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 A travers les montagnes... [PV Syndrell]

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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: A travers les montagnes... [PV Syndrell]   Lun 30 Juil 2012, 17:08


- Notre rencontre va sûrement changer quelque chose pour moi, oui... mais pas maintenant. Pour l'heure, je dois tenir une promesse, et ce n'est pas tout de suite que les marchombres entendront parler de moi !

(petit sourire)

- Mais si, pour le moment, Ombreuse est aussi ta direction, alors j'accepterais avec joie de faire encore un bout de chemin avec toi... surtout qu'on n'a pas encore terminé notre escalade !

(un clin d'oeil)
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: A travers les montagnes... [PV Syndrell]   Dim 05 Aoû 2012, 17:41

Syndrell prit le temps de réfléchir avant de répondre. Autrefois, Miss lui avait appris à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de sortir une énormité ou de commettre une erreur ; l’apprentie impulsive et insouciante qu’elle avait été s’était contentée d’un haussement d’épaules, mais la jeune femme qui se trouvait à présent seul maître de son destin comprenait toute l’importance d’une telle réflexion.

Pourtant, c’est bien à Miss qu’elle pensait en cet instant. Qu’aurait fait la marchombre à sa place ? Aurait-elle guidé Khamill jusqu’à l’Académie ou bien l’aurait-elle accompagnée jusqu’au Domaine ? Syndrell ferma les yeux. Elle se trouvait face à un choix difficile et souhaitait entendre la seule personne qui ait jamais su l’aider à avancer. A faire des choix et à les respecter, quels qu’ils soient. Prendre un engagement conduit à des conséquences, voilà ce que Miss avait enseigné à son élève. Seul un être responsable est alors capable de tenir cet engagement, envers et contre tout, et d’affronter les conséquences.

Compris, jeune apprentie ?

Un sourire se dessina sur les lèvres de Syndrell. Elle ouvrit les yeux et son regard d’or pur se posa sur Khamill. La jeune fille semblait soudain plus calme, quoi qu’une vague lueur de peur s’accroche encore à son regard.


- Et bien…

Mobilisant ses muscles douloureux, Syndrell se redressa et s’étira précautionneusement. Elle avait envie de sortir ses lames pour vérifier si tout allait bien, mais elle réprima cette idée avec fermeté. Khamill en avait déjà assez vu. Et puis, c’est vrai qu’il restait encore un bout de chemin à faire…

Levant les yeux, la marchombre évalua un instant l’inclinaison de la roche, avant de jauger la distance qui les séparait du palier d’en dessous. Après ce qu’elle venait de vivre, Khamill voudrait-elle poursuivre leur ascension ? Elle avait mentionné Ombreuse avec une telle emphase que la jeune femme en doutait. Tant pis, les Dentelles attendraient.


- Je vais descendre avec toi ce qu’il reste de pente rocheuse, dit-elle en réajustant sa chemise. Nous ne sommes plus très loin du sol mais les prises manquent à cet endroit-là de la montagne. Il faudra y aller en douceur, d’accord ?

Elle jeta un nouveau coup d’œil dans le vide. Compliqué, mais faisable. Dommage que son sac soit resté en haut, elle aurait pu se servir de sa corde pour les assurer toutes les deux. Un murmure lui fit relever la tête et son regard se perdit dans le lointain. Le ciel s’enflammait à l’horizon et le spectacle était à couper le souffle. Et le vent qui dansait doucement dans ses cheveux lui murmurait toutes sortes de choses, parmi lesquelles la promesse de les aider à descendre. Syndrell sourit, puis se tourna vers Khamill, mains sur les hanches.

- Tu vas voir, ça va être un vrai jeu d’enfants pour les deux grimpeuses chevronnées que nous sommes. Notre tentative de vol a peut-être échoué mais nous allons terminer cette balade comme il se doit !

Elle s’approcha de la jeune fille et posa une main sur son épaule.

- Ensuite, je t’accompagnerai vers le nord. Mais je n’irai pas jusqu’à Ombreuse. Tu devras faire le reste du chemin seule.

Elle avait fait son choix, tout comme Khamill avait fait le sien ; leurs routes se croisaient pour un temps seulement, mais c’était un cadeau offert par le hasard et Syndrell l’acceptait de tout cœur. L’or de ses yeux s’illumina dans la lumière du levant.

- On y va ? Ensemble ?

Ensemble.
Clé de l’amitié.
Maître-mot.



__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 25/08 au 28/08]
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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: A travers les montagnes... [PV Syndrell]   Sam 22 Sep 2012, 15:10

- Et bien…

Tandis que Khamill voyait la jeune femme hésiter, elle se rendit brusquement compte de la stupidité de sa proposition. Syndrell, une marchombre accomplie, l'accompagner jusqu'à Ombreuse ? L'emmener d'elle-même au plus proche de ses pires ennemis ? Et pourquoi pas allumer un feu et lui demander de sauter pieds-joints à l'intérieur ? La jeune fille se mordit les lèvres, agacé par l'énormité de sa propre bêtise. Et ce n'était pas uniquement un risque que Syndrell pouvait prendre en acceptant, mais un sacré paradoxe qui se présentait à elle. Alors qu'elle venait de lui proposer - certes assez implicitement, mais tout de même - de rejoindre la Voie de l'Harmonie, elle se retrouvait obligée de décider si elle devait la mener ou non chez les mercenaires ! Car Khamill n'était pas dupe, elle savait bien que la jeune femme aux yeux d'or avait immédiatement compris sur quelle Voie elle avait choisi de s'engager.

Enchaînant les erreurs - d'abord en l'obligeant à se jeter dans le vide, puis en lui proposant de la suivre - Khamill se demanda quand est-ce qu'elle allait enfin se mettre à réellement réfléchir ; il en était temps ! Bientôt elle allait vraiment tuer sa sauveuse et nouvelle amie de ses propres mains sans s'en rendre compte. Cependant, la jeune fille préféra ne rien dire, se contentant d'accepter la culpabilité et la honte qui l'emplissaient. Tortillant une de ses boucles ambrée autour de son doigt, elle attendit la réponse de Syndrell, le rouge aux joues et la tête emplie de remords. Puis, n'y tenant plus, elle fit mine d'ouvrir la bouche pour dire quelque chose, s'excuser une seconde fois, lui conseiller de décliner son offre... la marchombre parla la première, la coupant dans son élan.


- Je vais descendre avec toi ce qu’il reste de pente rocheuse. Nous ne sommes plus très loin du sol mais les prises manquent à cet endroit-là de la montagne. Il faudra y aller en douceur, d’accord ?

Une vague de soulagement silencieuse déferla aussitôt dans l'esprit de Khamill. Même si elle s'en voulait, elle avait espéré de toutes ses forces que Syndrell accepte ; elle avait trop peur de refaire une erreur mortelle durant le bout de chemin qui lui restait à faire jusqu'à Ombreuse - deux ou trois jours, tout au plus, mais c'était suffisant - et elle savait que la présence de la jeune femme à ses côtés lui empêcherait définitivement de recommencer une bêtise du genre. Désormais, elle se tiendrait sur ses gardes, prête à s'empêcher intérieurement de commettre la moindre bourde ! Plantant un regard reconnaissant dans les prunelles en feu de son interlocutrice, la jeune femme hocha la tête sans rien dire, un semblant de sourire aux lèvres. Elle aurait bien aimé reprendre l'ascension des Dentelles, mais elle savait que ce n'était plus le moment. Toutefois, elle avait conscience qu'elle se souviendrai à jamais des quelques heures passées à escalader les fabuleuses - et dangereuses - montagnes, aux côtés de cette étonnante Syndrell.

- Tu vas voir, ça va être un vrai jeu d’enfants pour les deux grimpeuses chevronnées que nous sommes. Notre tentative de vol a peut-être échoué mais nous allons terminer cette balade comme il se doit !

Kham lâcha un petit rire, mi-amusé mi-factice, puis rassura la marchombre d'un "Bien sûr !" joyeux lorsque cette dernière lui fit savoir qu'elle n'irait avec elle que jusqu'à la lisière d'Ombreuse. C'était plus que ce que la jeune fille espérait ! Un rayon se soleil accrocha ses iris, les inondant d'un bleu-vert liquide, lorsqu'elle tourna la tête vers la jeune femme aux cheveux bleus, qui ajouta :


- On y va ? Ensemble ?


Un clin d'oeil joyeux lui répondit.

- C'est parti !


***



Essuyant la sueur qui inondait son front d'un revers de manche, Khamill évalua la distance qui finissait de les séparer du sol. Elles avaient déjà parcouru une trentaine de mètres, ce qui était énorme ; il leur en restait cependant encore une bonne dizaine avant de pouvoir poser pied à terre. La jeune femme poussa un sifflement sonore. La veille, elle ne s'était pas rendue compte de la distance qu'elles avaient parcouru lors de leur escalade ! Et puis, il y avait également eu la demi-douzaine de mètres de chute et de désescalade du matin...

- Une fois n'est pas coutume, je suis impatiente de retourner en bas, lança-t-elle à Syndrell qui se trouvait un ou deux mètres en dessous d'elle, à sa gauche. Le rire que lui offrit en réponse son interlocutrice se mêla harmonieusement au souffle chaud du vent dans leurs cheveux. Remise d'aplomb pour quelques minutes encore, Khamill reprit la descente le long de la roche. Cette dernière, tantôt glissante, tantôt friable, offrait peu de prises, et encore moins de prises fiables, comme l'avait prédit un peu plus tôt Syndrell. Ainsi, alors qu'elles auraient dû se retrouver en bas une demi-dizaine de minutes plus tard, une vingtaine s'écoula avant que le sentier ne se retrouve à moins de deux mètres d'elles. Khamill sauta sur la distance restante, se retrouvant accroupie sur le sol terreux parsemés de cailloux. Elle se releva alors que Syndrell atterrissait à ses côtés, presque aussi épuisée qu'elle. Bientôt, elles aperçurent la monture de la jeune marchombre trottiner dans leur direction.

- Eh bien, on peut dire qu'il n'est pas très farouche !, observa Khamill en rigolant. Voyant la cavalière et le petit cheval se retrouver avec joie, elle esquissa un sourire attendri et désigna la bête :

- Comment s'appelle-t-il ?

Puis, suite à la réponse de Syndrell, elle s'approcha doucement du petit frison, avançant une main prudente vers son front. Le cheval lui jeta un regard légèrement apeuré, alors elle stoppa son geste à mi-distance. Voyant qu'elle n'avait aucune mauvaise attention, l'animal secoua gentiment la tête, une lueur amusée dans ses iris sombres. Un sourire aux lèvres, Kham passa la main à travers sa crinière ; la bête hennit doucement. La jeune fille prit cela pour une approbation et éclata de rire ; elle s'était faite un nouvel ami !


***



Plus d'une journée s'était écoulée depuis l'accident, et les deux jeunes femmes n'y faisait aucune allusion. Cependant, la chute de Khamill et Syndrell restait ancrée dans les esprits, les liant par une épreuve commune qu'elles ne seraient pas prêtes d'oublier. La veille, elles avaient fait halte juste après avoir retrouvé Vagabond, dénichant un espace plus large au détour du sentier, protégé par quelques arbres et gros rochers. Après avoir mangé d'un repas un peu trop frugal pour pouvoir les rétablir assez, elles s'étaient immédiatement endormies, terrassées par les émotions et la tension de la désescalade du matin. Elles avaient dormi tout l'après-midi, puis toute la nuit. Le lendemain, à huit heures, elles étaient de nouveau en pleine forme - malgré des courbatures douloureuses pour Khamill - et avaient vaillamment repris la route.

Le soleil se couchait lorsque les deux jeunes femmes quittèrent les Dentelles Vives. Au loin, elles pouvaient apercevoir Ombreuse, réduite à l'état d'un minuscule buisson noir dans le rouge du ciel ; derrière elles se découpaient, en contre-jour, les immenses pics des montagnes ; et devant s'étendait une large plaine rousse au creux de laquelle se nichait un petit village, à environ une dizaine de kilomètres d'où elles se trouvaient. Quelques bandes de fumées s'échappaient des cheminées, indiquant une température plus fraîche en contre-bas.

Le spectacle du merveilleux paysage était à couper le souffle.

Durant de longues minutes, Khamill en contempla les moindres détails, silencieuse ; puis elle interrogea Syndrell du regard. Voulait-elle descendre au village, ou préfèrerait-elle dormir ici ? Dans le cas de la première option, pensait-elle avoir le temps de s'y rendre avant la nuit ? Sachant qu'il devait leur rester deux bonnes heures, Khamill pensait cela très jouable, mais elle avait besoin de l'avis de Syndrell pour s'obliger à y aller. En effet, elle n'avait pas la moindre envie de retrouver des gens et de se faire remarquer ; cependant elle sentait qu'elle avait besoin de dormir dans un vrai lit moelleux, de prendre une bonne douche, et de manger un vrai repas chaud. De plus, elles étaient bien obligées de remettre leur stock de vivres à jour, le village étant sûrement le dernier avant Ombreuse...




[Voilàààà ! Je suis enfin revenue ^^ Et je me suis dit qu'on avait bien faillit oublier ce pauvre Vagabond... Comme toujours, si quelque chose ne te va pas, n'hésite pas !]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: A travers les montagnes... [PV Syndrell]   Lun 08 Oct 2012, 19:56

Si Syndrell appréhendait la descente au moment d’entamer celle-ci, elle se détendit très vite, jusqu’à profiter de la désescalade comme s’il s’agissait d’une simple balade ; Khamill et elle évoluaient tranquillement sur la pente rocheuse et toutes les deux affichaient un franc sourire. Elles se comprenaient enfin. Certes, Syndrell ne savait pas ce qui avait pu pousser la jeune fille à vouloir se jeter dans le vide, mais quelque chose avait changé entre elle, et c’était tant mieux.

Néanmoins, le plancher des vaches les trouva vidées de leurs forces. Epuisée, Syndrell garda une main contre la roche encore chaude de la caresse du soleil et considéra un instant la formidable majesté des Dentelles. Si Khamill avait trouvé la mort dans un endroit aussi beau, Syndrell n’aurait plus eu ce même rapport avec ces montagnes qui la fascinaient depuis toujours…

L’arrivée de Vagabond fit naître un sourire sur les lèvres de la marchombre. Il s’était détaché pendant la nuit, sans doute, mais elle avait fait en sorte que le nœud de son licol puisse se défaire en cas de pépin ou d’envie subite de liberté. C’était un accord tacite entre la cavalière et le cheval, une connivence parfaite qui excluait paroles et cordages ; ils étaient aussi libres l’un que l’autre.

Si les rapports qu’ils entretenaient étaient privilégiés, Vagabond était toutefois plutôt sociable. Il s’était fait aux villes, au bruit et aux gens ; l’enthousiasme de Khamill l’interpela mais ne l’effraya pas un seul instant et il se laissa caresser sans dissimuler son contentement.


- Comment s’appelle-t-il ? s’enquit la jeune fille, les doigts dans la folle crinière de l’étalon.
- Vagabond, répondit Syndrell en couvant l’animal du regard. Ne te fie pas à son regard espiègle, c’est un vrai comédien et il n’hésitera pas à t’entourlouper, pourvu que tu lui offre de quoi se régaler !

Vagabond ponctua sa réplique d’un hennissement amusé et elles éclatèrent de rire. Oublié, l’incident qui avait failli leur coûter la vie. Ne restait plus que le souvenir d’une aventure palpitante et le bonheur de l’instant présent !




* * *



La main en visière pour se protéger de l’éclat du soleil qui plongeait à l’horizon, Syndrell évalua la distance qui les séparait du petit village, niché en contrebas de la vallée. Deux heures, trois tout au plus… Elle croisa alors le regard de Khamill et la question muette de celle-ci coupa court à son hésitation.

- Je ne sais pas ce que tu en penses, dit-elle d’un air entendu, mais je rêve d’un repas chaud et d’un bon lit !

Moi aussi, brillait le regard de la jeune fille, et Syndrell prit sa décision. Grimpant sur le dos de Vagabond, elle tendit la main à son amie pour qu’elle s’installe en croupe.

- Alors en avant, mauvaise troupe !

Vagabond était suffisamment grand et costaud pour supporter le poids plume de deux femmes sur son dos. En un peu moins de deux heures, la mauvaise troupe atteignit les premières maisons du petit village – Esfordias, si les souvenirs de Syndrell ne lui jouaient pas des tours. Elle se souvenait l’avoir traversé en compagnie de Miss, cette fameuse fois où elle avait fait un tour au Domaine…

Les deux amies mirent pied à terre et Syndrell jeta un coup d’œil à Khamill, pensive. Elle était capable de se rapprocher du Domaine plus que quiconque. Ne pouvait-elle pas accompagner Khamill jusque-là ?

Elle y réfléchissait encore lorsque, quelques minutes plus tard, elles se trouvaient attablées dans la seule et unique taverne du village. Le maître des lieux, quoi qu’un peu bourru, leur avait proposé le gîte et le couvert en dépit de l’heure tardive à laquelle elles s’étaient présentées – il s’apprêtait à fermer son établissement lorsque Syndrell avait frappé à la porte.

Reposant son bol de soupe, Syndrell se lécha les babines avec délice et sourit à Khamill.


- Nom d’une chiure de mouche qui louche, ce que ça fait du bien ! J’ai l’impression que je pourrais avaler un tigre des plaines tout entier !
- Hélas, on ne sert pas ce genre de chose, ici, intervint le tenancier en déposant devant elle une assiette remplie de bonnes choses.

Syndrell éclata de rire.

- Je me contenterai volontiers de ce repas ! Pas toi, Khamill ?


[J'avais pas vu ta réponse ! Désolée-désolée-désolée et welcome back, alors !]

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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: A travers les montagnes... [PV Syndrell]   Sam 13 Oct 2012, 11:09

Coupant court à son hésitation, Syndrell prit la décision de rejoindre le village ; une petite lueur de soulagement passa dans les iris anthracite de la future envoleuse. Pourtant, l'appréhension commençait déjà à l'envahir : cette appréhension qu'elle connaissait si bien et qui montrait le bout de son nez chaque fois que la jeune femme s'apprêtait à se rendre en ville, autrement dit à se monter aux autres. Elle tenta de la contenir, tant bien que mal, même si le sourire qu'elle présenta à la marchombre ressemblait davantage à une grimace. Non non non ! Il ne fallait pas qu'elle y pense, voilà tout, et elle n'avait pas envie que la jeune femme aux cheveux bleus lui pose des questions en remarquant son air mi-figue mi-raisin. Mais elle ne parvenait pas à calmer son esprit agité, alors elle se résolu à attraper la main que son amie lui tendait afin de se hisser sur le dos de Vagabond - un joli petit cheval, ce Vagabond, dont le caractère joueur et malicieux que lui avait présenté Syndrell la veille correspondait parfaitement avec celui de la petite marchombre...

Khamill grimaça de nouveau en se rappelant ses courbatures lorsqu'elle sentit la croupe du cheval sous ses fesses ; cela faisait deux jours qu'elle avait quitté Clarence, et donc qu'elle avait repris la marche à pieds ; mais sa chevauchée aux côtés du Mercenaire avait été la première aussi longue de toute sa vie, lui laissant quelques douloureux souvenirs... Elle fut donc soulagée que Syndrell mène elle-même leur monture, car elle ne s'y connaissait à vrai dire pas plus que ça en matière d'équitation !

Les deux heures qui les séparaient du village en parurent dix à la jeune fille aux cheveux bouclés, tellement elle était impatiente de descendre de monture et de s'allonger dans un bon lit moelleux... Mis à part quelques remarques sur le paysage et les petits animaux qu'elles croisèrent en chemin, le trajet fut plutôt silencieux, Kham comme Syndrell étant toutes les deux extrêmement fatiguées. On les laissa passer sans aucun problème lorsqu'elles atteignirent enfin les portes du village - Esfordias, lui annonça la marchombre, et Khamill fut une fois de plus surprise par l'étendue de ses connaissances. Y avait-il un endroit dans l'Empire où elle ne s'était pas encore rendue ? Si Syndrell lui annonçait qu'elle avait même déjà visité le Domaine, Kham en serait à peine surprise...

Les deux jeunes femmes ne mirent pas longtemps à dénicher une petite auberge - la seule du village, apprit encore fois Syndrell à Khamill - et elles se retrouvèrent vite autour d'une table, attablée devant un bon bol de soupe épaisse. Khamill ignorait ce qu'elle contenait - elle avait laissé sa compagne prendre commande - mais par la Dame, ce qu'elle était fichtrement bonne ! Et Kham trouvait le tenancier sympathique : il avait accepté de les nourrir et de les loger alors qu'elles s'étaient présentées à lui une fois la nuit tombée d'une bonne demie-heure. Dans une ville comme Al-Jeit, ou même plus petite, c'était plutôt l'heure où il y avait le plus de monde dans ce genre d'endroits ; mais pour un petit village du genre, c'était presque tard... D'ailleurs les jeunes femmes n'avaient croisé que de rares personnes dans les rues, au bonheur de Khamill, et elles n'avaient presque pas prêté attention au visage brûlée de la jeune fille. C'était l'autre raison pour laquelle cette dernière appréciait le patron de l'auberge : il n'avait paru ni étonné, ni dégouté, et s'était dispensé de tout commentaire.


Le bonheur, quoi !

- Nom d’une chiure de mouche qui louche, ce que ça fait du bien ! J’ai l’impression que je pourrais avaler un tigre des plaines tout entier !

Un sourire amusé éclaira le visage de Kham alors que la remarque enjouée de la marchombre la tirait de ses pensées, et elle éclata franchement de rire lorsque le tenancier ajouta d'un ton mi-fatigué, mi-amusé :

- Hélas, on ne sert pas ce genre de chose, ici...

Et Syndrell de mêler de bon cœur son rire à celui de la jeune fille. Décidément, cette dernière ressentait une telle complicité entre elle et sa compagne qu'elle rejoignait presque celles qu'elle partageait avec Kyo ou Lehm, même si c'était encore très différent. Et pourtant, elle ne la connaissait que depuis deux jours à peine... Belle rencontre, vraiment...

- Je me contenterai volontiers de ce repas ! Pas toi, Khamill ?
- Hum... je ne sais pas... Je crois que moi, je pourrais bien engloutir trois tigres des prairies, alors ce n'est pas ce petit repas qui va satisfaire mon appétit !

Bien sûr, elle plaisantait. L'assiette que venait de déposer le bonhomme bourru devant elle allait largement suffire à combler son estomac, ça et plus la bonne soupe chaude qu'elle venait de terminer. Ses yeux brillèrent tandis qu'elle contemplait toutes les bonnes choses dont elle allait se régaler, et, brièvement, elle se demanda comment elle avait pu se nourrir que de lamelles de viande séchée et de baies sauvages pendant plus d'une semaine !

- Sérieusement, il faudrait d'abord que j'arrive à manger tout ça... Mais ça à l'air si bon que je suis sûre d'y parvenir !
- N’exagérez rien, tout de même...

Elle lui répondit d'un clin d'oeil, et le tenancier, tout sourire, retourna à son comptoir sans rien ajouter de plus. Khamill se tourna de nouveau vers Syndrell, redevenant un peu plus sérieuse.

- Dis-moi, Syndrell... Tu connais un peu Ombreuse, non ?

La jeune femme allait ouvrir la bouche pour lui répondre lorsqu'elles entendirent un galop précipité de plusieurs chevaux - Khamill ne parvint pas à en compter le nombre - approcher de l'auberge. Puis la troupe sembla s'arrêter ; un concert de piaffements et de sabots claquant le sol parvinrent à leurs oreilles, et, quelques secondes après, la porte de la taverne s'ouvrit en grand.

- L'établissement est fermé maintenant, marmonna le patron à l'attention des nouveaux arrivants, sans prendre la peine de lever les yeux.

- Alors tu peux me dire pourquoi ces deux femmes ont pu avoir une table ?, grogna d'une voix belliqueuse un homme trapu au visage rouge, couturé de cicatrices. Le bonhomme allait répondre d'une voix lasse lorsqu'un deuxième homme se détacha de la troupe - qui en comptait six, tous armés d'un long sabre à lame recourbée, put constater Khamill - empêchant le premier de s'avancer en l'arrêtant d'un bras. Il s'approcha du comptoir, d'une démarche fluide et précise, et, relevant le menton de l'aubergiste à l'aide de deux doigts dont la main était gantée de cuir, il planta ses yeux d'un gris incroyablement dur et clair dans le regard soudain surpris, puis apeuré, du pauvre homme.

- Ne discute pas, s'il-te-plaît, et donne-nous à manger. Nous sommes tous vraiment fatigués.

Lâchant le menton de l'homme, il plongea la main dans une poche et en ressorti quelques pièces qu'il fit tinter sur le comptoir. La face blême, le tenancier parvînt à murmurer :

- Vous...

Ce n'était pas une question, Khamill le devina. L'aubergiste semblait connaître ces hommes.

- Vite.

Il hocha la tête sans ajouter un mot et se dépêcha d'entrer dans les cuisines. L'autre homme se tourna vers ses compagnons et leur indiqua d'un regard de s'assoir, non loin de Syndrell et Khamill. Ils commencèrent à parler, continuant apparemment une conversation qu'ils avaient déjà débuté, et dont Khamill ne comprit pas vraiment le sens. Les deux jeunes femmes avaient observé l'échange sans rien dire. Quelques minutes plus tard, le patron de l'auberge revînt, trois assiettes dans les mains, qu'il déposa devant les hommes, puis il en ramena trois autres, et reparti une dernière fois pour aller chercher deux pichets de vin. Enfin, passant devant les deux femmes, il en profita pour leur chuchoter :

- Ce... ce sont des guerriers qui ont pris campement dans les montagnes, depuis plusieurs semaines. Personne ne sait d'où ils viennent ni qui ils sont, et ils n'ont encore rien fait de vraiment mal, mais je pense que ça ne saurait tarder... Cela fait deux bonnes semaines qu'on ne les avait pas revu, je pense donc qu'ils préparent un mauvais coup...

- Qu'est-ce que tu marmonne, l'aubergiste ?, lança un des guerriers. Tous les regards convergèrent vers le pauvre homme, les conversations prenant fin quelques instant, et il s'éloigna sans rien dire, retournant dans les cuisines. Et, alors que Khamill réfléchissait sur ce qu'il leur avait dit, et qu'elle allait demander à Syndrell ce qu'elle en pensait, profitant que la troupe se fasse de nouveau bruyante, le deuxième homme ayant parlé se leva et s'avança vers elles.

- Pardonnez-moi de vous abordez ainsi, demoiselles, mais mes hommes et moi retournions dans les montagnes lorsqu'on vous a vu passer... Alors on a décidé de vous suivre, parce que, voyez-vous, deux voyageuses dont l'une a des cheveux bleus et l'autre le visage à moitié brûlé, ayant réussi à traverser les Dentelles, ça intrigue drôlement...

De nouveau, les guerriers s'étaient tus, écoutant ce qui semblait être leur chef. Khamill jeta un regard à son amie. Les six hommes ne paraissaient pas de vulgaires bandits en mal d'argent ou de chair fraîche - dans les deux sens du terme ; au contraire même, ils semblaient des combattants aguerris et intelligents dans l'ensemble. Elle ne voyait donc pas ce qu'ils pouvaient bien leur vouloir... Et puis, cet homme aux yeux gris et au sourire tranquille mais étrange l'intriguait, vraiment.


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MessageSujet: Re: A travers les montagnes... [PV Syndrell]   Mar 16 Oct 2012, 16:02

Si elle connaissait Ombreuse ? Syndrell sourit, amusée de voir que le fil de ses pensées se croisait avec celui de Khamill. La sombre forêt n’était pas très éloignée de l’Académie – trop peu, en tout cas, pour une apprentie aux cheveux bleus et incroyablement curieuse ! Elle allait répondre quelque chose du genre à son amie lorsque le bruit d’une cavalcade se fit entendre.

Elle en aurait fait fi si l’attitude de leur hôte ne l’avait interpelée ; Esfordias se trouvait à la croisée des chemins entre les Dentelles, Ombreuse et le lac Chen, c’était une bourgade qui voyait passer bon nombre de voyageurs et ceux-ci devaient en être, mais la pâleur soudaine de l’aubergiste et l’atmosphère qui fraîchit soudain intrigua la marchombre au point de la contraindre au silence.

La porte s’ouvrit alors sur un groupe d’hommes, six au total, qui entrèrent chacun leur tour en faisant claquer leurs lourdes bottes sur le plancher. Ils portaient tous une cape de cuir souple qui ne cachait rien de leurs armes, la principale étant pour les six compagnons un sabre à lame courbe dont l’épais fourreau était fixé dans leur dos. Tueurs, réalisa Syndrell en détaillant leur démarche à la fois souple et puissante.

Son sang bouillonna dans ses veines lorsque l’un d’entre eux menaça l’aubergiste par son calme tranchant mais elle décida de ne pas intervenir. Pas encore. Il y a toujours un bon moment ; le marchombre sait l’attendre. Syndrell attendait. Et puisqu’elle avait faim, elle ne se priva pas de faire honneur au plat qu’on lui avait servi.

Qu’on ne se leurre pas pour autant. Syndrell savourait son repas avec un appétit féroce mais elle ne perdait pas une miette de ce qui se passait autour d’elle : la curiosité de Khamill, la nonchalance de ces types lorsqu’ils prirent place autour d’une table sans prendre la peine de défaire leur cape, les tremblements qui secouaient le pauvre aubergiste, rien n’échappa à sa vigilance.


- Ce... ce sont des guerriers qui ont pris campement dans les montagnes, depuis plusieurs semaines, souffla l’aubergiste en passant devant les deux jeunes femmes. Personne ne sait d'où ils viennent ni qui ils sont, et ils n'ont encore rien fait de vraiment mal, mais je pense que ça ne saurait tarder... Cela fait deux bonnes semaines qu'on ne les avait pas revu, je pense donc qu'ils préparent un mauvais coup...

Syndrell hocha doucement la tête. Ces bougres-là n’étaient pas nets, c’était le moins qu’on puisse dire. Celui qui avait « conseillé » à l’aubergiste de les servir repoussa sa chaise et s’approcha de leur table. Sans en avoir l’air, Syndrell redressa légèrement le buste et replia ses jambes, prête à réagir au quart de tour.

- Pardonnez-moi de vous abordez ainsi, demoiselles, mais mes hommes et moi retournions dans les montagnes lorsqu'on vous a vu passer... Alors on a décidé de vous suivre, parce que, voyez-vous, deux voyageuses dont l'une a des cheveux bleus et l'autre le visage à moitié brûlé, ayant réussi à traverser les Dentelles, ça intrigue drôlement...

Il avait une voix mielleuse et un regard bien trop brillant pour que la marchombre le juge sympathique et surtout, sincère. Haussant les épaules, elle continua de manger comme si de rien n’était, bravant ainsi l’ascendance que cet homme cherchait à avoir sur elle.

- Ce qui m’intrigue, moi, c’est que de grands garçons comme vous soient aussi peu respectueux.

D’abord surpris, l’homme plissa les yeux et une lueur mauvaise traversa son regard. Posant les poings sur la table, il se pencha légèrement en avant, soucieux de rétablir l’ordre par sa puissance et sa supériorité.

- Il me semble pourtant vous avoir appelée « demoiselle », dit-il plus durement. J’allais aussi vous proposer de partager ce repas avec nous et de…
- Merci, mais sans façon. Je n’aime pas les gens grossiers.

Syndrell avait répliqué non avec défiance, mais avec légèreté ; aurait-elle dit « je n’aime pas la viande de siffleur », le résultat aurait été le même. Le guerrier serra les dents. Il n’aimait pas qu’on se moque de lui et cette gamine aux cheveux bleus commençait à l’agacer. Il pouvait très bien la tuer d’un revers de main s’il le voulait !

Derrière lui, ses hommes s’étaient tus et observaient la scène avec un intérêt tout particulier. L’aubergiste s’était retranché derrière son comptoir, tremblant et silencieux, et Khamill ne bougeait pas ; Syndrell, elle, continuait de manger tranquillement, ignorant tous ces regards qui pesaient sur elle.

Alors qu’elle tendait la main pour attraper son verre, une autre, deux fois plus grande et plus large que la sienne, la devança et envoya l’objet valser contre le mur, où il s’écrasa dans une gerbe de verre et de sirop d’abricot.


- Et moi je n’aime pas qu’on m’ignore, gronda l’homme aux cheveux gris. Toi et ta copine, vous allez me faire le plaisir de monter pour nous préparer une chambre. Et nous y attendre. C’est clair ?

Sa première erreur fut de croire que son emportement avait inspiré crainte et respect. Il commit la seconde en tendant à nouveau le bras, cette fois pour attraper Syndrell par le col de sa chemise et la mettre debout. Il n’en fit rien.

Il n’en fit rien parce qu’elle lui saisit le poignet et le retourna d’un geste. Le craquement de l’os fut recouvert par le bruit que fit l’homme en tombant à demi sur la table et par celui que firent ses acolytes en se levant d’un bond, mais ils se figèrent devant la scène : la gamine aux cheveux bleus tenait en respect leur propre chef !

Sans lâcher son bras, Syndrell se pencha alors à l’oreille de l’homme.


- Vous êtes bel et bien un grossier personnage, mais je vais vous donner l’occasion de corriger ce vilain défaut, souffla-t-elle doucement. Petit un, on ne tutoie pas une demoiselle sans sa permission. Petit deux, on lui fiche la paix quand elle mange et petit trois…

Elle desserra les doigts et le laissa reculer en titubant.

- On dit « bonsoir » et « merci ».

Un lourd silence accueillit ses paroles et Syndrell en profita pour se rasseoir et poursuivre son repas. Derrière son comptoir, l’aubergiste ferma les yeux, désespéré, puis il s’accroupit et plaqua ses mains sur ses oreilles. Le guerrier aux cheveux gris éclata de rire.

- Tuez-la, dit-il simplement.

Ses hommes bougèrent.
Syndrell avait déjà bougé.

Son assiette s’écrasa contre le visage du premier voyageur et le deuxième hurla lorsqu’un couteau se ficha dans son bras, à la hauteur de l’épaule. Le troisième posa une main sur la table pour prendre appui. Mal lui en prit. Vive comme l’éclair, Syndrell lui planta sa fourchette dans la peau et profita de ce que la douleur le figeait sur place pour lui envoyer son poing dans la figure.

L’instant d’après, elle attrapait Khamill par le bras et l’entraînait vers l’entrée.


- Reste ici et ne bouge pas.

Sans attendre de réponse, Syndrell pivota et accueillit son adversaire d’un coup de genou bien placé. Puis elle pirouetta et son talon frappa un menton mal rasé. Encore un pas, et la lame de Miss ouvrit une ligne de sang dans le dos d’un guerrier. Un autre tomba à terre, le genou cassé.

- Arrêtez de lambiner et tuez-là ! s’écria l’homme aux cheveux gris.

Syndrell bougeait si vite qu’ils avaient à peine le temps de voir un éclair bleu avant de sentir la douleur. La marchombre était insaisissable. Mais soudain, son talon glissa sur l’eau que les capes trempées des guerriers avaient ramenée du dehors, et la jeune femme mit un genou à terre pour éviter de perdre l’équilibre ; l’un d’entre eux en profita pour lui asséner un coup de botte à la tempe et elle s’effondra, sonnée.

Un bruit sourd. Syndrell cligna des yeux et se redressa à moitié pour voir l’homme qui s’apprêter à la tuer s’effondrer à son tour, le crâne fracassé par une bouteille. La vue trouble, les sens brouillés, Syndrell crut voir un voile de cheveux bouclés, puis le ricanement du guerrier aux cheveux gris retentit, la sortant de sa courte torpeur.

Elle terrassa le cinquième homme, l’envoya rejoindre ses compagnons à terre, puis bondit sur une chaise, une table, agrippa le lustre et envoya ses pieds dans le ventre du chef de la bande. Il bascula en arrière, se rattrapa à la rampe d’escalier, se rétablit et sourit. Et dégaina lentement son sabre.


- Fini de jouer… Je vais te découper en rondelles, et puis je m’amuserais un peu avec ta copine. Qu’est-ce que tu en dis ?
- J’en dis que tu parles trop !


Syndrell força ses muscles à se détendre. Aucun des autres hommes n’avaient eut le temps de sortir son sabre et ils en étaient à présent incapables, mais leur chef était fait d’une autre trempe. Il ne se jeta pas sur elle, contrairement à ses comparses, et se mit à marcher lentement, jaugeant son adversaire à la manière d’un loup narguant sa proie. C’était un prédateur.

Mais Syndrell était une marchombre. Lorsque l’homme se mit en mouvement, elle réagit au quart de tour et ses lames jaillirent, bloquant le sabre à quelques millimètres seulement de sa gorge ; un demi-tour, caresse de l’acier sur l’acier, chuintement métallique aux accents de mort, puis le guerrier recula en titubant.

Surpris, il posa la main sur sa hanche. La retira pleine de sang. Regarda Syndrell. Bras tendus, jambes fléchies, lames pointées vers lui, elle était parfaitement immobile. Parfaitement victorieuse. Parfaite…

Il l’attaqua avec toute la volonté du guerrier. Elle passa sous sa garde, le frappa au menton, aux côtes, à la hanche, au genou, au tibia. Fin du combat. Le souffle court, Syndrell recula et regarda l’homme tomber lentement et lâcher son sabre. Elle rétracta ses lames avant que l’aubergiste ne montre le bout de son nez par-dessus le comptoir.


- Est-ce qu’ils sont…
- Non. Ils sont salement amochés et la plupart ne pourront plus tenir un sabre mais ils sont en vie.


Tables et chaises étaient renversées ; la salle était véritablement sans dessus-dessous. Evaluant les dégâts d’un air navré, Syndrell attrapa le premier homme par les poignets et le tira vers la porte d’entrée.

- Allez, au boulot ! D’abord, on sort ces bonhommes, puis on range tout ça et on file au lit ! Je ne sais pas vous, mais moi, je suis épuisée…

Clin d’œil doré.





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Vous. Moi…


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MessageSujet: Re: A travers les montagnes... [PV Syndrell]   Dim 11 Nov 2012, 15:43

Certes, la discussion avait plutôt mal débutée, mais Khamill était à milles lieux de se douter de la façon dont elle allait se poursuivre. Ignorant avec superbe l'homme qui les avait abordées, Syndrell continua de piquer dans son assiette sans un mot, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Kham, l'appétit coupé par la curiosité – et peut-être par l'appréhension, il fallait l'avouer – regardait la marchombre avec des yeux ronds, et son regard passait tantôt sur elle tantôt sur le guerrier. Elle ne savait que dire... heureusement, Syndrell se décida à parler.

- Ce qui m’intrigue, moi, c’est que de grands garçons comme vous soient aussi peu respectueux.

Khamill tressaillit, redoutant la réaction du voyageur, puis voyant l'air assuré de sa compagne, elle s'autorisa un sourire appréciateur. Elle ne maitrisait pas vraiment la situation mais celle-ci avait le mérite d'être drôle et la jeune femme comptait bien en profiter ! Tous ses sens cependant lui conseillaient de rester prudente, même en connaissance de l'assurance et des facultés de Syndrell. Enfin, facultés... elle se débrouillait plus que bien à l'escalade, mais que valait-elle au combat ? Mais voyons... Syndrell est une marchombre !  Et pas une apprentie, ça non... Alors, pas besoin de douter...

Suivant l'exemple de la jeune femme, Kham reprit tranquillement son repas, toute peur disparue. De toutes manières, le dialogue était maintenant instauré entre le guerrier et la marchombre uniquement, et c'était très bien comme ça. Elle ne voyait pas comment y entrer désormais, et ne voyait pas non plus à quoi une deuxième intervention servirait. Alors elle se contenta de suivre distraitement le fil de la discussion, savourant la délicieuse assiette devant elle. Son appétit était bel et bien revenu... c'était une raison suffisante pour ignorer les regards belliqueux des hommes et l'atmosphère lourde de silence qui étouffait la salle.

Cependant, la jeune fille tressaillit une nouvelle fois lorsque le voyageur fit exploser le verre de son amie contre le mur, juste à côté de son épaule. Reposant ses couverts, elle se tint prête à réagir, posant une main sur son poignard. "
Du si bon jus d'abricot... quel dommage !" Même si cette pensée était véridique, Khamill savait qu'elle tentait juste de se rassurer mentalement. En réalité, elle n'avait toujours pas peur des hommes ; elle avait confiance en Syndrell, cela suffisait. Mais si elle était tout de même amenée à devoir se battre – ou du moins se défendre – elle doutait sérieusement d'en être capable. Blesser, tuer des animaux était une chose qu'elle avait déjà faite, pour se nourrir ; et encore, ça avait été assez rarement, et elle avait détesté ça, même si elle savait que c'était dans l'ordre des choses. Alors blesser un homme, même dangereux... ! Quant à tuer, elle n'y songeait même pas. C'était quelque chose de beaucoup trop improbable...

- Et moi je n’aime pas qu’on m’ignore. Toi et ta copine, vous allez me faire le plaisir de monter pour nous préparer une chambre. Et nous y attendre. C’est clair ?

Khamill sentit son ventre bouillonner, à l'intérieur. Les mots menaçants de l'homme et les yeux brûlants de ceux qui l'accompagnaient se mêlèrent à ses propres souvenirs, violents. Là, sur le coup, elle pensa à trois solutions : éclater en sanglots, s'enfuir en courant, se lever et faire avaler ses tripes à cet homme. Très vite, les deux premières s'effacèrent, bien trop inutiles, dérisoires, nulles, humiliantes, bêtes à pleurer, justement. Alors elle se leva, ses yeux brillant de rage, et...

...Et elle vit Syndrell tordre le poignet du guerrier sans aucune hésitation. Crac. S'affalant bruyamment sur la table, l'homme fit valser les assiettes par terre, répandant des éclats de porcelaine et de nourriture sur le sol et les vêtements de Khamill. Après avoir murmuré quelque chose à l'oreille de l'individu, que la jeune femme entendit à peine, la marchombre aux cheveux bleus le laissa enfin se redresser, dévoilant son armure dégoulinante de sauce. Dans une autre situation, Kham aurait sûrement éclaté de rire. Mais le ricanement glacé du chef des guerriers la figea sur place, et elle ne parvint toujours pas à bouger lorsqu'elle l'entendît donner l'ordre de tuer Syndrell à ses hommes. Elle frissonna. Tout cela devenait du grand n'importe quoi !

En quelques secondes, Kham eut à peine le temps d'apercevoir la marchombre mettre au tapis trois hommes qu'elle la sentit à ses côtés. Elle était alors déjà devant la porte de l'auberge. " Reste ici et ne bouge pas." Ce n'était pas un conseil, mais un ordre. Et Khamill détestait les ordres. Mais celui-ci était sans appel, et la jeune femme cru bon de l'appliquer. Tout d'abord parce qu'elle ne souhaitait pas se mettre en danger inutilement, ensuite et surtout parce qu'elle ne voulait pas embêter Syndrell en traînant dans ses pattes.

Les trois premiers guerriers s'étaient relevés, entre temps. Ils retombèrent aussitôt. Et malgré les vociférations de leur chef, les deux autres ne pouvaient rien face à l'ouragan bleu... Pourtant, ils se relevaient, jamais complètement assommés. C'étaient quand même de bons guerriers, il ne fallait pas l'oublier ! D'ailleurs, profitant d'une "faiblesse" de la part de leur adversaire, l'un deux parvint à lui asséner un coup à la tempe. Kham n'y tint plus. Tirant son poignard, elle s'élança souplement vers le guerrier qui s’apprêtait à achever la marchombre ; puis, avisant une bouteille de vin qui trônait sur le comptoir, la jeune fille s'en empara et l'abattit sauvagement sur son crâne – c'était toujours mieux que de lui enfoncer la lame dans le corps, et peut-être même plus efficace.

L'homme s'effondra.
Syndrell se releva... tant bien que mal.

Lâchant un ricanement, le chef en profita pour attraper Khamill et la plaquer contre le comptoir. Il lui asséna un coup de poing à la mâchoire, heurtant sa tête contre le mur, et elle serra les dents pour ne pas crier. Alors qu'il glissait une main avide sous sa chemise, elle vit du coin de l’œil son amie aux cheveux bleus mettre hors de combat le dernier des hommes, puis effectuer trois bonds avant de projeter ses pieds dans le ventre du chef, l'obligeant à lâcher Khamill. La jeune femme fit un bond sur le côté pour éviter l'homme qui lui tombait dessus, puis se frotta la mâchoire en observant les deux combattants se tourner autour à la manière des loups.


- Fini de jouer… Je vais te découper en rondelles, et puis je m’amuserai un peu avec ta copine. Qu’est-ce que tu en dis ?
- J’en dis que tu parles trop !


Khamill ne put que retenir son souffle en admirant le combat qui se déroulait sous ses yeux. Tout allait trop vite, tellement vite... Deux minutes s'écoulèrent avant que Syndrell ne blesse l'homme à la hanche. Quelques secondes seulement lui suffirent pour le mettre hors d'état de nuire. La jeune femme aux cheveux bouclés souffla doucement. Vu son âge, la marchombre devait avoir quitté son statut de novice depuis peu de temps. Qu'en serait-il dans quelques années ? Elle n'osa pas y penser.

Elle était bluffée.



***



N'entendant plus aucun bruit, l'aubergiste osa enfin se retirer de sa cachette, jetant un regard livide sur le chantier étalé sur le sol de sa taverne. Les corps des hommes était mêlés à la nourriture et au mobilier. Le vin se distinguait à peine du sang qui s'écoulait de leurs blessures... Khamill eut un haut-le-cœur. C'était la première fois qu'elle assistait à une scène comme celle-là, les batailles à Al-Jeit étant peu fréquentes et surtout pas aussi poussées ; elle sentit une nausée puissante l'envahir, et dut se pencher pour vomir. La face blême, elle jeta un regard sincèrement désolé au tenancier, puis s'avança vers Syndrell. Deux pas plus loin, elle tomba au sol, évanouie.

Quelques secondes plus tard, elle se releva du mieux qu'elle put, entendant à peine Syndrell parler aux hommes. Largement humiliés, il se mirent à tirer les corps de ceux qui ne pouvaient plus bouger à l'extérieur, puis ils remirent rapidement la salle en ordre, repositionnant les chaises et tables à leurs places et nettoyant sommairement la nourriture au sol. Enfin, ils s'éclipsèrent encore plus rapidement, entrainant leur chef qui jeta un regard chargé de promesses de meurtres sur Syndrell. Quelques secondes passèrent durant lesquelles on n'entendit plus que le trot rapide des chevaux... puis plus rien. Restaient encore le vin, les traces de boue et le sang indélébile sur le sol de pierre. L'aubergiste et les deux femmes retroussèrent leurs manches et se mirent au travail ; il leur fallu une bonne demie-heure pour tout ranger et nettoyer. Ils partirent enfin se coucher, vacillant sous le coup de l'émotion, et de l'odeur âcre du mélange des liquides qui avaient recouvert le sol, qui planait encore vaguement dans la salle.

La petite auberge ne possédait que deux chambres, et l'une était en train d'être rénovée ; les deux jeunes femmes durent donc partager la même. Une fois chacune couchée dans un lit, Khamill put enfin exprimer toute sa... perplexité.


- Eh ben...

Elle se racla la gorge.

- Eh ben, c'était un beau spectacle...

Elle rit doucement, puis tourna la tête vers son amie.

- Mais dis-donc, tu t'es gardée le beau rôle, encore une fois !





[Ça fait du bien, de temps en temps, une bonne vielle bagarre, n'est-ce pas ? Ça me fait penser aux films de cape et d'épée xD]

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Dernière édition par Khamill Norwël le Sam 16 Aoû 2014, 12:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A travers les montagnes... [PV Syndrell]   Mar 13 Nov 2012, 14:01

Debout devant l’entrée de l’auberge, Syndrell regardait la bande d’opportuns se remettre en selle. Ceux qui avaient le moins souffert de la bagarre avaient aidé ceux que la marchombre avait envoyés au tapis mais il paraissait évident que tous allaient sentir, d’ici les quelques jours à venir, de sérieuses courbatures. Parfois à des endroits très improbables, d’ailleurs…

L’un des hommes, toutefois, semblait n’avoir pas eu son content de bleu et de bosses. Profitant de ce que ses compagnons attiraient l’attention à force de grognements de dépit et de douleur, il tira un couteau de sa poche et arma son bras, visant Syndrell. Une main gantée s’empara de son poignet avant qu’il n’ait lancé son arme.


- Il suffit pour cette fois, lui dit son chef en le fusillant du regard. Cette petite peste paiera pour tout ça, fais-moi confiance.

Il avait murmuré pour que Syndrell ne puisse entendre ses paroles mais la jeune femme savait lire sur les lèvres - et ce qu’elle lu ne lui fit ni chaud, ni froid. Elle se contenta de soupirer lorsque les cavaliers vidèrent les lieux dans un retentissement de sabots. Ces hommes-là étaient moins dangereux qu’idiots, inutile de les craindre. En réalité, elle ce qu’elle avait vécu avec Vanora avait accru sa méfiance mais en même temps, elle était beaucoup moins réceptive à ce genre de débordement.

En rentrant dans l’auberge, elle remarqua que Khamill était un peu pâle, mais le propriétaire des lieux était tellement choqué qu’il retint toute son attention. Il fallut tout un trésor de patience à la marchombre pour tranquilliser le pauvre homme, qui mit un moment à se remettre de ses émotions et n’y parvint qu’en vidant une bouteille d’alcool heureusement à moitié pleine.

Les deux jeunes filles l’aidèrent à remettre la salle en ordre. Il faudrait remplacer les chaises cassées et une partie du mobilier allait demander quelques réparations mais, dans l’ensemble, ce n’était pas trop mal. Il était tard lorsque Syndrell monta se coucher en renonçant à étouffer ses bâillements, suivie par Khamill, et elles se mirent au lit en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire.

Pourtant, Syndrell ne parvint pas à trouver le sommeil immédiatement. La bagarre avait mobilisé en elle un peu trop d’adrénaline pour qu’elle puisse s’endormir aussi vite et une légère migraine l’assaillait, souvenir du coup de poing qui l’avait à moitié assommée. Mais ce qui empêchait réellement son cerveau de se mettre enfin en veille, c’était des images qui s’imposaient à sa mémoire et refusaient de se dissiper.

Un homme aux cheveux et aux yeux vert s’y dessinait, le visage fendu d’un grand sourire. Torse nu, il enchaînait quelques mouvements qui faisaient rouler ses muscles sous sa peau dorée par le soleil et luisante de sueur. Syndrell prit un air béat et son cœur se mit à battre plus vite ; Dolce avait beau l’empêcher de dormir, il était aussi beau dans son esprit que dans la réalité !


- Et ben…

La voix de Khamill n’avait été que murmure à peine perceptible dans la pièce, mais elle suffit à tirer Syndrell de ses (gourmandes) pensées. Clignant des yeux dans la pénombre, elle attendit la suite, convaincue que son amie avait besoin de parler.

- Et ben, c’était un beau spectacle…

Son rire tira un sourire à la marchombre, qui resta silencieuse, devinant qu’un « mais » n’était pas loin. Elle ne se trompait pas.

- Mais dis-donc, tu t’es gardée le beau rôle, encore une fois !

Cette fois Syndrell fronça les sourcils. Il n’y avait aucune rancœur dans le ton de la jeune fille, toutefois elle trouvait étrange de comparer une bagarre de ce genre à un spectacle, et les combattants à de simples comédiens.

- J’ai fait ce qui me semblait être juste, répondit-il elle avec prudence. Je n’aime pas les gens qui abusent de leur supériorité pour effrayer et profiter des plus faibles.

Nouveau froncement de sourcils. « Faible » n’était pas le mot qu’elle voulait employer mais elle n’en voyait pas d’autre…

- En outre, tu t’es distinguée de la façon la plus remarquable qui soit, ajouta Syndrell d’un ton plus léger. Sans toi, j’aurai eu davantage de difficulté à m’en sortir. Je crois qu’on peut dire que nous sommes quittes !

Non pas que Syndrell ait pensé que Khamill avait une dette envers elle depuis que la marchombre l’avait empêchée de s’écraser au pied des Dentelles, mais elle avait la sensation que la jeune fille manquait de confiance en elle, manque particulièrement accru par ses capacités que, pourtant, elle s’était efforcée de ne pas mettre en avant.

- Ecoute, dit-elle après avoir laissé flotter quelques minutes de silence. Tout ce que j’ai fait hier et aujourd’hui, ça s’apprend. Et cet apprentissage est long, difficile, dangereux parfois, mais il est à ta portée. Aie confiance en toi, Khamill. La confiance, c’est la clé…




* * *



- Bon, et bien voilà !

Syndrell parcouru les environs du regard et hocha la tête. Elle avait arrêté Vagabond entre une rangée de bouleaux et un énorme buisson épineux. Quelques très minces rais de lumière perçaient l’épais feuillage qui formait un toit au-dessus de leur tête et tranchaient avec l’obscurité environnante.

- Tu entends ça ?

Un léger bruit, murmure joyeux et cristallin, leur parvenait derrière le silence pesant de la forêt. Syndrell sourit.

- C’est l’Ombre. Suis le fleuve pendant encore un kilomètre ou deux vers l’ouest et tu trouveras ce que tu es venue chercher…

Le Domaine. Curieusement, Syndrell n’était pas effrayée à l’idée de se trouver si près du camp ennemi. Nombreux devaient être les tueurs de marchombre qui sillonnaient Ombreuse, néanmoins les battements un peu rapide de son cœur étaient moins dus à la crainte qu’à l’excitation.

C’était la maison de Dolce. Celle d’Owen, aussi. Et celle de Faldor. Combien d’autres amis, encore ? Un jour, Syndrell avait demandé à Miss s’il n’était pas inquiétant qu’elle compte davantage d’amis au Domaine qu’à l’Académie. Celle-ci avait laissé échapper un rire joyeux et léger avant de rappeler à son élève que, avant d’intégrer l’Académie, elle-même avait suivi une formation parmi les Envoleurs…

Domaine et Académie ne voulaient rien dire. Pour Syndrell comme pour beaucoup d’autres, l’Académie était un phare rassurant dans la nuit, un lieu de paix et de sérénité où il faisait bon venir se ressourcer mais, au-delà d’une maison, il y avait les rapports humains que le hasard se plaisait à créer, parfois de façon improbable, souvent de façon définitive.

Syndrell mit pied à terre et regarda Khamill. Quoi qu’elle en pense, cette jeune fille avait de quoi devenir une Envoleuse de talent. Un jour, peut-être demain, l’une poursuivrait l’autre ; c’était l’ordre des choses et rien ne sauraient jamais détourner l’une ou l’autre de ses propres valeurs. Mais un autre lien que celui du chasseur et du chassé, une autre connexion s’était faite entre elles, bien plus puissante que tout le reste.


- Amies ? lança Syndrell en tendant une main, les yeux flamboyants.

Amies, répondit le vent à son oreille. Promesse qui ne se briserait jamais. Une esquisse de sourire se dessina sur les lèvres de la marchombre et elle bondit souplement sur le dos de Vagabond qui piaffa d’impatience.

- Bonne chance, Khamill, dit-elle en retenant son étalon encore quelques secondes. Si un jour l’envie de prend de lancer un nouveau défi aux Dentelles Vives, fais-moi signe, d’accord ?

Et avant de lui laisser le temps de répondre, Syndrell s’élança à travers les arbres, disparaissant dans les ombres lourdes de la forêt. Au son du galop effréné de Vagabond se mêla le rire de la marchombre, petites clochettes joyeuses et légère qui tintinnabulèrent longtemps dans les murmures du vent.



[Finiiiiiii ! Sniiiif ! J'ai vraiment apprécié de faire ce petit bout de chemin avec toi ma belle, alors un grand merci et... à bientôt ?]

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Vous. Moi…


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MessageSujet: Re: A travers les montagnes... [PV Syndrell]   Sam 17 Nov 2012, 18:06

- J’ai fait ce qui me semblait être juste. Je n’aime pas les gens qui abusent de leur supériorité pour effrayer et profiter des plus faibles.

Khamill fut surprise autant par la réponse de Syndrell que par le ton qu'elle employa. Elle ne doutait pas de la sincérité de ses mots, bien au contraire, mais elle avait cru que la jeune marchombre aurait perçu ce qu'elle appelait de l'humour dans ses phrases. De l'humour noir, certes, mais de l'humour tout de même. Elle ne lui avait rien reproché, mais l'avait plutôt remerciée dans sa dernière phrase ; un remerciement assez implicite, certes, et même peut-être légèrement ambigu, mais la jeune femme aux cheveux bouclés avait pensé que son interlocutrice comprendrait.

Apparemment, ce n'était pas le cas...

Bien sûr qu'elle n'allait pas comparer un combat à quelque chose de joyeux ou de beau – même si elle avait dû reconnaître que celui-ci l'avait littéralement époustouflée – ses mots n'avaient été que simples commentaires. Et puis, Kham n'était pas très douée pour exprimer ses émotions, elle avait donc choisi une manière détournée d'avouer la montée d'adrénaline qui était montée en elle durant le combat, en même temps que sa colère immense envers le chef du groupe, mais aussi la sorte de dégout qui l'avait envahie en découvrant la salle à la fin. Et en réalisant, d'un coup.

Elle n'était pas habituée à ce genre de scène, c'était tout.

Enfin, elle ne voyait pas vraiment pourquoi Syndrell avait choisi de répondre par ces mots-là. Pour elle, il était évident qu'on ne pouvait pas approuver les gens dont la marchombre parlait ; pourquoi l'avait donc-t-elle précisé ? Même si elle n'avait pas eu d'autre choix que d'agir ainsi, Khamill avait l'impression qu'elle se donnait un peu des airs de justicière et c'était assez bizarre... Surtout sur le ton un peu dur qu'elle avait employé. Enfin bon, elle se faisait sûrement des idées...

Elle allait répondre à la jeune femme mais celle-ci reprit la parole.


- En outre, tu t’es distinguée de la façon la plus remarquable qui soit. Sans toi, j’aurai eu davantage de difficulté à m’en sortir. Je crois qu’on peut dire que nous sommes quittes !

De nouveau, la future apprentie tiqua. Elle ne comprit tout d'abord pas l'allusion de Syndrell, puis elle se souvint de l'homme qu'elle avait assommé. Pour elle, cela n'avait rien de remarquable, même si elle avait sauvé Syndrell – quoique celle-ci se serait probablement débrouillée sans elle – elle était juste passée par derrière, et paf ! Et elle n'aimait pas trop l'idée d'avoir dû frapper un homme. Elle aurait aussi voulu prendre cette phrase sur le ton de l'humour, mais comme Syndrell ne l'avait pas fait pour elle, elle n'en était pas sûre.
Mais surtout, elle n'aimait pas cette idée d'"être quittes", de devoir quelque chose à quelqu'un, ou qu'on lui doive quelque chose à elle. C'était tout à fait normal à ses yeux d'aider une personne en danger, sans que cela nécessite une contre-partie... Mais ça aussi, elle choisit d'ignorer, parce qu'elle n'était pas certaine de ce que son amie avait voulu dire. Et parce qu'elle ne voulait pas s'endormir sur une mauvaise note... Elle préféra hausser les épaules :


- Écoute, Syndrell... Il n'y a pas de mérite spécial à t'avoir aidée, c'était tout à fait normal ! Et puis, je n'ai plus vraiment peur des hommes, maintenant... je les connais trop bien pour ça... plus que les femmes, en tous cas... Enfin, remercie plutôt l'adrénaline qui m'envahissait à ce moment-là !

Un clin d’œil, puis :

- Quant à mes phrases de tout à l'heure, c'était simplement de l'humour, hein... Rien de plus.

Elle chercha quelque chose à ajouter, mais ne trouvant rien, elle haussa les épaules. Quelques minutes s'écoulèrent, et la jeune femme pensa la discussion terminée, mais sa compagne aux cheveux bleus brisa une dernière fois le silence.

- Écoute. Tout ce que j’ai fait hier et aujourd’hui, ça s’apprend. Et cet apprentissage est long, difficile, dangereux parfois, mais il est à ta portée. Aie confiance en toi, Khamill. La confiance, c’est la clé…

Khamill en resta sans voix. Syndrell cherchait-elle à l'attirer chez les marchombres, malgré sa connaissance de son désir de se rendre chez les Mercenaires, ou voulait-elle lui faire comprendre que pour les deux Voies, l'apprentissage était similaire et qu'elle n'allait donc pas tarder à y goûter ? Elle préféra la deuxième solution. Quant à son conseil sur la confiance... Elle le savait déjà. C'était d'ailleurs pour cela qu'elle s'était prise en main en acceptant la proposition de Clarence ! D'ailleurs, elle commençait à en avoir marre des donneurs de leçons... Sauf qu'elle devait bien reconnaître, même si ça faisait mal, que cette leçon-là, elle mettait du temps à se la mettre dans le crâne... Beaucoup de temps. Mais elle décidait d'expliquer ça par un manque de pratique et par son passé difficile.

Même si c'était un peu trop simple...

Elle ne répondit à la marchombre que par un grognement fatigué.


C'est vrai, quoi... Lâchez-moi les basques avec cette histoire de confiance... Je fais ce que je peux, moi !


***



Le lendemain, après avoir fait leurs adieux à l'aubergiste terriblement ému (" Merci ! Merci infiniment pour votre aide ! Je n'oublierai jamais la raclée que vous avez infligée à ces brigands ! Ils ne sont pas près de revenir, maintenant... Nous saurons les recevoir, en tous cas, oh ça oui ! Oh, mais j'ai eu tellement peur pour vous ! Vous êtes vraiment inconscientes...! Et patati, et patata...") Le lendemain donc, Khamill et Syndrell repartirent toutes les deux en direction d'Ombreuse, qui se trouvait à environ un jour de marche, l'une à pieds, l'autre à dos de cheval. Même sous l'insistance de la jeune femme aux yeux d'or, Kham avait catégoriquement refusé de remonter sur Vagabond. Elle l'aimait bien, ce petit cheval, mais elle aimait nettement moins les courbatures douloureuses qui ne l'avait toujours pas quittée... Elles arrivèrent très vite à la lisière de la sombre forêt, puis avancèrent encore quelques heures. Khamill savait qu'elles n'allaient pas tarder à se quitter, mais elle n'osait pas parler la première. Syndrell coupa donc court au – presque – silence qui les entourait.

- Bon, et bien voilà !

Kham se doutait qu'il y aurait une suite, elle attendit donc...

- Tu entends ça ? C’est l’Ombre. Suis le fleuve pendant encore un kilomètre ou deux vers l’ouest et tu trouveras ce que tu es venue chercher…

La future envoleuse hocha doucement la tête, un léger sourire aux lèvres. Elle regarda la marchombre descendre de cheval, et elles se détaillèrent en moment en silence. Envoleuse, marchombre. Devenues amies, elles allaient désormais se retrouver opposées par la camp, mais cela ne dérangeait pas vraiment Khamill. Chacune suivait son chemin, c'était ainsi ; et ils allaient peut-être se croiser de nouveau. Ou pas. Dans tous les cas, Kham était heureuse d'avoir fait cette rencontre, c'était un fait. Peut-être y allait-il avoir une suite, mais ce n'était pas sa préoccupation du moment. Ni celle de Syndrell, qui d'ailleurs devait sûrement penser les mêmes choses qu'elle, en ce moment même – ou à peu près...

- Amies ? lança d'ailleurs cette dernière en lui tendant la main.

La jeune fille la saisit doucement, le visage illuminé d'un sourire approbateur, sans rien répondre.

Ses yeux parlaient pour elle.


- Bonne chance, Khamill ! Si un jour l’envie te prends de lancer un nouveau défi aux Dentelles Vives, fais-moi signe, d’accord ?

- Et ça vaut également pour toi..., répondit la jeune fille sans se départir de son sourire. Mais l'autre s'était déjà enfuie, entraînée par Vagabond, laissant son rire illuminer Ombreuse plus que les trouées de soleil à travers les arbres...

Voilà, c'était fini.

Khamill réajusta son sac sur ses épaules et se mit joyeusement en route, une pincée d'appréhension au cœur.

C'était fini, et quelque chose d'autre commençait...





~ RP TERMINÉ ~






[C'était super, en effet ! Merci aussi Syn et... à bientôt !]

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