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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Groupe Heyz - Cours n°4

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Dolce Ysil
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MessageSujet: Groupe Heyz - Cours n°4   Lun 17 Déc 2012, 15:11

Un léger soupir franchit les lèvres de Dolce.
Il se sentait tout chose. Cela faisait longtemps maintenant qu’il n’avait pas revu ses deux apprenties, après leurs épreuves de l’Ahn-Ku. Il leur avait laissé un mot à chacune après cela pour qu’elles aillent dans les bureaux des Maîtres pour avoir accès à la Greffe qui leur revenait désormais ; et il pensait sincèrement qu’elles la méritaient.

Mais son voyage dans son île natale avait fait évoluer pas mal de choses en lui, et il le sentait.
Combien de temps était-il parti ? Plus d’un mois, mais moins de deux. C’était déjà énorme, en y pensant, mais après tout, c’était ainsi, et il les avait déjà laissées plusieurs semaines après leur examen précédent. Il ne s’en faisait pas pour elles, en fait, tout bien réfléchi. Peut-être culpabilisait-il un peu, mais c’était tout, et cela n’était pas vraiment rationnel, car elles étaient largement assez avancées pour se débrouiller seules.

Le regard vert de l’homme balaya l’horizon, et il prit une grande inspiration.
Il avait une idée derrière la tête. C’étaient les premières apprenties qu’il menait au bout de l’apprentissage – c’étaient ses deux premières apprenties tout simplement, en fait – et du coup, il hésitait quant à la suite. Où les libérer, leur montrer qu’il n’avait plus rien à leur apprendre, que la suite cela serait à elles de le découvrir par elles-mêmes ? Il avait pensé déjà à plusieurs endroits, notamment aux Dentelles Vives, au Pays Faël, à la Grande Faille… Mais finalement, son choix s’était porté tout naturellement à la Jungle d’Hulm, et il s’était renseigné pendant plusieurs jours pour l’itinéraire. Il avait une excellente idée !

Se redressant tranquillement, Dolce s’étira longuement, et son esprit s’envola vers Syndrell.
Que faisait-elle à l’heure actuelle ? Chevauchait-elle son étalon ? Courrait-elle ? Avec qui ?
Un sourire étira ses lèvres. Il aurait voulu pouvoir la serrer contre lui, l’emmener avec lui encore. Les semaines passées tous les deux, toujours l’un avec l’autre, presque collés, avaient renforcé leur complicité et encore plus développé l’amour qu’il portait en lui. Il n’avait plus envie de la quitter, l’accompagner chaque seconde, qu’elle l’accompagne aussi, à se déplacer à deux.
Il ne pensait pas vivre d’amour et d’eau fraîche, et puis généralement ils avaient cette tendance à attirer les ennuis à eux quand ils étaient ensemble, mais ils étaient toujours ensemble pour passer au dessus.

Un nouveau soupir passa, et il se releva complètement, prenant la direction de l’entrée du Domaine, l’endroit où il avait donné rendez-vous aux deux jeunes filles par un petit mot glissé dans leur lit ou près d’elles. Elles ne dormaient pas souvent dans les dortoirs, ni l’une ni l’autre, et il avait donc aussi affiché cela sur le panneau d’affichage. Il avait pensé qu’avec l’hiver et la neige qui arrivaient et recouvrait le paysage, elles seraient plus du style à dormir dedans… Tout faux !

Lorsqu’elles arrivèrent enfin, un large sourire éclaira le visage de Dolce, qui les salua.

- Bonjour toutes les deux ! En forme ?

N’attendant pas spécialement de réponse, il écouta néanmoins ce qu’elles avaient envie de dire, avant de continuer.

- Alors, vous avez rencontré un Mentaï ?

Il sourit en coin.
Après tout, et bien malgré lui, il était venu à bout du Mentaï qui lui avait accordé sa greffe un an plus tôt. Il avait répugné à le faire, certes, mais c’était quand même le cas. Cela n’avait pas été facile, et il y aurait laissé la vie si Syndrell ne l’avait pas aidé - même si elle l’avait alors fait pour avoir des réponses et non par affection.
Il aurait sans doute préféré que cela se passe autrement, mais sans doute que si cela avait été le cas, Syndrell ne serait pas dans sa vie, ne serait pas sa vie à ce point…

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Papillon Til'Maavon
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Dim 23 Déc 2012, 00:12

Je m'échauffais, en haut d'un arbre.
Assouplissements et brèves musculations pour préparer mon corps à ce qui allait lui arriver. Car cela n'allait certainement pas être anodin. C'était... c'était notre dernière escapade après tout. Je ne sais ce que Dolce nous aura concocté, mais ce ne sera certainement pas dérisoire. Du moins je l'espère. Il ne peut pas tout simplement nous lâcher ainsi et... et..

Je ferme les yeux, retenue seulement pas les genoux à une branche d'arbre.
Mon ventre se gonfle et se dégonfle dans un rythme régulier. Je souris. Papillon, je t'ai déjà dit que tu étais une boule de nerfs ? Mon sourire s'élargit. Oui, un tas de fois. Puis mon sourire se fâne. Il ne peut pas tout simplement nous lâcher ainsi, et... il ne peut tout simplement pas nous lâcher..

J'inspire un grand coup.
Quel sentimentalisme. Depuis quand es-tu devenue niaise ?
'Sais pas...

C'est alors que mes genoux s'ouvrent.
Quelle sensation grisante que celle du vide qui vous aspire !
Je tend le bras et une branche me sert d'axe autour duquel je tourne. Puis une autre branche, et encore une autre. Je contrôle ma chute jusqu'au sol. Là, je me relève, ris, m'étire et entame la deuxième partie de mon échauffement, la course.

Cela me fait tellement de bien...
Je me souviens encore des premières courses imposées par Dolce.
Ce que ça pouvait être éreintant ! À présent, je suis capable de courir des heures à allure modérée. Et de tenir un sprint sur... boaf, quelle importance après tout ? J'ai confiance en mon corps, c'est le principal – et il me le rend bien.

Les arbres s'écartèrent soudain.
Le domaine est là. Il y a deux jours, je regardais le panneau d'affichage et ai trouvé par hasard un mot de mon maître. J'étais monté dans le dortoir et avais alors découvert un mot semblable sous mon oreiller. J'avais prit une jolie couleur pivoine en me rendant compte que j'aurais très bien pu passer à côté. Après avoir trouvé toutes sortes de jolis mots –qu'il ne serait pas convenable de retranscrire ici– pour me désigner, j'étais partie dormir.. eh bien, comme d'habitude, dans mon arbre préféré, dans la forêt.

Que ferait un papillon en intérieur ?

¤

Un sourire étira mes lèvres.
Non, un papillon est fait pour le grand air, les arbres, les fleurs dont il se nourrit.
Je levai les yeux au ciel. Oui, si ce n'est qu'en tant que moi-même, je ne me nourris pas de fleurs... Mon sourire était je crois à son comble quand j'arrivai devant le lieu de rendez-vous : le hall d'entrée du Domaine. Dolce était déjà là, son éternel sourire aux lèvres, que je lui rendis alors qu'il nous demandais comment nous allions, Elya étant arrivée juste après moi.

– Plutôt, oui !

Je souris. C'était futile, certes, mais c'était la base de toute conversation civilisée.

– Alors, vous avez rencontré un Mentaï ?

Je clignai des paupières.
Oh. Mentaï. Greffe. Je baissai les yeux.
Greffe... je ne savais toujours pas si je l'avais en effet reçue ou si...

– Eh bien... je jetai un coup d’œil à Elya ; l'avait-elle, elle ? Oui, mais... j'ignore encore ce que..

Je me tus, n'arrivant pas à terminer ma phrase.
Je crois que j'étais encore devenue couleur pivoine.

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Mar 22 Jan 2013, 10:50

Elya n’était pas restée bien longtemps à Al Chen. Son frère ayant quitté la ville alors qu’elle arrivait à peine, elle n’avait pas eu grand intérêt de s’attarder, surtout qu’il s’agissait d’une partie de l’empire qu’elle connaissait comme sa poche maintenant – presque mieux que son quartier miteux à Al Jeit même. Aussi préféra-t-elle reprendre la route vers le Domaine qui, avec le temps, était devenu un lieu où elle se sentait complètement chez elle et en sécurité. Elle se souvenait encore comment, plusieurs mois, deux ou trois ans auparavant, elle avait plutôt tendance à fuir les murs protecteurs du Domaine. Cela la faisait indéniablement sourire.

Feu galopait joyeusement à bon rythme. Elle avait quitté depuis longtemps les plateaux enneigés longeant le massif des Dentelles Vives. Et ce fut avec un certain plaisir de celui qui revient chez lui après avoir profité de quelques jours de vacances, mais heureux de pouvoir enfin rentrer, qu’elle pénétra dans la pénombre de la forêt Ombreuse. L’hiver, les arbres dénudés ne laissaient passer presque aucune lumière ce qui rendait les lieux plutôt lugubres et inquiétants. Mais il y a longtemps que la jeune femme y était habituée. Le vent fouettait ses cheveux, malicieux et joueur comme jamais et elle riait tandis que Feu accélérait encore, fougueux et impétueux mais sans jamais manifester le moindre signe de violence envers elle. La rouquine avait été la première à monter l’étalon sans peur – fallait-il croire qu’elle avait été totalement inconsciente ? Possible…

Très vite, le Domaine dressa ses hauts murs dans le paysage et Elya ne ralentit pas le rythme pour autant. Elle avait chevauché toute la nuit, repoussant les limites de sa fatigue – même si les cauchemars s’espaçaient désormais, elle avait toujours cette crainte de se laisser emporter par le sommeil. Les premières lueurs du jours explosaient littéralement dans le ciel dans des millions de teintes toutes plus fascinantes les unes que les autres. Roses, turquoises, oranges, rouges, marines et encore. La jeune femme dominait le Domaine depuis sa colline, juchée sur Feu. Les mèches de ses cheveux flamboyants voletaient doucement devant ses yeux au gré de la brise matinale, mais ne l’empêchaient nullement d’admirer le lever du soleil.

Elle laissa Feu dans sa stalle habituelle, l’étalon était désormais entouré de deux superbes juments. Elle ne les avait jamais vu auparavant, probablement qu’elles devaient appartenir à de nouveaux apprentis ou à d’autres serviteurs du Chaos. Haussant les épaules toute seule, elle fit tout les soins à l’étalon – ils étaient devenus littéralement machinaux. Sortant des écuries d’un pas léger, la rouquine s’arrêta devant le panneau d’affichage de l’entrée – savait-on jamais. Et elle avait bien raison car son regard d’émeraude reconnut immédiatement l’écriture fine de Dolce. Sur la note, il donnait rendez-vous à ses deux apprenties le matin même devant l’entrée. Elya fronça les sourcils un instant : elle n’avait pourtant vu personne dehors encore. Bah d’ici, quelques minutes, ni l’un ni l’autre ne saurait tarder à arriver. N’empêche que pour le moment, un étrange sourire étirait ses lèvres. La journée commençait drôlement bien…

♠♠♠


Comme elle l’avait imaginé quelques minutes plus tôt, lorsqu’elle poussa la lourde porte d’entrée, Dolce et Papillon l’attendaient déjà dehors. La rouquine afficha alors un sourire rayonnant. Son regard brillait d’une petite étoile : elle était toute excitée de repartir pour un tour avec ses deux compagnons de voyage. Plus qu’un guide ou un maître, Elya considérait Dolce un peu comme un grand frère. Plus qu’une simple camarade de cours, Papillon était pour elle une véritable amie. La jeune femme posa ses mains sur ses hanches avant de répondre à la question de Dolce.

- « Si je vais bien ! Je pète la forme oui ! »

La rouquine appuya son affirmation d’un bref clin d’œil avant de croiser les bras sur sa poitrine. La greffe. Elle n’avait pas encore eu l’occasion de savoir en quoi elle consistait exactement, mais elle la sentait en elle. Profondément ancré dans ses veines, dans son corps, partout en elle.

- « Est-ce qu’ils sont tous aussi imposants ou bien c’est juste un air qu’ils se donnent ? » ajouta-elle avec une pointe d’humour.

Elya jeta un rapide coup d’œil à Papillon qui était devenue aussi colorée que ses cheveux. La jeune femme réprima un petit rire avant de planter son regard dans celui de Dolce. Quelle joyeuse torture avait-il prévu cette fois-ci ?



[Youpla! Désolée du retard, entre les vacances, les partiels et la reprise des cours, pas facile de trouver le temps pour rp! Enfin, me revoici, me revoilà... ]
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Mer 23 Jan 2013, 15:33

Les réponses des jeunes filles firent sourire Dolce, notamment Papillon qui devint aussi rouge qu’une écrevisse. Elles avaient évidemment vu un Mentaï, l’une et l’autre, mais de là à savoir ce qu’il s’était passé dans la salle en question, c’était sans doute une autre histoire.
Dolce se souvenait que lui-même n’avait eu absolument aucun indice quant à sa greffe avant des mois et des mois. Le Mentaï ne lui avait absolument rien dit, s’était contenté de le renvoyer… Mais maintenant, il était mort, et c’était lui qui l’avait tué.

Poussant un léger soupir, l’Envoleur répondit tranquillement aux deux jeunes femmes devant lui.

- Imposants ? Je n’aurais pas utilisé ce mot ! J’aurais plutôt dit pédant, ou dédaigneux… Enfin, ça dépend desquels, il y en a qui sont plus abordables que d’autres….

L’image de sa « rencontre décisive » avec le Mentaï qui s’était occupé de sa greffe remonta à sa mémoire, et notamment la lutte qui s’en était suivie pour garder chacun leur vie dans leur corps. C’était grâce à son disque de métal que Dolce avait réussi à mettre hors de combat le Mentaï… Et puis après, Syndrel…

Secouant vivement la tête, l’homme sourit quelques secondes.

- Ainsi, vous n’avez pas non plus eu d’indices, vous aussi…

Son sourire se transforma en sourire en coin, et il finit par hausser les épaules, avant de continuer.

- On ne prend pas les chevaux, ce voyage va se faire à pieds. Vous me suivez toujours ?

Une étincelle passa dans son regard, tandis qu’il venait pousser les portes du Domaine, faisant jouer les muscles de ses épaules. Habillé de sa cape en fourrure de loup, il n’avait pas froid et même en pleine tempête de neige, il n’était pas congelé. C’était très pratique ! Et ses chaussures en peau de phoque étaient tellement chaudes qu’il ne craignait pas non plus le froid sur ses orteils.

- J’espère que vous êtes équipées ! Si non, je vous donne quelques minutes pour être au point, après on file !

Leur adressant un clin d’œil, il les observa faire.
Elles ne connaissaient pas leur Greffe, l’une et l’autre. Cela allait être intéressant de voir comment elles les découvriraient ; généralement, c’était pendant ce dernier voyage initiatique que tout se jouait, et que les apprentis prenaient la pleine mesure de leurs capacités.
De toutes leurs capacités.

Et Dolce avait hâte de voir ça !







[ Court, désolée ! x) ]

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Mar 05 Fév 2013, 17:35

La greffe. Evidemment que Dolce se souciait de la greffe qu’elle avait pu avoir. A vrai dire, elle même n’avait strictement aucune idée de ce en quoi elle pouvait bien consister et si Fyn avait respecté son souhait au pied de la lettre. Elle était véritablement impatiente de le découvrir même si elle la sentait pulser tout au fond d’elle, comme ancrée dans ses veines. La rouquine hocha imperceptiblement la tête en souriant lorsque Dolce répondit à sa question. Ah bon ! Bah c’était bien ce qu’elle avait supposé alors ! Apparemment les Mentaïs, ces puissants cadors du Chaos, semblaient tous se donner de grands airs supérieurs. Certes, ils imposaient le respect – pas forcément par leur carrure et Fyn en était le premier exemple qui lui vint en tête, mais plutôt la force qui s’émanait d’eux – mais Elya n’irait sûrement pas copiner avec l’un d’entre eux pour la simple et bonne raison qu’elle avait toujours eu une sainte horreur de ces gens pédants et orgueilleux. Bref…

Lorsque Dolce demanda si elles étaient fin prête, la jeune femme jeta sa sacoche de voyage sur son épaule d’un mouvement nonchalant et planta son regard émeraude dans celui de l’Envoleur. Comme elle s’était doutée qu’ils partiraient tous les trois pour un long – très long – voyage, elle avait d’ors et déjà préparer quelques affaires essentielles pour la route. Le minimum vital en fait. Car cela ne servait strictement à rien de s’alourdir. Bon, elle avait certes un peu de sous sur elle – elle en avait toujours de toute façon. Mais plus important, une couverture de laine : avec l’hiver qui semblait fermement installé pour un sacré bout de temps, il serait dommage qu’elle se réveille un matin avec quelques doigts en moins à cause du froid. Son éternel poignard. La pomme dans laquelle elle avait croqué avant de retrouver Dolce et Papillon dans l’entrée. Quelques tranches de viande séchée, juste au cas où. Et l’arc qu’elle s’était récemment achetée à Al Chen. Des babioles en somme. Posant les mains sur ses hanches, elle lança d’un ton joyaux – ses yeux brillaient d’espièglerie.

- « Qu’est-ce qu’on attend ? »

Elya dévisagea un instant Papillon. Peut-être avait elle encore deux ou trois petites choses à récupérer. Mais, si elle était comme elle, prévoyante, il était peu probable qu’elle ait besoin de finir de s’équiper avant de se mettre en route vers de nouvelles aventures. La rouquine se demandait où Dolce avait l’intention de les amener pour ce dernier voyage. Elle avait énormément de mal à se faire à l’idée qu’il était le dernier de son apprentissage. Le tout dernier de ces trois ans passés ensembles à parcourir l’Empire de long en large et en travers. La jeune femme sentit une vague de nostalgie l’envahir quelque peu, mais la repoussa d’un revers de main. Car le soleil perçait à travers les nuages et l’épaisse végétation qui entourait le Domaine. Car une belle journée s’annonçait en perspective. Car elle avançait, toujours…

… Envoleuse et libre.



[Court aussi x)]
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Papillon Til'Maavon
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Sam 16 Fév 2013, 11:51

Mentaïs, greffe.
Dolce nous regardait en souriant.
Je retins un soupir et pris une grande inspiration en espérant que la couleur pivoine de ma peau disparaîtrait rapidement. La greffe... pas la peine de me demander si je l'avais. Ce n'était pas une obligation, après tout. Une armure, j'avais demandé une armure... tsss ! Il avait dû avoir la même réaction que mes propres pensées à l'évocation de ce mot : quelle imbécile, elle croit que tout est possible dans les spires ?

L'espace d'une seconde, une grimace entreprit de tordre mes traits.
Puis je détendis les muscles de mon visage et pris le temps de réfléchir aux mots du maître envoleur. Il n'avait pas prononcé le mot greffe, à aucun moment. Sourire en coin. Que mon cerveau peut aller vite en besogne parfois. La deuxième phrase de notre maître me permit de reprendre contenance. Ainsi, ni les uns ni les autres des mentaïs n'offraient d'indices à la légère... je n'étais finalement pas juste tombée sur quelqu'un de très secret.

Je rejetai ma longue tresse armée en arrière.
Prête ? Je l'étais depuis plus de trois jours. Ne pouvant plus monter Lumière Noire sur de longues distances, trop vieille, trop fatiguée ; Myran, ma nouvelle monture, pie overo café au lait, était impatient de partir... sauf que. Sauf que finalement je partais sans lui. Je manquai de laisser échapper un petit rire nerveux. Eh bien tant pis pour lui !

Et puis, un voyage à trois, seulement à trois, était peut être mieux qu'un voyage à six.
Ce n'était pas la même énergie, disons. Et puis... et puis nous avions plein de choses à penser, à dire, à tenter. Tenter de comprendre nos greffes. Tenter d'escalader les plus hauts sommets. Tenter de traverser les forêts les plus denses. Tenter les monstres les plus féroces –Marcheurs, Brûleurs ou Ts'liches qui sait ?

Beaucoup de choses à faire.
Et si peu de temps devant nous.
Allons escalader le Kur N'Raï !

Une seconde à peine plus tard, je relevai la tête.
J'étais prête. Depuis plusieurs jours que j'enlevai et remplaçai des choses dans mon sac, il s'emplissait et se désemplissait au rythme de mes idées et envies. Je ne doutais pas qu'Elya l'ai fait elle aussi. Son sac, j’entends. Je haussai une épaule pour replacer mon sac sur mes omoplates. Mes yeux vert feuille croisèrent un instant le regard émeraude, puis se fixèrent dans celui de Dolce.

Diverses choses faisaient partie de mon bagage.
Mais rien de très lourd ; si ce n'est une couverture fine mais chaude et les armes que j'avais avec moi –les sabres qui dépassaient de mes épaules, un poignard contre ma hanche, un arc démontable dans mon sac, la lame de ma tresse. En outre, quelques bâtonnets de siffleur séchées –goût exécrable, mais cela faisait longtemps que je m'y étais habituée–, une maigre partie de mes quelques économies et deux pommes –j'adorais ces fruits.

Tandis que je dressai l'inventaire mental de mon bagage, Elya en avait profité pour lancer un "qu'est-ce qu'on attend", joyeux voire espiègle. Je souris largement, sans répondre toutefois ; car la réponse était évidente. Rien, rien du tout ! Allons-y !

Hochement de tête.
Prête ? C'était évident, non ?


[court... et en retard qui plus est u_u]

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Lun 18 Fév 2013, 21:08

Un petit sourire en coin se dessina sur le visage de Dolce quand Elya demanda ce qu’ils attendaient…
Et bien, puisque c’était comme ça… absolument rien !
Jetant un coup d’œil en arrière, Dolce s’avança d’un pas déterminé vers la porte du Domaine et la poussa avec force. Un vent glacial vint jouer dans ses vêtements, et son sourire s’élargit. Adressant un clin d’œil aux deux jeunes filles – des Envoleuses désormais, c’était certain – il s’élança dans la légère couche de neige qui recouvrait le cratère du volcan en courant.


§§



Maintenant que les deux jeunes filles avaient réussi haut la main leur dernier examen, Dolce les considérait clairement comme des Envoleuses à part entière. C'était d'ailleurs pour cela qu'il ne cessait de les pousser dans leurs derniers retranchements, de manière encore plus poussée qu'à son habitude. Courir pendant toute une journée ne lui faisait pas peur, loin de là, et exécuter d’autres exercices en même temps n’était plus qu’une formalité.
Une formalité qu’il se plaisait à transformer en véritable torture, ou presque.

La jungle d’Hulm…
Evidemment, encore une fois, il ne leur avait pas dit où il comptait se rendre. Après tout, c’était une surprise, et surtout c’était la perpétuation de son propre apprentissage. Son Maître l’avait emmené dans cet endroit si particulier pour la fin de son propre apprentissage, pour enfin le libérer. C’était une sensation à la fois grisante et terriblement effrayante, même pour lui qui n’avait pas eu l’impression de s’être trop lié avec son Maître. Mais c’était comme si tout à coup, toute votre vie venait défiler devant vos yeux, et que finalement vous la trouviez insignifiante comparée à celle que vous pouvez désormais vivre !

Et c’était totalement vrai, Dolce pouvait le confirmer haut et fort. Il n’irait pas jusqu’à lancer dans son accès de joie qu’il aimait une Marchombre, qu’il avait tué un Mentaï, qu’il s’était battu contre d’autres Envoleurs, qu’il avait tué aussi sa propre camarade de cours… non. Mais comment aurait-il pu imaginer que tout cela aurait pu se passer, à ce moment-là ? Comment aurait-il pu imaginer que sa camarade et amante allait mourir de sa propre lame ? Comment aurait-il pu croire qu’il allait autant se battre ? Lui qui était pacifiste de base, surtout parce qu’il fallait vraiment le chercher pour trouver ses pulsions sanguinaires et meurtrières… Non. Il ne l’aurait jamais imaginé.

Un petit soupir franchit ses lèvres, tandis qu’il repassait dans une marche plus tranquille. Ils venaient d’enchaîner des sprints et de la course pendant plus de deux heures, de quoi forcer sur les poumons et le cœur !
Souriant doucement, Dolce ferma les yeux un instants.
Quand il les rouvrit, sept brigands étaient postés devant eux, ce qui eut pour seul effet d’élargir l’arc de ses lèvres vers le haut.

Tournant la tête vers les deux jeunes filles, il les détailla quelques secondes.
Clairement, dans le groupe de brigands qui venaient de s’imposer devant eux, deux se distinguaient en étant un peu plus en arrière. Ceux-là, Dolce en était certains, attendraient que tous leurs compagnons soient en pleine agonie pour intervenir. Et ce seraient les plus durs à battre. La poignée de leur sabre était bien patinée par l’usage, et leur regard perçant s’ouvraient assez pour montrer qu’ils ne perdaient pas un seul détail de vue.

- La monnaie ou la vie !
– Moi j’ai mieux à proposer ! Garçon, si tu nous laisses les deux beautés, tu as la vie sauve !


Dolce éclata de rire, et adressa un clin d’œil aux deux beautés en question, rieur.

- Dites, les beautés, si vous montriez que votre art est aussi grand que votre beauté ?

Mais son regard redevint sérieux une seconde.

- Corps et esprit ne font qu’un. Le réflexe n’existe pas, ce n’est qu’une action. Corps et esprit sont fusion… Montrez à ces messieurs à quel point c’est vrai…

S’effaçant légèrement, Dolce laissa la place aux deux apprenties en fin de formation, alors qu’il les sentait clairement trépigner pour se lancer dans la bagarre !


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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Mar 19 Fév 2013, 00:50

Et nous courions.
Comme j'ai dû penser cela un nombre incroyable de fois pendant ces trois dernières années. Comme j'ai pu courir, avec ces deux larrons ! Le rire qui souhaitait franchir la barrière de mes lèvres alla se perdre comme une vague qui veut frapper le sable d'une plage pour finalement perdre ses forces, glisser sur le sable et abandonner avant la fin. Il devint simple sourire –mais le sourire n'est-il pas l'antichambre du rire ?

Courir. Mettre un pied devant l'autre.
Enfin, ce n'était pas que cela, vous vous en doutez. Pour pouvoir tenir plusieurs heures au rythme que nous avait imposé notre maître, il ne suffisait pas de mettre un pied devant l'autre. Mais passons. Sitôt la phrase d'Elya lancée, Dolce nous avait renvoyé son éternel sourire et, avec un air des plus joyeux, était partit devant. Il avait soulevé devant lui quelques gerbes de poudreuse avant de rejoindre la piste d'ombreuse.

Et nous sommes partis.
Vers où ? Voyons, il était question de ne pas gâcher la surprise !

¤

Deux heures ont passé.
Peut être un peu plus. Ou un peu moins, je ne sais pas : j'arrive mal à distinguer le soleil, caché derrière une chape de nuages gris. Mais ce que je distingue très bien en revanche, c'est les sept hommes qui sont venus nous barrer la route. Mes yeux perçant détaillèrent leurs vêtements, leurs armes hétéroclites et leurs trognes qui ne m'inspiraient rien.

Puis ils scrutèrent leur groupe.
Cinq étaient devant nous, leurs lames tirées ou arcs bandés.
Deux avaient des arcs et étaient sur les côtés. Ils tireront dès qu'ils sentiront le danger arriver, le tout était de s'occuper d'eux en premier. Et puis deux autres, au fond, semblaient regarder la scène sans faire mine de vouloir intervenir, mais je voyais bien qu'ils captaient chaque minuscule détail. Des sabres aux poignées élimées dépassaient de derrière leurs épaules. On avait l'impression que rien dans la scène ne leur échappait. Mes yeux vert feuille se plissèrent, mais c'est l'ombre d'un sourire qu'il y avait sur mes lèvres.

Pendant ce temps, mes tympans avaient parfaitement capté les paroles qui se disaient autour et devant nous. Je n'y avais simplement pas prêté plus d'intérêt que cela, tout simplement parce que ce n'était qu'un vulgaire échange de banalités "la bourse ou la vie" et gnagnagna. Seules les réponses de Dolce présentaient un intérêt : elles étaient amusantes. Et surtout, elles étaient une invitation à... à les découper en morceau. Miam. C'est presque malgré moi qu'un sourire entre amusement et cruauté vint redessiner mes lèvres.

– Corps et esprit ne font qu’un. Le réflexe n’existe pas, ce n’est qu’une action. Corps et esprit sont fusion… Montrez à ces messieurs à quel point c’est vrai…

Je le fixai un instant, pensive, avant de sourire et de hocher la tête, ravie d'avoir l'occasion d'une bonne bagarre.

Je jetai un coup d’œil à Elya.
Un murmure s'échappa de mes lèvres.

– Je prend l'archer à droite.

J'étais presque certaine qu'elle en était arrivée aux mêmes conclusions que moi, c'était simplement pour clarifier la chose, car le reste coulait de source : une fois les deux archers supprimés, les trois du centre. Une fois tout ce beau monde à terre, on s'occupait des deux derniers. Je ne dirais pas qu'il était impossible qu'il n'y ait aucun problème, mais c'était quand même peu probable. Mais bien entendu, il fallait rester sur ses gardes, il ne s'agissait pas de sous-estimer ces hommes. Après tout, se battre, c'était leur boulot. Enfin se battre... non. Faire peur, c'était leur boulot. Se battre, cela semblait plus être la vocation des deux derniers, et...

Je secouai mes boucles rousses.
C'était bien beau, de réfléchir, mais parfois il fallait agir.
Tout sourire avait disparu de mon visage quand je dégainai l'une puis l'autre de mes lames. Deux sabres. Trois ans m'avaient suffit pour devenir quasi-ambidextre. Le bout de ma langue passa sur ma lèvre inférieure sans que je lui en ai donné l'autorisation. Enfin, officiellement. Oh oui, j'avais hâte de me battre !

Je vis l'archer me viser.
Il voyait déjà sa flèche se ficher dans ma poitrine, dans ma gorge, peut être même visait-il mon front ou mon œil. Le savoir si loin de la vérité ne me fit nullement sourire, et aucune pensée ne vint interrompre le court de mes mouvements. Car j'étais déjà à un mètre de lui, devant lui, puis derrière son arc. Il n'avait pas pu tirer un seul trait que déjà il glissait à terre, mes sabres se retirant hors de lui avec le bruit écœurant du métal crissant sur des os.

Aussitôt, ma lame droite dû se lever à hauteur de mon visage.
Car l'un des trois épéistes –du moins si on pouvait appeler ça des... épéistes– venait de se jeter sur moi. « Un combat qui dure trop longtemps est en général mauvais signe. » avait dit Dolce. C'est quatorze battements de cœur et trois gestes plus tard à peine que l'homme tomba à son tour, une de mes lames en travers de sa gorge, l'autre bloquant encore la sienne, qui tomba bientôt.

Un souffle, un geste. Esprit et corps en parfait amalgame.
Je tourbillonnai encore quelques secondes, mais j'avoue ne pas me souvenir qui d'Elya ou de moi tua le dernier des cinq brigands. En tous cas, parmi les sept hommes qui nous avaient tendu cette embuscade, seuls deux étaient debout à présent.

Je ne lançai pas un seul coup d’œil à ma camarade.
Je sentais sa présence à mes côtés. Nous étions deux lames de fond prêtes à s'abattre sur eux. La question était : arrivaient-ils à notre niveau ? Je savais que je n'étais pas la meilleure épéiste de Gwendalavir, je le savais pertinemment, mais ici, c'était eux ou nous. Ce qui n'était pas bon, c'est que cet homme avait eut le temps de me voir combattre, il avait vu ma manière de bouger, et pour un guerrier –pour moi en tous cas–, cela pouvait suffire pour avoir un net avantage. Sans compter qu'ils étaient, eux, frais et dispos.

Est-ce que...
Nos avant-bras se frôlèrent, et mon cœur, cet imbécile volage, se calma aussitôt, pour une fois. Nous étions deux, nous avions voyagé côte à côte dans tout l'Empire, j'avais confiance en elle, une confiance –presque– aveugle. Presque, car chez les envoleurs, celui qui a une confiance aveugle le regrette généralement amèrement.

Deux lames de fond s'élancèrent.
Nous ne nous étions même pas concertées, mais j'ai suivit l'instinct qui me poussait en avant. Et la certitude qu'ils n'avaient aucune chance face à nous deux. Les "beautés" allaient leur faire voir de quel bois elles se chauffaient !
Je m'élançai donc vers l'homme à droite du chemin.

Un sabre vint arrêter les miens.
D'un seul coup. Je grinçai des dents.
Il n'avait même pas bronché. Mon cœur s'enflamma.
Peut être était-ce de la haine, mais je n'eus pas le loisir de me questionner sur le sujet. Une série de coups s'enchaîna si vite que je ne sus bientôt plus qui de nous deux attaquait et se défendait. Mon corps et mon esprit tout entiers étaient concentrés sur cette tâche : prendre la vie de l'homme en face de moi.

Nous nous séparâmes, essoufflés.
« Un combat qui dure trop longtemps est en général mauvais signe. »
Toi, chut. C'est pas parce que tu prends la voix de Dolce que tu vas arriver à passer. Nous nous tournâmes autour un moment. Mes deux sabres étaient à mi-hauteur, le sien était devant ses yeux. Je ne le haïssais pas, je crois. Mais j'allais quand même le tuer, et cette certitude pulsait dans mes veines. Il était mal en point, alors que moi, je n'avais que quelques égratignures. C'est sûr qu'un sabre contre deux...

Un sourire trancha mon visage, et mes lames se levèrent.
Il attaquait. Il était presque sur moi. J'expirai lentement. Au moment où il allait m'avoir, au moment où son sabre se dirigeait vers ma gorge, à ce moment-là seulement et à la dernière seconde, je l'évitai d'une souple rotation du buste. Je n'eus qu'à lever mes sabres. Emporté par son élan, il s'empala dessus. Le liquide vital, encore chaud, dégoulina le long de mes lames jusque sur mes mains. Je jetai le cadavre loin de moi, ne parvenant pas tout de suite à gommer la grimace qui tordait mes lèvres. Dégoût et fascination. Envie. Sang. Délectation. Mais brides. Et dégoût.

Je levai la tête vers le ciel.
À quoi me servait-il d'avoir envie de sang si c'était pour être dégoûtée dès que je touchais un cadavre ? Le sang mais pas les morts, c'était ça, hein ? Cette fois, c'était contre moi-même que j'étais dégoûtée, et en colère. Je ne pouvais pas être si chochotte, si ? Après un court soupir pendant lequel j'avais nettoyé mes lames contre une touffe de fougères, je me tournai vers les deux autres –Elya ayant, évidemment, terminé son combat. Pour ma part, à part une estafilade au bras –cadeau d'adieu reçu lors de la dernière attaque de l'homme–, je n'avais rien que des égratignures.

Je leur offrit un grand sourire, joyeuse malgré tout, et contente de ce combat –mais aussi impatiente pour le reste de la journée, et du voyage.

– C'était cool ! À quand la prochaine embuscade ?

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Mar 26 Fév 2013, 13:46

Ca y était, ils partaient. Un nouveau et fabuleux voyage les attendait. Mais ce serait aussi le dernier qu’ils feraient tous les trois, ensembles. Elya le savait pertinemment, mais elle préférait ne pas trop y penser car cette perspective lui faisait un peu peur à vrai dire. C’est donc sans attendre une minute de plus que la rouquine emboîtait le pas de Dolce, puis de Papillon dans une course légère mais rapide. Le Domaine s’éloignait à vue d’œil derrière elle. Les sables du volcan étaient recouverts par un fin manteau neigeux qu’elle laissa bien vite derrière elle aussi pour s’enfonce dans la forêt voisine, plein est…

… Ils partaient.

♠♠♠


Elya n’avait pas encore la moindre idée d’où Dolce avait l’intention de les emmener cette fois-ci. Il avait toujours pris l’habitude de garder la surprise entière, ce qui n’était pas du tout désagréable en fait. Au contraire, cela attisait même sa curiosité au plus haut point. Enfin, jusque là, elle avait évidemment remarquer qu’ils avaient mis le cap à l’est et ne semblaient pas dévier de leur trajectoire. Au fond, quelque chose lui disait que ce voyage serait l’un des plus long et des plus excitants. Le meilleur à vrai dire.

Toutes ces courses et ces sprints qu’ils venaient d’enchaîner pendant deux grosses heures avaient eu le bénéfice de réchauffer les sangs malgré la fraicheur des températures hivernales. En fait, depuis quelques temps, cela ressemblait plus à des défis lancés entre eux qu’à des exercices destinés à les torturer – et dire que la course était littéralement sa bête noire à peine trois ans auparavant. Non, là, maintenant, elle se sentait terriblement bien. Un peu essoufflée peut-être mais il lui fallut moins de dix secondes pour récupérer.

Quant Dolce finit par s’arrêter, il affichait un air absolument ravi. Et pour cause, le regard de la jeune femme se venait de se poser sur la bande de sept brigands qui se tenait pile devant eux, leur interdisant ainsi le passage – ou plutôt, croyant le leur interdire. Ils ne savait pas à quel point ils étaient dans le faux ceux-là songea Elya avec un air tout aussi amusé que l’Envoleur. Se prenant au jeu, la rouquine posa une main à sa ceinture et adopta une position légèrement déhanchée. Son regard émeraude s’attarda soigneusement sur chaque bandit. Une petite étincelle y brillait : la course l’avait échauffée et elle sentait battre en elle une formidable poussée d’adrénaline. Elle avait envie d’en découdre ! Elle repéra immédiatement les deux bonhommes au centre du groupe, intuitivement, elle savait qu’ils seraient moins commodes que les autres. Plus dangereux aussi. La seconde suivante, elle remarquait le défaut de l’armure du premier qui avait parlé, partant sous l’épaule jusqu’à l’aine. Et puis, elle tomba finalement sur l’un des deux archers, vêtus plus légèrement, mais pas moins dangereux.

Hochant la tête aux paroles de Dolce, elle se fit pas prier. Dans une mécanique parfaitement rôdée, Papillon et elle s’avançaient d’un même geste, affichant un même sourire carnassier. Repoussant une mèche rebelle, la rouquine fit jouer un instant son poignard entre ses doigts – c’était celui-là même qui ne le quittait plus depuis trois ans, depuis son premier cours en fait. L’archer bandait déjà son arc tandis qu’Elya lui lançait un long regard provocateur avant de ranger purement et simplement la lame dans sa gaine. Tout se déroula alors très vite. L’histoire d’une minute incroyablement courte et à la fois terriblement longue. L’archer la visait, mais au lieu de bondir d’abord sur l’archer comme quelqu’un de sensé, elle pris à revers celui qui semblait diriger ce beau petit groupe qui serrait fermement une épée courte. Il pivota pour faire face à la furie. Tenta de l’éventrer. Mais elle était bien trop rapide. Déjà, elle utilisa la force du guerrier et lui retourna presque l’épaule qui craqua sinistrement – tiens, cela lui rappelait quelque chose – dévoilant ainsi la faille de son armure. Réalisant son erreur trop tard, l’archer avait déjà tiré. La flèche fusa. Pour se planter profondément entre les côtes du bandit qui hurla de douleur. Toujours dans son temps, un temps de combat, Elya trouva le chemin de la nuque de son bouclier humain et tirant d’un coup sec, elle la brisa avant de projeter le désormais cadavre sur l’archer. L’impact le fit vaciller et la rouquine en profita. Impitoyable, il lui fallut à peine une seconde pour dégainer son précieux poignard et une de plus pour le planter dans la gorge de l’archer qui s’écroulait dans un gargouillis horrible. Un autre homme se trouva bientôt sur son chemin et il ne fallut pas trois secondes pour que la rouquine l’envoie au tapis. Elle sourit en voyant Papillon l’achever. Restait plus que les deux autres, qui, eux, étaient frais et dispos.

Encore une fois, elle avançait d’un mouvement parfaitement en coordination avec Papillon. Corps et esprit ne font qu’un. Il n’y avait rien de plus vrai et c’était bien pour cela qu’Elya bougeait avec un naturel étonnant. L’homme qui se tenait désormais face à elle était grand et large d’épaules. Il ne fallait pas espérer le surprendre de manière frontale, non. Au contraire, il fallait qu’elle soit subtile. Se glissant sous la garde du guerrier alors qu’il prenait la décision d’attaquer, la jeune femme eut tout juste le temps de parer un coup destiné à l’égorger. Envoyant son poing dans le torse de l’homme qui, déstabilisé momentanément, recula de quelques pas, elle sentit quelque chose pulser tout au fond d’elle. Etrange. Mais elle ne se laissa pas déconcentrer pour autant. Laissant couler cette étrange puissance dans ses veines, elle dansait autour du guerrier, prenant un malin plaisir à l’épuiser. Mais comme un combat ne dure jamais trop longtemps, elle se décida finalement à y mettre fin. Alors qu’elle évitait de justesse, encore une fois, la trajectoire d’une lame, sa main trouva le chemin de sa gorge offerte. Mais à peine ses doigts frôlèrent-ils la peau de l’homme que celui-ci s’écroula à genoux, les yeux révulsés par une douleur indicible. Fronçant les sourcils imperceptiblement, Elya s’accorda une seconde de surprise. Bah, arrêtes ton cirque, j’ai rien fait – pas encore du moins ! Se ressaisissant aussitôt, la rouquine planta alors son poignard dans la mâchoire de l’homme. Le bout de la lame ensanglantée ressortir par l’orbite oculaire. L’homme était mort. Et Elya se retourna pour faire face à Dolce, encore sous le coup de la surprise…

… Sans s’en rendre compte, elle venait d’utiliser sa greffe, tout naturellement, comme si elle avait toujours fait partie d’elle-même. Mais ça, elle ne le réalisait pas encore !



[Hé hé ! Je n'ai pas pu m'empêcher de faire joujou avec ma greffe x)]
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Mar 26 Fév 2013, 19:04

Dolce observait ses apprenties de loin.
Et, clairement, il était véritablement très fier d’elles. Elles avaient tellement évolué en trois ans ! Heureusement, certes, mais quand même. Elles avaient grandi, dans leur tête, et leur corps avaient pris du muscle, de la souplesse, eux aussi s’était transformés, pour en faire des Envoleuses.

Envoleuses.

Un sourire étira les lèvres de l’homme, qui poussa un léger soupir tandis que son regard tombait sur le visage du dernier brigand qui s’opposait à Elya. La douleur pure qui saisit ses traits fit froncer les sourcils à Dolce, mais après tout, les coups extrêmement forts et précis de la jeune fille avaient de quoi tirer des grimaces. Des grimaces, oui, mais pas les mêmes…

Et tandis que tous les corps étaient éparpillés et hors de combat, voire carrément morts, sur le sol, Dolce tourna les talons, tranquillement.

- Vous vous souvenez de votre premier cours ?

Faisant une petite pause, il tourna la tête vers les deux jeunes filles, un sourire étirant les traits de son visage.

- Comme quoi, avec de la volonté, tout est possible, n’est-ce pas ? Je suis fier de vous, les filles. Vous êtes des Envoleuses…

Il se souvenait aussi de son dernier cours, avec son propre Maître, et sa camarade.
Tout lui avait semblé se dérouler comme dans un rêve, il avait du mal à garder pied avec la réalité. Un léger soupir franchit ses lèvres.

- Elya… Tu n’as pas vu ou senti quelque chose de spécial ?

Se grattant la joue pensivement, il tourna aussi la tête vers Papillon.

- Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai plutôt dans l’idée qu’Elya, tu as plus quelque chose d’offensif que Papillon. Quelque chose a changé dans votre façon de faire, c’est très subtil, mais j’ai pu le remarquer…





[ Elya : mais c'était fait pour ça !
Désolée, c'est court, mais je ne voulais pas faire de dialogue non plus xD ]

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Papillon Til'Maavon
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Mer 27 Fév 2013, 14:10

Je lançai un coup d’œil à Elya.
Et une ombre de sourire. "Bien joué, » c'était ce qu'il voulait dire.
Mon regard se reporta sur Dolce, qui avait bougé –telle la vision des insectes attirée par le mouvement. Autour de nous, des morts. Sur mes lèvres, un sourire mi-figue mi-raisin. Dans mes yeux, une flamme. Puis, les mots arrivèrent.

Premier cour.
Ces mots me prirent à la gorge et mon cœur arriva à rater un battement.
Premier cour. Cachots. Elya. Dolce. Moi. ...Onde. Je retins de justesse une grimace. La dernière fois que je l'ai vu, elle fuyait. La grimace transparut un instant sur mon visage. Mais nous nous étions faite implicitement une promesse –enfin, quand je dis promesse... injonction plutôt– : que l'une de nous tuerai l'autre, que nous ne pourrions vivre sereinement tant que l'autre respirerait. Je m'en rappelle comme si c'était hier ; j'ai dû lui laisser une ou deux cicatrices, comme elle a dû également m'en donner. Qu'est-ce qu'elle avait mauvais caractère, celle-là !

J'étais jeune, et à cette époque je n'avais encore jamais tué.
On aurait presque pu dire que j'étais encore innocente. C'était finalement elle alors qui m'avais enjointe à la haïr –et je suis rentrée dans son jeu, je l'ai haï comme je n'avais encore jamais haï quelqu'un. Aujourd'hui, j'ai beaucoup de haine en moi, même si je la contrôle –et m'en sers, notamment pour me battre–, mais j'ai très, très envie de lui rendre la monnaie de sa pièce. Et de lui montrer le sens du mot haine... mais aussi celui du mot agonie.

- Comme quoi, avec de la volonté, tout est possible, n’est-ce pas ?

J'eus un petit sourire.
C'était vrai... « Je vais faire de vous des envoleuses. »
C'est ce qu'il avait dit, ce qu'il avait promit.
Et il avait tenu sa promesse.

– Je suis fier de vous, les filles. Vous êtes des Envoleuses…

Mon cœur sursauta dans ma cage thoracique.
Envoleuses. Il avait dit Envoleuses ! Je sentis une douce chaleur m'envahir. Ainsi qu'un calme bienvenu. Pourquoi se haranguer pour un simple mot ? Ce n'était qu'un mot... Je.. nous le savions depuis le dernier cour, où il l'avait déjà prononcé. Mais quand même... Je souris, largement cette fois. Mes yeux se posèrent dans ceux de mon maître. Reconnaissance. Et bonheur. J'avais le sentiment de lui devoir énormément de choses, tant de choses qu'une vie ne suffirait pas à exprimer...

- Elya… Tu n’as pas vu ou senti quelque chose de spécial ?

Je clignai des yeux.
Serait-ce... parlerait-il de...
Puis il se tourna vers moi et lança une deuxième tirade.
Oui, il parlait bien de la greffe... Plus offensif.. cela voudrait dire que moi, j'étais plus.. défensive ? Et cela voudrait dire que le mentaï ne s'était pas moqué de moi et m'avait réellement accordé ce que je lui avait demandé ?

Après la réponse d'Elya, je restai un moment perdue dans mes pensées.
Après la réponse d'Elya, je restai un moment perdue dans mes pensées. Puis j'inspirai profondément.

– Ah...

Concentration.
Pourquoi ce mot me trottait-il dans la tête ?

Concentration.
Pourquoi ? Je me mordis la langue.
Moi qui étais et avais toujours été l'insouciance même, l'intuition incarné, la désinvolture irresponsabilité en personne... Concentrée ? Qu'était-ce donc que ce mot repoussant ? Concentrer. Autrement dit, se centrer sur soi-même. Se poser... réfléchir.

Argh.
Concentration ? Plus facile à dire qu'à faire !
Je secouai ma tête. Ce n'était pas en ayant en tête des pensées telles que je n'y arriverai pas, que j'y arriverai. Certainement pas. Ce mot était bizarre, mais si il était en moi, il y avait forcément une raison. Je me promis d'essayer de me concentrer... dès que l'odeur qui nous entourait aurait disparue, et avec elle mes pulsions sanguinaires...



[je savais pas... T.T moi qui avait pensé que ce ne serait pas tout de suite... j'ai l'air maline maintenant.. ]

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Mar 12 Mar 2013, 17:21

Elya glissa ses doigts dans ses cheveux roux flamboyants. Elle croisa d’abord le regard de Papillon qui s’était défait, elle aussi, sans trop de mal de son dernier adversaire. Deux yeux verts. Comme les siens. Les yeux assassins d’une Envoleuse. Et puis, l’émeraude se vrilla dans le vert du regard de Dolce qui affichait un sourire satisfait. Il semblait réellement content et aussitôt la rouquine se détendit. Si elle se souvenait de son premier cours ? Ah ah ! Ce n’était rien de le dire. Comme si c’était la veille. Comment pourrait-elle oublier son arrivée au Domaine, trois ans auparavant. En trois ans, elle n’était pas totalement devenue le jour et la nuit, mais elle avait indéniablement appris à gérer la maladie qui l’empêchait de toute douleur. Elle ne la voyait plus nécessairement comme un truc totalement invivable car, en vérité, si cela était dangereux de ne pas forcément se rendre compte d’une blessure, certain casse-cou comme elle rêverait d’avoir cette capacité. Elle avait appris à apprivoiser tout ça, notamment face à un adversaire. Elle avait aiguisé ses réflexes autrefois inexistants. La jeune femme savait désormais protéger son corps. Et elle prenait d’autant mieux sa vie en main. En trois ans, elle était passée de la fille à ses parents à jeune femme indépendante et libre.

La rouquine hocha la tête et fronça distraitement les sourcils tandis que Dolce lui demandait si elle n’avait pas vu ou senti quelque chose. A vrai dire, dans l’action et le mouvement, elle n’avait pas trop fait attention. Mais, maintenant qu’elle y songeait, quelques détails frappaient effectivement. Elya se frotta le front un instant avant de relever la tête et de croiser les bras sur sa poitrine tandis qu’elle réfléchissait.

- « Vu ? » répéta-t-elle « Ouais, je crois qu’on as tous vu la même chose : je l’avais à peine effleuré quand il s’est effondré. L’espace d’une seconde j’ai cru que c’était du cinoche, mais… »

Evidemment Dolce pensait à la greffe, et le fait, au moins de constater cela, fit remonter dans le souvenir de la rouquine certaines sensations. Elya décroisa ses bras et se plongea dans l’observation de ses mains essayant de renouer avec ses perceptions. Et comme quelques minutes auparavant, elle sentit. Ca pulsait dans ses veines. Dans son corps tout entier. Et ça, elle était en train de réaliser que c’était sa greffe. Sa greffe. Cela lui paraissait juste complètement énorme alors qu’à peine un an et demi auparavant elle admirait ces disques de métal tranchants qui sortaient des hanches de Dolce. Et maintenant, elle avait sa propre greffe. Parce qu’elle était Envoleuse.

- « Mais maintenant que tu le dis, c’est vrai que j’ai senti comme une décharge » souffla-t-elle en cherchant un peu ses mots « Je sais pas trop comment l’expliquer, mais c’est un peu comme si on avait activé une espèce de force qui aurait fait partie de ce que je suis depuis toujours. Et je la sens pulser dans mes veines en permanence »

Elya avait terriblement envie de demander si c’était pareil pour eux du coup. Mais il était certain que le ressenti devait forcément être différent en fonction des personnes. La rouquine hocha la tête à la remarque de Dolce. Sa greffe, offensive ? Maintenant qu’elle y pensait, cela semblait évident. Et de toute façon, cela aurait largement le temps de se confirmer durant leur périple.



[Un peu court, mais j'avais pas envie de faire un long blabla inutile... ]
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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Ven 22 Mar 2013, 15:39

Dolce hocha la tête, un léger sourire sur les lèvres.
Elya parlait pour évacuer sans doute le stress qu’engendrait cette découverte. Est-ce qu’elle avait une greffe qui correspondait à ce qu’elle avait demandé au Mentaï – si elle avait demandé quelque chose ? Mais il avait également cette excitation sans bornes, cette joie indéfinissable et indicible qui monte en soi, et qui révèle à nouveau cette…chose qui vient enfin de naître, dans son propre corps, exacte prolongation d’un état d’esprit, d’une aptitude, de ses propres membres et de son propre passé.

Chaque greffe est unique, et correspond généralement à une facette de soi qui a pour vocation d’être révélée.

L’Envoleur n’avait pas eu idée que quelque chose d’aussi dangereux et d’aussi… esthétique puisse provenir de lui-même. Au début, il en avait même douté. De pouvoir avoir quelque chose d’aussi beau en lui. Mais d’aussi dangereux, aussi. Il s’était posé beaucoup de question, notamment sur la dangerosité de la beauté.
Un léger soupir franchit ses lèvres tandis que son esprit, malgré lui et dans la logique de ses pensées, partait vers Syndrell, et un léger sourire étira ses traits. Les Marchombres aussi avaient des greffes, même si c’était moins systématique que les Envoleurs ; mais il n’était pas certain que les greffes Marchombres ou Mercenaires eussent de réelles différences au niveau de l’accord avec la personne en elle-même.

Tournant la tête vers Papillon, Dolce l’observa quelques secondes. Elle semblait essayer de comprendre, mais sans succès. Un petit sourire étira les lèvres de l’Envoleur, et il s’avança vers elle, posant une main presque paternelle sur son épaule.

- Ne force rien. Ça viendra tout seul, il ne faut pas que tu commences à te poser trop de questions.

Lui adressant un large sourire, il finit par pousser un soupir et s’éloigner des deux jeunes filles.

- Elya, tu tiens une piste, j’en suis persuadé. De toute façon, on a le temps de découvrir tout ça !

S’engageant sans plus discuter sur le sentier sur lequel ils marchaient avant que les brigands ne se jetassent sur eux. Un sourire mi-figue mi-raisin sur les lèvres, il se remit à courir tranquillement.


§ § §



Ils se déplaçaient vers le nord-est.
Dolce avait un large sourire sur le visage, et en même temps une chape de tristesse sur le cœur. Parce que ses apprenties n’étaient plus des apprenties, tout simplement. Cela résumait tout à la fois ; la joie et la tristesse. Elles étaient des Envoleuses, et en même temps elles devaient désormais faire leur propre chemin.

Un soupir franchit les lèvres de Dolce alors qu’il repassait dans une marche dynamique. Ils venaient d’atteindre l’extrême nord du Lac Chen, et filaient droit vers l’est désormais. Le but, pour Dolce, étant de rejoindre le fleuve du Loutoubre, qui naissait dans les hauteurs des Montagnes de l’Est. Ce même fleuve qui longeait la Jungle d’Hulm. Il avait dans l’idée de faire exactement le même chemin à ses apprenties que celui qu’il avait fait, bien des années plus tôt, avec son propre Maître. Il aurait d’ailleurs trouvé ironique de la croiser à nouveau.

Ses pensées s’envolèrent vers Grazia, et la vision de la femme avec son poignard dans l’œil l’assaillit quelques secondes. Poussant un soupir comme pour la repousser de dans son crâne, il tourna le regard vers ses deux apprenties.
Futures-ex-apprenties.
Assimiler l’idée n’était pas chose aisée, mais doucement son inconscient faisait son chemin.

- Les filles ? Promettez-moi de ne jamais vous prendre la tête ensemble après la fin de l’apprentissage. J’aimerais garder mes deux apprenties vivantes le plus longtemps possible !

C’était cela, de penser à Gazia. Ils s’étaient toujours plutôt bien entendus – même au début. Après, certes, leur relation avait évolué, mais la passion entraine la perte de la raison ; c’était en partie ce qui s’était passé. Il ne pensait pas que cela atteindrait un jour cette apothéose, et pourtant…
Il avait dû la tuer, pour sauver sa propre peau. Il n’y avait plus repensé clairement depuis sa rencontre avec son Maître, depuis le retour de l’île des Femmes… Mais quand même. Il ne se voilait pas la face : il y avait encore à travailler sur cela, car s’il n’avait pas de culpabilité, il y avait autre chose.

Il se rendit compte qu’il devait en parler.
En parler, avec Syndrell.

« Je ne sais pas ce qui s’est passé, là-bas ; il y avait mon combat, et il y avait ton combat. Un jour, demain peut-être, ou peut-être dans une autre vie, tu me raconteras cette histoire. »

Un jour. Un jour, qui se rapprochait.











[ Pardon pour tout ce retard ! Promis, je vais aller me mettre un coup de pied aux fesses toute seule Razz ]

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Sam 03 Aoû 2013, 11:57

Concentrer. Un léger soupir s'échappa de mon souffle.
Un mot si simple. Se centrer sur soi-même. Je poursuivis l'expiration, au cas où le manque d'oxygène aurait un effet calmant. Puis j'inspirai par le ventre, décomprimant ma cage thoracique. Les yeux dans le vague, j'arrivais presque à quelque chose...

Puis je le perdis. Je serrai les mâchoires. Puis expirai de nouveau.
Non, ça ne servait à rien de s'énerver. Je reportai mon regard sur mon groupe.
Dolce m'observait, et je me sentis soudain très ridicule. Je m'empourprai, détournai les yeux, ouvris la bouche pour me justifier... Un contact se posa sur mon épaule, sa main, en l'occurrence. Étonnée, je le fixai ; il souriait. Il ressemblait à un père, et infiniment meilleur que celui qui s'était paré de ce patronyme, il y a si longtemps. Quatre ans. Une éternité.

- Ne force rien. Ça viendra tout seul, il ne faut pas que tu commences à te poser trop de questions.

Deux phrases, qui valaient bien plus qu'un long discours.
Je souris et hochai la tête. Bien, j'allais cesser de me poser trop de questions, et laisser couler l'eau sous les ponts, un peu, pour voir. Si il était certain que ça mènerait à quelque chose, moi aussi. Puis il se détourna de nous deux et s'engagea de nouveau sur le sentier, avant de se remettre à courir. Je souris aux frondaisons d'Ombreuse, pour une fois lumineuses, et repris également ma course, détendue.






[très court (mais je n'avais rien de plus à dire), et en retard, je les cumule.. x)]

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Dolce Ysil
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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Dim 03 Nov 2013, 18:27

Un léger soupir franchit les lèvres de Dolce.
Ils couraient depuis des heures désormais, et cela faisait longtemps que le soleil était couché, pourtant. Mais il avait insisté pour que les filles continuassent à le faire dans la nuit. Cela donnait une autre dimension à la course, et en plus au milieu de la végétation des rives du Lac Chen, l’imagination pouvait s’emballer très très vite. Chaque bruit prenait des proportions infinies.

C’était étrange, aussi, de se déplacer sans les chevaux.
Mais d’un autre côté, cela aurait été assez encombrant, notamment pour la fin du cours. Il n’avait pas envie de laisser Singa dans un coin, potentielle proie d’une vingtaine de prédateurs affamés rodant dans la jungle d’Hulm.

- C’est bon les filles, on s’arrête, vous avez bien mérité une bonne nuit de sommeil.


§§


Un bruit tira Dolce de son sommeil, et il fronça les sourcils.
Puis, vif comme l’éclair, il se redressa en moins d’une seconde, parfaitement réveillé… Pour voir une silhouette disparaître dans les premières lueurs de l’aube.
Il fronce les sourcils, encore une fois, et son regard parcourt le camp de fortune qu’ils ont fait hier soir, avec ses deux apprenties. Papillon semble dormir encore…
Mais plus de trace d’Elya !

Alors que la panique allait submerger Dolce, un lien se fit dans son esprit.
Il cessa de respirer. Une seconde.
C’était leur dernier cours, certes. C’était leur dernière ligne droite aussi, d’ailleurs. Mais il ne s’attendait pas à ce que la jeune femme déserte comme ça… Enfin, en soit, ce n’était pas très grave, et il pourrait très bien la recroiser. Mais elle avait déjà disparu. Elle reviendrait certainement au Domaine !

Haussant finalement les épaules, l’Envoleur posa son regard sur Papillon, puis sur le soleil. Bon.
D’une légère secousse, il la réveilla doucement.

- Elya est partie cette nuit. On continue quand même ?

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Mar 11 Fév 2014, 22:07

Je courais.
C'était une réalité comme une autre.
Si ce n'est que je ne faisais pas grand chose d'autre que courir.
Mes pensées douces-amères, négligées, mon problème de greffe, relégué dans un coin de mon esprit, et tous les autres "problèmes" potentiels, oubliés. Je courais, et même si j'aurais pu faire autre chose en même temps, j'avais choisit de me concentrer là-dessus et, comme me l'avait conseillé mon maître, de ne pas me poser trop de questions.

Puis Ombreuse revêtit vraiment son nom.
La nuit était là. Et avec elle l'obscurité totale qui avait donné son nom à cette forêt.
L'endroit parfait pour les mercenaires du chaos. La course s'éternisait, pourtant aucun de nous trois ne donnait le moindre signe de fatigue. J'avais déjà eut un apperçu, de mes propres capacités bien sûr, de celles de mon maître dont je n'avais jamais vu aucune limites, mais aussi des capacités d'Elya, qui dépassait ses propres limites de jour en jour.

Les bruits nocturnes nous entouraient.
Nous étions sortis de la forêt, mais pour plonger dans une autre obscurité, moins bruissante, puis sifflante, des rives du lac Chen. Plus d'une fois, mon regard fut attiré par les bas-côtés, ou bien par les fourrés d'herbes trop hautes pour qu'on y distingue quoi que ce soit. Mais il n'y avait rien d'autre que mon imagination, à qui j'adressai un petit sourire désabusé mais aucune attention. Car il n'y avait pas de danger, n'est-ce pas ?

Disons, à part les tigres des prairies et les brûleurs, rares... non, aucun.
Tout en courant, en sentant mes pas frapper doucement et souplement le sol à chaque foulée, mes pensées jaillissaient, nombreuses, indisciplinées, sur des sujets tout aussi divers que ma potentielle greffe, que mon nouveau cheval et de la façon dont je l'avais acquit, les gens que j'avais rencontrés, ceux que j'avais éliminés... Ce fut finalement Dolce qui me tira de l'intérieur moelleux de ma tête en annonçant la fin de la course.

Et le début du repos.
Je ne me souviens quasiment pas d'avoir monté le camp, pas plus que de m'être étirée ou d'avoir mangé un morceau avant de me caler, dos au feu, dans ma couverture en peau de siffleur, mais le fait est que le lendemain, quand Dolce me réveilla en me secouant doucement, j'étais en pleine forme, sans aucune courbature (ou presque, mais on n'allait pas chipotter non plus !).

Mais ça n'allait pas durer, car un vide était là, au sein même du campement, et si je le ressentis dès que j'ouvris les yeux, il me fallut l'intervention de Dolce pour mettre des mots sur cette sensation.

¤

Partie...
Partie ? Ca veut dire quoi, ça "partie" ?
Elya, partie ? Les mots commençaient à peine à accéder à mon cerveau ralenti et par le réveil et par l'information étrange. Elya... partie. Je connaissais la signification de ces deux mots mis à part, mais ensemble, ils semblaient parfaitement incohérents. Ce n'est qu'après m'être frotté les yeux, puis les avoir fermés une poignée de secondes, que je fus en mesure d'assimiler l'information qui venait illustrer le vide ressenti depuis quelques minutes.

Pendant une seconde, j'eus l'envie rageuse de cogner sur quelque chose.
Un tronc d'arbre, un rocher, un animal, un humain, n'importe quoi. Pourquoi partait-elle maintenant, ce n'est pas possible, elle a donné trois ans entiers de sa vie à Dolce, il en restait encore, elle... Puis, j'inspirai un instant, et finis par relativiser. Elle lui avait donné trois ans et lui lui avait promit de l'ammener jusqu'au stade d'envoleuse. Il avait tenu sa promesse, et elle était partie.

C'était simplement étrange de faire cela au début d'un voyage.
Voulait-elle être certaine de ne pas être poursuivie ? Non, ça ne collait pas...
Et puis, tant pis. Elle ne souhaitait pas profiter de ce dernier voyage avec notre maître ? Moi, si. Et je n'allais pas m'en priver. Si, pour continuer à s'améliorer, elle s'est sentie le devoir de prendre son envol un peu plus tôt, pourquoi pas. Vas-y, envole-toi... supprime tes limites, même si nous-même en faisons partie. Ce n'était pas si inepte, comme choix.

Me demandant à quoi je pouvais bien ressembler, avec cette tête de saut du lit qui devait me donner l'air étonnée, je finis par reposer mon regard sur Dolce, accompagné d'un sourire.

– Plus que jamais.

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Ven 14 Fév 2014, 15:30

– Plus que jamais.

Ces trois mots firent sourire Dolce, qui hocha la tête.
Ils continuaient.
Ils finiraient la route ensemble. Pour découvrir qu’elle n’en finissait jamais.


§§


Ils arrivèrent une semaine plus tard devant la lisière de la Jungle d’Hulm.
Malgré lui, tous ses souvenirs de formation lui revinrent à la mémoire. Et particulièrement ce jour-là, où son Maître lui avait fait passer sa journée dans Hulm pour le laisser en haut de cet arbre.

Un petit sourire étira ses lèvres, et il tourna son regard vers Papillon.
Un éclat de fierté passa dans ses pupilles, et il cligna des paupières plusieurs fois.
Prenant une grande inspiration, il demanda :

- Prête ?

N’attendant pas de réponse, il s’élança dans la forêt en courant, louvoyant entre les plantes montantes et les arbres imposants. Mais le sol était bien trop difficile à arpenter, aussi jaillit-il dans les branches des arbres centenaires rapidement.
Les branches étaient parfois visqueuses des différentes plantes qui y avaient élu domicile, et qui y déposaient leur humidité. Ce n’était pas une forêt, mais bien une jungle, où même les végétaux se battaient pour leur survie, profitant des autres, des arbres, pour atteindre la lumière du soleil et les gouttes de pluie.

Les arbres aussi grimpaient plus hauts, se faisaient plus tortueux, dans une course aux rayons et au ciel.
Ils évoluaient dans ces branchages, jusqu’à ce qu’enfin Dolce s’arrête en mettant pied au sol. On ne sentait même pas la terre : un épais tapis de feuilles diverses et variées le recouvrait, ainsi que des plantes rampantes et autres joyeusetés insectées.

Attendant que Papillon le rejoigne, il se tourna vers elle, un sourire sur les lèvres mais le regard grave.

- Cet arbre est le plus vieux de la forêt. Le plus haut aussi. Laissant passer quelques secondes, comme des questions en suspension, il planta son regard dans celui de son apprentie avant d’ajouter : Grimpons.

L’ascension n’était pas compliqué en soi, il y avait seulement quelques paramètres inhabituels dans l’équation. L’écorce qui casse, qui s’effrite, qui glisse, qui râpe. Les plantes qui tombent sur le visage. Le manque de lumière. Les feuilles qui coupent la peau et agressent les yeux de leurs arômes puissants…

Mais Papillon était une Envoleuse.
Un végétal agressif tentait d’étouffer cet arbre millénaire de ses branches recouvertes d’épines, desquelles suintait un liquide ambré peu encourageant. Du poison. Dolce se souvenait de son Maître en récoltant quelques gouttes dans un flacon, lui expliquant qu’avec une goutte diluée, on pouvait tuer des dizaines de personnes.
Il expliqua la même chose à son apprentie, sans récolter le liquide empoisonné.

La seule manière d’échapper efficacement à ces épines était de les éviter, mais parfois le vent les faisait légèrement bouger. Dolce passa en vitesse, puissamment, pour justement esquiver les tentatives du vent, alors que la cime de l’arbre était à moins de cinq mètres, et qu’ils dominaient déjà toute la jungle d’Hulm.

S’arrêtant juste au-dessus, il baissa les yeux vers Papillon.

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Dim 16 Fév 2014, 23:30

Il nous fallut une semaine de plus pour atteindre l'extrême Est de l'empire : la jungle d'Hulm. Et aussi l'endroit qu'avait choisit Dolce pour la fin de ce dernier voyage. Juste avant d'entrer dans la jungle, il lança une question, comme une poignée de braises qui flamboyèrent un instant et s'éteignirent avant de toucher terre. Un sourire entendu me tint lieu de réponse. Prête ? évidemment.

Évidemment et puis... En même temps pas réellement.
Pas réellement prête parce que, plus nous avancions vers la fin de ce voyage, plus la fin d'un autre voyage, celui de mon apprentissage d'envoleuse, de mercenaire du chaos, approchait. Et cette fin approchait... à la fois trop vite et trop lentement. Lorsqu'elle s'imposait à mon esprit, ma gorge se serrait et je ne parvenais pas à faire passer la tension qui comprimait ma cage thoracique.

Est-on jamais prêt à ce genre de chose ?

Nous entrâmes sous le couvert des arbres.
L'air, en dehors de l'épaisse jungle, était déjà plutôt chaud.
Ici, dire qu'il était lourd serait un euphémisme. La chaleur se disputait à l'humidité pour former un climat d'une épaisseur incroyable. Cependant, cela n'empêcha pas Dolce de continuer de nous faire courir comme des dératés. Cela dit, j'aurais été déçue qu'il nous fasse marcher, c'était un fait.

Mais dans ce nouvel environnement, la course se révéla plus ardue.
Et pas seulement à cause de la moiteur qui engourdissait muscles et esprits.
Une chose est de fanfaronner, de dire que j'étais prête –et prête à quoi d'abord ?–, une autre en était de se révéler à la hauteur des attentes de Dolce. Cependant, c'était ce même homme qui m'avait permit de me surpasser en ces trois ans que je lui avais donnés, et il n'était certainement pas aveugle au point d'ignorer si jamais je n'avais réellement pas été prête.

Donc, comme il avait raison, j'avais les compétences pour le suivre.
Tout dans cette forêt était disproportionné. Les arbres étaient immenses, les taillis denses, grands et épais, et l'on ne voyait pas une seule fois le sol, tant les plantes s'y agglutinaient. Il était bien sûr peu aisé de courir là-dedans, et bientôt, nous nous élançâmes de concert vers les branches des arbres millénaires. Bien entendu, les arbres non plus n'étaient pas le lieu idéal pour courir : elles étaient parfois glissantes et souvent envahies par d'autres plantes qui elles aussi se battaient pour leur minute de soleil quotidienne et quelques gouttes de pluie.

Nous parcourûmes encore quelques lieues à travers les branches.
C'était un exercice difficile mais revigorant, qui demandait habileté et concentration.
Puis, au bout d'un moment, Dolce ratterrit au sol, et s'arrêta. Je descendis à mon tour, le rejoignant. Que faisait-il ? Il se tourna alors vers moi, son éternel sourire sur les lèvres –mais l'air bien plus sérieux que d'habitude–, et commença à parler. En fait, il ne fit que décrire l'arbre dont la base, immense, se trouvait derrière lui...

Je haussai un sourcil.
Nous étions venus ici pour... un arbre ?
Je trouvais l'idée assez grotesque, et aussi un peu mièvre. Presque digne d'un poème marchombre... Je secouai la tête et choisis de faire abstraction de mes propres réflexions pour suivre l'ordre de Dolce –soit dit en passant, de grimper. Je hochai la tête, m'empêchai de hausser les épaules et sans plus de cérémonie, commençai l'escalade.

Mais dès les premiers instants de la montée, je compris que ce n'était pas une escalade si simpliste. Pas autant que je me l'étais imaginée ni qu'elle en avait l'air, du moins. Comme je l'avais déjà remarqué, les arbres étaient couverts d'autres plantes. Mais jusque là, j'avais juste prit appuis le temps d'une seconde, voire moins, pour m'élancer plus loin. Là, je devais grimper, jusqu'aux première branches, et l'écorce était on ne peut plus traîtresse. J'avais l'habitude de grimper sur des falaises, là, c'était plus difficile.

De plus, l'omniprésence des plantes était un problème.
Ou du moins, c'était un facteur plutôt agaçant. Bien entendu, elles n'étaient pas solides du tout, il suffisait d'en agripper une pour qu'elle vous reste dans la main, elles rendaient tout support glissant, humide et peu sûr, voire friable, de plus, elles pouvaient tomber à n'importe quel moment dans les yeux, ce qui m'irritait bien que je ne laissai rien paraître, et enfin, certaines pouvaient être tranchantes, agressives, bref, dangereuses.

Mais tout cela ne m'atteignait pas vraiment.
Après tout, j'avais déjà pu voir bien pire, que ce soit en entraînement avec Dolce, ou bien seule, par mes propres voyages qui m'avaient déjà menée à l'autre bout de Gwendalavir. Je n'étais jamais venue dans cette jungle, mais si le pire danger ici consistait à trébucher sur une plante friable, je m'étais déjà frottée à plus dangereux.

Dolce s'arrêta.
Calée entre deux prises, j'étais parfaitement à l'aise à la verticale.
Et ça, c'était à cause de Dolce et de sa manie de nous faire escalader et descendre un nombre incalculable de falaises, montagnes, bâtiments et autres plans dont la verticalité n'était pas à prouver. Il s'était arrêté pour m'expliquer que le liquide orangé qui coulait depuis l'un des végétaux qui attaquait lentement l'arbre que nous escaladions, était un redoutable poison, dont la moindre goûte pouvait tuer énormément de personnes.

Une chose très intéressante en somme.
Rapidement, j'ouvris ma besace d'une seule main pour y prendre un petit gobelet de bois, où je recueillis quelques gouttes du liquide si utile, suintant à la pointe d'une épine. Je ne songeai même pas à cacher ce geste. Soit Dolce n'y prêta pas attention, soit il n'y vit pas d'inconvénient ; s'il avait été contre, il me l'aurait dit, et je me serais –sans doute– abstenue, mais rien dans son attitude ne le laissa penser.

Il s'élança.
Mouvements précis au millimètre, synchronisation totale entre pensée et action, technique et assurance. Un léger sourire passa au coin de mes lèvres, s'y accrochant quelques secondes avant d'en tomber. Les épines mortelles oscillaient dans la brise comme si elles me narguaient, ou m'encourageaient : "tu n'as tout de même pas peur de nous... tu sais que tu es la plus forte face à nous, tu ne t'inquiéterais pas pour si peu... si ?". Dolce baissa les yeux vers moi.

Je lui rendis son regard.
Du danger... un danger mortel, un défit ?
Le sourire revint, sur l'entièreté des lèvres cette fois. D'accord, j'aime bien les défis.
Je me ramassai sur mes appuis, sur mes prises, mes muscles roulant sous ma peau comme ceux d'un fauve prêt à bondir. Et c'est exactement ce que je fis.

Je jaillis, glissant contre le tronc à la vitesse du vent.
Je sentais à peine les prises minuscules que crochetaient mes doigts.
Certaines s'émiettaient au moment où je les frôlais, mais j'avais déjà bondit ailleurs.
Je frôlai plusieurs fois les épines acérées. Cinq mètres, seulement. Ce n'est rien cinq mètres, surtout à l'horizontale. Ici, ils prenaient un air beaucoup plus menaçant... Je n'eus même pas le temps d'inspirer deux fois, que j'avais déjà rejoins Dolce. Aucune des aiguilles emplies de venin ne fit d'anicroche à ma tenue de cuir brune.

Mais un autre spectacle m'attendait.
Je dominais tout, les arbres formaient une mer émeraude sous moi.
Et mieux que tout, il n'y avait plus rien entre moi et le soleil que les inconstants nuages.
Je dominais le Monde.

Revigorée par ce grand bol d'air, je me tournais, moi et mon sourire, vers Dolce.
Et maintenant ? On saute sans se rompre le cou le moins du monde ? On va jusqu'à Al-Jeit pour s'amuser aux dépend des nobles de la Cour ? On trouve un brûleur pour le faire danser ? Nous avions encore tant de possibilités, de lieux à voir, de choses à faire pour s'amuser !

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Mar 18 Fév 2014, 16:30

Un sourire étira les lèvres de l’Envoleur lorsque la jeune fille tira une sorte de gobelet de son sac pour récolter quelques gouttes du poison ambré.
C’étaient bien des femmes qui pensaient à cela. Peut-être n’y avait-il qu’elles pour penser à ce genre de choses ? Ou alors il n’avaitt pas l’âme d’un tueur. Il s’en fichait, en soi, mais il ne fallait pas que des personnes du côté du Chaos s’en rendent compte. Cela aurait été très stupide, de se faire avoir ainsi, pour pas grand-chose, et perdre de la crédibilité.

Mais heureusement, il avait tout de même des aides, puisque ses deux apprenties avaient eu leur Ahn-Ku sans problème, et s’étaient aussi vues octroyer la greffe. Cela donnait du poids à son enseignement. Allait-il continuer à le faire ?
L’image de Syndrell dansa dans son esprit, et il sut qu’il avait réellement envie de la rejoindre, d’oublier pour un temps le Domaine, les Envoleurs et les Mentaïs.

Haussant les épaules pour laisser filer ces quelques pensées sans s’en encombrer pour l’instant, Dolce observa son apprentie qui se faufilait sans aucune hésitation entre les épines mortelles.
Elle ne sembla pas avoir de difficultés, même si l’écorce, les plantes et les épines étaient autant d’ennemies, surtout à cette hauteur.

Lorsqu’elle le rejoignit, il lui sourit tranquillement.
Elle dévorait la jungle des yeux, dominait ce monde végétal si redoutable.

Dolce pensa qu’il ne lui avait pas permis de découvrir sa greffe, et il espérait qu’elle la trouverait rapidement. Ce n’était pas quelque chose d’ajouté, non, c’était une révélation d’une capacité sous-jacente.
Captant son regard, il lui sourit encore une fois.
Réellement, sincèrement.

- Mon Maître m’a emmené ici pour me libérer. Voici donc également la fin de notre voyage côte à côté, Papillon. Tu es libre, et tu règnes sur ton monde.

Laissant filer une poignée de secondes, il ajouta :

- Je n’ai pas pu assister à la découverte de ta greffe, mais j’espère quand même que tu me préviendras quand cela sera fait !

Il lui adressa un clin d’œil de connivence, et prit une inspiration.

- Je vais attendre ici que tu redescendes, car nos chemins s’éloignent désormais. Tu es une Envoleuse.

L’émotion n’était pas loin de le submerger, en tout cas une boule se forma sans sa gorge, et donna un ton légèrement tremblant à sa dernière affirmation.
Elle était Envoleuse.
Et il était terriblement fier d’elle, comme un père est fier de sa fille.











[ Court, comme fin, mais j'ai déjà failli pleurer devant mon écran XD
Ca a été un réel plaisir de faire tous ces cours avec toi, et puis au plaisir de se recroiser en RP surtout ! Wink ]

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MessageSujet: Re: Groupe Heyz - Cours n°4   Mer 19 Fév 2014, 19:22

J'attendais sa réponse avec un semi-détachement.
J'étais prête à sourire et à le suivre jusqu'au bout de la jungle, nager dans la mer des brumes et affronter un brûleur, une dame ou même un dragon. J'étais si impatiente ! Maintenant que je voyais en moi les capacités d'une envoleuse... non, mes capacités, que j'avais acquises avec mon sang et ma sueur ; maintenant, je me sentais prête à tout faire, prendre n'importe quel risque, sauter du haut de cet arbre si Dolce me le demandait.

Ce dernier venait de planter son regard dans le mien.
Son air sérieux –beaucoup trop– fit germer le doute au fond de moi.
Qu'avait-il ? Qu'allait-il dire qui lui coûtât tant ?
Ce n'était tout de même pas...

– Mon Maître m’a emmené ici pour me libérer. Voici donc également la fin de notre voyage côte à côté, Papillon. Tu es libre, et tu règnes sur ton monde.

...finit ?
Un frisson me parcourut de haut en bas.
Ma première réaction fut d'esquisser un sourire, mais il se fanât.
Puis je fronçai les sourcils, mais il retombèrent vers le bas des tempes, restant hauts au milieu... me donnant un air on ne peut plus misérable. Une minute plus tôt, j'étais libre. Une minute plus tôt, je contemplais la mer végétale, et j'étais le maître de ce monde.

Dolce continuait de parler.
Quelques mots me parvinrent. Greffe, redescendre, chemins, envoleuse.
Je le fixais toujours, d'un air éperdument... perdu. Dolce, lui, continuait à avoir l'air égal à lui-même, quoique, seul signe extérieur que lui aussi était touché, sa voix avait légèrement ripé sur sa dernière phrase. Cependant, la fierté qui transparaissait dans sa voix était sincère ; en fait, il avait été sincère du début à la fin.

Je me raccrochais en réalité à ce que je regardais.
Pour ne pas me perdre à l'intérieur de l'émotion qui m'envahissait.
Pour ne pas croire que mon apprentissage allait s'arrêter ici et maintenant.
Pour ne pas remarquer que le monde avait cessé de tourner depuis qu'il avait prononcé ces mots terribles.

Puis, geste fatidique, je sondai mentalement le vide sous mes pieds.
Profond. Beaucoup trop profond. Immense. Les larmes me vinrent aux yeux. Non... ce n'était pas possible, il ne pouvait pas faire ça... Je n'étais certainement pas encore arrivée à son niveau, je... J'inspirai une fois. Deux. Longuement.

Et me jetai dans les bras de Dolce.
C'était idiot, c'était pas original, mais je ne pouvais faire autrement.
J'étais perdue, totalement perdue et il était mon seul repère. Peut être en fut-il gêné, peut être en fut-il étonné, peut être s'y attendait-il. Au bout d'une minute ou deux, larmes séchées, je m'écartai. Arrivai de nouveau à lui sourire.

– Dolce... commençai-je en priant que ma voix ne s'envole pas dans les aigus. Je ne crois pas te l'avoir jamais dit, (hésitation) mais, il y a trois ans, une marchombre a commencé à m'enseigner sa voie... quelques mois plus tard, elle m'a rejeté, comme de la boue, m'a laissé totalement seule. J'étais dévastée. Aujourd'hui, grâce à toi, je découvre un monde entier de possibilités que cet enseignement ne m'aurait jamais apporté. Grâce à toi, je peux le dire : je ne regrette rien, je suis là où j'ai envie d'être !

Je lui souris à présent largement.

– Je vais redescendre d'ici, découvrir ma greffe, botter le derrière aux marchombres et voyager d'un bout à l'autre de Gwendalavir. Voir tout ce qui peut être vu, et surtout ce qu'il est impossible de voir, aller là où personne n'est allé, mais aussi là où je veux aller... je laissai filer quelques secondes. Peut être est-ce inutile de le dire, mais vous m'avez tant apporté... je ne l'oublierai jamais, je ne vous oublierai jamais. Et, puisque j'espère que nous nous reverrons... au revoir.

Ces deux derniers mots furent prononcés au moment où mes bras s'écartèrent à quarante-cinq degrés de mon corps, au moment où je basculai en arrière, vers la branche que j'avais repéré un peu plus tôt, alors que je pensais encore redescendre en compagnie de Dolce. Même si la douleur subsistait, si la tristesse était encore là, je m'en allais avec un sentiment de plénitude.

À partir de là, c'est seule que je courus comme une dératée dans la jungle, seule que je séchai les quelques larmes répandues par le vent sur mon visage –si, si–, seule que je sortis de la chaleur torride de cet enfer tropical, et quand je m'arrêtai enfin de courir, ce fut pour aborder un village où je ne fis que prendre quelques provisions, pour repartir. Mais cette fois-ci pas en direction du Domaine.




[OMG... j'ai tremblé avant, pendant et après avoir écrit ce foutu texte... xD parle pas comme ça ou je vais fondre en larmes ! En tous cas, ça a été un immense plaisir de me faire guider par toi dans ces cours, tu es géniale et Dolce aussi, merci beaucoup <3 (eh, en plus, ça fait trois ans !)]

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