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Le Pacte VS L'Ordre
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 Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Mar 02 Avr 2013, 16:23

Les nuages étaient descendus dans la vallée. La tempête qui avait fait rage dans les hauteurs du Poll était loin désormais, et le temps qui lui avait succédé était magnifique : le ciel était d’un bleu incroyablement pur et le soleil, éblouissant, semblait se croire capable de faire fondre jusqu’aux glaciers les plus grands.

Mais les cristaux de glace qui se balançaient doucement, accrochés aux branches des arbres comme de précieux liserés de dentelle, donnaient l’impression de pouvoir lutter contre le temps et d’être éternels. Le printemps s’était installé dans la vallée, qui verdoyait de jour en jour, mais ici, sur le toit du monde, entre ciel et terre, le cycle des saisons n’avait aucune emprise. Le temps était simplement rythmé par les tempêtes, le jour et la nuit.

Il n’y avait pas de vent. Epuisé d’avoir tant soufflé ces derniers jours, il s’était transformé en une brise légère, douce caresse qui agitait tout juste la cime des grands épineux, sans faire de bruit. Il n’y avait aucun bruit. Le calme était partout et il était aussi pur que la blancheur immaculée du manteau qui recouvrait chaque arbre, chaque rocher, chaque parcelle de nature de la région. C’était un havre de paix tel qu’il en existait très peu en ce monde.

Et au milieu se dressait une petite maison. Elle avait vécu, cette maison, on le devinait à son allure fatiguée, mais elle résistait vaille que vaille aux caprices des tempêtes et faisait partie de cet endroit si paisible ; c’était le refuge des âmes perdues.


- Syn ?

La main en visière pour se protéger de l’éclat du soleil, Syndrell jeta un dernier regard à la maison du vieux souffleur de verre. La dernière fois qu’elle l’avait quittée, elle fuyait la tristesse et la solitude ; ironie ou force de l’habitude, elle s’en allait à nouveau le cœur lourd, comme si cette maison n’était pas une demeure mais une personne.

Les bras de Lyke se resserrèrent autour de sa taille. Un détail infime qui donna à la marchombre un souffle de courage, celui de dire au revoir et de se détourner pour s’en aller. Un sourire sur les lèvres, elle ramassa les guides de Vagabond dans ses mains gantées et se retourna sur sa selle pour échanger un regard avec le garçon.


- Prêt ?
- Prêt !


L’étalon s’élança.




* * *




Lyke lâcha ses couverts, posa les coudes sur la table, son menton sur ses mains croisées et prit l’air le plus sérieux que Syndrell lui connaissait.

- Bon, récapitulons. Ta sœur, à supposer que ce soit bien ta sœur, est quelque part dans la région. Tu ne l’as jamais vue mais elle, elle sait que tu existes et elle veut te tuer. Donc on cherche une possible sœur tueuse.
- C’est très synthétique,
fit Syndrell d’un ton amusé, et je ne pense pas que Lawëlle cherche vraiment à me tuer.
- Mais tu m’as raconté que sur l’Ile des Femmes, Dolce et toi vous vous êtes battus contre ses hommes ?
- Ils ignoraient qui j’étais. Et Lawëlle aussi. C’est pour cette raison que je dois la retrouver : nous devons nous parler pour que je lui dise que je ne suis pas là pour lui faire de l’ombre. Et si je peux interrompre ce trafic d’enfants qui menace l’île de Dolce…


Une moue dubitative sur le visage, Lyke prit sa fourchette et piqua un morceau de viande qu’il trempa dans la sauce avant de le croquer pensivement. Ce n’était encore qu’un enfant mais il était intelligent et observateur ; en outre, il connaissait suffisamment bien Syndrell pour deviner qu’elle se jetait une nouvelle fois au devant des ennuis.

- Si tu le dis… Et comment on va faire pour la trouver ?
- Ça, je ne sais pas encore. Chercher une personne en particulier dans cet Empire, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin !


Le garçon hocha la tête. Oui, il ne le savait que trop bien ; voilà près de huit mois que Syndrell s’était lancée à la recherche de sa mère, dont on n’avait encore aucune nouvelle. Kunst avait disparu. L’ombre qui s’installa dans son regard n’échappa pas à Syndrell.

- Je reconnais que jusqu’ici, nous avons fait choux blanc avec la mission « Sœur Tueuse », mais en ce qui concerne l’autre, c’est différent.
- L’autre ?
- Contrairement à ce que tu penses, je n’ai pas oublié la mission « Retrouver Kunst » !


Une myriades de petites étoiles, voilà à quoi ressemblait l’espoir dans le regard de Lyke. Son visage se fendit d’un radieux sourire. Syndrell n’avait pas encore expliqué en quoi cette mission-là avait avancé, mais c’était presque inutile : le simple fait de savoir qu’elle n’abandonnait pas était comme un cadeau précieux qu’il chérissait.

- Vrai ? demanda-t-il néanmoins. Il y a du nouveau ?
- Pas grand-chose, bonhomme, c’est pourquoi je t’en parle seulement maintenant.
- Pas grand-chose, c’est toujours mieux que rien !
- Je suis d’accord. Bon, tu te souviens de la bergerie dans laquelle nous avons fait une halte, il y a deux jours ?


Lyke hocha la tête.

- La famille qui nous a hébergés pour la nuit était très gentille.
- J’ai discuté un peu avec l’aînée ; j’avais remarqué qu’elle dessinait et, par curiosité, j’ai jeté un coup d’œil à ses croquis. L’un d’entre eux n’était pas signé mais il m’a semblé reconnaître…
- Un dessin de maman !
s’écria Lyke avait tant d’enthousiasme que quelques regards convergèrent dans sa direction.
- Oui, c’était bien son coup de crayon. Apparemment, Kunst est passée dans la région et, comme nous, elle a fait une halte dans cette bergerie.
- Quand ?
- C’est là que se trouve le problème : d’après notre jeune artiste, ta mère aurait fait cette halte il y a de cela trois ou quatre mois. Mais nul ne sait quelle direction elle a empruntée en quittant la bergerie.


Problème ou pas, Lyke conservait une mine réjouie ; lui qui espérait avoir des nouvelles de sa mère depuis des mois, cette information, quoi que bien maigre, valait plus qu’un paquet de sucreries !

Syndrell, de son côté, restait songeuse. Elle partagerait volontiers l’engouement de Lyke si seulement elle n’était pas aussi inquiète. Au fond, l’information que lui avait fourni cette famille de bergers prouvait simplement que Kunst était encore en vie trois ou quatre mois plus tôt…

- Bon, dit-elle après s’être secouée pour chasser de trop sombres pensées de son esprit, tu as bientôt terminé ? J’ai des fourmis dans les jambes !
- Tu es sûre que tu n’en as pas aussi dans le ventre ? Tu n’as pratiquement rien mangé !

Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la marchombre. Ces derniers temps, son appétit était encore moins gros que celui d’un oiseau. Rien qui ne change réellement de l’ordinaire, et certes pas de quoi s’alarmer !

- Je pense à ce pauvre Vagabond, voilà tout ! Vu la quantité de nourriture que tu avales par jour, je vais bientôt être contrainte de voyager à pied pour lui permettre d’avancer…
- Je suis en pleine croissance,
décréta Lyke avant de vider d’un trait son verre de jus de fruit.

C’est à ce moment-là que Syndrell réalisa à quel point il avait raison.





* * *





Syndrell baissa sa capuche, libérant ses cheveux bleus, et ouvrit légèrement son col. Elle marchait depuis un peu plus de deux heures et crevait de chaud sous son lourd manteau de fourrure. Cette sensation n’était pas totalement dénuée de sens, car même si la température frôlait tout juste 0 degrés, le sentier qui serpentait entre les arbres l’entraînait toujours un peu plus vers la vallée – et vers le printemps.

La nature changeait à vue d’œil. Ici, le manteau de neige était moins épais et laissait émerger quelques brins d’herbe. Là, une branche bourgeonnait, oscillant sous le poids plume d’un rouge-gorge frondeur. La vallée était déjà en vue, immense tâche verte en contrebas ; la marchombre calcula qu’il leur faudrait toutefois encore une nuit et une journée de marche avant d’atteindre le plancher des vaches.


- J’ai faim !

Syndrell sourit, comme chaque fois que Lyke s’exprimait en Petit ; devant son émerveillement et son insatiable curiosité, elle avait décidé de lui apprendre cette langue, qu’elle-même avait apprise avec Miss. Au début, cette entreprise tenait plus de l’anecdote, mais au fur et à mesure de leurs échanges, la jeune femme s’était rendue compte que Lyke faisait de réels progrès.

A présent, il était tout à fait capable de tenir une conversation en Petit. Songeant avec nostalgie à la Forêt Maison, aux éclats de rire de Lilita et aux facéties de Lipilip, Syndrell se fit la promesse d’y emmener Lyke un jour.


- Tu as tout le temps faim, répondit-elle avec malice.
- C’est normal, je suis…
- … en pleine croissance, je sais !
- Alors pourquoi est-ce que tu continues de t’étonner ?
- Question d’habitude.


Ils s’arrêtèrent près d’un énorme rocher. Séduit, Lyke ne résista pas à l’envie de l’escalader. Il s’élança, plein de vitalité et de volonté. Lorsqu’il atteignit le sommet du caillou, qui devait bien faire trois mètres, Syndrell était déjà là. Assise en tailleur, elle coupait un morceau de pain, qu’elle tendit au garçon dès qu’il fut installé ; il l’accompagna d’un morceau du fromage que les bergers leur avait offert et mordit dans son casse-croûte avec la rage d’un carnassier affamé, déclenchant le rire joyeux de Syndrell.

Elle s’interrompit avant même qu’il ait terminé sa bouchée. Tous ses muscles se raidirent tandis qu’elle se figeait. Sous le regard interrogateur de Lyke, elle fronça le nez et huma l’air à la manière d’une biche aux abois.

Le vent avait changé. Il avait tourné et apportait désormais dans leur direction une odeur étrangère à l’endroit dans lequel ils se trouvaient. Réalisant ce que cela signifiait, Syndrell ordonna d’un geste du menton à Lyke de ne pas bouger, puis elle se laissa glisser sans bruit jusqu’au sol, ou elle resta un court instant accroupie et aux aguets.

Ce fut au tour de Vagabond de réagir. Il leva la tête et agita les oreilles ; c’était le signe qu’attendait Syndrell. A présent, elle avait la confirmation qu’une présence était bel et bien dans les environs. Une présence qui se la jouait discrète. Mais la jeune marchombre l’était plus encore.

Plus légère qu’un rêve, elle se faufila entre les troncs argentés des bouleaux qui bordaient le sentier. Elle avait rabattu sa capuche de fourrure, empêchant à la couleur vive de ses cheveux de la trahir, et se fondait ainsi parfaitement dans le décor ; invisible, légère et silencieuse. Marchombre…

Bondissant d’une formidable détente, elle faucha la personne qui lui tournait le dos. Elles basculèrent dans un bel ensemble et roulèrent dans la neige, jusqu’à ce que Syndrell se retrouve à califourchon sur son adversaire. Alors, ses yeux dorés s’agrandirent de surprise et elle marqua un temps d’hésitation.



__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)


Dernière édition par Syndrell Ellasian le Jeu 04 Avr 2013, 07:50, édité 1 fois
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Mar 02 Avr 2013, 18:17

- Alors ces Frontières de Glace ? C’est aussi beau qu’on le raconte ? Tu as vu des trappeurs ?

Éole buvait une soupe tranquillement, dans une petite auberge au pied des Dentelles. Elle ne faisait pas attention aux paroles que prononçaient les deux hommes assis à côté d’elle, elle était épuisée. Son deuxième cours avait été éprouvant, pleins d’inattendus, d’épreuves, et elle n’était pas mécontente de pouvoir enfin souffler un peu.

L’image de Notok se dessina dans son esprit. Où était-il maintenant ? Pourquoi l’avait-il abandonné ? Elle ne comprenait pas et avait accepté l’idée qu’elle ne comprendrait jamais. Comme pour Aléa. Ces deux premiers maîtres resteraient à jamais gravés dans sa mémoire, mais désormais, il y avait Pia.
Pasitilipia Vite. Cette petite femme, débordante d’énergie, enthousiaste et toujours souriante. Son Maître Marchombre.
Et puis il y avait aussi Ange et Shalie, ses deux nouvelles camarades.

La jeune fille poussa un long soupir, la fatigue commençant à alourdir ses paupières. Pia était un Maître géniale, et son entrainement était intensif. Éole avait hâte d’aller s’allonger dans son lit.

- Il y avait une femme étrange avec les trappeurs...

- Ah oui ?

- Oui... je ne l’ai pas vu longtemps, elle restait toujours à l’égard, silencieuse.

- Tu leur a demandé qui c’était ?

- Oui, ils m’ont dit qu’ils l’avaient trouvé un ou deux ans auparavant, errant seule dans les montagnes. Ils n’ont jamais entendu le son de sa voix. Ils ne savent ni qui elle est, ni d’où elle vient. Elle s’est intégrée à leur petit groupe, participant discrètement à toutes les tâches de la vie quotidienne, sans jamais rien demander, si ce n’est le strict minimum.

- Mais ils n’ont pas essayé d’en apprendre plus sur elle ?

- Si, mais il n’ont pas réussi à lui arracher le moindre mot. C’est bizarre, on a l’impression qu’elle est dans un autre monde... ou un autre temps...
Elle portait toujours un long manteau noir et son visage était dissimulé par une capuche. Je n’ai jamais pu voir ses yeux, seules ses longues boucles noires dépassaient.


- Les trappeurs ne savent même pas comment elle s’appelle ?!

- Quand on lui demande son nom, elle présente une dague qu’elle ne quitte pas. Une petit dague magnifique... je pense que c’est son nom qui est gravé sur la lame : Akara.

Éole, qui s’était laissé prendre par l’histoire de l’homme, sursauta et se tourna vers l’homme. Des images provenant du fin fond de sa mémoire surgirent dans son esprit.

~ * ~

- C’est quoi ça maman ?

La petite fille désignait la petite dague posée sur la cheminée. La jeune femme lui sourit en s’accroupissant pour être à sa hauteur.

- Ça ma puce, c’est une dague, une arme très tranchante qui peut tuer les vilains méchants. C’est ton père qui me l’avait offert quand on s’est rencontré, regarde, il y a mon nom marqué dessus.

La fillette observa la dague, émerveillée. La lame brillait comme de l’argent, un filet bleu saphir dessinait les cinq lettres gravées du prénom de sa mère. Le manche, noir comme l’ébène, était incrusté d’un saphir étincelant.
L’arme était splendide.


~ * ~

Akara... sa mère.
Éole s’approcha de l’homme, tremblante.

- Excusez-moi... j’ai entendu votre histoire... la... la dague... pouvez-vous me la décrire ?

L’homme haussa un sourcil devant la mine apeurée de la jeune fille. Mais il ne dit rien et se contenta de lui décrire l’arme qu’il avait eu sous les yeux. La fille pâlit.

- Ça ne va pas ?

Éole regarda l’homme sans réussir à prononcer un seul mot. La description correspondait exactement à celle de la dague de sa mère.
Elle s’efforça de reprendre ses esprits.

- Si si... je suis juste un peu fatiguée... je...

Éole poussa un soupir, incapable de s’exprimer.

- Laissez tomber, je vais aller me coucher. Bonne soirée messieurs.

L’homme la regarda d’un air étonné mais n’insista pas.

- Bonne nuit mademoiselle.

~*~

Éole ne parvint pas à fermer l’œil. Les mots de l’homme rebondissaient sans cesse dans sa tête.

Akara...

C’est ce nom, celui de sa mère, qui faisait le plus de bruit. La femme dont avait parlé l’homme... ce pouvait-il qu’il s’agisse de sa mère ?
Sa mère qui était devenue folle et qui s’était enfuie, la laissant seule, il y avait maintenant presque six ans !
C’était possible... la dague... elle est unique, il ne pouvait s’agir que de sa mère.

La jeune fille se retournait dans son lit, incapable de dormir... sa mère... sa mère était vivante ! Elle ne savait pas quoi penser... devait-elle se réjouir et partir à sa recherche ? Ou devait-elle lui en vouloir et l’oublier ?

Incapable de répondre, c’est en retournant ces questions dans son esprit que, finalement, elle s’endormit.

~ * ~

Quand elle descendit prendre son petit déjeuner le lendemain, Éole revit les deux hommes de la veille. Elle alla s’installer à côté d’eux, désireuse d’en apprendre un peu plus. Elle avait en effet pris la décision de partir à la recherche de sa mère, pour la suite, elle improviserait.

- Bonjour messieurs ! lança-t-elle joyeusement en s’approchant d’eux.

Ils lui rendirent son salut en lui souriant. Le choque passé, elle avait retrouvé ses esprits et était prête à tenir une discussion sans se mettre à trembler.

- Vous allez mieux ? s’inquiéta l’homme qui avait rencontré les trappeurs.

- Oui ça va merci. Une bonne nuit de sommeil m’a fait le plus grand bien.

Elle lui offrit un magnifique sourire en écho à ses paroles et commanda une tasse de chocolat chaud au serveur.

- Excusez-moi si je peux vous paraître indiscrète, commença-t-elle un peu hésitante, mais j’aimerais en savoir plus sur cette femme que vous avez rencontré...

- Je ne sais rien de plus que ce que j’ai dit hier, elle n’ouvrait pas la bouche et passa le plus clair de son temps loin du groupe...

- Avez-vous une idée de son âge ?

- Mmh... je dirais la quarantaine... mais je n’en suis pas sûr...

Quarante ans, cela correspondait à l’âge de sa mère. Restait à savoir où la trouver, c’est vaste les Frontières de Glace.

- Est-ce que... pouvez-vous me dire où vous l’avez rencontré ?

- Je dirais à mi-chemin entre Al-Poll et la Citadelle, dans les Frontières de Glace bien sûr... Les trappeurs se dirigeaient vers l’est, je pense qu’ils ne vont pas tardé à arriver à la hauteur de la Citadelle...

L’homme marqua un bref temps d’hésitation, détaillant la jeune fille avec curiosité.

- Mais dites-moi mademoiselle... Pourquoi vous intéressez-vous autant à cette femme ?

Éole réfléchit un court instant, ne sachant pas si elle devait mentir ou si elle pouvait faire confiance à cet homme. Elle choisit de ne pas en dire trop...

- Je... elle me rappelle vaguement quelqu’un qui ne m’a pas donné de nouvelles depuis un moment... je me demandais si elle pouvait être cette personne...

- Je vois... et bien j’espère que vous trouverez ce que vous cherchez mademoiselle. Si vous n’avez pas d’autre questions, nous allons vous laissez.

Éole secoua la tête.

- Ah ! si jamais cela peut vous être utile... elle était avec le trappeur nommé Salewin.

Il ponctua sa phrase d’un clin d’œil avant de se lever et de se diriger vers la sortie.

- Merci beaucoup monsieur !

- Avec plaisir, demoiselle. Bon courage !

Sur ces mots, l’homme se détourna, laissant Éole seule devant sa tasse de chocolat avec des milliers de questions dans la tête et un nom sur les lèvres.
Salewin.

~ * ~

Les formes de la Citadelle se dessinaient enfin à l’horizon. Cela faisait presque une semaine qu’elle avait quitté cette auberge où elle avait appris que sa mère était vivante. Elle était rapidement passé par l’Académie pour récupérer Bolshoï, préférant faire le voyage à cheval. La jeune fille était épuisée et espérait atteindre la Citadelle avant la nuit, priant pour que les Frontaliers acceptent de l’héberger avant qu’elle ne parte à l’assaut des Frontières de Glace. Et puis, ils pourraient peut-être la renseigner sur ce Salewin, qui sait ?

Le soleil était déjà haut dans le ciel, aussi la jeune fille décida de faire une petite halte, le temps de manger un morceau et de se dégourdir les jambes. Elle attacha Bolshoï à un arbre et, après avoir manger un peu de fromage et une galette de niam, elle se lancer dans une petite course tranquille pour s’aérer un peu l’esprit.

Le décor était magnifique. Le printemps pointait le bout de son nez et quelques brin d’herbe venaient percer la fine couche de neige ça et là. Les rayons du soleil faisaient briller le manteau blanc de mille étoiles glacées. Éole adorait ce genre de paysage. Et puis le vent était frais, soufflant d’une légère brise qui venait lui chatouiller la nuque et qui caressait son visage.

Éole courut un peu plus d’une demie-heure avant de s’arrêter le nez au soleil. Elle se sentait bien, purifiée, calme et sereine. Elle allait se mettre à danser en se laissant porter par le Vent quand quelques chose la faucha et la fit basculer dans la poudreuse. Elle roula et se retrouva étalée dans la neige, une étrange jeune femme aux cheveux bleus assise à califourchon sur son ventre.
Ses prunelles noires s’écarquillèrent, en écho parfait aux yeux dorés de la jeune femme.

Toutes les deux marquèrent un temps d’hésitation sans que l’une ou l’autre n’ose prononcer un mot.
Ce fut finalement Éole qui brisa le silence.

- Louve ?

__________________________________________



"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
- Paul Valéry -

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Mar 02 Avr 2013, 22:31

Darwen. Je ne sais pas où tu es en ce moment, et nous sommes désolés de t'annoncer la nouvelle de manière si brutale, mais nous devons faire vite. Uliwëne est gravement blessée – ce serait une perte de temps de t'en expliquer les causes maintenant – et nous avons envoyé un Dessinateur chercher un rêveur à Fériane ; Uli est tirée d'affaire pour le moment mais elle a impérativement besoin de toi.
Tu es le seul sur qui nous pouvons compter désormais...
Par pitié, fais vite.

Valam Til'Assan
- Honneur et courage -


***


Son premier cours avait pris fin depuis une semaine à peine lorsque Darwen avait reçu le message. Un message d'alerte, lancé par le père d'Uli ! Il n'y avait d'abord pas cru. Il n'avait pas voulu y croire ! D'ailleurs, la lettre était complètement incompréhensible. Quelques lignes tracés à la va-vite à l'encre noire, une signature rapide et une célèbre devise qui laissait pourtant deviner une écriture presque tremblante. De la part de Valam, vraiment ? Valam Til'Assan, l'un des plus puissants Frontaliers que l'Empire ait jamais connu ? Impossible !

Et pourtant, si. Darwen avait dû se rendre à l'évidence : ce grand Frontalier qui, d'ordinaire, ne laissait jamais transparaître la plus simple émotion, était bien l'auteur du billet. Et il ne mentait pas ! Les larmes étaient très vite montées aux yeux du jeune homme lorsqu'il avait enfin accepté la vérité. Tirée d'affaire, vraiment ? Alors pourquoi ce ton pressant, pourquoi ces phrases inquiètes, pourquoi cette écriture tremblotante, pourquoi ce manque cruel d'explications ?

... Uliwëne est gravement blessée ...

Darwen avait fourré le morceau de parchemin sous son blouson, et, sans attendre, il s'était dirigé vers les écuries, oubliant sa crainte de monter à cheval pour sauver Uliwëne.

Tu es le seul sur qui nous pouvons compter désormais...
Par pitié, fais vite.


***


Les larmes se métamorphosant en cristaux de glace en quittant ses paupières, le jeune marchombre galopait à bride abattue depuis cinq jours. La jument qu'il avait emprunté à l'Académie était à bout de fatigue ; lui aussi. Il ne savait même pas comment elle s'appelait, n'avait pas pensé à regarder l'écriteau sur la porte de son box et s'en fichait éperdument. Il pensait juste à s'imposer quelques haltes de temps à autre pour ne pas la tuer – surtout par peur de manquer de moyen de locomotion ensuite.

Il savait qu'en se dirigeant ainsi vers le Nord, et surtout vers les Frontières de Glace, il risquait indubitablement d'entendre le chant des loups. Il savait qu'il pouvait ainsi raviver sa transformation, à tout moment. Il espérait juste que si cela devait advenir, le loup ne dévorerait pas la jument et que celle-ci pourrait retrouver seule le chemin de l'Académie. Ou bien s'adapter facilement à une vie sauvage et dangereuse... De toutes façons, pour sauver Uli, 'Wen ne devait absolument pas se transformer.


***


Darwen parvint aux portes de la Citadelle le lendemain matin, transi de froid et plus que jamais angoissé. Les questions se bousculaient avec force à l'intérieur de son crâne, mais lorsqu'il aperçut Valam qui l'attendait dans la grande salle d'entrée – les sentinelles ayant annoncé son arrivée – il se contenta d'un regard interrogateur et pressant. Pour le moment, il voulait juste la voir, la toucher, l'entendre, savoir comment elle allait. Le Frontalier lui renvoya un regard vide avant de lui faire signe de le suivre. Rongé par l'angoisse, le jeune homme lui emboîta aussitôt le pas. Son père adoptif le guida à travers les couloirs lisses et froids de la Citadelle, traversa de grandes pièces lumineuses, avança le long de corridors garnis de tableaux, gravit de larges marches puis d'étroits escaliers en colimaçon avant d'arriver devant une porte entrouverte.

La chambre d'Uliwëne.

Darwen respira profondément et entra.

La jeune femme était allongée sous d'épaisses couvertures. Elle avait le front trempé de sueur, et pourtant, elle dormait. Ses longs et épais cheveux de miel étalés sur l'oreiller de plumes, ses grands yeux mauves fermés sur un sommeil agité, sa bouche entrouverte laissant passer de courts gémissements, son corps tremblant... Darwen ne l'avait jamais vue ainsi, dans un si mauvais état. De nouveau, les larmes inondèrent ses yeux clairs tandis qu'une boule amère se formait dans sa gorge. Que s'était-il passé ? Que s'était-il passé pour que la forte et belle Uliwëne, l'invincible Frontalière, soit dans cet état de malade vulnérable, mourante, peut-être ? Le marchombre essuya rapidement ses paupières avant de se tourner vers Valam. Lui non plus, il ne l'avait jamais vu comme ça. L'angoisse et la tristesse rongeait tout son visage, ses yeux acier brillaient d'une colère intense et il peinait à garder son calme. Son corps s'était même amaigri, bien que des muscles secs et fins se dessinaient toujours sous sa peau burinée. Il était méconnaissable.

Méconnaissable tout comme Erlyn, présente au chevet de sa fille, qui dirigea vers Darwen un regard suppliant et présentait les mêmes signes d'inquiétude que son compagnon. Misha et Erlaëm étaient là également, la première dévisageant 'Wen d'un regard indéchiffrable – quoique laissant deviner la tristesse qui l'habitait – le second le visage illuminé d'une infime lueur d'espoir. Tous portaient leur sabre dans le dos, à l'exception d'Erlyn qui l'avait posé près d'elle. Alors que Valam hochait lentement la tête, Darwen serra les dents et les poings et s'avança doucement vers le grand lit, le cœur prêt à étouffer.

Lentement, sans plus jeter un regard aux autres, il s'assit sur le bord du lit, avança une main, hésita, caressa du bout des doigts une mèche blonde...

- Uli, murmura-t-il, la voix tremblante. Uli, je suis là.


***


- QUI A OSÉ ?

Les trente Frontaliers présents dans la Grande salle du Conseil se levèrent d'un seul bond, portant d'un unique geste la main à la poignée de leurs sabres, dirigeant leurs yeux ahuris vers l'inconnu qui venait de pénétrer de manière si peu discrète dans la pièce alors qu'ils tenaient conseil.

Non. Ce n'était pas un inconnu.

- Darwen Ehsoleim ! Comment oses-tu, toi, interrompre ainsi notre réunion ? Te rends-tu seulement compte de ce que tu viens de faire ? Tu as pourtant vécu un an parmi nous, tu devrais connaître nos règles !
- La ferme, Sharmal ![/color]


L'ordre avait claqué, si vibrant de haine et d'autorité que n'importe qui y aurait obéi sans hésiter une seule seconde. Mais Sharmal n'était pas n'importe qui...

C'était un Frontalier.

- Non, gamin, c'est toi qui va te taire, et puis tu vas t'en aller aussi vite que tu es arrivé. Mais avant ça, tu vas présenter tes excuses à tous ceux présents dans cette salle !
- Misérable fiente de Raï, tu...
- Cela suffit !


Tous se tournèrent vers celui qui avait ainsi parlé. Darwen reconnut sans peine le Seigneur des Marches du Nord, à l'autre bout de la grande table. Le jeune homme sembla hésiter devant son regard dur comme la pierre mais se reprit très vite, serrant les poings, ses yeux lançant des éclairs en direction du Frontalier qui l'avait apostrophé sitôt son entrée dans la salle. Ce dernier lui rendit un regard empli de haine et dénué de toute compassion.
- Cela suffit, répéta le Seigneur. Nous ne sommes pas ici pour nous chamailler comme des enfants ! Sharmal, tu sais très bien, comme nous tous, pourquoi Darwen est ici, et tu sais également qu'il a ses raisons d'être ainsi en colère. Laisse-le tranquille ! Quant à toi, jeune homme, tu n'as pas à insulter ainsi celui que tu dois considérer comme l'un de tes frères.

Une lueur de dégout passa dans les yeux de l'interpellé mais il ne répondit rien. Sharmal, au contraire, ne put se contenir d'avantage :

- Comme l'un de ses frères, je n'en sais rien, mais en tous cas comme un Frontalier bien plus fort que lui, oui ! Tu m'as trop manqué de respect pour que je l'ignore, Darwen. C'est pourquoi je te défie ici même et devant trente-deux témoins en combat singulier !

Des murmures montèrent dans la salle.

- Tu sais que tu n'as pas le droit de refuser, ajouta le Frontalier avec un petit sourire.

Darwen se contenta de lui renvoyer un regard neutre. Furibond, Sharmal sortit de la pièce.
Le marchombre reporta son attention sur le Seigneur.

- Tu as bien fait de ne pas répondre, reprit lentement celui-ci. Tu te retrouves cependant avec une promesse de mort sur les épaules, et même si tu n'es pas vraiment le coupable, tu ne peux y remédier.
- Je sais,
siffla Darwen. Ce n'est pourtant pas ma première préoccupation en ce moment-même. Je veux savoir qui a osé... (sa voix flancha une fraction de seconde) qui a osé mettre Uliwëne dans cet état. Je sais que c'est un Frontalier. Je veux savoir comment ça s'est exactement passé et je veux savoir pourquoi.

Un soupir lui répondit. Suivi d'une réponse :

- C'était il y a deux semaines environ, pendant une bataille contre les Raïs, mais c'est un sabre de Frontalier qui a causé la plaie, c'est certain. Qu'un Raï ai pu s'en servir après avoir tué son possesseur relève de l'impossible, c'est pourquoi nous sommes sûrs que le coupable est l'un des nôtres... même si nous avons du mal à l'accepter. Beaucoup de mal. Toutefois nous ne savons pas qui a agi ainsi ni qui a pu agir ainsi.
- Sharmal
, souffla Darwen.
- Pas impossible, mais pas certain non plus. Tu le connais, il a toujours été comme ça, provocateur et bagarreur. Mais assassin, j'en doute. Quoi qu'il en soit, l'assemblée que tu vois là était en train de débattre sur l'identité du coupable.
- Je...
- Je te conseille d'aller te changer un peu les idées à l'extérieur, Darwen. Tu es trop aveuglé par la rage et la tristesse pour réfléchir avec nous maintenant.


Le dénommé inspira, voulut répondre autre chose, protester... Au lieu de ça, il respira profondément et hocha vivement la tête. Il sortit de la grande salle après avoir jeté un dernier regard noir à l'assemblée des Frontaliers.

Promesse noire et silencieuse au coupable.



***



L'air était frais, mais pas trop froid non plus. Darwen marchait depuis plus d'une heure, faisant crisser le reste de neige sous ses bottes, les mains enfouies dans les poches de son épais blouson de cuir. De nombreux oiseaux pépiaient gaiement dans les conifères aux alentours, de grandes flaques vertes au sol annonçaient le retour imminent du printemps, une légère bise ébouriffait gentiment les cheveux sombres du jeune homme. Tout cela était très paisible, 'Wen marchait depuis longtemps, et pourtant il ne parvenait toujours pas à se calmer. Toutes ces émotions, trop nombreuses, trop brutales, envahissaient trop son esprit pour ça. Uli blessée, sa famille angoissée, Sharmal, le duel, le Frontalier traître, le conseil, et surtout l'ignorance. L'impuissance. Tout cela faisait trop. Beaucoup trop !

Le marchombre se remémorait le souvenir d'Uliwëne se réveillant de son long sommeil, celui de la large blessure couvrant son flanc, l'autre, encore pire, s'ouvrant dans son dos, ses larmes de joie et de douleur, l'émotion dans ses yeux mauves... les souvenirs s'évanouirent tandis que le loup tapis au fond de lui et l'apprenti marchombre qu'il était perçurent une présence, à quelques mètres de là. Ou plusieurs présences...

Sans se formaliser de se faire remarquer, Darwen tourna après un gros rocher et tomba sur une scène plutôt insolite. Une jeune femme était couchée dans la neige, plaquée au sol par une seconde jeune femme. Elles s'observaient avec une moue surprise sur le visage et semblaient pourtant se connaître. Si la première était complètement inconnue à 'Wen, la chevelure bleue de la seconde ne pouvait laisser aucun doute quant à son identité. L'apprenti marchombre écarquilla les yeux de surprise en reconnaissant son Maître : Syndrell !

Mais qu'est-ce qu'elle faisait là, en plein milieu des Frontières de Glaces, au même moment que lui ? Plongé dans sa stupeur, Darwen mit quelques secondes à remarquer le jeune garçon qui était assis sur le rocher, et semblait se demander ce qu'il se passait. Se remettant de sa surprise, 'Wen décida que cette situation incongrue l'amusait. Il tenta de remettre ses pensées sombres et torturées à plus tard pour s'avancer jusqu'à deux bons mètres de Syndrell et de l'inconnue, après avoir lancé un clin d’œil au garçon. Il s'arrêta et croisa les bras sur son torse, une lueur maligne perçant ses yeux que le soleil rendait verts, un sourire moqueur creusant sa joue mal rasée.

- Ça m'a l'air très intéressant, ce que vous faites... je peux me joindre à vous ?

__________________________________________


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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Ven 05 Avr 2013, 22:21

- Louve ?

La question, franche de surprise, resta en suspend. Et l’espace d’un instant, Syndrell goûta à cette drôle de sensation qui surprend et laisse totalement démuni : un temps d’absence, de vide intersidéral, de pause dans une vie pleine de rencontres. Car elle avait déjà rencontré la fille qu’elle maintenait à terre d’une ferme pression des genoux. Mais où ? Quand ?


Vous êtes perdue ? Puis-je vous aider ?
Dolce et moi avons perdu la piste ce matin…
Si vous êtes perdus… alors vous ne pouvez rien faire pour moi !


Une conversation anodine, un jeu qui n’avait rien d’hasardeux, une jeune fille, son magnifique cheval et son sabre… En un éclair, tout lui revint en mémoire, et le regard de Syndrell s’illumina.


- Ombe ? fit-elle, incrédule.

Le doute était-il vraiment permis ? Des yeux et des cheveux d’un noir d’encre contrastant avec une peau claire, des joues et des lèvres rosies par le froid… Oui ! C’était bien la jeune guerrière que Dolce et elle avaient croisée dans les sauvages plateaux d’Astariul, deux ans plus tôt !

C’était elle et pourtant, elle avait changé. Grandi, réalisa Syndrell en découvrant une étoile, celle de la sagesse, dans les grands yeux noirs de la jeune fille. Et la surprise de la marchombre était telle qu’elle oublia un bref instant l’étrange posture dans laquelle elle se trouvait. Ce fut une voix masculine qui, surgissant de nulle part, lui rendit ses esprits.


- Ça m’a l’air très intéressant, ce que vous faites… je peux me joindre à vous ?

Syndrell leva la tête pour croiser un regard amusé, tout juste visible derrière un voile de mèches sombres. Appuyé contre le tronc d’un bouleau, les bras croisés et le visage fendu d’un rictus moqueur, Darwen observait la scène avec intérêt.

Cela suffit à sortir Syndrell de sa torpeur. Lâchant Ombe, elle bondit en arrière et sentit ses joues s’empourprer. Son impulsivité l’étonnait : avait-elle réellement cru qu’un rôdeur les avait suivis, Lyke et elle ? Etait-elle devenue paranoïaque au point de sauter sur tout ce qui lui paraissait suspect ?

Peut-être était-ce le caractère particulier de Dolce qui avait déteint sur elle. L’Envoleur réagissait souvent au quart de tour, du moins en sa présence, et donnait cette impression d’agir avant de réfléchir. Syndrell se mordit la lèvre. Qu’aurait-il pensé en la voyant se jeter sur une inconnue – qui finalement n’en était pas une – sans aucune raison valable ?


- Pardon, s’excusa-t-elle en tendant la main à Ombe pour l’aider à se relever. J’ai cru que…

Elle s’interrompit, cherchant ses mots sans les trouver. Une situation qu’elle connaissait fort mal et qui la laissait plus embarrassée que jamais ! C’était pourtant simple : aucune explication ne justifiait sa réaction. Syndrell avait commis une erreur.

- Je ne sais pas ce qui m’a pris, avoua-t-elle en se passant dans les cheveux pour en retirer la neige qui les saupoudrait.

Son regard glissa lors vers son élève. Drawen les épiait toujours de ses yeux clairs et pétillants de malice. Perplexe, Syndrell jeta un coup d’œil à Ombe.

- Vous… vous êtes ensemble ?






[Oui, Syndrell ne sait toujours pas qu'Ombe s'appelle désormais Eole ! J'ai presque failli oublier ce méga giga détail ^^]

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Mar 09 Avr 2013, 23:53

Comment oublier ces étranges cheveux bleus ? Comment oublier ce regard doré ?

*Si semblables à ceux de Notok... remarqua la jeune fille avec nostalgie, seraient-ils parents ? *

Elle avait croisé deux fois l’or de ces yeux : une fois au détour d’un chemin, perdue dans les dangereux plateaux d’Astariul, et une autre fois, beaucoup plus brève, au milieu de la cacophonie du célèbre Tournoi d’Al-Jeit.
Louve.
Une jeune femme étonnante... qui était assise à califourchon sur son ventre et qui semblait tout aussi étonnée qu’elle !

- Ombe ?

Un léger sourire flotta sur les lèvres de la jeune fille quand le nom résonna dans son esprit, provenant d’un lointain souvenir...
Ombe... Comment expliquer à cette jeune femme que Ombe n’existe plus ? Qu’elle s’est envolée pour se fondre avec le Vent lors d’un après-midi ensoleillé à quelques pas d’Al-Poll, au pied des montagnes.

*Peu de temps après notre rencontre d’ailleurs, * pensa-t-elle.


Combien de temps s’était écoulé depuis ? Au moins deux ans ! La jeune fille avait eu le temps de grandir, de mûrir, de changer. Elle avait tourné le dos à son passé et s’était engagée dans la merveilleuse Voie des Marchombres. Elle avait laissé derrière elle la petite Ombe ignorante qu’elle était pour devenir Éole, une apprentie Marchombre qui découvre le Monde.

*Tu penses avoir tirer un trait sur ton passé et voilà que tu pars à la recherche de ta mère ! * se dit-elle avec ironie.

Mais ce n’était pas la nostalgie ou un quelconque désir de retour en arrière qui avait guidé les pas d’Éole jusqu’ici, c’était plutôt la curiosité de savoir ce qu’était devenue sa mère... Elle ne savait pas comment elle réagirait lorsqu’elle se retrouverait face à sa génitrice. Allait-elle se jeter dans ses bras ou préférerait-elle garder ses distances et demander des explications ? Allait-elle seulement lui parler ou resterait-elle à l’observer de loin, sans qu’elle ne se doute de sa présence ? Parce que, même si sa mère lui avait manqué, même si elle l’aimait énormément, au fond d’elle, Éole gardait une rancœur : elle en voulait beaucoup à sa mère de l’avoir abandonnée quelques années auparavant et elle n’était pas sûre de vouloir lui reparler...

L’apprentie laissa ses pensées revenir sur la jeune femme assise sur elle, se demandant si elle pouvait ou non lui confier qu’elle s’appelait désormais Éole et non plus Ombe... Elle avait envie de lui faire confiance, mais elle ne savait pas comment l’expliquer sans passer pour une folle... Et puis après tout, était-ce si important ?

Un jeune homme apparu, mettant sa réflexion en suspens.

- Ça m’a l’air très intéressant, ce que vous faites… je peux me joindre à vous ?

Louve se releva en s’excusant, lui tendant sa main pour l’aider à se remettre sur pieds.

- Ce n’est pas grave, j’adore faire des roulés-boulés dans la neige !

Éole ponctua sa tirade d’un clin d’œil avant de porter son attention sur le nouveau venu, dont le sourire moqueur faisait pétiller de malice deux magnifiques yeux d’un vert envoûtant, cachés derrière de folles mèches sombres. Ce jeune homme, au visage bien dessiné et plutôt bien bâti, avait croisé ses bras bronzés sur son torse musclé, attendant une réponse de leur part.
Louve jeta un coup d’œil perplexe à la jeune fille avant de demander :

- Vous... vous êtes ensemble ?

Un sourire se peignit sur le visage d’Éole, un peu surprise par la question, qui lança un regard malicieux au jeune inconnu.

- Euh... non, pas du tout, je ne le connais pas.

Tout en parlant, elle se tourna vers le jeune homme le visage illuminé d’un sourire qui faisait étinceler ses prunelles noires.

- Pour répondre à ta question, tu peux te joindre à nous, même si nous ne faisions rien de particulier, expliqua-t-elle en lui adressant un clin d’œil, comment t’appelles-tu ? Moi c’est...

Éole s’arrêta soudainement. Éole ou Ombe ?
Elle pourrait tout simplement se présenter comme étant Ombe, mais ils se demanderaient d’où venait son hésitation... Mais si elle disait Éole, ce serait Louve qui n’y comprendrait plus rien ! Et puis... elle n’avait pas envie de se lancer dans l’histoire de sa «renaissance»...

*Grrr... et maintenant que tu as commencé, tu dois finir, et vite parce que sinon ils vont se poser des questions tous les deux... genre la fille qui a oublié comment elle s’appelait... je ne crois pas que ça passe ! *

Elle se traitait intérieurement d’idiote quand une idée lui vint à l’esprit, tellement évidente qu’elle se demanda comment elle avait pu ne pas y penser plus tôt.

*Je deviens de plus en plus bête moi !*

- Moi c’est Éole, répondit-elle finalement, en offrant son plus beau sourire aux deux jeunes gens, avant de se tourner vers Louve une lueur d’excuse dans le fond de son regard, oui je sais, je m’étais présentée sous le nom de Ombe quand on s’était rencontrée... j’étais jeune et innocente, peureuse aussi, et je n’avais pas osé donner mon vrai nom...

Elle laissa échappée un petit rire et adressa un clin d’œil à Louve.

Elle ne savait pourquoi, mais, à ce moment là, elle se sentait étonnement heureuse, et confiante. Oui, la petite Ombe méfiante qui avait peur de tout avait bel et bien disparu.

__________________________________________



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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Dim 14 Avr 2013, 17:00

... Lentement, sans plus jeter un regard aux autres, il s'assit sur le bord du lit, avança une main, hésita, caressa du bout des doigts une mèche blonde...

- Uli, murmura-t-il, la voix tremblante. Uli, je suis là.

Plongée comme elle était dans sa torpeur, la jeune femme ne réagit pas immédiatement. Darwen dû répéter plusieurs fois son nom avant qu'elle n'ouvre ses grands yeux mauves effarés, embués par la fièvre. Derrière eux, les Til'Assan sortirent de la pièce, Erlaëm refermant doucement la porte.

- W... 'Wen ?
- Uli.. Oui, c'est moi...
- Darwen ! Tu... Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je... je suis venu te... voir
, articula le jeune homme. Uliwëne était d'un an son ainée, et pourtant, sur le moment même, il ne pouvait s'empêcher de se sentir bien plus âgé. Un peu trop, même... "Uli, je voudrais voir ta blessure."
- Pourquoi ? Ce n'est pas la peine... raconte-moi plutôt tout ce qui t'es arrivé, depuis ton départ d'ici...
- Plus tard. Pour l'instant je dois savoir la gravité de ta blessure. Et surtout qui te l'a infligée.


Il n'attendit pas la réponse pour tirer la couverture, dévoilant les bandages qui recouvraient l'ensemble du dos de la jeune femme. Darwen poussa un grognement et entreprit de les défaire, avec autant de douceur que possible. En voyant la blessure, il fut immédiatement soulagé. Sur le coup de l'émotion, et en voyant la Frontalière dans cet état, il avait oublié qu'un rêveur avait pu venir la guérir, une semaine auparavant. Il ne restait qu'une longue cicatrice courant de la base du cou jusqu’au bas du dos de la jeune femme. 'Wen grinça des dents. La blessure avait dû être terrible, sans le rêveur Uliwëne serait sûrement morte à l'heure qu'il était...

En détaillant un peu plus l'estafilade, le marchombre sentit son sang se glacer d'effroi. Car même à ce stade de la blessure, il pouvait reconnaître l'arme qui l'avait causé : un sabre. Et pas n'importe quel sabre.

Un sabre de Frontalier.

Darwen replaça la couverture et prit le visage de la Frontalière entre ses mains. Sa voix était un peu plus dure qu'il ne l'aurait souhaité.

- Uli. Un Frontalier a tenté de te tuer. Je veux absolument savoir lequel !


***



S'il l'état d'Uliwëne ne l'avait pas autant préoccupé, tout comme la mystérieuse identité du Frontalier traître ou encore le duel imposé par Sharmal, Darwen aurait rit gentiment en voyant son Maître sauter ainsi en arrière, comme frappée par la surprise, rouge de confusion. Il n'était pas très adroit dans ce genre de situation, et pouvait facilement se moquer, sans penser à ce que les autres pouvaient ressentir... La réaction de Syndrell l'amusait réellement, mais il n'était pas d'humeur à rire. Ce qui n'empêcha pas son sourire de s'élargir.

Elle ne sembla pas tout de suite se préoccuper de lui, préférant d'abord s'excuser auprès de l'inconnue – ce qui était tout à fait normal, d'ailleurs, et Darwen réussit à ne pas le prendre trop mal. Elle paraissait sincèrement penser avoir commis quelque chose de mal, peut-être une erreur, ce qui indiquait que si les deux jeunes femmes s'étaient peut-être déjà rencontrées quelque part, elles n'étaient pas non plus des proches. L'inconnue aux cheveux noirs semblait quant à elle aussi amusée de la situation que 'Wen, et elle répondit d'une voix enjouée et pleine de malice aux excuses offertes. Tandis que le jeune homme attendait une réponse de la part des jeunes femmes, il sentit leur regards – d'un joli doré pour l'une, d'un noir profond pour l'autre – glisser enfin vers lui pour le détailler ; il en profita pour faire de même.

- Vous... Vous êtes ensemble ?

Littéralement pris de cours par la question, si inattendue, Darwen faillit vraiment éclater de rire, cette fois. Il voulut répondre quelque chose mais la jeune femme aux cheveux noirs le devança :

- Euh... non, pas du tout, je ne le connais pas.
- Dommage, d'ailleurs..., ironisa 'Wen en interceptant son sourire.

Ben quoi, c'était elle qui avait commencé, non ?

- Pour répondre à ta question, tu peux te joindre à nous, même si nous ne faisions rien de particulier. Comment t'appelles-tu ? Moi, c'est...

Eh bien ! Elle était plutôt directe, cette fille ! Peut-être allait-il pouvoir écarter ses sombres pensées un moment en discutant tranquillement avec elle et Syndrell. Mais après, il lui faudrait rentrer à la Citadelle, combattre Sharmal et tenter de s'en tirer vivant – ce qui ne serait pas une mince affaire. Darwen serra les dents. Il n'allait pas mourir avant d'avoir trouvé le coupable, il n'en était pas question ! Il allait venger Miel, même s'il savait qu'elle protesterait, souhaitant à tout prix le faire elle-même. Il ne l'écouterait pas et s'occuperait lui-même de...

- Moi c'est Éole. Oui je sais, je m'étais présentée sous le nom de Ombe quand on s'est rencontrées... j'étais jeune et innocente, peureuse aussi, et je n'avais pas osé donner mon vrai nom...

Darwen fut immédiatement tiré de ses pensées. Bizarre, cette histoire... Éole – donc – avait bien changé depuis l'époque dont elle parlait, si elle disait vrai ! Mais apparemment, Syndrell la connaissait sous le nom d'Ombe... Se rappelant d'ailleurs qu'elle lui avait d'abord demandé son nom, le jeune homme se passa une main derrière le cou en répondant, son éternel demi-sourire aux lèvres :

- Éole, donc... Je m'appelle Darwen." Il se tourna ensuite vers son mentor : "Désolé d'être apparu sans prévenir."

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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Mar 16 Avr 2013, 10:50

Syndrell leva à nouveau les yeux vers Darwen et cette fois, elle le détailla plus attentivement. Il y avait quelque chose dans son attitude, une discordance qui l’intriguait : sa joue piquée d’une barbe de quelques jours était creusée par un sourire et il avait rétorqué avec humour, mais il y avait une ombre dans son regard pâle.

- … moi c’est Eole. Oui, je sais, je m’étais présentée sous le nom de Ombe quand on s’est rencontrées… J’étais jeune et innocente, peureuse aussi, et je n’avais pas osé donner mon vrai nom…

Pour la seconde fois en moins de cinq minutes, Syndrell s’empourpra. Par un curieux jeu du hasard, elle non plus n’avait pas osé offrir à la jeune fille sa véritable identité, préférant endosser le nom qui faisait écho à son passé d’espionne. Le plus drôle, c’est qu’elle avait également dissimulé son identité à Dolce, même si ce dernier s’était immédiatement douté que « Louve » était forcément un sobriquet.

- Eole, donc… Je m’appelle Darwen. Désolé d’être apparu sans prévenir.
- Pas grave ! Moi, je suis une écervelée doublée d’une malpolie ! Mon nom est Syndrell,répondit-elle avec un sourire désolé à l’attention d’Eole : Je suppose que nous sommes quittes, désormais !

Longtemps, elle avait cru que se présenter revenait à s’exposer au danger. Ces deux dernières années, sa méfiance s’était accrue au point de l’empêcher de discerner une rencontre amicale d’une rencontre malveillante ; preuve en était la manière dont elle avait bondit sur Eole. Il était grand temps d’abaisser les solides murailles que son instinct s’évertuait à ériger en permanence…

- Est-ce que ça vous embête si je vous donne mon vrai nom ? fit Lyke en se glissant près de Syndrell.

Sa question mutine dissipa le malaise de la marchombre et elle éclata de rire, bientôt imitée par Eole et Darwen.





* * *




- Alors, Eole ? Qu’est-ce qui t’amène dans la région ? demanda Syndrell en coupant une tranche de pain qu’elle offrit à Darwen.

Ils étaient perchés sur le rocher de Lyke et profitaient de la douceur des rayons du soleil pour partager leur repas. Assise en tailleur entre Darwen et Lyke, Syndrell faisait face à Eole. Découpant une nouvelle tranche de pain, elle la tendit à la jeune fille, accompagnant son geste d’un clin d’œil doré ; elle était sincèrement heureuse de la retrouver.



[Affreusement court ! Pas facile de trouver du temps pour répondre, mais je ne pouvais vraiment plus attendre alors il faudra vous contenter du peu... !]

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Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Ven 17 Mai 2013, 10:35

Le jeune homme avait intercepté son sourire quand Éole avait affirmé qu’ils ne se connaissaient pas.

- Dommage, d’ailleurs... avait-il répondu, une lueur d’ironie dans le regard.

La jeune fille avait levé un sourcil, mais n’avait rien ajouté, laissant seulement son sourire s’étirer un peu plus.

*Dommage ?*

- Éole, donc... Je m'appelle Darwen, se présenta-t-il avant de se tourner vers Louve, désolé d’être apparu sans prévenir.

- Pas grave ! Moi, je suis une écervelée doublée d’une malpolie ! Mon nom est Syndrell, répondit l’intéressée.

Syndrell ? La jeune fille rit intérieurement devant cette situation.

- Je suppose que nous sommes quittes, désormais !.

Éole hocha la tête, en effet, même si dans son cas c’était un peu plus compliqué que cela... Mais bon, ce qui comptait c’était que, désormais, c’était clair.
La jeune fille observa tour à tour les deux personnes qui se tenaient devant elle. Syndrell, avec ses incroyables cheveux bleus et ses magnifiques yeux dorés, Darwen, au regard mystérieux et au sourire charmeur, et...

- Est-ce que ça vous embête si je vous donne mon vrai nom ?.

Un jeune garçon vient se placer aux côtés de Syndrell, qui éclata de rire. Éole adressa un sourire plein de sympathie au garçon avant de joindre son rire à celui de la jeune femme, auquel s’ajouta également celui de Darwen.

~ * ~

Syndrell tendait un morceau de pain à Darwen tandis que Lyke mâchonnait le sien.

- Alors, Eole ? Qu’est-ce qui t’amène dans la région ?

Éole releva la tête. Ils étaient assis tous les quatre sur un rocher baigné par le soleil, goûtant à la chaleur de ses rayons. Pas un nuage ne troublait le bleu limpide du ciel, la plaine s’étendait à leurs pieds et ils pouvaient apercevoir au loin la Citadelle des Frontaliers.
La jeune femme tendit une tranche de pain à Éole en lui adressant un clin d’œil. La jeune apprentie lui répondit d’un sourire.

- C’est... une longue histoire...

Elle marqua un temps d’hésitation, se sachant pas trop si elle devait raconter cette histoire. Ce n’était pas une question de méfiance, loin de là, elle se sentait même très confiante envers les trois jeune gens qui partageait leur repas avec elle. C’était bizarre d’ailleurs, elle qui avait été toujours si méfiante, incapable de se confier à quelqu’un... presque asociale autrefois même, mais cela, c’était des années auparavant, quand elle vivait encore à Al-Jeit avec sa mère...

Depuis qu’elle était arrivée à l’Académie, sa vie avait complètement changée de direction. Elle même avait changé. Elle s’était ouverte, non seulement au monde qui l’entourait, comme elle l’avait appris durant ses cours, mais aussi aux autres. Elle avait pris confiance en la vie, en l’avenir, si bien que parfois, dans des moments comme celui là, elle se demandait si elle ne devenait pas un peu trop naïve...

Enfin bon, de toute façon, ces trois jeune gens lui inspiraient confiance et, sous ce merveilleux soleil, elle n’avait pas du tout envie de se méfier. Non, la raison de son hésitation était tout autre. Elle se demandait si elle avait vraiment envie d’en parler. Et si, eux, auraient envie d’entendre son histoire.  

- Ma mère s’est enfuit il y longtemps et je n’avais plus jamais entendu parlé d’elle. Je me suis persuadée qu’elle était morte... jusqu’à il y a quelques jours. J’ai entendu deux hommes parler d’une femme errante dans les Frontières de Glace qui avait été recueillie par les trappeurs. Leur description de cette femme correspondait à celle de ma mère...

Tout en parlant, elle avait baissé les yeux. Tout était confus dans sa tête. Elle était partagée entre son désir de petite fille qui avait perdu sa mère et qui voulait la retrouver et celui de la jeune fille qui lui en voulait de l’avoir abandonnée... Elle voulait la voir pour lui parler mais elle n’était pas sûr que c’était une bonne idée de replonger dans son passé... sur lequel elle pensait avoir définitivement tiré un trait.

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Dim 02 Juin 2013, 12:13

- Mon nom est Syndrell. Je suppose que nous sommes quittes, désormais  !

La marchombre s'était adressée à Éole, affichant une moue désolée. Darwen haussa un sourcil ; il ignorait de quoi parlait Syndrell, mais après tout, ce n'était pas son affaire. Uniquement la leur. C'était certain maintenant, elles s'était déjà rencontrées auparavant.

'Wen se demandait comment la conversation allait se poursuivre, lorsque le jeune garçon à qui il avait sourit à son arrivée descendit rapidement du rocher sur lequel il était juché, pour se ranger près de Syndrell, indiquant ainsi qu'il voyageait à ses côtés – et non à ceux d’Éole. Darwen avait d'ailleurs oublié sa présence jusqu'alors, tellement il s'était montré discret, aussi lorsque de sa petite voix il demanda s'il pouvait leur donner son véritable nom, le jeune homme oublia un instant sa détresse pour se joindre aux rires des deux femmes, bien que le sien fut plus discret...


***


Acceptant la tranche de pain que son Maître lui tendait, Darwen la remercia d'un sourire et croqua dans la mie épaisse et moelleuse, délicieuse. Il n'avait pas très faim, mais partager un repas avec Syndrell et cette charmante inconnue avait quelque chose d'agréable. De toutes manières, il lui fallait bientôt rentrer à la Citadelle ; autant qu'il mette à profit cette pause si bienvenue. A nouveau, alors qu'il entendit Syndrell demander à Éole ce qu'elle faisait dans les Frontières de Glace, son visage se ferma. Il espérait que la jeune fille ne se trouvait pas là pour des raisons similaires aux siennes...

- C’est... une longue histoire...

La voix d’Éole s'était légèrement brisée. Darwen se crispa ; apparemment, la raison de sa venue en ces lieux n'était pas très rose non plus. Comme elle semblait hésiter à s'étendre, le jeune homme lui adressa un sourire confiant. Il allait lui faire remarquer qu'elle n'était pas obligée de la raconter, son histoire, si elle ne le souhaitait pas, mais à cet instant Éole reprit la parole. Elle était donc à la recherche de sa mère, qui l'avait abandonnée lorsqu'elle était plus jeune...

Inévitablement, 'Wen repensa à ses parents. Un frisson courut le long de son dos alors qu'il se revoyait à leurs côtés, heureux d'abord, tellement malheureux ensuite. Non. Plus que malheureux : vide. Il se demanda brièvement ce qu'ils étaient devenus, depuis sa fuite désespérée – ou plutôt la fuite de l'autre. Puis il se fustigea intérieurement : c'étaient eux qui l'avaient abandonné, il n'y avait donc aucune raison pour qu'il s'inquiète, ni même pour qu'il pense à eux. Il ébouriffa ses cheveux bruns, geste habituel et rassurant qui lui permit de le ramener au présent.

A sa droite, Éole avait baissé les yeux. Elle attendait sûrement une réponse, mais 'Wen était incapable de lui donner ne serait-ce qu'une réaction quelconque. Que dire devant ça ? La consoler ? La dernière fois que Darwen avait essayé de consoler quelqu'un, c'était une jeune femme du nom de Crystal, timide et en grand manque de confiance, qui avait mal interprété ses mots...  Lui proposer son aide alors ? Impossible ! S'il appréciait Éole, il ne la connaissait pas assez pour l'aider dans sa quête ; de plus, il n'en avait pas vraiment envie ; et enfin, il n'en avait pas la possibilité. Uliwëne comme Sharmal l'attendaient à la Citadelle, l'une souffrante, l'autre ruminant sa rage et sa mauvaise fois. Une onde de colère parcourut Darwen lorsqu'il pensa au Frontalier qui ne méritait même pas ce titre. Puis, contre toute attente, un sourire sauvage étira ses lèvres... Finalement, ce combat tombait à pic, il lui permettrait d'évacuer toute sa fureur et sa tristesse ! Ses yeux clairs brillants d'excitation, le jeune homme sentit son sang bouillonner dans ses veines. Il écraserait ce fils de Raï coûte que coûte !

S'apercevant alors qu'il était tout crispé, 'Wen attendit que Syndrell réponde elle-même à Éole pour retourner sa question à la jeune femme aux cheveux bleus :

- Et toi, Syndrell ? Que viens-tu faire par ici ?

Il était curieux de savoir par quel hasard la Maître marchombre se retrouvait au même endroit que lui, en dehors des cours... Levant la tête, il constata alors que le ciel, entièrement bleu il y avait de cela une dizaine de minutes, commençait désormais à se couvrir de nuages d'un gris sombre inquiétant... C'était bien le printemps, avec ses humeurs changeantes ! Dans quelques minutes, il allait pleuvoir, c'était certain, et ce ne serait pas une petite pluie !

Une idée se présenta alors au jeune homme : ils avaient tous les trois besoin d'aide, n'est-ce pas ? S'il pouvait emmener Syndrell et Éole auprès des Frontaliers, peut-être seraient-elles amenées à l'aider, à trouver le traître qui avait voulu assassiner Uli. Après tout, Syndrell était une marchombre, et son Maître qui plus est ; quant à Éole, peut-être avait-elle aussi de bonnes capacités. Et surtout, elles étaient extérieures à la Citadelle, de ce qu'il en savait, et ne pouvaient donc pas avoir d'idées préconçues sur chacun des Frontaliers.

Peut-être qu'il les aiderait en retour ensuite...

- Écoutez, il va sûrement bientôt pleuvoir, et pas qu'un peu. Je loge à la Citadelle en ce moment, on pourrait aller s'y réfugier si vous voulez...





[Syndrell, j'ai donc fait comme si ton personnage avait révélé à Darwen et Éole qu'elle était à la recherche de Lawëlle... tu me dis si ça ne te vas pas !]

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Loup:
 


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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Dim 21 Juil 2013, 13:28

- C'est une longue histoire...

Une longue et une triste histoire. Pourtant Eole ne s'était pas attardée sur le sujet, préférant rester dans le vague. Syndrell la regarda tandis qu'elle baissait les yeux. A l'évidence, Eole tirait un fil si mince qu'elle craignait de se donner de faux espoirs. C'était compréhensible.

Son propre fil était presque inexistant, réalisa-t-elle en jetant un coup d'oeil à Lyke. Qu'il s'agisse de la mère du garçon ou de Lawëlle, chaque piste menait à une impasse et les indices s'amenuisaient un peu plus tous les jours. A ce train-là, Lyke et elle allaient se retrouver à l'Académie sans avoir terminé leur mission...

Syndrell secoua doucement la tête. S'ils devaient échouer, tant pis ! Ils raporteraient au moins des souvenirs fabriqués avec le sel des rencontres et un soupçon de hasard. Ce repas partagé entre eux quatre sur un rocher en était un, et pas des moindres. Son regard doré se posa à nouveau sur Eole. Il fallait que la jeune fille s'imprègne du présent si elle voulait être en mesure d'affronter l'avenir.


- Les gens d'ici disent que les trappeurs sont les yeux et les oreilles des montagnes. Peut-être t'en apprendront-ils davantage sur ta mère. Peut-être que non. Mais ils t'apprendront certainement quelque chose, tu peux me croire ! Ce sont de merveilleux conteurs.

La marchombre ponctua ces parole d'un clin d'oeil lumineux puis mordit dans son pain.

- Et toi, Syndrell ? Que viens-tu faire par ici ?

Syndrell prit le temps d'avaler sa bouchée, s'accordant le temps de la réflexion. Darwen la fixait de ses yeux clairs, piqués d'une lueur étrangement sauvage, et elle comprit qu'il ne s'agissait pas d'une question anodine vouée à alimenter la conversation.

- Lyke et moi sommes à la recherche de quelqu'un. Deux personnes, l'une terriblement importante, l'autre moins. Pour l'instant nous avons fait choux blanc, mais la balade est belle...
- Moi aussi je cherche ma mère, affirma Lyke en regardant Eole. Et Syndrell cherche sa soeur mais c'est difficile parce qu'on ne la connait pas.

Syndrell hocha la tête. Difficile était un euphémisme ! Ce qu'elle savait de Lawëlle était aussi maigre qu'un coucou en plein hiver. Longtemps muselés derrière un épais rideau de peur, ses souvenirs d'elle se tenaient à des taches de couleur - du bleu et du doré - et lui laissaient envisager que sa soeur devait lui ressembler. Mais même de telles particularités physiques ne changeaient rien à l'affaire. Chercher une parfaite inconnue dans cet Empire, c'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin...

- Ecoutez, il va sûrement bientôt pleuvoir, et pas qu'un peu. Je loge à la Citadelle en ce moment, on pourrait aller s'y réfugier si vous voulez...

Syndrell et Lyke échangèrent un regard, et à l'interrogation muette qui brillait dans celui du garçon la marchombre répondit d'un léger hochement de tête. Oui, l'idée était bonne, d'autant que Daerwen avait raison : des nuages sombres s'amoncelaient dans leur dos, promettant une belle averse que le vent allait sans doute transformer en tempête. Des flocons flottaient déjà dans les airs. L'un d'eux tomba sur le bout du nez de Lyke.

- Je vote pour la Citadelle, sourit Syndrell.

Son coeur se gonfla d'excitation et son regard d'or pur flamboya. La Citadelle. Elle avait toujours rêvé de la découvrir, peut-être à cause des anecdotes de Miss à son sujet ou bien du mythe qui accompagnait le nom des Frontaliers. Elle s'en était approchée une fois, lors de son dernier affrontement avec Vanora, sans oser confronter la réalité à son imagination débordante. Qu'allait-elle trouver au coeur de la cité légendaire ?

Une aventure, songea-t-elle en surprenant le regard soudain plein d'espoir de Darwen. Bonne ou mauvaise, seul l'avenir allait en décider. Mais elle était décidée à en apprécier chaque seconde et Lyke aussi, à en juger par sa mine réjouie. Syndrell se leva souplement et s'étira dans le dernier rayon de soleil.

Son sourire s'élargit.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Mer 28 Aoû 2013, 11:38

Darwen et Syndrell écoutèrent la jeune fille avec une oreille attentive. Éole se sentit soulagée et un peu moins perdue d’avoir parler, cela lui avait fait du bien de trouver des personnes qui puissent l’écouter.

- Les gens d'ici disent que les trappeurs sont les yeux et les oreilles des montagnes. Peut-être t'en apprendront-ils davantage sur ta mère. Peut-être que non. Mais ils t'apprendront certainement quelque chose, tu peux me croire ! Ce sont de merveilleux conteurs.

La jeune apprentie sourit à Syndrell en réponse à son clin d’œil. Elle allait voir ces trappeurs... Mais elle avait un peu peur au fond d’elle. Peur de ce qu’elle allait apprendre, de ce qu’elle allait découvrir, et puis, elle ne connaissait rien aux trappeurs... et elle espérait qu’il s’agissent de gens aimables et accueillants. A entendre Syndrell, ils semblaient sympathiques.

- Et toi, Syndrell ? Que viens-tu faire par ici ?

La question de Darwen sortit Éole de ses pensées et son regard sombre se posa sur la jeune femme aux cheveux bleus.

- Lyke et moi sommes à la recherche de quelqu'un. Deux personnes, l'une terriblement importante, l'autre moins. Pour l'instant nous avons fait choux blanc, mais la balade est belle...

- Moi aussi je cherche ma mère. Et Syndrell cherche sa soeur mais c'est difficile parce qu'on ne la connait pas.

Éole adressa un sourire attendri au garçon qui avait planté son regard dans ses prunelles noires. Et ce regard... La jeune fille qui sentit naître un étrange sentiment... C’était comme si... comme si elle avait déjà croisé ce regard... Elle observa le jeune garçon sans le reconnaître, et pourtant... Cette lueur qui brillait au fond de ses yeux la déconcertait. Ce garçon lui rappelait quelqu’un... mais qui ?

Lyke... Éole fouillait dans sa mémoire d’où pouvait bien provenir ce nom mais elle ne parvint pas à se souvenir.

- Ecoutez, il va sûrement bientôt pleuvoir, et pas qu'un peu. Je loge à la Citadelle en ce moment, on pourrait aller s'y réfugier si vous voulez...

Encore une fois, la voix de Darwen la tira de ses pensées et elle laissa de côté cette impression étrange d’avoir déjà croisé Lyke auparavant pour jeter un coup d’œil au ciel. En effet, celui-ci se couvrait de gros nuages gris et l’idée de trouver refuge à la Citadelle ne lui déplut pas. En plus, elle n’y était jamais allée ! C’était l’occasion !

- Je vote pour la Citadelle.

- Moi aussi ! lança-t-elle, toujours le nez en l’air à suivre des yeux les quelques flocons qui commençaient à tomber.

Éole se leva et suivit le petit groupe. Les lèvres de Syndrell était étirées d’un immense sourire, ce qui fit sourire la jeune fille. Lyke sautillait sous les flocons de neiges et, une fois de plus, son attitude enjouée ne lui sembla pas inconnue. Darwen les guidait et la jeune fille se demanda quelle relation il pouvait bien avoir avec les Frontaliers. Il paressait bien connaître la Citadelle... avait de la famille parmi eux ? Peut être même que c’était là qu’il était né. En tout cas, Éole avait beaucoup entendu parler de ce lieu et elle avait hâte de le découvrir !

Son regard parcouru l’horizon pour se poser sur le ciel qui s’assombrissait. Les flocons étaient maintenant plus nombreux et ils commençaient à tourbillonner plus vite, si bien que le groupe pressa le pas pour ne pas se faire prendre par la tempête.
L’attention de la jeune fille se porta de nouveau sur Lyke. L’image d’un petit garçon pétillant et enthousiaste occupait toute la place dans sa tête. Elle en avait même oublié l’histoire de sa mère ! Elle s’accrocha à cette image, cherchant à la placer dans un décor.
Des mots résonnèrent dans son esprit... venus d'un lointain passé...


~ * ~


« Bonjour! Moi, c'est Lyke, et là-bas c'est ma maman, Kunst ! »


~ * ~


« Désolée, mais tu ne pourras pas nous suivre, mon grand. Ce que l'on va faire est très difficile, et cela n'a rien à voir avec ce que... Jojo t'a montré. Elle t'as sûrement appris quelques passes, mais ce n'est pas cela, être Marchombre. Et tu es bien trop jeune pour nous suivre... »


~ * ~


La voix d’Aléa s’imposa à elle et l’image qui la torturait retrouva son contexte : une matinée de printemps, trois ou quatre ans plus tôt, une jeune femme, deux jeunes filles et un petit garçon... Le matin de son tout premier cours à l’Académie. Comme ce jour lui semblait loin ! Il y avait Aléa bien sûr, mais aussi deux autres apprenties qui n’ont jamais fini ce cours. Naïma et Kunst. Kunst qui était arrivée accompagnée de son fils, Lyke...

Éole revint sur terre observa de nouveau le jeune garçon. Ce pourrait-il que ce soit lui ?

- Lyke ! l’appela-t-elle en lui offrant un sourire, dis-moi, ta maman... elle ne s’appellerait pas Kunst par hasard ?

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Mar 01 Juil 2014, 15:46

- Je vote pour la Citadelle.
- Moi aussi !

'Wen sourit en surprenant le regard brillant d'impatience de son Maître et la moue excitée d’Éole. Sa proposition avait l'air de leur plaire, et il s'en félicita, d'autant plus que le ciel paraissait de plus en plus menaçant et qu'un vent froid, typique des Marches du Nord - même au début de printemps - commençait à souffler sur le paysage immobile.  

Le jeune homme hocha doucement la tête, le regard soudain assombrit par la pensée de ce qu'il allait retrouver à la Citadelle : une amie amante blessée et fiévreuse, des parents, frère et soeur inquiets et un combat singulier avec un Frontalier insipide qui ne méritait même pas d'en porter le titre. Comment Sharmal avait-il pu ressentir de la joie à le provoquer ainsi ? Un Frontalier se battait pour son honneur, et Darwen ne trouvait aucun honneur à défier un apprenti marchombre qui venait de commençait à suivre sa Voie, lorsqu'on était un combattant chevronné. Sharmal aurait simplement le plaisir de le réduire en charpie, ce qui n'était pas forcément très glorieux. Non, décidément, cet homme n'avait rien d'un Frontalier, puisqu'il ne vivait que pour la rage et le sang...

Darwen se leva presque en grognant, et jeta un coup d’œil à Syndrell qui s'étirait d'un mouvement fluide et harmonieux. Sous les derniers rayons de soleil qui s'effaçaient derrière les nuages sombres, elle lui parut très belle et heureuse ; et sa nature de marchombre lui sembla si vraie qu'il ne put s'empêcher de ressentir une certaine fierté en songeant qu'il était désormais son apprenti. Réticent au départ lorsqu'il avait su qu'elle remplacerait Éloïse, il était maintenant heureux qu'elle soit là pour lui. De plus, elle ne la remplaçait pas, elle était un autre Maître, simplement. Un autre guide. Et le fait qu'il avait pratiquement le même âge qu'elle ne le dérangeait plus, le premier cours terminé ; il s'y était facilement fait, finalement.

Il entama la marche après avoir attendu que les deux jeunes femmes rassemblent leurs affaires, prenant la direction de la Citadelle. Cette dernière devait se trouver à une demie-heure de marche, mais les doux flocons de neige qui venaient de commencer à se fondre dans le sol s'intensifiaient déjà en grosseur et en densité ; il ne fallait pas traîner si le petit groupe ne désirait pas être transformé en un tas de neige informe ! Les mains dans les poches, 'Wen songeait à Uliwëne lorsqu'il sentit une petite main attraper son bras. Surpris, il tourna la tête et vit Lyke, le jeune garçon qui accompagnait Syndrell, l'observer avec un sourire lumineux de compassion.

- Je vois bien que t'as aussi des histoires embêtantes dans la tête, tu devrais en parler à Syndrell, je suis sûre qu'elle pourrait t'aider et puis elle est ton Maître, si j'ai bien compris !

Darwen fut si surpris par la remarque franche du gamin qu'il ne sut pas quoi répondre, et le regarda avec des yeux étonnés. Amusé, Lyke sourit.

- Je suis peut-être encore un enfant mais je ne suis pas aveugle pour autant !

Il devait se l'avouer, le jeune homme était admiratif de ce gosse. Il avait perdu sa mère et désespérait de la retrouver, mais si un fin voile de tristesse recouvrait ses yeux verts, son sourire éclatant et sa fraîcheur n'en paraissaient pas diminués. Et lui, "l'adulte", qui faisait la gueule ! Rendu gauche par sa maladresse assez typiquement masculine, Darwen ne sut qu'esquisser un léger sourire en réponse à Lyke. Heureusement, il n'eût pas à trouver quelque chose à dire car la voix d’Éole s'éleva derrière eux, appelant le garçon. Ce dernier adressa un clin d’œil à 'Wen avant de tourner la tête vers la jeune femme. Ils étaient proches et l'apprenti ne put faire autrement que d'entendre leur conversation.

- Dis-moi, ta maman... elle ne s’appellerait pas Kunst par hasard ?

Luke perdit soudain son sourire, le temps certainement de réaliser ce que lui demandait Éole, et puis son regard se remplit de petites étoiles, et il ne put s'empêcher de s'exclamer d'une voix pleine d'espoir : « Je... Si, c'est son nom ! Comment tu le sais ? Tu la connais ? Tu l'as vue il n'y a pas longtemps ? Est-ce que tu sais où elle est, dis-moi !»

'Wen s'aperçut alors que la Citadelle étalait toute sa splendeur et sa force à une centaine de mètres devant eux, imposante sous la blancheur étincelante de la neige. Éole n'eut pas le loisir de répondre au gamin que déjà un cavalier arrivait vers eux au galop. Il les remarqua au dernier moment, sous ce début de tempête de neige, et parvint à arrêter son cheval juste à leur hauteur. Il eut un sourire rassuré en reconnaissant Darwen. C'était Erlaëm, le frère d'Uli.

- 'Wen ! On se demandait où tu étais passé ! Cela fait plusieurs heures que Sharmal te cherche, pour se mettre d'accord avec toi sur le jour et l'horaire de votre combat. Il prétend que tu es un lâche, que tu as profité de ton escapade pour t'enfuir. De notre côté, on s'inquiétait pour toi, avec cette tempête inattendue qui...

Le jeune Frontalier parut prendre soudain conscience de la présence de ceux qui accompagnait le jeune homme. Il ne put s'empêcher d'observer les jeunes femmes d'un regard soupçonneux, interrogeant Darwen du regard. Ce dernier lui rendit un sourire ironique.

- Je me fiche bien de ce satané fils de Raï et de ce qu'il prétend, il peut bien attendre un peu !

Sa voix s'adoucit ensuite, avec tout de même une pointe de raillerie qui persistait.

- Pas la peine de vous inquiéter. Je ne partirai pas en laissant Uli dans cet état.

Erlaëm voulut ouvrir la bouche pour s'expliquer : non, ce n'était pas pour cela qu'on s'inquiétait... Mais Darwen lui désigna ses trois compagnons.

- J'ai ici trois amis qui auraient besoin d'un abri.
- Tu sais bien que ce n'est pas évident d'accueillir des étrangers à la Citadelle, surtout avec ce traître qui...
- Ce n'est pas toi qui viens de me parler d'une tempête ?

Les deux amis - presque frères - s'observèrent un instant, puis Erlaëm finit par lâcher un soupir... et esquissa un sourire.

- Tu ne changera jamais toi... Bon, suivez-moi, je vous conduit à la Citadelle, mesdames et messieurs !, s'exclama-t-il d'un ton théâtral. Au fait, je suis Erlaëm Til'Assan, Frontalier, ajouta le jeune homme en regardant Éole et Syndrell avec un sourire chaleureux et en secouant ses mèches presque blondes, qui dépassaient de la capuche de sa cape.






[Tadaaaaam !!! Nous voilà repartiiiiies, enfin ! Vraiment désolée d'avoir été si longue, je suis super contente de vous retrouver enfin, et j'ai hâte de découvrir comment vont se dérouler toutes ces intrigues mêlées... Razz N'hésitez pas si quelque chose vous dérange ! Wink]

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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Mar 01 Juil 2014, 23:27

[Yahouuu, c'est r'parti mes kikis !!!  pompom ]





Darwen avait raison : le temps changeant rapidement et le ciel s’assombrissait de minute en minute tandis que le vent soufflait plus fort sur la plaine enneigée. Son capuchon rabattu sur les oreilles, Syndrell avançait à pieds, tenant Vagabond par la bride ; elle avait proposé à Lyke de s’installer sur son dos mais le garçon préférait marcher. Pensive, elle le regarda rattraper Darwen et glisser son bras sous le sien.

Il n’y avait pas si longtemps encore, Lyke se serait montré bien plus timide. Si son amitié avec Ciel s’était immédiatement créée, il lui avait fallu un peu de temps pour se faire à la présence intimidante de Dolce. Syndrell se rappelait sans mal de ses débuts à l’Académie ; il n’était pas apprenti marchombre et malgré la bienveillance des membres de l’école, il s’était senti à part. Inutile, même. La disparition soudaine de sa mère aurait pu le rendre complètement sauvage et indomptable, mais heureusement pour lui, Miss avait su enseigner la patience à son écervelée d’apprentie, et Syndrell était parvenue à l’apprivoiser tout doucement.

A présent, il devisait joyeusement avec Darwen, son propre élève, et cette image tira un sourire à la jeune femme ; elle aimait le savoir heureux, même si l’absence de Kunst faisait régner une ombre dans son regard. Elle s’amusait de voir la plupart des gens hésiter en les observant tous les deux, comprenant qu’il était bien trop vieux pour être son fils, et elle bien trop jeune pour être maman, mais intrigué toutefois par la nature étonnante de leur relation… Pour Syndrell et Lyke, les choses étaient simples, au contraire : ils étaient à la fois amis, frère et sœur, camarade de jeux et de bêtises et compagnons de route. Un joli mélange qui donnait lieu à une magnifique complicité !

Près d’elle, Vagabond s’ébroua avant de lui donner un petit coup de tête dans l’épaule. Syndrell frotta doucement son encolure avant de tourner la tête en direction d’Ombe – non, Eole. C’était un joli nom, qui évoquait la douceur et la légèreté du vent et qui lui allait comme un gant. Elle remarqua toutefois que la jeune fille paraissait étrangement songeuse depuis qu’ils s’étaient mis en route en direction de la Citadelle, comme si elle essayait de se rappeler quelque chose, un détail qui s’évertuait à lui échapper inlassablement… mais qui finit par se laisser prendre, car elle poussa soudain une exclamation et interpella Lyke :


- Dis-moi, ta maman… elle ne s’appellerait pas Kunst par hasard ?

La même surprise se peignit sur les traits de Lyke et de Syndrell. Stupéfaite, la marchombre cligna des yeux et regarda Eole. Nom d’une chiure de mouche ! Se pouvait-il que la réponse à toutes leurs questions soit détenue par la jeune fille ?

- Je… Si, c’est son nom ! Comment tu le sais ? Tu la connais ? Tu l’as vue il n’y a pas longtemps ? Est-ce que tu sais où elle est, dis-moi !

L’engouement de Lyke était vif et poignant mais hélas, Eole n’eut pas le temps de lui répondre quoi que ce soit : Darwen venait de s’arrêter devant eux et en se décalant légèrement, Syndrell vit un cavalier arriver vers eux à toute allure. Elle se tendit instinctivement mais ne bougea pas, préférant analyser soigneusement la situation avant de tirer des conclusions trop hâtives.

Bien lui en prit, car le cheval freina des quatre fers, glissa un peu sur la neige et s’arrêta à leur hauteur en soufflant un nuage de condensation par les naseaux. Enervé par sa proximité, Vagabond commença à danser d’une jambe sur l’autre près de Syndrell, mais lorsqu’elle se pencha pour lui murmurer quelque chose au creux de l’oreille, il cessa aussitôt de s’agiter.


- ‘Wen ! s’exclama le cavalier d’une voix grave et ferme. On se demandait où tu étais passé ! Cela fait plusieurs heures que Sharmal te cherche, pour se mettre d’accord avec toi sur le jour et l’horaire de votre combat. Il prétend que tu es un lâche, que tu as profité de ton escapade pour t’enfuir. De notre côté, on s’inquiétait pour toi, avec cette tempête inattendue qui…

Il s’interrompit brusquement en réalisant que Darwen n’était pas seul, et son regard, tout juste visible sous un énorme capuchon et un voile de cheveux blonds, se planta dans celui de Syndrell. La marchombre eut la drôle d’impression qu’il la sondait minutieusement, comme dans l’espoir de voir son âme à travers ses yeux dorés, et elle ne put s’empêcher de redresser légèrement le menton en guise de réponse à ce défi silencieux. L’instant d’après, Darwen répondit à l’homme d’un ton tranchant qu’elle ne lui connaissait pas.

- Je me fiche bien de ce satané fils de Raï et de ce qu’il prétend, il peut bien attendre un peu !

Le cavalier reporta son attention sur le jeune homme, et elle en fit autant. Elle avait haussé un sourcil en entendant parler d’un combat dans lequel serait impliqué son apprenti, mais cette histoire-là demeurait bien mystérieuse et elle devinait, à l’émotion qui vibrait dans les paroles de Darwen, que son adversaire n’était pas un personnage très appréciable. Glissant ce détail dans un coin de son esprit, Syndrell se concentra sur la suite.

- Pas la peine de vous inquiéter. Je ne partirai pas en laissant Uli dans cet état.

Cette fois, la marchombre fronça les sourcils. Qui était Uli ? Avait-elle été la seule à percevoir une certaine fêlure dans la voix du jeune homme ? Elle jeta un coup d’œil à la ronde. Oui, apparemment, la sourde angoisse qui avait modulé le timbre de Darwen avait échappé à tout le monde, sauf à elle. Miss avait dit un jour que le regard d’un maître est unique au monde. Syndrell approuva silencieusement.

- J’ai ici trois amis qui auraient besoin d’un abri.
- Tu sais bien que ce n’est pas évident d’accueillir des étrangers à la Citadelle, surtout avec le traître qui…
- Ce n’est pas toi qui viens de me parler d’une tempête ?


Un court silence ponctua la répartie de Darwen, au cours duquel Syndrell en profita pour les observer, tous les deux ; elle sentait qu’un lien particulier unissait les deux hommes, aussi ne fut-elle pas surprise d’entendre le cavalier soupirer d’un air faussement désespéré :

- Tu ne changeras jamais, toi… Bon, suivez-moi, je vous conduis à la Citadelle, mesdames et messieurs ! Au fait, je suis Erlaëm Til’Assan, Frontalier.

Frontalier.

Syndrell sentit son cœur s’emballer dans sa poitrine, et lorsqu’elle croisa à nouveau le regard de l’homme, elle la sentit de plein fouet. Une formidable aura de puissance contenue, mêlée d’un sens inné de l’honneur et de la loyauté, le tout modulé en un respect fondamental qui dessinait un sourire franc et un brin charmeur sur son visage. D’emblée, elle le trouva sympathique, et c’est tout naturellement qu’elle inclina la tête.


- Enchantée ! lança-t-elle d’un ton pétillant de malice. Et merci de nous offrir un abri pour la nuit. Je suis Syndrell Ellasian.

Elle mentionnait si rarement son identité complète que la surprise lui fit battre des paupières un bref instant.

- Moi je m’appelle Lyke ! s’exclama joyeusement le garçon, heureux rien qu’à la perspective de dormir dans la Citadelle.

Syndrell le comprenait parfaitement. Elle-même sentait l’excitation poindre au creux de son être, fourmillement indescriptible qui faisait battre son cœur plus fort et rosissait subtilement ses joues. Elle leva les yeux et admira la bâtisse, écrasante de puissance et de simplicité. Elle avait hâte de la visiter…


__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Jeu 03 Juil 2014, 23:11

Une expression de surprise passa sur le visage de Lyke, avant d’allumer une myriade d’étoiles dans ses yeux.

- Je... Si, c'est son nom ! Comment tu le sais ? Tu la connais ? Tu l'as vue il n'y a pas longtemps ? Est-ce que tu sais où elle est, dis-moi !

Son ton était plein d’espoir aussi Éole baissa les yeux, légèrement confuse puisqu’elle ne savait rien de Kunst. La jeune femme avait été sa camarade pendant une courte durée, pas même un cours entier... avant de disparaître. La jeune fille ne l’avait jamais revue, elle était simplement amusée par ce jeu du hasard qui l’avait remise sur la route du garçon. ­

La jeune fille était sur le point de lui répondre quand un cavalier surgit, s’avançant à toute allure dans leur direction. Il échangea quelques paroles avec Darwen. Quelques paroles qui alluma un éclair de surprise dans les yeux de la jeune apprentie, avant de lui faire froncer les sourcils. Éole se demanda qui était Darwen, au fond. Il n’avait pas raconté le pourquoi il était là et, soudain, elle se demanda ce que faisait le jeune homme à la Citadelle. Était-il Frontalier ? Ou apprenti Frontalier ? Et Syndrell dans tout ça ? Ils semblaient se connaître, vu leur façon de se tutoyer, d’être ensemble et même, ils s’étaient présentés à elle, mais pas entre eux.

Uli ? Qui était Uli ? Certainement un Frontalier ou une Frontalière. Oui, elle ne savait pas grand chose de Darwen. Ni de Syndrell d’ailleurs, bien qu’elle ait déjà croisé cette dernière quelques années auparavant. Finalement... qui connait-elle vraiment ? Ange et Shalie ? Elle n’avait passé qu’un cours avec elles et elles n’avaient jamais vraiment parlé d’elles.

Éole se faisait toutes ses réflexions quand la voix du Frontalier la tira de ses pensées.

- Tu ne changeras jamais, toi… Bon, suivez-moi, je vous conduis à la Citadelle, mesdames et messieurs ! Au fait, je suis Erlaëm Til’Assan, Frontalier.

La jeune fille posa son regard de nuit sur l’homme. Bien bâti, il se tenait humblement sur son cheval, fier. Éole fut impressionnée par la stature de cet homme, par l’aura de noblesse et d’honneur qui émanait de lui, et pourtant, elle se sentait incroyablement en sécurité auprès de lui.

- Enchantée ! Et merci de nous offrir un abri pour la nuit. Je suis Syndrell Ellasian.

Syndrell... Ellasian donc ? Un sourire se dessina sur les lèvres d’Éole, qui avait la curieuse sensation d’avoir déjà entendu, ou vu, ce nom quelques part...

- Moi je m’appelle Lyke !
- Et moi Éole Létoile,
se présenta la jeune danseuse en souriant au Frontalier.

Tenant Bolshoï par la bride, Éole se mit en route, suivant l’étrange petit groupe qu’ils formaient. Vers la Citadelle. Un lieu mythique, peuplé de légendes en tout genre, le repère des Frontaliers, enfin. Ces soldats particuliers qui avaient pour but de protéger l’empire contre l’invasion raïs. Des soldats dont la réputation n’était plus à faire et dont les exploits, réels ou un peu moins, peuplaient les livres. Des livres qui, comme beaucoup d’autres, passionnaient la jeune fille.

Et c’est là qu’elle allait. Que lui réserverait ce lieu si particulier ? Y trouverait-elle des informations sur sa mère ? C’était possible. Si, depuis Al-Jeit, celle-ci était arrivée jusqu’aux frontières de glaces, elle avait pu passer par la Citadelle. Les Frontalier pourraient-ils en savoir plus sur elle ?

Éole leva les yeux vers l’imposant bâtiment qui se découpait sur l’horizon. Si les réponses à ses questions existaient, c’est là qu’elle les trouverait.

- Au fait Lyke, interpella-t-elle le jeune garçon, je n’ai pas eu le temps de te répondre... Oui je la connais...

La jeune fille laissa sa phrase en suspension quelques secondes, laissant planer un petit sourire mystérieux sur son visage. Lyke s’était retourné pour fixer Éole de ses grands yeux pleins de curiosité.

- Tu ne te souviens pas de moi ? Bon, en même temps on ne s’est pas vu très longtemps puisque, pendant que nous nous entrainions, tu es resté un petit coup avec Aléa, avant de partir vers l’Académie...

Éole s’arrêta soudain, des bribes de conversations émergeants de sa mémoire... C’était il y avait si longtemps.

~ * ~

- Je peux rester, dit? Je ne vous embêterais pas! Et je ne veux pas être un marchombre, pas tout de suite, je veux juste être avec ma maman! Aller, juste aujourd'hui!

~ * ~

- Tu ne t'approches pas des écuries lorsque tu es seul et s'il y a un problème, n'hésite pas à aller voir Syndrell ou n'importe qui d'autre, je peux te faire confiance ?

~ * ~

Syndrell ! Éole essaya de recoller tous les morceaux, sans parvenir à trouver de réelle logique.
Lyke était le fils de Kunst, une de ses première camarade de cours, quand elle suivait Aléa. Kunst et Lyke connaissait Syndrell... que Lyke pouvait aller voir en cas de problème puisque sa mère était avec eux pour le cours... Syndrell habitait près de l’Académie ? Ou alors...

Elle sentit qu’on lui tirait doucement la manche.

- Ouh ouh ! Tu t’es endormie debout ? Tu n’as pas fini ta phrase...

Éole jeta un coup d’œil à Syndrell avant de reporter son attention sur le garçon en lui souriant.

- Tu ne te souviens pas ? Quand tu as accompagné ta maman pour son premier cours. Aléa, c’était la femme rousse qui était... notre Maître. Moi, j’étais une jeune fille d’à peine seize ans. Et toi...

Elle lui adressa un clin d’œil.

- Toi tu n’étais pas plus haut que trois pommes et tu parlais d’un certain Jojo avec les regard pétillant. Tu sautillais de partout !

Un sourire se dessina sur le visage de Lyke.

- Mais oui je me souviens ! Aléa ne voulait pas me laisser venir avec vous... ajouta-t-il avec une moue boudeuse. Maman disait que j’étais trop petit pour rester avec vous, mais moi, je voulais devenir un marchombre !

Une petite lueur malicieuse brillait au fond du regard du garçon. Éole jeta un coup d’œil autour d’elle. Elle ne connaissait rien de Darwen et de Syndrell, même si cette dernière semblait le connaître depuis longtemps.

- Mais du coup, tu... tu l’as vu ? Tu sais où elle est ?
- Non bonhomme... Je suis désolée si je t’ai fais des faux espoirs. Je me souviens qu’elle a quitté le cours avant la fin, mais je ne l’ai plus jamais revue depuis...
- Oh...


De sa main libre, Éole serra les doigts de Lyke.

- Je suis sûre que tu vas la retrouver Lyke. Aie confiance.

Elle lui adressa un nouveau clin d’œil, accompagné d’un sourire confiant.

La Citadelle n’était plus très loin, mais l’esprit d’Éole était ailleurs. Syndrell Ellasian. Pourquoi ce nom avait-il une consonance si familière ?









[Ouiii ! J'avais trop hâte de continuer ce RP Razz et voilà ce que ça donne, en fouillant un peu dans un cours qui date d'il y a plus de 3 ans ! En fait Syn, Éole avait déjà entendu parler de toi avant de te rencontrer Razz le monde est petit xD ]

__________________________________________



"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
- Paul Valéry -

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Mar 08 Juil 2014, 11:46

[Désolée pour l'attente, mais Internet n'est toujours pas disponible chez moi !]



Erlaëm était descendu de son cheval, et, le tenant par la bride, il marchait devant le petit groupe, le conduisant à la Citadelle. 'Wen, les mains dans les poches de son blouson, avançait à ses côtés, la colère et la tristesse formant une boule dans sa gorge. Chacun des deux hommes était silencieux, et tous deux étaient conscients de la tempête intérieure qui faisait rage dans l'esprit de l'autre. Une sœur, une amie, était gravement malade – les rêveurs n'avaient pu que lui éviter de mourir – et celui qui avait voulu l'assassiner était peut-être encore dans la Citadelle, rempli d'intentions inconnues, et sûrement toutes plus mauvaises et dangereuses les unes que les autres... Serrant les dents et le poing, Darwen se promit une fois de plus qu'il le trouverait, ce Frontalier assassin, il le trouverait et, bien qu'il ne savait pas encore comment, il vengerait Uliwëne !

Le jeune homme ne prêtait qu'une oreille distraite à la conversation qui se déroulait derrière lui, mais quelques mots lui parvinrent, qui lui mirent la puce à l'oreille. L'Académie. Son premier cours. Maître. Marchombre ! Darwen tourna légèrement la tête, et il croisa le regard d’Éole, tandis que les mots s'assemblaient dans son esprit jusqu'à avoir un sens. La jeune femme était donc une marchombre elle aussi, et elle avait passé son premier cours déjà quelques années auparavant. Avait-elle terminé son apprentissage maintenant ? 'Wen détourna la tête, se mordant la lèvre inférieure. Il était en compagnie d'un Frontalier, d'une Maître marchombre et d'une autre marchombre accomplie, lui, le petit apprenti qui venait de terminer son premier cours quelques semaines auparavant... Il se sentit faible soudain, faible et inutile. Comment pourrait-il prétendre vouloir venger Uli ? Comment pourrait-il combattre Sharmal ? Et ensuite il prenait des grands airs devant le Seigneur des Marches du Nord lui-même... Ridicule. Il était tout simplement ridicule...

Alors qu'un sentiment de rage et d'impuissance l'envahissait, 'Wen sentit soudain la noirceur du loup y répondre, l'emplissant d'une autre sorte d'angoisse, encore. Non, pas maintenant... Il y avait trop de monde autour, il y avait Syndrell, son Maître, à qui il n'avait pas encore parlé de ce double animal ; il y avait Éole et Lyke, des inconnus encore, qu'il ne voulait pas effrayer ; il y avait Erlaëm qu'il connaissait depuis longtemps mais qui n'était toujours pas au courant... Et s'il se transformait maintenant, quand reprendrait-il forme humaine ? Avec les forêts enneigées tout autour, un environnement si familier au loup, ce dernier avait toutes les chances de rester en surface un bon moment... Pas maintenant ! Le jeune homme, les mains crispées et le cou tendu, sentit cette angoisse l'envahir tout entier, se matérialisant en sueur froide le long de son dos. S'il se laissait submerger par tous ces sentiments négatifs, c'était certain que le loup allait en profiter ! Il fallait à tous prix qu'il se calme, qu'il se concentre, qu'il pense à autre chose qu'à Uli, à l'assassin, à Sharmal, et au loup... C'est alors que les imposantes portes de la Citadelle s'ouvrirent pour laisser passer le groupe.

- Nous y voilà, s'exclama Erlaëm en direction de Syndrell, Éole et Lyke. Bienvenue chez les Frontaliers ! Hé ! 'Wen, qu'est-ce qui...

Le jeune apprenti voyait trouble, et il se sentit chanceler ; son frère de cœur le retint en lui serrant l'épaule. Darwen se redressa péniblement, une main sur le visage.

- Tss, fait chier... me sens... pas bien...

- Il faut vraiment que tu te repose, maintenant, souffla Erlaëm avec un sourire triste. C'est ce que tu aurais dû faire en arrivant, au lieu de retourner immédiatement dehors...

Le jeune homme blond ignora le grognement qui lui répondit, et il appela une Frontalière qui arrivait vers eux d'un pas décidé pour les accueillir.

- Misha, tu peux accompagner 'Wen à sa chambre, s'il-te-plaît ? Il a besoin de repos.

La jeune femme – sa sœur – avait le regard fermé, et des cheveux roux coupés courts dont les mèches folles encadraient un visage aux traits plus ronds que ceux d'Erlaëm, indiquant qu'elle était plus jeune que lui de quelques années. Elle acquiesça sans un mot et glissa un bras autour de la taille de Darwen, et sa tête sous le bras de l'apprenti ; puis elle s'éloigna lentement avec lui, montant les marches du grand escalier de pierre central.

Erlaëm les observa s'éloigner avec un soupir, puis il se tourna vers les compagnons de Darwen, s'adressant à eux d'une voix grave.

- Bien que je connaisse vos noms, j'ignore qui vous êtes et quels sont vos liens avec Darwen, mais je vous dois quelques explications concernant l'agitation qui règne ici, et dont vous allez être témoins. Cependant, vous êtes complètement étrangers à la Citadelle, à ma connaissance, et je me dois d'être prudent ; je resterai donc assez évasif.

Il planta son regard bleu dans celui de Syndrell. Il se méfiait surtout d'elle, car elle dégageait une aura particulière, différente de celle des Frontaliers, mais semblable en puissance contenue. De plus, il l'avait vue se mouvoir d'une manière assez remarquable, et il avait tout de suite compris qu'elle pouvait être dangereuse – et l'autre jeune femme, Éole, pouvait sûrement l'être aussi. Cependant, elles étaient venues en compagnie de Darwen, il n'y avait donc pas de raison qu'elles menacent la Citadelle... mais il s'agissait de rester prudent, comme il venait de le souligner.

- Un évènement grave s'est produit ici il y a peu de temps. Lors d'une attaque de Raïs, une Frontalière a été gravement blessée... par un sabre de Frontalier. Tout porte à croire qu'il y a un traître parmi nous, mais nous ignorons de qui il s'agit et quels sont ses desseins. Actuellement, nous sommes à sa recherche. Vous pouvez comprendre pourquoi j'étais réticent à vous accueillir dans la Citadelle...

Le Frontalier esquissa un petit sourire d'excuse, mais son regard était resté dur.

- Cette Frontalière, Uliwëne, qui a pu être sauvée in-extremis par des rêveurs, est ma sœur, et également celle de la jeune femme qui vient d'emporter Darwen avec elle. C'est aussi une... amie de Darwen. Voilà pourquoi il est plutôt dans un sale état...

Il resta silencieux un instant, le temps de faire digérer toutes les informations aux jeunes femmes, puis son visage s'éclaira.

- Nous avons assez discuté pour l'heure ! Je vais vous accompagner aux écuries, puis quelqu'un va vous attribuer une chambre. Détendez-vous un moment, on viendra vous apporter un repas chaud dans quelque temps – il continua avant que l'une des deux ne pose la question – J’essayerais de vous tenir au courant pour Darwen... et pour la suite. En attendant, reposez-vous bien, ajouta-t-il avec un clin d’œil.

Il n'attendit pas de réponse ou de question potentielle, et saisit la bride de son cheval avant de se diriger vers les écuries, le petit groupe sur ses talons.


***


- Tu n'as pas besoin de te mettre dans cet état, 'Wen.

Darwen était assis sur le bord de son lit, le menton dans une main et des mèches de cheveux bruns voilant ses yeux. Il avait pris un bain brûlant et revêtu de nouveaux vêtements chauds, prêtés par Erlaëm : une chemise claire dont le col était à lacets, des bottes de cuir qui remontaient jusqu'à ses genoux, et dans lesquelles bouffaient un pantalon de couleur sombre. Il garda la tête baissée et ne répondit pas alors que Misha, debout face à lui, venait de lui adresser la parole. La jeune femme soupira et décroisa les bras avant de s'assoir aux côtés de l'apprenti.

- On est tous attristés par ce qu'à subit Uli, mais elle est guérie maintenant. Même si elle a encore de la fièvre, sa blessure est refermée, elle ne risque plus rien. Quant à ce traître, il n'y a pas à t'inquiéter, on va finir par le retrouver... et puis, après ce qu'il a fait, ça m'étonnerait qu'il tente quoi que ce soit de sitôt.

Elle s'approcha encore du jeune homme pour passer un bras autour de ses épaules, ignorant la tension qui s'empara alors de lui.

- Mais peut-être que c'est ton futur combat avec Sharmal qui t'angoisse comme ça... Ou bien ce loup qui menace ?

'Wen leva brusquement la tête vers elle pour plonger son regard dans des yeux d'un beau rose foncé, manquant de s'étrangler sous le coup de la surprise.

- Co... Comment es-tu au courant ?

Misha eut un sourire qui lui parut un peu étrange.

- Pour Sharmal ? Oh, tu sais, ça c'est vite répandu dans la Citadelle... ce n'est pas le genre de combat auquel on a l'habitude d'assister ici...

Une lueur de colère passa dans le regard de Darwen, et la jeune Frontalière parut se rengorger.

- Ne fais pas l'imbécile ! Comment es-tu au courant pour le loup ?
- Ah, ça... c'est Uli qui m'en avait parlé. Elle n'arrivait pas à garder ça pour elle toute seule, tu comprends ? Au début, ça lui faisait peur, elle en perdait même le sommeil... J'avoue que ça m'a surprise, mais, tu sais, c'est du pareil au même pour moi. Entièrement humain ou à moitié seulement, ça m'est complètement égal... Je t'aime comme tu es, 'Wen, ajouta doucement Misha avec un sourire tendre.

Le jeune marchombre s'était senti complètement perdu et excédé en entendant les paroles de la jeune femme. Ainsi, c'était Uli qui l'avait mis au courant ? Mais c'était impossible ! Elle lui avait promis de ne rien dire à personne, même aux membres de sa famille ! Et puis, il l'aurait su si elle avait eu si peur de lui... Il lui avait demandé plusieurs fois si ça ne l'angoissait pas, cette capacité à se transformer, et à chaque fois elle l'avait rassuré en lui affirmant que non, elle ne le craignait pas du tout. Après tout, c'était sous sa forme de loup qu'il lui avait sauvé la vie... Et puis Uliwëne était une Frontalière et une jeune femme fière et courageuse, elle n'avait peur de rien !

C'était la première fois que Darwen avait envie d'insulter sérieusement Misha, et même de la frapper, alors qu'il la considérait presque comme sa sœur, et qu'il ne l'avait pas vue depuis plus de deux ans – pendant lesquels elle avait bien changée d'ailleurs, autant physiquement que mentalement, puisque si elle était devenue une jeune femme magnifique, elle semblait aussi avoir complètement perdu sa timidité. Il avait la désagréable sensation qu'elle jouait avec ses sentiments, et qu'elle le prenait de haut. Elle venait d'introduire des doutes puissants dans son esprit, et il en venait à s'interroger sur la confiance qu'il avait mis en Uliwëne. Il voulut crier, se dégager du bras de la jeune femme, et partir en claquant la porte pour éviter de lui faire du mal. Mais sa dernière phrase, prononcée d'une voix douce, eut pour effet de le calmer aussitôt. Il lâcha un grognement pour toute réponse. Misha eut un petit rire avant de se lever, et déposa un baiser sur la joue de Darwen, piquée d'une barbe de trois jours.

- Eh bien, à plus tard monsieur le grognon ! Je vais te laisser tranquille, sinon Laëm va me tuer !    

Elle s'arrêta juste avant de passer la porte.

- Au fait, tes amis doivent être dans une chambre en ce moment. Tu veux que j'aille leur demander de venir te voir dans une heure ou deux ?

Darwen n'eut pas à répondre, car déjà quelqu'un arrivait...

__________________________________________


Loup:
 
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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Jeu 10 Juil 2014, 10:37

[Oui, amusant non ? D'autant que du coup, elles n'auraient jamais pu faire un quelconque rapprochement, étant donné qu'elles ont toutes les deux "changé" de nom xD Eole, je te laisse faire ce que tu veux avec Lyke, et quant à toi 'Wen, j'ai pris la liberté de surprendre un bout de conversation, donc si jamais quelque chose te déplaît, sonne-moi !]



- Bon ! C’est décidé, moi j’y vais.

Cessant de faire les cent pas comme une louve en cage, Syndrell s’éloigna du lit sur lequel étaient assis ses compagnons et posa la main sur la poignée de la porte. Presque aussitôt, Lyke se matérialisa à ses côtés. Il avait sur le visage cette fameuse expression têtue contre laquelle elle avait bien du mal à lutter.

- Tu vas voir Darwen ?
- Oui.
- Mais on n’a peut-être pas le droit !


Syndrell envisagea un bref instant d’inventer quelque chose pour que Lyke se rassure… mais Lyke n’était pas un garçon ordinaire, et à la réflexion, il valait mieux qu’elle soit franche. Alors elle planta ses yeux dorés dans les siens et lorsqu’elle répondit, sa voix se chargea d’une force incroyable.

- Je suis une Marchombre, Lyke. Et le respect que j’éprouve à l’égard des hommes et des femmes qui vivent dans cette Citadelle est immense, mais il n’égalera jamais la soif de liberté qui est la mienne.

Elle croisa le regard lumineux d’Eole et lui fit comprendre silencieusement qu’elle avait la charge de garder un œil sur Lyke, puis la jeune femme se coula hors de la chambre et disparut dans les ombres du couloir. Elle était déjà loin lorsque la porte de la chambre se referma, et fermement décidée à retrouver son apprenti, où qu’il soit ! Toute cette histoire ne lui disait rien qui vaille. Quel que soit le pétrin dans lequel Darwen s’était fourré, elle ne quitterait pas les lieux sans lui avoir donné un coup de main ! Il avait l’air d’en avoir bien besoin…




*




Le petit groupe se dirigeait tranquillement vers l’imposante Citadelle. Les yeux dorés de Syndrell étaient rivés sur elle. La marchombre avançait à gauche de Darwen, devant Eole et Lyke, mais cela ne l’empêchait pas de prêter attention à leur conversation. Les paroles de la jeune fille ne la surprirent guère, maintenant qu’elle savait que Kunst avait sans aucun doute un jour croisé sa route ; l’Académie était le lieu idéal pour que deux marchombres se rencontrent et c’était visiblement ce qu’il s’était passé.

En revanche, elle s’inquiétait que plus aucune des rares connaissances de Kunst ne sache ce qu’elle était devenue, et pourquoi elle avait brusquement disparu. Le mystère s’épaississait et plus le temps passait, moins Syndrell était tranquille. Elle commençait à craindre qu’il ne soit arrivé quelque chose de fâcheux à la mère de Lyke, et cette idée lui faisait mal au cœur : comment pourrait-elle seulement annoncer une mauvaise nouvelle à cet enfant ?

Til’Assan coupa court à ses sombres pensées en leur faisant franchir les énormes portes de la forteresse frontalière. Vagabond remua les oreilles et s’agita légèrement, excité par les odeurs des chevaux qui, à quelques pas d’eux seulement, recevaient les soins de leurs cavaliers respectifs. Syndrell glissa les doigts dans la crinière de son étalon, juste sous les oreilles, à un endroit où il était particulièrement sensible, et il s’apaisa aussitôt.


- Nous y voilà ! s’exclama Til’Assan en peinant à contenir sa fierté. Bienvenue chez les Frontaliers ! Eh ! ‘Wen, qu’est-ce qui…

Syndrell tourna la tête pour voir leur sympathique hôte glisser un bras secourable sous celui de Darwen. Le jeune homme était pâle comme un linge et elle se rendit seulement compte que durant le trajet jusqu’à la citadelle, il était resté étonnamment silencieux ; un signe pour le moins étonnant chez le véritable énergumène qu’il était !

Les paroles réconfortantes du frontalier achevèrent de confirmer ce que Syndrell pressentait : son apprenti n’allait pas bien. Elle étouffait un juron, pestant contre sa lenteur d’esprit et son manque d’observation, lorsqu’une jeune femme aux courts cheveux roux s’approcha d’eux. Ses traits étaient délicats et sa constitution plutôt mince, mais il suffisait d’un coup d’œil pour se rendre compte qu’un lien de parenté évident la liait à Til’Assan. Elle semblait un poil plus jeune que lui et Syndrell supposa qu’elle était sa petite sœur.

Ce fut elle – Misha – qui glissa un bras autour de la taille de Darwen pour le guider à l’écart.   Songeuse, la marchombre les suivit du regard jusqu’à ce que la voix grave et profonde de Til’Assan résonne dans la cour de la Citadelle.


- Bien que je connaisse vos noms, j’ignore qui vous êtes et quels sont vos liens avec Darwen, mais je vous dois quelques explications concernant l’agitation qui règne ici, et dont vous allez être témoins. Cependant, vous êtes complètement étrangers à la Citadelle, à ma connaissance, et je me dois d’être prudent ; je resterai donc assez évasif.

Son regard vif glissa à nouveau sur elle, et cette fois Syndrell accepta de se soumettre à l’avertissement subtilement dissimulé dans les paroles du frontalier : elle cligna doucement des yeux, preuve qu’elle avait capté le message, et encouragea par cette occasion Til’Assan à poursuivre, ce qu’il fit aussitôt :

- Un événement grave s’est produit ici il y a peu de temps. Lors d’une attaque de Raïs, une frontalière a été gravement blessée… par un sabre de frontalier. Tout porte à croire qu’il y a un traître parmi nous, mais nous ignorons de qui il s’agit et quels sont ses desseins. Actuellement, nous sommes à sa recherche. Vous pouvez comprendre pourquoi j’étais réticent à vous accueillir dans la Citadelle…

Syndrell attrapa une mèche bleue entre ses doigts et se mit à la tortiller pensivement. Ça, pour comprendre, elle comprenait ! Il n’y avait sans doute rien de pire, pour un bastion inexpugnable comme celui-ci, que de se sentir menacé de l’intérieur ; voilà qui expliquait la tension qu’elle avait perçue chez Til’Assan, et qui subsistait dans les regards scrutateurs que les Frontaliers, qui avaient brièvement cessé de s’occuper des chevaux, leur jetaient.

- Cette Frontalière, Uliwëne, qui a pu être sauvée in-extremis par des rêveurs, est ma sœur, et également celle de la jeune femme qui vient d’emporter Darwen avec elle. C’est aussi une… amie de Darwen. Voilà pourquoi il est dans cet état…

La façon dont il avait prononcé ce mot, « amie », n’échappa pas à la marchombre. Elle fronça les sourcils. Etait-ce pour elle que Darwen était censé affronter en duel ce dénommé Sharmal ? Elle ne connaissait pas la Citadelle – pas encore – mais elle avait bien sûr eu vent de la réputation de ses vaillants habitants, et surtout de l’honneur, concept si cher et fondamental au regard des Frontaliers… dans quelle histoire son élève s’était-il lancé ? Syndrell aurait voulu en savoir plus, mais Til’Assan semblait en avoir terminé avec les explications.

Sans plus attendre, il les entraîna vers les écuries, où Syndrell confia Vagabonds entre les mains d’un homme aux cheveux d’argents retenus en catogan. Puis on les conduisit jusqu’à leur chambre, une pièce vaste et spacieuse dans laquelle Eole, Lyke et elle pouvaient aisément loger sans se marcher sur les pieds. Lyke commença par en faire le tour avec curiosité mais Syndrell, qui pourtant était au moins aussi curieuse que lui, tourna un regard hésitant vers la porte de la chambre.

On avait beau leur avoir assuré qu’ils auraient très vite des nouvelles de leur ami, elle ne pouvait s’empêcher d’être inquiète. Et ennuyée d’être coincée ici, dans une chambre, alors que toute la Citadelle s’offrait à elle derrière un simple battant de bois. Elle soupira. Et commença à tourner en rond, refoulant son impatience en essayant de se rassurer. Bien qu’encore novice, Darwen était un garçon plein de vivacité et de surprises ; elle n’était pas franchement étonnée de constater qu’il était ici presque chez lui.

Mais cette histoire de traître mystérieux, de Frontalière blessée par un sabre ami et de combat pour l’honneur ne lui disait rien de bon. Il y avait quelque chose là-dessous, quelque chose de sombre et qui allumait un signal d’alarme dans son esprit. Il était temps de passer à l’action ! Et c’est ainsi qu’une demi heure plus tard, Syndrell s’élançait vers la porte, incapable d’attendre plus longtemps…


- Bon ! C’est décidé, moi j’y vais.




*




Où allait-elle ? Bonne question. Au début, la marchombre s’était perdue dans le dédale de couloirs qui se croisaient et s’entrecroisaient sans qu’elle n’ait la chance de tomber sur un plan des lieux. Mais la chance finit par lui sourire lorsque, au détour d’un escalier particulièrement sinueux, Syndrell reconnut l’odeur de Darwen, légère et musquée, et remercia ses formateurs de s’être acharnés à développer son sens de l’odorat quand elle travaillait pour le réseau d’espions de l’Empereur.

Silencieuse comme un chat, elle suivit sa poste olfactive jusqu’à une porte close. Non, pas entièrement : le battant avait été poussé mais trop vite et le verrou bloquait la fermeture du mécanisme, laissant un infime entrebâillement qui laissait filtrer un rai de lumière dans le couloir. Syndrell s’approcha doucement et leva la main pour frapper et annoncer sa venue lorsque la voix de Darwen s’éleva, extrêmement tendue. La jeune femme se figea aussitôt… et tendit l’oreille.


- Ne fais pas l’imbécile ! Comment es-tu au courant pour le loup ?
- Ah, ça... répondit une voix douce et jeune - Misha, probablement. C’est Uli qui m’en avait parlé. Elle n’arrivait pas à garder ça pour elle toute seule, tu comprends ? Au début, ça lui faisait peur, elle en perdait même le sommeil… J’avoue que ça m’a surprise, mais, tu sais, c’est du pareil au même pour moi. Entièrement humain ou à moitié seulement,  ça m’est complètement égal… Je t’aime comme tu es, ‘Wen.

Surprise, Syndrell recula légèrement. Que venait faire cette histoire de loup au milieu de celle, plus actuelle, d’un possible traître au sein de la Citadelle ? Sur le moment, l’incompréhension la plus totale se lut dans le regard de la jeune femme, mais en prenant une conversation au vol, il fallait s’attendre à ne pas en saisir tous les fils… Et puis soudain, elle comprit, au moment où un bruit de pas lui annonçait que Misha s’approchait de la porte.

Pour éviter d’être surprise en train d’écouter en douce, elle ouvrit elle-même le battant et se glissa souplement à l’intérieur de la pièce. Misha, la sœur d’Erlaëm Til’Assan, s’arrêta net en la voyant. Elle n’avait pas dû l’entendre arriver et cela la contrariait, aussi Syndrell leva-t-elle les mains en guise d’apaisement.


- Désolée, s’excusa-t-elle d’un ton qui laissait plutôt entendre le contraire, je ne voulais pas déranger mais…

Son regard flamboyant glissa vers Darwen. Il était assis au bord du lit et semblait en meilleure forme que lorsqu’il les avait quittés, même si ses yeux étaient cernés. Des yeux qui la fixaient d’une façon telle que Syndrell sentit son cœur s’emballer. Si elle avait raison, si elle avait bien compris ce qu’elle venait d’entendre, alors…

- Je peux faire quelque chose pour vous ?

Syndrell reporta son attention sur Misha. Elle était sur ses gardes, il n’y avait qu’à voir la façon dont elle se tenait.

- Pour moi non, merci, sourit la marchombre, mais pour mes amis, sans doute : ils ne savent pas très bien ce qu’ils ont le droit de faire ou de ne pas faire ici. Et Lyke est un garçon extrêmement curieux. Vous feriez bien de lui proposer une petite visite si vous ne voulez passer tout votre temps à le chercher partout…

Ironie du sort, c’était elle qui venait jouer les curieuses, mais en parlant de Lyke elle avait réussi à détourner l’attention de la Frontalière. Celle-ci hocha la tête.

- Je vais m’occuper de lui. ‘Wen…

La rouquine jeta un coup d’œil en direction de Darwen et sembla hésiter ; Syndrell eut l’impression qu’elle choisissait soigneusement ses mots lorsqu’elle s’adressa à lui dans un murmure :

- Sois prudent.

Elle disparut sans bruit, avec cette grâce presque inhumaine qui caractérisait les Frontaliers, et le silence s’installa dans la chambre. Syndrell s’adossa tranquillement au battant de la porte, croisa les bras sur la poitrine et observa son apprenti.

- Alors… commença-t-elle d’un ton léger. Qu’est-ce que c’est que cette histoire de duel ?

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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Mar 22 Juil 2014, 15:30

- Bon ! C’est décidé, moi j’y vais.

Éole posa son regard sur la jeune femme aux magnifiques cheveux bleus. Marchombre. Maître Marchombre même. Voilà où elle avait déjà vu, lu son nom : sur le panneau d’affichage de l’Académie. L’idée que cela faisait bien longtemps qu’elle l’avait rencontrée, sans jamais douter une seconde qu’elle appartenait à la même guilde amusait Éole. Le hasard des rencontres est parfois surprenant.

- Je suis une Marchombre, Lyke. Et le respect que j’éprouve à l’égard des hommes et des femmes qui vivent dans cette Citadelle est immense, mais il n’égalera jamais la soif de liberté qui est la mienne.

Le regard doré de Syndrell croisa le noir intense de celui de la jeune fille qui hocha la tête avec un petit sourire pour signifier qu’elle avait compris le message. Elle garderait un œil sur Lyke...

Ils se trouvaient dans une petite chambre très coquette de la Citadelle, où Erlaëm les avait emmener après avoir fait un détour par les écuries. L’impatience de la marchombre était justifiée : avant même d’avoir atteint les écuries, Darwen avait fait une sorte de malaise et c’est la sœur du Frontalier, Misha, qui l’avait emmené.

Erlaëm en avait profité pour raconter l’histoire dans les grandes lignes. Une Frontalière avait été grièvement blessée par l’un des leurs. Il s’agit d’une amie de Darwen, bien que, étant donné l’hésitation que l’homme avait eu à prononcer ce mot, il voulait en dire bien plus, et elle avait été sauvée de justesse par des rêveurs, d’où le sale état du jeune homme.

Éole ne savait plus trop quoi penser de tout cela et avait la désagréable impression d’être de trop... Le Frontalier en avait raconté juste assez pour éveiller sa curiosité et, comme Syndrell qui tournait en rond depuis une demie-heure, elle mourait d’envie d’en apprendre plus. Sauf qu’elle était loin d’avoir le cran de la marchombre qui venait de partir. Elle n’osait pas aller fouiller dans ces affaires qui ne la regardait pas... Le seul avantage de tout ce remue-ménage, c’était qu’elle ne pensait plus à sa mère.

- Dis Éole, tu te souviens de ma maman ? Elle était comment pendant le cours ?

La jeune danseuse sourit à Lyke. Kunst n’était pas restée très longtemps, comme Lunemria et Naïma, elle était très vite partie... mais oui, elle se souvenait toujours des quelques instants qu’elle avait partagés avec la jeune femme.

- Tu veux bien me raconter ? Si ce n’est pas top secret bien sûr !

Éole haussa les épaules.

- Bof... tu es grand maintenant non ? Et puis...

La jeune fille se pencha vers le garçon, un sourire malicieux sur les lèvres.

- Tu sais garder un secret non ?

Un immense sourire dévora le visage de Lyke.

- Oui oui oui !
- Donc, on a couru, puis Kunst t’a dit de partir rejoindre... Syndrell...

Éole raconta le début de son premier cours au jeune garçon, essayant d’y mettre le plus de détails possible, ceux qu’elle parvenait à se remémorer... Cela faisait quand même presque cinq ou six ans maintenant ! Lyke écoutait avec attention, posant parfois quelques questions auxquelles la jeune fille s’efforçait de répondre le plus précisément possible. Elle lui raconta le premier exercice d’endurance, où elle n’avait pas réussi à tenir, où elle avait demandé à Aléa de s’arrêter, à bout de souffle. Elle lui raconta la “course” dans le lac.

- C’est ta maman qui est arrivée la première au rocher.
- Ah ouais ?!

La jeune fille hocha la tête avant de continuer. Elle parla aussi de Lunemria, qui ne savait pas nager et qui refusait d’enlever sa capuche à cause d’une cicatrice, refus qui avait bien failli la faire couler.

- C’est quand on a commencé de plonger que ta mère est partie. Lunemria et Naïma sont parties les premières, et puis Kunst a suivi. Je ne sais pas pourquoi. Quelques secondes avant, elle semblait heureuse d’être là, enfin si je me souviens bien, et puis l’instant d’après, elle plongeait... mais pour regagner la rive. Elle ne nous a rien dit, elle est juste partie. C’est dommage, je suis sûre qu’elle aurait fait une super marchombre.

Éole adressa un clin d’œil au garçon qui souriait.

- Merci Éole. Merci de m’avoir raconté tout ça... C’est comme si je la connaissais un peu plus maintenant.
- Tu veux que je te dise un truc... Je ne connais pas très bien Syndrell, mais si il y a bien une personne au monde capable de retrouver Kunst, c’est bien elle !

Lyke sourit avant d’éclater de rire, bientôt suivi par la jeune apprentie.

- Éole... Tu n’as pas envie de visiter un peu la Citadelle toi ?

La mine qu’afficha Lyke la fit sourire... C’est vrai que cela faisait un moment que Syndrell était partie maintenant et qu’ils commençaient sérieusement à s’ennuyer dans cette chambre, aussi mignonne et douillette soit elle !
Un léger soupir franchit les lèvres de la jeune fille.

- Si...
- On va faire un tour ?
- Mmh... D’accord ! Mais tu ne diras pas à Syndrell que c’est moi qui t’ai obligé à venir hein !
- Non non, c'est promis !

Lyke sourit en bondissant sur ses pieds et prit la main d’Éole pour la tirer vers la sortie. Les deux jeunes gens sortirent donc de leur petite chambre et commencèrent à dériver au gré des nombreux couloirs. Il repérèrent les cuisines, une bibliothèque, une salle d’armes, de nombreuses autres chambres, avant de tomber nez à nez devant la jeune Frontalière qui avait emmené Darwen un peu plus tôt.

- Qu’est-ce que vous faites là ? demanda-t-elle, visiblement surprise de les trouver à errer ainsi dans les couloirs.
- Et bien, voyez-vous, nous visitons. On commençait à trouver le temps long dans notre chambre, répondit Éole en adressant un clin d’œil à la jeune femme, mais ne vous inquiétez pas, on n’a pas fait de bêtises !

Misha sourit et reprit les choses en mains.

- Et vous ne pensez pas qu’avoir un guide serait plus facile ?

Lyke et Éole sourirent de concert et partir à la suite de Misha. La Frontalière leur fit visiter la Citadelle dans ses moindres détails. L’endroit qui retint le plus l’attention d’Éole fut la Vigie... Enfin, les escaliers qui y menaient, puisque c’était la seule chose qu’elle avait pu voir. En effet, cette pièce particulière n’était accessible qu’aux dessinateurs, une espèce de porte ou de rideau d’énergie en condamnait l’accès.

- Tout le monde rêve d’y aller. De pouvoir contempler l’Empire dans toute sa splendeur. On dit que la vue est imprenable de là haut...

Le petit groupe était resté quelques minutes à fixer la porte avec envie, tentant d’imaginer Gwendalavir à porter de regard...

- Bon, je crois que je peux vous ramener vers Darwen. Il s’est réveillé et votre amie est avec lui. Je pense qu’ils ont fini de discuter et vous devez vous demander comment il va.

Éole et Lyke approuvèrent et Misha les conduisit jusqu’à la chambre de Darwen, où ils retrouvèrent Syndrell et le jeune homme dans un meilleur état, même si il ne semblait toujours pas au meilleur de sa forme.
En arrivant, la jeune fille leur sourit à tous les deux, n’osant pas poser les mille questions qui se bousculaient dans son crâne...

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Sam 26 Juil 2014, 11:39

...Syndrell s'était coulée dans la chambre, et malgré lui Darwen poussa un léger soupir de soulagement. Après cette entrevue peu agréable avec sa presque-soeur qu'il venait de retrouver, la présence de son Maître, quoique assez incongrue dans la Citadelle, le rassurait un peu et le ramenait à la réalité. Il avait presque oublié avoir amené Syndrell et Éole avec lui... Le jeune homme ne prêta qu'une oreille distraite à la conversation rapide entre Misha et la jeune marchombre ; il comprit seulement que cette dernière avait réussi à se débarrasser de la Frontalière, en la dirigeant vers Lyke et Éole, et un petit sourire étira ses lèvres.

- ‘Wen… Sois prudent.

Prudent ? Syndrell était son Maître, en quoi devait-il être prudent ? Darwen n'était pas tout à fait sûr de comprendre la jeune femme, et il choisit de hausser les épaules sans répondre. Après tout, Misha était consciente qu'elle venait d'être assez désagréable avec lui, il n'avait donc pas de remord à jouer encore à l'ours mal léché avec elle. Lorsqu'elle fut partie, l'apprenti marchombre se retrouva seul avec son mentor ; il comprit que les questions n'allaient pas tarder à venir... Et il ne se trompa pas.

- Alors… Qu’est-ce que c’est que cette histoire de duel ?

Darwen observa longuement Syndrell en retour, laissant planer le silence un bon moment. Un fin sourire finit par creuser sa joue, tandis que ses yeux clairs brillaient à nouveau. Après tout, il avait aussi choisi d'amener les jeunes femmes à la Citadelle pour qu'elles lui apportent leur aide... Il leur devait des explications avant toute chose. Il s'éclaircit un peu la gorge avant de commencer.

- Rien de bien important, en fait. Sharmal est un guerrier provocateur et bagarreur, il a jugé que je lui ai manqué de respect et m'a défié en duel...  N'importe quel Frontalier n'aurait pas agi de la sorte, mais cet homme ne m'aime pas et je le lui rends bien.

'Wen ricana doucement, et son regard brilla de colère.

- C'est un lâche de m'avoir imposé ce combat. Il sait bien que... je n'ai aucune chance...

Il serra les dents, tandis que la rage l'envahissait et faisait vibrer sa voix.
Non.
Strictement aucune chance...


- Mais selon les règles des Frontaliers, je ne peux pas m'y soustraire, ajouta-t-il lentement, la gorge nouée. Et puis il serra les poings, et haussa brusquement le ton : Comme si je n'avais que ça à faire ! Ce traître qui a voulu tuer Uli, il faut que je le trouve ! Je...

Les mots se bloquèrent dans sa gorge, et il baissa les yeux. Il fallait qu'il se calme, il était prêt à exploser. Mais l'impuissance et l'indécision sont des sentiments terribles... Oui, pour la première fois de sa vie peut-être, 'Wen ne savait vraiment pas quoi faire. Il y avait trop de choses en même temps, et il avait l'impression que toutes les issues étaient bloquées. Il avait toujours tout fait tout seul, et il n'aimait pas devoir se reporter sur les autres. Pas du tout. Mais cette fois, avait-il le choix ? Il leva un regard plein d'espoir sur Syndrell, et se mordit les lèvres. Elle était marchombre, certes. Et elle était son Maître. Mais elle ne connaissait sans doute rien de la Citadelle. Pouvait-elle seulement l'aider ?

C'est alors qu’Éole et Lyke arrivèrent à leur tour... 'Wen leur adressa un sourire maladroit. Ce n'était pas parce qu'il était en colère, contre Sharmal, contre le traître, contre Misha, et surtout contre lui-même, qu'il devait faire la gueule à tous les autres ! Même s'il avait l'impression d'en vouloir à la terre entière...





[Désolée, c'est court, mais je ne pouvais pas trop continuer sans vos réponses ! Wink]

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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Lun 28 Juil 2014, 10:53


Darwen ne lui répondit pas immédiatement. Il resta silencieux un bon moment, perdu dans ses pensées et dans le regard doré de Syndrell, comme s’il cherchait à se persuader de sa présence pour le moins incongrue entre ces murs imprenables. La marchombre accompagna volontiers ce silence, le dos appuyé contre le battant de la porte et les bras croisés. Elle aussi observait son apprenti. Une fraction de seconde avant que le creux d’un sourire ombre sa joue, elle vit ses épaules s’affaisser légèrement et un tout petit peu de tension quitter ses muscles.

- Rien de bien important, en fait. Sharmal est un guerrier provocateur et bagarreur, il a jugé que je lui ai manqué de respect et m’a défié en duel… N’importe quel Frontalier n’aurait pas agi de la sorte, mais cet homme ne m’aime pas et je le lui rends bien.

Le jeune homme eut un petit rire sardonique. Syndrell, elle, resta impassible.

- C’est un lâche de m’avoir imposé ce combat. Il sait bien que… je n’ai aucune chance…

Cette fois-ci, la marchombre eut un léger froncement de sourcils. Face à un guerrier de la stature et de la puissance d’Erlaëm Til’Assan, non, Darwen n’avait pas l’ombre d’une chance de remporter ce duel. Mais ce qui l’interpelait le plus, c’était la façon dont il évoquait cette réalité, avec une amertume teintée de regret et de honte ; cette négativité soudaine tranchait foncièrement avec l’optimisme joyeux de l’élève qu’elle connaissait à bien connaître, et cette idée ne lui plaisait pas beaucoup.

- Mais selon les règles des Frontaliers, je ne peux pas m’y soustraire. Comme si je n’avais que ça à faire ! Ce traître qui a voulu tuer Uli, il faut que je le trouve ! Je…

Darwen se tut et baissa la tête. Il ne vit pas la l’éclat de compassion traverser brièvement le regard de Syndrell face à sa détresse. Oh oui, elle savait très bien ce que l’on ressentait lorsque l’on était impuissant malgré l’urgence, et toutes les vies qui pouvaient être en jeu… La jeune femme pencha légèrement la tête sur le côté, observant son élève qui se débattait avec ses sentiments et ses émotions. Elle songea fugacement que cette Uliwën avait énormément de chance d’avoir un compagnon tel que lui.

Un compagnon qui s’était toutefois plongé dans de sérieux ennuis. Syndrell avait déjà eut un aperçu des capacités de Darwen, c’était un garçon bourré d’intelligence et d’audace, deux atouts considérables dans un combat, mais hélas trop futiles comparés à l’expérience et à la technique. Pour l’instant, Darwen ne possédait pas une assez longue expérience de la vie martiale pour avoir acquis les réflexes qui sauvent la vie. Quant à sa technique, elle était encore celle d’un novice, pleine de promesse mais hésitante et fragile… Sharmal n’allait en faire qu’une seule bouchée et il le savait pertinemment. Le regard de Syndrell se durcit. Ce n’était pas un duel, c’était une mise à mort !

Soudain, Darwen leva les yeux vers elle, des yeux qui brillaient d’espoir, qui brûlaient de vie. Syndrell soutint son regard et le sonda, chercha une quelconque trace de celui qu’elle soupçonnait de vivre sous cette image de garçon troublé, ne trouva qu’une question muette qui noua son ventre de peur et de bonheur tout à la fois : « peux-tu m’aider ? »

La marchombre ouvrait déjà la bouche pour lui répondre, lorsque des pas résonnèrent dans son dos, derrière le battant. Syndrell eut tout juste le temps de se décaler de la porte avant qu’elle ne s’ouvre, non pas sur un Frontalier mais sur une Eole vaguement confuse et un Lyke au sourire enchanté. Le garçon entra précipitamment dans la pièce et se mit à parler, tellement excité que les mots cascadaient sur sa langue et donnaient du fil à retordre à quiconque essayait d’en comprendre le sens :


- Syn, t’as tout raté, pourquoi t’es partie ! Eole et moi on a visité la Citadelle avec la gentille fille aux cheveux roux, c’était trop bien, il y avait des tas de cachettes secrètes – je n’ai pas le droit de les décrire hors de la Citadelle, sinon Misha a dit qu’il faudrait qu’elle me coupe la langue, mais bon, je pense qu’elle plaisantait un peu – et puis on a vu la Vigie ! Enfin non, on ne l’a pas vraiment vue, il faut être un Dessinateur pour pouvoir monter là-haut, nous on est restés en bas mais tu sais quoi ? J’ai presque réussi à imaginer la vue qu’on peut avoir ! Et puis en repartant, on a vu des frontaliers qui s’entraînaient dans la cour, c’était trop impressionnant ! Ils se battaient presque aussi bien que toi et Dolce, je me demande même s’ils ne sont pas plus puissant que des ma...

Avant qu’il ne prononce le mot, Syndrell avait bougé. Si vite que son geste sembla presque flou lorsqu’elle se glissa derrière Lyke pour plaquer une main sur ses lèvres avec autorité.

- Repos, soldat ! Tu nous feras ton rapport un peu plus tard, sinon mon pauvre cerveau risque d’exploser sous la pression de toutes ces informations…

Elle leva les yeux pour croiser le regard de Misha, et la Frontalière la jaugea un bref instant, cherchant une fois de plus à percer le mystère qui entourait la marchombre. Elle finit par détourner les yeux, et Syndrell se promit de se réserver un petit moment en tête à tête avec Lyke pour remettre certaines choses au clair à propos des secrets de sa guilde… Dans ses bras, le garçon hocha la tête – il avait compris son erreur – et se dégagea souplement de son étreinte pour s’approcher du lit.

- Tu vas mieux ? demanda-t-il à Darwen.

Convaincue qu’il ne risquait plus de commettre une bévue, Syndrell se tourna vers Eole et sourit. Le ravissement pour le moins énergique de Lyke se retrouvait dans ses yeux, scintillement d’admiration qui cohabitait toutefois avec l’ombre de l’incertitude ; la jeune femme sentait qu’il se passait quelque chose, que ce duel dont Erlaëm leur avait parlé était malsain.


- Merci de t’être occupé de lui, dit-elle en désignant Lyke d’un geste du menton.

Elle détailla un bref instant le visage délicat d’Eole et sourit à nouveau. Les prochaines heures s’annonçaient difficiles, mais elle était sincèrement heureuse que la jeune femme soit ici avec eux. Il ne s’agissait pas seulement d’une connivence naturelle entre deux marchombres ; Eole représentait plusieurs souvenirs terriblement importants, celui d’une rencontre avec un certain Envoleur aux cheveux verts, et de moments partagés avec Kunst… Puis le visage de Syndrell redevint grave et elle posa son regard doré sur Misha.

- Quelles sont les règles de ce duel ? demanda-t-elle. Existe-t-il un recours ?

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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Lun 28 Juil 2014, 16:24

Darwen avait l'air d'aller mieux. Oh, il n'était pas encore au meilleur de sa forme et il semblait préoccupé, mais il avait repris des couleurs depuis que Misha l'avait emmené après son malaise.

Eole n'avait pas eu le temps de passer la porte que Lyke s'était précipité vers Syndrell, racontant sa visite de la Citadelle dans les moindres détails. L'enthousiasme garçon fit sourire Eole. Mais la marchombre aux cheveux bleus dut intervenir pour faire cesser le flot de mots qui sortait de la bouche de Lyke avant que ce dernier ne dise une bêtise.

- Repos, soldat ! Tu nous feras ton rapport un peu plus tard, sinon mon pauvre cerveau risque d’exploser sous la pression de toutes ces informations…

La jeune femme se tourna ensuite vers Eole et lui sourit. Sourire que la danseuse lui rendit.

- Merci de t’être occupé de lui.
- Il n'y a pas de soucis, ça me fait plaisir de passer un peu de temps avec lui, après toutes ses années.

Oui, Eole était contente d'avoir revu le garçon, même si elle n'avait jamais vraiment fait connaissance avec lui. Elle ne l'avait pas vu plus de quelques minutes. Il lui rappelait des souvenirs... son premier cours, Aléa, ses premières camarades. Il lui rappelait que ls années avaient passé, que les choses avaient changé. Elle était avec Pia désormais, et Ange et Shalie étaient trsè différentes de Kunst, Lunemria et Naïma. Elle aussi avait beaucoup évolué.
Elle n'était pas triste en repensant à tout cela, non, elle aimait juste parfois se remémorer les bons souvenirs, jeter un coup d'oeil au chemin qu'elle avait parcouru pour devenir ce qu'elle était aujourd'hui. Cela lui donnait encore plus envie d'aller loin, d'apprendre plus et de découvrir de nouvelles choses.

- Quelles sont les règles de ce duel ? Existe-t-il un recours ?

La voix de Syndrell ramena la jeune fille à la réalité. Darwen, le Citadelle, les Frontaliers, la blessure d'Uli, le traître et le duel. Rien que le mot en lui même la faisait frissonner. Les mines graves et préoccupées de Syndrell et de Darwen n'auguraient rien de meilleur.
La jeune fille n'avait pas tout compris à cette histoire de duel, mais elle voyait bien que la situation était grave... Et que Darwen n'était pas en très bonne posture... N'osant rien ajouter, Eole attendit la réponse du jeune homme, soucieuse.

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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Jeu 07 Aoû 2014, 15:44

Le flot de paroles qui sortit de la bouche de Lyke envahit soudain toute la pièce, et Darwen releva les yeux vers le garçon complètement excité. Éole et lui avaient donc rencontré Misha qui leur avait gentiment fait visiter la Citadelle. Une attitude assez étrange de la part de la jeune femme, qui avait bien d'autres préoccupations sur le moment. Surpris par ce geste, l'apprenti marchombre posa un regard étonné sur la jeune femme rousse, un regard encore empreint d'une légère colère envers elle. La Frontalière lui renvoya un petit sourire, moqueur et tendre à la fois, et Darwen fronça les sourcils. Non, vraiment, il ne comprenait pas son attitude, depuis qu'il l'avait revue. Qu'avait-donc-t-elle derrière la tête ?

L'intervention de Syndrell le tira de ses pensées. Sa tirade pleine d'humour lui réchauffa un peu le cœur ; ça faisait du bien de savoir que la petite marchombre aux cheveux bleus était là, avec lui. Le jeune homme intercepta le regard qu'elle échangea avec Misha, sans le comprendre vraiment. Il avait la sensation que les deux jeunes femmes se méfiaient l'une de l'autre. Une méfiance justifiée pour Misha, mais pour Syndrell ? Mais peut-être se trompait-il. C'est alors que Lyke s'approcha de lui, lui demandant avec un immense sourire s'il allait mieux. Darwen lui sourit. Le garçon avait encore les yeux pétillants d’excitation ; il fallait avouer que ce n'était pas très courant que des inconnus entrent ainsi à la Citadelle, et encore moins un jeune garçon !

- Oui, bonhomme, ça va beaucoup mieux, répondit l'apprenti avec un clin d’œil. Je vois que tu te  plais beaucoup, ici.
- Oui, et c'est grâce à toi que je suis là ! s'exclama Lyke joyeusement.

Darwen réalisa soudain ce que signifiait les paroles du garçon. Il l'avait amené dans la Citadelle, alors qu'un assassin s'y baladait sûrement et que la plupart des Frontaliers étaient complètement à cran... Vraiment, il ne faisait qu'enchaîner les gaffes ! Ce n'était pas grâce à lui, mais à cause de lui que Lyke allait se retrouver mêlé à toutes ces histoires ! Mais quel con !

Misha avait croisé les bras sur sa poitrine et se tenait sur sa jambe droite, le pied gauche appuyé nonchalamment contre le bois sombre de la porte. La Frontalière avait observé toute la scène sans un mot, le regard attentif, comme si elle voulait montrer qu'elle était maître de la situation. Il y avait en effet quelque chose dans son attitude qui faisait penser qu'elle se savait chez elle, et par conséquent se sentait supérieure aux autres personnes présentes dans la chambre. Mais ce n'était peut-être qu'une façade visant à dissimuler ses doutes et ses soupçons, notamment concernant Syndrell. Cette dernière se tourna de nouveau vers elle, son regard doré vibrant de sérieux.

- Quelles sont les règles de ce duel ? Existe-t-il un recours ?

Darwen sentit son cœur se serrer. Un recours... Non, il ne voyait vraiment pas. A moins que Til'Illan, le Seigneur des Marches du Nord, n'interdise le duel, peut-être. Le jeune homme ne savait même pas si cela était en son pouvoir. Peut-être que les règles de vie des Frontaliers dépassaient ce pouvoir... Misha eut un petit rire, sûrement à cause de la nervosité.

- Concernant les règles du combat, ce n'est pas bien compliqué. Tout d'abord, celui qui a été provoqué en duel ne peut s'y déroger, par aucun moyen. C'est une question d'honneur. Mais ça, je crois que vous l'avez déjà compris, ajouta-t-elle en plongeant un regard impénétrable dans celui de la marchombre. De plus, et ça me semble évident, les combattants ne peuvent recevoir aucune aide extérieure. Elle appuya bien sur le mot "aucune". Enfin, des Frontaliers doivent se battre avec leurs sabres... – elle jeta un coup d’œil à Darwen – ...mais 'Wen n'a pas choisi d'être des nôtres, et par conséquent il a le choix de son arme.

Le choix de son arme ? Mais avec n'importe quelle arme, il ne pourrait jamais ne serait-ce que tenir tête à Sharmal ! Un sabre lui serait aussi utile qu'un bouquet de fleur face à lui ! L'apprenti grimaça, mais se garda bien du moindre commentaire.

- Quant à un recours...

Misha laissa volontairement planer quelques secondes pendant lesquelles elle fit mine de réfléchir. Elle observa tour à tour Darwen, Lyke, Éole, et son regard vint se planter dans les yeux de Syndrell.  Un regard qui semblait triste au premier abord, mais résolu. Et, sûrement, un regard traversé par une lueur de défi...

- ...Non, vraiment, je ne vois pas.


***


Le soleil commençait à disparaître à l'horizon, et le petit groupe évoluait dans un large couloir baigné d'une lumière orangée entrant par de hautes fenêtres, dans le but d'aller prendre un repas, lorsque les pas de Sharmal croisèrent les leurs. Darwen surprit une vague lueur étonnée dans le regard du Frontalier lorsqu'il aperçut Éole, Syndrell et Lyke marcher aux côtés du jeune homme et de Misha. Il n'avait pas du être mis au courant de leur arrivée, ce qui n'était pas vraiment étonnant vu que la Citadelle avait d'autres chats à fouetter qu'eux. Mais bien vite, l'homme se reprit et un sourire mielleux, à la limité du mauvais, étira ses lèvres tandis qu'il reportait sur regard sur l'apprenti marchombre.

- Tiens, Darwen, je te cherchais justement. Nous ne nous sommes pas encore mis d'accord sur les conditions de notre duel...

'Wen jeta un coup d’œil à Misha, mais la jeune femme rousse demeurait indéchiffrable. N'avait-elle donc pas l'intention de l'aider un peu ? Soupirant bruyamment pour signaler à Sharmal que sa présence n'était vraiment pas désirée, le métamorphe afficha un rictus carnassier en vrillant un regard glacial, presque dégouté, dans les yeux rieurs de son ennemi. Surtout, ne pas lui montrer que t'as la trouille.

- Demain. A midi dans la cour.

Sharmal laissa échapper un ricanement.

- Je vois. Enfin d'en finir vite, pas vrai ? Remarque, je te comprends, ça risque de n'être pas très agréable comme moment. Pour toi, j'entends, crut-il bon de souligner avec un large sourire.

Répugnant. Darwen préféra jouer la carte du silence, mais il ne put s'empêcher de serrer les poings. Bon, autant ne pas s'éterniser ici. Il fit deux pas en avant, mais se retrouvant à la hauteur de Sharmal celui-ci l'arrêta en posant une main gantée de cuir sur son épaule.

- Une minute, petit.

Petit. Darwen se dégagea vivement avec un grognement. Son regard passa sur le visage buriné du Frontalier, et il sentit la colère enfler d'un cran lorsqu'il vit qu'il rayonnait. Provocation, clamaient son regard de renard, son nez d'aigle et ses pommettes saillantes. Humiliation, criaient sa bouche souriante aux lèvres épaisses, les plis au coin de ses yeux noirs et sa barbe poivre et sel finement taillée. Oui, c'était cela. Il voulait l'humilier devant tous les autres, et montrer son indéniable supériorité face à lui. Lui faire comprendre qu'il n'était qu'un ver de terre, et qu'il devait s'écraser devant sa puissance et sa domination. Mais putain, tu vois pas que tu t'enfonces, Sharmal ? Montrer ta puissance face à un apprenti marchombre ? Mais tu n'as même pas besoin de moi pour te ridiculiser en public, bravo ! C'était le genre de pensées que le jeune homme s'imposait pour ne pas perdre la face. Et puis, il avait raison, non ?

- Tu as oublié quelque chose. Je me battrai en Frontalier, avec mon sabre. Mais toi, quelle arme choisis-tu ? Un sabre, un poignard ? A moins que tu ne préfères me défier à mains nues... Je ne sais quelles surprises me réserve ton entrainement marchombre...

Darwen frissonna lorsqu'il vit que le regard moqueur de Sharmal l'avait quitté pour se poser sur Syndrell, qu'il détaillait de haut en bas avec un léger sourire supérieur. Quoi, il avait compris qui elle était ? En proie à sa surprise, il ne s'aperçut pas que le Frontalier s'était rapproché de lui jusqu'à pouvoir souffler dans son oreille, imperceptiblement pour ceux qui se trouvaient derrière le jeune homme :

- Peut-être même me feras-tu l'honneur de combattre sous ta forme de clébard ?

Éberlué, 'Wen se fit violence pour ne pas crier. Même cet enfoiré est au courant ! Mais me dites-pas que toute la Citadelle le sait !

- Non, juste Uli, Misha et moi, susurra Sharmal à son oreille comme s'il avait lu dans ses pensées.

'Wen grimaça. Uli. Ce fils de Raï l'avait appelé Uli ! Et comment savait-il alors, pour le loup ? Est-ce que c'était Misha qui... Non, c'est impossible. Mais tout était possible. Uliwëne l'avait bien dit à sa sœur, non ? Dans tous les cas, le Frontalier avait dépassé les bornes, et de loin. C'en était trop ! Si personne n'intervenait, il allait...

- Sharmal ! Arrête de le provoquer ! Votre duel n'est pas pour tout de suite, au cas où tu ne t'en souviendrais pas.

Le métamorphe se retourna immédiatement en entendant la voix féminine. Uliwëne arrivait derrière eux, faisait de plus petits pas qu'elle ne l'aurait voulu. Sa voix était dure et n'avait pas flanchée, mais elle avait la gorge enrouée, ce qui enlevait pas mal de force à ses paroles. Ses cheveux blonds étaient relevés en une haute queue de cheval et son regard rose pâle avait retrouvé de sa vigueur, mais elle ne se tenait pas tout à fait droite et son souffle était moins fluide qu'à l'ordinaire.

- Uli ! Qu'est-ce que tu fais là ? Tu devrais aller te reposer...

Darwen maudit sa voix qui avait flanchée à la fin de la phrase. La jeune Frontalière lui adressa un sourire, mais son regard restait dur.

- C'est gentil, 'Wen, mais je suis une Frontalière, et je sais comment je me sens. Et je peux te dire que ça va.

Elle adressa un large sourire à Lyke, Éole et Syndrell.

- Désolée d'être arrivée comme ça. Je m'appelle Uliwëne Til'Assan, et vous ?

Elle attendit que le garçon et les jeunes femmes se présentent avant de leur souhaiter la bienvenue, et de s'excuser pour tous les évènements indésirables auxquels ils se retrouvaient confrontés ici. Sharmal décida de se retirer, sachant très bien que la question des armes pouvait tout aussi bien être réglée le lendemain. Il avait simplement eu envie de déstabiliser le gamin, le provoquer, le faire rager, lui mettre des doutes dans la cervelle. Et il avait parfaitement réussi. Il s'offrit même le luxe d'une dernière pique, dont il crut que seul Darwen pouvait entendre.

- Je vous laisse, gamin. Passe une bonne nuit en compagnie d'Uli, ce sera sûrement ta dernière...

Il eut le plaisir de voir que sa petite réplique avait eu l'effet escompté : le gosse était blanc comme un linge et lui jetait un regard empreint d'une haine prête à exploser à tout moment. Il décida que ce moment serait le lendemain, à midi dans la cour, et un petit sourire joyeux étira ses lèvres tandis qu'il s'éloignait du groupe, le regard glacé de Darwen collé à sa nuque...

Le jeune apprenti pensa lui aussi qu'il avait été le seul à entendre la dernière phrase de Sharmal, et ne fit donc aucun commentaire pour ne pas alerter les autres. Parce que c'était bel et bien une promesse de mort qui lui pendait désormais à la gorge... Il n'eût pas le temps de s'interroger sur la raison pour laquelle Sharmal lui en voulait à ce point – au point de vouloir le tuer ! – car Uliwëne venait de lancer à la cantonade un joyeux : "Oublions tout ça pour le moment, et allons donc manger !" Sans attendre, la jeune femme attrapa le bras de son ami avec autorité pour l'entrainer à sa suite, le reste du groupe sur leurs talons.


***


Ils se trouvaient à présents dans une pièce assez spacieuse et chaleureuse, où brûlait un bon feu de cheminée. De larges fenêtres donnaient vue sur la cour de la Citadelle, en contrebas, sur laquelle la nuit avait déployée son long manteau sombre. La grande table de chêne à laquelle ils étaient attablés comptait de nombreux plats chauds et forts appétissants, mais 'Wen n'avait pour ainsi dire pas très faim, et avait légèrement reculé sa chaise de la table. A sa droite, Lyke goûtait volontiers à tout, et le jeune homme sourit en le voyant de si bonne humeur. La présence du garçon avait quelque chose de réconfortant.

Éole et Syndrell étaient assises à côtés de Lyke, et semblaient en bonne discussion avec Uliwëne et quelques autres Frontaliers et Frontalières qui les avaient rejoints pour le repas, dont Erlaëm. Darwen constata qu'il n'y avait que des jeunes présents dans la salle – tous avaient moins d'une trentaine d'années – ce qui lui rappela avec un brin de nostalgie les veillées à la Citadelle, lorsqu'il y habitait. Plongé dans ses pensées, il dut faire répéter trois fois sa phrase à Misha, assise à sa gauche, avant qu'il ne lui prête attention.

- Qu'est-ce que tu disais ?
- Que tu étais un solitaire doublé d'un grognon ressassant des idées noires, sourit la jeune femme, et je rajoute : triplé d'un ivrogne sourd comme un pot. Tu ne manges rien et tu ne parles pas, mais est-ce que tu t'es rendu compte de la quantité d'alcool que tu as ingurgité depuis tout à l'heure ? J'en connais qui ne t'observent pas d'un bon œil...

Elle désigna du menton Eole et Syndrell. Apparemment, elles avaient beau bien s'entendre avec leurs hôtes, elles semblaient garder un œil sur lui. Darwen eut même l'impression que son Maître hésitait à intervenir. Le jeune homme baissa les yeux sur le petit verre qu'il tenait dans la main, rempli au quart d'une excellente eau de vie à la mirabelle.

- C'est seulement mon deuxième verre, marmonna-t-il. Et ils sont minuscules...
- Peut-être, mais ce n'est pas seulement de la bière, soupira doucement Misha. Tu devrais penser à arrêter, je te rappelle que tu as quand même un combat à disputer demain... faudrait pas que tu t'y rendes avec la gueule de bois quand même !

Le métamorphe scrogneugna quelque chose à propos de l'imbécile qui avait posé sur la table cette eau de vie, bah quoi il fallait pas me tenter aussi, après c'était ma faute nan mais et puis quoi encore hé, bordel, mais après avoir vidé son verre il le reposa résolument sur la table. Se tournant vers la jeune femme rousse, il planta un regard curieux sur elle tandis qu'un léger sourire creusait sa joue.

- Ce n'était pas ce que tu me demandais juste avant, n'empêche.

La Frontalière sourit.

- En effet. Quelque chose m'a intriguée dans les paroles de Sharmal tout à l'heure...
- Oh non, encore lui...
- Désolée. Il a parlé de ton entrainement marchombre.
- ...
- Ça, je le savais déjà. C'est pour rejoindre les marchombres que tu nous as quittés... Darwen crut entendre une note triste dans la voix de sa presque-soeur. Mais en disant ça, il a regardé la fille aux cheveux bleus qui t'accompagne, là...
- Syndrell, grogna 'Wen avec un regard noir.
- Oui, Syndrell, excuse-moi. Eh bien...
- Vas-y, accouche.
- C'est elle ton Maître, n'est-ce pas ? Je ne sais pas comment Sharmal l'a su mais maintenant, ça me paraît évident.

Darwen ne répondit pas, mais le coup d’œil qu'il jeta à Syndrell pour voir si elle avait entendu leur conversation conforta Misha dans son idée.





[Désolée pour l'attente, je cherchais des idées pour la suite x) Je m'arrête là quand même, pour vous laisser jouer un peu Razz]

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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Jeu 07 Aoû 2014, 20:13

[Ben... du coup... me suis un peu emballée >.< Donc si quoi que ce soit gêne l'un d'entre vous, qu'il me fasse signe, hein ! Mais si je suis la logique frontalière, si Sharmal accepte, il est obligé d'affronter Syn avant Darwen... c'est le seul échappatoire que j'ai trouvé (pas tellement envie qu'il arrive quelque chose à cette tête brûlée de 'Wen, moi : la seule qui ait le droit de lui tape dessus, ici, c'est moi ! Namého !]





Pas de recours, évidemment. Syndrell s’y était attendue, même si elle ne connaissait que très peu de choses à l’égard des Frontaliers, elle se souvenait de rares paroles de Miss à leur sujet – et à propos de leur incommensurable sens de l’honneur. Un Frontalier qui s’engageait dans un combat n’avait aucun moyen de s’en défaire, tout simplement parce qu’il n’en voyait pas l’utilité…

Du coin de l’œil, elle observa la réaction de Darwen. Il faisait un effort pour ne pas laisser transparaître la moindre émotion, mais son visage avait pâli et lorsque Misha aborda le chapitre des armes, il ne put retenir une grimace. Syndrell se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas laisser échapper un soupir désespéré. C’était bien ce qu’elle craignait : son élève avait trouvé le moyen de se fourrer dans de sérieux ennuis.

Elle se dit qu’elle ne pouvait pas lui en vouloir. Après tout, il agissait par loyauté envers son amie blessée, et elle le connaissait assez bien désormais pour comprendre que son sens de l’honneur était au moins aussi prononcé que celui de n’importe lequel de ces Frontaliers ! Mais cela ne changeait rien à la situation, et celle-ci était de plus en plus sombre. Il fallait absolument qu’elle parle à Darwen, seule à seul.

C’est alors que Misha leur proposa de les accompagner dans la salle des banquets, où un repas les attendait. Un instant, Syndrell envisagea d’en profiter pour attirer son apprenti à l’écart, mais la pâleur de ses traits la convainquirent de n’en rien faire : Darwen avait besoin d’ingérer quelque chose de solide afin de reprendre du poil de la bête. La marchombre prit une mine songeuse en réalisant ce que pouvait signifier cette métaphore.

Elle suivit le groupe en silence. Lyke, qui marchait en tête du convoi à côté de la belle Misha, lui jeta un regard interrogateur par-dessus son épaule ; elle le rassura d’un hochement de tête. Ils s’engagèrent dans un couloir immense et lumineux mais, plongée dans ses pensées, elle prête à peine attention à la facture remarquable des colonnes de pierre blanche qu’ils croisèrent. Son esprit la ramenait sans cesse dans le parc d’Al-Chen, ce fameux soir où elle avait trouvé Erwan ivre mort.

Elle se souvenait parfaitement des conséquences de l’alcool mêlé à la colère et à la tristesse. Tout en marchant, elle caressa distraitement la manche de son bras gauche, à l’endroit où les griffes du Jaguar avaient entamé sa peau. Instinctivement, son regard doré glissa vers Darwen, et elle sentit son cœur s’emballer. Se pouvait-il réellement que… Non, elle devait se faire des idées. Entre Erwan, Ylléna et désormais Dil, elle voyait des métamorphes partout !

Mais la conversation qu’elle avait surprise entre Misha et lui laissait pourtant très peu de place au doute. Perplexe, Syndrell se promit de trouver un moyen pour discuter de tout cela avec le principal intéressé. Si elle avait raison, si ce qu’elle pressentait était juste, cela ne signifiait pas que Darwen était sorti d’affaire. Au contraire, cela ne pouvait qu’ajouter des problèmes à leur collection !

Ils venaient de parcourir la moitié du couloir lorsqu’un homme qui approchait en sens inverse s’arrêta à leur hauteur. C’était un Frontalier d’âge mûr, aux traits taillés à la serpe et au sourire sardonique ; au regard venimeux qu’il lança à Darwen, Syndrell l’identifia comme étant le fameux Sharmal. Et ses craintes grandirent aussitôt.

Car Sharmal était un tueur. Elle le lisait dans son regard aussi bien que dans sa façon de ses tenir – une garde très légère, presque imperceptible mais néanmoins efficace – et dans ses gestes, lents et puissants. Elle baissa les yeux, découvrit les cals de ses paumes, puis laissa remonter son regard vers la poignée du sabre qui dépassait de ses omoplates. Un tueur doué, plein d’assurance et d’animosité à l’égard de Darwen.

Lorsqu’il interpela son apprenti, Syndrell dut se faire violence pour rester immobile. Elle aurait volontiers mêlé son grain de sel à la conversation, ne serait-ce que pour pouvoir se placer physiquement entre Sharmal et Darwen, mais elle savait que ce n’était pas la bonne solution. D’abord parce que son geste ne ferait qu’empirer les choses, or ils n’avaient absolument pas besoin d’un nouvel incident pour l’instant. Ensuite, parce qu’ici Darwen était chez lui.

Il était davantage Marchombre que Frontalier, elle en était intimement convaincue depuis le premier instant où elle avait posé les yeux sur lui ; il n’en avait sûrement pas encore conscience, mais il avait déjà adopté la plupart des attitudes des Marchombres… Toutefois, c’était lui qui les avaient invités, Eole, Lyke et elle, à trouver refuge dans la Citadelle. Et il avait accepté le défi de Sharmal tout seul. Inquiète ou pas, elle devait respecter son choix autant que sa liberté. Même si c’était un effort qui lui coûtait…

Elle resta donc légèrement en retrait et en profita pour observer les autres membres du groupe. Misha était une Frontalière et son visage demeurait parfaitement neutre tandis qu’elle assistait à la scène. Mais Syndrell remarqua la raideur de ses doigts, crispés sur ses hanches, et elle ricana intérieurement ; non, elle n’était pas la seule à se faire du souci pour Darwen ! De son côté, Eole ne dissimulait pas son inquiétude. Elle ne connaissait pas le jeune homme depuis plus de quelques heures, mais elle aussi avait compris que cette histoire de duel n’annonçait rien de bon.

Quant à Lyke, il sentait que quelque chose ne tournait pas rond depuis un moment, et il eut l’intelligence de rester parfaitement silencieux. Soulagée, Syndrell reporta son attention sur les deux hommes. Apparemment, Darwen en avait terminé, car il fit mine de se remettre en route. Mais Sharmal semblait être d’un autre avis. Syndrell fronça les sourcils en le voyant poser une main autoritaire sur l’épaule de son apprenti. Il avait baissé le ton mais elle entendait tout de même ses paroles, dangereusement calmes.


- Une minute, petit. Tu as oublié quelque chose. Je me battrai en Frontalier, avec mon sabre. Mais toi, quelle arme choisis-tu ? Un sabre, un poignard ? A moins que tu ne préfères me défier à mains nues… Je ne sais quelles surprises me réserve ton entraînement marchombre…

Un signal d’alarme retentit dans l’esprit de Syndrell. Au même moment, Sharmal jeta un coup d’œil dans sa direction, bien trop appuyé pour qu’elle n’en devine pas la teneur. Levant le menton, elle lui rendit son regard avec un haussement de sourcils plus que suggestif, et fut ravie de lire un soupçon de confusion dans ses prunelles sombres – preuve qu’il ne s’attendait pas à une telle réaction de sa part.

Mais lorsqu’il reporta son attention sur Darwen, Syndrell soupira doucement. Cet homme était dangereux, et plus seulement parce qu’il menaçait la vie de son élève ; il connaissait l’existence des Marchombres. Cela ne lui disait rien qui vaille, et elle échangea un regard avec Eole. Elle se demanda ce que pensait la jeune fille de cette soudaine révélation, mais il lui était impossible d’en parler avec elle pour le moment.


- Sharmal ! Arrête de le provoquer ! Votre duel n’est pas pour tout de suite, au cas où tu ne t’en souviendrais pas.

Ce timbre rauque mais ferme les avait pris par surprise, et tous se retournèrent pour voir approcher une jeune femme aux cheveux blonds et au teint pâle. Sa ressemblance avec Erlaëm était plus frappante que celle de Misha, mais en la voyant Syndrell ne put s’empêcher d’écarquiller les yeux : Erlaëm était pas mal, Misha jolie mais cette fille était tout simplement magnifique. Sa démarche était gracieuse, presque aérienne tandis qu’elle avançait vers eux, et ses longs cheveux blonds, retenue en une queue, cascadaient dans son dos. Ses mèches captaient la lumière du couchant et semblait briller comme des langues de feu.

Elle avait d’immenses yeux rose, et ils se posèrent plus longuement sur Darwen lorsqu’elle s’arrêta près d’eux. Syndrell y lut une tendresse infinie, ainsi qu’un soupçon de colère et une très grande fatigue ; des cernes soulignaient son épuisement et creusaient ses joues. Elle était maigre et la légère crispation de ses traits trahissait une certaine douleur.


- Uli ! Qu’est-ce que tu fais là ? Tu devrais aller te reposer…

Darwen avait complètement oublié Sharmal. Il fixait Uliwëne avec une drôle d’expression sur le visage, comme s’il ne savait pas encore très bien quel émotion, entre la joie, la surprise ou l’angoisse, il devait choisir… Mais quoi qu’affaiblie, Uli semblait encore capable de faire ses propres choix toute seule.

- C’est gentil, ‘Wen, mais je suis une Frontalière, et je sais comment je me sens. Et je peux te dire que ça va.

La jeune femme se tourna ensuite vers eux et sourit. Elle était plus amicale que Misha, ce qui la rapprochait encore plus d’Erlaëm.

- Désolée d’être arrivée comme ça. Je m’appelle Uliwëne Til’Assan, et vous ?
- Je suis Lyke,
répondit aussitôt le garçon en s’empourprant comiquement. Et voici Eole et Syndrell.

Il était tombé sous le charme ! Amusée, Syndrell lança un regard significatif à son protégé, qui lui répondit en tirant la langue sans qu’Uli ne s’en aperçoive. La marchombre se promit de l’asticoter plus tard, et fit un pas en direction de la Frontalière.

- Je crois que c’est plutôt à nous d’être désolés de débarquer sans prévenir, dit-elle. Même si la Citadelle est le plus beau refuge qui soit lors d’une tempête de neige…
- Pour sûr, il n’y a pas mieux ! affirma Uliwëne. Vous tombez un peu mal à cause de ce qui se trame dans nos murs en ce moment, mais pour être honnête, je suis contente que vous soyez là. Il y avait longtemps que nous n’avions pas accueilli autre chose que des Frontaliers, ici…

De nouveau, son magnifique regard dériva en direction de Darwen, et Syndrell se demanda si cette raison était réellement la seule. C’est alors qu’un mouvement attira son attention. Sharmal s’en allait. Il s’arrêta un bref instant près de Darwen, et ce qu’il lui murmura n’aurait jamais dû être perçu par quiconque en dehors du jeune homme. Sauf qu’il semblait avoir oublié qui elle était, en dépit de ses belles paroles et de son regard indécent.

Darwen blêmit lorsque le Frontalier, en quelques mots aussi bien ajustés qu’une lame, lui envoya sa dernière pique. Pour ne pas se trahir, Syndrell feignit la plus totale indifférence, mais intérieurement, elle bouillonnait. Sharmal finit par s’éloigner, un sourire satisfait au coin des lèvres, et Uliwëne en profita pour entraîner le groupe vers un endroit plus calme.

C’était du moins ce que Syndrell s’était imaginée, mais en entrant dans la salle derrière Uli et Misha, elle comprit qu’en réalité, l’endroit était simplement plus serein, Sharmal n’étant plus dans les parages pour dégager de vilaines ondes ; car la pièce au centre de laquelle les attendait une longue table en bois sombre, somptueusement garnie de mets divers et variés, était remplie de Frontaliers dont les conversations semblaient très animées.

Cela ressemblait un peu au réfectoire de l’Académie, à case de l’ambiance simple et détendue qui tranchait curieusement avec celle, bien plus sérieuse, qui planait partout ailleurs dans la Citadelle. Et l’effet fut immédiat sur le petit groupe : chacun se détendit en entamant son repas, comme si la chaleur du feu qui dansait dans l’imposante cheminée et le brouhaha rassurant qui les entourait les éloignait de leurs ennuis.

Assise entre Lyke et Eole, Syndrell parvint à chasser momentanément ses sombres pensées. Elle commença par taquiner le garçon, en lui donnant un petit coup de coude dans les côtes tout en désignant Uli d’un geste du menton ; immédiatement, Lyke rougit et baissa les yeux, avant de lui envoyer un bon coup de pied sous la table. Le rire de la marchombre attira l’attention d’Erlaëm.


- Mince alors, remarqua-t-il en déposant une large tranche de viande sur son pain. Cette fille est presque aussi joyeuse que toi, Uli ! Elle est mignonne, tu trouves pas ? Tu crois que j’ai une chance de lui plaire si je lui fais la cour ?
- Et si tu lui posais directement la question, au lieu de te conduire comme un gamin malpoli en l’excluant de la conversation ?
sourit sa sœur, visiblement amusée.

Erlaëm s’empourpra presque autant que Lyke, et Syndrell éclata de rire. Puis elle décida que ce charmant Frontalier était bien trop touchant pour ne pas mériter qu’elle lui vienne en aide.

- En ce qui me concerne, j’ai été séduite dès le premier regard, Til’Assan ! lança-t-elle joyeusement – et tout à fait sincèrement. Et si mon cœur n’appartenais pas déjà à quelqu’un d’autre, je l’aurai ouvert pour toi sans hésiter !

Cette réponse sembla plaire à Erlaëm, et il hocha respectueusement la tête à son attention tandis qu’à sa gauche, Uliwëne échangeait un regard complice avec la marchombre. Syndrell appréciait cette femme, pleine de répondant et de gentillesse ; elle comprenait tout à fait que Darwen tienne autant à elle. Syndrell vida son verre – cette boisson était vraiment délicieuse… et probablement traître ! – et glissa un bras amical autour des épaules d’Eole.

- Toutefois, ajouta-t-elle à l’attention d’Erlaëm, il se trouve que je connais une personne tout à fait adorable et qui pourrait bien faire ton bonheur… Qu’en dis-tu, Eole ?

Le ton était celui de la plaisanterie, et Syndrell s’étonna un bref instant de cette proximité naturelle qui semblait s’être installée entre la jeune marchombre et elle, avant que son rire rejoigne celui des autres. C’est alors qu’elle entendit prononcer son nom, quelque part au beau milieu de toutes ces joyeuses conversations, et son regard glissa vers Darwen. Misha et lui étaient en train de discuter, et il n’était pas très difficile de deviner quel pouvait être le sujet de leur échange.

- C’est elle ton Maître, n’es-ce pas ? demanda la Frontalière. Je ne sais pas comment Sharmal l’a su mais maintenant, ça me paraît évident.

Darwen lui jeta aussitôt un coup d’œil perplexe, mais Syndrell se contenta de sourire. L’alcool qu’on leur avait servi diffusait une douce chaleur dans son corps, agréable et en même temps énergisante, et la jeune femme se rendit compte qu’elle avait besoin de s’amuser un peu.

- Ce doit être l’esprit de contradiction, dit-elle d’un ton amusé. Celui de Darwen est presque pire que le mien.
- Moui, et l'effronterie, aussi. A ce demander comment j'ai fait pour ne pas remarquer ça plus tôt !

Misha avait plissé les yeux. Il n’y avait pas d’animosité entre elles, mais un curieux besoin de se défier mutuellement. En face d’elle, Erlaëm et Uliwëne se renversèrent sur le dossier de leur chaise ; ils semblaient attendre la suite. Syndrell s’étira paresseusement, tout en faisant jouer ses muscles à la lumière des torches et du feu de cheminée.

- Et alors ? Qu’est-ce que cette révélation t’apporte ?
- A moi ? Rien…
- … mais ?


Misha hésita un bref instant. Son regard s’était assombrit et son ton était soudain plus grave – suffisamment pour interpeler Syndrell.

- Je ne sais pas si c’est une bonne chose que Sharmal soit au courant. Si j’avais su qui vous étiez avant…

Elle jeta un coup d’œil en direction de Darwen, et Syndrell devina aisément la fin de sa phrase : si elle avait su qu’une marchombre allait pointer le bout de son nez, elle ne l’aurait pas laissée entrer aussi facilement. Pas alors qu’ils avaient déjà suffisamment d’ennuis pour les tenir occupés. Mais il ne s’agissait pas d’un reproche, simplement d’une remarque qu’en bonne guerrier au sang froid, Misha laissait paraître dans un moment de détente évident.

- Je comprends.

Syndrell s’était mise à jouer distraitement avec une petite boulette de mie de pain qu’elle faisait rouler sur la table, entre ses doigts. L’alcool faisait briller ses yeux et lui donnait un air étrange, incroyablement mystérieux et inaccessible ; lorsqu’elle reprit la parole, son ton était toutefois parfaitement calme et doux.

- Mais moi je crois que c’est plutôt une chance que je sois arrivée au beau milieu de cette histoire. Je pense même que c’est pile poil le bon moment.

Elle leva les yeux au moment où Sharmal faisait son entrée dans la salle, de l’autre côté de la pièce. Un bref instant, elle croisa son regard où brillait un certain agacement de les voir là, tous ensemble alors qu’il avait espéré ruiner leur soirée. Puis un sourire se dessina sur les lèvres de la marchombre, qui se leva tranquillement et lança d’une voix forte :

- Sharmal, je te défie en combat singulier. Ici…

Un silence de plomb s’était écrasé brutalement sur la salle, anéantissant toutes les conversations et les bruits de couverts. Pas le moins du monde intimidée par le poids des regards posés sur elle, Syndrell croisa les bras sur la poitrine.

- … et maintenant.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Mar 02 Sep 2014, 18:13

Ce fut Misha qui prit la parole pour leur expliquer ce qu’il en était de ce duel... Au fur et à mesure qu’elle parlait, Éole voyait le nombre d’échappatoires se réduire considérablement et la situation lui semblait de plus en plus sombre...

Tout d’abord, Darwen ne pouvait pas éviter ce duel. “Question d’honneur”. D’honneur vraiment ? La jeune fille ne put retenir un léger sourire nerveux.Où était l’honneur dans le fait de provoquer en duel un jeune homme lorsqu’on était un guerrier entraîné qui faisait partie de l’élite ? Bref, il s’agissait de leurs codes et, même si elle ne les comprenait pas, il fallait bien faire avec.
Ensuite, aucune aide n’était possible pour les deux combattants. Bon, cela, c’était logique, sinon cela ne s’appellerait pas un duel.
Enfin, un Frontalier était tenu de se battre avec son sabre, mais Darwen n’en étant pas un - ah bon ? - il avait le choix de son arme. C’était peut-être le seul point “positif” de ce règlement particulier, au moins, il se battrait avec une arme avec laquelle il était à l’aise... Mais, au fond d’elle, la jeune fille sentait bien que ce n’était pas cela qui réussirait à faire la différence. Elle n’y connaissait pas grand chose, elle ne savait pas comment se débrouiller Darwen, mais elle avait déjà eu l’occasion de voir un Frontalier se battre et même si cela n’avait pas été le cas, leur réputation n’était plus à faire... Et puis, il suffisait de jeter un coup d’œil aussi bien au jeune homme qu’aux deux jeunes femmes de cette pièce pour comprendre que ces chances de réussites n’étaient pas très élevées.

- Quant à un recours...

Misha laissa planer le silence, fixant tour à tour ses interlocuteurs, s’attardant un peu plus dans le regard de Syndrell, avant de lâcher enfin cette phrase qui, aux oreilles d’Éole, sonna comme une sentence de mort...

- ...Non, vraiment, je ne vois pas.

~ * ~

Le Frontalier qui s’avança vers le petit groupe avec un sourire mielleux n’inspira rien de bon à la jeune danseuse. Il eut un instant d’hésitation en les voyant, mais se reprit rapidement, crachant ses paroles comme un serpent crache son venin, comme si il voulait empoisonner Darwen avant même de se battre. Éole observa l’homme... Ça, un Frontalier ? Lui, honorable ?

*Laissez-moi rire...*

Non, honorable il ne l’était certainement pas. Un homme d’honneur ne menacerait pas ainsi un apprenti - parce que même si il n’était pas apprenti Frontalier, il devait bien être apprenti quelque chose dans cette Citadelle non ? - un homme d’honneur, ne le défierait pas, ne chercherait pas à l’humilier en public, à lui montrer sa supériorité. “Petit”, il l’avait appelé. C’était bien pour lui prouver que c’était lui le plus fort non ? Et pourquoi un Frontalier aurait-il besoin de prouver qu’il est meilleur qu’un gamin qui devait avoir la moitié de son âge ? Où était donc l’honneur là dedans, messieurs de la Citadelle qui ne juriez que par cela ?
L’attitude de ce Sharmal irritait la jeune apprentie au plus haut point, mais elle se garda bien de le montrer, parce que s’il n’était pas honorable, il était dangereux. Il ne voulait aucun bien à Darwen, et Éole comprenait bien qu’il était dans une situation critique, aussi, au-delà du dégoût que lui inspirait le Frontalier, elle était surtout inquiète pour le jeune homme. Elle ne le connaissait peut-être pas depuis très longtemps, mais cela ne l’empêchait pas de l’apprécier et de se faire du soucis pour lui.

- Tu as oublié quelque chose. Je me battrai en Frontalier, avec mon sabre. Mais toi, quelle arme choisis-tu ? Un sabre, un poignard ? A moins que tu ne préfères me défier à mains nues... Je ne sais quelles surprises me réserve ton entrainement marchombre...

Éole retint de justesse un hoquet de surprise, se contentant d’ouvrir des yeux grands comme des soucoupes. Quoi ?! La jeune fille n’entendit pas la suite, Sharmal parlait trop doucement et elle, elle venait de plonger dans ses pensées pour tenter de recoller tous les morceaux.

Syndrell était maître marchombre. Lyke était le fils de Kunst, qui connaissait Syndrell - elle l’avait sans doute rencontrée à l’Académie - Darwen était donc... apprenti marchombre, comme elle - cela faisait beaucoup de marchombres d’un seul coup tout ça ! - et ce dernier avait l’air de très bien connaître Syndrell... Une Syndrell qui semblait prise d’affection pour le jeune homme, qui n’arrêtait pas d’échanger des regards de défi avec Misha et qui se sentait très concerné par l’histoire... Un apprenti, un maître...

*Par le feu du Dragon ! Syndrell serait-elle le maître de Darwen ?*

Éole reporta son attention sur la scène et son regard croisa celui de Syndrell justement. La jeune femme semblait plus que préoccuper par ce qui arrivait à Darwen.

*Et mais attend une minute... comment ce Sharmal peut-il être au courant pour les marchombres ?*

Voilà très certainement un autre problème... Comme si il n’y en avait pas assez ! L’inquiétude gagnait Éole qui voyait la situation s’aggraver toujours plus.

- Sharmal ! Arrête de le provoquer ! Votre duel n’est pas pour tout de suite, au cas où tu ne t’en souviendrais pas.

La voix la fit sursauter et Éole se retourna d’un bloc pour poser ses yeux noirs dans deux prunelles qui avaient la teinte d’un ciel de lever de soleil, du rose pâle de l’aube. La jeune femme qui avançait d’une démarche gracieuse s’adressa à Darwen avant de se tourner vers Lyke, Syndrell et Éole avec un sourire qui illuminait son doux visage, déjà éclairé par la longue cheveulure blonde qu’elle retenait en queue de cheval haute.

- Désolée d'être arrivée comme ça. Je m'appelle Uliwëne Til'Assan, et vous ?

Ni Éole ni Syndrell n’eurent le temps de répondre que Lyke les devança.

- Je suis Lyke, et voici Eole et Syndrell.

Elle rêvait ou les joues du garçons se teintaient gentiment de rose ? Un sourire amusée se dessina sur le visage de la jeune fille qui porta son regard sur Darwen. Ce dernier avait les yeux rivés sur la fameuse Uli avec une expression entre l’étonnement, la joie et l’inquiétude. Aucun doute que cette femme comptait beaucoup pour le jeune apprenti.

- Je crois que c’est plutôt à nous d’être désolés de débarquer sans prévenir, même si la Citadelle est le plus beau refuge qui soit lors d’une tempête de neige…
- Pour sûr, il n’y a pas mieux ! Vous tombez un peu mal à cause de ce qui se trame dans nos murs en ce moment, mais pour être honnête, je suis contente que vous soyez là. Il y avait longtemps que nous n’avions pas accueilli autre chose que des Frontaliers, ici…


Un sourire effleura les lèvres de la danseuse. Heureusement, tous les Frontaliers n’étaient pas comme ce Sharmal !

Ainsi donc, Uli était la sœur de Misha et d’Erlaëm. Oui, cela se voyait, il y avait bien un trait de ressemblance entre les trois. L’un d’entre eux était cette courtoisie à leur égard. Ils les avaient accueillis au sein de cette Citadelle, avec le sourire malgré l’agitation qui régnait... Eux correspondaient à l’image que la jeune fille se faisait des Frontalier, pas comme Sharmal, qui en était loin... et elle espérait qu’il soit bien le seul...

- Oublions tout ça pour le moment, et allons donc manger !

La voix enjouée d’Uliwëne tira Éole de ses pensées, lui arrachant un sourire. Bonne idée !

Uli entraîna le petit groupe dans une pièce spacieuse où brûlait un bon feu dans le foyer d’une cheminée près de la table en bois de chêne où ils s’étaient installés. La tension était redescendue d’un cran et l’ambiance était beaucoup plus sereine. Assise à côté de Syndrell, elle discutait avec Uliwëne et les quelques Frontaliers qui les avaient rejoint, dont Erlaëm, en souriant, en riant devant la mine empourprée de Lyke qui était tombé sous le charme d’Uli. La jeune fille fut soulagée de constater que Sharmal était en effet un exception parmi les Frontaliers : fort heureusement, ils n’étaient pas tous comme lui, loin de là ! Mais... il n’empêche, pas un seul n’avait tenté quoi que ce soit pour aider Darwen... Ils ne cautionnaient peut-être pas forcément ce duel, mais ils ne faisait rien pour l’empêcher non plus ! L’honneur... voilà leur excuse... Ces Frontaliers étaient bien sympathiques, mais Éole ne pouvait s’empêcher de rester sceptique, elle ne comprenait pas où était l’honneur à laisser un jeune homme se faire massacrer en public... Mais peut-être que quelque chose lui échappait, après tout, elle ne connaissait pas tout de cette Citadelle.

Elle jeta d’ailleurs un coup d’œil à Darwen, lequel était en pleine conversation avec Misha, un verre d’eau de vie à la main. Excellente cette eau de vie, soit dit en passant, Éole venait de finir son verre.

A côté d’elle, Syndrell était en train de taquiner Lyke, qui rougissait de plus belle, déclenchant le rire de la marchombre, arrachant un sourire à Éole et attirant l’attention d’un Erlaëm joueur.

- Mince alors, cette fille est presque aussi joyeuse que toi, Uli ! Elle est mignonne, tu trouves pas ? Tu crois que j’ai une chance de lui plaire si je lui fais la cour ?
- Et si tu lui posais directement la question, au lieu de te conduire comme un gamin malpoli en l’excluant de la conversation ?


Éole sourit remarquant le rouge qui montait aux joues du Frontalier - comme sur celles de Lyke d’ailleurs... Ah ! ces hommes, tous les mêmes... - guettant la réaction de Syndrell.

- En ce qui me concerne, j’ai été séduite dès le premier regard, Til’Assan ! Et si mon cœur n’appartenais pas déjà à quelqu’un d’autre, je l’aurai ouvert pour toi sans hésiter !

Nouveau sourire. Décidément, cette femme était incroyable. Éole repensa au jour où elle l’avait rencontrée, au beau milieu des hostiles Plateaux d’Astariul. Elle était en compagnie de Dolce, ce bel homme souriant. La jeune fille se souvient parfaitement à quel point elle s’était méfier de lui et de son sourire charmeur... Elle l’avait recroisé brièvement lors du tournoi d’Al-Jeit. Était-ce de lui dont parlait la marchombre aux cheveux bleus ? Était-ce à lui qu’appartenait son cœur ? Cela devait être le cas le jour où Éole les avait rencontrés, mais les années étaient passées, leur idylle était-elle toujours d’actualité ? Un éclat dans les prunelles dorées de la jeune femme lui donna envie de répondre oui.

Syndrell vida son verre avant de passer son bras autour des épaules de la jeune danseuse.

- Toutefois, il se trouve que je connais une personne tout à fait adorable et qui pourrait bien faire ton bonheur… Qu’en dis-tu, Eole ?

Hein ? La jeune fille regarda tour à tour Syndrell et Erlaëm, incrédule, avant de joindre son rire aux leurs. Elle n’eut pas le temps de répondre - heureusement en un sens, prise de court, elle n’aurait pas su quoi dire - Syndrell avait subitement tourné le regard et fixait Darwen et Misha qui discutaient. Éole n’entendait pas ce qu’ils se disaient, mais elle concentra leur attention sur eux et sur sa voisine, curieuse de comprendre ce qui avait attiré l’attention de la jeune femme. Quand cette dernière s’adressa directement à Misha, Éole comprit que c’était la marchombre qui était le sujet de conversation. D’après les quelques paroles qu’échangèrent les deux jeunes femmes, Sharmal était au courant pour Syndrell... et pour la relation qu’elle entretenaient avec Darwen. Visiblement, cela ne sentait pas très bon...

- Je comprends.

Éole détaillait silencieusement Syndrell qui jouait avec une petite boulette de mie de pain. L’inquiétude la reprenait, tout ce que la petite fête avait chassé venait de réapparaître soudainement. Un froid était tombé autour de la table.

- Mais moi je crois que c’est plutôt une chance que je sois arrivée au beau milieu de cette histoire. Je pense même que c’est pile poil le bon moment.

La jeune danseuse haussa un sourcil... Qu’avait-elle donc en tête ? La réponse ne tarda pas. Syndrell leva les yeux et Éole suivit son regard. C’était Sharmal qui venait d’entrer, visiblement contrarié de ne pas avoir réussi à leur gâcher la soirée autant qu’il l’aurait voulu. Sans attendre son reste, la maître marchombre se leva et un sourire vint flotter sur ses lèvres.

- Sharmal, je te défie en combat singulier. Ici… et maintenant.

L’annonce fit l’effet d’un coup de poing dans la poitrine d’Éole qui resta incrédule, regardant tour à tour Syndrell et Sharmal. Un silence assourdissant était tombé sur la salle entière. Plus personne n’osait ni bouger ni parler. On ne sentait plus que la tension qui circulait entre la marchombre et le frontalier : c’était comme si des charges électriques s’accumulait à l’intérieur de chacun, prêtes à exploser...

Le temps virait à l’orage.









[voilà - enfin ! - ma réponse ^^ je m'excuse bien bas pour tout ce retard et j'espère que vous saurez me pardonner Razz ]

__________________________________________



"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
- Paul Valéry -

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Dim 09 Nov 2014, 20:35

[Vraiment, vraiment désolée de faire encore et toujours traîner ce RP ! Syn, je viens juste de voir ton MP, sorryyy >.< Mais non, je n'oublie pas ! Je me suis aussi emballée du coup, et je vous laisse continuer sur cette petite touche théâtrale...]





L'apprenti marchombre suivit le curieux échange entre son Maître et la jeune femme d'un air perplexe, et, la boisson aidant, peut-être même un peu idiot – il n'avait pas les idées très claires. C'était étrange, il avait l'impression que les deux jeunes femmes se connaissaient déjà depuis un moment, d'après les piques qu'elles se lançaient. Il ne comprenait pas très bien le sentiment qui s'était établi entre elles – d'ailleurs il ne comprit pas grand chose de ce qu'elles disaient non plus. Ça parlait de lui au début, et puis il crut saisir le fait que Misha n'appréciait pas que Syndrell soit une marchombre. Mais pourquoi ? Elle craignait de ne pas pouvoir la surveiller assez ? Le jeune homme détourna finalement la tête et termina son verre. Après tout, ça ne devait pas être très important...

- ...je crois que c’est plutôt une chance que je sois arrivée au beau milieu de cette histoire. Je pense même que c’est pile poil le bon moment.

La suite se passa très vite. 'Wen leva ses yeux bleus vers Syndrell d'un air interrogateur. Que voulait-elle dire par là ? C'est alors que, derrière la jeune femme, la porte s'ouvrit à la volée, laissant apparaître... Sharmal ! Darwen mit deux secondes de trop à saisir ce qu'il se passait, ses pensées tournant légèrement au ralenti à cause de l'alcool et des émotions de la journée – la prochaine s'annonçait tel un ciel d'orage en automne, imminente – et au moment où il se leva brusquement, provoquant la chute sonore de sa chaise, le regard brillant de haine et de détermination, se préparant à invectiver le Frontalier de tous les noms et à monter sur la grande table de chêne pour s'élancer jusqu'à lui et se jeter dessus sans réfléchir, à cet instant-là son Maître était déjà debout, annonçant d'une voix forte et tout aussi déterminée la couleur de la soirée.

- Sharmal, je te défie en combat singulier. Ici…

Manquant de s'étrangler, 'Wen sentit ses jambes se dérober sous lui ; brisant le silence de plomb qui s'était abattu sur l'assemblée des jeunes Frontaliers, il s'effondra lamentablement au sol au moment où Syndrell achevait :

- … et maintenant.


***


Le jeune homme se releva péniblement. Heureusement, personne ne faisait attention à lui – à part peut-être Misha qui lui coulait un regard moqueur, la surprise passée – car tous avaient les yeux rivés sur la petite marchombre toute bleue ayant osé défier, entre les murs de la Citadelle elle-même où elle n'était pas chez elle, l'un des leurs. Les regards oscillaient entre extrême surprise, intérêt teinté de curiosité et légère colère. Si les mouches se seraient montrées en hiver, on n'aurait entendu plus que leur vrombissement d'ailes dans la salle.

Sharmal avait plissé ses petits yeux gris pour détailler de haut-en-bas cette femme aux cheveux bleus qui lui avait ainsi adressé un défi. Un sourire malsain étira finalement ses lèvres, lorsqu'il vit qu'elle ne détournait pas son étrange regard doré du sien. Plusieurs minutes d'attente tendue s'étaient écoulées sans que personne ne réagisse, aussi, pour faire un bel effet, le Frontalier quinquagénaire lissa d'une main distraite mais patinée par l'habitude des combats son bouc poivre-et-sel, pendant trois ou quatre secondes, avant d'ouvrir la bouche, s'apprêtant à parler.

Il n'en eut pas le temps. Darwen s'était relevé, plus calmement que la première fois. Ses pensées s'étaient un peu mieux organisées, et il avait vite évalué que la situation ne lui plaisait pas. Il avait beau être dans la panade la plus totale, ce n'était pas une raison pour qu'il se laisse secourir de cette manière : pas question de passer pour un lâche devant les Frontaliers, son Maître, sa belle Uliwëne et la jolie Éole ! D'un autre côté, il n'avait pas envie de mourir, mais il choisit de remettre ce point de vue à plus tard : le plus urgent était de réagir avant Sharmal ! Alors que ce dernier allait parler, le jeune homme l'ignora superbement pour s'adresser à Syndrell.

- Je m'oppose à ce défi. Il n'est pas question que tu t'en charges.

En vérité, il n'osait pas vraiment se l'avouer mais il avait peur pour elle. Non pas qu'il n'ait pas confiance dans les capacités de sa petite marchombre toute bleue, mais... là, sur le moment, il avait encore plus confiance en celles de Sharmal !

Son intervention était complètement absurde. En quoi pouvait-il empêcher ce combat alors que le Seigneur Til'Illan lui-même ne pouvait intervenir contre le sien ? Oui, c'était vraiment n'importe quoi, mais Darwen s'en fichait. Il n'était plus à ça près ! Ignorant qu'il était bien plus ridicule en agissant de cette manière, il acheva :

- Après tout, cette histoire ne te concerne pas. C'est pour ça que je vais y mettre un terme moi-même, et définitivement.

En disant cette dernière phrase, il lança un regard haineux au Frontalier qui l'avait défié, et dégrafa sa cape qu'il laissa tomber au sol, pour se donner une contenance. Il empoigna le sabre d'Uliwëne, qui lui adressa un coup d’œil désapprobateur qu'il ne vit pas, et le brandit vers son ennemi. Un nouveau sourire apparut sur le visage du Frontalier, qui ne prit même pas la peine de se mettre en garde. Mais ça, 'Wen s'en fichait : cet enfoiré pouvait faire ce qu'il voulait, il se sentait pousser des ailes ! Il se rua sur l'homme, et fut sur lui presque instantanément. Sharmal eut un regard intensément dédaigneux pour l'apprenti marchombre, et para son coup alors qu'il aurait simplement pu s'écarter d'un seul millimètre pour l'éviter, pour prendre le temps de lui répondre :

- Décidément, tu es le gamin le plus abruti de cette terre ! Tu avais une chance de ne pas mourir comme un chien et tu l'as réduite à néant ! – Darwen voyait bien qu'il ne croyait pas un mot de cette deuxième phrase, car Sharmal était certain de battre Syndrell et de tuer son apprenti ensuite. Mais pour moi, ça ne change rien, tu sais. Le maître ou l'élève d'abord, il n'y a aucune différence... ou plutôt si : je garde le meilleur pour la fin !

Il jeta un coup d’œil moqueur à la jeune marchombre aux cheveux bleus, alors que le sabre de Darwen filait vers sa gorge. Sharmal fit comme si rien ne se passait et décala la tête très très légèrement, au tout dernier instant, avant, brusquement, d'enfoncer jusqu'à la garde son sabre dans l'abdomen de l'apprenti.

Une, deux, trois secondes le temps parut se suspendre.

Et puis Sharmal retira son sabre d'un coup sec, le sang gicla, le Frontalier faisant un pas sur le côté pour l'éviter, un air totalement indifférent peint sur le visage comme s'il venait simplement de trouer le ventre d'un mannequin de tissu. 'Wen se plia en deux, cracha du sang, s'étrangla, ses genoux se dérobèrent sous lui et il glissa sur le sol. Il eut juste le temps d'apercevoir du bleu se mêler au rouge, Misha et Uliwëne se précipiter vers lui, puis le noir brouilla sa vue pour faire disparaître toutes les autres couleurs.

__________________________________________


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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Dim 09 Nov 2014, 23:51

Pfff, vous savez ce qui se passe quand vous vous emballez : je m'emballe aussi. Tant pis pour vous ! Bon par contre, ne ratez pas les répliques de Ciel, elle sont en blanc - et désolée pour vos pauvres yeux >.<" ]






Les bras croisés, l’allure tranquille mais le menton relevé, Syndrell défia Sharmal du regard. Elle fut satisfaite de lire dans le sien une fugace lueur de surprise avant que le dédain qui le caractérisait si bien lui fasse plisser les yeux. Il la détailla avec une lascivité qui aurait rendu Dolce complètement fou mais la jeune femme ne fit pas le moindre mouvement. Elle avait senti Eole se crisper près d’elle et, du coin de l’œil, avait aperçu la défaillance de Darwen tandis qu’autour d’elle le silence c’était fait de plomb.

Lorsque Sharmal caressa son menton d’un air songeur, Syndrell songea brièvement qu’elle fonçait une nouvelle fois tête baissée dans les bras grand ouvert du danger, mais son entêtement valait largement la part de sagesse que Miss avait tenté de lui enseigner : la jeune marchombre ne quitterait pas la Citadelle sans avoir fait ravaler son sourire pervers à cet homme. Même s’il s’agissait d’un Frontalier.


- Je m’oppose à ce défi. Il n’est pas question que tu t’en charges.

Syndrell ne quitta pas Sharmal des yeux mais tourna légèrement la tête dans la direction du jeune homme.

- Darwen, je n’ai…
- Après tout,
poursuivit celui-ci sans lui offrir la possibilité de lui expliquer ses motivations, cette histoire ne te concerne pas. C’est pourquoi je vais y mettre un terme moi-même, et définitivement.

Darwen se débarrassa de sa cape et s’empara du sabre d’Uliwëne pour se précipiter vers le Frontalier. Syndrell jura entre ses dents et fit un pas en avant mais Erlaëm posa la main sur son bras.

- Tu ne peux rien faire, souffla-t-il vivement.
- C’est ce que tu crois, répliqua la marchombe sur le même ton en se dégageant.

Darwen était déjà sur Sharmal, et celui-ci l’attendait de pied ferme. Il se permit même de l’insulter une fois encore avant d’esquiver une attaque pourtant fulgurante de son adversaire avant de se mettre en mouvement. Syndrell vit alors ce dont était capable un Frontalier. Lorsqu’il se déplaçait et surtout, lorsqu’il était occupé à provoquer son entourage, Sharmal avait l’allure d’une brute épaisse, toute en muscle et en puissance ; mais un sabre entre les mains, il était souple, fluide et rapide. Sa riposte n’offrit aucune issue à Darwen, celui-ci ne vit même pas l’éclat de la lame qui lui transperça l’abdomen en un éclair.

Syndrell avait bougé avant même qu’il s’effondre sur les dalles de pierre. Elle bondit par-dessus le corps de son élève, consciente que Misha et Uliwëne se précipitaient vers lui, et se glissa si vite près de Sharmal que celui-ci eut à peine le temps de pivoter afin d’éviter l’attaque. Au lieu de s’enfoncer dans sa poitrine, le poignard de la marchombre glissa le long de son flanc, entamant sa peau à travers la chemise de lin ; elle se rattrapa en repliant vivement son coude, qui heurta la joue de Sharmal et lui éclata la pommette. Son sabre fouetta l’air, mais Syndrell était déjà hors de sa portée.

Quelques Frontaliers s’étaient levés, indignés par la tournure que prenait la situation, et Syndrell avait très envie de tourner la tête en direction de Darwen, mais son adversaire était en colère. Le sang qui maculait son visage l’avait mis dans une rage folle, il n’avait pas l’habitude de se laisser surprendre. Une erreur qu’il ne commettrait pas deux fois. Tenant son sabre à deux mains, il se mit en garde. En face de lui, Syndrell en fit autant.

Il n’y aurait qu’un seul geste, une seule attaque.
Une seule chance.


Un combat tient en un seul et unique souffle. C’est pour cette raison qu’existe le temps du marchombre, celui qu’il dérobe à son adversaire, un peu comme s’il lui dérobait son ombre… Tu t’en souviendras, jeune fille ?


Quelque part dans la salle, une fourchette tomba par terre dans un bruit métallique.
A cet instant précis, Sharmel et Syndrell passèrent à l’action.
En même temps.


- Syndrell !! cria Lyke.

C’était déjà fini.




*



Sharmal eut un rictus teinté de sang, comme s’il comprenait enfin la portée de son erreur, puis il glissa lentement à terre et ne bougea plus. Syndrell rengaina ses poignards et pressa son épaule à l’endroit où le sabre du Frontalier avait frappé. Une blessure qui lui faisait savourer d’être encore en vie.

- Syn !

La jeune femme se retourna et Lyke la heurta avec toute la puissance d’un boulet de canon. Il la serra fort contre lui et elle en fit autant, touchée par le regard bouleversé qu’il leva vers elle.

- T’es douée pour me ficher la trouille…
- Je sais, je suis désolée.


Elle ébouriffa tendrement ses cheveux avant de l’écarter pour se frayer un chemin jusqu’à l’attroupement qui s’était formé autour de Darwen. Erlaëm avaot ôté sa chemise et s’en servait pour compresser la blessure, mais cela n’empêchait pas le sang de couler. La vie fuyait Darwen. Il était en train de mourir.

- Poussez-vous.

Ce n’était qu’un murmure mais autour de Syndrell, les plus costauds des hommes hésitèrent. Ils réalisaient tout juste que ce petit bout de femme venait de tuer l’un des leurs en violant au moins une demi douzaine de leurs règles. Ils ne réagirent cependant pas assez vite au goût de la marchombre.

- Poussez-vous, gronda-t-elle à nouveau en posant les mains sur le manche de ses poignards.

Ils s’écartèrent tous, y compris Misha et son frère. Seule Uliwëne resta près de Darwen. Une larme roula sur sa joue alors qu’elle regardait Syndrell se pencher sur le jeune homme. Il était livide et respirait à peine, mais sous les doigts de son mentor, son pouls battait encore. C’était tout ce qui lui importait.

Sans un mot, Syndrell glissa un bras sous ses jambes et son dos pour le soulever. Il était lourd, bien plus lourd qu’elle l’avait imaginé, et sa propre blessure lui fit serrer les dents, pourtant elle parvint à se redresser. Quelqu’un tendit la main pour l’aider, elle l’en dissuada d’un regard doré, presque sauvage et infiniment significatif. Quiconque poserait la main sur son élève prenait le risque de la perdre.

En prenant garde de ne pas glisser sur le sang qui souillait les dalles, Syndrell emporta Darwen hors de la salle. Comme elle passait près de Lyke, elle murmura quelque chose en Petit ; il hocha la tête et fit mine de lui emboîter le pas, avant de se raviser pour filer droit vers Eole.


- Viens, dit-il en lui attrapant la main.

Les portes de la salle se refermèrent dans leur dos.





*



Au même moment, à des kilomètres de la Citadelle, Ciel Kern tirait la langue à son reflet. Voilà bien dix minutes qu’il s’échinait à discipliner sa tignasse, sans succès : les mèches claires persistaient à tomber de façon désordonnée de chaque côté de son visage, refusant tout bonnement de lui obéir. Agacé, le Dessinateur se prit la tête entre les mains et battit en retraite, décidé à fuir son pitoyable double. Il s’assit sur le bord de son lit et soupira. C’était sans doute perdu d’avance mais il ne pouvait pas s’empêcher d’espérer beaucoup de cette soirée. Probablement un peu trop, comme d’habitude, raison pour laquelle il avait l’impression de passer sa vie à se morfondre aux côtés de sa vieille amie la solitude… Secoue-toi un peu, mon vieux ! Tu vas quand même pas laisser quelques mèches rebelles gâcher ton rendez-vous ! S’il avait pu se donner lui-même un bon coup de pied aux fesses, il l’aurait fait volontiers. Mais une claque mentale avait aussi son petit effet. Une fois certain qu’il n’avait strictement rien à perdre, Ciel se redressa et tira sur sa chemise pour la remettre en forme puis enfila son manteau. Il était en train de chercher ses gants en pestant entre ses dents lorsqu’une sensation étrange, similaire à un fourmillement intérieur, le fit sursauter. L’instant d’après, il entendait la voix de Syndrell crier dans sa tête.




*




- T’es vraiment cinglée comme fille. Tu sais que j’ai eu la peur de ma vie ? Si j’avais eu une crise cardiaque, qu’est-ce que tu aurais fait, hein ? Mince, tu es couverte de sang…

Tout en marmonnant dans sa barbe, Ciel essuya maladroitement le visage de Syndrell. Ils se trouvaient dans un coin de la chambre de Darwen, elle assise par terre, les jambes repliés contre la poitrine et le menton dans les genoux, lui accroupi près d’elle, une main sur le cœur pour en calmer les battements effrénés.

Lorsque la voix de son amie avait résonné dans son crâne, il avait réellement eu la frousse – pas parce qu’il pouvait entendre Syndrell dans ses pensées, mais parce qu’elle lui avait hurlé de rappliquer à la Citadelle avec un Rêveur. Il n’avait pas réfléchi.

Oubliant instantanément son rendez-vous
– pour une fois qu’un jeune homme lui plaisait un brin, il fallait qu’une catastrophe encore pire que son anarchie capillaire lui tombe sur les bras – Ciel avait gagné Fériane d’un pas sur le côté, attrapé Pragon Fliboise sans se soucier d’interrompre celui-ci au beau milieu d’une séance de méditation, et avait de nouveau dessiné pour se matérialiser devant la Citadelle.

Une chance que son combat contre Vanora l’ait entraîné jusqu’aux portes du bastion des Frontaliers, sans quoi il n’aurait jamais pu visualiser l’endroit et rejoindre Syndrell…


- Tu peux me dire ce qui t’es passé par la tête ? Tu n’en as donc jamais assez de te fourrer dans les ennuis ? Je vais finir par croire que tu aimes flirter avec le danger ! Regarde-moi dans quel état tu es, bon sang…

Fliboise était un Rêveur dont la réputation n’était plus à faire et que l’expérience avait pétri de longues années au sein de son Ordre ; vif et pratique, il s’était immédiatement occupé de Darwen, déroulant son rêve à peine arrivé plutôt que de perdre un temps précieux en paroles inutiles. Incapable de s’éloigner, Syndrell s’était laissée glissée le long du mur, le regard fixé sur la main ensanglantée de Darwen qui pendant dans le vide, désespérément inerte.

Elle avait attendu les renforts en serrant son corps déjà froid contre elle, terrorisée à l’idée de le perdre. Par chance, Ciel avait réagi très vite, si bien que peu de temps s’était écoulé entre le moment où elle avait tenté de communiquer mentalement avec son ami et celui où le Dessinateur avait fait son apparition dans la chambre. Mais à présent que Pragon Fliboise travaillait, le temps paraissait s’écouler dans une odieuse lenteur.

- Syn, regarde-moi, fit alors Ciel en glissant un doigt sous le menton de la jeune femme pour la forcer à tourner la tête. Tu peux te détendre, maintenant. Je suis là.

Ces mots lui tirèrent un pâle sourire, mais pour avoir traversé un sacré paquet de moments terribles, Ciel savait que c’était là une demi-victoire. Elle le lui prouva aussitôt en l’embrassant sur le front.

- Tu es formidable.
- Il faut bien que l’un de nous deux assure…


Rassuré, Ciel s’installa plus confortablement et attira la marchombre contre sa poitrine.

- On va attendre un peu, tu vas voir, Pragon va encore faire des miracles. Tu sais bien que c’est le meilleur Rêveur de tout l’Empire.
- Où sont Eole et Lyke ?
- Dans le couloir, avec tes nouveaux amis. Dis donc, je ne savais pas que tu t’en étais fait à la Citadelle…
- C’est très récent. Et puisqu’on parle de nouveauté, qu’est-ce que c’est que cette chemise ?


Le jeune homme toussota brièvement.

- Hum hum, c’était une tenue spéciale pour une soirée spéciale.
- Encore une cérémonie au Dôme ?
- Non.


Cette réponse laconique tira Syndrell de sa sorte de léthargie. Elle se redressa et scruta le visage de son ami avec attention.

- Arrête de me fixer comme ça, c’est gênant.
- Alors quoi ?
- Alors la prochaine fois que tu as besoin de mes services, débrouille-toi pour que ce ne soit pas en plein rendez-vous galant !

Syndrell n’eut pas le temps de se sentir morfiée à l’idée d’avoir gâché une soirée à laquelle Ciel semblait tenir ; Pragon Fliboise se redressa enfin et étira ses muscles engourdis. Syndrell échappa aux bras de Ciel et se précipita à ses côtés.

- Il est sauvé ?

Le Rêveur posa son regard clair et tranquille sur la jeune femme.

- De justesse, je dois bien l’admettre : une ou deux minutes de plus et je ne pouvais rien faire pour lui. C’est un jeune homme robuste et… singulier. Il se remettra plus rapidement que vous ne le croyez.
- Merci.


Sans réfléchir, Syndrell serra le vieil homme dans ses bras, lui tirant un rire léger et rocailleux.

- A ton tour, dit-il en s’écartant pour poser délicatement ses mains sur l’épaule de la marchombre. Je commence à avoir l’habitude de te rafistoler, jeune fille…

Trop fatiguée pour répondre, Syndrell se laissa soigner en silence tandis que Ciel se faufilait dans le couloir afin de rassurer tout le monde sur le sort de Darwen. Mais lorsqu’il revint un peu plus tard, alors que Pragon achevait de nouer un bandage autour de son épaule, Syndrell refusa catégoriquement que quelqu’un entre dans la chambre. Elle insista même pour qu’on les laisse tranquilles, Darwen et elle.

Pragon Fliboise s’exécuta après lui avoir recommandé de se reposer, et Ciel fut contraint de lui emboîter le pas ; il devait raccompagner le Rêveur là où il était venu le « subtiliser »…

Syndrell perçut quelques râlements lorsqu’elle referma la porte de la chambre. Elle savait qu’ils avaient tous envie de s’assurer de leurs propres yeux que les paroles de Ciel étaient vraies, mais après la tempête, Syndrell avait besoin de calme. Elle s’appuya contre le battant et ferma les yeux, relâchant enfin toute la tension accumulée au cours des dernières heures. Au bout d’un moment, elle se redressa et s’approcha du lit sur lequel était allongé Darwen.

Un bandage similaire à celui que Syndrell portait à l’épaule ceignait son torse nu. En un éclair, elle revit le sabre de Sharmal s’enfoncer jusqu’à la garde dans la poitrine du jeune homme, et elle réprima un haut-le-cœur avant de se passer une main sur le visage. Il s’en était fallu de si peu… Elle en tremblait encore et elle savait qu’il lui faudrait un long moment avant que cette terrible image cesse de la hanter.


- Tu es mon premier élève, murmura-t-elle en repoussant quelques mèches sombres du front de l’apprenti. Et aujourd’hui j’ai failli te perdre…

Darwen était parfaitement immobile et terriblement pâle, mais ses traits semblaient plus sereins et son souffle tranquille acheva d’apaiser Syndrell. Sentant le sommeil la gagner, elle s’allongea aux côtés du jeune homme, en veillant bien à ne pas lui faire de mal, et s’endormit en quelques secondes.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 18/07 au 24/07]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]
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