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 Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Dim 09 Nov 2014, 23:51

Pfff, vous savez ce qui se passe quand vous vous emballez : je m'emballe aussi. Tant pis pour vous ! Bon par contre, ne ratez pas les répliques de Ciel, elle sont en blanc - et désolée pour vos pauvres yeux >.<" ]






Les bras croisés, l’allure tranquille mais le menton relevé, Syndrell défia Sharmal du regard. Elle fut satisfaite de lire dans le sien une fugace lueur de surprise avant que le dédain qui le caractérisait si bien lui fasse plisser les yeux. Il la détailla avec une lascivité qui aurait rendu Dolce complètement fou mais la jeune femme ne fit pas le moindre mouvement. Elle avait senti Eole se crisper près d’elle et, du coin de l’œil, avait aperçu la défaillance de Darwen tandis qu’autour d’elle le silence c’était fait de plomb.

Lorsque Sharmal caressa son menton d’un air songeur, Syndrell songea brièvement qu’elle fonçait une nouvelle fois tête baissée dans les bras grand ouvert du danger, mais son entêtement valait largement la part de sagesse que Miss avait tenté de lui enseigner : la jeune marchombre ne quitterait pas la Citadelle sans avoir fait ravaler son sourire pervers à cet homme. Même s’il s’agissait d’un Frontalier.


- Je m’oppose à ce défi. Il n’est pas question que tu t’en charges.

Syndrell ne quitta pas Sharmal des yeux mais tourna légèrement la tête dans la direction du jeune homme.

- Darwen, je n’ai…
- Après tout,
poursuivit celui-ci sans lui offrir la possibilité de lui expliquer ses motivations, cette histoire ne te concerne pas. C’est pourquoi je vais y mettre un terme moi-même, et définitivement.

Darwen se débarrassa de sa cape et s’empara du sabre d’Uliwëne pour se précipiter vers le Frontalier. Syndrell jura entre ses dents et fit un pas en avant mais Erlaëm posa la main sur son bras.

- Tu ne peux rien faire, souffla-t-il vivement.
- C’est ce que tu crois, répliqua la marchombe sur le même ton en se dégageant.

Darwen était déjà sur Sharmal, et celui-ci l’attendait de pied ferme. Il se permit même de l’insulter une fois encore avant d’esquiver une attaque pourtant fulgurante de son adversaire avant de se mettre en mouvement. Syndrell vit alors ce dont était capable un Frontalier. Lorsqu’il se déplaçait et surtout, lorsqu’il était occupé à provoquer son entourage, Sharmal avait l’allure d’une brute épaisse, toute en muscle et en puissance ; mais un sabre entre les mains, il était souple, fluide et rapide. Sa riposte n’offrit aucune issue à Darwen, celui-ci ne vit même pas l’éclat de la lame qui lui transperça l’abdomen en un éclair.

Syndrell avait bougé avant même qu’il s’effondre sur les dalles de pierre. Elle bondit par-dessus le corps de son élève, consciente que Misha et Uliwëne se précipitaient vers lui, et se glissa si vite près de Sharmal que celui-ci eut à peine le temps de pivoter afin d’éviter l’attaque. Au lieu de s’enfoncer dans sa poitrine, le poignard de la marchombre glissa le long de son flanc, entamant sa peau à travers la chemise de lin ; elle se rattrapa en repliant vivement son coude, qui heurta la joue de Sharmal et lui éclata la pommette. Son sabre fouetta l’air, mais Syndrell était déjà hors de sa portée.

Quelques Frontaliers s’étaient levés, indignés par la tournure que prenait la situation, et Syndrell avait très envie de tourner la tête en direction de Darwen, mais son adversaire était en colère. Le sang qui maculait son visage l’avait mis dans une rage folle, il n’avait pas l’habitude de se laisser surprendre. Une erreur qu’il ne commettrait pas deux fois. Tenant son sabre à deux mains, il se mit en garde. En face de lui, Syndrell en fit autant.

Il n’y aurait qu’un seul geste, une seule attaque.
Une seule chance.


Un combat tient en un seul et unique souffle. C’est pour cette raison qu’existe le temps du marchombre, celui qu’il dérobe à son adversaire, un peu comme s’il lui dérobait son ombre… Tu t’en souviendras, jeune fille ?


Quelque part dans la salle, une fourchette tomba par terre dans un bruit métallique.
A cet instant précis, Sharmel et Syndrell passèrent à l’action.
En même temps.


- Syndrell !! cria Lyke.

C’était déjà fini.




*



Sharmal eut un rictus teinté de sang, comme s’il comprenait enfin la portée de son erreur, puis il glissa lentement à terre et ne bougea plus. Syndrell rengaina ses poignards et pressa son épaule à l’endroit où le sabre du Frontalier avait frappé. Une blessure qui lui faisait savourer d’être encore en vie.

- Syn !

La jeune femme se retourna et Lyke la heurta avec toute la puissance d’un boulet de canon. Il la serra fort contre lui et elle en fit autant, touchée par le regard bouleversé qu’il leva vers elle.

- T’es douée pour me ficher la trouille…
- Je sais, je suis désolée.


Elle ébouriffa tendrement ses cheveux avant de l’écarter pour se frayer un chemin jusqu’à l’attroupement qui s’était formé autour de Darwen. Erlaëm avaot ôté sa chemise et s’en servait pour compresser la blessure, mais cela n’empêchait pas le sang de couler. La vie fuyait Darwen. Il était en train de mourir.

- Poussez-vous.

Ce n’était qu’un murmure mais autour de Syndrell, les plus costauds des hommes hésitèrent. Ils réalisaient tout juste que ce petit bout de femme venait de tuer l’un des leurs en violant au moins une demi douzaine de leurs règles. Ils ne réagirent cependant pas assez vite au goût de la marchombre.

- Poussez-vous, gronda-t-elle à nouveau en posant les mains sur le manche de ses poignards.

Ils s’écartèrent tous, y compris Misha et son frère. Seule Uliwëne resta près de Darwen. Une larme roula sur sa joue alors qu’elle regardait Syndrell se pencher sur le jeune homme. Il était livide et respirait à peine, mais sous les doigts de son mentor, son pouls battait encore. C’était tout ce qui lui importait.

Sans un mot, Syndrell glissa un bras sous ses jambes et son dos pour le soulever. Il était lourd, bien plus lourd qu’elle l’avait imaginé, et sa propre blessure lui fit serrer les dents, pourtant elle parvint à se redresser. Quelqu’un tendit la main pour l’aider, elle l’en dissuada d’un regard doré, presque sauvage et infiniment significatif. Quiconque poserait la main sur son élève prenait le risque de la perdre.

En prenant garde de ne pas glisser sur le sang qui souillait les dalles, Syndrell emporta Darwen hors de la salle. Comme elle passait près de Lyke, elle murmura quelque chose en Petit ; il hocha la tête et fit mine de lui emboîter le pas, avant de se raviser pour filer droit vers Eole.


- Viens, dit-il en lui attrapant la main.

Les portes de la salle se refermèrent dans leur dos.





*



Au même moment, à des kilomètres de la Citadelle, Ciel Kern tirait la langue à son reflet. Voilà bien dix minutes qu’il s’échinait à discipliner sa tignasse, sans succès : les mèches claires persistaient à tomber de façon désordonnée de chaque côté de son visage, refusant tout bonnement de lui obéir. Agacé, le Dessinateur se prit la tête entre les mains et battit en retraite, décidé à fuir son pitoyable double. Il s’assit sur le bord de son lit et soupira. C’était sans doute perdu d’avance mais il ne pouvait pas s’empêcher d’espérer beaucoup de cette soirée. Probablement un peu trop, comme d’habitude, raison pour laquelle il avait l’impression de passer sa vie à se morfondre aux côtés de sa vieille amie la solitude… Secoue-toi un peu, mon vieux ! Tu vas quand même pas laisser quelques mèches rebelles gâcher ton rendez-vous ! S’il avait pu se donner lui-même un bon coup de pied aux fesses, il l’aurait fait volontiers. Mais une claque mentale avait aussi son petit effet. Une fois certain qu’il n’avait strictement rien à perdre, Ciel se redressa et tira sur sa chemise pour la remettre en forme puis enfila son manteau. Il était en train de chercher ses gants en pestant entre ses dents lorsqu’une sensation étrange, similaire à un fourmillement intérieur, le fit sursauter. L’instant d’après, il entendait la voix de Syndrell crier dans sa tête.




*




- T’es vraiment cinglée comme fille. Tu sais que j’ai eu la peur de ma vie ? Si j’avais eu une crise cardiaque, qu’est-ce que tu aurais fait, hein ? Mince, tu es couverte de sang…

Tout en marmonnant dans sa barbe, Ciel essuya maladroitement le visage de Syndrell. Ils se trouvaient dans un coin de la chambre de Darwen, elle assise par terre, les jambes repliés contre la poitrine et le menton dans les genoux, lui accroupi près d’elle, une main sur le cœur pour en calmer les battements effrénés.

Lorsque la voix de son amie avait résonné dans son crâne, il avait réellement eu la frousse – pas parce qu’il pouvait entendre Syndrell dans ses pensées, mais parce qu’elle lui avait hurlé de rappliquer à la Citadelle avec un Rêveur. Il n’avait pas réfléchi.

Oubliant instantanément son rendez-vous
– pour une fois qu’un jeune homme lui plaisait un brin, il fallait qu’une catastrophe encore pire que son anarchie capillaire lui tombe sur les bras – Ciel avait gagné Fériane d’un pas sur le côté, attrapé Pragon Fliboise sans se soucier d’interrompre celui-ci au beau milieu d’une séance de méditation, et avait de nouveau dessiné pour se matérialiser devant la Citadelle.

Une chance que son combat contre Vanora l’ait entraîné jusqu’aux portes du bastion des Frontaliers, sans quoi il n’aurait jamais pu visualiser l’endroit et rejoindre Syndrell…


- Tu peux me dire ce qui t’es passé par la tête ? Tu n’en as donc jamais assez de te fourrer dans les ennuis ? Je vais finir par croire que tu aimes flirter avec le danger ! Regarde-moi dans quel état tu es, bon sang…

Fliboise était un Rêveur dont la réputation n’était plus à faire et que l’expérience avait pétri de longues années au sein de son Ordre ; vif et pratique, il s’était immédiatement occupé de Darwen, déroulant son rêve à peine arrivé plutôt que de perdre un temps précieux en paroles inutiles. Incapable de s’éloigner, Syndrell s’était laissée glissée le long du mur, le regard fixé sur la main ensanglantée de Darwen qui pendant dans le vide, désespérément inerte.

Elle avait attendu les renforts en serrant son corps déjà froid contre elle, terrorisée à l’idée de le perdre. Par chance, Ciel avait réagi très vite, si bien que peu de temps s’était écoulé entre le moment où elle avait tenté de communiquer mentalement avec son ami et celui où le Dessinateur avait fait son apparition dans la chambre. Mais à présent que Pragon Fliboise travaillait, le temps paraissait s’écouler dans une odieuse lenteur.

- Syn, regarde-moi, fit alors Ciel en glissant un doigt sous le menton de la jeune femme pour la forcer à tourner la tête. Tu peux te détendre, maintenant. Je suis là.

Ces mots lui tirèrent un pâle sourire, mais pour avoir traversé un sacré paquet de moments terribles, Ciel savait que c’était là une demi-victoire. Elle le lui prouva aussitôt en l’embrassant sur le front.

- Tu es formidable.
- Il faut bien que l’un de nous deux assure…


Rassuré, Ciel s’installa plus confortablement et attira la marchombre contre sa poitrine.

- On va attendre un peu, tu vas voir, Pragon va encore faire des miracles. Tu sais bien que c’est le meilleur Rêveur de tout l’Empire.
- Où sont Eole et Lyke ?
- Dans le couloir, avec tes nouveaux amis. Dis donc, je ne savais pas que tu t’en étais fait à la Citadelle…
- C’est très récent. Et puisqu’on parle de nouveauté, qu’est-ce que c’est que cette chemise ?


Le jeune homme toussota brièvement.

- Hum hum, c’était une tenue spéciale pour une soirée spéciale.
- Encore une cérémonie au Dôme ?
- Non.


Cette réponse laconique tira Syndrell de sa sorte de léthargie. Elle se redressa et scruta le visage de son ami avec attention.

- Arrête de me fixer comme ça, c’est gênant.
- Alors quoi ?
- Alors la prochaine fois que tu as besoin de mes services, débrouille-toi pour que ce ne soit pas en plein rendez-vous galant !

Syndrell n’eut pas le temps de se sentir morfiée à l’idée d’avoir gâché une soirée à laquelle Ciel semblait tenir ; Pragon Fliboise se redressa enfin et étira ses muscles engourdis. Syndrell échappa aux bras de Ciel et se précipita à ses côtés.

- Il est sauvé ?

Le Rêveur posa son regard clair et tranquille sur la jeune femme.

- De justesse, je dois bien l’admettre : une ou deux minutes de plus et je ne pouvais rien faire pour lui. C’est un jeune homme robuste et… singulier. Il se remettra plus rapidement que vous ne le croyez.
- Merci.


Sans réfléchir, Syndrell serra le vieil homme dans ses bras, lui tirant un rire léger et rocailleux.

- A ton tour, dit-il en s’écartant pour poser délicatement ses mains sur l’épaule de la marchombre. Je commence à avoir l’habitude de te rafistoler, jeune fille…

Trop fatiguée pour répondre, Syndrell se laissa soigner en silence tandis que Ciel se faufilait dans le couloir afin de rassurer tout le monde sur le sort de Darwen. Mais lorsqu’il revint un peu plus tard, alors que Pragon achevait de nouer un bandage autour de son épaule, Syndrell refusa catégoriquement que quelqu’un entre dans la chambre. Elle insista même pour qu’on les laisse tranquilles, Darwen et elle.

Pragon Fliboise s’exécuta après lui avoir recommandé de se reposer, et Ciel fut contraint de lui emboîter le pas ; il devait raccompagner le Rêveur là où il était venu le « subtiliser »…

Syndrell perçut quelques râlements lorsqu’elle referma la porte de la chambre. Elle savait qu’ils avaient tous envie de s’assurer de leurs propres yeux que les paroles de Ciel étaient vraies, mais après la tempête, Syndrell avait besoin de calme. Elle s’appuya contre le battant et ferma les yeux, relâchant enfin toute la tension accumulée au cours des dernières heures. Au bout d’un moment, elle se redressa et s’approcha du lit sur lequel était allongé Darwen.

Un bandage similaire à celui que Syndrell portait à l’épaule ceignait son torse nu. En un éclair, elle revit le sabre de Sharmal s’enfoncer jusqu’à la garde dans la poitrine du jeune homme, et elle réprima un haut-le-cœur avant de se passer une main sur le visage. Il s’en était fallu de si peu… Elle en tremblait encore et elle savait qu’il lui faudrait un long moment avant que cette terrible image cesse de la hanter.


- Tu es mon premier élève, murmura-t-elle en repoussant quelques mèches sombres du front de l’apprenti. Et aujourd’hui j’ai failli te perdre…

Darwen était parfaitement immobile et terriblement pâle, mais ses traits semblaient plus sereins et son souffle tranquille acheva d’apaiser Syndrell. Sentant le sommeil la gagner, elle s’allongea aux côtés du jeune homme, en veillant bien à ne pas lui faire de mal, et s’endormit en quelques secondes.
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Éole Létoile
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Dim 16 Nov 2014, 22:05

- Je m'oppose à ce défi. Il n'est pas question que tu t'en charges.

À l’orage ? Ce fut à la tornade que le temps vira ! Comme prise dans un cyclone, Éole assista impuissante à une scène qui se déroula trop vite sous yeux. Les évènements s’enchaînèrent sans qu’elle n’ait la moindre chance d’agir... et au fond, qu’aurait-elle bien pu faire ?
Tout tourbillonna autour d’elle. Darwen, Syndrell, Sharmal... Darwen qui s’élança dans un éclat argenté puis le même Darwen, au sol, dans une flaque rouge grandissante... Des cheveux bleus bondirent par dessus son corps et quelques secondes plus tard, Éole fixait incrédule, choquée, celui inerte du frontalier. Elle sentit Lyke lui prendre la main et l’entraîner hors de la pièce.

Un cyclone de puissance maximale, un séisme de magnitude 10. En une seconde tout avait été emporté, ne restait plus qu’une flaque écarlate au milieu de la salle.

~ * ~

La jeune apprentie avait suivi le petit groupe dans le dédale de couloirs de la Citadelle jusqu’à la chambre de Darwen. Syndrell déposa son apprenti sur son lit et les draps se tintèrent immédiatement de rouge sombre. Dès lors, le temps sembla se ralentir. L’attente fut interminable. Mais qu’attendait-on précisément ? Syndrell gardait son regard rivé sur Darwen qui agonisait, Lyke observait Syndrell et Éole ne savait pas quoi faire... Elle se sentait inutile comme jamais. Elle aurait tellement aimé pouvoir dire qu’elle avait des connaissances à ce niveau là, qu’elle pouvait au moins faire quelque chose en attendant les renforts... Mais quels renforts d’ailleurs ? Quelqu’un en avait-il appelé ?

La jeune danseuse posa son regard sur les cheveux bleus de Syndrell. Elle semblait attendre désespérément quelque chose... mais quoi ? Un miracle ?

Le miracle en question arriva quelques instants plus tard. Il s’agissait d’un jeune homme élégant accompagné d’un autre homme qui se dirigea immédiatement vers Darwen. Aucune paroles n’avaient été échangée, aucune question n’avait été posée. L’homme fit simplement signe à la petite bande de se retirer. Ils sortirent tous dans le couloir et une deuxième période d’attente interminable débuta.

Éole profita de ce moment pour tenter de mettre de l’ordre dans son esprit.
Syndrell avait provoqué Sharmal en duel, Darwen avait tenté de s’interposer mais le frontalier avait été plus rapide et lui avait transpercé l’abdomen d’un coup de sabre. Après quoi Syndrell avait bondit sur Sharmal et l’avait mis hors jeu à son tour. Ils étaient ensuite tous sortis à la suite de la Marchombre. Ils avaient attendu et puis ces deux hommes étaient arrivés de nulle part et l’un d’entre eux s’était précipité vers Darwen.

Dessinateur et Rêveur. Il n’y avait pas d’autre explication possible. Le premier pour amener le second jusqu’ici. Éole avait compris que la Marchombre les connaissait tous les deux quand ses prunelles dorées s’étaient posées sur eux. Et puis, dans le cas contraire, en admettant qu’un sixième sens les ait amenés jusqu’à la Citadelle, ils auraient dû posé quelques questions et non faire une confiance aveugle à la jeune femme.

*D’où Syndrell connait-elle un Dessinateur capable de faire le pas sur le côté et un Rêveur ? Cette femme est vraiment pleine de mystères... de mystères qui vont certainement sauvé la vie de Darwen. *

Éole en était là de ses réflexions quand le Rêveur apparut dans l’encadrement de la porte faisant signe à Syndrell d’entrer. Éole voulut la suivre mais Lyke la retint. Elle échangea un regard inquiet avec le garçon et s’adossa au mur en poussant un léger soupir. Le temps semblait s’être arrêté. Comment allait Darwen ? Le Rêveur avait-il réussi à le sauver ou était-il arrivé trop tard ?

Lyke lui adressa un sourire timide pour la réconforter. Ça va aller, ne t’inquiète pas, ils vont le sauver, Syndrell sait ce qu’elle fait, disait-il. Mais cela ne rassura pas la jeune fille. Et Sharmal dans tout cela ? Était-il mort ? La Marchombre aux cheveux bleus l’avait-elle tué ? Un frisson parcouru la jeune apprentie qui n’arrivait pas à concevoir toute l’ampleur des évènements. La mort était quelque chose de tellement définitive, de tellement loin d’elle qu’elle semblait presque irréelle... Pouvait-on réellement arrêter si simplement un cœur de battre, un cerveau de penser ? Avait-on seulement ce droit ? Et comment pouvait-on continuer de vivre après un tel acte ? Le Frontalier avait certainement des amis, une famille, des proches qui pleureront sa disparition, même si il n’avait pas l’air d’être quelqu’un de bienveillant, il devait forcément y avoir dans l’Empire des gens qui tenait à lui. Comment vivait-on sachant que l’on avait peut-être privé des enfants de leur père, aussi malfaisant fut-il ?

Un nouveau soupir franchit les lèvre de la jeune fille qui fixa la porte. Depuis combien de temps était-elle là, à attendre des nouvelles, à guetter le moindre petit signe de vie ? Trop longtemps.
Décidée, elle se repoussa du mur et alla directement frapper à la porte avant de pousser doucement cette dernière et d’entrer dans la pièce.

- Je suis désolée, dit-elle doucement, mais ça fait trop longtemps qu’on se fait du soucis dehors... Comment ça va ?

Sur la fin de sa question, sa s’était tintée d’inquiétude, de peur d’entendre la pire des mauvaises nouvelles...

__________________________________________



"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
- Paul Valéry -

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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Mar 09 Déc 2014, 07:57

Le loup était terriblement en colère.
Ce couillon d'humain s'était mis dans un sale état. Tellement sale en fait, qu'il était même en train de mourir. Et lui avec. Cet abruti d'humain était un faible, mais il avait fait comme s'il faisait partie des forts et il avait attaqué un humain bien plus fort que lui. Au fond, il l'avait bien cherché. Si sa vie n'avait pas été parallèlement en danger, le loup gris aurait bien chanté de contentement devant la mort de son double. Il en aurait été enfin débarrassé...
Mais là, il était vraiment en colère.
Et dans une sale situation.
Alors que l'humain était inconscient, il faisait tout son possible pour lutter, lutter contre la mort, lutter contre le froid qui envahissait le corps de son double, lutter contre le raidissement de ses muscles. Il aurait voulu prendre sa place, évidemment, mais il savait que s'il le faisait, il se retrouverait lui-même dans un corps blessé, presque mort, dans un état où il serait incapable de s'enfuir ; et les autres humains ne feraient rien pour lui. Sa seule chance de survie était de donner toute sa force à l'humain, même si cela signifiait qu'il la perdait, petit à petit. Il lui donnait son énergie, sa chaleur, sa volonté, et les perdait en conséquence. Il s’affaiblissait au fur-et-à-mesure qu'il les lui transmettait. Se sacrifier à petit feu pour cet humain qu'il méprisait ! Mais il n'avait pas le choix, s'il voulait lui-même vivre.
S'il avait choisi de prendre le dessus, les autres humains l'aurait achevé, ou l'auraient laissé mourir.
Les humains ne comprenaient jamais ce lien qui les unissait, lui et l'autre.
De toutes façons, même s'ils l'avaient soigné, son double aurait ensuite repris le dessus ; il n'aurait pas eu le temps de s'enfuir avant.
Parce qu'il avait reconnu ces humains qui l'entouraient, qui entouraient le corps inerte de son double. Ils étaient de la même espèce que ceux que la meute avait voulu attaquer, quelques jours avant qu'il ne perde la place qu'il avait conservée pendant deux ans.
L'espèce des longs bâtons tranchants et des corps d'acier, l'espèce de l'aura et de la rapidité.
L'espèce des forts.
Et cette humaine aux cheveux blonds était celle qu'il avait trouvé dans la neige, celle qu'il n'avait pas voulu dévorer, à cause de son double.
Celle qu'il avait sauvé.
Et c'était maintenant à elle de le sauver, à elle et à tous ces autres humains...
Car toute sa force à lui seul ne suffirait pas pour sauver l'autre.
S'ils ne l'aidaient pas, il mourrait.
Ils mourraient tous les deux.


***


Douleur.
Il n'y a plus que ça qui existe.
La douleur.
Darwen ne sait pas s'il rêve ou s'il est à moitié conscient. Tout est douleur.
Cette douleur de la chair coupée qu'il n'a pas ressenti depuis... depuis... depuis.
Des souvenirs flous, une lame des voix du sang. Le loup, à l'intérieur. Qui hurlait de douleur. Qui l'intimait de le laisser sortir, de s'enfuir. Et lui qui le refoulait toujours, qui se forçait à rester. Et à supporter la douleur.
Plus cette boule amère dans la gorge. Et l'autre dans le ventre.
Il pensait que ses parents avaient raison. Il n'imaginait même pas qu'ils puissent avoir tort... C'était ses parents.
Le mal devait sortir.
Pourtant, il y avait toujours cette boule amère qui le faisait douter.
Mais comme il avait peur de la vérité, il faisait tout pour y croire. Croire en ses parents. Pour tenir.
Et supporter la douleur.

Douleur. Qui semble s'atténuer.
Darwen s'accroche à cet espoir, à ce fil ténu de la douleur qui paraît fuir, petit à petit. Comme si une onde de chaleur avait enveloppé son ventre, son abdomen... Une bulle, un dôme, un globe de douceur. Qui prend de l'ampleur, au fur et à mesure. Puis diminue... La douleur revient, terrible. Darwen sent la chaleur et la douceur s'évaporer. Non... non... il n'a pas la force de les retenir...
Alors une troisième force afflue. Une force animale, sauvage, folle et désespérée. Une volonté bestiale. Une chaleur de fourrure et de crocs.
La force du loup.
Elle appelle, elle hurle, elle chante.
Et le dôme de chaleur revient.
Infiniment apaisant.

Douleur. Qui disparaît.

Darwen s'endormit.
***


Murmure.

- Tu es mon premier élève. Et aujourd'hui j'ai failli te perdre...

Il sourit dans son sommeil.
***


Il se réveilla peu de temps après, en fait. Peut-être le cumul d'angoisses qui l'empêchait de vraiment dormir... Lorsqu'il ouvrit les yeux, et après un certain moment passé à comprendre où il se trouvait – il avait la tête encore bien embrouillée, mais le sentiment étrange que toute trace d'alcool avait disparue – le jeune homme vit que Syndrell était allongée à ses côtés, et la surprise passée, un sourire de tendresse creusa sa joue. La jeune femme avait beau être marchombre et Maître, elle n'était pas invincible non plus ! Et ça avait quelque chose de rassurant...

'Wen ne put s'empêcher de saisir une mèche bleue entre ses doigts. C'était vraiment surprenant comme couleur, et fascinant. Il était réellement curieux de savoir d'où son mentor venait pour posséder une telle teinte de... cheveux. – Pas la peine de penser au reste...

L'apprenti marchombre se sentait fatigué, mais curieusement bien. Une douleur lointaine émanait de son abdomen, mais elle était largement supportable. L'instant "cheveux bleus" passé, il réalisa enfin qu'il avait la gorge intensément sèche, et mit quelques secondes à voir le joli verre d'eau qui l'attendait sagement sur la petite table de chevet. Il remercia silencieusement celui ou celle qui avait eu l'intention de lui poser là, tout en buvant avec soulagement.

Et puis, enfin, la question arriva : "Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Ce fils de Raï m'a troué le corps en deux et voilà que je me réveille bien gentiment, dans la réalité, presque sans avoir mal. On m'a tué et je ne suis pas mort. Voilà une chose bien intéressante, mais qui est-ce qui a pu me guérir aussi vite ? A moins que plusieurs jours se soient écoulés ? Plusieurs semaines ? Mais alors, pourquoi Syndrell est ici, comme ça ?"

Il en était là de ses réflexions lorsque la porte de la chambre s'ouvrit, une Éole aux traits inquiets apparaissant brusquement. En même temps, Syndrell commença à bouger à ses côtés.

- Je suis désolée, mais ça fait trop longtemps qu’on se fait du soucis dehors... Comment ça va ?

Darwen adressa un grand sourire à la jeune marchombre.

- Je me sens en pleine forme !

Pour le prouver, il tenta de se redresser puis de se lever ; son sourire se déforma assez comiquement en grimace alors qu'il réalisait vite que ce n'était pas vrai. Il allait certes mieux, mais il était loin d'être en pleine forme ! Il adressa un regard brillant à Éole.

- Merci de t'être inquiétée... je ne sais absolument pas par quel miracle, mais apparement ça n'était pas la peine ! Tu sais ce qu'il s'est passé ?

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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Lun 12 Jan 2015, 21:59


Syndrell rêvait.
Et dans son rêve, Dolce était allongé près d’elle. Il lui parlait doucement tout en caressant distraitement ses cheveux, instant précieux de bonheur, moment parfait de plénitude. Souriant dans son sommeil, elle remua légèrement pour se blottir un peu plus contre lui, bercé par le rythme lent de sa respiration et son parfum sauvage, musqué, animal.

Animal ?

Froncement de sourcils.
Sommeil qui vacille.


- Je suis désolée, mais ça fait trop longtemps qu’on se fait du souci dehors… Comment ça va ?
- Je me sens en pleine forme !


Syndrell ouvrit brusquement les yeux. Elle battit des paupières pour accommoder sa vision et se raidit instinctivement alors que sa mémoire peinait à reconstituer les derniers événements. Eole se tenait près de la porte, indécise et visiblement soulagée. Alors, le regard doré de la marchombre glissa vers le garçon allongé sous les couvertures, tout près d’elle.
Et s’illumina.

L’instant suivant, sa main s’abattait sur le crâne de Darwen, tape légère mais indubitablement sincère.


- Darwen Ehsoleim ! Espèce de mollusque sans cervelle ! On ne t’a donc jamais appris à réfléchir avant d’agir ?

Syndrell se redressa sur le lit. La colère brillait dans l’or pur de se yeux alors qu’une vague de soulagement intense et profond balayait tout en elle. Absolument tout. Parce que Darwen était conscient et visiblement lucide. Parce que grâce à Pragon il allait se remettre rapidement. Et parce qu’il était vivant.

- Refais-moi encore une seule fois un coup pareille et je te promets que si je te sauve à nouveau la vie, c’est uniquement pour pouvoir ensuite te massacrer personnellement.

Elle se glissa du lit comme un chat et se dirigea d’un pas déterminé vers la porte.

- Raconte-lui, toi, à quel point sa bêtise nous a coûté comme énergie ces dernières heures, marmonna-t-elle en croisant Eole.

Puis elle sortit de la chambre et la porte se referma dans son dos. Lyke se précipita vers elle dès qu’il l’aperçut mais se figea net en découvrant son visage fermé.

- Tu ne…
- Fichez-moi la paix.


Le garçon la suivit des yeux tandis qu’elle disparaissait au fond du couloir, puis il échangea un regard perplexe avec Ciel. Celui-ci soupira et se passa la main dans les cheveux.

- Vas-y, proposa-t-il doucement. Je m’occupe d’elle.

Lyke ne se fit pas prier. Il ouvrit la porte et se glissa à l’intérieur de la chambre.



*



- Tu pleures ?
- Non.
- C’est pas grave.
- Je sais.
- Et c’est normal.
- Je sais.
- Tu sais, enseigner c’est…
- Je sais.
- Alors tu sais aussi que ça demande beaucoup…
- Oui.
- Bon. Alors pleure un bon coup et puis après, on ira calmer une armée de Frontaliers vaguement irrités.
- Ciel ?
- Mmh ?
- Merci…
- Ouais. Pas de quoi.




*



Ciel rentra chez lui après s’être assuré que son amie allait mieux. Mais il fallait admettre qu’après avoir versé quelques larmes dans le creux de l’épaule du Dessinateur et mangé un peu de tarte aux fruits sous le regard bienveillant d’Uliwëne, Syndrell était en bien meilleure forme. C’est donc le cœur plus léger et surtout plus serein qu’elle regagna la chambre de Darwen, un plateau rempli de bonnes choses dans les bras.

Eole et Lyke tenaient toujours compagnie au convalescent. Heureuse qu’ils aient pris le relais, elle offrit un sourire lumineux à la jeune femme et adressa un clin d’œil complice à Lyke avant de s’approcher du lit de son apprenti. Il avait l’air épuisé mais Syndrell constata avec satisfaction qu’il avait repris des couleurs.


- Quelques spécialités de la Citadelle, annonça-t-elle en déposant le plateau à portée de Darwen. De quoi requinquer le plus écervelé des mollusques, ajouta-t-elle en haussant un sourcil moqueur.

C’était sa façon de lui signifier qu’elle ne lui en voulait pas.
Enfin, pas tant que ça.



__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 25/08 au 28/08]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Lun 09 Fév 2015, 23:55

- Je me sens en pleine forme !

Un immense sourire se dessina sur le visage d’Éole, en écho à celui du jeune homme qui venait de prononcer ces paroles. Un soupir de soulagement franchit ses lèvres. Darwen était en vie et en plus, il semblait aller plutôt bien !

Bon, il n’allait pas forcément aussi bien qu’il le prétendait comme en témoigna la grimace qui s’afficha sur ses traits quand il essaya de se lever. Mais rien que le fait qu’il puisse faire de l’humour indiquait qu’il était tiré d’affaire.

- Merci de t’être inquiétée... je ne sais absolument pas par quel miracle, mais apparemment ça n’était pas la peine ! Tu sais ce qu’il s’est passé ?

Éole secoua la tête en jetant un regard à Syndrell - qui semblait endormie soit dit en passant. Elle n’eut pas le temps de parler que Syndrell se releva brusquement en fixant son élève de son regard doré, et brûlant avant de lui donner une tape derrière la tête.

- Darwen Ehsoleim ! Espèce de mollusque sans cervelle ! On ne t’a donc jamais appris à réfléchir avant d’agir ?

Éole recula d’un pas devant l’éclat de colère de la jeune femme aux cheveux bleus. Jusqu’alors, elle lui avait semblé d’un calme à toute épreuve, un calme qui pouvait s’avérer dangereux et mortel comme avait pu en juger ce Frontalier... mais la voir ainsi bouillante de rage la surprenait... et lui faisait un peu peur, bien qu’elle se doutât que la marchombre ne lui ferait aucun mal. Elle se leva précipitamment, fulminante, rageant encore contre la folie de son élève, avant de se diriger vers la porte d’un pas déterminé.

- Raconte-lui, toi, à quel point sa bêtises nous a coûté comme énergie ces dernières heures.

Furieuse. Syndrell était furieuse et c’était... déroutant. Quelques heures plus tôt c’était une jeune femme joyeuse, souriante et pleine d’humour et là, elle semblait n’être plus que colère et rage. Pourtant, quand elle croisa son regard, Éole y aperçut un éclat différent... un éclat de soulagement ? La jeune fille ne pouvait que la comprendre : elle avait été à deux doigts de perdre son élève - et elle savait très bien à quel point maître et apprenti étaient liés. Syndrell en voulait à Darwen d’avoir pris des risques démesurés, mais, en même temps, elle était heureuse qu’il s’en soit sorti vivant.

Syndrell sortit de la chambre et, quelques secondes après, Lyke entra.

- Darwen ! s’écria le jeune garçon en se jetant dans ses bras, tu es vivant !

Lui aussi était soulagée que le jeune homme aille mieux et son attitude fit sourire la jeune apprentie. Elle plongea son regard de nuit dans le vert intense des prunelles de Darwen. Ce dernier haussa un sourcil et elle se rappela sa question.

- J’avoue que j’ai été un peu perdue ces dernières heures en fait... Tout s’est passé très vite. Shar... Sharmal, c’est comme ça qu’il s’appelle ?

Le jeune homme hocha la tête, Éole continua.

- Sharmal donc, t’a planté son sabre dans le ventre et Syndrell a bondit à une vitesse hallucinante. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Sharmal était à terre et ne bougeait plus...

La jeune femme se prit la tête dans les mains. Essayer de se souvenir de ce tourbillon d’évènements dans lequel elle avait été emportée lui donnait mal au crâne...

- C’était horrible... Toi non plus tu ne bougeais plus... On a tous craint le pire... Et je crois que tu y es vraiment passé à un cheveux !

Éole leva un regard plein de détresse vers le jeune homme. Oui, elle avait vraiment eu peur pour lui. Elle ne le connaissait que depuis peu de temps, pourtant elle s’y était déjà attachée... Si il était mort... elle n’aurait certainement pas été aussi affecté que si c’était quelqu’un qu’elle connaissait mieux, comme Ange ou Shalie par exemple, mais elle aurait été très touchée, ça oui...

- Syndrell a raison, ces dernières heures nous ont pompé pas mal d’énergie. Sans comprendre ce qu’il se passait, je me suis laissée entraîner hors de la grande salle, jusqu’ici... Et une attente insupportable a commencé...

On a d’abord attendu un ami de Syndrell - enfin au début je ne savais pas que c’était lui qu’on attendait... Un Dessinateur à ce que j’ai pu en juger. Il est arrivé accompagné d’un autre homme, un Rêveur je suppose, et tous les trois, avec Syndrell, ils se sont enfermés dans cette chambre avec toi. Et là on a attendu, attendu, attendu... Tu ne peux pas savoir comme c’est atroce d’attendre dans ce couloir, sans savoir ce qu’il se passe derrière la porte, sans savoir si tu t’en remets ou pas, si ils arrivent à te soigner ou non...


Éole s’arrêta de parler pour reprendre son souffle. Les mots étaient sorti d’elle comme ça, sans qu’elle ne s’en rende compte. Toute la pression accumulée ces dernières heures était sortie d’une traite. Elle laissa échapper un long soupir, sans quitter Darwen du regard.

- En tout cas, je suis soulagée de te voir en forme, ajouta-t-elle avec un sourire timide.

- Ouais... tu nous a foutu une de ces frousses ! Mais maintenant que tu vas bien, nous aussi on va mieux ! s’exclama Lyke.

Éole sourit devant l’enthousiaste du garçon. Lui aussi s’était inquiété pour Darwen, bien sûr.

- Et puis tu sais, Syn’, elle a l’air en colère comme ça, ajouta-t-il en souriant, mais crois-moi, elle est plus heureuse qu’elle ne le montre de te voir en vie.

Sur ces paroles, ladite Syndrell poussa la porte de la chambre, les bras chargés de bonnes choses à manger. Elle adressa un sourire reconnaissant à Éole et un clin d’œil complice à Lyke avant de se diriger vers son élève.

- Quelques spécialités de la Citadelle. De quoi requinquer le plus écervelé des mollusques.

La jeune marchombre semblait avoir retrouvé son entrain et sa bonne humeur ce qui fit sourire Éole. Elle la préférait comme cela plutôt que en colère !

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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Lun 16 Fév 2015, 20:58

Toujours redressé dans son lit, le torse couvert d’un bandage, le jeune homme était curieux de savoir tout ce qui s’était passé depuis qu’il s’était fait trouer l’abdomen par ce fumier de Sharmal. Mais la belle Éole ouvrait à peine la bouche pour répondre à ses interrogations que Syndrell se réveillait et se redressait à son tour ; Darwen n’eut pas le temps d’esquiver la tape inattendue qu’elle lui administra, et se retourna vivement en protestant, une main sur le crâne et le regard sincèrement surpris.

- Mais euh ! Qu’est-ce qu’il te...
- Darwen Ehsoleim !, le coupa brusquement son Maître. Espèce de mollusque sans cervelle ! On ne t’a donc jamais appris à réfléchir avant d’agir ?

L’apprenti ouvrit la bouche sans comprendre. La jeune femme était vraiment en colère, pas de doute : ses yeux dorés flamboyaient, et le petit pli contrarié sur son front prouvait qu’elle était tout à fait sérieuse. ‘Wen revit soudain la façon dont il avait provoqué Sharmal, et comment il s’était précipité sur lui sans vraiment réfléchir ; un frisson lui parcourut le dos alors qu’il se remémorait le sabre du Frontalier fusant vers lui, et la douleur qui l’avait envahi tout entier en même temps que le sang s’échappait à flots de son ventre. Il prit soudain pleinement conscience qu’il aurait très bien pu mourir. Il revit l’air paniqué d’Éole lorsqu’elle était entrée dans la chambre. On s’était inquiété pour lui, apparemment... Et si la jeune femme aux yeux sombres semblait vraiment rassurée et ne paraissait pas lui en vouloir le moins du monde, cette dernière observation n’était pas valable pour Syndrell... qui ajouta, toujours aussi sérieusement :

- Refais-moi encore une seule fois un coup pareil et je te promets que si je te sauve à nouveau la vie, c’est uniquement pour pouvoir ensuite te massacrer personnellement.

Impressionné, le jeune homme tressaillit devant l’air furibond de son mentor. Il voulut répondre quelque chose, mais la marchombre sortit du lit et se dirigea à grands pas vers la porte sans qu’il n’ait eu le temps d’esquisser un geste. Sidéré, Darwen l’entendit grommeler en s’adressant à Éole, et remballer sèchement Lyke en sortant de la pièce. Une attitude qui n’était pas dans les habitudes de la jeune femme, et son élève se mordit l'intérieur de la joue en songeant à quel point elle devait s’être inquiétée pour lui. A quel point elle tenait à lui...

Tu es mon premier élève. Et aujourd'hui j'ai failli te perdre...

Comme sortant d’un rêve, Darwen sursauta. Cette phrase... simple rêve ou réalité ? Il était certain de l’avoir entendue, mais il ne se rappelait pas non plus la marchombre l’avoir prononcée. L’incertitude n’empêcha pas son visage de rougir légèrement au souvenir de la phrase. Syndrell était son Maître, elle le guidait sur la Voie depuis qu’Éloïse était partie, et rien que pour cela il lui devait énormément. Imaginer l’avoir rendue si angoissée pendant les dernières heures ne manqua pas de le faire culpabiliser.

Il avait juste fait n’importe quoi en se ruant ainsi sur Sharmal, alors qu’elle était là. En un instant, envahi par la rage et le désespoir, il avait complètement négligé tout ce qu’elle lui avait déjà appris. Celui qui croit savoir n’apprend plus, lui avait-elle pourtant dit de ne pas oublier.

Ridicule.
C’était tout ce qu’il avait été.

- Darwen ! tu es vivant !

L’entrée fracassante de Lyke dans la chambre le tira momentanément de ses remords, et un sourire attendri creusa la joue de l’homme-loup alors que le garçon se jetait dans ses bras. Il n’avait pour ainsi dire pas l’habitude qu’on lui témoigne une telle effusion de sentiment, et Darwen ébouriffa maladroitement les cheveux blonds de son nouvel ami. Levant les yeux vers Éole comme pour y chercher de l’aide, il croisa le regard de la jeune femme ; elle parut se rappeler en même temps que lui la question qu’il lui avait posée. Elle commença alors à lui raconter tout ce qu’il s’était passé ; ‘Wen hocha doucement la tête en serrant les dents, tentant de maîtriser sa colère, lorsqu’elle lui demanda le nom de celui qui avait failli mettre fin à ses jours.

- Sharmal donc, t’a planté son sabre dans le ventre et Syndrell a bondit à une vitesse hallucinante. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Sharmal était à terre et ne bougeait plus... C’était horrible... Toi non plus tu ne bougeais plus... On a tous craint le pire... Et je crois que tu y es vraiment passé à un cheveu !

A nouveau, le jeune homme se mordit les lèvres. Il avait failli perdre la vie, et si elle coulait encore dans ses veines, c’était parce que Syndrell avait empêché le Frontalier de l’achever. Et elle l’avait tué.

A cette pensée, Darwen sentit malgré lui un intense soulagement l’envahir. Ce fils de Raï était donc bien mort. Il n’allait plus avoir à subir sa vue dans les couloirs de la Citadelle, et encore moins sa voix mielleuse et ses sous-entendus insupportables, qui le mettaient à chaque fois hors de lui. Et puis, cela faisait déjà un problème de réglé... Restait à trouver celui qui avait voulu assassiner Uli, si toutefois le Seigneur des Marches du Nord ne se trompait pas lorsqu’il assurait que Sharmal ne pouvait pas être le coupable. Mais peut-être étaient-ils plusieurs, après tout. Un meurtre ne s’organise pas souvent tout seul...

Se forçant à se concentrer sur Éole qui prenait la peine de tout lui raconter - alors que cela semblait l’atteindre réellement - le jeune homme s’aperçut qu’elle n’était pas encore tout à fait remise. Après tout, la scène qui s’était déroulée sous ses yeux n’avait pas été agréable à voir, c’était un fait, et la jeune femme semblait encore si troublée qu’il ressentit le sentiment de culpabilité revenir. Il eut envie de se lever pour la prendre dans ses bras et la réconforter, mais n’osa pas. De toutes façons, je ne peux pas encore vraiment bouger, se dit-il pour se chercher une excuse...

- On a d’abord attendu un ami de Syndrell - enfin au début je ne savais pas que c’était lui qu’on attendait... Un Dessinateur à ce que j’ai pu en juger. Il est arrivé accompagné d’un autre homme, un Rêveur je suppose, et tous les trois, avec Syndrell, ils se sont enfermés dans cette chambre avec toi. Et là on a attendu, attendu, attendu... Tu ne peux pas savoir comme c’est atroce d’attendre dans ce couloir, sans savoir ce qu’il se passe derrière la porte, sans savoir si tu t’en remets ou pas, s’ils arrivent à te soigner ou non...

Un rêveur ! Comment pouvait-il ne pas y avoir pensé plus tôt ? Darwen se traita mentalement d’imbécile, alors que tout devenait désormais plus clair. Il avait eu tellement de chance que Syndrell connaisse ce Dessinateur ! Décidément, il lui devait doublement la vie. D’abord, elle l’avait enlevé des sales pattes de Sharmal, puis elle avait contacté cet homme, qui avait amené le rêveur. Sans eux, il serait sûrement dans l’autre monde à l’heure qu’il était... Et Éole n’y était pas pour rien non plus, tout comme Lyke. Ils avaient tous patienté derrière cette porte, juste pour lui... L’apprenti ne sut pas quoi répondre lorsque Éole ajouta d’une voix timide :

- En tout cas, je suis soulagée de te voir en forme.
- Ouais... tu nous as foutu une de ces frousses ! Mais maintenant que tu vas bien, nous aussi on va mieux ! Et puis tu sais, Syn’, elle a l’air en colère comme ça, mais crois-moi, elle est plus heureuse qu’elle ne le montre de te voir en vie.

L’intervention de Lyke ajouta au trouble de Darwen, qu’il cacha derrière l’un de ces demi-sourires dont il avait le secret. Oh oui, cela lui faisait vraiment drôle tout ce petit monde qui s’était donc autant inquiété pour lui...

Il sentait ses dernières barrières flancher, et faillit bien tout lâcher...

Heureusement, ce fut la porte de la chambre qui s’ouvrit à nouveau, laissant entrer une Syndrell métamorphosée... et accompagnée d’un plateau chargé de nourriture. Ce fut à ce moment-là que le jeune homme se rendit compte à quel point il avait faim, et ses yeux brillèrent à la perspective que la jeune femme aux cheveux bleus lui apportait.

- Quelques spécialités de la Citadelle. De quoi requinquer le plus écervelé des mollusques.

Le mollusque en question voulut répliquer, mais rien ne sortit. Il sentit que s’il essayait de parler, il allait vraiment tout lâcher, et il ne voulait surtout pas se mettre à pleurer devant ces trois témoins... Avec l’impression que le cœur lui était remonté dans la gorge, il ne put que hocher lentement la tête.

Oui, je ne le ferai plus.
C’est promis...

***


Uliwëne, Erlaëm, Misha et leurs parents les rejoignirent quelques minutes plus tard, l’air aussi soulagé qu’Éole et Lyke quelques instants auparavant. Heureusement, il n’y eut pas trop d’effusion, ce qui permit à Darwen de ne pas se sentir trop mal-à-l’aise. Mais après avoir observé tout ce monde qui parlait et riait à nouveau autour de lui, après avoir réalisé qu’ils étaient tous un peu comme une famille, sa famille, le jeune homme sentit que c’était le moment de leur dire...

- Excusez-moi, commença-t-il d’une voix hésitante.

Tous les regards se tournèrent vers lui et il avala sa salive. Sourit et passa une main dans ses cheveux pour se donner une contenance.

- Je... Je voulais vous dire...

Il croisa le regard encourageant de Syndrell, et trouva enfin les mots qui restaient bloqués dans sa gorge depuis qu’il s’était réveillé. Sain et sauf.

Les mots, ou plutôt le mot.

- Merci, lâcha-t-il enfin. A vous tous. Merci, vraiment... Et désolé, ajouta-t-il le regard fixé sur Syndrell. Je...

Uliwëne s’approcha de lui de sa démarche féline, lui posant un doigt autoritaire sur les lèvres.

- On a compris, murmura-t-elle. Tais-toi, ou tu vas encore dire des bêtises...

***


Lorsque Darwen se leva enfin, la nuit était bien avancée. Uliwëne avait réussi à calmer - du moins momentanément - les quelques Frontaliers encore en colère. Contre lui, et surtout contre Syndrell, l’étrangère qui avait osé tuer l’un des leurs ! Mais les Frontaliers sont des personnes intelligentes et compréhensives, et la plupart n’aimaient pas beaucoup Sharmal non plus. Ceux qui lançaient encore un regard noir à la marchombre lorsque le petit groupe passa dans les couloirs pour rejoindre le Seigneur des Marches du Nord étaient uniquement des anciens amis du défunt. Autant dire qu’ils se comptaient sur les doigts de la main...

Ils s’agenouillèrent devant Til’Illan lorsqu’ils furent entrés dans la grande salle, sauf Darwen qui n’était pas vraiment capable de se plier en deux... Il remarqua la mine impressionnée et néanmoins solennelle de Lyke et ne retint pas un léger sourire.

- Levez-vous, s’exclama en souriant le chef des Frontaliers, malgré son visage fatigué. Je devrais peut-être vous reprochez de vous être mêlées de nos affaires, continua-t-il les yeux rivés sur Syndrell et Éole, mais j’avoue que je ne n’ai pas le cœur à ça. J’ai surtout pu constater que vous avez pu tirer Darwen d’un bien mauvais pas, et pour cela je dois vous remercier... même si vous avez assassiné l’un des nôtres, Mademoiselle Ellasian. Je regrette d’ailleurs que vos amis Dessinateur et Rêveur ne soient plus parmi nous ; à l’occasion, vous les remercierez de ma part. Et enfin, merci aussi à vous, Mademoiselle Létoile, et Lyke, pour votre patience et votre courage. Inutile de vous préciser à tous les trois que je compte désormais sur votre discrétion, lorsque vous aurez quitté la Citadelle... Quant à Darwen, je ne te remercie pas pour ton imprudence... mais je suis heureux que tu sois encore parmi nous, avoua Til’Illan avec un sourire soulagé.

Le dénommé hocha la tête en signe de remerciement et de respect, peinant encore une fois à dissimuler son trouble.

- Et pour l’assassin d’Uliwëne ? demanda-t-il cependant.

La Frontalière ouvrit la bouche pour protester mais le Seigneur de la Citadelle la devança :

- Ne t’inquiète pas, nous allons nous en occuper. Je sais que tu voudrais le chercher personnellement mais dans l’état dans lequel tu te trouves, je crois que tu ne peux pas faire grand chose...

Il ignora les poings serrés du jeune homme pour poursuivre :

- Quant à vous, dit-il aux deux jeunes femmes qui accompagnait l’apprenti marchombre, cette histoire ne vous concerne pas et je suis obligé de vous demander de partir...
- Mais...
- ...demain, après avoir accepté mon hospitalité pour le restant de la nuit, si vous le voulez bien. Darwen restera encore un moment ici pour récupérer, mais je me dois de vous éloigner de la Citadelle et du danger qui semble y rôder en ce moment.

Un sourire étira ses traits et ses yeux brillèrent un instant alors qu’Éole et Syndrell acceptaient sa proposition.

- J’ai beaucoup parlé. Si vous avez quelque chose à dire à votre tour, une question ou une requête, je vous écouterais volontiers.


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Syndrell Ellasian
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Mer 25 Fév 2015, 12:11

[Et bien... ça me fait tout drôle d'achever cette très belle aventure, commencée il y a un sacré bout de temps ! Merci à tous les deux, c'était vraiment génial. Si vous jugez que j'ai un peu trop fait bouger vos personnages, MP !]






- Excusez-moi…

Plus encore que la nature de ses paroles ce fut le ton de Darwen qui piqua l’attention de Syndrell. Appuyée contre un mur de la chambre, vers lequel elle s’était éloignée lorsqu’était entrée une petite troupe de Frontaliers soucieux de l’état de leur ami, elle leva la tête et observa son élève. Les conversations se turent et le silence qui s’installa l’invitait à poursuivre, mais les mots semblaient trébucher sur ses lèvres.

- Je… Je voulais vous dire…

Syndrell avait déjà deviné ce qu’il essayait d’exprimer. Elle resta muette, parce qu’il y avait encore un soupçon de colère tout au fond d’elle, et surtout un rien d’amusement à voir le jeune homme patauger tout seul. Pourtant, lorsqu’il tourna la tête dans sa direction et accrocha son regard, la marchombre ne put s’empêcher de cligner des paupières. Juste pour lui donner l’élan qui lui manquait.

- Merci. A vous tous. Merci, vraiment… Et désolé. Je…
- On a compris,
intervint Uliwëne avec douceur, mais en scellant fermement les lèvres de Darwen. Tais-toi, ou tu vas encore dire des bêtises…

Bras croisés sur la poitrine, Syndrell baissa la tête et laissa ses longs cheveux retomber devant son visage. Derrière le rideau bleu se cachait un sourire.



*



Assise sur un muret de pierre, les jambes se balançant doucement dans le vide, Syndrell était plongée dans ses pensées. La nuit était tombée depuis un moment déjà, et une myriade de torches illuminaient à présent la Citadelle. Quelques étages plus bas, dans la cour centrale, des Frontaliers s’entraînaient en silence. Leurs sabres étincelaient parfois à la lumière des flammes dans un formidable ballet de puissance et de légèreté.

La marchombre suivait distraitement leur évolution. Elle songeait à cette étrange journée qui l’avait vue découvrir la Citadelle et tuer un Frontalier en quelques heures d’intervalle. La vie avait une façon peu commune d’emprunter des chemins aussi étonnants qu’imprévisibles. C’est ce qui la rendait si belle, cette manie de s’évertuer à empêcher de tourner en rond ; mais c’était aussi une succession de remises en question, conséquences de choix souvent proposés, toujours difficiles à réaliser.

Elle ne regrettait pas, ne pourrait jamais regretter son geste, car il avait sauvé la vie de Darwen. Syndrell comprenait parfaitement désormais ce qui avait motivé Miss à affronter son passé en venant la tirer de ce mauvais pas dans lequel elle s’était fourrée en infiltrant le Domaine. Elle passa une main sur son ventre, là où persistait encore vaguement un soupçon de cette rage qui l’avait animée lorsque la lame de Sharmal s’était plantée dans l’abdomen de son apprenti.

Elle redoutait que son attachement envers ses élèves, à présent évident, ne lui fasse prendre des chemins dangereux. Lynn et Darwen étaient les premiers marchombres qu’elle guidait sur la Voie ; quel moyen avait-elle de savoir si elle s’y prenait correctement ? Miss avait-elle réfléchi aux conséquences de ses actes lorsqu’elle avait fait irruption au Domaine pour récupérer son écervelée d’apprentie ?

Les Marchombres entretenaient des relations tout à fait sereines avec les Frontaliers, fondées sur un respect mutuel et une profonde admiration envers le rôle de chacun au quotidien. L’agression d’Uliwëne puis le comportement de Sharmal avait légèrement terni la réputation de la Citadelle, mais le geste de Syndrell avait lui aussi contribué à craqueler le vernis parfait de la confiance aveugle.

Elle en eut la certitude lorsqu’on vint la chercher pour la conduire, en compagnie d’Eole, de Lyke et d’un Darwen qui arrivait tout juste à se tenir debout, devant le seigneur des Marches du nord. Syndrell s’était mentalement préparée à cette éventualité et effectua le chemin jusqu’à la grande salle avec sa bonne humeur habituelle. Son cœur cognait pourtant contre sa poitrine et, lorsque ses compagnons s’agenouillèrent face à l’homme qui commandait aux Frontaliers, elle comprit que de sa présence en ce lieu dépendraient pas mal de choses à l’avenir.

Elle ne s’inclina pas. Il n’y avait aucun manque de respect dans ce refus de s’agenouiller, rien d’autre que l’expression franche d’une liberté qui clamait son origine Marchombre. Elle hocha cependant la tête en direction du Seigneur des Marches du nord et écouta son discours avec attention. Cilla lorsqu’il évoqua la mort de Sharmal en son nom. Haussa un sourcil en l’entendant formuler poliment l’ordre de leur départ. Sourit quand il les invita à prendre la parole.

Et s’exécuta aussitôt.


- Courage et honneur forgent l’âme des hommes et des femmes qui vivent entre ces murs, dit-elle en balayant de son regard doré l’assemblée de Frontaliers. Je ne suis pas du genre à prêter attention aux rumeurs que l’on colporte en Gwendalavir, mais pour une fois je suis d’accord avec toutes celles qui concernent la Citadelle. Absolument toutes.

Son regard revint se poser sur son interlocuteur.

- Vous pouvez garder un œil sur Darwen le temps qu’il se rétablisse, mais si vous voulez mon avis, vous devriez le laisser vous aider dans vos investigations. Il a plus d’un tour dans son sac… Quant à nous, je pense que nous allons profiter avec joie d’une nuit sur un bon lit avant de reprendre la route.
- Le plus gros de la tempête est passé, vous pourrez partir sans crainte.

Après l’échange de quelques banalités, Syndrell et ses compagnons furent congédiés de la salle d’audiences. De toute évidence, les Frontaliers avaient besoin de parler entre eux, probablement au sujet du mystérieux agresseur d’Uliwëne. Cette histoire avait interpelé Lyke. Lorsqu’ils sortirent dans le couloir, le garçon attrapa le poignet de la marchombre pour attirer son attention.

- Tu ne crois pas qu’il pourrait s’agir de Sharmal ? murmura-t-il en jetant un coup d’œil en direction d’Uliwëne.

Syndrell secoua la tête.

- Sharmal était un bagarreur doublé d’un imbécile. En provoquant Darwen, il savait qu’il attirait l’attention sur lui mais cela ne l’a pas empêché de chercher les ennuis. Celui ou celle qui s’en est pris à Uliwëne est plus malin que ça…

Et c’est ce qui inquiétait la jeune femme. La mort de Sharmal rendait sa présence délicate au sein de la Citadelle, raison pour laquelle Eole, Lyke et elle devaient s’en aller rapidement, mais elle n’aimait pas l’idée de laisser un Darwen convalescent à la portée d’un tueur expérimenté. Erlaëm remarqua sa mine soucieuse et s’approcha d’elle.

- J’ai bien envie de te proposer quelque chose, mais j’ai peur que tu n’interprètes mal mes paroles.
- Laisse-moi en juger, Erlaëm. Parle.
Tu veux bien venir sur le tatami avec moi ? Pour comparer un peu nos techniques ? Nous avons à peu près quarante-cinq minutes à perdre avant le banquet de ce soir alors… Je me disais…


Un sourire radieux naquit sur les lèvres de Syndrell.

- C’est une idée géniale ! Mais je ne vais l’accepter qu’à une seule condition.

Elle s’approcha d’Eole et passa un bras autour de ses épaules.

- Mon amie vient avec nous, en renfort. Juste au cas où tu profiterais de l’entraînement pour essayer de m’attirer dans ton lit…
- Voilà, tu as mal interprété ma proposition, je le savais !


L’air faussement peiné d’Erlaëm acheva de détendre l’atmosphère et tout le monde éclata de rire.



*



Le temps avait changé à une vitesse sidérante. Poussés par le vent du nord, les nuages avaient déserté le ciel, désormais d’un bleu céruléen et illuminé par un soleil qui faisait briller la neige et fondre la glace sur les toits de la Citadelle. Un spectacle éblouissant, ébouriffant, époustouflant. Gravé à jamais dans la mémoire de Syndrell. Elle achevait de seller Vagabond lorsqu’une main se posa sur son épaule. Puissante et amicale.

- Reviens nous voir un de ces jours, souffla Erlaëm. Je ne connais pas l’homme à qui tu as offert ton cœur mais je l’envie énormément. Et ce mollusque écervelé de Darwen aussi, d’ailleurs – si je peux me permettre de reprendre ton expression. Il a beaucoup de chance de t’avoir pour amie.

Syndrell l’avait écouté en silence, le cœur battant, troublée par un tel aveu de la part de cet homme qui la dépassait de presque trois têtes et qui l’impressionnait beaucoup. Elle se tourna vers lui et rejeta sa longue tresse bleue en arrière avant de lever la tête pour planter son regard dans le sien.

- Il me semble que les coups que nous avons échangés sur le tatami hier, et la sueur que nous avons versée ensemble, font de nous bien plus que de simples connaissances. Je serais fière de pouvoir me dire être ton amie, Erlaëm.

Elle leva la main et il y appliqua la sienne avec émotion. Avant de reculer précipitamment lorsque Misha entra en trombes dans l’écurie.

- Tu croyais vraiment pouvoir filer en douce sans me dire au revoir ? s’écria-t-elle.

Syndrell sourit. La veille, alors que la Frontalière et elle s’étaient affrontées pour mesurer leurs capacités, un lien nouveau s’étaient créé, quelque part entre l’admiration et l’envie de surpasser l’autre ; Misha regardait la marchombre d’un autre œil et traduisit son affection par un coup de poing dans l’épaule encore un peu douloureuse de la jeune femme.

Uliwëne et Darwen les attendaient dans la cour. Tenant Vagabond par la bride, Syndrell se dirigea vers eux en mesurant la chance qu’elle avait de les voir tous deux sains et sauf. Lyke s’accapara immédiatement le frison et Uliwëne en profita pour attirer la marchombre à l’écart.

- Les miens ne savent pas encore ce qu’ils doivent penser de cette histoire, lui dit-elle,mais moi je te remercie pour tout ce que tu as fait pour nous.

Elle ne put s’empêcher de regarder Darwen en prononçant ces paroles et Syndrell, qui avait suivi son regard, hocha la tête dans un sourire.

- Il tient énormément à toi.
- C’est réciproque.
- Alors soyez prudents, tous les deux. Ne laissez pas un autre « Sharmal » détruire ce qui fait la force de la Citadelle. Vous avez une frontière à protéger…
- Et toi, une sœur à retrouver. Lyke est un garçon très bavard,
ajouta Uliwëne devant l’air surprise de Syndrell. J’espère qu’il retrouva également sa maman.

L’heure du départ approchait. Après avoir serré la jolie Frontalière dans les bras, Syndrell s’approcha de Darwen et appuya un doigt sur sa poitrine.

- Pas de folies. Je veux te voir en pleine forme à notre prochain rendez-vous, c’est compris ?

Elle s’éloigna de quelques pas, s’arrêta et se tourna dans sa direction.
Sourit.


- Lyke et moi restons dans le coin. Juste au cas où…

Les portes étaient ouvertes. Dehors, la plaine enneigée s’étendait à perte de vue. Syndrell remonta le col de sa cape de voyage et enfila son arc en travers de ses épaules.

- Lyke, en selle ! Tu nous accompagnes un peu, Eole ?
- Dis oui, s’il te plaît !
s’écria Lyke en regardant l’intéressée. Monte avec moi !

Il tapota la selle de Vagabond, juste derrière lui. Il avait un sourire ravi qui n’échappa pas à Syndrell. De toute évidence, Lyke appréciait beaucoup Eole. La marchombre asséna une petite tape sur l’arrière-train de son cheval et s’apprêtait à le suivre lorsque son nom résonna dans l’air frais du matin. Elle se retourna pour voir le seigneur des Marches du Nord avancer à grands pas dans sa direction.

- Je vous croyais en pleine réunion…
- C’est le cas. Je connais quelques façons d’y échapper subrepticement,
avoua-t-il dans un discret clin d’œil qui n’émailla rien de la puissance qui émanait de sa personne. Vous avez pris les sacs de vivres ?
- Oui. Il va nous falloir des semaines pour écouler tout ça. Merci.
- Il n’y a pas de quoi, jeune Ellasian. Bonne route. Et si jamais vous croisez Erwan Narcos, saluez-le de ma part, voulez-vous ?


Syndrell, qui s’était déjà détournée après avoir salué le Frontalier, se figea un instant. Erwan ? Il était donc connu ici, à la Citadelle ? Une question naquit dans son esprit, frémit sur ses lèvres… s’évapora avant d’exister. Laissa place à un sourire complice lorsque la jeune femme se retourna.

- Je n’y manquerai pas !

Au pas de course, elle rejoignit Eole, Lyke et Vagabond. La neige crissait sous ses pieds et le vent sifflait joyeusement à ses oreilles. Elle courait tranquillement, sans effort, le cœur léger même si la plupart de ses pensées restaient tournées vers la Citadelle, ses nouveaux amis, son apprenti.

Cette aventure s’ajoutait à toutes les autres et la propulsait vers la prochaine avec un élan qui faisait briller ses yeux d’excitation et de malice. Accélérant l’allure, elle dépassa Vagabond et ses cavaliers qui avançaient au petit trot et leur tira la langue.


Le défi fut relevé dans un éclat de rires joyeux.

__________________________________________

Marchombre. Un souffle, un geste, un élan de vie. Un formidable amalgame entre liberté et harmonie.

Vous. Moi…


[Absente du 25/08 au 28/08]
Spoiler:
 

(Wëlle, merci... tout simplement)
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Ven 10 Avr 2015, 16:04

- Excusez-moi...

Éole tourna son regard de nuit vers un Darwen hésitant qui venait de prononcer ces quelques mots. Tout le monde était là, autour de lui, soulagé de le voir vivant et lui semblait se rendre soudain compte de l’impact qu’avait eu sa folie.

- Je... Je voulais vous dire...

Un léger sourire effleura les lèvres de la jeune fille. Son regard passa sur les Frontaliers qui étaient présents au chevet de l’apprenti. Uliwëne, Erlaëm, Mysha... et d’autres qu’elle avait aperçu, qu’elle savait être leurs parents et leur confrères mais qu’elle ne connaissait pas plus que cela, tous était là pour lui. Tous s’était fait du soucis pour lui, comme une famille se soucie de ses enfants. La scène était touchante et Éole se surprit à rêver qu’un jour elle aussi elle aurait une famille aussi chaleureuse que celle-ci. Elle observait la scène silencieuse, avec une pointe d’envie dans le fond de son cœur. L’image flou de son père et celle un peu plus nette de sa mère apparurent dans son esprit. Le premier était mort avant ses cinq ans, la seconde... et bien la seconde justement, elle n’en savait rien. Partie, enfuie... L’avait-elle abandonnée ? Une mère pouvait-elle abandonnée sa fille de quatorze ans ?

Éole laissa échapper un léger soupir en secouant la tête pour chasser ces douloureux souvenirs de sa tête et se concentra de nouveau sur Darwen.

- Merci. A vous tous. Merci, vraiment... Et désolé. Je...
- On a compris,
le coupa Uliwëne, tais-toi, ou tu vas encore dire des bêtises...

Le sourire d’Éole s’agrandit. Un jour... Un jour, elle aussi elle aurait des enfants. Et elle, elle ne les abandonnerait pas. Elle leur donnerait autant, voir plus, d’amour qu’il y en avait dans cette chambre.

~ * ~

Éole était agenouillée dans la grande salle de la Citadelle, Syndrell, Darwen et Lyke à ses côtés, face au seigneur Til’Illan. La jeune danseuse écouta attentivement le discours du seigneur des Marches du Nord, gardant le regard baissé. Le personnage l’impressionnait et elle sentait en elle une pointe de culpabilité. Elle n’était pas chez elle ici, les Frontaliers lui avait offert l’hospitalité, elle n’avait pas voulu tout cela, pourtant elle avait été emportée, elle aussi, par le tourbillon des évènements. Elle n’avait fait que subir, en soit, elle n’était pas fautive de grand chose, mais elle était avec Syndrell et Lyke, elle était une étrangère à cette Citadelle, elle se sentait donc un peu coupable de tout cela.

Mais Til’Illan n’avait pas l’intention de leur faire un sermon, au contraire - et cela surprit la jeune fille - il les remercia pour tout ce qu’ils avaient fait pour Darwen. Quand elle entendit son nom franchirent les lèvres du seigneur, elle osa enfin lever la tête et adresser un sourire timide au souverain.

- Inutile de vous préciser à tous les trois que je compte désormais sur votre discrétion, lorsque vous aurez quitté la Citadelle...

Éole hocha la tête. Rien ne sortirait de ces murs, elle pouvait en faire le serment. De toute façon, à qui, mis à part Bolshoï, pouvait-elle raconter tout cela ? À Pia ? À Ange et Shalie ? Non, elle n’y voyait pas grand intérêt, d’autant plus que l’affaire ne la touchait pas directement et qu’elle n’avait finalement été qu’une spectatrice, tombée par hasard au mauvais endroit au mauvais moment.

- Et pour l’assassin d’Uliwëne ?
- Ne t’inquiète pas, nous allons nous en occuper. Je sais que tu voudrais le chercher personnellement mais dans l’état dans lequel tu te trouves, je crois que tu ne peux pas faire grand chose...


Éole vit le corps de Darwen se tendre. Pour sûr, il aurait préféré lui régler personnellement son compte... Mais les paroles de Til’Illan semblèrent sage à la jeune apprentie. Darwen avait assez pris de risques pour un moment. Elle jeta un coup d’œil à Syndrell. Elle était persuadée que la jeune femme était de son avis.

- Quant à vous, cette histoire ne vous concerne pas et je suis obligé de vous demander de partir...
- Mais...

- ...demain, après avoir accepté mon hospitalité pour le restant de la nuit, si vous le voulez bien. Darwen restera encore un moment ici pour récupérer, mais je me dois de vous éloigner de la Citadelle et du danger qui semble y rôder en ce moment.


La jeune fille hocha doucement la tête, compréhensive. De toute façon, il était temps pour elle de partir. Elle n’était pas encore bien sûre de vouloir ouvrir les tiroirs de son passé, mais ce dont elle était certaine, c’était qu’elle ne le saurait qu’au pied même des Frontières de Glaces.

- J’ai beaucoup parlé. Si vous avez quelque chose à dire à votre tour, une question ou une requête, je vous écouterais volontiers.

Syndrell en avait des choses à dire et prit donc la parole. Éole l’écouta en hochant la tête, signifiant son accord avec ce qu’elle disait. Elle aussi avait pu vérifier la véracité des rumeurs qui couraient sur la Citadelle. Courage et honneur. Des maîtres-mots forts et nobles qu’elle respectait et qui régnaient dans l’ambiance des lieux.
Quand la marchombre eut fini, Éole s’inclina légèrement en souriant respectueusement.

- Syndrell a tout dit et je suis entièrement d’accord avec elle. J’ajouterais que ce fut un plaisir, et un honneur, pour moi d’avoir pu séjourner entre ces murs. La Citadelle a nourri mes rêves de petites filles et je suis heureuse d’avoir pu enfin la découvrir. Donc merci. Merci de m’avoir permise de réaliser un de mes rêves, merci pour votre hospitalité et pour votre tolérance face aux évènements d’hier.

Éole s’inclina de nouveau face au Seigneur Til’Illan, pleine de respect et de gratitude.

~ * ~

Éole caressait doucement l’encolure d’ébène de son cheval. La robe sombre de Bolshoï contrastait avec le blanc immaculé de l’étendue de neige qui entourait la Citadelle. Le ciel était d’un bleu si intense qu’il en était presque irréelle et le soleil matinal brillait déjà d’une intensité telle qu’il révélait des millions des petites étoiles glacées dans le paysage. Éole sourit tranquillement, sereine et heureuse.

À côté d’elle, Syndrell et Lyke disait au revoir à Mysha, Uliwëne, Erlaëm et Darwen qui vinrent ensuite la saluer à son tour. Éole sourit au jeune homme.

- À Bientôt Darwen, je suis vraiment ravie d’avoir fait ta connaissance et, si j’ai bien compris, on se reverra peut-être dans les couloirs de l’Académie, n’est-ce pas ?

La jeune danseuse adressa un clin d’œil complice au jeune homme.

- Prend soin de toi Darwen !

Après un dernier sourire, Éole se détourna et rejoignit Syndrell et Lyke qui l’attendaient.

- Lyke, en selle ! Tu nous accompagnes un peu, Eole ?

L’apprentie rendit son sourire à la marchombre aux cheveux bleus. Elle voulut répondre mais fut coupée en plein élan par un Lyke surexcité.

- Avec grand plaisir ! Par contre Lyke, je suis navrée, mais je ne vais quand même pas laissé Bolshoï ici hein ?

Elle désigna le grand hongre noir derrière elle en adressant un clin d’œil au garçon.

- Par contre, je chevaucherai à côté de toi et le plus longtemps possible, ça te va ?

Lyke lui répondit d’un grand sourire auquel ses lèvres ne purent que faire écho. La jeune fille grimpa sur le dos de son cheval et suivit Lyke. Ils furent rapidement rejoint par Syndrell et s’élancèrent tous les trois dans la neige étincelante.

Éole regarda l’immensité des Frontières de Glaces à l’horizon. Que l’attendait-il là bas ?

*Mais ai-je seulement envie de savoir ?*

Elle haussa les épaules, incapable pour le moment de répondre et se contenta de sourire à la vie, goûtant à cette sensation enivrante qui parcourait son corps tout entier quand elle se laissait aller ainsi dans un trot tranquille, la chaleur du soleil sur son visage, la douce odeur de la neige froide qui l’entourait et la caresse du vent dans ses cheveux.

Elle n’avait pas envie de penser à ce qu’elle ferait une fois au pied des montagnes. Elle aurait tout le temps d’y penser quand elle y serait. À cet instant là, elle était juste heureuse d’avoir retrouvé Syndrell, d’avoir revu Lyke, d’avoir rencontré Darwen et d’avoir pu visiter la Citadelle des Frontalier et elle ne laisserait aucune pensée négative gâcher cet instant de bonheur.









[Et bien voilà, c'est fini ^^ Merci pour cette belle aventure et désolée pour le retard Wink Au plaisir de vous recroiser au détour d'un RP ! Smile ]

__________________________________________



"C'est donc bien que la danseuse est dans un autre monde, qui n'est plus celui qui se peint de nos regards, mais celui qu'elle tisse de ses pas et construit de ses gestes"
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Darwen Ehsoleim
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MessageSujet: Re: Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]   Sam 27 Juin 2015, 14:30

Le regard plongé dans la nuit noire à travers la fenêtre de sa chambre, Darwen attendait qu’Uliwëne le rejoigne. Après avoir quitté Til’Illan puis Erlaëm, la Frontalière avait raccompagné Syndrell, Éole et Lyke dans leur chambre, et était sûrement en train de discuter avec eux, alors qu’il lui avait demandé de venir le voir : il devait lui parler. Sharmal était certes mort, ‘Wen n’avait pas oublié qu’il avait connu l’existence de son double animal, tout comme Misha. Pourtant, Uli était censée être la seule au courant. Il devait savoir si ce que Misha lui avait dit était vrai, si Uliwëne avait eu peur du loup, peur de lui, et qu’elle avait dû partager cette peur avec sa sœur. Il lui demanderait aussi si elle savait comment Sharmal avait été mis au courant.

Enfin, l’apprenti entendit la porte de la chambre s’ouvrir, et se retournant, il vit son amie entrer. Elle vint se placer à ses côtés en souriant. Cela faisait deux ans qu’ils ne s’étaient pas réellement retrouvés seuls, et ils en ressentirent un léger malaise, une timidité amusante... Uliwëne fut la première à rompre le silence en murmurant :

- Tu voulais me dire quelque chose ?

Darwen hocha la tête et planta ses yeux dans ceux, d’un rose pur, de la jeune femme.

- Tout-à-l’heure, Misha m’a avoué connaître l’existence du loup.

Il avait prévu de lui annoncer directement pour voir sa réaction, qui ne se fit pas attendre. La Frontalière ouvrit des yeux ronds, l’air sincèrement surpris.

- Sharmal savait aussi que je peux me transformer. Est-ce que c’est toi qui le leur as dit ?
- Je... Non ! Je ne savais même pas qu’ils étaient au courant ! Je ne comprends vraiment pas...

Le jeune homme voyait bien qu’elle était sincère, et il en fut aussitôt soulagé. Mais la question demeurait toujours, et il fronça les sourcils, posant sa tête sur ses bras, croisés sur le rebord de la fenêtre, ses yeux gris perdus dans la nuit.

- Comment l’ont-ils su alors ? Tu crois qu’ils nous ont écouté, espionné quand on en parlait ? Misha est curieuse, elle nous a peut-être surpris dans une conversation. Mais concernant Sharmal, il n’a aucun rapport avec elle, d’après ce que j’en sais... Pourquoi l’aurait-elle mis au courant ?
- Tu es sûr de ce que tu dis, ‘Wen ? Tu crois que ma sœur nous a écouté ?
- Je ne vois pas d’autre solution. Mais ce n’est pas si grave ; ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle a voulu me faire croire que c’est toi qui lui avais parlé du loup, te confiant à elle soi-disant parce que tu avais peur de moi et de mon double.
- Elle t’a dit ça ? Mais c’est complètement absurde ! Si ton double m’avait effrayée, je t’en aurais parlé directement !
- C’est ce que je me suis dit aussi.
- C’est vraiment étrange... et tu penses, pour Sharmal, qu’elle le lui aurait dit ? Mais pour quelle raison ? Il nous a peut-être surpris en train d’en parler, lui aussi...
- Je ne pense pas. Ça ferait quand même beaucoup de monde, avec toutes les précautions que l’on prenait pour ne pas être entendus... Et puis, il sait que Misha est aussi au courant. Ils en ont donc parlé ensemble !

Rageant, Darwen se redressa un peu trop vivement, et gémit de douleur en sentant sa blessure le lancer violemment. Uli l’obligea à se calmer et à s’asseoir sur le lit, prenant place à ses côtés. Elle passa une main douce sur la barbe de quelques jours du jeune homme.

- Écoute. Je ne sais pas ce qu’il c’est passé. Tu devrais peut-être en parler directement à Misha... tu veux que je lui demande de venir te voir ?
- Je ne sais pas..., soupira l’apprenti en plongeant son regard clair dans les yeux roses de son amie. Il se passe tellement de choses en même temps... Je lui demanderai demain.
- Tu as raison, acquiesça la jeune femme. Tu dois te reposer, maintenant.

‘Wen ne répondit pas. Mais devant son regard suppliant, et répondant à sa propre envie, Uliwëne s’avança pour déposer un léger baiser sur les lèvres de son ancien compagnon. Elle se leva cependant rapidement, comme si elle estimait qu’il était temps de dormir...

- Bonne nuit, souffla-t-elle avec un léger sourire.

Et elle se glissa hors de la chambre, refermant la porte derrière elle.


***



Un rayon de soleil passa à travers la fenêtre, poursuivit son chemin à travers la chambre et vint titiller les paupières fermées de Darwen, qui se réveilla aussitôt. Il eut juste le temps de se redresser dans son lit et d’enfiler son pantalon avant que trois coups discrets ne frappent contre l’épaisse porte de bois de la pièce. Le jeune homme grommela d’une voix éraillée une réponse inintelligible avant qu’une Misha bien réveillée n’entre dans la chambre, le sourire aux lèvres.

- Tout le monde est levé. Tes amis s’apprêtent à partir et il ne manque plus que le grand blessé d’hier pour aller leur dire au revoir...

Sauf que le grand blessé avait dormi à peine quatre heures et n’avait pas encore bien achevé son réveil...

- J’étais justement en train de me lever, tenta d’articuler ‘Wen en clignant des paupières. Et j’ai beau apprécier le côté fêtard et on-vit-tous-ensemble des Frontaliers, j’aimerais bien avoir un peu d’intimité de temps en temps...

Mais la jeune femme ne comptait pas en rester là. Ignorant la remarque, elle s’approcha vivement du jeune homme pour s’asseoir à côté de lui, et Darwen comprit aussitôt qu’elle avait une idée en tête. De son côté, il se rappelait qu’il voulait lui dire quelque chose, mais quoi ? Il savait juste qu’il avait faim, autant que le loup dans son ventre.

- Pourquoi es-tu toujours aussi agressif avec moi ? demanda Misha sur un ton qu’il ne parvint pas à qualifier. Moqueur ? Triste ? Suppliant ?

- Tu exag..., voulut répondre l’apprenti marchombre sur un ton plus doux.

Seulement, il venait de prendre conscience des doigts de la Frontalière sur son torse, qui caressaient doucement sa blessure. Surpris, il leva le visage vers elle et se rendit enfin compte de la lueur qui perçait ses yeux rose sombre. Une lueur qui semblait la dévorer toute entière, alors qu’elle-même le dévorait du regard, lui. Gêné, Darwen se mordit les lèvres. Bordel...

- C’est Uli qui t’as sauvé, c’était normal que tu sois tombé dans ses bras, à elle... mais tu n’as jamais remarqué que... je t’aimais aussi.

Malgré lui, ‘Wen sentit tout son corps fondre suite à cette annonce, cependant il se reprit bien vite, et retirant la main de la jeune femme de son ventre, il la força à le regarder, sans la lâcher. Il hésitait vraiment entre la colère et la compassion, et cela s’entendit dans ses paroles.

- Misha, tu sais très bien que je ne peux pas faire ça. Tu... tu es comme une sœur pour moi. Et même si ma liaison avec Uli est... terminée, ça ne signifie pas que mes sentiments à ton égard ont changé. Tu comprends ?

Il vit la jeune femme se mordre les lèvres et retint un soupir. Vraiment, il ne manquait plus que ça en plus de toutes les histoires qui lui tombaient dessus ! Il se leva et enfila sa chemise en évitant de croiser le regard rose ; ce qui n’était pas la peine puisqu’il entendit la Frontalière se lever et entrouvrir la porte...

- Je suis désolé.

Oui, il l’était vraiment. Mais il ne pouvait pas, et ne devait pas s’épancher davantage.

- Non, ‘Wen, c’est moi qui suis désolée.

Étonné, le jeune homme tourna la tête vers la silhouette qui s’apprêtait à sortir.

- Je suis vraiment désolée, pour tout ce qui t’arrive en ce moment, et ce qui va t’arriver...

Il n’y avait pas la moindre menace ou colère dans la voix de Misha, juste une infinie tristesse, teintée d’une certaine certitude sur la fin de la phrase, qui attirèrent immédiatement le doute et l’incompréhension dans l’esprit de Darwen ; mais avant qu’il n’ait pu ouvrir la bouche, la jeune fille s’était volatilisée.

‘Wen soupira. Il venait de se rappeler ce qu’il voulait lui demander, à propos du loup...


***



Debout à côté d’Uliwëne, l’apprenti marchombre vit son Maître avancer vers lui, accompagnée d’un Lyke toujours aussi plein d’entrain, déjà auprès de Vagabond. La journée s’annonçait belle, avec ce magnifique ciel d’un bleu si pur, comme on ne peut en trouver qu’en montagne, et le jeune homme songea que finalement, c’était le bon moment pour que Syndrell, Éole et Lyke reprennent leur route. Un sourire entendu creusa sa joue lorsque la Frontalière prit la marchombre à l’écart et que son regard rose croisa celui de Darwen, puis lorsque les deux femmes se serrèrent dans les bras. Il était heureux d’avoir pu créer un pont entre ces deux-là, et entre deux parties de sa vie qui désormais n’étaient plus séparées.

- Pas de folies. Je veux te voir en pleine forme à notre prochain rendez-vous, c’est compris ? le taquina Syndrell en revenant vers lui.
- Moi, des folies ? Jamais ! répondit le jeune homme d’un air moqueur. Puis, redevenant plus sérieux : Je suis désolée pour ta sœur... j’aurais voulu t’aider, et avec toutes ces histoires, vos propres soucis, à Éole, Lyke et toi, sont passés à la trappe ! J’espère que vous aurez plus de chance que moi pour trouver celles que vous cherchez. Tenez-moi au courant !

Il s’était également adressé à Éole sur les dernières phrases, lui adressant un clin d’œil.

- À bientôt Darwen, je suis vraiment ravie d’avoir fait ta connaissance et, si j’ai bien compris, on se reverra peut-être dans les couloirs de l’Académie, n’est-ce pas ?
- Il y a de grandes chances, oui, et j’en serai ravi !

Mis à part durant le moment ayant succédé à la venue du rêveur, ‘Wen n’avait pas pu échanger beaucoup avec la jeune femme brune, et il aurait bien aimé faire davantage connaissance. Il avait cependant la promesse qu’il n’était pas trop tard...

L’apprenti fronça les sourcils en apercevant Til’Illan marcher dans leur direction, et un sourire discret étira ses lèvres lorsqu’il suivit le début de la conversation entre le Seigneur des Frontaliers et la Maître marchombre. Il avait énormément apprécié, la veille, la façon dont Syndrell et Éole avait répondu au personnage, lorsqu’il leur avait laissé prendre la parole.

Il profita de ce léger retardement pour aller ébouriffer les cheveux de Lyke et claquer son poing contre celui du garçon, suite aux fausses protestations de ce dernier, dans un sourire qui scellait désormais une amitié fraternelle. Car Darwen ne pouvait s’empêcher d’éprouver un sentiment de protection vis-à-vis de celui qu’il pouvait désormais considérer presque comme un petit frère.

Un léger sourire aux lèvres, le jeune homme observa le petit groupe s’éloigner ; il eut juste le temps d’apercevoir Syndrell dépasser les chevaux avant que les portes de la Citadelle ne se referment, concluant leur brève aventure... Pourtant, rien n’était terminé. Il devait encore trouver le traître et...

- Allez, vaillant guerrier, il est temps de rentrer te reposer ! s’exclama Erlaëm, qui était arrivé derrière lui, en lui flanquant une grande tape dans le dos.
- Aïe, grogna le jeune homme en se massant l’épaule. Doucement, je suis blessé, moi !
- Justement, sourit Uliwëne, tu ne dois pas rester debout comme ça !
- En plus tu avais vraiment l’air idiot avec ton sourire béat...

Darwen observa un instant Misha, qui venait de se joindre à eux, repensant à ce qu’elle lui avait dit au réveil. Je suis vraiment désolée, pour tout ce qui t’arrive en ce moment, et ce qui va t’arriver... Il n’y avait pourtant rien dans l’attitude de la jeune femme qui trahissait quoi que ce fut, et, poussé par ses amis vers le bâtiment de pierres, il n’eut pas le loisir de s’interroger plus longtemps. Ses questions se noyèrent dans leurs éclats de rire...


***



Aramor Sil’Suvarn était vraiment en colère. Il jaugea d’un air mauvais la jeune femme rousse qui se tenait bien droite devant lui avant de frapper du poing sur son bureau d’ébène, furieux, et de se lever brusquement.

- Non seulement vous n’avez pas réussi à assassiner ni ce métamorphe, ni son Maître, ni même l’autre marchombre qui les accompagnait, mais tu m’annonces en plus qu’ils ont tué Sharmal ! N’étiez-vous pas des Frontaliers, tous les deux ? Vous n’auriez dû en faire qu’une bouchée !

Devant le silence de son interlocutrice, Sil’Suvarn lui lança un regard si noir qu’il aurait pu contenir tous les ténèbres du monde. Mais la jeune femme, fidèle à son statut de Frontalière, ne cilla pas, l’observant sans un mot. L’homme, âgé d’une trentaine d’années, était pourtant impressionnant. Dérangeant, même. Il était beau, charismatique, mais tout en lui était noirceur : non seulement son regard, mais aussi ses fines moustaches brunes et sa barbe taillée en pointe, ses habits de cuir et de métal et sa longue cape, ses mouvements souples et son aura, et surtout ce masque immonde posé sur son bureau. Noirceur et puissance.

- J’ai déjà été clément avec toi. Ta sœur aurait dû être tuée, l’envoleur n’a fait que la blesser. Je me suis dit que c’était suffisant pour attirer le marchombre, et je ne voulais pas perdre ton aide en t’attristant...

L’homme grommela, un instant adouci, tandis que la jeune femme serrait les poings.

- Certes, nous avons eu de la chance : le métamorphe n’est pas venu seul, il y avait son Maître avec lui. Syndrell Ellasian. Une marchombre d’exception, parmi les meilleurs, qui a réussi à pénétrer le Domaine il y a quelques années et à en ressortir vivante... il y avait même une autre apprentie, déjà prometteuse d’après ce que tu m’as dit ! C’était l’occasion rêvée pour tous les réduire à néant !

Misha attendit quelques instants qu’il se calme avant de s’exprimer, d’un ton neutre :

- Si Darwen n’est pas mort, c’est justement parce que la marchombre l’a sauvé en tuant Sharmal. De plus... je me disais que tu pourrais peut-être l’attirer chez les mercenaires, plutôt que de le tuer. Un métamorphe, ça peut toujours être utile. Surtout un loup.
- Peut-être, concéda Aramor. Mais il faudrait pour cela qu’il ne soit pas encore atteint par cette satanée folie marchombre... C’est surtout que tu ne veux pas le voir mourir hein ?

Il ricana devant le regard noir de la jeune femme.

- Bon, oublie ça. Je te laisse retourner à la Citadelle et continuer de me tenir au courant sur les recherches de tes pairs.

Il se dirigea vers la porte de son bureau et observa un instant la guerrière tandis qu’elle s’éloignait dans le couloir du Domaine. Il était vraiment grand, atteignant presque les deux mètres, et elle paraissait toute petite devant lui. Mais elle n’en dégageait pas moins quelque chose à respecter. C’était d’ailleurs pour ça qu’il ne l’avait pas encore tuée : elle n’avait absolument pas peur de lui, et ça l’intriguait. Bon, c’était une Frontalière... et c’était dommage, d’ailleurs, parce qu’il l’aurait vraiment bien vue dans les rangs de ses envoleurs. Mais ils en avaient déjà parlé, et elle avait été catégorique : si elle souhaitait l’aider, elle ne comptait pas pour autant rejoindre les fils du Chaos. Bien que son aide seule participait à l’étendue du Chaos, sans qu’elle n’en prenne conscience...

Aramor Sil’Suvarn mit son masque et sorti à son tour de la pièce, fermant la porte à clé. Il fallait qu’il aille informer ses collègues désormais. Une dernière pensée, amusante, chassa la mauvaise humeur que cette tâche lui inspirait : oui, s’il avait vraiment voulut la tuer, il l’aurait fait. Parce qu’une Frontalière, tout comme n'importe qui, n’avait strictement aucune chance face à un Mentaï...






[TADAAAM xD Voilà, je clos (enfin) ce Rp sur cette révélation théâtrale ! Razz Il fallait bien un "petit" indice quand même (non, je n'avais pas l'idée depuis le début ^^) Même difficile à faire avancer, ce Rp était génial, et il va bien falloir lui donner une suite - surtout qu'un bon bout de temps s'est écoulé, pour nos personnages, depuis cette enquête à la Citadelle, et les mercenaires ne vont pas attendre indéfiniment avant de se manifester Wink (en plus Darwen a rencontré Kaünis entre-temps... quel bazar ! xD)]

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Aux portes de la Citadelle [PV Eole et Darwen]
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