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Le Pacte VS L'Ordre
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 Groupe Fyrh - Cours n°3

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Mer 23 Jan 2013, 15:17

Les premiers tirs des jeunes gens étaient assez approximatifs, en tout cas n’atteignaient pas forcément leur cible. Des feuilles, des feuilles qui voletaient, évidemment, des feuilles qui dansaient dans le vent, tombant en poudre dorée sur le sol d’un vert flamboyant. Mais les gestes s’assurèrent, devinrent plus précis, plus fermes, et bientôt chaque flèche venait transpercer une feuille qui rougeoyait dans l’ambiance chaleureuse de cette matinée.

Une ambiance chaleureuse, qui fut néanmoins rapidement désuette…
Quand Aaron baissa son arc. Pia fronça les sourcils, attendant quelques secondes une explication rationnelle, quelque chose de plus explicite que cette attitude froide et distante. Pourtant, dans le regard du jeune homme, la décision était inébranlable ; plus rien ne l’atteindrait désormais.
Tilip crut lire sur ses lèvres des excuses silencieuses, mais peut-être avait-elle rêvé…
Dans tous les cas, le jeune homme sembla les saluer une dernière fois, et se dirigea d’un pas décidé vers les crêtes qu’ils avaient franchies dans le sens inverse depuis quelques jours. Par où allait-il passer ?

Pia ne savait pas comment réagir.
Accroupie sur la branche de l’arbre, encore quelques feuilles à la main, son regard bleu était lointain ; elle sentait cette pointe de tristesse venir s’emparer de son cœur et de ses membres. Elle perdait un apprenti, certes, mais surtout un jeune homme exceptionnel. Peut-être venait-il de comprendre que la Voie n’était pas faite pour lui, ou qu’il n’était pas fait pour elle. Dans tous les cas, cela revenait au même, le chemin s’effaçait devant soi, impossible à retrouver ou presque. Avancer à l’aveuglette n’était jamais vraiment agréable.
Quelque part, Pia eut envie de lui courir après, de le retenir, l’attraper par la manche et le garder avec elle. Mais elle se rendait bien compte que cela n’aurait servi à rien. Cela ne l’aurait pas fait changer d’avis…

Elle sauta soudain de sa branche, se réceptionna sur ses deux pieds, et poussa un long soupir.

Son regard balaya l’horizon, et tomba sur leur feu de camp. Fronçant les sourcils, la petite Marchombre s’approcha de ce dernier, et poussa du pied les cailloux rassemblés en cercle pour contenir les flammes durant la nuit. Se redressant vivement, elle lança :

- On bouge d’ici.

C’était la première fois qu’elle parlait ainsi, et qu’un creux de sourire ne venait pas faire remonter ses petites joues rondes. Mais elle se sentait préoccupée.

Aaron, Eole, Ange et Shalie étaient ses premiers apprentis. Ses tout premiers. Elle aurait aimé pouvoir les emmener tous les quatre aussi loin que possible, les voir s’envoler, heureux et équilibrés, sains et sereins. Mais Aaron avait décidé qu’il n’en serait pas ainsi pour lui.
Qu’avait-elle fait de mal ? Aurait-elle dû faire plus attention ? Elle aurait quand même pu sentir quelque chose, le prévoir ! Mais dans ce cas, qu’aurait-elle fait ? Elle lui aurait sans doute laissé le choix ; elle n’allait rien imposer ou presque à ses apprentis, si cela allait contre leurs convictions et leur bonheur.

Pia s’était mise à courir sans s’en rendre compte, et s’arrêta soudain pour attendre les trois jeunes filles qui peinaient à la suivre. Elle n’avait pas été consciente de ses gestes, et avait couru si vite pour mettre de l’ordre dans ses idées ; mais cela n’avait pas encore eu le temps de fonctionner.

- Excusez-moi les filles, je suis un peu perturbée…

Elles comprendraient, n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Jeu 24 Jan 2013, 21:42

Le doux sifflement des flèches qui volent rythme notre exercice sans interruption. Je suis plutôt satisfaite de ces tirs de plus en plus précis que j'arrive à effectuer. Je ne suis pas loin d'être aussi efficace que mes trois autres camarades.
Tient … il n'y a plus que deux flèches qui accompagnent la mienne … L'un de nous aurait-il abandonné ? Je prends une pause pour regarder celui qui s'est arrêté. Aaron tient son arc a bout de bras mais ne semble plus décidé à s'en servir. Que lui arrive-t-il ? Je n'aime pas trop cet air qui plane dans ses yeux …
Le jeune homme range soudain son arme, jette un regard désolé à notre Maître avant d'attraper ses affaires et de … nous tourner le dos pour s'éloigner … je ne comprends pas. Où va-t-il ? … Je n'arrive pas à chasser l'image de ce même dos qui plonge dans les ténèbres d'un bois, abandonnant son Maître et ses camarades. Il ne va tout de même pas partir comme ça, sans un adieu, sans un simple sourire.


- Aaron … non …

Je n'arrive pas à faire plus. Ce murmure implorant me donne l'impression d'avoir utilisé toutes mes forces. Mes yeux désolés regardent s'éloigner cet homme sans que mon corps ne bouge pour le rattraper. Je voudrais courir après lui, le rattraper et … et ensuite ? S'il y a bien une chose que je sais sur Aaron c'est qu'il est borné. Quels que soient mes mots, il les repoussera d'un sourire gêné et s'enfuira à nouveau. Je pourrais aussi hurler, le traiter de lâche, l'insulter par tous les noms. En vain. Il aura beau comprendre que son départ est une perte pour nous, il ne fera jamais demi-tour pour mes beaux yeux, ni pour ceux de Shalie, Eole ou Pia.

Je me tais.
Je me hais.
Et je le regarde s'éloigner.

Pourquoi est-ce que j'ai soudainement envie de disparaître moi aussi ? D'aller pleurer dans un coin ? Ma vie n'est qu'une succession de gens qui disparaissent au moment où je commence à les apprécier. Aaron … peut-être reviendra-t-il au prochain cours comme il l'a déjà fait. Un soupçon d'espoir naît dans mon cœur, aussitôt étouffé par le sentiment que ses adieux aussi froids que la glace étaient le signe d'un choix définitif. On peut se laisser à soi même une chance, mais on s'en laisse rarement une seconde. Je ne le reverrais surement jamais. Je ne le traiterai plus jamais de gros bêta. Je ne pourrai plus jamais l'admirer. Pour moi, c'est comme s'il venait de mourir. Je m'efforce d'effacer de mon esprit son visage dépourvu de sourire au moment de son départ pour ne garder que ce dont j'ai envie de me sourire. Aaron c'était un joyeux luron, curieux et chaleureux. Un instant je ferme les yeux et une foule de souvenirs défilent dans ma mémoire. Un soir au coin du feu avec Aïwen. Une crise de fou rire dans les montagnes. Des batailles entre feu-follets. Nous avons vécu tant de choses ensemble au travers de notre formation. Malgré le poids sur mon cœur, je ne peux pas m'empêcher de sourire en repensant à tout cela.

Allez courage. Il reste Shalie. Il reste Eole. Il reste Pia. Aaron suit sa propre route désormais, et cela n'arrête pas la mienne. D'ailleurs je ne pense pas qu'il aurait apprécié de voir nos têtes d'enterrements. Sa joie de vivre doit continuer à nous inspirer.

Je me tourne vers Pia, découvrant son visage perdu. Elle semble avoir pris vingt ans en un clin d'œil. Aurait-elle pris le départ d'Aaron à cœur ? Pourtant cela ne fait pas longtemps qu'elle nous guide … Je n'aurais pas imaginé qu'elle puisse s'attacher à l'un de nous aussi vite.


- On bouge d’ici.


La Marchombre a sauté de son perchoir et fait disparaitre le reliquat du foyer. Elle nous accorde à peine un regard avant d'attraper ses affaires et de s'élancer en courant. Je la regarde sans vraiment comprendre. Aïwen ne s'était pas enfui quand Aaron était parti la première fois. Il avait compris les troubles qui agitaient le cœur de l'apprenti et l'avait laissé poursuivre sa route, pour ensuite me laisser à mon tour prendre du recul par rapport à lui et à son enseignement. Encore aujourd'hui je le remercie de ne pas avoir cherché à me retenir. Pia a bien agit en ne faisant rien. Je suis certaine que mon ancien Maître avec son expérience a déjà vécu des abandons mais elle ? Peut-être pas … alors elle doit surement douter.

A mon tour je ramasse mes affaires et m'élance sur le sentier, courant pour essayer de rattraper la Marchombre. Elle a beau être minuscule et avoir de petites jambes, c'est fou comme elle peut aller vite ! Je vois sa silhouette menue disparaitre au détour d'un rocher, puis revenir à ma vue sans jamais avoir l'impression que je m'en rapproche. Ce n'est pas parce qu'elle en a perdu un qu'elle doit essayer de perdre les trois autres ! Saleté de Maître trop sensible.

J'ai eu le temps de maudire Aaron et Pia un million de fois quand cette dernière se décide enfin à s'arrêter pour nous attendre. Le souffle court, je m'appuis contre un arbre et pose les yeux sur le petit bout de femme. Et oublie que j'ai osé la traiter de tous les noms. Son regard est toujours perdu, noyé dans ce qui me semble être de l'incertitude. Elle doute. Maintenant c'est certain.


- Excusez-moi les filles, je suis un peu perturbée…

- Tu n'as pas à t'excuser Pia. Et ne t'en fais pas au sujet de Ronron, je suis sure qu'il reviendra … il est déjà revenu. Il lui faut juste du temps … ce gros bêta sait ce qu'il lui faut. Je suis sure qu'il n'est pas parti à cause de nous.

Je n'ai rien fait pour aider Aaron sur sa Voie, mais je ne peut pas laisser Pia dans l'état où elle vient de tomber. Elle a besoin de nous autant que nous avons besoin d'elle. Notre force doit être sa force et vice-versa. Dans ce sourire confiant que je lui offre, j'espère qu'elle saura la trouver.


Dernière édition par Ange Shar le Dim 10 Fév 2013, 12:40, édité 1 fois
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Sam 26 Jan 2013, 14:33

Les feuilles dansaient, les flèches volaient et Éole souriait. Du coin de l’œil elle pouvait apercevoir Ange, Shalie et Aaron, concentrés, dont chaque flèche lancée transperçait leur cible. Comme les siennes désormais. Elle continua encore un moment, fixant son regard sur les feuilles d’or qui virevoltaient. Mais bientôt, elles se firent moins nombreuses et elle vit le garçon baisser son arc, suivit par Ange. La jeune fille les imita, mais, contrairement à ce qu’elle pensait, ce n’était pas parce que Pia avait décidé de la fin de l’exercice qu’ils s’arrêtaient... Aaron avait un regard froid, une attitude distante, la marchombre fronçait les sourcils et Ange semblait surprise. Shalie s’était arrêtée à son tour mais Éole ne vit pas sa réaction. Que se passait-il ?
C’est quand Aaron posa son arc, l’air désolé, qu’elle comprit. Son chemin venait de prendre une autre direction. Il quittait la Voie... ou bien la Voie l’avait-elle quitté ? Quelque soit la réponse, Éole ressentit un pincement au cœur... Elle ne connaissait Aaron que depuis peu de temps, mais assez pour l’apprécier... Pourquoi ?
Il prit ses affaires et tourna le dos au groupe.

- Aaron … non …

Ange avait murmuré. Pia ne dit rien. Éole non plus. Que pouvait-elle dire ? Elle ne savait pas quoi faire. Elle aurait voulu le retenir mais elle sentait au fond d’elle même que rien ne pourrait le faire changer d’avis. Et certainement pas elle, qu’il ne connaissait que très peu...
Elle regarda son camarade s’éloigner, s’enfoncer dans le cœur de la montagne. Le silence s’était abattu sur le groupe. Le départ d’Aaron les avaient tous chamboulé...

Soudain, Pia sauta de la branche sur laquelle elle était assise et poussa un long soupir.

- On bouge d’ici.

Aucun sourire ne vint accompagner ses paroles, aucune faussette ne creusa ses joues. Elle n’avait pas ce regard pétillant et malicieux qu’elle leur adressait quand elle leur parlait. Elle passa devant eux, le visage fermé. Éole la regarda s’éloigner, abasourdie. Ange lui emboita le pas, la jeune fille la suivit.
Pia se mit à courir. Éole courut derrière elle mais la petite Marchombre accélérait et bientôt les trois apprenties n’arrivèrent plus à suivre leur Maître.

Que faisait-elle ?
Elle s’en allait en courant, sans un regard pour ses apprenties qui pènaient à la suivre... S’enfuyait-elle ? Allait-elle les abandonner, sans explication, comme Aléa et Notok ? Éole serra les dents et s’arrêta, à bout de souffle. Mais à quoi jouait Pia ? La jeune fille était sûre qu’elle n’était pas en train de les planter là, elle avait bien dit «on bouge d’ici»... mais pourquoi ne faisait-elle pas attention à eux ?

Éole reprit sa course, essayant de rattraper ses camarades devant elle, et son Maître, encore plus loin...
Enfin, Pia s’arrêta enfin et tourna ses yeux bleus dans leur direction. Le départ d’Aaron l’avait profondément touchée, et Éole lut dans son regard, à cet instant là, à quel point la petite marchombre était bouleversée. La jeune fille essaya de se mettre à sa place... son élève venait de partir, de quitter la Voie, sans un mot... elle devait douter, se demander ce qu’elle avait fait de mal.

- Excusez-moi les filles, je suis un peu perturbée…

Éole ne vit plus en elle un Maître Marchombre qui veille sur ses élèves, mais une petite femme qui s’en voulait d’en avoir «perdu» un, une petite femme qui avait besoin de soutien.

- Tu n'as pas à t'excuser Pia. Et ne t'en fais pas au sujet de Ronron, je suis sure qu'il reviendra … il est déjà revenu. Il lui faut juste du temps … ce gros bêta sait ce qu'il lui faut. Je suis sure qu'il n'est pas parti à cause de nous.

Éole hocha la tête et s’approcha de son Maître avec un petit sourire réconfortant sur le bout des lèvres.

- On est toute perturbée. Et c’est normal que vous le soyez, on vous comprend. Mais Ange a raison, Aaron n’est certainement pas parti à cause de nous, et encore moins à cause de vous. Ne vous en voulez pas, ce n’est pas de votre faute.

Le sourire de la jeune fille s’agrandit. Elle voulait que son Maître y puise chaleur et confiance. Elle voulait que Pia sache qu’elle était avec elle, qu’elle ne la laisserait pas tomber, et qu’ensemble, elles surmonteraient cette épreuve. Unies.

__________________________________________



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Shalie Altan
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Sam 26 Jan 2013, 22:58

Petit à petit ça rentrait, il fallait juste prendre le coup et ne pas perdre des yeux sa cible. Shalie se doutait que l'exercice devait être simple pour une marchombre et que leur maître ne tarderait pas à compliquer la tâche. Peut-être en leur demandant de faire la même chose, mais sur un cheval au galop ? La elle se jetait dans le vide direct. Les apprentis tiraient tous et on pouvait voir trois flèches virevoltaient. Trois ? Alors qu'ils étaient quatre ?

Fronçant les sourcils, Shalie baissa son arc et jeta un coup d'oeil à ses camarades. Ils s'étaient aussi arrêtés, Ange et Eole regardaient Aaron qui avait une lueur indéchiffrable dans les yeux. Sans dire un mot il rangea alors son arc avant de prendre son arc et de partir. Non ... ça recommençait, il recommençait. A ses côtés, Ange murmura son prenom comme une supplication, mais cela ne changea rien. Camper sur ses deux jambes, la jeune femme elle regardait son coéquipier partir avec une nouvelle fois l'impression d'être trahie.

Il partait. Encore. Il les laissaient une nouvelle fois, avec un nouveau maître. A croire que c'était dans sa nature de partir. Aaron avait le potentiel pourtant pour être marchombre malgré sa corpulence, alors pourquoi ?! Bon sang pourquoi il partait à nouveau ?! Elles ne comptaient donc pas pour lui ? Ange, Pia, Eole et elle n'étaient rien à ses yeux ?! Après tout ce qu'ils avaient vecu ... Il partait comme ça, sans raison valable.

Au fond d'elle, Shalie espérait que quelqu'un aller le retenir, mais rien ne se passa. Le silence planait dans le petit groupe jusqu'à ce que Pia descende de son arbre et éteignant le feu ordonna à la troupe de se mettre en route sans plus de cérémonie. En silence, Shalie rangea son arc, récupéra son sac et se retournant se rendit compte que Pia avait déjà mis les voiles en courant comme si elle avait l'enfer à ses trousses. Quelques secondes après s’élancèrent aussi Ange et Eole. Shalie de son coter adressa un dernier regard à Aaron qu'on voyait encore au loin tout en mettant sur son dos son sac.

Secouant la tête, elle partit à son tour en courant. Elle aurait pu rattraper Ange et Eole, mais elle n'en avait pas envie. Perdue ailleurs, elle courrait sans plaisir, chose rare. Au bout d'un moment Pia décida de s'arrêter et Shalie pu les rejoindre.

.- Excusez-moi les filles, je suis un peu perturbée…

C'était normal d'être pertubée. Si Eole, Ange et Shalie avaient perdu un camarade, Pia elle avait perdu un élève. Ange s'empressa de suite de rassurer Pia en lui disant qu'il reviendrait, qu'il avait déjà fait le coup. Eole prit le relais en confirmant les dire de la demoiselle et en ajoutant qu'elle ne devait pas s'en vouloir. Shalie, elle se contenta d'adresser à Pia un regard empreint de soutien. Des fois on pouvait se passer des mots.

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Mar 05 Fév 2013, 13:26

- Tu n'as pas à t'excuser Pia. Et ne t'en fais pas au sujet de Ronron, je suis sure qu'il reviendra … il est déjà revenu. Il lui faut juste du temps … ce gros bêta sait ce qu'il lui faut. Je suis sure qu'il n'est pas parti à cause de nous.

- On est toutes perturbées. Et c’est normal que vous le soyez, on vous comprend. Mais Ange a raison, Aaron n’est certainement pas parti à cause de nous, et encore moins à cause de vous. Ne vous en voulez pas, ce n’est pas de votre faute.


Comment leur dire qu’elle était certaine qu’il ne reviendrait pas ? C’était une intuition, si forte qu’elle la faisait légèrement vaciller. Elle aurait essayé de faire quelque chose, sinon, lorsqu’il était parti.
Et puis, elles ne pouvaient pas dire que ce n’était pas de sa faute. Cela l’était. Elle n’avait pas vu la détresse, ou peut-être simplement l’inadéquation entre la Voie et Aaron, et pour cela elle s’en voulait. Ils étaient ses premiers apprentis, et même si cela faisait peu de temps qu’elle les connaissait, elle s’y était considérablement attachée, il fallait bien le dire, l’avouer. Pia était ce genre de personne qui s’attachait rapidement, et même si elle avait parfois la sagesse de laisser couler sans intervenir dans la vie des autres et donc de les laisser s’éloigner, cela ne voulait pas dire qu’elle ne ressentait rien vis-à-vis de cela, bien au contraire.

Seule Shalie ne parla pas, mais son regard valait bien plus que les mots, et c’est sans doute cela qui fit redresser la tête à Pia. Poussant un soupir, elle ferma les yeux quelques secondes et fit quelques longues inspirations et expirations.

- Non. Il ne reviendra pas, j’en suis persuadée. Je ne peux pas vous faire entretenir un espoir qui s’écrasera dans le sable. Il ne reviendra pas, je le sais, et c’est pour cela que ça m’a autant secouée.

La petite marchombre poussa un soupir, et se gratta le front. Puis, elle planta son regard dans celui des filles.

- Bon, le mieux pour penser à autre chose est de se concentrer. J’entends un grondement, cela veut dire qu’il y a une rivière et une cascade pas loin…

Se mettant en route, Pia ne courut pas, mais se contenta de marcher, car le sol était devenu très instable. En effet, elles évoluaient désormais sur des rochers posés les uns sur les autres, mobiles ; aucun n’était calé, et tous bougeaient, presque ensemble. Il fallait être assez dextre et rapide pour avancer sans provoquer un éboulement ou se coincer le pied entre deux gros cailloux évoluant dans le même sens.

La fraîcheur de l’eau de la rivière fut bientôt perceptible, et un léger sourire finit par réapparaitre sur le visage de Tilip. Quand ils furent sur la rive de l’onde vrombissante, la marchombre s’arrêta quelques secondes pour la contempler. L’eau allait à une vitesse phénoménale, en fait, elles étaient en aval de la cascade, dont on voyait les écumes blanches tourbillonner pour se répartir dans le lit de la rivière. Remous et bulles étaient au rendez-vous, et il était certain que les rochers qui tapissaient le fond de l’onde étaient aussi tranchants et bancals que ceux sur lesquels elles se trouvaient.
Un petit sourire étira les lèvres de Pia, qui tira son arc, accrocha une corde à une flèche, et tira cette dernière dans un tronc d’arbre de l’autre côté de la rivière, à fleur de la surface. Puis, elle se déshabilla, et entra dans l’eau.

Etant la plus petite de toutes, elle aurait dû avoir du mal ; et surtout elle avait à peine pieds. Pourtant, l’onde et les remous, puissants et violents, semblaient passer à travers son corps, qui se jouait des facéties de l’eau. Elle avait de l’eau jusque sous les aisselles, ce qui faisait que les apprenties en auraient globalement jusque sous les côtes, à peine. Parfois, elle se prenait d’une impulsions, plongeait sous la surface, pour remonter, sans jamais donner l’impression que c’était difficile.

Elle finit par relever le menton, et s’adresser aux trois jeunes filles.

- Vous avez vu la force du vent, la force de la pierre, maintenant voici celle de l’eau. Une force, comme les autres, qu’il faut savoir reconnaître, comprendre, pour s’immerger en elle et les utiliser à bon escient. La nature nous apprend la vie, à nous de savoir accueillir son enseignement. Être plus liquide que l’eau, immobile ou mobile, devenir jaillissement ou statique… Venez jouer avec l’eau taquine !

Prenant un peu de l’onde dans ses mains en coupe, Pia la jeta en l’air, et les gouttes se séparèrent dans une ribambelle d’éclat de soleil.
Et elle avait retrouvé son sourire.

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Mer 06 Fév 2013, 13:35

- Non. Il ne reviendra pas, j’en suis persuadée. Je ne peux pas vous faire entretenir un espoir qui s’écrasera dans le sable. Il ne reviendra pas, je le sais, et c’est pour cela que ça m’a autant secouée.

Le regard d’Éole s’assombrit. Elle voulait y croire, elle voulait espérer que le jeune homme reviendrait. Mais les paroles de Pia éveillèrent en elle le sentiment qu’elle avait raison. Aaron ne reviendrait jamais.

Jamais...

Un mot que la jeune fille détestait. Il était trop définitif. Et c’était une notion qu’elle avait du mal à percevoir. Mais c’était bien réel pourtant. Aaron ne reviendrait jamais. Comme son père. Comme elle. Plus jamais elle ne sera la petite Ombe qui avait une vie tranquille à Al-Jeit avec sa mère. Elle a tout quitté pour venir ici, pour s’engager sur la Voie des Marchombre. Maintenant elle était Éole, et plus jamais elle ne retrouvera son ancienne vie.

Elle laissa s’échapper un petit soupir. Il fallait accepter qu’Aaron ait pris une autre direction et qu’il ne reviendrait jamais sur ses pas.

- Bon, le mieux pour penser à autre chose est de se concentrer. J’entends un grondement, cela veut dire qu’il y a une rivière et une cascade pas loin…

Éole sortit de ses pensées et tourna le regard vers son Maître. Le petit groupe se mit en route à travers les rochers instables. Les pierres étaient en équilibre sous leurs pieds et n’étaient pas soudées à la montagne. Elles menaçaient de rouler à chaque pas aussi la jeune fille avançait prudemment, prenant garde à ne poser le pied que sur les plus solide d’entre elles pour éviter une chute de... Elle n’osa pas regarder en bas pour savoir de quelle hauteur vertigineuse elle tomberait... mais elle se doutait que la chute serait mortelle. Il fallait aussi faire attention à ne pas provoquer d’éboulements. Si des personnes passaient au pied de la falaise, elles risquent de ne pas apprécier que des pierres leur tombent dessus...
Le petit groupe progressait donc lentement, mais sûrement.

Enfin, le grondement sourd de l’eau se fit plus fort et l’air se rafraichit, signe qu’ils approchaient... Le paysage qui s’offrait à elle était si beau qu’Éole en eu le souffle coupé. Comment la nature pouvait-elle cacher de tels trésors ?
La rivière était là, entourée des roches grises des Dentelles Vives, reflètant le bleu intense du ciel dépourvu de nuage, scintillant sous les rayons du soleil. L’eau coulait à une vitesse incroyable jusqu’à se jeter du haut de la montagne. Le fracas de l’eau contre les rochers en contrebas emplissait l’air d’un grondement incessant. La cascade était majestueuse. On avait l’impression que l’eau s’envolait, qu’elle dansait avec les rocher, se jouant de la gravité.

L’eau, la pierre, le vent.
Ils se confondaient, se mélangeaient, tourbillonnaient entre eux.
C’était un jeu.
Et Éole n’arrivait pas à en détourner les yeux.

C’est quand elle vit Pasitilipia dans le courant qu’elle revint à la réalité. Hein ? Quoi ? Dans le courant ?
La jeune fille cligna des yeux plusieurs fois. Oui oui, la petite Marchombre était bien là, dans l’eau, à lutter contre le courant violent. Non, à jouer avec le courant. Pia jouait avec lui. L’eau glissait sur elle, elle glissait sur l’eau. Elle ne laissait pas apparaître la moindre résistance, comme si les remous qui secouaient violemment la rivière n’existaient pas. Elle se riait d’eux. Ils passaient sur son petit corps sans parvenir à l’emporter. Et elle progressait avec une telle facilité...

- Vous avez vu la force du vent, la force de la pierre, maintenant voici celle de l’eau. Une force, comme les autres, qu’il faut savoir reconnaître, comprendre, pour s’immerger en elle et les utiliser à bon escient. La nature nous apprend la vie, à nous de savoir accueillir son enseignement. Être plus liquide que l’eau, immobile ou mobile, devenir jaillissement ou statique… Venez jouer avec l’eau taquine !

Pia jeta une gerbe d’eau en l’air. Les gouttelettes s’illuminèrent en passant sous un rayon de soleil et retombèrent autour de la Marchombre en une myriade d’étoiles. Et pour accompagner ces étoiles, Pia souriait.
Alors Éole sourit, soulagée de retrouver son Maître telle qu’elle l’avait rencontré quelques jours plus tôt : souriante et pleine d’énergie. Joueuse.

La jeune fille laissa échapper un petit soupir en se préparant à l’exercice demander par Pia. Jouer avec l’eau. Cela semblait si simple quand on la regardait...

Éole se concentra sur les paroles que venait de prononcer son Maître. L’eau était une Force. Comme celle du Vent, comme celle de la pierre. À laquelle il fallait s’ouvrir. Un demi sourire se dessina sur le visage de la jeune fille. La Force de l’eau ne lui était pas totalement inconnue. C’était même la première Force qu’elle avait découvert, avec Aléa...

~ * ~

- Le monde est un entrelacs de forces. Tout est force. Le vent est force, l'eau est force, la terre est force... Un Marchombre sent ces forces. Il comprend leur importance, et joue avec elles, se lie avec elles, pour mieux avancer…

~ * ~

- Se fondre dans les éléments, à mon sens, cela veut dire les sentir jusqu’au plus profond de soi. S’ouvrir à eux pour les comprendre, et les interpréter. Mais dans aucun cas tu dois perdre ton identité face aux forces, aussi puissantes soient-elles. Tu restes toi. Le Marchombre comprend les forces, mais se rit d’elles.

~ * ~

C’était exactement ce que faisait Pia. Elle se riait de la force de l’eau.

* Pense Ouverture, Éole, toujours.*

La jeune fille se dévêtit. Elle serait ainsi plus à l’aise et aurait des affaires sèches à se remettre sur le dos. Elle n’allait pas faire la même erreur que quelques jours plus tôt. Et puis, désormais, elles étaient entre filles...

Éole déposa ses habits sur un rocher et s’avança vers la rivière un peu hésitante. Elle mit d’abord un pied, puis l’autre... l’eau était froide. Pas glaciale, cela pouvait être supportable une fois dedans, une fois habituée... mais c’était froid quand même. La jeune fille frissonna et avança prudemment. Elle sentit le courant battre contre ses jambes. Elle n’avait pas fait deux pas qu’elle se retrouva la tête sous l’eau a dériver en contrebas. Elle réalisa soudain qu’elle se dirigeait droit vers la cascade ! Quoi ? Elle n’allait quand même pas mourir là, alors que... Son dos heurta violemment une corde tendue quelques mètres plus bas. Mais bien sûr ! Pia ne les laisserait pas mourir bêtement emportés par le courant ! Quelle était bête... La Marchombre avait dû tendre la corde alors qu’elle rêvassait sur le paysage... Secouant la tête, elle s’agrippa à la corde et se hissa jusqu’à la rive. Elle remonta pour retrouver l’endroit où elle s’était jeter à l’eau. Elle jeta un coup d’œil à Shalie. Comment la jeune fille, qui avait si peur de l’eau, allait-elle réagir face à cet exercice ?

Éole se concentra de nouveau et fit le point sur cette première tentative. Elle avait oublié l’essentiel et s’en maudit.

* Pense Ouverture, Éole, toujours.*

La jeune fille poussa un soupir en regardant son Maître jouer avec les vagues. Elle était encore loin d’être Marchombre... Bon.

Éole inspira l’air à plein poumons en fermant les yeux. Elle tenta de s’ouvrir au monde qui l’entourait.
D’abord au Vent, qui caressait sa peau nue, la faisant frissonner.
Puis à la pierre froide sous ses pieds.
Et enfin à l’eau. L’eau qui coulait, bruyante, à un pas d’elle. L’eau qui se fracassait sur les rochers, agitée de remous d’une puissance incroyable. L’eau, qui pouvait la broyer.

La jeune fille ouvrit les yeux et s’avança. Un pas. Ouverture.

«Une force, comme les autres, qu’il faut savoir reconnaître, comprendre, pour s’immerger en elle.»

Les mots de son Maître résonnèrent dans sa tête. Ils la guidaient.

«Être plus liquide que l’eau, immobile ou mobile, devenir jaillissement ou statique.»

Ouverture.
Éole s’immergea dans la rivière. Elle avait de l’eau jusqu’aux côtes mais elle sentait déjà le courant la pousser. Elle ne flancha pas. Elle l’accueillit. L’eau coulait, froide, sur sa peau. Elle s’ouvrit à elle, se laissa fondre en elle. Elle avança un peu plus loin que la première fois avant d’être de nouveau happée par le courant qui devenait de plus en plus violent à mesure qu’elle s’éloignait du bord.
Elle s’agrippa de nouveau à la corde et remonta.

La jeune fille recommença, encore et encore, grignotant chaque fois quelques centimètres. La puissance du courant finissait toujours par l’emporter. Elle commençait à avoir des bleus un peu partout, ses muscles étaient engourdis, elle sentait la fatigue pointée... Alors elle se releva, une fois de plus et se posta face à la rivière, une lueur de défi dans le regard.

* Tu veux jouer ? On va jouer. *

Éole entra de nouveau dans la rivière, les yeux fermés, l’esprit ouvert. Elle sentait l’eau, elle sentait sa force et sa puissance tout autour d’elle. Elle posa ses mains à sa surface. Elle voulait l’amadouer et faire d’elle son alliée. Ne plus essayer d’avancer contre elle, mais d’avancer avec elle. En Harmonie.

Les ondes fraiches caressaient sa peau et une image apparu à elle : la rivière dansait ! Elle ondulait dans des mouvements fluides, elle tournoyait autour d’elle. Alors Éole se prit au jeu, elle s’immergea dans la danse de l’eau et dansa avec elle. Elle plongea la tête sous la surface et ondulait en suivant son rythme. Elle se fondit dans le courant, attentive à ses moindres mouvements. L’eau tournait et Éole tournait avec elle. Elle ouvrit les yeux sous l’eau et elle commença à nager vers le centre de la rivière. Tout en continuant son ballet aquatique. Elle nageait en dansant. Elle dansant en nageant.
Elle sortit la tête de l’eau et inspira un bonne bouffée d’air frais. Elle était arrivée près de Pasitilipia . Un sourire étira ses lèvres tandis qu’elle se stabilisa. L’eau glissait sur elle mais elle ne la poussait plus. Elle la tenait debout, en équilibre sur un petit rocher. Un sentiment de bien être envahit la jeune fille. Elle se sentait si bien, portée par l’eau, en communication avec elle.

C’est alors qu’une vague plus puissante happa ses jambes et la fit basculer. Elle se retrouva très vite accrochée à la corde, laissant échapper un petit rire. Elle était loin de ce que faisait Pia, mais la sensation qu’elle avait eu la rendait infiniment heureuse.
La jeune fille rejoignit la rive pour un énième essai, plus motivée que jamais. Les derniers mots de Pia lui revinrent à l’esprit.

«La nature nous apprend la vie, à nous de savoir accueillir son enseignement.»

Elle allait apprendre à danser avec l’eau. Comme elle allait apprendre à danser avec toutes les forces de la nature, toutes les forces du monde.
Elle allait apprendre à danser et ça, c’est ce dont elle avait toujours rêvé.

__________________________________________



"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
- Paul Valéry -

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Dim 10 Fév 2013, 12:39

Le sourire et les mots d'Eole se joignent aux miens, sereins. J'attends que Shalie fasse de même, mais rien ne sort de la bouche de ma camarade. Du coin de l'œil je la vois, cette fille qui est la seule à ne pas afficher un faux sourire pour rassurer notre Maître et se rassurer elle-même. Elle ne cherche pas à cacher que le départ de Ronron l'a affectée autant que nous toutes. Comme moi cela fait plus d'un cours qu'elle passe aux côtés du jeune homme. Dur d'oublier les liens qui se sont formés entre nous.

En face de nous, Pia semble se battre contre un million de questions invisibles. Je les sens qui tourbillonnent dans son esprit. En surface, elle fait tous les efforts possibles pour se maitriser, pour ne pas oublier que nous sommes encore là avec Shalie et Eole. Show must go on. Ses yeux bleus se rouvrent sur le monde, teintés d'un air décidé. Si je garde mon sourire, c'est que je suis ravie de voir qu'elle a repris ses esprits, au moins pour un temps. Les mots qu'elle laisse sortir sont autant de poison qui la quitte. Enoncer une vérité permet parfois de mieux la vivre. Oui Aaron ne reviendra pas, mais cela n'empêchera ni lui ni nous de continuer à vivre. Alors en route.


- J’entends un grondement, cela veut dire qu’il y a une rivière et une cascade pas loin…


Je tends les oreilles et remarque en effet ce bruit de fond. Cela fait des jours que nous n'avons pas pu profiter d'un peu d'eau fraiche pour nous laver et l'idée d'une pause au bord d'une rivière n'est pas des plus déplaisantes. Evidemment Pia n'a pas précisé si nous profiterons ou non du lieu pour nous détendre, mais je suis sure qu'elle ne dira pas non si nous lui suggérons une fois sur place.

La Marchombre se lance de son petit pas sautillant sur le flanc de la montagne, guidée par le bruit qui s'intensifie à mesure que nous avançons. Sous mes pieds, je sens à la fois les cailloux instables et les vibrations causés par la force de la cascade. Pia nous conseille de faire attention au sol, chaque seconde de trop sur une roche pouvant provoquer un éboulement. J'imite la jeune femme, tentant d'être aussi agile qu'elle. On m'a dit que les chèvres des montagnes sont les meilleurs pour se déplacer sur les falaises escarpées et les sols fragiles. J'imagine mal une chèvre être plus agile que moi, et pourtant si j'en crois les on-dit, c'est possible. Je crois que pour l'instant je préfère garder mon Maitre comme modèle.

Je constate avec joie que le sol se raffermit à mesure que nous nous rapprochons de l'eau. Lorsque la rivière est en vue, le risque d'éboulement a disparu. Le trajet fut court mais intense, effaçant de nos pensées un certain jeune homme aux cheveux bruns. S'il avait encore été présent dans la tête de l'une d'entre nous, cela n'aurait pas duré. Le spectacle de l'eau qui tourbillonne dans ce coin de montagne perdu est à couper le souffle. Dans ces lieux où elle ne peut blesser personne, elle se déchaine. De toute sa force, elle vient percuter les rochers, créant maints remous et soulevant des gerbes d'écumes dans les airs. Un peu plus en amont se dresse la cascade, haute de plusieurs mètres. Ce qui n'était qu'un bourdonnement tout à l'heure est désormais un assourdissant vacarme. Je guette les lèvres de Pia pour savoir si elle nous parle, incertaine sur sa capacité à couvrir le bruit de l'eau qui chute. Tout ce que je vois, c'est sa flèche qu'elle encoche et envoie voler de l'autre côté de la rive, l'utilisant pour fixer une corde en travers de la rivière. Si elle compte nous faire traverser là-dessus, je préfère continuer mon chemin seule jusqu'à trouver un gué, ce qui serait beaucoup plus sûr. Son système ne supportera jamais nos poids, aussi fines soyons nous.

Pia se déshabille et plonge dans l'eau.
Je ne pensais pas que le départ d'Aaron la pousserait au suicide. Je reste stupéfaite devant son geste, de la même manière que je suis restée hésitante lorsqu'elle nous a brusquement lâchées tout à l'heure. Je n'arrive pas à comprendre ce qui se passe dans cette petite tête de Marchombre.
Elle ne se noie pas. J'ouvre vraiment les yeux et réalise ce qui se passe. Ce bout de femme est aussi libre que l'eau avec laquelle elle joue. Insaisissable, elle se joue du courant, bougeant en harmonie avec lui pour ne pas céder devant sa force trompeuse. Vous a-t-on déjà dit à quel point la folie des Marchombres est belle ? Je vois Pia dans cette rivière et j'aspire plus que tout à devenir comme elle.


- Vous avez vu la force du vent, la force de la pierre, maintenant voici celle de l’eau. Une force, comme les autres, qu’il faut savoir reconnaître, comprendre, pour s’immerger en elle et les utiliser à bon escient. La nature nous apprend la vie, à nous de savoir accueillir son enseignement. Être plus liquide que l’eau, immobile ou mobile, devenir jaillissement ou statique… Venez jouer avec l’eau taquine !


Son sourire est de retour, plus brillant que les gouttelettes qu'elle lance en l'air. A mon tour je souris, contaminée par sa bonne humeur, cela jusqu'à ce que ma peau nue vienne goûter la rivière. Là j'oublie toute joie. L'eau est glacée et sa violence menace d'emporter les doigts de pieds que j'ai posés en son sein. Et si on retournait dire bonjour au lac où nous nous sommes rencontrées ? Là au moins les températures étaient acceptables et le risque de noyade était proche de zéro.

Eole se jette à l'eau, emportant avec elle toute idée de râler et de proposer une échappatoire. Cette fille est aussi folle que Pia. Aussi Marchombre. Je n'ose pas me l'avouer mais je l'envie … je suis motivée, pourtant j'ai l'impression que l'objectif que je me suis fixé est trop haut, trop loin. Parfois je me demande si j'arriverais à atteindre le niveau d'un Maitre Marchombre.
Je regarde ma camarade manquant de se noyer. Pas un battement de mon cœur ne disparait. Je me suis attachée à Shalie, pas vraiment à Eole. Peut-être qu'avec le temps … en attendant je la regarde lutter contre le courant. La corde tendue par Pia n'était pas là pour nous aider à traverser : ce système ingénieux permet de bloquer ma camarade, lui évitant d'être emportée dans les tumultes du courant. Notre Maître ne semble pas décidé à perdre un nouvel élève. Un seul suffit pour la journée, je devrais donc avoir confiance. J'ai beau la chercher en moi, me dire que quelque chose d'aussi beau que cette rivière ne peut pas me faire de mal, j'ai peur. Et si je me noyais, happée par les remous ? Cette corde a des chances de ne pas me retenir ; ce n'est pas un filet qui bloque la rivière sur toute sa profondeur.

Je serre les dents et me décide à entrer dans l'eau. Si Pia l'a fait, si Eole l'a fait, alors moi aussi je peux le faire.
Le froid me happe plus surement que le courant. Je veux bien essayer de comprendre la force de l'eau, mais si elle est liée avec une température hivernale alors ça risque d'être plus compliqué. Mes muscles étant comme gelés, je n'esquisse pas un mouvement lorsque la rivière m'emporte. Dans mon dos je sens la corde qui m'intercepte. Je m'en empare à pleines mains avant qu'un remous vicieux ne me face passer en dessous. L'envie de fuir la furie de l'eau me donne des ailes pour me hisser sur la berge. Là, posée sur un rocher, je regarde mes deux camarades qui tentent " d'être plus liquides que l'eau". Est-ce seulement possible ? Je ferme les yeux. Laisse errer mes pensées. Il y a longtemps j'ai admiré un endroit aussi fou que cette cascade et la rivière qui coule à ses pieds. Une gerbe d'eau jaillit pour m'asperger, me rappelant un peu plus les falaises au bord des Grands Océans. En ce temps là je rêvais de rejoindre les flots furieux à mes pieds. Evidemment je cherchais à en finir avec ma piètre vie … Aïwen … l'image de mon ancien Maitre remonte à mon esprit, aussi vivante que si je venais de fermer les yeux en le regardant. Aurais-je rechigné à aller me baigner si c'était lui qui me l'avait demandé ? "On ne pose jamais trop de questions." Il avait beau être Maître Marchombre, il avait tort. Je me pose trop de questions et ça me freine.

Je rouvre les yeux, pour voir Eole avancer dans l'eau. Elle danse. Cette fille sait faire jouer chacun de ses muscles pour se positionner comme il le faut et ne pas être emportée par les flots. Nous venons à peine de commencer l'exercice qu'elle le maitrise déjà … à la voir évoluer, je me dis que moi aussi je peux le faire. Une autre part de moi me souffle que je ne lui arriverais jamais à la cheville. Oh et puis je m'en fous. Je peux mourir de jalousie, cela ne changera pas le monde. Il vaut mieux que je finisse noyée.

Lentement je m'avance à nouveau dans le courant. Ne plus penser au froid. Oublier que je suis humaine pour devenir l'eau. Je ferme les yeux et ouvre mon esprit à l'univers des sensations qui m'entourent. Un jour on m'a dit de comprendre le monde, de le sentir et de le vivre. Cet entrelacs de force est ce qui accompagne notre vie et si je veux devenir Marchombre, il faut que je m'habitue à m'ouvrir à lui.

S'ouvrir au froid. S'ouvrir à l'eau. S'ouvrir.
Je m'immerge jusqu'au niveau des genoux, pas assez folle pour me risquer plus loin. Déjà j'ai l'impression que je vais être entrainée au loin. Je sens le courant se heurter contre moi, me faisant apprécier le sort qu'il réserve d'ordinaire aux rochers. J'aimerais être aussi solide qu'eux, mais ce n'est pas ce que Pia nous a demandé de faire. Il ne faut pas opposer une force brute, au contraire. Agilité est ici un Maitre-mot, ce qui devrait plaire à Shalie malgré sa peur de l'eau.
Je m'avance un peu plus, collant mes pieds le plus au sol pour ne pas être fauchée par une lame de bas-fond. Mes hanches immergées je m'arrête. Avance encore un peu. Un peu plus, jusqu'à ce que mes coudes aient disparus. Là je voudrais essayer de sentir la rivière, mais tout ce que je sens c'est ce violent courant qui me heurte sans pitié et entraine ma tête sous l'eau. A nouveau la corde me stoppe. Le cœur battant, je rejoins la rive et prend quelque seconde pour recracher toute l'eau qui a pris le temps d'envahir mes poumons. J'ai encore perdue l'envie de retourner jouer avec la rivière. Cette sensation de noyade est encore plus détestable que celle du froid sur ma peau.
Mon regard attrape une fois de plus le petit poisson aux cheveux noirs qui joue avec le courant. Nouvelle pique de jalousie. Je ne peux pas la laisser me distancer comme ça.
Courageusement je me relance à l'assaut du courant, avançant de façon encore plus prudente qu'avant. Mes yeux fermés, je laisse mes sens tenter de saisir ce qui échappe à mes yeux. Je les laisse guider mes mouvements.
Immobilité. Mouvement.
Jaillissement. Statique.
Résistance. Acceptation.
Avancer. Reculer.
Se faire eau dans la rivière.
Les mains plongées dans le courant, je tente de comprendre son mouvement en perpétuel changement, de saisir le long de mes doigts les nuances entre ses forces et ses faiblesses. C'est un peu comme si je me retrouvais face à un adversaire et devais le vaincre : il ne s'agit que de se glisser dans ses failles et en profiter pour les exploiter et s'avancer vers son cœur.
Il y a trop à sentir dans cette eau tumultueuse pour la novice que je suis, même si peu à peu j'arrive à grignoter des centimètres à la rivière. Maintes fois la corde vient arrêter mon corps balloté par les flots et sa présence rassurante finit par me faire oublier le danger que représente la rivière.
Il n'y a plus rien d'autre dans mon esprit que ce flot taquin dans lequel je me coule peu à peu.

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Mar 19 Fév 2013, 00:32

- Non. Il ne reviendra pas, j’en suis persuadée. Je ne peux pas vous faire entretenir un espoir qui s’écrasera dans le sable. Il ne reviendra pas, je le sais, et c’est pour cela que ça m’a autant secouée.

C'était donc fini. Shalie ne le recroiserait probablement jamais. C'était un adieu sans parole, un adieu dont elle se serait bien passé, un adieu qu'elle détestait ... Les mots pouvaient avoir un impact, mais les regards aussi hors la jeune femme n'avait pu échanger ni l'un ni l'autre avec Aaron. De toutes les manières ça n'aurait servit à rien. Il était apparemment destiné à une autre voie et même si cela ne lui plaisait pas, elle allait devoir faire avec.

- Bon, le mieux pour penser à autre chose est de se concentrer. J’entends un grondement, cela veut dire qu’il y a une rivière et une cascade pas loin…

Oh non ... Encore une baignade forcée au programme ... Durant une fraction de seconde elle songea à faire demi tour afin de rejoindre son ancien camarade juste pour pouvoir échapper à l'eau. Shalie devait pourtant se faire violence et affronter ses craintes. C'était en s'entraînant et en s'habituant le plus possible au contact de l'eau sur son corps que cela irait mieux Certes cet élément ne lui procurerait jamais autant de plaisir que l'air du vent, mais ça serait toujours mieux que rien.

Se passant une main dans les cheveux vérifiant au passage que sa tresse était assez serrée avant de suivre son maître qui avançait de son pas aérien. Shalie espérait qu'un jour elle arriverait aussi à marcher aussi bien qu'elle, il était impossible de la sentir approcher pour une personne non entraîné ! Poussant un petit soupir, elle se concentra afin de ne pas glisser sur les cailloux alors qu'un vrombissement se faisait entendre de plus en plus fort.

Une cascade. Elles étaient proches d'une cascade. Youpii. Intérieurement elle espérait qu'elles n'allaient pas devoir la traverser sinon elle ne serait pas dans la mouise surtout que l'eau semblait être déchaînée à cet endroit. Perdue dans la contemplation de l'eau, Shalie ne se rendit compte que le prochain exercice avait été mit en route lorsque Pia la dépassa sans rien sur elle.

La marchombre avait autour de sa taille une corde dont l'extrémité se trouvait de l'autre côté, planté grâce à une de ses flèches. N'ayant pas tout suivi, Shalie fronça les sourcils alors que Pia entrait dans l'eau comme si de rien n'était. Faisait un pas en avant elle s'attendait à ce que la jeune femme ne se fasse entraîner par le courant, mais ça ne fut pas le cas. Au contraire même. Pia était bien campée sur ses deux jambes et semblait être à l'aise comme si les litres d'eau ne tentaient pas de la faire se noyer ...

Un petit sourire étira les lèvres de Pia, qui tira son arc, accrocha une corde à une flèche, et tira cette dernière dans un tronc d'arbre de l'autre côté de la rivière, à fleur de la surface. Puis, elle se déshabilla, et entra dans l'eau.

Etant la plus petite de toutes, elle aurait dû avoir du mal ; et surtout elle avait à peine pieds. Pourtant, l'onde et les remous, puissants et violents, semblaient passer à travers son corps, qui se jouait des facéties de l'eau. Elle avait de l'eau jusque sous les aisselles, ce qui faisait que les apprenties en auraient globalement jusque sous les côtes, à peine. Parfois, elle se prenait d'une impulsions, plongeait sous la surface, pour remonter, sans jamais donner l'impression que c'était difficile. Se tournant vers ses apprenties elle prit alors la parole.

- Vous avez vu la force du vent, la force de la pierre, maintenant voici celle de l’eau. Une force, comme les autres, qu’il faut savoir reconnaître, comprendre, pour s’immerger en elle et les utiliser à bon escient. La nature nous apprend la vie, à nous de savoir accueillir son enseignement. Être plus liquide que l’eau, immobile ou mobile, devenir jaillissement ou statique… Venez jouer avec l’eau taquine !

Elle était sérieuse là ? Elles allaient devoir faire comme elle ?! Pendant une longue minute le regard de Shalie resta fixé sur les remous de l'eau qui ne lui inspirait absolument pas confiance avant d'expirer fortement. Elle ne le sentait vraiment pas, l'eau avait l'air glacé et prête à l'avaler pour la noyer. Se mordillant les lèvres, elle tenta de se calmer empêchant de la panique de l'envahir. Inspirant et expirant de nouveau elle vit alors Eole exécutée l'exercice la première, suivit ensuite d'Ange.

Elles étaient d'un autre niveau, d'un autre monde. Jamais Shalie ne réussirait à se déplacer ainsi, même s'il y avait des ratés, elles recommencèrent encore et encore comprenant petit à petit le truc. Fixant l'eau elle poussa un soupir, s'élançant à son tour. Un frisson glacé lui parcouru le corps quand elle posa le pied dedans. Elle sentait déjà la force de l'eau, elle savait déjà ce qui allait se passer. Elle allait tomber, tombé et se faire entraîner par le courant ... Pourtant elle devait se battre, se battre et lutter, concentrer toute sa force dans ses pieds et tenir. Tenir et traversé cette fichue rivière. Serrant les dents elle plongea son deuxième pied et se sentit partir.

L'eau l'entraîna comme un fétu de paille et Shalie était complètement en panique. Elle était en train de vivre son pire cauchemar, être entraîner par l'eau, se faire dévorer par elle, manquer d'air, sentir ses poumons se remplir. Se débattant de toutes ses forces elle remonta à la surface et attrapa à la dernière seconde la corde qui arrêta sa course. Comme si c'était son dernier moyen de survie, elle s'accrocha à elle avant de rejoindre avec toutes les peines du monde le bord. Sortant de l'eau le corps secouer de frisson, Shalie s'éloigna alors le plus possible de la rivière.

Pourquoi ? Pourquoi était elle obligée de vivre cela ? Elle n'aimait pas l'eau, elle ne sentirait jamais à l'aise dedans ! Elle avait peut être commencer à apprendre à sentir son flux jamais elle ne serait bien à son contact ! Pourquoi est ce qu'elle était alors obligée de faire cet exercice bon sang ??! Se tenant la tête entre ses mains, Shalie se mit à tourner en rond, sentant le regard de son maître sur elle. Elle n'avait pas envie, mais elle devait le refaire, elle devait affronter sa peur, elle devait repartir.

Se diagnostiquant complètement maso, elle repartie alors dans la rivière tout en lâchant des jurons et elle retenta sa chance. Encore une fois elle se fit désarçonnée, mais elle recommença, encore et encore et encore et encore. Shalie ne compta plus le nombre de fois où elle avait bu la tasse, ou elle avait failli laisser tomber, mais elle se forçait. Ses pieds saignaient car elle avançait en glissant sur les pierres, elle savait qu'en levant ne serait ce qu'un orteil elle se faisait emportait. Même si ça n'était surement pas la bonne technique et qu'elle avait mal ça payait. Petit à petit comme ses deux camarades elle avançait. Oh pas de beaucoup, mais pour Shalie c'était déjà une grande victoire. Les pieds collaient aux orteils les bras tendus, elle se penchait volontairement pour pouvoir avancer ne serait ce que d'un millimètre. Elle y arriverait, elle y arriverait, c'était sur qu'elle finirait par y arriver.

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Mer 20 Fév 2013, 11:00


Pia s’amusait avec le courant.
La rivière, tumultueuse, venait essayer de la renverser, jouer avec elle. Elle passait dessous, dessus, et l’écume blanche se mêlait à la blondeur de ses cheveux. Se laissant porter par l’onde frondeuse.
Elle avait réussi à laisser de côté la désertion d’Aaron, et tandis que ses apprenties s’approchaient de la rivière, elle s’immobilisa pour les observer entrer.

Aucune ne semblait réellement à l’aise. Pourtant, Eole et Ange furent les deux premières à mettre le pied dans l’eau. Pia n’en voulait pas à Shalie, et si cette dernière était prise d’une crise de panique, elle était prête à intervenir sans sommation. Cependant, elle n’en eut pas l’occasion réellement.
En effet, Eole tout comme Ange avançaient dans l’onde, et tentaient de détecter les courants pour mieux les utiliser, et ne pas se faire noyer. C’était louable, et elles s’en sortaient plutôt bien, même si les premiers essais n’étaient pas faciles ni donnés.

Eole était encore et toujours dans l’ouverture, et grâce à cela elle récoltait les fruits de son travail. En effet, la jeune fille trouva un fil, ce fil qui lui permettait de se connecter à la rivière ; comme si elle avait perçu son chant et dansait à son rythme – et c’était peut-être cela, après tout. Eole était une danseuse, elle l’avait deviné assez rapidement depuis le début de leur voyage.
Ange, quand à elle, a un peu plus de résistance en elle. Elle a plutôt tendance à trop s’immobiliser, à devenir une statue ou une roche. Mais avec persévérance, elle revient dans l’eau, toujours, et commence à comprendre. Pia voit clairement ses doigts bouger imperceptiblement sous la surface de l’eau ; elle tente de comprendre, de saisir toutes les subtilités du langage de la rivière, et elle y parviendra, Pia en est certaine.
Shalie, par contre, reste figée un bon moment devant la rivière et ses remous taquins. Elle fit un premier essai et, complètement ballotée par les flots puissants, se fit emportée jusqu’à la corde, qu’elle accrocha avec la force du désespoir pour se remonter sur la terre ferme.

Pia l’observait, silencieuse.
Elle voyait bien que la jeune fille était dans un état proche de la folie, mais elle avait la sensation qu’elle n’avait pas à intervenir tout de suite. Et bien lui en prit : en effet, Shalie, après avoir été face à un dilemme sans doute terrifiant, revint vers la rivière et s’y enfonça à nouveau. Et alors qu’elle faisait un énième essai, Pia s’approcha d’elle en louvoyant entre les remous.

- Shalie, vas-y par étapes. Ca ne sert à rien que tu t’enfonces jusqu’à la taille si déjà tu te fais emporter quand tu as de l’eau que jusqu’aux cuisses. Voilà, reste ici, et garde les genoux souples. Je comprends bien ta peur, mais regarde, tu arrives à passer outre. Je ne te demande pas d’être à l’aise avec l’eau, cela ne sera probablement pas possible pour toi, mais au moins de la capter, et de pouvoir t’en servir en cas de besoin.

Se tournant vers les deux autres filles, Pia leva la voix pour se faire entendre par tout le monde.
Un immense sourire étirait ses lèvres, et son regard scintillait.

Tendez l’oreille… Vous entendez ? Les remous, ils chantent. Il faut juste bien écouter, et danser sur leur rythme… Trouver leur rythme, s’accorder à leur mélodie, et danser avec eux. C’est ça qu’ils veulent, danser avec vous !

Son sourire s’élargit encore.
Et elle ondoya. D’abord des hanches, qui ondulent doucement, font des huits ; puis les épaules, qui se meuvent en rythme ; les pieds, qui battent la mesure ; les mains qui lient le tout.









[ Désolée, un peu court ! ]
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Jeu 21 Fév 2013, 15:13

Ange avait sauté dans l’eau peu de temps après Éole. Comme elle, elle avait rencontré quelques difficultés avant de commencer à comprendre le langage de l’eau.
Shalie, en revanche, avait mis plus de temps à se lancer. Mais elle l’a fait, malgré sa phobie de l’eau. La jeune fille avait éprouvé de l’admiration pour sa camarade, en la regardant se débattre avec le courant, tentant de surmonter sa peur.
Il y avait une même force qui battait dans chacune des apprenties. Une force qui les pousserait vers l’avant, qui les relèveront lorsqu’elle seront sur le point de baisser les bras. Cette force c’est celle de leur volonté. Éole remarqua que cette volonté se lisait dans leurs yeux à chacune. Certes, la volonté ne fait pas tout, mais elle fait beaucoup. Cette pensée arracha un bref sourire à la jeune fille. Elle ne connaissait pas encore très bien ses deux camarades, mais, à cet instant, elle se sentait incroyablement proche d’elles.

Enfin bon. Éole cessa de rêvasser pour avancer de nouveau vers l’eau, après une énième chute. Maintenant qu’elle y était habituée, la température de l’eau lui paressait presque normale. Elle était à peine rentrer dans l’eau qu’elle entendit Pia leur parler. Elle tourna la tête vers son Maître, prenant soin de bien se caler sur ses deux pieds pour ne pas finir la tête sous l’eau avant que la petite femme n’ait fini de parler.

- Tendez l’oreille… Vous entendez ? Les remous, ils chantent. Il faut juste bien écouter, et danser sur leur rythme… Trouver leur rythme, s’accorder à leur mélodie, et danser avec eux. C’est ça qu’ils veulent, danser avec vous !

La Marchombre ponctua sa phrase d’un sourire avant de commencer à onduler sous les vagues. Les lèvres d’Éole s’étirèrent en écho au sourire de son Maître. Celle-ci dansait avec l’eau, au rythme des remous, suivant le mouvement du courant. L’eau passait sur elle, lui tournait autour, sans jamais la déséquilibrer. Ensemble elles formaient un ballet aquatique harmonieux et serein. Pasitilipia était merveilleuse à regarder. La jeune fille n’arrivait pas à détacher son attention de ce petit bout de femme qui ondoyait dans l’eau.

Elle parvint finalement à détourner les yeux. À elle maintenant. À elle de danser avec la rivière et de jouer avec le courant.
La jeune fille plongea les doigts sous l’eau et les laissa aller au gré des vagues. Elle ferma les yeux, savourant la caresse fraiche de l’eau sur ses mains et sur ses pieds.

Ouverture.

À l’eau, au courant. Écouter son chant, entendre son rythme. Percevoir le mouvement des remous et se couler dedans.

Harmonie.

Danser avec l’eau, au rythme de la rivière, guidée par le grondement de la cascade.

Liberté.

Comme lorsqu’elle dansait avec le Vent, elle évoluait avec l’eau. Son corps était là mais son esprit était ailleurs. Il s’était échappé vers un monde secret, un monde où il n’existait aucune limite, hors de l’espace et du temps.
C’est dans une autre dimension qu’elle venait d’entrer. Et elle dansait. Libre.

Envol.

Éole avança doucement vers le centre de la rivière, les oreilles grandes ouvertes, captant le chant des remous, se laissant imprégner par cette puissante mélodie. Pia, par ses mots, avait ouvert une porte.
«C’est ça qu’ils veulent, danser avec vous ! »
Et la jeune fille n’hésita pas un seul instant à s’y engager. L’eau coulait sur elle, fluide et délicate. Elle tournoya, projetant des gerbes d’eau qui étincelèrent au soleil, tout autour d’elle. Un sourire illuminait son visage.
Elle volait.

Une vague la fit perdre l’équilibre, elle se rattrapa dans un battement de bras en riant. Une deuxième la submergea et elle se retrouva le nez dans l’eau. La corde vint rapidement stopper sa dérive. Elle s’y accrocha et se hissa vers la rive. Elle commençait à sentir la fatigue monter en elle, ses muscles devenaient engourdis, douloureux. Mais elle retourna dans l’eau. Elle réussirait à traverser cette fichue rivière, à danser en accord avec elle, comme deux partenaires qui s’envolent ensemble dans un pas de deux aérien. Elle ne s’arrêterait que lorsque Pia leur demanderait.
Une lueur de défi dans le regard, elle repartit à l’assaut des remous, tentant de se laisser porter par leur chant. Elle grignotait les centimètres, tombant, se relevant. Encore et encore. Jusqu’à percevoir la Force de l’eau qui coule pour pouvoir jouer avec elle. Pour pouvoir danser avec elle.

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Shalie Altan
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Sam 23 Fév 2013, 21:41

Elle y arriverait, oui, même si cela devait lui prendre beaucoup de temps ça n'était pas grave, elle finirait par réussir à traverser cette rivière. Elle arrivait à monter des pics impressionnants se jouant du vide et du vertige, aussi c'était sûr qu'un jour elle réussirait, mais pas en cet instant. Comme pour corroborer ses dires, la jeune femme se fit happer une nouvelle fois dans l'eau et perdant l'équilibre avala une nouvelle fois la tasse. Elle détestait cette sensation, le fait que l'eau rentre par la bouche et le nez, lui brûlant les narines. Se battant avec l'eau, elle remonta à la surface et attrapa la corde une énième fois. Cela faisait combien de fois d'ailleurs qu'elle avait perdu l'équilibre ? Qu'elle était rentrée dans la rivière . Qu'elle avait perdu l'équilibre . Shalie ne savait pas, elle n'avait pas fait le compte. Cela devait faire pas mal de fois, car elle avait chaud, les efforts fournirent faisaient qu'elle avait chaud et son corps avait entamé la procédure de thermorégulation. Elle s'en rendait compte en sortant de l'eau, elle était prise de tremblements dus à l'air frais ce qui l'obligeait à rentrer dans l'eau pour avoir moins froid ... Ironie du sort quand on y pensait.

Ressortant de l'eau, Shalie prit juste le temps de récupérer son souffle avant d'y retourner. Plongeant un pied elle pesa tout le poids de son corps avant de mettre l'autre. Trouvant son équilibre elle se concentra alors sur sa progression. Il fallait qu'elle avance, même d'un tout petit centimètre ça n'était pas grave au moins elle serait allé plus loin qu'elle ne l'était auparavant. Avancer, avancer un orteil, puis deux, puis trois jusqu'au cinquième, c'était un pas de fourmi, mais c'était toujours déjà ça se prit. Se servant de ses bras comme d'une source d'équilibre Shalie était concentrée sur son but : l'autre côté quand Pia retourna dans l'eau. Cela semblait être si facile pour elle, si simpliste, elle se déplaçait comme s'il n'y avait pas d'eau. Certes elle allait moins vite que lorsqu'elle se trouvait sur la terre ferme, mais c'était quand même une vitesse élevée pour quelqu'un qui traversait une rivière dont les eaux étaient déchaînées. Arrivant à son niveau, Pia prit alors la parole.

- Shalie, vas-y par étapes. Ca ne sert à rien que tu t’enfonces jusqu’à la taille si déjà tu te fais emporter quand tu as de l’eau que jusqu’aux cuisses. Voilà, reste ici, et garde les genoux souples. Je comprends bien ta peur, mais regarde, tu arrives à passer outre. Je ne te demande pas d’être à l’aise avec l’eau, cela ne sera probablement pas possible pour toi, mais au moins de la capter, et de pouvoir t’en servir en cas de besoin.

Garder les genoux souples, plus facile à dire qu'à faire quand une force beaucoup plus puissante que vous tentez de vous faire plier. Néanmoins étant une fille qui n'aimait pas se laisser faire, Shalie s’exécuta ne bougeant plus. Pia avait raison, ça ne servait à rien d'avancer si elle ne tenait pas au palier précédent. Autant faire étape par étapes et tant pis si ça prendrait du temps. Comme elle avait songé plus tôt elle avait tout son temps devant elle, après ça n'était surement pas le cas de ses deux autres camarades et de son maître, mais elle pourrait toujours s’entraîner plus tard.

Tendez l’oreille… Vous entendez ? Les remous, ils chantent. Il faut juste bien écouter, et danser sur leur rythme… Trouver leur rythme, s’accorder à leur mélodie, et danser avec eux. C’est ça qu’ils veulent, danser avec vous !

Les remous qui chantent ? Personnellement Shalie entendait plus les remous faire slposhrsplorsh que de chantait ... après elle n'avait pas vraiment l'oreille musicale alors peut-être que c'était une forme de chant ? Il fallait donc qu'elle compose avec ses sploshr, qu'elle fasse comme Pia, qu'elle danse avec. Danser ... Shalie n'avait jamais vraiment dansé de sa vie, on ne voulait pas d'elle lors des fêtes dansantes et elle préférait de loin grimper de partout que de faire ça. Enfin comme on disait il y avait un début à tout. Glissant son pied, elle s'avança de nouveau d'un centimètre quand un rire lui fit perdre sa concentration, alors qu'elle perdait l'équilibre, elle vit Éole lui passait devant, la tête dans l'eau. La suivant, apportée par les remous la jeune fille s'accrocha à la corde avant de sortir de l'eau.

Elle fatiguait de plus en plus et il en était de même de ses deux autres camarades, Shalie en était sure. Poussant un soupir pour se redonner du courage, elle s'élança une nouvelle fois, tentant d'entendre l'eau, de l'écouter, de jouer avec et de traverser.



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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Dim 24 Fév 2013, 15:29

Tendez l’oreille… Vous entendez ? Les remous, ils chantent. Il faut juste bien écouter, et danser sur leur rythme… Trouver leur rythme, s’accorder à leur mélodie, et danser avec eux. C’est ça qu’ils veulent, danser avec vous !

*****

Le dos plaqué contre un rocher, je cesse de jouer avec la rivière pour réfléchir un instant à ce que Pia vient de nous dire. Danser. Oui, mais comment ? Je voudrais que ce soit pour moi comme pour Eole : naturel. Mes yeux suivent ses mouvements, tellement gracieux et légers qu'on dirait qu'elle évolue sur la terre, sans contraintes. Une fois de plus la jalousie sourde au fond de mon cœur, mais elle est tellement belle que je ne peux m'empêcher de sourire. Au fond je pourrais lui demander conseil … les mots de Pia semblent avoir éveillé en elle quelque chose de nouveau. Danse. Mon regard oscille entre la Marchombre et ma camarade et je réalise soudain que dans cet exercice, l'élève finira par dépasser le Maître. Cette pensée me désespère, mais je finirais bien par trouver un domaine où moi aussi je vaudrais mieux qu'eux, comme Shalie nous surpassera toujours en agilité.

Revenons à nos moutons. La danse. Si je n'avais pas vu Eole et Pia s'agiter dans l'eau, ce mot n'aurait jamais illustré que les traditionnelles bourrées et autres rondes qui animent les fêtes de villages dans les campagnes. Je me souviens de ces danses que je partageais avec Lielo … c'était à la fin d'une de celles là qu'il m'avait embrassé pour la première fois. Je me souviens encore de l'air qui berçait nos pas. Il y avait le son des flûtes, accompagné de celui d'un violon et d'un autre instrument dont le nom m'échappe. C'était beau, c'était doux … c'était mon passé. Est-ce que je pourrais embrasser la rivière et danser avec elle comme je l'ai fait avec mon mari ? Quelle idée saugrenue. Ce que ce foutu torrent comprendra, ce n'est pas la douceur du Marchombre, mais sa vivacité et sa fluidité. Comment est-ce que je peux apprendre à danser ?

Mélodie. Mélo. C'est moi ça … moi enfant. Je nous revois avec mes amis, pirouettant sur les rochers au dessus d'une rivière, tournoyant au milieu des feuilles d'automne, tentant d'imiter la danse calme et aérienne des flocons d'hiver. Tout était simple à l'époque … je ne me souciais pas de la façon dont je bougeais, comme ce fut le cas plus tard, lors de ces fameux bals de village. La seule musique qui nous accompagnait était celle de la nature. Et nous formions une note au milieu de sa partition.

Pia a gardé un cœur de gamine, peut-être que je devrais l'imiter en retrouvant le mien.

Les yeux toujours fermés, j'imite mon maitre, oubliant le fond de l'exercice et lentement mon corps se délie. Je ne sais pas si je danse, mais je sais que je bouge. Enfouie en moi, je sens une petite flamme qui s'éveille et qui sourie. Sa petite voix a la même intonation que celle d'une petite fille que j'ai connu il y a bien longtemps. Moi. Malicieusement, elle me murmure des mots prononcés dans ces collines de l'est, berceau de mon enfance. "Tu entends les flots qui tombent de la cascade ? On n'a qu'à dire que ce sont les tambours. Et le crissement des cailloux au fond de la rivière. Tu te souviens quand Gregor pinçait les cordes de son violon ? Ca donnait le même son … Oh et puis ce son là ! Tu l'entends ? Ce murmure tout doux, celui de l'eau qui cherche à éviter les tourments ? Ca pourrait être une flûte … ou alors une harpe … et la flûte ce serait le vent qui lie l'air et l'eau." Et elle continue, disséquant les bruits de la rivière en une multitude d'instruments. " Et toi dans tout ça ma grande ? Tu t'entends ? Tu sens ton cœur qui palpite ? Tes bras qui brassent l'eau ? Ne trouble pas la mélodie de la rivière. Non … glisse plutôt la tienne en son sein. Joue ta partition, mais ne vient pas gâcher la sienne."

L'eau tourbillonne.
Les rochers bruissent.
Le vent taquine.
Eole danse.
Shalie apprend.
Pia joue.
Et moi ?
Moi, je souris, redevenue enfant le temps d'un instant. Je n'ai pas la grâce d'Eole, ni l'expérience de Pia et encore moins la vivacité de Shalie, mais j'ai un peu de la folie et de l'insouciance qu'ont les gamins. Plus on grandit, plus on réfléchit, plus on devient sérieux. Ici il faut tout le contraire. Si je réfléchis alors je vais fuir cet exercice déraisonnable, or il n'en est pas question.

J'attaque mes nouveaux essais les yeux ouverts, comme l'enfant dans mon cœur me le suggère. C'est bien plus drôle de voir l'eau avec laquelle on joue. C'est si merveilleux de la voir prendre appui sur les rochers pour s'envoler en milles gouttes, ou alors de la sentir se glisser sous un autre flot pour rejaillir plus loin, emportant parfois avec elle une brindille ou une feuille.
Du coup je reçois de l'eau dans les yeux, sensation au premier abord désagréable mais à laquelle je me fais bientôt. D'ailleurs au détour d'une pirouette, je me plonge sans réfléchir dans les flots pour éviter une petite vague et ressort, les yeux toujours ouverts. Surprise par ce réflexe qui m'a empêchée d'être happée par l'eau, je me laisse surprendre par la vague cachée derrière sa sœur et finit par rejoindre la corde tendue par Pia. Dur de ne pas revenir à la réalité. Pourtant bien vite j'oublie à nouveau et repars pour un tour. Puis un autre. Je me glisse dans l'eau comme petite je volais dans les airs. Insouciante, légère et insaisissable.
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Sam 25 Mai 2013, 12:36


Danser avec le courant est tellement grisant.
Epique. Pia se sent à chaque fois comme une feuille dans le vent, comme une Princesse inconventionnelle qui part à la conquête du Prince Charmant. Etrange comparaison, mais c’est tout à fait ça.
Et tandis qu’elle ondule, ses apprenties font de même.
Apprivoiser la rivière. La sentir couler en soi, comme son propre sang, comme sentir courir le vent sur sa peau et passer sur son épiderme… On peut sentir l’eau qui vient s’amuser, en cavalier fringuant, avec ce souffle et ces caresses aussi fortes que douces, comme un instant érotique.



Tandis qu’elles séchaient lentement au soleil, ses doux rayons se disperçant sur leur peau, Pia sourit tranquillement. Malgré elle, les souvenirs de Chio remontèrent à sa mémoire. Un long soupir franchit ses lèvres. Que faisait-il désormais ? Continuait-il de fabriquer ses arcs ? Etait-il finalement rentré au Pays Faël, à Illuin ? Avait-il rencontré quelqu’un d’autre ?
Rien que cette pensée lui était désagréable, et elle se rendit compte qu’elle avait arrêté de respirer lorsqu’elle lui avait traversé l’esprit.

Cela ne collait pas entre eux. Il n’y avait rien à faire de plus. La passion n’est pas toujours salvatrice, au contraire. Quand on est trop différent, malgré les atomes crochus, c’est difficile d’envisager un futur de disputes et de différents.

Se levant rapidement, Pia encouragea ses apprenties à faire de même : se rhabiller, et elles repartaient.
Les Dentelles Vives avaient encore des trésors à leur faire découvrir.



Elles étaient descendues des Dentelles Vives depuis trois jours, quand elles retrouvèrent les sentiers du bois autour de l’Académie.
Pia souriait tranquillement, mais intima aux trois jeunes filles de la suivre à l’intérieur du bâtiment, escaladant les marches quatre par quatre malgré sa petite taille. Elle était surexcitée, en réalité, comme une petite fille très fière de sa bêtise. Lorsqu’elles arrivèrent au premier étage, Pia sautilla sur place et ouvrit une porte au bout du couloir.

A l’intérieur de la pièce se trouvait simplement un vieux fuuton, ainsi qu’une table basse en vieux bois. Se dirigeant vers le matelas défraîchi, Pia passa sa main en dessous et en tira une petite boîte, avant de se tourner pour faire face à ses apprenties.
Elle donna la boîte à Ange.
Puis, elle sortit une deuxième boîte, qu’elle tendit à Eole.
Et enfin, une dernière, qu’elle déposa dans les mains de Shalie.

Un sourire radieux sur les lèvres, elle trépignait sur place, et tendit deux épingles à chacune des apprenties.

- Ouvrez votre boîte avec les épingles à votre disposition. Il faut essayer d’imaginer ‘l’intérieur de la serrure : c’est composé de pistons, qu’il faut relever les uns après les autres…

Ses yeux pétillèrent un instant.

- Ce que vous y trouverez est à vous désormais.

Elle avait terriblement hâte que les filles ouvrent leur coffre chacune.
Elle savait parfaitement ce qu’il y avait dans chacun d’eux.

Dans celui de Ange se trouvait un poignard avec la garde taillée et personnalisée en une aile d’oiseau (ou d’ange…), avec une perle précieuse incrustée au niveau de la racine de l’aile, qui voyait naître la lame parfaitement aiguisée, aux reflets blancs et nacrés.

Eole y trouverait un arc démontable, mais aussi personnalisé. Avec des souffles de vent, comme des nuages emportés, de chaque côté de la poignée de tir, ainsi que tout au bout de l’arc, où la corde venait se fixer. Trois saphirs étaient disposés le long de la partie en bois, deux pour les extrémités, et un plus gros pour la poignée. Des saphirs du bleu du ciel.

Pour Shalie, l’attendait des coups-de-poing avec des griffes, dans un métal noir et mat, aux reflets cuivrés et verts. Les griffes, parfaitement aiguisées, devenaient d’un vert vif à la lumière du soleil, et de toutes, Pia les préféraient – peut-être simplement parce qu’elle avait eu des griffes de la part de son Maître elle aussi.

Le dernier coffre était resté sous son matelas, et elle poussa un petit sourire triste en attendant que les jeunes filles réussissent à ouvrir leur boîte.










[ Mon dieu, tout ce retard !! Je suis vraiment désolée !! ]
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Dim 26 Mai 2013, 13:56

Un chaud rayon de soleil vint effleurer la peau d’Éole, allongée dans l’herbe avec son Maître et ses camarades. Pia avait arrêté la «danse» avec l’eau quelques minutes auparavant et depuis, elles séchaient doucement sur le bord de la rivière.
La jeune fille souriait. Le vent caressait doucement sa peau, faisant rouler les dernière gouttes d’eau qui parsemaient encore son corps.
Éole avait adoré se fondre dans les mouvements ondoyants de l’eau, mais cela l’avait épuisée et, il fallait bien l’avouer, elle était soulagée de pouvoir se reposer un peu.

Mais, bien vite, Pasitilipia se releva et leur demanda de se rhabiller. La jeune apprentie essora une dernière fois ses cheveux avant d’enfiler ses vêtements secs et suivit la Machombre, à l’assaut des Dentelles Vives.

~ * ~

L’Académie pointa enfin le bout de son nez, à travers les arbres. Cela faisait trois jours que le petit groupe avait quitté les Dentelles, cheminant la tête pleine de souvenirs vers l’Académie.

Éole se sentait bien, heureuse, sereine. Elle était heureuse d’avoir un Maître comme Pia, heureuse de sentir tous ses muscles fatigués par l’effort fourni pendant ce cours, heureuse de faire un pas de plus sur la Voie des Marchombres.

Elle souriait, comme son Maître qui les conduisit à l’intérieure de l’Académie, débordante d’énergie, comme à son habitude. Elle gravit les marches quatre à quatre, aussi excitée qu’une petite fille, sautillante, pétillante.

Elle ouvrit une petite porte qui donnait sur ne pièce meublée uniquement d’un vieux futon et d’une table basse en bois. La jeune fille la suivit à l’intérieur, intriguée. Sa curiosité ne fit qu’augmenter quand elle vit son Maître sortir trois boites de sous le futon.
Éole saisit celle que la Marchombre lui tendait tandis qu’un sourire se dessina sur ses lèvres, faisant étinceler son regard.

- Ouvrez votre boîte avec les épingles à votre disposition. Il faut essayer d’imaginer l’intérieur de la serrure : c’est composé de pistons, qu’il faut relever les uns après les autres…

L’émerveillement peint au fond de ses yeux se transforma en une lueur amusée : elle n’avait quand même pas cru que ce serait si facile !

- Ce que vous y trouverez est à vous désormais, ajouta Pia, les yeux pétillants.

La jeune apprentie prit une épingle et l’inséra dans la petite serrure, impatiente de découvrir ce que contenait cette mystérieuse boite...
Mais voilà, ouvrir une serrure avec une épingle, et non la clé correspondante se révéla plus dur qu’elle ne l’avait pensé, ne faisant qu’augmenter son impatience.
Au bout de quelques minutes passées à se battre avec la serrure, Éole s’arrêta. Trop impatiente, elle oubliait de réfléchir. Elle se concentra donc d’abord à se calmer et repensa aux paroles de Pia.

«Il faut essayer d’imaginer l’intérieur de la serrure : c’est composé de pistons, qu’il faut relever les uns après les autres…»

La jeune fille tenta de visualiser la serrure dans son esprit. Une fois qu’elle l’eut bien en tête, elle saisit l’épingle et l’enfila dans le trou.
Des pistons. Qu’il faut relever les uns après les autres.
Elle tourna l’épingle, tâtant doucement les bords de la serrure pour essayant d’imaginer sa forme, et savoir où se trouvent les pistons.

Son épingle buta contre ce qu’elle pensa être un piston et elle tenta de le relever, mais rien ne bougea. Ne se décourageant pas, elle chercha encore, poussa son épingle vers le haut... Un tout petit déclic se fit entendre et un léger sourire vint flotter sur les lèvres d’Éole. Lentement, elle tâtonna la petite serrure avec son épingle, relevant les pistons un à un, comme l’avait dit Pia.

Finalement, au bout d’un temps qui lui parut incroyablement long, la boite s’ouvrit enfin, laissant une Éole brûlante d’impatience mais fière d’y être parvenu, un sourire soulagée sur le bout des lèvres.

Sourire qui s’agrandit illuminant le visage de la jeune fille qui découvrit ce que contenait la boite. C’était un arc démontable dont elle s’empressa d’assembler les morceaux. En le voyant entier, Éole en eu le souffle coupé. Il était magnifique... Comme si il avait été créé grâce au souffle du Vent. À chaque extrémité de l’arc et de chaque côté de la poignée étaient sculptées des volutes dansantes représentant le souffle du vent, qui rappelaient des nuages emportés... Il y avait aussi trois saphirs, aussi bleu que le ciel, incrustés dans l’arc, aux extrémités et sur la poignée. Éole joua un peu avec et se sentit tout de suite à l’aise avec ce nouvel arc : c’était comme si il avait été fait sur mesure...

La jeune fille avait les yeux brillants d’émerveillement, un sourire radieux lui mangeait le visage...

- Merci, réussit-elle à murmurer en admiration devant son arc.

Elle releva la tête vers son Maître. Elle était si heureuse qu’elle aurait pu se jeter dans ses bras.

- Merci beaucoup, répéta-t-elle, il est vraiment magnifique.

Elle jeta un œil à ses camarades qui découvraient elles aussi leur cadeau. Ange avait eu un superbe poignard dont la garde était sculpté en forme d’aile avec une pierre précieuse incrustée avec une lame parfaitement aiguisée aux reflets nacrés. Shalie, quant à elle, avait reçu des coups de poings avec des griffes aux reflets verts, aussi aiguisées que le poignard d’Ange.

Le regard d’Éole retomba sur la petite Marchombre. Pia avait choisi des armes qui leur correspondaient parfaitement, d’une élégance rare, et la jeune fille se demanda un instant où leur Maître avait bien pu les trouver... avant de se dire que cela importait peu.

Se pupilles noires s’illuminèrent à nouveau quand elle se reposèrent sur l’arc qu’elle tenait encore dans les mains. C’était le plus beau qu’elle n’avait jamais vu et elle sentit que, un jour, avec cet arc, elle réussirait à faire des miracles...

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Lun 27 Mai 2013, 15:22

C'est si bon d'être en paix. D'arriver à oublier qu'il y a ce monde sans limites qui nous entoure, en s'immergeant dans une bulle. Les mots de Pia nous conseillent toujours, mais ils se glissent dans le son des flots sans briser la magie dans laquelle nous sommes plongées. J'ai l'impression que le chemin sur lequel je progresse n'est que musique.

******

La fatigue est une barrière que j'ai beau repousser, elle se dresse toujours à un moment ou à un autre devant ma route. J'aurais bien essayé de la briser avec toute ma force, mais ce serait de la folie, surtout avec ce cours d'eau dans lequel je suis plongée et qui guette la moindre faiblesse pour me happer. Jouer avec lui, c'est comme jouer avec un bébé tigre des prairies aux dents déjà aiguisées.

Pia a sut voir les signes de fatigue qui ralentissent nos mouvements à toutes les trois, et sait nous arrêter à temps, comme Aïwen le faisait aussi. D'un mouvement unique, nous nous hissons sur la berge et laissons nos corps épuisés s'affaisser sur le sol. L'herbe tendre y fait un tapis délicieusement moelleux. Sans m'en apercevoir, je me laisse bercer par le soleil et succombe doucement à l'appel du sommeil.

*****


Le cours d'eau ne s'est pas amusé longtemps sans nous. Dès le lendemain, Pia nous trouvait un nouvel endroit où retenter l'exercice. Nul besoin d'attirer notre attention pour nous inviter en son sein, pourtant la rivière ne s'est pas gênée pour faire valser des gerbes de gouttelettes dans notre direction, invitation à la rejoindre à peine dissimulée. Sans plus aucune arrière pensée craintive, je me suis pliée aux ordres de mon Maître, tâchant de rendre mes gestes plus instinctifs et fluides.

Malheureusement, cet exercice que je commençais à apprécier ne fut pas longtemps au programme : notre route dévia bientôt de celle de la rivière, nous ramenant sur des chemins perdus à l'intérieur des Dentelles Vives. Escalade et chasse redevinrent nos activités premières, jusqu'à ce qu'enfin nos pas retrouvent la voie de l'académie.

Nous voilà donc enfin de retour, toutes les quatre sous l'arche d'entrée, prête à se séparer pour quelques temps. Cependant Pia ne semble pas en avoir fini avec nous : au lieu de nous quitter sur le pas de la porte d'entrée, elle continue sa route et nous guide sans un mot jusqu'à une pièce dégarnie. Les gestes surexcités de la petite femme trahissent une surprise. Sentant qu'elle nous cache quelque chose sans savoir quoi, je me laisse gagner par son enthousiasme, mon cœur battant légèrement plus vite. Je la vois qui farfouille sous son matelas et en tire une boite longue comme mon avant-bras. Les petits yeux rieurs de Pia se fixent sur moi, me faisant comprendre avant qu'elle ne me l'ai donné que cette boite est pour moi. Pendant qu'elle en tire deux autres de tailles différentes pour mes camarades, j'observe le bois rustique dans mes mains et tente de l'ouvrir, sans succès. Nous n'aurons pas notre récompense sans avoir trouvé la clé. Mais où est donc cette clé ?

Comme une réponse à ma question, la petite Marchombre me tend deux épingles. Je la regarde, interdite. Comment suis-je supposée ouvrir ma boîte avec ça ?! L'explication ne tarde pas, pleine de maligne.


- Ouvrez votre boîte avec les épingles à votre disposition. Il faut essayer d’imaginer ‘l’intérieur de la serrure : c’est composé de pistons, qu’il faut relever les uns après les autres… Ce que vous y trouverez est à vous désormais.

Quoi de mieux que la curiosité pour motiver quelqu'un ? Pia nous traite comme des ânes qu'on fait avancer avec une carotte. Elle a bien raison ! Sans plus attendre, je m'assois au sol et tente de venir à bout de la serrure.

Ma première épingle se glisse dans le trou et farfouille, sauf que je ne sens rien. Alors, dans un éclat d'intelligence, je la ressors et la tord légèrement. Si je me souviens bien, les pistons sont sur les côtés et non au fond de la serrure, donc si je veux les atteindre, il ne me faut pas un objet droit. Force est de constater que j'ai eu raison de faire ça puisque je sens de petits objets bouger sous mon outil alors que je le tourne et le détourne dans tous les sens.
Dans ma hâte, je force un peu trop et me retrouve avec une épingle cassée en deux. Trop pressée et trop bourrine. Ce n'est pas comme ça que je vais pouvoir ouvrir ma boite !

Une exclamation de joie à côté de moi me fait m'arrêter un instant. Eole la première a réussi à déjouer les mystères de sa serrure. Aussi ébahie qu'elle, je découvre un arc démontable finement sculpté, et orné de trois petits saphirs qui scintillent autant que les yeux de l'apprentie. Une once de jalousie effleure mon esprit, vite chassée à la pensée que moi aussi j'ai un cadeau qui doit m'attendre. Après tout, je ne vois pas pourquoi Pia aurait favorisé ma camarade plus que moi. Bon, certes ma boite est plus petite que celle d'Eole, mais elle doit bien renfermer elle aussi un trésor, non ?

Calmant l'excitation qui fait palpiter mon cœur, j'affirme la prise de mes mains sur mon outil tordu et repousse un à un les pistons dans la serrure. Je les sens qui cèdent sous la pression de l'épingle. Et puis soudain j'entends un petit déclic et le couvercle s'ouvre. Un voile de tissu beige ondule sur un objet caché, le protégeant à la vue du monde. D'un mouvement aussi lent et précautionneux que je suis pressée et excitée, je le repousse sur le côté et dévoile un poignard. Sans pouvoir me contrôler, je pousse un petit cri de joie. Comment décrire ce que je ressens ? De la joie ? Du bonheur ? De la folie ? Je ne sais pas trop, mais en tout cas j'ai envie de sauter au cou de mon Maître et de la couvrir de baisers pour la remercie de ce cadeau bien trop beau pour moi.

Avant cela, je m'arrête un instant pour contempler l'objet brillant que je tiens dans mes mains. La garde est stylisée en forme d'aile d'ange, avec une petite perle qui brille à sa base. La lame qui la prolonge est faite d'un matériau inconnu, à la fois métal et nacre. Le passage de mon doigt sur son tranchant le salit de quelques gouttes de sang, preuve d'un tranchant sans égal.
Je le regarde, je le contemple, je l'admire. Mes yeux ne peuvent plus se détacher de cette merveille faite spécialement pour moi. La forme est parfaite. Les couleurs sont parfaites. C'est parfait. Une aile et la couleur des nuages dans le ciel.


- Oh Pia ! Merci !!!

Et cette fois-ci je laisse mon cadeau reposer dans sa boîte pour sauter sur la Marchombre et la serrer dans mes bras, avec plus d'affection qu'un Maitre tortionnaire ne mériterait.
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Lun 10 Juin 2013, 12:26



La réaction des apprenties lui fit bondir son coeur dans sa poitrine.
Heureuse de constater qu’elle avait mis dans le mile, surtout avec l’étreinte de Ange qui la fit sourire jusqu’aux oreilles, elle ne put retenir une petite larme qui coula le long de sa joue, se mêlant à l’étincelle dans son regard.

Elle était si heureuse !
Et voir les filles dans le même état était simplement fabuleux, elle devait bien l’avouer. Elle avait hâte de continuer leur aventure à toutes les quatre, et languissait déjà de les revoir.
Pourtant, il était temps de se séparer désormais, pour quelques temps. Une semaine ou deux, tout au plus, peut-être un petit peu plus longtemps, mais ce n’était rien de méchant : après ces deux mois passés ensemble chaque jour, les jeunes filles pourraient enfin respirer un peu, et peut-être découvrir de nouvelles choses par elles-mêmes aussi.

- Je suis heureuse que ça vous plaise !

Son regard brillait, autant de bonheur que de larmes contenues : déjà une s’était échappée, elle n’en laisserait pas d’autres passer cette barrière. Mais ses paupières furent traitresses et il en déborda d’autres, qu’elle essuya d’un revers de poignet.

- Voilà les filles, c’est maintenant que l’on se sépare. Pas durant longtemps, car votre prochain examen se déroulera dans quelques semaines tout au plus. Mais vous avez le temps de faire quelques excursions !

Leur adressant un sourire, elle ravala la boule d’émotions qui lui nouaient la gorge.
Décidément, elle était un peut trop sensible, ces derniers jours… Mettant cela sur le compte des raisons de filles, elle secoua la tête légèrement, faisant jouer ses boucles dorées.

- Vous serez prévenues quand cela se déroulera. Essayez quand même de ne pas trop vous éloigner ! Un oiseau risque de vous trouver d’ici quelques jours.

Un nouveau sourire, et la Marchombre s’avança d’un pas pour ouvrir la porte de sa chambre.
Invitation silencieuse.
C’était la fin de ce cours, mais le début, déjà, de nouvelles aventures !







[ Très court pour une fin, désolée ! Vous pouvez répondre une dernière fois ! Wink ]
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Lun 10 Juin 2013, 21:45

Un cri de joie dans me dos me fait lâcher Pia pour me tourner vers Shalie. Sa boite traine, ouverte, à ses pieds. C'est plus le cadeau qui s'y cachait qui attire mon regard. Des griffes dans un métal sombre aux reflets verts, forgés pour les petites mains de ma camarade. Elle avait déjà les oreilles du chat, voilà de quoi compléter son déguisement félin.
Comment est-ce que Pia a put nous faire forger de telles merveilles en deux mois à nous promener dans la nature ? Je n'ai pas le souvenir qu'elle soit allée voir un forgeron dans un des villages que nous avons croisés … Mais ce mystère ajoute à la magie que portent ces cadeaux. Elle n'aurait pas pu choisir quelque chose qui nous aille mieux. Aucune de nous n'a de raison d'envier sa voisine tellement chaque objet est un superbe et unique trésor.

Je me retourne vers mon Maitre que je sers toujours à moitié dans mes bras.
Elle pleure.
Elle sourit.
Elle resplendit.
Pia a fait sien notre bonheur et l'émotion de trois personnes réunis semble être trop pour elle. Je lui souris de plus belle et lui offre un dernier câlin, resserrant mon étreinte. Ma joie est tellement intense qu'elle ne retombe pas. Malgré cela je finis par lâcher la petite femme pour retourner vers mon poignard et l'admirer encore. Encore. Et Encore. J'ai toujours du mal à croire que je mérite de posséder un bijou pareil. Serais-je capable d'en faire bon usage ? C'est une façon de me dire que quoi je fasse avec cet objet, jamais je ne le souillerai sans raison. Aïwen avait traduit cela avec des mots, Pia a choisi de le faire avec une arme. Pourquoi aurais-je peur du sang si j'ai une bonne raison de le faire couler ?


- Je suis heureuse que ça vous plaise !


L'émotion qui submerge à nouveau Pia me donne envie de la reprendre dans mes bras et de la réconforter comme un bébé. Sauf qu'elle n'a pas besoin de réconfort. La vue de nos visages épanouis lui suffit. Je comprends que nous sommes bien son problème, avec les mots qu'elle laisse filtrer au milieu de ses larmes.

- Voilà les filles, c’est maintenant que l’on se sépare. Pas durant longtemps, car votre prochain examen se déroulera dans quelques semaines tout au plus. Mais vous avez le temps de faire quelques excursions !

Elle nous quitte. En voilà une bonne raison de pleurer. Soudain le monde arrête de tourner. Mon sourire s'efface et j'ai envie de laisser couler les larmes à mon tour. Je sais bien que nous sommes rentrées pour nous quitter mais … mais je ne veux pas … et si elle ne revenait jamais comme Aïwen n'est jamais revenu ? Malgré moi j'ai peur.
Pia nous prévient qu'un nouvel examen ne tardera pas à se dérouler bientôt, auquel nous serons conviées par un message personnel. Elle ouvre ensuite la porte et nous indique le chemin de la sortie.

Il est temps de partir. De faire acte de confiance en ce bout de femme et d'oser se séparer d'elle, pour un temps ou pour toujours. Nous devons avancer. Toujours.

Je repose délicatement le voile de tissu qui protège mon poignard puis referme la boite. Je vais aller faire un tour à Al-Chen pendant cette semaine de pause pour investir mes maigres économies dans un fourreau où glisser ma précieuse arme. Ca donnera un but à mes pas et me permettra de m'entrainer un peu à la natation.

Je passe devant Pia, hésite un instant sur le pas de la porte puis me retourne et lui offre les seuls mots qui me viennent à l'esprit.


- A bientôt.

Sans prendre la peine d'attendre mes camarades, je disparais dans les couloirs de l'académie en direction des toits. Il me reste encore plusieurs heures avant le coucher du soleil pour admirer mon arme sous les couleurs du jour.
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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Mer 12 Juin 2013, 15:59

Shalie et Ange avait elles aussi découvert leurs merveilleux cadeaux, avec le même sourire et le même émerveillement qu’Éole. Ange en était même allé jusqu’à serrer Pia dans ses bras, ce que la jeune fille n’avait osé faire mais qui lui agrandit tout de même son sourire.

Chacune avait reçu une arme unique et parfaitement adaptée. La petite Marchombre avait réussi on ne sait comment à trouver les plus beaux cadeaux qui soient, des cadeaux qui leur correspondaient comme si ils avaient été faits sur mesures... et peut-être était-ce le cas...

Maintenant que Ange s’était détachée de leur Maître, Éole put apercevoir une larme couler sur sa joue... Une larme de bonheur qui fit briller une petite étincelle au creux de ses yeux.

- Je suis heureuse que ça vous plaise !

Éole offrit son plus beau sourire à une Pia qui ne parvint pas à contenir ses larmes plus longtemps. La jeune fille en sentit une perler au coin de son œil...

- Voilà les filles, c’est maintenant que l’on se sépare. Pas durant longtemps, car votre prochain examen se déroulera dans quelques semaines tout au plus. Mais vous avez le temps de faire quelques excursions !

Un petit soupir passa les lèvre de la jeune apprentie, laissant s’échapper la petite larme. Déjà ? Ces deux derniers mois n’ont semblé être que quelques heures à peine... Mais ce n’était pas encore fini ! Elles se retrouveraient toutes bientôt pour de nouvelles sensations, de nouveaux apprentissages, à la découverte de Gwendalavir !

- Vous serez prévenues quand cela se déroulera. Essayez quand même de ne pas trop vous éloigner ! Un oiseau risque de vous trouver d’ici quelques jours.

Pia sourit et Éole lui rendit son sourire alors que la Marchombre allait ouvrir sa porte. Ange s’y faufila et la jeune fille ne tarda pas à faire de même.

- A bientôt tout le monde ! lança-t-elle joyeusement avant de disparaître à son tour dans le couloir.

Et voilà, se dit-elle, un nouveau cours qui se termine, un examen qui se profile... et un pas de plus sur la Voie.

Serrant contre elle la boite contenant l’arc offert par Pia, Éole s’éloigna, un immense sourire lui dévorant le visage.

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MessageSujet: Re: Groupe Fyrh - Cours n°3   Jeu 13 Juin 2013, 00:50

Je suis, super mega désolée du temps de réponse T_T

Au bout d'un moment, des minutes, des heures même, Pia mit fin à l'exercice. Poussant un soupir de soulagement, Shalie se laissa tomber sur l'herbe, exténuée. Elle n'avait pas traversé, mais elle était allée plus loin qu'elle n'était jamais allée. C'était une sorte de victoire, elle avait repoussé ses limites même si ses dernières n'étaient pas bien loin dans ce domaine. Grelottant de froid, la jeune fille ferma les yeux, laissant les rayons du soleil réchauffer sa peau, jusqu'à ce que l'heure du départ somme. Quels monts allaient elles devoir franchir ? Quels lacs allaient elles devoir traverser ? Shalie ne savait pas, mais elle avait hâte de découvrir ce qui les attendait.

***

Un nouveau jour s'était levé, le petit groupe s'était remis en marche, prenant un autre chemin afin de se rejoindre l'Académie. Lorsque Shalie devina la destination, elle se questionna sur le pourquoi de ce lieu. En théorie les maîtres faisaient quitter l'académie à leurs élèves afin de leur faire découvrir le monde et ses merveilles. Curieuse, Shalie avait suivi en silence, les autres, dans l'intérieur de la battisse. Sur leurs passages certaines personnes s'étaient retournées. Il fallait dire que les filles formées un groupe atypique au plus grand bonheur de la demoiselle.

Montant les marches quatre à quatre Pia amena ses élèves jusqu'à une pièce modeste. Il y avait dedans juste un vieux matelas et une table basse. Qu'est ce qu'elles allaient faire ici ? Fronçant légèrement les sourcils, Shalie se pencha alors regardant Pia prendre une boite de sous le matelas et la tendre Ange. Renouvelant l'opération deux autres fois, au final toutes les apprenties se retrouvèrent avec une boite. Shalie avait la plus petite et cela attisa une nouvelle fois sa curiosité.

- Ouvrez votre boîte avec les épingles à votre disposition. Il faut essayer d’imaginer ‘l’intérieur de la serrure : c’est composé de pistons, qu’il faut relever les uns après les autres…- Ce que vous y trouverez est à vous désormais. Déclara Pia tout en leur tendant une épingle à chacune.


Un cadeau ? Il fallait juste qu'elles ouvrent la boite ? Prenant l'épingle, Shalie posa alors la boite sur le sol et s'installa les jambes pliées sur elle. Ses camarades avaient déjà commencé, mais pas Shalie, qui observait d'abord la boite avant de regarder la serrure. Crocheter une serrure. C'était comme traverser une rivière  tirer avec un arc, lancer un couteau. Il fallait écouter un chant, savoir quoi faire et quand. Pia avait dit qu'il fallait relever des pistons. Mettant l'aiguille dans la serrure, Shalie commença alors et sa première tentative fut veine car elle se retrouva bloquée. Elle faillit avoir le réflexe de tirer d'un coup avant de se dire qu'elle risquait de casser l'épingle. La manipulant de haut en bas, elle arriva après quelques secondes à se défaire de son pétrin et à reprendre son exercice. Il était crucial qu'elle réussisse  Pourquoi ? Tout simplement, car elle voulait savoir ce qu'il y avait dans sa boite. Au vu des formes elle était prête à parier que chacune auraient quelque chose de différent. Retournant à sa tache, Shalie fit alors tourner son aiguille, de bas en haut, de haut en bas, de gauche à droite de droite à gauche. Il y avait un mécanisme et selon son mouvement elle entendait un petit clic. Au bout d'un moment, le dernier clic résonna, le dernier écrou céda.


Un léger sourire satisfait aux lèvres, Shalie ramena ses cheveux en arrière et posa son aiguille avant de prendre d'une main sa boite et de l'ouvrir de l'autre. Son coeur battait la chamade et ses yeux s’écarquillèrent en découvrant ce que contenait sa boite. Il s'agissait des coups de poings pourvus de griffes. Le souffle cours, Shalie en enfila un et le leva, les rayons de soleil se reflétant dessus laissèrent apparaître des reflets verts et cuivrés sur le métal noir. Ils étaient tout simplement magnifiques. Revenant sur terre entendant les cris de joies de ses camarades, Shalie, releva la tête regardant ce qu'Ange et Eole avaient eut. Un couteau pour la première  un arc pour la seconde, mais pas des armes banales non. Elles étaient tout aussi magnifique les poings de Shalie. Ange sauta carrément dans les bras de Pia afin de la remercier. Shalie, elle plus réservée  se contenta de sourire à n'en plus pouvoir et de remercier chaleureusement Pia. Elle était leur maître que depuis quelques semaines et pourtant la jeune fille lui témoignait déjà beaucoup de respect et de gratitude.


- Je suis heureuse que ça vous plaise !


C'était vraiment le cas, car Pia lâcha même quelques larmes. Shalie en fut profondément touchée même si elle savait que dans son cas elle ne pourrait pas en faire autant.


- Voilà les filles, c’est maintenant que l’on se sépare. Pas durant longtemps, car votre prochain examen se déroulera dans quelques semaines tout au plus. Mais vous avez le temps de faire quelques excursions !Vous serez prévenues quand cela se déroulera. Essayez quand même de ne pas trop vous éloigner ! Un oiseau risque de vous trouver d’ici quelques jours.


Partir de nouveau. Est ce qu'elles allaient se revoir ? Shalie espérait que oui, que cela ne serait pas comme la première fois, comme le premier abandon ... Pia avait ouvert la porte, en signe d'invitation afin qu'elles partent. Profité, ce ce qu'allait faire Shalie. Non elle n'allait pas se la couler douce, elle avait des choses plus importantes à faire. Ange s'en alla la première suivit de près par Eole. Enlevant son poing, Shalie le rangea alors dans sa boite qu'elle plaça soigneusement dans son sac. Elle allait devoir faire un ajout sur sa ceinture afin de pouvoir transporter cette nouvelle arme qu'elle avait hâte de tester. Inspirant profondément  Shalie se tourna alors vers son maître et la salua avec respect, avant de quitter la pièce d'un pas léger. Elle avait hâte que l'oiseau arrive afin de reprendre sa formation.

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