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Le Pacte VS L'Ordre
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 Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Jeu 20 Sep 2012, 18:01

La sensation l’étreignait. Partout. Elle était en elle, autour de son cœur, de ses poumons, les pressant, les compressant, ralentissant son souffle et accélérant son rythme cardiaque. La jeune femme plissa les yeux, essayant de reprendre une respiration plus ample. Elle sentait la sensation qui l’étreignait toute entière. Elle fourmillait dans ses jambes, grimpait sur son visage en lui faisait plisser les yeux, engourdissait ses doigts et ralentissait ses pensées.
La sensation était trop présente.

C’était fini.
Envolé.

Peinant à reprendre son souffle, elle ne parvint qu’à avaler une goulée d’air, qui lui permit de se reprendre un peu. Juste un peu. Fermant les yeux, Libertée sourit. Une larme coula sur sa joue, et elle s’assit lentement sur le sol.

Heureuse.



♥ ♥ ♥



Les bruits de la ville finirent par la réveiller.
Assoupie en haut de cette immense tour en sablier, toujours assise en tailleur, Libertée reprit enfin librement son souffle. Une émotion extraordinaire déferla en elle. Cette sensation, cette certitude, qu’elle avait trouvé sa place, qu’elle était le maillon d’une immense chaîne, celle qui la liait à son maître et à celui qui avait été son apprenti du même coup, dans une boucle infinie de marchombres, de maîtres et d’apprentis.

Se redressant lentement, savourant cette impression délicieuse d’avoir trouvé un nouveau morceau du puzzle de la sérénité, d’avoir avancé d’un grand pas, d’avoir franchi une étape de plus sur la Voie, la marchombre laissa le vent se glisser dans ses cheveux et sur sa peau.

Un sourire sur le visage, elle se pencha par-dessus le rebord du toit pour jeter un œil vers le bas, vers les rues de la grande Al-Jeit. Elle n’était pas passée souvent dans cette ville, mais à chaque fois y était restée une dizaine de jours, au moins, pour toujours découvrir plus d’endroits extraordinaires. Le soleil dardait l’horizon de ses rayons fatigués de leur journée, et dans le ciel opalin les couleurs du couchant se diffractaient au rythme des vibrations de la pierre de la capitale.
Du vermeil pastel à l’indigo profond, du jaune léger au rouge magenta, les couleurs semblaient prendre un malin plaisir à en mettre plein la vue à tous les habitants ou touristes se trouvant dans la ville. Entièrement Imaginée, cette dernière était juste une éloge à la Beauté, une Ode à l’espoir, fondée par des dessinateurs tout juste sortis des griffes des ts’liches par un Merwyn adulé…

Une fossette se forma dans le creux de la joue de Libertée, et cette dernière fini par passer par-dessus le rebord de l’immense construction échancrée sur laquelle elle se tenait. Arriver en bas ne lui posa aucun problème majeur, et bientôt ses bottines à talon claquèrent allègrement sur le pavage améthyste d’Al-Jeit.
Elle se sentait légère, et une fois n’est pas coutume, ne se rendit pas compte qu’elle irradiait encore plus qu’habituellement de joie de vivre et de félicité, faisant se retourner une majorité de passants sur son chemin.

En fait, elle avait faim, mais ne savait pas trop quoi manger. Aucune envie de s’enfermer dans une auberge ou une taverne, elle préféra trouver un petit commerce vendant des repas de sandwich et s’installer dans un parc, au centre de la ville.
Assise sur un banc, elle regardait les gens passer, son regard rose voguant sur les silhouettes sans s’y attarder, glissant allègrement des uns aux autres sans jamais s’arrêter.
Et alors qu’elle terminait son sandwich, une voix la tira de sa léthargie.


- Bonjour mademoiselle !

Ne perdant pas une miette de son repas, Libertée se lécha consciencieusement les doigts, avant de porter son attention entière sur le visage de son interlocuteur. C’était un homme qui devait avoir une trentaine d’années, peut-être un peu plus, aux joues rasées négligemment – un air qu’il se donnait sans doute – et habillé très chiquement. Un petit sourire étira les lèvres de la jeune femme, et elle le salua d’un hochement de tête.

- Bonsoir.

Ha, il perdait de sa contenance. Il ne devait pas avoir vraiment l’habitude d’aborder les jeunes filles dans la rues, et cela faisait sourire Libertée… Jusqu’à ce qu’elle aperçoive une bande d’hommes de l’âge de celui-là un peu plus loin, qui les fixait en ricanant.

- Euh…

- C’est un pari ?


Interloqué, l’homme ouvrit de grands yeux, mais parvint à se reprendre facilement. Bombant le torse, il jeta néanmoins un regard reconnaissant à Libertée.

- Ouais… Ils voulaient que je vous aborde, et que je vous embrasse avant la fin de la soirée.

- Hum… Vous gagnez quoi ?

- Euh… Cinq pièces d’or.

- Oh ! C’est jouable si vous m’en donnez une.


Devant l’air mi-ahuri mi-interdit de l’homme, Libertée éclata de rire, et posa sa main sur sa joue, charmeuse.

- Allons prendre un verre… ?

- Terran.



♥ ♥ ♥



Terran était un garcon timide, et surtout mal à son aise face à Libertée. Elle le sentait bien, ne serait-ce que par les joues rougies de l’homme dès qu’elle le regardait un peu trop longtemps dans les yeux.
Cela faisait des mois qu’elle n’avait pas passé une soirée dans une taverne à (essayer de) parler à un homme, et à tenter de le charmer. En réalité, elle ne savait pas trop pourquoi, mais affirmer son pouvoir de séduction n’avait plus autant d’intérêt qu’avant.

Oh ! Mais c’était qu’elle s’en rendait compte !
Elle allait donc se reprendre. Perdre ses repères, comme cela, ce n’était pas dans ses habitudes. Certes, voir s’envoler Nuhadu avait modifié légèrement quelque chose en elle, un déclic s’était produit, mais elle n’allait pas cesser d’être elle-même pour autant !

Un petit sourire prit place sur son visage, et quelques secondes plus tard, un groupe de musiciens en tout genre entra dans l’auberge pour proposer leurs services ce soir-là. Ils s’installèrent tranquillement, dégageant l’espace de plusieurs tables pour pouvoir déposer leurs matériels et être à l’aise, et se mirent à jouer quelques notes suggestives…

Leur répertoire était impressionnant, et leur musique entraînante. Il ne fallut pas plus de quinze minutes à Libertée pour décider de leur faire honneur et commencer à danser – seule – sur la piste aménagée pour le soir. Entraînant son corps dans le rythme de la musique, elle ondulait gracieusement, se laissant porter par ses impulsions… Au début, les gens la regardaient avec de grands yeux ahuris, mais petit à petit, la piste de danse se remplit, et la marchombre eut de plus en plus soif.
Récupérant une boisson alcoolisée – et plutôt forte ! – au bar, elle revint sur la piste, pour se déchaîner…

Elle était en train de monter sur une table pour onduler des hanches et secouer sa crinière quand une silhouette, dans la foule, lui sembla familière…









[ Petite référence à Pocahontas dans le titre, c'est bête, mais en finissant d'écrire j'ai pensé à " au son calme des tam-tams... héhohéhoayéhého..."
Enfin bref ! XDD ]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Lun 24 Sep 2012, 22:56

Al-Jeit…
C’est en franchissant la Porte Améthyste que Gil songea au prochain cours de Kaünis. Après s’être isolés dans Ombreuse, il était temps pour le maître et l’apprentie de frayer parmi la populace des villes. Ce serait un excellent moyen de faire un peu sortir la jeune fille de sa coquille. Elle était trop introvertie à son goût. Trop sauvage. Trop lui, quoi. Il fallait qu’elle rencontre des gens, qu’elle se fasse des ennemis et surtout, des amis. Ce genre de personnes sur qui l’on peut compter quelle que soit la situation. C’était la leçon qu’il retenait de cette aventure dans le nord : la mission sauvetage de Naïs lui avait permis de faire la connaissance de trois guerriers hors-norme. Trois personnes qu’il considérait désormais comme ses véritables amis. Il lui avait fallu près de trente ans pour s’en faire… On ne cesse jamais d’apprendre, songea-t-il en entrant dans la cité, juché sur une jument nommée Bourrasque. A son retour au Domaine, Seren avait repris son cheval sans autre formalité qu’un regard noir. Comme si tu ne l’avais pas laissé son mon nez pour que je te le pique…

Bourrasque n’était pas une jument énergique. Elle avançait au pas, la tête basse, pas le moins du monde agacée ou excitée par les bruits, les couleurs, les passants qui emplissaient la ville en cette fraîche soirée d’automne ; elle était encore moins amusante qu’un âne et Gil se promit de ne plus jamais porter son choix sur elle, hormis sous la torture. Il l’aurait bien abandonnée dans la première écurie croisée mais il l’avait « empruntée » à l’insu de son propriétaire, au Domaine ; il était donc contraint de la ramener à bon port, et de supporter sa lenteur tout au long du chemin. Lui qui faisait en sorte de ne jamais s’attacher à aucun animal, il se surprenait à regretter Pic… D’un autre côté, ce brusque revirement de situation sonnait un peu comme des vacances. Après avoir risqué sa peau dans le nord pour une paire de beaux yeux aveugles, il avait bien mérité de s’octroyer quelques jours de repos, même à dos de canasson encore moins vif qu’un poney ! Qui essaies-tu de persuader ? railla Seren dans son esprit, et Gil se renfrogna. Son bras se remettait à peine de ses nombreuses blessures qu’il trépignait déjà d’impatience, pressé de goûter à nouveau au danger.

Quand sa petite vie d’Envoleur tranquille avait-elle prit un tournant aussi serré ? Il y a quelques mois de cela encore, il aurait fui toute forme de responsabilité pour couler des jours « heureux » dans le sud. Où était passé le Gil qui râlait lorsque deux gamines venaient le déranger dans son escalade des Dentelles ? Qu’était devenu le loup solitaire et associable ? Les ruelles devenant de plus en plus encombrées par les passants, il mit pied à terre et marcha au flanc de Bourrasque – bon sang, ce qu’elle porte mal son nom ! – tout en réfléchissant à la question. A son humble avis, tout avait commencé lorsqu’il avait endossé la cape de maître Envoleur. A l’époque, il avait fait ce choix par pur esprit de contradiction ; peut-être que si Seren, et surtout le gratin du conseil, n’avaient pas émis de doutes quant à ses capacités, il aurait poursuivit sa vie de vagabond. Mais à présent qu’il entraînait Kaünis dans ses propres pas, il lui semblait que des tas de choses étaient différentes. Le monde n’avait pas changé, c’est lui qui ne laissait plus pousser sa barbe plus de huit jours sans la couper. Il avait grandi. Vieilli serait plutôt le mot juste, grimaça-t-il en se passant une main dans les cheveux. Vingt-neuf ans, Gil…

Vingt-neuf ans, et toujours aussi seul au monde. Parce que les amis ne font pas tout (manquerait plus que ça…). Manaël avait rêvé de fonder une famille avant d’attendre les trente ans. De quoi rêvait Gil ? D’un bon repas et d’un bon lit ! Il avait chevauché toute la journée et sa monture n’ayant apparemment pas l’option « galop », il s’était royalement ennuyé. Au point d’être épuisé sans avoir strictement rien fait. Voilà pourquoi ces vacances improvisées lui déplaisaient déjà, et voilà pourquoi, en déambulant dans les rues toujours aussi fréquentées d’Al-Jeit, il songeait aux pires leçons qu’il lui était possible de dispenser à son élève si d’aventure il arrivait à la traîner jusqu’ici. Après tout, il était interdit de séjour à Al-Vor, et Al-Far était trop chargée de souvenirs douloureux pour qu’il ait envie d’y remettre les pieds avant un petit moment. Quant à Al-Poll…

Le regard de Gil s’arrêta sur l’enseigne vacillante d’un établissement pris en sandwich entre deux énormes maisons. Il passerait presque inaperçu et son nom, La Petite Eternité, lui allait comme un gant ; la taverne était si petite qu’il hésita un instant. Il faisait nuit depuis un moment déjà, comment ne pas imaginer que toutes les chambres ne soient pas déjà prises ? Mais après tout, qui ne tente rien à rien, et puis il en avait assez de tirer Bourrasque pour qu’elle avance plus vite. Il la légua donc de bon cœur au premier pad venu et poussa la porte de La Petite Eternité avec son flegme habituel, persuadé de découvrir une minuscule gargote pleine à craquer. Quelle ne fut donc pas sa surprise lorsque devant lui s’étendit une salle immense, tout en longueur, avec une piste de danse improvisée tout au bout et un groupe de musiciens en train de déchaîner la foule ! La porte se referma derrière Gil sans qu’il ne s’en rende compte. Immobile, il avait les yeux écarquillés de l’enfant qui voit la mer pour la première fois de sa vie et c’est tout juste s’il n’avait pas la bouche grande ouverte ! Pour éviter la chose, il remonta néanmoins le col de sa cape et parvint à se frayer un chemin jusqu’au comptoir. Une rouquine était en train d’essuyer des verres tout en se déhanchant au rythme de la musique. Lorsque ses yeux de biche remarquèrent Gil, elle se pencha vers lui, offrant une vue imprenable sur sa poitrine qu’une chemise largement évasée mettait en valeur, et sourit de toutes ses dents.

- Qu’est-ce que tu veux, mon mignon ?
- Une table, un repas et un lit pour la nuit.
- Y’a plus aucune table de libre, tu vas devoir faire comme tout le monde et rester debout mais ce soir, c’est buffet à volonté, sauf pour la boisson !
- Ça marche pour moi.
- Super ! Tu payes en quantité ou en qualité ?


Avec le temps, Gil s’était fait au mode de fonctionnement des tenancières que l’on classerait dans la catégorie « dévergondée ». Payer en quantité revenait à fournir du sonnant et trébuchant tandis que la qualité désignait des services plus corporels… Evaluant la jeune femme d’un regard appréciateur, Gil fut tenté d’opter pour cette dernière option. Quelque chose pourtant le força à tirer sa bourse de sous sa cape et à la déposer sur le comptoir. Si la musique empêcha d’entendre le tintement des pièces, la rondeur de la bourse, en revanche, alluma une étincelle dans le regard de la dévergondée. Sans se départir de son (joli) sourire, elle posa une pinte à côté de la bourse et la remplit de bière.

- Mon mignon, pour toi c’est boisson à volonté !

Le mignon hocha la tête. Il avait bien fait d’entrer dans cette taverne qui ne payait pourtant pas de mine… Sa pinte à la main, il fit un premier tour au buffet et piocha deux ou trois délices dont il se régala immédiatement. Au fond de la salle, les musiciens entamaient un nouveau morceau. Ils étaient doués et si le brouhaha avoisinant avait de quoi donner la migraine, Gil appréciait leur talent ; il se rapprocha davantage de la piste, son oreille captant un petit quelque chose qui lui était vaguement familier. Il lui fallut plusieurs minutes avant de comprendre, lorsque son esprit remit le visage du violoniste. Ceriniel dit Cendre, tu n’as pas changé d’un poil ! Le musicien et lui s’étaient rencontrés à l’occasion de son voyage en compagnie d’un Rêveur dont il assurait alors la protection. A l’issue d’un ou deux morceaux joués de concert, l’un avec sa flûte, l’autre avec son violon, ils avaient échangé quelques paroles ; Cendre lui avait proposé de rejoindre le groupe. A l’époque, Gil avait refusé. A présent que leurs routes se croisaient à nouveau, l’Envoleur acceptait néanmoins de réfléchir à cette éventualité. Bien sûr, ce serait une sacré insulte envers le conseil, le Chaos, tout ça… Kaünis ferait une crise d’épilepsie et Seren mourrait de rire. Rien que pour ça, Gil avait la furieuse envie de le faire le coup.

Mais une autre personne attira son attention, et ce soir-là, son avenir de musicien fut à nouveau compromis. Bah, jamais deux sans trois, songea-t-il… Non. Il ne songea à rien du tout. Il se contenta de fixer la beauté au corps de déesse qui se déhanchait sur une table, ses longs cheveux d’un blond cuivré épousant le moindre de ses mouvements. Elle était encore habillée n’importe comment. Bien sûr, ça ne gênait pas outre mesure les paires d’yeux braqués sur elle – sur ces jambes incroyablement longues, ces cuisses parfaitement galbées, ce ventre joliment musclé, cette poitrine merveilleusement gonflée, cette gorge impudiquement offerte, ces lèvres délicieusement pulpeuses, ces yeux étrangement roses… Libertée croisa son regard et le monde entier retint son souffle. Une seconde. Il se passa une seconde durant laquelle des tas de choses se produisirent. Eclatèrent dans l’esprit de Gil, fulgurance de sensations, de sentiments, d’émotions contradictoires. Cette seconde dura d’ailleurs si longtemps qu’il aurait pu faire tomber son verre, marcher sur le pied de son voisin et déclencher une bagarre, tourner les talons et rayer Al-Jeit de sa liste, ouvrir la bouche en grand et gober une mouche… C’est long, une seconde ! Le temps d’une petite éternité. La Petite Eternité. Ah, ah, ah. Très drôle, hasard de mes deux. Et bien non. Gil ne fit rien de tout ça. Il laissa filer la « petite » éternité et se contenta de lever son verre à l’attention de la marchombre, tout en inclinant imperceptiblement la tête pour la saluer.

Le hasard voulait qu’il se trouve à nouveau à la croisée des chemins ? Très bien. Il relevait le défi. Et cette fois, pas question de se défiler de quelque manière que ce soit. Il était (presque) en bonne santé et (à peu près) sobre. Cette fois, il allait affronter le vent de la liberté debout, comme un grand. Un sourire au coin des lèvres, il savoura une gorgée de bière, les yeux rivés sur Elle. Dansera bien qui dansera le dernier, ma belle, brillaient-il. Et en attendant…

… trinquons mes jolis, yo-ho !




[Voilà de quoi répondre à ton attaque "Pocahontas" ! Non mais sans blague... et désolée pour l'attente ^^]

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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."



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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mar 25 Sep 2012, 13:22

Entraînée par le rythme, Libertée se demanda un instant si elle ne rêvait pas. Mais quand elle croisa réellement le regard de Gil, elle ne put s’empêcher de lâcher un soupir, et son corps cessa d’onduler quelques secondes…. Le temps de se reprendre. Le temps qu’il lève son verre vers elle, hoche la tête pour la saluer, et continuer de la regarder. Un petit sourire sur les lèvres, la marchombre leva son verre à son tour vers lui, et lui adressa un sourire ravageur.

Se remettant à danser, ondoyant des hanches, ondulant de son corps entier, Libertée gardait son regard dardé sur l’homme, un sourire légèrement provocateur sur les lèvres. Il n’avait pas l’air décidé à la rejoindre… alors, elle allait le faire un peu patienter. Se mordant la lèvre inférieure, la jeune femme se colla légèrement contre Terran, qui était monté sur la table à côté d’elle, voltigeant allègrement, elle s’approcha de son oreille, et ses lèvres articulèrent brièvement :


- Hum, je crois que finalement, tu peux tout garder. Pas besoin de ta pièce.

Lui adressant un sourire, elle se glissa devant lui, lui adressa un clin d’œil en approchant ses lèvres des siennes… Et sauta en bas de la table en riant, laissant là un Terran ahuri par son attitude.
Mais elle avait terriblement envie de s’amuser. Et la présence de Gil… La présence de Gil lui donnait encore plus envie de cela… Encore plus envie de s’amuser, mais plus spécifiquement avec lui. Un regard chatoyant vers lui, Libertée s’avança en ondulant doucement, ses pieds s’amusant du rythme changeant, ses cheveux rebondissant ses épaules. Une envie de venir au contact, de le provoquer, d’aller sans doute plus loin…

Cela faisait longtemps, au final, qu’ils s’étaient croisés. Plusieurs mois. C’était avant qu’elle ne rencontre seule-à-seule Lacrya, avant que Nuhadu ne la retrouve pour son dernier cours, avant… Elle avait essayé de ne pas trop penser à lui, mais elle ne pouvait nier que régulièrement, il revenait dans ses pensées. Alors, maintenant qu’il était là, hors de question de le laisser filer… Enfin, jusqu’à un certain point. La fin n’excuse pas les moyens, et elle ne voulait pas se perdre pour ça. Surtout qu’il avait filé comme un voleur alors qu’elle était allée chasser pour le nourrir.
Est-ce qu’il réalisait cela ? Et pourquoi il l’avait fait ? Et ce que cela avait provoqué – certes, pas grand-chose à part de la déception de la part de Libertée.

A moins d’un mètre de lui, la marchombre lui adressa un sourire encourageant, se mordant encore une fois la lèvre inférieure… Finissant en quelques gorgées la fin de son verre de vodka-pomme, elle le posa sur une table – il allait finir par tomber et se casser, mais peu importait – et s’avança encore d’un pas vers lui, avant de secouer sa chevelure dans un sourire adorable, et de danser avec une provocation qu’elle aimait arborer pour rendre fous les hommes. Se déhanchant, elle tourna sur elle-même, ses épaules chaloupant au même rythme… Quelques notes la faisaient se redresser, descendre encore, jeter un coup d’œil en arrière, se rapprocher…

Tentative de séduction, sans doute, mais elle s’amusait surtout, et ne prendrait pas la mouche s’il ne réagissait pas. Au pire, du coin de l’œil, elle en voyait pleins d’autres prêts à venir s’agiter avec elle, et cela lui suffisait.

Se retournant, elle s’approcha bien plus près de l’homme, plantant son regard dans le sien… Ses mains glissèrent sur son torse, et elle déposa un baiser, tellement légère, un effleurement à peine, bouche entrouverte, sur les lèvres de Gil, avant de bondir en arrière, filer dans son dos, frôlant son corps du sien, de ses mains et de ses doigts…


*Danse avec moi*









[ Warf... Yeay ! Very Happy ]

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Jeu 27 Sep 2012, 11:14

N’eût-ce été cette lueur frondeuse dans le regard de Libertée, Gil aurait tué de ses propres mains le type qui se tortillait comme un vers contre elle. D’ailleurs, personne ne remarqua l’éclat meurtrier qui avait traversé brièvement son regard – personne, sauf peut-être la marchombre… Il en fut certain lorsqu’elle repoussa l’homme pour descendre de la table. Elle lui posait un lapin pour lui sauver les miches. Qu’il s’estime heureux ! Sans elle, il y aurait bien longtemps que Gil lui aurait cassé la figure. Déclencher les bagarres était dans ses cordes. Tuer aussi. Pour une fois, la première sans doute, il était fier d’être Envoleur. Chapardeur, enjôleur, tueur. Et Cabochard, songea-t-il en regardant Libertée se glisser langoureusement vers lui. Parce qu’il avait beau se donner des airs, là, il se cachait quand même dans son verre, et les ennuis qui s’apprêtaient à lui tomber sur le coin du nez allaient faire mal. Très, très mal. En fait, il douillait déjà. Mais un défi est un défi, et ce soir, il avait quelque chose à prouver…

Approche, papillon. Je te garantis que tu vas te brûler les ailes.

Il ne bougeait pas d’un poil ni ne détournait son regard d’elle ; elle était peut-être le papillon qui cherche les embrouilles mais lui, il était un misérable insecte hypnotisé par sa lumière. Qui allait se brûler les ailes, au fond ? Les dés étaient jetés. Plus question de faire marche arrière. Il avait atteint ce point de non-retour qu’il s’était toujours efforcé d’éviter. Il arrive parfois que certains principes volent en éclat ; les siens avaient la fâcheuse tendance à se désintégrer, ces derniers temps… Effet Libertée ? Possible. Elle avait fait irruption dans sa vie et, d’un battement de cils, avait tout chamboulé. Sa petite vie tranquille, son égocentrisme pur, sa lâcheté, tout avait valsé, tout s’était mélangé. Avait disparu. Pas de changements physiques, simplement une incroyable tornade intérieure – rose, la tornade – qui le laissait sans repères. Il avait toujours pu maîtriser les choses, les gens, les événements. Avant, il était son propre maître. Du moins le croyait-il… Libertée lui donnait l’impression de l’acculer au mur pour l’achever, mais n’était-elle pas en train de faire sauter les verrous de sa triste existence ?

T’es plus un gosse, Gil. Les choix ont des conséquences.

Sans blague ? Il savait très bien ce qu’il était en train de choisir, là, maintenant, tout de suite ; et il savait très bien comment tout ça allait finir. Même histoire, même erreur… Hop hop hop. Temps mort ! Il y avait bien une alternative, en fin de compte. La première étape consistait à rester immobile. Laisse le papillon approcher, Gil. Fais le mort. Et ensuite… Et ensuite ? On danse, on tchatche, on s’embrasse, on fait l’amour, on se dispute et on se sépare ? Encore ? Nouvelle gorgée de bière. Libertée était à mi-chemin entre la piste et lui. Les regards suivaient sa progression avec une fascination étrange. Ils voyaient un ange au pouvoir d’attraction démoniaque. Il voyait un démon angélique aux yeux roses. L’Envoleur fléchit imperceptiblement les genoux. Voilà, il était acculé. Restait à défendre chèrement sa peau. La jolie serveuse passa près de lui ; il entoura sa taille gracile de son bras gauche et lui vola un baiser tout en posant son verre sur le plateau qu’elle s’efforçait de ne pas renverser sous le coup de la (bonne) surprise. Surprenant une étincelle sauvage dans les beaux yeux roses, Gil se lécha les lèvres, satisfait de sa vengeance. On est quittes, maintenant !

Elle était là. Si près qu’il pouvait sentir son odeur de pêche et son souffle, chaud et sucré, sur ses lèvres. Vodka-pomme. Excellent choix… Gil referma les bras sur du vide. Aussi insaisissable qu’un filet d’eau, Libertée s’était coulée dans son dos, légère, aérienne. Papillon rose et blond. Danse… La musique changea de rythme. Quelque part, un violon prit son envol. Quelqu’un siffla. On s’écarta pour leur faire de la place. Gil se retrouva au centre d’un cercle – les badauds n’avaient pas l’habitude de ce genre de chose. Oui, et bien moi non plus ! Gauche, il laissa Libertée s’emparer de ses doigts. Danse…quelques notes, quelques pas. Il savait danser, il avait tout oublié. Dans un dernier sursaut, sa raison lui cria de tourner les talons et de fuir le plus loin possible, mais une onde de chaleur naquit alors au creux de son ventre ; nouvelle, elle était pareille à un feu de joie que l’on allume pour faire la fête. Elle déclencha un feu d’artifice tel qu’il resta sonné quelques secondes encore, le temps pour Libertée de donner une impulsion à leurs mouvements.

Danse avec moi.

Le petit feu de joie devint brasier pur. Pire que la tornade rose, il balaya les doutes et souffla les peurs. Un creux de sourire se dessina dans la joue de l’Envoleur. D’un geste, il ôta son tabard, qu’il jeta au hasard dans la foule, puis il saisit Libertée par la taille. A partir de cet instant, plus rien de devait compter. Rien, hormis la musique qui rythmait leurs pas. Et leurs ailes qui se touchaient enfin.




*




Cendre lève les yeux un instant et sourit. Enfin, songe-t-il en faisant danser son archer sur les cordes de son instrument. Enfin, tu te lances… Il est fier de lui, il rayonne parce qu’il a trouvé le ton juste, la note de courage qui manquait à cet homme – Gil. Un nom qu’il retient précieusement depuis leur rencontre. On n’oublie pas un talent pareil. Cendre se souviendra toujours de ces quelques instants de plaisir partagé autour de quelques notes improvisées. C’est pour rendre hommage au flutiste qu’il joue avec autant de passion. Pour lui, et aussi pour elle.

Il trouve qu’ils vont bien ensemble.




*




Derrière son comptoir, Pona frappa des mains pour battre la mesure. Rejetant d’un geste ses lourds cheveux roux derrière son épaule, elle regarde les deux danseurs évoluer au centre de la salle. Ces deux là ont créé leur propre piste, mais personne ne songe à y redire quoi que ce soit. Tant mieux. Elle n’aime pas particulièrement être à l’origine de bagarres dans son établissement mais pour rien au monde elle ne laisserait quelqu’un interrompre cet instant de magie pure. Levant les bras, elle crie pour entraîner la foule avec elle. Des gens qui dansent, elle en voit tous les jours et toutes les nuits. Là, c’est différent. Lui, il est vraiment trop mignon avec ses cheveux en pagaille et sa chemise ouverte. Elle, on dirait un soleil, ou bien une sirène ; Pona ne sait pas trop.

Un jeune homme se laisse tomber sur un tabouret, devant elle. Alors qu’autour de lui les gens dansent et chantent, extatiques, il semble profondément désespéré. Pona connaît ce genre de bouille renfrognée.

- Dure journée ?

Il pose un regard désemparé sur elle.

- Dure leçon…
- Je peux savoir ce que c’est ?
- Les jolies filles ne sont pas pour moi, ou bien juste pour s’amuser un peu.


Il parle en regardant la beauté fatale qui se déhanche au milieu de la salle et Pona hoche la tête. Elle comprend sa peine. Mais elle n’est pas d’accord avec lui. Et pour le lui prouver, elle se penche sur le comptoir pour planter un baiser sur ses lèvres.

- J’ai une autre leçon à t’apprendre, si tu veux, dit-elle dans un sourire complice.

Bouche bée, Terran la suit sans protester. Comme il disparaît derrière le comptoir avec Pona, il se dit que cette musique lui plait.
Beaucoup.




*




Gil fit tourner Libertée, émerveillé par le mouvement de ses longs cheveux blonds, et la tira contre lui pour accueillir les dernières notes du morceau endiablé sur lequel ils venaient de danser. Perdu dans les grands yeux roses de la jeune femme, il mit quelques secondes à réaliser que le murmure qu’il percevait en fond était en fait les applaudissements d’un public plus que ravi. Le souffle court et le cœur battant, il remercia la foule d’un hochement de tête, puis il entraîna sa partenaire à l’écart tandis que Cendre et son groupe enchaînaient un autre morceau. Gil soupira longuement et se passa une main dans les cheveux, peinant à réaliser ce qu’il venait de se passer. Jamais encore il n’avait dansé avec autant de conviction, et à en juger par l’expression de Libertée, il en allait de même pour elle. Wahou.

- Je t’offre un verre ?

Il avait posé sa question en souriant – pour de vrai, de toutes ses dents.
C’est à ce moment-là qu’il se rendit compte d’un détail pourtant frappant.

Il n’avait toujours pas lâché la main de Libertée.


[...wahou !!]

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Jeu 27 Sep 2012, 21:30

Le regard qu’elle avait surpris de la part de Gil l’avait faite sourire, et elle savait alors pertinemment qu’elle ne le laissait pas indifférent. De toute façon, il fallait bien avouer qu’elle n’avait encore jamais rencontré d’homme qu’elle laissait de marbre, sauf quelques-uns de l’autre bord. Mais cela ne la dérangeait pas, elle aimait être le centre de l’attention et que l’on se batte pour elle. Egocentrique ? En effet. Elle l’assumait pleinement.
C’est sans doute aussi pour cela qu’elle ne releva pas plus que cela le baiser qu’échangea Gil avec une serveuse, dont la surprise se lisait sur son visage. Pure provocation, qui fonctionnait en partie, elle devait bien l’avouer. Mais peu importait. Maintenant, c’était elle qu’il regardait.

C’était entre lui et elle…



♥ ♥ ♥


Wahou !
Libertée n’avait plus dansé comme ça depuis… Non. Elle n’avait jamais dansé ainsi.
Blottie contre le torse de Gil par ce dernier pas de danse, elle se sentait grisée, complètement, par ce qu’il venait de se passer. Quelques pas de danse… endiablée. Défi lancé l’un à l’autre, et l’autre à l’un, ils s’étaient déchaînés sur une piste dégagée par les personnes présentes dans l’auberge, et les applaudissements résonnèrent étrangement aux oreilles de la jeune femme.
Comme un bourdonnement.

Elle était bien, contre ce torse…
Et quand ils se relevèrent, elle ne fit qu’un léger signe de la main à la foule, elle qui habituellement appréciait grandement ce genre de spectacles – pour elle. Prenant de grandes goulées d’air, elle serra un peu plus la main de Gil dans la sienne.
La main de Gil. Dans la sienne. Toujours.
Ce n’était pas que parce qu’elle était essoufflée de leur enchaînement qu’elle eut du mal à respirer en cet instant. Mais l’homme la tira de cet état étrange dans lequel elle venait de se plonger en lui parlant.


- Je t’offre un verre ?

Jetant un coup d’œil au visage de Gil, Libertée ne put s’empêcher de lui rendre son immense sourire. Un sourire éclatant, qui respirait la joie et l’allégresse. Elle se prêta à penser que cela ne devait pas arriver souvent à l’envoleur d’arborer ce genre d’expression. Mais peu importait.
Se mordant la lèvre inférieure, Libertée ne sut cependant pas quoi répondre immédiatement.
Boire un verre ? Prendre le risque qu’il s’enfuie encore aux premières lueurs, tel un lâche ? Prendre le risque de…


*Prendre le risque d’avoir mal au cœur*

Mal au cœur ? Elle s’était donc accrochée à lui ? Se mordant l’intérieur de la joue, elle prit une grande inspiration. Wahou, là, il fallait qu’elle fasse le point, et rapidement. Gil était un envoleur, doublé d’un lâche et d’un bougre. Et pourtant, il l’avait atteinte, malgré tout. Son passé avait immédiatement intéressé Lib’, tout simplement parce qu’elle s’en sentait proche.
* Mais pas proche comme ça ! *

Finalement, son regard croisa celui, bicolore, de Gil, et elle repoussa toutes les questions qui tourbillonnaient dans sa tête. Prête à profiter seulement de ce qu’il voudrait bien lui offrir, sans rien attendre en retour. Enfin, cela, c’était la théorie.

- Pourquoi pas ?

Pourquoi pas… essayer d’aller plus loin que la dernière fois.
Pourquoi pas… tenter de mieux connaître encore Gil.
Pourquoi pas… lui rendre sa flûte, d’ailleurs ?

D’un mouvement du menton, elle indiqua à Gil de s’asseoir, et en quelques secondes atteignit le comptoir, récupéra son sac derrière ce dernier, et revint près de l’homme d’un pas vif. S’asseyant en face de lui, elle lui adressa un sourire, se passant la main dans les cheveux, qui ondulèrent sur ses épaules.

- Je crois que j’aurais beaucoup aimé Manaël. Mais je pense que je préfère quand même Gil.

Un léger soupir franchit ses lèvres, et elle déposa la flûte que Gil avait laissée au pied de l’arbre pile entre eux deux, sur la table. Dans un regard interrogateur.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Lun 01 Oct 2012, 11:57

Curieusement, Gil avait une vue d’ensemble extrêmement précise, alors que toute son attention était braquée sur Libertée. Il avait l’impression d’être seul avec elle dans cette pièce, et en même temps, aucun détail environnant ne lui échappait. Il remarqua immédiatement l’absence de la belle rouquine, remplacée par un adolescent dégingandé qui chantait horriblement faux. Il vit Cendre effectuer quelques pas de danse avant de se remettre à jouer. Il sentit le courant d’air frais sur sa peau lorsque la porte d’entrée s’ouvrit et se referma. Et jamais il ne quitta Libertée du regard. C’était comme un nouveau jeu : s’il la perdait de vue, il prenait le risque de la perdre tout court… D’autant que La Petite Eternité offrait un panel d’illusions. Tout ici semblait irréel, à commencer par la jolie blonde assise près de lui. Il aurait cru à un rêve si seulement le contact de sa peau n’avait été aussi vrai.

Il soupira en s’appuyant contre le montant de bois du comptoir. Sa question avait été parfaitement anodine – normal, puisque c’était tout ce qu’il avait trouvé à dire après cette danse fougueuse qui l’avait laissé pantelant – mais il avait surpris un voile d’hésitation dans les yeux roses de Libertée, et le pire, c’est qu’il ne pouvait pas l’en blâmer. Le papillon était devenu méfiant à cause de sa lâcheté ; il allait devoir l’apprivoiser, lui prouver qu’il était capable de faire bien mieux. Pendant que la marchombre s’installait, il commanda deux vodka-pomme. Il voulait pouvoir en savourer toute la saveur lorsqu’il embrasserait cette femme, ce qui n’allait plus tarder puisqu’il avait de plus en plus de mal à se contenir.

- Je crois que j’aurai beaucoup aimé Manaël. Mais je pense que je préfère quand même Gil.

Il sourit.
Plusieurs semaines sans se voir, et ils reprenaient leur conversation là où ils l’avaient arrêtée.
Wahou !

- Tant mieux, dit-il en lui tendant son verre, parce que Manaël est mort. A nos retrouvailles !

Il entrechoqua son verre avec le sien et avala sa boisson d’une rasade. L’alcool attisa davantage le brasier qui consumait ses entrailles et le regard qu’il posa sur Libertée était brûlant de désir. Et de malice.

- Gil a mille visages… Un jour il s’enfuit, un autre il affronte le danger, l’arme au poing. Il s’invente une vie à chaque lever de soleil. Et, lorsque le soleil se couche, il devient comme le vent : joueur, enjôleur…

Son murmure se perdit contre les lèvres de Libertée, qu’il effleura d’un baiser. Dans le même temps, sa main glissa sur la hanche de la jeune femme et ses doigts habiles subtilisèrent la flûte glissée dans sa ceinture.

- Merci !

Echappant à son souffle sucré, il se hissa sur le comptoir sous les regards surpris des clients et tendit le bras vers Cendre. Celui-ci hocha la tête et le violon entama alors un morceau enjoué auquel se joignit le son assuré de la flûte. Après tout ce temps sans avoir soufflé dans son instrument fétiche, Gil se sentait comme un oiseau en plein vol : il se glissait entre deux courants rythmiques, planait sur les vivats et les applaudissements de la foule et maintenait son cap sous un ciel rose, vers un soleil blond. La Petite Eternité vibrait, vivait au son rock des cymbales, du violon et de la flûte. C’était merveilleux. Si merveilleux que Pona glissa une tête ébouriffée dans l’entrebâillement de la porte de service, histoire de jeter un coup d’œil à son établissement survolté. Qui que tu sois, songea-t-elle en regardant Gil évoluer sur le comptoir, t'es désormais le bienvenu chez moi ! Puis une main fébrile la tira en arrière et la porte se referma.

D’un côté à l’autre de la salle, Gil et Cendre se répondaient. Jamais encore l’Envoleur n’avait joué de cette façon, et parmi les méandres de toute cette folie musicale, il réalisa que les notes qui jaillissaient de sa flûte reflétaient enfin ce qu’il était : Gil SangreLune. Tout simplement. Et cette simplicité, qui tranchait avec l’inertie, l’innocence dont l’existence passée de Manaël était parée, cette simplicité était la juste expression de son bonheur. Enfin, il l’acceptait ! Et en l’acceptant, il s’acceptait lui-même, avec tous ses défauts, tous ses travers, mais aussi les quelques bons côtés qui, dès le début, avaient charmé Libertée. Je suis ton héros, pensa-t-il avec force en la fixant droit dans les yeux. Tout comme il était le prince de Naïs et le mentor de Kaünis. Un homme aux mille visages et dont le rêve s’accomplissait enfin ; d’accord, il ne jouait pas dans un orchestre pour l’Empereur, mais ce qu’il était en train de vivre, là, dans cette drôle de taverne biscornue, valait mieux que tous les cours de musique du monde !

[Un peu court, mais fichtrement intense ! yahou !!]

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mer 03 Oct 2012, 18:41

Quelque chose l’intrigua, mais elle ne sut quoi exactement.
Elle sentait un changement. Sans doute imperceptible, et pourtant évident à ses yeux, mais il y avait quelque chose de plus… évolué, chez Gil. Une nouvelle manière de faire, d’agir, de la regarder aussi peut-être. Surtout quand il leva son verre dans une douce euphorie, et elle était certaine qu’il n’était pas rond ou alcoolisé – pas trop en tout cas – car elle avait compris que lorsque c’était le cas, il devenait plutôt agressif et brutal.
Il n’était pas de ceux qui avaient l’alcool-amour…


- Gil a mille visages… Un jour il s’enfuit, un autre il affronte le danger, l’arme au poing. Il s’invente une vie à chaque lever de soleil. Et, lorsque le soleil se couche, il devient comme le vent : joueur, enjôleur…

Libertée éclata de rire, se demandant où il cherchait tout ça. Il était devenu… un brin poète ?
Intriguée, elle se pencha légèrement vers lui pour lui poser une question, mais il la prit de cours d’un baiser. Léger, aérien, envieux aussi, elle s’attendait à beaucoup de choses, mais peu à cela. Agréable surprise.
Jusqu’à ce qu’il saisisse la flûte.

Secouant la tête doucement, elle le laissa faire, lançant néanmoins d’un ton épicé :


- Mille visages hein… C’est est sans doute plus que ça qui sont passés sous ton corps !

Lui adressant un sourire, elle le regarda inviter le violoniste à se joindre à lui, et prit sa flûte à deux mains pour se lancer dans une mélodie sourde et enivrante.
Transportée dès les premières notes dans un univers féérique, Libertée avait le sourire jusqu’aux oreilles. Elle ne savait plus trop quoi penser de Gil, à dire vrai. Mille visages ? Elle était bien curieuse de découvrir chacun d’eux, et aurait aimé avoir l’occasion et le temps de le faire. Mais cet homme-là lui en donnerait-il l’occasion ?
Alors, plutôt que de réfléchir, elle se laissa aller sur la piste pour entamer une danse autant en accord avec la musique qu’avec elle-même. De toute façon, Libertée n’avait pas d’autre possibilité envisageable, elle était elle-même, à chaque instant, chaque seconde plus que la précédente ; elle était elle, dans l’évolution, toujours, systématiquement, et ne cessait de suivre sa Voie à elle.
Si particulière.

Se déhanchant au rythme de cette mélodie fantasmagorique qui s’élevait, elle laissait son corps parler, ne cherchant même plus Gil du regard, se contentant de vivre la seconde, l’instant présent sans réfléchir au reste. Juste se laisser porter, voir les sons, entendre les lumières, ressentir les tonalités…

Alors, quand la musique finit par s’essouffler, son regard intense se posa sur Gil, et elle sentit quelque chose retentir en elle. Mais qui était cet homme ? Que faisait-il ici ? Pourquoi étaient-ils à nouveau réunis ? Son ventre se contracta, elle sentit son estomac se réchauffer, ses membres frémir doucement ; une puissante émotion, une sensation prenante, montait en elle, incontrôlable.
Rester là, au milieu de ces gens, n’était plus dans ses cordes. Elle avait besoin de respirer. De sentir l’air dans ses poumons et sur ses bras, sur sa peau. D’un mouvement si rapide qu’il fut totalement flou, elle claqua des talons et traversa la salle telle un coup de vent ; franchissant la porte de l’auberge en renvoyant la porte d’un geste du pied.

L’air de la nuit lui mordit le visage, et elle se sentit libérée.
L’ombre l’entourait, s’enroulait autour d’elle langoureusement, et en bougeant légèrement les doigts elle sentit la fraicheur piquante de l’air se glisser le long de ses membres. Son regard fila vers le ciel, mais dans cette ruelle, impossible de voir la lune. Alors, dans une autre impulsion, elle s’élança vers le sommet des maisons en escaladant le mur. Elle ne se rendit pas compte à quelle vitesse elle escaladait, ni en combien de temps elle fut sur le toit.

Mais si proche des étoiles, elle s’assit enfin, en fermant les yeux.
Bercée par le firmament…
Cette boule enflammée toujours ancrée dans ses entrailles…








[ Waps, c'est à Lib' de péter son câble xD ]

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Lun 08 Oct 2012, 15:34

C’était la première fois qu’une femme dansant sur sa mélodie. Sa propre musique, ses notes à lui, reprises par l’archer de Cendre sur les cordes de son violon et par les mouvements du corps de cette femme qui se déhanchait langoureusement devant lui. Gil ne la quittait pas des yeux tandis qu’elle évoluait devant lui. Il n’avait qu’une seule crainte, avoir le souffle coupé par l’émotion intense qu’il lisait dans son regard et dans ses gestes ; perdre son souffle, et s’arrêter de jouer… Jamais, songea-t-il en fermant les yeux. Jamais il ne pourrait s’arrêter de jouer pour elle. La musique qui naissait de son souffle et de ses doigts scellait peut-être son destin mais pour une fois, il n’avait pas envie de lui échapper. Je veux que tu danses pour moi aussi longtemps que je jouerais pour toi. Voilà ce que disaient les notes qui s’envolaient de la flûte. Qu’elles puissent exprimer tant de choses le surprenait et l’effrayait tout à la fois. Jusqu’alors, Gil n’avait jamais pensé à s’exprimer autrement que par la rudesse de son caractère et le tranchant de ses lames. Cette nui-là, une autre facette de l’Envoleur se révélait à la lumière des yeux roses de Libertée.

Mais lorsqu’il rouvrit les siens, la marchombre avait disparu. La musique cessa instantanément, un peu comme un rêve qui s’estompe lorsque vient le réveil ; interdit, Gil balaya la foule du regard, sans comprendre. Il n’avait pourtant pas rêvé. Quelques secondes plus tôt, à peine, Libertée dansait devant lui ! Il ne pouvait pas avoir halluciné à ce point !

- Elle vient de sortir ! cria quelqu’un.

Déjà, Gil sautait à bas du comptoir et fendait la foule tandis que Cendre reprenait un air plus calme mais tout aussi bon. Une petite pluie fine l’accueillit dehors. Elle lui donna l’impression d’être douché par un torrent glacé, de quoi regretter la chaleur et l’ambiance de La Petite Eternité… Il n’y retournerait pas. Pas sans elle. Fronçant les sourcils, il tourna la tête à droite, puis à gauche, et encore à droite ; quelle direction avait-elle pu prendre ? Sa flûte toujours dans la main, il fit quelques pas au hasard, ne sachant trop quoi faire ni ou aller. Jusqu’à ce que son intuition lui souffle de lever les yeux. Les quelques nuages qui passaient sur la ville dissimulaient à peine les étoiles qui maculaient le ciel. Elles brillaient presque autant que les yeux de Libertée. Prit d’une impulsion soudaine, Gil glissa sa flûte dans sa ceinture avant d’empoigner la gouttière qui courait sur le mur qui lui faisait face ; il l’escalada avec l’aisance d’un chat et se hissa souplement sur le toit. La pluie rendait les tuiles glissantes, il manqua de perdre l’équilibre au troisième pas qu’il fit mais il se rétablit in extremis et poursuivit son petit périple, bondissant d’un toit à l’autre comme s’il passait tout simplement d’une rue à la suivante.

Il ne s’arrêta que lorsque la silhouette de Libertée, assise en tailleur sur l’arrête d’une charpente, se dessina enfin dans les ombres de la nuit. Ses longs cheveux blonds tranchaient l’obscurité à la manière d’un voile de mariée et Gil resta immobile un court instant. Il se demandait… de quoi Libertée avait-elle eu peur ? Ce n’était son style de fuir comme elle l’avait fait. En fait, elle venait de faire ce qu’il avait fait : elle avait pris la fuite. Par vengeance ? Voulait-elle lui faire comprendre la bassesse de son geste ? Pas logique, surtout pas après ce qui s’était passé dans cette auberge ; il aurait mieux comprit qu’elle lui assène un coup de pieds dans les parties, devant tout le monde, plutôt que… ça. Ça, ce n’était pas elle. Mais qui es-tu, au fond ? Gil connaissait-il Libertée ? Peut-être que tout se jouait dans cette question, fondement même d’une amitié qui ne demande qu’à naître. Qui es-tu, Libertée ?

Franchissant la distance qui les séparait, Gil s’arrêta devant la jeune femme et s’assit près d’elle. Pas franchement confortable comme siège, mais les battements de son cœur s’étaient calmés depuis qu’il avait retrouvé Libertée. Il la dévisagea un instant et glissa un doigt sous son menton pour qu’elle relève la tête et croise enfin son regard.

- La pluie te va bien.

Mais bien sûr. Il n’y avait sans doute pas plus idiot que cette remarque, et pourtant Gil n’aurait pas pu la retenir, pas plus qu’il ne put s’empêcher de se pencher pour effleurer de ses lèvres celles de la jeune femme.

- Qu’est-ce qui ne va pas ? murmura-t-il, sa bouche contre la sienne.


[Tant mieux ! J'aime quand Libertée déraille xD]

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Lun 08 Oct 2012, 23:01

Ce qui n’allait pas ?
Hum. Elle ne savait pas vraiment. Elle aurait voulu pouvoir lui répondre sincèrement, en sachant ce qu’elle disait, mais en réalité pour l’instant elle ne réalisait pas réellement ce qu’il se passait dans sa petite tête. Il y avait juste toujours cette chaleur diffuse dans son ventre, qu’elle ne parvenait pas à définir.

Un léger soupir franchit les lèvres de Libertée, et elle leva les yeux vers le ciel. Le visage de Gil était tout près du sien, et elle avait terriblement envie de poser ses lèvres sur les siennes. Son regard glissa vers celui de l’homme, et elle le fixa quelques secondes.

Qu’est-ce qu’il n’allait pas ?
Son cœur accéléra dans sa poitrine, et une onde de chaleur se diffusa dans son ventre.
Voilà ce qui n’allait pas.
Non, en effet. Ca n’allait même pas du tout du tout !

Secouant rapidement la tête de gauche à droite, Libertée fit un léger mouvement de recul, pour voir le visage de Gil dans sa globalité. Bon, il voulait savoir ce qui n’allait pas ? Il allait le savoir.


- Ce qui ne va pas ?

Elle soupira doucement, et se redressa légèrement, levant le menton.

- Il y a quelque chose qui ne va pas du tout. Du tout !

Prenant une grande inspiration, elle planta son regard dans celui de Gil, pour être sûre qu’il l’écoutait. Vraiment. Qu’il ne pourrait pas partir tant qu’elle ne détournerait pas le regard.

- Ce soir, j’ai décidé de profiter de ce que tu avais à m’apporter. Juste de ça. Sauf que… Bah je ne suis pas sûre d’y arriver. Et tu sais pourquoi ?

Elle était persuadée qu’il savait pourquoi. Mais elle ne lui laissa pas le temps de répondre, de tenter une esquive ou une botte verbale audacieuse.

- Ca me désespère, mais je suis en train de tomber amoureuse… de toi, Gil.

Non non non, ça n’allait pas du tout.
Mais c’était comme ça, les sentiments, cela ne se contrôlait pas, contrairement au reste. Ou presque. Dans tous les cas, Libertée n’était tombée amoureuse qu’une seule fois dans sa vie, et alors elle avait huit ans ; c’est dire à quoi elle se frottait… En réalité, elle n’en avait aucune espèce d’idée, mais cela l’angoissait. Parce que l’amour, ça fait mal, et qu’elle s’était toujours interdite de tisser des liens profonds. Parce qu’elle était libre, Libertée, et que personne ne pouvait lui enlever cela.
Rien ni personne.










[ Un brin court, désolée ! ]

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mar 09 Oct 2012, 08:47

- Oh. Heu...

(Légère surprise, puis hésitation, puis...)

Amoureuse. Bon, c'est pas la fin du monde non plus, même si c'est... de moi. Tu sais, je ne suis pas un spécialiste en la matière alors si tu veux que je te laisse tranquille...

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mar 09 Oct 2012, 09:34

( Rit doucement )

- Si je te dis que je tombe amoureuse, c'est pas pour que tu partes... En tout cas, je n'en ai pas le désir.

(léger silence, puis )

- Je ne te connais même pas. Ca m'effraie. Je n'ai pas été amoureuse depuis que j'ai 8 ans.

( long soupir )

- Mais si tu te sens de rester, si tu en as envie, reste s'il te plait...

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mar 09 Oct 2012, 10:55

(Air faussement indigné)

- Quoi, je parle trop, c'est ça ?! C'est bien la première fois qu'on me le reproche...

(Rire, puis son visage redevient grave)

Tu as de la chance. Je ne suis jamais tombé amoureux, moi. Je ne sais pas ce que ça fait. Mais là, je me sens bien. C'est un peu comme si je venais de courir depuis trois heures, une sorte de sérénité un peu dingue... Tu ressens quoi, toi ?

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mar 09 Oct 2012, 11:06

- Je...

( Plante son regard dans celui de Gil, et effleure ses lèvres sans le quitter des yeux )

- Exactement la même chose. Avec un désir incommensurable en plus...

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mar 09 Oct 2012, 11:39

(murmure)

- Dans ce cas, on peut peut-être s'arranger...

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mar 09 Oct 2012, 19:05

- Mmmm…

Oh, oui, elle avait envie de s’arranger… Pourtant, ce fut avec une infinie délicatesse qu’elle déposa ses lèvres sur celles de Gil. La tendresse contenue dans ce baiser fit monter en elle une nouvelle vague de chaleur, dans le creux de son ventre, et elle attrapa les lèvres de l’homme entre ses dents pour donner de la force à la fougue qui lui perçait les entrailles. C’était tel un volcan en éruption, et elle ne pensait plus qu’à une seule chose : elle avait envie de lui. Là, maintenant, tout de suite. Son ventre exigeait d’être comblé, il y avait un terrible vide qui n’attendait que d’être rempli…

Une expiration hachée sortit de ses lèvres, et ses doigts vinrent agripper les cheveux de Gil avec rudesse. Elle voulut l’amener plus près d’elle, être plus près de lui, tentant de presser son corps contre le sien… S’entendant gémir, elle sentit quelque chose dans son ventre exploser.
Un brasier. Elle n’était plus que brasier, et se sentit basculer vers Gil…


- Libertée ?

Il fallut quelques secondes à la Marchombre pour se rendre compte qu’on avait prononcé son nom, et que la personne qui l’avait fait n’était pas Gil. La voix s’était élevée dans son dos, mais elle n’avait pas envie de se retourner : son souffle était déjà haché, rauque et court, et ses pupilles agrandies par le désir.
Et puis, elle finit par reconnaître la voix et se redressa à peine.


- Manao ?

Pratiquement allongée sur Gil, Libertée n’eut évidemment pas le réflexe de s’en détacher : elle était bien, là, contre son corps chaud et haletant de désir lui aussi. Et puis, le Dessinateur allait bien les laisser tranquilles, non ? Il voyait qu’ils étaient occupés !

Apparemment non.
Manao les observait, les jaugeant de haut, son regard dardé sur Libertée qui se sentit soudain mal à l’aise et l’agressa légèrement.


- Va-t-en !

- Non.


Les sourcils de Libertée se froncèrent devant cette réponse, et elle n’eut soudain qu’une seule envie : envoyer son pied ou son poing dans le visage de l’homme qui s’imposait, comme si le monde avait tourné autour de lui. Et puis, que faisait-il sur ce balcon ? Pour qui il se prenait ?
Certes, elle avait demandé à Nuhadu de le sauver, et la nuit qui avait suivi avait été très agréable, mais maintenant ce n’était plus le cas, et c’était stop. Sauf que l’homme ne semblait pas de cet avis, ses pupilles s’étant contractée pour devenir de petits points noirs lançant un regard perçant et hautain.


- Dégage je t’ai…

Soudain, un filet de corde épaisse sortit de nulle part lui tomba dessus, et elle ne put s’empêcher de lâcher un petit cri de surprise. Mais en levant les yeux, elle vit le petit sourire de triomphe sur le visage du Dessinateur et serra les dents : elle avait une envie de meurtre, là, tout de suite ! Non, mais, il ne pouvait pas se rendre compte qu’il gênait ? Il aurait pu filer sans demander son reste, mais non, il s’imposait et en plus il le faisait avec l’Imagination, ce lâche !
Il la fixait presque tranquillement – presque – mais détourna le regard vers Gil. Alors, Libertée vit clairement l’expression de surprise sur les traits de Manao et fronça les sourcils : ils se connaissaient ?

Improbable !

Le regard de supplication qu’elle lança à Gil – qui lui n’était pas recouvert par le filet – voulait tout dire, cependant…
Libertée serra les dents : et voilà. Elle était maudite.
Se mordant la lèvre intérieure, elle se promit que si lorsqu’elle aurait atteint dix, Gil n’avait pas agi, elle se ferait un plaisir à frapper ce salopard de Manao.


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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mar 16 Oct 2012, 09:39

Le désir à l’état pur brûlait dans les beaux yeux roses. A cet instant précis, Gil aurait été bien incapable de faire quoi que ce soit. Se lever pour s’en aller ? Même pas la peine d’y penser. Se lever tout court ? Trop dur. On aurait dit que ses jambes étaient en plomb et son cœur, lui, prêt à exploser ; lorsque Libertée lui prit la tête entre les mains, se coulant contre lui à la manière d’un chat sauvage, il s’entendit gronder de plaisir. Un chat et un loup. Drôle d’idée, parvint-il à penser, avant de penser que c’était sans doute sa dernière pensée « censée » de la soirée. Il avait tort. Alors que toutes les conditions étaient réunies pour que ce moment-là soit fabuleux et inoubliable (la nuit, la pluie, la jolie fille dans ses bras, le feu dans ses yeux…), une inconnue vint s’ajouter à l’équation. Un inconnu, pour être exact. Et il ne s’ajoutait pas, il venait carrément se mêler d’oignons qui n’étaient pas les siens. Ce n’était même pas un inconnu, en plus. Coincé sous Libertée, Gil ne prit pas la peine de se tordre le cou pour apercevoir cette triple andouille. Ils se connaissaient, c’est tout ce qui lui importait. Et Libertée était aussi agacée que lui d’être interrompue au beau milieu de leurs retrouvailles.

Il la laissa sortir les griffes. Après tout, elle connaissait cet homme, pas lui. Il avait hâte qu’elle lui arrache la tête et qu’elle revienne contre lui. Roulant sur le côté pour lui permettre d’agir à sa guise, il admira la tension de son corps, prêt à s’envoler d’une seconde à l’autre pour réduire ce type en bouillie. Elle pouvait très bien le pousser du toit, il s’en fichait royalement ; ne comptait que la courbe de ses hanches, le galbe de ses cuisse, le voile blond de ses cheveux. Et son odeur de pêche. Enfer, ce que cette odeur avait pu lui manquer… Elle avait assailli sa mémoire jusque dans les montagnes du nord. Parfum de liberté et d’amour qui ne le quittait plus, même dans ses rêves et ses cauchemars. Il était mordu, et sacrément mordu… Gil sourit dans la nuit. Le regard fixé sur Libertée, il était en train de se demander s’ils allaient faire l’amour uniquement sur ce toit ou bien se trouver une chambre et poursuivre leurs ébats plus au sec, lorsqu’un filet surgit tout droit du néant s’abattit sur la marchombre.

Gil réagit dans la seconde qui suivit. Il bondit sur ses pieds, dégaina à moitié ses lames et se plaça entre Libertée et ce type – elle l’avait appelé Manao. Il le voyait pour la première fois et la surprise lui fit hausser un sourcil : Manao était un nain. Bon, pas un nain à proprement parler, un nain parce qu’il lui arrivait aux épaules, à tout casser ; maigre, presque fluet, il donnait l’impression qu’un simple coup de vent pouvait l’emporter. Gil n’aimait pas ce genre de personnage, petit et malingre, qu’il comparait à des fouines. Manao avait un regard de fouine. Ce genre de regard qui observe et retient tout. Très pratique pour les espions. Et pour les mercenaires. Mentaï ? Difficile à dire. Si le filet qui empêchait Libertée de bouger était bel et bien le fruit d’un dessin, son auteur pouvait très bien n’avoir rien à voir avec le Chaos. Mais si c’était le cas, Gil était dans de sales draps – et par conséquence, Libertée aussi. Bravo, Cabochard, songea-t-il en imprimant davantage ses appuis sur les tuiles glissantes. Tu as la plus mauvaise partie de l’Empire à tes trousses et tous ce que tu trouves à faire, c’est batifoler dans les sommets d’Al-Jeit…

Car Manao était au courant de son « joli travail », dans le nord. Il n’était pas Mentaï mais Dessinateur ; pour beaucoup, la distinction impliquait déni ou ignorance, mais pour lui, qui était au service de l’Empereur, le meurtre de Driss avait été inquiétant. Manao était jeune, presque sans expérience si l’on comparait ses « états de service » à ceux de ses supérieurs. Pourtant, reconnaître cet homme était la première phase d’une mission qui lui était assignée en tant que citoyen de l’Empire et sujet de l’Empereur ; à présent, il devait capturer SangreLune et l’emmener au palais. Vivant. Cette précision le fit grincer des dents, peut-être parce qu’il avait trouvé Libertée en train de se tortiller comme un vers sur cet homme… Désormais, elle se tortillait dans son filet et il devait s’assurer qu’elle y reste. Une fois SangreLune mit hors d’était de nuire, il la libérerait.

- C’est quoi, ton problème ? gronda Gil.

Il n’aimait pas la façon dont Manao regardait Libertée, pas plus qu’il n’aimait son allure. Serrant les doigts sur la garde de ses lames, Gil se souvint de sa prise de bec avec Driss, le Mentaï qui avait enlevé le fils de Naïs. A la demande de celle-ci, il avait prit d’assaut une jolie petite forteresse et combattu le ravisseur de l’enfant ; toutefois, sans l’intervention miraculeuse de Naïs, il ne serait plus de ce monde depuis longtemps. Il n’était pas capable de rivaliser seul. Or, derrière lui, Libertée mourrait d’envie de se débarrasser de son filet…

- Un problème ? répéta doucement Manao. Quel problème ? Je ne m’attendais pas à tomber sur l’assassin le plus recherché du moment mais je suis ravi d’être celui qui va mettre un terme à sa fuite !

Fuite ? Gil cligna des yeux. Là, c’était un comble… C’était sans doute la première fois de sa vie qu’il ne fuyait pas… non, la deuxième, puisqu’il avait répondu « présent » à l’appel à l’aide de Naïs et tenu sa promesse. Alors qu’il avait parfaitement conscience de ne pas être en très bons termes avec le pays, et plus particulièrement le Chaos, il était revenu à Al-Jeit. Et ce type le prenait pour un lâche !

- Tu ne vas mettre un terme à rien du tout. Je t’explique ce qui va se passer alors ouvre grand les écoutilles qui te servent d’oreilles et écoute-moi bien : tu vas relâcher Libertée, descendre de ce toit et te rendre à La Petite Eternité. Tu y commanderas un alcool fort, tu t’enivreras et tu applaudiras le violoniste. Bref, tu nous ficheras la paix. C’est clair ?

Les écoutilles de Manao devaient être sérieusement encrassées parce qu’il n’en fit rien. Au contraire, une lueur mauvaise s’alluma soudain dans son regard de fouine et Gil comprit qu’il avait très peu de temps pour agir. Une seconde, deux tout au plus. C’était plus que suffisant. Alors que le Dessinateur s’immergeait dans l’Imagination, Gil se retourna et le chuintement de ses lames brisa le silence de la nuit ; les cordes qui entravaient les mouvements de Libertée tombèrent. Au même moment, l’énorme étoile de jet créée par Manao frôla sa joue gauche, traçant une ligne de feu sur sa peau ; une goutte vermeille vint s’écraser sur le front de Libertée. Comme si de rien n’était, Gil lui tendit la main et sourit.

- Garde bien en mémoire ce que nous étions en train de faire, souffla-t-il, un creux de sourire dans la joue. Parce que je compte bien reprendre là où nous nous sommes arrêtés !

Il l’aida à se mettre debout tout en penchant la tête pour éviter un nouveau truc tranchant. Ami ou non, Mentaï ou non, ce Manao allait prendre une bonne trempe.
Tant pis pour lui. Mais il l’avait prévenu, non ?



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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mar 16 Oct 2012, 23:27

Un.
Gil bondit sur ses pieds, rapide comme son ombre, presque flou et Libertée s’autorisa un petit soupir.

Deux. Trois.

- C’est quoi, ton problème ?
La voix grave et puissance de Gil perça l’air pour aller à la rencontre de Manao, qui ne sembla même pas tressaillir. Encore plus qu’à l’instant précédent, Libertée le haït de tout son cœur, et avait en plus envie de lui cracher au visage, à ce hautain personnage.

Quatre. Cinq.
Elle perçut évidemment ce regard flamboyant que lui lança le Dessinateur, mais n’était vraiment pas d’humeur à se laisser attendrir. Elle se fichait de lui. Il n’avait été qu’un « joujou », comme l’avait si bien qualifié celui qui avait été son apprenti, lorsqu’elle lui avait enjoint de le sauver.

- Un problème ? Quel problème ? Je ne m’attendais pas à tomber sur l’assassin le plus recherché du moment mais je suis ravi d’être celui qui va mettre un terme à sa fuite !
Libertée s’entendit grincer des dents.
En elle, la haine montait telle une flèche lancée à pleine vitesse. Une flèche qui n’avait pas encore trouvé sa cible.

Six. Sept. Huit.

- Tu ne vas mettre un terme à rien du tout. Je t’explique ce qui va se passer alors ouvre grand les écoutilles qui te servent d’oreilles et écoute-moi bien : tu vas relâcher Libertée, descendre de ce toit et te rendre à La Petite Eternité. Tu y commanderas un alcool fort, tu t’enivreras et tu applaudiras le violoniste. Bref, tu nous ficheras la paix. C’est clair ?
La lueur qui s’alluma dans le regard de Manao fit courir un frisson le long de la colonne vertébrale de la marchombre. Grinçant des dents, elle ferma les yeux pour juguler cette colère qui était en train d’exploser lentement mais sûrement en elle, parfait écho à sa frustration – sexuelle et haineuse.

Neuf. Dix.
Les aiguilles de Gil sectionnèrent proprement la corde qui retenait Libertée, et la marchombre glissa sa main dans celle de l’envoleur en souriant. Non, elle n’oubliait pas, et son ventre non plus. L’intense frustration qu’elle ressentait était nourrie par la haine qui brûlait maintenant dans son regard, alors qu’elle fixait Manao d’une lueur mauvaise.

Se mordant l’intérieur de la joue, Libertée dut lâcher la main de Gil pour se précipiter sur le sol dans une roulade. Il ne fallait pas laisser de temps mort à Manao : il l’avait bien dit lors de leur première rencontre. Une ouverture d’une seconde ou deux lui permettait d’investir l’Imagination et donc de prendre le dessus sur ses adversaires. Il fallait frapper vite, et fort.
Et surtout essayer de le déconcentrer !
Une idée lui passant par la tête, bête mais sûrement très efficace, Libertée jeta un coup d’œil à Gil, qui s’apprêtait à bondir.


- Attends !

Ce fut elle qui bondit comme une gazelle, et si loin qu’elle put se précipiter contre le corps de Manao. Ce dernier tituba quelques instants sous l’effet de la surprise et de son poids combiné, mais Libertée savait que c’était le temps dont avait besoin son amant pour s’aventurer hors du temps, justement. Voler le temps, et frapper.
Elle se fichait qu’il le tue ou non. A vrai dire, cela l’arrangerait bien ! Même si elle n’aimait pas abattre les gens ainsi, elle était tellement pleine de colère et de haine que cela ne lui faisait ni chaud ni froid.

Manao avait cependant réussi à riposter, et un nouveau jet de petites lames jaillit du vide pour se précipiter vers Gil. Une expression déterminée tirait ses traits, et Libertée se mordit la lèvre, alors qu’il essayait de se dégager de son étreinte – elle s’était accrochée à lui pour le déséquilibrer. Le déséquilibrer ne suffisait pas, apparemment, et la jeune femme prit le parti de pousser à son avantage la situation ; elle se pressa toute entière contre lui, se rendant alors compte que Gil avait déjà défait une partie de son corset, découvrant des morceaux de peau habituellement cachés…
Le froid mordit son sein, et la pluie éclaboussa sa taille ; mais elle se tenait si fort à Manao que ce dernier ne pouvait qu’en être perturbé…

* Bon sang, Gil, accouche ! *


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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mer 17 Oct 2012, 15:47

- Attend !

Il se figea instantanément et écarquilla les yeux lorsque Libertée le dépassa à toute vitesse pour réaliser un bond prodigieux et atterrir en plein sur Manao. Stupéfait, Gil se rendit compte qu’il avait la bouche grande ouverte. Il la ferma aussitôt mais l’expression de franche surprise, sur son visage, valait bien tous les discours. Bon sang, existe-t-il une femme plus incroyable qu’elle dans cet Empire ? Non. Non, et c’était bien ça le problème. Gil aimait les bagarres, il avait toujours un penchant pour la violence et il n’était pas certain que cela soit dû au drame de sa vie… Se battre pour une femme ? Il l’avait déjà fait. C’est un peu comme un sport, sauf qu’en tant normal, il s’arrangeait pour prendre le moins de risques possibles. Et surtout, une fois une bonne récompense bien méritée au lit, il s’éclipsait. Disparaissait de la vie de la belle, pouf ! Plus de Gil. Plus de héros.

Je ne suis pas un héros, avait-il dit à Libertée. Peut-être bien que oui… peut-être bien que non. Ce n’était pas le plus important. Ce qui comptait vraiment, là, maintenant, tout de suite, c’est qu’il était en train d’affronter un problème qui n’était même pas le sien – enfin, à l’origine : ce type s’était entiché de Libertée au point de lui coller aux basques. Elle était assez grande pour se tirer d’affaire sans son aide. Sauf que l’amoureux transi en question avait l’ambition de faire d’une pierre deux coups ; le problème de Libertée devenait alors son problème à lui. D’accord. Mais au lieu de tourner les talons et de profiter de ce que la marchombre faisait diversion, il resta immobile sous les trombes d’eau qui s’abattaient à présent sur leurs têtes. Enfer, Gil, mais dans quoi est-ce que tu t’es fichu encore…

Il abaissa ses poignets et pencha légèrement la tête sur le côté, réfléchissant à toute vitesse. Libertée était désormais trop près de Manao pour qu’il puisse utiliser ses aiguilles sans la toucher – une erreur à ne surtout pas commettre s’il voulait terminer dans son lit avant l’aube. Quoi que la jeune femme ait eu en tête en agissant ainsi, son plan tombait à l’eau : Manao avait réussi à conserver son équilibre et s’il se remettait de sa surprise, ç’en était fini de la belle aux yeux roses ! Et bien… non. Se disant probablement qu’il fallait un autre effet de surprise, Libertée se mit à se tortiller comme un ver et très vite, son haut (Enfer, peut-on seulement appeler ça un haut ?) glissa. La surprise fut double. Manao se figea tandis que Gil ouvrait à nouveau la bouche comme un idiot.

Un éclat de fureur pure étincela dans son regard bicolore et il plissa les yeux. Il ignorait ce que Libertée avait en tête et à vrai dire, il s’en fichait royalement. Ne comptait plus que l’image de cette femme à moitié nue dans les bras de cet homme. Et Gil vit rouge. Le loup gronda sourdement et ses aiguilles fendirent l’air… devinrent serpentins de couleur en atteignant un Manao qui avait repris ses esprits tout aussi vite. Le Dessinateur avait du mal à se concentrer avec cette femme impudiquement pressée contre son intimité et l’entêtante odeur de pêche qu’elle dégageait l’enivrait mais l’appât du gain était le plus fort : il voulait SangreLune, et il l’aurait. Coûte que coûte. Une pluie d’étoiles de jets s’abattit sur le renégat et Gil n’eut alors d’autre choix que de les éviter en enchaînant pirouette sur pirouette ; il bondissait en arrière, se rapprochant toujours plus du vide, et les lames mortelles ne firent que le frôler. La dernière déchira sa chemise au niveau du torse et effleura son menton pour aller se perdre dans la nuit.

Le souffle court, Gil se redressa… pour être happé par un filet. Voilà qui acheva de lui faire perdre l’équilibre. Il glissa sur les tuiles trempées et dérapa le long de la pente. La bâtisse n’était pas très haute mais empêtré dans son filet, il n’avait aucun moyen de se réceptionner en amortissant la chute. Serrant les dents, l’Envoleur bascula du toit et ferma les yeux, prêt à s’écraser dans la rue. Le hasard voulut qu’une charrette remplie de sacs soit rangée pile poil au bon endroit et il n’eut pas aussi mal qu’il s’y était attendu. Remerciant la chance d’être toujours (un peu) avec lui, Gil se mit à gigoter dans tous les sens, cherchant à atteindre ses lames pour se libérer de ce filet à patate. Je hais l’Imagination. Je hais cet homme…

- Et bon sang de bon sang, je hais cette pluie ! s’écria-t-il dans un chuintement métallique.

Bondissant hors de sa prison, Gil s’élança dans la rue en boitillant. Il ne se faisait pas vraiment de souci pour Libertée, qui avait largement de quoi émasculer Manao en moins de trois secondes, mais il était en colère. Et frustré. Et amoureux. Et trempé, par-dessus le marché. Ce m’as-tu vu de Manao allait apprendre à se mêler de ses oignons. Promis, juré… Prenant appui sur de vieilles caisses, dont l’une s’éventra lorsqu’il posa le pied dessus, Gil agrippa la gouttière du bâtiment et se hissa sur le toit. L’entreprise était difficile car la pluie rendait toute surface glissante, mais faut-il le rappeler ? Il était en colère…

- Hé ! Face de cul de Raï, tu veux bien arrêter de faire du dessin et te battre comme un homme ?

C’est clair, la provocation était son fort. Et si Gil était fier d’une chose, c’était bien de son répertoire d’insultes, richement fourni après une formation sous le joug de Seren et un certain temps passé en la compagnie de quelques Thüls… Est-ce que ça allait fonctionner ? Pas sûr. Driss avait mordu à l’hameçon mais il avait été incapable de résister jusqu’au bout et sans l’intervention de Naïs, Gil ne serait plus là. Manao allait-il accepter un combat à la loyale ? Gil l’espérait. Parce qu’il décidait de l’embrocher en usant à nouveau de l’Imagination, venir à bout de ce nuisible serait un peu plus long. Or il avait un tas de choses à faire.
Avec Libertée.



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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mer 17 Oct 2012, 17:50

Ces hommes !
Mais Libertée n’eut pas vraiment le temps de soupirer. Qu’arrivait-il donc à Gil ? Pourquoi ne s’était-il pas précipité dans l’ouverture ? Comme un gredin, il était resté béat, surpris, alors qu’il aurait très bien pu attaquer à ce moment-là, et tout aurait été terminé ! Une erreur de débutant, en somme, il fallait bien le dire !
Une once d’agacement parcourut le torse de la marchombre, qui continuait à se coller à Manao pour tenter de lui occuper les mains, le déséquilibrer, le déconcentrer… Bref, faire que ce bétât de Gil puisse enfin agir comme il convenait. Mais quand elle en perturbait un, elle perturbait les deux, et ils n’iraient pas très loin comme ça !

Mais Manao semblait déterminé à avoir Gil, coûte que coûte, et il eut le temps de lancer deux nouvelles attaques avant que ce dernier tombât du toit. Un long frisson de désespoir passa dans le corps entier de Libertée, et Manao tenta de la repousser – sans grande conviction – pour s’approcher du bord du toit et voir sans doute le corps de l’homme désarticulé en bas.
Une sourde colère monta encore dans la tête de Libertée, telle qu’elle n’en avait jamais ressentie. Plus que de voir rouge, elle vit noir, du noir partout, qui s’enroulait autour du torse du Dessinateur, lui bloquait les bras et les jambes, lui enserrait le visage… Ce ne fut que le cri de surprise profondément mêlée à de la souffrance qui tira la marchombre de son monde de noirceur…
Ce qui s’enroulait, c’étaient ses cheveux, qui s’étaient animés par la volonté noire de la femme. Une mèche en particulier s’enroula autour de son cou et commença son œuvre d’étranglement. L’homme battit des mains, essayant de se dégager de ces cordes de cheveux, et elle vit dans son regard qu’il s’apprêtait à aller dans l’Imagination pour s’en sortir.

* Hors de question, saloperie ! *

Un long hurlement jailli de sa gorge, rauque et animal, et Libertée resserra sa prise autour du cou de Manao. Elle l’avait déconcerté à temps, et son poing vint à la rencontre de la mâchoire gauche du Dessinateur. Sous ses palanches tendues, elle sentit les os de la mâchoire inférieure se fractionner, et le haut se déboiter.

Le braillement qui sortit de la bouche ensanglantée de l’homme était très convaincant, et la jeune femme ne s’arrêta pas à cela. Ne pouvant se mouvoir exactement comme elle le souhaitait à cause des prises de ses cheveux, elle remonta son genou dans la cuisse de l’homme, et planta avant-bras entier dans sa gorge et plus particulièrement sa pomme d’adam, qu’elle sentit rentrer sous son passage, et le cri de l’homme s’arrêta instantanément. Son corps devint soudain tout mou, et d’un bond en arrière, la petite marchombre lâcha toutes ses prises sur le Dessinateur, qui s’écroula sur le sol.

Essoufflée comme si elle avait couru un marathon de plusieurs jours sans s’arrêter, Libertée ne put détourner son regard du corps inerte sur le toit. Elle lui avait juste coupé la respiration quelques secondes, et bientôt elle vit le cerveau de l’homme s’affoler, il redressa le torse, cracha du sang, toussa virulemment et s’écroula encore une fois sur le sol.
Complètement inconscient.

Peinant elle-même à reprendre son souffle, elle se prit la tête entre les mains quelques secondes, et tomba plus qu’elle ne s’assit sur le sol. Quelques larmes perlaient à ses yeux, mais elle secoua la tête pour se tourner vers le bord du toit.
Mais un hoquet la traversa quand elle vit des doigts saisir l’angle saillant de ce dernier.


- Hé ! Face de cul de Raï, tu veux bien arrêter de faire du dessin et te battre comme un homme ?

Un intense soulagement l’envahit toute entière, et elle sentit d’autres larmes s’écouler sur ses joues, malgré elle. Les essuyant d’un revers de bras, elle se précipita vers Gil pour trouver refuge contre lui. Frappant son pectoral droit de son poing fermé, elle se mordit la lèvre jusqu’au sang, et seul le goût métallique dans sa bouche lui fit réaliser ce qu’il se passait.

- T’es pas possible, face de Trodd ! Pourquoi t’as pas attaqué au bon moment !

Ce ne fut que lorsqu’elle ouvrit enfin les yeux qu’elle se rendit compte que le sang maculait son avant-bras : elle devait avoir une méchante entaille sur la joue et ne s’en était même pas rendue compte…

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mer 17 Oct 2012, 19:20

Un choc, brutal.
Le souffle coupé, Gil baissa les yeux sur le crâne de Libertée. Elle venait de se jeter dans ses bras alors qu’il venait à peine de se redresser et… et bien, il faut dire qu’il ne s’était absolument pas attendu à ça. Et c’est par miracle qu’il ne perdit pas à nouveau l’équilibre ! Refermant automatiquement les bras sur elle, Gil voulut bercer la jeune femme – qui, par le roi des Raïs, semblait extrêmement troublée – lorsque celle-ci se dégagea soudain et lui envoya son poing dans les côtes avec force. Il se plia en deux. Pour la deuxième fois de la soirée, il avait le souffle coupé, et à en juger par l’expression furieuse de Libertée, ce n’était pas la dernière… Elle se mit à le rouer de coups et il se garda bien d’intervenir. D’abord parce qu’on n’intervient pas lorsqu’une femme déverse ainsi sa colère, ou alors c’est qu’on a une tendance suicidaire. Ensuite parce qu’il ne comprenait pas…

- T’es pas possible, face de Trodd ! Pourquoi t’as pas attaqué au bon moment !

C’était donc ça.

- Et c’était quand, le bon moment ? protesta-t-il tandis que les coups pleuvaient toujours. Quand tu te pavanais comme une chatte en chaleur ou bien quand ce guignol me tirait comme un pigeon ?

Et puis zut, il en avait marre. Saisissant ses poignets, il banda ses muscles et prit appui comme il le pouvait sur les tuile glissantes afin de retenir ses prochains coups… ils ne vinrent pas. Libertée s’était figée et lui aussi. Bon sang… Gil lâcha la jeune femme pour prendre délicatement son visage entre ses mains.

- Mais qu’est-ce que tu as fais ?! Tu es couverte de sang…

C’était peu de le dire ; on avait l’impression que Libertée était blessée de toute part et l’espace d’un instant, Gil sentit la peur mordre violemment ses entrailles. Puis il dégagea doucement les cheveux collés à son front par le sang et découvrit l’entaille qui courrait sur sa joue. Impressionnante, mais pas méchante. Soupirant de soulagement, il déchira un pan de sa chemise et l’appliqua avec douceur sur la joue de la marchombre. Le tissu était trempée et il pleuvait toujours des cordes, ils étaient tous les deux transis et fourbus, épuisés, tenant à peine sur leurs jambes – détails. Rien que des détails comparé à l’océan de sensations qui venait d’assaillir Gil. Il avait vaguement conscience du reste – le corps de Manao, la pluie sur son visage… - alors que la présence de Libertée, entre ses bras, étaient incroyablement réelle. Puissante. Submergé, il la serra contre lui, fort. Aussi fort qu’il avait eu peur en la voyant couverte de sang. Aussi fort qu’il avait envie d’elle.

Sans prévenir, ses lèvres s’emparèrent des siennes, possessives, sauvages. Il ne se rendit pas compte qu’ils venaient de s’écrouler sur les tuiles ruisselantes. Ses pensées, son être étaient entièrement tournés vers cette femme qui avait cet étrange pouvoir de le rendre plus fou qu’il ne l’était déjà. Gil fourra son visage dans le cou de Libertée et goûta sa peau nue avec délice. Sa colère était retombée, soufflée par un vent de désir contre lequel il ne pouvait lutter. Oublié, Manao. Oublié, le mauvais temps. Oubliée, l’entaille sur la joue de Libertée. Tout n’était plus que sensations pures, violentes, colorées, acidulées. Sauvages. Le loup grogna lorsqu’ils roulèrent sur le toit, une fois, puis deux. Gronda lorsque le désir décupla ses forces et son envie. Hurla lorsque le plaisir atteint son paroxysme.
Gémit lorsque, sous lui, le chat ronronna…




*





Un rayon de soleil lui chatouilla le nez et Gil ouvrit paresseusement un œil bleu. Le referma. Ses bras et ses jambes étaient emmêlés avec ceux d’une fille qui sentait bon la pêche et il aimait ça. En outre, c’était un de ces rares matins où les cris de son père, souvenir morbide et incessant, ne le réveillaient pas en sursaut ; un réveil paisible dont il fallait profiter, comme l’on profite d’un cadeau. Il finit toutefois par ouvrir les deux yeux, mais c’était indéniablement pour la bonne cause : Libertée dormait à poings fermés, blottie dos contre lui, et il se découvrit le fascinant plaisir de la regarder dormir. Son regard se perdit dans les ondulations particulières de ses cheveux étalés sur l’oreiller. Ils étaient tranquilles, parfaitement immobiles et presque normaux, mais la veille, ils avaient réduit un Dessinateur en bouillie. Une arme redoutable qu’il ne se lasserait jamais de caresser. Un vilain bleu colorait la joue amochée de la jeune femme, sans parvenir à l’enlaidir d’un poil ; Gil avait prit le temps de nettoyer la plaie et de la protéger par un pansement.

Tournant la tête vers la fenêtre, il laissa un instant ses pensées vagabonder… Impossible de se souvenir avec exactitude quand ils étaient rentrés à La Petite Eternité. Il se rappelait de la consternation de Pona, la tenancière, lorsqu’ils l’avaient dérangée dans son « sommeil » en tambourinant à la porte de l’arrière-cuisine. Il était rentré en soutenant une Libertée épuisée et l’avait forcée à ingurgiter un peu de soupe chaude avant de jeter un œil à sa blessure. Ensuite, ils avaient quitté leurs vêtements trempés et s’étaient réfugiés dans la chaleur du lit. Et s’endormir aussitôt. Or, à en juger par la position du soleil, la matinée était déjà sérieusement entamée… Une lueur taquine traversa le regard de Gil. Se penchant sur la jeune femme endormie, il mordilla doucement le lobe de son oreille.

- Debout, petit chat, souffla-t-il. J’ai très envie de…

Il s’interrompit lorsque son regard fut happé par deux yeux roses.
Littéralement hypnotisé.
Fichu, quoi.


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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mer 17 Oct 2012, 21:56

Il la laissait le frapper, et cela lui faisait du bien. Elle n’avait pas du tout l’impression d’y aller fort : en réalité, c’étaient des touchers un peu fermes, pas des coups qu’elle donnait… non ? Elle n’en avait plus vraiment conscience, alors que le soulagement prenait le pas sur la terreur qui l’avaient emplie quelques secondes plus tôt.

- Quand tu te pavanais comme une chatte en chaleur ou bien quand ce guignol me tirait comme un pigeon ?

Une chatte en chaleur… ?
Une chatte en chaleur ?!
Mais elle n’avait jamais fait cela ! Elle avait juste voulu déconcentrer Manao, et pensait qu’il le comprendrait, qu’il profiterait de l’occasion ! Est-ce qu’il avait été… jaloux ? C’était pour ça qu’il l’avait insulté de la sorte ? Il pensait vraiment qu’elle faisait ça sous son nez pour le plaisir ?

Ça aurait pu.
Ça aurait pu, et cette pensée la perturba. Parce que oui, elle avait déjà fait de telles choses, et s’était même amusée à voir les hommes se battre pour elle, et filer en douce pendant ce temps pour en trouver un autre. Elle l’avait fait, sans doute des dizaines de fois, voire plus.
Mais ce soir, ce n’était pas cela du tout !
Elle n’avait ressenti qu’une seule chose envers Manao : de la haine. De la haine et de la colère, qu’il se soit interposé ainsi. Même pas un brin de fierté de l’avoir rendu accro, même pas. Alors que d’habitude, elle adorait cela.

De surprise, elle s’arrêta, et son regard fila vers le visage de Gil, elle aurait voulu s’excuser, lui dire que…


- Mais qu’est-ce que tu as fait ?! Tu es couverte de sang…

Couverte de sang ?
Ah, oui, en effet, elle était un peu rouge. Oh, ça ne devait pas être quelque chose de grave, elle ne sentait rien. Et elle était presque sûre que la grande partie du sang qui s’éclaboussait sur ses vêtements était de Manao, quand elle lui avait littéralement explosé la mâchoire. Seule une égratignure amochait sa joue, rien de méchant, et le contact du tissus mouillé sur sa peau apaisa une brûlure qu’elle n’avait pas sentie jusqu’alors.
Alors qu’elle allait pousser un petit soupir, elle posa sa joue contre le torse de Gil, et elle sentit ses bras se refermer sur elle, la serrant fort. Cette sensation était particulièrement agréable, et encore plus celle de ses lèvres, de son haleine chaude – vodka pomme – de son désir tendu contre elle de…
Quand ils basculèrent, elle s’était déjà perdue.
Elle tutoyait les étoiles.



♥ ♥ ♥

Le poids d’un regard la réveilla doucement.
Bougeant légèrement le nez, Libertée émergea lentement de son sommeil, et se frotta la joue, avant de se raviser : une légère croute s’était formée sur son entaille, et un beau bleu était sans doute né durant la nuit sur sa pommette. Tant pis.
Le poids d’un regard.

Fronçant légèrement les sourcils, une demi-seconde, elle se retourna tranquillement.
La présence chaude, dans son dos, était le corps de Gil.
* Evidemment… Enfin, presque. *
Gil était encore là. Il n’était pas parti, n’avait pas tenté de s’enfuir.
Il était… en train de la regarder dormir ?

Se redressant un peu trop vivement sur le coude, Libertée chercha le regard bicolore de l’homme et y planta le sien. Alors, elle lui sourit tendrement, et vint se blottir avec douceur contre son corps. Un petit sourire dans le creux de la joue, elle déposa un baiser sur son torse.


- Très envie de prendre un bon bain… enjôleur ?

La lueur espiègle qui passa dans son regard en disait très long sur ce qu’elle comptait faire durant cette partie de * lavage mutuel *

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Dim 21 Oct 2012, 11:30

Libertée était une femme fatale, impatiente, impudique et incroyablement agaçante, mais il pouvait penser ou dire ce qu’il voulait, Gil était forcé d’admettre qu’elle avait de très, très bonnes idées. Le bain était de loin la meilleure, et ce pour diverses raisons. La première concernait le « lavage » en lui-même ; après une nuit passée à se rouler sur un toit, dans le sang et sous la pluie, l’un comme l’autre avait un grand besoin de décrassage intense. La seconde mettait en avant la vertu relaxante du bain : une bagarre annonçait toujours froissements de muscles et courbatures au réveil, ce qui était plus que largement le cas. Quant à la troisième… Gil fit glisser ses mains sur le ventre plat de la merveilleuse créature confortablement installée entre ses jambes. La troisième raison était de loin sa favorite. Il n’avait encore jamais pris de bain avec une femme et l’expérience était extraordinaire !

C’était un peu comme un rêve. Douceur de leurs peaux sous la caresse de l’eau, tranquillité d’un instant qui s’éternise comme si le temps lui-même était élastique, condensé de sensations qu’il appréhendait à la manière d’un aveugle. Encore une fois, il se surprit à envier Naïs et le monde intense que lui offrait sa cécité. Il n’avait pas ouvert les yeux depuis que Libertée et lui étaient entrés dans l’eau et il ne comptait pas le faire avant un bon moment encore – sauf, peut-être, pour se noyer à loisir dans l’océan infiniment rose de ses yeux. Appuyant sa nuque contre le rebord de la baignoire, Gil soupira d’aise. Voilà ce qui aurait pu se produire si seulement il n’avait pas pris la fuite, ce jour-là, à Al-Vor…

La suite aurait-elle été aussi intense, s’il était resté ? Nul ne pouvait le savoir, lui encore moins, mais Gil avait la conviction que ce putain de hasard qui s’amusait à faire des nœuds dans sa vie était plus rusé que lui. Cette nuit passée sur les sommets d’Al-Jeit valait toutes les bagarres, les boissons, les levers de soleil du monde. Pour la première fois, il ne regrettait pas d’être resté…

- Je ne vais pas pouvoir rester.

Tiens, hasard, mange-ça ! Les mains de Gil remontèrent lentement le long des côtes de la marchombre. Un geste, et il la tuait de ses aiguilles… la masse de cheveux innocemment posés sur son torse annulait cette possibilité. Libertée était plus rapide et plus déterminée que lui – pour s’en convaincre, il n’y avait qu’à voir l’état dans lequel elle avait laissé cet idiot de Dessinateur… Non, il n’allait pas pouvoir rester, en dépit de la magie de l’instant. Mais il ne faut pas abuser des bonnes choses ; Gil y était trop peu habitué pour se permettre de les gaspiller. Il voulait revoir Libertée, plus tard, ailleurs, intensément. Après tout, il leur suffisait d’un peu d’alcool et d’un toit pour s’entendre !

- J’ai récemment agi contre l’intérêt de l’Ordre que je suis censé servir ; ma tête est mise à prix. Pas assez cher à mon goût, mais je vais arranger ça…

Etre un hors-la-loi pour la Chaos était un jeu fabuleux… et pas si extraordinaire que ça. A bien y regarder, Gil ne se pliait aucunement aux règles ni aux recommandations de ses supérieurs. C’était un élément rebelle et dangereux, un loup sauvage et solitaire qui devait son poste de maître à ses talents uniquement. Le Conseil ne le portait pas dans son cœur, mais lui non plus. Cet arrangement devenait simplement plus épicé à présent qu’il avait tué un Mentaï… Manao n’était pas le premier à croire qu’on pouvait capturer Gil, et il n’était certainement pas le dernier. Si l’Envoleur s’apprêtait à quitter Al-Jeit, ce n’était toutefois nullement parce qu’il craignait pour la vie de Libertée ; il était temps, tout simplement, de faire tourner en bourrique ses propres « frères d’arme »…

- Au fait, qui est Manao ?

[Court, désolée... !]

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Dim 21 Oct 2012, 12:36

- Mmmf ! T'es chiant tu sais...

( petit soupir, elle glisse ses mains sur les jambes de Gil )

- Un gars que j'ai demandé à mon apprenti de "sauver" de brigands qui s'en prenaient à lui, y'a une dizaine de jours...

( petite moue, elle bascule la tête en arrière pour le regarder )

- J'ai pas envie que tu partes... Ou alors, je viens avec toi. Voilà.

( voix déterminée et ton irrévocable sur le "voilà". )

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mer 24 Oct 2012, 19:50

(Les yeux toujours clos, il sourit doucement)

- J'étais sûr que tu allais me sortir un truc pareil, bornée que tu es... Je suis tenté de dire oui mais je risque d'avoir du mal à m'entendre avec tes cheveux !

(voix moqueuse...)

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MessageSujet: Re: Au son rock des cymbales ! [ PV Gil ]   Mer 24 Oct 2012, 21:30

- Mais qui est le plus borné des deux... je te le demande !

( petit froncement de sourcils )

- Mes cheveux ? Mais ils ont quoi mes cheveux ?


( moue innocente )

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