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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]

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Naïs Jol
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MessageSujet: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Sam 06 Oct 2012, 23:47

D'une terre à l'autre...
L'île de Kilauea

La faune

Les habitants

Les croyances
Sur des sentiers détournés...
I. La fin d'un voyage

II. C'est terrible, c'est affreux

III. L'enfant sacrilège

IV. Retour aux sources

V. Enivré de son corps

VI. Instants de bonheur
* Un nouveau jour
* Premiers flocons
* Comme un rayon de soleil au coeur de l'hiver
* Explorations intimes

VII. Tout n'est qu'éphémère
A venir

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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Dim 07 Oct 2012, 00:00

D'une terre à l'autre...


L'île de Kilauea



L'île de Kilauea n'est pas bien grande. Non, en fait, un homme à pied peut en faire la traversée, d'est en ouest, en un peu moins d'une journée ; s'il en faut à peine plus pour parcourir la plus grande distance du nord au sud, en revanche, pour en faire le tour complet, il faudra en longeant les côtes et les plages guère plus de de jours. Ainsi, sa superficie totale ne dépasse pas les trente kilomètres carrés.

Situé à plus de 500 kilomètres des îles les plus méridionales de l'Archipel Alines, ce petit bout de terre perdu au milieu des Grands Océans constitue presque un monde à part, peu connu des routes commerciales et donc à l'écart total du monde. Il s'agit en vérité du plus ancien volcan à l'origine des îles de l'Archipel Alines et s'il est aujourd'hui endormi depuis plusieurs milliers d'années, il reste vénéré par la population locale comme une divinité à part entière.

Depuis les côtes sud de l'Empire, les rares navigateurs osant s'y aventurer pourront apercevoir les monts jumeaux se dresser au milieu d'une immensité turquoise au bout de quinze à vingt jours de navigation en adoptant une allure serrée. Poussé par vent arrière, il est parfois possible de l'atteindre en moins de dix jours.

Le climat y est relativement agréable, rythmé par deux pseudo-saisons. L'été, les températures peuvent souvent grimper jusqu'à 40° en journée. Heureusement, la brise balayant sans cesse les côtes nord de l'île permet de rendre la chaleur intense plus facilement supportable. En hiver, si les journées ensoleillées conservent des températures douces, jusqu'à 25°, en revanche les nuits peuvent être très fraîches ce qui surprend souvent les étrangers.




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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Jeu 29 Nov 2012, 19:45



La faune animale


Le fleuve qui sépare Celle qui dérive de l'île mère



L'île de Kilauea constitue un microcosme à part entière, protégé et préservé. Ainsi, certaines plantes et espèces animales sont tout particulièrement propres à ce petit caillou perdu dans l'océan. Il ne faut donc pas s'étonner d'y voir d'étranges croisements dont personne n'aurait jamais soupçonné l'existence. En matière d'exotisme, il est clair qu'il est difficile de faire mieux...




Le Moha est un gros chat sauvage qui vit dans les profondeurs de la forêt Merveilleuse. Ces animaux ont la particularité de vivre en couple - à peu près de la même façon que les humains, sauf que eux, ils s'unissent pour le restant de leur vie. Il s'agit d'un félin blanc, majestueux, aux oreilles étrangement proches de celles des lynx. Plus petit que ses cousins, les Tigres des Prairies, il est également moins agressif. Généralement, l'accouplement survient durant les pics de chaleur les plus importants et contrairement à d'autres espèces, le mâle n'a pas à se battre pour sa femelle. Il faut environ deux ans de gestation pour un petit dont le taux de survie durant sa première année n'est pas nécessairement très élevé. L'animal chasse essentiellement de petits rongeurs en tout genre et préfère l'obscurité la plus totale. Ainsi, la journée, il se terre dans la fraîcheur de la tanière familiale.




Le Tei Tei est un drôle d'oiseau, c'est le moins qu'on puisse dire. A première vue, il a des ailes, un plumage magnifique aux milles couleurs changeantes, un bec. Un oiseau quoi ! Mais cette espèce de longue queue toute touffue et pleine de poil le rend vraiment particulier. A quoi lui sert-elle ? Personne ne le sait vraiment en fait. Les mystères de la nature sont parfois incompréhensibles. Ce volatile, acrobate incroyable aux démonstrations aériennes plus qu'étonnantes, est un redoutable prédateur et son met préféré reste le poisson - et en particulier les bébés requins qui grandissent dans la baie aux Requins. Excellent apnéiste, il plonge jusqu'à plusieurs mètres de profondeur pour attraper sa proie dans son puissant bec. C'est également un animal, connu au sein du clan pour être particulièrement têtu et indomptable - la vieille Mamé en connaît d'ailleurs un rayon !




La Slive peuple les plaines marécageuses de Monoha. Mi-femme, mi-oiseau, elle possède de longues pattes pourvues de plumes tirant du rose pâle au mauve foncé. Aucune mâle n'a, à ce jour, été recensé. Elles passent parfois pour l'incarnation de déesses méconnues et nul ne sait vraiment comme elles se reproduisent entre elles. Quoi qu'il en soit, elles chantent merveilleusement bien, attention de ne pas succomber à sa jolie voix, elle pourrait bien réserver quelques - mauvaises - surprises !




La Dame (voir Contexte, Rappel du Livre)



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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Mer 05 Déc 2012, 22:45



Les habitants


Les pieds dans l'eau


Les habitants de l'île, les Kilaues vivent au sein d'un seul et même clan, profondément uni et solidaire. C'est littéralement un peuple à part entière. Certains partent, certains restent. Mais de ceux qui cherchent l'aventure ailleurs, jamais ils n'oublient complètement leur île natale, leur pays, leur vie là-bas, paisible et tranquille. Dans leurs veines, dans leur coeur, dans le moindre de leurs mouvements, ils sont Kilaues, simplement Kilaues. Kilaues envers et contre tout.

Le village s'implante au pied des monts jumeaux Thétis et Thémis à quelques 500 mètres de la baie aux Requins. La vue est d'ailleurs imprenable sur ce petit lagon. Les maisons sont particulièrement rudimentaires mais cela ne pose pas de problème outre mesure puisque les gens passent les trois quart de leur temps dehors, à chasser, pêcher, nager, tisser des paniers - ou jouer pour les enfants. Il existe trois grands marchés constamment animé par un brouhaha incessant. Sur le marché aux poissons est exposé la pêche du matin, ou de bien de la veille. On y trouve des plus petits crustacés aux plus gros individus, comme le requin. Le marché aux épices dégage toujours des odeurs absolument exquises et enivrantes et les stands se parent de milles et unes couleurs. Enfin, les marchands vendent leurs plus belles bananes, leurs ananas bien mûrs ou mangues toutes savoureuses dans le marché aux fruits. Les marchés sont les lieux de tous les ragots du village et constituent le poumon de cette petite société.

Sous un même toit, il sera souvent possible de voir cohabiter plusieurs générations d'une même famille, c'est pourquoi, les maisons, bien que rudimentaires, sont de taille relativement importante. Architecturalement parlant, elles s'organise autour d'une vaste et grande pièce principale qui abrite le foyer principal. Un vaste grenier, accessible par une échelle, permet d'y entreposer nourriture, armes de chasse et autres babioles. La famille dort dans une même pièce, un peu plus petite et isolée de la grande pièce principale par une cloison fine. Les enfants en bas âge aiment particulièrement s'imposer entre leurs parents. Mais sitôt qu'ils sont plus âgés, ils préfèrent se regrouper entre eux : évidemment, c'est plus drôle pour chahuter !

Les Kilaues présentent des caractéristiques physiques relativement communes. En effet, leur peau foncée est tannée par le soleil tout au long de l'année. D'une couleur ébène, elle est souvent sans défauts et attire immédiatement l'oeil de n'importe quel étranger. Ou peut-être est-ce leur regard oscillant entre des couleurs orangés et profondément dorés qui captive autant ? Et leurs cheveux soyeux noirs comme la nuit leur confère une aura toute particulière. Quoi qu'il en soit, ils sentent bon l'exotisme, chaleur et soleil...




Imaëlle est la mère de Naïs, qu'elle n'a jamais connu malheureusement puisque celle-ci est morte à sa naissance. Elle était connue pour être la fille de Celle qui Voit. Et petite fille de Celle qui Marche. Par conséquent, elle aurait dû être appelée à faire de grandes choses - ce qu'elle a au moins réussi à faire en luttant pour donner le jour à sa fille avant de mourir. Imaëlle était donc très respectée et aimée. Et tous se rappellent d'elle, même plus de trente ans après sa mort.




Louanne est la mère d'Imaëlle et par conséquent elle aussi fille de Celle qui Voit et petite-fille de Celle qui Marche. Tout comme sa soeur aînée également, elle s'est éprise du même homme, un étranger aux yeux d'un bleu électrisant. Et lorsqu'il lui propose de tout laisser derrière elle, famille, amis, pour découvrir un autre monde, une nouvelle vie, elle n'hésite pas et suit son amant et amour par delà les océans, enceinte jusqu'aux yeux et accompagnée d'une petite fille de cinq ans à peine. Sian - Naïs. La fille de sa soeur. Non, sa fille. Sa plus grande fierté. Son plus bel exploit. Elle est Celle qui Protège.




Mamé est aujourd'hui à un âge très avancé. Grand-mère de Naïs, Atal et Ainhoa, mère d'Imaëlle et Louanne, elle est Celle qui Voit. Curieux pour une aveugle non ? Si derrière ses grands yeux dorés se cachent un caractère de Tei Tei mal luné, elle est toutefois d'une grande sagesse. Même à 90 ans passé, tous redoutent de se faire tirer les oreilles par ce petit bout de vieille dame immensément respectée.



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Dernière édition par Naïs Jol le Mar 12 Mar 2013, 10:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Lun 11 Mar 2013, 17:19



Les croyances



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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Lun 11 Mar 2013, 17:29

Sur des sentiers détournés...




La fin d'un voyage



≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Tu ne comptes quand même pas laisser ce loustic te décourager de faire le voyage de retour – ou au moins une partie – avec nous ?

Je souris un instant tandis qu’Océan renâcle puissamment semblant me reprocher brièvement mon manque d’attention momentané. Prodiguant une caresse complice sur son encolure avant d’éclater de rire joyeusement tandis qu’il ne secoue sa belle crinière d’une attitude toute fière, tous ses muscles contractés sous moi. Décidément, il devient de plus en plus capricieux avec l’âge, même si à neuf ans désormais révolu il est vraiment dans la fleur de l’âge, solide et endurant, parfait autant pour les longs voyages que pour les trajets rapides de courte distance. Les rires des enfants emplissent l’atmosphère et éloignent toute mauvaise humeur, même passagère. Je ne regrette finalement pas de m’être laissée convaincre par ce vieux brigand d’Ythyen. Car, malgré tout, malgré le cas particulier d’Illjän toujours collé à moi comme une sangsue infernale – pour le coup je regrette d’ailleurs la présence de Pan – et malgré, enfin, quelques mésaventures rencontrées avec des femmes d’une jalousie sans pareille qui m’ont soupçonné de séduire leurs maris – idée tout bonnement ridicule – ce voyage s’était présenté comme une aubaine après mes récentes péripéties dans la chaîne du Poll. Désormais, je suis totalement remise de tout cela – enfin, physiquement du moins.

- « Va grande Sauterelle ! Et fais attention à toi… »
                   Comptes sur moi vieux brigand ! Je ne t’oublierai pas…

Un petit pincement au cœur me prend alors que je quitte tout ce beau monde juste un peu au sud d’Ombreuse, bifurquant tout droit vers le Domaine. Cela fait un sacré bout de temps que je n’y suis allée, et en croisant les doigts pour que mes petits exploits n’ait été trop ébruités, il faut tout de même que je vérifie si je n’ai aucun autre groupe d’apprentis à charge depuis le départ soudain de Lilith. Lançant Océan au galop, il ne me faut pas plus de deux jours pour y parvenir. Et c’est avec un léger soupir que j’investis mon bureau resté désespérément vide. Pas un papier. Pas un mot. Rien. Personne. Je suis loin de m’en plaindre certes : ainsi je pourrais profiter de jouer encore un peu à la fille de l’air ; mais je dois bien avouer que le Chaos manque décidément de recrues ces derniers temps. Dommage !

Après un rapide saut aux cuisines pour me réapprovisionner le temps de rentrer à Al Chen pour rejoindre – enfin – Seth et toute la famille, je me surprends à espérer de croiser Gil entre ces murs. Vaine espérance. Car le connaissant, il doit sûrement être en train de se réveiller à l’autre bout de l’Empire aux bras d’une fille qu’il avait séduit la veille. Malgré cette petite sensation étrange au creux de mon ventre, je suis pourtant bien loin d’éprouver une quelconque jalousie. De toute façon, il est comme cela et c’est ça aussi, je crois, que j’aime chez lui. Un brin d’inconstance et beaucoup de douceur, tout simplement.

- « Naïs ! »

Une voix me tire soudainement de ma rêverie. Une voix familière. Une voix que j’avais laissé il n’y a pas si longtemps.

- « Nwëlla ! »
- « Non mais franchement, t’es pas sérieuse… Déjà sur les routes ! Tu aurais dû te reposer bien sagement avec Seth et toute ta petite famille ! »

Soupirant, je l’attrape par le bras en devinant sans mal sa moue entre l’amusement et la désolation, tandis que nous avançons côte à côte. Nos pas résonnent dans le grand hall d’entrée du Domaine.

- « Tu me connais… Mais, toi que fais-tu ici ? »
- «  Ah ça, je me disais qu’il était grand temps que je commence à assumer de nouvelles responsabilités ! »
- « Toi ? Maître ? »

Nwëlla éclate de rire devant ma franche incrédulité. Je dois avouer que je n’y attendais pas du tout. Je vois mal la jeune femme, bien que meneuse accomplie – et notre petit périple dans les montagnes du nord venait encore une fois de le prouver – , endosser la responsabilité de prendre des apprentis à charge. Quoique,  tout compte fait, après toute ces années à arpenter les routes de l’Empire, j’imagine parfaitement que ce n’est pas une décision prise sur un coup de tête pur et simple.

- « Eh bien te voilà dans de sales draps ma vieille ! »
- « Au lieu de me gâcher mon plaisir, tu n’es pas sensée rentrer toi ? »  

Un léger silence reste en suspens quelques secondes, comme figé dans le temps littéralement. Je crois même déceler un léger soupir. Léger. Mais dont il me semble deviner la raison – ou plutôt la non raison. Après tout ce sentiment surpuissant qu’éprouve mon amie vis-à-vis de mon frère n’a rien de rationnel.

- « Il y en a un qui serait heureux de te voir… »

Murmure

* *
*


Assise sur le rebord de la fenêtre de ma chambre, j’inspire un grand coup l’air frais et vivifiant du petit matin. Depuis l’enlèvement de Seth, je ne suis plus tout à fait la même, sans avoir vraiment changé toutefois. Autrefois, je me riais de la mort, provocante et insouciante. Aujourd’hui, d’être passé si près de disparaître, j’en ai tiré au moins une leçon. La vie est bien trop précieuse et bien trop courte pour se permettre de la gâcher. Et je n’en suis ressortie que plus déterminé à accomplir ce but ultime que je me suis fixé.

La caresse d’un léger vent, joueur, me fait frissonner un instant. Mes premières pensées de ce matin prennent les traits d’un certain Envoleur. Un Envoleur aux cheveux désespérément indisciplinés, à la réputation douteuse parmi nos collègues et qui m’avait sauvé il y a de cela un peu plus de deux mois. Un homme sans cesse surprenant dont le chemin avait croisé le mien à peine plus de deux fois et qui pourtant prend déjà une place immense dans ma vie. Dans ma tête. Et dans mon cœur. Soupirant légèrement, je traverse la pièce que je connais par cœur, pour farfouiller dans un des tiroirs d’une commode avant d’y trouver – enfin – ce que je cherche. Ma plume. Pas n’importe laquelle. Une plume très spéciale qui me permet d’écrire sans aucune difficulté. Un bout de parchemin usé, et hop…

« Gil. Mon Gil, tu ne devineras jamais d’où je reviens !
Ah, et… tu me manques
»

Si. Bien sûr que si qu’il le saurait puisqu’il me l’avait promis il y a un peu plus de deux mois. Attachant le message à la patte du pigeon voyageur que Reni a réussi à me procurer, je l’écoute doucement battre des ailes frénétiquement pour s’envoler dans l’air du matin. Au même moment, la porte s’ouvre en grinçant.

- « Naïs, il y a un homme en bas. Il voudrait te voir… »

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Dernière édition par Naïs Jol le Mar 08 Mar 2016, 16:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Lun 11 Mar 2013, 17:35



C'est terrible, c'est affreux...



≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Sen, j’ai besoin de tes lumières…


Quelques mots à peine griffonnés sur un bout de papier et voilà que l’oiseau voyageur s’envole vers le nord, et la Citadelle des Frontaliers probablement, car connaissant bien mon mentor, cela ne m’étonnerait pas le moins du monde qu’il profite de sa dulcinée. Jessendra, je crois qu’elle s’appelle ainsi, est une frontalière d’après ce qu’il m’a dit. Voilà trois ans qu’il file le parfait amour avec elle et j’avoue que j’envie un peu la simplicité de leur relation. Hélas, avec moi, rien n’est jamais simple : il suffit de savoir comment mon dernier amant avait disparu dans la nature sans jamais plus donner de nouvelles et que le précédent, encore, m’avait abandonné avec deux enfants avant de tuer froidement l’un d’eux en même temps que mes parents. Aujourd’hui, alors que je m’étais autrefois jurée de ne plus jamais m’ouvrir à ces sentiments qui ne signifient que trahison et douleur, m’y voilà de nouveau confrontée. Et comme ma vie n’est qu’une suite d’emmerdes incroyables, je me suis totalement et incroyablement entichée, non pas d’un homme, mais de deux. Lentement, je me sens sombrer comme une épave.

J’aurais aussi bien pu en parler à Atal. À Nwëlla. À Ainhoa ou bien à Reni même. Mais aucun d’eux n’aurait vraiment compris la détresse dans laquelle je me trouve depuis quelques semaines à présent, car nul n’avait vécu de situation similaire. Alors, le seul vers qui je peux me tourner désormais, et comme souvent en fait, reste Sen. D’aussi loin que je me souvienne, Jessendra n’a pas été la seule à lui faire tourner la tête. Douce a longtemps occupé ses pensées en même temps que Jessendra, pourtant, il l’avait connu des années auparavant. J’ai eu l’occasion de la rencontrer, une fois et je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse se passer quoi que ce soit entre ces deux-là. C’est troublant comme les situations peuvent se ressembler incroyablement.

La gorge littéralement nouée, je sors en trombe de ma chambre sous le regard étonné de Seth et dévale les escaliers rageusement. J’étouffe. J’explose. J’ai besoin d’air. Juste penser à autre chose qu’à eux en permanence. Courant au même rythme que les battements de mon cœur, je ne sais même pas où j’erre ainsi.

Dans cette romantique atmosphère, ça sent mauvais dans l’air…

* *
*


Voilà plusieurs jours que mon message est parti entre les serres de l’oiseau. Je n’ai reçu aucune réponse, pourtant, je le sais, Sen viendra. Il a toujours été là dans ces moments où j’en ai eu le plus besoin. Cela ne fait nul doute, il saura reconnaître la détresse de ces quelques mots. Assise seule sur le bord de l’immense ponton qui se dresse littéralement sur l’une des rives du lac Chen, je laisse le vent frais et malicieux jouer avec les indomptables mèches de mes cheveux. La surface du lac est à peine perturbée par quelques clapotis au contact de mes pieds. L’eau est littéralement glacée, signe que l’hiver approche à grands pas.  

L’amour et moi, c’est un triste jeu
Ne tombez pas amoureux


Des nuages de buée se forment devant ma bouche au rythme régulier de ma respiration, réchauffant ainsi momentanément l’atmosphère. Derrière moi, je perçois une démarche légère reconnaissable entre mille. Bondissant sur mes pieds à une vitesse fulgurante, je me jette dans les bras de mon ancien maître. Je le serre fort – très fort. Aussi fort que je le peux pour m’empêcher de verser de fichues larmes. Ça ne me ressemble pas, ça ! Toute cette sensiblerie, d’habitude je laisse toujours cela aux Marchombres. Peut-être est-elle simplement le reflet de mon trouble, de ma détresse ? Possible, mais j’ai la désagréable impression de ne plus me reconnaître. Où est passée la Naïs forte et sûre d’elle-même ? Je crois qu’en fait, c’est plutôt une façade, une façon de paraître pour ainsi cacher mes faiblesses. Malgré tous mes efforts, je ne peux empêcher les larmes de couler silencieusement tandis que Sen me berce doucement.

- « Toi, tu as des choses à me raconter… »

* *
*


- « Je suis dans une impasse Sen, ça me ronge et je ne sais pas quoi faire »
- « Eh bien, avance alors ! »
- « Comment ?»
- « Je n’ai jamais été aussi doué que les Marchombres pour la poésie alors je vais le dire simplement : franchis le mur »
- « Si cela pouvait être aussi simple… »
- « Je n’ai jamais dit que ça serait simple »
- « C’est comme ça que tu as fait toi ? »
- « Oui… »

Je soupire. Sen ne m’aide franchement pas. Cependant, je sais qu’il ne ment pas. Je ne retiens pas longtemps la question qui me brûle les lèvres depuis quelques secondes à présent.

- « Douce, elle fait toujours partie de ta vie ? »
- « Evidemment. On est même plus proche qu’avant si j’ose dire, mais rien de comparable avec la relation qui me lie à Jessendra. »

Croisant les bras sur ma poitrine, je laisse filer quelques minutes de silence, pensive.

- « Tu connais ma poisse, ça va encore mal se finir cette histoire ! »
- « Naïs Jol, il t’a toujours manqué un brin de confiance en toi ! De toute façon tu ne peux pas lutter – impossible. Alors laisse faire le temps : il t’aidera jeter plus de clarté sur la situation et à franchir ce fichu mur avec sérénité. »

Je finis par offrir un faible sourire à mon mentor, quelque peu revigorée et rassurée aussi – même si mon avenir me paraît toujours aussi flou. M’empêchant de ressasser plus de pensées sombres, Sen lance un ton joyeux dans l’air frais du soir.

- « Ainhoa cuisines-t-elle toujours aussi bien le lapin ? »
- « Tu n’as même pas idée… »

Bras dessus, bras dessous, nous abandonnons gaiement les discussions trop sérieuse et prenons le chemin de l’auberge de Reni :  le repas n’attend jamais, c’est une règle sacrée de mon mentor. Et gare à celui qui y déroge!

Sometimes it lasts in love
But sometimes it hurts instead

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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Lun 11 Mar 2013, 17:59



L'enfant sacrilège



≈≈≈ Seth ≈≈≈

Maman, où es-tu ?

Juché sur Tornade, ma jument – Maman et Atal ont enfin accepté, après les récents évènements dans les montagnes du Poll, que je possède le mien – mon regard glisse le long des immenses murailles de la capitale. Cela fait bientôt un an que je n’y ai pas mis les pieds, pour les fameux tournoi d’Al-Jeit en fait, et à vrai dire cela ne me manque pas vraiment. Je suis né ici, dans un quartier mal famé des bas-fonds de la cité. Si Maman n’avais pas été abandonnée lâchement, j’aurais peut-être vu le jour dans ce quartier bourgeois avoisinant le palais impérial. Enfin, si cela avait été le cas, mon frère serait sûrement toujours en vie. Malgré les années qui se sont écoulées, il me manque toujours autant. Sa mort, personne ne l’évoque. Elle est bien trop tragique et douloureuse pour cela. Mais, en réalité, il n’est pas une journée où je ne pense pas à mon jumeau – et à mes grands-parents aussi, tués en même temps que Morgan. Souvent, les gens disent qu’à cinq ans, l’on est trop petit pour comprendre certaine chose. Cinq ans, c’est l’âge où je suis sorti brusquement du monde de l’enfance pour entrer dans celui des adultes, cruel et triste. Celui-là même qui ne donne pas franchement envie de grandir…

Nwëlla pénètre la première dans la cité. Dans son genre, elle me fait un peu penser à Maman : une vraie meneuse et malheur à celui qui se dresse contre elle. Moi, j’ai un étrange pouvoir qui marche à tous les coups avec elle. Lorsque j’affiche mon petit air innocent, elle perd presque tous ses moyens à tel point que c’en est vraiment drôle. Et étrangement, il n’y a que moi qui puisse la déstabiliser autant. Tornade piaffe un instant avant d’emboîter le pas à l’étalon de Nwëlla. Atal, à côté de moi, semble perdu dans ses pensées tout comme Juhen qui ferme la marche. D’ailleurs je n’ai jamais connu une mine aussi sombre au géant. Plus que tout, je voudrais retrouver ma mère, mais je ne peux m’empêcher d’imaginer le pire, comme eux tous. Nwëlla semble sur le point d’exploser. Atal, malgré sons éternel sang-froid, est d’une humeur de chien. Juhen, lui, s’efforce de cacher son inquiétude derrière ses blagues nulles. Moi, c’est à peine si j’ai prononcé trois mots depuis que l’on a laissé Al-Chen derrière nous.

La nuit tombe rapidement, signe que l’hiver approche à grands pas dorénavant. Les rares habitants qui traînent encore dehors nous dévisagent comme si nous sortions tout droit de l’enfer, ce qui n’est pas tout à fait faux. Alors que nous délaissons les quartiers aisés pour pénétrer dans les bas-fonds de la ville que je ne connais que trop bien pour y avoir vécu les premières années de ma vie, jusqu’à la mort de Morgan en fait. Nahomie, la mère de Nwëlla, nous y rejoint. Impossible de la rater, même dans la demi obscurité. Toutes les deux possèdent les mêmes cheveux blonds et le même regard d’un mauve pur. Délaissant les chevaux, sans un mot, elle nous guide jusqu’à l’auberge du Chat débusqué. Quelle ironie ! Dire que c’est là que Maman s’est faite piégée.

La femme qui s’affaire derrière le bar semble se figer littéralement quand elle m’aperçoit. C’est certain, elle a vu ma mère en vie et ma ressemblance avec elle a dû la frapper car je lui ressemble trait pour trait. De mon père, je crois n’avoir hérité que sa carrure élancée mais solide. Avec un sourire désolé, elle nous offre un repas et l’hébergement totalement gratuitement. Elle semble être une brave femme et elle arrive à me tirer un sourire malgré l’épuisement. Pendant de longues minutes, alors que nous engloutissons tous les cinq notre repas comme si nous n’avions pas mangé depuis huit jours, la femme – elle dit s’appeler Thyrinte – raconte dans les moindre détails comment elle a été menacée et forcée par un Mentaï de piéger Maman. Si personne encore ne l’avais dit à voix haute, tous le pensent : mon père se cache derrière tout cela, sans doute motivé par la mort de Driss, mon oncle, et de mon grand-père dont je n’ai jamais réussi à retenir le nom. Cette fois, c’est quitte ou double : ou nous parvenons à sortir Maman de là et envoyons mon père au tapi pour de bon, auquel cas nous pourrions enfin tourner une page, ou nous échouons et c’est la mort qui nous attend au bout du compte. Joyeuse perspective en somme ! Du haut de mes onze ans, j’ai quand même envie de profiter un peu plus de la vie. Mais après tout, cela fait des années que j’affronte la mort en face alors elle ne me fait pas peur…

… C’est ça d’être un enfant sacrilège.  

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Dernière édition par Naïs Jol le Mar 08 Mar 2016, 16:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Mer 02 Juil 2014, 13:41



Retour aux sources



≈≈≈ Lehane ≈≈≈




Cachée dans l’ombre des cocotiers, j’observe les deux amoureux qui se pavanaient sur la plage, partageant d’intenses moments de complicité. Autant l’un que l’autre étaient extraordinaire. L’homme possédait deux immenses cornes ; dressées sur le haut de son crâne, elles lui conféraient un air indéniablement imposant. Il respirait la force brut du chaos par tous les pores de sa peau, pourtant ses gestes envers la femme étaient d’une incroyable douceur – comme de légères caresses. Leurs rires s’élevèrent un instant dans l’atmosphère, en harmonie parfaite. Comme deux cœurs unis par un lien puissant, éternel. Millénaire. La femme taquina un instant l’homme aux cornes qui, loin de s’offusquer, s’empare de ses lèvres avec espièglerie. La femme attirait toute mon attention ; sa peau sombre, ses yeux dorés – aveugles – ses longs cheveux noirs aux mèches caramel, son air un peu sauvage et son éternelle petite moue adorable, tout en elle me rappelait sa mère. Imaëlle.

Imaëlle avait été ma meilleure amie. Et longtemps après sa mort, elle me manquait toujours aussi cruellement. De revoir aujourd’hui sa fille qui lui ressemblait tant me faisait l’effet d’un petit pincement au cœur. J’avais pourtant juré de veiller sur elle d’une manière ou d’une autre, mais trop dévastée par la mort de ma meilleure amie – elle avait été comme ma sœur – j’avais fui l’île qui m’avait vue naître et grandir. Car tout alors me rappelait douloureusement Imaëlle. Quand j’étais revenue, huit ans plus tard, Thiméo était déjà parti avec Louanne et la petite. Je les avais cherché durant de longues années, avant de finalement baisser les bras. Et aujourd’hui, alors que je revenais à peine sur l’île, voilà que je la retrouvais.

Naïs.


- « Alors, j’attends. T’es qui, toi qui semble si bien me connaître ? »

La fougue de Naïs me tira un petit rire. Il n’y avait pas d’animosité dans le ton qu’elle venait d’employer, juste une profonde curiosité et un brin de méfiance. Décidément, elle était vraiment incroyable. Étonnante. Assise sur le bord de la falaise, les pieds dans le vide, je laissais mon regard s’égarer à l’horizon. Depuis le pic du Diable, nous pouvions profiter d’une vue imprenable sur la plage où le géant aux cornes s’amusait avec trois enfants. Inspirant profondément, tranquille, je posais mes yeux d’un orange intense sur la jeune femme.

- « Je m’appelle Lehane » commençais-je « Et j’ai connue ta mère »

Un long silence suivit mes paroles. Les sourcils froncés, Naïs réfléchissait, une expression rêveuse sur ses traits. Soupirant un instant, je brise à nouveau le silence qui s’était installé. Une légère brise joua un instant dans mes cheveux et glissa sur ma peau chocolat, me faisant frissonner imperceptiblement.

- « Imaëlle était ma meilleure amie » murmurais-je « Elle était comme ma sœur » ajoutais-je, rattrapée par l’émotion « Peu avant ta naissance, elle m’avait demandé de veiller sur toi… »
- « Comment ça, veiller sur moi ? » s’intrigua-t-elle.

Relevant vivement la tête, je la dévisageais avec surprise. Ainsi Thiméo ne lui avait rien dit de la vérité. Ainsi elle avait grandi dans l’ignorance. En même temps, il avait dû profondément m’en vouloir d’être partie alors que j’étais la meilleure amie de la femme qu’il avait aimé d’un amour passionnel pendant cinq longs mois. Glissant une mèche rebelle derrière mon oreille, je m’éclaircie la voix.

- « Ce n’est pas l’accouchement qui a tué ta mère Naïs » lui répondis-je, ne sachant trop par où commencer « Imaëlle était malade depuis longtemps. Ses organes se dégradaient d’années en années mais elle a tenue bon six ans » ajoutais-je « Sa grossesse n’a fait qu’aggraver son état très rapidement. Tu es née avec deux mois d’avance, dans un dernier instant de lucidité ta mère a exigé de déclencher l’accouchement pour que tu puisse voir le jour – et elle a été plutôt persuasive »
- « Je… Euh » balbutie-t-elle quelques secondes avant de reprendre contenance « Pa’ ne m’en avais jamais rien dit ! »
- « C’était sûrement pour te protéger, ne pas t’inquiéter » supposais-je à voix haute.
- « M’inquiéter ? » répète-elle « Suis-je sensée m’inquiéter ? » m’interroge-t-elle.

Je hochais la tête en silence. Imaëlle n’avait pas été la seule de sa famille à souffrir de cette maladie dégénérative qui l’avait tué à petit feu pendant des années. Naïs déglutit difficilement.

- « Comment le savoir ? » questionne la jeune femme « Je veux dire, comment savoir si je l’ai aussi ? »
- « Crois-moi, si tu le saurais si tu avais été malade, c'est une vraie saloperie » la rassurais-je un instant « Mais ça peut se déclarer très tard aussi » ajoutais-je sans vouloir lui donner de fausses illusions tout en songeant à Mamé qui avait été emportée par la même maladie contre laquelle elle avait lutté plus de vingt ans « Ca va ? »
- « Euh… Si on veut… » hésite-elle « Que m’a caché d’autre mon père à part ça ? » demande Naïs presque sur le ton de la plaisanterie, ne se doutant pas le moins du monde de tout ce qu'elle ignorait encore.

Son père ? Thiméo ? Ah, ça non plus, elle ne le savait pas alors ! Embarrassée, je me grattais la tête quelques secondes, cherchant les bons mots pour lui avouer une vérité qu’elle n’avait connue et qu’elle aurait sans doute du mal à accepter – après tout, un père Marchombre pour une jeune Envoleuse, c’est peu ordinaire.

- « Ton père ? Thiméo ? » commençais-je, hésitante « Il t’as élevé, aimé comme sa fille et cela ne doit jamais t’empêcher de le considérer comme ton père car c’était un homme formidable » ajoutais-je en laissant couler les mots « Mais ton père biologique est un Marchombre que j’ai bien connu aussi »
- « Quoi ?! C'est une blague ? » s’exclame soudain Naïs « Pourquoi est-ce qu’il ne s’est jamais manifesté alors ? » ajoute-elle d’un ton emprunt de colère
- « Lorsqu’il a quitté l’île, ta mère elle-même ignorait être enceinte »
- « Tu le connais ? » attaque-t-elle de nouveau, presque agressive.
- « Je l’ai croisé, une fois ou deux »
- « Pourquoi tu ne lui a rien dit toi alors ? »
- « Il a une famille Naïs… Et débarquer comme cela dans ton monde d’enfant n’aurait fait qu’embrouiller les choses ! » rétorquais-je à son reproche « Et puis tu ne serais peut-être pas l’Envoleuse que tu es maintenant si tu l’avais connu… »
- « Aucun risque j’eusse pu devenir marchombre, non ! » réplique-t-elle, un sourire en coin sur les lèvres « Leurs histoires de poésie et d’harmonie, c’est pas trop mon truc ! » ajoute-elle avec une pointe d’humour « En revanche, t’en es une toi, pas vrai ? »

Pour toute réponse, je me levais lentement et m’imprègne doucement de ces gestes profondément ancrés en moi depuis des dizaines d’années. En harmonie complète avec la brise légère et joueuse, avec le murmure des vagues. Une danse sereine et tranquille qui était le reflet de celle que j’étais devenue.

Marchombre.


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Dernière édition par Naïs Jol le Mar 08 Mar 2016, 16:47, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Mar 08 Mar 2016, 16:45



Enivré de son corps


Elle était là. Plantée devant lui, les coudes sur la table et son magnifique regard aveugle fixé sur lui. Elle avait un air franchement contrarié – furieux même – qui la rendait absolument irrésistible ! Enfin aux yeux de l’Envoleur, car il sentit clairement la chaleur d’un désir bestial envahir son ventre. Elle était là, et elle s’offrait à lui. Littéralement. Tout dans son attitude le lui laissait entendre et Sen ne put s’empêcher de froncer un instant les sourcils. Pourquoi ce soudain revirement ? Son regard gris clair tomba un instant sur Makeno, qui semblait barricadé dans un silence farouche, puis sur la petite fille endormie contre le sein de Naïs. Sein à peine couvert, ce qui fit monter en flèche le désir de l’homme. Elle venait sans doute de la nourrir. Ses cheveux rebelles, cascadant librement sur ses épaules lui conféraient un air parfaitement sauvage.

Comme ils avaient autrefois l’habitude de le faire, Sen posa sa main sur celle de son ancienne apprentie. Ce simple contact le fit frémir et il s’imaginait déjà la suite avec délice. Son parfum était vraiment enivrant, menaçant de lui faire perdre tous ses moyens. Oh oui ! Elle était à lui ! Et rien qu’à lui ! Il la voulait toute entière. Il voulait la posséder comme une bête. Il voulait lui faire comprendre qu’elle était à lui. Et rien qu’à lui ! La jeune femme se releva en se mordillant la lèvre inférieure, ce qui la rendait encore plus sexy. La suivant du regard, Sen la regarda s’éloigner dans le couloir vers les chambres. Makeno, qu’elle tenait fermement par la main, jeta un coup d’œil furtif en arrière. Le regard de Sen brilla sauvagement.

C’était tout juste s’il pouvait encore se contrôler lorsqu’il se leva pour s’enfoncer dans le couloir à son tour. Posant sa main sur la poignée de la chambre qu’il avait commandée, il laissa quelques secondes filer et apprécia l’excitation grandissante qui enflammait son ventre. Lorsqu’il entra finalement dans la petite pièce, la porte grinça sinistrement sur son passage et Naïs se retourna immédiatement. Tous les sens en alerte. Dans ses yeux dorés dansait une flamme indéfinissable et lorsqu’elle leva fièrement le menton, en signe de provocation, l’Envoleur n’y tint plus.

Bondissant en avant, Sen percuta littéralement la jeune femme de plein fouet et la plaqua violemment contre le mur opposé. Naïs s’agrippa à sa nuque et y planta ses ongles, tandis qu’il dévorait ses lèvres sans vergogne. Il avait faim, faim d’elle. Instinctivement, l’Envoleuse enroula ses jambes autour de sa taille. La main de Sen passa sous le haut de la jeune femme, titillant un de ses tétons déjà durcit par le désir. Elle poussa un petit gémissement qui eut pour effet de décupler ses ardeurs. Les doigts de l’Envoleur se refermèrent sur un morceau de tissu qui finit complètement déchiré sur le sol. Et ses lèvres continuaient d’explorer chaque parcelle de sa peau d’ébène. Naïs ondulait sous lui, cherchait son contact : elle s’agrippait à lui comme à une sorte de bouée de sauvetage. Il allait lui faire mal – très mal – mais il s’en fichait. Elle était venue s’offrir à lui, comme ça. Agrippant les poignets de la jeune femme, il les joignit au-dessus de sa tête, lui interdisant ainsi tout mouvement pour se libérer.

Ecrasant de tout son poids sur elle, Sen passa une main dans son short ; il laissa échapper un râle d’envie et de bestialité pure alors qu’il plongeait deux doigts dans son intimité. Lorsqu’il les ressortit, ils étaient chauds et humides. Fou de désir – loin de ce qu’il avait déjà pu ressentir, ce qu’il éprouvait là éveillait l’animal en lui – l’homme batailla un instant avec son pantalon, tandis que la jeune femme s’attaquait à sa chemise. Mais les mains de l’Envoleur retrouvèrent vite leur place initiale – les hanches de Naïs ! Il prit à peine le temps de faire glisser le short de la jeune femme sur ses cuisses, avant d’entrer en elle d’un puissant coup de rein. Son ancienne apprentie se cambra violemment sous lui tandis qu’il commençait un mouvement de va-et-vient rapide et limite bestial. Il lui imposait son rythme et elle n’avait qu’à suivre. Naïs lui mordit l’épaule tandis qu’il plongeait vers ses seins tendus. Il titilla un mamelon du bout de sa langue, ce qui arracha un cri de plaisir à l’Envoleuse.

Elle était sur le point de jouir ! Vraiment ! Mais il ne voulait pas ! Il voulait qu’elle ait mal. Qu’elle se souvienne de lui. Que son corps se souvienne de lui. Il voulait laisser sa marque – une marque indélébile. Il voulait qu’elle le supplie de la prendre, encore et encore. Il voulait qu’elle soit à lui. Et rien qu’à lui ! A lui tout seul ! Le cœur cognant à tout rompre dans sa poitrine, Sen se retira pour balancer son ancienne apprentie à plat ventre sur le sol. Elle tomba lourdement sur le plancher grinçant et elle n’eut que le temps de se redresser sur ses deux coudes, avant que l’homme ne s’enfonce jusqu’à la garde dans l’autre entrée de son intimité. Cela lui arracha un gémissement de douleur et, satisfait, l’Envoleur se retira et recommença. Encore. Nouveau cri de douleur ! Alors qu’il commençait à imprimer un rythme endiablé à ses mouvements, Sen enroula une mèche de cheveux sombres autour de sa main et tira la tête de Naïs en arrière pour lui dévorer la gorge. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait conscience que de la jeune femme.

Il était perdu. Perdu dans les affres du plaisir !






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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Mer 28 Déc 2016, 01:03



Un nouveau jour


Les mains posées sur les fines épaules de sa compagne, l’homme laissa un sourire creuser sa joue. Il ne pouvait juste pas s’en empêcher alors qu’il observait le fruit de son travail. Leur travail, à vrai dire. Leur maison. Un petit bout de lui. D’elle. Et de leurs espérances. Ils y avaient consacré de longues semaines et la construction de murs solides avait permis à la jeune femme d’occuper son esprit. Naïs était encore un peu fragile, et cela lui arrivait encore de se réveiller la nuit, toute tremblante et fiévreuse. Mais elle se remettait ; doucement mais sûrement, Pan sentait qu’elle tournait une sombre page après les récents évènements qui avaient secoués leur couple. La femme aveugle, entremêla distraitement ses doigts dans ceux de l’homme aux cornes, qui soupira d’aise. Ils s’apprêtaient ensembles, à franchir le seuil d’une nouvelle vie. Une vie en famille.

Même s’il avait au fond une petite appréhension – Naïs étant ce qu’elle était, Pan savait très bien que sa compagne ne tiendrait pas en place bien longtemps – il était heureux. Profondément heureux. Juste là, entouré des deux femmes de sa vie. Il ne manquait que Makeno pour parfaire ce tableau. Mais rien que de penser qu’il se trouvait en ce moment avec Giliwyn Sangrelune, cela assombrit d’un seul coup l’humeur de l’homme aux cornes. Il s’occupait du petit garçon depuis qu’il était tout bébé, et l’avait vu grandir. Il le considérait comme son propre fils et voulait ce qu’il y avait de mieux pour lui. Ce qui était parfaitement normal, non ? Or, il ne pensait clairement pas que passer du temps avec son père biologique était bénéfique pour l’enfant, surtout vu le sens des responsabilités de cet énergumène. A son grand étonnement, et c’était bien la première fois concernant ce sujet sensible, Naïs était en accord avec lui. Même s’il avait surtout l’impression que c’était la colère qui s’exprimait en elle – une façon de se protéger des derniers évènements sans doute.

Secouant tout seul la tête, Pan inspira profondément l’odeur de sa compagne – sorte de subtil mélange entre la fleur de frangipanier et un miel doux et sucré. Quelques mèches de cheveux sombres lui chatouillaient les narines, sensation agréable et familière qui lui fit pousser un soupir d’aise. Soahary remua un instant dans le porte-bébé, tout contre la poitrine de sa mère. Papillonna des paupières quelques secondes, avant de fixer sur lui ses grands yeux magnifiques. Durant ses premiers mois, son regard était beaucoup plus proche de l’or en fusion. Mais au fur et à mesure qu’elle grandissait, ses yeux devenaient un peu plus bleus, en gardant toutefois une teinte dorée tout autour de la pupille. C’était une teinte absolument unique, qu’il n’avait jamais vu nulle part ailleurs en Gwendalavir. Comme à chaque fois que sa fille posait son regard sur lui, Pan se sentait exploser littéralement de bonheur – si seulement une telle chose était possible.


***

C’était indéniable ! Cette maison avait le cachet d’un véritable chalet de montagne. L’endroit avait déjà des airs de petit paradis, il fallait bien l’avouer. Idéalement située au nord des Dentelles Vives, non loin du lac Chen – il fallait à peine une demi-journée de marche pour en atteindre ses rives – leur maison se nichait à l’abri d’une vallée verdoyante qui offrait tout ce dont ils pouvaient avoir besoin. Bois, pour faire du feu. L’eau du torrent, pour l’hygiène et la cuisine. Troupeaux de Siffleurs en contrebas de la vallée leur fourniraient des réserves de viandes conséquentes.

Grâce au torrent qui grondait au pied du chalet, Pan avait pu installer un dispositif d’eau courante, ce qui était plutôt pratique. La cuisine donnait sur le versant ouest de la vallée, une vue directe sur le torrent. La pièce à vivre était grande et spacieuse. Lumineuse. Une large cheminée de pierre – taillée dans du granit local – réchaufferait aisément la pièce lors des rudes hivers qui subsistaient dans la région. La pièce principale était très cosy et sentait bon le bois. Un large canapé

Il y avait deux salles d’eau dans leur chalet. La première jouxtait directement leur chambre et composait une véritable suite parentale. La deuxième se trouvait à l’étage supérieur et serait celle des enfants, qui avaient chacun leur chambre. Seth, Makeno et Soahary aurait ainsi chacun leur intimité et aurait toujours un endroit ou revenir s’ils le désiraient. Un dernier étage, un peu conçu comme une sorte de grenier habitable, constituait la chambre d’amis. C’était Naïs qui lui avait suggérée cette idée, et Pan avait approuvé. C’était toujours utile une chambre de plus, surtout si la famille de l’Envoleuse désirait lui rendre visite de temps à autre. Atal, Nwëlla et leur petiote. Ainhoa et sa fille. Juhen. Ou encore, Miin et Voëlle.

En revanche, jamais elle n’avait mentionné Gil et Pan ne pouvait s’empêcher de se sentir soulagé. A vrai dire, s’il respectait le fait que Naïs l’ai toujours beaucoup aimé (un peu trop sans doute, ce qui la détruisait plus qu’autre chose), il ne portait pas vraiment cet homme dans son cœur. Il appréciait Libertée pour sa fraicheur et sa joie de vivre, quoi que Naïs puisse en penser. Clairement, le père biologique de Makeno ne méritait pas que Naïs s’y accroche autant. Il ne méritait pas non plus Libertée, qui finirait forcément par se brûler les ailes au contact de ce vrai gamin. De cet irresponsable. Rien que de penser à lui, Pan serra les poings. Ce ne fut que lorsque Naïs vint se blottir contre son torse qu’il se détendit. Il modifia légèrement sa position dans le canapé pour qu’elle puisse s’adosser contre lui, tandis qu’elle découvrait son sein gauche pour nourrir Soahary. C’était un spectacle dont il n’arrivait pas à se lasser. Un sourire attendri étira ses lèvres alors que la petite saisissait le sein de sa mère dans ses mains potelées. A l’horizon, derrière les hauteurs de la montagne, le soleil disparaissait doucement tandis que l’obscurité jetait son voile sombre sur les Dentelles Vives. Demain, un nouveau jour se lèverait, et il promettait d’être radieux.






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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Mer 28 Déc 2016, 01:11



Premiers flocons


Les bras croisés en dessous de sa tête, Seth fixait le plafond de sa chambre. Sa chambre. Il se répétait le mot dans sa tête encore et encore. Ce concept même lui semblait encore un peu étrange ; après tout, depuis la mort de son frère jumeau, qui fut tué par des sbires de son propre père, il n’avait jamais eu d’endroit vraiment à lui. Un chez-lui, en quelque-sorte. Depuis, quelques mois, l’Académie était un peu devenue sa maison et il avait trouvé là-bas une seconde famille. Quand il n’était pas sur les routes, il passait le plus clair de son temps dans les couloirs de l’Académie en compagnie d’autres apprentis Marchombres – notamment, Maël, un garçon à peine plus vieux que lui – ou bien de Lyke et Ylléna. Avec ces deux-là, il retrouvait un peu cette âme d’enfant qu’il avait perdu bien trop tôt. Et puis, il y avait Brise, cette toute jeune Marchombre, un peu plus âgée que lui également. La jolie rouquine, et ses grands yeux noirs, lui faisait de l’effet. C’était indéniable ! Elle aimerait cette belle vallée verdoyante, songea-t-il avec un sourire distrait. Juste avant de secouer la tête tout seul en se rendant compte qu’il pensait encore à la jeune femme.

A travers les rideaux fermés, il pouvait deviner le jour se lever. D’habitude, il avait toujours son petit rituel d’étirements matinal, mais aujourd’hui, il avait juste envie de profiter de la chaleur réconfortante de son lit. Il était à peine arrivé la veille – ramenant un Makeno tout content de retrouver sa mère. Il avait pris soin de disposer tous ses souvenirs de voyage afin de personnaliser sa chambre pour qu’elle lui ressemble un peu plus. La rendre plus personnelle. Plus vivante. Plus chaleureuse encore qu’elle ne l’était déjà. Naïs et Pan avait rudement bien travaillé sur la construction de ce chalet de montagne, qui avait des airs de petit paradis sur terre. Le jeune apprenti se plut déjà à imaginer les parties de batailles de boule de neige au cœur de l’hiver. Et les batailles d’eau dans le torrent en été. Les sommets alentours devaient offrir une vue imprenable sur le lac Chen, à quelques encablures seulement. Et sur Al-Chen un peu plus loin. Il fallait qu’il prenne le temps, un jour prochain, d’en faire l’ascension pour admirer le monde d’en haut.

Le jeune homme tourna la tête alors que la poignée de la porte tournait doucement. Il fronça les sourcils avant d’ouvrir grand sa couverture en reconnaissant la petite silhouette de Makeno se glisser dans l’entrebâillement de la porte de sa chambre. Seth ouvrit un bras pour accueillir son petit frère, qui vint se blottir contre lui. Il n’avait jamais eu l’habitude de dormir tout seul, dans une grande chambre, et avait beaucoup de mal à trouver le sommeil la nuit dernière. Naïs avait dû rester près du petit garçon jusqu’à ce qu’il s’endorme. Seth referma son bras autour de Makeno, comme il l’avait souvent fait ses dernières années. La main de son grand frère dans ses cheveux indisciplinés apaisa presque aussitôt l’enfant, sans qu’il ne parvienne toutefois à retrouver le sommeil. Il avait vécu bien trop de choses violentes ces dernières semaines et le jeune homme avait remarqué avec tristesse qu’il avait perdu son innocence toute enfantine, pour observer le monde avec plus de gravité. Il avait l’impression que le même schéma se reproduisait des années après – mais avec un différent scénario. Songeant fugacement à Soahary, Seth espéra que sa petite sœur connaîtrait une enfance plus paisible et sereine que ses deux frères.

***

Le nez collé contre la vitre, Makeno observait les premiers flocons de neige recouvrir la vallée de leur manteau blanc. L’automne était à peine installé et il était encore tôt, mais un front froid était descendu du nord, longeant les plus hautes cimes des Dentelles Vives. Pour la première fois depuis de longues semaines, le petit garçon affichait un véritable sourire. Le sourire d’un enfant qui retrouvait une innocence pure et propre à son âge. Ses deux mains, plaquées contre la vitre, il jeta un regard par-dessus son épaule pour croiser celui de son grand frère avec une lueur espiègle au fond de ses yeux dépareillés. Haussant un sourcil inquisiteur par-dessus son livre, déjà bien entamé, Seth aperçut une silhouette au loin. A travers la grande baie vitrée. Une silhouette cornue. Et puis, il sourit en retour à son petit frère.

Hochant la tête, le jeune homme se leva souplement et encouragea l’enfant à le suivre. Un sourire absolument ravi sur les lèvres, Makeno s’empressa d’attraper son bonnet et son écharpe accrochés au porte-manteau situé dans l’entrée, avant de se glisser à l’extérieur aussi silencieusement que possible. Au fond, Seth savait très bien que Pan les entendrait sans doute arriver à dix lieues à la ronde. Il ne fallait donc pas compter sur un quelconque effet de surprise. Non ! En vérité, il s’agissait plutôt de lui déclarer une guerre ouverte. Souriant bêtement à sa propre bêtise, Seth forma une énorme boule de neige entre ses paumes, tandis que son petit frère l’imitait en pouffant de rire. Evidemment, l’Envoleur surprit les deux gamins en attaquant le premier. Il ne fallut que quelques secondes pour que les deux frères se concertent du coin de l’œil. Juste avant de se précipiter sur l’homme aux cornes dans un cri de guerre, lancé dans un parfait unisson.

Eclatant d’un rire tonitruant, Pan ouvrit grand les bras pour emprisonner les deux garçons qui tentaient de le renverser. Il fut surpris de constater à quel point Seth avait gagné en souplesse et en force, en si peu de temps. Il ne doutait pas qu’un jour, il deviendrait un brillant combattant. Et surtout, un Marchombre exceptionnel et plein de sagesse. Et que rien ne l’empêcherait d’avancer sur cette voie qu’il s’était choisi. Il était heureux d’entendre les rires joyeux de ces deux gamins qu’il avait toujours considérés comme s’ils étaient les siens. Ils étaient tellement rares ces moments où ils redevenaient des gamins normaux. Des gamins de leur âge. Insouciants et joyeux. C’est pour cette raison qu’il ne les repoussa pas. Et puis, il était content de passer un bon moment avec eux.







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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Mer 28 Déc 2016, 01:14



Comme un rayon de soleil au coeur de l'hiver


C’était un sentiment assez étrange ! Oui, vraiment. Cette toute petiote avait un regard tellement proche de celui de sa mère, mais teinté d’un bleu surprenant, plus proche de celui de son père. La femme se sentait sondée au plus profond de son âme par ce bébé à peine moins âgée que Suviyo. Et en même temps, elle avait le sourire de son grand-père. Le sourire de Miin, qui la faisait encore fondre littéralement des années après qu’elle soit tombée amoureuse de cet homme. Même si la jolie Soahary ressemblait indéniablement beaucoup à sa mère, elle arborait quelques expressions très proches de celles de Libertée. C’était vraiment très troublant. Clignant un instant des paupières, Voëlle leva la tête pour croiser le regard profondément bleu de l’Envoleur aux cornes. Adossé contre le poteau de la terrasse, il lui adressa un sourire fugace. Puis réajusta sa position très délicatement, en prenant bien soin de ne pas réveiller Makeno, qui dormait sur ses genoux.

Le regard de l’Envoleuse tomba sur le gamin endormi. Lui, par-contre, il ressemblait comme deux gouttes d’eau à son père biologique. Giliwyn Sangrelune. Le compagnon de Libertée. Lorsqu’elle avait appris l’existence de ce petit bonhomme, elle avait vraiment hésité à massacrer cet énergumène de ses propres mains. Ne serait-ce que pour tout le mal qu’il faisait subir à sa fille. Mais elle s’était vite ravisée, et puis de toute façon, quoi qu’elle eût pu faire, cela n’aurait absolument rien changé. Et puis, cet enfant n’avait rien demandé. C’était juste un pauvre gosse, rejeté par ses deux parents – parce que pour le coup, de ce qu’elle avait pu constater, Naïs comme Gil avaient tous deux un don inégalé pour se comporter en irresponsables ! Si Makeno ne finissait pas par mal tourner, ce serait probablement un miracle. Pauvre gosse, songea la femme en soupirant imperceptiblement.

Secouant toute seule la tête, Voëlle coula son regard vers l’horizon enneigé. Cela faisait maintenant de longues heures que père et fille s’étaient éclipsés et la femme commençait à guetter l’horizon en se demandant quand ils reparaitraient. Ils avaient sans doute énormément à se dire. A bien y réfléchir, c’était réellement la toute première fois qu’ils se retrouvaient seuls. Complètement seuls. Il était grand temps qu’ils apprennent à se connaître. Elle avait d’abord été un peu réticente à cette idée, il fallait bien le reconnaître ; Naïs n’était pas une fille très stable et elle craignait, qu’un jour ou l’autre, elle ne leur attire de gros ennuis. Mais Miin y tenait tellement qu’elle n’avait su résister à cette lueur dans ses grands yeux roses malicieux. Malgré tout, Voëlle ne pouvait tout de même s’empêcher de se demander si cette fille pouvait vraiment être sauvée. Son passée et toutes les choses horribles qu’elle semblait avoir vécu la rongeaient tellement qu’elle en venait à s’autodétruire. Continuellement. Encore et encore…


*


Je ne comprends toujours pas.

Le regard profondément rose de Miin s’assombrit légèrement. Il commençait à se sentir réellement impuissant face à la détresse de Naïs. Non, effectivement, elle ne comprenait pas que, sans l’avoir vue grandir, sans l’avoir élevée, il l’aimait pour la seule et unique raison qu’elle était sa fille. Une fille dont il avait ignoré l’existence pendant de longues années mais dont il n’avait jamais douté qu’elle était de son sang. Naïs, c’était un peu de lui et de son éternelle fougue qui le poussait toujours à faire ce que lui dictait son instinct. Naïs, c’était aussi un peu d’Imaëlle, bercée par ses rêves de liberté et de voyages jusqu’au bout du monde. Elle était unique ; mais cela, elle semblait l’avoir oubliée il y a bien longtemps.

Tu sais que l’on est sensé radicalement s’opposer, toi et moi ?

Il le sentait bien. Il le voyait. Il le savait. Par les épreuves que la vie avait semé sur son chemin – horribles pour certaines – elle avait fermé son cœur pour se protéger. Elle s’était persuadée de ne pas être digne d’être aimée. L’idée qu’elle était dangereuse, sauvage, insensible, était profondément ancré tout au fond d’elle-même. Elle ne se rendait même plus compte que son allure féline la rendait magnétique. Que ses magnifiques yeux dorés pourrait rendre fou n’importe quel homme. Que le parfum de sa peau mate était aussi doux qu’une fleur des îles. Elle était belle. Et capable d’une force de caractère incroyable. Mais elle l’ignorait. Au lieu de cela, elle portait en permanence un masque d’une indifférence implacable et d’une férocité un peu sauvage, qui la faisait ressembler à une panthère. Ce n’était qu’une façade et qui savait regarder plus loin que cela, n’apparaissait plus qu’une détresse infinie.

Tu ne devrais pas plutôt retourner auprès de ta femme et de ta fille ? Faire comme si de rien n’était ? Non ?

Chacune de ces paroles lui tordait l’estomac au point de lui faire mal. De lui couper le souffle à chaque intonation. A chaque fin de phrase. Comme un poignard que l’on enfonçait un peu plus dans une plaie béante. Une plaie qui saignait. Une boule douloureuse s’était également formée dans sa gorge. Chaque goulée d’air qu’il inspirait lui brûlait les poumons. Il avait de la secouer, ne serait-ce que pour essayer de lui faire comprendre qu’il ne pourrait jamais faire comme si de rien n’était ! Qu’il ne pourrait tout simplement pas agir comme si elle n’était qu’une simple étrangère à ses yeux. Naïs était sa chair, son sang. Et même si la vie les avait séparés pendant si longtemps, il ne pouvait ignorer ce puissant instinct qui le prenait aux tripes à chaque fois qu’il posait les yeux sur elle. Comment lui prouver qu’elle méritait tout son amour ? Comment lui prouver qu’elle ne risquait pas d’être blessée en lui ouvrant son cœur, en lui faisant une petite place dans son monde ? L’Envoleuse réagissait de manière complètement différente par rapport à Libertée et il se sentait un peu déstabilisé face à l’ampleur de toute l’impuissance qu’il ressentait.

Non, franchement, je foire toujours tout ce que je fais. Tôt ou tard, cette maudite maladie qui sommeille en moi m’emportera, et tout ce que j’aurai fait, c’est de courir après le rêve d’être libre et forte. En vain.

Et puis, soudain, il réalisa. Il comprit. Naïs n’avait pas besoin de mots. Elle en avait eu bien assez par le passé. Ce dont elle avait besoin c’était de gestes, de preuves concrètes. D’affection. D’amour. Alors, de sa main droite, le Marchombre caressa la joue de la jeune femme, dont la voix se brisa au fond de sa gorge. Prise au dépourvue par ce geste si simple, mais si puissant. L’homme aperçut une brève lueur dans les yeux dorés de sa fille alors qu’elle se laissait aller contre épaule en soupirant doucement. Une première barrière venait de céder. Le chemin pour apprivoiser la magnifique panthère noire qui se tenait prostrée entre elle et le monde était encore long. Mais Miin ne pouvait s’empêcher de sourire, tout en caressant les longs cheveux de l’Envoleuse. Il lui semblait qu'un rayon de soleil chaleureux venait enfin éclairer un hiver sombre et glacial dans le coeur de sa fille.






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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Dim 29 Jan 2017, 23:03



Explorations intimes


Naïs frissonna brièvement, se mordant la lèvre inférieure presque jusqu’au sang. Cela suffit à l’homme aux cornes d’arrêter immédiatement sa lente exploration. Cela faisait déjà bientôt un an depuis qu’ils avaient tourné ensemble une sombre page. Mais parfois, des moments encore trop vifs dans son esprit, trop profondément inscrits dans sa chair, la faisait trembler au cours des heures les plus sombres de la nuit. Sans doute par amour et par respect pour sa compagne, il parvint à brider ce désir qui lui brûlait le ventre, pour se répandre dans tous ses muscles. Une lueur inquiète dans le regard, il effleura la joue de sa compagne, qui papillonnait des paupières comme pour tenter de revenir à la réalité.

Non ! Non, ne t’arrête pas ! Surtout pas ! Tes mains sur mon corps, tes lèvres sur ma peau brûlante, ton intimité tout contre la mienne, ton odeur musquée m’enveloppe toute entière dans une bulle protectrice. Indestructible. Là, au creux de tes bras, je me sens forte. Invincible. Là, alors que ta main effleure ma joue et que ton souffle chaud se perd dans mon cou, faisant voleter quelques mèches rebelles, je pourrais affronter toutes les tempêtes. Là, avec toi, je me sens libre et fière. Et quand tu es en moi, je suis entière. Alors, non ! Ne t’arrête pas !

L’Envoleur ouvrit la bouche, mais ses mots restèrent bloqués nets dans sa gorge alors que Naïs l’attirait à elle avec un mélange de fougue et de sauvagerie passionnée. Le volcan, déjà en éruption dans son ventre, explosa soudain en un million d’étincelles effervescentes. Il était bien incapable de résister lorsque sa compagne s’offrait à lui ainsi. Comme si sa vie en dépendait littéralement. Le feu de la cheminée, crépitant joyeusement, faisait écho à la chaleur qui se répandait dans tout son corps en réchauffant son dos musclé. L’homme retint un grognement alors que son sexe se durcit par l’envie. Besoin pressant et impérieux. Par un effort de volonté incroyable, Pan parvint à maîtriser la tempête qui rugissait dans son corps tout entier. Du bout de la langue, il vint titiller un sein.

Est-ce seulement possible de mourir de plaisir ? De défaillir littéralement d’envie, de désir ? Tout mon corps se tend. Se cambre de manière presque instinctive à la rencontre des lèvres de l’Envoleur aux cornes. Je n’ai plus aucun contrôle sur mes muscles aussi brûlants que la braise qui crépite doucement dans l’âtre. Poussant un gémissement pressant, je soulève mon bassin à la rencontre de celui de mon compagnon et…

… Et d’un puissant coup de rein, l’homme s’empala jusqu’à la garde dans l’intimité chaude et humide de sa compagne. Il resta en elle pendant plusieurs longues secondes, qui parurent durer une éternité, appréciant les parois serrées autour de son sexe. Une pluie de sensations s’abattait sur lui – en lui. Et l’enveloppait tout entier dans une bulle de bien-être et de plénitude. Plus rien d’autre n’existait que le contact des fesses de sa compagne sur ses mains, son gémissement de plaisir lorsqu’il commença à bouger, leur deux corps entremêlés dans une étreinte vieille comme le monde.

Torture ! Douce torture ! Dans une espèce de pulsion incontrôlable, je cambre les reins pour essayer d’imprimer mon propre rythme à cette danse éternelle. Peine perdue ! Je ne peux que me soumettre à ce rythme d’une lenteur insoutenable, mais d’une puissance qui manque de me faire défaillir à chaque mouvement. Je m’abandonne. Entièrement et complètement !

L’homme allait lentement. Méticuleusement. Malgré ses propres pulsions purement bestiales qui menaçaient de le submerger, il parvenait encore à se contrôler. Et à imprimer son propre rythme. A chaque mouvement, il sortait presque entièrement de son amante, avant de s’enfoncer à nouveau en elle d’un coup de rein puissant. Il la sentait venir, cette onde de plaisir. Elle se rapprochait, tel un tsunami qui emporterait tout sur son passage. Par endroit, il dévorait Naïs avec une gourmandise telle qu’elle s’accrocha soudain à lui. Planta ses ongles dans son dos. Mordit sa peau à pleine dents pour retenir ce cri qui lui aurait arraché la gorge. Cela acheva de faire perdre la tête à l’Envoleur.

Et soudain, tout s’accélère.

De plus en plus.

Encore et encore.

Dans un grognement presque inhumain, l’homme s’effondra finalement sur sa compagne, le souffle complètement saccadé. Il était vidé. Totalement vidé.

Vidée. Mais vivante.






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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Mar 31 Jan 2017, 10:57

... A suivre ...

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MessageSujet: Re: Une histoire écrite au détour des chemins... [-16]   Jeu 23 Fév 2017, 23:40



Entrevue


≈≈≈ ]Naïs  ≈≈≈

- « Voilà le Domaine » souffla Pan à voix basse pour ne pas réveiller la petite.

Après avoir babillé durant une bonne partie de la route – discuté serait peut-être un terme plus juste – Soahary s’était finalement endormie dans le porte-bébé. Lovée tout contre le torse de son père. L’Envoleur aux cornes passe une main protectrice sur le crâne de sa fille, qui arborait désormais une sacrée petite tignasse. Puis, laissant Chaombre s’avancer à hauteur de Pirate, il vient entremêler ses doigts aux miens. Un sourire timide sur les lèvres, je lève mon regard aveugle vers mon compagnon, profitant de ce moment d’éternité. Comme une bulle d’intimité inviolable. Rien qu’à nous. Et tandis que les battements de mon cœur s’accélèrent doucement, je dérobe un baiser fougueux à l’homme aux cornes. Lui mordille la lèvre du bas au passage.

Le souffle court, je me redresse sur ma scelle et d’une légère pression des cuisses sur les flancs de Pirate, je laisse mon cheval adopter un trot régulier, en suivant les rives de la rivière Ombre. Tout droit vers le Domaine qui se dressait dans le paysage, masse sombre et imposante. Il y avait si longtemps que je n’y avais pas mis les pieds. Mais, curieusement, je ne suis pas mécontente que l’occasion se présente enfin d’y retrouver mes marques. De me réapproprier cet endroit que j’avais fui pendant de longs mois. Je n’avais pas hésité une seule seconde lorsque j’avais reçu la missive de Fin, quelques jours plus tôt. Pan, lui, avait été immédiatement plus réticent ; il faut bien avouer qu’il n’est pas du tout contre l’idée de rester confiné dans notre petit havre de paix, niché au creux de la montagne. Cela fait déjà que ça me titiller, j’avais terriblement besoin de bouger. D’action. De repartir sur les routes. J’étais bien, j’avais tourné une page. Et mon instinct primitif de chasseuse, de traqueuse, reprenait lentement le dessus. C’était un besoin. Puissant.



- « Entrez » résonne la voix grave de Fin Vil’Sieren.

Hochant doucement la tête, je pénètre dans une petite pièce mal éclairée, suivie de Pan. Deux autres hommes, en plus de Fin, nous attendent sans un mot. Des Mentaïs, eux-aussi. Les mains croisées derrière le dos, ils dégagent cette espèce d’énergie froide et imposante. M’approchant d’un bureau en bois massif au centre de la pièce, où s’étaient regroupés les trois Mentaïs. Manifestement, ils nous attendaient. Pan soupira imperceptiblement tandis que Fin se raclait la gorge.

- « Naïs, Pan » salua-t-il en posant ses deux mains à plat sur la bureau « Je vous présente Bragnor Fil’Essendil et Thalio Quin » ajouta Fin en désignant d’une main les deux intéressés.
- « Allons droit au but, Fin » grommela l’Envoleur aux cornes avec méfiance « Pourquoi nous as-tu fait venir ? »

Les trois Mentaïs échangèrent un regard en silence, tandis que Pan les dévisageaient. Les bras enroulés autour du petit corps tout chaud de sa fille. Me mordant la lèvre inférieure, je pose une main sur son bras. Tranquille et sereine. Ce simple geste eut pour effet de détendre presque immédiatement mon compagnon.

- « Seriez-vous disposés à accepter une mission ? » demanda Fin, sans en dire plus pour l’instant.
- « Ça dépend » répondis-je avant même que Pan n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche « En quoi consiste cette mission ? » demandais-je en croisant les bras sur ma poitrine.


- « Vous avez bien tout compris ? » s’enquit Bragnor, en s’appuyant des deux mains sur le bureau en bois de rougeoyeur massif.  

Pan hocha la tête, sans rien dire toutefois.

- « Oui » assurais-je aux trois Mentaïs d’un ton neutre « Infiltrer l’équipage du capitaine Manank Le Fier, gagner sa confiance, nous arranger pour récupérer sa marchandise intacte et l’éliminer. Nous ne voulons aucun témoin » résumais-je succinctement, en quelques phrases à peine.
- « Parfait ! » approuva le vieil homme en se frottant alors les mains l’une contre l’autre.
- « Ah, je te reconnais bien, là, Naïs ! » s’esclaffa Fin « Redoutable et efficace » continua-t-il en posant une main sur mon épaule.

Le geste du Mentaï ne fut visiblement pas tellement au goût de Pan, car celui-ci s’avança d’un pas pour passer son bras autour de mes épaules, bombant le torse d’un air menaçant. L’homme ne broncha pas et recula en arborant toujours ce petit sourire en coin qui déplaisait tant à mon compagnon. L’Envoleur aux cornes n’avait jamais porté une grande affection à Fin ; d’ailleurs, s’il avait pu le clouer sur place, il l’aurait sans doute fait depuis bien longtemps. Heureusement qu’il n’était pas du genre belliqueux ou à chercher les ennuis !

- « Quand partons-nous ? » questionna l’Envoleur d’un ton glacial.
- « Dès que possible » répondit vivement Thalio « Un navire et son équipage vous attendent dans une semaine précisément, prêt à appareiller. Dans le port du hameau de Truchel » expliqua le Mentaï en pointant du doigt un endroit sur la carte dépliée sur la carte.
- « Nous y serons » affirmais-je, en hochant la tête imperceptiblement.
- « N’oubliez pas » ajouta Bragnor au moment même où Pan ouvrait la porte « C’est une mission de la plus haute importance. Nous comptons sur vous deux »

Sans même me retourner, ni ajouter quoi que ce soit, j’emboîte le pas de l’Envoleur aux cornes dans le couloir. Un sourire flotte sur mes lèvres quelques secondes. Et mon cœur bat au rythme lent d’une calme détermination.




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