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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Heyz - Cours n°3

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Dolce Ysil
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MessageSujet: Groupe Heyz - Cours n°3   Lun 06 Fév 2012, 19:01

La neige avait fondu.
Non pas qu’il fasse chaud, mais il fallait bien avouer que le temps s’était radouci, pour passer au dessus de zéro degré. Juste assez pour que les flocons de glace se transformassent en gouttes puériles de pluie, pour imprégner la terre glacée. Et malgré la douceur toute relative de ce début de matinée, les souffles ne cessent de se condenser devant les lèvres qui les libèrent.

Celui de Dolce aussi.
Réveillé par une horloge interne, ce dernier ouvre lentement les paupières. Le soleil n’était pas encore tout fait levé, mais déjà à l’extérieur, la clarté de ses rayons était dispensée sur le monde. Lâchant un profond soupir, l’Envoleur se redressa lentement.
Il avait encore rêvé de Syndrell.
Elle l’obsédait. Après leur aventure avec Vanora – cette vipère – il n’avait cessé d’avoir ses cheveux bleus dansant dans son esprit. Il ne pouvait pas faire autrement. Et chaque matin, il se réveillait avec son odeur dans le nez et la douceur de ses caresses sur la peau. En rêve. Chaque matin, il se levait avec ce désir dans le ventre, malgré lui. Juste une envie de la retrouver.
Cela ne faisait pourtant pas longtemps qu’il l’avait quittée. Peut-être deux semaines. Ou trois.
Comme deux ou trois éternités, dans son cœur et son cerveau.

Et pourtant, il ne se permettait pas d’y penser trop souvent. Cela aurait été de la souffrance inutile. Elle lui manquait. Terriblement. Quand il y pensait, il sentait son cœur accélérer, sa respiration se bloquer, une boule de souffrance dans sa gorge. Un immense vide dans la poitrine, et dans ses bras. Il ne pouvait rien y faire. Ou plutôt, si, il pouvait. Mais il ne voulait pas. Vivre dans la dépendance totale n’était pas une solution en soi, pas une solution durable, il le savait bien.
Comme il avait la certitude que cela serait Syndrell, et pas une autre, à qui appartiendrait à jamais son cœur.

Il n’était pas du genre romantique, non. Il avait connu bien des femmes, dans sa vie. Des rencontres d’un soir, des rencontres de quelques semaines, quelques mois… Quelques années. Des femmes qu’il avait appréciées, des femmes qui avaient été importantes, oui. Mais jamais aucune d’elles n’avait eu l’éclat trouble qui illuminait la jeune Marchombre quand il la regardait.

Se secouant intérieurement, il s’ébroua rapidement. Laissant le désir retomber, il enfila ses vêtements les uns après les autres, jusqu’à ses chaussures en cuir brut. Se recouvrant les épaules de sa longue cape de fourrure de tigre, il inspira profondément, avant d’expirer longuement. Il était prêt.

Après la réussite de ses deux apprenties au dernier examen – elles étaient désormais toutes les deux considérées comme des Alow-Til, dernière grande ligne droite avait l’Ahn-Ku et donc la greffe – il n’était pas parti du Domaine. Cela ne faisait que quelques jours que cela s’était passé, et déjà ils allaient repartir. Parce que oui, ils n’allaient pas se contenter de rester au Domaine, cette fois-ci ; Dolce avait pour projet de les faire voyager, et correctement. Elles avaient besoin de voir le monde sous un angle différent, et il les y amènerait.

Poussant la porte de sa chambre d’un coup d’épaule, il ne put s’empêcher de jeter un œil à sa paillasse vide. Se mordant la lèvre inférieure, il secoua la tête quelques secondes, avant de partir en direction des escaliers et des cuisines, pour manger un morceau. Ce fut quand il franchit la porte des cuisines que Fu se réveilla contre sa poitrine – il dormait dans une poche intérieure de la cape. Dolce avait décidé qu’il emmènerait son furet, cette fois-ci : il l’avait laissé bien trop longtemps seul, ces derniers temps, et culpabilisait un peu.

Lorsqu’il eut mangé un morceau, partageant un morceau de viande salée avec le mustélidé, il sortit donc du Domaine pour se mettre en route vers les écuries. Oui, encore les écuries – après tout, c’était vrai que les deux examens s’étaient déroulés aux alentours – mais pas pour longtemps cette fois : juste le temps de préparer efficacement les chevaux. Deux sacoches dans les mains, Fu sur son épaule, l’Envoleur arriva bientôt devant les écuries et posa ses deux gros sacs devant la porte.

Les deux jeunes filles furent bientôt là. Quand elles arrivèrent, il leur adressa un sourire tranquille, Fu se baladant entre ses deux épaules.

- Et bien, Elya… Papillon. C’est un nouveau jour qui commence. Et on va voyager.

Il haussa les épaules, déséquilibrant momentannément le furet, avant de continuer.

- J’ai tout le nécessaire dans ces sacs. Il va encore falloir emporter quelques petites choses pour s’occuper correctement des chevaux, et donc on répartira sur les trois montures. Je vous attends ici dans une demi-heure, Feu et Lumière Noire parés au décollage.

Leur adressant un clin d’œil de connivence, il s’enfonça à son tour dans les écuries pour trouver Singa, et s’occuper de lui…

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Mer 08 Fév 2012, 21:05

Une main dans ses cheveux au moins aussi flamboyant que le soleil levant, Elya était assise à la fenêtre. Les jambes balançant dans le vide, elle surplombait les hautes tours sinistres du Domaine, tout juste éclairées par un soleil timide. Après les sévères gelées de ces quinze derniers jours, l’atmosphère se radoucissait peu à peu. Enfin, tout était relatif, et les lèvres sèches de la jeune femme menaçaient de se craqueler à de multiples endroits. Pensive, elle ne parvenait toujours pas à réaliser la réussite de son précédent examen, et ce malgré la fatigue évidente qui se faisait sentir certains moments et son affaiblissement récent. Papillon aussi avait passé l’épreuve avec brillant, et désormais, elles étaient toutes les deux des Alow-Tils. Une amie, voilà ce qu’elle avait gagné, lorsqu’elles s’étaient revues tout à fait par hasard sur les toits du Domaine.

S’étirant souplement comme un chat, la rouquine soupira. Encire une fois, elle n’avait presque pas dormi. Les cauchemars l’assaillaient à chaque fois qu’elle avait le malheur de fermer l’œil. Du coup, elle avait presque peur de dormir : à chaque lever de lune, l’angoisse l’étreignait odieusement et elle repoussait les limites de son corps toujours plus loin. Cela finirait par lui jouer un sale tour, c’était certain, et elle serait bien forcée de retrouver un jour ou l’autre un rythme de sommeil normal. Pour l’instant, elle arrivait toutefois à tenir debout une journée entière avec les trois malheureuses heures de sommeil qui venaient l’envelopper peut-être juste avant l’aube.

Cette nuit, exceptionnellement, elle s’était littéralement endormie bien avant minuit, épuisée. Et puis, le regard vide mais encore tellement plein d’une haine indicible de son défunt frère était revenu la hanter, comme une éternelle punition. Cependant, cette fois-ci, au lieu de s’activer pour noyer ses peurs, elle s’était forcée à rester dans le dortoir, ne serait-ce que pour grappiller quelques heures de repos supplémentaires avant de reprendre la route vers le Nord en compagnie de Papillon et de Dolce. En fait, elle en avait profité pour craquer une paire d’allumettes, allumer une bougie, et se saisir ensuite de quelques morceaux de vieux parchemins usés et de quoi écrire. Elle n’avait toujours pas mis ses parents au courant de la mort de Noah, et elle ne tenait pas vraiment à ce que ce soit Nath qui s’inflige cette douleur. Il était pour l’instant le seul au courant, mais c’était à elle, et à elle seule, de le faire. Son frère aîné lui avait répondu très vite, lui annonçant qu’il se mettait dès lors en route pour la capitale pour soutenir ainsi leurs parents dans cette nouvelle épreuve. Ils avaient commencés l’histoire à huit, ils finissaient à six…

Il y a dix ans, Elya…
… Et maintenant, Noah.


Elle recommença des dizaines de fois, ne sachant trop comment annoncer une si terrible nouvelle. C’était réellement dur, très dur. Mais au bout d’une grosse heure, elle parvint enfin à mettre un point final à cette lettre. L’émeraude de son regard se perdit un instant dans l’infini du ciel enflammé par un lever de soleil admirable – il prédisait une belle journée. Fraîche, mais belle. Se glissant à nouveau dans la pièce, silencieuse, elle attrapa son éternel sac de voyage et puis passa aux cuisines pour croquer dans une pomme en guise de petit-déjeuner – elle en glissa une deuxième dans sa poche pour Feu. Dolce leur avait donné rendez-vous à l’aube, mais il attendrait bien cinq minutes, le temps qu’elle file rapidement à la volière du Domaine pour ainsi envoyer sa lettre. De toute façon, elle était loin d’être en retard.

En fait, elle arriva la première, enfin avant Papillon, car l’Envoleur, lui, était déjà là. Il était tout sourire, comme à son habitude d’ailleurs. Sa nouvelle amie ne tarda pas à arriver elle non plus. La rouquine lâcha un « Bonjour, bonjour ! » tout enjoué avant de prêter un peu d’attention aux premières paroles de Dolce. Ne se le faisant pas répéter, elle fila avec Papillon récupérer tout le nécessaire pour prendre soin des chevaux. Feu piaffa, réclamant sa pomme matinale, ce qui fit sourire la jeune femme. Brossant rapidement l’étalon – elle l’avait déjà fait la veille – elle le scella avec soin avant d’énumérer avec Papillon tout ce qui pourrait être utile pour le voyage. À deux, elles eurent vite fait le tour et Elya vérifia deux – ou peut-être trois – fois si l’équipement était complet. Mais ce n’était pas fini : il fallait maintenant répartir les paquetages de façon à ce que les chevaux ne soient pas ralentis par le poids des affaires.

Feu sur ses talons, Elya ne tarda pas à rejoindre Dolce qui les attendait déjà dehors, on ne peut plus prête.

- « En route pour de nouvelles aventures alors ?! »

Question-affirmation. Affirmation plus que question. Ce cours était littéralement la dernière ligne droite avant l’Ahn-Ku. Et la greffe ?


[Bon, du coup j'ai eu le temps de poster ce soir finalement...]
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Papillon Til'Maavon
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Lun 13 Fév 2012, 00:13

Mes paupières s'ouvrirent.
Je dormais, simplement posée sur l'une des couchettes du dortoir des apprenties, quand j'ouvris les yeux. Ou plutôt, quand mes yeux s'ouvrirent d'eux-mêmes dans le noir. Je lançai un regard vers la fenêtre, mais n'y vis goutte : il faisait encore très sombre en ce matin d'hiver, en cette nuit sans lune ; mais pourtant j'y voyais, dans ce noir presque total. Je fis le tour des sensations que me renvoyait mon corps, mais je n'avais pas froid, ni faim ou soif : ce n'était donc pas une réponse à mes besoins primaires qui m'avait réveillé.

Le dortoir ne comptait que quelques lits occupés.
Tâchant de mettre en pratique l'enseignement de Dolce, je me levai silencieusement et avançai à pas souples sur le plancher de vieux bois. Puis je m'arrêtai sur le seuil de la pièce, et me retournai vers le lit que je venais de quitter... Avais-je perdu la tête ? J'avais cour un peu plus tard, et ce n'était pas souvent qu'on me laissait dormir à satiété, alors pourquoi ce lever aux... et même avant l'aurore ? Je me retournai et frissonnai en posant mes pieds froids sur la pierre dont étaient faites les marches de l'escalier.

L'intérieur du Domaine était parfaitement calme.
Il n'y avait pas un chat dans l'escalier que je descendis dans le plus grand silence, ni au rez-de-chaussé où je parvins juste après. Je n'avais pas gardé les courbatures liés à l'examen (je ne m'y étais pas réellement dépensée, et puis ce n'était pas le but) mais les courbatures liées à mes entraînements de préparation à l'examen, si. Je ne pus m'empêcher de sourire en pensant à l'ironie de la chose.

Je ne parvenais toujours pas à me croire Alow-Til.
Comment admettre que j'en étais déjà à la moitié de mon apprentissage ? Improbable. Elya ? Elle, oui, elle était très douée, et géniale. Moi ? Impossible. Je m'installai sur le cadran de la fenêtre et attendis de voir le soleil se lever.

¤

J'arrivai bientôt devant les écuries.
Depuis le dernier cour et le dernier examen, j'y étais souvent revenue, et avais même commencé à monter à cru. Au trot, ce n'était toujours pas confortable –et cela ne le serait peut être jamais– mais au galop, je découvrais des sensations que la selle m'avait tout ce temps caché, et je me sentais alors plus que jamais proche de ma monture.

Dolce était déjà là, et Elya venait juste d'arriver.
Je laissais un sourire redessiner mes lèvres, estimant que je pouvais bien leur montrer que j'étais contente de les revoir puisque c'était le cas. Deux gros sacs traînaient derrière l'envoleur, et un furet était posé sur l'épaule de ce dernier... Fu, me semblait-t-il. Notre maître nous adressait un de ses sourires tranquilles.

Il commença son discourt par un fait important : qu'on allait voyager.
Mon sourire s'élargit ; mais il n'avait pas finit et continua en nous expliquant qu'il allait falloir emporter deux ou trois autres choses en plus de ce qu'il y avait dans les sacs : pour s'occuper des chevaux. Sur-ce, il nous adressa un clin d’œil avant de partir lui-même à l'intérieur de l'écurie. Pour ma part, je tournai la tête vers Elya et y lus la même flamme, la même excitation.

Je lui souris avant de me diriger avec elle vers l'intérieur de l'écurie.
Côte à côte, nous filâmes récupérer tout ce qu'il fallait pour prendre soin des chevaux. Tout d'abord j'allai rejoindre Lumière Noire, qui n'attendait que cela, puis je la brossai, peignai, décrottai ses sabots, et la scellai avec application avant de poser les étriers sur la selle et d'attacher les rênes à la porte du box et de refermer ce dernier pour rejoindre Elya.

Ensemble, nous énumérâmes tout ce que nous devions emporter pour ce voyage.
À deux, c'était certainement plus facile, et moi qui était si désordonné d'habitude –recevant le mauvais côté de l'artiste sans avoir pour autant hérité d'abord du bon, c'est à dire du talent– j'eus tôt fait d'en faire le tour et de rassembler tout, bien que je ne comprenne pas pourquoi Elya insista pour vérifier une, deux, et même trois fois si l'équipement était complet ! Pour moi qui aimais vivre au jour-le-jour, c'était un peu une perte de temps ; mais je ne fis aucun commentaire et aidai même Elya à tout revoir.

Finalement, je repartis délivrer Lumière Noire de son box et suivis Feu et Elya qui sortaient du bâtiment. Un léger gloussement s'échappa de ma gorge lorsque ma camarade lança un joyeux
"En route pour de nouvelles aventures !"

Finalement, j'arrêtai ma jument et attendis que Dolce parle ou nous fasse signe que nous y allions. J'avais conscience que ce cour était aussi important que les autres, mais comment effacer ce sentiment de légèreté ? Ce cours était visiblement le dernier avant l’Ahn-Ku... et la greffe !

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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Lun 13 Fév 2012, 21:50

Il prenait toujours autant de plaisir à s’occuper des chevaux.
C’était un fait, inébranlable. S’occuper des animaux faisait partie de lui, partie de sa nature. Fu sur l’épaule, il commença d’abord par rendre visite à Loyale, qui l’accueillit dans un hennissement retentissant. Riant devant autant d’extraversion, Dolce lui passa la main sur le chanfrein pour la saluer, et lui glissa quelques mots réconfortants. Il eut soudain très envie de la panser soigneusement, et en jetant un coup d’œil à ses apprenties, il décida qu’il aurait le temps de tout faire. Ainsi, il entra dans le box de la jument, qui piaffa de contentement, alors que Fu s’élançait déjà, s’agrippant à sa crinière pour se hisser sur son encolure, fier comme un paon. Le mustélidé était tout content de retrouver la vieille jument, et ils s’amusèrent un moment, alors que Dolce rendait Loyale aussi brillante qu’un sou neuf. Quand il eut terminé, il échangea une dernière caresse avec la jument, laissant Fu dans son box, et passa dans celui d’à côté pour s’occuper de Singa, qui en avait en l’occurrence plus besoin : il avait évidemment eu la bonne idée de se rouler dans la boue quelques heures auparavant, ce qui rendait l’opération plus longue et fatigante. Mais cela ne dérangea pas Dolce, qui prit vraiment plaisir à enlever toutes les plaques de boue qui barraient la robe du beau cheval isabelle.

Lui et Loyale semblaient bien s’entendre, en tant que voisins de box et paddock. Tant mieux, après tout, mais Dolce ne se risquerait de toute façon pas à lâcher l’étalon avec la vieille jument, cela aurait été prendre un trop gros risque, autant pour la santé de Loyale que pour tout ce que cela pouvait engendrer d’autre… Quand l’Envoleur en eut enfin fini avec sa monture, il la harnacha tranquillement, ajoutant les sacoches et lanières nécessaires à un long voyage, avec les deux sacs qu’il avait préparés.
Sortant Singa de son box, il modula un son très particulier avec ses lèvres, qui fit arriver Fu à toute allure : le furet grimpa habilement sur les parties ferreuses de la porte du box de Loyale, lança un dernier regard à cette dernière, avant de sauter sur la selle de Singa qui renâcla, surpris. Calmant le cheval, Dolce sourit en réalisant qu’il n’avait encore jamais rencontré le furet… Cela risquait d’être assez amusant, d’ailleurs.

Une dernière caresse à Loyale, et Dolce fit donc sortir sa petite troupe des écuries. Elya et Papillon ne tardèrent pas à arriver, avec un nouveau sac de nécessaire pour les chevaux, cette fois-ci. Il observa ce qu’il y avait dans ce dernier, en ôta quelques petites choses inutiles et qui prenaient de la place pour rien, ajouta deux ou trois autres babioles, avant de déclarer qu’ils étaient prêts.
Montrant à ses deux apprenties comment fixer les sacs à l’arrière des selles, répartissant bien le poids entre la gauche et la droite, mais surtout pour que ces derniers ne forcent pas sur les reins des équidés, ils firent les derniers ajustements rapidement, car tous les chevaux commençaient eux aussi à piaffer d’excitation.

Et cela se comprenait : autant Elya que Papillon semblaient heureuses de partir, et de voyager.
Dans un clin d’œil, il répondit à la boutade.

- Ne vous faites pas d’illusion…

Il planta un regard très sérieux dans ceux de ses apprenties, lèvres serrées.

- l’aventure, c’est de la rigolade. Vous allez souffrir…

Devant leurs mines surprises, il finit par éclater de rire…

- Allez, je blague… Enfin, qu’à moitié, mais ça vous vous en doutez ! On y va !

Enfourchant souplement Singa, repoussa Fu sur l’encolure de ce dernier, Dolce le flatta pour le rassurer – l’étalon n’avait pas du tout l’habitude de cette bestiole qui courait partout sur son corps. Dans un dernier sourire pour ses apprentis, Dolce fit faire volte-face à l’étalon isabelle, qui souffla impatiemment, avant de partir dans un pas presque dansant – il tentait de trotter, excité – sur un sentier non loin de là, au travers d’Ombreuse.

- On dit d’Ombreuse qu’elle abrite les plus féroces prédateurs… Vous en pensez quoi ?

Un demi-sourire sur les lèvres, l’Envoleur posa son regard sur ses deux apprentis.
Le bonheur de les voir ainsi, avancées sur la voie, si fortes, fit accélérer son cœur.
Et puis, inévitablement, une parcelle de son esprit pensa à Syndrell.
Secouant la tête, le jeune homme reporta son attention sur le moment présent. Sur la réponse de ses apprenties. Des apprenties qui semblaient s’apprécier de plus en plus fortement, et qui créaient des liens entre elles…
Un souffle, soupir-hommage, pour Gazia…

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Jeu 16 Fév 2012, 21:28

Lumière Noire piaffa, et je souris devant son impatience, en partie car je la partageais moi aussi.
Je flattais tendrement l'encolure de la jument noire aux côtés de laquelle je me trouvais. Une fois totalement prêts, Elya, Feu, Lumière Noire et moi sortîmes du bâtiment sans perdre plus de temps.

Une fois dehors, nous allâmes directement vers Dolce qui commença par inspecter ce que nous avions prit pour nous occuper des cheveux durant le voyage. Naturellement, il en retira certaines choses et en rajouta d'autres, mais dans l'ensemble j'eus l'impression que nous n'avions pas trop mal choisit et un léger sourire se mit à flotter sur mes lèvres.

Enfin, il déclara que nous étions prêts.
Même Lumière Noire redressa son beau chanfrein en attendant la voix claire et résonnante. Peut être sentait-elle que l'on partirait bientôt, en tous cas il restait quelques choses à faire. nous passâmes les minutes suivantes à répartir et fixer les sacs sur les chevaux, principalement à l'arrière des selles. N'oubliant pas que nous étions avant tout en cour, j'écoutai tout et tentait de retenir sinon tout au moins l'essentiel, ainsi que les gestes à avoir.

- Ne vous faites pas d’illusion…

Je me retournai, à l'instant en train de flatter l'encolure de Lumière Noire qui piaffait plus que jamais ; c'était Dolce qui venait de reprendre la parole. Il avait un regard sérieux, trop sérieux... mes yeux se plissèrent et je me demandai si le moment était tout de même bien choisit pour une réprimande de sa part.

- l’aventure, c’est de la rigolade. Vous allez souffrir…

Je ne pu empêcher un de mes sourcils de se relever avec ironie. Je crois qu'Elya comme moi en étions conscientes, mais le voyage, l'aventure, était réellement excitant même si il comportait des risques et douleurs... n'étions-nous pas censé être apprenties envoleuses ? Ce n'était pas un apprentissage aussi doux que cela, normalement... et nous avions été averties...

- Allez, je blague… Enfin, qu’à moitié, mais ça vous vous en doutez ! On y va !

J'eus un sourire mais ne dis rien, préférant enfourcher Lumière Noire.
Une fois sur son dos, je pris les rênes, posai le bout de mes bottes dans les étriers et regardait autour de moi pour voir vers où nous étions censés partir. Je vis juste Dolce faire faire volte face à Singa et sans réfléchir fit faire la même chose à Lumière Noire avant d'indiquer à cette dernière de s'élancer sur ses traces ; ce qu'elle fit sans hésiter.

J'arrivai à sa hauteur -nous cheminions sur un sentier qui serpentait au travers d'Ombreuse- lorsque Dolce se tourna vers nous et nous demanda avec un demi-sourire :

-On dit d’Ombreuse qu’elle abrite les plus féroces prédateurs… Vous en pensez quoi ?

Je penchai la tête sur le côté mais pris à peine le temps de réfléchir avant de répondre.

-Eh bien, si "on" le dit, c'est que ça doit être vrai... fis-je avec un sourire amusé accroché aux lèvres.

Cependant, une part de mon esprit avait prit cette remarque au sérieux, et je ne pus empêcher mes yeux de s'aventurer sur les bords de la piste...

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Dim 26 Fév 2012, 16:53

Feu s’ébroua un instant. « Alors qu’est-ce qu’on attend ? » semblait-il lui dire. Et Elya souriait. Le voyage avait quelque chose d’assez excitant, surtout que cette fois, elle ne serait pas seule. Un sourire flottait également sur les lèvres de Papillon. Lorsque les deux rouquines rejoignirent l’Envoleur juste au dehors des écuries, un éclat brillait dans les yeux de la jeune femme. Pour le moment, oubliés ses cauchemars, oublié cet éclat vert sans vie. Oublié la mort. Comptait seulement le moment présent, et rien d’autre.

Dolce vérifia rapidement le contenu des sacs que les deux apprenties avaient remplis, enleva quelques petites choses, en rajouta deux ou trois autres. Mais cela ne fut qu’un détail, car globalement, les deux jeunes femmes avaient plutôt bien trié le nécessaire du superflu. Il fallait ensuite fixer et répartir les sacs sur les selles de manière à ne pas gêner les chevaux dans leurs mouvement. Quelques conseils ne furent pas inutiles. Et alors qu’elle s’apprêtait à enfourcher l’imposant frison noir, Elya leva la tête, haussant légèrement un sourcil pour poser son regard émeraude sur l’Envoleur qui venait de répondre à sa boutade. La rouquine n’aimait pas ce regard si sérieux : elle ne savait jamais si, dans des situations comme celles-ci, Dolce plaisantait ou non. Pas d’illusions ? De la rigolade ? Souffrir ? Un léger sourire en coin naquit sur le bout de ses lèvres alors que ce dernier mot retentissait encore dans son esprit. Souffrir ? Ca m’étonnerait ! Elya jeta un regard bref à Papillon. Elle paraissait quelque peu médusée, bien qu’elle sache aussi bien qu’elle que la formation qu’elle avait entrepris était loin d’être facile. Mais quand même, ce n’était pas une raison pour leur saper le moral.

Trouble-fête…

Toutefois, devant leurs têtes déconfites, Dolce éclata de rire. Et Elya haussa les épaules, à moitié gagnée, elle aussi, par l’hilarité.

Ah ! Ah ! Ah ! Très drôle!

Un instant de légèreté, et elle se mit finalement en selle. La jeune femme fit pivoter Feu, laissant ce dernier suivre gaiement Singa et Lumière Noire. L’allure fière, la queue en panache, l’étalon n’aurait pas été contre d’un peu de vitesse. Sa cavalière dû réfréner quelque peu ses ardeurs, sans quoi, elle aurait vite semé Papillon et Dolce sur le sentier forestier qui serpentait entre les arbres d’Ombreuses. Et puis, alors que la jeune femme chevauchait aux côtés de Papillon et de Dolce, la question de ce dernier flotta un instant dans l’air avant que sa camarade, plus rapide qu’elle pour le coup, n’y réponde sans vraiment réfléchir.

Bien qu’elle se souvienne parfaitement de sa rencontre avec l’ours élastique dont elle avait empiété le territoire, Elya avait une toute autre idée de la chose. Elle sourit songeant à ces quelques minutes, avec un peu de recul, la scène paraissait un brin comique, mais c’était certain, sur le moment, la jeune femme n’avait pas tellement apprécié de se faire courser par cette énorme bestiole. Cependant, elle restait persuadée qu’Ombreuse était un endroit trop mal connu pour tirer des conclusions si vite. Après tout, la forêt n’était sûrement pas plus dangereuse que les plaines où les chances de tomber nez à nez avec un tigre des prairies étaient bien plus importantes, ou alors que les montagnes, territoire même des loups. Bien que ces derniers soient d’un naturel très peureux, ils peuvent parfois s’attaquer aux hommes. Et leurs techniques de chasse en meute peut s’avérer bien efficace.

Bref…
Elya coupa court à ses réflexions, et finit par inspirer, un léger sourire accroché aux lèvres.

- « J’y ai rencontré un ours élastique une fois. Je crois que je l’ai dérangé dans son repas, alors il a décidé de me courser… C’était pas cool ! Enfin, je ne vais pas m’étendre là-dessus, c’était assez pathétique quand j'y repense. »

Un regard pour Dolce, puis pour Papillon, avant de continuer.

- « A mon avis, il s’agit d’une légende plus qu'autre chose… »

Certes, chaque légende avait sa part de vérité, mais après tout le Domaine était tout proche. Elle soupçonnait fort que quelques Mentaïs et Envoleurs de garder secret le lieu même d’enseignement des principes, des fondements même du Chaos.
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Lun 27 Fév 2012, 17:27

- Eh bien, si "on" le dit, c'est que ça doit être vrai...

- J’y ai rencontré un ours élastique une fois. Je crois que je l’ai dérangé dans son repas, alors il a décidé de me courser… C’était pas cool ! Enfin, je ne vais pas m’étendre là-dessus, c’était assez pathétique quand j'y repense. A mon avis, il s’agit d’une légende plus qu'autre chose…


Dolce sourit aux réponses de ses apprenties.
Il n’aurait pas du tout pensé à la même chose à leur place. D’ailleurs, il pensait réellement à tout autre chose en disant cela, et en lançant cette question tout à fait ouverte. Le fait que les deux jeunes filles répondissent complètement autre chose que ce à quoi il s’attendait montrait bien qu’elles avaient gardé, autant l’une que l’autre, une liberté de pensée et une manière de le faire tout à fait personnelle. Et c’était tout à fait ce qu’il recherchait.

- Mm… Personellement, j’aurais plutôt dit que les plus grands de ses prédateurs allaient bientôt la quitter…

Lançant un regard entendu aux deux apprenties – parce que c’était d’elles et de lui-même qu’il parlait, évidemment – il serra légèrement les jambes sur les flancs de Singa, qui s’empressa de partir au trot – avec deux petites foulées de galop pour le plaisir de partir vite. C’est à cette allure intermédiaire qu’ils traversèrent une grande partie de la forêt Ombreuse, ce jour-là…


§§


- On ne s’arrête pas pour manger : prenez ça, c’est nourrissant, et on continue de monter à cheval.

Leur tendant un morceau de viande sèche, Dolce avait durci ses consignes depuis le début de la journée : il était plus de midi, et ils n’avaient pas ralenti, mais n’étaient pas non plus passés au galop. Il revenait sur bien des choses, quand à l’attitude des deux jeunes filles à cheval, et sur l’attitude de leur cheval aussi ; il fallait éduquer les uns et les autres, à ce qu’il en voyait.

Des défauts mineurs, mais qui s’agglutinaient, n’étaient pas mieux qu’un seul gros défaut majeur.
Alors, il pinaillait sur des détails, tandis que la journée s’étirait…


§§


- Encore dix ! Neuf ! Huit ! …

Dolce, debout, parfaitement droit, observait ses apprenties pendues par les genoux en train de faire travailler leurs abdominaux en remontant contre leurs cuisses. Non, mieux que les observait, il les coachait.

- Un… Encore dix ! Allez, un peu de nerf !

Il les faisait encore continuer. Toujours plus. Le soleil glissait lentement derrière l’horizon, tandis qu’elles s’affairaient encore à remonter, puis redescendre… Encore et encore. Jusqu’à ce qu’elles n’en pussent plus. L’une tomba, l’autre continua… Et finit aussi par tomber.


§§


Le chant d’un oiseau nuptial parvint jusqu’aux oreilles de la petite troupe qu’ils formaient, et qui venait de franchir la lisière d’Ombreuse. Une journée, c’était ce qu’il avait fallu pour atteindre la bordure Nord de la forêt, et les chevaux ne semblaient pas spécialement fatigués : ils avaient trotté une grande partie de la journée, ils avaient slalomé entre les troncs, ils étaient passés sous des branches pour assouplir leur cavalière, ils avaient dû franchir des obstacles divers, monter des dénivelés, dévaler des pentes ardues, ils avaient glissé sur des feuilles, passer des rivières, enjambé de hauts troncs… Autant d’exercices pour eux que pour leur cavalière.

Les cavalières en question semblaient particulièrement épuisées, autant l’une que l’autre. Gêne des muscles qui ont beaucoup travaillé d’un coup, elles s’étiraient régulièrement dans un sens ou un autre. Mais Dolce n’en avait pas fini : après tout, la nuit n’était tombée que depuis une heure, et ils n’avaient toujours pas de campement. Durant toute la journée, il avait trouvé des tonnes de petits exercices – abdominaux, monte à cheval, assouplissements divers et variés – pour les éprouver et améliorer toujours plus leurs capacités. Il avait décidé de se lancer jusqu’à Al-Poll avec elles, donc elles auraient tout le loisir – et lui aussi – de bien améliorer leur condition physique.

La lune était cachée derrière les nuages, et les chevaux trottaient toujours, maintenant sur le sol plus égal de la plaine. Ils allaient bientôt passer dans les Plateaux d’Astariul, et cela serait moins facile, et surtout moins simple de se déplacer sans se faire repérer par les prédateurs. Et encore, elles auraient peut-être une chance de leur échapper. Un sourire sur les lèvres, Dolce désigna un haut rocher, un peu plus loin, pour qu’ils fissent le camp.
Même s’il semblait que l’une et l’autre savaient déjà faire un feu de bois et tout le reste, l’Envoleur leur expliqua la base du campement, avant d’exiger qu’elles s’étirassent correctement avant de dormir.

Il prendrait le premier tiers.

- Elya, je te réveillerai quand cela sera ton tour. Puis, tu réveilleras Papillon.

Un sourire sur les lèvres, un soupir les franchissant, Dolce hocha la tête quand il vit les deux jeunes filles s’effondrer d’épuisement.

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Lun 27 Fév 2012, 21:17

Un sursaut, suivi d’un réveil brutal.
Cauchemar…
… Comme chaque nuit depuis un peu plus de deux semaines.

♠♠♠

Ombreuse, majestueuse avec ses grands arbres massifs – conifères, chênes et quelques autres – défilait doucement au rythme soutenu du trot puissant de Feu. Tout comme le cheval de Dolce, il était largement tenté de se lancer dans un galop effréné pour le simple plaisir de la vitesse. Et heureusement que Papillon et Lumière Noire trottaient gaiement au peu au devant, sinon le frison aurait certainement fait quelques démonstration de force face à Singa. C’était un peu le souci avec les animaux, surtout quand on avait affaire à deux mâles dominants.

Les plus grands de ses prédateurs allaient bientôt la quitter…

Elya appréciait clairement l’idée, et à vrai dire, elle avait songé à cette possibilité quelques minutes plus tôt. Le regard de Dolce avait fait froncer les sourcils un instant : l’évidence mit un certain temps avant de faire son chemin jusqu’à son cerveau. Il venait en fait de parler d’eux, eux trois, elle et Papillon comprises. Une sensation de fierté l’avait envahie un court instant avant qu’elle ne reprenne son sérieux. Une longue journée l’attendait, elle en était consciente.

♠♠♠

À ce rythme endiablé, la mi-journée pointa rapidement. La jeune femme était loin d’avoir faim, ou alors, elle ne le sentait pas. Et si Dolce ne leur avait tendu à chacune un morceau de viande séchée, elle aurait certainement continué sans réaliser qu’elle n’avait rien dans le ventre depuis le matin – une malheureuse pomme avalée en guise de petit-déjeuner. Toujours en selle, elle ne rechigna pas à manger ce plein de protéine qui fut d’ailleurs vite englouti. Le regard émeraude profond de la rouquine brillait d’une attention et d’une concentration extrême. Elle buvait chaque parole, chaque conseil était précieux. L’Envoleur semblait désormais s’arrêter beaucoup plus sur des détails, alors qu’auparavant il restait bien plus général.

Dolce ne les laissait pas souffler une seule seconde…

♠♠♠

… Et il leur avait tout fait subir : notamment les interminables séries d’abdominaux. Toujours insatisfait, à chaque fois que les deux rouquines en achevaient dix à la suite, l’Envoleur les faisait recommencer. Allez ! Et de une, deux, trois et ainsi de suite.

Ma parole, il est sacrément en forme !

Elya avait bon pester intérieurement : ce n’était pas vraiment ce qu’elle appréciait le plus. À vrai dire, elle trouvait cela même long, ennuyeux et répétitif. Mais elle ne broncha pas une seule fois. La jeune femme se contenta de suivre le rythme imposé par Dolce : monter, descendre, monter, descendre – inspirer, expirer, inspirer, expirer. Et à chaque mouvement descendant, les dernières lueurs du soleil couchant faisaient briller étrangement l’éclat vert des yeux de la rouquine. L’Envoleur ne les fit s’arrêter que lorsque l’une des deux apprenties lâcha littéralement prise et tomba, rapidement suivie de la deuxième. Elles avaient franchement une drôle d’allure, et quelques feuilles mortes accrochées à la crinière flamboyante d’Elya témoignaient de sa chute.

Loin d’avoir mal, la jeune femme prit quelques secondes pour sentir ses muscles chauds tirer sévèrement. Elle plissa le nez en songeant que Papillon au contraire, allait sûrement se souvenir de ces séries d’abdominaux cette nuit.

♠♠♠

Elya ne fut pas mécontente du tout de mettre enfin pied à terre une fois passée la lisière d’Ombreuse. Feu semblait presque tout frais, alors qu’elle était complètement lessivée. Elle eut une vague d’espoir que d’ici à ce qu’ils atteignent Al-Poll, elle ait récupéré une heure ou deux de sommeil en plus. Dolce avait redoublé d’inventivité en cette première journée de voyage, et cela promettait pour les jours suivants. Au moins, elle ne risquait pas de s’ennuyer une seule seconde à un rythme pareil.

Le premier réflexe une fois au sol fut de faire à nouveau quelques étirements et assouplissements avant de fixer le camp avec Papillon, qui semblait tout aussi éreintée qu’elle-même, sinon plus. Une fois le feu allumé et entretenu à tour de rôle, Dolce ne tarit pas d’explication quant à la manière d’établir un bon campement. La jeune femme savait déjà un certain nombre de choses, mais sur d’autres point en revanche, elle écouta attentivement ce que l’Envoleur avait à dire.

Et puis, encore des étirements, histoire de ne pas se retrouver trop courbaturée le lendemain matin. Tout cela avant de s’enrouler dans sa couverture chaude. Elle hocha la tête aux paroles de Dolce se rappelant qu’il n’aurait sans doute pas besoin de la réveiller. Enfin, cela ne l’empêcha pas de soupirer d’aise à peine allongée, et de fermer les yeux aussitôt, rattrapée par la fatigue.

♠♠♠

Noah
Éclat vert brillant de haine
Sang éclaboussé
Regard vide
Mort
Désespoir
Peur

♠♠♠

Un sursaut, suivi d’un réveil brutal.
Cauchemar…
… Comme chaque nuit depuis un peu plus de deux semaines.

Le cœur de la jeune femme battait la chamade et elle mis un certain temps avant de reprendre ses esprits, et de comprendre ce qu’il se passait. Cauchemar, encore une fois. Tandis que les dernières bribes de ces mêmes images disparaissaient peu à peu, elle se redressa. Se prenant doucement la tête dans ses mains, elle attendit que sa respiration se calme et ralentisse. Un regard à Papillon lui apprit qu’elle dormait profondément. C’était certain, elle l’enviait. Malgré son épuisement, elle savait pertinemment qu’elle ne réussirait plus à trouver le sommeil. Alors Elya se leva, pour rejoindre Dolce qui veillait toujours. Elle avait dû dormir à peine deux heures, moins que d’habitude. En s’asseyant à côté de son mentor, la rouquine murmura d’une voix un peu éraillée.

- « Je n’arrive plus à dormir… »
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Mer 29 Fév 2012, 22:39

- Cauchemards ?
Tu sais Elya, je ne pourrais pas les chasser. Il n'y a que toi pour le faire. Et pour cela, tu dois te faire confiance.





[ Papillon, je réponds parce que je pense que c'est une "urgence" ^^
Mais si tu veux répondre à ton tour, n'hésite pas. Tu peux très bien être réveillée par nos bavardages... Wink ]

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Mer 29 Fév 2012, 23:25

- « L'ennui, c'est que j'ai l'impression d'avoir totalement perdu le mode d'emploi...

Ca me poursuit! Je ne sais plus quoi faire.
C'est pourtant la deuxième fois que je vis une situation pareille, je devrais y être habituée non?
»
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Dim 04 Mar 2012, 13:39

J'inspirai profondément.
Les frondaisons vertes et noires d'Ombreuse éclaboussaient les alentours de tâches de lumières tandis que nous filions à travers la forêt sombre. Moi, accordé à l'allure de Lumière Noire, me laissait presque emporter par l'instant majestueux et confiais presque son libre arbitre à ma jument –ne la laissant pas s'écarter du chemin toutefois.

"Les plus grands de ses prédateurs allaient bientôt quitter Ombreuse"
Voilà ce que Dolce avait répondu, concluant la conversation, et je mis un certain temps à comprendre qu'il ne parlait pas de chasse, mais bien de nous trois : lui-même, Elya et moi. Une légère bouffée de fierté m'embrasa un instant, avant d'être happé par la véritable Ombreuse, qui m'entourait : je n'étais rien face à la puissance sauvage de cette forêt millénaire ou de ses brûleurs, ça, c'était un fait...

¤

Nous trottâmes toute la matinée.
À ce rythme, la mi-journée arriva vite et je commençai à sentir comme un vide au creux de mon estomac... cependant, je n'en laissai rien paraître. Enfin, jusqu'à ce que Dolce nous tende à chacune un morceau de viande séchée, que je dévorai sans plus tergiverser.

Cependant, Dolce ne nous laissa pas souffler !
Tout au long des heures qui suivirent, il passa tous nos défauts équestres au crible, passant sur mes genoux trop contractés, sur mon dos légèrement raide ou mes rênes un peu lâches, sans oublier de faire des remarques à Elya également. Malgré cela, je souriais intérieurement. Dolce avait raison, Lumière Noire ne devait pas devenir la seule à faire des efforts.

¤

- Encore dix ! Neuf ! Huit ! …

Notre maître était sacrément en forme.
Les genoux pliés autour d'une branche, je serrai les dents. Dolce était peut être un peu dur, mais pas question de décrocher. Je remonterai et descendrai, jusqu'au bout... quitte à ne plus pouvoir bouger demain.

- Un… Encore dix ! Allez, un peu de nerf !

Un vrai coach.
Je ne savais plus si c'était le soleil que je voyais glisser lentement vers l'horizon à chaque fois que le haut de mon corps redescendait, mais il était de plus en plus bas... et dix, et dix, et encore dix ! Je perdis vite le compte pour me concentrer sur la voix de Dolce qui rythmait mes gestes. J'étais de plus en plus lasse... je ne sais pas qui tomba la première, mais je me retrouvai soudain au sol, totalement sonnée et incapable de bouger.

¤

Tout à coup, la lisière d'Ombreuse fut là.
C'était impressionnant de constater à quel point le sous-bois était en réalité crépusculaire comparé au dehors. Quand il fallut mettre pied à terre, je n'eus aucun mal à descendre souplement de Lumière Noire... par contre, je pressentais à mes muscles déjà endoloris que cette nuit allait être très, très longue, partagée entre les souvenirs de chevauchée et ceux de séries d'abdominaux...

En arrivant au sol, le premier réflexe d'Elya fut de faire de nouveau des étirements et assouplissements. Je souris en songeant que sans elle, j'aurais pu m'affaler à même le sol et m'endormir, pour le lendemain ne plus pouvoir esquisser un geste... avec un sourire de remerciement, je me mis moi aussi à m'étirer, quoique ce fut difficile d'étirer mes abdominaux, déjà douloureux.

Puis, nous nous mîmes toutes deux à fixer le camp grâce à l'aide de Dolce, car je n'avais fait cela que quelques fois et ne connaissait pas les bons gestes, ayant dû apprendre seule, uniquement à l'instinct pour ainsi dire. Une fois le feu allumé et entretenu à tour de rôle, Dolce se mit en tête de tout nous expliquer sur l'art et la manière d'établir un bon campement. J'essayai d'écouter avec attention, mais ma tête bourdonnait et des étoiles dansaient devant mes yeux, ce qui ne me rendait pas la tâche facile.

Après cela, nous nous étirâmes encore, et cette fois-là fut encore plus douloureuse que celle d'avant, car mes muscles commençaient déjà à se gripper. Finalement, nous pûmes aller nous enrouler dans nos couvertures après s'être vu répartis chacun un tiers de la nuit à surveiller. Je m'allongeai sur ma couchette, le visage tourné vers le feu, et fermai les yeux.

Et là, mauvaise surprise : il m'était impossible de m'endormir malgré ma fatigue.
J'avais eus raison, mes abdominaux me faisaient atrocement souffrir et m'empêchaient de fermer l’œil. Je me tournai et me retournai, essayant de trouver la meilleure position pour céder enfin au sommeil, mais mes muscles endoloris se battaient contre ma fatigue et leur lutte m'empêchait de prendre avec plaisir ces heures de sommeil généreusement accordées par Dolce.

J'allais enfin m'endormir, la douleur enfin terrassée par le sommeil, quand, dans mon dos côté foyer, j'entendis Elya se lever. Un instant plus tard, elle murmurait d'une voix éraillée qu'elle n'arrivais plus à dormir. Mes oreilles se tendirent d'elles-mêmes.

Elle aurait certainement mal pris le fait que j'écoutai leur conversation, je ne dis donc rien et mes yeux à-demi fermés se posèrent sur une touffe de menthe poivrée, juste devant mon visage. Comme j'aurai voulu aider Elya ! Mais elle ne voulait certainement pas de mon aide, nous étions amies, pas parentes ou amantes. Je ne pus m'empêcher de respirer un peu plus profondément pour capter l'odeur de la plante aromatique. J'aimais la menthe poivrée. Peut être m'aiderait-elle à me calmer ou à réfléchir à une solution ?

*
Quelle solution ? demanda une partie de moi. Même si il y avait une solution, personne ne t'a demandé de la chercher, idiote.* Je fronçai les sourcils et répliquai : *Peut être, mais je m'inquiète et tu ne peux pas m'en empêcher !*L'autre voix ne répliqua pas, mais je savais qu'elle n'en pensait pas moins et qu'il faudrait plus qu'un échange comme celui-là pour me convaincre que je ne pouvais pas l'aider. Je me retins de soupirer et écoutai plutôt la réponse que Dolce lui donnait...

*
Bonne idée ça, laisse donc ton maître s'occuper de ça, petite poule mouillée. (je manquai de grincer des dents) Après tout, c'est vers lui qu'Elya s'est tournée...
–Simplement parce que c'est Lui qui est de garde pour cette partie de la nuit !* rétorquai-je d'un ton qui n'admettait pas de réplique.

Ma dispute intérieure fut interrompue par la réponse de Dolce puis celle d'Elya.
- Cauchemards ?
Tu sais Elya, je ne pourrais pas les chasser. Il n'y a que toi pour le faire. Et pour cela, tu dois te faire confiance.


- L'ennui, c'est que j'ai l'impression d'avoir totalement perdu le mode d'emploi...
Ça me poursuit! Je ne sais plus quoi faire.
C'est pourtant la deuxième fois que je vis une situation pareille, je devrais y être habituée non?


Je me mordis la lèvre.
Même l'odeur de la menthe poivrée ne pouvait pas m'aider à m'endormir à ce stade. Sans réfléchir, je me retournai sur ma couchette et me levai sur un coude, une interrogation dans mes yeux vert feuille.

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Ven 09 Mar 2012, 13:18

- Je ne pense pas que l'on puisse s'habituer à ça...

( Soupir )

- Tu peux te lever, Papillon, tu sais...

( Sourire )

- Il me semble que le meilleur moyen de ne plus faire de cauchemar reste à être complètement épuisé, et de ne pas pouvoir attendre avant de dormir...

Vous savez, il faut le dire si vous voulez continuer des exercices !


( Ton légèrement moqueur, pour alléger l'atmosphère ^^ )

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Sam 10 Mar 2012, 12:23

- « Mais je n'ai aucune difficultés pour m'endormir! C'est juste qu'après, c'est réglé comme une horloge, et je ne dors jamais plus de trois heures...

(Un regard pour Papillon, et puis, pour Dolce)

Chiche!

(Tire la langue)

Après tout cette partie de l'Empire n'est pas inintéressante la nuit! »

(Air malicieux)


Dernière édition par Elya Vowel le Sam 10 Mar 2012, 13:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Sam 10 Mar 2012, 13:02

(se lève, vient près d'eux et s'assoit)

-Bonsoir

(sourit)

–Chiche !

–Tout à fait d'accord avec toi Elya, c'est encore plus intéressant la nuit... et, plus frais aussi.


(frissonne, joue la comédie)

–Qu'est ce qu'on décide ? Une course dans le noir ?

(air à la fois malicieux et ironique)

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Dim 11 Mar 2012, 22:39

- Qu'est ce qu'on décide ? Une course dans le noir ?

Dolce sourit à la répartie de Papillon. Autant l’une que l’autre semblaient déterminées à vouloir continuer les exercices ; cela ne pouvait qu’être une bonne chose, et cela démontrait de leur motivation, évidemment. Et cela donnait, de même, une grande satisfaction à l’Envoleur, qui s’enorgueillit de la fougue de ses deux apprenties. Un sourire sur les lèvres, il se redressa donc lentement sur ses jambes, un air pensif sur le visage.

- Une course ? Petite joueuse…

Et puis, il planta son regard dans celui de ses deux apprenties.

- Et bien, qu’attendez-vous alors ? Préparez vos chevaux, on y retourne.

Faisant de même avec Singa, il sourit quand il vit que l’étalon ne semblait pas se formaliser du fait qu’il fît noir : après tout, combien de fois l’avait-il emmené dans des chasses nocturnes ? Combien de fois s’étaient-ils déplacés de nuit ? Assez pour que l’étalon ne fût pas le moins du monde étonné qu’il le sellât à une heure aussi tardive.

Lorsque les deux jeunes filles furent prêtes, il leur adressa un large sourire, voyant leur regard interrogatif. Prenant une légère inspiration, il fit durer le plaisir de les voir en attente, à l’affut, allongeant la durée du suspens dans l’air. Forcément, au bout de quelques secondes il n’y tint plus, et annonça donc :

- Donnez-moi les guides de vos chevaux. On va commencer par Elya. Papillon, tu lui montes dessus, sur le dos, et jeune fille… tu vas courir. On va alterner les positions et celle qui porte, évidemment. Mais à toi l’honneur de commencer !

Courir simplement aurait été trop simple, c’est un fait. Et cet exercice permettrait aux deux apprenties à ressentir leur centre de gravité durant leur course, et de l’adapter au poids qu’elles étaient obligées de soulever. Pour l’instant, Papillon était sur le dos d’Elya. Mais cela n’allait pas durer.

Mettant tout le petit monde d’équidés au pas, Dolce sentit Fu qui se réveillait dans sa sacoche, jetant un coup d’œil à l’extérieur, avant de s’y remettre pour terminer sa nuit ; en voilà un qui avait parfaitement sommeil, et qui ne souffrait pas de cauchemars ou d’insomnies. Dolce laissa donc Elya marcher quelques minutes, avant de l’envoyer courir doucement, lui-même courant tranquillement à côté, les chevaux en longe.
Il fit ainsi travailler Elya pendant une demi-heure, avant de leur demander d’inverser les rôles. Chaque session durait une demi-heure. D’abord, elles se portèrent sur le dos. Puis sur les épaules ; puis comme des mariées en entrant dans la maison. Trois heures passèrent ainsi, et s’il entendit plusieurs fois les jeunes filles crier grâce, Dolce ne lâcha pas l’affaire : elles voulaient être fatiguées ? Elles allaient être servies !

Lorsqu’elles eurent enchaîné les trois positions chacune, il les fit donc courir en sprints fractionnés. Hop hop, courir le plus vite possible, jusqu’à son signal… repasser dans un petit trot. Encore une fois, repartir le plus rapidement possible… Encore et encore. Une heure durant, il les fit faire cela, jusqu’à décider que cela suffisait – ce n’était pas forcément très bon pour le corps, à long terme – et les fit continuer de courir en endurance pendant encore une heure.

Le soleil se levait, lentement, à l’horizon. Autant Elya que Papillon étaient rouges comme des écrevisses, et avec leur chevelure rousse, elles étaient comiques à voir. Dolce changea donc de tactique, et les mit à faire un nouvel exercice : déjà, elles devaient monter à cheval. Puis, on commençait au trot, alors que Dolce les tenait en longe, il leur demanda de relâcher les étriers, et de faire quelques figures de voltige : passer d’un côté et de l’autre du cheval, en venant prendre une impulsion sur le sol, et sauter par-dessus la croupe… recommencer, encore et encore. Puis, par-dessus l’encolure… Travail de la souplesse, de la réactivité, du rythme – parce que ce fut fait au trot et au galop – mais aussi de l’assiette ; c’étaient de la même manière des premières bases du combat à cheval : ne pas être entravés par ce dernier, savoir connaître son anatomie et son fonctionnement pour tirer profit de chaque seconde, à n’importe quelle allure…

Les chevaux, peu habitués à avoir des gens qui gesticulaient autant sur leur dos, eurent eux aussi une certaine période d’adaptation. Mais cela ne fut pas non plus trop long…

Le soleil atteignait presque son apogée dans le ciel, quand Dolce arrêta enfin les montures. Tendant un morceau de viande sèche ainsi qu’une galette de niam froide à chacune de ses apprenties, un sourire sur les lèvres, il lança :

- Vous êtes fatiguées !

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Papillon Til'Maavon
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Lun 12 Mar 2012, 03:19

Ma petite phrase tira un sourire à Dolce.
Le temps d'un ou deux battements de cœur, je me pris moi aussi à sourire. C'est alors qu'il se releva lentement en lançant en réponse un
"Une course ? Petite joueuse…" qui me fit l'effet d'un éclair. Immédiatement, mon regard se posa sut mes cuisses et mon ventre. Ces jambes qui me faisaient souffrir de la chevauchée d'une journée entière ; ces abdominaux que je n'arrivais plus à bouger à cause de ces maudites séries de musculation...

Je relevai les yeux vers Dolce.
Dolce qui nous lança un joyeux
"eh bien, qu'attendez-vous ?" et nous enjoignit de préparer les chevaux. Je devais bien avouer que je le sentais... assez mal. Un sourire redessina cependant mes lèvres et je m'obligeai à me lever aussi souplement que possible de la position assise –si confortable...– dans laquelle je me trouvais, pour me diriger d'un pas certain vers ma jument attachée un peu plus loin.

Lumière noire henni doucement en nous voyant approcher.
Il faut dire qu'elle n'avait pas pour habitude de se faire réveiller en pleine nuit pour vadrouiller au clair de lune.
"Il y a un début à tout" me dis-je simplement en préparant la jument qui paraissait légèrement mal à l'aise à cause de l'heure tardive. « Avec ce nom, tu ne devrais pas avoir peur du noir, hein ma belle » fis-je d'un ton bas et d'une voix rassurante rassurante avant le lui flatter l'encolure puis de revenir vers Dolce, bride en main.

Une interrogation s'était allumée dans mes yeux verts.
Il faut bien l'avouer, malgré mes courbatures, malgré la fatigue de mon corps, malgré toutes les douleurs diverses et variées que je subissais, j'étais véritablement joyeuse à l'idée que nous nous échappions d'un planning, que nous ne suivions plus des choses décidées à l'avance, et puis j'étais excitée par le suspens qu'il s'amusait à tenir, mais surtout j'étais attisé par l'idée de continuer les exercices. Parce que oui, les exercices de notre maître, je les adorais...

– Donnez-moi les guides de vos chevaux, fis Dolce. On va commencer par Elya. Papillon, tu lui montes dessus, sur le dos, et jeune fille… tu vas courir. On va alterner les positions et celle qui porte, évidemment. Mais à toi l’honneur de commencer !

...enfin, qui sait si je ne les détestais pas aussi.
Je fermai les yeux un instant. Pas mal. Ç'aurait été avec Onde, je l'aurai fait avec une joie extrême à l'idée de lui compliquer la tâche, or ici c'était tout simplement impossible, Elya... je croisai alors regard de cette dernière. J'y lu –cru y lire ?– un acquiescement. Je n'aurais qu'à me dire que ça l'aidera à être assez fatiguée pour ne pas faire de cauchemars. Un mince sourire redessina mes lèvres et je hochai la tête, avant de la retourner vers Dolce.

Durant une demie-heure, il la fit courir doucement avec moi sur le dos.
Durant ce tour, je m'appliquai à ne pas bouger et à m'agripper à elle de façon à n'entraver ni sa respiration ni ses mouvements. Ce n'était pas si facile que cela, et c'était surtout sans compter sur les courbatures et autres qui me tiraillaient toujours mais que j'avais pris soin de reléguer dans un coin de ma tête.

Cette demie-heure passée, nous inversâmes les rôles.
Durant une demi-heure, je courus avec Elya sur le dos. J'appris à mieux percevoir mon centre de gravité, et ce ne fut pas si ardu que je le pensai de prime abord... mais il n'en avait pas finit. Après le dos, ce fut sur les épaules que nous eûmes à nous porter ; puis dans les bras. Mes muscles criaient grâce, certes, mais mes lèvres, elles, était bien fermées –enfin, presque.

Ces trois positions faites –ce qui pour une demi-heure chacune s'éleva à trois heures– il nous fit courir des sprints, des petits trots, des sprints, des petits trots... encore et encore, pendant au moins une heure –je dois avouer que pour le coup je vis cette heure beaucoup plus longue qu'elle ne l'aurait dû– avant de nous faire continuer à courir à notre rythme pendant une heure, encore.

Je jetai un coup d’œil à Elya.
Elle était rouge. J'eus un sourire en me disant que je devais être pareille, puis un deuxième en me disant qu'il devait être rare qu'il y ait deux filles identiques –les roux étant tout de même assez rares– dans le même groupe d'envoleurs.

Ce que nous fîmes ensuite fut plutôt amusant.
Enfin dans la mesure où quelqu'un de particulièrement courbatu fait un exercice destiné à consolider sa souplesse. N'empêche que j'appréciai cet exercice-là –plus que la course, en tous cas. Déjà, nous devions monter à cheval puis arriver au trot, là nous relâchions les étriers pour poser les pieds d'un côté du cheval, et d'une impulsion nous remettre de l'autre côté –passant d'abord au-dessus de la croupe puis au-dessus de l'encolure. Lumière Noire fut d'abord un peu énervée par mes gesticulations, puis se calmait d'elle-même lorsqu'elle passait au galop –de loin son allure favorite.

Puis les exercices prirent fin. Nous eurent droit chacune à un morceau de viande sèche et une galette de niam froide car le soleil approchait de son zénit, puis Dolce nous lança joyeusement :

- Vous êtes fatiguées !

Je pris le temps de dessiner un sourire sur mes lèvres avant de répondre.

-Et j'imagine qu'on va aller dormir à présent ?
lançai-je, ironique –ou l'art d'être insolente mais avec un grand sourire pour que personne ne puisse vous en vouloir.

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Mar 13 Mar 2012, 12:51

Elya chassa ses soucis d’un revers de main, comme l’on pouvait repousser un misérable insecte particulièrement gênant, alors que Papillon les rejoignait apparemment ravie de se voir invité par Dolce. Et bien, du coup, elle n’était pas la seule à ne pas savoir dormir ici. Si elle ne s’attendait pas à ce que son amie répondît de la même manière qu’elle-même à la boutade de l’Envoleur, elle n’en fut pas moins contente, soulagée même. Depuis ces quinze derniers jours, elle redoutait franchement le moment où elle était tellement fatiguée qu’elle s’endormait sans s’en rendre compte. Au bout d’une trentaine d’heures, le sommeil finissait toujours par gagner, malgré tous ses efforts pour lutter.

Son éternel sourire accroché aux lèvres, Dolce se leva, lentement. La rouquine le suivit des yeux un instant avant de l’imiter. Il semblait apparemment lui aussi décidé à continuer, ce qui arrangeait bien la jeune femme, elle devait l’avouer. S’ils devaient passer tous les trois la nuit éveillés, autant qu’ils occupassent leur temps intelligemment. Et l’Envoleur paraissait avoir sa petite idée sur le sujet. Parce que sitôt Feu scellé – ce dernier étant habitué depuis quelques temps à des balades nocturnes, n’avait pas bronché lorsque sa cavalière avait commencé à s’affairer autour de lui – Dolce s’était tourné vers les deux apprenties, laissant le suspens planer quelques secondes qui lui parurent durer une éternité. Elya jeta un regard en biais à Papillon, qui avait l’air tout aussi dubitative qu’elle-même.

Mais qu’a-t-il donc en tête ?

La réponse à sa question ne tarda pas à tomber. Une course à pied ? C’eût été trop simple. Il fallait bien y rajouter une petite difficulté pour pimenter l’exercice, et pour la première fois, la jeune femme songea que l’Envoleur était particulièrement inventif en matière de torture. Enfin, après tout, c’était elle-même qui l’avait demandé, ainsi que Papillon. Il fallait donc accepter les conséquences de leur masochisme. Grimaçant d’abord, Elya finit par sourire. Ce fut donc sans protester le moins du monde qu’elle laissa une Papillon, quelque peu hésitante d’abord, se hisser sur son dos. La rouquine vacilla un instant, le temps de s’habituer au poids de son amie qui venait de s’ajouter au sien. Plus petite qu’elle-même, Elya eut tôt-fait de la placer de façon plus ou moins confortable et qui, surtout, n’entraverait pas sa course.

Dolce commença par la faire marcher quelques minutes, pour lui permettre à la fois de s’habituer au poids de Papillon et à son nouveau centre de gravité. Et puis, il fallut accélérer. Si elle trébuchait parfois, Elya parvenait toutefois à garder un rythme soutenu durant une grosse demi-heure, au terme de laquelle, les deux jeunes femmes inversèrent les rôles. Et ce fut elle qui se hissa sur le dos de Papillon à son tour. Bien qu’elle ne sache pas trop que faire de ses jambes, longues et encombrantes, elle appréciait cette sensation de légèreté et le vent qui fouettait son visage. Dolce, juché sur Singa, avait mis les équidés au trot.

Et puis, les filles enchaînèrent encore, chacune leur tour, différentes positions, par tranches de trente minutes. Elya sentait que ses joues chauffaient sévèrement et après un coup d’œil à Papillon qui était rouge vif, elle se dit qu’elle devait vraiment lui ressembler à présent. Cela semblait d’ailleurs amuser l’Envoleur. Mais la jeune femme ne fit que hausser les épaules, ne s’en formalisant pas. Après tout, les roux avaient d’ors et déjà cette qualité que leur peau s’accordât plutôt bien avec la couleur de leurs cheveux. Cette pensée manqua de faire éclater de rire la rouquine suivait à présent attentivement les consignes du prochain exercice, tout aussi original que le précédent. Voltige ? Intéressant…

Après donc trois longues heures où les filles coururent sans broncher avec l’une sur le dos de l’autre, Dolce les fit travailler à cheval. Elya eut un petit temps d’adaptation, essayant sans relâche de trouver la manière la plus simple et la plus efficace de ne pas entraver les mouvements souples de Feu. Sauter à terre, accompagner l’étalon quelques secondes dans sa course, remonter et passer de l’autre côté de la scelle. Cela demandait énormément de souplesse et de coordination. Pas facile au début, elle venait relativement rapidement à mesure qu’elle enchaînait les bonds. Sauter, bondir, passer de l’autre côté. Légère, si légère. Encore. Encore. Encore…

Enfin, Dolce s’estima satisfait alors que le soleil atteignait doucement mais sûrement son zénith. Attentive à elle-même, Elya pouvait dorénavant sentir ses muscles la tirer quelque peu, chose à laquelle elle n’aurait jamais songé à y prêter attention à peine deux ans auparavant. Alors que l’Envoleur leur tendait à chacune leur repas de la demi-journée, il afficha un sourire triomphal. Ah ça !! Pour sûr, il les avait tué. Mais, malgré tout, Elya savait parfaitement ne pas encore avoir atteint sa limite. Et de toute façon, elle était parfaitement incapable de dormir en journée. Affichant un sourire malicieux, elle lança à son tour une boutade parfaitement ironique.

- « Fatiguée ?Jamais de la vie ! »

Son regard émeraude brilla un instant, curieuse de savoir ce que Dolce prévoyait de faire pour la seconde partie de cette belle journée ensoleillée.
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Mer 14 Mar 2012, 21:22

Un éclat de rire franchit les lèvres déjà étirées en un sourire de Dolce.
Décidément, ces deux jeunes filles voulaient vraiment en découdre ! Et il devait avouer que cela lui plaisait d’autant plus. Si bien partis, ils n’allaient pas s’arrêter en route, de toute façon, et c’est donc sans transition qu’il se leva pour les faire à nouveau courir.
Mais encore une fois, il n’allait pas se contenter d’un quelconque footing, loin de là.

Décidant de continuer de leur faire travailler réflexes et souplesse, il leur montra donc un enchaînement de figures de gymnastique à faire. D’abord une roue, puis une roulade, suivie d’une rondade, de sauts divers, de tours sur soi-même… Et tout cela en avançant, évidemment !
Sauter, haut et loin, n’était pas donné à tout le monde. Les corps s’adaptaient, avec l’entraînement, évidemment. Les deux jeunes filles en étaient parfaitement capables, mais enchaîner ainsi les figures demandait plus que de la simple souplesse ; cela demandait une certaine endurance, en plus d’une dextérité puissante et présente dans l’étirement.
Il les força à faire ainsi une heure, avant de les lancer dans un nouvel exercice.

Chaque nouvel enchaînement était plus dur, plus long, plus épuisant. Il leur fit passer en revue toutes les capacités physiques possibles et imaginables, sans cesse plus audacieux, plus inventif. Ce n’étaient pas les idées qui manquaient, après tout, avec les trois années que lui-même avait offert à son Maître ! Et à ce moment-là aussi, il y avait Gazia, avec lui. Ils étaient deux, comme là elles l’étaient aussi.

Les heures s’étiraient, toujours plus. Et ils approchaient d’un massif rocheux assez imposant. Un sourire sur les lèvres, Dolce conduisit donc toujours dans de nouveaux exercices, les deux jeunes filles au pied de ce dernier. Ils y arrivèrent lorsque le soleil venait effleurer l’horizon de la périphérie de sa luminosité. Un sourire sur les lèvres, Dolce s’arrêta donc le long de la paroi, laissant Papillon et Elya reprendre toutes les deux leur souffle. Les chevaux, quand à eux, ne semblaient pas essouflés le moins du monde : après tout, même si elles couraient, elles ne les faisaient jamais galoper, elles n’étaient pas assez rapides pour cela. Surtout avec les exercices qu’il leur faisait faire !

Un sourire satisfait sur le visage, Dolce leva donc la tête vers la pierre verticale qui les surplombait, tandis que la pénombre s’installait doucement. Il trouva une corniche du regard, et plissa les paupières. Avant de s’adresser directement aux deux apprenties :

- Et bien, on va maintenant grimper ! Le but est d’arriver le plus rapidement possible à cette corniche, là-haut. Vous la voyez ? Je mettrais ma main à couper qu’elle cache une avancée dans la montagne, dans laquelle on pourra dormir tranquillement.

Un nouveau sourire étira ses lèvres.

- Allez-y, je vous suis.

Force tranquille, l’Envoleur regarda donc les deux jeunes filles commencer à escalader la paroi. Les prises étaient peu nombreuses, et pas vraiment confortables ; toutes autant qu’elles y étaient. Et le soleil qui se couchait donnait des ombres étranges sur la paroi, faussant la vision. Il devait y avoir une quinzaine de mètres tout au plus, mais l’escalade n’était pas facile.

C’est d’ailleurs pour cela que Dolce resta proche de ses deux apprenties.
Prêt à bondir à tout instant…

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Papillon Til'Maavon
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Lun 26 Mar 2012, 00:49

Un éclat de rire.
Dolce, encore un fois, riait à l'une de nos boutades –celle d'Elya ou la mienne, impossible de savoir– avant de retrouver son sérieux. Je souris à mon tour : quelle bonne ambiance avait ce cour depuis quelques temps !

Comme promis, nous ne nous arrêtâmes pas là.
Il nous fit nous remettre de nouveau à courir, et mes jambes en souffrirent comme jamais, sans que je l'admette ou m'arrête, bien évidemment –ce n'était après tout, pas une option. Après une petite course qui ne dura pas longtemps, il se mit à nous demander une chose nouvelle, et que jusqu'à présent nous n'avions pas réellement travaillé : la souplesse.

Il nous donna donc un exemple.
Pour tout dire, j'en eus le souffle coupé. Le corps de Dolce avait cet équilibre que seul un entraînement poussé et contraignant pouvait donner, il exécutait les figures –certes simples, pour l'instant– avec une grâce étrange et fascinante, me donnant tout à coup envie d'y arriver à mon tour, bien que seul le léger sourire qui flottait sur mes lèvres traduise mon admiration.

De toutes façons, nous n'allions bien évidemment pas rester les bras croisés.
D'abord, la roue. Je fus plutôt fière de ce que j'arrivai à faire, étant donné le nombre restreint de fois où je m'y étais exercée –pendant mon enfance, avec les rares filles de mon âge que comptait le village. Puis, la roulade. Comme tout ceci était fait en avançant, j'eus du mal à prévoir la réception de mon saut et je vis un moment trente-six chandelles à cause de ma magnifique réception sur le bas du crâne.

Ensuite fut le tour de la rondade.
Je m'élançai avec une certaine appréhension, et finalement ne finis par les quatre fers en l'air comme je le redoutais, par contre, il faudrait que je revois cette figure plus tard puisque je m'étais totalement loupée sur la fin...bref, s'ensuivit des tours sur soi-même –c'est ça, marrez-vous, n'empêche qu'en avançant, c'est hyper dur !– et divers sauts que je réussis plus ou moins bien en fonction de leur difficulté.

Nous travaillâmes ainsi durant une heure qui me laissa épuisée.
Ces figures n'étaient pas si difficiles prises à part, mais une fois mises à la suite des autres. Chaque enchaînement se faisait plus douloureux, et Dolce ne paraissait jamais en avoir finit, sans cesse ajoutant de nouvelles figures, de nouvelles difficultés... on pouvait dire qu'il ne manquait pas d'imagination ! En tous cas, j'eus l'impression qu'il me poussait dans mes retranchements, tant mes jambes et mes abdominaux me faisaient souffrir.

À force de courir ainsi, je me rendis compte que nous approchions d'un massif rocheux.
Je levai les yeux vers le haut de l'énorme rocher quand ces derniers rencontrèrent le soleil qui rasait le sommet rocheux. Je clignais des yeux avant de les reporter sur Dolce ; nous nous étions arrêtés au pied des premiers rochers. Je me rendis compte, lorsque mes jambes cessèrent de courir, que j'étais totalement essoufflée, et que mes abdominaux et mes jambes étaient en feu. Une grimace déforma mon visage alors que je tentais de reprendre une respiration à peu près normale.

Alors que je me relevai enfin, Dolce se retourna vers nous :

- Et bien, on va maintenant grimper ! Le but est d’arriver le plus rapidement possible à cette corniche, là-haut. Vous la voyez ? Je mettrais ma main à couper qu’elle cache une avancée dans la montagne, dans laquelle on pourra dormir tranquillement. (il esquissa un sourire) Allez-y, je vous suis.


Je hochai la tête, un sourire dans les yeux.
Puis je me tournai vers la falaise. M'avançant, je posai le plat de la main sur la paroi rocheuse. La pierre avait été réchauffée par le soleil toute la journée, et elle était chaude et lisse sous mes doigts. Attend une petite minute... lisse ? Je levai la tête. Eh zut, cette falaise était aussi lisse qu'un bloc de glace. Je m'écartai de quelques pas pour juger du meilleur chemin à emprunter... mais le seul que je parvenais à distinguer était discontinu, entrecoupé de passages que je devinai délicats, tandis que la suite était trop lointaine pour que je distingue les prises qui me permettraient d'arriver jusqu'à la corniche convoitée.

J'eus une moue contrarié.
Cela promettait d'être difficile...

Je pris une grande respiration avant d'agripper la première prise.
Je m'élevai tout d'abord à une assez bonne allure, assez fière de ma capacité à m'élever sans grandes difficultés... jusqu'à ce que j'arrive à environs cinq ou six mètres du sol. C'est là que je me rendis compte que le soleil me jouait des tours en rasant les pierres –et par là même, les prises, leur donnant des formes fausses, irrégulières, trompe-l'œil...– c'était un passage difficile qui nécessitait que je n'ai plus que deux de mes appuis au lieu des trois recommandés ; mais lorsque je voulu poser mon pied sur l'une des prises que je croyais voir du coin de l’œil, mon pied ne rencontra que le vide.

Et je tombai.
Ou plutôt, pensai tomber.
Instinctivement, mes mains s'étaient verrouillées dans leurs prises et mon autre pied avait vite rejoint la minuscule prise que j'avais prévu d'utiliser tandis que le pied qui avait raté sa prise ne pu aller plus loin, bloqué dans sa descente. Je rouvris prudemment les yeux que j'avais fermé. Non, rien ne se passait, je ne sentais pas mes os brisés en mille morceaux ou mon cœur en train d'agoniser... je ne sentais même pas de douleur, nulle part.

Pressentiment.
Animée par on-ne-sait-quel envie, mais yeux glissèrent vers le bas par-dessus mon épaule. Comme convenu, le vide les attendait. La dernière fois que je m'étais amusée à cela, je m'étais tordue la cheville en tombant presque, prise de vertige. Cela peut paraître dingue, mais cette fois, non, je n'avais pas peur. Plus peur peut être. Je lançai un regard vers mon maître. Dolce avait également le regard tourné vers moi, à quelques mètres de là, parfaitement à l'aise sur la paroi rocheuse pourtant verticale et quasi-lisse.

Mon pied repris lentement sa place sur la prise que j'avais prévue pour lui.
Avec une lenteur contrôlée –pour m'éviter de trembler, quoique ce n'était peut être pas la peine ? je ne le saurais sans doutes jamais– je me remis en route vers la corniche décrite par notre maître. En finalement assez peu de temps, je fus juste dessous, la contournai avec quelques difficultés, puis arrivai enfin dessus en retenant un soupir de soulagement, me relevant à demi sur le surplomb pour questionner Dolce du regard.


[désolé de l'attente !]

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Lun 02 Avr 2012, 00:09

Elya ne fut pas tellement surprise d’entendre l’Envoleur éclater de rire à sa remarque, ou peut-être bien à celle de Papillon – sûrement les deux même. Cela faisait un bout de temps, à présent, que leurs chemins s’étaient croisés et qu’ils avançaient ensemble. La jeune femme n’osait pas compter tant les semaines, et les mois, avaient filé à la vitesse d’un éclair. Chaque jour qui passait la rapprochait un peu plus de l’Ahn-Ku, et inévitablement bien sûr à la fin de sa formation. Il fallait bien l’avouer, cette perspective l’effrayait quand même assez. Qu’allait-elle bien pouvoir faire, une fois libérée de la contrainte des cours ? Elle allait sûrement se retrouver seule pour la première fois de sa vie…

Haussant les épaules, la jeune femme chassa ses idées sombres d’un simple revers de main. Elle avait tout à fait autre chose à penser pour le moment. En effet, Dolce venait de les prendre au mot et s’était donc relevé. C’eût été dommage d’arrêter les entraînements de la journée en si bonne voie. Elle se releva souplement, imitant ses deux compagnons de routes, et fit rouler un instant ses muscles. D’ailleurs, c’était presque devenu un automatisme chez elle, chaque fois qu’elle se redressait de toute sa hauteur, imposante, elle ne pouvait s’empêcher de jouer des muscles. Et si certain pouvait voir en ces gestes un excès de confiance en soi, pour elle, il s’agissait plus d’un moyen de comprendre son corps – l’utilité de tel ou tel muscle ou la fragilité d’une autre zone. C’étaient des réflexes vraiment tous neufs chez elle. Elle se découvrait, littéralement.

La petite troupe se remit en route, et Dolce semblait bien décider de lancer ses deux apprenties dans un footing plutôt peu commun. Haussant un sourcil, perplexe, la rouquine suivit l’Envoleur du regard qui exécutaient quelques figures acrobatiques pour leur montrer ce qu’il attendait exactement d’elles. Dans un sourire, qui ressemblait en fait plus à une grimace, elle observa Papillon qui s’élança à son tour.

Bouse de troll et fiente de Raï, si je ne fais pas ma nuit ce soir…

Coupant cours à sa réflexion, la jeune femme s’exécuta également. Roue, roulade, saut périlleux, rondade, tout y passa. Mais ce n’était pas le plus difficile. Non, en réalité, il était bien plus compliqué d’avancer en même temps et surtout de garder le rythme imposé. Jetant un œil à Papillon, Elya vit que son amie s’emmêlait un peu sur les premières figures. Rien de surprenant, elle-même avait un peu de mal à les enchaîner tout en avançant à un rythme endiablé.

La rouquine ne savait pas trop combien de temps s’était écoulé lorsque le massif rocheux, imposant, se dressa devant eux. Une heure vraisemblablement, peut-être un peu moins, ou peut-être un peu plus alors. Elle avait autre chose à faire que de surveiller constamment la course du soleil. Mais la lumière rasante laissait tout de même deviner que la nuit allait bientôt tomber. Les dernières lueurs du jour étaient traîtresses sur la paroi rocheuse qui se dressait de toute sa hauteur dans le paysage. A vue d’œil, elle devait faire une bonne quinzaine de mètres, mais les ombres qui semblaient désigner de petites prises, n’étaient en fait que celles projetées par quelques arbres alentours. Passant sa main sur le mur de pierre, sa première impression se confirma avant même que Dolce ne définisse le dernier exercice de la journée. L’escalade promettait d’être particulièrement délicate, mais ayant déjà été confrontée aux Dentelles Vives, elle se savait parfaitement capable de parvenir à la combe qui se dessinait légèrement au dessus de leurs têtes.

Prenant le temps de la réflexion quelques minutes, Papillon s’éleva la première. Elle s’apprêter à commencer elle aussi son ascension, lorsqu’une idée traversa son esprit à la vitesse d’un éclair. Et les chevaux ? Se retournant pour faire face à Dolce, elle hésita quelques secondes et puis haussa finalement les épaules, jugeant que l’Envoleur n’était pas bête et qu’il ne laisserait pas les chevaux ainsi en liberté. Savait-on jamais…

Son pied trouva la première prise convenable à hauteur de bassin seulement, mais cela ne la perturba pas plus que cela. L’ascension commençait donc. Ses doigts se saisirent d’une prise particulièrement glissante, et soupirant, elle ne s’y attarda pas plus. Les premiers mètres ne lui posèrent pas trop difficultés. Et soudain, alors qu’elle venait de dépasser les quatre mètres, un bruit de pierre qui s’effrite, suivit de celui d’une chute rapide, lui fit lever la tête. Et elle se figea, juste le temps d’apercevoir la main de Papillon de saisir d’une prise minuscule et son pied trouver une interstice providentielle. Alors seulement, la jeune femme se rendit compte qu’elle avait retenu sa respiration et s’autorisa à la reprendre. Il s’en est fallu d’un poil de mollet de fourmi…

Comme de vieux souvenirs en elle, elle laissa ses jambes la porter. Souvent, elle se retrouvait dans des positions délicates, ne sachant plus trop comment avancer. Dès lors, elle s’arrêtait, cherchait du regard, et puis passait ses mains sur la paroi lisse. Et, une pulsation sourde en elle, une lueur de vague compréhension, et elle se remettait en mouvement. S’adapter ! Elle se souvenait de ce mot-là dans la bouche de Dolce, durant leur précédente rencontre aux alentours du Domaine. Ouverture, adaptation, c’était fou comme tout s’entremêlait n’importe où et n’importe quand. Immobilité et mouvement, les Envoleurs étaient en fait de véritables contradictions à eux seuls. Elya commençait à saisir un peu tout cela, doucement mais sûrement. Tantôt rapide lorsque les prises ne permettaient pas de s’y attarder, tantôt plus lente alors pour trouver le passage et la position les plus sûrs pour arriver en haut en un seul morceau.

Elle parvint à son tour sur le surplomb qu’offrait la corniche, peu après Papillon en fait. Elle constata que l’endroit était assez spacieux pour les accueillir tous les trois. Le temps d’un soupir, et lorsqu’elle se retourna, Dolce était arrivé à son tour…


[Arf, désolée du retard!! Je suis un peu débordée de boulot en ce moment...]
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Jeu 05 Avr 2012, 09:35

Alors que les deux apprenties escaladaient, Dolce relia rapidement les selles des chevaux entre elles, par des cordes, et fit confiance à Singa pour s’occuper du reste : combien de fois l’avait-il laissé à un endroit sans l’attacher ? Enormément. Et l’étalon isabelle semblait parfaitement comprendre qu’à partir du moment où son cavalier n’était plus en vue, il avait intérêt à ne pas trop bouger.

Un sourire sur les lèvres, l’Envoleur grimpait donc tranquillement le long de la paroi, non loin de ses deux apprenties dont il observait le moindre mouvement. L’assurance qu’elles avaient gagnée, ainsi que les énormes progrès qu’elles avaient fait depuis le début de leur apprentissage portait leurs fruits : souples, fluides, leur vitesse était parfaitement adaptée à l’exercice, et même si Papillon trébucha une fois, il ne pouvait qu’être fier de ce qu’elles étaient devenues, tandis qu’il se ramassait sur lui-même au cas où… Et déjà Papillon repartait.

Lorsqu’ils arrivèrent à la corniche, Dolce étira doucement ses muscles, obligeant les deux jeunes filles épuisées à en faire de même : cela faisait presque quarante-huit heure qu’elles n’avaient pas dormi, et que leur corps enchaînait les exercices ; elles allaient s’écrouler comme des masses.
Et si ce n’était pas le cas, il les assommerait !

Un sourire sur les lèvres à cette pensée, le jeune homme fit un peu de feu avec les quelques branches qu’il avait récupérées dans son sac quand ils avançaient, avant de sortir de la nourriture séchée et les couvertures. Il flottait une ambiance presque fantomatique sur cette corniche, à quinze mètres du sol, quand ils s’allongèrent sur le sol pour s’offrir au sommeil…


§§


Dolce fut réveillé par le cri strident d’un rapace.
Ouvrant un œil, puis l’autre, il finit par littéralement bondir sur ses pieds en voyant l’immense aigle sur le bord de la corniche, dardant sur lui un regard perçant. Prenant le temps de respirer calmement, l’Envoleur se redressa de toute sa hauteur, et s’avança d’un pas vers le volatile.
Il ne bougea pas.
Fronçant les sourcils, il marcha donc d’un pas ferme et décidé vers l’animal, qui continuait de le fixer avec insistance. Sans bouger, ni ciller.
A vrai dire, il n’avait jamais vu cela : les animaux sauvages, la plupart du temps, avaient largement tendance à s’enfuir ou à attaquer les humains, quand ils tentaient de l’approcher. Ce n’était pas le cas de ce dernier. Dolce le détailla, et dû admettre que le rapace avait une sacré carrure : un mètre de haut, et au vu de la taille de ses ailes, au moins deux mètres cinquante d’envergure.
Marron, le bec d’un jaune criard, ainsi que ses pattes… Il portait une marque distinctive : un ruban d’un joli orange clair, parfaitement ajusté à sa patte droite.

Et alors que Dolce n’était plus qu’à un mètre de l’animal, ce dernier lui lança un regard, avant de donner une impulsion pour s’envoler au bas de la corniche, tirant un hennissement surpris et presque paniqué aux chevaux en bas. Se précipitant vers le bord de l’avancée, Dolce se pencha pour mieux voir les équidés au sol…

Une silhouette.
Une silhouette, qui avait la tête levée, et qui le fixait.
Une silhouette, reconnaissable entre mille, évidemment.
Dolce déglutit lentement. Prenant une grande inspiration, il se tourna vers ses deux apprenties au regard interrogatif, et annonça d’une voix un peu trop dure à son goût :

- Rassemblez vos affaires, on redescend.

La désescalade, Dolce ne prit pas le temps de la faire proprement : il n’avait qu’une hâte, être en bas et voir cette personne de plus près. Il attendait à peine ses deux apprenties, mais faisait tout de même attention ; Le soleil n’était plus du même côté que la veille au soir, et aucune ombre ne venait fausser leur jugement.

Quand son pied se posa à terre, l’Envoleur poussa un léger soupir, avant de se diriger à grand pas vers la silhouette.
Une femme. Peut-être une cinquantaine d’années, à vue d’œil. Sûrement plus, il le savait. Les cheveux grisonnant, les traits sereins mais intéressés, le regard tendu, curieux, vers les deux jeunes filles rousses derrière lui. Un sourire sur les lèvres.

- Et bien, Dolce ?

- Bel animal.


Il désignait l’aigle, qui s’était posé sur le poing fermé de cette qui avait été son Maître… Cette dernière sourit tranquillement, prodiguant une caresse sur la tête de l’aigle. Dolce se félicita que Fu ne fût pas là : il aurait littéralement paniqué devant un tel rapace.

- Que nous vaut ta visite ?

- Tu ne me présentes pas ?


Un sourire-soupir franchit les lèvres de Dolce, et il se tourna vers ses deux apprenties.

- Papillon, Elya, je vous présente Mala. Elle était mon Maître.

- Enchantée, jeunes filles !


Le sourire sur les lèvres de la femme n’était pas feint, et même d’une sincérité étonnante. Dolce ne craignait pas Mala, loin de là. Mais si elle l’avait trouvé, c’était qu’elle avait compris. Elle avait peut-être même ressenti la mort de Gazia.
Mais débarquer au milieu de son cours, comme ça… ?

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Ven 06 Avr 2012, 20:57


Un vertige. Je titube quelques secondes comme si j'avais trop bu.
Un vertige passager qui me laissa à moitié chancelante et me fit cligner deux ou trois fois des paupières, mais surtout qui me rappela que je venais de passer une nuit blanche et de faire des exercices à la pelle pendant deux jours. Ah, et aussi que des courbatures intenses parcouraient tout mon système musculaire à cause de ces derniers.

Lorsque mon regard se reporta sur Dolce, ce fut pour le voir étirer doucement ses muscles.
Me sentant évidemment obligée de faire de même, je l'imitai, ou plutôt tentai de l'imiter tant mes courbatures mes firent grimacer, en compagnie d'Elya. J'aurais voulu ne montrer ni ma fatigue ni ma faim, mais dès que le feu fut allumé je me jetai sur la nourriture, avec un semblant de retenue tout de même, avant de m'effondrer à même le sol pourtant peu confortable de la corniche, et de plonger dans le sommeil comme une marmotte.

¤

C'est sans doutes le sol inconfortable qui me tira du sommeil de plomb où j'avais sombré il y a seulement sept ou huit heures. Guère plus à en juger par la lumière du soleil qui parvenait jusque dans la grotte. Mais ce n'est pas les cailloux fichés dans mes côtes ou ma joue qui me tirèrent de ce sommeil réparateur, mais le cri modulé d'un oiseau... un oiseau ? Saleté d'oiseau ! J'veux continuer à dormir, moi ! Je me retournai donc de l'autre côté, tournant le dos aux rayons du soleil qui entraient à flot dans la cavité sans toutefois n'arriver jusqu'à moi qu'indirectement.

C'est alors qu'un mouvement attira mon attention.
Avant de le refermer, j'avais aperçu du coin de l'oeil Dolce se lever et passer à côté de nous. Silencieusement, évidemment. Tout en me relevant, je pestai mentalement contre l'oiseau et l'homme, roulai sur le côté et arrivai accroupie à quelques pas du feu allumé la veille et dont il ne restait à présent que des cendres. Je regardai un instant la scène entre Dolce et le rapace -c'était un aigle, énorme, qui se dressait là- puis je finis par comprendre que notre maître essayait de faire fuir l'oiseau, que ce dernier, qui aurait dû s'enfuir, ne s'envolait pas... et que ce n'était pas normal.

Et pourtant je ne fis pas un pas.
Pas envie d'aider Dolce à chasser cette saleté d'oiseau qui m'avait réveillé, gentiment et sans lui faire de mal. C'était pas vraiment dans mes projets du matin. Puis je penchai la tête sur le côté en voyant cet imbécile de rapace ne pas bouger d'une plume. Un sourire me trancha le visage alors que j'imaginai mon maître s'avancer encore et, sans autres solutions, tuer l'oiseau d'un geste. J'imaginai déjà le sang couler sur la roche et les plumes s'éparpiller autour, fin duvet qui...

Soudain, le volatile s'envola.
Le sourire qui éclairait mon visage se fana et mourut. J'entendis Les chevaux hennir. Zut alors, pas de vengeance ce matin... dommage. J'observai Dolce tandis qu'il regardait en contrebas. Je ne sais pas ce qu'il vit, mais quand il se retourna vers nous, ce fut pour nous lancer un grave "Rassemblez vos affaires, on redescend" ; c'est le ton qu'il prit, le fait qu'il ne soit pas de bonne humeur et surtout le fait qu'aucun sourire ne vienne éclairer son visage qui me fit peur. Pas de terreur ou une peur panique, non, juste une appréhension : car quoi qu'il ai vu en bas de cette falaise, Dolce n'avait pas aimé cette vision, et cela ne pouvait annoncer que des ennuis...
Saleté d'oiseau !

¤

La désescalade ne m'avait pas prit longtemps.
Peut être moins que la montée, sans doutes plus de temps qu'a mit Dolce à descendre -il aurait pu descendre, monter et redescendre avant que je sois arrivée en bas, tellement il paraissait pressé. En tous cas, descendre la falaise me parut simple, puisqu'aucune ombre n'était plus là pour tromper mon regard sur le relief qui m'attendait sur mon parcourt. Bref, une fois en bas, je pu détailler ce qui avait mis Dolce en colère. Une femme. Un peu vieille, les cheveux plus sel que poivre et les traits sereins.

Un sourire flotta sur mes lèvres.
Je ne voyais pas pourquoi Dolce était fâché de sa présence, mais cette vieille dame paraissait étrangement...

- Et bien, Dolce ?

Sa voix était bien nette pour quelqu'un de son âge, eus-je le temps de remarquer, avant de me rendre compte qu'elle venait de prononcer le nom de Dolce. Qu'elle le connaissait. J'hésitai un instant sur la conduite à tenir -choisissant finalement de ne pas bouger.
Était-ce... sa mère ?

- Bel animal. répondit Dolce.

La vieille se contenta de sourire en caressant la tête du rapace -pour lequel je gardais pour ma part un certain grief.

- Que nous vaut ta visite ? continua l'homme.

- Tu ne me présentes pas ?

Je me demandai un instant, stupide par ailleurs, pourquoi ils répondaient chacun aux questions de l'autre par une autre question, ou en changeant de sujet. Je faillis me frapper la tête pour éclaircir les idées qui y tournoyaient : pourquoi m'interrogeais-je sur quelque chose d'aussi inutile ? Mes pensées m'amenèrent alors d'autres questions, pelle-mêle, comme je venais de le leur demander : "pourquoi nous présenter, Elya et moi, à cette femme ?", "Qui était-elle ?", "Que représentait-elle pour Dolce ?"

Réponse que je reçu immédiatement sans même l'avoir posé -je n'aurais jamais osé le faire de toutes façons.

- Papillon, Elya, fit-il en se tournant vers nous. Je vous présente Mala. Elle était mon Maître.

Ce que la femme enchérit aussitôt d'un
"Enchantée, jeunes filles !" que je trouvai hors du temps. En fait, je n'avais jamais envisagé la possibilité que Dolce ai pu avoir un maître -bien que cela soit évident. Je ne le voyais tout simplement pas à la place de l'apprenti, mais évidemment, il était forcément passé par là à un moment ou à un autre... Mais il y avait un monde entre l'idée qu'il ai eut un maître et voir ce maître en vrai.
C'était... déstabilisant.

Et puis... pourquoi arriver ici et maintenant ? Pourquoi...

-Bonjour, enchantée de même, fis-je en inclinant la tête.

Je me surpris moi-même.
Pourquoi cette formule respectueuse, pourquoi cette esquisse de courbette ? Je pris soin de laisser un sourire flotter sur mes lèvres pour dissimuler le trouble, ou plutôt les troubles qui m'agitaient...

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Ven 20 Avr 2012, 00:25

Un sourire et le regard d’Elya se perdit un instant dans l’infini azur, mêlé de rose, d’orangés, de rouge. Elle admirait littéralement l’explosion de couleurs qu’offrait ce spectacle d’un soleil couchant. Alors que déjà Papillon s’étirait selon les conseils avisés de Dolce, elle laissa ses jambes suspendues au-dessus du vide quelques longues minutes. Et puis, avec un bâillement phénoménal à s’en décrocher la mâchoire, elle finit par se lever et imiter ses deux compagnons de routes, ne serait-ce que pour ne pas se retrouver avec des muscles tout tétanisés le lendemain matin, au réveil.

Dolce ayant allumé un feu qui déjà crépitait joyeusement, ils prirent le temps de manger quand même. Avec toute l’énergie que les deux apprenties venaient de dépenser, c’eût été déraisonnable de sauter un repas, si peu consistant fut-il. C’est dans le plus grand silence qu’ils engloutirent leur morceau de viande séchée. Il semblait à la rouquine qu’elle n’avait même plus assez de force pour ouvrir la bouche.

Sans plus de manière, la jeune femme ne tarda pas à s’allonger. Elle aurait pu s’endormir sans mal n’importe où à vrai dire. Un soupir se perdit toutefois dans l’air, plus pour elle même qu’autre chose, avant qu’elle ne ferme les yeux pour s’endormir comme une masse.

Bonne nuit…

♠♠♠

Un bref sursaut secoua la jeune femme. Cauchemar, encore. Elle ouvrit un œil, encore toute endormie. Dolce et Papillon dormaient à poings fermés. Il lui semblait même entendre un léger ronflement régulier. Elya ne trouva même pas la force de se relever et, avant même qu’elle s’en rende compte, elle sombrait de nouveau dans un profond sommeil.

♠♠♠

Cette nuit fut une drôle de nuit pour la jeune femme. Mais c’était tout de même la première fois depuis longtemps qu’elle dormait aussi longtemps, pas d’une seule traite certes puisqu’elle avait dormi par tranche de deux heures environ, mais c’était déjà mieux que rien. Des exercices comme ceux de la veille, il lui en faudrait plus souvent pour dormir ainsi.

Le soleil pénétrait à peine dans la grotte. Et lorsque Elya se réveilla d’un bond, comme à chaque fois tirée de son sommeil par un cauchemar désagréable, elle fut littéralement éblouie, ce qui lui tira un grognement. Un croassement sonore la fit sursauter et son regard émeraude pivota pour enfin tomber sur la nuisance sonore : un rapace. Un énorme rapace, qui devait bien faire deux mètres d’envergure à vue d’œil, se tenait sur le rebord de la falaise et semblait les observer tous les trois. Elle jeta un bref regard à Dolce qui s’approchait prudemment de l’oiseau pour tenter de le faire fuir. Et ce dernier ne bougea pas d’une seule plume, se contentant de continuer à les fixer d’un air mauvais. La rouquine devait sans doute bien le lui rendre d’ailleurs. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait l’impression de s’être levé du pied gauche – ou plutôt d’avoir ouvert l’œil gauche puisqu’elle n’était même pas encore levée. Elle grimaça un instant.

On le chope et on le fait griller, ça nous fera des réserves…

Heureusement pour lui, l’immense oiseau finit par prendre son envol. Quelques secondes de plus et Elya l’aurait volontiers déplumé. Les hennissements affolés des cheveux firent hausser un sourcil à la rouquine. Dolce se précipita sur le bord de la falaise et la vision qu’il aperçut quelques mètres plus bas ne sembla pas lui plaire des masses car il leur lança un « Rassemblez vos affaires, on redescends » plutôt sec. Cela acheva de conforter Elya dans sa mauvaise humeur. Et c’est donc en soupirant qu’elle jeta négligemment son sac sur le dos et suivit Papillon et son maître dans une désescalade sans doute moins périlleuse que l’escalade de la veille.

Elle ne mit pas longtemps pour toucher à nouveau le sol. La lumière matinale désormais dans son dos offrait une meilleure visibilité des différentes prises sur la paroi. Et elle ne tarda pas, tout comme Papillon à connaître l’origine du trouble de Dolce. Une femme se dressait devant eux. Elle avait des cheveux légèrement argentés et quelques plis se dessinaient sur son visage. La jeune femme ne savait pas trop quel âge lui donner, cinquante ans, peut-être un peu plus, mais pas beaucoup.

Elle brisa le silence la première en abordant l’Envoleur comme si elle l’avait quitté la veille. Elya quant à elle fusillait du regard l’aigle posé sur le poing fermé de la femme. Et puis elle jeta un bref regard à Dolce qui ne semblait pas apprécier la présence de cette femme. Cela ne présageait rien de bon, d’autant plus qu’elle dégageait une certaine aura, puissante. Le regard émeraude lançaient des éclairs à tout va.

Dolce finit par présenter la femme comme étant son ancien mentor, celle qui l’avait guidé sur la voie du Chaos. L’idée mit un certain temps avant de faire son chemin dans l’esprit d’Elya. Elle avait bien du mal à imaginer Dolce à leur place, en tant qu’apprenti. Toutefois, une main sur sa hanche, elle resta aussi froide que la glace lorsque l’Envoleuse leur sourit, visiblement ravie de les rencontrer. Alors que Papillon répondait plutôt gentiment, la seule réaction de la rouquine fut de soupirer et de se contenter de hausser un sourcil. Elle demeura dans un parfait silence durant de longues secondes, avant, enfin, de se décider à desceller les lèvres.

- « Encore un peu et votre volatile de malheur était invité au déjeuné… »

Soupirant, elle se radoucit quelque peu. Après tout, la femme, Mala comme elle s’appelait, ne lui avait encore rien fait. Mais si elle était là, alors qu’elle ne l’avait jamais vu se pointer durant toute sa formation auprès de Dolce, c’était qu’il avait dû se passer quelque chose de plus ou moins grave. Elle chercha alors le regard de Dolce, essayant de comprendre ce qu’il avait pu se passer pour que Mala daigne leur faire honneur de sa présence parmi eux. Haussant les épaules, la jeune femme descella les lèvres de nouveau, plus calmement cette fois-ci.

- « Et sinon, qu’est-ce qui vous amène ? »


[Ouh... Désolée pour ce vilain retard ^^' En tout cas, Mala qui se pointe et Elya de mauvais poil, ça promet x)]
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Mar 24 Avr 2012, 15:46

Mala fronça légèrement un soupir quand la première des deux apprenties s’avança pour la saluer légèrement. La politesse qu’il y avait dans son attitude et dans ses mots lui plut, certes, mais elle ne comprenait pas trop. Ce n’était pas le sujet, cependant, et elle lui répondit tranquillement d’un hochement de tête. Par contre, la seconde semblait de bien mauvaise humeur, à voir les regards noirs qu’elle lançait à son aigle. Et le ton qu’elle prit pour dire ce qu’elle pensait aussi, le montrait bien.
Cela fit doucement rire l’Envoleuse, qui porta son regard sur Dolce quand la dernière question resta suspendue dans les airs quelques secondes.

- Justement, jeunes filles, j’aimerais vous emprunter votre Maître quelques minutes…

Son regard noir passa dans celui de Dolce, et ce dernier soupira.
Il n’avait pas le choix, de toute façon, il fallait bien régler cela un jour ou l’autre. Et s’il attendait trop, il savait parfaitement ce dont Mala était capable. Hochant la tête, il lança un regard à Papillon et Elya, et leur sourit tranquillement.

- Echauffez-vous, je reviens.

Laissant son sac avec elles, il se tourna vers celle qui avait été son Maître, et la suivit un peu plus loin, dans la forêt. La manière dont elle se positionna et où elle les emmena exactement… Il était impossible de les entendre, ou presque, surtout avec les bruits envahissants de la forêt.
Un soupir franchit les lèvres de Dolce.
Mala planta son regard dans le sien…

- Tu te souviens de notre rencontre, Dolce ?


§§§


- D'où viens-tu ?
- Du Sud.
- Plus précisément ?
- D'une île pirate nommée l'Île des Femmes.
- Pourquoi l'avoir quittée ?
- Pour tout un tas de raisons qui ne vous regarde pas.
- Tiens donc, et pourquoi ?
- Je l'ai décidé ainsi.
- Très bien...


La femme se gratte le menton un instant, son regard fléchissant vers le ciel avant de se reposer dans celui de Dolce. Ce garçon avait un potentiel extraordinaire, il le voyait dans chacun de ses gestes fluides et parfaitement contrôlés. Un immense potentiel destructeur et instructeur.

- Que connais-tu du Chaos ?
- La violence, la haine, la colère et l'ambition.
- Et qu'en penses-tu ?
- Je ne pense pas, j'agis.


Un autre sourire, plus franc.

- Que comptes-tu faire de ta vie, Dolce ?
- Ne m'appelez pas par mon prénom.
- D'accord.
- Parcourir de nouveaux horizons. Continuer à apprendre, inlassablement.
- Je peux t'apporter bien des connaissances, si tu me suis.
- Dans votre histoire de Chaos ?
- Oui.
- D'accord.



§§§


S’il s’en souvenait ?
Comme si cela s’était passé la veille.
Mais… il ne le sentait pas. Et quand il croisa le regard de Mala, il comprit qu’il allait avoir droit à un bon sermon. Même s’il n’en avait pas grand-chose à faire, à vrai dire, ou presque. Il savait parfaitement ce qu’il avait fait, il n’avait pas de circonstances atténuantes mis à part qu’il préférait garder sa vie plutôt que de la perdre.

- Dolce ?

La douceur de la voix de la femme fit reporter l’attention de Dolce sur elle.
Elle gardait son calme ? Il s’attendait plutôt à la voir exploser, surtout avec la rigidité avec laquelle elle l’attendait en bas de la falaise. Mais… dans son regard, on ne voyait que de la tendresse et de la douceur…

- Mm ?
- Tu sais ce qui est arrivé à Gazia, n’est-ce pas ?
- Euh…
- Evidemment que tu le sais…


Il sentit son regard sur lui. Il ne pouvait rien dire, rien faire. Même si elle savait ce qu’il avait fait. Et surtout si elle ne le savait pas. Il n’avait pas envie d’en parler. Il n’était même pas sûr qu’elle comprît. Il n’était même pas sûr qu’elle essayât de comprendre.

- C’est…

Surpris par son ton – alarmé plutôt – Dolce tourna vivement la tête vers son ancien Maître. Cette dernière le fixait intensément. Les traits de son visage se durcirent, son regard se fit perçant, mauvais, il put même suivre la contraction de sa mâchoire sous sa peau. Toute son attitude changea lentement, alors qu’elle prenait sans doute la mesure de ce qu’il s’était passé…
Ses apprentis s’étaient battus, et presque entretués.
Dolce avait tué Gazia.
Dolce avait…

- Comment as-tu pu oser ?

Son ton était glacial, mais parfaitement calme. Trop calme.

- Elle m’aurait tué si je ne m’étais pas défendu. Je préfère ma vie à la sienne.
- Et pourquoi aurait-elle voulu te tuer ?!
- Crime passionnel…


Trop.
Trop trop, c’en était trop !
Il la regardait, comme ça… Comme si… Comme si c’était vraiment vrai !
Certes, Gazia avait toujours été passionnelle. Et possessive. Mais de là à….

- Va-t-en. Laisse-moi.

Dolce soupira, mais fila sans demander son reste.
Les femmes…


§§



- Allez les filles, prenez les guides des chevaux, on court !

Dolce était sorti seul de la forêt, et si cela lui avait valu des regards surpris de la part de ses deux apprenties, il n’avait pas encore d’en parler.
Pas tout de suite.

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°3   Sam 28 Avr 2012, 19:18

–Et sinon, qu’est-ce qui vous amène ?

Un rire.
L'envoleuse riait.
Je clignais des yeux. Inutile de se demander d'où notre maître tenait son caractère jovial et son éternel sourire –même si il avait un peu fané depuis quelques minutes. La dénommée Mala se retourna vers Dolce suite à la question d'Elya. Je me mordis l'intérieur de la joue. Je ne la détestait pas, cette femme, mais je ne l'aimais pas non plus. J'avais du mal à définir ce qu'elle m'inspirait. De la peur, peut être, une part de respect en tous cas, c'est certain.

–Justement, jeunes filles, j’aimerais vous emprunter votre Maître quelques minutes…

Je restai un instant interdite.
C'est... à nous qu'elle parlait ? Nous... emprunter Dolce ? mais pour quoi faire ? Je jetai un regard incertain vers le principal intéressé, qui fixait son maître comme si elle n'avait pas parlé... puis soupira. Ce bruit, si mince fut-il, brisa la bulle de silence qui nous enveloppait, et j'eus l'impression de sortir d'un rêve.

Puis Dolce se tourna vers nous, et je levai la tête vers lui, indécise.

–Echauffez-vous, je reviens.

Je hochai la tête, pensive.
Mes pensées s'entrechoquaient sans ordre dans mon crâne, et mon cerveau menaçait de se débrancher.
"Après tout, me dis-je, je viens de passer une nuit blanche puis un lever aux aurores, à quoi est-ce que je m'attendais à repousser ainsi les limites de mon corps?" Je soupirai. Et dire que le cour ne faisait que commencer...

Il me fallut quelques instants pour m'apercevoir que Dolce et Mala n'étaient plus là.
Je me secouais alors, embataillant encore plus mes mèches rebelles et ma tresse déjà bien défaite par tous ces exercices et par les deux nuits que je venais de passer à gigoter partout sans prendre un seul bain ou me brosser une seule fois les cheveux. Cependant, notre maître venait de nous demander de nous étirer, alors je n'allais pas aller à l'encontre de ses ordres.

Et je commençai mes étirements.
Je découvris avec joie que mes courbatures ne me faisaient presque plus souffrir, et je pu m'étirer sans rien me fouler et sans m'arrêter au milieu d'un mouvement ; mais tout en m'étirant, je me recoiffais : en descendant sur mes talons, je défit ma tresse, en m'étirant vers le ciel, je brossai sommairement ma crinière rousse, en m'allongeant sur mes jambes, je les démêlai, etc.

Finalement, je me relevai.
Je me sentais bien, ces étirements venaient de finir de me réveiller, et je me sentais mieux que si je venais de boire six verres de kâ, et je me prit à sourire au ciel bleu au-dessus de nos têtes.

–Allez les filles, prenez les guides des chevaux, on court !

Je me retournai vers la source du bruit.
Dolce se tenait là, apparemment tout sourire, mais sans son maître.
Je ne pus empêcher une expression ahurie de passer sur mon visage. Où était donc Mala ? Il n'avait tout de même pas... Le regard de Dolce me fit fermer la bouche que j'avais entrouverte. Il serait temps plus tard d'aborder la discution avec tact, ou me taire, tout simplement, mais ici, et maintenant, ce n'était ni le lieu ni l'enjeu. Son attitude était claire, il fallait partir.

Sans tergiverser d'avantage, je fis ce qu'il demandait.
Je m'approchai de Lumière Noire avec des mouvements d'automate, flattai son encolure avant de faire passer les rênes au-dessus de sa tête et de suivre Dolce, en courant, Lumière Noire, parfaitement réveillée, me suivant au petit trot.

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