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 Rencontre et traîtrise [PV Rimonen]

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MessageSujet: Rencontre et traîtrise [PV Rimonen]   Jeu 08 Nov 2012, 17:06

Je marche dans les rues grises et sales du quartier pauvre d’Al-Far, m’efforçant d’arborer l’air d’un simple promeneur. Nul ne doit savoir où je vais, et pourquoi. Voilà un bon quart d’heure que je cherche le point de rendez-vous. Cela fait hélas longtemps que je ne suis pas venue ici. En cet endroit précis.
Pour quoi suis-je venue, la dernière fois ?... Ah, oui. Pour avoir des informations sur Kayle, mon ancien cheval. Ils n’avaient hélas rien trouvé. Rare, mais possible, surtout pour ce genre de choses.
Je me coule dans une ruelle en entendant une escouade de gardes approcher (quoi ? ici ? étrange) et me hisse sur la maison la plus proche, veillant à rester dans l’ombre, et jamais trop haute.

Un sifflement retentit sur ma droite, suivant l’impression que quelqu’un me piste, me rassurant sur l’identité de celui qui m’accompagne. De toute évidence, il a bien été informé de ma venue, et a envoyé un espion vérifiait que je ne l’entraînais pas dans un piège.
Je me laisse glisser au sol et reconnaît enfin les lieux. En silence, je m’approche d’une porte écaillée, anonyme au milieu des autres, sauf pour celui qui sait voir, qui est déjà venu. Un aigle est gravé juste sous la poignée de cuivre noirci. Je le frôle des doigts, avant de lever la main gauche.
Je replie auriculaire, annulaire et pouce, ce dernier sur les deux autres, joins index et majeur et les pose sur mon front. Aussitôt, celui qui me suivait sort de l’ombre et pose la question rituelle :

- Pourquoi sommes-nous là ?


Un enfant. C’est un enfant. A peine une dizaine d’années, le visage émacié mangé par d’immenses yeux verts soulignés d’aussi immenses cernes. Il est squelettique, vêtu de loques, avec pour cheveux qu’une touffe de mèches noires, sa peau blanche cachée par la saleté.
On pourrait penser qu’envoyer un enfant comme espion est ridicule, mais il n’y a pas plus fiable qu’eux. Une fois qu’ils ont trouvé un foyer, ils font tout pour y rester, pour garder le semblant d’amour qui leur est accordé. Et qui se méfierait d’un gamin ?
Je mets d’ailleurs un bon moment à remarquer l’aigle tatoué derrière son oreille et la bosse du couteau à sa ceinture. Une flamme belliqueuse brille dans son regard.

- Pour punir ceux qui nous ont fait du mal.


A mon tour.

- Pourquoi suis-je là ?


Il sourit, dévoilant des dents manquantes.

- Pour punir ceux qui t’ont fait du mal. Bienvenue, Keran.

La règle d’or est de ne jamais dévoiler son vrai nom. C’est ainsi que j’ai pris celui de mon père comme pseudonyme.
Le gamin tire une ficelle enroulée autour de son cou et dévoile une clé du même métal que celui de la poignée, et pourtant se baisse pour l’insérer dans une minuscule serrure en bas de la porte, à l’opposé de son ouverture présumée. Seule l’extrémité de l’énorme clé pénètre dans le mécanisme.
La porte s’ouvre alors et j’entre dans la pièce sombre. Des bruits de cordes que l’on tend et de flèches que l’on encoche me parviennent aux oreilles Une ombre vient devant moi et me questionne :

- Quel est le nom de la clé ?
- Lothar.


La lumière s’allume alors et les arcs s’abaissent. Partout, sur les poutres, les meubles, accrochés aux murs par des ficelles ou rampant sur le sol, se tiennent des enfants, des ados, des adultes parfois. L’homme devant moi me sourit et leur fait signe. Aussitôt, ils partent dans des pièces adjacentes.

- Heureuse de voir que tu vas toujours aussi bien, Leandr.


Il ne relève pas l’ironie de ma voix. Leandr, considéré comme dirigeant de le meilleure bande de la ville (dites ‘clans’), se meurt. Il est atteint d’ostéoporose et craint un cancer du cerveau, maladie fréquente dans sa famille. Chaque mouvement est pour lui souffrance et le détruit. Ses informations, il les doit à ses espions. Viendra le temps où les autres clans se rendront compte de sa défaite imminente et tenteront de l’enfoncer, dans l’espoir de récupérer ses biens.
Il est d’ailleurs assit dans un fauteuil, l’air encore plus vieillit que la dernière fois. Son crâne commence à perdre ses cheveux gris, même ses iris bleus ne brillent plus.

- Comment vas-tu ? me fait-il.
- Bien. Je cherche Alnaor Hil’Darun.

Il hoche la tête et siffle le gamin de tout à l’heure. Sûr de mon identité, il me regarde maintenant avec admiration. Tout en prenant les ordres auprès de Leandr, il me dévisage. J’ai l’impression que ce qui me reste de cœur se serre. Obéissant à mon instinct, je sors quelques pièces de ma bourse et les lui envoient. Il les rattrape au vol, souriant, s’incline gauchement et s’enfuit sans un mot.

- Tu es bien généreuse.

- J’ai de l’argent, autant qu’il serve. Je ne l’utilise que pour me payer des bières.
- En veux-tu une ? Je te l’offre. Prend donc une chaise.
- Avec plaisir.


Je tire un siège et m’installe face à lui, dossier devant, bras croisés dessus puis je m’enquiers des nouvelles.

- Tu as dû voir les gardes dehors ?

Hochement de tête.

- Il y a eu une machination. Quelqu’un les a alertés de notre présence ici. Je pense qu’il y a un traître.

Si jamais il le retrouve, celui-ci risque de passer une très mauvaise année… Les espions d’Al-Far ont la particularité de torturer très longtemps sans jamais tuer. Je parle d'espions, mais de ceux de grande envergure. Ici, il n'y a que des enfants et des ados.

- D’ailleurs… Il paraîtrait que tu as rejoint les mercenaires ?

- Il paraît bien.
- Félicitation.

Le gamin apporte la bière et je comprends enfin son admiration.

- Apprentie envoleuse ? poursuit Leandr.
- Ils ne seraient pas trop content de savoir que tu le sais…
- J’ai un ou deux contacts. Et puis, regarde-toi, fringuée comme tu es. Tu fais partie soit de la Légion Noire, soit des Marchombres, soit des Mercenaires.

Soupir. Puis je finis ma bière et me lève.

- Rendez-vous dans deux heures à la porte Nord.


J’hoche la tête et soulève une trappe. Je m’y faufile, suis un long tunnel à genoux puis ressors de l’autre côté du bâtiment, dans une mercerie à l’abandon. En deux gestes je fracture la porte discrètement et me retrouve dehors. Je me fige un instant, vérifiant qu’aucun garde ne soit dans le coin, quand un sifflement me fait sursauter.

- Keran ?

C’est l’enfant. Derrière la grille au ras du sol d’un mur, ses yeux brillant me dévisagent.

- Y t’as pas dit… Y pense qu’c’est Stal.

Stal. Je me souviens de lui. Arrogant. Il avait fallu que je lui démontre par a+b et de façon assez violente que j’étais supérieure à sa tête de larve.

- Bien.

Le gamin disparaît. Mince, je ne connais toujours pas son nom. Je hausse les épaules. Il y a des chances qu’il n’en ait pas, de toute façon. Comme beaucoup des gosses de rues.
La porte nord, donc.
Je me mets en marche. Vérifiant au passage que personne ne traine. Il y a énormément de protections divers et variées pour que n'importe qui ne puisse accéder au bâtiment de la bande. Par exemples, les mots de passe changent toutes les semaines et sont envoyées, soit par chuchoteurs, soit par oiseaux. Dans les cas supposées de traîtrise, personne n'est informé du changement soudain des codes et l'on est obligé de se rendre à un point de rendez-vous spécifique, où on examine en profondeur chaque cas.

Mais il faut toujours rester méfiant.
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MessageSujet: Re: Rencontre et traîtrise [PV Rimonen]   Ven 09 Nov 2012, 20:29

Rimonen ferma les yeux un instant.
Le vent frais vint lui piquer les joues et assécher légèrement la peau de son visage, mais il l’apprécia à sa juste valeur. Sur la plus haute tour des quartiers mal famés d’Al-Far, il laissait son regard traîner sur le sol depuis de longues heures maintenant, s’amusant de voir des silhouettes passer, repasser, se croyant seules et dissimulées alors que cela n’était pas le cas.

Une silhouette en particulier avait attiré son attention, une demi-heure auparavant, celle d’une jeune fille aux cheveux d’un blanc immaculé, suivie de près par un gamin de bande. Quand les deux silhouettes s’étaient arrêtées devant la porte du clan de Leandr, Rim avait été particulièrement intrigué.
L’homme n’allait pas bien, et il le savait parfaitement. C’était d’ailleurs pour cela qu’il ne cessait d’envoyer des sous-fifres faire le boulot – qu’il soit sale ou non – à sa place, alors qu’auparavant il adorait s’acquitter lui-même de ces tâches, appliquant parfaitement le dicton qui disait que l’on est toujours mieux servi par soi-même.
Il arrivait cependant un jour où ce n’était plus le cas, et l’Envoleur espérait que ce jour-là, pour lui, arriverait dans des dizaines et des dizaines d’années.
Il n’était pas fait pour être vieux.

Si l’Envoleur était au courant de la plupart des affaires des clans de la ville – informateurs merci – il ne s’immisçait la plupart du temps pas entre eux. Cela aurait été une perte de temps, sauf quand cela l’arrangeait, évidemment. Il aimait lancer des rumeurs parmi cette populace de gamins mal famés, prêts à tout pour un morceau de viande ou une pièce d’or ; cela fonctionnait toujours extrêmement bien.

Un léger soupir franchit ses lèvres, et il se gratta distraitement la joue.
Un nouvel éclat blanc attira son attention, sortant par une rue dérobée un peu plus loin du bâtiment dans lequel il était rentré. Un petit sourire se dessina sur le visage de Rim, et soudain il eut envie de bouger. Rejoindre cette jeune fille qu’il ne connaissait pas, ou en tout cas qu’il n’avait pas vue depuis assez longtemps pour l’oublier. Si elle était rentrée dans les quartiers généraux de la bande à Leandr, c’était qu’elle était un minimum informée, et que donc elle en avait fait partie. Intrigué par ces détails, l’homme se redressa sur ses pieds et prit le temps d’étirer ses muscles doucement avant de se lancer dans la désescalade de la tour.

Arrivé en bas, il prit directement la direction du Nord, la même que semblait suivre la jeune fille.
Il ne lui fallut pas plus de dix minutes pour retrouver la ruelle dans laquelle elle se trouvait, et la pister silencieusement. Cependant, il ne cherchait pas à cache spécialement sa présence : c’était toujours drôle de voir les réactions des personnes quand elles ses entaient observées, suivies, traquées. Quand ceux qui pensaient être des prédateurs devenaient des proies, simplement.
Terriblement amusant.








[ Terriblement court, aussi ! ]
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MessageSujet: Re: Rencontre et traîtrise [PV Rimonen]   Sam 10 Nov 2012, 14:14

C’est une belle nuit. Fraîche, sombre. Et qui promet d’être riche. Les espions de Leandr n’ont pas leur pareil pour trouver quelqu’un, et tracer un marchant n’est pas bien compliqué. Bientôt, je saurais où est Alnaor. Je le trouverais, le pisterais, apprendrais ses habitudes par cœur, prenant le temps qu’il faut. Puis je disséminerais de discrets indices, qui, au début l’intrigueront, puis le terroriseront…

Je veux qu’il ait peur. Qu’il tremble. Pour cela, je pourrais par exemple abandonner des cadavres sur son chemin. Et, enfin, j’irais le voir. Qu’il le veuille ou non, il me donnera son argent, ses biens, me diras où est ma sœur, détruira définitivement ce stupide avis de recherche qu’il a placé sur ma tête, et plus si affinités.
Ensuite, je me débarrasserais de lui. Un petit mot de sa part suffira largement à me disculper du meurtre de ma mère et de mon fiancé.
Programme parfait. Vraiment parfait. Je sens que je vais bien m’amuser.

Il y a même des chances qu’ils sachent déjà où se terre Alnaor. C’est toujours utile de savoir où sont les marchands, et chaque indice concernant une personne est soigneusement classée. Je suis sûre qu’ils ont même un dossier sur moi. Exactement le genre de Leandr, ce type adore ficher les gens.
Je tâte distraitement ma bourse. Après avoir payé Leandr, aurais-je assez d’argent pour me payer une bière ? Sûrement pas. Tant pis. Ce serait l’occasion de cambrioler une maison, je ne l’ai encore jamais fait, cela peut être intéressant.

Un bruit pas vraiment discret d’armures en marche m’alerte et je me fonds dans l’ombre. Encore des gardes, quoique là ce soit plus logique, on n’est pas loin du Palais, il me semble. J’attends une poignée de secondes puis je continue ma route, m’appliquant à prendre des chemins tortueux. Se perdre pour mieux perdre un éventuel poursuivant, sauf que dans ce cas-là, il me suffit de le référer au ciel pour savoir me diriger. J’ai de plus largement le temps avant le rendez-vous, alors autant me promener, que l’on me piste ou non.

Y a-t-il une taverne pas loin ? J’apprécie toujours autant celle à laquelle j’allais étant plus jeune, mais l’habitude peut-être ridiculement dangereuse. Je n’ai qu’une confiance tout à fait limitée envers Leandr. Il suffirait que quelqu’un lui propose une somme d’argent assez importante pour qu’il me livre sans remord. Le pire étant que je ne peux faire de même, je doute de pouvoir me défendre face à toute une bande.
C’est un jeu risqué. Plus je traite avec eux, plus j’en révèle, que ce soit sciemment ou non.

Un regard sur la lune, et je me dirige vers la porte Nord. Toujours arriver en avance, pour éviter le plus possible les embuscades.
C’est en marchant tranquillement qu’un mauvais pressentiment me saisit. J’ai appris à suivre mon instinct, et il m’a rarement trompée. Et là, j’ai le sentiment que l’on me suit. Je me fige un bref instant, avant de continuer. Ne pas donner l’impression que je sais que l’on me talonne. J’ouvre mes sens, fermant à demi les yeux. Derrière moi, pas trop loin, pas vraiment discret…

Qui est-ce ? Un ivrogne plus silencieux que la moyenne, un voleur, un assassin, un garde, un espion ? Ou un de ces êtres qui rôdent dans les bas-fonds des cités, à éviter absolument ? Il y a tant de possibilités. Et aucune ne me plaisent vraiment, surtout au sortir du clan de Leandr. J’aimerais éviter d’être accusée de trahison, en ces temps troublés.
Je pose doucement ma main sur la garde de mon poignard. Innocemment. Une fois sûre que je n’invente rien, je m’écarte du chemin me menant à la porte Nord et j’erre dans le quartier, patiente. S’il faut me battre, autant que ce soit dans un endroit calme et assez dégagé. Pas envie de me défendre coincée entre deux murs avec cinq ivrognes étalés sur le sol.
Je ne sais pas qui tu es, je ne sais pas ce que tu veux, mais je te jure que tu vas cesser de me casser les pieds.

J’arrive enfin à un endroit convenant assez à mes exigences. Une sorte de petite place. Un soupir traverse mes lèvres. J’ai l’impression que je vais faire une bêtise… Un jour, cela m’attirera de sérieux ennuis.
Cessant d’y penser, je fais brusquement volte-face, lâchant le poignard pour saisir mon court katana attaché à mon dos. Je le fais glisser hors de son fourreau et le pointe devant moi, nonchalante.

- T’sais, mon vieux, faudrait apprendre à être discret, pas’que là, c’est grave.

La vie des rues n’a pas vraiment arrangé mon langage… Surtout lorsque je m’impatiente.

- J’suis plutôt occupée, alors tu m’lâche, dac’ ?

Je n’ai maintenant pas vraiment trente-six choix. Il – ou elle ? – est soit susceptible, soit puissant. Soit les deux.
Et dans ce cas, j’ai intérêt à savoir courir plus vite que lui.
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MessageSujet: Re: Rencontre et traîtrise [PV Rimonen]   Dim 11 Nov 2012, 18:14

Presque immédiatement, il a vu la silhouette tendre les épaules et s’arrêter une demi-seconde. Quelqu’’un d’autre ne l’aurait pas vu, mais le regard acéré de Rim ne pouvait pas passer à côté : cette fille comprit de suite qu’elle était suivie, et il s’amusa donc à continuer de le faire, par pur amusement. Il n’essayait même pas de se cacher, et les indices sur sa présence étaient nombreux, et peu discrets.
Mais la fille aux cheveux blancs faisait comme si elle n’entendait rien. Ou presque. Il pouvait voir la tension monter dans son corps alors que le trajet s’allongeait, mais jamais il ne cessa de la suivre, un sourire amusé sur les lèvres.

Puis, elle bifurque brusquement, ce qui tire un sourire jovial à Rimonen.
Tiens, elle comptait le prendre en embuscade ? L’emmener à un endroit pour se débarrasser de lui ? Cela serait très drôle dans ce cas, et il n’hésita qu’une poignée de seconde à la suivre parmi des ruelles fines, dans lesquelles il y avait très peu de portes de sortie – pour elle.

Arrivée sur une petite place, la silhouette s’immobilisa soudain.
Rimonen s’élança sur un toit proche, roula sur les tuiles sans un bruit, et passa sa tête par-dessus un garde-fou pour observer les expressions sur le visage de sa proie. Légèrement tendue, déterminée, elle est prête à se battre. L’éclat d’amusement dans le regard de l’homme s’embrase.
Intéressante, cette gamine.

Elle dégaina, à la place du poignard, un court katana qui était attaché dans son dos. Le mouvement était fluide, sans doute rodé par l’habitude, mais pas optimisé.
Ouvrant la bouche, elle tira tout simplement un éclat de rire, grave et moqueur, à Rim, qui descendit de son perchoir souplement et élégamment. Plissant ses yeux clairs, l’homme à la peau chocolat observa la jeune fille plusieurs secondes, tandis qu’elle poussait le vice encore plus loin.

Occupée, hein ?
Un éclat presque mauvais passa dans le regard de l’Envoleur, qui s’approcha d’elle d’un pas félin. Nonchalant. Souple et léger, malgré sa carrure énorme.

- Et si je n’ai pas envie, tu vas faire quoi ?

Mouvements.
Immobilité, jaillissement.
Arrêt.

Dans son dos, il se penche vers l’oreille de la jeune femme, et ses lèvres viennent presque effleurer l’oreille de sa proie. Un sourire dur les étire, et son murmure vient secouer quelques mèches blanches sur son passage.

- Tu comptes me piquer avec ton cure-dent ?

Elle avait voulu jouer de la provocation, c’était désormais à son tour.
Ses gestes étaient fluides, sûrs, mais manquaient d’efficacité, de précision, et de détermination. Elle semblait habituée aux combats des rues, sans pitié, où tout est permis. Evidemment, dans un combat, tout est toujours permis, le seul but est de gagner, de s’en sortir vivant et de mettre l’autre hors de combat. Mais un combat de rue reste un combat de rue, on peut y être rompu depuis des dizaines d’années, face à un guerrier entraîné pour la guerre et pour l’efficacité, on ne faisait pas le poids.

Aucune raison de croire le contraire, surtout quand on faisait plus de quarante centimètres de mois que son adversaire…
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MessageSujet: Re: Rencontre et traîtrise [PV Rimonen]   Sam 17 Nov 2012, 11:16

Un éclat de rire me fait grincer des dents. Je ne suis quand même pas pathétique à ce point, non ? Un léger secouement de tête pour chasser mes pensées parasites, et je me tends légèrement. Je ne l’entends plus. Comment cela se fait ?

- Et si je n’ai pas envie, tu vas faire quoi ?

Dans mon dos. Il s’est glissé derrière moi, sans que je ne m’en rende compte. Et en plus, c’est génial, il a le sens de la répartie. Dois-je m’en réjouir ? Pas sûr. Les gens ironiques sont généralement pleins d’assurance, et savent ce qu’ils valent. Autant de mauvais points pour moi.
Ce que je vais faire ? Des claquettes, quelle question. Peut-être que cela le fera fuir.

- Tu comptes me piquer avec ton cure-dent ?

Un souffle chaud vient frôler mon oreille et fait voler quelques-unes de mes mèches, que je vois passer devant mes yeux. Distraitement, je songe que je les aie bien mal coupées, et que je dois ressembler à une esquisse d’épouvantail.
Très bien. Je crois que je me suis fait avoir. On ne se fait pas discret à ce point juste en claquant des doigts, parce qu’on l’a décidé. Je voulais me débarrasser tranquillement de celui qui me suivait, j’espère que ce ne sera pas le contraire.
Me composant une mine indifférente, je lâche un soupir agacé et fait volte-face, avant de m’éloigner de quelques pas. Ah oui, quand même… Il y a effectivement peu de chances que je lui fasse quoi que ce soit. Résignée, je range mon katana et croise les bras, levant un sourcil, juste dans le but de le provoquer.

- Pas grand-chose, en effet. Dis-moi, t’as des problèmes de vue ? Parce que confondre un cure-dent avec une arme…

Je le détaille. Il est carrément immense. Inquiétant. Ses yeux étrangement pâles ressortent avec acuité sur sa peau ébène. Quel contraste. Pire que moi, c’est drôle, non ? Enfin, façon de parler.
Une aura dérangeante émane de lui. Mauvaise.
Encore une fois, je note sa taille, associée à une musculature sèche. Il me surplombe d’au moins 60 centimètres, un truc comme ça.

- Mais t’as mangé quoi quand t’étais jeune ?

Question qui risque de me valoir une réponse acerbe et déplaisante. Par prudence, je fais encore un pas en arrière. Non que cela me servira à grand-chose, de toute évidence. S’il m’attaque, que pourrais-je faire ? Je suis complètement piégée. Oh, il aurait pu me tuer bien avant. Mais cela aurait été sûrement moins drôle. J’aurais quelqu’un de plus faible à tuer, je m’amuserais d’abord.
Au pire, peut-être que je pourrais me défendre avec mon poignard, en jouant sur l’effet de surprise… Ou pas. Il n’a pas la tête du genre de personnes à ne pas s'étonner facilement.

- Tu peux au moins me dire pourquoi tu me suis, alors ?

Peut-être est-il du clan de Leandr, envoyé pour me surveiller ? J’ai l’impression qu’il devient légèrement paranoïaque, sur la fin de sa vie. Mais, dans ce cas, il se serait fait discret. Les assassins de clan, généralement, font dans la finesse. Autre possibilité, quelqu’un veut se débarrasser de moi. Là, c’est déjà bien plus plausible. Qui, alors, voudrait ma mort ? Un clan ? Une des innombrables personnes que j’ai volées ? Ou il a vu une des affiches de recherche.

J’en ai encore aperçue une il n’y a pas très longtemps, accrochée de travers sur un mur, à Al-Jeit. Quand je l’ai regardée, je ne me suis trouvée que peu de différence avec le Dessin. Un regard plus dur, des cheveux plus courts, des habits différents... C’est tout. Cela et des traits plus flous, moins précis. Alnaor a si peu souvent eut l’occasion de me croiser, qu’il se souvient sans doute à peine de mon nom. Puis j’avais vu l’argent que l’on proposait et j’avais eu un frisson. 20 000 pièces d'or. Ils sont vraiment décidés à avoir ma peau.

Ce que, par ailleurs, je ne comprends pas. J’ai juste assassiné deux nobles, par Merwyn ! Dont une à la popularité plutôt basse. A moins que Karl avait déjà intercédé en sa faveur.
Un bref instant, je me rappelle d’une scène, plutôt ancienne. La seule fois où j’ai vu parader le seigneur d’Al-Far et ses enfants.

¤¤¤

Il fait beau, aujourd’hui. Chaud. Comme d’habitude, je vais devant sur la place du marché, dans le but de voir la vieille marchande. Elle m’apprend à utiliser les herbes. Mais cette fois, quand j’arrive, il n’y a personne. La voisine, qui vend des fichus et nous voit souvent ensemble, me lance :

- Elle est malade, et est restée chez elle. Rien de grave, mais elle est dans l’obligation de garder le lit. Demain, elle devrait être là.

Je la remercie d’un hochement de tête et m’éloigne. Que pourrais-je faire ?
Et si je visitais la ville ? Là où il y a le Palais et les belles maisons ? Je n’y suis allée qu’une fois, à mes 4 ans.
Bonne idée.

Quelques minutes, et soudain j’entends beaucoup de bruits et de cris. Je vais voir.
C’est le seigneur qui défile dans les rues. Il y a son fils et sa fille. Ils montent à cheval, sont entouré de gardes, et ont l’air étrange. Je mets un moment à savoir quelle tête ils font.
Ils sont méprisants. Hautains. Je les déteste aussitôt. Le seigneur est sur un étalon blanc. Il a l’air d’être rapide. Il aboie des ordres à des serviteurs qui se chargent de l’éventer. C’est vrai qu’il fait chaud, mais il n’a qu’à rester chez lui s’il n’est pas content.

Ses enfants ont l’air d’être jumeaux. Cheveux roux ondulés, yeux gris, peau pâle. D’autres serviteurs tiennent des ombrelles. Ils ont l’air d’avoir une dizaine d’années.
Le garçon promène un regard arrogant sur la foule. Il croise le mien et a l’air surpris par mes yeux. Il me regarde avec mépris, comme si j’étais un monstre. Je ne peux pas le frapper, il est à cheval et il y a trop de gardes, alors je me contente de cracher sur le sol devant lui et je m’enfuie, me coulant dans la foule, comme n’ayant jamais existé. J’entends des cris de rage, mais je m’en fiche. Je me cache dans les ruelles les plus sombres.
De toute façon, il est si jeune, personne ne le croira.


¤¤¤

Mais je ne vois pas pourquoi, après toutes ces années, il se serait rappelé de moi.
En attendant, ce serait bien la première fois que l’on vient m’embêter à cause des affiches de recherche. Même si j’aurais dû m’attendre à un truc de ce genre depuis longtemps.
Un bref regard sur la lune. J’ai encore du temps avant le rendez-vous donné par Leandr, mais ce retard m’exaspère. Il faut que je me débarrasse de lui, d’une façon ou d’une autre.
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MessageSujet: Re: Rencontre et traîtrise [PV Rimonen]   Jeu 06 Déc 2012, 13:30

L’attitude de la jeune fille venait de changer du tout au tout, et cela fit doucement sourire Rim.
Des gosses qui se donnaient un genre, il en rencontrait tous les jours, dans les quartiers ; mais la plupart du temps ces derniers tentaient de garder une façade même dans la peur – ce que faisait aussi cette fille. Mais elle restait assez terre à terre pour se rendre compte qu’elle n’avait aucune chance, ou presque.

Un sourire mauvais passa sur les lèvres de l’Envoleur quand elle lui dit qu’il avait des problèmes de vue, et il se demanda s’il ne devait pas lui retourner la question : après tout, elle venait de ranger sa petite arme, comme résignée, mais faisait encore croire qu’elle n’avait pas peur, ou en tout cas qu’elle n’était pas inquiète. Téméraire, en plus de cela…

- Tu peux au moins me dire pourquoi tu me suis, alors ?

Un sourire étira les lèvres de Rim, dur.
Cette gamine devait savoir que des portraits d’elle était placardés un peu partout, sauf dans les quartiers un peu plus dangereux – les gardes impériaux et seigneuriaux ne s’étaient pas aventurés dans de tels endroits. Rim en avait vu une quelques heures plus tôt, mais ce qui l’avait le plus intrigué n’était non pas la prime promise, mais bien le fait qu’elle soit sortie de chez Leandr.

Haussant négligemment les épaules, il ne bougea pas d’un pouce.
Mais son regard clair, perçant, ne quittait pas la fille des yeux. D’après les affiches, elle s’appelait Nea, ou quelque chose comme ça – un vague souvenir. Croisant à son tour ses bras sur sa poitrine, le géant observa la fille encore quelques secondes, un sourire alambiqué sur les lèvres.
Peu de gens pouvaient se targuer de savoir ce qu’il se passait dans l’esprit tourmenté de l’homme. Même son Maître avait eu du mal à le cerner, tant tout était bien plus que chaotique, là-haut.

Ce n’était pas comme si Rim avait eu un parcours typique, ni même un parcours atypique. Tout son esprit était fait de traumatismes, ce n’était pas seulement quelques instants de sa vie qui avaient ce trait, mais bien chaque seconde. Même si son apprentissage avait pu sembler bien se passer, son esprit tortué ne semblait pas fonctionner comme celui des autres ; il était tantôt violent, tantôt doux, mais toujours imprévisible, même pour lui-même. Cette tendance à passer du tout blanc au tout noir surprenait, surtout qu’il pouvait aussi faire le chemin inverse en aussi peu de temps.

- Je peux, mais est-ce que je le veux, c’est une autre question…

Un sourire carnassier passa sur les lèvres de Rim, découvrant ses dents blanches qui semblaient étinceler, entourées de sa peau noire.

- Ne viens pas me faire croire que tu n’as vu aucune affiche à ton égérie, je ne te croirais pas…

Se penchant légèrement en avant, il fit un léger pas vers la jeune fille aux cheveux blancs.
Son regard, brillant d’une nouvelle lueur, la fixait intensément. Il se fichait de lui faire peur, désormais : après tout, si elle était bien demandée contre rançon, c’était bien qu’elle valait quelque chose, qu’elle avait fait des choses plus ou moins graves ; en tout cas, si elle était recherchée, c’était qu’elle n’avait pas été très discrète, qu’on l’avait reconnue lors de ses méfaits, et que donc elle savait qu’elle devait faire attention à ses fréquentations.
En somme, elle n’avait pas beaucoup réfléchi.

- Je ne sais pas ce que Leandr t’a demandé, mais j’ai un marché à te proposer… Tu te laisse tranquillement porter jusqu’à la brigade des gardes le temps que je récupère l’argent de ta prime, et après, si tu es sage, je te libère et te donne la moitié…

Son regard étincela encore une fois, tandis qu’il se redressait en décroisant ses bras de sa poitrine. Se grattant le menton, il ne lâchait pas la fille des yeux : il savait qu’à la moindre occasion, elle tenterait de s’échapper.
Un nouveau sourire carnassier passa sur son visage, promesse du revers de la médaille.
Si elle n’acceptait pas, il n’hésiterait pas à l’assommer, voire la tuer, pour aller chercher quelques pièces. Autant qu’elle essaye au moins d’échapper à cela – même si après tout, il n’avait encore fait aucune promesse…






[ Désolée pour tout ce retard ! ]
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MessageSujet: Re: Rencontre et traîtrise [PV Rimonen]   Lun 24 Déc 2012, 00:19

Le sourire, ce doit être un tic chez ce type. Il n'arrête pas. Enfin, un tic plutôt malsain quand même.

- Je peux, mais est-ce que je le veux, c’est une autre question…

Je lâche un léger soupir. D’accord, j'ai compris. Cela ne va pourtant pas le tuer de répondre, pourtant !
Le type flippant sourit de nouveau. Ses dents blanches ressortent avec acuité. « Oh, mère-grand, comme vous avez de belles dents… C’est parce que chaque jour, je mange un panier de Yoplait 0 calories, la clé d’une alimentation saine et équilibrée ! »
Ça ne va pas mieux, moi…

- Ne viens pas me faire croire que tu n’as vu aucune affiche à ton égérie, je ne te croirais pas…

Je suppose que je peux considérer cela comme une réponse. Une réponse plus au moins sympathique, mais bon, on fait avec. Et porteuse d’une plus ou moins bonne nouvelle. Au pire, j’aurais préféré que ce soit Leandr qui veuille ma mort. J’espérais qu’avec le temps, les affiches ne deviennent plus qu’une simple tache sur un mur à laquelle personne ne prête attention. Ben, c’est raté.

- Et t'aurais bien raison, je rétorque sur un ton acerbe.

Le type trop grand se penche et avance. Automatiquement, maudissant ma taille, je fais un pas en arrière et relève le menton. Y a pas un tabouret quelque part ? Ou une échelle, tant qu’à faire. Un toit. Une tour.

- Je ne sais pas ce que Leandr t’a demandé, mais j’ai un marché à te proposer… Tu te laisse tranquillement porter jusqu’à la brigade des gardes le temps que je récupère l’argent de ta prime, et après, si tu es sage, je te libère et te donne la moitié…

Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer. Et pourtant, le marché est intéressant, même si je dois y mettre mon orgueil de côté (cela ne lui fera pas de mal). Je ne vais tout de même pas lui reprocher de chercher un peu d'argent.

- Je vois... Je ne te demanderais pas non plus comment tu as connu Leandr.

Pensive, je triture une de mes mèches. Rien qu’à voir un autre de ses sourires-grimace, je me doute que sa proposition n’en est pas une. Soit je tente de m’échapper ou je refuse – ce qui revient au même – et alors il me traîne de force, soit j’accepte. Et même si je ne suis pas sûre qu’il va tenir parole, cette possibilité est tout de même plus tentante.

Surtout qu’un peu d’argent ne me ferait pas de mal. Je pourrais me poser quelques temps, ou du moins cela remplacerais ce que je dois verser à Leandr. De plus, un peu d’action me changera de la morne routine des balades dans les rues miteuses de la ville.

Et puis, quitte à être un jour attrapée, autant que j’arrive à la brigade avec toute la majesté possible.
Le problème étant, à part le risque de me retrouver vraiment derrière les barreaux, que je n’ai pas envie de louper l’espion de Leandr.

- Je suppose que si je refuse ton offre si généreuse, je lâche avec un ton narquois, tu vas me laisser partir tranquillement ?

N'attendant pas de réponse, je continue :

- C'est avec un plaisir certain que j'accepte ta proposition, mais je dois rencontrer un espion de notre cher Leandr dans...

Je regarde la lune.

-... peu de temps. J'aimerais lui parler auparavant. Tu connais la paranoïa de notre ami commun, et j’aimerais éviter qu’elle ne me vise. Cela ne devrait pas prendre trop de temps et puis, après tout, nous avons toute la nuit, non ?

Je plante mon regard dans le sien, attentive. Je serais prête à presque n'importe quoi pour obtenir cette information, et je n'ai pas besoin d'un vulgaire chasseur de primes dans mes pattes.
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Rencontre et traîtrise [PV Rimonen]
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