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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Noyade en eaux sombres [Abandonné]

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Noyade en eaux sombres [Abandonné]   Mer 20 Juil 2011, 17:43

    Le coeur battait la chamade.

    Elle n'avait plus vraiment conscience d'elle-même. C'était assez étrange. Elle ne comprenait pas. Ne comprenait plus. Tout se mélangeait, tout ce confondait, ses pensées se brouillaient. Elle le voulait. Se baigner, goûter l'eau, cette Eau qu'elle apercevait depuis les montagnes, là-bas, laiteuse, plane, cette immensité d'Eau si spéciale, auréolée de toutes sortes de légendes faramineuses. Son coeur battait. Elle y était enfin. Elle allait y tremper ses pieds, ses mains, son corps, tout son corps... Elle verrait. Qu'est-ce que ça faisait de nager dans l'Oeil d'Otolep? Y avait-il des courants? Des poissons? Des plantes?
    Elle avait un peu mal à la tête.
    Elle s'approchait mécaniquement. Une jambe après l'autre. Pose, soulève, repose. Pose, soulève, repose. Respire. Inspire, expire. Elle ne sait plus.

    Wëlle, Inwëlle... Les deux? Raven... N'abandonne jamais. Un pied, l'autre pied. Avance. Elle n'abandonne pas. Tu crois vraiment avoir changé? Wëlle, Inwëlle, petite fille des rues, sauvageonne ou gosse en manque d'affection? Ou les deux. Marchombre... Erwan. Aie confiance en toi! J'ai. Ecoute ton coeur! Je ne l'entend plus. Plus que le fouillis qui se balade dans ma tête...
    Elle se frotte le crâne. Avec quelle main? C'est à elle, ça? C'est tout abîmé par l'escalade. C'est sale parce que... Pourqoi déjà? Ah oui, parce qu'elle était pressée. Pressée d'arriver enfin. Irrésistiblement attirée. Combien de temps? Elle ne sait plus. Pas trop longtemps, puisqu'elle arrive encore à marcher. Un pied, deux pieds... C'est elle, c'est son corps. Elle le sait. Mais elle... C'est étrange, elle le sait, mais elle n'en est pas vraiment convaincue. Etrange sensation qu'elle se perd... C'est son corps! Ne pas l'oublier. Son corps et ses pensées. Pensées, quelles pensées? A quoi elle pense? Qu'est-ce que c'est, penser? Elle a oublié. Ca l'inquiète, elle a le sentiment qu'elle devrait le savoir. Le sentiment qu'elle se perd.
    Un pied, deux pieds.
    Ca l'inquiète et ça lui comprime le coeur. Le thorax. Les poumons. Ca la comprime. Qu'est-ce qui la comprime? Elle ne se rappelle déjà plus. Elle a oublié. "Elle"... C'est quoi, "elle"? Sait plus. Il n'y a que du gris, du brouillard agité, de la tempête. Du... Un manque. Un truc qui ne va pas. C'est pas comme il faudrait que ce soit. L'étau se resserre, encore et encore.
    Un pied, deux pieds.
    Tout est comprimé. Un tout petit bout de truc non-identifié tout serré, tout resserré et qui disparaît, disparaît, disparaît. Peur, mal-etre. Deux mots qui surgissent et qui frappent, frappent, frappent. Frappent où, frappent quoi? Ca tappe, c'est tout. Deux mots qui grossissent. Qui prennent toute la place, toute la place... Même la place des pieds.

    *

    Inwëlle pousse un gémissement. La première chose qu'elle ressent est ce foutu mal de crâne. Cet essain d'abeille qui bourdonne à l'intérieur. Elle n'a pas envie d'ouvrir les yeux. La lumière blanchâtre qui traverse les nuages risque de l'éblouir et d'intensifier sa douleur. Ses perceptions lui reviennent une à une. Au toucher, elle en déduit qu'elle est allongée sur un sol de terre sèche et dure. Rares sont les brins d'herbe qui subsistent. Il fait chaud. Non, lourd. Beaucoup trop lourd... Elle a l'impression d'être écrasée au sol, d'être toute faible, que tous ses muscles ont fondu. Et ce crâne qui la lance...
    Il y a autre chose, aussi. Une sensation indéfinissable... Comme un étau... Elle se fige dans ses pensées. Ce mot vient de la faire chavirer. Mais qu'est-ce qu'il lui arrive? Elle se sent si oppressée, si mal à l'aise... C'est presque de la peur, mais c'est encore différent... Mais qu'est-ce qu'il lui arrive? Qu'est-ce que... Qu'est-ce qu'il lui est arrivée?

    Toujours allongée sur le sol, une joue contre la terre dure, elle tente de rassembler ses souvenirs. Elle se souvient d'un malaise immense, insoutenable... Mais c'est assez vague. D'un oeil. Un oeil?
    Elle essaye de revenir plus loin. Ses parents, la marche vers le nord, les courses dans les plaines, les escalades dans les montagnes, sa marche dans les collines, ses courses solitaires en terrain accidenté, ses nuits à la belle étoile... Y avait-il un but à ce voyage? Elle sent les souvenirs revenir par bribes et ne force pas. Elle se rappelle doucement... La baignade, l'Eau, le désir, la découverte, le nouveau, l'Oeil, l'eau, l'immense étendue laiteuse, le mystère, l'Oeil d'Otolep... L'Oeil d'Otolep!
    Tout se met à tourner de nouveau. Cette sensation d'étouffement...

    De rejet...

    Le noir l'englouti à nouveau.

    *

    Cette fois-ci, elle n'avait plus mal au crâne. Elle émergea de son sommeil et ouvrit les yeux. Le ciel était couvert. Il faisait toujours aussi lourd... Il faisait déjà lourd quand elle était arrivée ici. Mais les nuages n'étaient alors pas si épais. Inwëlle, le cerveau encore tout embrumé, se redressa. Elle se retrouva assise sur un sol dur à l'herbe rare qui lui rappela vaguement quelque chose...
    Inwëlle fronça les sourcils. C'était un fait rare, mais là, il y avait vraiment quelque chose qui clochait. Elle ne comprenait pas. Elle était arrivée près de l'Oeil dans le but d'aller s'y baigner. Elle était certes un peu fatiguée, mais pas au point de s'endormir sans s'en rendre compte.
    S'endormir ou... Perdre conscience?

    Tout devint clair. Elle avait été rejetée. L'Oeil n'avait pas voulu d'elle. Elle fut encore prise de tourni, et cette sensation si désagréable lui revint... La dislocation de ses pensées, le noir total, l'étouffement... De là où elle était, elle ne voyait de l'Oeil qu'une ligne blanche. Elle avait pourtant souvenir de s'être approchée de plus près... Est-ce un phénomène lié à l'Oeil, où elle qui s'en était éloignée en se traînant au sol dans une semi inconscience? Inwëlle observa ses mains, ses genoux, sa tunique. Elle était sale, écorchée, pleine de terre. Oui mais ça, ça datait déjà d'avant qu'elle n'arrive... Elle était tellement pressée...
    Et son sac? Où était-il?

    Elle le trouva à un ou deux pas d'elle. Il n'y manquait rien. Elle prit un bout de pain dans lequel elle croqua avec avidité. Elle avait si faim... Mais depuis combien de temps était-elle arrivée ici? Pas plus d'un jour ou deux en tout cas; l'orage n'avait toujours pas éclaté. Mais suffisamment de temps pour que ses muscles soient engourdis, qu'elle se sente faible et vaseuse. Il ne faudrait mieux pas que...

    Wëlle se raidit. Ses sens emoussés se tendirent vers une hypothétique présence, sa main se glissa, furtive, vers son poignard. Elle se sentait plus vulnérable que jamais et chercha à activer sa greffe pour se rassurer, pour repousser cette vague de peur qui s'approchait dangereusement.

    Il ne se passa rien.

    Et la terrible vague la submergea.
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Noyade en eaux sombres [Abandonné]   Sam 23 Juil 2011, 11:40

C’était un matin comme tous les autres.
D’abord, le réveil en sursaut, avec ce long frisson glacé puis le « ta gueule… » habituel, adressé au marchombre agonisant de son cauchemar. Ensuite, les cinq secondes d’incertitude la plus profonde, où je suis, quel jour je suis, quelle heure je suis, et cette superbe fille qui dort contre moi, là, c’est qui ? , suivies d’une vague de souvenir en général accompagnée d’un violent mal de crâne, vestige d’une soirée bien arrosée puis d’une nuit bien mouvementée. Et pour terminer, touche finale à la Giliwyn : un magnifique glissé hors du lit, sans geste brusque ni aucun bruit, puis débarbouillage (ou achèvement du réveil) à l’eau glacée, dans l’illusion d’effacer barbe, cernes et derniers lambeaux de cauchemar, avant habillage rapide et sortie de la chambre en toute discrétion. Sans un regard pour la forme allongée dans le lit.

Certains parlent de débauche ; Gil, lui, préférait le mot routine. Ce genre de matin, de réveil complètement à l’ouest, de confrontation violente avec la réalité, il vivait avec depuis si longtemps qu’il ne voyait pas l’utilité d’en changer. Changer pourquoi, pour qui ? Et puis, changer comment ? Sans limites, et presque sans attaches, Gil s’en remettait au vent pour choisir une direction, au climat pour déterminer sa destination et à la chance pour arriver à bon port en un seul morceau. Un mode de vie très aléatoire, qui lui convenait autant que possible, qui lui suffisait. Et quand bien même il détestait se réveiller en nage, le souffle court d’avoir crié le nom de sa mère, il aimait savoir que, dans sa vie toute faite de hasards, certaines choses avaient pourtant bien leur place.

C’était important. Aussi important que demeurer fidèle au Chaos, par exemple. Pour lui, ce n’était rien d’autre qu’une planche de salut, le moyen de rester vivant, d’exister dans ce monde en tant qu’être pensant. Etre pensant et libre, ajoutent les marchombres. Etre pensant et puissant, renchérissent les mercenaires. Etre pensant et terriblement naïf, se contente de songer Gil. Seren et lui se sont affrontés plus d’une fois sur ce sujet-là. Et quand l’élève s’est élevé au rang de maître, leur confrontation n’a jamais cessé, bien au contraire… Mais, tant que l’un ou l’autre serait encore en vie, il n’y aurait ni vainqueur, ni vaincu. C’était une sorte de défi au temps, à la mort ; le premier des deux à mourir s’inclinait devant l’autre. Un jeu dangereux, sans doute, qui n’effrayait pourtant aucun des deux hommes. Ce n’est pas la mort que redoute l’envoleur, mais l’échec….

Son sac sur l’épaule, Gil quitta la petite bourgade dans les couleurs rougeoyantes du levant. Quelques nuages se massaient à l’horizon, formant une barrière que le soleil, énorme disque rouge-orangé, franchissait comme avec peine ; le spectacle était à couper le souffle. Des lignes de feu transperçaient le voile cotonneux et le teintait de toutes les nuances possibles et imaginables. Un moment unique pour un matin ordinaire, tel était le petit plaisir, l’un des seuls petits plaisirs, de Gil. L’entre chien et loup, l’éternelle confrontation de la nuit et du jour, cet instant ou le monde lui-même doute de ce qui va suivre… Et puis, voilà, le soleil s’élança vers un ciel presque dégagé, promesse d’une journée chaude et belle. Une journée de plus sur cette terre. Une journée ordinaire.


___________



Il n’était plus très loin de l’Oeil d’Otolep lorsque Gil découvrit un corps.
Pas un cadavre en décomposition, non. Mais un corps immobile, gisant au pied des arbres, abandonné au vent léger et à la solitude la plus totale. Gil, qui venait de briser cette solitude, s’arrêta un instant, considérant la peau de lune et les cheveux de feu. Il ne voyait pas son visage, mais il savait que cette femme avait été jolie. Jeune et jolie. Trop jeune et trop jolie pour finir ainsi. Pas de sang, pas trace de lutte, elle avait dû être frappée sans sommation par la mort, fourbe et sans merci…

… Haussant les épaules, Gil se détourna et reprit sa route. Il ne pouvait rien pour elle. L’enterrer ? Inutile. Aussi près de l’Oeil, les charognards et les prédateurs se faisaient rares. Et il avait autre chose à faire.

Il n’avait pas fait dix pas qu’un gémissement s’éleva dans son dos.
Gil se retourna. Tiens tiens… Finalement, le corps n’était pas si mort que ça. Il respirait, remuait, gémissait dans son drôle de sommeil. Il aurait dû se dépêcher de s’en aller, partit le plus loin possible, éviter de commettre la même erreur qu’au cœur des Dentelles. Il avait abandonné son projet, une fois, pour secourir deux pots de colle qui ne l’avaient plus lâché – l’une d’elle était même devenue son élève – et il l’avait amèrement regretté. Il aurait dû se souvenir de cet épisode. Il s’en souvint.
Mais il ne bougea pas.

Ou plutôt si, il bougea, contournant le corps pour aller se tapir dans les fourrés, juste à côté. Son regard bicolore ne quittait pas la femme du regard tandis qu’elle était sur le point de s’éveiller complètement. Immobile et silencieux, il attendit qu’elle ouvre les yeux. Il voulait savoir. Qui, comment, pourquoi. Drôle d’endroit pour faire une sieste…
Et finalement, drôle de journée.

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Noyade en eaux sombres [Abandonné]   Dim 24 Juil 2011, 22:12

    Ca voulait dire quoi? Qu'elle n'était plus Marchombre?

    Non.

    Le doute, tel un venin, se glissait en elle. La vague noire lui laissait à peine la place de respirer. Le doute est une force...

    Non, elle était Marchombre.

    Oui mais, la greffe... La greffe était une partie d'elle. La greffe accordée par le Rentaï... Si la greffe ne s'activait plus, ce n'était pas anodin... Etait-elle encore Marchombre?

    Oui!

    Oui, elle était Marchombre! Oui, jusqu'au fond de son âme! Elle avançait sur la Voie, elle avait déjà rencontré des obstacles, les avait dépassés avec plus ou moins d'aisance, mais elle volait, elle avançait, Erwan, Bella, Miss, Raven, autant de visages auxquels elle s'accrochait pour ne pas perdre pied, pour ne pas se noyer... Elle était Marchombre. Elle joignit ses mains au dessus de sa tête en inspirant profondément... Laissa tomber le geste, mûe par un instinct de survie, par un réflexe de femme habituée au danger.
    Juste avant que... Juste avant, elle avait cherché à déceler une présence. Elle tourna la tête, lentement, mais n'aperçut rien à l'horizon. Elle tenta de ne pas prêter attention à la douleur sourde, psychique cette fois, qui lui tordait les entrailles.

    Personne en vue... Inwëlle ferma les yeux et tendit encore une fois ses sens, pour déceler une présence, une vie, un bruit... Quelque chose quoi. Elle savait qu'elle était douée à cet exercice. Autant quand elle ne faisait pas attention, elle se laissait facilement surprendre, autant quand elle cherchait, elle arrivait généralement à trouver. Elle l'avait prouvé lors de son Ahn-Ju. Lors de ces épreuves qu'elle avait remportées avec succès, et après lesquels Erwan l'avait envoyée vers le Rentaï.
    La concentration de la rouquine s'ébranla.
    Elle se focalisa sur ses sens. La végétation rare, l'imposance des montagnes, les pulsations de la Terre -un élément avec lequel elle n'avait pas trop d'affinité- sous elle, le vent léger, l'air lourd et orageux... Elle tendait ses sens vers l'intrus ou l'intruse. Elle n'entendait que de lointain gazouillis d'oiseaux. Un animal -sans doute un rongeur- qui passa non loin de là. L'Oeil d'Otolep ne semblait pas grouiller de vie. Elle sentit aussi... Elle se sentit mal-à-l'aise, plutôt. Sans doute s'ouvrir de la sorte la rendait-elle sensible à ce que ce lac pour le moins étrange dégageait. Elle prenait tout. Le moindre frémissement...

    De vie.

    Elle ne se déconcentra pas, et se tendit vers ce frémissement. Ses sens, fenêtre abolissant le mur... Elle percevait un truc. Ce n'était pas de la végétation, pas de la pierre, pas de l'eau. Peut-être juste un animal. Peut-être pas.

    Elle émergea, la tête lui tourna à nouveau un peu. Elle n'aimait pas du tout l'idée de la vie tapie dans les fourrés... Elle n'aimait pas du tout l'idée d'être en danger, de devoir se défendre dans l'état dans lequel elle était. Elle dégaina un poignard. Certes, le potentiel agresseur savait qu'elle était sur ses gardes, mais elle ne tenait pas à prendre un risque en stratégie hasardeuse.
    Et elle n'aimait vraiment pas être observée.


***

Wëlle a marché depuis Al-Jeit. Elle est exténuée, elle se sent observée. Quelqu'un l'observe. Elle ne le supporte pas. Elle va le faire sortir de sa cachette. Comme il semble décidé à ne pas se montrer, la jeune fille des rues, teigneuse, accroche une pierre à ses pieds et se jette dans le lac.
Il plonge la chercher.
Il s'appelle Erwan, et il vient de la sauver de la noyade.
De toutes les noyades...

***

    Inwëlle frémit devant le goût de déjà-vu de cette scène. Hors de question de se jeter stupidement dans un lac, cette fois-ci. Elle va aller le chercher directement, elle ne se laissera pas engloutir par la peur noire, toute noire qui refuse de refluer.

    La jeune femme se releva précautionneusement. Elle tangua, faillit tomber, sentait ses jambes engourdies se dérober sous son corps, mais parvint à tenir debout... Mâchoires serrées. Si les intentions de l'inconnu était belliqueuses, elle était vraiment mal partie.
    Etait-ce une bonne idée d'aller le chercher, de se jeter dans la gueule du loup? Ne devrait-elle mieux pas l'attendre ici?

    ... Si elle l'attendait, elle arriverait au mieux à esquiver une attaque. Si elle l'attendait, elle risquait d'attendre longtemps. Alors que si elle allait à sa rencontre, elle... Elle se sentirait plus forte. Si elle marchait, si elle agissait, elle pourrait garder la tête hors de l'eau. Elle risquait aussi de se faire tuer sans avoir aucune chance de s'en sortir.

    Certains, elle en était certaine, auraient jugé son attitude idiote... Mais il fallait qu'elle s'occupe. Qu'elle occupe ses pensées. Elle adopta une garde discrète mais efficace, quoi qu'un peu tremblante, et bravant la peur et le terrible malaise qui lui broyaient le coeur, alla écarter les fourrés.
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Noyade en eaux sombres [Abandonné]   Lun 25 Juil 2011, 11:19

Il y a des galères que l’on fait tout pour éviter, et finalement, qu’on se prend de plein fouet. Parfois c’est mérité, comme cette aventure au cœur des Dentelles ; confronté à un choix, et donc à une situation qui ne lui convenait pas, Gil avait prit la mauvaise pente. Ou la bonne, tout dépendait du point de vue de celui qui étudiait la question, parce qu’un homme honnête et incapable de faire du mal à une mouche soutiendrait que renoncer à ses projets d’escalade pour sauver la vie de deux jeunes femmes en détresse, c’était digne d’un héros. Alors que selon Gil, il avait été bien naïf de ne pas poursuivre son ascension. Certes, il avait découvert tout un réseau de galeries à l’intérieur des immenses montagnes, et il en aurait certainement profité si les deux rescapées ne lui avaient pas emboîté le pas. Mais c’était une galère méritée, puisqu’il avait choisi de s’y vautrer consciemment.

Parfois, en revanche, c’est très surprenant. Gil n’avait pas l’habitude d’être surpris. En évitant de faire des choix, il évitait aussi ce genre de situation où l’individu perd ses repères ou bien n’a plus du tout les cartes en main. Les armes en main, même. Jusqu’ici, seules deux personnes avaient eu le plaisir de le désarmer totalement : la première avait beau n’être qu’une putain de bas quartier, elle valait plus que la plupart des mercenaires côtoyant le Domaine ; Iselle était également la seule femme avec qui il ait passé plus d’une seule nuit. Quand à l’autre personne… pour sa défense, Gil maintenait que s’il n’avait pas été ivre, les choses ne se seraient jamais déroulées de la sorte. L’alcool, chez lui, avait de drôles de conséquences.

Mais même un homme aussi anticipateur que Gil ne pouvait éviter certains écueils. Certaines galères que le hasard s’amusait à placer sur son chemin. En général, ces galères ont l’apparence de choix terribles. Droite ou gauche ? Milieu, disent les marchombres. Nulle part, répond Gil. Puis il recule. Il abandonne. Il n’affronte pas la galère, il l’oublie. Sauf que lorsque la galère prend l’apparence d’un être vivant, il est déjà plus compliqué d’oublier. C’est pour cette unique raison que Gil a fait demi-tour sitôt qu’il a perçu la vie dans ce corps blanc et roux. C’était justement ce corps, la galère, et Gil le croyant mort, son instinct lui avait soufflé de ne pas l’approcher. Du coup, il s’était inventé tout un tas de bonnes raisons de ne pas rester pour l’enterrer. Mais une galère, ça ne s’évite pas facilement. Ça porte bien son nom, et généralement, ça vous pourri la vie un bon moment.

Pouvait-on dire que cette galère-là soit méritée ? Certes, il avait commis une erreur en venant se tapir dans ces fourrés pour assister au réveil de la jeune inconnue. Il fallait être tordue pour s’endormir dans un endroit pareil, si près de l’Oeil, si loin de toute habitation. Seule. Sans doute parce qu’il était lui-même tordu, Gil avait voulu voir si l’étrange fille avait une bonne raison de se trouver-là. Non, en fait, c’est lui qui se cherchait désespérément une raison, parce que tout le désignait présentement comme un voyeur – voyeur qu’il n’était pas. Il aimait les femmes, c’était un fait. Il n’était pas romantique pour un sou, donc la plupart des gens le connaissait l’insultait généralement sur son passage, plus souvent encore dans son dos. Il s’en moquait, bien sûr. Des insultes, ça ne détruit pas un homme. En l’occurrence, il n’observait pas la drôle de fille avec l’intérêt du mâle en rut mais avec celui de l’homme curieux qu’il était.

Drôle de fille, oui. C’est vrai qu’elle était jolie, mais moins que Kaünis, dont elle avait pourtant la morphologie. Elle avait les cheveux de la Fille au Masque, mais ce n’était pas la Fille au Masque. Et, lorsqu’elle tourna la tête dans sa direction, lorsque Gil vit ses yeux pour la première fois, il reconnut immédiatement le gouffre sans fond qui habitait ses prunelles sombres. Il commit sa deuxième erreur en ne prenant pas la poudre d’escampette dare-dare. Et à partir de là, il plongea tout entier dans cette belle galère qu’il n’avait pas su éviter.

La drôle de fille s’approcha de lui. Elle n’avait pas l’air de tenir très bien sur ses jambes, ni d’être parfaitement lucide, pourtant elle ne donnait pas l’impression d’être ivre non plus. Il était possible qu’elle ait reçu un coup sur la tête, ce qui expliquerait cette démarche groggy et ce regard absent. Néanmoins, elle avançait droit sur lui, et c’était ça le plus embêtant, parce que Gil, en se plaçant ici, n’avait pas escompté un tel revers de situation. Mais le plus étonnant dans cette histoire, c’était qu’il n’avait fait aucun bruit. Rien, pas le moindre souffle. Embusqué, Gil respirait tout juste pour ne pas s’étouffer – il n’était pas tordu à ce point-là – et était normalement parfaitement indétectable. Donc, soit la drôle de fille avait eu de la chance, ce qui ne semblait pas vraiment être une habitude chez elle, soit elle l’avait trouvé.
D’accord. Trouvé comment ?

La drôle de fille était tout près, désormais. Prenant une inspiration, elle tendit les bras, écarta les branches d’un geste, franchit les buissons sans s’offusquer ni des ronces, ni des orties, et découvrit…rien. Il n’y avait rien ni personne derrière ces fourrés. En revanche, il y avait quelqu’un derrière l’arbre, juste à sa droite. Quelqu’un qui cherchait maintenant le moyen de s’éclipser en douce, sans être repéré par une drôle de fille capable de trouver un Envoleur en mode invisible. Quelqu’un qui mesura la galère dans laquelle il venait de se fourrer lorsqu’il sentit à nouveau le regard trouble posé sur lui – sur le tronc, mais même un tronc ne semblait désormais plus pouvoir dissimuler sa présence. Adossé à l’écorce collante de sève, Gil s’accorda quelques secondes de réflexion. Quelque chose ne tournait pas rond avec la drôle de fille, au point qu’elle faisait froid dans dos. Il ne pensait pas risquer sa vie en cas de bagarre, parce que question carrure, il la battait à plate couture. Mais alors que deux minutes plus tôt, il l’observait tapi dans l’ombre, c’était lui qui était maintenant observé.
Il n’aimait pas ça.

Enfer… Bon, et bien, on va jouer ça à la marchombre. A la marchombre. Rien que pour cette pensée-là, Seren l’aurait égorgé. Il n’avait jamais été en mesure de le prouver, mais Gil restait certain que son ancien mentor avait le pouvoir de lire dans les pensées. En revanche, il n’avait pas besoin de prouver que l’Envoleur était capable d’égorger un homme en moins d’une seconde. Ancien apprenti ou pas. Mais pour en revenir à ses moutons, Gil comptait régler cette galère à sa manière, et dans sa manière, il y avait parfois plus du marchombre que du mercenaire. En vérité, il la jouait à la marchombre depuis le début, sinon il aurait tué la drôle de fille depuis longtemps. Mais en l’occurrence, un serviteur du Chaos se serait empressé de se débarrasser de la drôle de fille, profitant de l’occasion pour s’amuser un peu. Gil préférait s’amuser à sa façon, c'est-à-dire, en prenant la drôle de fille à son propre jeu.

Tout comme dans les fourrés, quelques instants plus tôt, il se laissa presque attraper avant de se glisser derrière un autre tronc. Toujours sans émettre le moindre son. La drôle de fille suivait. C’était un jeu. Il y avait le chat, et il y avait la souris. Est-ce que je suis bien le chat ? Bonne question. Et puis, oui, il était le chat. Il se sentit même l’envie de miauler, juste pour voir.

- Est-ce que tu avances complètement au hasard, ou bien es-tu capable de voir à travers le tronc des arbres ?

Certes, parler revenait à dire « hé ho, je suis là ! » mais si la drôle de fille parvenait à le trouver sans effort, il restait capable de lui échapper sans souci. Elle bougeait, il bougeait. Jamais la distance qui les séparait ne se réduisait ni ne s’agrandissait. Gil cligna des yeux derrière son arbre. Il était dans la galère jusqu’au cou, désormais. Alors pourquoi le chat se sentait-il prêt à ronronner ?

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MessageSujet: Re: Noyade en eaux sombres [Abandonné]   Mar 26 Juil 2011, 14:00

    Il n'y avait personne derrière le buisson, et c'était pour Inwëlle la preuve flagrante qu'il y avait un humain ici. S'il cherchait à se cacher, ce n'était franchement pas malin; un animal aurait fait du bruit. Or là: rien. Si elle ne se fiait pas à ses sens, elle aurait eu toutes les raisons de croire qu'elle était effectivement seule... Oui mais voilà, c'était dommage pour lui, elle l'avait senti.
    Mais... Pouvait-elle réellement faire confiance à ses sens? Si la greffe... L'Oeil d'Otolep... N'était-ce pas une illusion? Y avait-il véritablement quelqu'un?

    Le doute est une force...

    Soit, puisqu'elle doutait, autant vérifier. S'il y avait quelqu'un, il devait être tout près. Les yeux mi-clos, elle chercha à nouveau une présence, une vie autre que celle des arbres, des pulsations autre que celle de la sève, un souffle différent de celui du vent. Ces éléments formaient un tout. L'inconnu ne respirait peut-être que très faiblement, il était peut-être parfaitement immobile, certes, mais il vivait, et il n'était pas un arbre. Il était derrière un arbre, nuance. Elle tourna la tête vers l'arbre et fit deux pas précautionneux, se pencha et... Personne.

    Aucun bruit, aucun souffle. Il y avait quelqu'un, elle en était certaine. Un humain très certainement. Homme, femme, enfant ou vieillard, aucune idée mais d'une discrétion à toute épreuve. Marchombre? Ou... Mercenaire? Ou autre. Il fallait vraiment qu'elle arrête de réduire le monde à ces deux catégories. Il existait tout un tas d'autres personnes capables d'être d'une discrétion absolue!
    Absolue?
    A nouveau, elle tendit ses sens. Il était vivant. Elle était une fenêtre ouverte sur le monde. Elle ne savait pas combien de temps il, ou, après tout, elle, comptait jouer à ce petit jeu, mais elle n'était pas pressée du tout. Au contraire, cette partie de cache-cache improvisée la mobilisait entièrement et l'empêcher de penser à... Elle se figea. A l'extérieur et à l'intérieur. Elle ne voulait pas y penser. Il y avait un inconnu visiblement doué qui l'épiait, elle ne pouvait pas faiblir et s'épendre en une flaque de rien du tout! Elle devait tenir sur ses jambes, tenir sa garde, tenir son poignard, tenir ses sens en alerte. Alors qu'elle se concentrait pour le localiser à nouveau, il parla. Wëlle sursauta légèrement -elle ne s'y attendait pas- et tourna la tête vers l'arbe derrière lequel il était apparemment caché.

    Il, car c'était un homme. Un homme qui savait qu'il était repéré et ne cherchait pas à s'enfuir. Un homme qui utilisa un verbe qui remua à nouveau des entrailles. "Voir"... Il ne fallait pas qu'elle y pense, ou elle allait s'écrouler...


    "Ni l'un ni l'autre."

    Wëlle n'avait jamais été une pro de la répartie. Elle ne savait pas bien parler, trouver les mots, des répliques cinglantes... Ce n'était pas son domaine, contrairement à beaucoup de Marchombres, elle en rencontrant Raven quelques semaines plus tôt, elle avait été rassurée de constater que d'autres Marchombres parlaient comme des charretiers.
    En attendant, elle ne savait pas parler, n'aimait pas parler, et préférait donc se taire.

    Agir? Ca dépendait. Inwëlle était du genre à se poser pas mal de questions, et la situation présente ne faisait pas exception à la rêgle. Elle aurait pu se transformer en boule d'énergie, crocheter une branche et se propulser d'un coup de hanche bien ajusté derrière l'arbre pour qu'il n'ait pas le temps de s'enfuir, ou du moins, pour qu'elle puisse l'apercevoir. Mais il se trouvait qu'elle avait déjà du mal à tenir sur ses jambes, qu'elle doutait d'arriver à agir rapidemment, et qu'elle n'avait pas la moindre envie de s'étaler face à cet inconnu, qui représentait de plus un danger conséquent.
    N'importe qui pouvait voir qu'elle n'était pas dans son assiette. Elle était en plus très sale, devait avoir le visage fatigué et une mine de revenant. Avec un peu de chance, il aurait même peur d'elle...
    Sauf qu'elle ne se reposerait pas sur cette probabilité idiote et infime. S'il voulait la tuer, il le ferait sans aucun problème, d'après sa façon de se mouver. Qu'il ne soit pas encore passé à l'action ne prouvait rien: certaines personnes aimaient s'amuser un peu avant de commettre un meurtre qui s'annonçait d'une facilité déconcertante. Elle aurait dû faire semblant de paraître encore plus faible pour espérer avoir une chance de le surprendre...

    Pas envie. Pas envie d'établir des stratégies qui, de toutes façon, ne lui offrirait pas grand répit. Elle était lasse. Si... Si elle n'était plus... Enfin, à quoi bon? Quelque chose lui soufflait qu'elle n'était pas dans le bon état d'esprit. Quelque chose lui soufflait qu'il falalit qu'elle continue. Quelque chose lui soufflait que la Wëlle intègre aurait bondit sur le moindre répit pour retourner la situation à son avantage, saisit une seconde de surprise de son adversaire pour la transformer en un temps pour elle, en un coup bien placé, en un corps qui s'écroule.
    Ce quelque chose la mettait mal à l'aise, et contrariée, elle le repoussa... Il revint encore plus fort. Il lui battait les tempes, il lui battait le coeur.

    La jeune femme s'assit lourdement, la tête entre ses mains. Elle ne comprenait plus rien à ce qu'il lui arrivait. Elle en avait marre, marre de toute cette histoire, elle ne savait même plus comment elle en était arrivée là. Le quelque chose lui lancinait le crâne et refusait de la laisser en paix, de la laisser s'occuper avec ce type, de le laisser remplir ses pensées et après on verrait... Après il la tuerait peut-être, où elle s'évanouirait encore et elle serait peinarde. Elle se réveillerait dans le lit chez ses parents, avec une bonne soupe bien chaude et du pain moelleux qui l'attendaient, et deux parents comblés qui la couvreraient d'attention... Ou dans le lac Chen, elle flotterait, bienheureuse, et elle irait faire un coucou à Erwan et Ylléna... Voire la rayonnante Miss... Tout était bon à prendre, tout était mieux que ça... Tout?
    Helyn, Lui, le coeur qui se déchire, l'adieu, la perte, la folie qui menace et qui guette... Elle ne put retenir un gémissement. Non, non, pas tout... Elle vit Son visage, lumineux, souriant, son regard amoureux et encourageant qui lui soufflait de ne pas lâcher prise, que tout n'était pas perdu, de regarder la lumière, ce petit quelque chose qui insistait et lui tambourinait à l'intérieur, que ça s'appelait de l'espoir...
    Garde espoir, aie confiance, n'abandonne jamais. Elle voyait Ses lèvres vermeilles s'agiter et son bon regard la soutenir.
    Courage, Wëlle, courage...
    Elle sentait presque Son souffle sur son visage. Il était là. Avec elle. Pour toujours et à jamais, et depuis toujours...

    La rouquine releva la tête vers l'arbre, et ôta ses mains de son visage.


    "Ce... C'est Toi?"
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Noyade en eaux sombres [Abandonné]   Jeu 04 Aoû 2011, 10:13

Ni l’un ni l’autre ?
Haussant un sourcil, Gil jeta un rapide coup d’œil depuis sa « cachette », juste à temps pour voir la drôle de fille se laisser tomber à terre, la tête entre les mains. Il haussa son deuxième sourcil. Plus de cache-cache, déjà ? Le jeu s’arrêtait là ? Il était déçu. Pour une fois qu’une rencontre inopinée devenait presque intéressante… Bah, c’était à prévoir. En élevant la voix, il avait indiqué sa présence, et en posant une question, il avait modifié les règles du jeu. En abandonnant aussi vite, elle lui prouvait qu’il ne s’agissait-là que du hasard. La chance de porter son choix sur le bon tronc.
Navrant.

Adossé au fût de son arbre, le jeune homme laissa filer quelques secondes dans le silence presque parfait qui avait envahit le sous-bois. Il faisait étonnamment frais sous l’épais feuillage qui les recouvrait, ne laissant filtrer que de minces faisceaux de lumière qui dessinaient des flaques d’or sur le sol. L’une d’elle effleurait la pointe de sa botte gauche. Une abeille frôla son oreille droite. Le regard fixé droit devant lui, Gil évaluait le trajet qu’il lui restait encore à faire pour atteindre la Mer des Brumes. C’était son objectif premier, bien qu’il ait encore trouvé le moyen de dévier une ou deux fois de sa trajectoire avant de croiser la drôle de fille.

Juste après son premier cours en tant que maître envoleur, qu’il assimilait à un fiasco total, il avait pris le large, évitant Seren et ses remarques teintées d’ironie. Inutile d’admettre devant son ancien mentor qu’il ne lui arrivait toujours pas à la cheville dans le domaine de l’enseignement ; le reconnaître en soi était déjà un progrès monumental. Il était passé chez Iselle, mais elle était absente, probablement partie pour Al-Jeit et son marché démesuré. En franchissant le Pollimage, il n’avait toujours pas d’idée précise en tête quant au terme du voyage qu’il était en train d’entamer. Ni monture ni vivres, juste sa flûte glissée à sa ceinture et son arc coincé à l’épaule, à côté d’un mince carquois en peau de daim contenant seulement trois flèches. Il n’avait pas pris la peine de prévenir ses élèves de son départ, ni même fixé de prochain rendez-vous ; il n’était pas certain qu’il y en ait un jour un autre.

C’est en traversant Ervengues qu’il s’était plus ou moins décidé à maintenir le cap vers le nord. Mais il avait déjà deviné les traits d’une nouvelle aventure un peu avant de passer le Gour, aussi avait-il pris soin de s’arrêter dans une bourgade, le temps de se constituer un sac de vivres – et de passer une nuit en compagnie de la fille du bourgmestre. Alors qu’au sud de l’Empire, les petits villages et les villes-étapes se faisaient nombreux, il n’en était rien au nord ; du moins, à l’est du Pollimage. De ce côté-ci, il n’y avait rien, hormis la Citadelle des Frontaliers que Gil connaissait bien. Il s’agissait d’une terre hostile, gardée par les prédateurs de la région et grimée par mille légendes qui se prêtaient à l’Oeil d’Otolep. En réalité, c’était moins ces histoires pour enfant que le mystère entourant le lac qui créait un tel vide autour de lui, Gil en était persuadé.

Lui-même ne se fiait jamais aux rumeurs ni aux légendes. Comme Seren, il était de ceux qui ne croient que ce qu’ils voient, or il n’avait encore jamais approché les rives de l’Oeil. Il semblait que bon nombre de personnes soient incapable de l’atteindre, refoulé par le lac lui-même. Comme si un lac pouvait accomplir une chose pareille ! Levant les yeux au ciel, Gil maudit l’esprit tordu des gens les plus naïfs avant de jeter un nouveau coup d’œil à la drôle de fille. Elle ne bougeait pas. Peut-être avait-elle besoin d’aide ?

Gil se décolla du tronc et fit quelques pas. Vers le nord. La Mer des Brumes. Sa destination, ce pourquoi il avait entrepris ce voyage. Il laissait la drôle de fille, encore, mais après tout, il n’en avait rien à faire ; elle était vivante, et elle n’avait pas envie de s’amuser. S’amuser au sens le plus innocent qui soit, bien sûr. Comment pourrait-il seulement avoir envie d’une fille aussi maigre ? Aussi étrange ? Fin de la rencontre. Ils s’étaient croisés, voilà tout. D’ici deux jours, Gil l’aurait déjà oubliée.

Et puis…
Le hasard…


- Ce… C’est toi ?

Coupé dans son élan, Gil s’arrêta. Bien que murmurés, ces trois mots l’avaient atteint de plein fouet, flèche portée par une douleur extrême dont il percevait l’accent terrible. Il se retourna lentement, revint se placer derrière son arbre, posa les mains sur l’écorce dure. Pencha la tête sur le côté pour observer la drôle de fille. Un tic nerveux agita le coin de sa bouche. Enfer ! Il était tombé sur une folle. Pas drôle de fille, folle de fille. Il n’y avait qu’à voir ses yeux, vides, sans expression. Mieux valait prendre la tangente, et vite…

… Gil ne bougea pas. Il ne bougea pas, parce que ces yeux avaient beau être vides, ils le retenaient avec une force indicible et insurmontable ; incapable de s’en détourner, il se contenta de répondre à la drôle de folle de fille.

- Je ne pense pas, non.

Un léger vent agita les feuilles au-dessus de lui, et quelques taches de soleil glissèrent sur lui, révélant son visage en l’espace d’une poignée de secondes.


__________________________________________

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MessageSujet: Re: Noyade en eaux sombres [Abandonné]   Lun 15 Aoû 2011, 13:53

    Ce n'était pas Lui; ce n'était pas sa voix. Ce retour brusque à la réalité -Il était mort, pas là dans ce bosquet à ses côtés- la conduisit à laisser tomber ses mains à ses côtés et à relever la tête. Elle croisa alors très brièvement le regard sombre -à vrai dire, tout regard était sombre dans cette absence de lumière- de l'homme et le détourna promptement: hors de question de s'offrir encore plus à lui. Elle choisit donc de fixer plutôt sa bouche et renonça à détailler son visage, puisqu'il la fixait de manière à ce qu'il était difficile pour elle d'éviter qu'il n'attrappe son regard. De toute façon, cette inspection physique ne l'intéressait guère: inutile de chercher à reconnaître quelqu'un, elle était certaine que cet individu était un inconnu pour elle, et elle se moquait bien de la beauté d'un individu. De la beauté physique, du moins; les auras que l'on pouvait dégager, c'était encore autre chose, et elle y était sensible.
    Bien souvent, c'était ce qui décidait de son attirance pour une personne, et ce qui décidait de son comportement envers celle-ci également. Elle ne se rappelait que trop bien l'aura de sagesse infinie qui l'avait conduite à tomber à genoux aux pieds de l'Oiseau Blanc, ou encore celle, plus ténue mais qui ne permettait aucun doute, que dégageait l'homme dans le désert et à qui elle avait choisi de demander de quoi survivre à son retour pour le Rentaï...

    Si, en cet instant, la Wëlle déboussolée qui se trouvait là ne cherchait pas forcément une aura, elle sentit quand même un quelque chose.
    Peut-être qu'elle n'était pas douée pour parler et pour entretenir des relations avec des autres Alaviriens, mais elle était très réceptive à leur présence. Cet homme serait par deux fois sujet à cette sensibilité de la part de la jeune Marchombre. La première lorsqu'elle l'avait sentit et débusqué , quoi que si elle n'avait pas prêté attention à sa présence, elle ne s'en serait probablement pas rendu compte; mais son instinct Marchombre -elle se demanda amèrement si un brin de cet instinct subsistait encore en elle à l'instant présent- l'avait poussée à se méfier. La seconde, en revanche, n'était pas dûe à son attention. Inwëlle sentit effectivement un dérangement, qui, pour une fois, n'émanait pas d'elle-même. Quelque chose chez cet homme qui lui donnait envie de froncer le nez. Elle n'en fit rien, évidemment, car il y avait au moins une chose qui persistait chez elle: ce masque impénétrable qu'elle avait rapidemment réajusté pour cacher à l'inconnu -peut-être curieux- ses émotions.
    Elle n'aurait su identifier la chose -peut-être que s'il elle distinguait autre chose que sa tête et si elle était en meilleure forme, elle aurait pu le faire- mais c'était différent de ce que lui infligeait l'Oeil, et fort heureusement, bien moins puissant.
    Si ce truc désagréable que dégageait l'inconnu l'amenait à ne pas éprouver une grande sympathie instantannée pour lui, il n'allait pas jusqu'à la faire perdre conscience et n'allait pas la rendre folle... Du moins pas encore.

    Son crâne lui faisait encore un peu mal mais la douleur avait reflué, maintenant qu'elle était focalisée sur autre chose. Elle aurait cependant apprécié s'éloigner un peu de l'Oeil, mais sa fierté l'empêchait de s'éloigner de l'inconnu: il prendrait certainement cela pour de la couardise. Au contraire, elle choisit de se relever; hors de question de rester une loque affaissée au sol face à un type qui semble plutôt être un adversaire qu'un allié. Elle se releva donc, précautionneusement, et mit un point d'honneur à ne pas tituber, ce à quoi elle parvint grâce à son entraînement et à son expérience qui lui avaient appris à connaître les positions les plus stables et les plus sures.
    Ses pieds étaient placés comme pour une garde de combat, mais uniquement ses pieds; cependant, la position de son propre corps face à l'autre contribua à ce que Wëlle se le représente encore plus comme un adversaire, même si elle n'avait nullement envie de provoquer un combat.

    Face à ce que dégageait de trouble l'inconnu, elle se demandait ce qu'elle dégageait, elle. Elle savait qu'elle avait eu une aura, même si elle n'aurait pas su la décrire, dûe à sa condition de Marchombre. Elle se demanda douloureusement si désormais, celle-ci était encore perceptible; elle se retint à temps d'essayer encore une fois d'activer sa greffe. Elle n'avait pas envie de s'écrouler. Pour le moment elle était debout, l'inconnu derrière son tronc.

    Il semblait joueur; et ainsi caché derrière son tronc alors qu'elle avait clairement arrêté de jouer -avait-elle seulement joué ne fut-ce qu'un instant?-, il ressemblait à un enfant qui guette celui qui le cherche lors d'une partie de cache-cache, dans l'attente de savoir si le jeu était bel et bien terminé, et tentant de le prolonger tant bien que mal. Il ne se cachait certainement pas parce qu'il avait peur d'elle... Ou alors c'était qu'il était sérieusement atteint, lui aussi.
    Cet homme ne lui plaisait pas. Mais comment réagir face à un adversaire qui ne se montre pas hostile et ne fait que jouer, aussi bien par les gestes que par les mots? Que faire face à un adversaire qui pourrait vous croquer en une seule bouchée?

    Inwëlle recula avec fluidité, de ces mouvements qui font que l'on se rend à peine compte que la personne bouge. Elle ne lui tourna pas le dos, mais pris soin de toujours éviter son regard. Rapidemment, elle se glissa derrière un tronc d'arbre contre lequel elle se colla à son tour. Ses jambes semblaient la tenir, et elle était satisfaite de constater qu'elle pouvait encore se mouver avec souplesse et légèreté.
    Instinctivement, elle plaqua ses mains sur le tronc d'arbre et sentit la vie si familière qui pulsait sous l'écorce. Cela lui réchauffa le coeur et lui redonna un peu d'espoir. Espoir de quoi, elle n'aurait su le dire... Avant qu'il ne vienne pour la trouver, elle se hissa à un ou deux mètres du sol, remerciant d'une caresse l'arbre qui semblait lui redonnait un peu de force -du moins psychologiquement- et de là-haut se glissa, furtive dans d'autres branchages, sans monter plus pour autant.
    Les arbres n'étaient pas très hauts, son corps affaibli ne pourrait pas la porter bien loin, son esprit tourmenté ne lui permettait pas de faire corps avec les arbres comme elle avait déjà pu le faire, mais au moins elle arrivait à faire en sorte que l'environnement l'accepte, la camoufle, et que son corps la porte discrètement d'un branchage à l'autre.
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MessageSujet: Re: Noyade en eaux sombres [Abandonné]   Dim 18 Sep 2011, 11:53

[Ayééé ! Réponduuuu ! D'accord, "c'est pas trop tôt"... Mais j'ai des circonstances atténuantes. Et puis quoi, c'est un chouette cadeau, non ?]

Derrière son arbre, Gil redressa la tête. Il souriait.

Folle de Fille s’était remise en mouvement ; le jeu reprenait. Fermant les yeux, le jeune homme prit une profonde inspiration avant de se décoller du tronc. Nul n’aurait pu affirmer, alors, qu’il était entièrement humain. Certain parleraient d’animal, d’autres pencheraient davantage vers le chasseur pistant et traquant sa proie ; Gil était les deux. Un animal en chasse, une masse de férocité sous un mince carcan de patience et de raison. Jouer avec une gamine complètement dérangée ? Cela n’avait strictement aucun sens ni aucune utilité. Mais Gil aimait l’atmosphère qui se dégageait de ce jeu du chat et de la souris.
Une atmosphère si tendue qu’elle éveillait en lui de lointaines pulsions.
Animal ou bien chasseur ?
La réponse de tenait en un mot.

Tueur.

Tueur de gens, tueur de marchombres ; voilà ce qu’était devenu Gil. Dans une autre vie, ou bien dans un autre monde, il avait été étudiant. Il avait rêvé de devenir flûtiste. De jouer d’un instrument. Dans la réalité qui était la sienne, à présent, il jouait non pas d’un instrument mais de la peur, et il adorait ça.

Folle de Fille avait disparu. Il se coula entre les arbres, s’accroupit là où elle s’était tenue, une poignée de secondes plus tôt. Il y avait quelque chose d’étrange dans cette petite personne. Un drôle d’écho. Un écho dissonant. Gil haussa un sourcil et sonda les fourrés du regard. Curieux, vraiment… Un instant, elle semblait frêle et impuissante, très facilement repérable avec cette respiration presque sifflante… et puis l’instant d’après, plus rien. Le vide. Le silence. Elle se déplaçait sans qu’il n’en ait conscience.
Ou presque.

Une feuille se détacha de sa branche et tourbillonna dans sa chute. Gil la suivit des yeux jusqu’à ce qu’elle touche le sol. A la seconde où ce fut le cas, il bondit. Pas en avant, non.
Il bondit en l’air. S’empara de la première branche, se hissa sans effort et dans la foulée, avant de s’emparer de la suivante. Une pluie de feuilles s’éparpilla dans les airs ; il ne cherchait pas à dissimuler sa présence et son attitude avait quelque chose de bestial. Une bête, voilà ce qu’il était. Pas un simple animal, pas de ceux que l’on peut nommer ni auxquels on peut échapper. Une bête qui avait trouvé de quoi tromper son ennui.

- Est-ce que tu es vraiment folle, ou bien tu fais juste semblant ?

Gil se déplaça sur sa branche, guetta le craquement qui affirmait sa récente prise de poids (l’échec de son premier cours l’avait incité à grignoter tout ce qui lui passait sous le nez et Iselle avait sauté sur l’occasion pour lui faire découvrir ses talents culinaires…) et changea de perchoir juste avant la chute. Il n’aimait pas grimper aux arbres. Quand on grimpe dans un arbre, il faut passer un « accord » avec lui. Je te respecte, tu me laisses monter. Donnant-donnant. Enfin ça, c’est la version marchombre, bien entendu. Gil n’avait encore jamais assez bu pour sceller un pacte avec un arbre – et il n’entendait jamais le faire. Il grimpait, voilà tout. Et parfois, envoleur ou pas, il tombait. Son expérience et ses réflexes l’empêchaient toujours de s’écraser lamentablement au sol avec autant de fractures que de branches cassées mais prétendre connaître la solidité de chaque brindille d’un arbre tel que celui-là, c’était se prendre pour un marchombre.

Un parfait crétin, en somme.

Gil s’arrêta. En équilibre précaire sur deux branches qui ne lui inspiraient pas confiance –comme toutes les autres – il redressa la tête et sourit en percevant un fugace mouvement. Rapide… mais pas assez.

- Tu vis dans la forêt ? Tu as été élevée par une famille d’écureuils ?

Provocation. Et débilité profonde, aussi.
Bah ! Pourquoi jouer les sages alors qu’il se trouvait perché dans un arbre, à poursuivre une fille complètement cinglée alors qu’il avait autre chose à faire ? Vivre un instant insensé comme celui-là, c’était tellement plus amusant…

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MessageSujet: Re: Noyade en eaux sombres [Abandonné]   Ven 30 Sep 2011, 21:34

    "Pas toi, visiblement."

    Elle s'étonnait elle-même d'avoir trouvé une réponse aussi rapidemment. Mais cela crevait les yeux: ce type n'était pas forcément très à l'aise dans un milieu végétal. Inwëlle avait entendu les branches grincer et le tronc gémir; elle avait entendu le bruissement des feuilles violemment écartées, et ces tassements synonimes d'une grimpe toute en puissance.
    Ca, il en avait, de la puissance.
    Mais il n'échangeait pas avec les arbres. Il ne faisait pas l'effort de les comprendre, de s'allier à eux... Pour grimper deux fois plus haut, deux fois plus vite. Pour ne pas tomber.

    Il allait tomber.
    S'il ne bougeait pas, tout se briserait sous son poids -il était musclé- et l'arbre s'en trouverait endommagé. Lui n'en aurait rien à faire; sans doute s'attendait-il à ce que cela arrive, et même si ce n'était pas le cas, Wëlle savait qu'il parviendrait sans peine à se réceptionner sans aucun dégât.
    Lamentable. En plus de dégager une aura qui ne lui plaisait pas, il agissait comme un bourrin qui se croit supérieur et puissant. Il agissait comme un homme vulgaire et égocentrique.

    Sentant ses muscles se raidirent dangereusement et ses articulations trembler, Inwëlle se reconcentra sur ce qu'elle faisait pour changer de position, et d'endroit, afin d'éviter une crampe malvenue. Elle en profita pour lui jeter un coup d'oeil (dissimulée derrière un tronc, elle n'avait pas pu le faire) et vit la confirmation de ce qu'elle pensait déjà.
    Il tenait, certes; mais en s'aggrippant, et en équilibre instable sur une branche qui essayait veinement de tenir bon. Elle était peut-être en mauvaise forme, mais l'arbre ne gémissait pas sous son poids.
    Elle s'en sentit fière, et moralement plus à l'aise. Elle gardait au moins cet atout pour elle... Et s'il continuait à jouer avec elle, il ne semblait pas encore décidé à la tuer. Elle prit alors conscience qu'il n'avait peut-être pas été très malin de sous-entendre qu'il était assez nul avec les arbres comme elle venait de le faire; mais il était trop tard, et puis de toute façon, elle avait le pressentiment qu'il connaissait parfaitement ses capacités; et donc ses limites aussi.

    Inwëlle profita de cet instant pour s'éloigner de quelques mètres encore du lac, en espérant que cela changerait quelque chose au malaise trouble qui l'habitait depuis un bon bout de temps maintenant.
    Elle fut toutefois contrainte de redescendre à terre; elle sentait ses jambes faiblir sérieusement et craignait de chuter. Sa descente, ainsi, fut maîtrisée, plutôt souple et silencieuse. Elle s'assit au sol dans la foulée, en espérant qu'il ne devinerait pas que c'était pour récupérer -elle estimait que sa fatigue physique n'avait pas été trop visible, lorsqu'elle ne mouvait dans les arbres, mais il avait l'air très doué et observateur.
    Assise contre le tronc gris d'un arbre, elle était aussi dos à cet homme, et choisi de jouer la carte de la confiance en soi. Je me fous de toi, tu ne me fais pas peur; je peux même m'abaisser et te tourner le dos.
    Hélas, ce n'était pas du tout ce qu'elle pensait réellement.

    Mais dans cette position, elle pouvait planter ses orteils dans la terre, fermer ses mains sur les feuilles mortes qui jonchaient le sol, et fermer les yeux pour sentir la terre sous elle. Si vivante, si présente, et si souvent ignorée... Le coeur de Gwendalavir battait, serein, sous ses paumes et ses talons; elle le sentait vibrer, et vibrait avec lui.
    Elle savait que cela l'apaiserait, et cela l'apaisa.
    Elle se sentait de mieux en mieux; elle en oubliait presque sa tête lancinante, elle en oubliait presque son corps tout frêle.
    Elle n'avait pas oublié ses automatismes.
    Elle n'avait pas oublié les nerfs de son existence.
    Elle n'avait pas oublié les arbres, la terre, la nature, la Vie.
    Elle n'avait pas oublié son corps.
    Elle n'était donc pas folle.


    "J'suis pas folle."

    Elle était elle-même.
    Elle était Marchombre.


    "Je suis Marchombre."

    Elle venait de le proclamer d'une voix calme, éraillée comme à son habitude, mais posée. Elle rouvrit lentement les yeux.
    Elle était Marchombre.


    "Je suis Marchombre!"

    Quelques oiseaux s'envolèrent, sous cette phrase criée vers les cieux. Devant, derrière, au dessus. Elle les entendait, où qu'ils soient.
    Et sans bouger, elle les voyait, aussi.

    De nouveau...
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MessageSujet: Re: Noyade en eaux sombres [Abandonné]   Ven 07 Oct 2011, 15:37

La branche céda enfin mais Gil ne réagit pas assez vite. Un cri, force pure et profonde, s’était élevé d’un peu plus bas et avait éveillé une drôle de sensation au creux de son âme.

Je suis marchombre.

La branche céda.
Et Gil tomba.


*


Pas marron.
Ni bleu.

Pas chien.
Ni loup.

Pas mercenaire.
Ni marchombre.

Plus Manaël.
Gil SangreLune.

L’hybride maudit avait un nom.
Mais il n’avait pas de nature.
Pas de fonction.

Il se posait juste une question.


Que suis-je vraiment ?



*


« Je suis Marchombre ! »

Enf… Gil bascula et atterrit deux bons mètres plus bas dans une gerbe de feuilles et de branches cassées. Il eut le réflexe de rouler pour amortir sa chute mais le mal était fait et lorsqu’il se redressa, couvert d’herbe et de brindilles, il était extraordinairement vexé. Ses pommettes rougirent, sa mâchoire se serra et ses muscles se tendirent alors que des oiseaux s’envolaient au-dessus de lui, alertés par le cri de la marchombre puis par sa chute. Marchombre. Folle de Fille ? Marchombre ? A la manière d’un petit garçon dont l’ego vient d’être mis à mal, il s’essuya le menton d’un revers du coude.

Il était un chasseur de marchombres depuis assez longtemps pour en avoir croisé plus d’un. Et pas un seul ne ressemblait à cette fille. Pas un seul. Mais Gil ne reconnaissait pas cette part d’unique qui se cache au fond de tout à chacun et pour cette raison, il ne comprenait pas qu’il puisse y avoir des marchombres différents les uns des autres. Il ne se connaissait pas assez lui-même pour réaliser qu’il était pourtant bel et bien à part dans la série des adeptes du Chaos.

Gil s’accroupit, un peu à la manière d’un chat. Tantôt gauche, tantôt incroyablement fluide… Folle de Fille n’était pas très loin, il percevait sa respiration saccadée. Non. Saccadée, elle l’était de moins en moins. Elle se calmait. Comme si le simple fait d’affirmer hait et clair sa nature avait le pouvoir de l’apaiser. Gil haussa un sourcil. Il doutait de se sentir mieux s’il se mettait à brailler qu’il était en envoleur – d’autant que cela changeait tout à la situation, évidemment. En terme de serviteur du Chaos, il n’y avait plus de jeu, ou bien alors un jeu mortel, et à la fin de ce jeu, il n’y avait qu’un seul perdant : la marchombre. Point final.

Gil n’aimait pas les points finals.
Pour lui, rien n’avait changé. Il se sentait juste un peu plus fourbu et beaucoup moins enclin à la poursuivre dans les arbres mais cette fille l’intriguait de plus en plus. Pas folle ? Il en doutait sérieusement. Mais il n’était pas assez sage pour déterminer un degré moyen de folie, persuadé que lui-même n’avait pas toute sa tête, alors il se garda bien de répliquer. Il fallait répondre, pourtant. Mais que répondre à ça ?

- Je savais bien que j’aurai dû continuer mon chemin…

Toujours accroupi, l’envoleur cligna des yeux dans le silence qui l’entourait. Sa chute bruyante avait bouleversé le calme de la forêt mais celui-ci s’installait à nouveau, murmure paisible du chant du vent dans les feuilles et léger sifflotement des oiseaux.

- Je ne suis pas marchombre. Est-ce que ça va t’empêcher de sortir de ta cachette ? J’en ai marre de grimper aux arbres…

Il n’espérait pas qu’elle réponde positivement à sa question, seulement qu’elle lui réponde. Sa voix avait quelque chose d’étrange. Quelque chose de très chantant, malgré cette fêlure infime qu’il avait pu lire dans son regard.

Il voulait l’entendre.
Encore.


__________________________________________

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Inwëlle Aïras
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MessageSujet: Re: Noyade en eaux sombres [Abandonné]   Sam 05 Nov 2011, 14:58

    Inwëlle gardait les yeux grands ouverts et se délectait de sa vision panoramique. Elle s'amusait à bondir d'un détail à l'autre et à les grossir à l'excès, aussi. Elle observait le ballet d'une colonie de fourmies, et le festin d'une araignée. C'était comme si on venait de lui rendre quelque chose. Une partie d'elle-même arrachée un instant.
    Elle respirait calmement, profondément. Elle se sentait faible et n'avait pas envie de se lever, pas envie de se battre, pas envie de courir. Elle voulait juste se reposer. Savourer. Loin de cet Oeil maudit.

    Loin de cet énergumène qui venait de briser sa quiétude en se remettant à parler.

    Il n'était pas dans son champ de vision; sans doute l'arbre contre lequel elle était adossée le masquait-il, mais elle entendait bien sa voix railleuse, provocante. Elle ne savait toujours pas ce qu'il cherchait. Etait-il un de ceux qui aiment pousser leurs adversaires à les attaquer? Un de ceux qui se délectent de l'attente pour prendre plus de plaisir au combat?
    Encore une fois, elle ne l'espérait pas.
    Elle était Marchombre, mais exténuée.
    Et si elle restait assise comme cela, il n'aurait pas grand-chose à faire pour la tuer, s'il le désirait.
    Elle ne voulait pas mourir faible et impuissante.

    Inwëlle se mit sur ses talons, aussi souplement qu'elle le put, et fit un demi-tour pour se retrouver accroupie à côté de l'arbre maigre contre lequel elle était adossée une seconde plus tôt. Elle fut légèrement surprise de constater qu'il était exactement dans la même position en face d'elle, quelques mètres plus loin.
    L'idée qu'ils avaient l'air de deux bêtes à l'affût lui traversa l'esprit.
    L'idée de lui répondre ne l'effleura qu'à peine.

    Il aimait provoquer, elle détestait parler. Mauvaise pioche...

    La rouquine un peu pâlichonne se leva, en prenant bien soin de fixer son visage sans croiser son regard. Encore une fois, elle se sentit mal-à-l'aise, gênée par cet inconnu qui dégageait quelque chose de tellement... Tellement malsain, tellement mauvais... Mais pas seulement. Et c'était cette partie insaisissable qui l'agaçait et l'intriguait plus que tout. Elle ne comprenait pas pourquoi, elle ne comprenait pas comment, elle ne saisissait pas l'alchimie qui s'activait au coeur de cet individu.
    Elle n'aimait pas qu'une chose lui échappe. Si encore cela lui semblait naturel... Mais là, ça ne l'était pas. Elle était confrontée à ce type étrange et énervée. Hors de question d'abandonner là.

    N'abandonne pas. N'abandonne jamais.

    Elle s'avança de deux ou trois pas, réduisant la distance qui les séparait de moitié, dans l'espoir peut-être que cela l'aiderait à y voir plus clair.
    Mais à part distinguer avec plus de précision les traits de son visage vagabond, et à part ressentir plus fort la gêne que cet homme lui inspirait, cela ne lui apporta rien.
    Ses muscles n'étaient pas trop tendus, son poignard à portée de main. Elle était prête à se glisser sur le côté, à rouler en arrière, à bondir ou à frapper. Le danger était grand. Elle était à peine consciente de sa folie.

    Elle savait juste qu'elle était Marchombre.

    Le détail est le raccourcis du Marchombre...
    Ses vêtements, sa musculature, sa manière de se mouver, tout criait qu'il était un combattant. Tout criait qu'il était dangereux.
    Et lui, que distinguait-il en elle? Il connaissait certainement les Marchombres. Il savait certainement sans avoir besoin de l'observer qu'elle avait des rudiments d'expérience en matière de combat, et que, même affaiblie, elle pourrait se défendre. Avec un peu de chance, il ne connaissait pas trop les Marchombres et pensait qu'elle pourrait être de son niveau. Avec un peu de chance, il serait moins assuré. Mais elle savait qu'il ne fallait pas trop y compter...

    Elle s'approcha d'un pas encore.
    Qu'en aurait pensé Erwan?
    Elle ne sentait pas le danger, en cet instant. Son coeur s'accélèra un peu, mais c'était tout. Elle n'avait pas l'impression qu'elle allait mourir, c'était étrange. Elle était calme. Agacée, mais calme. Mais qui donc...

    Mercenaire du Chaos. L'idée, fulgurante, failli la désarçonner. Comment cette éventualité avait-elle pu lui sortir de l'esprit?
    Mercenaire du Chaos. L'aura du Chaos, l'aura de l'homme qui veut la tuer. L'aura de l'homme à qui elle a offert sa vie en hurlant, inconsciente, qui elle était.
    Mais alors pourquoi... Pourquoi ne l'avait-il pas tuée de suite? Pourquoi avait-il réagit si calmement lorsqu'elle avait hurlé?
    Calmement? Non, elle n'avait pas vu son visage; et de toute façon, elle était bien placée pour savoir que l'on peut aisément cacher ses émotions.

    Mercenaire du Chaos...

    Elle avait du mal à y croire, elle ne savait pas trop pourquoi. Peut-être parce que s'il en avait réellement été un, elle se serait attendue à déceler son identité plus tôt. Peut-être parce que son aura semblait trop floue pour que l'on puisse la définir en trois mots.

    Elle s'avança d'un autre pas. Elle était maintenant très près de lui, et esquivait toujours son regard assombri par le manque de lumière des lieux.


    "Qui es-tu?"
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Noyade en eaux sombres [Abandonné]   Lun 21 Nov 2011, 13:31

- Qui es-tu ?

Ah, nous y voilà. C’était assez classique, en fait ; à force de croiser – sans le vouloir, pourtant – des gens, Gil avait rapidement définit ce rituel de la présentation. Qui es-tu, qui suis-je, bonjour, enchanté… Et il y avait alors plusieurs cas de figure. Dans un cas comme le leur, la question de Folle de Fille coulait de source – elle voulait savoir qui était cet homme qui ne savait même pas grimper dans un arbre… et il pourrait lui répondre qu’il était un « grimpeur de montagnes » pour la moucher et terminer sur une victoire. Parce que forcément, il ne pouvait pas répondre à sa question par un bête et toi, qui es-tu ? Elle venait de le dire, de le crier même, comme s’il était sourd – ou que le monde était sourd. Marchombre. Et là, Gil soupira. Il fallait que ça tombe sur lui. Il fallait toujours que ça tombe sur lui. Combien de marchombres connaissait-il, lui, l’Envoleur, le fils adoptif du Chaos ? Combien de marchombres pour combien de mercenaires ? Folle de Fille faisait encore pencher la balance su mauvais côté, si tant qu’un mauvais côté existe bel et bien…

"Qui es-tu ?"
Curieusement, et à bien y repenser, il y avait quelque chose d’inédit dans cette question utilisée chaque jour des millions de fois par monsieur tout le monde et souvent dans le seul but d’engager la conversation. Pouvait-on parler de conversation entre elle et lui ? Ils ne se parlaient pas, non, ils se jaugeaient. D’abord au moyen d’un jeu, et puis finalement il n’y avait ni chat, ni souris. Juste une femme et un homme. Une marchombre et… ? Et Folle de Fille se fichait pas mal de savoir qu’il s’appelle Pierre, Paul ou Gil. Il ne connaissait pas son nom et il s’en fichait tout autant. Pourquoi ? Parce que « Folle de Fille », ça la résumait bien mieux qu’un prénom ne saurait le faire ; parce que si elle s’appelait Galine, elle perdait tout dans ce prénom. Des Galine, il y en a partout. Mais il n’y a qu’une seule Folle de Fille et elle se tenait justement devant lui, confondue dans les ombres du sous-bois, dévoilée mais pas complètement. Et lui, il en était au même point qu’elle. Confondu dans son mystère, et pas pressé de le mettre à jour.

- C’est une question que je me pose souvent. Comme toi, apparemment. Sauf que moi, je n’ai pas l’habitude de crier ma réponse…

Gil se tut. Le soleil venait de faire une audacieuse percée dans le toit de feuille, au-dessus de leur tête, et un filet de lumière venait de frapper les cheveux de Folle de Fille. Comment décrire leur couleur sans en atténuer la force, l’intensité ? Difficile, avec de simples et mots. A ce moment-là, et bien qu’il ne s’en rende pas compte, Gil fut sur le point de comprendre, pour la première fois, toute l’importance, toute la valeur de la poésie marchombre. Il n’avait jamais compris celle de son père, n’avait pas compris celle de Swif et serait donc bien en peine de s’y essayer, mais si seulement il avait été sensible à cette beauté des mots lorsqu’ils ne sont pas prononcés, il les aurait tracé sur le sol, sous les feuilles, à leurs pieds. C’était… c’était comme une étoile de feu dans une nuit sombre. Un éclat soudain, presque irréel, un instant de stupeur devant un tel spectacle et puis clac ! Fin du miracle. Un nuage passa devant le soleil, le filet de lumière se ternit et l’étoile de feu aussi, redevant un amas de cheveux roux foncés.

"Qui es-tu ?"
Encore toi… Et oui, car tant qu’il ne donnait pas de réponse valable, la question flottait toujours entre eux, fantôme pernicieux et insistant.

- Ecoute, je vais partir du principe que tu connais déjà la réponse et me contenter de te proposer une balade plutôt qu’une bête confrontation. Cet endroit… il ne me donne pas l’envie de me battre.

Traduction : je suis ton ennemi juré mais il se trouve que là, je suis fatigué, alors on va faire comme si tu n’étais pas une marchombre et moi un envoleur, d’accord ? Folle de Fille était sans doute un peu… dérangée… mais pas complètement idiote ; elle se méfiait de lui, il n’y avait qu’à voir son attitude, sa posture. Et puisqu’elle était sortie de l’ombre, du moins en partie, c’est qu’elle avait confiance en elle, en des capacités qui ne lui étaient pas visibles. A lui de lui prouver, donc, qu’il ne parlait pas dans le vide –qu’il pensait réellement ce qu’il disait. Pas si simple quand un poignard est accroché à votre ceinture, à la vue de tous… Mais à cette ceinture, justement il y avait autre chose. Et puisqu’il n’était pas capable de traduire son humeur par des mots tracés dans la terre, Gil choisit de la traduire à sa manière.

Il porta la main à sa ceinture.
Infime tension, comme si le monde retenait son souffle…

… la flûte dansa entre ses doigts avant de trouver ses lèvres et alors, plus rien d’autre ne compta que les sons qui en sortirent. Une note, puis deux, puis trois, puis quatre… une question toute faite de légèreté : tu veux savoir qui je suis ? Et puis une réponse. Une flopée de notes sans queue ni tête mais indubitablement justes. Je suis une erreur de parcours, je suis là mais je suis ailleurs… Je ne suis pas ce que j’aurais dû être.

Voilà ce que j’aurais dû être.
Voilà ce que j’aurais voulu être.


Pluie de notes tombées du ciel, non, d’un cœur morcelé.
Mélodie de l’âme, plus puissante que celle de l’ironie, plus utile que celle de la violence.
Plus jolie que celle qu’il avait inventée pour survivre.
Nouvelle traduction : Je suis Manaël, fils d’une Envoleuse et d’un Marchombre. Je suis Gil SangreLune, fils du Chaos et de l’Harmonie. Une harmonie chaotique. Un chaos harmonieux.
Choisis, Folle de Fille. Fais ton choix.

Qui suis-je, pour toi ?


[Enfin, j'ai réussi à te répondre !! Entre les cours, les dossiers, le boulot, les Rps divers et variés... C'est drôle, tu vois, je suis entrain de commencer, tout juste, à découvrir mon Gilou. Pour la première fois il joue de sa flûte, et je ne pensais pas du tout que ce serait pour se présenter...!]

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