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 Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]

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Naïs Jol
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Citation : Ah l'aventure, ce joli mot romanesque pour dire galère !
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MessageSujet: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Lun 03 Déc 2012, 22:46

≈≈≈ Atal ≈≈≈

Où es-tu, ma sœur ?


Mon regard balaye la plaine enneigée. L’hiver est particulièrement précoce et si cette fichue tempête ne me retient pas dans ce fichu trou à rats depuis plusieurs jours désormais, cela fait un bout de temps que je sillonnerais de nouveau les routes. Pour ma sœur. Elle a d’énormes problèmes : cette certitude pulse en moi. Car voilà plus d’un mois qu’elle s’est évaporée dans la nature. D’habitude, elle prend toujours soin de griffonner au moins quelques mots toutes les semaines, surtout si elle voyage sans nous prévenir. Elle me sait perpétuellement inquiet pour elle, et puis, de toute façon, Seth a besoin de la savoir en vie, où qu’elle soit et quoi qu’elle fasse. Quoi de plus normal, après tout ?

Atttttaaaaaaaaaaaaalllllllllll !


Mes pensées s’entrechoquent à une vitesse folle sous mon crâne tandis que ce cri déchirant qui m’a tiré de mon sommeil cette nuit me glace les veines. Plus je réfléchis, et plus l’évidence se dessine sous mon nez. En moins d’un an, cette guerre incessante menée contre ces dégénérés de Vil’Vishyard – il faut croire que la folie meurtrière est un gène transmissible – s’est redoutablement accélérée. Tous ces souvenirs de ces quelques jours passés dans les montagnes du Nord s’éloignent à peine, pour Seth comme pour nous tous aussi bien Juhen, Nwëlla, Gil que moi et la mort de Driss nous fait courir à tous un grand danger. Son fou furieux de père ne rêvait que de le venger, et il a été à deux doigts de réussir. Mais, le voilà désormais mort lui aussi grâce à Naïs et Gil. Ne reste plus que ce tordu de Samoan qui doit bien fulminer à l’heure qu’il est. Son père et son frère lui ont été arrachés en l’espace de six mois et le voilà donc seul pour lutter contre véritable furie. J’imagine aisément que ce monstre ne doit pas être étranger à la disparition de ma sœur, et si ce que je crains s’avère vrai, j’ai plutôt intérêt de très vite la retrouver avant qu’il ne vienne à bout d’elle – après tout ce qu’elle a vécu, elle n’est pas facile à briser, mais ces derniers évènements et sa vie amoureuse un peu trop compliquée, comme toujours, l’ont indéniablement affaiblie.

Au loin, dans la neige, une silhouette massive avance à grands pas décidés vers la maison. Une silhouette reconnaissable entre toutes : celle d’un géant, celle de Juhen. Comme d’habitude, le Thül est le premier à rappliquer quand il s’agit de baston. Son amitié ne m’a jamais fait défaut. Avec un léger sourire sur les lèvres, aussi vif que l’idée qui me traverse l’esprit à la vitesse d’un éclair, je me saisis d’une plume et d’un vieux morceau de parchemin usé. Je griffonne quelques mots, à peine, presque illisible avec mon écriture qui ressemble plus à des pattes de mouches. Ouvrant la fenêtre en grand, le courant d’air qui pénètre dans la chambre me décoiffe littéralement, je siffle puissamment. Immédiatement, un imposant aigle, dressé par Reni, fend le manteau de nuages laiteux pour se poser sur le rebord de la fenêtre. A peine le précieux papier accroché à la serre de l’animal que déjà il s’envole. Vers l’espoir. Pour la vie. Pour ma sœur. Car je sais qu’il viendra quoi qu’il lui en coûte : le lien qui les unit est fort étrange, puissant aussi. Il répondra. Je le sais, tout au fond.

Ma sœur est en danger…
Prenons la route pour la capitale
Amitiés


* *
*


≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Al-Jeit. Ville de mon enfance. Ville de cauchemars. Ville de doutes. Certains la surnomment ville de lumière. Pour moi, elle ne s’impose comme l’endroit où ma vie s’est transformée en une fuite perpétuelle, hantée par le meurtre odieux de mon fils, mon Morgan que les sbires de son père m’ont arraché cruellement bien trop tôt. Ville de passage, par conséquent. Jamais je ne reste bien longtemps dans cette cité qui me rappelle trop d’horreurs. Et cette fois-ci ne fait pas exception : je ne compte pas m’y attarder plus de deux ou trois jours, d’autant plus qu’avec mes derniers exploits dans le désert des Murmures, Samoan doit être hors de lui – et peut-être accessoirement aussi malade de chagrin, si tant est qu’il puisse éprouver ce genre de sentiment. Juste le temps de trouver une fameuse Thyrinte et lui remettre un simple paquet : pour une fois, la mission que j’ai trouvé auprès d’un petit marchand d’épices d’Al-Vor, n’est pas bien périlleuse. Et puis, après tout, peut-être que cela me permettra aussi de puiser quelques idées pour le premier examen de mes deux apprentis.

Evoluant dans un quartier que je connais comme ma poche pour y avoir grandi, je n’ai aucun mal à retrouver l’auberge du Chat débusqué que m’avait indiqué le vieil homme. Dans mes souvenirs, l’établissement ne paye pas vraiment de mine, mais il s’en dégage une délicieuse odeur de fumet. Dès que je pousse les portes de la petite bâtisse, une voix s’élève dans l’air. Apparemment, j’étais attendue de pied ferme. Hochant la tête, je me dirige vers le bar et m’y accoude dans un soupir.

- « C’est vous Thyrinte ? »
- « Exact. Vous avez le paquet ? »

Farfouillant dans l’une des poches de mon short, je ne tarde pas à poser la précieuse et minuscule cargaison sur la surface cirée du bar. Etrangement, l’auberge est vide. Pourtant, l’heure n’est pas si tardive que cela. La rue, dehors, est parfaitement silencieuse. Cependant, je n’ai pas le temps de froncer les sourcils que déjà la femme m’interpelle de nouveau.

- « Je vous sert quelque chose ? Profitez qu’il n’y ait personne, je vous offre le repas ! »
- « Ah ! Euh… Difficile de refuser alors… Mais dites, pourquoi le quartier est si calme ? »
- « Si vous saviez, avec les fiançailles de la fille de Vil’Vishyard avec le neveu de l’Empereur en personne, tout le monde a déserté les bas quartiers pour assister, même de loin, aux festivités ! »
- « Fiançailles ? Mais enfin, elle a quinze ans, c’est une gamine ! »
- « Hélas oui… »

Incroyable. C’est tout bonnement incroyable. Toutefois, plus que l’extrême jeunesse de la fille de mon ennemi de toujours, ce sont les nouveaux ennuis qui se profilent à l’horizon qui m’inquiète. Si la fille est aussi tordue que son père, elle n’aurait désormais plus de mal à obtenir de gros moyen pour me mettre le grappin dessus. Les idées s’entrechoquent par million dans mon esprit embué à tel point qu’il me faut cinq bonnes minutes pour remarquer la délicieuse assiette de civet de lapin à la moutarde trône devant moi, malgré l’odeur divine qui en émane. Remerciant Thyrinte qui s’affère comme une folle derrière son plan de travail, j’entame avec plaisir ce repas qui m’est gracieusement offert. Cependant, je n’ai pas avalé trois bouchées que des éclats de bris me font relever la tête.

- « Eh, du calme, n’allez pas si vite ! Vous avez le temps aujourd’hui non ? »
- « Pardonnez-moi… »

Haussant un sourcil, je réfléchis à toute vitesse. Et il ne me faut pas cinq secondes pour capter la présence de plusieurs autres hommes dont, au moins, un Mentaï. Piégée, je viens de me faire piéger comme une débutante ! Jurant intérieurement, j’abandonne l’assiette encore chaude, prête à affronter la mort avec désinvolture. Enfin, presque. Vacillant dangereusement, je me sens prise de nausées affreuses, comme si j’avais été tout bonnement empoisonnée. C’est le cas, à vrai dire. Pourquoi Thyrinte se serait-elle excusée sinon ? Luttant contre l’inconscience qui menace de me happer, je parviens à rester debout fièrement. Il ne faut pas longtemps au Mentaï pour s’agacer et décider d’en finir. Aussitôt une douleur insoutenable se diffuse lentement dans tout mon corps. Je veux crier. Mais je n’y arrive tout simplement pas. Ma voix reste coincée au fond de ma gorge malgré la douleur. Des images atroces, promesses de morts, dansent dans ma tête tandis que des noms explosent littéralement.

Nweeeeeeeelllllaaaaaaaaa !
Laissez-là !
Ataaaaaaaaaaaaalllllllll !
Bats-toi mon frère !
Juuuuuuuhhhhhheeeeeeeennnnnn !
C’est impossible, non, qu’ils aient raison de toi !
Giiiiiiiiiiiiiiiillllllllllllllllll !
Je m’en veux tellement de t’avoir entraîné dans cette histoire !
Paaaaaaaaaaaaaannnnnnnnn !
Comment diable ont-ils su ?
Seeeeeeeeeeettttttthhhhhhhh !
Pas mon fils ! Non !

Enfin, les ténèbres m’engloutissent. Enfin la douleur s’arrête. Suis-je morte ? Je le voudrais bien, pourtant j’ai la nette impression que le calvaire ne fait que commencer.

* *
*


≈≈≈ Nwëlla ≈≈≈

Où es-tu Naïs ?


Mon regard d’un mauve pur balaye la plaine enneigée par la fenêtre de ma chambre. L’hiver est particulièrement précoce – un peu trop à goût, moi qui suis une fille de l’été – et si cette fichue tempête ne me retient pas dans ce fichu trou à rats depuis plusieurs jours désormais, cela fait un bout de temps que je sillonnerais de nouveau les routes aux côtés d’Atal. Pour mon amie. Elle a d’énormes problèmes : cette certitude pulse en moi. Car voilà plus d’un mois qu’elle s’est évaporée dans la nature. D’habitude, elle prend toujours soin de griffonner au moins quelques mots toutes les semaines à l’intention de sa famille, surtout si elle voyage sans prévenir. Elle sait son frère perpétuellement inquiet pour elle, et puis, de toute façon, Seth a besoin de la savoir en vie, où qu’elle soit et quoi qu’elle fasse. Normal non ?

Nweeeeeeeeeeeellllllllaaaaaaaaaaaa !


Les pensées s’entrechoquent à une vitesse folle sous mon crâne tandis que ce cri déchirant qui m’a tiré de mon sommeil cette nuit encore me glace les veines. Voilà plusieurs jours qu’elle me hante désormais. Au milieu de la nuit, ce cri de détresse me réveille au beau milieu de mon sommeil. Tout comme Atal. Cela le ronge de plus en plus. Il a peur. J’ai peur. Et nos nuits raccourcissent dangereusement. Seth, lui, craint littéralement de fermer les yeux et ne serait-ce que se laisser emporter par le sommeil. Toutes les nuits, c’est la même musique : le gamin finit toujours par venir se glisser entre Atal et moi et tous les trois nous repoussons les limites de la fatigue. Heureusement, Ainhoa et Reni ne semblent pas perturbés par ces rêves étranges, aussi avons-nous fait de notre mieux pour cacher cela à Ainhoa qui est véritablement fragile. La silhouette de Juhen se découpe nettement sur le manteau neigeux qui recouvre la plaine environnante. Lui aussi, ses nuits devaient s’être étrangement raccourcies pour qu’il rapplique avant même d’être prévenu. Tout comme Atal, j’imagine aisément que cet ordure de Samoan ne doit pas être étranger à la disparition de Naïs. Et si cela s’avère vrai, nous avons plutôt intérêt de très vite la retrouver avant qu’il ne vienne à bout de ses forces – après tout ce qu’elle a vécu, elle n’est pas facile à briser, mais ces derniers évènements et sa vie amoureuse un peu trop compliquée, comme toujours en fait, l’ont indéniablement affaiblie.

Une idée me traverse l’esprit à la vitesse d’un éclair tandis que déjà la voix tonitruante du géant résonne dans la maisonnée. Attrapant dans un souffle une plume et un morceau de parchemin déchiré, je griffonne quelques mots avant d’accrocher la missive à la pâte du petit oiseau voyageur qui chante gaiement sur le rebord de la fenêtre. Ainsi porteur d’un précieux message, le petit oiseau s’envole. Vers l’espoir. Pour la vie. Pour Naïs. Tout au fond, même si je ne le connais pas, je sais qu’il répondra à l’appel. Le lien qu’ils ont tissé, là-bas, sur les rivages des grands océans me semble assez puissant pour cela. Il viendra. Je le sais. C’est tout.

Naïs est en danger…
Je pars sans tarder pour la capitale
Je suis une amie


* *
*


≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Des voix étouffées me parviennent. Elles me semblent à la fois si proches et si lointaines. L’atmosphère empeste littéralement la peur, la sueur, la mort. Fronçant les sourcils, il me faut quelques minutes pour ordonner mes pensées qui s’entrechoquent violemment sous mon crâne. Où suis-je ? Le bruit caractéristique de chaînes en fer forgé retient un instant mon attention. Des cris horribles, plus ou moins lointains, résonnent dans les couloirs. C’est certain, je suis prisonnière. De qui ? Pourquoi ? À vrai dire, je redoute la réponse qui se profile dangereusement à l’horizon tandis que les dernières paroles de Thyrinte retentissent dans ma tête.

- « Oui, la tigresse s’est réveillée »
- « Bien, vous allez nous laisser sagement »

Le dévérouillement de la serrure accompagne les voix de deux hommes dont une que je reconnaîtrais entre mille. Une voix qui me glace littéralement le sang. Une voix que je hais au plus profond de mon être. Samoan. Le père de Seth et de Morgan. Frère de Driss. Fils de Léandre Vil’Vishyard et dernier à pouvoir venger ses proches en même temps que de laver l’affront que j’ai pu lui faire en donnant naissance à des jumeaux. Ses fils qu’il considère bien plus comme des bâtards. Deux hommes entrent dans la salle alors que Samoan vient clairement d’affirmer qu’il ne veut en aucun cas être dérangé. Toutefois, alors que les chaînes me retiennent résolument se resserrent imperceptiblement autour de mes poignets, je réalise aussitôt que derrière cette porte ne se trouvait non pas deux hommes mais trois, dont un Mentaï. Le même qui accompagne Samoan. Grimaçant, je jure intérieurement. Enfer ! Encore un ! En moins de six mois, je ne compte même plus le nombre des miens que j’ai dû affronter, ne serait-ce que pour défendre ma vie. Je ne me fais aucune illusion, je risque fort de morfler, et peut-être mourir aussi. Mais, ça, c’est une bête formalité, depuis le temps que je la côtoie avec autant de désinvolture qu’une gamine ! Et je ne peux m’empêcher de sourire en sentant clairement l’aristocrate bouillonner de fureur. Cette fois, c’est clair, mes derniers exploits ont vraiment eu le don de le mettre hors de lui. Ne résistant pas à l’idée de jouer avec le feu, je compte bien le pousser dans ses derniers retranchements.

- « Sérieusement ? Un Mentaï ? Tu n’aurais pas pu trouver plus original ? Ça devient franchement lassant à la fin ! »
- « Peut-être, mais si cela peut me permettre de te briser pour de bon, toi et tous tes petits amis : tu sais, cet idiot de Thül, et puis Nwëlla c’est ça ? J’ai cru qu’elle est amoureuse de ton frère, dommage qu’ils ne puissent en profiter longtemps ! Et puis il y a SangreLune aussi, l’assassin de mon frère : j’ai cru comprendre que vous nourrissez une relation un peu ambiguë sur les bords. D’ailleurs j’imagine que tu as eu vent de cette Libertée. Et puis que dirait Pan de tout ça ? Cela lui briserait le cœur de savoir la vie que tu mène. Et Seth ? Il a dû tellement grandir… »

Je hausse un sourcil laissant le silence s’installer durant quelques secondes. Je crois que je viens de me prendre une claque mentale. Il est encore pire que son père ma parole, mais cette fois, je blinde mon esprit. Il est hors de question qu’un malade dans son genre jette le doute dans mon existence. Et bon sang ! Si je trouve le moyen de me libérer, il peut d’ors et déjà faire ses prières. Car malgré la menace des fiançailles de sa fille avec un homme qui figure dans les premiers successeurs de l’empereur, il m’aura assez pourrit la vie comme cela.

- « Tu es bien naïf de croire qu’ils vont tomber dans ton piège espèce de dégénéré… »
- « Nous verrons bien. Azeus, je la laisse à tes soins »

L’atmosphère se rafraîchit brusquement tandis que la faible lueur des flammes éclairant mon visage disparaît. Je frissonne un instant. Oh par la sainte culotte de l’empereur ! Ca va être ma fête…

* *
*


≈≈≈ Nwëlla ≈≈≈

Voilà la veille que nous sommes arrivés dans la capitale. Juhen, Atal, moi et Seth, qui a désormais le sien aussi, avons laissé nos chevaux morts de fatigue au palefrenier du quartier le plus mal famé d’Al-Jeit – le quartier où ont grandi Naïs, Atal et Ainhoa à vrai dire. Avant de partir, j’ai juste eu le temps de contacter ma mère, Nahomie, dessinatrice de son état et toujours prête à me prêter main-forte – incroyablement justicière dans l’âme, cela la rapproche de la cause de mon défunt père. Ainsi a-t-elle eu l’attestation d’une certaine Thyrinte que la dernière fois où Naïs avait été vue vivante n’était que l’auberge de cette dernière. Le Chat débusqué avait dressé fièrement sa pancarte devant nous hier soir alors que les premières étoiles naissaient dans le ciel nocturne. La femme, d’une quarantaine d’années, nous a accueilli avec la plus grande bienveillance et nous a raconté dans les moindres détails comment elle avait été menacée pour empêcher tout retraite à l’Envoleuse par un Mentaï nommé Azeus. Pleine de remords, elle nous avait ensuite proposé de nous héberger gratuitement, en échange de quoi nous avions fait la promesse de la protéger.

- « Dis Nwëlla, tu crois que l’on arrivera à retrouver Maman ? »

Seth, qui s’est glissé aussi silencieusement qu’un souffle à côté de moi, m’extirpe de mes pensées de sa voix d’enfant. Il a décidément un don pour apparaître aux moments où l’on s’y attend le moins. Atal, dépité, a encore constaté à quel point le gamin a hérité de la foutue détermination de sa mère et de son caractère plus que borné. Implacable, il nous avait tenu tête et nous avions fini par céder. Après tout, il se fortifie de jours en jours : depuis une semaine, je suis certaine qu’il a encore pris quelques centimètres. Et puis, c’est de sa mère qu’il s’agit. Il avait utilisé l’argument de façon redoutablement efficace. Sur l’estrade, au milieu d’une salle remplie de monde, des musiciens prennent place.

- « Ecoutes bonhomme, tous ensembles, nous ne nous arrêterons jamais avant de l’avoir trouvé ! »

Etrangement, les premières notes de musiques sont empruntes d’une certaine tristesse qui résonne comme un écho aux nouvelles épreuves qui nous attendent – j’imagine assez bien que la confrontation de Gil et Pan risque de provoquer des étincelles et j’ai quelques doutes sur la réaction de Naïs. S’étalant nonchalamment sur la table, Seth vrille son regard sur la porte de l’auberge tandis qu’Atal et Juhen reviennent de leurs dernières prospections. Ma mère, quant à elle, avec ses longs cheveux blonds presque blancs qui cascadent sur ses épaules, arrive joyeusement avec quatre pintes de bière et le jus de tomate commandé par Seth.

- « Ah ! Les hommes ! Vous tombez à pic ! »

Le gamin se mure dans un parfait silence et des dizaines d’émotions flamboient dans son regard d’or pur qui en déjà bien trop vu pour son jeune âge. C’est une certitude, il faut retrouver Naïs rapidement.



[Oui, oui, Naïs court encore après les emmerdes - ou plutôt ce sont les emmerdes qui lui courent après x) Bah, c'est parti hein Very Happy ]

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Ah l'aventure, ce joli mot romanesque pour dire galère !

Life sucks when you're ordinary !

I experienced that seeking feeling you get when you know you have conned yourself into doing something difficult and there's no going back




 



Dernière édition par Naïs Jol le Mar 04 Déc 2012, 20:04, édité 3 fois
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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Lun 03 Déc 2012, 23:24

Un léger souffle passa les lèvres de Libertée.
Son regard se perdait sur l’horizon paisible, mais immaculé. Tout était si beau !
Chaque instant devenait un émerveillement. Chaque moment devenait irrémédiablement pittoresque. Depuis qu’elle avait retrouvé Gil, tout semblait avoir évolué en même temps qu’elle. Elle se sentait pleine, heureuse, presque béate voire carrément niaise. Mais peu importait, après tout. Et même s'il était parti, si elle n'était pas avec lui...
Il était là

Néanmoins, elle s’était séparée un certain temps de l’envoleur, tout simplement pour pouvoir retrouver l’apprentie qu’elle avait désormais à sa charge... bon aussi parce qu'il était parti - elle savait néanmoins qu'il reviendrait, elle en était certaine. Mais avant de retourner à l’Académie pour la retrouver, elle avait envie de passer par la capitale, tout simplement pour s’acheter – encore – de nouveau vêtements, et peut-être passer voir son ami Dul. Cela faisait un moment qu’elle ne l’avait pas vu, pas même lorsqu’elle avait été de passage à Al-Jeit avec Nuhadu. A ce moment-là, il y avait trop de complications avec Manao, et puis sa nouvelle rencontre avec Gil, et puis sa fuite… Nulle part le temps avait suffi à ce qu’elle puisse le retrouver.

Lorsqu’elle passa l’immense et magnifique porte d’améthyste, un long soupir franchit ses lèvres, et bientôt elle se hissa sur les toits pour pouvoir parcourir plus rapidement les différentes ruelles de la capitale de l’empire. Il semblait y avoir un véritable rassemblement sur la Grand Rue, et la marchombre s’en approcha pour en apprendre un peu plus, curieuse comme tout.
Se glissant dans la foule, elle sentit plusieurs regards converger vers elle, et leur sourit ostensiblement. Parfaitement dans son élément, elle louvoya entre les corps pour se retrouver aux premières loges et ainsi demander tranquillement, avec son sourire charmeur :


- Qu’est-ce qu’il se passe ?

Ce fut un jeune homme au regard qui avait tendance à descendre sur ses jambes qui lui répondit un peu timidement.

- C’est le mariage de la fille d’un grand noble, Vil’Vishyard, avec le neveu de l’Empereur, Tarend ! On attendait cet évènement depuis des mois.

- Ha, d’accord.


Lui adressant un sourire lumineux qui le laissa interdit quelques secondes, Libertée ne resta pas plus longtemps dans les rangs : ce type de festivités ne l’intéressait pas. A moins que cela ne la concerne, mais en l’occurrence, ce n’était pas le cas, et elle ne se voyait pas encore dans une robe de mariée prude, non non non. Malgré tout ce qu’elle pouvait aimer Gil. Et puis, ils n’avaient pas besoin de cela pour s’aimer.

S’éloignant de la foule de sa démarche légère, la jeune marchombre s’enfonça dans les ruelles vides, bien décidée à trouver quelque chose à manger, finalement. Elle ne connaissait pas Al-Jeit par cœur – loin de là. Elle ne s’y était pas tant rendue que cela, et les quelques séjours qu’elle y avait fait n’avaient pas permis qu’elle explore la capitale en large, en long, en travers et en profondeur.



♥ ♥ ♥


- Vous vous rendez compte ? Cela n’aurait pas été moi, vous auriez eu une mort sur la conscience à cause de vos histoires d’économies ! Je sais pas, essayez de trouver des clients, mais c’est normal que personne ne veuille rester ici pour la nuit, vu l’état pitoyable des lits…

- Ce n’est pas si facile que ça…

- Dans ce cas-là, reconvertissez-vous, faites seulement de la bouffe, mais ne proposez pas des chambres suicidaires !


Libertée était juste exaspérée par la réaction de la tenancière.
Elle avait été tout simplement éjectée de son lit durant la nuit, les pieds rongés par les rats ayant cédé sous son poids – ce n’était pas comme si elle était grosse en plus ! Forcément, il y avait de quoi mettre de mauvaise humeur. Mais devant l’air désolé de la femme, la marchombre ne put s’empêcher de se radoucir.


- Allez, je vous donne la moitié de la chambre parce que je suis gentille. Mais je ne reviendrai pas…

Captant le regard reconnaissant de la femme, Libertée lui adressa un sourire rassurant, avant de sortir tout simplement par la porte d’entrée de cette auberge mal finie.
C’était vraiment déplorable d’en arriver à un tel point, même si elle pouvait envisager de comprendre les tenanciers, qui essayaient d’économiser pour que leur commerce tienne debout. Mais celle-là n’était vraiment pas douée, et n’avait pas non plus la fibre du métier ; elle ne ferait pas long feu.

Elle évolua toute la journée dans les rues et pour se libérer s’acheta même des nouvelles bottes légèrement compensées sur cinq centimètres, montant jusqu’au genou qu’elles protégeaient d’une avancée en cuir. Elles possédaient même des pseudos-poches qui permettaient de mettre des petits poignards ou des étoiles, ce qui était très très pratique.
Son corset ayant été presque coupé, en tout cas déchiré, par la chute du lit, elle en trouva un nouveau, d’un orange mordoré, qui lui allait comme un gant. Assorti à son éternel short noir et sa cape rose qu’elle ressortait tous les hivers, elle se sentait forte et fière, ainsi.
Ce n’était pas comme si, quinze jours avant ou presque, elle avait eu la pommette complètement réduite en cendre par un coup de Gil.

Elle finit sa journée en entrant dans une auberge d’un quartier mal famé de la capitale.
Le Chat débusqué. Un joli nom, presque comme La petite éternité, qu’elle n’était même pas parvenue à retrouver malgré elle. Quand elle poussa la porte nonchalamment, elle sentit quatre regards précisément se tourner vers elle, et elle releva le menton légèrement pour montrer qu’elle s’en fichait royalement. Mais les personnes qui la fixaient étaient étranges, étonnamment disparates dans un tel endroit. Une femme, déjà, qui devait bien avoir une trentaine d’années, avec des yeux violets – de beaux yeux, qui auraient pu rivaliser avec les siens – un homme à la peau mate et au regard pénétrant, une femme aux cheveux blonds presque blancs, et enfin, un gosse d’une dizaine d’années qui la fixait de manière peut-être un peu hébétée.
Libertée lui adressa un sourire ponctué d’un clin d’œil, avant de se diriger vers une table – elles étaient presque toutes libres – et de s’asseoir tranquillement pour commander son repas.

Malgré elle, la curiosité la rongeait : que faisaient ces personnes ici ? Les familles ne passaient presque jamais dans les auberges, cela revenait généralement trop cher… Alors ?







[ C'est parti mon kiki ! court ]

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Dernière édition par Libertée Iuaskallaphun le Mer 05 Déc 2012, 10:52, édité 1 fois
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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Mar 04 Déc 2012, 20:08

Naïs est en danger…
Je pars sans tarder pour la capitale
Je suis une amie

Pan fit rouler le papier entre ses doigts puissants, réfléchissant à ce que cette missive voulait dire.
Naïs ; cette femme exceptionnelle, Envoleuse aveugle qu’il avait rencontrée sur la plage des Grands Océans et qui avait cette légère tendance à envahir ses pensées quand il sombrait dans le sommeil, ou qu’il ne se concentrait pas sur quoi que ce soit.

Je suis une amie.

Et si c’était un piège ?
Mais qui aurait tendu un piège ? Et pourquoi ? Naïs avait éliminer ce Dessinateur jaloux lors de leur dernière rencontre… Quoique, cela ne l’aurait pas étonné que d’autres soient dans la même situation que ce malheureux, à devoir la contempler de loin ou presque. Il pensait, en réalité, faire aussi désormais partie de ces personnes, même si personnellement il pouvait s’en accommoder – même si le manque et les sentiments qui s’étaient réveillés en lui le faisaient parfois tourner en bourrique, c’était contrôlable.

Un long soupir franchit les lèvres de Pan, qui se redressa en roulant des épaules.
Cela faisait peu de temps qu’il l’avait laissée, en réalité. Peut-être deux semaines tout au plus, et ces trois jours avaient été gravés dans sa mémoire au fer rouge, indélébiles. Il avait envie de se lancer, et en même temps, n’osait presque pas le faire, à cause des trois apprenties qui attendaient le prochain cours avec impatience. Mais de ce qu’il avait pu en juger, elles s’étaient très bien débrouillées jusque-là, durant ces semaines sans lui, avant cet examen, aussi il savait qu’il pouvait partir l’esprit plutôt tranquille.
Décidé, il se redressa brusquement, et prit une grande inspiration.
Son esprit ne serait pas tranquille tant qu’il ne saurait pas ce qu’il se passait derrière tout cela. Peut-être n’était-ce qu’un traquenard, mais il prenait le risque.
* Pour des beaux yeux dorés*


§§



Quand il poussa la porte de l’auberge du Chat débusqué, Pan s’attendait à tout.
Il ne savait pas qui l’avait contacté. Une amie. Une amie de Naïs, il supposait, mais il supposait aussi que cet appel à l’aide n’était pas adressé qu’à lui, ou alors c’était justement qu’il y avait anguille sous roche. Il avait aussi un peu peur des personnages qu’il pourrait trouver s’il fallait vraiment venir en aide à l’Envoleuse : d’autres hommes qui étaient sans doute passés dans son lit, évidemment, même si quelque part il s’en fichait ; ce dont il était plus angoissé était la probabilité que des mâles humains se montent à la tête et s’attaquent entre eux à cause de cette unique raison.

Aucunement jaloux, lui-même savait qu’il pouvait être serein.

Mais quand il franchit la porte en question, ce fut une congrégation plus qu’hétéroclite qui braqua leur regard sur lui – et surtout sur les immenses cornes sur son crâne. Il avait dû se baisser pour rentrer, comme dans chaque auberge, et alors qu’il se redressait, son regard tomba dans celui d’une femme, d’un indigo profond.
*C’est elle*
Aucun doute, et la manière dont elle le fixa en retour voulait tout dire.
Passant entre les tables avec une souplesse que l’on n’aurait pas soupçonnée, Pan se dirigea droit vers la table en question, détaillant les autres personnes qui s’y trouvaient aussi. Un homme, dont les traits ressemblaient étrangement à ceux de l’Envoleuse, était aussi présent, ainsi qu’un enfant d’une dizaine d’années – encore une fois, la ressemblance avec Naïs le frappa, et il hocha la tête, mettant en mouvement ses énormes cornes sans s’en apercevoir.
Autour de lui, une femme cria d’effroi, mais il n’y prêta pas attention.

Il posa ses deux poings fermés sur la table, en face d’un homme qui semblait tout simplement être un Thül, un petit sourire au creux des lèvres, mais un air grave dans le regard.

- Je suis Pan. Je suis là pour vous aider.

Car à la mine de l’enfant et les traits tirés des autres comparses, il avait deviné que tout cela n’était pas une scène savamment orchestrée, mais bien une situation réelle et dangereuse. Peut-être suicidaire. Peu importait, désormais : il était là, et n’allait pas repartir si facilement.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Mer 05 Déc 2012, 22:46

L’orage éclata en début de soirée, déversant sur la ville des grêlons grands et ronds comme des billes qui obligèrent les passants à s’abriter en catastrophe. Pog Therius, voleur de son état, regardait les gens courir dans la rue, les mains sur la tête pour se protéger des projectiles de glace qui tombaient dans une violence rare. A l’abri d’un porche, il attendait une accalmie pour filer dépenser son argent récemment chapardé avec brio. L’orage persistait. Il s’en moquait, il avait tout son temps, même si l’excitation faisait briller ses petits yeux ; pour tromper son impatience, il mâchonnait entre ses dents un morceau de racine de niam. Son aspect miteux empêchait les passants de venir se réfugier près de lui et il profitait ainsi de toute la place sous son porche. Il finit toutefois par estimer qu’il ne risquait plus de dommages de la part des grêlons ; relevant son col, il traversa la rue sous une pluie diluvienne. Ses bottes claquaient sur le pavé détrempé et faisait naître de grandes éclaboussures lorsqu’il marchait dans les innombrables flaques.

Pog faisait dans la contrebande depuis pas mal d’années. Il n’était pas devenu un expert pour rien : vol à l’étalage ou cambriolage périlleux, rien ne lui résistait et en dépit de son apparence douteuse, il roulait sur l’or. Son grand plaisir était de fausser compagnie à la garde après avoir laissé croire aux soldats qu’ils étaient sur le point de le coincer. Il était malin, futé et surtout extrêmement veinard. La plupart du temps, il passait inaperçu et l’on se souvenait rarement de lui. Mais dans le milieu de la fraude, il était un véritable petit roi… Les rois sont toujours trop peu méfiants, en particulier lorsqu’ils ont un égo démesuré. Pog étaient de ceux-là et c’est pour cette raison, principalement, qu’il ne vit pas la silhouette se détacher du mur à son passage pour le suivre en toute discrétion. Lorsque Pog, alerté par son sixième sens, jeta un coup d’œil par-dessus son épaule, il ne vit personne. Son poursuivant avait mis ses pas dans les siens, pourtant, et il ne le lâchait plus. Une fois persuadé qu’une présence était toute proche et néanmoins invisible, le voleur accéléra sensiblement l’allure, jusqu’à finir par courir franchement.

Quelque chose lui faucha soudain les pieds et il bascula en avant, le nez dans une flaque de boue. Jusqu’ici, Pog s’était toujours débrouillé pour passer aux travers des ennuis. Il menait la garde par le bout du nez et le véritable caméléon qu’il était parvenait toujours à semer ses ennemis. Ceux-ci étaient rares, le monde de la fraude étant plus vaste qu’un champ de blé et il était assez malin pour ne pas se faire remarquer par la concurrence. Cette fois pourtant, il semblait que Pog soit tombé sur plus grand, et surtout plus méchant que lui. Alors qu’il relevait la tête avec l’intention de s’enfuir au plus vite, deux mains puissantes l’attrapèrent par le col et le remirent sur pied. Pas pour le laisser partir, non, mais pour le plaquer violemment contre le mur de l’allée. La joue droite écrasée contre la pierre, Pog gémit lorsqu’un souffle lui chatouilla le cou. Coincé comme il l’était, il lui était impossible de voir à qui il avait à faire…

- Bonsoir, Pog. J’ai quelques questions à te poser, si ça ne t’ennuie pas trop…
- Non non, ça va,
articula péniblement le voleur.
- Bien. Dis-moi, je me suis laissé dire que tu avais eu maille à partir avec un certain noble, il y a de cela un ou deux mois… quel est son nom, déjà ? Ah oui : Vil’Vishyard.

Pog gémit à nouveau. En général, quand le nom du tyran de l’aristocratie faisait irruption dans une conversation, ça présageait de vilaines choses.
- Tu me racontes ?
- C’est pas franchement intéressant, commença Pog avant de s’interrompre dans un couinement lorsqu’une pression lui écrasa davantage le visage contre le mur rugueux. Mais tu as l’air d’y tenir alors je vais la faire courte : j’ai refusé un contrat et je m’en suis mordu les doigts.
- Quel contrat ?
- Un assassinat. Le fils de Vil’Vishyard est venu me voir en me proposant d’éliminer quelqu’un et j’ai refusé. Je suis un voleur, pas un tueur.
- Nuance évidente. Et ?
- J’ai bien failli me faire épingler au mur par un truc pointu. Ça m’apprendra à faire des affaires avec des mentaïs…
- Le contrat, Pog. Tu as un nom ?
- Non mais j’ai des infos : le mentaï a été tué par SangreLune, l’assassin dont la tête est mise à prix. Ça a donné lieu à un sacré désordre chez les m’sieurs-dames… il parait qu’on a organise le mariage de la fille de Vil’Vishyard pour l’attirer dans un piège. Comme si c’était possible. ce gars-là, c’est un vrai coup de vent ! Il aurait aussi tué Vil’Vishyard que ça m’étonnerait pas…


Pog grogna lorsqu’on lui fit faire un demi-tour qui lui érafla la joue sur la pierre au passage. A présent adossé au mur, il n’avait pas une meilleure impression sur son agresseur ; encapuchonné, il ne laissait voir qu’un long manteau noir ruisselant de pluie et un menton recouvert par une barbe de quelques jours.

- Connais-tu un homme du nom de Buran ?
- Buran ? non, ça me dit rien… dites, vous voulez pas me lâcher ?
- Non.
- Ah…
- Si jamais tu entends parler de cet homme, laisse un message pour moi à l’auberge du Glouton.
- Qu’est-de que j’y gagne ?
demanda Pog dont le regard soudain intéressé venait de s’allumer.
- La vie sauve et, si je suis satisfait, un bonus.

Le voleur n’hésita qu’un bref instant.

- Tope-là ! s’exclama-t-il.

Mais l’homme au capuchon l’avait déjà lâché pour s’éloigner dans la ruelle mal éclairée.

- Hé ! fit Pog en frottant sa joue sensible, t’as oublié de me donner ton nom, l’ami ! Elles sont destinées à qui, ces infos ?
- A SangreLune.

Pog écarquilla les yeux mais il n’y avait plus personne, désormais. Il était seul. Et trempée jusqu’aux os. Et terrifié jusqu’à la moelle. Le cœur battant, il fila à l’opposé de sa direction première. Pas le temps de dépenser son argent en boisson.
Il avait des informations à récolter.



*




Gil entra dans sa chambre, claqua la porte derrière lui et s’adossa au battant. Il était trempé et une flaque se formait à ses pieds. Il était aussi épuisé. Ou trouva-t-il la force de se redresser pour retirer son manteau ? Aux cernes bistre qui soulignaient ses yeux, à ses traits tirés et à sa barbe naissante, on devinait qu’il n’avait pas dormi convenablement depuis des jours. Logique, puisqu’il passait le plus clair de ses nuits à pister des indices. Même chose le jour. Dans un soupir exténué, Gil se laissa tomber sur le lit qui grinça sinistrement, non pas sous son poids mais par le fait d’un certain âge. Tout était miteux, ici, depuis le tapis rongé par les mites jusqu’aux carreaux de la fenêtre plus opaques que le fond des verres de l’établissement. Un bouge crasseux en plein centre d’Al-Chen qui lui permettait de dormir sur un matelas – si on peut appeler ce truc un matelas – et de manger un repas chaud au moins une fois par jour.

Repliant un bras sur ses yeux, Gil réunit ses pensées. Un travail d’autant plus difficile que la fatigue le rendait distrait. Et quand il était distrait, il songeait à Libertée. Où était-elle en ce moment ? Que faisait-elle ? Est-ce qu’elle s’était remplumée ? Il l’avait quittée dans un état de vulnérabilité tel qu’il n’en avait pas fermé l’œil des trois nuits suivantes. Il avait suivi Mauâl et la caravane jusqu’aux portes d’Al-Far, où la découverte de quelques indices lui avait fourni une première piste à suivre. Depuis, il tirait chaque fil qu’il avait en main. La plupart aboutissaient à des impasses mais certains lui offraient des fragments de réponse, encore trop infimes et disparates pour lui servir d’élément concret. Son seul véritable indice était le nom d’un homme, Buran – un mentaï qui, disait-on, portait un masque en permanence. Des histoires sordides à son sujet l’avaient conduit ici, à Al-Chen, où il s’était établi le temps de réunir suffisamment d’informations concernant le ravisseur de Libertée. Si Pog Therius pouvait lui apporter une aide, aussi infime soit-elle, il était preneur...

Gil était à moitié assoupi lorsque l’on frappa doucement à sa porte. Ouvrant un œil marron, puis un œil bleu, l’envoleur glissa la main sous son oreiller puis, armé d’un poignard, il s’approcha du battant clos.

- Oui ?
- Un message pour vous !


Gil haussa un sourcil et glissa sa lame dans sa ceinture, au niveau des reins, pour ouvrir la porte au gamin qui patientait derrière, un papier dans la main.

- Merci.
- Pas d’quoi,
répondit le môme avant de filer pour réclamer la miche de pain promise en échange de sa commission.

Perplexe, Gil s’assit au bord du lit grinçant. Pog était-il plus efficace qu’il le pensait ? Ouvrant fébrilement la lettre, il comprit immédiatement, à l’écriture fine et déliée, qu’il ne s’agissait pas du voleur. Comme il parcourait la courte missive, une étincelle s’alluma dans son regard, sauvage, furieuse.

- Bon sang !

Il se leva, froissa le papier et le jeta dans la corbeille, puis se mit à faire les cent-pas dans la pièce minuscule. On aurait dit un lion en cage. C’était presque le cas.

- Bon sang, répéta-t-il en se pinçant l’arête du nez. Qu’est-ce que je suis censé faire ?

La réponse était incroyable de simplicité et d’évidence : il devait partir pour Al-Jeit sur le champ. Mais partir, c’était faire une croix sur les informations qu’il filait depuis des jours et des jours, et c’était prendre le risque de perdre la trace de Buran. S’immobilisant au centre de la chambre, Gil pressa ses deux poings contre son front. Puis il prit sa décision. Attrapant ses lames courtes, il les rangea dans les gaines fixées dans son dos, passa sur ses épaules le lourd manteau chargé de pluie, rabattit le capuchon sur son visage, cala son arc sur son épaule, son sac sur l’autre, et quitta le Glouton à grands pas. Il récupéra Silk dans l’étable attenante à l’auberge et après avoir attaché ses affaires à la selle de ce dernier, il s’enfonça dans la nuit, retrouvant la pluie.

Elle l’accompagna jusqu’à Al-Jeit. Silk pataugeait dans la boue lorsque l’envoleur franchit la porte d’Améthyste et lorsqu’il mit pied à terre pour tenir le cheval par la bride, il senti le poids des regards peser sur lui. Ouais, bah si ma tête vous revient pas, allez voir plus loin si j’y suis ! Il était d’une humeur de chien lorsqu’il s’arrêta devant la porte du Chat Débusqué. Il entra dans l’auberge, balaya la salle du regard et son regard se durcit lorsqu’il repéra sa cible. Filant d’un pas décidé vers celle-ci, il bouscula presque l’homme qui ne s’était pas encore assis et abattit le plat de sa main sur la table. Violemment.

- Je t’écoute, Atal : explique-moi comment vous l’avez encore laissée se fourrer dans les ennuis jusqu’au cou !


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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."




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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Jeu 06 Déc 2012, 13:23

≈≈≈ Nwëlla ≈≈≈

- « Nwëlla ! Seth ! C’est quoi ces têtes de déterrés ? » gronde Juhen en avalant cul sec sa pinte de bière « On est s’est où elle est ! »

Une petite étincelle s’allume dans le regard du gamin – dans le mien aussi, je crois. Parce que cela ne signifie qu’une seule chose : Naïs est vie et Vil’Vishyard a commis la plus grosse erreur de son existence. Il a signé son arrêt de mort en fait. Le cœur désormais plus léger, je bois une grande gorgée de bière tandis qu’au même moment, la porte de l’auberge s’ouvre pour laisser passer une femme. Plus que ses yeux roses, c’est la confiance, la force et la joie de vivre émanant d’elle qui détonne littéralement dans la pièce. D’une démarche souple et fluide qui me fait froncer un instant les sourcils, je ne la quitte pas des yeux jusqu’à ce qu’elle s’installe sur une table, seule, non loin de la notre. J’ai remarqué le clin d’œil qu’elle a adressé à Seth. Dans l’or de son regard j’ai d’abord vu passer la surprise qui s’est vite effacée pour laisser place à un léger sourire sur ses lèvres. Croisant les bras sur la table, je ne peux m’empêcher de noter le regard malicieux du géant au passage de la femme. Et je se secoue la tête, désabusée.

- « Explique Juhen… »

Reprenant ses esprits, il ouvre la bouche lorsque la porte du Chat débusqué s’ouvre à nouveau. Suivant le regard hébété du Thül, mon cœur fait un bon dans ma poitrine. C’est lui, Pan. Naïs m’avait parlé de lui et de ces trois jours si spéciaux sur les rivages des grands océans. Il a sa petite réputation au Domaine, alors je crois que j’aurais pu le reconnaître entre mille. Lorsque l’homme, tout bonnement impressionnant avec les immenses cornes qu’il porte sur sa tête, croise le mauve de mon regard, il semble réaliser que je suis l’amie en question du message et que tout ceci n’est pas une mauvaise blague. Seth garde les yeux rivés sur lui, mais je me demande bien ce qu’il peut penser à cet instant. Aussi vive que l’éclair, tandis que Pan se présente devant cinq paires d’yeux fixés sur lui, je me lève et passant une main dans mes cheveux, je cherche un peu mes mots. Il ne connaît Naïs que depuis peu, c’est évident qu’il va être totalement perdu : toute cette histoire risque de lui sembler totalement folle. J’espère sincèrement qu’il ne prendra pas ses jambes à son cou, car, cette fois-ci, plus on est nombreux, plus on aura de chance de mettre un terme définitif à la folie de Vil’Vishyard.

- « C’est donc toi Pan… Tout ça doit te sembler un peu surréaliste j’imagine ? Moi c’est Nwëlla »

Envoleuse. Maître Envoleuse.

- « Lui, c’est Seth »

Le gamin ne dit pas un mot, continuant de le dévisager étrangement. Je jurerais qu’il a une question derrière la tête.

- « Et là, Atal »

Avec le même regard curieux que son neveu, Atal salue toutefois Pan d’un signe de tête avant de m’interroger un instant du regard. Je désigne le géant.

- « Juhen »

Pour une fois, le géant reste silencieux. Il paraîtrait presque intimidé. Je souris avant de présenter ma mère.

- « Nahomie »

La porte s’ouvre une nouvelle fois à la volée, laissant apparaître dans l’entrebâillement que je connais bien pour avoir combattu à ses côtés quelques mois auparavant dans les montagnes du nord. Ainsi, Atal l’a prévenu. Alors qu’il s’approche à grands pas décidés de notre petite tablée, je ne peux que remarquer l’éclat de colère qui brille dans ses yeux dépareillés. Les cernes sous ses yeux attestent qu’il n’a pas dû beaucoup dormir ces derniers temps. Malgré le fait qu’il semble être complètement mal luné – mais déterminé à sortir Naïs des ennuis dans lesquels elle s’est fourrée – je crois que je suis contente de le voir aussi. Le tension est palpable et il bouscule Pan presque sans le remarquer.

- « Et voici… Gil… »

Alors qu’il frappe violemment – décidément, je ne l’ai encore jamais vu comme cela - sur la table, Juhen sort de sa léthargie. A la mine moqueuse du géant, je devine dès à présent les successions interminables de piques et de vannes ridicules. M’attendant à une bêtise monumentale de la part du Thül, je le fusille du regard avant qu’il n’ouvre la bouche. Apparemment, je n’ai pas dû lui faire assez peur, mais contre toute attente, il choisit de ne faire aucune réflexion douteuse sur la barbe de Gil ou sur le fait qu’il ait dû avaler un Raï pour paraître de si mauvaise humeur. La question de l’Envoleur résonne plutôt comme un ordre. Cependant, sa colère ne peut me dissimuler bien longtemps son inquiétude. Il tient à Naïs, comme nous tous ici, et s’il ne s’attendait pas au pire, il ne serait jamais venu.

- « Hé l’ami ! Tu connais Naïs aussi bien que nous ! Tu sais qu’elle est incapable de tenir en place très longtemps ! »
- « A vrai dire, vos exploits dans le désert des Murmures ont fait pas mal de bruit ! »

Atal affiche un air grave et il soutient sans ciller le bleu et le marron des yeux de Gil.

- « En fait, elle devait simplement remettre un paquet à la tenancière de l’auberge – rien de compliqué en somme. Mais elle s’est faite piéger par un Mentaï au service de Vil’Vishyard… »

Croisant le regard de Gil, je hoche la tête. C’est aussi simple que cela : elle s’est faite avoir comme une débutante. Et telle que je la connais, elle dois enrager sérieusement à l’heure qu’il est…

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

La serrure se crochète doucement et le bruit me fait relever la tête. A tous les coups, il s’agit du Mentaï. Voilà plusieurs qu’il vient, seul. Et à chaque fois c’est la même chose. La douleur est parfois tellement horrible que j’ai l’impression d’exploser de l’intérieur, littéralement. Je crois que si ces foutues chaînes ne me retiennent pas, il y a longtemps que je ne tiendrais plus sur mes jambes. Pourtant, aussi désinvolte et inconsciente qu’une gamine, je ne peux m’empêcher sur la situation. Une sorte de jeu mortel s’est installé entre moi et Azeus. Un jeu dont il est pour l’instant le maître que j’essaye de surpasser lentement mais sûrement, comme lors d’une partie d’échecs.

- « Azeus… Tu m’a manqué depuis hier… »
- « J’y compte bien ! Tu ne sais pas la dernière ? »
- « Je ne risque pas, non »
- « Tes petits amis sont en ville ! »
- « Et alors ? T’as peur ? »

La douleur me coupe le souffle durant quelques secondes tandis que l’une de mes côtes craque sinistrement. Par la sainte culotte de l’empereur ! Encore une ! Et dire que j’espère encore lui mettre une bonne raclé. Mon œil oui ! Me mordant la lèvre inférieure, malgré la nausée, malgré la douleur, je souris légèrement avec une moue féroce.

- « On dirait que j’ai touché un point sensible »

Je serre les dents pour ne pas crier sous la nouvelle vague de souffrance. Décidément, le Mentaï est en forme ce soir. C’est bon, j’ai compris, je me tais !

≈≈≈ Nwëlla ≈≈≈

… Malgré la situation électrique, Seth choisit son moment pour poser la question qui le turlupine depuis de longues minutes.

- « Tu connais Maman toi aussi ? »

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Jeu 06 Déc 2012, 13:48

Alors… Bonne question.
Une esquisse de réponse se dessina lorsque la porte de l’auberge s’ouvrit par la suite, et qu’encore une fois, tous les regards de la table convergèrent vers elle. Ils attendaient quelqu’un, peut-être plusieurs personnes, c’était évident, et c’était sans doute pour cela qu’ils l’avaient fixée ainsi. D’ailleurs, Libertée n’avait pas raté le regard malicieux que le Thül avait posé sur elle, et lui avait adressé un sourire lumineux.

Mais la… chose qui passa la porte attira soudain toute son attention.
Un géant, c’était un géant, avec d’énormes cornes sur la tête. Imposant, il n’avait pas non plus une musculature de Thül, simplement ses épaules et son cou de taureau semblaient attester que les cornes en question ne devaient pas peser trois grammes sur sa tête.
Ahurie, Libertée fixa cet… homme ? quelques secondes, avant que la porte ne s’ouvre encore à la volée. Il lui fallut quelques secondes pour réussir à arracher son regard des cornes – elles étaient magnifiques en plus, imposantes et puissantes, leur courbe acérée et harmonieuse.. – pour le poser sur la silhouette qui venait de rentrer et de frapper fort contre le plateau de la table.

Le cœur de la marchombre rata un battement.
Gil !
La bouche entrouverte, elle resta interdite plusieurs secondes, alors que les bruits de la conversation des… sept personnes lui parvenaient.


- Hé l’ami ! Tu connais Naïs aussi bien que nous ! Tu sais qu’elle est incapable de tenir en place très longtemps !

- A vrai dire, vos exploits dans le désert des Murmures ont fait pas mal de bruit ! En fait, elle devait simplement remettre un paquet à la tenancière de l’auberge – rien de compliqué en somme. Mais elle s’est faite piéger par un Mentaï au service de Vil’Vishyard…


Ils semblaient tous connaître Gil, sauf le géant aux cornes.
Et inversement.
Fronçant les sourcils, Libertée se demanda qui étaient ces personnes, et n’avait qu’une seule envie : se précipiter sur l’envoleur pour le serrer dans ses bras. Sauf qu’il semblait d’une humeur massacrante, et qu’elle ne savait pas trop si c’était le bon moment. Elle préféra attendre un peu avant de se précipiter…

* Non…
Non, attend…
Attends encore… *


N’y tenant plus – elle n’avait pas réussi à se contenir plus de dix secondes – Libertée sauta sur ses pieds, et passa juste sous le nez de la serveuse pour s’approcher de l’envoleur et de toutes ces personnes bizarres. Une famille ou presque qui attendait Gil, qu’est-ce que cela signifiait ? Il avait eu l’air perturbé – autant qu’elle, même si elle ne voulait pas se l’avouer – par son annonce chez les rêveurs, mais était-ce parce qu’il en avait déjà une quelque part ?
Elle ne voyait cependant aucune ressemblance entre lui et le petit garçon, et se demanda vraiment ce qu’il se passait ici.

Louvoyant entre les tables, elle allait arriver juste derrière Gil quand le regard violet de la fille se posa sur elle, et elle prit une inspiration. Ce regard… Elle avait la désagréable impression de se jeter dans la tanière du loup, mais désormais, cela ne comptait plus.
S’ils étaient des loups, elle était un chat sauvage.
Même si elle était encore un peu amaigrie par ses aventures avec Gil, par son enlèvement, elle tenait debout et avait retrouvé une grande majorité de ses forces, muscles et de sa souplesse.
Et puis, le regard du Thül se posa aussi sur elle, et elle lui adressa un clin d’œil aguicheur. Le petit garçon aussi, après avoir posé la question qui semblait lui brûler les lèvres au géant, posa son regard sur elle.

Bon…

Elle ne bougea pas, attendant que Gil se retourne.
Son regard balayait les visages qui lui faisaient face…


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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Jeu 06 Déc 2012, 19:23

Pan se sentit un peu secoué, et un homme débarqua à côté de lui, frappant violemment la table de ses paumes de main, tirant un haussement de sourcil à l’homme.

- Je t’écoute, Atal : explique-moi comment vous l’avez encore laissée se fourrer dans les ennuis jusqu’au cou !

Tournant son regard vers l’homme en question, il nota son air de loup déniché, son regard bicolore et la mauvaise humeur qui émanait par tous les pores de la peau. Il fixait l’homme qui ressemblait à Naïs presque méchamment, en tout cas avec tant de violence contenue que cela tira un claquement de langue désapprobateur à Pan, qui n’aimait pas spécialement ce genre d’attitude.

Mais avant que l’homme aux cornes ne puisse intervenir, la femme aux yeux violets prit la parole.

C’est donc toi Pan… Tout ça doit te sembler un peu surréaliste j’imagine ? Moi c’est Nwëlla Pan hocha vaguement la tête, un léger sourire sur les lèvres. Irréaliste ? Non, pas tant que ça en fait… Lui, c’est Seth, et là c’est Athal, Juhen, Nahomie, et voici… Gil…

Ah, donc l’ours mal léché s’appelait donc Gil.

Hé l’ami ! Tu connais Naïs aussi bien que nous ! Tu sais qu’elle est incapable de tenir en place très longtemps !

A vrai dire, vos exploits dans le désert des Murmures ont fait pas mal de bruit ! En fait, elle devait simplement remettre un paquet à la tenancière de l’auberge – rien de compliqué en somme. Mais elle s’est faite piéger par un Mentaï au service de Vil’Vishyard…


Pan réfléchissait à toute vitesse pour tenter de comprendre ce qu’il se passait réellement.
Bon, comme la présence de Naïs était vide par son absence, il en déduisait qu’il avait dû lui arriver quelque chose de grave, ce que confirmaient les visages fermés et fatigués attablés.
Le Thül, Juhen, venait de dire qu’elle était incapable de tenir en place, et il voulait bien le croire. Même si les trois jours qu’il avait partagés avec elle sur la plage n’avaient finalement pas été tant tourmentés que cela, il avait aussi pu constater que se reposer était possible pour l’Envoleuse – mais ce n’était qu’une petite part de sa personnalité.

Des exploits dans le désert des Murmures, hein…
Justement, Pan n’en avait pas entendu parler, ou alors quelques murmures, mais rien de plus. Il ne savait pas du tout ce qu’il se passait, et n’était là que grâce à la missive de Nwëlla. Gil et Naïs se connaissaient… bien apparemment, mais l’attitude de l’homme lui inspirait davantage de l’amour paternel et protecteur qu’autre chose. Il pouvait évidemment se tromper.

- Tu connais Maman toi aussi ?

Le regard de Pan tomba sur l’enfant, qui le fixait avec les yeux écarquillés, mais une curiosité sans borne dans le regard.

- Pas beaucoup, bonhomme, mais assez pour vouloir l’aider.

Il allait lui adresser un sourire rassurant quand il remarqua qu’une majorité des regards de la table étaient fixés derrière son dos. Fronçant les sourcils, l’Envoleur se tourna lentement, prêt à découvrir n’importe quoi…

Son regard se posa sur une petite femme fort jolie, aux cheveux d’un blond flamboyant qui cascadaient sur ses épaules, et aux yeux… roses. Roses ? Ce fut au tour de Pan d’écarquiller les yeux pour détailler la petite femme, qui semblait être une boule d’énergie à l’état pur. Il se dégageait quelque chose de très fort d’elle, mais il était bien incapable de dire quoi.
Elle avait une attitude qui lui disait quelque chose, sans qu’il ne puisse mettre le mot dessus.
Fronçant les sourcils, il se tourna encore légèrement vers elle, et ne put s’empêcher de lui sourire légèrement. Elle lançait des regards fascinés et admiratifs sur ses cornes, et rien que pour cela, elle lui plaisait – sans parler de sa beauté.

- Mademoiselle ? Vous avez besoin de quelque chose ?

Elle semblait fixer l’ours mal léché, mais il avait envie de croire que c’était faux.
Il devait se faire des idées…

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Jeu 06 Déc 2012, 23:41

Nwëlla se chargea de faire les présentations mais Gil ne quitta pas Atal des yeux. C’était lui qu’il voulait entendre et il se fichait pas mal de savoir que le type debout près de lui s’appelait Pan. Bien sûr, Atal ne fut pas effrayé par les éclairs de colère qu’il avait dans les yeux, ni par le ton abrupt qu’il avait employé. Il n’était pas plus impressionnable que sa sœur et Gil n’était pas idiot – mais il avait besoin de réponses, et pas plus tard que tout de suite. Juhen fut toutefois le premier à se manifester. La plaisanterie qui étincela dans son regard fut soufflée par la seule présence de Nwëlla à ses côtés mais celle-ci ne put l’empêcher d’apostropher l’envoleur :

- Hé l’ami ! Tu connais Naïs aussi bien que nous ! Tu sais qu’elle est incapable de tenir en place bien longtemps !

J’avais compris, oui…

- A vrai dire, fit Atal en hochant la tête d’un air conciliant, vos exploits dans le désert des Murmures ont fait pas mal de bruit ! En fait, elle devait simplement remettre un paquet à la tenancière d’une auberge – rien de compliqué en somme. Mais elle s’est fait piéger par un mentaï au service de Vil’Vishyard…

Gil grinça des dents. Vil’Vishyard, l’homme qui terrorisait le désert et une bonne partie de l’Empire, était mort. Naïs et lui l’avaient tué ensemble. Ces derniers temps, cependant, il avait l’impression que le nom de ce vieux fou était sur toutes les lèvres : d’abord le mariage, puis Naïs… Il se demanda un bref instant si les deux « événements » étaient liés mais avant même que cette pensée ne devienne une véritable question dans son esprit, Seth dit quelque chose. Une question que Gil ne comprit pas. Puis il réalisa que l’enfant ne s’adressait non pas à lui, mais à l’homme debout près de lui. Pan. La main toujours posée à plat sur la table, Gil soupira, puis planta son regard dans celui d’Atal.

- Vil’Vishyard est mort, commença-t-il. Pourquoi ses hommes ont-ils enlevé Naïs ? Est-ce que vous ne….

Il s’interrompit en voyant Atal, puis Juhen, Nwëlla et Seth fixer leur attention sur un autre point que lui. Un point qui, apparemment, se trouvait derrière. Réprimant un grognement, Gil claqua des doigts devant le visage d’Atal.

- Oh, je suis en train de parler, là.
- Mademoiselle ? Vous avez besoin de quelque chose ?

Davantage par réflexe que par réelle curiosité, Gil tourna la tête. Et son cœur rata un battement. Peut-être bien qu’il s’arrêta de battre pendant quelques instants parce que, quand l’envoleur se redressa, il ressentit comme une vive douleur au beau milieu de la poitrine. Ce n’était pourtant rien comparé à celle qui lui faucha les tripes par surprise au moment où il croisa un regard intensément rose. Son regard intensément rose. Là, c’est le souffle qui lui manqua.

- Libertée ?

Bien sûr que c’était elle ! Il ne connaissait qu’une seule personne au monde qui ait ce regard-là. Et ces cheveux-là. Et ce sourire-là. Et – ouais, c’est bon, on a compris. Gil cligna des yeux. Ce qu’elle était belle avec ce corset ! Et ce short – comment fait-elle pour ne pas avoir froid ?? – qui dévoilait ses longues jambes… Elle était belle, et elle rayonnait de nouveau. La dernière fois qu’il l’avait vue, Libertée était plus pâle encore que le lit dans lequel elle se trouvait. C’était à Ondiane. Et elle venait de lui annoncer la mort de son enfant. Leur enfant. Assommée par la nouvelle, Gil était parti pour tenter de mettre la main sur le ravisseur de la marchombre. Gil observa le visage de la jeune femme avec attention. Avant de partir, il lui avait ouvert son cœur et, s’il se souvenait parfaitement de la chaleur intense que le simple fait de prononcer ces mots avait déclenché dans son ventre, il se demandait s’il aurait le courage de les lui chanter un jour, de la même façon qu’elle les avait chanté pour lui…

- Excusez-moi un instant, marmonna-t-il en se tournant vers la tablée.

Puis il saisit Libertée par le coude et l’entraîna un peu plus loin avant de s’arrêter pour se planter devant elle.

- Qu’est-ce que tu fais ici ?

A en juger par l’expression étonnée de ses amis, aucun d’entre eux n’étaient à l’origine de sa présence ici. Mieux valait d’ailleurs que Nwëlla n’en sache pas trop au sujet de Libertée. Si jamais elle apprenait la nature de celle-ci, ça risquait fort de tourner mal et il savait très bien pour qui il prendrait partie. Du bout des doigts, Gil effleura une mèche blonde. Que faisait-elle ici ? Au moment de quitter Ondiane, Gil avait été rattrapé par Min, le père de la jeune femme. Le souvenir de leur conversation était encore frais dans sa mémoire.

- Gil ?
- Dites-lui que je pars le retrouver. L’homme au masque.
- Tu penses vraiment que partir maintenant, c’est la bonne solution ?
- C’est la meilleure qui me vienne à l’esprit…
- Menteur. J’ai entendu ce que tu lui as dit. Et même si je ne l’avais pas entendu, j’ai vu cette étoile dans ses yeux lorsqu’elle te regarde. Voëlle me regarde de la même manière.
- Min…
- Soit prudent. Si elle te perdait après l’avoir perdu, lui, elle serait brisée.
- Vous… comment… ?
- Ah ah ! Tu crois vraiment qu’on peut cacher des secrets de ce genre à un marchombre doublé d’un père ?
- Plus maintenant, en tout cas. Min ?
- Oui ?
- Vous lui donnerez ça de ma part ?
- Bien sûr… jolie flûte.
- Dites-lui que je tiens à la récupérer intacte.
- C’est promis. Sois prudent, Gil.
- Vous aussi.


Il était parti et avait rejoint Mauâl et la caravane qui faisait route vers le nord. Vers Al-Far. Quoi qu’ayant été fort occupé depuis, il n’avait pas cessé de penser à Libertée. Il était soulagé de voir qu’elle avait repris des couleurs mais il la trouvait encore trop maigre. Puisque c’était ainsi, il allait la nourrir. Cette pensée le fit sourire. Haussant un sourcil, il attendit la réponse de la jeune femme.

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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Ven 07 Déc 2012, 13:07

≈≈≈ Nwëlla ≈≈≈

Gil parle. Il parle mais depuis plusieurs minutes mon attention n’est plus du tout portée sur lui mais plutôt sur la fille qui se tient derrière lui, comme si elle le connaissait. Comme si elle attendait qu’il se retourne en espérant lui faire une bonne surprise. Une autre hypothèse traverse mon esprit à la vitesse d’un éclair et mon regard se durcit alors que je plonge dans des yeux roses. Ou alors comme si elle nous espionnait. Je ne peux m’empêcher de noter qu’elle dégage une espèce d’énergie sans limites, débordante de fluidité et de souplesse. Le moindre de ses gestes clame sa joie de vivre étonnante. Méfiance, méfiance ! Je n’ai jamais aimé les gens trop parfaits, ils ont souvent quelque chose à cacher. Elle, en l’occurrence, ne me dit vraiment rien qui vaille. Et elle a réussi à attirer l’attention de toute la tablée qui ne fixe plus qu’un même point. Atal semble relativement perplexe et sa moue en dit long : il n’est pas décidé à répondre aux interrogations de Gil tant que cette drôle de fille se tiendra derrière lui comme si de rien n’était. Juhen, malgré la gravité toute feinte de sa moue, ne peut cacher la petite étoile dans ses yeux. Quant à Seth, je ne saurai dire si l’or de ses yeux reflète plutôt une certaine curiosité ou une méfiance sans borne. Il est de plus en plus indéchiffrable ce gamin – comme sa mère en fait. Alors seulement, quand Pan pose la question que tout le monde a sur les lèvres, Gil se retourne et sa réaction en vaut bien mille. C’est certain, ces deux-là se connaissent, et bien même ! Mais ma méfiance ne retombe pas pour autant. Tandis que l’Envoleur s’éloigne à grands pas en tenant la fille par le bras, la question muette de Juhen me fait lever les yeux au ciel. J’allais lui répondre d’un ton sec, mais la main d’Atal sur la mienne m’incite au calme.

Des dizaines de questions me brûlent les lèvres et visiblement je ne suis pas la seule, car Seth ne tarde pas à se lever dans le plus grand des silences pour rejoindre Gil et la fille aux yeux roses. Aux côtés de l’Envoleur, le gamin dévisage alternativement l’un et l’autre durant de longues – très longues – secondes. Étonnamment, je me fais la réflexion qu’il a bien grandi depuis nos aventures au cœur de la chaîne du Poll. Il est à peine plus petit que la fille et s’il a encore la voix et les traits d’un enfant, je sais pertinemment qu’il n’en est plus un depuis longtemps. Son regard d’ambre, hérité de Naïs, le clame si fort qu’il est presque impossible de ne pas vaciller la première fois que l’on croise l’or de ses yeux. Je fronce un instant les sourcils, prête à réagir à toute éventualité.

- « T’es qui toi ? » demande-t-il de son air grave à l’adresse de la fille « Tu vas nous aider aussi ? »

Je vois bien à leur mine que la question les prend un peu au dépourvu, mais à vrai dire, je suis un peu curieuse de voir comment ils arriveront à se dépatouiller pour y répondre. Peut-être cela jettera-t-il un peu plus de clarté sur l’identité de la fille et sur le pourquoi du comment elle nous écoutait aussi indiscrètement.

Soudain…

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Sous un nouvel assaut du Mentaï, je me mords la lèvre inférieure. Enfer ! Que ça fait mal ! J’en ai le souffle littéralement coupé. Mais je me retiens de crier. J’ai peut-être horriblement mal mais hors de question que je le fasse savoir à Samoan dont les appartements privés se situent quelques étages au-dessus. Mes entrailles semblent se déchirer, j’ai les genoux qui tremblent, j’ai à la fois chaud et froid. Bref, une étrange sensation de déjà vécu s’empare de moi. Je commence à avoir l’habitude des Mentaïs qui s’aiment s’amuser n’importe comment avec leurs pouvoirs. Les derniers que j’ai dû affronter, ils ont manqué de faire littéralement s’effondrer une forteresse sur elle-même, Gil, Seren et moi avec. On aurait eu l’air malin sous trois tonnes de caillasses. Un énième hématome fleurit rapidement sur ma peau tandis que la voix d’Azeus retentit dans la petite cellule.

- « Je crois qu’il est temps d’envoyer un message à tes amis »

Je fronce un instant les sourcils. Qu’est-ce que cette fiente de Raï de Samoan a encore derrière la tête ? Je crains fort que son idée ne soit sacrément tordue.

- « La colère les aveuglera lorsqu’ils apprendront ta mort si bien qu’ils nous tomberont dessus à bras raccourcis sans réfléchir aux pièges qui les attendent ! » explique de sa voix puissante et satisfaite.
- « Tu es bien naïf de croire qu’ils réagiront ainsi ! »
- « Eh bien on aura qu’à faire en sorte que ce soit vrai alors…»
- « Tu ne sais pas à quel point je peux être coriace ! »
- « Nous verrons bien… »

Je serre les dents, très fort – si fort que je pourrais presque le briser. J’ai l’impression que mes boyaux se nouent, comme transpercés par des dizaines de poignards glacés. J’ai l’impression de subir mille mort mais c’est comme si quelque chose, ou quelqu’un, m’empêche de mourir et m’ordonne de m’accrocher à la vie. Si seulement je pouvais trouver un moyen de me libérer…

≈≈≈ Nwëlla ≈≈≈

… C’est la panique dans la salle. Les rares personnes attablées sortent avec précipitation. Thyrinte, la tenancière de l’auberge est plus pâle que la mort elle-même. Elle semble presque avoir vu un fantôme. Réagissant à la vitesse d’un éclair, je me précipite vers la source d’agitation. Étendu, par terre au milieu de la salle, gît un cadavre. Mais par n’importe lequel, celui de Naïs. Mon cerveau bouillonne dangereusement tandis que je suis rapidement rejointe par tous ceux qu’il reste : Thyrinte, Gil, Juhen, Atal, Pan, Seth, ma mère et la fille aux yeux roses. La supercherie est claire et Atal est le premier à le souligner.

- « Un Dessin… »
- « Je n’y crois pas une seule seconde »

C’est évident même. Naïs est en vie et pour je ne sais quelle raison tordue ce Samoan veut nous faire croire à sa mort. Pourquoi ? La même question se lit sur nos visages fermés. Et, Juhen, sûrement pour la première fois de sa vie, nous donne un élément de réponse probable.

- « Par la barbe de mes ancêtres, c’est évident ! Samoan veut nous piéger ! Tant que nous sommes là pour aider Naïs, il ne dormira pas sur ses deux oreilles : il doit compter sur une erreur de notre part pour espérer nous faire croire à sa mort… »

Hochant la tête aux paroles du géant, mon regard mauve croise un instant le roses des yeux de la fille. Elle semble un peu perplexe. Peut-être que je me fais des idées ?

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Ven 07 Déc 2012, 13:58

- Mademoiselle ? Vous avez besoin de quelque chose ?

Libertée leva les yeux vers l’homme aux cornes, qui lui posait la question.
Elle avait deviné dans les regards posés sur elle, de la curiosité autant que de la méfiance. Surtout dans celui de la fille aux yeux violets, et elle avait envie de froncer le nez rien qu’en la regardant. Une mauvaise première impression, il faut croire. Mais pour l’instant, en fait, c’était le cadet de ses soucis. Le premier de ces derniers étant Gil qui finit – enfin ! – par se retourner.

Elle ne put s’empêcher de lui adresser un grand sourire.


- Libertée ?

Oui, c’était elle, en chair et en os, juste là !
Elle avait envie de se blottir dans ses bras, d’inhaler son odeur, de toucher sa barbe de plusieurs jours et de glisser ses doigts dans ses cheveux… Mais elle n’en fit rien. Apparemment, elle avait comme l’impression de le déranger. Enfin, pas tant que cela, puisqu’il s’excusa auprès des gens autour de la table – ils semblaient surpris, d’ailleurs, par sa présence, et si la méfiance s’était un peu calmée, elle la voyait toujours comme une étincelle dans leurs yeux.

Se laissant entraîner par l’envoleur, Libertée prit une grande inspiration.
Elle était contente de le retrouver !
Elle avait du mal à se rendre compte que ce n’était pas le moment, qu’il semblait préoccupé, que ces gens l’attendaient ; elle ne savait pas pourquoi, mais avait du mal à s’y intéresser. Pour l’instant, tout ce qui comptait, c’était Gil, juste là !


- Qu’est-ce que tu fais ici ?

Lui souriant légèrement, Libertée laissa sa main glisser à la ceinture de son short, et en sortit la flûte que son père lui avait remise, avant de partir avec sa mère.

- Je ne fais pas grand-chose ici, j’étais simplement de passage. Je ne pensais pas que tu serais là aussi ! C’est une belle coïncidence hein ?

Sa main libre se posa sur le torse de son amant, et elle soupira tendrement, un sourire toujours accroché à ses lèvres. Pouvait-elle cesser de sourire comme ça ? Elle avait presque l’impression d’être niaise – presque. Mais elle était juste amoureuse. Terriblement amoureuse. Et elle ne voulait pas penser à ce qui avait provoqué leur dernière séparation.

Levant la main, elle présenta sa flûte à l’homme.


- Tiens, mon père m’a demandé de te la rendre.

Laissant un léger silence flotter, elle vit du coin de l’œil que l’enfant de la table venait de se lever. Mais elle reporta son attention sur Gil.

- Gil, qu’est-ce que…

- T’es qui toi ? Tu vas nous aider aussi ?


Les… aider ?

- Je m’appelle Libertée, mais… vous êtes qui, vous, au juste ? Parce que t’es bien gentil, hein, mais bon, c’est pas comme si je vous avais agressé.

Libertée leva le regard sur Gil, les mêmes questions brûlant dans ses yeux.
Qui étaient ces personnes ?
En fait, elle ne voulait pas se l’avouer, mais pour l’instant, peu lui importait. C’était juste pour ne pas être totalement perdue. Tout ce qui comptait, actuellement, c’était qu’elle avait retrouvé Gil, et qu’elle avait de quoi le suivre s’il décidait de filer. Elle avait envie de le suivre. Elle ne savait pas s’il en avait envie lui non plus, mais bon…

Soudain, une panique naquit dans la salle, faisant froncer les sourcils à Libertée.
Mais que se passait-il ? Se blottissant contre le torse de Gil, elle se laissa porter par le mouvement de ce dernier, qui s’approcha du centre de la panique. Avant de froncer les sourcils, ses deux mains posées sur le tabard de l’envoleur.
Il y avait une femme allongée, là. Elle semblait être apparue comme par magie, mais surtout, elle donnait la vague impression d’être morte. Enfin, c’était sans doute le but, non ? Mais qui était l’auteur d’une aussi mauvaise blague ? Quand elle vit toute la table s’approcher à leur tour, et leurs visages se tendre à cette vision, elle commença à comprendre. La réaction de Gil, aussi, lui mit la puce à l’oreille.

Cette fille était Naïs.
Mais ce n’était pas la vraie Naïs.


- Un dessin…

- Je n’y crois pas une seule seconde.


Libertée fronça les sourcils, levant encore une fois les yeux vers Gil.

- Par la barbe de mes ancêtres, c’est évident ! Samoan veut nous piéger ! Tant que nous sommes là pour aider Naïs, il ne dormira pas sur ses deux oreilles : il doit compter sur une erreur de notre part pour espérer nous faire croire à sa mort…

L’attention de la marchombre se porta sur le Thül qui venait de parler. Tous semblaient plus ou moins paniqués, en tout cas très en colère, sauf l’homme aux cornes qui donnait l’impression d’être plus calme.
Bon.


- Gil ? C’est Naïs, c’est ça ? Il lui est arrivé quelque chose ?

Elle ne pouvait pas dire qu’elle s’en fichait, désormais : l’état dans lequel était Gil lui importait, évidemment, et apparemment cette vision ne lui plaisait pas du tout du tout. Se détachant de lui, elle s’approcha du corps pour se baisser lentement.
Quand ses doigts se glissèrent sous les cheveux de la femme pour les repousser légèrement de son visage, elle put se rendre compte que ce n’étaient pas des « cheveux » normaux. Par contre, la femme représentée était d’une grande beauté.

Plissant légèrement les yeux, Libertée se redressa lentement, et son regard se posa dans celui, indigo, de la fille qu’elle n’avait pas sentie dès le début. Puis, elle se gratta l’arrière du crâne.


- Je pense que celui qui a fait ça ne doit pas être très loin ; mais aussi pas très tactile… On ne dirait même pas des vrais cheveux…

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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Ven 07 Déc 2012, 16:11

- Vil’Vishyard est mort. Pourquoi ses hommes ont-ils enlevé Naïs ? Est-ce que vous ne….

Il avait à peine ouvert la bouche deux fois, que déjà cet homme agaçait Pan. Oh, ce n’était pas qu’il avait envie de faire preuve d’une légère violence envers lui, mais pour l’instant, il le considérait plutôt comme un parasite qui ne cessait de tourner autour du pot. Même si sans aucun doute son but était d’avoir les informations nécessaires pour se mettre en route, il n’était nullement efficace en s’énervant comme ça.

En particulier quand il claqua des doigts, Pan eut une irrésistible envie de le tarter, mais se retint en portant son attention sur la belle jeune femme derrière lui. Cette dernière n’avait pas spécialement répondu à sa question que déjà, Gil se retournait. Enfin, il tourna légèrement la tête, et Pan vit distinctement que lorsque la femme rentra dans son champ de vision, il perdit presque tous ses moyens.

- Libertée ?

L’Envoleur ne put s’empêcher de sourire devant la réaction de l’homme, malgré la gravité de la situation. Tournant son regard vers Nwëlla, il perçut une claire méfiance vis-à-vis de la femme qui venait d’amener toute l’attention de Gil vers elle – et éloigner sa mauvaise humeur, d’ailleurs. Haussant un sourcil, Pan se demanda ce qu’il y avait entre ces deux-là. Il avait l’air tellement sortit de nulle part, avec ses cheveux dressés sur la tête, sa barbe, ses yeux dépareillés et sa mauvaise humeur, qu’il dénotait complètement de l’attitude de la jeune femme qui semblait vouloir se presser contre lui.
Mais elle lui trouvait quoi ?

Evitant de secouer la tête pour ne pas provoquer une nouvelle slave de panique, Pan poussa simplement un soupir, tandis qu’il interceptait des regards pleins de questions de la petite troupe qu’ils formaient désormais. Il vit le petit manège entre Juhen, Nwëlla et Atal, mais ne fit aucune remarque : ces trois-là étaient sans doute bien plus liés qu’il ne pouvait se l’imaginer… Et l’enfant plus décidé qu’il ne l’avait pensé de premier abord. Pourtant, il aurait pu s’en douter, avec cette lueur dans le regard…

-T’es qui toi ? Tu vas nous aider aussi ?

- Je m’appelle Libertée, mais… vous êtes qui, vous, au juste ? Parce que t’es bien gentil, hein, mais bon, c’est pas comme si je vous avais agressé.


Libertée ?
C’était un nom magnifique, plein de promesse et d’optimisme. Mais si son ton était badin, et à la fois curieux, ses paroles étaient un brin agressives, contrairement à ce qu’elle semblait penser. Et puis, elle n’avait pas été offensive, mais l’agressivité passive existait, et en restant fixée ainsi dans le dos de Gil, il avait eu cette légère impression qu’elle les snobait. Apparemment, non ; elle était juste dans son monde…

Quelque chose raisonna dans ses cornes, quand soudain un vent de peur se leva sur les clients de l’auberge. Certains se levèrent, d’autres crièrent, certains même s’enfuirent sans demander leur reste. Fronçant les sourcils, Pan tourna la tête vers le centre de ce typhon humain, pour apercevoir une silhouette allongée sur le sol.
Fronçant les sourcils, il s’en approcha en même temps que les autres pour découvrir… Naïs ! Naïs, allongée sur le sol, dans une position sans aucun doute très inconfortable. Sa peau halée était d’une pâleur fantomatique, et il pouvait clairement voir qu’elle ne respirait pas.

Une sourde colère monta en lui.
Alors qu’il allait pousser brusquement les personnes qui lui gênaient le passage pour s’approcher de la silhouette, la femme blonde fut plus rapide que lui, et s’agenouilla près de Naïs. Un long frisson parcourut le dos de Pan, tandis qu’elle décalait un peu les cheveux de Naïs sur le côté.

- Je pense que celui qui a fait ça ne doit pas être très loin ; mais aussi pas très tactile… On ne dirait même pas des vrais cheveux…

Un intense soulagement traversa l’homme aux cornes, et il ferma les yeux une seconde.
Un Dessinateur ?
A la vue de l’inquiétude dans les prunelles des autres présents, cela ressemblait plus à autre chose… Autre chose, comme un Mentai, comme l’avait souligné Nwëlla. Mais pourquoi un Mentaï s’en prendrait-il à quelqu’un de son propre camp ?
Pan était-il naïf au point de croire que le Chaos pouvait se faire dans le nombre ?
Oui. Il ne pensait pas que les Mentaïs pouvaient se retourner vers les Envoleurs, il ne pensait pas que les Envoleurs pouvaient s’en vouloir entre eux au point de vouloir la mort l’un de l’autre et d’être prêt à mettre sa vie en jeu pour cela.

Pourtant, il connaissait le Chaos.
Un long soupir franchit ses lèvres, tandis qu’il se tournait vers Atal et Nwëlla.

- Je crois qu’il va falloir m’expliquer tout ça calmement…

Aucune peur dans sa voix.
Aucune impatience.
Juste, une évidence. Et une formidable détermination.

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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Lun 10 Déc 2012, 16:02

Une belle coïncidence, oui, et qui rendait Gil fou de joie. Noyé dans les nuances pastelles des grands yeux de Libertée, il oubliait qu’il se trouvait dans une auberge, et pourquoi il y était. Ne comptait plus que ce regard au pouvoir si grand qu’il serait capable de se tuer dans l’instant si l’ordre venait de la bouche de cette femme. Une bouche qui l’hypnotisait presque autant que ses prunelles espiègles. Et lorsqu’elle lui tendit la flûte, Gil referma la main non sur l’instrument mais sur les doigts de la jeune femme, l’attirant plus près de lui. Il frémit, animé par un violent désir, tandis que son visage se penchait lentement vers celui de Libertée. Ils étaient si près…

- T’es qui toi ? Tu vas nous aider aussi ?

Gil sursauta et baissa les yeux vers Seth. Le garçon observait Libertée avec méfiance et curiosité, intrigué par sa beauté et son aisance naturelle mais effrayé par une suite d’événements qui le privaient de l’insouciance à laquelle il avait droit. La marchombre, elle, était décontenancée mais seul Gil pouvait le remarquer.

- Je m’appelle Libertée mais… vous êtes qui, vous, au juste ? Parce que t’es bien gentil, hein, mais bon, c’est pas comme si je vous avais agressé.

Dans un soupir, Gil ébouriffa les cheveux de Seth et l’attira contre lui avec une rudesse qui, chez lui, passait pour de la tendresse.

- Libertée est mon… amie, dit-il en hésitant un instant sur le choix de ses mots.
- Comme maman ?
- Heu…

Le formidable boucan qui explosa dans la salle tira Gil d’un bien mauvais pas. Avant même qu’il n’ait eu le temps de trouver quoi répondre à Seth, des cris retentirent depuis le centre de la pièce. Voyant Nwëlla et Atal bondir, Gil glissa son bras autour de la taille de Libertée, attrapa la main de Seth et suivit le mouvement de foule. Ce qu’il découvrit au cœur de l’attroupement le figea de stupeur. Enfer, non… !

- Gil ? C’est Naïs, c’est ça ? Il lui est arrivé quelque chose ?

Incapable de répondre quoi que ce soit, Gil se contenta de regarder le corps sans vie qui gisait sur le plancher de l’auberge. Naïs avait les yeux clos et son immobilité faisait froid dans le dos. Non. C’est impossible. Pas toi… pas comme ça ! Devenu sourd et aveugle à ce qui l’entourait, Gil ne se rendit pas compte que Libertée avait bougé. Aussi légère qu’un rêve, elle vint s’agenouiller près du corps de l’envoleuse dont elle dégagea une mèche avec douceur. Puis elle redressa la tête et sa moue sortit Gil de sa torpeur. Qu’est-ce que…

- Je pense que celui qui a fait ça ne doit pas être très loin ; mais aussi pas très tactile… On ne dirait même pas de vrais cheveux.

Quoi ?

- C’est c’que je dis ! répéta Juhen avec aplomb. C’est ce crétin de Samoan qu’est derrière tout ça !
- Comment peut-il nous croire assez idiots pour marcher dans cette odieuse mise en scène ?
- Samoan est manipulateur. Il cherche moins à nous attirer qu’à nous blesser. Ce qu’il veut, c’est un bain de sang…
- Je crois qu’il va falloir m’expliquer tout ça calmement.

C’est à ce moment-là que Gil posa enfin les yeux sur l’homme qu’il avait bousculé pour atteindre la table de ses amis. Mais était-ce seulement un homme ? Stupéfait, Gil fixa la paire de cornes qui jaillissaient de son crâne, aussi impressionnantes que possible. Enfer, mais qu’est-ce que c’est encore que ce type… !

- Gil…Gil, qu’est-ce qui est arrivé à maman ?

D’une pression de la main, Seth parvint à détourner son attention du géant cornu. L’enfant avait les yeux brillants de terreur et cette-fois, Gil l’enveloppa dans ses bras avec une douceur insoupçonnée.

- Elle va bien, dit-il avec toute la conviction dont il était capable. Et tu sais quoi ? Elle doit nous attendre, alors il ne faut pas traîner, d’accord ?
- D’accord.

Tournant les yeux vers Atal, Gil haussa un sourcil.

- Moi aussi, j’ai besoin de savoir. Qui est Samoan ?


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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Lun 10 Déc 2012, 22:14

≈≈≈ Nwëlla ≈≈≈

Et apparemment je ne me trompe pas. La fille semble connaître Naïs, ou du moins son existence. Car tout dans son regard observateur clame qu’elle ne la voit que pour la première fois de sa vie. Toutefois, ma méfiance ne s’apaisant pas le moins du monde, je ne peux m’empêcher de froncer les sourcils en la voyant dégager doucement une mèche du front de l’Envoleuse. C’est évident, une seule personne aura pu lui en parler : Gil. Un instant je me demande ce qui peut bien lier Libertée, comme elle a dit s’appeler, et Gil pour que celui-ci lui révèle l’existence de Naïs tout en sachant que sa tête est mise à prix dans tout l’Empire, pour une somme colossale à tel point que je pourrais presque avoir de quoi vivre jusqu’à la fin de mes jours. Lorsque la fille se relève, elle parvient à la même conclusion que nous tous : la supercherie est claire et nette. Le soupir de soulagement de Gil et Seth, main dans la main, ne m’échappe pas : autant l’un que l’autre, je crois pouvoir affirmer sans me tromper que je ne les ai jamais vu aussi blêmes. Si la situation n’avait pas été aussi grave, cela m’aurait sûrement fait sourire : bien malgré lui, Gil s’est imposé comme un modèle pour le gamin.

Les questions fusent. Rapides. Un bref instant, j’échange un regard plein de perplexité avec Atal. Selon toute vraisemblance, à la mine de Gil et Pan, Naïs est encore loin d’avoir révélé tous ses secrets. Durant de longues secondes qui me paraissent une éternité, j’hésite à répondre en la présence de Libertée. Mais lorsque je croise un certain regard dépareillé, je décide finalement, avec toute la bonne volonté dont je suis capable, de faire confiance à Gil. Inspirant légèrement, j’adresse un regard brillant d’avertissement à la fille aux yeux d’un rose profond : si elle a le malheur de nous trahir, peu m’importent les sentiments qu’éprouve Gil pour elle, elle ferait connaissance avec mes lames aussi sûrement que je m’appelle Nwëlla. Alors seulement, mon attention revient se poser sur l’Envoleur aux cornes.

- « Pan, il faut que tu saches que Naïs est très recherchée dans tout l’Empire pour le simple crime d’avoir une relation, autrefois, avec l’héritier de l’une des plus puissantes familles de l’empire : Vil’Vishyard »

Soupirant, je me gratte un instant le haut du crâne. Si Pan ne prend pas ses jambes à son cou purement et simplement dans les minutes qui suivent, cela voudra dire que son attachement pour Naïs est vraiment profond – décidément, elle en aura fait chavirer des cœurs ! Je secoue imperceptiblement la tête alors qu’Atal me devance et continue en fixant Gil droit dans les yeux d’un air solennel.

- « Samoan Vil’Vishyard n’est autre que le père de Seth, Gil. Et quelque chose me dit qu’il a eu vent de la mort de son père dans le désert des Murmures… »

Seth serre plus fort la main de Gil dans ses petits doigts. Le gamin est terrorisé. Il en vit encore une drôle d’histoire. Normalement, à son âge, tous les enfants possèdent en eux une certaine insouciance. D’aussi loin que je me souvienne, lui ne l’a jamais été. Il est sûrement le plus adulte que nous tous réunis.

- « Par la barbe de mes ancêtres, il n’est pas question qu’elle s’amuse sans nous : et si on allait chercher Naïs ! Ma hache me démange… »

Levant les yeux au ciel pour toute réponse à cet élan de soudaine délicatesse de la part du géant, je me souviens seulement qu’Atal et Juhen ne sont pas revenus bredouilles de leurs dernières prospections. Hochant la tête, je sens mon cœur se fendiller dangereusement devant la moue de Seth. Le souffle presque coupé par la puissance de l’or de son regard, je serre les dents de toutes mes forces et me détourne avec un nœud dans la gorge. À tous les coups, il demanderait à nous accompagner, or si nous le savons en sécurité, nous serons bien plus efficaces pour sortir Naïs des ennuis monstrueux dans lesquels elle s’est encore fourrées, tout à fait malgré elle. J’espère que Gil saura mieux lui expliquer que moi.

Ma mère n’a pas dit un mot depuis l’arrivée de Pan et Gil. Tout cela doit lui paraître complètement hallucinant. Cependant, elle est bien la première à emboîter le pas de Juhen qui manque de démolir la porte en sortant. Avec un éclat particulier dans le regard, je laisse mes doigts se mêler doucement à ceux d’Atal qui me dévisage durant de longues secondes avant de m’entraîner à sa suite sans même vérifier que Pan et Gil – et Libertée puisqu’elle ne semble pas décidée à nous laisser – nous suivent bien.

Notre drôle de bande file dans la nuit noire dans les rues d’Al-Jeit. Samoan n’a qu’à bien se tenir…

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Le sang bat mes tempes violemment à tel point que j’en ai la nausée. Si ces chaînes qui m’entravent les poignets ne me retenaient pas, il y a longtemps que je ne tiendrais plus debout. Azeus s’acharne. Il paraît prendre un malin plaisir à me tordre les boyaux et à me broyer les côtes. Même Driss n’avait pas accordé autant d’importance à me faire subir une torture de la sorte. Un désagréable goût de fer que je ne connais que trop bien emplie ma bouche. Les assauts du Mentaï finissent par s’interrompre tandis que la voix de l’homme s’élève dans l’air. Il me faut plusieurs minutes pour parvenir à mettre un peu d’ordre dans mes idées et comprendre de quoi il veut parler. Sa question, en suspens pour le moment, induit une réponse qu’il s’attend à ce que je connaisse. En fait, il parle de père et durant de longues secondes je reste interdite. Mes pensées s’entrechoquent sous mon crâne tandis que je réalise enfin, non sans quelques suées froides, ce dont parle Azeus.

- « Tu délires ! Je ne suis pas enceinte et je ne compte certainement pas avoir de gosse prochainement ! »

Tout aussi serein qu’à son habitude, le Mentaï ne relève toutefois pas ma remarque. Se contentant de soupirer longuement, il quitte dans le plus grand des silences ma petite cellule froide et humide me laissant un répit bien mérité. Fronçant les sourcils quant à l’absence de réaction du Mentaï – d’habitude, il trouve toujours une nouvelle idée pour me briser quand je titille un peu trop son ego – je me demande bien pourquoi il avait cru si fermement que j’étais enceinte. J’ai peut-être grossi ? Quoique, pas à ce point-là – et puis, même si j’ai un peu perdu la notion du temps, il me semble être restée suffisamment enfermée dans ce maudit endroit pour avoir plutôt perdu du poids. Perdue dans mes pensées, je laisse mes doigts jouer distraitement avec un clou de métal mal vissé. Presque immédiatement, un souffle d’espoir m’étreint alors que je dévisse avec minutie le petit objet, clé de ma délivrance prochaine…

≈≈≈ Nwëlla ≈≈≈

- « Quoi ? C’est ce vieux hangar miteux ? »

Purement et simplement interloquée, je laisse mon regard glisser sur la vieille bâtisse. Depuis notre perchoir sur les toits de la capitale, la vue est imprenable sur le quartier alentour. Le bâtiment ne paye franchement pas de mine, pourtant il est malgré tout relativement imposant. Fixant tour à tour Atal puis Juhen, je cherche une quelconque trace de mauvaise blague dans leur yeux, ce qu’évidemment je ne trouve pas. Ainsi, Naïs se trouve quelque part là dedans…

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Lun 10 Déc 2012, 22:50

Un souffle franchit les lèvres de Libertée, tandis qu’elle fixait l’énorme hangar poisseux et délabré qui se trouvait devant ses yeux. Elle devait prendre le temps de réfléchir, parce que là, cela faisait beaucoup trop de bruit dans sa tête.

Ré-récapitulons.
La fille qui était allongée dans l’auberge, qui a fait devenir Gil et le gamin aussi pâles que de la porcelaine, c’est bien Naïs. La fille dont Gil lui avait parlée, la fille dont Lacrya lui avait parlée, la fille – en fait, la femme – qui faisait aussi partie de la vie de l’envoleur, et qu’elle acceptait sans rancune désormais. Bon, ça titillait toujours au fond du ventre, mais c’était largement contrôlable, et surtout cela ne remettait plus en doute son intégrité intellectuelle.
Donc, Naïs, allongée, passée pour morte. Ou presque, si le Dessin avait été mieux réussi.
Apparemment, le père de son gosse – celui qui tenait la main de Gil alors qu’elle aurait préféré y glisser la sienne – en voulait à cette femme. Un instant, Libertée se demanda comment serait devenu l’enfant dans son ventre s’il n’avait pas été…
* Non ! Ne pas y penser… *
Ne pas y penser.
Donc Samoan, puisque c’était le nom de ce mec, lui en voulait. Et apparemment, il était épaulé par au moins un Mentaï. Au moins. Naïs était recherchée dans tout l’empire – comme Gil. C’était peut-être pour cela qu’ils s’entendaient si bien ? Enfin, pour autre chose aussi sans doute, car le Dessin, si au toucher n’était pas très réaliste, était d’une grande beauté.
Une beauté des îles…

Bien loin de la petite blonde énergique et souriante qu’était Libertée, en somme.

Gil se tenait juste devant elle, et elle posa son regard sur sa nuque pour se donner du courage.
Elle ne le laisserait pas s’élancer la tête la première dans la gueule du loup sans elle. Il voulait aider Naïs ? Même s’il n’était pas seul, il ne le ferait pas sans elle. Elle ne voulait pas risquer de le perdre sans le savoir. Elle ne voulait juste pas risquer de le perdre !


- Quoi ? C’est ce vieux hangar miteux ?

Détournant son regard de Gil pour le poser sur la fille au regard violet – Nwëlla apparemment – Libertée retint un autre soupir. Cette femme, elle ne lui plaisait pas. Mais alors pas du tout. Rien, en elle, ne l’inspirait, et si cela n’avait tenu qu’à elle, elle serait partie dans l’autre sens sans demander son reste. Enfin, ça ne tenait qu’à elle, mais elle souhaitait bien plus être avec Gil que fuir cette femme. Même si elle ne l’appréciait pour l’instant pas.
Son regard violet violent lui tirait des frissons dans le dos. Elle était pleine de… de quelque chose qui ne lui convenait pas.
De la méfiance, avec de la hargne, de la violence, de la colère, de…

Libertée secoua doucement la tête pour s’ôter tout cela de l’esprit.
Elle avait vu cette femme glisser ses doigts dans ceux de l’autre, celui qui ressemblait à la Naïs. Atal, elle avait cru comprendre. Il y avait quelque chose entre ces deux-là, et cela adoucissait légèrement l’image qu’elle avait d’elle. Mais bon, elle lui tirait quand même des longs frissons dans le dos.

S’avançant d’un pas, elle posa son menton contre l’épaule de Gil, et souffla légèrement.
Son regard passait sur les hangars, et elle plissa légèrement les paupières. Ses yeux rencontrèrent une forme étrange, sur le côté, et elle se leva sur la pointe des pieds.


- Gil… On ne le connait pas, celui-là ?

Mais au moment où elle désigna l’endroit où elle avait vu la silhouette masquée, cette dernière avait tout bonnement disparu. Un pas sur le côté ? Dans un réflexe, elle ramena tous ses cheveux dans son dos et enroula les derniers sur eux-mêmes dans une natte rapide, qui se relâcha quand elle s’en rendit compte – deux secondes plus tard.

- Il y avait quelqu’un…

Jetant un coup d’œil autour d’elle, elle souffla en se rendant compte que personne ne l’avait remarqué – enfin, normalement.
Ses doigts se glissèrent sur la taille de Gil, et elle se colla à lui pour lui montrer qu’elle était là.
Et que de toutes façons, elle ne le lâcherait pas.


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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Mar 11 Déc 2012, 13:06

Pan eut un petit sourire en sentant le regard de Gil se poser sur lui, et par conséquent sur ses cornes, lui tirant une surprise dont, étonamment, il apprécia la teneur. Cependant, la cohue était telle que l'attention de l'homme avait été détournée, tandis que Seth l'interpellait.
Malgré lui, Pan se surprenait à déjà apprécier le gamin.
Il aimait bien les enfants en général, et même si au premier abord il suscitait une peur généralement incontrôlable, les enfants étaient bien moins fermés d'esprit que les adultes, et toujours curieux. Et surtout, cela lui rappelait la consistance de son troupeau, lorsqu'il était encore dans son monde, et cela le rapprochait de ses valeurs fondamentales de la famille. De la tribu.

- Gil…Gil, qu’est-ce qui est arrivé à maman ?
- Elle va bien. Et tu sais quoi ? Elle doit nous attendre, alors il ne faut pas traîner, d’accord ?
- D’accord.
- Moi aussi, j’ai besoin de savoir. Qui est Samoan ?


Pan poussa un très léger soupir, qui lui permit de relativiser : Il n'en savait pas beaucoup sur Naïs, ignorait jusqu'à être rentré dans l'auberge qu'elle avait un enfant de dix ans, et ne connaissait donc pas du tout Samoan. Cela ne le dérangeait pas, en soi : les mystères faisaient partie des personnages. Mais il était un peu rassuré de voir que Gil n'en savait pas plus que lui.
Mais du coup, il se demandait quelle était la relation entre Nwëlla et Naïs. Etaient-elles amies ? La farouche détermination qu'il pouvait observer dans ses yeux violets lui répondirent : elles étaient bien plus que cela.

- Pan, il faut que tu saches que Naïs est très recherchée dans tout l’Empire pour le simple crime d’avoir une relation, autrefois, avec l’héritier de l’une des plus puissantes familles de l’empire : Vil’Vishyard

Naïs recherchée dans tout l'Empire.
Il ne savait pas pourquoi, mais cela ne l'étonnait qu'à peine. Après tout, les Envoleurs étaient craints, et pas forcément bien protégés par ceux de leur camp, les Mentaïs, qui avaient une grosse tendance à l'individualisme et à l'égoïsme. Lui-même, cela ne le dérangeait pas : ils avaient déjà accomplis un miracle de lui accorder une greffe qu'il avait l'impression d'être totalement immergée en lui depuis toujours, et cela lui suffisait. Il n'allait chercher querelle à personne, et personne n'était assez fou pour tenter de lui chercher des noises.
Et puis, il avait déjà assez à faire de l'apprentissage qu'il menait auprès de ses apprenties.

- Samoan Vil’Vishyard n’est autre que le père de Seth, Gil. Et quelque chose me dit qu’il a eu vent de la mort de son père dans le désert des Murmures…

Malgré lui, Pan posa son regard sur le gamin, Seth, et il ne put s'empêcher de soupirer.
Il en avait connu, des hommes ou des personnes de son propre accabit violents avec les enfants. Mais quel intérêt ? Comment pouvaient-ils en vouloir à leur progéniture, à celle qui s'était liée une fois ou plus avec eux de porter le fruit de leurs ébats, et de l'attirance qui les avait menés à ce stade ?
C'était stupide. Et surtout, complètement contre-nature, quand on y réfléchissait. Car à les éliminer, on ne perpétue pas ses propres gênes, on ne perpétue pas son histoire, ni rien qui se rattache à soi-même. Et puis, s'il n'était question que de rivalité, un enfant n'a pas à rivaliser avec un homme, et la nature doit faire son œuvre cyclique... Les femmes et fillettes aussi changent, et se remplacent.

- Par la barbe de mes ancêtres, il n’est pas question qu’elle s’amuse sans nous : et si on allait chercher Naïs ! Ma hache me démange…

- Bien parlé!


Pan retint un meuglement de guerre, se promettant de le garder pour quand il attaquerait ces vipères sardoniques. La plus vieille femme de la tablée se leva pour suivre le Thül, et sans attendre l'Envoleur leur emboîta le pas avec ferveur.
La vie de Naïs, et surtout celle de Seth, étaient en jeu.
Celle de Naïs, physiquement, celle de Seth, psychologiquement autant que physiquement. Lequel des deux était le pire ? La question n'avait même pas à être posée.

Il y avait deux vies à sauver, dont celle d'un enfant.
C'était tout ce qu'il y avait à savoir.


§§


- Quoi ? C’est ce vieux hangar miteux ?

Pan était bien d'accord avec Nwëlla. Pour un hangar miteux, c'était même plus que miteux. Désolé, le lieu aurait inspiré des frissons dans le dos pour ceux qui croyaient en l'au-delà et aux fantômes. Une écharpe de brume tombait lentement sur les toits pour s'infiltrer dans les ruelles alentours, rendant l'ambiance encore plus spectrale qu'elle ne l'était déjà. Sans compter les draps déchirés qui s'agitaient sous un vent invisible et imperceptible d'où ils se trouvaient...

- Gil… On ne le connait pas, celui-là ?

Pan tourna la tête vers l'endroit que désignait Libertée, mais ne vit absolument rien. Fronçant les sourcils, il tourna son regard vers elle, interrogatif.Mais elle répondit à sa question avant même qu'il ne la pose.

- Il y avait quelqu’un…

Un soupir de mécontentement passa les lèvres de l'Envoleur, alors qu'il faisait un petit pas vers l'avant. Les gestes de Libertée envers Gil et de Gil envers Libertée ne lui avaient pas échappés, et il se demandait comment l'homme percevait réellement Naïs, car sa réaction devant son corps sans vie avait été immédiate et comme un coup de pied dans le ventre. Se mordant la langue, Pan posa sa main sur la tête de Seth, avant d'expirer longuement.

- Vous dites que vous avez trouvé cet endroit… Je serais bien curieux de savoir comment. Mais dans ce cas, je suppose que vous avez au moins une idée des entrées possibles pour nous ? Ou bien va-t-il falloir y aller au culot ?

En terminant sa phrase, Pan s’était tourné vers Atal, qui détaillait des yeux les lieux, lui aussi. Ils étaient tous sur le qui-vive, et formaient une bien drôle de troupe. Au final, une troupe composée d’au moins trois Envoleurs, d’un Thül, d’une femme assez agée, d’une jeune femme, d’un homme et d’un enfant. Si au début, c’était plutôt homogène, cela se gâtait sur la fin. Et Pan commençait à se demander qui était vraiment cette Libertée…


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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Mar 11 Déc 2012, 21:55

Ce fut Nwëlla qui répondit, mais l’envoleuse d’adressait moins à lui qu’à cet homme aux cornes bizarres. Pan. Un rictus de mauvais augure passa sur les lèvres de Gil et, si Atal n’avait pas prit la parole à son tour, il aurait probablement laissé échapper une vanne qui aurait pu déclencher un véritable massacre. Le hasard, parfois, fait bien les choses…

- Samoan Vil’Vishyard n’est autre que le père de Seth, Gil. Et quelque chose me dit qu’il a eu vent de la mort de son père dans le désert des Murmures…
- Quoi ?!


Oubliant Pan, Gil fixa le frère de Naïs sans comprendre. On aurait dit qu’il venait de se prendre un coup de poing en pleine tempe. En un sens, c’était le cas… Samoan. Le père de Seth. Mais, et Driss ?? Sidéré, Gil se passa une main dans les cheveux et tenta de remettre de l’ordre dans toute cette histoire. Naïs lui avait dit que Vil’Vishyard senior avait de quoi lui en vouloir pour la mort de son fils. Il avait presque failli les tuer tous les deux pour venger cet affront. Et si Seth n’était pas le fils de Driss…

- Enfer… lâcha Gil en écarquillant les yeux.

Serrant les poings, il sentit une terrible vague de colère monter en lui. Seth dut le ressentir car il s’éloigna prudemment d’un pas. Il avait raison. Gil faisait de son mieux pour ne pas perdre le contrôle mais il s’en fallait d’un cheveu – un cheveu blond qui frôlait son épaule. La présence de Libertée était peut-être bien plus qu’une coïncidence, finalement ; sans elle, l’auberge ne serait probablement plus qu’un tas de ruines fumantes… Enfer ! Cette nouvelle changeait tout ! S’il était au courant du meurtre de son père – et Gil n’en doutait pas une seule seconde – Samoan risquait d’être plus encore que lui-même ne l’était en cet instant. Bon sang, Naïs, mais pourquoi ne m’as-tu rien dit ? C’était après elle que Gil était furieux. Et après lui-même, aussi. Parce qu’elle l’avait entraîné dans un monstrueux enchaînement de conséquences plus dangereuses les unes que les autres sans avoir le tact de lui dévoiler toute la vérité. Parce qu’il n’avait pas compris qu’elle le menait par le bout du nez. Belle et enjôleuse, la mystérieuse aveugle n’avait jamais eu confiance en lui, finalement…

- Par la barbe de mes ancêtres, il n’est pas question qu’elle s’amuse sans nous : et si on allait chercher Naïs ! Ma hache me démange…
- Bien parlé !


Gil ne répondit rien. Il sentit confusément une main se perdre dans la sienne et l’entraîner à la suite d’Atal, Nwëlla, Juhen, Seth et Pan. Laissant Libertée l’emporter vers les ennuis, Gil avait encore tout juste assez d’énergie pour espérer qu’ils s’en sortiraient tous indemnes…



*




- Il ne vient pas avec nous.
- Si, il vient.
- Gil, cette conversation est inutile : Seth ne vient pas avec nous. Il est beaucoup trop jeune.
- Peut-être mais c’est sa mère qui est à nouveau dans le pétrin jusqu’au cou. J’estime qu’il est le plus concerné par ce sauvetage.
- C’est un enfant !
- Dans ce cas, je ne vaux pas plus que lui !
- Oh, par la Dame !!


Excédée, Nwëlla leva les bras au ciel, pivota, fit quelques pas et revint se planter devant Gil. Il la dépassait de deux bonnes têtes et demie mais elle ne le craignait pas plus qu’elle ne craignait les fourmis.

- Bien sûr que tu ne vaux pas plus que Seth ! Tu es pire qu’un gamin, Gil, c’est au point de se demander comment tu as pu devenir maître…
- Là n’est pas le sujet. Seth fait partie du groupe.
- Et elle ?


Elle avait désigné Libertée d’un geste du menton et cette fois, Gil plissa les yeux.

- Elle fait partie de ma vie, gronda-t-il d’un ton menaçant.
- Gil…
- On y est !


Atal avait parlé d’une voix forte et son air désintéressé ne dupait personne ; s’il ne désirait pas prendre part à la dispute, il n’avait aucune envie qu’elle s’envenime davantage. Ignorant le regard noir que Nwëlla lui jeta – à côté de ceux de Kaünis, c’était un vrai regard de biche – Gil fit encore quelques pas pour s’arrêter à la hauteur du frère de Naïs. Celui-ci désignait un hangar en contrebas du toit sur lequel ils se trouvaient. Sinistre, il semblait abandonné depuis pas mal d’années. L’endroit idéal pour retenir un prisonnier sans éveiller de soupçons…

- Quoi ? C’est ce vieux hangar miteux ?

Gil allait lui répondre quelque chose de pas très gentil lorsqu’il sentit Libertée se raidir contre lui.

- Gil… On ne le connaît pas, celui-là ?

Il tourna la tête mais n’aperçut rien d’autre que de la tôle froissée jaillissant de part et d’autre de la brume. Il vit en revanche les cheveux de la marchombre s’agiter et ce réflexe balaya les quelques doutes qui persistaient encore en lui.

- Il y avait quelqu’un…

Je sais. S’il ne dit rien, Gil posa la main sur l’épaule de la jeune femme pour lui signifier ce qu’il en pensait. Mieux valait que la jeune femme ne se fasse pas trop remarquer par Nwëlla, et encore moins par la mère de cette dernière, qui suivait le groupe sans laisser échapper une seule parole. Mais son regard perçant scrutait chaque détail avec attention et Gil fronça légèrement les sourcils. Si elle avait vu les cheveux de Libertée bouger, les choses risquaient de déraper rapidement… C’est la remarque de Pan qui le sortit de ses sombres pensées. Levant les yeux vers lui, Gil sourit – de ce sourire qu’il arborait chaque fois qu’il taquinait Juhen.

- Tes cornes, elles pourraient pas servir de bélier ? lança-t-il, goguenard. Tu passes devant et on te suit ?

Nwëlla – à moins que ce ne soit Juhen – lui écrasa le pied mais Gil n’eut pas le temps de décocher un coup de coude en retour. Le regard de Pan s’était planté dans le sien et pour la première fois depuis très longtemps, Gil se sentit vraiment, vraiment tout petit.
Trop petit.

Zut...

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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."




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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Mer 12 Déc 2012, 17:08

≈≈≈ Nwëlla ≈≈≈

Soupirant d’agacement, j’écrase violemment le pied de Gil avant de lui adresser un regard des plus noirs. Qu’est-ce que je peux l’adorer mais, bon sang, qu’est-ce qu’il peut se montrer terriblement gamin à ses heures ! D’un geste souple, j’évite son coup de coude tandis qu’à côté il se tasse devant le regard pénétrant de Pan, l’Envoleur aux cornes. La franchement, je ne serais pas étonnée qu’il flanque à Gil une raclée bien méritée, parce qu’il faut le dire, depuis le début de la soirée, son humeur massacrante met à cran tout le monde plus que nous ne le sommes déjà. En plus, cette fille accrochée à lui – elle a presque l’air désespérément niaise lorsqu’elle le regarde et j’espère ne pas lui ressembler quand je croise le regard d’ambre d’Atal – ne m’inspire vraiment pas une grande confiance. Mais alors pas du tout même.

- « Par le roi des Raï ! Pour une fois, je suis bien d’accord avec Gil ! »

La voix de Juhen retentit dans l’air. Exaspérée, je lève les yeux au ciel. Manquait plus qu’il en rajoute une couche celui-là. D’ordinaire, il préfère envoyer ses vannes pourries à la face de Gil qui le lui rend bien. C’est bien le moment qu’ils s’entendent ces deux-là. Et les éclairs que lancent les yeux de Pan n’effrayent pas le géant pour deux sous, évidemment.

- « Juhen ! »
- « Bah quoi ? Moi je m’en servirais à sa place d’engins pareils ! »
- « La ferme ! »

Joignant le geste à la parole, je lui envoie mon coude dans le plexus. Comme d’habitude, c’est complètement efficace : Juhen n’a même pas cillé. Dans un souffle, je me glisse près de Pan qui toise dangereusement Gil et Juhen. L’Envoleur semble garder son sang-froid avec une certaine maîtrise, mais je suis prête à toute éventualité. Ce n’est pas que Gil et Juhen ne méritent pas une bonne tarte, mais dans les prochains instants, je préfère que nous soyons tous entiers. Atal pose une main apaisante sur mon épaule mais, en levant la tête vers lui, je remarque immédiatement un léger éclat d’amusement dans son regard doré – le même que celui de sa soeur. Cette fois, je suis dépitée ! Ils font vraiment la paire tous les trois.

- « Une minute, où est Seth ? »

La tension est à son comble et Atal jette une vague d’inquiétude générale. Durant une demie seconde, je crois, j’ose espérer à une blague. Mais il suffit que je jette un regard en contrebas, dans la rue, pour apercevoir une petite silhouette se glisser dans cet immense hangar délabré par une petite bouche. Et, étrangement, ma mère n’est pas loin : la voilà notre diversion. Il faut carrément être aveugle pour ne pas remarquer le petit regard furtif qu’elle nous adresse. Telle que je la connais, elle a dû s’agacer à nous entendre nous disputer. Quoi ? Je lui ressemble ? C’est rien de le dire !

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Ca y est. Le clou cède. Encore un petit effort, et je l’ai. La minuscule pièce glisse dans mes doigts sans plus résister et le fer qui retenait mon poignet s’ouvre brusquement. Comme d’un seul coup privée de force, mon bras tombe le long de mon corps, presque amorphe. Avec un incroyable effort et une volonté infaillible, je m’attaque à l’autre bracelet de fer qui me retient encore prisonnière. Il ne me faut que quelques secondes pour réussir à crocheter la minuscule serrure. Un instant complètement vidée, je m’effondre sur le sol froid alors qu’un léger murmure, aussi imperceptible qu’une brise joueuse, s’élève dans l’atmosphère. Je crois halluciner, mais la main sur mon épaule est bien trop réelle.

- « Maman »
- « Seth ? Qu’est-ce que tu fais ici ? »
- « On est venu te chercher ! »
- « On ? »
- « Oui. Atal, Nwëlla, Juhen, Gil, Pan, Nahomie et puis… Libertée je crois… »

Hélas, je ne rêve pas. C’est bien Seth, mon fils, ici, dans cette prison. Je jure mentalement. Par la sainte culotte de l’empereur, encore une fois je ne me retrouve pas seule dans l’équation ! Bon sang Atal ! Tu n’aurais pas pu me laisser me débrouiller seule pour une fois ? Il a pris le risque de réunir des personnes auxquelles je tiens énormément or je déteste sincèrement l’idée que Pan, Gil ou n’importe qui d’autre risque sa vie pour la mienne. C’est hors de question, d’autant plus que Pan doit être sacrément perdu dans toute cette histoire – malgré les trois jours passés sur cette plage, il ne connaît qu’une toute petite facette de moi alors il doit en découvrir une autre bien moins agréable. Et j’imagine aisément que Gil doit pester que je me sois encore fourrée dans des ennuis aussi énormes. Je lui ai pourtant promis, en quittant le désert des Murmures, de rester prudente. Ha ha ! La bonne blague ! Il ne faut jamais me faire promettre ce genre de choses…

Une certaine agitation dans la pièce voisine attire soudain mon attention. Enfer ! Qu’est-ce qu’il se passe encore ? Si Azeus découvre que j’ai réussi à me détacher, cela risque d’être ma fête ! Cependant, j’ai l’intime conviction qu’il semble plutôt occuper par autre chose à en juger par ses rugissements de colère. Autre chose comme une dessinatrice. Autre chose comme Nahomie qui prend apparemment un malin plaisir à semer la zizanie dans la bâtisse !

- « Seth, sors d’ici, maintenant »
- « Non ! »
- « Ca ira, c’est promis »

Seth m’étreint un instant dans un élan de tendresse oubliant mon état pitoyable. La douleur me coupe le souffle et je grince des dents refoulant cette sensation de nausée omniprésente depuis quelques jours à présent. Sans un mot, mon fils se faufile dehors tandis que je tâte le sol à la recherche de mon précieux clou que j’ai laissé tombé dans ma surprise. Mes doigts se referment très vite dessus et puisant courage et volonté tout au fond de moi, maudissant Samoan de m’avoir rendue la vie infernale, je me relève et avance vers la porte à pas encore hésitants. Maudissant Atal d’avoir réuni sur un lieu de probable carnage, des gens auxquels je tiens plus que tout. Me maudissant pour les mettre tous en danger par ma seule existence – le simple fait de me connaître ou de m’avoir croisé au moins une fois dans une vie devient réellement dangereux. Maudissant la terre entière. Réunissant toutes mes maigres forces, j’apparais bientôt dans l’entrebâillement de la porte de ma prison, chancelante mais incroyablement prête à en découdre. Si cela peut créer une double diversion alors ces types n’ont qu’à se tenir à carreaux !

≈≈≈ Nwëlla ≈≈≈

C’est la pagaille dans le hangar et un léger sourire flotte sur mes lèvres. Avec une dessinatrice comme ma mère à nos côtés, nous allons lutter à armes plus ou moins égales si toutefois elle se tient à assez bonne distance du Mentaï. La frimousse de Seth finit par réapparaître au coin de la rue et mon sourire s’élargit. Ca, c’est bon signe ! Dans tous les cas, Naïs a encore assez de force pour se faire obéir de son gamin qui tient incroyablement d’elle. Accroupie sur le rebord du toit il ne me faut pas une seconde pour m’élancer dans le vide dès lors que Seth lève clairement son pouce en l’air. C’est à nous de jouer…

__________________________________________




Ah l'aventure, ce joli mot romanesque pour dire galère !

Life sucks when you're ordinary !

I experienced that seeking feeling you get when you know you have conned yourself into doing something difficult and there's no going back




 

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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Mer 12 Déc 2012, 18:42

La main de Gil sur son épaule rassura Libertée, qui soupira légèrement.
Mais alors que l’envoleur posait sa question à l’homme aux cornes – une question qui tira un sourire à la marchombre, son regard rose se posa sur Seth qui s’éclipsait en douceur, sans se faire remarquer par qui que ce soit. Il n’a juste pas vu qu’elle, elle était là, et que justement ses gestes ne lui avaient pas échappés.

Et tandis que Gil, Nwëlla et Juhen se chamaillaient, Libertée disparut comme un souffle, s’engouffrant à la suite de l’enfant sans un bruit, aussi légère que les ombres qui rodaient dans l’entrepôt désaffecté. Ses bottes ne faisaient aucun bruit contre les pavages de la rue, et quand Seth s’enfouit entre deux planches bringuebalantes, la marchombre le suivit sans hésiter. Elle ne doutait pas que l’enfant retrouverait sa mère : après tout, elle était ainsi elle aussi ; elle avait retrouvé sa mère et son père alors qu’ils étaient de passage sur la côté, et ne l’avaient même pas prévenue. Il y avait toujours un sens supplémentaire, un instinct très fort, qui liait un enfant avec ses parents, notamment quand le lien en lui-même était très fort.

Apparemment, celui de Seth et Naïs l’était, car le garçon arriva rapidement près d’une cellule, dans laquelle une silhouette affamée semblait se débattre avec quelque chose.


Maman.
- Seth ? Qu’est-ce que tu fais ici ?
- On est venu te chercher !
- On ?
- Oui. Atal, Nwëlla, Juhen, Gil, Pan, Nahomie et puis… Libertée je crois…


La concernée ne put s’empêcher de hocher la tête, mais ne faisait toujours aucun bruit, parfaitement silencieuse. Enfin, peut-être pas pour la femme aveugle – généralement, ils avaient une ouïe hors du commun – mais son but n’était pas de se cacher à elle. D’ailleurs, si elle semble épuisée et à bout de forces, elle a toujours assez d’autorité pour obliger son enfant à sortir du hangar… Sage décision, ou presque.

- Ca ira, c’est promis

Libertée serra les dents à cette promesse en l’air, même si elle comprenait son importance pour le jeune garçon. Alors, quand il se fut éclipsé, elle se mordit la langue, attendant de ne plus entendre de bruit…
Un hurlement la surprit à peine, en fait. En effet, apparemment quelqu’un attaquait l’entrepôt par l’Imagination, et cela faisait suer une autre personne. Un petit sourire passa sur les lèvres de la marchombre, tandis qu’elle se glissait dans la pièce où se trouvait la femme.

Elle n’oubliait pas qu’elle était une envoleuse, et qu’elle était peut-être bien moins tolérante que Gil. Peut-être même qu’elle lui en voulait à mort, aussi, qui savait ? Si il lui avait parlé d’elle, elle était bien dans la panade. Ou alors, il avait caché quelque chose. Ou alors, il… Stop, arrêter de penser. Il fallait aider cette femme, voilà, parce qu’elle ne supportait pas de la voir comme ça, comme amorphe, privée de force et presque de volonté.

Libertée fit un pas dans la pièce, son ouïe toute entière tournée vers l’arrière pour prévenir de l’arrivée de l’un des bourreaux, mais son regard rose fixé droit devant elle, sur la femme.
Quand elle croisa son regard ambré, la marchombre retint son souffle. Elle était presque certaine que cette femme, même ainsi terrassée par la fatigue, pouvait lui sauter au cou.


- Shht, je suis Libertée. Seth est bien reparti, tu as dû l’entendre. Et y’a quelqu’un qui n’est pas content…

Si cela pouvait éviter que l’envoleuse lui saute au cou…
Mais Libertée était une bavarde, et en l’occurrence, elle pensait surtout que l’homme ou le monstre qui retenait cette femme ici avait d’autres chats à fouetter pour l’instant.


- Ecoute Naïs, je sais comment sortir de là. Je ne sais pas ce que les autres ont prévu exactement – apparemment, ça dessine fort là-haut – parce que ce bêta de Gil voulait utiliser Pan comme bélier, mais dans tous les cas, si on ne fait pas vite, ils vont s’engouffrer dans la gueule du loup. Et, franchement, j’ai aucune envie que Gil finisse ici.

S’approchant de quelques pas de la femme, Libertée tendit la main vers celle à la peau foncée de cette dernière, attendant un assentiment.
Prête à prendre ses jambes à son cou, et emporter Naïs au passage.
Il y avait quelque chose ici qui lui faisait encore plus peur que dans sa pièce sans ouverture dans laquelle elle avait été jetée quelques semaines plus tôt…


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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Mer 12 Déc 2012, 22:46

Pan était bien d’accord avec Nwëlla : cet homme était un vrai gamin. Il devait avoir grandi trop vite, et son absence de cornes, même si l’Envoleur s’était fait aux hommes sans corne, le rendait encore plus enfantin et pathétique. Il lui aurait bien appris le respect, mais ce n’était ni le moment ni l’endroit, aussi se contenta-t-il de lui lancer un regard d’une noirceur dont lui seul avait le secret. Le regard de dominant et de chef qu’il avait été dans son harem.

Bon, l’idée, en soi, n’était pas mauvaise. Il l’avait déjà fait avec une goule, et aurait bien recommencé, mais il savait pertinemment, cette fois-ci, que cela ne servirait à rien. Foncer ainsi tête baissée vers les ennuis avait failli le réduire en charpie face à la créature famélique, et il en gardait un souvenir cuisant. Suffisamment pour ne pas le refaire sans réfléchir auparavant. Parce que bien entendu, c’était ce qu’il avait sous-entendu en parlant de culot…

Par le roi des Raï ! Pour une fois, je suis bien d’accord avec Gil

- Juhen !

- Bah quoi ? Moi je m’en servirais à sa place d’engins pareils !

- La ferme !


Poussant un léger soupir, Pan s’apprêtait à dire à Nwëlla de se calmer. Elle était à fleur de peau, tout comme les autres ici présents – sauf peut-être Lib…

- Une minute, où est Seth ?

Fronçant les sourcils, Pan chercha l’enfant du regard, et du même coup s’aperçut que la petite femme blonde avait elle aussi disparu. Seth et Libertée n’étaient plus sur les toits, et dans la ruelle, l’Envoleur n’aperçut que la silhouette du gamin. Mais où était partie la jeune femme ? Nwëlla avait-elle raison en se méfiant d’elle ? Peut-être était-elle une espionne, avait charmé Gil, et allait maintenant rendre des comptes à ceux qui tiraient les ficelles de cette affaire…
Samoan…

Pan se sentit grincer légèrement des dents.
La femme la plus âgée, celle qui était probablement la mère de Nwëlla, s’avança vers le rebord du toit sur lequel ils étaient perchés, et quelque chose résonna encore une fois entre ses cornes. Pan comprit, alors que le dessin basculait dans la réalité, que c’était sans doute l’Imagination qui avait parfois un effet sur lui – mais pourtant, sur la plage, il n’avait strictement rien sentit quand ils s’étaient faits attaqués… Peut-être que seuls les dons puissants résonnaient ?
Il n’eut pas le temps d’approfondir sa réflexion. L’Envoleuse s’était approchée du rebord elle aussi, et il vit la silhouette de Seth sortir d’un endroit du hangar, puis lever le pouce en signe d’assentiment.

Une formidable adrénaline parcourut soudain les veines de l’homme, qui sourit.
Ca allait barder !


§§



Pan déboula dans une grande salle après avoir défoncé proprement une porte métallique des dépôts.
Roulant des épaules, il se passa la langue sur les lèvres, et s’enfonça dans les décombres abandonnés des lieux désolés. Nahomie avait ouvert un passage, et indiqué une vague direction : il savait où se trouvait la personne qu’ils cherchaient tous désormais, et Pan était bien décidé à ne lui laisser aucune chance de s’en sortir.

Il avait très très envie de tout balayer de sa greffe, mais se retint : Si Naïs était en mauvais état, elle risquait de ne pas réussir à se protéger à temps d’un morceau de plafond qui s’écroule, d’une tôle qui se fend, d’un poteau qui s’écrase.
Ouvrant la marche, l’Envoleur n’hésitait jamais à donner de grands coups d’épaule dans les portes, voire carrément des coups de corne pour les ouvrir plus vite.
Découvrir Samoan, ou Naïs ?
La question était de savoir ce qui était le mieux…



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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Ven 14 Déc 2012, 17:49

Zut…je vais regretter mes paroles d’ici peu, moi !
Il était rare que Gil prenne conscience des limites qu’il avait trop audacieusement franchi mais lorsque c’était le cas, en général, une intervention musclée se chargeait d’illustrer sa pensée. Sauf que cette fois-ci, il ne se passa rien. Rien d’autre, finalement, que des orteils écrasés et plusieurs regards noirs décochés. Gil ne les vit pas. Il était bien trop occupé à admirer son reflet dans les yeux incroyablement clairs du grand monsieur cornu à qui il avait décidé de chercher noises. Pourquoi ? Bonne question. Peut-être parce qu’il ne savait pas du tout ce que ce type faisait là, avec eux. Aussi curieux que cela puisse paraître, il s’était habitué au statut quo formé par le groupe d’amis qui avait secouru Naïs dans le nord, quelques mois plus tôt ; Nwëlla, Atal, Seth et même Juhen faisaient désormais partie de sa vie en tant qu’amis envers qui il se sentait prêt à tout. Le fait que des personnes extérieures s’intègrent soudain à la bande le gênait. La présence de cet homme le gênait. Celle de la mère de Nwëlle était à peine perceptible tant celle-ci était discrète. Celle de Libertée était bien trop précieuse pour qu’il songe à s’en passer une seule seconde. Mais lui…

Et bien, il était prodigieusement agaçant. Car non seulement il ne répondit pas directement à l’affront qui s’était dessiné dans les paroles de Gil, mais il eut en plus le culot de réduire l’envoleur au silence par la seule force de son regard. Ecrasé par sa puissance, Gil avait l’impression qu’il allait bientôt ployer les genoux. Sans l’intervention providentielle de Juhen, qui lui ne pouvait s’empêcher de l’ouvrir en toute circonstance, il l’aurait probablement fait… et ça, c’était extrêmement, incroyablement, terriblement frustrant ! Profitant de ce que Nwëlla et le thül rivalisaient en paroles, Gil reprit contenance, libéré du poids de ce regard écrasant. Il se jura néanmoins d’en savoir plus sur ce Pan. S’il était là, c’est que quelqu’un avait sollicité son aide, de la même manière qu’on avait sollicité la sienne. Qui ? Atal ? Nwëlla ? Pourquoi ? Quel était le rapport entre cette brute épaisse et Naïs ? Perdu dans ses pensées, Gil ne remarqua pas les silhouettes qui se faufilaient vers le hangar, en contrebas. C’est l’exclamation d’Atal qui lui fit réaliser deux choses. Seth avait disparu. Et Libertée aussi.

- Oh, c’est pas vrai…
- Et si, mon vieux,
commenta Juhen en observant le hangar d’un air morne. C’est reparti pour un tour !



*




Pan fracassait une énième porte et Gil s’autorisa un hochement de tête satisfait. D’accord, c’était moins impressionnant que la technique du bélier humain, mais tout de même, ça faisait son effet ! Parce qu’il n’avait pas envie de se sentir en reste, Juhen suivait l’homme aux cornes de près, n’hésitant pas à réduire ce qu’il restait des portes en bouillie à l’aide de sa lourde hache, pour faciliter le passage de ces dames, disait-il avec un grand sérieux qui aurait fait pouffer Seth de rire. Ces dames, en l’occurrence, n’avaient aucunement besoin qu’on leur dégage un passage. Nahomie la première. Il aurait fallu être aveugle ou complètement idiot pour ne pas comprendre que ce qui reliait le plus la mère et la fille, c’était leur volonté de fer ; pour peu qu’elles aient une idée en tête, plus rien ne semblait pouvoir les arrêter. Devenu plus fin observateur depuis que Libertée était entrée dans sa vie, Gil avait remarqué l’affection qui rapprochaient Atal et Nwëlla. Et il se demanda si le frère de Naïs avait conscience des énormes risques qu’il prenait en s’attachant à une femme aussi fulgurante que Nwëlla. Puis il se dit qu’en dépit des apparences, Libertée avait tout autant de quoi lui mener la vie dure, et il se promit, s’ils s’en tiraient tous sains et saufs, de monter un comité de soutien avec Atal. Il fallait au moins ça pour combattre la plus implacable des armes en ce monde : la solidarité féminine…

Parce que la solidarité était peut-être bien le ciment de cette opération. Qu’ils en aient conscience ou non, leur groupe était plus hétérogène qu’autre chose : des Envoleurs, un Thül, un homme avec des cornes, une Marchombre, une Dessinatrice, un gosse… Si Samoan attendait autre chose, il allait être déçu. Mais quelque chose disait à Gil que ce type avait un objectif bien précis en tête. Jamais il n’aurait utilisé Naïs comme appât, sinon, et sûrement pas ici-même, à Al-Jeit. Serrant les poings contre ses jambes, Gil se remémora le violent combat qui l’avait opposé à Vil’Vishyard père. Un vieil homme moulé dans la haine et le mépris, contre qui il avait eu du mal à l’emporter. Naïs et lui n’étaient parvenus à le tuer qu’ensemble, et encore, ils s’en étaient tirés sacrément amochés. Contre un vieil homme ! Si Samoan était bien le fils de son père, dans quel état espéraient-ils s’en sortir, tout autant qu’ils étaient ? Enfer, pourquoi est-ce que j’ai l’impression de passer mon temps à narguer la mort, moi ? Luttant pour réprimer la fureur qui montait à nouveau en lui, Gil se faufila derrière Nwëlla. Leur première préoccupation était de trouver Naïs – quoi que Seth l’ait probablement déjà fait depuis longtemps. Cette tête de mule allait l’entendre, foi de Cabochard ! Il était fermement décidé à lui enfoncer le mot confiance dans le crâne, une bonne fois pour toute. Qu’elle comprenne enfin qu’il n’était pas un ennemi, en dépit de son sale caractère, et que s’il était prêt à tout pour elle, il était aussi capable d’être tenu au courant de sombres histoires de ce genre.

- Gil !

Levant les yeux, l’envoleur découvrit Seth ; perché sur une pile de caisses en bois, le garçon lui faisait signe. Il avait les yeux brillants de celui qui a fait une découverte extraordinaire et son sourire tira un soupir de soulagement à chacun d’entre eux : Naïs était ici. Et elle était en vie. Mais avant que l’on ait eu le temps de lui poser la fameuse question « où ça ? », une ombre se glissa derrière l’enfant. Rapide, sournoise et mortelle. Gil le fut davantage. L’aiguille de métal quitta son poignet droit sans bruit, fila à travers la salle, dessina une ligne de feu sur la joue de Seth et termina sa course dans la gorge de l’homme qui s’apprêtait à abattre son sabre sur le garçon. Comme s’ils avaient attendu ce signal, une vingtaine de guerriers, probablement des assassins et des chasseurs de prime à en juger par leurs tenues de cuir souple, déferla sur eux. Ils jaillissaient de leurs cachettes et se jetaient sur le groupe, l’arme au poing et une profonde envie de tuer au fond des yeux. Gil réagit instinctivement. Plaqué dos à dos avec Juhen, il accueillit un premier assaillant d’un formidable revers de lame, puis bloqua le tranchant d’un sabre et envoya son poing s’écraser sur le visage d’un second assassin.

Leurs adversaires savaient se battre mais c’était sans compter l’incroyable cohésion du groupe. En dépit des nouveaux arrivants, chacun avait sa place dans la bataille, et l’efficacité des assassins envoyés par Samoan commença rapidement à s’effriter. Il y en aurait d’autre, c’était certain – et malgré la présence de Nahomie à leurs côtés, il était content, cette fois, de ne pas avoir à faire à des Mentaïs. Cherchant Seth du regard, Gil le trouva en train de lutter vaillamment entre Atal et Nwëlla ; armé d’un gourdin, il faisait suffisamment de dégâts pour permettre à ses amis d’achever leurs agresseurs sans effort. En le voyant effectuer une parade particulière, Gil fronça les sourcils, reconnaissant là un geste de Naïs. Il n’eut pas le temps d’en tirer la moindre conclusion, menacé par une lame qui fouetta l’air à quelques millimètres seulement de sa poitrine. Grotesque ! Un brin agacé, Gil abattit le tranchant de sa main sur poignet de son adversaire pour lui faire lâcher son arme, puis il reprit l’épée courte dont il avait coincé le manche entre ses dents et lui trancha la gorge d’un geste sûr et rapide. L’homme ne s’était pas encore effondré que l’envoleur cherchait déjà une issue du regard. Ni Libertée, ni Naïs n’étaient en vue et il commençait à s’inquiéter. Ici, le combat touchait à sa fin mais chaque seconde était précieuse ; rangeant ses lames dans son dos, Gil sauta par-dessus le cadavre de l’assassin et fila en direction d’une porte qu’il ouvrit avec beaucoup moins de classe que Pan.

Il se glissa dans le couloir froid et sombre, déterminé à mettre la main sur les deux jeunes femmes qui, une fois n’est pas coutume, devaient se trouver ensemble. Et il ne pouvait s’empêcher de se demander ce qu’un tel résultat pouvait donner. Pour cette raison, sans doute, il ne s’aperçut pas qu’il était suivi…

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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."




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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Ven 14 Déc 2012, 22:54

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Les hommes semblent avoir complètement déserté le sous-sol. Et pour cause, les puissants dessins de Nahomie laissent aisément présager que Gil, Pan, Nwëlla, Atal et Juhen ne sont pas loin d’investir les lieux en force. Le cœur battant à un rythme fou, je me risque prudemment hors de ma cellule. Mais, la seconde suivante, alertée par une présence dans mon dos, je stoppe totalement mon geste. Seth est parti, pourtant, à moins que ce ne soit mes sens qui me jouent des tours ! Étant donné mon état sûrement pitoyable, cela ne m’étonnerait pas le moins du monde. Non. Cette respiration aussi légère qu’un souffle de vent et cette odeur étrangement sucrée sont bien trop réelles pour que cette présence puisse passer pour un tour de mon imagination. Tout en restant prête à la moindre éventualité et déterminée à défendre ma vie jusqu’au bout, je fais face au visiteur. Ou plutôt la visiteuse, car elle se présente immédiatement sous le nom de Libertée.

Et vlan ! En voilà une vraie et belle claque mentale : vacillant dangereusement, je crois que je serais littéralement tombé, sous l’effet de la surprise, si je n’avais pas pu me raccrocher à temps au mur tout proche. Libertée ! La Libertée ? La fameuse Libertée dont Vil’Vishyard m’avait appris l’existence dans le désert des Murmures ? La Libertée de Gil ? Oh par la sainte culotte de l’Empereur ! Un million de questions, au moins, se bousculent dans ma tête. J’ai cru comprendre qu’elle est l’amante de Gil. Misère de misère ! J’espère qu’elle n’est pas du genre jalouse parce que s’il lui a parlé de moi, je suis dans la bouse de Raï jusqu’au cou. Il n’aurait plus manqué qu’une amoureuse terriblement jalouse pour ajouter à ma poisse. Et avec toute cette énergie, pleine d’assurance, qu’elle dégage, si elle décide de me sauter à la gorge purement et simplement, je doute d’être capable de lui tenir tête bien longtemps – avec au moins trois côtes cassées et des hématomes terriblement douloureux je crois que je bats un nouveau record. Azeus, tirant ses ordres de Samoan, s’est bien amusé avec son don pour le coup.

Libertée s’est approchée imperceptiblement. Sa main tendue résonne comme une invitation à éviter le massacre. Je ne peux m’empêcher de soupirer de soulagement. Si elle ne veut donc pas me trucider sur place, soit Gil ne lui a pas parlé de moi – ce dont je doute bizarrement – soit la rancune et la jalousie ne font clairement pas partie des défauts de la jeune femme. Laissant filer quelques secondes, je décide, à mes risques et périls, de croire aux paroles de Libertée. Sans un mot, je glisse ma main dans la sienne, pressée de retrouver l’air libre en même temps que ma liberté. Mais, le chant caractéristique des lames d’aciers, m’informe soudainement que les combats ont commencé, là-haut. Et je m’étonne d’avoir encore assez de force pour retenir la jeune femme qui s’apprête m’emmener loin de cet enfer. Le temps semble alors s’arrêter quelques secondes.

- « Trop tard… »

Tous ceux auxquels je tiens le plus au monde, viennent de pénétrer dans la gueule du loup, sans autre préoccupation que de me retrouver. Je jure intérieurement tout en réfléchissant à toute vitesse. Une décision ne tarde pas à se dessiner nettement dans mon esprit, d’une évidence redoutable : je partirais avec eux, ou je mourrais avec eux. Point final. Il n’y a pas à tergiverser.

- « Hors de question que je sorte d'ici ! Tu es avec moi ou pas ? »

Question stupide ! Bien sûr qu'elle le serait, avec moi. Ne serait-ce que pour Gil.

≈≈≈ Nwëlla ≈≈≈

- « Gil ! »

Alors que Pan défonce une énième porte, me tirant une autre moue incroyablement admirative, la voix d'un Seth trônant fièrement sur une pile de caisses dont je me demande un instant comment elle peuvent supporter son poids, me fait lever les yeux dans sa direction. le sourire lumineux et triomphal qu'il affiche ne signifie qu'une seule chose : Naïs est vivante. L'espace d'un court instant, la tension et la fatigue accumulée ces derniers jours s'évaporent un peu. Tous autant que nous sommes, nous soupirons d’un soulagement bien éphémère. Car je n’ai que le temps de voir l’ombre s’approcher dangereusement de Seth, brandir son sabre, prête à l’abattre sur l’enfant. Je n’ai pas le temps d’activer ma greffe que déjà l’homme s’effondre, mort. J’adresse un bref regard à Gil : rapide, efficace, comme dans les montagnes du Nord où nous formions, avec Juhen et Atal, un redoutable quatuor de choc !

Bondissant dans un réflexe formidable – pour sûr, de ce côté là, il a de qui tenir – Seth évite adroitement la lame brillante et menaçante d’une hache à double tranchant tandis qu’une vingtaine de guerriers sortent de leurs cachettes. Je me disais aussi que l’endroit semblait bien trop calme. Atal, encore plus blanc qu’un linge, réagit en moins d’un quart de seconde et s’interpose entre le gamin et nos adversaires qui fondent sur nous à toute allure. J’ai tôt fait de le rejoindre et selon une mécanique bien rôdée, tant nous avons l’habitude de combattre ensemble désormais, je pare un coup destiné à éventrer Atal permettant à ce dernier d’achever l’assaillant en passant sous mon bras. Jetant un bref coup d’œil par-dessus mon épaule, je constate que Gil, Juhen, Pan et ma mère parviennent à se débarrasser de leurs ennemis sans trop de difficultés. Un léger sourire flotte un instant sur mes lèvres mais alors que je tranche une nouvelle gorge, implacable, mes traits se durcissent en songeant que nous n’avons encore croisé ni Samoan, ni Azeus. Et ça, ce n’est pas bon signe du tout puisque Naïs est quelque part dans cette bâtisse qui pue la mort à des kilomètres à la ronde, telle que je la connais probablement en mauvais état, et que, comme par hasard, la petite Libertée a disparue de la circulation. Ai-je raison de me méfier d’elle ? Si cela se trouve, elle est de mèche avec Samoan, même si je m’étonne qu’elle puisse réussir à berner Gil aussi facilement car il ne semble plutôt pas du genre naïf. Alors que Juhen abat férocement sa hache sur la tête du dernier chasseur de prime, je suis certaine d’une chose : il faut trouver Naïs, et très vite. Comme lisant dans mes pensées, le gamin s’élance dans les couloirs et je l’imite aussitôt, rapidement suivie d’Atal, Juhen, Pan et ma mère. Gil, lui, semble avoir pris un peu d’avance et j’espère sincèrement qu’il aura réussi à retrouver Naïs.

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Je me demande bien où Samoan m’a retenu prisonnière durant tout ce temps. Le lieu ne me rappelle rien, mais alors rien du tout. Et le labyrinthe de couloirs n’en finit plus et je me demande un instant comment Seth et Libertée ont pu trouver leur chemin là-dedans sans se faire repérer. Malgré ma volonté de fer, je trébuche tous les deux pas derrière la jeune femme : mes jambes me semblent bien lourdes à porter. Mon cœur cogne violemment dans ma poitrine, réclamant un peu de répit.

Bifurquant pour quelque part sur la gauche pour la cinquième fois consécutive, un bruit de pas vient tout droit dans notre direction. Je retiens mon souffle avant de soupirer de soulagement en reconnaissant cette démarche si singulière que je pourrais reconnaître entre mille. Gil ! Je me serais bien jeté dans ses bras pour au moins se retrouver en de meilleurs termes que ces derniers jours passés dans le désert des Murmures qui m’avaient laissé complètement perdue et désorientée. Totalement. Seulement voilà, je préfère économiser le peu de force qu’il me reste pour affronter les deux autres hommes qui nous encerclent dangereusement. Parce que je suis certaine qu’il ne s’agit pas d’Atal, de Juhen et encore moins de Pan, mais de Samoan et Azeus, je parviens à anticiper de justesse le dessin redoutable d’Azeus, un pieu qui, à la vitesse où il va, risque fort de nous embrocher tous les trois. Attrapant in extremis le bras de Libertée, je l’oblige à reculer de quelques pas. Ainsi presque plaquées contre le mur, le projectile fuse à quelques centimètres à peine de mon visage. À la limite de m’effondrer littéralement, je lance toutefois un avertissement à Gil, histoire d’être bien certaine qu’il a vu le trait mortel fondre dorénavant sur lui.

- « Gil ! »

Retenant ma respiration, je prie mentalement pour que Pan et les autres – surtout la mère de Nwëlla, en fait – arrivent vite. Sinon, je ne donne pas cher de notre peau…


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Dernière édition par Naïs Jol le Ven 14 Déc 2012, 23:49, édité 2 fois
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Libertée Iuaskallaphun
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Ven 14 Déc 2012, 23:34

Le bruit des lames qui s’entrechoquent fait lever le menton à Libertée, alors que la main de Naïs se pose dans la sienne. Soudain, une formidable détermination tombe sur elle, et elle serre les dents pour contenir la flambée de colère qui se précipite dans ses veines. Ils sont rentrés ! Ils n’ont même pas essayé d’attendre ! Et Gil est forcément là, quelque part, en train de risquer sa vie…
Graaah !
Se sentant terriblement impuissante, l’hésitation de Libertée permet à Naïs de presser légèrement sa main pour attirer son attention.

- Hors de question que je sorte d'ici ! Tu es avec moi ou pas ?

Quelle question !
Gil était là, dans cette bâtisse, et il était hors de question qu’elle le laisse prendre des risques inconsidérés. Rien que pour cela, elle était prête à déplacer tous les murs des entrepôts.


- Allons-y, entrons dans l’estomac du loup, alors…

Sa tirade lui tira un sourire entendu, tandis qu’elle entraînait alors précipitamment Naïs dans les couloirs. Il fallait monter à l’étage, et seul l’instinct puissant de Libertée la faisait parfois bifurquer. Elle se guidait aussi au bruit des lames, et aux quelques pas précipités – sans doute des assassins, ou en tout cas des personnes engagées par les kidnappeurs – qui parfois résonnaient dans les dédales.
Nais avait du mal à suivre, mais Libertée ne ralentit pas. Elle supportait parfois l’envoleuse quand elle trébuchait, l’attrapant au niveau du bras pour l’empêcher de s’étaler sur le sol. Mais elle voulait arriver le plus rapidement possible près de Gil, et avec Naïs, c’était encore mieux.

De nouveaux pas résonnèrent, et des étoiles s’allumèrent dans les yeux de Libertée quand elle reconnut le pas, avant que son regard rose ne trouve la silhouette de Gil. Un immense sourire éclaira son visage, alors qu’elle ralentissait légèrement. Mais presque immédiatement, deux silhouettes se dessinent de part et d’autre de Libertée, qui ne peut s’empêcher de soupirer. Lâchant prudemment Naïs, alors que cette dernière venait de la dévier de la trajectoire d’un pieu, elle lui serra les doigts un instant pour lui dire qu’elle allait bien et bondit en avant.

Un bruit de pas précipités arrive, et le regard de la marchombre se tourne naturellement vers cette nouvelle source de potentiels ennuis, avant de se figer.


- Qawl ?

L’homme freina les deux pieds en avant, en ouvrant les yeux grand comme des soucoupes. Mais Libertée ne lui laissa pas le temps de réaliser, et plongea à terre pour éviter un nouveau pieux qui se dirigeait droit vers elle. Son regard tomba sur les deux hommes ennemis qui étaient présents, et qui devaient accéder aux Spires car des dessins naissaient dans le but de les déstabiliser principalement – a priori, les attaques n’avaient pas l’air de vouloir leur peau.

- Lib ? Mais que…

Avant que Libertée ne puisse répondre quoi que ce soit, un pieu s’enfonça dans le torse de Qawl, le tuant instantanément. Fermant les paupières quelques secondes, la marchombre pesta contre elle-même : elle n’aurait pas dû appeler l’homme par son prénom ! Mais c’était désormais trop tard, et elle ne pouvait pas pleurer son ancien ami.

Plantant son regard dans celui de l’homme le plus jeune, elle réussit à le déconcerter une seconde.
Une seule seconde.


- Je ne sais pas ce qu’il se passe ici, mais c’est terriblement stupide. Vous êtes complètement balisés, tous les deux… Quel est l’intérêt, hein ? C’est quoi le but de tout ça ? Ca vous apporte quoi ?

Sautant vivement sur le côté pour éviter un nouveau pieu, Libertée se fit à l’idée qu’elle n’aurait pas de réponse tout de suite. Mais elle n’hésita pas, et en se décalant, enroula ses cheveux autour du pieu pour lui donner une impulsion terriblement puissante dans le sens inverse, le redirigeant vers son créateur.
Heureusement pour elle, personne ne sembla s’étonner de la situation, car à cet instant très précis, le mur derrière les mentaïs s’écroula brusquement sous un coup de pied phénoménal de Pan…


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Pan Hilibiaskiiyai
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Lun 17 Déc 2012, 10:54

Pan n’avait pas peur.
Il avançait, poussé par une formidable détermination. L’esprit de groupe lui montait à la tête, il avait cette impression tenace d’être revenu des années en arrière, dans son monde, à défendre son troupeau contre un mal qu’ils ne connaissaient pas. Mais cette bataille-là était déjà terminée, les ennemis battus, et la paix n’avait plus jamais fait défaut au troupeau. Cela lui avait manqué. Lutter par cet esprit de groupe, cette solidarité dans le combat, c’était quelque chose qu’il appréciait sans doute bien plus que tout. Combattre pour les autres avant tout, parce qu’ils faisaient partie intégrantes du groupe, parce que sans eux le groupe ne serait plus, et que le groupe, c’est la vie.

Le hangar semblait terriblement désert : les ennemis devaient se cacher.
Dans l’ombre, ils étaient bien moins visibles, évidemment, et ils les épiaient en attendant le moment propice pour se jeter à l’assaut. Eux aussi combattaient en groupe, et cette stratégie était bien connue… Aussi, quand Pan vit Seth qui appelait Gil du haut d’un tas de palettes et de caisses, il fronça les sourcils. Mais avant qu’il n’eût pu dire quoi que ce soit, l’attaque foudroyante était lancée.

Pan brisait des crânes.
D’ailleurs, la plupart des assassins avaient tendance à hésiter une demie-seconde, en arrivant face à lui. Alors, évidemment, il la mettait à profit : il aimait l’honneur du combat, la fierté de vaincre un ennemi plus fort que lui, mais il n’était pas non plus stupide au point de tous les attendre pour mener un duel. Il avait d’autres choses à faire. L’Envoleur n’avait pas de lame sur lui, mais il n’en avait pas besoin : frappant du pied, du poing, des genoux des coudes et des cornes, il était aussi meurtrier que ses comparses. Du coin de l’œil, Pan vit soudain Gil réussir à trouver une faille dans les attaques ennemies et à se glisser hors de la pièce par une nouvelle porte.

Croisant le regard de Nwëlla quelques secondes, Pan redoubla d’efficacité, et ses adversaires commencèrent à reculer imperceptiblement… Jusqu’à avoir le crâne défoncé par les cornes redoutables de l’Envoleur. Bientôt, plus un seul assassin ne bougea dans la salle, et silencieux comme des ombres, ils se dirigèrent tous vers une seconde porte – et non celle que Gil avait emprunté. Les dédales de couloirs étaient impressionnants, et ils descendirent des escaliers plusieurs fois. Le réseau souterrain de l’entrepôt était immense, et Pan crut plusieurs fois qu’ils n’allaient pas y arriver…

- Gil !

Reconnaissant la voix entre toutes, Pan jeta un coup d’oeil en arrière vers ses comparses, avant de prendre une grande inspiration. L’éclat de voix venait de l’autre côté du mur, aussi l’homme recula d’un demi pas en fermant les yeux. Quand il les rouvrit, il prit une formidable impulsion sur sa jambe gauche, et balança sa jambe droite vers le mur, gardant la puissance précisément bloquée dans son talon. Lorsque son pied rencontra la pierre, cette dernière explosa littéralement sous l’onde de choc générée par la greffe de Pan, et à travers les débris, il put voir trois hommes et deux femmes…

Naïs et Libertée !
Gil et… Sûrement Samoan et un autre. Mais qui ?

Ne se posant pas plus de question, Pan sauta par-dessus les décombres et se planta devant Naïs, bouclier – presque humain – bien décidé à faire voir à ces personnes de quel bois il se chauffait.
Un grognement qui ressemblaient plus à un beuglement agressif et sourd, sortit de la gorge de Pan, tandis qu’il fixait son regard clair dans celui du plus jeune des deux hommes.

Prêt à toute éventuallté.

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Mar 18 Déc 2012, 16:48

Quelque chose explosa dans son dos. Sans doute Pan avait-il « ouvert » une porte… Gil se baissa pour éviter un coup de lame et frappa du tranchant de la main, trois fois, avant de bondir par-dessus un corps et s’élancer vers sa nouvelle cible. Il se trouvait en plein cœur du chaos et pour une fois, il appréciait presque d’être là, à se battre avec une énergie sauvage et nouvelle ; la dernière fois qu’il avait eu à mener un combat de ce style, Libertée avait été prise en otage et son ravisseur en avait clairement après lui. Il s’était contenté de se jeter dans la gueule du loup avec une angoisse monstre, et affronter les pantins d’un Mentaï particulièrement dérangé n’avait pas été une partie de plaisir. Là, les choses étaient différentes. Non seulement Gil n’était pas seul, mais il bataillait aussi contre des adversaires de chair et d’os, des êtres humains qui, s’ils avaient perdu toute humanité au profit de l’assassinat et autres entreprises frauduleuses, saignaient et mouraient d’un coup de lame bien placé.

Gil faisait des ravages avec les siennes. S’il était plus porté sur les armes de jet, il avait adopté la redoutable efficacité des épées courtes qui se balançaient au bout de ses bras, légères, précises et mortelles ; lorsqu’elles ne suffisaient pas, il achevait ses ennemis d’une aiguille métal avant de passer à la suite. Il était désormais certain que ceux-ci n’étaient pas des Mercenaires du Chaos, ce qui arrangeait Gil ; ces derniers temps, il avait légèrement tendance à décimer son propre camp, ce qui, loin de porter atteinte à sa conscience, pouvait lui attirer de graves ennuis. Se dégageant d’un échange musclé, l’envoleur bondit à nouveau et s’apprêtait à entrer dans une pièce secondaire lorsque Libertée apparut au bout du couloir. Le sourire ravi qu’elle lui décocha fit exploser son cœur d’une joie sans limite. Et l’évidence lui sauta enfin aux yeux, alors que la marchombre soutenait Naïs. Le bonheur de voir que celle-ci était capable de marcher presque sans aide était immense, mais il n’était rien comparé à celui, simple et infiniment grand, de voir Libertée. De voir son sourire éclairer son visage et l’étoile de malice illuminer ses yeux. De la voir, tout simplement.

- Gil !

Sans l’avertissement de Naïs, il aurait manqué l’attaque foudroyante de l’un des hommes qui venait de se matérialiser entre elle et lui. Esquivant la pointe de métal qui ne fit que déchirer sa chemise au niveau de l’épaule gauche, Gil laissa échapper un juron et croisa ses lames devant lui en guise de protection. Encore des Mentaïs ! N’en avait-il pas déjà tué assez ? A l’évidence, celui qui s’en prenait à lui se posait la même question ; il n’en menait pas large du tout et c’est ce qui redonna un semblant de courage à Gil. Décroisant ses épées, il tira ses aiguilles. Mais il se passa alors plusieurs choses simultanément. D’abord, l’homme qui se dressait face à Libertée se prit un pieu en pleine poitrine. Au même moment, le mur de droite explosa, faisant dévier ses aiguilles de leur trajectoire. Elles frôlèrent le Mentaï indécis, qui choisit cet instant de confusion pour s’éclipser d’un pas sur le côté, et filèrent en direction des filles. Gil ouvrait déjà la bouche pour crier un avertissement lorsqu’une chevelure blonde s’enroula autour des pointes de métal, annulant leur vitesse. C’était moins une…

La poussière qui avait envahi le couloir à l’explosion du mur lui brûla les yeux et les poumons. Prit d’une quinte de toux, Gil s’appuya un bref instant contre le mur – celui qui était encore intact. Lorsqu’il redressa la tête, ce fut pour croiser l’étrange regard de Pan. Il s’était placé devant Naïs, et lui faisait un véritable rempart de son corps de titan ; le reste de la cavalerie, qui avait débarqué juste après lui, s’occupait de régler leur compte aux hommes coincés entre eux et Gil. Celui-ci glissa ses lames dans son dos pour s’approcher du groupe, au beau milieu duquel se battaient deux hommes. L’un était jeune, un gamin à peine plus âgé que Kaünis, l’autre était dans la force de l’âge et le regard qu’il posa sur Naïs était équivoque : Samoan. Grinçant des dents, Gil regarda Pan, puis Nahomie qui avait crée une sorte de bouclier devant les filles et lui. Le temps semblait s’être figé, chacun toisant son partenaire ou son adversaire sans qu’une seule parole ne soit prononcée. Un redoutable silence s’écrasa ainsi sur eux et Gil déglutit. Qu’allait-il se produire ? Samoan et son acolyte étaient en position d’infériorité mais ils étaient sur leur terrain ; allaient-ils se rendre, ou tenter de fuir malgré l’expression belliqueuse qui se dessinait sur tous les visages présents ? Les muscles tendus et les sens en alerte, Gil se plaça entre Atal et Juhen, soit légèrement en avant par rapport à Seth qui s’était figé lui aussi. Il était prêt à retenir le gamin avant qu’il ne s’élance pour commettre l’irréparable, tout comme il était prêt à le protéger en cas de pépin. Son regard croisa un instant celui de Pan. Ils étaient tous les deux sur le qui-vive.
Prêts à toute éventualité.



[Très court, mais je n'ai pas osé faire de bourde ; Lib', j'ai fait bouger des magnifiques cheveux, j'espère que ça n'en est pas une, de bourde !]

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"Elle aura ma peau un jour, cette saloperie de destinée. Abruti de hasard même pas fichu de faire les choses correctement. Un jour... mais pas maintenant."




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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Quand la passion mène sur les chemins de l'enfer [Lib', Gil et Pan]   Mar 18 Déc 2012, 22:18

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Mes jambes tremblent : c’est à se demander comment je peux encore tenir debout ! Seule une volonté incroyable, mêlée à une puissante adrénaline, me permet d’avancer à pas hésitants. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui me manque, d’oublier et juste fermer les yeux l’espace d’un instant. Plusieurs fois, ces derniers jours, il m’est même arrivé de vouloir rejoindre mon petit bout de Morgan, mes parents, Sahel et tous ceux qui sont morts pour moi. Qui se sont battus pour que je puisse vivre. Pourtant, Seth est encore là. Et puis Atal aussi. Gil et Pan qui se sont introduits dans ma vie à la manière d’un ouragan, chacun à leur manière. Nwëlla et Juhen. Sen dont les mots restent toujours gravés dans mon cœur, pleins de vérité et de sagesse. Se battre pour les vivants – pour ceux que j’aime – c’est bien le seul choix valable et raisonnable qui puisse exister. Cette certitude s’ancre un peu plus profond en moi au moment même où Gil échappe à une mort certaine – tout à son plaisir de trouver Libertée, et moi, bien que sûrement accessoirement, il avait bien failli laissé le pieu le transpercer de part en part – tandis qu’un mur tout proche explose littéralement sous un formidable coup de pied de Pan.

Samoan et le Mentaï sont désormais en nombre largement inférieur, Nwëlla, Juhen et Atal s’étant chargés de fracasser les derniers crânes de nos assaillants. Mais je ne connais que trop bien la folie de ce premier : après tout, il faut être sérieusement barré pour croire qu’une lointaine relation avec une illustre inconnue – oh je l’étais jusqu’à ce qu’il mette ma tête à prix, pour une somme relativement intéressante – puisse nuire à sa soif de pouvoir. Car Samoan convoite puissance et trône – mais cela, je ne l’ai appris qu’après la mort de Morgan. Tant de mégalomanie peut aisément faire sourire n’importe qui, pourtant, moi, cela ne me fait pas rigoler le moins du monde. Seth est encore aujourd’hui considéré comme un bâtard terriblement dangereux et moi comme une catin ayant eu le culot d’entacher la réputation d’un jeune aristocrate.

La tension est clairement palpable dans une atmosphère lourde de haine. Même derrière Pan, je peux presque sentir les éclairs que doivent probablement lancer les yeux de Samoan. Je crains ce qu’il se passera à partir de maintenant : il peut tout autant disparaître purement et simplement grâce au Mentaï qui l’accompagne, et remettre à plus tard une énième confrontation, ou alors tenter un geste insensé pour m’atteindre et ensuite Seth, voire même n’importe qui d’autre ici. Ignorant la douleur qui irradie de mon corps tout entier, je me force à inspirer lentement – très lentement – prête à toute éventualité.

≈≈≈ Nwëlla ≈≈≈

Le voilà ! Le sale rejeton de Raï ! Cette espèce de fiente de Ts’Liche ! Ce que ce petit sourire sur ses lèvres peut être agaçant ! Samoan ! Là, maintenant, tout de suite, l’envie est incroyablement tentante de le renvoyer d’où il vient, en pièce détachées évidemment, tout droit en enfer en compagnie de ses meilleures amies les goules ! Pour le moment, il se contente de nous regarder en chien de faïence, tous autant que nous sommes. Je ne peux m’empêcher ce que son esprit tordu a l’intention de faire maintenant : se rendre ? D’aussi loin que je me souvienne, ce n’est pas son genre. Fuir ? Il est bien trop fier et arrogant pour cela. Commettre l’irréparable ? J’ai bien peur que ce soit la plus plausible de toutes les possibilités !

Le bref regard échangé par Gil et Pan ne m’échappe pas. Tout comme moi, Atal et Juhen, ils sont prêts à réagir en un quart de seconde. Bon sang ! Ne faut-il pas qu’on l’adore notre Naïs nationale pour endurer tout cela ? Dans le regard fou de l’aristocrate brille une soudaine étincelle, alors je serre les dents en essayant de contenir autant de colère du mieux que je puisse.

- « Seth ? Avance un peu, que je vois comme tu as grandi… »

La voix de Samoan est glaciale, légèrement moqueuse. Comme la première fois où je l’ai rencontré, un peu plus de dix ans auparavant, il me fiche des frissons dans le dos. Le silence s’écoule longuement avant que le gamin, levant un regard rassurant vers Gil, n’avance de quelques pas, échappant ainsi au cercle protecteur que nous formons. Naïs, solidement accrochée au bras de Pan et bien que vacillant dangereusement, semble prête à bondir à tout instant. Et moi, je me campe en une garde parfaite, résolue à imiter Naïs si jamais elle décider d’attaquer. Seth, lui, affronte la folie du regard de son père, sans un mot, avec un courage immense.

- « J’imagine que ton frère te ressemblerait probablement autant qu’à l’époque »

Je bouillonne littéralement à ces mots. Seth frémit, mais il n’esquisse aucun mouvement et reste aussi silencieux qu’une tombe. Soudain, alors que je rêve de réduire en pâtée pour Brûleurs cet imbécile de Samoan, les évènements se précipitent dangereusement. Imbécile ? J’ai dit imbécile ? Samoan est loin d’être un idiot, et la preuve par trois en est que le bouclier de protection créé autour de nous par ma mère disparaît aussi simplement qui est apparu. Il ne me faut pas trois secondes pour réaliser la situation. Je jure entre mes dents. Par la barbe de Merwyn, un gommeur !

Naïs est la première à bondir : dans un élan formidable, elle échappe à la protection de Pan, parce que bien avant nous tous, elle a compris ce qu’il se passe et le poignard qui siffle à travers la pièce, mortel, elle l’a perçu plusieurs secondes avant nous. C’est sans doute pour cela qu’elle se place devant Seth, déterminée à affronter et le poignard et Samoan qui fondent sur elle à la même vitesse. Alors que mes jambes daignent enfin se mettre en mouvement, machinalement, la scène semble dérouler au ralenti. Et le chaos règne…

* *
*


≈≈≈ Naïs ≈≈≈

L’air rentre péniblement dans mes poumons en feu. J’ai mal partout, mais quelque chose me dit que je ne suis décidément pas morte. Mes pensées s’entrechoquent dans mon crâne tandis que j’essaye de les ordonner tant bien que mal. Par la sainte culotte de l’Empereur, mais qu’est-ce qu’il s’est passé depuis que j’ai tout bonnement perdu connaissance ? Je ne me souviens même plus précisément de ce qu’il s’est passé à ce moment-là en fait. Plusieurs voix résonnent soudain à proximité. Je suis bien en peine de les reconnaître. Je papillonne un instant des paupière, une interrogation planant dans l’air sans que je puisse la poser – j’ai la gorge bien trop sèche pour cela.

Hého ? C’est qui ?

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