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Le Pacte VS L'Ordre
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 Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]

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Lacrya Sil' Morna
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MessageSujet: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Sam 28 Avr 2012, 18:00

    - Hum…

    Trop de soleil… Roulant sur le côté, j’enfonce ma tête dans l’oreiller pour essayer d’échapper à cette lumière trop agressive. Puis poussant un grognement étouffé, j’essaie de retrouver le sommeil.

    C’est peine perdu.

    Lâchant un juron, je m’extirpe du tissu et roule sur le dos. D’un geste las, je passe ma main sur mon visage et laisse retomber mon bras au dessus de ma tête. La fatigue m’écrase. Autant que les brumes du sommeil. Pourtant je suis incapable de me rendormir.

    Mauvaise nuit.

    J’ai très peu dormit. Dérangée par je ne sais quel sentiment persistant dans mon être, l’empêchant de trouver le repos. Soupirant, je me redresse, ma vision légèrement floue. Plusieurs secondes s’écoulent avant que je ne reprenne totalement mes esprit et comprenne où je me trouve.

    La fatigue ne me va décidément pas.

    Grommelant, je m’assoie sur el bord du lit peu confortable et jette un coup d’œil autour de moi. Une chambre sobre. Quelques vêtements jetés là. Mes affaires sur une chaise faisant le coin. Tournant la tête, je pose mon regard sur la ville qui se dessine derrière un carreau sal.

    Al-Vor.

    Une ville banale. Peu accueillante mais pas totalement repoussante. Une escale pour les voyageurs montant vers le nord. Secouant la tête, je remets en place mes quelques pensés éparses et me lève. Après une série d’étirement ayant pour but de réveiller mes muscles, j’enfile mes vêtements à moitié froissés et me dirige vers la porte.

    Des voix.

    Dans le couloir, plusieurs personnes semblent se disputer. Le sujet de cela ? Pas envie de la savoir… Ni envie de les voir. Tournant les talons, je me saisis de mes poignards ainsi que de mes deux épées courtes que je fixe à hanches avant d’ouvrir de me diriger vers la fenêtre. Le battant mal entretenu me résiste avant de céder dans un grincement sonore.

    Génial…

    Montant avec précaution sur le rebord en bois, de peur qu’il ne lâche vu son état, j’attrape une prise sur le mur et me hisse sur le toit de l’auberge. Pas bien haut, ce point ne m’offre qu’un maigre aperçu de la ville. Observant les alentours, je prends le temps de me repérer avant de redescendre et de me diriger vers le nord.

    ~~~~~

    Quittant une avenue, je m’enfonce dans une petite ruelle perpendiculaire à l’axe principale. Un peu plus loin, formant un angle, se dessine une boutique d’herboriste. Un léger sourire étire mes lèvres. Cela fait un certain temps que je ne suis pas passée par ici. Ce petit coin de paradis est l’héritage de mon ancien maître. C’est ici que nous nous approvisionnions.

    En poisons.

    Un léger son de clochette tinte à mon entrée. Une dame dans la force de l’âge lève immédiatement la tête, un sourire se dessinant sur son visage en me reconnaissant.


    - En voila une bonne surprise.

    Je lui offre un visage radieux, m’inclinant légèrement pour la saluer. Puis, un sourire amusé sur le visage, je fais le tour de la boutique, constatant avec bonheur que les rayons se sont agrandis.

    - Tu cherche quelque chose en particulier ?

    Je fini mon petit tour sans lui répondre avant de venir la rejoindre au comptoir.

    - Beaucoup de chose. Cela fait un moment que je n’ai pas renouvelé mon stock.

    - En même temps ce n’est pas comme si on te voyait souvent ici.

    Je lui offre un petit sourire désolé sous ces faux reproches.

    - Je penserais plus souvent à toi, promis.

    - Hum… Bon, déballe la liste !

    Une flamme amusé dansant dans mon regard, je commence à lui énumérer ce dont j’ai besoin.

    Poisons paralysant.
    Fulgurant.
    Un provoquant des hallucinations.
    Un autre plongeant la cible dans le sommeil.

    Une fois tout réunis sur la table, je lui achète une ceinture me permettant de les avoir à proximité, mon ancienne s’étant égarer une année plus tôt.


    - Je crois que tout est là !

    Un grand sourire sur les lèvres, je contemple mon nouveau matériel avant de le ranger soigneusement. Beaucoup considèrent l’utilisation de poisons dans un combat comme lâche.

    Mais qui a dit que le combat est une question d’honneur. Le plus malin gagne. Rien de plus.

    Levant els yeux vers la gérante, je la remercie d’un signe de tête avant de d’aborder un sujet plus sensible. La rémunération.


    - Allez, envois les réjouissances.

    - Comme si j’étais si chers que ça…

    Sa réaction me tire un petit rire. Toute fatigue envolée.

    ~~~~~


    Ma bourse à moitié vide mais la taille bien plus lourde, je sors de la petite boutique et me dirige à nouveau vers l’auberge ou se trouve le reste de mes affaires. Ainsi que ma monture.

    Il est temps de quitter cette ville.

    Alors que je rejoins de nouveau l’artère principale, un reflet bleuté attire mon regard. J’ai juste le temps de me tourner pour apercevoir une silhouette féminine disparaitre dans la foule.

    Aux cheveux bleus.

    Un nom explose dans mon esprit.

    Syndrell.

    Sans même savoir s’il s’agit bien d’elle, je me jette à sa suite, tentant de la retrouver dans cette masse grouillante.

    Au fond de moi, mon cœur s’est accéléré sous l ‘effet de l’excitation.

__________________________________________


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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Mer 02 Mai 2012, 23:34

Syndrell posa les mains à plat sur les pierres froides du mur et soupira. Ça, c’était la tuile de la soirée ! La journée avait bien commencé, pourtant. Elle avait quitté Khamill assez tôt pour rallier Al-Vor avant la fin de la matinée ; en tout premier lieu, elle s’était offert un bon repas, récompense d’une incroyable séance d’escalade qui l’avait laissée fourbue mais rayonnante et pleine d’une vitalité sans bornes.

Il y avait trop longtemps qu’elle ne s’était pas laissée distraire sans crainte d’être frappée dans le dos par une flèche. Avant qu’elle ne rencontre Khamill, sa méfiance en était encore à un stade bien trop élevé. Dire qu’il avait suffi d’un drôle de petit bout de femme et d’une ribambelle de montagnes pour faire disparaître ses dernières appréhensions…

Les fers de Vagabond ayant besoin d’être changés, Syndrell l’avait laissé aux bons soins d’un vieux maréchal ferrant qui avait passé une bonne vingtaine de minutes, au moins, à flatter l’étalon. Espérant que ce dernier n’en profiterait pas pour prendre la grosse tête, la marchombre avait filé. Elle n’était pas revenue dans la cité marchande par hasard ; Al-Vor était un nœud de réseaux, de rumeurs et de ragots : les nombreux convois qui transitaient par l’esplanade principale étaient une véritable mine d’informations dont une ancienne espionne savait évidemment profiter.

Elle avait traîné toute l’après-midi près de la place des départs, échangé quelques mots avec les moins bavards, surpris des paroles que nul n’aurait pu surprendre et discuté avec une ou deux connaissances, mais sans succès.
Kunst n’avait été aperçue nulle part.

La nuit avait étendu son manteau étoilé sur la ville depuis un bon moment déjà lorsque Syndrell avait décidé qu’il était temps d’arrêter ses recherches. Elles reprendraient le lendemain, et le surlendemain, et chaque jours jusqu’à ce qu’enfin la jeune femme obtienne une information concrète au sujet de la marchombre.

Elle avait conscience de l’absurdité de sa quête ; maîtres et apprentis vivent dans un monde à part et bien à eux, il n’est pas rare que certains disparaissent durant plusieurs mois d’affilée et ce n’était absolument pas ses affaires ! Mais elle était néanmoins certaine d’une chose : Kunst n’était pas qu’une apprentie, c’était aussi son amie, ainsi que la mère d’un petit garçon qui, malgré ses airs de grande personne, se sentait parfois bien seul. Il n’était donc pas question qu’elle abandonne. Elle n’aimait pas se défiler.
Et puis, elle avait fait une promesse à Lyke.


- Je ne te laisserais jamais tomber, souffla-t-elle sans vraiment savoir si elle s’adressait à la mère ou à l’enfant.

- Alors, petite chat, on a déjà fini de jouer ? gronda une voix dans son dos.

Syndrell se retourna lentement et redressa le menton, toisant les cinq hommes avec un regard qu’elle tenait de Miss et une aura sauvage qu’elle tenait d’Erwan. Son sourire en revanche était bien le sien, et la gouaille qui lui échappa était la signature d’une petite marchombre aux cheveux bleus et aux yeux dorés qui a plus d’un tour dans son sac :


- Au contraire, messieurs ! Le jeu commence à peine…

*


Cinq minutes plus tard, l’impasse était redevenue parfaitement calme. Plus un bruit ne se faisait entendre, hormis le sifflement de douleur qui s’échappait des lèvres tuméfiées des cinq compères allongés sur le pavé. Le seul qui ne se tenait pas l’entrejambe avec une grimace d’effroi sur le visage – pour la simple et bonne raison que ses dix doigts n’étaient plus intacts – finit par réussir à former quelques mots qui brisèrent le silence cuisant de la défaite :

- Ke… Keryl, la prochaine fois c’est… c’est moi qui choisi la fille.

Un grognement lui répondit.
Ni Keryl ni ses amis n’essaieraient jamais plus d’attirer une jeune et apparemment docile jeune fille dans une impasse de la ville. Mieux valait se reconvertir dans le vol à la tire. C’était beaucoup moins dangereux !



~ ~ ~ ~ ~



Ce sont des bruits de voix qui tirèrent Syndrell du sommeil. Rabattant les couvertures sur sa tête, elle tenta d’échapper à la dispute qui éclatait dans la chambre voisine et de se replonger dans son rêve, mais au bout de plusieurs minutes il lui fallu se rendre à l’évidence : ç’en était fait de sa grasse matinée !

- Nom d’une chiure de mouche qui louche, marmonna-t-elle en émergeant de son abri improvisé.

Elle se débattit un petit moment avec son drap, pour finalement l’enrouler autour de sa taille et se lever avec un manque de grâce qui était largement excusé par la piètre qualité du réveil : la jeune femme avait presque envie de débouler dans la pièce d’à côté afin d’apprendre les vertus du silence à ses voisins de palier, mais elle décréta qu’elle avait mieux à faire.

Un rayon de soleil filtrait à travers les rideaux tirés et illumina le bleu vif de ses mèches ébouriffées lorsqu’elle appuya son front contre la vitre. Il y avait déjà une sacrée animation, en bas ; la rue était pleine de monde, comme si Al-Vor ne dormait jamais vraiment. En fait, il n’était pas loin de midi… Syndrell se passa une main dans les cheveux. Après avoir réglé leur compte aux brutes sans cervelle qui avaient eu la très mauvaise idée de la coincer dans une impasse, elle avait déambulé un moment dans les rues sombres de la ville, ignorant le danger comme elle ignorait à présent les éclats de voix qui s’élevaient de l’autre côté de la cloison.

La marchombre bâilla. Elle avait prévu d’aller traîner du côté des écuries – les voyageurs qui y laissaient leurs montures le temps de s’approvisionner ou de visiter la cité étaient eux aussi susceptibles d’avoir croisé une apprentie et son maître au cours de leur périple – mais tant qu’elle n’avait pas l’estomac bien rempli, il était inutile d’espérer quoi que ce soit ! Pour improbable que cela puisse paraître, son appétit avait doublé, sinon triplé en l’espace d’un mois. Depuis son retour du nord, Syndrell avait l’impression de passer son temps à manger. Elle commençait même à craindre de finir par en pâtir…

Un coup d’œil dans le miroir fissuré et poussiéreux de la chambre démonta ses vaines appréhensions. Elle avait certes retrouvé ses formes et ses rondeurs, grâce à la bienveillance et aux efforts conjugués de ses plus proches amis, mais elle conservait néanmoins une taille de guêpe et une pâleur presque lunaire… Haussant les épaules, elle reporta son attention sur la rue qui s’animait sous sa fenêtre et soudain, ses yeux dorés s’agrandirent de surprise.


- Par la Dame !

La vision n’avait duré qu’une fraction de seconde, peut-être moins, mais Syndrell était certaine de ce qu’elle avait vu. Le drap tomba sur le sol et elle bondit, effectuant une roulade sur son lit pour atterrir de l’autre côté et enfiler rapidement ses vêtements. Elle sauta dans ses bottes, noua sa ceinture, tira le poignard de Miss de sous son oreiller pour le glisser dans le fourreau qu’elle avait fait faire sur mesure, jeta sa cape sur ses épaules, attrapa sa besace et quitta la chambre à toute vitesse.

La chaleur humide de la mi-journée l’enveloppa dès qu’elle s’arrêta dans la rue. Un regard à droite, un regard à gauche… Elle s’engagea à droite, silhouette grise et bleue qui se faufilait parmi les passants avec l’aisance d’un chat de gouttière. Elle ressemblait toujours à un chat lorsqu’elle pistait quelqu’un ou traquait une proie. Etait-elle une pisteuse ou bien une chasseuse ? Syndrell l’ignorait encore, mais il n’y avait qu’un seul moyen d’en avoir le cœur net…

… elle n’avait pas fait dix pas qu’un regard lui brûla le dos aussi sûrement qu’une flèche enduite de poison. Le chat s’arrêta.
Se retourna.

Retroussa les babines.


- Je savais bien que ce n’étais pas une illusion… murmura-t-elle à l’intention d’Ironie.





__________________________________________

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Vous. Moi…


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Lacrya Sil' Morna
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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Lun 25 Juin 2012, 10:58

    Syndrell…

    Tant de souvenirs. D’images défilant dans mon crâne à cette évocation. Le simple fait de penser à cette petite garce décuple les battements de mon cœur. Tout autant que mon excitation.

    Et ma rage.

    Tel un serpent me faufilant entre les herbes, je me coule dans la foule. A la poursuite d’un fantôme. Rien ne me garantie que cette chasse silencieuse me mènera à une proie. Encore moins à la mienne. Poussant un léger grognement de frustration, je me glisse entre deux armoires à glace qui me cache une meilleure vue sur la foule et m’immobilise un instant. Mon regard balaye rapidement la foule dans sa recherche désespéré de ce reflet bleu.

    Rien….
    Illusion ?

    Poussant un juron, je sers le poing autour d’un de mes poignards avec la furieuse envie de l’enfoncer dans de la chair fraiche. Cependant, je réprime tant bien que mal cet élan de sadisme, et tente de calmer les battements maintenant désordonné de mon cœur. Tout ça pour une pauvre gamine.

    C’est pitoy…

    Reflet bleuté à droite. Sans même donner suite à mes précédentes pensées, je me jette à sa suite.

    Cette fois elle ne m’échappera pas. Courant presque entre une forêt de bras et de torse, je fini par rattraper mon illusion.

    Qui se retourne.

    M’arrêtant brusquement, je fixe mon regard sur ma proie, mon corps tremblant légèrement sous l’effet de l’excitation. Cela fait presque deux années que j’attends ce moment. Retrouver enfin cette peste. Me trouver face à elle. Seule. Nous nous sommes rencontré trois fois.

    Une au domaine, naissance de ma haine.
    Une à Al-Jeit, déchirure cette haine et mon amour.
    Et maintenant.


    - Je savais bien que ce n’étais pas une illusion…

    Un murmure. Un long frisson court le long de mon dos. Un grand sourire nait sur mes lèvres, dévoilant mes dents.

    Mauvais.

    Mon regard est plongé dans le sien. Ses pupilles d’or brillent toujours autant même si la lueur au creux de ces dernières est différente. Plus mature. Plus mûres. Cette gamine à fait du chemin, c’est indéniable.

    Mais cela ne va rendre les choses que plus amusantes.

    Penchant légèrement la tête sur le coté, je m’apprête à répliquer quand je remarque la pâleur de son visage. Presque livide. Elle semble également avoir maigris. Mais pas pour autant affaiblie.

    Mon sourire s’agrandit légèrement.


    - Par contre toi, tu as tout d’un fantôme… J’espère que tu es bien réelle, sinon j’en serais très déçue.

    Un léger pique de moquerie. Mais pas une once d’inquiétude. Tout du moins pas à son égard.

    Lentement, je me rapproche d’elle, une main glissant vers mon poignard, avant de m’arrêter quelques mètres devant elle, rayonnante de sadisme. Ma vision se concentre sur elle. Tout autre chose autour de moi a disparue. La foule. Les bâtiments. Les regards curieux de passants. Je m’enferme dans un monde où seule une chose compte.

    Tenir une promesse.
    De mort.

    Une flamme d’impatience s’allume au creux de mes pupilles. Deux choix s’offrent maintenant à moi. Me jeter sur elle tout de suite où l’entrainer dans un coin plus tranquille. Pas envie de réfléchir maintenant. Avec lenteur, je sors un poignard de son fourreau et commence à le faire tourner entre mes doigts. Mon regard toujours braqué sur ma proie.

    Prés à fondre sur elle.

    Autour de nous, plusieurs personnes s’écartent à la vue de l’arme. Certains, préfèrent passer leur chemin rapidement, d’autres s’arrêtent pour regarder, curieux.

    Non décidément, nous n’aurons pas ici la tranquillité voulue.

    Me redressant, je lui lance un regard d’invitation et tourne les talons pour longer les façades des bâtiments. Une rue plus étroite s’ouvre alors sur ma droite. Je m’y engage sans me retourner.

    Je sais qu’elle me suit.

    Tenant toujours fermement mon poignard dans ma main droite, je le sers jusqu’à ce que mes jointures blanchissent, tentant tant bien que mal de ne pas laisser l’excitation m’emporter.

    Pas tout de suite…


[Désolée pour ce retour quelque peu pitoyable... Il faut que la machine se remette en route.]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Lun 25 Juin 2012, 18:02

Les yeux dorés de Syndrell s’agrandirent de surprise. Un fantôme ? Etait-elle donc passée si près de la mort que celle-ci avait laissé des traces irréversibles et invisibles à ses yeux ? Troublée, la jeune femme refoula son envie de croiser son reflet dans le large bouclier d’étain entreposé le long d’un étal d’armes. Somme toute, le regard d’Ironie était bien trop magnétique pour qu’elle puisse sciemment détourner le regard.

L’Envoleuse, elle, n’avait pas changé. Leur dernière rencontre remontait à cette matinée dans les ruelles sombres d'un quartier mal famé d’Al-Jeit ; c’est à cette occasion que Syndrell avait croisé pour la première fois Nuhadu Darkmoon, un apprenti marchombre à la peau basanée et aux cheveux tressés. A cause de lui, Ironie s’était trouvée dans l’incapacité de se jeter sur son ennemie jurée pour lui arracher les yeux de la tête. Elle l’avait laissée filer, mais avec la promesse d’une suite à ce long chapitre teinté de colère pure.

La haine d’Ironie, véritable incendie ravageuse, remontait à bientôt trois ans et le temps écoulé n’avait pas suffi à l’éteindre. Pourtant, cela n’avait rien à voir avec la soif de vengeance qu’avait eu Vanora à son égard, et Syndrell ne s’y trompait pas : dans le regard de métal d’Ironie brûlait une envie d’en découdre, de se mesurer à celle qui avait eu le culot de venir la narguer sur son propre territoire, et d’en réchapper.

Jusque là, Syndrell s’en était sortie par une formidable suite d’événements providentiels : l’intervention explosive de Miss, puis celle, tout à fait involontaire, de Nuhadu avaient été des issues de secours qu’elle avait empruntées avec la certitude qu’elle n’était pas encore prête à affronter Ironie sans y laisser la vie.

Cette fois, pourtant, la marchombre ne comptait sur aucune aide extérieure pour se tirer d’affaire. Elle n’en avait pas besoin. Vanora n’avait pas laissé que des empreintes ensanglantées dans son sillage ; sans se rendre compte de ce que cela impliquait, elle avait permis à Syndrell d’affronter des Mentaïs, des Envoleurs et des chasseurs de prime, soit autant de redoutables tueurs qui n’avaient pas réussi à vaincre la jeune femme aux cheveux bleus. Au contraire, ils l’avaient grandie en lui faisant connaître à nouveau le goût amer de la mort d’un proche, en la traquant plusieurs mois durant, l’obligeant à discerner la traîtrise de la loyauté, à se surpasser pour se protéger.

Ironie ne l’impressionnait plus, désormais, parce que Syndrell ne la voyait plus avec son regard d’apprentie intimidée ; elle se savait capable d’affronter un Envoleur et de lui infliger des blessures mortelles. Voilà pourquoi elle adoptait déjà une garde de combat lorsque la lame du poignard d’Ironie étincela dans la lumière du soleil. Ses doigts effleuraient déjà le poignard de Miss, fidèlement glissé à sa ceinture lorsque, contre toute attente, Ironie rengaina son arme.

Les yeux gris « temps de pluie » clignèrent. Un fois. Ceux de Syndrell se plissèrent en guise de réponse. Aucune parole mais un avis partagé : trop de monde, pas assez d’espace. En outre, la marchombre n’avait pas envie d’impliquer des innocents dans cette histoire. Pour une fois, c’était entre Ironie et elle ; ni l’une, ni l’autre n’accepterait l’intervention d’un tiers, qui que cela puisse être. Il était temps de régler la question une bonne fois pour toute, de déterminer qui, de l’Envoleuse ou de la Marchombre, allait continuer à vivre cette journée si tranquille.

Syndrell était résolue à tuer lorsqu’elle s’engagea à la suite d’Ironie sous le regard curieux des badauds pour la plupart friands de rixes. Elle ignorait si Dolce connaissait cette femme aux cheveux de neige, s’il se pouvait qu’ils soient aussi proches que Dolce et Gazia autrefois. Mais sa relation avec l’Envoleur n’avait pas le pouvoir d’aller à l’encontre de ses principes ; envers et contre tout, elle restait Syndrell Ellasian, marchombre filant à la vitesse de l’éclair sur la Voie. Cette femme avait sans doute déjà tué bon nombre de Marchombres et c’est ce qu’elle s’apprêtait à faire de nouveau. Il était hors de question que Syndrell la laisse s’en tirer victorieuse. Avec une dernière pensée pour son amant, elle se glissa à la suite d’Ironie dans une ruelle étroite et déserte.

Quelques caisses contenant des bouteilles vides étaient entreposées sur quelques mètres le long d’un mur de briques en assez mauvais état. Sur ce même mur était fixé un escalier métallique auquel il manquait quelques marches et qui semblait n’être plus stable du tout ; pas besoin d’avoir un œil exercé pour voir ses gonds bouger alors qu’un chat de gouttière au pelage miteux s’y perchait pour scruter les deux intruses de son regard doré. Syndrell renversa un tesson de bouteille du bout de sa botte puis s’arrêta, mains sur les hanches, et invectiva son adversaire de son habituel ton badin :


- Un coin très approprié pour un fantôme ! Tu t’y plairas…

La marchombre se plaça en garde, sa main volant au-dessus de son poignard sans pour autant s’en emparer. Son souffle s’apaisa et son rythme cardiaque ralentit tandis qu’une formidable vague d’adrénaline déferlait dans ses veines, énergie pure qui flamboya dans l’or de ses yeux fixés sur Ironie. Plus rien ne bougeait dans la ruelle. Du haut de son dangereux perchoir, le chat s’était figé, les muscles tendus à l’extrême. Il était prêt à bondir.

Syndrell entrouvrit les lèvres, esquissant un léger sourire confiant.
Elle était prête à bondir.




[Pas de souci, miss : je suis ravie de ton retour !]

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

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Dernière édition par Syndrell Ellasian le Mer 27 Juin 2012, 09:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Mer 27 Juin 2012, 09:18

    Je ne desserre les doigts autour du manche de mon poignard qu’après avoir pénétrer dans une petite ruelle miteuse et isolée.

    Enfin un peu de calme…

    Le bruit de la foule se déversant dans l’artère principale est toujours présent. Mais bien plus lointain, nous parvenant tel un bourdonnement incessant mais beaucoup plus supportable. La sensation d’avoir de nouveau un semblant de liberté de mouvement m’envahis. Il n’y a plus tout ces corps se pressant contre le mien. Ces odeurs de transpiration animale venant agresser mes narines. Cette mer de bras et de jambes en mouvement permanant et désordonné.

    C’est que je deviendrais presque agoraphobe…

    Un léger sourire étire mes lèvres à cette pensé, aussi stupide qu’inutile. Passant une main amusée dans mes cheveux, je me retourne lentement, faisant maintenant face à ma proie. Mes yeux sont devenus brillant. De plaisir et d’excitation. Voila tellement longtemps que j’attends ce moment. Un face à face dans les règles de l’art. Enfin un moyen de tenir une promesse vieilles de plusieurs années.

    Egalement une vengeance.


    - Un coin très approprié pour un fantôme ! Tu t’y plairas…

    Sa posture désinvolte agrandit mon sourire. Cette sale gamine ne changera donc jamais… Provocante. Arrogante. Insouciante. Cela me faisait penser à Rindo, l’un de mes deux élèves actuels. Cependant cette jeune enfant était nettement plus intéressante. Plus de finesse, de répartie. Mais aussi bien plus de force.

    Mon corps se remis une nouvelle fois à trembler sous l’excitation du combat à venir. Lançant un coup d’œil amusé à la Marchombre, je laisse mon regard glisser sur ce qui m’entour. Deux grandes façades de briques à moitiés pourrîtes nous ceinture, restreignant notre espace à une vingtaine de mètre de largeur. Et tout au plus trois cents de longueur. Des caisses en équilibre instables forment de basses tours biscornues à ma droite. A l’intérieur s’entasse des bouteilles vides, laissé ici à l’abandon.

    Juste au dessus, contre le mur, grimpe un escalier en état précaire. Comme un vieux perdant ses dents, il semble avoir perdu quelques marches avec l’âge, ces dernières reposant à terre, elles aussi délaissées. A ma gauche, une ancienne canalisation où se déverse un mince filet d’eau noirâtre à l’origine douteuse. Un gros rat s’y faufile en couinant.

    Relevant la tête vers la jeune Marchombre, je lui offre un sourire mauvais et ironique.


    - J’ai bien peur que non… Toi en revanche… Tu t’y sentiras comme dans un palace.

    Tout en souriant à pleines dents, je penche légèrement la tête sur le côté, remarquant du coin de l’œil notre spectateur installé sur l’une des marches branlantes de l’escalier. Reportant mon attention sur Syndrell, je plonge de nouveau mon regard dans ses deux globes d’or.

    Confiance et détermination.

    Arrogante… Comme toujours. Peut-être même plus maintenant, comme si elle pensait avoir plus de chances qu’auparavant… Un petit gloussement s’échappe de mes lèvres. Peut-être se base-t-elle encore sur notre dernière petite joute. Si c’est le cas, elle se trompe lourdement. Cette fois, je ne suis déstabilisée par aucune autre pensé que celle d’en finir. Pas d’amant pour détourner mon attention… Et encore moins cette maudite fatigue qui ‘avait tant affaiblie.

    Je suis de nouvelle celle que j’ai toujours été.
    Mercenaire.
    Envoleuse.
    Tueuse de Marchombre.

    Et aujourd’hui ma liste va s’agrandir un peu plus grâce à ce petit trophée. M’étirant légèrement, je range mon arme dans son fourreau, préférant commencer doucement. Faire durer le plaisir. Mon visage se fermant sur une expression des plus mauvaise, un sourire d’envie étirant mes lèvres, je me ramasse sur moi-même. Mes yeux brillant maintenant de milles lueurs meurtrières sont fixé sur ma proie.

    Elle aussi est prête à bondir. Cela se sent dans la tension de ses muscles.

    Parfait.

    Autour de nous, plus sien ne bouge. Immobilité totale.

    Que je brise la première, bondissant sur elle. Le regard fou.

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Mer 27 Juin 2012, 10:56

Le métal chante, son pur et effroyable de vérité à son oreille. Il lui murmure qu’elle va mourir, lui promet que cela n’arrivera pas sans souffrance, se moque de sa bêtise.

- Maintenant à ton tour. Tu as osé me dédier en disant que je ne serais pas capable de t’empêcher de sortir d’ici. Viens donc vérifier si ta théorie est juste ou non !

Syndrell n’a que le temps de lever ses poignards. Force brute, rapidité inconcevable, Ironie s’est élancée, tirant également deux poignards effilés. Les lames de Syndrell parent de justesse la première attaque avant qu’elle ne se dégage pour se mettre hors de portée.

- Je n’ai jamais eu la prétention de croire que tu ne serais pas capable de m’arrêter ! Je ne suis pas naïve au point de confondre expérience et prétention…

Ironie repasse à l’attaque, poussant Syndrell à se déporter sur le côté pour esquiver un coup qui aurait dû la décapiter. Le tranchant de la lame ne fait qu’effleurer sa gorge, dessinant un mince trait de feu sur sa peau blanche.

Un regard vers Miss lui apprend qu’elle est bel et bien seule dans ce combat. C’est le sien, et il est affreusement inégal : pour avoir déjà combattu Miss un nombre incalculable de fois lors de leurs entraînements Syndrell sait qu’elle n’a aucune chance face à un maître. Qu’il soit Envoleur, Marchombre, ou bien un peu des deux.

Elle n’a aucune chance. Et pourtant…



* * *


… Pourtant, voilà qu’après trois ans les deux jeunes femmes se retrouvaient à nouveau face à face. Si l’équilibre s’était un peu rétabli depuis cette première confrontation, l’issue de ce duel restait aussi incertaine que la direction du vent. Mais, aussi sûr qu’elle était Marchombre et à jamais fière de l’être, Syndrell allait tout donner dans la bataille, exactement comme l’apprentie écervelée et insolente qu’elle avait été s’était donnée corps et âme dans l’affrontement insensé qui avait posé le premier jalon d’une grand inimitié.

Un jour, Miss lui avait dit qu’elle se ferait sans doute plus d’ennemis que d’amis dans sa vie. Parce que c’était plus simple, et parce que c’était plus amusant. Une conception qu’elle avait trop longtemps rejeté, avant de réaliser que, si les amis sont des perles rares, plus précieuses que celles vendues par les plus grands bijoutiers de l’Empire, les ennemis en revanche foisonnent et il n’y a qu’il tendre la main pour en cueillir tout une poignée.

Mais il n’y avait pas deux ennemis comme Ironie. C’était l’exact négatif de Miss : une force brute de la nature, polie par deux des plus grandes écoles et forte d’une personnalité extraordinaire, mais quand la marchombre aux yeux violets inspirait quiétude et sérénité, l’Envoleuse aux cheveux de neige appelait la colère et la destruction.

L’Harmonie contre le Chaos.
Choix irréversibles, chemins semblables mais qui ne se croisent jamais…
Triste réalité.

Ironie bondit, violant toutes les lois de la raison et du possible en se mouvant avec une vélocité sans limite. On aurait juré qu’elle volait, non qu’elle courait. Trois ans plus tôt, cet exploit avait impressionné Syndrell et coupé tous ses moyens. Il l’impressionnait toujours, mais cette fois la jeune femme était prête à y répondre sur le même ton.

Laissant Ironie venir à elle, la marchombre se coula contre son bras, se fondant dans sa vitesse et son élan, pivotant sans donner l’impression qu’elle bougeait véritablement. Illusion, réalité ? Ce duel gravitait dans des dimensions inconnues, spectaculaires, et les deux combattantes étaient bien plus que de simples guerrières. Le vainqueur, seul, aurait le pouvoir de trancher, mais rien ne disait qu’il en serait seulement capable…

Nos sens sont des fenêtres, des fenêtres qui percent les murs qui nous entourent... Ouvrir ses fenêtres, les agrandir, c’est s’ouvrir au monde.

Ouverture.

Premier maître-mot que Syndrell avait découvert dans son merveilleux périple aux côtés de Miss. Il dansait dans son esprit tandis que la jeune femme dansait avec les attaques de son adversaire.

Un Marchombre n’a que faire de son ennemi, il se rit de lui. Il pénètre son centre, prend sa force, la retourne contre lui, et si besoin est, prend sa vie. Un combat est un seul geste, un seul souffle…

Temps.

Deuxième maître-mot qui s’était imposé à elle lorsqu’il avait fallu qu’elle affronte le passé en revenant à Al-Jeit pour la première fois depuis que Leif y était mort dans ses bras. Miss n’avait eu de cesse, depuis lors, de lui montrer à quel point le temps était précieux. Faiseur de souvenirs et tisseurs de rencontres, il était aussi l’élément le plus précieux du Marchombre. Etre dans le temps, calquer ses mouvements sur ceux de son adversaire et sa propre respiration sur celle du monde…

Es-tu vent ou nuage ? Ombre ou lumière ? Chaos ou Harmonie ?

Harmonie.

Dernier maître-mot, le plus important à ses yeux. Celui qui avait changé sa vie et son monde.
Son arme face à Ironie.

Cela ne suffisait pourtant pas.
Aucun coup que l’une ou l’autre portait ne touchait sa cible ; leurs bras, leurs mains, leurs jambes et leurs pieds se mouvaient dans un ensemble parfait, bien plus proche de l’illusion que de la réalité, sans qu’aucune attaque ne fasse mouche.

Syndrell fut la première à rompre le pas. D’un bond formidable, elle se plaça momentanément hors de portée et se réceptionna dans sa position favorite – accroupie, une jambe repliée sous elle, l’autre tendue.


- J’ai une question à te poser.

Son intervention n’était pas un leurre, ni une stratégie, mais il fallait qu’elle sache…

- Quel est ton nom ?

Se présenter au beau milieu d’un duel, ce n’était décidément pas ordinaire. Mais ni Syndrell, ni Ironie n’étaient ordinaires…

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Mer 27 Juin 2012, 22:25

    - Connaitre le nom de ton bourreau... Voila qui serait en effet intéressant. Je suis étonnée que tu ne te sois pas déjà renseignée à mon sujet... Curieuse comme tu es.

    *se redresse légèrement, posant sur elle un regard méprisant*

    - Je m'appelle Lacrya Sil'Morna. La dernière personne que tu vois avant de mourrir... Et celle qui va t'exécuter.

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Jeu 28 Juin 2012, 07:17

- Lacrya Sil'Morna... Je crois que je préfère encore Ironie. Et puis, tu es bien présomptueuse pour un maître ; est-ce-là ce que tu enseignes à tes élèves ? Se croire indubitablement le plus fort ? Sous-estimes-tu toujours tes adversaires à ce point, Lacrya ?



[Nan mais comment elle me prend de haut celle-là hé ! ^^]

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Jeu 28 Juin 2012, 10:16

    *éclate d'un rire mauvais*

    - Je leur apprends à ne jamais sous-estimer un adversaire en effet. Mais là c'est autre chose. Tu es ma proie, rien de plus. En rien tu ne m'as encore prouvé que tu étais capable de te dresser au rang d'adversaire pour moi, Syndrell.

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Jeu 28 Juin 2012, 11:09

- Tu me ne connais pas encore, c'est vrai. Mais tu oublies que j'ai trouvé le Domaine, que j'en ai réchappé et que tu as été incapable de me rattraper. La dernière fois, tu m'as également laissé filer. Drôle de méthode de chasse !

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Jeu 28 Juin 2012, 11:15

    *léger grognement*

    - Tu as peut-être trouvé le domaine, mais cela ne fait pas toi quelqu'un d'exeptionnel. Tout le monde peut tomber dessus pas pur hasard. Quant à ta fuite, elle se serait fini dans un bain de sang si la garce qui te servait de maître n'était pas intervenue. Ce qui est de la dernière fois à Al-Jeit...

    *Légère hésitation, le regard fuyant*

    - Les conditions étaient bien différentes.

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Jeu 28 Juin 2012, 18:32

- Ah, mais oui, c'est vrai, tu étais toute émoustillée par ce... comment s'appelle-t-il, déjà ? Ah oui, Nuhadu Darkmoon ! Dis-moi, est-ce que ce n'est pas trop difficile de mentir aux siens pour coucher avec "l'ennemi juré" ? Sait-il seulement qu'il dort dans le même lit qu'une tueuse de marchombre ?


[Oulah c'est grave, Syn commence à devenir bien méchante... tu déteins sur elle, sale gosse ! Va de retro, Satanassss !]

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Jeu 28 Juin 2012, 22:12

    *Long silence et regard dévastateur*

    - Ce qu'il sait ou ne sait pas ne te regarde absolument pas.

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Ven 29 Juin 2012, 13:16

Une étincelle de mauvais augure avait traversé l’or pur des yeux de Syndrell à l’évocation de Miss. La pétillante marchombre aux yeux violets avait beau l’avoir libérée de son enseignement un an plus tôt, elle n’en demeurait pas moins la personne qu’elle respectait le plus dans tout l’Empire ; Ironie, ou Lacrya, n’aurait pas dû franchir cette limite.

Elle n’avait absolument pas prévu de mêler Nuhadu à cette histoire. Contrairement à ce que ses paroles pleines de venin laissaient croire, elle appréciait réellement cet homme gouailleur et avenant et gardait un bon souvenir de leur rencontre anodine dans un bois jouxtant les Dentelles Vives, quelques semaines plus tôt.

Elle avait été surprise de constater à quel point Ironie et lui étaient différents. La nature pacifique de Nuhadu était en parfaite contradiction avec le tempérament hautement inflammable de Lacrya. Dolce et elle offraient-ils des contrastes aussi évidents ? Car, en dépit de tout ce que Syndrell pourrait répliquer à son ennemie, ce ne seraient jamais que des paroles en l’air.

Comment pourrait-elle parler sérieusement, elle qui n’avait jamais donné son cœur qu’à des fils du Chaos ? Blood Light, Owen Morgue, Dolce Ysil… Tous des ennemis de la Guilde. Tous des tueurs de Marchombres. Leif était l’exception qui, peut-être, confirmait la règle ; s’il n’était pas mort dans ses bras cette nuit-là, la forçant à s’enfuir d’Al-Jeit pour échapper à Vanora et ses sbires, aurait-elle trouvé le chemin de l’Académie ?


- C’est vrai. Pas plus que les affaires de mon maître ne te regardent.

Syndrell n’avait pas terminé sa phrase qu’elle se fendait déjà d’une attaque redoutable de vitesse et de puissance. Son poing fermé heurta les côtes flottantes d’Ironie avec violence avant qu’un coup de talon ne la cueille au menton. Projetée en arrière, la marchombre se baissa pour éviter la nouvelle offensive de son adversaire, tendit la jambe pour faucher l’Envoleuse au niveau des chevilles et plongea pour l’immobiliser.

Du vide.
Lacrya avait déjà bougé.

Du vent.
Syndrell s’était envolée.

Sautant pour esquiver une parade fort dangereuse d’Ironie, Syndrell agrippa une barre métallique de l’escalier branlant et balança ses jambes dans le ventre de son ennemie, lui coupant le souffle. Puis, contractant ses abdominaux, elle replia les genoux contre sa poitrine et les glissa sur la barre pour relâcha ses bras dans le vide et saisir la chevelure de neige de Lacrya.

Il dut se passer quelque chose, parce que la seconde suivante, Syndrell était à terre, sonnée, et une poigne puissante enserrait sa gorge pour l’étouffer. Sa vision se parait déjà de petites mouches noires qui voletaient un peu partout et assombrissait le visage de l’Envoleuse.

Syndrell s’arc-bouta violemment pour se dégager, en vain. Le sang battait vigoureusement à ses tempes, assourdissant l’univers tout entier. Si elle ne respirait pas très vite, elle allait mourir…


Bah, ce ne serait pas la première fois, n’est-ce pas ?

Son vieil ami venait-il de lui faire part de sa remarque, ou bien l’avait-elle tout simplement imaginée ? Syndrell ne le sut jamais. En revanche, ces paroles teintées de l’éternelle note goguenarde du souffleur de verre suffit à lui donner ce qui lui manquait : dans un sursaut d’énergie, la marchombre tendit la main droite et enfonça ses doigts dans les yeux d’Ironie.

Il lui sembla entendre un glapissement de douleur tandis qu’enfin la pression se relâchait sur sa gorge. L’air entra brutalement dans sa poitrine et Syndrell se dégagea d’un coup de poing pour se redresser et tituber vers le mur contre lequel elle s’appuya un instant.


- Tu… Tu es…

Parler lui faisait mal et elle se rendit compte que des larmes avaient coulé le long de ses joues. Encore une fois, ce n’était pas passé très loin…

- Par la… Dame, tu es la pire garce que… j’ai jamais connue !

Une seconde plus tard, l’affrontement reprenait, plus rapide, plus violent que jamais. Les attaques fusaient, précises, les coups pleuvaient, redoutables, les techniques s’enchaînaient, fluides, et les deux femmes rivalisaient d’ingéniosité pour se surprendre mutuellement. L’on aurait dit deux apprenties s’entraînant et faisant l’inventaire de tout leur savoir. En un sens, c’était presque le cas…


[J'ai pris la liberté de faire un petit peu bouger Lacrya ; si ça ne te convient pas, tu me fais signe, surtout ! M'enfin, j'ai fait en sorte que tu puisses raconter la chose à ta manière, en restant volontairement assez vague sur tout ce qui touche ton personnage. Dis donc, c'est qu'elles commencent à se filer de bonnes beignes !]

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Ven 29 Juin 2012, 17:36

    Le sang bouillonne dans mes veine, attisé par le brasier de ma colère. Chaque parole de la Marchombre étaient venues se planter en moi, comme des dizaines d’aiguilles couverte d’un venin paralysant. Osant à peine bouger, je lance un regard un regard emprunt de haine et de rage à cette petite garce.

    Comment a-t-elle osé ?
    Comment a-t-elle le mêler à cette histoire ?

    Je pensais avoir enfin réussit à faire taire le trouble que ce jeune apprentie fait naitre en moi. Je pensais pouvoir contrôler ce sentiment en l’acceptant. Je pensais retrouver ma puissance d’antan. Mais il n’en est rien. La palpitation de mon cœur à la simple évocation de ce nom en est la plus véritable des preuves. Mes yeux ne deviennent plus que deux fentes. Mes poings se serrent avec plus de force.

    Et toujours cette rage qui bouillonne en moi. Elle n’aurait jamais dû l’évoquer ici. Cherche-t-elle donc tant à mourir ? Grognant tel un loup près à l’attaque, je me ramasse un peu plus sur moi-même. Elle va le regretter. Chacune de ses paroles. Je vais les lui graver sur le corps à tout jamais. Mon sourire mauvais avait déserté mes lèvres, un masque de pierre le remplaçant.

    Impénétrable.

    Il n’était maintenant plus question de jouer. Maintenant, je me bas pour tuer.


    - C’est vrai. Pas plus que les affaires de mon maître ne …

    La suite se perdit dans le craquement sinistre d’une de mes côtés, comme un point en métal terminant cette phrase. Vive et souple, Syndrell s’était projeté contre elle, son poing heurtant ma poitrine. Une brûlante douleur se repend dans tout mon corps. Toute autre personne aurait poussé un gémissement de souffrance. Mais transporté par ma colère, j’y fais à peine à attention, me jetant en arrière et venant percuter le menton de cette garce de mon talon.

    Effectuant un flip arrière, je me réceptionne à quelque centimètre du mur de brique derrière moi. Puis repars à l’attaque. La voyant se baisser, je saute pour esquiver son balayage et fente vers le bas, certaine de la voir à son tour s’envoler.

    Ce qui ne manqua pas.

    Anticipant son action, je bondis de nouveau dans un salto avant et tente de la cueillir au vol.

    Vide.

    Poussant un juron, je me réceptionne tant bien que mal, malgré la douleur émanant de ma poitrine et me prépare un nouvel assaut… avant que je ne sois projetée en arrière, les deux pieds de la Marchombre frappant mon ventre avec une telle puissance que j’en perds l’équilibre.

    La douleur augmenta.

    Me redressant d’un bon, je la chasse de mon esprit et me jette de nouveau sur la Marchombre qui tournois sur la rambarde branlante de l’escalier comme le ferait une gymnaste. Une main vient alors se saisir de mes cheveux, avant de brusquement se relâcher dans un immense bruit métallique.

    La barre de métal où se tenait la Marchombre vient de lâcher.

    Profitant de ce moment de flottement, je me jette sur Syndrell et la plaque au sol avec force, mes mains trouvent seules le chemin jusqu’à sa gorge.

    Et je serre.
    Fort.
    Toujours plus fort.

    Ma vision s’est teintée de rouge. Rouge sang. Toute ma rage se déverse dans ce simple geste. Serrer. Encore et encore. Je n pense plus à rien d’autre que de tuer cette faible. Cette Marchombre qui s’est trop souvent imposée à mon esprit. Je la sens se débattre sous moi. Se tortiller, tentant de m’échapper. Son visage s’obscurci. Je la vois tenter vainement de reprendre de l’air.

    Et cette vision me procure un plaisir puissant. Dévastateur. La tuer. Je vais enfin la tuer. Mon corps se met à trembler sous l’effort.

    Je resserre encore ma prise.

    Presque… Presque…

    Des doigts viennent alors violement s’enfoncer dans mes yeux. Poussant un cri de douleur, je lâche le cou de la Marchombre et ramène mes mains au niveau de mes yeux. Un coup de poing me reverse en arrière. Gémissant toujours de souffrance, je roule sur le sol et tente de relever, une main sur un de murs, les yeux toujours fermés.

    Au loin, j’entends la voix sifflante et faible de Syndrell murmurer quelque chose. Je n’y prête pas attention, la douleur pulsant dans mon crâne. A moitié avachie contre les briques crasseuse, j’ouvre lentement mes paupières. Sur mes joues ruisselles des larmes.

    Et du sang.

    Mon œil gauche met quelques secondes à retrouver la vue. Le droit ne voit que le néant.

    Borgne…
    Je suis devenue borgne à cause de cette garce.

    Poussant un cri de colère et de haine, je me rus sur Syndrell, un poignard à la main.

    Vide.
    Encore.

    Un coup vient raviver la douleur de ma poitrine. Attrapant avec rapidité la poignée de mon adversaire, je le tors violement, la projetant à moitié à terre. Puis je me jette de nouveau sur elle.


    - Tu vas crever sale chienne !

    D’un coup de poignard, je tente d’atteindre sa gorge mais ne fait que lui entailler très légèrement l’épaule. A demi aveuglée par le sang et les larmes, je tarde à me relever et le talon de la Marchombre vient me cueillir au niveau du plexus solaire, chassant tout l’air de ma poitrine. Titubant en arrière, je mets un instant à retrouver mon équilibre. Perturbée par ma vision à présent réduite, je ne peux esquiver sa nouvelle attaque qui me projette à terre.

    Me relevant avec difficulté, je me mets directement hors de porté le temps de reprendre un peu mon souffle et pour évaluer les dégâts. Tâtant avec précaution mon œil, je constate presque avec soulagement qu’il ne semble pas transpercé. Une chose est sûre, je ne pourrais pas l’ouvrir avant toute la durée du combat. Voir même plus…

    Poussant un puissant juron je pose mon œil unique et injecté de sang sur Syndrell, remplit de haine.


    - Je promets que tu vas me payer ça. De ton sang !


[Aucun problème ma belle, c'est même parfait^^ Et il était temps qu'elles se mettent un peu dessus, depuis le temps;) ]

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Sam 30 Juin 2012, 10:28

Ce ne fut pas le cri de Lacrya qui sortit Syndrell de sa léthargie cotonneuse mais le dangereux éclat de sa lame, dégainée dans un mouvement rageur et déterminé. Son souffle à peine retrouvé, la marchombre pivota sur sa jambe gauche et balança avec force son talon droit dans la poitrine de son adversaire. Elle fut surprise de faire mouche et remarqua alors le visage d’Ironie : il était couvert de sang. La technique du doigt dans l’œil avait fonctionné…

Mais il en fallait davantage pour mettre l’Envoleuse à terre. Syndrell se laissa surprendre lorsqu’une main happa son poignet, l’entraînant durement à terre, et c’est un réflexe qui lui sauva la vie : au moment où la lame effilée de Lacrya descendait vers sa gorge, elle tira son poignard de sa main libre et dévia le coup à la toute dernière seconde et ne put éviter la morsure de l’acier qui ouvrit une ligne de feu sur son épaule. Elle se dégagea dans un grognement de douleur et allongea aussitôt un coup de pied à son ennemie, qui trébucha et s’écroula durement sur le pavé inégal de la ruelle.

Syndrell fléchit les jambes et fit danser le poigner de Miss dans sa main, prête à poursuivre cette danse mortelle avec toute la fougue qu’elle possédait, mais Lacrya rompit le pas en se mettant hors de portée. La marchombre battit des paupières, perplexe. Se pouvait-il que…

Elle se redressa légèrement plissa les yeux pour mieux discerner Ironie dans le jeu d’ombres et de lumière créé par les audacieux rayons de soleil qui se glissaient entre la ferraille branlante de l’escalier. L’Envoleuse était couverte de sang mais elle-même constata d’un rapide coup d’œil qu’elle ne valait guère mieux. Toutefois, hormis la raideur de sa nuque et l’élancement de son épaule, elle allait bien.

Ironie n’allait pas bien.
Et Syndrell se rendit compte, soudain, qu’elle avait réussi à atteindre des points névralgiques : le dos, les côtes, le plexus ; les os n’étaient pas cassés puisque Lacrya tenait encore debout et bougeait correctement, mais ils étaient fragilisés. C’était donc là qu’il allait lui falloir frapper. Dans le dos, dans les côtes, dans le plexus. Dans la mâchoire également.

Privilégier les attaques du côté droit. L’œil de son adversaire était fermé, elle ne verrait pas les coups venir, ou bien elle les verrait trop tard ; c’était devenu son angle mort. Et pour Syndrell, une ouverture.
Un Possible.


- Je promets que tu vas me payer ça. De ton sang !
- Des promesses, encore des promesses, toujours des promesses… Paroles ! Vent ! Viens donc chercher ce que tu veux, l’éborgnée, on en reparlera ensuite !


Elle avait ouvert les bras en guise d’invitation et ponctué sa pique d’un mouvement du menton à son intention, défiant la jeune femme avec insolence. Cette insolence, c’était une stratégie. Une parade, un leurre destiné à attraper Lacrya dans ses filets, de lui faire mordre à l’hameçon pour ensuite la ferrer avec dextérité.

Elle tomba dans le piège, aveuglée par la colère.
Vive comme l’éclair, Syndrell cala son poignard dans sa bouche, tenant la lame avec ses dents ; ses mains désormais libres, elle laissa Ironia se fendre et, dans le même temps, avança sur elle : le bras de l’Envoleuse glissa le long de sa poitrine, déchirant sa chemise sans ouvrir la peau. Déjà, les doigts de Syndrell se refermaient sur son poignet et sur son coude. Elle pivota pour se retrouver le dos plaqué contre le ventre de son adversaire et, d’un geste répété dix fois, cent fois, mille fois avec Miss, elle la fit passer par-dessus son épaule pour la projeter à terre avec force.

Un souffle.
Un battement de cœur.
Une seconde.

Le temps pour la marchombre d’accompagner la chute de Lacrya tout en récupérant son poignard, et de s’asseoir à califourchon sur elle pour l’immobiliser. Son bras gauche n’avait pas lâché le poignet d’Ironie et le maintenant replié au-dessus de sa tête pour l’empêcher de frapper. Elle, en revanche, ne s’en priva pas. L’acier siffla et dessina une profonde entaille en travers de la poitrine de l’Envoleuse pour remonter, prêt à entamer à nouveau la chair.

Tuer pour vivre, vivre pour tuer. En dépit de tout ce qu’elle pouvait penser pour s’endurcir et accomplir un acte d’une extrême violence, Syndrell détestait réellement ôter la vie, même s’il s’agissait d’une personne qui en voulait à la sienne. Tuer Vanora ne lui avait posé aucun problème de conscience, la félonne lui avait pris Nuance, blessé Ciel, tué un rêveur, assassiné Leif… Qu’avait fait Lacrya ?

La lame de Miss descendait déjà, inexorable.

Qu’avait fait Lacrya ?
Des deux, c’était Syndrell qui, la première, avait donné naissance à cette dangereuse animosité, à ce défi qui n’avait de cesse de les opposer. Elle avait lancé les dés et fixé les règles du jeu. C’était son jeu. Il ne ressemblait pas à celui auquel elle avait joué – jouait encore – avec Dolce ; celui-ci dépassait l’entendement, il était bien plus complexe qu’elle l’avait imaginé. Bien plus sérieux.

La pointe de la lame se posa sur la gorge d’Ironie mais ne s’y enfonça pas.
Inexorable, vraiment ?

Un combat est un seul geste, un seul souffle, qui commence lorsque vous vous élancez et finit lorsque l’adversaire capitule, ou qu’il meurt. Un seul geste, un seul souffle…

Un souffle.
Celui de Syndrell, figée au-dessus de Lacrya. Son hésitation dura une poignée de secondes à peine, le temps pour deux gouttes de sang de s’échapper de l’infime coupure perpétrée par la pointe de son poignard, et se rompit lorsqu’un formidable coup de poing l’envoya rouler sur le côté.

La marchombre se redressa à moitié en se maudissant. Raté. Elle avait raté son coup ! Et elle allait payer cher son erreur : on ne rate pas son coup face à un Envoleur, ou bien on meurt. Alors, les frappes s’enchaînèrent. Une pluie de coups de pieds dans son ventre qui l’empêchèrent de se relever. Elle tenta un coup de poignard dans les jambes de son adversaire, à l’aveugle ; un coup lui arracha l’arme des mains.

Cette fois, c’était la fin…


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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Sam 30 Juin 2012, 11:38

    Douleur.
    Intense.

    Elle émane de chaque parcelle de mon corps. Puissante. Crachant un léger filet de sang, je m’appuie contre un mur, mes forces vacillant un instant. Je me sens exténuée.

    Tout n‘est cependant pas terminé.


    - Des promesses, encore des promesses, toujours des promesses… Paroles ! Vent ! Viens donc chercher ce que tu veux, l’éborgnée, on en reparlera ensuite !

    Sa voix est puissante bien que très légèrement rauque, cadeau de mon précédent étranglement. Je relève avec difficulté la tête vers elle et pose mon œil sur elle, l’autre refusant obstinément de s’ouvrir. Il va falloir se battre avec ça.

    Eborgnée…

    Voila l’indice qu’elle n’aurait jamais dû glisser dans sa phrase. Son point d’attaque est maintenant évident. La droite. Là où la vision me manque. Un angle mort parasite qu’il faudra compenser par la rapidité. Cette dernière également compromise à cause de cette souffrance lancinante dans mon corps. Je pousse un profond juron et me redresse, tentant de mettre de côté mon mauvais état physique.

    Devant moi Syndrell ouvre les bras. Sur ses lèvres se dessine un sourire insolent. Ce même sourire qui a longtemps hanté mes nuits. A attisé ma colère. Ce même sourire qui plusieurs années auparavant m’avait littéralement éjecté de moi-même.

    Et le fais toujours.

    Un vague de rage me submerge et sans prendre même le temps de réfléchir, je me jette dans ces bras ouverts, porte d’une mort certaine pour un être extérieur. Porte d’une promesse de souffrance pou mon âme noircie par la haine.

    Sa souffrance.

    Ma vitesse est fulgurante. Poignard tendu vers l’avant, je ne pense plus qu’à une chose. Lui enfoncer ma lame dans le bide. Dépendre ses entrailles à terre. L’étrangler avec ses propres boyaux. Autant de pensés morbides qui pulsent dans mon crâne. Incessante.

    La tuer.
    La tuer.
    La tuer.

    Je me fends avec souplesse et lance mon bras vers l’avant avec la ferme intention de l’éventrer. Mais seul la haut de sa tunique subit ce sort, sa peau n’en étant même pas entaillée. Me préparant à contre attaqué, je me recroqueville pour de nouveau bondir quand je me retrouve à terre, mon dos heurtant violement le sol. Quelques gouttes de sang s’échappent de ma bouche ouverte, mes yeux arrondis par la surprise.

    Avant que je n’ai put faire le moindre mouvement, un poids s’écrase contre ma poitrine, me maintenant à terre. Je me cambre brusquement, tentant de dégager mes bras mais une vive douleur remonte de mon poignet. Tordu par la poigne de fer de l Marchombre, elle le maintient au dessus de ma tête, le rendant inoffensif.

    Le droit est pourtant toujours libre. Dans un geste plein de rage, je…

    La morsure de l’acier met fin à toute mes réflexion, comme si la plaie béante que vient d’ouvrir Syndrell dans ma poitrine venait de les déchirer. Hoquetant, je reste paralysée de douleur. Mon sang se met à coule abondamment, imbibant ma tunique, la rendant lourde et poisseuse. Le poignard de la Marchombre se lève une nouvelle fois.

    Pour de nouveau s’abattre.
    Sur ma gorge.

    A cette image, ce n’est plus de la haine qui passe dans mes yeux. Ni même de la colère.

    De la peur.

    Ce sentiment, cela fait des années que je ne l’ai pas ressentit. Ce n’était qu’excitation et haine face à Syndrell. Amusement face à ce brûleur. Plaisir face à cette poupée. Amour face à Nuhadu. Curiosité face à ce vieil homme.

    Cette peur de mourir…

    Fugace, elle emplit pendant un bref instant mon regard, accompagnant la descente mortelle de la lame de cette Marchombre vers ma gorge. Alors c’est ainsi que tout se fini hein ? Je suis pitoyable…

    Alors que je m’attendant à mourir rapidement, la gorge transpercée par sa lame, je la sens se poser presque avec douceur sur ma peau. Ainsi cette chienne a décidé de faire de faire durer le plaisir ? Haineuse, je la regarde droit dans les yeux, mon œil unique lui transmettant toute ma rage. Je veux que ce regard la hante comme son sourire l’a fait pour moi. Je veux qu’elle se souvienne de moi toute sa vie.

    Et même dans la mort, je continuerai à la poursuivre.
    Eternellement.

    La pression augmente très légèrement sur ma gorge, un petit filet de sang commençant déjà à s’échapper de la faible entaille. Qu’est-ce qu’elle attend bon sang ? Ne serait-elle pas en train…

    Sans prendre le temps d’analyser plus la situation, je profite de ce bref instant de répits pour passer à l’action. Pas question de mourir comme ça ! Pas de sa lame ! Roulant brusquement sur la gauche, je lui balance mon bras libre dans la figure tout en la déséquilibrant. Elle bascule sur le côté, s’écrasant à terre et avant qu’elle n’est même l’idée de se relever, le lui balance un coup de pied dans le ventre.

    Puis un second.
    Puis un troisième.
    Encore
    Encore…

    Je ne lui laisse aucun répit, la matraquant avec force et puissance, déversant ma rage dans chacun de mes coups. La désarmant d’un coup de pied, j’envoi mon talon contre sn visage avec force.

    Son nez émet un sinistre craquement.
    Qui me tire un sourire de plaisir.

    Puis, l’attrapant par les cheveux, je la force à se relever et la plaque contre le mur, face contre brique. Sa tête vient violement heurter la façade. Mon poignard toujours en main, je lui enfonce dans la cuisse. Puis remonte, prête à faire pénétrer la lame dans son flanc.

    Un coup de pied vient me projeter en arrière, m’obligeant à lâcher prise. Lui lançant un regard mauvais, je lui montre son sang dégouliner de mon poignard.


    - Voila ce que je suis venue chercher. Alors ? Toutes mes promesses ne sont toujours que du vent ?

    Me ramassant pour de nouveau bondir, je me plaque contre terre et lui fauche les jambes, la renversant de nouveau. Cependant, quelques secondes plus tard, je me retrouve projetée contre le tas de caisse empilées non loin. Le verre des bouteilles vides explose dans mon dos, s’enfonçant dans ma chair.

    Un nouveau cri de douleur déchire l’air. Paralysée, je la regarde de nouveau bondir sur moi.

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Sam 30 Juin 2012, 18:05

Distanciation.
Neutralité des sentiments, des sensations.
Comme un songe…

C’était un état que Syndrell connaissait déjà pour l’avoir vécu un an plus tôt, presque jour pour jour : une douleur telle que le cerveau décidait de se fermer hermétiquement, tel un bouclier de plomb, pour ne surtout pas la vivre. C’est ce qui plonge souvent la personne dans l’inconscience, voire dans le coma – la façon la plus efficace de se protéger de toute agression trop violente, bref, un point de rupture total.

Lorsque l’on est encore éveillé, ou bien à la limite de la conscience, les perceptions sont en revanche très étranges, car complètement décalées : on sait ce qui est en train de se passer mais si l’on n’intervient pas, c’est simplement parce que tout semble se dérouler au ralenti. On ne sent pas les chocs. Les bruits sont étouffés. L’air a une consistance, un poids.
Véritable distorsion du temps et du corps qui ne comprend pas la douleur.

Moins d’une minute s’était écoulée depuis que Lacrya avait commencé à déverser toute sa hargne et sa force sur la marchombre, soit une éternité pour Syndrell. Une vie tout entière passée à souffrir sans souffrir, sans bouger. Mais pas sans penser. Curieusement, c’est dans des moments aussi critiques qu’un passage à tabac que le cerveau, fermé comme une huître à toute attaque extérieure, est très productif : celui de Syndrell tournait à vive allure.

Toutes les séquences de ce terrible duel défilaient par flashes dans son esprit. Syndrell se mettant en garde. Lacrya bondissant sur elle. Les deux femmes s’affrontant dans un ballet de coups de poings, de coups de pieds, de parades et de techniques parfaitement huilées par un apprentissage solide, de vitesse et de puissance mêlées avec une pointe de colère pure. La joute verbale, l’intervention de personnes chères, Miss, Nuhadu. Le mentor, l’amant, véritables piliers d’énergie, points d’ancrages incroyablement solides.

Tu es ma proie, rien de plus. En rien tu ne m’as encore prouvé que tu étais capable de te dresser au rang d’adversaire pour moi, Syndrell.

Somme toute, l’issue de ce combat n’allait pas en faveur de la marchombre ; un monde la séparait encore de Lacrya – un monde de technique, de puissance, de force, de courage, celui d’aller jusqu’au bout de ses actions, quelles qu’elles soient ; un monde d’expérience. Avait-elle eu les yeux plus gros que le ventre en croyant pouvoir enfin l’emporter contre un Envoleur ?

Tu as toujours eu les yeux plus gros que le ventre, gamine.

En esprit, Syndrell leva les yeux au ciel.

Et voilà, c’est reparti…



* * *


- Dis donc, c’est une belle boucherie, cette histoire que tu nous écris-là…
- Je n’écris rien du tout, je vis.
- Tu veux dire que tu te fais rouer de coups !


Syndrell hoche la tête dans un sourire, puis ferme les yeux et s’appuie contre le tronc rugueux du vieux chêne. Pour une fois, elle n’est pas allongée dans l’herbe, près du ruisseau qui serpente dans les hautes herbes remplies de sauterelles qui bondissent joyeusement dans tous les sens ; elle ne sait pas s’il faut y interpréter quelque chose, et puis d’ailleurs, elle n’en a pas envie.

On n’interprète pas dans un endroit comme celui-là.
On se contente d’être.


- Tu as fait du chemin, gamine.
- J’aimerais en faire davantage.
- Oh, tu en feras… Oui, ça, tu en feras !


Son vieil ami est assis près d’elle, adossé lui aussi au tronc. Il marmonne tout bas dans sa barbe, en tirant de longues bouffées de sa longue pipe qu’il recrache sous forme de nuages de fumée grise. Les yeux clos, Syndrell hume le parfum un peu âcre du tabac et se rappelle ces longues veillées au coin du feu, là-haut, dans les montagnes du Poll…

- Ouch !
- Que se passe-t-il ?
- Cette fois, tu vas le sentir passer.
- Quoi ?
- Ça.


Un craquement sinistre.

Ah, ça…



* * *



Un craquement sinistre, voilà ce qui réveilla Syndrell. Plus tard, Lacrya regretterait peut-être ce coup de pied qu’elle aurait dû éviter de lui donner pour ne pas la sortir de sa dangereuse torpeur ; mais en l’occurrence elle sembla plutôt apprécier de voir le nez de son adversaire exploser sous son talon et le sang ruisseler, véritable fontaine vermeille qui rentra dans la gorge de la marchombre.

Elle s’étrangla de douleur, mais cette douleur justement fut tel un électrochoc ; tendant les bras, elle parvint à attraper la jambe de Lacrya avant que ne s’abatte le prochain coup. Insuffisant. La seconde suivante, elle s’écrasait contre le mur. Syndrell vit trente-six chandelles. Cria lorsque l’acier mordit sa chair, au niveau de la cuisse gauche.

A cet instant-là, possible que si le vieux souffleur de verre n’avait affirmé avec autant de confiance dans la voix qu’elle avait encore du chemin à faire, Syndrell ait définitivement rendu les armes. Mais voilà, elle ne voulait pas mourir dans cette ruelle déserte d’Al-Vor. Pas ici, pas maintenant. Pas question ! Encore du chemin à faire…

Un violent coup de tête en arrière. Satisfaction intense d’entendre le nez de son ennemie craquer à son tour. Un brutal coup de coude dans le plexus. Et pour finir, un coup de pied dans l’abdomen : L’Envoleuse alla s’écraser contre les caisses empilées.

Le souffle court, Syndrell essuya d’un revers de bras le sang qui maculait son visage, puis entreprit de déchirer sa manche afin de compresser sommairement sa blessure. La plaie saignait abondamment mais la lame s’était contentée de riper sur le muscle sans le déchirer trop gravement ; la marchombre en serait quitte pour une bonne semaine de boitillement et un mois de raideur, au moins.

Elle voulut tâter précautionneusement la bouille qui lui faisait désormais office de nez, renonça lorsqu’une flèche de douleur manqua de la plonger dans l’inconscience, et se força à inspirer et expirer par la bouche pour lutter contre la vague de nausée qui l’envahissait. La tentation de vider ses trippes sur Lacrya avait beau être grande, elle préférait terminer cette histoire avec dignité !

Mains vides, elle boita vers l’Envoleuse. Le poignard de Miss gisait dans une flaque de sang, et il allait y rester jusqu’à la fin de ce combat. Syndrell avait d’autres lames, plus secrètes, plus redoutables encore ; elles avaient donné la mort à Vanora, elles donneraient la mort à Lacrya. Celle-ci était pâle comme un linge et fixait sur elle des yeux agrandis par…

… la peur ?


- Pincez-moi, je rêve… ricana Syndrell en s’arrêtant à quelques pas d’Ironie.

Sa voix déjà éraillée par la tentative d’étranglement de l’Envoleuse, était carrément altérée par son nez cassé et le sang qui ruisselait toujours, imprégnant sa chemise.

- Lacrya a peur ! Rien que pour ça, je ne regrette pas cette bonne trempe.

Parler au beau milieu d’un combat est une faiblesse. C’est ouvrir une porte à son adversaire, lui permettre de se glisser dans une faille, d’utiliser la surprise pour porter un coup souvent fatal… Mais Lacrya était aussi mal en point qu’elle, et Syndrell devait savoir…

- Que t’apporte le Chaos ? Tu avais une vie d’intégrité, de paix, de liberté… Pourquoi avoir tourné le dos aux Marchombres, Lacrya ? Qu’est-ce que tu détestes tant chez eux pour leur avoir planté un couteau dans le dos ?


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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Sam 30 Juin 2012, 18:17

    - Et toi? Que t'apporte l'Harmonie? Et je ne les détestais pas. Pas avant de te rencontrer. Pas avant que tu ne viole le Domaine.

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Sam 30 Juin 2012, 18:19

- Mais les Envoleurs sont des tueurs de Marchombres ! Tu devais bien haïr quelque chose en nous pour devenir ce que tu es devenue... non ?

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Sam 30 Juin 2012, 18:22

    *Rire rauque*

    - En temps que Marchombre tu dois savoir ce que c'est d'appartenir à une voie. Pleinement je veux dire. Sentir son échos jusqu'au fond de ton âme. C'est ce que je ressens avec le Chaos. Nous avons un but. Et pour le réaliser, vous devez disparaitre. Pas besoin de haine pour cela.

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Sam 30 Juin 2012, 18:38

- Mon maître a changé de Voie, elle aussi. Alors oui, je sais ce que ça veut dire, arpenter un chemin qui est sien et qui ne ressemble à aucun autre chemin... Pourtant, je n'ai jamais pu comprendre Miss à ce sujet-là, de la même façon que je ne te comprend pas, toi. Ce jour-là, au Domaine, j'aurai pu suivre Faldor, servir le Chaos, devenir Envoleuse...

... pour rien au monde je n'aurai trahi les miens. Pas même par conviction.

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Sam 30 Juin 2012, 18:46

    - Miss... Voila qui est intéressant.

    *court silence*

    - Et je vais t'éclairer sur un point. Tu ne comprends pas pouvoir j'ai trahis les "miens" , comme tu dis. La raison est simple, les Marchombres n'ont jamais étaient les miens. Je ne me sens chez moi que dans le Chaos. Là est sont véritablement les "miens". C'était donc de les trahir que de continuer sur la voie de l'Harmonie qui n'a jamais été mienne.

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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Dim 01 Juil 2012, 12:26

Le souffle court, Syndrell fixait Lacrya sans comprendre. Elle ne voulait pas comprendre. Miss avait tenté de lui expliquer, pourtant ; quelques années auparavant, son maître avait accepté de lui dévoiler un pan de son passé – son passé sur la voie du Chaos et non celle de l’Harmonie.

Ce n’est pas parce que l’on est Marchombre ou Mercenaire que l’on n’est pas humain, Syndrell. Le libre-arbitre existe et c’est lui qui nous pousse en avant.

Le libre-arbitre.
Un concept étranger, difficile à cerner pour une gamine orpheline, élevée dans la crainte et le dégoût des autres ; comment imaginer que l’on puisse rester maître de son destin alors que tout porte à croire le contraire ?

Elle parlait de trahison quand Ironie parlait de conviction. Appuyée dans une position précaire contre les caisses de bouteilles, l’Envoleuse défendait le libre-arbitre autrefois défendu par Miss, ses paroles faisant écho à celles de son mentor :

Un Marchombre peut avoir des expériences qui font qu'il changera de Voie, suivant son évolution. Il n'aura dans ce cas jamais été Marchombre. Un Mercenaire peut avoir des expériences qui font qu'il changera de Voie, suivant son évolution. Il n'aura jamais été Mercenaire, dans ce cas. Tout est possible. Nous sommes humains. Le destin n'existe pas.

Une ombre traversa le regard de Syndrell. Elle commençait tout juste à réaliser à quel point elle avait pu être naïve, toutes ses années. Naïve de penser qu’elle était faite pour être Marchombre, naïve de croire que Faldor s’était trompé de personne en la choisissant, elle, une apprentie du camp ennemi ; il avait seulement fait preuve de bien plus de discernement qu’elle ne saurait en avoir et Miss, aussi humble et réaliste que lui, s’était battue pour garder son apprentie.

C’était aussi cela, faire du chemin. Pas uniquement développer ses muscles, son corps et ses aptitudes. Pas seulement améliorer sa vitesse ou sa perception des choses. La progression, la véritable progression suppose un esprit fin et vif. Bornée, Syndrell s’en était tenue à ce qu’elle croyait savoir et, persuadée qu’elle savait, elle avait cessé d’apprendre.

Une monumentale erreur, mise en exergue par la rage meurtrière d’une Envoleuse et les paroles avisées d’une Marchombre. Si Miss avait été à ses côtés, elle aurait asséné une claque à l’arrière du crâne de Syndrell avant de lui lancer, dans un clin d’œil complice :

Remue-toi, jeune apprentie ! On apprend toujours de ses erreurs et, lorsqu’on trébuche, on se relève aussitôt !

La jeune femme se remit au garde au moment où Lacrya bondissait dans tourbillon de verre éclaté. Syndrell évita un coup de tesson en se baissant prestement et alors, son corps passa en mode automatique. Son bras se détendit brusquement et son poing frappa au niveau des côtes flottantes, en brisant une ou deux. Dans le même mouvement, elle remplia son bras et remonta son coude pour fracasser la mâchoire d’Ironie. Puis elle pivota sur sa jambe valide, serra le poing et visa le plexus solaire ; l’Envoleuse s’écrasa de nouveau contre les caisses.

Comme elle se détournait pour s’éloigner d’un combat dont elle sentait enfin venir la fin, son adversaire se rua encore une fois sur elle, mue par une incroyable réserve d’énergie et de volonté pure qui, seule, lui permettait de tenir debout.

Les deux femmes basculèrent en avant et roulèrent sur le pavé. Coincée sous le poids de Lacrya, Syndrell bloqua de justesse son poignet, immobilisant sa lame à quelques millimètres de son œil. Cette garce voulait se venger… Grognant sous l’effort, elles luttèrent quelques secondes ; de grosses gouttes de sueur roulèrent sur les tempes de Syndrell. La pointe se rapprochait dangereusement de son œil gauche…

Sa greffe jaillit.
Eclats de force pure au tranchant ciselé, les lames sortirent de ses bras pour s’enfoncer dans la chair d’Ironie, lui perçant le bras droit et le flanc gauche. Profitant de la surprise et de la douleur causée, Syndrell se dégagea, se redressa et envoya Lacrya rouler au sol d’un coup de pied. Puis elle recula, bras levés, lames rougies, prête à repousser une nouvelle attaque – si toutefois l’Envoleuse était capable de se relever…


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 25/08 au 28/08]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Lacrya Sil' Morna
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MessageSujet: Re: Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]   Mar 03 Juil 2012, 15:44

    Mes paroles la trouble. L’incompréhension qui brille dans ses yeux en est la plus belle preuve. De toute façon, comment pourrait-elle comprendre ce que je ressens. Comprendre ce sentiment qui m’habite.

    Nous habite.
    Miss et moi.

    Elle n’a jamais connu qu’une voie. Qu’une seule certitude : celle d’être faite pour ce qu’elle suit. Elle n’a pas notre expérience. Pas notre point de vue. Comment expliquer les couleurs à celui qui n’a jamais eut la chance de voir ? La musique à celui qui n’a jamais rien entendu ? C’est dur. Très dur.

    Peut-être même impossible.

    Ici, c’est la même chose. Elle ne pourra comprendre ce que je dis qu’en le vivant. Pas autrement. Chassant la peur dans mes yeux, je laisse un léger sourire étirer mes lèvres. Moquerie. Ce petit moment de flottement se prolonge. Syndrell semble perdu dans ses pensés, comme traversant les méandres tortueuses de ses souvenirs.

    Parfait.

    Fermant un moment mon œil unique, je respire doucement, essayant de chasser la douleur de mon corps. Mon dos hurle de souffrance. Mon sang s’échappe lentement de la plaie béante de mon abdomen. Mes forces avec. Pourtant la rage et la colère qui gonfle toujours en moi compense ce manque, m’offrant l’énergie qui me manque pour me remettre début.

    Et bondir de nouveau.

    Un tesson de bouteille dans la main gauche, mon poignard dans la main droite, je file vers ma proie à une vitesse vertigineuse. Dans mes yeux, tout autre sentiment que la rage a déserté. Un mot pulse dans ma tempe. Encore et encore.

    Tuer
    Tuer
    Tuer.

    Je me jette sur elle, le tesson vers l’avant, le poignard replié en arrière caché mais près à frapper. Alors qu’elle l’esquive, je pivote brusquement, frappant avec ma lame. Vers sa gorge. Le coup est rapide. Précis.

    Elle ne peut l’éviter.

    Un poing vient me cueillir au niveau des côtes. Encore… Deux cèdent sous le coup, réveillant de nouveau la douleur de tout mon corps. Sans que j’aie le temps de hoqueter, le coude de la Marchombre vient me fracasser la mâchoire, me sonnant. Puis un pied me frappe au niveau du plexus solaire, m’envoyant valser contre les caisses. Là où je me trouver quelques minutes plus tôt.

    Mal…

    Des points noir dansent dans a vision. Je sens les ténèbres lentement m’entourer. Une terrible souffrance émane tut mon corps.

    J’ai si mal…

    Crachant du sang, je roule sur le côté. Et arrive à me relever. Un miracle sans doute… J’ai besoin du mur pour me tenir tant la douleur est vive dans tout mon corps. Je fini par relever la tête vers mon adversaire. Le sang ruisselle sur mon visage, suintant de mon nez brisé. Et toujours ce même mot. Puissant.

    Tuer
    Tuer
    Tuer.

    Respirant avec difficulté, je me rue de nouveau vers elle, poignard en avant. Nous basculons toutes les deux sur le sol, le verre s’enfonce un peu plus dans ma peau mais je n’y fais pas attention, prenant rapidement l’avantage. Rageuse, je frappe au niveau de l’œil.

    Vengeance.

    Mon coup est bloqué à quelque centimètre de mon objectif. Je ne renonce pas pour autant, puisant dans l’énergie de ma colère pour gagner peu à peu du terrain ? Doucement, très doucement, ma lame se rapproche de son œil.

    Inexorablement.

    Elle faiblie, je le sens. Je sais que je peux y arriver. Au moins lui voler ça. Juste ça.

    Mes yeux remplis de haine s’agrandissent soudain. Surprise. Incompréhension. Sans comprendre, je regarde les deux lames qui viennent de se figer dans ma chair. Pas de garde. Pas de pommeau. Juste deux lames sorties de sa peau. De ses bras. Prolongement parfait de ses avant-bras.

    Comme…

    La douleur explose alors. Plus brûlante que jamais. Un coup de pied me fait tomber à la renverse.

    Une simple pichenette aurait suffit…

    Gémissant de souffrances, je tente de me relever.

    Une fois.
    Deux fois.

    Puis je retombe, le sang quittant lentement mon corps.

    La greffe.
    Cette garce à reçu la greffe !

    Plusieurs longues secondes s’écoulent. Le souffle court, je finie par réussir à me remettre sur mes pieds, tremblante. Lui lançant un regard profond de haine, je glisse un poignard entre mes dents.

    La greffe.
    Elle veut jouer à ça ?

    Serrant avec force le manche de cuir, je me ramasse et place mes avant-bras devant mon visage. Et lance mon ultime attaque. Parés cela, il est fort probable que je ne puisse plus me servir de mes bras.

    Mais au moins elle sera morte.

    Fonçant droit sur elle, je ne fais même pas mine de feinter. Ses lames se lèvent. Tranchantes. Un léger sourire se dessine sur mes lèvres tendis que je me jette dessus. De tout mon poids. Le fer pénètre la peau de mes avant-bras, coupant chair et muscles, avant d’être stoppés par ma greffe. Puis bloquées. La douleur est horrible. Je la laisse cependant de côté et ouvre grand les bras, déviant ses armes.

    Le poignard entre les dents, je me jette sur sa gorge pour le lui enfoncer. Je ne touche cependant que l’épaule dans laquelle ma lame pénètre facilement, râpant contre un os. Sans lâcher prise, je la fais basculer sur le dos. Plusieurs secondes s’écoulent tandis qu’elle se tortille pour libérer ses bras. J’n profite pour faire tourner mon poignard, ravageant son épaule droite autant que je le peu.

    Avant d’être de nouveau éjectée d’au dessus d’elle. A moitié inconsciente, je roule contre un mur, lâchant mon arme. Un autre gémissement de douleur s’échappe de ma gorge tandis que je tente de me relever.

    C’est peine perdu.

    Toute ma force m’a déserté et maintenant même la rage ne suffit plus pour me maintenir debout. Mes bras sont eux hors-service, les muscles de mes avant-bras sectionnés.

    Cette fois c’est la fin…
    Le regard fier et brillant de rage, je regarde Syndrell se relever. Ma vision se rétrécit peu à peu, grignoté par une mer obscure.

    Lentement, je commence à perdre conscience.

__________________________________________


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Illusion? [PV Syndrell] [Terminé]
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