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Le Pacte VS L'Ordre
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Le Pacte des Marchombres VS l'Ordre des Envoleurs
 

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 Perdre pied [Libre]

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Naïs Jol
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MessageSujet: Perdre pied [Libre]   Mar 26 Mar 2013, 13:17

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Le bébé gazouille dans la pièce voisine – par la sainte culotte de l’Empereur, mon gosse ! Quand j’y pense, je peine encore à réaliser la situation. Il y a quelques semaines, j’aurai sérieusement cru à une mauvaise blague et sûrement égorgé sur le champ le petit malin qui se serait cru drôle. Et c’est le sort qui avait failli arriver à ce Rêveur un mois et demi plus tôt, presque deux désormais. Le pauvre a dû avoir la peur de sa vie et je n’avais retenu mon geste que par miracle. Et maintenant, me voilà à Fériane, après une énième visite je crois que je commence à connaître les lieux par cœur. Une voix m’interrompt soudain dans mes pensées et je relève la tête. Moryqane !

- « Naïs, tu viens voir votre fils ? »

Je hoche la tête tout doucement d’un signe affirmatif mais parfaitement silencieux. Oui, mon fils ! Un petit bout de chou dont j’ai seulement appris l’existence à sa naissance. C’est certain, cela a quelque chose de carrément flippant, surtout que si je n’y fais pas attention, je pourrais tout à fait me retrouver de nouveau enceinte sans le savoir. Or, je ne tiens franchement pas à réitérer l’expérience, parce que bon, quand on le sait, il y a toujours le temps de se préparer à accueillir un enfant, mais quand l’événement est aussi brutal que ça l’a été cette fois-ci, ça fait un drôle de choc. C’est clair, ce n’était pas du tout dans mes plans que d’avoir un autre enfant. À vrai dire, alors même que je recommence tout juste à laisser parler mes sentiments, c’était ma plus grande peur. Et puis, toutes ces questions qui se bousculent dans ma tête me fichent souvent la migraine : serais-je à la hauteur ? Arriverais-je à le protéger ? A lui donner tout l’amour qu’il mérite ? Malgré tout, je suis là. Il est là. Et il se renforce de jour en jour – en même temps avec qu’il a, le contraire m’aurait étonné. Guidée dans le dédale de couloirs par Moryqane, je ne tarde pas à parvenir jusqu’à la nouvelle chambre du bébé – par la sainte culotte de l’Empereur, je crois que lui aussi doit commencer à bien connaître la Confrérie à force de déménager aussi souvent !

Lorsque je pousse la porte, suivie de près par Moryqane, celle-ci grince sinistrement, réveillant le petit qui babille doucement. M’approchant lentement du berceau, je laisse le bébé attraper mon doigt et le serrer fort dans sa minuscule petite main. À côté, le Rêveur croise les bras sur sa poitrine.

- « Tu as songé à lui donner un nom ? »
- « Pas encore, non. On verra bien une fois qu’il sortira de là »

Le silence du Rêveur est équivoque, laissant transparaître le fond de sa pensée. Et je ne préfère pas me justifier. Il ne comprendrait pas. Comme il n’a pas compris mon déni le plus total la première fois. Rompant le contact avec le petit être, je me redresse en soupirant.

- « Je dois partir ! »

* *
*


- « Tu parles de l’homme au masque ! »
- « L’homme au masque ? Qui est-ce ? »
- « Fiche le camp ! Tu vas nous attirer des ennuis ! »

Je n’ai pas le temps de dire un seul mot pour ma défense que je me retrouve déjà jetée dehors, seule dans la nuit. Raté ! Encore raté ! Me voilà sur les traces d’un type dont je sais seulement que Samoan lui confierait sa vie les yeux fermés. Et apparemment, c’est quelqu’un de particulièrement craint. Même si j’ai comme l’impression que c’est un bien mauvais plan, mais je suis tout de même curieuse de savoir où cette piste me mènera. Alors je continue, déterminée à débusquer ce mystérieux homme au masque. Je n’ai pas fait trois pas dans les rues d’Al-Vor, les cheveux trempés par la pluie, qu’une voix s’élève.

- « C’est l’homme au masque que tu cherches ? »
- « Peut-être. T’es qui ? »
- « Il me paye pour faire un certain sale boulot »

Donc, ce gus semble connaître mon homme. Ou plutôt, ces gus, car il n’est pas tout seul. Je pose alors mes mains sur mes hanches, impassible.

- « Et ? »
- « Ça concerne une certaine Naïs Jol »
- « J’en suis ! »
- « Et pourquoi ça ? » réplique-t-il
- « Un vieux compte à régler avec elle » mentis-je effrontément.

De longues secondes de silence s’écoulent, interminables. L’homme semble peser le pour et le contre.

- « Et si on allait discuter autour d’un verre ? »

* *
*


L’homme au masque. Voilà une semaine que j’essaye de soutirer quelques maigres informations à Lahem qui commence sérieusement à se douter de quelque chose. Il faut que je reste particulièrement sur mes gardes. Et ce soir, encore plus car mes gaillards semblent bien échaudés par l’alcool et l’ambiance de la fête qui règne dans l’auberge. M’éclipsant discrètement, je descends jusqu’aux caves pour remonter encore une ou deux bouteilles de vin. Cependant, je constate très vite que je ne suis pas seule. Un, deux, trois, quatre, cinq. Ce sont mes hommes. C’est bien ce que je prédisais ! Sans m’arrêter pour autant, je trouve aisément mon chemin dans la cave et ne tarde pas à trouver deux excellents crus, dégageant une odeur délicieuse. Me retrouvant au centre du petit groupe, je souris d’un air innocent en leur tendant l’une des deux bouteilles.

- « Vous en voulez ? »
- « Non, c’est toi qu’on veut, Naïs Jol ! Alors comme ça tu es la terreur de l’Empire ? »
- « Non »

Lahem fulmine littéralement et s’en est presque drôle. Haussant les épaules, je soupire. Sans lâcher mes deux précieuses bouteilles, je les fracasse sur deux crânes à une vitesse hallucinante. Dansant entre deux lames, mortelles, j’écrase douloureusement le pied de l’un attrapant dans un même geste son poignet qui portait une épée recourbée redoutablement affûtée, pour la planter dans l’estomac de son camarade qui s’écroule à genoux. Envoyant violemment mon coude dans le nez du type, celui-ci lâche son arme sous l’effet de la douleur et l’instant d’après deux têtes roulent sur le sol tandis que Lahem bondit dans un rugissement féroce. Sortant les griffes, je ne lui laisse aucune chance. La gorge presque arrachée, il s’effondre lourdement sur le sol froid tandis que je m’essuie le visage d’un revers de main en murmurant.

- « Je suis ton pire cauchemar »

Remontant à l’étage où la fête bat son plein, je passe devant l’aubergiste.

- « Je crois qu’ils ont un peu trop bu, là, en bas ! »

* *
*


Bon, c’est malin cette histoire ! Du coup, il va falloir que je trouve un autre moyen pour approcher mon homme au masque. Parce que bon, tout ce que je sais de lui pour le moment, c’est qu’il est terriblement dangereux, que ses ordres viennent de très haut – Vil’Vishyard et peut-être l’empereur qui sait ? – et qu’apparemment, il en a aussi après Gil. Avec un peu de chance, lui au moins, il saura peut-être où se planque le bonhomme !

Arc bandé, j’avance à pas silencieux en quête de mon repas de ce soir. Prédateur jusqu’au bout des ongles, je me fonds totalement dans l’environnement prête à tirer au moindre bruit. Au moindre craquement. Au moindre bruissement. Tueuse. Non ! Envoleuse !

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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Mer 27 Mar 2013, 16:53

Trois mois.
Cela faisait trois mois que son cours était terminé, peut-être même un peu plus. Trois mois, et toujours pas de nouvelles pour le prochain examen… Cela commençait à l’agacer sérieusement. Qu’est-ce que Gil foutait ? Dans quel merdier s’était-il encore fourré ? Et s’il était prisonnier ? Et si le mec qui le cherchait l’avait enfin trouvé, et attrapé ?

Bercée par le pas de sa monture, Kaünis lui flatta l’encolure.
Elle venait de s’acheter ce cheval, et elle ne le regrettait pas. Grâce à la bourse qu’elle avait substituée dans le coffre qu’elle avait volé, durant son cours. Rien que cette pensée la fit sourire doucement. C’était une jument, assez large et plutôt petite, frôlant à peine le mètre cinquante. Elle avait une robe assez banale, d’un bai cuivré avec les traces primitives, mais une tête très expressive qui avait séduite la jeune fille.

Fermant les yeux, cette dernière se pencha en avant, et se laissa emporter par le balancier du galop de la jument.
Elle l’avait appelée Voyage.


* * *


En franchissant les portes d’Al-Poll, la jeune fille poussa un long soupir. Elle ne savait pas trop si c’était bien avisé d’aller en ville, surtout après les aventures qu’ils avaient eues avec Gil durant le cours. Ils n’en avaient pas parlé ouvertement, mais elle se doutait bien qu’il y avait quelque chose qui clochait. Qu’il y avait « un truc » qu’il lui cachait.
Elle redoutait par conséquent que sa tête soit aussi mise à prix et que son visage soit affiché sur ces avis de recherche pour les chasseurs de prime. Elle ne se laisserait pas faire, et elle se savait capable d’envoyer ces mercenaires de bas étage au tapis… Enfin, tant que cela restait des chasseurs de prime.

Ce qu’elle redoutait cependant n’avait pas lieu d’être – ou plutôt pas encore.
Elle déposa sa jument dans les écuries de la ville, et s’enfonça dans les rues marchandes de la ville souterraine. Elle n’avait pas grand-chose à trouver, étant donné que le printemps était installé et que le plus froid était parti. Mais les Marches du Nord n’étaient pas non plus réputées pour avoir un micro-climat tropical.
S’arrêtant devant une échoppe qui proposait de larges capes en feutre, la jeune fille fronça le nez un instant et finit par rentrer à l’intérieur.

C’était une petite boutique, à l’ambiance assez chaleureuse. La plupart des tissus exposés étaient de couleur neutre, du marron taupe au vert sapin. Mais si le regard de Kaünis était attiré par ces grandes toiles de cuir teinté, ce n’était ce qu’elle cherchait. Elle détaillait tous les recoins de l’ombre de ses iris, jusqu’à enfin trouver la silhouette, cachée dans un repli de peaux à peine tannées.

- Taram ?

La silhouette bougea, et Kaünis s’immobilisa. Quand elle se tourna vers elle, la jeune fille dut retenir un petit sursaut : en effet, la silhouette n’était qu’une silhouette, sans visage la peau aussi lisse qu’une pierre poncée. Et pourtant, elle bougeait ! Prenant une grande inspiration, l’apprentie Envoleuse attendit que le rythme de son cœur soit redescendu avant de continuer à parler.

- Je suis Kaünis Gil’Ozh.

Le bruit d’une étoffe que l’on déplace fit faire volte-face à Kaünis, dont le regard croisa celui d’un homme, d’un vert très clair et soutenu.

- Te voilà enfin !

Relâchant sa respiration, la jeune fille hocha la tête et détailla l’homme qui venait de l’accoster. Il était plutôt grand, avec ces yeux perçant d’un vert brillant et très clair ; ses cheveux étaient aussi blonds que les blés et son visage ovale, ce qui lui donnait un air d’ange un peu maléfique malgré tout.

- Ton père est déjà là, avec son collègue. Suis-moi !

Avalant sa salive, la jeune fille entra dans l’arrière-boutique tandis que Taram lui ouvrait le chemin. Les éclats de voix arrivèrent rapidement jusqu’à elle.

- …c’est ta fille qu’elle est mieux que les autres !
- Elle n’a rien fait, a été impassible, et pourtant il y a de quoi crier ou lancer un couteau ! Ca a d’ailleurs été ton réflexe…
- Justement, c’est de la survie, Voïmakas ! Un réflexe de survie !
- Un réflexe de survie d’attaquer une poupée de chiffon ? Hinhin…
- Hey les grands peureux ! Nous sommes là.


Kaünis avançait à son rythme dans le couloir, et elle vit par une porte ouverte son père qui se levait en repoussant sa chaise – qui grinça sur le sol presque sinistrement.

- La plus belle !

Un sourire étira les lèvres de la jeune fille, et elle hocha la tête en serrant son père dans ses bras. Mais très vite elle se tira de cette étreinte pour reculer de quelques pas et les détailler tous les uns après les autres.

- Je peux savoir pourquoi vous m’avez donné rendez-vous dans cet endroit miteux ?
- Ce n’est pas miteux, c’est du cuir de la plus belle qualité !
- Peu importe. Kaünis, si nous t’avons donné rendez-vous ici, c’est pour éviter que les oreilles indiscrètes du Domaine tentent de nous entendre.
- Ha. Et pourquoi donc ? Vous savez quand va se passer mon prochain examen ?


Le visage de Voïmakas se ferma soudain, et Kaünis haussa un sourcil.

- C’est justement de cela dont on doit te parler. Giliwyn SangreLune, ton Maître, cherche sacrément des noises, et est dans le collimateur de l’un de nos collègues, tout comme une autre Envoleuse.
- De toutes façons, personne n’est jamais content de ce qu’il a.
- Certes.
- Là n’est pas la question ! Tu es l’apprentie de l’Envoleur le plus recherché de l’Empire, au bas mot. Mais…
- Mais tu es ma fille, et il est hors de question de ne toucher ne serait-ce qu’un seul cheveu à toi. Or, il faut bien avouer que notre… collègue s’en contrefiche et ferait tout pour éliminer tout ce qui peut compter pour ton Maître – soit toi… entre autres. Nous devons te protéger.


Kaünis redressa le menton et planta ses poings fermés sur ses hanches, défiant du regard les trois hommes – les trois Mentaïs – qui la dévisageaient.

- Et puis quoi encore ?
- Kaünis écoute, il serait stupide de mettre les deux pieds dans les ennuis, tu ne crois pas ?


Dévisageant à son tour son propre père, la jeune fille poussa un long soupir.

- C’est stupide, mais bon, c’est d’actualité là. Vous ne pouvez de toutes façons pas faire marche arrière !

Les trois hommes échangèrent un regard rapide.

- Bah… Justement…


* * *


C’était stupide.
Stupide, inconscient, complètement fou. Complètement déraisonnable. Une totale aberration. Une totale affabulation !
Et pourtant, elle était là, à chercher cette Envoleuse aveugle – qui restait une Maître Envoleuse quand même ! – qui elle cherchait à contacter Huuwol, qui lui-même essayait de calmer le jeu au-dessus, grâce entre autres à Voïmakas et Taram.
Un joyeux bordel !

D’autant que s’ils lui avaient dépeint la situation rapidement, elle n’avait pas tout saisit à cette histoire de nobles et de fils de l’Empereur. Apparemment le dernier des enfants de l’Empereur – né d’une autre femme que les deux premiers, dont l’un était mort et l’autre perdu dans la nature – aurait des projets bien sombres et tenterait de s’allier au Chaos. Mais les Mentaïs n’étaient pas prêts à laisser filer leur place d’or, même à un Prince ténébreux et maléfique. Surtout à un Prince ténébreux et maléfique. C’était sans parler du Mentaï-noble qui l’avait entraîné avec lui pour se battre pour sa cause, détruire la vie d’une Envoleuse qu’il avait engrossée des années auparavant.
C’était un beau bordel – dans tous les sens du terme.

Poussant un petit soupir, Kaünis se glissa entre les branches des arbres sans un bruit, suivant les traces qu’elle venait de trouver. Et encore, ce n’était que des traces minimes, minuscules, tellement espacées que parfois - souvent - elle avait l’impression d’avancer au hasard.
Puis, soudain, elle eut cette impression prenante que la femme n’était pas loin.
Vraiment pas loin.

Et pourtant, elle ne la voyait pas.
Alors, au risque de se faire attaquer, transpercée de part en part, l’apprentie Envoleuse se dressa au milieu des arbres et parla.

- Il y a quelqu’un ?

Banal.
Pire que banal, stupide.
Mais bon, une fois de plus, une fois de moins…

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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Jeu 28 Mar 2013, 13:03

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Parfaitement silencieuse, je suis écoute. À quelques mètres de là, le grattement de la terre retient mon attention quelques secondes avant qu’une odeur répugnante ne me fasse plisser le nez. Putois ! Haussant les épaules, je passe mon chemin, tous les sens en alerte. L’espace d’un instant, cela me fait penser que je suis curieuse de savoir comment Douceur se débrouillerait pour débusquer une proie. Elle doit d’ailleurs enrager à m’attendre pour passer son premier examen. Un léger sourire étire mes lèvres tandis qu’une nouvelle odeur se mêle soudain au milieu de celle des autres habitants de la forêt. Etrangère. Redoublant de méfiance, je tends un peu plus la corde de mon arc. C’est curieux, j’ai comme l’impression d’être suivie. Un lit de feuilles craque doucement dans mon dos. Je compte un, deux puis trois et quatre individus, mais je me détends aussitôt lorsque je comprends qu’il s’agit en fait d’une famille de sangliers. Et lorsque retentit cette fois un bruissement tellement léger qu’il en serait imperceptible pour une toute autre oreille que la mienne, je m’agenouille et tâtonne le sol. Oui, pas de doutes, ce sont bien des empreintes toutes fraîches. À en juger par la taille de celles-ci, et la longueur du cheveu qui glisse sous mes doigts par un pur hasard, je crois je peux à peu près affirmer sans me tromper que ce doit être une fille. Me relevant lentement, une voix féminine s’élève et me fait hausser un sourcil, perplexe.

Euh ! Oui…

C’est stupide. La fille vient de me révéler sa position exacte. Je pourrais tout aussi bien la tuer, là, maintenant, juste pour m’avoir suivie. En vérité, c’est plutôt le couple de perdrix qu’elle semble avoir dérangé à en juger par leurs piaillements mécontents qui m’intéressent. N’hésitant pas une seconde de plus, je bande mon arc dont la corde frôle presque mon visage. Et la flèche file, rapide et mortelle. Redoutablement précise, elle embroche les deux volatiles du même coup, qui s’écrasent au sol avec un bruit lourd. Imperturbable, je m’approche d’un arbre au tronc imposant au pied duquel repose mon repas. J’ai bien conscience que la fille doit m’observer depuis son perchoir. Pourtant, je la laisse faire : immobile mes folles mèches noires retombent devant mon visage. De longues minutes de silence filent avant que je ne me décide enfin à prononcer un mot.

- « Tu me suivais. »

Me baissant pour ramasser mon trophée, je soupire un instant avant de caler les deux oiseaux au fond de ma sacoche. Glissant mes doigts dans mes cheveux sombres, je repousse une mèche rebelle.

- « Pourquoi ? »

La fille n’a pas le temps de répondre que déjà je tourne la tête vivement en direction de bruits de sabots. Une petite dizaine de chevaux, lancés au galop, ça ne me paraît pas vraiment judicieux de rester planter là. Bondissant comme un ressort, je saisis la première branche au-dessus de ma tête et m’y hisse sans difficulté aucune. En deux temps trois mouvements et avec une agilité surprenante, je prends aussitôt quelques mètres de hauteur, rejoignant ainsi la fille tandis que le groupe de cavaliers s’arrête soudain. Accroupie sur ma branche, je me prends le menton entre deux doigts, pensive. Cela ne m’étonnerait pas vraiment si cet incident dans cette petite auberge, la dernière fois, soit remontée aussi rapidement aux oreilles de Samoan. Parce que quand une voix s’élève rageusement, celle-ci m’est quelque peu familière. À tous les coups, j’ai déjà dû croiser la route de cet homme – vraisemblablement un type au service de mon taré d’ex !

- « Ca fait trois jours, elle n’avait pourtant pas autant d’avance ! »
- « Ouais, enfin en attendant, les chevaux sont à bout. On ne peut pas continuer comme ça. Rends-toi à l’évidence, elle nous a encore filé entre les doigts ! »
- « Et tu sais ce qui arrivera, sombre crétin, si on ne l’empêche pas d’entrer en contact avec Huuwol ? »
- « C’est sûr, non seulement Hanwol sera furaxe si elle arrive à rencontrer son frère mais à côté de Samoan, je suis prêt à parier qu’il ressemblerait presque à un enfant de chœur ! En tout cas, je ne donne pas cher de ta tête ! »
- « Ca suffit ! En route ! »

D’une simple injonction, la troupe repart et s’éloigne rapidement en faisant presque autant de bruit qu’un troupeau de buffles enragés. Fronçant les sourcils, je réfléchis un instant à ce que je venais d’apprendre. Des dizaines de questions se bousculent dans ma tête. Pourquoi Samoan veut m’empêcher de contacter Huuwol ? Et d’abord, qui c’est ce type ? Et pourquoi ce dégénéré de Vil’Vishyard croit-il que je cherche absolument à rencontrer un homme que je ne connais même pas ? Le nom d’Hanwol résonne alors dans ma tête. Apparemment, Hanwol et Huuwol sont frères. Quel rapport tout ça peut-il bien y avoir avec… Par la sainte culotte de l’Empereur ! Je crois je comprends. L’homme au masque, en fait il y en aurait non pas un, mais deux. Des frères. Une étincelle d’espoir s’allume dans mon cœur tandis que je me laisse glisser lentement au sol, certaine que les cavaliers sont bien partis. Peut-être pourrais-je trouver un allier en ce Huuwol pour mettre un point final à l’existence de Samoan qui menace non seulement la vie de mon fils depuis trop longtemps mais aussi l’intégrité du Chaos. Intéressant. Ne faisant pas nécessairement à attention à la fille, je laisse mes pas me guider d’un rythme décidé vers la petite clairière dans laquelle j’avais laissé Océan. Il ne me faut pas longtemps pour l’atteindre. Quant soudain, je me fige…



[Tu vois, tu t'emportes et je m'emporte aussi... Ca promet d'être intéressant =)]

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Kaünis Gil'Ozh
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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Ven 05 Avr 2013, 17:05

Kaünis attendait, légèrement tendue mais d’apparence presque nonchalante. Mais ça, évidemment, l’aveugle n’était pas capable de le voir. D’ailleurs, étonnamment, elle parvient à bander son arc et transpercer les perdrix qui se sont envolées quand l’apprentie a parlé.
Ce qui ne surprend même pas la jeune fille, en fait. Après tout, c’est une Maître Envoleuse, non ? Recherchée dans tout l’Empire, tout comme son couillon de Maître !

- Tu me suivais. Pourquoi ?

Kaünis prit une grande inspiration.
Les minutes de silence s’étaient égrenées, avec simplement le bruit des branches dans le vent, quelques sifflements d’oiseau et cette impression prenante que la nature prenait toute la place du silence. La jeune fille ne savait pas trop quoi répondre ; devait-elle immédiatement en application ce qu’on lui avait demandé, ou non ?
Et alors qu’elle ouvrait la bouche pour répondre, des bruits de galopade parvinrent à ses oreilles. Déjà, l’aveugle crochetait une serrure et se hissait en sécurité en se cachant dans un arbre, tirant un léger sourire à l’apprentie.

- Ca fait trois jours, elle n’avait pourtant pas autant d’avance !
- Ouais, enfin en attendant, les chevaux sont à bout. On ne peut pas continuer comme ça. Rends-toi à l’évidence, elle nous a encore filé entre les doigts !
- Et tu sais ce qui arrivera, sombre crétin, si on ne l’empêche pas d’entrer en contact avec Huuwol ?
- C’est sûr, non seulement Hanwol sera furaxe si elle arrive à rencontrer son frère mais à côté de Samoan, je suis prêt à parier qu’il ressemblerait presque à un enfant de chœur ! En tout cas, je ne donne pas cher de ta tête !
- Ca suffit ! En route !


Kaünis se figea.
Cela allait encore plus loin qu’elle ne le pensait, et que ce que Huuwol l’avait pensé. Hanwol, son frère, était apparemment plus impliqué avec lui qu’avec Samoan. En tout cas, cela avait été la théorie du premier Mentaï. Se doutait-il que son propre frère manigançait dans son dos, et avec Samoan ? Ou alors, elle n’avait pas été mise au courant.
C’était peut-être de cela qu’il parlait, quand il disait qu’il tentait de calmer le jeu ‘au dessus’. Après tout, Hanwol était son frère aîné – d’un an à peine, mais quand même – et donc avait plus d’influence que lui. Elle se souvenait parfaitement de la ride de soucis qui s’était dessinée sur le front de son père quand ils avaient abordé ce sujet.

La jeune fille avait peur qu’on ne lui ait pas tout dit, c’était un fait… Et elle en aurait bien hurlé de frustration.
Mais là, tout de suite, l’aveugle semble avoir oublié qu’elle était là et a commencé à courir à travers la forêt. Sans plus réfléchir, Kaünis s’élance à sa suite au travers des arbres. Elles arrivent rapidement dans une clairière, où attendait un cheval. Comment les cavaliers avaient-ils pu ne pas le voir ?

Fronçant les sourcils, l’apprentie se laissa glisser à terre souplement, ce qui semble surprendre soudain l’Envoleuse.

- Naïs… Je suis Kaünis…

Prenant une inspiration, la jeune fille releva le menton, plantant malgré elle son regard dans celui, doré, de la femme en face d’elle.

- Je suis l’apprentie de Gil.

Un soupir franchit les lèvres de l’apprentie quand elle eut enfin énoncé cette vérité. C’était plus simple comme ça. Mais peut-être que la femme en douterait – et elle aurait raison. Elle était bien l’apprentie de Gil, mais elle n’était pas certaine qu’elle aurait pu la retrouver sans l’aide des Mentaïs. Elle en était sûre, en fait, car elle n’aurait même pas cherché plus loin que le bout de son nez, elle s’en rendait bien compte. Décidément, elle avait encore bien des choses à apprendre, et du recul à prendre sur elle-même, et sur les personnes qu’elle côtoyait.

- Et… je suis la fille de Voïmakas et Hien Gil’Ohz.

Elle n’était pas certaine que Naïs les connût, mais elle était prête à parier que si. Après tout, Gil les connaissait. Et puis, dans le milieu du Chaos, généralement on connaissait le nom des Mentaïs – moins celui des Maîtres Envoleurs, car il y en avait plus.

- Si je te suivais, c’était pour avoir des réponses.

Bloquant sa respiration, Kaünis attendit un semblant de réaction de la part de l'Envoleuse...

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Jeu 11 Avr 2013, 12:01

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Accrochée aux rênes d’Océans qui s’était approché immédiatement en me voyant arriver, je deviens écoute totale. Mais rien ne trahissait une autre présence que celle de la fille. Curieux ! Car l’espace d’un instant, il m’a semblé que nous n’étions plus seules et cette impression tenace ne quitte pas mes entrailles. Prodiguant une caresse apaisante sur le chanfrein de l’étalon, un peu nerveux, avant de me retourner pour faire finalement face à Kaünis, comme elle disait s’appeler. Quelque chose se déclanche aussitôt dans les tréfonds de ma mémoire : je suis presque certaine d’avoir déjà entendu ce prénom quelque part. Mais où ? La réponse ne tarde pas à tomber et heureusement que je tiens toujours solidement les guides d’Océan dans ma main sinon je crois bien que j’en serais tombé à la renverse… De stupéfaction. Ne laissant pas le temps à la jeune fille, je me compose rapidement un visage neutre. L’apprentie de Gil ! Par la sainte culotte de l’Empereur ! Et en plus la fille de Voïmakas et Hien Gil’Ohz ! Songeant que je connaissais la condition de Mentaï de ce premier, je me demande un instant ce que j’ai bien pu encore faire pour que Voïmakas m’envoie sa fille. Pourtant, j’ai veillé à ne pas trop me faire remarquer depuis les derniers évènements. Depuis que…

Secouant imperceptiblement la tête, je me refuse catégoriquement de laisser remonter des souvenirs trop brutaux, douloureux aussi. Des réponses. Elle voulait des réponses. Relevant la tête, je me contente de garder le silence durant de longues secondes qui paraissent interminables. Ah, elle avait dû être mise au courant de toutes les histoires dans lesquelles j’avais entraîné Gil, et dans lesquelles il s’était fourré tout seul. Je trouve quand même bizarre que cela soit moi qu’elle vienne chercher pour répondre à ses questions. Comment peut-elle être si sûre que je sois en mesure du lui répondre ? Je soupire alors que mon cerveau commence à bouillir littéralement. Lâchant les rênes de l’étalon, je m’avance de deux ou trois pas, d’un air faussement distrait.

- « Gil’Ohz hein ? C’est ton père qui t’envoie ? »

Qui sait, il était peut-être même, là, tout près, à nous écouter. À attendre ma réaction. À voir ce qu’il va se passer maintenant. Même s’il y a tout de même plus de chance pour la paranoïa m’ai rattrapé au bout de tant d’années, cela pourrait éventuellement expliquer cette drôle d’impression.

- « Des réponses ? Tu voudrais quel genre de réponses ? »

Je glisse mes doigts pensivement dans mes cheveux tandis que les minutes s’égrènent.

- « Gil ne t’a rien dit ? Et Voïmakas, j’imagine qu’il a déjà dû t’apporter des éléments de réponses non ? Alors qu’est-ce que je pourrais bien te dire de plus que tu ne sache déjà ? »

Alors que je croise lentement mes bras sur ma poitrine, mais c’est pour les démêler aussitôt, car mon instinct s’étant révélé encore une fois redoutablement efficace, ce bruit si caractéristique d’une flèche qui fend l’air résonne à mes oreilles. D’un bond, je pousse l’apprentie de Gil pour la dévier de la trajectoire de la flèche avant de rouler au sol. Heureusement, le projectile finit sa course dans un tronc d’arbre un peu plus loin. Je jure intérieurement lorsque plusieurs hommes surgissent des fourrés. Les mêmes que tout à l’heure. Ils auront sûrement aperçus Océan et se seront placé en embuscade. Parfaitement campée sur mes appuis, je m’apprête à accueillir nos assaillants en bonne et due forme. Et avant de me glisser sous la garde de l’un d’eux, mortelle, je ne peux m’empêcher d’adresser un léger clin d’œil à Kaünis. Ouais, bon, discrète, en laissant le moins de corps derrière moins possible !

- « C’est le moment de mettre en pratique ce que tu as appris jusqu’ici ! »

* *
*


Tandis que j’essuie distraitement deux de mes poignards sur les vêtements d’un désormais macchabée, je dresse mentalement le bilan des dégâts. Quelques estafilades par ci, par là, rien de cassé. Naïs 1 – Sbires de Samoan 0 ! Voilà qui égaye ma journée. Me souvenant subitement que je n’étais pas seule, j’ai tôt fait de franchir la distance qui me sépare de Kaünis. À sa respiration plutôt calme et à ses mouvements plutôt assurés, elle semble tenir debout. Mais avant de juger que tout va pour le mieux, je préfère tout de même m’en assurer. Parce que bon, si jamais il devait arriver quelque chose à son apprentie en ma présence, je crois que Gil ne me le pardonnerait jamais, ce que je comprendrais volontiers.

- « Rien de cassé, tu vas bien ? »

Réalisant que je viens de bloquer ma respiration dans l’attente d’une réponse positive, je m’autorise à soupirer légèrement aussitôt que je la jeune fille me répond. C’est bon, tout va bien. Elle a été bien formée. Serpentant entre le corps, je vérifie toutefois dans un vieux réflexe que tous sont bien morts. Et heureusement, car je constate bien vite que l’un de nos assaillants respire encore. Durant de longues secondes, j’hésite à l’achever mais ce qui retient mon geste c’est l’idée qu’il pourrait éventuellement lâcher quelques précieuses informations sur les manigances du pouvoir. Hochant la tête, après tout qui ne tente rien n’a rien, je soulève le type, passant son bras autour de mon épaule et parviens à le traîner jusqu’à Océan. Le hisser sur la selle ne fût pas chose aisée d’autant plus que le bougre pèse son poids.

* *
*


Le soir tombe, le feu crépite doucement tandis que les deux perdrix que j’ai tué plus tôt dans la journée dégagent une bonne odeur de grillé. Pas bien bavarde l’apprentie de Gil. Frottant mes mains l’une contre l’autre pour les réchauffer, je m’installe confortablement contre un tronc d’arbre.

- « Alors Kaünis, qu’est-ce que tu savoir ? »

Bon, si elle avait vraiment des questions à poser, il fallait qu’elle se décide rapidement. Je pouvais revenir sur ma décision d’un instant à l’autre…

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Jeu 23 Mai 2013, 10:55

Des réponses, oui, elle en voulait.
Gil avait changé, elle s’en était aperçue, et non pas que cela ne lui convenait pas, mais elle avait envie de comprendre. Et puis, il semblait aussi lié inextricablement à Naïs, c’était un fait. D’autant que les Mentaïs se penchaient sur leur cas, c’était que réellement il y avait quelque chose sous tout cela. Elle en aurait mis sa main à couper au feu. Mais quoi ?

- Gil’Ohz hein ? C’est ton père qui t’envoie ?

Mmm. Perspicace. Mais elle en avait besoin, dans ce monde de fous, après tout. Quand on était fille du Chaos, il valait mieux ne pas être trop innocente non plus, en réalité, sinon on perdait très rapidement pieds.
Kaünis était la première à en témoigner.

Cependant, elle ne s’arrêta pas à cela : elle n’avait pas envie de répondre à cette pseudo-provocation. Secouant doucement la tête, elle prit une inspiration.

- Des réponses ? Tu voudrais quel genre de réponses ?

Elle n’était pas certaine que l’Envoleuse était prête, là tout de suite, à répondre à ses questions. Mais ce n’était pas vraiment ce qu’elle avait demandé. Cependant, avant qu’elle n’eût pu ouvrir la bouche, l’aveugle continua.

- Gil ne t’a rien dit ? Et Voïmakas, j’imagine qu’il a déjà dû t’apporter des éléments de réponses non ? Alors qu’est-ce que je pourrais bien te dire de plus que tu ne sache déjà ?

Avant qu’une réponse acerbe franchît les lèvres de la jeune fille, le bruit d’un trait lancé à toute vitesse perça l’air ambiant, et Kaünis déplaça son centre de gravité… Se fit percuter par l’Envoleuse à ce moment-là, qui lui permit de ne pas recevoir le trait dans la chair de son avant-bras.

Le souffle coupé, l’apprentie prit une grande inspiration, et tourna son regard vers Naïs.
Elle venait de la… tirer d’une mauvaise passe. Mais ce n’était pas fini. En effet, les hommes qui étaient passés un peu plus tôt, quand elle était encore dans les branchages, s’étaient finalement bien mis en embuscade près du cheval – il ne fallait pas avoir une intelligence transcendante pour le faire, après tout, et sur le coup cela l’avait d’ailleurs surprise.
Quand Naïs lui lança qu’elle allait devoir se servir de ce qu’elle avait appris, le souvenir vif de la tête tranchée du garde d’Al-Jeit remonta dans sa mémoire, et malgré elle un petit sourire ironique se traça sur son visage.

Elle bougea au moment exact où Naïs passa sous la garde d’un premier assaillant. Récupérant avec adresse le sabre du premier homme à se faire tuer par l’Envoleuse, elle se fendit en avant pour faire pénétrer proprement le bout de sa lame sous le sternum du prochain. La lui imprimant une rotation maîtrisée, elle la sortit de biais, et son adversaire s’effondra, tentant de contenir le sang qui sortait à flots de son ventre, le vidant sûrement.
Virevoltant pour parer un coup qui arrivait à cet instant dans son dos, elle repoussa l’attaque et tournoya quelques secondes, parant et attaquant, sans aucune pitié, avec ce petit sourire satisfait sur les lèvres.
C’est d’ailleurs ce sourire qui répond à la question – presque inquiète ? – de Naïs.


* * *


Tisonnant le feu du bout d’une large branche désossée de ses pousses, Kaünis a le regard qui se perd dans les flammes orange et jaunes. La nuit est tombée, ainsi que le silence étrange des animaux nuptiaux. On entend une chouette hululer au loin, mais les loups – s’il y en a dans cette région – restent silencieux.
Tout serait presque calme, si la respiration sifflante de l’homme blessé ne remplissait pas l’espace. Et encore, il est à quelques mètres de là. Pourquoi Naïs voulait-elle le garder ?

Quelle question stupide : pour l’interroger bien sûr. Elle ne se doutait pas que Kaünis avait elle aussi bien des réponses à ses potentielles questions. Peut-être pas celles de l’homme, en réalité.

- Alors Kaünis, qu’est-ce que tu veux savoir ?

Relevant les yeux vers la femme, l’apprentie plisse légèrement les paupières. Elle semble disposée à répondre à ses questions, autant en profiter immédiatement.
Se redressant lentement, la jeune fille plonge son regard sombre dans celui, ambré, de l’Envoleuse.

- Est-ce que… Elle prit une inspiration, avant de continuer : Est-ce que Gil est amoureux ?

Bêtement, c’était la première question qui lui avait filé entre les lèvres, alors qu’elle avait bien d’autres choses à demander. Comme par exemple comment elle l’avait rencontré ? Pourquoi étaient-ils recherchés ? Pourquoi était-il recherché ? Est-ce qu’elle savait si elle allait passer son Ahn-Ju ?
Mais ce n’étaient pas les questions qu’elle était censée poser non plus.
Plutôt : Est-ce qu’elle était prête à se défaire de Samoan ? De se lancer dans un piège pour lui ? De rencontrer Huuwol, aussi ? De mettre fin à toutes ces manigances ?

Pinçant les lèvres, Kaünis se rembrumit.
Décidément, elle enchaînait les catastrophes…








[ Pardon pour tout ce retard ! Ca devrait aller mieux maintenant. ^^ ]

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Ven 24 Mai 2013, 12:39

(Reste figée un court instant par la surprise avant d'hausser un sourcil, l'air de rien)

- Qu'est-ce qui te fait penser cela ? (croise les bras sur sa poitrine avant de continuer) Tu sais, ça, je crois que c'est plutôt à lui de t'en parler d'autant plus que... (hésite puis secoue la tête)

En tout cas, si tu veux savoir, lui et moi on se connaît depuis un petit moment déjà ! (plongée dans ses souvenirs, un léger sourire distrait mais équivoque se dessine sur ses lèvres)

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Sam 25 Mai 2013, 10:11

- C’est de toi qu’il l’est, alors ? Depuis combien de temps ? Il semble… changé.

[ Baisse les yeux et finit en bredouillant ]

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Sam 25 Mai 2013, 13:42

(Se mord la lèvre inférieure)

- C'est... plus compliqué... en fait. En tout cas, c'est certain : il a changé, vraiment changé.

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Sam 25 Mai 2013, 13:58

[ Se renfrogne ]

- Plus compliqué ?

[ Fronce un sourcil ]

- Bref, ce n'était pas vraiment de ça dont je voulais parler...

[ Prend une inspiration et plante son regard dans celui de Naïs]

- Que serais-tu prête à faire pour te débarrasser de Samoan ?








[ Les dés sont jetés ! ^^ ]

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Sam 25 Mai 2013, 14:15

(Hausse un sourcil)

- Qu'est-ce qui me prouve que je peux te faire confiance ?

(Ton méfiant mais néanmoins intéressé)



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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Sam 25 Mai 2013, 14:42

[ Éhontément ]

- Absolument rien.

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Sam 25 Mai 2013, 17:31

(Croise les bras sur sa poitrine)

- Soit. Qu'est-ce que tu peux me dire d'intéressant ?

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Sam 25 Mai 2013, 19:52

[ Se tortille les doigts ]

- Bah déjà, j'attends une réponse de ta part. Après, je verrai si ça sert à quelque chose que je continue.

[ Finit avec aplomb ]

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Dim 26 Mai 2013, 10:21

- Il a fait de ma vie un enfer ! Que crois-tu que je sois prête à faire pour le savoir mort ?

(Ses traits se durcissent)

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Dim 26 Mai 2013, 11:44

[ Prend une grande inspiration ]

- D'accord. Voilà : Huwwol, le frère de Hanwol - tu sais, les gars en ont parlé tout à l'heure - veut entrer en contact avec toi. Il y a au moins quatre Mentaïs qui veulent la peau de Samoan, et pas des moins influents. Huwwol pense pouvoir récupérer son frère de son côté, car Hanwol est a priori du côté de Samoan. Et un Mentaï qui était avec Samoan vient de venir le dénoncer auprès du Conseil.

[ Reprend son souffle ]

- Ca serait pour te sauver la peau à toi et Gil. A la base, ils voulaient se débarasser de vous tous, mais... Mais je suis au milieu, et mon père a une grande influence, ainsi que... Fried. Bref. Du coup, je les ai persuadés de vous sauver la mise. Ca sera d'ailleurs bien plus simple comme ça - parce que défoncer un Mentaï plus deux Envoleurs qui ont déjà réussi à détruire des Mentaïs, c'est pas enfantin.

[ Lève les yeux vers Naïs ]

- Voilà...

[ Se mord la lèvre inférieure ]

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Mar 28 Mai 2013, 20:02

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Perplexe, je laisse de longues secondes de silence filer. Clignant plusieurs fois des yeux, je repasse dans ma tête le fil et la tournure que la conversation avait prise. Je me masse doucement le crâne du bout des doigts. La gamine se doute que Gil est amoureux, mais elle pense que c’est de moi qu’il l’est. Absurde. Profondément absurde. Tellement absurde. Il ne l’a jamais été. Du moins, pas de moi. Parce que depuis le premier jour c’est Libertée, et seulement elle. Une Marchombre. Sauf que l’apprentie Envoleuse ne semble pas avoir été mise au courant. Résultat, je me retrouve à essayer de protéger les fesses de son idiot de maître qui n’a pas eu le cran de lui en parler, quelle qu’en soient les conséquences. Par la sainte culotte de l’Empereur, si jamais par miracle il daigne finalement me donner un quelconque signe de vie, je crois que je le cloue au mur ! Je soupire, ne serait-ce que pour calmer ce vent de colère et réfléchir raisonnablement à ce que vient de révéler Kaünis. Gil’Ohz Senior, ainsi qu’une poignée d’autres Mentaïs particulièrement influents, serait donc prêt à me prêter main forte pour mettre un terme définitif à la folie de Samoan ! C’est trop beau pour être vrai ! Pourquoi ferait-il cela ? Ah oui ! Parce que sa fille se trouve pile au milieu d’un conflit dans lequel j’ai entraîné Gil un peu plus de deux ans plus tôt. D’accord, tout ça je le conçois. Je le comprends même. Mais…

Je me lève comme un ressort et commence à faire les cent pas autour du feu. Tandis que je pèse le pour et le contre, le soldat commence à gémir sur la selle d’Océan. Pour peu que j’accepte la perche que me tend la fille, il faudrait que je fasse confiance à des gens qui pourrait être parfaitement capables de me trahir, tout comme d’autres l’ont fait avant eux. Ce serait quitte ou double ! Est-ce que le jeu en vaut vraiment la chandelle ? Je me mords un instant la lèvre inférieure avant de me rasseoir pile en face de la gamine.

- « Très bien ! Je marche » chuchotais-je avec une détermination sans faille « Toutefois, j’ai un détail à régler avant de prendre la route… »

Avec un étrange sourire sur les lèvres, je me lève calmement. En quelques pas gracieux, je rejoins Océan et descends sans ménagement de son perchoir le pauvre bougre qui, tout suppliant et apeuré, ne semble pas comprendre ce qui lui arrive. Appuyant ma main sur la cage thoracique de l’homme qui commence à tousser, j’affiche un petit air légèrement moqueur.

- « Salut la belle au bois dormant ! »
- « Je ne te dirai pas un mot ! Putain ! »

Fronçant un sourcil, je hoche la tête. Mauvaise réponse !

- « Pas de panique, je n'ai encore rien dit » plaisantais-je avant de reprendre le plus sérieusement du monde « De toute façon, je doute que sache grand-chose »
- « Tu serais surprise ! » réplique-t-il
- « Ne t'arrête surtout pas, cela commençais à devenir intéressant ! »

Dans ce qu'il pensait être un élan de bravoure, le soldat reste muet. Grave erreur de sa part, car aussitôt je dégaine mon poignard et lui arrache un ongle. Son cri de douleur retentit de longues minutes au plus profond de la forêt, faisant fuir tous les animaux à proximité.

- « Tu disais donc ? »
- « Va en enfer ! »
- « A ta guise... »

Je m'apprête à lui arracher un autre ongle mais son balbutiement presque inaudible retient mon geste de justesse. Il parle de bébé, de père, de paris, sans être non plus très cohérent dans ses propos. Tout autre que moi croirait simplement qu'il délire. Mais je crains qu'il ne sois parfaitement lucide. Car si la nouvelle de la naissance de ce bébé imprévu s'était véritablement propagée, la Confrérie de Fériane risque de se trouver confrontée à d'énormes ennuis par le seul fait de soigner mon fils en leurs murs. Soupirant d'un air contrarié, je compresse un peu plus la poitrine de l'homme.

- « En fait, tu vas juste envoyer un message de ma part à Samoan… »
- « N’y comptes même pas ! »
- « Je n’étais pas en train de te demander ton avis ! »

Ne laissant pas à l’homme le temps de répondre, je sors les griffes et lui transperce la gorge. Tandis qu’elles se rétractent avec un léger chuintement, je m’essuie le visage d’un revers de main. Sans sourciller, je sors l’épée du soldat mort de son fourreau et achève de lui trancher la tête. Dans le plus grand silence, je débarrasse le cadavre de sa cape et de quelques autres de ses vêtements pour y envelopper sa tête avant de la mettre dans ma sacoche.

Revenant vers la gamine qui avait assisté à la scène en silence, je croise les bras sur ma poitrine un instant.

- « En route ? »

* *
*


Voici deux jours entiers que nous avons pris la route désormais. Les journées se ressemblent mais sont toutefois loin d'être ennuyeuses, car ponctuées de conversations intéressantes. C'est indéniable, Gil a de quoi être fière de son apprentie qui ne tarit d'ailleurs pas de questions plus ou moins délicates. Je ne sais trop où la gamine me guide -sûrement un lieu de rendez-vous précis donné par son père - mais, en acceptant de la suivre deux jours auparavant, cela revenait à lui faire confiance. Et sans trop savoir pourquoi, je sais au fond de moi que je le peux.

La première journée de voyage avait placé, par chance, un voleur de grands chemins sur notre passage. C'était là l'occasion rêvée pour le payer plus grassement que jamais pour livrer le paquet - la tête du soldat raccourci - sans poser de question à Samoan.

En cette fin d'après-midi, nos pas s'accompagnent de la tombée de la nuit, un peu fraîche dans cette partie de l'empire. Par un heureux hasard, de bonne odeur se dégage à proximité, comme un civet mêlée celle d'un feu de bois. Une petite bruine glacée accueille notre arrivée dans le hameau. Abritant Océan dans l'écurie de la seule auberge de ce trou paumé, je pénètre un quart d'heure plus tard dans l'auberge, sans me douter de ce qui m'y attend...

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Mer 29 Mai 2013, 14:29

- Très bien ! Je marche.

Kaünis ouvrit de grands yeux malgré elle. Elle n’en revenait pas. Bon, en même temps, si, elle s’en doutait ; cette femme était poursuivie depuis des années par des connards – par un en particulier. Mais elle ne s’attendait pas à ce qu’elle marche avec elle.
La fixant quelques secondes dans le silence qui s’était prolongé, ce fut encore une fois Naïs qui le perça en disant qu’avant, elle avait quelque chose à régler, et l’apprentie sut immédiatement qu’elle pensait à l’homme qu’elle avait enlevé et laissé sur la croupe de son cheval.

Elle la regardait parler doucement avec cet homme, tout en se disant qu’elle n’aurait pas eu la patience de cette dernière. Elle aurait lancé un de ces regards noirs… Oh, elle avait déjà oublié que cette Envoleuse était aveugle. C’était peut-être pour cela en fait qu’elle n’était pas parvenue à le faire parler.
Elle aurait bien aimé lui prêter main forte, mais avant qu’elle n’ait pu ouvrir la bouche, de longues griffes surgirent des ongles de l’Envoleuse, tirant un haussement de sourcils à Kaünis, ainsi qu’un petit sourire d’anticipation. Toutes les Greffes étaient différentes, elle pensait aux aiguilles de Gil notamment. Elle avait hâte de voir ce que cela donnerait sur elle – si elle y parvenait.

Cependant, Naïs préféra le décapiter proprement finalement, et Kaünis haussa de nouveau un sourcil. Elle ne comprit ce geste que lorsque l’Envoleuse donna la tête de l’homme à un bandit des grands chemins.
Un sourire moqueur étirait ses lèvres.


* * *


Au bout de deux jours, Kaünis sait qu’elle approche de son point de rendez-vous.
Durant la nuit, Voïmakas l’avait contactée grâce aux Spires, et elle savait que dans l’auberge qu’elles croiseraient, il y aurait Taram ainsi que Fried, a priori. Et elle n’avait aucune envie de revoir le jeune Mentaï, d’autant qu’il avait dû apprendre pour elle et Yan… Enfin, même s’il n’y avait pas grand-chose à en dire en réalité.

Le fumet attira immédiatement Naïs, et Kaünis hocha la tête doucement. Mais elle ne dit rien, se contentant de suivre l’Envoleuse à son côté.

Quand la femme poussa la porte de la taverne, l’apprentie prit une inspiration.
Son regard sombre balaya les tables, jusqu’à ce que son regard tombe sur… Fried ! Serrant les dents – parce que bon, elle avait été prévenue – elle cligna des paupières et attrapa l’avant-bras de Naïs pour la diriger vers la table en question.

- Par là. Il y a deux Mentaïs qui nous attendent à une table. Le plus jeune s’appelle Fried, l’autre Taram.

Elle avait chuchoté tout en sachant pertinemment que l’Envoleuse l’entendrait malgré le vacarme. Pourquoi avoir choisi une auberge si fréquentée ? Ils ne voulaient pas se faire entendre, certes, mais n’importe qui pouvait les espionner, et trouver une Envoleuse très recherchée dans l’Empire auprès de deux Mentaïs, même pour les nuls ce n’était pas compliqué à comprendre. Et surtout pour les sbires potentiels de Samoan.

- Kaünis…

La voix de Fried était rauque, ce qui tira un haussement de sourcil à cette dernière. Il recula dans sa chaise pour s’appuyer sur son dossier, avant de détailler l’Envoleuse à côté d’elle. Mais son regard revint vers elle, et elle se tortilla, mal à l’aise, cherchant les yeux de Taram.

- Kaünis, Naïs.

Le Mentaï se leva, tirant un sourire à la jeune apprentie. Elle prit une chaise et s’assit avant même que l’homme ne le leur propose.

- Commandez à manger, je vous en prie. Alors, ce… voyage ?

Kaünis ne put s’empêcher de soupirer bruyamment, son regard se plantant dans celui du Mentaï. Ce dernier eut une esquisse de sourire, et finalement elle ne fit que hausser légèrement les épaules.

- Nous sommes là maintenant. Je voudrais le plat du jour, merci.

La serveuse hocha la tête en notant sur son petit carnet, attendit la commande de Naïs, et se retira aussitôt.
La tension était palpable autour de la table, et Kaünis se demanda qui briserait le silence en premier. Peut-être pas elle, dans tous les cas…

Sentant soudain une main sur son genou, l’apprentie sursauta et lança un regard noir à Fried, qui arbora un petit sourire triomphal malgré le fait qu’il eût enlevé ses doigts de sa jambe. Mais elle n’osa rien dire, étant donné que normalement, il était là pour les aider. Il avait sans doute encore un peu d’espoir.

- Fried, tiens-toi bien s’il te plait. Tu sais très bien que tout se sait….

Le jeune Mentaï lança un regard effarouché à Taram, mais ce dernier se contenta de prendre ses couverts lorsque les plats arrivèrent. Dans le brouhaha ambiant, le silence était tellement tendu et pesant…

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Lun 03 Juin 2013, 16:04

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

A peine ai-je poussé la porte de la petite auberge, particulièrement fréquentée malgré son isolement, que Kaünis me souffle à l’oreille que deux Mentaï attendent au fond de la pièce. Hochant silencieusement la tête, je louvoie entre les tables en me laissant guider par l’apprentie Envoleuse. Attentive à toutes les discussions autour de moi, je préfère rester sur mes gardes : bien que ces types-là soient apparemment partants pour me prêter main forte et mettre fin à des bains de sang inutiles, ils restent des Mentaï, et par conséquent mortellement dangereux. La voix de l’homme qui nous accueille ne tremble pas, au contraire de l’autre – le plus jeune des deux – qui semble connaître la gamine, désormais mal à l’aise à côté de moi, ce qui me fait hausser un sourcil. Sans même attendre l’invitation du Mentaï, Taram, j’imite Kaünis et prend place à table tandis qu’une jeune serveuse débarque aussitôt pour prendre notre commande.

- « Je prendrai un civet de siffleur, merci… »

Inspirant profondément, je croise les bras sur la table sans un mot. Dans ce silence pesant, la tension est à son comble. Dans ce silence pesant, la tension est à son comble. Chacun se jauge, se teste en silence, évalue l’autre. Et mon impression première se confirme rapidement, Kaünis semblent plutôt bien se connaître. Mais, curieusement, la jeune fille paraît incroyablement distante vis-à-vis du jeune homme. Enfin, nous ne sommes pas là pour tergiverser sur ce problème. Me relâchant un peu plus sur ma chaise tandis que les plats sont servis au même moment, je relève le menton, un peu à la manière d’une personne tout à fait voyante – encore l’un des vestiges que j’avais conservé de cette époque où ma vue ne me faisait jamais défaut. Je soupire imperceptiblement.

- « Bon, on en vient directement au fait, ou on continue à se jauger en chien de faïence ? » finis-je par lâcher d’un ton neutre.

Ainsi entourée de deux Mentaï reconnus, je sais parfaitement qu’il leur suffirait de bouger ne serait-ce qu’un petit doigt pour respecter leur plan de départ qui consistait, si j’en croyais les mots de l’apprentie de Gil, à m’éliminer ainsi que Gil et Samoan. Et si le plus âgé des deux hommes semble de nature relativement plus posée, plus calme, l’autre – un gamin – m’inspire nettement moins confiance. Si la situation devait dégénérer, bien que je me tienne encore prudemment sur mes gardes, je serais franchement incapable de les empêcher d’en finir avec moi s’il le voulait. Cette pensée me tire un léger frisson, mais maintenant que je suis confrontée aux deux Mentaïs, il faut que je joue carte sur table – en croisant les doigts pour qu’ils ne changent pas d’avis subitement.

Je sens soudain que le plus jeune allait répliquer quand Taram l’en empêche. Impassible, je hausse un sourcil. Un jeune roquet hein ? Mais un roquet Mentaï. Et donc dangereux. Poussant un long gémissement intérieurement, je me dis qu’il me faudra une bonne grosse dose de patience pour supporter ce Fried. Le dénommé Taram se racle la gorge tandis que je laisse traîner mes oreilles un peu partout dans la pièce. Les uns, se prenant pour des bêtes de sexes, discutent femmes comme de simples trophées, d’autres parlent argent et affaires. Certains roupillent déjà dans un coin ou sur le bar, oubliés des autres, complètement saouls. Rien de fort intéressant en somme, ce qui me fait soudain réaliser que les deux Mentaïs attendaient depuis tout ce temps de savoir si Kaünis et moi avions été suivies depuis ces deux derniers jours. Avec un léger sourire en coin, j’entreprends alors de les rassurer.

- « Si cela peut vous rassurer, les derniers qui en avaient après moi ont rencontré quelques… Problèmes, à deux jours d’ici »

J’adresse un sourire équivoque à Kaünis avant de continuer le plus sérieusement du monde.

- « Croyez-moi, ils ne risquent pas de débarquer ici ! »

Le seul encore en vie après l’embuscade avait désormais perdu sa tête. M’appuyant nonchalamment sur la table, je commence à manger mon civet de siffleur, qui refroidit doucement depuis plusieurs minutes, dans l’attente d’une réponse qui me paraît incroyablement longue…

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Mar 04 Juin 2013, 10:32

[ Bon, j'ai complètement dérapé, mis un bordel monstre, je me suis laisser emportée... Donc n'hésite pas si quelque chose ne te convient pas ! Wink ]






Taram


Quand Kaünis est rentrée dans l’auberge avec l’Envoleuse Naïs, j’ai senti mon cœur faire un petit bond dans ma poitrine. Elle avait réussi ! Il était certain que Voïmakas serait très fier de sa fille, et à cet instant je crois que je l’ai aussi été.
La nuque droite, son regard sombre et frondeur nous chercha quelques secondes, avant de nous trouver. Et la femme derrière elle – une très belle femme, soit-dit en passant, avec cette grâce sauvage qu’ont les femmes libres – la suivit parmi les tables.

Quand je les accueillis, il y avait une certaine méfiance à mon égard, notamment de la part de Naïs. Ce que je pouvais comprendre après tout : vu tous les Mentaïs qu’elle avait combattu et mis en déroute, elle avait de quoi se méfier. Cependant, je n’étais pas là pour la détruire – en tout cas, cela ne faisait pas partie du plan A, et pour une fois j’avais envie de m’en tenir à ce premier plan : c’était le plus raisonnable après tout.

A côté de moi, Fried s’agite soudain.

Voïmakas m’a mis en garde contre les sentiments qui habitaient le jeune Mentaï. Apparemment, c’était proche de la passion irrationnelle – enfin, avec son histoire de Spires et de jeune Envoleur, c’était ce que j’en avais naïvement déduit. D’ailleurs, le garçon essaya une première approche très rapidement, et je le mis en garde : tout remonterait. Et Voïmakas risquait de ne pas trop apprécier – d’autant qu’il avait envie de prendre parti, apparemment.
Décidément, les femmes et les enfants nous font faire de drôles de choses…

Secouant la tête, j’attaquais mon repas en même temps que les deux Envoleuses.
Malgré moi, mon regard filait sur la salle. J’étais en effet peu rassuré des oreilles traînantes de certains. Les sbires de Hanwol n’étaient peut-être pas loin, et j’aurais voulu m’assurer que rien ne pouvait être entendu. Créer une bulle pourrait être une solution, mais nous serions immédiatement repérés…

- Si cela peut vous rassurer, les derniers qui en avaient après moi ont rencontré quelques… Problèmes, à deux jours d’ici. Croyez-moi, ils ne risquent pas de débarquer ici !

Je fronce mes sourcils, et note que N aïs a eu comme un regard d’échange avec Kaünis… Etonnant pour une aveugle. Car j’étais renseigné, évidemment, et puis c’était aussi de notre devoir – et notre travail – de connaître les Maîtres Envoleurs qui vaquaient entre les murs du Domaine – que ce soit fréquent ou non. Avait-elle était aveugle toute sa vie, ou était-ce là une sorte de vestige de ses vieux réflexes ?

Quoi qu’il en soit, je suis pour l’instant disposé à la croire. Après tout, elle semble avoir cette détermination évidente d’en finir avec tout ça. C’est qu’elle doit en vouloir terriblement à Samoan – après tout… elle a de quoi.

- Il n’a peut-être pas tout envoyé directement de front, et j’ai peur que quelques espions ne subsistent. Si une information a filtré, d’une manière ou d’une autre…

Mon regard se porte malgré moi vers Kaünis.
Je me demande quels arguments elle a servi à Naïs, et si elle lui a promis quelque chose. Je me demande aussi ce qu’elle lui a dit, tout simplement, pendant ces quelques jours – parce que a priori, cela faisait plusieurs jours qu’elles s’étaient rencontrées.
Bon.
Me glissant à l’orée de l’Imagination, prêt à trouver le Dessin adéquat si jamais il y en avait besoin, je fais un léger signe de tête à Fried pour faire de même. Lui n’a pas à parler, c’est à moi qu’incombe cette tâche.

- Ce n’est pas un bon endroit pour parler. Finissez de manger, et on va vous conduire dans un endroit plus… discret.





Kaünis


Le repas se termine dans un silence ponctué par quelques phrases de Taram.
Kaünis l’apprécie, ce Mentaï. Il semble raisonnable en général, et assez calme. Tout comme son père. Elle préfère rencontrer des Mentaïs comme ça, qui exercent un contrôle constant sur eux-mêmes, plutôt que des petits impulsifs comme Fried – même s’il pouvait y en avoir des plus grands et vieux.

Elle se complaisait à laisser s’embrasser la haine et la colère contre le jeune Mentaï, d’ailleurs. Plissant les paupières quand ce dernier lui adressa un sourire charmeur, elle détourna le regard et avala sa dernière bouchée. Naïs avait déjà fini son plat, et Taram se leva immédiatement de sa chaise, lança trois pièces d’or sur la table.

- Suivez-nous.

Dans un soupir, Kaünis repoussa sa chaise et s’avança à la suite du Mentaï, suivie de près par Naïs et Fried. Le rouge lui monta aux joues malgré elle : en réalité, elle était autant gênée qu’en colère et haineuse contre le Mentaï. Elle s’imaginait très bien qu’il était en train de la déshabiller du regard…

Prenant une inspiration, elle s’arrêta soudain lorsque Taram s’immobilisa.

- Naïs, je vais te conduire d’un pas sur le côté. Fried, fait pareil avec Kaünis. Au point de rendez-vous !

Kaünis se tendit toute entière, et rapidement les doigts de Fried rencontrèrent la peau de son avant-bras. Un long frisson de dégoût la traversa, et soudain tout tangua autour d’elle.

Elle se retrouva au milieu d’une forêt.
Les arbres n’étaient pas très épais, démontrant par là qu’elle n’était pas au cœur d’un des poumons de Gwendalavir. C’était peut-être un simple bosquet, d’ailleurs. Les troncs, malingres, s’élançaient vers le ciel et les branches ne commençaient qu’à plus de quatre mètres de haut. Un tapis d’aiguilles jonchait le sol, étouffant les pas.

Sauf que Naïs et Taram n’étaient pas là.

- Nous voilà…
- Parfait.
- Ils ne devraient pas tarder…






Taram


Lorsque j’arrive dans la pièce que Voïmakas avait désignée comme le lieu de rendez-vous – dans le magasin – je lâche l’avant-bras de Naïs pour la laisser se dégager.
Tout le monde était là.

Voïmakas, assis à la table, est en train d’avaler une gorgée de ce truc immonde qu’il appelle le thé. Son regard sombre croise le mien, et je hoche la tête.
A côté de lui, Gulyn prenait place. Ses cheveux blancs ramenés en arrière sur son crâne donnaient toujours cette impression de vieillesse, mais pas de sagacité – pourtant, il en avait plus que bien d’autres. Il y avait aussi Huwwol. Evidemment.

- Bonjour Taram. Naïs… Gulyn arborait un sourire crispé, et ses vieux doigts s’entrelaçaient de manière angoissée.

- Naïs ! Mais où est…
- Kaünis ? Bon sang, je vais te chopper ce morveux de Fried !


Voïmakas ne prit même pas la peine de bondir de sa chaise. Il disparut, et en me glissant dans l’Imagination, je le sentis qu’il suivait la trace du pas de côté de Fried… Qui ne venait pas ici.
Je poussais un soupir.

- C’était Fried…

Le visage de mes collègues s’assombrit, et alors que Gulyn ouvrait la bouche, la porte du magasin se ferma si brusquement que l’on entendit le claquement jusque dans la petite salle.

- Que… ?
- Où est Kaünis ?! Il se passe quelque chose là !


Je sentis mes yeux s’écarquiller, comme ceux de toutes les autres personnes présentes dans la pièce.
L’Envoleur nous jaugeait de son regard pressant et déterminé, noir comme la nuit. Il débordait d’agressivité.

- Fried vient de nous faire un mauvais coup…
- Je veux y aller !


Je soupire, et mon regard se pose sur l’Envoleuse, qui semble analyser tout ce qu’il se passe pour mieux comprendre.

- On est tous tombés dans le panneau. Mais l’heure a sonné. Prête ?

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Ven 07 Juin 2013, 13:12

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Est-ce dû à la méfiance de chacun ici, je n’en sais trop rien ! En tout cas, le reste du repas se déroule dans un silence un peu tendu que ne contribue d’ailleurs pas à apaiser les mains baladeuses du jeune Mentaï. Décidément, il ne me dit vraiment rien qui vaille et je me demande un instant quelle aurait été la réaction de Gil face aux vaines tentatives de Fried. Pas de doutes, il aurait sûrement pété un plomb ! Rien que cette pensée me fait sourire à demi avant que je ne reprenne immédiatement mon sérieux.

À peine ai-je posé ma fourchette sur le rebord de mon assiette, désormais vide, que Taram se lève sans attendre. Soupirant imperceptiblement, je l’imite et le suis sans protester en me frayant aisément un passage entre les tables. Et lorsque, à l’abri des regards indiscrets, il pose sa main sur mon bras sans prévenir, je sens tous mes muscles se raidir malgré moi. Il doit me sentir sur les nerfs car aussitôt il m’informe de son intention. Mais cela ne me met pas franchement plus à l’aise. Et pour cause, les rares pas sur le côté que j’avais effectué en compagnie de dessinateur m’avaient littéralement donné la nausée. Grimaçant, je me laisse toutefois entraîner : la seconde d’après, une désagréable impression que le sol se dérobe sous mes pieds s’empare de moi tandis que je réprime un haut le cœur. Enfer !

* *
*

Lorsque nous arrivons enfin sur le lieu de rendez-vous, le voyage me paraît avoir duré une éternité. Heureusement que la poigne de Taram me retient un instant avant de me lâcher, sinon, j’aurai probablement vacillé. Vraiment, je déteste les pas sur le côté ! Jurant intérieurement, j’inspire profondément pour faire passer cette fichue nausée et mieux me concentrer sur l’instant présent où un joli petit comité, composé évidemment de Voïmakas, Gulyn, Huwwol ainsi qu’un gamin, Envoleur, semble réuni. Mais un détail me fait rapidement froncer les sourcils : Kaünis et Fried ne sont toujours pas arrivés. Il ne me faut pas longtemps pour comprendre la situation tandis que Voïmakas disparaît déjà dans l’Imagination, suivi de ses collègues.

L’effervescence règne tandis que les Mentaï cherche à repérer Fried et l’apprentie de Gil. Immobile au milieu de toute cette agitation, je tente de réfléchir à la situation qui évidemment, devait sûrement changer le plan de départ. Il allait falloir que je me tienne sur mes gardes. Enfin, dans tous les cas, cela ne présage rien de bon et toute cette histoire risque fort de se finir dans un bain de sang. La voix de Taram, teintée d’inquiétude, me tire soudain de mes pensées, me faisant relever la tête. Peignant sur mes traits une détermination sans faille, je hoche la tête d’un signe affirmatif.

- « Plutôt deux fois qu’une… »

* *
*

- « Comment on va faire pour retrouver Kaünis là-dedans ? » souffle Yan.
- « Je crois qu’il va falloir que l’on se sépare… »

Voïmakas et les autres étaient finalement parvenus à retrouver la trace de Fried sur les contreforts des montagnes de l’est où il avait emmené Kaünis. La trahison du jeune homme en avait apparemment bouleversé plus d’un : en effet, si la colère les guidait, toutefois personne ne parvenait encore à s’expliquer les raisons de son acte. Enfin, nous n’avions pas attendu pour se lancer à sa poursuite. Quelle n’avait pas été notre surprise en découvrant une sorte de camp militaire, rigoureusement organisé. Samoan prépare quelque chose dans l’ombre, c’est certain et cela n’augure rien de bon ! Apparemment, le camp compte assez d’épées pour assiéger une cité durant de longues semaines. Quoi qu’ait l’intention de faire Samoan, valait mieux l’en empêcher et très vite !

- « On s’en tient au plan de départ : tu trouves Kaünis, je m’occupe d’Hanwol »

Tapie dans les hautes herbes, je n’attends pas de réponse pour m’introduire dans le camp telle une ombre silencieuse.

* *
*

A l’autre bout du camp, l’alerte a été donnée. Jurant intérieurement, je me surprends néanmoins à espérer que Yan et Kaünis arrivent à s’échapper sans encombre. Au milieu de l’effervescence régnante, je redouble de prudence. Me figeant soudain dans l’ombre, une voix m’interpelle. Puissante, elle ne souffre d’aucune réplique. Je ne le connais pas, mais j’en mettrais ma main à couper, il s’agit d’Hanwol !

- « Je vais m’occuper de ce morveux ! Ne laisse personne s’approcher de cette tente ! » ordonne-t-il avant de s’éloigner d’un pas décidé.
- « Bien monsieur »

Ma curiosité piquée au vif, tous mes sens en alerte, je laisse filer quelques minutes tandis que je réfléchis à toute vitesse. Ma décision prise, je me glisse silencieusement derrière le soldat et lui brise la nuque d’un geste sec avant qu’il ne puisse comprendre ce qui lui arrive. Amortissant sa chute, je traîne le cadavre à l’intérieur de la tente. Que peut bien avoir à cacher Hanwol ici ? Bientôt la réponse me paraît claire et évidente. Car je ne suis pas seule : une autre respiration, presque imperceptible, me parvient. Et ce parfum si particulier m’est étrangement familier. Il ne me faut pas longtemps pour faire le lien. Kaünis ! Mais et Yan alors ? Mon petit doigt me dit qu’il ne va pas tarder à se trouver confronter à de gros problèmes. Et merde !

Secouant la tête, je plonge vers la jeune fille et je prends son menton entre mes doigts un instant, gardant le silence durant de longues secondes. Avant de soupirer.

- « Tu vas bien ? »

Ne lui laissant pas le temps de répliquer, je la débarrasse de ses liens qui lui entrave les poignets et l’aide à se relever. Mais au moment où nous allions filer, la voix familière du jeune Mentaï, Fried, nous interpelle froidement.

- « Vous partez déjà ? »

Faisant reculer l’apprentie, j’en profite pour passer devant elle. Tous mes muscles roulant sous ma peau sombre, je me tiens prête à toute éventualité, même si j’avoue volontiers espérer très fort pour Voïmakas, Gulyn, Taram et Huwwol ne soient pas loin…





[Me suis un emportée aussi du coup Very Happy]

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Lun 10 Juin 2013, 12:13

[ Je crois que c'est parti pour de bon là.... XD ]



Yan

Il avait fallu plusieurs jours de recherche pour que Yan trouve enfin où se rejoignaient les Mentaïs. Et il n’y était parvenu qu’avec Hien, celle qui avait été son Maître, et qui était et la femme de Voïmakas, et la mère de Kaünis. Ces deux derniers étaient fourrés dans une affaire de fous, et si Yan avait bien compris le message de Gil durant son cours, ce n’était pas pour autant qu’il s’empêcherait d’intervenir si ce dernier n’était pas dans le coup.

Et il ne l’était pas.

Coulant un regard vers l’Envoleuse à côté de lui, il nota sa posture méfiante. Son regard, doré, ne donnait aucunement l’impression qu’elle était aveugle, et ses déplacements non plus : elle était parfaitement à l’aise, même dans un lieu qu’elle ne connaissait absolument pas. Cela ne devait pas être évident tout de même, mais après tout, elle n’était pas Envoleuse pour rien non plus ; et elle était aussi liée à Gil, et Kaünis l’avait cherchée.
Il espérait simplement qu’elle n’aurait pas l’occasion de parler de lui au Maître de la jeune fille.

- On s’en tient au plan de départ : tu trouves Kaünis, je m’occupe d’Hanwol

Il hocha la tête : cela lui convenait parfaitement ainsi.
Il était Envoleur, certes, mais n’avait pas l’expérience de la femme, et doutait de pouvoir s’en prendre tout de suite à un Mentaï. Il n’en avait, en plus, pas envie – à part si c’était ce petit con de Fried. Là, il lui aurait bien réglé son compte !

Tandis que Naïs s’éloignait vers l’Ouest, Yan se tapit dans les hautes herbes et prit la direction de l’Est du camp.
Un vrai camp militaire ! Mais que comptaient faire ces Mentaïs ? Ils n’étaient que peu : après tout, ils étaient au moins quatre : Voïmakas, Gulyn, Taram et Huwwol. De l’autre côté, ils étaient trois : Hunwol, Samoan et Fried. En sachant que Fried était jeune, et donc qu’il avait moins l’habitude de combats par l’Imagination aussi.
Mais Yan, grâce à Hien, savait aussi que Enva et Fyn feraient leur possible pour les rejoindre. Samoan n’avait pas réussi à corrompre suffisamment de Mentaïs pour remporter ce combat : il n’avait jamais accordé de greffe, contrairement à Voïmakas, Enva, Fyn et Gulyn, et cela démontrait sans doute qu’il était un peu moins puissant – enfin, ça, c’était l’espoir qu’avait Yan.

S’approchant d’une tente sans un bruit, l’Envoleur tenta de déterminer si cette dernière contenait une personne ou plusieurs. Aucune respiration n’en sortait, et il passa son chemin, pour atteindre une seconde toile. Là, par contre, il entendit clairement deux respirations. Fronçant les sourcils de concentration, le jeune homme se mussa contre la toile sans pour autant la toucher, tentant d’apprendre qui se trouvait là.

- T’as compris toi, pourquoi z’avaient ramené cette fille ?
- Pff, t’façons, c’est toujours des histoires de cul…
- On ne devrait pas aller surveiller sa tente ?
- J’sais pas, l’alerte a été donnée, ils sont là.
- Elle doit être drôlement jolie !


Yan serra les dents si fort qu’il s’en fit mal à la mâchoire. Mais en ombres chinoises, il avait pu voir un signe de l’un des acolytes et se précipita dans cette direction : Kaünis était de ce côté-là.


Kaünis

- Je vais m’occuper de ce morveux ! Ne laisse personne s’approcher de cette tente !

Kaünis serra les dents, elle aussi. Elle détestait se retrouver dans cette situation : ils s’étaient fait avoir comme des débutants, c’était le cas de le dire. Ou alors, tout cela avait été calculé, et elle n’avait été qu’un appât.
Non, elle n’y croyait pas. Son père ne l’aurait jamais permis.
Et donc, ils s’étaient tous faits avoir comme des bleus !

Soudain, le bruit caractéristique d’une nuque qui se brise fait relever la tête à l’apprentie Envoleuse, dont le regard sombre tombe sur la porte de la tente. Elle fronce les sourcils un instant, avant d’apercevoir Naïs. Se retenant de ne pas pousser un soupir – elle aurait pu attirer l’attention – elle se contenta de la fixer. Elle ne pouvait pas parler, il n’y avait pas assez d’agitation dehors pour que cela passât inaperçu… Mais Naïs l’avait entendue, apparemment, et s’approcha d’elle.

- Tu vas bien ?
- Mm.


Les liens qui l’empêchaient de bouger furent rapidement sur le sol grâce à la dextérité impressionnante de l’Envoleuse, et Kaünis la remercia silencieusement. Mais au moment où elles allaient prendre leurs jambes à leur cou, une silhouette se dresse devant l’entrée de la tente.

- Vous partez déjà ?

Kaünis grinçe des dents.
Sale traitre de Fried ! Elle a terriblement envie de lui arracher les yeux et de lui ouvrir le gosier pour effacer ce sourire triomphal de ses lèvres.

Le jeune Mentaï s’approcha d’elles, et l’air devint soudain très lourd, rendant leurs mouvements impossibles. Serrant encore les dents, Kaünis ne savait plus comment s’y prendre.
Un cri, à l’extérieur, détourna son attention une seconde de Fried.

- Aaaaah !

Yan !
Son estomac fit un tour sur lui-même.
Yan !
Son cœur bondit dans sa poitrine.
Yan !
Yan était là. Mais comment ? Pourquoi ? S’il avait crié, il devait être en mauvaise posture… très mauvaise ! Se mordant la lèvre, Kaünis sentit une terrible rage s’emparer de tout son être, et elle essaya de bouger.

En vain.
L’air était trop lourd, ses membres aussi. Impossible de bouger.
Mais il fallait faire quelque chose.
Il fallait faire absolument quelque chose !
Papa !


Voïmakas

Il allait faire payer à cet ingrat de Fried l’affront qu’il venait de leur faire.
Sa trahison. Son affront. Son égoïsme aussi.
Mettre Kaünis dans tout cela ! Il se serait bien tué lui-même sur le champ si sa fille n’avait pas été dans un danger imminent. Et en plus Yan qui rappliquait à la dernière minute ! C’était qu’elle en faisait tourner, des têtes…

Mais ce n’était pas le moment de penser à cela.
Echangeant un regard avec Gulyn, Taram et Huwwol, le Mentaï s’enfonça dans le camp parfaitement ordonné. Il y avait là des dizaines et des dizaines d’hommes, entraînés mais… ordinaires. Se glissant dans l’Imagination, il fit apparaître une volée de petites billes rondes qui s’élancèrent dans un vent invisible et mortel vers les guerriers qui sortaient de leurs tentes pour attaquer. Criblés par les balles, beaucoup s’effondrèrent avant d’avoir put s’approcher de plus de trois mètres de leurs assaillants.

Un mouvement fit tourner la tête au Mentaï, et il vit que Yan se précipitait entre deux tentes, sautant par-dessus des têtes et les tranchant au passage. Ses gestes, fluides et meurtriers, étaient précis et ne souffraient pas d’hésitation. Mais une silhouette s’interposa soudain devant lui, et Voïmakas sentit que l’on se servait de l’Imagination.
Hunwol !
Un énorme pieux jaillit du néant pour aller à la rencontre du jeune Envoleur, et Voïmakas eut tout juste le temps de ne transformer en fleur avant qu’il ne l’atteigne.

- Là-bas !

Mais alors qu’il allait se précipiter vers le Mentaï renégat et l’Envoleur, quelque chose pulsa en lui.
Il connaissait suffisamment son pouvoir pour savoir que cela ne venait pas de lui. Et il connaissait suffisamment sa fille pour deviner que… C’était un appel au secours !
Papa !

Abandonnant ses compagnons pour se précipiter vers la tente – l’appel venait de là – il tira brusquement le pan de tissus de l’entrée et découvrit… Fried, Naïs et sa fille.
Un long soupir de soulagement faillit passer ses lèvres, mais il le retint.

- Fried.

Ce dernier, déstabilisé par son entrée, relâcha sa concentration une seconde, ce qui libéra son Dessin.
Voïmakas serra les dents. Il aurait voulu discuter avec le jeune homme pour comprendre sa motivation réelle, mais ils n’en avaient pas le temps. Dehors, les cris s’élevaient dans le désordre.

- J’aurais aimé savoir pourquoi. Tant pis…

Et alors qu’il investissait l’Im agination pour monter dans les Hautes Spires et détruire Fried, la voix de Kaünis retentit.

- Non !


Kaünis

- Non !

Elle avait vu que son père était prêt à tuer Fried.
Il en était hors de question !
Se précipitant vers les deux Mentaïs, elle fit face au plus jeune, et planta son regard dans le sien.
Elle plissa les yeux, les poings sur les hanches.

- Tu sais pourquoi je ne veux pas que mon père te tue ?

Un sourire triomphal étira les traits de Fried.

- Parce que tu viens de réaliser que…

Le mouvement de Kaünis fut si rapide et précis que Fried ne put pas terminer sa phrase.
Elle le fit pour lui.

- Parce que c’est à moi de le faire !

Elle regarda le jeune homme s’écrouler à genou devant elle, et la rage qui bouillait en elle lui ordonna de le repousser. Du pied, elle lui donna donc un coup en plein milieu de la poitrine, qui le fit s’étaler sur le sol.
Déjà mort, avec le poignard de Kaünis planté dans le cœur.

- Kaünis…
- Où est Yan ? Je l’ai entendu hurler !


La voix de Kaünis se brisa sur ces dernières paroles, et elle se précipita à l’extérieur, suivie de son père et de Naïs, appréhendant ce qu’elle allait découvrir…

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Naïs Jol
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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Dim 25 Aoû 2013, 01:23

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

Enfer ! Me voilà incapable de bouger, comme prisonnière d’une force invisible. Je ne peux que serrer les dents et pester en silence pendant que ce gamin croit posséder un droit de vie ou de mort sur Kaünis et moi. Mais que fiche Voïmakas ? Heureusement, ce dernier ne tarde pas à débarquer, juste à temps. Tout se passe alors très vite. La démonstration de force de Voïmakas, l’intervention de Kaünis, la mort du jeune Mentaï. Repoussant une mèche rebelle derrière mon oreille, je soupire un instant avant de me lancer à la suite de la gamine. Yan avait crié, au loin. Je n’aime pas beaucoup l’idée, mais Hanwol l’a sûrement trouvé. Serrant les poings, je me surprends à espérer qu’il ne soit pas trop tard ! Oh bon sang ! Qu’est-ce qu’elle file ! Traversant le camp à une vitesse phénoménale pour ne pas perdre Kaünis – s’il lui arrivait quelque chose, non seulement je crois que j’aurais plutôt intérêt à me faire toute petite si je ne veux pas que Gil m’étripe vive.

Lorsque je parviens à rattraper la jeune fille, j’ai une seconde d’hésitation en me rendant compte que non seulement, nous avons trouvé Yan qui peine à aligner deux pas sans trébucher, mais aussi le colosse qui semble décidé à l’écraser littéralement. Hanwol ! Jurant entre mes dents, je bondis avant même que Kaünis ne réagisse. Ma rapidité et la surprise jouant en ma faveur, je m’interpose entre le Mentaï et le jeune Envoleur. Il faut que la gamine profite de mettre les bouts tant qu’Hanwol vacille un instant en arrière, tenant son bras blessé par un puissant coup de griffe aussi précis et dangereux que celui d’une panthère. J’oblige l’homme à reculer un peu plus encore avant de héler Kaünis.

- « Emmènes-le et tirez vous ! »

Je ne suis pas complètement certaine que l’apprentie daigne m’écouter ; après tout, il fallait en avoir un fichu caractère pour côtoyer Gil au quotidien. Et quelque part, la jeune fille me fait indéniablement penser à son maître. Voïmakas et les autres, sur mes talons, ne tardent pas à débarquer à leur tour. La tension semble soudain monter d’encore un cran. Et l’orage dans l’air tout près à exploser. Désormais, c’est à Huuwol de convaincre son frère, de le faire revenir à la raison. L’aide d’Hanwol, peut changer beaucoup de choses. S’il se rangeait de notre côté, la confiance sans bornes que lui accorde Samoan pourrait fort bien se retourner contre lui. Rien que cette idée me tire un petit sourire en coin tandis que, en trois pas aériens, je rejoins les deux gamins. Comme un mauvais pressentiment me susurrait qu’il devient urgent qu’ils sortent de ce camp, et rapidement et serait le mieux. Qui sait quelle malencontreuse rencontre ils peuvent encore faire ? Attrapant Yan sous le bras pour le soutenir, l’aider à avancer, je m’efforce d’ignorer la véritable démonstration de force entre les deux frères. Comment appeler cela autrement qu’un choc de titans ? La question me taraude un instant tandis que j’entraîne Kaünis et Yan à l’écart des combats – j’ai bien assez confiance en Gulyn, Taram et Voïmakas pour repousser les soldats qui commencent à former un large cercle autour d’eux sans qu’ils aient besoin absolument de ma présence.  

L’agitation et le chaos règne tout autour, mais tels trois ombres invisibles, on serpente entre les tentes, usant de patience et de ruse pour passer inaperçus dans cet enfer. L’Envoleur reste discret. Toujours. L’une des leçons les plus importantes de ma formation – remarquable dans la lumière, invisible dans l’ombre. Alors que nous arrivons à la lisière du camp, le sifflement typique d’un projectile lancé à pleine vitesse fend l’air, mortel. Chopant les gamins, j’ai le réflexe de plonger au sol. Mon cœur manque un battement lorsque le projectile fuse à moins de cinq centimètres de Kaünis. Bondissant sur mes pieds, je me retourne pour parer à une prochaine attaque.

- « Naïs, comme on se retrouve ! »

La voix qui s’élève me fait l’effet d’un électrochoc. Puissant. Samoan. Serrant les dents, je me retiens de ne pas lui sauter dessus immédiatement pour lui arracher le cœur. J’aurais dû me douter qu’il était dans le coin celui-là. Ce fils de Raï !

- « Cette fois-ci, c’est la dernière » répliquais-je, comme une promesse
- « J’y comptes bien ! »

Avant que je ne puisse esquisser un geste, l’homme se lance dans l’Imagination. Non pas pour dessiner un de ces fichus pieux dont il avait le secret, mais pour retenir en otage Yan et Kaünis dans une bulle pas tout à fait ordinaire. En effet, les clapotis de l’eau me glacent le sang momentanément ! L’enflure ! Cette fois-ci, je vais lui arracher les yeux. Bondissant avant qu’il ne comprenne quoi que ce soit, je lui assène un puissant atémi dans sa mâchoire qui craque sinistrement sous le coup. Grognant de douleur, il se ressaisit toutefois immédiatement. Entre coups violents et projectiles mortels, il ne me laisse aucun répit. Redoublant de rapidité, il m’oblige à reculer. Le rythme de ses coups s’accélère. L’acier mord ma peau, impitoyable. Mais ma détermination ne cède rien à la violence de ces gestes redoutables. Ses doigts se referment sur mon bras, puissants. Jouant alors de souplesse et de rapidité, refermant les miens par dessus les siens, je lui brise le bras en une dansant phénoménale. Je peux alors échapper in extremis à la lame de son poignard. Profitant de sa faiblesse momentanée, je sors alors les griffes et lui lacère l’épaule et le torse. Son hurlement de douleur retentit dans l’atmosphère tandis qu’il me retourne un coup qui m’envoie littéralement au sol, à moitié assommée. J’aurais voulu me relever. Sa main se referme autour de ma gorge. Coincée au sol par la force phénoménale du Mentaï, je suis incapable de me relever. L’air vient bientôt à manquer ; je lutte. En vain, car je sens que je suis sur le point de sombrer.

Soudain, la pression s’adoucit et l’air pénètre à nouveau correctement dans mes poumons. Dans un craquement sonore Samoan disparaît. La raison de sa fuite m’apparaît lorsque Voïmakas, par je ne sais quel miracle, débarque juste au bon moment. Je me relève rageusement, mais néanmoins sans un mot. Près de sa fille, le Mentaï l’aidait à recracher l’eau qu’elle avait avalée ; m’agenouillant auprès de Yan, je lui administre de légères tapes pour l’obliger régurgiter l’eau absorbée. Je ne m’en étais pas vraiment rendue compte, mais il est vraiment dans un sale état le gamin. Soupirant, je repousse une mèche rebelle.

- « Et Hanwol ? » finis-je par me décider de questionner Voïmakas « Huuwol a réussi à le convaincre ? »

Sans même le remarquer, je bloque ma respiration, dans l’attente de la réponse. Espoir…





[Désolée pour l'attente,ces dernières semaines ont été mouvementées ^^ Et je me suis un peu emportée, j'espère que ça te conviendra Wink]

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Lun 26 Aoû 2013, 16:55

Yan a crié à l’extérieur, et Kaünis se précipita hors de la tente, passant devant son père sans plus de réflexion que cela. Elle chercha le jeune homme du regard sans le trouver, avant qu’un autre cri ne la guidât un peu mieux. Alors, elle serpenta entre les tentes, passant au-dessus de quelques barriques retournées par l’agitation ambiante. Ils finissent par enfin apercevoir l’Envoleur, face à une homme qui a tout l’air d’être un Mentaï… Et sa ressemblance avec Huuwol frappa d’abord Kaünis, avant qu’elle n’assimile que cela devait être son frère…
Son frère, qui était associé avec Samoan !
Mais justement, Huuwol n’était pas loin, et grâce à Naïs, Kaünis put emporter rapidement Yan un peu plus loin, le temps pour lui de reprendre son souffle. Il avait un bras complètement ballant – soit il était cassé, soit c’était pire – et du sang qui séchait au coin des lèvres, mais il parvint à courir suffisamment rapidement et discrètement pour qu’ils ne se fassent pas tous repérer.

Enfin, la jeune fille aperçoit la lisière du camp. Alleluja, comme diraient certains !
Sauf qu’il était hors de question qu’elle laisse son père dans cet endroit. Et puis, il fallait bien en finir avec ces Mentaïs traitres, non ? Il ne fallait pas les laisser filer, d’une quelconque manière que ce soit !

Sauf qu’il y en avait un pas loin, et que Kaünis le repéra au moment où un pieu aiguisé transperça l’air.
Plaquée au sol autant par son propre instinct que par les réflexes de Naïs, l’apprentie Envoleuse reprit son souffle qui s’était coupé un instant, et alors une voix s’éleva…

- Naïs, comme on se retrouve !

Cette voix, Kaünis ne la connait pas, mais elle devine très vite à qui elle appartient en voyant Naïs parcourue d’un frisson : Samoan ! C’est à lui de crever, et Fried ne peut pas le protéger, pas plus qu’Hunwol qui est toujours en opposition avec son propre frère un peu plus loin – enfin, d’après ce qu’elle entend. Il fallait pouvoir réussir à l’empaler, à lui retourner ses Dessins  contre lui !

-  Cette fois-ci, c’est la dernière
- J’y compte bien !


A peine ces paroles furent-elles prononcées que Kaünis sentit quelque chose se refermer sur elle. Ce n’était pas de l’air, comme avec Fried, mais autre chose…
Une bulle d’eau ! Elle était enfermée dans une bulle d’eau, et elle n’avait même pas pu prendre une grande inspiration avant de s’y retrouver ! Grinçant des dents, elle tenta de se détendre au maximum : ne surtout pas paniquer, tout simplement parce que cela consommait bien plus d’oxygène que si on se détendait. Il fallait juste que…
Il fallait juste que Naïs se dépêche de le déconcentrer, sinon ils finiraient noyés, Yan et elle ! Et c’était vraiment une façon de mourir très stupide !

En plus, les yeux de Kaünis sont sensibles sous l’eau, elle déteste les garder ouverts. Elle s’y efforce, mais cela ne suffit pas, ça pique et elle est obligée, plusieurs fois, de fermer les paupières quelques secondes. Elle ne peut que deviner que Naïs se bat au corps à corps avec Samoan, et elle lui crache des insultes muettes à la tête, depuis son esprit haineux. Il se prend pour qui, à monter ses propres plans ? Elle en a marre, et l’air commence réellement à lui manquer. Elle sent la main de Yan tout près de la sienne, mais ramène son bras contre elle : ce n’est pas le moment du tout !

Et puis soudain, la bulle éclate, les lâchant brusquement sur le sol sans ménagement. Trempée, Kaünis relève lentement la tête, tentant de dégager son visage du rideau qu’est devenue sa longue chevelure noire. La présence réconfortante de son père est là, tout près d’elle, et elle s’autorise un petit soupir de soulagement alors que son regard se tourne vers Yan.
Ce dernier n’est pas dans le meilleur des états. Entre son bras et le sang qu’il a dû cracher, et maintenant l’eau qui semble avoir avalée, il n’est vraiment pas dans le meilleur de sa forme !
Passant ses doigts dans les cheveux humides de l’Envoleur, Kaünis l’observe quelques secondes alors qu’il reprend connaissance, et hausse finalement les épaules quand le regard de ce dernier se plante dans le sien.

-  Et Hanwol ? Huuwol a réussi à le convaincre ?

Soudain, l’attention de Kaünis se reporte sur son père, qui observe Naïs quelques secondes. Un léger sourire en coin finit par apparaître sur son visage, et l’apprentie Envoleuse connait bien ce sourire : c’est un petit sourire moqueur. Donc il est de bonne humeur, donc c’est une bonne nouvelle qu’il va dire…

- On va dire que convaincre n’est pas le bon terme. Huuwol a plutôt réussi à se débarrasser de son frère, donc convaincre était finalement loin de ses priorités…

Cela voulait dire que… ?

- Quoi ? Hunwol est mort ?
- Oui. Mais j’ai aidé Huuwol.
- Mais Samoan vient de s’enfuir ! Il va continuer !
- Il aura beaucoup moins d’influence désormais : plus personne ne pourra se mettre de son côté. Enva et Fin nous ont rejoints. Huuwol, Gulyn et Taram étaient déjà avec nous. Il n’y a plus personne pour soutenir Samoan. Il est seul… Mais encore redoutable.


Kaünis retint son souffle, et tourna la tête vers Naïs – tout comme son père exactement au même instant. Maintenant, c’était à elle de décider, non ? Yan était en trop mauvaise posture pour continuer, mais elle, elle voulait y aller ! Mettre fin à tout ça, et comme ça en plus Gil serait tranquille !

- Naïs, à toi de nous dire. Samoan a beau être puissant, il ne sait pas encore refermer les Spires derrière lui – c’est un enseignement tout nouveau des Ts’liches auquel il n’a pas pu participer, justement… Si tu veux, si tu es prête, on peut tous le suivre. Il ne nous niera plus à nous, mais à toi, et aussi à… Il jeta un coup d’œil à Kaünis, qui soutint son regard. A ta famille, à Gil. Ou peut-être as-tu besoin de temps ?

L’apprentie Envoleuse tourna son attention vers Naïs, toute son attention.
Alors, on partait à la chasse ou pas ? Si Samoan en voulait à Gil, et que c’était pour ça qu’il n’arrivait plus à venir au Domaine, et donc à lui faire passer son examen et après sa Greffe, elle voulait se lancer dans la bataille. Et puis comme ça, tout le monde serait content, non ?[/b]

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MessageSujet: Re: Perdre pied [Libre]   Lun 28 Oct 2013, 22:34

≈≈≈ Naïs ≈≈≈

La réponse du Mentaï me laisse sans voix durant de longues secondes. Hanwol est désormais mort. Cette nouvelle aurait dû me réjouir, pourtant, les questions s’entrechoquent dans ma tête. Réfléchissant à toute vitesse, je me masse les tempes de ma main libre. La situation me semble soudain complètement surréaliste et je ne peux m’empêcher de me demander un instant comment deux frères puissent en venir à s’entretuer littéralement ? Cette seule pensée me fait frissonner d’horreur ; sans que je m’en aperçoive immédiatement, mes pensées s’étaient envolées vers Atal et Ainhoa – mon frère, ma sœur. Tous deux représentent la prunelle de mes yeux et envisager ainsi l’idée de les perdre ne serait-ce qu’une seule seconde me donne la nausée. Refoulant le nœud enfoui au fond de ma gorge, m’empêchant presque de respirer, je secoue la tête ; l’heure n’est pas aux questions, et encore moins à un sentimentalisme aussi inutile que ridicule. Non ! Voïmakas attendait une réponse et la nouvelle détermination qui se peint sur mes traits venait de lui en offrir une : il faut définitivement mettre fin une bonne fois pour toute à la folie de Samoan. Un léger sourire étire mes lèvres.

- « Qu’est-ce qu’on attend ? »

* *
*

Il le sait. Ses poursuivants seront là d’une minute à l’autre. Pestant silencieusement, il se maudit intérieurement. Si seulement il avait appris à refermer les Spires sur son passage, il n’aurait pas été obligé de gaspiller son temps en précautions ! L’homme soupire. Sa mort signerait aussi celle de sa famille – sa femme, ses filles adorées et son fils –, voire pire, elle l’entraînerait dans la déchéance, l’humiliation, la misère et le déshonneur. Il se sentait si près du pouvoir absolu, de posséder le droit de vie ou de mort sur tous les hommes et femmes de l’Empire – dans sa folie, il s’imaginait tout à fait être vénéré et craint comme un véritable dieu. Il n’était donc pas question que cela change ! Alors qu’il s’enfonce dans l’obscurité à grands pas, le regard du Mentaï croise celui de son lieutenant. Tout est prêt ! Il allait les accueillir comme il se devait !

* *
*

Par la sainte culotte de l’Empereur ! Plus jamais de pas sur le côté ! Juré promis ! Tandis que je ravale ma bile avec une grimace de dégoût, je me fais la réflexion que décidément ce fichu pas sur le côté n’est vraiment pas mon moyen de transport préféré. Je n’ai jamais eu le mal de mer ! A cheval je pourrais presque m’endormir parfois ! A pied, pas de nausée de non plus ! Plissant légèrement le nez, j’inspire une grande goulée d’air humide et froid. Immobile telle la panthère guettant sa proie, je fronce les sourcils. L’endroit me paraît étrangement calme, inquiétant même, à peine perturbé par l’arrivée successive d’Enva, Fin, Huwool et Gulyn. Une désagréable odeur de moisi empestait littéralement l’atmosphère. Le bruit régulier et incessant de gouttes s’écrasant au sol rend le silence lourd et pesant. Quelque chose, au fond de moi, me chuchote de me rester sur mes gardes. Nous sommes seuls et ce n’est pas normal car Samoan ne pouvait pas avoir disparu comme cela. Hochant la tête, je ne tergiverse toutefois pas et emboîte le pas de Taram.

Personne ne parle. La traque est lancée ! Tandis que j’effleure du bout des doigts les contours des briques glacées du mur, une étrange impression de déjà vécu s’instille en moi. Cet endroit me semble décidément aussi bizarre que… familier.  C’est sans doute pour cette raison qu’un vague sentiment d’inquiétude m’envahit au fur et à mesure que l’on avance. Comme pour confirmer mes craintes, le murmure de Fin s’élève alors dans l’air.

- « Gommeur ! »

A peine ai-je le temps de réaliser le piège dans lequel nous venons de tomber comme de vulgaires débutants, que le sol se dérobe sous mes pieds. Littéralement ! Mon cœur rate un battement et je manque de céder à la panique. La chute me paraît incroyablement longue et je me demande un instant ce qu’attendent mes collègues Mentaïs pour nous épargner une arrivée douloureuse en bas. Évidemment, la présence du Gommeur les empêche de produire le moindre petit Dessin. Génial ! Je ferme les yeux, très fort. Je me mords la lèvre inférieure pour retenir le cri au fond de ma gorge. Après tout ce à quoi j’avais survécu, c’est vraiment bête de mourir ainsi. Sans avoir pu profiter de Makeno, et dire à Seth combien je suis fière de lui. Sans serrer mon frère et ma sœur dans mes bras. Sans dire à Pan combien il compte pour moi. Sans partir à l’aventure, comme au bon vieux temps, avec Nwëlla. Sans faire la tournée des bars des cités du nord en compagnie de Juhen. Sans dire à Gil tout ce qui me pèse sur le cœur.

Une larme coule le long de ma joue au moment précis où la chute s’arrête brutalement. Si seulement je m’attendais à ce qu’elle se termine par un plongeon dans l’eau glacée ! D’un puissant battement de pied, je remonte à la surface. L’air me brûle presque les poumons. Il faut que je nage. Gagnée par une certaine frénésie, j’esquisse une brasse élégante avant que le bruit d’un plongeon ne me fasse sursauter. Secouant la tête, je gagne rapidement la berge, je me retourne en me frottant les bras pour tenter de me réchauffer – en vain – et soupire lorsque j’entends Kaünis reprendre son souffle.

- « Kaünis ! » appelais-je pour mieux la guider dans ce monde de ténèbres.

L’apprentie de Gil ne tarde pas à me rejoindre ; c’est tout naturellement que je lui tends la main pour l’aider à se hisser sur le rivage. J’observe un instant le silence : une chance au moins que nous soyons toutes les deux, même si la chute nous semblait nous avoir séparées du reste du groupe. Je hausse toute seule les épaules avant de m’enquérir de l’état de la jeune femme.

- « Tu vas bien ? Bon, faut trouver un moyen de sortir d’ici… »

Sans plus tergiverser, je commence à longer le lac, guidée par l’écoulement de l’eau. Car ce plan d’eau doit forcément mener quelque part. Nous aurons tôt fait de trouver une sortie ! Sauf qu’en attendant, Samoan est sûrement déjà loin. Pestant silencieusement, je me jure que ce n’est que partie remise. Bientôt, il sera mort.

Promis juré !

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