernière fois. Le temps d'apprécier le bien-être envahir ses muscles fins, ses cheveux châtains voler au vent, le calme emplir tout son corps.
Et son esprit.

Inspiration...
Cela faisait tant de fois qu'elle répétait la gestuelle marchombre. Depuis plusieurs mois, depuis qu'un maître marchombre lui avait enseigné. Au moins deux fois par jour, le matin et le soir, pendant une heure en tout minimum. Et dès qu'elle le pouvait, elle recommençait. Elle connaissait désormais tous les mouvements de base par cœur, en effectuait d'autres, plus compliqués, de mieux en mieux. La gestuelle lui apportait, à fur et à mesure qu'elle la répétait, de plus en plus de calme et de sérénité. Elle faisait fuir ses cauchemars de sang et haine, de mort et de vengeance. Elle l'apaisait énormément quand elle en avait besoin, qu'elle était énervée ou triste. Elle l'aidait. Beaucoup.
Expiration.

Dans une parole silencieuse, Ombe remercia Frawël de lui avoir enseigné la gestuelle marchombre. Elle le remercia pour lui avoir parlé de la Voie. Elle le remercia pour son sourire lumière, pour ses mots découverte, pour lui avoir fait confiance. Elle le remercia parce qu'il croyait en elle et à ses capacités, parce qu'il avait fait l'effet d'un baume sur la blessure, déchirante, que lui avait laissé la mort de son père, parce qu'il était arrivé pile au bon moment. Pas trop tôt, pas trop tard. Elle le remercia d'être là.
Même si il ne l'entendait pas.
Pas parce qu'elle n'avait parlé tout haut, ni parce qu'il était loin d'elle, non. Mais parce ce qu'ils ne se connaissait pas assez pour qu'un lien puissant et invisible se noue entre eux, un lien autre que de l’amitié sincère et profonde. Un lien Maître et Élève. Deux Marchombres unis.

Elle remercia aussi Miss. Son Maître. Le deuxième ? Ou le premier ? Elle ne savait pas, qui de Frawël ou de Miss, était son mentor plus que l'autre. Mais elle s'en fichait. Éperdument.
La jeune femme, avec son éternel sourire et sa bonne humeur, avec sa patience et son humour, avec sa gentillesse et sa confiance, était elle aussi un maître marchombre exceptionnel. Ombe était impatiente de commencer son second cours à ses côtés et à ceux des autres apprenties...

.§.

Après son premier cours avec Miss, Ombe voulait partir à Al-Chen. Elle avait envie de revoir la ville et le lac. Le Lac-Chen. Superbe étendue d'eau bleutée aux reflets éternels, richesse de la nature qu'elle pouvait observer des heures durant. Elle ne savait pas encore que dans la ville, elle allait faire la connaissance de Lewnë.

Avant cela, elle avait décidé de prolonger son escapade en passant par les dangereuses et attirantes Collines de Taj. Attirantes justement par tous les dangers qui y rôdaient. Ombe ferait attention, bien sûr, elle n'avait pas l'intention de mourir maintenant. Son premier cours sur la Voie lui avait déjà ouvert un peu plus l'esprit sur ce qui l'entourait : la nature, le vent, la terre, et surtout son arme et les autres objets.
Elle avait également l'impression que Fëanor la comprenait mieux et que de son côté, elle ressentait mieux ses sentiments à lui. Car l'élan rouge possédait des sentiments, oui. Très différents de ceux des humains, mais des sentiments tout de même. Comme chacun des êtres vivants en ce monde, peut-être, pensait la jeune apprentie.

Cela faisait donc quelques heures qu'elle avait pénétré dans ces fameuses collines, chevauchant au petit trop le dos de sa monture. De l'Académie, elle y était partie voilà près de deux jours. Elle avait pris son temps, ménageant Fëanor du mieux qu’elle pouvait, s'arrêtant deux fois à des auberges pour manger un morceau. La nuit, elle préférait dormir à la belle étoile, même si c'était dangereux, pour éviter de trop entamer ses économies... Avant de partir, elle s'était préparée des provisions, qu'elle avait déjà entamées au quart. Pour le retour, elle prévoyait de s'en acheter de nouvelles à Al-Chen.

A propos de nourriture, l'estomac de la jeune fille commençait sérieusement à crier son dû de façon peu discrète. Se fiant à la position du soleil, brillant en cette belle journée de printemps, Ombe estima qu'il était plus de midi et décida de s'arrêter un moment afin de satisfaire son estomac affamé. Elle sauta du dos de sa monture, s'empara des sacoches contenant son repas accrochée à la selle et s'assit sur l'herbe, près de quelques arbres. Elle sortit une miche de pain aux céréales, un bout de viande séchée et un morceau de fromage qu'elle dégusta lentement, le tout accompagné d'un longue goulée d'eau bue à sa gourde. Après ça, elle s'entraina au lancer de poignard contre un rocher puis exécuta doucement la gestuelle marchombre.

.§.

Elle reprit la route une heure après le début de son repas, le corps lavé par la gestuelle. Dès cet instant, elle commença vraiment à prendre garde autour d'elle. Elle devrait bientôt se trouver près du cœur des Collines de Taj, endroit totalement exclu de toutes habitations et de toutes formes de vie autres que celles des Ogres, des Tigres des Prairies, des siffleurs et peut-être même des Goules ou des brûleurs...
Elle fit galoper Fëanor pendant quelques temps, savourant les caresses du vent sur sa peau, le son des sabots sur la plaine et les odeurs mêlées de feuilles, d'herbe et de sang...
De sang ?
Ombe fronça le nez et stoppa son élan rouge d'un coup brusque qui fit se cabrer la pauvre bête. Elle huma l'air et dut se rendre compte à l'évidence : il y avait en effet une odeur de sang frais qui flottait dans l'air de début d'après-midi. Curieuse et méfiante à la fois, la jeune marchombre préféra s'éloigner de l'odeur. On ne savait jamais...

Environ une demi-heure plus tard, Ombe aperçut de loin une silhouette marchant à sa gauche. En se rapprochant, elle identifia une jeune fille, puis reconnu les longs cheveux violets d'une apprentie de son groupe. Sautant à terre, elle s'approcha en souriant d'Azrune qui s'était retournée vivement, le poignard à la main.

- Ne t'inquiète pas, Azru, ce n'est que moi ! Dis moi, qu'est-ce qui t'amène dans ces merveilleuses et rassurantes collines ?

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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Lun 13 Juin 2011, 18:16

- Bon sang, tu m'as fait peur!

Ce qui m'amène par ici? Ma curiosité, tout simplement. J'aime beaucoup vérifier la vérité des réputations que trimballent les endroits comme les collines de Taj ou la forêt d'Ombreuse, même si concernant cette dernière, je n'ai encore eu l'occasion de vérifier rien du tout, à part les rumeurs qui l'entoure.

Et toi, qu'est-ce que tu viens faire par ici?
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Lun 13 Juin 2011, 19:02

Ombe sourit.

- A peu près la même chose que toi. En fait, j'avais envie d'aller à Al-Chen pour revoir la ville et son Lac, qui m'avait particulièrement marqué les quelques fois où je l'ai vu.

J'ai décidé de passer par là, histoire de rencontrer ces célèbres ogres et autres dangers vivants ici. J'ai bien peur d'avoir un peu trop le goût du risque...


Elle ne dit pas qu'en allant à Al-Chen et en passant par les Collines de Taj, elle imaginait qu'elle pourrait peut-être revoir Frawël... Elle désirait tant parler de Miss au jeune homme aux yeux noisette, et lui confier le dilemme auquel elle était confrontée entre les deux maîtres marchombres. Elle voulait aussi le mettre au courant de sa confrontation avec une mercenaire, Jennyssie, qui avait failli très mal tourner pour Ombe... et qui lui avait révélé le fait que l'assassin de son père était aussi un mercenaire du Chaos. Oui, elle voulait lui parler de la mort de son père. De la blessure qu'elle avait laissé en elle...

- Ca te dit de marcher un peu ?

Oh, et puis, elle ne savait pas si elle devait lui dire, finalement. D'abord, elle ne pensait pas réussir, ensuite, est-ce que ça allait changer quelque chose ? Et puis, qu'est-ce qu'il en avait à faire, au fond, de son passé ?

Sans attendre la réponse d'Azrune, elle saisit la bride de Fëanor et se mit à marcher lentement, entraînant l'animal avec elle.

Elle avait complètement oublié l'odeur de sang qu'elle avait sentie un peu plus tôt.



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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Mar 14 Juin 2011, 00:49

    En reconnaissant Ombe, une apprentie marchombre dans le même groupe qu'elle, Azrune c'était aussitôt détendue et avait ranger son arme tout en cachant mal sa surprise. Incroyable, elles s'entraînaient ensemble et se croisaient par hasard ici!

      - A peu près la même chose que toi. En fait, j'avais envie d'aller à Al-Chen pour revoir la ville et son Lac, qui m'avait particulièrement marqué les quelques fois où je l'ai vu.

      J'ai décidé de passer par là, histoire de rencontrer ces célèbres ogres et autres dangers vivants ici. J'ai bien peur d'avoir un peu trop le goût du risque...


    Le sourire de la jeune fille - elle devait d'ailleurs avoir le même âge qu'Azrune - finit de la rassurer. C'est que bon, toute téméraire qu'elle soit, elle était quand même dans les collines de Taj, et même dans des endroits comme Al-Jeit, la prudence était de mise si on ne voulait pas finir à l'état de cadavre, l'adolescente l'avait vite compris.

      - Ca te dit de marcher un peu ?


    A son tour, Azrune aborda un sourire, sourire qu'on lui voyait d'ailleurs souvent. Elle fut coupée dans son élan pour parler en voyant l'expression d'Ombre, qui paraissait songeuse. Elle referma donc la bouche et la vit commencer à marcher, entraînant avec elle un élan rouge assez impressionnant. Azrune en avait rarement vu d'aussi près, et surtout ayant un tel comportement : celui-ci agissait comme un cheval, ou en tout cas comme un animal domestique! A ce qu'elle en savait, ce n'était pas courant. Elle rattrapa l'adolescente - elle l'aimait bien mais ne pouvait pas encore la qualifier d'amie - et se décida à sortir ce qu'elle pensait.

      - Tu n'es pas la seule à avoir du mal avec la notion de danger! Mais dis-moi... Comment ça se fait que cet animal t'obéisse comme ça? Ce n'est pas une espèce sauvage normalement?


    Elle n'avait rien contre qu'on veille vivre avec un animal, elle-même avait bien eu un lien provilégié avec un chat, mais avec un herbivore... Fait étonnant, voir même paradoxale au vu de son amour pour la nature et les animaux, Azrune préférait les prédateurs, et les autres, disons qu'ils l'intéressaient moins. D'un autre côté, elle avait vécu dans un espace craint pour ses prédateurs et où les autres animaux étaient quasiment invisibles.


      [Gomen, c'est pas super ^^"]
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Mar 14 Juin 2011, 19:23

La remarque d'Azrune tira brusquement Ombe de sa songerie. Réagissant au mot "obéisse", elle s'empressa de répondre :

- Fëanor ne m'"obéit" pas comme un simple animal domestique... C'est vraiment autre chose. Et c'est une longue histoire...

Elle fit une pause pour respirer et réfléchir à ce qu'elle allait dire. C'était assez dur à expliquer, d'abord car elle allait parler de son passé, ensuite car elle allait mentionner son père, et enfin car les bons mots son souvent difficiles à trouver.

- Quand j'avais une douzaine d'années, mon père voulu que je me choisisse une monture. Je ne sais pas pourquoi, mais il semblait craindre quelque chose, se préparer aux années de vagabondage qu'effectivement nous avons vécus par la suite. En effet, au départ nous vivions tous les trois, ma mère, mon père et moi...

Bref, il voulait un animal endurant et qui puisse courir assez vite... et surtout... fidèle. Je sais, c'est plutôt étrange de penser ça pour "une bête", comme s'il possédait des sentiments... Mon père était proche des arbres et de la nature ; il connaissait pas mal d'animaux... Il savait, par expérience, qu'un animal sauvage qui acceptait un compagnon humain pouvait s'accrocher à lui durant toute sa vie, alors qu'un animal déjà domestiqué se contentait d'obéir à un maître, de suivre le mouvement, de servir. C'est pour cette raison qu'il ne m'a tout simplement pas présenté de cheval.

Pendant plusieurs jours, nous sommes tous les deux partis faire un petit voyage. Pas vraiment en quête d'un animal sauvage, non, mais plutôt pour réfléchir, pour chercher des réponses... Ca peut paraître bizarre qu'un père emmène sa fille âgée de douze ans à peine en pleine nature. Mais j'étais plutôt débrouillarde et lui... avait quelque chose de spécial. Je crois que ma mère, qui est Maître marchombre, lui disait qu'il pouvait devenir marchombre, mais il ne voulait pas. Il n'avait pas envie de faire partie d'une Guilde. Il avançait des prétextes du genre "je suis trop vieux", etc... Il voulait vivre uniquement avec nous et avec ses chers arbres.

Je ne me rappelle plus très bien comment, mais nous avons alors rencontré cet élan rouge, dans une prairie. Il était seul. Il semblait ne pas avoir peur des Hommes... Je l'ai choisi. Il m'a choisi. Mon père a bien insisté sur ce fait : "Tu comprendras qu'il ne sera jamais à toi. Qu'il est libre. Comme toi et moi. Toujours." Ces paroles sont restées gravées en lettres de feu dans ma mémoire de gosse. Plus tard, j'ai en effet compris. Fëanor était libre de partir s'il le désirait. Il est resté.

Plus tard, j'ai compris pourquoi, je ne sais plus comment. Avant notre rencontre, cet élan rouge avait eu un autre maître. Qui était mort. Triste -il est encore une fois question de sentiments -, l'animal s'est retiré dans la nature, mais n'approchait pas trop ses congénères. Il a du sentir l'amour que mon père portait à la nature... et qu'il me transmettait.

Cet animal n'est donc ni totalement sauvage, ni vraiment familier.


La jeune apprentie se demandait pourquoi elle confiait cette partie de son passé à Azrune, qui était, malgré sa gentillesse et son appartenance au même groupe qu'Ombe, quelqu'un pas encore si proche que ça. En plus, elle n'avait pas l'habitude de parler d'elle-même ; et pourtant elle avait continué de raconter sa vie. Les mots coulaient tout seuls, tel une cascade sans fin. Elle se retourna et observa Azrune.

- Tu te rappelles lorsque Miss tentait de nous ouvrir à ce qui nous entourait, de nous faire ressentir les objets, la nature ?

Depuis ce cours, j'ai l'impression de mieux comprendre Fëanor. Je crois qu'il possède des sentiments réels, mais aussi très différents de ceux des humains. Je pense qu'il est entre autres capable d'être triste ou joyeux... pas forcément de penser. Peut-être comme chaque être doué de vie, chacun à sa manière... Je... je pense que cet élan rouge s'est attaché à moi. Bien sûr, je ne le maîtrise pas et il pourrait à tout moment se choisir un autre maître.

Elle respira une grande goulée d'air. Le soleil commençait à descendre, dans le ciel. Il devait être vers deux ou trois heures de l'après-midi.

- Enfin bref, c'est compliqué à expliquer. Je comprendrais que tu n’aies pas tout saisi à mon charabia stupide !...

Elle n'avait pas autant parlé depuis la nuit qu'elle avait passé avec Frawël, environ deux ou trois mois plus tôt.




[Bah tu vois, moi c'est pas mieux... Wink]

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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Mer 15 Juin 2011, 11:31

La remarque de l'adolescente aux cheveux violet parut faire particulièrement d'effet sur Ombe, qui répondit aussitôt.

- Fëanor ne m'"obéit" pas comme un simple animal domestique... C'est vraiment autre chose. Et c'est une longue histoire...

Azrune ne put s'empêcher de sourire. Elle ne connaissait pas les chevaux, mais elle avait déjà eu l'occasion de côtoyer plusieurs autres animaux, et elle n'en avait jamais vu aucun obéir parfaitement, animal domestique ou pas. Le comportement de l'élan lui rappelait beaucoup celui des chevaux avec leur maître, mais elle se tut. D'abord parce qu'elle n'avait rien à dire d'intéressant, ensuite parce qu'elle aimait bien les histoires et que si elle avait au départ douté qu'Ombe s'ouvre réellement pour la lui raconter, au vu de son air plongé dans ses pensées, elle devina qu'elle allait y avoir droit, autant ne pas gâcher sa concentration.

- Quand j'avais une douzaine d'années, mon père voulu que je me choisisse une monture. Je ne sais pas pourquoi, mais il semblait craindre quelque chose, se préparer aux années de vagabondage qu'effectivement nous avons vécus par la suite. En effet, au départ nous vivions tous les trois, ma mère, mon père et moi...

La jeune fille eu une moue mi surprise, mi nostalgique. Comme elle n'entendait pas les gens lui raconter leur vie tous les quatre matins, ça lui faisait souvent bizarre de prendre conscience que tous le monde n'avait pas eu la même enfance qu'elle, certains avaient eu des parents auprès d'eux, de vrais parents, qui peut-être exercaient une activité plus en accord avec la personnalité de leur enfant. Enfin, si elle c'était lancée tôt et seule sur les routes, être à pieds ne l'avait jamais gênée, au contraire, même si elle devenait de plus en plus curieuse de ce que cela pouvait représenter d'avoir un cheval.

Bref, il voulait un animal endurant et qui puisse courir assez vite... et surtout... fidèle. Je sais, c'est plutôt étrange de penser ça pour "une bête", comme s'il possédait des sentiments... Mon père était proche des arbres et de la nature ; il connaissait pas mal d'animaux... Il savait, par expérience, qu'un animal sauvage qui acceptait un compagnon humain pouvait s'accrocher à lui durant toute sa vie, alors qu'un animal déjà domestiqué se contentait d'obéir à un maître, de suivre le mouvement, de servir. C'est pour cette raison qu'il ne m'a tout simplement pas présenté de cheval.

Grimace. Azrune savait depuis très longtemps que les animaux n'étaient pas des rochers, en plus de bouger, ils pensaient aussi, et avaient des sentiments, elle l'avait découvert avec les chiens et les chats de la ferme.

Pendant plusieurs jours, nous sommes tous les deux partis faire un petit voyage. Pas vraiment en quête d'un animal sauvage, non, mais plutôt pour réfléchir, pour chercher des réponses... Ca peut paraître bizarre qu'un père emmène sa fille âgée de douze ans à peine en pleine nature. Mais j'étais plutôt débrouillarde et lui... avait quelque chose de spécial. Je crois que ma mère, qui est Maître marchombre, lui disait qu'il pouvait devenir marchombre, mais il ne voulait pas. Il n'avait pas envie de faire partie d'une Guilde. Il avançait des prétextes du genre "je suis trop vieux", etc... Il voulait vivre uniquement avec nous et avec ses chers arbres.

Là, ça devenait intéressant. Elle ne savait pas que la mère d'Ombe était une Maître marchombre - normal - et elle se demandait pourquoi ce n'était pas elle aujourd'hui son Maître plutôt que Miss. Enfin, ça ne la regardait pas vraiment, et comme l'apprentie marchombre n'avait pas fini son récit, elle se tut. Elle se fit aussi la réflexion que 12 ans, ce n'est pas jeune, elle avait vécu plusieurs années dans les plateaux d'Astariul, autant dire qu'elle était débrouillarde.

Je ne me rappelle plus très bien comment, mais nous avons alors rencontré cet élan rouge, dans une prairie. Il était seul. Il semblait ne pas avoir peur des Hommes... Je l'ai choisi. Il m'a choisi. Mon père a bien insisté sur ce fait : "Tu comprendras qu'il ne sera jamais à toi. Qu'il est libre. Comme toi et moi. Toujours." Ces paroles sont restées gravées en lettres de feu dans ma mémoire de gosse. Plus tard, j'ai en effet compris. Fëanor était libre de partir s'il le désirait. Il est resté.

Azrune s'imprégnait de plus en plus du récit et se surprenait souvent à sourire. Elle-même avait découvert seule plusieurs des leçons que le père d'Ombe lui avait donné, particulièrement avec Wana, une chatte, sans doute l'animal avec qui Azrune avait noué le lien le plus fort jusqu'à aujourd'hui, même si la femelle, trop vieille, était restée à la ferme lorsque l'adolescente en était partie.

Plus tard, j'ai compris pourquoi, je ne sais plus comment. Avant notre rencontre, cet élan rouge avait eu un autre maître. Qui était mort. Triste -il est encore une fois question de sentiments -, l'animal s'est retiré dans la nature, mais n'approchait pas trop ses congénères. Il a du sentir l'amour que mon père portait à la nature... et qu'il me transmettait.

Cet animal n'est donc ni totalement sauvage, ni vraiment familier.


Cette fois, ce fut de la tristesse qui apparut sur le visage d'Azrune. Souvenirs. A la ferme, un homme était mort, un homme qui possédait un chien depuis que ce dernier était tout petit. La peine de l'animal avait vraiment été terrible, et lui faire passer le deuil de son maître avait faillit être impossible. C'était cette expérience qui lui avait fait le plus comprendre que finalement, les animaux n'étaient pas aussi différents des hommes que certains scientifiques veulent le faire croire. Quand on voit certains ivrognes, les animaux paraissent bien souvent plus intelligents!

- Tu te rappelles lorsque Miss tentait de nous ouvrir à ce qui nous entourait, de nous faire ressentir les objets, la nature ?

De nouveau, un sourire. Azrune entendait parler d'ouverture depuis probablement plus longtemps qu'Ombe, car c'était Sulla, sa première mentor, qui lui en avait parlé pour la première fois.

Depuis ce cours, j'ai l'impression de mieux comprendre Fëanor. Je crois qu'il possède des sentiments réels, mais aussi très différents de ceux des humains. Je pense qu'il est entre autres capable d'être triste ou joyeux... pas forcément de penser. Peut-être comme chaque être doué de vie, chacun à sa manière... Je... je pense que cet élan rouge s'est attaché à moi. Bien sûr, je ne le maîtrise pas et il pourrait à tout moment se choisir un autre maître.

A ça... L'adolescente comprenait très bien, chaque chose que Miss leur avait appris lui servait d'une façon ou d'une autre, mais c'était bien le but recherché, non?

- Enfin bref, c'est compliqué à expliquer. Je comprendrais que tu n’aies pas tout saisi à mon charabia stupide !...

Azrune haussa un sourcil, surprise, et se décida à ouvrir la bouche.

- Je ne trouve pas ça stupide. Je sais depuis longtemps que les animaux sont capables de sentiments. Quand j'étais petite, j'ai grandis dans une ferme. Un jour, un homme est mort, eh bien son chien, dont l'homme c'était occupé depuis qu'il était chiot, a faillit en mourir de tristesse, et je t'assure que tous les autres membres de la ferme ont du batailler pour qu'il reprenne goût à la vie. Ca montre bien que les animaux sont capable de s'attacher à nous, parfois plus qu'on le pense, et d'avoir des sentiments, même si dans d'autres cas, on a parfois du mal à comprendre ce qui les motive, voir on y arrive pas du tout!

Ayé, c'était repartit. Contrairement à Ombe, l'adolescente aux cheveux violets avaient peu de difficultés pour parler, raconter sa vie et ses expériences, du moment qu'elle y allait doucement pour ne pas être trop agacante!
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Mer 15 Juin 2011, 15:02

Ombe était reconnaissante envers Azrune. Pendant son récit, la jeune fille avait souvent sourit, plusieurs expressions avaient animé son visage, et même de la tristesse. Quand on y pense, nos passés à tous ne sont pas forcément si éloignés que ça... Il y a pleins de ressemblances, et ce sont ces ressemblances avec sa propre expérience qui ont du faire réagir ainsi Azrune.
Et surtout, l'apprentie n'avait en aucun moment interrompu Ombe.

Lorsque cette dernière eut terminé, sa compagne de route eut une moue étonnée et prit à son tour la parole. Ombe écouta Azrune avec la même attention que celle-ci l'avait écouté auparavant.

- Je ne trouve pas ça stupide. Je sais depuis longtemps que les animaux sont capables de sentiments. Quand j'étais petite, j'ai grandis dans une ferme. Un jour, un homme est mort, eh bien son chien, dont l'homme c'était occupé depuis qu'il était chiot, a faillit en mourir de tristesse, et je t'assure que tous les autres membres de la ferme ont du batailler pour qu'il reprenne goût à la vie.

Ombe acquiesça en silence. Si elle avait ajouté la dernière phrase, c'était parce qu'elle savait que certaines personnes ne la comprendraient pas si elle leur sortait ce même genre de discours. Elle se donna une claque mentale pour ne pas avoir rejeté l’hypothèse qu'Azrune ne faisait pas partie de ces gens. La jeune fille aux cheveux violets était elle aussi apprentie marchombre, après tout. Et elle progressait sur la Voie sans doute encore plus vite qu'Ombe.

- Ca montre bien que les animaux sont capables de s'attacher à nous, parfois plus qu'on le pense, et d'avoir des sentiments, même si dans d'autres cas, on a parfois du mal à comprendre ce qui les motive, voir on y arrive pas du tout !

Oui, elle était idiote, vraiment. En effet, Azrune savait bien que les animaux éprouvaient des sentiments. Et elle l'avait sûrement compris avant elle. Peut-être.

- Tu as raison. Ce que tu dis, je l'ai véritablement compris justement lors de mes douze ans, quand j'ai fait la connaissance de cet élan rouge. Cependant, il y a toujours des gens, même devenus adultes, qui ne comprennent pas ce genre de choses. Parfois, cela peut entraîner des conséquences graves...


Elle flatta l'encolure de Fëanor. Son poil roux était épais et soyeux. L'animal approuva la caresse d'un petit coup de tête.

- Il y a même des gens qui ne saisissent pas le fait que les hommes ont des sentiments. Ils ne font pas attention à leurs propres émotions... comme si elles n'existaient pas. Ils tentent de se persuader qu'elle n'existent pas. Et ils y parviennent...

Elle baissa la tête et continua plus bas, si bien qu'elle ne fut pas certaine qu'Azrune l'ait entendue.

- Arrivés à ce stade... Ils deviennent alors de véritables machines. A tuer. A faire souffrir. On pense qu'ils ont toujours été comme ça. Que ce sont des bêtes cruelles et sans pitié, qu'il faut les éradiquer. En fait, ce sont juste des hommes. La plupart du temps transformés en masse haineuse à cause d'une expérience de leur passé peu... agréable. Qui les a rendu fous.

Cependant, il est toujours possible de faire quelque chose pour eux. De leur faire accepter leur humanité et de les changer. Il faut alors énormément de patience, de confiance, et surtout ne pas flancher. Il faut essayer de ne pas prendre garde à la résistance qu'ils opposent. Et alors, ça peut marcher.


Ombe se tut. Elle se rendit compte qu'en disant ça, elle pensait à l'assassin de son père. Qu'est-ce qui avait animé ses intentions meurtrières ? Qu'est-ce qui l'avait poussé à la haine ? Elle repassa le fil de ses propres paroles en tête et comprit.
Quand elle aurait retrouvé ce mercenaire, elle ne le tuerai pas. Ou du moins, pas tout de suite, car elle n'était pas sûre de parvenir à le laisser en vie.
Elle lui poserai des questions.
Elle le questionnera jusqu’à obtenir des réponses.

Elle releva la tête. Elle ne s'était pas aperçue de l'émotion qui avait porté ses paroles. De la tournure qu'avait pris leur conversation. Elle espérait ne pas en avoir trop dit...

- C'est marrant, comment on s'est toutes les deux confiées l'une à l'au...

Elle ne finit pas sa phrase. Un grognement bruyant venait de retentir derrière elles. Un appel au repas. Une voix... presque humaine.
Un ogre.
Elle aurait du se poser plus de questions lorsqu'elle avait senti l'odeur de sang frais...
Elle se retourna d'un coup, tout en tirant son poignard de sa ceinture, alarmée. En même temps qu'Azrune, lui sembla-t-il.
Elle constata du même coup que ce n'était pas un ogre.

Mais trois.

- Désolée mes gros potes, on ne compte certainement pas vous servir de repas !

Lançant un clin d’œil à Azrune, Ombe se mit en garde, se préparant à se défendre.





[Dis le moi, si le nombre d'ogres ne te convient pas, je changerai ! Razz ]
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Mer 15 Juin 2011, 18:05

Azrune avait toujours eu beaucoup de plaisir à discuter avec les marchombres. Euh... Disons plutôt avec les apprentis, car elle avait rencontré une marchombre, une seule, qui ne lui avait pas vraiment laissé une bonne impression, profitant même d'une erreur de formulation de sa part pour ne pas révéler son nom

- Tu as raison. Ce que tu dis, je l'ai véritablement compris justement lors de mes douze ans, quand j'ai fait la connaissance de cet élan rouge. Cependant, il y a toujours des gens, même devenus adultes, qui ne comprennent pas ce genre de choses. Parfois, cela peut entraîner des conséquences graves...

Azrune, qui écoutait avec attention, hocha la tête. Pour elle, qui adorait la nature, s'intéresser aux animaux était naturel, mais elle avait vite compris que certaines personnes les considérait plus comme des objets que comme des êtres ayant des émotions. Dans certain cas, cela leur avait été fatal. Un défaut d'obéissance, une blessure négligée par mépris, un stress passé inaperçut...

Ombe passa sa main sur l'animal, et l'élan parut apprécier. Azrune sourit en le voyant, mais n'osa pas approcher.

- Il y a même des gens qui ne saisissent pas le fait que les hommes ont des sentiments. Ils ne font pas attention à leurs propres émotions... comme si elles n'existaient pas. Ils tentent de se persuader qu'elle n'existent pas. Et ils y parviennent...

L'apprentie marchombre baissa la tête pour continuer, si bas qu'une personne des villes à l'ouïe moins bonne qu'Azrune aurait pu ne pas entendre.

- Arrivés à ce stade... Ils deviennent alors de véritables machines. A tuer. A faire souffrir. On pense qu'ils ont toujours été comme ça. Que ce sont des bêtes cruelles et sans pitié, qu'il faut les éradiquer. En fait, ce sont juste des hommes. La plupart du temps transformés en masse haineuse à cause d'une expérience de leur passé peu... agréable. Qui les a rendu fous.

Cependant, il est toujours possible de faire quelque chose pour eux. De leur faire accepter leur humanité et de les changer. Il faut alors énormément de patience, de confiance, et surtout ne pas flancher. Il faut essayer de ne pas prendre garde à la résistance qu'ils opposent. Et alors, ça peut marcher.


L'adolescente aux cheveux violets ouvrit de grands yeux surpris au vu de la profondeur que prenait leur discussion. Déjà, quand ça concernait les animaux et leurs sentiments, c'était plutôt sérieux, mais ça devenait de plus en plus personnel. Azrune était presque sûr qu'Ombe parlait par rapport à quelque chose qu'elle avait vécu, elle le sentait dans sa façon de parler, dans son ton.

- C'est marrant, comment on s'est toutes les deux confiées l'une à l'au...

Un hurlement l'interrompit alors qu'Azrune, devinant la suite, s'apprêtait à approuver. Dans un même temps, les deux adolescentes se retournèrent et tirèrent leur poignard pour se trouver face à 3 ogres. L'apprentie marchombre retint un juron : tout à leur discussion, intéressante, elle en avait oublié la prudence la plus élémentaire. Pourtant, elle avait l'habitude d'être prudente, bien que la réputation des collines de Taj ne l'y aida pas, mais... Va savoir, elle avait du croire que l'élan rouge, au vu de son statut naturel de proie, les préviendrait en cas de danger, car elle savait que ces animaux, comme les prédateurs, possédaient des sens différents des leurs. Ou alors, du fait de rencontrer Ombe, elle c'était cru retourvée à l'Académie, qui sait. Quoi qu'il en soit, c'était un erreur.

L'attaque ne la démonta pas pour autant, tout comme Ombe, qui fut la première à le prouver :

- Désolée mes gros potes, on ne compte certainement pas vous servir de repas !

Les deux jeunes filles échangèrent un clin d'oeil avant de s'intéresser à leurs adversaires, qui déboulaient à toute allure vers elles. Azrune se rappela brièvement la présence de l'élan et, espérant qu'Ombe saurait le gérer dans cette situation sans doute peu évidente pour lui, tenta de dessiner.

Azrune était loin de maîtriser l'Art du dessin, mais elle savait posséder le don. Un peu, en tout cas. La dernière fois qu'elle avait réussi à l'utiliser - et qu'elle s'en était rappelée l'existence - c'était dans l'urgence, alors peut-être que cette fois aussi, ça marcherait... Non, finalement, elle ferait peut-être mieux d'attaquer plutôt que de perdre du temps et de l'attention à pénétrer une dimension qui lui était encore étrangère pour dessiner va savoir quoi. Qu'est-ce qui pourrait bien les aider contre les ogres et qui était à sa portée? Comme elle n'en savait rien, elle choisit d'esquiver celui qui arrivait vers elle en passant sur le côté, ouvrant au passage une plaie béante dans le flanc du monstre. Heureusement, la bestiole ne s'y attendait pas, sinon l'éviter et la blesser si facilement aurait sans doute été moins aisé.

Profitant des quelques secondes de répit que lui offrait son adversaire de dos, Azrune s'empressa d'y planter son poignard, s'en servit pour s'élever tandis que l'ogre hurlait de douleur. Elle délogea la lame et la planta dans le cou, à l'emplacement exacte de la colonne vertébrale. Le monstre s'écroula et l'adolescente sauta à nouveau pour éviter le choc tandis qu'un nuage de poussière s'élevait autour de lui. Azrune redressa la tête pour voir où en était Ombe. Elle eut tout juste le temps de l'aperçevoir qu'un ogre lui envoya son point dans les côtes, lui coupant le souffle et l'envoyant rouler quelques mètres plus loin. Lorsqu'elle toucha le sol, elle lâcha son poignard, parcouru encore un mètre avant de s'arrêter. Elle voulut se redresser malgré la douleur, mais ses poumons refusaient de laisser entrer l'air. Elle se traîna pour récupérer son poignard et constata avec soulagement et une pointe de honte que le monstre préféra s'en prendre à Ombe et à son élan, qui étaient plus près de lui. Azrune se concentra ensuite sur sa remise sur pieds, mais il lui fallut plusieurs bonnes dizaines de secondes pour y parvenir. Inquiète, elle s'intéressa à nouveau au combat, espérant que la jeune fille avait réussit à s'en sortir et prête à aller l'épauler.
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Mer 15 Juin 2011, 20:34

Bon. Ombe résuma rapidement la situation. Elles étaient deux apprenties marchombres, discutant tranquillement de sujets pas vraiment simples, quand tout à coup trois ogres surgissent. Trois ogres massifs, hauts de deux mètres cinquante environ, large d'un et des poussières, bien décidés à assouvir leur faim démesurée. Et grandissante à chaque seconde qui passait.

Ombe et Azrune avaient aussitôt saisi leurs poignards respectifs, mues par un réflexe commun. Un réflexe forgé par des années de voyages et de découvertes. Des voyages grâce auxquels elles avaient appris beaucoup. Entre autres, elles avaient acquis un sens aigu du danger et de la méfiance. Qui leur avait sauvé la vie bien des fois, pensa Ombe. Cette fois-là en était une de plus...

N'attendant pas que son adversaire arrive, la jeune marchombre se lança à sa rencontre, la lame de son poignard scintillant dans sa main. Elle ignorait tout du Don de Dessinatrice qu'Azrune possédait, et lorsqu'elle jeta un coup d’œil à son amie, elle se demanda brièvement pourquoi elle n'attaquait pas tout de suite. Elle voulait se faire réduire en charpie ou quoi ? Cependant, Ombe avait confiance en la jeune fille aux cheveux violets, et ne se préoccupant plus de son sort elle se mit à penser au sien. L'ogre était quand même beaucoup plus près qu'elle ne l'avait imaginé.
Impressionnant.
Malgré ses kilos de graisse, son adversaire possédait aussi des kilos de muscles et de... hauteur. La jeune fille dut s'avouer qu'il était impressionnant. Vraiment.
Elle doutait par contre que son cerveau pèse lourd.

Elle se baissa afin d'éviter l'énorme baffe qui aurait du l'envoyer vingt mètres plus loin, envoya son pied dans la jambe droite de l'ogre. Très fort. Vraiment très fort. Mais pas suffisamment. Alors que la montagne de muscles et de graisse tourna la tête dans un mouvement étonné, Ombe ressentit une énorme douleur au pied. Il était fait en béton, l'animal, c'était pas possible !
Poussant un léger grognement, l’apprentie décida de changer de tactique. Se faufilant sous les jambes du "monstre", elle se releva avec vivacité et plongea son arme dans sa colonne vertébrale, la descendit et la retira d'un coup sec, laissant une longue traînée brunâtre se répandre dans le dos massif de l'ogre. Il rugit de douleur mais ne tomba pas, au contraire.

Il se retourna avec une vitesse qu'Ombe n'aurait pas soupçonné et balança son poing vers Ombe, poing tellement énorme qu'il percuta le ventre et la poitrine de la jeune fille en même temps, la faisant reculer de trois mètres au moins. Le souffle coupé, elle se plia en deux, se tenant les côtes, et en profita pour observer de nouveau Azrune.

Elle retirait son poignard du cou du deuxième ogre, le sang aspergeant la tête du monstre tandis qu'il s'écroulait à terre.

Le premier géant se ruait de nouveau vers Ombe. On aurait dit qu'il l'avait prise en grippe !
La jeune apprentie roula sur le côté avec souplesse. Elle n’hésita pas une seconde et sauta derrière l'ogre, lacérant son dos et ses épaules de son poignard avec fureur, des flots de sang éclaboussant les deux combattants. Enfin, à bout de force, l’ogre finit par tomber à terre.

Malheureusement pour elle, Ombe n'eut pas le temps de souffler. Les actions s'enchaînèrent avec une vitesse folle. La marchombre vit Azrune rouler au sol à quelques mètres de son adversaire, le troisième ogre. Ouf, le dernier, pensa Ombe. Elle ravala tout de suite sa joie car le géant avait changé d'adversaire ; il laissa Azrune récupérer son poignard et se jeta sur l'apprentie aux yeux verts. Ombe évita de justesse l'attaque sauvage de l'ogre. Elle n'en pouvait plus. La sueur dégoulinait de son front et elle respirait mal. Elle n'avait pas encore bien l'habitude des combats de ce genre, et se rappeler qu'elle n'avait terminé que son premier cours vers la Voie finit de l'achever. Presque.
Elle ne comptait pas du tout finir comme ça. Et surtout pas maintenant.

L'ogre galopait vers elle à une allure folle. Ombe prit son poignard en main.
Elle observa la lame, brillante, déjà couverte de sang sombre. Le manche, confortable, un peu usé.
L'ogre n'était plus qu'à quelques mètres.
Elle ferma les yeux un quart de seconde. Pensa très fort. "Miss, il est temps de savoir si ton premier cours m'a vraiment appris quelque chose !" L'énergie de l'arme vibrait en elle. Elle la sentait. Un tout petit peu, mais elle la sentait. Telle une lueur au milieu de la nuit.
L'ogre était presque sur elle.
Deux mètres.
Elle ouvrit les yeux et lança le poignard.
Droit entre les deux salières, sous le cou.

Un gerbe de sang surgit, l'ogre hurla.
Ombe tomba à genoux.
L'ogre s'écroula.
Ombe poussa un énorme soupir de soulagement.

Soupir de soulagement qui se transforma en plainte lorsqu'elle aperçut le monstre se relever. Ca n'allait donc jamais finir ? Elle était vraiment à bout de force, et elle savait que son adversaire aussi. Sauf que lui résistait. Elle ne parvenait plus à bouger. Elle vit la mort foncer sur elle...

C'est alors qu'elle vit Azrune. La jeune apprentie s'était relevée et regardait le combat.
Pourvu qu'elle réagisse à temps...
Ombe n'eut pas le temps de crier, son amie avait déjà bougé.








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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Mer 15 Juin 2011, 21:47

    Ombe avait visiblement l'air épuisée. Azrune croisa son regard et compris que c'était à elle de jouer : sa camarade avait tout donné, elle était épuisée. D'accord, il n'empêche que la fille aux cheveux violets avait sérieusement dégusté ensuite, et qu'elle n'avait pas franchement l'habitude de recevoir des coups d'une telle force. Oui, mais personne ne lui avait demandé son avis, soit elle bougeait, soit l'ogre survivant, qui avait d'ailleurs l'air proche de s'effondrer malgré ses ultimes efforts, bouffait Ombe et la bouffait elle ensuite. Azrune était sûre que ce bestiaux en étant capable. En plus, plus longtemps durerait le combat, plus elle courait le risque que d'autres ogres arrivent.

    Allez, on se bouge, un petit effort que diable! D'accord, ses poumons la faisaient souffrir à chaque fois qu'elle respirait, mais rester planter là n'y changerait rien. Quoique...

    L'ogre se mit cependant en mouvement, ce qui finit de décider la jeune fille. La créature fit une chose tout à fait prévisible : foncer vers Ombe, la proie la plus proche de lui, et ausssi la plus désarmée vu que son poignard était toujours planté dans le cou du monstre, Azrune le repéra à ce moment là. Sans réfléchir, elle s'élança, sauf que la distance qui la séparait de la créature était plus longue que celle qui séparait la créature d'Ombe. Et elle était plus lente.

    Non non non! Une solution, vite! Un lancer? Vu les conditions et l'urgence, d'autant que sa cible bougeait et qu'elle était fatiguée, elle avait trop de chances de se rater. En plus, Ombe avait déjà essayé et ça n'avait pas marché aussi bien qu'elle le voulait, la preuve... Non, l'idéal, se serait un rocher. Un bon gros rocher, un moyen certes grossier mais dont l'efficacité n'était plus à prouver. Azrune continua sa course mais ne put s'empêcher de l'imaginer. Il serait énorme, de plusieurs tonnes, il fallait bien ça pour être sûr de venir à bout d'un ogre. Il partirait de haut, pour avoir plus de force, et atterirait sur sa tête au moment où il passerait dessous. Oui... Comme ça, parfait.

    Comme la dernière fois, le dessin prit tout à coup de la netteté. Comme la dernière fois, sans y penser, en le remarquant à peine, Azrune termina son dessin, ajusta quelques détails et, sans le vouloir, le fit pencher dans la réalité.

    L'ogre ne comprit pas ce qui lui arriva. Sans doute qu'il n'eut même pas le temps de se poser la question car, alors qu'il était à deux mètres de sa cible, une forme sombre tomba du ciel et l'écrasa sans préavis dans un vacarme agrémenté de craquements peu râgoutants tandis qu'un nuage de poussière s'élevait autour de la scène, dissimulant le résultat aux deux spectatrices humaines. En voyant cela, Azrune fut à nouveau surprise, mais cette fois, elle se reprit plus vite. Elle freina pour ne pas rentrer dans sa création et bifurqua vers Ombe, espérant que l'expérience ne la choquerait pas trop. Après tout, à sa connaissance, il n'y avait pas tant de personnes que ça qui pouvaient dessiner ce genre de chose.

      - Ca va? S'inquiéta Azrune en se penchant vers sa camarade. Tu es blessée?
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Jeu 16 Juin 2011, 17:56

Sa camarade n'était visiblement pas encore bien remise de sa précédente confrontation avec les deux ogres, et Ombe espéra qu'elle ne lui en demandait pas trop... Elle avait quand même l'impression qu'Azrune était un peu plus en forme, et surtout, elle était en meilleure position.
Par contre, attaquer un ogre en furie qui fonçait vers sa proie n'était pour le moins pas chose facile. Ombe voyait Azrune hésiter ; l'apprentie aux cheveux violets réfléchissait sûrement à un bon moyen d'arrêter cette montagne de fureur. Ce n'était pas évident.

Elle commença à courir vers l'ogre, mais ce dernier allait trop vite, il était de nouveau presque sur Ombe... qui était allongée au sol, le souffle coupé, dans l'impossibilité de bouger. Azrune posa un bref instant sa main sur le manche de son poignard, mais elle dut penser que ce n'était pas une bonne idée car elle se ravisa aussitôt. Continuant sa course derrière l'ogre, la jeune fille paraissait en proie à une intense réflexion. Durant une fraction de seconde, Ombe crut sentir l'air se troubler. Quelque chose d'imprévu semblait arriver...

Comme par magie, un énorme rocher noir apparut dans le ciel. Ombe crut rêver. Elle écarquilla ses yeux verts, stupéfaite. Elle le fut encore plus lorsqu'elle vit l'immense masse tomber en direction de l'ogre.

- Aaah !

Si elle n'avait pas eu vraiment peur, et surtout si la surprise n'avait pas été vraie, la jeune apprentie se serait sentie complètement idiote à crier comme ça, alors que le rocher était destiné au géant et pas à elle. Mais la stupeur l'avait prise de cours, elle n'avait pas pu s'empêcher de pousser un cri.

Cependant, l'ogre n'était qu'à deux mètres d'elle, et elle dut s'écarter sans s'en rendre compte pour ne pas se voir aplatir la tronche. Apparemment, un danger extrême faisait réagir le corps avant l'esprit ! Alors, si Azrune ne l'avait pas sauvé, elle se serait écartée aussi à temps ? Oui, mais ça n'aurait rien changé, car l'ogre aurait quand même poursuivit la jeune fille...

L'énorme pierre s’abattit sur le crâne de l'ogre avec un bruit sourd. Elle devait bien peser plusieurs tonnes ! Le géant s'aplatit au sol, complètement assommé. Une nué de sang et de... cervelle giclant autour de lui, Ombe ne put réprimer un haut-le-cœur. Un nuage de poussière entourait le corps en miette de leur adversaire, il se dissipa peu à peu, et Ombe détourna les yeux face à l'horreur de l'ogre en charpie. Au moins, il était bien cloué au sol...

Ombe repensa alors au rocher surgit du néant. Était-ce Azrune qui l'avait fait apparaître ? L'apprentie avait déjà entendu quelque chose là-dessus lui semblait-elle... Les Dessinateurs ! Ils avaient le pouvoir de rendre réel ce qu'il imaginaient. Ombe se rappelait maintenant. Elle avait souvent vu, dans les caravanes qu'elle avait croisées, des hommes allumer un feu rien qu'en l'imaginant. Mais ce n'était pas aussi spectaculaire que le tour de passe-passe d'Azrune...

L'adolescente aux cheveux violets se pencha d'un air inquiet vers Ombe, qui ne s'était toujours pas relevée.

- Ca va? Tu es blessée?

Ombe se releva du mieux qu'elle put.

- Oui à la première question, non à la seconde. Tout va bien, merci.
Enfin... je suis certaine de garder de nombreux bleus pendant plusieurs semaines...
, ajouta-t-elle en souriant.

Elle toussa un peu, respira un grand bol d'air pur. Un mince filet de sang coulait de sa bouche, suite au puissant coup que l'ogre lui avait envoyé dans la poitrine. Mais c'était superficiel.

- Et toi ? Tu n'es pas trop... secouée ?

Elle s'empressa d'ajouter, une lueur reconnaissante dans les yeux :

- Je... Merci. Merci beaucoup de m'avoir sauvée. Je te dois la vie...

Quelques secondes passèrent, puis elle demanda avec curiosité :

- Tu es... Dessinatrice ? Ce rocher m'a vraiment surprise...

Pourtant, elle croyait que la Voie des Marchombres et celle des Dessinateurs ne pouvaient pas se suivre ensembles...

Réalisant qu'elle disait trop de choses à la fois, la jeune apprentie se tut, attendant les réponses d'Azrune.



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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Jeu 16 Juin 2011, 18:42

Alors que le rocher basculait dans la réalité, Azrune entendit un cri, dont l'origine était simple à déterminer. Ce n'était sûrement pas un son qu'un ogre pouvait produire, il devait donc provenir d'Ombe. Elle n'y fit pas attention, plus préoccupée par la masse qu'elle venait de faire apparaître et par la vérification qu'il allait bien écraser l'ogre, de préférence sans toucher à Ombe. Evidemment, elle avait prévu dans son dessin qu'il s'écrase à au moins un mètre de son amie, mais bon, comme elle ne contrôlait pas franchement son don... Heureusement, tout se déroula bien, même si, lorsqu'Azrune vint s'assurer que sa camarade allait bien, elle eu la nette impression qu'elle avait changé de place entre temps. A sa question, Ombe se redressa tant bien que mal.

- Oui à la première question, non à la seconde. Tout va bien, merci. Enfin... je suis certaine de garder de nombreux bleus pendant plusieurs semaines...

Azrune sourit. Elle s'inquiéta en voyant du sang couler, mais eu vite fait en voyant la jeune fille de comprendre que c'était superficiel, comme elle lorsque l'ogre lui avait envoyé le... la... l'enclume qui lui servait de poing dans les côtes.

- Moi aussi mon corps risque de garder les marques de cet affrontement pendant un certain temps!

Elle pensait tout particulièrement à ses côtes, toujours douloureuses lorsqu'elle respirait, même si ses poumons ne paraissaient pas avoir été touché. Vive les os et leur solidité! La poussière qui retombait lentement de l'aidait pas et ajoutait un côté désagréable, si bien que l'apprentie marchombre s'empressa de la dissiper du mieux qu'elle pu d'un geste de la main.

- Et toi ? Tu n'es pas trop... secouée ?

En repensant au vol plané qu'elle venait de faire, Azrune ne put s'empêcher de sourire.

- Disons que pendant quelques secondes, j'ai appris à voler, mais à part ça, ça va.

Son ton amusé indiquait qu'Azrune ne considérait pas vraiment sa mésaventure comme un vol digne de se nom. Traverser les airs avec l'élégance d'un sac de patates aurait mieux convenu pour décrire ses acrobaties aériennes, et involontaires en plus.

- Je... Merci. Merci beaucoup de m'avoir sauvée. Je te dois la vie...

On lisait la reconnaissance dans le regard d'Ombe, et Azrune se sentie gênée. Là où elle avait grandit, s'épauler était normal, et sans être modeste, elle avait toujours refusé l'excès de reconnaissance des gens qu'elle avait aidé.

- C'est rien, c'est normal, et puis tu aurais fait pareil pour moi...

Elle ne connaissait pas Ombe, pourtant elle n'avait pas dit ça à la légère. C'était peut-être de la naïveté, mais elle était certaine que n'importe quel élève de leur groupe aurait fait pareil qu'elle.

- Tu es... Dessinatrice ? Ce rocher m'a vraiment surprise...

La curiosité dans son ton, si semblable à celle qu'on sentait parfois chez Azrune, la ramena à la réalité. Elle ouvrit de grand yeux avant d'éclater de rire.

- Moi, une dessinatrice? Je possède un don, c'est indéniable, mais entre nous, je ne le maîtrise pas beaucoup, sauf dans les situations comme celle-ci. D'ailleurs, si tu pouvais garder ça pour toi... Pas que j'en ai honte, même si j'ai entendu dire que la voie des marchombres et du dessin se mêlaient rarement, mais j'ai pas envie qu'on se méprenne sur ma maîtrise et mon niveau.

Après tout, les rumeurs se répandaient et se déformaient si facilement... Certes, Azrune doutait que les marchombres, même les apprenties, soient trop du genre à mal interpréter ce genre de chose, il n'empêche qu'il y a des choses dont, parfois sans vraiment savoir pourquoi, on n'a pas envie qu'elles se sachent. D'abord parce qu'il est préférable de ne pas crier ses qualités et ses atouts sur tous les toits quand on veut survivre, ensuite et simplement parce qu'Azrune, aussi curieuse et bavarde qu'elle soit, préférait choisir à qui elle rélévait des choses sur elles mêmes. Suivant cela, elle n'aimait pas trop que quelqu'un d'autre parle d'elle à une autre personne dans des termes autres qu'élogieux ou parce qu'elle ne l'aimait pas, même si cela partait d'une bonne intention.
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Lun 20 Juin 2011, 18:51

[S'cuse pour le temps de réponse et la qualité assez moyenne ^^' Et au fait, les Ogres c'est dans les Plateaux d'Astariul qu'ils vivent, mais bon...]


- Moi aussi mon corps risque de garder les marques de cet affrontement pendant un certain temps !

En effet, Ombe avait aperçu de loin le combat d'Azrune, et cette dernière avait encaissé pas mal de coups durs ! D'ailleurs, elle devait être plutôt solide pour arriver à tenir encore debout. La jeune marchombre aux yeux verts avait néanmoins l'impression que cette mésaventure allait les rapprocher l'une de l'autre, et elle sentit qu'Azrune allait peut-être devenir sa première amie à l'Académie. La jeune apprentie aux cheveux violets lui était devenue vraiment sympathique. A ces pensées, Ombe eut un demi sourire. Elles s'en étaient quand même bien tirées !

- Disons que pendant quelques secondes, j'ai appris à voler, mais à part ça, ça va.

Le ton moqueur qui accompagnait la réplique fit de nouveau sourire l'apprentie, mais cette fois franchement, et une lueur amusée illumina ses iris verts. En même temps, on pouvait prendre tout aussi bien la remarque de sa camarade au sérieux. Ombe savait que ce combat avec les ogres pouvait réellement être une étape sur la Voie... pour apprendre à voler. Parce qu'elles avaient affronté deux ogres - Ogre : montagne de muscles, de chair et de graisse aux poings aussi gros que des rochers et dévorant de"moultes" proies tout le long de la journée - ; parce qu'elles les avaient combattu à deux, donc en équipe, ce qui était important à savoir faire ; et parce que cet affrontement les avaient, en quelques sortes, faites évoluer.

- C'est rien, c'est normal, et puis tu aurais fait pareil pour moi...

Ombe voyait bien qu'Azrune était gênée, et elle faillit lui dire qu'elle n'avait pas à l'être, mais s'abstint. Bien sûr que son amie le savait, mais on ne contrôle pas les émotions comme ça... Et puis, elle avait raison. N'importe quel autre marchombre ou personne assez courageuse aurait fait la même chose. N'empêche que là, c'était elle qui était là, et pas n'importe quelle autre personne.

Lorsqu'elle posa sa dernière question, Ombe vit Azrune afficher un véritable étonnement et éclater d'un rire sincère, ce qui la surprit un peu. Ben quoi ? Elle l'avait bien dessiné ce rocher, non ?

- Moi, une dessinatrice? Je possède un don, c'est indéniable, mais entre nous, je ne le maîtrise pas beaucoup, sauf dans les situations comme celle-ci. D'ailleurs, si tu pouvais garder ça pour toi... Pas que j'en ai honte, même si j'ai entendu dire que la voie des marchombres et du dessin se mêlaient rarement, mais j'ai pas envie qu'on se méprenne sur ma maîtrise et mon niveau.

Ombe aquiesca gravement. Elle ne s'était pas trompée : la Voie du Dessin et celle des Marchombres ne pouvaient pas vraiment se côtoyer dans une même personne. Elle s'avoua que cela la rassurait, car l'idée d'un marchombre dessinateur lui était assez étrange. Pourtant, elle connaissait les Mentaïs, ces Mercenaires du Chaos légendaires qui maitrisaient le Don du Dessin ; Frawël lui en avait parlé et avait ajouté qu'ils étaient en général les plus dangereux. La jeune fille frissonna en pensant à eux. Elle n'aimait pas du tout l'idée de leur existence, et encore moins celle que si ça trouvait, elle en rencontrerait un, un jour...

- Si je pouvais garder quoi pour moi ? , fit mine d'interroger Ombe, levant un sourcil pour mimer l'étonnée. Elle promit mentalement à Azrune qu'elle ne dirait rien à personne. Elle comprenait parfaitement son choix et le respectait.

Elle se détourna d'Azrune et se dirigea vers l'ogre étalé par terre dans un nuage de sang brunâtre, et retira d'un coup sec son poignard du cou du monstre, faisant gicler encore une bonne dose de liquide qu'elle évita d'un bond en arrière. De toutes façons, ses vêtements étaient déjà tachés de sang collant et de poussière épaisse...

Elle arracha ensuite quelques longues herbes pour essuyer l'arme, avant que le sang ne sèche et ne fasse devenir la lame inutilisable, puis elle les jeta au sol et glissa son poignard dans sa ceinture.

- Bon, on devrait peut-être trouver une rivière ou un truc dans le genre pour se rafraîchir et laver nos vêtements... de la poussière. Pour le sang, c'est foutu, il ne partira pas. On n'a plus qu'à dire adieu à nos fringues..., soupira la jeune marchombre.

S’agrippant à la grande corne droite de Fëanor, elle sauta sur son dos avec souplesse, bien qu'elle ressentait encore des douleurs aux endroits où les ogres l'avait touché. Elle le caressa un peu entre les oreilles puis se tourna vers son amie :

- Tu viens ?

Elle lui tendit la main, l'invitant à monter.

- Il est d'accord pour nous servir de monture à toutes les deux, dit-elle avec un clin d’œil. Je sais que tu n'aimes pas trop l'idée qu'il serve de cheval, et je pense que tu ne vas pas dans la même direction que moi, mais on peut déjà trouver un point d'eau.

Une heure devait déjà être passé, Ombe estima donc qu'il était environ seize heures, le soleil tapait assez fort, et le vent tiède qui passait faisait du bien.
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Lun 20 Juin 2011, 22:02

Azrune fut heureuse de voir qu'elle réussit à faire sourire, et même à amuser sa camarade. C'était le but recherché. Elle avait compris depuis longtemps qu'elle était particulièrement sensible à l'humeur des autres, si bien qu'elle préférait de loin les voir heureux. Ainsi, elle l'était aussi. Ca pouvait paraître étrange, mais c'était comme ça, la jeune fille aux cheveux violets avaient un côté empathique prononcé. En tout cas, cet évènement allait probablement les rapprocher, d'abord au vu de ce qu'Ombe lui avait confié - parce qu'il fallait être honnête, Azrune l'avait bouclée pour une fois pour écouter l'apprentie marchombre - et ensuite par le combat. Et puis sauver une vie, ça peut prendre des proportions étonnantes selon les gens. Enfin, avec un peu de chance, avec Ombe, l'évènement ne prendrait pas plus d'importance qu'il n'en méritait.

- Si je pouvais garder quoi pour moi ?

Au départ, Azrune ne comprit pas et fronça les sourcils, pensant qu'Ombe avait mal compris ou se fichait d'elle. Et puis l'évidence s'imposait : c'était une façon de lui dire que c'était d'accord, qu'elle pouvait compter sur elle, cela se lisait dans son regard. Aussitôt, l'adolescente lui adressa un sourire lumineux, comme pour s'excuser d'avoir pu douter.

- Bon, on devrait peut-être trouver une rivière ou un truc dans le genre pour se rafraîchir et laver nos vêtements... de la poussière. Pour le sang, c'est foutu, il ne partira pas. On n'a plus qu'à dire adieu à nos fringues...

Azrune poussa un soupir à cette idée. Elle n'était pas pauvre, et racheter des vêtements ne lui poserait pas trop de problèmes, mais elle était attachée à ceux là et s'y sentait bien. Dommage... Elle était trop sentimentale, s'attacher à des objets, vraiment... Elle n'avait qu'à en prendre des biens, de nouveaux vêtements!

Ombe, de son côté, se hissa souplement sur l'élan rouge qui, étrangement, n'avait pas fuit à l'attaque des ogres. Azrune ne put qu'admirer son aisance. Elle n'osait même pas imaginer ce que ça donnerait si elle essayait, elle n'avait jamais monté...

- Tu viens ?

Et elle lui tendit la main, l'invitant ainsi clairement à monter à son tour. Azrune en resta bouche-bée et se désigna inutilement du doigts comme pour dire "Moi?!". Plus idiot, tu meurs...

- Il est d'accord pour nous servir de monture à toutes les deux. Je sais que tu n'aimes pas trop l'idée qu'il serve de cheval, et je pense que tu ne vas pas dans la même direction que moi, mais on peut déjà trouver un point d'eau.

L'adolescente fit la moue. D'accord pour l'accompagner au point d'eau, aucun problème même, en plus le risque de croiser de nouveaux ogres n'était pas absent, mais bon... Elle sentait encore des douleurs dans ses côtes et préférait éviter de se couvrir de ridicule en tentant de monter devant Ombe. En plus, à coup sûr, l'animal allait finir par se lasser et la planter sur place. D'un autre côté, elle ne voulait pas offusquer l'apprentie marchombre.

- Si ça ne vous gêne pas, je préfère marcher. Après un tel combat, il vaut mieux marcher un peu avant de se reposer, pour laisser à notre corps le temps de se tranquillisé, et ça me stressera d'être immobile là-haut...

Ca la stressera tout court d'être sur un tel animal, où elle ne saura pas comment descendre, quand, bref, où elle serait entièrement dépendante des conseils d'Ombe. Elle l'aimait bien, et elle savait qu'elle pouvait avoir confiance, mais ce n'était pas une raison. Quitte à découvrir les sensations d'une chevauchée, elle préférait que se soit dans d'autres conditions. Elle sourit puis se mit en marche tout en faisant signe à Ombe de la suivre et en s'expliquant :

- Je suis passée près d'un court d'eau pas loin de là, je l'ai entendu. Je pense que c'est mieux d'en chercher un au hasard.
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Mar 28 Juin 2011, 16:27


Apparemment, sa camarade ne semblait pas très à l'aise face à l'élan rouge, et Ombe se maudit de ne pas y avoir pensé plus tôt. Elle, elle connaissait bien Fëanor, il était un compagnon très précieux et de longue date... mais beaucoup de gens, en voyant cet animal si peu ordinaire et normalement sauvage, étaient intimidés, n’osaient pas s'approcher ou éprouvaient simplement de la pure curiosité. L'apprentie ne connaissait qu'une seule personne ayant montré de l'indifférence face à l'élan : Frawël. Le marchombre semblait ne jamais s'étonner de rien, comme si tout était possible.

Aussi, quand Ombe proposa à Azrune de monter sur l'animal, la jeune fille aux cheveux violets parut vraiment étonnée de cette invitation ; et comme l'apprentie aux yeux verts continuait de parler, elle vit son amie hésiter, emplie d’appréhension.

- Si ça ne vous gêne pas, je préfère marcher. Après un tel combat, il vaut mieux marcher un peu avant de se reposer, pour laisser à notre corps le temps de se tranquilliser, et ça me stressera d'être immobile là-haut...

Ombe ouvrit de grands yeux quand elle comprit que sa compagne de route avait peur de l'offenser en refusant de chevaucher Fëanor, et elle ne put s'empêcher de laisser s'échapper un petit rire. De plus, elle s'aperçut du "vous" de l'apprentie, comme si elle s'adressait aussi à l'élan rouge. "Apparemment, elle est consciente du fait qu'il peut la comprendre, mais elle pense que lui aussi pourrait lui en vouloir de refuser la chevauchée !"

Ombe demanda à Fëanor de reprendre la marche au pas en le grattant doucement sous l'encolure, et tout en suivant Azrune, elle lui lança d'une voix calme :

- Tu sais, c'était juste une proposition, hein... Je m'en fiche si tu l'acceptait ou pas.

En disant cela, elle se rendit compte que la jeune fille pouvait mal l'interpréter, pensant non pas qu'Ombe voulait s'excuser et lui dire que ce n'était pas grave, mais qu'elle se fichait vraiment des décisions d'Azrune, alors elle s'empressa d'ajouter :

- Je veux dire, tu ne m'as pas du tout froissée en refusant...

Elle savait qu'elle s'expliquait très mal, et espéra que son amie comprendrait.

- Je suis passée près d'un court d'eau pas loin de là, je l'ai entendu. Je pense que c'est mieux d'en chercher un au hasard.

L'apprentie aux yeux verts acquiesça en silence, et ferma les yeux un instant, pour mieux savourer ce qui l'entourait, le bruit des sabots claquant sur la terre, le contact des poils roux et soyeux sous ses mains, sa propre respiration et celle d'Azrune, qu'elle arrivait à entendre grâce au silence qui les enveloppait. L’après-midi avançait au fur et à mesure de leur progression, et l'air se faisait plus frais, ce qui était très agréable. Cependant, Ombe avait encore assez chaud et mal aux articulations pour désirer un bon bain rafraîchissant dans une rivière. Elle frissonna de plaisir suite à cette idée, et fit accélérer légèrement l'élan rouge sans s'en rendre compte.

.§.

Environ une demi-heure plus tard, les deux jeunes filles pénètrent dans un petit bois de feuillus, et entendirent le bruit attirant de l'eau glougloutant sur des galets. Elles aperçurent alors une magnifique cascade dévalant d'entre des gros rochers blancs et ocres, et se poursuivant en fin cours d'eau entre les arbres, dont l'ombre fraîche enveloppait les apprenties.

Ombe sauta de sa monture et s'avança devant le cours d'eau qu'elle observa un moment avant de crier à Azrune, afin de couvrir l'épais grondement de la cascade :

- C'est beau, non ? Moi, ça me donne envie de me baigner !

Sans attendre la réponse de sa camarade, elle s'assit sur une grosse pierre et commença à enlever ses bottes de cuir, pendant que Fëanor s'abreuvait goulûment à la rivière. "En fait, lui aussi s'en est bien tiré, du combat avec les ogres, pensa-t-elle. Il aurait pu y passer, pendant qu'on se battait ! Heureusement, il n'a rien." Ensuite, elle défit sa ceinture, qu'elle plaça à proximité pour pouvoir se saisir de son poignard si besoin était, enleva ses habits, ne gardant que les sous-vêtements, et s'avança doucement dans l'eau, les pieds contre les galets, prenant garde à ne pas glisser sur l'un deux.

Elle frissonna lorsqu'elle sentit la morsure de l'eau, glacée, mais s'obstina à avancer. Comme le niveau de la rivière ne lui arrivait qu'aux genoux, elle dut s'assoir dans l'eau pour en être recouverte jusqu'aux bras. Elle s’habituait peu à peu au froid, et quand elle l'accepta complètement, elle se releva et s'avança vers la cascade, traversant des minuscules gerbes d'eau blanche coulant entre des pierres plus hautes que d'autres.

Heureusement, la cascade n'était pas très grosse, et le courant pas très fort, car sinon la jeune apprentie se serait écroulée lorsqu'elle entra sous le jet d'eau. D'abord un peu poussée vers le bas, elle lutta contre la force de la cascade puis triompha. L'eau bienfaitrice dégoulinait sur ses épaules, ses bras, sa poitrine, ses jambes, effaçant ses douleurs physiques. Et mentales.

Elle jeta un coup d’œil vers Azrune pour voir si elle aussi était entrée dans l'eau, puis commença la gestuelle marchombre. Sous la cascade. Mains tendues vers le bas. Inspiration. Mains tendues vers le haut. Expiration. Recommencement. A l'infini. En même temps que l'eau glacée, la gestuelle lavait sa fatigue et ses douleurs. Le vide l'emplit, mais pas un vide de rien, non, un vide de calme.

J'oublie notre combat avec les ogres.
J'oublie mes peines.
J'oublie mes douleurs.
J'oublie ma haine.
Je suis moi.


Je suis marchombre.

Qu'est-ce qu'elle se sentait bien...

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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Mar 28 Juin 2011, 17:39

Visiblement, le refus, ou sa façon de le présenter, pris Ombe au dépourvu parce qu'elle ouvrit de grand yeux avant de lâcher un petit rire.

- Tu sais, c'était juste une proposition, hein... Je m'en fiche si tu l'acceptait ou pas.

Azrune haussa un sourcil. Elle se doutait bien que la jeune fille ne se fichait pas d'elle, sinon elle ne lui aurait pas proposé de monter, mais elle n'avait pas bien formulé sa phrase qui, de rassurante, prenait une toute autre tournure. Si l'adolescente aux cheveux violets avait été moins fine, elle se serait sans doute vexée, et d'ailleurs, elle n'était pas loin de l'être, mais pour repousser ce sentiment, elle s'enquit d'un sourire moqueur lorsque Ombe se reprit, consciente qu'elle c'était plutôt mal débrouillée pour faire passer son message.

- Je veux dire, tu ne m'as pas du tout froissée en refusant...

L'apprentie marchombre hocha la tête. Ca, c'était déjà plus compréhensible. Malgré elle, elle ne put s'empêcher de s'expliquer. La bavarde refait surface! Ou, comme a dit va-savoir-qui, chassez le naturel et il revient au galop. Là, en locurence, il a été chassé par des ogres.

- Je ne m'en inquiète pas trop, je me doute bien que tu aurais compris, je crois que c'était plus pour me rassurer moi-même. Figure-toi que je ne suis jamais montée sur un animal de ma vie, alors si je n'ai jamais essayé avec un cheval, animal pourtant principalement domestiqué pour, je n'ose même pas imaginer ce que ça donnerait avec un élan... Et je n'ai pas franchement envie de me couvrir de ridicule. En plus, tu sais, après un effort, il vaut mieux s'échauffer pour ne pas avoir de courbatures. Et là, comme on s'est lancées dans l'action sans préavis, je préfère que mon corps se repose doucement plutôt que de m'arrêter brutalement, tu comprend?

Bon... A quoi ça servait de s'éviter le ridicule visible si elle se ridiculisait elle-même en racontant pourquoi elle avait refusé? D'un autre côté, c'est vrai que ça ne la gênait pas vraiment. Dire ce qu'elle pensait avait toujours été dans la nature d'Azrune, d'une façon ou d'une autre, que se soit en parlant ou en lançant des regards lourds de sens. Elle n'aurait jamais pensé à mentir, et n'en voyait d'ailleurs pas l'utilité. Parler quand elle en avait envie, c'était elle, tout simplement.

Durant le trajet, Azrune se tut pour faire ce qu'elle avait annoncé, se reposer en marchant, et aussi parce que quand on est à ce point amoureux de la nature comme elle, on se doit de profiter des paysages qui nous sont offerts. Et les collines de Taj, par leur réputation, jouaient donc d'un aura particulière. Unique, comme chaque lieu qu'elle avait rencontré. Certes, d'autres étaient plus beaux, plus mystérieux, mais les collines étaient naturelles elles aussi, et donc avaient leur part de beauté magique, souvent plus difficile à percevoir, mais présente. Et puis en même temps qu'elle en profitait, Azrune était vigilante, car elle doutait que la population d'ogres des environs se limite aux trois qu'elles venaient de tuer, aussi surveillait-elle les environs en cas de possible seconde attaque. En plus, le sang sur leurs vêtements, que même elle sentait, n'arrangeait nullement leur cas.

Elles finirent par arriver, assez rapidement en fait, à la dite source d'eau, une cascade en fait. Azrune sourit devant ce spectacle, un de ceux qu'elle préférait dans la nature. Ombe, elle, sauta à terre et observa un instant elle aussi avant de hurler, pour se faire entendre malgré le fracas de l'eau :

- C'est beau, non ? Moi, ça me donne envie de me baigner !

Le sourire qui revint sur le visage de l'adolescente aux cheveux violets se mua en grimace. Syndrell! Elle l'avait complètement oubliée, oublié sa promesse de lui écrire. Quelle cloche! D'un autre côté, elle n'avait pas précisé qu'elle devait lui écrire quelques jours seulement après leur rencontre, mais quand même... Syndrell, blessée au corps et, visiblement, à l'âme. Syndrell qui, comme Ombe venait de le faire, lui avait proposé une baignade lorsqu'elles étaient devant le lac Chen.

Azrune resta immobile quelques instant, à recasser ses souvenirs, puis elle leva les yeux vers Ombe, en sous-vêtements, qui affrontait le courant de la cascade. Nouveaux souvenirs. Lors de son premier entraînement marchombre, celui avec Sulla et non avec Miss, leur mentor leur avait ordonné, à elle et aux autres élèves, de se mettre nue pour entrer dans une rivière en furie et tenter de résister, non, de comprendre le courant pour qu'il ne les emporte pas. Azrune n'avait pas franchement réussit malgré ses quelques essais, et depuis, si elle c'était remémorée ce moment, elle n'avait jamais retenté l'expérience et rarement songé à le faire. Pourtant, elle était sûre que c'était lié à l'ouverture dont Sulla, avant son premier cours, lui avait parlé, dont Miss leur avait parlé, dont une marchombre anonyme lui avait parlé aussi. Cette chose qui semblait être essentielle chez les marchombres, elle l'avait depuis longtemps compris et intégré.

Ombe n'était pas en train de dompter la cascade, du moins pas de la même manière qu'Azrune avait tenté de le faire avec la rivière, la puissance des deux n'était pas comparable, mais était tout de même assez proche pour que l'apprentie marchombre fasse le lien. Elle hocha les épaules et, repoussant les souvenirs, se concentra plutôt sur le présent, à savoir allait-elle se baigner oui ou non?

Finalement, la chaleur eu raison d'elle. Et puis si elle n'était pas franchement bonne nageuse, Azrune avait toujours aimé l'eau. Elle se déshabilla donc, totalement elle - pourquoi mouiller ses vêtements - et entra à son tour dans l'eau. Sans doute qu'en présence d'un garçon, elle aurait plutôt fait comme Ombe, mais son expérience de la rivière avec Sulla lui avait apprit à ne pas avoir honte de son corps. Et au final, quelle différence faisait quelques bouts de tissu en plus hein? C'était toujours ça de plus de sec quand elle reviendrait. Azrune entra donc dans l'eau, doucement contrairement à sa baignade avec Syndrell parce qu'elle pressentait que s'immerger entièrement et brutalement n'était pas bon. Elle rejoind ensuite Ombe à la cascade et s'aperçut avec surprise mais avec le sourire qu'elle effectuait la gestuelle marchombre.

Certaines choses sont si évidentes qu'on ne prend même pas le temps d'y réfléchir. Azrune se plaça sous la cascade aux côtés de sa camarade, tenta de s'ouvrir à l'eau et à sa force, puis elle imita son amie et se lança dans la gestuelle marchombre, qu'elle avait toujours beaucoup mieux réussit en présence de quelqu'un que seule. Automatiquement, ses mouvements se calquèrent sur ceux de l'autre novice marchombre et le coeur de la cascade devint aussi un coeur de calme, de sereinité et de respiration.

D'harmonie.

Finalement, elles s'arrêtèrent. Azrune s'étira et continua de rester sous la cascade, tentant toujours plus de s'ouvrir à ce qui l'entourait tout en hurlant à l'attention d'Ombe :

- S'apaiser dans un chaos de forces, y'a que ça de vrai!

A vrai dire, elle avait conscience que sa phrase était un peu bizarre, même elle ne la comprenait pas totalement, mais même si elle plaisantait un peu en le disant, elle était ausssi sincère : ce qu'elle venait de faire était sans doute un moyen idéal de continuer à progresser.
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Ven 01 Juil 2011, 20:25

La tirade de la jeune fille aux cheveux violets arracha un sourire à Ombe, qui se mua rapidement en un petit rire. C'était donc ça ! Azrune avait simplement peur d'être ridicule. L'apprentie espéra que son rire n'allait pas vexer sa camarade, qu'elle comprendrait que ce n'était pas un synonyme de moquerie mais de soulagement et de joie purs. Et puis, ses autres arguments tenaient bons, et Ombe s'avoua qu'Azrune avait raison : si l'on pouvait éviter les courbatures et reprendre sa respiration tranquillement, c'était quelque chose de bénéfique !

Cependant, la jeune marchombre se garda de préciser à sa compagne que chevaucher un animal aussi, ça sollicitait quelques muscles, et que ce n'était pas de tout repos. La jeune fille aurait bien le temps d'apprendre les joies de la montée plus tard, lorsqu'elle s'y mettrait ! Ombe se contenta donc de lui lancer un regard plein de compréhension accompagné d'un sourire franc, signifiant ainsi sa sympathie à Azrune... mais ne put s'empêcher d'ajouter un dernier mot :

- Tu verras, ce n'est pas si difficile... et des fois, monter un cheval, ça donne littéralement l'impression de s'envoler ! Tu devrais essayer... (elle lui fit un clin d’œil joyeux :)... Et je suis certaine que ça te plairait !

.§.

La jeune apprentie, les yeux fermés, sourit discrètement lorsque son amie vint se placer à ses côtés. Elle s'était quant à elle déshabillée totalement, et Ombe regretta de ne pas l'avoir fait plus tôt. Elle savait que ça n'aurait pas dérangé Azrune, car au cours de Miss, les deux filles avaient déjà dû traverser une rivière dépourvues d'habits. Enfin, jouer avec la rivière... Hum. Bref, si elle avait gardé ses sous-vêtements, c'était uniquement par crainte d'un danger éventuel : si un inconnu ou d'autres ogres se pointaient avec des intentions mauvaises, elle n'avait aucune envie de se dévoiler à eux. C'était une question de pudeur : elle ne se sentait à l'aise nue qu'avec des gens en qui elle avait confiance. De toutes façons, elle était déjà trempée à présent, inutile donc d'enlever ses sous-vêtements.

Elle sentit Azrune calquer ses mouvements sur les siens et esquissa un nouveau sourire. Les deux apprenties effectuèrent la gestuelle marchombre ensembles, dans la déferlante d'eau qui ruisselaient sur leurs épaules, parcourait la ligne de leurs bras, coulait sur leurs cuisses pour enfin se perdre dans les tourbillons incessants giclant jusqu'à leurs genoux.

L'arrivée de sa camarade avait ouvert une brèche dans sa bulle de sérénité... qui se referma aussitôt. De nouveau, un calme total l'envahit, en profondeur, l'apaisa comme jamais auparavant. C'était comme si un vide épais se peignait sur son corps, la recouvrant toute entière, tel un aplat de couleurs unies et invisible, se diluant dans tout son être grâce à une eau faite de douceur. Et tout d'un coup, elle eut envie de créer un poème. cela faisait tellement longtemps qu'elle ne l'avait pas fait ! Depuis... sa rencontre avec Frawël, encore ! Et toujours. La jeune fille se demanda si cette rencontre n'avait pas réellement formé sa nouvelle vie. Comme si tout commençait à partir de là.

Ombe arrêta la gestuelle. Elles l'avaient répétée une bonne demi-heure durant. S'éloignant d'Azrune, elle rejoignit ses habits et son arme qui l'attendaient sur une pierre plate. Elle les écarta et s'allongea sur la roche blanche, tachée d'eau depuis sa venue, et ferma les yeux, profitant des derniers rayons chauds du soleil en cette fin d'après-midi. C'est pour cela qu'elle n'entendit pas les paroles d'Azrune... si ça avait été le cas, elle aurait sûrement répondu quelque chose du genre : "Euh... tu veux dire quoi par là ?"

On ne ne pouvait pas tout comprendre...

La vie de marchombre pouvait bien laisser quelques moments de répits. En tous cas, c'est ce que pensait Ombe qui en profita pour savourer le lent séchage de sa peau bronzée et de ses sous-vêtements. Sous une légère brise caressant sa joue, elle soupira de plaisir...
Fëanor s'approcha d'elle, demandant des caresses avec des petites coups de tête sur son épaule, et les yeux fermés, elle passa lentement sa main dans ses poils chauds et roux, doux et épais comme du coton... C'était la première fois depuis plusieurs semaines qu'elle s'accordait ainsi un moment de détente (autre que la gestuelle marchombre), et cela lui fit l'effet d'un bon bain chaud...

Cet instant de plénitude ne dura pourtant pas longtemps.
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Sam 02 Juil 2011, 00:26

Evidemment, annoncer qu'elle craignait d'être ridicule fit rire Ombe. Pas beaucoup, mais un peu. Azrune ne s'en vexa pas, surtout au vu du regard sympathique que lui lança la jeune fille. Et puis c'était l'effet recherché inconsciemment, car elle avait un peu donné le bâton pour se faire battre. L'adolescente se concentra ensuite sur le chemin et le paysage, sinon, elle aurait sans doute remarquer qu'Ombe avait faillit ajouter quelque chose. Quelque chose autre que ce qu'elle lui dit juste après, amicale.

- Tu verras, ce n'est pas si difficile... et des fois, monter un cheval, ça donne littéralement l'impression de s'envoler ! Tu devrais essayer... Et je suis certaine que ça te plairait !

L'adolescente sourit et hocha la tête sans répondre. Oui, elle entendait beaucoup de bien de cette sensation en général, et les guerriers de légende étaient toujours accompagnés d'un fidèle destrier. Mais bon, pour le moment, elle avait d'autre chats à fouetter, alors l'équitation, elle verrait ça plus tard. Et puis elle se doutait que Miss finirait par en parler à un moment ou à un autre de la formation.

# - # - # - # - #

L'air était en général calme, parfois secoué par une brise, mais ça, tous les êtres humains y étaient habitués. Rarement, le vent était plus fort, d'autant plus que les collines bloquaient les vents forts venu d'ailleurs. Faire la gestuelle marchombre dans ces conditions étaient assez aisé, même si quand on débutait, on avait parfois du mal à y arriver dans certaines condition. Sous une cascade, en revanche, d'autres forces entraient en jeu, des forces moins familières. Il était donc important de s'ouvrir, de s'habituer à ces nouvelles forces, et c'était plus difficile. C'était de ça dont parlait Azrune, même si elle n'avait pas su l'exprimer correctement. Elle n'était pas vraiment mauvaise pour parler et pour dire ce qu'elle pensait, mais expliquer tout ce qui touchait à la voie du marchombre était beaucoup plus délicat. Sans doute qu'elle était trop récemment engagée dans la voie pour parvenir à mettre des mots sur ce qu'elle ressentait, sur ce qu'elle découvrait.

Azrune, devant l'absence de réponse, mit quelques secondes à comprendre. En voyant qu'Ombe était sortie et à bonne distance, elle devina qu'elle ne l'avait pas entendue. Tant mieux, sa phrase était incompréhensible, elle avait intérêt à perdre son habitude de parler sans réchéflir et à se concentrer sur ce qu'elle voulait dire avant de le lâcher.

L'adolescente aux cheveux violets resta encore pour le plaisir, bien qu'elle ai cessé la gestuelle marchombre, sous la cascade, puis en sortit alors qu'Ombe s'allongeait pour se réchauffer au soleil, ses habits à l'écart. L'apprentie marchombre barbotta encore un peu puis regagna la terre ferme, secoua ses membres pour les débarasser de l'eau, devinant que vu la chaleur de la morsure du soleil sur sa peau, également très bronzée, elle ne tarderait pas à être sèche. Malgré tout, elle passa sa main partout sur son corps pour enlever l'eau et se glissa dans quelques vêtements, pas des sous-vêtements, mais sans s'habiller complètement non plus. Elle en profita également pour prendre son poignard avec elle, car elle avait déjà commis l'erreur de trop s'éloigner de son arme, et n'avait pas envie de refaire la même. Ensuite, en effet, elle s'assit sur une pierre, chaude de l'ombre du soleil, et profita de ses rayons.

Encore moins qu'Ombe, elle put profiter de ce court instant de répit.
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Jeu 28 Juil 2011, 21:30

Relâcher son attention au beau milieu des plaines du Taj n'est jamais une très bonne idée. Même quand on est deux. Surtout quand on est trois …
 
***
 
Les poignards fusèrent vers les deux filles, mal ajustés mais bien réels. Peu de chance qu'ils atteignent leur cible, tirer à deux endroits différents en même temps n'étant pas mon fort. Peut-être que l'un d'eux effleurerait l'une des miss, surtout si elles ne sentaient pas les jets arriver. J'avais envie de sang, aussi guettai-je le résultat de mes tirs.
 
 
 
*****
 
 
 
Cet imbécile m'avait larguée au beau milieu de la forêt Ombreuse ! D'accord, pas exactement. Sous l'arche d'un bâtiment gris. Ouah ! … ça sonne carrément plus excitant n'est-ce pas ? Un bâtiment gris avec une cour vide et enherbée ! Là, tout le monde rêverait d'être à ma place. Et moi, je rêverai d'être à la place de tout le monde.
 
'Te voici arrivée. Installe-toi et découvre les lieux toute seule. J'ai à faire ailleurs. Un Maître plus compétent va donc prendre le relais et te prendre sous son aile d'ici une semaine. Bienvenue chez les Envoleurs.'
 
Puis il s'était enfoncé dans les épais bois, me laissant seule comme une idiote.
Seule.
Je détestais ce mot.
Moi qui avais l'habitude d'avoir une cour ! Il fallait que je trouve des êtres vivants dans ce patelin ! Un truc aussi grand devient bien abriter au moins une âme humaine assez influençable pour que je la transforme en esclave.
 
Non.
Cruelle fut ma déception quand au bout de deux jours, je n'eus rencontré que des gens froids qui m'avaient très vite renvoyée sur les choux. Mes petits sourires ne suffisaient pas à amadouer ces êtres cruels. Les défier aurait été une autre option, mais mon guide m'avait expliqué qu'il m'emmenait dans une école de Mercenaire du Chaos, où des (futurs) combattants hors pair s'entrainaient. Alors si je tenais à ma vie, mieux valait me tenir à carreau des habitants du coin.
Pas d'amis.
Pas d'ennemis.
Cet endroit me barbait et mon premier cours ne commencerait pas de si tôt. Cet imbécile aurait pu venir me chercher une semaine plus tard ! J'aurais pu jouer quelques jours de plus avec ma bande de petits voleurs d'Al-Chen ! Je pourrais y retourner … retrouver ces idiots que j'avais lâchés aux bons soins de Chire en moins de 2 heures, sans dire au revoir. Mais ils ne m'aideraient pas plus à avancer qu'avant. Quitte à avoir quitté cette ville, autant en profiter pour aller me balader.
Visiter la cité d'à côté, cachée dans l'immense forêt ne m'intéressait pas. J'aurais le temps d'aller la voir le jour où je n'aurais qu'une journée de répis dans mon entrainement.
Il fallait viser plus haut !
Quitter Ombreuse, même si je n'étais pas sure de retrouver le chemin du retour …

***

Mes éperons se plantèrent sans pitié dans les flancs de Hurcul, le faisant s'extraire du dernier fourré. J'avais quitté Ombreuse ! Enfin ! Ces bois sombres semblaient à tout instant vouloir m'engloutir dans les ténèbres, la vue du soleil était donc une joie. La sensation de chaleur qui m'envahit était si bonne que j'eu l'impression de ne pas avoir vu le jour depuis une éternité. Pourtant je n'avais pénétré dans le Domaine Mercenaire que depuis deux-trois jours … déjà … et je ne dormais pas plus qu'avant malgré ce changement. Devenir une Envoleuse allait me forcer à puiser dans mes réserves déjà ténues, et j'espérai que la fatigue ne m'abattrai pas de sitôt.
Une fatigue qui m'empêchait de me concentrer pleinement, donc de mémoriser mon chemin de retour. A défaut, je me tournais sur ma selle pour repérer mon point se sortie. Un immense chêne se tenant aux côtés d'un arbre d'espèce inconnu au feuillage doré. Ayant tracé tout droit depuis le Domaine, je devrais pouvoir rentrer quand je voudrais … ou pas … on verrait bien. Au pire Al-Chen n'était pas trop loin et m'offrirait un toit.
 
***
 
Galoper.
Une joie que je ne m'étais pas offerte depuis quatre ans …
Ce magnifique Trakhener au caractère bien trempé m'avait séduite. Le seller n'avait pas été une mince affaire, preuve en était la belle morsure sur mon bras, mais une fois ceci fait je l'avais guidé d'une main de fer et il avait fini par se résigner. En fait, il devait s'ennuyer à mourir dans son box et une petite balade, même pour porter une folle, avait du l'emporter sur sa mauvaise volonté. Maintenant il était comme moi.
Sous le vent.
Libre.
Aucun de nous deux n'essayait de maltraiter l'autre. Certes cela ne durerait pas, sauf qu'en attendant c'était bon …
 
J'aurais du voler un cheval à Al-Chen depuis longtemps pour m'offrir des galopades pareilles ! Ca m'avait tant manqué ...
 
***
 

Une ravine à gauche. Une falaise à droite. Une cavalière sur le chemin qui les sépare.
Un sourire hystérique sur sa face, elle pousse son cheval sans se soucier de l'écume qui le couvre. Elle a une course à gagner, et l'état d'un canasson lui importe peu.
Ce qui aurait du lui causer du souci n'est en effet pas le cheval qui a assez de ressources pour atteindre l'arrivée, mais le sanglon qui ne tient plus que par un fil à la selle.
Ne tenait plus que par un fil.
 
Lien qui se casse.
Selle qui glisse.
A gauche.
Ravine.
Chute.
 
***
 
D'un geste de la main, je chassais ce souvenir désagréable de ma tête. Pourquoi fallait-il toujours que quelque chose en rapport avec mon demi-frère me revienne à la tête ? Ce Raï que je ferai mourir à petit feu dès que j'aurais fini ma formation au Domaine !
Trop absorbée par mes pensées, je ne m'étais pas aperçue que j'arrivai en vue de trois petits monticules noirs … Noirs ? Ils devinrent gris quand j'arrivai  à leur niveau, les corbeaux voraces s'éloignant de quelques mètres à mon approche.
Des ogres … J'en avais déjà vu dans des livres mais jamais en vrai. Ils étaient énormes … même à moitié dévorés par la charogne, ils en imposaient. Qui étaient les fous qui avaient tués ces monstres ? D'autres monstres ? Inquiète, je laissai mon regard se perdre à l'horizon, guettant un mouvement qui m'aurait indiqué que le meurtrier était toujours là, en attente d'une nouvelle proie.
Je tenais trop à la vie. Mieux valait partir avant que les ennuis n'arrivent. D'ailleurs ces bestioles avaient toujours des copains pas très loin, qui ne tarderaient pas à rappliquer et à m'étriper.
 
Hurcul repartit au galop sans discuter, lui aussi étant inquiet par l'ambiance macabre du lieu. Pas que la mort ne gêna un de nous deux, mais plutôt que notre mort nous aurait gênée…
 
***
 

 Un bois. Encore ? J'en avais quitté un, ce n'était pas pour rentrer dans un autre. Sauf que je mourrais de chaud sous le soleil estival. Une petite pause à l'abri des ogres ne pourrait pas me faire de mal.
Hurcul par contre n'était pas d'accord. Cet idiot avait encore envie de galoper. Tant pis pour lui. J'étais le maitre et me souciais peu de l'avis d'un cheval.
Contournant le bois, je cherchai un endroit plus propice pour rentrer dedans, ce que je trouvai un peu plus loin. Un petit chemin forestier tracé par les animaux sauvages débouchait là, et je me fis la joie d'y pousser ma monture, à grand renfort d'éperons.
 
Arrivée au niveau d'une rivière, je l'y laissai accroché au tronc d'un jeune marronnier. Il fallait que je me dégourdisse les jambes, vu que je comptais bien chevaucher jusqu'à l'extrémité des plaines de Taj avant la fin de la journée. Pas question de dormir dans un endroit fréquenté par des ogres. Je ne m'abaisserai pas à une telle infamie. Une noble comme moi méritait mieux … comme dormir avec des roturiers … j'étais tombée bien bas en allant vivre à Al-Chen. Peut-être avais-je sauvé ma vie, mais j'avais dû renoncer à pas mal de mes convictions.
J'allais me reconstruire.
Trouver des gens à ma hauteur.
De ma valeur.
Des Envoleurs ?
 
Un bruit de voix stoppa ma marche le long du cours d'eau.
 Je m'arrêtai un instant, hésitant sur la marche à suivre. Reculer ? Avancer ? Je m'ennuyais et cela fit toute la différrence.
J'avançai pour me rapprocher de la voix, jusqu'à arriver en lisière d'une clairière. Là, sans bruit, je grimpai dans un arbre. Arrivée sur une branche à mi-hauteur je pouvais voir sans être vue, ces deux filles exécutant des exexercices bizarres sous la cascade. Le destin les avait placées là où par chance un bruit de tonnerre leur avait empêché de m'entendre faire grimpette.
Bien installée, je me mis à observer ce duo si insouciant et intriguant.
 
 Vint le moment où elles quittèrent la cascade, et où, ayant des fourmis dans les jambes, je me décidai à agir.

Les poignards fusèrent vers les deux filles. Mais peu importait qu'ils atteignent leur cible ou non. J'avais envie de jouer. De mentir comme je ne l'avais pas fait depuis des jours.
Mon dernier poignard resta dans ma main, fit couler le sang de la troisième personne de la scène: moi. Un coup sur le haut de mon bras vint recouvrir une ancienne cicatrice. Un deuxième trancha mon pantalon au dessus de mon genou. Je cillai à peine sous la douleur, trop absorbée à imaginer ce qui allait suivre. Ces deux blessures assez profondes pour paraitre vraies, mais pas assez pour m'handicaper en cas de problèmes, devraient suffire.

Le monde est une scène dont nous sommes les acteurs.
Quelle belle phrase !
Je suis une actrice qui n'a de cesse de progresser. Une étoile. Filante même !
 

 

Laïar et Inconnues.
Acte 1
Scène 1




J'essuyai rapidement mon arme, enfilai le masque de la peur sur mon visage et sautai au bas de mon arbre.
Je n'aimai pas les forêts car je n'avais pas vécue dans leur sein. Les villes, leurs recoins, leurs murs, leurs toits, les gens qui les habitaient. Tout cela était mon pain quotidien. Ce que je savais vivre.
Sauter du haut d'un toit dans une ruelle. Facile.
Se couler dans la foule un jour de marché. Facile.
Egorger un homme dans une ruelle et s'enfuir comme un souffle par la suite. Facile.
Sauter d'un arbre. …

Ma chute aurait été feinte si j'avais été à l'aise dans les bois. Sauf que je ne l'étais pas et me pris une branche dans les pieds en sautant. Je dégringolai en m'éraflant le visage et les bras.
Une fois en bas, j'exécutai une roulade maladroite comme j'en faisais en ville. Je ne put m'empêcher d'apprécier la douceur du sol par rapport aux sols en pierre et boue qui m'accueillaient d'habitude. C'était une juste compensation, au regard de ce que l'arbre venait de m'infliger.

Je me trouvai à deux pas des inconnues.
Je les avais assez observée pour ne leur jeter aucun regard et me tourner vers la forêt plutôt que vers elle.
Comme si le danger venait des bois.
Mon visage, mon corps, exprimaient une peur que je ne ressentais pas. Mais là était l'art des acteurs. Maitriser ses gestes au millimètre près. Même la hauteur d'un sourcil.

Le corps aux aguets, accroupie, je serrais mon poignard à deux mains, avec plus de force qu'il n'en aurait fallu.

"Aidez moi! Il a essayé de me tuer et me poursuis !"

Des yeux de biche traquée. C'est ce qu'elle braqua sur les deux filles. Si avec ça elles n'avaient pas pitié de moi et ne gobaient pas que je n'avais pas envoyé les deux poignards, alors je serais vraiment déçue. Un peu contente aussi. Après tout ça prouverait que je n'étais pas tombée sur deux cruches en mission suicide au milieu des ogres. Ca prouverait aussi que j'étais mal et qu'il allait me falloir vite courir jusqu'à Urcul, à moins qu'un autre mensonge bien placé ne me sauve …
C'étaient mes seules options … maintenant restait à voir la réaction de ces demoiselles.



[HRP : ma couleur est chocolate.
Désolée pour le double post mais je crois que j'ai fait un peu trop de longueurs pour que ça tienne dans un seul post ><
Ca manque de sang mais j'espère que ça vous plait quand même.
Si vous voulez un troisième poignard en direction de l'élan, un mp et j'édite Wink]


Dernière édition par Laïar Til'Ziaind le Jeu 28 Juil 2011, 21:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Jeu 25 Aoû 2011, 16:45

Sifflement.

Elle ouvrit un œil.
Éclat métallique.

Ombe sentit qu'elle n'avait pas besoin de bouger pour l'éviter. Elle sentit aussi qu'il était déjà trop tard pour qu'elle tente de rattraper l'arme à la main.
La lame percuta le rocher sur lequel la jeune fille était allongée avec un "ploc" sonore, rebondit contre la pierre et tomba immédiatement dans l'eau dans une gerbe d'éclaboussures.

L'apprentie ouvrit l'autre œil et sauta vivement au sol. Les sens en alerte, elle écoutait les bruits alentour, et tentait de repérer à l'aide de son regard vert un détail douteux qui la mettrait sur la bonne voie. Un mouvement, une parole... Un sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle trouva ce qu'elle cherchait. Elle distingua dans un arbre un second éclat métallique, puis un troisième.

Intriguée, elle se détourna de sa découverte pour ramasser le poignard qu'on avait lui lancé et l'observer attentivement. Car oui, c'était certain, c'était elle qu'on avait visé avec l'arme. Sa trajectoire ne laissait aucun doute. Cependant, ou l'inconnu visait vraiment mal, ou il ne voulait vraiment pas la toucher. Les deux possibilités semblait à Ombe aussi invraisemblables l'une que l'autre.

L'arme semblait pareille à d'autres, aucun indice ne pouvait la mettre sur la voie de qui l'avait visée avec. Elle jeta un œil dans l'arbre où elle avait aperçu les signes que quelqu'un s'y trouvait, mais ne distingua plus rien. Elle se tourna alors vers Azrune, qui s'était installée un peu plus tôt non loin d'elle, et vit qu'elle aussi avait eut droit au lancer de poignard. Elle faillit lui demander si tout allait bien, mais se ravisa en constatant qu’apparemment, elle n'avait elle non plus aucune blessure grave. C'était déjà ça.

Mais quel était cet ennemi commun qui visait trop mal pour que ça ne soit pas fait exprès ? Elle dut en rester là de ses questions car soudainement, quelque chose atterrit en roulé-boulé devant elle, sortant des buissons qui entouraient les arbres alentours. Notamment de l'arbre qu'elle venait d'observer quelques secondes plus tôt.
Fëanor frotta le sol avec un sabot, nerveux.

Elle se tourna vers la chose en constatant aussitôt sa nature. Une humaine. Une jeune fille aux cheveux d'un blond éclatant, et au visage marqué de tâches de rousseurs blondes elles aussi et d'un air complètement apeuré. Réflexe. Méfiance. Ombe voulut tirer son propre poignard de sa ceinture, mais sa main n'attrapa que le vide. Elle se rappela aussitôt qu'elle avait retiré ses vêtements et posé son arme sur le rocher. Elle la saisit en vitesse, le regard toujours braqué sur l'étrange inconnue. La vision de cette jeune fille, qui s'était entre-temps accroupie et serrait son poignard avec une force inutilement trop grande parue à l'apprentie marchombre d'une sauvagerie animale. Comme une bête poursuivie, tentant de survivre, se protégeant avec ce qu'elle avait sous la main. Ombe, toujours son poignard à la main, articula d'une voix qui se voulait gentille :

- On peut vous aid...

L'autre lui coupa la parole sans le vouloir, complètement prise dans son élan.

- Aidez moi! Il a essayé de me tuer et me poursuis !

Presque surprise que la parole puisse sortir de la bouche d'une telle créature, Ombe sursauta légèrement. Comment ça, quelqu'un la poursuivait donc ? Quelqu'un qui tentait de la tuer ? Un peu prise au dépourvue, la jeune apprentie se tourna vers Azrune, à la recherche de sa réaction. Puis elle braqua son regard dans celui de la fille blonde et tenta de réfléchir. On essayait de la tuer, et alors ? Certes, tout laissait penser qu'elle disait la vérité : sa position de défense, ses yeux mauves apeurés, ses cernes bien trop visibles, et surtout ces deux blessures au niveau du bras et du genou. Mais si on la poursuivait, c'était peut-être qu'elle était elle-même en faute. Et de toutes façons, ce n'était pas ses affaires. Ombe lança d'un ton ironique et plus tranchant qu'elle ne l'aurait voulu :

- Ah tiens. Contente de le savoir demoiselle ! Mais voyez-vous, la situation plutôt étrange m'empêche d'agir pour un fait que je ne connais pas. Avant tout, on pourrait savoir pourquoi un méchant monsieur vous poursuit-il ?

Tout en disant cela, elle revêtit ses habits et replaça son poignard dans sa ceinture. Non, décidément, la situation ne lui plaisait vraiment pas. Elle revit les deux éclat métalliques qu'elle avait aperçut dans l'arbre. Deux éclats. Deux blessures sur la fille. Une fille qui sortait des buissons présents sous ce même arbre. Plus deux poignards dont la trajectoire fut mal calculée, et la nervosité de l'élan rouge. Tout cela faisait trop. Trop de pistes, trop d'indices. Elle ne savait pas exactement ce que cette victime aux yeux mauves avait trafiqué, ni ce qu'elle cherchait, mais elle ne lui plaisait pas. La méfiance revint, puissante, dans le regard d'Ombe. Un regard qui savait lire sur les visages.

Et celui de l'inconnue était d'une expression bien trop précise pour être vraie.

Ombe jeta un dernier regard à Azrune, espérant qu'elle aussi comprendrait. Puis elle parla de nouveau à la jeune fille blonde, d'une voix cette fois gentille et un brin mielleuse.

- Je suis désolée pour la trop grande méfiance dont j'ai fais preuve. Tout compte fait, le pourquoi de ta poursuite m’importe peu. Viens, lève-toi si tu peux, nous t'aiderons à te cacher.

La dernière partie de sa phrase avait été prononcée sur un ton de défi évident.
Ombe attendit de voir ce qui allait se passer, impatiente de connaître la vérité.



Dernière édition par Ombe Saël le Dim 09 Oct 2011, 19:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Jeu 29 Sep 2011, 00:02

    [Toutes mes excuses pour mon temps de réponse! J'avais certes prévenu de mon absence, mais bon]





Oh et puis zut, elle était sèche maintenant, elle pouvait bien finir de s'habiller! Et puis avoir des vêtements mouillés ne l'avait jamais gênée. Mouillés, pas trempé, il y avait quand même quelques différences. Au moment où elle bougeait, le poignard parti vers elle. Oh, le tir n'était pas bien ajusté, mais la marge d'erreur n'était pas plus d'un mètre. Et la chance est quelque chose de très aléatoire, si bien qu'Azrune bougea dans la mauvaise direction. Le poignard lui passa juste au ras de la joue avant de finir dans l'eau. Elle aurait sans doute mis quelques stupides secondes à comprendre ce qui venait de se passer si Ombe n'avait pas été victime d'une agression identique. Le bruit de la seconde arme tombant au sol la fit sursauter. Dans le même temps, elle se leva pour chercher l'origine de l'attaque. Ce n'était pas difficile de deviner la trajectoire, les poignards devaient venir de...

Elle n'avait pas fini son analyse qu'une parfaite inconnu bondissait des buissons vers elles. Elle était blessée, deux blessures pas vieilles de plus de quelques secondes puisque le sang en coulait encore. Autre détail, elle ne paraissait pas rassurée du tout. Elle ressemblait même plutôt à Azrune, qui avait déjà connu des situations semblables, mais elle n'avait à sa connaissance jamais été aussi effrayée, et c'était plutôt en ville que ça lui était arrivé, pas ici, perdues au milieu de nulle part. Dans le même temps, Azrune se rappela la présence d'Ombe. Elle jeta un rapide coup d'oeil à sa camarade, honteuse de ne pas avoir pensé plus tôt à vérifier si elle allait bien, même si c'était probablement le cas vu qu'elle l'avait entendue bouger à l'arrivée de la jeune fille.

En effet, la seconde apprentie marchombre allait bien. Elle avait ses possessions dans la main et demanda doucement à la nouvelle venue :

- On peut vous aid...

- Aidez moi! Il a essayé de me tuer et me poursuis !

Azrune marqua une légère surprise devant l'interruption de l'inconnue. Elle chercha aussitôt le regard d'Ombe, qui ne paraissait pas trop savoir quoi faire non plus. A nouveau, l'adolescente aux cheveux violets regarda l'inconnue. Elle avait l'air sincère, mais... Il était où, ce fameux poursuivant? Ce n'était quand même pas la présence de deux apprenties marchombre, deux jeunes filles en apparence, qui l'avait effrayé?

- Ah tiens. Contente de le savoir demoiselle ! Mais voyez-vous, la situation plutôt étrange m'empêche d'agir pour un fait que je ne connais pas. Avant tout, on pourrait savoir pourquoi un méchant monsieur vous poursuit-il ?

Ombe avait finalement trouvé quelque chose à dire plus vite que sa camarade, mais son ton surpris Azrune, qui le lui fit savoir par un regard. Pourquoi se montrait-elle si hostile? Elle connaissait cette personne? Probablement pas vu sa première réaction, mais dans ce cas... Quoi? Elle n'aidait pas les inconnus?

Sans se concerter, les deux apprenties marchombres finirent de s'habiller. Azrune aurait bien demandé des détails à l'inconnue, mais l'attitude de sa camarade l'avait stoppée net. Avait-elle manqué un détail? Certes, la jeune fille venait de l'endroit d'où les poignards avaient été tirés, mais ce n'était pas particulièrem... Une seconde! Si ce n'était pas elle qui les avait lancé mais son poursuivant, alors pourquoi étaient-ils tombé si près des deux apprenties marchombres? Ca pouvait difficilement être une coincidence si sa cible était cette jeune fille. Pourtant... Azrune n'était pas vraiment naïve, mais elle avait du mal avec l'idée que quelqu'un puisse mentir si ouvertement. Mais elle commençait à avoir des doutes, et un coup d'oeil à son amie l'informa qu'elle n'était pas la seule.

- Je suis désolée pour la trop grande méfiance dont j'ai fais preuve. Tout compte fait, le pourquoi de ta poursuite m’importe peu. Viens, lève-toi si tu peux, nous t'aiderons à te cacher.

Son ton était en total désaccord avec ses paroles. Azrune se sentait un peu mal à l'aise. Même si quelque chose semblait en effet clocher avec cette fille - son mystérieux agresseur ne se manifestait en effet toujours pas - rien n'était sûr. D'où Ombe tirait cette certitude que l'inconnue mentait.

Bah, sa réaction face aux accusations à demi-mot de sa camarade aurait vite fait d'éclaircir les choses. Sinon... Azrune se dirigea vers le poignard qui la visait sans quitter l'inconnue des yeux. Elle retourna ensuite aux côtés d'Ombe, prudente, et compara l'arme avec celle que tenait l'inconnue. Ils étaient semblables, trop semblables. Et ce n'était pas le genre d'arme que les hommes utilisaient, car d'après ce qu'avait dit l'inconnue, c'était un homme qui en voulait à sa vie. Elle avait bien dit "il" non? Donc...

- Tu pourrais commencer par nous dire ton nom et pourquoi quelqu'un essaie de te tuer. Pas besoin de s'éloigner, ton agresseur semble s'être perdu, ou alors, il est timide.

Azrune c'était montrée conciliante au début mais plus railleuse à la fin. Il y avait toujours une petite chance qu'Ombe et elle se trompent, mais elle était désormais plus méfiante que dupe. Et prête à réagir si l'inconnue, se sentait en danger, décidait d'attaquer. Ce qui serait une erreur, car elles étaient deux, et si c'était bien elle qui avait lancé les poignards, alors son niveau laissait un espoir aux deux apprentis marchombre de la vaincre. Une autre idée germa dans l'esprit d'Azrune, en cas de soucis, et elle sourit.

Elle n'aimait pas trop cette situation, mais tout allait bientôt s'éclaircir. Elle était prête à toutes les éventualités.
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Ven 30 Sep 2011, 18:33

[Pas de soucis Azrune Wink ]

Laïar et Inconnues.
Acte 1
Scène 2


Un truc n'allait pas chez ces deux filles. Quand quelqu'un en danger se présentait à vous, vous ne commenciez pas par vous rhabiller tranquillement ! Et bien si. Pour elles en tout cas. Deux garces égoïstes. C'était bien ma peine de me donner tant de peine à jouer la comédie …

Tout se passait trop lentement. Si elles m'avaient protégé d'office, j'aurais pu continuer dans la voie du mensonge. Là, tous les signes m'incitaient à renverser la situation une fois de plus si je ne voulais pas finir amochée par ce duo.
Tout d'abord le ton dans leurs voix. Sec et moqueur pour la brune, railleur pour l'autre. Dans le regard de cette fille aux cheveux violets, j'avais pu lire un instant de la compassion. Si sa compagne n'avait pas été là pour montrer des doutes, j'étais sure qu'elle serait tombée dans le panneau. Sauf que deux aléatoires dans un jeu semblaient pour l'instant trop pour mes capacités de manipulatrice.
Ensuite leurs paroles, baignées dans le refus de me croire. L'ironie en suait de toutes parts, et je me mis à détester cette brune qui se croyait plus maline que moi. Quelle imbécile elle aurait été si j'avais été une vraie personne en danger. Quelle imbécile elle n'était pas en se méfiant … l'instabilité de l'empire expliquait ses reluctances, mais je ne pouvais lui pardonner de gâcher la pièce que nous jouions.

Enfin, leurs gestes. A la fois trop calmes et trop tendus. Toutes d'eux prirent le temps d'aller récupérer mes poignards et je surpris le coup d'œil d'une d'entre elle les comparant. Je lu dans l'expression de son visage, dans cette légère crispation des yeux, que trois armes similaires, dont une encore à ma ceinture, n'était pas du au hasard.

Mon jeu avait été parfait, à l'exception de petits détails techniques. Les tirs venant de mon arbre, et l'absence d'un vrai méchant à ma suite, mes poignards identiques, mes blessures trop fraiches. Qu'aurais-je pu faire pour les résoudre ? C'était ce que j'allais devoir méditer en rentrant au Domaine, à condition que j'arrivasse à sortir de ce pétrin indemne.

La brune me fixait toujours sans se soucier de chercher un potentiel agresseur dans les environs. Elle savait qu'il n'y avait personne. Tant mieux pour elle, de toute façon moi je le savais depuis longtemps. Elle pouvait croire tant qu'elle voulait qu'elle pouvait lire mon jeu, elle n'y arriverait jamais.
Son regard hurlait qu'elle ne me croyait pas, et sa voix contrôlée trancha avec cette impression, quand elle me proposa (enfin !) de m'aider.

- Je suis désolée pour la trop grande méfiance dont j'ai fais preuve. Tout compte fait, le pourquoi de ta poursuite m’importe peu. Viens, lève-toi si tu peux, nous t'aiderons à te cacher.

Je les avais crues assez bête pour gober mon mensonge, maintenant c'était leur tour de croire que j'allais boire leurs douces paroles.
D'ailleurs la deuxième, surement encouragée par les actions de l'autre, rajouta une couche.

Tu pourrais commencer par nous dire ton nom et pourquoi quelqu'un essaie de te tuer. Pas besoin de s'éloigner, ton agresseur semble s'être perdu, ou alors, il est timide.

Mon visage se métamorphosa alors que je les regardais sans plus m'inquiéter des bois environnants. D'apeuré, il passa à neutre. Pas de sourire, rien qu'une simple contemplation. Mon corps fit de même et mes muscles se détendirent alors que je me relevais légèrement sans quitter ma position accroupie.

'Je me nomme Mai Sil'Salem. On essaie de me tuer car je suis la dernière héritière du titre de Duc d'Al-Vor. Mon oncle essaie de m'éliminer pour s'en emparer et je fuis depuis déjà une semaine un assassin lancé à mes trousses. Quand à pourquoi il se contente de nous observer, je n'en sais rien.'

Savourer une nouvelle fois les changements émotionnels de ces deux filles.
En rajouter un peu plus dans leur confusion. Elles allaient se méfier de moi suite à ce que j'allais dire, mais vu comment cette histoire était partie, j'allais avoir du mal à rectifier le tir. Alors autant l'empirer, c'était plus drôle.
Tellement drôle que j'explosai de rire.
Me relevai en les fixant avec un énorme sourire sur le visage.

'Ne me dites pas que vous m'avez cru sur ce coup là ! En vérité, je m'appelle bien Mai, pas Sil'Salem, mais ça on s'en fiche un peu … je suis membre de la troupe impériale de théâtre.'

Je les laissai méditer quelques instants sur ces mots, en espérant que ce énième mensonge leur ferait comprendre le pourquoi de mon acte précédent.
D'un mouvement calme, je m'avançai vers le bord de la cuvette formée sous la cascade, pour m'agenouiller sur une pierre plus plate que les autres et tremper mon visage dans l'eau. Que c'était bon de se rafraichir après une chevauchée sous un soleil de plomb ! Cet endroit avait valu le détour.

Faisant mine de me rappeler que je n'étais pas seule, je me relevai, me retournai et posai mes fesses sur un rocher moussu.

'Désolée de vous avoir tiré dessus. Comme vous l'avez vu vous ne risquiez pas grand-chose … mes talents de tireuse ne sont pas aussi grands que ceux pour la danse et le théâtre …'

Rire gêné et regard fuyant. Toujours essayer de leur faire croire à ce que je dis.

'Je viens d'Al-Far, au nord de la forêt d'Ombreuse, où nous avons représenté un classique de l'époque Merwynienne. Je suis tombée malade la veille de notre départ pour Al-Vor, c'est pour ça que je me retrouve toute seule à voyager … Je dois avouer que j'aimerais en finir au plus vite avec cette maudite plaine, mais la chaleur et la perspective d'un peu de fraicheur m'ont faite m'arrêter ici, où je vous ai croisé. L'envie de m'entrainer à vite pris le dessus sur l'envie de faire gentiment connaissance.
Pourriez-vous me dire ce qui vous a montré que je n'étais qu'une actrice cachée derrière un masque ? Suis-je vraiment si mauvaise que je ne mérite pas ma place à la troupe impériale ?'


Soupir.
Mes yeux se fixent rêveusement sur un poisson qui vient se promener sous mes pieds, avant de disparaitre au fond de la cuvette.
Yeux qui reviennent sur les jeunes filles, toujours souriants.

'Et vous ? Qui ai-je eu l'honneur d'effrayer en cette belle journée ?'
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Dim 09 Oct 2011, 19:32

[Laïar, Ombe n'est pas brune, mais châtain clair Wink Mais bon, c'est juste un détail. Azrune, si ce qu'Ombe invente ne te convient pas, envoie-moi un MP ^^ Et sinon, désolée si j'ai un peu trop trainé... ]



La remarque d'Azrune fit jubiler Ombe un instant, malgré elle. De deux choses l'une : son amie avait compris que quelque chose clochait, et de plus elle avait le sens de la répartie. Elle ne put s'empêcher de lui adresser un sourire éclatant, et distingua alors dans l'expression de son regard mordoré une petite flamme, qui venait de s'allumer. Elle compris qu'une idée avait germé dans l'esprit de la jeune fille, et même si elle ne la connaissait pas, cela la rassura un peu. Cette situation étrange ne lui plaisait vraiment pas, malgré le fait que les deux apprenties, pour le moment, étaient en position de force, et le fait qu'elle puisse compter sur sa camarade réchauffait son cœur.

De nouveau, Ombe fixa l'inconnue, sachant pertinemment que le fait d'être ainsi détaillée sans cesse devait l'agacer au plus haut point. A vrai dire, elle s'en fichait pas mal. Cette fille ne lui revenait décidément pas... elle se rappela la remarque mielleuse qu'elle lui avait adressé, et fut certaine que l'autre n'était pas tombé dans son "piège", si du moins c'en était un. Si elle avait dit ça, c'était seulement pour voir sa réaction, pas vraiment pour la piéger. Et puis, croire de quelqu'un qu'il pouvait aussi facilement tomber dans le panneau, c'était vraiment irrespectueux, idiot et dénué de sens. Si la fille la croyait, malgré toute l'ironie qu'elle avait mise dans ses paroles, alors c'était elle qui était totalement idiote...

D'ailleurs, l'inconnue semblait avoir oublié qu'un tueur était censé la poursuivre, car son masque de bête apeurée avait complètement disparu, pour se muer en quelque chose qu'Ombe n'arrivait pas à déchiffrer. Qu'est-ce que c'était que cette fille ? Une folle ? Une idiote finie ? Une dangereuse tueuse se dissimulant sous un masque de proie ? Ombe failli reculer, une peur encore imperceptible commençant à l'atteindre. Nerveuse, elle ne savait plus du tout quoi faire. l'ironie l'avait quitté, il ne restait plus que la méfiance. C'était incroyable, un seul changement d'expression de l'inconnue la faisait passer de la position de force à celle de la faiblesse. Elle se mordit les lèvres, jeta un coup d’œil à Azrune, allait dire quelque chose quand l'étrange fille prit la parole. Ombe sursauta, posa instinctivement la main à son poignard.

- Je me nomme Mai Sil'Salem. On essaie de me tuer car je suis la dernière héritière du titre de Duc d'Al-Vor. Mon oncle essaie de m'éliminer pour s'en emparer et je fuis depuis déjà une semaine un assassin lancé à mes trousses. Quand à pourquoi il se contente de nous observer, je n'en sais rien.

Quoi ? C'était quoi ce charabia ? Ombe comprenait de moins en moins. Et elle savait que la fille le voyait, c'est pourquoi elle s'en voulait beaucoup. Elle chassa ces pensées de son esprit pour se concentrer sur les paroles de la fille. Mai Sil'Salem... jamais entendu parler. Il y avait un Duc à Al-Vor ? Elle n'était pas au courant. Bizarre, puisqu'elle avait l'habitude de voyager un peu partout, et du coup connaissait pas mal de choses sur Gwendalavir. Un oncle qui tente de s'emparer d'un trône en tuant une héritière ? Alors son assassin semblait bien incompétent, au point de ne pas être capable de s'occuper d'une jeune fille en moins d'une semaine. Et, comme l'avait si bien souligné la dénommée Mai, pourquoi persistait-il à se cacher, s'il existait bel et bien ? Trois filles ne devraient pas lui faire peur... enfin, s'il n’arrivait pas à en tuer une, alors trois ça devait vraiment être au-dessus de ses moyens...

Ombe allait commencer à vraiment s'énerver quand l'autre éclata d'un énorme rire. L'apprentie marchombre serra les dents. Elle explosa :

- Arrête de te foutre de notre gueule ! On en a assez entendu, tu devrais décliner ta réelle identité assez rapi...

Elle se tut. La fille s'était relevée, un immense sourire sur le visage. Ombe, honteuse ne n'avoir pas su se contenir, lâcha son poignard et croisa les bras. Elle lança un second regard à Azrune. Espéra y trouver un peu de réconfort...

- Ne me dites pas que vous m'avez cru sur ce coup là ! En vérité, je m'appelle bien Mai, pas Sil'Salem, mais ça on s'en fiche un peu … je suis membre de la troupe impériale de théâtre. Désolée de vous avoir tiré dessus. Comme vous l'avez vu vous ne risquiez pas grand-chose… mes talents de tireuse ne sont pas aussi grands que ceux pour la danse et le théâtre …

Elle s'était approché de la cascade, avait trempé son visage dans l'eau glacé, les ignorant superbement. Puis elle s'était tranquillement assise avant de reprendre la parole. Ombe réfléchit aux paroles de l'étrange fille. Elle avait encore changé de version. Mais cette fois, cette dernière était valable.
Ou presque.

Un détail pouvait encore la trahir.

Mai continua d'expliquer le pourquoi de son geste, leur dit d'où elle venait, leur posa même une question pour les mettre en confiance. Ombe n'écoutait pas. elle attendait que l'autre s'arrête de parler. Un soupir, puis une autre question. Elle leur demandait leurs noms.

Ombe afficha un large sourire. Elle était beaucoup moins méfiante. Soit, elle jouerait le jeu. Même si elle n'avait toujours pas compris celui de la jeune fille, et c'est pourquoi elle choisit de mentir au sujet de son identité.

- Je m'appelle Ana Cil'Tamin. Je n'ai pas l'honneur d'être actrice, je suis seulement la fille d'un marchand, en quête d'aventure. J'ai rencontré cette jeune fille au hasard des routes - je lui laisse le soin de se présenter elle-même -, et nous avons décidé de faire le chemin ensemble pendant un petit bout de temps. Nous avons trouvé cette cascade, et avons décidé de nous y arrêter. En effet, la plaine est très chaude à cette heure, nous aussi avons eu envie de nous rafraichir...

Elle ne doutait pas une seconde qu'Azrune rentrerait dans son jeu et se présenterait à son tour, elle faisait confiance à son amie. Ce qu'elle appréhendait, c'était la réaction de Mai... Si la version d'Ombe était vrai, alors pourquoi n'avaient-elles qu'une seule monture pour deux ? Azrune marchait à pieds ? Voilà ce que pouvait penser l'inconnue... Oh, et puis tant pis. C'était quand même possible, de voyager sans monture. Il suffisait d’aimer la marche... Et Azrune pourrait très bien dire que son cheval s'était enfui ou bien qu'il était mort... de toutes façons, la jeune fille blonde n'avait pas de monture non plus, alors...

- C'est à moi d'être désolée... je me suis beaucoup trop méfiée, je me suis moquée de toi, et j'ai pris trop rapidement la mouche... Je m'excuse sincèrement.

En effet, on ne pouvait lire dans le regard vert de la jeune fille que de la sincérité et de la douceur. Même si elle avait choisit de mentir, elle s'excusait pour de bon, et ne savait pas si elle devait encore se méfier de l'inconnue. Autrement dit, toute méfiance l'avait quittée, seules des questions restaient. Elle laissa Azrune se présenter avant de reprendre la parole.

- Ne t'inquiète pas, tu es une bonne actrice. Seulement quelques petits détails nous ont aidé à comprendre que tu n'étais pas vraiment cette proie que tu prétendais être. D'abord, le point de lancement des deux poignards, ainsi que la maladresse avec laquelle ils ont été lancé - sans vouloir te vexer -, de plus ils étaient semblables à celui qui pend en ce moment à ta ceinture... D'ailleurs, entre parenthèses, tu fais bien de t'armer ainsi, la région n'est pas sûre, des ogres y trainent... (Elle lança un petit clin d’œil à Azrune, invisible de là où se tenait Mai) Ensuite, mon élan rouge a eu un geste de nervosité lorsque tu as déboulé devant nous. Il y a encore le fait que ton soit-disant tueur ne pointe pas le bout de son nez, et les blessures fraîches que tu portes encore... Au fait, ça ne te fais pas mal ? J'ai de quoi te soigner, si tu veux...

Joignant le geste à la parole, Ombe fouilla dans sa besace, et en sortit un nécessaire de soins. Elle attendit que Mai lui réponde pour lui envoyer.

Et puis, le coup de grâce.
Le détail auquel Ombe avait pensé, dès que Mai avait parlé de théâtre.
Ce détail qui manquait pour qu'Ombe croit totalement aux mensonges de la jeune fille blonde... :

- Mais pourquoi t'es tu infligée ces blessures ? Tu t'es fait mal uniquement pour nous jouer cette scène ?! Ou alors... tu aimes ça ?, ajouta-t-elle dans un souffle. En plus, tu es malade... tes blessures vont ne faire qu'empirer la maladie ! D'ailleurs, pourquoi as-tu continué le voyage seule ? Tes compagnons ne voulaient pas s'encombrer d'une malade ? Je pensais que les acteurs étaient des gens bien plus sympas...

Voilà. Elle avait tout dit. Durant tout le long de sa tirade, sa voix avait été douce et compatissante. Certaines fois, elle avait vraiment pensé ce qu'elle disait... Et elle avait réussi à placer ses doutes dans ses dernières phrases. A ce moment-là, elle était parvenue à donner l'impression que sa voix se brisait, comme légèrement fêlée par la tristesse et l’incompréhension.
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MessageSujet: Re: Viens, viens jouer avec les ogres [Ombe Saël]   Lun 10 Oct 2011, 02:18

    [Laïar, ma couleur est darlorange, et Ombe, tout va bien, on est pas pressé Wink D'autant que j'ai plus tardé que toi là dernière fois...]





Ombe était également sur ses gardes. Sa réaction avait d'ailleurs du particulièrement lui plaire, car elle lui envoya un sourire éclatant. Puis leur attention revint se centrer sur l'inconnue. Azrune avait toujours le poignard à la main, prête à s'en servir contre sa propriétaire si besoin. Elle vit ensuite le changement d'expression, et sa méfiance s'en retrouva un peu plus élevée. Elle se rappela alors les conseils de Miss. S'ouvrir aux gens était utile en combat, mais est-ce que ça pouvait aussi lui servir dans cette situation? Elle pouvait toujours essayer, ça ne lui coûterait rien...

'Je me nomme Mai Sil'Salem. On essaie de me tuer car je suis la dernière héritière du titre de Duc d'Al-Vor. Mon oncle essaie de m'éliminer pour s'en emparer et je fuis depuis déjà une semaine un assassin lancé à mes trousses. Quand à pourquoi il se contente de nous observer, je n'en sais rien.'

Elle n'avait pas oublié un petit quelque chose, la pseudo Mai? Son ton n'avait pas l'air d'avoir de rapport avec ce qu'elle racontait. Un air effrayé aurait mieux convenu. Et puis c'était plutôt étrange qu'un assassin ne réussisse pas à tuer une jeune fille en une semaine sans que la dite jeune fille, si elle est suffisament dégourdie pour échapper au dit assassin, n'ai pas réglé l'histoire. Et puis cette histoire de Duc...

- Arrête de te foutre de notre gueule ! On en a assez entendu, tu devrais décliner ta réelle identité assez rapi...

Ombe venait de perdre patience. Elle ne croyait visiblement pas plus que cette histoire qu'Azrune, mais l'inconnue l'empêcha de terminer sa phrase en éclatant de rire. L'adolescente aux cheveux violets vit sa camarade lâcher son poignard, l'air honteuse. Lorsque leurs regards se croisèrent, Azrune lui adressa un clin d'oeil : elle comprenait cette réaction, elle aurait pu avoir la même. Elle aurait eu la même si Ombe n'avait pas perdu patience avant.

'Ne me dites pas que vous m'avez cru sur ce coup là ! En vérité, je m'appelle bien Mai, pas Sil'Salem, mais ça on s'en fiche un peu … je suis membre de la troupe impériale de théâtre.'

Ha?

La dite Mai se désintéressa soudain d'elles pour se rincer le visage, ajoutant à la confusion d'Azrune. Elle jeta un coup d'oeil à Ombe, qui paraissait se détendre. La croyait elle? Elle ne le pouvait pas. Cette fille avait déjà menti deux fois, pourquoi ne continuerait-elle pas? Et cette histoire était idéale pour justifier sa petite mascarade, sauf que...

'Désolée de vous avoir tiré dessus. Comme vous l'avez vu vous ne risquiez pas grand-chose … mes talents de tireuse ne sont pas aussi grands que ceux pour la danse et le théâtre …'

Ben voyons! Ses tir avaient assez de force pour les blesser, voir les tuer si la lame était passée au mauvais endroit. Mais à quoi cette fille pensait donc? Etait-elle vraiment si mauvaise tireuse qu'elle le disait? Et que fichait-elle avec tant d'armes si elle n'était pas douée et qu'elle était comédienne?

'Je viens d'Al-Far, au nord de la forêt d'Ombreuse, où nous avons représenté un classique de l'époque Merwynienne. Je suis tombée malade la veille de notre départ pour Al-Vor, c'est pour ça que je me retrouve toute seule à voyager … Je dois avouer que j'aimerais en finir au plus vite avec cette maudite plaine, mais la chaleur et la perspective d'un peu de fraicheur m'ont faite m'arrêter ici, où je vous ai croisé. L'envie de m'entrainer à vite pris le dessus sur l'envie de faire gentiment connaissance.
Pourriez-vous me dire ce qui vous a montré que je n'étais qu'une actrice cachée derrière un masque ? Suis-je vraiment si mauvaise que je ne mérite pas ma place à la troupe impériale ?'


Oui, il y avait bien plusieurs détails. Des détails qui donnaient l'impression qu'elle continuait de jouer la comédie. Azrune n'était pas quelqu'un méfiante de nature, au contraire, comme elle l'avait montré un peu plus tôt, elle était plutôt naïve avec les gens. De rares personnes attisaient sa prudence dès le départ, des individus louches, mais le reste du temps, elle faisait confiance aux gens. Sauf que quand cette confiance était ébranlée, il était extrêmement difficile de l'avoir à nouveau. L'adolescente aux cheveux violets ne croyait pas cette histoire, et elle n'avait pas l'intention d'aider cette fille à mieux tromper le monde, mentir n'était pas une activité louable, et au théâtre, elle n'en aurait pas besoin, à moins que se soit elle qui écrive les pièces.

'Et vous ? Qui ai-je eu l'honneur d'effrayer en cette belle journée ?'

Effrayer? Ha, la bonne blague! A aucun moment, Azrune ne s'était réellement sentie effrayée. Prudente, méfiante, compatissante, oui, mais pas effrayée. Juste sur ses gardes. Et maintenant, plus méfiante que jamais. Qui était réellement cette personne? Et ce qui émanait d'elle, de par l'ouverture...

- Je m'appelle Ana Cil'Tamin. Je n'ai pas l'honneur d'être actrice, je suis seulement la fille d'un marchand, en quête d'aventure. J'ai rencontré cette jeune fille au hasard des routes - je lui laisse le soin de se présenter elle-même -, et nous avons décidé de faire le chemin ensemble pendant un petit bout de temps. Nous avons trouvé cette cascade, et avons décidé de nous y arrêter. En effet, la plaine est très chaude à cette heure, nous aussi avons eu envie de nous rafraichir...

Azrune jeta un coup d'oeil à Ombe. Alors comme ça, elle la croyait? Car même si elle ne donnait pas son vrai nom, il était évident, dans son ton et ses yeux, ainsi que ses manières, que sa méfiance à elle était apaisée, ou presque. Il y avait encore quelques chose, un détail, mais c'était ténu. Azrune sourit avant de regarder à nouveau Mai - si tel était bien son nom. La situation était plutôt amusante, au départ, c'était elle qui croyait l'inconnue sincère et Ombe qui était méfiante, et c'était désormais l'inverse!

- Moi, c'est Ney Alne.

Azrune n'en dit pas plus. Elle n'avait pas caché sa réaction de méfiance d'il y a quelques secondes - ce n'était pas dans sa nature de mentir ou de cacher ce qu'elle pensait au même titre qu'elle attendait cela des autres - et Mai n'y aurait pas cru si elle avait changé d'avis aussi rapidement, même si Ombe, elle, c'était détendue. Ainsi, le fait qu'elle ne donne pas plus d'informations que son nom confortait cette impression.

En fait, Azrune aurait pu dire son vrai nom, même si sa camarade ne l'avait pas fait. Elle ne voyait pas en quoi donner son nom pouvait être dangereux, elle n'était pas connue. Mais elle n'aimait pas leur interlocutrice, elle était trop méfiante pour donner son vrai nom. Surtout que celui de Mai était sans doute encore un faux si elle continuait bel et bien de leur mentir!

- C'est à moi d'être désolée... je me suis beaucoup trop méfiée, je me suis moquée de toi, et j'ai pris trop rapidement la mouche... Je m'excuse sincèrement.

L'adolescente aux cheveux violets n'eut même pas besoin de se tourner vers son ami pour confirmer qu'elle était bien sincère. Bon sang, mais elle se faisait vraiment avoir! Alors que cette fille leur avait menti quelques minutes plus tôt! Qu'est-ce qui lui disait qu'elle ne recommençait pas? Après tout, elle avait très bien joué son premier mensonge, et sans ces erreurs, Ombe et elle y auraient sans doute cru!

- Ne t'inquiète pas, tu es une bonne actrice. Seulement quelques petits détails nous ont aidé à comprendre que tu n'étais pas vraiment cette proie que tu prétendais être. D'abord, le point de lancement des deux poignards, ainsi que la maladresse avec laquelle ils ont été lancé - sans vouloir te vexer -, de plus ils étaient semblables à celui qui pend en ce moment à ta ceinture... D'ailleurs, entre parenthèses, tu fais bien de t'armer ainsi, la région n'est pas sûre, des ogres y trainent... Ensuite, mon élan rouge a eu un geste de nervosité lorsque tu as déboulé devant nous. Il y a encore le fait que ton soit-disant tueur ne pointe pas le bout de son nez, et les blessures fraîches que tu portes encore... Au fait, ça ne te fais pas mal ? J'ai de quoi te soigner, si tu veux...

Hein, elle voulait la soigner? Cela impliquerait de s'approcher au contact! Azrune lança un regard d'avertissement à Ombe, mais elle se détendit. Elle avait vu la flamme d'incertitude dans le regard de son amie. Le fait qu'elle ai donné un faux nom avait commencé à la rassurer, mais maintenant, elle l'était bien plus : sa camarade n'était pas une idiote, elle aussi avait remarqué quelque chose d'inhabituel.

- Mais pourquoi t'es tu infligée ces blessures ? Tu t'es fait mal uniquement pour nous jouer cette scène ?! Ou alors... tu aimes ça ? En plus, tu es malade... tes blessures vont ne faire qu'empirer la maladie ! D'ailleurs, pourquoi as-tu continué le voyage seule ? Tes compagnons ne voulaient pas s'encombrer d'une malade ? Je pensais que les acteurs étaient des gens bien plus sympas...

Azrune adressa à son tour un sourire rayonnant à Ombe. Bien vu! Elle n'y avait pas pensé, à ça. En effet, c'était vraiment bizarre que Mai ai été jusqu'à se blesser pour jouer la comédie, même si il s'agissait de blessures superficielles. Et si elle était si mauvaise avec des armes, pourquoi avait-elle pris le risque de tenter le coup quand même? Elle aurait pu se blesser plus sérieusement par accident. Qui plus est, même si, comme l'avait dit Ombe, cet endroit avait mauvaise réputation et justifiait que les gens soit armé, trois poignards, cela faisait quand même beaucoup pour une comédienne. Vraiment beaucoup, surtout quand on ne sait pas s'en servir. Et pour finir, le fait qu'elle ai lancé les poignards dans leur direction alors qu'elle n'était pas sûre qu'ils allaient les rater... C'était d'ailleurs une des choses qui l'avait trahie.

Il était évident désormais qu'Ombe gardait quelques doutes, mais sa méfiance était tout de même partie par rapport à tout à l'heure. Azrune, elle, n'était pas apaisée du tout, mais elle hésitait. La dernière fois qu'Ombe et elle avaient dit à Mai qu'elles ne la croyaient pas, elle avait rapidement cessé de jouer, mais cela marcherait-il encore? Elle préféra garder ses preuves pour elle, mais ne se détendit pas pour autant. Elle voulait qu'Ombe tout comme cette fille le voient, pour qu'Ombe se méfie d'avantage. Et pour faire comprendre à cette fille que ce n'était pas si aisé que ça que de tromper les gens...
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