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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Lun 13 Aoû 2012, 13:56

- J'aurais plus dit risqué qu'amusant !

[ Sourire en coin un brin moqueur ]

- Moi j'ai bien dormi, merci. Toi aussi, tu as dormi comme un bébé d'ailleurs !
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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Mar 14 Aoû 2012, 12:01

- Ouais... tu parles d'une convalescence !

(soupir)

Bon... Ecoute, heu... J'avais pas vraiment l'intention de partir. Mais tu es si...

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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Mar 14 Aoû 2012, 13:08

- Mmm ?

[ regard intense ]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Mer 15 Aoû 2012, 11:04

- ... bizarre. Sérieux, tu n'es pas vraiment rassurante. Se balader à moitié à poil dans les coins les plus dangereux de la ville, ne pas réagir devant une pluie de sang, coucher avec le premier venu - et quel premier venu... T'es bizarre, Libertée. Même ton nom, il est bizarre. Simple constat.

Tu veux boire quelque chose ?



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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Mer 15 Aoû 2012, 13:05

Bizarre.
Elle était bizarre.
A vrai dire, elle s’attendait à autre chose que cela, mais Gil, fin tacticien, avait sans doute senti cela et détourné ses mots. Mais après tout, elle s’en fichait, parce qu’elle voyait bien dans son regard qu’elle était autre chose que bizarre pour lui. Sans aucun doute désirable, déjà.

Poussant un petit soupir, elle sourit de manière plutôt alambiquée à Gil, avant de répondre d’une voix tranquille et langoureuse.


- Mon nom a une profonde signification, pour tout un chacun et encore plus pour mes parents. Il définit en quelques sortes celle que je suis. Liberté d’aimer…

Son regard se fit lointain quelques secondes, alors qu’elle repartait dans son enfance, tellement dénuée de barrières et de limites. Toujours encouragée par ses parents à être différente, parce que la différence était la liberté, et que la liberté était la vie. Elle se souvenait de son père et de sa mère, que tout réunissait, et pourtant que tout séparait ; mais cela, elle ne s’en était rendu compte que plus âgée, alors qu’elle apprenait qui avait été sa mère.
Elle n’avait jamais réellement vécu dans le mensonge, c’était simplement qu’une partie de la vérité qui lui avait été cachée, avant de lui être dévoilée lorsqu’elle avait été prête à l’entendre.


Tu veux boire quelque chose ?

La question de Gil la tira de ses souvenirs et de ses pensées, et elle revint instantanément dans l’auberge, attablée en face de cet homme.
Son air nonchalant, son regard bicolore, ses joues mal rasées… Il avait parlé des coins les plus dangereux de la ville. Il s’était pourtant sorti avec brio de cette altercation, qu’elle avait vue.
Libertée plissa les yeux un instant.


- Un Kir.

Son air sérieux ne lui allait pas, mais elle sentait quelque chose palpiter dans son ventre et dans sa tête.
« Les envoleurs sont des tueurs de marchombres. Peu de choses les différencient réellement de ces derniers. Pourtant, souvent, ils sont laids, car justement ils dégagent ce Chaos que les marchombres ne supportent pas. Mais la vie est faite de chaos et d’harmonie, Libertée. »

D’une impulsion soudaine, Libertée se redressa sur sa chaise, bascula en avant et par-dessus la table, pour poser ses lèvres sur celles de Gil. Une seconde. Baiser éphémère, tandis qu’elle se repositionnait sur sa chaise avec une grâce évidente. Un petit sourire sur les lèvres.


- Oh. Mais tu es comme ma mère… Je ne m’en suis pas rendue compte plus tôt.

Un sourire en coin fila sur sa bouche, et elle passa une mèche de cheveux dans son dos.

- Je crois que mon père aurait été fier de moi.

Tournant la tête sur le côté pour jeter un coup d’œil circulaire dans la pièce, elle poussa un léger soupir avant de se pencher sur la table, les coudes en avant, son visage se rapprochant dangereusement de Gil. Elle sentait son souffle sur sa peau, et planta son regard dans celui, si particulier, de celui qu’elle savait maintenant être un envoleur.

- Dis moi, Gil… Ton travail n’est-il pas, à la base, d’éradiquer les gens comme moi ?





[ Warf, je crois que le Kir lui monte à la tête xDDD
Désolée, c'est court ! ]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Jeu 23 Aoû 2012, 10:28

L’auberge était presque vide à cette heure de la journée. Un vieil homme aux allures de clochard était appuyé au comptoir, moins en quête d’alcool que de compagnie, et discutait avec le maître des lieux. Attablées près d’une fenêtre, deux femmes prenaient leur petit-déjeuner en gloussant comme des poules. Leur passionnante conversation tournait autour d’un passionnant jeune homme qu’elles aimaient passionnément et qui s’appelait Archie. Un groupe de quatre voyageurs s’emplissaient l’estomac avant de reprendre la route. Voilà pour les clients du petit jour ; les quelques autres dormaient encore, sans doute, mais il était clair que l’établissement n’affichait pas complet. L’occasion de savourer quelques instants de tranquillité après une nuit agitée…

Un demi-sourire creusa un pli dans la joue de Gil. Les images de cette nuit fabuleuse dansaient dans sa mémoire et il se plaisait à les étudier une par une tout en savourant ses galettes. Il lui arrivait parfois de se demander s’il n’avait tout simplement pas rêvé. Alors, ses muscles douloureux se chargeaient de lui prouver le contraire. En fait, sa seule présence ici témoignait d’un étonnant revers de situation, d’un clin d’œil moqueur du hasard, et surtout d’une chance incroyable. Mais la chance était un peu comme le vent, dans sa petite vie tranquille : elle changeait perpétuellement de direction et pouvait parfois tout détruire en quelques secondes. Il arrivait parfois que la brise se change en tempête et la chance, en malchance…

- Tu ne t’es pas envolé, finalement !

Les yeux clos, Gil prit le temps de savourer son doux parfum sucré avant d’ouvrir les paupières et planter son regard dans le sien.

- Je n’avais aucune bonne raison de le faire… et puis j’avais faim.
- Encore ?
- Je ne suis jamais rassasié,
ajouta-t-il dans un clin d’œil.

Elle rit et il la regarda ramener ses longs cheveux dans son dos. Ce simple geste avait le pouvoir de déclencher de drôle de sensations en lui – un léger fourmillement au creux du ventre, une petite décharge électrique dans le cerveau, et lorsqu’elle s’étira paresseusement devant lui, tel un félin, le souffle lui manqua comme s’il venait de se prendre un coup de poing en pleine poitrine. Somme toute, c’était peut-être bien le cas…

- Et toi, pourquoi ne t’es-tu pas envolée ?
- Trop fatiguée. J’ai dormi comme un bébé… et je ne suis pas la seule dans ce cas, n’est-ce pas ?
- A qui la faute ? Tu veux boire quelque chose ?


Elle hocha la tête, il commanda un grand verre de jus de fruit à sa demande, puis il la regarda savourer sa boisson avec un plaisir qui se devinait aux petites étoiles scintillant dans ses yeux. Bon sang, quels yeux ! Il en perdait tous ses moyens chaque fois qu’il les croisait. Et ses mains… Longues et fines, capables de caresser aussi bien que de griffer… Et ses muscles finement déliés, qui roulaient sous sa peau blanche au moindre de ses mouvements… D’apparence douce et fragile, elle était capable de mettre à terre le guerrier qu’il était. Et de le tuer sans le moindre état d’âme. Quoi que… Il se pencha légèrement en avant, glissa un doigt sous son menton pour qu’elle le regarde dans les yeux.

- Je me demande… Pourquoi ne m’as-tu pas tué, cette nuit ? Est-ce que ce n’est pas ce que tu aurais dû faire ?

Surprise. Les beaux yeux cillent.
Gil se renversa sur le dossier de sa chaise avec nonchalance. Quand, exactement, s’était-il rendu compte qu’il frayait avec la mort ? Il n’en était pas sûr. Une intuition, un sixième sens… Une malédiction. Il soupira. D’ici quelques secondes, le vent risquait de tourner – et sa chance également. Elle pouvait très bien se retourner contre lui, vexée d’avoir été démasquée, ou bien terminer son boulot et passer à autre chose… A quelqu’un d’autre…

- Tu es…
- Charmé d’avoir fait ta connaissance. Mais jouons cartes sur tables et mettons les choses au point : je suis ce que je suis, tu es ce que tu es, point. On peut très bien vivre comme ça. Avec ça. Malgré ça. Ou alors, on peut tourner la page. Tu peux le faire, toi ?
- …un abruti, Gil !


Il cligna des yeux.
Quoi ?

- Je sais qui tu es, figure-toi. Depuis le début. Mais toi, tu te trompes sur mon compte. Depuis le début aussi. Je ne suis pas une Envoleuse.
- Ah… bon ?
- Non. Je suis amoureuse. De toi.
- Mais tu…


Elle se pencha par-dessus la table et l’embrassa.
Ce baiser eut un effet à la fois fabuleux et désastreux dans la vie de Giliwyn. C’était le premier qu’ils échangeaient tout en sachant la vérité. Le premier qu’ils échangeaient en se la cachant pour ne pas se détruire. Mais se baiser allait changer le cours des choses et faire tourner le vent à jamais.

- Quelle drôle de femme tu es, Sinéad SangreLune, dit-il enfin.
- Abruti, répondit-elle en souriant.

Elle aurait dû le tuer cette nuit-là.
Mais si elle l’avait fait, Gil serait quand même venu au monde.
Et ce serait retrouvé dans une auberge similaire, près de trente ans plus tard, pour vivre une situation semblable. Le hasard, encore. Ou bien un simple coup de vent…





*



- Oh. Mais tu es comme ma mère… Je ne m’en suis pas rendue compte plus tôt. Je crois que mon père aurait été fier de moi.

Gil ne répondit pas. Il était encore sous le choc du baiser – un baiser si léger, si doux comparé à tous ceux qu’ils avaient échangé durant la nuit…

- Dis-moi, Gil… Ton travail n’est-t-il pas, à la base, d’éradiquer des gens comme moi ?

Ce baiser était une petite perle, un petit trésor sucré, une véritable surprise – il n’en avait pas connu de semblable depuis… Jamais, en fait. Et il se demandait si…

Quoi ?

Hop-là. Pause. Temps mort.

Quoi ??

Elle souriait.
Elle souriait comme si elle venait de sortir la meilleure plaisanterie du siècle. C’était le cas. Gil choisit de cacher son trouble en buvant quelques rasades de son jus de fruit mais, en même temps, il réfléchissait à toute vitesse. Marchombre. Une évidence qui était passée outre son sens de l’observation et du discernement. Comment avait-il pu passer à côté d’une chose pareille ? Comment le nom de cette femme avait-il pu ne pas faire écho à cette éventualité pourtant si nette ? Parce que, quand il y repensait, ça collait parfaitement. Libertée n’avait pas eu peur un seul instant dans cette ruelle. Normale, elle savait très bien se défendre. Mais elle ne l’avait pas fait. Elle s’était contentée de le laisser faire le boulot pour ensuite le suivre comme un petit chien jusqu’à obtenir ce qu’elle voulait : coucher avec lui.

Et maintenant ?

Il replia l’une de ses jambes tendues et écarta légèrement ses doigts. A cet instant précis, il n’était sûr de rien, si ce n’est qu’il était capable de défendre chèrement sa peau. Libertée allait-elle lui sauter dessus pour l’égorger ? A bien y regarder, elle n’avait pas l’air pressée de se mettre à l’œuvre. D’ailleurs, si elle l’avait vraiment voulu, elle aurait très bien pu le faire au cours de leurs fougueux ébats. Marchombre. Bon sang. Qu’est-ce que je suis censé répondre à ça ?

- S’il s’agissait d’un travail, je serai récompensé d’une paye à la fin du mois, déclara-t-il en plongeant dans ses yeux brillants.

Ils ne lui firent pas l’effet habituel. Encore ce fourmillement dans l’estomac, mais ce pouvait tout aussi bien être dû au fait qu’il venait de se prendre une claque monumentale. Il en était encoure tout retourné.

« Gil ! » cria son père dans sa mémoire, et il repoussa fermement ce terrible souvenir. Sourcils froncés, il se demandait comment le père de Libertée pourrait être fier d’un si piètre exploit. Ses propres parents s’étaient entre-tués au nom de deux causes fondamentalement opposées. Sans doute se disait-elle que passer une nuit ensemble n’aurait pas la moindre conséquence… Aucune peur ne brillait dans ses yeux roses. Il n’y découvrit qu’une touche de curiosité et de malice. Miss aussi avait eu ce regard-là. Fidèle à son compagnon et à leur enfant, elle n’avait pas laissé transparaître ses sentiments à son égard, hormis le fait que s’ils s’étaient rencontrés plus tôt, elle se serait laissée aller dans ses bras. Les Marchombres étaient-ils donc si inconscients ?

- Et toi, est-ce que tu n’es pas censée éviter le grand méchant loup ?

Il devinait déjà sa réponse. Moqueuse, légère, à cent-mille lieues de la vérité vraie. Alors il plissa légèrement les yeux, décidant d’observer son attitude plutôt que d’écouter sa réponse. Le langage corporel avait parfois plus de signification que les mots…


[Ouf ! Je trouve enfin le temps de te répondre... Voilà une semaine que j'écris cette réponse presque ligne par ligne, dès que j'ai un petit laps de temps libre ^^]

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Mer 29 Aoû 2012, 23:13

- Et toi, est-ce que tu n’es pas censée éviter le grand méchant loup ?

Un sourire étira les lèvres de Libertée. Gil avait cillé, et elle se rendit compte qu’elle avait touché dans le mille. Mis les deux pieds bien dans le plat, vu sa réaction, d’ailleurs. Même si en soi, de l’extérieur, rien ne différenciait vraiment sa surprise et sa prise de conscience subite, elle l’avait vu dans son regard.
Un quelque chose de spécial, qui attisa encore plus sa curiosité.

Quelques questions dansaient dans les yeux de l’homme, et Libertée n’en compris aucune. Ou alors trop, et cela lui embrouillait les idées. Mais elle était plutôt fière d’elle, d’avoir compris qui était Gil, et à l’occasion qui était Lacrya, elle aussi. A part sa mère, elle n’avait jamais rencontré d’Envoleur de toute sa vie, jamais. Et ceux qu’elle rencontrait n’étaient pas spécialement sanguinaires ou profondément méchant – Lacrya était très colérique et violente, en tout cas de ce qu’elle avait cerné d’elle, mais pas… de manière profondément sadique, elle avait l’impression. Peut-être que ce n’était qu’une impression.

Mais la demande Gil la faisait sourire.
Après tout, comment pouvait-il prétendre être un « grand méchant loup » ? Quelqu’un le lui avait dit ?


- A savoir qui est le loup, et qui est le chaperon, dans l’histoire !

Lui adressant un clin d’œil, Libertée se rendit finalement compte – un je-ne-sais-quoi, une attitude, un regard lointain, un ride au milieu du front – qu’elle avait touché un point sensible. Pourtant, elle n’avait pas l’impression qu’il regrettait de ne pas l’avoir tuée, elle avait même plutôt le sentiment qu’il n’y avait jamais pensé – peut-être ne l’avait-il pas cernée, mais cela, elle n’y croyait pas – et puis, il était sur la défensive, et non pas dans l’agression…

Sachant que sa réponse avait plusieurs sens – avec la ruelle la veille – Libertée s’assit aussi confortablement que possible sur sa chaise de bois, et fixa Gil quelques secondes. Le temps de réfléchir, laissant les souvenirs l’envahir.



♥ ♥ ♥


Une petite fille était attablée en bout d’une table de bois, devant un bol empli de soupe. Une soupe épaisse, chaude, qui dégageait une délicieuse odeur de viande et de niam. Sauf que Libertée ne voulait pas manger de la soupe ! Elle voulait des galettes de Niam, et rien d’autre !

- Libertée ! Mange maintenant, ça suffit tes caprices de petite fille gâtée ! C’est tout ce que l’on a de toute façon !

La gamine, du haut de ses sept ans, secoua la tête en signe de négation : elle ne mangerait pas cette soupe ! Et elle était prête à tous les stratagèmes pour ne pas avoir à le faire.

- Allez ma chérie, mange, ça te fera grandir et devenir forte, comme Maman !

- Et comme Papa ! Tu sais que la première fois qu’on a mangé ensemble, avec ton père, c’était une soupe qu’on avait devant nous ?

- Ah bon ? Oh, Maman, raconte-moi !

- Je suivais ton père depuis plusieurs jours déjà. Je l’avais repéré, parce qu’il était particulièrement séduisant, et qu’il m’intéressait… beaucoup…. Enfin, je le suivais donc, je le filais, plutôt, d’ailleurs, mais je ne me faisais pas voir. Un soir, je me suis arrêtée pour manger en faisant un feu, pensant qu’il continuait d’avancer et que je le retrouverai le lendemain… J’étais en train de préparer à manger, une soupe à la viande, quand il a débarqué près de mon feu en me disant que ce que je cuisinais sentais bon… Je lui ai donc proposé de partager.

- Et donc on a partagé la soupe à la viande de ta mère. Et grâce à elle – la soupe – on est devenus invincibles, à deux !


Libertée inclina légèrement la tête de côté, avant de fixer sa soupe d’un air dubitatif…

- C’est vrai que ça sent bon…


♥ ♥ ♥


Libertée inclina sa tête sur le côté pour observer Gil. Il avait vraiment l’air torturé, c’était un fait. Et il lui faisait d’autant plus penser à sa mère. Quand il parlait de grand méchant loup, il la faisait sourire, il était amusant, et tellement… vigoureux. Lorsqu’elle croisait son regard, elle avait toujours ce petit pic de chaleur qui montait dans son ventre, avec ce léger frisson qui commençait derrière ses oreilles pour monter en haut de son crâne.

Gil.


- Tu sais, je n’ai pas peur de toi. Bon, d’accord, votre métier, à vous, c’est de tuer les Marchombres. Mais vous restez des êtres humains, avec des sentiments – des fois à des lieues de sentiments « communs » - mais voilà. Et puis, je n’ai pas de raison d’avoir peur de toi. Après tout, j’ai été élevée par une Envoleuse. Qui m’a toujours dit que je finirai comme mon père…

Se mordant l’index droite, Libertée ne regardait plus Gil. Perdue dans son esprit, elle pensait à haute voix, sans avoir conscience de ce qu’elle disait, et de ce qu’elle révélait.

- Quand j’étais petite, je ne comprenais pas vraiment. Et puis, avec l’âge, j’ai appris.

Se mordant la lèvre, elle poussa un long soupir, comme un soupir-surprise, alors qu’elle baissait les yeux sur son verre.

- C’est marrant comme les schémas peuvent se reproduire en fait !

Tiquant soudain, elle se rendit compte de sa bêtise trop tard. Rapidement, elle se souvint qu’elle avait donné son prénom, mais pas son nom de famille. A moitié soulagée, elle redressa vivement la tête pour planter son regard dans celui de Gil, attendant une réaction.
A vrai dire, elle ne savait pas comment il allait réagir.
Elle hésitait vis-à-vis de l’attitude de l’homme entre la violence… et la fuite.









[ Et ben moi je rentre de vacances, et j'adore ta réponse, et j'adore ce RP ! <3
Et donc j'avais trop envie de te répondre pour repousser l'échéance ! =D ]

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Ven 31 Aoû 2012, 11:20

Gil repoussa son assiette. Il n’avait plus faim. La réponse de Libertée – comme prévu, bourrée de malice et de sous-entendus – avait fait frémir ses lèvres dans l’esquisse d’un vague sourire mais il ne parvenait plus à réfléchir normalement. Ou peut-être qu’il réfléchissait trop, justement. Ses pensées tournoyaient à vive allure sous son crâne et se télescopaient jusqu’à lui donner la migraine – mais il pouvait aussi s’agir des conséquences d’une soirée trop arrosée. Les deux, trancha-t-il sans quitter Libertée des yeux. La soirée trop arrosée, la nuit trop agitée et cette nouvelle trop… trop… empoisonnée. Parce que oui, cette fille était un cadeau empoisonné. Il l’avait pressenti dès qu’elle l’avait installé dans cette chambre pour le soigner. Voilà pourquoi il avait passé le reste de la nuit à essayer de fuir !

Inconsciente de la tempête qui faisait rage en lui, Libertée continuait à lui parler. Bavarde. Encore une fois, il reconnaissait l’écouter seulement d’une oreille, ses propres pensées s’entrechoquant trop violemment pour qu’il puisse être parfaitement attentif. Certaines n’avaient strictement rien à faire dans le contexte présent. Par exemple, il se demanda si Kaünis ne l’écoutait parfois que d’une oreille, elle aussi. Voilà qui expliquerait un bon nombre de ses erreurs… Il songea à Naïs. Pourquoi ne lui donnait-elle pas de nouvelles ? Avait-elle réussi à retrouver son gamin ? Il l’espérait. Il n’avait pas envie de tenir sa promesse. Il n’avait pas envie d’être un héros.
Il n’était pas un héros.

- …après tout, j’ai été élevée par une Envoleuse. Qui m’a toujours dit que je finirais comme mon père.

Il imagina une bête de sexe aux yeux roses et incapable de se taire plus d’une minute trente. Oui oui, tu lui ressembles, Libertée. Tu lui ressembles…

- C’est marrant comme les schémas peuvent se reproduire en fait !


*


Fêlure.
Fracture.
Brisure.


*


Le verre que Gil tenait à la main s’écrasa sur le sol dans une pluie de verre et de jus de fruits. Dans sa mémoire, un homme s’écroula dans une pluie de sang. L’Envoleur se leva d’un bond. Trop vite, sans doute, car la tête lui tourna et il porta la main à son front. Mais le regard de Libertée était fixé sur lui, morsure brûlante qui incrustait la vérité dans sa peau, dans ses os : il ne pouvait pas croire qu’il s’agisse d’une simple coïncidence. C’était impossible ! Ils ne pouvaient pas avoir vécu une histoire similaire. Ne pouvaient pas la réécrire de la même manière. C’était impossible. Impossible ! Il repoussa sa chaise, s’enfuit vers la porte, se retrouva dans la rue, en pleine lumière. Et s’arrêta.

Il était sur le point de fuir – un art qu’il avait développé avec le plus grand soin depuis qu’il portait les noms de ses parents. Il aurait dû fuir plus tôt, bien plus tôt si tout s’était déroulé comme d’habitude. Mais Libertée l’en avait empêché. Il ne savait pas pourquoi, il ne savait pas comment, mais elle l’en empêchait encore, bien qu’elle ne soit pas en train de le tirer par le bras. C’était autre chose, quelque chose de bien plus diffus, bien moins distinct, bien plus fort et bien moins visible qu’un lien physique. Et pour une fois, la curiosité le poussait à rester sur place – aux aguets, certes, mais tout de même. C’était une première pour lui, d’ailleurs il ignorait totalement comment cette histoire allait se terminer. Si elle se terminait. Avait-il envie qu’elle se termine ?

Des pas dans son dos. Il ne prit pas la peine de se retourner. Cette odeur de pêche n’appartenait qu’à une seule personne.

- Si les schémas se reproduisent toujours, alors tu devrais avoir peur, dit-il du bout des lèvres. Parce que le grand méchant loup, c’est ce putain de hasard qui fait si bien les choses.

Putain de hasard, oui.
Il serra les poings.
Et attendit.

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Ven 31 Aoû 2012, 12:03

Violence et fuite.
Surtout violence en fait. La fuite avait été arrêtée net. Devant la porte.

Libertée avait-elle touché un point sensible ? Etait-elle trop bavarde ? Non, pourtant, il semblait plus en colère, voire effrayé, qu’autre chose. Pas exaspéré, non, juste… tourmenté. Décidément, elle revenait souvent à cette conclusion avec lui. Mais elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi il l’était autant. Qu’est-ce qui l’avait traumatisé à ce point ?

Pour l’heure, il était arrêté devant la porte, et la marchombre avait très envie de le rejoindre. Alors, elle se leva grâcieusement et s’approcha de lui tranquillement. Gardant ses pensées pour elle, elle attendit donc qu’il se décide à parler.


- Si les schémas se reproduisent toujours, alors tu devrais avoir. Parce que le grand méchant loup, c’est ce putain de hasard qui fait si bien les choses.

Libertée haussa un sourcil. Elle ne comprenait pas, tout simplement. Elle avait touché un sujet sensible, n’assumait-il pas son statut, son métier ? Ou bien était-il amoureux déjà d’une marchombre – peu probable – ou autre chose ? Cela venait-il de ses parents ? C’était à ce moment-là qu’il avait tiqué, quand elle en avait parlé.
Ses parents étaient-ils aussi tellement opposés ?
Est-ce que cela s’était mal fini entre eux ?

Plissant les yeux, elle passa ses cheveux derrière son épaule et s’approcha encore d’un pas de Gil, pour poser ses mains sur ses épaules.


- Mes parents sont heureux.

C’était tout ce qu’elle avait trouvé à dire.
Elle ne comprenait pas trop où allait les mener cette conversation. Pourquoi disait-elle tout cela ? Certes, elle était bavarde, mais jamais sur sa vie privée. Or, depuis le début, un instinct la poussait à en parler, c’était bizarre. Il y avait un rapport. Pourquoi se confiait-elle à lui ? Peut-être parce qu’elle s’en sentait proche, alors qu’ils ne se connaissaient même pas. Que tout cela n’était censé être qu’un coup d’un soir !




[ Désolée, c'est couuurt ! ]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Mer 05 Sep 2012, 00:27

- Et les miens sont morts.

Il pourrait en dire plus, bien plus. Mais parler, c’était se livrer, et Gil ne mangeait pas de ce pain-là. Il s’était détourné de son passé voilà près de huit ans. Cette femme n’avait aucun droit de l’y replonger, pas maintenant. Pas alors qu’il pensait enfin avoir tiré un trait sur ce drame qui, pourtant, revenait le hanter chaque nuit… Tu crois qu’il te suffit de fermer les yeux, mais tu as tort, avait dit un jour Seren. Et le tort tue… Ouais. Le tort, ou bien le hasard. Peut-être bien les deux, qui sait ? Sûrement pas lui, voleur à la tire et chasseur de prime à ses heures. Etre maître d’arme ne changeait rien à l’affaire, il était et resterait à jamais un assassin. Même les beaux yeux de Libertée n’y pouvaient rien.

- Ecoute…

Gil se tourna vers elle et lui prit délicatement la tête entre les mains. Cet élan de tendresse était inhabituel, tout comme la douleur qui brillait dans ses yeux vairons. Pourtant, la douleur, il connaissait. C’était une sensation qu’il avait exploitée dans tous les sens du terme. Du moins le croyait-il, car la blessure qui venait de s’ouvrir en lui n’avait rien de familier. Le pire étant qu’il ignorait totalement comment y remédier. Alors, pour la première fois de toute sa vie, il prit son courage à deux mains et plongea son regard dans celui si impressionnant de Libertée.

- Tu dois m’oublier. Je ne suis pas un héros, Libertée. J’en suis même très loin.

Elle voulut dire quelque chose mais il l’en empêcha en posant deux doigts sur ses lèvres.

- J’ai eu tort, dit-il rapidement, comme si le temps lui était soudain compté. J’ai eu tort en ne passant pas par la fenêtre cette nuit. Je me serais sans doute fait mal, mais j’aurais moins souffert qu’à présent. Dans une autre vie, j’aurais lié ma vie à la tienne, parce que tu as des yeux magnifiques, et aussi parce que dans une autre vie, j’aurais voulu vivre heureux. Mais cette vie n’est pas pour moi. J’y ai cru un instant, j’ai eu tort.

Sa main glissa sur la joue satinée de Libertée, remonta le long de sa pommette, rangea une mèche rebelle derrière son oreille.

- Et le tort tue, ajouta-t-il dans un de ses fameux demi-sourires.

Il fut plus rapide qu’elle. D’accord, ses paroles avaient sûrement dû l’assommer, la prendre de court, la surprendre – lui-même n’en revenait pas – mais tout de même, il ne put s’empêcher de ressentir une petite pointe de fierté devant sa mine stupéfaite. Il faut dire que pour une fois, la chance s’était placée de son côté. La carriole était passée pile à ce moment-là et il n’avait eu qu’à sauter à l’arrière de l’attelage pour se laisser emporter vers un destin toujours plus sombre. Cramponné aux fins alliages de métal – encore un carrosse de nobliards… - Gil regarda Libertée jusqu’à ce qu’elle disparaisse au milieu de la foule, et que la carriole tourne dans une rue perpendiculaire à celle-ci. Alors seulement, l’Envoleur soupira et descendit de voiture.

Il se fondit parmi les passants. Si Libertée s’était lancée sur ses traces, elle ne songerait pas une seule seconde qu’il était revenu sur ses pas. En effet, elle ne se trouvait plus à l’auberge lorsqu’il se présenta au tenancier pour régler leur nuit mouvementée. C’était le moins qu’il puisse faire, songea-t-il amèrement. Veillant à ne pas croiser la jeune femme, il quitta les lieux et partit chercher Pic. Il était temps pour lui de clore une dernière affaire avant de mettre les voiles et de quitter la ville une bonne fois pour toutes.



*



Si la demeure d’Anathius Fil’Velan paraissait très humble depuis l’extérieur, elle était en revanche extrêmement fastueuse à l’intérieur. Peintures et objets rares étaient exposés aux regards dans un extraordinaire enchevêtrement de couloirs, d’escaliers, de pièces secrètes et de salles somptueuses. Un véritable petit palais bien caché en plein centre d’Al-Vor, et qui était gardé par les soldats de la cité. Au beau milieu de la nuit, Gil n’eût donc aucun mal à pénétrer dans le bâtiment. Plus silencieux encore qu’un chat, il s’infiltra dans le domaine de celui qui avait osé le défier. Ses intentions étaient claires : il voulait savoir quelles étaient les motivations réelles du noble avant de tirer sa révérence. Le meurtre ne faisait évidemment pas partie de son plan. Envoleur, héritier malgré lui du Chaos, Gil avait à cœur d’appliquer ses propres méthodes, et il trouvait bien plus amusant d’effrayer un homme comme Fil’Velan plutôt que de lui ôter la vie. Et tant qu’à faire, pourquoi pas l’humilier en lui dérobant ses biens les plus précieux ?

La besace de Gil était déjà pleine de mille choses aussi rares qu’inutiles lorsque ce dernier se glissa dans la chambre de son ex-employeur. Il se préparait à réveiller le maître des lieux en fanfare quand quelque chose, dans le silence qui régnait dans la pièce, le fit s’immobiliser brusquement. Y’a un problème. Le silence n’y était pas pour rien. Gil prêta l’oreille, allant jusqu’à bloquer sa respiration pour en déceler une autre qui, apparemment, n’existait pas. N’existait plus. Enfer ! Réprimant un juron, Gil s’approcha du lit dans lequel dormait sa cible et c’est alors que le mince rayon de lune qui s’immisçait dans la pièce lui révéla Anathius Vil’Felan. Les yeux grands ouverts, il contemplait encore sa mort avec surprise, les traits figés dans un rictus d’effarement mêlé de douleur. Le couteau planté dans sa poitrine en était la cause et Gil pâlit en reconnaissant le fin ouvrage de celui qui pendait habituellement à sa ceinture. Il porta aussitôt la main au mince fourreau de cuir fixé à celle-ci mais, bien sûr, le couteau n’y était pas. Evidemment, puisqu’il est planté dans le cœur de cet imbécile !

Gil se pinça l’arête du nez et réfléchit à toute allure. Fil’Velan n’était pas celui qui l’avait roulé, ou alors lui-même s’était fait avoir par quelqu’un de plus ou moins haut placé. Ce quelqu’un avait agencé toute cette petite mise en scène afin de le discréditer. Mais qui ? Et pourquoi ? Depuis qu’il avait commencé sa formation d’Envoleur aux côtés de Seren, il s’était fait pas mal d’ennemis. Mais ceux qui lui en voulaient le plus étaient certainement les mercenaires à qui il faisait de l’ombre. Ce n’était pas la première fois que l’on cherchait à l’éliminer, et ce n’était sûrement pas la dernière. Sans prendre le temps de vider sa besace des biens du noble, Gil fit donc demi-tour, non sans avoir récupéré son poignard. Qu’il n’ait pas remarqué son absence n’était pas très étonnant : féru d’armes de jet, il n’utilisait ses lames que lors de combats au corps à corps, autrement dit, peu souvent. Et de plus, Libertée ne lui avait pas vraiment l’occasion de faire l’inventaire de ses effets personnels après la bagarre de l’avant-veille…

Maudissant la jolie blonde à voix basse, il dévalait un escalier en colimaçon lorsque des éclats de voix attirèrent son attention. A travers une petite fenêtre à peine plus large que sa tête, il découvrit tout un petit détachement de la garde de la ville, bien renseigné par son ennemi secret et venu le cueillir sur son lieu de crime. Parfait. Il ne manquait plus que le gratin pour que cette virée à Al-Vor soit la troisième pire expérience de toute ma vie ! Au rez-de-chaussée, on enfonçait déjà les portes avec fracas. Mieux valait filer vite… Remontant son petit escalier tortueux, Gil s’enferma dans la chambre de Fil’Velan. Le bureau de ce dernier était envahi de paperasse que l’Envoleur fouilla frénétiquement tandis que les gardes grimpaient à l’étage. Ils se ruèrent vers les appartements du noble et enfoncèrent la porte à peu près au moment où Gil se jetait par la fenêtre.

Il amortit sa chute en roulant sur le sol, se redressa d’un bond et boitilla jusqu’au mur d’enceinte. Il n’avait pas atteint le sommet de celui-ci que des flèches rebondirent tout autour de lui ; l’une d’elle perça sa besace, laissant échapper quelques pièces de collection, une autre fit un accroc à la cape qu’il avait revêtu pour se fondre dans la nuit. Pernicieuse, la lune trahissait néanmoins sa présence et les hommes qui attendaient devant la demeure de Vil’Felan ne mirent pas longtemps à lui tomber dessus. D’accord, songea Gil en se baissant pour éviter un coup d’estoc, puis en frappant du talon dans le ventre de l’un de ses adversaires avant de pivoter pour ne pas se faire embrocher par derrière. D’accord, c’est pas ma semaine. Un coup de poing raviva le bleu déjà bien violet de sa mâchoire, un autre sensibilisa sa blessure à la jambe. Cette fois, il allait devoir se battre autrement que dans la ruelle. Dommage que les beaux yeux roses ne soient pas dans le coin…

Dans un seul mouvement, il désarma son adversaire le plus proche, lui brisa le nez et l’envoya à terre. Un deuxième garde s’effondra, les rotules brisées, et un troisième cracha quatre ou cinq dents avant de s’évanouir. Gil n’avait presque pas bougé. Il était à la fois mouvement et immobilité, vitesse et lenteur, force et mesure, puissance et douceur. Troublés, les gardes ne savaient plus du tout comment attaquer cet homme qui avait l’allure d’un ivrogne et qui se battait comme un lion. Gil mit encore quatre hommes au tapis, puis il choisit de prendre la fuite avant que toute la garnison ne lui tombe dessus. Il remonta une arcade au pas de course, traversa une place sans ralentir l’allure et s’engagea dans les ruelles sombres et tortueuses de la ville. Il se fraya un chemin parmi les femmes de petite mœurs qui minaudaient sur le trottoir, bondit par-dessus un amas de caisses, jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et jura. Bon sang ! Ces types sont bien plus endurants que les gardes d’Al-Jeit !

Il tournait au coin d’une rue lorsqu’il heurta quelqu’un de plein fouet. Il allait repoussait l’infortunée personne lorsqu’une bouffée de pêche envahit ses narines. Libertée ! Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, Gil l’attrapa par la main et l’entraîna à sa suite. Ensemble, ils coururent à travers tout le quartier, jusqu’à ce qu’il ne l’attire dans le recoin de l’arrière-cour d’une herboristerie. Il la plaqua contre le mur et ne bougea plus. Les gardes passèrent devant eux sans les voir. Même endurants, les pigeons restent de pigeons… Par mesure de précaution, Gil resta immobile durant cinq bonnes minutes. Les cheveux de Libertée chatouillaient ses mains et il sentait son souffle dans son cou.

Il ferma les yeux tandis que sa propre respiration, déjà hachée après une telle course, devenait plus saccadée. Libertée. Il ne l’avait perdue qu’une poignée d’heures, et voilà qu’elle se retrouvait à nouveau entre ses bras. Belle, sauvage et libre.

- Marchombre, grogna-t-il en nichant sa tête dans son cou.

Il n’était plus capable de se contenir, ni même de raisonner. Sa besace glissa de son épaule et se répandit sur le sol dans un bruit qui ne le fit pas tressaillir. Ses lèvres avaient déjà pris possession de celles de la jeune femme et son corps en demandait autant.

- Arrête-moi, supplia-t-il dans un gémissement à peine audible. Arrête-moi, je t’en prie !




[Voilà ce qui arrive quand je ne peux pas accéder à mon pc pendant plusieurs jours : je pars dans des délires pas croyables u_u' J'ai pris la "Libertée" de faire un peu bouger ton personnage, en restant assez vague pour te permettre de gérer le tout à ta guise. Fais-moi savoir si quelque chose te dérange et sinon... fonce ! N'écoute pas ce crétin de Gil, surtout xD]

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Mer 05 Sep 2012, 13:26

Les siens sont morts.
Soit ! Et alors ? Ils s’étaient entretués peut-être ? Dans le regard de Gil, Libertée se rendit compte qu’elle n’était peut-être pas si loin de la vérité que cela. Mais peu importait, les schémas se reproduisaient, oui, mais ce n’étaient plus les mêmes personnes, et puis un schéma, ça se dessine aussi, et donc on peut les compléter !


- Ecoute… Tu dois m’oublier. Je ne suis pas un héros, Libertée. J’en suis même très loin. J’ai eu tort. J’ai eu tort en ne passant pas par la fenêtre cette nuit. Je me serais sans doute fait mal, mais j’aurais moins souffert qu’à présent. Dans une autre vie, j’aurais lié ma vie à la tienne, parce que tu as des yeux magnifiques, et aussi parce que dans une autre vie, j’aurais voulu vivre heureux. Mais cette vie n’est pas pour moi. J’y ai cru un instant, j’ai eu tort. Et le tort tue.

Elle eut la délicieuse et impérieuse envie de le gifler à cet instant précis.
Mais le temps d’hésitation qu’elle marqua – imperceptible, mais réel – suffit à Gil pour s’enfuir.
Une rage folle monta en Libertée quelques secondes, et elle la laissa faire. Jusqu’à reprendre son souffle, elle avait senti cette rage consumer son être, la réchauffer de l’intérieur, la pousser à s’élancer à la suite de cette carriole pour saisir ce goujat et lui en retourner une. Sauf qu’elle n’avait pas bougé.

Elle qui se complaisait dans l’action plus que dans le reste, elle ne bougea pas, parce qu’elle avait décidé que ce n’était pas la bonne chose à faire. Bon, il était parti… tant pis. Certes, son égo en prenait un coup, surtout vu la manière dont il s’était enfui – lâche – mais elle n’allait pas en faire toute une histoire.
C’était une belle rencontre, et elle avait apprécié ce moment.
Il était terminé, mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Haussant les épaules, la marchombre entra dans l’auberge pour remonter dans la chambre qu’ils avaient occupée. Elle refit rapidement le lit, prit ses affaires et descendit pour prévenir l’aubergiste que c’était Gil qui payerait. Elle n’allait pas non plus débourser une pièce d’or pour ça !
Se glissant dans la foule, elle ne se retourna pas, et ne pu donc pas voir la silhouette d’un homme maintenant presque familier passer les portes de l’auberge dans l’autre sens…


♥ ♥ ♥

Plutôt contente de ses achats de la journée – une pièce d’or économisée, dix de dépensées ! - Libertée déambulait dans les rues d’Al-Vor alors que le soleil était couché depuis une heure environs. Un soupir sur les lèvres, elle avait bien l’intention de trouver une autre auberge pour se coucher, et repartir le lendemain. Cela lui convenait parfaitement, en réalité.

Des bruits de pas attirèrent son attention, tandis que des cris retentissaient à une rue ou deux de celle où elle se trouvait. A priori, d’après ce qu’elle entendait, les gardes étaient en train de courser un malfaiteur, ou quelque chose du genre. Haussant les épaules toute seule, la marchombre continua son train-train, voyant une enseigne un peu plus loin, et se mit en chemin pour la rejoindre.

Soudain, elle fut percutée par un corps lancé à pleine vitesse et tanga quelques secondes. Une odeur connue, une poigne reconnue, Libertée n’eut même pas le temps de lever son regard pour croiser celui de Gil tandis que ce dernier la plaquait contre le mur derrière elle. Elle vit les gardes qu’elle avait entendus quelques minutes plus tôt leur passer devant sans les reconnaître, sans comprendre que leur cible était juste là. Elle ne bougeait pas…

Décidément, le hasard était joueur.

Libertée poussa un soupir, alors que Gil lâchait un mot. Pourquoi disait-il cela ? Ha ! Et pourquoi l’embrassait-il juste après ? Ce n’était pas logique tout ça !


- Arrête-moi. Arrête-moi, je t’en prie !

La marchombre fronça les sourcils. Avant de soupirer. Bon, d’accord, elle allait l’arrêter ! Son regard se fit un peu distant, et soudain, elle repoussa Gil de toute la force de ses petits bras. S’avançant d’un pas vers lui, elle le jaucha quelques secondes, avant de lui lancer :

- A toi de m’écouter maintenant. Je ne suis pas une poupée de chiffon. Tu as fait ton choix, dans cette chambre, de rester. Tort ou pas tort, tu as fait un choix, alors assume tes actes. Il n’y a pas de non-dits qui comptent. Tu sais ce que je suis, je sais ce que tu es. Personnellement, je m’en moque. Mais toi…

Elle s’avança d’un pas, et soudain la tension s’échappa d’elle et de ses épaules tendues.

- Gil, t’es plus un gosse. Les choix ont des conséquences. Tu as fait ton choix. Alors viens pas pleurer.

Redressant le menton, elle le regarda encore quelques secondes. Elle ne savait pas trop ce qu’elle devait ou pouvait faire. Le secouer ; mais elle n’était pas sa mère. Lui gueuler dessus ; c’était en partie fait, et elle n’était pas son père non plus.

Libertée. Parce que même si moi ou ton père pouvons mourir à tout moment, tu es là, tu existes, amalgame de nous deux. Libertée. Parce que l’on est toujours libre d’aimer, et de vivre notre vie comme nous l’entendons. Même si les autres ne sont pas d’accord.
Un soupir franchit les lèvres de Libertée, et elle décida de laisser Gil réfléchir encore. Peut-être que cela ne durerait que quelques secondes, peut-être que cela pouvait durer des mois. Enfin, de toute façon, elle ne pouvait rien faire de plus pour lui actuellement, même si elle s’en sentait proche à cause de ses parents.
De son pas aérien, elle se mit en marche vers l’auberge un peu plus loin, qui l’attendait toujours, même si elle jeta malgré elle un coup d’œil par-dessus son épaule.




[ Lol, j'adore ! xD
Moi j'ai un peu moins de délires, la rentrée c'est pas fait pour les couillons ! >.>" ]

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Jeu 13 Sep 2012, 11:17

Interdit, Gil regarda Libertée s’éloigner la tête haute. Elle avait des cheveux d’or et des vêtements qui dévoilaient son corps de manière à enflammer quiconque posait les yeux sur elle, mais il compara à une reine des glaces, impériale et plus digne qu’il ne le serait jamais. Petit à petit, ses paroles se frayèrent un chemin vers sa conscience, nourrissant sa colère et allumant des étoiles sombres dans ses yeux. Il leva la main gauche – celle du cœur – et la tendit vers la porte. T’es plus un gosse. Les choix ont des conséquences. Sans blague ? Comme s’il ne faisait pas tout pour les éviter, les choix ! Tu as fait ton choix, dans cette chambre, de rester. Non. Il n’avait pas choisi de rester. Il avait choisi de repousser une échéance, sachant pertinemment qu’elle finirait par s’abattre comme un couperet sur sa nuque. Il ne s’était pas attendu à ce que cela soit si douloureux. T’es plus un gosse...

L’aiguille siffla dans les ombres, traça une infime ligne rouge sur la pommette de la jeune femme et se ficha dans le bois de l’encadrement de la porte. Elle se tourna vers lui au moment où la seconde aiguille quittait le dos de son poignet pour venir se planter de l’autre côté de son visage, sans la toucher cette fois. La seconde suivante, Gil se tenait devant elle, la dominant de toute sa hauteur et de toute sa rage. Le dos de ses poignets était en feu et son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, faisant saillir sa carotide et hachant sa respiration. Il aurait pu la tuer. Il en avait tué pour moins que ça. Mieux, il devrait la tuer ! Marchombre… son plus parfait opposé, d’après Seren. Son négatif, la part d’ombre que le Chaos, ombre plus grande encore, s’échinait à anéantir pour rétablir un équilibre que se disputaient les hommes. Les autres. Pas lui. Sa vie, son monde n’était pas stable. Comment espérer un équilibre entre des forces qui avaient détruit ses rêves à jamais ?

- Tu ne comprends pas, murmura-t-il d’une voix plus tranchante que l’acier. Et tu te trompes, femme.

Libertée soutenait son regard avec force et courage. Il savait qu’elle ne doutait pas de pouvoir le tuer, comme il savait qu’elle ne le ferait pas avant qu’il ait lancé la première pierre. Le trait de feu qui courait sous son œil droit n’était qu’un gravillon.

- J’assume mon erreur, pour la première fois peut-être, mais pleinement. Et si je reconnais mon tort, je ne regrette rien de ce qui s’est passé dans cette chambre. J’ai aimé te faire l’amour, et toi aussi.

Un homme s’arrêta dans son dos et il se tendit légèrement. Mais le vieil artisan, qui venait simplement ponctuer sa journée d’une rasade d’eau de vie dans son établissement favori, hésita en voyant cet homme et cette femme en train de régler leur compte contre la porte d’entrée. Gil choisit cet instant pour laisser échapper un grondement qui aurait rendu un loup jaloux, et l’artisan décida de rebrousser chemin. L’Envoleur n’avait pas quitté Libertée des yeux.

- Ce que je n’assume pas, en revanche, c’est tout le reste. Demain. Je n’assume pas demain. Je vis toujours dans « l’aujourd’hui », hanté par « l’hier », et j’ai peur de demain. Je n’ai pas peur pour moi. J’ai peur pour toi.

Elle sembla sur le point de parler, il l’interrompit en pressant deux doigts sur ses lèvres. Frémit à ce contact si sensuel. Frémit de la sentir frémir.

- Les gens ne vivent pas très longtemps lorsqu’ils se lient avec moi. J’ai bien trop perdu à ce jeu pour me permettre d’y jouer encore… Je ne veux pas te perdre, Libertée. Mais si je m’accroche à toi, je suis sûr de te perdre. Parce c’est comme ça. Tu n’y peux rien, pas plus que moi. On s’est justes croisés par hasard, et on va se quitter sans lui.

Colère et désir bouillonnaient en lui. Le souffle court, il recula d’un pas, son regard toujours soudé à celui de la marchombre.

- C’est mon choix, ajouta-t-il d’une voix si basse qu’il doutait qu’elle ait perçu sa réponse.

Rassemblant ses forces, il s’obligea à se détacher des yeux roses de Libertée pour se détourner. Les choix font toujours mal, Cabochard. Mais certains plus que d’autres… Celui-ci lui donnait l’impression que son cœur tombait en miettes. Rien à voir avec l’adieu d’Anee. Rien à voir avec l’accident d’Iselle. Cette douleur, il ne l’avait ressentie qu’une seule fois, lorsque son regard d’enfant s’était posé sur le corps sans vie de sa mère. Comment était-ce possible ? Il n’eut pas le temps de trouver la réponse à cette étonnante question. Parce que le hasard, une fois de plus, se mêla à son histoire. Et surtout parce qu’une flèche venait de se planter dans son bras, juste sous le coude gauche.



*




Perchée sur un toit, surplombant la ville qui brillait comme un phare dans la nuit, la silhouette d’un homme qui se détachet à peine dans les ombres abaisse lentement son arc. Un bruit de course, quelque part sur sa gauche, attire son attention. La garde se rapproche avec la grâce qui lui est propre... Reportant son regard dans la ruelle mal éclairée, l’homme sourit.

- Bon séjour dans les geôles d’Al-Vor, SangreLune !

Il disparait dans un tourbillon de cape au moment où les soldats font irruption dans la ruelle.



*




Gil mit un genou à terre.
Durant quelques secondes, bruits, formes et couleurs se brouillèrent, le laissant seul avec les battements effrénés de son propre cœur et la vague de douleur qui paralysait son bras. Puis il cligna des yeux et se redressa pour faire face aux hommes qui accouraient dans sa direction. Il accueillit le premier d’un formidable revers de lame et transperça la gorge du second dans le même mouvement. Une aiguille de métal se planta dans l’œil du troisième, le quatrième s’effondra la nuque brisée. Un choc au sternum arrêta Gil dans son élan, juste avant qu’un méchant coup à la mâchoire ne lui fasse voir trente-six chandelles. Sonné, il crût voir une chevelure blonde s’enrouler autour de son adversaire, mais la seconde suivante, il battait avec un type deux fois plus grand que lui et perdait toute notion du temps. Une minute, vingt secondes ? Le géant de métal s’écroula à ses pieds, le nez enfoncé dans le crâne, et Gil porta les doigts à ses lèvres pour émettre un sifflement strident. Nouvelle distorsion du temps. Terrassant un homme qui tentait de se relever d’un coup de botte bien placé, il désarma un garde et lui ouvrit la gorge. D’autres arrivaient. Ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’il ne soit tué dans cette ruelle, ou bien traîné dans les geôles de la ville…

Un cheval lancé au galop dépassa les hommes qui arrivaient en renfort et freina des quatre fers devant Gil. Merci, Seren ! L’Envoleur bondit sur le dos de Pic et le fit volter tout en se taillant un chemin à la force de sa courte épée. Pic s’élança, laissant à peine le temps à Libertée de se hisser derrière Gil, et distança rapidement ses poursuivants. Mais il fallait encore pouvoir sortir de la ville, franchir ses portes. L’alerte avait été donnée. Plaqué sur l’encolure du cheval, l’Envoleur s’en remit à la chance, qui pour la première fois depuis des jours, lui sourit ; ils franchirent le mur juste avant que la porte ne se ferme sur les gardes qui s’étaient lancés à leur trousses. Le temps qu’ils rouvrent le lourd battant et se mettent en chasse, les deux fugitifs seraient loin. Et introuvables.
On a gagné.

Pic ne ralentit pas l’allure avant d’avoir atteint un petit bois qui se découpait dans les premières lueurs rosées de l’aube. Seren avait eu du nez en faisant de lui sa monture. C’était un brave. De quoi donner à Gil l’envie de le faire sien. Mais c’était sans compter la notion de propriété ardemment défendue par son ancien mentor. Il ne le cèderait pas pour moins d’un combat. A mort, évidemment… Plongé dans ses réflexions, Gil se laissa glisser de la selle et fit quelques pas, son bras blessé serré contre sa poitrine. Se fiant à son ouïe, il guida Pic vers un petit court d’eau qui serpentait entre les arbres et laissa le cheval boire pour aller s’asseoir contre un tronc recouvert de mousse. Epuisé par les événements qui venaient de s’enchaîner à une vitesse folle, il appuya un instant sa tête contre l’écorce rugueuse, le temps de reprendre son souffle et de récupérer des forces. Il n’avait toujours pas dit un seul mot, et elle non plus. Elle l’observait en silence. Il prit bien soin de ne pas croiser son regard. Dans l’état qui était le sien, mieux valait qu’il ne se mette pas en danger une seconde fois…

- Cette démonstration t’a suffit, j’espère, dit-il néanmoins tout en bloquant son bras entre ses genoux repliés. Tu as la preuve que j’attire les merdes comme la merde attire les mouches.

Son bras fermement maintenu par ses jambes, il saisit la flèche de sa main valide et la brisa d’un coup sec. La douleur s’échappa en un sifflement entre ses dents serrées, mais il la contint d’une volonté de fer. Un homme ne pleure jamais devant une femme. C’est la règle. Toutefois, il s’en fallait de peu qu’il ne s’évanouisse, or il refusait de le faire en sa présence. Luttant donc contre les ombres qui frôlaient sa conscience, il se contorsionna pour se débarrasser de son tabard et de sa chemise, qu’il déchira pour stopper l’hémorragie. Pris de vertiges, il s’immobilisa et ferma les yeux, sans toutefois sombrer dans l’inconscience.

- Sacoche, marmonna-t-il enfin.

Elle était accrochée à la selle de Pic. A l’intérieur se trouvait un onguent fourni par son ami Rêveur en dédommagement pour ses services. Mais il n’avait pas la force de siffler Pic et encore moins celle de se lever pour aller la chercher lui-même. Libertée attendait toujours. Elle pouvait le tuer rien qu’en attendant qu’il se vide de son sang. Une mort lente et cruelle, soit, mais qu’il avait sans aucun doute mérité. Renversant la tête en arrière, il s’en remit donc à son jugement.

- A portée de cheveux, ajouta-t-il néanmoins dans un murmure.

Il y avait un creux de sourire dans sa joue.

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Jeu 13 Sep 2012, 18:41

Elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule, et elle ne vit qu’un Gil interdit. Enfin, elle ne put voir que cela, étant donné qu’ils étaient dans une ruelle plutôt sombre, et que son regard ne lui était pas accessible. Elle aurait aimé pouvoir comprendre ce qu’il se passait dans sa tête, mais se dit qu’après tout, c’était sans doute mieux que non. Elle ne voulait pas être dans sa tête, elle voulait juste être elle, et continuer son chemin.
C’était simplement dommage que cela se finisse comme ça.
Gil était quelqu’un d’intéressant, elle l’avait tout de suite remarqué. Pas parce qu’il jouait un jeu, pas parce qu’il était tourmenté – enfin, sans doute que si, un peu – mais simplement parce qu’elle avait senti une similarité entre eux. Et puis, il était franchement canon, il fallait l’avouer.
C’était dommage, parce qu’elle aurait aimé au moins pouvoir garder contact avec lui. Peut-être se retrouver pour s’amuser dans un lit de temps en temps. En tout cas, ne pas se repousser pour pouvoir se croiser sans encombre.
Ce ne serait pas le cas.

Et puis, la surprenant, une aiguille fila juste à côté de son visage. Tellement proche qu’elle sentit la piqûre de la brûlure sur sa joue, et quand elle voulut porter sa main à cette dernière, elle sentit une goutte de sang perler sur sa peau. Se tournant v vivement, elle leva les yeux à temps pour voir une aiguille semblable à celle-là s’échapper du dos du poignet de Gil, surgissant du néant.

Hein ?!

N’ayant même pas le temps de reprendre son souffle, elle fut écrasée par Gil, qui la dominait avec une énergie puissante. Celle de la colère et de la rage. Plissant les yeux, elle se demanda ce qu’elle allait faire maintenant. A mille lieues de se dire qu’elle était allée trop loin, qu’elle pouvait s’excuser, à mille lieues de penser à se remettre en question et d’avouer qu’elle l’avait bien cherché, elle se demanda juste comment elle allait s’y prendre pour s’enfuir.


- Tu ne comprends pas. Et tu te trompes, femme.

Libertée serra les dents, se retenant de lui lancer son coude à la figure. Comment il l’appelait ? Femme, comme on dit « chien » ou « herbe » ? Il se prenait pour qui ? Elle le fixa avec fierté, ne s’abaissant à lui donner raison en détournant le regard, déterminée à vendre chèrement sa peau.

- J’assume mon erreur, pour la première fois peut-être, mais pleinement. Et si je reconnais mon tort, je ne regrette rien de ce qui s’est passé dans cette chambre. J’ai aimé te faire l’amour, et toi aussi. Ce que je n’assume pas, en revanche, c’est tout le reste. Demain. Je n’assume pas demain. Je vis toujours dans « l’aujourd’hui », hanté par « l’hier », et j’ai peur de demain. Je n’ai pas peur pour moi. J’ai peur pour toi.
Les gens ne vivent pas très longtemps lorsqu’ils se lient avec moi. J’ai bien trop perdu à ce jeu pour me permettre d’y jouer encore… Je ne veux pas te perdre, Libertée. Mais si je m’accroche à toi, je suis sûr de te perdre. Parce c’est comme ça. Tu n’y peux rien, pas plus que moi. On s’est justes croisés par hasard, et on va se quitter sans lui.


Oh, il s’inquiétait pour elle, c’était trognon ! Comme si elle n’était pas capable de se défendre ! Elle ne comptait pas se laisser faire non plus, il ne fallait pas exagérer. Pourquoi la perdre ? Pourquoi se perdre ? Elle ne lui avait pas mis la bague au doigt, et en effet ils avaient passé une excellente soirée. Est-ce que cela engageait des choix futurs ? Est-ce que c’était pour autant qu’ils devaient ‘être ensemble’ ? En le choisissant la veille, Libertée n’avait pas pensé une seule seconde rester avec lui la journée suivante. Mais c’était lui qui avait provoqué tout cela, avec sa bêtise de sauter par la fenêtre, de vouloir déjeuner avec elle.
Il serait passé par la porte, cela aurait été plus clair.


- C’est mon choix

La marchombre se demanda si elle n’avait pas rêvé ces quelques mots, car ils n’avaient été qu’un murmure. Murmure, avant qu’elle sente une sorte de… sanglot ? Boule ? Dans sa gorge. Sa gorge à elle, et sa gorge à lui.
Pourquoi cela faisait cette sensation dans le ventre ?
La sensation qu’elle était en train de s’éloigner d’elle-même ?
Et alors qu’elle aurait voulu parler, une flèche fut plus rapide qu’elle.

Une flèche.
Et des gardes qui arrivaient en trombe dans la ruelle.
Un petit sourire étira les lèvres de Libertée, et ses doigts glissèrent sur l’épaule saine de Gil avant qu’elle ne s’élance dans la foule des gardes. Ce qui eut son petit effet, il faut bien l’avouer : une femme presque nue s’élançant vers vous avec ses longs cheveux blonds et ses bottines à talons alors que vous vous préparez à casser la gueule à un malfaiteur… C’est en même temps comique et incongru.
Jusqu’à ce que la femme en question vous attaque, et que d’un coup de pied elle mette hors service deux hommes entraînés pour défendre une ville.
Et jusqu’à ce que les cheveux de la femme s’animent d’une vie propre, pour casser des bras.

Elle ne pourrait peut-être pas les contenir, mais en mettre hors d’état de nuire un maximum. Et puis, Gil se débrouillait bien lui aussi. Virevoltant dans la ruelle, Libertée aimait même prendre appuis sur les murs pour mieux s’élancer ou frapper. Ses cheveux s’enroulaient régulièrement autour de gorges avec force, faisant suffoquer les hommes. On tenta de les lui couper, mais elle fut plus rapide et les ôta du chemin de la lame. Seule une petite mèche subit cette torture, ce qui eut le don d’augmenter encore d’un cran la colère de la marchombre, décuplant encore ses capacités prodigieuses qui lui permettaient d’esquiver tel un coup de vent les attaques de front.

Lorsqu’elle entendit le galop d’un cheval ferré sur le pavage, elle fronça les sourcils. Ah, oui, Gil avait sifflé. Il avait un cheval ? Cela la fit sourire, mais la déconcentra assez longtemps pour qu’un coup de poing la cueille au creux des reins. L’envoleur passa à côté d’elle, juché sur son cheval, et le réflexe de Libertée lui permit de se hisser derrière lui, sur la croupe de l’animal, se tenant à lui et à Gil comme elle pouvait. Ils parvinrent à passer en trombe les portes de la ville qui se fermaient pour leur couper le passage, et une fois à l’extérieur, Libertée se tourna pour voir comment se débrouillaient les gardes. Ils s’étaient arrêtés, mais Gil laissa sa monture au galop le temps de s’éloigner suffisamment.

Elle descendit presque gracieusement – elle avait encore le souffle coupé du dernier poing qu’elle avait reçu – et but quelques gorgées dans le ruisseau qui filait et où le cheval de Gil s’abreuva lui aussi. Puis, elle se redressa, essuyant sa bouche d’un revers de bras, et l’observa quelques secondes.

Il était assis contre un tronc d’arbre, et semblait dans un piteux état. Pire que la veille au soir, puisque cette fois-ci il n’avait pas d’alcool dans le sang pour réduire la douleur qui devait se diffuser dans tout son bras, et le reste de son corps. Elle se demandait vraiment ce que les gens lui voulaient, mais après tout, il était mercenaire. Il devait avoir des ennemis dans tous les coins de Gwendalavir, et en plus continuer d’accepter des missions de haut vol pour un petit pactole.

« Je vis toujours dans « l’aujourd’hui », hanté par « l’hier », et j’ai peur de demain. »

Soupirant, elle finit par hausser les épaules et il s’adressa à elle pour lui démontrer qu’il n’était pas un gentil garçon. Comme si elle ne l’avait pas compris ! Elle le regarda casser la flèche – mauvaise idée – et l’écouta lui demander sa sacoche, qui se trouvait sur la selle de Pic. Elle ne tiqua même pas quand il parla de ses cheveux. Elle n’était pas du genre à cacher ce qui faisait qu’elle était elle, et ses cheveux faisaient partie de cela. Elle n’hésitait jamais à s’en servir quand elle en avait besoin, même en présence d’inconnus, ou de non marchombres. C’était comme cela. Cette histoire de secret du Rentaï, elle ne le percevait pas du tout comme ses « collègues ». Elle faisait ce qu’elle voulait avec. Après tout, ce n’était pas pour rien qu’elle l’avait, et elle n’en avait pas honte. Au contraire.

Poussant un léger soupir, la jeune femme fit un petit pas vers Pic pour attraper la sacoche – avec ses mains. Se retournant vers Gil, elle s’assit à côté de lui, toujours silencieuse, pour voir à quoi ressemblait sa plaie. Ce n’était pas beau à voir, et le bout de la flèche avait sans doute percé une petite artère du bras, mais sa présence contenait l’hémorragie. Elle devait enlever ce corps étranger et cautériser pour ne pas qu’il se vide de son sang.
Ouvrant la sacoche, elle saisit un morceau de tissus à l’intérieur et le tendit à Gil.


- Serre-le fort, mords-le, mais évite de crier. Je vais arranger ça.

Elle alluma rapidement un feu, prit son petit poignard dans sa bottine pour chauffer le bout, et s’assit plus confortablement sur le côté de Gil.
La poignée de son poignard enroulée dans un linge, elle alla chercher de l’eau pour nettoyer un peu le tout. Puis, elle saisit le bois de la tige de la flèche et lança un regard à Gil.


- Prêt ?

Elle n’attendit pas sa réponse et tira d’un coup sec. D’un geste vif, elle lança le bout de flèche plus loin, saisit son poignard avec le linge et appliqua directement la lame brûlante sur la plaie, ce qui eut pour effet de dégager une odeur de grillé dégoûtante. Mais cela eut au moins le mérite d’arrêter le flot de sang qui s’était précipité hors de la plaie durant le court laps de temps où rien ne l’en avait empêché.
Encore de l’eau, et Libertée souffla longuement.

Son regard rose se posa sur Gil, pour voir son état.
Elle avait envie de parler, mais n’était pas certaine qu’il était en état pour. Et elle détestait parler dans le vide !


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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Jeu 13 Sep 2012, 19:31

Libertée s’exécuta en silence, puis vint s’installer près de lui. Il ouvrit les yeux, tendit sa main valide vers la sacoche, mais elle le prit de vitesse et lui donna un bout de tissu, avant de se pencher pour examiner sa blessure. Sourcils froncés, il lui donna une tape sur la main. Il lui devait déjà les soins de sa blessure à la cuisse, il ne voulait pas lui être redevable une seconde fois ! Mais elle s’entêta et il n’avait pas assez de forces pour l’en empêcher. Alors, il lui abandonna son bras et rejeta la tête en arrière tandis qu’elle palpait les abords de la blessure. Là, il s’évanouit peut-être, parce que quand il rouvrit les yeux, une petite flambée brûlait à ses pieds et Liberté avait changé de côté, se plaçant cette fois à sa gauche.

- Prêt ?

Elle n’attendit pas sa réponse, tirant ce qui restait de la flèche d’un coup sec, puis entreprit de cautériser la plaie. La douleur fut atroce, plus encore que l’odeur de chair grillée qui envahit ses narines. Mais Gil ne cria pas. Le souffle court, il regarda la marchombre nettoyer son bras puis le panser avec les restes encore à peu près propres de sa chemise. Baissant les yeux, Gil agita faiblement les doigts. Geste misérable, mais qui signifiait une prompte guérison et le rétablissement complet de sa main et de son bras. Il s’en était fallu de peu pour qu’il en perde l’usage… Le regard de Libertée le contraignit à relever la tête. Cette fois, il ne s’y déroba pas. Il lui devait probablement la vie, encore une fois. Sa dette s’alourdissait de jour en jour. Elle ouvrit la bouche, sembla sur le point de dire quelque chose, se ravisa. L’incertitude brillait dans ses prunelles. Elle ne comprenait pas sa réaction, son mouvement de recul et sa mise en garde. Il soupira. Et tendit sa main droite vers son visage, effleurant la marque dessinée par son aiguille. Puis il laissa retomber son bras et désigna la flèche brisée d’un geste du menton.

- Elle ne vient pas de la garde d’Al-Vor, dit-il d’une voix rauque, mais ferme. Quelqu’un m’en veut, on dirait…

Et si ce quelqu’un pense pouvoir m’atteindre à travers toi, il le fera sans la moindre hésitation. Gil dévisagea Libertée sans prononcer à voix haute des paroles qui risqueraient de blesser sa fierté. Oui, les Marchombres étaient fiers, au moins autant que les Envoleurs ; s’il lui faisait part de ses craintes, elle lui rétorquerait qu’elle savait très bien se défendre par ses propres moyens. Et il la croyait. Il avait vu sa façon de se battre, la redoutable efficacité de ses parades et l’incroyable pouvoir de ses cheveux. Mais lui aussi était capable de se défendre, avec ou sans greffe. Avait-il pu éviter cette satanée flèche pour autant ? L’archer qui l’avait pris pour cible aurait très bien pu l’atteindre en plein cœur s’il l’avait voulu. Visiblement, c’était quelqu’un qui aimait jouer. Une lueur de défi au fond des yeux, Gil changea de position en grimaçant.

- Tu es douée, lança-t-il alors à Libertée tout en posant sa main droite sur le bandage de fortune. Ne cautérise pas une plaie qui veut.

Merci. Pourquoi ne pas le lui dire, tout simplement ? Parce que je ne dois pas me réconcilier avec elle. Elle doit me haïr. C’est la seule façon de l’écarter de moi. Et de m’écarter d’elle… Difficile, pourtant, de haïr une femme aussi belle que Libertée. Le levant révélait toutes les nuances dorées de ses cheveux et allumait des étoiles dans ses yeux roses. Un bleu avait fleuri sur sa mâchoire. Le lacet de son corset s’était légèrement desserré. Là, dans la lumière du matin, elle était plus belle et plus désirable que jamais. Belle, et en colère – mais la colère lui allait si bien… Tout comme l’ironie, le charme et la comédie. Intérieurement, Gil gémit. Enfer, mais qu’est-ce qui m’arrive ? Au prix d’un monumental effort, il détourna les yeux. Cette femme allait le rendre fou, si ce n’était pas déjà fait. Il fallait qu’elle s’en aille. Maintenant.

- Qu’est-ce que tu vas faire, à présent ?


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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Jeu 13 Sep 2012, 20:25

Ce fut Gil qui brisa le silence, parce que Libertée n’osait rien dire. S’il parlait, c’est qu’il avait les idées à peu près claires, alors elle pourrait parler à son tour.

- Elle ne vient pas de la garde d’Al-Vor. Quelqu’un m’en veut, on dirait…

Elle eut une terrible envie de le railler.
* Le monde entier t’en voudra toujours si on t’écoutait ! *
Elle lisait dans son regard la suite d’une tirade, et elle apprécia le fait qu’il ne la prononce pas à voix haute. De toute façon, qu’il le dise ou non, elle n’y croyait pas. Elle se défendrait. Et si elle devait mourir, c’était que son heure serait venue. Tout était toujours d’une simplicité effrayante dans son esprit, mais elle préférait cela plutôt que de se perdre en questions stériles – même si parfois, c’était nécessaire.


- Tu es douée. Ne cautérise pas une plaie qui veut.

Un sourire en coin étira les lèvres de Libertée, qui ne fit que hocher légèrement la tête. Alors, quand il lui posa LA question, elle ne pu que soupirer et s’asseoir à côté de lui, les jambes en tailleur, pour l’observer quelques secondes.
Avant de se lancer.


- Déjà, j’ai très envie de te baffer. Mais ça, je ne vais peut-être pas le faire.

Le fixant quelques instants, elle reprit néanmoins avant qu’il n’ait pu ouvrir la bouche pour parler. C’était à son tour maintenant !

- Pourquoi tu ne veux pas me perdre ? Par rapport à ce que je représente, ce que je suis ? Elle chercha le regard de Gil. Tu attires les merdes, et tu peines à t’en sortir. Moi, ma spécialité c’est plutôt de les chercher, parce que je ne comprends pas comment ils se calment si vite avec moi.

Précision inutile, certes.
Mais si elle commençait à raconter sa vie…


- J’ai bien envie de te laisser en plan, de te dire de te débrouiller, et que tu regrettes ça toute ta vie. Tu sais, je pense qu’on peut garder contact, se retrouver des nuits de temps en temps, être des amis peut-être… Mais tu n’as pas d’amis, apparemment, tant tu as peur de les perdre d’une manière ou d’une autre. Je pense que c’est ça ton plus gros problème.

Une ombre de sourire se glissa dans sa joue, et Libertée approcha son visage de Gil.

- Après, je ne te connais pas. Mais il y a des choses que je sens, des instincts, des trucs bizarres qui font partie de moi. Et quand tu as voulu t’en aller, j’ai eu la très nette sensation de m’éloigner de moi-même, et de mon destin. On est liés, peut-être par juste une rencontre au bon moment au bon endroit, peut-être que pour un court terme, et en plus je t’ai sauvé deux fois – enfin, une fois et demi, je ne voudrais pas faucher le mérite de ta monture ! – enfin, tout ça pour dire…

Tu as l’air de me dire de partir. Mais j’ai pas envie de partir. Alors on en est là.
Tu comptes faire quoi, maintenant ?


Un juste retour des choses, non ?

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Jeu 13 Sep 2012, 20:55

- Tu as déjà perdu quelqu'un ? Un proche, une personne qui comptait tellement à tes yeux qu'une fois arrachée à ta vie, elle continue de te hanter, jour et nuit ?

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Jeu 13 Sep 2012, 21:21

- Non.

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Jeu 13 Sep 2012, 21:53

- Tu sais... ce n'est pas parce que tu es une marchombre que j'ai peur pour toi. Ce que tu fais avec tes cheveux, et puis avec tes mains, comme ça, et tout le reste c'est... wow. Franchement, je doute qu'un type puisse un jour te faire mordre la poussière - moi excepté.

(Moue légèrement moqueuse).

Pour ta gouverne, j'en ai, des amis. Mais j'ai choisi une vie qui compte plus d'ennemis encore. Voilà pourquoi j'ai peur pour toi. Et voilà pourquoi j'applique un principe qui m'a sorti de la merde à chaque fois : ne dépend de personne, et ne laisse personne dépendre de toi.

(Son regard brille soudain).

Jamais.

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Jeu 13 Sep 2012, 22:08

[ Ton railleur ]

- Oui, j'ai ce principe aussi tu sais... C'est la base de la liberté.
Mais entre aimer et dépendre, il y a quand même plein de lettres de différence !
On peut aimer, apprécier, adorer, sans pour autant être complètement accroché telle une larve baveuse...

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Jeu 13 Sep 2012, 22:59

- Arrête, tu baves pas tant que ça...

(Cette fois son regard étincelle et il sourit presque)

Est-ce que tu...


(Hésitation...)

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Jeu 13 Sep 2012, 23:08

- J'ai pas dit que c'était moi qui bavait !

[ Clin d'oeil ]

- Mais si tu poses la question, je répondrai..

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Ven 14 Sep 2012, 14:03

- D'accord, je me lance alors... Tes parents. Est-ce qu'ils ont... Est-ce qu'ils t'ont obligée à devenir ce que tu es ? Je veux dire, comment es-tu devenue Marchombre ?

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Ven 14 Sep 2012, 14:14

- Quoi ?
Mais pourquoi ils m'auraient obligée à quoi que ce soit ? Non, ils m'ont toujours guidée à devenir moi-même, juste moi-même. J'ai quitté le foyer à quinze ans parce que je voulais découvrir le monde seule et faire ma propre vie.

J'ai toujours adoré mes parents. Mon père m'a appris à me servir des armes, ma mère aussi. Ils ont fui toute leur vie, mais ils étaient ensemble. Ils m'ont eue parce qu'ils me voulaient, et mon nom provient de là, parce qu'ils voulaient transmettre et montrer au monde que chacun a la liberté d'aimer celui qui lui correspond. Même s'il appartient à un ordre interdit.

lls vivent encore. Ils sont encore en cavalcades pour échapper à un groupe de Mercenaires qui sont bien décidé à les tuer tous les deux. Mais bon, ça fait plus de trente ans qu'ils arrivent à les éviter et à vivre heureux...

Enfin, tout ça pour dire que j'ai compris que j'étais faite pour être marchombre bien après avoir quitté le cocon.

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Ven 14 Sep 2012, 15:35

- Ah...

(Silence, et puis...)

Est-ce que tu me croirais si je te disais que mon rêve, c'était de devenir musicien ? Flûtiste, pour être précis. Je devais intégrer une excellente école à Al-Jeit quand tout a basculé. Pour faire court, mon père a tué ma mère, et moi j'ai tué mon père. Ou plutôt, je l'ai laissé mourir.

(Petit rire sardonique)

Plus facile à gober que le coup de la flûte, hein ? Tu vois, si je suis devenu un Envoleur, c'est simplement parce que j'avais besoin de quelque chose. Pas quelque chose qui me rende heureux - c'est impossible - mais quelque chose qui m'empêche de regretter une vie différente de celle-ci. Le Chaos ne représente rien pour moi, pas plus que le servir. Mais il me fait penser à ma vie, à moi. Et je vis très bien comme ça.

Libertée, hein... Autrefois, on m'appelait Manaël. Manaël Sil'Sierra. Tu n'aurais pas aimé ce garçon... Il était ennuyeux et trop sûr de lui !

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Ven 14 Sep 2012, 15:59

- Pourquoi ton père a tué ta mère ?

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MessageSujet: Re: Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]    Sam 15 Sep 2012, 19:58

- Parce qu'elle l'a trahi. Je n'ai rien vu, mais j'ai entendu... C'est pire, je crois. Mais elle s'est bien défendue. Quand j'ai trouvé mon père, il était dans un état qui me fait paraître en excellente santé.

(Il se racle la gorge et se redresse légèrement)

Il a fait un choix, et aujourd'hui c'est moi qui en subit les conséquences. Mais assez parlé du passé. Je ne voulais pas que tu t'en ailles, tout à l'heure... juste savoir si tu voulais bien rester encore un peu. Le temps de partager un petit déjeuner bien moins fructueux que le précédent, mais qui ne sera pas interrompu par ma fuite. Cette fois, je promets de rester là. Bon, d'accord, je ne peux pas allez très loin, mais...

... tu veux bien ?

__________________________________________

"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



[Absent du 18/07 au 24/07]
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Quelques amuses-bouche ? [ PV Gil ]
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