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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Parce que le Vent la porte et que la Danse coule dans ses veines

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Éole Létoile
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MessageSujet: Parce que le Vent la porte et que la Danse coule dans ses veines   Dim 26 Aoû 2012, 12:24



Parce que le Vent la porte

et que la Danse coule dans ses veines



C'est le passé d'Éole, quand elle s'appelait encore Ombe, mais c'est aussi son présent, ses expériences, ses découvertes, ses leçons. Quelques fragments de son voyage, de son chemin en solitaire, que le vent a déposé ici pour tout ceux qui auraient envie d'en apprendre un peu plus sur elle.

Bonne lecture !





~ Sommaire ~



I. Ombe


  • Une nouvelle étoile brille
  • Et une autre s'éteint
  • Peur, rêves... et Danse
  • Un sabre et un cheval
  • Quand on est au plus bas, on ne peut que remonter


II. Éole


  • Renaissance
  • Certaines choses appartiennent au passé
  • Certaines choses appartiennent au passé... Mais parfois, il faut les affronter pour continuer d'avancer

__________________________________________



"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
- Paul Valéry -

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MessageSujet: Une nouvelle étoile brille   Dim 08 Déc 2013, 15:13

I. Ombe


~ Une nouvelle étoile brille ~



- Allez-y madame, poussez ! Je vois sa tête !

La jeune femme aux longs cheveux d’ébènes serra les dents, grimaçant, retenant un cri de douleur. Depuis combien de temps était-elle là, à pousser aussi fort qu’elle le pouvait, à crier, à hurler sa souffrance ? Et combien de temps cela allait-il encore durer ?
Les larmes ruisselaient sur ses joues et elle serra plus fort les doigts qui étaient nichés au creux de sa main, quitte à les broyer.

- Courage ma chérie, murmura une voix grave et douce dans son oreille, tu y es presque.

La jeune femme expira longuement et profondément et poussa de nouveau aussi fort qu’elle le put. Elle sentait son corps se déchirée sous l’incroyable pression et puis soudain, tout se relâcha. Plus aucune tension ne l’habitait, restait seulement la douleur mais elle avait perdu de son intensité.

Un cri jaillit.

Le rêveur se pencha vers elle et déposa une petite chose toute rouge et toute fripée sur son sein.

- Félicitation madame, c’est une fille, chuchota-t-il avant de s’écarter.

Elle contempla abasourdie le poupon qui pleurait sur sa poitrine. Elle posa une main attendrit sur son petit dos et lui murmura des paroles rassurantes avant de tourner le regard vers son mari qui lui tenait toujours la main.

- Elle est magnifique, fit-il les yeux brillants d’émotion.

La jeune femme lui répondit d’un sourire.

- Comment allez-vous l’appeler ? questionna le rêveur.

Les deux époux échangèrent un regard. Ce fut elle qui répondit.

- Elle s’appelle Ombe.

__________________________________________



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MessageSujet: Et une autre s'éteint   Dim 08 Déc 2013, 16:48

I. Ombe



~ Et une autre s'éteint ~



Diiing dooong.

Le son strident de la sonnette réveilla la petite Ombe qui dormait paisiblement. Elle cligna des paupières et tendit l’oreille. Elle distingua les pas de sa mère qui alla ouvrir la porte. De qui pouvait-il s’agir, à une heure si avancée de la nuit ?

Peut-être qu’il n’était pas si tard après tout, se dit la fillette tout en s’extirpant de son lit. Toute curieuse qu’elle était du haut de ses cinq ans, elle se faufila sans bruit hors de sa chambre et descendit les escaliers. Elle s’arrêta à la dernière marche, cachée dans l’ombre, n’osant s’approcher plus près, pour épier ce qu’il se passait dans l’entrée à quelques pas de là.
Elle voyait sa mère de dos, mais elle ne distinguait pas qui était son interlocuteur. Tous les deux parlaient trop bas pour qu’elle puisse entendre. Frustrée, elle attendit patiemment que sa mère ferme la porte avec délicatesse... Quand elle se retourna, Ombe put voir les larmes qui coulaient sur les joues pâles de sa mère. Ne comprenant pas ce qui pouvait rendre sa mère si triste, la petite fille sortit de l’ombre et s’avança d’un pas hésitant. Le regard de sa mère tomba sur elle.

- Ombe... réussit-elle à articuler.

Elle tendit les bras et la petite vint s’y réfugier.

- Oh Ombe... sanglotait-elle.

- Pourquoi tu pleures maman ?

La jeune femme planta son regard de nuit dans celui de sa fille.

- Ombe... Wellan... Ton père... Il est...

Ombe scrutait sa mère de ses grands yeux noirs cherchant une réponse. Elle ne comprenait pas ce qu’il se passait. Son père travaillait souvent le soir, c’était un cuisinier très réputé à Al-Jeit, elle le savait. Alors pourquoi sa mère pleurait ?
Cette dernière prit une grande inspiration et planta son regard dans celui de sa fille.

- Ombe. Ton père est mort.

Mort ? Les yeux de la fillette s’agrandirent. Elle ne comprenait pas trop... Pourquoi son père serait-il mort ? C’était les papis et les mamies qui mourraient, pas son papa !

- Mais papa il... il peut pas être mort...

- Si ma puce. Des gens méchants l’ont tué... Je ne sais...

Sa phrase mourut dans ses larmes. Ombe ne comprenait toujours pas.

- Maman... Mort ça veut dire qu’il va dormir pour toujours ?

La jeune femme s’essuya la joue du revers de la main en ravalant un sanglot avant de répondre à sa fille.

- Oui Ombe... Ça veut dire qu’il ne reviendra plus jamais...

- Mais pourquoi ? Je pensais que c’était que les papis qui mouraient ! Quand ils sont trop vieux...

- En général c’est le cas oui, mais il arrive parfois que quelqu’un adulte, ou même un enfant, meure. Cela peut-être dû à un accident ou... ou parce que quelqu’un l’a tué...

- Quelqu’un a tué papa ?

La mère hocha la tête silencieusement.

- Qui ? Pourquoi ? Pourquoi quelqu’un voulait tuer papa ?

- Je ne sais pas Ombe... je ne sais pas...

Elle se remit à pleurer. Ombe ne réalisait pas. Comment son père pouvait-il être... mort ? Elle s’agrippa au cou de sa mère qui la portait dans sa chambre. Non, elle ne réalisait pas...

~ * ~

Les flammes montaient vers le ciel noir de la nuit. Des braises rougeoyantes volaient un peu partout comme pleins de petites étoiles. Le feu, cet immense brasier qui dévorait la nuit, était fascinant. Le regard plein de larmes de la petite Ombe se perdait dans les méandre rouges, oranges et jaunes des flammes qui léchaient le ciel sombre. Ses yeux humides les regardaient danser, suivant leurs courbes qui s’envolaient vers le firmament.
De sa petite main, elle se bouchait le nez. C’était beau, mais l’odeur était insupportable. Son autre main était logée dans celle de sa mère qui sanglotait doucement elle aussi.

Ils avaient amené le corps de son père sur un brancard en bois et elle avait déposé un dernier bisou sur sa joue. Son père avait le teint gris et il était froid... encore plus froid que la pierre... On avait essayé de cacher la marque sanglante sur sa gorge, mais la petite l’avait vu, ce trait rouge de sang séché, qui était, elle le savait, la cause de la mort de son père.
Les larmes avaient alors commencé à rouler sur ses joues et elle s’était précipité dans les bras de sa mère.

- Je veux qu’il revienne à la maison !

- Moi aussi... mais il ne reviendra pas Ombe... jamais...

- Non ! Ce n’est pas... possible ! avait-elle crier.

Sa mère s’était contentée de la serrer plus fort, dissimulant ses larmes dans les cheveux de sa fille.

Ils avaient ensuite placée le brancard sur un immense bucher et l’avait allumé. Ombe et sa mère regardèrent le corps prendre feu, se laissant imaginer que l’esprit de Wellan Létoile glissait sur les flammes pour rejoindre les étoiles.

En rentrant chez elles, la petite fille désigna le ciel à sa mère.

- Regarde maman ! Je sais que papa est là haut maintenant, tu vois, il y a une étoile qui s’est allumée. Elle n’était pas là hier soir...

La jeune femme sourit tendrement.

- Je suis sûre que tu as raison ma puce. Tout comme je suis sûre que, de là haut, il veillera toujours sur toi.

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MessageSujet: Peur, rêves... et Danse   Dim 08 Déc 2013, 19:01

I. Ombe


~ Peur, rêves... et Danse ~



Un an avait passé depuis la mort de son père. À peine un an. Déjà un an. Un an qu’elle vivait sans lui, qu’elle supportait son absence. Un an qu’elle essayait de combler le vide qui s’était creusé. Un an qu’un fantôme flottait dans la maison, sans jamais se montrer, rappelant sans cesse qu’il ne reviendrait jamais. Un an.

Sa mère était aux petits soins pour elle. Elle ne s’occupait plus que de sa fille, la chouchoutait et la comblait de cadeaux en tout genre. C’était sa façon à elle de combler le manque. Ombe préférait regarder les étoiles depuis la fenêtre de sa chambre en s’imaginant que l’âme de son père brillait parmi elles...

Et puis deux ans passèrent. Si Ombe avait toujours l’habitude d’observer les étoiles le soir, sa mère s’était renfermée sur elle même. Oh elle s’occupait toujours très bien de sa fille, bien qu’elle ne lui offrit plus de cadeaux (enfin, ça c’était plutôt normal après tout), mais elle ne riait pas et la fillette sentait que la douleur de la perte de son mari était toujours aussi forte. Elle avait peur aussi. Tout le temps et pour n’importe quoi. Elle était devenue surprotectrice et presque envahissante envers sa fille. L’école n’était pas loin, toutes ses amies y allaient à pieds, toutes seules comme des grandes, mais pas elle. Sa mère l’accompagnait à chaque fois. Elle n’avait pas non plus le droit d’aller jouer chez ses amies ou de rester un peu avec elle après l’école. Ombe était cloitrée chez elle et sa mère ne la quittait pas d’une semelle. Elle avait peur. La petite ne comprenait pas vraiment de quoi... mais sa mère avait peur pour elle. Sentant la détresse de sa mère, la petite ne disait rien et obéissait sagement, espérant lui faire retrouver le sourire.

La jeune femme inscrivit sa fille à des cours d’arts martiaux pour lui apprendre à se battre. Ombe commença aussi l’équitation cette année là, avec ses amies. C’était au moins un endroit où elle pouvait les retrouver en dehors de l’école, même si sa mère, bien entendu, assistait à tous les cours.

L’année passa. Ombe était heureuse de pouvoir sortir un peu de chez elle, entre l’école, l’équitation et ses cours d’arts martiaux, elle voyait plus de monde qu’auparavant et cela lui faisait du bien de bouger, de penser à autre chose qu’à son père. Mais, sa curiosité ne l’ayant pas quittée, elle rêvait devant les cartes de Gwendalavir, s’imaginant faire le tour du pays en glissant son doigts sur les courbes des fleuves, des forêts et des montagnes. Dès qu’elle sut lire, elle s’évada dans les livres. Tous les genres y passaient. Elle aimait autant les livres d’aventure fantastiques que ceux sur l’histoire de Gwendalavir ou même les livres documentaires sur chacune de ses régions. Elle s’imaginait devant le lac Chen comme en plein cœur de la jungle d’Humble. Elle se voyait marcher le long du Pollimage et remonter vers le nord, traverser les plateaux d’Astariul et découvrir Al-Poll, la ville natale de sa mère. Mais il y avait deux endroits qu’elle souhaitait voir plus que tout : le pays Faël, au delà de la forêt de Barail et le mystérieux Œil d’Otolep. Et bien sûr, elle rêvait de voir l’Arche...
Oui, parce que sa mère ne sortait pas de chez elle et refusait de laisser sa fille quitter Al-Jeit. La seule moment où elle franchissait les portes de la ville, c’était pour se rendre à son cours d’équitation... et le centre équestre était à l’opposé de l’Arche.

Mais une surprise attendait Ombe l’année suivante. Cette surprise s’appelait Naliwë et s’installa dans l’appartement juste au dessus de chez elle. C’était une jeune femme d’une vingtaine d’année, pétillante et pleine d’énergie et de bonne humeur. Elle sonna un jour, toute souriante, déposer un papier concernant l’école qu’elle venait d’ouvrir à deux pas de la tour de verre... Une école de danse. Pour faire découvrir cette école, Naliwë (qui se révéla être la fille du directeur du centre équestre) ouvrait ses portes pour une petite démonstration suivit d’un goûter pour tous.

Ombe et sa mère y assistèrent et la petite fille vit s’ouvrir une nouvelle porte. En voyant la jeune femme danser, Ombe ressentit une sensation étrange au creux de son ventre. Elle resta éblouie et émerveillée par la grâce et la fluidité de la jeune femme. Ses mouvements étaient parfaits, harmonieux, magiques...
Elle dut insister auprès de sa mère et il fallut que Naliwë elle même s’en mêle pour que la fillette prenne des cours de danse.

Ombe découvrit plus qu’un art. Elle découvrit un monde, un univers. Elle découvrit une Voie. Sa Voie.

La danse lui permit de s’évader bien plus loin qu’elle ne l’aurait cru. La danse lui redonnait toujours le sourire, lui faisant oublier, l’espace d’un instant, tous ses soucis. Quand elle dansait, Ombe se sentait libre.

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Dernière édition par Éole Létoile le Jeu 19 Déc 2013, 20:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Un sabre et un cheval   Lun 09 Déc 2013, 19:19

I. Ombe


~ Un sabre et un cheval ~



Les années ont continué de passer. Ombe était heureuse et, tant qu’elle dansait, elle rayonnait. Ce n’était malheureusement pas le cas de sa mère, qui s’assombrissait de jour en jour, et qui tombait doucement dans une paranoïa excessive aux yeux de sa fille. Si elle était beaucoup trop sur son dos, à suivre chacun de ses faits et gestes, à faire attention à ce qu’elle ne soit jamais seule, elle était au moins toujours aussi attentionnée à son égard. Elle réussissait toujours à trouver de merveilleux cadeaux pour sa fille et ses anniversaires était tous plus beaux les uns que les autres. Mais deux d’entre eux resteront à jamais gravés dans la mémoire d’Ombe.

Le premier fut celui de ses dix ans. Cette année là, la fillette commença à apprendre le maniement du sabre. Pour l’occasion, sa mère lui fit faire un magnifique sabre dont la lame avait des reflets bleutés pour son anniversaire. La petite fille de dix ans n’en croyait pas ses yeux. Elle était à la fois émerveillée devant la beauté du sabre, et effrayée à l’idée de posséder une vraie arme.

Pour le second, le plus merveilleux de tous les cadeaux, il faut d’abord revenir à un jour d’automne de sa douzième année.
Ce jour là, elle avait équitation après l’école. Les prés du centre équestre était boueux et les allées étaient jonchées de feuilles mortes qui craquaient sous les sabots des chevaux. Quand elle arriva, un attroupement s’était formé autour du van du club. Sa curiosité étant loin d’avoir disparue, Ombe s’avança pour voir qu’est-ce qui retenait autant l’attention... Quelle ne fut pas sa surprise quand, parvenant enfin à se faufiler entre les personnes amassées, elle découvrit un magnifique cheval noir comme la nuit. Grand de plus d’un mètre soixante, il avait une allure princière et son œil brillant se promenait parmi les curieux qui l’encerclait. C’était un jeune hongre andalou d’à peine quatre. Elle resta d’abord bouche bée, ébahie devant lui, se demandant s’il pouvait exister un cheval plus beau que lui au monde ! Et puis, alors que les gens autour d’elle se dissipaient, elle s’approcha de lui, la main vers l’avant. Le jeune cheval planta ses prunelle étincelantes dans les siennes et, à cet instant, Ombe sentit tout son être tressaillirent. Elle se noya dans ce regard tandis que le jeune hongre déposait son museau dans sa main. Incapable de bouger, ils restèrent là tous les deux pendant quelques minutes, combien de temps exactement, la fillette n’aurait su le dire... Une voix dans son dos coupa l’étrange courant qui s’était créer entre eux.

- Il est beau cet andalou n’est-ce pas ?

Il s’agissait de la voix de son moniteur. Elle retira sa main et tourna la tête vers lui.

- Oui… murmura-t-elle, comment s’appelle-t-il ?

- Bolshoï, répondit-il simplement.

Il lui fallut insister pendant plusieurs jours auprès de son moniteur pour qu’il la laisse l’essayer... Mais finalement, ce dernier accepta et, quand elle grimpa sur le dos du grand cheval, elle sut tout de suite qu’elle ne pourrait plus descendre. Le moniteur ayant remarqué l’incroyable lien qui s’était tissé entre elle et son destrier, il ne lui fit monter plus que lui.

On en arrive au jour de son quatorzième anniversaire. En se levant ce matin là, Ombe n’eut pas l’accueil que lui réservait sa mère les autres années. Cette dernière ne lui souffla pas un seul mot. La jeune fille se demandait si elle n’avait pas oublié son anniversaire quand la mère lui proposa une petite promenade... Intriguée Ombe la suivit... jusqu’au centre équestre où l’attendait Bolshoï, un gros ruban doré autour de l’encolure ! La stupéfaction se peint sur le visage d’Ombe, suivit par des rires puis des pleurs, puis encore des rires... Aucun mot n’est capable de désigner toute la joie, tout le bonheur qu’elle éprouva quand sa mère lui chuchota un “joyeux anniversaire” au creux de l’oreille.
Bolshoï, ce merveilleux cheval qu’elle montait depuis deux ans, avec lequel elle s’entendait comme si elle l’avait toujours connu, Bolshoï, le jeune hongre aussi noir qu’une nuit sans lune, ce Bolshoï là... était son cheval !

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MessageSujet: Re: Parce que le Vent la porte et que la Danse coule dans ses veines   Mer 18 Déc 2013, 17:20

I. Ombe


~ Quand on est au plus bas, on ne peut que remonter ~



À peine deux lunes s’étaient écoulées depuis son quatorzième anniversaire... à peine... Ombe avait bien remarqué que quelque chose clochait. Et ce n’était pas nouveau. La jeune fille prit conscience que cela faisait même quelques années que cela durait.

Sa mère devenait folle.

Maintenant qu’elle y pensait, depuis la mort de Papa, sa mère s’était renfermée sur elle même, se cloisonnant au plus profond de son cœur. Si Ombe n’avait rien remarqué à sa folie montante, c’est que sa mère n’avait jamais manqué d’attention envers elle, mais il était vrai qu’elle ne s’était jamais vraiment ouverte... C’était toujours la petite fille qui parlait à table, qui racontait ses journées, etc. Jamais la mère. Cette dernière se contentait d’écouter en hochant la tête, l’esprit ailleurs...
Mais depuis qu’Ombe avait Bolshoï et qu’elle passait plus de temps au centre, un fossé s’était creusé entre elle et sa mère. Elle ne faisait même plus mine de prêter attention à sa fille, non, elle ne l’écoutait tout simplement plus. Ombe avait l’impression d’être devenue transparente, invisible, absente... Cette distance lui fit prendre conscience d’une toute autre chose : sa mère avait des agissements mystérieux... Elle s’enfermait dans sa chambre pendant des heures ou sortait en plein milieu de la nuit. Parfois la jeune fille l’entendait crier et hurler dans ses rêves... Ou peut-être n’étaient-ce pas des rêves...
Ombe en était venue à redouter de rentrer chez elle le soir. Sa mère avait le teint blafard et des poches sous les yeux telle une mort-vivante... Elle ne mangeait pas et avait de plus en plus peur de tout. Mais vraiment de tout. Ses yeux noirs étaient toujours en train de fureter dans tous les coins comme si un bandit était tapis derrière les murs. Ombe n’en pouvait plus de ce comportement paranoïaque, froid et distant. Quand l’évidence la frappa.

Sa mère devenait folle.

Elle l’avait à peine réalisé que, un matin, sa mère avait disparu. Elle avait d’abord cru qu’elle s’était levée plus tôt et qu’elle était partie faire quelques courses... sauf qu’elle n’était jamais revenue. Ni le soir, ni le lendemain, ni aucun autre jour. Ombe était seule. Abandonnée. Elle était allée voir Naliwë en pleurant, complètement paniquée et la jeune femme l’avait accueillit chez elle le temps de voir si sa mère ne rentrait pas... Quand le fait qu’elle ne reviendrait jamais fut évident, la jeune prof de danse avait conduit Ombe dans un orphelinat, lui expliquant qu’elle ne pouvait pas l’adopter, qu’elle n’aurait pas le temps de s’occuper d’elle et qu’elle ne se sentait pas prête à assumer le rôle de mère... “Mais je pourrais toujours assurer celui de grande sœur” lui avait-elle murmurer en lui adressant un clin d’œil.

La vie de la petite Ombe commença à s’assombrir.

Elle fut placée dans une famille d’accueil qui était tout sauf accueillante. La famille Kil’Koron. Le père n’était à la maison que très rarement, il faisait parti de l’entourage proche de l’empereur et était souvent en déplacement aux quatre coins du pays. Si, au contraire, madame Kil’Koron ne quittait jamais la demeure familiale, elle n’en était pas moins sévère, hautaine et aigri. N’ayant choisi de l’adopter uniquement pour l’argent qu’elle rapporterait, elle détestait Ombe. Ce qui était également le cas de leur deux fils qui, pour avoir dix ans d’écart, s’était alliés contre elle et avait décidé de lui rendre la vie encore plus dure qu’elle ne l’était déjà.

Ombe ne passait même pas deux ans à leurs côtés, mais ce fut les deux années les pires de toute sa vie.

Le jour de son seizième anniversaire, la jeune fille décida de partir. Elle se réveilla avant l’aube, emballa deux trois affaires et quelques provisions, piqua un peu d’argent dans le porte-monnaie familiale et s’éclipsa discrètement, non sans avoir récupérer son sabre au passage. Elle marcha d’un pas rapide jusqu’au centre équestre où elle retrouva Bolshoï avec soulagement. Elle le prépara rapidement, grimpa sur son dos et l’élança au galop, pressée de quitter cette vie maudite.

Elle n’avait pas de destination fixe, elle voulait juste s’éloigner. Le premier soir, elle s’arrêta dans une petite auberge pour dormir et c’est en entendant un petit groupe de gens parler du magnifique lac Chen qu’elle le choisit pour destination.

Quelle force extérieure était avec elle à ce moment là ? Qui du vent ou de la danse a conduit ses pas ? Probablement les deux, et d’autres même. Quoiqu’il en soit, après plusieurs jours de chevauchée, elle tomba nez à nez avec un bâtiment colossal, uniquement construit dans la pierre. Les lourdes portes devant lesquelles le jeune hongre avait dû s’arrêter étaient gigantesques et menaçantes. Mais, bizarrement, elles n’inspiraient à la jeune fille qu’une étrange fascination. Avait-elle le droit d’entrer ? Elle ne se posa même pas la question quand elle poussa simplement les lourds battants. Les personnes qui évoluait dans l’immense hall d’entrée la fascinèrent encore plus qu le bâtiment lui même. Ils n’étaient que grâce, fluidité et harmonie, comme si ils se fondait dans le décor, ne faisant qu’un avec l’air, la pierre ou la terre. Ils avaient la démarche de danseurs, mais ils avaient bien plus aussi. Elle s’avança jusqu’à un panneau ou était affichées de tas d’informations en tout genre. Le mot qui l’attira résonna dans son cœur comme une promesse.

Marchombre.

Quelle force extérieure était avec elle à ce moment là ? Était-elle arrivée ici par hasard ou... Non, on ne tombe pas par hasard sur l’Académie des Marcombres. La jeune fille avait trouvé sa Voie.

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MessageSujet: Renaissance   Jeu 19 Déc 2013, 20:29

II. Éole


~ Renaissance ~

Sur le chemin d'Al-Poll, après son premier cours



Ombe a quitté ses deux compagnons depuis maintenant deux jours et elle se tient debout, à côté de son cheval, face à l’immense Chaîne du Poll.
Qu’elles sont belles ces montagnes saupoudrées de neige fine. Les premiers rayons de soleil font briller cette étendue blanche, lui donnant un aspect féerique. La jeune fille se tient devant des diamants géants, parsemés de cristaux blancs, scintillants. Ombe approche sa main de la poudre glacée. Elle sent sa froideur sur ses doigts, mais aussi son infinie douceur. Si la neige n’avait pas été aussi froide, Ombe se serait roulée dedans pour goûter un peu plus à son contact. Elle se contente de la regarder, dans sa beauté magique.
Elle se tourne vers son cheval et sourit en remarquant le contraste qu’il crée entre sa robe noire et la blancheur de la neige. Elle s’approche de lui et lui caresse l’encolure, avant de remonter sur son dos et bifurquer vers l’ouest, en suivant les montagnes. La jeune fille jette un dernier regard au Pollimage, désormais fleuve glacé, qui s’étend derrière elle.

Au bout de quelques heures, le vent se lève. Ombe s’arrête et descend de cheval. Debout, au milieu de la neige, elle ferme les yeux et écoute le vent. Il l’enveloppe d’un souffle froid mais doux, amical. Elle lui sourit, il l’emporte dans sa Danse. Il souffle, elle tournoie, il porte ses bras, ses mouvements... elle vole. Sous ses pieds, la neige l’accompagne. Le vent la fait valser, au rythme des pas de la jeune fille. Ombe danse sous des milliers de paillettes gelées. Le vent souffle plus fort. Ombe inspire une grande bouffée d’air glacée.
Souvenirs.

~ * ~

Ombe a huit ans. C’est son premier cours de danse. Un cours extraordinaire. Ombe entre sur la Voie de la Danse. Il n’y a aucun doute, plus tard, elle sera Danseuse. Mais le cours finit bien vite et, plus les années passent, plus les cours sont intéressants, plus la jeune fille s’attache à la danse, et plus ses cours lui paressent brefs. Elle veut vivre sa passion tous les jours, toute les nuits, toutes les heures.
Ombe est sur le balcon de sa maison, mélancolique. Le vent, qui souffle dans les arbres, essaie de la réconforter. Les années passent encore. Sa mère devient folle et s’enfuit. La jeune fille se retrouve dans cette famille qui ne l’aime pas. Et leur deux fils qui la martyrisent... C’en est trop, Ombe part. Elle erre dans Gwendalvir, suivant le vent, pour finalement arriver devant l’Académie des Marchombres. Le vent souffle. Chaleureux. C’est si évident.
Voilà que sa vie a changé. Elle est apprentie marchombre et la danse est plus présente que jamais. Même si, concrètement, Ombe ne prend plus de cours. Elle continue de danser pour elle, et, à chaque instant de sa vie de Marchombre, Ombe la sent, autour d’elle, Ombe la sent en elle. Elle la sent dans cette Liberté qu’elle éprouve, dans cette Harmonie avec les forces de la natures qui commence à s’installer en elle, dans cet Envol que lui fait prendre le vent.
Le vent a guidé ses pas jusqu’à l’Académie. Le vent porte sa Danse.

~ * ~

Au pied de la montagne, dans la neige étincelante, il n’y a plus qu’eux. Ils ne forment plus qu’un. Le vent et elle. Elle et le vent. Danser les réunit. Devenir Marchombre les lie. Comme une promesse.

Au pied de la montagne, dans la neige étincelante, Ombe n’est plus Ombe. Elle est Danseuse. Elle est Apprentie Marchombre. Et le vent est là, avec elle, pour elle. Comme une promesse.

Elle et le vent
Le vent et elle

Elle danse avec le vent. Elle danse pour le vent. Et comme une évidence, un nom nait dans le murmure du vent, se chuchote dans la neige et résonne dans la montagne.

Elle et le vent
Le vent et elle
Danseuse

Le passé est derrière elle. L’avenir devant. Mais là, c’est le présent. Elle n’est plus Ombe. Ombe est morte avec ce qu’il reste de son passé.

Elle et le vent
Le vent et elle
Marchombre

Elle se tourne vers son avenir et le voit scintiller de toutes les couleurs du vent. Le nom coule désormais dans son corps, dans son cœur et dans son âme, aussi clair que de l’eau, aussi pur que la neige, aussi chantant que le vent. Elle n’est plus Ombe, non, désormais, elle est Éole.

Elle et le vent
Le vent et elle
Ombe est morte
Et Éole est née

La jeune fille s’arrêta et ouvrit les yeux. Le vent était tombé après un dernier souffle sur son visage.

- Éole... murmure-t-elle.

Danseuse et Marchombre.
Parce que ces deux Voies avancent ensemble.
Parce que la Danse coule dans ses veines, et que la Liberté fait battre son cœur.

Un léger souffle d’air frais vient caresser sa nuque. Comme une promesse.

__________________________________________



"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
- Paul Valéry -

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Éole Létoile
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MessageSujet: Certaines choses appartiennent au passé   Dim 09 Fév 2014, 13:05

II. Éole


~ Certaines choses appartiennent au passé ~

Les Frontières de Glace, suite du RP "Aux portes de la Ciatdelle"



La Citadelle était déjà loin derrière elle et les monts enneigés des Frontières de Glace se dressaient face à la jeune fille, puissantes.

~ * ~

- Est-ce que... pouvez-vous me dire où vous l’avez rencontré ?

- Je dirais à mi-chemin entre Al-Poll et la Citadelle, dans les Frontières de Glace bien sûr... Les trappeurs se dirigeaient vers l’est, je pense qu’ils ne vont pas tardé à arriver à la hauteur de la Citadelle... [...] Elle était avec le trappeur nommé Salewin.


~ * ~

Les paroles de l’homme qui avait vu sa mère résonnaient encore dans sa tête, soulevant mille et une questions. Qu’est-ce que sa mère faisait-elle là bas, aussi loin d’Al-Jeit ? Pourquoi avait-elle abandonné sa fille si soudainement ? Qu’avait-il bien pu se passer, qu’était-il arrivé ?
Un soupir s’échappe des lèvres de la jeune fille. Elle porta un regard incertain sur les immenses montagnes gelées. Elle n’était pas sûre d’être prête à se retrouver face à sa génitrice... D’ouvrir le tiroir poussiéreux de son passé. Elle croyait pourtant l’avoir verrouillé à tout jamais afin de pouvoir commencer sa nouvelle vie... Etait-ce vraiment une bonne idée que de regarder en arrière ? Toutes ses questions restées sans réponses... Elle savait qu’elle tenait là l’occasion de les trouver enfin, de comprendre.

- Et si certaines questions étaient destinées à demeurer sans réponse ?

Seul le vent lui répondit. Mais c’était déjà beaucoup pour la jeune fille qui tendit l’oreille pour percevoir l’infime murmure de l’air glacé.
Éole descendit de cheval et se laissa enveloppée par ce souffle mordant. Elle laissa le chuchotement glisser au creux de ses oreilles et remplir son esprit. Le vent se coula dans le corps de la jeune fille qui s’abandonna à lui.

Elle dansa pour l’écouter, pour le comprendre et pour lui répondre. Les mouvements fluides et légers de Éole se fondaient dans les courants infinis du vent. Ses pieds s’enfonçaient moelleusement dans la neige et ses bras caressaient délicatement l’air. Un sourire se dessina sur son visage.

Il y a des choses qu’il est vain de chercher à comprendre, des questions qui n’auront jamais de réponses, des pièces qui maqueront toujours au puzzle. Mais qu’est-ce qu’une pièce d’un misérable puzzle face à la vie toute entière ? A quoi bon réveiller les fantômes d’un passé qu’on a pris soin d’enterrer, alors que devant nous s’ouvre un avenir aussi merveilleux que celui qu’offre la Voie des Marchombres ?

«Regarde devant toi, pas derrière, lui chuchotait le vent, faire demi-tour ne servira qu’à te ralentir et tu risques d’être déçue. File droit devant, de belles choses t’attendent.»

Éole ralentit son mouvement et s’arrêta, ses cheveux noirs parsemés de flocons blancs étincelants. Elle leva un visage rougi par le froid mais serein et souriant vers les pics éblouissants qui la dominaient.
Elle se plia dans une profonde et noble révérence, chuchotant un “merci” reconnaissant qui fit naitre un petit nuage blanc au bout de ses lèvres. Elle se releva, inclinant la tête avec respect.

La jeune fille se tourna vers Bolshoï illuminée par un immense sourire. Elle lui grimpa sur le dos et le lança au galop dans la neige. Ses sabots soulevaient des gerbes de paillettes glacées comme si ils volaient parmi les étoiles.

Ils laissèrent les montagnes derrière eux, le regard fixé loin devant, sur l’avenir.

- Adieu Maman.

Questions à jamais sans réponse
Regard tourné vers l’avenir
Acceptation

__________________________________________



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MessageSujet: Re: Parce que le Vent la porte et que la Danse coule dans ses veines   Dim 28 Fév 2016, 14:14

II. Éole


~ Certaines choses appartiennent au passé... Mais il faut parfois les affronter pour continuer d'avancer ~

Al-Poll, suite du RP "Beautiful Apocalypse"




Al-Poll. Une cité souterraine qui avait dû connaître plus de vie autrefois que à l’époque d’Éole. En effet, si certains y restaient encore, attachés à leur ville, beaucoup l’avait désertée pour des régions plus ensoleillée à la recherche de climats moins rudes.
Assise sur le dos de Bolshoï, Éole observait la ville de loin. Mais que faisait-elle ici ? Qu’espérait-elle ? Il n’y avait pas si longtemps, elle avait décidé de faire un trait sur son passé, de ne plus se poser de question, de ne plus chercher de réponse... Alors pourquoi était-elle venue ?

*Parce que j’ai rencontré l’assassin de mon père. Et parce que je l’ai tué. Parce qu’il faut que je sache si il disait la vérité... Je dois affronter ma mère, ou plutôt, c’est elle qui doit m’affronter. On ne se cache plus. Je dois savoir si mon père était le monstre dont cet homme parlait, je veux entendre la version de l’histoire de ma mère et pas celle d’un inconnu qui se vantait d’avoir tué mon père ! Maman, j’arrive.*

Une nouvelle lueur de détermination s’alluma dans le regard de l’apprentie qui fit avancer sa monture vers la cité. Au fur et à mesure qu’elle se rapprochait, une boule se forma dans son estomac. Cela faisait plus de dix ans qu’elle n’avait pas revu sa mère. Onze ans. Onze qu’elle était partie un matin sans revenir. Onze ans qu’elle avait abandonné sa fille. Au fond d’elle Éole lui en voulait de l’avoir laissée seule, de ne jamais avoir cherché à lui donner de nouvelles, de ne jamais être revenue pour tout lui expliquer. Bien sûr qu’elle lui aurait pardonné ! Mais non. Non, c’était à Éole d’aller chercher des réponses auprès de sa mère. C’était à elle de la retrouver et elle ne faisait aucun effort pour lui faciliter la tâche. Ce n’était même pas elle qui avait envoyé ce trappeur à sa recherche.

*Maman n’a jamais rien fait pour me revoir. Elle a intérêt à tout me dire cette fois-ci. Sinon, je ne lui pardonnerais pas de m’avoir abandonné sans rien dire. *

La jeune danseuse laissa Éole aux bons soins d’un garçon d’écurie dans une petite auberge où elle réserva aussi une chambre avant d’aller faire un tour pour chercher Marcus. Il ne lui avait pas donné de lieu de rendez-vous aussi devait elle faire le tour de la ville pour le trouver... Mais au fond d’elle, Éole avait confiance. Jusque là, elle n’avait pas eu à chercher, les informations sur sa mère étaient venues d’elle-même — et bien malgré elle.

Elle ne chercha d’ailleurs pas longtemps avant de retrouver le trappeur attablé à une terrasse sur la place de la ville. Il lui adressa un sourire et lui fit signe de le rejoindre, ce qu’elle s’empressa de faire.

- Bonjour Ombe !
- Non, Éole,
lui rappela-t-elle en lui adressant un clin d’œil.

Marcus fronça légèrement les sourcils avant de retrouver son sourire.

- Ah oui ! Pardon, bonjour Éole donc !
- Bonjour Marcus,
lui sourit-elle en retour.
- Bon, je suppose que tu viens voir ta mère... Je suis vraiment content que tu sois venue, elle va de plus en plus mal... Je... Je me fais du soucis pour elle... Tu es prête ? On peut y aller maintenant ? Il y a un peu de marche, tu as des bonnes chaussures ?

Éole hocha la tête à toutes ses questions, incapable de prononcer un mot de plus. Elle redoutait la rencontre avec sa mère. Que voulait-il dire par « elle va de plus en plus mal » ?
Marcus se leva et elle le suivit. Il s’éloignèrent d’Al-Poll et se lancèrent à l’assaut de la chaîne du Poll. Un silence inquiétant s’était installé entre eux et l’on n’entendait plus que le crissement de leurs pas dans la neige. Éole se souciait de plus en plus de l’état dans lequel elle allait retrouver sa mère... Serait-elle seulement en mesure de répondre à ses questions ?

Ils marchaient depuis plus d’heure. Éole était endurante, mais le froid, le blanc éblouissant et l’étendue uniforme et incertaine de la neige la fatiguait plus vite que d’habitude. Elle avait mal aux yeux, mal aux jambes et une migraine commençait à s’installer entre ses tempes. Et puis soudain, ils apparurent au loin, minuscules tâches noires sur fond blanc, le groupe de trappeurs de Marcus. Une bouffée de stress traversa subitement la jeune femme. Sa mère était là, à quelques pas d’elle, avec ces trappeurs... Sa mère...
Éole se rendit qu’elle n’y avait jamais vraiment cru. Elle allait revoir sa mère... La danseuse l’avait enterrée dans son passé, elle l’avait considérée morte le jour de son arriver à l’Académie, elle n’avait jamais imaginé la revoir un jour et voilà où elle était arrivée : à deux pas de sa mère.

- Ça va ? lui demanda Marcus en remarquant qu’elle ne le suivait plus.

Elle hocha la tête.

- Oui... C’est juste que... Je me rends compte que je la considérais comme morte... je... Je ne sais pas, continuons.

L’apprentie marchombre se remit en marche et cette fois, c’est lui qui la suivit.

Elle arriva avant lui. Tous les regards convergèrent vers elle. Elle savait qu’elle ressemblait à sa mère, même avec ses cheveux courts et un bonnet de laine enfoncé sur la tête. Ils s’écartèrent pour laisser passer un homme pas très grand mais trapu. Il s’avança vers elle en souriant. Marcus s’était arrêté deux pas derrière elle. Éole ne bougea pas et attendit que celui qui devait être le chef de la tribu parle le premier.

- Bonjour Ombe, je m’appelle Salewyn, je suis content que tu sois parmi nous aujourd’hui. Veux-tu une boisson chaude, un manteau, de quoi de réchauffer un peu ?

Éole garda le silence pendant quelques longues secondes, l’air grave. En fait, elle essayait de se contrôler, de retenir les larmes qui venaient... Le fait qu’il lui proposait une boisson chaude lui fit penser à Syles et elle se concentra sur le souvenir de cette rencontre pour ne pas pleurer, pour ne pas hurler et s’enfuir en courant.

- Bonjour Salewyn... Non merci, est-ce que je peux voir ma... ma mère ?

Un sourire triste se dessina sur ses traits et le trappeur hocha la tête. Elle le suivit dans le campement jusqu’à une tente isolée des autres.

- Elle est là. Je suppose que tu veux être seule avec elle... Je te laisse. N’hésite pas à nous faire signe si tu as besoin de quoi que ce soit Ombe. Bon courage.
- Merci...


Éole regarda Salewyn partir puis se décida à pousser le battant de la tente. Il faisait sombre à l’intérieur. L’espace n’était éclairé par un mince rayon lumineux qui passait entre les deux battants de la porte. La jeune femme mit quelques secondes à s’habituer à la pénombre puis elle la vit.
Elle était là, assise en tailleur au centre de la tente et elle n’avait pas jeter un regard à celle qui venait d’entrer. Elle fixait un point sur le sol, les yeux dans le vague, l’esprit loin de là. Une larme roula sur la joue d’Éole. Elle parcouru la pièce du regard et tomba sur le poignard que son père avait offert à sa mère sur la lame duquel “Akara” était gravé en lettres d’or. Le regard d’Éole revint se reposer sur sa mère qui n’avait pas bougé d’un pouce. Elle s’agenouilla près d’elle.

- Ma... Maman ?

La boule dans son ventre était remontée dans sa gorge et Éole avait du mal à parler. Sa mère ne réagit pas.

- Maman...

Pas de réaction. Elle était ailleurs, dans un autre monde qui n’appartenait qu’à elle... L’apprentie marchombre ne put retenir les larmes qui roulèrent silencieusement sur ses joues. Elle posa une main hésitante sur l’épaule de sa mère.

- Maman... C’est moi, ta fille... Ombe...

Éole ne reconnaissait pas sa mère. Elle semblait avoir plus de cent ans alors qu’elle avait la soixantaine. Sa magnifique chevelure noire était réduite à quelques mèches éparses, grises et sales, collées sur son crâne. Ses grands yeux noirs étaient vides et ternes et elle n’avait plus que la peau sur les os.

- Maman... S’il-te-plait... réponds...

Sa voix chevrotait, Éole faisait tout pour retenir les sanglots qui étaient coincés dans sa gorge.

- Dis quelque chose... C’est moi... Ombe !

Elle avait crié ce dernier mot et sa mère tourna enfin la tête vers elle. Une faible lueur s’alluma dans son regard vide. Elle restèrent de longues minutes à se regarder. La mère et la fille. Des larmes apparurent au coin des yeux de la vielle femme.

- Ombe...

Éole hocha la tête.

- Ombe... répéta-t-elle d’une voix rauque avant de l’attraper par les épaules pour l’attirer contre elle et la serrer dans ses bras. Oh ! Ombe ! Ma fille...

Elles restèrent longtemps ainsi, dans les bras l’une de l’autre à pleurer toutes les larmes de leur corps, toute leur souffrance, toute la douleur endurer depuis leur séparation, depuis la mort du mari, du père.
C’est Akara qui s’écarta de sa fille pour l’observer avec un regard qui retrouvait un peu de vie.

- Ma petite Ombe... Je... Tu es devenue si belle... Une si belle jeune femme... Je t’ai fait tant de mal... Qu’est-ce que tu fais ici ? Comment m’as-tu retrouvée ? Oh Ombe ! Raconte-moi...

Éole secoua la tête.

- Non maman... C’est à toi de me raconter... Je dois savoir la vérité maintenant. Sur papa, sur vous, sur toi... Je dois savoir, et après je partirai. Je... j’ai une vie maintenant, je suis libre. Je ne veux plus avoir à porter le poids d’un passé que l’on m’a caché. Je voudrais entendre l’histoire de ta bouche et après je m’en irai maman. Cette vie là n’existe plus pour moi, je ne pourrai pas rester.

Le visage d’Akara se décomposa. Elle secoua la tête à son tour.

- Ombe... Qu’est-ce que... Pourquoi ? Nous venons à peine de nous retrouver... Ne pouvons-nous pas oublier et rattraper le temps perdu ?

Éole regarda sa mère retenant ses larmes...

- C’est toi qui m’a abandonné maman ! C’est toi qui a gâché tout ce temps. C’est toi qui m’a enfermée toute mon enfance sans rien m’expliquer, c’est toi qui a crée ce que je suis maintenant. Tu aurais pu me dire la vérité dès le début. Ça ne m’aurait pas plus mise en danger. Je ne suis plus ta petite Ombe maman. Celle là est morte. Je suis quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui a vécu pendant que tu n’étais pas là, qui s’est débrouillée sans sa mère. Et qui a trouvé sa Voie. Mais j’ai besoin de savoir. D’entendre ta version. Sinon, je ne pourrais jamais tourner la page et enterrer cette vie là. Je suis là uniquement pour ça maman. Je ne veux pas passer ma vie à me demander pourquoi ma mère m’a menti et si mon père était réellement un monstre ou non !

La mère d’Éole la fixait avec un regard horrifié par ses paroles. Ses joues étaient trempées de larmes. La mère ne reconnaissait plus sa fille non plus. Éole la fixait avec un mélange de tristesse et de détermination dans le regard.

- Tu ne peux pas m’accusez ainsi Ombe... Je n’ai pas eu le choix...
- On a toujours le choix maman,
la coupa sa fille. Mais je ne suis pas là pour décider qui est coupable. Je ne suis pas là pour refaire le passé. Ce qui est fait est fait, tu as pris des décisions, j’ai vécu en conséquence, j’ai pris mes propres décisions et aujourd’hui on est là, toutes les deux. Tu ne pourras pas refaire le passé. Je te demande juste de me le raconter. Que je puisse enfin savoir.

Le silence s’installa de nouveau entre la mère et la fille. Akara observait Éole incrédule. Elle avait laissé une fille de quatorze ans et elle se retrouvait face à une jeune femme de vingt-cinq ans, sûre d’elle et libre. Totalement libre. C’est elle qui avait choisi de venir et elle partirait quand elle le déciderait. Elle obtiendrait ce qu’elle voulait. Akara ne pouvait pas le lui refuser, cependant...

- Qu’est-ce qui... De quelle vérité parles-tu ? Enfin, je veux dire... J’ai l’impression que tu es au courant de plus de choses que je ne l’imagine... Comment as-tu su ?
- Là n’est pas la question et je ne suis pas là pour te raconter ma vie. Je te l’ai dit, je ne suis plus ta petite Ombe. Je ne souhaite pas te parler de moi, cette vie là m’appartient, appartient à mon présent et tu n’en fais pas partie. J’ai décidé d’enterrer mon passé. Toi comprise maman. Je suis désolée. Mais j’ai vécu sans toi et ma vie d’aujourd’hui me convient parfaitement. Je ne veux pas que mon passé viennent interférer avec mon bonheur.


Éole marqua une pause. Elle plongea ses prunelles noires dans celles de sa mère et un sourire triste étira ses lèvres.

- Je m’appelle Éole maman. Ombe n’existe réellement plus. Ma vie a complètement changée. Beaucoup plus que tu ne l’imagines. Je ne suis pas restée à Al-Jeit. Le jour où j’ai décidé de changer de nom, je ne le faisais pas parce que Ombe ne me plaisait pas. J’ai changé de nom parce que je n’étais plus la même et que Ombe portait tous ses fantômes du passés. Éole est libre de son passé et vit de manière légère et paisible. Je ne suis plus Ombe. Je suis Éole.

Akara hocha doucement la tête. Elle n’avait pas la force de se battre contre la vitalité de sa fille, contre cette puissante énergie qu’elle sentait couler en elle. Elle chercha le regard de sa fille avec un mélange d’admiration, d’appréhension et de tristesse. Elle avait beaucoup pensé à des retrouvailles sans y croire vraiment... Mais elle n’avait jamais imaginé cela. Comment aurait-elle pu ?

Akara poussa un léger soupir.

- J’étais fille de marchands. J’ai passé toute mon enfance à voyager avec mes parents à travers l’Empire. J’avais dix-huit ans le jour où j’ai rencontré ton père. Notre caravane était arrivée à Al-Far depuis deux ou trois jours et moi je passais tout mon temps libre — et la Dame sait que j’en avais — à flâner dans la ville malgré les recommandations de ma mère. J’étais jeune, insouciante et je n’en faisais qu’à ma tête. J’étais belle et je le savais. À dix-huit ans j’avais déjà couché avec presque tous les jeunes de mon âge de la caravane. On était pas nombreux, mais bon. Je savais que je plaisais au hommes et j’en jouais. Un peu trop parfois. Et de manière inconsciente.
J’ai atterri dans un bar en fin de journée, entourée d’un groupes de jeunes hommes un peu plus vieux que moi et je me faisais payé des verres. La nuit est tombée, j’étais un peu éméchée et ils ont commencés à se rapprocher de moi et moi, comme une idiote, je m’amusais avec leur envie, j’attisais le feu. La situation a dérapé. Tu sais, couché avec un homme pour une nuit m’arrivait souvent. Mais là, c’est allé trop loin. Je m’attendais à me retrouver dans une chambre avec l’un d’entre, mais je me suis retrouvée dans une ruelle sombre et déserte, complètement saoul et entourée de cinq hommes près à me sauter dessus. J’ai paniqué. Ils se sont jetés sur moi et ont commencé à m’arracher mes vêtements. Ton père était au bar. Il était là pour une mission mais dès l’instant où il m’a vue, il n’a plus réussi à se concentrer. Il m’a suivi quand les gars m’ont emmenée dehors et ils les a tous tué. Tous les cinq. Il m’a sauvé d’un viol, mais il avait tué cinq types de sang froid et sans sourciller. Je ne savais pas quoi penser de lui. Je me suis sauvé. J’ai pensé à lui toute la nuit. Parce qu’il était vraiment canon... Et qu’il m’avait sauvé la vie !
Je l’ai cherché le lendemain, je ne l’ai pas trouvé. On devait partir deux jours plus tard, j’étais persuadée que je ne le reverrai plus. Il fallait que je le vois, que je lui demande pourquoi il était obligé de tuer ces hommes... Sans le savoir, j’étais en train de tomber amoureuse. Et lui aussi. Il a passé la même nuit que moi mais il fallait qu’il finisse sa mission. Il m’a raconté que, quand il a tué son client, il a eu envie de vomir pour la première fois de sa vie. Il est venue me voir le lendemain et m’a tout raconté.

C’était un tueur à gage, un assassin. L’un des trois fils du chef d’un des plus gros gangs d’Al-Far. Amrod était très réputé dans le milieu et il était appelé à reprendre la tête du gang à la suite de son père. Quand il m’a raconté son histoire, j’ai failli m’enfuir. Ton père a été un monstre de la pire espèce. Un tueur sanguinaire et sans pitié. Il m’a avoué avoir rencontré un mercenaire du chaos un jour qui lui a proposé de le guider. Il avait failli accepter, mais il était trop attaché à son père et c’était lui l’héritier, du coup, il ne les a pas rejoint. Un marchombre est venu le voir aussi, peu de temps après. Peut-être espérait-il le remettre dans le droit chemin ? Il lui a craché au visage. Étant fille de marchands, je savais qui étaient les marchombres et les mercenaires du chaos, mais il en connaissait plus que moi... Enfin bref, il a tué donc cet homme avec un jour de retard. Il en a vomit toutes ses tripes et est allé voir son père. Il lui a annoncé qu’il partait, qu’il ne voulait plus mener cette vie là, qu’il existait autre chose que la violence et la mort. Son père est entré dans une colère noire. Ils se sont battu et Amrod a gravement blesser son père avant de s’enfuir. Il m’a dit que je devais choisir. Il avait tout plaqué pour moi, parce qu’il avait dégoûté de voir comment les hommes me traitaient, qu’il me trouvait joli et qu’il tombait amoureux. Je l’ai choisi. On est parti une heure après. On a passé un an à fuir, à se cacher. Ses frères le recherchaient. Son père est mort de ses blessures, il risquait de vendre le gang à l’Empereur... Il était devenu un réel danger pour eux. On s’est réfugié à Al-Jeit, il est devenu cuisinier, on s’est marié... Ton père pensait qu’ils ne viendraient pas nous chercher ici. Qui se cacherait dans un endroit aussi évident hein ? Finalement, on a vécu cinq merveilleuses années avec toi. On ne se cachait pas. On vivait simplement comme n’importe qu’elle famille. Mais ils l’ont retrouvé et ils l’ont assassiné. Tu sais, ces gens on seulement soif de sang. Il n’y a que la mort qui les intéresse. Je me doutais qu’ils en avaient après nous. J’étais au courant. Et ils t’auraient tuée juste pour le plaisir d’anéantir toute sa famille. Mais ils ne nous avaient pas retrouvées nous. Et ils ont dû retourné à Al-Far...

J’ai vécu dans la peur les années suivantes. Tu n’imagines même pas... Et puis un beau jour, j’ai reçu une lettres de menace. Ils nous avaient retrouvées. Je savais que si je partais, ils me suivraient moi et te laisserait tranquille. Je me suis enfuie avec Marcus et la suite il a dû te la raconter. Elle n’est pas glorieuse. J’ai pété un câble, je n’en pouvais plus... J’ai tellement culpabilisée... Je m’en suis rendue malade. J’ai essayé de mourir mais les trappeurs m’ont retrouvée trop tôt. J’ai longtemps attendu la mort mais... mais maintenant tu es là...


Éole secoua doucement la tête.

- Maman... Dis-moi... Dis-moi que Papa était quelqu’un de bien...
- Mais bien sûr ma chérie. Il a tout planté pour partir avec moi, il a changé de vie et il a pris beaucoup de risques... C’est bien qu’il avait un cœur. Il a fait des choses monstrueuses, mais il a réussi à changer, et c’est en cela que c’est quelqu’un de bien. Parce qu’il s’en est rendu compte et qu’il a arrêté.


Akara adressa un sourire à sa fille. Celle-ci ne lui rendit qu’un demi sourire triste en se levant.

- Merci maman. Adieu maman...
- Mais... Tu ne peux pas partir comme ça Ombe ! Tu ne peux pas...
- Si je le peux, je te l’ai dit. Merci de m’avoir raconté la vérité, mais maintenant, je dois y aller.
- Ombe... dis-moi au moins... Qu’est-ce que tu fais maintenant ?


Éole se retourna et planta son regard de nuit dans celui de sa mère et esquissa un sourire.

- Je suis marchombre maman.

La jeune apprentie adressa un dernier sourire à sa mère avant de se détourner et de partir.

Salewyn lui proposa de rester pour la nuit, ce qu’elle accepta vu l’heure tardive à laquelle elle était sortie de la tente de sa mère. Personne ne lui posa de question et tous respectèrent son silence.
Le lendemain matin, Marcus s’approcha d’elle avec un air grave. Akara était morte dans la nuit. Éole hocha la tête doucement. Elle passa presque une heure à pleurer près du corps de sa mère. Elle finit par se lever et déposa un baiser sur le front de sa mère.

- Adieu Maman, murmura-t-elle avant de partir.

Marcus accompagna Éole jusqu’à Al-Poll et la laissa devant la petite auberge où elle avait laissé Bolshoï. Elle se fit rembourser la chambre dans laquelle elle n’avait finalement pas dormi et partit sans plus attendre. Elle savait qu’elle ne reviendrait pas.
Éole quitta la ville, le soleil levant inondant l’horizon de rose et d’orange, faisant scintiller la neige qui s’étendait devant elle. Elle souriait. Un poids avait quitté ses épaules, une page s’était tournée. Elle avait pu mettre un point final à la vie d’Ombe. Elle se sentait légère... et Libre. Une vie merveilleuse l’attendait.

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"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
- Paul Valéry -

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Parce que le Vent la porte et que la Danse coule dans ses veines
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