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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Fyrh - Cours n°1

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Ven 16 Sep 2011, 22:55

Vivacité. Et lenteur. Départ sur les chapeaux de roues. Doucement les jambes cessent de s’activer.

Les sprints, c’était sans doute une épreuve bien plus difficile que toutes les autres. Cela faisait intervenir le jeu de jambes, le souffle, le cœur, la résistance aux courbatures, et cela érodait très facilement la volonté ; quand on en arrivait au moment de la pose, bien souvent l’envie de repartir était aussi forte que celle de se pendre soi-même. Et pourtant, le but était justement de mesurer cette volonté, de saisir l’importance qu’elle prenait dans la personnalité de chacun.

Aïwen observait ses apprentis qui s’élançaient, pour s’arrêter. Pour repartir. Il comptait lentement dans son esprit pour que les secondes de récupération ne fussent pas réduites ; ni celles des sprints. Un sourire sur le visage, il les voyait avoir vraiment du mal à s’élancer à chaque fois. A digérer les courses rapides. La première à se rendre compte qu’elle ne pourrait pas tenir indéfiniment fut Ange, et le Marchombre hocha doucement la tête quand il la vit se mettre à trottiner doucement plutôt que de continuer les sprints. Il lui demanda même de continuer à marcher plutôt que de courir.

Entre Shalie et Aaron, ce fut plus serré, mais autant l’un que l’autre avait beaucoup de mal à continuer. Aïwen les poussa encore et encore, et tantôt ils distançaient Ange, tantôt ils se faisaient rattrapés. Finalement, ils demandèrent tous les deux grâce, et le vieux Marchombre leur accorda cette pause bien méritée. Les laissant donc marcher tranquillement, en attendant que la dernière apprentie les rattrapât, ce qui ne tarda pas à se faire. Lorsque les trois apprentis furent présents, Aïwen leur adressa un sourire sans rien dire.

Il y avait des moments où les mots étaient inutiles.
Où ils devenaient futiles, et même agaçants. Où ils n’avaient plus réellement de sens, qu’on les entendît ou les écoutât. Le silence était le seul réconfort, la seule évidence qui s’imposait. Lorsqu’il avait été plus jeune, Aïwen était un moulin à paroles, à tout et rien dire. Surtout rien. Ne réfléchissant pas aux mots, et à ce qu’ils impliquaient, les laissant couler de lui comme une cascade vive. Comme une cascade vive, et qui savait écouter aurait facilement pu remonter jusqu’à sa source : son âme.
Il soupira doucement.

Son regard se posa sur ses trois apprentis.
Ange. Shalie. Aaron.

Trois apprentis, qui avançaient côte à côte. En même temps. Il les avait simultanément et c’était cela, la réelle nouveauté, pour lui. S’adapter aux trois en même temps, pouvoir les comprendre tous les trois, adapter ses exercices à chacun. Un défi de chaque instant, il le voyait, il le sentait, dans tous les exercices qu’ils avaient faits jusque là. Et puis cette relation qui naissait entre eux, et qui n’était pas de la même teneur que celle qu’il avait pu entretenir avec tous ses autres apprentis ; c’étaient des apprentis qu’il n’avait pu choisir, ni observer, et pourtant il sentait qu’ils avaient tous les trois un potentiel démentiel, tous les trois. Cela serait à lui de se modeler, de modeler sa façon de voir et son enseignement.

Les laissant marcher tranquillement donc, il ne disait rien, se contentant de donner la direction. Ils marchèrent toute la matinée, la fin de la matinée, et Aïwen leur fit faire une pause alors que le soleil était à son zénith. Leur distribuant à chacun une portion de viande séchée et salée – de la viande de siffleur – il leur tendit à chacune une outre pour qu’ils pussent boire. Puis, il leur demanda de s’étirer avant de reprendre la marche durant l’après-midi.
Ils marchaient, et Aïwen prenait le temps de répondre aux différentes questions de ses apprentis. De manière plus ou moins claire, plus ou moins évasive, certes, mais des réponses tout de même ; et s’ils ne s’en contentaient pas, c’était qu’ils devaient justement y réfléchir d’eux-mêmes. Le but n’était pas de faire des apprentis qui pensassent la même chose que lui, mais bien des jeunes gens qui sussent penser, et se faire leur propre opinion sur chaque chose, qui se posassent les bonnes questions, somme toute.

Lorsque le soleil fut assez bas dans le ciel – il devait être aux alentours des six heures du soir – Aïwen s’éloigna de la piste pour s’enfoncer dans les broussailles, et trouver un endroit qui serait bien pour faire un feu de camp, et un camp pour la nuit. Il ne faisait pas froid, et si la nuit serait fraîche, les légères couvertures qu’il transportait suffiraient pour les tenir à la bonne température. Mais ce n’était pas tout…
Il passa les deux heures suivantes à leur expliquer comment faire du feu, comment choisir leur bois, et les pierres qui leur permettraient de faire des étincelles ; n’importe quelle pierre pouvait faire l’affaire, tant qu’on la frictionnait contre de la martensite. Il leur montra comment reconnaître ces pierres en particulier, et ensuite demanda à chacun d’entre eux de faire un petit feu, chacun de leur côté, tout en continuant à leur dire ce qui n’allait pas, et à leur donner des conseils pour qu’ils se repérassent plus vite par rapport aux morceaux de bois et aux pierres à trouver…
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Dim 18 Sep 2011, 22:52

Vint de nouveau ce moment où je sentis mon corps défaillir. Le soumettre à des arrêts et des départs brusques ne le ménageait pas beaucoup. Je l'avais poussé dans ses derniers retranchements et, lorsque ma tête se mit dangereusement à tourner, je décidai d'arrêter cette torture. Cette fois-ci, ce n'était plus simplement mes poumons ou les muscles de mes jambes qui hurlaient; c'était mon être qui n'en pouvait plus. J'avais puisé dans mes ressources et sentais que les forces emmagasinées lors de mes derniers repas s'étaient envolés.
Il me fallait du carburant si Aïwen voulait continuer ces exercices intenses. Je priai donc pour que nous nous arrêtions pour manger. Il était encore tôt pour prendre un repas, mais je sentais mon ventre me tirailler et réclamer de quoi alimenter mon corps.
Il fallut quand même que je bouge, que je rejoigne le groupe qui persistait dans les sprints. Ils disparurent de ma vue, et je compatis avec Shalie qui, un peu plus tôt, s'était retrouvée abandonnée par Aïwen, Aaron et moi.

Nouveau vertige.
Si je tombais, ils ne me verraient pas. Etait-ce encore me mettre en danger et pousser mes limites que continuer à avancer sous le soleil tapant ? Je me le demandais sérieusement. Aïwen nous avait enjoint de ne pas aller trop loin. Sauf que pour l'instant, ce "trop loin", c'était eux, et je devais les rattraper. Je voulais progresser sur cette Voie. Je ne voulais pas être un boulet dans ce cours.
J'avançais donc, à ma tranquille vitesse.

Les vertiges s'estompèrent à mesure que je reprenais le contrôle de ma respiration et que le vent refroidissait mon corps.

Bientôt, je fus aux côtés de mes deux camarades et de mon Maitre. J'attendis un instant des commentaires, de nouveaux conseils, mais rien ne vint. Une fois de plus, il se fit silence. A son image, nous laissâmes le vent nous parler, nous souffler qu'il était temps de se reposer et que nous avions beaucoup fait.
L'absence de mots fut la bienvenue. J'étais si exténuée que mon cerveau tournait au ralenti et n'aurai pas été capable d'emmagasiner de nouveaux conseils. Le silence quand à lui reposait nos sens, apaisant au passage cet esprit sur lequel nous avions forcé autant que sur nos corps.

Nul ne pipa mot, alors que nous continuions à marcher. J'osais à peine envisager une nouvelle course quand nous serions reposés. Si Aïwen connaissait nos corps et leurs limites, alors j'espérais qu'il verrait que seul un fond de volonté me maintenait debout.
Heureusement pour moi, ce qui compléta notre matinée ne fut que de la marche, dans un silence qui finit par devenir oppressant. C'était presque drôle de voir comme une telle chose pouvait passer de l'agréable au désagréable. Ou alors était-ce juste parce que je me lassais vite de ce qui accompagnait ma vie ?
Pourvu que je ne me lasse pas d'Aïwen.
Mon regard glissa sur son dos, savourant encore une fois la vue de cette démarche qui activait tous les muscles pour la rendre souple et limpide.
Non je ne pouvais pas me lasser d'un tel homme.

L'heure de la pause sonna quand le soleil eut atteint son apogée. L'abri de deux arbres nous offrit l'ombre nécessaire à nous empêcher de griller. Ce fut le long d'un d'eux que je me laissais couler, après quelques étirements. Sans ça, je ne serai pas capable de me lever quand il faudra repartir.
Le vieux faël sortit de son sac de quoi repaitre nos ventres, à défaut d'une phrase pour repaitre nos esprits. Ce bout de siffleur trop salé et incroyablement ignoble fut accueilli avec un bonheur inversement égal à son goût. Cet viande des voyageurs était une invention qui manquait d'assaisonnement, mais rassasiait même si on n'en mangeait qu'un petit bout. Une longue gorgée d'eau vint faire glisser cette nourriture.
Je me sentais enfin mieux.
Avec ça, les restes de vertiges allaient disparaitre pour de bon. Je n'allais pas m'évanouir au milieu de notre voyage.

Quelques nouveaux étirements plus tard, nous reprîmes la marche, cette fois-ci en papotant avec Aïwen. C'était amusant de le voir esquiver les questions pour lesquels nous n'étions pas assez murs. Cependant, les réponses qu'il accepta de nous offrir furent de celles qui offrent satisfaction et matière à réfléchir plus, par nous même. Ainsi, de longs silences entrecoupait les discussions, pour repartir de plus belles avec des questions toujours plus profondes.

Le temps passa agréablement, sans que nous ayons de nouveau à courir. L'énergie se remit à couler en moi une fois que la viande de siffleur ait été assimilée par mon organisme. Ce ne fut pas pour autant que j'implorai mon Maitre pour de nouveaux exercices.
J'avais eu ma dose.

Le soleil atteignait le bout de sa course quand Aïwen nous fit bifurquer pour nous engager plus profondément dans le sous-bois. Avec lui, nous nous mîmes à chercher un lieu propice pour accueillir un campement.
Une clairière ne tarda pas à se dévoiler sous nos pas, idéale pour notre petit groupe. La futaie au dessus de nos têtes restait dense, ce qui, en cas de pluie, nous abriterait.
Nos affaires posées sur le sol, notre Maitre entreprit de nous expliquer les secrets d'un bon feu de camp, nous laissant chacun en allumer un de notre côté. Je connaissais une grande partie de ce qu'il nous expliqua, du fait des nombreux voyages effectués au côté de la caravane qui quittait mon village une fois l'an, et grâce au père de Lienor.

Bientôt, trois feux de camps illuminèrent la clairière, leurs flammes faisant virevolter des ombres étrangers sur les arbres et les buissons environnants. On se serait presque cru à un rendez-vous de sorcières … Il manquait juste les chaudrons et les yeux de crapauds. Miam, ça me donnait faim ces idées.
Fixant Aïwen, je me permit de lui poser une question qui, je l'espérais, n'aurait pas besoin de réponse.

"Allons nous chasser notre diner maintenant, ou avez-vous encore assez de viande de siffleur pour nous ?

Les dernières lueurs du jour se glissaient entre les feuillages au dessus de nos têtes, et les ténèbres qui se resserraient sur nous étaient peu propice à la chasse.
Cependant, avec un Maitre Marchombre on n'était jamais sûr de rien. Les idées d'exercices tordus devaient foisonner dans son esprit, et j'étais sure qu'une chasse dans le presque-noir ne devait pas lui paraitre si idiot que ça.
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Shalie Altan
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Lun 19 Sep 2011, 18:24

Courir à fond pendant dix secondes, s'arrêter trente. Le temps de récupération était infime. C'était beaucoup plus éprouvant que précédemment, très vite Shalie se retrouve en sueur.
Le pire était de repartir, de forcer à nouveaux sur ses jambes alors que les muscles devenaient de plus en plus douloureux, au bout de quelques sprint cela ne devint plus un exercice physique mais cela devint aussi un exercice mental. Il fallait se donner la volonté de repartir alors que tous son corps crier de demander grâce afin de s'allonger sur le sol qui avait l'air tout d'un coup plus moelleux.

Ce fût Ange qui arrêta les sprints la première, encore. Shalie aurais pu ressentir de la vanité de ne pas être celle qui s'arrêta en premier mais il n'en fut rien. Chaque personne avait un domaine de prédilection, pour Shalie c'était la course et l'escalade qu'on la jete à l'eau et elle ne sera capable que d'avance à la vitesse de l'escargot en peinant pour ne pas se noyer. Elle détestait l'eau, un sentiment de crainte naissait en elle lorsqu'elle en voyait en grande quantité.
Elle était donc sure que dans les jours à venir Ange et Aaron l’époustouflerait.

Cela devenait de plus en plus dur Shalie et Aaron courait à présent à la même allure peinant et haletant. Ils s’arrêtèrent en même temps épuiser par l'effort.
Aïwen et Ange les rejoignirent. Mais cette fois ci aucuns mots ne fut prononcer. Aïwen ne leurs offrit qu'un sourire et ils continuèrent de marcher.

Ils marchèrent toute la matinée, à midi ils firent une pause et Shalie se laissa tomber avec plaisir sur le sol, elle regarda Ange faire des étirements avant de s’asseoir à son tour. Ils eurent droit à de la viande de siffleur. Elle grimaça légèrement lorsqu'elle reconnue ce que c'était. Prenant son courage à deux mains elle mastiqua la viande et fit passer le gout avec une longue rasade d'eau. Bien que se n'était pas le meilleur repas du monde cela lui fit du bien.
Avant de se remettre en route Aïwen leur demanda de faire quelques étirements. Cela remetta Shalie définitivement d'aplomb pour le reste de la journée.

L’après midi fut consacrer aux questions Aïwen y répondait précisément à certaines et rester flou sur d'autre. Ils ne devaient pas encore être prés à attendre de connaitre ses réponses la.

En fin de journée ils bifurquèrent pour s'engager dans le sois bois. Après avoir poser leurs affaires il leur expliqua comment faire un feu avant de les laissai à l'oeuvre.
C'était plus compliquer qu'il n'y paraissait et Shalie n'arriva qu'à la troisième tentative de faire jaillir une étincelle de surprise elle fit un bond en arrière.
Elle n'étais pas à l'aise avec le feu ni l'eau. Rougissant elle récupéra les pierres qu'elle avait fait tomber et réussit à allumer un feu.

Bientôt on entendais plus que le crépitement des flammes et le chants des animaux nocturnes lorsque Ange prit la parole:

"Allons nous chasser notre diner maintenant, ou avez-vous encore assez de viande de siffleur pour nous ?"

Shalie se figea chasser alors qu'il faisait nuit à présent? La elle aurait surtout bien tout donner pour se coucher sous ses couvertures et dormir. Mais bon il n'y avait pas d'horaire fixe en acceptant d'être apprentie il fallait être opérationnel 24 heures sur 24. Elle attendit donc la réponse de son maitre.

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Sam 24 Sep 2011, 01:08

Trente seconde et dix autres, un cycle et tant d'autres. Un cycle qui ne peut être éternel. Rien ne peut être éternel, encore que ce Marchombre qui court sans peine à mes côtés semble partit pour vivre sans fin.

Aïwen est éternel. Rien d'autre ne peut l'être, surtout pas ce déchaînement de puissance régulier. On s'essouffle, on se pli, mais on repart.. Jusqu'à ce qu'on en puisse plus, et qu'on se force a continuer. Finalement, je tombe. Pas le premier, ni le dernier, encore que ça se jouait peut être de peu... Non, Shalie semble taillée pour courir. Je suis sûr qu'elle aurait pu continuer. Ne serait-ce qu'un peu plus encore. Dix secondes de plus. Qu'est-ce que ça peut bien représenter dix secondes ?

Je ne saurais dire combien ont passé, le nombres de minutes qu'elles ont formé, le nombre de top que j'ai attendu, craint, espéré et essuyé. Je ne sais pas, trop occupé que j'étais à négocier. On négocie bien plus souvent qu'on le croit. On ne finit jamais de marchander avec son corps et sa volonté.. ''Allez, encore dix seconde de plus ! -Je ne veux pas, c'est trop dur ! -Je n'en peux plus arrête. -Dix secondes encore, les dernières, puis repos et satisfaction. -Satisfaction ? -Repos ? -Promis, au bord de l'eau, dans l'eau et dans un lit ! -Dix seconde encore.. -Les dernières..'' Et après dix secondes, trente secondes de parlementations, avec toujours les mêmes arguments mais toujours plus de persuasion.
Qui sait, le Marchombre n'est peut être, finalement, rien de plus que le plus grand des diplomates.

Je suis tombé, au sens propre. Je me suis arrêté, et à peine ais-je pensé dix, que la fatigue m'a rattrapé. Je suis tombé à genou pour respirer bruyamment, stupidement. Je sais que cette limite là, je ne la dépasserai jamais, qu'il y a toujours un moment où je flancherai, mais si je le repoussais. Mais je ne pensais pas que dix petites secondes suffisaient à m'y mener.
Mon cœur ne se calme pas, mais je réorganise ma respiration, la calme. Il faut qu'elle soit efficace, pas saccadée pour rien.

La main de mon nouveau maître se pose sur mon épaule bien large, avec douceur. Bien sûr, il a raison ! Il faut marcher, ne pas stopper l'effort trop vivement. Un cœur c'est bête, si on lui dit pas qu'on a arrêté de courir, il croit qu'on le fait encore.
Je me relève, et je marche. Si lentement et de manière si gauche, qu'un brûleur aurait mérité dix fois plus que moi le titre d'apprenti marchombre.

Je sourit.
C'était l'une de ses plaisanteries préférées.

Shalie aussi s'est arrêté et Ange depuis un moment déjà. Aucun doute que le lourd poids de la fatigue se soit installé sur nos épaules, les signes de fatigues ne trompent pas. Mais un regard nous apaise. Un regard qui fait office de voix pour une fois. Aucun commentaire, aucune remarque, aucun conseil, rien.
Rien qu'une voix ne porta, mais qui sait s'il n'y a pas quelque chose à écouter.. ou à percevoir.
Pas moi en tout cas !

Je suis crevé, lessivé, mort, enterré, déterré, rempoté, arraché, tordu, essoré, broyé, malaxé, vidé... et j'en passe. Je plus la force de me dresser droit et encore moins celle de garder un visage froid. Je suis las, et ça se voit. Las d'user de mes muscles, mais heureux d'avoir rencontrer ce maître. Lenter aussi savait mener ses élèves a bout de force, mais jamais la sensation ne s'était autant apparenté à celle de flotter. Non, avec mon ancien maître, je souffrais plus ! Non pas que ça le fasse rire (encore que...) mais surtout que sa façon de voir les choses était très directe.

Aïwen est un tout autre monde.

Nous marchons sans bruit, trois boulets que traîne avec grâce un vieil homme à la belle allure. Nous marchons dans la direction qu'il emprunte, inconsciemment. Nos destins sont dans ses mains et tout le monde le sait. Il est notre guide, et sa route est la notre.

Finalement, il y a bien une rivière à remonter avant de devenir marchombre.

Un petit repas peu goûteux, mais très apprécié, alors qu'un être tout de flamme nous surplombe de toute sa brillante hauteur. N'existe-t-il aucune entité pour le défier ? Un Dragon n'en viendrait sans doute pas a bout. Si seulement ça existait !
Mais un peu d'ombre nous en soustrait, et le repos promis s’entame doucement. Manger après l'effort est bien plus dur qu'on ne le pense. Mon corps aurait bien hurlé que manger était bien trop fatiguant, mais venant de la part d'Aïwen, je me voit bien incapable de refuser la viande séché.

Alors que j'aurais donné cher pour pouvoir m'endormir là, et oublier tout les efforts précédent, il fallut reprendre la marche, et cette fois, le silence ne dura pas. C'est le moment où des questions ont fusé, en quête de réponse de la part du vieux marchombre qui ne satisfaisait pas toujours les attentes. Pour ma part je n'en avais pas, pas encore. Je ne sais pas encore ce qui pourrait bien être demandé. Pour tout dire, je me surprend à tout attendre de lui. Je n'ai rien à demandé, car j’attends qu'il donne. Et même ce qu'il donne aux autres me semble être bon à prendre, comme si ses conseils pouvaient être universels.

Et puis finalement, la nuit pointe le bout de son nez. Je ne pensais pas que nous passerions tout ce temps à marcher. Je ne sais franchement pas où nous sommes, quel ville serait la plus proche, ou même simplement nous retrouver sur une carte. Je sais où nous étions, puis je n'ai pas fait attention à nos déplacements. Pour le moment, mon seul point de repère fiable dans le monde devient ce campement que nous montons. J'ai bien entendu dire que l'on pouvait se guider par les étoiles.. mais je n'y avais jamais prêté attention.

Bien sûr, je n'avais rien prévu.. bougre d’abruti, mais Aïwen si. Il pense décidément a tout. Surtout à nous enseigner les choses les plus élémentaires, comme faire un feu.. Là où on trouverait des don légers du dessin, ou tout simplement un bon briquet, Aïwen nous enseigne comme faire naître les flammes avec pour ainsi dire rien.. si ce n'est la multitude de choses que renferme la nature. C'est long et difficile d'accomplir cette méthode qui demande du doigté. Lenter soulignait qu'avoir un bon briqué c'était s'assurer d'avoir un bon feu douillé... Savait-il faire un feu sans ? Je ne saurais pas dire..

Mais après tout, savoir et années diffèrent entre eux sans qu'à aucun moment, l'un ne semble être meilleur que l'autre.. juste propres à eux même.

Quand les choses, étonnement nombreuses, à connaître sur l'art du feu nous furent inculquées, Ange posa une question pour le moins inquiétante... Un marchombre sait-il chasser de nuit ? Le vieux fou va-t-il leur en faire une démonstration ?

Fou ? Plus sage que lui ne pourrait s'appeler que Merwyn.
Vieux ? Aucun âge ne le définie quand on l'observe dans les yeux.

A mon grand soulagement, Shalie aussi sembla craindre que le Maître ne lance la chasse...

Traquer sans voir.. n'est-ce pas prendre le risque d'être traqué sans le savoir?
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Sam 24 Sep 2011, 11:27

Aïwen sourit à la question d’Ange. Tout, dans l’attitude de la jeune fille, demandait grâce, et ne voulait pas partir chasser durant la nuit. Et les autres apprentis étaient du même avis. Le sourire sur Marchombre se transforma légèrement. Désormais, la question que lui-même se posait était tout simplement : « Leur faire chasser pour comprendre que toutes leurs craintes peuvent être réalisées, ou bien écouter la voix du sage qui disait qu’ils n’en seraient pas capables ? »

Il décida d’être sage. Ou plutôt, gentil.

- Vous n’êtes pas prêts pour une chasse dans la nuit. Quand vous serez plus résistants.

Un sourire sur les lèvres, il observa ses trois apprentis tranquillement. Après tout, il aurait pu les faire chasser dans la nuit et leur montrer qu’une partie de chasse n’était pas nécessairement fructueuse. Cela aurait sans doute été pas très fair-play, mais il aurait pu le faire. Il l’avait déjà fait, avec d’autres apprentis. Pour l’instant, cependant, il sentait bien que ses apprentis ne seraient pas capables de le faire. Et les environs n’étaient pas très sûrs, dans les plateaux et montagnes de l’Est : un tigre des prairies est rapide, et un Brûleur encore plus. Aïwen n’avait pas envie de prendre immédiatement ce risque ; A leur retour peut-être, ou même après.

Sans un mot de plus, il leur distribua donc un morceau de siffleur chacun, ainsi qu’une galette de niam grande comme une main ouverte chacun aussi. Les laissant se repaître et gagner encore un peu d’énergie, il attendit qu’ils eussent tous terminé depuis quelques minutes avant de se redresser avec fluidité. Un petit sourire en coin sur le bord des lèvres, il leur annonça d’une voix tranquille mais puissante :

- Un petit exercice pour digérer.

Il planta son regard dans celui de ses apprentis, pour continuer.

—Eloignez-vous un peu des feux, voilà, comme ça.

Un petit silence, et Aïwen se décala légèrement, sortant trois rubans de son sac. Il en tendit un à Ange, puis à Shalie, puis à Aaron. Un sourire léger sur les lèvres, le vieux Marchombre s’éloigna de quelques pas, avant de donner le but, la teneur, de l’exercice.

- Vous pouvez accrocher ces rubans où vous le souhaitez sur vous, à condition qu’au moins deux tiers soient visibles et pendent.

Attendant qu’ils eussent tous exécuté cette première partie, il reprit :

- Le but de l’exercice est de prendre les rubans aux autres, tout en gardant le sien. Lorsque je dis stop, c’est celui qui a le plus de rubans qui aura le dernier tour de garde demain matin. Et celui qui en a le moins prendra le premier tour, ce soir.

Une manière simple de les motiver un tant soit peu : si ils avaient le plus grand nombre de rubans, ils pourraient dormir immédiatement – ou presque – après l’exercice. Donnant le départ de l’exercice quelques minutes plus tard, après s’être assuré que les trois apprentis avaient bien compris les consignes, il s’assit un peu plus loin, près du feu, pour les observer.

Un sourire sur les lèvres.
Une tige végétale entre ces dernières.





[Désolée, trop court à mon goût]
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Dim 02 Oct 2011, 13:46

J'étais assommée par la fatigue, alors pourquoi sa réponse négative me parut-elle décevante ? Pourquoi est-ce qu'au fond j'aurais aimé qu'il approuve mon idée ? Parce que chasser me connaissait et que le défi de le faire en pleine nuit m'excitait ? Il y avait un peu de ça en effet.
J'observais un instant mes camarades et leurs visages qui se décrispèrent légèrement à l'annonce d'Aïwen. Mon désir avait été égoïste, ne prenant pas en compte qu'aucun d'eux n'était en état de se lancer dans une telle épreuve. Je crois qu'ils m'auraient détesté pour les trois prochains jours si notre Maitre avait répondu par l'affirmative.
Peu importait désormais. Cette idée ressortirait un jour, rien que pour moi, au moment où je m'y attendrai le moins, j'en étais sure.
Et puis je n'allais pas commencer à me plaindre, alors qu'Aïwen nous offrait gentiment de la nourriture. Enfin … j'aurais préféré essayer de trouver de la chair fraiche plutôt que cette viande de siffleur toujours aussi infame. Avoir allumé d'aussi beaux feux n'aurait pas du avoir pour seul but que celui de faire fuir la faune locale et que celui de nous réchauffer n'était pas assez … quoi de meilleur que l'odeur de la viande qui grillotte sur les braises et vous renvoie son léger fumet ? Pas grand-chose … Pour moi, c'était le souvenir de ces campings avec Lienor ou avec les villageois lors de la caravane annuelle vers Alidor. Que de souvenirs qui sentaient bon la mélancolie et une éternelle tristesse.

Je me serais bien remémorée ma vie d'avant une fois de plus, mais le fait d'être entourée comme ce soir là m'en empêchait. J'avais envie de construire quelque chose avec ce groupe. Un Marchombre semble solitaire, cependant j'étais convaincue qu'il avait besoin de points d'attache, de gens vers qui se tourner dans le besoin.
Aïwen, Shalie, Aaron. Trois personnes qui semblaient toutes désignées. Trois personnes avec qui j'avais trois ans pour me lier.

Notre Maitre avait surement eu une pensée similaire à la mienne, car il trouva que le moment était venu de faire une activité de groupe : une chasse au ruban.
Je récupérai ce bout de tissu un peu rugueux, le faisant jouer entre mes doigts tout en écoutant les directives.

- Vous pouvez accrocher ces rubans où vous le souhaitez sur vous, à condition qu’au moins deux tiers soient visibles et pendent.

La suite de l'exercice se déroula tout naturellement dans mon esprit: ça sentait la guéguerre pour récupérer les rubans des autres tout en protégeant le sien. Il fallait donc trouver la meilleure cachette possible. La ceinture ? Trop dur à défendre. Le poignet ? Encore pire. Le cou ? Pas évident mais ça ferait l'affaire. De toute façon, quelle que soit l'emplacement de ce bout de tissu, je n'avais pas l'expérience en combat nécessaire à le protéger efficacement.
J'optai donc pour l'attacher à mon col.
Un regard coulé vers Aaron m'apprit qu'il était en train de le lier à sa cheville. Très intelligent. Un endroit comme celui là serait difficilement atteignable, en tout cas beaucoup plus que celui de Shalie. Son poignet où pendait le ruban était une offre tentante au vol. A moins que son agilité soit démesurée et qu'elle ait choisi de nous narguer, son compte serait vite réglé.

Aiwen donna le top départ de l'engagement et nous nous firent face, les feux environnants renvoyant des ombres folles sur nos visages, ce qui nous donna des airs inquitants.
Une minute passa, alors que nous nous jaugions, réfléchissant à la meilleure tactique à mettre en place.
Je lancai un regard à Shalie.
Une seconde nos yeux se croisèrent.
Une seconde. Un temps infime. Un temps infini. Un temps parfait pour se comprendre.

Deux apprenties. Un seul geste.
Vers Aaron.
Shalie le tire vers l'arrière alors que je me fend vers le sol, posant mes mains au sol pour pivoter et effectuer un tacle. Le pauvre garçon, surement surpris par cette attaque concertée, se retrouver les fesses au sol, incapable de protéger son ruban.

Ruban ? Vous avez dit ruban ? Mais quel ruban ?
Il n'y a plus de ruban à sa cheville.
Tout comme il n'y a plus de Shalie à nos côtés.
La garce ! Elle a été plus rapide que moi pour récupérer le ruban d'Aaron. Je la vois qui s'échappe dans les profondeurs des bois, où elle peut en effet être sure de rester introuvable jusqu'à la fin du jeu. Quelle ironie ! Moi qui avait proposé une chasse et me l'était vue refusée, j'allais devoir en effectuer une au final.

Une main se tend vers moi.
Pour m'aider ? Dans un jeu pareil ? C'aurait été trop beau … je me retrouve tout d'un coup sans ruban, seule par au sol alors qu'Aaron a déjà réagi et fuit, un bout de tissu dans les doigts, à la poursuite de notre camarade.

J'ai été le pigeon de l'histoire.
Je vais me métamorphoser en renard.

A mon tour, je m'enfonce dans le sous-bois, bien décidée à récupérer ces trois rubans que j'imagine me narguer dans les mains de Shalie et Aaron.
Je m'arrête très vite, réalisant que m'enfoncer dans la forêt à l'aveuglette serait une erreur fatale. Mes deux camarades ont du réaliser que se perdre plus profondément était idiot, surtout lorsque nous ne participions qu'à un jeu où notre vie n'était pas en jeu. Un tour de garde n'était qu'un simple moyen de motivation, pas un choix dont dépendait notre avenir.

Je m'appuie contre un tronc d'arbre, cherchant dans les pulsations de la forêt une fausse note qui me donnerait la position d'un des deux autres apprentis. L'ensemble des bruits qui animent l'endroit me semble soudain faire un vacarme énorme. Ce n'est qu'une impression, je le sais, mais je ne peux m'empêcher de me demander combien d'animaux hantent les lieux pour émettre autant de bruits différents.
Se concentrer.
Eliminer de mes oreilles tous ces parasites.
Trop compliqué. Autant se boucher les oreilles et demander à Aaron de hurler pour que seule sa voix passe l a barrière.
Pourquoi oublier cette mélodie alors qu'en fait elle joue un tout. En ces lieux, tout semble routine. Le vent qui souffle dans les feuilles. Le cerf qui écrase une brindille. Le hibou qui hulule. L'insecte qui fait bruisser ses ailes.
Un tout.
Ce qui m'entoure est une partition écrite depuis longtemps.
Une partition sans erreur.
Sauf aujourd'hui. Aujourd'hui, elle comporte trois erreurs : trois apprentis qui bougent, écrasant branches et feuilles, interrompant les chants animaliers sur leur chemin, transformant le bruit en silence et le silence en bruit.

Je les entends enfin.
Perdus au milieu des arbres plus loin à gauche.

Je me coule dans la forêt, tentant de mon mieux d'atténuer le bruit de mes pas ainsi que celui des branches que je dois écarter sur mon trajet. Ce temps que j'ai pris pour cibler mes adversaires n'a pas été perdu, car mes yeux ont eu le temps de s'habituer à la pénombre.
Je peux me mouvoir sans trop de difficultés, guidées par les bruits émis par Shalie et Aaron. Je les entends s'éloigner aussi vite que je me rapproche. Encore. Toujours. Jusqu'à ce que ça s'arrête. Qu'ils arrêtent de bouger. Le jeune homme a dut rattraper notre camarade. Tant mieux pour moi: qu'ils se fatiguent un peu plus, ce sera d'autant plus facile de les prendre par surprise et sans réticence.

Bientôt se dessinent devant mes yeux leurs silhouettes, en train de se battre pour voler à l'autre son ou ses rubans. Ils sont trop occupés pour remarquer mon ombre qui se fond dans celle d'un arbre.
Les rubans changent de propriétaire à grande vitesse, aucun des deux adversaires n'arrivant vraiment à dominer l'autre. Ils sont beaux sous ce rayon de lune qui les éclaire … Une harmonie se pose sur leurs actions, harmonie que je vais devoir briser en me glissant dans le jeu.

J'attends qu'ils se rapprochent de moi, assez pour que d'un seul mouvement je puisse me glisser entre eux, poser lestement mes doigts sur deux bouts de rubans. Les entrainer avec moi dans une course qui va m'emmener loin de ces deux apprentis.
Qu'une nouvelle chasse commence.

Le signal d'Aïwen résonne dans les airs, interrompant une potentielle riposte de mes camarades.. Il vient de me sauver et de m'offrir la dernière garde.
Je me tourne vers Shalie et Aaron, leur tirant la langue et brandissant les deux rubans.

"A moi la dernière garde ! Ce fut un plaisir de vous voler la victoire."


Ceci disant, je me rapproche d'eux, leur lance un clin d'œil complice et repart en leur compagnie vers notre campement.

Opération renard rusé réussie.

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Dim 02 Oct 2011, 15:28

J'ai l'impression que le sourire d'Aïwen est autant fait pour nous rassurer que pour nous promettre que cette chasse est au programme. J'en viens à me demander si poser la question n'était pas une invitation a la torture de la part d'Ange. Et maintenant, c'est une éventualité qu'envisage le Marchombre, partir de nuit dans les bois pour chasser.. Chasser quoi ? Il faudrait déjà qu'il y ait quelque chose, ensuite que ce ne soit pas cette chose qui nous chasse..

Je n'aime pas cette idée.
Je n'aime pas ce sourire.
Je n'aime pas ce silence.

Et pourtant, j'aime cette ambiance.

Cette impression que tout peut arriver, que tout est possible, comme si la présence d'Aïwen enlevait tout droit a la raison et la logique pour nous ouvrir un chemin qui dépasse l'imagination, aussi bien celle de l'Homme que celle du Dessin. Mais pénétrer ainsi dans les méandres de l'inconnu a ses bons et ses mauvais côtés.

Ici, un bon côté, Aïwen se décide finalement à nous offrir le repos et un repas. Dans un soulagement total, je profite de la viande pour me vider un peu l'esprit et remplir mon estomac. La journée à été vraiment longue et surtout crevante, souffler fait du bien. Et pour une fois, j'en garde des souvenirs clairs, marquants. Bien que les courses ne me paraissent plus si longue maintenant que j'y repense. Mais je ne pense pas que je pourrais oublier cette première journée.

Surtout qu'elle n'est pas finie. Depuis un moment le silence l'a emporté sur les mastication. J'ose espérait un repos digne de la journée, le genre de sommeil qui ne trouve pas fin devant les rayons du soleil, mais bien devant le besoin de bouger ! Mais il ne faut pas rêver ! Un entraînement de Marchombre connait-il une fin ?

- Un petit exercice pour digérer.

Non, visiblement non.

—Eloignez-vous un peu des feux, voilà, comme ça.

A-t-on seulement le choix ? A-t-on seulement envie de dire non ? La question qui nous trotte tous nous pousse a obéir.. Qu'est-ce qu'il va nous inventer ? Nul ne peut le prévoir, mais on peut le découvrir. Et puis nous sommes là pour ça, c'est un choix que nous avons fait de suivre cet entraînement. Qui irait se plaindre de voir son vœux exaucé ?

- Vous pouvez accrocher ces rubans où vous le souhaitez sur vous, à condition qu’au moins deux tiers soient visibles et pendent.

Chacun reçoit l'un des fameux rubans.. Que va-t-on faire de ça une fois attaché ?


- Le but de l’exercice est de prendre les rubans aux autres, tout en gardant le sien. Lorsque je dis stop, c’est celui qui a le plus de rubans qui aura le dernier tour de garde demain matin. Et celui qui en a le moins prendra le premier tour, ce soir.

Un jeu d'adresse ? De force ? De rapidité ? De... un jeu de quoi ? Tout semble permis, plaquer au sol, dérober, a la va vite.. pourquoi pas s'enfuir avec l'unique ruban que personne n'aura ? Et puis qui interdit de blesser ?..
La morale ?

Il n'y a que les consignes les plus élémentaires qui nous sont offertes, le reste est donc laissé à notre jugement ? Non pas que je veuille blesser mes camarades, mais elles me blesseront-elles ? Pour un simple tour de garde ? Pourquoi pour être victorieux devant le vieux marchombre ?

Pas de blessure, n'exagérons rien ! Ce n'est qu'un jeu, qu'un jeu avec enjeu, qu'un jeu sans autres valeurs que l'amusement, l'effort et la compétition, or la compétition se fait à la loyale.

J'attache donc mon ruban à la cheville, veillant à ce qu'une bonne portion traine derrière moi. La cheville, c'est la meilleure idée que j'ai trouvé. Malgrès la douleur c'est sans doute l'endroit que je bougerai le plus efficacement, et si l'une d'entre elle s'en prend a moi elle sera forcé de se baisser et de se rendre vulnérable en plus de moins rapide.. Le piège parfait.

Shalie a attachée le sien au poignet, il paraît tout de suite évident que je devrais lui tenir le bras pour pouvoir le lui enlever sans problème.. du moins si j'arrive à l'attraper, n'oublions pas à quel point elle est rapide...

Ange. Là c'est moins drôle, voir effrayant.. Autour de son cou ? Si je tire dessus je lui ferai mal... A-t-elle choisi cet endroit pour que l'on hésite à l'attaquer ? Tant pis pour elle, elle aurait dû mieux choisir !

Un face à face.. à face.. trois personnes qui se jugent, s'observent.. comment appelle-t-on cela finalement ? Qu'importe.. la question qui torture l'esprit, en l'attente de ce nouveau top fatidique, c'est de savoir qui attaquera qui.

Une montagne, une souris et une brindille. C'est ainsi que je vois les choses. La logique voudrait qu'effrayée par la montagne, la souris et la brindille s'attaquent entre elles. Mais si la montagne s'avère hostile.. les faibles chercheront à terrasser le fort...

TOP.

Et la montagne est assaillie. J'aurais dû m'y attendre.. mais la conclusion m'est venue trop tard. Shalie arrive la première, si j'étais chat, sans doutte l'aurais-je attrapée, mais c'est elle qui me tient. Bien sûr elle n'est pas assez forte pour me faire basculer ! Mais je n'avais déjà plus de jambes pour me soutenir.. déstabilisé par une brindille. Une montagne ? Tss, j'ai été balayé en un rien de temps ! Et mon ruban qui est hors de ma vu, hors de ma porté.. même plus sur ma cheville.. la petite sourie s'enfuie..

Vengeance.

Ange vient de réaliser qu'elle s'est fait berner, reste béate un moment. Un moment de trop. Je la plaque à terre en la coinçant avec mes jambes, me redresse sur elle pour lui retirer ce fichue ruban, et m'en vais à la poursuite de la souris. Je serais le chat qui lui fera la peau !

S'enfoncer dans les arbres et l'obscurité.. deux rubans à la main, si ce n'est pas une chance inouïe de de gagner ! Mais manque de peau pour elle, elle n'est pas allé assez vite. Je peux l'entendre détaler, la poursuivre. Elle a beau être rapide, je ne lâcherai pas l'affaire.

Mais elle finit par s'arrêter.. Pourquoi ?

Evidence.. On s'éloigne trop du campement. Ce n'est en effet pas une bonne idée, mais je tient ma chance de la coincer, je ne la lâcherai pas ! Je m'approche lentement, pour être sûr qu'elle ne s'esquivera pas. Je finis par me jeter sur elle.. je me rend compte qu'un ruban dans les mains n'est pas pratique pour lui enlever celui à son poignet, il me faut l'autre ! J'essaie d'attraper son bras, mais elle de son côté tente de me prendre mon ruban.. Que faire ? Attaquer au risque d'être attaqué ? Ou défendre au risque de ne pas gagner d'autres rubans ? Il n'y a pas de choix a faire, il faut réussir les deux !

Manque de chance, nous ne sommes pas que deux... Une brindille s'immice entre nous, s'empare des rubans de Shalie que je venais juste de coincer.. et s'enfuie..

Encore ?

Il faut a nouveau courir ? C'est pas possible ! On ne va pas en finir comme ça !!

STOP

Si, on en finit comme ça.. Ange brandit ses trophées tout sourire, se moque légèrement de nous. Je ne peux qu'admettre qu'elle nous a bien eut d'un sourire. De toute façon les jeux étaient fait, sans son intervention, Shalie l'aurait emporté, cette petite était bien trop vive pour moi.

Il ne nous reste plus qu'à rendre le bilan à Aïwen. Deuxième tour de garde, une nuit qui sera doublement courte. Tant pis, on s'y fera.
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Shalie Altan
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Lun 03 Oct 2011, 11:57

Shalie poussa un petit soupir de soulagement. Ils n’auraient pas à crapahuter dans le noir mais son soulagement fut de courte durer lorsque Aïwen leurs offrit un petit sourire avant de leur annoncer qu’ils aillent faire un petit exercice soit disant pour digérer. Il les fit se décaler des feux et sortit trois rubans de son sac, il en distribua un à chacun avant de donner la consigne de l’exercice.

- Vous pouvez accrocher ces rubans où vous le souhaitez sur vous, à condition qu’au moins deux tiers soient visibles et pendent.


Shalie s’accorda quelques secondes de réflexion. Le but de l’exercice était surement de prendre les rubans des autres elle devait donc fixer le sien de manière à ce qu’il soit le plus dur à atteindre. Le poignet lui paru le meilleur choix, elle aurait toujours un œil sur son ruban et en faisant des gestes vifs cela devra être compliqué à atteindre. Lorsqu’elle eu terminée de se l’attacher elle regarda ou Ange et Aaron l’avait fixé.
Ange l’avait fixé sur son col tandis que Aaron à sa cheville. Il suffirait dans les deux cas de les faire tomber au sol pour leur dérober.

- Le but de l’exercice est de prendre les rubans aux autres, tout en gardant le sien. Lorsque je dis stop, c’est celui qui a le plus de rubans qui aura le dernier tour de garde demain matin. Et celui qui en a le moins prendra le premier tour, ce soir.

Elle avait donc vu juste et la récompense était tentante, la fatigue de la journée lui tomber de plus en plus dessus et elle ferait tout pour dormir le plus longtemps possible.
Aïwen donna le top et l’atmosphère changea brusquement. Ils se tenaient en cercle et s’observer méfiant comme des fauves en cage. Shalie regarda tour à tour ses adversaires, Aaron serait celui ou elle aura moins de mal à récupérer le ruban. Pour Ange il faudra improviser. Justement leurs regards se croisèrent pendant un court instant, mais cela leur suffit amplement et les deux jeunes apprenties se jetèrent sur Aaron.

Shalie l’agrippa et le tira en arrière pendant qu’Ange le plaquait au sol. Aaron étais tellement stupéfait qu’il ne réagit pas et elle en profita pour s’emparer de son ruban. Ne s’occupant plus de ses camarades au sol elle détala comme un lapin en direction des bois s’enfonçant à toute vitesse. Mais pas assez vite à son gout la fatigue de la journée accumuler lui avait laissé les jambes lourde et elle entendait déjà des bruits de course derrière elle.

Elle courrait tout droit et décida de s’arrêter, elle était fatiguée et s’épuiser pour rien de plus s’enfoncer dans une foret dont elle ne connaissait rien n’étais pas très intelligent. Elle inspira profondément calmant sa respiration et fermant les yeux. C’était vraiment une cacophonie cette forêt ! Trop de bruit, d’interférence l’empêchèrent de sentir la présence d’Aaron derrière elle. Elle en prit conscience une seconde trop tard, elle n’avait plus le temps de s’esquiver elle suivit donc le mouvement lorsqu’il lui sauta dessus ils se retrouvèrent à terre. Chacun essayé de prendre le ruban à l’autre. Shalie se tortiller pour l’empêcher d’attraper son poignet lorsqu’elle sentit une main qui justement la frôla à cet endroit.

C’était Ange qui c’était tapi dans l’ombre attendant le moment ou ils seraient trop concentrer pour la sentir approcher. Elle avit touts les rubans en sa possesion desormais. Shalie se réleva et allait la poursuivre lorsque qu’un stop retentit non loin.

L’exercice étais terminé Ange l’avait réussit haut la main. Essouffler pleine de poussière Shalie et Aaron la rejoignirent. Elle ne se priva pas de leur tirer la langue avant d’annoncer :

"A moi la dernière garde ! Ce fut un plaisir de vous voler la victoire."

Shalie ne s’en formalisa pas et se mis même à sourire. Elle avait comprit la leçon Ange l’aurait une fois pas deux la prochaine fois elle passerait la première à la casserole.

De retour au campement elle apprit que c’était à elle de faire le premier tour de garde résigner et lançant un regard d’envie à ses compagnons elle s’asseya donc par terre refoulant sa fatigue et se prepara à passer une courte nuit.

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Jeu 06 Oct 2011, 20:14

L’atmosphere changea brusquement à l’annonce du prochain exercice. Un exercice de souplesse, de vitesse, de réflexe, de vivacité, de réflexion et surtout d’action. On ne peut pas tout apprendre par des mots, loin de là. Parler, c’est bien, certes…
Mais agir, c’est mieux.

C’est donc pour cela qu’Aïwen regarde tous ses apprentis qui s’accrochent un ruban qui à la cheville, au poignet ou au niveau du cou. Le vieux Marchombre observe, et donne le signal de départ, ne ratant pas un demie-seconde de la scène qui se déroule désormais si proche de lui.
Si lointaine.

Il connaît cet exercice, mieux que sa poche. Il l’a un peu remanié pour que les apprentis, les trois, pussent s’entraîner et comprendre. Saisir l’importance de beaucoup de choses, de tout ce qui est indispensable lors d’un combat, lors d’une réflexion, lors d’un acte. Jusqu’alors, il donnait un ruban à son apprenti (unique) et lui prenait le plus rapidement possible, en lui laissant quelques secondes de « libres » avant d’attaquer. Un exercice revu, mais qui était encore plus intéressant à voir, ainsi.

Ange et Shalie se consultèrent du regard, un instant, décidant l’une et l’autre de s’en prendre à Aaron. Dans l’attitude de Shalie, Aïwen perçut avant qu’elle se lançât qu’elle garderait le ruban pour elle immédiatement, sans plus réfléchir : après tout, c’était à celui qui aurait le plus de ruban. Ne pas douter. Agir. C’était ce qu’elle avait fait. En fuyant dans les bois, pour se mettre à l’abri, pendant qu’Aaron lui bondissait derrière le ruban d’Ange entre les doigts. Ne faisant qu’adresser un sourire tranquille à son apprentie, Aïwen hocha la tête pour en suivant, tel une ombre, les deux autres dans l’obscurité des quelques arbres qui étaient présents.

Le combat était lancé.
Aaron et Shalie rivalisaient. Shalie était vive et souple, mais Aaron puissant et rapide. Leurs forces se compensaient et se vallaient. Un sourire sur les lèvres, le Marchombre décida de compter jusqu’à dix avant de donner la fin de l’exercice.

Un. Deux. Trois.
Shalie réussit à se dégager de la poigne d’Aaron, tente de fuir…

Quatre. Cinq. Six.
Aaron la rattrape inextremis et la plaque au sol.

Sept. Huit. Neuf.
Ange apparaît, vive et féline, et attrape les deux rubans que détient Aaron.

Dix.
- Stop !

Un large sourire sur les lèvres, Aïwen fait signe à ses apprentis de revenir vers le feu. Ils se sont un peu trop éloignés, dans leur jeu, mais il ne peut pas le leur reprocher : après tout, il n’avait pas plus précisé les règles que cela. Lorsqu’ils furent tous autour des quatre petits feux, le vieil homme leur tendit des couvertures de survie extraite l’instant précédent de son sac, en prit une de la même manière et s’enveloppa dedans.
Un sourire flottait toujours sur ses lèvres.

- C’était un joli jeu que vous m’avez fait là, jeunes gens.

Il ne put s’empêcher de leur adresser un clin d’œil de connivence, avant de reprendre, déjà à nouveau sérieux, bien qu’un sourire fût encore accroché à ses lèvres.

- Shalie, tu prendras donc le premier tour de garde. Ne t’inquiète pas, tu ne seras pas seule. Cette nuit, je serai là avec chacun de vous durant votre tour de garde.

Se redressant un peu, le vieil homme planta son regard dans celui de chacun de ses apprentis.

- Après cet exercice, j’ai une question à vous poser, directement en lien avec ce dernier. A votre avis, quelles sont vos faiblesses et vos qualités ? Chacun répond pour soi, pour commencer, puis donne son avis sur les autres. Nous ne sommes pas là pour juger, mais pour observer. Pour développer votre sens de l’observation et votre sens de vous-mêmes, et en ressortir les choses importantes qui feront que vous gagnerez un peu précieux durant un vrai combat, ou même durant n’importe quel acte de la vie…

Un sourire.

- Allez-y.
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Ven 07 Oct 2011, 19:15

-Je pense que ma faiblesse repose sur mon absence d'expérience liée au combat, donc à la réaction face à ce genre de situations. Quand à mes qualités ? Hum ... je suppose que je prends le temps de réfléchir, que je possède la vivacité pour pousser un combat à mon avantage, malgré ma force qui n'est pas surhumaine. La volonté aussi, pour ne pas abandonner malgré la difficulté, comme lorsque j'ai du retrouver les autres dans la nuit.

Concernant Shalie, elle a le profil d'un chat: rapide et rusée. Elle n'a pas hésité un seul instant avant de s'emparer du ruban d'Aaron et de s'enfuir dans la forêt. Par contre, comme pour moi, je pense que sa science du combat était trop peu poussée pour réussir à dominer Aaron. Si je n'avais pas déboulé, elle aurait échoué à garder ne serait-ce qu'un ruban.

Aaron ... fort et imposant, mais cette carrure l'empêche de se déplacer avec aisance. Malgré le temps qu'il a mis à réagir au début, il a comme nous tous une réactivité importante qui peu apparaitre, comme lorsqu'il m'a volé mon ruban.
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Sam 08 Oct 2011, 09:31

Suivant le vieux maître, nous revenons à ces bons feux douillets et leur quiétude habituel, essoufflés. Glacés aussi. Maintenant que l'action est finie, que nos muscles se délaissent enfin dans une langoureuse paresse, paresse que je ne peux qu'accueillir avec d'autant plus de joie que je me réjouie de ne pas avoir le premier tour de garde pour moi ! Quelques frissons avant qu'Aïwen ne nous tende de chaudes couvertures, heureusement qu'il pense à tout ! Je m'enroule dans la mienne en soupirant de bien être, frottant ma peau froide avec la peau bien plus chaude que l'on vient de m'offrir.

Un feu, une couverture, de la fatigue.

Mes yeux commencent à se fermer, je les retiens de force, les focalisants sur la danse des flammes. Mais un coucher de soleil miroitant sur l'océan ne saurait pas non plus me tenir éveillé ! Non, seul ces bourdonnements incessants m'appellent à la surface. Je soupire en massant mon cou, tend l'oreille pour essayer de comprendre l'échange qui a lieu.. La voix d'Aïwen.

- Shalie, tu prendras donc le premier tour de garde. Ne t’inquiète pas, tu ne seras pas seule. Cette nuit, je serai là avec chacun de vous durant votre tour de garde.


- Après cet exercice, j’ai une question à vous poser, directement en lien avec ce dernier. A votre avis, quelles sont vos faiblesses et vos qualités ? Chacun répond pour soi, pour commencer, puis donne son avis sur les autres. Nous ne sommes pas là pour juger, mais pour observer. Pour développer votre sens de l’observation et votre sens de vous-mêmes, et en ressortir les choses importantes qui feront que vous gagnerez un peu précieux durant un vrai combat, ou même durant n’importe quel acte de la vie…

Je grimace. Quelles peuvent bien être mes faiblesses ? Il doit y en avoir beaucoup ! Déjà je me suis fait avoir, j'ai été incapable de battre Shalie à temps, je n'ai pas su prévoir le coups d'Ange, je n'ai aucune idée de ce que sont mes faiblesses, je suis peut être un peu lourdau, je garde le silence quand je devrais dire ce que je pense, je n'ai aucune idée de ce que sont mes forces, je me trompe quand je juge, je me trompe en réfléchissant, je ne sait absolument pas ce que je vais dire..

Silence.

Silence car aucun son ne franchit mes lèvres, Ange répond alors. Elle est si sûre d'elle dans ses affirmations.. Elle m'a fauchée les jambes, comme si je n'était qu'une gerbe de blé devant une serpe, elle n'a pas non plus prit beaucoup de temps avant de me sauter dessus avec Shalie. Je suis lourd, pataud et lent ? Le plus étonnant c'est qu'elle me pense capable de réagir aussi vite qu'elle..

On ne se connaît pas les uns les autres, comment peut-on espérer avoir tout vu de nos capacités en une si courte bataille ?

Plus qu'une bataille. On se jauge depuis que nous avons rencontré Aïwen, on s'affronte dans toute sorte d'activités physique depuis ce matin.. On en a apprit beaucoup.. Et je n'y pense que maintenant. J'aurais pu me douter que les vives jambes de Shalie la pousserait à s'éloigner de nous à toute vitesse, que l'esprit de Ange si souvent à l'écart lui permettrait de se faire oublier pour agir au bon moment. Me douter que dans un combat de Marchombre, il ne faut pas se laisser surprendre..

Voilà ma plus grande faiblesse.


-Ma faiblesse a été de ne pas avoir tiré profit de ce que j'ai appris, de ne pas avoir transformé mes faiblesses en force en jouant sur les faiblesse et les force des autres. Shalie et Ange ont des talents et savent les utiliser, je crois que c'est leur force. Il n'y a plus de faiblesse quand on sait faire cela.

Je ne détache pas mon regard du feu. Je suis trop fatigué pour voir les effets de mes mots. Et je ne veux pas savoir que l'on me scrute, ça me met mal à l'aise.
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Sam 08 Oct 2011, 12:17

Aïwen les ramenas prêt du feu et leur donna des couvertures de survie. Shalie s’enveloppa dedans avec joie ses paupières se fermaient doucement mais le temps de dormir n'étais pas encore arriver.


- Shalie, tu prendras donc le premier tour de garde. Ne t’inquiète pas, tu ne seras pas seule. Cette nuit, je serai là avec chacun de vous durant votre tour de garde.


Elle ne put s’empêcher de ressentir du soulagement quand Aïwen lui annonça cette nouvelle.


- Après cet exercice, j’ai une question à vous poser, directement en lien avec ce dernier. A votre avis, quelles sont vos faiblesses et vos qualités ? Chacun répond pour soi, pour commencer, puis donne son avis sur les autres. Nous ne sommes pas là pour juger, mais pour observer. Pour développer votre sens de l’observation et votre sens de vous-mêmes, et en ressortir les choses importantes qui feront que vous gagnerez un peu précieux durant un vrai combat, ou même durant n’importe quel acte de la vie…


C'est plutôt dur de dire ses faiblesses et ses qualités suivant le point de vue de la personne l'avis n'était pas toujours le même. Ange fut la première à répondre:

-Je pense que ma faiblesse repose sur mon absence d'expérience liée au combat, donc à la réaction face à ce genre de situations. Quand à mes qualités ? Hum ... je suppose que je prends le temps de réfléchir, que je possède la vivacité pour pousser un combat à mon avantage, malgré ma force qui n'est pas surhumaine. La volonté aussi, pour ne pas abandonner malgré la difficulté, comme lorsque j'ai du retrouver les autres dans la nuit.

Concernant Shalie, elle a le profil d'un chat: rapide et rusée. Elle n'a pas hésité un seul instant avant de s'emparer du ruban d'Aaron et de s'enfuir dans la forêt. Par contre, comme pour moi, je pense que sa science du combat était trop peu poussée pour réussir à dominer Aaron. Si je n'avais pas déboulé, elle aurait échoué à garder ne serait-ce qu'un ruban.

Aaron ... fort et imposant, mais cette carrure l'empêche de se déplacer avec aisance. Malgré le temps qu'il a mis à réagir au début, il a comme nous tous une réactivité importante qui peu apparaitre, comme lorsqu'il m'a volé mon ruban.


Elle tiqua lorsqu' Ange parla du fais que sa science du combat était trop peu poussée. Son père qui avait étais dans la garde royale l'avais formée! Bon il étais vrai qu'elle n'étais pas douée avec des gros gabarit mais quand même.
Elle allait à son tour répondre lorsque Aaron prit la parole:

-Ma faiblesse a été de ne pas avoir tiré profit de ce que j'ai appris, de ne pas avoir transformé mes faiblesses en force en jouant sur les faiblesse et les force des autres. Shalie et Ange ont des talents et savent les utiliser, je crois que c'est leur force. Il n'y a plus de faiblesse quand on sait faire cela.

Elle se tourna vers lui sa réponse avait été très mature mais il avait oublié de citer ses qualités.
Enfin ce fut son tour rassemblant ses pensées:

-Je pense que je n'ai pas assez réfléchit sur cet exercice. Après avoir récupérer le ruban d'Aaron je me suis précipitée tête baisser vers la forêt. Et je pense aussi que j'ai manqué d'attention je n'aurais pas du oubliée Ange. Mes qualités résident surtout sur ma souplesse je pense.

Pour Ange je ne vois pas trop de défaut je pense qu'elle aurais peut être put éviter le fais que Aaron lui prenne le ruban mais à part sa je ne vois pas. Elle à brillement réussit à se faire oublier et attendre son heure pour nous ravir les rubans.

Pour Aaron je pense que son plus gros défaut sans vouloir le vexer et sa masse, il es plus imposant que Ange et moi même et lorsqu'il sera comme transformer cela en atout il sera très fort. Le fait prouve qu'il à réussit d'être assez vif pour attraper le ruban d'Ange et de me rattraper. Ses qualités sont sa force et sa réactivité.



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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Lun 10 Oct 2011, 15:31

- Notez bien ce que disent les autres, je vais maintenant donner mon avis :

Ange, pour moi tu es restée trop naïve. Tu ne penses à la situation que sous un seul angle, et c'est dommage, car cela tronque tes capacités à réfléchir sur une solution à lui apporter. Mais tu verras, ce sont des choses qui viendront avec le temps et l'habitude. Cependant, tu as raison : l'absence d'expérience peut y jouer. Néanmoins, ce n'est pas la seule chose à regarder, et ce n'est pas la seule faiblesse que l'on peut avoir. Les faiblesses reposent sur les capacités physiques et morales que l'on possède. En l'occurrence, tu as fait confiance en Shalie, et tu n'aurais pas dû. On doit toujours s'adapter aux situations et penser à tout. Même à l'impossible.

Aaron, ta faiblesse principale est en effet de ne pas savoir utiliser suffisamment bien et avec précision tes muscles et ton corps. Soit tu en fait trop, soit tu n'en fais pas assez. C'est un peu comme si tu avais peur de ta propre force, que tu ne t'en rendais pas compte. Je pense que c'est le cas. Tu n'as pas envie de te rendre compte de ta force, pour ne pas être influencé par ce que tu pourrais en faire. Or, nous avons besoin de nous connaître nous-mêmes pour avancer. Tu es aussi souple et vif que Shalie, mais tu as peur de faire mal, et c'est bien le problème, en l'occurrence. Tu sais compter sur tes capacités physiques, mais tu t'en méfies...

Shalie, en effet ton problème majeur est de ne pas assez faire attention à tout ce qui t'entoure. Et la souplesse peut être une force comme une faiblesse, ainsi que la rapidité : il faut savoir trouver le juste milieu. Face à un guerrier accompli, aller trop vite ou trop lentement est aussi dangereux. Être trop souple peut engendrer de ne pas être assez ferme dans ses articulations, et de devenir trop laxe... Il faut bien faire attention à cela.

Si vous avez des questions... n'hésitez pas. Sinon, je vous laisse vous reposer maintenant. Nous nous lèverons tôt demain.
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Shalie Altan
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Mar 11 Oct 2011, 18:52

Shalie, en effet ton problème majeur est de ne pas assez faire attention à tout ce qui t'entoure. Et la souplesse peut être une force comme une faiblesse, ainsi que la rapidité : il faut savoir trouver le juste milieu. Face à un guerrier accompli, aller trop vite ou trop lentement est aussi dangereux. Être trop souple peut engendrer de ne pas être assez ferme dans ses articulations, et de devenir trop laxe... Il faut bien faire attention à cela.

Trouver le juste milieu plus facile à dire qu'à faire. Chaque adversaire se battant avec sont propre style et ses propres techniques il faudra qu'elle apprenne à s'adapter rapidement suivant le combattant. Elle qui pensait être assez roder en combat elle venait de tomber. Mais elle se doutée qu'elle serais souvent en situation de doute pendant les trois années à venir, autant se faire une raison et se préparer à encaisser.
A présent il fallait qu'elle apprenne à plus réfléchir avant d'agir après coup elle réalisa qu'étant douée en escalade elle aurait pu se réfugier dans un des arbres attendant Ange enfin ce qui étais fait et fait.

Si vous avez des questions... n'hésitez pas. Sinon, je vous laisse vous reposer maintenant. Nous nous lèverons tôt demain.

Elle n'avait pas de questions pour l'instant elle espérait juste que le programme du lendemain ne constituais pas a nager et malheureusement l'heure de se reposer n'avait pas encore sonné pour elle. Elle devait faire le premier tour de garde, le point positif c'est qu'au moins elle ne sera pas seule à veiller.

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Dim 16 Oct 2011, 14:31

Un silence, que les deux autres apprentis cherchent à combler à leur tour. Je suppose qu'ils sont dans le même cas que moi un instant plus tôt. Énoncer ma réponse n'avait pas été chose simple, car je n'avais pas l'habitude de réfléchir sur moi-même, sur mes capacités, mes qualités et mes défauts. J'avais de tout temps avancé tête baissée, ne m'arrêtant jamais sur ma route pour analyser mon passé et en tirer des conclusions pour avancer plus efficacement. Pourtant je l'avais fait, et j'étais ravie d'avoir pu formuler quelque chose qui tenait debout. J'étais ravie d'avoir réussi à analyser un peu mes camarades et ma personne. J'étais ravie ... jusqu'à ce qu'Aaron ouvre la bouche. Casse mes certitudes. M'ouvre un peu plus la Voie.
Uhl sort de ce corps ! Si mon ancien camarade était mort, alors il avait du choisir d'envoyer un morceau de son âme dans le corps d'Aaron. Ces deux êtres étaient opposés et pourtant similaires ... les mots de l'un auraient pu être les mots de l'autre ... Ils auraient pu être les mots d'un Maitre Marchombre. La Voie coulaient en eux bien plus qu'en moi, et bien que la jalousie titille mon cœur, je ne pouvais pas non plus ne pas être admirative devant leur façon de parler.

Je savourais ses mots quand Shalie prit la suite et lista elle-aussi les qualités et défauts de nous tous. Elle par contre me ressemblait dans sa façon de parler, complète mais moins ouverte. Mais au fond qu'elle importance qu'Aaron soit plus avancé sur la Voie que nous ? Du moment que je finissais pas le rattraper et qu'Aïwen acceptait de continuer à me guider, il pouvait être ce qu'il voulait.

Puis vint l'avis divin: notre Maitre fit à son tour un résumé de ce qu'il avait put voir. Il me trouvait trop naïve. Cette adjectif que je jugeait enfantin et immature ne me vexa pas car il cachait une trop grande réalité: je manquais d'ouverture. Ce début de journée nous avait liés tous les trois, et j'avais donc en effet accordé trop de confiance à mes deux camarades, confiance dont aucun des deux n'avait été digne.

Une fois son discours terminé, le silence retomba sur la clairière où seul le crépitement des flammes se fit entendre. Sur nos visages, la fatigue se lisait, entrainant pour ma part une lenteur de réflexion. Je ne savais qu'ajouter à ce qu'Aïwen avait dit à part un "Bonne nuit.", suite à quoi je serai vite partie sous ma couverture pour dormir. Mais je ne pouvais pas conclure la journée comme cela, il fallait une dernière question.

"Et vous Maitre, qu'auriez-vous fait devant une situation pareille ?"
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Dim 16 Oct 2011, 20:20

Comment comprendre les mots d'Aïwen ?

- Aaron, ta faiblesse principale est en effet de ne pas savoir utiliser suffisamment bien et avec précision tes muscles et ton corps.

Je ne connaîtrai pas mon propre corps ? Après l'avoir éprouvé contre les vagues, et les tempêtes ? Je ne serais pas maître de mes muscles, ceux que j'ai forgé tout au long de ma vie ?

- Soit tu en fait trop, soit tu n'en fais pas assez.

Comment peut-on en faire trop ? Y a-t-il seulement moyen de dépasser nos buts ? J'ai couru après ces foulards, sans relâche et c'était loin d'être suffisant ! Où en ais-je fait trop ?

- C'est un peu comme si tu avais peur de ta propre force, que tu ne t'en rendais pas compte. Je pense que c'est le cas.

Avoir peur de ma force.. Peur de mon seul et unique atout ? S'il avait raison, comment pourrais-je espérer suivre la Voie ? Comment peut-on espérer repousser les limites que nous nous imposons nous même ? Vais-je devoir vaincre une peur dont je n'ai pas conscience pour suivre ce vieux Marchombre ? Pense-t-il seulement que je puisse en faire plus ?

- Tu n'as pas envie de te rendre compte de ta force, pour ne pas être influencé par ce que tu pourrais en faire. Or, nous avons besoin de nous connaître nous-mêmes pour avancer.

Convainc-moi Aïwen, montre moi ma force puisque tu la vois. Après tout, tu es devenu mon guide depuis ce matin là. Eclair ma voie, et éclaire moi la Voie. Je sais que seul, je resterai aveugle, que j'ai besoin d'une étincelle pour faire naître la lumière. Une étincelle que j'ai perdu il y a longtemps. Tu es le deuxième à tenter de la remplacer, y arriveras-tu ?

-Tu es aussi souple et vif que Shalie, mais tu as peur de faire mal, et c'est bien le problème, en l'occurrence. Tu sais compter sur tes capacités physiques, mais tu t'en méfies...

Souple ? Vif ? Peut-être un peu, Lenter y aura veillé, mais autant que Shalie ? C'est chercher l'éclat d'une dent en or dans la bouche d'un mendiant. Je ne suis aucunement capable de ses prouesses, tout comme je ne pense pas pouvoir rivaliser avec Ange sur ce domaine. Toute les deux ont cet avantage sur moi, j'en suis sûr.. Mes capacités physiques sont ailleurs. Bien moins belles et nobles. Aussi efficaces, peut-être, mais sans doute pas celles dont parle Aïwen.
Et pourtant..

Quand un homme sait lire dans l'esprit des Hommes, ne peut-on pas le croire capable de lire leurs corps ? Parce qu'il avait raison pour une chose. Je sais en faire trop. Je sais courir jusqu'à ce que mes jambes lâchent, je sais suivre une consigne jusqu'à ce que mes muscles soient douloureux et plus loin encore. Je sais me faire mal dans l'espoir d'avancr et ce malgré les mises en garde d'un être que je respecte.

Et si, après tout, je ne savais rien ?

Pourquoi lutter, quand le savoir s'offre à nous ?

Aïwen à raison, parce qu'il est Aïwen. Et j'ai raison, parce que je l'écoute, que je doute de ses mots et que je fini par comprendre leur sens. J'ai raison parce que non, je ne battrai jamais Shalie en termes de souplesse, j'ai tort parce que je n'essaie pas.

Je hoche doucement la tête, assimilant cette pensée nouvelle, et je me rend compte qu'Aïwen a fini de commenter Shalie. Il ne reste maintenant plus qu'à poser une question, si tant est que j'en trouve une.. Que j'en accepte une.
Une toute simple mue par l'étonnement
.

-Ne comptez-vous pas dormir de la nuit ? Ne serait-ce que durant un tour de garde ? Être un maître Marchombre ne vous à quand même pas libéré de la fatigue, si?

Car si ça venait à être le cas, il n'en serait que plus intéressant de suivre cette merveilleuse Voie.
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Mer 26 Oct 2011, 11:00

- Je ne compte pas dormir cette nuit. Je suis encore résistant pour me permettre une nuit blanche, pour votre première nuit de garde, mais il ne faut pas oublier que le corps humain a des besoins qui ne sont pas ceux de l'esprit. C'est aussi pour cela que jamais vous ne pourrez vous empêcher de manger ou de dormir pendant trop longtemps...

Chaque situation est différente, Ange. Et tant que l'on n'est pas imergé dedans, avec le contexte adéquat, on ne peut pas savoir comment on aurait réagi. Bien souvent, on dira des choses, mais il s'avérera qu'au final, rien n'aurait été vrai selon notre perception du moment. Je n'ai rien à ajouter à cela...

Allez, dormez. Je reste avec Shalie pour le premier tour de garde. Je vous réveillerai quand cela sera votre tour.






[Désolée pour cette attente, j'ai eu beaucoup de boulot ! Pour la suite, décrivez chacun votre tour de garde, les uns après les autres, donc : Shalie, Aaron et ensuite Ange. Vous pouvez faire intervenir Aïwen, mais sans le faire parler "directement" s'il vous plait ! Wink ]
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Shalie Altan
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Sam 12 Nov 2011, 11:04

[Désolé pour ce long retard et en plus c'est court T-T j'espère que sa iras]

- Je ne compte pas dormir cette nuit. Je suis encore résistant pour me permettre une nuit blanche, pour votre première nuit de garde, mais il ne faut pas oublier que le corps humain a des besoins qui ne sont pas ceux de l'esprit. C'est aussi pour cela que jamais vous ne pourrez vous empêcher de manger ou de dormir pendant trop longtemps...

Chaque situation est différente, Ange. Et tant que l'on n'est pas immergé dedans, avec le contexte adéquat, on ne peut pas savoir comment on aurait réagi. Bien souvent, on dira des choses, mais il s'avérera qu'au final, rien n'aurait été vrai selon notre perception du moment. Je n'ai rien à ajouter à cela...
Allez, dormez. Je reste avec Shalie pour le premier tour de garde. Je vous réveillerai quand cela sera votre tour.


Après un dernier regard d’envie lancer à ses camarades allant se coucher shalie suivie docilement Aïwen qui l’entraina à la limite du campement.

Faire le guet semble simple à première vue et pourtant cela est compliquer comme il lui expliqua, la nuit la survie des compagnons dépendaient de la personne surveillant les alentours du campement pendant qu’ils dormaient.

Ainsi il lui enseigna le meilleur endroit ou se placer pour voir tout en passant inaperçue suivant dans quel environnement l’on se situer.

Il ne fallait pas rester immobile non seulement on risquait de mourir de froid suivant le climat, on ne couvrait pas tout le périmètre du camp, on devient ainsi une proie facile et en cas d’attaque nos muscles seraient engourdis diminuait les chances d’être efficient.

Il lui expliqua ensuite que le feu était aussi un élément important à ne pas négliger mais qu’il fallait aussi s’en méfier. En effet il pouvait éloigner certains prédateurs mais aussi en entrainer d’autres.
Touts les sens étaient sollicités et une bonne connaissance de la faune étais conseiller pour reconnaître les cris des animaux pouvant se trouver aux alentours.

Malgré la fatigue qui lui étais tomber dessus le temps passa vite trop vite à son gout lorsqu’Aïwen lui annonça que son tour de garde étais terminer et qu’elle pouvais réveiller Aaron.
Avec regret elle souhaita bonne nuit à son maitre et alla réveiller en douceur Aaron avant de se coucher à son tour.

La journée avais été longue mais très enrichissante et elle avais hâte d'être au lendemain. C'est sur cette dernière pensée qu'elle s'endormie.



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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Dim 13 Nov 2011, 16:11

Je dois dire que ça me rassure de découvrir au moins une limite à mon nouveau guide. Après tout je l'ai vu nous entraîner aux limites de l'évanouissement sans ne montrer ne serait-ce qu'un signe de fatigue et pour couronner le tout, il ne dormira pas de la nuit ! Même s'il prétend ne pas sortir du lot des mortels, il reste étonnant et surhumain. Y a-t-il seulement une chance pour qu'un Marchombre lui ressemble ? La moindre marque des années sur son corps respire l'expérience et la force. Y a-t-il une chance pour que nous soyons digne de ce Maître ?

Il faut que j'arrête de me poser des questions, il se fait tard, je suis las et fatigué, même lui conçoit enfin à nous offrir le repos, je ferais mieux de plonger le plus tôt possible pour profiter de chaque instant, car après tout je ferais le deuxième tiers. Je m'enroule dans l'épaisse couverture que l'on m'a offert, et profitant de mon sac comme oreiller, je me laisse emporter par la fatigue, oubliant la douleur de membre trop utilisés et les questions sans réponses sur l'immense talent de mon maître.

Bizarrement, c'est quand on a le plus besoin de dormir, que l'on peut se contenter de peu.

J'ouvre les yeux, une main secoue doucement mon épaule, me tirant d'un abysse total d'où aucune image ne venait égayer mon repos. C'est une bonne chose au fond, je n'aurais pas à regretter de quitter le monde onirique. Je jette un regard derrière moi, et sourit a Shalie pour lui montrer que je suis réveillé.

Le monde est nuit, mais la nuit n'est pas silence, les bruits autour de moi son si nombreux que je m'étonne d'avoir pu trouver le sommeil. Combien de chasseur nocturne peuvent cacher les forêts ? Je ne saurais dire, mais aucun doute que le vieux marchombre est le plus à craindre de tous, assis près du feu il me fait signe de le rejoindre. Ainsi, la longue veille commence. Le plus difficile est sans doute de ne pas s'endormir ! Je dois dire que cette couverture me manque beaucoup, mais on ne peut pas se dérober au poste de garde. Un poste que je découvre tout juste.

N'y a-t-il pas un Marchombre qui ressemble à un autre ? Lenter se fichait éperdument des tours de gardes, pour tout dire, je n'ai pas l'impression que grand chose ne l'inquiète.. ou peut-être n'était-ce qu'une impression ? Le temps passa, et pour le combler je finis par interroger Aïwen. L'interroger sur des sujets des plus inutiles, mais il me fallait un fil pour ne pas sombrer à nouveau dans les rêves. Nous parlions à voix très basse, dans des souffles souvent coupés par de long silence dans lesquels nous tendions l'oreille. Je voyais bien a son sourire qu'il attendait quelque chose. Cet homme semble toujours attendre des tas de choses de la part de ses apprentis, mais je n'ai aucune idée de ce que ça peut être. Incapable de m'en enquérir, j'attendis patiemment que ça se présente. Et finalement..

Deux yeux reflétaient la lumière du feu dans les ombres. Ils ne sont restés qu'un instant, mais de les apercevoir me fit sursauter. Je me tourne vers mon maître pour les lui signaler, mais il me regarde déjà avec un sourire serein.. S'attend-t-il à ce que je donne l'alarme et réveille nos compagnons ? Ou ce calme témoigne-t-il d'une absence de danger ? Je jouerai la carte de la patience, après tout la bête est isolée contre deux hommes.. les bêtes peuvent-elles être sensible à l'aura d'Aïwen ? J'espère que oui, mais dans le doute je jette de fréquents coups d’œil autour de nous. J'ai beau avoir confiance, je n'en oublie pas que la prudence est mère de sûreté.

La lune a pas mal bougé depuis que j'ai pris mon tour, mais je vais pouvoir profiter du reste de la nuit avant que le soleil ne revienne. Plus aucune trace des yeux depuis tout à l'heure. Quelque soit la bête, elle aura préféré chercher un plat plus accessible. Je m'en vais donc réveiller Ange et sonner par la même mon retour dans les bras tendre et chaud de morphée. Mais au moment de secouer l'épaule de la Marchombre, il me vient l'idée stupide que si ça avait été Papillon je lui aurait jeté un saut d'eau à la figure !

Idée tentante.. Mais je n'ai ni saut d'eau, ni Papillon devant mes yeux... Je me contente de la secouer doucement et de l'inviter à prendre son tour. Une fois mon amie levée, je la laisse aux bons soins de mon maître qui finalement ne semble pas affecté par sa quasi-nuit blanche.. Qui en sera une tôt ou tard.

Allez n'y pensons plus, profitons de ces moments pour dormir... qui sait ce que demain nous réserve.. pire, ce qu'Aïwen nous réserve pour demain.
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Dim 13 Nov 2011, 20:14

Trop de fatigue pour réfléchir clairement. J'aurais peut-être due m'étonner de savoir qu'Aïwen va survivre à une nuit sans sommeil alors qu'il a courut autant que nous aujourd'hui. Sauf que, perdue dans les brumes du sommeil qui trouble ma conscience, je ne réalise pas l'énormité de ce qu'il va faire. Moi qui peine à garder les yeux ouverts, je n'aurais jamais conçu de passer une nuit sans me reposer.
Ni une ni deux, je saisis une couverture et m'enroule dedans, après un dernier clin d'œil pour Shalie en guise d'encouragement pour son tour de garde. Je la plains mais la pensée de devoir me réveiller dans quelques heures pour la remplacer fait disparaitre ce sentiment idiot. Elle va trouver l'énergie nécessaire pour rester éveillée, comme je vais moi-même résister pour ne pas sombrer après ma trop courte nuit.

Sur ce, je rejoins Morphée, dans un monde totalement isolé des bruits de la forêt. Adieu Aïwen et mes camarades. Adieu les exercices fatiguant. Bonjour les beaux rêves.

*****

Une main secoue mon épaule. Je ne bouge pas. Surtout ne pas bouger. Faire semblant de ne pas être éveillée pour somnoler encore un peu. Juste un peu.
Une nouvelle secousse. Une tête de mule cette personne ! Qui ose donc interrompre ma sacro-sainte nuit ? Sans retenir un soupir, je me retourne et vois la silhouette épaisse d'Aaron se détacher de la pénombre ambiante. En homme galant, il aurait pu accepter de faire deux tours de gardes … quel mufle ! Pourtant, à son sourire, je ne peux m'empêcher de répondre par un sourire. La réalité rattrape mes rêves: la dure vie de Marchombre ne fait que commencer et ne se trouve pas dans un lit de princesse douillet. Pour moi comme pour Aaron.

Je me lève en douceur, prenant soin de ne pas faire de bruit pour ne pas éveiller Shalie. Je suis sure que son sommeil est profond, mais je ne voudrais pas gâcher malencontreusement sa nuit. Un frisson parcourt son corps et me tire un léger sourire; même le froid ne peut pas valoir notre fatigue et le lourd sommeil qu'il procure. Je regarde Aïwen qui m'attend au coin du feu, et décide en un instant de ne pas embarquer ma couverture avec moi. Au contraire, je la pose là, sur le dos de Shalie. J'espère que cette gentille attention ne va pas me valoir de finir en glaçon à la fin de mon tour de garde …

Je m'avance vers mon Maitre et m'assoit en face de lui, attendant une consigne quelconque, un conseil. Rien ne vient, ne me laissant plus que pour choix qu'écouter les bruits qui m'entoure. Si il ne peut pas m'aider, alors je vais chercher en moi de quoi le remplacer.
Une voix s'élève au fond de ma tête, souvenir d'un temps qui me semble ancestral, alors qu'il a à peine un an …

-Ouvre ton esprit jeune apprentie. Ouvre- le à ce qui t'entoure. L'air qui joue autour de toi. Les arbres qui murmurent. La roche qui t'offre sa force et sa solidité. Le monde est un entrelacs de forces qu'il appartient au Marchombre de comprendre, de sentir, de vivre.

Ouverture. Ouvrir ses oreilles, ses yeux, son corps aux sensations que lui offre son environnement. Sauf que ce souvenir en ramène un autre qui efface momentanément la pensée du tour de garde. Celui là est récent. C'était la dernière fois que cette phrase m'est revenue à l'esprit … L'odeur du sel et son gout sur mes lèvres seraient presque là si j'y croyais vraiment. Si je fermai les yeux, je pourrai voir la falaise, l'océan avec ses vagues qui se jettent dessus en contrebas. Je pourrai voir ce ciel se teintant de noir. Je pourrai sentir les gouttes de pluie s'écrasant sur mon visage.
Pourtant je ne ferme pas les yeux, regardant le dernier acteur de cette scène de mon passé. Aïwen. La première et la dernière fois que je l'ai vu, le vacarme nous entourait, se mêlant à nos mots et à nos esprits. Je voudrais un bout de cette vigueur pour me faire oublier l'envie de dormir, toujours bien présente dans mon cœur et dans mes muscles. Mais là, je n'ai que le silence des éléments qui s'offre à moi. Silence ? Est-ce un mot qu'on peut réellement utiliser ? J'ai l'impression de l'entendre, mêlé aux bruits de le forêt … "les mots sont des armes". Le silence est-il une arme ? Un mot qui trompe le naïf qui ne sait pas s'ouvrir à ce qui l'entoure ? Il existe pourtant et je l'écoute, comme j'ouvre mes oreilles à n'importe quel bruit de la forêt. A sa façon, il repose mon esprit, que les bruissements de feuillages autour de nous stressent par instant. Malgré la présence confortante d'Aïwen, je ne peux m'empêcher de sursauter en imaginant des animaux aux crocs acérés à deux doigts de nous sauter dessus.

Puis, sentant le sommeil revenir sur mon esprit, je me décide à entamer la conversation avec mon Maitre. Au sujet de tout, de rien, un peu sur les Marchombres, beaucoup sur la meilleure façon de faire un tour de garde et de survivre à la dure. Ses mots s'inscrivent dans mon esprit au fur et à mesure qu'il me les offre. S'occuper du feu. Apprendre à distinguer les différents types de bruits qui nous proviennent. Habituer ses yeux à déchiffrer les mouvement dans la pénombre. Lire le temps qui passe à travers le cycle de la lune ou du soleil. Choisir un lieu de campement propice et l'aménager. Effacer ses traces en toute circonstance.

Des mots. Des millions de mots. Des millions de questions. Des millions de réponses. Je ne serais pas celle qui ne pose pas de questions et n'avance plus. Cette nuit, je suis seule avec mon Maitre, et ces deux apprentis qui dorment tranquillement, pour moi c'est comme s'ils n'existaient pas. Comme si j'étais une apprentie Marchombre normale. Alors je continue à le questionner, laissant parfois le "silence" retomber entre nos paroles. Curieux comme il occupe l'espace à sa façon. La nuit, tous les bruits semblent plus feutrés qu'en plein jour. Le vent a beau être là, faisant bruisser les feuilles des arbres en contrebas, il n'en reste pas moins partit intégrante de ce calme qui habite l'espace.
Avec le temps qui passe, j'oublie que nous devrions être en train de dormir, en bons humains respectueux du cycle du soleil. La fatigue finit de me quitter, et la soif de connaissance pétille dans mon regard à mesure que la discussion avance.
Cette culture que je veux développer, je me mets même au défi de la tester, dans un jeu de devinette avec Aïwen pour savoir quel animal ou élément à causé tel bruit. Je ne suis pas trop mauvaise concernant le chant des oiseaux nocturnes, mais ceux concernant les animaux à quatre pattes ou les bruits causés par le vent me sont plus inconnus. L'occasion pour mon Maitre de me montrer son savoir et pour moi d'augmenter le mien.

Ces sons, comme la lune, évoluent dans le temps, se changeant avec l'approche de l'aube. Le ciel au dessus de nos têtes s'éclaircit peu à peu, se teintant d'un léger rose pâle. L'heure de reprendre la route semble venu. La température ambiante est basse, et même la présence du feu ne suffit plus à me réchauffer. Je serais bien allée chercher ma couverture pour m'y enrouler, mais la vision de Shalie dormant tranquillement m'en empêche et me condamne à attendre un signe d'Aïwen pour aller réveiller mes camarades.
Les minutes continuent de s'égrener, alors que je finit mon tour de garde sans plus parler, observant l'évolution du ciel et de sa palette de couleurs.
Enfin, Aïwen me demande d'aller réveiller mes camarades, ordre que j'exécute sans attendre, trop heureuse de pouvoir enfin bouger. Le froid a commencé à prendre prise sur moi et je brule d'impatience de m'activer à nouveau. Peut-être ne devrais-je pas, vu mon état à la sortie de la journée d'hier … qui sait ce qu'Aïwen a prévu pour aujourd'hui. Encore des heures de course ? Surement, pour s'échauffer. Et puis quoi encore ? Une chasse impromptue ? Une escalade jusqu'au sommet d'une montagne ? Une baignade gelée ? Ce ne sont que des idées plus joyeuses les unes que les autres qui me viennent à l'esprit, mais bizarrement je fait confiance à mon Maitre. Sa voix respirait la sagesse lors de notre conversation nocturne, alors ses ordres feront de même.

D'une main douce, je réveille Aaron puis Shalie, les ramenant à leur tour dans la douce réalité d'une fraiche matinée.
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Mer 16 Nov 2011, 16:08

Un sourire sur les lèvres, le vieux Marchombre écoute Ange qui va réveiller ses deux camarades.
Il a passé la nuit éveillé, à parler avec ses apprentis. A répondre à des questions. A en poser de nouvelles. A débattre et à défendre des idées. Pourtant, il ne se sent pas fatigué. Seul son corps émet des signaux de fatigue, mais il lui dit de tenir encore un peu. Jusqu’au soir, au moins.

Alors que ses apprentis arrivaient enfin, il leur donna une tranche de pain et du fromage chacun pour ce petit déjeuner. Ils ne s’attardèrent pas, et il leur demanda de s’échauffer un minimum. Ils allaient courir toute la matinée – et le soleil était tout juste en train de percer l’horizon. Alors, ils coururent. Aïwen ralentit plusieurs fois, cette fois-ci. Dès qu’un apprenti commençait à trop fatiguer, il demandait aux autres de continuer leur course, et ralentissait pour être à la hauteur de ce dernier. Les trois jeunes gens avaient tout de même un bon rythme de course, et si Ange était celle qui avait le plus de difficultés, il resta en priorité avec elle quand elle s’activait, pour lui donner des conseils. Redresse le menton, regarde loin, allonge ta foulée.

Ils ne s’arrêtèrent que lorsque le soleil fut à son apogée pour manger un casse-croûte rapide – du fromage, du pain et un bout de viande séchée – et repartirent, mais en marchant. Ce qui n’empêcha pas Aïwen de leur demander plusieurs exercices durant la marche : lever les genoux exagérément à chaque pas ; mettre un objet sur la tête pour avoir un pas fluide ; il les fit marcher en se portant mutuellement – les filles se portaient entre elles, et Aaron devait en porter une quand c’était son tour. Renforcer tous les muscles, voilà où était l’essentiel.

Le soir approchait, le soleil n’avait pourtant pas commencé à disparaître à l’horizon quand Aïwen décréta qu’ils pouvaient s’arrêter pour trouver un campement. Ce qu’ils firent. Puis, quand tout fut plus ou moins prêt, le Marchombre sortit trois arcs de son sac et les tendit aux trois jeunes gens. Un léger sourire sur les lèvres, il désigna d’abord une sorte de motte de terre un peu plus loin.

- Voici deux flèches. Le but étant de les mettre toutes les deux dans le tallu, là-bas. Vous pourrez recommencer autant de fois que vous voulez, mais je veux qu’à la fin les deux flèches soient plantées l’une après l’autre dans la terre.

Un sourire alambiqué sur le visage, ses rides étaient encore plus tirées dans sa peau, lui donnant un air vraiment vieux et parcheminé. Son regard clair étincela, alors qu’il aidait ses apprentis à se mettre en place, à prendre la bonne position. Il ne cessait de commenter leur position, leur regard, leur attitude. Leur souffle. Ne pas couper le souffle, le garder toujours le plus fluide possible. Expirer quand on lâche la corde. Bander l’arc en inspirant. En tendant les muscles de ses omoplates. Fixer la cible des deux yeux. Se concentrer sur l’arc, sur la flèche, sur la cible.

Il fallut encore un moment à ses apprentis pour réussir les deux tirs d’affilée. Mais ils y parvinrent. Alors, Aïwen les arrêta et leur sourit.

- Ce que vous venez de voir, d’apprendre, se déroule dans des conditions idéales. Mettons cela en pratique. Vous allez chasser le dîner de ce soir. Ne choisissez que les petites proies, comme des lapins ou des lièvres. Evitez les renards et la volaille. On cherche du gibier, pas des charognards.

D’un léger signe de la main, il les congédia, un sourire aux lèvres.
Quand ils se furent tous élancés dans la brousse alentours, Aïwen les suivit tel une ombre. Discret comme le vent, léger comme une plume, silencieux comme l’air. Il observait, notait les détails, passait d’un apprenti à l’autre pour voir comment ils procédaient, les uns et les autres.

Attentif.





[ Désolée, c'est court, mais je n'ai pas le temps de faire mieux cette semaine... ]
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Sam 19 Nov 2011, 20:59

Pain et fromage. Avec la viande de siffleur, c'est ce qui risque de devenir notre quotidien pendant plusieurs jours. J'accueille pourtant cette nourriture avec joie car mon ventre se plaignait depuis déjà une bonne heure. La pensée d'un bon bol de potage ou de lait chaud hante mon esprit un instant alors que le froid matinal revient à l'assaut de mon corps, volant toute la chaleur qu'il s'efforce de produire. Je frissonne mais, heureusement, Aïwen nous donne l'ordre de nous échauffer sans attendre avant de préparer nos sacs et de reprendre la route.

J'ai peu dormi, mais pourtant je me sens pleine d'énergie pour cette journée qui promet d'être belle. Le soleil en effet est de retour, s'échappant peu à peu de la ligne d'horizon. Quelques légers nuages le dissimulent, mais ils n'ont pas la forme de ceux qui annoncent la pluie.
Nous sommes déjà loin de notre campement quand il devient enfin complètement apparent. La course est le programme de la matinée. Malgré la vitalité qui coule à nouveau dans mes jambes, je m'inquiète très vite de ma capacité à tenir pendant un temps si long alors que j'ai peiné la veille sur juste quelques heures.

Pourtant je me force à courir sans esquisser le moindre pas de marche. Un tel effort est dur et puise dans ma volonté autant que dans mes réserves d'énergie. Mais en alternant rythme normal et trottinement j'arrive à y survivre. Certes, je reste toujours loin de mes deux camarades, Shalie menant toujours la danse avec fougue. Cependant cela ne me dérange pas car Aïwen reste à mes côtés quand je suis trop distancée, me conseillant sur la meilleure façon de me tenir, d'économiser mon souffle, d'assouplir mes mouvements, de fluidifier ma course. Comme cette nuit de garde, j'ai presque l'impression d'être sa seule élève, qu'il guide à chaque pas. La vision des autres par intermittence me rappelle que non, ce n'est pas le cas, mais j'en suis quand même heureuse.

La torture finit par s'arrêter lorsque le soleil atteint le milieu de sa course dans le ciel. Cela fait longtemps que j'ai cessé de le regarder évoluer, car ce lent spectacle me décourageait plus qu'autre chose. Que le temps semble long quand vos poumons et vos muscles scandent leur douleur à chaque battement de cœur…
Cette pause fut l'occasion, comme hier, de nous étirer consciencieusement et de reprendre notre respiration. Une collation bien méritée vient caler nos estomacs avant que nous reprenions une fois de plus notre voyage initiatique. C'est fou que pour une fois, il n'ait pas fait signe de vie pendant un si long temps. L'effort prolongé que j'ai du fournir et la douleur qui l'a accompagné ont noyé les protestations de mon ventre vide, ce qui était certes agréable, mais m'aurait sorti les idées de ma course.

La suite est plus calme, constituée d'une marche agrémentée de petits exercices. Aïwen n'aura pas eu la folie de nous faire courir pendant une journée entière, ce à quoi je ne crois pas que j'aurais survécu. Enfin … qui sait si je ne l'aurais pas fait ? Quand il a annoncé la programme de la matinée, j'ai ouvert de grands yeux, pourtant je suis toujours là, et mon corps ne s'en porte pas plus mal.
A un moment, il nous fait nous porter entre nous. Un instant, mon cœur s'affole à la vision de la montagne qu'est Aaron. Aïwen n'oserait tout de même pas me forcer à me faire écraser comme une crêpe par mon camarade … ouf il annonce que non ! Je n'aurais qu'à porter Shalie.

"Tu devrais peut-être porter à la fois Shalie et moi pour t'améliorer Aaron."

Une simple phrase agrémentée d'un petit sourire rieur à l'intention de mon camarade qui ne doit pas peiner à ne porter qu'une seule d'entre nous. Par contre moi, je peine à porter Shalie. Mais je prends plaisir dans l'exercice qui nous renforce en même temps qu'il nous donne l'occasion de plaisanter. Je me sens un peu de retour dans mon enfance où, avec les enfants du village, je m'amusais à faire des courses de cheval. Evidemment je m'arrangeais toujours pour être le cavalier et non le cheval … cela me dessert quelque peu aujourd'hui, mais la joie de l'exercice est toujours là.

Cette après midi passe plus rapidement que la matinée qui l'a précédée, en particulier grâce aux discussions qui l'ont parsemée. Ne plus courir économise nos respirations et nous a permit de pouvoir articuler une phrase sensée sans nous arrêter au beau milieu, à bout de souffle.
Le soir est déjà là, sans que je m'en sois aperçue. Le ciel se teinte de ses couleurs chatoyantes, si différent de celles pastels de ce matin. C'est le signe de l'établissement de notre campement. Les conseils donnés par Aïwen la veille et la nuit nous aident à décider par nous même du meilleur emplacement, et à l'installer rapidement.

Une fois tout en ordre, notre Maitre ne perdit pas de temps et nous tendit un arc à chacun, en compagnie de deux flèches et d'un ordre: les planter dans un petit bout de talus à plusieurs mètres de là. Je souris légèrement en saisissant l'arme. Ca, contrairement à la course, ça me connait. Le tir à l'arc était un des moments les plus importants de la fête au village chaque année, pour lequel tous les jeunes s'entrainaient pendant l'année. J'ai donc appris les joies du tir, malgré le fait que je n'ai jamais remporté, au contraire de mon cher Lienor … Une légère buée trouble mon regard alors que je m'apprête à tirer pour la première fois. Si seulement il pouvait encore être là pour me conseiller … j'aimerais encore entendre sa douce voix. A la place, j'ai celle d'Aïwen qui critique mon premier tir raté de beaucoup.
Se ressaisir. Ne pas se laisser envahir par de vieux souvenirs. Pas devant ces trois êtres en tout cas.
Je pause la nouvelle flèche sur la corde. La tire. Bloque mon souffle. Ferme un œil et vise avec soin. Comme en ce temps là.
Je lâche et le projectile fuse dans les airs dans une trajectoire très légèrement courbée pour atterrir à à peine un pas de la petite butte. Pas si mal pour quelqu'un qui n'a pas pratiqué cet art depuis plusieurs mois.

J'attends qu'Aaron et Shalie aient tous deux tirés leurs deux flèches pour aller chercher les miennes et recommencer l'exercice. Une fois. Deux fois. Toujours la même technique. Toujours le même échec. C'est ce moment là que choisi Aïwen pour expliquer l'importance de la respiration dans le tir à l'arc. De même que le bras, elle doit accompagner le mouvement. Que l'exercice soit extrêmement différent de la course ne change pas le fait qu'il faille soigner la fluidité de son souffle et de ses mouvements.
Les tirs s'enchainent, de plus en plus naturellement à mesure qu'Aïwen corrige ma position et que j'arrive à accorder ma puissance et l'orientation de mon arc pour atteindre la cible. J'ai presque l'impression d'accompagner ma flèche jusqu'à la motte de terre, par le biais de mon expiration et de mon regard.
Lorsque je suis assez rodée pour enchainer plusieurs fois des tirs précis, et que mes camarades y arrivent eux aussi, Aïwen nous arrête pour nous faire passer à autre chose.

- Ce que vous venez de voir, d’apprendre, se déroule dans des conditions idéales. Mettons cela en pratique. Vous allez chasser le dîner de ce soir. Ne choisissez que les petites proies, comme des lapins ou des lièvres. Evitez les renards et la volaille. On cherche du gibier, pas des charognards.

Ahah … il n'a pas oublié mon idée de la veille … J'avoue qu'il a bien fait d'attendre le lendemain vu que nous avons pu nous entrainer au tir à l'arc avant et que je me sens bien moins fourbue qu'hier. Je me sens prête à chasser.

Je m'éloigne du groupe tout en réfléchissant à la meilleure façon d'agir. J'ai toujours préféré la chasse au collet mais aujourd'hui ça ne va pas être possible, au vu du temps dont nous disposons pour agir. Poser un piège, attendre qu'un animal s'y coince et le retrouver ne prend pas une heure. En plus, la lumière diffuse du soleil menace de disparaitre rapidement, et récupérer un potentiel collet dans la nuit serait presque mission impossible.
L'inspiration n'étant pas au rendez-vous, je m'applique à chercher simplement la trace d'un animal comestible (selon Aïwen). J'ai déjà dû traquer des bêtes, mais c'était en général du gros gibier, comme une biche, car les traces de leurs passages sont plus évidentes à trouver. Un lapin est plus compliqué. Cette petite bestiole si légère laisse peu d'empreinte sur le sol et les buissons, ce qui complique grandement la tâche du chasseur.
Une flèche encochée sur mon arc, j'avance lentement pour éviter de faire du bruit tout en chercher des yeux un indice sur la présence récente d'un rongeur. Les piaillements des oiseaux dans les arbres me font hésiter un instant à désobéir à Aïwen et à choisir l'un d'eux comme diner. Mais j'ai un défi et compte bien le réaliser. Sinon j'ai peut-être un autre choix … avec ses deux oreilles de chat, Shalie pourrait faire office de gibier … d'accord elle serait peut-être classée comme "gros" gibier malgré sa taille … Cette pensée me fait sourire et me déconcentre l'espace d'une seconde.
La seconde de trop où j'écrase un buisson dans un gros bruit. Gros bruit qui fait détaler un lièvre à ma droite. Hasard et chance. Je réfléchis à peine pour me tourner, viser et lâcher ma flèche à la suite de l'animal. Le projectile s'envole pour aller se planter dans un arbre, alors que ma proie disparait dans un fourré. Raté. Il va me falloir en trouver un autre car le traquer sera trop compliqué.

La chasse continue, plus au petit bonheur la chance qu'au véritable flair. Qu'importe. J'essai tout de même de repérer des traces ou des excréments mais échoue.
Un buisson bruisse à mon approche, sauf que cette fois-ci je suis prête à réagir. La flèche part alors que l'animal s'extirpe juste de la végétation.
Ma flèche s'empale sur le corps de la pauvre perdrix qui se trouvait là, la tuant sur le coup. Voilà un tir qui m'aurait valu les applaudissements de Lienor.

"Evitez la volaille."

Aïwen n'a pas expressément interdit de ramener une perdrix, et mes réflexes ne m'ont pas permis de réfléchir sur l'identité de l'animal caché dans le buisson. Je verrais bien ce qu'en dira mon Maitre … en attendant je ne vais pas laisser cette pauvre bête trainer par terre … Je la ramasse donc et la noue à ma ceinture grâce à un bout de ficelle.
Puis je continue ma traque pendant encore un petit moment.
Inlassable.
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Sam 26 Nov 2011, 13:44

Les secondes s'écoulent dans l'immensité qui est mon temps. Tant m'échappent. Qui sait si je ne regretterais pas toute ma vie d'avoir laissé filer celles de cette nuit et celle des autres ? Moi je sais, quand la main d'Ange m'arrache à mes rêveries, que je suis déjà prêt à regretter les secondes qui suivent.. Je suis encore plus fatigué que lorsque je me suis enroulé dans les couvertures. Comment le sommeil peut-il me voler mon énergie au lieu de me la rendre ? Encore l'un des miracles d'Aïwen ?
Aïwen n'a pas fermé l'oeil, pourtant il se porte bien mieux que moi. Mes muscles, encore douloureux, me donnent l'impression de vouloir quitter mon corps, corps enlisé dans la paresse d'une nuit bien courte, nuit chargée de souvenirs heureux me poussant à sourire malgré mon état désastreux.
Pain, fromage et eau. Comme un air de déjà vu m'étreint, comme un doute affreux m'occupe soudain. Faut-il donc manger la même chose matin midi et soir ? Pour le moment rien de bien effrayant, mais je ne sais combien de temps mon estomacs supportera l'exécrable viande séchée de siffleur. Je sais bien qu'elle à le mérite d'être nourrissante, mais elle égale ses bienfaits dans le dégoût qu'elle provoque. L'aventure est-elle toujours si mal accompagnée ?
Je mord dans mon premier repas sans trop de conviction. Je suis bien plus intéressé par le prochain exercice qui nous attend, mais ce n'est qu'en finissant de manger que le Marchombre nous mis au courant. Une demi-journée de course, je me vois déjà mordre la poussière à mi-temps, précédée par une série d'échauffement.. Peut-être ne commencerais-je même pas à courir ?

Nous avons reproduis chaque geste de la veille sous le regard pénétrant de notre étrange maître. Aucun de nous n'aura prétendu progresser en une journée, mais les gestes tant répétés la veille ont commencé à s'inscrire dans nos corps et Aïwen n'eut pas à nous corriger bien souvent. Et ce fut le temps de partir en courant, sous le regard désespérément jeune d'un soleil paresseux qui me nargue à l'horizon.

J'ai cru entendre mes jambes hurler. Je dois être fou. Nous avons couru jusqu'à ce que le soleil et l'horizon se soit définitivement abandonné. Je ne sais pas s'il continue de se moquer de moi, je ne prête plus qu'attention à mon repas, aussi terrible que je l'avais imaginé ! La course n'était pas aussi épuisante que la veille, mais elle a le mérite de me faire prendre conscience de mes muscles.. faiblards et fatigués qui auraient volontiers abandonné le combat pour le premier coin d'herbes bien touffues. Je suis fatigué et j'ai mal. Je ne peux pas prétendre avoir faim, Aïwen fait bien les choses.
La suite était une marche. Repos ? Je découvre seulement que Marchombre est un synonyme de bourreau. Même en marchant, il trouve le moyen de nous épuiser ! J'ai du soulever les blocs de pierre qui me servent de jambes le plus haut possible à chaque pas, jouer à garder divers objets sur ma tête en avançant, est-il nécessaire de préciser qu'ils me sont tombés sur le nez à chaque fois ? La meilleure idée du Marchombre était sans doute la dernière ! Porter l'une de mes sœur d'apprentissage sur le dos pour, à tour de rôle. Certes, personne ne pouvait me porter, mais au moins n'était-ce pas un effort trop conséquent pour moi avec ces demoiselles loin de peser bien lourd. Un exercice qui donna place à l'humour d'Ange.

-Tu devrais peut-être porter à la fois Shalie et moi pour t'améliorer Aaron.

N'exagérons rien tout de même, une sur le dos me suffit amplement, sans vouloir les vexer. Je sourit silencieusement ne pouvant me résoudre à lui répondre ça. Je ne la connais pas assez, elle pourrait ne pas apprécier. Le mieux est encore cette réponse qui peut tout dire, tout simplement étirer mes lèvres. Je ne me pense pas encore prêt pour échanger ce genre d'humour avec eux. Ils sont encore tout neuf dans ma vie, même s'ils semblent devoir la suivre pour une grande partie.

Cela fait deux jours que nous marchons vers un but inconnu. Cette journée a été terriblement longue et elle n'est pas finit ! Mon estomacs commence à gronder qu'il a faim et je lui donne raison vu les distances que nous avons parcourus dans des conditions pénibles ! Mais alors que même le soleil commençait à fatiguer de sa course bien moins compliquée, Aïwen nous tend des arcs. Qu'a-il l'intention de nous faire faire ? N'avons nous pas assez souffert de la journée ? Lenter lui même n'était pas aussi acharné avec ses apprentis ! Mais je dois dire que je n'avais jamais touché d'arcs auparavant.
Curiosité.
Bien sûr le fonctionnement est évident ! On encoche la flèche, on lève l'arc, on le bande, on vise et on rate. Mais comment fait-on pour mettre dans le mille ? Je n'arrive pas, quelque soit le moyen, à atteindre ce talus désespérément immobile. Bien sûr il manque des choses. Aïwen vient corriger ma position. Je recommence, échec. Pas une flèche ne l'atteint ! On me souffle de caler ma respiration sur mes gestes, j'exécute. Échec. Pas total. J'ai bien gagné quelques centimètres. Une main dans mon dos ajoute quelques instructions.. ces muscles là aussi participent ? Une flèche se plante, mais l'autre tombe à côté encore.
Et là ?
Juste se concentrer.
Juste penser flèche et arc autant que cible.

Au bout de longs essaies, je m'étonne d'être capable de planter les deux flèches dans la cible. Je suis certes le dernier des trois, mais l'important c'est d'apprendre, pas le classement. La suite est d'ailleurs une mise en pratique de ce nouveau talent.. la chasse, juste avant la tombé de la nuit. Cet homme, ou quoiqu'il soit fou. Mais nous suivons ses consignes, et finalement me voici seul, essayant d'avancer silencieusement au milieu de hautes herbes. Et après ? Comment vais-je trouver ne serait-ce qu'un tigre dans ce fatras de végétaux qui me cache la vue ?
Je n'en sais rien, j'avance clairement au hasard, ne sachant de toute façon pas déceler les signes de la nature.. Je fouille vainement le sol.. Et tombe sur un trou.. Une ouverture assez large pour un petit animal.

Que faire ?
Et si la bête était dedans ? Comment l'en faire sortir ?
Je n'ai rien pour l’appâter. Peut-être que je pourrais essayer cette vieille histoire que l'on m'a conté. Enfumer la bête pour la forcer à sortir.
Et la tuer.

Heureusement qu'Aïwen nous a appris à faire un feu, mais il ne faudrait pas qu'il se propage.. Je m'applique donc arracher les herbes autour du terrier, sur un petit rayon, puis je les assemble. J'avais garder de ces fameuses pierres qu'Aïwen nous avait conseillé et je m'en félicite car elles me seront fort utile.
Contrairement à mon inquiétude, l'herbe n'élève que de petites flammes en se consumant, et je les place dans le terrier avidement avant de me reculer dans l'herbe en empoignant mon arc.

Déjà tendu et prêt à lâcher le trait mortel.. Le souffle léger et régulier. J'attends.

Les secondes s'écoulent et la fumé s'élève. Elle a forcément emplis le terrier. Un serrement de cœur me prend en imaginant la panique de la bête.. Mais il faut que je soit concentré.. Au moindre signe de mouvement il faudra que je tire avant qu'elle ne trouve refuge dans la végétation..
Un jeu de réflexe et de visée...
J'attends.

Un éclair blanc se jette hors du terrier.
Je lâche ma flèche.

Trop tard, elle passe à côté de ma proie qui file dans la direction opposée effrayée.

Hors de question d'échouer ! Je lui courre après !
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Shalie Altan
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Citation : La première partie de la vie se passe à désirer la seconde ; la seconde à regretter la première
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Mar 29 Nov 2011, 14:06

***
Elle courre, seule sans savoir ou elle va, l’obscurité l’entoure.
Elle courre de toutes ses forces.
Elle courre pour fuir.
Elle courre pour sa vie.

On la traque, des humains la traque alors qu’elle n’a rien fait.
Ses membres foulent le sol.
Son corps suit le mouvement tout de puissance et de grâce.
Son souffle et roque.

Plus vite elle doit aller plus vite encore et toujours plus vite.
Elle se stoppe elle à flairer une étendue d’eau non loin.
Flairer ?
Un doute l’envahie ralentissant elle s’approche de cette eau.

Se penche pour observer son reflet.
Deux yeux dorés la dévisagent.
Ses yeux, elle ne voit que sa dans les premiers instant.
Avant de se pencher un peu plus et de voir.

Crocs.
Fourrure.
Griffe.
Monstre.

Son sang se glaça cela ne pouvait être possible elle ne pouvait pas, elle devait fuir, elle voulait fuir mais comme par magie l’eau entra en action des multitudes de filets constituait de minuscule gouttelettes la saisirent. Elle tenta de lutter mais cela ne servit à rien, elle fut entrainer vers le fond. Le contact froid de l’eau la fit paniquer.
De l’air, elle avait besoin d’air ou elle allait….

***
Tout à coup une main la secoua doucement mais fermement. Revenant à la réalité le corps couvert de sueur elle ouvrit les yeux et en croisa d’autres.
Ceux de Ange qui après avoir vérifié qu’elle était bien réveiller sortit de son champs de vision.
Tremblotant elle se redressa regardant ses bras et se touchant le visage.
Un cauchemar, cela n’avais été qu’un cauchemar elle était tout ce qu’il y à de plus humaine.

Il lui fallut quelques instant pour se reprendre et enfin se lever, espérant que ses compagnons n’avait pas remarqué sa crise elle les rejoignit mine de rien. S’installa avec eux et mangea silencieusement son petit déjeuner.
Pain et fromage.
Après ce luxueux déjeuner Aïwen leurs demanda de s’échauffer car ils allaient courir toute la matinée. La joie submergea Shalie, parfait courir lui permettra de se vider la tête et d’oublier cette nuit.

Sans plus s’attarder ils s’élancèrent et bien qu’elle alla plus doucement de la veille elle n’en resta pas moins en tête du groupe.
Ils ne s’arrêtèrent que lorsque le soleil était à son plus haut point dans le ciel et se restaurèrent de fromage de pain et de viande sécher.
Pas très alléchant comme repas mais suffisant pour faire récupérer des forces.

Peu après ils repartirent en marchant, Aïwen leurs intimant des nouveaux exercices. Ils durent lever les genoux, porter des objets sur leurs têtes sans les faire tomber et se porter mutuellement.

La les choses se corsèrent lorsqu’il leur annonça, elle jeta un regard peu assurer vers Aaron et se souvint de leur combat de la veille. Elle n’avait pas réussit à le déplacer seul son agilité avais permis à ce que le combat ne soit pas trop déséquilibrer.
Aïwen les rassura lorsqu’il annonça que les filles se porterai entres elles et Aaron une des deux quand cela sera son tour.

"Tu devrais peut-être porter à la fois Shalie et moi pour t'améliorer Aaron." S’exclama Ange.

A cette idée Shalie souria se voyant mal porter sous le bras comme un sac de patate heureusement il ne le fit pas et elle se dirigea vers Ange. Elle commença en premier, évitant de la déséquilibrer elle grimpa sur son dos.
Elle écopa d’une plaisanterie d’Ange lui annonçant que les apparences étaient trompeuses et riant elle s’élança.
Puis elles inversèrent les rôles, Ange aussi ne faisait pas sont poids. Elle eu du mal au début avant de s’adapter. Pour Aaron tout se passa pour le mieux son souffle restait calme et profond lorsqu’il les porta chacune leurs tours.

La journée défila tellement vite que Shalie ne vit pas le temps passer et ne se rendit compte que le soir commençait à poindre lorsque Aïwen les fit s’arrêtait pour qu’ils installent le campement.
Lorsque ce fut chose faite il sortit trois arcs de son sac avant de dire :

- Voici deux flèches. Le but étant de les mettre toutes les deux dans le tallu, là-bas. Vous pourrez recommencer autant de fois que vous voulez, mais je veux qu’à la fin les deux flèches soient plantées l’une après l’autre dans la terre

Bien qu’elle possédait son propre arc et savait tirer Shalie n’excellait pas dans la discipline du tir. Prenant un des arcs que son maitre lui tendait elle encocha une flèche et visa le talus.
Elle rata son tir la flèche se perdant dans le décor. Dans le tir à l’arc tout étais une question de souffle et de précision. Il fallait arriver à caler son souffle sur un rythme bien défini.
Son deuxième tir fut aussi rater comme le troisième et la quatrième mais Aïwen leurs prodiguaient des conseils avisés qui lui permire d’arriver au final à atteindre sa cible.
Lorsque tout trois réussirent il les fit s’arrêter :

- Ce que vous venez de voir, d’apprendre, se déroule dans des conditions idéales. Mettons cela en pratique. Vous allez chasser le dîner de ce soir. Ne choisissez que les petites proies, comme des lapins ou des lièvres. Evitez les renards et la volaille. On cherche du gibier, pas des charognards.

Sans se consulter ils se séparèrent chacun dans une direction, à pas mesurer Shalie observant le sol. Il lui fallait trouver des petites proies comestibles, le problème étant que plus c’est petit et moins on discerne les traces de pattes au sol.
Elle s’arrêta quelques secondes réfléchissant à la meilleure méthode à employer. Elle comptait se retrancher sur les lapins ou les lièvres il lui fallait donc dénicher leur terrier.
Un jour lors de l’un de ses longs voyages Shalie avait rencontré une jeune femme possédant un pouvoir fascinant. Les animaux répondaient à son appel et en cet instant elle aurait donné cher pour qu’elle posséder aussi ce talent. Les animaux la fuyaient généralement même ceux domestiquer et il lui avait fallu un long moment avant de gagner la confiance de Aïko son magnifique cheval.

Après un bref message d’amour à son intention elle se reporta sur sa mission. Elle pouvait faire un piège mais la probabilité qu’un animal se fasse prendre était infime à moi d’adapter le sol. Une idée commençait à poindre dans son esprit mais il lui fallait avant toute chose un terrier.
La chance lui souria rapidement car au bout de quelques minutes elle en trouva un elle se mit donc au travail prenant une branche souple elle format un rond liant les deux bout puis avec un de ses lacets elle l’attacha le tout à une branche en équilibre. Petite elle avait construit de nombreux pièges et celui si étais l’un de ses préférer car simple à fabriquer et efficace.

Il lui fallait maintenant réussir à faire sortir le lapin de son terrier et il n’existait pas des milliers de moyens pour cela il fallait faire assez de bruit pour le coincer.
Ce fut Aaron qui lui apporta cette solution.

Venant vers elle, elle entendit des pas précipitaient, c’était Aaron qui courrait après un lapin, pendant un bref instant elle fut tenter de lui voler son gibier mais se ravisa rapidement elle arma son arc et se mis en position de tir non loin du terrier.

Par chance encore le lapin passa exactement au dessus du terrier de son congénère suivit de Aaron. Il fallait l’avouer Aaron n’était pas un poids plume et cela avais du faire un sacrer boucan dans le terrier lorsqu’il étais passé au dessus Shalie espérait donc qu’apeurer le lapin fuit et si il évitait son piège il n’éviterait pas sa flèche.
Le temps d’attente fut très court tandis que son camarade tenté de sauver sa vie le lapin apeurer par les vibrations qu’il avait ressentit dans son terrier décida de prendre la poudre d’escampette.

La dernière chose qu’il vit fut une forme au loin avant que sa patte ne soit prise au piège et qu’une flèche vienne l’atteindre dans sa poitrine.

Relâchant la tension de ses épaules Shalie s’autorisa un petit sourire satisfait bénissant Aaron elle récupéra son gain l’accrochant à sa ceinture avant de se remettre en chasse.

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Mer 07 Déc 2011, 17:51

Un sourire sur les lèvres, Aïwen encourageait toujours ses apprentis.
Ne pas bloquer sa respiration. Viser avec les deux yeux. Garder les pieds ancrés dans le sol. Tendre sa ligne du dos. Fléchir les genoux. Décaler les épaules… Tant de conseils à donner, à appliquer, à réexpliquer en profondeur pour que les apprentis trouvassent tous leur manière de tirer à l’arc. Les positions n’étaient pas exactement les mêmes, puisque Aaron, Ange et Shalie n’avaient pas la même conformation, les uns et les autres. Aaron pouvait bien mieux tendre sa ligne du dos, mais peinait à sentir toute sa masse musculaire. Shalie avait un léger problème de souffle et d’ancrage dans le sol. Ange bloquait sa respiration et visait avec un œil. Il rectifia chacune des fautes, leur donnant son ressenti, et ce qu’il pensait qu’ils devaient faire pour s’améliorer.

Il y eu bon nombre d’essais infructueux. Mais à force de persévérance, tous parvinrent à tirer au moins deux flèches d’affilé correctement. Et quand il annonça la suite des réjouissances, le Marchombre avait un large sourire sur le visage. Il allait donc voir ce qu’ils faisaient dans leur mise en pratique d’un enseignement dans des conditions idéales.

Les trois apprentis se séparèrent dès le début de leur chasse. Aïwen suivit Ange, qui s’avançait entre les arbres tranquillement, à la recherche d’un gibier. Un peu trop bruyante, elle mettait ses pieds sur des parties du sol qui craquaient et sa respiration était largement perceptible. La laissant quelques minutes, le vieux Marchombre s’élança pour rejoindre Aaron. Ce dernier essayait de faire sortir un lapin de son terrier en l’enfumant. Une bonne idée, mais un peu risquée… Et le rongeur, alerté, fila comme une flèche hors du terrier, et le tir d’Aaron le manqua. Passant à sa suite, aussi léger et silencieux qu’une ombre, Aïwen sourit en voyant le jeune homme qui courait tant bien que mal derrière l’animal. Il croisa Shalie, qui avait apparemment fait un piège pour attraper un lapin aussi, devant un terrier. La chance sourit à cette dernière, puiqsue le lapin, effrayé par les bruits de pas du jeune homme, voulut sortir et se prit la patte dans le piège. Soufflant doucement, Aïwen redescendit vers le sol.

- Aaron, Shalie, vous pouvez rentrer au camp. Je vous rejoinds.

Il alla donc chercher Ange, et retrouva ses deux autres apprentis où ils avaient laissé leurs affaires. S’asseyant par terre, Aïwen demanda à Aaron de faire un feu, et s’installa devant. Un sourire sur les lèvres, il posa les deux gibiers devant lui avant de porter son regard dans celui de chacun de ses apprentis.

- Bien. Pour commencer, je vous reprocherai à tous une chose en particulier : la discrétion. Ce n’est pas encore cela ! On vous entend à des dizaines de mètres à la ronde, et les petits animaux ont l’habitude de ce genre de bruits. Il faut faire attention où vous marchez, mais aussi à votre respiration et votre manière de bouger.

Ceci dit, quelques petites précisions pour le reste : Ange, vérifie toujours sur quoi tu tires. Tu pourrais tout aussi bien lancer ta flèche dans un homme, une femme ou un enfant en tirant à tort et à travers ! Il faut toujours être sûr de ce que l’on vise. Aaron, je pense que courir derrière ce lièvre n’était pas une idée de génie en soi ! Tu n’aurais jamais pu le rattraper en courant. Peut-être en t’arrêtant, en observant ses traces, en le traquant… mais en courant, tu ne faisais que l’effrayer davantage, et ces animaux vont très très vite. Enfin, Shalie, ce fut réellement un coup de chance pour toi d’avoir ce lapin, étant donné que des pièges ne sont effectifs et efficaces qu’au bout de minimum une demie-heure – et encore, quand on a de la chance, encore une fois.

N’oubliez pas que tous les éléments influent sur votre tir : votre respiration, votre position, le vent, la cible qui peut être ou non en mouvement… C’est pour cela que majoritairement, vous avez raté vos cibles, ce soir. Vous n’avez pas tenté de tout prendre en compte.

Ceci étant dit, on y travaillera demain. Pour l’instant, je vais vous montrer comment conserver la viande. Malheureusement, je n’aurais que le lapin de Shalie pour faire ma démonstration, car la viande blanche se conserve beaucoup moins bien, la volaille sera donc notre repas de ce soir…


Leur adressant un sourire, le vieux Marchombre commença donc sa démonstration sous les yeux de ses apprentis. Le but, à la base, avait été que tous attrapassent un lapin pour que tous fissent les gestes, mais ce n’était pas possible, alors il s’adaptait, complémentant ardemment chacun de ses gestes. Comment éventrer l’animal, le dépecer, enlever ce qui n’était pas comestible, nettoyer le reste, découper la chair pour organiser les morceaux. A quelle dose saler, comment enrubanner dans les morceaux de tissus, quelles étaient les longues feuilles que l’on pouvait utiliser pour une plus longue conservation… Lorsque tout fut expliqué et préparé, il fit griller la volaille sur le feu et laissa chacun vaquer à ses occupations, conseillant néanmoins de s’étirer correctement.

Il les laisserait tranquille pour ce soir, étant donné qu’ils venaient de chasser. Désignant Ange pour le premier tour de garde – et oui, ils allaient rouler, évidemment – ils allèrent donc tous se coucher, attendant leur propre tour…
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°1   Jeu 15 Déc 2011, 22:16

Malgré le bruissement des arbres et les chants nocturnes des oiseaux, la forêt me semble étrangement calme, à la manière d'un être qui s'endort et ronronne en rêvant. J'ai beau tendre l'oreille en quête d'une fausse note - en l'occurrence d'un craquement de feuille morte ou d'une brindille – mais aucun petit gibier ne semble disposé à se faire remarquer. Ils ont compris que ce soir, un prédateur a décidé de les mettre au menu. Heureusement pour eux, ledit prédateur, c'est moi: Ange, 21 ans, éléphant d'un mètre soixante qui fait craquer le sol à chacun de ses pas. Pourtant j'essaye de corriger ma démarche, de guetter les pièges qui se glissent devant moi. Impossible de faire plusieurs choses à la fois, et me concentrer sur ma marche me fait oublier ma traque et vis-versa. Alternant entre mes diverses préoccupations je continue de m'enfoncer plus profondément dans les bois, cherchant sans succès un lièvre à débusquer.

Le massacre s'arrête enfin lorsque je sens une présence atterrir en silence dans mon dos. Sans même me retourner, je sais que cette personne n'est autre que mon Maitre. En quelques mots, il m'informe qu'il est temps pour moi de retourner au campement, où mes deux camarades se trouvent déjà. Il ne précise pas si la cueillette a été bonne de leur côté, me laissant le suspense pendant tout le trajet qui nous ramène à la clairière. Là, je saisis au premier coup d'œil le lapin qui traine aux pieds de Shalie. Elle doit être ravie d'avoir mené à bien sa mission, ce qui serait tout naturel. Il faudra qu'elle nous explique la façon avec laquelle elle a procédé pour réussir à débusquer et tuer l'animal. Pour l'instant, il faut s'occuper de faire à manger.

Suivant l'ordre d'Aïwen, Aaron prépare un feu autour duquel je me presse, non pour l'aider, mais pour profiter de la chaleur dès que celle-ci commence à s'échapper du bois mort. La nuit a fini de tomber, et le froid n'en finit pas de s'immiscer en moi, aussi lentement que surement. La présence de ces flammes mordorées qui s'élèvent peu à peu au sein de notre camp est aussi bienvenue qu'hier. Béni soit le jour où l'homme découvrit le feu. Chaque soir ou nuit passé dehors est un hommage à cette découverte.

Aïwen me force à me détourner du feu lorsque qu'il exhibe le fruit de notre chasse. Un lièvre. Une perdrix. Deux corps inanimés pour trois apprentis. Il semblerait qu'Aaron ait été moins chanceux que nous … Un coup d'œil dans sa direction m'apprend qu'il n'en déprime pas pour autant. Ce n'est pas pour une chasse ratée qu'il va oublier que l'avenir est toujours grand ouvert devant lui.

Les conseils de notre Maitre s'offrent à nos oreilles, ponctués entre eux par les craquements des branches mortes qui se consument. Son commentaire à mon égard me tire un sourire penaud, alors que j'imagine ce qui se serait passé si un humain avait surgit du buisson. J'aurais tué … non. Mieux vaut se concentrer sur ce que je dois faire pour éviter une telle erreur plutôt que de penser à du sang ruisselant d'un cœur percé. On ne m'y reprendra plus ! Lors de ma prochaine chasse, je mettrai mes efforts à rester vigilante sans virer dans l'excès de nervosité. L'important, c'est d'y croire…

Aïwen nous explique ensuite les techniques de base de la conservation. Etant une ancienne habitante de la campagne, j'ai déjà préparé un animal pour conserver sa viande, ou simplement pour le manger. Vider un lapin ou de la volaille n'avait plus de secret pour moi alors que j'avais à peine douze ans. Certes je n'ai pas eu l'occasion de répéter ces gestes depuis quelques mois, c'est pourquoi je regarde avec attention la façon de faire de mon mentor. Il ne fait pas grand-chose différemment de ma mère, mais dans l'assaisonnement pour mieux conserver, je découvre de nouvelles plantes. Il sort de son sac quelques feuilles qui m'étaient jusque là inconnues. Une question posée pendant qu'il termine sa préparation me renseigne sur les endroits où poussent ces végétaux, chose que je note dans ma tête pour être capable de faire des stocks le jour où j'aurais à effectuer un long voyage.

Après s'être occupé du lapin, Aïwen passe à la volaille qu'il prépare de manière plus rapide avant de la poser sur le feu. Il nous reste donc un temps à occuper avant que le volatile soit cuit à point. J'ai à peine fait trois pas pour m'éloigner du feu que déjà un délicieux fumet s'élève dans la clairière, présage d'un repas bien meilleur que celui de la veille.
Je ne sais pas trop quoi faire dans ce temps libre accordé par mon Maitre. Tir à l'arc ? Balade en forêt ? Escalade dans un arbre ? Affrontement avec Aaron ? Rien de tout cela ne semble sensé dans la nuit qui nous enveloppe. Alors tout simplement, je m'étire avant d'aller m'assoir aux côtés d'Aïwen, goûtant au silence qui nous entoure.

Quand enfin la volaille est cuite, nous nous disposons en cercle autour du feu et entamons notre dîner. Le luxe d'un tel festin vaut bien la vie que j'ai prise. Je remercie silencieusement la perdrix que j'ai tuée pour son don bien invoulu, mais qui me redonne des forces rien qu'en sentant sa chair grillée. Je plonge les dents dans la patte qui est ma part, savourant le gout fumé de la viande. Certes c'est un peu sec et j'aimerais avoir de la sauce à portée de main, mais c'est mille fois mieux que du siffleur séché.

Lorsque notre repas est terminé, Aïwen nous donne notre ordre de passage pour les tours de gardes. Ayant eu la chance d'avoir le dernier hier soir, j'ai l'honneur de commencer la veille. C'est un peu injuste vu que je suis restée éveillée bien plus longtemps que mes camarades, mais je vais me forcer à garder les yeux éveillés encore un peu. J'aurais presque survécu à une journée entière sans dormir … je sens mes yeux qui me picotent et menacent de se fermer. Cette fois-ci par d'Aïwen pour le cas où je m'endormirai au milieu de mon tour de garde. Il va donc falloir que je prenne sur moi, encore un peu.
Volonté.
Endurance.
Envie …
Mes trois compagnons de voyages vont se rouler en boule sous leurs couvertures, me laissant seule avec mon sommeil. Le silence se fait très vite dans la clairière, alors que les souffles des trois dormeurs s'apaisent et se mêlent à la nuit. Je me sens seule … les discussions avec mon Maitre me manque déjà, alors que je viens à peine de veiller une minute. Il ne me reste plus qu'une chose à faire: écouter ce qui m'entoure. M'ouvrir pour mieux comprendre et anticiper.
La nuit passe, lente et fatigante malgré le fait que je sois immobile la plupart du temps. A croire que se forcer à garder les yeux ouverts et les sens actifs demande plus d'énergie que courir une matinée. Pourtant je tiens bon, jusqu'au moment où je juge qu'il est temps d'aller réveiller un de mes camarades. D'après la course des étoiles dans le ciel, je pense avoir fait ma part de la veillée, et j'espère que la lenteur avec laquelle s'écoule le temps ne m'aura pas fait faire une garde d'à peine une heure …

Sans bruit, je me glisse aux côtés d'un des deux apprentis et lui secoue l'épaule pour le réveiller. Puis je prends sa place et m'enroule dans ma couverture, sombrant dans un profond sommeil alors que j'ai à peine posé ma tête au sol. Dans mes rêves se mêlent encore les milles bruits de la forêt et l'éclat des étoiles, brouhaha de sensations qui ne m'empêche pourtant pas de dormir paisiblement. Un bout de cette nuit s'est glissé dans mes pensées, comme un doudou qui accompagne un enfant dans son repos.
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