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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Ramenez-moi [Aïwen]

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MessageSujet: Ramenez-moi [Aïwen]   Jeu 30 Juin 2011, 11:22


I walked across an empty land
I knew the pathway like the back of my hand



Le bout du chemin.
J'y étais.
Et maintenant ? Plonger ? Me noyer puisque les vagues et les rochers en contrebas ne me laisseraient pas nager jusqu'aux Archipels Alines ? Ou alors faire demi-tour, regagner ce monde que je trouvais étrangement hostile?
Etait-ce un choix ? Chaque option me laisserait un goût amer sur la bouche. Quitte à en arriver là, j'aurais du me jeter dans les griffes d'un tigre des prairies en venant! Ca m'aurait simplifié la tâche … mais voilà, j'étais bien vivante et nul monstre à l'horizon.

Derrière moi, Shantal attendait, broutant paisiblement l'herbe rase qui poussait sur les hauteurs. Si aide je pouvais trouver en ce lieu, alors elle ne viendrait pas de lui. Ni de la mouette qui venait de se poser à ses côtés. Mon cheval arrêta de manger, leva les yeux vers la nouvelle, s'ébroua et revint à son repas. La vie semblait bien simple pour lui … De même que celle de la mouette qui, s'étant assurée que rien de comestible ne trainait dans les parages, reprit son envol. Son cri grinçant s'éleva dans les airs où ses ailes la portaient. Mes yeux suivirent son trajet tant qu'ils le purent, mais, impuissants face à la masse nuageuse qui barrait le ciel, ils durent abandonner cette chasse et revinrent se poser sur la terre. Cet élément me dégoutait. Moi qui voulait devenir ange, qui n'aspirais qu'à voler, je m'apercevais que je n'étais en réalité qu'une pauvre humaine impuissante, clouée au sol où sa condition la retenait. La jalousie tordit mon ventre, à l'entente d'un nouveau cri de mouette qui sonna à mes oreilles comme le plus moqueur des rires. "Tu ne seras jamais libre de voler de notre façon !" semblait-il dire. Et alors ! et alors … j'aurais aimé lui crier à mon tour qu'elle ne connaitrait jamais le bonheur de courir, ni encore de nager. Mais seules les larmes acceptèrent de quitter mon corps, exprimant les sentiments qui noyaient mon coeur.

Ici, perdue au milieu des éléments je me retrouvais réduite au néant. Incapable de tout, même d'un simple choix. Et dire qu'il y a peu je croyais de nouveau en quelque chose … je croyais avoir trouvé une Voie qui me correspondrait … qui me guiderait … que je vivrais. Perdu.
Un Maitre m'avait guidée. Un mois. Fatiguant mais source de paix et d'équilibre.
Un Maitre m'avait quittée. Une seconde. Triste mais pleine d'espoir.
Un Maitre m'avait guidée. Une semaine. Harassante mais enrichissante.
M'avait quittée elle aussi. Longtemps. A tel point que j'avais renoncé. Ce double abandon en si peu de temps m'avait cassée. Mes pas avaient quittés le chemin des Marchombres, leur laissant cette vie qu'aucun Maitre n'avait en fait semblé vouloir me montrer plus d'une minute. Pendant ces quelques mois qui s'étaient écoulés, j'avais avancé à l'aveugle, laissant Shantal me conduire où cela le chantait. L'enjouée petite Mairaë-Lorial s'était transformée en un vulgaire zombie, marionnette du destin. Triste vie que la mienne … alors pourquoi ne pas l'achever maintenant ? Pourquoi ne pas faire les derniers pas qu'il me restait, en me rapprochant du bord de la falaise ?

Je me remis en marche, luttant contre le vent violent qui s'était levé. Alors que ma résolution de me transformer en Ange s'affirmait, cet élément me soufflait de faire demi-tour ! Quel culot ! Il avait été jusque là muet comme la tombe de mon mari, et maintenant il osait essayer de me guider !
Serrant les dents, j'avançais, bon gré mal gré, ancrant mes pas dans les petits rochers du sol. Le soleil brillait à ma droite, perçant de ses derniers rayons les épais nuages qui couvraient l'horizon, donnant un aspect irréel au ciel. Sa teinte rosée, jaune, vaguement orange par endroit, était telle qu'aucun peintre n'avait jamais su la dessiner. Ces couleurs étaient de celles qui me ravissaient quand j'étais gamine, du temps où je pouvais encore rêvasser sans me soucier de la vie. Elles me ramenaient dans ce passé où, adossée contre un pommier, j'oubliais de manger le fruit dans ma main pour me contenter de dévorer le ciel des yeux. C'était la nourriture de mon esprit en quelque sorte. Mais ces jours heureux étaient finis. Aujourd'hui, la seule chose qui captait mon regard, c'était cette masse sombre qui s'amoncelait dans les cieux et s'approchait de moi, poussée par le vent et bientôt prête à m'engloutir. L'odeur de tempête qui flottait dans l'air annonçait la fin du beau temps, de même qu'elle annonçait ma propre fin.

Voilà, j'y étais. La pointe de mes pieds était dans le vide, et seule la présence du vent m'empêchait de glisser vers l'avant. Je le sentais se glisser dans mes vêtements, dans mes cheveux, joueur malgré la violence qu'il portait en lui. Un vague instant j'eu l'impression de lui ressembler, moi qui en apparence portait l'amertume du monde, mais qui au fond restais moi-même, teinte de la folie de ma jeunesse.
Le fracas des vagues qui s'écrasaient sur la falaise en contrebas empêcha mes pensées de s'égarer dans cette comparaison hasardeuse.
Rage et Puissance.
Il semblait que tous les éléments présents dans cette scène du bout du monde s'acharnaient à me montrer qu'il fallait que je continue à vivre. Que comme moi, ils portaient un peu de bien et de mal. Comme moi, comme Jennyssie, surement comme Uhl ou comme mon Maitre.
Penser à eux me tira un sourire. Je les avais perdu même si je ne les avais jamais possédés, mais oh combien ils avaient marqués ma vie ! Vivre avait du bon en fait … ne serait-ce que pour ces courtes rencontres qui avaient parsemées ma route. Ma Voie … de nouveau ce mot qui se glissait dans mes pensées. Ce mot qui semblait ancré dans chaque Maitre et dans chaque apprenti. Un Maitre-mot que j'avais eu l'impression de saisir …

Une nouvelle rafale de vent. Une nouvelle vague. Une nouvelle piqure pour me ramener à la raison.
Les deux premières furent d'une force inouïe, s'alliant pour aider l'eau à escalader la falaise à la façon d'un serpent de mer. Insaisissable et mortellement rapide.
Je me retrouvai trempée et déséquilibrée vers l'arrière. Puis assise sur le sol sans avoir pu agir.
Et bizarrement je me mis à rire, d'un rire qui n'était au départ qu'un murmure et qui se transforma en clameur, se mêlant au vent, d'une façon presque aussi folle.
Oui j'étais folle.
Sauf qu'en cet instant je me sentais vivante.
Le froid me glaçait la peau. La flamme du bonheur me chauffait le cœur. Nul besoin des hommes pour vivre. Ici je commençais à trouver des amis, immuables dans le temps, qui m'encourageaient comme ils pourraient toujours le faire, car nul n'est plus immortelle que la nature elle-même.




I felt the earth beneath my feet
Sat by the river and it made me complete
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Mar 05 Juil 2011, 12:24

Il y avait du vent. Ce vent qui passe, qui repasse, qui souffle et pousse. Ce vent, cette force inouïe, cette énergie folle. Masse d’air imprévisible, tournante, chatoyante, capricieuse et impulsive. Aïwen sourit tranquillement, une main posée sur l’encolure de Luayy. Le hongre ouvrit grand ses naseaux pour capter un maximum d’odeurs et d’informations sur ce qui l’entourait. Naseaux dilatés, oreilles mobiles, on pouvait deviner son attention portée tout autour de lui d’un coup d’œil. En tout cas, pour son cavalier c’était une évidence.

L’odeur de la mer, de l’océan, les entourait. Cette note iodée dans l’air, ce vent particulier, à la fois chaud et froid, changeant, le bruit des vagues dans le lointain… L’homme à la peau noire ferma les yeux un instant, pour inspirer profondément. Naturellement porté à l’ouverture, ouverte sans cesse à tout ce qui l’entourait, sa conscience se para des couleurs de l’herbe chatoyante et de la mer agitée. Il était le vent, et il voguait au travers du monde, comme son passager attendu, comme son passager itinérant.

Il y avait une autre énergie, une énergie de femme, une force enfouie, une beauté émergeante. Au bout d’une falaise, des pieds dans le vide, un rire qui s’égrène. Les lèvres du Marchombre s’étirèrent lentement, et il rouvrit doucement les yeux, ne rompant pas le contact avec le vent qui l’entourait, qui le guidait. Le vent qui avait toujours été là pour lui, depuis sa plus tendre enfance jusqu’alors… quatre-vingt-cinq ans de complicité. Un sourire continua d’étirer ses lèvres fines, creusant aussi les rides au coin de ses yeux et dans ses joues.

Une demande silencieuse, une recherche de soi et des autres. D’une place que l’on voudrait sienne. Y a-t-il réellement une place pour chaque chose en ce monde ? Rien n’est réservé, rien n’est joué. C’est à chacun de se faire sa place, et de réussir à y demeurer. Voie de l’envol, Voie du Marchombre. Se faire sa place dans l’Harmonie des choses, dans l’Harmonie du Monde… Mais que serait l’Harmonie sans le Chaos ? Que serait la construction sans la destruction ? Chaque chose possède un contraire. Un contraire, qui veut bien souvent prendre la place que l’autre s’est forgée. Inlassablement.

Et puis, il y a l’espoir.
Petite goutte d’humanité qui peut tout faire basculer. Qui peut tout équilibrer.

Luayy souffle doucement, et pousse son cavalier du bout du nez, lui tirant un sourire. Alors, une dernière caresse, et Aïwen s’avance vers la silhouette, au bord du précipite. L’océan, puissant, amène les vagues jusque sur la grève, s’amusant avec sa houle gracieuse, défiant incessamment les pics rocheux vertigineux qui le surplombent.

Les pensées du demi-Faël s’envolent vers Naïkiti, qui doit être en train de préparer à manger pour Loa et Tyao : leurs arrières petites filles devaient être chez eux, avec leurs deux parents, Nay et Osco. Elles étaient toutes les deux mignonnes comme tout, et le sang Faël de Gyuza avait complètement été dilué par les générations antérieures, même si en l’occurrence, Loa était très dextre – bien plus qu’une jeune adolescence de son âge ne l’était habituellement. Les yeux entre le marron et l’orange de ses deux arrières petites filles surgirent dans son esprit, et il ne les quitta pas.

Puis, son regard se posa sur la silhouette. Cheveux noirs au vent, plutôt fine, presque à se faire emporter par la puissance du vent qui soufflait là-haut, elle semblait attendre quelque chose. D’elle-même, ou de l’extérieur ? Un sourire étira les vieilles lèvres fripées d’Aïwen, et il s’assit sans un bruit à ses côtés. Fermant les yeux, il dit encore une fois bonjour à son ami de toujours, qui lui répondit d’une caresse sur sa peau sèche et chocolat. Il passa ses doigts sur une tâche noire, le long de son bras, en soupirant légèrement.

- Un petit aperçu de la puissance des éléments… Crois-tu qu’ils peuvent nous parler ?

Un sourire mystérieux s’accrocha à sa bouche, tandis qu’il tournait lentement son visage vers son interlocutrice. Calme et enjoué.




[Désolée pour le temps de réponse ! J'ai cru que jamais je n'y arrivais U_U ]
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Mer 06 Juil 2011, 23:39

Mon rire s'estompa, comme le vent qui se fit brise. Envolée sa violence ! Seule sa douceur câline resta. Il ne me poussait plus, maintenant qu'il avait compris que j'avais abandonné, au moins pour un temps, l'idée de sauter au bas de la falaise. Il se fit murmure joueur qui s'enroula autour de moi, faisant voleter mes cheveux à son gré. Et moi, je le laissai faire, goûtant avec délice cette attention dont j'étais l'objet.

D'un léger mouvement, je me déportai vers l'avant, me retrouvant les jambes dans le vide. De nouveau, le vent se renforça, une forte odeur de tempête mêlée à lui. Les vagues, guidées une fois de plus par ses bons soins, remontèrent la falaise pour venir lécher mes pieds que je me hâtai de déchausser.
Mes yeux se fermèrent, mon esprit s'ouvrit et s'allia à mes quatre autres sens pour me transmettre les messages de la nature, m'apaisant encore un peu plus.

Un soupir à ma droite vint troubler ce partage, manquant de me faire rouvrir les yeux. Ce fut juste un léger arrêt de mon cœur qui fut le seul à marquer ma surprise. Comment est-ce que quelqu'un ou quelque chose avait bien pu arriver à mes côtés sans que je le sente ?! La curiosité me piqua, mais j'étais si bien là, immobile, que rien au monde n'aurait pu me faire bouger d'un pouce. Pas même un être sanguinaire désirant ma fin. J'étais tellement bien … que cette présence que je sentais enfin soit porteuse d'un message de mort ou de vie m'importait. J'avais assez vécu pour ne pas avoir de regrets. Tout comme je savais qu'il me restait encore beaucoup de choses à vivre si le temps me le permettait.

Une voix chaude, calme et confiante s'éleva dans les airs, se mêlant aux cris du vent qui commençaient à se faire hurlements, n'essayant pas de les dépasser en force. Se glissant simplement entre les fils de l'élément pour parvenir à mes oreilles.


- Un petit aperçu de la puissance des éléments… Crois-tu qu’ils peuvent nous parler ?

Nouveau battement de cœur qui oublie d'exister. Mon être entier se fait silence alors que des souvenirs ressurgissent, ramenant un bout de Voie que j'essayais justement d'enfouir à tout jamais.


***


- Qu'est-ce que vous faites ? Ne devriez-vous pas me guider au lieu de bronzer ?

Un regard. Désespéré. Moqueur aussi.

- Je parle à la roche.

Un rire de ma part. Un nouveau regard de la sienne. Qui me coupe dans mon élan. Il a perdu sa moquerie, gagné en sérieux, avec un air qui ne me laisse pas de doute. En silence je vais m'assoir sur le rocher voisin du sien.


-Ouvre ton esprit jeune apprentie. Ouvre- le à ce qui t'entoure. L'air qui joue autour de toi. Les arbres qui murmurent. La roche qui t'offre sa force et sa solidité. Le monde est un entrelacs de forces qu'il appartient au Marchombre de comprendre, de sentir, de vivre.


Les yeux fermés, j'avais essayé de m'ouvrir à ces éléments dont il me parlait. Je pouvais comprendre qu'on parle au vent et aux arbres qui semblaient parfois animés d'une vraie vie. Mais la roche ?! Quelle idée saugrenue ! Qu'un élément inerte, mort, puisse être capable de communiquer avec un humain semblait plus qu'improbable. Et pourtant … il en avait parlé avec tant de sérieux que je lui avais obéi sans discuter.
Mon esprit s'était alors apaisé, mon souffle s'était calqué sur le rythme de l'air et mon corps s'était tendu vers ce qui l'entourait. Mes sens s'étaient ouverts. Mon esprit s'était envolé. Un instant j'avais cru que le chant du vent se faisait plus clair à mes oreilles, que la roche me transmettait sa douce chaleur en guise d'encouragement, que les arbres discutaient entre eux de ces deux êtres immobiles au milieu de la clairière. Mais en rouvrant les yeux, je n'avais eu qu'un sentiment d'échec car ces impressions volages me semblaient n'être rien de plus que ce que n'importe quel humain pouvait ressentir. Evidemment que le vent faisait du bruit en sifflant dans mes oreilles ! Evidemment qu'une roche chauffée par le soleil transmettait sa chaleur quand on s'asseyait dessus ! Evidemment que les arbres parlaient entre eux, si c'était ce que j'avais envie d'imaginer !
Je m'étais donc ouverte sur le sujet auprès de mon maitre qui avait répondu avec un sourire énigmatique:

- Ne t'en fais pas, nous recommencerons demain et tu verras, un jour je ne doute pas qu'à toi aussi, le vent parlera et que tu lui répondras …


Sur cette phrase emplie de mystère et d'absurdité, il était parti retirer les brochettes de siffleur du feu de camp.



***


-Oui.

Une réponse étonnante de simplicité. Etonnante de contenu. Cet étranger saisirait-il ce que j'avais vraiment voulu dire? Ici, la force des éléments libres de toute présence humaine qui les aurait enchainés, cette force s'offrait à moi de milles façons, enchantant mes sens et me racontant le bonheur de la vie. Je ne comprenais pas ce que me chantait le vent en caressant ma peau et mes oreilles, ce que me glissait l'eau en longeant mon corps, ce que me chuchotait l'herbe sous mes doigts, ce que me vibrait la roche. Mais pourtant je les sentais me parler.

Je rouvris les yeux, décidant qu'il était peut-être temps de faire face à cet être aux questions étranges. Je me fis silence encore un instant, plongeant mon regard dans le dernier éclat d'or du ciel. Quand il eut disparut, noyé sous les nuages noirs, je me tournai et ancrai mes pupilles bleus dans les siennes. Du coin de l'œil, je vis que je me trouvais face à un Faël à la peau couleur terre, aux oreilles pointues, aux rides ancrées. Au regard empli d'une sagesse sans fin. Un regard qui me fit frissonner, car il m'en rappelait un autre, lointain. Un regard qui appelait aux questions profondes, à ces questions enfouies au fond de soi et qui ne coulent hors de nous qu'en ces instants précis.


-Croyez-vous que les hommes peuvent les comprendre ?


Marchombre, sage ou simplement Faël ? Les trois possédaient des esprits que le mien peinait à cerner. Qu'importait. Je savais que quoi qu'il soit, sa réponse apaiserait mon âme égarée, comme l'avaient fait celles de mon ancien Maître.
L'angoisse et l'espoir se disputaient mon cœur. J'avais peur que cet homme qui rayonnait l'intelligence et les bonnes intentions ne me ramène sur une Voie que j'avais décidé d'abandonner. Alors si mes tripes se tordaient, pourquoi donc désirais-je qu'il se fasse porteur d'un message qui me guiderait de nouveau sur cette Voie ?!
Le combat continua entre mes sentiments contradictoires, attendant d'un visage pourtant imperturbable, la réponse qui ferait pencher la balance.



[L'attente ne fut pas vaine ^^. Tes Rps sont toujours aussi beaux.
Pour ce qui est du cours, tu n'es pas obligée d'attendre la fin de ce topic pour l'entamer. Comme ça les trois autres élèves pourront aussi profiter de tes Rps Smile ]
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Ven 29 Juil 2011, 12:06

Léger silence.
Léger, comme le vent qui venait caresser sa peau rèche, sa peau sèche et tirée, ridée par le temps et les temps. Ridée par le temps passé au soleil, par le temps offert au vent, par le temps consacré à l’eau, par le temps dérobé à la nuit dans la contemplation de la lune. Ridée par le poids des ans qui s’amoncelaient sur les épaules d’Aïwen, qui creusait son esprit et y empilait des montagnes de souvenirs. Heureux et malheureux. Les souvenirs d’une vie qui avait toujours été remplie, et toujours vécue dans le présent, face à l’avenir et dans la continuité du passé.

Quand avait-il posé cette question pour la dernière fois ?
Quatre ans auparavant. Durant la formation de Vann. Alors qu’il était à ses côtés depuis moins de deux heures.

**

- Grimpe.

La silhouette d’un homme que l’on pouvait à peine distinguer dans l’obscurité eut un mouvement vers le mur d’une tour d’Al-Jeit. Il était à son pied, et venait de désigner du menton la pente ardue qui s’étirait devant lui, vers le ciel, comme à l’infini.
A l’infini.

Dans tous les cas, c’était l’impression qui se dégageait de cette tour confondante de verticalité et de hauteur. Vann réprima un frisson d’expectative. Il avait toujours voulu escalader ce genre de tour, mais s’était jusque-là abstenu. Par simple argument de raison, ou parce qu’au fond de lui, il savait qu’il ne pourrait y arriver, ou bien avait peur de tomber ?

La question, en tout cas, n’avait plus lieu d’être.
Parce qu’il allait l’escalader, cette tour.

Malgré la fine bruine qui venait humidifier son visage et tirer ses paupières pour y voir quelque chose. Malgré l’obscurité de la nuit et des rues alentour. Malgré ses avant-bras engourdis de froid, malgré la bise glaciale qui venait secouer ses mèches blondes devant ses yeux clairs. Malgré les éléments qui semblaient s’acharner contre lui.

**

- Crois-tu qu’ils peuvent nous parler ?

Vann tourna la tête vers son mentor, qui désignait d’un large mouvement de la main tout ce qui les entourait. Le ciel, les étoiles, le vent, la pluie, la lune, la roche aussi, la tour… Quelques minutes plus tôt, il lui aurait ri au nez.
Quelques minutes plus tôt.
Avant de le voir escalader cette tour avec l’aisance qu’il aurait eue pour marcher simplement dans la rue.
Avant de le voir bondir à la verticale comme il l’aurait fait sur le sol pour le rattrapaer.
Avant de le voir… bouger, tout simplement.

Il déglutit lentement, et réfléchit plusieurs minutes à cette question. Les yeux fermés, le menton tendu vers le ciel, les lèvres entrouvertes pour accueillir les grains de pluie.

- Je crois, oui. Mais après, pour ce qui est de nous les entendre… une autre histoire.

Aïwen sourit, hochant doucement la tête.

**

Le vieux Faël sentit ses lèvres s’étirer dans un sourire encore plus large qu’il ne l’était déjà. Les hommes étaient-ils capable de les comprendre, ces éléments indomptables, ces forces puissantes, ces énergies inexorablement confondantes de potentialités ?

- Je pense que si les hommes commençaient par se comprendre eux-mêmes, ils ouvriraient leur âme et la vérité leur serait alors révélée.
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Ven 29 Juil 2011, 20:50

-Alors j'attends la mort avec impatience,car je ne crois pas que l'homme puisse se trouver. Seule la fin nous aide à réaliser ce que nous sommes.


Dernière édition par Ange Shar le Ven 29 Juil 2011, 23:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Ven 29 Juil 2011, 21:35

- Qui t'a dit que la mort était la fin ?
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Ven 29 Juil 2011, 23:16

-La même personne qui m'a parlé de renaissance.
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Sam 30 Juil 2011, 09:40

- Les mots sont des armes.
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Sam 30 Juil 2011, 14:33

- Les seules que j'aime utiliser... Les seules qui ne puissent pas tuer... Et rien ne semble impossible avec des mots. Comme si eux seuls pouvaient nous montrer le chemin qui surpasse tous les obstacles...
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Dim 31 Juil 2011, 11:00

- Aimer faire quelque chose ne signifie pas savoir le faire, jeune fille.

Les mots ne surpassent rien du tout. Ils sont une composante d'un tout. Les mots peuvent mentir...
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Dim 31 Juil 2011, 16:13

- Mais qui ne ment pas?
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Dim 31 Juil 2011, 19:25

- Ceux qui savent s'exprimer avec autre chose que les mots. Crois-tu qu'ils soient réellement les seuls vecteurs d'information valables ? Tout sait parler. Personne ne sait écouter.
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Dim 31 Juil 2011, 23:54

- Les éléments peuvent donc nous parler selon vous aussi... J'ai connu un homme qui les écoutait et les comprenait, 'personne' n'est donc pas tout à fait exact...Et vous? Êtes vous ouverts à tout ce qui nous entoure et nous parle? Un Faël est-il différent des hommes au point de pouvoir trouver la clé de son être?



[Hrp: je t'informe au passage que je vais prendre du temps pour répondre au cours, vu que j'ai peu de temps pour les gros Rps en ce moment]
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Lun 01 Aoû 2011, 15:43

- Celui qui se targue de connaître les éléments ne connaît que la surestime de lui-même. Les éléments sont imprévisibles. Ce sont eux qui veulent bien se faire décrypter par moment, mais aucun être ne saura jamais les comprendre dans toute leur complexité. C'est cela, la vie.

Savoir que quoi que l'on ai déjà vu, quoi que l'on ai déjà fait, quoi que l'on ai déjà appris, il en reste toujours plus à voir, à faire et à apprendre.

Celui qui croit savoir ne vit plus, il survit.
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Lun 01 Aoû 2011, 22:41

-Quel avenir alors pour un être qui se contente de survivre, perdu dans les brumes du vide intellectuel?
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Lun 01 Aoû 2011, 23:00

- Quel avenir pour celui qui ne pose plus de questions ?
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Mar 02 Aoû 2011, 08:08

-Quel avenir pour celui qui en pose trop?
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Mar 02 Aoû 2011, 09:03

- On ne pose jamais trop de questions.
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Mar 02 Aoû 2011, 15:03

-Sauf quand on ne prend pas le temps d'entendre la réponse.
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Mar 02 Aoû 2011, 15:41

[Aïwen secoue la tête]

- On ne pose jamais trop de questions, jeune fille.
On veut plutôt trop de réponses en trop peu de temps, dans ce cas... On ne se laisse pas le temps à son âme et à son esprit pour s'en imprégner. Le temps est la clé de bien des choses. Les mots ne sont que superflus lorsque le temps nous a appris à lire l'invisible...
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Mer 03 Aoû 2011, 20:00

-Quel fou peut croire être capable de reconnaitre l'invisible? C'est une prétention plus risqué que celle de penser connaitre les éléments qui nous entourent.
Si des gens peuvent lire l'invisible, alors d'autres doivent être capable de le contrôler.
Le temps deviendrait alors superflu...
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Jeu 04 Aoû 2011, 10:20

- Voir l'invisible... Encore une fois, les mots sont des armes autant que des murs. Transparents ou opaques. Voir l'invisible pour ceux qui ne savent plus regarder, voilà ce qui aurait dû être dit.
Chacun a des yeux pour voir, et pourtant la plupart ont perdu la faculté d'observer, que nos origines nous a conférée. Les animaux voient mieux que nous, sentent mieux que nous, savent mieux que nous. Pourtant, nous leur octroyons une intelligence moindre que celle de l'être humain... ce n'est pas raisonnable.

Mais c'est le temps qui nous montre cela. Parce que lorsqu'on n'a pas le temps, on ne regarde pas. On n'observe pas. On ne réfléchis pas sur la vie, mais sur les actes... On ne voit pas les choses telles qu'elles sont, mais telles qu'on veut qu'elles soient...
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MessageSujet: Re: Ramenez-moi [Aïwen]   Sam 03 Sep 2011, 01:21

Feelings are intense, words are trivial
Pleasures remains so does the pain
Words are meaningless and forgettable.



Le ciel noya mes paroles.
Du moins c'est ce que j'aurais aimé.
Les gouttes percèrent les nuages pour venir s'écraser sur mon visage, désormais détourné de celui de l'inconnu. Ces petites perles froides apaisaient l'effet étouffant de chaleur qui habitait l'air ambiant. Elles m'aidaient aussi à me donner une contenance. C'était comme si en elles, je cherchais une phrase à offrir à mon voisin. Je détestais ne pas avoir le dernier mot. Cette sensation de défaite était si désagréable … pourtant ce qu'il avait dit était juste, ou tout du moins sonnait juste. Mais il fallait que je trouve une réplique, tout comme je l'avais fait jusqu'à maintenant.
Sauf que jusqu'à maintenant les mots avaient coulés d'eux-mêmes, comme une sorte de prolongement de ceux du faël.
La source s'était tarie.
Il fallait qu'elle se remplisse, et quoi de mieux alors que ces gouttes pour le faire.

Mes paupières closent me privèrent d'un sens, laissant libre cours aux autres pour s'exprimer. J'avais le temps … alors j'allais le prendre. Qu'importe s'il n'obtenait qu'un silence pour l'instant. Je n'étais nullement un sage. J'étais juste un ange.


"La vie … les actes …"


Ces vérités qu'il exposait étaient trop complexe pour un être comme moi. Il n'y avait qu'une chose qui m'intéressait pour le moment, et ce n'était ni mon nombril, ni celui des autres humains.


"Le monde …"


Je ne voulais réfléchir que sur ça. Et encore réfléchir était un grand mot. Je voulais profiter, entendre, vivre.
Profiter de cette fraicheur que le ciel m'offrait si soudainement.
Entendre le clapotis des vagues loin en bas, les gouttes s'entrechoquant avant d'éclater en touchant le sol, le vent qui tourbillonne et rend incertain le trajet de l'eau.
Vivre cet environnement si sauvage, si libre.

Me fondre dans ce monde si voluptueux à sa manière.
Ne pas me poser de questions philosophiques qui venaient gâcher ce tableau.
Qu'importait après tout que les animaux surpassent les hommes en bien des points. Ce que l'homme avait développé, ce qu'il avait créé, c'était peut-être des barrières, mais c'était aussi des merveilles que nul cheval, loup ou mésange n'aurait su réaliser.
Al-Jeit et ses tours.
Un bijou.
Assurément je voyais mal un animal, ni même un Tslich se glisser dans l'Imagination pour réaliser cette œuvre.

Je ne savais comment le dire à cet inconnu…

C'est en rouvrant les yeux sur ce paysage sombre, et pourtant si lumineux, que je trouvais une autre phrase à glisser à ses oreilles.


-On a tous le temps. On ignore juste son existence, comme on ignore si souvent le fragment de lumière qui brille dans les ténèbres, ces ténèbres qui accaparent parfois notre esprit. Expliquer aux humains que la vie n'est pas qu'une course ininterrompue, ne serait-ce pas du gâchis ? Beaucoup y répondraient par du mépris, de l'incompréhension, de l'indifférence, pour repartir de plus belle. Mais qu'importe après tout … il y a un an, réfléchir sur la vie ne m'intéressait pas. Ce qui comptait était juste d'être heureux, même si mes joies ne venaient pas du monde qui m'entoure.
J'ignore si je voyais les choses telles qu'elles étaient ou telles que je voulais qu'elles soient, mais l'important n'était-il pas simplement de les voir belles ?


L'important n'était-il pas de vivre? … Cette vie aurait manqué de saveur. Elle aurait manqué de cette épice qu'avait représenté le monde Marchombre.
J'avais découvert que j'avais soif d'un monde nouveau. D'un monde aux couleurs du vent, à la senteur du ciel, au gout de la vie.


-Un rien peu briser une vie … un rien peu casser ce miroir qui vous renvoie un reflet d'une vie que vous désirez, vous révélant ce qui se cache derrière.
Les animaux savent mais ne parlent pas. Je n'envie rien à leur condition, car ce que je veux c'est découvrir pour mieux partager. Les miroirs ne se brisent pas facilement, mais je veux connaitre ceux qui ont vu l'autre côté. On ne pave pas une Voie avec ses seules impressions, et les éléments à eux seuls ne peuvent suffire à avancer. Il faut des humains. Des rencontres. Un guide …


Un Maitre …

J'avais suffisamment trainé. Tant pis pour Sanja, et pour mon ancien Maitre Marchombre qui m'avaient abandonnés. Il fallait que je rentre à l'académie. Je n'avais rien promis à personne d'autre qu'à moi, ce qui était amplement suffisant pour me pousser vers l'avant. Qu'importait le nombre de Maitres, d'abandons que j'aurais à subir. Je les verrais bien assez pour profiter des quelques graines de sagesse qu'ils voudraient bien me confier.


Je me levai et contemplai une dernière fois ce paysage qui m'avait aidée à reprendre mes esprits. Mes pieds bien ancrés dans le sol n'avaient plus envie de s'élancer dans le vide. Au contraire, ils plongeaient des racines invisibles dans la roche pour s'imprégner de sa force et de sa solidité.
Mes cheveux lourds de pluie ne voletaient plus avec le vent, mais ce dernier refusait de me laisser partir sans un dernier cadeau: du froid à glacer le sang. Avec le rhume que j'aurai le lendemain, c'était sur que je ne risquais pas de l'oublier de sitôt ce petit malin!

Mon regard se tourna enfin vers l'inconnu à la peau halée. Malgré le fait que je me sois sur le départ, il semblait toujours lui-même, serein.
Un sourire se glissa sur mes lèvres.
Rien que pour lui.


-Merci. Vos paroles éclaireront mes pas pendant longtemps. J'espère que nos Voies se recroiseront bientôt. D'ici là peut-être que je me serais enfin comprise et que l'invisible sera plus proche.


Un clin d'œil ponctua ma dernière phrase, saluant au passage celui que j'aurais peut-être aimé avoir comme Maitre.
Le destin n'oserait tout de même pas être aussi joueur ?




All I ever wanted, all I ever needed is here in my arms
Words avec very unnecessary, they can only do harm

Enjoy the silence


[HRP : Désolée pour le retard, et la qualité des réponses. Il est 1h du mat' et mes idées sont un peu confuses ><.
Ange n'est pas encore totalement partie, si tu veux encore rajouter quelque chose Wink ]

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Ramenez-moi [Aïwen]
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