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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]

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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Jeu 11 Oct 2012, 22:21

Finalement j’étais à l’heure, puisque notre « maître » était là, entrains de nous attendre. Je m’approchais tranquillement, avant qu’elle ne se permette un commentaire sur ma façon de manier ma lame, je baissais la tête, légèrement, mais avec déférence, avoir l’approbation d’un maître était une chose dont on pouvait être fier, mais sa tirade sur les arcs me firent presque grincer des dents. Je n’aimais pas les arcs, un point c’est tout, était-ce une raison pour me forcer à en user aussi souvent que nécessaire pour le manier comme un bras ? J’en doutais.

Le tour des femmes vint aussi. Ney avait failli se tuer, ce qui, finalement m’étonnait peu, je la voyais bien essayer de braver les interdits pour le plaisir de se dépasser. Enfin, elle devrait prendre pour modèle son chat, pas bête lorsqu’il s’agit de faire grimpette et de chasser… Mais le caractère incroyablement changeant de cet animal n’était pas une des meilleures choses pour s’inspirer.

Puis Elya, Elya, que dire, si ce n’est qu’elle avait l’air d’être elle-même. Dans son propre monde, peut-être le véritable monde. Mais elle était parti, et vu la tirade de notre nouveau maître, ce n’était pas vraiment qu’elle n’avait pas mis son temps à profit, mais qu’elle n’avait pas assez mémorisé. Je ne fis rien, jusqu’à ce qu’elle nous demande de monter sur le bâtiment. Ce que je fis, et sans chercher à cacher ma lassitude de la journée, je me mis dans une cabine, et m’y endormis comme une souche, sans rien avaler.

Le temps passait, et je dormais, bien, terriblement bien, jusqu’à ce que je sente un bras effleurer le mien. Je me relevais d’un bond pour voir mon maître m’ordonner le silence. Je pensais déjà savoir à quoi j’allais avoir à faire, un exercice de nuit. Mais je m’en voulais incroyablement, un ennemi aurait pu me tuer, aisément. Je devrais faire très attention à l’avenir.

Nous étions sur le pont, et soudain la vieille femme se mit à danser, si le mot était exact, en nous parlant de gestuelle marchombre. Je ne dis rien, mais je savais que cela consistait à assouplir et renforcer son corps, le tout en méditant. Les écrits servent de temps à autre. Alors, sitôt qu’elle nous ordonna de la suivre, je fermais les yeux, tentant de tout ressentir… Mes sens prirent le relais, le capitaine chantait, les vagues se brisaient sur la coque, donnant un léger roulis au navire. Le vent soufflait, doux et pourtant si fort. Je ressentais, pour l’une des premières fois le monde, mais toujours pas assez, Notok nous avait appris à communier avec la nature, et je me doutais que nous devrions recommencer. Alors, c’est ce que je fis, me concentrant afin de ne penser à rien, laissé mon corps faire ce qu’il avait à faire. C’était extrêmement difficile.

Soudain, je me sentis bouger, sans vraiment comprendre. Mes bras, mes jambes, même ma tête se positionna et travailla. Je sentais mes muscles s’étirer à l’extrême avant de reprendre une position viable. C’était donc ainsi ? C’était cela la gestuelle marchombre ? Je l’ignorais, et ne doutais pas une seconde que notre mentor nous remettrait sur le droit chemin en cas de dérive. Allez savoir pourquoi, mais je ne la voyais pas comme une menace lors de cet exercice, mais pour la première fois elle força mon respect, faire cela, à son âge. J’admirais, surtout que cela me tuait à moitié, rien que pour rester debout. Je me demandais comment s’en sortait mes deux compagnons, mais je ne fis rien, ni même n’ouvrit les yeux de peur de briser un si beau moment.
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Ney Nirina
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Jeu 11 Oct 2012, 23:37

    Bon, l'autre personne était Elya. Elle n'était donc pas la dernière, ce qui la rassurait. Ney leva les yeux au ciel. Rendez vous à la nuit tombée, ça signifiait quoi exactement? Juste après que la nuit était tombée? Cela lui paraissait flou, mais finalement, elle n'avait pas l'impression d'être tant en retard que ça. D'ailleurs, Yoshi ne tarda pas à arriver à son tour.

    - Eh bien, j’espère ne pas être trop en retard, hein Ney ?

    Vu le peu de temps qu'il avait mis pour arriver après elle, il l'avait sans doute vue se hâter. Elle sourit, mais elle n'eut pas à chercher ou non de réponse car Zoanne, les voyant tous réunis, se leva.

    - Belle soirée, n’est-ce pas ? Regardez, notre embarcation s’apprête à mettre les voiles. Nous devrions nous dépêcher de la rejoindre… mais avant cela, j’ai quelques petites choses à vous dire.

    Yoshitsune, je vais faire fi de toute galanterie et commencer par toi, pour une fois. J’ai remarqué, en me baladant dans les ruelles du port, que tu avais un certain talent avec une épée entre les mains. Le spectacle était tel que je n’ai pu m’empêcher de m’arrêter un instant pour te regarder… Tu accompagnes ta lame dans ses mouvements. La prochaine fois que tu tiendras un arc, pense à cet instant vécu sur un toit, au bord du Pollimage ; accepte de le manier aussi bien, de te lier à lui comme tu l’as fait avec cette arme.

    Ney, tu as frôlé la chute, tout à l’heure, n’est-ce pas ? On peut dire que c’était moins une… mais c’est une expérience que tu n’oublieras pas et qui te serviras. Retiens bien ceci : bonne ou mauvaise expérience, il y a toujours une leçon à tirer de la chose. Oh, et tu devrais prendre ton compagnon comme modèle à suivre. Les marchombres et les chats se ressemblent pour la bonne raison que l’un et l’autre retombent toujours sur leurs pattes !

    Elya, laisse-moi te poser cette question : qu’as-tu découvert, ici ? Qu’as-tu appris ? Tu as traversé le port en suivant une ligne droite, un peu à la manière d’un automate. La curiosité t’a poussée à regarder à droite et à gauche, mais tu t’es bien gardée de suivre ton instinct et d’aller voir plus loin… Ouvre les yeux, ma belle, et n’aie pas peur de te lancer. Le monde est vaste. Il faut de la curiosité et du courage pour le découvrir…


    Ney sursauta. Comment Zoanne le savait-elle? Elle l'avait espionné? De la colère flamboya dans le regard de Ney, mais elle eu la patience de ne pas couper son nouveau maître pendant qu'elle terminait de parler en finissant par Elya. Elle n'aimait pas l'idée que son propre maître l'ai regardé en cachette, et puis elle savait très bien que Sae lui était supérieur et que le prendre pour modèle n'était pas stupide, et elle savait aussi qu'on pouvait toujours se servir d'une erreur, merci bien! Et puis elle était gênée que Zoanne ai vu qu'elle avait faillit tomber. En plus elle le disait devant tous le monde... Heureusement, Elya semblait plus préoccupée par son propre cas. Yoshi, par contre, avait l'air d'avoir entendu, mais il ne parut pas surpris ni rien d'autre, et Ney en fut rassurée. Pourquoi cela l'avait-elle inquiété? Va savoir, c'était nouveau ça. Ney n'avait pas entendu ce que Zoanne avait dit au sujet d'Elya, mais ça avait l'air moins intéressant que ce qu'elle avait dit à Yoshi! Ainsi, ce dernier savait se servir d'une épée? Etant donné qu'il fabriquait des armes, c'était plutôt normal qu'il sache les utiliser, mais pas obligatoire, enfin, d'après ce qu'elle en savait, à savoir pas grand chose.

    L'adolescente, de pensée en pensée, en oublia de râler contre le comportement de son maître, et lorsqu'elle y repensa, elle se décida à mettre cela à plus tard. Qu'est-ce qu'il lui arrivait? C'était vraiment l'épisode avec Notok qui avait refroidit sa spontanéité à ce point? Non, elle avait déjà vécu des situations embarrassantes comme ça, ça n'avait jamais eu un tel impact, mais qui sait, peut-être qu'elle alalit faire attention pendant un moment et qu'elle allait redevenir comme d'habitude un peu plus tard!

    - Allez, en route, mauvaise troupe !

    Soudain, la bonne humeur de son maître lui parut insupportable. Sans doute parce qu'elle savait qu'elle l'avait espionnée un peu plus tôt. Ney se força au calme et suivit les autres à bord du bateau.

    ~ * ~

    C'est beau de naviguer de nuit, vraiment, mais la nuit, on dort aussi, et Ney avait pas mal crapahuté dans le port, aussi était-elle crevée. Elle ne tiqua pas quand elle se retrouva dans la même cabine que Elya, elle aimait bien Yoshi mais ça l'aurait quand même un peu gênée d'être dans la cabine d'un garçon plutôt que celle d'une fille. Et qui sait, elle allait peut-être finir par apprécier Elya.

    En tout cas, alors qu'elle dormait, Ney fut réveillée par Zoanne qui leur indiqua aussitôt d'être discrètes pour ne pas réveiller les matelots. Ce qui n'empêcha pas Ney de râler à voix basse alors qu'elle se préparait puis se hâtait à la suite de son maître. Sae dormait contre elle, et son départ n'avait pas l'air de l'avoir réveillé, elle le laissa donc dormir. Le félin état habitué à la nouveauté, mais comme pour Ney, c'était la première fois qu'il prenait le bateau, il avait l'air de bien supporter et même de trouver l'expérience intéressante, mais il avait besoin d'un peu de temps pour s'habituer. Ney préféra donc le laisser dormir, ce n'était pas comme si elle pouvait le perdre, sur un bateau!

    Le maître et ses trois élèves se retrouvèrent finalement sur le pont, à l'arrière du bateau. Là, Zoanne se hissa sur les caisses entassées là avec une agilité et une souplesse qui stupéfièrent Ney lorsqu'elle tilta que c'était surprenait pour l'âge qu'elle donnait à la marchombre. Impressionnant! Elle se déplacerait ainsi quand elle serait une marchombre finie? Cela lui rappelait Sae. Elle avait hâte! Cela avait fait disparaître sa mauvaise humeur de savoir que Zoanne l'avait espionnée et d'être réveillée en pleine nuit.

    - Jeunes gens, je crois que j’ai oublié de vous dire quelque chose lorsque nous nous sommes rencontrés, hier : j’aime la nuit. Et, plus encore, j’aime la gestuelle marchombre.

    La nuit, d'accord, même si Ney en profitait rarement pleinement vu qu'elle avait aussi besoin de dormir. Par contre, la gestuelle marchombre, késako?

    - Peut-être avez-vous déjà entendu parler de ce terme, peut-être pas. Dans le premier cas, oubliez tout ce que vous savez à ce sujet ; dans le second, oubliez que vous ne savez pas. La gestuelle marchombre ne s’apprend pas dans les livres, elle se transmet. Un maître donne le rythme, ses élèves dansent avec lui.

    Ney haussa un sourcil. Danser? Qu'est-ce que ça venait faire là? Elle n'avait rien contre la danse, mais va savoir pourquoi, l'idée lui paraissait déplacée, sur le pont d'un bateau, en pleine nuit, sans musique... Ceci dit, elle avait la sensation que c'était une vision très incomplète de ce que Zoanne voulait leur montrer.

    Et elle avait raison. Elle comprit lorsque Zoanne leur montra. La gestuelle marchombre. Cela évoqua quelque chose en elle, un écho, une émotion. Elle regardait Zoanne, stupéfaite par ce qui se dégageait de ses mouvements, et se demanda si cela avait un rapport avec l'Ouverture dont Notok leur avait parlé. Probable, il y avait tant de... d'harmonie dans ses gestes...

    - A vous, maintenant. Ne cherchez pas à apprendre mes gestes par cœur. Le vent qui souffle, l’eau qui bruisse, les voiles qui claquent, Rug qui chantent… ouvrez-vous à tout ce qui vous entoure. C’est le rythme que vous devez suivre.

    Hein? Elle, faire la gestuelle? D'un côté, elle mourrait d'envie d'essayer, de l'autre, elle se sentait stupide à l'idée de paraître nulle comparée à Zoanne. Elle n'avait pas l'habitude de ce genre de pensée pourtant.

    - Dansez avec moi.

    Ce fut ce qui décida Ney. Pas de jugement. Pas de la part de Zoanne en tout cas, et l'avis de Yoshi et d'Elya, elle s'en fichait. Enfin pas totalement, mais... Elle se comprenait. Ney se mit en position et chercha d'abord à saisir le sens général des mouvements de son maître. Elya ferme les yeux à côté d'elle, elle a l'air d'avoir saisit aussi cet aspect dans les gestes de Zoanne d'être reliée à tout ce qui l'entourait. Yoshi aussi avait fermé les yeux. Pas elle. Ney regarda le bateau autour d'elle, qu'elle explorerait dès que possible, elle chercha à voir Rug qu'elle entendait, elle chercha à mieux sentir le vent sur sa peau, à écouter les vagues, tout cela en même temps. Ensuite elle ferma les yeux pour voir la différence. Elle respirait lentement, et soudain, être ou non moins bonne que son maître n'avait plus aucune importance. N'en avait jamais eu.

    Elle apprenait.

    Elle mit plusieurs minutes à trouver son rythme, mais lorsque ce fut fait, elle se sentait bien. Elle avait même l'impression d'entendre le doux ronronnement de Sae alors qu'il était resté dans la cabine et regrettait son absence. Elle était tellement bien ici, à épouser tout ce qui l'entourait par ses mouvements et sa respiration, entourée de Zoanne, de Yoshi et d'Elya!

    Certes, sa gestuelle n'avait pas le panache de celle de Zoanne. Mais cela viendrait. Ce n'était pas pressé. L'importait, c'était ce qu'elle ressentait en cet instant. Ce moment magique, cette sensation de bien être, d'être complet, de vivre l'instant présent, ouvert au monde.


    Bonheur simple
    Des gestes oubliés
    Liberté

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Merci beaucoup à Ange Shar pour ce kit! Very Happy
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Zoanne Lil'Ayaân
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Jeu 18 Oct 2012, 10:21

Gestuelle marchombre.
Force vive, force pure,
Force.

Ouvrant un œil à demi, Zoanne regarda Ney, puis Yosh, puis Elya. Un, puis deux, puis trois. Ils tentèrent de recopier ses gestes, au début, et leur maladresse lui rappela la petite Zoanne qu’elle avait été, bien des années plus tôt… Soudain, le vent gonfla les voiles, les étoiles scintillèrent et les mouvements de ses apprentis devinrent plus nets, plus précis.
Plus fluides.

Souffle.
Inspiration, expiration, lenteur.
Gestuelle marchombre.

La première, Zoanne s’interrompit. Murmure silencieux, elle se laissa glisser à bas des caisses de bois et vint s’appuyer contre le garde-fou. Immobile, un sourire accroché aux lèvres, elle les regarda danser encore, danser toujours, apprendre…

Ils finirent par la rejoindre, et Zoanne savait, à l’éclat nouveau qui brillait dans leurs yeux, que quelque chose avait changé en eux. Ils étaient devenus écoute.

- La gestuelle marchombre est un exercice à part, dit-elle doucement, et sa voix se mêla au goût salé des embruns portés par le vent. Certains disent qu’elle représente ce que nous sommes, d’autres qu’il faut s’y astreindre aussi souvent que possible… Je choisis toujours la nuit pour l’effectuer. Aussi longtemps que vous avancerez à mes côtés, vous danserez avec moi, la nuit. Mais n’oubliez pas, jeunes gens : il n’y a qu’une seule Voie, celle que nous arpentons en ce moment-même, toutefois il appartient à chacun de l’arpenter comme il le souhaite !

Ce précieux conseil, Zoanne l’avait dispensé à chaque apprenti qu’elle avait formé. Ces derniers temps, elle croisait trop souvent des élèves « formatés », des modèles, copies conformes de leurs maîtres. Réma avait dit un jour : Unis par l’amour de la Voie, différent par notre façon d’aimer…

- Vous devriez retourner vous reposer, ajouta-t-elle, complice. Il faudra se réveiller avec l’aube si vous voulez voir l’Arche. Moi, je vais me coucher. Bonne nuit !

Et sans attendre de réponse de leur part, Zoanne s’éclipsa, joyeuse et silencieuse. Elle s’autorisa même un petit pas de danse dans le couloir qui menait à sa cabine. Quelle journée ! Plus aucune appréhension ne plissait son front de rides, à présent ; elle était heureuse de voyager en si bonne compagnie. Un voyage qui devait durer trois ans.

Trois ans…




~ * ~




- L’Arche !!

Zoanne était déjà penchée au bastingage. Elle s’était levée bien avant ses élèves pour faire un petit décrassage matinal, et avait finalement décidé de les laisser dormir jusqu’à ce que l’aube teinte l’horizon ; une fois n’est pas coutume, et puis il serait bien temps de les pousser au-delà de leurs limites…

L’Arche.

Aussi belle que dans son souvenir, aussi surprenante qu’au premier regard, elle s’élançait au-dessus du Pollimage, enjambant le fleuve et reliant ses deux rives, comme pour prouver que la chose, quoi qu’impressionnante, était toutefois possible. A la fois aérienne et puissante, la construction était majestueuse au point de couper le souffle aux marins qui s’activaient sur le pont ; ils avaient beau être habitués, ils ne le seraient jamais vraiment.

Voilà ce qui rendait l’Arche si fabuleuse. Les yeux brillants, Zoanne se détacha du bastingage et passa derrière ses élèves, qu’elle invita à sa suite d’une légère pression de la main dans leur dos. S’accordant l’accord de Rug d’un regard échangé, elle se lança dans l’escalade du bas mât avant, un peu à la manière d’un singe, puis elle se hissa sur la hune, petit parapet destiné aux marins, et fit signe à Elya, Ney et Yosh de la rejoindre.

- Un tel spectacle mérite bien de prendre un peu de hauteur ! Croisez les jambes autour du mât et hissez-vous à la force des bras.

La Flèche fila sous l’Arche que le levant avait transformée en véritable croissant de soleil. Très fier de lui, Rug manœuvra son embarcation de main de maître. A la demande de Zoanne, il mouilla à deux lieues de l’Arche, dans un port si minuscule qu’il faisait de leur point de départ un imposant village.

- Merci de nous avoir fait profiter d’une telle merveille, capitaine, fit Zoanne au moment de quitter le navire.
- De rien, répondit-il en rougissant légèrement. Je continue jusqu’à l’Océan, je dois acheter quelques pièces pour ma Flèche. Rendez-vous au port d’Ira dans deux jours !
- Nous y serons !

Ils attendirent que la Flèche ait levé l’ancre et se soit éloignée pour prendre la route à leur tour. Ils n’avaient passé qu’une nuit sur l’eau, toutefois Zoanne ressentait le besoin impérieux de se dégourdir les jambes.

- On court ! décréta-t-elle en s’élançant pour donner le change. Redressez le buste, rentrez le ventre, inspirez par le nez et soufflez par la bouche.

L’air frais du matin piquait les narines et les poumons mais il n’y avait rien de tel pour se réveiller et échauffer ses muscles. Ils coururent une petite heure environ et à une allure modérée ; Zoanne intervenait de temps à autre pour donner quelques conseils aux trois jeunes gens – poser le talon dans le sol en premier, raccourcir la foulée en montée, serrer les coudes contre le torse, relâcher les muscles des épaules…

Ils firent une première halte au terme de cette heure, près d’un mince ruisseau qui s’échappait probablement du Pollimage et serpentait dans les hautes herbes de la plaine. Zoanne laissa ses apprentis se laver et se restaurer, insistant sur l’importance de commencer la journée par un solide petit-déjeuner, puis ils se remirent en route – en marchant, cette fois. Midi était largement passé lorsqu’ils atteignirent la cité d’Al-Jeit.

- On va commencer par manger un morceau, expliqua Zoanne tandis qu’ils franchissaient la porte d’Améthyste. Ensuite, nous irons faire un peu d’escalade !

C’est ainsi qu’après un bon repas, ils se retrouvèrent tous les quatre au pied d’une des nombreuses tours de la ville. Zoanne avait choisi un quartier tranquille, un endroit où ils ne seraient pas dérangés ; plus tard, ses élèves escaladeraient ces tours en pleine nuit mais pour l’heure, ils devaient déjà investir certaines règles.

- Pour commencer, on va atteindre ce premier palier – vous voyez, la première fenêtre, là ? Grimpez jusque-là. On verra la suite une fois que vous y serez, tous !

Guillerette, Zoanne frappa dans ses mains pour donner le top départ. Il ne s’agissait pas d’une course, mais l’exercice en lui-même était l’un de ses favoris et elle avait hâte de voir comment Yosh, Elya et Ney se débrouillaient.


__________________________________________

Le Marchombre court sur la Voie, suit son instinct, invente son chemin. Toujours plus loin...


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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Jeu 18 Oct 2012, 11:02

Dire que je sentis Zoanne cesser de se mouvoir serait une erreur incommensurable, elle s’était arrêtée, et tout avait continué, ce n’est que le grincement du bois du bastingage qui m’indiqua qu’elle s’était appuyée dessus. Nous dansions jusqu’à ce qu’elle nous arrête. Je dois l’avouer j’étais épuisé par cet exercice peu commun. Cependant, malgré que j’ai arrêté de me mouvoir, j’entendais toujours Rug chanter, j’entendais toujours le vent et ses murmures incompréhensibles. D’ailleurs pouvait-on comprendre le vent ? La chevaucheuse de brume avait-elle réellement existée ? Des questions auxquelles Zoanne choisirait probablement de ne pas répondre pour préserver le mystère. Aussi je ne lui posais pas de question, et me contentait d’aller me coucher. Un sommeil profond, sans rêve, un sommeil dut à l’épuisement.

-L’Arche !

Oui, l’Arche, j’étais réveillé depuis un moment, et m’étirais dans ma cabine, si Zoanne nous avait torturé la veille, elle le ferait ce matin aussi. Rapidement je posais mes lunettes sur mon nez, et enfilais ma lame à ma ceinture. Une fois sur le pont je la vis, la fameuse Arche. Impressionnante, vraiment belle, majestueuse et affreusement contre nature. Ce dernier détail gâcha ma contemplation de l’édifice, je pouvais bien reconnaître la puissance de Merwyn, mais certainement pas que c’était naturel. Ce fut notre maître qui nous sorti de notre torpeur, elle s’était hisser sur le mât et nous enjoignis de faire de même, à la force de nos bras. Etant le plus apte à le faire rapidement, dans la mesure où j’étais échauffé, je partis le premier. Je me hissais avec une rapidité contrôlée, mes jambes verrouillais mon corps, que la gravité rappelait à son devoir de toucher le sol. Puis soudain une hampe, je la saisis et me trouvais debout sur le bord de la voile, j’ignorais ce mot, comment nommait-on cette partie du navire ? Je m’en moquais, je me contentais de regarder l’Arche en sentant le vent perturber mon équilibre précaire, jusqu’à ce que l’idée la plus stupide qui soit ne me passe par la tête.

Ecoute, mais également fusion, je fermais les yeux, et laissais le vent m’attaquer, je me pliais, tout en tentant de conserver l’équilibre, je ne cherchais pas à lutter contre l’élément, mais à le laisser couler sur moi. Soudain, mon pied ne touchait plus rien, le vide. Mon équilibre rompu. Combien de temps avais-je tenu alors ? Aucunes idées. Ma chute ne dura pas longtemps, ma propre présomption allait me coûter très cher. Dans ma chute, je devais trouver une solution, et vite. Une seule, tant pis, elle m’aurait été utile jusqu’au bout, mais à présent, je ne pouvais rien y faire.

Je dégainais mon arme, et la plantais avec force dans le mât, espérant ainsi ralentir ma chute. Chose qui fonctionna, ma lame étant souple elle résista plutôt bien à l’effort, jusqu’au sol même. Je la sortis du tronc et vis alors, une lame qui n’en était plus une. Un bout de fer tordu, réduit à néant, la dernière œuvre de mon père… détruite par abus de confiance. Décidément j’étais un piètre apprenti.

Sans doute était-ce la frustration qui me fit agir ainsi, mais à ce moment précis il ne m’importait plus de devenir marchombre où de réussir l’exercice proposé. Je partis m’isoler dans la chambre, et déposais l’arme au sol, comme un enfant blessé. Mon sac, je l’ouvris, rien ne pourrait lui rendre sa splendeur, rien ne pourrait la réparer, mais sa garde était au moins intacte. Je m’appliquais à la couper proprement, et la rangeais ensuite dans mon sac, avec le reste de mes affaires.

Ce n’est que lorsque le navire mouilla dans un port que je ressortis, et marchais jusque sur la terre ferme, avant de jeter l’arme dans le tumulte du fleuve. Mon fourreau vide, ne les rejoignis pas, il était le témoin de cet acte qui aurait dut me coûter la vie.

La vieille femme partis à foulées rapides dans les rues, et pour la suivre je dois avouer que j’avais lutté. Une heure de montées, de descentes, de virages. Tout ça pour arriver à une rivière, j’y pénétrais immédiatement après m’être dévêtu. J’en sortis et me rhabillais vite. Je voulais parler à Zoanne, en privé. Mais je n’en eut pas le temps.

Nous arrivions à Al-Jeit, je ne me permis aucun commentaire, elle nous proposa d’aller manger, ce que nous fîmes, très rapidement. Puis la femme aux cheveux de neige nous amena devant une tour, comme il y en a tant dans la capitale. Grimper, tel était l’exercice. Je m’y attelais donc, sans broncher, sans réfléchir. Je cherchais à monter, par tous les moyens possible, à m’élever encore et toujours. Ma progression était lente, je le savais, mais je ne m’étais jamais amusé à grimpé un tour, et encore il y avait beaucoup d’appuis. Je devais sans doute avouer que je ne cherchais pas à réussir ou à échouer, je me contentais d’essayer, pensant toujours à mon erreur. La prétention était donc mon défaut, j’avais sottement cru que ce serait à ma porter alors que Zoanne ne nous avait rien demandé. Sot… j’étais un sot.
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Ney Nirina
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Jeu 18 Oct 2012, 13:56

    Ney ne parvenait pas souvent à oublier le temps qui passe. Elle avait du mal à rester en place, supportait difficilement les actions répétitives. Mais la gestuelle marchombre, c'était différent. Elle y était émergée, et ne pensait plus qu'à ses gestes, les effectuer le mieux possible, et être à l'écoute de ce qui l'entourait. Elle entendit le grincement lorsque Zoanne cessa la gestuelle pour s'adosser contre le garde fou et le prit d'abord pour un bruit normal du bateau avant, lorsqu'elle rouvrit les yeux, de comprendre. Elle les observait, et Ney jugea donc qu'elle ne leur demandait pas de s'arrêter. Elle continua, cette fois en gardant les yeux ouverts, même si cela faisait une énorme différence avec quand elle les gardait fermés.

    Finalement, ils cessèrent tous la gestuelle pour rejoindre Zoanne, et Ney sentait quelque chose de différent émaner de leur groupe. Elle se sentait bien, souriant, et ceci, ajouté au fait qu'il faisait nuit, ne lui donna pas envie de parler de peur de briser cela.

    - La gestuelle marchombre est un exercice à part. Certains disent qu’elle représente ce que nous sommes, d’autres qu’il faut s’y astreindre aussi souvent que possible… Je choisis toujours la nuit pour l’effectuer. Aussi longtemps que vous avancerez à mes côtés, vous danserez avec moi, la nuit. Mais n’oubliez pas, jeunes gens : il n’y a qu’une seule Voie, celle que nous arpentons en ce moment-même, toutefois il appartient à chacun de l’arpenter comme il le souhaite !

    Décidément, quelque chose gênait Ney lorsqu'elle entendait parler de la gestuelle marchombre comme d'une danse. Cela ne correspondait absolument pas à l'image qu'elle avait d'une danse, en plus, il n'y avait aucune musique!

    C'est alors qu'elle compris.

    La musique, c'était ce qui l'entourait. Le chant de Rug, bien sûr, mais aussi le souffle du vent, les bruits du bateau, tout cela formait la musique sur laquelle la gestuelle dansait. Le sourire de Ney s'élargit. Comment ne l'avait-elle pas compris plus tôt?

    Et arpenter sa voie comme on le souhaitait, cela signifiait qu'elle n'était pas obligée de pratiquer la gestuelle uniquement la nuit. Une fois marchombre, elle pourrait la faire quand elle le désirait. Néanmoins, pour l'instant, Ney ne ressentait nullement le besoin de le faire en plein jour. Elle trouvait que l'ambiance de la nuit convenait à merveille. S'y astreindre autant que possible, dire que la gestuelle marchombre représentait ce que sont les marchombres... Ça, Ney ne pouvait pas encore en juger, mais elle se promit de se reposer la question.

    - Vous devriez retourner vous reposer. Il faudra se réveiller avec l’aube si vous voulez voir l’Arche. Moi, je vais me coucher. Bonne nuit !

    Ney salua Zoanne d'un hochement de tête, fit de même avec Yoshi puis se dirigea vers sa propre cabine. En temps normal, elle serait sans doute restée traîner un peu, c'était beau de naviguer de nuit et elle avait généralement du mal à se rendormir après avoir été réveillée, mais elle sentait que cette fois elle n'aurait pas de difficultés et surtout qu'elle risquait d'avoir besoin d'être en pleine possession de ses moyens pour demain! En plus, si c'était pour avoir un coup de barre au moment de voir l'Arche...

    Sae dormait toujours. Ney sourit, se recoucha tant bien que mal sans gêner le petit félin et, comme prévu, trouva rapidement le sommeil.

    ~ * ~

    Ney avait été réveillée, une fois n'est pas coutume, par Sae qui, en pleine forme, jouait contre son flanc et fini par lui rentrer dedans. La jeune fille grommela en ouvrant les yeux. Il lui fallu quelques secondes pour se rappeler où elle était, mais lorsque cela lui fut revenu en mémoire, elle sourit. Elle se hâta de s'habiller et se hâta vers le pont, craignant d'avoir raté l'Arche. Alors qu'elle montait, elle entendit l'un des marins signaler la fameuse Arche et se hâta. Elle c'était réveillée à temps, merci Sae!

    Elle repéra rapidement Zoanne mais mit un moment à la rejoindre tant la vision de l'Arche la cloua sur place. Comment une chose aussi énorme pouvait-elle être aussi belle et donner l'impression d'être aussi légère? Ses couleurs, sa forme élancée... C'était magnifique, et elle ne songea à bouger que lorsque Yoshi arriva à ses côtés. Elle se rapprocha alors du bastingage pour continuer à observer tout son soûl, émerveillée, Sae choisissant ce moment pour la rejoindre et se frotter à sa jambe, jusqu'à ce que Zoanne lui touche doucement le dos. Ney mit quelques secondes à se détourner à regret et suivit son maître, curieuse, jusqu'à se retrouver au pied du plus petit mât. Aussitôt, Zoanne se lança dans son escalade jusqu'à une plate forme d'où elle fit signe à ses élèves de la rejoindre.

    - Un tel spectacle mérite bien de prendre un peu de hauteur ! Croisez les jambes autour du mât et hissez-vous à la force des bras.

    Ney ouvrit de grands yeux. Quoi?! Comment ça? Elle en était encore à se demander si elle y arriverait que Yoshi se lançait. Évidemment, ça devait être plus facile pour lui vu que c'était un garçon, si bien que Ney était toujours un peu sceptique, mais il lui avait aussi montré la technique, c'était tout ce dont elle avait besoin. Elle s'y essaya donc ensuite, au début maladroite et lente puis de plus en plus habile, même si elle fut très vite épuisée et ne put que remercier la Dame de ne pas souffrir de vertige lorsqu'il fallut se hisser sur la plateforme. Elle était un peu casse cou, mais pas à ce point, et elle se rapprocha aussitôt du mât pour avoir quelque chose auquel s'accrocher au cas où. Son regard tomba à nouveau sur l'Arche et elle sourit. Oui, finalement, c'était vraiment cool de le voir de là haut. Elle s'aperçut que Sae ne l'avait pas suivit, ce qui aurait été difficile, et sourit en le voyant fureter sur le pont. Il avait l'air de ne pas s'ennuyer...

    Ney sursauta lorsqu'elle vit ce que faisait Yoshi. Mais qu'est-ce qu'il fabriquait?! Absorbée par l'Arche puis par Sae, elle ne l'avait pas remarqué tout de suite, mais maintenant, elle le voyait. Il était complètement inconscient ou quoi? Et puis elle comprit ce qu'il essayait de faire, mais avant qu'elle n'ai pu pousser sa réflexion plus loin, Yoshi tombait. Ney ne réagit pas, se contentant de le regarder tomber, effarée. Heureusement, le garçon eu le réflexe de sortir sa lame, ce qui ralenti suffisamment sa chute mais son arme semblait détruite à l'arrivée. Il avait l'air d'aller bien, mais Ney préférait s'en assurer quand même, sauf qu'avant qu'elle n'ai eu le temps de lui demander, Yoshi s'éloignait. Ney hésita, puis décida qu'il valait mieux le laisser seul. Il avait un rapport particulier avec les armes, cela devait lui faire mal d'avoir abîmée celle ci. Elle se promit quand même d'essayer de lui parler.

    ~ * ~

    - On court ! Redressez le buste, rentrez le ventre, inspirez par le nez et soufflez par la bouche.

    Et voilà! Ça recommençait à peine descendus! Ney avait eu raison de retourner se coucher cette nuit plutôt que de profiter de la vue et visiter le bateau. Elle s'élança à la suite de Zoanne, Sae sur les épaules, et fit de son mieux pour tenir le rythme et améliorer ses mouvements selon les conseils de son maître. En se concentrant sur ce qu'elle faisait, elle réussit à nouveau à oublier le temps, même si elle ressentit rapidement des difficultés et du batailler pendant la dernière demi heure pour ne pas s'arrêter et continuer à courir. Elle avait cependant retenu la leçon lorsque Notok leur avait imposé cet exercice pour la première fois et elle se passa de commentaire lorsqu'ils s'arrêtèrent, se contentant de récupérer en marchant. Elle avisa la rivière et décida, comme Yoshi, d'y faire trempette brièvement avant de manger et de se remettre à marcher.

    ~ * ~

    - On va commencer par manger un morceau. Ensuite, nous irons faire un peu d’escalade !

    Ney, qui était encore en train de dévorer la ville des yeux, se contenta de hocher la tête, pas mécontente à l'idée de manger et n'ayant pas vraiment fait attention à la seconde partie de la phrase. Elle savoura avec plaisir leur repas puis réalisa que Zoanne avait prévu de l'escalade pendant qu'elle les entraînait dans la ville, mais elle l'oublia vite pour continuer se dévorer les environs du regard. Comment une ville pouvait-elle être aussi belle? Cela lui faisait penser à l'Arche, mais en différent tout de même. Elle avait entendu les gens en parler, comme quoi c'était Merwyn, un Dessinateur célèbre, qui avait participé à la création de tout ça avec d'autres Dessinateurs, mais elle n'était pas très calée sur le sujet, l'histoire, le Dessin, tout ça.

    Ils se retrouvèrent finalement au pied d'une tour, dans un coin fort heureusement tranquille sans personne à proximité pour les regarder. Ney n'était pas vraiment timide mais elle n'était pas fan de faire ce genre d'exercice devant tout le monde.

    - Pour commencer, on va atteindre ce premier palier – vous voyez, la première fenêtre, là ? Grimpez jusque-là. On verra la suite une fois que vous y serez, tous !

    Zoanne frappa dans ses mains et Ney s'approcha de la paroi. Elle saisit prudemment ses prises et commença à grimper. Elle n'était certes pas très véloce et manquait de technique mais ses gestes étaient tout de même emprunts d'un minimum de fluidité, montrant qu'elle avait déjà pratiqué ce genre d'exercice. En effet, elle c'était déjà amusée à escalader des bâtiments avec Beld, même si cela ne constituait qu'une partie de la discipline qu'il lui apprenait. Ney finit par arriver au palier et espéra que Zoanne allait rapidement leur dire quoi faire ensuite parce qu'elle doutait d'être capable de tenir là bien longtemps. Elle avait certes de bons appuis et ne ressentait pas encore de fatigue mais elle savait que ça pouvait vite venir et n'aimait pas trop l'idée de rester plantée à la verticale sur une tour, même si elle n'était pas assez haut pour que la hauteur la gêne vraiment. Ici, même si elle lâchait, elle pouvait atterrir sans se faire trop mal, elle l'avait apprit, mais ça faisait quand même assez haut, elle n'avait pas l'habitude et préférait encore éviter d'avoir à vérifier si elle en était vraiment capable ou non. En observant le haut de la tour, elle se surpris également à espérer que Zoanne ne leur demanderait pas d'y monter, ou alors elle avait intérêt à ne vraiment pas regarder en bas.

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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Jeu 18 Oct 2012, 14:22

Zoanne s'arrêta de danser mais j'étais tellement envoûtée par les mouvements que je faisais que je ne pus que continuer. Cette gestuelle, en accord avec tous les éléments qui nous entouraient était une vraie libération. Je ne me sentais apaisée et surtout, je n'aurais pas pu être plus heureuse ailleurs que là où je me trouvais. Cette danse calme et compréhensive m'envoûtait, me faisais vibrer et je dansais, encore et toujours.

Zoanne s'appuya au bastingage et j'allai la rejoindre avec mes deux camarades. Je me sentais profondément bien après cette découverte et je tournai les yeux vers le ciel. Merci. Je formulai cette pensée au marchombre qui, quelques temps plus tôt m'avait indiqué comment entrer à l'Académie. Notre maître marchombre souriait, comme toujours. Ses yeux pétillaient de malice et brillaient de superbes reflets sous la lune, haute dans le ciel. Avant que nous puissions dire quoi que ce soit, elle nous informa qu'elle allait se coucher et tourna les talons. Son pas était dansant tandis qu'elle s'éloignait de nous.

Trois ans. J'allais consacrer trois ans de ma vie à cette femme mais surtout, j'allai consacrer trois ans à la Voie, claire et lumineuse qui se déroulait devant moi alors que je n'avais à peine mis qu'un pied dessus. Longue et sinueuse, mais toujours entre la terre et le ciel, et s'étalait attendant d'être arpentée. J'arrivais...

~ * ~

- L'Arche !!
Mes yeux s'écarquillèrent quand j'aperçus l'Arche. Naturellement, j'en avais longuement entendu parler et je me l'étais plus d'une fois imaginée mais jamais je n'aurai pu la penser aussi belle. Enjambant majestueusement le Pollimage, elle rayonnait de mille feux sous les rayons encore hésitants du soleil levant. Je n'avais jamais vu autant de beauté et j'étais véritablement stupéfaite. Chacune de ces parcelles se reflétaient en un million de couleurs différentes, brillant comme un diamant. Ce spectacle était resplendissant.

Zoanna se lança à l'ascension du mat du encourageant à la suivre. Yoshi s'élança d'abord, uniquement à la force des bras. Ce fut ensuite le tour de Ney. Je m'approchai du mât à sa suite et commençais à grimper. Mes gestes me semblaient lourds comparés à ceux de Zoanne quelques minutes plus tôt. La montée fut lente et laborieuse car que je n'avais pas l'habitude de monter autour d'un pilier. Sa forme ronde me déstabilisa plus d'une fois. Quand je parvins enfin en haut, je ne sentais plus mes bras et je transpirai sous l'effort. Mais il fallait avouer que le spectacle en valait la chandelle... L'Arche était encore plus belle vue de là... Mais en tournant légèrement le regard je vis Yoshi vaciller avant de tomber dans le vide. J'étais horrifiée. Heureusement, il sortit son épée à une vitesse impressionnante et en le plantant dans la mât, se sauva la vie. Il était moins une...

Peu de temps après nous quittâmes Rug et la Flèche. A ce moment là, Zoanne nous entraîna avec elle en courant. Les premières minutes furent agréables mais je me fatiguai vite, mon corps n'étant pas adapté à cet exercice. Le vent que je respirai me brûlait les poumons et un point de côté m'électrisait le flanc droit. Pourtant, je ne lâchai pas et tint bon jusqu'à ce que Zoanne nous fit grâce auprès d'un petit ruisseau où j'allai tout de suite me laver et me rafraîchir.

Enfin, nous passâmes par la porte d'Améthyste d'Al-Jeit. Je ne m'étais pas attendue à revenir dans ma ville natale si rapidement après l'avoir quitté mais je constatai avec joie que rien n'avait changé. J'observai, heureuse d'être de retour cette ville qui avait bercé toute mon enfance.
Zoanne nous emmena dans un quartier calme pour manger un morceau.

Une fois chose faite, elle nous planta devant une tour et nous demanda de monter. Je souris devant le challenge. Toute ma vie j'avais escaladé ces mêmes tours, cherchant à retrouver une homme, un marchombre, qui m'avait tant fasciné. J'étais presque sûre de pouvoir dire que j'avais passé plus de temps sur les toits de la ville que dans ces rues. Avec une joie manifeste, je pris de l'élan et bondit arrivée au pied du mur. Je crochetai quelques grossières aspérités et progressais. J'étais contente de voir que mes mouvements habituels revenaient naturellement sans effort particulier. J'arrivai en haut avant les deux autres, libérée.

Joie intense qui resurgi
Qui libère et soulage
Éclat de rire
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Zoanne Lil'Ayaân
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Jeu 18 Oct 2012, 15:58

Tandis que ses élèves se lançaient à l’assaut du haut mur de la tour, Zoanne laissa vaguer son regard vers le ciel, observant un instant les nuages qui glissaient paresseusement au gré du vent. Puis ses yeux ambrés se posèrent à nouveau sur les jeunes gens qui escaladaient la paroi avec une volonté toute neuve.

Elle sourit. Ils se débrouillaient bien, pour des novices encore à l’aube de leur apprentissage… Elya n’avait apparemment pas besoin de revoir quelques bases pour s’élancer vers le ciel, véritable petit singe qui se jouait des prises les plus ardues. La marchombre hocha doucement la tête ; elle savait comment apprendre la confiance à la jeune fille.

Ney la surprit par sa souplesse. Il lui manquait certes de la technique, et il semblait qu’elle ne soit pas très à l’aise au-dessus du vide, mais elle était moins gauche que lors de sa dernière tentative, au port ; son petit chat y était-il pour quelque chose ?

Baissant les yeux vers l’animal, qui attendait sagement, assis sur son arrière-train, Zoanne se baissa et glissa les doigts dans sa chaude fourrure. Le chat se mit aussitôt à ronronner et à arquer le dos pour mieux épouser les caresses de la vieille femme. Complicité parfaite.

- Est-ce que je dois te considérer comme un élève ? se demanda Zoanne à voix haute tandis que le félin frottait sa tête contre sa main. Ou bien comme la mascotte du groupe ?

Ni l’un, n’i l’autre, brillèrent les yeux en amande. Un chat est un chat, il est libre, et c’est en toute liberté que celui-ci suivait Ney. Pas besoin de savoir miauler pour s’en rendre compte ! Zoanne éclata de rire, hocha la tête et leva les yeux vers ses apprentis.

Yoshitsune se déplaçait lentement, mais sûrement. Il ne faisait aucun doute qu’il était en train de réfléchir à sa chute du mât. S’en voulait-il encore ? Zoanne avait vu la colère dans ses yeux lorsqu’il avait ramassé les morceaux de son arme. Ce matin, il avait appris une leçon qu’elle n’avait pas prévu de lui donner.

Certes, elle aurait pu le retenir, l’empêcher de tomber… mais, parfois, il faut savoir tomber pour apprendre à rebondir. Ce garçon en était-il capable ?

La marchombre se redressa et avisa la tour. Elya avait pratiquement atteint le premier palier. A son tour de se lancer ! Rejetant sa lourde tresse en arrière, Zoanne posa les mains sur la pierre doucement chauffée par le soleil. Une belle journée…

Son ascension fut rapide. Oubliant qu’elle avait bientôt soixante ans, niant le danger et défiant la raideur de certains de ses muscles, elle s’éleva, comme portée par le vent, et s’arrêta près de la fenêtre une poignée de secondes seulement avant Elya. La surprise de celle-ci, très vite partagée par les deux autres grimpeurs, ne fit cependant naître aucun orgueil dans le regard de Zoanne.

- Bien joué ! Je crois que vous êtes tous capables de monter jusqu’au sommet. Regardez, nous n’en sommes plus très loin, à présent. Elya, tu passes devant : n’oublie pas de pose ton regard là où tu désires qu’il t’entraîne. Ney, tu prends la suite. Lorsque tu montes la main droite, monte le pied gauche, et lorsque tu montes la main gauche, monte ton pied droit. Yoshitsune, suis Ney, mais n’essaie pas de la rattraper ; concentre-toi sur ton propre rythme et veille à toujours penser à ce que tu dois faire. Ne laisse aucune autre pensée te distraire. Je ferme la marche !

Ouvrir la marche, fermer la marche.
Les fondements d’un guide.
D’un maître.

Après tant d’années passées à enseigner la Voie, à former des apprentis, les tester, leur permettre de s’envoler, Zoanne était toujours fermement convaincue qu’elle apprenait autant qu’eux. A chaque fois. Le moindre exercice, la moindre consigne donnée était un jalon sur son propre chemin ; elle les gravissait un à un, aussi prudemment et volontairement que les trois jeunes gens qui grimpaient au-dessus d’elle.

C’était un cycle infini.
Ces trois-là avaient le potentiel de devenir des marchombres, puis des maîtres à leur tour ; un jour, ils se retrouveront sur cette tour pour fermer la marche…

Sourire.
Soupir.
Envol.

Zoanne se hissa à la suite de ses élèves et s’assit sur le parapet, les jambes dans le vide. Tandis qu’ils reprenaient leur souffle, elle promena son regard sur la ville qui se déployait sous leurs pieds. Quoi qu’on en dise, Al-Jeit était à la hauteur de sa réputation.

Tout un monde de couleur s’ouvrait à eux. Les toits roses, les tentures vives des échoppes, les habits chamarrés des passants, l’éclat bleuté des fontaines sous les rayons du soleil… Tout était bruit, saveur, odeur. Bruit du fer sur le pavé au passage des chevaux. Saveur du vent, qui rapportait un peu de sel et un peu de sucre. Odeur de la ville, tantôt agréable, tantôt nauséabonde.

Tout était vie, mouvement.

- Alors ?

Tournant la tête vers ses apprentis, Zoanne les observa tour à tour et sourit.

- Qu’est-ce que vous avez pensé de cette escalade ? Et qu’est-ce que vous pensez de la vue ?



[Vous pouvez répondre par le dialogue, si vous le souhaitez !]


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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Jeu 18 Oct 2012, 16:13

- Bien joué ! Je crois que vous êtes tous capables de monter jusqu’au sommet. Regardez, nous n’en sommes plus très loin, à présent. Elya, tu passes devant : n’oublie pas de pose ton regard là où tu désires qu’il t’entraîne. Ney, tu prends la suite. Lorsque tu montes la main droite, monte le pied gauche, et lorsque tu montes la main gauche, monte ton pied droit. Yoshitsune, suis Ney, mais n’essaie pas de la rattraper ; concentre-toi sur ton propre rythme et veille à toujours penser à ce que tu dois faire. Ne laisse aucune autre pensée te distraire. Je ferme la marche !

Les conseils de Zoanne étaient toujours limpides. Comment parvenait-elle à lire en nous si facilement alors qu'elle nous connaissait depuis si temps de temps seulement ? Cette femme m'étonnait tous les jours un peu plus.

Je continuai de monter et j'essayai de suivre le conseil du maître marchombre qui grimpait à nos côtés. Je regardait au dessus de moi cherchant toujours la prise suivante et calculant mon itinéraire.

- Alors ? Qu’est-ce que vous avez pensé de cette escalade ? Et qu’est-ce que vous pensez de la vue ?


Timidement je levai les yeux vers elle mais quand je pris la parole j'étais décidée.

- J'ai toujours vécu à Al-Jeit mais ce qui m'a toujours étonnée et encore aujourd'hui je le constate que sur n'importe quel toit que nous soyons, la vue qui s'étale sous nos yeux est toujours différents laissant apparaître des étapes différentes. C'est aussi pour ça que je passai mon temps à grimper partout. Je voulais tout voir de cette ville avant de la quitter mais je m'aperçois que je n'en ai pas vue la moitié.

Tandis que je prononçais ces mots, mon regard se tourna vers les grandes tours d'Al-Jeit et vers les innombrables passerelles qui les reliaient entre elles tandis qu'une vague de nostalgie m'envahissait en pensant à Regan. Ho Regan...
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Ney Nirina
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Jeu 18 Oct 2012, 19:40

      ( Elya, la couleur de Zoanne, c'est steelblue si ça t'intéresse ^^)



    Sae était resté en bas. Il lui arrivait très rarement de la suivre, seulement lorsque Ney avait prévu d'aller de toits en toits, auquel cas il prenait son propre chemin ou bien venait se loger dans un sac de Ney. La jeune fille n'avait pas songé une seule fois à le faire monter dans son sac, elle savait que même s'il y était habitué, il n'aimait pas toujours ça, de plus ses mouvements avaient tendance à la déstabiliser et puis elle doutait que, de la tour, ils aillent sur d'autre bâtiments. Ney entendit Zoanne parler au félin. Elle arrêta alors sa progression et assura ses prises pour pouvoir les voir, et elle sourit en les voyant faire. D'habitude, elle avait bêtement tendance à être un peu jalouse quand Sae tolérait le contact d'autres personnes qu'elle, mais avec la maître marchombre, c'était différent. La scène la faisait juste sourire.

    Elle se concentra ensuite à nouveau sur sa progression. Ce n'est qu'arrivée à la fenêtre qu'elle remarqua Zoanne qui les attendait, comme si elle était là depuis le début. Ney la fixa, regarda en bas et se demanda comment elle avait pu monter aussi vite.

    - Bien joué ! Je crois que vous êtes tous capables de monter jusqu’au sommet. Regardez, nous n’en sommes plus très loin, à présent. Elya, tu passes devant : n’oublie pas de pose ton regard là où tu désires qu’il t’entraîne. Ney, tu prends la suite. Lorsque tu montes la main droite, monte le pied gauche, et lorsque tu montes la main gauche, monte ton pied droit. Yoshitsune, suis Ney, mais n’essaie pas de la rattraper ; concentre-toi sur ton propre rythme et veille à toujours penser à ce que tu dois faire. Ne laisse aucune autre pensée te distraire. Je ferme la marche !

    Il fallut quelques secondes à Ney pour visualiser le conseil que lui donnait Zoanne. Ok, donc monter la main ou le pied opposé à celui qu'elle venait de déplacer, c'est ça? Elle avisa le haut de la tour. Certes, elle avait des prises relativement faciles, et certes, c'était loin d'être la plus haute tour de la ville d'après ce qu'elle avait vu, il n'empêche que si elle tombait alors qu'elle était proche du sommet... Ney inspira longuement. Avec Beld, c'était différent, elle n'escaladait pas les tours comme ça. Ce qu'ils faisaient, ce n'était pas vraiment de l'escalade. Elle se força cependant à ne pas y penser, à ne pas regarder en bas et elle partit à la suite d'Elya. La suite de l'ascension fut plus dure car Ney n'avait pas l'habitude de grimper pendant aussi longtemps et elle commençait à fatiguer. En revanche, son mouvement lorsqu'elle passa de la verticalité du mur de la tour à la surface plus ou moins horizontale de son toit tranchait très nettement avec sa prestation durant la grimpette, plus fluide, assuré, précis. Ca, elle savait le faire!

    - Alors ?

    Ney étirait ses muscles tout en dévorant la cité du regard. L'interrogation de Zoanne ramena son attention sur elle.

    - Qu’est-ce que vous avez pensé de cette escalade ? Et qu’est-ce que vous pensez de la vue ?

    Une fois n'est pas coutume, Elya fut la première à répondre.

    - J'ai toujours vécu à Al-Jeit mais ce qui m'a toujours étonnée et encore aujourd'hui je le constate que sur n'importe quel toit que nous soyons, la vue qui s'étale sous nos yeux est toujours différents laissant apparaître des étapes différentes. C'est aussi pour ça que je passai mon temps à grimper partout. Je voulais tout voir de cette ville avant de la quitter mais je m'aperçois que je n'en ai pas vue la moitié.

    Ah bon, Elya venait d'ici? Ney se demanda si elle l'avait déjà dit avant. Il ne lui semblait pas. En tout cas, elle comprenait très bien qu'elle ai passé beaucoup de temps sur les toits!

    - C'est vrai que la vue est vraiment magnifique! Même au sol, mais ici, c'est différent. Quant à l'escalade, eh bien... C'était sympa, j'ai bien aimé, mais j'ai pas l'habitude. C'est sans doute stupide mais j'arrête pas de penser à ce qui se passerait si je tombe, et je suis débutante en escalade.

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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Jeu 18 Oct 2012, 20:57


- Bien joué ! Je crois que vous êtes tous capables de monter jusqu’au sommet. Regardez, nous n’en sommes plus très loin, à présent. Elya, tu passes devant : n’oublie pas de pose ton regard là où tu désires qu’il t’entraîne. Ney, tu prends la suite. Lorsque tu montes la main droite, monte le pied gauche, et lorsque tu montes la main gauche, monte ton pied droit. Yoshitsune, suis Ney, mais n’essaie pas de la rattraper ; concentre-toi sur ton propre rythme et veille à toujours penser à ce que tu dois faire. Ne laisse aucune autre pensée te distraire. Je ferme la marche !

Qu’avais-je alors à me reprocher ? Je venais de détruire mon seul lien avec le passé, le seul lien que je n’aurais jamais renier, et par-dessus tout je venais de détruire mon bien le plus précieux par vanité, alors comment pourrais-je ne pas penser à autre chose ? Cette stupide femme pouvait bien penser à ce qu’elle voulait en grimpant, et personne ne verrait quelque chose à lui redire. Aussi je ne relevais pas, ne détournais même pas le regard vers elle, ni vers l’une de mes comparses qui se débrouillaient bien mieux que moi. Avoir Zoanne dans mon dos ne m’inspirais aucune confiance, mais je n’avais pas le choix, sinon d’accélérer mon ascension afin de réduire ce temps au minimum. J’accélérais, bien que je ne sois pas habitué à grimper de façon générale, je trouvais que j’étais plutôt pas mal dans mon style. Pourtant, l’absence d’un déséquilibre se faisait sentir sur mon flanc droit. Mon fourreau vide battait au vent. Lorsque nous arrivions au sommet, je ne soupirais pas comme un bœuf, je me contentais d’une absence totale d’émotion, une ville, aussi merveilleuse soit-elle ne pouvait me sortir d’une telle tristesse, tout Al-Jeit qu’elle était.

Les deux jeunes filles firent l’éloge de la ville, sur la simple question du ressenti de Zoanne. Ma réponse arriva juste après, rien de plus, rien de moins.

-Je déteste vos questions sans but. Nous demander ce que nous pensons comme si nous étions camarades. Tss, une perte de temps, je suis ici pour apprendre, même si les leçons ne me plaisent pas. Le goût de l’effort je l’ai, celui du repos mérité aussi. Mais je n’ai pas le don de m’extasier pour un rien. Si vous avez fini, moi pas. Aujourd’hui j’ai perdu bien plus que si vous veniez à perdre l’intégralité de vos élèves au profit du camps des mercenaires. Je ne peux rester sur un échec avec ce qui viens de se produire ce matin. Alors, merci, mais pour l’instant, je pense qu’il est grand temps pour moi de retourner sur les traces de mon échec et de tirer un maximum d’enseignement de ma naïve prétention.

Sans un mot de plus, je me détournais des femmes, sans leur accorder le moindre regard, au moins Ney semblait avoir compris, mais l’attitude de Zoanne montrait sa neutralité en matière de nos ressentis, qu’elle privilégie le groupe était une chose, mais aujourd’hui, plus que n’importe quand j’avais besoin de prouver que tout n’était pas perdu. Alors, d’un pas lent, je me dirigeais vers le rebord de l’immeuble. Les yeux fermés, j’écoutais le vent, étrangement moqueur à mes oreilles, sourde provocation, jamais je ne le dompterais. Mais je m’en moquais, lui y arriverait-il à me dompter ? La réponse je l’avais déjà, oui, mais je ne lui permettais même pas d’exister. J’imposais ma réponse, non, jamais il ne me referait perdre la face.

Une bourrasque frappa dans mon dos, mon corps bascula vers l’avant, allais-je tomber ? Allais-je mourir aussi sottement, encore une fois par prétention ? Non, je ne le permettrais pas, sitôt que le flux s’atténua, j’usais du maximum de mes abdominaux pour reprendre une position stable, en réalité cet exercice s’apparentait à la gestuelle marchombre, si ce n’était que l’application était plus concrète. Je devais entrer dans le rythme du vent. Oui entrer dans le rythme, comme dans une danse… Je devais ne rien lâcher. Le vent souffla de nouveau, latéralement, une vrille, sans fioriture, le vent passa, sans me perturber, une brise en avant, prélude d’une violente rafale, chargée de menace. Je me laissais basculer en avant, jusqu’à perdre l’équilibre, soudain le vent me fouette et me relève. Je sens que je commence à saisir la chose, inutile de trop forcer, mais je veux comprendre, plus que je n’ai jamais compris. Alors, ivre de questionnement futile je m’abandonne aux souffles capricieux du vent, allais-je mourir aujourd’hui ? Seul le vent le déciderait.
[Le choix de ma chute ou non reviens à notre maître, Zoanne]
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Ven 19 Oct 2012, 09:54

Chevaucher le vent. Danser avec le vent. Dompter le vent.
Etre le vent.

Ben voyons ! Si elle avait eu un poil plus de jugeote, elle aurait attendu que Réma lui dise de… non. Elle n’aurait pas attendu. Impossible d’attendre. Pas après sa chute, qui lui avait valu deux fractures au bras gauche. Celle-ci avait beau remonter à deux mois, la jeune apprentie ne parvenait pas à se l’ôter de l’esprit.

Chevaucher le vent. Danser avec le vent. Dompter le vent.
Etre le vent.

Comme une litanie, elle répétait ces paroles, mentalement. Ou bien à voix haute, mais qu’importe ? Elle était seule, sur ce toit. Seul avec le vent. En équilibre sur le garde-fou, elle avait l’impression qu’il lui suffisait de lever les deux bras très haut pour toucher les nuages. Elle avait aussi l’impression que, par moments, le vent cessait de vouloir à tout prix la précipiter en bas. Il capitulait. Non ?

Non. Illusion fugace. Illusion de novice. Chevaucher le vent, vraiment ? Danser avec lui, ah bon ? Le dompter, lui qui court sans jamais s’arrêter devant un obstacle ? Etre le vent ? Mais comment devenir le vent ?

Il lui vola sa réponse en la soufflant comme un fétu de paille. Déséquilibrée, elle battit des bras, tenta de se rattraper au rebord, l’effleura du bout des doigts… tomba. Inexorablement attirée par le vide. Il l’attendait trente mètres plus bas et cette fois, elle ne s’en tirerait pas avec des fractures. Elle ne s’en tirerait pas du tout.
Echec. Encore…

- Je te tiens !

Choc, brutal.
Lorsqu’elle rouvrit les yeux, la jeune apprentie découvrit des doigts, solidement enroulés autour de son poignet gauche. L’arrêt de sa chute, un peu trop brusque, déclencha une onde de douleur dans l’os encore fragile de son bras, mais les larmes qui envahirent les yeux ambrés de l’apprentie avaient pour cause une autre blessure, plus profonde, plus poignante.

Bandant ses muscles, Réma plaqua son élève contre le mur et attendit qu’elle ait trouvé une prise pour la lâcher. De la main, pas du regard. Comment son maître avait-elle pu arriver à temps, alors qu’elle ne se trouvait pas dans les parages ? Question sans réponse. Une de plus…

- Allez, on remonte.
- Non.
- Si, Sauterelle. Lorsqu’on touche le fond, l’on ne peut que remonter !


Terreur sourde.
Figée contre la roche, l’apprentie tremble de tous ses membres. Le vent souffle plus fort à ses oreilles. Elle le déteste. Elle le déteste !

- Remonte, et je t’apprendrais à tutoyer le vent.


Tutoyer le vent. On peut lui parler, au vent ?
Mais pour lui dire quoi ?



~ * ~




Yoshitsune s’était levé et, face au vent, s’était mis à danser. On aurait dit qu’il s’essayait à la gestuelle marchombre, et ses gestes, quoi que manquant de fluidité, étaient intéressants… jusqu’à ce qu’une bourrasque ait enfin eu raison de sa bravoure. Elle l’avait précipité dans le vide avec une force insoupçonnée. Il était tombé.

Mais Zoanne avait bougé bien avant cela. Comment ? Pourquoi ? Questions inutiles ; seul comptait le résultat. A plat ventre sur le toit, le haut du corps dans le vide, la marchombre tenait son apprenti par le poignet.

- Tu ne crois pas avoir fait assez de tentative de vol pour aujourd’hui ?

A son regard, Zoanne comprit que sa question était mal venue. Mal perçue, en tous cas. Elle aurait bien haussé les épaules, mais dans cette position la chose se révélait impossible. Et inconfortable ! Elle avait l’impression que ses muscles s’allongeaient comme des élastiques, et que ses os… Non, les os ne s’allongent pas. Mais ils protestent tout autant que les muscles !

- Allez bonhomme, on remonte !

Mue par une volonté plus solide que le fer, Zoanne remonta Yoshitsune à la force des bras – du moins, jusqu’à ce qu’il puisse se hisser de lui-même sur le toit. Alors, la vieille femme roula sur le dos et entreprit de récupérer en inspirant et en expirant lentement, les yeux clos. Lorsqu’elle les rouvrit, trois visages étaient penchés sur elle.

- Par le slip de Merwyn, marmonna-t-elle en se redressant. Yoshistune !

Il était là. Toujours aussi boudeur, voire dédaigneux, mais il était là. C’était tout ce qui comptait.

- Apparemment, ta prétention est toujours aussi naïve que ce matin… commença-t-elle doucement. Néanmoins, cette fois-là comme la première, je pense que tu as appris quelque chose.

Elle l’observa un instant, songeuse. Ce garçon était impatient. Trop, sans doute, mais il était plus vieux que ses sœurs d’arme…

- Mes questions sans but, comme tu dis – et c’est le cas – amènent de votre part des réponses qui, elles, sont très précieuses. Grâce à elles, je sais qu’Elya manque de confiance en elle. Elle s’affirme en territoire, connu, conquis, mais elle bride ses émotions les plus intenses, ses intentions les plus sauvages, même dans un exercice qu’elle maîtrise bien, comme l’escalade.

Zoanne s’adressait à Yosh, mais ces dernières paroles étaient bien évidemment destinées à Elya.

- Ney est presque aussi coriace que toi mais parce que je sais lire entre les lignes, je devine qu’elle a le vertige. Comme son chat, elle peut grimper haut mais pas redescendre, sauf peut-être à ta manière ! Elle apprendra que le marchombre qui a le vertige sait ruser pour dominer sa peur. Et qu’il redescend toujours.

Ruser pour dominer sa peur… Zoanne sourit. Mieux valait qu’elle ne parle pas à Ney de sa phobie des grenouilles !

- Toi, tu te caches derrière une solide barrière de mépris et c’est ce qui t’a fait tomber, jeune homme. Le vent n’aime pas la suffisance !

Elle se releva en grimaçant – il allait falloir qu’elle s’étire longuement si elle ne voulait pas se réveiller le lendemain pétrie de courbatures…

Ignorant le frisson qui agita ses élèves, dans son dos, Zoanne se pencha dans le vide. Ecarta les bras. Leva une jambe et, telle une danseuse, amena doucement son pied près de sa tête. Ses bras étaient toujours écartés. Sa jambe relevée à la verticale. Face à elle, le vide, et dans son dos, le vent. Terriblement joueur.

- Fait le deuil de ton arme et de ton orgueil, jeune apprenti, dit-elle en abaissant lentement sa jambe. Oublies tout ce que tu sais, ce que tu crois savoir. Celui qui croit savoir n’apprend plus.

Zoanne s’assit à nouveau les jambes dans le vide et regarda Yoshitsune dans les yeux.

- Un jour, je t’apprendrais à tutoyer le vent.

Promesse.

Puis la marchombre frappa dans ses mains.

- Bien ! A présent que nous sommes tous là… nous allons redescendre. Mais cette fois, on va prendre un autre chemin !

L’autre chemin en question était une échelle de secours, placée de l’autre côté de la tour. Plus sûr, plus rapide ; Elya était peut-être la seule qui soit capable de désescalader la tour mais Zoanne voulait qu’ils restent ensemble.

La nuit tombait déjà lorsqu’ils s’arrêtèrent dans une auberge. Ils n’y mangèrent pas ; Zoanne fit le plein de provisions avant d’entraîner ses élèves à la sortie de la ville.

- On va voyager de nuit, leur dit-elle en passant son sac en bandoulière. Considérez cela comme un exercice : vous allez devoir être particulièrement attentifs à ce qui vous entoure – les ombres (elle regarda Elya), les hautes herbes (elle regarda Ney), le vent (elle regarda Yosh). Il ne s’agit pas d’être en « communion » avec la nature, simplement d’être vigilant. Vous allez aussi devoir lutter contre la fatigue, ou plutôt, composer avec : l’évaluer, la mesurer afin de la contourner, soit en marchant plus vite, soit en chantant une chanson. Quand je sens que je vais m’endormir, moi, je chante !

Sourire.
Zoanne se mit en route, et à sa suite, les trois élèves qu’elle guidait depuis la veille seulement. Un bien drôle de trio, mais dont les membres étaient tous d’incroyables personnes. Il fallait seulement qu’ils en prennent conscience…



~ * ~




La nuit pâlissait enfin. S’arrêtant pour jeter un coup d’œil à ses élèves, Zoanne se retint d’éclater de rire devant leur mine épuisée. Ils avançaient comme des lutteurs groggy ! La marchombre leva les yeux, réfléchit un instant puis, considérant que le jour était sur le point de se lever, elle posa son sac à terre.

- On fait une halte ! Sortez vos couvertures et dormez un peu. Je vous réveillerai !

Ils ne se firent pas prier et Zoanne profita de ce qu’ils dormaient à poings fermés pour défaire sa tresse et démêler ses longs cheveux d’argent. Un vrai calvaire ! Voilà près de quarante ans qu’elle se promettait de les couper. Elle ne l’avait jamais fait…

Elle attendit que le soleil ait largement franchi la ligne d’horizon pour réveiller ses apprentis. Deux heures de sommeil, c’était ce qu’il leur fallait pour récupérer, et sitôt qu’ils furent réveillés, elle leur colla dans les mains un bon petit-déjeuner. Puis elle les entraîna dans une course matinale, la course « spécial dégraissage » ; et une heure plus tard, ils étaient de nouveau en route vers le sud.

Comme ils marchaient d’un pas tranquille, Zoanne se rapprocha de Yoshitsune. Qu’il soit à ce point sur la réserve avec elle ne l’inquiétait pas outre-mesure ; ils avaient tout le temps pour se connaître et apprendre à s’apprécier. Elle l’appréciait déjà.

- Ce sabre, dit-elle en désignant le fourreau vide qu’il avait gardé, tu l’avais forgé toi-même ?

Malicieuse, elle attendit qu’il la rabroue, ou bien qu’il s’étonne de ce qu’elle en sache autant à son propos. Mais elle l’avait dit : chaque parole de sa part était comme un livre ouvert pour elle. Son sens de l’observation avait alors pris le relais, remarquant les cals dans ses paumes, surprenant l’odeur du feu sur ses vêtements, se souvenant de la superbe facture de l’arme…


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Le Marchombre court sur la Voie, suit son instinct, invente son chemin. Toujours plus loin...


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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Ven 19 Oct 2012, 14:19

- Je déteste vos questions sans but. Nous demander ce que nous pensons comme si nous étions camarades. Tss, une perte de temps, je suis ici pour apprendre, même si les leçons ne me plaisent pas. Le goût de l’effort je l’ai, celui du repos mérité aussi. Mais je n’ai pas le don de m’extasier pour un rien. Si vous avez fini, moi pas. Aujourd’hui j’ai perdu bien plus que si vous veniez à perdre l’intégralité de vos élèves au profit du camps des mercenaires. Je ne peux rester sur un échec avec ce qui viens de se produire ce matin. Alors, merci, mais pour l’instant, je pense qu’il est grand temps pour moi de retourner sur les traces de mon échec et de tirer un maximum d’enseignement de ma naïve prétention.

Je ne fus pas plus surprise outre mesure de la réponse de Yoshi. Non que je le pensais comme ça, mais il était évident que sa chute de ce matin ait laissé des traces sans doute indélébiles sur lui et qu'il mette du temps avant de pouvoir les assimiler. Je comprenais ce sentiment de colère et d'impuissance, moi aussi j'étais tombée, mais je n'avais pas eu la possibilité de freiner ma chute...

Yoshi nous tourna le dos et, en équilibre, commença une série de mouvements, fluides mais pas tout à fait, à la fois concentrés et harmonieux mais... Les bourrasques de vent soufflaient fort et il tomba. Encore une fois. Enfin, il failli tomber. Zoanne s'était muée avec une vitesse extraordinaire et maintenant, elle le retenait par les poignets. On aurait pu penser qu'elle serait en colère contre ce qui pourrait passer pour un excès de confiance de la part de Yoshi mais pour l'instant, elle était seulement concentrée sur l'effort manifeste. Après des efforts conjoints, Yoshi parvint à se hisser sur le toit et c'est seulement à ce moment que je m’aperçus que j'avais retenu ma respiration devant la chute. Je m'autorisai à lâcher un véritable soupir de soulagement.

- Apparemment, ta prétention est toujours aussi naïve que ce matin… Néanmoins, cette fois-là comme la première, je pense que tu as appris quelque chose.

Sa voix était calme, posée. Jamais on aurait pur croire en l'écoutant qu'elle venait de sauver la vie d'un de ses apprentis.

- Mes questions sans but, comme tu dis – et c’est le cas – amènent de votre part des réponses qui, elles, sont très précieuses. Grâce à elles, je sais qu’Elya manque de confiance en elle. Elle s’affirme en territoire, connu, conquis, mais elle bride ses émotions les plus intenses, ses intentions les plus sauvages, même dans un exercice qu’elle maîtrise bien, comme l’escalade.


Je fus ébahie quand elle prononça ces mots. Non que je doutais qu'elle soit au courant mais qu'elle venait d'énoncer quelque chose dont je n'avais pas conscience moi même. Bridais-je réellement mes émotions ? Peut être. Sans doute avais-je déjà eu trop de déceptions. J'en pris note, je tenterais d'y remédier plus tard. Mais Zoanne n'avait pas attendu, elle poursuivait déjà.

- Ney est presque aussi coriace que toi mais parce que je sais lire entre les lignes, je devine qu’elle a le vertige. Comme son chat, elle peut grimper haut mais pas redescendre, sauf peut-être à ta manière ! Elle apprendra que le marchombre qui a le vertige sait ruser pour dominer sa peur. Et qu’il redescend toujours. Toi, tu te caches derrière une solide barrière de mépris et c’est ce qui t’a fait tomber, jeune homme. Le vent n’aime pas la suffisance !


Son ton s'était légèrement durci sur la fin. Mais je ne pense pas que c'était de colère. Mais c'est sa dernière phrase qui retint toute mon attention :

- Celui qui croit savoir n'apprend plus.

Je pris quelques secondes pour y réflechir mais cela m'apparut très vite comme évident. Comment avais-je pu passer à côté de ça ? Il me restait tant à apprendre...
Zoanne annonça que nous prendrions un autre chemin pour redescendre. J'étais un peu déçue, la chute de Yoshi m'avait électrisée et j'aurai aimé pouvoir profiter de cette énergie... Mais je savais que j'aurais bien le temps de me défouler. Je compris dans qu'elle mesure quand notre maître marchombre nous annonça que nous voyagerions de nuit.

~ * ~


Je luttai contre le sommeil depuis plusieurs heures déjà. Alors pour éviter de sombrer alors même que je marchai, je me remémorai mon passé dans les rues d'Al-Jeit, souvent à bondir partout en tout innocence jusqu'à ce jour où j'avais aperçu ce marchombre. J'avais tenté de le retrouver en vain... Mais depuis ce jour, j'escaladais, explorai, observais, ... Dans le but de peut être pouvoir un jour devenir comme lui... C'était il y avait de nombreuses années. Et maintenant, j'étais sur cette Voie. J'étais loin de ce qu'il était mais l'espoir de pouvoir un jour y parvenir faisait courir une énergie nouvelle et électrisante le long de ma colonne vertébrale ce qui eu pour effet positif de me réveiller.

Quand Zoanne avait parlé d'être attentifs aux ombres, elle m'avait lancé un regard. Etait-ce une coïncidence ou avait-elle perçu ma nostalgie quand je m'étais prononcée sur la beauté de la capitale ? Je ne croyais guère à une simple coïncidence...
Sans même m'en rendre compte, je me mis à chanter une chanson que Regan m'avait appris il y a bien longtemps... Le rythme était lent, calme, il m'apaisa. Il me semblait que les mots sortaient d'eux-mêmes, mots que je ne pensais même pas me rappeler. Pour moi, ils avaient une signification si lointaine...

Zoanne nous fit enfin grâce et nous nous couchâmes. Je m'endormis presque immédiatement. Mais le repos fut de tellement courte durée... Je ne tiendrai pas longtemps à ce rythme là !
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Ney Nirina
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Ven 19 Oct 2012, 22:37

    - Je déteste vos questions sans but. Nous demander ce que nous pensons comme si nous étions camarades. Tss, une perte de temps, je suis ici pour apprendre, même si les leçons ne me plaisent pas. Le goût de l’effort je l’ai, celui du repos mérité aussi. Mais je n’ai pas le don de m’extasier pour un rien. Si vous avez fini, moi pas. Aujourd’hui j’ai perdu bien plus que si vous veniez à perdre l’intégralité de vos élèves au profit du camps des mercenaires. Je ne peux rester sur un échec avec ce qui viens de se produire ce matin. Alors, merci, mais pour l’instant, je pense qu’il est grand temps pour moi de retourner sur les traces de mon échec et de tirer un maximum d’enseignement de ma naïve prétention.

    Ney poussa un grognement énervé. Pour qui il se prenait lui? Comment pouvait-il imaginer ce que ressentirait Zoanne si ils passaient tous chez les mercenaires? En tout cas, vu son discours stupide, il était bien parti pour les rejoindre lui! Soudain, Ney ne se sentait plus aucun point commun avec lui. Elle était certes emportée, mais quand même pas au point de dire de telles stupidités, si? Il était donc insensible à la beauté de la vue?

    Elle ne put cependant pas préciser le fond de sa pensée, car elle vit Yoshi recommencer la même chose que la dernière fois. Elle ne se sentait pas de l'interrompre dans la gestuelle, elle ne savait pas pourquoi. Cependant, elle était sur ses gardes, craignait de le voir tomber à nouveau. Lorsque Yoshi tomba, elle n'eut pas le temps de réagir que Zoanne avait déjà agrippé le poignet de son élève.

    - Tu ne crois pas avoir fait assez de tentative de vol pour aujourd’hui ?

    Ney en resta bouche bée. Comment avait-elle pu agir aussi vite? Elle aurait peut-être pu réagir, mais jamais aussi rapidement que Zoanne, et la voir en mouvement l'avait stoppée. Heureusement qu'elle avait été plus rapide, parce que Elya n'avait pas l'air d'avoir été prête à bouger, alors si ça n'avait tenu qu'à elles deux... Yoshi serait sans doute vraiment tombé.

    - Allez bonhomme, on remonte !

    Ney s'approcha prudemment pour aider Zoanne à remonter Yoshi. Après tout, hisser un garçon dans une position pareille, elle savait bien que ce n'était pas facile. Malgré cette aide, Zoanne parut forcer beaucoup. Ney, après s'être assurée que Yoshi était bien remonté, fixa son attention sur elle, attentive.

    - Par le slip de Merwyn, Yoshitsune ! Apparemment, ta prétention est toujours aussi naïve que ce matin… Néanmoins, cette fois-là comme la première, je pense que tu as appris quelque chose.

    - Ah bon, il a apprit quelque chose? Ca se voit pas.

    Bon, comme elle le pensait, c'était trop beau pour durer, elle recommençait à parler plus vite qu'elle ne pensait!

    - Mes questions sans but, comme tu dis – et c’est le cas – amènent de votre part des réponses qui, elles, sont très précieuses. Grâce à elles, je sais qu’Elya manque de confiance en elle. Elle s’affirme en territoire, connu, conquis, mais elle bride ses émotions les plus intenses, ses intentions les plus sauvages, même dans un exercice qu’elle maîtrise bien, comme l’escalade.

    Ca ne l'étonnait pas vraiment d'entendre qu'Elya manquait de confiance en elle. Par contre, elle n'était pas d'accord. Ses questions ne lui paraissaient pas sans but. Parfois agaçantes, certes, mais aucune question n'a pas de but.

    - Ney est presque aussi coriace que toi mais parce que je sais lire entre les lignes, je devine qu’elle a le vertige. Comme son chat, elle peut grimper haut mais pas redescendre, sauf peut-être à ta manière ! Elle apprendra que le marchombre qui a le vertige sait ruser pour dominer sa peur. Et qu’il redescend toujours.

    - Hé! Qu'est-ce que t'en sais que je pourrais pas redescendre? S'exclama Ney. Et "mon" chat, il s'appelle Sae!

    Et puis elle était pas obligée de crier sur tous les toits qu'elle avait le vertige!

    - Toi, tu te caches derrière une solide barrière de mépris et c’est ce qui t’a fait tomber, jeune homme. Le vent n’aime pas la suffisance !

    Ca, par contre, c'était pas faux.

    Ney s'inquiéta en voyant Zoanne grimacer en se relevant.

    - Ca va?

    - Fait le deuil de ton arme et de ton orgueil, jeune apprenti. Oublies tout ce que tu sais, ce que tu crois savoir. Celui qui croit savoir n’apprend plus.

    - Un jour, je t’apprendrais à tutoyer le vent.


    Ney avait du mal à concevoir que la perte d'une arme puisse mettre Yoshi dans un tel état. Ceci dit, elle comprenait que la perte d'un objet pouvait blesser.

    Et elle espérait que Zoanne lui apprendrait aussi à tutoyer le vent.

    - Bien ! A présent que nous sommes tous là… nous allons redescendre. Mais cette fois, on va prendre un autre chemin !

    L'autre chemin n'était pas un autre versant de la tour, enfin pas seulement. C'était surtout une échelle de secours. Ney tiqua en la voyant. Elle était sûre d'être capable de redescendre par où elle était montée! Enfin... Presque sûr. Les paroles de Zoanne à son sujet lui avaient donné envie d'essayer, même si au fond d'elle elle avait conscience que ce n'était pas très prudent. Il n'empêche que ça l'était plus que la tentative de Yoshi de tutoyer le vent!

    - On va voyager de nuit. Considérez cela comme un exercice : vous allez devoir être particulièrement attentifs à ce qui vous entoure – les ombres, les hautes herbes, le vent. Il ne s’agit pas d’être en « communion » avec la nature, simplement d’être vigilant. Vous allez aussi devoir lutter contre la fatigue, ou plutôt, composer avec : l’évaluer, la mesurer afin de la contourner, soit en marchant plus vite, soit en chantant une chanson. Quand je sens que je vais m’endormir, moi, je chante !

    Pourquoi l'avait-elle regardé en parlant des hautes herbes? Chacun devait faire attention à une chose différente? Cela lui paraissait stupide, il fallait faire attention à tout, enfin à plusieurs choses, pas à une seule!

    ~ * ~

    Chanter, quelle stupide idée! Ney avait déjà marché de nuit, ça lui était arrivé de faire des nuits blanches. Certes, elle le payait toujours plus tard, mais elle savait relativement bien gérer cela. Par contre, entendre chanter, même si ce n'était pas désagréable, ça avait plutôt tendance à l'endormir la nuit. La nuit lui parut surtout très longue et, lorsque le ciel se mit à pâlir, elle ne ressentait plus aucune fatigue, au contraire, elle était même en pleine forme! Mais elle ne fut pas mécontente d'entendre Zoanne annoncer la pause.

    - On fait une halte ! Sortez vos couvertures et dormez un peu. Je vous réveillerai !

    Ney jeta un regard jaloux à Sae. Lui, il avait dormit presque toute la nuit sur ses épaules! Veinard! D'ailleurs, il semblait se réveiller. Ney obéit à Zoanne sans plus de cérémonie. Elle vit Sae s'étirer. Il allait sans doute faire un tour, chasser, pendant qu'elle dormait. Eh bien grand bien lui fasse! Elle n'avait pas la sensation d'être fatiguée, pourtant, elle s'endormit rapidement... Et râla lorsqu'on la réveilla. Certes, elle apprécia le petit déjeuné, par contre la course, rien à faire, elle aimait bien au début mais dès qu'elle commençait à sentir un point de côté, ça devenait infernal pour s'empêcher de s'arrêter. Fort heureusement, après une heure, ils se remirent à marcher, une activité que Ney pouvait pratiquer toute la journée sans problème! Certes, elle était quand même fatiguée à la fin de la journée, et elle allait sans doute être fatiguée pendant la journée, mais tant pis.

    Pendant qu'ils marchaient, Ney vit Zoanne s'approcher de Yoshi. Elle n'avait pas eu le temps de lui parler, mais visiblement, la maître marchombre comptait profiter de l'occasion.

    - Ce sabre, tu l’avais forgé toi-même ?

    Ney ne cherchait pas à espionné ni rien, mais elle était près de Yoshi, si bien qu'elle entendait parfaitement, d'autant qu'ils ne marchaient pas en étant très éloignés les uns des autres. Et puis elle ne pouvait pas cacher que la discussion l'intéressait...

__________________________________________

Lettres ~ Fiche ~ RPs ~ Liens ~ 2ème cours



Merci beaucoup à Ange Shar pour ce kit! Very Happy
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Dim 21 Oct 2012, 21:44

Soudain le vide, je me sens tomber, dans une chute qui n’a rien de douce, une chute mortellement ironique. La prétention était vraiment crasse, et l’honneur aussi. J’allais mourir sottement, en tombant d’un toit sur lequel j’aurais pu rester. Je regardais le sol approcher, en remettant mes lunettes sur mon nez. Quitte à mourir, autant mourir comme j’avais toujours vécu, sûre de moi. Soudain, une douleur lancinante me déchira le bras, de l’épaule au poignet. Un regard vers le haut, et je voyais Zoanne. Elle était dans une posture délicate, mais elle me hissa du mieux qu’elle le pouvait. Je l’aidais tout de même, c’est qu’on y prenait goût à la vie. Je ne me contentais que d’un regard, long, serein.

Remerciement.

Elya soupira, je ne fis pas un geste, je me contentais de fixer le vide, tout en écoutant ce qu’il se disait.

- Apparemment, ta prétention est toujours aussi naïve que ce matin… Néanmoins, cette fois-là comme la première, je pense que tu as appris quelque chose. [/color]

Oui, mais inutile de lui répondre, je pouvais bien être aussi naïf que ce matin, si je voulais m’améliorer par mes propres moyens, j’en avais tout à fait le droit. Mais pour l’heure, j’aurais besoin de plusieurs choses, et le plus urgent était une forge et du métal de qualité. Je ne disais rien, mais je me doutais que le sermon arriverait bien assez vite pour que je sois impatient de passer à autre chose. Même si dans mon cas, l’évaluation était mon point fort, chuter comme cela, après avoir simplement oublier les choses les plus importantes… Non décidément je n’avais rien appris si ce n’est que j’étais un parfait abruti par moment. La découverte ne signifie pas le pouvoir.

- Mes questions sans but, comme tu dis – et c’est le cas – amènent de votre part des réponses qui, elles, sont très précieuses. Grâce à elles, je sais qu’Elya manque de confiance en elle. Elle s’affirme en territoire, connu, conquis, mais elle bride ses émotions les plus intenses, ses intentions les plus sauvages, même dans un exercice qu’elle maîtrise bien, comme l’escalade.

Critique voilà, pour Elya, inutile de préciser qu’elle avait raison, comme à chaque fois qu’elle parlait. Mais ce qui m’énervait le plus dans le fond c’est qu’elle soit incapable d’être rancunière. Et après un rapide coup d’œil, je notais que Ney semblait prendre à malin plaisir à me dédaigner. Si mes paroles ne lui avaient pas plu, elle aurait pu au moins s’interroger sur leur sens profond. Je n’avais jamais parler que de peine. Rien de plus, rien de moins.

- Ney est presque aussi coriace que toi mais parce que je sais lire entre les lignes, je devine qu’elle a le vertige. Comme son chat, elle peut grimper haut mais pas redescendre, sauf peut-être à ta manière ! Elle apprendra que le marchombre qui a le vertige sait ruser pour dominer sa peur. Et qu’il redescend toujours. Toi, tu te caches derrière une solide barrière de mépris et c’est ce qui t’a fait tomber, jeune homme. Le vent n’aime pas la suffisance !

Ney… Elle aussi elle avait le droit à son sermon, et sa critique acide lui échappa. Je laissais simplement échapper léger « tsss », elle qui m’en voulait d’être franc était incapable de ne pas se conduire en enfant. C’était drôle.
Sa dernière phrase m’arracha une légère grimace, oui, le vent n’aimait pas le suffisance. Pour sûr qu’il me l’avait bien montré.

Ensuite elle nous indiqua le chemin pour descendre, une échelle de secours, je les y suivis, sans bruit, me confrontant à mon propre échec, aux données, et à la règle que je devais en tirer. Dans le même temps, dans mon crâne, se traçait un tas de croquis, tous créant la nouvelle lame que je devais faire au plus vite.

Elle nous fit voyager de nuit, je ne dis rien, je les suivis. La nuit n’était pas mon élément, mais pas mon ennemi, j’avais une vue relativement bonne.

- Ce sabre, tu l’avais forgé toi-même ?

-Pourquoi pleurerais-je mon échec ? Non, s’il avait été fait de ma main je ne lui aurais pas accordé un regard, il était imparfait pour moi. Il était l’aboutissement d’une vie. L’équilibre parfait de légèreté, résistance, poids et tranchant. Son créateur a mis une vie avant de le créer. Je n’ai pas le quart du talent de mon père qui a découvert tout cela, mais j’ai toute les données pour reproduire et améliorer son travail. Seul la valeur sentimentale de cet objet a encore de la valeur pour moi.

Nous avancions à un rythme correct, lorsqu’elle décida d’une pause. Je ne me fis pas prier, j’aidais à installer le campement avant d’aller dormir. Pour certain c’est peut-être idiot, mais j’avais besoin de ce sommeil pour relativiser. Chose que je fis avec énormément de mal. Le matin arriva, et la course matinale aussi. Je ne saurais dire combien de temps elle dura, mais trop à mes yeux.
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Zoanne Lil'Ayaân
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Citation : La sincérité c'est le contraire du discernement. Pour atteindre l'harmonie entre soi et les autres, il faut analyser les penser, les filtrer, en refouler certaines. La sincérité ne constitue pas un but, elle n'a d'intérêt que si elle sert...
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Lun 22 Oct 2012, 12:07

Zoanne écouta le garçon sans l’interrompre, puis elle hocha la tête.

- J’ai eu moi aussi une chose qui m’était précieuse, parce que la personne qui me l’avait léguée avait passé beaucoup de temps à la fabriquer, et plus encore, beaucoup d’amour… Comme toi, je l’ai perdue et la faute ne revenait qu’à moi. Sais-tu ce que j’ai fait alors ? J’ai gardé ce souvenir comme une leçon toute particulière. Chaque fois que mon orgueil est en passe de me faire avancer sur le mauvais chemin, je repense à cette histoire, cet objet auquel je tenais beaucoup. Mais dans ma tête, ce n’est pas un échec. C’est une leçon.

Perdue dans ses pensées, Zoanne laissa filer quelques minutes de silence pendant lesquelles nul ne souffla mot ; le petit groupe avançait tranquillement entre les champs cultivés et profitait de la douce chaleur du soleil, préférant ignorer la menace de quelques nuages noirs s’amoncelant à l’horizon.

Yoshitsune était encore trop aveuglé par sa colère et sa fierté pour se rendre compte de la leçon fabuleuse qu’il venait de recevoir. Peut-être l’avait-il perçue un instant, au moment de la remercier d’un regard empli de sollicitude, mais il y avait tellement d’énergie et de fureur mêlées en ce garçon qu’il était vain de vouloir lui enseigner la patience et l’humilité.

Zoanne les lui enseignerait quand même. Ses discours, joyeux et légers, parfait reflets de sa personnalité, avaient tendance à ennuyer son apprenti ; tant qu’il ne percevrait pas la différence entre savoir et apprendre, elle continuerait à le faire tourner en bourrique. Il en allait de même avec Ney et Elya !

Aucune des remarques piquantes de la bouillonnante Ney ne lui échappait, guère plus que les regards pensifs mais ô combien révélateurs d’Elya. Attentive, Zoanne ne perdait pas une miette de ce qui se passait dans le groupe, qu’ils en aient conscience ou non ; elle était à la fois leur guide et leur médiateur, ce lien qui les assemblaient le temps d’une leçon et qui devait servir de modèle. Pour l’instant, il n’y avait pas de cohésion solide entre les trois jeunes gens. Mais Zoanne savait prendre son mal en patience…

- Sage est le marchombre qui avance sans se préoccuper de questions matérielles, dit alors la vieille femme d’une voix plus forte, s’adressant à Yosh, mais aussi à Elya et Ney. Une arme peut lui procurer sécurité, réconfort et plaisir, mais il est lui-même équilibre parfait de légèreté, résistance, poids et tranchant. Le marchombre est une arme, jeunes gens. Ne l’oubliez jamais…

N’oubliez pas non plus que l’échec est une force de vie, redoutable et personnelle. Si vous la percevez mal, cette force peut vous happer, vous emporter et vous réduire en miettes. Arpenter la Voie du Marchombre doit vous apprendre à utiliser l'échec comme n'importe laquelle des forces qui s'entremêlent autour de nous. Servez-vous en pour rebondir, vous améliorer, rester positif. Toujours.

Un sourire éclatant vint ponctuer cette remarque, auquel répondit un joyeux miaulement de Sae, puis Zoanne se mit à chanter. Aucun de ses apprentis n’avait eu l’envie de le faire, pourquoi s’en priver ? Lorsque Réma et elle parcouraient l’empire en long, en large et en travers, l’une ou l’autre chantait pour égayer davantage le voyage. Souvenirs d’une époque lointaine et pourtant si proche encore…

La voix de Zoanne avait changé avec le temps. Plus grave, plus douce, plus pure, elle s’éleva, portée par le vent d’ouest ; elle chantait la nature qui se peignait tout en couleur devant leurs yeux, mais aussi le ciel qui s’assombrissait, l’océan qui n’était plus très loin, l’espoir qui vibrait dans son cœur et brillait dans ses yeux…

La pluie les rejoignit au cœur de la nuit et ne les quitta pas de la matinée. Le fond de l’air était doux mais l’hiver devenait une promesse murmurée par le vent et annoncée par ces averses, froides et légères, qui accompagna le petit groupe dans sa course matinale. Il en fallait bien davantage pour effacer le sourire de Zoanne. Rayonnante, elle motiva ses troupes pour ce fameux décrassage, puis ils se remirent en route d’un bon pas ; ils devaient retrouver Rug « le crabe de fer » avant la nuit pour remonter le Pollimage vers les terres.

A l’issue du déjeuner, dégusté à la lisière d’un petit bois, Zoanne se leva et, les mains sur les hanches, avisa ses élèves, assis devant elle.

- On a encore un peu de temps devant nous, alors on va jouer à un jeu ! Les règles sont simples. J’accroche ces trois petites clochettes à ma ceinture. Votre mission est de me les subtiliser. Il ne s’agit pas d’un combat : vous devez simplement trouver une ouverture et vous y engouffrer pour atteindre votre but. Pas d’arme, donc. Si vous touchez une clochette, vous avez un point. Si vous en attrapez une, vous avez deux points. Si je garde les trois clochettes, c’est moi qui gagne. Prêts ?

La pluie avait cessé mais l’herbe, sous leurs pieds, était glissantes ; espiègle, Zoanne s’éloigna de quelques pas avant de s’immobiliser, parfaitement détendue et souriant toujours d’un air moqueur. Elle écarta légèrement les bras, invitant ses élèves à se lancer.
A jouer, tout simplement.

Et que le meilleur gagne !


[Yoshi, prend garde de ne pas anticiper sur les faits et gestes du groupe ; j'aurai pu prévoir tout à faut autre chose qu'une course matinale après une nuit tranquille !]

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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Lun 22 Oct 2012, 18:04

Tandis que Zoanne et Yoshi discutait, je m'éloignais légèrement en partant devant. Je sentais que cette conversation ne me concernait pas, pire je ne pensais pas que Yoshi apprécierai. Il serait largement temps de nous faire part de ses pensées si un jour il le souhaitait. Toutefois, si je ne comprenais pas ce qu'ils disaient je les entendais discuter. La voix de Zoanne était douce et posée tandis que celle de Yoshi vibrait comme de la colère refoulée. Entre les phrases de Zoanne, il y avait souvent un long silence. J'imagine qu'elle devait se remémorer des chutes elle aussi.

Cette pensée me fit sourire et me redonna des forces. Mêmes les plus grands avaient démarrer au même stade que nous. Il y a bien longtemps, tous avaient été apprentis comme nous. Ils avaient du chuter, trembler de la même façon que nous, pourtant, la Guilde des Marchombres grouillaient de vie. C'est donc que la plupart avait su se relever et tirer des leçons de leurs précédentes erreurs.

- Sage est le marchombre qui avance sans se préoccuper de questions matérielles. Une arme peut lui procurer sécurité, réconfort et plaisir, mais il est lui-même équilibre parfait de légèreté, résistance, poids et tranchant. Le marchombre est une arme, jeunes gens. Ne l’oubliez jamais…N’oubliez pas non plus que l’échec est une force de vie, redoutable et personnelle. Si vous la percevez mal, cette force peut vous happer, vous emporter et vous réduire en miettes. Arpenter la Voie du Marchombre doit vous apprendre à utiliser l'échec comme n'importe laquelle des forces qui s'entremêlent autour de nous. Servez-vous en pour rebondir, vous améliorer, rester positif. Toujours.

La tirade de Zoanne faisait parfait écho à mes pensées et je souris à cette coïncidence qui n'en était pas une. J'estimais de plus en plus la dame aux cheveux argentés. Je savais que l'enseignement qu'elle avait a nous dispenser serait d'autant plus riche puisqu'elle avait dû vivre de nombreuses aventures. Toutefois, j'avais du mal à imaginer qu'une femme comme elle ait un jour eu besoin d'un maître.

Avant que j'aie pu pousser plus loin la réflexion, Zoanne se mit à chanter d'une voix douce, calme et apaisante. Sa voix voix était belle et claire et je laissais mon esprit vagabonder au rythme des paroles qu'elle chantaient.

Puis alors que nous marchions depuis un bon moment, une pluie froide se mit à tomber. Je jurai entre mes dents.

- C'est pas vrai ! J'ai horreur de la pluie !


A Al-Jeit, j'avais toujours su me débrouiller pour éviter la pluie, froide, glaçante, qui s'inflitraient partout, sur chaque parcelle de ma peau que mes vêtements ne couvraient pas. Heureusement, les innombrables passerelles de la ville toutes les unes au dessus des autres m'avaient toujours permise de me réfugier à l’abri avant d'être trempée. Il plut toute la matinée et je sentais le froid s’infiltrer. Le froid ne me gênait pas mais là que j'étais mouillée... A cause de cette douche forcée, je fus de mauvaise humeur toute la matinée...

Mais elle attisa ma curiosité quand elle proposa son jeu de saisie des clochettes. Un nouveau défi, que je voulais affronter et en prononçant ces quelques mots elle m'avait sortie de ma mauvaise humeur dans laquelle m'avait plongée la pluie.

Nous étions tous les 3 devant elle, face à face comme si nous préparions un combat, comme des adversaires. Je vidais totalement mon esprit pour ne plus garder en tête que le monde qui m'entourait et mon objectif : une clochette. Je changeais d'appui et je bondis dans foulée à gauche de la maître marchombre avant de repartir à droite en posant le pied au sol seulement quelques secondes pour me propulser dans l'autre direction. Je tendis le bras vers une clochette, doigts ouverts prêts à saisir une clochette. Pour survivre à Al-Jeit, j'avais dû apprendre à être rapide...
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Lun 22 Oct 2012, 18:51

- J’ai eu moi aussi une chose qui m’était précieuse, parce que la personne qui me l’avait léguée avait passé beaucoup de temps à la fabriquer, et plus encore, beaucoup d’amour… Comme toi, je l’ai perdue et la faute ne revenait qu’à moi. Sais-tu ce que j’ai fait alors ? J’ai gardé ce souvenir comme une leçon toute particulière. Chaque fois que mon orgueil est en passe de me faire avancer sur le mauvais chemin, je repense à cette histoire, cet objet auquel je tenais beaucoup. Mais dans ma tête, ce n’est pas un échec. C’est une leçon.

Que dire, qu’ajouter alors ? Rien, il me suffisait de laisser couler le silence, entraîner avec lui cette discussion que de ce stérile débat sur la colère surgisse la clarté. Qu’il soit fructueux. D’ailleurs, comme une conclusion définitive, notre maître imposa sa dernière tirade.

- Sage est le marchombre qui avance sans se préoccuper de questions matérielles, dit alors la vieille femme d’une voix plus forte, s’adressant à Yosh, mais aussi à Elya et Ney. Une arme peut lui procurer sécurité, réconfort et plaisir, mais il est lui-même équilibre parfait de légèreté, résistance, poids et tranchant. Le marchombre est une arme, jeunes gens. Ne l’oubliez jamais…

N’oubliez pas non plus que l’échec est une force de vie, redoutable et personnelle. Si vous la percevez mal, cette force peut vous happer, vous emporter et vous réduire en miettes. Arpenter la Voie du Marchombre doit vous apprendre à utiliser l'échec comme n'importe laquelle des forces qui s'entremêlent autour de nous. Servez-vous en pour rebondir, vous améliorer, rester positif. Toujours.


Je commençais à sentir de plus en plus les embruns de l’océan, je notais donc que nous n’étions pas loin, mais après tout, impossible de prédire combien de temps nous mettrions. Soudain, je notais que des notes, d’une étrange tonalité filtraient des lèvres de Zoanne. Je ne cherchais pas à les comprendre, ni à les écouter à vrai dire, je me contentais de me laisser bercer par le rythme. Je n’étais pas fan de musique, mais le besoin de se laisser aller par moment était inscrit en chacun de nous. Aussi je me laissais bercer.

Elle reprit la parole juste après notre déjeuner. Je ne me doutais pas alors que ce serait si terrible de devoir chercher à surpasser un marchombre.

- On a encore un peu de temps devant nous, alors on va jouer à un jeu ! Les règles sont simples. J’accroche ces trois petites clochettes à ma ceinture. Votre mission est de me les subtiliser. Il ne s’agit pas d’un combat : vous devez simplement trouver une ouverture et vous y engouffrer pour atteindre votre but. Pas d’arme, donc. Si vous touchez une clochette, vous avez un point. Si vous en attrapez une, vous avez deux points. Si je garde les trois clochettes, c’est moi qui gagne. Prêts ?

Elle s’éloigna, je la regardais, ne comprenant pas qu’à un âge aussi avancé son corps supporte encore tout cela. Elya se fit impatiente, elle fonça sitôt que Zoanne nous y invita. Du coin de l’œil je ne cessais d’observer les mouvements fluides de notre guide. Je devrais pouvoir y arriver, en utilisant Elya. Je me lançais aussi dans la lutte. Une feinte à gauche, même moi j’aurais sut prédire ce mouvement, la position de son pied était bien trop écarté de son axe pour qu’il en soit autrement. Je sentais l’herbe grasse sous mes pieds, je ne me lançais pas, donc, à toutes jambes. Mais je faisais en sorte d’être efficace, « Spin », une vrille… Je devais réussir à la placer. Je fonçais sur Zoanne, avec un sourire moqueur moi aussi, mes lunettes sur le nez. Je sentais l’impact arriver. Mais au dernier moment, je plantais le talon dans le sol, et d’un mouvement de hanche à gauche, je la contournais pour lui couper la retraite de mon corps. Elle n’avait pas le choix, pour s’esquiver elle devrait sauter ou entrer au contact, ses choix étaient réduits, mais je ne doutais pas qu’elle sache s’en sortir, elle était un maître.
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Ney Nirina
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Jeu 25 Oct 2012, 19:02

    La discussion était vraiment personnelle et ne la concernait pas. Ney fini par se sentir un peu gênée et voulu reculer un peu, mais elle les entendait toujours. Bon, elle ne le faisait pas exprès hein, on ne pouvait pas vraiment lui en vouloir, mais contrairement à Elya, qui n'avait pas eu besoin de trop s'éloigner pour ne pas comprendre ce qu'ils disaient, le vent soufflait leurs paroles jusqu'à Ney et elle n'avait pas envie de se retrouver trop à l'écart du groupe pour ça, en plus elle aurait l'air d'une traînarde et elle n'en avait pas envie.

    -Pourquoi pleurerais-je mon échec ? Non, s’il avait été fait de ma main je ne lui aurais pas accordé un regard, il était imparfait pour moi. Il était l’aboutissement d’une vie. L’équilibre parfait de légèreté, résistance, poids et tranchant. Son créateur a mis une vie avant de le créer. Je n’ai pas le quart du talent de mon père qui a découvert tout cela, mais j’ai toute les données pour reproduire et améliorer son travail. Seul la valeur sentimentale de cet objet a encore de la valeur pour moi.


    Ney fit la grimace. Elle se rendait soudain compte à quel point elle ne connaissait pas Yoshi. Il avait un rapport aux armes vraiment particulier. Elle ne jugeait pas, simplement, elle avait pour le moment du mal à le comprendre, elle le questionnerait peut-être plus tard à ce sujet, quand il serait un peu mieux remis.

    - J’ai eu moi aussi une chose qui m’était précieuse, parce que la personne qui me l’avait léguée avait passé beaucoup de temps à la fabriquer, et plus encore, beaucoup d’amour… Comme toi, je l’ai perdue et la faute ne revenait qu’à moi. Sais-tu ce que j’ai fait alors ? J’ai gardé ce souvenir comme une leçon toute particulière. Chaque fois que mon orgueil est en passe de me faire avancer sur le mauvais chemin, je repense à cette histoire, cet objet auquel je tenais beaucoup. Mais dans ma tête, ce n’est pas un échec. C’est une leçon.

    Ah bon? Il fallait un sacré caractère pour voir les choses sous cet angle là! Ney n'était pas sûr de réussir cela, pour elle, un échec, bien que moins amer avec le temps, restait un échec. Mais si Zoanne pouvait lui apprendre à changer cela, elle n'était pas contre!

    En tout cas, Ney, elle, n'avait rien. Enfin si, les vêtements qu'elle avait sur elle dans ses premiers souvenirs, vêtements qu'elle avait gardés. Elle en prenait soin, pas parce que des souvenirs y étaient attachés, au contraire, mais qui sait, peut-être qu'un jour cela lui serait utile pour retrouver ses souvenirs. On ne sait jamais. Et puis c'était des fringues qu'elle aimait bien (logique en même temps si elle les portait). Sinon, rien.

    - Sage est le marchombre qui avance sans se préoccuper de questions matérielles. Une arme peut lui procurer sécurité, réconfort et plaisir, mais il est lui-même équilibre parfait de légèreté, résistance, poids et tranchant. Le marchombre est une arme, jeunes gens. Ne l’oubliez jamais…

    N’oubliez pas non plus que l’échec est une force de vie, redoutable et personnelle. Si vous la percevez mal, cette force peut vous happer, vous emporter et vous réduire en miettes. Arpenter la Voie du Marchombre doit vous apprendre à utiliser l'échec comme n'importe laquelle des forces qui s'entremêlent autour de nous. Servez-vous en pour rebondir, vous améliorer, rester positif. Toujours.


    Ney sourit et hocha la tête. Elle était parfaitement d'accord avec ces paroles là. Plus qu'il n'était possible de l'expliquer, et elle ressentait cette émotions particulières lorsque quelqu'un réussi à mettre les mots parfaits sur quelque chose qu'on savait ou pensait mais qu'on ne parvenait pas à exprimer. De la gratitude pour Zoanne, mais pas que. Et elle aimait bien l'idée d'être une arme elle-même et de n'avoir besoin de rien d'autre qu'elle-même, pour se défendre en tout cas. Pour l'instant, elle n'était pas vraiment capable e se défendre, mais elle c'était rendue compte qu'elle savait déjà un peu se défendre lorsqu'on l'avait attaquée un jour et qu'elle avait réagit instinctivement. Elle avait sans doute commencé à apprendre avant.

    Les paroles de Zoanne semblaient avoir apaisé Yoshi. Zoanne c'était mise à chanter, pas la même chanson qu'Elya, mais bien quand même, peut-être même mieux. Ney continua de marcher en l'écoutant sans rien dire jusqu'à ce qu'il commence à pleuvoir. Ney n'en avait cure, elle n'avait rien sur elle qui craigne l'eau et se fichait d'être mouillée, au contraire, enfin sauf que c'était un coup à salir ses vêtements plus vite et soit-même aussi, mais visiblement tous le monde ne partageait pas son avis.

    - C'est pas vrai ! J'ai horreur de la pluie !

    Elya avait rejoins le groupe et était assez près de Ney pour qu'elle l'ai entendu. Elle se passa cependant de commentaire, elle comprenait qu'on puisse ne pas partager son avis sur la pluie, mais en ce qui la concernait, elle souriait, leva les yeux au ciel et en profita pour s'entraîner à l'ouverture. Elle était d'humeur!

    Plus tard, après le déjeuner, Zoanne se leva avec l'air d'être prête à leur proposer un nouvel exercice. Et ce n'était pas qu'une impression.

    - On a encore un peu de temps devant nous, alors on va jouer à un jeu ! Les règles sont simples. J’accroche ces trois petites clochettes à ma ceinture. Votre mission est de me les subtiliser. Il ne s’agit pas d’un combat : vous devez simplement trouver une ouverture et vous y engouffrer pour atteindre votre but. Pas d’arme, donc. Si vous touchez une clochette, vous avez un point. Si vous en attrapez une, vous avez deux points. Si je garde les trois clochettes, c’est moi qui gagne. Prêts ?

    Ney sourit. Elle sentait qu'elle allait être ridicule à courir après les clochettes! Elle aurait préféré simuler un combat ou se ré entraîné au tir à l'arc, voir même courir, c'est dire! Enfin peut-être pas. Et puis c'était intéressant aussi d'essayer de nouvelles choses. Elle n'avait cependant pas encore fixé de technique d'approche qu'Elya puis Yoshi étaient déjà passés à l'attaque. Rapidement, Ney se positionna près d'eux de façon à pouvoir happer une clochette au passage si Zoanne faisait mine de s'éloigner. Sae c'était reculé, effarouchés par leurs mouvements brusques. Dommage, Ney et lui jouaient parfois à tenter d'attraper la même cible mais sur un être humain et avec Elya et Yoshi à côté, il ne voudrait jamais! Enfin tant pis, ce n'était pas plus mal comme ça. Elle pouvait se débrouiller seule. Enfin, essayer...

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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Sam 27 Oct 2012, 09:33

- Si tu attrapes ce ruban, Sauterelle, tu as gagné.
- Il est nul, ton jeu.
- Comment peux-tu le savoir ? Nous n’avons même pas encore commencé…
- Qu’est-ce que je gagne, si j’attrape ce ruban ? Le droit d’attraper un autre ruban ? Le droit de m’endormir à nouveau couverte de bleus et de bosses ?
- Attrape-le et tu verras.


Nul.
Tirant la langue, la jeune fille tresse rapidement ses longs cheveux blonds, les attache grossièrement et se redresse, mains sur les hanches. Elle a l’air d’une gamine dégingandée… non. C’est une gamine dégingandée.

Réma esquisse l’ombre d’un sourire. Un éclat moqueur se glisse dans ses prunelles et l’instant d’après, pouf ! Elle a disparu. Accroupie sur la branche d’un rougeoyeur, elle caresse le ruban bleu fixé à son bras gauche, puis baisse les yeux vers son apprentie.

- C’est parti !

Précision inutile. Zoanna s’est déjà pendue à la branche sur laquelle elle se hisse souplement. Elle tend la main, referme les doigts sur du vide ; Réma n’est plus là. Forcément. Forcément ! Réma est un maître marchombre. Elle tutoie le vent et danse avec les nuages.

- As-tu fini de marmonner dans ta barbe, jeune fille ?
- Non !


Elle se lance néanmoins à sa poursuite. Bondissant d’une branche à une autre, volant d’un arbre au suivant, Zoanne suit son maître. Sans en avoir conscience, elle avance…

Réma l’attend un peu plus loin. Son regard ne quitte pas la silhouette menue qui se glisse avec aisance dans un univers de feuilles couleur vermeille. Allez, Sauterelle. Ouvre les yeux !

Zoanne ferme les yeux.
Bascule soudain dans le vide.

Le choc, lorsque son dos heurte le sol, est si brutal que ses dents s’entrechoquent et un léger fourmillement parcourt ses membres. Immobile, les yeux clos, elle gît sur un lit de feuilles et de mousse des bois.

- Zoanne ?

Réma se laisse tomber à côté de son élève et s’accroupit pour poser une main douce sur son front. Sourcils froncés, elle tente de comprendre, se demande déjà si elle doit s’inquiéter, lorsque soudain, lorsqu’enfin, la jeune fille ouvre les yeux.

- J’ai gagné, dit-elle dans un sourire crispé.

Elle lève doucement sa main droite et les yeux interrogateurs de Réma quittent son visage pour glisser vers son poing serré. Dans son poing se trouve le ruban bleu.

- Petite maline…
- Qu’est-ce que j’ai gagné, alors ?


Réma s’allonge sur le dos, à côté de son apprentie, et laisse filer quelques secondes de silence avant de répondre.

- Un pas de plus.
- Un pas de plus ?
- Un pas de plus. Tu avances sur une Voie qui marie finesse et puissance ; aujourd’hui, tu es capable de te servir des deux pour m’avoir.
- C’était risqué…
- Mais incroyablement bien joué.


Nouveau silence.
Et puis…

- Réma ? Il était nul, ce jeu. On joue à autre chose ?





~ * ~





Elya fila comme une flèche. De ses trois élèves, c’était celle qui avait le moins confiance en elle, mais elle réagissait presque toujours la première, et Zoanne aimait ce genre de paradoxe. Elle n’eut qu’à faire un pas sur le côté pour esquiver la jeune fille, et les clochettes tintèrent joyeusement à ce mouvement.

Yoshitsune fut le deuxième à tenter quelque chose. De ses trois élèves, c’était celui qui visait le plus haut, et la stratégie qu’il mit en place ne manquait certes pas de culot, mais Zoanne avait vu clair dans son jeu. Elle le laissa venir à lui, l’attrapa par le col et, pivotant souplement, l’envoya rouler dans l’herbe mouillée.

Ney esquissa un mouvement. De ses trois élèves, c’était celle qui ressemblait le plus à l’apprentie qu’elle-même avait été. Zoanne écarta de nouveau les bras, l’invitant à jouer à son tour.

- Du nerf, jeunes gens ! s’exclama-t-elle. Je ne suis qu’une vieille dame et je m’ennuie déjà !

C’était faux, bien sûr. Zoanne s’amusait comme une petite folle. Mais elle voulait qu’ils cessent de réfléchir, d’agencer des stratégies, et qu’ils se lancent enfin corps et âme dans le jeu.

- Jouez avec votre instinct, souffla-t-elle en fléchissant légèrement les jambes.

Sa longue tresse grise et blanche se balançait dans son dos au rythme de ses mouvements. Son extrémité était nouée par un ruban usé par le temps.

Un ruban bleu.


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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Sam 27 Oct 2012, 10:02

Zoanna avait bien évidemment évité mon attaque ainsi que celle de Yoshi. Mais pendant que Ney hésitait un quart de seconde, j'avisai une branche juste au dessus de la tête de Zoanne. La maître marchombre me tournait le dos, je décidai donc de tenter le tout pour le tout. En quelques bonds, je fus au pied de l'arbre et en quelques secondes sur la branche. Je m'écorcha les doigts sur l'écorce dans la précipitation mais je ne sentais pas la douleur. Pas encore. J'étais trop excitée pour ça pour l'instant. De mon perchoir, je voyais tout, Yoshi qui commençait déjà à se relever, et Zoanna qui n'avait presque pas bouger depuis le début.

- Du nerf, jeunes gens ! s’exclama-t-elle. Je ne suis qu’une vieille dame et je m’ennuie déjà !

Cette phrase me fit sourire tellement elle sonnait faux. Zoanne montrait un sourire plus grand que jamais depuis que nous l'avions rencontrée, c'est pourquoi j'avais quelques doutes quant à son ennui... Je souris à mon tour et serrai mes doigts autour de la branche sur laquelle j'étais accroupie.

- Jouez avec votre instinct.

Cette femme m'inspirait une grande confiance c'est pourquoi je n'avais pas peur du mouvement un peu audacieux que je me préparais à faire. Et au pire, de toute façon, je me ferais mal et je me relèverai. Comme toujours.

Elle avait les bras écarté et regardait Ney. Sur ma branche, je voyais les petites clochettes briller sous les rayons du soleil. Trois clochettes. Une pour chacun d'entre nous. Je me mis dans une position plus que précaire, je me penchai, fixai mon regard sur une clochette et je poussai d'un coup sur mes jambes et me laissais tomber. Le bras tendu, je refermais les doigts et atterri un peu brutalement en roulade. Je me relevai dans la foulée et ouvris les doigts...
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Ney Nirina
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Sam 27 Oct 2012, 11:13

    Pas de surprise, Zoanne évita sans problème l'assaut d'Elya et de Yoshi, chose qui découragea Ney de tenter sa chance. Est-ce qu'elle avait au moins une chance de réussir? Elle était capable de tenter quelque chose d'impossible pour le rendre moins impossible, mais elle ne voyait pas assez d'intérêt à ce jeu pour s'y amuser cette fois là.

    - Du nerf, jeunes gens !Je ne suis qu’une vieille dame et je m’ennuie déjà !

    Avec le sourire qu'elle avait, elle voulait leur faire croire qu'elle s'ennuyait? Ben voyons! En tout cas, profitant que Zoanne faisait face à Ney, Elya en avait profité pour grimper sur une branche au-dessus de la marchombre. Ney se maudit de ne pas avoir eu cette idée pendant qu'Elya et Yoshi faisaient leur première tentative. Enfin maintenant, tant pis, et puis Zoanne la verrait faire si elle tentait d'imiter Elya maintenant, surtout qu'elle n'avait pas envie de trahir la position de sa camarade.

    - Jouez avec votre instinct.

    Si elle entendait par là faire des assauts désordonnés, ça, Ney savait très bien le faire. Agir sans réfléchir, c'était sa spécialité, mais cette technique manquait de réflexion, elle doutait qu'elle soit efficace face à Zoanne. A moins que... Si elle leur disait ça, ce n'était peut-être pas si efficace que ça. Ney la voyait mal les conduire sur une fausse piste. Et puis après tout, qu'est-ce qu'elle avait à perdre?

    Elle s'élança donc en même temps qu'Elya sautait de sa branche. Ca lui ferait une diversion, comme ça l'un d'entre eux pourrait peut-être réussir à attraper une clochette, se serait déjà bien. Et puis de toute façon, si Zoanne leur demandait de jouer avec leur instinct... Soit! Elle allait obéir à son instinct, et son instinct lui disait de foncer tout bêtement sur les clochettes, et de se retourner, rouler se tordre chaque fois que Zoanne l'enverrait vers une autre direction, sa capacité à attraper une clochette reposait peut-être sur sa rapidité à la saisir alors que sa trajectoire était déviée. Après tout, qui ne tente rien n'a rien!

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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Dim 28 Oct 2012, 11:05

Je n’avais pas eu le temps de me finir ma vrille que je me retrouvais dans l’herbe, enfin non, dans les airs. D’un coup de hanche je me laissais glisser à quatre pattes dans l’herbe, en profitant pour scruter la moindre action. Ney ne bougeait pas, Elya, était en hauteur, sans doute se propulserait-elle vers le bas. La vieille dame ne ferait pas le poids longtemps, face à elles, je me demandais si ma participation ne ferait pas qu’entraver leurs mouvements. Mais au lieu de ça, je notais qu’il y avait trois clochettes, pourtant le travail d’équipe ne pourrait être que l’unique solution.

- Du nerf, jeunes gens !Je ne suis qu’une vieille dame et je m’ennuie déjà !

Je ne pouvais y croire, son sourire la trahissait, mais elle avait raison, du nerf ! Là, elle ouvrit grand les bras, l’ombre d’un sourire carnassier se créa sur mon visage, dans le même temps je vis les muscles de mes deux comparses exploser comme des ressorts. Trois fusées venaient de quitter leurs attaches pour ne fondre que sur une seule cible. Elya sembla l’avoir raté, à quelques centimètre près, je notais que ce n’était pas le professeur qu’elle voulait, tsss, il me fallait leur faire comprendre qu’il y aurait grand besoin de s’organiser pour mener une attaque efficace.

- Jouez avec votre instinct.


Notre instinct hein ? Le mien était tout ce qu’il y a de plus basique, mais il laissait la raison intervenir, et c’est pour cette raison que je gardais une position basse et déséquilibré dans ma course vers Zoanne. Je n’aurais pas d’autre occasion comme celle-ci. L’herbe était glissante, je devais en tenir compte, ma vitesse allait bientôt atteindre un seuil incontrôlable et la chute ne tarderait pas. Etrange moment de lucidité dans un acte totalement chaotique.

Non, je ne permettrais pas une chute, soudain mes deux jambes s’écartent, légèrement ouverte de côté, ma main se plaque sur le sol, et une main orpheline, cherche l’espace d’un instant une lame qui n’existe plus. Je me reprends, j’ai glissé bien trop tôt, c’est un échec. Un sourire tout à fait franc, les deux jeunes femmes viennent de mener à bien leur attaque, ma diversion est un parfait échec, mais je ne permettrais pas que tout soit perdu pour autant. Je me propulse, pliant les jambes, je quitte la terre ferme. La tête en bas, je sens mes lunettes quitter mon nez. Ma main les touche, du bout des doigts, et soudain c’est un éclair violet qui traverse l’air en direction du visage de notre nouveau mentor. Dans ma chute, le sol est presque là, j’envoie une jambe faucher celle de la vieille dame pour finalement tendre une main avide en direction des clochettes. Serait-ce alors un bruit métallique, ma main se refermerait-elle dans le vide ? Les filles avaient-elles réussit ? Nombre de question qui en cet instant me parasitait.
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Zoanne Lil'Ayaân
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Lun 29 Oct 2012, 10:04

Comme le vent qui change de direction, Zoanne perçu la métamorphose qui s’opéra soudain dans le groupe. Depuis leur rencontre, trois jours plus tôt, la marchombre avait eu à faire à trois individus particuliers, mais indiscutablement solitaires. Elle était leur unique lien, le seul élément qui nécessitait qu’ils avancent ensemble, toutefois « ensemble » n’était pas un terme qui définissait leur cohésion.

Il n’y avait pas de cohésion. Jusqu’à maintenant… Un regard, un souffle, trois volontés qui se mêlent et ne font plus qu’une ; Elya, Ney et Yoshitsune bougèrent en même temps. Pour la première fois, ils partageaient un instant précieux, celui du jeu, et une étincelle de fierté traversa le regard ambré de la vieille femme.

Trois apprentis étaient presque sur elle. Il s’en fallait d’un cheveu pour qu’ils mettent enfin la main sur les clochettes et Zoanne n’avait qu’à bondir souplement puis se couler sur le sol afin de leur échapper. Elle n’en fit rien.
Ils avaient gagné.

- Bravo, dit-elle en s’asseyant dans l’herbe pour récupérer. Vous avez chacun obtenu deux points en parvenant à me subtiliser les clochettes. Mais Elya a su rafler un point supplémentaire en effleurant l’une d’entre elles ; Elya, tu es la grande gagnante du jour !

Qu’est-ce que j’ai gagné, alors ?

Zoanne cligna des yeux. Aucun ne lui avait posé la question mais les mots scintillaient dans leurs prunelles. Laissant les souvenirs s’emparer d’elle, la marchombre pencha la tête et accepta de leur répondre avec une sincérité profonde :

- Ce ne sont pas uniquement des points que vous avez gagné aujourd’hui. Vous avez fait un pas en avant, tous les trois et ensemble. Et vous avez gagné un maître mot : ouverture.

D’un geste de la tête, Zoanne indiqua à ses élèves de se relever. Ils récupérèrent leurs sacs et alors que le soleil poursuivait sa course folle au-dessus d’eux, laissant les nuages gorgés de pluie filer vers l’est, elle reprit d’une voix douce :

- Les maître-mots sont des balises, des guides qui ne faillent jamais. Ils jalonnent la Voie et c’est à vous de les comprendre, de vous en imprégner. Ouverture… c’est ce que le Marchombre créé dans un combat, qu’il soit duel ou simple discussion. Il y a toujours une ouverture. Le Marchombre est ouverture. Aujourd’hui, vous avez créé la vôtre en liguant vos efforts pour la première fois.

Zoanne s’arrêta et ils en firent de même. La lumière du jour trouvait d’étranges reflets dans ses cheveux gris striés de blanc. Elle souriait et caressait distraitement le nœud attaché au bout de sa tresse.

- Ces clochettes sont à vous, jeunes gens. Vous pouvez les garder comme vous pouvez vous-en débarrasser ; désormais, vous êtes liés par le premier maître-mot que vous avez trouvé et croyez-moi, rien ne saurait défaire ce lien avant longtemps. Le groupe Er’Lyn est né !



~ * ~



Ils atteignirent la côte un peu avant la tombée de la nuit.
Le continent s’arrêtait là : d’immenses falaises surplombaient le Grand Océan, lequel s’étendait à perte de vue sous un ciel aux couleurs pastelles. On aurait dit que le monde se terminait à cette barrière rocheuse sur laquelle d’immenses vagues venaient s’écraser en gerbes de gouttes étincelantes.

Fermant les yeux, Zoanne respira l’air chargé d’embruns avec bonheur et nostalgie. Ce parfum salé n’était pas sans lui rappeler sa demeure, son mari et son chien qui l’attendaient à des kilomètres de là, sur une autre plage… Il était temps de rentrer.

La marchombre guida ses élèves à travers quelques criques ; elle leur apprit à se jouer des algues qui recouvraient certains rochers et les rendaient extrêmement glissants, elle leur fit goûter plusieurs sortes de crustacés qu’elle ramassait au fur et à mesure, leur expliqua le cycle des marées et leur raconta quelques anecdotes au sujet des Alines, dont les archipels étaient invisibles depuis la côte.

Il faisait nuit lorsqu’ils rejoignirent Rug au port dans lequel il avait amarré son bateau. Les retrouvailles furent joyeuses, et après quelques échanges de politesse, le marin annonça le départ de sa voix de stentor. Quelques minutes plus tard, la Flèche glissait silencieusement sur les eaux miroitantes du Pollimage, remontant tranquillement vers le nord et laissant un océan d’étoiles.

Zoanne laissa ses élèves dormir cette nui-là. Ce qu’ils avaient fourni d’énergie en trois jours était impressionnant et il était nécessaire qu’ils se reposent afin de laisser décanter toutes ces nouvelles notions auxquelles ils avaient été confrontés. Elle-même sentit rapidement l’épuisement la gagner, mais c’est le cœur léger qu’elle s’endormit, bercée par le léger roulis de la Flèche sur les eaux calmes du fleuve.

Elle les réveilla néanmoins à l’aube. S’ils avaient franchi l’Arche depuis longtemps déjà, Zoanne voulait qu’ils profitent du calme qui régnait encore à bord pour s’immerger un moment dans la gestuelle marchombre. Ils s’y adonnèrent une petite heure, puis la vieille femme proposa à ses apprentis de se mêler à l’équipage et d’ouvrir leurs perceptions, leurs sens, leur curiosité à cet univers dont ils n’étaient pas familiers.

Ouverture.

- Qu’est-ce que vous étudiez dans cette école ? demanda Rug alors que Zoanne, juchée sur caisse, regardait un marin apprendre à ses élèves comment faire des nœuds.
- La vie, répondit-elle joyeusement.

Rug renonça à en savoir davantage.

Ils se quittèrent à leur point de départ, ce fameux port dans lequel ils s’étaient rencontrés ; l’après-midi était déjà bien entamée et il faisait un temps magnifique. Après avoir remercié Rug de ses services et payé leur voyage à son bord, Zoanne rejoignit ses élèves sur le ponton d’amarrage.

- Voilà, dit-elle en se plantant devant eux. Notre première aventure s’achève ici ; moi, je vais prendre par l’est pour rentrer chez moi et vous, vous allez voler un peu de vos propres ailes. Nous nous reverrons pour votre premier examen, l’Il-Sal, et peu de temps après pour une nouvelle aventure.

L’émotion pouvait se lire dans les yeux brillants de Zoanne : il ne s’agissait que d’un au revoir, pourtant elle était un peu triste. Elle n’aimait pas les fins.

- Souriez, dit-elle néanmoins devant leurs mines dépitées. Le groupe Er’Lyn prend des vacances mais où que vous alliez, où que j’aille, nous restons un groupe soudé.

La marchombre attrapa son sac, fit quelques pas, se retourna une dernière fois.

- Profitez bien de ces vacances, parce que la prochaine fois que nous nous verrons, vous n’aurez pas une minute pour souffler. Je vous le garantis !

Promesse.
Zoanne s’éloigna et son chant joyeux se perdit rapidement dans les bruits et les voix du port.


[Ainsi s'achève le premier cours du groupe Er'Lyn ; vous pouvez - non, vous devez ! - répondre une dernière fois. Je vous tiens au courant de votre examen par MP. Merci à tous, et vive le groupe Er'Lyn !!]

__________________________________________

Le Marchombre court sur la Voie, suit son instinct, invente son chemin. Toujours plus loin...


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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Lun 29 Oct 2012, 12:52

L'explosion avait eu lieu d'un coup. Les deux autres m'avaient vu monter dans l'arbre et nous avions tous bander nos muscles en même temps pour bondir comme des ressorts. J'avais sauté de mon arbre, Ney avait bondi elle aussi tandis que Yoshi se mettait à courir. Tout cela n'avait duré que quelques secondes mais en ouvrant les doigts, nous avions tous une clochette dans les mains. Je jetais pour la première fois un regard réellement complice à Ney et Yoshi. La cohésion du groupe venait de naître vraiment.

- Bravo. Vous avez chacun obtenu deux points en parvenant à me subtiliser les clochettes. Mais Elya a su rafler un point supplémentaire en effleurant l’une d’entre elles ; Elya, tu es la grande gagnante du jour !

Au delà des points qui n'étaient qu'abstraits et n'avaient pas grande signification, je bondis de joie à l'idée d'avoir (peut être ?) fait mon premier pas sur la Voie. Mais j'étais un peu gênée que Zoanne fasse une distinction entre nous car seule notre alliance tacite nous avait permis à tous de nous emparer des clochettes. Je me tournai rayonnante vers les deux autres pour vois leur réaction.

Pendant que j'attendais la réaction des autres, Zoanne reprit avec un ton sérieux que je ne lui connaissais encore pas.

- Ce ne sont pas uniquement des points que vous avez gagné aujourd’hui. Vous avez fait un pas en avant, tous les trois et ensemble. Et vous avez gagné un maître mot : ouverture.


Ouverture. Plus qu'un maître-mot, un jalon. Le premier d'une vie que j'espérais longue et riche. Mon visage redevint sérieux et je hochai la tête en regardant Zoanne dans les yeux. J'avais compris le message qu'elle voulait faire passer.

- Les maître-mots sont des balises, des guides qui ne faillent jamais. Ils jalonnent la Voie et c’est à vous de les comprendre, de vous en imprégner. Ouverture… c’est ce que le Marchombre créé dans un combat, qu’il soit duel ou simple discussion. Il y a toujours une ouverture. Le Marchombre est ouverture. Aujourd’hui, vous avez créé la vôtre en liguant vos efforts pour la première fois.


Il était certain que nous n'aurions eu aucune chance de réussir séparément. Mais j'avoue que j'étais fière d'avoir réussi avec eux. Nous avions réussi. Le groupe venait de naître. Nous nous étions ouverts aux autres, moi profitant que la maître marchombre attendait la réaction de Ney, Ney comprenant mon but et Yoshi s'intégrant dans l'action.

- Ces clochettes sont à vous, jeunes gens. Vous pouvez les garder comme vous pouvez vous-en débarrasser ; désormais, vous êtes liés par le premier maître-mot que vous avez trouvé et croyez-moi, rien ne saurait défaire ce lien avant longtemps. Le groupe Er’Lyn est né !

Émue, je refermai les doigts sur la clochette que je tenais au creux de ma main et je levai les yeux vers cette vieille femme que j'appréciais et apprenais à connaître de jour en jour. Mais cela ne faisait que 3 jours ! Il était tellement facile d'oublier parfois tellement ces 3 jours avaient été riches en émotions et apprentissage...

~ * ~

Nous avions rejoins Rug et la Flèche mais les mots de Zoanne tournaient encore en boucle dans ma tête. il y avait à peine quelques jours, je me trouvaient à l'Académie, je cherchai encore ma voie et aujourd'hui, j'avais commencé à arpenter la Voie. Le changement était radical et je sentais qu'il s'opérait en moi. J'étais en train de changer.

Nous passâmes un bon moment avec les marins à écouter leurs anecdotes de voyage puis à la nuit tomber, nous allâmes nous coucher. Zoanne, pour la première fois, nous laissa dormir toute la nuit.

Quand elle vint nous réveiller, il était encore tôt, l'aube pointait et les marins n'étaient pas encore réveillé. L'air du matin était vif et frais mais j'étais heureuse et je n'aurai pas voulu me trouver ailleurs que là où j'étais. Pendant de très longues minutes, nous nous immergeâmes tous dans la gestuelle marchombre. J'avais l'impression que nos gestes étaient légèrement plus assurés...

Je tentai de comprendre le vent qui faisait flotter mes cheveux derrière moi, je parai sans effort le déséquilibre occasionné par le roulis du bateau. Je dansait avec le vent, me riant de la coque et de l'eau qui caressait le bois. Je fermai les yeux pour encore plus ressentir ces sensations bienfaisantes.

Plus tard, un marin tenta de nous apprendre à faire des noeuds et j'écoutai tout ce qu'il disait. J'eus du mal au début mais j'appréciais particulièrement cet échange avec cet homme qui était complétement différent de moi. Tout cela se ressentait à travers la différence de mode de vie, de langage et d'apparence. Mais c'est ce qui pouvait constituer une vraie force.

Avec Yoshi et Ney, nous avions fait abstraction de nos différence pour nous rendre plus fort.

Nous descendîmes bientôt du bateau en faisant nos adieux aux marins et à Rug. Nous étions sur les berges du Pollimage exactement là où nous étions monté à bord la première fois. Après que Zoanne eut payé le marin, elle nous rejoignit sur le pont où nous l'attendions. Mais son discours nous prit tous de court.

- Voilà. Notre première aventure s’achève ici ; moi, je vais prendre par l’est pour rentrer chez moi et vous, vous allez voler un peu de vos propres ailes. Nous nous reverrons pour votre premier examen, l’Il-Sal, et peu de temps après pour une nouvelle aventure.

Si j'étais heureuse de pouvoir souffler un peu quitter ce groupe où je venais seulement de trouver ma place me faisait un peu de peine. Je ne savais pas quand nous nous reverrions. Toutefois, sous la masse de souvenirs qui affluait, je souris.

- Souriez. Le groupe Er’Lyn prend des vacances mais où que vous alliez, où que j’aille, nous restons un groupe soudé. Profitez bien de ces vacances, parce que la prochaine fois que nous nous verrons, vous n’aurez pas une minute pour souffler. Je vous le garantis !


Elle tourna le dos. Elle avait raison bien sûr. Souriante, je me tournai vers les autres.

- Je pense que je vais remonter le Pollimage encore un peu puis bifurquer pour aller visiter les collines Taj. Il paraît qu'elles sont immenses pleine de ressources et je n'ai jamais eu l'occasion d'y aller alors c'est le moment !

Mon ton était enjoué.

- Si j'en ai le temps, je pousserai sûrement jusqu'à Al-Vor.

Je me retournai, attrapai mon baluchon et fis quelques pas avant de m'arrêter et de tourner la tête.

- Merci, murmurai-je dans un souffle.

Et je partis.
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Lun 29 Oct 2012, 12:56

Aussi soudainement que le jeu avait débuté, il s’était fini. Je ne pouvais que déplorer, mais j’avais réussis, simplement parce qu’elle avait abandonné. Mais je remarquais que pour la première fois, sans mot, notre groupe avait fait ce qu’il avait à faire, se souder, se fondre en une seule entité. Je fixais la vieille femme qui nous parlait, d’un air absent, en sentant une clochette dans ma main.

- Bravo, dit-elle en s’asseyant dans l’herbe pour récupérer. Vous avez chacun obtenu deux points en parvenant à me subtiliser les clochettes. Mais Elya a su rafler un point supplémentaire en effleurant l’une d’entre elles ; Elya, tu es la grande gagnante du jour !

Aucune critique ne fusa, ou en tout cas je n’y portais aucune attention. Je me redressais comme et remis mes lunettes sur mon nez. Inutile de continuer ce jeu ridicule, c’était encore un échec, décidément je les enchaînaient ces temps-ci. Marchombre… Nous avions progressé sur la voie.

- Ce ne sont pas uniquement des points que vous avez gagné aujourd’hui. Vous avez fait un pas en avant, tous les trois et ensemble. Et vous avez gagné un maître mot : ouverture.

Que faire, que dire ? Rien, je me baissais pour ramasser mon sac, et je repris la direction du chemin que nous avions commencé à prendre, je me laissais guidé par le bruit des vagues. Solitaire ? Non, méditation silencieuse, analyse et réflexion. Attentif, j’écoutais tout de même notre maître parler.

- Les maître-mots sont des balises, des guides qui ne faillent jamais. Ils jalonnent la Voie et c’est à vous de les comprendre, de vous en imprégner. Ouverture… c’est ce que le Marchombre créé dans un combat, qu’il soit duel ou simple discussion. Il y a toujours une ouverture. Le Marchombre est ouverture. Aujourd’hui, vous avez créé la vôtre en liguant vos efforts pour la première fois.

Oui, nous étions d’accord, ouverture, mais surtout lecture à mes yeux, compréhension même. Je me devais de réussir ce que je m’imposais.

- Ces clochettes sont à vous, jeunes gens. Vous pouvez les garder comme vous pouvez vous-en débarrasser ; désormais, vous êtes liés par le premier maître-mot que vous avez trouvé et croyez-moi, rien ne saurait défaire ce lien avant longtemps. Le groupe Er’Lyn est né !

Er’Lyn ? Oui, un bien beau mot. Je ferais en sorte de m’en souvenir, mais étrangement ce nom m’inspirait tout autre chose, un projet né dans une cabine d’un navire. Une réalisation, une œuvre impossible. Mais j’avais à présent un nom à apposer, un seul nom, profond et chargé de sens.

A force de marché, nous avions atteint la côte, au moment où le soleil teintait l’océan d’or et de pourpre. Une immense blessure sur la terre, la fin. Oui, la fin de tout. Du coin de l’œil j’observais notre maître, nostalgie. Elle nous fit la leçon, plus ou moins intéressante. Et soudain, le retour au port, une marche longue, éreintante. Mais qu’importait, je finirais tous mes projets en cours à cet endroit.

Je m’installais au bureau de Rug, après lui en avoir demandé la permission, il semblait vraiment nous apprécier. Il vint tout de même observer, sans pour autant tout comprendre, les croquis d’Er’Lyn, ma prochaine lame, non, mon âme. Elle serait comme moi, un pur mélange d’ingéniosité, de chaos, d’idiotie, et sans doute de prétention. Un audacieux projet, mais je n’avais pas le choix, en tout cas, pas à mes yeux. La lune était à la moitié de sa course nocturne lorsque je me décidais à aller sur le pont. Zoanne n’y était pas, c’était donc signe que nous méritions un certain repos.

Encore une fois je fixais le mât que j’avais abîmé avec ma lame, des morceaux y étaient encore plantés. C’est la voix du capitaine qui me sortit de ma rêverie.

-Alors bonhomme, t’es en route pour quelle aventure cette fois ?

-Aucune capitaine, aucune… Je vais réaliser la lame dont vous avez vu les dessins, et ensuite, peut-être, reprendrais-je l’entraînement. Qui sait ce que la vie me réserve…

-Remonte là-haut. Je ne sais pas ce que tu cherchais à faire, mais tu aurais mérité de mourir. Vas, et contemple ta stupidité. Peut-être que tu comprendras la raison de ta chute.

-Merci capitaine, mais je la connais déjà… Précipitation et prétention.


Le capitaine s’en alla après m’avoir lancé une corde au visage, un sourire énigmatique, et il partit. Un instant, je cru qu’il était plus qu’un marin, mais sa démarche me stoppa net, il marchait bien trop lourdement pour être marchombre. Ceci dit, était-ce un ordre de Zoanne, une invitation silencieuse à recommencer, à retracer mon échec ? Elle n’était pas en haut, c’était certain, le ciel était dégagé. Je montais, sans un mot. Une fois en haut, je m’attachais solidement. Le vent soufflait, plus traître que jamais.

Danse, c’est ce que je fis, je me lançais dans une gestuelle marchombre, dédiée au vent et au bateau. Rien d’autre ne comptait qu’eux, je me « fondais » où plutôt m’ouvrait à eux, effleurant leurs essence. Mais rien de plus, rien de moins. Je chutais, sans cesse, et remontait. Je ne m’arrêtais qu’une fois le soleil levé, et descendit avant que Zoanne ne me voit. Ne savait-on jamais.

Une heure de gestuelle, ce fut ce qu’elle nous imposa, une torture pour mon corps à qui j’avais refusé le repos.

L’arrivée au port se fit en milieu d’après-midi, et les adieux furent rapides. Zoanne nous annonça la fin de notre premier entraînement.

- Voilà, dit-elle en se plantant devant nous. Notre première aventure s’achève ici ; moi, je vais prendre par l’est pour rentrer chez moi et vous, vous allez voler un peu de vos propres ailes. Nous nous reverrons pour votre premier examen, l’Il-Sal, et peu de temps après pour une nouvelle aventure.
Souriez, le groupe Er’Lyn prend des vacances mais où que vous alliez, où que j’aille, nous restons un groupe soudé.
Profitez bien de ces vacances, parce que la prochaine fois que nous nous verrons, vous n’aurez pas une minute pour souffler. Je vous le garantis !


Aucun commentaire, elle nous quitta, me laissant une question en tête… En quoi consistait l’examen. Je ne pouvais envisager autre chose qu’un défi nous arrachant douleur et encore douleur. Je me retournais vers mes deux comparses.

-Ferons-nous route ensemble ? Si oui, je n’ai qu’une seule exigence, je dois passer dans une ville pour trois journées. Sinon, eh bien, rendez-vous à l’Académie.

J’attendais, pour une fois, calmement.
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Ney Nirina
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MessageSujet: Re: Groupe Er'Lyn - cours n°1 [Terminé]   Mar 30 Oct 2012, 13:06

    Ney sentit au moment de fondre sur les clochettes que Yoshi c'était également joint à elles dans leur assaut. Ils attaquaient en même temps.

    Chacun récupéra une clochette.

    Ney leva la sienne à hauteur des yeux, surprise de sa propre réussite, tandis que Zoanne s'asseyait, l'air de vouloir récupéré. Ce n'était pas un peu trop facile? Certes, leur maître était âgée, mais tout de même, ne les avait-elle pas laissé gagner?

    - Bravo. Vous avez chacun obtenu deux points en parvenant à me subtiliser les clochettes. Mais Elya a su rafler un point supplémentaire en effleurant l’une d’entre elles ; Elya, tu es la grande gagnante du jour !

    Ney regarda brièvement Elya. Elle, mauvaise perdante? Pas vraiment. Bon, d'accord, si, un peu, mais pas tant que ça. Elle notait qu'Elya avait été plus forte qu'elle, et en était un peu jalouse, mais elle l'oublia rapidement. Après tout, elle avait gagné aussi, c'était tout ce qui comptait!

    Non. Ils avaient tous gagné.

    - Ce ne sont pas uniquement des points que vous avez gagné aujourd’hui. Vous avez fait un pas en avant, tous les trois et ensemble. Et vous avez gagné un maître mot : ouverture.

    Les paroles de Zoanne étaient étonnament en accord avec ses pensées. Synchronisées. Notok leur avait déjà parlé d'ouverture, mais pas de la même façon. Une façon que Zoanne n'avait pas encore abordé, pas comme lui en tout cas. Jusqu'à maintenant.

    Après tout, même si elle était présentée différemment, l'ouverture de Notok et celle de Zoanne n'étaient-elles pas les mêmes? Sauf que celle de Zoanne, Ney l'avait expérimentée, comme Elya et Yoshi, et de façon beaucoup plus perceptible et visible qu'avec Notok.

    - Les maître-mots sont des balises, des guides qui ne faillent jamais. Ils jalonnent la Voie et c’est à vous de les comprendre, de vous en imprégner. Ouverture… c’est ce que le Marchombre créé dans un combat, qu’il soit duel ou simple discussion. Il y a toujours une ouverture. Le Marchombre est ouverture. Aujourd’hui, vous avez créé la vôtre en liguant vos efforts pour la première fois.

    Ney récupéra son sac et se leva en réfléchissant aux paroles de Zoanne. Oui, Notok aussi leur avait parlé des maîtres-mots. Etait-ce normal qu'elle se mette soudain à comparer chaque parole de Zoanne avec ce que leur avait dit son premier maître? Oui, peut-être. Ce qu'elle leur disait là était important. C'était un des premiers jalons, mais non des moindres sur la Voie, Ney en sentait l'importance, les paroles de Zoanne se gravaient dans son esprit.

    Ouverture.

    - Ces clochettes sont à vous, jeunes gens. Vous pouvez les garder comme vous pouvez vous-en débarrasser ; désormais, vous êtes liés par le premier maître-mot que vous avez trouvé et croyez-moi, rien ne saurait défaire ce lien avant longtemps. Le groupe Er’Lyn est né !

    Ney fit la moue. Notok leur avait déjà parlé de ce maître mot. Ils avaient déjà essayés de s'ouvrir ensemble. Mais c'est vrai que c'était différent de maintenant. Ney ne voyait pas l'ouverture de la même façon. Elle avait l'impression que désormais, son point de vue de ce maître mot était plus... Complet. Elle sourit, regarda la cloche tandis que Sae revenait sur ses épaules.

    S'en débarasser? Non, sûrement pas, ou en tout cas pas tout de suite. Ney la rangea précieusement avant de suivre Zoanne dans la suite de leur périple.

    ~ * ~

    Ney apprécia énormément le reste du voyage. Surtout la vue. Et le passage dans les criques, quand Zoanne leur avait apprit à se jouer des algues qui voulait les faire tomber. Non, elle avait tout aimé, tout apprécié, tout vécu à fond. Ouverte.

    Elle aimait tout cela, toutes ces découvertes, mais elle ne fut pas fâchée que Zoanne s'abstienne de les réveiller en pleine nuit comme la dernière fois, une fois sur le bateau de Rug. Ce qui ne l'empêcha pas de les réveiller à l'aube, mais la gestuelle marchombre eu vite fait d'apaiser Ney et son caractère bouillonnant. Elle bondit de joie quand Zoanne leur enjoint de se mêler à l'équipage, et elle y aussitôt visiter le navire et questionner toutes les personnes qu'elle rencontrait. Elle retenta l'escalade du mât, assista à un cours sur les noeuds en compagnie de Yoshi et d'Elya, s'entraîna à les faire à son tour, à retenir leur nom, appris la place de chacun, le fonctionnement de la vie sur le bateau, jusqu'à ce qu'ils arrivent à bon port. Elle était très heureuse de ce temps passer à explorer. Certes, elle savait qu'elle ne se souviendrait pas de tout dans ses moindres détails, mais même. Elle était heureuse.

    - Voilà. Notre première aventure s’achève ici ; moi, je vais prendre par l’est pour rentrer chez moi et vous, vous allez voler un peu de vos propres ailes. Nous nous reverrons pour votre premier examen, l’Il-Sal, et peu de temps après pour une nouvelle aventure.

    - Ah bon, c'est tout? C'est déjà fini?!

    Certes, ce n'était pas de tout repos, mais Ney commençait juste à s'habituer, à rentrer dans le bain, et ça se terminait maintenant qu'elle appréciait plus que jamais? Elle en était un peu déçue. Elle dressa cependant l'oreille à la mention d'un examen. Comment ça examen? Il fallait réviser ce qu'ils avaient vu alors? Sans doute. Il faudrait qu'elle s'entraîne un peu sur le chemin du retour! L'idée la fit sourire, puis elle fit la grimace. Retrouver l'Académie toute seule? Oh, pitié qu'elle ne se paume pas! Sa grimace disparut presque aussitôt. De quoi s'inquiétait-elle? C'était l'aventure! Et puis elle savait où se trouvait l'Académie aussi, fallait pas exagérer.

    - Souriez. Le groupe Er’Lyn prend des vacances mais où que vous alliez, où que j’aille, nous restons un groupe soudé.

    Ney sourit et hocha la tête. Elle sentait l'émotion que cette séparation procurait à Zoanne. Elle aussi s'en sentait triste.

    - Profitez bien de ces vacances, parce que la prochaine fois que nous nous verrons, vous n’aurez pas une minute pour souffler. Je vous le garantis !

    - Ca, je n'en doute pas!

    Là-dessus, leur maître commença à s'éloigner. Ce fut au tour d'Elya d'annoncer son départ.

    - Je pense que je vais remonter le Pollimage encore un peu puis bifurquer pour aller visiter les collines Taj. Il paraît qu'elles sont immenses pleine de ressources et je n'ai jamais eu l'occasion d'y aller alors c'est le moment !

    Si j'en ai le temps, je pousserai sûrement jusqu'à Al-Vor.

    Merci


    Pas sûr du tout que le merci leur était adressé. Quoique. En tout cas, Elya paraissait vouloir faire le voyage seule. Elle partit sans demander son reste, sans leur demander ce qu'ils comptaient faire. Bizarre, Ney se serait plutôt vue en celle qui partait sans se préoccuper des autres et aurait plutôt vu Elya s'interroger sur s'ils voyageaient ensemble ou non. Elle c'était plantée visiblement, et quelque part, elle était un peu déçue du départ soudain d'Elya.

    -Ferons-nous route ensemble ? Si oui, je n’ai qu’une seule exigence, je dois passer dans une ville pour trois journées. Sinon, eh bien, rendez-vous à l’Académie.

    Ney hésita. Elle n'était pas contre voyager avec Yoshi, mais l'idée qu'Elya soit absente la gênait un peu. Elle hocha les épaules. Tant pis pour elle! Et il serait toujours tant de faire bande à part quand elle le déciderait.

    - Je ne garantit pas de faire tout le trajet avec toi, mais je te suis.



      ( Fin! =D )

__________________________________________

Lettres ~ Fiche ~ RPs ~ Liens ~ 2ème cours



Merci beaucoup à Ange Shar pour ce kit! Very Happy
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