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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Point Final [PV Dolce] - TERMINE

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Sam 10 Mar 2012, 12:32

Il faisait chaud.
Bien trop chaud pour espérer survivre… Mais puisque survivre n’était pas son objectif, tout allait pour le mieux. Allongé dans cet univers tantôt rouge, tantôt blanc, il se remettait tranquillement de ses émotions. Et quelles émotions ! Un combat singulier, remporté avec toute la dignité dont il était capable – ça, c’était une victoire qui méritait de perdurer dans sa mémoire. Pas comme ce sombre épisode au sein de la confrérie des rêveurs, dont le simple souvenir lui arrachait encore des frissons. Cette fois, c’était différent. Il se rappelait avoir eu peur, mais il se rappelait s’être engagé volontairement dans cette bataille. Et il ne regrettait pas de l’avoir fait. Oh, par le slip de Merwyn, quelle chaleur ! Etouffante, toxique, elle bloquait sa respiration, le tuait petit à petit. Il s’en moquait comme de sa première cane à sucre. Mourir après une telle aventure, pourquoi pas ?

Il ne s’agissait même pas de fatalité. Il savait qu’avec un peu de bonne volonté, et surtout beaucoup de courage, il avait encore la force de se battre, de lutter contre ce feu destructeur qui le consumait lentement. En avoir la certitude lui suffisait ; il n’avait plus envie de se battre, voilà tout. Il avait fait son possible pour aider ses amis – tiens, voilà qu’il utilisait le pluriel… - et il savait qu’ils s’en étaient sortis indemnes. Ça aussi, c’était une certitude qui lui suffisait. Syndrell ? Elle n’avait pas besoin de lui. Plus maintenant, en tout cas. Cet homme était en mesure de la protéger, il l’avait lu dans ses yeux et compris à sa jalousie presque enfantine. C’était un type dangereux, enfin, qui avait été dangereux et qui pouvait très bien l’être encore, mais c’était aussi un guerrier. Pas n’importe quel guerrier. Ni même un marchombre, d’ailleurs. Quelque chose entre les deux. Quelque chose qui lui suffisait.

Sa famille ? En sécurité, désormais. Vanora n’était plus là – la pile de certitudes prenait décidément de la hauteur ! – et de toute façon, Syndrell ne laisserait jamais personne s’en prendre aux Kern. Jamais. Son travail ? Ah ! Depuis que son chemin avait croisé celui de la petite marchombre, plus rien n’était pareil… son travail lui plaisait mais soudain il était très fade, et puis s’il avait cette habitude de regarder à travers les fenêtres du Dôme pour laisser son esprit vagabonder, à présent il se surprenait à rêver de voyages insensés. Insensé ! Il était insensé, ou complètement fou de se croire capable d’une telle vie. Il était trop timide, trop maladroit, trop citadin pour se lancer sur les routes. Il avait trop de responsabilités, trop de défauts, trop… chaud. Bon sang, ce qu’il avait chaud ! Voilà, c’était la fin. Il avait pensé à tout, ou presque : une fois mort, il allait devoir affronter tous ceux qui y étaient passés avant lui. Vanora, Blanche, le Mentaï, et tous les autres, parce qu’à n’en pas douter, ses amis les avaient tous massacrés ! Hop, une dernière certitude à placer tout en haut de la pile vacillante.

Vacillante ?

D’un seul coup, la température chuta. Pfuitt ! Plus de chaleur, envolée la chaleur, disparue la chaleur ; un souffle glacé s’insinua en lui, contact à la fois ferme et léger sur son esprit et sur son corps. Petit vent audacieux qui éteignit les dernières flammes… et qui fit basculer la pile de certitudes. Pour la remplacer par un ordre. Debout, monsieur, debout ! Il faut se réveiller monsieur, allez, debout ! Agacé, Ciel grogna.
Et ouvrit les yeux.



* * *



- Debout monsieur, allez, réveille-toi !
- Mmmh…


Ciel ouvrit les yeux. Au début il ne vit rien d’autre que des formes floues, comme lorsque l’on est sous l’eau et que l’on garde les yeux ouverts ; puis il battit des paupières, une fois, deux fois, et sa vision s’accommoda enfin. Alors, il fronça les sourcils. Qu’est-ce que c’était que c’est enfant, penché sur lui ? Celui-ci parut trouver sa grimace de surprise amusante : il éclata de rire. Un rire tellement plein d’insouciance qu’aussitôt le Dessinateur se sentit mieux.

- Et ben voilà, tu vois, quand tu veux !

Une petite main fraîche se posa sur son front et Ciel comprit que c’était ce qui l’avait tiré du sommeil. Ou du coma. Ou de sa léthargie. Curieusement, le moindre souvenir de ses délibérations mentales lui appartenait encore, alors que tout ce qui s’était passé avant lui échappait. Il ne se rappelait pas être rentré au campement. Et il ne se souvenait pas y avoir vu un enfant…

- Tu as mal ?
- Heu… je crois que non.


Ah. Donc, cette voix faible et rauque, c’était la sienne. Passant la langue sur ses lèvres sèches, Ciel se demanda combien de temps il était resté inconscient. Pour commencer, il aurait voulu savoir où se trouvait Syndrell. Si elle allait bien. Et si elle était parvenue à tuer Vanora. Et si Dolce s’en était sorti aussi. Et si…

- Tu as soif ?

Assis à côté de lui, l’enfant le regardait de ses yeux immenses, attendant une réponse qui mit un certain temps à franchir les lèvres de Ciel.

- Oui…
- Attends.


Le gamin s’agita un moment et Ciel le perdit de vue, puis le goulot d’une gourde, pressé contre sa bouche, laissa filer un filet d’eau fraîche dans sa gorge irrité. Il savoura ainsi quelques gorgées avant que dans un léger rire, l’enfant éloigne la gourde de son visage.

- Tu t’en es mis de partout, remarqua-t-il, sans moquerie mais avec un amusement évident.
- Pas grave… heu…
- Tu as faim, monsieur ?
- Je m’appelle Ciel.
- C’est vrai ? Drôle de nom… j’aime bien. Moi, je suis Lyke. J’aime moins.
- Tu as tort, je trouve ça pas trop mal…


Un éclat de fierté étincela dans le regard de l’enfant et Ciel comprit qu’il avait fait mouche. C’était déjà ça… Qui était ce Lyke ? Que faisait-il ici ? Plus il s’interrogeait, moins il comprenait. Frustré, il voulu se lever pour jeter un coup d’œil à… il renonça. Pas assez de forces. Trop fatigué. Une fatigue latente, sourde, presque inexistante ; elle tétanisait néanmoins ses muscles et l’empêchait ne serait-ce que de s’asseoir. Ce n’est qu’à cet instant précis, alors que Lyke s’affairait dans la tente en chantonnant, qu’il subissait de plein fouet le contre coup de son héroïsme. Le don du Dessin n’était pas à prendre à la légère ; Ciel était plutôt bon dans son domaine et il s’était même découvert des capacités encore inconnues au bataillon, mais il n’en restait pas moins un Dessinateur dont les seules prouesses se résumaient d’ordinaire à illustrer une théorie. Jouer avec l’Imagination, comme il l’avait fait en opposant sa volonté à celle de Blanche, avait bien failli le tuer et à présent, il en payait le prix…

- Lyke ? Où sont Dolce et Syndrell ?
- Ici, Prof !


Ciel baissa les yeux vers l’entrée de la tente et vit la toile se soulever.
Il n’eut pas la force de faire autre chose qu’un pauvre sourire mais, dans le regard d’or de son amie, il découvrit avec émotion le reflet de son bonheur.
Elle avait réussi.
Ils avaient réussi.



* * *



- Ne monte sur Singa que si tu t’en sens capable, Ciel.
- Je suis moins capable de dessiner un caillou que de monter à cheval…


Il avait marmonné, frustré de se sentir tellement impuissant, et Syndrell ne put s’empêcher de sourire tout en l’aidant à se mettre en selle. Sa blessure au bras cicatrisait déjà mais le Dessinateur était atteint d’une fatigue hors du commun ; à l’en croire, il s’agissait d’un effet secondaire de ses prouesses, d’une dette qu’il devait payer pour avoir à ce point tiré sur la corde… Peu familière du domaine du Dessin, Syndrell s’en remettait sans discuter aux explications de son ami, soulagée de voir qu’il était, malgré une pâleur extrême, en état de voyager.

D’un commun accord, ils avaient décidé de ne pas faire un détour par la Citadelle, dont l’imposante structure se dressait à quelques kilomètres seulement de la ferme. Syndrell avait envisagé d’y conduire Ciel mais ce dernier avait refusé net : il était persuadé qu’il devait sa faiblesse à son Don et les Frontaliers, pour incroyables qu’ils soient, n’étaient pas en mesure de s’occuper de son cas.

Mais l’avis de Ciel, même s’il comptait énormément à ses yeux, n’était pas le seul motif de la décision de Syndrell. Depuis trois jours, le petit groupe se remettait lentement de ses émotions, appréciant le simple fait d’être en vie et ensemble. Mais plus le temps s’écoulait et plus le besoin de s’en aller se faisait ressentir, en chacun d’entre eux. Alors, au matin du quatrième jour, ils s’étaient mis à rassembler les affaires. Sans se concerter.

Lorsqu’elle lui avait demandé s’il se sentait capable de gagner la prochaine bourgade, qui se dressait à pas moins de trente-cinq kilomètres d’eux, Ciel avait vivement acquiescé.


- Je n’en peux plus de rester là, sans rien faire, avait-il avoué dans un sourire complice.

Complicité.
C’était le mot idéal pour qualifier la nature de cette cohésion si particulière qui articulait le petit groupe lorsqu’ils se mirent en route. Tout aussi heureux à l’idée de se dégourdir les jambes, Singa portait Ciel sur son dos tandis que Lyke le tenait par la bride et faisait la conversation au Dessinateur. Dolce ouvrait la marche, seul, puisque Syndrell avait jugé bon de le laisser en paix avec ses sombres pensées. Elle suivait donc le convoi, son regard dérivant tout autour d’elle mais revenant toujours, d’une manière ou d’une autre, sur l’Envoleur.

Ils avançaient tranquillement à travers la brume matinale qui s’enroulait autour des cimes. L’herbe gelée crissait sous leurs pas et autour d’eux, la nature frémit à peine lorsque d’audacieux rayons de soleil osèrent une franche apparition. Syndrell accueillit sa douce caresse d’un sourire. Trois jours avaient suffi pour que Dolce et elle retrouvent des forces et Ciel quelques couleurs. Toutefois, son infirmité passagère et la présence de Lyke dans le groupe allait les ralentir et la jeune femme n’ignorait pas que ce voyage, qu’ils entamaient sans hésiter, était risqué.

Elle chassa cette idée d’un haussement d’épaules. Ils avaient d’ores et déjà prouvé qu’ensemble, ils étaient capables de se tirer des ennuis, quels qu’ils soient !


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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Dim 11 Mar 2012, 22:21

- Je suis moins capable de dessiner un caillou que de monter à cheval…

Un long soupir passa les lèvres de Dolce, et il hocha doucement la tête. Souriant légèrement au Dessinateur, ce dernier s’éloigna de Singa, les yeux déjà dans le lointain. Il se sentait bizarre, comme détaché de lui-même. Comme… extérieur à tout cela. Il voguait dans un océan dont il ne connaissait rien, perturbé.


§§


- Dolce !

- Mais quoi encore ?!

- Dis à ta mère ce que tu fais sur ce continent, maintenant…


Le jeune homme, d’une petite vingtaine d’année, lança un regard quelque peu agacé vers la matrone… Avant de soupirer.

- Je ne suis pas sûr que tu apprécies, Maman.

- Oh, cela ne peut qu’être mieux que Pirate, je suppose…


Dolce fixa son regard sur sa mère. Moins de cinquante ans, un regard perçant, des rides de liesse autour du visage, et cette prestance, qu’elle avait toujours eue… Elle n’avait toujours pas cédé sa place à l’une de ses filles majeures : elle attendrait qu’elles le fussent toutes pour porter son choix ; c’était la tradition. En revanche, les garçons n’avaient pas cette aubaine, et leur seul moyen de reconnaissance était les prises en tant que pirates ; et ce n’était pas forcément très joli.

- Je suis Mercenaire. Et même de la caste du dessus : Envoleur.

Fougue haussa un sourcil, étonnée.

- Envoleur ? Viens t’asseoir, mon fils, et dis-moi en plus…

Capitulant sous l’air autant autoritaire que tendre de sa mère, le garçon s’assit donc à côté de cette dernière, le regard droit. Il pinça les lèvres, avant de prendre son souffle. Une grande inspiration.

- Et ben… J’ai suivi une formation de trois ans auprès d’un Maître. Elle m’a appris énormément de choses, notamment à me battre efficacement, puissamment, à analyser une situation rapidement. Elle a fait de moi un guerrier d’exception, au sein de la Guilde du Chaos ; et d’autres ont reconnus mes compétences hyperdéveloppées. En signe de reconnaissance, je suis à mon tour devenu Maître Envoleur.

Les Envoleurs sont des tueurs, Maman… Ils volent les vies…


- C’est presque poétique, tout ça…

- C’est pas forcément joli…

- Ecoute, Dolce… Peu m’importe ce que tu es selon tes semblables, dans ce pays bizarre ; ici tu es mon fils, et rien ni personne ne te définira jamais autrement. Alors cesse tes déblatérations, et n’ait pas honte ; je vois ta fierté, dans ton regard, et je suis ta mère. Tu ne me cacheras jamais rien. Tant que tu es fidèle à toi-même, c’est le principal. Pour toi, pour moi, pour ceux qui t’aiment…



§§


« Tant que tu es fidèle à toi-même, c’est le principal. Pour toi, pour moi, pour ceux qui t’aiment… »

Oui, elle avait raison, sa chère mère. Elle avait toujours raison.
Mais en un sens, il avait l’impression de s’être trahi lui-même. Il ne savait plus sur quel pied danser. Les données du problème étaient pourtant claires : on l’avait menacé de mort, il s’était défendu. Et il avait été obligé de tuer pour ne pas être tué. C’était la loi de la nature, la loi du plus fort. Tout fonctionnait ainsi, non ?
Sans doute était-ce la cause de la vengeance de ces personnes qui l’affectait plus particulièrement : ils n’avaient fait que ce qui était propre à leurs convictions, détruire l’Harmonie pour faire vivre le Chaos.
Sans se rendre compte que l’un ne pouvait subsister sans l’autre. Pourquoi l’équilibre était-il toujours aussi fragile ? Aussi instable ? Les opposés s’attirent…

« Toutes ces similitudes, et pourtant cette divergence de convictions… L’Harmonie ne peut exister que par son opposé, le Chaos. Mais parfois, je trouve cette réalité un peu triste »

Un souffle glissa hors des lèvres de Dolce, qui sentit ses épaules s’affaisser.
Il était Chaos, lui-même. Il le savait, il l’utilisait, il le répandait – même au sein de sa propre guilde. L’un ne peut exister sans l’autre ; il était le Chaos profond. Intimement, à cet instant. Comme rivalisant avec… l’Harmonie extrême qui se dégageait de Syndrell.

Un sourire franchit ses lèvres.
Chaos et Harmonie.
Chaos contre Harmonie.
Chaos unit Harmonie.

Il se tourna vers Syndrell.
Le regard brillant.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Dim 18 Mar 2012, 16:58

Syndrell tira sur les guides de Singa et le cheval s’arrêta au commet d’une butte. Il venait de réaliser une petite pointe de vitesse qui le laissait haletant mais fier comme un paon, et la jeune femme se pencha sur son encolure pour l’en féliciter d’une caresse amplement méritée. Pour la première fois depuis des jours, le ciel était dégagé et le soleil brillait sans crainte d’être masqué par un nuage ; s’il n’était pas encore très chaud, il redonnait le sourire et faisait battre les cœurs…

Mais lorsque Syndrell tenta de discerner l’éclat lointain du Pollimage, elle en fut empêchée par une barrière de brume, à l’horizon. Bien qu’il eût été peu probable qu’elle discerne les eaux miroitantes du fleuve, elle aurait aimé apercevoir les oiseaux de pêche qui planaient habituellement au-dessus des ports ; ils lui auraient fourni une preuve tangible qu’ils étaient bien dans la bonne direction et que leur destination n’était plus très loin.


- Le printemps me manque…

Singa accueillit sa remarque d’un profond soupir qui tira un éclat de rire à la marchombre. Secouant la tête devant autant de défaitisme, elle lui fit faire demi-tour et ensemble ils parcoururent les quelques kilomètres qui les séparaient du petit campement de fortune.

La tente était dressée à l’abri d’une passe rocheuse. Protégée du vent, une petite flambée achevait de griller les poissons qu’ils avaient pris la veille dans une rivière sauvage et ondoyante. Assis près des flammes, Ciel s’occupait de la cuisson du petit déjeuner tandis que Lyke, armé d’un bâton, dessinait de grandes arabesques en sautillant comme un cabri. Dolce n’était pas là ; sans doute s’était-il éloigné pour faire le plein de solitude avant de reprendre la route.


- Syn ! cria Lyke aussitôt qu’il aperçu la cavalière.

Celle-ci mit pied à terre avec la souplesse qui lui était propre et, les rênes de Singa dans une main, elle passa son bras autour des épaules du petit garçon.


- Qu’est-ce que tu fais avec cette branche ?
- Je m’entraîne. J’ai décidé d’apprendre à me battre.
- Est-ce que tu projettes de te battre ?
- Non mais on ne sait jamais…


Syndrell sourit. Dolce, Ciel, Lyke et elle voyageaient ensemble depuis six jours. Leur périple les avait conduis au sud de la forêt sous un ciel chargé de pluie et de neige, et dans un rythme qui aurait épuisé plus d’un enfant mais pas Lyke ; curieux, docile et courageux, il avait immédiatement trouvé sa place au sein du groupe, assurant sa charge de travail avec une énergie encore toute neuve et sans jamais se plaindre de quoi que ce soit.

Il s’était lié d’amitié avec Ciel. Après une semaine à voyager à dos de cheval, le Dessinateur reprenait lentement des forces et ne se départait toujours pas de sa fatigue, mais il était évident que la présence de Lyke lui était extrêmement précieuse. Ils se lançaient souvent dans des discussions qui les maintenaient en haleine des heures durant. Ciel racontait les Spires et Lyke buvait ses paroles avec une attention exemplaire.

Il était fasciné par Dolce. Syndrell avait remarqué les quelques regards béats que l’enfant jetait parfois à l’Envoleur – lorsqu’il s’occupait de Singa, lorsqu’il chassait ou tout simplement lorsqu’il se levait, déployant lentement sa haute stature. Voilà pourquoi le petit garçon s’était mis en tête d’apprendre à se battre. Il voulait imiter celui qui l’avait sauvé…


- Te revoilà, sourit Ciel avant de grogner lorsque Syndrell lui ébouriffa les cheveux. Par la Dame, ce que tu peux être agaçante, parfois !
- Je sais, rétorqua fièrement la jeune femme en s’asseyant en face de lui tandis que Lyke reprenait ses pirouettes.
- Dolce est parti il y a quelques minutes seulement.
- Où ?
- Aucune idée. Est-ce qu’il est toujours aussi mystérieux ?
- Toujours !
- Mouais…


Ciel retourna les baguettes de bois qui soutenaient les poissons pour qu’ils cuisent de manière parfaitement égale. Il n’avait plus autant les traits tirés que lorsqu’ils avaient quitté la clairière et ses yeux brillaient comme à l’ordinaire, mais il restait faible et, pour l’heure, incapable de dessiner quoi que ce soit. C’est ce qu’il avait avoué à Syndrell, la veille, avant de la rassurer : il lui fallait du temps. Juste un peu de temps.

- Alors ?
- Rien à signaler… le calme plat. Je n’ai pas encore pu voir le Pollimage mais nous devrions l’atteindre demain soir au plus tard.
- Espérons qu’un embarquement soit prévu avant la fin de la semaine…
- Ce serait préférable, quoi que nous arrêter un peu ne nous ferait pas de mal. J’ai bien envie de visiter le port.
- Le contraire m’aurait étonné !


Syndrell tourna soudain la tête et immédiatement son visage s’éclaira.
Ciel, en revanche, n’eut pas besoin de se retourner pour comprendre que Dolce approchait. Il avait accepté ce pouvoir que l’Envoleur avait de faire briller ses yeux dorés, mieux, il l’appréciait. Vanora était morte, et avec elle, bien d’autres gens, des mercenaires ou encore des innocents ; parce qu’elle vivait dans le présent, Syndrell s’en était relevée indemne mais Ciel était heureux qu’un homme tel que Dolce soit là pour assurer son bonheur.
Vraiment heureux.


- Dolce ! s’écria Lyke. Regarde ce que j’arrive à faire !

La marchombre les embrassa du regard tandis qu’ils échangeaient trois mots à voix basse, puis son regard croisa celui de son amant et son cœur se mit à battre plus fort. Il fallu que Ciel l’appelle trois fois pour qu’elle redescende sur terre et saisisse enfin le bol de terre cuite qu’il lui tendait.


* * *


- Parle-moi de tes apprentis.

Il faisait nuit. Autre lieu, autre campement : cette fois la tente se dressait fièrement à flanc de coteau, à quelques kilomètres des brumes hivernales du Pollimage. Deux silhouettes se dessinaient sur la toile orangée et Syndrell sourit en imaginant Ciel en train de raconter une énième histoire à Lyke avant de dormir. Puis la jeune femme se blottit davantage dans la cape de Dolce et leva les yeux vers l’Envoleur.

Les braises rougeoyantes de leur feu éclairaient seulement la moitié de son visage, mangé par une barbe de quelques jours qui ajoutait à son air mystérieux. Il ne lui avait toujours pas parlé de Gazia et Syndrell, patiente, attendait qu’il fasse le premier pas. En revanche, elle avait envie qu’il lui en dise plus sur son rôle de maître. Curieuse et malicieuse petite marchombre…


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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Lun 19 Mar 2012, 22:07

Leurs souffles s’élevaient en fumée brumeuse devant leurs nez. Gouttelettes glacées prenant du volume dans l’air, aguicheuses, malicieuses.
Un soupir monta de la large poitrine de Dolce.

Syndrell tout contre lui, il sentait sa chaleur l’envelopper. Sous une cape, pour deux, ils se tenaient plus ou moins chaud. Oh, il aurait pu lui tenir encore plus chaud que cela ! Mais il devait avouer que depuis six jours, il avait tendance à avoir la tête ailleurs. Complètement ailleurs. Perdu dans des pensées sombres, dans des recoins de lui-même qu’il ne comprenait pas. Il tentait d’analyser tout cela, de comprendre ses sentiments, ses sensations, ses émotions. Mais tout n’était qu’une cacophonie ambulante, impossible à démêler.
Et malgré les paroles, apaisantes, de sa mère qui tournaient dans son esprit, malgré la présence rassurante de Syndrell à ses côtés, malgré l’admiration qu’il voyait dans le regard de Kyte et l’appréciation qu’il lisait dans celui de Ciel ; malgré tout cela, il avait tendance à se sentir seul.

- Parle-moi de tes apprentis.

Un sourire étira les lèvres de Dolce.
Ses apprenties… Elya et Papillon. Il sentit son regard scintiller, et se rendit alors compte qu’une chose : peut importait. Peu importait tout cela. Peu importait qui il avait tué ou non. Il formait des apprenties. Des apprenties prometteuses. Des apprenties, véritables puissances de la Guilde du Chaos ! Et même si sans doute elles n’avaient pas la même personnalité que lui, même si elles devaient avoir un avis différent sur la question… Même !
Il les formait.

Un long soupir s’évacua du torse de Dolce, qui se détendit soudain presque violemment.
Toute tension évacuée.
Un large sourire sur le visage.
Son bras vint enlacer fermement Syndrell à la taille, tandis qu’il déposait un léger baiser sur le haut de son crâne. Humant son odeur légèrement sucrée, délicate.

- Et bien… Il y a Elya et Papillon.

Il ne savait pas par où commencer. N’était pas sûr de vouloir détailler quoi que ce soit.

- Deux apprenties plus que prometteuses, qui vont très bientôt arriver à la fin de leur formation. Elles sont géniales.

Il inspira profondément, avant de humer les cheveux de Syndrell. Encore.
Enivré de son odeur, il se sentit baigner dans une félicité douce et tendre. Il la serra un peu plus contre lui.

- Et toi, chérie… Comment es-tu devenue Syndrell Ellasian ?

Un sourire.
Tranquille.
Perdu dans le bleu de ses mèches rebelles.






[ C'est court, mais je ne voulais pas partir dans du blabla inutile qui aurait "pollué" mon post ^^ ]

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mar 20 Mar 2012, 18:20

- Quoi, c'est tout ?

(rire)

J'ai connu une Papillon... Cheveux roux, tempérament de feu, répartie mordante... une recrue digne de ce nom !

(rire, encore, et puis...)

Allez, je te propose un marché : tu me dis quelque chose sur tes leçons, ou sur ce que tu veux, et je te dis quelque chose sur Syndrell Ellasian. Une info pour une info !

[T'inquiète, c'est au poil pour une petite conversation au coin du feu xD]

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mer 21 Mar 2012, 08:41

( Regard étonné )

- Je crois que tu as rencontré mon apprentie, Syndrell...

(Soupir et sourire léger )

- Ce sont toutes les deux de sacrés numéros... A toujours se fourrer dans les ennuis jusqu'aux oreilles. J'en connais une autre comme ça...

( Rit doucement )

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mer 21 Mar 2012, 12:14

- Laisse-moi deviner... petite, des cheveux bleus et des yeux dorés ! Oui, il y a bien une fille qui y ressemble... Un jour, cette marchombre trop curieuse a découvert l'entrée du Domaine. Elle n'était qu'apprentie et très loin d'avoir suffisamment d'expérience pour se frotter à des mercenaires du Chaos mais elle était bien trop têtue pour songer aux énormes risques que comportait son expédition. Si son maître n'était pas venue la chercher, elle y serait encore - et en plusieurs morceaux...

(sourire innocent)

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mer 21 Mar 2012, 13:39

- Tu as déjà été au Domaine ? Pfiou...

( Silence )

- En effet, je me souviens d'une rumeur sur deux Marchombres qui s'y seraient introduites... Je pensais que cela n'était qu'affabulations...

( Rire )

- Je suppose que c'était forcément pour retrouver quelqu'un de cher à ton coeur ? Il n'y a que pour ce genre de choses que tu aurais pu y aller...

( Clin d'oeil )

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mer 21 Mar 2012, 15:31

- Pour être franche, non. L'homme a qui j'avais offert mon premier baiser n'avait plus donné signe de vie depuis des mois et à par Faldor, je ne connaissais personne au Domaine. C'était de la curiosité pure et simple, et sans doute aussi un soupçon d'effronterie ! J'ai bien failli le payer cher, la femme contre qui j'ai croisé le fer était une Envoleuse...

Mais tu ne respectes pas notre marché, compagnon ! Une info pour une info, c'est à toi de m'apprendre quelque chose !

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mer 21 Mar 2012, 20:35

- Mais... Comment as-tu pu trouver le Domaine juste par "effronterie" ?! Même certains Mercenaires n'en retrouvent pas le chemin seuls...

( Soupir )

- Que veux-tu que je te dise ? Tu en sais déjà trop, malicieuse petite Marchombre !

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mer 21 Mar 2012, 23:03

- ... Bon, d'accord, il y avait peut-être aussi un peu de hasard !

(Rire)

Je ne sais pas... Dis-moi un rêve que tu aimerais voir se réaliser.

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Jeu 22 Mar 2012, 00:05

Un... Rêve ?
Comme ça, un rêve que ... T'amener chez moi, te présenter à ma mère et mes soeurs, te rendre heureuse. ..

Et je me donnerai corps et âme pour ça...

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mer 28 Mar 2012, 17:34

- Par la Dame, j'aime ce rêve ! Et je serais ravie de le partager avec toi, Dolce Ysil...

(Elle se blottit davantage contre lui, soupire, réfléchit en silence, un long moment, et puis...)

Il y a quelques temps, je t'ai promis qu'un jour je te raconterai mon histoire. A cette époque encore, je doutais trop de l'avenir pour me permettre de t'ouvrir mon passé, mais bien des choses ont changé depuis... tu es revenu pour moi, tu m'as aidé à combattre malgré les risques, malgré ton rang. Tu as tué pour moi. Je sais que ce geste t'a fait mal et que tu en souffriras longtemps, peut-être jusqu'à la fin de tes jours, mais à moi il m'a fait comprendre à quel point tu es un homme juste et droit et à quel point je suis loin de pouvoir te rendre la pareille.

Je n'ai qu'une histoire, et encore, elle n'est pas très joyeuse, mais peu de personnes sur cette terre en connaissent les détails les plus infimes et ces détails, j'ai décidé de te les donner. Ce n'est pas un cadeau. Ce n'est pas une complainte. Juste une histoire. D'accord ?

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mer 28 Mar 2012, 18:23

- D'accord.

( Il dépose un baiser sur les cheveux de Syndrell, et la blottit un peu plus contre lui )

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Dim 01 Avr 2012, 22:20

- D’accord.

Un mot, un geste, un souffle.
Une clé.

Offerte au milieu de la nuit, une nuit magique, à la lueur d’un feu et à la chaleur d’un cœur.
Offerte le plus simplement du monde et sans la moindre hésitation.
Offerte…

Alors Syndrell sourit et ouvre la porte.



* * *


Je suis née d’un mystère. Un ciel bleu, un nuage doré… Mon premier souvenir est celui d’une enfant qui se mouche dans les jupons d’une femme très vieille et très douce. Est-ce que je l’aimais ? Je ne sais pas, j’étais trop petite pour comprendre ce que « aimer » veut dire et puis, malgré tout ce qu’elle faisait pour nous, nous n’étions que des gamins abandonnés, des orphelins de la vie…


C’est un monsieur immense.
Immense et barbu.
Il se tient appuyé sur une cane et sous son chapeau, ses yeux lancent des éclairs.
Terrifiée, la petite fille cache son visage dans le tissu rêche mais ô combien rassurant de « Si’drell ». Presque aussitôt la main parcheminée de la vieille femme vient se poser sur sa tête.


- N’ai pas peur, petite chose…
- Ceridwen ? Ceridwen Ellasian ?
- C’est moi.
- Bonjour, je suis maître Lil’Tyar, conseiller financier de l’Empereur. Je viens pour vous parler de c…
- Je sais très bien pourquoi vous êtes ici. Venez-en au fait, s’il vous plait.
- Vous devez partir, ma dame. Ce taudis ne vous appartient plus et…
- Ce taudis, comme vous osez l’appeler, est tout ce qui protège encore mes enfants du froid et de la misère ! C’est ici qu’ils vivent !
- Ce ne sont pas vos enfants, vous le savez très bien.

La petite fille risque un coup d’œil vers le monsieur qui se tient dans l’encadrement de la porte. Soudain, il lève sa cane et la pointe vers elle, lui arrachant un sursaut et un petit cri apeuré ; elle enfoui à nouveau sa tête contre la jambe de « Si’drell ».

- Cette chose ne mériterait même pas d’être ici. Maudite… elle, et tous les autres, et vous aussi, ma dame, devez quitter cet endroit avant la semaine prochaine. Ce bâtiment est la propriété de l’Empereur et il ne v…
- C’est notre maison ! rugit « Si’drell » avec une férocité qui fait reculer le monsieur d’un pas sur le trottoir. Et elle nous appartient, à nous ! Sortez !
- Vous ne pouvez vous élever contre l’autorité de…
- Allez vous-en ! Sortez !!

La porte claque, se ferme.
« Si’drell » serre la fillette contre elle, de toutes ses forces. Elle pleure et ses larmes se perdent dans les cheveux bleus de l’enfant.



Je crois que si je suis fille du ciel et cousine des nuages, je suis aussi sœur du vent. Il m’a emporté dans bien des directions, tu sais… Après la mort de Ceridwen, j’ai été ballotée dans des tas et des tas d’endroits pas toujours très sains pour des orphelins. J’ai travaillé pour la première fois à sept ans. J’aidais une femme, une chapelière, dans ses travaux de couture. C’était une orpheline, comme moi, et parce que la vie ne lui avait pas fait de cadeaux elle ne m’en a pas fait non plus. J’ai vécu entre les chapeaux et les méchants coups d’aiguille pendant trois ans, et puis j’ai rencontré Liam et Sineïdinn…

- Syndrell !

Elle soupire, épuisée, et repose le chapeau qu’elle est en train de confectionner. Son regard doré se pose sur ses mains, déformées par le travail, déchirées au bout des doigts, piquetées de coups d’aiguilles. Elle se tient voûtée sur sa chaise, écrasée par une nuit sans sommeil, passée à travailler dur pour Vyna. C’est une petite vieille, déjà… une petite vieille de dix ans.

- Syndrell, descend tout de suite !!

Elle soupire encore une fois, se lève et descend lentement les escaliers grinçants. Ses jambes sont lourdes. Son cœur est lourd. Son regard éteint et son sourire disparu. Autrefois petite flamme vive elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle a besoin d’un bon coup de pied aux fesses, dirait Vyna en reniflant avec son dédain habituel. Alors qu’en fait, elle avait juste besoin d’être sauvée.

Elle s’arrête en bas des marches et s’immobilise, attendant un orage qui ne va pas tarder à éclater. Quand Vyna prend ce ton-là, elle le sait, c’est pour lui faire la leçon. Une leçon tonitruante, agrémentée de quelques coups d’aiguille pour marquer le coup. Syndrell s’en moque. Il y a bien longtemps qu’elle a renoncé à se défendre en griffant et en mordant.


- Te voilà enfin, petite sotte ! Encore à bâiller aux corneilles, j’imagine… Ce monsieur est venu récupérer le chapeau qu’il m’a confié la semaine dernière. Est-il terminé ?

Elle ne répond pas. N’a pas envie de répondre. A quoi bon ? Le chapeau n’est pas terminé, non. Il lui faudrait encore une journée de travail acharné, alors qu’elle n’a pas dormi de la nuit… Alors elle reste cachée derrière un rideau de cheveux sales et ternes, les lèvres scellées, et elle attend la suite.

- Je vois. Tu n’es donc vraiment qu’une bonne à rien, une sale petite peste qui me fait perdre mon temps et de l’argent ! Dehors ! Allez, ouste, fiche-moi le camp ! Je ne veux plus te voir ici !

Pour l’instant. Parce que Vyna n’a personne pour l’aider dans son travail alors, quand elle finit par se calmer, elle retourne chercher Syndrell. Une fois, elle a attendu trois jours avant de lui ouvrir la porte de son atelier. Trois jours passés dans le froid de la rue… Elle sort. Frôle le client qui ne dit rien. Ils ne disent jamais rien, ils font toujours comme s’ils n’étaient pas là. Comme si elle était un fantôme.

Le petit fantôme est assis sur les marches du perron. Le menton sur les genoux, les bras autour des jambes, il paraît réfléchir mais son regard est vide. Son ventre aussi. Elle n’entend pas la porte s’ouvrir et se refermer derrière elle, ni les bottes claquer sur les marches de pierre. Et puis soudain…


- Tu t’appelles Syndrell, c’est bien ça ?

Les yeux dorés mettent un certain temps à se lever pour croiser ceux du client de Vyna. Ils sont gris comme un ciel d’orage, mais ce gris-là est lumineux. Incroyablement lumineux.

- Moi c’est Liam. Le chapeau, il était pour ma femme, mais tout à fait entre nous, elle n’en a pas besoin, elle est très jolie sans. Tu permets que je te la présente ?

… une clé. Une porte.
Un nouveau cou de vent. Syndrell glisse sa main dans celle, tendue, de Liam. Elle se lève et elle le suit, quittant le magasin de chapeau pour ne plus jamais y revenir.
Elle est sauvée.



J’ai de la chance, tu sais. J’ai eu la chance d’être adoptée. D’avoir un père et une mère, même si je ne les ai jamais appelé « papa » et « maman ». Je n’en ai pas eu le temps… Le vent a tourné une nouvelle fois et m’a emportée très loin au nord, dans les montagnes. La chaîne du Poll. Les Dentelles peuvent bien rivaliser en beauté, elles ne l’emporteront jamais sur la magie des montagnes du Poll.
Jamais.



Le vent hurle, comme les loups, et court autour de la maison et de l’atelier. De violentes bourrasques jettent à l’assaut de la porte de chêne un mélange de pluie et de neige. Le souffleur de verre est heureux d’avoir passé cette journée exécrable auprès des fours. Il vient de couvrir le plus petit, chauffé au charbon, dans lequel il met à fondre le sable pour obtenir la pâte de verre nécessaire à ses créations. L’autre, le plus grand, s’éteint petit à petit, laissant le verre atteindre doucement la température ambiante sans se fendiller.

- Allez gamine, il est temps d’aller se coucher.

Elle est encore plongée dans son travail. Juchée sur un tabouret bien trop grand pour elle, le visage tendu de concentration et le regard brillant, elle s’applique à détacher habilement de sa pipe métallique la coupe qu’elle est en train de confectionner. Alors que lui-même aurait été trop fatigué pour faire ce travail délicat correctement, elle le fascine par sa patience et sa minutie. Cette petite a des doigts de fée.

- Laisse, tu finiras ça demain…
- Demain c’est trop loin.
- Et ce soir, c’est trop tard !

Elle rit doucement et le vieil artisan hoche la tête. Ce rire, il l’a découvert tout à fait par hasard, quelques moins plus tôt. Il se rendait dans la vallée pour vendre ses créations au marché d’Al-Poll lorsqu’il l’a trouvée. Elle n’était pas du tout en état de rire, à cette époque. En fait, elle n’était pas très loin de mourir. De faim, de froid et de fatigue. De chagrin, aussi – un chagrin immense, béant, terrible. Il n’a pas cherché à savoir, il l’a emmenée chez lui, dans sa petite maison de bois perchée dans les hauteurs. Il a essayé de la remettre sur pied, de lui rendre le sourire, en vain. Devant son mutisme, il a commencé à prendre peur. Et puis elle a découvert son atelier…

- D’accord, espèce de vieux ronchon. Je viens.
- Vieux, moi ? Je vais t’emmener courir le cerf, demain, tu vas voir qui est le plus vieux de nous deux…
- Je préfère courir le loup.

Elle ôte les gants épais qui protégent ses mains et ses avant-bras, saute de son tabouret et immédiatement, lâche ses longs cheveux bleus retenus par un bandeau serré autour de la tête. Ici, dans les montagnes, ils ne font peur à personne…



Lui et moi, on a soufflé le verre et couru le loup pendant plus d’un an. Jusqu’à ce que le vent se mêle à nouveau de mes affaires. J’ai changé de lieu, de vie, d’ami. Je suis arrivée à Al-Jeit et, à treize ans, je suis devenue une Ombre. La moitié d’une marchombre. Non… même pas la moitié de l’ombre d’une marchombre ! Mais c’est pourtant avec les espions que j’ai appris à écouter la nuit et à devenir le silence…


Assis à l’ombre d’une terrasse, l’homme pose son bol et s’essuie le menton d’un revers du coude avant de s’appuyer contre le dossier de sa chaise pour profiter de la vue qui lui est offerte. C’est une vue pour les gens qui aiment le mouvement et le bruit. Il faut être né ici, entre ces murs, pour être en mesure de savourer pleinement ce regain d’énergie qu’apporte le début de l’été. Il faut savoir lire les visages, comprendre les sourires, deviner les messages de regards échangés pour saisir au vol cette nouveauté qui flotte dans l’air chaud et sucré.
Mais pour subtiliser au temps ce qui est en train de se produire, il faut être un espion.

L’homme cligne des yeux. C’est le seul indice qui témoigne du changement qui vient de s’opérer en lui, la preuve qu’il vient de remarquer quelque chose, non, quelqu’un. Une gamine au visage mangé par deux yeux de chat – dorés ?! – et à l’allure peu commune. A ses bottes de fourrure et à la peau de loup qu’elle porte, il la soupçonne de venir du nord, probablement des montagnes. C’est un détail. Nombreux sont les voyageurs, les nomades et les vagabonds qui transitent par la première ville de l’Empire.

Pour lui, c’est bien plus qu’un détail.
C’est un indice.
Une piste.

Une piste qu’il remonte lentement, guidé par son sens aigu de l’observation et son intuition qui lui souffle de ne pas lâcher cette gamine des yeux. Elle est petite et menue malgré les épaisseurs de fourrure qui tranchent avec les tenues légères que portent les passants, mais il lui est impossible de déterminer son âge avec exactitude : dix ans, souffle sa taille ; douze, rétorque sa démarche fière et déterminé ; quinze, propose la tristesse de son regard…

Il cille à nouveau lorsqu’elle s’efface souplement pour ne pas se faire bousculer par un homme aussi grand que large. Puis il hausse un sourcil en la voyant dépasser un étal de pommes rutilantes ; l’un des fruits se retrouve dans la main de la jeune fille qui poursuit son chemin sans attirer l’attention de qui que ce soit. Mais soudain, le regard de l’homme assis à la terrasse scintille.

Elle a fait marche arrière.
Elle repasse devant le même étal.
Elle repose la pomme.
Sans se faire voir.

L’homme sourit.

Il sourit toujours lorsque, quelques minutes plus tard, il rattrape la gamine, trois ou quatre rues plus loin. Elle se fond dans la foule comme si elle était dans son élément alors que ses habits clament le contraire, mais il n’est pas homme à se fier aux apparences.
Elle non plus.


- Qu’est-ce que tu veux ?

Une voix rauque et calme, franche et déterminée. Il voit dans son regard qu’elle lui faussera compagnie si jamais il tente de porter la main sur elle. Alors il se contente de tendre son bras devant lui, paume tournée vers le ciel. La pomme qui s’y trouve vaut bien tous les discours du monde pour qui sait voir et écouter, et puisque cette fille est probablement plus futée que la moitié des habitants de cette ville, il se contente du nécessaire.
Le strict nécessaire qui convient à l’espion.


- Je veux te proposer un travail.
- Quel genre de travail ?
- Le genre qui paye bien. Dans tous les sens du terme.
- Je vais devoir me déshabiller pour obtenir ma paye ?
- Pas si tu comptes accepter ce travail.

Elle fixe la pomme et il devine que ses pensées tournent à la vitesse de l’éclair. Finalement, elle lève les yeux vers lui – oui, dorés… - et cligne des yeux. Une fois. Déjà espionne sans le savoir…

- Je m’appelle s…
- Ton nom est le plus gros risque que comporte ce travail. Ici, tu dois l’oublier. Ici, tu t’appelleras Louve.
- Louve ?
- Ce manteau te va bien.

Elle rougit et il se dit qu’elle est plus proche des quinze ans que des dix. Puis elle se reprend et brusquement, elle retire son bonnet de laine, dévoilant de courts mais éblouissants cheveux bleus. Il en reste coi. C’est rare… et ça lui plait. Elle lui plait. Il tend son autre main, poing serré.

- Tope-là ! Moi c’est Leif. Bienvenu chez les Ombres, Louve.



* * *


- Leif est mort. C’est Vanora qui l’a tué. Aujourd’hui, Vanora est morte à son tour… Est-ce que la boucle est bouclée ? Je n’en suis pas sûre. Tu sais, j’ai fait pas mal de chemin depuis les Ombres. J’ai fait des rencontres, de formidables rencontres… Celle de mon maître est la plus jolie. Celle de Ciel est la plus amusante. La tienne est…

Souffle du vent. Les flammes vacillent, dansent.
Murmure.


- La tienne est…

Les mots parfois sont inutiles. Impuissants. Impossibles.
Imprononçables.
Alors…

… alors elle se penche, saisit la branche qui sert à tisonner le feu et trace quelques mots dans la poussière. Des mots éphémères, qu’aussitôt le vent emporte pour murmurer leur sens à qui voudra l’entendre. Des mots éternels, gravés à jamais dans la mémoire et le cœur d’une marchombre et d’un mercenaire.


Nuit et jour
Soleil et lune
Unis








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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Ven 13 Avr 2012, 14:11


Nuit et jour
Soleil et lune
Unis


Il ne peut pas dire qu’il comprend cette poésie, qu’elle vient d’écrire sous ses yeux.
Il ne peut pas dire qu’il la comprend, non plus. Il ne pourra sans doute jamais le faire.
Mais il la vit.
Il la vit, au plus profond de lui, comme un soleil qui explose dans sa poitrine.
Tout s’illumine.


§§



- Tu verras, le jour où cela t’arriveras. Tu ne pourras plus rien dire. Plus rien penser. Il n’y aura que cette personne…

- Parce que toi tu le sais peut-être ? Comme si j’allais te croire, comme ça !


Liesse haussa les épaules d’un air désabusé. Fixant son petit frère de son regard d’un vert pâle – encore plus pâle que celui de Dolce.

- Crois ce que tu veux, Dolce. Mais un jour, tu viendras me voir, et tu le sauras. Et je saurai que tu sauras.

Une grimace légèrement moqueuse étira les traits du garçon de dix ans, alors qu’il continuait de fixer sa sœur. Elle avait douze ans, comment pouvait-elle savoir ce genre de choses, hein ? Comme si c’était possible de voir ça ! De s’en rendre compte !
Elle avait douze ans. Elle n’en avait pas cinquante !


§§



Un sourire étire les lèvres de Dolce.
Lentement. Et dans son regard, danse encore le souvenir de sa sœur ainée.
Mais surtout autre chose.

Unique.

- Je T’aime Syndrell.






[ Désolée, c'est court... mais je n'avais rien à ajouter ! Wink ]

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Jeu 19 Avr 2012, 20:42

- Je T’aime Syndrell.


* * *



Syndrell éclata de rire.

- Amoureuse, moi ? Sûrement pas ! Tu sais Prof, je l’ai déjà été. C’est pas si fabuleux que ça en à l’air et surtout, ça finit toujours par faire mal.

Ciel fronça les sourcils.

- Mal ? Est-ce que tu n’exagères pas un peu ?
- Peut-être un petit peu. Mais je t’assure que je ne me ferais pas avoir. Il n’est pas né, celui qui me fera tourner la tête jusqu’à abaisser la moindre de mes défenses, foi de marchombre !
- Je ne suis pas d’accord avec toi. Il y a des choses contre lesquelles tu ne peux pas lutter – pas même toi, petite marchombre pleine de fougue et de surprises… L’amour ça te tombe dessus, ça t’assomme et tu ne t’en remets jamais véritablement.
- Wow ! Tu fais cours comme ça à tes élèves ?
- Je suis sérieux, Syn ! Mais tu ne me crois pas, n’est-ce pas ?
- Non. Allez, c’est pas grave Prof, et puis tu sais quoi ? Tu es pas mal quand tu es sérieux…



* * *



Quelques mots, un souffle.
Un monde.

Blottie contre l’amour de sa vie, Syndrell sourit.


*D’accord, Ciel. Tu avais raison. Un point pour toi.*

Elle embrassa Dolce. Ou Dolce l’embrassa, peu importe.
Elle sourit à nouveau.


*Et un point pour lui aussi !*


* * *



- Le Pollimage ! C’est le Pollimage !!

A la limite de l’hystérie, Lyke faillit faire tomber Ciel de cheval en s’accrochant à lui pour glisser à terre et courir vers l’immense fleuve. Syndrell éclata de rire en le voyant bondir de joie. Elle se dit qu’il allait falloir songer à organiser davantage de sorties avec ce petit bonhomme, ne serait-ce que pour assister à nouveau à cette parade joyeuse qu’il mettait en scène.

Baissant les yeux, elle observa un court instant sa main jointe à celle de Dolce, puis elle se dégagea doucement de l’étreinte de l’Envoleur. Dans ses yeux dorés brillaient toutes les étoiles qu’il avait allumé en elle au cours de la nuit.


- Je vais nous trouver une embarcation. Lyke, reste avec Ciel, s’il te plait. Prof, arrête de tirer sur les rênes, Singa est encore plus têtu que toi. Dolce…

Un regard.
Echange parfait.

Elle n’avait pas besoin de dire ou de faire davantage pour qu’ils se comprennent. Voilà pourquoi elle s’éloigna le cœur léger et l’esprit tranquille.
Parce qu’il la suivait comme son ombre.
Comme toujours.




[Oooooooooooh...]

__________________________________________

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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Mar 24 Avr 2012, 17:08

- Le Pollimage ! C’est le Pollimage !!

Dolce releva vivement la tête, et croisa le regard brillant d’excitation de Lyke. Il serra un peu plus fort la main de Syndrell dans la sienne. Mains unies dans un poing tranquille, qui aurait pu les mener n’importe où. Jusqu’au bout du monde.
N’était-ce pas ce qu’ils étaient promis ?

L’Île des Femmes était un bout du monde.

Un soupir franchit ses lèvres, tandis qu’il menait le dos de la main de Syndrell jusqu’à ses lèvres pour l’effleurer doucement, y déposant un léger baiser. Souriant, il chercha son regard, avant de le trouver.

- Je vais nous trouver une embarcation. Lyke, reste avec Ciel, s’il te plait. Prof, arrête de tirer sur les rênes, Singa est encore plus têtu que toi. Dolce…

Dolce soupira doucement.
Il était donc temps ?
Il n’en avait pas envie.
Il aurait préféré rester toujours avec Syndrell. Toujours en lui tenant la main. Toujours à pouvoir croiser son regard doré, tellement beau.

Pourtant, c’était ainsi.
Il fallait se séparer, pour mieux se retrouver, toujours.
Le Pollimage. C’était la fin de cette aventure. Après tout, Vanora était morte, maintenant. Et il ne ferait pas monter Singa sur un bateau, il n’avait pas encore travaillé à cela, encore. Peut-être le ferait-il, peut-être que non. Il verrait.

Quand elle s’éloigna, il ne put s’empêcher de la rattraper, de prendre son poignet, de la plaquer contre lui.
Fermement. Passionnément. Peut-être un peu violemment.
Son regard glissa sur Singa qui s’éloignait avec Lyke et Ciel.
Il allait le récupérer, maintenant.


§§


- Je sais, je sais. Mais on la reverra…

Dolce flatta l’encolure de Singa, en jetant un dernier coup d’œil vers les eaux troubles du Pollimage.
Un point bleu le saluait.
Souriant, il fit un grand geste de la main.

Son cœur battait.
Fort.
Trop fort.
Trop vite.

D’un encouragement du bassin, il fit partir Singa au galop.
Une goutte glissa sur sa joue, pour s’envoler.
Se perdre dans l’air.
Hommage.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Point Final [PV Dolce] - TERMINE   Jeu 26 Avr 2012, 00:33

Non seulement il la suivit comme son ombre, mais en plus il la rattrapa en quelques enjambées pour la saisir par le poignet et la forcer à se retourner. Dolce était plus rapide que la plupart des personnes qu’elle connaissait et qu’elle côtoyait. Il était capable de se mouvoir aussi vivement que silencieusement, sans déplacer d’air ni donner l’impression qu’il bougeait ; il pouvait devenir une ombre de velours dans les ténèbres et le jour, c’était un éclat dont la célérité rivalisait avec l’efficacité.

Il la serra contre lui, l’embrassa, la rendit folle de désir, lui offrit une promesse silencieuse, un univers rien qu’à eux, une aventure prochaine… en une poignée de secondes seulement. Lyke était bien trop occupé à dévorer le Pollimage des yeux mais pour Ciel, à qui rien n’échappait, le contact entre les deux amants dura aussi longtemps que quelques battements de cils. Pour Syndrell, il dura une éternité – et il continua de vibrer en elle bien après que Dolce les ait quitté.

Elle en était restée aussi pantelante que s’il lui avait fait l’amour pendant des heures. Seigneur, comment pouvait-il lui transmettre autant de passion en si peu de temps ? Et comment diable pouvait-elle ressentir autant d’émotions à la fois ? Joie, soulagement, tristesse, amour… sentiments et sensations se bousculaient sans qu’elle ne puisse rien y faire. Dolce aussi devait être dans le même état. Pourquoi partir aussi vite, si tel n’était pas le cas ?


- Syn…

L’intervention de Ciel n’avait été qu’un murmure, tout juste audible dans le vent qui soufflait sur les rives du Pollimage, mais il sortit la jeune femme de sa léthargie sentimentale. Elle sursauta, leva les yeux vers lui, et la confusion qu’il lut dans l’or liquide de ses yeux lui en dit bien plus qu’un discours ; il ouvrit les bras et elle s’y jeta à la manière de Lyke.


* * *


Oui, songea Ciel en refermant les bras sur elle, elle avait encore beaucoup de choses d’une enfant, sa petite marchombre. Sous ses airs de chatte guerrière, elle dissimulait une innocence encore toute neuve, un petit coin de paix et d’insouciance épargné par les horreurs qui avaient traversé sa vie ; quelques mois plutôt seulement, ce petit bout de femme tenait plus de l’ado écervelée que d’une adulte responsable ! Il se souvenait de leur petite conversation au sujet de l’amour, de cette aisance avec laquelle elle avait rejeté l’idée de tomber amoureuse un jour… Tu parles ! avait-il pensé tout en la couvant du regard. Ça te tombera dessus comme tout le monde et bien plus tôt que tu ne le penses… Alors, tu grandiras. Ce sera très étrange, autant pour moi que pour toi, tu seras un peu perdu, complètement même, et moi je serai là, avec une rose et un sourire de connivence…

Il n’y avait pas de rose. Juste un sourire sur les lèvres du Dessinateur alors qu’il serrait son amie contre son cœur. Ce qu’elle avait vécu – ce qu’ils avaient vécu – était au-delà du concevable. Ils avaient marché aux côtés de la mort, et qu’ils y soient habitués ou non, cette épreuve les avait marqués. Profondément. Eternellement. Ciel frissonna lorsque les récents souvenirs du combat lui revinrent en mémoire. Son sourire vacilla un instant, et puis les mains de Syndrell se refermèrent sur le devant de sa chemise et il comprit. Révélation éclair, illumination du tonnerre, ça le traversa tout entier et ça finit par exploser dans cœur à la manière d’un feu d’artifice tiré un soir d’été sur la ville d’Al-Jeit. Ils s’en étaient sortis parce qu’ils avaient été unis. L’amour n’était pas le seul liant efficace ; chaque railleries qui avait meublé la conversation entre Dolce et lui avait contribué à la réussite de leur entreprise. Chaque regard doré de Syndrell avait planté en lui autant de flèches de confiance qu’il y avait d’étoiles dans ses yeux. Et chaque éclat de rire de Lyke était comme un baume sur ses blessures. Elle était là, la clé de leur réussite : une incroyable unité, force vive et pure qu’ils ne devaient jamais oublier.

Il ferma simplement les yeux. La simplicité était un concept qu’il avait appris de Syndrell. Tout était toujours très simple avec elle, même si tout était toujours très compliqué. Elle avait le don de se fourrer dans les situations les plus complexes avec une aisance déconcertante. Elle croyait en des choses simples et belles, elle se posait les questions les plus étonnantes qui soient mais se contentait d’une seule réponse pour passer à une autre interrogation. Avant de la connaître, tout était compliqué dans sa vie, même sa relation avec sa famille : il ne pouvait pas se lever le matin sans organiser soigneusement sa journée ni se coucher sans vérifier que tout avait bien été fait ; il pensait à trop de choses et trop souvent ; il passait à côté de sa vie sans même s’en apercevoir. Et puis un jour, un soir plutôt, le Chat était apparu dans sa vue. Véritable feu-follet, boule d’énergie pure, Syndrell avait changé le cours de son existence avec une simplicité qu’il chérissait désormais.
Simplicité.

Les choses étaient si simples, à présent… Aider, sauver les gens qu’on aime. Ne pas en sauver d’autres, regretter, ressentir de la tristesse… se remettre de son chagrin, aller de l’avant, toujours, et se plonger dans une nouvelle aventure. Surprise, bonne ou mauvaise. Découverte de l’inconnu, chasse aux arcs-en-ciel et nuit à la belle étoile. Savourer un sucre d’orge avant de se battre pour sauver sa peau. Aimer. Etre jaloux. Rire, pleurer, aimer à nouveau. Rencontrer, tuer. Manger un autre sucre d’orge. Consoler. Sourire, penser.

Dessiner.
Simplement.
Tout simplement.

Une rose apparut dans la main de Ciel.
Sans dire un mot, il la piqua dans les cheveux de Syndrell et admira un instant le tranchant des pétales vert pâle sur le bleu vif de ses mèches.
Vert.

Comme les yeux de Dolce.



* * *


- … et alors, Ciel a dessiné ! Tu ne peux pas imaginer comment j’étais heureuse. En fait, je l’étais tellement que j’ai éclaté de rire. Il y avait quelques larmes dans ce rire, parce que Dolce venait de partir ; depuis quelques minutes seulement, et j’avais l’impression de l’avoir quitté des années plus tôt ! Ne me regarde pas comme ça, moi aussi je trouverais ça idiot à ta place, pourtant je peux t’assurer que si tu te trouvais à la mienne, tu serais aussi déconfit que moi… Il n’est pas parti tout de suite. Je l’ai aperçu alors que Ciel, Lyke et moi prenions le large à bord d’un petit esquif mené par une drôle de femme. Elle ressemblait un peu à un oiseau, avec ses cheveux courts qui formaient comme des touffes sur sa tête, et elle ne voyait que d’un œil, mais c’était un capitaine extrêmement efficace et respecté par la totalité de son équipage !

Vagabond soupira bruyamment. Secoua sa grosse tête noire lorsqu’un gland vint frapper son front. Si seulement les chevaux en étaient capable, il aurait haussé les épaules et levé les yeux au ciel avant de se remettre à brouter tranquillement pendant que sa cavalière poursuivait son récit.

- Ciel a retrouvé sa famille. Ils n’ont plus besoin de se cacher, maintenant, alors ils sont retournés vivre chez eux, à Al-Chen. Je t’y emmènerai – je lui ai promis de retourner chasser les arcs-en-ciel. Tu ne sais pas encore ce que c’est, toi, pas vrai ? Tu verras, c’est aussi amusant que de faire la course avec un ours élastique…

Elle était allongée dans l’herbe, près de lui.
Les mains nouées derrière la tête, elle regardait filer les nuages dans le ciel. Ils apportaient avec eux la promesse d’un printemps sur le point d’éclore. Mais dans le cœur de Syndrell, l’hiver était déjà loin.


- Vivre, c’est une drôle d’aventure, quand même… souffla-t-elle.

Une drôle et belle aventure…

… et point final.



[Voilà, c'est fini... J'ai bien envie d'aller me blottir dans les bras de Ciel pour me consoler, tiens ! Ce Rp était une vraie, drôle, belle aventure. Merci Welle, pour m'avoir permis d'utiliser Ciel - je n'aurai jamais pu faire tout ça sans lui ! - et de m'avoir aidé à le mettre en scène, ou en mots...
... et merci, Dolce. Sans toi, pas de Rp non plus... Bon, alors on se le fait, notre Rp dans l'Ile des Femmes ? C'partiiiiiiiiii !]

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Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 20/10 au 03/11]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Point Final [PV Dolce] - TERMINE
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