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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]

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MessageSujet: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Sam 10 Nov 2012, 23:38

― Excusez-moi, mais pouvez vous m’indiquer la route qui mène a Al-Jeit, je vous prie ?

Surprise.
Je lève soudainement la tête. Voilà six jours que je marche, sans presque m’arrêter, revenant d’Al-Jeit en direction d’Ombreuse, sans avoir croisé âme qui vive. Il me semble que la chance me sourit de nouveau. Il était temps, mes pieds n’en pouvaient plus. Du haut d’un superbe étalon, un homme me dévisage avec affectation et une once de mépris. Ben quoi, j’ai une tache sur le nez ?

Je dodeline vaguement de la tête. Oh, d’accord, je vois. Un noble. Oui, c’est forcément un truc comme ça, il n’y a qu’à le voir : riches vêtements, une bourse gonflée d’or pendant à une ceinture de cuir fin, de hautes bottes taillée dans la même matière, cheveux soigneusement gominés, une chaîne d’or autour du cou…
C’est vrai qu’à côté de cela, je fais bien pâle figure ; des bottes épaisses – c’est mieux pour la marche, franchement –, un manteau trop grand cachant ma tunique de cuir, un capuchon rabattu sur ma tête…

Le noble toussote légèrement. Visiblement, il attend une réponse. Mes lèvres s’étirent en un mauvais sourire. Je ferme brièvement les yeux, le temps de me concentrer, et, avec une fois fluette, je lui fais, désignant le nord du doigt :

― Al-Jeit est droit dans cette direction, monsieur.

Ce qui est totalement invraisemblable. Dans cette direction, c’est Al-Vor, c’est Ondiane. Tellement invraisemblable que le noble se retourne, surpris. J’en profite pour bondir, sortant mon poignard. D’un geste vif, rodé par l’habitude, je le fait vider les étriers, volant au passage sa bourse, et l’aplatit par terre, laissant en même temps une belle trace rouge sur sa joue du bout de ma lame.
Le temps que la stupéfaction passe, et je suis déjà en train de passer au galop, lui envoyant un coucou de la main. De loin, il me hurle, dans un sanglot rageur pathétique :

― Tu me le payeras !

Un ricanement franchit mes lèvres, et je rabats ma capuche, laissant le vent s'engouffrer dans mes cheveux. Le voyage promet d’être bien plus agréable, maintenant. Et les jours qui suivront aussi, d’après la quantité d’or de la bourse que je vois briller fugitivement quand je l’entrouvre. Voilà qui m’épargnera la peine de voler les passants.
Les criminels aussi, ont droit à du repos, non ?

¤ ¤ ¤

La vie peut être parfois vraiment répétitive, quoi qu'on y fasse.
Je vagabonde. Encore.
Je veux la solitude. Encore.
Je viens de voler un cheval. Encore.
Je cherche à fuir la civilisation. Encore.
Je me pose des dizaines de questions. Encore.
Envol est perché sur mon épaule et frotte parfois son aile contre ma tête.
Ça, par contre, je l'admets, c’est nouveau.

― Qu’est-ce que t’as cette fois, stupide volatile ?

Aucune réponse, pour changer, juste un léger coup d’aile affectueux. Allons bon, mon faucon entre dans l’âge bête ou quoi ? Quand il me cache brutalement la vue par inadvertance, je crache un juron et le vire sans ménagement. Il grommelle avant de s’envoler plus loin. Pour simple réponse je hausse les épaules et enfonce mes talons dans les flancs du cheval, le mettant au galop.
Je ferme les yeux, laissant avec délice le vent glisser sur mon visage, apaisant la brûlure du soleil. Quand est-ce que j’ai volé cet étalon ?... Il y a trois heures, je crois. Je viens de dépasser Ondiane, et le paysage commence à se vallonner. J’approche des collines de Taj. Bientôt, je serais à Ombreuse.

Je m'arrête au début des collines vraiment importantes, les admirant. Il a plu il n'y a pas longtemps, et l'herbe a une belle couleur émeraude s'harmonisant plutôt bien avec les bois parsemant le paysages, au tour de la piste. Un instant, me vient à l'esprit les rumeurs disant que les collines de Taj recèlent de nombreux dangers et qu’il vaut mieux éviter de s’en approcher. Mais il paraît beaucoup de choses et je n’ai vraiment pas envie d’en faire le tour. Je m’y engage sans plus de scrupules.

C’est une ou deux heures plus tard que je me rends compte que j’aurais dû mieux calculer mon coup. La nuit tombe vite, et les arbres n’aident pas vraiment à voir les potentiels dangers. En plus, je commence à avoir faim, n’ayant pas pensé à prendre la nourriture du noble. Dans un long soupir, je tire sur les rênes du cheval – que j’ai vite fait rebaptisé Lio – et le conduit jusqu’à un bois.

Je m’arrête enfin pas trop loin de la lisière et mets pied à terre. La lune commence à briller dans le ciel. Je l'admire, rêveuse, puis me secoue. En premier lieu, j’attache Lio à un arbre, refusant de lui retirer son licol. Parfois, les rumeurs se révèlent vraies, et j’aimerais éviter de devoir battre un ogre ou autre bestiole antipathique à la course. Puis je décroche mon arc de mon sac et me mets en chasse.
Une dizaine de minutes plus tard, et je reviens avec un lièvre. Je prépare hâtivement un feu, restant aux aguets, et dépèce l’animal, avant de le mettre à cuire. Puis je grimpe dans l’arbre le plus proche, y accrochant mon sac. Je ne suis pas complètement stupide, je ne vais pas dormir sur le sol.

Alors que je redescends, je remarque un mouvement à la lisière de mon champ de vision, suivant le renâclement de Lio. Suivant mon instinct et ma méfiance naturelle, je braque une flèche – ayant gardé l'arc à la main – vers sa direction présumée.

― T’es quoi ?

Prête à fuir, s’il s’agit d’une bestiole trop forte pour moi.
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Nuhadu Darkmoon
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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Dim 11 Nov 2012, 03:53

Le Marchombre trotte paisiblement sur les routes de l'Empire. Al-Jeit est bien loin derrière lui, avec nombres de bon souvenirs tout neuf et de lointaines nostalgies. Et puis, il a une nouvelle destination. Les braves artisans d'Al-Jeit ont fini par reconnaître la patte d'un des leur dans la fabrication de ses épées. Leur créateur n'est apparemment pas très reconnu, mais la personne qui l'a gentiment dirigé vers Al'Far lui a assuré que ses pièces valent bien souvent les lames que porte le Marchombre. Splendides, fiables et efficaces. Jamais Nuhadu ne se remettrait de devoir abandonner ses lames, car il ne leur a jamais trouvé d'égales. Mais, puisque Feris Heron, le fameux forgeron que recherche désormais Nuhadu, est toujours en vie, il y a des chances pour qu'il puisse obtenir de lui de probables remplaçantes un jour, ou même quelques informations complémentaires sur ses lames décidément assoiffées de sang. Trouvera-t-il l'origine de ce chant si vibrant hors de sa tête ? Il a toujours espoir de ne pas être juste cinglé. Au début, ce chant n'était que le sifflement des lames. Mais plus ce sifflement s'est affiné, plus le vent lui a semblé facile à fendre et plus l'impact de ce son à grandit en lui. Jusqu'à devenir ce chant qu'il connaît par cœur et qui trouve un bel écho en lui.

Ondulation sous le regard argenté de la lune.
Danse lancinante des souffles d'antan
Qui enlacent de leur voile le temps.
Horizon insaisissable de la vie
Dans le reflet du vide infini
Frappé de l'élan furieux de la folie
Amante pénétrant nos envie
D'un goût enflammé de désir
Pour la source qui jaillit des martyrs.
Sang, clarté nocturne

Quel drôle de chant..

Quelle drôle de route ! Il aurait pu attendre quelques jours afin de reprendre le navire qui l'avait emmené jusqu'à Al-Jeit de depuis Al-Chen et faire ainsi le retour sans avoir à débourser la moindre piécette grâce à l'aide qu'il a offert au capitaine. Mais voilà, il n'aime pas l'idée de revenir sur ses pas. L'une des choses les plus belles qu'il a apprit auprès de son maître, c'est bien qu'il en aura toujours plus à découvrir mais qu'il faut aussi savoir chercher l'inconnu ! Et parcourir l'Empire sur le dos de Kishi est le meilleur moyen de profiter de la beauté du monde ! Mais découvrir qu'un homme parcours cette route à pied le laisse perplexe.
Un bel homme qui aurait été richement vêtu s'il n'était pas recouvert de boue et de poussière et légèrement balafré. Il hèle le marchombre dès qu'il l'aperçoit et c'est bonne âme que Nuhadu s'arrête à son niveau.


-Ah vous tombez bien ! J'ai besoin d'aide ! Je me suis fait dépouiller alors que je demandais mon chemin à une jeune fille ! Elle a prit mon or et mon cheval ! Or, ce sont mes biens les plus précieux !
-Il y a longtemps?
-Au moins une heure !
-Montez ! Par où est-elle allé ?
-Elle allait plein par là!


Le Nord. Ombreuse. Entonnement sur sa route tout ça. Il n'y a pas de hasard et il espérait bien repasser par sa douce forêt prochainement. Bien qu'il n'aime pas revenir sur ses pas, il passe souvent par le sombre royaume de la forêt maudite.. En même temps, il a toujours l'impression d'en découvrir plus à chaque fois qu'il s'y rend. Et il espère toujours que la forêt lui ferait cadeau de Lacrya. Il veut tant la revoir.. Et Ombreuse lui a toujours offert de drôles de rencontre ! Il ne se fait pas prier pour réclamer un galop à Kishi. L'étalon semble un peu réticent à cause du poids supplémentaire qu'on lui inflige, mais il finit par s'élancer. Sous la magnifique robe noire de la bête et son caractère posé, il y a de puissants muscles qui donnent à l'impression de Nuha de s'envoler.

-Au juste, je ne me suis pas présenté ! Edouard Cal'Rivel.


Le cœur du marchombre rate un battement. A-t-il bien entendu ? Il n'ose pas demander confirmation à l'homme qui s'accroche à sa taille... Et comme s'il en ressentait le besoin, l'homme continua à lui parler.


-Je suis commerçant voyez-vous, mais il ne m'arrive qu'ennuis sur ennuis depuis quelques semaines ! Moi qui habite sur Al-Far, je passe habituellement par Al-Chen pour mener mes marchandises à Al-Jeit.. Je suis surtout dans les articles Dessinés.. Des ennuis sur les quais d'Al-Chen.. Billet manquant.. Ai du revenir bredouille.. Pas de convois dans l'imédiat, départ seul sur les routes.. Finalement trop dangereux..

Il parle tant que Nuhadu en finit par ne pêcher que l'essentiel de ses phrases. Il retient un éclat quand il découvre que cet homme n'est autre que celui qui fut jeté à l'eau lorsqu'il allait embarquer sur le même navire il y a une semaine et demi. Il se souvient encore l'avoir prit en pitié et regrette de ne pas l'avoir aidé alors. Il connait bien le nom de l'homme, sa famille fréquentait un autre Cal'Rivel lorsqu'il était jeune. A en juger l'âge de son passager, il vient de rencontrer le neveu du vieil homme. Une bouffée de nostalgie lui monte à la gorge mais y reste coincée. Il aimerait signaler son nom à l'homme. Ce dernier n'aurait pas manqué de reconnaître le nom d'un commerçant réputé et sûrement celui d'une Sentinelle. Tout bon noble, surtout les commerçants, prennent garde aux piliers de la sociétés et aux grosses fortunes. Et puis, la famille Cal'Rivel est trop liée au père de Nuhadu pour qu'Edouard n'en est pas eut vent.

Pourtant, quand l'homme finit par lui demander son nom, sans doute soulagé d'avoir parlé à quelqu'un, même si la personne répondait peu ou par quelques syllabes, Nuhadu ne put donner celui de sa naissance. Il est Nuhadu Darkmoon, quoi qu'il fut choisit à sa naissance.



Les collines de Taj sont très peu fréquentée et la route ne se prêtait pas à des bifurcations. Il fut aisé à Nuhadu de pister le voleur d'Edouard. Il fut cependant surpris de relever des signes galops. Sa proie se savait-elle traquée ? Ce serait bien embêtant ! Kishi ne peut tenir de trop longs galops et Nuhadu mit en pratique tout ce que son maître lui avait apprit pour progresser au plus vite, malgré les protestations d'Edouard quant à la marche. Ce n'est que tard dans la nuit qu'ils aperçurent la fumée d'un feu. Ils étaient donc parvenus à la rattraper ! Nuhadu guide alors l'étalon sombre à l'écart et l'enfonce un peu entre les arbres avant de l'y laisser brouter sereinement. Il sait qu'il le retrouvera aisément et il pense ne pas s'être trop enfoncé pour sa sécurité.. Les premiers arbres d'Ombreuse sont plus menaçant que dangereux, il l'a déjà expérimenté souvent. Il laisse aussi sa ceinture et ses deux épées attachées à la scelle de sa bête.


-Bon Edouard, voilà comment nous allons nous y prendre...

Le marchombre explique doucement qu'il vont approcher le camps discrètement pour ne pas prendre de risques. En réalité, Nuhadu sait qu'il sera bien plus discret que lui.. mais si le voleur ne l'a pas tué une fois, il se doute qu'il aura le temps d'agir avant qu'il ne décide de remédier à cette erreur.
Levant les yeux à la lune, le Marchombre glisse ses mains dans ses poches et en tire deux mitaines en cuir qu'il enfile. Au début, on aurait pu croire que le poing était renforcé par une barre d'acier, mais il suffit en fait de déplier les lames pour découvrir que les gants munissent chaques poings de courtes lames acérées et sombres. Leurs éclats ne reflètent pas la lune.. Mais une fois enfoncé dans Ombreuse, la lumière n'a plus qu'une mince existance.

Cependant, le Marchombre n'a aucun mal pour progresser dans le silence le plus parfait, voyant parfaitement chaque détails de la forêt. Il disparaît vient vite dans cette dernière. Cependant, il y a des craquements et un souffle alourdie par la piètre tentative de se faire discret qui le mette au courant de la progression de son ami. Arrivés au feu, les deux personnages s'immobilisent aux aguets. Nuhadu attend patiemment plusieurs longues secondes pour s'assurer que personne n'est présent et s'en félicite grandement quand il découvre une jeune fille descendant d'un arbre. Edouard, lui, ne l'aperçut que trop tard et se fit rapidement découvrir.


― T’es quoi ?

Drôle de question pense Nuhadu. S'attend-t-elle à rencontrer une Goule en ce lieu ? Edouard se contente d'un simple ''Eh bien.. moi..'' avant de sortir le plus lentement et pacifiquement possible des broussailles. Il a peut-être la peur plein les yeux, mais il a du courage ! Bien sûr, il y a aussi un peu de haine et de dégoût pour la chose qui l'a dépouillée. Mais c'est du détail.
Nuhadu n'a vraiment pas l'intention de le laisser mourir et a conscience que c'est pourtant presque le cas au vu de la flèche qui est sûrement pointée sur lui. Cependant, il a la chance de se trouver derrière la jeune femme. Une position rêvée pour l'égorger purement et simplement. C'est ce qui s'est passé à chaque fois qu'il a sortit ses Griffes jusqu'à présent. Mais peu enclin au massacre gratuit, du moins en ce jour, il préfère venir poser avec une infime délicatesse le tranchant de deux de ses lames contre le cou de la jeune femme. Avancer dans un silence parfait dans le dos de la créature est bien aisé pour lui. Et avant qu'elle ne puisse se retourner, elle se retrouve coincée entre les lames collées à sa gorge et le torse de Nuhadu dans son dos. Une position au moins aussi gênante pour elle que pour Edouard.


-Faisons les choses calmement. Si tu tires ta flèches, tu meurs. Si tu laisse tomber ta flèche et ton arc au sol, je consentirais à te laisser partir en vie.. A condition, bien sûr, que tu restitues ses biens à mon ami. Qu'en penses-tu ? Ta vie vaux bien la sienne et ses richesses non ?

Un étrange frissons parcours le corps de l'homme tressé tandis qu'il murmures bien gentiment ses menaces. Eh bien oui, il serait bien en peine de se cacher qu'il est amusé de l'ironie de la scène.

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Dernière édition par Nuhadu Darkmoon le Dim 18 Nov 2012, 13:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Sam 17 Nov 2012, 11:06

L’arc toujours bandé en direction du mouvement, concentrée, j’attends une éventuelle réponse. On peut croiser n’importe quoi dans le coin, et j’esquisse avec prudence un pas vers le cheval au cas où je serais dans l’obligation de fuir.

- Eh ben… moi.

En découvrant l’identité de celui que j’ai interpellé, je laisse échapper un ricanement. Le voyageur que j’ai légèrement maltraité il y a peu sort des ombres, sans même une arme en main et avec un sens de la répartie inexistant. Aussi inexistant que sa prudence. Et moi qui imaginais n’importe quoi, me voilà face à un bête humain, qui plus est parfaitement inoffensif. Alors que j’allais baisser l’arc pour l’invectiver, me vient la pensée qu’il n’a pas pu me rejoindre aussi vite, dans l’état dans lequel je l’ai laissé et à pieds…

Stupéfaction.

Suivant ma pensée, mon rire s’éteint brusquement dans un souffle quand je sens un acier froid contre ma gorge, puis un torse contre mon dos. Je tressaille, surprise, et mes doigts se desserrent. Je ne retiens ma flèche que d’extrême justesse.

Panique.

En même temps, mon cœur rate une pulsation, avant de se reprendre, s’appuyant d’un battement plus marqué, comme pour se faire pardonner, ce qui finalement fait ressortir avec une acuité inconfortable le sentiment que mes veines battent plus fort là où appuient ses lames, comme dans un désir insensé de se faire taillader.
Je me crispe involontairement. Tout ça prend vraiment une tournure désagréable et inattendue. D’habitude, c’est moi qui menace les gens, pas le contraire. De plus, l’inconnu me colle vraiment trop. Je déteste les contacts et que l’on tente de m’approcher. A nouveau, mon cœur essaye de me faire faux bond et ma respiration s’accélère brièvement. M’efforçant de reprendre le contrôle total de mon corps, je me fige.

Réflexion.

Enfin, le semblant d’instinct de survie que je possède prend le pas sur la panique qui menaçait de me submerger. Je me force aussitôt à faire un bilan global. Déjà, je détourne légèrement la pointe de ma flèche du noble, histoire de ne pas le tuer par inadvertance. Puis j’en reviens à l’une de mes principales préoccupations : comment a-t-il pu me surprendre ainsi ? Je ne me souviens pas d’avoir entendu quoi que ce soit qui m’aurait signalé sa présence. Inattention, ou ais-je trouvé plus fort que moi ?
Cela commence sérieusement à devenir une habitude.
Et, pour m’avoir attaqué ainsi, c’est sûrement un ami du noble. Ce qui explique comment ce dernier a pu venir jusqu’ici en si peu de temps.

- Faisons les choses calmement. Si tu tires ta flèche, tu meurs. Si tu laisse tomber ta flèche et ton arc au sol, je consentirais à te laisser partir en vie... A condition, bien sûr, que tu restitues ses biens à mon ami. Qu’en penses-tu ? Ta vie vaut bien la sienne et ses richesses non ?

Eh ben, c’est mal parti. Je ne suis pas vraiment connue pour être calme, surtout sous la menace. Me débarrasser du canasson ne me fait pas grand-chose, il y a nombre de voyageurs crédules et peureux sur les routes, mais l’or j’aimerais le garder. C’est que, au bout d’un moment, j’aime bien acheter au lieu de voler. J’ai l’impression d’être honnête.

- Ce que j’en pense ?

Beaucoup de choses. Notamment que le gars que j’ai volé, il peut se racheter autant de chevaux qu’il le souhaite, alors que moi j’ai un mal fou à obtenir un peu de nourriture quand je vais en ville. Cela m’apprendra à me montrer sympathique. Les gens sont vraiment des ingrats. Je lance un regard lourd de sous-entendus à « son ami ».

- Que tu choisis fichtrement mal tes amis. Que je ne tue jamais les faibles. Et que j’aurais presque envie de laisser partir ma flèche pour lui apprendre le silence. Presque.

Comme je n’ai pas vraiment envie de me faire tuer aujourd’hui, et surtout de cette façon - trop la honte - je baisse doucement mon arc, relâchant la corde sans brusquerie. Douceur totale. Et intense concentration... Au moment où je lâche mon arme, je saisis mon poignard pour le presser avec délicatesse mais assurance contre le flanc droit de celui qui me menace. Comme ça, on est tous les deux coincés. Quoique moi un peu plus.
Un truc à se faire tuer, ça, murmure une voix dans ma tête.
Tais-toi, la voix. Comment je peux être sûre qu’il va tenir parole ?
Un air innocent se peint sur mon visage et je chuchote, amusée :

- C’est bon, j’ai laissé tomber mon arc… Tu me laisses partir ? Mon lapin va brûler. Ce serait dommage...

Le problème, c’est que s’il décide de me trancher la gorge, je n’aurais peut-être pas le temps ni la possibilité de lui retourner la politesse. Et même alors, il a de fortes chances d’en réchapper. Fichu forêt, fichu marchand, fichu cheval, fichu quelqu’un. Tiens, c’est vrai, qui-est-ce ?
Vraiment pas le moment, me souffle la même voix. Bien d’accord, pour une fois.
Mon regard, toujours braqué sur le noble, tente de laisser passer un message silencieux. Du genre : « Tu ne perds rien pour attendre ». Un classique. Je m’adresse alors à lui, d’un ton glacial, mais néanmoins toujours souriante :

- Reprends ta bestiole et casse-toi. La bourse est accrochée à ma ceinture.

L’ai plutôt heureux, il se dirige vers le cheval, démêlant le licol du buisson dans lequel je l’avais accroché. De ma main libre, je saisis sa bourse et la lui lance. Ou plutôt ma bourse. J’avais glissé la sienne dans mon sac. J’attendais de m’arrêter pour faire le transfert et remplir la mienne. Certes, je n’ai pas autant d’argent que lui, mais il ne devrait pas y avoir trop de différence pour qu’il s’en rende compte, dans l’état quasi-second ans lequel il s’est plongé tant il est jovial. Il la réceptionne sans trop de mal et, effectivement, n’en vérifie que hâtivement son contenu.

Son sourire béat, dû au fait qu’il récupère ses effets et sans aucun doute aussi à cause du plaisir de me voir dans une telle posture, me donne envie de ricaner, mais je me retiens. Celui qui me menace n’est sans doute pas stupide. Et même dans ce cas, c’est dangereux. Les gens stupides sont souvent susceptibles.
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Nuhadu Darkmoon
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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Mer 05 Déc 2012, 20:55

- Ce que j’en pense ?

Nuhadu se tend à l'énonciation de ces quelques mots. Quelque chose dans son ton lui donne l'impression qu'elle ne va pas se laisser faire bien gentiment. C'était à redouter, les fous sont nombreux à courir le monde.. et peut-être bien que Nuhadu en fait parti. Le regard de sa proie lui semble chargé de reproches, ce qui ne manque pas d'étonner le jeune homme. Ne vient-il pas d'attraper une voleuse ? Elle devrait au minimum paraître coupable ! Elle est tout de même gonflée ! A ce rythme, il ferait aussi bien de lui trancher la gorge tout de suite pour qu'on en entende plus parler ! Cependant, la peine de mort pour le vol d'un cheval est un peu chère payé ! Surtout que lui même à emprunté Kishi à l'Académie depuis bien longtemps maintenant.. ça lui ferait mal qu'on décide de le tuer pour ça.

- Que tu choisis fichtrement mal tes amis. Que je ne tue jamais les faibles. Et que j’aurais presque envie de laisser partir ma flèche pour lui apprendre le silence. Presque.

Le marchombre sourit, voyant le visage de son récent ami se décomposer. Il n'aimerait pas que la flèche parte pour une petite contrariété ! Elle a raison sur un point, il ne s'en serait sûrement pas fait un ami s'il n'avait pas connu un membre de sa famille. En fait, il le considère pas comme un ami. Il a une dette émotive envers sa famille et il compte profiter des circonstances pour la remplir ! D'ailleurs, la femme aussi doit tenir un minimum à sa vie. Sa façon de parler lui fait comprendre qu'elle ne se prend pas pour n'importe qui. Tant mieux, on négocie bien mal avec les suicidaires.
En effet, elle baisse son arc avec précaution, devenue enfin plus docile. Peut-être que la soirée se terminera sans qu'une goutte de sang n'ait coulé.
A peine l'idée eut traversée son esprit qu'il la regretta. Une lame se glisse contre son flanc, pas besoin de baisser les yeux pour vérifier de quoi il s'agit. Il a déjà bien souvent goûté au contact des armes. L'idée qu'il soit à son tour menacé ne fait qu'augmenté à l'ironie de la situation ! Décidément, cette voleuse n'est pas peu douée.

- C’est bon, j’ai laissé tomber mon arc… Tu me laisses partir ? Mon lapin va brûler. Ce serait dommage...
-Plus vite mon ami sera remboursé, plus vite tu pourras manger ton lapin!

Qu'elle ne se méprenne surtout pas ! Elle a beau le mettre en danger, elle reste sa proie et aucune peur ne vient troubler la voix du marchombre. Les choses feraient bien de se dérouler calmement, pour le bien de ces deux là en tout cas ! Pendant ce temps, Edouard ne semble pas se rendre compte qu'une lame menace son ami. Au contraire, il est heureux de voir la jeune femme céder et lui obéit vivement en allant récupérer son cheval, s'assurant que ses marchandises n'ont pas bougé. La jeune fille fait même l'effort de lui rendre sa bourse sans discuter ! Les choses vont finalement pour le mieux !


-Mon ami, vous feriez bien de filer ! Allez donc droit en arrière et monter votre propre campement, je m'assure qu'aucune représailles ne vous suive.

-Vous allez la.. la..


Tout le monde devine la fin de sa phrase ! Nuhadu a déjà décidé de ne pas la tuer et c'est d'un petit mouvement de la tête qui le montre au marchand. Ce dernier semble reprendre un peu contenance, comme s'il s'en serait voulu que sa voleuse soit tuée ainsi. Peut-être qu'il respecte la vie autant que ses biens ! Ou a-t-il simplement peur d'être hanté par la mort d'une jeune femme. Difficile de savoir ce qui se trame dans la tête du noble ! Ça l'est encore plus quand il fouilles dans ses besaces pour en sortir une mince feuille et une plume. Sous le regard étonné du marchombre, il commence à écrire quelque chose..

-Je ne veux pas vous presser mais..
-Je paye toujours mes dettes ! Puisque vous vous rendez à Al-Far, portez cette lettre à mon épouse, je vous ai laissé l'adresse. Merci pour tout Nuhadu.
-Mais je...


Mais avant qu'il n'ait pu en dire plus, l'homme quitta le lieux des conflits sans se faire prier, abandonnant le message dans l'herbe.

[b]-Bon... On mange ce lapin ? Ou on s'entre-tue?


[Pardon du retard ! J'ai pas su gérer mon temps ces derniers temps!]

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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Lun 17 Déc 2012, 11:21

En plus d’être tenace et rancunier, le noble ne se rend même pas compte que je menace son ami. Vraiment pas terrible. Après avoir accroché sa bourse à sa ceinture – il n’a de toute évidence rien compris – il se tourne vers celui qui l’accompagne, interrogateur.

-Mon ami, vous feriez bien de filer ! Allez donc droit en arrière et monter votre propre campement, je m'assure qu'aucune représailles ne vous suive.


Quoi ?!
J’hallucine ! Cette journée a vraiment mal commencée et risque de finir à l’identique. Mais c’est quoi ce justicier de pacotille ? Je ne vais quand même pas mourir pour un cheval et une bouse d’or, c’est irrémédiablement stupide. C’est bon, je ne vais pas me venger (du moins pas tout de suite) ni le poursuivre.
Non, je n’ai vraiment pas envie de crever.

-Vous allez la.. la..


Eh bien, le riche a perdu de sa superbe. Sans doute n’a-t-il jamais vu personne mourir, ou de moins de sa main. Peut-être, dans son monde merveilleux, la notion de mort n’existe pas. Il en a, de la chance.
Pour changer, je suis d’accord avec lui. On va éviter de m’égorger, d’accord ?
Puis le noble se rassérène. Ah ? Je suppose que l’inconnu lui a fait comprendre, d’une façon ou d’une autre, qu’il n’allait pas me tuer. Ou pas tout de suite.
Et au lieu de filer bien gentiment le riche saisit son petit matériel d’écriture pour griffonner quelque chose. Mais c’est dingue, quand même, qu’il dégage !

-Je ne veux pas vous presser mais..
-Je paye toujours mes dettes ! Puisque vous vous rendez à Al-Far, portez cette lettre à mon épouse, je vous ai laissé l'adresse. Merci pour tout Nuhadu.


Oh, c’est Nuhadu son nom ? Classe. Toujours utile de connaître le nom des gens qui vous menacent. A force de rester immobile et debout, je sens des picotement fuser dans mes muscles las. Je les tends et les détends pour les décontracter un peu. Enfin, le noble fiche le camp, emportant ses affaires et laissant son papier sur le sol. Je laisse un léger soupir fuser d’entre mes lèvres. Je n’en pouvait plus de le voir.

-Bon... On mange ce lapin ? Ou on s'entre-tue?


Surprise. Un sourire aussi aérien que mon souffle se dessine sur mon visage. Pourquoi pas ? J'en ai en trop. Je retire mon poignard de contre son flanc et le range précautionneusement.

- On mange le lapin.


Je lève doucement une main et écarte les lames de Nuhadu de ma gorge avant d'avancer vers le feu. Mon pauvre dîner commence à sentir le grillé malgré les flammes mourant peu à peu dans de doux crépitements, faute de bois suffisant. Sans un regard pour Nuhadu, je lance quelques branches sur les braises, me servant d'une brindille pour les attiser. Puis je retire le lapin du feu et le découpe en morceau avec mon poignard. Je sors d'une bourse un peu d'épices et les répands sur la viande. Je retire un peu de nourriture de ma part et l'emballe dans des feuilles puis la glisse dans une bourse pour Envol

- Tiens.


Je lui tends une des parts et m’assoies sur le sol, près du feu, l'invitant d'un geste de la main à faire de même. Je me laisse aller conter l'arbre et fixe les flammes. Le ciel était clair, aujourd'hui, il va sans doute faire froid cette nuit. J'ai intérêt à surveiller le foyer si je ne veux pas geler. Je reprend ma brindille et bouge les branches.
Enfin, je tourne la tête vers Nuhadu et le détaille sans me cacher. Il est plus grand que moi, et autant je suis dans les tons blancs, autant il est dans le noir : yeux, cheveux tressés. Sa peau est légèrement plus foncée que la mienne. A part la taille il me ferait presque penser aux Faëls. Cela fait vraiment longtemps que je n'en ait vu, mais je me souviens d'eux.

-T'es Nuhadu, c'est ça ? Moi, c'est Nea. T'es pas à demi faël ?

Commencement des présentations. A force d'être en contact avec le feu, ma brindille s'enflamme. Je la balance vite fait dans les flammes.

-Tu fais quoi dans le coin, à part récupérer des chevaux volés ?
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Nuhadu Darkmoon
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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Lun 24 Déc 2012, 12:36

Les muscles de Nuhadu se permettent de se relâcher lorsque, enfin, la désagréable pression d'une lame contre lui disparaît. Même s'il ne craint pas vraiment pour sa vie, il est heureux de ne pas avoir à verser le sang ! Ses vêtements ont beau être poussiéreux, ils ne portent pas la voyante couleur de l'assassin et il aimerait bien qu'ils ne la porte jamais. Bien sûr, ils finiront par s'en teindre. Il s'est rendu compte que la liberté nécessitait parfois quelques coups d'éclats pour être conservée. Si seulement les menaces suffisaient à chaque fois !

- On mange le lapin.[/b]

Les griffes du marchombre se font repousser par les mains de son otage et il ne se fait pas prier pour se reculer vivement d'elle. Dans l'importance du moment, il n'avait pas pris conscience de la proximité qu'imposait sa prise et, aussi incroyable que cela puisse paraître, il espère encore ne pas passer pour un pervers aux yeux de la voleuse. Déjà qu'il a manqué d'être un assassin.
Heureusement, elle ne semble lui tenir rigueur ni de l'un ni de l'autre, se préoccupant plutôt du lapin qui semble ne pas apprécier le temps de cuisson à rallonge que les péripéties lui ont imposé. Un sourire amusé se dessine sur ses lèves alors qu'il prend conscience de l'ironie de la scène. D'ennemis mortels, ils semblent passer en un instant à compagnons d'un soir. La liberté d'esprit de la jeune voleuse ne manque pas de lui plaire !
Les griffes se voient donc refuser toute mort ce soir et sont soigneusement repliées sur les gants de cuir qui leur sert de support. Il n'y a pas de raison de se montrer menaçant plus longtemps, surtout pas du fait de l'invitation qu'elle lui fait autour de son lapin, aussi cuit soit-il. Et puis, les ajouts métalliques au bout de ses mains ont aussi le défaut de le gêner pour certains gestes anodins, comme celui de ramasser la lettre. En fait, ces gants ne sont fait que pour le combat et encore, il irait même jusqu'à réduire leur usage à l'assassinat. C'est moche, mais tuer dans l'ombre ou dans le dos est souvent plus efficace et salvateur que s'exposer à une flèche. Il a sans doute bien fait de préférer cette solutions d'ailleurs, du moins le pense-t-il quand il ramasse l'arc de la jeune femme pour le jauger. A vrai dire, il n'y connait pas grand chose. Autant il sait tirer, autant il n'a pas la moindre idée de l'arc parfait. Il sait que le sien lui va à merveille, juste parce qu'il a passé de longs moments à le manier encore et encore, jusqu'à ce qu'il le fasse pleinement sien.
L'un des plus grands secrets de la vie, c'est sans doute le travail.
L'autre, c'est certainement l'amusement !

Le marchombre vient finalement poser l'arc aux côtés de son hôte et glisse la lettre dans une poche avant de s'asseoir en tailleur en face la jeune voleuse qui lui tend une part de son lapin. Il lui glisse un merci avec un large sourire. Le marchombre aime manger, il ne le cachera pas et il en serait bien incapable. Lui offrir du lapin, c'est presque en faire son meilleur ami.


-T'es Nuhadu, c'est ça ? Moi, c'est Nea. T'es pas à demi faël ?

-Tu fais quoi dans le coin, à part récupérer des chevaux volés ?


Nuhadu lève ses yeux vers la jeune femme. Elle soulève une question intéressante qu'on lui a déjà posé plusieurs fois.

-C'est bien Nuhadu. Que je sâche, il n'y a pas de Faëls dans ma famille. En fait, mon père avait la peau encore plus sombre que la mienne ! Et son père à lui aussi sombre que la sienne et son père avant de même ! Je crois que ma famille aime bien concurrencer les Faëls tout simplement!

Il lui offre un joyeux clin d'oeil avant de mordre goulûment dans son morceau de lapin. Il n'est pas mauvais, elle sait assaisonner la petite voleuse. Bien sûr, il faut aussi qu'il lui explique ce qu'il fait par ici.. mais à vrai dire, il n'est plus très sûr de la raison. C'est frustrant, mais il a la réponse sur le bout de la langue!

-Dis, ta mère ne serait pas la lune ? Je crois que je n'ai vu qu'une personne être aussi.. hum, comment on pourrait dire ? Pure ? Ou plutôt immaculée ! C'est marrant que je te croise, parce que justement je la cherche.

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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Mar 25 Déc 2012, 12:08

J’aime regarder les flammes. Elles ont l’air parfaites, immortelles, loin des soucis. Et pourtant, elles naissent minuscules, et à l’apogée de leur gloire il suffit d’un jet d’eau ou du temps, faute de combustible, pour les vaincre. Le feu est comme les êtres humains : ils viennent au monde insignifiant, dans la fleur de l’âge paraissent inexorable, une arme ou un sac d’or à la main…
Puis, il suffit d’un grain de sable, d’un malheur de trop, ou d’une lance ennemie pour qu’ils finissent comme les flammes. De simples étincelles qui se meurent dans un silence à peine troublé par des gémissements ressemblant étrangement à des crépitements.

Et puis, contrairement aux hommes, elles disent la vérité. Quand elles sont animées d’une volonté destructrice, elles détruisent. Quand elles veulent réchauffer, protéger, elles le font. Même s’il est si parfois facile de les dompter à petite échelle.
Je suis une flamme. Je suis née dans une étincelle, je grandis flamboyante et apparemment indomptable, je mourrais braise mourante. Le feu vit moins longtemps que moi, c’est tout.

Pensive, je tape avec le talon de ma botte sur le sol. Nuhadu a l’air satisfait. Cela me donne envie de sourire. Il me regarde pour répondre.

-C'est bien Nuhadu. Que je sâche, il n'y a pas de Faëls dans ma famille. En fait, mon père avait la peau encore plus sombre que la mienne ! Et son père à lui aussi sombre que la sienne et son père avant de même ! Je crois que ma famille aime bien concurrencer les Faëls tout simplement!

Je souris. A la fin, ses ancêtres devaient absorber la lumière, si leur peau était de plus en plus foncée ! J’avale un morceau et pointe le doigt vers lui, espiègle :

-Ma mère ayant été Faëlle, je prends ça pour une déclaration de guerre !

Je jette un os rongé sur le sol. Pas mal, ce lapin. Il a faillit cramer, pourtant.

-Dis, ta mère ne serait pas la lune ? Je crois que je n'ai vu qu'une personne être aussi.. hum, comment on pourrait dire ? Pure ? Ou plutôt immaculée ! C'est marrant que je te croise, parce que justement je la cherche.

Je lui lance un regard surpris. Moi, je n’ai que rarement vu une personne aussi claire d’esprit. Enfin, à peu près. Car je ne suis pas « immaculée ».
Sauf s’il associe la blancheur innocente au rouge sang.
Je chasse cette pensée de mon esprit. C’est sûrement une référence à mon apparence.

- Je suis née lors d’une lune noire, et ma mère m’appelait ainsi… Quand elle est morte, la lune est devenue mon seul contact avec elle. Je pensais qu’elle se cachait derrière pour veiller sur moi. C’est devenu presque vitale de la voir, maintenant.

Je baisse les yeux, un pli barrant mon front, avec l’impression qu’une douche froide m’arrose de l’intérieur. C’est injuste. Pourquoi, après toutes ces années, son souvenir me fait tout aussi mal ? Neïl croyait me sauver en associant la lune à ma mère et en me laissant voir l’astre, mais il a créé un lien indestructible et douloureux avec elle.
« Presque vitale »… Veuillez rayer le « presque ».
Ressaisis-toi !
Je refoule ces souvenirs dans un soin et mon visage retrouve sa sérénité, quoique un peu lointain.
Est-ce que mes yeux savent mentir ?
Ne pas se montrer faible.

- Comment ça, tu cherche la lune ? Là où je vais, elle n’existe plus.

Ombreuse me la cache, mon adorée. Je ne supporte pas cette forêt. Je jette un autre os, qui vient heurter le premier sans bruit.

Je perçois soudain une présence. Je me redresse, balayant du regard les alentours, le ciel. Un cri d’oiseau résonne, en même temps qu’un bruit d’ailes. Enchantée, je sens un large sourire se peindre sur mon visage. Je siffle trois notes pour guider mon faucon-sacre, même si je sais qu’il n’en a nul besoin. Un moyen comme un autre de l’accueillir.
Le rapace se pose sur mon épaule et la presse avec précaution de ses griffes, louchant vers mon morceau de lapin. Je caresse doucement sa tête, murmurant :

- Non, non, pas de lapin… Fallait trouver à manger !

Il me jette un regard dédaigneux et je ris. Je saisis la bourse dans laquelle j’avais gardé de la nourriture puis la lui étale sur le sol. Il sautille un peu sur mon épaule puis en descend pour se précipiter vers la viande. Au dernier moment, il se tourne vers Nuhadu, méfiant. Puis m’interroge du regard.

-C’est rien, t’inquiète. Il s’appelle Nuhadu.

Je siffle un autre groupe de notes. J’ai remarqué il y a peu de temps qu’il se souvenait mieux des visages si je leur donnais un nom sifflé.
Je le regarde un instant manger, puis regarde Nuha.

- C’est Envol.

Je finis ma viande et regroupe les os dans un coin. S’il a encore faim, le faucon les finira peut-être. Je lisse une de ses plumes.

- Comment c’est passée ta journée ? Cela fait longtemps.

Envol me jette un coup d’œil et je ris encore. Il mange, il ne me parlera pas avant un bon bout de temps.
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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Mar 25 Déc 2012, 17:14

- Je suis née lors d’une lune noire, et ma mère m’appelait ainsi… Quand elle est morte, la lune est devenue mon seul contact avec elle. Je pensais qu’elle se cachait derrière pour veiller sur moi. C’est devenu presque vitale de la voir, maintenant.

Nuhadu se prit à sourire. Lune noire, cela ne lui va pas au teint ! Mais c'est un nom qu'il lui envie presque. Et puis, ils partagent une même passion, la belle reine nocturne qui trône dans les ciel. Cependant, il comprend au regard perdu vers le sol de la jeune fille qu'elle n'a pas oublié sa mère et qu'elle ne ment pas en parlant de sa dépendance à la vision lunaire. Il est à deux doigts de venir presser ses épaules pour lui raconter une histoire abracadabrante. Le jeune homme aime mieux voir les gens sourire, même de sa stupidité, que de les voir tristes.

- Comment ça, tu cherche la lune ? Là où je vais, elle n’existe plus.

Cette voleuse serait-elle aussi une bonne menteuse ? Son visage vient de changer d'expression et cache parfaitement la tristesse qui l'imprégnait une seconde plus tôt. A croire que Nuhadu a rêvé son air perdu ? Le problème, c'est qu'il est sûr de ce qu'il a vu. Mais il n'insiste pas. Il ne connaît personne qui voudrait se confier à un parfait inconnu. Il s'interroge plutôt sur le sens de sa phrase. Est-ce d'Ombreuse dont-elle parle ? Ça se pourrait bien puisqu'ils se trouvent à sa lisière. Peu de lieux permettent de voir la lune en Ombreuse, a moins de savoir grimper on y est mal placé pour l’apercevoir. Pourtant, Nuhadu ne voit pas ce qu'une si jeune femme irait faire dans Ombreuse.

-Ce n'est pas vraiment elle que je cherche, mais presque. Et tu vas rire, mais j'ai l'intime conviction qu'elle pourrait se trouver quelque part dans Ombreuse. Ce qui ne me permet pas plus de la trouver ! Mais pourquoi tu..

Il n'a pas le temps de finir sa question, un oiseau se met à crier et au son, Nuhadu sait déjà que celui-ci sort de la normale. Ce n'est pas le cri d'un chasseur nocturne. Il n'a plus à se poser de questions lorsque Nea adresse ses sifflements à la nuit. Ainsi, elle a un compagnon à plume, voilà qui est intéressant ! Une fois, il a croisé un jeune garçon qui se promenait avec un cygne. Même si la grâce de ce dernier est ses blanches plumes étaient splendides, le marchombre doit avouer qu'il a plus grand faible pour les chasseurs. Aussi est-il ravit de reconnaître un faucon.
Inquiet de troubler les retrouvailles entre le petit emplumé et sa maîtresse, le jeune homme garde sagement le silence et ne fait pas un geste.

Ses yeux ont la joie de pouvoir détailler la petite bête sans qu'une ombre ne vienne déteindre sur ses belles plumes. Le Rentaï l'a bien gâté avec ses belles prunelles qui, en plus de se parer de nuit, savent la percer sans difficulté. Cette jolie faculté pourrait faire de lui un guetteur hors pairs.. peut-être qu'il devrait aider Roy dans ses activités, ça lui permettrait de gagner sa croute, encore que sa bourse, en ce jour, est plutôt bien rebondie ! Il devrait veiller dessus plutôt que de la laisser avec Kishi sans surveillance.. mais qui viendrait s'aventurer dans la lisière d'Ombreuse, de nuit qui plus est ? Que lui et les voleuses. Ça réduit bien les risques !

Le petit faucon et la jeune fille sont assez comiques. Ils semblent se comprendre parfaitement et il en est admiratif devant Nea. La moindre mimique du piaf semble lourd de sens pour elle. Depuis combien de temps possède-t-elle ce compagnon ?

Il en éprouve presque un peu de jalousie. Il est loin de s'être tant lié à Kishi. A vrai dire, il la jalouse parce qu'elle s'est lié à un chasseur. Qu'en est-il devenue de sa passion des loups ? Peut-on apprivoiser ces boules de poils à crocs?

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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Dim 06 Jan 2013, 15:26

Je détache enfin mon regard d’Envol pour me concentrer sur Nuha. Que disait-il ?.... Ah, oui. Par Merwyn, qu’est-ce qu’il va faire dans Ombreuse ? On ne lui a jamais appris que c’étais dangereux, là-bas ? Déjà, les bestioles en elles-mêmes ne sont pas vraiment sympathiques mais alors les gens…
Il ne peut être une mercenaire. Je vois mal un envoleur se raviser alors qu’il peut égorger quelqu’un, puis lui proposer de manger un lapin. Non, vraiment. Mais à part des mercenaires, qui irait dans l’obscure forêt ? Peut-être la personne qu’il y cherche en est une. J’espère pour lui qu’elle l’aime bien…

Envol finit enfin son repas et va se percher sur mon sac, dans la fourche de l’arbre, me frôlant de son aile en passant.
Fainéant !
Il est venu, il est repu, il va dormir… La philosophie d’Envol !
Et je pense que je vais la suivre.

- Je ne sais pas ce que tu fais, mais j’vais me coucher.

Il aura peut-être envie de rester. Le voyage en pleine nuit, dans le coin, ce n’est pas forcément agréable. Je rajoute une brassée de branches dans les flammes, rassemble mes affaires éparpillées. Je suis généralement comme ça. Je ne retiens pas les gens
Je me hisse jusqu’à mon sac et y entrepose mes affaires, puis je me rappelle soudain que Nuhadu avait commencé une phrase avant de l’interrompre à l’arrivée de mon faucon.

- Mais pourquoi je… ?


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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Mer 09 Jan 2013, 19:49

- Je ne sais pas ce que tu fais, mais j’vais me coucher.

Nuhadu revient soudain à lui, jetant un regard étonné à la jeune femme. Le faucon semble déjà être envolé vers les branches. Voilà qu'il s'est laissé emporté par ses pensées jusqu'à en oublier de s'intéresser au monde qui l'entoure. C'est bien étrange pour un marchombre de se fermer autant dans son propre esprit.
Et pourtant oui, elle a raison. Le ciel s'est entièrement imprégné d'encre, piquetés de bien des étoiles qui ne parviennent pas à l'éclairer, ou du moins à rivaliser avec la fantasque lune qui trône avec une beauté troublante.
Qu'elle idée.. Se coucher par alors que la nuit appelle au jeu, fraîche et splendide. C'est l'heure la plus appropriée à une sortie nocturne ! Pour surprendre des chasseurs dans leurs avancées silencieuses par exemple ! Depuis combien de temps n'a-t-il pas chassé ? Même sans décocher une flèche, le simple fait de traquer une créature depuis les ombres l'emplit toujours d'une joie profonde !
Il ne faut surtout pas qu'elle se couche avant d'avoir essayé de percer l'un des si terrible secret d'Ombreuse dans ses heures les plus sombres et accueillantes ! Puisqu'elle lui a offert un repas, peut-être qu'il peuvent partager une expédition dans ce que Nuhadu aime à considérer comme son domaine.
Surtout maintenant qu'il peut percer les voiles ombreux de la forêt.
Il n'y a pas de cauchemars en ce lieu.


- Mais pourquoi je… ?

Le bougre d'imbécile, il s'est encore laissé emporter par sa rêveries ! Mais heureusement que Nea est là pour le ramener sur terre. En fait, il doit être fatigué, puisqu'il ne parvient plus à se concentrer, mais parcourir la nuit fraîche et vivifiante lui fera sans aucun doute le plus grand bien ! Il y a bien des choses qu'il peut encore découvrir sur cette forêt et il aimerait beaucoup voir si Nea s'en est imprégnée, car oui il croit qu'elle connaît plutôt bien cette forêt. Il voit mal quel autre lieu serait assez attirant pour abandonner quelques temps la vision de la Lune.
Les ombres l'attirent désespérément. Se sentir recouvert par elles est une véritable délectation !
Mais avant de s'emballer, pourquoi donc avait-il ainsi commencé cette phrase ? A cause d'Ombreuse justement. Il voulait comprendre pourquoi elle avait décidé de s'y plonger, loin de cette vue dont elle se vantait d'être dépendante.
Et puis, se peut-il vraiment que cette petite et frêle créature se soi déjà imprégné d'Ombreuse ?
En effet.. Jusqu'à présent, elle n'a pas mérité sa peur. Encore qu'elle a droit à son admiration pour le courage dont elle a fait preuve lorsqu'il la tenait entre ses griffes.


-Ah oui ! Avant de demander pourquoi, je devrais te demander si tu as déjà visité Ombreuse. Cette forêt et d'une rare beauté, surtout de nuit. Si tu n'as pas trop sommeil, tu pourrais m'accompagner, je la redécouvre ce soir.

Resté assis trop longtemps, le marchombre se redresse avec une grimace et s'étire dans un soupir de joie. Il le savait bien, son corps bouillonne déjà de l'envie de parcourir cette forêt une nouvelle fois, de la défier encore de se montrer aussi terrible qu'on la prétend et de découvrir les secrets qu'elle lui réserve.
Il offre ensuite un de ces sourires insolent dont il a le secret. Ces fameux sourire qui donnent l'impression que ses yeux brillent d'arrogance, de joie, de moquerie et surtout de vie.

Et la Lune seule sait que ses yeux illumine son monde plus que jamais.


-A moins que tu n'es plus peur que sommeil!

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Dernière édition par Nuhadu Darkmoon le Lun 21 Jan 2013, 19:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Jeu 17 Jan 2013, 19:35

La nuit.
Elle est si belle.
Vitale.
Ciel noir comme du velours, étoiles éclatantes, lune fugitive. Les arbres perdent leurs couleurs, émeraude, rubis, or, rien de tout cela n’existe à cette heure-ci. Il y a un temps pour la lumière, un temps pour les ténèbres. Rien n’est plus pur et beau qu’une nuit illuminée d’un astre frêle.
Et bientôt, je vais devoir encore une fois me passer de cette vue si apaisante.

J’ai les pieds qui se balancent dans le vide. Le feu jette sa lumière sur Nuhadu et créé un bel effet de clair-obscur. Je glisse la main dans mes mèches désordonnées. Comme moi. Il paraît que notre apparence et notre comportement est le reflet de notre esprit. Dommage pour les schizophrènes.
Je dévisage Nuhadu. Si c’est vrai, que penser de lui ? Un instant menaçant, l’instant d’après chaleureux.
Et que penser de moi ?
Envol pousse mon bras de sa tête, en quête d’une caresse. Je la lui accorde machinalement. Il lâche une sorte de ronronnement et se détourne pour mieux s’installer sur mes affaires. J’ai l’impression, parfois, que mon faucon entre dans l’adolescence. Auparavant, il me suivait partout, maintenant il aime partir des journées entières. Il demande de l’affection pour la rejeter immédiatement.
Cela passera.
Nuhadu s’adresse de nouveau à moi.

-Ah oui ! Avant de demander pourquoi, je devrais te demander si tu as déjà visité Ombreuse. Cette forêt et d'une rare beauté, surtout de nuit. Si tu n'as pas trop sommeil, tu pourrais m'accompagner, je la redécouvre ce soir.

Oh oui, j’ai déjà visité Ombreuse. Mais je ne suis pas prête de te dire pourquoi. C’était une erreur de révéler à Ange qui je suis, et elle était quand même moins violente. Je ne sais pas qui tu es, tu ne sauras pas qui je suis. C’est mieux pour tout le monde.
Mais il faut quand même lui répondre. Ou il va se poser des questions.

- Je suis déjà, en effet, passée par Ombreuse. Au cours de mes pérégrinations. Je suis plutôt nomade.

Et asociale, marginale…
Je réfléchis. Ce qu’il propose n’est pas forcément stupide. Profitez une dernière fois d’une chasse nocturne comme elle doit l’être, même si elle doit se dérouler à la lisière de la forêt maléfique. On doit y trouver plus d’ennuis que dans les zones chaudes d’Al-Far.
Je laisse tomber mon regard blasé sur Nuhadu. Celui-ci me sourit, avec une lumière dans les yeux, une lumière qui me manque. Mes yeux à moi, ils sont froids avec les inconnus dans la rue, lointains avec les aimables, tristes quand je suis seule.

Puis ses paroles percutent enfin la partie de mon cerveau qui est plus réactive que réfléchie.
Sortir ?
Dans la nuit ? Le noir, la quasi-solitude ?Avec plein de sales bêtes ?
Cool.

-A moins que tu n'es plus peur que sommeil!

Je laisse échapper un rire sardonique. Peur ? Moi ?

- Dis plutôt que tu cherche une excuse pour rester ici !

Je pousse sans ménagement Envol pour récupérer mon sac. J’en tire trois flèches que je glisse à ma cuisse, coincées entre ma jambe et deux liens de cuir. Je détache ma capuche et la déroule, m’en servant comme d’un foulard, retenant mes cheveux et les masquant un peu. Un autre poignard à ma ceinture, cette dernière débarrassée des trucs inutiles que je laisse à la garde du faucon.

J’attrape mon arc et me laisse tomber en bas de l’arbre. Je donne un coup de pied au feu pour l’éteindre un peu et me poste en face de Nuha, bras croisés. Je souris vaguement.
Voilà ce dont j’ai besoin pour m’oublier. Une nuit de chasse, d’insomnie. Une ou deux proies pour tacher le ciel noir de sang, et je reprends ma route, seule, l’abandonnant sans peine. Comme toujours. Les gens sont éphémères, ils ne méritent qu’une attention légère, presque inexistante.

- T’es prêt ?

Puis je lui tourne le dos sans attendre et commence ma marche, arc sortit.
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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Mer 23 Jan 2013, 19:26

- Je suis déjà, en effet, passée par Ombreuse. Au cours de mes pérégrinations. Je suis plutôt nomade.
Bien, alors elle sait parfaitement ce qui l'attend, ou du moins s'en doute-t-elle. Nuhadu lui même n'a pas l'audace de prétendre connaître un royaume qu'il arpente pourtant comme s'il était sien. Ce n'est pas parce qu'ils vibrent sur la même passion, qu'Ombreuse et lui se connaissent. A vrai dire, il s'étonne d'avoir toujours évité ses dangers, un peu comme si on lui ouvrait grand la voie lorsqu'il lui prend l'envie de se promener dans le silence délicieusement troublé, du plus sombre des royaumes sylvestres.
Même si Nea lui semble jeune, elle gagne encore plus son estime en avouant avoir visité ce lieu sans en être sortie particulièrement souffrante. Jusqu'à présent, chacune de ses rencontre en ce lieu étaient la suite d'un affreux accidents pour ses interlocuteurs. Une fois s'était un tigre des prairies qui avaient voulu se faire les crocs sur une demoiselle un peu trop solide ! Bien qu'elle ait survécu, il est nécessaire de souligner qu'il du prendre soin d'elle.
Pour la suite, c'est une étrange demoiselle, aux oreilles de velours, qui s'est pris de l'idée de fuir un danger dans la forêt la plus dangereuse de tout les temps. Autant dire qu'elle était presque morte quand il l'a trouvée !

Mais Nea est plus proche de lui que ne l'était ses précédentes rencontres. Tout deux ont déjà parcourus Ombreuse, ils n'ont pas peur d'elle parce qu'ils savent que lui survivre n'est pas si dur. Même une simple voleuse de chevaux peut s'avérer un personnage intéressant !
Enfin, encore faudrait-il qu'elle se décide à l'accompagner dans une dangereuse forêt où elle, et elle seulement, n'y verra qu'à peine plus loin que son blanc museau en compagnie d'un homme qui a manqué de la tuer et qui ne doit pas lui sembler très sain d'esprit par ailleurs !

A en voir son regard, sa décision ne doit pas être de l'accompagner, enfin c'est la première impression. La suivante et plus prometteuse, comme si elle revoyait la proposition sous un angle plus plaisant. A la place d'un regard assez vide, il a droit à un semblant d'excitation qui plaît beaucoup plus ua marchombre. Sans doute s'est-il beaucoup trop habituée à la présence turbulente de Libertée, mais il en est venu à grandement apprécier la jovialité. Même si Nea ne répond pas parfaitement à une telle attente, sa façon à elle d'être emballé lui suffit amplement !

Un rire, quelle que soi sa forme, est une exclamation ! Et celui-ci, bien qu'il semble de mauvaise augure, n'est pas dépourvu d'amusement. Pas totalement. A vrai dire, il ne sait pas comment prendre ce rire, mais la phrase de la jeune fille lui va.


- Dis plutôt que tu cherche une excuse pour rester ici !

Il se contente de sourire, amusé de voir cette petite couche tôt s'activer avec une énergie renouvelée. Y a-t-il vraiment des fils et des filles de la Lune ? Des gens qui savent puiser dans l'air frais de la nuit, l'énergie suffisante pour honorer l'oeil argenté de nouvelles aventures.
Il se pourrait bien !

La voleuse est prête. Ses cheveux trop voyant, et pourtant magnifiques puisqu'il faut l'avouer, ont trouvé refuge sous un tissus sombre. Elle sera déjà plus en harmonie avec la forêt ainsi, même si sa peau ne se fondra pas aussi bien que celle de Nuhadu. Mais on ne lui en demande pas tant ! Tant qu'elle sait se faire invisible.. Et puis, c'est elle qui a l'arc.. Nuhadu n'aura pour la chasse que ses griffes. Celles en acier bien entendu ! Il a peu de chance d'égorger ou de se défendre contre une bête de crocs, de griffes et de muscles si lui même n'aligne rien de tout ça. Bon, peut-être les muscles.. mais sûrement pas dans une importance comparable.
Il est bien loin de cette montagne de muscles qui accompagnait Syndrell. Le fameux et sombre Dolce qui ne semblait ne s'intéresser ni ne s'attacher à personne d'autre que la fille aux yeux dorés. Dans un sens c'est mignon de voir ce gros ours mal léché mené par le bout du nez de la Marchombre. Mignon et drôle !
Enfin, tant qu'il ne se demande ce qu'il est pour Lacrya. Un gros loup mal léché ?
Mené par le bout de nez ?

Rien à voir ! Lui il l'a fait fuir en lui montrant les crocs la dernière fois qu'il l'a vu ! Et toc !
Résultat : Il est obligé de courir l'Empire à la recherche d'un moyen pour gagner son pardon..

Il aurait mieux fait de se laisser mener par le bout du nez.


- T’es prêt ?

Dit-elle, elle la charmante voleuse de chevaux qui part en chasse avec lui, avant de s'enfoncer dans la forêt sans attendre ni signe ni réponse. Elle a bien raison celle là ! Assez réfléchi, regretté et envisagé pour ce soir ! L'heure est à l'action, simple, sereine et sans conséquence.
La première envie qui traverse Nuhadu, c'est de disparaître. Ne faire qu'un avec Ombreuse et donc devenir un mystère.
Les branches glissent sur lui dans un léger bruissement, et l'instant d'après le silence mène son avancée d'ombre en ombre. Une simple brise qui suit les pas de la chasseuse de près.

Il n'avait jamais eu conscience de tant de détails. Les formes sombre qu'ils observaient avec auparavant s'avèrent être des arbres pour la plupart, des branches tordues, de lourds feuillages percé de quelques rares trouées et puis encore des arbres.

Il se demande si Nea s'est jamais douté que le voile d'obscurité ne cachait pas un danger à chaque pas sur les sentiers improvisés qu'elle emprunte. Sans doute pas et mieux vaux qu'elle ne le croit pas, car même une forêt sans ce linceul terrifiant reste terriblement dangereuse.
Et puis, il y a déjà des tigres immenses ici et l'on prétend que l'on peut y trouver des brûleurs. Si Nuhadu n'a jamais rencontré les second, il veut bien croire qu'il ne sont pas à prendre à la légère. Quelles autres variétés de créature risquent-ils de croiser en ce lieu fui et mystifié de l'homme ?

Des Traqueurs pense-t-il.
Mais c'est quoi des Traqueurs ?
Aucune idée, c'est elle qui en parlait, enfin qui a du en parler.. En fait.. Elle, c'était vraiment elle ?
Une étrange question qui colle aussi avec les légendes d'Ombreuse. Elle, Anaëlle. A-t-il vraiment pu rêver cette femme alors qu'il a retrouvé la grotte qu'elle lui avait montré ? Peut-être un hallucination alors.
Ou juste le plus grand mystère d'Ombreuse.
Tout et rien.

Et maintenant qu'il y repense, c'était elle aussi une créature aux cheveux blanc comme la neige.. Et Ombreuse n'avait pas plus de mystères à ses yeux qu'à ceux de Nuhadu aujourd'hui.
Le marchombre se fige entre contre un tronc, une idée saugrenu le traversant soudain.

Parmi tout ses souvenirs, toutes ses aventures, tout ses doutes et tout les histoires qui grouillent dans sa tête. Le Rentaï se serait-il épris de celle-ci ? De ce passage fugace de sa vie où un rêve immaculé à failli lui voler sa vie et peut-être même se saisir de son cœur ?
S'il n'arrive pas à se remémorer beaucoup de choses à son sujet, il sait néanmoins que pour lui cette rencontre était un véritable coup de foudre. Tout ses attachements sont des coups de foudres, sauf peut-être la relation qu'il a tissé avec Libertée. Il aime énormément son maître, mais il doit avouer qu'il lui a fallut du temps pour se laisser émerveiller.. Il y avait des circonstances bien sûr..
En tout cas, il est désespérément impulsif ! Suffit de voir les choses qu'il aime le plus au monde !

Lacrya en tête de liste : Il s'est fait surprendre en prenant son bain et il s'est surpris à chercher son contact.. sans se douter qu'il voulait déjà son cœur et tout ce qui fait d'elle cette personne attirante et merveilleuse.
Roy : Lui c'est le pire ! Il l'a détesté, admiré, adoré et tout ça en quelques jours ! Maintenant, il ne peut imaginer le monde sans le savoir quelque part, en train de boire ou de combattre, prêt à le recevoir pour faire une fête infernale !
Libertée : Il aurait fallut la placer avant Roy, mais il la connaît beaucoup moins.. mais peut-être plus profondément. Le maître le plus taré et troublant qu'on ne trouvera jamais. Son maître. Il en est fier en plus.. d'être l'apprenti d'une folle, terriblement sexy aurait ajouté la concernée.
Ses lames : Voilà pourquoi choses. Il aime ses armes ! Même si il ne les a pas toujours rencontré dans de bonnes occasions. Il les aime, c'est tout ce qui compte.
Kishi : Un Roy version canasson paresseux. Et sobre. Mais un compagnon d'aventure indispensable.
Et...
Puis, tout plein de gens qu'il n'a rencontré qu'une fois, rarement plus, mais qu'il reconnaîtra sûrement lors de leurs prochaines rencontres. Des gens qu'il pourrait aimer ou détester plus.

Mais des coups de foudre comme Anaëlle, il n'y a qu'avec Lacrya qu'il peut prétendre en avoir vécut. Il regrette un peu qu'elle ne fut pas le premier, qu'il ait pu un jour envisager s'offrir corps et âme à une autre. Mais elle est bien la première à l'avoir possédé et il espère qu'elle acceptera d'être la dernière.
Son cœur ne battra jamais aussi fort que lorsqu'il peut refermer ses bras sur elle, il le sait. Même s'il n'a que trop peu souvent goûté ce plaisir intense, cette harmonie subtile et ce sens enchanteu..

Il se rend compte qu'il rêvasse contre son tronc depuis un bon moment déjà. Il en a d'ailleurs perdu de vu la chasseuse. L'imbécile descend rapidement de sa lune pour tourner les yeux autour de lui, et sursaute vivement en apercevant la pâle peau de Nea derrière lui.
Il devrait se reprendre vite et reprendre son souffle, sauf que ses yeux lui envoient des images qui s'opposent à cette idée.
La créature pâle qui se tient devant lui, puisqu'il s'est retourné d'un bloc sous la surprise, n'est pas Nea. Elle aurait même pu s'offusquer qu'il l'ait pensé, vu l'âge avancé de la vieille femme qui lui fait face. Un âge qu'il n'envisageait pas possible d'atteindre.
Sans doute que ça ne l'est pas. Pour un humain.

Des Goules. On lui a aussi parlé de Goules.
Et lorsque la créature essaie de se saisir de lui, il n'a plus de doute sur ce dont-il s'agit. Elle ne l'a pas encore toucher qu'il en a le poil qui se hérisse. De plus, si les légendes récits disent vrai, on ne peut pas tuer ces créatures, pas même avec le meilleur acier du monde.
Le véritable chasseur de cette nuit est là et il n'a qu'une envie, s'échapper. Il s'est fait avoir une fois par les Ijakhis, on ne l'y reprendra plus à se jeter dans le tas. Les Goules sont plus fortes que des marchombres ! Même s'ils ont des tresses et beaucoup d'imagination !

Il ne reste qu'une solution à ce problème, et c'est la course.

Finit la discrétion, finit l'admiration des ombres et les souvenirs. Le marchombre courre. De toute façon, il ne fait plus de doute maintenant que cette partie de la forêt soi vide.
Il aurait du y penser avant. La forêt est trop silencieuse.

Une forêt n'est jamais silencieuse.




[Peut-être qu'ils auraient du avoir peur nos petits champions! Viens sauver mon Nuha si tu l'oses!]

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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Ven 25 Jan 2013, 22:41

Un vent frais glisse doucement sur ma joue, portant des bruissements de feuilles et un parfum de fin d’automne. Un rayon argenté rebondit sur les arbres, le sol, et retourne à la lune. Je m’immobilise et ferme les yeux, oubliant tout. Le vol de cheval, l’attaque, la réconciliation, le dîner, la proposition, le jeune homme qui me suit…
Tout.
J’encoche doucement une flèche et reprends ma marche, l’esprit libre. Celui-ci s’envole au loin, me revient, repart. Je sens la présence de Nuhadu, cette fois, mais n’y accorde aucune importance.
Oubli.
Je me fonds dans la forêt, deviens prédatrice. J’évite le plus possible de marcher sur les brindilles, de frôler les feuilles. Mon souffle se calme, mes muscles se tendent légèrement et mes sens s’éveillent pour compenser la gêne causée par l’obscurité à ma vue. Je me demande si Nuhadu voit bien.
Oubli.
Une goutte d’eau tombe avec un bruit puissant sur le sol. Un mouvement sur ma droite, je me tourne, vive, non, il n’y a rien. Je continue ma marche.
Oubli.

Non, pas tout à fait.
Quelque chose cloche.

Je mets un instant à m’en rendre compte. Croyant discerner une masse claire dans l’obscurité, je tends ma corde. Elle fend l’air et se plante dans la touffe de poils laissée par un lapin ou un lièvre.
Etrange.
Cela fait bien une vingtaine de minutes que je chasse, et rien. Même pas de fuite. Même pas de…. Bruit…
La forêt est totalement silencieuse et vide.
La forêt est silencieuse et vide.
La forêt est silencieuse et vide.

Cette phrase tourne et tourne sans cesse. Un écho y répond, irrattrapable.
Je me fige. Je reviens enfin au moment présent, mon esprit rejoint mon corps et je comprends.
Une forêt n’est ainsi que lorsque un puissant prédateur rôde. Comme ce jour-là, lorsque le tigre l’avait attaqué. Je n’y avais pas prêté attention, mais je me souviens du silence pesant.
De l’immobilité dans les buissons.
Des griffes.
Des brûlures.
De la glissade.
De l’eau sombre.
De Lyko.

Je me secoue. Je me suis encore perdue dans les souvenirs. Faut que je me réveille. Je ne sais pas si Nuhadu a de l’expérience en chasse, faut que je le prévienne du danger. Je me retourne, ouvre la bouche…
Rien.
Où cet imbécile est-il passé ?!
La chasse prend un tour inattendu. Je reviens sur mes pas, rapide, les yeux fixés sur les traces laissées par mes bottes sur le sol humide. Depuis combien de temps l’ais-je perdu ?
Un frisson me parcourt. Le danger se rapproche. Je laisse tomber les traces et louvoie entre les arbres, courant à moitié. J’espère au moins que je ne me suis pas trompée de sens.
Un bruit de course, sur ma gauche. Je bifurque, hésite un dixième de seconde et grimpe hâtivement à un arbre. Avant d’affronter n’importe quoi, je préfère avoir une vue d’ensemble.
Et quelle vue ! Nuhadu est poursuivit par un étrange créature à la peau pâle. On dirait une humaine. Je saute sur l’arbre à côté, me suspends à la branche à la force de mes bras et regarde plus précisément. Une vieille femme ? Il fuit devant une vieille femme ?
Je me laisse choir sur la branche en-dessous, reposant en équilibre précaire.
Et je me penche un peu.

- Et merde !

Je n’ai jamais vu de telle créature dans la réalité mais je sais qui elle est. Une goule. Neïl avait un livre sur les super-prédateurs.
Suivant leur course d’en haut, passant de branche en branche, je fouille frénétiquement ma mémoire. Si je ne me trompe pas – et je l’espère – ces bêtes ressemblent en effet à des femmes âgées. Elles sont insensibles au métal. Peuvent tuer de froid en touchant quelqu’un.
Et en quoi cela m’aide ? Il est impossible de se débarrasser de ce genre de truc.

Alors ?
Je fais quoi ? Je le laisse là ? Je ne sais pas ce que font ces bêtes après avoir tué leur victime, sans doute s'en nourrissent-elles. Mais au moins je pourrais quitter la forêt tranquillement. Et puis, ce serait comme une petite vengeance.
Hésitation.
Alors ?
Je l’ai déjà dit : et merde.

Je sors mon poignard de ma ceinture et le lance vers la goule. Je veux juste la surprendre, quelle cesse de chasser Nuhadu. L’acier la traverse, laissant une étrange impression d’irréalité qui me donne presque le tournis. Mais cela a marché. La bestiole s’est arrêtée et tourne ses yeux vers moi.

- Salut, pourriture ! Essaye de m’attraper !

Je n’essaie pas de savoir si ce genre de truc grimpe aux arbres. Je passe au suivant et me laisse tomber à côté de Nuhadu, abandonnant mon abri. J’encoche une flèche, sans doute inutile.

- Par hasard, tu ne saurais pas comment on tue ce genre de truc ?
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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Mar 29 Jan 2013, 20:08

Est-ce que c'est de la peur ?

Lorsque l'on sait que l'on ne peut pas vaincre l'adversaire, la logique veut que l'on fuit. C'est l'instinct de survie, une marque d'intelligence aussi. La preuve que l'on n'est pas un imbécile et la meilleure chance de vivre longuement et sûrement.

Ouais mais. C'est de la peur ça quand même..

Eh oui, la peur c'est ce fameux instinct qui nous met en garde. C'est ce truc puissant qui nous fait trembler et nous retenir, parce que l'on pense qu'on ne peut pas vaincre. Mais un marchombre qui a déjà tant frôlé l'impossible, qui l'a même vu se distendre et se fissurer plusieurs fois. Peut-il encore se fier à quelque chose d'aussi puéril que la peur ?

Puéril, la peur ? Les gosses n'ont pas peur. Ils ne savent pas ce qu'est le danger, alors ils essayent sans avoir conscience qu'ils peuvent se blesser ou mourir. L'inexpérience et puéril. La témérité est stupide.

Être téméraire, c'est garder la tête lever et affronter ce qui présente à nous. C'est chercher la victoire là où les autres ne savent plus où elle est. C'est s'oser soi-même. C'est la force de la volonté et de la détermination.

C'est aussi la mort dans la plupart des cas.

C'est surtout une fierté dans tout les cas.

Et toi. Tu n'en penses rien ?
Oui, toi qui nous complète. Fais pencher la balance.

Je pense qu'il est impossible que l'acier traverse un corps sans trancher.
Et pourtant, les Goules existent.
Eh oui, elles existent.
C'est donc que l'impossible était mal défini.
Et alors ?
Qu'est-ce que ça nous apporte ?
Je pensais que les Goules sont invulnérables.
Elles le sont.
Pourquoi ne le penses-tu plus ?
Parce que l'impossible n'est pas défini.

Bon sang Nuha ! Arrête de discuter dans ta tête. Que les Goules soient invincibles ou pas, elles n'en reste pas moins insensible à ta première arme, l'acier. Et même si tu pouvais user de tes poings, l'état dans lequel a fini cette arbre n'est guère encourageant pour ce qui est de la toucher !
En effet, l'idée est trop mauvaise. La créature courre vite, plus vite que lui. Et ce n'est que de justesse qu'il a pu se dérober à sa charge. L'arbre, lui, n'a pas eu cette chance. Son écorce à volé en éclat et, maintenant, la sève s'écoule comme du sang depuis le profond trou qu'à laissé le poing de la terrible vieille.
Diable ! Si l'arbre n'est pas tombé, il ne doit qu'à son âge et à son tronc incroyablement épais. Rien que le Marchombre ne possède. Le pire, c'est que le plus grand danger de la Goule ne résiste pas dans sa force. Ce n'est pas de ça que les enfants tremblent quand ils en entendent parler.
Le froid, intense, qui pénètre notre corps durant leurs étreintes.
L'univers n'a pas commis de plus grande injustices qu'en créant les Goules ! Capable d'éventrer un arbre, de transformer en glaçon et absolument intouchable !
Le terme de prédateur n'a même plus de valeur.

Un fléau. Juste un fléau.

Et Nuhadu courre à nouveau, à pleine puissance, zigzaguant entre les arbres. Il n'est pas le plus rapide, mais il est le plus réactif. S'il parvient à mélanger les pinceaux de la Goule, peut-être qu'il pourra se faire perdre de vu..
Rah ! Pourquoi est-ce qu'il a ce terrible sentiment d'être un fichu lâche ? Aurait-il eut la moindre arme capable de le défendre qu'il se serait fait un plaisir de défier la Goule. Mais jusqu'à preuve du contraire, il n'a rien de véritablement efficace.

Bien sûr.. Si elle peut l'attraper, sans doute peut-il la frapper. Mais à quoi bon, sinon à se faire attraper finalement ?
Aussi téméraire soit-il, il n'a pas l'intention de mourir stupidement ! Il a déjà manqué de le faire contre les Ijakhis.. Et il n'a cette fois personne susceptible de lui venir en aide avec la solution miracle !
Il se trompe. Le sifflement caractéristique d'une flèche le contredit. Il n'était pas parti seul à la chasse ! Nea est là elle aussi. Est-ce qu'elle a la solution miracle ?
Un coup d'oeil derrière lui lui apprend que la Goule s'est arrêtée. Seulement, aucune marque de blessure apparente. Soit Nea ne sait pas viser, ce qui l'étonnerait un peu, soit les flèches n'ont pas plus de chances avec les Goules. En même temps, les pointes sont en acier.
Il faut vraiment que l'homme se trouve une autre arme pour se défendre. Un truc comme le Dessin tient ! Est-ce que les Dessinateurs peuvent venir à bout d'une Goule ? Si oui, comment ?
Là où l'Imagination à accès, le marchombre à sans doute un équivalent à porté !

Mais si son imagination est débordante, son accès à l'Imagination est minablement inexistant. Donc, c'est rappé.
Nea a-t-elle le Don?


- Salut, pourriture ! Essaye de m’attraper !

On dirait bien que non.. Au moins, elle essaye de lui faire gagner le temps de trouver la faille de la Goule (ce qui n'a rien à voir avec la Passe de la Goule!) et s'il a même le temps de faire un trait d'humour pourri dans son esprit, c'est qu'il doit pouvoir trouver la ..

- Par hasard, tu ne saurais pas comment on tue ce genre de truc ?

Par toutes les crottes de nez perdues dans la barbe de Merwyn ! Que diable allait-elle faire à ses côtés ! Les voilà condamnés à courir ensemble ! Ou à se défendre avec le seul soutient d'une flèche inefficaces et de lames pas plus prometteuses !
Mais un plus un semble une addition compliquée pour la Goule qui s'avance d'un pas hésitant. A-t-elle prit Nea pour l'une des siennes ? Non pas qu'elle ait l'air d'une vieille, mais sa peau pâle et ses cheveux blancs la caserait presque dans la famille de la Goule !
Encore un pensée stupide !

Sérieux Nuha ! Sérieux !
La Goule hésite, sûrement qu'elle se demande lequel attraper en premier, mais elle avance tout de même. Pour tuer un truc que l'acier ne tue pas, faut trouver un truc qui tue l'acier !
Idée stupide, essaie encore.
Pour tuer un truc que l'acier traverse, faut trouver un truc qui traverse pas.
Qu'est-ce qui ne traverse pas les Goules ?
La chair ! Prendre Nea et taper dessus avec !
Idée stupide, dernier essaie.
Bon sang.. qu'est-ce qui ne traverse pas les Goules ?

Craquement.
La Goule a repris sa course. Elle est très très rapide. Nea l'est sans doute aussi dans son genre, mais il lui a laissé la vie une fois, ce n'est pas pour qu'elle la perde à cause de lui. Il lui saute dessus pour se retrouver dans un buissons avec elle. Sans mauvaises intentions, je le jure pour lui. Manque de bol, le buisson griffe ! Avec un peu de chance, la Goule va le piétiner et les vengera.

Hey.. C'était quoi ce Crac ? Une branche ?
Hey, l'arbre aussi il a fait Crac !


-Le bois. Le bois ne les traverse pas.. une branche quelque chose vite.

S'il avait un bâton, il serait sûr de pouvoir en asséner des coups à la tronche de la Goule qui la lui feraient chercher son souper ailleurs ! Manque de bol, il n'a que des épines de buissons dans le dos.

Hep Merwyn, si les légendes disent vrais et que t'es toujours un là, quelque part ou partout, c'est ptet le moment de faire un miracle. Ou deux. Tant qu'à demander, autant demander gros.

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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Ven 01 Fév 2013, 20:56

Mon souffle est haché par la course dans les arbres. Peu à peu, bénéficiant de l’accalmie, il devient plus profond.
Je profite de la distance restreinte pour mieux observer la goule. La seule représentation que connaissent la plupart des gens, dont moi-même, c’est un vague dessin dans un livre usé. De près, en chair et os, c’est beaucoup plus impressionnant. Ces créatures ont la même stature et façon de se tenir qu’une vieille femme, avec de longs et hirsutes cheveux blanc vaguement grisâtre, une peau très fine et cendrée et les os ressortant comme si la goule n’avait plus de chair.

Quelles étranges bestioles.
Comment ces créatures naissent-elles ? Vivent-elles parfois en groupe ou sont-elles immortelles, existant depuis le début des temps ? Peuvent-elles mourir, de mort naturelle ? Raisonnent-elles ?
Des questions sans réponses qui n’en trouveront sans doute jamais et qui ne méritent pas la peine de réfléchir dessus, du moins dans de tels moments.
D’ailleurs, existe-t-ils des gens qui cherchent des réponses à ces interrogations ?

Réveille-toi.
Ce n’est vraiment pas le moment de se poser ce genre de questions. La goule hésite. A mon avis, elle est juste surprise. Jusqu’à quel point le cerveau des goules peut réfléchir ? Essaye-t-elle de m’inclure dans une équation ou se demande-t-elle juste si je suis comestible ?

J’encoche une seconde flèche en priant pour que la première soit en bon état. Je tiens à mes traits comme à la prunelle de mes yeux. Je tire sur la corde de mon arc, tout en sachant parfaitement que c’est inutile, quand la bestiole se met soudain à courir… droit vers nous.

Je n’ai pas le temps de réagir que je décolle soudain du sol, entraînée par Nuhadu, pour atterrir avec lui dans les buissons. Quelques branches me griffent la joue ainsi que les bras et je sens des brûlures me parcourir. Je réussis par miracle à garder mon arc en main mais je sens la flèche vibrer dans mes mains et craquer.
Oh, non, pas ça !
Je roule sur moi-même pour me dégager et l’observe, atterrée. Par Merwyn, il ne me reste plus qu’une dizaine de flèches, et je n’en ai que trois sur moi ! L’une reposant à côté de la goule et l’autre lamentablement dépouillée de sa pointe.

-Le bois. Le bois ne les traverse pas.. une branche quelque chose vite.

Je jette un regard méfiant à Nuhadu. Et qui va s’approcher de la goule pour la frapper ?
Puis mes yeux se posent sur mon arc et la flèche sans pointe. Oh, mais oui, même pas besoin de s’approcher.
La bestiole, un instant surprise, se tourne maintenant vers nous. Je me relève, encoche le trait et vise son front.
Ça, c’est pour ma chasse fichue !
Sifflement, différent de celui d’habitude. Un peu plus grave, peut-être, plus vrombissement que chuintement. Quelque soit le son émis, la goule se prend le morceau de bois pile entre les deux yeux. Elle titube un peu, le crâne transpercé. Par sécurité, je ramasse une petite branche sans feuilles dont je me sers comme trait et la tire dans sa poitrine.
Et ça, pour ma flèche !

La créature s’effondre sur le sol et ne bouge plus. Je me retourne vers Nuhadu pour vérifier qu’il n’est pas trop mal en point, puis je le laisse pour m’approcher de la goule. Je n’avais vraiment pas ce genre de proies en tête quand j’avais commencée ma chasse. Je lui donne un léger coup de pied, puis un autre, plus fort.
Et ça, c’est la gratuité la plus totale !

Un petit rire fuse d’entre mes lèvres et je me penche pour tirer sur ma flèche brisée, posant le pied sur le crâne de la goule. Elle jaillit avec un bruit écœurant. Je regarde, dégoûtée, le morceau de bois couvert d’une substance que je n’ai pas vraiment envie d’analyser et cueille une poignée de feuilles pour l’enlever.

Je vais peut-être la garder. Je peux toujours la faire réparer, ou m’en servir au cas où il y aurait d’autres goules. Je glisse le trait sous les lanières de ma cuisse et retourne vers Nuhadu.

- C’est moche, ces trucs-là. Tu crois que c’est comestible ?

Sourire. Je m’accroupis près du buisson et farfouille le sol à la recherche de la pointe, soulevant les feuilles mortes, les aiguilles et les brindilles. Je la trouve et la range à l’intérieur de ma besace. Je m’étire longuement, examine mes griffures au bras, passe la main sur celle à la joue pour enlever le sang et lance à Nuha :

- On continue la chasse ou on va chercher une autre bestiole totalement épique ?

En attendant sa réponse, je reviens près de la goule et fouille ses loques. Ah force de tuer des gens, peut-être qu’elle récupère de babioles, comme les pies ? Bien que ces oiseaux soient moins moches. Et plus sympathiques. Et plus facile à tuer, aussi.

Finalement, je ne déniche que quelques pièces et un morceau de chair non identifié et un peu pourri. Je me redresse et détaille une dernière fois la goule. Il faut croire que la lune ne protège pas toujours ses enfants. La goule est-elle fille de lune ou fille du soleil ? Dans le premier cas, que faut-il penser ?
Je hausse les épaules et me glisse près de Nuhadu, lui tendant la moitié des pièces.

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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Lun 11 Fév 2013, 20:57

Bon sang, avec la panique voici que l'imperturbable Nuhadu prie les morts de lui venir en aide. Autant dire qu'il est mal barré !

Pourtant, dans une forêt, trouver des branches ne doit pas être la chose la plus difficile au monde. Casser celles d'un arbre par exemple ne relève sûrement pas de l'impossible. Pourtant, il ne trouve rien. Pas rien comme aucune possibilité, juste rien comme rien d'assez proche ou rapide ou efficace. Il n'a pas goûté de coups de la Goule, mais il en craint déjà l'éventualité que cela ne change. S'il ne veut pas perdre la vie, il vaut mieux qu'il choisisse bien son arme.. Et puis, il n'a jamais user que d'armes qui tranches. Bien sûr, mettre des coups de bâton est largement à sa porté, mais est-ce suffisant pour défier le mythique ?

A en voir par le regard de Nea, non ce n'est pas suffisant. Et elle ne semble pas aimer l'idée plus que lui. Alors voilà.. à part pousser la Goule à rentrer tête la première dans chacun des troncs jusqu'à ce qu'elle se lasse de les poursuivre, ils n'ont pas vraiment les moyens de la vaincre.

Si. Il doit bien y avoir moyen..

Un rayon de lune peut tout trancher, que ce soit le cœur du poète ou celui du loup, la chair de l'esprit ou celui de la Goule. Ô belle déesse, offre ton plus beau regard à celui qui t'aime tant et croit en toi plus qu'en ses réflexions.
Non ! Il n'a pas besoin d'un bâton !
Non ! Il n'a pas besoin d'aide.
Ses lames capteront les éclats d'argents du ciel enchanteur.
Armées de l'amour profond et d'une volonté farouche, elles déferont les légendes et les mythes,
Démêleront l'impossible du réel.
Vaincront la faiblesse d'esprit de l'homme.

Sauf que. Du plus profond d'Ombreuse, même les yeux lupins ne trouveront pas l'ombre d'un éclat aimant de la belle Lune.
Donc : Il ne peut que mourir fièrement l'arme à la main.

Heureusement, Nea semble avoir plus de suite dans les idées ! Alors que le marchombre se redresse avec courage, témérité, mépris du danger et la plus grande des sottises, la jeune femme tire deux traits mortels qui font tomber la créature de légende à terre. Comme s'il n'eut s'agit que du plus insignifiant des paillassons.
Ah...
Il a échappé à la mort. Encore.
Ah.

Voilà qui le laisse légitimement en état de choque. Qui ne le serait pas ? Après avoir vu défiler sa mort devant ses yeux trois fois ? Au moins trois fois ! Eh ce n'est pas rien ! Surtout pour le pauvre Nuhadu qui n'est pas habitué à subir des frayeurs. La Goule n'était pas censé être aussi terrible, juste dure à vaincre. Mais en y réfléchissant, elle était vraiment invincible ! Jusqu'à ce que Nea ne trouve la parade.
Les armes de la mort : Une flèche brisée et une branche.
Ah.

La lune seule sait combien il se sent stupide. Il remercie même les ombres de cacher son regard dépité. Et aussi le regard surpris qui s'affiche sur son visage lorsque sa sauveuse vient frapper la Goule de son pied. Non pas qu'il éprouve du respect pour la créature, c'est juste que.. qu'il n'est pas coutumier à autant de violence gratuite ! Bon, ce n'est pas grand chose en même temps, il vaut mieux passer là dessus pour s'interroger plutôt de ce que raconte la petite folle qui lui tient compagnie.

- C’est moche, ces trucs-là. Tu crois que c’est comestible ? 
-Aucune chance ! C'est juste.. c'est presque du cannibalisme et en plus ce truc aurait pu nous tuer d'un simple contact ! Imagine un peu un bout de ça traînant dans ton estomacs !
[b]-On continue la chasse ou on va chercher une autre bestiole totalement épique ? 


[i]Est-ce qu'elle l'écoute seulement ?
Il en doute quand il la voit se pencher sur la chose et la fouiller l'air de rien. Non seulement c'est une charognard mais en plus elle ne semble pas connaître la répugnance. C'est bizarre pour une personne qui pourrait se révéler jolie si elle n'était pas aussi.. sauvage ? Stupide, c'est bien parce qu'elle est direct, sans gêne et finalement ''sauvage'' qu'il l'apprécie ! C'est donc qu'elle est plutôt attirante dans son genre. On est loin de la passion qu'éveil Lacrya par sa seule présence, mais ça reste une impression appréciable pour le marchombre.
A vrai dire, il aimerait bien qu'il y en ait plus des comme ça ! Le monde serait un sacré bordel, mais par tout les Raïs, que ce serait drôle!


-Je doute que l'on puisse trouver quoi que ce soi.. La forêt est si silencieuse qu'elle pourrait en sembler déserte. Et si elle ne l'est pas je crois sincèrement qu'il n'y a qu'une créature épique par nuit !

Non pas qu'il lui déplairait de prendre sa revanche ! Maintenant qu'il sait comment se défendre contre une Goule, rien ne lui ferait plus plaisir que s'y essayer. De même, il faut qu'il rattrape cette rencontre manquée dans le désert des murmures. Et puis, il faut aussi qu'il montre aux ours-élastiques qu'il ne les craint plus.
Oh.. ne devait-il pas se trouver un écureuil ? Ou un loup. Un loup se serait bien, mais ce doit-être dur à dresser ça.
En fait, il ne sait pas ce qui peut se dresser. Ou se lier à lui en tout cas.


-Garde ces pièces, j'ai tout ce qu'il me faut. Par contre, je crains pour ma monture. Si cette partie de la forêt s'est désertée, qui sait ce qu'à rencontrer mon brave Kishi.. Je te rejoins au campement dès que je l'aurais récupéré en bonne santé. Enfin, si ça ne te dérange pas de partager une nuit en ma compagnie.

A vrai dire, il se fiche un peu qu'elle le veuille bien ou non. Là tout de suite, il faut qu'il trouve Kishi, intact si possible et tout ses biens. Ensuite, et seulement ensuite, il se fera vraiment un cas de la volonté de Nea.
Repenser à ses possessions et aux liens qu'il a tissé avec eux, alors qu'il frôlait la mort, lui a fait prendre conscience que les laisser livré à eux même n'était vraiment pas sérieux.


-Essaie de ne pas t'endormir trop tôt. J'aimerais te parler de quelque chose avant de reprendre ma route et de te laisser à la tienne.

Il lui glisse un clin d'oeil, accompagné d'un sourire mystérieux qu'il ne pensait pas posséder. Et puis, sans perdre plus de temps, il se met à grimper à un arbre. Vite et bien, il a besoin des étoiles et de la lune pour retrouver sa route et se diriger efficacement vers la monture qu'il a abandonné sous les arbres-frontière d'Ombreuse.

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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Mer 20 Fév 2013, 22:26

En tournant la tête vers Nuha, je capte un souvenir d’étonnement. Oui, je peux être violente, et alors ? Quand une bestiole essaye de me tuer, j’ai du mal à rester calme. Beaucoup de mal.

-Aucune chance ! C'est juste.. c'est presque du cannibalisme et en plus ce truc aurait pu nous tuer d'un simple contact ! Imagine un peu un bout de ça traînant dans ton estomacs !

A-t-il au moins compris que je plaisantais ? Mon humour n’est pas terrible, mais quand même pas aussi pathétique. Quant au cannibalisme… Les goules seraient-elles à l’origine humaines ?
Si c’est le cas, on peut commencer à avoir peur.
Je sens vaguement sa réprobation en fouillant le cadavre. Désolée, mais parfois on trouve de bon trucs sur les corps, et il faut bien vivre ! Et puis, j’en ai tellement l’habitude, maintenant, ne serait-ce que de dépecer et préparer des animaux, que cela ne me fait plus grand-chose.

-Je doute que l'on puisse trouver quoi que ce soi.. La forêt est si silencieuse qu'elle pourrait en sembler déserte. Et si elle ne l'est pas je crois sincèrement qu'il n'y a qu'une créature épique par nuit !

Je souris vaguement, gênée. Qu’est-ce que je suis bête ! Evidement, qu’il n’y a plus rien. Je me passe la main dans les cheveux pour dissimuler mon embarras, les ébouriffant un peu plus encore.

-Garde ces pièces, j'ai tout ce qu'il me faut. Par contre, je crains pour ma monture. Si cette partie de la forêt s'est désertée, qui sait ce qu'à rencontrer mon brave Kishi.. Je te rejoins au campement dès que je l'aurais récupéré en bonne santé. Enfin, si ça ne te dérange pas de partager une nuit en ma compagnie.

Je hausse les épaules et range les pièces. Voilà quelqu’un qui n’a pas l’air d’avoir souvent connu la précarité… J’espère pour lui que cela durera encore longtemps comme ça. Décidément, cette journée n’était pas vraiment géniale. Je frôle la mort, la partie de chasse est ruinée à cause d’une goule…
Qu’est-ce qui va me tomber dessus, après ? Une météorite ? La lune va s’éteindre ? Son cheval va se faire dévorer, il va m’en vouloir et essayer de finir le travail qu’il avait si bien commencé ?

- Non. Une nuit en ta compagnie ne me dérange pas.

Et s'ils faisait fuir les cauchemars ?

-Essaie de ne pas t'endormir trop tôt. J'aimerais te parler de quelque chose avant de reprendre ma route et de te laisser à la tienne.

Je le regarde, surpris. De quoi veut-il me faire part ? Quant à m’endormir… Comment, avec ce sublime ciel au-dessus de moi, la perspective d’une nuit de cauchemars, celle de devoir bientôt m’enfoncer dans les entrailles sombres d’Ombreuses, et l’adrénaline de la course et de la mise à mort ?
Je ne réagis pas à son clin d’œil, ni à son sourire étrange, et me contente de le regarder partir par la voie des airs.
Quelle catastrophe va donc encore me tomber sur la tête ?
Je rejette la tête en arrière, profitant du fait qu’il ne soit plus là, et savoure ma solitude. Un léger vent frais court sur mon front. Je laisse mes muscles se détendre doucement, yeux clos. Puis je me secoue enfin, et vais examiner la goule. L’avoir tuer si facilement me perturbe. Au point que j’en ai oublié de vérifier que son terrifiant pouvoir ne fonctionnait plus une fois morte.
Je me penche. Etrange. D’autres trous, semblables à ceux laissés par mes flèches, la parsèment. Comme si des gens s’étaient déjà attaqués à elle. En sont-ils sortis vivants ? S’est-elle effondrée pour finalement se relever plus tard ?
Je ne sais pas. Mais un frisson me parcourt quand je réalise que nous avons eu beaucoup, beaucoup de chance.

Je me redresse et fait demi-tour jusqu’au camp. Je ne me fais pas trop de soucis pour Envol. Il est extrêmement méfiant et ne dort toujours que d’un œil.
Une dizaine de minutes plus tard, passée à marcher tranquilement, et j’arrive au feu mourant. Envol est toujours là, ouvrant un œil ensommeillé.

- Lu, mon beau.

Il marmonne quelque chose d’inaudible et s’envole pour se poser sur mon épaule, bien calé contre ma tête. Je le caresse doucement et cherche un peu de bois alentours pour raviver le feu. Rapidement, il s’élève de nouveau, et je grimpe dans l’arbre pour m’adosser à mon sac.
Un pressentiment que j’espère erroné me tord le cœur. Je le balaye avec toute ma volonté et renverse la tête pour observer les quelques coins de ciel. Envol ronchonne et s’installe confortablement contre moi. Un léger soupir s’échappe d’entre mes lèvres.
Et j’attends.
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Nuhadu Darkmoon
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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Sam 02 Mar 2013, 12:54

Tombe.
Sent l'air, frais t'enlever. L'univers se fendre d'un silence respectueux.
Vole.
De branches en troncs, du sol dur au ciel intangible. Du possible à l'impossible.
N'abandonne jamais.
Avance, quoique te dise le ciel d'encre.
Quelque soit les ombres dansantes.
Ne laisse aucune Goule t'effrayer.

C'est entièrement de sa faute, s'il s'est laisser gagner par la panique. Une idiotie qu'il aimerait oublier, abandonner comme elle est venu, d'un geste, en un petit instant. Comme on chasserait une mouche.
Mais non.
On n'apprend pas en refusant ses erreurs et ses faiblesses. Rien n'est invulnérable, c'est le moment de l'apprendre. C'est aussi le moment de l'accepter.
Il se pensait marchombre et il se pensait capable de tout. En un sens, le marchombre est capable de tout. C'est juste qu'il n'en est pas encore un. Ou plutôt qu'il n'a pas fini d'en être un.

Ah, dire qu'il espérait retrouver Lacrya avec la fierté d'être enfin devenu ce qu'il cherchait tant. Mais il s'est au moins libéré de ses chaînes, il faudrait juste qu'il arrive à la regagner, pour pouvoir se laisser enfin porter.
Par une vague de bonheur.

Qu'est-ce qui lui prend..
Plus il courre, plus vite il courre, plus follement bas son cœur.
Et plus il a envie de chanter.

C'est tout son monde,
Sa lune, ses rêves.
Sa vie et son onde
Sa voie qui l'appelle sans trêve.

Il ne comprend pas, quelque chose essaie de percer sa gorge, mais c'est dans son cœur que cela naît, se construit. Et ça le démange tant qu'il en a le cœur déchiré. Il finit par s'arrêter. Il a besoin de trouver les mots, de le laisser sortir.
C'est d'autant plus imposant que cela ressemble à l'appel de ses lames. Une résonance profonde, mais qui émane de lui. En fut-il toujours de même pour ses épées ? Mais pas de sang, ce n'est pas ce qu'il désire. Il veut tout autre chose, il désire s'exprimer.

Le silence pesant d'une forêt effrayée ne l'aide pas, tout ne lui semble qu'un souffle retenu.

Attendant, le chant
Ajoutant au tourment
Réclamant le chant.

Sa main se lève d'elle même, tenant Crocs, ses griffes qu'il ne sait pas s'il les apprécie. Ces dents de métal qui épousent pourtant bien son poing.
Et puis il s'en va.
Libéré.
Infiniment plus léger.

Se briser
Et renaître.
Ô belles courbes.

Kishi est toujours là, imperturbable, comme toujours.
Bel étalon qui n'a que faire du monde tant que ses terre verdoient de délicieux repas.
Même l'étreinte pleine d'affection du marchombre le laisse de marbre. Non peut-être pas, ça le gêne un peu dans sa lutte éternel contre la verdure. Quand pourra-t-il exterminer l'herbe de la surface de la terre en paix ?
Qui sait mon gros ?

Toutes ses affaires sont là et il en est heureux. Retrouver ses deux épées le font repenser à cette étrange émotion dans la forêt. Il avait l'impression que la garder trop longtemps l'aurait fait exploser. Et pourtant, elle l'a quitté avec une infinie douceur, pour venir se poser sur un tronc anonyme.
Il commence à marquer Ombreuse de sa griffe. Quel dommage qu'il ait encore tant à découvrir, l'envie de s'installer dans cette forêt le tente de plus en plus.
Mais Lacrya est un appel bien plus puissant et sa quête pour la reconquérir passe par Al-Far.

Il aura prit son temps pour rejoindre le campement de Nea, il est d'ailleurs amusé de l'y voir encore, elle aurait pu désirer le fuir après cette rencontre mouvementée. Dors-t-elle déjà ?
Aucune chance, a ce qu'elle lui a dit, elle pourrait passer des nuits blanches à observer la lune. Même la fatigue ne peut venir à bout d'un telle passion.
Une passion qu'il partage.

Il ne l'appelle pas, il ne veut pas troubler de tels instants, préférant qu'elle s'en détache d'elle même. Et en même temps, il se reprend à admirer l'entente entre le volatile et la jeune fille. Tout en elle clame son appartenance à un autre monde que celui des hommes. Un monde sauvage qu'il aime voir et qu'il voudrait voir durer toujours. Il ne peut la laisser errer indéfiniment sans lui proposer un peu d'aide.

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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Dim 17 Mar 2013, 19:36

Lune.
Belle, parfaite, épurée.
Loin des bassesses des hommes, du sang qui coule, des larmes sans fin. Comme si elle les ignore. Comme si elle n’entend pas les cris silencieux des enfants perdus, faces à une lame, recroquevillés dans un coin et tordus par la faim. Ou la fin.
Et pourtant, elle veille. Objectif inatteignable, maîtresse de la nuit, mère des gens amers. Elle n’obéit à personne, et la terre, les mers et océans vibrent à ses appels.
Tant de gens la craignent. Tant de gens l’admirent. Peu désirent la suivre et encore moins le font réellement.
Quels sont les véritables désirs de la lune ? Liberté, oui, mais veut-elle la paix ? Et si le sang sur nos mains l’enchantait ?

Envol remue et se cale plus confortablement contre moi, posant sa tête sur ma poitrine. Sa chaleur me réconforte. Je sais que demain, dans trois jours, dans un mois, il repartira de nouveau. Il sera loin de moi, pendant longtemps. Je serai incapable de dire s’il va bien, s’il va mal.
Mais il reviendra, en un seul morceau, les yeux brillants, avec une flamme de liberté et de sauvagerie au fond des deux globes d’obscurités qui composent son regard.
Il revient toujours.
Je caresse avec lenteur sa petite tête si douce. Il ouvre un œil, le referme.

Lune.
Surplombant la forêt.
J’aime ces éclats argentés sur les feuilles, les gouttes de rosée.
Les hululements qu’on entend au loin, les frissonnements de la forêt vivante, les mouvements et les ombres des animaux, les zones d’obscurités, où se tapissent parfois des yeux brillants, qui disparaissent dès que l’on cligne des yeux ou que l’on tourne la tête.
Le jour est le domaine des humains et des faëls. La nuit, celui de tous les autres animaux, si aptes à se repérer dans le noir. Si l’on a peur des prédateurs, mieux vaut se barricader dès que le soleil a passé la nuit d’horizon. Fermer les yeux, se cacher sous les draps et les couvertures. Dans l’espoir que si on ne les voit pas, ils ne nous verront pas non plus.

Et puis, le froid.
L’impression d’être seul, un peu abandonné.
Et apaisé.

Envol s’agite, remue. Il a détecté une présence. Il se relève et s’envole, s’échappant de notre nid improvisé pour jeter un coup d’œil à l’intrus. A sa suite, je me redresse, et attends qu’il revienne. Il fait vite, et se pose avec douceur sur mon épaule, sans trop enfoncer ses serres dans ma chair. Je suppose donc que c’est quelqu’un qu’il a déjà vu, qui porte mon odeur. Ce ne peut être que Nuhadu.

Doucement, j’abandonne ma contemplation. J’ai l’impression que cela fait une éternité que j’attends là. Je laisse mon arc et me glisse en bas de l’arbre, atterrissant avec légèreté sur le tapis de feuilles mortes. Le feu se meurt. Les ombres s’allongent, deviennent plus profondes, plus fantasmagorique.
Je sors enfin complètement de son demi-rêve. C’est bel et bien Nuhadu qui est là. L’espace d’un instant, je me demande s’il s’attendait à ce que je sois toujours là. Moi-même, je pensais qu’il serait sûrement partis.

Envol n’aime pas que je me concentre sur quelqu’un d’autre que lui. Il frotte son bec sur mon crâne pour attirer mon attention, désireux que le quasi-inconnu s’en aille et nous laisse seuls. Je souris et me promet de chasser avec lui, dès que j’en aurais l’occasion. Il adore ça.
Mais pour l’instant, je me contente de l’ignorer, message clair qui ne l’empêche pas de rester blottit sur mon épaule, fusillant Nuhadu de ses yeux sombres.
C’est à ce dernier que je m’adresse.

- Tu voulais me dire un truc, non ?

Autant aller dans le direct… Sinon, Envol va vraiment m’en vouloir.

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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Mer 03 Avr 2013, 13:40

-En effet. Je ne sais pas si tu te plais dans ta situation actuelle et si détrousser les gens t'amuses, à vrai dire je ne m'y intéresse même pas. Par contre, tu as des capacités ou peut-être devrais-je dire des talents, qui ne me laissent pas indifférent. J'ai donc un conseil à t'offrir. Si tu te rends à Al-Chen et que tu demandes Roy, c'est une espèce de montagne affreusement bruyante, tu pourras trouver un travail réglementaire. Son équipe manque un peu de cervelle, et de finesse, mais je pense que tu pourrais t'entendre avec eux. Et puis, si tu les accompagnes il y a des chances pour que je te recroise et j'ai vraiment envie de voir ce que tu vas devenir. Et qui sait, j'aurais peut-être une autre offre à te faire à ce moment là.
Après, ce n'est qu'un conseil, libre à toi de l'écouter ou non.

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MessageSujet: Re: C'est ma lune, d'abord ! [PV Nuhadu]   Jeu 25 Avr 2013, 01:43

Et j’écoute. Je saisis les mots au vol, les regarde sous tous le sens, les observent attentivement, puis les range avec les autres pour voir ce que ça fait, quand ils sont tous ensemble.
Et c’est étrange.

-En effet. Je ne sais pas si tu te plais dans ta situation actuelle et si détrousser les gens t'amuses, à vrai dire je ne m'y intéresse même pas.

Je m’assis sur le sol, penche légèrement la tête sur le côté. L’air pensif et un peu rêveur. Est-ce que ça me plaît, de détrousser des gens, comme il dit ? Je ne sais pas. Est-ce que ça me plaît, d’essayer de survivre ? La vie n’est pas forcément amusante. Elle a un prix, alors on le paye, et autant en rire qu’en pleurer.
Après, chacun à sa façon de payer. Certains n’ont pas le choix. Peut-être que j’ai le choix. Peut-être que je n’en veux pas. Je suis très bien comme je suis, je ne me vois pas faire autre chose.
Est-ce que j’ai peur ? Peur de chercher d’autres libertés, d’autres ailes, d’autres promontoires pour m’envoler.

Par contre, tu as des capacités ou peut-être devrais-je dire des talents, qui ne me laissent pas indifférent.

Venant de quelqu’un qui a récupéré un noble sur la route pour chercher son cheval et la voleuse qui va avec, qui s’est glissé dans le dos de ladite voleuse sans faire de bruit et était à deux doigts de l’égorger aisément… Je pense que je peux prendre ça comme un compliment.

J'ai donc un conseil à t'offrir.

Ça existe encore, des gens qui donnent des conseils ?
Ça existe ? Tout simplement.

Si tu te rends à Al-Chen et que tu demandes Roy, c'est une espèce de montagne affreusement bruyante, tu pourras trouver un travail réglementaire.

Appréciable précision… Au fait, c’est quoi, exactement, un « travail réglementaire » ? Non, je plaisante, je vois à peu près le genre…

Son équipe manque un peu de cervelle, et de finesse, mais je pense que tu pourrais t'entendre avec eux.

M’entendre avec des gens ? Moi ? Mais… Il m’a bien regardé, au moins ? Je ne sais pas, je suis quand même plutôt antipathique…

Et puis, si tu les accompagnes il y a des chances pour que je te recroise et j'ai vraiment envie de voir ce que tu vas devenir.

Ah.

Et qui sait, j'aurais peut-être une autre offre à te faire à ce moment là.
Après, ce n'est qu'un conseil, libre à toi de l'écouter ou non.


Et quel genre d’offre ? Je suppose qu’il est inutile de lui demander maintenant. Mais il a réussi à capter mon intérêt et ce « conseil » semble soudain très intéressant.

- Je l'ai écouté.

J'ai l'impression d'être oppressée. J'ai jamais vraiment aimé être avec des gens. Et Envol s'impatiente. Je le vois déjà bien peu, je tiens à profiter de nos rares moments ensembles. Seuls.
Je réfléchis, pensive.
Puis, sans donner la moindre explication, je me lève d'un bond, grimpe à l'arbre, récupère mes affaires, redescend en vitesse, hisse le sac sur mon épaule et lui jette un dernier regard. Envol, dérange, s'est un peu élevé. Il sent mon départ, et attend que je mette en marche pour me suivre de loin. Il déteste rester sur mon épaule lors de mes déplacements en forêt, je ne fais jamais attention s'il risque de se prendre des branches.
Je sais qu'il peut me rattraper. Mais je ne pense pas qu'il le fera.

- A bientôt.

Peut-être.
Je me glisse dans l'ombre des arbres.

* * *
Autre arbre. Plus loin, mais pas trop. Je n'ai pas longtemps avancé. Il y a toujours le même ciel. Envol est blottit contre moi. Je crois que demain, il repart.
Quand est-ce qu'il reviendra ?
Je ferme les yeux.
M'endort.
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