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 Règlements de comptes... [PV Erwan]

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MessageSujet: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Mer 01 Fév 2012, 20:23

    Miss se mordit la lèvre. Vraiment, elle avait un peu peur de ce qu’il allait se passer… Erwan et elle étaient en train de voyager vers la Citadelle des Frontaliers, mais elle n’avait aucune envie d’y aller. La dernière fois qu’elle s’y était rendue, c’était avec Ellenya et Phy – Phy, qu’elle n’avait pas revu depuis des mois, puisqu’il ne s’était jamais présenté au début du cours suivant. Elle s’y était tout simplement pointée, et évidemment, elle était tombée nez-à-nez avec Sunoy. Evidemment, puisque c’était elle qui avait demandé où il se trouvait, et qu’elle s’était lancée à sa rencontre. Elle entendait que ses apprentis pussent profiter du spectacle. Non pas qu’elle était certaine de gagner – loin de là – mais elle avait besoin de remettre les pendules à l’heure, avec elle-même. Savoir si elle s’était encore améliorée, depuis la fin de son apprentissage, et aussi pour le reste. Finalement, cela s’était plutôt pas trop mal déroulé, et à la suite du combat, Sunoy s’était montré digne de l’honneur des Frontaliers en lui pardonnant son impertinence de jeunesse. Mais maintenant, qu’elle allait revenir avec Erwan… Erwan en plus ! Aux yeux de bien des apprentis Frontaliers, le jeune homme avait été l’un des apprentis Frontaliers les plus prometteurs, avant de découvrir son « anomalie ». Ce qui avait été fort peu avisé, cela avait été toutes les remarques acerbes qu’il avait pu recevoir, et aussi le fait qu’il n’avait aucun contrôle sur le jaguar quand il était plus jeune. Et puis, il était parti en apprentissage, et elle ne savait même pas s’il était revenu depuis…

    Tournant la tête vers son compagnon, Miss lâcha un léger soupir en détaillant son profil. Ils chevauchaient côte à côté, tranquilles, dans un galop de croisière. Nyu et Joya ne se lâchaient pas d’une semelle, fonçant au botte-à-botte sans pour autant se faire une course effrénée. Juste heureuses de galoper à fond le train. Il n’y avait pas Ylléna : en effet, Miss l’avait laissée chez les Petits en allant au tournoi d’Al-Jeit, puis ensuite durant le cours avec Ombe ; Erwan n’avait pas apprécié sa décision… Quand même ! Elle faisait confiance aux Petits, et particulièrement à Lilita, qui l’avait éduquée durant toute son enfance. Pourquoi Ylléna n’y serait-elle pas en sécurité ? D’autant que la petite avait deux bonnes années maintenant, et elle courait partout. Cela lui permettrait de développer une certaine agilité ! Mais non, le Marchombre n’avait pas aimé. Il aurait préféré s’occuper de sa fille, être avec elle – avec elles. Comme elle quelques mois plus tôt, il avait de la peine à se séparer de sa fille et à la laisser à quelqu’un d’autre que lui-même ou Miss. D’autant qu’il l’avait souligné : il ne connaissait pas les Petits ; et qu’importe ce qu’en pensait Miss, elle aurait dû lui en parler. Cela avait été la première grosse dispute qu’ils avaient eue tous les deux, et qui avait jeté un froid entre eux pendant une dizaine de jours. Et le froid était toujours présent, alors qu’ils galopaient de concert.

    C’était pour cela qu’ils remontaient vers le Nord. Passer par la Citadelle n’avait aucun caractère obligatoire, c’était Erwan qui avait décidé de cette halte, et elle ne comprenait pas vraiment pourquoi. Il n’avait pas voulu le lui dire, et elle s’était évidemment sentie vexée ; et elle avait évidemment éclaté – Miss ne pouvait pas rester sans rien dire quand quelque chose la tarabiscotait ! Mais il n’avait rien voulu savoir, et elle ne savait toujours pas ce qu’il en était. Et elle avait beau avoir essayé toutes les méthodes possibles pour obtenir quelque chose du jeune homme, rien n’y avait fait… ABSOLUMENT rien. C’était certainement cela le pire : il avait réussi à résister à des avances plus qu’osées, et Miss n’en revenait pas… Une boule dans la gorge, et sur le point d’éclater à nouveau –peut-être en sanglots cette fois-ci – elle se redressa sur sa selle et Nyu baissa brusquement les oreilles, ne comprenant pas pourquoi elle devait ralentir alors que Joya continuait gaiement. Mais devant l’insistance de sa cavalière, elle finit par décélérer et se mettre au pas. Voyant que Nyu ralentissait, la jument d’Erwan fit de même, et ils se retrouvèrent tous les deux au pas, toujours l’un à côté de l’autre.


    - Erwan… Je suis d’accord, je n’aurais pas dû prendre cette décision seule. Mais tu peux le comprendre non ? J’avais envie de m’amuser, et avec Ylléna c’était plus que compliqué, et surtout pas très sain pour elle d’aller dans une arène… Oh, mais je ne sais pas quoi te dire ! Je… Je n’en peux juste plus ! Je ne vais pas défendre mon point de vue pendant je ne sais combien de temps ! Tu ne crois pas que tu exagères, toi aussi ? Et puis, pourquoi tu ne veux pas me dire la raison pour laquelle tu veux qu’on s’arrête à la Citadelle ?!

    Elle serra les dents et pinça les lèvres, retenant sa voix de flancher. C’était juste incroyable…

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Jeu 02 Fév 2012, 13:34

Il neigeait.
Une fine poudreuse se soulevait à chaque foulée des juments, alors qu’elles galopaient allègrement dans les immensités d’un blanc pur des Plateaux d’Astariul. Tout autour, un manteau pâle hâlait chaque forme, recouvrant l’herbe, les branches, les pierres et les fourrés qui n’avaient pas perdu leurs feuilles. Un monde vespéral, presque fantomatique, qui défilait sans jamais s’arrêter. Et même si par endroit on pouvait deviner une portion de terre, un carré d’herbe séchée, les flocons qui tombaient du ciel semblaient se donner pour mission de tout balayer.
Pour un monde blanc.

Erwan et Miss chevauchaient l’un à côté de l’autre, dans cette partie du monde comme déconnectée. Le silence qui les entourait n’avait pas la même teneur qu’habituellement, une tension se faisait sentir. Et pour les Marchombres qu’ils étaient, elle était même palpable… Ce n’était pas faute d’avoir essayé de la faire diminuer. Mais Erwan ne comprenait toujours pas…

Ou peut-être comprenait-il trop bien.
Miss avait laissé Ylléna au peuple de Petits, comme il en avait eu peur, durant le tournoi. Il l’avait senti, après tout, et peut-être aurait-il dû mieux se préparer à cette éventualité qui prenait des teintes de réalité. Alaya et son compagnon l’avaient détourné de ces pensées, et l’avaient entraîné sur d’autres terrains, sans doute moins glissants, mais moins importants aussi. Il ne s’y était pas vraiment préparé.

Oh, il avait retrouvé Miss, à la sortie de l’arène d’Al-Jeit. Et à la voir sans Ylléna, il avait immédiatement compris.
Il avait perçu aussi, sa déception devant sans doute l’air qu’il avait eu en se rendant compte de la chose. Sa tristesse. Ce n’était évidemment pas qu’il ne tenait pas à Miss ; et il était persuadé qu’elle le savait. C’était simplement que… voilà, quelque chose, dans son ventre, sans doute un peu trop protecteur, aurait voulu que leur fille fût entre des mains que, au moins, il connaissait. Or, il ne savait rien des Petits.
Il devait avouer que c’était sans doute aussi sa faute.
Il avait été froid, distant, et l’avait laissée s’en aller pour une excursion avec une de ses apprenties.
Il l’avait attendue, à l’Académie, pour repartir avec elle. Il voulait aller chercher Ylléna.

Il ne savait même pas comment elle avait pu faire pour aller si rapidement dans les Royaumes du Nord et en revenir. Ce n’était physiquement pas possible, mais il n’y avait à vrai dire pas réfléchi. Il ne voyait que l’absence de sa fille…
C’était nouveau, pour lui, cette sensation d’urgence, d’abandon.
Il ne voulait pas laisser Ylléna toute seule, il voulait que toujours elle eût de l’amour et ne courût pas de danger. Peut-être était-ce exagéré, et sans doute trop protecteur, mais c’était ce qu’il ressentait profondément. Il avait besoin de savoir comment se portait sa fille, de savoir où elle était et ce qu’elle pouvait faire. Il avait peur pour elle.

Le ralentissement subi de Joya le tira de ses pensées, et il la laissa décélérer jusqu’à atteindre le niveau de Nyu.
Perdu dans ses pensées, broyant un peu du noir aussi – parce qu’il se rendait compte que son attitude n’était pas très équilibrée et juste irrationnelle – il garda le menton baissé, les yeux sur les oreilles de la jument.


- Erwan… Je suis d’accord, je n’aurais pas dû prendre cette décision seule. Mais tu peux le comprendre non ? J’avais envie de m’amuser, et avec Ylléna c’était plus que compliqué, et surtout pas très sain pour elle d’aller dans une arène… Oh, mais je ne sais pas quoi te dire ! Je… Je n’en peux juste plus ! Je ne vais pas défendre mon point de vue pendant je ne sais combien de temps ! Tu ne crois pas que tu exagères, toi aussi ? Et puis, pourquoi tu ne veux pas me dire la raison pour laquelle tu veux qu’on s’arrête à la Citadelle ?!

S’il pouvait le comprendre ? Oui, évidemment, qu’il pouvait le comprendre. Ce n’était pas pour autant qu’il l’acceptait. Il avait lui-même fait des sacrifices pour Ylléna, mais pas tous, c’était un fait. Il ne pouvait pas demander à Miss d’en faire autant ; il était certain qu’elle en faisait déjà énormément, même s’il ne les percevait pas tous. C’était pour cela qu’elle avait eu besoin de s’aérer l’esprit.

Oui, il exagérait. Mais c’était plus fort que lui.
Alors qu’il avait toujours été mesuré, réfléchi, serein, il se retrouvait à broyer du noir pour presque rien. Ylléna ne craignait rien, avec Lilita. Il essayait de s’en convaincre… Non, il le savait. Il n’en revenait pas. C’était sans doute plus un état de choc qu’autre chose…

Quant à la Citadelle… Il n’avait pas vraiment envie d’en parler.
C’était pour sa mère. Cela faisait deux ans et demi qu’il n’était pas retourné à la Citadelle pour lui rendre hommage, et il en ressentait désormais le besoin, après sa rencontre avec les parents de Miss – même si cette dernière ne les considérait pas comme tels. Et il se sentait incapable d’en parler ; sans doute l’aurait-elle mal pris, même s’ils en avaient plusieurs fois discuté dans leur petit nid, le long de l’Océan…


- Je…

Il soupira.
Les quelques tremolos dans la voix de sa compagne ne lui avaient pas échappé…
Et puis soudain, il en eut marre. Amenant Joya tout près de Nyu, il saisit Miss par la taille, et déposa un baiser sur la ligne de sa mâchoire.


- Ecoute, je te comprends. Ce n’est pas pour autant que j’accepte ce que tu as fait, mais je comprends. Ce qui m’embête le plus, ce n’est même pas que tu ne m’aies pas demandé mon avis, c’est que tu l’ais laissée chez les Petits. Je ne les connais pas, et Ylléna est la prunelle de mes yeux. C’est dur pour moi de me dire qu’il peut lui arriver n’importe quoi…

D’un côté…

- Il peut lui arriver tout autant n’importe quoi avec toi, ou moi. La différence, c’est que je te fais confiance. Je sais ce que tu vaux, Miss. Je t’aime comme tu es.

C’était difficile de se faire comprendre.
De montrer ce qu’il pouvait ressentir, sans trop de détours…


- Oui, j’ai exagéré, mais c’est parce que j’ai peur pour elle. Je ne pourrais pas toujours la protéger, je men rends compte, et cela… ça me terrifie, je crois.

Il lâcha un léger soupir, cherchant le regard de sa dulcinée.

- Et pour la Citadelle… Je… Je ne me sens pas d’en parler.

Un nœud dans la gorge.
Oui, il avait un nœud dans la gorge.
Pourtant, sans aucune hésitation, il avait fait le deuil de sa mère. Mais ce retour comptait beaucoup pour lui. Et il ne parvenait pas à se l’imaginer sans que l’émotion ne le submergeât.


- Ne te tracasse pas pour ça. Ce n’est pas contre toi…

Il la serra encore un instant contre son torse, avant de la relâcher.
Les deux juments s’étaient arrêtés, et il chercha son regard…

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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Jeu 02 Fév 2012, 18:19

    … C’était juste incroyable, parce que jamais elle ne s’était mise dans des états pareils. Enfin, jamais, c’était sans doute un peu exagéré, mais cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait plus eu de telle boule dans la gorge – à part avec la rencontre de ses parents, mais c’était encore différents. Elle se rendait compte, encore une fois, quel effet Erwan avait sur elle, et elle ne savait pas si c’était vraiment sain. Après tout, il ne déciderait pas à sa place. Rah, mais elle ne supportait pas ce silence, cette tension entre eux ! Après tous ces jours, ces mois, ces années, passés tous les deux sans que rien ne vînt troubler l’Harmonie qu’ils avaient tissée ensemble, il suffisait presque d’un rien pour tout faire voler en éclat… Non, là, c’était elle qui commençait à exagérer : ce n’était pas rien non plus, de laisser son enfant comme ça à quelqu’un. Mais elle avait confiance en les Petits, et avait du mal à comprendre ce que pouvait ressentir Erwan. Ou plutôt, elle ne pensait pas qu’il pouvait ressentir exactement la même chose qu’elle lorsqu’elle lui avait laissé Ylléna pour la première fois, lors de son premier cours avec Ombe. Elle n’imaginait même pas que cela pouvait être tel ; elle-même n’en était pas revenue de ce qui la liait à sa fille, à ce moment-là : seule son absence comptait. Quand Erwan tenta de l’aborder, de parler, elle détourna la tête pour observer le paysage, comme l’air de rien – ce qui ne trompa évidemment pas le Marchombre. Il surprit vraiment Miss en la prenant par la taille, avec tendresse, et cela suffit à faire voler en éclat toute la colère dans ses yeux. Même si elle restait triste…

    Levant timidement les yeux vers le jeune homme qui ne l’avait pas lâchée, alors qu’il lui disait qu’il avait confiance en elle, et qu’il savait ce qu’elle était et ce dont elle était capable, Miss s’autorisa un léger soupir. Alors, c’était effacé ? Non, elle ne le pensait pas : après tout, cela faisait partie de leur vie, et ils devaient s’accepter, encore et toujours, l’un comme l’autre. Ne rien changer trop brusquement, voir ce qui pouvait continuer l’évoluer. Toujours. C’était quelque chose qui leur permettrait d’avancer… Même si ce n’était pas encore tout à fait fini. Miss n’en voulait déjà plus à Erwan, et la boule dans sa gorge était descendue dans son ventre, maintenant, dans une présence plus sourde. La protéger… Oui, c’était vrai, et elle était comme ça, elle aussi. Peut-être pas aussi fort, ou alors d’une autre manière, simplement. Elle était sa mère, elle aurait toujours envie de la protéger, toujours le besoin de la protéger. Et c’était vrai qu’Ylléna n’avait que deux ans… Mais… C’était inexplicable, peut-être irrationnel… Peut-être avait-elle juste été égoïste et ne pouvait tout simplement pas – ne voulait pas – se justifier pour cela.

    Par contre, l’hésitation, la tristesse, dans la voix d’Erwan l’inquiéta bien plus, quand il parla de la Citadelle. Elle ne savait vraiment pas ce qu’il voulait y faire, mais vu dans l’état dans lequel il était – pour quelqu’un d’extérieur, cela ne se serait pas vu, mais elle le connaissait maintenant – cela avait quelque chose de très important pour lui. Une signification qu’elle ne comprenait pas. Alors, même si elle aurait voulu éviter la Citadelle, elle ne dit rien, se résignant à y aller. Pour lui. Pour Erwan. Son étreinte, triste et mélancolique, lui donna un premier indice, mais qu’elle ne sût pas interpréter. Soupirant légèrement, la Marchombre se laissa aller contre le torse de son compagnon, les yeux fermés, respirant son odeur. Elle avait tellement besoin de ce contact. Tellement besoin de le sentir attentif à elle… Une conversation lui revint, un sujet de conversation, avec un Envoleur, alors qu’Ylléna était trop petite pour comprendre quoi que ce soit… Etait-elle libre ? Mais oui, bien sûr ! Elle avait choisi de suivre Erwan. Elle avait choisi de vivre avec lui, de le comprendre, qu’ils s’apprissent à deux - puis à trois. Elle était libre, parce qu’elle ne réfutait pas ses sentiments, elle les vivait pleinement. Et même si parfois elle se faisait l’effet d’être prisonnière d’Erwan, ce n’était pas le cas. Ce n’était que parce qu’elle décidait de le suivre. Encore quelque chose qu’elle ne parvenait pas à s’expliquer… Décidément. Le regard du jeune homme happa le sien, quelques secondes, et elle se laissa porter par l’immensité des siens. Un léger sourire fendit son visage, et elle se blottit encore un peu plus contre lui.


    - Erwan… Je crois… Je me sens coupable.

    Oui, c’était vrai. Et c’était cela la boule qui n’avait pas disparu dans son ventre. Elle avala difficilement sa salive. Encore une fois, le nœud était remonté dans sa gorge, tirant sur sa glotte, et elle avait de nouveau envie de pleurer. Peut-être aurait-elle mieux fait de se laisser aller ? Elle ne se reconnaissait plus… Etait-ce la culpabilité qui la changeait ainsi ? Alors qu’elle s’était tellement amusée dans l’arène pour le tournoi ? Un souffle franchit ses lèvres…

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Jeu 02 Fév 2012, 18:34

Oui…
Oui, il l’avait sentie, cette pointe de culpabilité, juste avant qu’elle ne le dît. Dans son ventre, dans ses gestes. Lui aussi, se sentait coupable. Parce qu’après tout, il fallait bien voir les choses telles qu’elles étaient : c’était à cause, sans aucun doute, de son attitude que Miss avait fini par culpabiliser.
Quand il l’avait retrouvée, après le tournoi, elle semblait au contraire rayonner de bonheur.
Non.
Elle rayonnait de bonheur.

Et à cet instant, toute cette joie, toute cette gaieté, semblait s’être évaporée. Où était donc Miss ?
Il l’avait vue en colère. Il l’avait vue triste, mais dans un éclair. Un courant d’air.
Mais Miss… Miss était faite pour être joyeuse. Pour rayonner.

Il inspira profondément.
La serra contre lui.


- Miss…

Un soupir.

- Ma chérie, mon amour, ma beauté…

Il s’écarta un peu d’elle, continuant à la tenir par les épaules, ne la lâchant pas une seule seconde. Ses yeux vinrent encore une fois à la rencontre de ceux, immenses, violets profonds, de la jeune Marchombre. Il ne résista pas à l’attrait de son regard, à ses lèvres qui commençaient légèrement à gonfler alors que son cerveau faisait sans aucun doute monter quelques larmes dans ses yeux.
Se penchant lentement en avant, il saisit ses lèvres tendrement.
Un baiser, de tout l’amour qu’il lui portait.
Et de ses regrets, aussi.

Un baiser-étincelle.


- Je ne t’en veux pas. Ne culpabilise pas. Ce n’est pas que de ta faute.

Il déposa ses lèvres sur chaque œil de la jeune Marchombre, avec une douceur infinie, avant de faire de même sur sa bouche.

- On va aller la retrouver, d’accord ? Et elle ira bien, évidemment.

La question jaillit vivement dans son esprit, soudain : comment avait-elle pu faire un tel exploit en quelques jours ? Traverser la Chaîne du Poll, pour aller jusque dans la Forêt-Maison… Avec Ylléna en plus ! C’était inconcevable… Mais il balaya tout cela qu’un revers de pensées. Peu importait. Il la serra un peu plus contre lui, avant de la relâcher en embrassant sa chevelure.

Remettant Joya au pas, il lança un coup d’œil à Miss. La neige, tout autour d’eux, donnait un air intime à cette scène, et il ne voulait pas la laisser là. Lui-même préférait la chaleur à la neige – cela permettait d’avoir moins de couches de vêtements – alors arriver le plus rapidement possible dans un endroit plus tiède ne le dérangeait pas.


- On galope ? Il reste deux heures de cheval avant d’arriver.







[ Désolé pour ce post médiocre... Je me rattrape la prochaine fois ! ]

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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Jeu 02 Fév 2012, 19:07

    - D’accord.

    Miss renifla légèrement. Oui, les larmes avaient eu raison d’elle, et avaient creusé quelques sillons sur son visage alors qu’Erwan, avec une tendresse infinie, tentait de la rassurer. Cela avait un peu fonctionné… Non, cela avait plutôt bien fonctionné. Elle avait bien senti la nuance, dans sa phrase. « Ce n’est pas que de ta faute ». Elle était d’accord, finalement. Il ne servait à rien de s’inquiéter de trop, c’était un fait : après tout, ils ne le verraient que quand ils la retrouveraient. Une lueur passa dans le regard du Marchombre, trop fugace pour que Miss pût en comprendre le sens, mais assez forte pour qu’elle la vît néanmoins. Un léger soupir passa ses lèvres, et elle serra les mollets pour lancer Nyu au galop. La petite jument, ravie du revirement de situation, s’élança à toutes jambes sur le long chemin qui sillonnait les Marches du Nord, pour rallier la Citadelle. Ils ne galopèrent pas tout le long, repassant au pas et au trot de temps en temps pour ménager leur monture. Mais Nyu n’avait pas envie de se ménager, Miss le sentait : elle ne voulait faire que galoper. La neige semblait la ravir au plus haut point, et la Marchombre laissa son regard errer sur le paysage. C’était vraiment que c’était beau, cette pureté cristalline. Le Nord avait toujours au moins cinq degrés de différence avec le Sud, en hiver, et il faisait bien plus froid ici qu’ailleurs. Un sourire léger sur les lèvres, la Marchombre laissait ses pensées s’égrainer au fil des foulées de sa jument, et ne faisait que fixer l’horizon, devant elle.

    Alors forcément, quand la Citadelle se dressa au bout de son champ de vision, au sommet d’un vallon, elle lança un joyeux cri. Oh, non pas qu’elle avait changé d’avis et voulait y aller ; loin de là. Non, c’était plutôt le spectacle que cette dernière offrait qui était tout simplement merveilleux. Magnifique. Les gercures de glace semblaient remonter le long des parois, des murs extérieurs, et se glisser jusque dans le verre des fenêtres ; les rebords de ces dernières accueillaient des petits monticules d’un blanc pur ; et le toit à quatre pentes, conçu pour ne pas retenir la neige… En était tout simplement recouvert : une couche d’au moins dix centimètres l’ornait, mettant en valeur son architecture. Tout cela mélangé donnait un effet vespéral, et elle avait juste l’impression de se trouver devant un édifice taillé à même la glace. Ils étaient repérables de loin, dans cette étendue opaline, et Miss entendit quelques cris échangés pour signifier que des étrangers arrivaient. Il devait sans doute être fréquent que des voyageurs demandassent asile dans la Citadelle en cas de grand froid. Oh, ce n’était pas pour cela qu’ils venaient, mais en effet, ils allaient sans doute entrer à l’intérieur pour se réchauffer. Par réflexe, Miss se redressa sur sa selle, et Nyu ralentit son galop jusqu’à tomber dans un petit trot tranquille. Jetant un coup d’œil à Erwan, elle le mit légèrement en retrait par rapport à lui, pour le laisser s’avancer seul vers la Citadelle.

    Le souvenir de son arrivée dans la caserne des Frontaliers remonta en elle. Le souvenir d’un arbre passeur, d’un tigrer des pairies, immense par rapport à la petite fille qu’elle était, et d’un Frontalier qui était parvenu à lui faire prendre la fuite. Il l’avait prise avec lui sur son cheval pour l’emmener à la Citadelle, et c’est du dos de l’équidé qu’elle avait vu pour la première fois l’immense construction de pierres et d’argile. Elle l’avait tout simplement trouvée immensissime. Impressionnante. Et puis, en plus, comme elle ne savait pas parler l’humain à ce moment-là, tout lui semblait plus grand, plus fort, plus méchant aussi… Mais la gamine effrontée et curieuse qu’elle était à l’époque n’avait pas eu peur de grand-chose, et s’était lancée dans une aventure qui dépassait son entendement, c’était un fait… Et c’était là qu’elle avait connu Erwan, quand elle avait dix ans. Les souvenirs affluaient, plus forts les uns que les autres, et alors qu’elle arrêtait Nyu devant la porte de la Citadelle, derrière Joya, elle se demanda vraiment ce qui allait se passer…







[ Arf, moi aussi ! C'est même pas un manque d'inspiration, c'est juste que j'ai pas grand chose à dire ! xD ]
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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Jeu 02 Fév 2012, 21:54

Le vent.
Le vent filait, emportant avec lui les dernières traces de leur accrochage.
Le vent dansait, dans le monde et sur la neige, s’élevant en gerbes magnifiques, en tornades blanches, soulevant la poudreuse, taquin, jouant avec la neige ; tout autant qu’avec les lourdes dreads du Marchombre.

Fermant les yeux, Erwan se laissa porter par l’instant présent.
Juste en accord avec sa jument, il galopait vivement, sentait la masse de Joya qui s’activait puissamment sous lui ; la jument semblait prendre un véritable plaisir à s’élancer ainsi, au travers des paysages recouverts de neige. Elle faisait apparemment la course avec Nyu, qui étendait elle aussi son encolure pour gagner de l’amplitude dans ses foulées.

Le temps s’égrainait, n’avait plus de prise sur eux.
Ils avançaient l’un à côté de l’autre, regardant dans la même direction. Toujours.
Evidemment que les altercations étaient régulières ; Miss et lui n’avaient pas du tout la même personnalité, le même caractère, même si leur vision de la vie se ressemblaient énormément. Après tout, une formation de Marchombre ne laisse pas indifférent, et le regard qu’ils posaient sur le monde était empreint de cet apprentissage d’Harmonie. De cette vie d’Harmonie.

Erwan lançait de fréquents coups d’œil à Miss, pour s’assurer qu’elle s’en remettait. Qu’elle parvenait à passer à autre chose. Il s’inquiétait pour elle ; aussi. Il aurait voulu pouvoir la rassurer, la prendre dans ses bras, mais quelque chose le retenait. Peut-être tenait-il trop à lui-même pour chercher l’abandon de cette manière.

« Equilibre. Tout n’est qu’Equilibre, Erwan. Le vent et la terre. L’Harmonie et le Chaos. L’Amour, la liberté…
Chacun trouve son propre équilibre. Tu devras trouver le tien.
On pourra le troubler. Des rencontres le troubleront. Mais tu te dois de toujours le conserver.
Ne jamais te perdre toi-même. »


C’étaient des paroles que lui avait offert sa mère, quelques mois avant la fin de son apprentissage. Cela faisait un long moment maintenant, plusieurs années, mais il s’en souvenait comme si cela s’était passé la veille. Inspirant profondément l’air glacial et le vent dans ses poumons, il lâcha un large sourire.

Ils arrivaient à la Citadelle.
Il sentit plus qu’il ne vit Miss qui ralentissait Nyu, et fit de même avec Joya. Les deux juments passèrent dans un petit trot tranquille, jusqu’à une dizaine de mètres de la porte principale. Alors seulement, Erwan arrêta sa monture pour en descendre souplement, invitant Miss à faire de même.
Il l’enlaça tendrement, pour lui montrer.
Lui montrer qu’il l’aimait, malgré tout. Malgré leurs différends.
Tout était toujours plus beau, plus fort, avec elle.

La lâchant, il s’éloigna d’elle dans un regard doux.
C’était le moment. Il devait y aller. Retrouver sans doute la tombe de sa mère, qui se trouvait derrière les hauts remparts. Un long frisson le parcourut de part en part, mais il fit un pas en avant. Un pas, dans la direction des deux Frontaliers qui se trouvaient devant la porte en bois épais.

- Bonjour… Je viens pour Ysidrah.

Les deux hommes se consultèrent du regard, avant de l’observer un peu plus longuement, ainsi que Miss qui était près de lui. Ils n’avaient tous les deux aucun contact physique, et Erwan ne put s’empêcher de noter les regards appréciateurs des deux hommes, alors qu’eux-mêmes détaillaient la jeune Marchombre.

Il se racla la gorge.
Ce qui ramena les deux hommes à la réalité. Ils se dépêchèrent alors de lui ouvrir la porte pour qu’il pût passer, suivi de Miss et des deux juments. Malgré lui, Erwan ne pouvait s’empêcher de se rendre compte à quel point la plupart des regards masculins convergeaient vers Miss. Chose qu’il avait vu déjà voir, mais étant donné qu’ils ne s’étaient jamais vraiment retrouvés tous les deux au milieu d’inconnus, ou alors trop sommairement, pour qu’il eût remarqué une telle chose…

Ils déposèrent les juments dans les écuries, avant qu’Erwan ne prît la direction de la tombe de sa mère. Mais… si cela ne le gênait pas que Miss vint avec lui, il ne savait pas trop comment s’y prendre pour lui annoncer ce qu’il en était. Oh, elle savait que sa mère était morte des années plus tôt. Mais elle ne savait pas comment, ni ce qu’il en était de son corps.
Et avant n’eût trouvé comment aborder le sujet avec elle, leurs pas les menèrent directement devant l’immense bloc de glace.

Le bloc de glace dans lequel Eodel l’avait éternisée.
Il y avait Miss derrière lui.
Il y avait Miss…
Il y avait...

Tombant à genoux devant le dessin de glace éternel, qui avait permis cette conservation du corps de sa mère, Erwan posa ses paumes sur l’objet. Il était glacé, tout comme le temps, tout comme le vent qui venait caresser doucement son visage. A genoux devant la tombe de sa mère, son regard dans le vide, il sentait juste toujours ce cœur qui battait.
En lui.

Ramenant ses jambes sous lui, il posa son front sur le bloc de glace.
Ferma les yeux.

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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Dim 05 Fév 2012, 11:23

    L’étreinte d’Erwan était si douce et si forte à la fois que Miss se laissa aller complètement dans cette dernière, retrouvant un peu de la sérénité qui était sienne. Un sourire sur les lèvres, elle le regarda s’éloigner, un regard d’assentiment sur le visage. Après tout, ils étaient là pour lui. Et elle espérait que cela irait… Parce qu’il semblait étrange, elle ne l’avait jamais vu dans un état pareil, même s’il semblait tout faire pour le cacher. De quoi avait-il peur ? Elle n’allait pas mal réagir… Enfin, elle espérait. Parce que bon, s’il venait à lui présenter elle ne savait qui, elle risquait de prendre la mouche ; elle se connaissait. Mais cela n’avait pas l’air d’être cela, et elle ne le pensait pas. Alors, bon… Elle suivait. Elle n’avait pas envie de le laisser seul, ni de ne plus être avec lui. Elle avait envie de le suivre, et de rester auprès de son compagnon. De quelques centimètres en arrière de l’immense carrure d’Erwan, elle observa la réaction des deux Frontaliers qui étaient postés devant la grande porte d’entrée de la Citadelle. Ils baissèrent légèrement le menton devant le jeune homme, reconnaissable entre mille – enfin, pour Miss c’était une évidence ; et pour les Frontaliers, des dreads blanches et un regard cobalt, c’était particulier aussi – avant de la détailler elle aussi. Elle ne put s’empêcher de remarquer la lueur au fond de leurs yeux, et sourit légèrement en coin. Et bien, au moins, elle faisait toujours autant d’effet à la gente masculine ! Un sourire sur les lèvres, elle faillit éclater de rire quand le Marchombre se racla la gorge pour les rappeler à l’ordre, et qu’ils lui ouvrirent précipitamment les deux énormes battants. S’engouffrant à l’intérieur de la Citadelle à la suite de son amant, Miss observait tout en coin. Après tout, cela faisait très longtemps qu’elle n’était plus entrée au sein des remparts du bâtiment, et elle redécouvrait les choses avec plus ou moins de surprise. Laissant Nyu, qui renâcla légèrement, aux écuries, Miss poursuivit son exploration à la suite d’Erwan, ne remarquant même pas les regards appréciateurs des autres hommes autour d’elle. Seul un en particulier attira son attention, mais elle ne fit que hausser les épaules ; même pas un clin d’œil appréciateur, même pas un regard malin. Désespérément tournée vers Erwan qui ne donnait aucun signe de détachement, elle sentait la peur enserrer lentement sa cage thoracique, l’empêchant de respirer pleinement.

    Et puis… Et puis, d’un coup, elle sentit le jeune homme partir. Non pas partir en courant, mais mentalement. Il n’était plus là. Déjà qu’il semblait comme… loin depuis quelques minutes, là c’était carrément… vide. Une sensation étrange, qui la fit se retourner vivement, pour découvrir Erwan à genoux devant un immense bloc de glace aux reflets étranges. Fronçant les sourcils, Miss eut envie de se précipiter immédiatement vers le jeune homme, mais décida au dernier moment de le laisser à sa tristesse quelques secondes. Elle ne l’entendait pas sangloter, mais elle le sentait le faire. Son regard, immensité violette pleine de curiosité, se posa sur la glace, pour comprendre… Une femme était allongée au cœur de l’eau glacée. Elle n’était pas jeune, frôlant sans aucun doute la cinquantaine d’années ; et son visage était figé à jamais dans cette glace miroitante. Mais Miss ne tarda pas à la reconnaître, d’autant plus qu’elle l’avait connue, plus jeune. Ysidrah. Ysidrah, le prénom qu’Erwan avait prononcé… Le prénom de sa mère. Malgré elle, son attention se reporta sur le jeune homme prostré devant cette tombe magistrale, et elle sentit une boule se former dans sa gorge à la vitesse de l’éclair. Elle sentait sa détresse. Cette puissante détresse, qui émanait de lui comme jamais elle ne l’avait faite. Se mordant les lèvres, Miss s’accroupit puis se mit à genoux, lentement, à côté d’Erwan, et déposa sa main sur son dos. Soutient. Et malgré elle, dans une impulsion, un instinct puissant, elle voulut relâcher son aura. Se rendit compte qu’elle flottait déjà autour d’elle comme un halo. Ha, c’était pour ça, les gens… Déjà, elle effaçait cette pensée de son esprit, et de toute son âme, de toute sa volonté, enveloppa le jeune homme de toute sa puissance. De toute elle en entier. Partout, elle s’infiltrait par les pores de sa peau, par la main sur son dos. Non, pas que la main ; parce que déjà elle se rapprochait, l’enlaçait de ses bras – il était trop large et trop grand, elle ne faisait même pas le tour de ses épaules - posait sa joue contre son omoplate, elle aussi emplie de tristesse pour cette femme. Cette femme qui avait fait d’Erwan ce qu’il était, qui comptait tant pour lui ; cette femme qui l’avait toujours fascinée quand elle avait été à la Citadelle…


    - Erwan…

    Un souffle. Elle n’attendit même pas une réponse, une esquisse de réponse.

    - Je t’aime, Erwan. Je t’aime.

    Que dire d’autre ? Il n’y avait rien à dire. Tout se résumait à cela, désormais. La tête entre ses deux omoplates, Miss le touchait toujours, l’enlaçait toujours. Et toujours, elle était là. Partout. Chaleureuse et en même temps triste. Compréhensive…

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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Mar 07 Fév 2012, 20:02

« Tu vois cette feuille ? Elle avait un chemin tracé : tomber jusqu'au sol. Mais je l'ai décalée en soufflant dessus, comme le vent l'aurait fait. Elle a tout de même atteint son but, même le chemin fut plus long, même si elle est revenue un peu en arrière, et elle n'a pas atterri là où elle s'y attendait. La vie de chacun est comme celle de cette feuille : on va tous dans la même direction, et même si des éléments peuvent tout changer, le but sera toujours le même... »

*

« La force réside dans tout un tas d'autres choses que la force musculaire, que la force brute. La force, la vraie force, est celle que te confère ton coeur, la force est aussi la conscience que certaines choses ne sont pas justes, la force n'est en fait que dérisoire. Ce qui compte, c'est d'être soi-même, dans tout ce que l'on peut entreprendre, et la fin ne compense jamais les moyens. Lorsque tu te bats, ce n'est pas pour un quelconque honneur ou une quelconque entité... C'est avant tout pour toi et pour tes principes, d'où l'hypothèse que tu ne renonces pas à ces principes pour arriver à tes fins... »

*

« Se défaire d'un adversaire ne veut pas dire se battre contre lui et le mettre hors de combat. Se défaire d'un adversaire, c'est aussi avoir conscience de son environnement pour pouvoir prendre le moins de risques possibles, pour ne pas engager le combat qui serait gagné d'avance. Car il faut partir ainsi : tu gagneras. Dès le début du combat. Tu gagneras, que tu aies les capacités physiques ou non, car on gagne toujours une expérience. Et parfois, la meilleure attaque reste la défense. Et la meilleure défense reste le profil bas. Se faire oublier, ou faire oublier à l'adversaire. Pourquoi il veut se battre... »

*

« Je ne monte pas à cheval. Je suis le cheval. Il me suit. On ne montre à cheval que lorsque l'on est juste humain. Je ne suis pas qu'humaine. Je suis Marchombre. Et Tarkan l'est autant que moi. Cela fait si longtemps que l'on se connaît... »

*

« La liberté est avant tout en nous. C'est un sentiment de justesse et de calme, de sérénité, qui nous pousse vers l'avant et que rien ne peut entraver. Pour moi, la vraie liberté, c'est de faire toujours les choix qui nous fait par-dessus tout nous respecter nous-mêmes, et après équilibrer le monde. »

*

Les deux paumes sur la glace éternelle, Erwan sent sa mâchoire se contracter.
Il serre les dents.
Ferme les yeux.
Pleure.


*

Une onde de chaleur le parcourt.
D’abord hésitante, elle se fait plus présente. Plus pressante. Il la sent, tout autour de lui, qui l’enveloppe, le pénètre. Une chaleur réconfortante, protectrice.
Apaisante.



*

« Je serai toujours là.
Dans ton cœur… »


*

- Je t’aime, Erwan. Je t’aime.

Le Marchombre revint un peu plus à lui. A la réalité.
Miss contre lui, dans son dos, sa joue contre son épaule.
Miss… Contre lui.

Soudain, un désir puissant s’empare de lui.
Incontrôlable.
Dans une vivacité nouvelle, il se tourne… Pour plaquer Miss au sol.
La respiration déjà saccadée.


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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Ven 10 Fév 2012, 11:26

    Il pleurait. Avec tout ce que cela pouvait impliquer, avec les montagnes qu’il aurait pu déplacer sans ciller pour elle, pour Ylléna, avec tout ce qu’il avait accompli, avec tout ce qu’il était… Il pleurait. Il pleurait, montrant au monde, si c’était encore nécessaire, qu’il était qu’humain. Il n’était qu’un homme, qui avait perdu des êtres chers, durant toute sa vie. Il était un homme, qui pleurait sur la tombe de sa mère, pleurait un amour maternel, pleurait un amour de Maître. Et cela, plus que tout, déstabilisa Miss au plus haut point. Non pas qu’elle doutait de cette chaleur humaine qu’était Erwan, derrière son apparence de calme, de tranquillité, de sérénité, bien au contraire. Elle avait compris qui il était, comment il fonctionnait, même si ce n’était pas exhaustif – et heureusement ! Mais de voir devant elle, sous elle, son amant qui pleurait, laissant échapper une tristesse dont elle n’aurait pas eu idée, elle sentait son cœur accélérer, et les larmes grimper à ses yeux à la vitesse d’un sanglot. Quelques larmes roulèrent finalement sur ses joues, venant humidifier les vêtements d’Erwan, contre son visage. Elle le sentit revenir un peu à la réalité, hoqueter un instant, alors qu’elle lui disait qu’elle l’aimait. Elle ne savait pas quoi dire d’autre… Que faire ? Comment réagir ? Mis à part l’envelopper de tout son amour, elle n’en avait aucune idée. Alors, c’était ce qu’elle faisait. Elle l’enveloppait, l’entourait, de toute son âme, de toute cette aura cachée en elle…

    Elle aurait dû s’y attendre. Oui, elle aurait dû s’y attendre, mais comme cela n’avait pas eu d’effet immédiatement, elle ne s’était pas rendue compte que cela pouvait avoir d’autres conséquences… Notamment sur le désir d’Erwan. Elle savait qu’il l’aimait, qu’il la désirait naturellement, et elle était en train de renforcer cela, en plus, elle était à son contact, et cela avait une force encore plus puissante… Elle hoqueta de surprise quand, d’un mouvement flou tellement qu’il fut rapide, il se tourna vers elle pour la plaquer au sol, ses lèvres proches des siennes, un désir sauvage dans le fond de ses prunelles cobalt. Elle perdit même un peu sa respiration, sur le coup, avant de se rendre compte de ce qu’elle faisait. Précipitamment, elle enfouit toute son aura dans son cœur, l’ôtant du corps et de l’esprit du jeune homme au dessus d’elle – les rôles avaient été inversés. Elle n’avait pas voulu changer l’état d’esprit d’Erwan ! Elle n’avait pas voulu interférer dans son repenti auprès de sa mère ! Elle avait juste voulu l’aider dans sa détresse… Elle était stupide. Elle ne voyait pas plus loin que le bout de son nez. Et elle se sentait complètement coupable, d’un coup, à désirer si fort Erwan et à ce qu’il la désirât si puissamment. Devant la tombe de sa mère…


    - Er… Erwan, mon chéri…

    Elle le repoussa gentiment, ses deux mains en travers de son immense torse. Il se releva un instant, les lèvres rouges de désir – et elle sentait la force de ce dernier sur sa jambe – mais elle planta son regard dans celui de son amant.

    - Je suis désolée ! C’est ma faute… C’est ma faute… Je ne voulais pas… Ta mère…

    A son tour, elle éclata en sanglots incontrôlés, cachant son visage entre ses mains, toujours allongée sur le sol. Ils étaient suffisamment excentrés des écuries et du reste pour être seuls et cachés à la vue des autres, et Miss se laissa enfin aller. Culpabilité, soulagement, tristesse, colère, amour, surprise… Tout y passa, et ses larmes ne faisaient qu’affluer sans qu’elle ne pût se reprendre, les contrôler, les calmer. Elle pleurait, pleurait, finissant tout contre l’épaule d’Erwan, qui l’avait redressée pour la serrer contre lui ; son odeur l’enveloppait, et elle continua de sangloter comme une enfant dans sa chaleur. Il y avait trop de choses refoulées, dans son ventre, notamment la culpabilité, aussi, d’avoir rejeté ses parents, mais la colère qu’ils l’aient retrouvés, la tristesse de voir Erwan dans cet état, la colère et la culpabilité pour Ylléna… Trop de choses, qui se mêlaient, depuis des semaines, sans qu’elle ne prît le temps de méditer pour se calmer. Les larmes étaient d’aussi bonnes recettes, et quand enfin elle réussit à prendre un peu sa respiration, blottie tout contre l’homme qui était le père de sa fille, l’homme qu’elle aimait de tout son cœur, elle se sentait bien mieux. Ils restèrent encore un moment, ainsi, blottis l’un contre l’autre, assis tout près du bloc de glace…

    - Erwan ?

    Elle leva ses grands yeux indigo, encore un peu humides, vers le visage du Marchombre.

    - Je ne voulais pas interférer avec ta mère… Je… Ma greffe est une partie de moi-même qui s’est développée, et que je peux à peu près contrôler. Elle influe les gens pour leur délivrer je ne sais quoi, qui leur donne des désirs sexuels à mon égard. Je m’en sers pour déconcentrer et prendre l’avantage dans toutes sortes de situations. J’ai voulu t’aider, aujourd’hui, je t’ai entouré, mais c’était dans le but de t’aider, de t’apaiser… Je ne voulais… Je ne voulais pas faire ça…

    Un léger sanglot fit trembler sa voix, mais elle n’avait plus de larmes à verser…

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Lun 13 Fév 2012, 21:32

Surprise.
Erwan cligna des paupières. Plusieurs fois.
Déjà, Miss le repoussait, gentiment mais fermement, ses deux mains en travers de son torse. Fronçant les sourcils, le Marchombre ne comprit pas tout de suite ce qu’il se passait, évidemment : il se sentait brûler de l’intérieur, comme une flamme vivante, consumant toute la passion qui existait en lui. Non, l’embrasant…

Mais les demi-mots, les sanglots de Miss le tirèrent de son état d’esprit.
A nouveau, il fronça les sourcils, mettant un certain temps à comprendre ce qu’il se passait : la jeune Marchombre éclatait littéralement en pleurs, fournis, alors qu’elle était encore allongée sur le sol, sous lui.
Presque précipitamment, il se redressa, pour s’accroupir à côté de son aimée. Il s’en voulait, à son tour, de ne rien pouvoir faire de plus pour la consoler… Alors, il la souleva, tendrement, et la pressa tout contre lui, dans ses bras, contre son torse. Assis en tailleur, le dos contre la glace éternelle qui entourait le corps de sa mère, il étreignit fort sa compagne, pressant son petit corps secoué de sanglots tout contre lui.
Il la berçait, lentement, comme un poupon, déposant des centaines de baiser sur ses cheveux, sur son crâne.


- Miss… Miss… Je t’aime.

Il enfouit son nez dans la chevelure de la jeune femme, inhalant son odeur, l’effleurant de ses lèvres.

- Pleure ma chérie. Ca te fait du bien…

Un soupir, comme un courant d’air chaud, dans ses cheveux.

- Je suis là, toujours. Je suis avec toi…

Il la pelotonnait contre lui, ses bras l’entourant entièrement, recouvrant ses épaules, l’enlaçant autant qu’il le pouvait. Le souffle profond et souple, régulier, il fermait les yeux, et ne cessait de lancer des « shht » pour tenter de calmer la Marchombre, la laisser faire passer toutes les émotions dont elle avait besoin de se débarrasser, et qui lui alourdissaient le cœur.

- Je ne voulais pas interférer avec ta mère… Je… Ma greffe est une partie de moi-même qui s’est développée, et que je peux à peu près contrôler. Elle influe les gens pour leur délivrer je ne sais quoi, qui leur donne des désirs sexuels à mon égard. Je m’en sers pour déconcentrer et prendre l’avantage dans toutes sortes de situations. J’ai voulu t’aider, aujourd’hui, je t’ai entouré, mais c’était dans le but de t’aider, de t’apaiser… Je ne voulais… Je ne voulais pas faire ça…

Il lâcha un léger soupir, ne pouvant s’empêcher de rire doucement. Voyant l’air de la jeune femme, il se pencha en avant, la retournant pour pouvoir planter son regard cobalt dans l’immensité violette du sien. Il lui sourit, tranquille. Heureux de retrouver Miss telle qu’il l’avait connue.
Ses doigts s’envolèrent jusqu’à sa joue, effaçant les dernières larmes qui continuaient leur course vers le sol, traçant des sillons sur les joues de la Marchombre. Un sourire tendre sur les lèvres, il se pencha légèrement pour déposer ses lèvres sur celles de Miss, rosies par les pleurs – tellement désirables…
Puis, il déposa de légers baisers sur ses paupières.
Avec une douceur infinie.


- Miss…

Lui souriant amoureusement, il prit une légère inspiration.

- Ne t’inquiète pas. Il n’y a aucun problème. Je t’aime comme tu es.

La prenant par les épaules, il fixa son regard dans celui de la Marchombre. Profond. Presque solennel.

- Toi. Entière. C’est simple pourtant, tu ne crois pas ?

Il lui sourit, taquin, avant de l’embrasser une dernière fois, avant de se lever, tendant sa main à la Marchombre pour l’aider. L’attrapant par la taille, il la blottit contre lui, quelques secondes, devant lui, et posa sa main sur la glace.

- Je… Je suis sûr qu’elle t’aurait adorée.

Une léger boule s’était à nouveau formée dans sa gorge.
Cela restait toujours difficile d’en parler…

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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Jeu 15 Mar 2012, 13:27

    - Je… Je suis sûr qu’elle t’aurait adorée.

    Miss hocha la tête, lentement. Elle se sentait toute chose, cela faisait bizarre de pleurer, ainsi. Sa peau la tiraillait, elle sentait l’eau qui avait séché sur ses joues, essuyées par les doigts légers d’Erwan. Et quand elle levait son regard violet dans celui, d’un cobalt profond, du jeune homme, elle ne pouvait s’empêcher de suffoquer presque sous tout l’amour qu’elle y lisait ; comment avait-elle pu douter de quoi que ce soit ? Pourquoi les différents en arrivent toujours à semer le doute dans les esprits ? Il l’aimait. En entier. Avec ou sans sa greffe. Surtout avec. Un long soupir de contentement, de paix, se glissa hors de ses lèvres, et elle se sentit tout simplement plus sereine. Et puis, oui… Elle s’entendait déjà très bien avec Ysidrah lorsqu’elle était jeune, quand elle n’avait pas encore fui la Citadelle, quand la Marchombre n’avait pas encore emmené Erwan pour lui ouvrir la Voie.

      Un soupir franchit les lèvres de Miss, qui s’acharnait depuis des heures à réussir à envoyer son poignard dans la cible. Au centre, évidemment, sinon cela valait comme un zéro. Elle n’avait jamais aimé les armes, de toute façon. Mais elle le faisait parce qu’elle sentait que c’était important. Et elle n’y arrivait pas, ce qui avait le don de l’exaspérer au plus haut point : pourquoi les autres y parvenaient-ils, et pas elle ? Elle faisait montre de mauvaise volonté ? Peut-être maintenant, mais pas au début. Et pourtant, elle n’avait rien réussi à faire.

      - Tiens correctement ton poignard, et garde les pieds sur terre. Ton talon ne doit pas se soulever.

      La jeune fille sursauta violemment quand la voix se glissa à son oreille. Si proche, elle n’avait été qu’un murmure, dans le creux de son oreille. Fronçant les sourcils, elle fit une volte-face ahurissante de rapidité… Pour se retrouver face à Ysidrah. Elle la connaissait de nom, et aussi parce qu’elle vivait là mais que cela n’était pas une Frontalière ; la mort de son compagnon l’avait affectée au plus haut point, mais elle était restée à la Citadelle. Son regard violet se plongea dans celui, d’un bleu pur, de la femme, et elle hocha la tête sans rien dire, se remettant en position. Quand elle souleva le bras, les doigts de la femme, légers, vinrent la redresser à plusieurs endroits, lui indiquant où étaient ses erreurs.

      - Pense que tu es l’arme. Que c’est toi qui va atteindre la cible. Mets-y toute ta volonté. Ce poignard doit te porter, et porte ce que tu veux. Tout commence là.

      Elle désignait la poitrine de Miss. Cette dernière prit une grande inspiration. Le poignard, une extension d’elle-même. Elle voulait atteindre cette fichue cible, ha ça oui ! Son bras se détendit avec une extrême rapidité. Le poignard se ficha dans la cible, à plusieurs centimètres du centre ; mais c’était plus proche de ce dernier que les dizaines d’autres lancers qu’elle avait pu faire… Mais quand elle se retourna pour remercier la femme, elle avait disparu.

    - Je crois qu’elle m’aimait bien. Du moins, jusqu’à ce que je tourne le dos à mon honneur et m’enfuis en courant de la Citadelle… Après, je ne sais pas ce qu’elle aurait pu penser de moi.

    Et désormais, elle était Marchombre. Tout comme l’avait été Ysidrah. Comme elle l’était toujours. Un sourire étira ses lèvres ; se pouvait-il que la femme eût pu décerner cela chez elle ? Plus rien ne l’étonnait, de la part de Marchombres. Elle-même avait parfois des instincts totalement surprenant, qui la déstabilisaient elle-même – preuve en était avec Erwan quelques minutes plus tôt. Relevant la tête pour planter son regard dans celui de son compagnon, elle lui sourit doucement. Sa peau tirait toujours, mais moins, et elle passa ses doigts sur ses joues pour les essuyer encore un peu. Blottie tout contre Erwan, son immense main dans le creux de ses reins, elle posa à son tour la main sur le bloc de glace.

    * Je vous admire, Ysidrah. Et merci. *

    Posant sa tête contre le torse du Marchombre, Miss soupira. Un bruit attira cependant son attention, et elle tourna la tête dans la direction de ce dernier : un Frontalier s’approchait d’eux, la mine grave, le regard vers le sol. Il vint se placer à leur côté, fit silence quelques secondes, avant d’entamer la conversation.

    - Miss… Il y a Sunoy qui veut te voir.

    Miss haussa les sourcils, avant de se tourner vers l’homme. Qui avait toujours le regard vers le sol. Evidemment, elle l’avait parfaitement reconnu : c’était Saphiros. Il l’avait accueillie, avec ses apprenties, deux ans auparavant, quand elle était venue récupérer son honneur auprès de Sunoy, justement… Mais dans son ton, Miss devinait que ce n’était pas une visite de courtoisie que Sunoy demandait ; d’autant que Saphiros s’était adressé uniquement à elle.

    - Et bien, je vais le rejoindre. Et Erwan vient avec moi.

    Le frontalier hocha la tête doucement, avant de leur tourner le dos, pour qu’ils le suivissent…

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Jeu 22 Mar 2012, 11:53

Il n'en doutait pas une seconde. Sa mère avait toujours été hors du monde. Hors du temps. Comme si ce que l'on pouvait percevoir n'était qu'une petite partie de ce qu'elle, voyait ou sentait. Comme si chaque âme s'ouvrait rien que pour elle. C'était fou, ahurissant. C'était sa mère. Son Maître.

Un sourire sur les lèvres, le regard dans celui, presque perdu, de Miss, Erwan laissa son souffle se calmer lentement. Un soupir léger, une envie qui nait, puissante. Aucun besoin de greffe, de libération de quoi que ce soit...
Désir puissant.

Cependant, les pas dans son dos, dans leur dos, ne passèrent pas inaperçus. Erwan se retourna en même temps que Miss, presque déçu de cette intervention.
Mais quelqu'un arrivait. Tout près...
Une respiration, un souffle...
Un déplacement.

La mine presque sordide, les yeux plantés dans le sol, sans daigner tenter de les relever, un Frontalier arrivait, sans se cacher le moins du monde. Le regard cobalt du Marchombre se planta sur sa silhouette large et haute, alors qu’il prenait la parole pour apostropher Miss, évitant son regard à lui.
Surpris, Erwan ne tiqua cependant pas, devant la réactivité de la Marchombre : cette dernière se releva pour lui dire – peut-être lui ‘envoyer’ était plus vrai – qu’il viendrait avec elle, quoi qu’en dise ce Sunoy.

Sunoy.
Ce jeune homme qui, des années plus tôt, avait demandé Miss en mariage.
Elle ne l’avait pas voulu, mais trop sûre d’elle, elle lui avait proposé un marché : soit elle gagnait et ils ne se marieraient pas, soit il gagnait et elle le ferait. Un marché, qu’elle n’avait pas respecté, puisqu’elle s’était enfuie à la fin de la rencontre. Avait-elle réglé ses différents avec le Frontalier ? Etait-elle déjà revenue à la Citadelle avant cela ?
Il semblait à Erwan que oui.
Alors pourquoi ce regard grave, de la part de leur accompagnateur ?
Pourquoi cette mine résignée sur le visage adorable de Miss ?

Au ton qu’il avait emprunté, le Frontalier était particulièrement tendu. Et le fait qu’il ne lève pas les yeux vers eux, comme s’il n’adhérait pas à ce qu’il faisait lui-même, comme s’il en avait peut-être même honte… C’était étrange. Et le Marchombre devait avouer qu’il était légèrement perdu.

Se levant à la suite de Miss, il suivit donc l’homme – Saphiros apparemment – d’un pas tranquille, et ils repassèrent dans la grande cours, alors que la plupart des regards se tournaient encore vers Miss, ce qui l’agaça.
Etait-il jaloux ?
Non, il ne le pensait pas. Mais il devait avouer que voir des hommes baver devant sa compagne n’était pas nécessairement réjouissant ; même s’il avait une totale confiance en elle et en ses capacités. Il y avait simplement quelque chose de dérangeant, dans son esprit, et le jaguar semblait parfaitement de cet avis : légèrement hérissé, il était présent à un point qu’il n’aurait jamais jugé acceptable avant sa rencontre avec Miss…

Mais il était lui.

Un léger soupir franchit les lèvres du Marchombre, tandis que Saphiros les faisait passer dans une aile des écuries. Serein, Erwan tenta de calmer les ardeurs de l’animal dans son ventre, mais les chevaux avaient quand même parfois des réactions assez virulentes à son passage. Puis, ils quittèrent les écuries pour entrer dans la Citadelle en elle-même.
Où se trouvait Sunoy ?

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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Jeu 29 Mar 2012, 13:34

    Au moins, Miss pouvait se dire qu’Erwan n’avait pas protesté, et semblait même étonné de ce qu’il se passait. C’était déjà un début. Mais elle sentait venir la suite, comme une sentence, terrible. Sunoy ne l’aurait pas demandée pour rien, elle le savait pertinemment, et l’attitude de Saphiros en disant long sur ce qui l’attendait. Les attendait. Elle ne savait pas pourquoi, ni comment, mais elle était presque certaine qu’il allait se passer quelque chose avec Erwan. Elle faisait attention à celui, c’était un fait, et captura une seconde son regard, alors qu’ils traversaient l’allée où les Frontaliers s’occupaient de leur cheval. Certains équidés réagirent plutôt violemment à leur présence, soudain, et la Marchombre se douta que le jaguar n’était pas très loin : c’était toujours comme ça quand il était là, les animaux se mettaient à réagir bizarrement. Comment pouvaient-ils le ressentir ? Son regard glissa sur la haute silhouette de son compagnon, et elle dut avouer qu’elle-même pouvait le voir. Sa mâchoire, légèrement fermée, mais surtout ses muscles tendus. Non pas contractés, mais tendus, comme anticipant une action trop rapide. Et cette aura sauvage qui se dégageait de lui, et qui le rendait même… effrayant ? Elle avait parfaitement confiance en lui, et en le jaguar. Il lui avait expliqué que le Jaguar était particulièrement sensible à sa présence, et que c’était grâce à elle qu’il était parvenu à mieux le comprendre, et à comprendre qu’il était une partie de lui. Elle n’avait pas peur pour elle, mais bien pour n’importe qui qui le provoquerait un peu trop. Erwan était-il enclin à la jalousie ? A voir son regard presque furibond alors que quelques yeux se posaient sur la silhouette de la Marchombre, peut-être que oui, même s’il ne l’avait jamais montré explicitement : il n’en avait jamais eu l’occasion. Mais Miss avait la certitude que pourtant, il n’était pas réellement jaloux, en tout cas pas possessif, ou presque ; si elle avait besoin de partir, il la laisserait faire avec tristesse, certes mais... De toute façon, elle n’avait aucunement envie de se dérober ; elle l’aimait.

    Saphiros les fit entrer dans la Citadelle, les dirigeant dans des couloirs sinueux ou bien à angle droit, comme dans un labyrinthe. Miss se souvenait parfaitement des chemins qui s’offraient à eux dans la Citadelle, et elle ne doutait pas qu’Erwan ne les avait pas oubliés non plus. Et ils prenaient la direction des salles et bureaux des Frontaliers à responsabilités. Un soupir franchit ses lèvres, tandis qu’ils montaient une dernière volée de marches, et Saphiros s’arrêta devant une porte entrouverte.


    - Il est là…

    Miss jeta un œil dans la pièce : c’était une pièce d’entraînement. Fronçant les sourcils, elle lança un regard interrogatif à Saphiros, mais s’en allait déjà, trottinant presque. Agacée par son attitude, la Marchombre planta son regard dans celui d’Erwan, avant de hausser les épaules.

    - Bon… On y va ?

    Dans un soupir, elle poussa la porte et entra tranquillement, suivie immédiatement d’Erwan. Refermant la porte derrière elle, son regard balaya la pièce, presque vide et recouverte de tapis épais, pour se poser sur l’unique silhouette qui s’y trouvait, appuyée contre un mur du fond.

    - Sunoy… Tu voulais me voir ?

    Un grognement lui parvint, étouffé, et le Frontalier se redressa pour se diriger vers eux d’un pas félin, son regard noir lançant des éclairs.

    - Je voulais te voir toi, oui. Mais puisque monsieur est là, on va pouvoir mieux discuter…

    Une sorte de sourire, plutôt grimace, déforma ses traits, et il s’avança d’un pas vers Miss pour tendre ses doigts vers elle, lui effleurant le visage, la joue, au passage. Elle fit une lueur tendre passer dans son regard, mais ne bougea pas, basculant même son poids vers sa jambe droite comme pour se rapprocher d’Erwan.

    - Tu es toujours aussi belle et rayonnante, dis-moi…

    - Merci, c’est gentil… Mais qu’est-ce que tu veux ?

    - Ce que je veux ?


    Il semblait hésiter, et se gratta la barbe naissante sur le menton. Soudain, quelque chose illumina son regard, comme s’il avait trouvé ce qu’il cherchait. Probablement les mots qu’il prononça.

    - Je te veux toi, voilà. Tu t’es débinée il y a neuf ans. Certes, tu es venue te racheter, mais cela ne me suffit pas…

    Il tourna son regard vers Erwan le défiant ouvertement de toute sa posture.

    - Un duel. Entre toi et moi. Si tu perds, je considère que tu ne la mérites pas, et que je peux me l’approprier. Si tu gagnes, je vous laisserai tranquille.

    - Je ne suis pas une chose que l’on trimballe ! Tu devrais l’avoir compris ! Erwan, surtout ne..


    Rageant, Miss avait serré les poings et n’avait qu’une envie : en envoyer un dans le nez de Sunoy. Pourtant, elle se retint, et tenta autre chose.

    - De toute façon, ça ne sert à rien, on a une fille. Tu ne pourras pas nous l’enlever.

    Un instant, une surprise totale se dessina sur les traits du Frontalier. Mais il se reprit bien vite, et un large sourire étira ses lèvres.

    - Ha ! Et bien, je la récupèrerai, dans ce cas !

    Miss crut qu’elle allait se jeter sur lui, et le lacérer de coup. Elle avait même envie de le mordre, d’y mettre toute sa rage ! Mais elle fut coupée dans son élan…

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Mer 11 Avr 2012, 11:01

… par la main d’Erwan sur son épaule.
Ses doigts entouraient parfaitement l’articulation entière de la Marchombre, tant sa main était grande par rapport à elle. Mais surtout, il sentait à quel point il était tendu dans ce simple geste. Lâchant un petit soupir pour se détendre, il ne put cependant lutter contre la rage du jaguar dans son ventre.

Il n’avait pas envie de se battre.
De toute façon, cet homme ne le méritait même pas. Ce qu’il faisait ne servait à rien, Erwan le savait : Miss ne se laisserait jamais faire. Il avait totalement confiance en elle. Et si elle s’en allait, il était certain que cela ne serait pas à cause de ce Frontalier mal élevé.

Par contre, ce qui était totalement intolérable pour le Marchombre, c’était l’attitude que Sunoy avait vis-à-vis de leur fille.
Il ne la récupèrerait pas !


- Ce combat ne sert à rien. Tu vas perdre.

- Haha, c’est que tu crois ça ! Viens sur les tatamis pour voir…


Un sourire étira les lèvres d’Erwan.
Moqueur.


- Et quand nous arrêtons-nous ?

- Quand l’autre demande grâce. Ou qu’il meurt…


Rien de très réjouissant.
Erwan détestait les combats ainsi, provoqué par l’orgueil et dans le but d’une récompense. Cela ne servait à rien, évidemment, mis à part à flatter son égo lorsque l’on remportait la victoire.
Il n’avait pas besoin de cela pour savoir ce dont il était capable.
Cependant, la lueur déterminée dans le regard du Frontalier ne souffrait d’aucun refus, et le Marchombre savait qu’il tenterait de faire ce qu’il avait dit. Ce qui entraînerait beaucoup trop de sang à son goût, et beaucoup trop de risques pour Ylléna. Ce qu’il ne permettrait pas.
S’il y avait besoin d’un tel combat pour assurer le bonheur et l’épanouissement de sa fille, il le ferait.
Sans aucun remord.

Ne répondant donc même pas à Sunoy, il attrapa le regard indigo de Miss du sien.
Inquiétude. Détermination. Confiance malgré tout.
Un léger sourire étira ses lèvres, et il s’avança de quelques pas sur les tapis de combat qui jonchaient la pièce, se tournant tranquillement vers Sunoy.

Ce dernier s’avança à son tour, une grimace de confiance sur le visage, et le détailla des pieds à la tête.


- Pas d’armes. On fait ça avec ce qu’on a…

Le regard d’Erwan durcit, déterminé.
Avec ce qu’ils avaient ? Sunoy était-il aussi stupide que cela ? Il savait pertinemment qu’Erwan était aussi jaguar. Il savait aussi qu’il était Marchombre. Peut-être n’avait-il pas connaissance de la Greffe que certains d’entre eux pouvaient obtenir. Certains, comme Miss et lui, par exemple.

Le Marchombre ne sous-estimait pas son adversaire.
Pour être aussi sûr de lui, il devait avoir pesé les risques, non ? Il devait s’être entraîné, juste dans l’attente de cet instant. Peut-être n’avait-il que prévu de combattre Miss, comme la première fois, de lui extorquer une promesse, mais étant donné la lueur admirative qu’il avait pu voir dans son regard, il ne la sous-estimait pas lui non plus. Loin de là, même.

Combattre.
Etait-ce vraiment nécessaire ?
A quoi cela pouvait-il bien servir ?

Combattre pour combattre…
Il l’avait fait, quand il était encore à la Citadelle. Mais depuis son apprentissage Marchombre, plus jamais il ne s’y était adonné. Il s’était défendu, avait attaqué pour protéger, mais jamais combattu yeux dans les yeux, pour le plaisir. Il avait provoqué ses apprenties, certes, mais le but n’avait jamais été de faire mal ou d’affaiblir, plutôt d’attraper un ruban pour développer des réflexes.

Combattre pour combattre…

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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Sam 28 Avr 2012, 22:12

    La poigne d’Erwan la tint au sol mieux que n’importe quelle chaine. Le regard de Miss chercha celui de son compagnon, et elle le trouva un peu perdu, et complètement… distant, avec Sunoy. Il semblait aussi en colère. Erwan, en colère ? Elle ne l’avait jamais vu en colère, énervé. Peut-être de temps en temps agacé, mais cela n’avait absolument rien à voir. Et ainsi, dressé de toute sa hauteur, le torse légèrement gonflé – gestes inconscients de sa part – il était vraiment impressionnant. Si cela n’avait pas été son compagnon, le père de sa fille, un Marchombre pacifiste, celui qu’elle aimait… elle en aurait eu peur. Et elle ne doutait pas que Sunoy, devant cette attitude, perdait un peu de la confiance qu’il avait en ses capacités. Pourtant, cela ne l’empêcha pas de provoquer Erwan encore plus. Et quand Erwan lui dit qu’il allait perdre, un petit sourire moqueur passa sur les lèvres de Miss : en effet, le Frontalier ne faisait pas le poids. Ne pouvait pas faire le poids. Et surtout, il était vraiment stupide, et se surestimait en pensant que sans rien, il pourrait venir à bout d’Erwan.

    Elle avait envie de lui dire non. De lui ordonner d’arrêter, de laisser parler cet homme, ingrat… Mais elle savait que cela serait inutile. S’il n’avait pas été là, elle l’aurait combattu, elle, et elle aurait largement gagné ! La rage qui résultait de sa provocation vis-à-vis d’Ylléna était juste insupportable ! Impardonnable ! Elle grinçait elle-même des dents. Elle avait envie de se précipiter sur lui, de lui arracher la peau et les cheveux, de le mordre, de le lacérer de ses ongles, de lui faire cracher tout sa rancœur, de l’entendre la supplier… Clignant des paupières, Miss se reprit. Elle ne pouvait pas penser ainsi ! Ne pas croire que tout pouvait être résolu en devenant violente… Elle qui pourtant habituellement n’était pas susceptible pour un sou… Elle se mordit la langue. Porta son attention sur les deux hommes, sur les tatamis. Son regard croisa celui d’Erwan, et elle soupira. L’encouragea. Mentalement. Parce qu’elle allait se contenir et ne pas bouger de là. Il ne servait à rien qu’elle prît le risque qu’Ylléna n’eût plus de parents !

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Dim 29 Avr 2012, 10:06

Combattre pour combattre.
Quoi de plus ingrat ? De plus égoïste ?
Et pourtant, il allait le faire. A contre cœur, oui, mais il allait le faire. Ne serait-ce que pour Ylléna. Pour la garder ; prouver au Frontalier qu’il ne lui prendrait rien, qu’il ne méritait même pas l’attention que Miss lui avait porté. Le regard de cette dernière suintait de rage, aussi, et il la comprenait. Le jaguar, dans son ventre, était exactement sur la même longueur d’onde qu’elle.
Il voulait en découdre !

Serrant légèrement les mâchoires, Erwan recula d’un pas sur les tatamis, aspirant dans son mouvement Sunoy, qui s’avança vers lui. Le jaugeant quelques secondes, le Marchombre nota son attitude défensive mais souple, parée à l’attaque pour mieux protéger sa peau. Ses pieds, écartés de son centre de gravité, lui assuraient un équilibre puissant dans la terre, et ses bras qui étaient ouverts en serres n’attendaient que de se refermer.

Il dépassait le Frontalier de quelques centimètres, cependant, et ne savait pas s’il pouvait considérer cela comme un avantage. Lui-même n’était pas dans une garde très élaborée ; et même plutôt sommaire. Les deux pieds plantés dans les tatamis souples, les bras le long du corps, les épaules détendues…
Qu’aurait pensé sa mère de tout cela ?
Il se souvenait qu’elle appréciait de se mesurer aux Frontaliers assez régulièrement. Elle améliorait sans cesse ses techniques, ainsi, et restait ouverte à n’importe quel type de combat, et pouvait alors mieux appréhender les différents styles. Les Frontaliers n’étaient pas de simples guerriers, ils étaient des armes à part entière. Erwan était aussi passé par une partie de leur apprentissage, et le savait pertinemment.
Ne jamais sous-estimer son adversaire.

Lorsqu’il cligna des paupières, Sunoy attaqua.
Fulgurant.
Son impulsion l’avait projeté à deux mètres de là, droit sur Erwan. Le Marchombre attendit la dernière seconde pour réagir.
Anticipation. Il vit le centre de gravité du Frontalier se décaler légèrement vers la droite, et rompit tout simplement d’un pas à gauche. Le poing de son adversaire ne le frôla même pas.

Après cette attaque de front banale et puissante, mais esquivée, Sunoy reprit une garde basse, son regard planté sur le corps d’Erwan. Ce dernier savait que le Frontalier essayait à son tour de prévoir ce qu’il allait faire. Sauf qu’il n’avait aucune idée de la manière dont il allait attaquer. Il n’avait toujours pas envie d’attaquer… Ce qui tira une réplique mordante à son adversaire.


- En fait c’est ça, tu ne sais qu’esquiver ! Mais on va voir si tu peux le faire sur du long terme…

Avant qu’Erwan n’ai pu inspirer sa prochaine respiration, Sunoy s’était déjà lancé à nouveau à l’attaque. Souple et puissant, son corps se balançait, parfait contrôle, autour du Marchombre qui esquivait la grande majorité du temps les coups ; ces derniers pleuvaient, tantôt à droite ou à gauche, d’une rapidité confondante. Le Marchombre parvenait à en dévier certains, à en éviter d’autres, réussissant du même coup à ne pas se faire toucher.
Cependant, le rythme endiablé du Frontalier ne souffrait d’aucun répit, coupant court à toute tentative d’attaque.
Il avait besoin d’attaquer ; il savait que Sunoy continuerait jusqu’à l’épuisement, et même alors jamais il n’abandonnerait. Il devait suffisamment le blesser pour lui faire peur, mais pas assez pour mettre sa vie en danger.

Dans son ventre, le Jaguar grogna, le déconcentrant une seconde.
Un poing s’abattit sur sa tempe, un genou dans son ventre. Un râle passa ses lèvres, et alors qu’il se pliait en deux dans un réflexe de protection de son ventre, Sunoy voulut ajouter de la puissance à sa chute. Profitant de son bras levé, Erwan plongea sur le sol pour se relever un mètre plus loin, dans une roulade parfaitement contrôlée.
Une sourde douleur irradiait de sa mâchoire, parasitant son esprit.
Un sourire presque torve passa sur les lèvres de Sunoy, mais il resta méfiant ; il avait raison.
Le Frontalier s’approcha de lui, décochant un coup de pied puissant dans les côtes d’Erwan, qui ne put éviter toute l’attaque. Sa cage thoracique protesta, il se mordit l’intérieur de la bouche, tombant à genoux.
Il respirait fort. Il avait mal. Sa vision se brouillait de tâches floues, causées sans aucun doute par le coup à la tempe.


- Alors, on joue encore le malin ? Marchombre mes fesses…

Un sourire étira les lèvres d’Erwan.
Le jaguar, dans son ventre, se débattait violemment. Mais il ne pouvait se résoudre à le donner libre court à sa rage ; il allait tuer Sunoy, et si ce dernier demandait grâce, il ne le comprendrait pas forcément, ou mettrait peut-être trop de temps à saisir l’ampleur. C’était hors de question.
Relevant le menton, le Marchombre se mit à genoux, et fixa intensément Sunoy.
Soudain, le Frontalier fut mal à l’aise.

Avait-il vraiment besoin de ses yeux pour voir ?
De ses poings pour frapper ?
De ses pieds pour se déplacer ?
Croire à un gagnant, un perdant, c’était réduire ses chances de s’en sortir.
Il n’y a pas de perdant. Il n’y a jamais de perdant.
Il n’y a que des gagnants.

D’une détente formidable, Erwan s’élança vers Sunoy, qui recula précipitamment, pris au dépourvu.
Paupières closes.
Il tourbillonna autour de son adversaire, qui tenta de le distraire par des coups. Il les sentait, dans son ventre, dans ses côtes, sur ses bras.
Cela n’avait plus d’importance.

Erwan ouvrit les yeux.
Et les poings.

Devenu goutte d’absolu, il se glissa dans le temps.
Ce temps, où tout semble être permis.
Il suffit de voir pour comprendre.
Il suffit de voir pour savoir.
Une ombre qui glisse, une onde qui ondule ; un courant d’air qui caresse une peau.
Caresse sanglante.

Les lames cachées dans les poignets d’Erwan se fichèrent dans les épaules de Sunoy.
On aurait pu croire qu’il avait juste déposé ses paumes sur le haut de ces dernières, si l’on n’avait pas fait attention. Mais les deux lames, sur chaque bras, prolongement parfait du radius et de l’ulna, étaient profondément enfoncées entre les os. Si près des artères…
Le coup avait été parfaitement calculé.
Erwan planta son regard dans celui du Frontalier.
Implacable.

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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Lun 07 Mai 2012, 18:29

    Miss retenait son souffle. Sunoy avait été foudroyant, puissant, précis et efficace. Elle ne pouvait nier qu’il s’était grandement amélioré depuis la dernière fois qu’elle l’avait rencontré à la Citadelle… S’était-il entraîné dans le but de cette rencontre, mais plutôt avec elle ? Si c’était le cas, elle voulait bien avouer qu’elle n’aurait probablement pas fait le poids. Le Frontalier était d’une rapidité confondante, et elle ne savait pas si elle aurait réussi à anticiper et esquiver comme Erwan le faisait… Jusqu’à ce que le premier coup du combattant réussît à trouver sa cible, suivi immédiatement par d’autres, puissants. Sunoy s’était engouffré dans la première ouverture qu’Erwan lui avait donnée… Mais pourquoi avait-il fait une chose pareille ? Avait-il perçu quelque chose ? Il devait s’être passé quelque chose, oui : cela faisait déjà plusieurs minutes qu’il parvenait à esquiver tous les coups, et il ne semblait pas fatigué ; pas encore en tout cas. Miss s’en serait mordu les doigts !

    Quand il se retrouva à genoux, à la merci de Sunoy, Miss sentit son ventre se retourner : Non ! Le Frontalier allait sans doute profiter et le mettre hors de nuire à tout jamais… Elle ne voulait pas ! Mais alors qu’elle se ramassait pour se précipiter dans le but d’aider Erwan, le regard qui passa entre les deux adversaires l’immobilisa. Elle perçut cette émotion qui naquit directement dans les yeux du Frontalier : de la peur. Irrationnelle. Un petit sourire moqueur – et victorieux – passa sur les lèvres de la Marchombre. De la peur… Erwan avait donc gagné. Enfin… Et quand l’homme bondit en avant, paupières closes, Miss irradiait de fierté. Elle savait déjà comment cela allait finir. Erwan allait l’emporter. Il ne ferait pas énormément de mal à Sunoy, non, elle le connaissait : il ne ferait que le nécessaire pour que le début de peur s’enflamme brusquement, et mette toute fierté de côté chez son adversaire.

    Caresse sanglante.

    Miss ne réalisa pas immédiatement ce qu’il venait de se passer. Ni tout ce que cela entraînait. Erwan se trouvait en face de Sunoy, mains sur ses épaules, paumes contre ses clavicules. Et du sang gouttait de sous la paume du Marchombre… Expirant brusquement, la jeune femme se mordit l’intérieur de la joue vivement, se faisant saigner du même coup. La… greffe d’Erwan ? A vrai dire, elle n’y avait jamais pensé. Et même si cela lui semblait évident qu’il l’avait – puisqu’il avait grimpé sur le Rentaï – elle n’avait jamais tenté de la deviner : il y avait déjà le Jaguar, et puis Erwan en lui-même. Ce n’était juste pas facile d’envisager qu’il pouvait avoir encore des armes plus redoutables faisant partie de lui. Inspirant profondément, la jeune femme sentit son corps entier se relâcher, alors qu’elle continuait de fixer Sunoy, lointaine.


    - Que… Mais…

    Le Frontalier serra les dents, mais était incapable de dire autre chose. Ou presque. On voyait, par la contraction de sa mâchoire, toute la douleur que le geste d’Erwan venait d’engendrer dans son corps. Miss aurait voulu sourire en coin, mais elle en fut incapable : elle ne pouvait pas se réjouir de la douleur des autres, c’était ainsi. Et quand le regard gris de Sunoy croisa le sien, elle soupira doucement.

    - Je…

    Elle vit la volonté sur ses traits. La volonté de donner la fin de ce combat par la parole. Mais déjà, ses yeux se voilaient, et il tomba, inerte, sur le sol. Inconscient. Miss échangea un regard avec Erwan. Une seconde, peut-être deux. Avant de s’élancer vers le corps inerte du Frontalier pour essayer de le soulever et de le faire sortir de la salle comme ils le pouvaient. Miss maintenait des morceaux de linge contre les deux trous qu’Erwan avait fait dans les épaules, et ce dernier tirait Sunoy. Saphiros attendait dans le couloir, et en voyant l’état de son « ami », il ouvrit grand les yeux. Mais sous le regard de Miss, il comprit immédiatement et fila dans les couloirs pour chercher de l’aide. Bientôt, ils furent entourés de Frontalier, et d’un Dessinateur, qui s’occupèrent de Sunoy. Seul Saphiros était resté avec eux.

    - Désolé de vous avoir fait ça…

    Miss haussa les épaules.

    - Boah… L’important, c’est que maintenant il aura compris la leçon !

    - J’espère pour vous… et pour lui.


    Le regard effarouché que le Frontalier lança à Erwan fit doucement sourire Miss. Posant sa main sur l’avant bras de son compagnon, elle sourit à Saphiros.

    - On vous le laisse alors ?

    - Oui. Lamza va l’ammener chez les Rêveurs rapidement, il sera vite remis, physiquement en tout cas. Vous pouvez partir tranquilles.

    - Merci Saphiros…


    Elle lança un petit regard à Erwan, et finit par s’avancer vers le Frontalier. Se hissant sur la pointe des pieds, elle déposa un léger baiser sur la joue de Saphiros, qui piqua immédiatement un fard, tout en évitant le regard du Marchombre. Miss rit. Glissant son poing dans celui de son amant, elle posa sa joue sur son bras, en inspirant profondément. Elle se sentait légère, et libre d’un poids.

    - On y va ?

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Mer 18 Juil 2012, 13:56

" On y va ? "

*

Ils chevauchaient, dans un galop puissant, vers le Nord.
Vers ce que Miss appelait " La forêt Maison ". Là où se trouvaient les Petits, et là où elle avait laissé leur fille.
Mais comment avait-elle fait pour faire tout ce chemin en si peu de temps ? L'aller-retour… C'était tout simplement énorme. Et très long. Surtout très long. Par quel sortilège, quel moyen, avait-elle pu parcourir cette distance ?
Et lorsqu'il le lui avait demandé, elle était restée très vague.
" Il y a des secrets qui ne sont qu'à moi. "

Mystérieuse, la jeune femme ne lui avait donc pas répondu.
Et s'il avait eu un peu de mal au premier abord à avaler cela, parce que c'était quand même leur fille qu'elle avait transporté… il lui faisait confiance. Alors certes, elle l'avait laissé à un peuple qu'il ne connaissait pas, dont il ne soupçonnait même pas l'existence jusqu'à quelques semaines auparavant, et il l'avait déjà très mal pris… Mais il ne pouvait pas lui en vouloir. Ni la juger pour cela.
C'était Miss après tout.

Un soupir franchit ses lèvres, alors qu'il adressait un sourire à sa bien-aimée.
Et ils galopaient toujours.

Ils laissèrent les montures dans un petit village près des Montagnes du Poll, une écurie dont Miss connaissait le propriétaire – elle semblait connaître trop de monde, d'ailleurs ! Et dès qu'Erwan était avec elle, et que les personnes en question le voyaient avec Miss, les visages changeaient, la surprise se peignait parfois, voire l'envie… et la jalousie.
Ce petit bout de femme en avait fait, du voyage, créant des liens dans tout l'empire, comme une toile de communication bien huilée, rodée à souhait.
Il se demandait souvent comment elle les avait connus. Comment elle avait pu avoir la confiance de ces personnes si rapidement. Comment cela se faisait qu'elle semblait tous les connaître, et qu'ils se souvenaient tous d'elle.
Il avait quelques éléments de réponse, certes.
Il avait bien vu des regards éloquents, des clins d'œil déplacés, des sourires intéressés… Mis à mal par sa présence, et par l'attitude de Miss, certes, mais quand même.
Elle avait sans doute couru les pantalons…


*

" On y va ? "

Ils y étaient.
Une forêt. Immense. Avec des arbres. Titanesques.
Ils étaient montés tout en haut des pics du Poll, pour redescendre derrière, dans le Royaume Raï. Ils avaient longé le marais d'Ankaï avant que la masse sombre et lointaine de la forêt ne soit devenue buissons verts et arbres au tronc imposant.
Ils étaient à l'orée de la forêt, et Erwan sentait dans son ventre que le Jaguar aimait cette forêt.
Elle inspirait confiance.

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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Lun 23 Juil 2012, 12:13

    Alors qu'ils franchissaient la lisière de la Forêt Maison, une sérénité indescriptible tomba sur Miss. Cette forêt, parce que malgré son immensité sa végétation n'était pas celle d'une jungle, dégageait une paix indicible, et elle avait toujours été très sensible à cela. Maintenant, ils y étaient, et la Marchombre n'avait qu'une envie : s'élancer à toute vitesse dans les arbres pour aller vers l'arbre Talisman, retrouver sa mère adoptive et sa fille. Faire découvrir à Erwan la beauté de ce peuple naïf qu'étaient les Petits. Se tournant vers lui, elle cligna plusieurs fois des paupières avant de lui sourire, se hisser sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur le bas de sa mâchoire et lui prendre la main.

    - Et si on passait par les arbres ?

    Sans attendre sa réponse, elle lâcha sa main et s'élança d'un bond phénoménal en l'air, attrapa le bout d'une branche élastique pour se propulser à plusieurs mètres de là. L'avantage d'être avec Erwan, c'était qu'elle n'avait pas à contrôler ses envies de vitesse et de bonds titanesques. Et au pire, si elle le dépassait de trop, elle savait qu'il était parfaitement capable de trouver le chemin par lequel elle était passé et la suivre à la trace. Ce fut dans cet état d'esprit qu'elle s'élança dans les branches, bondissant allègrement, utilisant la souplesse des ramures et l'élasticité des autres, calculant sa trajectoire à la perfection. De la lisière, il y avait trois jours de voyage dans les arbres, et Miss comptait bien s'éclater dans les branches. Cela faisait tellement longtemps qu'elle ne s'était pas lancée à fond, dans sa vitesse maximale… Cela faisait tellement du bien de retrouver la verdure, partout, ces écorces si particulières à la Forêt Maison, ces feuilles immenses, ces troncs larges et tortueux. Ils passèrent dans des recoins qu'elle n'avait pas vu depuis de très longues années, des mares où les trodds se cachaient. Ils croisèrent des ours élastiques peu agressifs, elle faillit attraper des clochinettes… Son rire s'élevait entre les arbres, tandis qu'elle avait l'impression de revenir en arrière, quinze ans auparavant, alors qu'elle n'était qu'une petite fille qui s'amusait avec les Petits. A chasser les oiseaux et cueillir les framboises.

    Ce furent trois jours merveilleux, en réalité. Parce qu'ils touchaient au but, ils étaient plus détendus. Et la Forêt Maison étant protégée des Raïs par Ilfasidrel, donc ils n'avaient aucun souci à se faire. Juste à avancer… Ou à s'arrêter quelques heures dans un buisson lorsque leurs hormones les titillaient de trop. Et lorsque les arbres devinrent tous plusieurs fois centenaires autour d'eux, ils étaient vraiment au plus près, entraient dans le cœur de la Forêt. L'immensité des troncs faisait tourner la tête, en levant les yeux il semblait toujours y avoir plus de cent mètres de branches et de troncs au dessus d'eux, avant que les dernières ramures ne s'imposassent finalement. Et puis, dans l'après-midi de la quatrième journée, des bruits de voix commencèrent à s'élever, et Miss bifurqua brusquement vers le Nord. Soudain, devant eux, les arbres s'effacèrent doucement pour laisser place à l'arbre Talisman, immensité d'écorce et de verdure. Levant la tête vers son sommet – invisible – Miss ne put s'empêcher de crier de joie.


    - Liliiiiitiiaaaa !

    Plusieurs Petits s'arrêtèrent brusquement dans leur activité pour tourner la tête vers Miss. Tout heureux, ils s'élancèrent vers elle pour la saluer. Apparemment, ils avaient beaucoup de choses à lui dire sur sa fille, car un brouhaha s'élevant dans les airs… Qui s'éteignit presque instantanément quand les petits êtres aperçurent Erwan dans son dos.

    - C'est… c'est quoi ça ?

    Miss éclata de rire.

    - C'est le Papa d'Ylléna.

    Des exclamations s'élevèrent partout autour d'eux, et le rire de Miss s'éleva encore une fois.

    - Mais il est… immense !

    - C'est un Géant !

    - Il s'appelle Erwan.


    Leur adressant un clin d'œil, Miss attrapa la main de son compagnon, un sourire aux lèvres, avant de se blottir tout contre son torse et de déposer un baiser sur le haut de son pectoral. Les Petits bavardaient gaiment autour d'eux, et elle finit par reconnaître le pas caractéristiques de Lilitia…

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Jeu 16 Aoû 2012, 10:27

Passer par les arbres.
Erwan vit Miss s'élever à une allure phénoménale, franchissant plus de cinquante mètres en moins de dix secondes. Dix secondes, où elle eut le temps de prendre appui sur une branche, s'élancer en l'air, saisir une autre branche pour se propulser plus loin, bondir en avant et utiliser l'énergie pour franchit un mur de feuilles dense.
Le Marchombre éclata de rire.

Miss était phénoménale, tout simplement.

Alors, se laissant guider par le jaguar, il devint félin, pour réussir à la suivre.
Sinon, cela n'aurait même pas été possible.


*

Lorsque le jaguar entendit les premiers éclats de voix, il hésita. Une hésitation qui permis à Erwan de se retrouver dans son propre corps humain, franchement déshabillé, certes, mais… peu importait. Il récupéra de quoi se couvrir auprès de Miss, et s'avança à sa suite.

Les arbres, autour d'eux, étaient littéralement énormes.
Plusieurs fois centenaires par la largeur de leur tronc, ils semblaient millénaire tant ils montaient haut, tendant leurs ramures vers le ciel en un concert allègre.

Et puis, soudainement, Miss s'arrêta et Erwan fit de même, levant les yeux vers ce qu'elle fixait.
Là.
Un arbre.
Immensément énorme.
Plusieurs fois millénaire.

Bouche entrouverte, Erwan le Marchombre faillit sursauter au cri de Miss, et reporta son attention sur les ramures environnantes. En réalité, il y avait là beaucoup de petits êtres, qui gambadaient, escaladaient, grimpaient et bondissaient joyeusement. Ils arrivèrent tous gaiment vers Miss, avant de s'arrêter brusquement quand ils découvrirent la silhouette d'Erwan, derrière celle-ci.

Alors, s'éleva autour d'eux un concert de mots dans une langue chantante et aux accents trilles.
Erwan ne comprenait plus rien. Là, trois Petits parlaient à Miss, qui leur répondait aussi aisément que si elle avait parlé l'Humain. Il reconnu juste son nom, et à ce signal s'avança vers sa dulcinée pour la saisir par la taille et déposer un léger baiser sur ses cheveux.
Il souriait, presque bêtement, mais se demandait où était Ylléna.
Sans doute qu'ils étaient en train d'en parler, en fait.


- Chérie ? Où est Ylléna ?

Elle pouvait entendre l'hésitation dans sa voix, parce que justement tout cela n'était pas son monde, et qu'il ne connaissait pas la culture de cet endroit. Et leur langue était juste incompréhensible pour lui.

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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Lun 17 Sep 2012, 11:00

    Où était Ylléna. Miss l’attendait aussi avec une impatience croissante. Et lorsqu’elle reconnut le pas de Lilitia, elle se tourna vivement pour la voir arriver… Seule. Ne comprenant pas très bien ce qu’il se passait, la jeune Marchombre leva le visage vers Erwan, fronçant légèrement les sourcils malgré elle.

    - Je ne sais pas, mais Lilitia va nous… me le dire.

    Oui, parce qu’elle voyait bien qu’Erwan ne comprenait pas un mot de ce qu’il se passait. Elle ne lui avait pas proposé de lui apprendre le Petit, et il ne le lui avait pas demandé non plus. En partant de ce principe, il ne pouvait pas savoir, même si Miss aurait apprécié qu’il pût se débrouiller seul. Mais tant pis, c’était comme ça et en partie de sa faute, alors elle allait faire la traductrice tout en essayant de lui faire rentrer quelques mots dans la tête. Elle espérait bien qu’ils ne resteraient pas dans la Forêt Maison juste quelques heures, mais bien quelques jours ! Elle avait une envie folle de retrouver les Petits et leurs farces adorables – et manger des framboises, et boire de leur liqueur. Sa mère approchait, et Miss lui sourit tout en se détachant d’Erwan, pour s’approcher d’elle.

    - Lilitia ? Voici Erwan, le père de Ylléna.

    Souriant à sa mère adoptive, Miss lança un coup d’œil à Erwan avec un léger sourire. Une touche rouge mouvante attira son attention sur les épaules de la Petite, et elle se rendit compte qu’un serpent somnolait là. Fronçant les sourcils, Miss se demanda comment cela se faisait que Lilitia avait un serpent – venimeux qui plus est ! – sur les épaules, et où était Ylléna. Quelque chose se retourna dans son ventre, et sa voix se fit pressante et légèrement tendue.

    - Elle est où d’ailleurs ?

    - Et bien... Nous n’avons pas l’habitude, nous n’avons pas compris mais… Mais…

    - Mais quoi ?!


    Sa voix, de pressante, était devenue un cri. Un cri aigu et angoissé. Quelque chose ne tournait pas rond, et l’attitude de Lilitia lui faisait peur. Qu’était-il advenu de sa petite fille ? De sa fille chérie ? Est-ce qu’Erwan avait eu raison en se méfiant des Petits ? Elle ne voulait pas croire ça ! Mais une peur sourde, immense, montait en elle, et elle sentait déjà ses mains devenir moites.
    Mais Lilitia posa une main apaisante sur son épaule. La Marchombre fronça les sourcils, respira un grand coup et avala lentement sa salive, pour jeter un coup d’œil vers Erwan. Une lueur étrange brillait au fond de ses yeux cobalt, mais elle ne parvint pas à l’identifier. Il ne semblait pas nerveux, lui…


    - Miss… Ta fille est sur mes épaules.

    - Quoi ?


    Interdite, Miss ne sut pas quoi répondre. Pas quoi dire. Elle ne sut même pas comment annoncer cela à Erwan, et resta immobile, la respiration sifflante, à fixer le petit serpent rouge et noir qui ondulait sur les épaules de sa mère adoptive.

    - Je… Elle…

    Se tournant vers son compagnon, elle chercha ses mots quelques secondes, ne sachant pas comment annoncer cela…

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Règlements de comptes... [PV Erwan]   Ven 28 Sep 2012, 18:08

Ce monde n’était pas le sien, mais il n’en perdait pas une miette. Pas un détail ne lui échappait. Alors, quand une Petite arriva sur le côté, et avec l’attitude de Miss, il devina rapidement qu’il s’agissait de celle qui l’avait élevée. Lilitia, il lui semblait, si sa mémoire était bonne. Oui, c’était cela, la Marchombre venait de le confirmer.

A priori, elle faisait les présentations, mais la voix de Miss monta très vite dans les aigus, et il put sentir son angoisse percer toutes les pores de sa peau ; elle s’inquiétait vraiment pour Ylléna, et la ride qui venait barrer son front était l’illustration de cette peur ancrée en elle.
Erwan ne pouvait rien dire quand aux instincts maternels, mais lui-même se sentit se contracter, en réponse à cette émotion sourde qui émanait de sa compagne. Que se passait-il ? Il ne sentait que la tension de la conversation mais n’en comprenait pas un mot…

Jusqu’à ce que son regard cobalt tombe sur le collier rouge de la Petite.
Le collier rouge… était un serpent. Un serpent corail. Sa présence était totalement incongrue en ce lieu, et Erwan sentit son estomac faire un petit bond dans sa poitrine.
Il se sentit vaciller, mais une étincelle naquit dans le fond de son regard.
Il sentit ses jambes tenter de se dérober sous lui, se reprit de justesse…

Le jaguar ronronnait dans son ventre.
Explosion de sensations et d’émotions, tornade de couleurs et de senteurs ; Erwan se sentit basculer dans un nouveau monde. Un monde où d’autres s’élançaient les uns après les autres, un monde de bonds, de joie, de couleurs et de compréhension.

Métamorphe

Une sensation étrange se leva alors dans son esprit.
Impalpable, cette puissance prit de l’ampleur, la teinte de l’évidence, les couleurs de la certitude.
Le relief de la réalité.

Un vent nouveau souffla en lui.
Certitude absolue.

-Je… Elle…

Ne disant rien, ne répondant pas, Erwan se contenta de sourire.
Se penchant vers l’animal aux anneaux déroulés, il l’attrapa près de la tête et supporta la longueur de son cœur de son autre main. Délicatesse pure, il amena le serpent vers lui, le laissant s’enrouler autour de ses doigts, de ses poignets, remonter jusqu’à son coude et darder vers lui sa tête reptilienne ainsi que sa langue fourchue d’un rouge aussi écarlate que ses anneaux.

Il sourit.
Un sourire tendre.
Un sourire béat…

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