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Le Pacte VS L'Ordre
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 Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]

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Naïs Jol
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MessageSujet: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Jeu 27 Sep 2012, 23:49

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Voilà un peu plus de trois semaines désormais que j’ai laissé Seth, Atal, Ainhoa, Reni – et la petite dernière de la famille qui n’a rien trouvé de mieux que de pointer le bout de son nez alors que j’étais encore entre la vie et la mort. Opale. Ma petite nièce s’appelle Opale et elle est juste à croquer – comme tous les bébés en fait. Seth, super heureux d’avoir une nouvelle amie, en est totalement raide dingue ; Atal, lui, ne cesse de parler d’elle et de ses grands yeux sombres qui, selon lui, feraient sûrement des ravages plus tard. Même si cette éventualité fait déjà grincer les dents Reni tandis qu’Ainhoa s’amuse à se moquer gentiment de lui. Jamais je n’ai été aussi heureuse que de retrouver ma famille au complet – ou presque. Parce que je suis vivante – et bien vivante. Et ce, grâce à quatre personnes qui me sont encore plus chers que ma propre vie. Et même si nos chemins restent indéniablement différents, il ne se passe pas une minute, chaque matin quand je me lève, sans que je ne pense très fort à eux, tous. Gil. Nwëlla. Juhen. Sahel. Grâce à eux tous, la menace Mentaï est désormais derrière moi, malgré le souvenir amer qui subsiste. Et je peux maintenant affronter un peu plus sereinement les nouvelles embûches que le hasard se plaît à semer sur mon passage.

- « Oh ma belle, à quoi tu penses ? »

La voix d’Illjän me tire brutalement de ma rêverie. Cette franche camaraderie de sa part commence sérieusement à me faire sourire – ou peut-être bien à m’agacer même. Je dois bien avouer qu’il est sacrément têtu ce garçon ! Cela fait quelques jours que je me suis incrustée dans cette petite caravane qui descend vers le sud et le port rattaché à Al-Jeit pour y commercer avec les navires marchands en provenance – ou à destination – de l’Archipel Aline. Dès le début, à sa façon de m’aborder notamment, j’ai compris qu’il est vraiment un séducteur invétéré. Il n’y a pas si longtemps, j’aurai peut-être accepté de m’amuser un peu avec lui, mais j’ai la tête à des lieux de là et je n’ai décidément pas la moindre envie de me laisser tenter. Surtout que, pour couronner le tout, il n’est carrément pas finaud. Pourtant malgré tout mes refus, loin de se démonter, il revient rapidement sur ses grands chevaux. Je dois parler une autre langue, ce n’est pas possible autrement. Et je ne sais plus bien si je dois m’énerver – dans ce cas il risque de le regretter amèrement – ou bien en rire.

- « À rien qui ne doive t’intéresser… »

Je soupire. Je sais d’ors et déjà qu’il n’a pas fini de me coller aux basques. Non mais vraiment ! Quel énergumène celui-là ! Le voyage promet d’être encore très, très, très long à ce rythme-là.

- « Ne crois pas ça ! Une femme comme toi mérite toute l’attention du monde »

Là, c’en est vraiment trop…

- « Tu sais quoi ?! Tu commences vraiment à m’emmerder ! »

Pas possible. Je l’ai fait taire. Enfin ! Et dire qu’il fallait juste user d’un peu de vulgarité pour me faire comprendre. Si j’avais su, je ne me serais jamais embêté avec tant de gentillesse. Enfin, il faut quand même dire que je ne lui ai pas laissé le temps de répondre et que pressant Océan je laisse l’homme planté tout seul sans plus tergiverser. Et dire que je vais pouvoir enfin avoir la paix.

* *
*


Le reste du voyage s’est déroulé sans encombre particulière mis à part la tentative de vol que j’ai pu intercepter in extremis. Le voleur n’étant qu’un simple gamin des rues, j’ai tout de même réussi à préserver sa main de la fureur d’Ajoès. Ce bougre aussi bourru qu’antipathique tient plus que tout à ses précieuses étoffes. Au-devant de ma force de conviction, de ma froideur et de mon petit pouvoir de persuasion inné – bien utile dans la plupart des situations – il n’a pas protesté bien longtemps en fait.

Alors que la journée touche à sa fin, nous arrivons à peine sur les quais de l’imposant port. Les bruits de ferraille martelée mêlés aux cris et injonctions des marins vont bon train et témoigne de la dynamique incroyable d’un lieu tel que celui-ci. De mon arrivée dans ce même port, perdue au milieu des centaines de quais, je me souviens seulement d’un bazar presque effrayant pour une si petite gamine. Comme habituellement, selon Ythyen le joyeux doyen de la caravane qu’il fréquente à présent depuis plusieurs années, nous plantons tentes et compagnies au cœur d’une crique toute proche, la plage de la capitale en somme. J’ai sympathisé avec ce vieux bonhomme au cours des derniers jours. Du haut de ses 68 ans, il m’inspire un profond respect non seulement par sa sagesse mais par ses étonnantes capacités. Une sérénité constante se dégage de lui, à tout instant, mêlée à une puissante force. Je ne serai pas franchement étonnée qu’il soit Marchombre. Mais qu’importe !

Tout le monde vaque à ses occupations et après avoir prêté main-forte à quelques-uns par-ci, par-là, je décide finalement de m’éloigner du joyeux campement alors que les premières flammes d’un feu de joie crépite déjà au son des premières notes de guitare et des chants. Perchée du haut d’un rocher, je ne peux m’empêcher de sourire en laissant s’envoler mes pensées vers un certain Envoleur. Et voilà, Gil, tu ne devineras jamais où je suis ! Si, si, finalement, j’y suis enfin, devant l’océan de mon enfance et je me ris des embruns de la houle furieuse tout droit venue de contrées plus au sud. Seule dans l’obscurité, je ne peux résister à m’approcher dangereusement de la mer en furie. Un léger frisson me parcours de la pointe de mes cheveux jusqu’aux ongles de pied lorsque l’eau fraîche lèche sauvagement ma peau.

- « Qu’attends-tu pour y aller ? »

Je connais la voix douce de la présence éphémère derrière moi. Éphémère, parce que oui, Ythyen est déjà bien loin. Ses pas discrets s’éloignent sur la plage de sable fin. Je ne retiens pas un rire léger dans le silence de la nuit à peine perturbé par la musique joyeuse vibrant quelques centaines de mètres plus loin sur un ton de fête. Et affrontant les éléments, je me risque à avancer. Et me laisse happer par la houle du sud. Je suis encore toute habillée, mais peu m’importe. La soirée ne semble pas prête de se finir. Je n’aurai pas de mal à me réchauffer près du feu…

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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Ven 28 Sep 2012, 16:59

Etranger.
Etranger…
Ce n’était pas exactement ce qu’il avait pu lire dans les yeux de ses apprenties, néanmoins il sentait bien une certaine gêne dans leur manière de faire les choses. Après tout, il pouvait envisager que des cornes, cela intimidait, d’autant qu’il n’y allait pas de main morte avec eux ; mais l’essentiel étant d’en faire des guerriers de légende, des êtres hors du commun, des personnes extra-ordinaires, aux capacités dont les limites ont été repoussées si loin que l’on tend à croire qu’elles sont infinies. Le reste n’avait d’importance que s’il entravait cette ascendance dans leur propre corps et dans le monde et la hiérarchie humaine, et dans le cycle de la vie.
Parce que le but était de sortir de ce cycle. C’était le but ultime. Celui lui dirait qu’ils avaient réussi. Réussi à vivre le Chaos sans concession, et qu’ils étaient récompensés de leurs efforts et de leur dévouement.
Notez cependant que Pan n’était pas dans la perspective de convertir les apprenties au Chaos. En effet, plus qu’un principe ou une entité fantomatique, pour lui le Chaos vivait dans ses gestes, et il le sentait guider ses pas. Il n’était pas tant question de destruction, de haine et de violence, mais simplement de sensibilité à l’extérieur, et aux passages de vie. C’était un esprit à part entière, qui émanait de lui, aiguillant ses décisions et dirigeant ses actes.
Quand il pensait réfléchir de lui-même, il savait que le Chaos bouillait en lui. Dans ses pensées. Le Chaos était comme l’air, comme la nourriture et l’eau : indispensable à sa vie. S’il n’avait plus de Chaos, il n’avait plus de Vie.

Après tout, c’était ce qui était relaté dans les Grandes Légendes, à Gazalawmahqj.
« De l’émotion du Chaos, de sa volonté et de sa rencontre avec le substantiel, naquirent les Ramms. Béliers porteur de la félicité du Chaos. De sa puissance, contenue toute entière dans leurs cornes graniteuses… »
Il était la définition du Chaos. Sa portée substantielle.

Etranger…
Meuglant seul, Pan secoua férocement la tête. Il était un étranger, certes, mais il venait de loin. Il aurait voulu repartir dans son monde natal, mais c’était impossible désormais. A cause d’Otolep. Il aurait voulu pouvoir combattre cette force, mais la puissance et l’Harmonie qui en émanaient étaient bien au-delà de ses forces de mortel. Alors, il devait simplement s’accrocher, et s’arroger le droit de vivre, pleinement ; et de répandre son Chaos par la vie qui coulait en lui.

Un long soupir franchit ses lèvres, tandis qu’il levait promptement les mains pour arrêter sa monture. Un cheval emprunté au domaine, dont le nom l’avait inspiré, tout comme sa robe truitée : Gargantua. Encore en sa faveur – de l’étalon – sa carrure permettait à Pan d’être certain qu’il ne s’écroulerait pas sous son poids, contrairement à d’autres chevaux du Domaine plutôt taillés pour la vitesse. Gargantua semblait, lui, un grand pionnier de l’endurance. Ils n’avaient pas galopé spécialement longtemps, mais le cheval avait pu tenir dans un trot ample et rapide durant des heures et des heures sans sembler se fatiguer le moins du monde. Un bon point pour lui, c’était un fait.
Où se rendait Pan ? Près de l’Océan. Il avait une envie toute spéciale de s’y rendre, car il lui rappelait son enfance et son ancien monde. Une envie de mélancolie profonde l’avait pris au ventre. Sans grande raison, il fallait bien l’avouer, aussi Pan était persuadé que c’était le Chaos qui avait parlé, et s’était lancé dans ce voyage de quelques semaines une fois son cours terminé.

Pour l’heure, il préférait se vider la tête de ses impressions sur ses apprenties ; il ne voulait pas y réfléchir, simplement laisser ses pensées en arrière-plan, laissant la tâche à son inconscient de décortiquer ses impressions et envies, et ses buts d’avenir, ainsi que les méthodes qu’il pourrait employer. Il n’y réfléchissait jamais réellement, préférant écouter ses impulsions. Après, une fois que le second lui qui se cachait dans son cerveau avait pensé et établit les choses pour lui, il y pensait enfin plus tranquillement, peaufinant les détails et se penchant sur ce qui revêtait de plus d’importance.

Il avait passé la passe de la Goule sans encombre, ne faisant aucune mauvaise rencontre – à dire vrai, c’était plutôt lui la mauvaise rencontre, et généralement les brigands ne s’amusaient même pas à l’approcher tant il était effrayant. Il avait aperçu quelques éclats de métal dans les fourrés, mais aucun ne s’était risqué à venir à sa rencontre – et il trouvait cela bien dommage. Ainsi, lorsque les embruns de l’Océan commencèrent à se faire sentir dans l’air, ce parfum d’iode si caractéristique, il les huma à pleines narines et lança sa monture dans un galop effréné… Avant qu’il ne l’arrêtât d’un coup sec, contenant tellement de violence dans son geste que Gargantua se dressa sur ses postérieurs. Face à l’immensité nacrée, Pan se sentit minuscule, tout à coup, et descendit de cheval d’un coup de rein. Son regard clair passa sur l’horizon, se repaissant de sa beauté iridescente, tandis que le soleil inondait ou non l’eau de ses rayons lumineux.
Combien de temps resta-t-il ainsi, à contempler l’immensité bleue ?
Ce ne fut que l’arrivée du soir, sa quintessence de couleurs chaudes et leur disparition lente derrière l’horizon qui le tirèrent de sa douce torpeur, puissante langueur. Et soudain, le désir irrationnel de s’y plonger pour connaître les courants et la puissance de ces balayements incessants, dont l’écume venait exploser en éclaboussures immaculées sur les rochers de la crique.

Se mettant en marche, Pan ferma les yeux, se laissant guider par son ouïe particulièrement fine. Cependant, bientôt la houle pittoresque de l’océan s’effaça devant les rires et quelques rixes joyeuses d’un campement de caravaniers. Poussant un soupir, l’Envoleur ouvrit les yeux et prit soin de ne pas pénétrer le halo de lumière qui entourait le camp, gardé par des ténèbres qu’il affectionnait particulièrement.
Finalement, l’agitation des vagues de l’océan revint à ses oreilles, parfaitement audible et surtout non plus déformée par la présence humaine. Inspirant profondément, Pan laissa sa monture près d’un arbre auquel il l’attacha, et s’avança seul vers la plage.
Se sable s’immisça entre ses orteils, et il apprécia cette sensation étrange, qu’il n’avait plus eue depuis des lustres. Son regard glissa sur une vague, remonta le long de cette dernière, s’élança vers le point de mire, la courbe de l’horizon, croisant une forme verticale…

Une silhouette humaine.
Une silhouette féminine.
Pan poussa un léger soupir, espérant attirer l’attention de la belle subtilement…

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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Ven 28 Sep 2012, 23:26

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Ah ! Si tu pouvais me voir, là, au milieu de la houle sauvage ! Je ressemble presque à une vraie gamine qui pour la première fois de sa vie découvre l’océan et sa force puissante. Mais à qui je parle en fait ? Je n’en ai même aucune idée. À moi-même peut-être, savourant la vie à pleine dents depuis que j’avais bien failli la perdre bêtement – l’amour peut pousser à des gestes franchement stupides, comme de se jeter dans la gueule du loup, persuadé de pouvoir le surprendre d’autant mieux. Ou alors aux fantômes de mon passé, plus proche que jamais de ma terre natale – dieu sait que Louanne aurait tellement aimé y retourner. À Gil plus certainement, qui m’avait promis de pouvoir à nouveau sentir la brise océanique jouer malicieusement dans mes cheveux – et je dois bien avouer que sa présence me manque un peu. Beaucoup. Je me surprends presque à espérer qu’il surgisse au détour d’un rocher pour qu’il puisse voir que je suis vivante. Et parfaitement vivante. Pleinement vivante. Je souris à la lune alors qu’une énième vague m’entraîne dans ses courants froids. Malgré la douceur du vent et mes vêtements désormais tous humides plaqués contre peau, je ne grelotte pas. L’été a bon vouloir fuir vers des contrées plus clémentes cette année, je n’ai aucun mal à me réchauffer au contact de cette petite flamme tout au fond de moi – comme une nouvelle hargne, une envie de vivre encore plus puissante qu’avant.

Et c’est là que, comme seule au monde, jouant avec la force des courants et affrontant les vagues avec autant de fierté qu’une gamine, une drôle de sensation monte en moi. Un pressentiment que je ne connais que trop bien. J’ai l’étrange impression que deux yeux discrets – ou pas – sont fixés sur moi : c’est une sensation désagréable. Alors sans un mot, je m’immobilise dans l’eau à la recherche d’indices qui me prouveraient éventuellement que mon imagination me joue des tours. Les vagues se cassent au niveau de ma taille et malgré l’odeur d’iode qui imprègne la fraîche atmosphère, celle-ci n’est pas assez puissante pour effacer complètement ce léger parfum empreint d’une certaine virilité. Je plisse le nez. Un homme. Et je suis à peu près certaine qu’il ne s’agit pas d’un de ceux de la caravane avec qui j’ai voyagé jusqu’ici. Je les aurais aisément reconnus : ils font tellement de bruit que je les entends toujours arriver à plusieurs mètres à la ronde. Et puis, l’ambiance est à la fête ce soir. Qui aurait l’idée de s’isoler et jouer les associables ? Or, cet homme-là, parfaitement silencieux – malgré le sable qui crisse légèrement en épousant la forme de ses pieds – tout m’indique qu’il est sans doute simplement un voyageur solitaire. Et, me jouant des courants malicieux, tandis que je me retourne lentement pour tourner le dos à l’océan, une question silencieuse naît sur le bout de mes lèvres…

… Qui es-tu ?

≈≈≈ Ythyen ≈≈≈

L’ambiance est à la fête ce soir, mais ce genre de festivités n’est décidément plus de mon âge. Aussi, est-ce pour cela que je me retrouve perché du haut de mon rocher à admirer la force sauvage des mythiques Grands Océans à peine éclairés par une lune timide. La musique, les corps à corps torrides, séduire les jolies jeunes filles, c’est pour les jeunes tout ça. Et du haut de mes soixante-huit, j’aurais la nette impression de ne pas vraiment me trouver à place au milieu de ces petits-là. Pourtant, la musique est loin d’être mauvaise. Au contraire elle est joyeuse, rythmée, dansante. Le genre de mélodie sur laquelle nous aimions beaucoup nous défouler avec Ghala. La mort de ma femme bien-aimée avait tout changer du jour au lendemain dans ma petite vie tranquille. Malgré le soutien de mes deux filles, j’ai eu du mal à retrouver une sacrée bonne raison de vivre. Et étonnement, c’est au beau milieu de ces drôles de loustics, dans cette charmante caravane que j’ai trouvé une place toute nouvelle. Depuis un peu plus de trois ans maintenant, je les accompagne dans tous leurs voyage. Et je dois bien avouer que chaque année apporte à coup sur son lot de nouvelles têtes. Bonnes ou mauvaises…

… Et Naïs fait partie indéniablement de la première catégorie. Elle a intégré le groupe lors de son passage à Al-Chen et du temps que nous avons pu passer ensemble, j’affirme et je confirme que c’est un sacré petit bout de femme. Mon regard gris-bleu glisse le long de la plage et croise à l’horizon la silhouette fine et gracieuse de la jeune femme. Je ne peux m’empêcher de sourire. Elle a peine l’âge de ma fille cadette, pourtant je jurerai qu’elle en a vu – ou plutôt vécu – plus que n’importe qui à cet âge. C’est certain, je lui voue un profond respect à cette jeune femme dont la fougue et la force de vivre me rappelle presque Ghala – ma défunte épouse.

Cet éternel sourire accroché aux lèvres, c’est cette fois-ci une ombre bien plus massive que capture mon regard. Je sens comme une étincelle briller un instant dans mes yeux. En voilà deux pour qui la nuit risque de filer à vitesse grand V.

Et roulez jeunesse !

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

… Qui es-tu ?

Encore une fois, le hasard me semble étonnant et joueur. Improbable même. Pourtant, je ne cille pas une seule seconde. Je me contente juste d’afficher un demi-sourire amusé et plein de malice. Mon gars, si tu es aussi curieux que cela, viens donc. Je t’attends. Oui, surprenant parfois comme les schémas peuvent se reproduire. Une fois. Deux fois. Et on ne dit jamais deux sans trois. La voilà ma troisième fois. Il fait nuit. Il règne une belle ambiance de fête et d’alcool dans l’air. Manquerait plus qu’il soit Envoleur et les coïncidences seraient alors vraiment très étranges – quoique, Gil n’avait été que le premier Envoleur avec qui j’avais fini dans le même lit. Malgré les souvenirs encore tellement réel, je ne peux m’empêcher de me demander où cela va me mener cette fois-ci…

… Mais qu’importe ! Tu as la vie devant toi m’a justement dit Ythyen il n’y a pas si longtemps. Une vague puissante se brise dans mon dos mais je ne cède pas le moins du monde à ces forces qui semblent vouloir m’avaler littéralement. Je me contente en fait de fermer les yeux, simplement, pour éviter d’être complètement aspergé par dizaines et dizaines de petits embruns. Promesse me murmurent-ils. Promesse d’une nuit intéressante. Et j’ai bien envie de les croire.

- « Oh Naïs ! Ma belle ! Pourquoi restes-tu toute seule dans ton coin? Allez viens, l’ambiance est drôlement bonne ! »

Je hausse un sourcil avant de soupirer d’agacement. Oh non ! Pas lui ! Au fond de moi-même, je pousse un gémissement silencieux. Je croyais sincèrement être parvenu à lui faire comprendre qu’il a vraiment aucune chance. J’ai essayé pourtant. Par tous les moyens possibles et imaginables. Aucun n’a apparemment fonctionné. Cette fois-ci je retiens difficilement l’envie de l’étrangler purement et simplement. Mais au lieu d’exploser, comme j’aurai pu le faire dix ans plus tôt, je me pare d’un masque de marbre parfait. La froideur incarnée. Et je ne prends même pas la peine d’esquisser un seul pas.

- « Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, je ne suis pas seule… »

Alors maintenant dégage bougre de fiente de Raï puant ! Alors que je jure intérieurement Illjän a un léger mouvement de recul. Et sa fuite est seulement accompagnée d’un petit gémissement que j’aurai juré entre la surprise et la peur. Et bon débarras ! Me décidant finalement à amorcer un pas en avant – peut-être cela déliera-t-il la langue du mystérieux bonhomme qui semble n’avoir pas bougé d’un poil, lui. Que n’aurais-je donné à cet instant pour voir ce qui avait bien pu effrayer de la sorte cet imbécile ? Décidément, cette nuit promet d’être intéressante, mais en attendant, je ne sais toujours pas…

Qui tu es toi ?

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Sam 29 Sep 2012, 23:27

Plutôt canon.
Première pensée, alors que Pan voit la silhouette se tourner lentement vers lui. Cette femme l’a entendu renâcler, ou bien l’a perçu autrement, mais dans tous les cas elle sait qu’il est là. Pourtant, il frissonne doucement en percevant un éclat pâle dans son regard étrangement vide. Étrangement vif, aussi. Comme s’il le cherchait, savait de quel côté il se trouvait sans être persuadé de la distance qui les séparait, sans être certain de distinguer sa silhouette à lui.
Pourtant, la nuit était plutôt claire. Et la lune, luisant doucement, baignait le monde – et noyait l’Océan – dans sa fantomatique lueur. Il pouvait distinguer la courbe délicate de ses épaules, les mèches fines de ses cheveux ondulant dans l’air marin, les dunes de ses hanches et l’harmonie des formes.

Une question semblait en suspens dans l’air, interrogation intéressée, happée par une explosion de Chaos.

- Oh Naïs ! Ma belle ! Pourquoi restes-tu toute seule dans ton coin? Allez viens, l’ambiance est drôlement bonne !

Naïs.
Un demi-sourire étira les lèvres de l’Envoleur, tandis qu’un soupir les franchissait. Comment le Chaos pouvait-il l’emmener ici et faire intervenir cet homme en due forme ? Tout n’est qu’opposition, après tout. Équilibre, malgré tout. Et après cette voix masculine, celle qui lui répond, d’un ton désagréable mais d’une mélodie enchanteresse, fait sourire Pan.
Il entendit cela comme un appel au secours.
De la violence émanait de la femme, il la sentait, emportée par les vagues qui prenaient de l’ampleur soudain, coïncidence étrange dans l’écho qu’elles portaient.

Une enjambée, peut-être un peu plus.
Penchant légèrement la tête sur le côté, mettant en mouvement ses énormes défenses, l’homme observa l’inconnu qui venait d’aborder la silhouette gracieuse. Il ne semblait ni subtil, ni intéressant… Haussant les épaules, Pan se remit droit et continua son chemin vers la sirène – que pouvait-elle être d’autre ? Il se prêtait toujours à croire en ces créatures qui, présentes dans son monde, pouvaient exister dans d’autres. Il faut croire que ce n’est pas forcément vrai, mais l’espoir est une étoile dans la nuit noire.
Et dans la nuit claire, Pan glisse ses doigts autour de la taille de Naïs, un léger sourire sur les lèvres.
Il peut sentir son souffle sur son visage. Il peut deviner la nourriture qu’elle a mangée en inspirant profondément, mais se défend de le faire. La fragrance-même de son parfum suffirait à faire tourner la tête de n’importe quel homme, à disperser sa raison. Pas étonnant que celui-là eût l’air de vouloir insister. Il ne se rend certainement pas compte de son emprise. Mais Pan n’est pas un homme ordinaire. Il n’est pas un homme.

- Même un aveugle pourrait le voir... qu’elle n’est pas seule.

La voix de Pan, grave et vibrante, fila dans l’air pour s’écraser sur l’homme avec la même puissance que l’aurait fait une vague s’il s’était trouvé dans l’Océan.

- Dégage, on est occupés…

La seule menace contenue dans cette diatribe aurait suffi à faire fuir une horde de loups du Nord, mais quand la raison est inhibée par quelque chose, parfois les hommes sont inconscients. Non, pas parfois seulement.... Toujours, ou presque.
La seule menace contenue dans ces quelques mots vibra puissamment dans l’air.
Mais le regard que posa Pan sur l’homme était plus encore.
Prêt à jaillir, armé de Chaos à l’état pur. Éclats sombres enroulés sur son crâne.




[ J'ai pas osé faire bouger ton Illjän, mais bon ! ]

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Dim 30 Sep 2012, 21:52

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Sombre crétin…

Je le pense. Vraiment fort. Si fort que j’ai même l’impression de me l’entendre dire. Cependant, malgré l’agacement certain, c’est plutôt une nette impassibilité qui fige littéralement mes traits. Au point que, si j’en crois Atal, parfois je ressemblerais presque à une statue de marbre pur. C’est sans doute à la fois une de mes meilleures qualités et l’une des pires dans le même temps. Mais quoiqu’il sen soit, ce masque parfait se révèle souvent bien utile, surtout dans ce genre de situation pénible. Je n’ai jamais pu comprendre pourquoi certains hommes s’évertuent toujours à me faire des avances – pour la plupart pas finaudes voire sérieusement douteuses – alors que je les refuse sans le moindre état d’âme. De toute façon, je suis et reste persuadée que leur montrer mon ennui profond, ou pire mon agacement et peut-être dans de rares cas, ma colère, reviendrait à leur signifier une certaine importance. Alors ils auraient gagné dans un sens. Chose à laquelle je ne tiens pas des masses. Et Illjän, dans son genre, est particulièrement insistant. Pourtant, ce n’est franchement pas faute d’avoir essayé par tous les moyens possibles et imaginables de paraître la plus désagréable possible à ses yeux. À mon grand désespoir, de toutes mes tentatives ont résulté un lamentable échec – et que je ne puisse passer une soirée sans l’avoir collé à mes basques sans arrêt en est littéralement une preuve de plus. Si seulement j’avais pu, je me serais bien volatilisée, là, maintenant, d’un seul claquement de doigt !

Mais, par une incroyable providence, l’autre homme semble se montrer réceptif à mes signaux de détresse. Pour n’importe qui rompu à la lecture des corps, cela paraît évident en fait. Car en réalité, je contiens tant bien que mal une pulsion meurtrière et si Illjän ne se décide pas très vite à sortir de mon espace vital, je crois fort qu’il risque de finir en pâture aux poissons et autres bestioles étranges ou mythiques qu’abrite les Grands Océans. C’est simplement une promesse silencieuse de mort qui émane de toutes mes pores. Aides-moi ! J’en peux plus ! Je vais le tuer !

Alors, c’est sans grande surprise que je sens une main puissante s’enrouler autour de ma taille et je ne peux m’empêcher de remercier mille fois l’homme intérieurement, me jurant de pouvoir lui rendre la pareille un jour. Avec un léger soupir, presque imperceptible, je ne peux m’empêcher de tressaillir depuis mes ongles de pied jusqu’à la pointe même de mes cheveux cascadant sur mes épaules. Caché derrière la tranquille sérénité de ce geste simple, je jurerais pourtant ces doigts capables d’une force et d’une vitesse confondantes. Cette certitude pulse en moi et, étonnement, j’ai comme la sensation de me sentir terriblement petite et fragile à la fois à côté de l’homme qui vient de me rejoindre. Avec l’esquisse d’un demi-sourire, je me surprends à l’imaginer en beau brun ténébreux – bel homme en somme. C’est ça dégage, on est occupés…

Et comme pour appuyer la menace restée en suspens dans l’air, avec une légère moue – peut-être un peu provocatrice, je l’avoue – , je me blottis un peu plus contre l’homme. À tel point qu’il doit sûrement sentir à présent mon souffle chaud sur son torse sur lequel je ne résiste pas bien longtemps à l’envie de poser une main baladeuse glissant doucement sur ses muscles parfaitement dessinés – sûrement le résultats de nombreuses années d’entraînements ardus. Si avec ça, cet abruti d’Illjän n’a toujours pas compris qu’il peut faire une jolie croix sur moi, alors je pourrais affirmer qu’il est vraiment un cas désespéré. Même s’il n’en est déjà pas très loin.

Avec un demi-sourire en coin je peux presque clairement palper tour à tour le désarroi, puis l’incompréhension, la colère et enfin la fureur d’Illjän. Laissant s’installer un silence que je trouve indéniablement savoureux quand il se trouve dans les parages, il semble fulminer littéralement de tout son être. Je crois, que cette fois, j’ai réussi à le mettre en colère. Nous avons réussi à le mettre en colère. Quelque part, je crois que j’aime beaucoup jouer cette petite comédie de femme en détresse et c’est non sans une once de curiosité que je me demande quelle nouvelle tournure vont prendre les évènements ce soir. Comme devant une bonne pièce de théâtre, je me laisse volontiers emporter par le jeu des acteurs. Un jeu ? hein…

Je n’en aurais sûrement pas mis ma main à couper, mais je crois que je m’y attendais quelque peu à cette réaction impulsive de la part d’Illjän. En fait, cela ne m’étonne guère. Cet imbécile de service possède un ego surdimensionné dont j’avais plusieurs fois pu constater l’étude presque infinie. Or, il n’aime forcément pas beaucoup de le voir piétiné allègrement de la sorte. Cela peut se comprendre, certes, mais lorsqu’il fait mine de partir sans tergiverser, je trouve ça bien trop beau pour être vrai. Jamais il n’aurait abandonné aussi facilement, surtout avec quelques grammes d’alcool dans le sang. Au détour d’un rocher, il y brise la bouteille de verre qu’il tient à la main, avant de revenir plus déterminé que jamais de me faire sienne – ou alors de m’envoyer dans l’au-delà, j’hésite un peu après l’affront que je viens de lui faire. Alors, le même soupir que l’homme contre qui je suis toujours blottie m’échappe. Décidément, il tient si peu que cela à sa vie celui-là. Fronçant les sourcils, je me prépare à toute éventualité, mais étrangement il suffit à peine d’un mouvement de mon mystérieux « sauveur » pour freiner l’imbécile dans son élan. D’ailleurs, ce dernier semble même décider que finalement je n’en vaux pas la peine car, dans un mouvement de recul, Illjän jette littéralement le morceau de verre coupant qui explose en millier de petits projectiles contre la roche calcaire. Et bien, quelle mouche l’a donc piqué ?

- « Il… Il est parti ? »

Sidérée de ce soudain revirement de situation, je n’ose d’abord y croire. Pourtant c’est bien vrai. Plus là. Pfffiou. Envolé. Ah, je n’y crois pas ! Enfin ! Désormais certaine que cette fiente de Raï puante se soit enfin décidé à me fiche la paix au moins pour la soirée, je n’attends pas la réponse de l’homme pour me dégager souplement de son étreinte, résistant toutefois à une étrange pulsion soudaine d’y retourner. Me l’interdisant intérieurement, je finis par sourire malicieusement. Après tout, si je viens de repousser les avances de bougre d’imbécile d’Illjän, ce n’est quand même pas pour tomber aussitôt tout droit dans les bras d’un autre homme ? Si ?

- « Merci. Franchement, merci »

Que dire de plus ? Je ne suis pas franchement douée pour les longs discours sans queue ni tête. Je soupire.

- « Vraiment, j’ai cru qu’il n’allait jamais me lâcher ! »

Une moue amusée se dessine doucement sur mes lèvres.

- « Mais heureusement que tu étais là… »

Je lui adresse un clin d’œil – aveugle – joueur avant de m’éloigner lentement vers la plage, retrouvant le contact du sable encore chaud sous mes pieds. Et maintenant ?

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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Mar 02 Oct 2012, 19:14

- Il… Il est parti ?

Pan laisse un sourire satisfait étirer ses lèvres fines, et hoche doucement la tête. Avant de se dire qu’il n’a vraiment aucune jugeote et de compléter son geste d’un :

- Faut croire.

Et puis, il regarde la silhouette de l’homme qui s’éloigne. Il se demande, d’ailleurs, pourquoi il a jeté cette bouteille : quel intérêt de faire cela ? Surtout que le bruit du verre contre la roche était tout sauf agréable, notons-le. Montrer sa colère ? Dans ce cas, c’était un crétin doublé d’un lâche, sans aucune once de bravoure ou de courage.
Un homme quoi…

Lorsque la femme le remercia tout en se détachant de lui, Pan eut un léger sourire. Quelque chose sursauta en lui, mais il la laissa faire, même si la terrible envie de refermer ses bras sur elle se fit sentir dans son esprit. Il ne pouvait pas faire sciemment une telle chose après l’avoir débarrassé d’un importun, de toute façon, les règles de la bienséance étaient plutôt claires à ce sujet.
Même si pour repousser le dragueur mal avisé, il avait glissa sa main autour de sa taille.

Et puis, il devait avouer qu’il appréciait franchement l’attitude de Naïs. Elle était aveugle, et ne voyait donc pas ses énormes défenses enroulées sur son crâne, et ainsi ne portait pas de jugement hâtif sur son compte – alors que bien des femmes en avaient soit parfaitement peur, soit étaient vraiment fascinées et prêtes à tout pour relever le défi et faire d’un « bouc » leur amant. Aussi incongru que cela puisse paraître, Pan le sentait, même si peut-être interprétait-il mal les signaux…

- Mais heureusement que tu étais là…

Le torse de l’Envoleur se gonfla légèrement, et il ne put s’empêcher de hocher fièrement la tête.
L’homme était donc un pervers, doublé d’une sangsue. Adorable comme plan drague, il fallait bien l’avouer. Certains n’étaient vraiment pas doués, il fallait bien le dire. Quelques cours pouvaient être de mise dans ces situations, et Pan se demanda si cette idée avait déjà été exploitée dans l’Empire de Gwendalavir. Il pourrait sans doute monter un bon commerce de services avec ça !

Se secouant pour lâcher son idée, il laissa la femme s’éloigner pour sortir de l’océan et passer sur le sable meuble. L’observant quelques secondes sans bouger d’un cil, il finit par décider de la suivre, pour le plaisir de converser avec une personne qui ne le fixait pas intensément comme s’il avait été une créature de foire. Au moins, les mots seraient guidés par sa raison, et non nécessairement par un instinct de protection…
Sortant de l’eau, il secoua ses jambes pour les sécher un peu – en tout cas les déposséder de l’eau qui semblait bien les aimer – et s’assit tranquillement sur le sable d’un mouvement souple.

- Naïs, c’est ça ?

Faisant une petite pause, il apprécia le son que ce mot faisait sur sa langue.

- Jolie consonance.

Quoi dire d’autre ? Ce n’était pas spécialement un avide de bavardages incessants, même s’il aimait parler de tout et de rien avec les gens qu’il pouvait croiser – même si généralement, il ne pouvait pas vraiment parler à des personnes terrifiées – et pourtant, il ne savait pas trop quoi ajouter à ces quelques mots bien trop creux à son goût.
Mais, en sortant de l’océan, la silhouette s’était accentuée, et il lui semblait qu’elle lui était vaguement familière. Et soudain, un éclair passa dans son esprit : Naïs. Mais oui, Naïs !
Une Maître Envoleuse du Domaine…

Un léger sourire étira ses lèvres, et alors il lança :

- La beauté chaotique de l’Océan trouve un parfait écho, je trouve, chez toi…

Ne pas s’aventurer trop loin, mais assez pour tenter d’avoir quelques informations en plus.
Caresser dans le sens du poil, en somme. Et cela n’avait, normalement, rien de compliqué…

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Mer 03 Oct 2012, 21:05

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Et maintenant ?

Une nuit, à peine éclairée par la faible lueur pâle de l’astre lunaire, une plage de sable fin, un petit de joie à quelques centaines de mètres de là – juste de quoi égayer l’atmosphère – , un homme et une femme comme seuls au monde : il est clair que tout ça en donnerait de bonnes idées à plus d’un. J’avoue volontiers que peut-être aussi est-ce un peu ce qui a influencé ma décision de faire route jusqu’aux Grands Océans, même si cela reste avant tout une belle promesse de vie après mes récentes péripéties. Sûrement est-ce pour ce besoin de me sentir renaître pleinement, oublier la mort que je n’avais jamais frôlée d’aussi près malgré toutes les situations périlleuses où j’ai pu me fourrer. Certainement est-ce pour retrouver une partie de mes racines restées bien au-delà de cet océan en furie, quelque part au sud de l’archipel des Alines. Et toi, j’imagine que tu ne t’attendais pas à si étrange compagnie en flânant sur une plage du sud de l’Empire ? Alors, qu’est-ce qui t’amène ?

Naïs

Oui, c’est bien moi. Je hausse les épaules distraitement tandis que l’air marin, malicieux et joueur, s’engouffre dans mes cheveux me faisant légèrement plisser le nez au passage. Jolie consonance ? C’est sûrement la première fois de ma vie que je surprends un homme se plaisant à apprécier les lettres de mon prénom. En fait, je n’y avais jamais prêté d’attention particulière moi-même, alors un homme ? Quelle drôle d’idée ! Naïs. L’exacte contraire de Sian. Toutefois, elles ne sont qu’une seule et même personne. Sian s’est éteinte à petit feu pour devenir Naïs dès le moment où Sen l’a prise sous son aile comme apprentie Envoleuse. Et la dernière est définitivement née à la mort de Morgan, Louanne et Thiméo – blessure qui ne s’est jamais totalement refermée, juste moins vive et c’est tout – bien que parfois, au contact de certaines personnes Sian ressurgit du passé, étonnante et éphémère. Sian était une jeune fille d’une beauté fraîche, joyeuse et optimiste. Naïs est une femme à la beauté sauvage et au passé au moins aussi sombre que sa peau. Une froide tueuse – enfin, théoriquement…

Chaotique hein ?

Haussant un sourcil avec un demi-sourire amusé glissé discrètement sur mes lèvres. Me retournant pour faire face à l’homme, je pose une main sur ma hanche.

- « Je rêve ou tu me fais du charme, là ? »

Mon sourire parle pour mon regard aveugle, pétillant et malicieux, bien mieux que je ne saurais le faire avec des mots. De toute façon, les longs dialogues, j’y suis totalement allergiques – même si de toute façon, ce genre de chose n’arrive jamais puisque quand je m’ennuie, je ne passe par trente-six chemins, je laisse mon brave interlocuteur monologuer seul, tout simplement. Non. Je ne rêve pas. C’est même évident. Cet homme me fait tout bonnement du charme. Et je dois avouer qu’il ne se débrouille pas trop mal. Je suis même sacrément curieuse de voir où cette nuit va nous entraîner. Après tout, quand on est une femme, on apprend très vite à reconnaître toutes les caractéristiques d’un homme séducteur. Encore plus quand une beauté comme la mienne a une affreuse tendance à tous les attirer comme des abeilles avec un pot de miel. Même si parfois – rarement – , c’est vraiment loin de me déplaire…

Avant qu’il ne puisse répondre quoi que ce soit, je finis par m’asseoir dans le sable, juste à côté de lui. En fait, nous sommes dangereusement près, à tel point que je peux presque entendre les battements sourds de son cœur tandis que le bruit léger de sa respiration régulière me paraît presque plus puissant que celui de la houle océanique. Bizarrement, les hommes perdent toujours leurs moyens que je me trouve trop près d’eux. Est-ce à cause de mon regard vide et pourtant, étrangement vif selon Sen ou alors les courbes arrondies de mon corps ? Peut-être bien les deux même. Soupirant un instant, je rejette une mèche rebelle derrière mon oreille.

- « Tu devrais donner des cours, tu ferais fureur… »

Non. Ce n’est pas une moquerie ni quelque chose dans le genre. En vérité, c’est très sincère. Un peu de subtilité dans ce monde de brutes ne ferait certainement pas de mal, au contraire. Avec un léger sursaut, une sensation sauvage au creux de mon ventre mais brève me tiraille soudainement. J’ai littéralement perdu toute envie depuis près de deux mois – la dernière fois remontant à Gil précisément il y a deux mois – et mon corps semble se remettre du jour au lendemain à exiger un besoin vital et universel. Il y a des fois comme celle-ci où je me demande bien comment fonctionne encore mes propres hormones. Comme si de rien n’était toutefois, ma voix retentit dans l’air frais de la nuit.

- « Enfin, tout ça ne me dit toujours pas qui est mon mystérieux sauveur ? »

C’est une jolie question déguisée derrière un sourire. Le beau des sourires en fait.

Sourire mystère
Sourire enjôleur
Sourire envie…

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Ven 05 Oct 2012, 18:39

Je rêve ou tu me fais du charme, là ?

Grillé. Mais Pan n’allait pas se laisser aller pour si peu. Après tout, cela ne le surprenait même pas qu’elle lui dise cela, puisque c’était bel et bien le cas. Et il appréciait sa franchise, la manière qu’elle avait d’aller au but – à ce but en tout cas. Elle ne semblait pas réellement à l’aise avec les mots, d’après ce qu’il pouvait en juger – les infimes hésitations qu’elle avait en attestaient pour lui – et cela n’était pas non plus pour lui déplaire.
Lui aimait discuter.

- Comparer une femme au Chaos est-il réellement un compliment ?

Un sourire en coin étira ses lèvres, et l’Envoleur hocha néanmoins la tête.

- Mais vous ne rêvez pas, mis à part si vous ne croyez pas à ma présence. Peut-être était-ce l’un de vos rêves, que d’être délivrée d’une approche abrupte et peu subtile. Un appel au secours inconscient, et votre inconscient y a répondu avec les éléments qu’il voulait qui existent.

Il doutait un peu du sens de sa dernière phrase. Après tout, cette langue était légèrement différente de la sienne, et parfois son éloquence se brisait sur les quelques barrières grammaticales qui différaient. Peu importait. Aucunement gêné de sa maladresse, il l’accueillit d’un sourire moqueur avant de se figer quand Naïs reprit la parole.

Donner des cours ? C’était déjà fait.
Fureur n’était pas exactement le terme qu’il aurait employé dans une telle situation. L’avantage était, avec ses apprenties, qu’il ne lisait que peu de crainte dans leur attitude : soit elles la cachaient bien, soit c’était autre chose – cette admiration que parfois il pouvait entrevoir dans les regards – qui les enlaçait à un niveau changeant.
Elle lui demandait son identité.

Un bref sourire se dessina sur ses traits, et il la fixa quelques secondes, hésitant.
La consonance de son nom lui donnerait immédiatement un aperçu de ce qu’il était ; et puis au Domaine il était quand même plus ou moins connu, ce qui pourrait désormais altérer le jugement qu’elle avait sur lui. La fixant encore un instant, il décida néanmoins de lui faire confiance ; pourquoi, il n’en avait aucune idée.

- Pan… Hilibiaskiiyai. Pour vous servir.

Une note de gaieté tinta dans sa voix sur la seconde phrase, et il voulut saisir la main de la jeune femme pour y déposer un baiser. Il sentait la chaleur qu’elle émanait, à côté de lui, désormais assise à regarder dans la même direction.
Et son sourire…
Pan se laissa bercer par ses fausses promesses en tout état de cause.

Pas envie de résister, pas envie de trop réfléchir ; il voulait passer une bonne soirée. Il était parti du Domaine pour ne pas penser sciemment à ses apprenties, laisser son inconscient se dépêtrer avec cette première expérience, et sentait qu’il voulait totalement lâcher la pression qu’il s’était imposé à lui-même.
Se rendant compte de ce qu’il exigeait de lui-même, il se surprit ; après tout, il n’avait rien à s’imposer, il était totalement libre de ses choix d’enseignement. Néanmoins, il avait une idée bien précise de ce qu’il était essentiel de faire passer à ses apprenties, et de la manière de les faire passer ; il ne s’abaisserait pas à de viles manipulation, il ne s’en octroyait en aucun cas le droit.

- Vous suiviez cette joyeuse fanfare ?

Une question innocente, d’un ton bas mais lui aussi percé d’innocence ; enfin presque.
Parce que cet homme connaissait Naïs, il l’avait appelée par son prénom et lui avait fait du charme, sans doute fortement ébréché – Pan ne comprenait toujours pas son geste de rage avec la bouteille – mais non pas insensible à son charme. S’il devait se battre contre d’autres, autant le savoir tout de suite.

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Dim 07 Oct 2012, 16:59

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Allez viens, peut-être bien que tu viens de loin, mais je suis certaine que tu sais danser !

Tel un joyeux feu follet, j’attrape les mains de Pan et l’invite à se lever et danser, se laisser aller au rythme de la musique lointaine. Juste se laisser emporter par cet élan de vie et d’énergie pur. Juste s’envoler au plus près des cieux et profiter de cette soirée. Car c’est fou comme le hasard fait bien les choses…

* *
*


- « Il suffit de voir un peu plus loin que le bout de son nez pour comprendre que le Chaos est d’une beauté réellement fascinante… »

Alors oui. Oui, c’est un réel compliment. Et puis de toute façon, le Chaos fait tellement partie de moi, depuis la pointe de mes cheveux jusqu’à la plante de mes pieds, il est tout ce qui me définit. Alors pourquoi ne serait-ce pas un compliment. Certes, cela peut paraître étrange au commun. Le Chaos est bien trop souvent considéré comme inquiétant et dévastateur. Démoniaque. A qui sait comprendre, il est plutôt puissance, force et beauté – fascinant en d’autres termes. Je souris légèrement alors que l’homme se lance dans une espèce de longue tirade. Sa manière de s’exprimer me semble sensiblement différente des autres hommes qui ont déjà croisé mon chemin un jour. Des mots tournés tout en métaphore – étonnant et agréable aussi.

Fermant un instant les yeux, je hume un instant l’odeur puissante de l’homme transporté par la légère brise. Le silence s’installe à mesure que les secondes s’écoulent lentement. Je n’ai pourtant rien demandé de compliqué, pourtant, l’homme semble hésiter à m’offrir son nom. Son identité. Que craint-il ? Jusqu’à preuve du contraire, je n’ai jamais mangé personne – enfin, théoriquement, mais cela tous ceux qui avaient essayé de me réduire au silence ne peuvent désormais plus en témoigner. Cependant, alors que je n’attends plus rien, l’homme totalement plongé dans ses pensées, une réponse que je n’espérais plus fuse. Un nom…

Pan

Pan semble me répéter le vent malicieux. Pan gronde l’océan déchaîné en écho. Pan affirme fièrement l’homme. La connexion met un certain temps à se faire en attendant que les idées s’ordonne. Pan. C’est bizarre mais j’ai la drôle d’impression d’avoir déjà entendu ce nom quelque part. Non, pas quelque part. Au Domaine en fait. Je souris en réalisant qu’il n’est autre qu’un maître Envoleur. J’aurais dû m’en douter en fait, car tout en lui le clame – de sa tranquille sérénité à la force puissante de ses doigts, et même au plus profond de ses mots. Chaotique hein ? Ce n’était pas innocent alors !

Certaines rumeurs circulent parmi nombre de nos collègues qu’un certain Pan Hilibiaskiiyai viendrait de loin. Très loin. Un étranger pas toujours bien accepté apparemment. Mais, à vrai dire, je n’en ai cure. Après tout, mes racines ne se trouvent pas sur le continent mais quelque part au sud est de l’archipel des îles Alines – loin. Ailleurs. Ah ! Si tu veux je parie que viens d’encore plus lointaines contrées que toi ! D’autres dire encore lui prêtent des cornes, immenses et massives. Ca, par contre, c’est moins commun. Plus étonnant aussi. Cependant, il me semble qu’il reste avant tout un homme avec deux pieds pour marcher, deux mains dont les caresses ne doivent franchement pas être désagréables de ce que j’ai pu constater, deux yeux pour voir et admirer, deux oreilles pour entendre et écouter, une bouche pour respirer – et embrasser – et un cœur, pour aimer. Laissant le vent jouer un instant avec quelques mèches rebelles, je finis par sourire sincèrement – un sourire de ceux que je croyais disparu depuis longtemps et qui pourtant depuis quelques semaines refait étrangement apparition sans trop que je ne sache pourquoi.

- « Eh bien Pan, tu m’épargne une longue soirée d’ennuis… »

Autrement dit, heureuse de te rencontrer, vraiment.

Je hausse les épaules tandis que la musique entraînante et dansante résonne au loin. Ils doivent être en train de bien s’amuser là-bas, au camp. Et pour la première fois, je regrette presque de ne pas profiter un peu de l’ambiance avec toute la joyeuse troupe. Depuis peu, je me surprends à apprécier les atmosphères légères et festives alors qu’auparavant je les fuyais littéralement. Yhtyen m’a dit qu’en règle générale ils investissent toujours cette petite plage durant une semaine environ, histoire de faire commerce avec pirates et marins en tout genre, avant de reprendre de sillonner de nouveau les routes de l’Empire. Je ne sais pas encore si je ferais le voyage de retour avec eux – peut-être le brigand arriveras-t-il à me convaincre, mais cela reste à méditer.

- « Joyeuse, c’est le cas de le dire… »

Je plisse légèrement le nez avec une moue amusée.

- « Effectivement, je les suis »

Devinant la question muette de Pan, je lui adresse un clin d’œil complice.

- « Mais ne t’inquiètes pas, ils ne sont pas tous aussi têtus que ce crétin… »

Malgré les quelques centaines de mètre qui nous séparent du camp, la musique au rythme des guitares et percussions me paraît proche – si proche. Viens t’amuser avec moi me murmure le vent. Viens. Viens près de moi et vis, aime et profite. Danse me souffle la clameur sourde de la mer. Brille me susurrent les embruns par millier. Alors, sans autre transition, je me lève et danse, ressentant parfaitement chaque mouvement, chaque son, chaque rythme jusqu’au plus profond de moi. Et je m’y accorde sans mal à la lumière de la lune timide.

* *
*


Allez viens, peut-être bien que tu viens de loin, mais je suis certaine que tu sais danser !

Tel un joyeux feu follet, j’attrape les mains de Pan et l’invite à se lever et danser, se laisser aller au rythme de la musique lointaine. Juste se laisser emporter par cet élan de vie et d’énergie pur. Juste s’envoler au plus près des cieux et profiter de cette soirée. Car c’est fou comme le hasard fait bien les choses…

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Mer 10 Oct 2012, 17:03

Elle avait donc bien compris ce qu’il avait voulu faire passer dans son compliment, et cela fit sourire Pan. Subtile et intelligente, cette femme était en plus magnifique, il ne pouvait le nier, comme sans doute tous les hommes qui devaient croiser sa route. Elle devait en faire tourner, des têtes…

Après avoir offert son nom, il sent cependant un instant de flottement. Comme si… Comme si elle tentait de se souvenir de quelque chose, et comme si le souvenir venait s’étaler devant ses yeux pour mieux se faire comprendre. Elle semblait connaître son nom, en effet, et donc forcément toutes les rumeurs qui filaient sur lui au Domaine. Et la plupart n’étaient pas à son avantage. Allait-elle le fuir ? Pouvait-elle imaginer ses cornes sur sa tête ? Est-ce que cela modifiait ses mouvements à lui, par rapport à un homme humain ?

Il lui offrait donc… une distraction pour la soirée ?
Il ne parvenait pas à s’imaginer qu’elle pouvait s’ennuyer avec la petite fête qui se déroulait un peu plus loin, et dont on entendait autant la musique que les cris de joie ou les chants aux tons faux… et elle suivait donc bien la troupe, elle le confirma de vive voix, et il se demanda comment elle pouvait faire pour les supporter pendant plusieurs jours. Rien que l’homme, tout à l’heure, avait eu le don de faire monter l’adrénaline dans les veines de Pan. Et comme en réponse à sa pensée, elle précisa qu’ils n’étaient pas tous ainsi.
Encore heureux !

Pan tourna lentement la tête vers la fête et fixa le cercle autour du feu plusieurs secondes, longues. Il détaillait les visages autant qu’il le pouvait, sans parvenir à distinguer des traits exacts ou qui lui auraient dit quelque chose. Mais il n’avait aucune raison de connaître qui que ce soit : au final, même s’il s’aventurait souvent en ville, il faisait trop peur pour s’être fait des connaissances ou amis de toutes sortes. Il n’avait que des interlocuteurs, ou des maitresses. Et juste son Maître, en fait.

Un léger soupir franchit ses lèvres, tandis qu’il reportait son attention sur la jeune femme qui commençait à onduler au rythme de la musique. Là, tout de suite, il n’avait qu’une envie : la contempler alors qu’elle glissait entre les notes pour se les approprier et les faire vivre dans son corps. Elle avait l’air complètement possédée par la musique, et son corps dansait langoureusement sous les yeux de Pan… ce n’était qu’un mouvement de hanches, et pourtant déjà hypnotisant…

Il en reste interdit lorsqu’elle vient attraper ses mains pour l’entraîner avec elle. Ses sourcils se froncent, il se mord la lèvre en espérant ne pas être trop gauche : il n’a jamais dansé depuis qu’il est arrivé en Gwendalavir, et les danses rituelles de son monde étaient bien plus… massacrantes et frustres que celle à laquelle s’adonnait l’Envoleuse. Laissant la musique s’engouffrer en lui comme le vent qui venait l’encourager. Se redressant sur ses pieds, il hésita un instant, et finalement s’élança à son tour. Ce n’était pas très élégant, ni spécialement beau, mais cela avait l’avantage d’être sincère et puissant. Il faut dire que tout ce qui aurait été un peu trop aérien était prohibé, à cause de ses cornes qui n’étaient pas tout à fait symétriques – l’une était légèrement plus lourde que l’autre – et le déséquilibraient.
Pan ondulait à son tour. Plus comme un océan en furie, alors que Naïs n’était que quelques vagues de Chen, légères et agréable ; il pouvait devenir lui-même mortel en un faux mouvement, malgré lui. Mais son esprit ne réfléchissait plus, il ne faisait que vivre cet instant hors du temps.
Presque magique.

Beauté transcendante d’une peau brunie par le soleil, deux soleils dans ses yeux et le vent sur ses formes.
La musique montait, il lui semblait qu’elle était de plus en plus proche ; comme si son acuité avait augmenté alors que les musiciens n’avaient pas bougé. Un nouvel espace s’étirait devant lui, envahi tout entier par la présence de Naïs.
Emporté par la fièvre de l’instant, Pan ne voulut plus danser seul à côté de la jeune femme. Au contraire, il voulait vraiment danser avec elle, aussi ses mains glissèrent sur les avant-bras de l’Envoleuse, la taquinant du bout des doigts ; fuyant un contact qu’elle aurait pu vouloir prolonger.

Fuis-moi je te suis.
Suis-moi je te fuis…









[ J'ai l'impression d'être une débutante à côté de toi, sérieux ! >.<" ]

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Ven 12 Oct 2012, 11:44

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

… Suis- moi, je te fuis
Fuis- moi, je te suis
.

Pan se rapproche sensiblement – presque imperceptiblement. Je peux le sentir me dévorer des yeux, littéralement. Il bout. Je me consume. Et c’est un nouveau jeu de question-réponse qui s’installe dans ce corps à corps torride. La musique s’envole dans les cieux et semble jouer pour nous. Guitares, percussions et flûte s’accordent toutes sur un même rythme entraînant. Envoûtant. Unique. Tantôt douce caresse, tantôt désir sauvage et puissant aussi insaisissable que le vent, j’ai peine à réaliser la magie du moment. Danger semble me prévenir la voix inquiète de Nwëlla. Fuis gronde l’océan en furie. Attention me susurre le peu de raison qu’il me reste. Profite sourit Ythyen…

Danse de vie. Danse de feu. Doucement, je me déhanche dans les doigts souples et puissants de mon étonnante rencontre. Malicieusement, je vais parfois jusqu’à trouver son souffle chaud pour le mêler au mien avant de me glisser hors de son étreinte – sans jamais rompre le contact toutefois. Sauvage et guerrière, je fuis l’étreinte de Pan sans trop m’éloigner toutefois pour attiser un peu plus sa curiosité. Étrangement, les rares fois où je me suis exprimée de la sorte – peut-être cinq ou six fois durant mon existence entière – cela eut le don de rendre les hommes complètement chèvres – ou plutôt fous de désir. Pourtant, mon idée première n’est pas nécessairement de séduire quiconque – quoique – , et encore moins de faire baver d’envie qui que ce soit.

La danse est innée chez nous, tu sais. Pour connaître – ou alors intimider. Elle imprègne totalement et naturellement chacun des petits gestes de la vie quotidienne. C’est une façon de s’exprimer comme une autre…

J’ai eu la chance incroyable que Louanne m’apprenne énormément de choses sur mes origines et ma terre natale si lointaine – notre terre natale à tous que nos parents avaient décidé de quitter un beau jour pour trouver prospérité ailleurs. Mais autres lieux, autres mœurs. Même si parfois le naturel revient au grand galop. Comme ce soir. Comme cette nuit. Avec cet homme. Avec Pan. Et comme avant lui avec Samoan, Sahel et Gil notamment. Et indéniablement, ces trois hommes ont marqué ma vie bien plus que je ne l’aurais imaginé. Et Pan ? Et cet homme venu de contrées lointaines dont les rumeurs courent qu’il serait pourvu de deux immenses cornes élégamment enroulées sur elles-mêmes, quelle surprise me réserve-t-il ?

Naïs…

Roulement de tambours puissant. Dans une ondulation maîtrisée et légèrement fragile, je viens poser ma main juste sur son cœur palpitant frénétiquement comme après une très longue course. Quelques secondes je ferme les yeux et m’imprègne de cette musique silencieuse.

… Fille de la mer et du vent, je suis originaire d’une île bien lointaine et méconnue des routes maritimes…

Quelques secondes seulement. Car déjà je me détache du corps chaud de Pan, m’évaporant littéralement de son étreinte agréable. Tournoyant légèrement, je rêve de m’envoler vers la voûte étoilée avant que la magie ne disparaisse, me laissant seule à seul avec Pan – si ce n’est pas déjà fait.

… Comme mon peuple, je suis descendante du dieu Soleil et de la Lune mère, mais j’arpente ces terres depuis bien longtemps, libre et…

Alors que la musique se meurt lentement, et comme pour mieux faire passer le message, dans un mouvement de poignet délicat et gracieux, je lève les bras au ciel, m’ouvrant complètement à l’immensité infinie d’un ciel nocturne. Je retiens brièvement une forte et puissante émotion, pleine et entière. Pure.

… Envoleuse.

La dernière note de cette joyeuse mélodie s’évanouit dans l’air, emportée par la légère brise océane. Dans cette dernière affirmation, plus vraie que jamais, plus forte que d’ordinaire, je me blottis contre Pan, cherchant inconsciemment la chaleur de ses bras. Plusieurs longues secondes, nous restons ainsi. Ni l’un, ni l’autre n’ose bouger et rompre l’intensité de ce moment unique.

Une question subsiste toutefois, sans arrière-pensée négative. Plus une question confirmation en fait. Parce qu’au fond, tout au fond, je le sens, je le perçois, même si je ne le vois pas, ses cornes, Pan les porte fièrement. Elles le définissent. Elles le façonnent tout entier. Elles le différencient de tous. Elles conditionnent sûrement sa manière d’être avec les hommes qui le fuient, le craignent. Alors une question reste.

- « Si… Si je les touche, ça te fait quoi ? »

Une légende de mon île raconte que la douce Lune – Séléné – fut la seule à s’éprendre d’un homme aux cornes et aux pieds de bouc, profondément séduite par sa sensibilité fragile et la musique de sa syrinx chargée d’émotion pure. Coïncidence ?




[ Arrêtes, t'écris juste trop bien! *.* Bon, par contre un brin court ce post-là, mais fichtrement intense... ]

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Sam 13 Oct 2012, 22:36

Elle est là.
Juste contre lui.
Elle qui filait, tourbillonnait, venait et allait, se retirait pour mieux revenir… Elle était là, contre lui, contre son torse, et son parfum sauvage emplissait ses narines, le berçant d’une douce euphorie. Une femme, un homme… quoi de plus naturel ? Une tendre passion naissait dans son ventre, flamme pure de désir, mais pourtant il contint ce brasier dans son ventre.
Elle était là. Contre lui.
Contre lui…

Si… Si je les touche, ça te fait quoi ?

Un soupir franchit les lèvres de Pan. Sa colonne fut parcourue d’un long frisson… Il imaginait déjà les doigts de Naïs sur sa corne, doux et légers, en fusion… Peinant à reprendre son souffle, il réussit à remettre un peu ses idées en place avant de répondre dans un murmure.

- Généralement, c’est très agréable… et surtout assez…

Soupirant, il mêla son souffle à celui de la jeune femme.

- Intime.

* Donc excitant. Stimulant. Erotique.... Aphrodisiaque même !*
Baissant légèrement la tête, il approcha ses lèvres de celles de la belle, un sourire sur le visage, sans pourtant les toucher. Juste entremêler leur souffle, créer une intimité, une bulle secrète, privée, dont l’air était parfaitement tendu par le désir. Une tension primaire. Voir…sexuelle ?
Pan ne se reconnaissait plus.
Oui, il aimait plaire. Oui, il aimait se retrouver dans des draps avec les femmes. Mais jamais il n’avait entretenu une telle tension, jamais il n’avait été obsédé à ce point par les hormones. Peut-être qu’elle en dégageait beaucoup plus que les autres femmes ? Que parce qu’elle n’était pas apeurée par lui, l’odeur de sa peur ne se mêlait pas à celle de son désir, et donc ce dernier était beaucoup plus perceptible ?
Théorie retorse, mais qui aurait pu tenir debout.

- Tu peux essayer, si tu veux…

Invitation.
Sous le ciel étoilé, il avait envie de l’allonger, de la déshabiller petit à petit, de profiter de son odeur, s’enivrer de son corps, se…
Il s’ébroua vivement.
Ses doigts glissèrent sur la taille de la femme, et il remonta sa main droite pour effleurer sa joue.
Hésitant.









[Super Hypra court ! désolée xD ]

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Lun 15 Oct 2012, 09:11

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

L'atmosphère est fraîche ce soir. Pourtant, malgré la légère brise soufflant gaiement – jouant avec l'océan en furie – je n'ai pas froid. En fait, un je ne sais quoi, tout au fond de moi me réchauffe mieux que personne n'aurait pu le faire. Comme un bel écho de la nature sauvage, c'est une sorte de vaguelette de chaleur qui se propage au creux de mes entrailles, douce et agréable. Et la petite onde se transforme bientôt en vague puissante qui manque presque de me couper totalement le souffle par sa force. J'ai chaud. Là. Dans mon ventre. Mais je ne peux m'empêcher de frissonner – un long, un vrai, un délicieux frisson, de ceux qui me font me sentir incroyablement bien et tellement vivante.

Ou bien de ceux qui me font étrangement peur aussi : peur de trop m'attacher, aveuglément, comme je me suis entichée de Samoan – à en devenir folle, littéralement. Et de me retrouver seule et abandonnée, j'ai peur d'avoir mal – encore – comme cette première fois qui a laissé un grand vide en moi, peu à peu muée en une haine improbable mais pas moins justifiée. Je sais que ma passion m'a déjà conduit à la mort et je ne veux pas laisser le cauchemar envahir à nouveau ma vie. Je ne veux pas laisser un trop plein d'excès me ronger comme… Comme… Et aimer aussi rapidement que je me suis éprise de Gil, cela m'effraie complètement. Mais…

… Mais, j’ai juste envie de me laisser aller et de lâcher prise, totalement. Plus que tout, je veux oublier les peurs – aimer, avoir mal. En fait, un ticket simple et sans retour pour le firmament, je crois que c’est un peu trop rêver, non ? Peu m’importe, ce soir, je redeviens une Naïs sans le moindre souci, libre et sauvage.

Lorsque les doigts de Pan agrippent ma taille non moins fermement que doucement, la puissance de son désir, sensiblement palpable dans une atmosphère chaude tendue à craquer, est telle que j’en ai presque le souffle coupé. L’envie est immense, là. Je le veux. Maintenant. Je le désire tout entier, consumée par un petit feu crépitant ardemment. Pourtant, je ne sais où je trouve la force de contenir cette onde sauvage, presque primaire.

Par…

Sans hésitation aucune, c’est d’une évidence littéralement naturelle que je me blottis un peu plus contre le torse bouillant parfaitement musclé et tellement rassurant de Pan. On est occupé avait-il dit à cet imbécile d’Illjän. Où en suis-je déjà ? Ah, oui. La mémoire me revient. Aussi lentement que doucement, comme pour retenir un peu plus longtemps encore cette explosion de passion pure, mes doigts glissent légèrement – presque effleurement en fait – sur le visage de Pan. Et je ne perds certainement pas l’occasion d’apprécier le contour harmonieux de sa mâchoire tout en finesse mais volontaire.

… la sainte…

Oh bon sang ! Ce que je voudrais bien capturer ces lèvres et ne penser à plus rien d’autre que les doigts de Pan sur ma taille et sa main hésitante sur ma joue comme s’il avait peur de me brusquer un peu trop. Là dessus, il n’a pas à s’en faire. Je suis loin d’être une petite chose fragile et s’il ne m’avait pas autant étonnée, intriguée et provoquée en moi une vague de désir pur, il aurait bien vite compris à qui il se frottait. Les cheveux de Pan me chatouillent agréablement les doigts mais je ne peux m’empêcher de soupirer un instant de frustration lorsque je constate que je suis trop petite pour atteindre la base de ses cornes.

… culotte…

Me hissant habilement sur la pointe des pieds, je gagne désormais quelques centimètres. Tout ce qu’il me faut. Un instant, nos deux souffles s’entremêlent tandis que nos lèvres se rapprochent dangereusement. Un léger froncement de sourcil précède mon sourire presque béat alors qu’enfin mes doigts rencontrent la base lisse des deux immenses cornes de Pan. Elles sont bien trop massives pour que mes doigts puissent en faire le tour complètement. Et, durant quelques secondes, je reste totalement figé. Incapable de prononcer un mot. Ni d’esquisser le moindre mouvement. Simplement paralysée par un moment hors du temps.

… de l’Empereur…

Les quelques secondes me paraissent durer une petite éternité – ou plutôt longue à vrai dire, très longue. Mais, en un battement de paupière, je continue ma lente exploration, ressentant pleinement la perfection du mouvement spiralé de ces deux énormes cornes. Je commence à deviner un peu sa nature profonde. Étincelle de Chaos pure, unique et hors du commun. Et songeant à mes propos d’un instant, je n’y suis que plus en accord encore. Il faut savoir voir plus loin que le bout de son nez pour pouvoir admirer la réelle beauté du Chaos. D’ailleurs, c’est sans le moindre étonnement que je me surprends à caresser pensivement le bout pointu des cornes massives de Pan qui, je le sens, bout intérieurement – tout comme moi.

… mais que fais-je ?

Alors, elle survint, enfin, l’explosion de désir – chaude et vraiment aussi puissante qu’une vague. Si je n’avais été blottie contre Pan, j’aurais sûrement vacillé par la force de l’onde. Par réflexe, je me raccroche d’une main aux cheveux de l’Envoleur, retenant de justesse un léger gémissement, tandis que de l’autre je presse complètement les doigts de Pan sur mes hanches.

- « Woaw ! Ça… Ça se passe de mots ! »
Prends-moi ! Maintenant ! Sinon, je crois que je vais mourir de désir…

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Lun 15 Oct 2012, 10:40

Ses doigts, sur la joue chaude de Naïs, sentent beaucoup plus de choses qu’il n’aurait pu l’imaginer de prime abord. Déjà, cette chaleur latente, possessive, qui s’immerge dans ses phalanches pour se diffuser dans ses mains, ses avant-bras, ses bras et son buste… Douce torpeur envahissante, à laquelle il se laisse aller comme il s’offrait au firmament. Ensuite, ces micros-mouvements, micros-expressions dans lesquelles il sent autant qu’il peut le percevoir le désir de la jeune femme, à l’aune de la sienne – enfin presque. Parce que quantitativement parlant, il est bien connu que les hommes ont un désir bien plus fort que celui des femmes, même si elles écopent par la suite de tout le plaisir… Mais ce n’est pas la question. Ses lèvres semblent gonfler légèrement, dans la nuit, désirables à un point incompréhensible…

Ce sont les doigts de Naïs qui doivent sentir exactement la même chose, en passant sur son visage. Il ne bouge pas, se contentant d’apprécier ces caresses exploratrices, de goûter au bout de ses doigts quand ils passent sur ses lèvres, de deviner la teneur de l’échange lors des mouvements lents et prospecteurs. Il sait qu’elle cherche ses cornes, mais jamais il n’aurait pensé qu’elle le gravirait ainsi, tirant son désir encore plus qu’il ne l’était déjà.
* Attraper ses doigts, y déposer un baiser, les garder dans une main pour passer l’autre dans son dos, la courbure de son échine, la cambrure de son dos, la plaquer contre mon torse…*
Et puis, la pulpe de ses doigts finit par arriver à son front, continuer à gravir son crane… et lorsqu’ils se referment sur la base de ses larges cornes, Pan frissonne de part en part. Quelque chose explosa dans sa tête, il ne sentait même plus ses jambes… à moins qu’il ne les sente trop ? Il n’y avait plus rien qui comptait. Le firmament, oublié, sauf pour envoyer cette demoiselle dans ses plus hautes sphères.

- Woaw ! Ça… Ça se passe de mots !

Un sourire infime passe sur les lèvres de Pan.
Infime.
Parce que la seconde suivante, il happait les lèvres de Naïs des siennes, et le dernier barrage en lui céda dans une nuée d’eau étincelante. La vague se fracassa contre quelques remparts restés debout, mais s’enfonça malgré tout loin dans son être, et il bascula littéralement de désir.

Attrapant la femme par la taille, il la souleva comme si elle n’avait rien pesé et l’allongea dans le sable, le souffle court. Ses doigts glissèrent sur son ventre, se glissèrent sous ses vêtements pour venir à la rencontre de sa peau, presque exigeants et pourtant délicats… Mais il ne tint pas longtemps. Et quelques secondes plus tard, les vêtements de la belle finirent arrachés et lancés dans le sable, à moitié humidifiés par la houle, tandis que les deux amants était humidifiés, eux, par autre chose…


§§



Le cœur battant la chamade, Pan laissait son regard dériver dans le ciel nocturne.
La musique de la fête résonnait toujours dans ses oreilles : les hommes ne s’étaient pas arrêtés de danser, eux. La lumière, feu de joie, s’élevait encore dans la nuit, dispensant une chaleur sans doute agréable autour du camp.
Pourtant, Pan n’avait aucune envie de s’y rendre.

Depuis combien de temps n’avait-il pas passé une telle soirée ?
* Depuis mon départ de Gazalawmahqj *
Les femmes, en Gwendalavir, avaient peur de lui, malgré ce qu’elles avaient à en penser et à en dire. Et cette peur se répercutait sur les ébats qu’il avait pu échanger. Il avait cru, jusqu’à maintenant, que c’était la manière de faire des Alaviriennes qui était ainsi ; il se rendait compte que non.
Et cette prise de conscience lui réchauffait le cœur, autant qu’elle rendait encore plus désirable la femme à côté de lui.

Il ne parlait pas, les mots étaient inutiles.
Se tournant sur le côté, il admira l’Envoleuse sous la lueur vespérale de la lune. Elle était si belle… Ses doigts glissèrent sur son ventre, nouvelle invitation, mais il suspendit néanmoins son geste.
Peut-être qu’elle n’était pas dans le même état d’esprit ?

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Mar 16 Oct 2012, 20:25

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Enfer n’aurait pas mieux dit Gil. J’ai chaud, tellement chaud. Et les lèvres possessives de Pan sur les miennes ne font qu’intensifier la chaleur du brasier en moi. Je crois que cette fois, je suis complètement remise de mes mésaventures dans le Nord ou alors, ce manque d’envie jusqu’à présent doit signifier que je deviens plus exigeante depuis ma rencontre mouvementée avec Gil – et j’avoue volontiers que c’est une possibilité qui me trotte dans la tête depuis quelques semaines en fait. Mais peu importe, car là, tout de suite, j’ai un désir sauvage et brûlant à apaiser avant qu’il ne me consume totalement. Je te veux Pan ! Maintenant !

Une plage, la mer, le sable et une nuit de pleine lune : toutes les femmes à ma place trouveraient le moment d’un romantisme fou. Mais personnellement, je peux affirmer que ce mot ne fait pas partie intégrante de mon vocabulaire. Pourtant, je me surprends à apprécier les caresses pressantes de l’Envoleur. J’aime les doigts de cet homme glissant progressivement sur ma peau nue jusqu’à mon bas-ventre. Je suis déjà toute essoufflée avant même d’avoir esquissé un seul mouvement, comme après une course particulièrement grisante. Et dans un réflexe vieux comme le monde mes mains à moi courent malicieusement le long des muscles tendus de mon nouvel amant. Passant dans le dos de Pan, je remonte lentement jusqu’à sa nuque. Agrippant ses cheveux, je ne parviens pas à retenir un gémissement de plaisir alors qu’enfin, assouvissant ce besoin primaire qui me dévore, je le sens pénétrer profondément en moi.

Explosion. Explosion de plaisir. Explosion de chaleur. Explosion de violence contenue. Explosion de tendresse. Explosion de sensations. La gorge dévoilée à la lumière blême de la lune, telle une louve soumise à son alpha, je m’offre totalement, entièrement et irrémédiablement sans condition aucune, sachant parfaitement que je le regretterais à trop m’attacher.

* *
*


Je ne sais pas si j’ai atteint les étoiles, mais en tout cas, ce soir elles ne devaient pas être bien loin. Bon sang ! Pan. Si je résume, son corps tout en muscle ferait mourir d’envie toutes les femmes. Sa subtilité dépasse de loin celle du commun. Il manie les mots avec adresse. Il a des cornes : grandes, belles, massives, puissantes – parfait reflet de ma définition du Chaos en somme. Il est Envoleur, maître Envoleur. Et pour couronner le tout, il fait l’amour comme un dieu. Comme tous les Envoleurs qui ont croisé ma route un jour je dois dire – même si, excepté Sen, il n’est jamais que le troisième. Khylian fut l’histoire de quelques semaines passionnées et passionnantes avant qu’il ne disparaisse de ma vie sans plus un mot. Gil, lui, a débarqué à un moment d’extrême détresse mais je dois avouer que les limites de mon attachement pour lui sont encore très floues. Je l’aime, ça c’est certain. Mais à quel point ? Je l’ignore et ça me fait très peur. Et voilà que Pan surgit dans ma vie. Nouvelle équation. Nouvelles questions. Nouveaux doutes.

Avec la marée montante, l’eau nous lèche désormais joyeusement les pieds. Je crois bien que son contact me ramène doucement à la réalité – même si le firmament est encore tout proche. C’est incroyable comme j’ai eu la sensation de le toucher du bout des doigts. Et par la sainte culotte de l’empereur, ma respiration – bien que régulière – garde encore le rythme plutôt rapide de nos ébats. À côté de moi, Pan semble songeur. En vient-il à la même conclusion que moi ? Est-ce, pour lui aussi, la meilleure nuit qu’il ait passé depuis longtemps ? Dans le silence, à peine troublé par le grondement sourd des vagues et la musique festive du camp au loin, je peux presque entendre les battements de son cœur étrangement lents et calmes après la passion et la force de cette étreinte. Doucement, quasiment imperceptiblement, je glisse ma main dans la sienne, grande et perpétuellement tiède ; je me sens incroyablement sereine et bien. Oubliés les soucis. Oubliés les doutes. Merci Pan… Merci vraiment

Loin de moi l’idée de le perturber, il semble toutefois que mon geste l’ait tiré de ses pensées. Car l’instant d’après ses doigts glissent, aériens, sur ma peau avant d’être stoppé dans une sorte d’hésitation soudaine. Avec un léger froncement de sourcil, je réalise qu’il attend que je manifeste une quelconque envie à son invitation à s’aimer encore. Alors, en un clignement de paupière, je plaque l’homme sur le dos avec une facilité déconcertante, affichant un petit sourire énigmatique. La seconde suivante, je suis sur lui. Il est en moi. Et la danse reprend. Après tout, la nuit a encore de belles heures.

Mais cette fois, je veux plus que le firmament. Inconsciemment – ou pas – mes rencontrent à nouveau les cornes massives de Pan. Emmène-moi là-bas…



[Par la sainte culotte de l'Empereur, comme dirait l'autre, ça c'est fait xD]

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Mer 17 Oct 2012, 00:02

[ Est-ce que l’Empereur a dit que c’était déjà fini ? Rolling EyesVery Happy ]

C'est au bout du regard
Là ou les bateaux quittent la mer
Là, où l'horizon est tellement plus clair
Sous la belle étoile celle qui te dit que la vie ici
ne sera jamais rien que ton amie

C'est au fond de tes yeux
là, où le monde effleure tes rêves

C'est là que je t'emmènerai...

Alors que Pan fermait les yeux pour profiter encore de ces longs frissons qui s’invitaient dans son corps entier, un léger halètement attira son attention. Ce n’était pas le souffle court de Naïs étendue sur lui, non, c’était autre chose, une présence qu’il ne pouvait voir, mais qu’il entendait, et dont il sentait le regard sur lui.
Un animal ?
Non. Un animal aurait été moins discret. Plus naturel. Moins subtil.
On aurait dit la respiration hachée d’un chien qui fouillait le sol, mais ce n’était pas le bruit caractéristique des griffes non rétractables d’un canidé qui perçait le sable. C’était comme une démarche à deux pieds, avec un long traînement…

L’estomac de Pan fit un bond dans son ventre, et son cœur fut pris d’une brusque accélération.
Il savait que Naïs l’avait sans doute entendue, et sans doute perçue à jour avant lui. D’après ce qu’il en avait vu d’elle, ses sens étaient si développés qu’ils remplaçaient parfaitement – voire encore mieux que ça – sa vue inexistante.
Un long frisson froid remonta dans les membres de l’Envoleur, alors qu’il hésitait à se redresser. Il ne savait pas s’il avait raison ou non. Etait-ce bien ce à quoi il pensait ?

Mais les bruits de pas étaient de plus en plus distincts. Les halètements s’étaient faits râles désordonnés, et le crissement sur le sol, comme si l’on traînait quelque chose, s’était encore plus accentué.
* Une goule ! *

Les poils de sa nuque se hérissèrent, et il ne réfléchit plus, peinant à reprendre pied avec la réalité.
Une terreur incommensurable venait de le traverser, et des sueurs froides remontaient le long de son échine. Il repoussa doucement mais fermement Naïs, et se mit en garde, parfaitement nu. Cela ne le dérangeait pas, et la créature le fixa un instant d’un regard vide… Avant qu’un rictus de haine et de vieille femme affamée déformassent ses traits.

Du bois.
Il lui fallait du bois.
Mais à portée de vue, il n’y en voyait pas. La plage sur laquelle ils se tenaient regorgeait d’algues, mais le bois flotté déposé par la houle que son regard croisait était bien trop court ou bien trop mou pour faire un quelconque effet à une telle créature.

- Euh… Si tu as une formidable idée, n’hésite pas.

Il n’avait pas envie de crier, et crier aurait accéléré le processus d’attaque de la Goule, l’excitant encore plus. Même si c’était pour crier à l’aide. Et puis, les gens, là-bas, ne l’entendraient sûrement pas.
Il leur fallait du bois.
Parce que même à deux Envoleurs, Maîtres Envoleurs, faire face à une Goule sans bois revenait tout simplement au suicide : en effet, elle se dématérialisait dès qu’on tentait de la toucher…

* Mais… Mes cornes… ? *

C’était de la corne, pas du bois. Mais cela restait proche, non ?
Mugissant presque, Pan fit basculer son torse en avant pour se mettre à la hauteur de la Goule, et se lança dans un assaut aussi stupide qu’il pouvait être efficace. Il avait une chance sur deux que cela fonctionne… et quand il commença sa charge, il ne savait pas encore s’il allait la transpercer ou bien se faire enserrer par ses bras de gel…



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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Mer 17 Oct 2012, 13:25

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Cette fois, c’est la fin. In extremis je suis parvenue à détourner l’attention du monstre, juste assez pour que Pan se dégage de son étreinte mortelle. Mais à présent, cette maudite goule a l’air très, très en colère. Elle semble décidée à ne pas laisser s’échapper son repas de ce soir – nous. Dommage, après avoir survécu à un Mentaï des plus redoutables, de se voir ôter la vie par une créature on ne peut plus stupide. Alors que je recule peu à peu, un os craque sinistrement sous mon pied. Retenant ma respiration quelques secondes, j’espère de toutes mes forces qu’il ne s’agit pas de l’un des itinérants. Je vais mourir. Nous allons mourir. Alors dans un réflexe étrange je me blottis dans les bras de l’Envoleur à moins d’un mètre de moi désormais et ferme les yeux très fort attendant que le coup de grâce tombe enfin…

* *
*


Oh ! Par la Dame ! Je crois que je ne me suis pas sentie aussi bien depuis fort longtemps. Un homme, une femme, seuls sur une plage, quoi de plus naturel ? Enfin, pas complètement seuls. Bien trop occupée toucher du doigt d’anciennes sensations oubliées, d’abord redécouvertes avec Gil et approfondies avec Pan, il me faut un certain temps pour capter une respiration rauque et sifflante – certainement pas celle de l’Envoleur et encore moins la mienne malgré nos ébats passionnés. Tâchant d’ignorer un instant la présence, je me fige soudain lorsque flotte dans l’air une odeur parfaitement nauséabonde que même les embruns de l’océan ne parviennent pas à couvrir. Cette empreinte fait éclater au grand jour des souvenirs enfouis loin dans ma tête. Mon sang semble se glacer littéralement à l’intérieur de mes veines : je reconnaîtrais cette créature entre mille pour avoir déjà croisé le chemin de l’une d’entre-elle alors que j’étais encore l’apprentie de Sen. J’en ai la certitude, il s’agit bien de cette bestiole rarissime dans tout l’Empire, mais que tous redoutent plus que n’importe quoi d’autre. Rien que de prononcer son nom, rien que de savoir ce dont elle est capable ferait frissonner d’horreur et d’effroi un colosse. Même en passant une vie sans jamais la rencontrer…

Une goule !

Retenant une bordée de jurons tous plus colorés les uns que les autres, je libère Pan au moment même où il réalise le danger de la situation. Lentement mais sûrement, aussi silencieusement que possible afin d’éviter une attaque brusque de la créature, je me campe solidement sur mes appuis. Le parfum du sang se mêle à celui de la chair décomposée et soudain je crains pour mes compagnons de route même si la musique s’élevant dans la nuit paraît témoigner qu’ils n’ont rien. Je réfléchis à toute vitesse.

Là, tout de suite, il nous faudrait du bois. Or, il y a un sacré hic. Nous sommes sur une plage et le seul bois qu’il est possible de ramasser est totalement rongé par l’humidité. Même à deux maître Envoleurs, cette goule affamée promet de beaux et gros ennuis. Mon cœur s’emballe légèrement tandis que toutes les solutions s’ évanouissent une par une. Calme toi jeune femme m’invective Sen. Tête de mule aurait dit Gil. Toi alors, t’en loupe pas une renchérirait Nwëlla. Oui, sauf qu’aucun d’eux n’est présent ce soir pour me sortir de cette galère. Bravo ! Vraiment bravo ! Pour un petit voyage de convalescence, c’est réussi ! Pourtant, je suis prête à vendre chèrement ma peau et cette satanée bestiole le regretterait amèrement, quoi qu’il m’en coûte.

Avant que je n’ai le temps d’esquisser un geste, Pan charge littéralement la goule. Hochant la tête, dubitative, je reste interdite un instant. Par la sainte culotte de l’Empereur, il est suicidaire ou quoi ? Toutefois, aussi étonnant que cela paraisse, j’ai un brin d’espoir que son attaque surprise ait l’effet escompté. Après tout, il a des cornes et je dois avouer que je suis curieuse de savoir de quelle matière elles sont faite. Par conséquent, il a dû en venir à la même conclusion que moi : qui ne tente rien n’a rien ! Et, instinctivement, c’est littéralement toute griffes dehors que je bondis à mon tour bien que sachant pertinemment que ma greffe ne me sera pas d’un grand secours si la tentative de Pan de ne fonctionne pas.

* *
*


Cette fois, c’est la fin. In extremis je suis parvenue à détourner l’attention du monstre, juste assez pour que Pan se dégage de son étreinte mortelle. Mais à présent, cette maudite goule a l’air très, très en colère. Elle semble décidée à ne pas laisser s’échapper son repas de ce soir – nous. Dommage, après avoir survécu à un Mentaï des plus redoutables, de se voir ôter la vie par une créature on ne peut plus stupide. Alors que je recule peu à peu, un os craque sinistrement sous mon pied. Retenant ma respiration quelques secondes, j’espère de toutes mes forces qu’il ne s’agit pas de l’un des itinérants. Je vais mourir. Nous allons mourir. Alors dans un réflexe étrange je me blottis dans les bras de l’Envoleur à moins d’un mètre de moi désormais et ferme les yeux très fort attendant que le coup de grâce tombe enfin…

… Mais un bruit retient sensiblement mon attention. Celui d’un projectile filant à pleine vitesse. Un projectile rapide et mortel fusant vers nous. Vers Pan. Et pour en avoir déjà intercepté un miraculeusement avant qu’il n’embroche Gil purement et simplement quelques semaines auparavant, je réagis avant même de comprendre qu’il s’agit d’un Dessin. Au moment précis où la créature affamée fond droit sur nous, je me coule contre le torse de Pan et me glisse derrière lui, dans son dos. D’un puissant mouvement d’épaule, je le déséquilibre lui évitant ainsi d’être happée par la goule en furie. Bondissant pour lui échapper également j’intercepte le pieu à mi-course. Un pieu en bois. Celui qui semble en vouloir Pan vient sans le savoir de nous sauver la vie, à lui et à moi. Et j’ai d’ailleurs déjà une petite idée improbable de l’identité de notre sauveur – complètement improbable, car il faut dire qu’il aurait sacrément bien caché son jeu. En un clignement de paupière je fais volte face et brandis le morceau de bois acéré ne sachant trop si la créature viendrait s’y embrocher dans son incroyable élan…



[L'Empereur, il aurait jamais osé dire ça x)]

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Jeu 18 Oct 2012, 13:57

* Ha ben non… *
Première pensée, alors que les bras glaciaux et d’une force surhumaine de la créature se referment sur Pan, entourant son torse. Il n’était pas très gros, certes, mais ce geste eut d’abord l’effet de le piquer au vif, l’agacer en somme : on ne passe pas ses bras comme ça autour de ses épaules non plus ! Cependant, il fut rapidement rattrapé par cette sensation de froid qui courait dans tout son corps, diffusé par l’étreinte de la noire créature.
Il allait mourir.

A vrai dire, Pan n’avait jamais rencontré de Goule, et c’est sans doute pour cela que son courage ne lui a pas fait défaut alors qu’il la chargeait : il avait entendu dire que ces créatures étaient les plus redoutables de tout l’empire, les Ts’liches exceptés. Enfin, il n’avait rencontré ni les uns ni les autres, mais il devinait à peu près ce que cela impliquait. A peu près. Dans Gazalawmahqj, il y avait des monstres semblables, mais jamais ils ne se seraient approchés de trop près des hordes. Ou alors, c’était qu’ils avaient vraiment faim.

Cette goule était donc affamée ?
Il allait finir dans son estomac. Il espérait au moins que sa chair serait assez goûteuse pour que la créature ne s’attaque pas à Naïs… Mais l’étreinte s’adoucit un instant, et dans un réflexe de survie, Pan meugle en secouant la tête, ce qui lui permet de se dégager des bras de la créature. Elle pue les immondices…
Jetant un coup d’œil à Naïs, son regard perçoit les griffes qui ont pris la place de ses ongles, longues et acérées, et il hoche imperceptiblement la tête. Sa greffe à lui ne sera pas de grande utilité – à part déséquilibrer Naïs, et donc prendre le risque que la goule profite du tremblement pour s’en rapprocher… Mais la femme vint se blottir contre lui, lui tirant une mine surprise, et il sentit son cœur s’emballer : il était temps de paniquer, là, ou pas ?
Le bruit caractéristique d’un trait le tira de sa question, alors qu’elle commençait à lui faire monter des sueurs froides, et ce fut Naïs qui saisit à pleines mains un pieux de bois lancé dans leur direction. On voulait les tuer ? On avait envoyé cette goule ?

L’Envoleuse le déséquilibra à cet instant précis, et il bascula en arrière, tentant d’enrouler le dos tout en dégageant sa tête, pour ne pas embrocher la femme au passage ; cela aurait été vraiment bête. Mais elle était déjà debout et brandissait le pieu en bois qu’elle avait intercepté vers la goule en furie.
Enfin, elle avait beau être en furie, elle parvint à s’arrêter à une distance raisonnable du morceau de bois taillé en pointe, et un léger sourire étira les lèvres de Pan, qui se précipita en avant vers Naïs, attrapant sa taille de son bras pour ne pas l’empêcher de bouger ses épaules et ainsi mieux viser la goule.

- Accroche-toi…

Prenant une inspiration, il laissa l’énergie affluer dans ses jambes un instant, et la seconde d’après tapa du pied – on aurait pu croire au caprice d’un enfant gâté, comme ça. Sauf que la formidable énergie qu’il avait accumulée grâce à sa greffe explosa sous son pied, provoquant une onde de choc qui secoua les vingt mètres alentours d’une percussion puissante, une onde qui craquela le sable en plusieurs endroits…
La goule, devant eux, perdit légèrement l’équilibre, et Pan s’élança avec Naïs dans les bras en avant, dans un bon prodigieux.

* Crève ! *

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Ven 19 Oct 2012, 12:48

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

J’attends. Dans une position de garde parfaite – pieu largement en avant, buste légèrement cambré mais droit, bien campée sur mes appuis – j’attends. Mais le choc ne vient pas. Malgré sa faim et sa détermination à faire de deux Envoleurs isolés sur une plage son prochain repas, la créature semble se tenir farouchement à l’écart de la pointe acérée de mon arme de fortune. Décidément, elle ne me faciliterait pas les choses cette stupide goule ! Il va falloir que je sois la plus rapide : plus facile à dire qu’à faire face à cette bestiole répugnante. Toutefois, je suis certaine d’une chose. Ce soir, de nous deux, c’est elle qui finira six pieds sous terre car je suis on ne peut plus résolue à défendre chèrement ma peau. Je n’ai pas échappé à la mort il y a peu pour aussitôt retomber dans ses filets. Hors de question !

Lorsque la voix de Pan résonne dans l’air et que ses doigts agrippent ma taille, je n’ai que le temps de m’exécuter sans poser de question et, mon pieu toujours aussi menaçant, attraper le bras de l’homme derrière moi. La seconde suivante une onde puissante, tremblement éphémère, manque de me déséquilibrer et si l’Envoleur n’avait été derrière moi, je me serais sans doute étalée dans le sable – et j’aurais eu l’air sacrément maligne. Bon sang ! Ça décoiffe ! Un grognement rageur ne tarde pas à m’apprendre que je ne suis pas la seule à avoir été touchée par les effets de cette formidable onde de choc. Alors, en un clignement de paupière, je fonds littéralement sur la goule peinant à retrouver son équilibre. En moins de temps qu’il ne faut pour dire ouf, j’enfonce le pieu de toutes mes forces, essence de bois pure, profondément dans le cœur de la créature – pour peu qu’elle ait un cœur.

Crève donc !

Un peu comme si j’avais pu lire dans ses pensées, je peux sentir Pan vibrer de la même satisfaction étrange qui m’envahit. De celle qui suit un effort particulièrement intense. De celle qui rend compte d’une situation quelque peu surréaliste – comme d’échapper d’un quart de poil de mollet de fourmi à la mort. Le hurlement d’agonie de la goule déchire le silence de la nuit et, durant une demi seconde, je souris en constatant que la musique bat toujours son plein ; ils sont vraiment décidément imperturbable. Grimaçant, je me bouche les oreilles de mes mains : je dois avouer que je crains un instant pour mes tympans…

Mais, rapidement, le cri de douleur devient le gargouillis infime d’une créature se noyant dans son sang, morte – ou presque. Un sourire mi-figue mi-raisin finit par éclairer mon visage, clin d’œil complice en réponse à Sen qui avait eu raison – une fois de plus – à Gil et Nwëllla qui auraient sûrement manqué la crise cardiaque de me savoir dans une telle situation. Avec un léger soupir de soulagement, je reprends pied dans la réalité. Je ne reviens en fait toujours pas de la manière dont Pan a chargé l’affreuse bestiole, même si, au fond j’en comprends la raison – après tout, qui ne tente rien n’a rien. Et n’importe qui d’autre que lui serait passé pour un suicidaire. Et si je n’avais pas été là pour détourner l’attention de la goule, il serait sûrement… Il aurait certainement… Broyé… Dévoré… Bah ! Rien que d’y penser, ça me fiche des frissons. Sale bête ! Esquissant quelques pas vers Pan, je glisse pensivement mes doigts sur son torse nu.

- « C’était bien essayé, mais tu aurais pu te faire tuer… »

Simple constatation. Stupide même. Il le sait. Mais pourquoi mon cœur bat-il encore à toute vitesse alors que le danger s’éloigne peu à peu ? Ça, je ne me l’explique pas. Est-ce l’adrénaline qui ne veut pas retomber ? Possible. Est-ce un étrange effet de la peur – une peur indicible et soudaine, une peur de mauvaise augure ? Je le redoute. Ou alors est-ce le nouveau trait qui fend l’air droit vers nous à une vitesse hallucinante ? Et cette fois, je n’ai que le temps de réaliser que la goule n’était que la partie visible de l’iceberg du problème. Par un effort incroyable, je retiens une bordée de jurons colorés. Par la sainte culotte de l’Empereur, si je choppe l’immonde face de Raï…

Le nouveau pieu file, mortel. Le temps s’arrête quelques secondes et je me maudis d’avoir oublié que nous ne sommes pas seuls. Et que l’intrus semble sacrément nous en vouloir. Or, un Dessinateur en colère ne présage jamais rien de bon !

Tête de mule, si tu étais restée chez toi à te remettre tranquillement rien de tout cela ne serait arrivé !




[Un peu court ^^']

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Sam 20 Oct 2012, 16:28

Lorsque le pieu de bois s’empala littéralement dans le torse de la goule, un intense soulagement traversa Pan de part en part. La créature mise hors de combat, tout semblait soudain plus rose – ou plus bleu en l’occurrence – et le sourire qu’il échangea avec Naïs lui confirma que la femme pensait exactement la même chose, à quelques nuances près. Un soupir franchit ses lèvres, et il lui fallut plusieurs secondes pour comprendre de quoi parlait l’Envoleuse qui venait de s’adresser à lui. Il aurait pu se faire tuer, et elle aussi, non ? Oh, elle parlait de la charge.

Oui, il aurait pu se faire tuer. Mais en même temps, elle n’avait pas eu de meilleure idée, donc il fallait bien tenter quelque chose, de toute façon elle les aurait eu à l’usure et à l’endurance, donc il ne se faisait pas trop d’illusions.

- Ca a eu le mérite de mettre les choses au clair : je ne réessayerai plus !

Il y avait un éclat de rire dans son regard et sa voix chaude.

- Enfin, j’espère surtout ne pas refaire face à une telle…

Un autre pieu de bois fila à toute vitesse vers lui, et il n’eut que le temps de se jeter par terre pour l’éviter.
Oups, il avait oublié ce détail. Quelqu’un avait tenté de les tuer, mais Naïs avait réussi à attraper un peu à son passage pour l’envoyer dans le ventre de la créature puante.
Sauf que d’autres pieux arrivaient, et désormais le doute n’était plus possible : on leur en voulait. Et c’était très intelligent de s’en prendre à eux en un tel contexte, étant donnés qu’ils étaient nus sur une plage, tous les deux, sous la lumière de la lune et près de la houle de l’océan.
Femme ou homme, l’inconnu avait de quoi se rincer les yeux.

Pan avait du mal à comprendre comment d’ailleurs un homme pouvait lancer de tels pieux à une telle vitesse. Mais alors que son regard tombait sur la Goule, dont le pieux qui l’avait transpercée disparu, ce fut plus clair : un Dessinateur !
Les seuls Dessinateurs qu’il n’avait jamais rencontrés étaient les Mentaïs, et c’était impensable qu’un Mentaï s’en prît à deux Maîtres Envoleurs. Aucune raison d’attaquer des personnes dans le même camp qu’eux, et aucune raison de se frotter à des puissances telles. Ils savaient ce qu’ils avaient créé : dans leur corps vivait la greffe qu’ils leur avaient accordée.

Alors, c’était un Dessinateur, ou toute autre chose qui pouvait dessiner des pieux filant dans les airs, et au passage pas très précis. D’ailleurs, un nouveau s’élança vers eux, et Pan eut le réflexe s’écraser sur le sol devant lui pour ne pas se le prendre : il ne pouvait pas rouler, simplement, ses cornes l’en empêchant. Un détail qui avait longuement agacé son ancien Maître, mais dont lui-même ne voyait pas l’intérêt : en effet, cela avait toujours été ainsi, et il avait développés d’autres réflexes pour échapper à des attaques qui auraient demandé des roulades. Comme s’écraser sur le sol, par exemple.

D’une fabuleuse détente de bras, Pan se releva complètement sur ses deux pieds, et son regard parcourut la plage rapidement : le Dessinateur ne pouvait pas être très loin, non ? Ils ne dessinaient pas des trucs si gros à grande distance, et en plus il aurait certainement perdu encore plus de précision. Donc il se cachait, pas loin. Mais percevoir sa respiration était trop compliqué, alors que les pas des Envoleurs faisaient crisser le sable, que leur respiration saccadée brouillait l’atmosphère et que des pieux de bois sifflaient dans l’air…
Pan bondit de côté pour éviter un énième tronc taillé. Du coin de l’œil, il vit quelques buissons bouger, mais pas dans le même sens que les autres, comme si le vent… comme s’il y avait un Dessinateur derrière. Est-ce que Naïs l’avait repéré ? C’était qui ce type ? Il leur voulait quoi ?

Bouillonnant intérieurement, le colosse serra les dents et se précipita sur les buissons en question.
Au moins l’assommer, et après le faire parler. Qu’importait le moyen, il était même prêt à lui arracher un bras s’il le fallait…

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Mar 23 Oct 2012, 17:16

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Je jure intérieurement tandis que j’évite un nouveau trait, mortel et puissant. Si seulement je tenais le rejeton de Raï qui… Hélas, pour le moment je ne peux rien faire de plus que rager silencieusement et imaginer avec délice le sort que je réserverai volontiers à ce maudit Dessinateur. Je le démembrerai. Je l’étriperai. Je l’égorgerai, lentement – très lentement. En un clignement de paupière, je bondis déjà tandis qu’un autre pieu, acéré, se plante dans le sable à quelques mètres à peine – là où je me tenais quelques secondes auparavant. Ces fichus Dessins sont férocement rapides, je dois l’admettre – quoique, pas autant que ceux de Driss qui, dans mon souvenir, restent plus long, plus acérés, plus parfait en somme. Pan aussi semble furieux de se battre contre un adversaire invisible. Dans un demi-sourire, je me surprends à espérer que l’Envoleur provoque une nouvelle onde de choc : certes, cela me déséquilibrerait sûrement, mais également le Dessinateur embusqué. Or, je me sais parfaitement capable de me ressaisir en moins de temps qu’il ne faut pour dire « ouf », ce qui est amplement suffisant pour piéger notre assaillant plus têtu encore qu’une goule.

Malgré mes supplications silencieuses, rien ne vient. Pan est sûrement bien trop occupé, lui aussi, à éviter trait sur trait que balance le Dessinateur planqué. À peine couverte par le sable crissant sous mes pieds, je perçois la respiration haletante de l’homme à en juger par cela, il ne sera bientôt plus capable de tenir le même rythme. Voilà une bonne chose pour nous. En plus, il est tout près – vraiment tout près. Sans plus attendre, je me faufile silencieusement sur le flanc gauche de sa pitoyable cachette tandis que Pan, l’ayant certainement repéré également, fonce de l’autre côté. Nous sommes deux. Il est seul. L’encercler reste sûrement le moyen le plus radical de mettre fin à sa folie meurtrière. Enfin, encore faut-il qu’il morde à l’hameçon. Les pieux fusent, moins rapides, mais toujours aussi précisément mortels. Je suis obligée de serrer les dents pour retenir mes jurons.

Enfin la distance me séparant du Dessinateur en furie est assez courte pour que je puisse lui sauter à la gorge, purement et simplement. Je ne me fais d’ailleurs pas prier une seule seconde de plus. En un clignement de paupière, je fonds sur l’homme et dans une détente fabuleuse mon poing trouve le chemin de sa mâchoire. Sans la moindre pitié, je le choppe par le col alors qu’il est à moitié groggy contre son rocher. Cependant, avant que je n’ai le temps de lui assener un nouveau coup, sa voix résonne dans l’air, m’arrêtant tout nettement dans mon mouvement.

- « Naïs ! Stop ! »

Illjän ! Je ne sais pas pourquoi, mais cela ne m’étonne même pas de découvrir sa véritable personnalité. En fait, il avait bien caché son jeu jusqu’à cette nuit. Je l’avais pris pour un simple badaud, en vérité son don fait de lui bien plus que cela. Je crois même me souvenir qu’il avait été particulièrement déçu de contourner littéralement la ville de lumière, capitale de l’Empire : je comprends mieux pourquoi il connaît si bien cette ville. En fait, ce qui m’intrigue bien plus c’est la raison pour laquelle il a manifestement voulu nous tuer, moi et Pan. Face de Raï doublé d’un incroyable emmerdeur, celui-là vient de sérieusement échauffer ma patience – ce qui est de plutôt mauvaise augure pour lui.

- « Tu as intérêt d’avoir une excuse en béton si tu tiens à la vie… »

Ma voix est froide, belle promesse de mort, quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse. Et dans le silence de la nuit, tout juste rythmé par le roulis incessant des vagues, l’homme déglutit péniblement. Il a de quoi être mal à l’aise. On ne s’en prend pas à Naïs Jol de cette façon, non mais…

- « A vrai dire, tu ne m’as pas laissé le choix… »

Je hausse un sourcil, sans toutefois desserrer ma prise. Oh bon sang !

- « Tu sais ce qui me chagrine le plus : que tu ne te souvienne même pas de moi… De nous… »

Décidément, je dois avoir l’air de plus en plus ahurie. Qu’est-ce qu’il raconte celui-là ? Il compte peut-être m’avoir aussi facilement que…

- « Al-Jeit. Quartiers Suds. Il y a six ans. J’avais vingt ans à l’époque… »

Je fronce sourcil en soupirant. Ca y est, ça me revient. Je me souviens de tout maintenant : l’apprenti Dessinateur, ses promesses, les miennes – du vent comme d’habitude. Mais tout cela c’était avant que Morgan et mes parents ne trouvent la mort sur le fil des épées des Impériaux, avant que ma vie ne prenne un tournant dramatique et bascule à tout jamais. Le bougre, lui, ne semble pas avoir oublié ma fuite – ni son amour pour moi. Enfer aurait dit Gil ! Et il aurait eu raison…

- « Etait-ce bien la peine d’essayer de nous tuer ? De me tuer ? »

Je soupire. Les remords d’Illjän sont clairement palpables dans l’atmosphère tendue.

- « Pourras-tu me pardonner ? »
- « C’est déjà fait… »

Avec un sourire féroce, je laisse l’homme se saisir de ma taille. Les femmes sont toujours supérieures aux hommes, tu peux me croire semble me murmurer Sen. Leurs atouts feraient défaillir n’importe quel homme… Et bon sang, tes arguments à toi ne sont pas des moindres alors sert-en ! Je ne me fais pas prier. Sen avait toujours eu une vision pour le moins particulière des choses, mais cela avait eu le mérite de me sortir plus d’une fois de situations périlleuses. Avec une force redoutable je happe les lèvres de l’homme des miennes tandis que mes doigts glissent doucement sur sa nuque. Plus bête qu’un Troll, l’homme semble y prendre plaisir, mais la seconde d’après il semble vouloir se dégager furieusement de ma poigne. Trop tard. Mes griffes transpercent déjà la chair de son cou. Et le sang chaud coule sur mes doigts, promesse de mort, littéralement. Dès lors, il ne faut plus longtemps pour qu’Illjän cesse de gesticuler comme un fou, refroidi pour toujours.

Avec une expression de pur dégoût, je finis par me relever abandonnant le cadavre là, contre la roche coupante. Vraiment, je crois qu’il n’y a rien de pire qu’un Dessinateur éperdument amoureux et affreusement jaloux. Avec un haussement d’épaule, je me rends compte que, l’espace d’un instant, j’avais complètement oublié Pan – ne songeant plus qu’à réduire en bouillie la face de Troll qui en avait voulu à ma vie. Que va-t-il penser de moi à présent ? Parce que, personnellement, il me tarde de reprendre là où nous nous sommes arrêtés. Un léger sourire étire mes lèvres. Je décide de tenter le tout pour le tout.

- « On en était où ? »

Silence…

- « Pan ? »

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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Mer 24 Oct 2012, 18:34

- Pan ?

L’homme cligna des yeux quelques instants, et son regard trouva rapidement celui de la femme qui venait de l’interpeller. A vrai dire, il était si hébété qu’il se demandait si ce qu’il vivait était un rêve ou non.

D’abord, la rencontre avec une femme d’une beauté merveilleuse.
Ensuite, l’amour avec cette même femme, sur une plage, face à l’océan.
Et puis, l’attaque d’une goule, qui avait bien faillit les faire trépasser.
Enfin, des dessins d’un Dessinateur acharné et au cœur encore amoureux.

Cela faisait beaucoup de choses, et pour Pan, il était tout à fait normal qu’il se pose la question du rêve. Il n’y avait que les rêves pour être si compliqués, et si simples à la fois… non ?

A priori, non.
Le regard ambré de la femme aveugle le troubla bien plus qu’il n’aurait voulu l’admettre. Discrètement, il se planta un ongle dans la pulpe d’un doigt, et la douleur, vive, lui confirma que tout cela n’était pas qu’illusions ; que rien n’était une illusion en fait. Surtout pas la scène qu’il venait de subir, en spectateur, de Naïs embrassant le Dessinateur, du Dessinateur et de sa déclaration passionné, de la mort du Dessinateur de la greffe de l’Envoleuse.
Surtout pas cela.

Tentant de reprendre un peu de contenance, il se racla doucement la gorge. Que dire ? Que faire ? Après tout, elle venait de tuer un homme sous ses yeux, et dans un élan de… c’était quoi en fait ? De la passion ? Passion mortelle. Ce n’était pas non plus de l’affection. Non, c’était juste un moyen pour arriver à ses fins, et mettre cette ordure au tapis, pour passer une soirée comme elle le voulait. Il faut dire que le Dessinateur avait aussi été bien naïf : il avait perçu son regard joyeux lorsque les lèvres de Naïs s’étaient posées sur les siennes, et il l’avait même crue quand elle disait qu’elle lui pardonnait – alors que tout, dans l’attitude de l’Envoleuse, montrait clairement qu’elle allait le tuer. Il ne l’avait même pas vu.
L’amour rend-il réellement aveugle ?
Et elle, en étant déjà aveugle, retrouvait-elle la vue quand elle était dans des moments d’amour ?
Un sourire moqueur – pour lui-même – étira les lèvres de Pan, et il soupira. Tendant le bras, il leva ses doigts jusqu’au visage de Naïs, et son pouce caressa doucement sa joue dorée.

- Oui oui…

Se penchant légèrement, il la sonda du regard, avant de simplement la contempler. La ligne de son visage, harmonieuse, ainsi que la pulpe de ses lèvres, étaient à croquer. Oui, il la mangerait bien. Encore et encore, d’ailleurs, car tout son corps était un appel à l’amour charnel, il ne pouvait pas le nier. Et même s’il n’était pas tout à fait un humain mâle, il n’était pas insensible à toute cette volupté – loin de là. Il avait seulement, sans doute, un peu plus la tête sur les épaules.
Pan déposa un baiser léger sur les lèvres de Naïs.
Léger, et tendre.
Dans un petit sourire.

- Où on en était ? Hum, et bien, avant qu’une goule dégoûtante nous tombe dessus, on était allongés sur le sable…

Un nouveau sourire étira ses lèvres, et alors que son regard tombait sur ses seins – nus, puisqu’ils ne s’étaient pas rhabillés ni l’un ni l’autre (pas le temps) – il mena une de ses paumes sur le bouton qui semblait l’attendre. Se mordant une lèvre, il le pinça légèrement… prémices à une suite, encore ?









[ C'est court ! ]

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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Mar 30 Oct 2012, 15:44

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Un léger sourire étire mes lèvres : un vrai – de ceux qui sont rares. De ceux qui sont beaux. De ceux qui sont incroyablement sincères. La réponse n’aura pas tardé finalement, brisant le silence de la nuit et se mêlant au roulis régulier des vagues. Et d’ors et déjà, elle me plaît. La nuit semble loin de se terminer – elle ne fait que commencer même, à présent que goule et Dessinateur ne risquent plus de nous interrompre. Le dernier qui avait su me faire passer la plus agréable des nuits depuis fort longtemps n’est autre que Gil. Et en débarquant dans ma vie, je peux affirmer sans peine qu’il a tout balayé sur son passage, comme un ouragan ; avec Gil, toutes mes certitudes se sont justes envolées. Et ce soir, c’est au tour de Pan de jeter le trouble dans mon existence chaotique. Jusqu’à ces quelques derniers mois, je ne me croyais plus capable d’aimer, ni même d’être aimée en retour ; ma colère et ma haine m’ont aveuglé des années durant, mais au fond, je vivais sans me poser de questions simplement guidée par le goût de la vengeance. En somme, sans lois ni attaches, je me sentais infiniment plus forte. Aujourd’hui tout bascule, et la main de Pan sur mon sein nu – nous n’avons même pas eu le temps de nous rhabiller avec tout cela – achève les derniers contreforts de ma raison, me tirant un puissant frisson qui remonte lentement le long de ma colonne vertébrale.

- « Intéressant »

Mon murmure se mélange un instant au souffle chaud de l’homme. Plissant le nez, je prends un air parfaitement espiègle – mon père aurait sûrement dit, comme souvent en fait, que je ressemble encore plus à Imaëlle lorsque j’adopte ce genre de petite moue malicieuse. À mesure que mes doigts courent sur le torse musclé de Pan, le brasier au creux de mon ventre se ravive lentement et agréablement même. Tandis que ma main glisse derrière sa nuque, bien plus massive que celle d’un homme normal – il faut bien qu’elle puisse soutenir ses grandes et puissantes cornes – je me blottis un peu plus contre lui, corps à corps terriblement torride.

- « Oui et je crois me souvenir que… c’était… fichtrement… »

Le souffle coupé par le désir, je ne finis pas ma phrase et happe les lèvres de Pan des miennes. J’ai l’impression d’exploser de désir. Un homme et une femme, enfin seuls – ou presque – quoi de plus normal ?

* *
*


Les premiers rayons du soleil chauffant doucement ma peau nue m’extirpent doucement du sommeil. Il me faut quelques secondes avant que mes idées s’ordonnent et que les souvenirs surgissent. Le bruit sourd et régulier des battements d’un cœur – celui de Pan – résonne à mon oreille. Je crois que j’ai passé la soirée la plus étrange de ma vie, surprenante et follement agréable. Décidément, tu ne perds pas ton temps toi aurais dit Irrhuin. Tu vas t’en mordre les doigts ma vieille aurait sûrement ajouté Nwëlla. Je souris pensivement. Bande de jalouses !

Les doigts de Pan se referment doucement sur mon épaule. Il semble se réveiller, lui aussi. Entre la goule affamée, le Dessinateur encore transi d’amour et nos ébats passionnés, la soirée a été rudement sportive et c’est bercée par des bras chauds et puissants que je me suis endormie, là, sur cette plage face aux grand Océans du sud.

- « Salut »

Simple murmure, juste pour tirer complètement Pan de son sommeil. D’habitude, je m’arrange toujours pour filer avant le lever du jour – sauf avec Gil – mais cette fois, pas moyen. Impossible. Pourquoi ? Je n’en sais fichtre rien. Est-ce la curiosité ? La passion ? Ou bien simplement l’homme contre lequel je suis blottie ? Au fond de moi, j’espère pour que ce ne soit pas cette dernière raison, sinon, Nwëlla aurait raison...



[Pas terrible et monstrueusement court... ]

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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Mar 06 Nov 2012, 11:42

Le bruit sourd de l'Océan l'avait réveillé depuis longtemps déjà.
Pan n'avait jamais eu besoin de beaucoup de sommeil. Quelques heures lui suffisaient généralement pour se reposer et repartir dispo pour toute une journée, et sans doute était-ce dû à ses origines étranges. Dans tous les cas, il avait été tiré du sommeil par les bruits de la fête qui s'étaient atténués, quelques heures avant que le soleil ne se lève. Laisser le soleil le réveiller, il n'en avait pas l'habitude, et cela arrivait très rarement.

Aussi, quand il sentit Naïs bouger légèrement dans ses bras, il ne bougea pas, gardant un souffle long et profond. Elle ne bougeait qu'à peine, ouvrant sans doute juste les yeux et reprenant ses esprits après cette nuit plus qu'agitée. Entre leurs confrontations, la mort de la goule comme de l'homme qui Dessinait, il y avait de quoi être perturbé... Pour des gens normaux. Mais ni Naïs, ni Pan n'étaient normaux, il fallait bien l'avouer. Envoleurs l'un et l'autre, ils étaient épris de liberté, et leurs esprits ne fonctionnaient sans doute pas comme les autres – surtout celui de Pan, il le savait parfaitement. Il trouvait cependant un étonnant écho dans la manière de faire de la femme qui l'attirait énormément.

Quelque chose naissait dans sa gorge.
L'Envoleuse n'avait pas quitté ses bras, et il ne la retenait pas. Elle venait même de le saluer de manière totalement tranquille et sereine. Pas une note de méfiance, de méfiance ou de peur ; cette femme était juste exceptionnelle. Et cela était bigrement étrange de se retrouver dans une situation telle. A vrai dire, Pan avait abandonné l'idée de trouver des personnes qui ne seraient pas intimidées par ses cornes, ou en tout cas qui n'en tireraient pas une certaine méfiance. En un sens, il aimait cela, car l'autorité lui était presque dûe ainsi. D'un autre côté, c'était compliqué à gérer au quotidien, car la méfiance constante éveillait le sentiment d'insécurité et amenuisait la confiance qu'il aurait pu avoir en les autres. Cercle vicieu, il faut le noter.
Et pourtant, sa première rencontre avec Shalie, quelques mois plus tôt, lui avait démontré qu'il restait des gens... bien. Des gens qui ne se focalisaient pas sur ses cornes parce qu'ils avaient aussi des caractéristiques physiques qu'ils n'aimaient pas, ou en tout cas que les gens en général rejetaient. Et même si Shalie avait quelques sursauts de surprise lorsque parfois il bougeait la tête un peu rapidement, elle n'en avait pas peur ; et sa réaction était normale, car elle aurait fait la même chose qu'il avait tenu un poignard en faisant de grands gestes. La seule chose qui aurait pu empêcher de telles réactions, c'était la confiance totale.
Le genre de choses que l'on ne donne pas à un inconnu.

Malgré lui, ses pensées s'envolèrent vers la jeune fille aux oreilles de chat. Etonnante, pétillante, elle avait quelque chose de spécial en elle, et il n'avait pas su trouver quoi. Dans tous les cas, elle était bigrement intéressante, et ce repas qu'il avait partagé avec elle l'avait fait sourire bien plus que de coutume.

Et là, dans ses bras, se tenait une créature de rêve.
Belle à en rendre jalouse la lune ou le soleil, elle ne pouvait pas se focaliser sur ses cornes, ou peu, parce qu'elle n'avait pas le sens de la vue. De ce qu'il en avait vu, elle compensait largement avec les autres sens, d'ailleurs, et cela expliquait son statut plus que mérité – et comme elle s'était débarassée de ce Mentaï... Un léger frisson se fit un chemin le long de sa colonne vertébrale, et il soupira légèrement.
Se tournant lentement sur le côté, Pan fit glisser ses doigts sur l'épaule de Naïs, appréciant ce contact léger, et la peau de pêche de l'Envoleuse.

- Bonjour, belle créature...

Un sourire étirant le coin de ses lèvres, Pan se pencha sur la femme pour déposer un léger baiser sur ses lèvres. Léger, sucré, acidulé aussi, presque tendre.

Se redressant, il s'assit tranquillement sur son séant pour contempler l'océan.
Les vagues venaient s'échouer avec sérénité sur la plage de sable, et leur écume d'un blanc immaculé semblait chercher un écho sur la rive. Les bruits des festivités de la veille s'étaient éteints, et seule la houle venait perturber le silence olympien qui régnait.

- Ils semblent dormir désormais...

Prenant une profonde inspiration, Pan ferma les yeux quelques secondes, avant de se relever complètement. Il aurait préféré rester collé contre Naïs, mais une soudaine envie de se lever, marcher et courir le prenait au ventre. Tendant sa main vers l'Envoleuse, invitation à le suivre, il s'habilla tranquillement par la suite – même si ses vêtements étaient presque couverts de sable.


- Une petite balade, ça te dit ?

Il voulait juste se dérrouiller les jambes, et autant le faire en bonne compagnie – à vrai dire, il n'avait aucune envie de laisser Naïs, ou de partir sans elle. Mais... il avait peur que la fin de cette compagnie exemplaire, et extraordinaire, ne finisse bien trop tôt...

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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Les embruns sont comme les petites surprises de la vie... [Pan]   Ven 16 Nov 2012, 01:16

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

J’aurais voulu profiter encore de l’odeur de Pan, simplement enivrante, et de la chaleur de ses bras puissants. Or cette petite envie qui se manifeste presque sous la forme d’une légère onde, diffuse au creux de mon ventre, est particulièrement rare. Seuls trois, ou quatre hommes peut-être – dont Pan – , dans toute ma vie pouvaient se vanter de cet exploit. Me repliant sur moi-même, quasiment en position fœtale, je songe tout en caressant pensivement le torse de l’homme du bout des doigts comme un doux effleurement aérien : j’ai du sable entre les fesses et je peux indéniablement sentir crisser les grains malicieux qui se sont glissés dans mes cheveux emmêlés par la sueur et l’effort. Mais je suis bien. Juste bien. Formidablement bien.

Pan finit cependant par rompre le contact et je ne tarde pas à l’imiter en étouffant un bâillement sonore. Par la sainte culotte de l’Empereur, quelle nuit alors ! Lentement mais sûrement – non sans me débarrasser toutefois du sable collant encore à ma peau – je retrouve mon éternel short qu’Ainhoa ne supporte plus de me voir avec, même en peinture, ma chemise que je prends toujours soin de porter décolletée ainsi que mon corset tout neuf. Un sourire naît sur mes lèvres tandis que l’eau lèche joyeusement mes pieds et je profite de l’instant présent, ne sachant trop ce qu’il allait se passer à présent. Les itinérants resteront sûrement encore quelques jours : si en descendant vers le Sud avec la caravane, je n’étais pas certaine de remonter avec eux, ce vieux brigand d’Ythyen a finalement réussi à me convaincre – j’aurais sûrement mauvaise conscience à le décevoir. Alors, pour la première fois depuis longtemps, j’ai le temps de traînasser comme je le veux. Aussi, lorsque Pan me propose cette balade matinale, histoire de se remettre doucement en route, je hoche la tête de façon approbative.

Une balade matinale, rien que pour se réveiller lentement, après une nuit d’amour particulièrement torride : voilà qui est vraiment pour moi – pour ne pas dire exceptionnel ! D’aussi loin que je me souvienne, il me semble même qu’il s’agit d’une première. En fait, je me surprends carrément à apprécier ces minutes d’une journée qui commence sacrément bien en compagnie d’un homme extraordinaire. Déjà, il est Envoleur, épris de liberté, de puissance et de force ; et puis, il a des cornes, même si, en soi, ce détail ne change absolument rien à ma façon de l’aborder. Certes, son comportement et peut-être son mode de pensée aussi doit différer quelque peu des Alaviriens, mais Pan reste avant tout un homme.

Alors que quelques embruns malicieux et salés éclaboussent légèrement mon visage, un sourire espiègle naît sur mes lèvres. Au loin résonne les échos d’une mélodie, comme une complainte naturelle. La caresse de l’eau contre la roche ressemble presque, à cet instant, au chant des sirènes. Une petite idée germe doucement dans ma tête et doucement, comme un léger souffle, je me coule contre Pan.

- « Et si on faisait la course ? »

Presque innocemment, je me hisse sur la pointe des pieds jusqu’à ce que nos deux visages soient si proches que nos souffles s’entremêlent.

- « Là-bas ! Jusque la grotte ! Jusqu’au chant des sirènes… »

Je marque une légère pause pour laisser à Pan de repérer l’endroit – pas très loin en fait puisque la grotte doit se situer environ à deux cents mètres sur notre droite tout au plus.

- « Le premier qui arrive aura… »

À vrai dire, je n’ai pas encore réfléchi à la récompense. Si je gagne, je ne serais pas contre d’en savoir un peu plus sur l’Envoleur. En revanche, si je perds… Sauf que je ne compte pas perdre ce petit défi, aussi, joueuse et malicieuse, je dépose une bise douce et légère juste à la commissure des lèvres de Pan avant, dans un mouvement incroyablement rapide défiant toute rationalité, de pousser l’homme à l’eau. Voilà qui devrait le ralentir quelques secondes. Juste le temps qu’il me faut pour prendre un peu d’avance.

Moi, tricheuse ? Non, je n’oserais pas…
Moi, mauvaise joueuse ? Peut-être un peu…

Par la sainte culotte de l’empereur, si on ne peut plus rigoler deux minutes !

* *
*


Le vent fouette mon visage. Il joue avec mes cheveux, s’y engouffrant malicieusement. Il semblerait presque me donner des ailes, me poussant en avant à une vitesse tout bonnement hallucinante. Joue avec moi me susurre-t-il de sa voix douce, fraîche et pétillante. Envoles-toi avec moi me presse-t-il malicieusement. Et je te donnerais des ailes me promet-il enfin tandis que Pan, juste derrière, si proche, menace de me rattraper à tout instant. Alors, je réponds à la brise matinale, joueuse, et me laisse porter.

Le sable sous mes pieds semble m’ouvrir un passage, comme par magie. Il épouse la forme de chacun de mes pas aériens. Je n’ai pas remis mes bottes : elles limiteraient tout simplement ma liberté de mouvement sur un sol aussi meuble. Elles ne risquent pas de s’envoler sur plage aussi peu fréquentée, alors je les récupérerai tranquillement sur le chemin du retour. Mais pour l’instant de moi cette préoccupation…

* *
*


Les mains appuyées sur les genoux, je peine à retrouver mon souffle. J’ai donné un maximum d’énergie depuis les premiers mètres jusqu’aux derniers et j’imagine que Pan aussi puisqu’il semble tout autant essoufflé que moi. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine qui manque presque d’exploser. Ne tenant plus sur mes deux jambes, vacillantes, je finis par m’écrouler sur le sable humide de la grotte. D’une main hésitante, je ramène quelques mèches folles derrières mon oreille.

- « Par… la sainte… culotte… de l’Empereur… »

Tandis que je ferme les yeux, l’air pénètre de nouveau régulièrement dans mes poumons qui semblent réclamer toujours plus d’oxygène. Lentement, les battements effrénés de mon cœur ralentissent. Au bout de deux longues minutes qui me paraissent interminables, je retrouve une respiration presque normale. Roulant sur moi-même, je me redresse délicatement sur un coude alors que ma main effleure celle de Pan, écroulé de fatigue lui aussi. Le temps que les idées s’ordonnent dans ma tête, j’observe un moment le silence à peine perturbé par le ressac incessant des vagues.

- « C’est loin, là d’où tu viens ? »

Aussi loin que ma petite île natale qui s’étend au Sud de l’archipel des Alines, par-delà les Grands Océans ?

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