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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Sawl - Cours n°1

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MessageSujet: Groupe Sawl - Cours n°1   Mar 11 Sep 2012, 20:04

Et voilà.
Sa décision était prise. Et elle n’était – presque – pas liée à une chevelure flamboyante rousse. C’était juste qu’il sentait, au fond… bah, il fallait bien qu’il avance. Il n’avait pas envie de pousser la réflexion plus loin que cela. L’introspection, ce n’était pas vraiment son trip, il préférait agir, ou même ne rien faire, se contenter de suivre quelques impulsions, le Destin comme certaines personnes l’appelaient, et de (sur)vivre comme ça, presque simplement.
Presque.

Ces "presque" qui avaient décidé de lui pourrir la vie, tout simplement, justement.

Poussant un soupir, Hon se hissa un peu plus haut sur la paroi qui entourait la cité du Chaos. Il n’avait pas filé directement au Domaine, préférant passer par les quartiers des simples mercenaires pour se sentir plus à son aise. Oublier quelques secondes les raisons qui avaient finalement fait qu’il était rentré aux sources. Enfin, des simples mercenaires… il y avait quand même des Mentaïs dans le groupe… Mais les Envoleurs eux-mêmes se tenaient ailleurs – au domaine.

En plus, il avait quelques connaissances… intéressantes de ce côté-ci de la cité.
Il faut noter que les personnes intéressantes pour Hon étaient bien souvent des personnes de sexe féminin qui avaient un certain attrait pour lui, ce qui lui permettait de les utiliser un peu à sa guise. Juste un peu.

Dans tous les cas, son petit tour était malheureusement fini. Il avait tout fait pour l’allonger, pour repousser l’échéance, refusant de se mettre face à son propre échec - cette sensation prenante qu’il ne faisait que stagner depuis plusieurs mois, bien trop longs. Alors bon… Il fallait retourner au Domaine ? Il allait y aller…


∞∞∞


Il se réveilla en tremblant, et un cri s’arrêta dans sa gorge quelques dixièmes de secondes avant de franchir ses lèvres. Hon prit une grande inspiration, jetant un coup d’œil autour de lui. Cela faisait longtemps qu’il n’avait plus dormi dans le Domaine lui-même, et la dernière fois que cela avait été le cas, il avait encore eu droit aux dortoirs des apprentis, qui étaient vraiment désastreux – autant en terme d’intimité que de confort.

Dans son lit, une forme bougea légèrement, et il soupira : décidément, il n’arriverait pas à se dépêtrer de ses tendances et habitudes de ne pas s’endormir seul. Qui était-ce cette fois ? Vu la carrure, sûrement une apprentie innocente. Il ne se souvenait même plus de son prénom, à vrai dire, tant il se fichait de le savoir ; encore des coups d’une nuit. Elle aurait probablement elle aussi oublié avec qui elle avait passé la sienne.

Haussant les épaules, Hon se leva souplement, tel un chat, et enfila les premiers vêtements qui lui passèrent sous la main, à savoir une chemise blanche aux manches courtes et un pantalon de lin marron. Boutonnant la chemise – pas jusque en haut – il sortit tranquillement de sa chambre pour se diriger vers les escaliers, et plus spécifiquement vers le réfectoire histoire de prendre une collation avant de retrouver des apprentis sans doute pas vraiment prêts à se lancer dans la grande aventure du Chaos.

Il se souvenait de sa rencontre avec Shan comme si elle s’était déroulée la veille, ou presque. Mais il n’avait pas envie d’y penser, alors il balaya ces quelques pensées en croquant dans une pomme bien juteuse. Sortant sur le pas de la grande porte d’entrée, il jeta un coup d’œil au panneau d’affichage, ce qui l’informa que ses apprentis étaient au nombre de quatre. Deux filles et deux garçons. Un équilibre ?

L’Envoleur soupira, avant de se caler contre le mur à côté de la porte. Il attendait là ses apprentis. Noté sur la feuille qui détaillait le groupe, il y avait bien spécifié qu’ils partaient en voyage et donc Hon espérait qu’ils auraient assez de jugeote pour se faire un paquetage avant de le retrouver.
Alors, et bien… la prochaine personne à franchir la porte sera-t-elle un de ses apprentis ?
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MessageSujet: Re: Groupe Sawl - Cours n°1   Mer 12 Sep 2012, 11:24

Ich höre und ich vergesse.
Ich sehe und ich erinnere.
Ich tue, und ich verstehe.



.



Mes mains refermées sur le rebord de verre d'une ampoule contenant une bougie, je maintenais cette dernière à la hauteur de ma poitrine, projetant de cette manière le faisceau doux de sa lumière devant moi. Les arbres assombris par l'heure matinale s'élevaient au dessus et autour du domaine à la manière de protecteur. Qu'elles soient robustes ou souples et légères, les branches avaient entrelacés leurs ramures dans une étreinte végétale qui étouffait les bruits, et plongeait le lieu dans cette ambiance typique de la forêt silencieuse. Nonobstant, il n'y avait ici pas de place pour la crainte ou l'effroi, car le calme endormi de la vie résonnait de partout.
Mes yeux embrassèrent l'horizon arrondi déterminé par le placement des arbres, et faisant quelques pas en avant, projetais mon ombre sur le sol. La bougie dans mes doigts flamboyait doucement, mais je savais que sa luminosité n'attirerait aucun problème. Que ce soit devant ou derrière, songeais-je, il ne pouvait y avoir de risques. La lumière ne créait pas le risque. Au contraire. Un sourire étira mes lèvres, et je pliais les genoux, venant toucher le sol de ces derniers. Délicatement, comme craignant de se voir briser l'ampoule de verre, je déposais la bougie et son contenant sur l'herbe. Le halo jaune s'étala tout autour, baignant les brins d'herbe d'une couleur contrastée aux ténèbres environnantes. Immobile, je laissais mon esprit s'hypnotiser devant le balancement irrégulier de la flamme. Autour de moi, les bruits de la nuit avaient repris, avec une certaine méfiance, face à ma présence dans l'intimité des créatures nocturnes.
Le soleil se lèverait tard, aujourd'hui. Cela ne faisait que quelques jours que j'étais à Ombreuse, mais j'avais appris ce qui a mes yeux me semblait le plus important ici : la lumière solaire pénétrait difficilement cet endroit. Endroit vénérable, renfermé et magnifique. Magnifique, parce que flottait dans son sein les méandres d'une harmonie inaccessible à la nature humaine. Ce qui semblait chaos, dans ces écorces humides et ces lichens flottants, se révélait union de la perfection. J'adorais cet endroit.
Un craquement de brindille me tira de mes pensées. Je projetais mon regard sur la silhouette basse d'un animal s'approchant. Lorsqu'il fut à quelques mètres, un sourire prit place sur ma face tandis que je reconnaissais le corps d'un chat sauvage. Animal robuste, aux muscles puissants, et à la robe noire, lui permettant un camouflage parfait dans son environnement, il avait été attiré par ma bougie qui sortait de l'ordinaire de cette forêt.
Je ne bougeais pas, le laissant s'approcher. Ses prunelles, allumées par l'éclat de la flamme, oscillaient entre mon visage et l'ampoule de verre, hésitant sur l'objet de sa curiosité. Étais-je un danger susceptible ou bien le feu serait-il plus attrayant ? Encore quelques pas de sa part, et du bout du museau, il effleura la coupole.
Instants de silence.
Il releva la tête, ondula son dos, et s'approcha de moi, sans crainte apparente, venant se frotter à ma hanche, sans que je ne bouge. L'apprivoisement se faisait après un long moment d'observation et d'étude et ne pouvait se résoudre pas une cohabitation immédiate. Il resta une minute, avant de s'enfuir par petits bonds, se noyant une nouvelle fois dans l'ombre des arbres. Je récupérais la coupole de verre, mouchais la bougie, et revenais vers le Domaine.

(…)

Revenu dans l'enceinte des locaux intestins du Domaine, je déambulais quelques instants dans des couloirs aussi identiques qu'interminables, avant de parvenir à retrouver mon chemin. Chemin qui me mena d'ailleurs devant un tableau d'affichage, encerclé par quelques jeunes apprentis. Leurs visages étaient tournés vers le panneau, et je voyais certains se murmurer des choses à l'oreille avec une frénésie excitée. Quelques uns pestaient, et d'autres partaient en courant dans des directions opposées. Intrigué, je m'approchais. Il s'agissait des affiches des cours de chaque Maitre Envoleur dispensés avec soins à leurs élèves répartis. Mon regard accrocha mon nom, et je lisais avec une certaine circonspection le nom de mes futures camarades. Isis, Agiri, Nea. Laissant une seconde résonner la phonétique de leur prénom dans ma tête, je reportais ensuite mon attention sur le tableau. Maitre Hon... J'ignorais absolument qui était cet individu, mais il était notifié l'endroit où il fallait se rendre, préparer un sac de voyage, ainsi que l'heure. Au dessus du tableau, un dessin réalisé par un Mentaï, certainement, permettait de connaître l'instant présent. Je calculais avec estimation le temps qu'il me restait pour parvenir à trouver mon chemin au travers des dédales du Domaine. Un soupir moqueur fusa d'entre mes lèvres, et je m'écartais du tableau, à la recherche de la direction à prendre.

(…)

Mon épais manteau rouge remonté jusqu'au col, mon sac de voyage dont j'avais glissé la sangle sur mon épaule, je glissais mes doigts dans mes cheveux. Les mèches d'ébènes glissèrent entre mes phalanges et je ramenais le bandeau de cuir rouge contre mes tempes, retenant entre eux mes cheveux trop longs. Ma main droite, bandée par le pansement compressant avec soin mon articulation, je fis pivoter cette dernière, appréciant la souplesse de mon poignet. Depuis ma chute, ce dernier avait bien guéri, et les métacarpes s'étaient consolidés. J'espérais que ça ne provoquerait aucun malaise durant le cours. Je savais me servir d'une lame mi-longue, mais ignorais si l'utilisation d'une arme gênerait quoi que ce soit.
Arrivé devant la porte indiquée par le panneau d'affichage, je jetais un regard sur les côtés, cherchant un possible camarade. J'étais seul dans le couloir, cependant. Un rictus étira ma bouche, et je levais les doigts, heurtant deux fois le linteau de bois de la porte, attendant une permission d'entrer. Il n'y en eu pas, mais je posais tout de même mes doigts sur le bouton de la porte, que je fis tourner.

Il y avait un homme, de l'autre côté. Je pénétrais dans la salle, refermant lentement la porte, tandis que mes prunelles sanguines dévisageaient le visage de l'Autre. Un homme adulte, aux yeux d'un bleu étonnant, particulièrement profond. Un bleu qui me fit aussitôt penser au Lac Chen. Un éclair sombre traversa mon regard.

« Bonjour. Je suis Entrelacs Phaebio. »
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MessageSujet: Re: Groupe Sawl - Cours n°1   Mar 18 Sep 2012, 16:51

Lune noire tel un éclat de ténèbres au milieu d’un océan d’abysses piqueté de lumières vacillantes et éphémères qui clament que la lumière si fragile ne fait pas le poids face aux ombres infinies et omniprésentes dans les cœurs et les âmes.
Un visage se dessinant sur l’astre brûlant de glace dont les cheveux sont semblables aux neiges immortelles couronnant les montagnes élancées qui dédaignent hautainement les hommes insignifiants surplombés par une nuit noire sans fond comme les yeux du visage lisse et mat.
Rien autour de moi ni vide ni matière que du noir et blanc pas de gris dans ce monde à la limite de l’irréel dans lequel les surfaces n’existent pas et les obstacles ne se trouvent que dans les esprits bornés et peureux.
Le Visage a des yeux doux des traits fins il est précieux pour moi sans éveiller rien d’autre qu’un pâle souvenir comparable à un lambeau de fumée qui se déchire lorsque l’on cherche à l’effleurer.
Les lèvres du Visage articulent des mots qui n’existent pas qui n’ont jamais existés mais qui pourtant existent fragile lien entre des êtres qui s’aiment plus que le soleil et la lune ou la Dame et le Dragon en ayant le bonheur de vivre ensemble le temps d’un soupir qu’il est si facile de voler de briser de détruire.
Puis soudain les mots deviennent compréhensibles langage millénaire que certains ne comprennent plus à cause de gens à l’âme et au cœur envahis par les ombres omniprésentes et quand le sens cherche à m’atteindre il se délite tel un nuage fantasque sous le vent sans but ni raison qui en sifflant incessamment en soufflant sans cesser étouffe la voix.

Tout.
Est.
Noir.


C’est l’absence de lumière qui me réveille. L’absence de lumière et ce cauchemar, l’un des plus tenaces. Je ne cesse d’en faire.
Je cligne des yeux dans l’obscurité, attendant que mes yeux s’habituent. Cette satané forêt est toujours obscure, exceptées les quelques heures aux alentours de midi. J’ai l’impression que je ne m’y accoutumerais jamais. Une feuille me caresse le bras et je me souviens que j’ai passé la nuit dans un chêne tout près du Domaine. Les dortoirs sont trop exigus, et cet arbre est mille fois plus confortable, recouvert de lichen et de mousse, que les semblants de lits mis à notre disposition.
Mes yeux, enfin, commencent à distinguer les formes dans l’obscurité semi-complète. Avec précaution, j’attrape mon sac usé que j’avais bien calé entre deux branches et je glisse jusqu’au sol, attentive à tous les bruits. Ombreuse à une bien sinistre réputation pour que je n’y prête pas un peu attention.

Avant de me rendre au Domaine vérifier si mon cours n’a pas commencé je cherche un coin où me laver. Arriver fringuée comme une mendiante, ce n’est pas vraiment mon style. Je vrille mes yeux au sol, cherchant avec espoir un sentier, qui me conduirait invariablement à un point d’eau. Au bout d’une dizaine de minute je finis par en trouver un, et je débouche assez rapidement sur une petite rivière, presque un ruisseau, déroulant ses méandres avec paresse au milieu d’immenses arbres. Elle n’est heureusement pas assez profonde pour tenter de me noyer insidieusement.
Je me lave en vitesse et troque mes simples vêtements contre ma tunique de cuir. Je sangle ma ceinture, y suspendant mon poignard - je ne pense pas que l’on essaye de me tuer dès le premier jour, mais bon... -, puis enfile mon manteau. Il s’abîme, et mes piètres talents de couturière lui confèrent l’air d’un habit de pauvre. Mes brassards s’y ajoutent, de cuir et métal mêlés, autour des poignets.
En me penchant sur l’eau, je remarque que mes cheveux dépassent mes épaules de quelques centimètres. Sans hésiter, je dégaine vivement mon poignard pour les couper au jugé. L’important étant qu’ils ne vont pas plus bas que la clavicule. Un coup de pied, et les mèches lunaires vont dans la rivière. Je n’ai aucune envie de m’embarrasser avec une crinière de fille. J’ajuste sur ma tête ma capuche, vérifie la solidité des liens qui la retiennent à la tunique en tirant dessus d’un coup sec, enfile mes bottes puis, saisissant mon sac au passage, je m’élance vers le Domaine.

Une vingtaine de minutes plus tard, et je franchis les portes gigantesques - on se demande à quoi ça sert qu’elles soient si grandes - puis vais voir le panneau d’affichage. Ah, enfin, mon cours a commencé. Je suis revenue d’Al-Jeit à temps, de toute évidence. Mon regard glisse sans les voir sur les noms de mon maître et des apprentis qui suivront les cours avec moi et je retiens le lieu de rendez-vous et le fait qu’il prévoit un voyage. J’étouffe un ricanement. Je suppose qu’il faut préparer des affaires... J’ai tout dans mon sac. La seule chose que j’ai laissée dans le dortoir, c’est mon katana, trop encombrant.
Lâchant un soupir, je me détourne, retenant au passage qu’il prévoyait une heure précise. Je ne sais pas si je suis en retard, et je m’en moque.
Je tourne en rond pendant une quinzaine de minute dans le bâtiment immense - les mercenaires auraient-ils un ego à l’égal de leur Domaine ? - avant de trouver la bonne porte. Sans prendre la peine de frapper - il n’avait qu’à choisir un endroit plus rapide d’accès - je tourne le bouton puis entre. Sur le pas de la porte, je les détaille en vitesse. Il y a un homme, sans doute mon maître - comment qu’y s’appelle, déjà ? - possédant des yeux d’un bleu peu commun, et dont les habits sont limites ceux d’un paysan, et un garçon, qui doit avoir à peu de choses près mon âge, aux iris écarlates. Ben on doit le remarquer, celui-là. Surtout avec ses habits - tout aussi rouges.
J’éprouve soudain une envie folle de tirer ses longs cheveux sombres, avant de me souvenir que ce n’est pas vraiment le truc à faire, ici, si on veut garder sa tête sur ses épaules. Soupirant, je lève mes yeux couleur neige sur le plafond, referme la porte d’un coup de pied - assez violent, d’ailleurs - avant de lâcher :

— Nea.

Puis je vais me poster dans un coin, capuche toujours baissée, en remarquant un truc étrange.
Des yeux bleus, blancs, rouges.
...
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MessageSujet: Re: Groupe Sawl - Cours n°1   Jeu 27 Sep 2012, 18:25

Un soupir se fraya un chemin au travers de ses lèvres.
Il en avait déjà marre d’attendre. Mais hors de question de laisser monter cette impatience en lui, en tout cas de trop la montrer. Pour l’instant, en plus, cela ne servait pas à grand-chose, étant donné que personne n’était entré, et donc que personne ne pouvait le voir s’impatienter. Il ne ferait rire ni n’agacerait personne.

Pourtant, finalement, l’attente ne fut pas si longue que cela. Assez rapidement, Hon entendit des pas dans le couloir, et la poignée de la porte tourner sur elle-même, laissant apparaître un jeune homme aux longs cheveux d’un noir profond. Etonnant comme la mode progresse, à laisser des cheveux féminins sur un corps mâle, et surtout avec cette impression de douceur satinée, aux reflets légèrement cuivrés chaleureux… Et même si ses pupilles, d’un rouge soutenu, semblaient vouloir tuer tout ce qu’elles rencontraient, Hon eut beaucoup de mal à le prendre au sérieux immédiatement. Tant d’opposition dans sa manière de paraître laissait-il deviner un tempérament complètement déséquilibré, ou bien n’était-ce qu’une impression… ? Ou alors peut-être qu’il le faisait exprès. *Ne pas juger un homme à la longueur de ses cheveux…*
Un sourire étira les lèvres de Hon, qui retint un petit pouffement de rire moqueur.

Entrelac. Bizarre comme nom. Assez lié à son apparence, si on allait dans ce sens. Après tout, il y avait entrelacs de féminité et de masculinité. C’était drôle, cet accoutrement, et on se demandait ce qu’il mettait dans son lit. Autant certains c’était parfaitement évident, autant celui-là mettait le doute en place, et cela faisait beaucoup rire Hon, étant donné qu’il se posait la question. Une question complètement inutile et hors contexte.

Mais avant qu’il n’ait pu hocher la tête ou même se présenter en retour, la porte s’ouvrit à nouveau, assez brusquement – même si les pas de l’autre côté étaient largement perceptibles pour les oreilles de l’envoleur. Qu’il était drôle de voir la surprise dans les yeux des gens qui tentaient de surprendre ! On ne s’en lassait jamais… *Ou rarement. Celle qui était rentrée était une jeune fille à la chevelure aussi blanche que l’autre l’avait noire, ce qui était assez marrant en les regardant l’un puis l’autre. Et en plus, elle les avait courts – coupé n’importe comment, il faut le noter, ce qui tira une grimace dépréciative à Hon – alors que l’homme les avait longs… Opposés, en tout ! Cela risquait d’être fort intéressant, cette histoire.
Et puis, en plus, ses yeux étaient blancs. Beurk… Ce n’était pas beau, première pensée de Hon. Pas beau du tout… Pourquoi arborer des choses pareilles dans la vie de tous les jours ? Encore, quand le but était de faire peur… *Ha ! Tu veux faire peur c’est ça ? Raté, c’est plutôt dégueulasse en fait, mais pas apeurant pour un sous ton truc !*. Et puis, son nom qui ressemblait étrangement à Néant, cela voulait dire quelque chose aussi, ne pas se leurrer. C’est fou comme un prénom a une influence sur la vie.

Comme Hon.
Hon, qui sonnait comme homme, comme bonne, comme sonne, enfin… *Vaut mieux arrêter là mon vieux…*.

Enfin bref, dans tous les cas, les deux autres apprentis se faisaient désirer, alors plutôt que de les attendre, Hon décida d’entrer dans le vif du sujet rapidement. Et donc, il prit la parole de sa voix grave, plantant son regard d’un bleu profond dans celui de ses apprentis. Rouge – fiou – et blanc – beurk…

- Salut, j’suis Hon Kristing, et celui qui vous prend en charge à partir de maintenant. Prendre en charge pourquoi ? Haha, bonne question. C’est ce que vous allez m’expliquer, d’ailleurs. Je vous écoute.

Certains auraient sans doute vu là une preuve de pédagogie, mais Hon ne savait juste pas quoi dire de plus, alors autant les faire parler. D’autant que cela l’éclairera sur la teneur des deux apprentis déjà présents. Puis après, si les deux autres n’arrivent pas très vite, et bien ils partiraient, fallait pas abuser non plus. Il n’avait pas que ça à faire !
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MessageSujet: Re: Groupe Sawl - Cours n°1   Jeu 27 Sep 2012, 21:15

Il n'y avait pas dans les yeux de Hon cette eau, mais j'y avais accroché la représentation de ma peur. Comme un effondrement de glaise, sous une vague, une barrière mentale céda, et laissait exploser entre mes tempes un fou rire moqueur. Moqueur à mon égard, puisque la personne qui se tenait en face de moi, je la considérais dès lors comme quelqu'un de fort. Le Lac Cohen avait toujours été cet endroit d'angoisse, parce que sur les eaux ancestrales, voguaient cette projection implacable de la force, de la puissance destructrice, et en même temps, de la douceur traîtresse.
Alors je ne pouvais que me méfier. Même si je constatais que j'idéalisais déjà cet homme de cette manière, sans même savoir s'il était « fort ».
J'avais décidé de le voir comme tel pour le moment.
Si mes yeux rouges s'étaient accrochés à son regard bleu, ce dernier, lui, coula sur moi dans une introspection me mettant mal à l'aise. Je pris soin de ne pas bouger, à l’affût, soupesant un regard qui se voulait peut-être trop direct, mais veillant à ne pas non plus sombrer dans la paranoïa. Après tout, nous étions bien là pour ce même but, tout les quatre... Et puis ce n'était qu'un regard.
La porte qui se rouvrit me fit ciller, et me retournant à moitié, au travers de quelques mèches brunes, j'observais avec une attention dévorante la jeune fille se présentant devant nous. Elle et son expression butée.
Pour moi qui avait toujours contemplé le monde enfermé dans mon univers écarlate, l'apparat de la jeune fille me surprit aussitôt. Le blanc. Du blanc, partout. Sauf sur peau. Ses yeux, ses cheveux, ses ongles... Il semblait se dégager de cette absence de couleur un vide monumental, qui pendant une seconde, me donna l'envie de déteindre sur elle. Pourquoi cette peau sombre, pourquoi ces cheveux et ces yeux blancs ? Mes prunelles étrécies, mon regard s'attarda sur les mèches aux extrémités hérissées. Pas que je prenais particulièrement soin de mes cheveux. Mais de la part d'une fille, je trouvais ça étrange. Où était passé mon cliché sur les nunuches de ma ville, qui se dorlotaient en s'affirmant une identité de coquettes devant les miroirs ? Un sourire distrait glissa sur mes lèvres, et mon visage, crispé par le bleu des yeux du Maitre, se détendit. Cette fille... Jusqu'où était-elle capable d'aller pour prouver qu'elle existait ? Si elle était venu ici, alors elle avait quelque chose à faire, de certainement bien précis. Je ne prétendais pas en être absolument sûr, mais il me semblait logique que toute personne étant dans l'incapacité d'assouvir immédiatement leurs désirs devraient se rejoindre ici. Et peut-être que quiconque réfuterait cela serait le pire des abrutis. Mes doigts se crispèrent, tandis que je me mordais la langue. Rire aurait été une bêtise.

« Nea. »

Ses yeux blancs...
Est-ce que tu assumes ce que tu es ?

Esquisse de mes épaules, je dardais de nouveau mon attention sur l'Envoleur, qui dans un mouvement, s'accapara l'absolue totalité de mon regard. Parce qu'il fallait au moins cela. Je désirais absolument quelque chose, et pour cela, je devais accepter qu'il soit mon maitre. C'était étrange, comme concept. Jamais, je n'avais été vraiment livré à l'autorité de quelqu'un, en dehors de ma mère et de mes sentiments. Comme un chat, avait-on dit. N'étais-je pourtant pas humain, comme vous, comme eux ? J'étais moqueur, arrogant, timide et délicat. J'étais ce que pouvais être, en fonction de mes capacités, et des Autres. Elya ou Nuhadu. Hon ou Nea. Moi, ou Elle.

« Salut, j’suis Hon Kristing, et celui qui vous prend en charge à partir de maintenant. Prendre en charge pourquoi ? Haha, bonne question. C’est ce que vous allez m’expliquer, d’ailleurs. Je vous écoute. »


Mes yeux rouges, liés à un regard qui oscillait entre le mien et celui de ma camarade, abandonnaient tout éclat. Pourquoi ? Simplement pourquoi ? Est-ce que la difficulté du test que j'avais redouté résidait en cette simple réponse à fournir ? Il ne s'agissait pas de se battre, de frapper, ou de vaincre. Mais il fallait placer des mots sur une réalité que je ne voulais voir appartenir qu'à moi. À moi seul. Est-ce qu'il n'était pas possible de contourner ? De ne pas répondre ? De conserver ? Parce qu'il n'y avait ni honneur ni secret dans ce « pourquoi ». Pourquoi contenu dans mon esprit, qui refusait de se délivrer en mot, qui refusait même de se transmuter en réalité. Il n'y avait peut-être même pas de raisons véritables à ma présence ici, n'est-ce pas ? J'avais plongé tête la première dans un courant trop rapide pour que je lutte, et j'avais été projeté ici, peut-être... !
… Même moi, je ne pouvais pas croire à ça. Un ricanement fusa dans ma tête, et je redressais mentalement le parcours poursuivi.

« Parce que je me suis cru un peu trop fort. Que j'ai voulu résister à une vague, et que je me suis fait exploser la tête au fond de l'océan. Que cet océan, j'ai envie d'apprendre à nager dedans, parce que me faire noyer ne me satisfait pas. »

Mes yeux s'assombrirent sous les flux et reflux de souvenirs qui remontèrent à la surface, et un sourire étira mes lèvres, tandis que je croisais les bras sur ma poitrine, autant dans un besoin de m'affirmer que de me rassurer. Indécisions et assurances, entrelacées dans ma poitrine, comme un nœud qui se jouait de mes besoins de respirer. Je relevais les yeux sur Hon.

« Je pense que nous, … du moins, moi, suis ici, face à vous, parce que j'ai besoin de savoir des choses que je ne peux pas apprendre tout seul. Que si vous êtes là, c'est pour nous, et que c'est à nous de faire l'effort d'être ce que nous devons être pour vous. »

Mes mains glissèrent sur mes bras, et je ramenais ceux ci près de mes hanches, mes yeux voilés par l’absentéisme soudain dont je fis preuve. Une seconde. Une seconde, je fus juste un pantin, plus vraiment dans la réalité, simplement un petit garçon perdu dans la contemplation du devenir de sa vie. Un bref gloussement s’immisça hors de mes lèvres.


« Et puis, je suis ma mère. »


Complètement barge, aurait-on dit.
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MessageSujet: Re: Groupe Sawl - Cours n°1   Dim 30 Sep 2012, 14:08

[[Hon, je change de couleur pour éviter que l’on nous confonde. Sinon, ne vous sentez pas personnellement visés par mes bêtises, hein...]

C’est ça, mon maître ?! On s’est fichu de moi ! Eh ! Je veux me faire rembourser ! En entrant dans la pièce, je n’ai pas manqué de noter sa grimace. Quoi, il a quelque chose contre les gens mieux fringués que lui, ou c’est juste ma tête qui ne lui revient pas ? Me suis pas coiffée, certes, je ressemble à un épouvantail, certes, et alors ? L’autre apprenti a aussi l’air surpris. Il n’a jamais vu de filles ? Je ne savais pas qu’il existait des couvents spécialement pour garçons. Intéressant.
Oh, leur tête si je leur sortais tous ce qui passait dans la mienne... Cela faut presque le risque de la perdre, dans tous les sens possibles et imaginables du terme.
D’ailleurs, comme qu’il s’appelle, l’apprenti ? Je n’aime pas trop qu’il connaisse mon nom alors que j’ignore le sien. Le maître, je m’en fiche, en fait. Ah, tiens, il est en train de parler. Je soutiens fièrement son regard bleu. Ce n’est pas parce que je suis son élève - las ! - que je vais baisser les yeux.
Et dire que je reprochais à Ange d’être kamikaze... Mouahahaha.

- Salut, j’suis Hon Kristing, et celui qui vous prend en charge à partir de maintenant. Prendre en charge pourquoi ? Haha, bonne question. C’est ce que vous allez m’expliquer, d’ailleurs. Je vous écoute.

Très intéressant. Nan, je plaisante. Par contre, il pourrait attendre les autres, cela ne le tuerait pas... Ou alors, il y a un problème quelque part.
Hon Kristing. Quel drôle de nom. Rien à m’envier, vraiment. Sinon, effectivement, on s’en doute que c’est notre maître. Aux dernières nouvelles, les techniciens de surfaces ne se fringuent pas comme des paysans pour aller accueillir des apprentis à la place de leur maître. Ou alors, ils ont bel et bien tous un grain. Sérieux, le grain.
Patiente, je laisse d’abord parler l’autre apprenti. Je le dévisage en même temps plus précisément. Franchement, j’adore ses cheveux. Beaucoup moins voyants que les miens. Heureusement que je n’ai pas tiré dessus. Et ses yeux, aussi. Je me sens moins seule, haha.
Oh, tiens, je n’avais pas remarqué. Il a la même coupe que l’Autre, celui qui m’indiqua la voie du Domaine. Bizarre. Une mode, peut-être ?

Je me concentre sur la question du paysan. Pourquoi je suis là ? Bah, c’est évident, voyons, je veux apprendre à me nettoyer les ongles avec un poignard, pendue par les pieds à une poutre tout en chantant faux exprès pour torturer un gars choisit au hasard dans Al-Jeit.
La question me dérange sérieusement, en fait. J’ai peut-être déjà beaucoup trop révélé à Ange, je ne vais pas dévoiler à ce substitut d’être intelligent mon but, ma raison d’être. Et pourquoi pas le jour exact où je perdis ma première dent de lait, tant qu’on y est ?
Hum, je crois que c’était par un froid soir d’automne, alors que sonnait, sépulcrale, la cloche d’Al-Far, et que tombait une lourde nuit inquiétante, où résonnait déjà les hurlements des possédés et des fous...
C’est moi, la cinglée.
Le hic, comme avec les gens trop intelligents, c’est qu’ils sentent quand on leur ment. Je ne suis pas sûre des capacités de ce type, mais bon, va falloir jouer franc-jeu.

« Parce que je me suis cru un peu trop fort. Que j'ai voulu résister à une vague, et que je me suis fait exploser la tête au fond de l'océan. Que cet océan, j'ai envie d'apprendre à nager dedans, parce que me faire noyer ne me satisfait pas. »

Oh, il a parlé. Première fois que j’entends sa voix, c’est classe. J’ai pas vraiment compris sa réponse, en fait, mais, c’est pas grave... Ou si. Je n’ai le temps de réfléchir dessus qu’il poursuit.

« Je pense que nous, … du moins, moi, suis ici, face à vous, parce que j'ai besoin de savoir des choses que je ne peux pas apprendre tout seul. Que si vous êtes là, c'est pour nous, et que c'est à nous de faire l'effort d'être ce que nous devons être pour vous. »

Intéressant. Je fixe ses yeux. Il affiche un air étrangement distant. Croise les bras. De quoi veux-tu te protéger ? Ma petite sœur faisait le même geste quand elle devait me parler, posture dérisoire d’inutilité utilisée pour se défendre contre la seule personne qui jamais ne lui ferait rien.
Petite sœur...
La voix de l’apprenti m’arrache à mes souvenirs. Stupides souvenirs. Le gloussement débile qu’il laisse échapper me fait sourire. La suite me fait exploser de rire.

« Et puis, je suis ma mère. »

Rire peu élégant, je vous l’accorde. Je me plie carrément en deux, mon habituel ricanement d’attardée mentale résonnant avec force. Je mets bien une ou deux minutes à me calmer, mais je finis par me redresser, l’estomac comprimé par une crampe. D’un geste vif, j’essuie mes larmes de joie. Une profonde respiration.
En plus, c’est cool, il n’a rien en particulier contre les marchombres. Je n’ai jamais vraiment compris le problème qu’on a avec eux, en fait. Puis, à mon tour, je m’exprime. Réservant le soin à notre majestueux maître de lui demander pourquoi il a dit ça. Car, il ya « suis », du verbe suivre, et « suis », du verbe être, puisque j’ai retenu la dernière possibilité en premier lieu.

— Quelqu’un m’a dit que je trouverais ici des gens comme moi, et les moyens de me venger. J’en veux très fort à un bon nombre de personnes, sans savoir qui elles sont, où elles sont, et pourquoi elles sont. Tout n’est au fond qu’une question de vengeance, après tout.

Le premier qui me sort « c’est des marchombres, évidemment », je le frappe...

— Alors, grâce à votre... enseignement, je vais les retrouver, et puis...

Je fais un grand sourire. Avant de le perdre en une fraction de seconde. Changeante, de gaie qui passe à sérieuse comme un tombeau seulement marqué d’une écorce gravée.

— Et aussi, qu’entre me faire pourchasser comme assassin de nobles pour finir pendue ou autre et éliminer avec joie ceux que la première possibilité tente beaucoup, y a pas dessin.


Je ne suis même pas sûre qu’Alnaor, mon pseudo-père, ai lancé un avis de recherche, mais bon. Je finis tout de même avec un magnifique :

— Eh, euh, truc, non, Gon, C... heu... Hon, oui, c’est ça. Où ils sont, les autres ? Tu les as déjà tués ?

C’est moi qu’il va tuer, ha ha ha.
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MessageSujet: Re: Groupe Sawl - Cours n°1   Jeu 11 Oct 2012, 13:33

Hon écoutait et n’écoutait pas en même temps.
Ou plutôt, il entendait mais n’écoutait pas. Oui, c’était plus ça en fait. Il entendait les mots, les phrases, mais ne cherchait pas à saisir leur sens plus ou moins global, plus ou moins clair. Les paroles flottaient autour de lui, et il en attrapait de temps en temps, par vagues, par impulsions.

« je me suis cru un peu trop fort »
Trop fort ?
Surestimation de soi. Pas bon ça. Être confiant, c’était quelque chose, mais être pédant, c’en était une autre. La question était de savoir si en pensant cela, Hon n’était pas du genre à être une Confrérie de Rêveurs qui se fout de la charité.

« Et puis, je suis ma mère. »
Fuis suis !
Il suit sa mère, ou il est sa mère ? Envoleuse elle aussi ? Patatra ! Quel carnage cela ferait, quand elle saurait qui allait "éduquer" son pauvre petit. Mais tant pis… C’était comme ça. Et Hon, s’il n’était pas spécialement pédagogue, reconnaissait au moins que quelques Envoleuses lui étaient vaguement familières.

« Tout n’est au fond qu’une question de vengeance, après tout. »
Une question de vengeance ? Elle n’irait pas loin par vengeance. La vengeance, ça ne sert pas à grand-chose, à part se calmer les nerfs quand on n’arrive plus à se contrôler et qu’on pète en l’air, comme qui dirait. Sauf que ce ne semblait pas être le cas de cette Nea. Allons bon, comment ça, on n’est pas dans le monde des bisounours ? Bien sûr que si ! C’est juste qu’on ne sait pas ce qu’il se passe vraiment, parce qu’on a que l’envers du décor, et pas son revers. Dans la vie réelle, il y a toujours les deux, quand on sait ouvrir les yeux.

« Où ils sont, les autres ? Tu les as déjà tués ? »
Hon émit un petit ricanement. Déjà, pour l’emploi du « tu ». Comptait-elle le vexer ? Croyait-elle qu’elle pouvait aussi bien tuer que lui ? Que la mort était un sort envieux ? Stupide créature. L’Envoleur darda son regard d’un bleu profond dans celui de la fille et l’y fixa quelques secondes.
Attente.
Une seconde, comme un infini, il fut soudain aussi froid que la glace, et les paroles qui sortirent de sa bouche étaient aussi sèches que le Désert des Murmures.

- Ou bien ils sont morts d’eux-mêmes, jolie créature. Je ne suis pas derrière eux pour les empêcher de tomber dans la bouche d’un brûleur !

Se redressant, Hon haussa les sourcils, et son regard passa sur les deux silhouettes. Personne n’arrivait. Après tout, peut-être étaient-ils en effet déjà morts, ils avaient trépassés d’une manière ou d’une autre – soit en quittant le Domaine sans rien promettre, soit en se faisant manger par un Tigre, un Brûleur, soit en se surestimant alors qu’ils auraient voulu monter dans un arbre sans faire attention.

- Bon ! Les autres n’arrivant pas, tant pis pour eux. On enchaîne. Nea, Entrelacs… On sort maintenant. Je vous attends en bas, dans l’entrée, et merci d’apporter ce dont vous aurez besoin pour subvenir à vos besoins pendant le plus longtemps possible, tout en compressant un maximum, car vous porterez vos affaires, quel que soit leur poids.

Hochant la tête à la fin de sa tirade, Hon déroula ses épaules et franchit la porte de la salle pour se rendre dans le hall d’entrée. A voir maintenant si les deux apprentis allaient venir avec lui, ou profiterait de cette occasion pour fuir. Après tout, s’ils ne revenaient pas, cela l’arrangerait : il avait envie de faire passer son savoir, cela lui permettait de continuer à s’améliorer, mais s’il pouvait fuir les responsabilités, il le faisait, tout simplement.
Ouvrant le battant de la grande porte, il se posta donc à l’extérieur, campé sur ses deux pieds. Il avait une vague idée de ce qu’il voulait leur faire faire, et déjà sortir d’Ombreuse serait un vrai calvaire pour eux. Il y avait un réel immense terrain de jeu dans les branches sombres de la jungle, et cela avait toujours enchantait son propre Maître – comme cela l’enchantait lui-même, c’était vrai.

- Prêts ?
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MessageSujet: Re: Groupe Sawl - Cours n°1   Jeu 25 Oct 2012, 13:48

Je rêve, ou il ne nous écoute pas ? C’est limite s’il ne s’endort pas sur place, ou s’il ne sort pas un livre, histoire de bien montrer qu’il n’en a rien à faire.
Ah mais si, il écoute. C’est bien, tu es un bon maître envoleur. La preuve, il a ricané lorsque j’ai parlé. Non que ce soit vraiment bon signe, après tout, mais cela signifie qu’il prête attention à nos paroles, aussi légère soit cette attention.
D’ailleurs, il me regarde. Du genre : « de quelle façon vais-je bien pouvoir la tuer ? Poignard, lance, mains nues ? ».
Je vote pour un brisement de nuque rapide et indolore. Du moins… j’espère que c’est indolore.
Heu, tiens, c’est marrant, mais, il se contente de me regarder… Peut-être hésite-t-il entre épée et noyade ? La pendaison marche aussi, remarque.

- Ou bien ils sont morts d’eux-mêmes, jolie créature. Je ne suis pas derrière eux pour les empêcher de tomber dans la bouche d’un brûleur !

Oh, zut, je crois que je l’ai fâché. D’ailleurs, ça ressemble à quoi, un brûleur ?
Bon, au moins, il ne va pas me tuer tout de suite. Peut-être que je me fourvoie, mais j’ai de toute évidence une subtile tendance à la provocation et au suicide, ces temps-ci. Ce ne doit être qu’une impression.
En fait, il fait presque peur, du coup. Sans doute a-t-il décidé que la mort rapide, ce n’est pas assez rigolo. Oh, la torture serait tout à fait son truc, à mon avis. D’ailleurs, il ferait peur, si une chose ne m’énervait pas.
« Jolie créature » ! Non mais, et puis quoi encore ! Je t’en fout****, moi, des « jolie créature » ! Ce n’est pas parce que je l’insulte qu’il peut faire de même ! Moi, c’était subtile, au moins.
Bon, allez, je ne vais pas me le mettre à dos la première journée, quand même. Je baisse la t^te humblement, genre "je me repens".
Non, non, je ne me suis pas déjà pendue. Apprenez à lire.
Ça y est, il cesse de me dévisager, je peux recommencer à respirer.

- Bon ! Les autres n’arrivant pas, tant pis pour eux. On enchaîne. Nea, Entrelacs… On sort maintenant. Je vous attends en bas, dans l’entrée, et merci d’apporter ce dont vous aurez besoin pour subvenir à vos besoins pendant le plus longtemps possible, tout en compressant un maximum, car vous porterez vos affaires, quel que soit leur poids.

Oh, il s’appelle donc comme ça, l’autre ? Pas mal.
Je n’y avais pas pensé, mais effectivement il y a des chances pour qu’ils soient déjà à l’état de cadavre. Ou alors, ils ont vu le maître et ont décidé que ce n’était finalement vraiment pas la peine.
OK, celle-là, je vais peut-être la garder pour moi.
Faire ses affaires, donc ? Très bien, j’ai tout sur moi, sauf mon katana ainsi que mes arc et carquois… Peut-être un peu trop encombrants. Je réfléchis un instant, restant plantée au milieu de la pièce. Les laisser où ils sont – je les ai caché dans ma chambre – ou profiter de la sortie pour les enfouir là où personne ne le trouveras ?
Mmh, je n’ai peut-être pas assez de temps. Je vais juste vérifier que tout le reste est dans mon sac, et peut-être récupérer l’arc et quelques flèches. Je n’ai jamais que peu de nourriture sur moi, et je devrais chasser.
Je m’approche d’un des fenêtres et siffle longuement. Un cri d’oiseau me répond au loin. Je termine ce semblant de discussion par un dernier sifflement. Envol ne m’accompagnera que plus tard, de toute évidence.

Je laisse échapper un soupir et m’éloigne de l’ouverture, laissant glisser mon sac par terre. Je mets un genou au sol et le fouille. Au fil des années, depuis mes douze ans, j’ai égaré et cassé bien des choses, que je n’ai souvent pas pu remplacer. Ainsi, je n’ai plus qu’un clé incongrue, découverte il y a peu dans une doublure, une bourse de cuir contenant de l’argent, une autre avec des lacets, une encore avec diverses babioles précieuses, une avec des herbes et des épices – c’est pas bon le lapin sans assaisonnement – une dernière avec de la nourriture – en l’occurrence, je n’ai plus que du pain, Envol ne sera pas content –, un ensemble de vêtements en tissu parce que c’est tout de même moins voyant qu’une tunique de cuir, trois carnets, une plume, une bouteille d’encre, un aiguisoir.

Je soupèse rapidement le sac. Non, ça va, il n’est pas bien lourd. Je le remets sur mon dos et sors de la pièce, cherchant les dortoirs. J’y récupère l’arc, qui une fois démonté rejoint le reste, et trois flèches. J’évite de les gaspiller, et en six ans, je n’en ai cassé que deux.
J’attache les traits à ma ceinture, le long de ma cuisse, les pointes vers le bas, liées en trois endroits par des lanières de cuir faisant le tour de ma jambe. Ainsi, ils ne me gêneront pas, et je pourrais sans trop de difficultés les récupérer.

Je descends l’escalier et rejoint Hon – j’ai retenu son nom ! Exploit ! – devant l’entrée. Il veut que l’on voyage, hein ? C’est cool. Rester entre quatre murs, aussi grand que puisse être le Domaine, ne m’enchantait guère.

— Où on va ? Sinon, j’suis prête, maître.


Vers le nord, j’espère. Je n’y suis jamais allée.
Et puis, je voudrais voir la neige.
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MessageSujet: Re: Groupe Sawl - Cours n°1   Mar 06 Nov 2012, 16:56

Quelqu’un m’a dit que je trouverais ici des gens comme moi, et les moyens de me venger. J’en veux très fort à un bon nombre de personnes, sans savoir qui elles sont, où elles sont, et pourquoi elles sont. Tout n’est au fond qu’une question de vengeance, après tout.


Tout ? Absolument tout, tu crois, Néa ?
Je n'étais pas d'accord. Je crois qu'il n'y avait que ceux qui s'étaient trop enfoncés dans leur désespoir qui ne comptaient que sur la vengeance. Personnellement, j'envisageais ma vie de manière à ce que cette dernière soit un continuel cheminement de construction de moi. Je n'avais pas réellement envie d'être atteint par la colère, par le désespoir ou toutes ces choses que j'avais vu défiler sur le visage des humains autour de moi. Je crois que j'avais trop côtoyés les souffrances de ma mère pour me permettre d'être malheureux. Non. Et tant pis si ma vie ressemblait, dans mes idées à une utopie, et paraissait ridicule aux yeux des autres ; j'avais décidé de ne jamais subir ce qui scierait quelqu'un d'autre. Je n'étais pas en quête de puissance, je voulais simplement être moi, et ce désir s'accaparait sur ma poitrine comme un talisman que je désirais voir me protéger, toujours. Je savais qu'il y aurait le meurtre, le sang. La route que j'avais décidé d'emprunter n'était pas sans risque, car sinon je me serais fait paysan, ou esclave. Et encore. Mais Envoleur comportait sa part de dangers. Mais des dangers que je voyais comme des obstacles me permettant de toujours me relever. Voilà.



Ou bien ils sont morts d’eux-mêmes, jolie créature. Je ne suis pas derrière eux pour les empêcher de tomber dans la bouche d’un brûleur !

J'eus un frisson. J'avais décidé de faire confiance en cet homme. Mais cela promettait une personnalité plus cynique que la mienne, et étrangement fourbe. Mais je l'avais décidé. Par un simple regard, par un simple mouvement d'épaule, ça me suffisait à ce que je vale ma vie pour lui. Était-ce puéril de trop accorder d'attention à quelqu'un que l'on ne connait depuis quelques paroles ? À mes yeux, il était devenu important, et tant pis si cela devait me plonger dans un ravin au premier pas. Je ferais en sorte d'être continuellement survivant, mais sans colère, sans désespoir, simplement avec de la réflexion et de l'intelligence. J'avais envie d'être élève, pour ensuite être capable de me considérer comme maître de ma propre vie.


- Bon ! Les autres n’arrivant pas, tant pis pour eux. On enchaîne. Nea, Entrelacs… On sort maintenant. Je vous attends en bas, dans l’entrée, et merci d’apporter ce dont vous aurez besoin pour subvenir à vos besoins pendant le plus longtemps possible, tout en compressant un maximum, car vous porterez vos affaires, quel que soit leur poids.

J'haussais un sourcil, déconcerté, avant de voir Néa reculer en un sourire, et se diriger vers la fenêtre. Tiltant, j'ouvris les yeux dans un regard à la fois paniqué et vide, puis me précipitais à l'extérieur de la pièce. Parfait, et pas parfait en même temps, songeais-je en déboulant dans le couloir, comme un missile. J'avais toujours été rapide, mais jamais sur de très longues distances, et j'étais capable de courir longtemps, mais sans trop forcer sur l'allure. Or, il semblait qu'il faille allier les deux dans cet « exercice ». Retenant un soupir rageur qui aurait plus gaspillé mon air qu'autre chose, et zigzaguant entre les gens que je croisais sur ma route, je plongeais vers les Dortoirs des apprentis. Ma main droite, aux bandages, je l'espérais, ne me gênerait pas s'il fallait monter à cheval. Je savais me tenir sur un de ces animaux, mais j'étais absolument incapable de gérer un trot, alors encore moins un galop. Et cela risquait d'être un handicap pour notre groupe si Hon nous ordonnait une longue course. Me stoppant devant la porte, j'ouvrais cette dernière avec ma main gauche. J'avais déjà mon sac de voyage, mais je n'avais à l'intérieur que le minimum, et le minimum n'était pas nécessaire, il semblait. Je n'avais pas pris d'arme, par exemple. Ni rien pour éviter le gel aux doigts. Le souvenir de ma mère me hurlant dessus à cause des engelures avait laissé sa marque, cuisante, dans ma mémoire. Ne pas sous-estimer la nature, quelque soit sa forme. Même si plus personnellement, je craignais l'eau, et pas le froid. Un frisson courut mon dos, et attrapant une écharpe, un bandeau, des gants, et deux wakisashi, je glissais le tout dans mon sac. Certes, le poids se faisait supérieur, mais ce n'était pas plus gênant que ça, et ça n'empêchait aucun mouvement. Je plaquait avec fermeté la sangle de mon sac en travers de ma poitrine, puis fit demi-tour.

(…)

- Prêts ?

Le souffle coupé, scié en deux, j'étais adossé à un des murs, cherchant à reprendre ma respiration, dédaignant totalement l'expression des deux autres. Je n'avais jamais couru aussi vite, et au moins, j'étais fixé sur une chose : je manquais carrément de souffle pour ce genre d'exercice. J'étais arrivé après Néa, certes, mais je m'en fichais. Ignorant aussi la question de Hon je me relevais simplement, mon cœur battant dans ma poitrine à la manière d'un oiseau affolé. Mon souffle reprenait lentement ses doigts dans mes poumons, et je serrer mes doigts, cherchant à imposer à mon cœur un rythme moins rapide. Puis juste avant que nous mîmes en moument, je cherchais du regard les yeux bleus du Maître.


« Hon ? »

Un sourire étira doucement mes lèvres.

« J'ai réfléchi. Je crois, que... en fait, je ne veux jamais cesser de me relever. »
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MessageSujet: Re: Groupe Sawl - Cours n°1   Mer 07 Nov 2012, 18:20

Où ils allaient ?
Hon n’avait pas l’intention de le révéler facilement. Et puis, ce n’était pas comme s’ils se préparaient à un long voyage. Ils allaient bouger, évidemment, parce que pour lui s’éloigner du Domaine était indispensable : il détestait rester entre ces quatre murs, décidément, et la proximité des Mentaïs lui tirait des frissons dans le dos.

Se contentant de répondre à la jeune fille d’un sourire alambiqué, Hon tourna son attention vers le garçon qui venait de l’apostropher. Hein ? Il devait avouer qu’il n’avait pas compris pourquoi il disait cela maintenant, d’autant que ses paroles précédentes n’appelaient pas ces derniers, loin de là. Décidant de réfléchir à cela après – ou pas – Hon haussa les épaules et fit un petit signe de la main aux deux jeunes gens.

- On commence par courir doucement pour échauffer les muscles. J’espère que vous pouvez prendre vos sacs sur le dos et équilibré, sinon vous allez avoir du mal…

N’attendant pas les protestations des deux apprentis, Hon s’élança dans un tout petit trot. Après tout, il ne connaissait pas le rythme habituel des deux gamins, s’il y avait habitude quelque part avec la course, ce dont il n’était pas sûr. Tout le monde n’aimait pas courir, après tout. La prochaine fois, ils partiraient à cheval, mais pour l’heure ils se contenteraient de garder leurs jambes et leurs pieds pour avancer.

∞∞∞


- Après la course, on s’échauffe les autres muscles, et on s’étire.

Joignant le geste à la parole, dans une petite clairière d’Ombreuse, Hon donna l’exemple à ses apprentis. Il ne savait pas trop par quoi commencer, aussi essaya-t-il d’organiser les choses dans sa tête et de se souvenir de son propre apprentissage, ainsi que des gestes qu’il faisait désormais automatiquement le matin en se levant.
Echauffer la nuque, les bras, les jambes, le dos et les reins, pour ne pas faire de faux mouvement trop méchant.
Et puis, les étirements, forcément.

- Quand les muscles sont chauds, on fait les étirements. Ca permet de gagner en souplesse.

Illustrant encore ce qu’il disait sous les yeux de Nea et Entrelacs, il fut beaucoup plus insistant cette fois-ci quand à l’exécution des exercices. Mais au fond de lui, il n’avait pas envie de continuer de manière aussi formelle, aussi quand il estima qu’ils étaient assez étirés, Hon leur adressa un long regard scrutateur.

- Suivez-moi.

Une vraie tête de mule.
S’enfonçant entre les ramures et les buissons d’Ombreuse, l’Envoleur se coula entre les branches et désigna la piste de gibier qui louvoyait entre les arbres. Puis, il se tourna plus explicitement vers les deux apprentis un sourire alambiqué sur le visage.

- Observez bien la piste, et dites-moi quels animaux passent par ici. On commence par faire de la déduction. J’espère au moins que vous savez comment vous y prendre ?

Traquer les animaux, c’était amusant. Mais ce qui l’était encore plus, c’était de voir les deux apprentis qui n’y connaissaient pas grand-chose aux animaux qui peuplaient Ombreuse avoir un peu de mal pour distinguer des indices gros comme le nez au milieu de la figure. Confondre tigre, chat et loup, il fallait le faire, aussi. Et puis, ne pas faire la différence entre un lapin et un lièvre… Enfin, certes, ce n’était pas non plus inné, mais quand même !

Mais pour l’instant, Hon les suivait sans un bruit, se contentant de les observer et de les écouter faire des hypothèses saugrenues.
Après, ce serait l’heure de la chasse.
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MessageSujet: Re: Groupe Sawl - Cours n°1   Sam 10 Nov 2012, 14:02

Je hausse les yeux au ciel lorsqu'il refuse de me répondre. Bon, eh bien, j’ai essayé, tant pis. Je redresse mon sac sur mes épaules et m’appuie contre le mur, attendant, heu… Entrelacs, c’est ça.
Il ne tarde pas, l’air plutôt essoufflé. Il n’y avait pas le feu, il n’était pas obligé de courir ! Il finit par se reprendre, et lâche :

« J'ai réfléchi. Je crois, que... en fait, je ne veux jamais cesser de me relever. »

Pourquoi il dit ça ? D'aussi loin que je me souvienne, cela n’a aucun rapport avec ce qui a été dit précédemment. Je hausse aussi les épaules, m’apercevant avec amusement que j’ai fait exactement la même chose que le maître. Le voyant faire un signe, je me redresse, lui dédiant toute mon attention.

- On commence par courir doucement pour échauffer les muscles. J’espère que vous pouvez prendre vos sacs sur le dos et équilibré, sinon vous allez avoir du mal…

Courir ? Eh bien, cela devrait à peu près aller. Même si je n’ai encore jamais couru avec mon sac sur le dos, à part de courts instants en forêt. Pour pister mes proies, j’évite de faire du bruit. Je prends une seconde pour attacher ma capuche baissée à ma tunique, évitant ainsi qu’elle ne me gêne, et je m’élance à sa suite. Après tout, courir, c’est comme marcher, non ? Eviter les racines, les branches, vérifier que rien ne se cache sous les tas de feuilles, qu’il s’agisse de bestioles ou de trous dangereux.

Heureusement que je n’ai jamais cessé de m’entraîner, même une fois revenue à Al-Far, sinon je ne sais pas dans quel état je serais en ce moment même.
Je n’essaye pas de suivre le maître à la trace. Le chemin qu’il prend n’est pas forcément le bon, ou le mieux adapté à moi. D’abord un peu précipité, mon souffle se stabilise à peu près. C’est que Ombreuse n’a rien à envier au petit bois près d’Al-Far, au contraire. Même dans Baraïl, je n’ai jamais vu un tel foisonnement de racines, de branches basses, de brindilles, de flaques d’eau et de feuilles humides. La quasi-obscurité n’aide pas vraiment.

Quelques minutes, et je glisse pour la première fois, sur un tas de feuilles passées inaperçues. Une branche placée fort inopinément juste après me cingle le visage et me laisse une trace rouge sur la joue. Je m’essuie la joue du pouce d’un geste vif et je le suçote. Il y a assez de bestioles ici pour ne pas les attirer. Je ne sais pas de quoi elles sont capables.

J’ai supporté si longtemps mon sac qu’il ne me gêne plus qu’à peine. Quelque fois, des ramures s’y prennent et me ralentissent le temps que je me dégage.

Enfin, on arrive dans une petite clairière, et je m’accorde le luxe de prendre quelques profondes inspirations avant de l’écouter.

- Après la course, on s’échauffe les autres muscles, et on s’étire.

N’ayant jamais fait ce dont il parle, je braque mon regard blanc sur lui et observe attentivement le moindre de ses gestes, m’appliquant à les retenir, avant de les reproduire le plus fidèlement possible.

- Quand les muscles sont chauds, on fait les étirements. Ca permet de gagner en souplesse.

Les étirements, par contre, je connais. Mais cela fait longtemps que je ne les aie pas pratiqués, par manque de temps. La priorité, avant, était de chasser. Est-ce que je me souviens de ce que m’avais montré papy ? La dernière fois que je me suis étirée revient quand même à mes douze ans…
Je penche légèrement la tête sur le côté lorsqu’il s’exécute. Oui, ce mouvement, je m’en rappelle… Et celui-là…
Me secouant intérieurement, je l’imite. Mes muscles me brûlent un peu, mais je les ignore avec superbe.

- Suivez-moi.

Puisque vous y tenez, chef, on vous suit. Un léger soupir et j’obtempère. Je suis soulagée qu’il se contente de marcher, cette fois. On est en train de faire fuir tout le gibier des environs, à courir comme des boulets. Il nous montre soudainement une zone du sol. Je le vois sourire du coin de l’œil alors que je m’accroupis.

- Observez bien la piste, et dites-moi quels animaux passent par ici. On commence par faire de la déduction. J’espère au moins que vous savez comment vous y prendre ?

Ca, c’est bien. Il y a sûrement des bestioles d’ici que l’on trouve dans les autres forêts et bois. Je pose un genou sur le sol pour stabiliser mon équilibre, et je fronce les sourcils. Je mets un petit moment à me rendre compte qu’il a posé une question et je réponds d’une voix vague, assez lointaine.

- A peu de choses près… Même si je n’ai encore jamais vraiment testé ici…

Puis je l’oublie totalement. Ne pas chercher à tout trouver d’un coup. Se concentrer. Ma main se rapproche d’une empreinte de patte, sans la toucher, et suit un peu le chemin pris par l’animal.

Tout peut donner un indice sur l’animal ayant laissé sa marque. Une grande quantité de sang, par intermittence, peut indiquer qu’il est blessé et que c’est une proie, alors qu’une traînée montre qu’un prédateur a tiré un animal pour le manger plus loin, ce qui n’est pas une caractéristique de tous les prédateurs, certains préférant nettement dévorer leur proie le plus vite possible.
L’animal peut aussi laisser des poils dans les brindilles. Si son rythme est long, les traces peu espacées, il est blessé, malade ou vieux.
Mais, en l’occurrence, ce qui l’intéresse est l’identité de l’animal. Sa race. Pour cela, seuls les poils, les traces de pas et ce qu’il brise sur son passage peut nous l’enseigner. Un animal de grande taille cassera des brindilles qu’un lapin n’atteindrait pas.

- Hmm…

Je me redresse brusquement et observe un arbre. Des brindilles ont été cassée nettes, à proximité de traces de sabots.

- Je dirais qu’un animal de taille importante est passé par là, hasardais-je. Du genre cerf ou biche. Peut-être faon.

Je cherche alors si du velours – matière se trouvant sur la corne du cerf – s’est accroché quelque part, mais rien.

- Peut-être biche, mais ce n’est pas sûr.

J’observe l’espacement des marques et leur profondeur.

- Elle marchait tranquillement. N’était pas poursuivie. Peut-être y a pas longtemps. Et là…

Je désigne des empreintes.

- Un lapin, éventuellement. Animal de petite taille, c’est sûr. Mais il n’a pas laissé grand-chose. Y en a d’autres, je crois.

Je me redresse et m’étire.

- J’vois pas grand-chose d’autre.

Il n'y avait pas beaucoup d'animaux dans les environs d'Al-Far. Tigres, lapins, cerfs et voilà. Ombreuse recèle des animaux que je n'ai encore jamais vu, si l'on en croit les rumeurs.
Que va-t-on faire après cela ? Je suppose qu’il va nous demander de les chasser ? Le plus logique.
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MessageSujet: Re: Groupe Sawl - Cours n°1   Lun 17 Déc 2012, 20:00

Bon.
Déjà, Nea n’’était pas vraiment une néophyte, elle n’était juste pas exercée. Mais elle connaissait quand même un peu les animaux en général, et donc la nature sûrement, car ce n’était pas donné à tout le monde de pouvoir pister et déduire comme elle l’avait fait des choses la première fois que l’on met le nez dedans.

Hochant la tête en signe d’assentiment, Hon se tourna alors vers Entrelacs. Mais le jeune homme semblait hésiter, et Hon eut la désagréable impression que les paroles qu’il avait prononcées quelques minutes plus tôt, l’apprenti les avait déjà oubliées. Alors que l’Envoleur le fixait en attendant quelque chose – au moins une indication, ou peut-être un peu plus que ce que venait de trouver Nea, le jeune homme secoua la tête et s’enfonça dans Ombreuse sans demander son reste.
Il était parti ?
Pourtant, hon n’avait pas eu l’impression d’être désagréable, désobligeant ; en tout cas, il n’avait rien à se reprocher. Le garçon voulait partir ? Et bien, soit. Il allait devoir attendre que le cours soit terminé avant d’être traqué pour être tué – ou alors, peut-être que Hon lui laisserait la vie sauve. Il ne savait pas encore…

Un soupir désabusé passa les lèvres de l’Envoleur, et il tourna son regard clair vers Nea.

- Il y en a qui sont longs à la détente, hein… Bon, et toi ? Tu es vive ou lente ?

Ce qui, en langage traduit, donnait une question sur si elle voulait encore continuer. Il l’avait déjà posée deux fois, cette question, mais apparemment une fois de plus n’était pas une fois de trop, étant donné l’attitude du garçon.
Comme la jeune fille ne semblait pas trop hésiter, ou en tout cas ne bougea pas tout de suite, Hon décida de prendre cela comme un « je continue ».

- C’est pas trop mal. Tu manques encore de précision, mais on voit que tu as déjà pisté des animaux – pour manger, sûrement. Ce que tu as désigné comme des traces de lapins sont en fait des traces de lièvres, et le lièvre en question devait être assez impressionnant.

Le regard de Hon se planta dans celui de la jeune fille, et il hocha la tête tout seul.

- Bon, on bouge. Maintenant que tu es échauffée, on va passer par les arbres, pour que je puisse voir comment tu t’y débrouilles.

Joignant le geste à la parole, l’Envoleur s’élança vers le haut, crocheta rapidement une branche, sur laquelle il se hissa à la force des poignets. Accroupi sur son perchoir, il attendit que Nea le rejoigne au même niveau, avant de s’élancer dans les arbres.
Hon détestait être prévisible. Et il avait vu dans le regard de la jeune fille qu’elle s’attendait à chasser : et bien, raté ! Il n’allait pas calquer sa pédagogie sur quelque chose de prévisible non plus.

Ils avançaient assez lentement au début, alors que Hon dispensait des conseils à son apprentie pour mieux se déplacer. Le mieux étant de se détendre, d’avoir un regard global pour repérer rapidement où elle pouvait se lancer, et ensuite adopter un œil plus aiguisé pour poser les hypothèses nécessaires pour savoir si les branches allaient pouvoir les supporter, si elles étaient souples pour leur redonner de l’impulsion ou non, pour passer entre les feuilles sans se faire arracher la moitié d’un bras par des petites ramures pointues et tendues…


∞∞∞

Ombreuse était une grande forêt, et ils avaient à peine parcouru la moitié de la distance qui séparait le Domaine de la lisière Est. Alors, quand vint le soir et que la jungle passa de sombre à totalement noire, Hon ordonna une halte et demanda à Nea de trouver des petits morceaux de bois secs pour faire le feu.
Il lui montra comment le faire, d’ailleurs, ce qui n’était pas forcément évident. Le plus simple étant d’avoir un briquet, mais ce n’était pas toujours le cas. Ils mangèrent de la viande séchée, dégoûtante mais nourrissante. Après le repas, Hon fit se lever Nea pour une nouvelle série d’étirements divers et variés, avant de lui dire qu’elle pouvait se coucher.

Alors qu’il regardait les dernières feuilles se prélasser dans le vent, cachant les étoiles, l’Envoleur ne pouvait s’empêcher de penser que cette première journée de cours avait été un peu… plate. Sur trois apprentis, seuls deux s’étaient présentés. Et sur les deux qui avaient commencé l’échauffement, seule une était restée.
Un soupir franchit ses lèvres, presque désoeuvré.
Etait-ce parce qu’il ne savait pas trop pourquoi il enseignait que cela se passait ainsi ? Ne prenait-il pas assez ses responsabilités ? Il avait besoin d’apprendre à apprendre, et l’échange avec un ou plusieurs apprentis lui permettrait de continuer à s’améliorer lui-même.
C’était pour l’instant tout ce qu’il arrivait à admettre…

Quand il ferma enfin les yeux, un glapissement de renard se fit entendre au loin…







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MessageSujet: Re: Groupe Sawl - Cours n°1   Lun 24 Déc 2012, 00:03

Gardant le silence, j’attends l'approbation de mon maître. Alors qu'il hoche la tête, me vient soudain la réflexion que c'est la première fois depuis longtemps que souhaite satisfaire quelqu'un. Étrange.
Je sors brutalement de mes pensées en voyant Hon se tourner vers Entrelacs. Il n'a de toute évidence pas bougé depuis un bon moment. A-t-il seulement écouté ? Soudain, il fit volte-face et disparut, sans un mot.

- Il a pété un câble !

Je soupire et détache une brindille de ma manche, nonchalante. On était censés être quatre, me voilà seule... Qu'arrive-t-il aux apprentis qui se désistent ? Les laisse-t-on en paix, ou sont-ils tués ? En tout cas, je jure qu'il n'aura pas l'occasion de m'abattre aussi. Je tiendrais.
Je hausse les épaules en jetant un dernier coup d’œil là où Entrelacs s'est évanoui puis me détourne. Au moins, je n'ai pas eu l'occasion de vraiment le connaître. Je n'ai de toute façon jamais aimée être entourée de gens.

- Il y en a qui sont longs à la détente, hein… Bon, et toi ? Tu es vive ou lente ?
- Vive !


Je souris, une lueur malicieuse dans les yeux, attendant la suite. Je prête toute mon attention – ce qui n’est pas si mal – à ses paroles. Étant dorénavant son unique élève, j'allais devoir montrer que je pouvais réussir.

- C’est pas trop mal. Tu manques encore de précision, mais on voit que tu as déjà pisté des animaux – pour manger, sûrement. Ce que tu as désigné comme des traces de lapins sont en fait des traces de lièvres, et le lièvre en question devait être assez impressionnant.

Un lièvre ? Je dirige mon regard contrasté vers les traces de pattes et les comparent avec celles qui stagnent dans un coin de ma mémoire, puis les classent dans un autre coin avant de me concentrer de nouveau sur mon maître.

- Bon, on bouge. Maintenant que tu es échauffée, on va passer par les arbres, pour que je puisse voir comment tu t’y débrouilles.

Je hoche la tête et le suit des yeux. Puis je m'avance et grimpe dans l'arbre jouxtant celui dans lequel Hon s'est hissé. Je laisse errer mes doigts sur le tronc, retrouvant avec plaisir la rugosité familière de l'écorce. La suite s'annonce intéressante. J'ai moins d’expérience par la voie des airs.
J'écarte rapidement une mèche de mon front et grimpe à mon tour dans l'arbre. Mes bras étant trop fluets pour soulever mon poids et le hisser sur la branche au-dessus de ma tête, je suis forcée de poser mes pieds sur le tronc pour y chercher les aspérités et l'atteindre. Une fois dessus, mon maître part en avant. Je le suis.

¤ ¤ ¤

Les flammes tourbillonnent vers la voûte formée par les ramures fournies et entrelacées des arbres. Le ciel d'encre est à peine visible, et la lune ne passe pas. Je sens que je ne vais pas beaucoup apprécier une forêt qui m'empêche de discerner l'astre adoré. Je lève les yeux en vain pour tenter de le voir, mais abandonne rapidement pour reporter mon attention sur le foyer.

J'ai mal partout, quelque chose qui ne m’était pas arrivé depuis un bon bout de temps. Je suppose que cela signifie que je progresse. Après la désertion d'Entrelacs, nous avons parcouru la forêt par la voie des airs jusqu'à que le soir tombe, et avec lui sa noirceur étouffante. Bien que suivant à la lettre les recommandations d'Hon, j'ai tout de même récoltée une bonne vingtaine d'estafilades et quelques hématomes, suite à la rencontre passionnée de mon épaule et ma hanche avec une branche trop massive. J'avais aussi touché terre lorsqu’une de leur sœur avait craqué de façon inquiétante sous mon poids pour me laisser lâchement tomber à terre.

Dans la pénombre pesante, Hon m'avait montré comment faire un feu, et j'avais ainsi complété mes connaissances. Puis il m'avait refilé un de ces trucs immondes à la viande de siffleur.


Je mets un point d'honneur à le finir. Je n'avais jamais été tentée d'acheter ce truc, même lorsque je crevais de faim chez mes parents adoptifs. Outre son goût, on devait le payer, et je n'avais souvent pas l'argent pour. Chasser, de plus, me gardait en forme.
Une fois le bâtonnet entièrement mangé, je refais des étirements sous la direction de mon maître puis me couche enfin, gardant pas habitude mon poignard fétiche serré dans ma main.

J'ai du mal à dormir. Jamais je ne m'étais couchée deux soirs de suite sans voir la lune, ou au moins le ciel nocturne. La précense d'Hon me déconcerte aussi. J'ai l'habitude d'être seule.Je cherche le réconfort dans la lumière dispensée par le feu, sans effet. Le sol jamais réchauffé exhale une vague de froid désagréable. Je tire sur ma couverture et ferme les yeux, pour enfin sombrer dans mon habituel sommeil fragile.
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