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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Point Final [PV Dolce] - TERMINE

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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Sam 04 Fév 2012, 13:33

- Je prendrai Gazia en priorité. Dans le pire des cas, je la mettrai hors d'état de nuire, et dans le meilleur, je pourrais la convaincre de nous aider.

Ensuite, ça dépendra comment se comporte les autres. Elle est sûrement à leur tête, telle que je la connais. Si on l'influence, cela déstabilisera tout le monde, et cela sera largement à notre avantage.


( Plante son regard dans celui de Syndrell )

- Pur choix stratégique...
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Sam 04 Fév 2012, 15:05

- Evidemment.

(Elle soutient son regard, impassible)

En ce qui me concerne, je pense qu'éliminer le gros balèze ne sera pas très compliqué. Je suis petite, il ne s'attendra sûrement pas à ce que je le prenne pour cible. Il faudra se méfier d'Azfaran et de ses fouets. Les autres, ce sera une bouchée de pain !

Vous avez des questions ? Parce que si tout va bien pour vous, je propose de lancer la charge avant l'aube. Plus longtemps Ciel sera protégé par les ombres, mieux ça vaudra !

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Sam 04 Fév 2012, 17:37

- Non madame !

( Un clin d'oeil taquin )

- C'est aussi clair que de l'eau de roche !

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Dim 05 Fév 2012, 22:42

- Et toi, Ciel ?
- Pareil.
- Bien !

Syndrell commença à délacer son corset trempé sous le regard perçant de Dolce et celui, plus gêné, de Ciel. Il l’avait vue nue bien avant Dolce, pourtant, et la jeune femme savait très bien que les yeux qu’il posait sur elle étaient ceux d’un grand frère, mais pour préserver sa pudeur et éviter une nouvelle scène de la part de son amant, elle s’enveloppa de sa couverture avant d’ôter sa chemise.

- Ce qui veut dire que nous avons quelques heures devant nous avant la charge. En ce qui me concerne, je ne pense pas pouvoir trouver le sommeil…

Il y avait trop d’images, trop de pensées sous son crâne pour qu’elle y songe seulement. L’excitation du combat approchant tendait ses muscles et faisait flamboyer ses grands yeux dorés tandis qu’elle lâchait ses cheveux, lesquels retombèrent en cascade bleue sur ses épaules.

- Je ne crois pas pouvoir dormir non plus, avoua Ciel en se tortillant sur son matelas.
- Cette peau toute bizarre, comment va-t-il falloir que je l’applique sur moi ?
- Il faudra l’enfiler comme un manteau.
- Ben voyons…
- Normalement, tu ne sentiras rien, je t’assure ! C’est… c’est tout ce que j’ai trouvé de plus proche de la réalité. C’est la première fois que je dessine un truc pareil.


Le Dessinateur faisait en sorte d’éviter de regarder Dolce, mais lorsqu’il s’adressa à lui, il fit l’effort de lui sourire un peu gauchement :

- Je peux également renforcer vos vêtements… faire en sorte qu’ils ne prennent pas feu lorsque l’incendie ravagera la ferme… c’est pas grand-chose, mais… enfin, ça pourra sans doute vous aider.

Un sourire effleura les lèvres de Syndrell. Son ami balbutiait lorsqu’il était en proie à une tension et à l’entendre parler, c’était précisément le cas. Il y avait de quoi, songea-t-elle en retirant ses bottes, puis son pantalon – sans jamais se débarrasser de la couverture qui l’enveloppait toujours. Attendre alors que tout devait se jouer d’ici quelques heures, ce n’était vraiment pas simple.

Elle frissonna. La lumière dessinée par Ciel, en plus d’éclairer la tente, réchauffait le minuscule habitacle mais cette soirée passée couchée sur de la glace l’avait frigorifiée. Levant les yeux vers Dolce, elle pencha la tête sur le côté, une question muette dans le regard. Seuls ses bras étaient en mesure de la réchauffer – et de brider les doutes qui commençaient à assaillir son esprit…


[Ouch ! C'est court...]

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Lun 06 Fév 2012, 12:10

Dolce hocha doucement la tête quand Ciel dit qu’il était prêt, tout comme lui.
Après tout, n’étaient-ils pas là pour ça ?

Un léger soupir fendit l’air : lui, par contre, aurait bien dormi quelques heures. Combat ou pas combat, excitation ou pas, il savait qu’il pouvait dormir dans n’importe quelles circonstances – même celles-là.
Enfiler des bleus et fêlures comme un manteau. L’idée en elle-même était originale, et fit sourire légèrement le jeune homme. Mais il ne s’attarda pas sur ce détail, laissant Ciel et Syndrell se débrouiller seuls…

Oui, parce qu’elle avait quand même failli se déshabiller devant lui !
Un léger frisson parcourut Dolce. Il devait avouer cela le déboussolait encore plus. Peut-être que Syndrell n’était pas du genre pudique – certainement même, d’après ce qu’il avait pu en voir – mais se déshabiller comme ça devant deux hommes… D’autant que lui, cela ne le gênait pas, mais un soi-disant « ami »… Un peu plus quand même.

Alors, il se contentait de la regarder se contorsionner sous sa couverture, pour tenter d’enlever la couche de vêtement qui entravait chacun de ses mouvements. Il avait terriblement envie d’avancer, et de balancer ce drap loin, s’approcher de Syndrell, effleurer son cou de ses lèvres, glisser ses doigts sur ses seins…


- Je peux également renforcer vos vêtements… faire en sorte qu’ils ne prennent pas feu lorsque l’incendie ravagera la ferme… c’est pas grand-chose, mais… enfin, ça pourra sans doute vous aider.

Dolce, par instinct, faillit répliquer directement non.
Non, il ne voulait pas de ce genre de renfort. Il ne savait pas trop comment réagirait l’Imagination, déjà, et les effets secondaires que cela pourrait engendrer, mais surtout… Surtout, il avait un peu peur de ce qu’il se passerait s’il devait dégainer sa greffe. Après tout, elle était liée l’Imagination. Et puis, si Ciel renforçait ses vêtements aussi contre les coups, il ne pourrait pas s’en servir aussi aisément que si le disque avait juste tranché les vêtements.

Il prit cependant le temps de tourner sept fois sa langue dans sa bouche, avant de répondre. Il était parfaitement calme, et pour la première fois, le sourire qu’il afficha n’était pas forcé, mais bel et bien tranquille – et confiant.

- Non, merci Ciel. Fais-le pour Syndrell si tu veux, mais je ne préfère pas prendre ce risque…

Hochant la tête pour lui-même, un sourire sur les lèvres, Dolce capta le regard de Syndrell, un instant. Ses propres prunelles s’adoucirent encore, et il s’avança vers elle, sans la moindre marque d’hésitation. L’attrapant par les épaules, il la pressa contre son torse – même si la couverture le séparait encore d’elle. Déposant un baiser sur sa chevelure bleue, il lâcha un léger soupir, un souffle tranquille.

- Je suis là.

Un murmure, qu’elle seule put percevoir. Et si Ciel avait pu voir ses lèvres bouger, il aurait été bien en peine de déchiffrer les trois mots qui en étaient sortis.

Dolce se redressa un peu, tenant toujours Syndrell contre lui.

- Si vous ne pensez pas pouvoir dormir, je pense que je vais le faire. Une heure ou deux, pas plus. Mais il vaut mieux essayer de dormir…

Oui, il valait mieux que les deux personnes ici dormissent quelques temps. Cela faisait toujours du bien, une heure de sommeil, même si elle était agitée. Dolce, quand à lui, s’allongea tout contre le corps de Syndrell, lui caressant le dos jusqu’à la naissance de ses fesses sensuellement. Et puis il ferma les yeux.
S’endormit.


§§



Dolce ouvrit un œil, puis l’autre.
C’était Syndrell qui le réveillait doucement, et cela le fit sourire.
Juste avant qu’il ne se souvienne. Du plan. De Vanora. De la ferme… De Ciel.

Il lâcha un long soupir, avant de se redresser sur son séant, se frottant les yeux paresseusement. Son regard fit le tour de la tente, et il prit une légère inspiration.

- Je suppose que c’est le coup d’envoi ?

Adressant un sourire à Syndrell, il déposa un léger baiser sur ses lèvres.
Ses yeux pétillaient.
D’excitation. De fièvre guerrière.
Il voulait en découdre !







[ Pas grave, je m'en fous, c'est toujours aussi bien ! ^^ ]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Lun 06 Fév 2012, 19:19

[Me suis rattrapée, gniahahaaa ^^]

Syndrell faillit protester lorsque Dolce les allongea tous les deux sur le matelas, mais la chape de soulagement et de réconfort qui l’enveloppa en même temps que ses bras puissants s’accompagna d’une brusque vague de fatigue ; elle était épuisée. Et sur les nerfs, ce qui rendait encore plus sages les paroles de l’Envoleur : dans un pareil état, aucun d’entre eux n’était capable de faire du bon boulot.

Et puis, elle devait avouer qu’elle était bien, blottie contre son torse et emprisonnée dans son étreinte. Tellement emprisonnée qu’elle ne pouvait presque pas bouger, pas même pour lever la tête en direction de Ciel ; Dolce s’était couché du côté intérieur de la tente, la séparant de son ami, et elle savait que c’était volontaire. Elle se contenta donc de lever la main pour lui faire signe.


- Au dodo, Prof ! Quitte à tuer le temps, autant faire ça bien !

Il ne répondit rien mais elle l’entendit remuer sur son matelas et compris qu’il s’était allongé à son tour. Avec un petit pincement au cœur, elle songea à la solitude qu’il devait ressentir quand Dolce et elle étaient si étroitement serrés qu’ils semblaient ne faire qu’un. Son ami n’avait jamais été très heureux en amour, un fait qu’il démentait en se disant parfaitement comblé avec l’amour de sa famille, mais Syndrell n’aimait pas le savoir blessé. Il ne l’était pas, pas plus qu’il n’était jaloux ; son manque de tact avec Dolce tenait du simple fait qu’il la protégeait au même titre que chacun des membres de son immense fratrie. Si Dolce n’avait pas été de la partie, c’est dans les bras de Ciel qu’elle aurait dormi…

Mais ce n’était toutefois pas comparable avec le bonheur qu’elle ressentit en enfouissant son visage au creux de l’épaule de son Envoleur. Il faisait battre son cœur à lui en briser les côtes et vidait son esprit de la moindre pensée n’ayant aucun rapport avec l’instant présent, avec ce qu’elle ressentait à ce moment même : l’odeur de Dolce, les battements réguliers de son cœur contre son oreille, son souffle qui se faisait plus lent alors qu’il s’endormait, le nez dans ses cheveux et son nom au bout des lèvres…Bercée par autant de petits détails qui lui assuraient protection et amour, la marchombre finit par s’endormir à son tour.



* * *

Syndrell se pencha sur Dolce pour le secouer doucement par l’épaule.
Il avait un visage presque enfantin quand il dormait, songea-t-elle en le regardant ouvrir des yeux encore pleins de sommeil. Un petit enfant qui s'en allait tuer des méchants…


- Je suppose que c’est le coup d’envoi ?

Hochant la tête, elle répondit à son baiser et glissa une main sur ses cheveux ras, appréciant leur texture autant que les chatouilles qu’ils prodiguèrent à sa paume. Le sommeil s’attardait encore sur les traits de Dolce, mais il avait l’air au meilleur de sa forme, exactement comme Ciel et elle ; cette petite sieste improvisée avait rechargé leurs batterie à bloc. Il était temps de passer à l’acte.

- Est-ce qu’on range tout ça ? fit Ciel en passant la tête à travers l’ouverture de la tente.

Comprenant que « tout ça » signifiait « le campement », Syndrell secoua la tête.

- Je ne pense pas que ce soit bien utile. Après ce que nous allons vivre, revenir ici pour se reposer et soigner les éventuels bobos sera sans doute nécessaire !

Se détachant à contrecœur de Dolce, la jeune femme souleva les couvertures pour retrouver sa cape. Elle n’avait pas encore enfilé ses vêtements mais auparavant, il lui fallait enfiler sa « nouvelle peau » ; Ciel l’attendait dehors avec l’étrange matière entre les mains. Il ne put s’empêcher de sourire en la voyant grimacer.

- Un vrai manteau, je te dis.
- Solide, le manteau ? Parce que Dolce ne va pas y aller en douceur, avec moi…
- Elle est très fragile quand on la tient comme ça, mais sur toi, elle sera aussi résistante que ta propre peau. Bon, par contre, elle ne protège pas des coups, alors…
- Pas besoin.


Syndrell saisit délicatement la peau entre ses doigts et écarquilla les yeux. On aurait dit de la soie ou un tissu dont la douceur s’en rapprochait, et elle avait la chaleur de la chair humaine. C’est donc un tout petit peu moins dégoûtée qu’elle enfila la peau « comme un manteau » avant de passer rapidement ses vêtements pour se protéger du froid. Mais lorsqu’elle se contorsionna pour observer le résultat, elle laissa échapper une exclamation satisfaite : toute personne n’ayant pas été dans la confidence aurait juré qu’elle s’était fait passer à tabac récemment !

Elle était couverte d’ecchymoses, certaines à l’apparence plus ancienne, d’autres donnant l’impression de saigner encore. Coupures, griffures, bleus, le répertoire semblait n’avoir aucune limite et lorsque Syndrell déchira ses vêtements pour donner le change, l’illusion était parfaite. Ne manquait plus qu’à bien jouer la comédie – mais n’était-ce pas l’une des principales qualités des espions ?


- Ciel, tu es génial !

Il rougit et haussa les épaules avec modestie, mais le sourire de Syndrell lui réchauffait le cœur. Toutefois, il ne put que rester complètement béat lorsque la marchombre, après un instant de réflexion, tira son poignard fétiche de sa ceinture pour le glisser dans la sienne.

- Il s’appelle revient ! prévint-elle en lui lançant un clin d’œil doré. Mais je ne peux pas jouer mon rôle si je suis armée, et Dolce n’a pas besoin d’une lame supplémentaire.

Théoriquement, Ciel non plus : son arme à lui résidait dans son Don et Syndrell espérait qu’il lui suffirait pour mettre Blanche hors d’état de nuire. Mais elle n’avait pas oublié dans quel état s’était retrouvé le Dessinateur après son combat contre le Mentaï, à Fériane ; elle avait cru le perdre, et il n’avait pas retrouvé la capacité de se balader dans les Spires avant un petit moment. Si jamais il se trouvait dans l’incapacité de se servir de l’Imagination, elle voulait qu’il puisse quand même se défendre.

Sachant très bien que cet échange n’avait pas échappé à Dolce, elle passa un bras autour de sa taille et se hissa sur la pointe des pieds pour l’embrasser. Elle s’en voulait presque qu’il soit témoin de cette affection sans borne qui l’unissait à Ciel, mais puisqu’il l’aimait il lui fallait bien l’accepter, et puis elle était prête à parier qu’une fois son histoire racontée à l’Envoleur, il ne regarderait plus son ami de la même manière. Pas après tout ce que Ciel avait fait pour el
le.


- Je t’aime, murmura-t-elle de façon à ce que lui seul puisse l’entendre. Je t’aime et je suis heureuse que tu sois là, avec moi, pour régler cette histoire.

C’était une réponse aux trois petits mots qu’il lui avait glissés à l’oreille, juste avant de dormir ; trois mots qui en avaient appelé d’autres, parce qu’à son réveil dans ses bras, Syndrell avait compris que si elle devait mourir dans cette ferme, en dépit du plan, elle mourrait heureuse.

Tout était fait, tout était dis.
Alors ils se mirent en route, trois compagnons contre dix adversaires.
Le défi était de taille, mais ils le relevaient avec panache !


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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Lun 06 Fév 2012, 21:39

Un ouragan. Une tempête. Une tornade.
La fin du monde. Ou peut-être le début.
Un coup dantesque dans l’estomac. Comme une apocalypse, qui aurait tout rasé sur son passage. Un terriblement retournement de situation, un bolide qui passe à toute vitesse, qui renverse tout, ébranle toutes les certitudes. Un tremblement de terre, puissant, interne. Un tremblement de pensées. Et encore.
Il n’y avait pas d’image, de son, ou quoi que ce soit pour pouvoir décrire ce qui traversait de part en part l’Envoleur. Il se sentait bouillonnant, prêt à éclater et l’instant d’après… Vide. Un vide bienfaiteur, un vide protecteur. Un vide de bonheur.

Comment trois mots, aussi petits soient-ils, pouvaient provoquer une telle réaction chez un homme ?
Il aurait été bien en mal de l’expliquer. Il titubait déjà, un sourire béat sur le visage, comme déconnecté du monde, déconnecté de lui-même… Mais pas de Syndrell. Il tituba, ne sut pas quoi répondre. Déjà, le flot de paroles qu’il aurait voulu prononcer se coupait, et seuls ses yeux parlèrent.
Intensément.

Ce n’était pas pour autant qu’ils n’allaient pas y aller. Mais désormais, Dolce savait que tout ce qu’il entreprendrait, il le ferait avec Syndrell. Il l’espérait, profondément. Il se retrouvait lié, jusqu’aux tréfonds de lui-même, avec une Marchombre. Lui, qui était censé être un tueur de Marchombres. Lui qui, quelques semaines auparavant, avait tué un Mentaï pour la protéger. Lui qui, dans quelques heures, serait face à des Mercenaires, des Envoleurs, et qui ne projetterait toujours que de la protéger.
Un coup énorme dans son cœur.

Sans doute l’avait-elle vu. Senti. Touché.
Sans doute avait-elle conscience de l’effet qu’elle venait de lui faire, de l’ouragan qu’elle avait provoqué en lui…

Déjà, elle se retournait, le privant de la lueur dans son regard doré. Il lâcha un léger soupir, avant de hocher la tête, avec retardement. Peut-être effarement. Et puis, la gravité de la situation lui revint en mémoire, alors qu’il posait son regard sur la jeune femme qui lui tournait le dos : recouverte d’ecchymoses – un vrai travail d’artiste – et la tenue déchirée, elle ressemblait à un mort-vivant… Il ne manquait plus que la poussière.

- Ciel… Peut-être ternir un peu ses vêtements, en plus, si tu peux. Il manque de la poussière, je trouve…

Il sourit à l’assentiment du Dessinateur, avant de se tourner vers Syndrell.
Appelant Singa, le jeune étalon vint le rejoindre, et il le harnacha tranquillement. Il lui mit la selle, fixa quelques paquetages – avec des pierres, mais vides sinon, sauf quelques armes qui seraient certainement inutiles – et se tourna vers la Marchombre.

- Vas-y, monte dessus, je vais mettre des cordes autour de tes poignets pour faire croire que tu es attachée. Pareil, je vais faire croire que d’autres cordes te tiennent les jambes aux étriers pour empêcher ta fuite.

Joignant le geste à la parole, Dolce prépara donc sa « prisonnière » avec parcimonie, insistant sur les moindres détails pour ne pas que cela fût visible de l’extérieur, que tout cela était une comédie. Puis, il observa la jeune femme sur l’étalon – qui piaffait d’impatience – et hocha la tête.

- Je crois qu’on est bien parés.

Il avait eu le temps d’entraîner Singa pour le combat, même si ce n’était pas encore parfait. L’étalon s’était prêté joyeusement aux cabrés et croupades qu’il lui avait apprises, mais qu’en serait-il face au danger ?


§§


Dolce avançait, Singa sur ses talons, vers la porte de la ferme.
Le dos droit, et dans le regard une lueur de détermination farouche. Il ne portait pas un seul regard vers Syndrell, et s’était gorgé de la rage et de la colère qu’il ressassait contre Vanora pour faire croire que ces émotions étaient dirigées vers la Marchombre sur le dos de son cheval.

Lorsqu’il avait franchi la lisière de la forêt, le regard des deux gardes s’était directement posé sur lui, surpris. Pourtant, ils avaient tenté de ne rien montrer, évidemment, et l’avaient regardé le menton levé.

- Elle est droguée. Si vous voulez éviter d’avoir encore à vous battre contre elle, vous devriez rapidement ouvrir. Je suis Dolce, Vanora m’a déjà vu.

Ils se concertèrent du regard un instant, avant de lancer des ordres à l’intérieur des remparts, tout en ouvrant la porte pour le laisser passer avec son cheval. Immédiatement, ils furent encerclés par la fille aux cheveux blonds avec son frère, et le grand gaillard qui ressemblait à un Thül. Plus les deux qui surveillaient l’entrée. Cinq. Il y avait cinq autres personnes, dont Vanora et Gazia.

- Vous voulez ma photo ? Allez appeler votre patronne, bon sang ! J’ai ma part du marché, elle doit donner la sienne ! Bande de gros lards !

Rage et colère.
La fille aux cheveux blonds partit en courant, et revint rapidement, avec derrière elle… Gazia.
Simulant parfaitement la surprise, il vit se peindre sur les traits de l’Envoleuse un air de stupéfaction totale.

- Dolce ? Mais qu’est-ce que…

Son regard se posa sur l’étalon et la jeune femme aux cheveux bleus, sur son dos. Elle fronça les sourcils, comprenant presque immédiatement, et réagissant avec la vivacité de l’éclair.

- Allez prévenir Blanche, et Vanora. Immédiatement !

Cela surprit les mercenaires autour d’elle, et ils partirent pour prendre trois passages différents… Ne connaissaient-ils pas son emplacement exact ?
Il ne regardait toujours pas Syndrell… Espérait qu’elle jouait bien son rôle…

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mar 07 Fév 2012, 16:27

Ciel s’accroupit et retira ses gants, les yeux rivés sur le mur qui l’empêchait de voir la ferme.
Il s’était arrêté en bordure de la lisière, à quelques pas de distance de la solide muraille, mais il n’avait aucun mal à en ressentir la puissance. Blanche avait du talent, un talent qu’elle lui avait soigneusement dissimulé alors qu’il la croyait encore dans leur camp. Il ne l’avait même jamais soupçonnée d’être comme lui… Non ! Pas comme lui. Cette femme bossait avec la vipère, elle avait trahi les Kern avant de trahir Syndrell… c’était l’ennemie. Son ennemie. Ciel déglutit lentement. C’était vraiment très étrange, comme impression, que de se reconnaître un adversaire aussi puissant et fourbe que celui qu’il allait devoir affronter. Ça n’avait même rien à voir avec le Mentaï qu’il avait tué. Tout s’était passé si vite, avec lui… Rien de prévu, rien de planifié, rien vu venir. Pas vu les lames s’abattre mortellement sur le jeune rêveur. Pas vu les siennes se planter en travers du corps du Mentaï, encore, et encore.
Pas pu voir…

Là, c’était différent. Voilà deux jours qu’il se préparait mentalement à défier Blanche, et même si le hasard pouvait frapper – avec ou contre lui – à chaque instant, il s’appliquait à suivre le plan de Syndrell à la lettre, et ça, c’était rassurant. Un peu comme une recette qu’il suffit de respecter pour obtenir un résultat satisfaisant. Enfin, il supposait, parce que ce n’était pas dans sa nature de cuisiner ; en général, il se débrouillait toujours pour laisser ce soin à sa mère, ou encore à Zéphyr… Maman. Zeph’. C’est en pensant à elles que le Dessinateur posa les mains à plat sur le sol gelé. Invoquer leur visage dans son esprit l’aidait à se détendre et à se concentrer, tout comme le poids inhabituel du poignard de Syndrell, à sa ceinture, l’aidait à garder confiance. Des petits coups de pouce dont il avait énormément besoin, en cet instant.


- En avant toute, murmura-t-il pour lui-même.

Un éclat traversa ses yeux clairs alors que lui-même traversait les Spires à toute vitesse.
Il avait un mur à faire tomber.



* * *


- Elle est droguée. Si vous voulez éviter d’avoir encore à vous battre contre elle, vous devriez rapidement ouvrir. Je suis Dolce, Vanora m’a déjà vu.

Syndrell réprima de justesse un sifflement impressionné. Elle n’avait encore jamais entendu Dolce s’exprimer de la sorte, pas même lorsqu’elle l’avait secoué sans ménagement, dans cette fichue cabane de la Passe de la Goule, alors que l’Envoleur se vidait pourtant de son sang. Le ton, inflexible et glacial, claqua comme un fouet dans son esprit, lui arrachant un frisson qui ne pouvait qu’ajouter une couche d’illusion à son état de captive mal en point.

Elle était allongée en travers de la selle de Singa, le ventre odieusement comprimé par la selle de ce dernier, et ne pouvait pas voir ce qui se passait autour d’elle. Mais elle pouvait deviner, à la voix de Dolce, qu’il se dressait de toute sa hauteur, fier et noble, sombre et dangereux ; lui arrivait-il de se comporter de la sorte avec ses élèves ? Le moment étant mal venu pour ce genre de discussion, Syndrell conserva cette idée dans un coin de son esprit et fit un effort pour concentrer son attention sur autre chose que son amant.

Il y eut un moment de flottement autour d’elle, puis le bruit d’une porte qui s’ouvre, et Singa se remit tranquillement en route. Il s’arrêta au bout de quelques pas seulement, et le cœur de Syndrell battit plus fort dans sa poitrine ; ils étaient entrés dans la gueule du loup.
Restait à savoir qui, dans cette histoire, était le loup…


- Vous voulez ma photo ? Allez appeler votre patronne, bon sang ! J’ai ma part du marché, elle doit donner la sienne ! Bande de gros lards !

Rage. Colère.
Malgré elle, Syndrell sentit sa concentration vaciller. Elle se demandait si Dolce jouait véritablement la comédie, ou s’il dévoilait tout simplement une facette de sa personnalité. Quelle que soit la réponse, les paroles de son Envoleur firent mouche ; il y eu soudain un petit vent d’agitation. Bruits de pas feutrés, souffle de surprise.

Syndrell remua légèrement la tête. Dans cette position, sa nuque lui faisait atrocement mal, mais c’était le prix à payer pour que fonctionne sa ruse et elle n’envisageait même pas de renoncer. Il était trop tard pour faire marche arrière, de toute façon, songea-t-elle en entendant la porte se refermer sur eux.


- Dolce ? Mais qu’est-ce que…

Le silence étonné de Gazia fit oublier son inconfort à Syndrell. Elle reconnaissait que la surprise devait être de taille, entre Dolce qui s’invitait tranquillement après plusieurs semaines sans donner la moindre nouvelle, et sa prisonnière – la proie numéro un de Vanora – affalée sur son cheval comme une vulgaire poupée de chiffon !

L’Envoleuse se reprit cependant bien vite, et aux ordres secs qu’elle lança succéda une nouvelle vague d’agitation feutrée. Syndrell reconnut son odeur alors que la séduisante guerrière se rapprochait de Singa.


- J’ignorais que tu étais capable de travailler sous contrat, Dolce… Tu n’as jamais aimé obéir aux ordres.

Frustrée, Syndrell dut admettre qu’elle avait raison. Depuis leur rencontre, en Astariul, Dolce n’avait jamais répondu à ses exigences, allant jusqu’à faire l’exact contraire de ce qu’elle lui demandait indirectement : lorsqu’elle l’avait blessé dans le box de Loyale, il s’était aussitôt lancé sur ses traces. Elle avait cherché à l’éloigner de Vanora, il s’était engagé sous sa félonie – mais uniquement pour la retrouver, elle. Et pourtant…

Pourtant, n’était-il pas en train de se dresser entre Vanora et elle ? De manière purement stratégique, certes, mais Syndrell n’était pas dupe ; elle avait lu dans ses yeux, avant qu’ils ne quittent leur campement de fortune… elle avait lu dans son cœur. Dolce était indomptable, ce qu’elle ne saurait blâmer puisqu’elle-même l’était tout autant.
Indomptable, et amoureux.


- Comment t’es-tu débrouillé ? J’ai entendu parler de cette fille, même si je n’ai jamais eu l’occasion de m’y frotter ; on la dit aussi sauvage qu’une louve, peut-être plus.

Syndrell entrouvrit les lèvres.
Elle était tout-à-fait d’accord. Si jamais Gazia lui donnait l’occasion de la mordre, elle n’hésiterait pas un seul instant.


- Et ton apprentie ? Elle est ici ?

[J'ai pris la liberté de faire bouger Gazia ; si ça t'ennuies, tu me le dis, 'kay ? <3]


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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mar 07 Fév 2012, 17:19

- J’ignorais que tu étais capable de travailler sous contrat, Dolce… Tu n’as jamais aimé obéir aux ordres.

Gazia s’était rapprochée de lui, le menton légèrement levé car il était plus grand qu’elle, une lueur espiègle dans le regard. Rentrant dans son jeu, Dolce rapprocha son visage du sien, et leur souffle se mêlèrent un instant.

- Oh, mais il n’y a pas eu d’ordre. J’ai fait ça de mon plein grès, et comme tu vois je me suis déjà amusé avec elle. Ca fait du bien…

Un léger sourire sur les lèvres, il se rapprocha de celles de Gazia…
S’en éloigna, un éclat dans le regard.

- Je viens que parce qu’il y a récompense promise à celui qui l’apportera vivante. Je ne fais ça que pour moi-même… Et tu le sais.

- Mmm…


Elle l’observa encore un instant, avant de se tourner vers Syndrell, accrochée comme un sac à patates sur la selle de Singa. L’Envoleuse la détailla un instant – Dolce ne put s’empêcher de la voir s’arrêter quelques secondes sur les fesses de la Marchombre – et elle redressa le menton.

- Descendez-là de ce canasson.

Une lueur mauvaise passa dans le regard de Dolce, et elle n’échappa pas à son ancienne camarade.

- Qu’as-tu fais de Loyale ?

- Elle est trop fragile, je l’ai mise à la retraite… Il s’appelle Singa, le canasson, comme tu dis…

- Comment t’es-tu débrouillé ? J’ai entendu parler de cette fille, même si je n’ai jamais eu l’occasion de m’y frotter ; on la dit aussi sauvage qu’une louve, peut-être plus.


Un sourire passa sur le visage de Dolce – il le transforma en grimace.

- J’avais rejoint Vanora dans la passe de la Goule quand elle a débarqué. Vanora s’est enfuie alors qu’on exterminait les Gommeurs avec le Mentaï. Elle a réussi à le tuer, mais il l’avait bien amochée, et je n’ai eu qu’à la cueillir… Je la déplace avec Singa depuis ce temps.

Il fit une pause, rapide.

- Non Elya n’est pas là, je l’ai faite rejoindre les autres.

Il jeta un coup d’œil à Syndrell, pour voir comment elle se débrouillait plus que pour s’assurer qu’elle avait l’air trop droguée pour comprendre ce qu’il disait…

- Je l’avais assommée pour au moins une semaine quand j’avais reçu ton message. Elle était dans le fin fond d’une grotte, où je pouvais la retrouver… Le temps de venir te trouver, d’aider Elya et de la ramener jusqu’à la Confrérie, elle ne s’était pas réveillée. Ca fait trois jours que je cherche cette ferme.

- Mm…


Il ne fut pas surpris de l’air un brin dubitatif de l’Envoleuse, mais ne tenta pas de se justifier : c’était le meilleur moyen pour qu’elle se doutât de quelque chose, et ce n’était pas vraiment l’effet escompté.
Ciel était quelque part, à la lisière de la forêt, et attendait patiemment son tour pour se lancer lui aussi dans la bataille.

- Ils font quoi ? Ce sont des escargots ma parole ! C’est vraiment ces gamins qui protègent cet endroit ? Laisse-moi rire…

En effet, il ricana. Presque méchamment, même.
Et Gazia, quand à elle, éclata d’un rire cristallin.

- Détrompe-toi, Dolce. Ce n’est pas parce que ce sont majoritairement des hommes qu’ils ne savent pas se battre avec subtilité…

Dolce sourit à ces quelques mots. Gazia n’avait pas oublié à quel point il pensait que les femmes étaient bien plus foudroyantes que les hommes dans certains domaines…

Les autres avaient terminé de descendre Syndrell de Singa, et le cheval renâcla en voyant l’état de la jeune femme. Dans un soupir, Dolce attrapa les rênes de l’étalon pour le calmer d’une caresse sur l’encolure, et le laissa un peu plus loin. La jeune marchombre était affalée sur le sol, et deux hommes venaient pour la soulever et la tirer par-dessus leurs propres épaules.

- Enlevez-lui les cordes des pieds !

Avant que quiconque eût bougé, l’Envoleur poussa un soupir et vint se mettre à genoux devant la jeune femme – ce qu’aucun des autres n’auraient essayé de faire, vu la tête qu’ils faisaient – et ôta les cordes. Il ne leva pas les yeux vers Syndrell, ne fit que pousser un petit soupir, alors que ses doigts effleurait la peau de ses chevilles.

- Voilà. Et vous voyez, elle ne peut rien faire.

Gazia hocha la tête, avant de tourner les yeux vers une porte, un peu plus loin.
En même temps que Dolce.
La porte était en train de s'ouvrir...

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mar 07 Fév 2012, 18:27

Vanora exultait.
Elle s’était méfiée, pourtant, lorsque Sküd et Tellig avaient déboulé dans la pièce de vie de la longère, lui annonçant qu’un homme venait de lui apporter une fille aux cheveux bleus.
Des cheveux bleus. Syndrell Ellasian… C’était impossible ! Elle ne pouvait pas croire que cette petite garce se soit laissée prendre. Voilà plusieurs semaines qu’elle l’attendait de pied ferme, persuadée qu’elle allait débarquer avec cette incroyable détermination qu’elle ne parvenait pas à lui ôter, et accompagnée de son Dessinateur adoré… Elle avait prévu de l’accueillir en conséquence, elle était même plutôt fière de son plan, en vérité !

Et voilà qu’on lui ramenait son ennemie comme un vulgaire sac de pommes de terre.
Vanora n’arrivait pas à le croire. Pourtant, c’était bien elle, prostrée aux pieds de cet Envoleur – Dolce, ou quelque chose comme ça… L’espionne lui jeta un regard perçant. Elle n’avait pas réussi à se renseigner sur lui et cela la rendait méfiante. Et puis ses yeux tombèrent sur Syndrell, et elle haussa un sourcil. Et bien ! Il ne l’avait pas loupé, c’était le moins qu’on puisse dire… Il avait intérêt à ne pas avoir trop abimé sa proie, sinon elle se chargerait de lui faire payer ça. Elle tenait à faire souffrir cette femme, comme promis, avant de la tuer…

L’empoignant par ses cheveux bleus, elle la souleva sans effort.


- Nous y voilà enfin, Syndrell Ellasian…

Elle allait ajouter quelque chose lorsque le sol se mit à trembler.
Et le mur à vaciller.



* * *


Deux mains puissantes saisirent Syndrell par la taille pour la descendre de la selle de Singa. Nom d’une chiure de mouche, quel soulagement ! Une chance que toute cette mascarade ne soit qu’une mise en scène… Si elle avait vraiment voyagé dans cette position, elle ne serait même plus capable de tenir sur ses jambes. Elle s’écroula donc lourdement sur le sable de la cour, prenant bien garde à ne pas défaire ses liens trop peu serrés, et se contenta de gémir faiblement pour donner le change.

- Enlevez-lui les cordes des pieds !

La marchombre ne bougea pas d’un poil lorsque Dolce – elle reconnut son odeur quand il se pencha vers elle – lui délia les chevilles. Mais elle papillonna des paupières, comme s’éveillant d’un profond sommeil, et gémit à nouveau.

- Voilà. Et vous voyez, elle ne peut rien faire.

Pour l’instant, c’est vrai ; Syndrell s’efforçait d’avoir l’air complètement ensuquée, ce qui n’était pas très compliqué : c’était un état qu’elle connaissait bien, à force de chercher les ennuis. Elle retint un sourire amusé. Miss aurait fait cette remarque depuis longtemps, si elle avait été de la partie ! Et puis soudain, la jeune femme retint son souffle.

Quelque part, une porte venait de s’ouvrir.
Et une voix, reconnaissable entre mille, de fuser :


- Où est-elle ?

Vanora.

Instinctivement, Syndrell frémit, mais plus d’excitation que de peur. Une vague brûlante déferla dans ses bras. Ses lames, secret de son âme, reflet de ses humeurs, ne demandaient qu’à jaillir pour s’enfoncer dans la gorge de la félone. Il fallut qu’elle se morde la langue pour s’empêcher de céder à la tentation. Mais lorsque l’espionne s’approcha d’elle à pas mesurés, des images se bousculèrent en vrac dans son esprit.

Leif, agonisant dans ses bras.
Un poignard, lancé avec une précision mortelle.
Nuance, éventrée au milieu d’une clairière.
Un jaguar, les babines pleines de sang.
Ciel, le couteau de Miss pressé contre la gorge.
Dolce, les bras pressés sur son abdomen.

Syndrell bloqua juste à temps un cri dans sa gorge.
Elle ne pouvait pas se permettre de se laisser aller à la panique, pas maintenant. Surtout pas maintenant ! Alors qu’elle était si proche du but… Il fallait qu’elle se calme. Luttant pour vaincre sa peur-panique, elle invoqua des images plus rassurantes auxquelles se raccrocher.

Ylléna, tendant les bras vers elle.
Ciel, pourchassant des arc-en-ciels.
Miss, riant aux éclats.
Dolce, le visage fendit d’un sourire.
Dolce, lui faisant l’amour.
Dolce, affirmant qu’il était là.


Je suis là.

Un baume de chaleur enveloppa le cœur de Syndrell tandis que les paroles de l’Envoleur retentissaient sous son crâne, murmure aussi puissant qu’un hurlement. Elle se détendit instantanément. Si bien que lorsqu’une main la saisit brutalement par les cheveux, la soulevant du sol sans délicatesse aucune, elle ne fit pas mine de réagir.

- Nous y voilà enfin, Syndrell Ellasian…


* * *

Ciel expira lentement.
C’était un travail titanesque dans lequel il se lançait, et un instant, il crut que son Don n’était pas assez puissant pour…

Le mur trembla.
Vacilla.
Explosa.


- Waouh…

Un quart de seconde après, Blanche se dépêchait de dessiner un nouveau mur, plus grand, plus solide, plus moche, aussi. Un sourire effleura les lèvres de Ciel.
Il se jeta à nouveau dans les Spires.

La premier round venait de commencer.


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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mar 07 Fév 2012, 19:38

La porte s’ouvrit.
La porte s’ouvrit, sur une silhouette plutôt haute, et fine.
Des longs cheveux noirs, des yeux sombres, un visage fin et dur…
Vanora.

Dolce se redressa imperceptiblement quand il l’aperçut, efflanquée des deux frères et sœurs. Le regard qu’elle lui lança était perçant, mais il ne baissa pas les yeux, au contraire. Il n’avait qu’une envie : lui sauter au visage et la tuer proprement. Comme ça, elle ne serait plus rien. Plus rien d’autre qu’un souvenir…

- Nous y voilà enfin, Syndrell Ellasian…

Elle l’avait saisie par les cheveux, la redressant brusquement.
Dolce devait vraiment prendre sur lui pour ne pas se précipiter, la faire lâcher, lui tordre le cou…

Le sol trembla.
Le mur, tout autour d’eux, et en particulier à l’Est vacilla un instant… Avant d’exploser.
Enfin… Il n’y avait pas de gravas, pas de pierre, pas de souffle de vent, non… Juste un vrombissement, et un mur qui s’écroule. Presque virtuel.

- Qu’est-ce que…

Dolce sauta en avant, saisissant Gazia par le bras.
Cette dernière ne se défendit pas, croyant probablement qu’il voulait la protéger de l’explosion dans un premier réflexe tourné vers elle… Mais elle sentit alors son bras se tordre dans son dos, alors que son corps prenait une position plus qu’inconfortable contre celui, musclé, de l’Envoleur.
Elle était piégée.
Il l’avait enroulée de telle sorte que le moindre mouvement lui tirerait une souffrance indicible. Elle devait se casser quelque chose pour sortir de cette étreinte, elle le sentait, et surtout… Le bassin de l’Envoleur était tout contre le sien. Mortel. Et ses doigts à elle étaient bien trop éloignés, et mal orientés, pour faire un quelconque mal à l’homme.

- Dolce ?

Sa voix ressemblait à celle d’une souris qui venait de se faire prendre.
Hésitante, apeurée.
Elle ne comprenait pas.

- Dolce… Que fais-tu ?

Elle pourrait peut-être le déconcentrer, le faire parler, le faire changer d’avis…

- Gazia… Je suis ici pour Syndrell…

Elle voulut secouer la tête, ne comprenant toujours pas. C’était le cas, non ? Il était venu pour livrer…
Ses yeux s’écarquillèrent de surprise.

- Qu… Quoi ? Tu… ? Elle… ?

L’Envoleur ne soupira même pas. Une demi-seconde de relâchement, et la femme pouvait se glisser hors de son étreinte.

- Je suis là pour elle. Pour l’aider.

Leur conversation n’était qu’un murmure. Gazia s’était détendue dans les bras de Dolce, faisait croire qu’elle était bien dans ses bras. Comme à sa place. Pourtant, l’Envoleur ne doutait pas qu’elle s’engouffrerait dans la moindre brèche. Vanora les aurait-elle vus à ce moment-là, elle aurait sans doute cru que c’était une retrouvaille d’amants. Ce qui aurait pu être le cas.
Ce qui aurait été le cas, sans Syndrell.

- Dis-moi Gazia… Pourquoi es-tu avec Vanora ?

La femme fut comme prise au dépourvu par la question. Déglutissant péniblement, elle finit par répondre.

- Je… Parce qu’elle m’a promis beaucoup d’argent à la clé.

- Tu sais si elle l’a ?

- Non.

– Alors tu ferais mieux de m’écouter… Parce que quand elle sera morte, tu n’auras pas ton argent…


Elle papillonna des paupières, un instant. Fronça les sourcils.
Se détendit encore plus, imperteptiblement, contre lui.

- Euh… Mais j’aurais droit à quoi ?

- Ce que tu veux…


Une pause. Et alors qu’elle allait répliquer, il ajouta ;

- Sauf moi

- T’es tombé amoureux de cette gamine ?


Les doigts lui serrèrent encore plus fort les membres, et elle dut se retenir pour ne pas hurler. Pas besoin de mots pour confirmer ce qu’elle avait dédui…

- D’acord, lâche moi maintenant.

Il ne bougea pas.

- Je… je te donne ma parole.

Dolce hésita encore un instant.
Finit par la relâcher.
Il sentit l’envie de la femme de le regarder et de fuir. Mais elle se reprit, et se redressa vers les autres mercenaires de Vanora.

- Qu’est-ce que vous attendez ? Encerclez-là, bande de dégénérés ! Personne ne sort de cet endroit, sous aucun prétexte !

Affolés, les sbires se pressèrent autour de Syndrell et Vanora, comme une barrière. Personne ne pouvait entrer… Mais personne ne pouvait sortir.
Dolce faisait aussi partie de la barrière.

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mar 07 Fév 2012, 21:39

- Blanche !

Vanora avait hurlé, mais la Dessinatrice ne l’avait pas attendue pour se jeter dans l’Imagination. Le mur réapparut. Et ce faisant, il fit trembler le sol.
Et Syndrell manqua son coup.

Dès que l’espionne avait levé la tête, elle s’était redressée, vive comme l’éclair, ses lames fouettant l’air avec la précision mortelle d’une vengeance trop longtemps contenue. Mais elle fut déséquilibrée par la nouvelle explosion au même instant et Vanora eut le temps de bondit en arrière, hors de sa portée.


- Je le savais ! cracha-t-elle en plissant les yeux. Je n’en attendais pas moins de toi, petite chienne enragée que tu es…

Syndrell ne prit même pas la peine de répliquer. Elle n’était pas là pour ça et ses lames la démangeaient tant qu’elle avait des fourmis dans les bras. Elle se jeta sur Vanora, pivota au tout dernier moment, plus vive qu’un rayon de lumière et plus souple qu’un morceau de ruban. Sa lame de gauche bloqua celle que Vanora venait de tirer de sa ceinture, la droite glissa sous la garde de l’espionne et traça une ligne de feu sur sa cuisse.

Nouveau tremblement de terre.
Cette fois, le mur venait de basculer lourdement sur le sol, vers l’extérieur du domaine.

Vanora en profita pour se replacer hors de portée.
Un mince sourire étira ses lèvres lorsqu’elle posa les yeux sur sa plaie ; quelques gouttes de sang s’écrasèrent dans le sable et trouvèrent un reflet meurtrier dans son regard. Syndrell leva son bras droit à hauteur de son visage, lame tournée vers son ennemie en une garde de combat parfaite.

Parfaite.



* * *


Un mince filet de sueur perlait aux temps de Ciel. Les dents serrées, il luttait avec courage contre Blanche, et malgré sa puissance, il n’en démordait pas. C’était vraiment incroyable. Lui, le gentil prof, celui qu’il était facile de mettre dans sa poche pour peu qu’on agite un bâton de cane à sucre sous le nez, cet homme timide et discret qui enseignait l’art et la subtilité du Dessin, était en train de se servir de son Don pour détruire un mur. Tellement incroyable, en fait, que personne n’aurait pu le reconnaître en le découvrant ainsi, agenouillé dans l’herbe couverte de givre et le regard absent. Du reste, on pourrait croire qu’il était en train de rêvasser, mais c’était bien tout le contraire qui était en train de se produire ; Ciel n’avait jamais été plus vif qu’en cet instant. Il filait à toute vitesse dans les Spires, défiant ses propres limites pour abattre ce fichu morceau de pierre que Blanche s’évertuait à maintenir en place.

Il n’en avait rien à faire, de ce mur.
Mais pendant que Blanche était occupée à le lui disputer, elle fichait à paix à Syndrell. Alors il continuait à faire diversion, s’acharnant sur le mur, encore, et encore, et encore. Il était assez doué pour ça, finalement, même si l’effort que lui coûtait sa résistance commençait à raidir ses muscles et accélérer les battements de son cœur. Tant qu’il ne s’en rendait pas compte, ça allait – il n’y avait pas plus dangereux que cette philosophie, parce qu’elle pouvait l’entraîner directement dans la tombe, mais derrière ce mur, une marchombre et son compagnon risquaient leur peau, eux aussi. Il leur devait bien ça. A Syndrell, en tout cas, parce que Dolce… Dolce… Ciel trébucha dans les Spires et le mur se redressa comme si de rien n’était. Si jamais quelques touristes se baladaient dans les environs, ils ne devaient pas en croire leurs yeux !

Le jeune homme cligna des yeux. Le brusque retour à la réalité avait brouillé sa vision et il se rendit seulement compte qu’il était à bout de souffle. Fichue bonne femme ! Enfonçant ses ongles dans ses paumes, il se jeta à nouveau dans l’Imagination, déterminé à lui mettre une raclée. S’il se retenait de ne pas faire tomber le mur dans l’autre sens, c’était uniquement pour ne pas écrabouiller sa petite marchombre ! Et… et pour ne pas écrabouiller Dolce non plus. Parce que bon, il lui devait probablement cette lumière, si belle et si vive, qui illuminait le regard de Syndrell. Des mois qu’il ne l’avait pas vue aussi heureuse, il fallait bien admettre que cet homme méritait amplement un petit coup de pouce…

Le mur.
Se concentrer sur le mur.
Que pouvait-il bien en faire, de ce mur ?
Il avait bien une petite idée, mais…



* * *

- Qu’est-ce que vous attendez ? Encerclez-là, bande de dégénérés ! Personne ne sort de cet endroit, sous aucun prétexte !

L’intervention de Gazia déplut à Syndrell… et à Vanora.

- Elle est à moi ! rugit-elle en voyant ses sbires se rapprocher de la marchombre.

On aurait dit une lionne enragée. Louve contre lionne ; ce combat n’avait en effet plus rien d’humain. Syndrell se déplaçait comme un prédateur guettant le moindre faux pas trahissant sa proie tandis que Vanora feulait comme un fauve. Elles se tournaient autour, sauvages et féroces.
Terribles.

Alors, le mur fit un bond dans les airs.
Comme ça, pouf ! Il bondit, passa par-dessus la ferme et retomba… de l’autre côté. C’était tellement spectaculaire que tout le monde s’arrêta un instant pour le regarder filer au-dessus de leur tête.

Il se passa alors plusieurs choses, simultanément.
Blanche hurla. De rage, de frustration, de douleur, impossible de savoir pourquoi exactement, mais Syndrell pria pour que Ciel soit prudent. Une petite prière d’une seconde et des poussières, soit juste le temps pour Vanora de se fendre d’une attaque aussi rapide que précise. Quelqu’un cria – peut-être Dolce, ou bien Gazia, Syndrell ne fut pas capable d’identifier cette voix – et la jeune marchombre se fondit dans un souffle de vent. Rapide. Très rapide. Mais pas assez.

La lame de Vanora ripa le long de son épaule, déchirant la chemise et ouvrant la chair.
Brûlure. Syndrell expira lentement et jeta un coup d’œil à la blessure – une estafilade, autrement dit, rien de bien méchant comparé à ce qui aurait pu lui arriver si elle n’avait pas bougé à temps. Sa tête aurait décollé de ses épaules pour rouler dans le sable, si le cri ne l’avait pas avertie une fraction de seconde avant qu’il ne soit trop tard. Qui que ce soit, elle le remercia mentalement avant de répondre à l’audace de Vanora.
L’acier chanta.



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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mar 07 Fév 2012, 22:10

Peu importait.
Peu importait que les guerriers, autour de lui, fussent plus redoutables les uns que les autres.
Peu importait qu’ils pussent le mettre hors d’état de nuire en quelques secondes, tout au plus.
Peu importait que Syndrell était aux prises avec Vanora, et peu importait ce que projetait la félonne.
Il n’avait qu’une seule envie : se battre. Combattre.

Et peu importait que le mur vrombît, que Ciel et Blanche s’affrontassent dans un bouquet d’Imagination et de Dessins. Il s’en fichait royalement. Tout ce qu’il voyait c’était Syndrell – sa Syndrell – qui faisait face à une Vanora qui crachait son venin.

Je n’en attendais pas moins de toi, petite chienne enragée que tu es…

Il serra les dents.
Un sourd grognement monta de sa poitrine, tirant un regard interrogateur à son voisin – le grand qui ressemblait à un Thül.

- Dégage de là, tu prends trop de place !

L’autre le regarda méchamment. Lui aussi avait la tension qui venait faire presque imploser ses lourds muscles. Un sourire passa sur les lèvres de l’Envoleur, alors qu’il ne se poussait pas. Dans une impulsion, mâchoires serrées, il le projeta un peu plus loin, hors du cercle qui s’était formé autour des deux femmes. L’autre ne résista alors pas à lui envoyer un poing en direction de la figure…

Aussi vif que l’éclair, Dolce fila sous le bras de l’homme, et frappa trois fois. Dans ses côtes flottantes. Il les sentit se briser sous ses coups, et sans doute embrocher un organe vital. Les dents serrées, il frappa une dernière fois, au niveau de son cou, l’envoyant dans l’inconscience immédiatement.

Tellig se tourna vers lui, bientôt suivi d’Azfaran.
Ils le détaillèrent un instant, guettèrent un ordre de la part de Gazia – qui ne vint pas.
L’Envoleuse était comme pétrifiée devant l’attitude de Dolce, lointaine. Mais quand elle se reprit, elle ne donna aucune consigne, et les deux hommes décidèrent qu’ils pouvaient donc faire ce qui leur chantait… Dolce les vit se ramasser sur eux-mêmes, prêts à bondir…

Un mur passa.
Littéralement.
Leur nez se levèrent vers la pierre volante, et ils le virent s’écraser plus loin derrière la bâtisse.
Une seconde.
Ce fut le temps que les deux guerriers mirent à se reprendre.
Une seconde de trop.

Dolce était décidé à tous les éliminer.
Ne prendre aucun risque lorsque Syndrell en aurait terminé avec Vanora.
Parce qu’elle allait en finir !

Cette certitude pulsa en lui, inébranlable.
Elle allait réussir.

Il se coula entre les deux hommes. Un fouet claqua, entamant son flanc. Mais déjà, le disque sortant de ses reins, et coupait l’un des deux fouets venant à son assaut. Les deux guerriers restèrent pétrifiés par la surprise une demi-seconde. L’Envoleur en profita pour s’avancer encore, frapper de toutes ses forces. Il sentit une mâchoire se disloquer sous ses doigts, et alors qu’il virevoltait pour se tourner vers son second adversaire, il dut faire volte-face d’un bond pour éviter une épée qui l’aurait coupé en deux des pieds à la tête s’il n’avait pas bougé. Elle ne fit que l’effleurer.

C’était la jeune fille aux cheveux blonds, qui s’était précipité sur lui à son tour ; suivie de près par son frère. Un sourire étira les lèvres de l’Envoleur, alors qu’il ne cessait de bouger pour avoir les trois adversaires dans son champ de vision… Non, ils n’étaient plus trois, mais presque le double. Cinq. Il se mordit la lèvre, alors que les coups pleuvaient sur lui, prévisibles mais trop rapides. Trop calculés. Il parvenait à en éviter quelques-uns, à en parer d’autres, mais les estafilades commençaient à courir tout le long de son corps, alors que pourtant il les gardait à une distance respectable grâce à sa greffe… Mais il se sentait vaciller. Il n’avait aucune blessure grave, mais perdait beaucoup de sang. Il devait protéger Syndrell. Il devait les anéantir pour qu’elle pût s’enfuir, vivante, qu’elle ne se fît pas prendre… La gamine voulut s’élancer, audacieuse, mais Dolce fut plus rapide et la coupa nettement en deux au niveau de l’abdomen. La vision d’horreur le déconcentra une seconde, ce qui permit à un fouet de s’enrouler autour de son avant-bras droit, lui mordant la chair au passage.
Il haletait. Ses muscles peinaient désormais à répondre rapidement à ses sollicitations. Mais s’il fatiguait, ses adversaires aussi, bien qu’ils fussent plus nombreux. Il se sentait assailli de toutes parts, noyé sous les coups. Il ne faisait plus qu’esquiver, tentait d’esquiver. Les blessures se tracèrent, encore plus nombreuses, sur sa peau. Un coup particulièrement audacieux lui entra dans l’avant-bras, et il sentit l’acier brûler ses chairs. Il serra les dents, voulut répliquer avec entrain, mais son pied ricocha contre un petit caillou, le déséquilibrant…

Il attendit la pluie de coups qui n’allaient pas tarder à l’assaillir…
Il n’y eut rien.

Surpris, il ouvrit les yeux pour découvrir la silhouette de Gazia, au dessus de lui, défendant farouchement son corps. Les sbires étaient tout simplement sidérés par le retournement de situation, et se consultèrent du regard avant de prendre une décision.

- Vous ne gagnerez rien à l’achever. Regardez…

Ils tournèrent tous leur regard vers Vanora et Syndrell, comme l’indiquait l’Envoleuse.
Dolce se redressa difficilement du côté gauche, cherchant la Marchombre du regard…

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mer 08 Fév 2012, 23:59

Du coin de l’œil, Syndrell vit Dolce trébucher.
Elle aurait déjà bondi à son secours si seulement elle n’avait pas autant confiance en lui. C’était un Envoleur, et un maître dans son domaine ; qui, mieux que lui, pouvait tenir en respect les hommes de Vanora ? Il était là pour lui prêter main forte, non le contraire, et il avait déjà mis au tapis trois combattants. Elle ne lui serait d’aucune utilité si jamais Vanora parvenait à s’échapper. C’est à cette conviction que la marchombre s’accrochait désespérément, tournant le dos à son amant pour se concentrer sur son adversaire uniquement.

Vanora était toujours debout mais son sang s’échappait des multiples estafilades tracées par ses lames, et un éclat de peur brillait dans l’encre noire de ses yeux. La vipère se sentait prise au piège… Syndrell en oublia la douleur de son épaule et se jeta de plus belle dans leur danse guerrière. L’espoir brûlait dans son regard et se traduisait dans chacun de ses mouvements, quels qu’ils soient : espoir d’une liberté ardemment attendue et bientôt retrouvée, promesse d’une victoire enfin assurée.

Vanora s’en rendit compte. Elle reculait, désormais, et ne levait plus son épée que pour se protéger des coups qui pleuvaient sur elle. Sa lame bloquait celles qui sortaient des bras de Syndrell, mais les poings de cette dernière trouvaient toujours leur cible : mâchoire, plexus, côtes, reins, les attaques faisaient mouche et Vanora reculait.
Encore.


- Blanche !

Un appel au secours.
Mais Blanche n’était plus là. Ciel remplissait son rôle à merveille, songea Syndrell en plissant les yeux, tout comme Dolce ; à celle de remplir le sien. Rétractant vivement ses lames, elle fléchit les genoux, prenant appui sur l’avant de ses pieds comme pour les ancrer dans le sable, et écarta les bras en un geste d’invitation. Vanora était bien trop félonne pour comprendre qu’il s’agissait d’une invitation à la mort, non d’un coup de fatigue...

Elle se jeta sur Syndrell.
Abattit le tranchant de son arme dans le vide, et comprit son erreur.
Voulu se retourner pour faire face à la jeune femme qui, comme par miracle, se trouvait dans son dos.
Se retourna.
Trop tard.

Deux lames se glissèrent entre ses côtes, déchirant les chairs, raclant les os et perforant les organes vitaux. Celle de Vanora tomba dans le sable.

C’était fini.



* * *



Ciel tremblait, mais moins de froid que d’épuisement. Sans blague ! Balancer un mur, ce n’était pas à la portée de n’importe qui… en fait, il n’en revenait toujours pas. Et il fallait croire que Blanche non plus, puisque le mur avait disparu – complètement disparu. Il avait gagné cette manche, haut la main ! Mais là, il était juste un peu trop fatigué pour se sentir la force de crier victoire. Affalé contre le tronc d’un arbre, il s’efforçait de retrouver un rythme cardiaque et respiratoire normal. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et il doutait que ses côtes tiennent le choc. Et il tremblait si violemment qu’à force, ses membres allaient finir par se détacher de son torse ! Si quelqu’un passait dans le coin, il croirait avoir à faire à un épileptique… En même temps, s’il y avait eu du monde dans les parages, depuis qu’un mur avait joué à saute-mouton avec une ferme, ils avaient forcément fichu le camp. Une idée qui lui aurait tiré un éclat de rire, si seulement ses dents ne s’entrechoquaient pas autant. Pauvres gens ! Ils devaient se…

Ciel sentit le dessin avant de le voir. Et c’est par un incroyable réflexe qu’il tira sa tête de la trajectoire du grand pieu de bois qui se ficha solidement dans le tronc de l’arbre, égratignant sa joue au passage. On l’attaquait. Blanche l’attaquait ! Oubliant qu’il tremblait, Ciel se jeta derrière le tronc et regarda le second pieu le dépasser à toute vitesse. Oh, oh. Apparemment, sa petite prouesse avec le mur n’avait pas plu à la Dessinatrice. Elle allait lui faire la peau. A moins, bien sûr, qu’il ne lui rendre la pareille… Plaqué contre son arbre, Ciel déglutit péniblement. Dessiner ? Dans son état ? C’était vraiment très risqué, non, c’était suicidaire ! Il n’était même pas certain d’y parvenir. Et puis…

Et puis zut ! Il n’avait pas fait tout ce chemin pour finir épinglé à un arbre, quand même ! Fatigue ou pas, il allait lui montrer de quel bois il se chauffait, à cette fichue garce. En outre, il fallait absolument qu’il s’en tire vivant, de cette histoire : d’abord parce que s’il mourrait, Syndrell trouverait quand même le moyen de le lui faire payer. Et ensuite parce qu’il voulait pouvoir raconter ses prouesses murales.


- Tu perds ton temps, Ciel ! Je sais très bien où tu te caches !

L’arbre contre lequel il se tenait prit feu. Un coup de vent éteignit les flammes, dessin qui coûta un point de côté à Ciel, mais lorsqu’il changea de tronc-bouclier, il eut le temps de voir un éclair bleu s’engouffrer dans la longère. Il se déplaça encore, évitant un nouveau pieu qui traversa le tronc derrière il se tenait trois secondes plus tôt, et plongea dans les buissons.
Alors, il se mit à compter.



* * *

C’était fini.

Et pourtant, Syndrell n’aurait su dire quel effet cela lui faisait, de se répéter qu’enfin, tout était fini. Elle rétracta ses lames, et le corps de Vanora tomba lourdement sur le sol. Son sang se répandit autour de son corps, imbibant le sable d’un rouge vermeille, presque noir dans les dernières ombres de la nuit. Les yeux noirs et vides de l’espionne fixaient encore leur proie. La jeune femme s’accroupit et tendit la main pour lui fermer les paupières.
Un cri arrêta ses doigts à quelques centimètres du visage de Vanora.


- Ne bouge plus, marchombre ! Si tu la touches, je l’égorge !

Lentement, Syndrell se redressa. Dans la cours de la ferme, tout le monde s’était figé. Gazia se dressait entre les mercenaires et Dolce, les poings encore levés ; son amant était à terre, couvert de sang, mais il était vivant. Et derrière lui…

Il se tenait dans l’encadrement de la porte et il avait le regard fou de celui qui vient de perdre un être cher, et qui en souffre. Syndrell comprit pourquoi lorsque ses yeux tombèrent sur le corps de la blondinette, pratiquement sectionné en deux au niveau de l’abdomen.


- Trinan…
- Tais-toi !
hurla le jeune homme en tournant la tête vers Gazia. Tais-toi, sale garce ! Tu nous as trahis, tu as défendu cet homme qui a… qui a…

Un sanglot le secoua et il resserra sa prise sur le petit corps qui tremblait de peur entre ses bras.

- Je vais le couper en deux, lui aussi, affirma-t-il d’une voix blanche.

Et il disparut dans la longère, emportant son otage avec lui.

- Lyke !

Syndrell s’élança par-dessus le corps sans vie de Vanora, contourna Gazia, évita la main de Dolce et s’engouffra à son tour dans la maison, le cœur broyé par une angoisse sans nom. Cet homme tenait Lyke à la merci de sa haine et de sa douleur, et il allait le tuer. Elle l’avait compris au ton de sa voix. Et la peur mordit dans son ventre, à pleines dents, tandis qu’elle se ruait dans la pièce de vie, toutes lames dehors.

Lyke n’était qu’un enfant, bon sang ! Un gamin de dix ans qui avait déjà vécu son lot de drames… Syndrell laissa échapper un cri de rage. Elle ne laisserait pas cet homme lui faire du mal.

Il serait mort avant même d’avoir essayé.




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Vous. Moi…




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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Jeu 09 Fév 2012, 14:42

Dolce, le regard posé sur Syndrell, vit les coups qui s’enchaînaient.
Devinait la fin que prendrait toute cette agitation.
Syndrell, ouvrant les bras. Invitation. Vanora qui s’y lance. Réponse.
Mauvaise pioche. Les lames, dans les bras de la Marchombre, assénèrent un dernier coup à la félonne. Un coup de grâce, lui arrachant la moitié des organes vitaux et brisant des os, détachant ses intestins qui s’étalèrent, fumants, sur le sol gelé.

L’Envoleur poussa un soupir.
Ces quelques secondes lui avaient permis de reprendre un brin de forces, et il réussit à se mettre debout, alors qu’une voix retentissait dans son dos. Dans leur dos.

- Ne bouge plus, marchombre ! Si tu la touches, je l’égorge !

Se demandant qui était encore ce type, Dolce lâcha un soupir d’agacement. Il releva les yeux, et son regard se posa sur la silhouette qui se dressait un peu plus loin.
C’était le frère de la blonde, qui tenait dans ses bras un petit corps… D’enfant. Un gamin, qui tremblait de peur, et que l’affolement empêcher de pleurer, ou de crier.

Gazia tenta d’intervenir, mais l’homme ne lui en laissa pas l’occasion, préférant la traiter de traitresse plutôt que d’affronter la réalité en face. Et il disparut dans la bâtisse, sans un regard en arrière, une promesse dans la bouche : la mort du gamin.

- Lyke !

L’Envoleur vit Syndrell s’élancer par dessus le corps de Vanora, encore fumant, et il voulut l’attraper pour l’empêcher de commettre une bêtise… Autant parler au mur qui avait bondi au dessus de leur tête quelques minutes plus tôt. Dans un soupir, il se redressa, immédiatement encerclé par les quelques guerriers qui se trouvaient là.
Secouant la tête, l’air contri, il ne laissa pas le temps à Gazia de parler.

- Gazia ne vous a pas trahi, elle vous a protégés. Maintenant, si vous tenez à mourir, vous pouvez rester ici, et je vous mettrai en pièces… Que choisissez-vous ?

Les trois combattants échangèrent des regards, avant d’observer la réaction de ladite Gazia.
Elle tremblait légèrement, abasourdie, et ne semblait ni en état de les attaquer, ni en étant de les aider à tuer cet homme. Cette homme, aux yeux d’un vert profond, qui avait déjà amené Sküd, Tellig et la jeune femme aussi vive qu’une vipère à la mort. Trois combattants des plus redoutables et des plus farouches.

Azfaran, devant l’hésitation de ses deux compagnons, se décida à s’élancer. S’ils n’avaient pas le courage de s’en prendre à un homme fatigué et plein d’égratignures, tant pis pour eux ! Il aurait l’honneur de pouvoir lui décrocher la tête des épaules. Mais avant qu’il n’ait eu le temps de dégainer son fouet, il chancela quelques secondes. Figé par l’horreur, il fit un poignard, dans le haut de son torse. Enfoncé jusqu’à la garde, exactement où devait se trouver son cœur.
Il s’écroula.

Récupérant immédiatement son poignard, pour le remettre dans sa botte, Dolce se tourna, sans un seul regard à Gazia.


§§


Comment est-ce possible ?
Je viens de lui sauver la vie. Il ne me regarde pas.
Comme si j’étais invisible. Comme si je n’existai pas.
A-t-il oublié tout ce que nous avons vécu ? Ce que nous avons partagé ?

Il part encore.
Sans un regard.
Sans une attention.
Pour disparaître dans la maison…

Je regarde Cilelfer et Tellig, qui me fixent, attendant sans doute un ordre de ma part.
Je n’ai qu’une envie : m’effondrer, là, maintenant. Fermer les yeux et plus ne plus jamais les rouvrir.

Non.
Vengeance…


- Tuez-le !


§§



Parfois, le décor se parait de petits points noirs, qu’il peinait à faire disparaître. Il ne s’arrêtait pas pour autant de courir, pour trouver le chemin qui mènerait à Syndrell. Il entendait l’homme, le frère de celle qu’il avait tranchée en deux, monter des escaliers, virer à gauche, à droite, dans un fracas impossible à rater.

Mais vers où allait-il ?
Se tenant contre une poutre, Dolce reprit sa respiration, inspectant ses blessures quelques secondes. Mis à part son avant-bras, qui avait été perforé par une lame, toutes ses blessures semblaient superficielles. La douleur irradiait du dessus de son poignet, et il déchira une sorte de rideau, un peu plus loin, pour se faire un garrot au niveau du coude, dans le but de pouvoir quand même se servir de ce bras un certain temps. Il avait de la chance, cela saignait, mais pas comme si les artères ulnaire ou radiale avaient été touchées : le poignard avait du passer entre les deux os, ne déchirant que les collatérales de son avant-bras ; un moindre mal, bien que déjà assez douloureux.

Des cris, dans son dos, attirèrent son attention.

- Il est où ?

- On va l’avoir !

- J’ai changé d’avis… Ramenez-moi le vivant, au moins un peu, que je l’achève lentement..


Un frisson parcourut l’échine de Dolce, quand il entendit la voix de Gazia, froide et pourtant empreinte de rage vengeresse. Se mordant la langue, il prit une inspiration, attendit que les deux hommes passassent dans les escaliers pour rejoindre les bruits que produisait leur collège… Il voulait aussi attendre que Gazia soit passée.
Il ferma les yeux un instant.

- Dolce… chéri…

Quand il souleva les paupières, Dolce vit très clairement le visage de celle qui avait été sa camarade, et son amante. Elle arborait un visage calme, presque joyeux de le voir, comme heureuse de le trouver… Mais il n’était pas dupe, et la petite lueur qui brillait dans le fond de sa pupille attestait bien de sa colère, qu’il avait entendue de ses propres oreilles.
Il décida de tenter le tout pour le tout.

- Oh, Gazia…

Un souffle.
Il avança légèrement le visage, se mettant tout proche de celui de la femme.
Il la sentit hésiter, alors qu’elle avait les doigts cliquetants.
Il pressa ses lèvres contre les siennes. De toute ses forces.

Surprise, la jeune femme recula, lui faisant légèrement perdre l’équilibre, et ses doigts cliquetèrent près des bras de Dolce. Elle le regarda, perçante, avant qu’il ne fixe un point, juste derrière elle.
Comme si…
Comme si Syndrell avait été là, dans le couloir, les observant.
Comme si Syndrell, pantelante, avait vu parfaitement se dérouler la scène.
Comme si Syndrell, d’un coup, était à son tour rouge de rage et de colère.

Gazia ricana.
Même si elle ne se tourna pas, elle en eut envie.
Très envie.

Un dernier hoquet passa ses lèvres, alors qu’elle ne pouvait plus fermer les yeux.
Aussi rapide que l’éclair, Dolce avait réussi à attraper le poignard à la ceinture de la femme et à l’enfoncer dans l’orbite droit de celle qui avait été sa camarade.

Il s’effondra sur le sol.
Pantelant.
Des larmes traçant quelques sillons sur ses joues…

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Dim 12 Fév 2012, 23:20

- Moi je m’appelle Lyke ! Tu es une marchombre, comme maman ? Dis, pourquoi ils sont bleus, tes cheveux ? Je peux les toucher ?


* * *



La maison est totalement silencieuse.
Accroupie auprès du corps du propriétaire des lieux, un vieil homme qui porte encore le fantôme d’un sourire au bout des lèvres, Syndrell tend la main et lui ferme délicatement les paupières. Le plafond grince au-dessus de sa tête. Elle se redresse, l’enjambe et se glisse dans les escaliers.



* * *



- Je suis enchantée de te rencontrer, Lyke. Oui, je suis une marchombre… tout comme ta maman, maintenant…


* * *


La dernière marche grince faiblement sous son pas. Un couloir… Elle le traverse lentement, les bras tendus le long du corps. Tout est plongé dans l’obscurité mais elle sait précisément où elle va. Force improbable de l’instinct, invisible chemin du cœur, voie.
Toute tracée, et pourtant…


- Arrête-toi, marchombre. Tu fais un pas de plus et je le tue.

Syndrell s’arrêta.
A sa droite, dans la chambre à coucher du vieux fermier, un homme au regard fou pressait une lame tâchée de sang sur la gorge d’un enfant.


- Elle s’attendait à un sale coup de ta part, railla Trinan d’une voix blanche. Alors elle a tenu à faire ce qu’il fallait pour te piéger. Il a suffit que Blanche tombe par hasard sur ce gosse, aux alentours d’Al-Chen, pour qu’un plan se dessine dans son esprit…
- Vanora est morte.


Un tremblement secoua le jeune homme et sa lame affutée entama légèrement la peau de Lyke, dont les yeux s’agrandirent encore un peu plus de terreur.

- Ma sœur aussi. A cause de cet homme…
- Alors laisse cet enfant tranquille, et va régler ton différent avec le véritable concerné ! Venge ta sœur en homme, Trinan !


Un mince filet de sang roula le long de la gorge de Lyke. A seulement quelques pas de lui, Syndrell devinait sa peur, qu’il contrôlait courageusement pour ne pas bouger d’un poil entre les bras du mercenaire. La jeune femme serra les dents. Tout aurait pu être réglé en quelques secondes, si seulement elle avait eu son poignard avec elle ! La position de Trinan, protégé par Lyke, imposant une attaque à distance, or elle ne possédait pour seules armes les lames qui brûlaient de jaillir de ses poignets… Trop de risques. Pas assez de place. Pour la première fois, Syndrell se heurta aux limites de sa greffe.

- Tout est de ta faute, murmura Trinan. Sans toi, Moa serait encore là.

Il y avait un tel regret dans ses paroles que Syndrell ne pouvait se sentir entièrement « coupable » : elle comprit que les deux jeunes gens n’avaient pas eu leur mot à dire, dans cette histoire, suivant des ordres plutôt qu’une conviction.

- J’ai perdu des proches, moi aussi, souligna la marchombre tout en balayant rapidement la pièce du regard. Des gens que j’aimais, des gens qui n’avaient strictement rien à voir là-dedans… Trinan, je suis désolée pour ta sœur. Je le suis vraiment. Mais Vanora ne s’est jamais souciée de la mort de personne, elle agissait toujours en fonction de ses propres envies. Ne deviens pas comme elle !

Elle n’espérait pas le convaincre de renoncer, mais il lui fallait un peu de temps pour…

- Trop tard, souffla Trinan.

Les lames de Syndrell jaillirent alors qu’il resserrait sa prise sur le manche de son arme, prêt à égorger Lyke. Il n’en eut pas l’occasion.
Syndrell bondit.

Et la maison s’embrasa.



* * *


A l’instant où son dessin bascula dans la réalité, Ciel comprit qu’il s’agissait du dernier. Il s’effondra à genoux, pantelant, et regarda la ferme s’enflammer avec un petit sourire victorieux sur les lèvres. Il avait réussi sa mission. Observation, diversion, feu. Trop facile. Et Dolce pouvait dire ce qu’il voulait, aucun raté n’était à déplorer de sa part, même pas un souci de discrétion : il avait tenu son rôle à merveille. Restait à déterminer comment il allait quitter la scène. Par chance, son petit feu de joie avait détourné l’attention de Blanche pendant un quart de seconde, au moins. Malheureusement, il n’avait pas la force de se relever pour l’instant, et le quart de seconde était passé depuis au moins cinq autres secondes. Le temps pour la Dessinatrice de bander son arc et de décocher une flèche qui lui érafla le bras gauche et le cloua un bout de sa cape au tronc devant lequel il se tenait.

Il y vit un maigre espoir. Au moins, Blanche était aussi épuisée que lui, après avoir longuement bataillé pour maintenir son mur en place, et elle n’était visiblement plus capable de se servir de son Don. Ça, c’était la bonne nouvelle. La mauvaise, c’est qu’en plus d’être une Dessinatrice plutôt douée, cette femme était aussi une guerrière, une archère chevronnée. Et en colère. Ciel la regarda bander son arc en soupirant. Lui, il n’avait que le Dessin pour se tirer d’affaire. Nom d’une chiure de mouche, comme dirait Syndrell ; il était fait comme un rat, cette fois… Mais même quand on s’y attend, ça n’empêche pas d’avoir mal. Ciel hurla lorsque la flèche lui perça le bras gauche. Un cri de rage lui fit écho. Raté ! Blanche avait raté son coup ! Et elle n’avait plus une seule flèche à tirer…

Mais une lame courte, qu’elle tira de sa ceinture avant de se jeter sur Ciel. Elle allait le tailler en pièces ! Lui trancher la gorge, le saigner à blanc, lui arracher la vie ! Lui faire passer à jamais l’envie de lui tenir tête – et de gagner ! Le tuer, là, tout de suite, contre cet arbre auquel il s’appuyait ! Le regarder mourir sans bouger ! L’empoignant par le col, elle le mit debout et le plaqua violemment contre le tronc. Elle allait la tuer. Et ensuite, elle pourrait aller…

Bras levé, prête à frapper, Blanche se figea.
Ses yeux s’agrandirent de surprise et elle baissa la tête pour remarquer, dans un hoquet de douleur, le manche du poignard qui dépassait de sa poitrine. Idiot. C’était vraiment… vraiment très idiot. Elle ne l’avait pas cru capable d’un tel geste et elle avait eu tort. Telle fut la dernière pensée de Blanche avant qu’elle ne s’écroule dans l’herbe gelée.


- Gagné… murmura Ciel, son souffle dégageant un léger nuage de condensation.

Et il s’effondra sur le corps de Blanche pour ne plus bouger.
Au-dessus de la ferme en flammes, la nuit palissait enfin.



* * *


- Syndrell !

La jeune femme rétracta ses lames et eut tout juste le temps d’ouvrir les bras pour y recevoir un petit garçon bouleversé. Il ne pleurait pas, mais elle sentit sa peur à travers la puissance de son étreinte et le serra contre elle, de toutes ses forces. A leurs pieds, le corps de Trinan eut encore un dernier spasme.

- C’est fini, Lyke, dit-elle en caressant ses longs cheveux blonds. Je suis là, maintenant.

Il hocha la tête contre son ventre, et tressaillit en découvrant le sang chaud qui maculait la hanche de la marchombre.

- Syndrell…

La longère gémit, dévorée par les flammes, et Syndrell attrapa le garçon par la main.

- Il faut sortir de là, et en vitesse !

Main dans la main, ils s’élancèrent dans le couloir tout enfumé. Le toit s’écroulait déjà. Rongées par les flammes, les poutres dégringolaient de part et d’autre, autant d’obstacles qu’il leur fallu franchir tout en se protégeant le visage. Syndrell avançait aussi vite qu’elle le pouvait. Elle guidait Lyke à travers l’épaisse fumée quand soudain, elle se sentit partir en arrière ; trop fragile et rongé par les flammes, le plancher venait de s’effondrer sous leurs pieds et le garçon bascula dans le vide, l’entraînant dans sa chute. La main de Syndrell s’accrocha au plancher défait, interrompant brutalement leur chute.

Une onde de choc se répercuta aussitôt le long de son bras blessé, celui qui retenait Lyke au-dessus d’un véritable brasier, et se répandit dans tout son corps, sans épargner la moindre blessure – et surtout pas celle infligée par la lame de Trinan, au côté droit. Syndrell cria de douleur, puis de frustration. Elle n’avait pas la force de hisser Lyke, ni celle de remonter. D’ici trente secondes environ, ils allaient tomber dans les flammes. Serrant les dents, Syndrell regretta amèrement que cette partie du plan n’ait pas été plus longuement discutée.

Et faillit lâcher prise lorsqu’une main chaude se posa soudain sur la sienne pour la hisser lentement, mais sûrement, en sécurité.




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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Lun 13 Fév 2012, 15:40

Ce fut une odeur qui tira Dolce de sa léthargie.
Le regard fixé sur le corps de Gazia, il ne savait plus. Plus ce qu’il faisait, plus rien. Comme si tout s’était envolé, à cet instant. Il avait tué deux des siens, pouvait-il encore se considérer comme Envoleur ? N’était-ce pas trahison, comme l’autre l’avait dit ?
L’esprit nébuleux, il ne se sentait plus la force d’avancer. De bouger. Plus l’envie.
Peut-être finirait-il ici, après tout. Il sentait son sang filer par les différentes blessures, pour la plupart bénignes, qui lacéraient sa peau. Juste du côté de son poignet, ou plutôt son avant-bras, où c’était un peu plus délicat… Et encore. C’était comme s’il ne sentait plus rien. Plus aucune douleur. Plus aucune rancœur.
Comme du vide.
Un vide immense, un vide béant.
Qui était-il ?
Que faisait-il ?
Pour qui se battait-il ?

L’odeur du feu réveilla sa conscience, qui s’était perdue dans les méandres de questions stériles, ou presque.
L’odeur du bois rongé par les flammes, et puis un fracas assourdissant, d’un toit qui s’écroule.
Rentrant, par réflexe, la tête dans les épaules, Dolce lâcha un profond soupir : Ciel avait réussi à mettre la fin du plan à exécution. Tout concordait parfaitement. Il prit le temps de lui adresser des félicitations silencieuses, avant de tenter de se redresser.
Il fallait qu’il sortît de là.

A pas hésitants, un peu déséquilibrés, il avança un peu dans la pièce dans laquelle il se trouvait. Il vit les silhouettes des deux hommes qui suivaient précédemment Gazia se précipiter, hâtifs, vers la sortie de la ferme. Ils ne pensaient plus qu’à sauver leur peau, et ne le virent même pas.

Un pas.
Dans la direction de la sortie.
Un autre pas.

- Il faut sortir de là en vitesse !

Un murmure, un cri, qui retentit dans ses oreilles comme le son d’une douce clochette.
Immédiatement, il reprit ses esprits. Un pan de mur s’effrondra, et soudain, l’Envoleur recouvrit toute sa lucidité, se rendant compte de l’urgence de la situation : Syndrell était montée à l’étage. Syndrell était allée sauver un gamin, et elle était montée. Et au vu des langues de flammes qui léchaient joyeusement tout le bois sec des fondations de la maison, les plafonds ne tarderaient pas à s’écrouler !

Pris d’une nouvelle hâte, puissante, l’Envoleur puisa dans ses réserves pour réussir à grimper les escaliers quatre par quatre – de toute façon, une marche sur deux était soit déjà écroulée, soit en proie aux flammes. Sur le perron, il s’accorda une seconde pour reprendre son souffle, et laissa son ouïe devenir le centre de son être.

Craquements.
Effondrements.
Souffle. Précipité.

Ouvrant les paupières, décidé, l’Envoleur se dirigea comme il le pouvait entre les tentures en flammes, les poutres porteuses craquant allègrement sous la chaleur et la passion du feu. Il avait chaud. Arrachant sa chemise d’un revers de sa main droite – celle qui n’avait rien – il se précipita sous une poutre déjà écroulée, roula sur le sol.

Craquement.
Grondement.
A sa droite.
Bondissant sur le côté dans un réflexe prodigieux, le jeune homme échappa au sol qui s’effondrait de très peu. Reprenant son souffle, il entreprit de contourner cette difficulté en passant loin du paquet chauffé à blanc. Mais une silhouette attira son attention. De l’autre côté du trou. Deux silhouettes. Serrant les dents, l’homme bondit en avant, effaça ses épaules pour éviter un morceau de bois enflammé, glissa sur le sol, se faisant aussi léger que de l’air…


§§


- Je te tiens !

La main de Syndrell sous la sienne, Dolce empoigna son poignet pour tirer. De toute ses forces. Il réussit à les remonter tous les deux, Lyke et la Marchombre, et ils se posèrent à peine une seconde sur le parquet avant qu’une nouvelle poutre s’effondrât à moins d’un mètre d’eux.

- Vite !

Ne lâchant pas la main de Syndrell, Dolce les emmena du côté de l’escalier. Il était désormais complètement enflammé, et l’Envoleur ne put même pas prendre sa respiration tant l’air était saturé.

- Baissez-vous ! L’air est près du sol. Bonhomme, il va falloir que tu viennes avec moi…

Lui lançant un regard, Dolce ne douta pas que ce petit bout d’homme était bien courageux, car pas une seule larme n’avait coulé sur ses joues. Il lui tendit la main… et Lyke posa la sienne dedans. Dans un sourire, Dolce souleva le garçon comme s’il n’avait rien pesé, et lança un regard à Syndrell.

-Fais attention à toi…

Il sauta à travers les flammes.
Le poids de Lyke le déséquilibra légèrement sur le côté, et il bondit un dixième de seconde trop tard de la marche sur laquelle il avait atterri, et cette dernière s’effondra. Ce ne fut qu’un enchaînement de réflexes purs qui se passa par la suite, car Dolce ne réfléchissait plus. Il agissait.
Son corps, devenu réflexe, bondissait et s’équilibrait à chaque instant.
Se déséquilibrait.

Arrivé en bas de l’escalier, il ne réfléchit pas une seconde de plus. Syndrell était capable de s’en sortir seule : après tout, elle était en meilleur état que lui, même ! Filant comme une flèche, le dos vouté, le plus près du sol possible pour pouvoir continuer de respirer, l’Envoleur se précipita, épaule la première, contre la porte fermée et enflammée qui lui barrait la route, dernier obstacle entre lui – eux – et le salut.

L’appel d’air qui résultat de la sortie de Dolce sembla souffler quelques flammes… qui repartirent de plus belle.
Ils étaient déjà loin.
Et dans le regard vert de Dolce, on aurait pu voir une forêt qui s’embrasait…

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mar 14 Fév 2012, 00:08

- Je te tiens !

Le temps qu’elle assimile ces mots, Syndrell était déjà contre Dolce, dans une sorte d’étreinte-éclair, contact plus court qu’un battement de cils mais plus puissante que tout. La seconde suivante, il les entraînait, Lyke et elle, à travers un monde de flammes et de fumée. Celle-ci brûlait la gorge et piquait les yeux, empêchant la jeune femme de voir grand-chose. Sans lâcher Lyke, elle se laissait guider par l’Envoleur et par cette urgence lancinante : sortir, sortir à tout prix.

La ferme s’effondrait lentement. Tout brûlait, même les granges avoisinantes. Devant elle, Dolce s’arrêta le temps de prendre Lyke dans ses bras, et tous deux disparurent. La marchombre s’apprêtait à les suivre lorsque quelque chose attira son attention. C’était infime, minuscule au milieu de cet enfer, mais Syndrell le reconnut immédiatement et rien alors, pas même le brasier qui rugissait autour d’elle, n’aurait pu la dissuader de revenir en arrière.

Elle se faufila entre les décombres ravagés par le feu, courbée en deux pour ne pas inhaler trop de fumée. Lorsque sa cape s’enflamma, elle la dégrafa et la laissa brûler, oubliant tout ce qu’elle signifiait à ses yeux. Son attention était braquée sur le petit objet qui scintillait doucement, comme un clin d’œil complice à son attention. Se laissant tomber à genoux, elle tendit la main et referma les doigts sur la chaîne…



* * *


Ses doigts se referment sur la chaîne en argent de Leif. A travers ses larmes, elle voit le bijou scintiller faiblement à la lueur de la lune. C’est un bijou auquel il tient… tenait beaucoup. Elle le revoit en train de jouer pensivement avec, ou de le serrer avec force en cas de détresse. Mais lorsqu’il est mort, c’est sa main qu’il a serré dans la sienne.
Sa main à elle.

Alors, lorsque des cris et des bruits de pas retentissent dans son dos, la jeune fille n’hésite pas. Elle arrache la chaîne du cou de l’espion, la fourre dans sa poche et s’enfuit dans la nuit. Elle court, elle court à en perdre haleine ; le sang encore chaud de Leif barbouille son visage et ses mains, trempe sa chemise et ses bas. Le rire assassin de Vanora résonne dans les ombres nocturnes, fou, dangereux. Mortel.

Syndrell court toujours. Elle quitte la ville et s’enfonce dans le bois, aussi terrifiée qu’une petite fille. Sa chemise s’accroche dans les ronces, les épines tracent des lignes de feu sur sa peau et son sang se mêle à celui de Leif. Elle ne s’arrête pas, elle court encore et toujours.
La chaîne dépasse de sa poche et une branche se prend dans un des maillons… Le bijou s’échappe, la fille s’enfuit… Et emporte avec elle, pour unique souvenir de Leif, des souvenirs…



* * *


Un morceau du plafond se détacha et vint s’écraser à l’endroit où, quelques secondes plus tôt, se tenait une femme aux cheveux bleus et aux yeux d’or, avec une chaîne dans la main. Et soudain, ce fut la ferme tout entière qui lâcha prise, anéantie par les flammes, et qui s’écroula dans un fracas sinistre.

Syndrell atterrit dans le sable de la cour. Elle roula une première fois pour amortir sa chute, puis pour éteindre les flammes qui entamaient sa chemise et quelques mèches de ses cheveux. Elle se redressa en toussant, fit quelques pas et s’écroula, épuisée. Sa poitrine se soulevait et s’abaissait à un rythme fou tandis que son cœur cognait dans sa poitrine à lui en briser les côtes. Elle n’avait plus de souffle, plus de forces, mais nom d’une chiure de mouche, elle était en vie ! Et le ciel soit loué, Dolce et Lyke aussi. Elle n’eut qu’à tourner la tête pour les voir, affalés à quelques pas d’elle seulement.

Lyke fut le premier à bouger. Se dégageant de l’étreinte de l’Envoleur, il se rua dans les bras de Syndrell alors que celle-ci s’asseyait péniblement, et la serra à l’en étouffer.


- Je le savais, dit-il tout contre son oreille. Je savais que tu viendrais me chercher.

Il y avait une telle force dans ces paroles, tellement de confiance que Syndrell sentit sa gorge se serrer d’émotion. Elle prit le garçon par les épaules et attendit qu’il plonge son regard fauve dans le sien avant de lui répondre d’une voix rauque :

- Toujours, petit homme. Quoi qu’il arrive et où que tu puisses être, je te retrouverai toujours.
- Parole ?
- Parole !


Il leva son poing serré et elle le frappa doucement du sien, scellant l’indéfectible promesse, et il se nicha à nouveau dans ses bras, laissant enfin échapper les larmes d’un petit garçon qui avait eu très, très peur. Elle lui caressa les cheveux en lui murmurant toutes sortes de choses, des choses qui n’avaient rien à voir avec le feu, le sang et la mort. Un voile de fumée les entourait tandis que devant eux, les ruines de la ferme brûlaient doucement.

Laissant son regard vaguer sur les flammes qui léchaient le bois, Syndrell eut une pensée pour tous les innocents qui avaient trouvé la mort dans cette histoire. Leif, Nuance, Juhien, Moa, Trinan, et tous ces gens, bons ou moins bons, qui avaient perdu la vie pour une altercation entre deux femmes…. Elle avait le cœur lourd en espérant qu’ils lui pardonnent, où qu’ils puissent se trouver à présent.

Et puis, il fut là. Dans son dos. Présence, soutien, amour.
Toute trace de tristesse quitta l’or de ses yeux lorsqu’elle renversa la tête en arrière, prenant appui contre le torse de Dolce. Toute tension l’abandonna aussitôt. Encore une fois, le temps suspendit son cours. Autant qu’il s’y habitue ; Syndrell comptait bien lui voler autant de secondes-éternités que possible pour aimer cet homme. Plus rien ne pouvait nuire à son bonheur, désormais ! Vanora gisait dans le sable, à côté d’elle, et les derniers de ses hommes de main encore en vie avaient disparu. La ferme brûlait et emportait dans ses tourbillons de fumée les derniers tourments d’une femme dévastée par la folie.


- Je t’aime…

Murmure.
Aussi doux qu’un souffle de vent.
Plus puissant qu’un ouragan.

Sans lâcher Lyke, Syndrell se retourna pour découvrir son Envoleur dans un triste état. Il était couvert de suie, de sang et de sable ; certaines de ses blessures avaient besoin d’être recousues et il y avait une étoile de tristesse dans ses yeux. Pas besoin de mots pour comprendre que cette étoile s’appelait Gazia. Bouleversée, la jeune femme leva la main et lui caressa la joue. Elle ne dit rien. Il n’y avait rien à dire. Lui aussi avait beaucoup perdu dans cette histoire.

Mais ils ne s’étaient pas perdus, eux. Là, maintenant, tout de suite, Syndrell était incapable de ressentir plus de tristesse que de bonheur à l’idée que les êtres qui lui étaient le plus cher étaient sains et saufs. Dolce, Lyke, et…



* * *


- Ciel !

Lâchant la main de Lyke, Syndrell se précipita vers les deux corps étendus l’un sur l’autre. Immobile, Ciel reposait sur celui de Blanche. Il y avait une telle quantité de sang que la marchombre réprima un sanglot. Tremblant de tout ses membres, elle prit son ami dans ses bras et passa doucement la main dans ses cheveux poissés de sang.

- Oh, Prof…

Il gémit contre elle et remua faiblement.

- Ciel ?

Syndrell échangea un regard avec Dolce, puis secoua légèrement le Dessinateur, le pressant de se réveiller, l’appelant par son nom, encore, et encore, et…

… il ouvrit les yeux. Des yeux qui brillaient de souffrance, mais qui tirèrent à Syndrell un rire plein de larmes. Vivant. Il était vivant ! Blessé, épuisé, mais vivant !

- Syn… sale… tête… marmonna-t-il à son attention.
- Parle pour toi, Prof, rétorqua la jeune femme en le serrant contre elle.
- Fi…ni ?

Les yeux dorés flamboyèrent.

- Oui, Ciel. C’est fini. On rentre chez nous…


* * *


Il leur fallut un temps fou pour rejoindre le campement. On eut dit des vieillards avançant péniblement dans les couleurs du levant, comme écrasés par le poids des ans ; chaque pas leur coûtait un peu plus que le précédent. Mais ils continuaient pourtant d’avancer, parce que ce n’étaient pas des vieillards, non, c’étaient des héros qui revenaient du champ de bataille, forts d’une victoire qu’ils avaient su arracher avec panache.
Allongé sur l’encolure de Singa, Ciel oscillait entre conscience et inconscience. Syndrell ne lâchait pas sa main. Lyke s’était endormi dans les bras de Dolce. L’Envoleur et la Marchombre marchaient côte à côte, comptant les pas qui les séparaient encore du campement.

Dans leur dos, un nuage de fumée s’élevait dans le ciel rougeoyant.
Symbole d’une guerre enfin achevée.






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Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…




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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mar 14 Fév 2012, 13:03

Epuisé.
Vidé.
Las, même.

Dolce s’était effondré dans le sable dès qu’il l’avait pu. Sur la terre de la cours de la ferme, qui était en train de se détruire elle-même, tombant depuis sa plus haute balustrade jusqu’au sol, dans des gerbes de flammes brûlantes. Il réagit à peine quand Lyke se sortit de son étreinte pour se précipiter sur Syndrell, s’exclamant.
Qu’avait-il dit ?

Il ne savait pas. Ne savait plus. Mais un sourire étirait ses lèvres, alors qu’il ne bougeait pas d’un seul millimètre. Il se sentait éreinté, fatigué, sans plus de force pour se soulever et s’approcher de la Marchombre aux cheveux bleus. Cette femme, ce feu-follet, cette beauté… Syndrell. Elle était là, tout près de lui, si loin pourtant ; tenant dans ses bras le gamin qui avait été fait otage. Il n’en avait plus la force… et pourtant, il se releva, difficilement, et réussi à s’avancer vers elle, vers eux, et les entoura de ses bras, vacillant légèrement. Les entraînant vers le sol, plus pour se reposer lui qu’autre chose, il inhala la douce odeur sauvage des cheveux de la jeune femme.

- Je t’aime…

Un long frisson prit naissance le long des bras de l’Envoleur, qui tenait Syndrell contre lui. Un long frisson, qui remonta lentement sa colonne vertébrale, se dispersant dans ses jambes et jusqu’à la racine de ses cheveux. Un frisson, délicieux, qui le fit frémir à nouveau.
Alors, dans une impulsion, il la serra un peu plus fort contre lui, perdant son nez dans ses mèches folles, déposant ses lèvres dans son cou.

- Je t’aime, Syndrell…

Un souffle, qui lui chatouilla certainement l’oreille, tirant un nouveau frisson à Dolce, tout comme à la jeune femme contre lui. Vanora morte, ils se retrouvaient enfin. Tout serait sans doute plus simple, non ?

C’était sans compter la mort du Mentaï.
C’était sans compter la mort de Gazia.
Oh, il en avait tué d’autres avant. Des grands, des forts, des beaux et des laids. Des hommes et des femmes. Mais… Mais ces deux personnes faisaient partie de son camp. Elles faisaient partie de cette force, le Chaos, qui tentait de prendre toute sa place en Gwendalavir, qui faisait des plans pour renverser l’Empereur, l’Empire. Cette force, qui était censée être la sienne, et qu’il avait controversé en suivant Syndrell. En l’aimant.

Ce furent les doigts de cette dernière qui le tirèrent de ses pensées vagabondes.


§§


- Oui, Ciel. C’est fini. On rentre chez nous…

- T’as fait du beau boulot…


Quelques mots, et Dolce vit flamboyer dans le regard de Ciel ce qui ressemblait à un « je te l’avais dit ».


§§


Lyke dans les bras, Singa qui le suivait sagement et… Syndrell, tout contre lui, à sa droite.
Epuisé, éreinté, laminé, exténué, harassé, vidé… Dolce continuait de mettre un pied devant l’autre. Pour elle. Pour eux tous.
Pour eux deux.


§§


- Aïe !

L’Envoleur grimaça lorsque le fil entama de nouveau sa peau, au niveau de son avant-bras qui avait pris un sacré coup. Etant donné la tête que faisait Lyke à côté de lui, c’était certain que ce n’était pas très beau à voir, mais au moins c’était plutôt propre : pas de peau nécrosée, pas de déchirure ni d’arrachement, la lame avait juste bien fait son travail : découper.

Dolce redressa le menton, et son regard croisa celui, flamboyant, doré, de Syndrell.
Après tout, peu importait qui il avait tué.
Il restait lui, toujours. Envoleur, mais amoureux. Amoureux d’une Marchombre, certes, mais l’amour ne se décidait pas. Ou plutôt, il avait décidé de le garder. Pour lui seul. Personne ne pouvait le lui empêcher. Il n’avait fait que se défendre, défendre sa vie contre ces deux personnes du Chaos, qui avaient voulu sa peau à un moment donné. Peut-être pour de bonnes raisons, mais cela n’était que de la légitime défense.
Il n’avait rien à se reprocher.
Même si la mort de Gazia pesait sur sa conscience…

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Jeu 16 Fév 2012, 00:44

- Aïe !
- Désolée…


Syndrell leva un regard contrit vers Dolce et se mordit la lèvre en voyant la douleur étinceler dans ses yeux. La couture n’était pas son fort, un défaut qui avait toujours amusé Miss, mais dont elle se serait bien passée ! Entre Ciel et Dolce, elle avait de quoi faire – les deux hommes avaient étalé du sang dans toute la tente. Son amant, surtout, semblait ne pas pouvoir tenir en place, malgré la quantité impressionnante d’estafilades qui couraient sur sa peau et la fatigue qu’il portait sur le visage. Il avait fallu qu’elle l’installe de force sur son matelas pour s’occuper de lui et que Lyke se montre aussi ferme qu’elle pour faire entendre raison à ce têtu d’Envoleur !

Ciel, en revanche, ne bougeait pratiquement pas. Il avait repris vaguement conscience lorsqu’elle avait pansé son bras ; tremblant de fièvre et d’épuisement, il avait lâché quelques mots sans queue ni tête avant de replonger dans un sommeil agité. D’abord très inquiète, Syndrell avait rapidement réalisé que sa blessure n’était pas grave au point de menacer sa vie : c’était moins la flèche que l’incroyable utilisation de son Don qui était responsable de son état. L’on ne pouvait pas y faire grand-chose, à part humecter ses tempes et son front, tâche dont Lyke s’acquittait avec le plus grand soin. Pour le reste, la jeune femme espérait que son ami saurait s’accrocher, comme il l’avait fait à Fériane…

Syndrell se pencha en avant pour couper le fil de ses dents puis entama un pansement. Tout en enroulant doucement la bande de tissu autour du bras de Dolce, elle l’observait de l’œil, remarquant ses traits tirés et sa mine sombre. Il y avait de quoi : après avoir subi autant de dommages, un homme ordinaire serait très mal en point, sinon entre la vie et la mort… Pas Dolce. Il n’allait pas bien, c’était évident, et néanmoins il se tenait assis comme s’il se faisait soigner un simple bobo. Assis à côté de lui, Lyke le regardait avec une franche admiration qui le disputait parfois au dégoût lorsque son regard tombait sur les plaies les plus affreuses.

Le petit garçon avait repris des couleurs et surtout, il avait retrouvé le sourire. De temps en temps, il passait la main sur son cou, effleurant du bout de ses doigts le pansement que Syndrell avait placé sur la coupure dessinée par la lame de Trinan. Une blessure de guerre dont il n’était pas peu fier ! La marchombre sourit brièvement en le voyant loucher sur les muscles que le torse nu de Dolce mettait en valeur, puis elle reporta son attention sur l’Envoleur.


- Hé… murmura-t-elle.

Il était plongé dans de sombres pensées, elle le devinait à la teinte plus foncée de ses yeux verts. Il songeait à Gazia. Syndrell attendit qu’il ait plongé son regard dans le sien avant de parler d’une voix toujours aussi rauque :

- Je ne sais pas ce qui s’est passé, là-bas ; il y avait mon combat, et il y avait ton combat. Un jour, demain peut-être, ou peut-être dans une autre vie, tu me raconteras cette histoire. Pas maintenant. Tu as besoin de dormir.

Ils en avaient tous besoin, songea-t-elle en voyant Lyke papillonner des yeux. Mais il ne s’agissait pas d’une parade pour faire plier Dolce à sa volonté, et elle voulait qu’il le sache. Alors elle posa sa main sur la sienne, geste fort, et tendit l’autre pour effleurer sa joue abîmée du bout des doigts. Geste tendre. Regard, échange silencieux. Pas besoin d’autre chose pour lui faire comprendre qu’elle respectait sa douleur et qu’elle était là, douce présence, à ses côtés pour le soutenir dans cette épreuve, quelle qu’elle soit.

Après avoir vérifié l’état de Ciel, elle laissa Dolce et Lyke s’installer pour dormir et sortit de la tente pour s’occuper de ses propres blessures. Pas besoin de faire de la couture, heureusement, mais lorsqu’elle acheva de panser sa hanche, elle avait les membres gourds et la tête saturée par une migraine de tous les diables. Toutefois, elle prit le temps de desseller Singa et de le bouchonner soigneusement, le récompensant d’une carotte pour son rôle dans cette mission.

Une mission accomplie.
Une mission réussie.
Une mission terminée.

Debout devant la tente, Syndrell tendit la main pour ouvrir le battant de toile, se figea lorsque des images envahirent son esprit, véritable flot de couleurs, de sons, de sensations qui lui donnèrent soudain la nausée. Elle laissa retomber son bras. Recula d’un pas.
Puis d’un autre.
S’immobilisa.
Ferma les yeux.

Il lui sembla entendre le rire léger de Miss lorsqu’elle s’immergea dans la gestuelle marchombre. Lorsqu’elle en sortit, trempée de sueur et plus détendue que jamais, le soleil était haut dans le ciel. Mais il n’y avait plus d’image dans son esprit, seulement un vide bienfaisant ; apaisée au plus profond de son être, Syndrell se glissa doucement dans la tente.

Ciel dormait d’un sommeil plus paisible, à présent. A côté de lui, Dolce frémit légèrement ; il l’avait entendue. Lyke dormait à poings fermés, blotti contre le jeune homme. Après tant de violence, Syndrell goûta avec bonheur à cet instant de douceur, puis elle se faufila entre Ciel et Dolce pour se laisser tomber entre eux, épuisée. Elle sentit vaguement un bras se refermer doucement sur elle et sombra dans un sommeil de plomb.



* * *

- Alors ?
- Quoi, alors ?
- C’était comment ?
- Tu veux parler de cette mission suicide ? Bah ! Du gâteau, évidemment. N’empêche que si tu es ici, c’est que tu as encore risqué ta peau.
- Des risques nécessaires. A présent, je suis libre !
- Libre ? Mais tu l’as toujours été, gamine. Tu l’as toujours été.



* * *

Elle s’éveilla au son du rire un peu fou de son vieil ami, et il lui fallu quelques secondes pour réaliser qu’il s’agissait seulement des dernières bribes de son rêve. Immédiatement, comme l’aiguille d’une boussole trouve toujours le nord, son regard trouva celui de Dolce.
Sourire doré.


- Salut…

Sa voix n’avait toujours pas recouvré son timbre normal, mais c’était sans importance. Le murmure avait atteint sa cible – le cœur de l’homme allongé près d’elle – et elle sentit soudain son propre cœur se serrer en réalisant soudain à quel point elle avait été près de le perdre. Tout s’était enchaîné si vite, là-bas… elle se souvenait seulement maintenant de l’avoir vu vaciller, puis tomber dans le sable. Une image terrible. Vite, elle cligna des yeux pour la rejeter. Déjà, une idée s’imposait dans son esprit. Non, pas une idée.
Une nouvelle mission.


- Je vais y retourner.

C’était une mission dont peu de gens auraient accepté, volontairement, de s’acquitter. La plupart aurait tenté d’oublier cet endroit et tout ce qui s’y rapportait, mais pas Syndrell. Tout comme elle avait tenu à le faire avec Erwan, dans la clairière où sa vie avait basculé une seconde fois à cause de Vanora, elle voulait revenir sur ses pas pour enterrer les corps qui gisaient encore dans le sable de la ferme. C’était important à ses yeux et nécessaire pour qu’elle tourne définitivement cette triste page.

Mais pour ça, elle avait besoin de Dolce…


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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Jeu 16 Fév 2012, 21:54

Décidément, d’après ce qu’il avait pu en voir, la couture de blessures n’était pas forcément le point fort de la petite Marchombre. Cela importait peu, certes, mais cela le faisait tout simplement sourire, car il fallait bien trouver quelques fois de quoi rire, pour arrêter de ressasser des pensées sombres…
D’ailleurs, ce ne fut que lorsque Syndrell l’apostropha que Dolce se rendit compte qu’il avait directement plongé dans ses pensées noires, à lui-même.

- Je ne sais pas ce qui s’est passé, là-bas ; il y avait mon combat, et il y avait ton combat. Un jour, demain peut-être, ou peut-être dans une autre vie, tu me raconteras cette histoire. Pas maintenant. Tu as besoin de dormir.

Il hocha doucement la tête, un léger sourire sur les lèvres.
Il n’avait pas envie d’en parler, pas maintenant, pas comme ça. Et puis, s’il commençait, il ne pourrait que dire la vérité, et sans doute que la Marchombre ne l’apprécierait pas trop. Quoique… Elle était quand même vraiment compréhensive, et plus joyeuse que jalouse, certes ; mais cela n’empêchait pas qu’elle restait toujours imprévisibles.
Aussi imprévisible que le vent lui-même.

Le garçonnet, qui devait avoir une dizaine d’années, les dévorait des yeux, Syndrell et lui. Lyke semblait d’une curiosité sans borne, et pas vraiment timide. Ainsi, lorsqu’il vint pour quêter un peu de chaleur vers le jeune homme, ce dernier le laissa se blottir contre son dos, dans un sourire, avant de fermer les yeux alors que l’image de la Marchombre sortant de la tente s’effaçait dans son esprit…


§§


- Salut…

Dolce papillonna des paupières quelques seconds, finissant par trouver le regard de Syndrell. Il sourit. La voix encore rauque, les cheveux d’un bleu profond de la Marchombres étaient tout ébouriffés sur sa tête, et il adorait la voir ainsi. Se penchant légèrement en avant, la serrant un peu contre lui, il déposa un baiser sur le haut de son crâne.

- Tu es belle, tu sais…

Un sourire tendre sur les lèvres, il finit par se redresser pour détailler un peu plus la jeune femme. Allongée, tout contre lui, elle n’en était que plus désirable, que plus attirante, que plus magnétique. Mais le souffle du garçon dans son dos, ainsi que celui de Ciel un peu plus loin, empêchèrent Dolce de tenter quoi que ce soit… Mis à part de laisser ses doigts caresser la courbe des hanches de la Marchombre.

- Je vais y retourner.

Cela, par contre, il s’y attendait. Et quand il y réfléchissait, il avait besoin d’y aller ; retrouver le corps de Gazia serait suffisamment difficile, mais penser qu’elle allait pourrir à la vue de tous, avec un poignard abandonné dans l’orbite… Cela lui tira un long frisson désagréable. Non, il ne pouvait pas la laisser comme ça. Et les autres non plus, d’ailleurs. Lorsqu’il y avait carnage, avec des brigands ou des adversaires inconscients, c’était un fait de laisser les corps derrière soi – et encore, il avait du mal, parfois. Néanmoins, quand il y avait nécessité, comme avec le Mentaï, rien n’avait été fait.
Mais il était hors de question de ne pas respecter le combat qu’ils avaient mené, tous les deux, dans cette ferme. Contre ces adversaires, qui défendaient eux aussi leur peau, et seulement cela.

Un long soupir franchit les lèvres de Dolce.

- Quand à moi, je dois y retourner…


§§


Entrer dans la ferme par surprise, ou presque, était une chose.
Y retourner alors que le sable avait pris la couleur du sang et de la cendre, c’en était une autre. Surtout avec la carcasse de la vieille bâtisse qui s’écroulait encore à moitié. Mais il restait quelques poutres, qui tenaient bon malgré le feu qui les avait rongées.

Les premiers corps étaient étalés dans la cours, dans des positions qui donnaient froid dans le dos. Avec l’aide de Syndrell, ou même plutôt avec elle, Dolce commença à creuser une fosse, près du rempart qui était le plus résistant, et en meilleur état que les autres, globalement…

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Ven 24 Fév 2012, 11:12

- Quand à moi, je dois y retourner…

Or en fusion qui scintille.
Echange complice.
Sourire.



* * *



« Y retourner » ne fut pas si simple. Il fallu d’abord à Syndrell un trésor de patience pour faire comprendre à Lyke qu’il ne pouvait pas les accompagner. Malgré la rude épreuve qu’il venait de traverser, le petit garçon tenait vraiment à suivre les deux jeunes gens où qu’ils aillent, même dans cet endroit dont le nom lui tirait une grimace ou bien un frisson de dégoût. Pour ne rien abîmer de cette cape de courage dont il se drapait, Syndrell chargea l’enfant d’une mission de la plus haute importance : garder le campement tout en veillant sur Ciel.

Lyke était loin d’être idiot. Il avait compris à quel point la jeune femme tenait à son ami. Acceptant la mission d’un hochement de tête assuré, il avait alors disparu dans la tente pour se poster auprès du Dessinateur toujours endormi. N’appréciant guère de les laisser seuls alors que Ciel n’était pas au meilleur de sa forme, Syndrell avait rapidement sellé Singa, puis Dolce et elle avaient enfin quitté le campement.

Le soulagement de la victoire se devinait à leur attitude plus décontractée. Mais leurs traits tirés et leur allure plus que modérée témoignaient de la dureté des récents événements, et dans leurs yeux brillaient une peur sans nom ; l’Envoleur comme la marchombre redoutaient de croiser les fantômes de leurs combats respectifs. A côté d’eux, Singa avançait tranquillement. Syndrell avait posé sa main sur son flanc, autant pour se rassurer que pour réfréner les ardeurs du cheval, qui n’aurait rien eu contre un peu de vitesse…

D’épaisses chapes de brumes serpentaient entre les cimes des arbres. Les traverser donnait l’impression de plonger dans un gouffre à la fois humide et glacé. Sous leurs pas, l’herbe gelée craquait doucement tandis que dans les airs, de minuscules flocons voletaient au gré du léger vent du nord. La température était si basse qu’une fine couche de givre recouvrait les cheveux bleus de Syndrell.

Lorsqu’elle s’arrêta en bordure de la lisière, cependant, la jeune femme ne songeait plus au froid. Son regard doré se perdit dans les ruines encore fumantes de la ferme, un long frisson remonta le long de son échine, et sa main chercha celle de Dolce pour la serrer. Fort.

Main dans la main, ils franchirent la distance qui les séparait encore de la ferme ; Singa portait sur son dos le corps sans vie de Blanche. Syndrell avait récupéré son poignard tout en songeant à l’ironie de la chose : son ancienne camarade, tuée par une lame marchombre et par la formidable volonté d’un Dessinateur qu’elle avait « protégé »…

Le feu de ce dernier avait rongé presque tous les bâtiments. Une forte odeur de bois brûlé flottait dans l’air ; mêlée à l’âpreté de la fumée, elle piquait les yeux et la gorge, à tel point que Syndrell finit par lâcher la main de son compagnon pour se protéger le visage de son avant-bras. A travers les volutes noirâtres, elle discerna deux corps, sans parvenir à déterminer leur identité. Les quelques mercenaires encore en vie avant l’incendie avaient pris la tangente et il était peu probable qu’ils reviennent dans les parages, à présent que leur gagne-pain du moment était parti en fumée, mais Syndrell préférait se dépêcher de rentrer au campement. Mieux valait que Lyke ne reste pas seul trop longtemps.

Dolce récupéra une pelle parmi les décombres de l’une des granges et commença à creuser dans le sable. Après quelques heures de sommeil, il souffrait moins mais elle le savait, toutes ses blessures n’étaient pas physiques ; comprenant qu’il avait besoin d’être seul, elle s’éloigna doucement. Elle déambula un moment au hasard avant de découvrir Gazia.

L’Envoleuse avait miraculeusement échappé au désastre des flammes. Couchée sur le flanc, elle semblait dormir et l’espace d’un infime instant, Syndrell se figea, prête à réagir au cas où… Mais Gazia était morte. Tuée d’un coup de poignard en pleine tête. La lame avait traversé son œil gauche et volé sa vie sans lui laisser le temps de souffrir. La marchombre observa un moment de silence et de réflexion avant de déchirer ce qu’il restait de sa manche droite. Aussi délicatement que possible, elle entoura du tissu le crâne abîmé de Gazia, dissimulant son œil blessé, puis se releva lentement.

Cette femme n’était même pas une ennemie. Elles ne s’étaient jamais connues, jamais rencontrées ; un bref instant n’était pas suffisant pour déterminer la nature d’un lien, si tant est qu’il existe bel et bien un lien. Mais Syndrell se sentait indiscutablement redevable envers la jeune femme allongée à ses pieds. Parmi les images qui se bousculaient dans sa mémoire, elle revoyait l’Envoleuse se dresser entre les mercenaires et Dolce. Elle lui avait sauvé la vie.


- Je ne l’oublierai pas, murmura-t-elle.

Un souffle de vent emporta sa promesse et fit danser ses cheveux sur ses épaules, chatouillant son bras nu au passage. Elle le pressa contre son ventre, autant pour se protéger du froid que pour calmer la douleur de son épaule, et tourna les talons, laissant Dolce venir s’occuper de Gazia. Un peu plus loin, Syndrell découvrit avec tristesse le corps de Moa. La jeune fille n’avait guère plus de quinze ans. Trop jeune pour mourir de la sorte… Il n’y avait pourtant aucun regret dans les yeux de Syndrell. Dolce, Ciel, Lyke et elle auraient tout aussi bien pu se trouver là, dans le sable, le sang et la cendre de la bataille, s’ils ne s’étaient pas démenés pour sauver leur vie. Tuer ou être tué ; cette philosophie était aussi brutale que véridique.

Nouveau souffle de vent. Guidée par son intuition, Syndrell leva la tête et se remit en route. Elle ne marcha pas très longtemps avant que ses yeux ne se posent enfin sur le corps de Vanora. Elle aussi avait échappé à l’incendie. En s’arrêtant près d’elle, la marchombre ne savait pas si elle devait s’en réjouir on non. Cette femme avait été source de tant de malheurs, comment imaginer lui pardonner un jour ? Sans elle, sans sa folie destructrice et mortelle, Leif serait toujours vivant. Mais…


… mais alors, elle-même n’aurait peut-être jamais trouvé sa Voie. Si Leif n’était pas mort, elle l’aurait suivi jusqu’au bout de sa vie, espionne dans les rues d’Al-Jeit, Ombre parmi les ombres. Pas Marchombre. Si elle ne s’était pas enfuie cette nuit-là, elle n’aurait pas dérobé Nuance à un éleveur de la ville. Ironie du sort, Syndrell devait son malheur, mais aussi son bonheur à Vanora ! Rageuse, elle essuya les larmes qui traçaient des sillons salés sur la poussière qui maculait son visage.

- Je ne pleure pas pour toi, lança-t-elle au cadavre.

Pas seulement.

Au bout d’un long, très long moment, Syndrell fut tirée de ses pensées par le contact d’un objet froid et dur contre ses doigts. Sortant la main de sa poche, elle découvrit la chaîne qu’elle avait arraché des flammes de la ferme – la chaîne de Leif. Le métal se balançait doucement au bout de son bras, ses maillons argentés reflétant les couleurs vives du soleil qui perçait à travers la brume et la fumée. Au même instant, une voix, surgie tout droit du passée, résonna à ses oreilles avec un réalisme saisissant :


Je n’ai pas peur de mourir, pas tant qu’il y a quelqu’un dans ce monde pour me garder vivant dans ses souvenirs…

Syndrell cligna des yeux. Elle n’arrivait pas à se rappeler des circonstances dans lesquelles Leif avait prononcé ces mots, mais plus que jamais, elle comprenait leur sens et acceptait leur vérité ; s’agenouillant près de Vanora, la jeune femme glissa la chaîne autour de son cou. Alors, elle sentit enfin qu’une page se tournait vraiment, une page de sa vie, une page de ce monde, de son histoire à elle.

Nouveau jour, nouveau soleil.
Un timide rayon lui caressa la joue et dessina un sourire sur ses lèvres sèches. Syndrell se redressa, le cœur léger, et rejoignit Dolce pour l’aider à enterrer les derniers vestiges de ce triste chapitre.

Nouveau départ.






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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Lun 27 Fév 2012, 18:25

Il creusait.
Le sable passait dans la pelle, dégoulinait de ses tranchants, s’élançait plus loin sous une impulsion soudaine, en gerbes légères. Un léger trou se dessinait, alors que les grains dégringolaient, sautaient, louvoyaient sur la pelle et dans le creux.
Dolce ne s’arrêtait pas.
Creuser. Cela lui libérait la tête, lui vidait l’esprit. Juste suivre le chemin du sable, juste déblayer, encore, évider…


§§


- Souplesse et fluidité. Dans tous vos gestes. Surtout vos lancers, en fait…

Gazia et Dolce hochèrent la tête, d’un même mouvement. Puis, se tournant l’un vers l’autre, ils se jaugèrent quelques secondes, avant de se lancer dans l’exercice que venait de leur donner leur Maître : se lancer l’un à l’autre deux poignards simultanément. Puis, plus, évidemment, pour corser l’affaire en temps voulu.

Au début, les échanges furent lents, le temps de s’accorder, de trouver le bon mouvement, la bonne réception, de comprendre le sens du poignard, son centre, sa rotation. Puis, ils furent de plus en plus rapides. Les poignards virevoltaient, jusqu’à être lancés presque droits, rattrapés de justesse. Ils se blessèrent, même, mais rien de grave, heureusement.

- Mais dis-moi, Gazia.. T’es plutôt douée de tes doigts !

Un clin d’œil de la part de Dolce, et Gazia éclata de rire.

- Et oh ! C’est ici que ça se passe ! Vos blagues douteuses, réservez-les quand vous ne faites rien !

Autant l’un que l’autre, les deux apprentis rentrèrent la tête dans les épaules, mais un sourire flottait toujours sur leurs lèvres.


§§


- Dis-moi, Dolce… Tu crois qu’elle a compris ?

Le drap se plissa, alors que le jeune homme, d’une vingtaine d’année, haussait les épaules.

- Comme si on pouvait lui cacher quoi que ce soit…

- Ca me perturbe.

- Bah dans ce cas, il va falloir arrêter !


Un éclat mauvais passa dans le regard de Gazia.

- Ah non ! Tu n’as pas le droit !

Dans un éclat de rire, Dolce tira la jeune femme à lui… plutôt violemment.


§§


Debout, devant le corps étendu sur le sol de Gazia, Dolce lâcha un soupir d’émotion. Il ne savait plus trop quoi penser. Il avait tué Gazia seulement pour se défendre. Il l’avait fait, parce qu’il avait vu et senti la vengeance dans son regard, dans son attitude, son envie qu’elle avait fait devoir de lui faire du mal, de le tuer. Face à une telle passion, un tel virement de raison, il n’aurait jamais pu la rationnaliser. Elle ne l’aurait jamais écouté.
Elle était trop… jalouse ?

Le bandeau qui recouvrait son œil transpercé semblait darder sur lui un regard empli de reproches. Détournant son propre regard, l’Envoleur saisit son ancienne camarade sous la tête et les genoux pour la porter près de la fosse.
Il la regarda un dernier instant.
Avant de la faire basculer sur le côté, rouler le long des paroi, pour tomber sur les autres corps, inertes, morts.
Déjà recouverts de sable…

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mer 07 Mar 2012, 18:24

Accroupie à quelques pas seulement de Dolce, Syndrell détaillait l’Envoleur à travers les mèches bleues qui tombaient, rebelles, devant sa figure. L’un et l’autre étaient parfaitement immobiles, seul le vent, qui venait du nord, agitait doucement cheveux ou pans de vêtements et brisait l’illusion figée de leur position.

Devant eux et tout aussi immobiles, les corps de leurs ennemis tombés au combat reposaient désormais sous une couverture de sable. Ils avaient disparu à leurs yeux mais il faudrait du temps pour que leur image s’estompe de leur esprit ; certaines ne s’effaceraient jamais entièrement. Comment Syndrell pourrait-elle définitivement oublier Vanora ? Irrémédiablement, le souvenir de Nuance rappellerait celui de l’espionne à sa mémoire, écho triste plus que sordide. Et, de façon tout aussi certaine, le souvenir de Gazia ne s’évanouirait jamais vraiment de l’esprit de Dolce.

Les yeux dans le vague, il était en train de revisiter des souvenirs antérieurs à la mort de l’Envoleuse. Syndrell n’avait pas besoin de les connaître pour deviner leur importance – et la douleur qui, immanquablement, accompagnait ses images surgies du passé… Le souffle court, elle brûlait d’envie d’intervenir sans oser rompre sa rêverie nostalgique. Mais, plus que la compassion, c’était un formidable sentiment de respect qui étreignait son cœur alors qu’elle observait le jeune homme ; pour elle, il n’avait pas hésité à tuer un être qui lui était cher, rompant avec un passé auquel il tenait. Il n’aurait pas pu lui offrir de plus belle preuve que son amour pour elle était sincère – et plus puissant encore qu’un bon souvenir.

Le jour déclinait rapidement mais la fumée qui enveloppait les lieux dans son opacité brûlante ne désépaississait pas. Syndrell avait renoncé à garder son bras devant son visage. Elle était trop épuisée et son corps trop endolori pour qu’elle se contraigne à maintenir la position. En restant accroupie, elle évitait cependant le plus gros des volutes qui planaient doucement au-dessus du site. Du sang avait séché sur le sable, à l’endroit précis où elle se tenait. S’agissait-il de celui de Dolce, de Vanora ? Ou bien était-ce le sien ? Elle n’aurait su le dire. L’homme instaurait des différences entre bien des races et des peuples, mais le sang, lui, s’évertuait à les unifier…



* * *


- Dolce…

Un murmure.
Syndrell s’était redressée dans un souffle de vent et avait porté son regard sur le ciel qui s’assombrissait et se piquetait d’étoiles. Le soleil n’avait pas encore totalement plongé à l’horizon, entraînant le jour avec lui, que la lune lui faisait signe dans un croissant de sourire ; la marchombre remarqua qu’elle était nimbée d’un halo doré. La nuit s’annonçait encore très froide.


- Il faut rentrer.

Ils avaient laissé un homme blessé et un petit garçon de dix ans pour tout veilleur de leur campement ; Syndrell espérait qu’entre temps, le premier s’était enfin réveillé et que le deuxième ne s’était pas à nouveau jeté dans les bras du danger. Elle avait besoin de les voir, l’un comme l’autre, ne serait-ce que pour savourer encore une fois ce bonheur de les savoir tous les deux en vie.

Mais surtout, elle avait besoin de se reposer. Et Dolce aussi. Tenant son bras blessé contre son ventre, Syndrell s’approcha doucement de son amant. Levant les yeux vers lui, elle sourit malgré sa fatigue pour l’emprisonner dans l’univers doré de son regard. Il avait besoin de temps pour se remettre de cette épreuve, et elle était prête à le lui accorder dès à présent.


- Tu as été formidable, chuchota-t-elle, comme si les personnes qui reposaient à leurs pieds dormaient seulement d’un sommeil très léger. Je t’ai demandé bien plus qu’il ne l’aurait sans doute fallu et toi, tu m’as donné davantage…

Le souvenir de l’Envoleur créant autour d’elle un cercle protecteur, au péril de sa propre vie, lui revint en mémoire ; elle battit des paupières pour écarter cette image, qui risquait fort de l’éloigner de son propos.

- Les Frontaliers peuvent nous offrir une protection, ainsi que des soins ; dès que Ciel sera en état de voyager, nous rentrerons. Tu peux reprendre tes occupations.

Syndrell se mordit la lèvre inférieure. Elle ne voulait surtout pas que Dolce s’imagine qu’elle le congédie comme une simple aide de camp – comme un outil qui, une fois utilisé, ne sert plus à grand-chose. Plus que jamais, elle désirait être avec lui, savourant sa liberté sans craindre de nouvelle menace de la part de son ennemie jurée… Mais Dolce était aussi solitaire qu’elle pouvait l’être. La nuit dernière, il s’était battu avec la force d’un tigre et le courage d’un soldat, toutefois c’était bel et bien un homme qui se tenait devant elle – un homme blessé, qui devait accepter le fait de s’être sciemment retourné contre son propre camp et d’avoir porté un coup fatal à une femme qui ne lui était pas indifférente…

Son choix était fait. Elle le lisait dans le vert pastel de ses yeux, l’avait compris dans son choix. Mais s’il décidait de s’éloigner un moment, elle respecterait cette volonté. Il y avait bien trop d’amour dans son cœur pour qu’elle puisse dépendre seulement de la présence, pourtant très apaisante, de Dolce ; elle se sentait capable de conduire Ciel et Lyke jusqu’à la Citadelle, où ils seraient soignés.


- Ce que je veux dire, c’est que tu ne te trouves pas ici selon les termes strictes d’un contrat… tu peux partir, si plus rien ne te retient.

Elle, elle ne le retenait pas. Mais malgré toute la sincérité et le bien fondé de ses paroles, la jeune femme espérait…

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mer 07 Mar 2012, 21:36

Le sable.
Le sable, filant par grains, si près du sol. Comme une légère poussière, qu’il était. Comme un vent hivernal emportant une poudreuse neuve. Tourbillons de quartz, comme des tornades miniatures sur un pays aride et infertile. Vide. Mort.
Oui, Gazia était bien morte. En un sens, c’était sans doute le plus difficile à accepter.
Même si c’était lui qui l’avait tuée. Qu’il l’eût achevée était peut-être, en un sens, un brin réconfortant. Un brin seulement. Parce que malgré cela, c’était tout de même une connaissance forte qui s’en allait. C’était un vide dans son cœur, dans son esprit.

Il n’entendrait plus sa voix, sauf dans ses souvenirs.
Il n’avait plus que sa mémoire pour entendre son rire.
Il ne pouvait plus que penser à son regard flamboyant.
Aux moments qu’ils avaient partagés…

- Dolce… Il faut rentrer.

Le murmure, comme un ton de respect – qu’il était – le tira de ses pensées. Secouant légèrement la tête, Dolce tenta de reprendre ses esprits, avant de trouver le regard flamboyant, or liquide, de la Marchombre. S’y perdant quelques secondes, il crut voguer dans un océan d’or, scintillant, avant de réussir à s’en extirper grâce à la force des mots de Syndrell.

- Tu as été formidable. Je t’ai demandé bien plus qu’il ne l’aurait sans doute fallu et toi, tu m’as donné davantage… Les Frontaliers peuvent nous offrir une protection, ainsi que des soins ; dès que Ciel sera en état de voyager, nous rentrerons. Tu peux reprendre tes occupations. Ce que je veux dire, c’est que tu ne te trouves pas ici selon les termes strictes d’un contrat… tu peux partir, si plus rien ne te retient.

Dolce fronça les sourcils, quelques secondes, avant de secouer doucement la tête. Son regard se porta sur l’horizon.
Après tout, il devait rentrer. Pour trouver ses apprenties, et commencer le prochain cours avec elle. Continuer de les former, toujours, pour les rendre plus fortes, plus puissantes. En faire des Envoleuses. Mais lui, pouvait-il être encore qualifié d’Envoleur à proprement parler ? Tueur de Marchombre…
Il avait l’impression de tuer tout, sauf des Marchombres, justement. Un Mentaï. Une Envoleuse. Ha ! Mercenaire du Chaos, évidemment : il mettait même le chaos parmi ses propres rangs, si l’on pouvait appeler cela ainsi. Secouant toute les évidences qui le faisaient se tenir sur ses deux pieds, il avançait, continuait d’avancer, sans comprendre ce qui lui arrivait avec exactitude. Est-ce que seul l’amour pouvait pousser à agir de la sorte ? Ou bien n’était-ce qu’un prétexte pour que sa véritable nature se dévoilât à tous, et surtout à lui-même, finalement ?

Peut-être n’était-il pas fait pour être Envoleur.
Il était fort, puissant, rapide. Un combattant hors du commun, il s’en rendait compte, et ce sans monter sur ses grands chevaux. Il pouvait défaire bien des adversaires, et ce même s’il savait qu’il n’était pas le meilleur : il voulait juste être lui, au final. Il évitait la plupart des ennuis, habituellement ; même si depuis qu’il avait rencontré Syndrell il semblait y foncer dedans tête baissée. Au contraire, jusqu’alors il avait un curieux don pour toujours éviter les confrontations.
Peut-être n’était-il pas fait pour être Envoleur.

Juste un combattant filant pour lui-même. Mercenaire, mais pas du Chaos. Ou peut-être juste Mercenaire du Chaos. Il méritait largement le titre d’ « Envoleur », certes, étant donné qu’il volait des vies. Mais pas les bonnes. Un soupir franchit ses lèvres, et il tourna son regard lointain sur la jeune femme qui attendait sa réponse.

Tous ses doutes furent balayés par son regard flamboyant.

- Bien sûr que si, quelque chose me retient…

Une lueur se glissa dans son propre regard. Un petit sourire étira ses lèvres.

- Mon amour…

Surnom ou bien fin de la phrase précédente ? Peut-être les deux…


§§



- Ne monte sur Singa que si tu t’en sens capable, Ciel…

Dolce lança un regard par-dessus son épaule, croisant celui de Lyke. Auquel il adressa un sourire, avant de se tourner vers Syndrell, interrogatif…

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Sam 10 Mar 2012, 12:32

Il faisait chaud.
Bien trop chaud pour espérer survivre… Mais puisque survivre n’était pas son objectif, tout allait pour le mieux. Allongé dans cet univers tantôt rouge, tantôt blanc, il se remettait tranquillement de ses émotions. Et quelles émotions ! Un combat singulier, remporté avec toute la dignité dont il était capable – ça, c’était une victoire qui méritait de perdurer dans sa mémoire. Pas comme ce sombre épisode au sein de la confrérie des rêveurs, dont le simple souvenir lui arrachait encore des frissons. Cette fois, c’était différent. Il se rappelait avoir eu peur, mais il se rappelait s’être engagé volontairement dans cette bataille. Et il ne regrettait pas de l’avoir fait. Oh, par le slip de Merwyn, quelle chaleur ! Etouffante, toxique, elle bloquait sa respiration, le tuait petit à petit. Il s’en moquait comme de sa première cane à sucre. Mourir après une telle aventure, pourquoi pas ?

Il ne s’agissait même pas de fatalité. Il savait qu’avec un peu de bonne volonté, et surtout beaucoup de courage, il avait encore la force de se battre, de lutter contre ce feu destructeur qui le consumait lentement. En avoir la certitude lui suffisait ; il n’avait plus envie de se battre, voilà tout. Il avait fait son possible pour aider ses amis – tiens, voilà qu’il utilisait le pluriel… - et il savait qu’ils s’en étaient sortis indemnes. Ça aussi, c’était une certitude qui lui suffisait. Syndrell ? Elle n’avait pas besoin de lui. Plus maintenant, en tout cas. Cet homme était en mesure de la protéger, il l’avait lu dans ses yeux et compris à sa jalousie presque enfantine. C’était un type dangereux, enfin, qui avait été dangereux et qui pouvait très bien l’être encore, mais c’était aussi un guerrier. Pas n’importe quel guerrier. Ni même un marchombre, d’ailleurs. Quelque chose entre les deux. Quelque chose qui lui suffisait.

Sa famille ? En sécurité, désormais. Vanora n’était plus là – la pile de certitudes prenait décidément de la hauteur ! – et de toute façon, Syndrell ne laisserait jamais personne s’en prendre aux Kern. Jamais. Son travail ? Ah ! Depuis que son chemin avait croisé celui de la petite marchombre, plus rien n’était pareil… son travail lui plaisait mais soudain il était très fade, et puis s’il avait cette habitude de regarder à travers les fenêtres du Dôme pour laisser son esprit vagabonder, à présent il se surprenait à rêver de voyages insensés. Insensé ! Il était insensé, ou complètement fou de se croire capable d’une telle vie. Il était trop timide, trop maladroit, trop citadin pour se lancer sur les routes. Il avait trop de responsabilités, trop de défauts, trop… chaud. Bon sang, ce qu’il avait chaud ! Voilà, c’était la fin. Il avait pensé à tout, ou presque : une fois mort, il allait devoir affronter tous ceux qui y étaient passés avant lui. Vanora, Blanche, le Mentaï, et tous les autres, parce qu’à n’en pas douter, ses amis les avaient tous massacrés ! Hop, une dernière certitude à placer tout en haut de la pile vacillante.

Vacillante ?

D’un seul coup, la température chuta. Pfuitt ! Plus de chaleur, envolée la chaleur, disparue la chaleur ; un souffle glacé s’insinua en lui, contact à la fois ferme et léger sur son esprit et sur son corps. Petit vent audacieux qui éteignit les dernières flammes… et qui fit basculer la pile de certitudes. Pour la remplacer par un ordre. Debout, monsieur, debout ! Il faut se réveiller monsieur, allez, debout ! Agacé, Ciel grogna.
Et ouvrit les yeux.



* * *



- Debout monsieur, allez, réveille-toi !
- Mmmh…


Ciel ouvrit les yeux. Au début il ne vit rien d’autre que des formes floues, comme lorsque l’on est sous l’eau et que l’on garde les yeux ouverts ; puis il battit des paupières, une fois, deux fois, et sa vision s’accommoda enfin. Alors, il fronça les sourcils. Qu’est-ce que c’était que c’est enfant, penché sur lui ? Celui-ci parut trouver sa grimace de surprise amusante : il éclata de rire. Un rire tellement plein d’insouciance qu’aussitôt le Dessinateur se sentit mieux.

- Et ben voilà, tu vois, quand tu veux !

Une petite main fraîche se posa sur son front et Ciel comprit que c’était ce qui l’avait tiré du sommeil. Ou du coma. Ou de sa léthargie. Curieusement, le moindre souvenir de ses délibérations mentales lui appartenait encore, alors que tout ce qui s’était passé avant lui échappait. Il ne se rappelait pas être rentré au campement. Et il ne se souvenait pas y avoir vu un enfant…

- Tu as mal ?
- Heu… je crois que non.


Ah. Donc, cette voix faible et rauque, c’était la sienne. Passant la langue sur ses lèvres sèches, Ciel se demanda combien de temps il était resté inconscient. Pour commencer, il aurait voulu savoir où se trouvait Syndrell. Si elle allait bien. Et si elle était parvenue à tuer Vanora. Et si Dolce s’en était sorti aussi. Et si…

- Tu as soif ?

Assis à côté de lui, l’enfant le regardait de ses yeux immenses, attendant une réponse qui mit un certain temps à franchir les lèvres de Ciel.

- Oui…
- Attends.


Le gamin s’agita un moment et Ciel le perdit de vue, puis le goulot d’une gourde, pressé contre sa bouche, laissa filer un filet d’eau fraîche dans sa gorge irrité. Il savoura ainsi quelques gorgées avant que dans un léger rire, l’enfant éloigne la gourde de son visage.

- Tu t’en es mis de partout, remarqua-t-il, sans moquerie mais avec un amusement évident.
- Pas grave… heu…
- Tu as faim, monsieur ?
- Je m’appelle Ciel.
- C’est vrai ? Drôle de nom… j’aime bien. Moi, je suis Lyke. J’aime moins.
- Tu as tort, je trouve ça pas trop mal…


Un éclat de fierté étincela dans le regard de l’enfant et Ciel comprit qu’il avait fait mouche. C’était déjà ça… Qui était ce Lyke ? Que faisait-il ici ? Plus il s’interrogeait, moins il comprenait. Frustré, il voulu se lever pour jeter un coup d’œil à… il renonça. Pas assez de forces. Trop fatigué. Une fatigue latente, sourde, presque inexistante ; elle tétanisait néanmoins ses muscles et l’empêchait ne serait-ce que de s’asseoir. Ce n’est qu’à cet instant précis, alors que Lyke s’affairait dans la tente en chantonnant, qu’il subissait de plein fouet le contre coup de son héroïsme. Le don du Dessin n’était pas à prendre à la légère ; Ciel était plutôt bon dans son domaine et il s’était même découvert des capacités encore inconnues au bataillon, mais il n’en restait pas moins un Dessinateur dont les seules prouesses se résumaient d’ordinaire à illustrer une théorie. Jouer avec l’Imagination, comme il l’avait fait en opposant sa volonté à celle de Blanche, avait bien failli le tuer et à présent, il en payait le prix…

- Lyke ? Où sont Dolce et Syndrell ?
- Ici, Prof !


Ciel baissa les yeux vers l’entrée de la tente et vit la toile se soulever.
Il n’eut pas la force de faire autre chose qu’un pauvre sourire mais, dans le regard d’or de son amie, il découvrit avec émotion le reflet de son bonheur.
Elle avait réussi.
Ils avaient réussi.



* * *



- Ne monte sur Singa que si tu t’en sens capable, Ciel.
- Je suis moins capable de dessiner un caillou que de monter à cheval…


Il avait marmonné, frustré de se sentir tellement impuissant, et Syndrell ne put s’empêcher de sourire tout en l’aidant à se mettre en selle. Sa blessure au bras cicatrisait déjà mais le Dessinateur était atteint d’une fatigue hors du commun ; à l’en croire, il s’agissait d’un effet secondaire de ses prouesses, d’une dette qu’il devait payer pour avoir à ce point tiré sur la corde… Peu familière du domaine du Dessin, Syndrell s’en remettait sans discuter aux explications de son ami, soulagée de voir qu’il était, malgré une pâleur extrême, en état de voyager.

D’un commun accord, ils avaient décidé de ne pas faire un détour par la Citadelle, dont l’imposante structure se dressait à quelques kilomètres seulement de la ferme. Syndrell avait envisagé d’y conduire Ciel mais ce dernier avait refusé net : il était persuadé qu’il devait sa faiblesse à son Don et les Frontaliers, pour incroyables qu’ils soient, n’étaient pas en mesure de s’occuper de son cas.

Mais l’avis de Ciel, même s’il comptait énormément à ses yeux, n’était pas le seul motif de la décision de Syndrell. Depuis trois jours, le petit groupe se remettait lentement de ses émotions, appréciant le simple fait d’être en vie et ensemble. Mais plus le temps s’écoulait et plus le besoin de s’en aller se faisait ressentir, en chacun d’entre eux. Alors, au matin du quatrième jour, ils s’étaient mis à rassembler les affaires. Sans se concerter.

Lorsqu’elle lui avait demandé s’il se sentait capable de gagner la prochaine bourgade, qui se dressait à pas moins de trente-cinq kilomètres d’eux, Ciel avait vivement acquiescé.


- Je n’en peux plus de rester là, sans rien faire, avait-il avoué dans un sourire complice.

Complicité.
C’était le mot idéal pour qualifier la nature de cette cohésion si particulière qui articulait le petit groupe lorsqu’ils se mirent en route. Tout aussi heureux à l’idée de se dégourdir les jambes, Singa portait Ciel sur son dos tandis que Lyke le tenait par la bride et faisait la conversation au Dessinateur. Dolce ouvrait la marche, seul, puisque Syndrell avait jugé bon de le laisser en paix avec ses sombres pensées. Elle suivait donc le convoi, son regard dérivant tout autour d’elle mais revenant toujours, d’une manière ou d’une autre, sur l’Envoleur.

Ils avançaient tranquillement à travers la brume matinale qui s’enroulait autour des cimes. L’herbe gelée crissait sous leurs pas et autour d’eux, la nature frémit à peine lorsque d’audacieux rayons de soleil osèrent une franche apparition. Syndrell accueillit sa douce caresse d’un sourire. Trois jours avaient suffi pour que Dolce et elle retrouvent des forces et Ciel quelques couleurs. Toutefois, son infirmité passagère et la présence de Lyke dans le groupe allait les ralentir et la jeune femme n’ignorait pas que ce voyage, qu’ils entamaient sans hésiter, était risqué.

Elle chassa cette idée d’un haussement d’épaules. Ils avaient d’ores et déjà prouvé qu’ensemble, ils étaient capables de se tirer des ennuis, quels qu’ils soient !



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Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…




Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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