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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Wolld - Cours n°1

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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Groupe Wolld - Cours n°1   Jeu 26 Avr 2012, 13:57

Et voilà.
Il était là. Il était rentré.
Face à la construction de pierres plates qu’était le Domaine, au milieu de ce cratère de feu et de sable, Pan se demandait combien de temps il tiendrait. Il n’avait jamais été très sédentaire. Il préférait les espaces, changeait tous les jours d’endroit pour dormir. La routine, il ne l’appréciait pas. Il préférait pouvoir courir et être surpris chaque matin à son réveil.
Ça, c’était profiter de la vie !

Un soupir franchit ses lèvres, et il s’élança dans une petite foulée de course vers la grande entrée en bois massif du bâtiment de roc. Il le connaissait, ce bâtiment, il y avait passé un certain temps, il fallait bien l’avouer, durant son propre « apprentissage ». Non pas qu’il ne reconnût pas la valeur de sa formatrice, mais pour lui, il avait été formé bien avant par le Chaos, puisqu’il venait d’un endroit où il était tout simplement vénéré et élevé au rang de Divinité pure.

Lorsqu’il entra dans le hall, il fit son petit effet : on ne pouvait nier que voir rentrer une sorte de colosse avec deux immenses cornes ou défenses de bouc sur la tête, cela ne surprenait pas. D’ailleurs, Pan se demandait bien comment allaient réagir ses apprentis quand ils le verraient, car cela n’allait pas être forcément facile de trouver leur confiance puisqu’il avait tendance à n’en inspirer aucune, ou presque. Même si au fond, il n’était pas méchant pour un sou, il aimait aussi entretenir cette impression qu’il faisait, et l’aura sauvage qui se dégageait de chacun de ses mouvements pour intimider ceux qui auraient eu la mauvaise idée de le provoquer.


§§



Pan avait déjà une petite idée de l’itinéraire que lui et ses apprentis allaient prendre pour la suite de leur voyage. Ou pour le voyage, tout simplement, parce que sans doute que ces derniers ne savaient même pas qu’ils allaient partir ! Comme il ne les avait prévenus de rien, mis à part du fait qu’il les attendrait devant la porte d’entrée, dans le cratère, il pouvait s’attendre à tout. Mais heureusement, il avait prévu une grande majorité des provisions et autres baragouineries à emporter, et son sac était bien plein. Poignards, arcs pliables, carquois bien rempli, nourriture et couvertures. Le strict nécessaire pour un apprentissage couplé à un voyage.

Se levant en s’étirant longuement, l’Envoleur fit rouler les muscles de sa nuque pour les délier, et s’étira longuement. Son regard se posa sur son sac bien rempli, qu’il saisit au vol pour le passer négligemment sur ses épaules. Puis, dans une impulsion, il sortit de cette chambre qui n’était pas la sienne – il ne pouvait pas la considérer comme telle ; sa chambre était la chambre du monde, son plafond le ciel étoilé et sa fenêtre la lune – et déboula dans les escaliers de pierre du Domaine tel un taureau furieux, ou presque. Passant rapidement par le réfectoire, il attrapa une pomme bien ronde et une lamelle de viande de siffleur encore tiède, et les mangea tous les deux avec entrain.

Il fut en quelques minutes à peine dans le hall, jetant un dernier coup d’œil au panneau d’affichage sur lequel il avait piqué une petite feuille demandant à ses apprentis de le rejoindre. D’après ce qu’il avait pu voir de son groupe, ce dernier n’était composé que de deux personnes uniquement, ce qui était en soi très bien : moins ils étaient et mieux c’était ; le meilleur des cas étant quand il n’y avait qu’un seul apprenti, évidemment, c’était son point de vue. Après tout, lui-même n’avait-il pas appris le Chaos dans une salle de classe bondée d’élèves indisciplinés ? On pouvait appeler tout simplement ça du Chaos ambulant. Ce Chaos, qui semait la discorde même entre ses partisans !
Deux jeunes filles. Sifae et Khamill. Il ne les connaissait pas, n’avait fait aucune recherche sur elles, n’en avait pas l’intérêt. Il les découvrirait au fil de leurs pérégrinations. Et elles ne pourraient pas se cacher éternellement non plus, si elles en avaient l’habitude ; rompu à la lecture des corps et des regards, Pan ne doutait pas qu’il pouvait apprendre absolument tout ce qu’il souhaitait de ces deux jeunes filles qui seraient ses apprenties durant au moins une année, et par la suite… Cela dépendrait de lui, de ses envies, et de la manière dont elles s’y prendraient et évolueraient.

Pour l’instant, il les attendait.

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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Dim 29 Avr 2012, 21:15

- Khamill... Accepterais-tu de rejoindre le Chaos ?

Elle avait longtemps réfléchit avant de répondre à Clarence. Plusieurs semaines, en fait. Plusieurs semaines durant lesquelles elle n'avait pas beaucoup parlé... Elle l'avait surtout écouté. Le mercenaire lui avait longuement expliqué sa vision du Chaos, mais aussi pleins d'autres choses... L'Histoire de l'Empire, par exemple, qu'elle ne connaissait que peu ; sa géographie, parce que n'ayant pas beaucoup voyagé, elle ignorait l'existence de beaucoup de lieux dans Gwendalavir ; il lui avait aussi apprit les bases les plus extrêmes de l'équitation, lui avait offert son premier poignard – qu'elle gardait toujours, accroché à sa ceinture – et lui avait enseigné comment s'en servir, de près ou de loin. Surtout de près. Mais ça n'avait été qu'un apprentissage très rudimentaire, qui n'avait eu pour visée que d'apprendre à Khamill à se défendre contre les adversaires les plus courants – les brigands, les tigres... – et non contre des combattants chevronnés. De toutes façons, la jeune fille n'avait pas l'intention de blesser qui que ce soit, et encore moins de lui ôter la vie. Sauf bien sûr en cas d'extrême défense...

Enfin, elle avait beaucoup apprit durant les deux mois passés aux côtés du mercenaire, et c'était ce qui comptait le plus. Huit semaines s'étant écoulées depuis le jour où il l'avait trouvée, elle avait enfin répondu à sa question. A sa demande. A la main qu'il lui tendait...

C'était un soir. Un soir où le ciel dégagé laissait voir ses milliards de petites étoiles, si lointaines et si proches, un soir où la lune, ronde et blanche, s'élevait dans la nuit comme un gros oeil protecteur. Juchés sur le toit de la maison du mercenaire, Khamill et Clarence observaient en silence le reflet de la lune dans le Miroir à proximité ; quelques vagues ondoyaient doucement, se parant de reflets argentés. Des lampions étaient allumés autour de la place, diffusant une lumière tamisée.

La nuit était douce et belle.


- J'accepte.

Khamill n'avait pas précisé de quoi elle parlait, mais elle n'en aurait pas eu l'utilité. Clarence savait. Il sourit. Khamill ne le regardait pas, mais elle devinait ce sourire. En deux mois, elle avait eu le temps de le connaître... Le mercenaire ne répondit d'abord rien, savourant la douceur du vent sur ses bras et les lointains clapotis des vaguelettes dans l'eau sombre. Une bonne demie-heure s'était écoulée lorsqu'il annonça :

- Si tu le souhaites, je t'emmènerai au Domaine.
- Quand ?
- Lorsque tu seras prête.
- Je suis prête, Clarence.
- Alors nous partons demain.


Le lendemain, donc, ils avaient quitté Al-Jeit et avaient pris la direction d'Ombreuse.

Khamill avait décidé de tout laisser derrière elle.



***


Khamill observa un instant le reflet qui lui faisait face, rejeté par l'eau de l'Ombre, dans laquelle elle venait de se laver. Elle voyait une jeune femme au regard dur et gris, aux longs cheveux bouclés cascadant sur les épaules, rendus ambrés par le soleil matinal ; une jeune femme dont le visage pourtant beau – il fallait le reconnaître – était recouvert de moitié par une trace rouge plutôt disgracieuse ; une jeune femme marquée à l'épaule par une étoile bien différente de celles qu'elle avait pu, par bien des fois, observer dans le ciel.

Dégoutée par cette vision, Kham enfila rapidement ses vêtements. Une chemise de toile blanche à manches courtes, dissimulant la marque mais laissant pourtant deviner ses formes ; un pantalon moulant de cuir noir, fermé d'une ceinture à boucle à laquelle la jeune fille accrocha le fourreau qui contenait le poignard de Clarence – enfin son poignard ; et puis des bottes de cuir qui lui recouvraient les jambes jusqu'en dessous des genoux. Tenue simple, appropriée aux voyages, mais qui, physiquement, lui allait bien. Puis, la jeune fille attrapa le sac à dos qu'elle s'était préparée un peu plus tôt, au cas où, qui contenait un minimum de nourriture, un poncho de laine – on ne sait jamais – et surtout, de l'eau. Et puis c'était tout.

Enfin, la jeune femme prit la direction du Domaine. Aujourd'hui était le jour du début de son premier cours : elle avait hâte de voir ça ! Elle avait envie de rencontrer son Maître. Ayant, la veille, jeté un coup d'oeil sur les panneaux d'affichage, elle avait pu lire qu'il s'agissait d'un certain Pan... Pan comment ? Elle avait déjà oublié... En même temps, on n'avait pas idée d'avoir un nom si compliqué ! Kham se demandait d'ailleurs d'où ce Maître venait, elle avait envie d'en savoir plus. Par contre, elle avait grimacé lorsqu'elle avait lu le nom de celle qui serait sa "camarade" durant son apprentissage. Quelle idée de mettre plusieurs apprentis sous la tutelle d'un même Maître ! Elle qui s'était imaginé seule avec ce dernier, voir ce nom ne lui avait pas du tout plus. D'ailleurs, elle ne s'en rappelait même pas...

Khamill se demanda pourquoi elle avait tant de mal avec les gens. Trop de méfiance, trop de peine, trop de gens perdus, peut-être ? Au fond, elle avait peut-être peur de s'attacher à d'autres personnes, peur de les perdre par la suite, comme elle avait perdu Kio et Lehm... Pourtant, depuis son arrivée au Domaine, elle avait rencontré presque autant de monde que dans toute sa vie ! Il y avait eu Shan et Laïar, avec elle avait disputé, elle ne savait comment, une sorte de tournoi dans la salle d'entraînement ; il y avait eu Kaünis et Ney, qu'elle avait rencontré près du Lac Chen ; et puis, il y avait eu Syndrell. Mais ça, ça avait été avant le Domaine. Kham ne pu s'empêcher de sourire en repensant à la jeune femme, rencontrée dans les Dentelles Vives, après qu'elle eu quitté Clarence. Elle, elle sentait qu'elle n'avait pas pu ne pas s'y attacher. Elle avait eu un regard si différent de celui des autres sur elle... C'est pourquoi elle s'en méfiait un peu. Elle ne voulait plus s'attacher aux gens, c'était comme ça. Mais elle avait failli à sa promesse en rencontrant la jeune femme, et elle s'en voulait. Terriblement.



***


Kham arriva bientôt en vue du Domaine. Domaine qu'elle avait quitté presque aussitôt après y être arrivée, ne supportant pas bien longtemps la proximité de toutes ces personnes. Elle avait besoin d'air. Elle s'était donc rendue au Lac Chen, juste pour le voir, puis était revenue vérifier si son cours ne commencerait pas bientôt. Elle avait alors vu qu'il débuterait le lendemain, et avait dormi dans le dortoir – oui, parce qu'elle se refusait à passer la nuit dans Ombreuse. Pas trouillarde, non, mais prudente ; elle ne tenait pas à se retrouver déchiquetée par elle ne savait quelle horrible bête le lendemain ! Ou ne pas se retrouver, justement... – mais la nuit passée, elle était immédiatement ressortie du Domaine, en attendant le début du cours, dont le rendez-vous avait été fixé par Pan devant l'entrée. Elle en avait déduit qu'ils partiraient peut-être en vadrouille, autrement leur Maître leur aurait demandé de se retrouver dans le Domaine, et non à l'extérieur...

La jeune femme dévala les pentes du Volcan et se retrouva devant l'entrée du Domaine. Des envoleurs y entraient et en ressortaient ; elle attendit qu'ils partissent avant de s’avancer. Seul un restait. Son Maître... En s'approchant, Kham eût un brusque sursaut : l'homme qui lui faisait face faisait bien une trentaine de centimètres de plus qu'elle – si ce n'était quarante ! – mais ne restait cependant pas excessivement épais ou musclé. Mais le plus impressionnant, et surtout le plus étonnant, c'étaient ces deux énormes cornes qui pointaient de son crâne, supportées par un cou de taureau. Des cornes !

La jeune fille avait bien rencontré des cheveux bleus et d'autres blancs chez un jeune homme, alors pourquoi pas des cornes ? Effectuant une ombre de sourire à cette pensée incongrue, Kham continua de détailler celui qui serait son Maître avant de s'avancer plus – elle se trouvait alors à une demi-douzaine de mètres de lui. Une peau halée, un visage plutôt agréable à regarder, des cheveux presque bruns, des yeux d'un bleu intense et immensément clairs... Khamill jugerait se trouver devant Clarence si l'homme n'avait pas mesuré autant de centimètres, et s'il n'avait pas possédé ces cornes... De plus, tout comme le mercenaire, il dégageait une force tranquille et sauvage qui appelait incontestablement au respect. Mais il semblait âgé d'à peine une trentaine d'années, alors que Clarence en avait cinquante... Et surtout, ses particularités physiques ne faisaient qu'augmenter la curiosité de la jeune femme, qui s'était déjà pointée à la lecture de son nom...

Khamill réalisa alors qu'elle était la première arrivée, l'autre apprentie ne se trouvant pas encore là.
Tant mieux, au fond... Peut-être ne viendrait-elle même pas ? Une lueur d'espoir s'était allumée dans les prunelles de la jeune femme à cette idée. Durcissant ses barrières tout en faisant l'effort de ne pas paraître trop méfiante, Kham s'approcha enfin de Pan. Oui, elle se méfiait de ce genre d'hommes... Mais celui-là lui semblait quand même sympathique, si elle pouvait le dire comme ça. Enfin, elle avait appris à faire attention aux hommes qui paraissent "sympathiques"... Levant les yeux dans ceux de l'envoleur, elle articula le moins agressivement possible :

- Khamill.

Et si ça lui suffisait pas, qu'il aille se faire voir ! Fallait pas trop en demander, non plus...




Dernière édition par Khamill Norwël le Mar 08 Mai 2012, 10:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Mer 02 Mai 2012, 12:53

Cela faisait deux semaines que Sifae était arrivée au Domaine. Elle avait revu une fois le Mercenaire qui l'avait emmené ici. Une fois durant laquelle il lui avait dit d'aller voir le panneau d'affichage pour voir dans quel groupe elle été assignée. Elle y avait été et avait vu le nom de son professeur. Un certain Pan Hilibia... Elle avait oublié la fin du nom. C'était sans importance. Elle savait déjà le prénom du maître envoleur. C'était déjà ça. Elle avait vu aussi un autre prénom. Une autre élève. Une certaine Khamill. Elle n'avait pas cherché à mémoriser le nom de l'autre élève. Sifae savait d'après son frère que les groupes étaient normalement beaucoup plus grand que ça. *Deux élèves et un maître. De quoi progresser.* Elle ne connaissait ni l'un ni l'autre mais savait qu'elle apprendrait à les connaître... Il suffisait juste de ne pas arriver en retard...

Sifae courrait. Comme tout les matins. Cela faisait deux semaines que c'était une habitude. Une sorte de rituel pour pouvoir garder la forme et sentir le vent mordre son visage. Une fois ce petit rituel passé, Sifae partait découvrir le Domaine. Avec Shan, elle en avait parcouru un bon quart. Il lui en restait encore beaucoup.
Pourtant, aujourd'hui, c'était le jour de son premier cours et elle était déjà en retard. Cette fois-ci, Sifae courrait pour pouvoir atteindre le tableau d'affichage. Elle courrait pour ne pas voir qu'ils étaient déjà partis. Sans elle. *Quelle idée elle avait eut de vouloir pister un ours élastique.* Elle n'aurait pas du aller courrir. Et pourtant, c'était plus fort qu'elle. Si il fallait apporter des affaires spécifiques, Sifae n'avait rien. Elle ne préférait pas y penser, cherchant plutot a se concentrer sur le chemin qu'elle devait prendre pour parvenir au panneau d'affichage en un temps record. Elle n'était pas tellement en retard mais ne voulait pas non plus faire mauvaise impression et, pour elle c'était comme si elle avait deux heures de retard. Les batiments lui étaient désormais familier. Enfin ce coin là. Arrivée au coin de la rue menant au point de rendez-vous, elle ralentit, marchant presque tranquillement pour pouvoir reprendre son souffle. Presque tranquillement parce qu'elle était trop pressée de pouvoir commencer.

Sifae s'arreta soudain. Arret d'une seconde. Devant le panneau d'affichage une fille d'une vingtaine d'année attend près d'un homme. Un homme portant des cornes. Ebahie, elle se força à marcher. Mille questions tournoyant dans sa tête. *Etait-ce dénommé Pan ? Pourquoi avait-il des cornes ? D'où venait-il ?* Le voyage prommettait d'être... Déroutant. Et la fille que Sifae supposa qu'il s'agissait de Khamil avait une brulure au visage. Sifae fit taire les questions dans son esprit. Plus tard. Il lui fallait maintenant se présenter. Pan avait un cou de taureau. Pourtant, le reste de son corps n'était pas particulièrement épais. Ses vêtements laissaient deviner une fine musculature. Il était grand. Bien plus grand que les deux jeunes filles. S'efforçant de ne pas avoir l'air bête en le regardant avec de grand yeux, Sifae se présenta. Bien qu'elle savait que ce n'était peut-être pas la peine. Avec un hochement de tête pour les saluer elle les renseigna sur son identité.

- Je suis Sifae.
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Lun 21 Mai 2012, 14:44

Zaïa poussa un grand soupir. Comme il lui arrivait d’en avoir très souvent. Mais était-ce du soulagement ? De la fierté ? De l’impatience ? Sûrement un peu des trois. Voilà quatre jours qu’elle était partie de chez elle, qu’elle avait quitté les siens ; elle avait longé la forêt de Barail, traversé les collines de Taj et s’était aventuré dans la sombre forêt Ombreuse, et ce sans aucun souci ! Elle qui n’avait jamais voyagé aussi loin était heureuse et ressentait une certaine satisfaction de voir qu’elle était arrivée à destination saine et sauve.

Le Domaine.

L’espace était vaste et chaotique. Chaos qui n’en n’était pas un pour Zaïa. La jeune fille s’approcha de la grande bâtisse en pierre. Imposante et forçant au respect. Autre soupir. Elle était au bon endroit pour satisfaire son désir ardent de force. Elle entra dans le bâtiment.

Rapidement, elle était tombée sur une salle de bain commune et en avait profité pour se laver et effacer la crasse de son voyage. Elle avait enfilé aussi ses habits de rechange : une tunique grise à manche courte, un pantalon plus sombre, droit et fluide et une ceinture tressée. N’aimant pas trop porter de chaussures, elle glissa ces dernières dans son sac. Elle secoua ses cheveux ébène encore mouillés une dernière fois et continua à s’aventurer pieds nus entre les murs.

Arrivée à l’aurore, Zaïa avait erré ensuite un long moment dans les nombreux couloirs et pièces de l’édifice. Elle finit par se rendre à l’évidence : elle s’était perdue. Mais que cherchait-elle exactement ? Elle s’arrêta net, posa le sac à moitié vide qui l’avait accompagné durant son voyage et pris le temps de réfléchir. Une personne. Elle était en quête d’une personne capable de la renseigner sur les évènements qui suivraient. Qui lui indiquerait quoi faire. Elle déambula encore quelques minutes dans le Domaine demandant aux personnes qu’elle croisait s’ils savaient. Ils ne savaient pas… Elle finit par rencontrer un homme qui lui indiqua d’aller retrouver Pan devant la porte d’entrée.

- Oui, on vient tout juste de lui assigné un groupe d’apprentis ; rejoins-le. Tu le reconnaitras aisément, il a des cornes sur la tête.

Des cornes ? Il ?

Ainsi donc, il s’agissait d’un homme. Zaïa sentit son cœur faire un raté à cette pensée ; elle était tellement méfiante envers eux. Et en plus de cela, il possédait des cornes ! Elle ne savait même pas que cela était possible ! Mais était-il seulement humain ?

Ce fût ces questions pleines la tête que la jeune métisse gagna le hall. Et tandis qu’elle distinguait enfin l’entrée plus loin, elle s’arrêta immédiatement. Choquée. Surprise. Fascinée. La personne qu’elle apercevait était…hors du commun ! Pan à coup sûr. Son maître. Grand, fin mais musclé, un large cou…et des cornes ! Elle resta figée quelques instants puis se reprit : il fallait qu’elle se présente à l’homme comme sa nouvelle élève. Mais à peine avait-elle fait quelques pas, qu’elle s’immobilisa une nouvelle fois : une jeune fille s’approchait de lui. Châtain, plutôt petite et fine, une partie de son visage semblait rougie.

-Khamill.

L’une des apprenties.

Des pas pressés. Zaïa tourna la tête vers l’endroit d’où venait le bruit, ne prêtant plus du tout attention à ses deux futurs compagnons d’aventures, et aperçue une seconde jeune fille, plus âgée. Elle marchait rapidement en direction de Khamill et Pan. Elle, était très fine, avec des cheveux noirs coupés assez court, la peau halée. La nouvelle arrivante lui fit un peu penser à elle.

- Je suis Sifae.

Une seconde apprentie.

Zaïa jeta un dernier coup d’œil au petit groupe et plus particulièrement à son futur maître. Il était colossal et intimidant. Elle avait peur. Non confiante. Elle effectua quelques pas en arrière, suffisamment pour ne plus ni voir ni entendre ce qui ce passait là-bas entre les trois êtres. Dos au mur, elle respira à fond, tentant de calmer son coeur qui battait plus fort qu'à l'habitude. Si elle avait plutôt envie de faire confiance à ces personnes –après tout, ils devaient bien avoir des points communs avec elle : une vision assez similaire du monde ou un même but- son naturel prenait le dessus et lui chuchotait de faire attention. Particulièrement à l’homme à corne. A l’homme tout court.

Dernier soupir. Pour prendre courage.

Zaïa tourna l’angle du couloir et s’avança vers le trio. Vers sa destinée.

En s’approchant, la jeune fille remarqua que la rougeur au visage de la première apprentie était en réalité une brûlure. Sévère. Elle passa son pouce sur sa paume. Sa main aussi avait était brûlée mais superficiellement comparée à elle. La ressemblance qu’elle avait noté entre elle et la seconde était moins saisissante de proche mais elle constata qu’elle aussi semblait avoir un coté…garçon manqué. Intéressant. Quant à son maître, il était encore plus impressionnant de près. Encore plus grand, plus imposant. Plus inquiétant. Elle déglutit et son corps se crispa. Respirer profondément. Elle se détendit jusqu'à paraître sereine. Extérieurement du moins. La jeune fille s’arrêta à hauteur du groupe.

- Bonjour, mon nom est Zaïa Delastïan. Je suis arrivée ce matin. Je cherche à suivre la voie des envoleurs et on m’a indiqué de me joindre à vous.

Sa voix était posée, volontaire et avec une pointe de froideur.

Apaisement puis calme. Dans son esprit. Oui, c’est ce qu’elle voulait.
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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Mer 11 Juil 2012, 13:08

Il les attendait, et elles arrivaient.
Une à une.
Lorsqu'il était allé voir le panneau d'affichage la dernière fois – la veille – il n'y avait que deux apprenties inscrites. Pourtant, c'en fut trois qui se pointèrent les unes après les autres, devant lui.
Il les observait, chacune, tour à tour, quand elles s'avançaient, quand elles se présentaient.

La première, au visage brûlé et à la chevelure d'or, donna seulement son nom.
Cela lui convenait.
La seconde se présenta en disant "je suis"…
Ca, il aimait moins. On ne pouvait pas se résumer à un nom. On n'était jamais qu'un nom !
La troisième, imprévue, se présenta à son tour, ainsi que ses aspirations, tirant un sourire tranquille à Pan. Mais elle était hésitante, et avait laissé les deux autres lui passer devant, ce qui lui apportait néanmoins un mauvais point.
Si on pouvait compter cela en points, évidemment.

Pan lâcha un léger soupir, avant de s'avancer tranquillement d'un pas vers les trois jeunes filles. Que des filles, évidemment. Il fallait un équilibre, dans l'enseignement, et il pensait réellement qu'un homme devait former des filles, et d'une femme devait former des garçons. Parce que la divergence de point de vue et de fonctionnement permettait de trouver un équilibre que l'on ne pouvait pas trouver autrement, car cela pouvait devenir un martèlement de crâne, un bourrage de cerveau. Cela pouvait, mais ce n'était pas fatal.
Dans tous les cas, il n'aurait pas ce souci.

- Bonjour à toutes, Khamill, Sifae et Zaïa.

Il leur sourit, plantant son regard clair dans chacun des leurs à l'annonce de leur prénom.

- Je m'apelle Pan Hilibiaskiiyai, votre Maître à partir de maintenant. Je vais vous guider sur la Voie du Chaos. Cela peut durer un an, deux ans, cinq ans… Peu importe. Cela dépendra uniquement de vous.

Poussant un léger soupir, il posa son regard dans celui de Sifae.

- On n'est jamais un simple nom. On est toujours beaucoup plus qu'un nom. Choisis tes mots, jeune apprentie : tu t'appelles Sifae. Tu n'es pas simplement Sifae.

Il lui sourit, peut-être un peu de manière condescendante, mais reprit une grande bouffée d'air. Puis, il chercha encore le regard des apprenties.
Il ne cherchait pas à être spécialement dur, ou spécialement froid, non. Il était juste encore un peu distant : après tout, ce n'était qu'un premier cours, une première approche, et il devait d'abord les jauger avant de s'accorder à dire qu'il ne les lâcherait plus. Et puis même, il ne les lâcherait pas, évidemment. Ce serait forcément l'inverse qui se passerait, s'il devait se passer quelque chose.

- Bon ! Je vais commencer par une question : qu'est-ce que le Chaos ? Comment l'identifiez-vous ? Comment vous le ressentez, dans vos tripes ?

Il pinça les lèvres quelques secondes, le temps de leur lancer un coup d'œil circulaire. Redressant la tête – il avait tendance à la laisser tomber en avant – il leur adressa finalement un sourire. Chaleureux.
Encourageant.






[ Désolée pour tout ce retard, les dernières semaines ont été difficiles pour moi ! ]

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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Lun 16 Juil 2012, 16:56

Après avoir finit de se présenter, Zaïa se demanda si elle n'avait pas trop parlé comparé aux deux autres apprenties qui n'avait donné que leur prénom. De toutes les manières, il était trop tard. Le passé est le passé et on ne le change pas.

Le passé est le passé.

*Mmmh, mais il joue considérablement sur le présent*, pensa-t-elle, *Qui sait, si les choses s'étaient déroulées autrement, peut-être ne serais-je pas là aujourd'hui? Cependant, j'en doute fort.*

L'homme à corne la tira de ses pensées en les saluant puis se présenta comme leur maître. Pour combien d'années? Cela importait peu à la jeune fille si ce n'était pas du tout.

Elle avait toute sa vie pour apprendre...

"On n'est jamais un simple nom." Leur nouveau maître venait de se tourner vers Sifae. "Choisis tes mots jeune apprentie." Ces deux phrases se marquèrent dans son esprit bien qu'elles ne lui étaient pas adressées. Surtout la deuxième. Elle ne la comprenait que trop bien! Combien de fois les personnes s'étaient-elles méprises à ses paroles maladroites? Lui revint aussi les mots prononcés par Sabrim dans la forêt ce soir d'infortune. Méprisants, orgeuilleux et fiers. Oui, des paroles bien choisies pouvaient tout changer...

Pan continua et vint les questions. Premières d'une longue liste.

- Qu'est-ce que le chaos?

A ces mots Zaïa ressentit un frisson parcourir tout son corps. C'était ca le chaos! Un sentiment de puissance et de bien-être à l'état brut.

Elle repensa au premier jour où elle l'avait ressenti. C'était il y a trois ans à peu près et elle avait réussi à tendre un piège parfait à l'une de ces filles qui lui rendaient la vie bien pénible petite. Usant de ruses, elle avait humilié, sans se faire prendre, son ancien bourreau devant tout le village pour un bon bout de temps. Depuis ce jour, la jeune fille n'arrêtait pas de chercher à retrouver cette sensation de plénitude qui l'avait envahi. Le chaos lui offrait l'opportunité d'être forte et d'oublier cette petite fille faible et craintive qu'elle avait été et haïssait tant.

Après avoir finit de parler, leur maître sourit de facon sincère, incitant ses élèves à prendre la parole. La jeune brune jeta un coup d'oeil rapide à ses camarades puis inspira profondément et releva la menton. Elle se lancerait la première. Sans vouloir s'étendre, elle essaya de s'exprimer au mieux cependant.

- Ce que j'ai vécu jusqu'à présent m'a ammené à vouloir devenir puissante, dans mon coeur et dans ma force.

*Je ne supporte pas l'idée d'être faible!* pensa-t-elle.

- Je ne doute pas que j'ai un long chemin avant d'y parvenir mais je veux être la meilleure. Sans égale.

A ces paroles, elle se remémora alors les deux jeunes filles qu'elle avait laissé se présenter avant elle, préférant rester cachée un moment. A vrai dire, elle avait toujours beaucoup observé les gens et les situations qui l'entouraient et elle préfèrait analyser un minimum avant d'agir, bien qu'elle sache que ce ne serait pas toujours possible. Elle n'ignorait pas non plus que cela pourrait lui jouer des tours mais elle était ainsi. Observatrice.

Cette dérive d'esprit ne dura qu'une seconde, aussi reprit-elle.

- Tout ce que je demande dans ma vie sont la force et la liberté, la vraie. Je sais que la voie du Chaos peut m'ammener aux deux mais je sais aussi qu'elle m'apportera bien plus: un chemin à suivre. Souvent je me suis sentie désarconnée face au futur mais depuis que j'ai gouté au Chaos, je sais qui je suis et ce que je veux. Je me sens... Vivante!


La jeune fille se tût. Elle avait été sincère et avait divulgé une partie d'elle-même, ce qu'elle n'aimait pas trop. Mais bon, au moins avait-elle expliqué de facon explicite -elle l'espérait- comment elle ressentait le Chaos.




(Il n'y a pas de problème! ^^)
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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Dim 22 Juil 2012, 16:50

Lorsque la seconde apprentie arriva, Khamill s'efforça d'ignorer son air étonné – surtout qu'il s'adressait plus à Pan qu'à elle – et s'obligea à lui offrir un coin de sourire lorsqu'elle annonça son prénom. Elle avait tout intérêt à faire attention à son attitude dès le départ si elle ne voulait pas que le cours finisse par se terminer mal, juste à cause d'elle. Une vague de déception l'avait cependant envahie à la vision de l'apprentie. C'était vraiment n'importe quoi ce truc de confier plusieurs élèves à un même Maître, et surtout en même temps !

Kham oublia ses pensées pour détailler lentement Sifae, lorsqu'elle aperçut une troisième jeune femme qui les observait. Depuis combien de temps ? Elle ne savait pas , mais ça ne lui plaisait pas vraiment, tout ça... Elle respira quand l'inconnue recula jusqu'à ne plus être visible, dissimulée par un mur, mais son mauvais pressentiment de départ s'accentua jusqu'à se confirmer : la jeune fille avançait de nouveau vers eux, puis se présenta à son tour.

Zaïa.

Khamill serra les poings. Une troisième apprentie ! Elle se retint de faire la grimace, ou même de s'enfuir à toutes jambes. Déjà qu'avec une ça allait être difficile, mais avec deux ! Oh, et puis elle s'en fichait ; si ça devait devenir trop insupportable elle quitterait le groupe et se trouverait un autre Maître. Elle avait certes fait une promesse, mais avait tout son temps pour la tenir...

Elle détailla donc les deux apprenties, et put constater qu'elles présentaient certaines ressemblances entre elles ; cela s'arrêtait cependant à la peau mate, aux yeux et cheveux sombres et à des tailles qui dépassaient la sienne d'une bonne dizaine de centimètres. Mais sur ce point, elle avait plutôt l'habitude... Et si elles semblaient toutes les deux assez musclées, elles étaient plutôt fines – plus qu'elle en tous cas, surtout Sifae. Quant à Zaïa, elle semblait être la benjamine du groupe, mais à deux ou trois ans près, Khamill ne faisait pas de différence.

La jeune femme détacha enfin son regard des deux apprenties pour le reporter sur Pan, qui s'avança aussitôt vers elles, avant de commencer à parler. Pourvu qu'un quatrième apprenti ne se pointe pas à ce moment-là...


- Bonjour à toutes, Khamill, Sifae et Zaïa.

Kham apprécia le regard océan qui se posa sur elle à l'annonce de son nom. Malgré elle, elle sentit un léger frisson parcourir sa peau, comme si... Comme si l'envoleur avait deviné toutes ses pensées. En un coup d'oeil. Mal à l'aise, la jeune femme se concentra sur les paroles de leur Maître, l'écoutant se présenter, leur annoncer ce qui les attendait, puis reprendre Sifae. "Evidemment" pensa-t-elle, "un simple nom ne fait pas tout..." C'était pourtant ce qu'elle ressentait au fond d'elle, lorsqu'elle annonçait son nom aux gens : elle avait la désagréable impression de leur tendre sa propre vie et toutes ses pensées sur un plateau... Même si elle savait que ça ne pouvait pas être le cas. Que ce n'était pas le cas.

Pour l'instant, Kham ne parvenait pas encore à se faire une idée précise de son Maître – ce qui était tout à fait normal, de toutes manières – mais entre sourires encourageants et regards distants, elle ne savait pas vraiment quoi comprendre... Une petite pointe de nostalgie lui chatouilla le cœur comme elle repensait à Clarence ; sans lui, elle n'avait pas l'impression d'être à sa place, et sa confiance en elle s'évaporait peu à peu... Elle refusait pourtant de s'attacher une fois de plus aux gens, et devait apprendre à se débrouiller seule, sans forcément quelqu'un pour lui tenir toujours l'épaule. Ce n'était de toutes façons pas encore le cas, puisqu'elle aurait Pan à ses côtés pour quelques années encore...


- Bon ! Je vais commencer par une question : qu'est-ce que le Chaos ? Comment l'identifiez-vous ? Comment vous le ressentez, dans vos tripes ?

...et ça commençait dès maintenant !

Khamill s'avoua que si elle s'était déjà posée la question plusieurs fois, à elle comme à Clarence, ce dernier était toujours resté évasif sur le sujet, et elle-même n'avait fait qu'adopter le point de vue du "on verra bien". Oui, si elle était là, c'était à cause – ou grâce – à sa promesse envers le mercenaire, et parce qu'elle voulait être libre, dans sa tête comme dans son corps. Ce dernier ayant été un peu trop utilisé, elle avait également besoin de faire le point dans son esprit afin de pouvoir continuer à avancer. Et quitte à avancer, pourquoi pas sur cette... Voie ? Cette Voie qui lui avait été proposée, comme un cadeau de bienvenue dans un autre monde, un monde où elle n'aurait besoin de ne demander qu'à elle-même ce qu'elle devrait faire, et pas où on l'y obligerait.

Elle s'apprêta à prendre la parole lorsque Zaïa la devança. Eh bien dis-donc, celle-là elle savait ce qu'elle voulait au moins ! Déjà, elle avait usé d'une assez longue tirade simplement pour se présenter, et voilà qu'elle commençait à expliquer son point de vue avant les deux autres... Khamill haussa les épaules. Après tout, elle n'était pas pressée de parler, elle...


- Je ne doute pas que j'ai un long chemin avant d'y parvenir mais je veux être la meilleure. Sans égale.

En entendant ces mots, Khamill ne put empêcher un petit rire de s'échapper de ses lèvres. Être la meilleure ? Et puis quoi encore ? Et en quoi ? En tout ? Elle voulut répliquer à l'impertinente que ce n'était pas possible, qu'il existait toujours plus fort que soit... mais se retint. Ce n'était pas son rôle de dire ça, c'était celui de Pan. Si jamais il y avait quelque chose à reprocher, ce serait à lui de le faire, et à personne d'autre. Surtout pas à elle.

Donc, Zaïa aspirait à devenir forte et libre. De plus, elle avait déjà "goûté" au Chaos avait-elle dit. Et ça lui avait plu. Khamill se demanda à quelle sorte de Chaos elle faisait allusion... mais elle senti que c'était à son tour de parler, et se demanda comment répondre à son mentor sans en dire trop. Car il n'était pas question qu'elle développe une si grande partie d'elle comme l'avait fait la première apprentie ! Vrillant son regard froid dans celui de Pan, elle articula :


- Pour moi, le Chaos serait une manière comme une autre, mais la seule dont j'ai entendue parler jusqu'à présent, de me rendre totalement libre en dépassant les fantômes du passé.

Déjà, elle savait qu'elle en avait trop dit. Mais comment faire autrement ? Elle respira.

- Dans mes tripes, comme tu dis – le tutoiement avait fusé, naturel – je ne le ressens pas vraiment encore... Je cherche, et c'est pour ça que je suis là. Et parce que j'ai fait une promesse...

Cette fois, elle se tut. Qu'est-ce qu'elle n'aimait pas, ce fait que deux autres apprenties soient là ! Seule avec Pan, elle aurait pu se confier bien plus facilement, surtout qu'elle avait bien plus l'habitude des hommes que des femmes, même si elle ne les aimait pas forcément plus pour autant... Avec elles deux à ses côtés, elle avait l'impression de se dévoiler au monde entier ! C'en était insupportable...

Kham ferma les yeux un instant, se força à respirer, les rouvrit.

Elle ne se laisserait pas faire aussi facilement...






[Désolée pour la qualité plutôt médiocre de ce Rp, faut que je me remette dans le bain... Et ma couleur est darkorange, donc censée être un peu différente de la tienne, Dolce - euh, Pan ^^']

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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Lun 13 Aoû 2012, 14:32

Sifae, tout en reprenant sa respiration étudiait le lieu et ses nouveaux compagnons. Une autre jeune fille épiait le groupe. Elle avait l'air de ressembler à Sifae. Cette dernière reporta son attention sur l'homme qui serait son maître pendant les mois à venir. Imposant était le mot. Elle ne vit pas la deuxième fille s'approcher et sursauta presque en entendant le son de sa voix.

Elle se prénommait Zaïa.

Enfin le maître prit la parole. Le groupe devait donc être au complet. Une immense satisfaction remplie Sifae. Si seulement son frère la voyait. Elle allait devenir apprentie.

- Bonjour à toutes, Khamill, Sifae et Zaïa.

Un sourire, et un regard. L'annonce d'une durée qui finalement importait peu. Sifae ferait tout pour pouvoir atteindre le droit d'être Envoleur. Le droit de marcher sur cette Voie.
Pourtant, Pan poussa un soupir et regarda la jeune fille.

- On n'est jamais un simple nom. On est toujours beaucoup plus qu'un nom. Choisis tes mots, jeune apprentie : tu t'appelles Sifae. Tu n'es pas simplement Sifae.

Mots qui débutèrent la leçon.
Mots qui ouvrirent un semblant de sourire carnassier dans l'esprit de Sifae.
Mots qui se gravèrent en elle à tout jamais.

Le Maître lui adressa un sourire presque factice. Puis posa une série de question.

- Qu'est-ce que le Chaos ? Comment l'identifiez-vous ? Comment vous le ressentez, dans vos tripes ?

Avant de pouvoir exprimer les réponses qui fusaient dans son esprit, elles les ordonna calmement. Bien décidée à ne pas subir une nouvelle remontrance du Maître. Malgré le bien que celà lui avait apporté, Sifae ne voulait tout de même pas que Khamill qui n'avaient pas l'air de beaucoup apprécier les deux filles ou que Zaïa voient en elle une sotte. Mais tout le monde apprenaient à une vitesse différentes. Tels étaient les mots de Pan. Elle se rassénèra.

Zaïa parla la première.
Son objectif pour devenir la meilleure ne serait peut-être pas un bon point pour elle. Pouvait-on vraiment devenir meilleure, rien que ça ? En tout cas elle avait ressortie un point que Sifae approuvait. En goutant au Chaos avec son frère elle ne s'était jamais sentie aussi vivante.

Khamill la deuxième.
Sa brulure devait être un des fantômes du passé. Elle avait aussi fait une promesse.

Chacune des deux filles avait une énoncées une des multiples raisons qui faisait que Sifae se trouvai ici. En parlant la dernière, elle devait énoncer les autres raisons. Mais... était-ce de bonnes raisons ? N'était-ce pas un peu... ambitieux ?

Sifae prit une goulée d'air et parla.

- Le Chaos est pour moi un sentiment de puissance, de consécration et de richesse... Lorsque je goute au Chaos j'ai l'impression de devenir vivante moi aussi mais plus que ça... Comme si, un sourire carnassier s'ouvrait en moi...

C'était ainsi qu'elle avait perçu le Chaos la première fois que son frère lui en avait parlé. Aujourd'hui, son but était de consacrer sa vie au Chaos pour que le sourire carnassier qui était en elle s'ouvre en grand.

[Désolée pour le retard et pour la maigreur de mon Rp par rapport au votre...]
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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Jeu 13 Sep 2012, 14:45

- Ce que j'ai vécu jusqu'à présent m'a amené à vouloir devenir puissante, dans mon coeur et dans ma force. Je ne doute pas que j'ai un long chemin avant d'y parvenir mais je veux être la meilleure. Sans égale. Tout ce que je demande dans ma vie sont la force et la liberté, la vraie. Je sais que la voie du Chaos peut m'amener aux deux mais je sais aussi qu'elle m'apportera bien plus: un chemin à suivre. Souvent je me suis sentie désarçonnée face au futur mais depuis que j'ai gouté au Chaos, je sais qui je suis et ce que je veux. Je me sens... Vivante!

- Pour moi, le Chaos serait une manière comme une autre, mais la seule dont j'ai entendue parler jusqu'à présent, de me rendre totalement libre en dépassant les fantômes du passé. Dans mes tripes, comme tu dis je ne le ressens pas vraiment encore... Je cherche, et c'est pour ça que je suis là. Et parce que j'ai fait une promesse...

- Le Chaos est pour moi un sentiment de puissance, de consécration et de richesse... Lorsque je goute au Chaos j'ai l'impression de devenir vivante moi aussi mais plus que ça... Comme si, un sourire carnassier s'ouvrait en moi...


Des réponses différentes et pourtant, au fond, terriblement similaires.
Se sentir vivant. Libre. Fort.
Et puis, une promesse.

Pan hocha doucement la tête – il avait l’habitude de le faire de manière presque imperceptible car n’importe quel mouvement un peu trop vif prenait des proportions énormes pour les humains à cause de ses cornes. Il avait donc à peu près compris ce qui motivait chacune de ses apprenties, au nombre de trois.
Trois.
C’était étrange comme nombre, et il avait la très nette impression que cela pouvait durer comme exploser en quelques heures à peine. Ce premier cours serait sans doute décisif, et il comptait bien commencer par découvrir ce dont étaient capables les trois jeunes filles d’elles-mêmes, sans entraînement, pour l’instant.
Découvrir leurs potentialités.

- Puissance et Liberté. Un bon résumé.

La voix de Pan avait retentie, basse et vibrante, surprenante.
Néanmoins, il ne s’arrêta pas en si bon chemin : les échauffements devaient commencer immédiatement pour qu’ils ne terminent pas trop tard cette première évaluation de leurs capacités. Ainsi, il donna un premier coup d’envoi :

- J’ignore si vous avez déjà couru, si vous aimez cela ou non… Et je m’en fiche. Un échauffement commence toujours par une petite course. Pour cette fois, vous ferez simplement un tour du cratère en courant – pas trop vite, ne vous froissez pas de muscles tout de suite – mais après ce cours, j’exigerai de vous que vous les matins vous courriez au moins une heure. Je vous attends ici !

Le regard de Pan glissa sur les silhouettes de ses apprenties qui s’élançaient dans la course et les jaugeait et les jugeait déjà. Il observait leurs mouvements, leur attitude, les émotions qui transparaissaient dans leur attitude autant que dans leur regard et les micro-expressions sur leur visage.
Il leur fallut bien dix minutes pour être toutes les trois devant lui. Mais dès qu’une arrivait, il la lançait pour faire quelques étirements des cuisses et des mollets, puis du corps entier : taille, bras, dos, doigts et nuque. Lorsqu’elles eurent chaque muscle à peu près échauffé, Pan les emmena un peu plus loin, sur une surface place du cratère plein de sable, et se mit au niveau du sol.

- Je commence par tester votre résistance, votre force et votre cardio. Tout le monde fait des pompes, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus !

Se redressant, il s’avança entre ses apprenties pour apprécier leur expérience et leur force, et corriger leur position quand elles avaient trop tendance à se cambrer, ou à avoir les fesses en l’air. Après tout, faire des pompes n’était pas un passage obligatoire pour tout le monde… avant cet instant.
Maintenant, cela était nécessaire !






[ Pardon pour ce retard ! Après ma rentrée, je n'avais pas d'inspiration avec Pan, et puis apprès.... pas trop le temps de passer sur le fo ! ]


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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Dim 16 Sep 2012, 17:20

Alors que Sifae se demandait si sa réponse pouvait convenir, Pan hocha la tête et déclara d'une voix basse qui fit sursauter tout le monde :

- Puissance et Liberté. Un bon résumé.

Le doute qui était en Sifae quelques secondes plus tôt s'envola. Elle ne devait pas douter de ses capacités, ni douter de ses buts. Elle était ce qu'elle était. Une jeune fille déterminée à courir dans les pas de son frère pour pouvoir le rejoindre. Poussée par l'envie de gouter au chaos encore et encore. Mais pour cela, il fallait commencer à apprendre, à s'entrainer. C'est pourquoi, elle attendait la suite.

- J’ignore si vous avez déjà couru, si vous aimez cela ou non… Et je m’en fiche. Un échauffement commence toujours par une petite course. Pour cette fois, vous ferez simplement un tour du cratère en courant – pas trop vite, ne vous froissez pas de muscles tout de suite – mais après ce cours, j’exigerai de vous que vous les matins vous courriez au moins une heure. Je vous attends ici !

Bien sur, qu'elle avait déjà couru et elle aimait. Mais elle n'avait jamais fait attention à ses muscles, sa vitesse ou autre. Elle sentait le vent sur son visage et c'était tout ce qui lui importait. Elle regarda le cratère une demi seconde le temps de le jauger et s'élança, respectant les consignes de son maître.
Elle courait, faisant travailler ses muscles, accompagnant ses foulées avec ses bras, sentant le vent lui souffler doucement au visage. Son souffle entrait et sortait de sa bouche harmonieusement tandis que ses jambes couvraient la distance, faisant le tour de la piste.
Partie la première, elle arriva la première.
Mais aussitot arrivée, Pan lui demanda de finir de s'échauffer, étirant ses muscles, ses doigts, échauffant tout son corps. Quand tout le monde fut échaufé, le groupe se dirigea vers la surface sablonneuse du cratère. L'endroit était plat et propice aux entrainement de combats à mains nues. Mais, contre l'attente de Sifae, Pan se mit au niveau du sol.

- Je commence par tester votre résistance, votre force et votre cardio. Tout le monde fait des pompes, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus !

Sifae serra les dents. Elle n'aimait pas faire des pompes meme si elle participait aux concours idiot que ses frères avaient inventés. Celui qui devait faire le plus de pompes. Elle n'aimait pas en faire mais sa volontée de fer la portait au dela de la souffrance lorsqu'il s'agissait de battre ses freres. Serait-elle capable de se montrer forte aujourd'hui, alors qu'il n'y avait pas ses freres pour la motiver ? Elle le devait. Elle devait se surpasser.
Sifae regarda les autres jeunes filles. Elles avaient l'air tout aussi décidée qu'elle. Alors, elle se mit au niveau du sol et commença à faire des pompes. Elle se concentra sur sa respiration, sur le fait qu'elle devait montrer à son maitre et aux autres filles de quoi elle était capable et remonta son corps à la force de ses bras. Ne lachant pas prise. Pas encore.
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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Sam 29 Sep 2012, 13:14

La troisième apprentie, Sifae - ou la deuxième arrivée - parla à son tour. Contre toute attente, Kham trouva intéressante cette idée de "sourire carnassier", ce fait de représenter par quelque chose de visible au départ un sentiment invisible. Sifae, comme Zaïa, disait avoir déjà gouté au Chaos ; une fois de plus, Kham se demanda ce que les deux jeunes femmes voulaient dire par là. Elle se surprit à s'intéresser à leur histoire...

Elle se demanda si elle avait déjà ressenti ce dont parlait Sifae. Se sentir vivante, plus que jamais, comme si un feu immense brûlait à l'intérieur d'elle ; avoir envie d'agir, de passer à l'action.
Avoir confiance en elle... Elle avait déjà perçu ça, oui, mais pas de la même manière. C'était lorsqu'elle s'était enfuie de chez Cerman ; lorsque, voulant lui échapper à tous prix, elle s'était marquée à jamais de cette brûlure chaude, si chaude... Lorsque, complètement épuisée, elle s'était enfin laissée tomber contre un mur, de nombreuses rues après l'incendie qu'elle avait déclenché. Lorsqu'elle s'était lacérée l'épaule de ce morceau de verre, dans l'intention de faire disparaître pour toujours cette étoile dont elle ressentait encore parfois la brûlure, différente de celle de son visage : insinuante, perverse, et bien plus chaude...

Non, ce n'était pas la même chose, bien au contraire. Elle s'était peut-être sentie vivante, mais surtout prête à mourir ; elle avait eu l'impression qu'elle ne s'arrêterait jamais de souffrir. Elle n'avait plus senti la douleur sur sa joue, ni celle du morceau de verre taillant sa plaie de plus en plus fort. Seul était restée celle de l’Étoile, et puis... plus rien. C'était tout ce dont elle se souvenait, juste avant qu'elle ne s'éveille chez Clarence. Le reste, c'était lui qui lui avait raconté.

Mais Khamill avait tout de même déjà perçu le début, uniquement le début, de cette impression de vie qui balayait tout le reste. Plusieurs fois même, lorsqu'elle escaladait les falaises des Grands Océans. Lorsqu'elle avait l'impression de toucher le bout de monde : elle était tout en haut, bien au dessus de l'Océan, se souciant peu du vide en-dessous d'elle et se jouant du vent qui menaçait de l'y projeter. Elle était encore une enfant, était encore moins grande qu'à présent et il lui semblait qu'elle se trouvait au bout du monde.

Ignorant les différentes expressions qui lui étaient passées sur le visage au fil de ses pensées, Khamill porta de nouveau son attention sur Pan lorsqu'il repris la parole, d'une voix agréablement chaude et basse, après ce qui avait paru de longues minutes de silence à la jeune femme.


- Puissance et Liberté. Un bon résumé.

Une lueur brillait dans ses iris bleu clair, comme appuyant ses mots. Comme il n'avait pas beaucoup parlé jusqu'à présent, Kham fut surprise de l'entendre continuer. Un coin de sourire étira légèrement ses lèvres tandis qu'une pointe d'angoisse perça son ventre. L'entraînement commençait.


***



Khamill courait. Cela faisait à peine quatre minutes qu'elle était partie, et elle n'était pas encore essoufflée ; cependant elle savait que ça ne mettrait pas longtemps à venir. Elle avait déjà parcouru un peu plus de la moitié du tour du cratère, mais ses foulées étaient déjà plus lentes. Petite, elle avait presque pris l'habitude de courir dans le sable - bien qu'elle n'y faisait pas attention, cela étant au cours de ses jeux et non un exercice - et, plus tard, elle avait souvent dû courir avec Lehm à travers la foule d'Al-Jeit ou ses petites avenues sombres, afin de semer leurs poursuivants lorsqu'ils les avaient vu les voler. Courir dans la terre légèrement sablonneuse et pleine de cailloux du cratère n'était donc pas une épreuve très difficile pour elle, mais cela l'ennuyait prodigieusement. Elle aimait l'escalade et la nage pour les nombreux défis qu'elles lui lançaient, mais la course n'était pour elle qu'une chose plutôt stupide et sans intérêt : rien ne se passait. C'était toujours la même chose.

Quelque chose, cependant, la distrayait un peu : elle avait conscience du regard scrutateur de Pan, et, même si ça la perturbait un peu, ça la motivait à faire de son mieux. Elle tentait de garder une expression neutre et de se concentrer sur ce qui se trouvait devant elle, mais elle se doutait, au bout de huit minutes de course environ, qu'une multitude de signes devaient la trahir, elle comme les autres apprenties. Et elle savait que leur Maître percevait le moindre de ces signes.



***



Khamill arriva devant Pan juste après Sifae. Aussitôt, elle su qu'elle devait oublier son souffle trop sonore pour s'attaquer aux étirements. Une grimace presque imperceptible étira ses lèvres, et elle se joignit à sa... camarade, sans un mot. Étirant chaque muscle l'un après l'autre, la jeune femme sentit son souffle s'apaiser peu à peu et le calme l'emplir de nouveau. Elle aimait sentir son corps "s'éveiller" au fur et à mesure que ses muscles s'échauffaient. Puis, lorsque Zaïa eut terminé à son tour les étirements, leur mentor les conduisit jusqu'à une surface particulièrement sablonneuse du cratère. Alors que Kham pensait en avoir fini avec l'échauffement, l'homme leur demanda à présent de faire des pompes. De nouveau - et comme Sifae - Khamill grimaça. Même si elle savait que c'était nécessaire, elle n'aimait pas quand un échauffement se prolongeait trop longtemps, et, de plus, elle sentait déjà ses muscles protester devant le nouvel effort qui les attendait... Elle croisa le regard déterminé des autres filles, puis celui, océan indéchiffrable, de Pan, et se persuada de laisser de côté son ressentiment pour faire ce qu'elle devait faire.

N'ayant jamais fait de pompes, la jeune apprentie n'eut toutefois qu'à observer un moment les deux autres pour comprendre comment s'y prendre ; elle se joignit aussitôt à elles.
Une, deux, trois quatre... Au bout de dix, elle n'en pouvait presque déjà plus. Cependant elle se refusait à abandonner aussi tôt, alors qu'elle savait qu'elle n'était pas encore allée jusqu'au bout. Écoutant et appliquant les conseils de Pan quant à sa position, Khamill continua, encore et encore. Onze, douze, treize... Au bout de vingt, elle sentit qu'elle allait bientôt lâcher, et lorsqu'elle dépassa la trentaine, Khamill se surprit elle-même. Trente-six, trente-sept... La surprise de dura pas longtemps. Elle s'était obligée à atteindre la quarantaine afin de faire un chiffre rond, et, lorsque ce fut fait, elle se laissa tomber sur le sol. Totalement exténuée, mais heureuse un peu quand même...

Elle sentait l'impatience poindre en elle, maintenant que la première demie-heure était passée ; elle avait tellement hâte de découvrir Gwendalavir !

Quand-est ce qu'ils allaient enfin quitter le Domaine ?




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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Mer 10 Oct 2012, 15:24

Khamill pris la parole et évoqua à son tour un désir de liberté. D'une liberté telle qu'elle pourrait passer outre ses souvenirs -douloureux, Zaïa l'imaginait bien. A ces mots, elle repensa aux siens... Son coeur commença à s'emballer, elle sentit son esprit s'échauffer, ses mains devenaient moites... Heureusement, la jeune femme continua et l'esprit de Zaïa se concentra sur ses mots; derrière son envie de devenir envoleuse, il y avait aussi une promesse.

Vint le tour de Sifae. Pour elle le chaos était un moyen d'obtenir entre autres puissance, richesse et ce sentiment de vie qu'avait exprimé plus tôt Zaïa.

- Mais plus que ça...Comme si, un sourire carnassier s'ouvrait en moi...

Zaïa jeta un coup d'oeil à l'apprentie. Bien qu'elle ne ressentait pas exactement de la même manière le chaos, elle appréciait sa comparaison.

Pan acquiesça et s'exprima à son tour, confirmant que les idées principales qui s'étaient dégagées en étaient de bonnes.

- J’ignore si vous avez déjà couru, si vous aimez cela ou non… Et je m’en fiche. Un échauffement commence toujours par une petite course. Pour cette fois, vous ferez simplement un tour du cratère en courant – pas trop vite, ne vous froissez pas de muscles tout de suite – mais après ce cours, j’exigerai de vous que vous les matins vous courriez au moins une heure. Je vous attends ici !


Et c'était partit! Et à vrai dire, ça ne commençait pas si bien que ça... Zaïa ne pensait pas attaquer de si tôt les exercices physiques - pour tout dire, elle n'avait pas trop su, ou même pensé, à quoi s'attendre pour son premier cours - et débuta à courir autour du cratère de manière très aléatoire. Ses foulées étaient d'abord trop grandes, puis trop petites; sa respiration se fit vite saccadée et elle due cracher régulièrement sa salive qui la gênait. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas couru et ça se ressentait. Au bout du compte, la plus jeune des apprenties se retrouva rapidement derrière les deux autres.

Alors qu'elle allait passer devant Pan, elle avait peu fière allure. Elle, qui s'était montré bien présomptueuse tout à l'heure, qui tentait de paraître forte, n’en menait pas large au bout de cinq toutes petites minutes de course. Quelle pitié ce devait être à voir !

Elle n'était pas inconsciente que leur maître les scrutait dans leurs moindres détails. Aussi voulut-elle faire mieux ; montrer qu'elle en était capable ; que bien que la course ne soit pas son point fort, elle pouvait s'en sortir de façon un peu plus honorable. Il lui suffisait d'une simple motivation...

Etrangement, ce ne fut pas la colère ou la haine qui la motiva – cela ne faisait que rendre sa respiration plus haletante – non, mais une apaisante.

Elle le visualisait de dos, ses cheveux mi-longs dans le vent puis, quand elle l’appelait, il se retournait, un sourire sincère aux lèvres et son regard azur honnête et rieur.

Nilaam.

Tout simplement.

L’unique personne au monde avec sa sœur pour qui Zaïa ferait n’importe quoi !

Elle le visualisa à ses côtés, l’encourageant. C’est ainsi qu’elle rattrapa le retard qu’elle avait accumulé mais arriva tout de même la dernière. Quelque peu vexée, mais loin d’être défaitiste, la jeune brune se remotiva et lorsque Pan leur demanda à toutes trois de s’étirer puis de faire des pompes, ce fut sans broncher qu’elle s’exécuta. Sans réaction mais avec des douleurs dans tout le corps ! Elle jeta un rapide coup d’œil aux deux autres filles ; elles semblaient en baver plus ou moins autant qu’elle mais paraissaient néanmoins, aussi déterminées. Cette idée lui plaisait ; il y aurait probablement de la compétition dans les mois à venir…

Plusieurs minutes passèrent et Pan passait parmi elles, rectifiant leur position. Si Zaïa s’était déjà entrainé à faire des pompes avec Nilaam, cela n’avait été pas grand chose de sérieux. On aurait pu même qualifier ce travail d’amateur car son maître dût venir plusieurs fois corriger sa posture.

Cependant, au bout d’un certain moment, il vint moins régulièrement, mais un nouveau mal surgit. Les crampes, le tremblement des muscles, une respiration en feu, puis la fatigue. La tête de la jeune fille commençait à tourner et un goût âcre de bile et de sang remontait dans sa bouche.

Ne pas lâcher ! Pas encore, pas déjà !

Elle avait cessé de compter à combien de pompes elle en était depuis un bon bout de temps pour se concentrer à poursuivre le plus longtemps possible et à s’appliquer du mieux qu’elle pouvait. Elle tint jusqu’au moment où sa vue devint totalement noire et que ses bras lâchent sans prévenir. Voilà où en étaient ses limite ! Et pour une reprise, - si on pouvait appeler ça comme ça - Zaïa ne trouvait pas ça si mal. En même temps, après l’épisode désastreux de la course, il n’était pas difficile de faire mieux. A voir ce qu’en penserait son maître… Elle avait tout de même hâte de passer à une activité où elle se sentirait plus à l’aise !

Elle repensa aux paroles de Pan: à partir de cet instant, ce petit rituel serait obligatoire. Même si elle devait souffrir plusieurs journées, semaines voire mois, il n’y avait pas de problème : elle se sentait prête. Elle était épuisée, courbaturée, vidée mais ces exercices l’avaient rendu plus motivée que jamais !



(Désolée pour le retard de la réponse!!)
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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Mer 10 Oct 2012, 17:34

Et bien… Il y avait des progrès à faire.
Beaucoup.

Mais contre toute attente, Pan en était content : partir de rien, c’était forcément synonyme d’avancée fulgurante ! On ne pouvait alors plus que s’améliorer, et c’était le but, évidemment. Fortifier le corps, fortifier l’esprit, et faire de ces jeunes filles des tueuses, des envoyées du Chaos, des Envoleuses…

La course n’était pas leur fort, ni les pompes.
Pourtant, quand chacune d’entre elles lâcha prise par rapport à ce second exercice, Pan ne leur laissa pas souffler : ce n’était pas parce que les bras lâchaient que tout le corps le faisait. Il allait leur faire sortir toute leur énergie, toute leur puissance, toute leur volonté. Les pousser dans leurs derniers retranchements dès les premières heures, leur montrer qu’il était capable de les devancer sur tout, et ainsi leur donner envie de se donner toujours à fond pour le dépasser.
C’était cela, le but d’un enseignement : que les élèves dépassassent le Maître.
Normal quoi.

Ainsi, il leur fit faire des exercices pour les abdominaux, assises sur le sol pour ramener leur torse contre leurs genoux. Et puis, des battements de jambes, allongées d’un côté puis de l’autre. De nouveau des pompes, des abdominaux sur la branche d’un arbre, d’autres battements avec des lests sur les chevilles. Encore un tour de cratère.

Il les poussa immédiatement dans leurs derniers retranchements physiques. Elles ne pouvaient pas tenir éternellement, et il s’appliqua à toutes les amener à épuiser toutes leurs énergies, jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus bouger ne serait-ce qu’un petit doigt tant leur épuisement était grand.
Un petit sourire en coin sur les lèvres, Pan les jaugea quelques secondes, et s’accroupit près des jeunes femmes allongées sur le sol pour s’adresser à elles.

- Voici donc votre point de rupture. Mémorisez-le bien. Ressentez tout votre corps pour vous le remémorer en toutes circonstances. C’est un point que vous ne devez plus jamais dépasser désormais. Parce qu’on va s’appliquer à le repousser, toujours plus loin. Et vous continuerez à le faire une fois votre formation terminée. Pour continuer à être fort.

Se redressant, il les laissa donc reprendre leur souffle pendant une bonne demi-heure, qu’elles puissent se lever et boire dans l’outre qu’il leur avait laissée. Lorsqu’il estima enfin qu’elles avaient assez repris, il leur demanda de se lever et s’élança en courant sur un sentier d’Ombreuse.


§§


- On s’arrête là. On va monter le camp d’abord, et après vous aurez la suite des réjouissances.

Le soleil tapait encore sur les ramures des arbres d’Ombreuse, même s’il ne pénétrait pas en dessous, jusqu’où se trouvaient Pan et ses apprenties. Il avait décidé de monter le camp à cet endroit pour imposer un nouvel exercice à ses apprenties : savoir si elles étaient déjà montées dans des arbres, et comment elles s’y prenaient.
Voyant qu’elles hésitaient sur la conduite à tenir, le jeune homme poussa un léger soupir et commença à leur expliquer comment lui-même entendait monter le camp : cela serait toujours comme cela, au moment de la pause pour la nuit. Aller chercher du petit bois, trouver un endroit assez confortable pour les accueillir tous les quatre, placer quelques pierres pour contenir le feu, et enfin faire du feu, évidemment. C’était toujours le moment le plus délicat, et Pan s’acharna jusqu’à ce que toutes les apprenties eussent réussi à créer une petite étincelle capable d’enflammer des feuilles sèches.

Alors, se redressant, il posa son regard dans celui des jeunes filles en souriant. Ses yeux cherchèrent un arbre qui aurait pu faire l’affaire pour une première escalade et tombèrent rapidement sur un vieux chêne dont les branches avaient tendance à faciliter une ascension. Le désignant du menton, il s’adressa donc aux filles.

- On va monter dans cet arbre. Le but étant évidemment que vous montiez aussi haut que possible – aussi haut que moi.

A ces mots, il s’élança donc et fut à plusieurs mètres du sol en moins de six secondes, encourageant les jeunes filles à le suivre dans les ramures de l’arbre. Lui était particulièrement lourd, et les branches ployaient sous son poids. Pourtant, il réussit à monter jusqu’à la cime de l’arbre, et baissa les yeux en attendant que les filles le rejoignissent enfin.

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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Jeu 18 Oct 2012, 14:43

Une légère brise soufflait.

Il faisait nuit. Zaïa sentait qu’elle suffoquait mais n’arrivait pas à dire qu’elle en était la cause. Son corps était lourd et lui faisait mal. Mais que c’était-il passé ? Un appel, un effleurement, un cri, une bouscule... Zaïa ne saurait dire mais cela la fît revenir. Revenir à la réalité ! Elle ouvrit les yeux.

Un homme à corne se tient devant elle. La jeune fille ne comprend pas tous ses mots mais finit par saisir qu’il faut continuer. Mais continuer quoi ? Elle regarde rapidement autour d’elle et se rappelle. Ce n’était pas un rêve qu’elle venait de faire mais une absence de conscience ; cet étrange phénomène qui, pour s’éclipser quelques instants de la réalité histoire de reposer son esprit, lui arrivait de temps à autre. Tout lui revint en mémoire.

La légère brise ne soufflait plus.

- - -

Abdominaux, pompes, battements de jambes, re-pompes, re-abdomiaux et battements de jambes mais avec des défis cette fois-là… Et Zaïa qui avait crût avoir atteint ses limites ! Ce qui avait suivit les deux premiers exercices étaient littéralement un exploit aux yeux de la jeune fille ! Jamais elle n’aurait pensé pouvoir trouver autant de force, d’énergie et de volonté pour suivre le rythme effréné que leur imposait leur maître, à elle et ses deux acolytes. Elle souffrait comme jamais, repoussait des limites qu’elle ne pensait même pas exister et puisait dans des sources d’énergie qu’elle n’avait en aucun cas imaginé…

Elle souffrait.

Elle souffrait aussi bien physiquement que psychologiquement. En effet, si son corps avait abandonné depuis longtemps le combat, c’était uniquement avec son esprit que tout se passait. Une véritable guerre contre elle-même faisait rage pour ne pas être celle qui n’y arriverait pas ou décevrait son maître. Mais surtout, elle ne souhaitait pas se décevoir elle-même !

Plusieurs fois, elle crût qu’elle ne pouvait plus continuer mais Pan la relevait et la forçait tout en l’encourageant à ne pas s’arrêter là. Plusieurs fois, elle râla intérieurement à ces moments mais ne laissa rien paraître.

Bien que Zaïa avait bien plus d’énergie en réserve qu’elle ne le croyait, cette dernière n’était pas sans limite non plus et au bout d’un moment, elle n’en pût plus. Pan tenta de la faire poursuivre l’entraînement mais impossible !

Elle était K.O. !

- Voici donc votre point de rupture. Mémorisez-le bien. Ressentez tout votre corps pour vous le remémorer en toutes circonstances. C’est un point que vous ne devez plus jamais dépasser désormais. Parce qu’on va s’appliquer à le repousser, toujours plus loin. Et vous continuerez à le faire une fois votre formation terminée. Pour continuer à être fort.

La jeune femme ne comprit pas tout sur le moment, tant la douleur emplissait toutes ses pensées mais le sens de ces mots atteignirent son cerveau alors qu’elle se reposait – Pan leur avait accordé un moment de repos, quel bonheur ! - et il avait raison : plus jamais elle ne voulait connaitre cette sensation de faiblesse. D’un autre côté, elle était heureuse aussi d’avoir vécu ceci. Au moins, elle savait qu’elle pouvait plus que ce qu’elle avait osé imaginer !

Alors qu’elle se désaltérait avec un plaisir non dissimulé, Pan demanda aux trois jeunes filles de se lever et s’élança soudainement en courant sur un chemin. Mais elle était encore toute courbaturée ! Cependant, elle ne dit rien, pris son sac qu'elle avait posé dans un coin plus tôt dans la journée et le poursuivit de la meilleure allure qu’elle pu. Tous ses muscles se rappelaient constamment à elle et la faisaient se sentir à chaque pas, un peu plus faible, nulle. C'est ce qui lui donna la force de ne pas lâcher.

- - -

Ils venaient tout juste de s’arrêter à la lisière de la forêt et Pan leur avait demandé de préparer le camp. Ils s’installaient donc ?! L’esprit embué par la fatigue et la faim - qui commençait à se faire douloureusement sentir - au ventre, Zaïa fit quelques pas en direction de la forêt dans le but d’aller chercher du bois. S’arrêta. Revint. Devait-elle y aller avec Khamill et Sifae ? Ou devaient-elles se répartir les tâches ? A moins qu’elles aient à confectionner chacune leur propre feu de camp ? La jeune fille avait du mal à réfléchir de manière sensée.
Elle finit par opter pour la première option.

Trop tard.

Pan avait pris les devants – les jeunes filles avaient dû hésiter trop longtemps ou il avait eu un geste amical voyant que les trois filles étaient crevées… Mmmh… Après l’atroce séance qu’elle venait de vivre en cette journée, Zaïa penchait plus pour la première possibilité. Enfin, le résultat fût qu’il leur enseigna comment monter avec précision un feu de camp de façon à passer une nuit la plus agréable et sure possible.

Zaïa connaissait plus ou moins déjà ce que leur montrait Pan mais écouta cependant attentivement tout ce qu’il disait.

Une ou deux absences d’esprit eurent lieu puis un bâillement retenu.

*Concentre-toi Zaïa ! La journée n’est pas finie !*

- - -

Deux petites pierres dans les mains, la jeune fille tentait tant bien que mal de créer des projectiles afin d’enflammer le petit bois qui se trouvait devant elle. Elle avait fait un feu similaire la veille même pourtant mais impossible d’obtenir la moindre petite flammèche ! Les mains tremblantes, la faim au ventre et les yeux lourds, la jeune brune réussit cependant après un énième effort. Enfin !

- - -

- On va monter dans cet arbre. Le but étant évidemment que vous montiez aussi haut que possible – aussi haut que moi.

Pan montrait, en même tant qu’il parlait, un imposant arbre qui devait être là depuis plusieurs décenies. A peine eut-il finit de parler qu’il disparut parmi les ramures de l’arbre en question.

Bien, il n’y avait plus qu’à le suivre maintenant.

S’élancer, s’agripper, s’appuyer sur ses bras, ses jambes, bien évaluer quelles étaient les meilleures prises éventuelles. Les sens de Zaïa étaient en alerte : elle aimait cette activité ! Et elle la connaissait ! Bien ! Ou mieux que la course du moins…

Bien que les courbatures étaient toujours là et ralentissaient la progression - habituellement plus rapide - de la jeune fille, elle montait à une vitesse, certes bien moins rapide que son maître mais correcte.

Elle faisait particulièrement attention à ne pas trop tirer sur ses bras pour ne pas fatiguer trop vite et à se plaquer au maximum contre le tronc de l’arbre lorsqu’elle devait se mettre debout pour accéder à la branche suivante afin de limiter les risques de chute. Elle veillait de même à inspirer et expirer convenablement ; elle ne voulait pas avoir une pointe de côté alors qu’elle s’appliquait à escalader un - relativement très - grand arbre.

Position des pieds, des mains. L’esprit de Zaïa s’éveillait au fur et à mesure qu’elle montait.

Au final, il y eut quelques petits dérapages mais pas grand-chose de mal. Elle arriva donc la première au sommet. Ou la dernière… Elle n’aurait su dire. Faim, fatigue, maux, courbatures… Tout fut oublié à l’instant même qu’elle atteint la cime de l’arbre où les attendait Pan et aperçu le paysage saisissant qui s'étendait sous ses yeux. Ce spectacle qui s’offrait à elle était tel qu’elle ne vit que lui !

Force.
Parce qu’il avait fallu en donner des efforts pour arriver jusqu’ici !

Liberté.
Parce que peu importait où ses yeux ébènes se posaient, toujours la même sensation brûlante qu’elle pourrait voler pulsait en elle.

A ce moment précis, elle n'eut plus aucun doute: elle n'avait fait aucune erreur en ralliant les apprentis.
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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Sam 20 Oct 2012, 13:45

Khamill ouvrit les yeux et se releva tant bien que mal, les bras en compote.

Malheureusement, et bien que Kham fut totalement épuisée - du moins le croyait-elle - Pan les avait forcées à reprendre l'échauffement, enchaînant étirements, exercices pour les abdominaux au sol ou sur une branche, course et pompes, de nouveau... Plus le temps passait, moins la jeune femme y pensait. Elle se contentait de reproduire les mouvements de son Maître, ne pouvant s'empêcher, parfois, de jeter un bref coup d''oeil aux deux autres apprenties ; et puis elle s'impatientait de devoir rester sur les bords du cratère, de refaire encore et toujours les mêmes exercices, alors qu'elle mourait d'envie de partir, s'éloigner de ce gigantesque Domaine où fourmillaient les Mercenaires - les gens, quoi. S'isoler dans la nature, apprendre plus, découvrir le monde...

Mais plus le temps passait et plus Kham désespérait de quitter un jour cet endroit, plus que de terminer les échauffements. Certes, elle était exténuée, mais même si quelques fois sa volonté vacillait, le regard accrocheur de Pan la tenait, l'empêchant de s'arrêter, elle comme les deux autres apprenties. Parfois, elle sentait qu'elle allait lâcher, là, maintenant ; d'autres fois, elle ne sentait plus ses membres, ignorait la fatigue, oubliait la douleur. Elle ne pensait plus à rien, mettait de côté ses souvenirs et ses peines, écartait son passé, laissait le vide tout envahir. Alors, dans ces moments là, elle sentait la douleur revenir, coupant court à cette sorte d'inconscience, la faisant réaliser qu'elle était vivante - et bien vivante ; et la fatigue, fulgurante, puissante, la faisait chanceler.

Mais la fatigue physique ne l'effrayait pas.

Une fois, elle tomba. Elle était en train de faire des flexions ; une seconde d'inattention avait suffi pour qu'elle lâche tous ses efforts, et ses jambes avaient cédées sous elle. Mais elle s'était relevée, sans avoir besoin de son Maître pour le lui dire, ni même sans croiser son regard, et elle avait repris seule, replongeant dans ses pensées - ou ses "non-pensées".

Puis elle finit par céder.

En voyant Zaïa s'écrouler, toute sa volonté s'évapora en fumée et elle tomba au sol. Elle voulu se relever lorsqu'elle vit Pan se rapprocher d'elles - Sifae ayant aussi atteint ses limites - et elle constata alors qu'elle ne pouvait plus rien bouger. Mais vraiment rien ! A peine pouvait-elle cligner des yeux... Si elle s'était forcée à continuer, elle se serait sûrement évanouie... ne se serait peut-être même plus jamais relevée ?

Heureusement qu'elle avait un mentor sur qui compter pour lui éviter de faire des bêtises...


- Voici donc votre point de rupture. Mémorisez-le bien. Ressentez tout votre corps pour vous le remémorer en toutes circonstances. C’est un point que vous ne devez plus jamais dépasser désormais. Parce qu’on va s’appliquer à le repousser, toujours plus loin. Et vous continuerez à le faire une fois votre formation terminée. Pour continuer à être fort.

Un ricanement sans joie, si faible que personne ne l'avait sûrement entendu, s'échappa de la gorge de Kham. Pouvait-on cesser d'être fort ? Et puis, qu'est-ce que ça voulait dire, être fort ? Pouvoir tenir tête aux autres, physiquement ? Mais il y avait toujours plus fort que soit, dans ce cas... Elle laissa de côté ces questions pour le moment sans réponses pour tenter de sentir, comme Pan leur avait conseillé, chacun de ses muscles. Mais la douleur avait été telle, et relâchée d'un seul coup, que la jeune femme ne sentait plus rien. Comme lorsqu'on a tellement froid qu'on ne sent plus ses doigts, même en soufflant dessus...


***


Après une longue pause d'une demie heure, durant laquelle Khamill était plus restée allongée qu'autre chose, la petite troupe repartie - enfin ! - en direction d'Ombreuses. Ses muscles encore tous chauds, la jeune femme aux cheveux bouclés n'eut aucun mal à courir, même si ses membres souffraient toujours. Physiquement, elle était épuisée, mais elle avait quand même assez récupéré et de toutes manières toute fatigue mentale s'était envolée. Ce qui était une bonne chose, parce qu'ainsi Kham se sentait en parfaite forme et prête à en découdre avec la suite du programme. Bon, c'est vrai qu'une bonne dose d'excitation rajoutait à cette bonne humeur...

Pourtant, ils ne coururent pas bien longtemps, s'arrêtant peu après être entrés dans la sombre forêt. La petite envoleuse fut presque déçue de cette halte soudaine, elle aurait bien voulu continuer encore ! Comme Zaïa, elle hésita un peu longtemps avant de se bouger pour aller chercher du bois, alors elle observa Pan monter le camp sans rien faire, sachant que toute aide aurait été à présent inutile.

Détaillant l'Envoleur, elle réalisa combien ses cornes s'accordaient en fait avec lui ; elle n'était même plus surprise de leur existence et n'y avait plus pensé depuis qu'elle avait vu l'homme pour la première fois. Loin de l'enlaidir, ni même de le rendre effrayant, elles allaient parfaitement avec son cou de taureau et sa puissante mais fine musculature, et ses cheveux d'un brun foncé ainsi que ses deux yeux d'un bleu tellement clair adoucissaient parfaitement ses traits. En fait, avec ou sans cornes, l'homme était vraiment agréable à regarder et s'il n'avait pas été son maître, elle aurait bien aimé...
Hum, reprends toi, ma vieille ! Pas de ça maintenant ! Kham cligna des yeux et esquissa un sourire sur une dernière pensée. Finalement, les cornes ne faisaient qu'intriguer un peu plus...

La jeune femme secoua ses cheveux bouclés, les percées du soleil entre les feuilles jouant avec ses mèches et les teintant d'ambre, et elle rejoignit les autres pour aider à allumer le feu. Lorsqu'après moult essais, ce fut chose faite, Pan leur désigna un vieux chêne, magnifique, dont les branches épaisses et tortueuses s'élevaient autour d'un gigantesque tronc noueux et taché de mousse.


- On va monter dans cet arbre. Le but étant évidemment que vous montiez aussi haut que possible – aussi haut que moi.

Rien de plus facile ! Après son résultat plutôt pitoyable à la course et surtout aux pompes, Khamill rayonnait de pouvoir enfin réaliser quelque chose qui était - et c'était le moins que l'on puisse dire - dans ses cordes. Elle avait escaladé les Dentelles, avait gagné une épreuve d'escalade contre deux envoleurs, alors gravir cet arbre aux prises tellement fiables, par leur épaisseur autant que par leur nombre, serait un vrai jeu d'enfant ! Sans compter les années passées à grimper le long des falaises des Grands Océans...

Pan s'élança, suivit de Zaïa, qui semblait elle aussi assez calée en escalade. Cependant, Khamill finit par la devancer, sautant presque d'une branche à l'autre, jouant avec les nœuds de l'écorce, se plaquant parfois contre les plus grosses branches, extensions du tronc, pour mieux sentir la matière rugueuse et pleine vie de l'arbre. Elle filait si vite à travers le feuillage qu'elle ne mit pas vraiment longtemps à rattraper son Maître.


- Wow !

Khamill eut le souffle coupé en apercevant la forêt qui s'étendait sans limites sous elle. A perte de vue, il n'y avait qu'un océan de verts différents, clair ou foncés, jade ou émeraude, sapin ou anis. Parfois, des oiseaux s'envolaient des feuillages, se découpant dans l'astre solaire, probablement effrayés par un prédateur inconnu. Au loin, très loin, se découpaient dans les nuages effilés ou moutonneux les plus hauts monts des Dentelles, bleu clair ou mauves.

Assise en équilibre sur ses pieds, les genoux repliés, sur une branche presque trop fine, Khamill faillit bien dégringoler toute la distance parcourue. Le cœur battant, la jeune femme s'assit sur ses fesses, les jambes pendant dans le vide, à la recherche d'un meilleur équilibre. Mais ce n'était pas seulement à cause de la beauté du paysage qu'elle avait lâché cette exclamation émerveillée ; mais surtout suite à cette folle escalade à travers les branches du vieil arbre. Prenant tous les risques possibles, elle s'était amusée à les déjouer de plus en plus facilement. Bon, elle avait bien dérapé une fois, mais... on allait pas en faire tout un plat, si ?

Néanmoins, perchée sur une des plus hautes branches d'un chêne centenaire, aux côtés de son Maître et des deux autres apprenties, Kham avait l'impression de se trouver dans une situation un peu irréaliste, comme hors du temps. Pareille à une enfant, elle balançait ses jambes dans le vide, indifférente au vertige qui aurait pu l'assaillir. Entortillant une mèche ambrée autour de son doigt, elle leva les yeux sur les dernières feuilles qui les surplombaient, puis reporta son regard gris sur Pan, interrogatrice.



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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Sam 27 Oct 2012, 18:14

Jamais Sifae ne s'était sentie aussi épuisée. Autant physiquement que moralement. Elle n'aurait jamais cru qu'un tel état pouvait exister. Et pourtant...

Grâce à son entraînement et à sa volonté, elle avait réussi à s'écrouler la dernière pendant l'épreuve des pompes. Ses bras ne la soutenant plus. Croyant en avoir fini avec leur échauffement elle s'était redressée et avait attendue la suite des évènement. Mais son nouveau maître ne le voyait pas de cet œil. Il leur demanda de faire des abdominaux, des pompes et d'autres étirements. Tant et si bien que Sifae, malgré toute sa bonne volonté, son esprit de compétition fini par tomber. Exténuée.

Ses muscles la brulait dès qu'elle voulait bouger et tout son corps lui renvoyait de la douleur. Encore et encore. Elle pouvait fermer les yeux et s'endormir directement. Mais la journée n'était pas finie...

Sifae avait son esprit qui vagabondait, essayant d'échapper à la douleur de la moindre parcelle de son corps. En y réfléchissant, elle trouvait cette douleur presque exaltante.
Le sourire carnassier qui était en elle se réveilla et commença à s'entrouvrir. Il aimait la douleur et le chaos qui régnait dans son esprit. Rien que de sentir ce sourire, Sifae sentit une douce chaleur se propager dans son ventre. Les paroles de son maître la ramena à la réalité.

- Voici donc votre point de rupture. Mémorisez-le bien. Ressentez tout votre corps pour vous le remémorer en toutes circonstances. C’est un point que vous ne devez plus jamais dépasser désormais. Parce qu’on va s’appliquer à le repousser, toujours plus loin. Et vous continuerez à le faire une fois votre formation terminée. Pour continuer à être fort.

*Je suis devenue complètement folle*, pensa t-elle. *J'ai d'autre moyen que d'atteindre mon point de rupture pour ressentir cette douce chaleur.*

Et puis, elle pensa qu'il fallait qu'elle devienne forte pour pouvoir essayer d'arrêter son sentiment de puissance. Car, en fin de compte, son sourire carnassier n'était autre que de sentir sa puissance si on y réfléchissait...

Pan se releva et attendit que les apprenties se remette de leur point de rupture. Puis, après une bonne demi-heure qui sembla à Sifae ne durer qu'une minute tellement elle avait mal et était perdue dans ses pensées il leur demanda de se relever et s'élança à travers la forêt.
Sifae se releva tant bien que mal. Tout ses muscles criait de se recoucher. Mais, elle banda sa volonté et réussi à jeter un coup d'œil aux deux autres apprenties. Elles n'avaient pas l'air d'être très... reposée non plus. Et pourtant, elles s'élancèrent avant elle. Zaïa devant, Khamill à sa suite et Sifae derrière. Elle n'aimait pas être derrière mais il en fallait bien une et elle était trop fatiguée pour faire la course. Elle suivit donc le groupe tant bien que mal, trébuchant un peu à cause de ses muscles et de son mal de tête naissant.

Elle était en train de maudire sa faiblesse quand Pan s'arrêta enfin dans la forêt.

- On s’arrête là. On va monter le camp d’abord, et après vous aurez la suite des réjouissances.

Les filles s'arrêtèrent et Sifae les regarda, un peu perdue se demandant ce qu'il fallait faire. Et qui allait faire quoi. Mais Pan, ne lui laissa pas terriblement le temps de rassembler son courage pour qu'elle demande si elle devait aller chercher du bois. Il leur montra comment monter un feu de camp rapidement puis, il se redressa et sembla chercher quelque chose des yeux. Lorsqu'il eut trouvé, il annonça la suite des réjouissances...

- On va monter dans cet arbre. Le but étant évidemment que vous montiez aussi haut que possible. Aussi haut que moi.

Sifae détailla son maître. Bizarrement, elle ne crut pas un seul instant qu'il puisse monter très haut. Non pas qu'elle le sous-estimait, mais elle était terriblement trop sûre d'elle. Pourtant, en un clin d'œil, il disparut entre les branches de l'arbre. Et quand, ce fut le tour de Sifae de monter dans l'arbre, elle dut reconnaître qu'elle avait tort. Pan avait réussi à atteindre la cime de l'arbre et il attendait que tout le monde le rejoigne. Ils n'avaient pas fait la course mais elle dut faire un effort pour accepter qu'elle n'était pas aussi forte que ça et que ses frères n'était en aucun cas de taille à affronter ne serait-ce qu'un apprenti ou un apprentie Envoleuse. Et cette pensée, lui réchauffa le cœur en pensant à ce qu'elle allait apprendre. Elle regarda son maître avec une nouvelle lueur dans le regard. Une lueur de respect et de joie.
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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Mar 30 Oct 2012, 11:49

* Pas mal *
Première pensée, quand Pan baissa les yeux tandis que Khamille arrivait près de lui, ayant probablement réussi à passer devant Zaïa durant l’ascension. La jeune fille à la chair brûlée avait donc de bonnes connaissances des arbres, de leur élasticité, de la rugosité des écorces et la manière dont les branches avaient tendance à pousser selon les espèces ? Ou bien n’étaient-ce que des instincts qu’elle n’avait pas encore formulés en lois physiques ? Après tout, peu importait. Sifae et Zaïa avaient des compétences à peu près similaires sur cet exercice, moins développées que celles de Khamill. Il allait donc falloir jouer avec cela, évidemment. Hors de question de faire comme si les trois jeunes filles étaient les mêmes : ce n’était pas le cas. Ni dans le fond, ni dans la forme.

Hochant la tête quand elles furent toutes proches de la cime et donc de lui, Pan désigna le panorama d’un revers de bras.

- Vous voyez un monde de Chaos. Partout, il règne et s’imprègne des gens, des mouvements et des actes. Le reconnaître est un premier pas. Le second est de l’accepter.

Un léger soupir franchit ses lèvres, et son regard se posa sur chacune des filles.

- Le Chaos peut apporter richesse et consécration. Il peut apporter pouvoir et domination. Mais bien plus qu’autre chose, le Chaos est la clé de la vraie liberté, celle du corps, de l’esprit et des émotions…


§§


Le Chaos est la clé de la vraie liberté, celle du corps, de l’esprit et des émotions…
Se réveillant tranquillement, Pan secoua rapidement ses apprenties au passage, raviva le feu pour faire réchauffer un peu de viande sèche, et les emmena dans une course matinale.
Pas de pitié : les filles devaient être perclues de courbatures, tout simplement parce qu’elles n’avaient pas pensé à faire quelques étirements – ou alors elles en avaient fait, mais pas assez – la veille au soir, après être redescendues de l’arbre.
Un nouveau monde s’offrait à elles, mais allaient-elles le comprendre, et saisir leur chance ?

Il ne pouvait évidemment pas le dire tout de suite. Ce voyage était leur premier voyage. Peut-être le dernier de certaines d’entre elles : après tout, il avait bien entendu que deux apprentis sur quatre, en moyenne, fuyaient cette délicieuse aventure de l’apprentissage avant que ce dernier ne soit terminé.
Enfin, il verrait bien, évidemment, et préférait ne pas y penser.
Après tout, qui vivra verra.
Ils couraient donc à une allure rythmée sans être trop rapide, sur un sentier qui serpentait dans les sous-bois d’Ombreuse. Chacun son rythme, oui, mais les filles ne semblant pas spécialement toutes très aptes à connaître leur propre rythme, Pan leur fit faire quelques exercices de respiration et d’accélération qui visaient à leur révéler à quelle allure elles seraient les plus endurantes, et donc l’allure la plus optimisée en souffle et en distance.

Une grande partie de la matinée fut entamée par ces exercices. Pan passait, et repassait. Il ne cessait de donner des astuces à ses apprenties, et avait cette légère tendance à baisser la voix quand il commençait à être agacé parce qu’elles ne le prenaient pas assez en considération. Plutôt que de crier, il murmurait, et la violence contenue dans ses murmures était bien plus intimidante que de quelconques meuglements.
Même si évidemment, il adorait meugler – c’était dans ses gênes après tout.

Ils se dirigeaient donc inéluctablement vers le Nord.
Les journées passaient, ponctuées de nouveaux exercices, toujours. Pour l’instant, Pan se concentrait surtout sur les capacités physiques, et donc musculaires de ses apprenties. Il comptait bien leur montrer comment lancer un poignard, comment tirer à l’arc ou se servir d’une épée ou d’un sabre, mais il était sans doute de la vieille école : contrôle-toi toi-même avant de vouloir ne faire qu’un avec une lame.
Ainsi, parfois il s’amusait aussi à faire apprendre des sortes de courtes chorégraphies à ses apprenties, où il mêlait parfois rapidité extrême et lenteur exagérée.

« Immobilité ou jaillissement »

Combien de fois l’avait-il répété ?
Sans doute beaucoup trop. Mais il s’évertuait à répéter encore. Les jeunes filles devaient apprendre à contrôler chacun de leurs gestes, dans une conscience parfaite de leur corps. Certes, elles changeraient avec le temps – vieillissement, musculation, largeur des hanches, souplesse… - mais au moins, elles avaient les méthodes pour prendre conscience de leur corps dans son entièreté.


§§


- Bon, ça commence à venir !

Pan venait de mettre fin à leur course matinale. Cela faisait un peu plus de dix jours que les exercices s’enchaînaient, et même si ce n’étaient jamais les mêmes, les principes fondamentaux n’évoluaient pour l’instant pas trop. Mais à la suite de cette petite course, il avait pu constater que le souffle commençait à venir, et que les jeunes filles avaient pris de la graine de leurs erreurs, comme il leur avait dit.

« Vous avez mal ? Des courbatures ? Et bien, apprenez de cette erreur : ce soir, vous ferez des étirements. C’est comme cela qu’il faut voir l’erreur, comme la source de futurs conforts… mais cela ne l’est que si on les voit, que si on les accepte et qu’on essaye de composer avec. Il ne faut jamais se foutre de ses erreurs, parce qu’elles apprennent la vie. »

Ils allaient donc pouvoir approcher un nouveau travail. De nouvelles perspectives.
Marchant tranquillement, il sortit donc de son sac quatre poignards finement ouvragés, et il en tendit un à chacune des filles, riant intérieurement de leur regard interrogateur.

- Je pense que vous êtes un peu plus à même d’aborder de nouvelles choses que lors de notre rencontre. On n’apprend pas à lancer un poignard ou à se battre alors que l’on ne connait pas ses limites, que l’on ne sait pas faire de gestes précis ou que l’on ne connait pas suffisamment le fonctionnement et les mouvements que peut faire notre corps.

Vous avez fait certains progrès, pendant ces douze jours, et donc j’estime que je peux aborder maintenant ces autres notions. Vous avez donc un poignard entre les mains – j’espère que vous savez au moins reconnaître cette arme – et je vais vous demander de jongler avec, pour commencer. Déjà vérifier que vous pouvez comprendre aussi le fonctionnement de ces petites armes tranchantes…


Pour illustrer son propos, Pan prit son propre poignard entre deux doigts et commença à jongler avec, le passant d’une main à l’autre, lui faisant faire des tours sur lui-même, le rattrapant au dernier moment, l’envoyant dans son dos…

- A vous maintenant. Et essayez de ne pas vous couper, j’ai peut-être quelques bandages, mais pas des doigts en rab…

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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Ven 09 Nov 2012, 11:15

D'un revers de la main, Pan montra la vue qui s'étendait tout autour de nous.

- Vous voyez un monde de Chaos. Partout, il règne et s'imprègne des gens, des mouvements et des actes. Le reconnaitre est un premier pas. Le second est de l'accepter.

Bien que Sifae savait qu'elle avait gouté au Chaos, elle ne savait pas le reconnaître. Elle savait juste qu'elle y avait gouté. Cette conviction était encrée au plus profond d'elle même. Tendue, elle buvait les paroles de son maître. Ecoutant avidement tout les conseils et les détails qui ferait d'elle un Envoleuse accomplie.

- Le Chaos peut apporter richesse et consécration. Il peut apporter pouvoir et domination. mais bien plus qu'autre chose, le Chaos est la clé de la vraie liberté, celle du corps, de l'esprit et des émotions...

Sifae chercha à s'approprier les mots. Elle était d'accord avec eux et c'est ainsi qu'il s'ancrèrent dans son esprit, définitivement. Elle redescendit de l'arbre, prit ses affaires et se coucha. Elle s'endormi aussitôt avec le sourire aux lèvres. Heureuse d'avoir décidée de rejoindre les Mercenaires, heureuse d'être aussi fatiguée.

Le lendemain, le réveil fut un plus rude. Après avoir mangé, voilà que leur maître partait déjà courir. La jeune fille regarda ses camarades. Elles avaient l'air autant courbaturée qu'elle. Avec un sourire de soutien aux autres filles, elle partit à la suite de Pan. Accélération, respiration, encouragement, conseil... Ils se dirigeaient vers une destination et Sifae avait hâte de savoir laquelle. Elle n'avait jamais trop su se diriger et faisait maintenant pleinement confiance à son maître.

Les journées passèrent ponctuées par des exercices toujours plus physiques, toujours plus douloureux pour ses muscles qui n'avaient pas l'habitude. Sans une pensée pour revenir en arrière Sifae suivait, heureuse. Le soir, elle s'écroulait littéralement de fatigue et n'avait pour ainsi dire pas vraiment fait la connaissance des autres filles. Quelque chose qu'elle ferait plus tard se promettait-elle. Quand elle serait moins fatiguée. Et elle s'endormait. Avec dans ses rêves les mêmes mots qui revenait dans son esprit : "immobilité ou jaillissement".
Elle se mouvait de plus en plus vite, était de plus en plus musclée, elle se sentait vivante dans tout ses membres, elle était pleinement vivante.
Un jour, après une course matinale Pan parla :

- Vous avez mal ? Des courbatures ? Et bien, apprenez de cette erreur : ce soir, vous ferez des étirements. C’est comme cela qu’il faut voir l’erreur, comme la source de futurs conforts… mais cela ne l’est que si on les voit, que si on les accepte et qu’on essaye de composer avec. Il ne faut jamais se foutre de ses erreurs, parce qu’elles apprennent la vie.

Les étirements étaient la solution contre les grimaces que les filles faisaient à chaque pas, à chaque mouvement. Pourquoi n'y avaient-elles pas pensée plus tôt ? Surement qu'elles étaient trop crevée.

Pan sortit de son sac des poignards. Une joie immense envahit les filles. Elles attendaient ça depuis leur tout premier contact. Ces poignards signifiaient beaucoup pour Sifae maintenant. Ils représentaient une nouvelle étape de leur entrainement. Etape qui signifiait qu'elles étaient plus sure d'elles-mêmes. Ce que confirma l'homme avec qui elles s'entrainaient depuis maintenant une dizaine de jours.

- Je pense que vous êtes un peu plus à même d’aborder de nouvelles choses que lors de notre rencontre. On n’apprend pas à lancer un poignard ou à se battre alors que l’on ne connait pas ses limites, que l’on ne sait pas faire de gestes précis ou que l’on ne connait pas suffisamment le fonctionnement et les mouvements que peut faire notre corps.
Vous avez fait certains progrès, pendant ces douze jours, et donc j’estime que je peux aborder maintenant ces autres notions. Vous avez donc un poignard entre les mains – j’espère que vous savez au moins reconnaître cette arme – et je vais vous demander de jongler avec, pour commencer. Déjà vérifier que vous pouvez comprendre aussi le fonctionnement de ces petites armes tranchantes…


Pan montra l'exemple. Il jonglait... à la perfection. Jouant avec le poignard comme si c'était une balle.

- A vous maintenant. Et essayez de ne pas vous couper, j’ai peut-être quelques bandages, mais pas des doigts en rab…

D'un coup, Sifae sentit que ce jeu là serait dangereux. Elle qui n'avait jamais jonglé de sa vie commençait à stresser sérieusement. Elle fit l'effort de contrôler sa respiration, se concentra, resserra sa prise sur poignard, la desserra et commença à jongler.
Enfin, si on pouvait appeler ça jongler. Elle lança son poignard, analysa où il fallait le reprendre, tendit la main et, prise d'une soudaine peur, retira sa main. Le poignard s'enfonça dans l'humus. Sifae se baissa et ramassa l'arme puis recommença jusqu'a pouvoir faire plusieurs jonglage. Sa méfiance envers la lame s'évanouissant peu à peu...


Dernière édition par Sifae Silistanrë le Sam 10 Nov 2012, 18:30, édité 1 fois
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Khamill Norwël
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Sam 10 Nov 2012, 15:30

- Vous voyez un monde de Chaos. Partout, il règne et s’imprègne des gens, des mouvements et des actes. Le reconnaître est un premier pas. Le second est de l’accepter. Le Chaos peut apporter richesse et consécration. Il peut apporter pouvoir et domination. Mais bien plus qu’autre chose, le Chaos est la clé de la vraie liberté, celle du corps, de l’esprit et des émotions…

Kham hocha doucement la tête, observant le paysage infini au dessous d'elle, autour, partout. Pour l'instant, elle pensait être d'accord avec son Maître, même si elle se fichait éperdument autant de la richesse que du pouvoir. Dominer les autres ne l'avait jamais en rien attirée, et elle ne voyait pas ce que l'argent pouvait lui apporter – puisque Pan semblait bien parler d'argent, en évoquant la richesse, à moins qu'elle ne se fourvoie. Elle recherchait par contre la « vraie liberté », comme disait l'homme, une liberté entière, une liberté qui la ferait oublier, une liberté qui ferait d'elle une autre. Dit comme ça, c'était un peu con con, mais c'était bien ce qu'elle voulait...


***



La jeune femme sursauta sous sa couverture lorsque Pan vînt la réveiller, croyant se trouver à Al-Jeit. Elle avait passé une nuit étrange, parcourue de rêves cauchemardesques, lui rappelant toujours les années passées à la ville capitale. Des rêves faits seulement d'images floues, surtout d'impressions et de sensations. Kham n'était parvenue à s'endormir qu'au matin, et ses seules trois heures de sommeil se firent bien ressentir durant sa course fatiguée, surtout qu'elle avait complètement oublié de faire des étirements la veille au soir.

La journée commençait mal, donc.

Et Khamill se montra de mauvaise humeur.

Heureusement, ses pensées s'apaisèrent durant la course, les courbatures étant assez fortes pour qu'elle puisse se concentrer uniquement sur elles. Elle essayait également d'observer Ombreuse, tout autour, effrayée comme attirée par la noirceur constante de la forêt, par ses enchevêtrements de lianes et ses cris de bêtes inconnues. Lorsque Pan leur montra des exercices d'endurance et de souffle, elle s'y employa du mieux – ou presque – qu'elle put, observant toujours du coin de l’œil les autres apprenties et les réactions de leur Maître. Les trois filles avançaient toujours à peu près au même rythme, et la compétition n'était pas encore très présente entre elles.

Les jours passaient de plus en plus vite, rythmés uniquement par les exercices, de plus en plus élaborés et fatigants. Khamill se sentait devenir plus souple et plus endurante au fil du temps, tout comme Sifae et Zaïa. Entre elles, elles ne parlaient pas beaucoup, et ça lui allait très bien ; pourtant elle n'aimait pas trop l'ambiance légèrement tendue qui pouvait se faire sentir. Heureusement, Pan parlait souvent, conseillant sans cesse, expliquant, proposant de nouveaux défis. Kham commençait également à le connaître un peu mieux au niveau du caractère, même si elle se posait toujours des questions sur ses origines et son passé. Par contre, elle réalisait qu'après plus d'une semaine passée aux côtés des apprenties, elle ne savait toujours presque rien d'elles.

Alors elle feignait d'ignorer, ne s'en occupant pas plus que cela...



***



« Immobilité ou jaillissement »

Les mêmes mots revenaient, toujours. Au début, Khamill se sentit un peu ridicule en s'essayant aux chorégraphies que Pan leur demandait d'effectuer, puis elle s'y habitua, ne protestant plus. De toutes manières, la voix et les regards de son mentor l'avaient rapidement dissuadée de protester, et elle avait très vite cessé de bougonner en permanence ou de faire des reproches, se claquemurant dans un profond silence. Du coup, elle ne posait pas beaucoup de questions, les réservant pour plus tard.

Elle avait trop de fierté en elle pour ça...

Alors, oui, même si elle aimait les défis que l'homme leur lançait sans cesse, même si elle le trouvait vraiment bon en tant que Maître, elle lui faisait parfois la gueule.

… Bon, d'accord, souvent.

Parce qu'elle n'avait pas envie de la fermer, justement, sa gueule, mais qu'elle n'avait pas le choix. Alors elle fonctionna comme elle avait toujours fait : par les yeux. Elle le foudroyait du regard, mais se taisait. Lui semblait s'en fiche éperdument, elle le savait, et elle savait qu'elle était complètement ridicule. Mais elle persistait, tout simplement car elle ne voulait pas se l'avouer...

Finalement, entre deux apprenties qu'elle ignorait au point de ne jamais leur adresser la parole et un Maître à qui elle pensait en vouloir continuellement, on ne peut pas dire que sa vie sociale avançait beaucoup...

Mais elle restait.

Et elle faisait ses échauffements tous les soirs, désormais.



***



Et puis, le douzième jour arriva. Ils avaient vraiment bien avancés, Ombreuse se trouvant à présent très loin derrière eux. Et devant se découpaient de manière encore peu distincte les contours de ce que la jeune femme supposa être les Chaînes du Poll. Logique, puisque le froid se faisait de plus en plus ressentir... Une fois n'est pas coutume, une lueur de vif intérêt s'alluma dans le regard d'acier de Kham lorsqu'elle vit leur mentor sortir quatre poignards de son sac. A ses côtés, elle sentit Zaïa et Sifae frémir de joie. Elle n'était pas la seule impatiente de commencer vraiment l'apprentissage du combat !

Saisissant avec soin le poignard que Pan lui tendait, elle l'observa attentivement tout en écoutant les propos de l'homme. «
Joli », apprécia-t-elle en pensée. Elle avait déjà son propre poignard, que Clarence lui avait offert, mais elle trouvait intéressant d'en expérimenter un autre. Elle regarda ensuite comment Pan jonglait avec le sien, le maniant avec une extrême souplesse et une grande dextérité – et fut bien obligée de reconnaître l'admiration que suscitaient ces prouesses. Bon, elle avait quand même l'impression de sentir leur Maître savourer pleinement cette admiration qu'il lisait dans leurs regards, mais c'était bien obligé, après tout. Ou peut-être qu'elle se faisait des idées... elle en doutait cependant...

- A vous maintenant. Et essayez de ne pas vous couper, j’ai peut-être quelques bandages, mais pas des doigts en rab…

Ignorant l'air moqueur de l'homme, Kham commença d'abord par soupeser l'arme, comme Clarence lui avait appris, puis elle s'essaya à le lancer en l'air pour le rattraper, suivant l'exemple de Sifae. Tout comme la jeune apprentie, elle avait peur, peur de se recevoir la lame sur la main ou même sur le bras, peur même de se couper un doigt, comme l'avait si bien souligné Pan... Mais elle avait déjà pratiqué ce genre d'exercice plusieurs fois en compagnie de son « mercenaire sauveur » et durant son voyage jusqu'au Domaine. Et, oui, elle s'était déjà fait mal, plusieurs fois. Mais après tout, la douleur physique empêchait de penser à autre chose...

Au début, l'arme tombait au sol, la lame s'enfonçait dans la terre. Puis la jeune femme retrouva ses quelques réflexes, et elle parvint à rattraper le poignard par le manche, d'abord maladroitement, puis de plus en plus assurément. Plusieurs petites égratignures s'ajoutèrent cependant à celles déjà présentes sur sa paume et son poignet, mais elles n'étaient pas importantes et ne saignaient que très peu. Durant une dizaine de minutes, Kham gagna lentement en dextérité et en assurance. Elle gagna même tellement d'assurance qu'en tentant de faire passer la lame dans son dos comme Pan, elle déchira sa chemise à l'épaule, laissant un trait de feu sur sa peau et manquant de dévoiler l’Étoile. Serrant les dents, elle stoppa un instant l'exercice, se dirigeant vers le sac de Pan afin de prendre un bandage. La blessure était vraiment superficielle, mais davantage de sang s'en dégageait que de ses petites égratignures aux mains, et la jeune femme préférait éviter de tacher de trop sa chemise...




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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Mar 27 Nov 2012, 21:53

Un frisson parcourut l’échine de Zaïa alors assise sur une branche, les deux pieds se balançant dans le vide. Son maître venait de parler et ce qu’il avait dit était la définition pure du Chaos tel qu’elle le voyait en ce moment. La jeune fille regarda les deux autres apprenties, elles semblaient toutes aussi touchées et en accord avec ces paroles qu’elle. Elle sentit un étrange lien la rapprocher de ces deux nouvelles compagnonnes, comme si elle partageait quelque chose avec elle. Mais c’était à peine si elle le réalisait. Cependant, il y avait vraiment quelque chose de différent avec ces deux filles… Elles sortaient de cette norme médiocre et indifférente. A leur manière.

- - -
Quelque chose la tira du sommeil.

En ouvrant à demi un œil, Zaïa se rendit compte qu’il ne s’agissait pas d’une chose mais d’une personne qui se permettait d’interrompre son sommeil ; et ce n’était autre que Pan. A ce moment, elle aurait bien lancé, sans la moindre gêne, l’une de ces injures permettant de faire comprendre qu’on est dérangé dans un instant privilégié mais se retint. Parce qu’elle restait encore sur sa réserve et parce que son maître était déjà en train de déjeuner. En d’autres termes, il fallait suivre le rythme et sans attendre.

Zaïa se mordit la lèvre inférieure. Non seulement, elle souffrait le martyre à cause de la journée particulièrement harassante qu’elle avait vécu hier mais en plus, elle n’aimait pas trop ça, la course. Enfin, ce n’est pas tant qu’elle n’aimait pas, c’est que c’était loin d’être son point fort donc, disons qu’elle préférait d’autres activités…

Sifae lança un regard amical aux deux jeunes filles avant de s’élancer. La jeune brune ne se décida à le lui rendre que trop tard et l’autre brune du groupe ne vit donc pas l'effort qu'avait fait Zaïa pour être sociable. Elle détourna la tête et se renfrogna.

- - -
Ce matin-ci, elle s’essouffla particulièrement vite. Pan pris donc le temps d’expliquer à chacune comment trouver son rythme, comment économiser son souffle mais Zaïa n’en faisait qu’à sa tête, elle voulait essayer de s’en sortir toute seule. Chose qu’elle savait au fond d’elle-même totalement absurde puisqu’elle n’y connaissait rien dans ce domaine. Juste son fichu caractère qui faisait des siennes.

Son maître montrait des signes d’impatience mais la jeune fille n’en tenait pas compte. A vrai dire, elle devait s’avouer assez impressionnée par la force que mettait ce dernier dans de simples murmures et était presque tentée de continuer à faire n’importe quoi rien que pour l’énerver et voir jusqu’où cela mènerait. Pour tout dire, elle le fit un peu ! Mais cet ‘’amusement’’ passager permit de dissiper sa bouderie matinale et laissa la place à un désir ardent. Celui d’apprendre. Elle commença ainsi à appliquer tous les bons conseils de Pan et, sans surprise, sa respiration se fit moins difficile et elle se fatiguait moins vite. Mais le mal était fait et elle avait attrapé une belle crampe au cours de l’exercice ; le soir ses courbatures ne furent jamais aussi douloureuses ; et elle s’était littéralement effondrée sur sa couverture après avoir avalé son dîner. Bon, ne suffisait plus qu’à arrêter d’agir de façon irraisonnée ou gamine pour les fois prochaines.

Et les fois prochaines, il y en eu !

Les premiers jours ce voyage -car ils se dirigeaient inéluctablement vers une destination encore inconnue à Zaïa- furent épuisants pour la jeune fille. Elle essayait de mettre tout son cœur, sa force et sa volonté dans les exercices que lui demandait, à elle, Khamil et Sifae, leur maître. Quelque soit son état d’esprit ou son énergie, elle avait confirmé qu’elle avait besoin de Pan pour progresser et ainsi l’écoutait attentivement et s’appliquait du mieux qu’elle pouvait. Elle sentait qu’elle l’avait un peu énervé l’autre jour et souhaitait se tenir à carreaux à présent. Ou du moins pour le moment…

Pan.

Au fur et à mesure que les jours passaient, Zaïa s’habituait à cette présence masculine qu’elle avait un peu crainte au début. Mais il n’était pas comme tous ces hommes qu’elle avait connu dans son village. Non, car déjà, il n’était pas un homme. Pour tout dire, elle n’en était pas sûre mais elle en avait décidé ainsi pour le moment. Quand même ! Avait-on déjà vu un homme avec des cornes ? Et puis… Ce n’était pas un être ordinaire : il était un Envoleur ! Ainsi, la benjamine du groupe se faisait étrangement à l’idée qu’elle passerait un bon nombre de mois en sa compagnie.

- - -

« Immobilité ou jaillissement ». Très souvent répétées par Pan. Ces mots ne cessaient de résonner dans la tête de Zaïa tellement elle les entendait ! Mais certainement ne cessait-il de les répéter car les trois jeunes apprenties n’arrivaient pas aux résultats escomptés. En effet, si Zaïa réussissait plutôt bien les séries gestuelles très lentes, elle s’embrouillait parfois dans les rapides.

Mais les jours filaient. Et Zaïa sentait qu’elle s’améliorait. Déjà, les courbatures s’estompaient car elle pratiquait désormais tous les soirs ses étirements, ce qui lui permettait de mieux réussir les exercices, des muscles dont elle avait ignoré l’existence jusque là commençaient à se dessiner et sa respiration –traitre de point faible !- s’améliorait… Pleins de changements se faisaient. Plus ou moins vite mais sûrement. Et cela enchantait Zaïa !

- - -

- Bon, ca commence à venir !

Ce fut au bout d’une dizaine de jours que Pan leur avait annoncé cela. Ils venaient de finir leur, maintenant habituelle, course matinale et Zaïa était toute particulièrement contente de son travail : aucune baisse de régime ou de souffle à déclarer, seul lui manquait un rythme plus soutenu maintenant ! Mais cela viendrait, elle serait patiente.

Pan sortit quatre poignards de son sac. Zaïa écarquilla d’abord les yeux, surprise, puis ne put réprimer le sourire qui se dessinait sur ses lèvres. Qu’elle avait attendu ce moment ! Elle jeta un coup d’œil aux deux filles toute aussi heureuses qu’elle à ses côtés et voulu partager sa joie.

Mais elle ne les connaissait pas assez pour cela.

Son sourire s’effaça un peu. Si elle n’avait pas eu particulièrement envie ou pris le temps de faire leur connaissance, maintenant Zaïa était prête, ouverte à…leur parler. Oui, pour débuter c’était suffisant.

Après quelques explications, Pan leur fit une démonstration avec son poignard. Le moins qu’on pouvait dire était qu’il était doué ! A son tour maintenant de montrer ce qu’elle pouvait faire. Elle fixa l’arme qu’elle tenait entre ses doigts ; le poids était plus léger que celui des couteaux qu’elle avait pu employer auparavant. Il faudrait en tenir compte. Une fois trouvé, elle apprécia le point d’équilibre du poignard puis commença. Elle le passa d’une main à l’autre d’abord très prudemment. Peut–être trop. Mais elle ne souhaitait pas se blesser comme les avait prévenu Pan. Puis lorsqu’elle fut accoutumée au poids, dimensions et fluidité de mouvements de ce dernier, elle tenta des acrobaties plus périlleuses. Elle le lançait en hauteur, le rattrapait sans faute, le relançait aussitôt, le faisait tourner dans ses mains, dans les airs… Tout ça sans se couper.

Bon, ses exploits n’étaient pas aussi impressionnants pour sûr, que ceux de son maître mais étaient plutôt encourageants à son goût. Mais ce n’était pas son avis qui comptait…

Au bout d’un moment, elle aperçue du coin de l’œil Khamil partir soudainement vers le sac de Pan. S’était-elle blessée ?

Sa concentration ne fût déstabilisée que de quelques instants mais cela suffit. Bien qu’elle ait écarté sa main, la lame traça une fine ligne pourpre irrégulière le long de sa main. Zaïa observa l’état de cette dernière; elle avait connue pire mais jugea préférable de la panser malgré tout. Elle ne voulait pas attraper une infection.

Elle s’approcha de Khamil et lui lança un sourire léger. Un peu maladroit et gêné : elles étaient toutes les deux dans la même situation. Elle sentit cependant que sa présence n’était pas opportune. Aucunement. Elle se dépêcha donc de soigner sa main puis repartie à son entraînement.

Ce n’est que quelques instants plus tard qu’une image lui revint en tête. Khamil semblait avoir voulu cacher quelque chose… Mais de quoi s’agissait-il déjà ?

Impossible de s’en rappeler.
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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Jeu 29 Nov 2012, 13:29

Un léger sourire s’empara des lèvres de Pan quand ce dernier s’écarta pour laisser la place à ses trois apprenties.
Elles semblaient toutes les trois très heureuses de pouvoir changer de thème d’apprentissage, même si globalement cela restait du même ordre. Simplement, un nouvel exercice exacerbait leurs sens et flattait aussi leur égo, il en avait parfaitement conscience.

Elles se saisirent rapidement des poignards qu’il leur tendait, pour se mettre à les apprivoiser, chacune à son rythme et à sa manière.
D’un coup d’œil, Pan jaugea les trois jeunes filles et leurs antécédents par rapport à des lames.

Sifae était très contente de pouvoir en tenir une dans sa main, mais ne semblait pas du tout à l’aise avec les jongles. Peut-être qu’elle n’avait pas l’habitude de se servir d’armes tranchantes ? Elle restait très prudente avec sa lame, mais s’y faisait doucement, et se l’appropriait lentement mais surement.

Khamill avait déjà un poignard à sa ceinture, aussi Pan devina qu’elle avait déjà manié une telle arme. Elle le soupesa quelques instants, s’appropriant son centre de gravité, avant de commencer à jongler. Si ses premiers gestes étaient hésitants, elle prit rapidement de l’assurance, allant jusqu’à jeter aux orties toute méfiance et se blessa à cause de cela, dans le dos – trop téméraire. Pan hocha légèrement la tête quand elle se dirigea vers le sac, avec le nécessaire, mais à cet instant précis, Zaïa se blessa à son tour.

La dernière jeune fille avait pris elle aussi de l’assurance, tout comme Khamill, et avait récolté de multiples entailles sur les mains sans s’en formaliser, mais la dernière était un peu plus profonde et saignait plus que les précédentes, aussi se dirigea-t-elle elle aussi vers le sac pour panser ses blessures.

Souriant tranquillement à Sifae, Pan hocha légèrement la tête.

- On dirait que Sifae, tu es la grande survivante de l’aventure ! Prendre de l’assurance, c’est bien, mais se surestimer, c’est le meilleur moyen de tomber au plus bas. Un brin de méfiance est toujours de mise, surtout quand vous jouez avec des lames si aiguisées, et que vous savez que c’est la première fois. Les réflexes ne sont pas encore terribles, mais on va améliorer tout ça.

Se dirigeant à grands pas vers le sac, il saisit le bandage avant que Zaïa ou Khamill ne s’en entortillassent, et leur adressa un léger clin d’œil.

- Ca saigne mais pas beaucoup. Khamill, pas besoin de points de suture, et attends, je vais te mettre de la pommade cicatrisante, sinon tu vas me la gâcher. Et apparemment, on en aura besoin. Zaïa, pas de bandage non plus, tu as juste à pomper le sang jusqu’à ce que tes plaquettes arrêtent d’elles-mêmes le flux. Le dos de la main ne saigne pas trop, ça sera vite fini.

Il étala donc rapidement la crème dans le dos de Khamill, tandis que Zaïa attendait que le flux de sang se tarît. Puis, se redressant, il leur demanda d’attraper à nouveau leur poignard, un sourire dans le coin des lèvres et le creux de la joue.

- Bon, c’est à retravailler autrement, ces jongles. On va passer à autre chose, d’un peu moins dangereux. Le lancer de couteau.

Prenant son propre couteau à la ceinture, Pan le vit basculer entre ses doigts, et le lança promptement. La lame siffla dans l’air, et il tourna la tête à l’exact moment où elle s’enfonça dans le sol, à une demi-douzaine de mètres de là. Se redressant, il alla chercher sa lame et traça un cercle d’un mètre de diamètre autour de son point d’impact – grâce à la lame – et revint vers les jeunes filles.

- Chacune votre tour, vous allez lancer votre poignard. Quand les trois sont lancés, vous allez les chercher, et vous recommencez. On commence par apprendre à connaître la trajectoire, je ne vous demande pas de faire tourner votre poignard en l’air. On verra la technique plus tard. Le but, c’est qu’il se plante dans le cercle, évidemment.

Un léger sourire sur les lèvres, Pan recula de quelques pas pour laisser désormais la place aux apprenties, et à leurs tirs.
Il ne les arrêterait que lorsqu’elles en auraient mal aux bras…

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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Sam 15 Déc 2012, 16:25

Zaïa aussi s'était blessée ; mais de manière plus superficielle cependant, bien que la blessure de Khamill n'était pas bien grave non plus. Lorsque la jeune brune s'avança vers elle pour prendre elle aussi des bandages, Kham aperçut son sourire un peu gêné. La jeune femme voulu d'abord l'ignorer, mais elle se dit qu'elle n'avait pas le droit de faire tout le temps comme si les deux autres apprenties n'étaient pas là, et elle rendit rapidement un coin de sourire à Zaïa, de façon un peu maladroite.

Khamill commença à fouiller dans le sac de Pan, cherchant ce qu'il contenait qui pourrait la soigner un minimum, et Zaïa allait se saisir des bandages, lorsque Pan les arrêta d'une phrase. Il s'adressait à Sifae et non à elles, mais les deux jeunes femmes savaient qu'il n'en aurait pas terminé et elles attendirent la suite. Surtout que la morale contenue dans la réplique était surtout valables pour elles deux...
"Prendre de l’assurance, c’est bien, mais se surestimer, c’est le meilleur moyen de tomber au plus bas. Un brin de méfiance est toujours de mise, surtout quand vous jouez avec des lames si aiguisées, et que vous savez que c’est la première fois. " Ce n'est pas la première fois, pensa aussitôt Khamill. Mais elle savait qu'elle avait toujours tendance à chercher la petite bête et préféra se taire, surtout que Pan avait sûrement remarqué qu'elle avait déjà un poignard à la ceinture... Et puis la remarque ne s'adressait pas uniquement à elle, il fallait en prendre compte...

Leur mentor avança ensuite jusqu'au sac, saisissant le bandage, leur ôtant la possibilité de l'utiliser.


- Ça saigne mais pas beaucoup. Khamill, pas besoin de points de suture, et attends, je vais te mettre de la pommade cicatrisante, sinon tu vas me la gâcher. Et apparemment, on en aura besoin.

La jeune femme lui lança un regard noir. Comme si elle ne savait pas utiliser la pommade toute seule ! Cependant, Pan ne parut pas le remarquer, s'adressant aussitôt à Zaïa. Cette dernière s'empressa de suivre le conseil qu'il lui donna ; et l'homme saisit donc la pommade pour en appliquer sur le haut du dos de Kham. Elle lâcha un léger grognement, voulant protester : elle ne souhaitait absolument pas qu'il vît sa marque au fer rouge ! Mais il avait déjà commencé à mettre l'onguent, et Khamill pria pour qu'il ne remarque rien. En même temps, l’Étoile était sur le devant de l'épaule, de l'autre côté de la blessure donc ; l'Envoleur n'allait sans doute pas la voir. Sur cette pensée, la jeune femme respira. Il fallait qu'elle cesse d'être aussi parano ! Puis, sentant les mains de Pan sur sa peau, elle ne put s'empêcher de savourer ce simple contact... en espérant que, hum, son Maître ne remarquerait pas le frisson qui la parcourut à ce moment-là...

Presque à regret, elle sentit l'Envoleur se redresser. Après avoir réajusté correctement sa chemise, l'apprentie récupéra son poignard.


- Bon, c’est à retravailler autrement, ces jongles. On va passer à autre chose, d’un peu moins dangereux. Le lancer de couteau.

Soulignant ses propos, leur Maître leur montra comment lancer l'arme, qui atterrit quelques mètres plus loin, puis il définit une zone à atteindre à l'aide de la lame. Après avoir écouté ses consignes, les trois apprenties se mirent en place. Khamill commença. Ça aussi, elle l'avait déjà fait avec Clarence. Mais on ne pouvait pas dire que la distance était son truc. Au contraire... Enfin, c'était toujours mieux que les étirements qui duraient trois heures ou la course interminable... Se remémorant les conseils du mercenaire, puis revoyant le geste de Pan, la jeune femme visa le cercle du regard avant de lancer l'arme. Elle continua à la suivre du regard, jusqu'à ce qu'elle se plante au bord du cercle – mais à l'intérieur – du côté le plus proche d'elle.

Elle observa ensuite Sifae et Zaïa s'essayer à leur tour au lancer de poignard, puis chacune alla chercher son arme, avant de recommencer, inlassablement. Au second essai, celle de Kham se planta de l'autre côté du cercle ; cette fois, elle avait visé trop loin. Au troisième essai, la lame atterrit à peu près au milieu, et ainsi de suite. Le plus souvent, la jeune femme atteignait le cercle, même si quelques fois le poignard allait se planter en dehors, mais jamais vraiment trop loin du cercle lui-même. Au début, elle observait les résultats des autres filles avec autant d'attention que les siens, mais au fur et à mesure, elle se concentra d'avantage sur leurs positions et leurs gestes de départ.

Dans l'ensemble, elle était vraiment contente d'elle, parce qu'elle ne pensait pas y arriver si vite ; mais elle savait que Pan ne leur avait montré que le plus simple pour le moment. Au bout d'un certain temps, elle commença d'ailleurs à sentir des élancements dans le bras et le cou, d'abord superflus, puis de plus en plus fortement. A la fin, son bras ne parvenait plus à suivre la trajectoire qu'elle se fixait ; elle préféra faire une pause un moment, attendant les remarques de son mentor. Surtout que les deux autres ne paraissaient pas dans un meilleur état...





[Désolée pour cette réponse pas super...]

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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Mar 18 Déc 2012, 18:25

Le couteau tournoya dans les airs un court instant puis vint se planter à six ou sept mètres devant le groupe. Pan s’en alla chercher son arme puis traça un cercle autour de l’endroit où cette dernière avait atterri.

- Chacune votre tour, vous allez lancer votre poignard. Quand les trois sont lancés, vous allez les chercher, et vous recommencez. On commence par apprendre à connaître la trajectoire, je ne vous demande pas de faire tourner votre poignard en l’air. On verra la technique plus tard. Le but, c’est qu’il se plante dans le cercle, évidemment.

Zaïa ne réagit pas, respiration retenue. Surprise.

Alors l’exercice de lancer de couteau qu’elle attendait depuis si longtemps consisterait à… Planter un couteau dans le sol ? Ce n’était pas que Zaïa trouvait cela tellement simple que s’en pourrait être risible. Non. Il s’agissait presque du contraire. Si elle n’avait pas autant d’orgueil pour le nier.

Le problème ne venait pas particulièrement du maniement du poignard -bien que les remarques de son maître l’aient refroidi ; elle avait tenté par plusieurs moyens de se convaincre que ces paroles ne lui étaient pas vraiment adressées mais elle avait du se rendre à l’évidence. Oui, il avait raison.

Un petit peu.

….Un petit peu, beaucoup.

….Bon d’accord : Il avait raison, point !

La jeune fille secoua la tête. Autant elle avait du mal à mentir aux personnes qui l’entouraient autant lorsqu’il s’agissait d’elle-même, cela était une toute autre affaire !

Non. Le souci n’était pas son manque d’expérience avec une lame courte mais plutôt le fait qu’elle ait toujours tiré sur des cibles verticales et non horizontales. C’était une première pour elle. Pourtant ça lui paraissait comme évident, comme la base du lancer maintenant mais… Il semblait qu’elle devait faire face à un nouveau défi !

Khamill s’élança la première. La jeune brune regarda ses gestes puis l’endroit où atterri sa lame. Pas mal pour un premier lancer. Elle regarda l’arme entre ses doigts puis avança d’un pas, montrant qu’elle souhaitait essayer à son tour. Bon, ce ne devait pas être si différent dans le fond. Elle ré-évalua la distance, leva lentement le bras et le balança souplement et rapidement vers l’avant.

Trop loin. Bien trop! Mais s’il y avait un point positif à retenir, c’était que le poignard était planté pile dans le bon rayon. Et qu’il avait tournoyé comme celui de Pan. Ne restait plus qu’à réduire la distance.

L’écart, d’abord par rapport au cercle puis par rapport au centre se réduisit de manière constante au fur et à mesure des lancers qui suivirent. Ce qui était une bonne chose dans le fond, mais cela n’était pas suffisant pour Zaïa : elle voulait planter son couteau, ne serait-ce qu’une fois, au centre même de ce cercle.

Les fois suivantes, elle passa la dernière. A chaque fois. Elle observait bien Sifae et Khamill. Cherchait à trouver leurs points forts et leurs défauts. Pourquoi la lame n’atterrissait-elle pas au milieu ou pourquoi –au contraire- elle y arrivait. Puis elle tenta ce même exercice sur elle-même.

Jusqu’à ce moment.

Cette petite victoire.

Sa lame s’était plantée à quelques millimètres près de l’endroit où avait atterri celle de Pan déjà un bon moment auparavant. Zaïa esquissa un sourire. Satisfaite.

Néanmoins cette fierté fut l’une des rares lors de cette séance car après, son épaule commença à la faire souffrir, puis sa nuque et son poignet. Ca chauffait, brûlait, démangeait. Mais la jeune fille ne voulait pas s’arrêter. Pas tant qu’elle n’aurait pas replanté ce couteau au centre ! Elle se rendait compte qu'on lui demandait avant tout de suivre une trajectoire et de planter le poignard dans le cercle néanmoins elle s'était implanté cette idée dans son cerveau et était en train de s'entêter avec. Mais ses capacités physiques s’affaiblissaient ; la lame commençait à sortir du cercle par instants : l’exercice se corsait.

Après avoir lancé pour une énième fois son couteau, la jeune fille vit que Khamill souhaitait faire une pause. Elle jeta un coup d’œil à leur maître pour voir sa réaction. Leur accorderait-il quelques instants de répit ne serait-ce que pour faire disparaître cette crampe qui apparaissait au niveau de son trapèze droit?
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Dim 27 Jan 2013, 18:48

- On dirait que Sifae, tu es la grande survivante de l’aventure ! Prendre de l’assurance, c’est bien, mais se surestimer, c’est le meilleur moyen de tomber au plus bas. Un brin de méfiance est toujours de mise, surtout quand vous jouez avec des lames si aiguisées, et que vous savez que c’est la première fois. Les réflexes ne sont pas encore terribles, mais on va améliorer tout ça.

Sifae prit ça pour un compliment mais ne se laissa pas déconcentrer. Elle fouilla dans sa mémoire pour pouvoir intégrer cette leçon. Qui sait si elle n'en aurait pas besoin un jour ? Pan alla soigner les filles qui s'étaient blessée. Khamill était atteinte à l'épaule tandis que Zaïa saignait de la main. Une fois les bandages posé, il se retourna pour changer d'exercice. Le lancer de couteau. Laissant les armes tomber une à une à terre, Sifae se dépêcha de regarder Pan qui montrait aux apprenties comment faire. Puis il dessina à l'aide de sa lame la zone qu'il fallait atteindre.

Sifae était bien plus à l'aise au lancer qu'au jongle. Elle s'y entrainait parfois à ses heures perdues dans sa foret... Les souvenirs remontèrent à la surface mais Sifae secoua la tête. Le moment était trop intéressant pour pouvoir rêvasser. Pourtant, Sifae était exténuée. Et les autres n'avaient pas meilleure mine. Cet entrainement était aussi dur physiquement que mentalement. Mais Sifae résistait encore et encore. Elle faisait jouer sa volonté, en se disant que son corps finirai par s'y habituer et qu'ainsi, elle en ressortirait bien plus endurante.

Khamill commença à lancer jusqu'à ce que la lame atteigne la cible improvisée. Puis ce fut au tour de Zaïa et enfin, Sifae se positionna comme Pan et les filles l'avaient fait avant elle. Elle vida son esprit, se concentra sur la zone et lança le couteau. La lame atterrit dans le cercle. Pourtant, les autres essai ne furent pas aussi concluant. Elle ratait encore beaucoup de fois la cible. Sans se décourager, Sifae continuait inlassablement malgré certaines douleurs qui commençaient à apparaître...


[Désolée pour cette courte réponse et pour le temps que j'ai mis pour la faire... ]
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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Groupe Wolld - Cours n°1   Lun 28 Jan 2013, 18:34

La tension qui s’était logée dans les deux épaules de Khamill quand Pan lui passa la pommade lui mirent la puce à l’oreille. Elle voulait lui cacher quelque chose. Mais se rendait-elle compte qu’elle ne pourrait pas le faire longtemps ? Il ne l’obligea pas à faire quoi que ce soit, mais savait pertinemment que ce qu’elle tentait de garder pour elle allait éclater un jour ou l’autre. Mais pas besoin de lui mettre la pression immédiatement.

L’exercice suivant, le lancer de poignard, sembla mieux leur convenir – en tout cas, elles ne se blessèrent plus. Les trois jeunes filles semblaient plus à l’aise, et Pan les laissa évoluer tranquillement jusqu’à ce qu’il vît sur leur visage la fatigue qui commençait à réellement étirer leurs traits. Alors, seulement, il les arrêta et alla chercher son propre poignard.

- C’est pas mal, pour une première de cet exercice avec moi. J’ai l’impression que certaines d’entre vous se sont déjà amusées avec un poignard – en tout cas pour le lancer. Un sourire étira les lèvres de Pan, qui se redressa en finissant de ranger les affaires qu’elles avaient sorties de son sac, et ajouta : Allez, on repart. Il nous reste une petite heure avant que le soleil ne se couche, on court.


§§



Le soleil était en train de disparaître à l’horizon quand Pan bifurqua soudainement sur la droite, et s’enfonça sur un petit sentier dans les bois. Mais au bout d’une dizaine de mètres, une grande maison s’étira devant ses yeux, et la lumière chaleureuse que l’on pouvait voir filtrer par les fenêtres attirait les voyageurs.
En réalité, c’était une auberge. La première depuis le début de leur voyage… Un bon plat chaud, un bon lit moelleux, Pan était presque certain que cela ferait plaisir aux trois jeunes filles qui l’accompagnaient !

Le lendemain matin, ils repartirent aux aurores, alors que le soleil se levait à peine.
Pan ne lésigna pas sur les exercices, introduisant désormais le poignard dans tout type de mouvements, pour permettre aux jeunes filles de s’y habituer et de le sentir comme une extension d’elles-mêmes. C’était le but ultime de toute arme, après tout, de devenir une extension pure de la volonté de leur porteur. La suite de leur bras, de leurs doigts, de leurs mouvements tous entiers.

Ils continuèrent ainsi une dizaine de jours, encore. Peut-être un peu plus.
Le froid tombait sûrement sur Gwendalavir, et alors que la neige faisait sa première entrée en matière, ils longeaient le Pollimage du côté de la rive Ouest. Il n’y avait plus d’auberges pour s’abriter, quand on passait la frontière des Plateaux d’Astariul, aussi Pan expliqua et mit en œuvre d’apprendre aux jeunes filles à faire des feux efficaces pour la nuit, et que cela permette de les réchauffer. Le manteau cotonneux et glacé qu’avaient revêtu les plaines était magnifique, mais terriblement traitre.

Enfin, alors que le soleil atteignait doucement son zénith derrière les nuages blancs, la silhouette de l’entrée de la ville d’Al-Poll se découpa devant eux. Et Pan avait bien l’intention de passer par la ville quelques jours, histoire de voir les trois jeunes filles dans des environnements divers et variés. Cela allait être drôle !


§§



- Bon, pour ce soir je vous accorde un peu de repos… Pas de soirée libre, non, simplement le droit de manger un repas chaud avec moi et de dormir dans un vrai lit ! Demain, nous nous levons tôt.

Comme à son habitude, Pan s’était installé dans un coin de l’auberge.
Il entendait encore son Maître Envoleur lui dire que le mur était un ami bien versatile, car il bloquait les arrières. Sauf qu’avec ses cornes, l’Envoleur avait plutôt tendance à faire fuir tout humain normalement constitué, de peur. Alors, et bien il les cachait dans les endroits un peu plus sombres, histoire de ne pas attirer l’attention.

Et alors que le délicieux ragoût venait d’être posé au centre de la table, les quatre Mercenaires se jetèrent dessus avec avidité. Cela faisait plus de quinze jours qu’ils avançaient dans le froid, à manger simplement des lamelles de viande séchée ou bien le fruit de petits larcins ou de chasses chanceuses. Les filles n’étaient pas encore au point sur leur technique de chasse, surtout dans un endroit comme les Plateaux d’Astariul où les proies se méfiaient particulièrement de leur environnement.

- Ca fait du bien, hein ?

Leur adressant un large sourire, Pan avala sa première bouchée en se délectant de la chaleur et du goût des aliments sur sa langue et contre ses papilles frémissantes.

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