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 Rien n'est rose ou bleu... (ou violet)

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Rien n'est rose ou bleu... (ou violet)   Mar 28 Mai 2013, 14:38

Sommaire

Rien n'est toujours rose ou bleu


Post 1 : Enfermé dehors

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Rien n'est rose ou bleu... (ou violet)   Mar 28 Mai 2013, 14:39

Enfermé dehors



Un léger soupir franchit les lèvres d’Erwan, tandis qu’elles trouvaient la chevelure de Miss pour y déposer un tendre baiser. Elle sentait bon cette odeur de pins et sucrée à la fois, une odeur de nature et de bonheur. Un petit sourire étira les traits de son visage, et la saisissant par les épaules, il se dégagea de son étreinte pour la contempler.

Elle lui avait manqué.
Plus qu’il n’aurait bien voulu se l’avouer, plus qu’il ne le pensait.
Ses yeux si profonds, son sourire, son visage, son odeur, le son de sa voix… Tout cela, tout, l’avait éprouvé pendant ces quelques mois de séparation. Tout comme Yllena et son rire papillonnant. Des gloussements tels qu’il n’en avait jamais entendus, qui faisait s’envoler des papillons dans son ventre dès qu’ils sortaient de ses petites lèvres d’enfant.

Une famille.
Il avait une famille, désormais, et il ne pouvait s’empêcher de penser à son père et sa mère, dont le bonheur avait été si éphémère. Quelques années, tout au plus ; ils suivaient tous les deux des vies dangereuses, et son père n’avait pas cessé d’être un Frontalier et de s’engager pour les causes qu’il pensait justes. Sa mère était restée près de lui, aussi.

Est-ce que les schémas étaient faits pour se répéter ?

Un nouveau soupir sortit de sa cage thoracique. Il fronça les sourcils, pour se pencher vers sa fille et lui déposer un baiser sur le front.

- Tu vas jouer Ylléna ? Il faut que je parle à Maman.

La fillette hocha la tête, se mordant la lèvre inférieure, mais ne bougea pas.

- Tu viendras jouer avec moi après ?

Un sourire d’une tresse inouïe étira les lèvres d’Erwan, qui hocha doucement la tête en ébouriffant au passage les cheveux de sa fille.

- Bien sûr.

Toute contente, Ylléna sautilla sur place avant de courir pour sortir de la maison. Cette maison qui dominait les grands océans, et devant laquelle les parents de Miss les avaient rattrapés, trois ans auparavant.
Puis, dans un soupir, il se tourna vers Miss qui le fixait intensément de ses yeux indigo. Il prit une petite inspiration et s’avança pour lui attraper les mains.


- Miss… Tu m’as manqué.

- Toi aussi tu m’as manqué.

- Je… J’ai quelque chose à t’avouer.


Et voilà.
Plus de marche arrière possible. Mais il fallait qu’il lui en parle, car sinon elle aurait fini par le deviner. Il appréhendait juste excessivement sa réaction. Allait-elle lui crier dessus ? Être tellement hébétée qu’elle ne pourrait rien dire… ?



*


Assis en tailleur sur le sol, laissait Ylléna rajouter de la terre entre ses doigts en chantonnant. La petite fille ne semblait pas faire attention à ce qu’il se passait, mais il avait le cœur gros.
Très gros.
Il n’avait pas su si le besoin de se révéler à Miss était quelque chose qu’il devait dire.
Peut-être n’aurait-il pas dû ; au vu de sa réaction. Mais… mentir était hors de question. Même si c’était seulement de l’omission.

Il était jeté à la porte.
Fermant les yeux pour contenir les émotions contradictoires qui montaient en lui – tristesse, colère, compréhension, souffrance – il ouvrit légèrement les doigts et se fit taper sur la main par Ylléna.

- Mais Papaaaaaa !

- Oh, pardon ma grande.


Il rapprocha ses doigts à nouveau, et laissa la fillette continuer son œuvre. Il ne savait pas trop où elle voulait en venir, mais n’essayait même plus de comprendre. Bercé par une litanie douloureuse pulsant dans sa tête, il se perdait en lui-même.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Rien n'est rose ou bleu... (ou violet)   Dim 22 Jan 2017, 20:47

Le monde est Injustice... et Joueur



Les lumières noctures d’Al-Jeit resplendissaient le long des tours aériennes de la capitale. Fenêtres et murs s’accordaient dans une hamornie douce et somptueuse, régalant les yeux des passants de leur beauté étincellante dans le noir de la nuit.
Au delà des tours, la lune irradiait d’une tranquillité sereine, laissant sa clarté onduler avec subtilité sur les tuiles des toits, rendant le spectacle encore plus impressionnant. Et d’une beauté à couper le souffle

Pourtant, peu de gens prenaient le temps de s’arrêter pour lever le regard vers le ciel, vers les tours qui s’élançaient élégamment vers le ciel, vers ces ponts mystérieux et attrayants qui reliaient les bâtiments entre eux dans un fil subtil d’argent.  

Perché sur un toit, Erwan écoutait son propre suffle, s’ouvrait à celui de la ville. Il était tard, et pourtant cette dernière n’était pas encore endormie, loin de là. S’endormait-elle jamais, après tout ? Quand ce n’étaient plus les touristes et les habitants, les chats et les gangs sortaient dans la pénombre. Ce n’était pas le même type d’activité, mais cela ne cessait jamais, finalement, comme dans une forêt.
Animaux diurnes, animaux nocturnes ;
Humains diurnes, humains nocturnes.
Une belle complémentarité, même si certaines activités auraient sans doute mérité d’être un peu moins présentes.

Dans une dernière inspiration, le Marchombre se redressa lentement, déroulant ses vertèbres une à une, avant d’expirer complètement. Il ouvrit enfin les yeux, laissant son regard s’habituer à nouveau aux nuances de couleur extraordinaires.

S’il était là, c’était pour quelque chose de très spécial, et il le savait.
Dans une nouvelle respiration, il hocha du menton seul, avant de se mettre en mouvement pour descendre des toits. Et se glisser dans un escaliers qui disparaissaient dans les profondeurs des sous-terrains d’Al-Jeit.
Laissant ses doigts jouer avec le murs frais et humide, Erwan suivait les dédales de couloirs sans fin, sans queue ni tête, sachant pourtant parfaitement se repérer.
A un nouvel angle, il tourna à droite et atterit quelques mètres plus loin sur un cul de sac. Un sourire dans le creux des lèvres, il appuya doucement sur un bloc de pierre qui s’enfonça sous la pression et dévoila un passage caché.

Entrant dans la pièce, Erwan eut un petit sourire.
Avant de se figer.
Les enfants étaient là, tous rassemblés en cercles. Enfin, beaucoup d’entre eux. Mais ils n’arboraient pas les sourires qu’il avait pu voir lors de ses précédentes visites et cela mit ses sens en alerte.

- Syldre ? demanda-t-il du bout des lèvres alors qu’il ne voyait pas l’adolescente dans la salle.Son coeur commença à accélerer dans sa poitrine alors qu’une peur viscérale se manifestait dans sa gorge.
- Erwan !
Le Marchombre tourna la tête vers Drean qui l’avait apostrophé et fronça les sourcils. Son regard glissa sur le cercle et il croisa cette silhouette plus allongée et mature que les autres, qu’il ne connaissait pas.

- Que se passe-t-il ?
- Syldre…
commença l’adolescent, alors que ses yeux s’embuaient de larmes.

La femme assise dans le cercle se leva et s’approcha des deux métamorphes d’une démarche féline, menton baissé. Elle vint se poster devant Erwan, avant de lever le visage vers lui, lèvres contractées, le visage dans une  expression entre la tristesse et la colère, le désespoir et la combattivité.
Et elle planta son regard dans celui du Marchombre.
Violet.
Erwan cligna des paupières, un instant, affreusement surpris. Un long frisson remonta le long de sa colonne vertébrale, dressant les poils de son dos et tirant légèrement sur l’échine du jaguar.

Les yeux n’étaient pas vraiment violets en fait.
Le tour des pupilles était d’un vert jauni, puis s’estompait dans du gris, et le pourtour interne de l’iris était d’un bleu violine.
Un nouveau frisson s’empara de lui, alors qu’une impulsion le prit par surprise et il y résista vivement.

- C’est votre fille, c’est ça ?

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Rien n'est rose ou bleu... (ou violet)   Dim 22 Jan 2017, 22:01

Jeux de fauves




- C’est votre fille, c’est ça ?

Il est immense. Un géant. Et pourtant, il ne dégage pas cette aura pesante, brutale et hautaine qui se retrouvent souvent chez les hommes aux hautes et larges statures. En fait, elle se sent un peu intimidée, mais elle ne fera pas marche arrière : c’est de sa fille dont il est question.
Alors, oui, elle hoche la tête.
Presque sèchement.

- Oui.
Mais elle radoucit presque immédiatement : après tout, c’était lui qui avait sauvé Syldre, n’est-ce pas ? Et elle parlait de lui avec tant de… passion. Et d’admiration. Prenant une petite inspiration, elle s’efforça au calme et tenta de faire un peu disparaitre la boule dans sa gorge.
- Elle a encore essayé d’aider, et elle s’est encore mise dans… la merde, il faut bien le dire. Fit-elle en poussant un soupir et baissant les yeux. Mais elle se reprit immédiatement et chercha à nouveau le regard cobalt d’Erwan.
- Mais cette fois, je sais où chercher. Je ne veux juste pas que les enfants soient impliqués. Ils ont déjà assez souffert comme ça.
- Je suis d’accord. Je viens avec vous.

Elle ne put s’empêcher d’écarquiller les yeux dans un soupir de soulagement. Il comprenait donc ? Elle eut quelques respirations précipitées, avant que la boule dans sa gorge ne se bloque contre sa glotte et qu’elle sente les larmes lui monter aux yeux.
- Oh, merci, lâcha-t-elle dans un murmure sangloté. Avant de se laisser emporter en avant de se réfugier contre l’homme qui avait l’air si solide et si… sécurisant. Elle ferma les yeux, laissant son coeur se calmer doucement, sentant les sanglots agiter ses épaules pendant quelques secondes.
- Je veux venir aussi, affirma Drean.

La jeune femme se mordit la lèvre inférieure, et essaya d’échanger un regard avec Erwan. Elle savait pertinemment que Drean n’en démordrait pas : il était follement amoureux de Syldre, et la réciproque était vraie également. Elle ne pourrait pas l’en empêcher, mais peut-être que si Erwan…
- D’accord, Drean.
- Mais…
- S’il reste ici, il va tourner comme un lion en cage. Et il risque de faire des choses qu’il regrettera. Il vient avec nous, mais c’est le seul. Les autres doivent absolument rester ici pour être protégés.


Pataude, elle sentit ses épaules s’affaisser… Avant de secouer la tête :  des gens déterminés, même si c’était un garçon de 15 ans, c’était toujours ça de pris.
Puis, elle hocha la tête.
- Très bien. Je m’appelle Endriss, au fait. Enchantée, Erwan.

Il sembla surpris un instant qu’elle connaisse son prénom, avant d’opiner un instant plus tard.
- Vous connaissez la raison pour laquelle votre fille avait été enlevée la première fois, n’est-ce pas ?
- Oui.
- Vous êtes vraiment prête ? Ça risque d’être très… compliqué.

Elle cligna des yeux.
- Je sais me défendre.
Comme il ne répondait pas, elle se sentit presque obligée d’appuyer ses propos.
- Et j’ai d’autres atouts !
- Être métamorphe ne suffit pas, au contraire. C’est ce qu’ils cherchent. Vous savez où elle a été emmenée ?

Elle ne sut pas quoi répondre immédiatement. Mais elle finit par froncer les sourcils.
- Vous êtes quoi ? demanda-t-elle abruptement.
Il leva les yeux vers elle, et elle vit Drean qui la fixa un instant, les yeux écarquillés. Oui, ça ne se faisait pas, de demander ça. Mais là de suite, elle s’en fichait. Parce que cet homme, s’il était un ours, il n’allait pas être d’une grande utilité ! Elle sentit dans son dos la poussée de son animal et roula des épaules.
Plus tard.

Mais…
Il se transforma.

Et le félin majestueux qui s’assit devant elle la fixa de ses grands yeux… verts. Félins.
Elle se mordit la lèvre : elle sentit un relent de jalousie percer sa gorge mais le ravala aussi vite qu’elle le put parce que son homologue plongea contre sa colonne vertébrale.

Elle sentit son dos s’arquer, se contracter, alors qu’elle se transformait sans aucun contrôle, brutalement, pour la première fois depuis des dizaines d’années.
Et l’animal se jeta sur le jaguar.

Fourrure contre fourrure.
L’agression initiale se transforma en vague. Douce et lente, alors que la femelle, noir sur noir, se faisait dominer par le mâle, noir sur beige.
Ballet de pattes, de griffes, de crocs et de grognements dans la pièce souterraine, avant que les deux boules de poils ne s’arrêtent enfin, le fauve bicolore posté sur le noir, tenant entre ses crocs la peau de son cou et l’écrasant sous son poids.

Couinement final.
Quand le mâle s’éloigna, la femelle noire s’ébroua.
Jaguar et jaguar.

Yeux fauves, yeux multicolores.

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Erwan Narcos
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MessageSujet: Re: Rien n'est rose ou bleu... (ou violet)   Lun 23 Jan 2017, 00:40

Brûlure du coeur et pugnacité du désert






La couleur des yeux d’Endriss n’avait pas changé quand elle s’était transformée.
C’était étrange comme  cette pensée tournait et se retournait dans l’esprit d’Erwan. Comme s’il y avait quelque chose, là-derrière. Comme si c’était un indice caché, gageure d’un passé important mais caché. Alors, son regard ne cessait de revenir sur la silhouette de la femme qui marchait aux côtés de Drean.

Elle n’était pas petite non plus, à vrai dire. De ce qu’il pouvait en juger, elle devait mesurer entre un mètre soixante-dix et quatre-vingt. Toute en longueur, elle était plutôt fine, et chacun de ses pas s’accompagnait d’une grâce magnifique et envoûtante. La masse impressionante de ses cheveux courts et épais, coupés au dessus de ses épaules fines, faisait rayonner son visage et l’affinait un peu plus. Elle devait avoir un peu plus d’une trentaine d’années et ça l’intriguait fortement.

Elle avait quelque chose de majestueux. Un quelque chose, qu’elle dégageait, bien au delà de son apparence physique ou du fait qu’elle ne savait qu’à peine se battre. Peut-être était-ce parce qu’il était influencé par le Jaguar désormais, mais il ne le pensait pas.
Quelque chose résonnait en elle.

Secouant la tête, il détacha son regard d’Endriss pour observer Drean à ses côtés.
Le garçon marchait la tête haute. Il avait pris du poids depuis la dernière fois qu’Erwan l’avait vu, et ressemblait moins à un adolescent dégandé qui a grandi trop vite et pas mangé assez. Ses joues s’étaient remplies, et son regard bleu étincellait.

Le Marchombre prit une inspiration.
Ce n’était pas gagné, mais ça allait le faire.

Non ?




*


- Alors, les dernières trouvailles?
Erwan se tapit encore dans l’ombre du porche où il se tenait, devenant parfaitement invisible. A quelques mètres de lui, deux hommes encapuchonnés s’étaient retrouvés sous la pluie torrentielle devant un entrepôt abandonné et décrépit.
Ils étaient sur la piste de plusieurs personnes depuis quelques semaines, avec Endriss et Drean. Leurs investigations leur avaient permis de trouver ce lieux de rendez-vous, mais pour l’instant aucune information infirmant ou confirmant leurs soupçons. Et là, avec cette seule question, l’homme venait de focaliser l’attention du Marchombre sur lui.

D’ailleurs le second sembla jeter des coups d’oeil autour de lui. Avant de baisser la voix, pour qu’elle soit couverte par la pluie battante. Mais Erwan avait l’oreille tendue, et avec l’aide des sens du Jaguar il put distinguer la conversation.


- Y’a deux semaines,on a eu cette ado, le glouton. Puis, on est tombés sur le mec avec une biche femelle. Puis, hier, on a enfin eu la gamine. Le serpent. Il est parti avec, glissé dans un bocal.
- Oh, un serpent ? Intéressant !
- Oui, d’autant qu’elle a apparemment un père prêt à tout. Bon plan, hein ?


Le sang d’Erwan ne venait de faire qu’un tour dans ses veines, et pourtant il s’exorta au calme et à l’immobilité. Ylléna !!


- Ils ramènent tout ça dans le Désert des Murmures ?
- Shhhht imbécile !
fit l’autre en baissant la voix. Oui, ça va être utile. On a pas beaucoup de reptiles.

Fermant les yeux, Erwan se mordit la langue à sang pour ne pas bouger.
Dix secondes. Si dans dix secondes les deux hommes n’avaient pas disparu, il allait les déchiqueter en morceau.

Mais quand il ouvrit les yeux, ils avaient disparu.




*



- C’est un piège, et tu le vois bien ! Tu viens de le dire toi-même !
- Oui, mais je ne peux pas faire autrement. Je ne veux pas faire autrement. Ils ont ma fille. Ils ont ta fille. Ils ont des tas d’autres enfants. Et des tas d’autres métamorphes.
- Mais.. !
- Erwan ! Ce n’est pas une bonne idée. Si tous ces gens n’ont pas réussi à s’en sortir, comment tu pourrais faire, toi ?
- Bon point, Drean. Mais j’ai plus d’un tour dans mon sac.
- Ne te surestime pas, Erwan. C’est…  


Erwan vit le frisson parcourir la peau d’Endriss et fronça les yeux.
Alors, quand elle prit cette inspiration pincée, il se figea. Plongea dans ses yeux arc-en-ciel.


- Si Syldre a été emmenée là-bas, si Ylléna a été emmenée là-bas… Elles ne seront plus vraiment elles-mêmes, même si on les retrouve. C’est terrible, ce qu’ils y font. C’est… Sa voix se cassa et Erwan sentit son coeur s’emballer. Il se précipita sur Endriss qui s’effondra sur elle-même, s’agrippa à son biceps, avant de se blottir contre lui. Esclaves. Nous y sommes des esclaves. Ils s’amusent avec nous. Ils font des expériences. Des expériences horribles. Ils torturent. Ils… La voix de la jeune femme s’éteignit alors que le sang d’Erwan se mettait littéralement à bouillir dans ses veines.
- Non, lâcha-t-il avec force.
- Je ne peux pas laisser ça comme ça, Endriss. Hors de question. Quitte à y laisser la vie, je vais aller aider ses gens.
Elle déglutit difficilement dans ses bras, avant de serrer les doigts sur sa peau.

- Oui, tu as sûrement… raison.
- Ensemble nous serons plus forts.

Il sentit le frémissement parcourir le corps d’Endriss dans ses bras et la serra un peu plus contre lui.
- Tu as raison. Erwan ?
- Mm ?
- Embrasse-moi.


Il cligna des yeux, une seconde.
Deux ou trois, peut-être.
Ou alors cinq.

Puis, le Jaguar s’en mêla.
Ses lèvres étaient sucrées.
Framboise.



*



Tout s’était passé comme prévu, en tout cas en majorité.
Ils étaient là, ligottés serrés à l’arrière d’une carriole qui était loin d’être confortable, entassés avec d’autres corps à demi-conscients.
Endriss tremblait de tout son corps, et Erwan se contorsionna pour se rapprocher d’elle et blottir sa hanche contre la sienne. Elle leva son regard abominé vers lui, et il cligna des paupières pour la rassurer. Il sortit un petit couteau de son pantalon et coupa patiemment la corde autour de ses bras, avant de s’en débarrasser et de libérer tout le monde dans le charriot. Ils étaient… six.

Un gémissement un peu plus loin lui fit redresser le menton et il croisa le regard marron d’une enfant qui devait avoir maximum cinq ans. Se mordant la lèvre, le Marchombre la regarda droit dans les yeux et s’approcha d’elle pour la libérer de sa corde. La petite sanglota encore un peu, avant de se calmer et de ramener un peu plus ses genoux contre sa poitrine.

La carriole s’ébranla soudain, et s’arrêta.
Erwan échangea un regard avec Drean et Endriss, et ferma les yeux.
Avant de se précipiter à l’arrière du compartiment et de se jeter sur la silhouette qui allait ouvrir les tentures.

D’un coup parfaitement calculé, il lui saisit la nuque qui claqua entre ses mains. Bondissant à l’extérieur, il roula sous une série de flèches ajustées, esquiva une lame en s’écrasant sous le sol, saisit une cheville, coupa un tendon de son petit couteau…

Une piqûre sur le bord de son auriculaire alerta ses sens.
Il bascula dans le sable.




*



- On l’a donc trouvé ? Comment être sûr que c’est lui ?
- On a une bonne solution. Bocal !


Erwan reprenait difficilement ses esprits.Tout était encore brumeux autour de lui, mais les sons parvenaient à ses oreilles avec brutalité, lui donnant un mal de tête terrible.
Les bras attachés dans le dos, avant-bras contre avant-bras saucisonnés jusqu’aux coudes, il tenta de se redresser sans vraiment y parvenir, mais quelqu’un l’y aida aimablement – ou pas. On le saisit par les cheveux pour le relever brusquement, mais aucune plainte ni aucun son ne s’échappa de sa gorge.

Son regard cobalt vogua dans la pièce.
Il vit Endriss qui tenait ses bras contre sa poitrine un peu plus loin, dans une position d’aggressivité passive, alors que Drean et les trois autres métamorphes de la caravane se tenaient derrière elle.
Erwan vit la jeune femme se mordre les lèvres, et son regard se parer d’une tristesse noire de colère.

- Endriss, ma belle ! Tu es revenue, on te manquait trop… Alors, ça fait combien de temps, maintenant ?
Elle ne répondit pas, mais son regard se chargea d’éclairs. Erwan sentit son sang bouillir dans ses veines et le Jaguar frémir sous sa peau.

L’odeur de fer porté à blanc s’empara doucement de ses narines et le Marchombre serra les dents alors qu’on le jetait contre une table de bois brut et épais.
Puis, le bruit d’ongles contre du verre attira son attention, et il leva les yeux.

Une rage indicible le traversa de part en part.
Si lumineuse que ses lames transpercèrent sa peau et coupèrent violemment la corde alors qu’il donnait déjà un coup de bassin en arrière. Bondissant en avant, il roula sur la table, la saisit du bout des doigts pour la faire tourner au dessus de son dos et la lancer contre l’homme qui tenait le bocal.

Le bocal.
Avec Ylléna dedans.

Le verre s’éclata en mille morceaux quand il toucha le sol, mais Erwan s’était précipité en avant et, tourbillonnant, il avait planté ses lames dans le torse de l’homme. Évitant un coup de fer chauffé à blanc, il se jeta en avant, tordit tout son buste pour attraper le visage du marqueur…

Main.
Patte griffue.

Il y eut un large mouvement de panique dans la cabane en bois, et Erwan vit le dernier homme à l’intérieur se précipiter dehors pour donner l’alerte qui résonna dans l’air.
S’avançant doucement, il attrapa le serpent annelé entre les doigts.


- Ylléna...
La chaleur de sa fille lui répondit, et elle se jeta contre lui.

- Oh Papa ! Tu es venu !
Il plongea son nez sous les cheveux de sa fille, la serrant contre lui… sentit le relief d’une blessure et surtout le frémissement de douleur de la fillette. Quand il baissa les yeux, il vit la marque sur la peau d’Ylléna.
La même que sur l’épaule d’Endriss.

Serrant les dents, il prit une inspiration et se releva lentement.

- Ils vont venir, n’est-ce pas ?
- Y’a des Envoleurs, Papa. Beaucoup.

Erwan serra les dents.

- Plus pour longtemps.

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