AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  RèglementRèglement  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Le Pacte VS L'Ordre
Bienvenue sur Chaos VS Harmonie !

Tu pourras ici incarner un personnage de ton choix, Marchombre ou Mercenaire, et le faire évoluer dans l'univers du forum.
Cours pour améliorer les capacités de ton personnage, aide en RPG, Hors RPG et jeux, tu ne peux que t'amuser avec nous !

Si tu ne connais rien à Gwendalavir, cela ne t'empêchera pas de te joindre à nous, car un récapitulatif de tout ce qu'il y a à savoir est disponible dans le contexte

En espérant te compter très bientôt dans nos rangs,
L'équipe
Cours Envoleurs
Cours Marchombres
Panneaux
Votez (1)
Votez (2)
Votez (3)
Votez (4)
Tops Sites


Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

Partagez | 
 

 Groupe Kofu ~ Cours n°2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Ethan Sil'Afian
Groupe Vegna


Nombre de messages : 91
Date d'inscription : 11/09/2011

Feuille de personnage
Age: 27 ans
Greffe: Non
Signe particulier: second fils de l'empereur

MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Sam 10 Nov 2012, 12:09

Des exercices. Encore et encore.
Des lieux défilent. Les obstacles également. Nombreux.
Et le moyen de les passer soufflé juste après par Hiné. Les chevaux, au début. De la course, énormément. De l'escalade. Et encore d'autres exercices. Nous peinons mais, tout comme Laïar, nous préférons n'en laisser rien voir. Ou du moins essayons. Notre corps, à l'instant où nous arrivons à la ferme perdue au milieu de nulle part, est tout sauf en pleine forme. Épuisé. Meurtri. Nous avons l'impression –mais peut être n'est-ce que le masque qu'elle se donne– que Laïar y arrive et supporte ce cour bien mieux que nous. Nos dents grincent.

La soirée puis la nuit que nous venons de passer étaient délicieuses.
Cela aurait sans doutes dû nous permettre de mieux apprécier ce cour et les souffrances qu'Hiné nous imposait à tous deux mais... pour notre part, il n'en est rien. Nous relevons les yeux, désabusé. La lisière de la jungle est juste devant nous. Nous nous arrêtons. Après quelques secondes, Hiné puis Laïar se retournent vers nous, étonnées de mon brusque arrêt.

Nous relevons la tête, leur faisant découvrir une grimace rendant dur notre visage fin.
Hiné reste impassible –comme toujours– mais nous n'arrivons pas à regarder le visage de Laïar, même pour connaître son expression. Une rage assez étonnante nous perfore le cœur et les entrailles. L'envie de tout jeter à la figure de ce maître et de partir est grande.
Et elle finit par prendre le dessus.

« Je vous emmènerai jusqu'où vous voudrez bien me suivre »
Ses propres mots. Ils sont totalement vrais.

– Je ne vous suivrai plus.

Nos yeux, deux flammes bleues, brûlantes, se fixent dans ceux de la femme aux cheveux enflammés. Mais... nous n'arrivons pas à lui faire un seul reproche. Pathétique. Nous ne pouvons cependant à présent reculer. Nous continuons, avec un cœur semblant vouloir s'échapper de notre poitrine tant il battait fort :

– Navré, mais c'est terminé. Je n'irai pas plus loin avec vous.

Nos yeux se ferment, nos poings se serrent. Ne verser aucune larme.
Et avant que l'une d'elle n'ai réagit, nous leur tournons le dos et nous enfuyons dans la direction opposée. Car oui, c'est une fuite. Nous courons longtemps. Assez pour que la lisière de la jungle ne soit plus qu'un souvenir. Nous courons, mais pas dans la direction de la ferme. Nous n'avons absolument pas besoin de cela. Nous commençons à haïr profondément tout ce qui se rapporte aux envoleuses que nous avons eut pour maîtres.

Anee. Hiné.
Notre ancienne éducation, assez malheureusement, nous empêche de cracher par terre pour souligner nos pensées. Tant pis. Nous courons toujours. Cela nous fait du bien et a le mérite de sécher presque instantanément la moindre larme qui aurait l'imprudence de sortir de nos yeux. Au loin, nous apercevons la Confrérie de Fériane, bâtie en haut d'un massif rocheux, bien trop loin pour que nous ayons l'intention de nous y arrêter. Nous grimaçons. De plus, nous n'aimons pas les rêveurs, ces lâches qui abandonnent leur liberté pour...

Laïar...
Nos dents mordent l'intérieur de notre joue si fort que le goût cuivré, si familier, du sang s'écoule sur notre langue. Non Ethan, ne va pas plus loin, ne pense plus à elle. Elle s'en sortira bien mieux sans toi. C'est évident. Il n'y a plus qu'à espérer pour elle que ce maître-ci ne la lâchera pas. Une larme inopportune, trop grosse sans doute, arrive à franchir à la fois les barrières de notre volonté et du vent. Nous mordons plus fort. Et puis nous nous arrêtons, en lisière d'un petit bosquet dans la plaine. Nous aurions tellement voulu... arriver à lui dire au revoir...

Nous marchons alors jusqu'à ce bosquet et, épuisés, nous nous y arrêtons.
Là, nous nous asseyons et contemplons le ciel, yeux presque secs... Seul. Nous voulions être seul. Et tant pis si Hiné envoyait des assassins à nos trousses pour que nous ne puissions divulguer à personne l'emplacement du Domaine et sa configuration. Nous les tuerons, ou nous ferons tuer. Dans les deux cas, le problème serait réglé.

Nous prîmes nos saïs à la main, hésitant à nous servir de l'arme qui pendait dans notre dos puisque c'était le cadeau de la première des deux sorcières... Nous grinçâmes des dents. Le Chaos était bien pourtant... mais le fait d'avoir fuit, nous le savions, nous obligerait à fuir le restant de nos jours.



[Encore désolée.. et, bonne continuation ; au plaisir de peut être vous revoir en rp, plus tard ]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Dim 11 Nov 2012, 20:27

- Essaye de t'approcher, pour voir. Tu auras ta réponse.

(secoue la tête et fait voleter ses cheveux )







[ Merci d'avoir pris le temps de faire cette dernière réponse, Ethan, et au plaisir ! ^^ ]
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Dim 11 Nov 2012, 22:02

Hésitation.
Est-ce une blague ? Comme si Hiné allait me laisser toucher ses cheveux … et pourtant le ton qu'elle a employé me fait penser qu'elle est sérieuse. Je la regarde, incertaine, partagée entre une curiosité maladive et la crainte de cette Envoleuse un peu folle.

Cinq pas.
Une distance que je finis par faire disparaitre. Je ne veux pas vivre avec un doute et le regret de ne pas avoir vérifié par moi-même que ces cheveux sont bien capables de prendre feu.
Hiné me nargue en secouant sa crinière qui flamboie toujours, me mettant en silence au défi de la prendre au mot. Sous l’impressionnante chaleur qui irradie de sa crinière, je sens mes propres cheveux prêts à roussir et m'arrête donc à un mètre de la jeune femme. Ma main s'élève timidement dans les airs et se rapproche du feu follet. Je suis vraiment une idiote. Si cette histoire n'est pas une plaisanterie, je vais finir avec une énorme brûlure qui va me gêner pendant les semaines qui viennent. Désescalader la Grande Faille avec une cloque sur ma paume va être encore plus suicidaire que prévu. Tant pis pour moi.

Une flammèche quitte l'épaisse toison et s'envole vers ma main. Je n'aurais pas eu le temps de toucher un cheveu pour éliminer mes doutes. La morsure bien que petite me tire un éclat à la fois de douleur et d'étonnement. Je me hâte de m'écarter de ce brasier, maintenant sûre qu'Hiné n'est pas qu'une illusionniste de talent.
Ses cheveux sont en feu.
Ou plutôt ses cheveux étaient en feu.
Sous mon regard qui s'est encore agrandi d'étonnement, je vois les flammes arrêter de lécher le crâne de mon Maître et laisser place à d'épaisses mèches de cheveux rousses à l'aspect inoffensif. Il n'y a pas un seul bout de brûlé sur la peau immaculée d'Hiné … c'est de la magie … ou bien du dessin ? Je n'ai jamais entendu parler de dessins sur une personne, ça ne peut pas être ça … alors qu'est-ce que c'est ?

- D'accord tes cheveux peuvent bien prendre feu. Mais comment ?



[A la prochaine Ethanichou Very Happy]
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Lun 12 Nov 2012, 11:15

[ petit sourire ]

- Comment ? Il suffit que j'y pense. Sois plus précise.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Lun 12 Nov 2012, 21:30

Regard blasé

- Plus précise ? Tes cheveux prennent feu, tu trouves ça normal ? "Comment" pour moi ça veux dire "par quel miracle as-tu obtenu un tel pouvoir" ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mar 13 Nov 2012, 16:29

- Ce n'est pas normal, ce n'est pas ce que j'ai dit...

( petit soupir )

- Par quel miracle ? C'est tout sauf un miracle. C'est des entraînements, tous les jours, qui m'ont permis d'y accéder. Tu pourras peut-être toi aussi un jour avoir quelque chose de tel, si tu passes tes examens avec brio et si les Mentaïs t'aiment bien.

On appelle cela une Greffe... C'est un dessin qu'ils ont créé dans mon corps. Cadeau ultime pour arpenter la Voie du Chaos.


( plante son regard dans celui de Laïar )
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mar 13 Nov 2012, 16:36

ton rêveur

- Je veux les mêmes ...



(Tu vas finir par être son modèle à cette petite Razz)
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mar 13 Nov 2012, 17:20

La remarque de Laïar tira un léger sourire à Hiné, qui haussa les épaules. S’approchant de la falaise composant les bords de la Grande Faille, elle lâcha un petit sourire, avant de répondre d’un ton un peu provocateur, en regardant vers le sol.

- Tu n’auras pas les mêmes, mais sans doute quelque chose qui te corresponde bien plus. Enfin, si tu arrives jusqu’ là…

Redressant légèrement la tête, Hiné lança une moue frondeuse à son apprentie, avant de lui faire un léger clin d’œil, et de désigner le panorama sous ses pieds. La Grande Faille s’ouvrait juste là, et la prochaine étape était la désescalade.

- Allez, on descend. Essaye de ne pas tirer avec les bras, pense à tes pieds et surtout regarde. Observe. Les détails te sauveront toujours la mise.

Hiné se laissa donc glisser le long de la roche, attendant que Laïar commence sa désescalade. Un léger soupir franchit ses lèvres, et une nouvelle flamme venait de naître dans son regard.
La jeune fille semblait changer petit à petit d’avis sur elle, et cela lui convenait jusqu’alors. Mais l’éclat d’admiration qu’elle avait vu dans son regard ravivait quelque chose en elle : elle se souvenait parfaitement avoir détesté son Maître, et pourtant elle l’avait toujours adulé. Peut-être que cette relation en arriverait au même point ? Non, elle n’était pas Hum. Elle espérait que Laïar ne la détesterait pas pour l’éternité.


* ~ . ~ *


Lorsque le pied de Laïar toucha le sol, Hiné souffla légèrement.
La désescalade de cet endroit était tout sauf facile, d’autant qu’il y avait eu la petite dépression qui avait failli faire littéralement paniquer l’apprentie. Mais finalement, elles étaient arrivées en bas, et c’était ce qu’il y avait à retenir, ou presque.

Penser aux détails.

Prenant une grande inspiration, Hiné balaya les alentours du regard.
Elle savait pertinemment que de l’autre côté de la Grand Faille, s’étendait à perte de vue le Désert des Murmures, et elle ne comptait de toute façon pas escalader tout de suite l’autre versant. Elles ne toucheraient de toute façon pas l’autre versant, dans la réalité : l’Envoleuse avait dans l’idée de descendre dans le nid de la Grande Faille pour n’avoir à escalader qu’une dizaine de mètres de falaise lorsqu’elles arriveraient tout au sud.

Dégainant son arc, l’Envoleuse encocha une flèche sur la corde, avant de lancer un regard à Laïar.


- Allez, la première qui ramène un truc à manger aura le droit de dormir une heure de plus ce soir.

Elle n’était pas sûre que cela motiverait la jeune fille, mais elle semblait épuisée par la course, puis la descente, et avait sans aucun doute besoin de se reposer.
Comme un souffle, elle se coula entre deux buissons, cherchant un petit animal rampant, avant de changer d’avis : un peu de poisson ne ferait pas de mal, si ?









( Oh, pourquoi pas, ça ne me dérangerait pas ! Rolling Eyes )
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Jeu 15 Nov 2012, 22:54

- Je ne compte pas arriver uniquement "jusqu'là".

Je renvois son sourire provocateur à l'Envoleuse et m'élance à sa suite dans la désascalade, nourrie par une nouvelle motivation.
Moi aussi j'aurais une greffe. Une encore mieux !


******


La brûlure sur mon doigt me picote à l'endroit où la flammèche m'a touchée. La peau a enflée, formant une cloque qui me rappelle que j'ai bien fait de ne pas poser ma main sur la crinière d'Hiné. C'est déjà assez dur comme ça de sentir la roche sous mes doigts. Nous attaquons la partie la plus ardue et je les sens engourdis, aussi fatigués que moi par la descente. Il me reste bien du chemin avant cette fameuse greffe ! Et en parlant de chemin … lequel vais-je prendre pour venir à bout de cette dépression ? Je vois Hiné qui s'est déjà élancée à l'assaut de l'obstacle, n'attendant plus que moi pour continuer. Je ne sais pas pourquoi mais je la sens mal cette histoire. Si j'avais une corde attaché à ma taille pour me sécuriser, je n'hésiterais pas autant, sauf que ce n'est pas le cas. Y a-t-il une autre voie ? Mes yeux n'en voient malheureusement pas, et à en croire mon Maitre je suis en effet censée passer par là. Dommage …

A chaque mètre qui passe, je me sens un peu plus mal. Perchée là en étant penchée vers l'arrière, j'ai à nouveau peur de ne pas pouvoir arriver à vaincre cet obstacle. Un rapide coup d'œil vers le sol à la fois proche et terriblement éloigné, me faisant regretter mon action. C'est la deuxième fois que je commets cette erreur idiote alors que je suis agrippée sur un mur avec mon corps au bord de la rupture. Comme au milieu de ce mur d'enceinte à Al-Vor ou comme en haut de ce rougoyeur, je m'arrête, incapable de continuer plus loin. Il faudrait que je respire, me relaxe, mais pas moyen. Je ne vois que mon corps réduit à l'état de crêpe vingt mètres plus bas.

Une douce chaleur à mes côtés me signale l'arrivée d'Hiné. Si seulement j'avais autant de facilité qu'elle pour monter ou descendre cette foutue falaise …

- Alors ? Je croyais que tu voulais la même ?

Je fixe mon Maître et ses cheveux qui flamboient à nouveau. Cette provocation me fait éclater de rire, évacuant en même temps la tension dans mes muscles. Décidément cette femme a un don pour me faire oublier ce à quoi je suis occupée et me redonner un peu de motivation.

A nouveau boostée, je me relance à l'attaque du décrochement.
"Détail et globalité. Tu dois pouvoir tout voir sans rien regarder."M'a dit mon premier Maître.
"Observe. Les détails te sauveront toujours la mise." M'a dit la seconde.
Si avec ça et tout le reste de leurs conseils je n'arrive pas au bout de mes peines, c'est que je le fais exprès.


*******


Mon pied touche le sol.
Enfin.
Je prends le temps de poser ma tête contre la falaise pour reprendre ma respiration et récupérer un peu d'énergie. Je ne sens plus mes muscles et je n'ai plus qu'une envie : aller dormir pendant une semaine. Cette journée était trop riche en émotion pour moi.

- Allez, la première qui ramène un truc à manger aura le droit de dormir une heure de plus ce soir.


Je me retourne pour voir qu'Hiné a son arc en main, flèche encochée. Cette femme ne me laissera donc jamais prendre cinq minutes de repos ? Comme si j'avais envie d'aller chasser maintenant … vu mon état je pourrais aussi bien aller me coucher sans manger. Evidemment il faudrait aller chercher le petit déjeuner alors que nous l'aurons déjà si je me force un peu. Si l'Envoleuse se force un peu. Je ne vois pas comment elle pourra m'empêcher de dormir autant que je le veux vu mon état.

J'acquiesce en silence. Je n'ai même pas le courage de prendre cet exercice de survie comme un jeu. Ca marchait la première semaine du cours quand je n'avais pas encore connue les joies de l'enchainement course effrénée à travers la jungle – désescalade d'une des pires falaises de Gwendalavir.

N'ayant pas jugé bon de m'encombrer avec un arc et des flèches – ceux-ci étant restés avec ma selle et Hurcul – je n'ai plus qu'à chasser avec mon poignard ou pêcher avec mon sabre. La corvée … ou alors … mais Hiné est loin et j'ai peur de me lancer dans une telle aventure seule. Pourtant ça m'éviterait le casse-tête d'un pistage, surtout dans cette cuvette où seuls les lapins doivent trouver assez pour se nourrir… dur choix … et puis finalement je cesse d'hésiter et m'élance.

A l'attaque de la falaise.
Avoir un grain doit être une condition pour devenir Envoleur. C'était le cas pour Anee, c'est le cas pour Hiné, et cela semble être mon cas.
Pourtant, lorsque ma main attrape deux œufs bien lisses, je ne doute plus d'avoir fait le bon choix. Je n'ai pas la moindre idée de quelle bestiole a bien pu pondre ces petites merveilles, mais nul doute qu'elles doivent être comestibles. Il y a aussi cette ombre noire que j'ai vu décoller quand je cherchais une idée de repas. Un oiseau aurait aussi fait un mets de choix mais l'attendre signifierait laisser une chance à Hiné de revenir la première avec de la nourriture. Pour ma conscience et mon honneur, c'est inacceptable.

Mécaniquement je redescends vers le sol, mes prises bien callées dans mon sac. A moins que je tombe, il ne devrait pas y avoir d'omelette ce soir.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Ven 16 Nov 2012, 16:52

Poisson et œufs durs.
Elles purent bien manger, ce soir-là, comme les jours suivants. Les prises étaient faciles, et Hiné apprit à Laïar à pêcher habillement, tant au poignard qu’à la main ou avec une branche d’arbre taillée. D’ailleurs, c’était très drôle de voir la jeune femme se précipiter sur les poissons qui lui passaient entre les jambes sans parvenir à les saisir les premières fois.
Les thons étaient plus faciles à attraper dans les passages de la Voleuse où il y avait beaucoup de courant, et où la profondeur de l’eau était moindre. Pister les animaux qui venaient boire dans la rivière fut aussi l’un des exercices qu’elle imposa à l’apprentie.

Elles restèrent quelques jours sur le même campement, et ce fut le troisième au soir après manger que Hiné emmena Laïar tout près de la rivière, et d’un passage peu profond et tumultueux.
Plutôt que de relever simplement son pantalon comme elle avait fait jusque-là pour pêcher, cette fois-ci l’Envoleuse se déshabilla complètement, avant de rentrer tranquillement dans le courant rageur de la rivière. Au plus profond, l’eau lui arrivait juste dans le creux de ses reins. Se retournant vers la jeune fille, elle lui adressa un sourire tranquille.


- A toi.

Observant la jeune fille, Hiné lâcha un léger soupir.

- La rivière a une force, elle est une force, même. Comme le vent, d’ailleurs, comme le reste de notre environnement. Bon, en l’occurrence, tu vas vite sentir la force de l’eau. Tu dois pouvoir les reconnaitre, les sentir pour te les approprier. Il y a tout un équilibre entre la résistance et l’acceptation, entre l’immobilité et le mouvement, qu’il faut acquérir pour réussir à comprendre et donc à agir en fonction.

Un léger sourire étira ses lèvres.
Elle attendait.







[ Très court, désolée, petit manque d'inspi ^^' ]
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Ven 16 Nov 2012, 23:36

Trop lente.
Un peu à l'écart de la rivière, posée entre deux arbres, Hiné a déjà eu le temps d'allumer un feu et de préparer presqu'entièrement les deux belles truites qu'elle a pêchée. L'heure de sommeil en moins sera pour moi. Trop fatiguée pour réaliser l'étendue de cette perte, je m'assois à ses côtés en silence et fait chauffer de l'eau dans une sorte de récipient en peau. Encore une astuce que l'Envoleuse m'aura apprise au cours du voyage : je n'aurais jamais pensé qu'un tel objet ne flambe pas dès la première seconde sur le feu. L'humidité de l'eau et ses miracles …l'important n'est pas la science cachée derrière ce phénomène mais bien la possibilité de manger des œufs cuits.

Au cours des jours qui suivent – de nouveaux œufs n'ayant pas apparus- Hiné se met en charge de m'apprendre à pêcher de toutes les manières possibles en utilisant tous les outils à ma disposition. Poignard. Branche taillée en pointe. Main. Un apprentissage qui me fait parfois penser à la pêche d'un ours lourdaud mais nécessaire pour ma survie puisque l'Envoleuse refuse de partager ses prises. Quelle garce ! Pourtant cette méthode porte ses fruits : dès le deuxième jour j'ai appris à oublier le contact mordant de l'eau pour me plonger dans l'étude de la rivière et de ses habitants. Quelle cachette pour une crevette ? Pour un poisson ? Quelle sera sa route ? Comment faire pour les empêcher de me repérer ? Quel mouvement pour tuer sans chuter ? Tant de choses que je me dois très vite de maîtriser pour empêcher mon ventre de gronder.
La chasse vient aussi s'ajouter au programme, plus pour m'entrainer à identifier les pistes qui quittent la Voleuse que pour tuer du gibier, abattre une biche étant quelque peu compliqué avec seulement un poignard et un sabre. J'apprécie ces leçons qui forment une pause appréciée dans ce cours. Hiné ne me demande plus d'efforts exagérés, laissant mon corps se reposer avant je ne sais quelle autre torture. Il n'en reste pas moins qu'inconsciemment je continue à faire travailler mon agilité, ma souplesse et ma capacité à me mouvoir en silence.

Un beau soir, alors que je m'apprête à aller m'étirer puis me coucher, Hiné décide de m'entrainer vers la rivière. C'est surprenant vu que nous venons de manger. Intriguée plus que contrainte, je la suis dans la nuit jusqu'au cours d'eau. Là, bercée par les rayons de la lune, je la vois enlever ses vêtements et se plonger dans l'eau.
Il fait nuit. L'air est froid. L'eau est glacée. J'ai une couverture et un feu qui m'attendent, et tous ce qu'Hiné trouve à faire, c'est jouir d'une baignade nocturne. Elle veut vraiment nous faire attraper froid ? Il semblerait que oui …

- A toi.

Ou pas.
J'hésite. Sens une protestation remonter dans ma gorge, aussitôt stoppée par un soupir de mon Maitre. Elle a finit par apprendre à me connaitre, ce qui a parfois tendance à plus la désespérer qu'autre chose. Et là, elle sait pertinemment que je ne vais pas obéir sans une menace et de vraies consignes.

- La rivière a une force, elle est une force, même. Comme le vent, d’ailleurs, comme le reste de notre environnement. Bon, en l’occurrence, tu vas vite sentir la force de l’eau. Tu dois pouvoir les reconnaitre, les sentir pour te les approprier. Il y a tout un équilibre entre la résistance et l’acceptation, entre l’immobilité et le mouvement, qu’il faut acquérir pour réussir à comprendre et donc à agir en fonction.


D'accord c'est bien mignon tout ça, mais pourquoi maintenant ? Pourquoi pas en plein jour quand le soleil peut sécher nos peaux en cinq minutes ? Elle me comprend peut-être mais moi je dois avouer que les idées qui traversent sa tête me paraissent bien opaques. Enfin bref … comme d'habitude je suppose que je vais devoir me jeter à l'eau, au sens propre cette fois.

Sans plus de gêne que la jeune femme, je retire mes vêtements et me glisse dans la rivière, entièrement nue. Je frissonne en sentant la morsure du froid sur ma peau. Serrer les dents ne m'aide pas beaucoup, pourtant c'est la seule chose que je trouve à faire pour m'aider à supporter la douleur.
A peine arrivée à mi-cuisse, je réalise qu'Hiné ne m'a pas entrainée dans un gentil passage du type de ceux où nous pêchions. L'eau en amont a du rencontrer un passage rétrécit et un bon dénivelé car elle se déverse sur nous avec assez de force pour déstabiliser quelqu'un. Moi en l'occurrence.
Les bras écartés, je me stabilise tant bien que mal tout en avançant vers l'Envoleuse. C'est à peu près aussi agréable qu'affronter le vent en haut d'un arbre, même si cette fois j'ai les pieds qui touchent le sol.

A peine arrivée au niveau de mon Maitre, je sens un courant un peu plus fort que les autres qui me déstabilise et m'entraine un peu plus loin, jusqu'à un rocher m'empêchant d'aller plus loin. Je tente de forcer les eaux pour avancer mais mes jambes sont sans cesse rabattues vers l'arrière. Impossible d'avancer. Je suppose qu'Hiné n'est pas de cet avis et qu'elle va me le prouver sans tarder en venant m'aider. Avant qu'elle me prouve que je suis une incapable, il va falloir que j'arrive à faire ne serrais-ce qu'un pas vers elle. Courage. Courage. COURAGE. Et volonté. Cette qualité remarquée par Anee ne m'est pas d'une grande aide ici, mes mouvements restant collés au rocher aussi surement que si j'étais liée à lui par des chaines.

L'eau est un peu plus haute pour moi que pour la jeune femme, trop peu cependant pour prendre ça comme une excuse. Alors qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Pendant des jours j'ai appris à anticiper les mouvements des poissons, pas ceux de l'eau ! C'est exactement comme au sommet du rougeoyeur : je suis incapable d'appréhender cet élément. Les poissons … le souvenir de mes leçons de pêche remontent à ma mémoire. Je les ai vus, battant des nageoires pour ne pas bouger ou pour avancer. J'ai cherché à comprendre leur chemin pour mieux les capturer, mais leur chemin c'est le courant. Si un poisson peut se jouer de l'eau, alors je dois pouvoir y arriver aussi.

Je réfléchis trop.

Qu'importe les poissons, ce ne sont pas eux qui vont me montrer les courants à chaque fois, et en particulier maintenant, à une heure où ils dorment tous ! L'eau est une force, un élément, comme le vent. Insaisissable pour ma vue mais pas pour mes sens.
Mes yeux se ferment et je laisse remonter à moi les mots d'Hiné.
Résistance. Acceptation.
Immobilité. Mouvement.
Avancer. Reculer.
Se faire eau dans la rivière.
Les mains plongées dans le courant, je tente de comprendre son mouvement en perpétuel changement, de saisir le long de mes doigts les nuances entre ses forces et ses faiblesses. C'est un peu comme si je me retrouvais face à un adversaire et devais le vaincre : il ne s'agit que de se glisser dans ses failles et en profiter pour les exploiter et s'avancer vers son cœur.
Après les mains viennent les jambes et mon bassin ce qui s'avère plus compliqué. A peine ai-je posé un pied que je dois chercher où poser le suivant, où me tourner pour ne pas être déséquilibrée. Il y a trop à sentir dans cette eau tumultueuse pour la novice que je suis, même si peu à peu j'arrive à grignoter des centimètres à la rivière. Le rocher reste une rencontre un peu trop fréquente au goût de mon dos mais je ne me soucie pas de lui, trop occupée par cet élément taquin.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 21 Nov 2012, 17:19

S’approprier, apprivoiser les forces de la nature n’était pas une mince affaire. C’était toujours complexe, et cela avait quelque chose de particulièrement exténuant. Mais depuis le temps que Hiné bassinait Laïar avec le vent dans les arbres de la jungle d’Hulm, elle était heureuse de constater que la jeune fille n’était pas aussi têtue qu’elle en donnait l’air ; elle avançait malgré tout, particulièrement depuis qu’elle avait fait la découverte de la greffe de l’Envoleuse.

Et cette dernière en profitait, évidemment.
Il ne suffisait pas de savoir descendre une montagne, faire le singe dans les arbres ou traverser une rivière en furie. Être Envoleur poussait tout cela à leur apogée, ce qui faisait que cela devenait intéressant de posséder de telles capacités. Ce n’était pas seulement pour le plaisir qu’elle apprenait tout cela à la jeune femme, même si cette dernière avait tendance à croire qu’elle le faisait par amusement. Le but, derrière tout cela…
Laïar l’avait-elle compris ?

Elle avait son propre but, oui. Un but de vengeance, Hiné n’en doutait pas une seconde ; elle était tenace, la petite, une vraie tête brulée. Elle ne renonçait pas avant d’avoir réussi, ou alors c’était qu’elle était hors d’haleine et incapable d’aller plus loin. Ou alors, qu’elle trouvait les choses stupides. Mais ce qu’elle voulait, elle l’obtenait, et cette patience toute relative était quelque chose d’important selon la femme rousse.


* ~ . ~ *

Elles redescendaient encore et toujours le long de la Grande Faille, directement vers le Sud.
Elles en sortirent enfin au bout de presque vingt jours entiers après avoir descendu la falaise. Hiné avait apprécié la manière dont Laïar avait réussi à s’approprier la force de la rivière, quand elle s’y était baignée pour la première fois, et le lui avait dit. Mais il ne s’agissait pas non plus de se reposer sur ses lauriers, aussi rajouta-t-elle des difficultés à chaque nouvelle baignade.
Les animaux dans la Grande Faille avaient un écosystème propre, et certains se trouvant là depuis des centaines d’années, avaient développé des capacités propres à cet environnement si spécifique. C’était d’ailleurs sans doute le seul endroit en Gwendalavir où l’on pouvait trouver des mammifères à carapaces ou autres absurdités dans le même genre.

Quand le vingt-et-unième jour elles sortirent de la Faille par une petite escalade d’une dizaine de mètres à peine – une escalade que les mains de Hiné connaissaient par cœur. La pierre pulsait sous ses doigts, et semblait l’attirer à elle, comme si elle la retrouvait enfin…
Elle la retrouvait enfin.
Depuis combien de temps n’était-elle pas passée par ici ? Des années, de très très longues années. Même quand elle avait filé vers le Rentaï, apprentie Marchombre, elle ne s’était pas arrêtée non plus. D’ailleurs, elle ne savait même pas si ses parents étaient encore là, s’ils étaient morts ou non… Et à vrai dire, cela ne lui faisait ni chaud ni froid d’avoir ces pensées. Mais elle avait cette sensation qu’il n’y aurait personne.

Sortant des gorges, Hiné lança Laïar dans une petite course à pieds, suivant un vieux sentier qu’elle connaissait encore. La végétation avait poussé et repris ses droits, mais cela restait des endroits qu’elle connaissait malgré tout pour les avoir côtoyé de longues années de sa jeunesse. Et puis, soudain, à la sortie d’un bosquet, la bâtisse se dressa devant elles.

Elle n’était pas très grande, mais cela restait malgré tout une belle ferme. Surtout, une vieille ferme. Repassant dans une marche tranquille, Hiné tendit l’oreille. Il lui semblait qu’elle entendait des voix… Oui, quelques voix s’élevaient de l’arrière des remparts, et elle haussa les épaule : ha, donc les deux vieux devaient être vivants ! Jusqu’à ce qu’un rire tonitruant explose, bien gras, et qu’elle se rende à l’évidence : ce n’étaient pas ses paternels, mais sans doute des voyageurs, ou alors des pillards. Un sourire mauvais s’installa sur le visage de l’Envoleuse, et elle fit signe à Laïar d’être silencieuse. Elles pénétrèrent à l’intérieur de la cour par un pan de mur écroulé, pour se cacher derrière quelques pierres éboulées.

Il y avait quatre pillards.
A leur côté, chacun portait un sabre de bonne facture, et ils n’étaient pas le genre de bandits des grands chemins que l’on retrouvait souvent, sales et pleins de vermines. Non, ils avaient des habits plutôt élégants, et semblaient installés là depuis un petit moment : les sacs de couchage, sur le sol, avaient commencé à creuser le sable, alors que le foyer était rempli de braises.
Tournant la tête vers son apprentie, Hiné lui adressa un léger sourire.


- Bon, on leur prend la place ? Allez, je compte sur toi.

Croisant ses bras sous sa poitrine, l’Envoleuse fit un petit signe du menton à Laïar pour l’encourager à se montrer, et donc à essayer de faire fuir les brigands à la manière qu’elle trouverait la plus… efficace.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Ven 28 Déc 2012, 22:50

Qu'est ce que je lui avais dit déjà ? Ah oui … Puissance. Solitude. Victoire. Trois mots pour une vision du Chaos et de la Vie. Mais à travers ce cours qui avance, je m'aperçois qu'il me manque quelque chose. Une notion qui s'échappe à chaque fois que je crois la saisir, comme lorsque je joue avec l'eau ou le vent d'une façon jamais complète. Hiné cherche à me faire trouver quelque chose, mais quoi ?

*****

Mes cheveux noués gouttent encore, laissant dans mon passage un peu de la Voleuse. Il y a quelques minutes je faisais mes adieux à la rivière, compagne journalière de ces exercices imposés par mon Maître. A son contact j'ai beaucoup appris. S'ouvrir et laisser son instinct vous guider, comprendre pour mieux vaincre. Cette folle et ses courants ardents m'auront aussi aidée à affiner mes muscles, car se glisser dans les méandres de la rivière demande de lui opposer un peu de résistance.

Un sourire serein sur les lèvres j'apprécie l'aisance avec laquelle je me déplace désormais, que ce soit au sol ou sur la falaise. Les muscles qui roulent sous ma peau n'ont pas fini de s'affiner, pourtant je sens déjà la puissance nouvelle qu'ils développent en moi. Une courte escalade ne représente plus de grande difficulté, c'est pourquoi je me permets un arrêt au milieu de l'ascension qui nous emmène sur les hauteurs du Désert des Murmures. Mon regard erre un instant sur la zone boisée qui a accueillit nos derniers jours de voyage dans la Grande Faille. Les essences qui y poussent et les animaux qui y vivent n'étaient pour la plupart que des dessins à la plume sur une feuille de parchemin. En moins d'un mois ils auront pris vie - ou plutôt auront terminé leurs vies – sous mes yeux et sous mes tirs. Je n'avais pas réalisé le travail des chasseurs pour attraper un Quilin dont la viande était à peu près aussi prisée chez ma famille que celle du Tigre des Prairies. Cette espèce de petit cervidé diablement vif m'aura usé plusieurs longues journées de traque et forcée à ruser de milles manières différentes jusqu'à ce que je réussisse à en avoir un. Qu'il sera bon de retourner chasser dans les forêts entourant le lac Chen ! Les biches, lièvres et autres animaux "normaux" me paraitront bien lents et apathique à côté de cette satanée bestiole. Et leur chair bien fade …
Enfin bref, je ne vais tout de même pas me mettre à pleurer en repensant à tout ce qui s'est passé pendant ce mois à remonter la Voleuse. Hiné a encore des tas de choses à m'apprendre, ainsi que des tas d'autres exercices plus tordus que tous ceux qu'elle m'a imposés jusqu'à maintenant. Je devrais plutôt pleurer sur mon sort futur que sur celui passé.


La terre sableuse fait suite à la roche de la falaise et à la terre molle de la vallée. Une course à allure posée me laisse le temps d'apprivoiser ce sol et de me faire à la sensation instable qu'il me procure. Je profite aussi de ce répit pour arpenter les environs du regard, cherchant à savoir ce que nous réserve ce nouveau terrain de jeu. Pour l'instant, pas grand-chose. C'est une alternance entre espaces désolés et petits bois. La végétation est éparse et rarement assez épaisse pour abriter le moindre monstre aux dents aiguisées. Pourtant je reste aux aguets comme me l'a appris Hiné. Ne jamais se fier à rien ni personne, voilà qui me va parfaitement.


Au détour d'un bois se dévoile soudain un mur de pierre massif, croulant sous les mauvaises herbes. Trouver une bâtisse au beau milieu de cette contrée jusque là déserte était bien la dernière chose à laquelle je m'attendais. Je marque un temps de pause avant de me hâter pour suivre l'Envoleuse déjà en train de longer le mur en silence. Je la vois qui guette le moindre son, légèrement tendue. Je l'imite et entend en même temps qu'elle des voix provenant de l'enceinte. A moins que les fantômes existent, cet endroit n'est pas abandonné. Il nous reste deux options : continuer notre chemin sans bruit ou nous arrêter et … ? Et suivre les plans d'Hiné, parfois tellement digne d'une lunatique que je ne saurais pas les deviner. Va-t-elle opter pour le sang ou le calme ? A voir son sourire d'Envoleuse, je pencherais pour la première option … pourquoi pas alors. Cette Grande Faille manquait cruellement d'animation et je ne serais pas contre une petite bagarre.

Sans émettre un son nous nous glissons à l'intérieur de l'enceinte. Les racines d'un chêne ont affaibli un bout de mur jusqu'à ce qu'il s'affaisse, nous offrant ainsi une entrée discrète et une ombre plus qu'appréciable dans laquelle nous nous dissimulons pour observer les habitants. Ils sont quatre. Trois hommes et une femme qui n'ont rien de fermiers à en juger par leurs habits et les lames qu'ils portent à leur côté. En plus il n'y a aucun bruit indiquant la présence de vaches, de poules ou d'un quelconque autre animal de ferme. Ah si, un hennissement en provenance d'une petite dépendance en face de nous. Il doit y avoir des chevaux : on ne s'isole pas sans avoir un moyen de voyager rapidement.

- Bon, on leur prend la place ? Allez, je compte sur toi.

Je regarde mon Maitre, regarde les habitants, regarde les lieux. Prendre leur place ? Je ne vois pas trente mille solutions autres que les éliminer. Les faire fuir ne nous offrirai qu'un court répit dans la fermette. Nul doute que ces quatre larrons ont des amis à moins d'une journée d'ici qui seraient ravis de venir troubler notre nuit avec le doux son de leurs lames. Et puis je n'ai pas envie de salir l'endroit avec du sang … La nuit ne tardera pas à tomber et je suis sûre que cette odeur ne manquera pas d'attirer les quelques prédateurs qui doivent peupler la campagne. Non, il faut trouver une autre solution, même si je ne suis pas certaine qu'elle plaise à Hiné.

- Tu ne voudrais pas plutôt te joindre à eux ?



[Oui je sais : toute cette attente pour ça x) Je ferais avancer le schmilbilik en fonction de ta réponse.]
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Ven 18 Jan 2013, 12:49

- Cette maison était celle de mes parents, et il est hors de question que je me joigne à ces brigands, sauf pour leur donner la frousse et la raclée de leur vie....

Tu peux donc considérer que ceci est un cadeau, et un gage de ma considération pour toi...






[ Tout ça pour si peu ! xD ]
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Lun 21 Jan 2013, 20:22

- Leur donner la frousse ? Alors fais-moi plaisir, allume tes cheveux et cours vers eux en hurlant. Ce ne serait pas la première fois que tu effraye quelqu'un …

Je contemple Hiné, un petit sourire moqueur en coin. Elle m'a confié le déroulement de la mission "Dératisation", voyons voir si cela implique son obéissance. Apparemment non puisqu'elle ne s'élance pas dans la cour. Il semblerait qu'elle attende une action plus censée de ma part, ou du moins une action qui m'implique moi et ne lui laisse pas tout le boulot.

- Je plaisante. Mais tu es sûre que tu me fais confiance ?


Je cherche dans ses yeux une approbation quelconque, l'Envoleuse n'étant pas décidée à utiliser à nouveau sa voix pour moi. Elle hoche légèrement la tête et son visage détendu répond à ma question. Oui elle à l'air de me faire confiance, ou du moins elle sait qu'elle, elle sera toujours là pour redresser la situation si celle-ci venait à s'envenimer. Ca ne sera pas la peine : je compte bien lui prouver que je peux gérer une telle mission seule.

- Alors demi-tour.


Sans quitter la cour des yeux, je me faufile hors de l'enceinte, suivie par mon Maitre. Je me demande si elle a vu à travers ma boutade les véritables sentiments que j'essaye de cacher. Je n'arrive pas à croire qu'elle me laisse m'occuper de ce quatuor parce qu'ils ne sont pas dignes de sa lame. La maison de ses parents … j'ai eu le sentiment que ce lieu avait de l'importance et qu'elle n'a pas menti en disant me faire un cadeau, un "gage de sa considération". Je me sens flattée par ses mots, trop d'ailleurs puisque j'essaye de le cacher. Je n'échouerais pas.


Je longe le mur, me forçant à garder une allure décontractée malgré les muscles noués sous ma peau. Je n'aime pas trop l'idée d'affronter quatre personnes si les choses tournent mal. J'aurais peut-être dut me contenter de lancer mes poignards de derrière l'arbre ce qui en aurait éliminé deux et réduit les combats à du un contre un. A moins qu'il y ait d'autres bandits se cachant dans les parages, ce que je veux vérifier avant de passer à l'action. Il ne s'agit pas de passer du chasseur au chassé.

Nous passons l'angle d'un mur et arrivons en quelques pas à l'arche en pierre marquant l'entrée de la fermette. Aussi envahie par la mousse que l'enceinte, elle semble pourtant moins en passe de s'écrouler que le reste. Solidement posée dans ses gonds, une porte en rondins bloque l'entrée sous l'arche. Je suis ravie de constater qu'elle est entrouverte. Escalader un mur pour entrer dans une ferme semblerait plutôt louche à ces compères, et je ne souhaite pas attiser leur méfiance.
Sans me soucier du bruit des cailloux sous mes pas ni du léger grincement de la porte que je pousse, je pénètre dans la gueule du loup.

- Tu en as mis du temps pour rentrer Sam …

L'homme qui a prononcé ces mots d'un ton bourru s'arrête soudainement de parler. En l'espace d'un battement de cils, il s'est levé, a lâché le bâton qu'il taillait et s'est mis en position d'attaque, poignard en avant. Ses compagnons ne sont pas restés immobiles non plus en nous voyant : l'un d'eux pointe déjà son arc et une flèche sur nous tandis que l'autre a la main posé sur la garde de son sabre. La femme quand à elle s'est juste raidie, gardant toutefois ses fesses bien posées sur le rondin qu'il lui sert de siège. Elle semble prête à bondir sur son arme à son tour.

- Qui va là ?


C'est toujours le même homme qui parle. Haut d'un peu moins de deux mètres il est aussi impressionnant que sa voix, forte et caverneuse. Il a tout du monstre qui n'utilise que sa force brute, pourtant quelque chose dans son attitude de chef me fait penser que ce n'est pas son seul atout.

- Deux voyageuses épuisées à la recherche d'un toit pour dormir.

Je ponctue ma phrase d'un beau sourire convivial, abusant de mon charme naturellement fantastique pour faire fondre son cœur de géant.

- Il y a une auberge à moins de trois jours de marche, vous y trouverez un toit et un lit.

Mon charme fantastique ne doit pas l'être tant que ça … il persiste à nous parler comme à des punaises. Sale rat !

- Super ! Merci pour l'information monsieur, mais nous cherchons un abri pour ce soir vous savez … ne me dites pas que vous refuseriez l'hospitalité à deux femmes.

J'insiste lourdement sur le dernier mot comme j'ai insisté sur notre état, tentant de faire rentrer dans le crâne de cet homme qu'il ne risque rien.

- On peut savoir ce que vous fichez dans ce pays ?

Tiens voilà que l'archer se décide lui aussi à nous parler. Sa main ne tremble pas d'un poil et ses yeux sont décidés. Il n'a rien d'un bleu incapable de transpercer un humain. Je ne l'aime déjà pas.

- Nous nous promenons … et nous cueillons des pâquerettes aussi !

Ils se tendent tous. Mon humour est à peu prêt aussi génial et efficace pour détendre les esprits que mon sourire. Hiné va me détester si je fais foirer la mission … il faut que je redresse la situation et vite ! Surtout que je suis la première sur la liste de cet archer à la noix.

- Je plaisante ! On se calme les gars, arrêtez de stresser voyons, je ne vois vraiment pas ce que vous craignez de la part de deux personnes, dans un coin perdu au milieu de nulle part ! Dans des lieux comme ça je croyais que l'entraide était ancrée dans les mémoires … d'ailleurs les précédents locataires de cette bâtisse nous avaient fait un meilleur accueil la dernière fois que nous avions rallié Al-Jeit par ici.


- On ne va pas à Al-Jeit en passant par ici demoiselle.


- Et bien si ! Nous, nous aimons choisir nos propres routes et nous l'avons déjà fait.

Je toise la femme qui a décidé d'exposer sa science sur les routes de Gwendalavir. Comment peut-elle prétendre savoir qu'on ne peut pas aller à Al-Jeit d'ici ? Si je vois à peu près où nous nous trouvons, alors la capitale n'est qu'à deux semaines à pied.

- Je me permets donc d'insister si vous le permettez. Promis vous ne verrez même pas que nous sommes là !

Je leur jette un regard implorant. Les amadouer … essayer de les faire rire, de détendre ces foutues épaules que sont les leurs, de leur faire baisser leur garde ne serait-ce qu'un peu.

- Non. Allez filez. Je vous laisse deux minutes avant qu'Elca ne vous fiche une flèche dans l'derrière.


- Puis-je au moins savoir si les anciens propriétaires se sont installés à proximité ? Eux au moins nous offriraient un toit …


- J'aurais été ravi de vous annoncer que leur sang a teinté cette lame à l'image du votre si vous ne partez pas, mais je suis dans le malheur de vous dire que non, nous ne savons pas où ils se trouvent maintenant.


- Ils ont raison d'être partis, qui voudrait habiter là de toute façon !


- Je suis bien d'accord, mais il semblerait que vous ne soyez pas contre …


- Fride on ne t'a pas sonné.


Le géant foudroie son compagnon le bretteur pour sa petite remarque moqueuse, surement jaloux de mon léger rire à cette entente. J'étais ravie de l'entendre sonner si juste alors qu'il n'était que forcé. Ce charmant garçon qui vient de se faire rabrouer à l'air plus enclin à nous laisser rester que les deux autres hommes.

- Désolée de vous causer des ennuis Fride.

Je lui envois un sourire appuyé d'un clin d'œil, le faisant rougir timidement. Si un d'entre eux a les faveurs de la jeune femme, ça ne doit pas être lui. Il est trop sensible à la gentillesse féminine il me semble.
Dans mon dos, je sens Hiné qui s'impatiente. Cet endroit lui appartient, normal qu'elle souhait le récupérer au plus vite.

- Puisque vous insistez messieurs … je crois que nous allons continuer notre chemin.

Je pousse un léger soupir avant de pivoter sur ma jambe et d'esquisser un pas en avant. J'en profite pour tirer une grimace à Hiné, forçant un énorme sourire sur mes lèvres. Mes yeux restent cependant sérieux, lui faisant comprendre par là qu'il n'est pas encore temps de se jeter à la gorge du quatuor.

Je m'arrête une seconde, laissant ces brigands imaginer que j'hésite. A nouveau je pivote et m'avance d'un pas décidé vers le géant, sans pour autant me montrer plus agressive qu'avant. Je m'arrête à deux pas de lui, laisse échapper un "Et si …" en me mordant la lèvre dans un sourire coquin, puis me décidé à franchir la distance qui nous sépare.

- Et si notre nuit ici ne profitais pas qu'à nous … vous diriez non à deux couvertures de plus ? …


Doucement je me mets sur la pointe des pieds pour rapprocher mon visage du sien, sa douce haleine d'homme malpropre venant caresser mes narines. Mes mains viennent se poser sur ses poignets mine de rien, écartant de moi le poignard du géant. Du coin de l'œil, j'aperçois l'archer qui abaisse légèrement son arme, hésitant sur la conduite à tenir. Il ne doit pas être contre ma proposition.

- Lowell.

La voix féminine claque dans l'air comme un coup de fouet, son effet sur le géant ressemblant plus à un seau d'eau froide versée sur sa tête. La garce ! Il baissait justement sa garde !
Je m'écarte de l'homme, le visage contrit. Je le vois hésiter sur les mots à me dire, partagé entre son désir et celui de sa compagne.

- Mais Gaïa …

Il détourne la tête. Parfait. Le dénommé Elca aussi. Encore mieux.
Je me glisse dans le temps qu'ils m'offrent en oubliant que je suis un danger, en profitant pour frapper. La première dague part, se fichant dans le cœur de l'archer. Lowell regarde le corps sans vie de son ami s'écrouler sur le sol avant de poser ses yeux ébahis sur le cafard blond à ses pieds. Il veut me frapper de son bras armé mais déjà je lui ai tordu le poignet et fiché mon sabre dans l'estomac, puis dans la gorge. Deux fontaines de sang jaillissent de son corps, le vidant de sa piètre vie. Une goutte a l'audace de se poser sur ma joue, mais je la fait disparaitre d'un revers de la main.

Suivant.
Face à moi se tiennent les deux derniers obstacles entre moi et la réussite de ma mission. Une femme et un type qui m'a l'air d'un faiblard. Facile. Mon visage n'a plus rien d'angélique ni de coquin quand je croise à nouveau le regard de Fride. Le sien aussi a changé complètement, passant à un sérieux mortel. Il promet d'être un sacré morceau à trancher.

Un mouvement au dessus de ma tête.
Je me jette sur le côté dans un pur réflexe de survie. Je ne m'attarde pas après ma roulade pour me relever et affronter ce qui m'a attaqué.
Un rocher.
D'au moins une tonne.
Et merde, c'est pour ça que le manche du sabre de cette garce m'a semblé moins usé sur celui des trois autres. Une dessinatrice. Je n'aurais pas dut faire ma maligne en optant pour une entrée par la porte de devant.


[Je te laisse prendre le relais comme tu l'entends ^^, sans oublier que le petit dernier n'est pas encore arrivé dans la ferme]
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Dim 03 Fév 2013, 18:49

Un petit sourire en coin venait de prendre place sur le visage de Hiné, et ne s’en décrocha pas tant que Laïar n’eût pas terminé son monologue. Elle allait essayer de négocier, l’Envoleuse le savait parfaitement et c’était d’ailleurs pour cela qu’elle s’était contentée de se taire : parfois, le silence est bien plus autoritaire et persuasif que de quelconques paroles, même bien choisies.

Quand enfin l’apprentie se décide à bouger, Hiné la suit sans un bruit, se coulant dans l’environnement comme si elle avait été un papillon. Un papillon de feu, ou alors un insecte venimeux, mais en tout cas personne ne l’aurait remarquée, même avec son immense tignasse rousse ; et un sourire carnassier venait étirer ses traits. Si Laïar se rendait compte à quel point elle prenait sur elle, et à quel point elle lui faisait un cadeau ! Elle avait une envie terrifiante et surtout fiévreuse et joueuse de tuer chacun de ces polchtrons de ses lames, de les égorger, d’ouvrir leur ventre pour voir leurs entrailles se répandre sur le sol ; les torturer, les entendre crier si fort que ses tympans en vibreraient pendant plusieurs jours…
Mais non, elle était simplement là, à suivre son apprentie, et à la jauger, encore et toujours. C’était aussi le but de cet apprentissage, évidemment, et ce n’était qu’en observant qu’elle pourrait donner de vrais et bons conseils à la jeune fille. Elles finissent par arriver à l’arche, et Hiné hausse un sourcil, curieuse de voir ce qu’allait faire désormais Laïar.

Et elle fut surprise.
Bon, la discrétion, ce n’était pas encore ça. Attirer les personnes, pour leur donner un petit effet de surpris et attaquer immédiatement, cela pouvait être une bonne stratégie quand il n’y avait pas d’archers, et que les adversaires étaient moins de quatre. Mais si l’une des deux conditions n’était pas remplie, cela s’avérait bien plus compliqué, et surtout sans garantie de s’en sortir sans avoir la peau trouée. Donc, un soupir exaspéré passa les lèvres de l’Envoleuse.

Laïar était en train de converser avec les voleurs, et cela commençait sérieusement à taper sur le système de Hiné. Elle les aurait bien tout brûlés, là, sur le champ… Mais ce n’était pas forcément possible, et elle avait dit à Laïar qu’elle la laissait faire…. Même si là, cela devenait très difficile.


- Nous nous promenons … et nous cueillons des pâquerettes aussi ! Je plaisante ! On se calme les gars, arrêtez de stresser voyons, je ne vois vraiment pas ce que vous craignez de la part de deux personnes, dans un coin perdu au milieu de nulle part ! Dans des lieux comme ça je croyais que l'entraide était ancrée dans les mémoires … d'ailleurs les précédents locataires de cette bâtisse nous avaient fait un meilleur accueil la dernière fois que nous avions rallié Al-Jeit par ici.

Hiné était de plus en plus exaspérée, et ne comprenait pas où voulait en venir son apprentie. Cette dernière discutait, essayait de faire baisser la garde aux hommes ; mais la femme qui les accompagnait rendait la tâche plus difficile. Et en fait, elle comptait faire comment, quand ils auraient baissé leur garde ? Elle n’aurait même pas dix secondes pour agir, sinon elle se ferait avoir comme une bleue…

Quand enfin l’attention des hommes se tourna vers la femme, Laïar attaqua, aussi vive qu’un serpent. En plus, elle leur avait proposé de partager les couchettes… Ils allaient bien s’amuser, ceux-là, si ils l’attrapaient pour jouer et qu’elle ne parvenait pas à s’en sortir ! Un petit soupir exaspéré sortit des lèvres de Hiné, tandis qu’elle ne bougeait pas d’un pouce, pour voir comment se débrouillait la jeune femme. Après tout, elle les avait provoqué, et de face en plus ! Elle méritait de se prendre une bonne râclée, c’était le cas de le dire ; cela lui ferait peut-être un peu mieux rentrer dans sa tête qu’elle n’était pas au-dessus de tout le monde, et qu’il ne fallait pas sous-estimer ses adversaires ! Elle n’avait pas bien analysé, et avait simplement écouté son égo, qui avait repris de la dimension pendant qu’elle parlait… Décidément, il en fallait peu pour faire quelques pas en arrière, malgré tous les bons pas en avant !

Tandis que les trois premiers hommes tombent à terre, sans vie, Laïar se retrouve en face de Fride et de Gaïa, la femme. Adossée à l’arche d’entrée, Hiné regarde la scène avec intérêt, sans aucun mouvement pour aller aider son apprentie. Elle voit d’ailleurs parfaitement cet énorme rocher qui apparaît soudain au-dessus de la tête de Laïar pour venir l’écraser sommairement. Heureusement, l’apprentie Envoleuse a assez de réflexes pour éviter la pierre à quelques millimètres près, et se rapprocher des deux personnages qui vont lui trouer la peau.
Gaïa a une mine concentrée, et bientôt, c’est une slave d’aiguilles fines qui percent l’air vers Laïar. Etonnamment, ni elle ni son compagnon ne viennent vers Hiné ; peut-être l’ont-ils oubliée, en fait ! Cela ne l’aurait pas étonnée.

Un nouveau Dessin fonce directement vers Laïar, qui esquive de justesse encore une fois. Mais les lames tracent quelques estafilades sur sa peau blafarde, ses premières blessures. Mais la jeune fille ne peut pas tenir comme ça éternellement, et Gaïa la tient à distance, et suffisamment occupée pour ne pas qu’elle ait le temps de viser la femme ou son compagnon. Et l’apprentie fatigue… Fatigue…
Un petit bruit attire l’attention d’Hiné, et la fait se retourner. Son regard balaye la forêt alentours, et elle repère une tâche bleue au milieu des feuilles : il y a quelqu’un là, sûrement un chasseur qui revient avec le butin. Un léger soupir franchit les lèvres de l’Envoleuse, et elle retient son souffle… Pour tirer. Son poignard se fiche avec un bruit mat entre les deux yeux du dernier de la troupe, et elle hausse les épaules, reportant son attention sur Laïar.

La jeune fille est en train d’atteindre ses limites. Elle est épuisée, et les cernes sous ses yeux deviennent plus foncées alors que la fatigue physique l’emporte, ainsi que la gêne des blessures qui constellent sa peau. Secouant sa tignasse, Hiné pousse un long soupir, et s’avance de quelques pas vers l’apprentie.


- Stop.

Elle s’est exprimée avec force, d’un ton tellement autoritaire en étant calme que les deux voleurs s’arrêtent quelques secondes. Un filet tombe soudain sur Laïar, et un second atterrit sur Hiné, qui pousse un soupir.

- Bon… Fini de jouer. Laïar, c’est dommage, tu aurais dû réfléchir un tout petit peu plus avant de te lancer de front. Tu as sous-estimé tes adversaires, ou bien tu t’es sur-estimée. Fais gaffe à ton égo, depuis le début c’est lui qui te perd le plus…

- Toi la rousse, la ferme !

- Haha, tu crois que tu me fais peur, Dessinatrice de mes deux ? Même pas capable de te servir de ta tête, toi non plus… Faut croire qu’en plus, tu ne satisfais pas assez ces messieurs, étant donné la lueur d’espoir qu’ils ont tous eue dans le regard à la proposition de mon… apprentie.


Des éclairs passèrent dans le regard de la femme, qui commençait à bouillir. Pour l’instant, elle semblait se retenir de tuer Hiné, mais ce n’était pas une bonne idée. Elle aurait dû le faire tout de suite…

- N’est-ce pas, Fride ? Elle est frigide ou bien trop masculine ? Normalement, tout ce qui a un trou, ça passe, non ?

Le Fride en question était un homme, et apparemment il ne se contrôlait pas aussi bien que Gaïa. Il fonça en hurlant sur Hiné, qui sourit en coin. Quand il fut à moins d’un pas d’elle, sabre en avant, elle embrasa vivement sa chevelure, et le filet tomba autour d’elle. Bondissant en avant, elle attrapa le poignet qui tenait l’arme, le fit glisser en arrière et le tordit dans le dos de l’homme en moins d’une seconde complète. Le tenant tout contre elle, en bouclier humain, et elle le tenait bien. Le regard de Hiné se posa dans celui de la femme.


- Alors maintenant, tu fais quoi ? Tu ne peux pas m’attaquer parce que je suis trop près de ton unique camarade vivant… Mais tu en meurs d’envie, hein ? Me trouer la peau, ça te fait envie, non ?

Les doigts de Hiné s’enroulèrent autour de la poignée de l’arme de l’homme qu’elle tenait, et vivement elle tira l’arme pour la lancer vers la Dessinatrice. Cette dernière sembla surprise, mais l’arme se transforma en tige de végétal à la moitié de la distance… mais elle n’avait pas vu le poignard qui suivait directement le sabre, voulut l’esquiver, mais ne fit que confirmer la trajectoire de l’arme, qui se planta directement dans sa gorge.

L’Envoleuse se relâcha. Elle desserra son étreinte autour de l’homme, le fit pivoter et d’une unique pression le fit basculer dans l’inconscience.
Repoussant les corps du bout des pieds, elle fit une grimace de désolation, avant de trouver le regard de Laïar.


- Allez, pour la peine, tu me sors tout ça d’ici, et que je ne les croise pas en sortant demain !

Détachant son attention de l’apprentie, elle s’avança vers le feu, et s’assit sur une pierre non loin, pour se réchauffer les mains. Fixant les flammes, elle se demanda comment allait se terminer cette journée…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Dim 10 Fév 2013, 00:30

Ce combat ressemble à un exercice, sauf que ce n'est pas un exercice. Si je pirouette en tout sens pour esquiver les projectiles, ce n'est pas pour m'amuser mais bien pour sauver ma peau. Cette garce de Gaïa semble bien décidée à la trouer, voir à l'écraser et même à la déchiqueter. Ses dessins s'enchainent, aussi vicieux les uns que les autres, ne laissant de place dans mon esprit que pour la défense. Mes sens sont trop accaparés par la détection de ses pièges pour chercher une ouverture. Je ne sais pas comment me sortir de ce mauvais pas et j'enrage. Où est passé Hiné ? Va-t-elle me laisser mourir là ? Me voir peiner ne lui suffit pas, et le sang qui ruisselle le long de mes bras n'est pas un signe assez fort pour la forcer à me venir en aide. J'ai envie de lui hurler que j'ai compris la leçon, que mon arrogance était futile, mais aucun mot ne sort de ma bouche. Plutôt mourir que de voir ma fierté mouchée par une dessinatrice à la noix.

J'esquive une énième pluie d'aiguilles, tente de prendre appui sur le sol pour me jeter à la gorge de la femme. Déjà elle a transformé la terre en boue et mon pied dérape. Du coin de l'œil je vois Fride qui lève son sabre, prêt à venir me porter le coup de grâce. Il faudrait que je me relève mais je n'ai plus de force. Peut-être que si j'attend le dernier moment pour le frapper j'ai une chance de le tuer … Gaïa interrompe le geste du guerrier d'une main légère posée sur son bras. Sur ses lèvres relevées, je lis que ma mort sera à la hauteur de la folie qui l'habite en ce moment. Il faut que j'agisse avant son attaque finale. D'un bond je me relève et … me retrouve empêtrée dans un filet, saucissonnée comme un vulgaire gibier. Un éclat de peur transperce mon cœur. Je ne peux vraiment plus rien faire.

- Stop.

La voix de l'Envoleuse fait trembler l'air, aussi lourde de rage que les yeux de Gaïa sont lourds de haine. Elle semble avoir jugé que la raclée qu'on m'a infligée est suffisante. Enfin. Evidemment c'est à peu prêt aussi humiliant que si je l'avais appelée à l'aide, mais au moins j'ai une chance de m'en sortir vivante.

- Bon… Fini de jouer. Laïar, c’est dommage, tu aurais dû réfléchir un tout petit peu plus avant de te lancer de front. Tu as sous-estimé tes adversaires, ou bien tu t’es sur-estimée. Fais gaffe à ton égo, depuis le début c’est lui qui te perd le plus…


Ses mots m'infligent une douleur plus cuisante que celle causée par les dessins de Gaïa. J'ai agi comme une idiote, gâchant le cadeau qu'elle m'a offert. Je ne suis pas prête de retrouver sa confiance.
L'attention des deux survivants se porte sur mon Maître, et d'où je suis je peux lire la surprise qui teinte leurs visages. Hiné était tellement silencieuse qu'ils ont oublié son existence, et ce jusqu'à maintenant. La dessinatrice a le malheur d'invectiver l'Envoleuse, ce qui lui vaut une flopée de mots injurieux et provocants. Je me suis surestimée, mais Hiné elle a eu le temps de réaliser que ces deux là ne font pas le poids face à elle. Enfin j'espère qu'elle n'a pas commis la même erreur que moi.
J'entends le rugissement de Fride et sens dans mon dos ses pas lourds qui l'entrainent vers Hiné. Il n'a pas pu en découdre avec moi et a décidé de s'amuser avec la jeune femme. Mal lui en pris. Un couinement de douleur me provient dans mon dos. Je voudrais me tortiller pour me retourner et voir la scène, mais ce serait rappeler ma présence à Gaïa qui est toute proche. Hiné la provoque une fois de plus, provocant la crispation de son visage en une mimique rageuse.

La dessinatrice s'effondre, un poignard plongée dans sa gorge. Une attaque simple qui a fait mouche. Je déteste le fait de ne pas avoir pu voir la technique employée par mon Maitre pour éliminer la femme sans effort et en moins d'une minute de combat. En finissant le travail aussi rapidement, Hiné vient de passer une nouvelle couche d'humiliation sur mon cœur. Je suis la pire des apprenties possibles.
Mon ennemie se vidant de son sang, je peux calmement scier le filet qui me retient prisonnière. A peine ai-je émergé que je sens la présence dans mon dos. Je crains plus que tout le regard que je vais affronter et où je sais que je vais trouver mépris et froideur. Ce qui me reste d'honneur et de fierté me force pourtant à me retourner et à fixer l'Envoleuse. Elle me domine de toute sa hauteur, me faisant me sentir aussi ridicule qu'un cafard.

- Allez, pour la peine, tu me sors tout ça d’ici, et que je ne les croise pas en sortant demain !

Je suis presque déçue par son savon. Je m'attendais à pire … à moins que l'absence de ces mots que j'attendais soit la pire des punitions. Je ne mérite pas plus que ce qu'elle vient de me dire. Piteuse, je m'exécute sans discuter. Je la laisse aller se poser aux côtés du feu sans plus m'accorder d'attention. Mes pas trainant m'amènent à l'écurie où cinq chevaux attendent des maitres qui ne viendront plus jamais. J'en saisis un, harnache sa tête sans m'occuper de lui trouver une selle puis le guide dehors où je l'attache à un anneau. Pour deux des autres je me contente de leur mettre une longe pour pouvoir les guider. La partie la plus ardue vient après, lorsque je hisse les corps sur les animaux. L'archer, le guerrier et la dessinatrice ne sont pas des poids plumes mais je réussit à les soulever et les faire tenir sur une croupe. Mon principal souci vient du géant. Je pourrais le couper en morceaux … ou demander de l'aide à Hiné. Mais un simple regard vers sa silhouette songeuse m'en dissuade. J'ai fait assez de bêtises pour la journée et il faut que je paye pour les avoir faites. Je pousse un long soupir devant le corps sans vie puis m'attelle tant bien que mal à la tâche. Bientôt il a rejoint ses amis "en selle" et c'est à mon tour de monter en croupe et de guider les trois animaux vers l'extérieur du bâtiment. Par mesure de prudence, je reviens sur nos pas, préférant emprunter un chemin que je saurais retrouver et où nous n'avons rencontré personne. Je suis à peu près sure que je n'y croiserais pas un des acolytes de nos victimes, aucune ville ne m'ayant semblé être dans cette direction. Tiens en parlant d'acolyte … ils ont parlé d'un certain Sam … oh et puis zut. J'espère qu'il rentrera avant moi et qu'Hiné le réduira en charpie.
Je décharge les corps au détour d'un bosquet touffu, là où j'ai l'impression qu'ils seront bien camouflés et pourront pourrir en paix. De plus je suis assez loin pour que les prédateurs qui auraient envie de viande avarié ne pensent pas à aller jusqu'à la fermette où nous allons surement dormir.

Le trajet du retour est étrangement silencieux, trop à mon goût. Sans Hiné à mes côtés je me sens seule et sans défense. C'est peut-être pour ça que je me suis montrée trop arrogante aujourd'hui. J'avais oublié que je ne suis rien sans elle.

Une fois les chevaux installés dans l'écurie, je me dirige vers l'Envoleuse qui n'a semble-t-il pas bougé de sa place. Je m'assois sur le sol en face d'elle et plonge mon regard dans les flammes, attendant un mot de la part de la jeune femme. Rien ne vient. Alors je craque la première.

- Je suis … désolée.


Ca ne sert pas à grand-chose de dire ça et Hiné trouvera surement ces mots ridicules, mais il ne m'en coute pas moins de les laisser sortir. A travers eux je viens d'avouer ma faiblesse qu'elle s'est faite une joie de contempler. Et puis je regrette d'avoir dit quelque chose. Ni elle ni moi n'avions besoin d'entendre ça. Sans rien rajouter je me lève et la laisse à nouveau à sa solitude. Un instant j'avais oublié qu'elle a avoué que cette maison était la sienne. Je suis sure qu'elle ressasse ses souvenirs, et mon interruption a dut l'irriter plus qu'autre chose.
Je ramasse l'arc et le carquois d'Elca et vais m'isoler une centaine de mètres en dehors de la fermette, passant ma rage et mon impuissance dans des tirs répétés. Le pauvre hêtre qui me sert de cible ne doit pas apprécier le sort que je lui offre. Plus d'une fois je vide l'intégrité du carquois. Peu à peu je me perds dans cet exercice, mes nerfs s'apaisant dans la routine des tirs.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 20 Fév 2013, 11:18

Les yeux plongés dans les flammes, Hiné rassemble ses esprits.
Elle est dans la cour qui était la sienne, en tout cas celle de ses parents. Elle se souvient parfaitement de ce jour-là, où, petite, elle avait vu une silhouette humaine passer non loin de la bâtisse et était allée à sa rencontre. L’homme, ou plutôt le jeune homme, lui avait dit qu’il avait une mission, ou plutôt un devoir ; il allait poser une question et qu’il ne savait pas s’il aurait la réponse, ni la réponse qu’il voulait s’il en avait une.
Ce jeune homme était un Marchombre.

Des années plus tard, elle avait déserté la maison pour faire sa vie ; et son apprentissage de Marchombre avait commencé à la forger assez jeune, en réalité. Cet endroit appelait aux souvenirs, et elle secoua doucement la tête pour essayer de les chasser. Ses parents n’avaient pas été spécialement aimants, mais ils avaient été présents, comme des parents ; elle n’avait eu aucun mal à les quitter et à vrai dire cela ne lui faisait pas grand-chose qu’ils soient morts. Ce qui l’atteignait plus, c’était que la maison tombait en friches, car c’était une superbe bâtisse. Mais elle n’avait pas les moyens, ni le temps, ni l’envie, de l’entretenir, alors… elle finirait par tomber en ruines. C’était déjà d’ailleurs un peu le cas…


- Je suis… désolée.

Les paroles de Laïar ramenèrent Hiné à la réalité.
L’Envoleuse leva les yeux vers la jeune fille, à qui elle n’avait plus décoché un mot depuis la mort de tous les brigands. Elle la fixa quelques seconde, avant de lâcher un long soupir. Mais la jeune fille s’était déjà éloignée, avec son arc et quelques flèches.
Hiné mit un certain temps à bouger ; elle entendait le bruit des flèches qui se fichaient sans aucun doute dans un tronc d’arbre, et le rythme effréné montrait la rage contre elle-même que Laïar entretenait.

Décidant finalement de la rejoindre, Hiné se leva souplement, et rejoignit la jeune apprentie, les lèvres légèrement étirées. Se calant contre un tronc d’arbre, elle l’observa tirer plusieurs minutes, avant de finalement ouvrir la bouche.


- Pas besoin d’être désolée. J’espère simplement que ça te servira de leçon.

Ce soir, le mordant et la provocation n’y était pas. Beaucoup trop de choses s’entrechoquaient dans l’esprit de la femme pour qu’elle prît la peine de faire un peu plus de place et sorte de l’ironie voire quelques paroles acerbes. Elle savait parfaitement que Laïar aurait été parfaitement capable de venir à bout de ces brigands, mais elle pensait aussi que la leçon sur l’égo, elle l’avait compris et assimilée… Et bien, non. Elle s’était trompée, voilà tout.

L’apprentie l’avait peut-être comprise, cette leçon, mais pas dans toutes les situations. Quand elle était seule avec elle, ou qu’elle était face à des animaux, à la nature, elle savait maintenant faire la part des choses, et avait conscience de ses limites. Mais face à d’autres humains, apparemment, elle les sous-estimait. Pourtant, si le genre humain pouvait être benêt, ce n’était pas le cas de tous ! Et bien jauger son adversaire était essentiel pour garder toute sa peau.


- Allez, vient t’asseoir autour du feu, j’ai une histoire à te raconter.

Sans vérifier que la jeune fille la suivait, Hiné fit demi-tour et rejoignit la flambée qu’elle avait lancée quelques heures plus tôt. S’asseyant devant, elle plongea encore une fois son regard dans le foyer, se perdant dans ses pensées, ne sachant pas trop si Laïar allait la rejoindre ou non.









[ Pardon pour le temps de réponse ! ]
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 20 Fév 2013, 19:43

C'est tellement bon de s'immerger dans un exercice au point qu'on n'a plus que lui à l'esprit. Perfection et rapidité. Deux mots qui baignent mes gestes et volent avec mes flèches. Perdue dans mes tirs, j'ai oublié mon Maître. Hiné et sa déception n'ont plus d'importance. Je ne dois pas m'arrêter d'avancer à cause d'elle et ses sentiments.
Toujours plus net, toujours plus fluide. Un calme acharnement qui porte ses fruits à mesure que le temps passe. Pauvre hêtre … j'aurais dû m'entrainer sur le corps d'un des quatre compères … l'exercice en aurait été d'autant plus réel.

Hiné se glisse aux côtés de ma cible, silencieuse comme une ombre. Elle reste là, inconsciente alors qu'une seule de mes flèches mal placée pourrait lui coûter la vie. Soit elle me fait confiance soit elle sait que je ne suis pas encore assez rapide pour l'empaler d'un trait. Qu'importe, après tout elle peut me narguer tant qu'elle veut, je ne me raterai pas. Sans ouvrir la bouche – au risque de lâcher une autre phrase inutile comme plus tôt – je continue mon exercice, aussi dépourvue d'émotion que si elle n'était pas apparue à mes côtés.

- Pas besoin d’être désolée. J’espère simplement que ça te servira de leçon.


Je détourne les yeux de l'arbre pour les planter dans les siens. Une seconde. Puis je reviens à mes tirs et continue, attendant qu'elle en dise plus ou s'en aille. Je n'ai rien à lui répondre et dans son regard j'ai vu qu'elle n'a pas plus l'envie que moi de faire preuve d'humour ou d'essayer de me provoquer.

- Allez, vient t’asseoir autour du feu, j’ai une histoire à te raconter.


L'attitude de l'Envoleuse ne laisse pas de place à la bouderie, mais je ne me gêne pas pour la faire attendre un peu en prenant mon temps pour vider une dernière fois mon carquois et récupérer mes flèches, le tout sans me presser. Hiné a beau avoir promis une histoire, la peur d'un sermon flirt encore avec mes émotions. Au pire si ses paroles m'ennuient, je n'aurais qu'à la laisser à nouveau seule avec son ami le feu …

Je retrouve la jeune femme à l'endroit où je l'ai laissée tout à l'heure, une fois de plus plongée dans ses pensées. Pense-t-elle à moi et la façon dont elle peut corriger mes mauvaises manières ? Ou à sa famille ? Ou à ce qu'elle va choisir dans sa mémoire pour raconter son histoire ? Parfois j'aimerais me glisser dans les pensées des gens … ce serait un pouvoir tellement plus merveilleux qu'allumer ses cheveux … mais je doute qu'un Mercenaire du Chaos soit capable d'un tel dessin. Il me faudra une idée plus réaliste …
Sans un mot ni un regard vers elle, j'attends qu'Hiné commence son histoire.



[Oh oui une histoire ! Smile ]
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 20 Fév 2013, 20:36

[ Bon, c'est pas très original, c'est du racontage de vie, mais apparemment Hiné en avait envie XD ]




- J’ai grandi ici, dans cette ferme. A l’époque, ce n’était évidemment pas en ruines, mes parents avaient tout construit eux-mêmes.

Je ne sais pas ce que tu connais des Marchombres…. Mais sache qu’ils rejoignent tous, après avoir réussi un examen spécial, le Rentaï, la grosse montagne au milieu du désert qu’il y a de ce côté. Et la plupart passent par ici, par cet endroit. Aucun ne s’était jamais arrêté, et quand j’étais petite, je les observais et rêvais de pouvoir devenir comme eux.
Le Rentaï peut ou non accorder une Greffe aux Marchombres, tu as du en entendre parler.

J’ai quitté cette maison à l’âge de seize ans, en quête d’aventures. J’ai rejoint Al-Jeit à pieds. Je ne pensais qu’aux Marchombres, pour tout te dire. J’étais sûre et certaine que c’était ma destinée, que je pouvais devenir comme eux ! Que j’étais l’une des leurs…
Un jour, un Maître m’a abordée et m’a proposé de le suivre… Evidemment, j’ai dit oui, tu t’en doutes bien. Je l’ai suivi pendant deux ans et demi, jusqu’à réussi l’examen – l’Ahn-Ju – jusqu’à grimper sur cette fichue Montagne pour obtenir la Greffe. J’étais certaine de l’avoir, j’étais faite pour cela, n’est-ce pas ? J’étais une Marchombre, j’avais tout réussi dans la vie !

Mais non. Je n’ai pas obtenu la Greffe.
J’étais tellement honteuse que je n’ai même pas rejoint mon Maître à notre point de rendez-vous. Le problème ne venait pas de moi, mais du monde entier !

Jusqu’à ce que mon Maître, le vrai, Hum, me trouve et me démontre, me montre, que la voie du Chaos était en moi bien plus présente que celle de l’Harmonie. Je n’ai jamais été Marchombre, et pour rien au monde je ne le deviendrai ; toutes ces salades pour pas grand-chose ! J’étais toujours persuadée d’avoir tort, je n’étais pas forcément dans mon élément mais je me suis entêtée, jusqu’à foncer droit dans le mur, la tête la première.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Mer 20 Fév 2013, 23:45

- Qui sont ces Marchombres au juste ? Tu pourrais m en dire plus sur eux, sur leur greffe ? J'ai du mal à saisir ton histoire de montagne et de pèlerinage...


(Et bien laisse la parler ^^)
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Lun 27 Mai 2013, 14:37

- Ce sont des guerriers. Non, plus que cela, ce sont des armes, tout comme les Envoleurs. Simplement, ils aspirent à la paix et l’harmonie dans le monde, et si globalement ils ne prennent pas partie, clairement leur Guilde se met du côté de l’Empereur, et donc contre nous.

Hiné soupire doucement. Elle continue cependant.

- La montagne et le pèlerinage ne sont pas importants. Enfin, si, pour une seule chose : c’est grâce à cela que les Mentaïs ont mis au point la stratégie de créer des Greffes dans les Envoleurs qui le méritent. C’est tout ce qu’il y a à retenir.


* ~ . ~ *


Le voyage de retour n’avait pas été très intéressant.
Bon, bien sûr, les exercices ne s’arrêtaient pas, et Hiné était toujours plus intransigeante avec Laïar, mais rien de bien abracadabrant ne leur arriva. Elles retournèrent chercher leur monture, et Hiné ne put s’empêcher de penser à Ethan en se demandant ce qu’il était devenu.
Mais c’était comme cela, après tout.

De plus, l’Envoleuse avait exigé de son apprentie qu’elle sache parfaitement monter à cheval, même si elle avait déjà appris pas mal de choses et savait monter globalement. Porter des armes ou même faire volter son cheval extrêmement court sans prendre le risque de passer par-dessus l’encolure était toujours un atout, et en plus relevait aussi de l’effet de surprise sur la plupart des adversaires.

Elles atteignirent le Domaine un mois après avoir laissé l’ancienne maison de Hiné derrière elles. Étonnamment, cela avait défait des conflits internes entre elles, et elles s’accordaient plus facilement. Néanmoins, les joutes verbales étaient toujours les bienvenues, car les deux femmes aimaient cela aussi, s’opposer. Cela pouvait être parfaitement enrichissant.

Les écuries s’ouvrirent devant elles, et Hiné descendit de cheval tranquillement.
Soudain, les deux chevaux commencèrent à paniquer sans raison… Enfin, sans raison, c’était vite dit : en effet, quelques secondes plus tard, un Brûleur fendit les buissons et se jeta sur elles dans un cri strident, tellement aigu que Hiné crut un instant qu’elle avait les tympans qui avaient explosés. Sautant en avant, elle avait déjà sorti son poignard et embrasé ses cheveux lorsque l’immense monstre bondit vers les chevaux.

Le hennissement strident de sa jument ne la prévint pas assez tôt.
Son sabot ferré tapa violemment sur sa tempe, et elle tituba un instant.

L’instant d’après, sur le sol, elle ne respirait plus…








[ Bon, bah voilà, c’était court et un peu tragique (et débile) comme fin, mais je n’ai pas trouvé mieux. Bonne continuation à toi, j’espère vraiment que Laïar va enfin un jour finir sa formation ! ]
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Groupe Kofu ~ Cours n°2   Lun 10 Juin 2013, 22:45

Paix et Harmonie.
Comment peut-on aspirer à vivre ces deux mots quand Chaos et Puissance existent ? Ces Marchombres sont des fous utopistes. Pourtant fou ou non, Hiné les traite comme s'ils étaient les égaux des Envoleurs. Je me souviens de ces deux filles croisées juste avant mon premier cours au Domaine. Comment s'appelaient-elles déjà ? Ney et Omble ? Ou Azur et … deux garces qui avaient gâché ma petite mise en scène en se montrant trop peu crédules. La brune avait lâché le nom de cette fameuse guilde en me quittant. Marchombre. Ses yeux luisaient de fierté en prononçant ce mot, exactement comme si je devais me déclarer Envoleuse devant une personne.
La morale de l'histoire contée par Hiné est surtout que ce sont nos ennemis car nos Voies diffèrent et que nous ne pouvons pas vivre en paix avec des énergumènes comme ça au milieu du chemin. Si j'ai des envies de sang voilà des proies toutes choisies. Il ne reste plus qu'à en trouver quelques uns.



* ~ . ~ *



Pas de Marchombres sur le chemin du retour. Pas de voleurs non plus. D'ours élastique encore moins. Décidément le sort a décidé de ne laisser que moi et Hiné en tête à tête. Je n'ai pas envie de m'en plaindre, mon Maitre s'étant adoucie à mon égard, en tout cas en dehors de nos entrainements. Rarement donc.

Nous retrouvons Hurcul et Samie dans l'écurie où nous les avons laissés. J'apprécie autant que l'Envoleuse de voir à quel point les deux bêtes ont été bien entretenues. Cela mérite un petit supplément qu'Hiné glisse dans la main de Mow en partant. Le bout graisseux de femme nous offre un sourire où manquent quelques dents en guise de remerciement. De quoi me donner envie de partir en vitesse.

Les retrouvailles avec ma monture sont aussi chaleureuses que celle avec les premières neiges en hiver. La carne a perdu l'habitude d'être montée aussi il me faut un temps d'adaptation pour reprendre la main. Hiné me conseille sur la façon de mater un cheval quel qu'il soit, prenant en exemple sa jument et mon étalon. C'est un subtil mélanger de douceur, d'autorité et de carottes. Je finis par saisir ce qu'elle essaie de me faire comprendre et bientôt elle peut m'imposer des exercices variés pour compléter ceux de l'aller. Après maintes frayeurs et une vingtaine de chutes – mes fesses se seront renforcées avec tout ça ! – je réussis, non sans fierté, à faire volter Hurcul de manière très courte, acte digne d'un cavalier émérite.

Les soirées sont pimentées de discussions où Hiné parle de Chaos, Pouvoir, Puissance avec moi, mais aussi avenir, vengeance, Envoleurs, Marchombres, empire, m'amenant à questionner mes buts et à mieux comprendre dans quelle guilde je me suis engagée. Je sais qu'il me reste encore quelques cours avec elle avant de pouvoir prétendre à la greffe qu'elle se fait une joie de réactiver pour moi. Je me hasarde à lui parler de celle qui me plairait, chose qui la fait rire à tel point elle est similaire à la sienne tout en étant adaptée à ma personne.

Ma vie est tellement remplie que je ne vois pas le temps passer ni la route défiler sous les sabots d'Hurcul. Le paysage évolue, change et se transforme bientôt en une sombre forêt qui n'est ni plus ni moins qu'Ombreuse. Nous sommes de retour. Pour un peu j'avais oublié que j'avais un toit qui m'attendait quelques part et que j'aurais à y retourner un jour …


Les hennissements des chevaux du Domaine nous accueille, poussant Hurcul à accélérer le pas. Contrairement à moi il est ravi de venir se reposer un peu dans son box. Une vraie feignasse. J'ai beau détester cette bestiole, je ne peux pas m'empêcher de tapoter son chanfrein avec un brin de gentillesse lorsque je mets le pied à terre.
Je m'attendais à tout sauf à ce qu'il s'agite sous ma caresse, tente d'échapper à ma poigne et se cabre quand … quand un Brûleur se rue sur nous. Je reste un instant interdite, ce dont ma monture profite pour fuir au grand galop. Nous sommes dans un lieu sur-protégé, il ne devrait pas y avoir de tels monstres ici.
L'Envoleuse s'est déjà embrasée, prête à sauver sa peau. Arme au poing je la vois jaillir.
Tomber.
Tomber ?

Le sabot de Samie l'a saisie au vol à la base du crane.
Hiné ne bouge plus.
Ne bouge plus …

Mon sabre est soudain dans ma main. Je m'élance vers le Bruleur avec un rugissement de rage plus puissant que n'importe lequel de ses cris. En une seconde je me retrouve balancée sur le côté par une main puissante et assiste, impuissante, à l'abattage de la créature par une dizaine d'hommes masqués. Des armes très diverses brillent dans leurs mains. Je remarque aussi l'éclat moins naturel de ce qui ressemble à des greffes, blessant le Bruleur ou protégeant les tueurs. L'un d'eux finit au sol, une blessure béante à l'abdomen, avant d'être rejoint au sol par le monstre.
L'action n'aura pas duré longtemps, à peine une minute. Deux têtes seront tombées au cours de ce combat : un inconnu et mon Maitre.

Effondrée, je regarde le corps sans vie d'Hiné, caressant ses cheveux qui ne s'allumeront plus. Les larmes brillent dans mes yeux sans accepter de vivre leur vie de larmes en coulant sur mes jours. Je suis trop interdite pour pleurer vraiment. Le chagrin qui m'envahit est trop profond …

- Ca va ? Tu n'as rien ?


Une main se pose sur mon épaule, tentant de me réconforter. Inutile. Je la repousse avec mon bras, me lève et me dirige vers Samie. Cette carne a beau avoir tué mon Maitre, je n'ai pas la moindre rancœur envers elle. Non … absolument aucune. Elle aussi vient de perdre un être cher, elle peut me comprendre.

- Tu m'accompagneras à sa place dis ?


Un bout de pomme jaillit de ma poche, offrande vite acceptée par la jument.

- Je suppose que cela scelle notre accord ma vieille.


Je me retourne et rebrousse chemin pour revenir près du corps d'Hiné. Sans un mot je récupère ses armes et les attache à ma ceinture, puis je me tourne vers les hommes qui n'attendent qu'un geste de ma part pour aller enterrer la belle rousse.

- Je vous laisse vous en charger.


Une fois Samie brossée et polie comme une pierre précieuse je me décide à m'affaler au sol, sur la paille du box tout propre. Et enfin je laisse libre cours à mon chagrin.


[Merci pour tout Hiné Smile ]
Revenir en haut Aller en bas
 
Groupe Kofu ~ Cours n°2
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» Groupe Leenio - Cours n°5
» Groupe Humo - Cours n°3
» Groupe Bizya - Cours n°2
» [NOV] Premier cours de vol : Travail de Groupe
» cours de latin

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Pacte VS L'Ordre :: A l'extérieur :: Le Sud :: Désert des Murmures :: La Grande Faille-
Sauter vers: