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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]

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MessageSujet: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Dim 07 Aoû 2011, 23:16

L’alcool... Une denrée loin d’être rare, et un piège dont il est bien compliqué de se dépêtrer une fois que l’on y a mit un doigt dedans. Comme si cela ne suffisait pas, il faut qu’il nous fasse perdre la tête, et toute notion de raison, ou bien approchant le raisonnable. On ne fait plus que vivre l’instant présent, tel un simple d’esprit, sans plus de passé - oublié dans la vapeur de cet alcool - ni de futur - impossible d’en envisager un autre que celui qui se passera une seconde plus tard.

Un vice, même. Qui amène à bien des bassesses...


£&£

Un léger ronflement tira Nee de son sommeil.
Elle n’ouvrit pas immédiatement les paupières, fronçant les sourcils pour tenter de se souvenir où elle était, et ce qu’elle faisait. Ce goût pâteux dans la bouche, la langue encore caramélisée par les bières en trop grande abondance, elle ne se souvenait pas, mais l’évidence était là : elle avait encore trop bu, la veille. Et bien en peine de définir autre chose de sa soirée, mis à part cette présence à côté d’elle, elle s’efforça d’ouvrir les paupières.

Papillonnant quelques secondes des cils, elle soupira.
Alors qu’elle se redressait dans son lit, elle sentit la pièce tanguer un instant, alors que son estomac se soulevait douloureusement. Ravalant sa salive, elle expira doucement, et se reprit fermement. Son regard glissa sur ce qu’il se trouvait autour d’elle : une pièce, une chambre d’auberge, plus précisément. Et à côté d’elle, se trouvait dans son plus simple aparat un jeune homme fort bien monté, c’était le cas de le dire.
Elle savoura un instant, à retardement, le bon goût qu’elle avait eu la veille au soir de le choisir.

Les souvenirs se dérobaient toujours à elle, et elle écarta cette contrariété de son esprit.
L’homme dormait toujours à côté d’elle, le drap ne cachant pas grand chose de son corps musclé. Juste un pan remonté sur son engin, qui avait certainement bien travaillé durant la nuit - ou pas. Haussant les épaules toute seule, Nee chercha ses vêtements sur le sol, et dû les démêler de ceux de son amant d’un soir.

Comment s’étaient-ils débrouillés ?
Leurs vêtements étaient littéralement enchevêtrés.
Elle soupira, et prit son temps pour les démêler. Mais soudain, un poids tomba de la ceinture qui ceignait la taille de l’homme durant la journée, probablement, et elle ne put s’empêcher d’y jeter un oeil curieux.

Surprise, elle s’accroupit sur le sol pour aller récupérer le cylindre qui venait de se glisser sous le lit.
Ses doigts rencontrèrent un bois particulièrement travaillé, et elle le tira jusqu’à elle.
Une flûte. C’était une flûte.
Pas trop longue, ni trop courte, magnifiquement taillée dans un bois qu’elle était en peine de définir, elle était magnifique pour l’Envoleuse.

Un sourire étira les lèvres de Nee.

Jetant un coup d’oeil sur le lit, elle vit que le souffle de l’homme était toujours aussi profond et régulier, et qu’il n’avait pas bougé. Ses pupilles ne bougeaient pas sous ses paupières, et elle en déduisit qu’il dormait encore plus ou moins profondément.
Elle apporta le bec de la flute jusqu’à ses lèvres.
Positionna ses doigts sur les trous.
Un souffle.

La note, claire et cristalline, résonna dans la pièce.
Magnifique note, aux accents purs d’Harmonie.
Le ventre de Nee eut un petit sursaut. Cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas tenu d’instrument de musique entre ses mains, dans ses doigts. Elle vérifia encore une fois l’état de l’ivrogne - autant qu’elle - et reporta son attention sur le petit objet aux vertus magiques.

Elle avait envie de jouer quelque chose.
Une petite mélodie que ses parents lui avaient appris, quand elle était encore avec eux.
Une mélopée aux accents mélancoliques tellement profonds qu’ils ne s’arrêtèrent que quelques secondes après la fin de l’enchaînement de notes.

Elle soupira.
Avant de se tendre.
Elle l’avait réveillé.
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Lun 08 Aoû 2011, 11:26

…Elle a dissimulé sa nature… toutes ces années. A tout le monde. Même à nous. A moi. Jusqu’à ce soir…
- Non ! Non, papa, non !
- Je n’ai pas… pas voulu ça, Manaël. Je te le jure. Mais il faut que… tu me promettes de gagner le lac Chen. L’Académie…

Manaël se tint la tête entre les mains et se redressa en chancelant.


Jusque là, tout allait bien, ou presque.
Réveillé par son habituel cauchemar matinal, Gil commençait à remuer, à frémir. Il n’allait pas tarder à se redresser brusquement, couvert de sueur et à bout de souffle, pour marmonner son fameux « ta gueule » au marchombre agonisant de son rêve. Un classique… la routine. Sauf que…


- Maman !
- Les marchombres, Manaël ! Retrouve… les marchombres…
- Non !!!



… sauf que quelque chose ne tournait pas rond. Pour une fois, il y avait un élément en plus, une donnée supplémentaire, un détail infime et pourtant, qui éclatait dans son rêve comme une bulle. C’était à la fois diffus et extrêmement précis ; un son vague qui trouvait un écho terriblement vif dans sa mémoire.

- Maman…

Un murmure, soupiré dans le rêve ou bien dans la réalité, peut-être dans les deux, mais qui acheva de l’éveiller complètement. Et sa toute première sensation, ce matin-là, ne fut pas une bouffée de colère mais une tristesse infinie. Et éphémère. Après, ce fut l’incompréhension la plus totale. Le jeu de questions habituelles où je suis, quel jour je suis, avec qui je suis… Avec qui ? Les yeux toujours clos, Gil fit glisser son bras sur le côté, sur les draps encore empreints de la chaleur d’un corps. Il y avait eu quelqu’un… normalement. Il ne s’en souvenait que par flashs douloureux – ça, c’était l’alcool -, aussi préférait-il laisser ses sens plutôt que ses pensées retracer son passé proche – et ça, c’était la flemme. Ses doigts trouvèrent un cheveu. Ah ! Il y avait bien eu quelqu’un alors. Mais où était…

Trois notes de musiques.
Le voilà, son détail, celui qui avait foutu en l’air son cauchemar et qui foutait en l’air sa routine ! Trois notes de musiques, trois notes de flûte.
Sa flûte !

Il bondit si vite que son geste aurait paru flou à quiconque se serait trouvé présent dans la pièce. Mais ils n’étaient que deux. Lui et…

… sa main gauche se referma sur une gorge délicate. Il plaqua durement la fille contre le mur et lui retira sèchement la flûte des mains. De quel droit osait-elle… ? La fureur brûlait dans les yeux de Gil, et il ouvrit la bouche, prêt à laisser se déverser cette colère née si brusquement, mais alors il croisa son regard, et la boule de feu resta piégée dans ses entrailles. Enfer, ses yeux… Bleus vif, ils l’avaient électrisé la veille, et ils l’électrisaient ce matin, alors qu’ils s’agrandissaient de surprise. Et ses lèvres…

La gorge soudain sèche, Gil força son regard à se poser plus bas. Nouvelle erreur. Sentant qu’il était prêt à perdre le contrôle, il serra la mâchoire et inspira à fond. Déjà, une migraine lui martelait le crâne. Il fallait qu’il mette les choses au point rapidement.

- Qui es-tu ? grogna-t-il, la bouche près de son oreille.

Elle sentait bon. Gil battit des paupières pour garder contenance et desserra imperceptiblement sa prise autour de la gorge de la jeune femme.


[Ohlala, c'est court... mais je voulais absolument répondre avant d'aller au boulot. J'me rattrape sur le prochain post, promis !]

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Lun 08 Aoû 2011, 13:54

Elle avait pensé à tout, sauf à ça.
Enfin, si, un peu. Mais à aucun moment elle n’avait imaginé qu’il était si rapide. Tellement rapide qu’elle ne réagit pas immédiatement. Ce ne fut que lorsque sa tête heurta le mur qu’elle inspira.
Elle ne tenta pas de garder la flûte dans ses mains, cela aurait été vain. La force dans les doigts de celui qui avait été son amant d’une nuit n’était pas feinte, elle la sentait bien autour de sa gorge.

Nee ne se débattit pas.
A quoi bon, sinon l’énerver sans doute encore plus ?

La colère s’évapora chez lui comme fumée au soleil, quand elle croisa son regard. Elle le sentit sombrer dans des souvenirs, mais ne tira pas parti de cet infime temps. Elle aurait pu lui saisir le petit doigt, pivoter légèrement pour le mettre en position plus qu’inconfortable – le lui briser, en somme – et se dégager facilement quand il aurait hurlé de douleur.

Elle ne bougea pas.
Son regard planté dans le sien.

Et quand il lui demanda qui elle était, elle ne répondit pas. Chercha encore son regard.
Redressant le menton infimement mais visiblement, elle inspira légèrement.


- Lâche-moi.

Sa voix, froide comme la mort, avait claqué dans la pièce.
Elle se fichait de sa voix rauque à lui qui avait murmuré tout près de son oreille. Elle se fichait de la force qu’il avait dans les doigts, ou de sa rapidité à réagir. Elle se fichait de tout cela, parce qu’elle savait pouvoir parfaitement rivaliser avec de telles capacités.

Et surtout.
Il se déconcentrait très facilement.
Elle voyait son attention papillonner.
Colère. Rage.
Désir.
Tristesse. Haine.
Désir.

Un infime sourire prit place sur ses lèvres, et elle redressa encore le menton, attendant qu’il la lâchât. Lorsque ce fut fait, elle lui lança un regard glacial, une seconde. Avant de le reprendre. Pour s’assoir sur le bord du lit. Elle ne put s’empêcher de lâcher un petit rire.


- Tu ne t’en souviens pas ? J’ai déjà dû te donner mon nom pourtant…

Ce dont elle n’avait aucune idée, évidemment.
Comme elle était bien incapable de dire le sien.
Ne montrant en rien cette faille de connaissance, elle se redressa complètement sur son séant, plantant ses yeux dans ceux de l’homme. Un détail lui revint, fugace. Avant qu’il ne s’éveillât pour lui attraper la gorge, il avait murmuré quelque chose, durant son sommeil. « Maman ». Nee s’empêcha de sourire, restant parfaitement immobile.

Sa mère jouait-elle de la flûte pour le réveiller ?







[ Pas grave, moi aussi cette réponse est un brin courte à mon goût =) ]
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Mer 10 Aoû 2011, 23:00

Il n’était pas dans sa nature d’être violent. Peut-être était-ce incroyable à concevoir – responsable de la mort de son père, il avait désobéi aux dernières volontés de celui-ci pour devenir envoleur – mais pourtant, c’était la vérité. En temps de conflit, Gil se débrouillait toujours pour se dérober en douce, choisissant de passer pour un lâche plutôt que pour un barbare. Chasseur de marchombres, il n’avait tué aucun d’entre eux. Formé pour tuer, il se servait de ses aptitudes uniquement pour se défendre – ou pour se faire comprendre. Dans le pire des cas, ceux qui avaient la malchance de rencontrer ses poings perdaient quelques dents et une bonne quantité de sang, mais guère plus.

Deux choses, cependant, pouvaient influer sur ce pacifisme pour le moins exceptionnel. La première n’était pas très brillante, puisqu’elle se résumait à l’alcool et à ses vastes conséquences ; sans être dépendant de la bouteille, Gil reconnaissait boire plus que nécessaire. Il reconnaissait aussi y prendre un certain plaisir, du moins pendant un moment, car il pouvait arriver que le réveil soit un peu… brutal. Ou complètement illogique, comme dans le cas présent. Mais il y avait eu des bagarres. Des dents cassées, des phalanges écrasées, des arcades sourcillières explosées. Ivre, l’ours mal léché devenait loup hargneux, du genre qu’il ne faut pas agacer au mauvais moment.

Il s’en sortait toujours. Lorsqu’une bagarre démarre dans une taverne, tous les hommes les plus envinés des lieux se jettent dessus à tour de rôle, balançant pieds et poings sans même comprendre pourquoi ni comment. Il profitait de ces moments-là pour se faire la belle, échappant aux autorités qui ne se posaient pas de questions et embarquaient tout le monde pour un petit tour en cellule qui pouvait durer plusieurs mois. Ah, il avait déjà connu ce confinement nauséabond, du temps où il suivait encore Seren comme son ombre. Mais s’évader d’une prison était un travail délicat et épuisait qu’il n’avait pas envie de réaliser encore une fois.

Autre chose d’autre que l’alcool pouvait le rendre violent, quelque chose qui l’agaçait prodigieusement : que l’on touche à ses affaires sans son aval. Il n’en possédait pas tant que cela, pourtant – une flûte, un bracelet de cuir, un arc et un carquois pour les objets d’une valeur approchant celle que l’on dit « sentimentale ». Il ne faisait pas cas des quelques étoiles de lancer dissimulées dans son tabard, ni du poignard placé dans sa botte gauche ; les aiguilles qui pouvaient jaillir de ses poignets étaient inépuisables et inégalables. Mais, enfer ! qu’est-ce qu’il détestait ces curieux, ces fouineurs qui se permettent de prendre sans demander, d’utiliser sans savoir et de casser sans réparer !

Autant dire que cette femme, là, coincée entre le mur et sa poigne de fer, était dans une sale situation. Il aurait pu lui briser le cou sans le moindre effort, et il se savait assez furieux pour cela, mais quelque chose, dans le regard et dans la voix de sa prisonnière, l’empêcha de commettre un tel acte. Après un moment de silence qui parut durer une éternité, et pendant lequel il crut se noyer dans le lac bleu de ses yeux, Gil finit par lâcher prise et reculer d’un pas, libérant son… amante. Il la détailla tandis qu’elle s’installait sur le lit, appréciant sa carrure athlétique, sa taille menue, ses jambes longues et fuselées. Non, il ne se souvenait vraiment pas ni de son nom, ni de leur rencontre, quoi qu’elle dise. En revanche, il approuvait son choix, même si l’alcool n’y avait pas été pour rien.

- Je me souviens que cette flûte était dans ma ceinture la dernière fois que je l’ai vue, et non entre tes mains.

Mmh, la voix rauque, écaillée du Cabochard au lendemain d’une nuit fort arrosée… Gil se passa la main dans les cheveux, les ébouriffant davantage, puis s’étira paresseusement, sans se soucier de sa nudité. D’abord parce qu’il estimait ne rien posséder qui vaille la peine d’être caché, ensuite parce que cette femme, là, avait sans aucun doute vu et peut-être même goûté chacune parcelle de son corps. De cette nuit passée en sa compagnie, il grappillait quelques images au vol dans sa mémoire, et chacune était extrêmement torride.

Un rayon de soleil filtrait à travers les persiennes de la fenêtre. Voilà, j’ai raté l’aube. Il se souvenait avoir prévu de retrouver une connaissance en fin de matinée, un marchand doublé d’un voleur qui s’était établi dans un quartier sombre d’Al-Far. Al-Far. Quatrième ville de l’Empire par sa taille, première par le nombre de ses crimes nocturnes. S’il devait accueillir de nouveaux venus à l’intérieur de ses murs, Gil dirait simplement « Bonjour, surveillez votre bourse et soyez les bienvenus à Al-Far ! ». Ou quelque chose du genre. Lui-même avait eu l’occasion de s’exercer au vol à la tire en compagnie de Seren, quelques années plus tôt… C’est ici, au cœur de cet enchevêtrement de ruelles, de ponts et de passerelles, qu’il avait appris à forcer les serrures les plus complexes en des temps record.

- Oublie ma question. Ton nom m’importe peu, je l’aurai oublié d’ici la fin de la journée. Restons-en aux bons souvenirs, d’accord ?

Il s’apprêtait déjà à partir. Mais, bon sang ! Ces vêtements étaient empêtrés dans les siens jusqu’à former certains nœuds qu’il peinait à défaire. L’agacement, la fatigue… son regard, limpide et électrique, l’empêchaient de se concentrer. Laissant tomber le paquet de vêtements sur le sol, il marmonna un juron et s’approcha de la cuvette d’eau froide posée sur le seul meuble de la pièce. Enfer, ce mal de tête… Il grogna et s’aspergea le visage, ne sachant pas trop comment il allait quitter la chambre s’il n’avait pas le courage de reprendre ses vêtements.



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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Jeu 11 Aoû 2011, 11:54

Il ne se souvenait pas non plus de grand-chose, apparemment.
Un infime soupir passa les lèvres de l’Envoleuse, qui ne baissa pas les yeux.
Et un petit sourire aussi.


- Comme tu vois, ce n’était pas de la fouille, monsieur. Elle est tombée quand j’ai voulu récupérer mes vêtements.

Faisant une petite pause alors que l’homme en question s’éloignait vers le seul point d’eau de la chambre, elle respira doucement et profondément. Son regard glissa sur la silhouette de ce dernier, et elle apprécia vraiment son choix : musclé comme il le fallait, ni trop ni pas assez, mais avec la peau tendue dessus, ses déplacements, s’ils étaient encore embrumés par l’alcool, étaient silencieux et félins.

Nee haussa un sourcil.
Silencieux et félin.
Souple et musclé.

Le mal de tête la prit d’un coup elle aussi, et elle se félicita d’être assise. Serrant les dents pour ne pas montrer cet instant de faiblesse, elle reporta son attention sur l’homme.
Elle se rendit compte que son ventre s’embrasait.
Fermant légèrement les cuisses pour ne rien montrer de ce qu’elle ressentait, elle sentit une petite boule se former dans sa gorge.
Quelques souvenirs épars lui revinrent en mémoire, et elle frissonna doucement.
Un désir incontrôlable l’ébranla.

Elle tenta une nouvelle approche.


- Bons souvenirs… A dire vrai, je ne me souviens que de trop peu de choses…

Vérifiant qu’elle n’avait pas assez mal à la tête pour tituber quand elle se lèverait, elle se mit sur ses deux jambes gracieusement. S’approchant d’un pas léger, volant, de l’homme, elle ne put s’empêcher de poser ses doigts sur la peau de celui-ci, au niveau du bas de son dos, dans le creux de ses reins.
C’était un endroit généralement extrêmement musclé, et aucun nœud nerveux vital n’y passait.
Par contre, les nerfs à cet endroit donnaient une connotation érotique à tout contact.

Nee cligna des yeux, alors que l’odeur de l’homme montait jusqu’à ses narines.
Une odeur forte, mélangée à de dernières vapeurs d’alcool.
Reculant d’un pas, elle soupira en écartant légèrement les bras.

Attrapant entre ses doigts son pendentif qui tombait entre ses seins, elle soupira, encore.
Un souvenir, fugace, perça ses pensées. Le souvenir d’une porte qui se ferme. Dans le Domaine. Le bureau des Mentaïs. Elle chassa immédiatement cette pensée.


- En plus, il parait que c’est bon contre les maux de tête…

Un ton badin, un peu trop aigu à son goût, peut-être.
Elle restait immobile, comme une statue de marbre.
Avec ses yeux bleus et remplis, en bonus.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Sam 13 Aoû 2011, 10:46

Les mains plongées dans l’eau froide, il lui jeta un coup d’œil par le biais du petit miroir fêlé accroché sur le mur à hauteur de ses yeux. Son reflet avait quelque chose d’étrange, à la fois pétillant et mélancolique – exactement comme son regard. Gil cilla. Reporta son attention sur sa propre image, grimaça devant les cernes, les cheveux hirsutes et la barbe de trois jours, puis se passa les mains sur le visage, appréciant le contact frais de l’eau sur la chaleur de sa peau. Les doigts de la jeune femme l’avaient seulement effleuré mais ils avaient déclenché en lui une vague si intense qu’il en avait retenu sa respiration.

Les gouttes d’eau roulaient sur sa peau. Attrapant la serviette pliée près de la bassine, il se sécha rapidement, sans prendre la peine de lui répondre. A quoi bon ? Il était déjà en retard, bien qu’il ne soit attendu nulle part. Gil était un homme du matin, un homme de l’aube, or il semblait qu’Al-Far soit éveillée depuis plus longtemps que lui. Les innombrables bruits de la vie citadine lui parvenaient comme des murmures feutrés mais il les percevait quand même, et plus les secondes s’égrainaient, plus il avait envie de quitter cette pièce. Reposant la serviette, il se retourna.

Un regard dément le figea sur place. Nom d’un rejeton de Ts’Lich, cette femme avait des saphirs à la place des yeux ! Jurant dans sa barbe, Gil baissa la tête et la dépassa pour aller récupérer ses vêtements. Il n’aimait pas du tout la direction que prenait cette journée. Dépendant de sa routine, il regrettait de n’être pas parti avant qu’elle se réveille pour se permettre de toucher à ses affaires. Lui qui se targuait de bien connaître les femmes, celle-là, il ne la cernait pas. Elle aurait dû rester au lit. Elle aurait dû dormir, ne pas l’entendre s’éclipser en douce. Et si elle s’était quand même réveillée, elle aurait dû lui faire une scène. Pleurer, comme la fille du tenancier qu’il avait côtoyé l’avant-veille. Lui balancer ses vêtements à la figure, hurler sa colère.

La fille aux yeux bleus, elle, se contentait de l’observer sans rien dire, ou presque. C’était à ne rien y comprendre. Il l’avait menacé ! Il aurait pu la tuer d’une simple pression de ses doigts, briser cette gorge bien dessinée… alors pourquoi ne prenait-elle pas la fuite ? Avait-elle réellement conscience du danger qui l’avait frôlé ?

- Tu vas finir par me donner un coup de main, ou tu préfères que je déchire tout ça ?

Il avait parlé avec humeur, mais lorsqu’il redressa la tête pour vérifier qu’il s’était bien fait comprendre, son souffle se bloqua à nouveau dans ses poumons. Enfer… il ne parvenait pas à garder le contrôle. C’était incroyable. Comment pouvait-elle… ? Qui était-elle ? Il se souvenait de Miss la croqueuse d’hommes et de ses yeux violets – elle l’avait hypnotisé sans avoir eu recours au chant des marchombres. Là, il n’était pas hypnotisé. Il était prisonnier. Immobilisé par la seule force d’un regard.
C’était rageant.

Bon sang, que c’était rageant ! Rejetant brusquement les vêtements, Gil se redressa, traversa la pièce en trois grandes enjambées, glissa une main derrière la nuque de la jeune femme et l’embrassa avec une fougue mémorable.

* * *

- Gil SangreLune.

Un murmure à peine audible. Mais il avait le visage dans ses cheveux et la bouche contre son oreille ; il savait qu’elle avait entendu. Allongés sur le lit, empêtrés dans les draps à la manière de leurs vêtements toujours emmêlés sur le sol, ils reprenaient lentement leurs esprits. Cette fois au moins, on se souviendra de tout… Peut-être même qu’il se souviendrait de son nom, si toutefois elle avait encore la force de parler.
Enfer... quelle journée !


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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Sam 13 Aoû 2011, 17:44

Essoufflée.
Soufflée.

Nee reprenait doucement sa respiration. Elle sentait son cœur tambouriner encore contre sa poitrine, et une délicate couche de sueur recouvrait son corps. Son corps, qui n’avait plus vraiment son odeur, mais l’odeur de cet homme.
Cet Homme.

Elle aurait pu croire qu’il était comme tous les autres. Amants d’un soir, ils s’enfuyaient dès qu’ils s’éveillaient et si elle avait le malheur d’être encore là à ce moment, ils l’injuriaient ou l’ignoraient. Certes, il l’avait agressée, ce qui pouvait passer pour bien plus qu’une injure. Mais au final… hum. Et bien, ils avaient passé un moment plus que mémorable. Elle se souviendrait de cette matinée durant longtemps, elle le savait.

Un léger sourire étira ses lèvres.
Il était allongé à côté d’elle, son visage dans ses cheveux, et elle sentait son souffle près de son oreille, qui la chatouillait presque. Elle inspira profondément. Son ventre avait été comblé, elle se sentait pleine, mais déjà un nouveau feu y brûlait. Elle tenta de balayer cette sensation, parce qu’elle n’avait pas que cela à faire de sa journée. Et puis parce qu’elle était agacée par son corps : d’habitude, une fois suffisait, et il fuyait le plus loin possible.


- Gil SangreLune.

Elle ne dit rien. Le murmure avait à peine effleuré son pavillon auriculaire, mais son cerveau l’avait parfaitement distingué. Venait de le graver en lettre de feu – sans doute celui de son désir – dans un coin bien gardé. Un léger souffle passa les lèvres de Nee, alors qu’elle hésitait à donner sa propre identité.

- Anee Gil’Moyaran.

Elle sentit les rouages de son cerveau tenter de se remettre en marche. Il avait du mal, engourdi par le plaisir et les décharges d’ocytocine, liées aux orgasmes qu’il avait su susciter chez elle. Un léger frisson la parcourut à cette seule pensée.

SangreLune. C’était un nom qui ne lui était pas inconnu, à dire vrai. Elle l’avait déjà entendu quelque part… Mais où ? Peut-être avait-elle déjà couché avec une personne de sa famille… Peu probable, elle ne se souvenait jamais des noms de ses partenaires d’un soir.
Y ferait-il exception ?

Tournant légèrement la tête pour se retrouver les lèvres contre le front de son amant, elle inspira son odeur en fermant les yeux. Ses joues rappaient de sa barbe de plusieurs jours, ses cheveux étaient en bataille mais c’était un fait : elle le trouvait extrêmement attirant.


- Je préfère Nee.

Un léger rire, un soupir, passa ses lèvres et elle ferma les yeux. Ses doigts coururent le long du bras de l’homme quelques secondes.


£&£

- Alors ?

- C’est fait.

- C’est tout ?

- Tout ce que j’ai envie de raconter oui.


Anee avait toujours été étonnante. Par son élégance et sa prestance. Par sa personnalité tellement décalée par rapport au commun des mortels. Même lui, son Maître, n’avait jamais réussi à réellement la cerner…

Nee ferme les yeux.
Les rouvre.
Pour regarder ses mains.
L’image de la porte du bureau des Mentaïs se ferme dans sa tête. Derrière une silhouette. Derrière un nom.
Giliwyn.


£&£

Elle fronce les sourcils un instant. Ferme les yeux. Inspire l’odeur de son amant. Gil, il a dit.

- As-tu déjà rencontré un Mentaï ?

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Mer 17 Aoû 2011, 11:08

- Pourquoi, est-ce que tu en serais un ? Des Mentaïs féminins, ça existe ?

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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Mer 17 Aoû 2011, 14:36

- Et pourquoi ça n'existerait pas ?! Non, je ne suis pas une Mentaï. Mais j'en ai déjà rencontré...
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Jeu 18 Aoû 2011, 09:24

- Du calme, beauté ! Je n'ai jamais croisé que des Mentaïs qui portent la barbe, voilà tout...

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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Jeu 18 Aoû 2011, 10:41

Anee se détendit instantannément.
Elle était plutôt réactive de ce côté-là, elle devait bien l’avouer. Les femmes étaient tout aussi capables que les hommes, elles pouvaient faire les mêmes tâches, elles avaient juste une manière différente de procéder. Plutôt que d’utiliser la force brute et le corps directement, elles réfléchissaient. Enfin, celles qui en étaient capables… Mais une Mentaï ne pouvait qu’en être capable.

Elle soupira doucement.
Cette conversation prenait une nouvelle dimension. Parce qu’elle n’était pas assez stupide pour ne pas avoir saisit l’allusion de ce Gil. S’il avait dit qu’il n’avait rencontré que des Mentaï barbus – à dire vrai, elle-même n’avait jamais vu un Mentaï porter une barbe, soit – c’était bien qu’il avait répondu à sa question.

Et « rencontrer » un Mentaï, ce n’était pas à la portée de tout le monde. Ou alors, si les gens en « rencontraient », c’était qu’ils ne savaient pas à qui ils avaient à faire, et donc ne pouvaient pas en parler.
Un léger sourire étira les lèvres de Nee.
Elle se blottit un peu plus contre le corps de Gil, et soupira.
Elle aimait bien son odeur, et le contact avec sa peau.

Prenant une inspiration, elle ferma les yeux, déposa un baiser-papillon sur son épaule.
Et laissa les engrenages de son cerveau tourner. Le souvenir qui avait fait surface plus tôt revint dans sa mémoire. La porte du bureau des Mentaï qui se ferme derrière son passage, et un homme qui rentre. Futur Maître Envoleur. Cela faisait déjà plusieurs années que cela s’était passé, mais cette certitude pulsa en elle : oui, c’était lui. Mais comment poser une question sans se dévoiler elle-même ? Et puis, si elle avait cette certitude, elle n’avait absolument aucune preuve de ce qu’elle pensait. Juste un instinct.

Expirant longuement, elle blottit son nez dans le creux du cou de son amant.
Elle chercha d’autres souvenirs, d’autres preuves. Des preuves, plutôt, de ce qu’elle avançait, de ce dont elle était certaine. Fermant les yeux, elle soupira.


- Où peut-on en croiser ?

Se mordant les lèvres, Nee ne bougea pas. Respirait à peine.
Quelque chose était en train de naitre dans son cerveau, un nouveau souvenir, mais elle ne parvenait pas à le saisir. Encore moins à savoir ce qu’il comportait, ce qu’il véhiculait.

Une chose était sûre.
Elle se sentait bien.
Et c’était étonnant.







[Désolée, c’est vraiment court, je me rattrape sur le prochain post ! ^^]
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Lun 22 Aoû 2011, 12:12

- On ne trouve pas les Mentaïs, ce sont eux qui nous trouve...

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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Lun 22 Aoû 2011, 12:16

- Je suis d'accord. Mais ce n'est pas tout à fait ce que j'ai demandé...
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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Mar 23 Aoû 2011, 11:25

- Je croyais que tu en avais déjà rencontré... A toi de me le dire.

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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Jeu 08 Sep 2011, 12:07

Décidément, la tournure qu’avait prise la conversation devenait intéressante. Et qui plus est, permettait à Anee de mieux cerner le personnage qu’elle avait dans son lit.

Il était beau, vraiment. Tout à fait à son goût.
Les muscles puissants et apparents, mais qui restaient déliés et fins ; sa tignasse impeignable sans aucun doute, sauvage sur sa tête ; ses yeux bicolores, l’un vert, l’autre bleu.
Elle pencha légèrement la tête sur le côté, pour reprendre ses esprits.

Il était aussi relativement intriguant, et mystérieux.
Il ne parlait qu’à demi-mot, et pourtant sans ambages. Il semblait la cerner autant qu’elle le cernait…

Elle lui adressa un sourire reluisant. Tranquille.
Plantant ses yeux dans les siens.

- Mm.

Elle fronça les sourcils.

- J’aime bien tes yeux, Gil.

Lui adressant un clin d’œil, elle se redressa doucement, avec grâce et lenteur, au-dessus du lit et de son amant. Ses yeux firent le tour de la pièce, et elle tomba sur la véritable boule de vêtements qui était encore entassée au pied du lit. Un léger soupir passa ses lèvres, et elle le ramassa du bout des doigts.
Pour venir à nouveau se blottir tout contre la peau chaude de l’homme.
La démêler lentement, avec patience.

Un bras, avec une jambe. Le pantalon se détacha de la chemise. Puis, sa robe s’en sépara à son tour, et les trois vêtements furent libérés les uns des autres. Dans un sourire soupiré, elle redressa le menton et les laissa tomber, tous, les uns à côtés des autres mais sur le plancher.
Avant de se relever.
Soupirer à nouveau.

Elle enfila sa robe directement sur sa peau – elle mettait si peu souvent de dessous que cela pouvait en devenir affolant – et se redressa pour faire face à Gil.

- Je crois que je sais ce que tu es. Et tu as aussi dû comprendre ce que je suis.

Elle lui lança un clin d’œil, avant de se diriger vers le point d’eau et le miroir de la chambre. S’inspectant quelques secondes dans son reflet, elle se passa de l’eau fraîche sur le visage et se frotta délicatement les yeux…







[Petite période de manque d'inspiration, toutes mes excuses...]
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Jeu 15 Sep 2011, 11:29

- Tu as l’air triste, mon chéri…
- Je suis pas triste, je suis en colère.
- En colère ? Contre qui ?
- Les enfants de miss N’il Nova. Ils ne veulent pas jouer avec moi, jamais. Ils disent que je ne suis pas normal.
- Mais… pourquoi est-ce qu’ils disent une chose pareille ?
- C’est à cause de mes yeux. Je n’aime pas mes yeux, maman. Je voudrais qu’ils soient normaux. Pourquoi ils sont comme ça ?


Sourire. Tendre caresse.
Sinéad SangreLune s’agenouille devant son fils, lui souffle de fermer les yeux.
Il obéit.


- L’originalité de tes yeux sont un mystère, mon cœur. Nul ne saura jamais pourquoi tu es né ainsi. Mais…

Elle embrasse la paupière de droite, tirant un léger rire à Manaël.

- A droite, tu as le marron des yeux de ton papa. Et…

Elle embrasse la paupière gauche ; Manaël éclate de rire.

- … à gauche, tu as le bleu de mes yeux.

Manaël ouvre les yeux. Des yeux vairons.
Des yeux magnifiques.


- J’aime tes yeux, Manaël. Ils représentent chacun un petit quelque chose de ton père et moi. C’est un privilège, une promesse : nous serons toujours là, en toi. Toujours.
- Promis, juré ?
- Juré promis !




*




Gil se frotta les yeux et s’étira tandis que son amante enfilait sa robe. Curieusement, il se sentait l’esprit étonnamment clair pour quelqu’un qui avait passé sa nuit à s’enivrer et à… faire pas mal d’autres choses. Il se sentait fourbu, courbatu, épuisé mais avec cette sensation de bien-être qui assaillit le corps et l’esprit après un certain effort. Il était satisfait. Et il se demandait bien pourquoi. Croisant les mains derrière la nuque, il tenta de trouver réponse à cette question, sans succès ; les gestes d’Anee avaient une fâcheuse tendance à le distraire.

- J’aime bien cette robe.

Faux ! Il préférait largement la voir sans. Nue, elle était bien plus séduisante que vêtue de la plus somptueuse des parures. Mais il avait voulu donner un certain écho à ses mots, lorsqu’elle lui avait murmuré qu’elle aimait ses yeux. Pour Gil, c’était comme une porte de sortie, une issue de secours dans laquelle il s’engouffrait à la vitesse de l’éclair afin d’échapper aux sentiments. Les siens, et non pas ceux d’Anee. Craquait-elle pour lui ? C’était évident. Et il savait pourquoi. Craquait-il pour elle ? Non.
Et il savait pourquoi.

Sa question sur les Mentaïs n’était pas anodine. Gil savait reconnaître les techniques d’une fouille ostentatoire, lui-même avait suivit plus d’une femme dans son lit pour s’en servir. Anee cherchait quelque chose de précis, quelque chose qui le concernait. Les concernait ? Enfer… Il se leva sans bruit et se glissa derrière elle alors qu’elle se frottait les yeux. Découvrant son reflet dans le miroir, elle sursauta à peine.
Envoleuse.

- Une femme ordinaire aurait crié si je l’avais saisie à la gorge comme je l’ai fait avec toi tout à l’heure…

Il glissa les doigts dans ses cheveux, les souleva et les laissa doucement retomber sur sa nuque.

- Tu n’es pas une femme ordinaire, Anee.

Ses doigts dessinaient à présent quelques arabesques sur les courbes de son dos, de sa hanche, puis de ses reins. Il l’effleura à l’endroit précis où elle-même l’avait effleuré un peu plus tôt. Les rôles s’inversaient. Sans lui laisser le temps d’ajouter quelque chose, Gil la fit pivoter pour lui voler un baiser. Leurs souffles s’entremêlèrent un instant.

- Dis-moi ce que tu cherches.

Murmure.


[Ton manque d'inspi tombait à point nommé ! Entre le déménagement et la reprise des cours, je n'ai pas eu le temps de m'occuper de ce Rp. Qui me plait beaucoup, soit dis en passant !]

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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Lun 19 Sep 2011, 15:55

Un léger sourire passa les lèvres de Nee lorsque l’homme lui dit qu’il aimait bien sa robe. Mensonge. Cela s’entendait dans sa voix encore rauque et irritée de la veille, mais l’Envoleuse ne releva pas ce détail. Les hommes faisaient trop peu de compliments, autant savourer chacun d’eux, même s’il n’est pas entièrement pensé tel qu’il est formulé. Ses quelques pas vers le miroir avaient pour but de lui faire reprendre contenance, et lorsqu’elle s’aspergea d’eau le visage, elle entendit un grincement du lit peu discret qui lui indiqua que Gil s’était levé.

Mais pas un seul bruit de pas.
Le sourire sur les lèvres de Nee s’agrandit, alors qu’elle ouvrait les paupières pour découvrir, à peine étonnée, le reflet du regard de son amant dans la glace.

Les quelques mots qu’il prononça avaient sans doute pour vocation de la mettre mal à l’aise, de la faire se tendre… Se méfier… Elle posa un regard empreint de sérénité dans le reflet de celui de l’homme, parfaitement tranquille et calme. Oui, il avait saisi ce qu’elle était. Les petits gestes qu’il avait avec ses cheveux et ses doigts dans son dos voulaient la déconcerter, elle s’efforça de rester parfaitement concentrée sur ce qu’il disait, sans rater un seul son, une seule syllabe, une seule intonation.
Tout parle à qui sait écouter.


- Tu n’es pas une femme ordinaire, Anee…

Un sourire se coula sur les lèvres de la femme.

- Dis-moi ce que tu cherches.

Un léger soupir s’échappa de sa bouche. Les doigts de l’homme se promenaient sur son dos, et l’effleurèrent exactement où elle l’avait elle-même fait quelques heures plus tôt. Les rôles inversés, ou presque. Un sourire étirant toujours ses commissures de lèvres, la jeune femme se redressa, savourant le baiser de l’homme qui l’avait retournée entre temps.

Souriant toujours, elle planta son regard dans celui de Gil.
Lui adressa une moue sereine et appliquée.


- A dire vrai, je ne cherchais rien jusqu’à il y a quelques heures. Ou juste l’ombre d’un souvenir…

Nee se dégagea de l’étreinte de Gil doucement mais fermement, déposant un baiser sur la pointe de son épaule. Se tournant vers la porte de la chambre, elle lâcha un petit soupir avait de poser ses mains sur son ventre…

- Ca te dirait de manger quelque chose ? J’ai faim.

Curiosité affamée, ou juste estomac ? Sans doute les deux à la fois. Oui, ce souvenir lui titillait l’esprit, revenait sans cesse au premier plan de ses pensées, mais elle ne parvenait pas à le saisir. Quelques images s’imposaient à elle, et lorsqu’elle souhaitait les attraper, ils se dispersaient comme neige au soleil.

Nee s’arrêta pour jeter un coup d’œil à Gil.
Elle enfila dans le même temps ses deux chaussures en cuir tanné et coloré d’une teinte claire. Se redressant lentement, elle jaugea encore une fois de l’homme qui était en face d’elle.

Cela serait un adversaire à la hauteur, elle n’en doutait pas.
Mais elle n’avait aucune envie de se battre.
Elle avait faim.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Mer 21 Sep 2011, 16:06

Gil fronça les sourcils, surpris. Une fois de plus, elle le prenait au dépourvu et une fois de plus, il réagit trop lentement – ou elle bougea trop vite et échappa à son étreinte comme un filet d’eau entre ses doigts. Pour se redonner contenance, il trempa à son tour les mains dans la bassine et frissonna au contact de l’eau froide. L’espace d’une seconde, il envisagea de prendre le temps de se raser, ne serait-ce que pour voir l’agacement se peindre sur les traits si délicats de la jeune femme, mais son ventre se chargea de lui faire oublier cette idée en émettant un gargouillement à la fois révélateur et indigné.

Anee ayant démêlé leurs vêtements, il ne lui fallu guère plus d’une minute pour enfiler pantalon, chemise, tabard et bottes, et moins encore pour se coiffer – un rapide passage de la main dans ses cheveux lui suffit. Puis Gil glissa la flûte à sa ceinture et son regard croisa celui d’Anee avant qu’il ne se penche pour soulever son sac sur son épaule. Ils laissèrent le lit tel quel, tout chiffonné de leur nuit mouvementée. Les souvenirs, ils les emportaient avec eux. Parvenu en bas de l’escalier, Gil désigna le comptoir d’un signe de tête.

- Pas ici. Je t’emmène ailleurs, attends-moi dehors.

Il n’avait aucun moyen de s’assurer qu’elle lui obéisse et d’ailleurs, c’était peut-être également sa chance de retrouver une journée normale. De repartir à l’aventure, puisqu’il n’était ici que de passage. Le tenancier accueillit d’un hochement de tête le règlement de sa pension pour une nuit, plus celle d’Anee qui avait disparue. Et Gil traversa la salle à pas légers. Quoi qu’il se passe désormais, il avait passé une nuit hors du commun et sa bonne humeur n’allait pas le quitter de sitôt.

Elle l’attendait.
Gil s’arrêta devant elle mais garda le silence ; il ne s’avouerait jamais à quel point il était heureux qu’elle n’ait pas filé sans demander son reste. Il était bien trop habitué à occuper ce rôle pour le céder à quiconque… Puis l’envoleur réajusta son sac sur son épaule et se mit en route, mais non sans lui avoir accordé un fantôme de sourire – le mieux qu’il puisse faire – pour l’inviter à le suivre. Il y avait des années qu’il n’avait pas remit les pieds à Al-Far et il était curieux de savoir si l’établissement qu’il avait en tête existait toujours. C’était une vieille gargote, de celle que les nobles feignent de ne pas remarquer sur leur passage simplement parce qu’elles ont un aspect peu engageant. Ils seraient bien surpris de découvrir un intérieur infiniment plus sympathique que tous leurs salons les plus guindés.

A la table de Latath existait toujours. Coincée entre deux maisons presque deux fois plus grandes et plongée au cœur d’un quartier aussi peu fiable de jour comme de nuit, la taverne donnait l’impression de n’être plus qu’un tas de ruines abandonnées. Les pierres inégales de la façade laissaient croire qu’elles avaient été assemblées par un ivrogne et il manquait autant de tuiles sur le toit que de dent dans la bouche du vieux mendiant assis dans la rue, juste devant l’entrée. Il manquait des volets à certaines fenêtres, qui n’en avaient nul besoin puisqu’elles étaient pratiquement opaques. Quant à l’enseigne presque complètement effacée, elle ne tenait plus que par une chaînette rouillée et se balançait lentement sous les rares assauts du vent qui venait parfois à s’engouffrer dans la ruelle vide et silencieuse.

Gil sourit. Exactement comme dans son souvenir…

- Je sais, ça ne paye pas de mine, dit-il à Anee sans quitter la gargote délabrée du regard. Mais c’est ici que l’on sert le meilleur siffleur farci de tout l’Empire.

Il observa encore la pauvre bâtisse avant de tourner vers l’envoleuse un regard qui lançait presque un défi. Est-ce que tu vas me suivre ? Peu de personnes auraient accepté cette proposition… mais Anee était différente de celles qu’il avait pu croiser jusque-là. Elle lui rappelait la marchombre qu’il avait rencontrée quelques mois plus tôt, par sa force et son attitude. Rien ne semblait la gêner ni lui faire peur, et pourtant elle n’était pas du genre à se laisser berner par le premier venu.

Une odeur de siffleur cuit les assaillit dès lorsqu’ils poussèrent la porte et Gil laissa son regard vaguer dans la salle, soudain replongé dans son propre passé. Rien n’avait changé. Il y avait toujours cette imposante cheminée, à la fois impressionnante et incroyablement dépassée, dont l’âtre éteint cédait en lumière au jour qui transparaissait d’une bien drôle de façon à travers l’opacité des vitres. Il y avait un nombre impair de tables et aucune chaise n’avait de sœur jumelle ; c’était un lieu unique, empli de choses uniques et auquel l’atmosphère enfumée conférait à la fois mystère et confort.

Gil invita Anee à le suivre dans le fond de la salle. Par habitude, il s’installa dos au mur, fort d’un réflexe prudent qu’il avait acquis de nombreuses années auparavant. Croisant les bras derrière sa nuque, il plissa les yeux et détailla sa compagne.

- Alors ? Ton impression ?

Une légère note d’amusement pointait dans sa voix.
Le bleu et le marron de ses yeux flamboyèrent.
Il sourit.

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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Jeu 22 Sep 2011, 16:51

Anee suivit Gil dans les escaliers puis près du comptoir sans un mot. Juste un regard échangé, lorsqu’il s’était rhabillé et avait mis la flûte à sa ceinture. Ils étaient sortis, et le lit portait encore leur odeur, leurs odeurs mêlées et entremêlées, avec une note de sueur et d’effort dans l’air. Un léger sourire accroché aux lèvres, Nee descendit donc sans se presser les escaliers qui menaient dans la pièce principale de l’auberge. Elle avait faim, mais lorsqu’elle voulut s’asseoir, l’Envoleur lui dit qu’il ne voulait pas ici, et qu’il avait un lieu qu’il préférait. A priori, il voulait l’y emmener.

Nee ne savait pas trop si elle pouvait lui faire confiance. Ce n’était peut-être qu’une excuse pour se la filer douce. Elle aussi aurait d’ailleurs pu s’esquiver sans trop de mal, il lui aurait suffi de se laisser porter par la foule qui grandissait, dans la rue, à l’extérieur. Faire comme si elle l’avait écouté, et juste se fondre dans les courants humains. Elle décida néanmoins de l’attendre : après tout, s’il revenait – ce qui n’était en soi pas certain du tout – il aurait une bonne table à lui présenter, et une bonne table est toujours un précieux allié dans une ville aussi grande qu’Al-Far.

Il finit par arriver… Ainsi, il n’était pas parti en voleur. Un léger sourire étira les lèvres d’Anee, qui le suivit alors qu’il tentait de lui adresser un sourire, sans doute – l’ombre dans le creux de ses joues devait vouloir dire cela, non ? Ils marchèrent en silence, et atteignirent rapidement l’enseigne que Gil souhaitait lui montrer.

A la table de Latath.

Nee haussa un sourcil, surprise. Non pas que l’aspect peu engageant de l’établissement en question ne lui convînt pas, au contraire : c’était souvent dans les plus petites auberges que l’on servait la meilleure nourriture. Or, elle avait faim. Elle ne se fit donc pas prier pour entrer dans la taverne aux trésors… La décoration : rien de plus simple que des planches en bois partout, des chaises toutes disparates, des tables toutes aussi différentes les unes des autres.

L’odeur fit frémir les papilles de la jeune femme, qui l’inspira à fond. Du siffleur ! Elle faillit s’en lécher des babines. Cela ne la dérangeait pas de manger salé dès le réveil, et pour cause : cela faisait maintenant un moment qu’elle était réveillée ; mais quand elle avait fait, elle ne faisait pas de chichis, et mangeait absolument de tout, tant que cela remplissait son estomac.

Anee suivit l’Envoleur dans le fond de la salle, tranquille mais impatiente. Cette odeur faisait se rebeller son estomac, qui criait famine. Un léger sourire sur les lèvres, elle vit l’homme s’asseoir sur une chaise dos au mur, et ne put s’empêcher de se dire que le mur était un ami bien versatile. Installé sans embage dans sa chaise, Gil commençait déjà à se balancer sur cette dernière, en équilibre sur deux pieds, tirant un soupir à Nee.

Elle ne répondit pas immédiatement à sa question.
S’asseyant gracieusement sur une autre chaise, elle cala correctement sa robe sous elle, avant de poser les mains sur la table pour regarder autour d’elle. Cela ne payait pas de mine, certes, mais si elle pouvait manger, elle s’en fichait un peu. Néanmoins, elle réfléchit à la réponse qu’elle allait pouvoir donner à Gil pour être un brin plus diplomate : après tout, même s’il voyait bien que cela lui importait peu, ils auraient peut-être matière à débattre durant le déjeuner.


- Et bien, ça ne paye pas de mine. J’espère juste que le service sera aussi rapide qu’il y a de chaises identiques ici !

Lui adressant un sourire, elle cala ses pieds sur l’un des barreaux de sa chaise, et continua à regarder autour d’elle, espérant que le serveur ne tarderait pas à voir ses nouveaux clients…

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Lun 26 Sep 2011, 12:08

Un léger rire échappa à Gil.

- Chaque service est unique, ici. Tout dépendra de qui nous repère…
- Bonjour !

C’était une jeune fille. Elle les avait repérés dès lors qu’ils avaient franchi le seuil – cet homme aux cheveux noirs et au regard sombre, aussi beau qu’inaccessible à cause de la beauté fatale qui le suivait de près – et n’avait pas hésité à approcher leur table. Svanja sourit. Grande, maigrichonne, elle n’était pas jolie en plus d’être incroyablement maladroite, mais c’était justement pour cette raison que le gérant la gardait à son service : parce qu’elle s’accordait parfaitement au lieu.

- Qu’est-ce que je vous sers ?
- La même chose qu’il y a à peu près quatre ans, j’espère ?
- Je ne sais pas, je n’avais pas l’âge de travailler à cette époque. Mais j’imagine que vous voulez parler du siffleur farci alors oui, je peux vous en servir.


Gil se redressa légèrement sur sa chaise et détailla rapidement leur serveuse. Une gamine… qui n’était toujours pas en âge de travailler, selon lui, mais qui se fondait tellement bien dans le décor que l’on oubliait rapidement ce détail.

- Deux siffleurs farcis, alors.
- Vin, hydromel, eau-de-vie ?
- Vin rouge.


Svanja s’éclipsa et Gil croisa le regard d’Anee.

- Je comptais m’arranger avec le patron pour pouvoir manger à l’œil, mais avec une équipe si… jeune… je me demande si je ne vais pas plutôt avoir affaire à son fils.

Auquel cas ç’en était déjà fini de la ristourne, et Gil n’avait plu qu’à faire ses comptes en silence. L’ironie de ses propos, à peine dissimulée, rendait toutefois la scène cocasse et l’envoleur se renversa à nouveau contre son dossier. Ce dernier était bancal et il avait la nette impression que l’un des pieds de la chaise était plus court que les autres mais malgré tout il était parfaitement à son aise. Et Anee ? Sans en avoir l’air, Gil l’observa, à l’affût d’un signe d’agacement, d’une certaine tension des muscles lui indiquant qu’il n’avait pas choisi le bon endroit pour…

… elle dévorait la pièce du regard. Il y avait une sorte de fascination dans ses yeux, là, tout au fond de ses prunelles ; elle analysait tout, depuis les tableaux dont l’un était à l’envers jusqu’aux quelques clients qui commençaient à affluer pour le déjeuner. Gil haussa un sourcil. Oui, il avait choisi cet endroit simplement pour la mettre à l’épreuve, simplement pour donner du relief à ses paroles qu’elle avait murmuré dans un souffle au cours de leur danse nocturne, pour vérifier qu’elle ne jouait pas un rôle. Et bien, il la connaissait à peine – même si la moindre parcelle de son corps lui était désormais familière – mais il pouvait affirmer une chose : elle était sincère. Là, maintenant, tout de suite, alors qu’elle guettait le retour de la petite serveuse.

- La première fois que j’ai mis les pieds ici, je n’avais rien mangé depuis des jours. Imagine-toi un gamin complètement déluré, avec la peau sur les os et une lueur sauvage au fond des yeux… J’avais envie de tuer tout le monde.

De nouveau, Gil croisa les mains derrière sa nuque. Il ne comprenait pas très bien le sens de sa démarche. Etait-ce le regard d’Anee qui le forçait à s’étaler sur sa vie privée, ou bien la force de ce lieu qui faisait remonter en lui une vague de souvenirs ?

- Ce soir-là, un homme a apaisé ces deux faims. La première avec un siffleur farci, la seconde en m’ouvrant son savoir.

Svanja l’interrompit le temps de leur servir leur vin. Gil leva son verre en direction d’Anee, savoura une gorgée puis poursuivit, son regard planté dans le sien :

- C’est ici que j’ai rencontré mon premier Mentaï.

Et il se tut. Ah, mais voilà la véritable raison de tout ce verbiage : revenir à ce petit accroc, cette infime dissonance dans la petite mélodie qui s’était jouée entre eux, dans la chambre. C’était risqué, parce que si Anee se sentait trop observée, elle s’évanouirait dans la nature. Or il ne comptait pas la laisser filer – du moins, pas avant la fin du repas…


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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Mer 28 Sep 2011, 19:30

La réponse à la question d’Anee ne tarda pas à se présenter sous la forme d’une jeune serveuse. Un peu trop jeune pour l’Envoleuse, mais après tout, il valait mieux gagner son pain honnêtement dès que possible plutôt que s’étendre en tant que voleur dans les marchés, c’était un fait. Lorsqu’elle demanda ce qu’ils souhaitaient commander, Gil demanda deux siffleurs farcis, ce qui convenait parfaitement à Anee, et puis cela avait l’air d’être la spécialité de la maison, alors elle était impatiente d’y goûter. Surtout que le fumet qui se dégageait des cuisines était plus qu’alléchant.

Elle ne put s’empêcher de hausser un sourcil lorsque Gil commanda avec cela du vin rouge. Il n’avait pas assez bu la veille ? En tout cas, pour elle, elle avait assez bu et il lui faudrait au moins deux jours avant de retoucher un verre d’alcool… en temps normal. Mais s’il lui offrait le vin, elle n’allait pas y cracher dessus, au contraire, surtout qu’il ne semblait pas du genre à être un gentleman, c’était un fait.

La jeune fille repartit en haussant la tête, la commande dans cette dernière, et Anee jeta un coup d’œil à Gil, un sourire aux lèvres à sa remarque. Elle l’observa quelques secondes, sur sa chaise, se balançant toujours sur deux pieds – comme la veille. Puis, elle reporta son attention sur la pièce. Gardant pourtant toujours une pointe de cette dernière tournée vers l’homme. L’Envoleur.

Il était stupide de le nier.
Il l’intriguait au plus haut point.
Après tout, elle ne pensait même pas continuer cette journée à ses côtés. Manger encore moins. Pour elle, la veille, il était comme tous les autres hommes qu’elle avait entraînés dans son lit : là pour une nuit, et elle filerait le matin dès que possible, parfaitement silencieuse. Comme quoi, un seul élément perturbateur pouvait modifier totalement une journée, une perception.

Peut-être même faisait-il plus que l’intriguer.
Parce que bon, il avait plutôt l’air – et la chanson – de l’homme qui s’en fichait un peu de tout. Qui n’était pas du genre à inviter quiconque à manger, ou à se révéler à qui que ce fût. Un Envoleur, en prime… Décidément, oui, il était intéressant. Mais pourquoi se pliait-il à des jeux « de politesse », comme manger ainsi ?

Un léger sourire étira les lèvres d’Anee, qui continuait de regarder autour d’elle. Il était vrai que cette auberge avait un certain charme. Et sa particularité était particulière, si elle pouvait s’autoriser cette pensée. Parce que tout était unique ici, de chaque planche de bois, d’une couleur différente de sa voisine, de chaque chaise parfaitement disparate de toutes les autres, de chaque table, tantôt rondes, ovales ou rectangulaires… Les clients aussi étaient à cette image, ainsi que les tableaux de travers – celui-là était complètement à l’envers…

Mais elle avait faim, et elle attendait impatiemment le retour de la serveuse avec les deux plats de siffleur.


- La première fois que j’ai mis les pieds ici, je n’avais rien mangé depuis des jours. Imagine-toi un gamin complètement déluré, avec la peau sur les os et une lueur sauvage au fond des yeux… J’avais envie de tuer tout le monde.

Un léger sourire étira les lèvres de Nee, et elle vint planter son regard dans celui de son interlocuteur, en face d’elle. Devenue écoute.

- Ce soir-là, un homme a apaisé ces deux faims. La première avec un siffleur farci, la seconde en m’ouvrant son savoir. C’est ici que j’ai rencontré mon premier Mentaï.

Anee lui adressa un large sourire, les yeux pétillants. Prenant une inspiration, elle trinqua en même temps que lui pour boire deux gorgées du vin. Il était plutôt doux dans sa bouche, contre son palais, un brin sec peut-être, c’était dommage. Cela dépendrait de l’état des plats par la suite.

Lui parler, ou non, de ce souvenir qui ne cessait de revenir dans son esprit ?
Elle décida de jouer cartes sur table.


- La seule fois où j’ai rencontré un Mentaï, c’était pour ma greffe.

Elle but une gorgée sans lâcher Gil du regard.

- Je crois que c’est aussi là que je t’ai rencontré la première fois…

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Dim 02 Oct 2011, 20:55

- Je ne me souviens pas de toi.

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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Jeu 06 Oct 2011, 13:34

- Tant pis. Moi si.
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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Ven 07 Oct 2011, 14:59

- Attends, Anee, ne prends pas la mouche. Tu aurais dû attirer mon attention. J'oublie rarement un visage, tu peux me croire. Mais cet... entretien... ne s'est pas déroulé comme prévu.

Le seul souvenir que j'en garde est une douleur effroyable.

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MessageSujet: Re: Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]   Ven 07 Oct 2011, 22:02

- Je ne prends pas la mouche. Je dis juste que c'est tant pis pour toi...
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Quelques notes de mélancolie [PV Giliwyn]
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