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Le Pacte VS L'Ordre
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 Groupe Kofu ~ Cours n°2

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MessageSujet: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 25 Juil 2012, 11:04

" On se retrouve dans peu de temps, pour la suite des réjouissances… "

La suite des réjouissances…
La suite des réjouissances commençait par prendre place dans les écuries. Ethan comme Laïar n'avait eu qu'un premier cours, et d'après ce qu'elle avait compris, ils avaient alors voyagé à pieds. Il était donc temps de prendre en main les deux jeunes gens pour les faire monter sur des chevaux. Enfin, sur un cheval chacun.

Hiné, parce qu'elle s'occupait régulièrement de sa propre jument, avait fait le tour des boxes dans les écuries. Ainsi, elle avait pu s'apercevoir qu'un cheval appartenait à Laïar, ce qui voulait dire qu'elle avait déjà mis au moins une fois les fesses dessus. Mais elle ne connaissait pas Ethan, et peut-être que lui aurait besoin d'un cours particulier pour commencer à maîtriser les subtilités de l'équitation ?

Néanmoins, elle espérait grandement qu'il saurait au moins se tenir sur un cheval, et le faire avancer. Elle connaissait bien des personnes qui ne l'avaient jamais fait, certes, et d'ailleurs elle les en blâmait : le cheval était un moyen de transport très efficace, qui permettait de réduire les temps de trajet en les divisant par deux, voire trois selon les endroits et les itinéraires.
Hiné se déplaçait avec Samie depuis des années déjà, et c'était son maître qui lui avait permis de la dresser à peu près convenablement. Samie restait une jument, et donc une pisseuse par définition, selon l'Envoleuse, elle avait un caractère de cochon et aimait faire de la vie de ses cavaliers un enfer.
Et encore que Hiné avait mis les points sur les i !

La jeune femme secoua sa chevelure flamboyante. Assise à la fenêtre de sa chambre, une jambe dans le vide et l'autre ramenée conte son torse, elle observait de son regard gris l'horizon qui s'offrait à elle. La forêt Ombreuse s'étendait tout autour du Domaine dans un entrelacs de couleurs sombres et sanglantes en même temps, comme si les feuilles des arbres et les arbres eux-mêmes comprenaient qu'ils devaient se faire une mauvaise réputation. Sous les frondaisons, la nuit dominait largement la gamme de couleurs, même si le soleil s'élevait lentement dans le ciel, embrasant les bois.
Hiné adorait ce moment de la journée : alors qu'elle avait toujours l'impression, avec sa tignasse flamboyante, d'attirer les regards et de dénoter dans les bois, elle pouvait alors se balader en passant parfaitement incognito, sans en faire l'effort.

Un léger soupir franchit ses lèvres, tandis qu'elle laissa glisser ses doigts sur ses jambes d'une blancheur surprenante. C'était cela, la peau des rousses : tachetée de rousseur en haut, et ensuite seulement blanche comme de la porcelaine. Cependant, elle n'avait pas à se plaindre : elle ne possédait que quelques tâches de rousseur sur le visage, qui restaient assez discrètes même quand elle s'exposait au soleil.

Mais il allait falloir descendre de son perchoir.
Se redressant, elle replaça ses deux jambes à l'intérieur de la pièce et sauta en bas de la fenêtre. Elle serait bien passée par l'extérieur, mais il valait mieux qu'elle s'habille avant. Enfilant donc un pantalon noir en cuir mat, elle passa son corset d'un gris chiné, qui mettait en valeur la couleur de ses yeux et donnait un rayonnement d'autant plus impressionnant à sa chevelure. Hiné aimait se faire belle, pas nécessairement pour plaire aux autres, mais déjà pour se plaire à elle-même. C'était toujours un début, de toute façon. Elle chaussa des bottines en cuir gris, et sortit de sa chambre en faisant claquer ses talons. Descendant les trois étages rapidement, elle passa dans le réfectoire pour attraper deux pommes et fila aux écuries, où elle avait donné rendez-vous à ses apprentis.

Elle avait une idée très précise du voyage qu'elle leur réservait. Ils allaient tous beaucoup s'amuser – si ce qu'ils allaient subir les amusait – et trouveraient de nouveaux repères, et de nouvelles techniques. C'était le but d'un tel "cours", si on pouvait appeler cela ainsi. Un voyage plus qu'initiatique en réalité.

Arrivant devant le box de Samie, Hiné lui donna la pomme qu'elle n'avait pas mangée, attendant que ses deux apprentis arrivent enfin. Et lorsqu'ils furent tous les deux présents, elle les fixa quelques secondes.


- Bonjour jeunes gens… Je suppose que tu sais monter à cheval, Laïar, puisque tu as ta monture. Et toi, Ethan ?

Savoir si elle avait devoir tout expliquer comment s'occuper d'un cheval, c'était quand même primordial car cela prenait du temps. Et pour le jeune homme, assimiler tout ça et réussir à le faire correctement aussi. Comme elle avait prévu sa journée en heures d'exercices, elle espérait qu'il saurait monter à cheval, cela lui éviterait de tout devoir repenser…
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Jeu 26 Juil 2012, 14:05

Ai-je déprimé lorsque mon demi-frère est apparu dans ma vie ? Ai-je déprimé lorsqu'il a réduit cette même vie à néant ? Ai-je déprimé lors de ma première raclée à Al-Chen ? La réponse à toutes ces questions est non. Je ne suis pas de ceux qui se laissent abattre aussi facilement. Dans les mots que j'ai choisi pour décrire la Voie du Chaos lors de mon examen, il y avait Victoire. Quel que soit ce que j'affronte, je dois passer outre. Vaincre. Humains. Bêtes. Peurs. Obstacles. Rien ne doit me résister si je veux atteindre le but que je me suis fixée.
Je me méprise pour cette semaine que j'ai passée à errer dans le néant, sans plus de volonté qu'un poisson rouge. Mais tout cela est finit ! La personne apathique qui s'est présentée à son examen n'est plus.

D'un coup de brosse rêche, je finis de peigner mes cheveux pour les relever en un chignon serré. Le miroir qui, quelques jours plus tôt, me renvoyait l'image d'un zombie m'offre aujourd'hui un reflet qui me correspond. Un corps propre sur lequel repose une combinaison-short de couleur crème qui s'accorde avec mes cheveux blonds. Un visage toujours aussi tacheté, avec les profondes cernes qui soulignent mes magnifiques yeux. Ce qui me réjouit le plus dans ce portrait, c'est cet éclat qui luit à nouveau dans mes pupilles. Un regard d'acier. Je suis prête à réduire en charpie tout ce qui se dressera en travers de mon chemin. Pour cela, j'ai toujours le sabre fixé dans mon dos, dernier cadeau d'Anee avant de nous quitter. Sa réplique miniature est fixée aux cotés de deux poignards fins fixés sur ma ceinture. Je n'arriverais jamais à me détacher du souvenir de mon ancien Maitre …

Mes bottines en cuir glissent sans bruit sur la pierre de l'escalier qui mène directement aux dépendances du Domaine et donc aux écuries où Hiné doit nous retrouver avec Ethan. Les écuries … cette histoire sans la ballade à cheval, sauf que … je n'ai plus de cheval. Le souvenir de cette garce de Shalie ramène en moi une vague de rage. Trop vivace pour moi, elle a pu s'enfuir montée sur Lutz lors de notre dernière rencontre sans que je réussisse à ne faire qu'un pas dans leur direction. C'était il y a un peu plus de deux semaines, avant que je me décide à rejoindre Al-Vor pour essayer de trouver Anee. J'étais remontée au Domaine sur le dos d'un cheval volé à un de mes assaillants au bord de l'Océan. J'avais nommé cette monture Baleine tellement la jument était grosse sans être pleine. Mais l'inconfort du trajet sur ce monstre m'avait convaincu de vendre la bestiole dans un village proche d'Ombeuse et de continuer ma route en courant. Depuis, je n'ai pas eu l'occasion de remonter à cheval. Il faut dire que la pensée de monter une des carnes du Domaine n'avait rien d'alléchante.

Je pousse un énième porte et débouche enfin sur la sellerie. La forte odeur du cuir empli mes narines, cachant presque celle, encore plus forte, des écuries attenantes. J'effleure du doigt la plaquette gravée du nom de mon ancien cheval. "Lutz". La barre en bois censée accueillir la selle n'est entourée que de vide. Je n'aurais jamais eu le temps de me lier à cet animal … Je continue ma route, chassant le nuage qui plane sur mon esprit. Je n'ai que faire d'une simple monture ! Je saurais bien en trouver une autre, ce n'est pas ce qui manque.

Je retrouve Hiné à l'extérieur des écuries. Sa chevelure rousse ressemble à un feu … Flamboyant est un qualificatif qui prend tout son sens dans ces magnifiques cheveux. Je préférais pourtant l'énergie calme qui émanait d'Anee. Ce nouveau Maitre me semble beaucoup moins approprié à ma personne. Comme pour le cheval, je suis condamnée à faire avec ce que j'ai sous la main… Je note au passage le raffinement de son habillement et le goût simple de ses choix vestimentaires. Elle se repose sur ses cheveux pour montrer son caractère et son énergie, le reste de son corps n'étant là que pour les souligner.
Je la salue d'un simple signe de tête, dénué de sourire et attend qu'Ethan se joigne à nous. Une fois le jeune homme à mes côtés, la femme prend la parole alors que je glisse un sourire complice à mon camarade. Redevenue maitresse de moi-même, je me dois d'arrêter de le snober sinon je risque de voir s'échapper le trône sous mes yeux.

- Bonjour jeunes gens… Je suppose que tu sais monter à cheval, Laïar, puisque tu as ta monture. Et toi, Ethan ?

J'étouffe une grimace en l'entendant. "Ma" monture. Plus vraiment …

- Je … n'ai plus de cheval mais j'ai l'habitude de monter Hurcul, ce qui devrait faire l'affaire.

Je ne précise pas que mes connaissances dans le domaine sont loin d'être approximatives. Monter à cheval est un plaisir que nul membre de la cour ne se refuse, moi y compris. Ce début de cours ne devrait donc pas être un problème majeur, à condition que cet imbécile d'Hurcul ne me rejette pas à terre … Puis je repense à sa question. Comment peut-elle demander à Ethan s'il sait monter à cheval alors qu'il est … alors qu'il est un parfait inconnu pour elle. La leçon d'équitation ne devrait pas durer longtemps avec nous deux, ce qui devrait nous permettre de passer rapidement à des allures de voyage soutenues. A condition que nous partions en voyage.
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Ethan Sil'Afian
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mar 31 Juil 2012, 11:48

Nous ouvrîmes les yeux.
Aucune image ne resta imprimée sur notre rétine. Pas de marcheur chitineux, pas de chien écumant de rage, pas même le plus petit frisson de sueur froide. Rien. Nous restâmes un instant les yeux ouverts dans le noir, à nous demander si ce n'était pas un nouveau rêve, avant de finalement nous lever pour sortir du dortoir.

¤

L'air était frais mais ensoleillé.
Nos pas foulaient une herbe douce et sèche par endroits, signe que la saison chaude approchait à grands pas, et les arbres aux alentours du Domaine arboraient des teintes de vert soutenues. Nos pas, mis à par le fait qu'ils foulaient une herbe douce ou sèche, allaient dans la direction... des écuries. Pourquoi des écuries ? Tout simplement parce que c'est là-bas que notre maître avait fixé

Notre maître...
Il y a quelques jours, nous étions retournés à Al-Vor.
Nous avions retrouvés l'échoppe miteuse où notre... ancien maître –nous n'arrivions plus à penser son nom, et encore moins à le prononcer, encore animé par cette rage intense lorsque nous avions vu quel gouffre elle avait laissé en Laïar en partant– nous avait emmené pour son premier cour, et là, le géant qui la tenait, cette boutique, nous a fourré un paquet dans les mains sans un mot avant de nous jeter dehors.

Ce paquet... contenait une arme.
La plus belle que nous ayons jamais vu. La plus incroyable aussi.
Qui aurait eut l'idée saugrenue d'une arme telle que celle que nous avons eut sous les yeux en déballant le paquet une fois arrivé au Domaine ? Pas nous. Ni notre ancien maître d'arme, c'était clair. Elle était tout simplement... magnifique.

Une seule arme.
Mais deux épées. Reliées par une chaîne.
L'idée était simple mais... grandiose à la fois. Le fil des deux épées était tout simplement parfait, leurs gardes simples mais belles et surtout, confortables, quand à la chaîne, elle était aussi légère et discrète qu'incassable. Le géant avait fait du bon travail. Peut être retournerions-nous là-bas un de ces jours, si nous avions besoin d'un arc ou d'une armure.

En attendant, nous l'avions accroché dans notre dos, sous notre cape.
Cachée. Dissimulée. Invisible. Et pour cause. Nous nous demandons un peu ce que penserait Laïar en la voyant. La simple idée qu'elle en soit jalouse nous tordait le cœur et nous incitait à ne surtout pas la sortir, à la garder cachée –bien que nous n'arrivions pas à nous en détacher : même nos saïs paraissaient laids et déséquilibrés en comparaison.

¤

Et soudain, nous y fûmes.
Devant l'écurie. En compagnie d'Hiné et de... Le parfum à la fois doux et épicé de Laïar flottait autour de nous, ne nous laissant décidément pas en paix. La paix... comme si c'était un but en soi. Nous nous tournâmes vers la jeune fille au moment même où elle nous lançait un regard... un regard comment ? Nous rougîmes sans pouvoir mettre de mots là-dessus.

- Bonjour jeunes gens… Je suppose que tu sais monter à cheval, Laïar, puisque tu as ta monture. Et toi, Ethan ?

Nous restâmes un instant interdis.
Savoir monter à cheval... nous ? Si nous avions été dans le palais, à Al-Jeit, entouré de courtisans et paré de magnifiques atours, nous aurions éclaté de rire et renvoyé la question d'un geste de la main, faisant rire l'assemblée –ces hypocrites. Mais là, nous n'étions plus dans le palais. Si nous y rentrions, nous n'osons penser à ce qu'il se passerait...

–Je sais monter, évidemment. C'est juste que... (nous déglutîmes) c'est juste que je n'ai pas de cheval, fîmes-nous en haussant les épaules, une boule dans la gorge à la pensée que nous avions faillis dire "nous" au lieu d'un "je" plus discret –pronom que nous avions été forcé d'ajouter dans notre langage quand nous avions fuit Al-Jeit. Bousiller aussi bêtement notre couverture nous aurait emplis d'une honte indélébile pour les restants de nos jours, et nous aurait obligé à fuir le Domaine, mais passons...

Évidemment que c'était évident.
Un futur maître d'arme sait parfaitement monter à cheval. Plus que parfaitement d'ailleurs. Il y est bien obligé. De plus, les nobles sont... enfin, ils font des trucs de nobles, quoi. Monter à cheval est devenu un incontournable, dans la haute, et il est évident qu'un prince se doit d'être un parfait cavalier... que
nous sommes un "parfait cavalier" –aux yeux de nos anciens précepteurs du moins.


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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 01 Aoû 2012, 11:20

Soit.
Laïar n'avait plus de monture. Et Ethan savait monter à cheval, mais n'en avait pas non plus.
Au moins, cela avait le mérite d'être clair. Mais qu'ils ne comptent pas sur Hiné pour leur offrir une monture digne de ce nom : ils allaient prendre les chevaux du Domaine, et comme cela elle pourrait juger de leur manière de faire, de diriger un cheval. Et même si ce passage lui rappelait douloureusement son Maître Marchombre qui lui avait offert sa première jument, elle en fit abstraction, préférant rentrer dans les écuries tranquillement, analysant les quelques paroles prononcées par l'une et l'autre de ses apprentis.

Laïar avait été plutôt sûre d'elle, et même donné le nom d'un cheval du Domaine. Parfait.
Quand à Ethan, il avait été moins confiant, ce qui avait attiré l'attention de Hiné. Quelque chose sonnait étrangement dans sa phrase, en tout cas ne trouvait pas l'écho nécessaire dans son regard. Cependant, pour l'instant, peu importait.


- Comme vous savez monter à cheval, vous savez vous en occuper. On se retrouve dans un quart d'heure devant les écuries, montures sellées et prêtes à être enfourchées.

Les fixant quelques secondes, Hiné finit par hausser les épaules et se diriger vers le paddock de Samie, qui vint la retrouver dans un pas dynamique. La jument avait un caractère hors du commun, par ses caprices et son entêtement légendaire. Cependant, Hiné avait appris à faire avec, et elles s'entendaient très bien toutes les deux. Récupérant sa jument en licou, elle la pansa soigneusement mais rapidement, la harnacha avec dextérité, avant de la faire sortir des écuries en attendant les deux jeunes gens.

L'attitude d'Ethan n'avait pas échappé à l'œil perçant de l'Envoleuse. Son attitude vis-à-vis de Laïar, d'une part, et vis-à-vis des chevaux, d'autre part. Comme s'il n'avait pas l'habitude de s'en occuper… Et Hiné espérait vraiment qu'il saurait mieux monter que panser. Dans tous les cas, lorsqu'ils furent tous prêts, Hiné monta souplement sur Samie en invitant les deux jeunes gens à faire de même.
Un nouveau voyage commençait.
Se tournant vers eux, elle les fixa quelques secondes, avant de sourire tranquillement.


- Nos pas vont nous mener tout à l'Est de Gwendalavir, et notre voyage va durer plusieurs mois. J'espère que vous êtes prêts !

Enfin, tout ça pour dire qu'ils n'avaient pas le choix, surtout.
Prêts ou pas, Hiné serra ses mollets sur les flancs de sa jument, qui se mit immédiatement dans un pas dynamique, comme à son habitude. Explorer de nouveaux horizons, la jument adorait cela, et ne se privait pas de trottiner quand elle était trop joyeuse. Hiné tint cependant à ce qu'ils restent au pas le temps que les muscles des chevaux chauffent, et fit alors faire quelques étirements bien utiles à ses deux apprentis, jugeant au passage leur souplesse et la fermeté de leurs muscles, ainsi que le contrôle qu'ils avaient de leur corps.
Sur une selle, c'était très drôle de constater à quel point l'équilibre était modifié. Et savoir monter à cheval ne voulait pas dire avoir une bonne assiette, c'était certain, surtout vu la stabilité des deux jeunes gens.
En montant les genoux au dessus de la selle, en faisant des moulinets avec les bras et les chevilles, en étirant la nuque et le cou, la taille en se tournant à moitié, en s'allongeant sur la croupe… Difficile de garder contact avec le rythme du cheval, et Hiné éclata plusieurs fois de rire alors que les apprentis n'étaient pas forcément rassurés pour faire telle ou telle figure. Néanmoins, ce n'était jamais vraiment méchant, même si ses remarques pour leur donner des conseils étaient plutôt affutées.
Après tout, elle restait moqueuse.

Lorsqu'elle jugea que les apprentis et les chevaux étaient assez échauffés, elle laissa Samie passer au trot entre les troncs d'arbre, vérifiant au passage quelle attitude prenaient les deux apprentis sur leur selle. Trot assis, en équilibre ou enlevé ? Elle leur conseilla le trot enlevé, moins fatiguant pour eux, et meilleur pour le dos de leur monture.
Sur les chemins d'Ombreuse, le galop n'était pas facile à mettre en place, et donc Hiné se contenta d'accélérer le trot lorsque la voie était plus dégagée.

Une petite séance de mise en selle, et à la prochaine trouée entre les arbres, ils s'arrêteraient pour faire d'autres exercices d'assouplissement et d'échauffement, évidemment.

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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 01 Aoû 2012, 16:10

A peine Hiné nous a-t-elle congédiée que je file vers la sellerie récupérer les brosses pour m'occuper d'Hurcul. Cette sale carne sort la tête de son box lorsque j'appelle son nom. De ses petits yeux méchants, il me fixe une seconde avant de juger que je ne présente aucun intérêt et de retourner dans sa tanière. Génial. La journée commence bien. Je me trouve avec un Maitre que je n'ai pas envie d'aimer, une monture qui ne m'aime pas et un gamin dont je dois me faire aimer. Un trio qui me donnerait presqu'envie de prendre mes jambes à mon cou pour retourner à Al-Chen avec Chire et sa bande. Sauf que je suis une battante et ce n'est pas ces trois détails qui vont m'empêcher d'avancer.

Une nouvelle fois, je susurre le nom de l'étalon, tendant cette fois vers lui un quart de pomme. Il va falloir ruser si je veux m'approcher de cette bestiole sans qu'il me rue à la figure ou essaie de me mordre. L'appât joue bien son rôle. En un clin d'œil le cheval est de nouveau tourné vers moi, ses naseaux se dilatant en sentant la délicieuse odeur sucrée du fruit dans ma paume tendue. D'un air dédaigneux il saisit le quartier et le mange délicatement. Il me fait penser à un prince. Je souris en pensant que c'est peut-être pour ça que je m'entête à remonter sur son dos à chaque fois que j'ai besoin d'une monture. Seul un prince est digne de moi.
Je présente un nouveau quartier à Hurcul qu'il accepte sans chichi. Je lui murmure en même temps des mots doux sans vrai sens, juste pour qu'il se réhabitue à ma présence. Puis j'inspire et pousse la porte en soupirant. Pourvu que tout se passe bien.
Il semblerait que j'ai momentanément réussi à acheter la gentillesse de l'étalon. Il se contente de renifler ma poche en quête d'un autre bout de pomme, en vain. Cela occupe toutes ses pensées, ce qui me permet de faire le tour de sa personne pour vérifier qu'il est en bonne santé. Ma main glisse sur un poil certes crasseux mais brillant, qui recouvre des muscles encore puissant. La personne qui l'a monté dernièrement a oublié de le lustrer mais ne l'a pas estropié. Il devrait être bon pour le voyage.
En quelques coups de brosses rapides –je n'ai jamais aimé m'occuper des chevaux – je fait sauter la majeure partie de la poussière et des poils morts du corps de l'animal, curant au passage le dessous de ses sabots. Un vague coup de brosse vient fignoler le travail en arrachant nombres de bouts de paille de la crinière et de la queue d'Hurcul. Je tapote le chanfrein du monstre pour le remercier de ne pas m'avoir attaqué une seule fois pendant ces cinq minutes de soin.

- Avoue que je t'ai manqué sale bête.


Ou alors il sait que si il me mord, il n'ira pas se balader et perdra donc une centaine d'occasions de me mettre à terre.

Docilement, trop d'ailleurs, Hurcul se laisse guider dans la cours où je l'attache au mur le temps d'aller chercher son équipement. En deux temps trois mouvements, la selle est fixée sur son dos et les rênes pendent à son cou. Avant de lui faire accepter le mors, je dois négocier encore un morceau de pomme. Une fois bien harnaché, je me fais le plaisir de manger le dernier quart sous ses yeux ce que ses grands yeux marrons me reprochent lourdement. Je vérifie ensuite les fontes accrochées à la selle ainsi que la couverture glissée derrière pour m'assurer que je suis prête à partir en voyage. J'ai un peu de nourriture et quelques affaires pour me changer. Ca devrait faire l'affaire.

Après un rapide coup d'œil à nos chevaux, Hiné nous fait signe de monter, ce que j'exécute lestement. J'observe Ethan faire de même, un vague sourire sur mes lèvres. Fut un temps où toutes les jeunes filles de la cour m'auraient tuée pour être elles aussi capable de voyager presque seule aux côtés du fils de l'empereur. Cette pensée me tire une légère fierté, même si Ethan n'est plus le garçon dont tout le monde voulait s'amouracher. Son maintien sur sa monture fait preuve d'une certaine classe digne d'un noble plus que d'un grand voyageur mais à sa stature, on se demande s'il est bien le fils racé de l'empereur. Depuis notre cours, j'ai l'impression qu'il s'est épaissi et que le soleil a buriné son visage plus qu'il a jamais du le faire. La vie à la dure l'a façonné de fort belle façon. Il ne me fait plus penser au gamin chétif gravé dans mes souvenirs d'enfance.

Nos pas vont nous mener tout à l'Est de Gwendalavir, et notre voyage va durer plusieurs mois. J'espère que vous êtes prêts !


Oui Maitre.


Pure formalité. J'aurais pu acquiescer en silence mais j'ai pitié de cette pauvre Hiné qui doit nous trouver aussi vivants que des tombes. Mais peut-être qu'elle sen fiche… je ne sais même pas si elle écoute mes mots en s'éloignant de nous. Je soupire puis lance Hurcul à la suite de la jument pie. Son départ en trot m'enlève toute envie de me préoccuper de mon Maitre. Cette sale carne commence déjà à n'en faire qu'à sa tête ! Avec force mais douceur j'use des rênes et des jambes pour ramener l'étalon à une allure calme. Il tente une fois puis deux de reprendre la cadence de son choix mais finit par s'incliner devant le mien. Soit, il ira au pas, mais je sens qu'il n'attend qu'une seconde de défaillance de ma part pour s'élancer au galop. S'il savait que moi aussi j'ai envie de goûter à son souple galop … mais ce n'est pas une allure pour un voyage qui doit durer des mois. Nous aurons bien assez de temps pour galoper. En attendant, j'obéis à Hiné qui nous fait découvrir des échauffements à cheval. Je grimace à l'idée de relâcher la pression sur Hurcul au vue de notre confiance mutuelle, mais peu à peu je me vois forcée de lui laisser du mou. Etre encadré de la monture d'Hiné et d'Ethan qui ne semblent pas prêtes à changer d'allure lui donne la brillante idée de ne pas chercher à accélérer.

C'est endolorie que j'arrive à la fin des échauffements. Les cahots du voyage associés à certains exercices penchés sur la selle n'ont pas été très agréables pour mon dos et mes jambes crispées par d'autres ne demandent qu'un peu de relâchement. Le regard moqueur d'Hiné brille en se posant sur nous. Ses ordres et ses conseils m'ont fait réaliser que je ne maitrise pas si bien que ça mon assiette. Un sentiment d'amère contrariété brûle dans mon cœur à l'idée que ce Maitre vient de briser une de mes certitudes. Je déteste ne pas être la meilleure et m'en apercevoir. Piquée au vif par ses commentaires pour la plupart railleurs, je me suis appliquée à tout faire pour le mieux, mettant toute mon énergie au service de mes apparences. Combien de fois me suis-je forcé à ne pas grimacer ou montrer ma peur à l'énoncé des exercices ? Trop.
Nous passons au trot et je me sens déjà l'envie de retourner bronzer au soleil. Heureusement Hiné cesse de nous demander d'exécuter des figures d'étirement dangereusement dangereuses sur nos selles et nous continuons la route. Je profite du silence qui nous entoure pour rapprocher Hurcul de la jeune femme et lui poser une question d'apparence bête, pourtant lourde d'un autre sens.

-Hiné, puis-je savoir jusqu'où tu comptes nous emmener ?



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Ethan Sil'Afian
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mar 07 Aoû 2012, 01:10

–Comme vous savez monter à cheval, vous savez vous en occuper. On se retrouve dans un quart d'heure devant les écuries, montures sellées et prêtes à être enfourchées.

Nous nous retournons au départ brusque de Laïar.
Sans réfléchir plus que cela, nous lui emboîtons le pas. Sans réfléchir...
Apprendrons-nous un jour à réfléchir ? Nous dûmes nous avouer que, pour le moment, c'était mal partit. Et puis, personne n'avait jugé bon de réellement nous apprendre à réfléchir. On laissait cela à Arutha. Ah ! Quelle injustice. Le petit frère/futur maître d'arme n'a pas besoin de réfléchir, c'est ça ? Saleté de grand frère.

Puis le souvenir des paroles d'Hiné résonne dans notre tête.
Nous... occuper de... ?
Quoi ?

Nous déglutissons, résistant à l'envie de nous retourner pour appeler Hiné à l'aide.
Plutôt mourir. Mais... c'est que nous n'avons jamais fait cela : nous... occuper d'un cheval. Nous avions déjà volé des chevaux, évidemment, pendant notre errance, due à... après avoir... Bref. Nous avions déjà monté à cru. Mais "préparer un cheval" ? Nous dûmes avouer que non. Du coin de l’œil, nous essayâmes d'observer les gestes de Laïar. Une pomme ? Zut, nous n'y avions pas pensé... Nous eûmes un sourire amer. Nous ne pensions jamais à rien, de toutes manière. Comme si notre tête avait des trous et laissait tout sortir.

Déjà, partir en quête d'un cheval.
"Un des chevaux du Domaine" avait dit Hiné. D'accord, mais... lequel ?
Nous parcourons les stalles du regard, ne sachant absolument pas laquelle de ces bêtes prendre. De plus, la majorité des bêtes qui sont là appartiennent à des élèves ou à des maîtres, au vu du nombre de stalles avec les noms de leurs propriétaires dessus.

Et soudain !
Nous en trouvâmes un. Ou plutôt une : Thunder.
Une magnifique jument aubère truité, nous dîmes-nous machinalement. S'il y avait une chose qu'on nous forçait à apprendre, aux cours d'équitations dispensés dans les écuries royales, c'était bien à reconnaître les robes des chevaux. Comme si c'était utile de savoir que cette jument portait une robe... aubère truité ! Tsss. Absurde.

Nous soupirâmes.
Tant pis. Si notre éducation a été bancale, ce n'est pas notre faute.
Ce qui était important, c'est que cette éducation, nous allions la refaire. Entièrement.
Grâce à Hiné.

Nous nous approchâmes, paumes vers le haut.
La jument, qui n'avait pas fait un seul geste quand nous nous étions arrêtés devant son box, se contentait de nous fixer de ses grands yeux intelligents couleur sable. Plus intriguée que méfiante, ne semblait pas avoir plus de sept ou huit ans, et une demi belle-face à droite de sa tête surmontée d'oreilles rondes et douces acheva de nous mettre en confiance –et du même coup de la mettre en confiance elle aussi.

Nous sourîmes en nous mettant au travail.
Imitant Laïar, nous nous dépêchâmes de brosser notre future monture.
Brosse dure, brosse douce, peigne, cure-sabot... tout cela nous passait au-dessus de la tête mais nous essayâmes de faire au mieux, et le résultat ne nous parut pas déplorable comme nous nous y étions attendu. Imitant toujours notre camarade, nous sortîmes dehors et l'attachâmes à un anneaux dans le mur avant d'aller chercher son harnachement.

Ceci, nous avions apprit à le faire.
Enfin, en théorie. Mais nous avions apprit.
Nous lui passâmes le mord sans qu'elle fit de difficultés, puis la selle comme on nous l'avait enseigné, bien que, comme nous le savions, il faudrait resserrer les sangles quelques minutes plus tard, car les chevaux gonflaient le ventre pour empêcher le cavalier de trop serrer la selle, en général inconfortable. Nous nous retournons vers notre maître.

–Nos pas vont nous mener tout à l'Est de Gwendalavir, et notre voyage va durer plusieurs mois. J'espère que vous êtes prêts !
–Oui Maitre.

Nous nous contentâmes d'un hochement de tête.
Qu'elle aperçu, ce qui est le principal.

Certes, nous n'étions pas du genre causant.
D'ailleurs, c'est peut être ce qui a déplût à Anee. Hmpf !
Il faut que nous arrêtions de penser à cette... garce. Nous manquâmes de soupirer. Trop de changements alors que nous étions enfin posé, au calme... Au final, ce qui n'avait pas changé depuis un an que nous étions là, c'était bien Laïar. Nous lui lançâmes un coup d’œil à la dérobée. Non, elle aussi avait changé. Bien que toujours aussi belle, elle était devenue plus bronzée, et peut être un peu plus musclée que quand elle est arrivée ici. Ce qui est peut être encore mieux...

Nous nous mîmes en selle et suivîmes les deux jeunes femmes sans dire un mot.
Et sans sourire. Mais ça, de toutes façons, c'était quelque chose qui était devenue rare chez nous. C'est notre punition pour avoir tué Jackan. Un jour, nous nous vengerons... pas aujourd'hui. Mais un jour, quand nous serons devenus assez fort... nous tuerons Arutha. C'est ce genre de pensées qui tournoyait dans notre tête alors que, posture impeccable, nous menions doucement mais fermement notre jument à la suite du cheval de Laïar et de la jument d'Hiné.

Puis commença le premier exercice.
Notre maître nous fit monter les genoux au-dessus de la selle, faire des moulinets avec les bras ou les chevilles, nous étirer, etc. tout cela en restant à cheval. Étrange exercice, mais nous y prîmes du plaisir tandis que les rayons du soleil éclaboussaient notre visage à travers les ramures d'Ombreuse. L'odeur de la terre humide nous parvenait si distinctement que nous dûmes nous empêcher de sauter à bas de notre monture pour nous allonger dans l'herbe.

Nous grimaçâmes en effectuant le dernier mouvement.
Car c'est tout de même avec les muscles un peu lancinants que nous finîmes cet exercice. Non qu'il ai été trop dur ! Il a simplement fait son travail : nous échauffer. Mais nos muscles en avaient vus d'autres. Ils survivrons... pour l'instant. Nous passons au trot enlevé, ce que la douce Thunder approuva d'un hennissement ravis. Apparemment, elle aussi aimait la vitesse, mais elle resta docilement groupée avec les autres sans que nous ayons besoin de réduire les rênes.

C'est alors que Laïar, perçant le silence de sa voix d'or au ton pourtant dur, posa une question à Hiné. Comment quelques bouts de mots pouvaient avoir un sous-entendu comme celui-ci ?

–Hiné, puis-je savoir jusqu'où tu comptes nous emmener ?

Un reproche à peine dissimulé. Même si l'approche était subtile, le reproche était, lui, plein de rancœur. Nous esquissâmes le geste de poser une main apaisante sur l'épaule de la jeune femme...

–Laïar... commençâmes-nous d'une voix où perçait une pointe de pitié et une invitation à plus de calme... sans arriver à continuer. Qu'aurions-nous dit ? Elle n'avait pas besoin de nous. Notre maître non plus. Nous étions inutile, comme toujours... nous suspendîmes notre geste, certain qu'il serait mal prit.

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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Ven 31 Aoû 2012, 19:31

Il était en effet très drôle de constater à quel point les deux apprentis n’avaient pas l’habitude de s’échauffer à cheval. Ha, parce que c’était le cheval qui faisait tout le travail, sans doute… Enfin, Hiné ne voulait pas non plus lancer des jugements hâtifs, aussi garda-t-elle cette pensée dans son crâne et ne la sortit pas de sa langue acérée. Elle aurait tellement d’autres choses à dire, pendant des mois et des mois !

Car en effet, ils étaient partis pour plusieurs semaines. D’abord à cheval, l’Envoleuse savait exactement où laisser les équidés pour la suite de son voyage. Et même si Laïar, comme Ethan, étaient curieux de savoir où elle les emmènerait, Hiné ne répondit pas immédiatement à la question de la jeune femme.
Simplement, un sourire ironique fila sur ses lèvres.
Après tout, pourquoi prendrait-elle le temps de répondre à l’apprentie alors que cette dernière – et son comparse était encore pire – ne se contentait que du strict minimum ? Certes, les sens de la question étaient multiples, mais elle n’allait pas non plus leur lancer une réponse à la mords-moi-le-nœud juste parce qu’ils étaient ses apprentis depuis moins de deux mois ! Pousser mémé dans les orties, ce n’est pas conseillé. Surtout quand la mémé a des cheveux roux et répond au prénom de Hiné.

Néanmoins, la perche était trop tentante. Aussi, ce fut quand même plutôt rapidement – une ou deux minutes plus tard – que l’Envoleuse ralentit Samie pour se tourner sur sa selle et fixer intensément ses deux apprentis.


- Je vous préviens. Je ne vais pas m’amuser à vous tirer les vers du nez constamment. Je sais que sans doute vous regrettez ou détestez votre précédente Maître, mais c’est comme ça, et ce n’est pas de ma faute. Si vous n’avez pas envie de continuer, je vous en prie. Mais vos questions ambigües, mettez-vous-les où je pense.

Finissant sur un ton un peu agressif, elle prit une petite inspiration pour terminer son effet.

- Je vous emmènerai où vous me suivrez. C’est tout ce qu’il y a à dire. Alors maintenant, gardez votre salive et votre souffle, parce que vous allez en avoir besoin !

Joignant le geste à la parole, Hiné remit Samie au trot d’un mouvement de mollets, et s’élança à travers ses arbres à une allure plus soutenue que précédemment. Elle avait vu que les deux jeunes gens étaient capables de diriger convenablement leur monture dans une allure réduite, alors maintenant ils accéléraient et ils allaient corser les choses.

Faisant bifurquer sa jument sur la droite, l’Envoleuse la fit rejoindre une piste de sable qu’elle suivit. Devant elle, les branches commencèrent à s’abaisser doucement, puis brusquement. Ce n’étaient pas que des petites branches, mais aussi des plus larges, d’arbres plutôt anciens, qui venaient se placer à moins de vingt centimètres au-dessus du garrot de sa jument : comme les deux apprentis étaient échauffés, ils allaient devoir éviter ces branches en se baissant, et en trouvant une position assez confortable sur le côté ou contre l’encolure de leur monture pour ne pas être attrapé par une branche ou une ronce au passage. Et le tunnel de branchages n’était pas spécialement court : ils trottèrent ainsi, affalés sur l’encolure de leur monture, une bonne dizaine de minutes. Et à peine cette première épreuve était-elle passée qu’une montée en à-pic se présenta à eux. Le parcours était en réalité couverts d’obstacles divers, des descentes raides, des troncs à sauter, des branches à éviter, des cours d’eau à franchir et des montées abruptes… Un vrai parcours du combattant à cheval.

Alors, quand la piste de sable se transforma enfin en piste de terre plus meuble, et couverte de feuilles mortes, Hiné arrêta sa monture pour mettre pied à terre et lancer ses apprentis dans une course à pied.


- Allez, on fait travailler ces jambes mollassonnes ! Plus vite que ça !

La course.
Elle-même en avait bavé, avec cela. Elle n’avait jamais été une grande fana du voyage à pieds, il faut bien l’avouer. Même si parfois, c’est nécessaire – il y a des endroits que les chevaux ne peuvent pas atteindre comme ça, et des surfaces sur lesquelles ils ne peuvent pas marcher. Son Maître avait cependant insisté durant tout son apprentissage pour qu’elle puisse avoir une endurance et une vitesse non négligeable en course à pied, et pour cela elle l’avait détesté. Mais c’était ainsi, cela faisait partie des enseignements obligatoires demandés par les Mentaïs, et puis il était vrai que cela devenait indispensable car cela forgeait le cœur et les poumons bien plus facilement et rapidement que n’importe quel autre exercice figé.

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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mar 11 Sep 2012, 23:14

Le frôlement d'une main sur le tissu de mon haut. Inutile de me retourner pour savoir qu'Ethan m'a presque touchée. Je ne suis pas sure de ce que je dois lire dans ce geste incertain mais en tout cas je ne peux réfréner un mouvement de recul pour éloigner mon épaule de sa main. En cet instant ma rancœur se tourne vers lui autant que vers Hiné.

–Laïar.

Sa voix se veut douce, comme celle d'un adulte qui essaie de résonner un enfant capricieux. Un enfant capricieux ?! En un seul mot il vient de me piquer au vif. Crétin. S'il n'était pas fils d'empereur je l'aurais frappé sans avertissement. Maintenant je sais qu'il n'est pas d'accord avec le fond de ma question, et alors ? Qu'il se mêle de ce qui le regarde.

Mon absence de réaction à l'exception de mon recul doit parler mieux que des mots car mon cher camarade ne rajoute rien. Il en a déjà trop dit. Au contraire de lui, Hiné reste silencieuse.

Un sourire.
Une étrange envie de l'étriper comme j'ai eu envie de frapper Ethan me parcourt. Quand je demande on répond. Quand j'ordonne on obéit. Je déteste devoir m'écraser devant quelqu'un, pourtant c'est ce que je fais en détournant mon regard de cette sorcière aux cheveux de feu. Qu'elle aille brûler en enfer après tout, et nous avec si c'est là qu'elle nous emmène. Par son absence de réponse, elle vient de sceller ma bouche pour le restant de nos cours.

Ethan a peut être raison … pourquoi donc ai-je posé une question dont je me fiche bien de la réponse ? Qu'elle reste ou qu'elle parte, elle ne sera jamais Anee … je croyais avoir calmé les sentiments bouillonnant au fond de moi mais ce n'était qu'illusoire. J'en veux encore au monde entier pour cette traitrise. D'ailleurs Hurcul doit bien le sentir vu que je passe discrètement ma rage sur lui en sciant sa bouche pour le ralentir et laisser mon "Maitre" s'éloigner un peu. A son grand dam il obéit et laisse l'autre cheval prendre la tête. Ou pas : trop peu de temps après mon recul, Hiné fait elle aussi ralentir sa monture pour me que nous revenions à sa hauteur. Je lui renvoi son regard perçant sans ciller et attend son bon vouloir et ses prochains exercices. Ses mots sont cependant autres que ceux que j'attends, se faisant enfin réponse à ma question.

- Je vous préviens. Je ne vais pas m’amuser à vous tirer les vers du nez constamment. Je sais que sans doute vous regrettez ou détestez votre précédente Maître, mais c’est comme ça, et ce n’est pas de ma faute. Si vous n’avez pas envie de continuer, je vous en prie. Mais vos questions ambigües, mettez-vous-les où je pense.


De l'humour pour apaiser la tension. De la menace pour la conserver au fond de nous. Un fin mélange qui aurait pu faire rire quelqu'un de trop insouciant pour saisir le ton agressif de la femme. Pas moi. Je hausse juste les épaules et détourne mon regard pour me préoccuper du chemin devant nous.

- Je vous emmènerai où vous me suivrez. C’est tout ce qu’il y a à dire. Alors maintenant, gardez votre salive et votre souffle, parce que vous allez en avoir besoin !


Hurcul s'emballe sous mes jambes avant que j'ai pu réaliser qu'Hiné est repartie au trot et qu'il a suivi l'allure imposée. Mes fesses amortissent douloureusement les cahots causés par ce brusque changement jusqu'à ce que je me reprenne quelques foulées plus loin et adapte mes mouvements. Ce monstre bai doit être de mèche avec cette femme pour me torturer un maximum. A la fin de mon apprentissage je m'arrangerai pour le faire rôtir à la broche et en faire mon festin d'adieu au Domaine !

L'abandon du chemin que nous suivions jusqu'alors me fais oublier toute idée vengeresse. Une vague piste de sable nous aide à nous enfoncer dans les sous-bois où les branches basses sont foule. Les uns à la suite des autres, nous avançons toujours au trot dans une allure qui rend parfois douteuses les tentatives d'esquive de branchages. Tant bien que mal, j'essaie d'observer les postures d'Hiné pour prendre de la graine mais ma réticence à trop me pencher sur le bord de ma selle me vaut de belles égratignures. La première d'entre elle me surprend et la brulure cuisante sur ma joue est une intimation à faire mieux. A chaque blessure, je montre à Hiné mon incompétence. Moins j'en aurais, mieux je me porterais à la fois de corps et d'esprit.

La basse forêt à peine passée, nous débouchons sur une abrupte montée qui nous demande une énième fois de changer de posture. Par ce parcours foireux, Hiné teste nos compétences de cavaliers émérites. Je me préoccupe peu des talents d'Ethan, mais personnellement je commence à doute d'avoir un jour sur monter à cheval. L'enchainement perpétuel d'obstacles aussi divers que le permet un paysage couvert de forêts et de ruisseaux est éreintant autant pour moi que pour Hurcul. L'étalon si vigoureux au début de la promenade a perdu toute envie de prendre la tête de la troupe ou de me mettre à terre. Forcé par les conséquences, il s'adapte autant que moi au terrain pour sauvegarder ses forces et ne pas glisser. Ce n'est qu'éphémère, mais nous formons une équipe unie contre la torture imposée par Hiné.

C'est fatiguée et aussi suante que mon cheval que je vois mon "Maitre" s'arrêter et nous toiser sans pitié.

- Allez, on fait travailler ces jambes mollassonnes ! Plus vite que ça !


Est-ce qu'après plusieurs heures à souffrir à cheval je vais réussir à effectuer ne serait-ce qu'un pas ? Incertaine, je regarde la jeune femme. Ses traits sont très légèrement plus tirés que ce matin, mais sa fraicheur et la tonicité de son corps m'apprennent que si je refuse, elle va me prouver elle-même que cet effort est enfantin. Quelle blague.

Je décroche mon regard de cette femme qui ne m'accordera jamais sa pitié et glisse le long de ma selle sans enthousiasme. Un coup d'œil fatigué vers Ethan m'apprend que lui aussi ne va pas protester. Je ne pensais pas qu'un fils d'empereur manquerait autant de caractère … Ce garçon est trop gentil pour être Envoleur …

A peine mes pieds ont-ils touché le sol que mes jambes menacent de me lâcher. Je n'ai jamais ressenti une telle faiblesse musculaire depuis mon premier cours, et encore … une fois en haut des murailles d'Al-Vor j'avais trouvé l'énergie de me relancer dans une course poursuite avec Anee. Alors pourquoi pas maintenant ? Pourquoi ? A voir mes jambes flageolantes, la réponse parait évidente : je ne saurais pas faire un pas sans chuter.

Cette sorcière pourrait vivre muette. Sentir le poids de son regard sur mon dos me force à bouger. Je l'ai suivie sans jamais tomber de ma selle et je me suis promis de me défiler devant les défis de ma vie. Je me souviens d'une jeune fille au regard d'acier que j'ai contemplé dans un miroir pas plus tard que ce matin. Moi.

Un pas. Puis un autre. D'un geste nonchalant, comme si la sueur sur ma peau n'était pas due à la fatigue mais juste à la chaleur, je tends les rênes de ma monture à Hiné.
La première foulée tiraille douloureusement mes muscles. La deuxième me fait tourner la tête. La troisième me fait oublier que j'ai mal. Courir est une idiotie. Souffrir sans éprouver de plaisir. Souffrir au point qu'on finit par tout oublier. Courir pour vider son esprit comme on vide ses poumons : un peu plus à chaque foulée. A mesure que mon premier cours s'est éloigné en temps de moi, j'ai appris à apprécier cet entrainement dans lequel je me suis investie pour oublier l'absence de nouvelle de la part d'Anee.

Le temps s'écoule et ma course se fait plus fluide. Peu à peu mes muscles ankylosés par l'équitation se dérouillent et la douleur qui les faisait pulser au départ s'apaise peu à peu. Il n'y a pas de place pour la souffrance dans ma tête, pourtant je sens au loin que mes foulées s'allongent. Malgré le terrain qui reste irrégulier, je ne peux pas m'empêcher d'être détendue.

Jusqu'à un certain point.
Je ne saurais pas vraiment dire combien de temps cette course dura mais vint le moment où mon corps malgré mon manque d'écoute décida qu'il n'en pouvait plus. Ce fut un simple déclic, une vague lumière qui clignote et signale que mes muscles sont épuisés et que mon souffle et ma foulée se sont à nouveau raccourcis. Doucement je ralenti et commence à marcher, attendant qu'Hiné me rattrape. Reprenant mon souffle au maximum avant qu'elle ne me force à recommencer.


[HRP : Désolée pour ce retard !! Entre les vacances et la rentrée, j'ai eu beaucoup de choses en tête, et malheureusement le Rp n'en faisait pas partie. Promis je ferais mieux au prochain post Smile]

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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Jeu 11 Oct 2012, 09:51

La tirade de Hiné ne semble pas faire un quelconque effet sur la jeune Laïar... Enfin, en apparence. Parce que si la jeune apprentie possède un masque bien ficelé, il y a encore des choses qui parlent pour elle, malgré tout, et cela, Hiné était largement capable de les interpréter. Tout comme n’importe quel Maître Envoleur, ou même maître d’arme, voir Marchombre... Hum, si Laïar voulait tirer quelque chose de ce maque, il allait falloir qu’elle le travaille plus que cela.

Mais pour l’instant, l’heure était à la course.

En effet, Hiné insistait largement pour augmenter la cadence et la longueur de la foulée de ses apprentis. Même si elle pouvait voir qu’il y avait des efforts de faits, et qu’ils ne couraient pas si mal que cela, plusieurs choses étaient encore à corriger, évidemment. Sinon, cela n’aurait pas été drôle ! Par exemple, la manière dont Laïar posait le pied sur le sol, qui entraînait un basculement de tout le côté concerné, la déséquilibrait et lui faisait perdre une énergie folle à chaque foulée.


- On ne fait pas un défilé, Laïar. Garde les fesses droites.

Une pointe de sourire était audible dans la voix de Hiné, ce qui la fit elle-même sourire. Lancer des piques, titiller les gens pour les faire enrager, c’était sa spécialité. Elle ne savait pas encore si elle voulait vraiment le faire avec ses apprentis, mais savait que de toute façon, cela serait un passage obligatoire, à un moment ou à un autre. Peut-être que c’était aussi le but de Laïar, après tout ! Mais malheureusement pour elle, Hiné était très colérique et impulsive, et si on la cherchait, on la trouvait très rapidement et... ce n’était jamais ni sympathique, ni agréable.

Mais avant que les pensées de Hiné ne pussent aller plus loin, la foulée de Laïar raccourcit dangereusement, et cette dernière tombe dans une marche pas très dynamique. Un long soupir franchit les lèvres de l’Envoleuse, et elle vient se caler à côté de la jeune femme.


- Bon, reprends ton souffle, mais ne montre pas que tu es épuisée. Travaille-moi un peu plus cette expression là, et fais attention à ton regard. Ne le baisse pas, mais ne fixe pas les gens dans les yeux, car ils pourraient voir ton épuisement dans ta pupille. Redresse les épaules, prend des courtes mais puissantes inspirations. Si tu n’arrives pas à t’empêcher de trembler, serre au moins les poings qu’on ne le voit pas, ou moins...

Distribuant ainsi des conseils - même si ils ressemblaient plus à des ordres, c’était certain, par leur impératif - jusqu’à ce que l’attitude de Laïar lui convienne - même si le fait qu’elle ai un peu récupéré y jouait aussi - elle finit par ajouter :

- Ton masque, là, c’est une force. Quelque chose que tu dois exploiter, et continuer à travailler, tout le temps. Si moi je peux l’interpréter, alors des combattants ou même des Marchombres pourront le faire, sans aucun doute !

Bon, c’est sûr que pour l’enseignement, c’est pas top, je le conçois. Ça sera plus difficile pour moi de savoir où tu en es. Mais si toi tu sais, alors n’hésite pas à l’utiliser. Et si tu ne sais pas écouter ton corps, et bah... évite de l’utiliser, que je puisse au moins t’aider jusqu’à te comprendre toi-même. C’est le début.


Haussant les épaules, Hiné regarda à nouveau son apprentie, et la relança encore une fois dans la course. Ce n’était pas facile ? Tant pis. C’était nécessaire. Et ils ne s’arrêteraient que lorsqu’ils auraient franchi le Grand Chêne qu’elle avait repéré quelques jours plus tôt. Ils n’étaient pas très loin - encore au une bonne demi-heure - et l’Envoleuse poussa ses apprentis jusqu’à l’atteindre, ne leur permettant plus de s’arrêter pour marcher : même s’ils courraient plus lentement qu’ils ne marchaient, ils devaient courir !
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Sam 13 Oct 2012, 11:02

Déjà je sens l'haleine chaude de la carne d'Hiné dans mon dos. Je n'aurais pas pu compter jusqu'à trente avant d'être rattrapée. Mentalement je me prépare à repartir. Si seulement ça pouvait être à cheval … et si seulement Hiné pouvait ne pas être Hiné, Maitre Envoleur chez les Mercenaires du Chaos. Je pourrais aussi bien prier le vide, un morceau de jambon ou n'importe quel Dieu que ça ne changerait rien à ma situation. La Voie dans laquelle je me suis engagée ne sera pas pavée que de pâquerettes. Il va falloir faire avec les clous qui trainent au milieu.

- Bon, reprends ton souffle, mais ne montre pas que tu es épuisée. Travaille-moi un peu plus cette expression là, et fais attention à ton regard. Ne le baisse pas, mais ne fixe pas les gens dans les yeux, car ils pourraient voir ton épuisement dans ta pupille. Redresse les épaules, prend des courtes mais puissantes inspirations. Si tu n’arrives pas à t’empêcher de trembler, serre au moins les poings qu’on ne le voit pas, ou moins...


- Qui a dit que j'étais épuisée ?


Réponse du tac au tac. Je redresse les épaules et fixe le visage de mon Maitre sans pour autant croiser son regard. Je m'efforce de prendre un air posé, plein d'assurance, modulant mon expression comme Hiné me l'a conseillé. Conseillé ? La répartie était tellement tentante que je ne me suis pas laissée de temps pour être étonnée. Depuis quand cette garce veut-elle m'aider ?! Ah … peut-être depuis qu'elle est devenue mon Maitre. Pour peu j'en ragerais ! Ces mots qu'elle vient de prononcer, qu'est-ce que je n'aurais pas donné pour qu'ils sortent de la bouche d'Anee ! Elle, si froide et impénétrable, à tel point que j'ai rêvé de devenir un peu plus comme elle. Trop tard, maintenant je suis condamnée à avoir une folle aux cheveux de feu en guise de guide. Et si ce n'était pas si mal que ça ? Anee aussi me dégoûtait au début de notre cours. Hiné mérite peut-être elle aussi un peu plus de respect … c'est très mal partie … des rares phrases que je lui ai adressées, toutes étaient empreintes d'impertinence.

Pas de claque. Pas de remarque cassante. Rien. Enfin si : de nouveaux conseils. Est-ce que mon attitude mérite cette récompense ? Je regarde Hiné avec un mélange de surprise et d'avidité dans les yeux. Quoi que mon orgueil dicte à mon esprit, je ne peux pas m'empêcher d'accueillir avec joie ses recommandations et d'en vouloir encore plus. Au lieu de vouloir me prouver qu'elle voit à travers mon masque pour me forcer à le faire tomber, elle me dit de le renforcer ! Elle n'essaie pas de détruire ce que j'ai construit, bien au contraire : elle se sert de ce que je suis pour m'amener plus loin.

Si la leçon du moment n'était pas "Garder un masque impassible", alors je n'aurais pas pu retenir un petit sourire. Là, tout en continuant à marcher, je m'efforce de cacher ma fatigue et tous les sentiments qui traversent mon esprit. L'attitude toujours distante d'Hiné m'aide à me contrôler en m'inspirant. Rester impassible et ne pas se lier pour rester aussi transparent qu'un mur de fer aux yeux des autres.
Cet exercice a beau être contraignant, il m'est parfaitement adapté et me force à me maitriser à tous les niveaux. Dans le passé, mon professeur de danse a essayé de m'apprendre à sentir tous les muscles de mon corps pour devenir une jeune dame gracieuse, assurée. Au vu de mon niveau avant que je quitte Al-Jeit, on peut dire que sa méthode était inefficace. Il n'en reste pas moins que l'idée de base était excellente. Sentir chaque infime parcelle de son être pour pouvoir se maitriser entièrement. La danse du mensonge. Un nom saugrenu mais plaisant.

Son petit discours terminé, Hiné m'enjoint à nouveau de courir. Derrière elle, Hurcul est à nouveau frais et dispo, prêt à accueillir mes fesses sur sa selle. Si seulement ma foulée pouvait être aussi longue que la sienne, alors je ne me fatiguerais pas aussi vite.

Je soupire, inspirant une dernière bouffée d'air frais. En route.

Cette fois-ci, je me préoccupe de mon apparence toute entière, oubliant presque que je cours. Il s'agit de ne pas montrer à Hiné que mes jambes sont encore lourdes de ma précédente course et que cet exercice est en train de pomper dans une partie de mes réserves d'énergie.

Pendant une demi-heure, je me pousse à bout. Se forcer à se montrer énergique amène à trouver en soi des ressources inimaginées. Et puis je m'applique dans mes gestes pour les garder fluides et réguliers, choses qui auraient vite finies par être saccadées si Hiné ne m'avait pas parlée comme elle l'a fait. Je pensais me mentir autant que je lui mentais, mais peut-être que je ne fais que me montrer une nouvelle vérité : je suis bien plus forte que ce que je pensais. Au début j'ai pensé utiliser mon masque pour me montrer affaiblie afin de convaincre Hiné que je suis bien mieux sur le dos de Hurcul, mais l'envie de voir jusqu'où je pourrais aller sans me trahir l'a emportée sur le reste.

Me voilà donc, au pied d'un arbre dont l'ombre bienveillante accueille une nouvelle pause. Je me laisserais volontiers tomber au creux de ses racines. Ne plus bouger jusqu'à la fin de la journée serait le rêve … est un rêve. Toujours impassible, ou presque, je sens bien en regardant mon Maitre qu'elle nous prépare un exercice de son cru. Cet immense arbre dans mon dos ne fais que me rappeler le souvenir oppressant des remparts d'Al-Vor à la fin de notre première longue course en tant qu'apprentis. Je sens la menace de l'escalade peser sur mes épaules. Je déteste tout ce qui touche à la nature, et faire le singe fais partie de ces activités qui je préfère oublier.
Alors oublions et voyons ce qu'Hiné nous réserve.
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Dim 14 Oct 2012, 15:52

Bon.
Il y avait du mieux. Ce n’était pas encore ça, mais une légère amélioration était visible, et c’était le principal : pas besoin de faire une ascension fulgurante, y aller petit à petit était aussi utile, et surtout bien plus plaisant. Cela permettait de mieux assimiler les choses dans leur profondeur, en plus.
Alors, quand ils arrivèrent près du grand chêne, Hiné les laissa reprendre leur souffle quelques minutes, histoire qu’ils ne s’étouffent pas en entendant la suite. Le but de l’Envoleuse n’était pas de les faire monter dans les arbres : qu’auraient-ils fait des chevaux ? Même si elle avait que Samie les aurait suivi au bruit des branches et à son sifflement, elle n’était pas certaine qu’en y accrochant les deux autres, ces derniers la suivissent sans faire d’histoire. Hurcul, en plus, semblait assez agressif et Samie ne l’appréciait pas.
Donc c’était hors de question.


- Bon. On a couru, mais courir ça ne fait pas tout. La question, maintenant, c’est êtes-vous souples ? Savez-vous contrôler votre équilibre, sentir votre centre et percevoir tous vos muscles et la manière dont ils se meuvent à chaque seconde ?

Un sourire prédateur passa ses lèvres, découvrant la blancheur de ses dents. Mais surtout, ses yeux sourirent.

- Bref ! Conclusion : Voici des exercices qui vont bien vous faire souffrir. Des exercices de gymnastique, mais en avançant. On ne va pas rester sur place non plus !

Joignant quelques gestes à ses paroles, Hiné laissa les rennes de Samie sur son encolure et donna un premier exemple de figure, toute simple : la roulade. Elle commença donc accroupie, pour se mettre à demi-debout et finir par être debout en se lançant, dans une roulade parfaitement contrôlée.
Une roulade, ce n’était pas compliqué, pour commencer, aussi Hiné désigna le petit chemin qu’ils suivaient, qui contournait le grand chêne pour partir dans Ombreuse, et incita ses apprentis à se lancer sur le chemin. Elle laissa Samie seule, lui accrochant simplement les guides à la selle pour ne pas qu’elle y marche dessus. Par contre, elle tint les deux étalons en main pour suivre les deux jeunes gens qui commençaient doucement.


- Enroule plus la tête. Attention à tes coudes ! Garde la colonne bien longiligne mais enroulée…

Les deux maîtrisaient pas trop mal la roulade au sol, mais la roulade à partir de la position debout était plus complexe, d’autant qu’elle insista jusqu’à ce qu’ils arrivent à s’élancer de debout, faire leur roulade, et se retrouver debout sans s’appuyer sur leurs mains pour se redresser. Mais les deux jeunes gens semblaient déjà avoir fait ce genre d’exercices : il fallait juste qu’ils retrouvent leurs réflexes, semblait-il.

Hiné se demanda où ils avaient appris cela, tous les deux.
Ethan avait cet air spécial de celui qui fait attention à la manière dont il parle, comme si ses pensées n’étaient pas exactement les mêmes que ses paroles. Quant à Laïar, le masque qu’elle arborait avait tout l’air d’avoir été forgé dans l’aristocratie : Hiné ne connaissait que ce milieu qui obligeait les gens à être comme des statues de porcelaines, sans expression. Elle-même n’était pas du tout comme cela, et avait la tendance à renifler les mensonges à des kilomètres à la ronde.


- Encore !


* ~ . ~ *



Hiné réveilla ses apprentis alors que le soleil n’était même pas encore une promesse à l’horizon.
C’était ainsi depuis déjà deux semaines : ils se couchaient tard, l’Envoleuse les poussant à s’exercer après le coucher du soleil, jusqu’à ce que leurs yeux fussent embués de fatigue, et elle les réveillait toujours avant que le soleil ne soit apparu à l’horizon.

Ce matin-là, contrairement aux autres matins, elle les couva quelques secondes du regard.
Non pas qu’elle était plus tendre ou moins efficace, mais malgré tout, elle commençait à s’attacher à ces deux têtes de pioche. Têtus, passifs agressifs, malgré tout curieux et volontaires…
Un léger sourire étira les lèvres de Hiné, tandis qu’elle ravivait le feu que Laïar avait fait la veille, et y fit cuire quelques morceaux de viande chassée. Lorsqu’enfin les deux jeunes gens furent sortis de leur torpeurs et eurent mangé, elle se leva, lança de la terre sur le feu pour l’étouffer.

Soudain, un bruit attira son attention, et elle s’immobilisa. Son regard fit le tour du camp, et soudain un éclat de lame accrocha son regard, et elle soupira légèrement en se redressant. Ses yeux fixés sur les opportuns qui s’avançaient vers eux sabres à la main, elle sourit tranquillement.


- Bonjour messieurs, que puis-je pour vous ?

- On prend vos chevaux, et vous restez sages, sinon…


Le geste sous la gorge de l’inconnu était tout à fait compréhensible, mais Hiné ne voulait pas s’arrêter là.

- Sinon ?

- Sinon, on vous tue, alors n’insistez pas !


Un sourire presque torve étira les lèvres de Hiné, découvrant ses dents.

- Justement, j’insiste !

C’était l’occasion inespérée de voir comment les deux apprentis se débrouillaient au combat réel. Elle leur avait déjà demandé d’essayer de la toucher, de récupérer tel ou tel objet – des foulards, des clochettes – et donc d’utiliser leurs capacités offensives, mais entre le faire comme si et la réalité, il y avait souvent un gouffre.
Déjà, savoir si ce qui compte le plus, c’est sa vie ou la suite de la vie de son ennemi. On se fiche de les castrer, de leur couper un bras ou de les tuer : on s’en sort.
C’est le premier but.

Alors, quand le bandit s’élança vers Hiné en brandissant son sabre, suivit de deux comparses, Hiné éclata de rire, mais lança à ses apprentis.


- Le but est d’en sortir vivant et en conditions pour courir les enfants…

Simple boutade.
Mais entre son éclat de rire et ces quelques paroles malicieuses, l’homme qui se fendit d’un coup mortel n’avait aucune chand de la toucher à cause de son manque de concentration. Hiné se glissa le long de sa lame et frappa de la tranche de la main sur la nuque de l’homme, qui s’écroula instantanément.
Bon, et bien, elle n’avait plus qu’à profiter du spectacle maintenant.

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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Lun 15 Oct 2012, 23:24

Show must go on.
Comme ça l'a toujours été. Comme ça l'es toujours. Etrange comment l'hypocrisie est une habitude qui tend à se perdre. J'ai beau avoir menti un nombre incalculé de fois depuis mon départ d'Al-Jeit, j'ai fini par laisser se fissurer le mur que j'avais passé plus de quatorze années à ériger devant mon esprit. La rage qui brule mon cœur et le sentiment d'impuissance ont été d'insidieuses gouttes d'acide sapant petit à petit ce masque. Et me voilà à essayer de reprendre le contrôle de mon corps avec l'aide d'un Maitre qui a à peu près autant envie de m'enseigner que j'ai envie de la voir.

- Bon. On a couru, mais courir ça ne fait pas tout. La question, maintenant, c’est êtes-vous souples ? Savez-vous contrôler votre équilibre, sentir votre centre et percevoir tous vos muscles et la manière dont ils se meuvent à chaque seconde ?

Je déteste ce petit sourire qui anime ses lèvres de vipère. On dirait qu'elle nous prépare une bonne blague, du genre à nous achever après cette dure journée. Au choix : aller se promener d'arbres en arbres, passer une heure sans bouger sur un pied, marcher avec un sac sur la tête ou …

- Bref ! Conclusion : Voici des exercices qui vont bien vous faire souffrir. Des exercices de gymnastique, mais en avançant. On ne va pas rester sur place non plus !


La roulade. Le genre de truc que j'ai dut apprendre sur le tas en débarquant à Al-Chen. Rien de mieux pour amortir de petites chutes ou éviter un coup de poignard bien placé. La base de l'agilité de serpent. Après ça viendront de multiples autres figures plus ou moins pratique pour le combat, mais qui développeront le sens de l'équilibre et l'habileté. Je le sais, pourtant je n'ai jamais cherché plus loin que cette simple figure. Les saltos, très peu pour moi.

Immobile, je regarde Hiné donner l'exemple en se lançant dans quelques roulades, passant de la position accroupie de départ à celle debout. Elle a beau être souple et contrôler sa figure jusqu'au bout des doigts, elle n'avance pas bien vite. Si nous devons passer la fin de l'après midi à faire ça, nous ne sommes pas près d'arriver à destination … si tant est que nous avons une destination précise.

J'étouffe un soupir, jette un coup d'œil en coin à Ethan avant de lui offrir ma plus belle moue de désespoir. Hiné nous tourne le dos, c'est l'occasion ou jamais de partager quelque chose avec mon cher compagnon, en l'occurrence ma fatigue et mon envie de fuir Hiné. Dommage que ce ne soit pas au programme. Après un dernier regard désapprobateur au sol, j'imite mon Maître et entame une première roulade sur le chemin. Mes mains se posent au sol, appui qui guide la suite de mon mouvement. La tête rentrée, je roule en boule sur un court mètre puis me relève, de la poussière et des feuilles mortes plein les cheveux et les habits. La transpiration ayant mouillé ces derniers, je suis assurée d'être crasseuse jusqu'à ce que nous trouvions une rivière.
Je me sens ridicule à enchainer des roulades sur un chemin désert, peinant à saisir l'intérêt de cet exercice et la possibilité de pouvoir progresser en l'exécutant. Certes ça peut servir … mais ça ne me plait pas. En plus les racines sont légions sur ma route, ajoutant du désagréable à la situation. Pendant ce temps, Hiné marche à nos côtés, entrainant derrière elle les trois carnes qui nous servent de monture. Ses conseils pleuvent sur nous comme la pluie un soir d'orage, parfois aussi durs que des grêlons. Elle ne mâche pas ses mots, nous prouvant qu'une simple roulade est plus complexe qu'on aimerait la penser.

- Encore !


Je ne pensais pas pouvoir finir ma journée avec plus de bleus que si je m'étais fait rosser par mon père. Cette Hiné me fait décidément découvrir bien des choses.
La vraie fatigue y compris.


*****


Je n'ai jamais aussi bien dormi que pendant ces deux semaines. Moi qui me réveille toujours au bout de quelques heures en sueur et incapable de me recoucher, je n'ai pas eu le temps de souffrir d'un seul cauchemar. Il faut dire qu'Hiné a des horaires similaires à ceux de mes nuits ordinaires. Couché très tard, levé très tôt. Un rythme qui pourrait presqu'être sain si nos journées n'étaient pas bourrées à craquer d'exercices physiques. Dans le genre folle psychopathe, Hiné s'est révélée être très forte. Entre la course à pied – quotidien car il n'y a rien de mieux pour réveiller un corps – selon elle - - les exercices de rapidité, d'habilité, d'agilité, la chasse – encore une bonne blague – l'installation du campement et la poursuite de nos leçons d'équitation, j'en ai bavé. Je n'ai jamais pris l'occasion d'apprendre à allumer un feu en pleine forêt, encore moins celle d'aller me cueillir un bon steak saignant, préférant voler une bourse au détour d'une rue dans un village quelconque pour m'offrir un bon repas chaud et une couchette à l'abri. Il fallait bien un commencement et c'est ce second cours qui l'a été. Je ne suis pas la plus douée au tir à l'arc et donc à la chasse, mais la perspective de traquer une proie et de faire couler un peu de sang est parfaitement à mon goût. Voilà un sport que j'aurais dut pratiquer un peu plus dans ma jeunesse. Par contre pour ce qui est de la vie à la dure … dieu que j'aimerais avoir un vrai lit et un vrai feu de cheminée ! Hiné n'aura-t-elle jamais assez de pitié dans son cœur de pierre pour nous offrir ça ? Non, évidemment.


*****


- Bonjour messieurs, que puis-je pour vous ?


- Ethan mets moi une claque pour me réveiller.

Les yeux encore trouble de sommeil, je peine à émerger de ce que j'ai considéré comme une petite heure de sieste – malgré que la lune ait presque terminé sa course commencée à mon coucher. La voix sèche de mon Maitre tire une sonnette d'alarme au fond de mon esprit, noyant tout espoir de retourner sous ma couverture. Mon regard se lève vers les trois compères que je n'ai même pas entendu arriver, captant au passage l'éclat brillant de trois sabres. Soucis en vue. Pour eux bien évidemment. Dommage que le gros malin du milieu ne l'ait pas compris. De sa voix rauque, il nous informe qu'il va réquisitionner nos montures. Comme si j'allais le laisser faire … hors de question de rentrer au Domaine à pied ! Je cours déjà assez comme ça ! En réponse à sa menace, j'attrape mon sabre, me lève de ma souche-siège et vient me placer aux côtés d'Hiné, l'air légèrement menaçant. A la question d'Hiné, je sens le sourire carnassier qui doit avoir fleurit sur ses lèvres et me permet de l'imiter. Si avec une équipe pareille en face ils ne fuient pas en courant, alors c'est qu'ils sont vraiment stupides.

- Le but est d’en sortir vivant et en conditions pour courir les enfants…

Inutile de nous le dire.
Poussée par le rire de mon Maitre, je m'élance vers l'un des voleurs.

- Le gros moche est pour moi Ethan !


De toute façon ils sont tous moches …
Je suis éreintée pourtant je ne suis pas d'humeur à me laisser faire. Ces deux semaines auront été propices à la découverte et l'entretien de réserves d'énergies enfouies et je sais que j'en ai encore assez pour affronter cet homme malgré ses deux têtes de plus que moi. En plus j'avais envie d'un peu d'action ! Impossible de se défouler sur Hiné et encore moins sur Ethanichou pendant ce cours, alors ce combat tombe à pic.

- Je ne suis pas …


- La ferme.

Et nos deux sabres se croisent, coupant court à notre discussion. Dans un ballet où nous rivalisons de vitesse, chacun de nous rend coup pour coup. Il suffit de quelques passes pour m'apercevoir que cet homme n'est pas un combattant chevronné. Ses frappes reposent plus sur la force et la vitesse que la tactique. Il cherche surtout à me fatiguer, idée pas si bête au vu de ma frêle carrure. A ce jeu là il est sûr de gagner. Il ne me reste plus qu'à trouver la parade.

Je n'ai pas combattu depuis mon dernier cours, et encore c'était un trois contre un. Mon instinct de guerrière s'est dissipé depuis, heureusement ravivé par les exercices d'Hiné. Là je ne dois pas toucher une clochette, juste une énorme cible défendue par un simple bout de ferraille. Trop facile.

Pare. Pare. Feinte. Pare. Pare encore. Feinte. S'immerger dans un rythme comme si on souhaite s'y noyer avec son adversaire. En même temps je ne perds pas une miette des gestes du brun qui réplique toujours avec violence. S'il croit pouvoir briser ma lame, il se la fourre dans l'œil. Ce n'est pas un petit forgeron de pacotille qui l'a forgé, mais l'un des meilleurs artisans d'Al-Vor.

Dans tous ses mouvements je sens l'adrénaline qui monte en lui, gonflant sa certitude d'avoir déjà gagné. Il a aussi bien vu que moi son compagnon qui gît au sol, aussi inerte qu'un rocher. Pourtant il ne désespère pas de pouvoir s'en sortir. Cependant il oublie qu'après moi il y a Hiné.
Et qu'avant Hiné il y a moi.

Lassée par ce duel, je me décide enfin à agir. Prenant à l'homme à contrepied, je lui assène un coup bien placé puis pivote en abandonnant la pression de mon sabre sur le sien. Déséquilibré, il hésite une seconde. Trop tard. Je ne connais pas la lueur qui s'est allumé dans ses yeux en cet instant précis, je sais juste que l'étincelle de joie dans mes yeux n'était pas feinte lorsque mon poignard s'est enfoncé dans sa nuque.
Et sa vie disparut dans un râle et une flaque de sang.

Pivotant à nouveau sur un pied, je me retourne et pousse le corps qui s'écroule au sol dans un nuage de poussière.
Echec et mat.
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 17 Oct 2012, 18:25

La technique de Laïar est plutôt bonne.
Première pensée. Cette gamine a vraiment appris à bretter, il faut croire, au vu de sa tactique, et des coups qu’elle assène. L’homme, en revanche, ne semble pas apprécier cela, pas du tout même. Lui tente de la fatiguer, mais elle riposte avec férocité, cherchant un trou dans sa garde, une ouverture dans ses coups, dans sa manière de frapper…
Hiné apprécie la technique de la jeune fille, et elle l’avouerait volontiers, tant qu’elle l’a devant les yeux. Elle n’est même pas surprise quand elle surprend son adversaire par un revers, le déséquilibre et lui enfonce dans le même temps son poignard dans la nuque.

Presque parfait.

Un léger sourire sur le visage, Hiné hoche tranquillement la tête, et son regard observe les dernières secondes du combat d’Ethan avec insistance. Bientôt, le dernier brigand est aussi à terre, et elle s’avance au milieu des corps, repoussant une tête du bout d’un pied.
Un long soupir s’échappe de ses poumons, et elle hausse les épaules d’un air désabusé.


- Hum, pas mal pour des débutants.

Rien de plus.
Autant pour attiser leur frustration que parce qu’elle n’a pas grand-chose à ajouter, il faut avouer. Laïar comme Ethan ont leur propre technique, chacun, et le meilleur moyen qu’ils continuent à la développer et qu’ils deviennent plus fort est maintenant de s’exercer. Toujours. Notant qu’ils ne se comportaient décidément pas de la même manière avec une arme au poing que sans, elle poussa un nouveau petit soupir.
C’est vrai que la puissance et le tranchant des armes a toujours tendance à agrandir l’égo et à donner confiance en soi. Et puis, un corps ça saigne mieux en étant tranché…


- Allez, on lève le camp, et on court.

Un petit sourire alambiqué passa sur son visage.

- J’espère qu’on en trouvera d’autres des comme ça !

Un petit combat dès le réveil, rien de mieux pour mettre Hiné de bonne humeur pour la journée.
Et une Hiné de bonne humeur, ça fait encore plus d’exercices au programme. En plus dur, évidemment.



* ~ . ~ *



La jeune femme aux cheveux de feu frappa trois fois sur la porte d’une bâtisse fortifiée et attendit quelques secondes. S’impatientant rapidement, elle allait frapper à nouveau sur le bois quand le battant s’ouvrit légèrement, laissant apparaître un œil d’un bleu si clair que l’on aurait pu le croire presque blanc.

- Salut Teeny.

- Hiné ? Mais… Attends.


La porte se referma, on entendit quelques cliquetis métalliques derrière, et enfin elle s’ouvrit en grand. Hiné s’y glissa la première, et Laïar comme Ethan la suivirent, ainsi que les chevaux. Une fois à l’intérieur, l’Envoleuse détailla les lieux d’un regard circulaire, et un grand sourire étira ses lèvres.

- Ca n’a pas changé ici, dis-donc. Ah, au fait, voici Laïar et Ethan, ils sont avec moi. Mow est là ?

- Elle est dans la grange, si tu veux la voir.

- Ok, merci. Venez, on y va.


D’un petit geste de la main, elle demanda à ses deux apprentis de la suivre au travers de la cours intérieure. Ils passèrent près de quelques boxes vides, et Hiné lâcha Samie qui se rendit près de ces derniers pour grappiller un peu de foin restant. En arrivant sous la grande, la Maître appela Mow, et bientôt une petite femme replète vint à leur rencontre.

- Oh tiens, Hiné. Tu veux qu’on te garde ta jument… Euh, les trois chevaux ?

- Oui, pour un petit mois, ça serait possible ? Ca ne dérange pas trop ? Je vois que vous avez assez de foin, au pire j’allongerai.

- Ouais, ça passera pour un mois. Enfin, si tu traînes pas trop quoi.

- Promis. Au fait, je peux t’emprunter ta tour ?


Mow jeta un coup d’œil dans le dos de Hiné, pour désigner les deux apprentis du menton.

- Avec eux ?

- Oui.

- D’accord, mais on mange quand le soleil se couche…


Remerciant la petite femme d’un sourire, Hiné se tourna vivement vers les deux jeunes gens qui lui servaient d’apprentis, et les jaugea quelques secondes.

- La tour, c’est pour l’escalade. C’est celle-là.

Elle désigna l’espèce de donjon qui se trouvait sur l’une des fortifications. Ce n’était pas spécialement haut – sans doute une trentaine de mètres – et les blocs n’étaient pas très ajustés, ce qui permettait d’avoir des prises assez confortables.

- Vous avez entendu ? demanda-t-elle une fois au pied de la tour. On doit être redescendu avant la nuit. Alors on se bouge, c’est pas une balade de santé !

Croisant les bras sous sa poitrine, Hiné laissa donc les deux jeunes gens passer devant elle, et son regard les suivit le long de la paroi du bâtiment les laissant prendre un peu d’avance, avant de poser ses doigts sur une prise à son tour, et de s’élever.
Légèrement en retrait.

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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Ven 19 Oct 2012, 00:01

Quel intérêt reste-t-il dans un corps sans vie ? Strictement aucun. Il me suffit d'un coup d'œil à la flaque de sang sous la tête de mon malheureux adversaire pour me désintéresser de son cas. Il est mort et bien mort. Grâce à moi, Gwendalavir compte une vermine en moins. De bonnes actions comme ça font de moi une femme digne de devenir impératrice. En attendant, il faudrait qu'Ethan survive à notre entraînement et à ce petit déjeuner riche en fer.
Hors de portée, j'observe la technique de celui qui aurait dû devenir maître d'armes de l'Empereur si sa vie n'avait pas dérapée. Son niveau est bon, même très bon. A côté de lui, j'ai l'air d'une fillette de dix ans s'amusant maladroitement avec une aiguille. Pourtant je ne peux pas m'empêcher de retenir mon souffle pendant les quelques secondes, minutes que son combat dure. Il a l'air d'avoir récupéré un voleur un peu plus coriace que celui d'Hiné et le mien…Un coup bien placé lui permet enfin de débarrasser la clairière du dernier intrus. A peine le gémissement de l'homme s'est-il éteint qu'un silence de plomb s'abat sur nous. Non nous ne sommes pas sous le choc de ce qui vient de nous arriver. Bien au contraire. C'est juste si agréable de savourer le souvenir de ce combat … de cette sensation de puissance en tranchant la chair adverse …

- Hum, pas mal pour des débutants.


Il fallait bien un rabat-joie dans cette histoire. Voilà qu'en un soupir et quelques mots secs mon Maître vient de ruiner ma joie. Malgré moi, je sais que ce n'est pas un ridicule combat contre un vulgaire brigand qui va faire de moi une Envoleuse. Aurait-il eu un peu de technique, c'était moi qui finissais au sol dans une mare de sang. J'ai eu de la chance, ce qui n'arrivera pas tous les jours. Dans un infime mouvement d'épaules, je me recroqueville et noie tous mes sentiments dans ma frustration. Il me faut encore de la puissance si je veux parvenir jusqu'à mon demi-frère.

Un dernier coup d'œil à cet être inanimé suffit à redonner du peps à mon moral.
Un jour de sera Lui dont le sang ornera ma lame.


*****


Les brigands c'est comme les croissants : une bonne chose dont on voudrait abuser, mais trop rare pour le permettre.

Le temps passe, sans brutale interruption. Hiné a du nous trouver trop en forme ce matin et nous le fait payer chèrement en accélérant le rythme des exercices. La prochaine fois je m'arrangerais pour finir couturée de cicatrices. Il n'y a pas que le visage qui doit servir pour mentir aux autres. Le corps reste un déguisement de premier choix pour les bons menteurs.


*****


Hiné semble pressée ce soir. Les chevauchées se font rares avec elle et chaque galopade au cours de ce voyage m'a fait me demander si nous cherchions à accélérer pour atteindre un but particulier. A chaque fois j'ai eu tort : ce n'était jamais qu'un maigre répit avant les exercices du soir. Pourtant je ne cesse pas d'espérer qu'un jour nous allons arriver chez elle et qu'elle nous offrira un lit douillet à la manière d'Anee lors de notre premier cours.

Sous mes jambes Hurcul s'agite à nouveau pour essayer d'accélérer et de prendre la tête du groupe. Il ne s'est toujours pas assagit … Il aurait dût au contact des deux autres chevaux mais sa gentillesse pour eux n'a d'égal que sa gentillesse à mon égard. Certes nous avons fait beaucoup de progrès en deux semaines : il ne me mord plus quand je suis de corvée pansage et je ne lui scie plus la bouche pour lui faire payer ses écarts. Encore que … Vivement qu'Ethan nous installe sur le trône et me fournisse une vraie monture et des serviteurs. S'occuper d'une carne dont les ancêtres étaient à coup sûr des mules n'est pas mon fort.

C'est lorsqu'Hurcul abandonne –pour un temps – son idée de devenir le leader que je m'aperçois que nous avons pris un chemin de terre avec au bout … une maison ?! Je peux sentir la douce odeur des draps propres d'ici. J'ai presqu'envie de laisser du mou à ma monture pour qu'il nous emmène au but au plus vite. Heureusement Hiné a senti l'impatience naissante en moi et a poussé son cheval dans un dernier galop allongé. Ravie, je laisse Hurcul se faire plaisir pendant que j'observe la bâtisse qui s'agrandit, notant son immense tour et son allure fortifiée. Ce n'est pas là-bas que nous aurons du brigand en petit déjeuner.

D'un saut léger notre Maître descend au bas de sa selle et s'avance avec assurance vers une porte en bois massif pour y toquer sèchement. Je lui lance un regard interrogateur qu'elle ne voit malheureusement pas. Je n'ai plus qu'à demeurer muette jusqu'à ce que cette porte s'ouvre et m'offre de quoi répondre à mes questions. Où sommes-nous et pourquoi ?

La porte s'ouvre, d'abord timidement puis franchement lorsque l'identité des arrivants est connue. Au court échange des deux jeunes femmes, j'en déduis que nous ne sommes pas là par hasard. Hiné connait les habitants, ce qui n'est pas pour me rassurer. Va-t-elle nous présenter sa famille ? … non … suivre une folle oui, mais pas une bande de fous. J'imagine sans peine les tortures sans fin que des Hiné-bis nous infligeraient… pourvu que nous ayons atterri chez des gens censés. Enfin, du moment que j'ai un lit je ne vais pas me plaindre. La belle étoile ça va bien un temps, mais rien ne vaut un vrai matelas. Les racines ce n'est vraiment pas confortable.

Menant les chevaux par la bride, je pénètre avec Ethan à la suite d'Hiné dans le porche d'entrée de la propriété. Mon Maitre ne se gêne pas pour discuter avec la femme venue nous ouvrir comme si elles se connaissaient depuis toujours, ne s'embêtant pas à nous la présenter. Vu leur court échange j'en déduis que cette inconnue n'est pas la personne pour qui nous sommes venus. Tout au plus a-t-elle l'air d'une servante un peu trop timide. Mon éducation me force tout de même à lui offrir un sourire amical lorsqu'Hiné lui donne nos noms. Voilà à quoi je dois m'abaisser pour obtenir un lit … saluer une paysanne.

Sans plus d'échanges nous nous dirigeons vers la grange où nous devons trouver "Mow". Je me demande quel genre de personne peut porter un tel nom. Si notre première rencontre n'avait pas précisé, j'aurais pensé que nous allions au devant d'un homme.

La douce odeur du foin accueille nos narines lorsque nous pénétrons dans le bâtiment, faisant s'agiter les naseaux d'Hurcul. Je sens presque son ventre s'agiter sous l'effet de la gourmandise. D'ailleurs ça me fait penser que moi aussi j'ai faim …

- Oh tiens, Hiné. Tu veux qu’on te garde ta jument… Euh, les trois chevaux ?

Je me tourne dans la direction de la voix, apercevant un petit bout de femme aux yeux pétillant se diriger vers nous. Son sourire donne l'impression qu'elle ne ferait pas de mal à une mouche. Je grave comme je peux ce souvenir dans ma tête pour pouvoir le ressortir. Etre capable d'émettre autant de gentillesse est un atout de poids, surtout pour moi qui cherche à devenir menteuse professionnelle.

- Oui, pour un petit mois, ça serait possible ? Ca ne dérange pas trop ? Je vois que vous avez assez de foin, au pire j’allongerai.


- Ouais, ça passera pour un mois. Enfin, si tu traînes pas trop quoi.


- Promis. Au fait, je peux t’emprunter ta tour ?


La tour ? Oh non … et moi qui croyait que nous allions profiter tranquillement de notre première – et dernière ? – nuit dans un lieu civilisé. Perdu.


*****

Se hisser sans s'arrêter. Sans tomber aussi. Deux buts et un sommet.

Cette tour n'a pas l'impressionnante stature du mur d'enceinte d'Al-Vor. Par définition c'est donc une promenade de santé. Le temps sec va rendre l'exercice peu périlleux, même si la lumière faiblarde du couchant accentue bizarrement les ombres sur les pierres. Il va falloir ouvrir grand les yeux, surtout que je cherche où est ce qu'Hiné a caché l'arnaque. Elle ne peut pas nous proposer quelque chose d'aussi simple …

Et bien si.
Le bilan de la montée s'élève à quelques doigts écorchés, des gravillons sous les ongles et un bout de pantalon éraflé suite à un pied ayant glissé. Cette erreur m'a aidée à sentir qu'Hiné n'était pas là uniquement pour exercer une pression sur nous, mais bien pour nous rattraper en cas de dérapage.

Tant que je serai là, tu ne tomberas pas.

Je ne suis pas tombée.
Il y a peut-être un bout d'Anee qui s'est glissé chez Hiné, lui confiant cette aura rassurante lors de l'ascension. Ou alors c'est qu'elles ont juste toutes les deux assumées leurs rôles de Maitre.

Les pieds solidement callés au sommet de la tour, je contemple les alentours, cherchant d'autres habitations au milieu des bois et des vallons environnants. En vain. C'est peut-être le faible soleil qui m'empêche de les distinguer, en tout cas j'ai l'impression de m'être perdue dans un no-man land. Il me semble que depuis Ombreuse nous avons avancé vers l'Est, vers les Montagnes qui tiennent la jungle d'Hulm et sa faune éloignée du centre de Gwendalavir. Ce n'est pas tout à fait la destination de mes rêves. J'espère que nous nous arrêterons avant, de préférence dans une ville, le seul endroit où je me sente comme un poisson dans l'eau.
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Lun 22 Oct 2012, 11:59

L’ascension n’était pas compliquée.
En effet, Hiné avait pris le versant où il y avait le plus de prises confortables, et les pierres étaient moins bien ajustées. Néanmoins, cela ne serait pas le cas de la descente, puisqu’elle comptait filer sur le mur contre le chemin de ronde, et ensuite descendre du chemin de ronde – deux lieux où les blocs étaient bien plus ajustés, évidemment, c’était tout simplement une question de stratégie et de logique, en cas d’attaques.

Un léger soupir fend les lèvres de l’Envoleuse, tandis que, comme ses apprentis, elle contemple l’horizon qui les entoure. Aucune habitation à des lieues à la ronde, juste de l’herbe, des collines, des bosquets et des fois quelques amas de pierre anthracite. Le sourire sur le visage de Hiné s’agrandit.
Elle aimait la solitude que conféraient de tels lieux, isolés du monde.
Elle projetait d’emmener ses apprentis dans la Grande Faille, à l’orée du Désert des Murmures, près de sa maison d’enfance. Parfaitement consciente qu’elle n’y trouverait de toute façon personne, elle se disait qu’ils pourraient au moins y dormir tranquillement plusieurs nuits, avant de repartir.

Une grande majorité de l’itinéraire était parfaitement calculée par Hiné, et très clair dans son esprit. Après, elle savait qu’il pouvait y avoir des imprévus dus à toutes sortes d’excuses, notamment à ses propres envies et aux chemins qu’ils croiseraient.


- Allez, on redescend… Par là !


* ~ . ~ *



Plantant sa fourchette presque avec allégresse dans son steak, Hiné huma le doux filet odorant que ce dernier dégageait. Si cela ne la dérangeai pas de manger des gâteaux secs, de la viande salée et des baies pendant des semaines, retourner à la civilisation et pouvoir croquer dans de la viande cuite juste comme il le fallait, d’une saveur délicieuse, lui donnait des airs de carnivore.
Et elle voyait bien que les deux jeunes gens qui l’accompagnaient semblaient dans le même état d’esprit.
L’étincelle qui était passée dans le regard de Laïar, voulait tout dire.
En plus de ce repas plutôt convivial – les fermiers étaient adorables et des hôtes merveilleux – elle leur offrit même le luxe d’avoir chacun leur lit et leur chambre et, une fois n’est pas coutume, de dormir jusqu’à ce que le soleil fut presque à son zénith.

A cette heure-là, elle s’était pointée dans la chambre de chacun d’eux avec une assiette de brioches toastée dont l’odeur aurait éveillé les papilles d’un mort.

Ils étaient repartis peu après, le ventre presque plein, et assez de victuailles pour subvenir à leurs besoins pendant cinq jours sans chasser.



* ~ . ~ *



- Faites attention au sens du vent. Approcher une proie à l’envers de ce dernier est bien souvent plus couronné de succès que si l’on n’y fait pas attention. Ami ou ennemi, le vent est là, et il faut savoir s’en servir.

Perchée au sommet d’un rougeoyeur particulièrement grand, avec ses deux apprentis, Hiné leur demandait très tranquillement de se mettre debout et de réussir à tenir sur la branche ainsi. Evidemment, elle avait pris soin, avant cela, de les atteler d’une corde solide passée autour de leur taille.

Et le vent soufflait, faisant bouger les branches tantôt tranquillement, doux et prévenant, tantôt avec virulence, comme pour les réveiller.

L’Envoleuse, campée sur ses deux pieds sur une branche qui était plus fine que ses poignets, observait ses apprentis qui tentaient de se lever.


- Vivacité et lenteur. Il faut savoir doser, s’équilibrer. Ressentez votre centre de gravité, et mesurer l’impact du vent sur votre peau. Il faut jouer avec tout cela à la fois…

Ayez conscience du vent, de l’élasticité des branches, de votre corps. Chacune de ces choses est une force. Vous devez les percevoir, les intégrer, pour mieux les utiliser…

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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 24 Oct 2012, 22:45

Et si on allait escalader la muraille d'Al-Vor ? Ou pourquoi pas la plus haute tour d'Al-Jeit ? Non ? Non. Les vacances sont bel et bien finies …
Sous le regard plein de menaces d'Hiné, je me jette à l'eau et entame l'ascension.


*****


Descendre est une tâche plus ardue que monter. Mon cher Maître a pris un malin plaisir à rendre l'escalade facile en nous lançant sur un mur aux prises abondantes. Ainsi je n'ai pas fait attention en la suivant pour regagner le sol : à peine avais-je posé mon corps contre le nouveau mur que je savais que quelque chose clochait. Les pierres étaient beaucoup plus rapprochées que sur l'autre face, offrant trop peu de prise pour mes pieds et mes mains. Deux mètres plus bas, arriva ce qui devait arriver …

Me voilà donc les fesses collées contre les dalles froides du chemin de ronde, mes pensées oscillant entre la douleur sourde montant de mon corps et le regard moqueur de l'Envoleuse. Je me suis montrée trop assurée, forte de cette escalade sans soucis et elle vient de me faire payer cette assurance.
Ne jamais surestimer un adversaire avant de l'avoir examiné sous toutes ses coutures et ne jamais se lancer à l'aveuglette dans une action. Cette journée avait justement manqué de leçons …

J'ai beau avoir chuté de deux petits mètres et m'être rattrapé au dernier moment à un bout de mur, je n'ai pas réussi à éviter un choc entre mes pieds puis mes fesses et le sol. Mes muscles palpitent de douleur au même rythme que mon cœur, tout comme le sang dans le bout de mes doigts éraflés. S'il n'y avait pas ces deux yeux brillants fixés sur moi et ce joli blondinet, je me serais allongée là où je suis en attendant que la douleur disparaisse. J'use de mon orgueil meurtri pour me forcer à me lever comme si de rien n'était, puis sans un mot j'examine le dernier mur, examinant soigneusement les prises disponibles avant de me relancer dans la désescalade.


*****


Je n'avouerais jamais à Hiné que c'est plus l'odeur de la viande dans la marmite que son regard menaçant qui m'a donné la motivation de me relever.


*****


Qu'il est loin ce repas … je me souviens encore du jus de viande se répandant dans ma bouche. Quelle douce chaleur et quel délicieux goût ! La nourriture servie chez les Til'Ziaind ne m'aurait pas paru plus appétissante que celle de ces fermiers. J'ai bien vu ces sourires amusés sur les visages de nos convives en me voyant dévorer le contenu de mon assiette. Ils ont du croire qu'Hiné ne nous nourrissait que de pain et d'eau depuis des semaines, ce qui n'est pas loin de la vérité. Si seulement ils pouvaient me voir maintenant, courant dans les prés mais toujours avec cet air béat de ravissement. Je n'arrive pas à décrocher mes pensées de ce moment hors du temps. J'aurais voulu passer plus de temps dans cette ferme … Mais Hiné aurait risqué de perdre toute son autorité face à un lit et une marmite, ceux-ci présentant bien plus d'intérêt qu'elle. C'est un risque qu'elle n'a pas voulu prendre, nous levant dès le lendemain pour nous faire reprendre la route. J'étais d'ailleurs étonnée d'être réveillée par les premiers rayons du soleil et non par mon Maître. Le contact un peu rêche du drap et celui beaucoup plus doux de la couverture m'avaient empêchés d'aller vérifier si Hiné était morte ou nous avait abandonnés – seules raisons plausibles pour qu'elle ne m' ait pas encore réveillée. Il serait toujours temps plus tard d'aller vérifier mes hypothèses, les deux m'important à peu près autant. J'avais donc profité d'un long repos jusqu'à l'heure du déjeuner où Hiné était apparue pour nous annoncer que le repas était servi et que nous partirions juste après l'avoir avalé. Pas de steaks au menu, juste du lait frais, du pain chaud, du fromage fondant et des fruits. Parfait pour nous contenter et pour garantir que nous n'aurions pas le ventre trop lourd pour courir.

Courir … pendant qu'Hurcul se la coule douce dans une stalle pleine de paille, moi je souffre. Enfin pas tant que ça … il y a juste cette douleur sur mes fesses qui pulse à chaque foulée. Maudite soit cette leçon ! Je ne suis pas prête de l'oublier.


*****


Et si on allait escalader la muraille d'Al-Vor ? Ou pourquoi pas la plus haute tour d'Al-Jeit ? Non ? Non. Les vacances sont bel et bien finies …
Sous le regard plein de menaces d'Hiné, je me jette à l'eau et entame l'ascension.


*****


J'ai appris à escalader des murs à Al-Jeit ainsi que des pommiers de quelques mètres de hauteur. Pas des rougeoyeurs de la taille d'une montagne ! Que je déteste cette Hiné. Que je déteste cet exercice. Que je déteste cette nature.

Serrant les dents, je regarde obstinément vers le haut, maudissant Ethan à chaque fois qu'il décroche et fait tomber sur moi un bout d'écorce. J'aurais du passer avant lui.
Sauf que j'ai hésité trop longtemps.
Masque ou pas masque, Hiné aura compris que je ne suis pas à l'aise avec ce qu'elle nous a demandé. Il suffit de regarder mes mouvements lents et ma façon d'agripper les branches pour me hisser pour savoir que je ne suis pas née dans une forêt. Malgré les quelques conseils qu'elle me donne, je me montre incapable d'améliorer ma technique. Pour cela, il faudrait d'abord que je prenne en assurance et réussisse à me convaincre que je peux survivre à cette escalade.

Une branche après l'autre. Surtout ne pas réfléchir. Ne pas me dire que cet épais feuillage n'amortira en rien ma chute. Ne pas me dire que glisser est aussi facile que sur un mur verglacé. Ne pas me dire qu'une branche risque de craquer sous mon poids. Ne pas me dire que je ne risque rien. Ne pas me mentir. Ne pas me parler.
En mode pilotage automatique je termine l'ascension, appréciant à peine le fait qu'aucune des frêles branches hautes n'ait cédé sous moi. Hiné apparait comme par magie, nous tend deux cordes qu'elle noue en un coup de main expert autour de notre taille. Je viens d'arriver au sommet de l'arbre et elle se décide enfin à m'assurer … cette femme est folle, ou alors pas très ordonnée.

L'Envoleuse se dresse à nos côtés, debout et nous enjoint de l'imite. Pas moyen. A-t-elle vu l'épaisseur des branches à cette hauteur ? Je suis moi-même à moitié assise sur l'une d'elles, cramponnée au mince tronc et j'ai déjà peur de finir par chuter. En plus il y a ce balancement constant qui me donne la nausée … Le mal de mer doit ressembler à peu près à ce que je ressens en ce moment.

- Faites attention au sens du vent. Approcher une proie à l’envers de ce dernier est bien souvent plus couronné de succès que si l’on n’y fait pas attention. Ami ou ennemi, le vent est là, et il faut savoir s’en servir.
Vivacité et lenteur. Il faut savoir doser, s’équilibrer. Ressentez votre centre de gravité, et mesurer l’impact du vent sur votre peau. Il faut jouer avec tout cela à la fois… Ayez conscience du vent, de l’élasticité des branches, de votre corps. Chacune de ces choses est une force. Vous devez les percevoir, les intégrer, pour mieux les utiliser…


… qu'est-ce qu'elle raconte ? Elle veut qu'on apprenne à se jouer du vent ? Au sommet d'un rougeoyeur ? Je préfère encore sauter dès maintenant… mais pour cela il faudrait que j'arrive à trouver le courage de me lever …

- Et si on allait jouer avec le vent en bas ?

Question purement formelle, si vaine que je ne m'embarrasse pas d'un regard vers Hiné. Ma remarque l'aura forcément agacée. Elle ordonne, nous obéissons.

Doucement, avec des gestes précautionneux, je me lève tout en gardant une main enroulée autour du tronc. Rien qu'en étant accroupie, je sens mon équilibre vaciller. Je me stoppe donc et tente de saisir le mouvement de balancement qui imprègne l'arbre et me déstabilise. Peu à peu je me déroule jusqu'à me tenir presque debout. L'étape suivante consiste à lâcher prise sur le tronc pour ne me reposer que sur mes pieds. J'hésite encore un peu, respire le plus calmement possible puis laisse mes doigts quitter ma prise.
Debout.
Je suis debout et je ti …

Je tombe.
J'ai senti la branche s'agiter sous moi, son mouvement amplifié par les miens quand j'ai tenté de me stabiliser. C'est comme marcher sur une corde tendue. Je n'ai jamais été douée à ça.
Je tombe.
Le feuillage flamboyant du rougeoyeur défile sous mon regard perdu. Chaque feuille est autant de repère inconnu qui ne fait que m'affoler un peu plus. Je ne suis jamais tombée du haut d'un arbre. Je ne saurais donc pas atterrir correctement.
Je tombe.
M'arrête le souffle coupé.
J'avais oublié la corde attachée à ma taille. Sacré Hiné. C'est vrai que si elle nous tue si tôt, elle n'aura plus personne à torturer …

Encore sous le choc de ma chute et de ce brutal arrêt je reste sans bouger, les yeux fixés au ciel. L'Envoleuse doit me croire morte d'où elle est. Tant mieux : plus longtemps elle le pensera, moins vite j'aurais à retourner là-haut à tenter un exercice impossible.

Ma respiration rétablie, je me décide à attraper des branches à portée de main pour me ramener vers la partie forte de celles-ci. Mes fesses posées sur l'écorce du rougeoyeur, je lève les yeux vers le sommet et hurle :

- Pas moyen que je recommence ! Je n'arriverais jamais à me tenir debout sur une si petite branche et encore moins à … à oublier ce maudit vent !

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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 24 Oct 2012, 22:55

- Et bien, jeune apprentie... Je t'ai connue plus locace !
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 24 Oct 2012, 23:01

- N'empêche que je ne bougerais pas !

Dans un murmure :

Un arrêt cardiaque ça suffit ...
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 24 Oct 2012, 23:07

- C'est beau de rêver. Allez, debout, sinon je te tire par la peau des fesses !
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Lun 29 Oct 2012, 11:38

C'est fou le talent de persuasion que peuvent avoir certaines personnes. Rien qu'avec sa voix Hiné a réussit à me faire obéir. Me voilà donc à remonter au sommet d'un arbre au lieu de partir en sens inverse comme la voix de la raison me le suggère. Il faut croire que sa folie a fini par déteindre sur moi, à moins qu'en deux semaines elle ait réussi à ancrer dans mon esprit assez de peur et d'obéissance aveugle pour que je l'écoute.

Afin de ne pas m'entraver dans les branches sur mon chemin, j'ai défait la corde à ma taille. Me voilà libre dans mes mouvements, libre aussi de tomber et de m'écraser enfin au sol.

Si mon frère avait suivi ce cours, il serait déjà en haut du rougeoyeur, à me narguer aux côtés d'Hiné. "Alors on abandonne soeurette ?" m'aurait-il lancé, de la même façon qu'il avait de me titiller lorsque nos sabres se croisaient dans des combats amicaux. Que je perdais inévitablement. Je vois son sourire goguenard chatouillant mon orgueil, me poussant à aller jusqu'au bout de mes forces. Il avait un don pour me faire avancer dans toutes les situations possibles. Aujourd'hui il ne peut pas m'aider, mais son souvenir lui le peut. C'est pour lui que je suis ici. Qui sait, un jour peut-être j'aurais à escalader un rougeoyeur pour accéder à la chambre de l'autre traitre afin de nous en débarrasser.

Avec une hargne redoublée, j'achève l'escalade de l'arbre sans m'arrêter. Les balancements légers mais incessants qui agitent sa structure me donnent toujours autant le mal de mer. Si notre petit-déjeuner n'était pas aussi loin, j'aurais déjà tout rendu à la terre.

Toujours perchée au sommet, insensible au vent, Hiné me tend la corde qu'elle a –gentiment ?- tirée. Le visage fermé – je ne me gêne pas pour lui montrer que j'abhorre cet endroit – j'attrape le bout qu'elle me tend et le noue à ma taille. Un tiraillement m'assure qu'il tiendra en cas de choc. A moi de jouer.

Tout doucement, à la manière de mon essai précédent, je me lève par étapes. Une fois debout je tente de me stabiliser, tendue dans chaque fibre de mes muscles, prête à me jeter sur une branche si je sens mon poids partir vers l'avant. Je respire à peine, incapable de penser à autre chose qu'à la chute qui m'attend.

Après un énième tremblement de mes jambes, je glisse dans le vide. Ma main dans un réflexe désespéré s'agrippe à la branche qui prolonge le tronc, m'empêchant de chuter. Je la sens plier sous mon poids. Il faut que j'agisse avant qu'elle casse.
Agir. Je ne sais pas si mon cerveau comprend encore la signification de ce mot. Agrippée comme si ma vie en dépendait, je suis incapable de bouger, complètement paralysée par la vue du sol plusieurs mètres en dessous de moi et par la certitude que je vais tomber.

La branche ne casse pas. Mes doigts eux par contre glisse le long des feuilles qu'ils arrachent en passant et bientôt ils ne tiennent plus rien que du vide.
La douceur des branchages n'a rien de bien agréable, griffant ma peau et mes habits dans ma chute. A nouveau pendue sans aucun appui, je sens la douleur émanant de chaque bout de peau qui n'était pas protégé par du cuir. J'ai les joues en feu, ce que ma main ne fait qu'empirer lorsque je la passe sur mon visage pour évaluer les dégâts.

Est-ce que je dois encore remonter ? Je vais finir défigurée à cette allure. Evidemment Hiné se fiche de se genre de détails. Si je ne me dépêche pas, elle va mettre sa menace à exécution et venir me chercher par la peau des fesses.
Le cœur encore plus lourd je la rejoins et me rattache. L'appréhension du deuxième essai s'est ajoutée à celle du premier, rendant mes muscles tendus et durs. J'ai oublié tous les exercices de ces deux semaines … tout ce travail sur la respiration, sur la souplesse, sur l'équilibre.

Debout, je contemple les environs, raide comme un piquet. Incapable d'oublier que je suis à plus de six mètres de hauteur.
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Dim 04 Nov 2012, 15:07

Un soupir d’agacement franchit les lèvres de Hiné, tandis que Laïar revient pour la seconde fois sur la branche. Elle n’a pas eu besoin de réitérer ses menaces, à croire que la jeune fille la pense tout à fait capable de faire ce qu’elle lui a dit – et elle a raison.
Mais son attitude a du mal à passer. Hiné sent que l’agacement va bientôt se muer en colère, et elle voudrait éviter cela – sinon, elle va précipiter sa propre apprentie en bas de cet arbre pour lui apprendre comment on fait.

Prenant une profonde inspiration pour calmer la hargne qui monte dans ses veines, l’Envoleuse vient se poster plus près de la jeune femme qui est en équilibre précaire, tous les muscles tendus à l’extrême par l’appréhension et la colère, elle aussi. Finalement, contre toute attente, c’est finalement un sourire qui étire les lèvres de Hiné.


- Hého, arrête de vouloir regarder en bas, ça porte malheur.

Se coulant le long de sa branche, Hiné sautilla quelques instants, prenant un peu d’élan pour venir se caler à côté de son apprentie qui a décidément du mal à se détendre.

- N’oublie pas de respirer, sinon tu vas tomber à cause du manque d’oxygène, et même pas parce que tu n’es pas capable de rester ici. Tu vois, tu en es capable. Il faut juste te détendre.

Plus facile à dire qu’à faire, certes.
Hiné a bien envie de lui mettre un bandeau ou quoi que ce soit du même acabit sur les yeux, mais elle craint que la jeune femme, en se rebiffant, se retrouve les os déformés sur le sol six mètres plus bas. Non pas que cette idée soit désagréable, mais cela serait mal vu, et puis elle s’en voudrait toute sa vie d’avoir tué sa propre apprentie.


- Bon, allez, on lève les bras. Doucement. Et puis, ferme les yeux, ça va t’aider. Concentre-toi sur ton centre de gravité.

Elle lui fit donc lever les mains et les baisser.
Sans bouger les pieds, au début, et puis en déplaçant aussi son centre de gravité ensuite, en levant légèrement le talon, puis la pointe de pied.


* ~ . ~ *

Monter en haut des arbres, ce n’était pas la tasse de thé de Laïar.
Et justement, le but était d’en faire quelque chose de plus facile pour elle. Même si elle n’aimait pas cela, elle avait besoin de pouvoir gérer cet exercice. Un bon envoleur se mesurait à cela : sa capacité à s’adapter à toutes les situations. Les marchombres aimaient généralement bien les arbres, qui ouvraient au vent ; attaquer un marchombre en haut d’un arbre était une bonne stratégie, mais pour cela, il fallait contrôler son corps et gérer les interventions du vent.

Ce n’était pas comme si Hulm n’était pas une jungle remplie d’arbres !

Elles avaient largement de quoi s’exercer, et Hiné ne lésinait sur aucun exercice, ni aucune épreuve. Rendre Laïar à l’aise dans les arbres, dans le sens moins tendue comme un piquet, était une chose ardue, et elle s’y attela avec une patience toute relative. Faire des pompes dans les arbres, évoluer entre les branches, monter tout en haut… Elle s’adaptait, essayant de ne pas franchir le point de rupture de l’apprentie, qui sinon aurait tout simplement déserté ou refuser de faire quoi que ce soit.

Elles évoluaient donc entre les branches, quand soudain un bruit sourd attira l’attention de Hiné, dans son dos. Un bruit sourd, et un grognement. Puissant.
Un petit sourire sur les lèvres, la jeune femme tourna la tête vers les apprentis en riant, presque euphorique.


- Si vous ne voulez pas finir dans son estomac, il va falloir courir très très vite !

Comme pour confirmer, l’ours élastique, dans leur dos, gronda dangereusement, un grognement plein d’une violence inouïe.
Hiné fila entre les branches, derrière ses apprenties dans un élan de compassion pour eux…

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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Lun 05 Nov 2012, 00:04

Qu'est-ce qu'elle croit l'autre sorcière ? Qu'elle a hérité d'une surdouée capable de tout réussir en un claquement de doigts ? Eh bien non ! Qu'elle soupire autant qu'elle veut, ça ne fera pas disparaitre cette peur qui noue mes entrailles. Une Til'Ziaind qui a peur … j'en connais deux qui se moqueraient de moi s'ils le savaient … heureusement ils sont à des lieues d'ici, surement trop préoccupés par leurs propres sorts pour penser à moi.

Les seuls témoins de mon incapacité sont Hiné et Ethan. Ce dernier ne se débrouillant pas bien mieux que moi, je me préoccupe plus de mon Maître dont le regard désespéré pèse lourd sur mon dos. Rien qu'avec ça j'ai l'impression qu'elle tente de me pousser vers le bas afin de se débarrasser de l'élève peu réceptive que je suis. Elle espère peut-être ainsi obtenir un meilleur groupe après nous. Comme si elle avait des chances de récupérer un surdoué au Domaine après avoir tué ses premiers apprentis … je doute que les Mercenaires se permettent de gâcher leurs meilleures recrues avec des Maitres Envoleurs "débutants". Le point positif pour moi c'est qu'Hiné n'est pas encore blasée par l'apprentissage. L'excitation du premiers cours semble déjà être loin pour elle. Au cours des deux semaines passées, on peut dire qu'elle a autant évolué que nous. J'ai du mal à l'avouer mais elle est rentrée dans la peau d'un Maitre rodé qui sait ce qu'elle fait. Moi par contre je ne sais pas trop ce que je fait …

- Hého, arrête de vouloir regarder en bas, ça porte malheur.

Tout ce que je trouve à faire c'est tourner la tête. Réflexe stupide que celui qui pousse à chercher le regard de son interlocuteur. Maintenant Hiné va croire que je lui obéis ! Evidemment ce n'est pas si peu qui va changer ce qu'elle sait déjà …
Cette garce me sourit. Gentiment. L'effet est immédiat : j'oublie que je suis perchée au sommet d'un arbre, à deux doigts de me rompre le cou. Tout ce qui traverse mon esprit se résumé en une question : qu'est-ce qu'elle cache derrière cette façade ? Un Maître ne peut pas sourire de cette façon, surtout un comme elle ! De mes yeux inquiets, j'inspecte son visage alors qu'elle sautille pour se rapprocher de moi. Autant chercher à savoir ce que pense un écureuil ! Indéchiffrable. Je ne vois pas le moindre éclair de fureur dans ses pupilles ni la moindre crispation au coin de ses lèvres. Rien qui trahisse l'énervement. Pourtant il y a un instant je ne sentais que ça dans sa voix et dans ses soupirs … il ne me reste plus qu'à admettre que cette femme est lunatique, ce qui n'est pas pour me rassurer car si elle peut se montrer très gentille d'un seul coup c'est qu'elle doit pouvoir se transformer en monstre de la même façon. Il est grand temps de faire un effort pour qu'elle n'ait pas de raison de passer en mode méchant.

- N’oublie pas de respirer, sinon tu vas tomber à cause du manque d’oxygène, et même pas parce que tu n’es pas capable de rester ici. Tu vois, tu en es capable. Il faut juste te détendre.

Je me suis détendue ? Ah oui c'est vrai que j'avais oublié ma situation précaire. Cet exercice au fond est simple si je peux me convaincre que je ne suis pas en haut d'un arbre. En haut d'un arbre. Et voilà mon regard qui quitte Hiné qui s'est tut pour retourner fixer le sol. Nul besoin d'avoir des yeux pour sentir qu'à nouveau je suis tendue.

Et si j'oubliais ?
Cette idée fuse dans mon esprit en même temps que celui de mon Maître.

Et puis, ferme les yeux, ça va t’aider.

Sans me le faire dire deux fois, je coupe ce sens qui me perturbe. Adieu la vue. Pas besoin de bandeau ou de quoi que ce soit d'autre, le simple fait de fermer les yeux me rend aveugle à ce qui m'entoure. Il ne me reste plus que les sensations de mon corps pour me guider, ouvrant un nouveau monde devant moi. Sans cette vue pour m'obnubiler, je redécouvre ce qui m'entoure.
La présence d'Hiné à mes côtés, à la fois bienveillante et dangereuse.
Celle plus lointaine d'Ethan qui peine à tenir et fait trembler les branches jusqu'à moi.
L'air qui va et vient dans mes poumons, de plus en plus lentement à mesure que je me calme.
Mes muscles qui se décontractent et reprennent en souplesse.
Le vent dont la puissance changeante m'oblige à m'adapter constamment.
L'arbre vacillant sous mes pieds.

- Bon, allez, on lève les bras. Doucement. Concentre-toi sur ton centre de gravité.

Au fond ce n'est pas plus dur qu'un autre exercice. Il suffit juste de se focaliser sur soi-même et sur son environnement direct.
Lentement je lève mes bras, m'en servant comme d'un balancier pour m'équilibrer. Simple comme bonjour. Et dire que cet exercice relevait du défi il y a quelques minutes ! Je suis peut-être surdouée en fait …
La branche a décidé de me prouver le contraire.
De si haut, j'ai réussi à perdre ma tête dans les nuages. Il était temps de me ramener les idées sur terre.
Les yeux toujours fermé, je me force à m'ouvrir à la chute. Là encore il faut oublier l'appréhension pour mieux tendre ses sens et anticiper les obstacles. Je n'en suis pas encore à esquiver les branches qui me griffent mais je finirais bien par y arriver, surtout que quelques soient mes progrès, je ne suis pas au bout de mes peines.


******


C'est fou le nombre de tortures qu'on peut tirer d'une forêt. Escalade. Equilibre. Balade. Musculation. Vol. Le but de tout ça est clair : me faire apprécier cet environnement. J'ai quand même des doutes sur la méthode … j'ai plutôt envie de la détester avec tout ce qu'Hiné m'y fait faire. La belle Envoleuse semble chez elle autant qu'Anee l'était dans la cité d'Al-Vor. Anee … elle aurait finit par m'embarquer dans une aventure similaire pour me faire goûter aux joies de la nature. Je ne peux donc pas me baser là-dessus pour en vouloir à mon Maitre actuel … et puis il faut dire que je ne suis vraiment plus sure de chercher à la détester. Ses conseils me sont aussi utiles que ces exercices qu'elle m'impose. Je n'ai pas hérité d'une incapable totale et sanguinaire. Rassurant.

Perdue au milieu de la jungle d'Hulm, j'oublie par moment ce que je suis et ce que je recherche. C'est comme s'il n'y avait plus que moi et cette foutue forêt que je dois dominer. Pour peu je me sentirais libre de toute entrave. Courir n'était pas aussi libérateur. Ce sont pourtant les deux mêmes maîtres-mots qui lient ces deux types d'exercice : souffrance et plaisir, sauf que dans l'un je me concentre pleinement dans ce que je dois faire alors que l'autre me pousse à penser à autre chose.


*****


Un hurlement.
A mi-chemin entre le grognement d'un ours et le cri d'une goule.
Angoissant.

Un rire.
A mi-chemin entre un ricanement de sorcière et le gloussement d'une folle.
Terrifiant.

Je ne sais pas ce qui est le pire là tout de suite : ce qui se rapproche ou mon Maître qui rit, nullement apeurée par ce qui nous suit.

- Si vous ne voulez pas finir dans son estomac, il va falloir courir très très vite !

- Finir dans l'estomac de quoi ? Quelle bestiole crie comme ça ? Si c'est ta sœur qui t'appelle, tu serais gentille de lui répondre qu'on n'est pas comestible !

Nouveau grognement.
Plus fort.
Plus proche.
Ni une ni deux je suis perchée dans les arbres, à me jeter de branches en branches comme si ma vie en dépendait.
Ma vie en dépend. J'ai juste eu besoin d'apercevoir le bout d'un museau et l'éclat d'une paire de dents pour rapprocher cette vision d'un joli dessin d'un de mes livres de cours. L'ours élastique. On dit que les plus grands peuvent atteindre plus de 3m et qu'on les trouve … dans la jungle d'Hulm, ce qui de part la direction suivit depuis deux semaines et notre environnement semble être le lieu où nous nous trouvons. Génial … j'ai donc à ma poursuite une montagne capable de se déplacer comme un singe dans les arbres, avec une vitesse digne d'un coureur, des griffes de la taille des dents d'un tigre des prairies et un hurlement à faire s'écrouler les remparts d'Al-Vor. C'est tellement peu impressionnant que j'ai envie de me retourner pour admirer la bête. 3 m ! Que dira mon frère quand je lui raconterais ça ?! … à mon avis il dira sur ma tombe que j'aurais mieux fait de regarder devant moi. Sur cette pensée je tente de me concentrer sur les obstacles devant moi, mettant en œuvre tout ce qu'Hiné m'a appris dans cette forêt.

La peur donne des ailes. Expression qui prend tout son sens aujourd'hui alors que j'ai l'impression de voler littéralement de branches en branches. Sans cette menace dans mon dos, j'aurais depuis longtemps heurté un tronc ou mangé une liane. Là ma concentration est au maximum, tous mes sens tourné vers un seul but : survivre.

- Hiné … tu ne voudrais pas … lui laisser … tes réserves de viandes séchées ?


Haletante, j'essaie de me persuader que mon Maitre comprendra qu'elle doit trouver une solution au plus vite. Je faiblis à vue d'œil et même cette présence qui effleure presque nos dos ne suffit plus à me pousser. Il faudrait un miracle pour nous sauver …
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 07 Nov 2012, 09:18

Hiné filait entre les branches, derrière la jeune femme, aussi rapides qu’elle l’était. Pourtant, elle aurait pu aller plus vite, la rattraper et lui montrer la voie ; mais non, elle préférait la voir galérer dans une situation qu’ils ne maîtrisaient pas. Parce que la vie réservait plein de situations comme celles-là, où la survie ne tient qu’à un fil, qu’à une décision, bonne ou mauvaise.

Le plantigrade s’approchait dangereusement dans leur dos.
L’Envoleuse pensa à cet instant, quand elle était encore en formation Marchombre, où son Maître avait arrêté un Tigre des Prairies en furie grâce au chant. Mais elle ne connaissait pas ce chant, évidemment, ce n’était pas à sa portée – quel dommage ! Mais elle connaissait un moyen de faire s’éloigner la grosse bestiole, l’avait déjà testé : les ours détestaient le feu, et en avaient une peur bleue.
Un sourire presque cynique étira ses lèvres, tandis que Laïar tentait de communiquer avec elle.


- Hiné … tu ne voudrais pas … lui laisser … tes réserves de viandes séchées ?

Un petit ricanement passa les lèvres de l’intéressée, et elle répliqua avec acidité.

- Comme si trois morceaux de viande séchées étaient moins appétissantes que des humains qui courent et qui semblent bien musclés en plus…

Pouffant de rire, ce dernier fut surplombé du cri hargneux de l’ours, qui se rapprochait dangereusement. Hiné entendait chacune de ses réceptions, et chacune de ses prises d’élan. Ces ours étaient faits pour se déplacer dans les arbres, et dans moins de dix secondes, il les aurait rattrapés.
Mais en cinq secondes, ils arrivèrent près de la Grande Faille, et s’on immensité s’ouvrit sous leurs pieds brusquement. Coincés. La seule solution était de…


- Descends ! Vite !

Il n’y avait pas spécialement d’empressement dans sa voix, mais Hiné se retourna pour faire volte-face, et atterrit sur ses pieds avec souplesse. La course de l’ours se fit lourde lorsqu’il dû descendre de ses branchages, et darda sur eux un regard presque porcin, aux yeux enfoncés dans leur orbite.

Se redressant, Hiné fit un pas.
Un pas, dans la direction de l’animal.
Une douce chaleur envahi son dos, et tira au prédateur une lueur de peur, très rapide.
Mais apparemment, il avait faim.
Dégainant son poignard long, l’Envoleuse bondit en avant, et toute sa chevelure s’embrasa. Voletant dans son dos et au dessus de sa tête, un feu de joie venait d’éclater, et le plantigrade fit plusieurs pas en arrière pour éviter et la lame, et la flamme brillante qui s’imposait près de lui.

Grognant un instant, il voulut lancer son énorme patte vers Hiné, qui réussit à l’esquiver de justesse tant le geste était rapide. Mais le feu qui se consumait sur son crâne n’en cessa pas pour autant, et l’ours se brûla la patte.
L’Envoleuse devait avouer que cette greffe était juste géniale pour elle. Elle ne pouvait pas se brûler elle-même, mais les autres êtres qui venaient se frotter au feu avaient exactement le même effet sur eux que s’ils avaient mis un membre dans un foyer de cheminée flamboyant.
Génial non ?

Le plantigrade hurla de douleur, et envoya un regard chargé de haine à Hiné, qui lui répondit en gardant le menton levé. Finalement, l’ours décida que c’était trop compliqué d’avoir ces deux proies-là, et fit demi-tour, presque penaud mais en colère elle pouvait bien le voir.

Lorsqu’elle se retourna, l’Envoleuse avisa enfin qu’en réalité, Laïar n’était pas descendue immédiatement le long de la Grande Faille…











[ Court et en plus, nul >.< ]
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 07 Nov 2012, 21:46

[Tu plaisantes ? C'est super Very Happy ]


Folle. Sorcière.
Envoleuse.
Etre sans pitié qu'un ours de trois mètres de haut avec des dents en proportion n'impressionne pas. Il pourrait tout aussi bien être en peluche qu'elle en aurait autant peur.

La réplique de mon Maître m'ôte toute envie de plaisanter un peu plus. J'ai compris : je me tais et je garde mon énergie pour courir, sauter et rester en vie. Ce n'est pas plus mal au fond … Pendant ce temps là, l'Envoleuse a tout le silence à sa disposition pour rire de notre situation. Tout le silence … si on oublie les fréquents hurlements et les énormes craquements émis par le monstre pour nous rappeler pourquoi nous avançons aussi vite.

Et soudain c'est le vide.
Ma main attrape une liane, empêchant mon corps de partir vers l'avant. Sous mes yeux béats, je contemple la légendaire Grande Faille, dont je n'ai jamais vu que des gravures. Immense et … nouveau hurlement. Ah c'est vrai, l'ours élastique. J'avais failli l'oublier. Mon cœur qui s'était arrêté de battre reprend son rythme effréné, l'adrénaline coulant plus que jamais dans mon sang. Notre situation est de plus en plus désespérée : au choix : se faire déchiqueter ou se jeter dans le vide. Alors ?

- Descends ! Vite !


La voix d'Hiné ne souffre aucune répartie inutile. J'obéis donc sans réfléchir et me laisse dégringoler au bas du dernier arbre. Dans un bruit de branchages fracassés, l'ours nous imite et rejoint le sol. Fin de la course : il a compris que nous sommes bloquées et ne se presse plus pour nous chasser. Il aura notre sang dans sa bouche bien assez tôt.

Un regard impérieux d'Hiné m'enjoint de continuer ma route. "Descends" ne signifiais donc pas que "descends de l'arbre". Je jette un coup d'œil vers la falaise. Abrupte. Instable. Longue. Mortelle. La descente d'une falaise … Encore un truc où je suis nulle … Je suis prête à escalader et désescalader tous les murs et remparts existants, mais ma connaissance des parois naturelles est plus que médiocre.

- Hiné ?


Un léger murmure. Elle ne vient pas ? Mais qui va me soutenir si je tombe ? Et puis qu'est-ce qu'elle fait donc cette folle ? Elle … elle avance ?
Oubliés les ordres de la belle Envoleuse. Béate, je la regarde esquisse un pas vers l'ours et sortir son poignard. Elle ne compte tout de même pas … et qu'est-ce que c'est que ça ?

Une vague de chaleur vient frapper mon visage. Le soleil étant dans mon dos, il ne peut pas être la cause de cette sensation particulièrement agréable. Alors quoi ? Qui ? Trop de questions, trop peu de réponses et trop de surprises. J'ai l'impression d'être en train d'évoluer dans un mauvais rêve.
Mon regard se pose sur l'Envoleuse et sur sa crinière flamboyante qui rougeoie plus que d'habitude. Flamboyante ai-je dis ? Ma mâchoire manque de se décrocher au spectacle qui s'offre à moi : un véritable feu-follet se dresse face au monstre poilu, le forçant à reculer. Je cligne une bonne centaine de fois des yeux avant d'accepter ce que je vois : un feu a remplacé les cheveux d'Hiné. Je savais bien que cette femme n'était pas normale, mais de là à penser qu'elle pourrait être aussi … étrange ?
La seule chose à peu près crédible pour mon esprit reste l'illusion d'optique. Cette femme a travaillé dans une troupe de comédiens-charlatans avant de rejoindre les Mercenaires du Chaos et aura donc appris quelques tours. Sauf que les flammèches qui s'échappent de son crâne brulent les feuilles sur lesquelles elles se posent. Si c'est un tour, alors il est sacrément fort.

Je ne sais pas trop ce qui se passa ensuite. Abasourdie par cette vision d'enfer, je vois à peine les mouvements flous d'Hiné et ceux de l'ours. C'est à peine si je remarque que ce dernier abandonne la partie et pars se réfugier dans la forêt, une patte brûlée. Non, tout ce que je vois c'est ce brasier.
Puis je m'aperçois que l'Envoleuse m'a vue. Tout comme moi elle reste silencieuse, surprise pour une raison que j'ignore. Ah si … j'étais censée être en train de risquer ma vie en désescaladant la falaise. Raté.

- Que … qu'est-ce que … comment ça tu laisse s'échapper notre repas de ce soir ?


Je force un sourire mais n'arrive pas à effacer totalement mon air béat.
Un silence passe, puis je finis par poser ma vraie question :

- Sans blague c'était quoi ce que tu viens de faire ? … je veux dire … tes cheveux … ils ne brûlaient pas vraiment ? Si ? ...

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Ethan Sil'Afian
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MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Sam 10 Nov 2012, 12:09

Des exercices. Encore et encore.
Des lieux défilent. Les obstacles également. Nombreux.
Et le moyen de les passer soufflé juste après par Hiné. Les chevaux, au début. De la course, énormément. De l'escalade. Et encore d'autres exercices. Nous peinons mais, tout comme Laïar, nous préférons n'en laisser rien voir. Ou du moins essayons. Notre corps, à l'instant où nous arrivons à la ferme perdue au milieu de nulle part, est tout sauf en pleine forme. Épuisé. Meurtri. Nous avons l'impression –mais peut être n'est-ce que le masque qu'elle se donne– que Laïar y arrive et supporte ce cour bien mieux que nous. Nos dents grincent.

La soirée puis la nuit que nous venons de passer étaient délicieuses.
Cela aurait sans doutes dû nous permettre de mieux apprécier ce cour et les souffrances qu'Hiné nous imposait à tous deux mais... pour notre part, il n'en est rien. Nous relevons les yeux, désabusé. La lisière de la jungle est juste devant nous. Nous nous arrêtons. Après quelques secondes, Hiné puis Laïar se retournent vers nous, étonnées de mon brusque arrêt.

Nous relevons la tête, leur faisant découvrir une grimace rendant dur notre visage fin.
Hiné reste impassible –comme toujours– mais nous n'arrivons pas à regarder le visage de Laïar, même pour connaître son expression. Une rage assez étonnante nous perfore le cœur et les entrailles. L'envie de tout jeter à la figure de ce maître et de partir est grande.
Et elle finit par prendre le dessus.

« Je vous emmènerai jusqu'où vous voudrez bien me suivre »
Ses propres mots. Ils sont totalement vrais.

– Je ne vous suivrai plus.

Nos yeux, deux flammes bleues, brûlantes, se fixent dans ceux de la femme aux cheveux enflammés. Mais... nous n'arrivons pas à lui faire un seul reproche. Pathétique. Nous ne pouvons cependant à présent reculer. Nous continuons, avec un cœur semblant vouloir s'échapper de notre poitrine tant il battait fort :

– Navré, mais c'est terminé. Je n'irai pas plus loin avec vous.

Nos yeux se ferment, nos poings se serrent. Ne verser aucune larme.
Et avant que l'une d'elle n'ai réagit, nous leur tournons le dos et nous enfuyons dans la direction opposée. Car oui, c'est une fuite. Nous courons longtemps. Assez pour que la lisière de la jungle ne soit plus qu'un souvenir. Nous courons, mais pas dans la direction de la ferme. Nous n'avons absolument pas besoin de cela. Nous commençons à haïr profondément tout ce qui se rapporte aux envoleuses que nous avons eut pour maîtres.

Anee. Hiné.
Notre ancienne éducation, assez malheureusement, nous empêche de cracher par terre pour souligner nos pensées. Tant pis. Nous courons toujours. Cela nous fait du bien et a le mérite de sécher presque instantanément la moindre larme qui aurait l'imprudence de sortir de nos yeux. Au loin, nous apercevons la Confrérie de Fériane, bâtie en haut d'un massif rocheux, bien trop loin pour que nous ayons l'intention de nous y arrêter. Nous grimaçons. De plus, nous n'aimons pas les rêveurs, ces lâches qui abandonnent leur liberté pour...

Laïar...
Nos dents mordent l'intérieur de notre joue si fort que le goût cuivré, si familier, du sang s'écoule sur notre langue. Non Ethan, ne va pas plus loin, ne pense plus à elle. Elle s'en sortira bien mieux sans toi. C'est évident. Il n'y a plus qu'à espérer pour elle que ce maître-ci ne la lâchera pas. Une larme inopportune, trop grosse sans doute, arrive à franchir à la fois les barrières de notre volonté et du vent. Nous mordons plus fort. Et puis nous nous arrêtons, en lisière d'un petit bosquet dans la plaine. Nous aurions tellement voulu... arriver à lui dire au revoir...

Nous marchons alors jusqu'à ce bosquet et, épuisés, nous nous y arrêtons.
Là, nous nous asseyons et contemplons le ciel, yeux presque secs... Seul. Nous voulions être seul. Et tant pis si Hiné envoyait des assassins à nos trousses pour que nous ne puissions divulguer à personne l'emplacement du Domaine et sa configuration. Nous les tuerons, ou nous ferons tuer. Dans les deux cas, le problème serait réglé.

Nous prîmes nos saïs à la main, hésitant à nous servir de l'arme qui pendait dans notre dos puisque c'était le cadeau de la première des deux sorcières... Nous grinçâmes des dents. Le Chaos était bien pourtant... mais le fait d'avoir fuit, nous le savions, nous obligerait à fuir le restant de nos jours.



[Encore désolée.. et, bonne continuation ; au plaisir de peut être vous revoir en rp, plus tard ]

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