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Le Pacte VS L'Ordre
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 Miroir, miroir... [ PV Gil ]

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Gracieuse Dûbudchev
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MessageSujet: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Mar 19 Fév 2013, 18:30

Le souffle d’Azon était court quand l’étalon passa la porte de la ville d’Al-Vor, chevauché par Gracieuse. La jeune femme avait galopé à toute vitesse depuis le matin – certes, il n’était qu’à peine midi – sans laisser de temps de pause à son cheval, et ce dernier, s’il avait acquis une certaine endurance, n’était pas encore un super-cheval.
Poussant un léger soupir, l’envoleuse mit pied à terre, pour amener son cheval dans l’une des écuries de la ville, se demandant par où elle allait commencer pour trouver une mission qui lui permettrait de récolter un petit pactole assez rapidement.

Parce que bon, ce n’était pas comme si Ethan se faisait entretenir… mais quand même !
Elle aurait tout aussi bien pu aller à Al-Far, sauf qu’elle avait préféré chevaucher vers le Sud, et puis les collines de Taj étaient toujours très impressionnantes en hiver ; même si ce dernier semblait refluer doucement. Plus de neige, simplement encore un peu de givre le matin très tôt, mais qui donnait quand même cette impression de blancheur prenante.

Une fois son cheval déposé entre les mains d’un palefrenier plutôt mignon, Gracieuse sortit dans les rues les plus larges de la ville, pour faire le tour du marché. Elle n’était pas là en tant que chasseuse de prime, donc les portraits placardés sur les murs ne l’intéressaient pas – elle voulait gagner un maximum d’or en un minimum de temps – mais elle ne pouvait s’empêcher de les observer rapidement.
Secouant la tête, faisant voleter ses cheveux, elle les attrapa rapidement pour les remonter en une haute queue de cheval. Puis, elle tourna dans une ruelle un peu plus étroite et sombre, sachant parfaitement où elle se dirigeait : elle venait d’avoir une brillante idée. Si elle allait voir la congrégation des vieux et nobles d’Al-Vor, elle risquait de trouver son bonheur !



ф ф ф


- … et donc, si vous me l’amenez avant ce soir, vous empochez les cent pièces.
- Et si je le ramène seulement demain ?
- La moitié. Et ça continue en dégressif.
- D’accord.


Plantant son regard parme dans celui de l’homme, vieux et grincheux, Gracieuse scella ainsi leur accord. Et qu’il ne s’y dérobe pas, sinon il savait parfaitement à quoi s’attendre, quel que soit le nombre de ses gardes du corps !

Se détournant avec un petit sourire en coin, la jeune femme se dit que décidément, elle avait bien fait de venir à la congrégation des vieux. Cent pièces d’or ! Si le jeu n’en valait pas la chandelle, elle s’appelait la Dame ! Son sourire en coin ne la quittant pas, elle sortit gracieusement du bâtiment, de sa démarche souple et féline.
Il lui restait quelques heures pour réaliser sa mission, et il était hors de question que le temps devienne son pire ennemi !

Les rues qu’elle remonta tranquillement, de sa démarche altière, étaient parmi les plus riches de la ville. En réalité, cela voulait tout dire, car les bâtisses n’étaient pas si grandes que cela, sauf peut-être celle du Gouvernant, qui était tout au bout de la rue. Et ça se prenait pour de riches bourgeois, des gens pareils… Prêts à mettre cent pièces d’or pour un petit vol de rien du tout dans une des maisons, sans doute très bien gardées – le souvenir de Lacrya, cuisant, enflammait encore sa mémoire – mais qui n’empêchaient pas le bon déroulement d’une quelconque mission.

Trois. Quatre. Cinq.

C’était donc cette maison-là.
S’arrêtant devant tranquillement, Gracieuse fit mine d’avoir fait tomber quelque chose sur le sol pour jeter un coup d’œil à la configuration des lieux. Il y avait une grande cour, avec seulement un gazon parfaitement vert – aucun arbre – et cinquante mètres plus loin, l’entrée principale de la maison, reliée à son portail en fer forgé par une route gravillonnée. Rien de compliqué, en soi !

Un petit sourire sur les lèvres, la jeune femme se remit en marche, et passa dans la rue perpendiculaire tranquillement, toujours de son air très distingué avec la nuque très tendue. C’était comme cela que ses parents lui avaient appris à se distinguer parmi les nobles-mêmes. Mais sitôt eut-elle passé l’angle de la rue qu’elle se transforma littéralement : en appui sur ses pieds, et plus précisément sur ses pointes de pieds, toutes les articulations souples, elle se faufila tel un souffle de vent entre les bâtisses.



ф ф ф


- Voilà.
- Oh ! Mais.. vous avez fait vite !
- Je ne suis pas n’importe qui. Je veux mes pièces d’or.
- Euh… Oui oui…


Gracieuse tendit sa paume, et le petit homme sembla tergiverser quelques secondes. Mais quand il croisa le regard glacial de l’envoleuse, il se résigna en poussant un petit soupir, et déposa dans sa main deux petits sacs remplis d’or.

D’un petit mouvement de menton, l’envoleuse le remercia et fit demi-tour en claquant des talons.
Elle s’éloigna tranquillement des quartiers riches pour s’enfoncer dans des portions de la ville qui étaient bien moins expansives. Tournant dans les ruelles les plus mal famées sans une seule once d’hésitation, Gracieuse se rendit dans son auberge préférée d’Al-Vor :
L’Histoire Ancienne.
Mais alors qu’elle allait pousser la porte pour y pénétrer, cette dernière s’ouvrit à la volée…


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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Mar 19 Fév 2013, 23:01

La bouteille était déjà à moitié vide et celui qui en était responsable avait visiblement besoin du comptoir pour tenir sur ses jambes sans s’écrouler. Immobile, le regard vitreux, il fixait un point invisible devant lui, ignorant les conversations qui l’entouraient ; elles glissaient sur lui sans même l’effleurer. Pauvre gars, songea l’aubergiste en lui jetant un coup d’œil navré. Depuis quinze ans qu’il tenait cet établissement, il en avait vu passer, des types comme lui : ravagés par un chagrin sans nom, ils cherchaient à se perdre dans les méandres de l’alcool pour oublier. Pour être lui-même passé par-là, il savait que la méthode était efficace, mais à court terme uniquement. Quelques minutes de paix pour des heures de bataille acharnée contre la souffrance, et une bonne gueule de bois au réveil. La souffrance revenait à la charge aussitôt… Allez, ça suffit pour ce soir, décida l’aubergiste en attrapant la bouteille. Une main ferme se posa immédiatement sur son poignet.

- Pas touche.

N’eût-ce été cette poigne de fer, le maître des lieux aurait montré son autorité naturelle ; il avait l’habitude des bougres que l’alcool rendait hargneux et savait comment les conduire à la porte. Quelque chose lui souffla pourtant que celui-ci était différent des autres. Une intuition qui le poussa à hocher la tête ; son client le libéra et se resservit un verre, qu’il vida cul-sec. Son regard était de nouveau vitreux mais lorsqu’il s’était posé dans celui de l’aubergiste, il était devenu glacial et parfaitement clair. Cet homme-là n’était peut-être pas si soûl, finalement, ou bien il tenait l’alcool comme nul autre à l’Histoire Ancienne. Il était arrivé une semaine plus tôt, dépenaillé, décoiffé et mal rasé ; le tenancier mettait sa main à couper que tout ce qui lui restait d’argent, il l’avait dépensé pour sa chambre et la bouteille qu’il était en train de descendre à lui seul. Pauvre gars, pensa-t-il encore une fois. Mais il ne pouvait rien faire d’autre que lui laisser finir sa bouteille, alors il se détourna pour essuyer des verres.




*




Gil se déplaçait comme une ombre. Tant léger que silencieux, il évoluait rapidement contre la pierre humide, véritable modèle de souplesse et de fluidi… Enfer !! Se rattrapant d’une main, l’Envoleur évita la chute par miracle et resta quelques secondes plaqué contre le mur, le souffle court et le cœur battant. Dès qu’il retrouva un semblant de calme, il s’en prit à la pluie qui était sa plus fidèle amie depuis qu’il était entré dans la ville, deux nuit plus tôt. Une pluie fine et glaciale, à mi-chemin entre la neige et la grêle, qui sapait son moral aussi efficacement qu’un coup de vent. Après avoir conclu qu’il n’aimait définitivement pas l’hiver, Gil se remit à grimper. Beaucoup moins souplement qu’auparavant, mais personne n’était là pour le voir, et surtout pas cette gamine entêtée qui lui tenait lieue d’élève !

Une fenêtre se découpait à mi-hauteur entre le sol et le sommet de la tour. Gil se hissa sur le rebord de pierre, crocheta le loquet qui bloquait l’ouverture de la vitre et se glissa à l’intérieur, dans la pénombre d’une pièce silencieuse et glacée. Comme il se redressait lentement, une douleur aussi brève qu’aigue lui vrilla le flanc gauche. Il y porta sa main gantée en grimaçant, là où la lame d’un confrère lui avait laissé un joli petit souvenir ; la blessure ne l’avait pas tué mais, après plusieurs semaines de traitement, elle le faisait encore souffrir. Surtout après des escapades comme celle qu’il était en train de réaliser. Sa main quitta ses côtes pour aller se poser sur le manche de la courte épée coincée dans sa ceinture et il se mit en mouvement. A pas de loup, il déambula dans la pièce, les yeux plissés pour y voir plus clair, et traversa un couloir. Sans bruit, il ouvrit une porte, puis deux. Puis trois. Personne… cet appartement était vide. Dépité, Gil s’appuya contre un mur, renversa la tête en arrière et soupira. Une fois de plus, il avait perdu la trace de sa proie.



*




Et maintenant ?
Désemparé, Gil se servit un énième verre, mais cette fois, il ne le porta pas à ses lèvres et se contenta de fixer son reflet dans le liquide mordoré. Voilà des mois qu’il tournait en rond, et plus le temps passait, moins il se sentait proche de son but. Jusqu’ici, il n’avait réussi qu’à frôler la mort une bonne demi-douzaine de fois, au moins. Sans succès. Le ravisseur de Libertée courait toujours, celui de Naïs également ; et lui, pauvre clampin, il trinquait à ses échecs en bon vieux loup solitaire qu’il était. Les méchants : deux. Le couillon : zéro ! Un rire cynique le secoua un bref instant et rien que pour ça, il s’en voulut terriblement. De rire, alors qu’il n’y avait vraiment pas de quoi. Comment pouvait-il seulement sourire alors que tous ses espoirs se dérobaient un à un sous ses pas ? Crétin ! Il ne savait même pas pourquoi cette nouvelle défaite le surprenait autant. Ces derniers temps, il était en dessous de tout. Même pas capable de garder ses enfants en vie. Même pas capable d’en assumer la faute…

- Hé !

On le bouscula, on chercha à attirer son attention. Gil se dégagea d’un haussement d’épaule, désireux de poursuivre tranquillement l’examen de ses noires pensées. Mais celui qui voulait lui causer était têtu et légèrement enviné ; pas assez, cependant, pour ne pas se souvenir de l’endroit où il avait déjà vu cette paire d’yeux vairons.

- T’es celui qu’ils cherchent partout ! Le vagabond, celui qui a tué un paquet de gens !
- Parle plus fort,
marmonna Gil en refermant la main sur sa bouteille, et c’est toi que je vais tuer.
- Stan, mate un peu ça ! Tu te souviens de cette affiche, sur les murs de la place ?
- Du calme, messieurs, intervint l’aubergiste en jetant un rapide coup d’œil à Gil.

Pour sa part, il avait reconnu l'Envoleur dès que celui-ci avait mis les pieds dans son auberge. Que cet homme soit un assassin, il n’en doutait pas un seul instant ; qu’il soit en état de tuer un homme, en revanche, était inconcevable. Pas sans entraîner la destruction de son établissement, ce qui était absolument hors de question.

- Viens, on l’emmène !
- Deyl, t’es sûr que…
- Regarde-le ! Il tient pas debout tout seul !
- Ouais mais toi non plus…


Allez donc raisonner un idiot qui a trempé un moment dans l’alcool…

- Bouge, tête de nœud, insista Deyl en attrapant Gil par le bras.

La bouteille que tenait celui-ci vint se fracasser sur son crâne. L’instant d’après, Gil bondissait vers la sortie, profitant du remue-ménage qu’il venait de créer malgré lui pour s’éclipser au plus vite. Il n’avait pas prévu de se faire remarquer aussi vite. Poussant le battant avec énergie, il s’élança au dehors et…

… heurta de plein fouet la personne qui s’apprêtait à entrer. Dans un éclair de lucidité, Gil tendit les bras et rattrapa sa malencontreuse victime avant qu’elle ne chute ; il croisa alors un étonnant regard qui s’imprima immédiatement dans sa mémoire. Un grognement lui échappa, sa manière à lui de s’excuser, et l’instant d’après, il disparut dans les ombres de la nuit. Remontant le col de son manteau élimé, il rabattit sa capuche et remonta une artère pratiquement déserte. Il marchait vite pour se calmer les nerfs ; éviter les bagarres n’était pas dans ses habitudes et il aurait volontiers cogné dans le tas pour se défouler, mais le type qui tenait l’Histoire Ancienne était honnête et ne méritait pas de voir son gagne-pain saccagé par un cabochard de son espèce.

Et je dors où, moi ? Il n’avait plus d’endroit où passer la nuit, désormais ; ses dernières économies avaient échues dans l’auberge qu’il venait de fuir. Pas de sac, pas d’amis, pas d’attaches et pas d’abri dans cette ville qu’il ne connaissait pas assez bien. Il n’avait pas mangé convenablement depuis plusieurs semaines et de ce fait, mal récupéré de ses dernières embrouilles avec le danger ; faible, misérable, il chancela et se rattrapa au mur d’une ruelle qui se terminait par un cul de sac. Fixant l’impasse d’un œil morne, Gil se mit à glousser doucement avant d’être secoué par un fou rire qui fit ricocher la douleur entre ses côtes et dans son crâne. Lorsqu’enfin il se tut, complètement vidé de ses forces, ce fut pour se laisser lentement glisser sur le froid pavage de la rue. Mon pauvre Gil, tu es tombé bien bas… mais voit le bon côté des choses : ça pourrait être pire !

Alors, il se remit à pleuvoir.


[Aujourd'hui, je suis un Envoleur qui se retrouve encore moins bien loti qu'un sdf. VDM !]

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Gracieuse Dûbudchev
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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Mar 19 Fév 2013, 23:30

… et elle se retrouva quelques secondes dans les bras d’un homme qui tenta de la rattraper maladroitement. L’odeur infecte de l’alcool monta dans les narines de l’envoleuse, qui fronça le nez de dégoût, et elle se dégagea assez vite de la poigne de l’homme. Ce dernier ne sembla pas faire très attention à elle, et continua sa route, comme s’il voulait se cacher, rapidement. Pour se fondre dans les ombres des ruelles sombres, alors que la nuit avait déposé son manteau de velours sur la ville.

Haussant les épaules, Gracieuse rajusta son col, et s’avança encore une fois vers la porte de l’auberge, se méfiant cette fois-ci… Elle fit bien, car cette dernière s’ouvrit à nouveau, tellement brusquement qu’elle entendit les gongs couiner tristement en tournant, et le bois grincer sous la poigne… encore ivre, d’un homme.

Poussant un petit soupir, elle les laissa passer eux aussi, se demandant bien ce qu’il se passait ce soir-là. Certes, L’Histoire Ancienne n’était pas dans un quartier très fréquentable, mais l’aubergiste avait toujours assez de jugeote et d’autorité pour tenir les débonnaires loin. Il fallait croire que… non, pourtant, il était toujours là, sur son comptoir, et nettoyait ses verres scrupuleusement. Son regard se posa sur Gracieuse, pénétrant, mais quand il la reconnut il poussa un soupir et l’invita à s’avancer vers lui.


- Qu’est-ce qu’il se passe ici, Turb ?
- Roh, des soulards, comme d’hab. Le premier, c’était un assassin qui semblait noyer son chagrin, et l’autre c’est le pote de celui qui était étalé par terre là-bas – Kuur est en train de le traîner dehors – qui a voulu attraper le tout premier pour décocher la prime.
- La prime ?
- Ouais. On donnerait cent mille pièces d’or à celui ou celle qui le ramènerait mort ou vivant.
- Tant que ça ?
- T’as pas regardé les affiches ?
- Non. Mais bon, peu importe. Il ne l’attrapera pas.
- Comment tu peux en être sûre ?


Un sourire en coin étira les lèvres de Gracieuse.

- Fais-moi confiance. N’empêche, il doit être sacrément fier de valoir autant d’argent… Tu me sers un whisky ?

Quelques secondes plus tard, l’envoleuse se retrouvait avec son verre rempli du liquide ambré entre les doigts, qu’elle faisait tourner doucement. Un petit sourire sur les lèvres, elle se demandait qui était l’homme. Elle avait accordé tellement peu d’importance aux affiches placardées dans les rues qu’elle était juste incapable de dire le nom qu’on lui avait attribué.
Mais en réalité, cela l’intriguait, et elle aurait bien aimé savoir ce qu’il avait fait pour valoir autant. Pour que sa tête soit autant mise à prix, et que pourtant il se trimballe en pleine lumière dans une des villes les moins fréquentables de Gwendalavir. Il ne devait pas avoir grand-chose à craindre…

Buvant soudain son verre cul sec, Gracieuse tapa ce dernier sur le comptoir, et se leva souplement.


- Tu me réserves une chambre pour la nuit ?
- Pas de soucis, il m’en reste deux de libre. Je te prépare la dix.
- Merci.


Adressant un léger sourire à l’aubergiste, Gracieuse louvoya tranquillement entre les tables, avant de pousser à son tour la porte de l’auberge, bien déterminée à retrouver cet homme.

Elle l’avait vu partir vers le nord, et suivi son instinct pour tenter de le retrouver. Elle était presque certaine qu’il n’était pas allé bien loin, vu son état déplorable. Elle remonta une artère déserte, tendant l’oreille. Soudain, un bruit de respiration attira son attention, et elle passa sa tête à l’angle d’une rue donnant directement sur une impasse. Elle allait s’en détourner lorsque son regard accrocha une silhouette dans l’ombre de cette dernière. Haha !

Un petit sourire de triomphe sur les lèvres, Gracieuse leva le nez quelques secondes, et tomba rapidement sur ce qu’elle cherchait : une affiche pour les chasseurs de tête. Giliwyn. Le sourire sur le visage de l’envoleuse s’agrandit ; elle allait sans doute surprendre cet homme, mais bon, elle prenait le risque. S’avançant sans essayer de se cacher dans la ruelle, elle s’arrêta à quelques mètres de lui et essaya de le détailler dans le noir ; mais il avait sa capuche rabattue sur le visage.


- Cent mille pièces d’or… Mais qu’est-ce que tu as fait ?

Elle n’avait pas pu empêcher le ton admiratif de se glisser dans sa voix, et tenta de refroidir un peu l’atmosphère. Enfin…

- Tu n’as donc peur de rien à te pavaner au milieu des affiches avec ton visage et ton nom, Giliwyn ?

Surtout que ce nom lui disait très vaguement quelque chose.
Mais avec tout le monde qu’elle connaissait, cela ne l’étonnait pas. Cependant, elle avait cette quasi-certitude que ce n’était pas une simple connaissance, cet homme. Et puis, il valait quand même cent mille pièces d’or !


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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Lun 25 Fév 2013, 19:31

Gil ne s’était pas attendu à être suivi jusqu’ici – et encore moins à ce que son identité jaillisse avec autant de légèreté. Il se redressa vivement en s’aidant du mur. Mal lui en prit, car la bouteille qu’il avait décidé d’affronter en duel décida de lui faire payer son insolence au prix fort : une formidable migraine déchira son crâne, et il eut bien du mal à adopter l’attitude impassible qu’il revêtait ordinairement aussi aisément que son propre manteau. Redressant la tête, il dévisagea l’inconnue qui venait de l’apostropher d’un ton anodin – celui de la conversation emprunte de banalité… et pleine de futilités. Malgré le peu de clarté, il reconnut la jeune femme avec qui il était entré en collision, quelques minutes plus tôt. S’il avait su qu’elle lui collerait au train, il l’aurait laissée tomber, rien que pour la forme…

- Je pourrais te retourner la question, dit-il en essuyant son menton d’un revers du bras. Quelqu’un de normalement constitué aurait la trouille d’aborder un type dont la tête est mise à ce prix-là.

Il ne répondait pas à sa question mais ce n’était pas le moment de faire dans la politesse ; si cette femme avait réellement voulu se lancer dans une discussion banale et futile, elle y aurait mis les formes. Elle se serait présentée, lui aurait proposé son aide, lui aurait parlé du temps… Débarquer sans fanfare, lâcher son nom sans prendre des gants, c’était un travail d’ignorant – ou de professionnel. Et Gil savait pour quelle option il penchait. Plissant les yeux pour clarifier sa vision, il tenta de déchiffrer ce visage énigmatique qu’il distinguait à travers un rideau de pluie fine et un voile de cheveux sombres. Ces derniers temps, il avait eu plus d’un assassin à ses trousses ; à quelle catégorie appartenait celui-ci ? Simple chasseur de prime, ou bien Mentaï assoiffé de revanche ? Envoleuse ou Mercenaire ? Envoyée par le Chaos ou volant de ses propres ailes ? Oh, et puis qu’est-ce que j’en ai à faire, moi ! Le résultat est le même…

Il bondit. Certes, moins vite que d’habitude – l’alcool commençait à faire son effet – mais un simple passant n’aurait pas saisi ce détail. Il aurait eu une vue d’ensemble, globale, qui aurait donné à peu près ça : un homme apparemment ivre mort se mouvant soudain avec une rapidité confondante, son long manteau claquant dans la nuit sombre ; un saut prodigieux, au-delà du concevable, réalisé sans élan et sans trucage ; une ouverture, une issue possible pour cet homme qui, une fraction de seconde plus tôt encore, se trouvait acculé contre le mur de la ruelle. Il allait la contourner. La dépasser. Lui échapper. Prendre son adversaire par surprise. Voilà ce qu’aurait vu le simple passant – et ce qu’il en aurait conclu, avant même que l’action ne soit terminée. Ne jamais considérer comme acquis ce qui ne l’est pas. Le conseil fourni par Seren surgit du passé et jaillit soudain dans le crâne douloureux de Gil. Pourquoi maintenant ? La réponse lui fut donnée immédiatement.

Il se retrouva au tapis. Et encore, un tapis aurait été fichtrement plus appréciable, mêmes dans ces circonstances… Autant dire qu’il s’écrasa violemment sur le pavé humide de la rue. Un magnifique plat, qui fit s’entrechoquer tous ses os, surtout ceux dont il n’avait pas conscience, et qui vida l’air de ses poumons. Il resta là, allongé sur le dos, le souffle coupé et la bouche ouverte mais ne laissait échapper aucun son. Même pas le formidable juron qui lui brûlait les lèvres. Il lui fallut attendre que son cerveau se remette en état de marche à peu près correcte pour commencer à analyser la situation. Lui, à terre dans une ruelle déserte. Elle, debout à côté de lui. Inutile de faire un dessin au simple passant imaginaire : le rapport de force entre les deux composantes était clair. Gil était dans de beaux draps. La routine, mon vieux. La routine… Ce revirement de situation donnait matière à la réflexion. Déjà, il pouvait mieux cerner son adversaire en procédant par élimination : un vulgaire chasseur de prime aurait déjà tenté sa chance en l’épinglant au mur avec une flèche ou en lui tranchant la gorge, profitant de ce qu’il était à terre et désarmé. Un Mentaï aurait déjà fait joujou avec l’Imagination.

- Décidément, les Envoleurs ont du temps à perdre, ces temps-ci… marmonna-t-il en basculant sur le flanc pour se relever.

Il était rouillé, c’est vrai. Et très éloigné du seuil de sobriété préconisé par l’idée même de la survie. Mais lui aussi était un envoleur, et s’il se permettait de se montrer en plein jour en dépit des affiches placardées sur tous les murs de la ville, c’était justement parce qu’il se sortait toujours du pétrin dans lequel il aimait se fourrer. Portant la main à sa ceinture, il redressa le menton en signe de défi.

- J’avais plutôt dans l’idée de passer la nuit à des activités plus… ludiques, mais je n’ai rien contre un corps-à-corps plus dynamique ! Viens par-là, ma belle, que je te montre à quel point ces affiches me sous-estiment !

Fais gaffe, mon vieux, songea-t-il en fléchissant les genoux, prêt à engager le combat. Un de ces quatre, on te coupera bien plus que la parole et adieu, fanfaron ! Son regard, rendu brillant par l’alcool, la migraine et l’adrénaline, trouva celui de l’inconnue. Violet. Pas aussi pur que celui de Miss, l’amazone qui avait fondé une famille. Pas aussi beau que celui de Libertée. Mais infiniment moqueur et indéniablement serein. Pas de quoi alarmer le guerrier aguerri qu’il était…

… non ?

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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Ven 08 Mar 2013, 21:13

[ Désolée pour le retard, j'étais partie en vacances ! xD ]






Toute son attention braquée sur l’homme presque ivre mort, Gracieuse ne rata pas cette étincelle pure dans son regard. C’est sans doute ce qui lui permit de ne pas être écrasée par le poids de Giliwyn, qui se projeta avec une violence et une rapidité inouïes sur elle, sans doute pour la surprendre. Mais sans doute que l’alcool y était pour quelque chose… Il avait donné un indice.

Un indice minime.
Un indice infime.
Un indice qui permit à Gracieuse de pivoter sur ses talons, saisir le poignet de l’homme alors qu’il arrivait sur elle, et le tirer vers elle, tandis qu’elle faisait un pas en arrière. Profitant de l’élan du mouvement de son adversaire, elle imprima une légère rotation du poignet à l’homme, qui s’étala de tout son long, comme une crêpe, sur le sol pavé de la rue.

Un léger soupir franchit les lèvres de Gracieuse.
Bon. Il n’avait sans doute pas grand-chose à redouter, mais quand il était dans son état normal. Quoique, vu la rapidité dont il avait fait preuve alors qu’il devait avoir plus de cinq grammes d’alcool dans le sang était tout à fait surprenante, peut-être autant que louable. Normalement, ce n’était pas un plaisantin, et surtout face à un guerrier habituel, ou même des chasseurs de tête, de prime, banaux. Mais l’envoleuse n’était rien de tout cela.


- Décidément, les Envoleurs ont du temps à perdre, ces temps-ci…

Un petit sourire mi-figue mi-raisin étira les lèvres de Gracieuse, qui observa l’homme se relever.
Elle nota qu’il ne tanguait pas, et qu’il semblait tenter de se poser sur ses appuis. Un petit soupir moqueur passa ses lèvres, tandis que la voix de l’envoleur s’élevait encore dans la nuit.


- J’avais plutôt dans l’idée de passer la nuit à des activités plus… ludiques, mais je n’ai rien contre un corps-à-corps plus dynamique ! Viens par-là, ma belle, que je te montre à quel point ces affiches me sous-estiment !

Mais quelle situation cocasse !
Gracieuse aurait bien éclaté de rire – un rire sans doute cynique – mais quelque chose la retint, et elle se contenta de rester immobile et silencieuse plusieurs secondes.
Puis, elle croisa lentement ses bras sous sa poitrine, assouplissant ses appuis et ses articulations du genou.
S’approchant de l’homme, elle fronça légèrement le nez en s’approchant de lui. Non pas qu’il sentait l’alcool – de toutes façons elle aussi – ni qu’il n’était pas lavé, mais parce qu’elle tentait de voir au-delà de sa barbe de plus d’une semaine et de son regard bicolore – d’ailleurs, dans la nuit, cela ne se voyait presque plus.


- Giliwyn… Un envoleur, alors. Mais qui veut ta tête ? Qu’as-tu fait pour valoir autant ? C’est quand même… gratifiant d’avoir sa tête à plus de cent mille pièces d’or, non ?

Dépliant ses coudes, elle se contenta de poser sa main droite sur sa hanche, et pointa son index gauche vers la poitrine de l’homme.

- Alors ? Engrosser la femme de l’Empereur, ou sa fille ? Ou peut-être la femme d’un Mentaï ? Ou alors tué l’une d’elle ? Peut-être un peu des deux ? J’ai du mal à m’imaginer, à me représenter…

En voyant les yeux de Giliwyn s’agrandir – peut-être un peu de surprise : il pensait sans doute qu’elle allait lui sauter dessus, le tuer, et tout le reste… - un petit sourire étira ses lèvres.
Faisant passer sa queue de cheval noire dans son dos, Gracieuse plissa légèrement les paupières.


- Oh, ne t’inquiète pas, les aussi grosses primes que toi ne m’intéressent pas, financièrement parlant. C’est plutôt ta réputation qui me captive…

Gracieuse n’avait pas quitté ses appuis, prête à réagir si l’autre faisait encore mine de lui sauter dessus. A vrai dire, elle aurait bien fait ce qu’il avait nommé de « ludique », mais elle n’était pas certaine qu’il était tout à fait d’accord.
Pas encore…


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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Sam 09 Mar 2013, 16:52

Et bien, si. Ce regard-là, quoi que bien différent des autres, avait le pouvoir de remuer le ciel et la terre toute entière, à sa façon ; il secoua Gil sans qu’il puisse rien y faire, même s’il avait tenté de lutter. Il ne lutta pas. Il y avait bien longtemps que ses défenses étaient tombées. En fait, il les avait laissées auprès des êtres qui lui étaient chers – Libertée, Kaünis, Naïs, le bébé… - et il était arrivé ici nu comme un vers. Un misérable vers que cette femme étudiait avec un intérêt non feint. Pourquoi ? Pourquoi s’intéressait-elle autant à lui ? Ses doigts s’écartèrent et il éloigna ses mains de ses hanches. Pas de lame, décida-t-il en la voyant croiser les bras. Tu n’en vaux pas la peine… Lorsqu’elle prononça son nom, une formidable décharge électrique remonta le long de son dos. L’espace d’un instant, il fut plus lucide que jamais, comme si le simple ton de sa voix avait le pouvoir de le purger de tout cet alcool qui saturait son sang.

- Mais qui veut ta tête ? demanda-t-elle en s’arrêtant à quelques pas de lui. Qu’as-tu fait pour valoir autant ? C’est quand même… gratifiant d’avoir sa tête à plus de cent mille pièces d’or, non ?

Gratifiant ? Gratifiant ? Est-ce qu’elle avait réfléchi une seule seconde avant de lui poser cette question ? Bien sûr, que ça ne l’était pas ! Gil aurait donné n’importe quoi pour échanger sa notoriété avec un autre. Cette fille, par exemple. Elle voulait valoir cent mille ? Elle n’avait qu’à demander ! Déjà, il ouvrait la bouche pour répliquer. Elle ne lui en laissa pas le temps.

- Alors ? Engrosser la femme de l’Empereur, ou sa fille ? Ou peut-être la femme d’un Mentaï ? Ou alors tué l’une d’elle ? Peut-être un peu des deux ? J’ai du mal à m’imaginer, à me représenter…

Gil sentit sa mâchoire se décrocher. Un éclair de perplexité traversa son regard. Foutue tarée ! Il ne savait même pas d’où lui venaient toutes ces idées. Les inventait-elle au fur et à mesure ? Probablement. De toute évidence, il était tombé sur une intarissable bavarde, doublée d’une folle furieuse dont l’imagination était à son image. Folle furieuse. Et attirante, songea-t-il en la regardant jouer avec ses cheveux, sombres comme la nuit. Attirante, mais démente. Et dérangeante.

- Oh, ne t’inquiète pas, les aussi grosses primes que toi ne m’intéressent pas, financièrement parlant. C’est plutôt ta réputation qui me captive…

Il grogna. Avant, sa réputation ne lui attirait pas ce genre de… sollicitude : soit on le fuyait, soit il faisait peur. Les deux, parfois. Les femmes qu’il attirait dans son lit étaient ivres, pour la plupart, et elles n’avaient jamais l’occasion de le découvrir sous son vrai jour puisqu’il les abandonnait avant l’aube ; Anee avait été la première qui soit réellement captivée parce ce qu’il était – un homme qui avait ses faiblesses, ses goûts, ses envies et ses peurs. Un homme, pas un loup solitaire, ni même un ours mal léché. Rien qu’un homme.

- Ce que j’ai fait ? lâcha-t-il, amer. Oui, j’ai engrossé deux femmes : une marchombre, pour commencer, puis une princesse. Pour elles, j’ai tué quelques hommes – des mercenaires, des Envoleurs et des Mentaïs. Vil’Ancrasy. Vil’Vishyard. Ça te parle ?

Voilà. La machine à venin était lancée. Grisé par l’alcool, la colère et la honte, Gil déversait sa haine en un flot de paroles plus dures les unes que les autres. Ce n’était pas à cette femme qu’il faisait mal mais à lui ; et plus il saignait de l’intérieur, plus il avait envie de continuer.

- Pour cent mille pièces d’or, j’ai tué quantité d’innocents. Un enfant, dont la tête a roulé sur le sol sans que cela ne me fasse ni chaud, ni froid. Et tu veux savoir ? J’ai tué mon propre père gratuitement. Je l’ai laissé crever comme un chien ! Comme j’ai laissé Iselle crever. Les gens que j’aime et qui m’aiment finissent tous pas crever. Voilà à quoi se tient ma réputation ! Elle te captive toujours autant ?

Il ne s’était pas rendu compte que des larmes silencieuses roulaient doucement sur ses joues. Les poings serrés, le souffle court, il fusillait la jeune inconnue du regard, la mettant au défi de trouver plus ignoble à raconter que sa propre vie à lui. Oui, il la défiait ! Plus que jamais, il avait envie de se battre. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Il perdait son sang froid. Non. Il l’avait perdu depuis longtemps déjà.

- Arrête de me regarder comme ça ! cria-t-il. Et viens te battre ! Je sais que tu es là pour ça ! Allez, viens !

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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Mar 09 Avr 2013, 17:58

- Ce que j’ai fait ? Oui, j’ai engrossé deux femmes : une marchombre, pour commencer, puis une princesse. Pour elles, j’ai tué quelques hommes – des mercenaires, des Envoleurs et des Mentaïs. Vil’Ancrasy. Vil’Vishyard. Ça te parle ? Pour cent mille pièces d’or, j’ai tué quantité d’innocents. Un enfant, dont la tête a roulé sur le sol sans que cela ne me fasse ni chaud, ni froid. Et tu veux savoir ? J’ai tué mon propre père gratuitement. Je l’ai laissé crever comme un chien ! Comme j’ai laissé Iselle crever. Les gens que j’aime et qui m’aiment finissent tous pas crever. Voilà à quoi se tient ma réputation ! Elle te captive toujours autant ?

Si c’était une blague, qu’on la pende.
Pour cent mille pièces d’or, bien sûr qu’elle tuait elle aussi des milliers d’innocents, et cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Elle n’avait pas la notion de ‘c’est un faible, un enfant, une femme’, sa vie avait été trop ponctuée de difficultés pour cela ; chacun, en ce monde, du gamin de cinq ans au vieillard de quatre-vingt-dix ans avait des méfaits à son compte. Personne n’était parfait, et ceux qui pouvaient sembler l’être s’attiraient tellement de jalousie qu’ils ne vivaient pas longtemps non plus. Alors, sa tirade ne fit ni chaud ni froid à Gracieuse, qui se contenta de continuer à l’observer, les bras croisés.

Donc, revenons-en aux questions qu’elle avait posées.
Il avait engrossé deux femmes : une marchombre – était-ce voulu ? Pour lui pourrir la vie ? Pour l’achever mentalement avant de la tuer ? – et une… princesse. Soit. Tuer des hommes pour des femmes, ça lui allait aussi. Les noms qu’il avait lancés lui disaient quelque chose, en effet, mais cela ne valait pas l’excuse de son propre apprenti – le fils déchu de l’empereur, rien que ça. Pour cela, plus grand-chose n’impressionnait Gracieuse, et même si les réputations l’intéressaient, elle n’avait pas envie de s’en faire une, cela comportait trop d’emmerdes, pour parler poliment.


- Arrête de me regarder comme ça ! Et viens te battre ! Je sais que tu es là pour ça ! Allez, viens !

Rolalala, il devait avoir un sacré grammage dans le sang, en effet, pour s’échauffer aussi rapidement. A moins que cela ne fasse aussi partie du personnage – après tout, c’était carrément cohérent, même !

Faisant claquer sa langue contre son palais, Gracieuse marqua ainsi sa désapprobation.

- Tss tss, détends-toi. Je ne vais pas me battre. De toutes façons, vu l’état dans lequel tu te trouves, je doute que ce soit amusant.

Attrapant le bout de sa queue de cheval entre ses doigts, l’envoleuse les fit rouler pensivement entre la pulpe de son index et de son pouce, un petit sourire alambiqué étirant ses lèvres.

- Une réputation, c’est de l’argent. Je crois que tu as mal géré la tienne. A moins que tu ne l’aies pas du tout gérée, en fait….

Un sourire alambiqué sur le coin des lèvres, elle secoua gracieusement la tête et tendit sa main vers l’homme, basse sur ses appuis pour éviter qu’il l’attaque par surprise, prête à réagir à une offensive mais sans la moindre trace d’agressivité.

- N’empêche que la tienne reste captivante. Comment tu peux valoir autant de pièces d’or avec si peu de méfaits ? Hum, je me le demande. On tente de te faire passer pour plus méchant et dangereux que tu l’es, ou bien tu caches ton jeu, même avec huit grammes dans le sang ?

C’était de la provocation.
Mais à vrai dire, Gracieuse ne savait faire que cela, de la provocation. Avoir une discussion saine avec elle tenait du miracle, et encore plus quand c’était elle qui s’adressait à vous dans un premier temps !









[ Désolée pour le retard de fouuuuuuuuu ! ]

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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Mer 10 Avr 2013, 15:44

- Tss tss, détend-toi. Je ne vais pas me battre. De toutes façons, vu l’état dans lequel tu te trouves, je doute que ce soit amusant.

Gil accusa le coup en silence.

- Une réputation, c’est de l’argent. Je crois que tu as mal géré la tienne. A moins que tu ne l’aies pas du tout gérée, en fait…

C’était vrai. Complètement, totalement, entièrement vrai ; en dépit des conséquences, Gil s’était enfoncé dans les ennuis jusqu’au cou alors qu’il aurait pu faire marche arrière au bon moment – si seulement il avait eu le cran de le faire. Je n’ai pas changé, réalisa-t-il dans un éclair de lucidité. Je l’ai cru, mais c’est faux : les chiens ne font pas des chats. Et lui, Giliwyn SangreLune, ne portait pas le nom de ses parents par hasard…

- N’empêche que la tienne reste captivante. Comment tu peux valoir autant de pièces d’or avec si peu de méfaits ? Hum, je me le demande. On tente de te faire passer pour plus dangereux et plus méchant que tu ne l’es, on bien tu caches ton jeu, même avec huit grammes dans le sang ?
- Tu m’emmerdes, râla l’Envoleur en cherchant à la contourner, ignorant la main qu’elle lui tendait.

Mais il tituba et, comme le mur était bien plus éloigné qu’il ne l’avait pensé, il se rattrapa à la jeune femme. Même saturé d’alcool et l’esprit l’embrumé, Gil réagit à ce contact brusquement intime : son cœur s’emballa et son souffle se bloqua dans ses poumons. Une seconde. Puis il se dégagea brusquement et s’éloigna, réinstallant une distance de sécurité entre eux deux.

- Je t’ai rien demandé ! Je ne sais même pas qui tu es. Si je suis venu ici, c’est pour qu’on me fiche la paix…

D’un pas lourd et mal assuré, Gil sortit de l’impasse. Il était en colère. Mais le pire, dans tout ça, c’est qu’il l’était contre lui-même : monter si haut pour descendre si bas ! Si seulement on lui laissait une chance de rectifier ses erreurs, si seulement il pouvait s’enfermer à nouveau dans cette bulle d’insouciance qu’il avait mis des années à se fabriquer… Un léger rire lui échappa. Avec des « si », songea-t-il amèrement tout en bifurquant au coin de la rue, on mettrait Al-Jeit en bout…

…Le poing qui le cueillit en plein visage le projeta au sol et lui fit voir trente-six chandelles. Peut-être même perdit-il connaissance quelques secondes, avant qu’une poigne solide ne le saisisse par le col pour le remettre debout. Sonné, Gil fronça les sourcils pour accommoder sa vision, mais rien à faire : le visage qui se tenait à quelques centimètres du sien persistait à lui apparaître en double.

- J’ai pas eu le temps de te dire au revoir, tête de nœud ! T’es parti trop vite, tout à l’heure…

Gil se plia en deux lorsque Deyl lui envoya son genou dans l’abdomen. Malheureusement, ce crétin était en meilleur état que lui, et accompagné de surcroit : deux hommes se précipitèrent vers lui pour le soutenir avant qu’il ne s’effondre. Non pas par gentillesse, cela aurait été trop demander en cette nuit qui allait se terminer aussi mal qu’elle avait commencé. On se contenta de le maintenir debout pendant que Deyl se défoulait. Gil se laissa faire sans broncher. D’une certaine manière, il acceptait cette humiliation qu’il croyait sincèrement méritée. Rien ne vaut un bon passage à tabac pour se remettre les idées en places. Aïe.

- C’est bon, Deyl. Il a eu son compte.
- Pas moi,
rétorqua l’interpelé en frappant encore une fois.
- Tu seras payé plus cher si tu le ramènes en vie à ceux qui le cherchent !

L’appât du gain est toujours le plus fort. Deyl saisit Gil par les cheveux et lui pencha la tête en arrière, de façon à le regarder dans les yeux.

- Qu’est-ce qu’ils te veulent, ces types ? Hein ? Qu’est-ce que tu leur as fait pour qu’ils aient à ce point envie de te tuer eux-mêmes ?

C’était trop ! Gil en avait marre qu’on lui pose cette question. Luttant pour ouvrir à demi son œil gauche, il offrit à Deyl un rictus ensanglanté. Puis il lui vomit dessus. Dégoûté, Deyl fit un bond en arrière mais ne parvint pas à éviter le plus gros de la soupe.

- Espèce de…

Entre ses doigts, l’éclat d’une lame miroita dans la nuit. Gil ouvrit péniblement les mains. Les deux comparses de Deyl l’avaient lâché dans la précipitation, le laissant tomber à genoux sur le pavé humide. Puisant dans ses dernières forces, il banda ses muscles, prêt à défendre sa vie, même si ça n’en valait pas vraiment la peine. Au fond, il n’avait pas envie de mourir ici, dans une sombre ruelle, tout seul et dans son propre vomi. D’ailleurs, il n’avait pas le choix : il devait retrouver l’assassin d’Iselle et le ravisseur de Libertée. Et il devait présenter Kaünis à son Env-Kil. Pas maintenant, décida-t-il en écartant les doigts.

Il n’eut pas le temps d’utiliser sa greffe. A la limite de son champ de vision, quelque chose passa à l’action, si rapidement qu’il n’entendit rien que des sons étouffés. Un gargouillement de douleur, un corps qui tombe. Incapable de lutter davantage, Gil bascula sur le flanc. Il s’était remis à pleuvoir, et les gouttes gelées qui s’écrasaient sur son corps endolori apaisaient la morsure de ses plaies. Ses yeux papillonnèrent. Juste avant de les fermer, il aperçut une ombre, juste à côté de lui. Un visage flou, une voix douce, quelques paroles dont il ne comprit pas le sens. Un parfum subtil.

- Libertée… marmonna-t-il.

Puis il s’évanouit pour de bon.

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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Mer 10 Avr 2013, 22:27

- Je t’ai rien demandé ! Je ne sais même pas qui tu es. Si je suis venu ici, c’est pour qu’on me fiche la paix…

Alors que Gracieuse ouvrait la bouche pour se présenter, un bruit sourd attira son attention dans son dos, et sans plus réfléchir ou prendre son temps, elle s’effaça d’un pas, se confondant dans l’ombre environnante. Qui étaient les personnes qui s’approchaient ?

Ah, il lui semblait reconnaître leur tête, en fait. L’un d’entre eux était l’homme qui suivait Gil de près, quelques dizaines de minutes auparavant, quand il était sorti de l’auberge comme un voleur – qui ne semblait pas l’être, en tout cas pour cette fois-ci. Par contre, la tête du second ne lui disait absolument rien.
Dans tous les cas, ils avaient bien compris que Gil avait la tête mise à prix, et apparemment c’était l’une des raisons qui les avaient poussés à vouloir le retrouver. L’une, car le premier semblait vouloir régler un compte avec l’envoleur.

- Qu’est-ce qu’ils te veulent, ces types ? Hein ? Qu’est-ce que tu leur as fait pour qu’ils aient à ce point envie de te tuer eux-mêmes ? Espèce de…

Joli coup de Gil, elle devait bien l’avouer !
Là, il avait fait très fort, et elle était d’ailleurs persuadée que cela avait été calculé, ce qui lui tira un sourire.
Un sourire, qui s’effaça dès qu’elle vit l’éclat de la lame dans le poing de l’homme. Dans une impulsion violente et d’une vivacité confondante, elle bondit en avant et son pied percuta le poignet de l’homme, qui hurla de douleur.
Tourbillonnant sur elle-même, elle asséna trois coups de poings à l’homme qui n’avait pas eu le temps de se relever, qui le laissa inconscient sur le pavé. Tout comme Gil, en fait.

Quand elle leva ses yeux parme vers les deux autres, ces derniers eurent un léger mouvement de recul.

- Il est à moi. Si vous vous approchez ne serait-ce que d’un millimètre, je plante votre tête sur un piquet, c’est bien clair ?

L’un des deux fronça les sourcils et sembla faire mine d’avancer, mais le seconde le retint en tapant sur son ventre du plat de la main. Ce qui tira un sourire sardonique à Gracieuse.

- C’est bien, vous êtes sages. Maintenant, vous reculez de trois pas, je récupère ce corps, et si vous avancez avant que j’ai fini de compter jusqu’à cinquante, je vous tue.


ф ф ф



Gracieuse était en train de coiffer ses cheveux quand la respiration de Gil lui indiqua qu’il venait de sortir de son inconscience – ou de son sommeil.
Le laissant reprendre ses esprits quelques secondes, elle finit de brosser sa mèche, et déposa le peigne sur la coiffeuse disposée dans la chambre. Heureusement que Turb lui avait réservé une chambre, sinon elle n’aurait pas su où emmener cet envoleur un peu trop étrange à son goût.

Après tout, même en étant tué sous les coups d’une lame, il appelait à sa liberté. Pathétique, ou presque.
Liberté de boire, liberté de penser, de courir les jupons, de déverser le chaos… Sans doute. Mais il fallait quand même avoir un grain pour penser à cela quand on pensait passer de l’autre côté.

- Turb a ramené le petit déjeuner, il y a du café, du lait et quelques pâtisseries si tu veux.

Se tournant lentement vers l’homme étalé dans le lit, Gracieuse poussa un soupir. Elle avait dormi sur le matelas dont les draps étaient déjà refaits, par terre, et se demandait si quelqu’un attendait Giliwyn, finalement. Peut-être que sa princesse ou sa marchombre – ou les deux – auraient voulu se réveiller à ses côtés, après tout ! Peut-être étaient-elles naïves à ce point, ou alors pas en colère ou alors…

Bref


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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Jeu 11 Avr 2013, 00:09

L’odeur du café tira Gil de son sommeil. Mais il n’ouvrit pas immédiatement les yeux, et ce pour plusieurs raisons : la première, c’est qu’il avait un mal de chien de la pointe des orteils jusqu’à la racine des cheveux. Et il savait très bien ce que cela signifiait. Soirée bien arrosée. Enfer, je dois absolument aller vider ma vessie… Mais pour cela, il fallait ouvrir les yeux, or il était à peu près certain que c’était une mauvaise idée. Qu’il ait pensé à tirer les rideaux ou pas, la lumière du jour allait lui cramer les yeux et renforcer sa migraine, si la chose était possible. Mais alors qu’il remuait pour trouver une position qui lui permette de dormir une heure supplémentaire sans que sa vessie soit trop comprimée, un gigantesque point d’interrogation se forma dans son esprit. Un point d’interrogation qui ponctuait une question.

Comment je suis arrivé dans ce lit ?

- Turb a ramené le petit déjeuner, il y a du café, du lait et des pâtisseries si tu veux.

Ah. Voilà qui répondait partiellement à sa question. Mais qui en soulevait une autre, et non des moindres : que s’était-il passé cette nuit ? Son crâne étant prêt à exploser, Gil renonça à se torturer les méninges pour essayer de rassembler ses souvenirs. Ce n’était pas la première fois qu’il se réveillait dans l’incapacité de se rappeler les six ou huit dernières heures, mais d’ordinaire, il pouvait se passer de répondre aux questions où, quand, comment et avec qui ; quoi qu’il advienne, il était toujours debout le premier et il en profitait pour tirer sa révérence avant que les ennuis ne décident de se pointer. Là, c’était différent. Il était tout seul dans le lit mais la femme qui se trouvait dans la chambre lui proposait un petit-déjeuner d’un ton parfaitement neutre et ça, ça n’était pas habituel du tout.

Gil ouvrit prudemment un œil, l’autre restant résolument clos. Il comprit pourquoi en y portant délicatement deux doigts : sa pommette était tuméfiée et sa paupière gonflée. Merveilleux. Quoi d’autre ? Lèvre fendue. Côtes en compote mais pas fracturées. Poignet droit endolori. Multiples contusions et des crampes abominables, la plus virulente étant celle d’un estomac complètement retourné. Bilan plutôt positif, s’il comparait son état à d’autres occasions moins reluisantes… Sa langue découvrit qu’il lui manquait une dent, expliquant le goût de sang qu’il avait dans la bouche, et il faillit se raviser. Il n’était pas au mieux de sa forme. Mais il était vivant. Et en bonne compagnie ?

Tournant la tête, il aperçut la femme qui lui avait proposé un café. Assise devant un miroir, elle était occupée à remettre de l’ordre dans son abondante chevelure noire. Elle paraissait plongée dans sa tâche mais, même borgne, Gil remarqua qu’elle observait son reflet du coin de l’œil. Ses yeux étaient d’un parme très pur. Une très jolie couleur. Très rare, aussi… mais moins que le rose. Une grimace tordit le visage de Gil alors que l’image de Libertée faisait brusquement irruption dans son esprit. Dans ses souvenirs. Il se rappelait avoir cherché à noyer son chagrin et son impuissance dans la boisson. Mais la suite lui échappait encore, et si cette femme aux yeux violet n’était pas en mesure de lui fournir quelques indications, il était le roi des Raïs en personne !

- C’est qui, Turb ?

Oh, bon sang. Il avait la voix rauque d’un type qui aurait bouffé un corbeau. D’un autre côté, sa vision s’était un peu accommodée à la faible luminosité qui éclairait la pièce en filtrant à travers les stores baissés ; Gil en profita pour se redresser. Délicatement, il s’étira puis fit jouer les muscles de ses bras. Etrangement, il ne se souvenait pas d’une quelconque bagarre, et d’ailleurs, ses jointures n’étaient pas abîmées, preuve qu’il n’avait cogné rien ni personne. On l’avait donc passé à tabac pendant la nuit. De mieux en mieux… Jetant un coup d’œil dans la chambre, il découvrit le matelas posé sur le sol, et les draps encore froissés, quoique soigneusement réajustés. Son regard pour une fois monochromatique revint se poser sur la jeune femme aux cheveux noirs.

- J’ai manqué une étape… D’accord, disons plutôt que l’ai complètement oubliée. J’ai bien quelques images floues en tête mais… Qu’est-ce qui s’est passé cette nuit ?


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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Mer 17 Avr 2013, 08:57

Alors qu’elle finissait de remonter ses cheveux en haute queue de cheval, l’envoleuse gardait un œil sur son handicapé grâce au miroir. Ce dernier s’était en effet réveillé, et se posait sans doute mille question quand à sa présence dans une chambre d’une taverne.
D’ailleurs, quand il commença à parler, sa voix était tellement éraillée que Gracieuse, si elle ne l’avait pas entendu la veille, ne l’aurait pas reconnu.


- C’est qui, Turb ?

Poussant un soupir, la jeune femme se retourna tranquillement pour faire face à l’homme, qui n’avait toujours pas touché au petit déjeuner qui avait été apporté. En quelques pas aussi gracieux que rapides, elle fut près du lit et s’assit sur le rebord du matelas pour se prendre un bol de café, dans lequel elle trempa une viennoiserie au chocolat.

- J’ai manqué une étape… D’accord, disons plutôt que l’ai complètement oubliée. J’ai bien quelques images floues en tête mais… Qu’est-ce qui s’est passé cette nuit ?

Un petit sourire, autant ironique que supérieur, se dessina sur les lèvres de Gracieuse, qui finit en quelques gorgées son café brûlant. Cela faisait du bien à la langue, et à l’œsophage, cette douce chaleur qui se répandait dans tout son ventre.
Prenant tout son temps, elle finit même son pain au chocolat en se délectant du croustillant de sa pâte feuilletée, se léchant les doigts pour terminer.


- Turb, c’est le gérant de cette auberge. Celui qui t’a servi tous tes verres hier soir.

Un sourire alambiqué étira les lèvres charnues de Gracieuse, qui releva le menton vers l’homme.
Giliwyn SangreLune.
Décidément, il n’avait pas bien géré sa réputation. Elle se demandait même comment il était possible de monter aussi haut et de tomber aussi bas simultanément. Si elle n’avait pas été là la veille, il serait sans doute actuellement devant celui qui voulait sa tête, et n’en aurait probablement plus d’ailleurs.


- Hier soir, je pense que ton crâne s’en souvient mieux que toi, de ce qu’il s’est passé… Par contre cette nuit, j’avoue que c’était très drôle. Comment tu veux ne pas t’attirer les ennuis alors que ta tête est à autant, et que tu te bourres la gueule au point de ne même plus réussir à viser hein ?

Faisant passer une mèche de cheveux derrière son épaule, elle poussa un léger soupir.

- D’ailleurs, sans moi, tu seras actuellement sans tête devant celui qui la voulait. Je le vois très bien la brandissant fièrement, et avec un grand sourire ! Enfin, je ne sais pas qui est – ou qui sont – celui qui t’en veut, mais j’imagine un grand sourire. C’est comme ça quand on a enfin la vengeance que l’on voulait, non ?

Un sourire moqueur et narquois sur les lèvres, Gracieuse se resservit un bol de café et porta le liquide noir à ses lèvres, se contentant de se réchauffer à sa chaleur de ce dernier.
Si il avait encore la gueule de bois, il y avait deux solutions : soit, trop goguenard, il était incapable de réfléchir et ne dirait rien tout en se contentant de déjeuner, soit il pouvait encore prendre la mouche et demander – encore, ou pas – à se battre. Dans tous les cas, elle l’attendait au tournant.


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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Mer 17 Avr 2013, 19:56

Perplexe, Gil regarda le joli bout de femme qui lui tenait compagnie contourner gracieusement le lit et s’asseoir au bord du matelas pour grignoter un morceau. Elle ne semblait pas pressée de lui donner les explications qu’il attendait et il se demanda même, au bout d’un moment, si elle ne faisait pas exprès de manger lentement. En la voyant boire son café à petites gorgées, il sentit une pointe d’agacement le gagner. Mais alors qu’il ouvrait la bouche pour lui intimer – le plus respectueusement possible – d’accélérer un peu la cadence, elle tourna vers lui un regard dans lequel dansait une lueur amusée.

- Turb, c’est le gérant de cette auberge, dit-elle en se léchant soigneusement les doigts. Celui qui t’a servi tous tes verres hier soir.

A ces mots, la nouvelle meilleure amie de Gil, qu’il s'appelait Migraine, joua un petit air joyeux à l’intérieur de son crâne vide et douloureux. Il fronça les sourcils, secouant son amie oubliée, Mémoire, pour la réveiller un peu. Mémoire grogna, épuisée. Elle aurait bien voulu dormir plus longtemps, ne serait-ce que pour ne pas prêter attention au chant odieusement discordant de cette fichue Migraine. Gil ne lui laissa cependant pas le choix et elle finit par lui révéler une image qui semblait vieille d’une cinquantaine d’années tant elle était floue. Mais avant que Gil n’ait le culot de lui demander de préciser la chose, Mémoire fila sans demander son reste. Non mais oh… Désormais seul en compagnie de Migraine, Gil dut se résigner à se contenter de ce qu’il avait, c'est-à-dire bien peu : les quelques mots d’une inconnue et cette image, qui représentait une bouteille. Une bouteille qu’il tenait dans la main. Une bouteille qui était quasiment vide. Une bouteille qu’il avait vidée tout seul. Merci, Turb…

- Hier soir, je pense que ton crâne s’en souvient mieux que toi, de ce qu’il s’est passé…

Non, sans blague ?
La ferme, saloperie de Migraine…


- … par contre cette nuit, j’avoue que c’était très drôle. Comment tu veux ne pas t’attirer les ennuis alors que ta tête est à autant, et que tu te bourres la gueule au point de ne même plus réussir à viser hein ?

… Bonne question. A laquelle il n’eut pas le temps de répondre.

- D’ailleurs, sans moi, tu serais actuellement sans tête devant celui qui la voulait. Je le vois très bien la brandissant fièrement, et avec un grand sourire ! Enfin, je ne sais pas qui est – ou qui sont – celui qui t’en veut, mais j’imagine un grand sourire. C’est comme ça quand on a enfin la vengeance que l’on voulait, non ?

Mémoire choisit cet instant précis pour faire son grand retour. Pas un retour complet – n’exagérons rien, il était dans un état trop lamentable pour cela – mais suffisant pour lui balancer de plein fouet un tas d’images plus ou moins nettes, avant de s’en aller à nouveau (parce que Migraine chantait toujours aussi faux). Il se souvint des affiches à son image placardées dans toute la ville, d’un type lui envoyant son poing dans la figure pour la bonne cause de ladite affiche, son altercation avec une fille aux cheveux noirs et au ton railleur, le bébé de Naïs, le départ de Libertée… L’ordre n’était pas le bon, il le savait, mais le résultat était le même. Ainsi que la douleur. Celle-là, Gil aurait aimé que Mémoire ne la lui rende pas tout de suite… La fille aux cheveux noirs et au ton railleur le regardait, à présent. Et dire qu’il avait voulu s’en débarrasser, la veille…

Soudain mal à l’aise, Gil s’assit dans le lit qui grinça sous ses mouvements, puis se passa une main dans les cheveux pour se donner contenance. Quelque mois plus tôt, il aurait réagi différemment – par la colère, le déni, et très probablement avec une lâcheté sans pareille. Mais il avait bel et bien changé. Il était capable désormais de faire face à un problème, tout railleur qu’il soit, et de soutenir son regard intensément violet. Un bref instant, la douleur qui était revenue ronger ses entrailles se fit moins pressante. Puis il esquissa un mince sourire.

- Ma tête te remercie d’être restée pour lui sauver la mise.

Il attrapa la tasse fumante qui lui était destinée et la porta à ses lèvres. La première gorgée lui brûla la langue. La seconde se mélangea au goût cuivré du sang qu’il avait dans la bouche et manqua de lui retourner l’estomac. La troisième fut la bonne. Lentement, très lentement, le voile qui obscurcissait ses pensées se dissipa. Le café combattit Migraine jusque dans ses derniers retranchements. Elle finit par lâcher les armes, de mauvaise grâce, et par s’en aller complètement ; revigoré, réveillé, Gil fit jouer les muscles noueux de ses épaules et de ses bras, inspira vivement puis souleva le drap pour se lever.

- Oh.

Il était nu comme un vers. Couvert de bleus, certes, et bardé de cicatrices plus ou moins anciennes, la plus récente étant celle qui lui barrait la hanche droite ; mais, même ainsi, dans un piteux état et le teint un peu gris, il restait impressionnant de finesse et de puissance, de sauvagerie et d’élégance tout à la fois. S’il ne se sentait pas l’âme d’un exhibitionniste, Gil n’avait aucune envie de se couvrir. A quoi bon ? Cette fille l’avait déshabillée de son plein gré, non ? Reposant la tasse – non sans avoir effleuré de son torse le bras de la jeune femme au passage –, Gil se dirigea vers la bassine d’eau posée près de la coiffeuse et entreprit de rincer son visage tuméfié.

- Qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-il tout en laissant couler de l’eau sur ses épaules. Sans me souvenir avec exactitude de ce que je t’ai dit hier, je sais que je n’ai pas été tendre. Tu aurais pu me laisser perdre ma tête… Pourquoi m’avoir aidé ?





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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Sam 25 Mai 2013, 16:46

( Sourire moqueur )

- Je ne t'ai pas franchement aidé. J'ai plutôt défendu la réputation des Mercenaires et des Envoleurs au passage. Ce n'était pas... spécialement parce que c'était toi. Ca aurait pu être n'importe quel autre Envoleur qui vaut des centaines de pièces d'or.







[ Warf, comme dit avec Lib : Je suis de retouuuuur ! Ne t'imagine pas que tu vas te débarrasser de moi ! Razz ]

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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Sam 13 Juil 2013, 12:12

- Je vois. En résumé, tu as sagement fait ton devoir d'Envoleuse modèle.

(Regard pénétrant)

Et maintenant ?

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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Lun 15 Juil 2013, 11:37

- Maintenant ? A toi de voir. Moi, j'ai bien envie d'une distraction...

[ Sourire en coin ]

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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Mar 23 Juil 2013, 00:32

Gil jeta un coup d'oeil dans le miroir craquelé entreposé au-dessus de la bassine. Le reflet de la jeune femme était égal à elle-même : calme, posé, moqueur. Et tentant. Car il fallait le reconnaître, cette fille offrait une sacrée paire de jambes ! Petite mais élancée, menue mais musclée, elle avait ce qu'il fallait où il fallait, en plus d'une assurance qui pouvait aisément passer pour de la témérité et un humour qui frisait souvent l'insolence. Une beauté qui n'avait pas froid aux yeux. En d'autres circonstances, Gil n'aurait pas hésité un seul instant. D'ailleurs, il serait déjà sous les draps en compagnie de la belle...

... Il reposa l'éponge, appuya ses mains de part et d'autre de la bassine et soupira.

- Non.

Réalisant soudain la brusquerie de sa réponse, Gil se mordit la lèvre et croisa le regard de la jeune femme dans le miroir.

- Je veux dire... J'peux pas.

C'était impossible, pas alors qu'il n'aspirait qu'à retrouver Libertée. Elle était partie, il la retrouverait. Cette certitude se fit jour en lui avec une clarté surprenante. Pour la première fois depuis des jours, Gil sentit une pensée cohérente, lucide traverser son esprit pour se ficher dans son coeur : j'arrive. Tu entends ? Je viens te chercher. Il l'avait déjà fait une fois. Il pouvait recommencer. C'était un risque à prendre, peut-être le plus gros qu'il ait jamais encouru, car il ignorait tout de la réaction de Libertée - de ses projets vis-à-vis de lui. D'eux. Mais il se devait d'essayer. N'est-ce pas ?

Le regard de la fille était toujours fixé sur lui. Trouvant sans savoir comment le courage de se tourner pour lui faire face, Gil s'appuya contre la commode et croisa les bras sur la poitrine. Sa première réaction avait été de l'envoyer balader. La virer de la chambre, lui claquer la porte au nez. Mauvaise idée. D'abord parce qu'il ne faisait pas le poids contre elle dans cet état-là. Ensuite parce qu'il était bien plus reconnaissant que son attitude le laisser supposer. Cette fille lui avait probablement sauvé la vie. Et, loin de se contenter de cet exploit, elle était restée près de lui jusqu'à son réveil. Elle restait avec lui alors qu'il faisait tout, ou presque, pour la froisser. Il pouvait en conclure qu'elle avait envie de passer du bon temps, et sa dernière remarque allait dans ce sens ; mais d'un autre côté, il sentait que ce n'était pas la seule raison de sa présence.

- Qui es-tu ? finit-il par demander.

Il avait longuement hésité avant de poser la question. Et il espérait qu'elle comprenne où il voulait en venir. Ce qu'elle était, il le savait déjà. Envoleuse, pas des moindres. Elle l'avait mis au tapis en moins de deux. Ceux qui s'en étaient pris à lui avaient également fait les frais de sa puissance. Un brin de fille coriace et énigmatique, pince-sans-rire et entêté. Gil cligna doucement de son oeil tuméfié. Il voulait pouvoir mettre un nom sur cette femme.


[Affreusement court, mais j'avais pas envie de repartir sur un simple dialogue ^^]

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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Dim 28 Juil 2013, 13:32

- Qui es-tu ?

Après le refus clair et net de coopérer pour des distractions plaisantes, Gracieuse ne s’attendait franchement pas à ce Gil pose une telle question. La pensée qu’elle pourrait bien l’exciter assez pour qu’il oublie momentanément la fille qu’elle avait vu briller dans ses yeux l’avait traversée, mais elle n’était pas certaine de le vouloir assez pour le faire. Elle avait haussé les épaules, et s’était simplement allongée sur le lit, un sourire en coin étirant le bord de ses lèvres.
Peu d’hommes, dans sa vie, lui avaient dit non. Et même très peu – ils se comptaient sur les doigts d’une main.

Revenant à la réalité, Gracieuse haussa les épaules.


- Tu en sais déjà bien assez. Mais je consens à te donner mon prénom, pour que tu ne l’oublies pas : Gracieuse.

Un sourire moqueur étira les lèvres de l’envoleuse, qui s’assit sur le bord du lit à la force des abdos. Croisant ses bras sous sa poitrine, elle observa plusieurs secondes l’homme qui se tenait devant elle.
Hormis ses ecchymoses et balafres fraiches, il dégageait quelque chose de dangereux et de méfiant à la fois. Comme un loup acculé. Plissant les paupières, elle essayait de comprendre cette attitude sans parvenir à franchement la décrypter.

Et en plus, il lui avait dit non.


- Es-tu réellement fidèle, Gil ?

Ses yeux brillèrent de moquerie, et le sourire sur son visage s’étira.

- Parce que ça, par contre, ça ne fait pas du tout partie de ta réputation !

Elle, provocatrice ?
Toujours !








[ Pareil, j'ai fait court, je ne voulais pas me contenter de trois phrases ! Razz ]

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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Lun 12 Aoû 2013, 15:55

Elle s’appelait Gracieuse. Gil haussa un sourcil et failli laisser échapper un commentaire, mais pour une fois il écouta le bon sens qui lui intimait de garder le silence. D’accord, il était étonnamment surpris. Néanmoins, insulter celle qui l’avait tiré d’un bien mauvais pas était la dernière chose à faire, sauf s’il souhaitait qu’elle l’achève. Ce qui était possible. Ravalant sa verve, Gil se contenta donc de faire avec le nom, ou le sobriquet, qu’elle lui avait lancé comme on lancerait un morceau de viande à un chien sauvage. Gracieuse, hein… Force était de constater que ça lui allait bien. Cette femme dégageait un subtil mélange de sensualité et de puissance contenue, et sa manière de parler contrastait avec son port altier et sa façon de bouger. Commune, elle ne l’était pas pour un sou. C’était bien le problème…

- Es-tu réellement fidèle, Gil ? Parce que ça, par contre, ça ne fait pas du tout partie de ta réputation !

Piqué au vif, Gil se redressa brusquement. Mal lui en prit. Ses côtes sensibles se rappelèrent à sa mémoire de poisson rouge, lui coupant le souffle avec une vigueur douloureuse au possible, et son estomac pas encore tout à fait stable se mit à danser tout seul. Dans un grognement qu’il espérait désabusé et parfaitement naturel, il s’appuya à nouveau contre le meuble, baissa la tête et serra les dents en attendant que le monde cesse de tourner comme une toupie. Pas maintenant, pria-t-il avec force. Ne vomis pas maintenant, mon vieux ! Il déglutit et la bile amère qui remontait le long de son œsophage décida finalement de faire marche arrière. Gagné. Cet instant désagréable mis de côté, Gil leva un œil sombre vers son interlocutrice.

- C’est tout le problème des réputations, marmonna-t-il. En général, ça ne reflète pas du tout la vérité.

C’était vrai, mais pas dans ce cas précis. Gil n’avait jamais agi par fidélité… jusqu’à ce qu’une marchombre aux yeux roses débarque dans sa vie. Et encore, ses relations avec Naïs compliquaient légèrement la chose, mais ce qu’il vivait avec Libertée était ce qui se rapprochait le plus, chez lui, de la vie de couple ordinaire. Gil regarda Gracieuse, détaillant un bref instant la courbe de ses hanches. Bien sûr qu’il fallait être fou pour ne pas sauter sur cette fille ! Elle était jolie, attirante et son expression mutine clamait son désir. Mais hélas, fou, Gil l’était assurément…

- Et ne me fais pas croire que tu as envie de moi dans cet état. Je ferais peur à un Raï.

Il espérait que l’argument ferait mouche et qu’elle changerait d’avis à son sujet. Peut-être parce qu’il n’était pas certain de pouvoir lui résister très longtemps. Encore une fois, son état entrait en ligne de compte : il avait du mal à tenir sur ses jambes et son estomac était prêt à se retourner. Il n’attendait plus que le signal. Tout doux… Oh, et puis zut. Si elle ne comprend pas le message, elle n’aura qu’à pas se plaindre une fois couverte de vomi ! Frondeur, Gil osa un sourire de défi. Il n’avait pas envie d’en arriver là. Ce serait tomber plus bas qu’il ne se trouvait déjà !

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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Ven 16 Aoû 2013, 19:24

- Et ne me fais pas croire que tu as envie de moi dans cet état. Je ferais peur à un Raï.

Gracieuse éclata de rire.
Un rire dur et cinglant.
Il ferait peur à un Raï, ce n'était pas faux, et elle ne pouvait pas le nier. Par contre, le reste dela phrase, elle ne s'y attarda pas dessus : après tout, si elle contrôlait l'extérieur de son enveloppe charnelle, elle était loin de contrôler ses réactions instinctives et primaires. Et donc elle ne contrôlait pas son désir, notamment pour ce Raï. Très peu d'hommes lui avaient dit non, mais elle n'était pas du genre à insister : après tout, soit c'était oui, soit c'était non, mais il n'y avait pas de peut-être. Un peut-être équivalait à un non. Et elle n'allait pas courir après des hommes qui ne voulaient pas d'elle alors que tant d'autres auraient bien dit oui.
Elle n'allait pas se vexer pour si peu.


- Pire, tu ferais peur à un Brûleur.

Elle haussa les épaules, et se détourna de l'homme, calmant son corps comme elle savait le faire habituellement : elle pensait à ses parents, tout simplement. Voilà, elle sentit le tout refluer alors qu'elle se concentrait sur leurs faces de Raïs, et un sourire mauvais étira ses lèvres alors qu'elle se disait qu'elle retournerait presque à Armalaï juste pour les achever, petite vengeance personnelle.

Mais y retourner était un peu trop compliqué, notamment maintenant qu'elle avait un groupe. Oh, elle pouvait le faire quand même, mais il n'était pas encore temps, et elle le savait parfaitement. Elle était patiente : cela faisait déjà plus de dix-sept ans qu'elle y pensait, et elle le ferait.

Reportant son attention sur l'homme qui était dans sa chambre d'auberge, elle poussa un soupir. Il avait donc engrossé une marchombre – bon ça, à la rigueur, il faisait bien ce qu'il voulait – mais aussi une princesse ? Et il prétendait être fidèle ? C'était la meilleure celle-là !


- Dis-moi, c'est à la Princesse ou à la marchombre que tu es fidèle ? Oh, peut-être aux deux. Ou alors encore à une autre !

Puisqu'il ne voulait pas d'elle dans son lit, elle allait le cuisiner.
C'était très simple, au fond !






[ Court, désolée ! ]

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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Sam 24 Aoû 2013, 18:07

Gracieuse éclata de rire, prenant Gil par surprise. Il ne s’était pas attendu à ce genre de réaction de sa part… Non, en fait, il n’avait rien attendu du tout. Mais ce rire n’avait rien de léger, c’était plutôt un coup de fouet cinglant dont il sentit la morsure au visage. L’aurait-elle giflé qu’il aurait vacillé de la même manière. Raffermissant ses appuis sur le bord du meuble auquel il se tenait, il redressa vivement la tête et pointa le menton en avant. Il était peut-être moins en forme qu’un vieillard perclus de rhumatismes et enrhumé, il était prêt à se défendre. Surtout si la menace venait d’une petite peste de ce genre !

- Pire, tu ferais peur à un Brûleur.

Gil se figea. Cette fois, sa surprise venait du ton que Gracieuse avait employé. Dur, acide, impitoyable. Elle haussa les épaules avec dédain et lui tourna le dos. Il comprit alors qu’elle était en colère, mais surtout terriblement vexée. Parce qu’il ne souhaitait pas coucher avec elle ? Cela n’avait aucun sens. Il n’avait pourtant pas l’impression que Gracieuse soit ce genre de fille prête à tout pour une petite gâterie. Se souvenant de la façon dont elle l’avait sauvé, il se mordit l’intérieur de la joue ; sans elle, il ne serait probablement plus de ce monde, ou alors dans un bien sale état, pire que celui-là. Il lui devait une fière chandelle. Peut-être que…

- Dis-moi, c’est à la Princesse ou à la marchombre que tu es fidèle ? Oh, peut-être aux deux. Ou alors encore à une autre !

L’affront était tel que Gil se mordit la langue. Etouffant un juron, il se redressa de toute sa taille et, oubliant qu’il ne tenait pas bien sur ses jambes, traversa la chambre pour se planter devant Gracieuse. Pour qui se prenait-elle, celle-là ? Une vague de colère le submergea, l’obligeant à serrer les poings pour la contenir. Il avait bien failli se sentir redevable envers elle, mais à présent, c’était terminé. N’eusse été son triste état, il l’aurait déjà mise à la porte ! Au lieu de cela, il l’attrapa par les épaules, autant pour la secouer que pour conserver son équilibre.

- Tais-toi, gronda-t-il d’un ton menaçant. Tu ne sais pas de quoi tu parles.

Sa voix était douce mais plus ferme que l’acier, et l’aura qui émanait de lui était soudainement écrasante. On aurait dit un loup sur le point de mordre. Même Kaünis, qui pourtant était une des seules personnes dans tout l’Empire capable de lui tenir tête sans crainte, savait reconnaître la couleur du danger dans cette voix. En général, elle annonçait une tempête phénoménale. Mais Gil n’était pas au mieux de sa forme. Et quand le monde se mit à tourner autour de lui, il planta ses doigts dans les épaules de Gracieuse, l’entraînant dans sa chute ; ils tombèrent sur le lit parmi les draps défaits, lui au-dessus, elle en-dessous. Clignant des yeux pour reprendre ses esprits, Gil se rendit compte que le visage de l’Envoleuse était à quelques millimètres seulement du sien. Instinctivement, il baissa les yeux sur ses lèvres.

Si près…


[Pareil, mais ces courts échanges pimentent un peu l'histoire - j'aime !]

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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Jeu 31 Oct 2013, 11:22

Au moins, sa tirade avait eu son effet, et Gracieuse eut un sourire triomhant quand elle entendit l’Envoleur se lever pour la rejoindre. Ah, là par contre, il n’avait plus mal, hein ? Un certain dédain passa sur le visage de la jeune femme, alors qu’elle se tenait bien droite, face à ce qu’allait lui dire – ou peut-être faire – Gil. Elle n’en avait pas peur, et n’hésiterait pas à riposter s’il voulait en venir aux mains.
Non, mais il ne faut pas exagérer non plus, hein ! Il était hors de question qu’elle se laisse mener par le bout du nez, elle n’était pas une Envoleuse pour rien !


- Tais-toi. Tu ne sais pas de quoi tu parles.

Un sourire moqueur et méprisant passa sur les lèvres de Gracieuse. Olala, qu’elle avait peur !
Il croyait peut-être l’intimider avec sa voix ferme et basse ? Il se fourrait le doigt dans l’œil, et jusqu’au coude. Certes, il était dangereux, mais là, actuellement, elle l’était encore plus que lui !

Pff, en plus il perdait l’équilibre, preuve que sa menace était en l’air, et qu’il ne faisait pas le poids. Il se prenait vraiment pour qui lui ? Un dieu ? Aaha, c’était très drôle, en plus ! Parce que bon, un personnage qui était capable de faire beau et mauvais temps, ça ne buvait pas comme un trou, ça n’avait pas deux personnes dans son cœur, et en plus c’était censé pouvoir faire la part des choses.

Mais il était plus lourd que ce à quoi elle s’attendait. En fait, elle pensait qu’il réussirait à se redresser tout seul, mais ce ne fut pas le cas, et elle perdit l’équilibre en arrière pour tomber sur le lit. Les draps voletèrent un peu sous leurs poids combinés, mais Gracieuse ne s’en rendit pas compte : Gil était pile au-dessus d’elle, son visage à quelques centimètres du sien. Elle le vit hésiter, et perçut dans son regard son trouble, et retint un petit sourire mesquin.
Posant ses deux mains sur son torse au moment exact où elle sentit son regard glisser sur ses lèvres, elle le repoussa un mouvement sec et fort.

Se relevant gracieusement, elle épousseta ses vêtements, avant de se retourner vers l’homme.


- Tu devrais moins boire et plus réfléchir. Ou alors moins parler. Parce que clairement, tu ne sais pas ce que tu veux. Je ne veux pas le savoir à ta place !

Lui envoyant un dernier regard presque condescendant cette fois-ci, elle haussa les épaules et sortit, claquant la porte de la petite chambre au passage. Descendant au rez-de-chaussée, elle demanda une bière cette fois-ci, avec un peu de sirop de fruits rouges dedans.


- Et bien, tu as fait quoi de ce mec ?
- Oh, je pense qu’il doit dormir, là. Il n’était vraiment pas en état.
- Mais pourquoi tu l’as aidé, au fait ?


Haussant les épaules et poussant un soupir, Gracieuse referma ses deux paumes sur son verre rempli d’un liquide presque rouge. Puis, elle posa son regard dans celui de Turb, qui la regardait avec intérêt – mais l’intérêt de ce qu’elle pensait, et non pas de son physique. C’était ce qu’elle appréciait chez lui, d’ailleurs. Il jugeait les gens sur leur personnalité, et non pas sur leur physique.


- Je ne sais pas trop. Ca doit être mon côté solidaire qui est ressorti.

Elle n’avait pas trop envie d’y réfléchir, en réalité.
Elle attendait encore un peu, peut-être une heure, pour que Gil dorme – ou s’en aille – et remonter dans la chambre. Parce qu’elle aussi, aurait bien piqué un somme !








[ Tchou, ça faisait trop longtemps que j'avais pas répondu ici ! Je ne me souvenais pas que ça datait autant, désolée !! ]

__________________________________________


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C'est beau
Aller coupe coupe coupe moi les hanches
Au pinceau bleu en fines tranches
Si tu es sage je tombe le haut
Botero
C'est ça qui manquait tant à tes tableaux
Pas une moustache pour faire le beau
Si tu es sage je monte le dos »





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Giliwyn SangreLune
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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Lun 11 Nov 2013, 19:01

Si près...
trop près ! A l’instant où Gil sursauta en réalisant cela, Gracieuse le repoussa vivement. Il bascula sur le flanc et elle en profita pour s’échapper. Nauséeux, il la regarda se dresser devant lui, sa vitalité contrastant avec son état comateux.

- Tu devrais moins boire et plus réfléchir. Ou alors moins parler. Parce que clairement, tu ne sais pas ce que tu veux. Et je ne veux pas la savoir à ta place !

Il ouvrit la bouche pour lui dire de la fermer, même si elle avait raison. Il n’en eut pas le temps. Gracieuse quitta la chambre et claqua la porte derrière elle, geste typiquement féminin qui traduisait pas mal de colère et une immense frustration. Resté seul, Gil poussa un long soupir puis se laissa complètement retomber sur le matelas. Il était épuisé. La faute à l’alcool, aux types qui l’avaient cogné… et à cause de lui, aussi. Parce que cette fille avait raison, bien sûr, même s’il répugnait à l’admettre. L’alcool lui embrouillait l’esprit. Entre autre, songea-t-il en s’efforçant de maîtriser les émotions qui faisaient battre son cœur à tout rompre. Soudain, il réalisa qu’il avait failli embrasser une inconnue.

Enfer…

Gil se passa une main sur le visage. D’accord, il n’en était pas à sa « première fois » avec une femme qu’il connaissait à peine. Et non, il n’était coupable de rien puisque rien ne s’était passé entre Gracieuse et lui. Mais ce n’était pas passé loin et il ignorait si, dans cet état, il aurait la force de résister à la tentation s’il la croisait à nouveau. Mieux valait s’abstenir ! Et s’assoupir. En quelques secondes, Gil s’endormit. Dans son rêve, Kaünis trinquait avec lui et le regardait s’enivrer tandis que le rire de Libertée résonnait à ses oreilles. Il se réveilla en sursaut et il lui fallu une bonne minute au moins pour reconnaître la chambre dans laquelle il se trouvait. Un coup d’œil par la fenêtre lui apprit qu’il s’était écoulé une heure depuis que Gracieuse avait claqué la porte. Le front appuyé contre la vitre, il observa un instant les passants qui déambulaient dans la rue. Il se sentait mieux physiquement, mais moralement, c’était une autre paire de manche…

Il choisit toutefois d’agir comme un être civilisé et se détourna de la fenêtre pour s’habiller. Il récupéra ses affaires, enfila sa cape et évita de croiser son reflet dans le miroir, certain de sortir d’une telle confrontation plus déprimé qu’il ne l’était déjà. Il quitta la chambre. Le patron de l’établissement – Turb – était en train d’essuyer quelques verres ; il se figea en découvrant l’homme qui arrivait au bas des marches, jeta un bref coup d’œil vers les tables et, lentement, reprit son nettoyage. Gil s’arrêta devant le comptoir et laissa tomber une poignée de pièces sur le bois fraîchement repeint.

- Pour le dérangement et la chambre, dit-il simplement.
- Cette chambre est libre quelques jours encore, fit Turb en laissant son regard s’attarder sur la main blessée de l’Envoleur.
- Merci mais je m’en vais.

Le tenancier haussa les épaules. Après tout, si cet énergumène préférait affronter le mauvais temps plutôt que de se reposer dans une chambre chauffée, cela ne le regardait guère ! En revanche, ce qui se passait entre ce type et sa sauveuse l’intéressait. Il se plaça de façon à ne rien manquer de la scène, qu’il observait du coin de l’œil tout en essuyant ses verres. Gil remarqua son manège et choisit de l’ignorer ; avant de partir, il avait quelque chose à faire. Son sac sur son épaule la moins abîmée, il boita jusqu’à la table occupée par Gracieuse. Son verre était vide. Gil s’arrêta à quelques centimètres d’elle.

- Je sais ce que je veux, déclara-t-il abruptement. Simplement, je ne sais pas comment l’obtenir. C’st un droit que je ne mérite pas.

Elle ne comprenait probablement rien mais qu’importe ; il avait besoin de lui dire ce qu’il avait sur le cœur. Il lui devait bien ça…

- Excuse-moi pour tout à l’heure. Je ne voulais pas t’offusquer.

Une étincelle s’alluma dans le regard bicolore de Gil, pour s’éteindre aussitôt. Il était réellement désolé de l’avoir fait fuir mais, d’un autre côté, il se demandait qui était le plus indécis des deux. Elle l’avait désiré… mais elle était partie. Etait-il le seul fautif ? Non. Et pour le lui prouver, il se pencha lentement vers elle, son regard planté dans le sien, la défiant de tourner la tête, de l’éviter… Ce fut lui qui, au tout dernier instant, se décala légèrement pour murmurer à son oreille un « merci » et déposer un rapide baiser sur sa joue. Puis il se redressa, revint vers Turb à qui il paya le verre de Gracieuse et quitta l’auberge.

Définitivement.

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Gracieuse Dûbudchev
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MessageSujet: Re: Miroir, miroir... [ PV Gil ]   Lun 10 Fév 2014, 18:51

Gracieuse avait repris deux bières alors que Gil dormait.
Enfin, elle imaginait qu’il dormait, car elle n’était pas montée dans la chambre pour le vérifier. Que pouvait-il faire autrement ? Peut-être s’était-il sauvé par une fenêtre, en réalité, elle s’en fichait un peu. Pour l’instant, elle appréciait le goût de sa bière personnalisée dans sa bouche, contre son palais. Ça faisait passer le goût de la frustration.

Le bruit des escaliers, grinçant et pataud en même temps, attira son attention et elle tourna malgré elle son visage dans la direction des chambres.
Dans la direction de Gil, qui venait de débarquer. Au vu de la position de ses cheveux, il avait en effet dormi, et il suintait d’une sorte d’agacement.
Elle haussa les épaules et se détourna de ce dernier, se concentrant sur son verre, qui était très intéressant. Elle n’avait pas à le regarder, et puis il pouvait très bien s’en aller, sans même lui adresser la parole, elle n’en avait rien à faire.

Sauf que son ventre se rebellait contre son esprit, et elle se redressa sur sa chaise pour reprendre contenance face à l’assaut de son désir, rien qu’à imaginer le regard bicolore de l’homme. Pinçant les lèvres, elle ferma les yeux.
Et sentit un souffle chaud sur sa peau.

Ouvrant les paupières immédiatement, elle détailla le visage de Gil… tout proche d’elle.
Qu’est-ce qu’il voulait ? Son haleine la percuta de plein fouet, faisant encore une fois tressauter son ventre. Elle réfléchissait trop. Lui sauter dessus ? Ne pas lui sauter dessus ?


- Je sais ce que je veux. Je ne sais pas comment l’obtenir. C’est un droit que je ne mérite pas.

Haussant les sourcils, Gracieuse allait répliquer, mais l’envoleur ne lui en laissa pas l’occasion.

- Excuse-moi pour tout à l’heure. Je ne voulais pas t’offusquer.

L’offusquer ?
Elle partit en un rire nerveux, et secoua la tête de gauche à droite, faisant voleter ses cheveux autour d’elle.
Elle n’était pas offusquée. Elle était frustrée. Elle était déterminée aussi à ne pas se laisser entraîner dans le lit de cet homme, même si du coup il l’attirait encore plus !
Quand il se pencha vers elle, elle hésita sur la conduite à tenir. Son regard lui disait de ne pas se défiler, mais en même temps par pur esprit de contradiction, elle avait envie de le faire.
Ce fut cependant lui qui se défila au dernier moment, la laissant avec le souffle coupé, avant de disparaître derrière la porte de l’auberge, qu’il referma d’un coup sec.

Peinant à reprendre sa respiration et à calmer les battements de son cœur, Gracieuse ferma les yeux et prit deux grandes respirations complètes.

Pourquoi se sentait-elle toute chose ?
Pourquoi ne s’était-elle pas jetée à son cou, comme ça il n’aurait pas pu l’éviter ?
Pourquoi pensait-elle cela ? Pourquoi lui faisait-il un tel effet ?

Serrant les points, elle se mordit la gencive derrière les lèvres et lâcha son verre, qui allait finir par exploser entre ses doigts.
Immobile, elle ne savait pas comment réagir. Hors de question de le suivre, de le rattraper ou quoi que ce soit d’autre qui la rapproche de lui. Non non non, hors de question !

Alors, elle resta assise, là.
De longues heures.
Jusqu’à ce que, quelques heures plus tard, un jeune homme lui offre un verre. Alors, seulement, elle monta dans la chambre.

Accompagnée.


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